Vous êtes sur la page 1sur 1

sont incontournables.

Le logiciel libre combats titanesques entre les deux géants


Apache sert aujourd’hui les deux tiers des de l’industrie informatique, Microsoft et
pages web.» Le choix que doit effectuer Apple, appartient déjà au passé. Hydre
le particulier entre les systèmes d’exploi- hégémonique, les tentatives monopolisti-
tation Windows ou Mac Os n’est pas une ques de Microsoft font aujourd’hui l’ob-
fatalité. Le plus connu des logiciels li- jet d’une vaste polémique juridico-éco-
bres, Linux, représente une avantageuse nomique. En butte aux lois anti-trust amé-
solution alternative et n’est plus réservé à ricaines, Bill Gates et ses nuées d’avocats
une élite d’informaticiens rompus aux semblent avoir échappé au risque de dé-
arcanes de la programmation : «Ce sys- mantèlement. Si la pieuvre multinatio-
tème d’exploitation a atteint un tel niveau nale reste poursuivie pour ses pratiques
de développement qu’il est infiniment anticoncurrentielles, son nouveau système
Soft Story : plus performant et plus fiable que d’exploitation, connu sous le nom de
Windows. D’autre part, il présente Windows XP, suscite de nouvelles con-
les logiciels libres aujourd’hui des environnements graphi- troverses. Se profilerait ainsi le risque de
ques qui sont ergonomiquement équiva- mainmise sur les standards, selon Thierry
Le logiciel libre se définit avant tout par lents à ceux de Windows et de Mac», Pasquier, pour qui la menace concerne
sa licence. Celle-ci implique le libre ac- précise Thierry Pasquier. moins «les logiciels que les formats
cès à son code source. S’il reste stricte- Quelles sont les raisons d’un tel succès ? d’échange entre les documents». Dans
ment protégé par le droit d’auteur, le «Avec Internet se sont créées des com- les méandres du cyberespace, les
logiciel libre («open source») peut être munautés qui travaillent sur le code source, internautes surfent en toute liberté… sur-
copié, redistribué, modifié et utilisé sans produisant des logiciels libres qui asso- veillée. On n’est jamais trop parano...
aucune restriction d’usage. La notion de cient les concepteurs aux usagers. Cette Boris Lutanie
logiciel libre prête souvent à confusion. Il démarche assure une très grande réacti-
existe des logiciels propriétaires gratuits vité et garantit du même coup la qualité Pour en savoir plus : Benoît Faucon et
Jean-Paul Smets-Solanes, Les logiciels
tels que Internet Explorer ou encore des logiciels.» libres, Edispher.
Acrobat Reader mais ils ne délivrent pas Le pôle multimédia de l’EMF «travaille www.aful.org ou www.april.org
leur code source et ne sont, de ce fait, pas depuis 1999 sur le logiciel libre, en rela-
modifiables. Responsable de l’édition et tion avec toute une communauté locale
du multimédia à l’Espace Mendès France, composée d’associations et de bénévoles.
Thierry Pasquier retrace l’origine du lo- Nos sites Internet fonctionnent sous logi-
giciel libre : «Historiquement, Internet et ciels libres (maison-des-sciences.org). ECONOMIE
le logiciel libre se sont développés paral- L’école ouverte de l’Internet propose des DE LA CONNAISSANCE
lèlement à partir des années 70. Dans un ateliers, des conférences, des stages d’ini- Dominique Foray, économiste,
premier temps, les recherches portaient tiation qui permettent de saisir les enjeux directeur de recherches à
principalement sur l’infrastructure réseau actuels de l’Internet et d’en connaître les l’Université de Paris-Dauphine et
et c’est toujours dans ce domaine qu’ils aspects techniques et légaux.» L’ère des administrateur principal à l’OCDE,
est l’auteur de L’économie de la
connaissance (La Découverte &
Syros, 2000). Il souligne l’intérêt
d’une distinction, par les
Maille télore ize ritche ! économistes, entre l’information et
la connaissance. En effet, «la copie
Qu’on le déplore ou qu’on s’en amuse, les sant moteur de recherche permettant d’ap- d’une information ne coûte que le
Français ont une détestable réputation en peler des suites de lettres ou de sons. Un prix de la photocopie tandis que la
matière de langues étrangères. Marc Fryd, module annexe comporte des exercices reproduction de la connaissance,
difficile à exprimer et à transférer
maître de conférences à l’Université de réalisables en autonomie ou sous la con-
d’un individu à un autre, nécessite
Poitiers (laboratoire Forell, EA 1226) a duite d’un enseignant. Dans sa première
des processus d’apprentissage
d’ailleurs constaté que nombre de candi- version, le système EEPD (Electronic beaucoup plus coûteux».
dats au Capes d’anglais ne possédaient English Pronouncing Dictionary) com- Une telle dissociation s’impose car
pas la langue parlée. D’ou un retentissant prendra plus de 100 000 mots, tous enre- les entreprises consacrent de plus
taux d’échec et de nombreux postes d’en- gistrés par des Anglais. Une version amé- en plus de ressources à la
seignants non pourvus. ricaine verra le jour par la suite. constitution d’un capital intangible,
Pour venir à bout de ce qu’il considère Le projet, qui bénéficie du soutien du lié aux activités de production, de
comme une carence du système français, CNRS et de l’incubateur régional Poitou- transmission et de transfert des
Marc Fryd a donc imaginé un outil Charentes, donnera lieu soit à création connaissances. Cette tendance en
multimédia qu’on peut classer dans la d’entreprise, soit à valorisation sous li- percute une autre : l’irruption des
technologies de l’information. Ainsi,
catégorie «simple mais il fallait y pen- cence. En effet, en dehors des clientèles
l’économie de la connaissance est
ser». Il s’agit d’un dictionnaire anglais évidentes de l’Education nationale, ce
née de cette rencontre entre la
informatisé offrant un enregistrement de système présente d’importantes possibi- capacité croissante des sociétés à
chaque mot présenté avec sa ou ses pro- lités de développement «industriel» auprès apprendre et à transférer la
nonciations correctes. L’outil offre éga- de grands prestataires de la formation et connaissance avec l’outil
lement des transcriptions et des décom- de l’éducation déjà présents dans le monde fondamental, «l’instrument du
positions phonétiques, ainsi qu’un puis- des portails Internet. H. B. savoir», que sont les technologies.

■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 55 ■ 53