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Royaume du Maroc

Université Abdelmalek Essaâdi

Faculté Polydisciplinaire Tétouan

Abdelmalek Essaâdi Faculté Polydisciplinaire Tétouan M é moire de fin d’ é tude en Licence Fondamentale

Mémoire de fin d’étude en Licence Fondamentale Parcour Gestion

La finance Islamique est-elle

Titre

Complément ou Alternative à la

Finance Conventionnelle ?

Présenté par :

AMHOT IKRAM – CNE : 1028732872

LAMNASRA SAMIA – CNE : 1028732956

Encadré par : Dr. HAMZA FARIS

Année Universitaire : 2012 – 2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique DÉDICACE Nous dédions ce travail à : Nos très chers parents qui ont
La Finance Islamique DÉDICACE Nous dédions ce travail à : Nos très chers parents qui ont

DÉDICACE

Nous dédions ce travail à :

Nos très chers parents qui ont toujours étaient là pour nous, et qui nous a donné un magnifique modèle de labeur et de persévérance.

Aussi à nos chèrs frères , Sœurs ;

Nos chères amies ;

A toute nos famille ;

de persévérance. Aussi à nos chèrs frères , Sœurs ; Nos chères amies ; A toute
de persévérance. Aussi à nos chèrs frères , Sœurs ; Nos chères amies ; A toute

La Finance Islamique

La Finance Islamique Remerciements : Nous tenons à exprimer nos remerciements à l'ensemble des personnes de

Remerciements :

Nous tenons à exprimer nos remerciements à l'ensemble des personnes de prés ou de loin qui nous

soutenu et permis de réaliser ce travail.

Pour commencer, nous souhaiterons remercier notre encadreur M. Fares Hamza qui nous a

aiguillé tout au long de ce travail par son expérience et ses connaissances.

Nous exprimons nos gratitudes à tous les enseignants qui nous ont permis d'accroître notre niveau

de connaissances et notre capacité d'analyse.

Nous tenons aussi à remercier notre chère famille, surtout notre parent qu'ils nous toujours

encouragés moralement et matériellement.

Enfin, nous adressons nos plus sincères remerciements à tous nos proches et amis, qui nous

toujours soutenue et encouragée au cours de la réalisation de ce mémoire.

et amis, qui nous toujours soutenue et encouragée au cours de la réalisation de ce mémoire.
et amis, qui nous toujours soutenue et encouragée au cours de la réalisation de ce mémoire.

La Finance Islamique

La Finance Islamique Sommaire Premiére parie : Généralité sur la finance islamique Chapitre I : l’origine

Sommaire

Premiére parie : Généralité sur la finance islamique

Chapitre I : l’origine et l’evolution da la finnace islamique

Chapitre II : les fondements et les instruments principaux de la finance islamique

Chapitre III : Gestion des risques dans la finance islamique

Deuxiéme partie : La place de la finance islamique face à la finance conventionnelle

Chapitre I : la finance islamique dans le contexte de crise

Chapitre II : Comparison des modes de financement des banques islamiques et des banques classiques

ChapitreIII : La commercialisation des produits alternatifs par les banques marocains

Troisième partie : Politiques de financement des banques islamiques (présentation des cas)

Cas de la Banque islamique de Développement Cas ABC Islamic Cas Islamic Investment Company of the Gulf (IICG)

Banque islamique de Développement Cas ABC Islamic Cas Islamic Investment Company of the Gulf (IICG) 2012/2013
Banque islamique de Développement Cas ABC Islamic Cas Islamic Investment Company of the Gulf (IICG) 2012/2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique INTRODUCTION GENERALES : Le monde est depuis trois années sous l’emprise d’une crise

INTRODUCTION GENERALES :

Le monde est depuis trois années sous l’emprise d’une crise financière, la pire depuis celle de 1929. Ses effets se sont fait sentir dans l’économie réelle et la mondialisation a accéléré sa propagation en effet domino à travers le monde entier.

Cette crise, initialement axée sur des titres financiers américains obsolètes, n’a pas cessé de s’étendre. Ainsi, les bourses internationales ont essuyé des pertes colossales, des piliers de la finance mondiale

se sont effondrés du jour au lendemain.

Les pertes réelles ne sont pas encore cernées par les autorités politiques et monétaires mondiales. Pour limiter les effets de cette crise, plusieurs pays développés ont adoptés des politiques d’austérité,

ce qui n’a pas empêché de connaitre une quasi-faillite de certains états réputés solides du point de vu économique.

En revanche, cette crise financière a eu le mérite de mettre en évidence la fragilité du système capitaliste face aux dérives spéculatifs et face à la spirale de la dette. Le fort impact qu’a eu la crise financière sur les économies des pays développés et émergents a poussé plusieurs économistes et analystes à se pencher sur les raisons de la crise, ses conséquences, ainsi que les moyens qui doivent être mis en place afin d’éviter que cela se reproduise.

A ce titre, la commission d’experts de l’ONU, réunie à New York sous la présidence de Joseph

Stiglitz, met en exergue la nécessité vitale de réformer les principes qui gouvernent les systèmes monétaires et financiers pour éviter de nouvelles crises. Parmi les lignes directrices de cette commission, une nouvelle porte a été ouverte pour s’inspirer des principes propres à la finance islamique.

une nouvelle porte a été ouverte pour s’inspirer des principes propres à la finance islamique. 2012/2013
une nouvelle porte a été ouverte pour s’inspirer des principes propres à la finance islamique. 2012/2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique Ainsi, grâce à sa remarquable ascension ces dernières années, le système financier Islamique

Ainsi, grâce à sa remarquable ascension ces dernières années, le système financier Islamique a particulièrement intéressé l’ensemble des analystes économiques dans le monde. En effet, la finance islamique est estimée, à l’horizon 2010, à près de 1000 milliards de dollars d’actifs, et sa croissance dans les cinq prochaines années est annoncée comme deux fois plus rapide que celle de la finance conventionnelle, autour de 15 % par an (financialislam.com, 2010).La crise financière et économique commencée en 2008 a montré les failles de l’idéologie et de la pratique d’un système financier international qui a perdu de vue la dimension humaine de l’économie. Aujourd’hui, on s’interroge sur la nécessité de réconcilier économie et humanisme. Sur cette question essentielle pour l’avenir de l’humanité, l’Islam a assurément un rôle à jouer, car il est porteur d’une éthique économique, que l’on retrouve également dans la religion catholique .

Or, la finance islamique apparait en bonne forme par rapport au système conventionnel. Les principes éthiques sur lesquels est basée la finance islamique rapprochent les banques de leurs clients et du véritable esprit qui devrait caractériser tous services financiers .

En effet, la finance islamique est avant tout une finance éthique, qui privilégie un système de valeurs bâti sur la nécessité d’éviter ce qui est interdit, sur un équilibre entre l’intérêt personnel et l’intérêt public, mais aussi sur les valeurs de l’équité, la transparence, la sincérité,… Ces valeurs sont d’une importance capitale et doivent se refléter obligatoirement dans les actes et les transactions .

« Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt ». Cet extrait du Coran constitue sans aucun doute la pierre fondatrice de la finance islamique moderne. L’interdiction de l’intérêt remonte en effet à la naissance de l’Islam, mais il aura fallu attendre jusqu’à la fin du 20 ème siècle pour que des solutions alternatives soient proposées. Il serait pourtant quelque peu réducteur de limiter la finance islamique à l’interdiction de la riba (généralement traduite par usure ou intérêt).

La finance islamique va bien plus loin que cela en proposant une véritable organisation financière fondée sur des principes moraux garantissant le respect de la loi islamique, la Charia. Les premières expériences dans ce domaine remontent aux années 1960, mais les économistes s’accordent à dater la naissance de la finance islamique moderne au début des années 1970 . En effet, le premier boom pétrolier, en favorisant l’accumulation de liquidités, a créé les conditions favorables au développement d’une demande pour des produits financiers Sharia compliant.

favorables au développement d’une demande pour des produits financiers Sharia compliant. 2012/2013 Página 6
favorables au développement d’une demande pour des produits financiers Sharia compliant. 2012/2013 Página 6

La Finance Islamique

La Finance Islamique En 1973, la Banque Islamique de Développement (IDB) est créée et pose les

En 1973, la Banque Islamique de Développement (IDB) est créée et pose les jalons d’un système d’entraide fondé sur les principes islamiques. En 1975 et en 1979, la Dubaï Islamic Bank puis la Islamic Insurance Company of Soudan voient le jour. Depuis, le nombre d’institutions financières islamique ne cesse de croître et atteint 300 aujourd’hui.

Les produits et services qu’elles offrent se multiplient et le marché connaît une croissance annuelle moyenne de 10 à 15%. En Europe, les établissements financiers conventionnels ouvrent régulièrement des départements dédiés à la finance islamique et les autorités monétaires cherchent à ouvrir leurs marchés à ce nouveau secteur de la finance, dont le marché potentiel se situe, selon les experts, aux environs de 4.000 milliards de dollars .

Aujourd’hui, la finance islamique a largement dépassé les frontières de l’Islam en devenant un véritable enjeu pour le secteur financier. Avec un marché potentiel de 1,5 milliards de musulmans, on comprend que la finance conventionnelle y voit non seulement une source de croissance mais aussi un moyen de diversifier son activité.

De plus, à l’heure où se font sentir les dérives de la finance conventionnelle, la finance islamique, plus transparente et moins risquée, apparaît être une source d’inspiration tout à fait intéressante.Pourtant, loin de constituer la panacée, il reste un long chemin à parcourir à la finance islamique avant de devenir un acteur incontournable de la finance moderne .

Si la demande pour des produits financiers respectueux de la Charia est très forte, l’offre a parfois du mal à suivre. Problèmes de réglementation, difficultés de standardisation, problèmes de taille et de diversification, trop forte concentration géographique et sectorielle, manque de formation aux principes de la finance islamique et difficultés d’innovation sont les principaux enjeux auxquels la finance islamique devra faire face si elle veut devenir un acteur crédible et asseoir sa réputation.

La finance islamique est encore très concentrée sur les marchés du sud-est asiatique et du Moyen orient et, si elle intrigue et intéresse ailleurs, son poids y reste dérisoire. Si certains se sont précipités à pointer du doigt les récentes difficultés de Dubaï en jetant la pierre à la finance islamique, il semblerait après réflexion s’agir plus de la crise du modèle de développement de Dubaï que celle de la finance islamique.

s’agir plus de la crise du modèle de développement de Dubaï que celle de la finance
s’agir plus de la crise du modèle de développement de Dubaï que celle de la finance

La Finance Islamique

La Finance Islamique Enfin, la finance islamique devra mener un autre combat, culturel celui-ci, qui sera

Enfin, la finance islamique devra mener un autre combat, culturel celui-ci, qui sera de réussir à dépasser les appréhensions et les préjugés qu’elle suscite dans les sociétés occidentales : atteinte à la laïcité, financement du terrorisme, communautarisme. Pourtant, qui dit Islam ne dit pas intégrisme et certains seront bien surpris de constater les similitudes qui existent entre l’organisation financière conventionnelle et la finance islamique.Economiquement et humainement, une meilleure intégration de la finance islamique dans le système financier mondial sera bénéfique pour l’ensemble des acteurs.

En effet, la finance islamique est avant tout une finance éthique, qui privilégie un système de valeurs bâti sur la nécessité d’éviter ce qui est interdit, sur un équilibre entre l’intérêt personnel et l’intérêt public, mais aussi sur les valeurs de l’équité, la transparence, la sincérité,… Ces valeurs sont d’une importance capitale et doivent se refléter obligatoirement dans les actes et les transactions. L’islam a en effet fait la conquête de l’Asie du sud Est, non par des troupes militaires mais à travers les commerçants de soie musulmans, ayant ébloui les habitants locaux par ces valeurs traduites dans leurs transactions.

Dans ce travail de fin d’études , nous avons essayer de traiter cette thematique , en repond a ces plusieures questions :

Qu’est ce que la finance Islamique ? Quel est son origine et comment a-t-elle évolué ?

Depuis quand existe la Finance Islamique ?

Où se sont implante les premières banques islamiques ?

Quel est le potentiel de la Finance Islamique dans le monde ?

Que represente les banque islamiques en comparant avec les banques Classiques ?

En quoi le respect des principes de la finance islamique aurait-il pu (et pourrait, à l’avenir) stabiliser le système financier international?

Voyez-vous la finance islamique comme une opportunité ou comme une menace?

financier international? Voyez-vous la finance islamique comme une opportunité ou comme une menace? 2012/2013 Página 8
financier international? Voyez-vous la finance islamique comme une opportunité ou comme une menace? 2012/2013 Página 8

La Finance Islamique

La Finance Islamique Première Partie : Généralités sur la Finance Islamique Chapitre 1 : L’origine et

Première Partie : Généralités sur la Finance Islamique

Chapitre 1 : L’origine et l’evolution de La Finance Islamique

Ce chapitre traite des différentes voies qui ont été adoptées et qui ont permis l'application de tous les principes et techniques financières développés ci-dessus, en réponse à diverses circonstances historiques et économiques de la seconde moitié du 20éme siècle tant dans le monde musulman que non-musulman.

Nous commencerons par un aperçu rétrospectif du développement des différentes institutions financières répondant aux préceptes islamiques et de leur évolution depuis les années 70 dans le secteur privé à travers le monde musulman.

Nous verrons également comment la restructuration de tout le système bancaire selon les normes islamiques s'est déroulée dans des pays comme le Pakistan, l'Iran et le Soudan.

Nous parlerons également de la Malaisie, qui, malgré qu'elle n'ait pas islamisé tout son système, possède un état d'avancement assez remarquable dans le domaine.

Nous examinerons ensuite l'intégration du système islamique et de ces principes dans les pays non- musulmans tels que la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, tant au niveau des banques qu'à travers d'autres instances comme les places financières. Par après, nous entamerons les différentes coopérations émergeant entre les deux systèmes.

Enfin, nous terminerons par Ime évaluation de la situation actuelle, tant au niveau des problèmes que rencontrent les banques islamiques qu'à celui des opportunités qu'elles offrent et des perspectives pour le futur.

islamiques qu'à celui des opportunités qu'elles offrent et des perspectives pour le futur. 2012/2013 Página 9
islamiques qu'à celui des opportunités qu'elles offrent et des perspectives pour le futur. 2012/2013 Página 9

La Finance Islamique

La Finance Islamique CHRONOLOGIE VIIe siècle : avènement de l’Islam. 1830 : Distinction par l’église catholique

CHRONOLOGIE

VIIe siècle : avènement de l’Islam.

1830 : Distinction par l’église catholique de l’intérêt et de l’usure.

Années 40 : Théorisation de la finance islamique par le théologien pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi.

1956 : Création de la « Pilgrims’ Administration and Fund », en Malaisie, précurseur des premières

banques islamiques.

1963

: Première expérience de banque islamique en Egypte (Mit Ghamr) sur initiative privée.

1970

: Création de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui lance l’idée de la banque

islamique.

1974 : Création de l’Islamic Bank of Developpement (IBD), organisation regroupant 56 pays membre dont la vocation est de devenir la « Banque Mondiale » du monde islamique.

1975 : Apparition des premières banques islamiques parmi lesquelles la « Dubai Islamic Bank »,

la « Kuwait Finance House » et la « Bahrein Islamic Bank ».

1979 : Islamisation totale du secteur bancaire pakistanais.

Années 80 : Développement de la finance islamique en Asie du Sud est et au Moyen-Orient.

1982 : La finance islamique représente moins de 6 milliards de dollars.

1983 : Islamisation totale des systèmes financiers soudanais et iranien.

Années 90 : Ouverture du marché au particulier et décollage de la finance islamique.

1999 : Création du premier indice boursier consacré à la finance islamique, le Dow Jones Islamic

Market.

Années 2000 : Développement de la finance islamique en occident.

le Dow Jones Islamic Market. Années 2000 : Développement de la finance islamique en occident. 2012/2013
le Dow Jones Islamic Market. Années 2000 : Développement de la finance islamique en occident. 2012/2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique 2001 : La finance islamique « pèse » 230 milliards de dollars, soit

2001 : La finance islamique « pèse » 230 milliards de dollars, soit 40 fois plus que vingt ans

auparavant.

2004 : Ouverture de la première banque islamique en Europe, l’Islamic Bank of Britain (IBB) en

Grande-Bretagne.

2007

: Premiers signes en France d’une ouverture vers l’introduction de la finance islamique.

2009

: Introduction des sukuk en droit positif français.

2010

: Premier prêt islamique accordé à un particulier en France.

2011

: La finance islamique représente plus de 1 000 milliards de dollars d’actif à travers le monde.

Section 1 : Histoire et développement du système financier musulman

1.1. Evolution dans le monde musulman

Ce n'est que depuis la Seconde Guerre mondiale et le début de l'indépendance des pays musulmans qu'on voit émerger une renaissance de la finance islamique. La fin du colonialisme et la recrudescence du sentiment de religiosité ont largement contribué à ce phénomène, mais ce sont véritablement les immenses revenus engendrés par les différents booms pétroliers qui ont alimenté et permis sa croissance. Cependant, pour retrouver l'origine de ce mouvement, il faut remonter bien plus en arrière, vers la moitié des années 30, époque à laquelle certains ulémas (savants musulmans) tentent une approche islamique des différents problèmes socio-économiques, problèmes qui les amenèrent à s'interroger sur la légitimité de l'application de l'intérêt dans leur économie. Ainsi, ils se distinguaient, dans leur réflexion, des économistes de l'époque puisque leur volonté ne résidait pas, comme ce fut le cas jusqu'alors, à modifier les injonctions islamiques pour les adapter aux pratiques financières occidentales.

à modifier les injonctions islamiques pour les adapter aux pratiques financières occidentales. 2012/2013 Página 11
à modifier les injonctions islamiques pour les adapter aux pratiques financières occidentales. 2012/2013 Página 11

La Finance Islamique

La Finance Islamique Ils désiraient, au contraire, réaffirmer les préceptes islamiques, sans accorder aucun compromis,

Ils désiraient, au contraire, réaffirmer les préceptes islamiques, sans accorder aucun compromis, et convaincre l'opinion publique de la nécessité d'un retour vers un système économique en conformité avec les normes de l'Islam.

Certains banquiers et économistes musulmans répondirent à l'appel mais aucune des tentatives n'eut réellement un impact décisif. On retrouve plusieurs exemples remontant à cette époque en Malaisie dans le milieu des années 40 et dans le Pakistan des années 50, à travers l'apparition de coopératives rurales accordant des crédits sans intérêt.

En 1962, le gouvernement malais mit à la disposition de sa population le «Pilgrim's Management Fund", qui permit aux fidèles d'épargner pour l'accomplissement du pèlerinage à la Mecque. Malgré que l'étendue de l'activité de ces différentes instances reste limitée, elles représentaient sans conteste l'ouverture à de plus larges aspirations et certains voient en cette première ébauche la première phase de l'islamisation du système économique et financier.

L'émergence des discussions théoriques sur l'économie et la finance islamique n'a été concrétisée dans la réalité qu'en 1963 à Mit Ghamr en Egypte. Cette première banque jouait essentiellement le rôle d'une banque d'épargne basée sur le système du partage des profits et des pertes mais ne projetait cependant aucun dessein religieux, évitant de cette manière d'être perçue comme une manifestation du «fondamentalisme musulman» qui était alors un anathème aux yeux du régime politique en place à cette époque. Cette expérience se poursuivit jusqu'en 1967, temps auquel plus de neuf succursales s'étaient implantées à travers tout le pays, étant donné le succès grandissant qu'avait connu l'application d'un système en conformité avec la Chari'a. Peu de temps après la cessation de l'activité de cette première banque apparut, en 1971, la Nasser Social Bank, qui opérait également sans intérêt et dans les statuts de laquelle n'apparaissait aussi aucune référence à la Chari'a.

Le début des années 70 fut la scène d'un véritable changement politique et idéologique dans le paysage arabo-musulman. L'indépendance économique et politique face à la mainmise occidentale était de plus en plus marquée, et permit à la population de ces différents Etats d'exprimer et de pratiquer librement sa foi. Ce regain religieux se manifestait à tous les niveaux de la population et dans tous les domaines, en particulier dans celui de l'économie et de la finance.

et dans tous les domaines, en particulier dans celui de l'économie et de la finance. 2012/2013
et dans tous les domaines, en particulier dans celui de l'économie et de la finance. 2012/2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique Ceci nous conduit à la deuxième phase dans laquelle les contours d'un système

Ceci nous conduit à la deuxième phase dans laquelle les contours d'un système bancaire alternatif

rejetant l'intérêt et conforme aux objectifs de la Chari'a furent dessinés pendant différents séminaires

et conférences tenus à cette époque . En 1975, un premier pas dans la concrétisation de ce système

va être la constitution de la Banque Islamique du Développement, la BID, à jeddah

La BID, considérée comme le point de départ de l'essor des banques islamiques, est une banque intergouvernementale qui fournit les fonds nécessaires à des projets de développement dans ses 54 pays membres. La BIO fournit des services rémunérés par la couverture des frais qu'ils engendrent et une assistance financière à ses pays-membres basée sur le partage des profits.

Les opérations de la 81D ne contiennent aucun taux d'intérêt et font, cette fois, explicitement

référence aux principes de la Chari'a. Lors d'une interview à un programme télévisé pakistanais, le Dr Ahmad Muhammad Ali, Président de la BIO, tente de donner un aperçu des objectifs de l'institution:

« les principaux objectifs derrière l'établissement de la Banque Islamique de Développement sont de promouvoir la solidarité et de renforcer les relations entre les pays musulmans .

II continue en expliquant : «

la

banque a mis en place divers programmes afin de promouvoir l'investissement direct entre les pays- membres au lieu d'utiliser des voies divergentes 1 ». De la même manière, plusieurs banques islamiques, tant dans la lettre que dans l'esprit, vont apparaître dans les années 70 au Moyen-Orient. Ainsi, on peut citer la Dubaï Islamic Bank (1975), la Faysal Islamic Bank du Soudan (1977), la Faysal Islamic Bank d·Egypte (1977), la Banque Islamique de Bahreïn (1979), pour ne mentionner que celles-ci.

la banque a financé un certain nombre de projets non seulement dans

les pays membres mais également pour les musulmans vivant dans des pays non-membres

Les pays de l'Asie du Pacifique, bien que précurseurs du système financier islamique, étaient à cette époque moins enclins au changement, et il fallut attendre le début des années 80 pour voir s'établir en Malaisie la première banque islamique à part entière, la Bank Islam Malaysia Berhad (81MB).

1 Discours d'Ahmad Muhammad Ali, o.c. Il continue en évoquant J'exemple du Soudan. liCe pays était CJccoutumé à acheter de la marchandise au Bangladesh en passant par la Grande-Bretagne jusqu'à ce que la banque intervienne et maintenant, la transaction se/ait directement.»

jusqu'à ce que la banque intervienne et maintenant, la transaction se/ait directement.» 2012/2013 Página 13
jusqu'à ce que la banque intervienne et maintenant, la transaction se/ait directement.» 2012/2013 Página 13

La Finance Islamique

La Finance Islamique Le mouvement fut dès lors enclenché, et le nombre de banques islamiques ne

Le mouvement fut dès lors enclenché, et le nombre de banques islamiques ne cesse d'augmenter depuis cette époque. La plupart des banques islamiques sont d'initiative privée, dans lesquelles le gouvernement n'a pas de rôle ou seulement un rôle passif.

Dans ce cas, les banques islamiques coexistent avec des banques opérant selon le système conventionnel, c'est-à-dire en pratiquant l'intérêt. Cependant, quelques pays musulmans, comme l'Iran, le Pakistan et le Soudan ont adopté une approche différente, celle de l'islamisation progressive de tout leur système économique et financier.

1.2. Evolution dans le monde occidental

Nous entrons ici dans ce que nous appellerons la troisième phase de développement du système bancaire islamique, c'est-à-dire son intégration dans des régions où la population musulmane est minoritaire et dans des pays occidentaux.

1.2.1. Europe continentale :

Hormis le cas de la Grande-Bretagne, le mouvement d'intégration des banques islamiques en Europe est assez paradoxal. En effet, c'est dans les pays où la population musulmane est presque insignifiante qu'on retrouve les principales institutions implantées en Europe. Le mouvement d'intégration des banques islamiques en Europe Continentale ne connaît pas encore un réel succès, et celles qui ont été établies jusqu'à présent le sont essentiellement pour les avantages fiscaux et légaux qu'offre leur pays d'accueil.

C'est en 1978 qu'apparaîtra la première institution islamique en Europe, plus exactement au Luxembourg. L'«Islamic Banking System», qui sera rebaptisé plus tard la «Islamic Finance House

Universal Holdings», sera essentiellement consacrée à l'acquisition par achat, échange, souscription, de parts dans des sociétés tant en Europe que dans le reste du monde. Cette banque s'est également largement impliquée dans le financement de projets communautaires (petits supermarchés,

principalement en Allemagne. IBS Luxembourg tentera d'élargir sa présence jusqu'au

boucheries,

Danemark, où il installera une filiale en 1982. il sera ensuite racheté par la Dar al-Maal al Islami (DMI), avant de fermer définitivement ses portes en 1997.

),

racheté par la Dar al-Maal al Islami (DMI), avant de fermer définitivement ses portes en 1997.
racheté par la Dar al-Maal al Islami (DMI), avant de fermer définitivement ses portes en 1997.

La Finance Islamique

La Finance Islamique Beaucoup plus tard, en 1990, va s'établir la Faisal Finance à Genève en

Beaucoup plus tard, en 1990, va s'établir la Faisal Finance à Genève en Suisse, filiale de la Dar al- Maal al Islamic (DMl). Cette institution remplira principalement le rôle d'une banque d'affaires avec toutes ses implications. Une autre filiale de la DMI ouvrira également ses portes au Luxembourg, mais cette fois en tant que holding de type Soparfi (société de participations financières), et non pas sous le statut d'une banque.

Dans les pays d'Europe Continentale où la communauté musulmane représente une partie non- négligeable de la population, comme l'Allemagne, la France ou la Belgique, les banques islamiques sont jusqu'à présent non-existantes. Le principal argument avancé pour justifier cette carence est la présence de législations qui s'opposent à l'établissement de telles institutions. En Belgique, plusieurs règles légales viennent entraver le développement de cette initiative. Dans un premier temps, la législation bancaire belge prévoit que toutes «les succursales d'établissements de crédit ne relevant pas d'un Etat-membre de l'Union Européenne sont soumises aux mêmes règles que les établissements de crédit de droit belge

La Commission Bancaire et Financière peut

requiert la création d'une

société de dmit belge 2 . Les banques islamiques établies à J'étranger, étant en général des succursales de groupes basés au Moyen-Orient, sont soumises à cette règle. L'une des règles les plus contraignantes est le système de garantie de dépôts géré par J'Institut de Réescompte et de Garantie des dépôts. Par ce système, tous les dépôts sont protégés des pertes réalisées ou de la faillite des banques par leur adhésion obligatoire à cette instance. Dans le système islamique, seuls les comptes courants garantissent le capital initial. Par contre, le capital investi sur les comptes d'investissement peut être sujet à une dépréciation, suite aux pertes possibles engendrées par le projet financé.

refuser un agrément à la succursale d'un pays ne

faisant pas partie de l'UE si elle estime que la protection des épargnants

La législation bancaire belge énumère 3 toutes les activités que les banques sont autorisées à pratiquer. Parmi celles-ci, certaines dispositions communes aux deux systèmes se retrouvent, telles que la

Au demeurant, les opérations

collecte des dépôts, le leasing, les opérations de paiement,

commerciales réalisées dans le cadre des contrats de Murabaha ne sont pas couvertes par la loi et ne peuvent donc être appliquées en Belgique.

2 Association Belge des Banques, a.c., p. 27.

3 Art 3, § 2, alinéa 1 er à 14, loi du 22 mars 1993

Belge des Banques, a.c., p. 27. 3 Art 3, § 2, alinéa 1 e r à
Belge des Banques, a.c., p. 27. 3 Art 3, § 2, alinéa 1 e r à

La Finance Islamique

La Finance Islamique Enfin, J'une des dernières contraintes légales qu'il est encore important de citer est

Enfin, J'une des dernières contraintes légales qu'il est encore important de citer est la limitation de détention de droits d'associés et de participations qu'une banque peut détenir. Un arrêté royal prévoit à cet effet que «chaque poste n'excède pas 15% des fonds propres de l'établissement de crédit et que le montant total n'excède pas 45% des fonds propres de l'établissement». Etant donné que J'activité principale d'une banque islamique est J'investissement des fonds déposés selon, entre autres, un contrat de Mudaraba qui peut prendre la forme de participation dans le capital d'une société pour le compte propre de la banque, il est évident que ces normes seront inévitablement dépassées.

En Allemagne, la seule initiative connue jusqu'à nos jours est celle qui a été entreprise par l'IFH située au Luxembourg. Mis à part ce projet, l'Allemagne reste surtout le siège d'une certaine réflexion sur le système. Plusieurs personnalités ont révélé un véritable intérêt à J'égard du système bancaire islamique, bien que cet intérêt se soit jusqu'ici résumé au potentiel du système d'un point de vue global, plutôt qu'à une application spécifique à J'Allemagne .

Un autre argument qui est souvent cité pour justifier J'absence de banques islamiques en Europe Continentale est le poids relatif de la communauté musulmane dans la partie la moins favorisée de la

population. Cet argument reviendrait pourtant à dire que «

le système bancaire islamique ne serait

réservé qu'aux riches et aux hommes d'affaires musulmans, ce qui est .évidemment en contradiction avec les principes énoncés par le Coran

1.2.2. Grande-Bretagne :

La Grande-Bretagne est le seul pays d'Europe qui, jusqu'ici, a autorisé l'établissement d'une banque islamique sur son territoire. Malgré que J'expérience ne dura que jusque 1993, J'établissement de la Al-Baraka International Bank Lirnited (AlBL), filiale du groupe Al-Baraka, est considéré comme J'expérience pionnière du système bancaire islamique en Europe. La fermeture de la banque en 1993 est essentiellement due à son incapacité à répondre aux exigences de la Banque Centrale d'Angleterre. Dans une lettre adressée à J'Association des Banquiers Arabes en mars 1994, Eddie George, gouverneur de la Banque d'Angleterre à cette époque.L'interruption de J'activité de l'AlBL en Grande-Bretagne laissa un vide qui ne fut comble qu'en 1997, lorsque l'United Bank of Kuwait (UBK) basée à Londres proposa un nouveau plan de financement immobilier sans intérêt .

Kuwait (UBK) basée à Londres proposa un nouveau plan de financement immobilier sans intérêt . 2012/2013
Kuwait (UBK) basée à Londres proposa un nouveau plan de financement immobilier sans intérêt . 2012/2013

La Finance Islamique

La Finance Islamique L'Islamic Investment Banking Unit (lBU), comme est appelé ce projet, propose principalement des

L'Islamic Investment Banking Unit (lBU), comme est appelé ce projet, propose principalement des contrats de Murabaha et de Ijam pour permettre le financement de l'achat de biens immobiliers aux musulmans britanniques qui ne désirent pas contracter un emprunt à intérêt. Il est important de noter que l'UBK avait déjà lancé le même type de service en Irlande en 1994. L'IIBU Fund II PLC basé à Dublin permet l'investissement de fonds dans un assez large portefeuille d'équipement basé sur le principe de l'Ijara. D'autre part, l'UBK avait également déjà proposé le Healthcare Fund en décembre 1996, né de l'association de l'UBK et de la Kuwait Finance House, offrant la possibilité d'un financement immobilier par Ijara.

D'autres tentatives ont été entreprises entre-temps, mais sans grand succès. Ce fut le cas, par exemple, pour l'El Medina Islamic Equity Fund lancé en 1994, qui sélectionnait une centaine de sociétés dans un panier de 500, dans lesquelles les investisseurs musulmans pouvaient investir. Ce fonds n'eut pas le succès attendu, à cause d'un manque de crédibilité et de la carence d'un plan de marketing adéquat, étant donné la nouveauté du produit.

En dépit du peu de réussite engendré par la tentative d'implantation d'une institution islamique en Angleterre, Londres reste sans conteste la première place financière islamique et également la plaque tournante des réflexions et des discussions sur ce sujet et le lieu d'édition des différents ouvrages publiés en anglais dans le domaine. Par conséquent, la Grande-Bretagne est le pays d'Europe le plus avancé et le plus ouvert à une réelle implantation du système financier islamique. Ceci sera illustré lorsque nous aborderons les différentes coopérations qui existent entre les deux systèmes. Nous verrons, en effet, comment plusieurs banques britanniques se sont lancées dans l'offre de produits financiers islamiques.

1.2.3. Etats-Unis :

Avec plus de 6 millions de musulmans de toute origine, les Etats-Unis dispose d'un réel marché pour le développement de services financiers en accord avec la loi islamique. En outre, contrairement à la situation des immigrés musulmans vivant en Europe, la communauté musulmane américaine n'est pas confinée dans ce qu'on pourrait appeler la classe précaire de la population .

n'est pas confinée dans ce qu'on pourrait appeler la classe précaire de la population . 2012/2013
n'est pas confinée dans ce qu'on pourrait appeler la classe précaire de la population . 2012/2013

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La Finance Islamique En réponse à cette constatation, plusieurs initiatives ont été lancées sur le sol

En

réponse à cette constatation, plusieurs initiatives ont été lancées sur le sol américain. Parmi celles-

ci,

on peut citer la LARIBA Bank de l'American Finance House, qui est autorisée à opérer dans plus

de 13 Etats américains. Actuellement, la LARIBA Bank propose une diversité de services de financement parmi lesquels le Lease-to-Purchase pour les biens immobiliers, les voitures et les

équipements médicaux. Elle offre également diverses opportunités de financement et d'investissement aux petites et moyennes entreprises.

Une autre institution qui s'est également largement développée est l'Amana Mutual Fund basée à Washington. Ce fonds permet à des investisseurs de placer leur argent dans un portefeuille diversifié d'actions de compagnies dont l'activité est en accord avec les principes de la Chari'a.

La liste des institutions offrant de pareils services est encore longue. Un dernier exemple pourrait être

l'initiative lancée par Omar Clark Fisher, consultant chez OPIC converti à l'Islam en 1980. Il lança en 1992 la Première Société de Leasing Islamique, qui, après trois ans d'existence, atteignit un

portefeuille d'investissement de plus de 6 millions d'USD.

Section 2 : Problèmes rencontrés par le système financier musulman

2.1 Problèmes d'ordre opérationnel

2.1.1 Carence en instruments basés sur le principe des 3P :

A la lumière des données étudiées ci-dessus, un premier problème qui se pose aux banques

islamiques est l'impopularité des instruments basés sur le partage du profit. L'ensemble des techniques financières se scinde, en effet, en deux parties: celles qui sont basées sur un revenu fixe du capital et celles basées sur le partage des pertes et des profits (Mudaraba et Musharakah). Alors que les premiers économistes musulmans préconisaient la Musharaka et la Mudaraba comme les principales méthodes de financement, elles ne représentent actuellement que 10 à 15% de l'activité bancaire.

de financement, elles ne représentent actuellement que 10 à 15% de l'activité bancaire. 2012/2013 Página 18
de financement, elles ne représentent actuellement que 10 à 15% de l'activité bancaire. 2012/2013 Página 18

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La Finance Islamique Pourtant, les théoriciens de la finance islamique ont bâti leurs espoirs sur de

Pourtant, les théoriciens de la finance islamique ont bâti leurs espoirs sur de tels instruments et comparé leurs effets sur l'économie à ceux produits par l'investissement directe. Ils ont également développé toute une série d'arguments et de théories qui démontrent la supériorité du partage des profits sur l'octroi d'un revenu fixe.

L'utilisation de ce type de transaction a été conseillée comme méthode de financement uniquement lorsque le partage des risques et des profits n'est pas applicable. Si ce n'est pas le cas, les juristes et économistes musulmans désapprouvent leur application, les banques préservant de cette manière le statique avec le système conventionnel, par l'insistance sur la solvabilité du client et le maintien de la relation créditeur/débiteur .

Plusieurs approches doivent être adoptées pour comprendre les causes de cette impopularité. Partant de la perspective bancaire, le principal obstacle à leur développement semble se résumer aux risques et aux coûts transactionnels que ceux-ci engendrent. Il existe, en effet, une différence fondamentale entre la banque conventionnelle et la banque islamique. La sélection d'un projet nécessite des études de faisabilité et plusieurs évaluations techniques et financières, évaluations qui requièrent des analystes expérimentés. Les coûts afférents à ces transactions sont, par ailleurs, dans la majorité des cas bien plus élevés que ceux liés à l'autre type de fmancement .

La conclusion d'un contrat de Mudaraba nécessite, en outre, un suivi et un contrôle perpétuel de l'activité du Mudarib, pour ainsi détecter toute erreur de sa part, erreur qui pourrait être à l'origine d'une éventuelle perte.

La banque préfère également les contrats de Murabaha ou d'Ijara aux contrats basés sur le partage des profits pour la perspective à court terme qu'ils offrent. Les banques favorisent le court terme étant donné qu'elles travaillent généralement sur des petites réserves; elles doivent donc pouvoir disposer rapidement de liquidités si le besoin s'en fait ressentir.

Partant de la perspective du client, les contrats de Musharaka et de Mudaraba sont également peu sollicités. L'investissement dans un projet est souvent un investissement à long terme, et une première phase de croissance est requise avant de pouvoir entrevoir les premiers bénéfices significatifs. Cette optique à long terme implique également plus de risque, ce qui n'est généralement pas un argument en faveur de ces contrats.

plus de risque, ce qui n'est généralement pas un argument en faveur de ces contrats. 2012/2013
plus de risque, ce qui n'est généralement pas un argument en faveur de ces contrats. 2012/2013

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La Finance Islamique Par conséquent, il n'est pas surprenant que le financement par Murabaha et par

Par conséquent, il n'est pas surprenant que le financement par Murabaha et par Ijara représente plus de 75% de l'activité globale de financement des banques islamiques. Ce type de contrat, en plus d'être basé sur le court terme, offre un haut niveau de liquidité et peu de risque aux investisseurs. Ces avantages ont donc largement contribué à la forte popularité de ces techniques, mais cette utilisation abusive pose actuellement certains problèmes sur la scène financière islamique: le risque de défaut de paiement des clients et la difficulté de négociabilité de ces actifs.

Le danger engendré par l'insolvabilité du client est illustré de la manière suivante: même s'il est permis d'imposer un prix plus élevé pour la vente à crédit comparé à la vente au comptant, une fois le contrat conclu, une dette fixe naît du côté de l'acheteur. Si celui-ci n'acquitte pas sa dette, les banques ne peuvent pas le pénaliser financièrement, cela étant assimilé à du Ribâ.

Il faut néanmoins rester vigilant lorsque la question de la pénalisation du client est abordée. Les juristes musulmans s'accordent sur la légalité d'une sanction financière, mais la banque ne peut retirer aucun bénéfice de celle-ci. La question de savoir si la banque utilise cette astreinte pour réparer le dommage qu'elle a subi reste aujourd'hui une question non résolue.

L'autre problème engendré par l'utilisation excessive de ces contrats basés sur la dette est leur difficulté à transformer ces modes financiers en instruments financiers négociables. Une fois qu'une dette a été créée, elle ne peut, en effet, être transmise à une tierce personne, si ce n'est dans sa propre valeur. Vu le poids important de ces instruments sur le marché financier islamique, celui-ci devient très peu négociable, et représente par conséquent l'un des obstacles les plus importants à la mise sur pied d'un marché islamique secondaire.

2.1.2 Concurrence et diversification des produits :

Les taux de croissance spectaculaires le prouvent, les banques islamiques ont connu un succès considérable dans la mobilisation de fonds dans le passé. Cependant, les circonstances actuelles ne sont plus celles des années 70, et de nouveaux éléments menacent leur prospérité. Les taux de croissance continuent à évoluer mais de manière décroissante et de nouveaux efforts sont requis pour tenter de stabiliser ces taux.

de manière décroissante et de nouveaux efforts sont requis pour tenter de stabiliser ces taux. 2012/2013
de manière décroissante et de nouveaux efforts sont requis pour tenter de stabiliser ces taux. 2012/2013

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La Finance Islamique Un premier élément qui remet en question le futur des banques islamiques est

Un premier élément qui remet en question le futur des banques islamiques est que celles-ci, après de nombreuses armées de .monopole» dans leur domaine, doivent affronter aujourd'hui l'intérêt grandissant que portent les banques conventionnelles sur leur marché. Bien qu'il est difficile d'établir une liste complète des institutions qui pratiquent le système bancaire islamique parmi leurs nombreuses activités, il n'en reste pas moins que celles qui l'appliquent de notoriété publique sont des géants de la scène bancaire internationale. Leur concurrence introduit graduellement de nouvelles réalités auxquelles les banques islamiques ne sont pas préparées. Ainsi, la concurrence de grandes banques multinationales menace l'avenir des banques islamiques

Les banques islamiques se doivent donc de réagir rapidement et d'investir dans une diversification accrue des produits qu'elles offrent pour pouvoir répondre aux besoins croissants de leurs clients, eu égard à leurs exigences en matière de revenu, de délai et de risque.

Jusqu'ici, les outils utilisés restent confinés dans des modes de financement classiques qui ont été développés il y a des siècles et qui répondaient aux exigences de cette époque. Malgré que ces outils gardent toute leur efficacité aujourd'hui, les circonstances et l'environnement obligent les banques islamiques à redoubler d'efforts et d'investissements dans le domaine de l'innovation.

Cette innovation est d'autant plus nécessaire que c'est le manque de diversification dans les produits proposés qui a mené la banque islamique à agir comme un intermédiaire plutôt que comme un véritable investisseur. Les investissements en recherche et développement sont, par conséquent, indispensables.

Cette idée pourrait paraître évidente, mais elle n'en est pas moins extrêmement difficile à appliquer, étant donné le filtre religieux par lequel tout nouveau produit doit passer.

Une condition sine qua non pour que celui-ci soit attractif auprès des principaux clients de la banque, les musulmans, est son adéquation aux règles du droit islamique. Cependant, plusieurs techniques sont à la disposition des juristes musulmans, comme le qiyas, la maslaha ou encore l'istihsan .

Ce fut le cas, par exemple, pour la procédure d'approbation du contrat de Salam. Rappelons qu'au départ, la vente d'un objet qui n'est pas en possession du vendeur est interdite. Cependant, dans le cas du contrat de Salam, le Prophète (sbsl) a autorisé une telle transaction pour les besoins des gens de son époque, pour autant que la protection des intérêts des deux parties soit assurée .

gens de son époque, pour autant que la protection des intérêts des deux parties soit assurée
gens de son époque, pour autant que la protection des intérêts des deux parties soit assurée

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La Finance Islamique Ici aussi, de nouveaux besoins sont apparus et la nécessité de l'innovation se

Ici aussi, de nouveaux besoins sont apparus et la nécessité de l'innovation se fait nettement ressentir. Les marchés financiers conventionnels débordent de nouveaux produits tels que les options, les plans

Les institutions islamiques ne peuvent donc se permettre de rester à

de pension, les cartes de crédit,

l'arrière-plan de la scène. C'est ainsi que de nombreux contrats classiques ont été améliorés, voire modifiés, pour répondre aux besoins contemporains.

On peut citer comme exemple le modèle même de la structure bancaire islamique, la Mudaraba two- tiers. Ce modèle est basé sur une adaptation du principe de Mudarib udarib:qui donne le droit au Mudarib (la banque) de devenir elle-même Rabb al mâl vis-à-vis de ses clients. Ce principe est également usité pour l'application des sous-contrats pour d'autres techniques financières.

Le processus d'innovation est donc en cours mais requiert d'importants investissements en Recherche et Développement. En vue d'optimiser leurs investissements dans ce domaine, les banques ont décidé de centraliser leurs efforts par la création, en 1992, du Bureau de Coordination et de Recherche Académique, qui est situé dans le Centre Saleh Kamel pour l'Economie Islamique, à l'Université Al Azhar au Caire, en Egypte .

2.1.3. Diversité des conseils de la Chari'a :

L'une des plus grandes difficultés que rencontrent les Conseils de la Chari'a dans leur fonction est la diversité des opinions des savants musulmans. Bien qu'ils soient unanimes sur les principes fondamentaux, il existe souvent plus d'une interprétation pour un seul sujet.

Le gouvernement malais a tenté de faire face à ce problème au début du développement de son industrie bancaire islamique. Sa Banque Centrale, la Banque Negara, dispose de son propre conseil religieux qui détermine les règles applicables pour l'ensemble des banques islamiques actives sur son territoire . Une tentative de centralisation des conseils de la Chari'a a été amorcée par les différentes initiatives de séminaires internationaux réunissant des juristes et des experts financiers musulmans, séminaires dont le plus célèbre est le OIC Fiqh Academy tenu régulièrement à Jeddah, en Arabie Saoudite.

dont le plus célèbre est le OIC Fiqh Academy tenu régulièrement à Jeddah, en Arabie Saoudite.
dont le plus célèbre est le OIC Fiqh Academy tenu régulièrement à Jeddah, en Arabie Saoudite.

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La Finance Islamique La situation est cependant loin d'être idéale. Les discussions entre juristes et financiers

La situation est cependant loin d'être idéale. Les discussions entre juristes et financiers sont souvent vides de sens, ceux-ci utilisant des termes techniques qui varient non seulement d'une discipline à l'autre, mais également d'un pays ou d'un courant de pensée à l'autre.

Le véritable problème qui se pose dès lors est «

enseignements coraniques qu'économiques et financiers.

la carence en savants qui maîtrisent tant les

Dans une interview donnée à l'auteur, Muazzam Ali de la IIBI à Londres estimait qu'il n); avait pas plus de 20 savants à travers le monde qui répondent à ces conditions)).

Ce problème de concordance des avis émis mène souvent à des opinions contradictoires et à des conflits d'intérêts. De plus, la diversité des conseils de la Chari'a ralentit considérablement le développement du système financier islamique, sans lesquels il ne peut cependant pas fonctionner.

2.2. Problèmes d'ordre institutionnel :

Chaque système possède ses exigences institutionnelles, et le système financier islamique n'est pas une exception. Comme tout système, il nécessite également la présence d'instances de contrôle et d'assistance qui lui permettent d'opérer dans l'environnement le plus favorable qui soit.

Jusqu'ici, les institutions financières islamiques à travers le monde ont toujours essayé de bénéficier de la structure institutionnelle déjà établie pour le système conventionnel. Cependant, elles ne peuvent se contenter d'une structure reposant sur des principes différents et souvent contradictoires à son fonctionnement. La nécessité de l'établissement d'institutions orientées plus spécifiquement vers leurs besoins et leur nature se fait donc vivement ressentir.

2.2.1. Nécessité d'instances de régulation et de contrôle :

Le manque d'instances de contrôle dans le paysage financier musulman est l'un des problèmes les plus urgents à résoudre, étant donné les carences qu'engendre ce manque.

des problèmes les plus urgents à résoudre, étant donné les carences qu'engendre ce manque. 2012/2013 Página
des problèmes les plus urgents à résoudre, étant donné les carences qu'engendre ce manque. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique En effet, trois raisons expliquent cette urgence: la difficulté d'acquisition d'informations

En effet, trois raisons expliquent cette urgence: la difficulté d'acquisition d'informations disponibles pour les investisseurs et le manque de transparence, le manque d'assurance quant à la faisabilité et au futur du système financier, et l'amélioration des politiques monétaires.

L'information est un élément essentiel pour assurer la continuité d'un système financier, et dire que la transparence est une qualité du marché bancaire islamique serait un leurre. Il n'est pas rare, par exemple, que le procédé exact de calcul des pans de profits sur les différents dépôts soit gardé confidentiel.

De la même manière, les détails quant à l'utilisation des fonds par les banques ne sont que rarement rendus publics. Cette attitude de la part de la majorité des banques islamiques enraye la fiabilité de leur activité. Une transparence plus accrue est donc requise et celle-ci pourrait être exigée par une instance de contrôle, qui obligerait les banques à révéler les informations cruciales aux investisseurs potentiels et ainsi augmenter l'efficacité des marchés financiers.

L'industrie bancaire conventionnelle est l'un des secteurs les plus contrôlés et les plus régulés.

Bien qu'une instance comme la Banque Centrale est présente dans tous les pays où il existe des institutions islamiques, la structure et le fonctionnement de celle-ci sont trop souvent calqués sur celle du système conventionnel.

Ces dernières années, des efforts ont été entrepris dans certains pays; ainsi, en Egypte et en Jordanie, un Acte Bancaire Islamique a été édité, prévoyant des règles spécifiques aux institutions financières islamiques et les relations de celles-ci avec la Banque Centrale.

D'autres pays comme la Malaisie ont édicté des règles, pour les opérations des banques islamiques parallèlement à celles déjà présentes pour les banques conventionnelles.

Cependant, aucune de ces initiatives ne prévoit un système d'assistance conforme aux règles de la Chari'a. Ainsi, les dépôts des banques auprès de la Banque Centrale restent rémunérés par une charge d'intérêt, et il en est de même pour les prêts octroyés.

Plusieurs solutions ont déjà été avancées, mais rares sont leurs applications.

octroyés. Plusieurs solutions ont déjà été avancées, mais rares sont leurs applications. 2012/2013 Página 24
octroyés. Plusieurs solutions ont déjà été avancées, mais rares sont leurs applications. 2012/2013 Página 24

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La Finance Islamique Ainsi, Chapra 4 propose un dépôt commun par les banques islamiques sous le

Ainsi, Chapra 4 propose un dépôt commun par les banques islamiques sous le contrôle des Banques Centrales pour fournir une aide à une autre en cas de problème de liquidité, et ce sur une base coopérative. Enfin, une dernière institution qui devra être mise sur pied prochainement est un Conseil de la Chari'a commun à toutes les banques et qui fournirait des règles standardisées et communes à chacune.

2.2.2. Nécessité d'un marché secondaire :

Un système financier requiert qu'une bonne partie de ses activités soit basée sur du long terme. Dans le système conventionnel, ces activités sont assumées par l'émission de titres comme les obligations à long terme et les actions. Cette fonction est assurée par les marchés de titres et les institutions spécialisées. En plus du public, les plus importantes sources de ces investissements à long terme sont les banques d'investissement, les fonds communs, les compagnies d'assurance et les fonds de pension. Dans le système islamique, une émission d'obligations à long terme n'est pas possible puisqu'elle repose sur l'intérêt. Le besoin en marché des actions est, par conséquent, bien plus élevé. De plus, un manque latent de standardisation des produits empêche les banques islamiques de se développer.

Cette standardisation permettrait aux banques de coopérer, tout comme les méthodes basées sur l'intérêt ont été uniformisées. Cette uniformisation favoriserait la syndication de beaucoup de transactions bancaires et la capacité de pouvoir titriser ces produits endiguerait le manque de négociabilité de ces produits, permettrait la croissance d'un marché secondaire spécifique et encouragerait les investissements à long terme.

Malheureusement, dans la plupart des pays musulmans, le marché des actions n'est pas vraiment développé. Parallèlement, le nombre d'institutions spécialisées est relativement négligeable. Des fonds communs et des fonds Mudaraba sont apparus mais leur nombre reste assez restreint et l'information sur leur performance presque inexistante. De la même manière, le nombre de compagnies d'assurance islamiques peut tenir sur les doigts d'une main.

Ce retard pose plusieurs problèmes au système musulman: d'une part, il l'empêche d'assurer son avenir et sa longévité à cause du déséquilibre flagrant qui existe entre le court terme et le long terme. D'autre part, il augmente le décalage déjà existant avec le marché conventionnel où le nombre et les performances des institutions spécialisées sont relativement croissants .

4 Chapra, M.U., Towards a Just Monetary System, Ed. The Islamic Foundation, Leicester, 1958? P. 67

Chapra, M.U., Towards a Just Monetary System, Ed. The Islamic Foundation, Leicester, 1958? P. 67 2012/2013
Chapra, M.U., Towards a Just Monetary System, Ed. The Islamic Foundation, Leicester, 1958? P. 67 2012/2013

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La Finance Islamique 2.2.3. Absence d'uniformisation comptable Alors que les banques conventionnelles disposent de

2.2.3. Absence d'uniformisation comptable

Alors que les banques conventionnelles disposent de règles comptables internationales qui leur sont communes et que leur Banque Centrale publie les comptes annuels consolidés des banques après supervision, le système financier islamique dispose d'une diversité de pratiques comptables, pratiques qui varient d'une institution à l'autre, entravant ainsi toute tentative de comparaison entre les documents comptables.

De plus, les concepts utilisés pour l'élaboration du bilan et du compte de résultat ne sont que rarement définis d'une manière rigoureuse. Cependant, ces dernières armées, plusieurs initiatives ont été prises pour neutraliser ce problème et pour tenter une standardisation des pratiques comptables. Etant donné l'ampleur et la nouveauté de cette initiative, un simple paragraphe ne nous permettrait de l'aborder d'une manière adéquate .

Section 3 : Soubassement de la finance islamique

3.1 Sources principales de la Chari’a

Le terme « Sharia », qui littéralement signifie en arabe « Le chemin à suivre », désigne un système légal basé sur l’éthique musulmane.

La Chari’a définit un comportement acceptable dans tous les domaines de la vie des musulmans. Elle gouverne la dimension morale, éthique, spirituelle et sociale de la vie privée et publique des musulmans, incluant notamment les activités économiques et commerciales

3.1.1 Le saint Coran (parole de dieu) :

Le Coran est le livre saint des musulmans, le texte sacré de l’Islam qui rend compte du message de Dieu tel que révélé au ProphèteMohammed.

sacré de l’Islam qui rend compte du message de Dieu tel que révélé au ProphèteMohammed. 2012/2013
sacré de l’Islam qui rend compte du message de Dieu tel que révélé au ProphèteMohammed. 2012/2013

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La Finance Islamique 3.1.2 La Sunnah du prophéte Mohammed : L’ensemble des dires et des actions,

3.1.2 La Sunnah du prophéte Mohammed :

L’ensemble des dires et des actions, expressions, enseignements du Prophète, ainsi, que son approbation des dires et des pratiques de quelqu’un d’autre.

3.1.3 L’Ijmaa :

L’Ijmaa, en se basant sur un consensus des spécialites musulman sur un point de droit prise par ce procede ne peut en aucun cas contredir le Coran ou la Souna

3.1.4 Le Qiyass (analogie authentifiée) :

Les Qiyass, ou analogie, une forme de raisonnement utilisée par les juristes musulmans pour déterminer la solution d’un problémes de droit(Fiqh) non prévu par les textes du Coran et de la Sunna.

3.1.5 L’Ijtihad (L’effort intellectuel rationnel)

L'Ijtihad, qui est l'effort de réflexion personnelle basée sur les principes généraux de l'Islam. Il est pratiqué par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants).

généraux de l'Islam. Il est pratiqué par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants). 2012/2013 Página
généraux de l'Islam. Il est pratiqué par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants). 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Schéma1 : les sources de la finance islamique Islam A q i d

Schéma1 : les sources de la finance islamique

Islam
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Schéma1 : les sources de la finance islamique Islam A q i d a Charia(croyan ce

A q i d a Aqida

Charia(croyan ce et valeurs)
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ce et valeurs)
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Fiqh al
Fiqh al ibadat
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politique
sociale
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Source : interview de Mr ALI ALAMI AL IDRISSI sur « l’industrie des produits et services islqmique enjeux et perspectives » le 21 avril 2011 à bibliothéque multidisciplinaire MOHAMED SAKAT à casablanca.

Ce schéma, répresente les bases de l’économie islamique est « fiqh al mouamalat » qui est l’éthique

qui gre toutes les types de relation entre citoyen que ce soit commerciales que mutuels.En islam

éthique est une discipline introduite toutes les domaines et non seulement la finance, ce qui manifeste

clairement dans le fait que le prophéte mohamed (ppsl), avant d’étre messanger, a été bien

éthiquement.

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La Finance Islamique Chapitre 2 : les fondements et les instruments principaux de la finance islamique

Chapitre 2 : les fondements et les instruments principaux de la finance islamique

Section I : Les fondements de la finance islamique

La finance islamique consiste donc à structurer des produits répondant à cette double exigence, à la fois financière et conforme à l’éthique musulmane.

1 1.Les fondements l’interdiction de l’usure dans le droit Musulman

La finance islamique est essentiellement baseé sur deux principes fondamentaux à savoir, l’iterdiction de l’intérêt (riba) et de l’usure et le partage des prtes et des profits.

Ces deux principes comme d’autre son le sujet de nombreuses interprétations et mème de critiques de certains spécialistes qui proposant des substituts compétitifs sur des terrains très concurrentiels comme les secteurs bancaires.

L’interdiction de l’intérêt en Islam est catégorique. Elle est confirmée par les quatres Sources légales islamiques : le Coran, la Sunnah, le consensus et l’Ijmâ. Elle ne fait L’objet d’aucun doute.

1.1.1 Dans le coran :

Nous avons constaté que l’islam n’a pas interdit brusquement le ribâ. C’est plutôt l’approche progressive que le texte sacré a privilégié. Le Coran a fait preuve d'une sévérité explicite vis-à-vis du riba et les contours de l'interdiction se sont dessinés au fur et à mesure de la Révélation.

Le premier passage qui mentionne le ribâ est celui de la sourate AL ROUME n°39 : « Tout ce que vous donnerez comme ribâ pour augmenter vos biens au dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès d’Allah, mais ce que vous donnez à titre d’impot tout en cherchant le visage de dieu….les voilà, alors, ceux pour qui cela double»

d’impot tout en cherchant le visage de dieu….les voilà, alors, ceux pour qui cela double» 2012/2013
d’impot tout en cherchant le visage de dieu….les voilà, alors, ceux pour qui cela double» 2012/2013

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La Finance Islamique " نﻮﻔﻌﻀﻤﻟا ﻢھ ﻚﺌﻟوﺄﻓ ﷲ ﮫﺟو نوﺪﯾﺮﺗ ةﺎﻛﺰﻟا

" نﻮﻔﻌﻀﻤﻟا ﻢھ ﻚﺌﻟوﺄﻓ ﷲ ﮫﺟو نوﺪﯾﺮﺗ ةﺎﻛﺰﻟا ﻦﻣ ﻢﺘﯿﺗآ ﺎﻣ و ﷲ ﺪﻨﻋ اﻮﺑﺮﯾ ﻼﻓ سﺎﻨﻟا لاﻮﻣأ ﻲﻓ اﻮﺑﺮﯿﻟ ﺎﺑﺮﻟا ﻦﻣ ﻢﺘﯿﺗآ ﺎﻣ و "

.(39موﺮﻟا

Le second texte, quant à lui, change de ton et de style verbal, se trouve dans le verset suivant "c’est à cause d’une prévarication de la part de ceux qui se sont judaisés que nous leur avons rendu illicites les exellences choses qui leur avaient été rendues licites, à causes aussi qu’ils empechant beaucoup du sentier de Dieu, et de ce qu’ils prennent des intérêts, chose qui leur était interdite" Sourate AL NISSAE n°160-161.

لاﻮﻣأ ﻢﮭﻠﻛأ و ﮫﻨﻋ اﻮﮭﻧ ﺪﻗ و ﺎﺑﺮﻟا ﻢھﺪﺧأ و اﺮﯿﺜﻛ ﷲ ﻞﯿﺒﺳ ﻦﻋ ﻢھﺪﺼﺑ و ﻢﮭﻟ ﺖﻠﺣأ تﺎﺒﯿط ﻢﮭﯿﻠﻋ ﺎﻨﻣﺮﺣ اودﺎھ ﻦﯾﺬﻠﻟا ﻦﻣ ﻢﮭﻤﻠﻈﺒﻓ" 161 -160ءﺎﺴﻨﻟا: "ﺎﻤﯿﻟأ ﺎﺑاﺬﻋ ﻦﯾﺮﻓﺎﻜﻠﻟ ﺎﻧﺪﺘﻋا و ﻞﻄﺒﻟﺎﺑ سﺎﻨﻟا

Ce verset date de la période médinoise. Certes, on peut facilement remarquer que le message prend ici sensiblement une autre tournure par rapport au texte précédent. Toute porte à croire que le Coran veut préparer les musulmans à une éventuelle interdiction de l’usure. Cela dit, nous pouvons dire que le ribâ n’est pas encore explicitement interdit de façon décisive pour les musulmans.

La troisiéme texte, nous constatons que l’appel à l’abstention devient plus clair et plus direct " Ho, les croyants ! Ne mangez pas de cet intérêt qui va multipliant de double en double.Et cragnez Dieu.peut etre serait vous gagnants !"SOURATE AL IMRANE n°30.

لﻮﺳﺮﻟا و ﷲاﻮﻌﯿطا و.ﻦﯾﺮﻓﺎﻜﻠﻟ تﺪﻋأ ﻲﺘﻟا رﺎﻨﻟا اﻮﻘﺗا و نﻮﺤﻠﻔﺗ ﻢﻜﻠﻌﻟ ﷲ اﻮﻘﺗا و ﺔﻔﻋﺎﻀﻣ ﺎﻓﺎﻌﺿأ ﺎﺑﺮﻟا اﻮﻠﻛﺄﺗ ﻻ اﻮﻨﻣا ﻦﯾﺬﻠﻟا ﺎﮭﯾأ ﺎﯾ" 132-130ناﺮﻤﻋ لأ : "نﻮﺤﻠﻔﺗ ﻢﻜﻠﻌﻟ

Enfin, la dernière révélation relative au ribâ se trouve dans la sourate AL BAKKARA n°275- 275 « Ceux qui mangent de l’intérêt ne font que se lever comme se léve celui que le toucher du diable accable.cela, parce qu’ils disent : Rien d’autre : le commerce c’est comme l’interet ! Alors que Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’interet ! Celui donc qui cesse Dés que lui vient une exhortation de son Seigneur, alors à lui ce qui s’est passé ; et son affaire de Dieu.Mais quiconque récidive…alors les voilà, les compagnons du Feu ! Ils y demeureront éternellement. Dieu anéantit l’interet et fait fructifier les aumônes. (…) Et si vous ne le faites pas alors recevez l’annonce d’une guerre de la part de Dieu et de son messanger.Et si vous repentez alors à vous vos capitaux : et poit ne léserez ni ne lésés » SOURATE AL BAKKARA n° 275-279.

alors à vous vos capitaux : et poit ne léserez ni ne lésés » SOURATE AL
alors à vous vos capitaux : et poit ne léserez ni ne lésés » SOURATE AL

La Finance Islamique

La Finance Islamique ﻢﻜﻠﻓ ﻢﺘﺒﺗ نإ و ﮫﻟﻮﺳر و ﷲ ﻦﻣ بﺮﺤﺑ اﻮﻧذﺄﻓ

ﻢﻜﻠﻓ ﻢﺘﺒﺗ نإ و ﮫﻟﻮﺳر و ﷲ ﻦﻣ بﺮﺤﺑ اﻮﻧذﺄﻓ اﻮﻠﻌﻔﺗ ﻢﻟ نءﺎﻓ،ﻦﯿﻨﻣﺆﻣ ﻢﺘﻨﻛ نإ ﺎﺑﺮﻟا ﻦﻣ ﻲﻘﺑ ﺎﻣ اورذ و ﷲ اﻮﻘﺗا اﻮﻨﻣا ﻦﯾﺬﻟا ﺎﮭﯾأ ﺎﯾ"

.( 275- 279ةﺮﻘﺒﻟا) "نﻮﻤﻠﻈﺗ ﻻ و نﻮﻤﻠﻈﺗ ﻻ ﻢﻜﻟاﻮﻣأ سوؤر

La prohibation de l’intérêt a donné lieu à certaines interprétation dont la plus importante est que l’intérêt est interdit parce qu’ils constitue une rémunération contractuelle fixée à l’avance(taux fixe ou benchmark) et représente la rémunération du temps qui ne devrait pas faire l’objet d’echanges. Ainsi il est nuit à l'équilibre contractuel et ne résulte d'aucun effort, constitue un excès de gain et une exploitation des difficultés d'autrui.

Cette interdiction va également être reprise et précisée par les dires du Prophète.

1.1.2 Dand le hadih :

L'Imam Muslim a rapporté le hadith suivant : « Echangez l'or pour de l'or, de l'argent pour de l'argent, du blé pour du blé, de l'orge pour de l'orge, des dattes pour des dattes, du sel pour du sel, mesure pour mesure et de main en main (immédiatement). Si les articles sont de genres différents, l'échange peut être pratiqué sans aucune restriction pourvu qu'il soit effectué par transaction de main à main 5 ».Ce hadith consacre l'interdiction du riba al-fadl c'est-à-dire lorsque deux biens sont échangés de main en main mais en quantité différente. Aujourd'hui, par la méthode du qiyas ou analogie, les fuqahas ont assimilé l'or et l'argent cités dans ce hadith à un moyen d'échange en général.Un autre hadith également rapporté par Muslim dit : « Bilâl, un compagnon du Prophète, rendit visite à ce dernier avec des dattes de très haute qualité, et le Prophète le questionna sur leur origine.

Bilâl expliqua qu'il avait échangé deux volumes de dattes de moins bonne qualité contre une de meilleure qualité. Le Messager lui dit alors « Ceci est précisément le riba interdit ! Ne fais pas cela. Vends plutôt le premier type de dattes et utilise ce que tu as récolté pour acheter les secondes » .

5 Sahih Muslim, livre des ventes, kitab al-buyu' n° 10, n°3846 et suiv.

http://islam.about.com/gi/dynamic/offsite.htm?zi=1/XJ/Ya&sdn=islam&cdn=religion.

et suiv. http://islam.about.com/gi/dynamic/offsite.htm?zi=1/XJ/Ya&sdn=islam&cdn=religion . 2012/2013 Página 31
et suiv. http://islam.about.com/gi/dynamic/offsite.htm?zi=1/XJ/Ya&sdn=islam&cdn=religion . 2012/2013 Página 31

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La Finance Islamique En effet, l'échange relaté dans ce hadith montre un net déséquilibre entre les

En effet, l'échange relaté dans ce hadith montre un net déséquilibre entre les parties et ne permet pas de déterminer si les prestations sont équivalentes ou si elles créent une injustice en défaveur de l'un ou de l'autre.

Seul la vente du produit puis son rachat dans un deuxième temps permet son acquisition à sa valeur réelle et sans lésion.L'interdiction du riba telle qu'énoncée dans la Chari'a a donné lieu à différentes interprétations doctrinales.

1.1.3 Les perspectives des savants Musulmans :

L’intérêt est une des causes de linflation ; il n’en pas une conséquence.aussi les savants musulmans ont-ils déduit que le croyant musulmans ne devait absoulement pas prêter son argent à intérêt, ni meme avoir recours au prêt à intérêt.en 1965, une commission de juristes musulmans venus de 36 pays s’est réunie en Egypte, à al-Azhar, afin de statuer sur la question de l’intérêt .Ils confirment unaniment cette prohibation.

Les jurisconsultes musulmans contemporains ont convenu consensus que les banques et les sociétés dont le fonctionnement va à l'encontre des règles de la Chari'a sont celles qui se trouvent dans l'une des situations suivantes :

- L'activité exercée est illicite (haram) du point de vue du droit musulman ;

- L'activité permise mais la majorité des actifs sont représentés par du cash ou des dettes ;

- Les actifs de la société sont représentés par des liquidités. Dans ce cas, acheter ses actions revient à acheter de l'argent, ce qui est assimilable à du riba ;

- Les actifs de la société sont représentés par des dettes. Ici, acheter des actions revient à acheter une part des dettes, ce qui est également interdit.

De ce fait, pour que la banque ou la société soit conforme à la Chari'a, elle doit répondre cumulativement aux conditions suivantes :

- Exercer une activité licite (halal) du point de vue du droit musulman ;

- Le total de ses dettes doit être inférieur au tiers de ses actifs ;

de vue du droit musulman ; - Le total de ses dettes doit être inférieur au
de vue du droit musulman ; - Le total de ses dettes doit être inférieur au

La Finance Islamique

La Finance Islamique - Le total de ses actifs exigibles doit être inférieur à 45% de

- Le total de ses actifs exigibles doit être inférieur à 45% de ses actifs ;

- La somme des produits interdits qu'elle perçoit comme l'intérêt doit représenter moins de 5% de ses produits.

1.1.4 L’interdiction de la spéculation (Maysir) :

Le Maysir était un jeu de hasard vient de l’adjectif arabe Yasîr : qui veut dire facile : avant

l'avénement de l’Islam, les arabes considéraient ces jeux comme moyen facile de gagner l’argent…

*Cause

*Spéculer, parier sont des synonymes de Maysir.

société.

des

troubles

dans

la

Sourate 2 la génise, verset 2/9 « Ils t’iterrogeront sur le vin et le jeu de hasard.Dis-leur : Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens ; mais dans les deux le péché est plus grand que l’utilité.Ils t’interrogeront aussi sur ce qu’ils doivent dépenser en charité. Réponds- leur :

L’excédent de vos biens. Ainsi, Dieu vous explique ses versets afin que vos méditiez. »

L’interdiction du Maysir et

« Ocroyant le vin, les jeux de hasard, les statues et le sort des fléches de divination sont abomination inventée par satan ; abstenez-vous-en, et vous serez heureux ; satan désire exciter la haine et l’inimité entre vous par le vin et le jeu, de vous éloigner du souvenir de dieux et de la priére.Ne vous

91].

abstiendrez-vous donc pas ? » [Sourate 5, EL Maidah,

du

Qimâr

est

explicitement

citée

dans

le

Coran

:

versets

90

et

نأ نﺎﻄﯿﺸﻟا ﺪﯾﺮﯾ ﺎﻤﻧإ ،نﻮﺤﻠﻔﺗ ﻢﻜﻠﻌﻟ هﻮﺒﻨﺘﺟﺎﻓ نﺎﻄﯿﺸﻟا ﻞﻤﻋ ﻦﻣ ﺲﺟر ﻢﻟزﻻاو بﺎﺼﻧﻷا و ﺮﺴﯿﻤﻟا و ﺮﻤﺨﻟا ﺎﻤﻧإ اﻮﻨﻣا ﻦﯾﺬﻟا ﺎﮭﯾأ ﺎﯾ" "؟نﻮﮭﺘﻨﻣ ﻢﺘﻧا ﻞﮭﻓ ةﻼﺼﻟا ﻦﻋ و ﷲ ﺮﻛذ ﻦﻋ ﻢﻛﺪﺼﯾ و ﺮﺴﯿﻤﻟا و ﺮﻤﺨﻟا ﻲﻓ ءﺎﻀﻐﺒﻟا و ةواﺪﻌﻟا ﻢﻜﻨﯿﺑ ﻊﻗﻮﯾ

1.1.5 L’interdiction de l’incertitude (Gharar) :

Terme « Gharar » signifie le caractére aléatoire, Dans un échange commercial, il se réfère à une tromperie ou à une ignorance sur l'objet du contrat (l'incertitude sur les matières, le prix des matières).

ignorance sur l'objet du contrat (l'incertitude sur les matières, le prix des matières). 2012/2013 Página 33
ignorance sur l'objet du contrat (l'incertitude sur les matières, le prix des matières). 2012/2013 Página 33

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La Finance Islamique La vente “Gharar” est celle où il y a incertitude quant à l'objet,

La vente “Gharar” est celle où il y a incertitude quant à l'objet, sa quantité ou s'il sera possible de

livrer ou non. Le ‘gharar' est considéré comme normal dans une transaction s'il n'est pas excessif et si

son impact

Exemple : on ne peut pas vendre les poissons dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel : c’est du Gharar excessif.

sur

l'économie

ou

la

société

est

minimal.

On trouve à plusieurs reprises cette interdiction dans les sources de la Charia’a et en particuliers dans la sunna.on peut citer un exemple une parole du prophéte Mohammed (pbsl) : « L’Envoyé de Dieu a interdit de vendre la portée d’une chamelle avant que celle-ci ne mette bas. » (Rapporté par AL Boukhari, Mouslim).

L’interdiction est

« Le prophète a interdit l’achat d’un animal non né dans la matrice de sa mère, la vente du lait dans la mamelle sans mesure, l’achat d’un butin de guerre avant sa distribution, l’achat des dons de charité avant leur réception, et l’achat de ce qu’a péché un pécheur avant sa pêche. »

tirée

notamment

du

hadith

suivant

:

1.1.6 Les activités illicites (Haram) :

Toute opération liée au tabac, à l’alcool, aux jeux, soit tout investissement dans une activité contraire aux principes de la Charia est interdite lié aux secteurs portant atteinte à la Morale Islamique :

production ou commercialisation de produits ou aliments portant atteinte à la santé physique ou morale,(Alcool, Drogues, Porc, l’armement, pornographie …) ou de services ayant une incidence sur l’ordre public ou la Justice Sociale (Jeux de hasard, FinanceConventionnelle, …).

1.1.7 Principe de partage des profits et des pertes (Al-Ghunm bi al-Ghurm) :

Le principe de partage des profits des pertes que les parties prenantes doivent partager les risques et les rendements de chaque transaction financière /économique/industrielle. Ce systéme permet d’associer le capital financier au capital humain.un investisseur va confier ses fonds à un entrepreneur avec qui il partagera les bénéfices à partir d’un prorata prédéteminé.

à un entrepreneur avec qui il partagera les bénéfices à partir d’un prorata prédéteminé. 2012/2013 Página
à un entrepreneur avec qui il partagera les bénéfices à partir d’un prorata prédéteminé. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique 1.1.8 Principe d’asset-backing (adossement à un actif tangible) : L’asset Backing apparait comme

1.1.8 Principe d’asset-backing (adossement à un actif tangible) :

L’asset Backing apparait comme l’un des principes qui font de la finance islamique une finance reconnue pour son potentiel en matiére de stabilité et de maitrise des risques.

En autre terme c’est un instrument concourant à la création de valeur et à faciliter les échanges, ne peut en soi faire l'objet d'un échange.

Ainsi, toute opération financière nécessite d'être adossée à un actif tangible. C’est l’assurance qu’il existe un bien réel clairement identifié comme étant l’objet de la transaction, ce qui d’une part en garantit la traçabilité et d’autre part permet de raccrocher la sphère financière à la sphère réelle.

Section 2 : Les instruments de la finance islamique

L’interdiction de l’intérêt stimule les Comportements de partage des risques, des bénéfices et Des pertes. La finance islamique est dotée de ses propres instruments financiers dans les domaines de la banque commerciale, du financement de projets, de la banque de marché, de la gestion d’actifs par exemple. Il s’agit pour la plupart d’engagements de gré à gré à l’instar des contrats Murabaha, Ijara, Mudharaba, Mucharaka ou Takaful….

La majorité de ces opérations sont encore très peu standardisées et souvent élaborées sur mesure. Il existe également des produits financiers islamiques cotés tels que des fonds, des indices boursiers et des trackers sur indices. Toutefois, ces marchés sont encore assez peu profonds et faiblement liquides, comparés à leurs équivalents conventionnels. Le caractère islamique d’un produit financier est validé par un conseil de conformité au droit musulman (Sharia Board) composé de jurisconsultes musulmans (Sharia scholars).

au droit musulman ( Sharia Board ) composé de jurisconsultes musulmans ( Sharia scholars ). 2012/2013
au droit musulman ( Sharia Board ) composé de jurisconsultes musulmans ( Sharia scholars ). 2012/2013

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La Finance Islamique Graphique 1 : Répartitions des actifs islamiques selon le type de produit Source

Graphique 1 : Répartitions des actifs islamiques selon le type de produit

Répartitions des actifs islamiques selon le type de produit Source : Rapport moral sur l'argent dans

Source : Rapport moral sur l'argent dans le monde (2005), Association d'Economie Financière.

2.1. Les instruments de financement participatif : le partage des bébéfices et des pertes

2.1.1 La Moudaraba : participation du banquier comme financier :

La Moudaraba, contrat de fiducie par lequel une partie fournit le capital pour un projet, etl’autre, le travail. Le partage des bénéfices est convenu entre les parties, et les pertes sont supportées par le fournisseur des fonds, sauf s’il y a faute, négligence ou violation des conditions acceptées par la banque.

Autremendit, C’est un contrat entre une institution financière et une entreprise, l’une agissant comme apporteur de fonds « commanditaire » et l’autre agissant comme manager « commandité », pour investir dans une activité ou une classe d'actif prédéterminée qui octroie à chacun une part du résultat déterminée lors de l’investissement. Le commandité ne partage pas les pertes, la perte financière.

lors de l’investissement. Le commandité ne partage pas les pertes, la perte financière. 2012/2013 Página 36
lors de l’investissement. Le commandité ne partage pas les pertes, la perte financière. 2012/2013 Página 36

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La Finance Islamique L’utilité de base de ce type de contrat résume à la nécessité de

L’utilité de base de ce type de contrat résume à la nécessité de partage le capital de l’investisseur et l’expérience du Moudarib, qui peut etre une personne morale.

La mudarabah peut prendre une forme inverse, dans laquelle le client devient le Propriétaire de capital et la banque le mudarib. Le client peut déposer son argent dans des Bons de la banque (des bons de mudarabah) pour une période déterminée et la banque Investit cet argent dans des projets et partage les gains avec les déposants. Dans les bilans des banques islamiques, les dépositaires de fonds sont considérés comme Investisseurs et la banque comme entrepreneur. Le rôle de la banque islamique diffère vis-à-vis du porteur du projet. Elle agit en tant que propriétaire de fonds face au manager considéré comme entrepreneur.

Schéma 2 : principe de fonctionnement de la Moudaraba

Schéma 2 : principe de fonctionnement de la Moudaraba Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership

Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres

1997.

(1)Part des bénéfices en cas de profit ; sinon rien

(2)Part des bénéfices en cas de profit ; en cas de perte, l’investisseur assume l’itégralité des pertes.

Condition de conformité à al Charia :

La nature du projet doit respecter les prescriptions de la Chari’a.

de conformité à al Charia : La nature du projet doit respecter les prescriptions de la
de conformité à al Charia : La nature du projet doit respecter les prescriptions de la

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La Finance Islamique 2.1.2 Moucharaka : participation du banquier comme associer : Al Moucharakah est la

2.1.2 Moucharaka : participation du banquier comme associer :

Al Moucharakah est la traduction de « association ». Dans cette opération, deux partenaires investissent ensemble dans un projet et en partagent les bénéfices en fonction du capital investi.Dans l'éventualité d'une perte, celle-ci est supportée par les deux parties au prorata du capital investi. La nature de cette opération s'apparente finalement à une joint-venture. Il n'y a pas de forme unique de « Al Moucharakah » : la loi islamique ne prévoit pas en détail toutes les modalités de cette opération mais en précise uniquement les grands principes. Il existe donc des formes diverses de « Al Moucharakah » et de nouvelles variantes pourraient être imaginées.

- La Moucharaka définitive :

La banque participe au financement du projet de facon durable et percoit réguliérement sa part des bénéfices en sa qualité d’associer copropriétaire.Il s’agit en l’occurrence pour la Banque d’un emploi à long ou moyen terme de ces ressources stables (fond propres, dépots paticipatifs affectés et non affectés….). L’apport de la Banque peut revêtir la forme d’une prise de participation dans des sociétés déjà existantes, d’un concours à l’augmentation de leur capital social ou la contribution dans

la formation du capital de sociétés nouvelles (achat ou souscription d’actions ou de parts sociales). Ce type de Moucharaka correspond dans les pratiquesbancaires classiques aux placements stables que les banques effectuent soit pour aider à la formation d’entrprises ou pour assurer le contrôle d’entrprises exixtantes.

- La Moucharaka dégressive :

Une opération où la part de l'un des associés dans l'association est progressivement rachetée par les autres associés. La banque participe au financement du projet ou d’une opération avec l’intention de se retirer progressivement du projet ou de l’opération après son désintéressement total par le promoteur. Ce dernier versera, à l’intervalle régulier à la banque la partie de bénéfices lui revenant comme il peut réserver une partie ou la totalité de sa part pour rembourser l’apport en caoital de la baque.Aprés la récuperation de la totalité de son capital et des bénéfices qui échoient, la banque se retire du projet ou de l’opération.Cette formule s’apparente aux participation temporaires dans le banking classiques.

formule s’apparente aux participation temporaires dans le banking classiques. 2012/2013 Página 38
formule s’apparente aux participation temporaires dans le banking classiques. 2012/2013 Página 38

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La Finance Islamique Si les spécialistes s'accordent à dire que « Al Moucharakah » est probablement

Si les spécialistes s'accordent à dire que « Al Moucharakah » est probablement l'instrument financier islamique le plus fidèle aux préceptes fondamentaux de l'Islam, cette technique de financement est,

dans la réalité, très peu utilisée. Elle est utilisée essentiellement dans des projets d'investissement à petite échelle.

Schéma 3 : principe de fonctionnement de la Moucharaka

Schéma 3 : principe de fonctionnement de la Moucharaka Source : P. Moore, « Islamic Finance:

Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres

1997.

Condition de conformité à la Charia :

L’apport de chaque partie doit etre disponible au moment de la réalisation de l’opération objet du financement.Toutefois, la charia autorise la Moucharaka dans des opérations bénéficiant de différés de paiement à condition que chacune des deux parties assume une partie de l’engagement vis du/des fournisseur(s) (charikat woujouh).

La qoute part de la banque consiste généralement en l’émission d’une garantie bancaire (aval, crédit documentaire, lettre de garantie, caution sur marché…)

Un aspect important de la musharaka est que la banque doit surveiller de près le projet et participer à son marketing, ce qui va élargir et développer les qualifications et les Connaissances des entrepreneurs. Il ya un transfert de qualifications, de connaissances dans le processus de la musharaka, ce qui est profitable pour l’investisseur.

de connaissances dans le processus de la musharaka , ce qui est profitable pour l’investisseur. 2012/2013
de connaissances dans le processus de la musharaka , ce qui est profitable pour l’investisseur. 2012/2013

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La Finance Islamique 2.2 Les instruments de dette : 2.2.1 Mourabaha : ou vente avec bénéfice

2.2 Les instruments de dette :

2.2.1 Mourabaha : ou vente avec bénéfice :

La Mourabaha, contrat d’achat et de revente dans lequel la banque achète à un fournisseur un bien corporel à la demande de son client, le prix de revente étant fondé sur le coût plus une marge bénéficiaire.

Le terme (Mourabaha) est dérivé du mot Ribh qui veut dire en jurispridence islamique.

Autrement dit , se définie comme état un contrat par lequel un établissement de crédit acquiert, à la demande d’un client, un bien meuble ou immeuble en vue de lui revendre moyennant une marge bénéficiaire convennue d’avance , le règlement par le client se fait en ou plusieurs versements, à une date ultérieure, ne d’ épassant pas 48 mois.

La mourabaha est un mode de financement très flexible et facilement adaptable. Traditionnellement utilisée pour le financement du commerce, « Al Mourabaha » est à la base d'une grande variété de montages financiers islamiques, dans le respet de leurs principes, aussi les besois d’exploitation de leur clientèle. (Stocks, matiére, produit intermédiaires) que leur investissements.

Schéma 4 : principe de fonctionnement de la Mourabaha

Schéma 4 : principe de fonctionnement de la Mourabaha Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership

Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres

1997.

P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres 1997. 2012/2013 Página 40
P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres 1997. 2012/2013 Página 40

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La Finance Islamique  Condition de conformité à la Charia :  L’objet du contrat Mourabaha

Condition de conformité à la Charia :

L’objet du contrat Mourabaha doit étre conforme aux prescriptions de la chria (pas de financement de produits prohibés par I’Islam).

Mourabaha pratiquée par les Banques Islamiques, est une opératin de vente à terme, l’opération de crédit n’est qu’un accessoire à l’pération commerciale, laquelle constitue la seule justification de la rémunération perçue par la Banque meme si le paiement différé entre ligne de compte dans la différence de prix.C'est un des instruments financiers les plus utilisés par les institutions financières islamiques, s’agissant d’un instrument financier très flexible et facilement adaptable. Traditionnellement utilisée pour le financement du commerce, « Al Mourabaha » est à la base d'une grande variété de montages financiers islamiques, allant du financement immobilier au financement de projets.

2.2.2 L’ Istisna’a : financement bancaire avant livraison ou production :

L’Istisna’a est un mode de financement pour des projets de construction ou de développement d’actifs.

La banque finance directement la construction et obtient le titre de propriété de l’actif lors de l’achèvement de la construction. Contrairement au bai al salam, cette opération ne nécessite ni le paiement intégral du Prix, ni la détermination précise de la date de livraison.

Elle concerne également le financement de bien comme l’électricité et le gaz qui ne peuvent pas etre pris en compte par les contrats de leasing.

Le contrat Istisna’a doit obligatoirement porter sur un processus de fabrication, en précisant toutes les caractéristiques du bien à produire.

Description de l’opération :

L’ Istisna'a est un contrat d’entreprise en vertu duquel une partie (Moustasni’i) Demande à une autre (Sani’i) de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une Rémunération payable d’avance, de manière fractionnée ou à termeselon un échéancier convenu entre les parties.La matiére, les composantes ou les produits semi-finis doivent etre apportés ou financés par l’entrepreneur.

composantes ou les produits semi-finis doivent etre apportés ou financés par l’entrepreneur. 2012/2013 Página 41
composantes ou les produits semi-finis doivent etre apportés ou financés par l’entrepreneur. 2012/2013 Página 41

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La Finance Islamique La banque peut utiliser le contrat Istisna'a de deux manières : - La

La banque peut utiliser le contrat Istisna'a de deux manières :

- La banque peut acheter la commodité par un contrat istisna’a et la vendre moyennant

Des paiements fractionnés ou un paiement à terme, c’est un contrat Istisna’a de vente.

- La banque peut entrer parallèlement dans deux contrats Istisna’a, un en tant que Vendeur pour les

acheteurs d’une commodité particulière, et l’autre en tant qu’acheteur De la commodité auprès du manufacturier, c’est un contrat Istisna’a parallèle. La formule De l’Istisna’a, mise dans ce cas revêt l’aspect d’une opération triangulaire faisant Intervenir aux côtés de la Banque, le maître de l’ouvrage et l’entrepreneur dans le cadre d’un double istisna’a.

La durée de l’Istisna’a est limité à 15ans dont une période de gestation, correspondant à la durée de fabrication, limitée à 3ans.

Condition de conformité à la charia :

Les bien faisant l’objet de ce type de contrat être des biens manufacturables.ainsi, ne peuvent faire l’objet les bien dont la « fabrication » est naturelle.

2.2.3 Salam : financement bancaire avant livraison ou production :

La vente « Al Salam »est une vente à terme, c'est-à-dire une opération où le paiement se fait au comptant alors que la livraison se fait dans le futur. La Finance Islamique interdit, en principe, la vente d'un bien non-existant car celle-ci implique le hasard « gharar ». Mais, pour faciliter certaines opérations, notamment dans l'agriculture, des exceptions ont été accordées. La vente salam a été autorisée par prophéte dans le hadih : « Quiconque pratitique le bai el salam, qu’il spécifie la marchendise pour un volume connu, pour un poids connu et pour un délai connu ». Ce contrat s’applique sur des fongibles (bieb agriciles ou manufacturies) dont les quantités et la qualité peuvent être spécifiées sans ambiguité. Ce contrat constitue également une solution pour le financement des intrants de production.

Description de l’opération :

Pour la validation de contrat salam il ya sept condition à remplir :

de l’opération : Pour la validation de contrat salam il ya sept condition à remplir :
de l’opération : Pour la validation de contrat salam il ya sept condition à remplir :

La Finance Islamique

La Finance Islamique 1- L’information doit être donnée sur la catégorie à laquelle appartient le produit

1- L’information doit être donnée sur la catégorie à laquelle appartient le produit à Livrer (jins). 2- L’information doit être donnée sur sa variété ; 3- Sur la quantité (quadr) ; 4- Sur la qualité (sifa), 5- Sur la date de livraison (ajal) 6- Sur le lieu (makân), avec les coûts de transport et autres frais 7-Sur le montant exact qui doit être payé (ra’s al-mâl)

Condition de conformité à al Charia :

La livraison et la réception de la commodité se fait à une date précise, et la banque dispose de plusieurs options. La banque peut recevoir la commodité à la date prévue et la Vendre au comptant ou à crédit. Elle peut autoriser le vendeur de vendre la commodité à Sa place moyennant des honoraires ou sans honoraires. Elle peut aussi demander au Vendeur de livrer la commodité à une troisième partie selon une entente préalable. Le salam ne peut s’effectuer sur une chose qui existe déjà, les dommages et la détérioration du bien ne peuvent pas être assurés avant sa livraison.

2.2.4 Moukarada :

Cet instrument financier peut être assimilé émise par une banque islamique afin de financer un projet donné.Les apporteurs de capitaux participent cependent aux pertes/profits générés par cette opération.Dans la lignée de cet instrument, une innovation financiére est apparu*e sue les marchés financiers.Il s’agit d’obligations islamiques gouvernementales : les « Sukuks ».

2.3 Les instrumets de quasi-dette :

2.3.1 L’Ijara (contrat de crédit-bail ou leasing) :

L’opération « Ijara » est définie comme étant tout contrat selon lequel un établissement de crédit met, à titre locratif, un bien meuble ou immeuble à la disposition d’un client en contre partie d’un loyer et pendant une période convenue d’avance.

d’un client en contre partie d’un loyer et pendant une période convenue d’avance. 2012/2013 Página 43
d’un client en contre partie d’un loyer et pendant une période convenue d’avance. 2012/2013 Página 43

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La Finance Islamique L’ Ijara peut prendre la forme d’un simple contrat de bail ( Ijara

L’Ijara peut prendre la forme d’un simple contrat de bail (Ijara tachghilia) ou être accompagné d’un contrat permettant au preneur de bail d’acquérir le bien à la fin d’une période donnée (Ijara wa iqtinaa). Le régime fiscal applicable au contrat d’ijara dépend de la qualification juridique qui sera retenue pour l’opération, selon qu’elle est constitutive ou non d’une opération de crédit-bail au sens de l’art. L.313-7 du code monétaire et financier ou d’une opération de location assortie d’une option d’achat (encore appelée « location avec promesse de vente »).

Description de l’opération :

Ijara est une technique de financement fait intervenir, en principe quatre acteurs principaux :

-Le fournisseur (fabricant ou vendeur) du bien.

-Le bailleur (en l’occurrence la banque qui achéte le bien pour le louer à son client)

-Le locataire qui loue le bien en se réservant l’option de l’aquérir définitivement au terme du contrat de location.

-Le cautionnaire (qiu se porte éventuellement garant du client).

Schéma 5 : principe de fonctionnement de L’Ijara

client). Schéma 5 : principe de fonctionnement de L’Ijara Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership

Source: P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres

1997.

P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres 1997. 2012/2013 Página 44
P. Moore, « Islamic Finance: partnership for growth", Euromoney publications, Londres 1997. 2012/2013 Página 44

La Finance Islamique

La Finance Islamique  Condition de conformité à al Charia : Le contrat Ijara offre des

Condition de conformité à al Charia :

Le contrat Ijara offre des assurances, mais aussi des contraintes sur le plan juridique et peut se traduire par une double mutation en cas d’exercice, par l’acheteur final, de son option d’achat. Ainsi, les conditions de contrat sont prédéfinies, en cas de modification d’une des conditions, même avec l’accord des deux parties, un nouveau contrat doit être réalisé avec les nouvelles conditions.

2.4 Qard-hasan

:

Le prêt sans intérêt, s’apparente plus à une aide qu’à un crédit commercial. Cette technique et rarement utilisée par des établissements commerciaux. En revanche elle peut être utilisée dans des situations spécifiques (en cas de difficultés d’un individu ou une entreprise, ou lorsqu’on souhaite favoriser le développement de secteurs naissants).

2.5. Les instruments des institutions non bancaires :

2.5.1. Les « Sukuk »

Les sukuk (obligations islamiques), l’équivalent islamique du financement obligataire pour les entreprises et les émetteurs souverains qui souhaitent se conformer aux principes de la Charia, est similaire aux asset-backed securities. L’émission de sukuk doit, en effet, être adossée, soit à des actifs tangibles, soit à l’usufruit d’un actif tangible.

Les sukuk correspondent à un projet déterminé. Les profits versés annuellement correspondent aux gains que ces projets devraient générer. Juridiquement, il s’apparente au titre de propriété (quote- part) d'un actif générateur de flux financiers.

Les régimes fiscal et comptable de Sukuk :

L’administration fiscale française définit les Sukuk comme « des titres financiers hybrides Négociables dont la rémunération est indexée sur la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacent, détenus directement ou indirectement par l’émetteur.

d’un ou plusieurs actifs sous-jacent, détenus directement ou indirectement par l’émetteur. 2012/2013 Página 45
d’un ou plusieurs actifs sous-jacent, détenus directement ou indirectement par l’émetteur. 2012/2013 Página 45

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La Finance Islamique Ce sont donc des titres représentatifs de la copropriété de cet actif ».

Ce sont donc des titres représentatifs de la copropriété de cet actif ». Les Sukuk sont donc assimilés sur le plan fiscal à des obligations, donnant lieu au détenteur la négociabilité de ses titres. Les règles Comptables s’alignent sur le régime fiscal qui leur est applicable. Dans le cadre de l’instruction fiscale du 23 juillet 2010, les Sukuk sont assimilés à des titres de Créances (obligations islamiques). La rémunération des Sukuk d’investissement, des titres de Créance et des prêts indexés est variable et fonction des bénéfices dégagés sur ces actifs ou sur les résultats de l’émetteur ou de l’emprunteur. En cas de perte la part versée sera nulle.Toutefois, une cible de rémunération (« taux de profit espéré ») est indiquée aux porteurs de Sukuk d’investissement, de titres de créance et de prêts indexés ; celle-ci est plafonnée à un Taux de marché reconnu (par exemple : Euribor, Libor), augmenté d’une marge conforme aux Pratiques observées sur le marché des titres de créance. Les Sukuk sont structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque de crédit et Reçoivent une part de profit et non un intérêt fixé à l’avance comme dans un ABS (Asset Backed Securities). Les produits dérivés des Sukuk sont représentés par des contrats tels L’Ijara, la Musharaka ou la Mudharaba. L’AAOIFI (Accounting and Auditing Organization For Islamic Financial Institutions) a identifié pas moins de 14 catégories de Sukuk ayant Chacune leurs caractéristiques propres.

Ils sont aussi considérés comme des titres financiers hybrides ou encore des obligations Traçantes ou titres participatifs conformément à l’article L. 228-37 du Code de commerce, Dont la rémunération versée aux porteurs est indexée sur les performances économiques des Actifs détenus par l’émetteur. Ainsi sur le plan fiscal « les rémunérations versées au titre Des « Sukuk » ou des titres de dettes et prêts indexés sont déductibles du bénéfice imposable Sous les mêmes conditions que celles prévues pour les intérêts d’emprunts 6 » . En effet, les Sukuk seront traités par l’administration comme de la dette et donc ses revenus Comme des intérêts. En outre, « les rémunérations versées par des personnes morales aux détenteurs non-résidents De « Sukuk » ou des titres de dettes et prêts indexés sont exonérées de retenue à la source en France».

6 Conformément à l’instruction fiscale du 23 juillet 2010.

retenue à la source en France». 6 Conformément à l’instruction fiscale du 23 juillet 2010. 2012/2013
retenue à la source en France». 6 Conformément à l’instruction fiscale du 23 juillet 2010. 2012/2013

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La Finance Islamique Différence entre Obligations et Sukuk : 1) Les obligations sont essentiellement des dettes

Différence entre Obligations et Sukuk :

1) Les obligations sont essentiellement des dettes contractuelles alors que les sukuk ne le sont pas. 2) Les détenteurs de Sukuk sont habilités à partager les profits générés par la vente et/ou la liquidation des actifs sous jacents. 3) Les détenteurs d’obligation ne participent pas aux pertes alors que les détenteurs de Sukuk partagent les pertes. 4) Quand les Sukuk représentent eux-mêmes des dettes, ils ne sont plus négociables. Il existe donc deux grandes catégories de sukuk, en fonction de la technique utilisée :

- sukuk al ijara : asset-backed : sans garantie de remboursement explicite.

- sukuk al musharaka : asset-based : avec garantie explicite par l’émetteur.

Par ailleurs, il est strictement interdit que l’actif sous-jacent soit constitué de titres financiers portant

intérêt.

La rémunération versée aux souscripteurs de sukuk est fonction de la performance de l’actif sous- jacent, conformément à la philosophie du Coran, et non de l’écoulement du temps.

Aujourd’hui, le marché des sukuk est un des segments de la Finance Islamique les plus dynamiques et les plus prometteurs. Certes, il reste encore de taille relativement modeste, mais le chemin parcouru depuis sa création est considérable. L’encours total d’obligations islamiques dans le monde s’élève à 97 milliards de dollars en 2007 contre moins de 10 milliards il y a dix ans. Le volume des émissions de sukuk a été multiplié par six entre 2005 et 2007 (cf. Graphique 6) pour atteindre un total de plus de 32 milliards de dollars (soit une augmentation de plus de 70% par rapport à l’année précédente). Moody’s prévoit que le rythme annuel de croissance de ce type de produit va se maintenir autour de 30 à 35% portant ainsi l’encours mondial de sukuk à 200 milliards en 2010.

La taille moyenne des opérations d’émission est passée de 175 millions de dollars en 2006 à 269 millions en 2007.

opérations d’émission est passée de 175 millions de dollars en 2006 à 269 millions en 2007.
opérations d’émission est passée de 175 millions de dollars en 2006 à 269 millions en 2007.

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La Finance Islamique Pratiquement trois quarts des émissions de sukuk (cf. Graphique 7) émanent d’acteurs privés,

Pratiquement trois quarts des émissions de sukuk (cf. Graphique 7) émanent d’acteurs privés, même si les émetteurs publics, notamment les pays du GCC, sont devenus récemment de plus en plus actifs. Parmi les acteurs privés, les principaux émetteurs sont les institutions financières (31% des émissions) suivies par le secteur immobilier (25%) et le secteur de l’énergie (12%).

Graphique 2 : Evolution des émissions de sukuk (millions de dollars)

40 000 150 35 000 125 30 000 118 25 000 20 000 15 000
40
000
150
35
000
125
30
000
118
25
000
20
000
15
000
60
GCC
Global
No of issues
10
000
39
30
5 000
20
-
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007

Source : Zawya Sukuk Monitor

Graphique3 : Répartition des émissions de sukuk dans MENA et Asie du Sud-Est en fonction de l’émetteur

Public 26% Privé 74%
Public
26%
Privé
74%
de sukuk dans MENA et Asie du Sud-Est en fonction de l’émetteur Public 26% Privé 74%
de sukuk dans MENA et Asie du Sud-Est en fonction de l’émetteur Public 26% Privé 74%

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La Finance Islamique Les deux grands centres d’émission et de cotation de sukuk à ce jour

Les deux grands centres d’émission et de cotation de sukuk à ce jour sont le Proche et Moyen Orient et la Malaisie.

Si cette dernière a dominé pendant longtemps ce marché, son leadership est, aujourd’hui, de plus en plus contesté par la région du Golfe Persique qui représente à l’heure actuelle plus de la moitié des émissions de sukuk dans le monde (contre seulement un cinquième en 2000). Néanmoins, le marché malaisien reste, pour l’instant, plus profond et plus liquide, en partie probablement en raison d’une interprétation moins rigide des règles islamiques mais, surtout, grâce à la mise en place d’une réglementation plus souple et de nombreuses incitations fiscales et réglementaires. Selon Jamal Zaidi, Chef executive de IIRA: « The sukuk market in Malaysia is developing very fast and more in depth than in the Middle East because regulatory actions have provided support to the capital markets. Sukuk in Malaysia must have rating and this provides a level of comfort. »

Enfin, le dynamisme de ce nouveau marché commence à attirer de nouveaux émetteurs, même en dehors des « frontières naturelles » de l’Islam. Ainsi, les autorités publiques dans certains pays industrialisés, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou le Japon, ont ainsi émis, ou envisagent d’émettre, des sukuk. En 2007, les sukuk ont également investi, pour la première fois, le continent africain : le Soudan a été le premier pays africain à procéder à une émission de sukuk pour un montant de 130 millions de dollar

2.5.2. L’assurance « Takaful » :

Le Takaful est un concept islamique d’assurance, il provient de verbe arabe « kafala » qui signifie "se garantir l’un l’autre" ou "garantie conjointe". Il est basé sur la coopération mutuelle, l’assurance, la responsabilité, la protection et l’assistance entre des groupes ou des participants.

la responsabilité, la protection et l’assistance entre des groupes ou des participants. 2012/2013 Página 49
la responsabilité, la protection et l’assistance entre des groupes ou des participants. 2012/2013 Página 49

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La Finance Islamique Il existe trois modèles et plusieurs variations de la mise en pratique du
La Finance Islamique Il existe trois modèles et plusieurs variations de la mise en pratique du

Il existe trois modèles et plusieurs variations de la mise en pratique du Takaful, la principale différence entre les différents modèles étant le mode de détermination de la rémunération de l'opérateur takaful :

Modèle de Moudabara : pourcentage dans les profits repartis entre l’opérateur et le fonds des sociétaires, après déduction de toutes les charges techniques, frais de gestion et autres frais généraux.

Modèle de Wakala : exprimée en pourcentage des primes, décidée annuellement et d’avance et rémunérant directement les frais de gestion de l’opérateur.

Combinaison des deux : il s’agit de la plus courante au Moyen orient.

Le fonctionnement des compagnies d'assurance islamiques - les compagnies takaful - est donc proche de celui d'une mutuelle d'assurance, à quelques différences près (Tableau 1).

proche de celui d'une mutuelle d'assurance, à quelques différences près (Tableau 1). 2012/2013 Página 50
proche de celui d'une mutuelle d'assurance, à quelques différences près (Tableau 1). 2012/2013 Página 50

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La Finance Islamique Tableau 1 : Comparaison des modèles takaful , mutuelle et assurance conventionnelle  

Tableau 1 : Comparaison des modèles takaful, mutuelle et assurance conventionnelle

 

Takaful

 

Mutuelles

 

Assurance

 
 

conventionnelle

Contrat

Donation

et/ou

Contrat mutuel

 

Contrat d’échange

contrat mutuel

 

Responsabilité de la compagnie

Paiement sur

les

Paiement

sur

les

Paiement sur les fonds collectés ; en cas d’insuffisance sur les fonds propres

fonds collectés ; en cas d’insuffisance peut emprunter sans riba

fonds collectés

Responsabilité

des

Paient

des

Paient

des

Paient des primes

assurés

contributions

contributions

 

Capitaux propres

Les

fonds

des

Le capital apporté par les participants

Le capital apporté par les actionnaires

participants

Conditions

Shariah compliant

Pas

de

restrictions

Pas

de

restrictions

d’investissement

autres

que

autres

que

prudentielles

 

prudentielles

2.6 Le principe de zakate et son application :

La zakate :

La Zakât est le troisième pilier de l’Islam, le mot Zakât signifie purification et l’accroissement, c’est l’adoration de dieu par le moyen des biens comme la prière est l’adoration de dieu par le corps. La Zakât s’inscrit ainsi dans le principe de partage des richesses prôné par l’Islam.

La zakat c’est un système de solidarité sociale qui consiste à redistribuer les revenus des "riches" vers les "pauvres". C’est un principe très étendu avec des effets multiples :

vers les "pauvres". C’est un principe très étendu avec des effets multiples : 2012/2013 Página 51
vers les "pauvres". C’est un principe très étendu avec des effets multiples : 2012/2013 Página 51

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La Finance Islamique - du point de vue de l’équité, la Zakat assure une répartition satisfaisante

- du point de vue de l’équité, la Zakat assure une répartition satisfaisante du bien-être entre

Individus ; elle est nécessairement corrélée avec les revenus, car la part prélevée du revenu d’un individu (ou ménage) dépend directement du niveau de son revenu.

- du point de vue de l’efficacité, la Zakat est un prélèvement ou une addition au revenu d’un agent

qui n’affecte pas le système de prix, auquel il est confronté. Son objectif ne se limite pas à une simple aide aux classes défavorisées, mais permet aux "pauvres" d’aboutir à une autosatisfaction et à une indépendance vis-à-vis de l’aide de la société. Autrement dit, la Zakat est susceptible de stimuler les investissements et d’atténuer l’ampleur de la thésaurisation, tout en contribuant à la stabilité

économique. 7 Calcul de la zakate :

Elle correspond en moyenne à 2,5 % de l’épargne du musulman qui est tenu de calculer chaque année lunaire ce Montant, le minimum étant de un « Nisab », c’est-à-dire 83 gr d’or, (595 grammes d’argent pour l’école hanafite). Pour certain entrprises, le taux est différent selon les activités économiques est calculé sur l’actif net.le taux courant est 2.5%, il est de 5 à 10% sur les revenus nets des récoltes selon que les terres sont irriguées ou non irriguées, de 20% sur les richesses miniéres.pour les éleventeurs d’animaux.le taux varie en fonction du nombre de tétes de bétail.

7 Livre El Mohandiz Abdeslam est titulaire d’un Master et d’une Licence en sciences économiques de l’UniversitéCatholique de Louvain (UCL - Belgique).

d’une Licence en sciences économiques de l’UniversitéCatholique de Louvain (UCL - Belgique). 2012/2013 Página 52
d’une Licence en sciences économiques de l’UniversitéCatholique de Louvain (UCL - Belgique). 2012/2013 Página 52

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La Finance Islamique Chapitre 3 : Gestion des risques dans la finance islamique La gestion des

Chapitre 3 : Gestion des risques dans la finance islamique

La gestion des risques est au coeur de l’actualité financière mondiale avec la crise que subit actuellement l’ensemble du secteur financier, toutes les institutions financières doivent augmenter leur surveillance, leur contrôle et leur gestion des risques, l’importance d'une maîtrise efficace de la gestion des risques dans le système bancaire. L'atteinte d'un tel objectif passe par le développement de la culture de la gestion des risques par les organismes de réglementation et de contrôle, mais aussi par une connaissance de la nature de ces risques et la promotion de leur gestion de manière efficace par les contrôles internes des institutions financières.dans ce chapite, ce sont précisément le risques spécifiques qu’encourt la finance basée sur les principes de la Chari’a que nous allons commencer par étudier. Dans ce contexte, nous aborderons par les risques de crédit, les risques juridiques, les risques de liquidités, les risques de marché et enfin les risques opérationnels.

1.1Risque de capital

Un système bancaire solide est synonyme d'une atmosphère de confiance entre les institutions financières, les déposants et les utilisateurs des fonds. Cette solidité est intimement liée au capital de la banque. Car celui-ci constitue l'élément central pour protéger le système financier contre les risques d'instabilité. Chez les banques, les dépôts à vue constituent la masse la plus importante de l'ensemble des dépôts. Car théoriquement, ils peuvent être remboursés sur simple demande des déposants. D'où la nécessité pour les banques de renforcer leurs capitaux propres et de constituer des réserves afin de protéger leur stabilité financière dans le cas d'un volume très important de retraits de manière imprévue. De manière générale, le niveau des capitaux propres reflète le degré de stabilité financière d'une banque car il est supposé la protéger contre toutes détériorations inattendues dans ses actifs. De manière classique la stabilité financière de la banque peut être évaluée en ramenant les capitaux propres au total de ses actifs. Ce qui représente son ratio d'endettement. Cependant l'inconvénient de ce ratio, c'est qu'il ne prend pas en considération les différentes pondérations de risque.

ratio, c'est qu'il ne prend pas en considération les différentes pondérations de risque. 2012/2013 Página 53
ratio, c'est qu'il ne prend pas en considération les différentes pondérations de risque. 2012/2013 Página 53

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La Finance Islamique Par exemple les dépôts à long terme ont tendance à atténuer les risques

Par exemple les dépôts à long terme ont tendance à atténuer les risques potentiels qui s'exercent sur les capitaux propres. Mais par contre cette atténuation de risque n'est pas traduite par le ratio d'endettement. C'est pour cette raison que l'accord de Bâle, 1988 sur le capital a introduit le concept de poids relatif des risques liés aux actifs en distinguant entre la répartition simple et double du capital. Cet accord a également établit des exigences minimales de capital pour les banques des pays du G10 ayant des activités à l'international. Ces normes ont été adoptées par la suite à l'échelle internationale pour être appliquées dans plusieurs autres pays dont des pays membres de la Banque Islamique de développement (BID). On prévoit aussi que d'autre pays sont en voix d'adopter ces normes étant donné que leur mise en œuvre a bien fait ses preuves et a considérablement contribuée à la fiabilité et au maintien de la stabilité financière. Par conséquent le comité de Bâle sur le contrôle bancaire est devenu un décideur incontournable des normes de contrôle bancaires international.

1.2 Risque de Crédit

Un risque de crédit ou risque de contrepartie est défini comme le non respect par L’emprunteur de ces obligations contractuelles envers le créancier. Ce risque est donc Au coeur de l’activité bancaire qui résulte de sa fonction d’intermédiaire financier. Effectivement, le principe d’une banque est d’accepter de ses clients des dépôts avec Lesquelles elle va octroyer des crédits aux particuliers ou aux entreprises. En tant que Bailleur de fond, elle est donc exposée au risque de défaillance du débiteur et elle se Doit de mener une gestion des risques de crédit de manière à réduire la probabilité de Défaut 8 . Les banques islamiques disposent et utilisent les mêmes moyens de gestion du risque de crédit que les banques conventionnelles :

-Utilisation de modèles de notation interne pour les risques liés aux entreprises. -Utilisation de modèles de «scoring» pour les risques liés aux particuliers. -Mise en place de limites par contrepartie et par secteur économique.

8 source : Hord Abdenbi Doctorant Universités UQTR/SHERBROOKE abdenbi.hord@uqtr.ca

8 source : Hord Abdenbi Doctorant Universités UQTR/SHERBROOKE abdenbi.hord@uqtr.ca 2012/2013 Página 54
8 source : Hord Abdenbi Doctorant Universités UQTR/SHERBROOKE abdenbi.hord@uqtr.ca 2012/2013 Página 54

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La Finance Islamique -Les banques sont généralement soumises aux mêmes règles prudentielles de provisionnement que les

-Les banques sont généralement soumises aux mêmes règles prudentielles de provisionnement que les banques conventionnelles (en fonction de la durée du défaut du client). Généralement, le besoin en provision est moins élevé que les banques conventionnelles étant donné le principe d’actif sous jacent.

-A notre connaissance, il n’y a pas eu de développement d’un système spécifique de gestion des risques qui prendrait en compte les spécificités des produits islamiques…

Exemple : produits participatifs

La responsabilité de la contrepartie en cas de perte ou de de rendement en deçà de ce qui est prévu initialement ne peut être engagée (sauf en cas de manquement grave et avéré). Conséquence : Difficulté de prouver la faute du gestionnaire de l’opération et de contrôler la gestion. Litiges pouvant déboucher sur une perte de rendement ou de capital. Les banque peuvent employer les différents mécanismes d’évaluation.la méthode dites standard consiste à utilisé des systémes de notation fournis par des organismes externes.

1.3 Risque de liquidité

Le risque de liquidité survient lorsque la banque rencontre des difficultés de trésorerie, et qu'elle est dans l'incapacité de lever des fonds pour honorer ses engagements échus ou de libérer des fonds pour

financer

En finance islamique, il existe un certain nombre de facteurs qui peuvent être à l'origine des risques

de

Un premier élément concerne l'importance que représente de la masse des crédits dans le bilan de la

banques islamique sans que celle-ci soit capable de la rendre liquide à travers la vente des crédits, ce

qui

Un deuxième point peut provenir de la difficulté de la levée de fonds qui est dû d'un côté, à l'inexistante d'un marché monétaire islamique et d'un autre côté à la lenteur de développement des

instruments

Un troisième principe c'est le préteur de dernier recours qui existe dans le système financier conventionnel et qui ne peut être accessibles aux banques islamique qu'à travers l'application des intérêts.

efficace.

son

activité

d'exploitation.

:

liquidité

est

rappelons-le

à

l'interdiction

de

la

vente

des

crédits

par

la

Chari'a.

financiers

qui

permettent

cette

levée

de

fonds

de

manière

rapide

et

crédits par la Chari'a. financiers qui permettent cette levée de fonds de manière rapide et 2012/2013
crédits par la Chari'a. financiers qui permettent cette levée de fonds de manière rapide et 2012/2013

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La Finance Islamique Ce qui constitue une réelle barrière d'accessibilité mais qui pourrait dans le future,

Ce qui constitue une réelle barrière d'accessibilité mais qui pourrait dans le future, pousser les banque islamiques à chercher des solutions alternatives conformes à la Chari'a. Un quatrième facteur pourrait être la grande dépendance de la majeure partie des banques islamique des comptes courants, qui de par leur nature (disponibilité à vue des comptes courants) sont exposés au risque de retrait en tout temps. Et, vu que par le passé ce genre de situation est relativement rare, les banques islamiques ne sont pas suffisamment protégées contre un risque pareil. Mais ces difficultés pourraient être surmontées dans le futur à travers le concours des efforts des banques islamiques, des banques centrales, et des Foukahas

1.4 Risque Juridique

Le risque juridique il est du à :

– Un cadre légal inadapté

– Un litige avec une ou plusieurs contreparties

– Un conflit entre la loi conventionnelles et la loi islamique

– Un conflit entre les règles de la Charia et les décisions légales

Exemple : produits participatifs

-Problème de formulation concernant l’option de rachat de la part de la Banque (remboursement du capital) à la valeur marchande ou à un prix à convenir au moment au rachat. -Défaut d’énumération des défaillances considérées contractuellement comme des cas de mauvaise gestion de l’association impliquant la mise en jeu de la responsabilité du client.

1.5 Risque opérationnel

Le risque opérationnel se définit comme « le risque de pertes résultant de carences ou de défauts attribuables à des procédures, personnels et système internes ou à des événements 9 extérieurs. La définition inclut le risque juridique, mais exclut les risques stratégiques et de réputation ».

définition inclut le risque juridique, mais exclut les risques stratégiques et de réputation ». 2012/2013 Página
définition inclut le risque juridique, mais exclut les risques stratégiques et de réputation ». 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Il est du à l’inadaptation ou le défaut aux niveaux : -d’un process

Il est du à l’inadaptation ou le défaut aux niveaux :

-d’un process ou procédure

- d’une personne

- d’un système (d’information)

- Peut inclure le risque de non-conformité à la Charia des processes et des systèmes

1.6 Risque de marché

Le risque de marché se définit comme l’impact que peuvent avoir des changements de valeur des variables de marché sur la valeur des positions prises par l’institution.

- Le risque de taux d’intérêt ou taux de référence et le risque de marge : C’est l’éventualité

pour un établissement de crédit de voir sa rentabilité affecté par l’évolution des taux d’intérêts

- Le risque de taux de change : liée a la possession par la banqued’actifs ou de contrats en monnaie étrangere et résulte des variations des cours des devises.

-Le risque de fluctuations des prix de marché : en raison de leur forte implication dans les transactions commerciales, les banques Islamiques sont amenées à stocker diverses marchandises pour le compte de leur client ou pour leurs besoins personnels.

La banque peut accumuler de la marchandise, soit pour des contrats déjà fixés, soit pour des prévisions de ventes futures. Imaginons le cas suivant : une banque acquiert l’ensemble d’un parc immobilier qu’elle espère revendre par la suite. La dévalorisation de cet actif pourrait être dommageable pour L’IFI. Cette particularité implique une plus grande sensibilité au risque de volatilité des prix pour les IFI que leurs concurrents conventionnels.

sensibilité au risque de volatilité des prix pour les IFI que leurs concurrents conventionnels. 2012/2013 Página
sensibilité au risque de volatilité des prix pour les IFI que leurs concurrents conventionnels. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Section 2 : les institutions financiéres islamique : nature et risques Selon un

Section 2 : les institutions financiéres islamique : nature et risques

Selon un rapport de la Banque Islamique de Développement, les modes de financementalternatifs proposés par les institutions financières islamiques (IFI) changent la nature desrisques encourus par ces dernières. Les revenus des dépôts d'épargne/investissements ne sontpas déterminés ex ante comme c’est le cas des banques conventionnelles. Comme lesdéposants sont rémunérés selon le principe de partage de profits et de pertes, ils doivent alors encourir la part des risques liés aux opérations de la banque.

Les IFI de part leur nature basent leur rémunération à la fois sur la valeur réelle des actifs etsur le produit réel des opérations, ce qui les expose à plus de risque. Les risques auxquels sontexposées ces institutions peuvent être classés en deux catégories : risques communs à toutesles institutions financières islamiques et conventionnelles, et risques propres à l’industrie de la finance islamique, La première catégorie concerne les risques de crédit, de liquidité, de marché et les risques opérationnels et juridiques tandis que la deuxième émane de la naturemême des IFI en particulier la structure du bilan (actif vs passif) et du mécanisme de partage des pertes et profits qui engendrent des risques supplémentaires.

Contrairement à la finance conventionnelle, en Finance Islamique, les ressources et les revenus d'un actif ne peuvent pas être séparés l'un de l'autre. Cette condition a ses Implications sur tous les contrats financiers islamiques.

2.1 Nature des risques encourus par les banques islamiques :

Le principal défi qui se pose aujourd’hui aux banques islamiques réside dans la tentation d’imiter les banques traditionnelles en évitant de prendre des risques et en recherchant systématiquement la sécurité dans le placement de leurs fonds, perdant ainsi leur raison d’être et vidant leur action de sa dimension éthique et solidaire orientée vers le développement. L’objectif stratégique de la finance islamique dépasse en effet le simple bannissement de l’intérêt :

son but ultime est de participer au développement, à l’augmentation de la production de biens et services et à la création d’emplois.

à l’augmentation de la production de biens et services et à la création d’emplois. 2012/2013 Página
à l’augmentation de la production de biens et services et à la création d’emplois. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Le fait, au plan théorique, de ne pas mettre suffisamment l’accent sur la

Le fait, au plan théorique, de ne pas mettre suffisamment l’accent sur la règle « les profits doivent aller de pair avec les risques », et au plan pratique d’ignorer totalement cette règle dans la plupart des opérations entreprises par les banques islamiques, en recourant à des formules qui garantissent et le capital et le rendement, vont manifestement à l’encontre de cet objectif ultime. Les banques islamiques doivent abandonner leurs pratiques qui s’apparentent à l’usure et s’inspirer du modèle américain du capital risque qui privilégie le partage de profits et des pertes – comme l’exige l’éthique islamique – au lieu des intérêts bancaires.

En ce sens la pratique du capital-risque par les institutions financières américaines est plus “islamique” que beaucoup des solutions proposées par des banques islamiques qui maquillent leurs produits pour leur donner un semblant de conformité à l’Islam alors qu’il s’agit en fait d’usure. En acceptant de financer des projets avec un esprit de partenaire et non d’usurier les banques Islamiques à l’instar des institutions de capital-risque occidentales permettront la concrétisation de projets innovants ou à fort potentiel de développement (startups), et créeront des millions d’emplois.

»

2.2Nature unique de risques de contrepartie liés aux mondes de financements islamiques :

Les banques islamiques et les banques classiques ne partagent pas la même éthique. En effet, les banques islamiques contrairement aux autres sont basées sur des valeurs de partage, c’est à dire que les banques participent aux gains et aux pertes de leurs clients. Cela entraîne donc nécessairement un accroissement des risques pour celles-ci par rapport à ceux encourus par les banques classiques. Face aux risques, les deux institutions ne sont donc pas à égalité. Selon le type d’institution, les mêmes risques n’ont pas nécessairement les mêmes poids.

Selon le type d’institution, les mêmes risques n’ont pas nécessairement les mêmes poids. 2012/2013 Página 59
Selon le type d’institution, les mêmes risques n’ont pas nécessairement les mêmes poids. 2012/2013 Página 59

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La Finance Islamique Conclusion Face à la crise financière qui s’est déclenchée en 2008, la finance

Conclusion

Face à la crise financière qui s’est déclenchée en 2008, la finance islamique a fait preuve d’une forte résilience par rapport à celle conventionnelle. Et pour cause : la finance alternative repose sur un cadre normatif, tout en édictant un certain nombre de principes sur le rapport des Musulmans avec l’argent, tels que l’interdiction de l’intérêt, le partage des pertes et profits entre le prêteur et l’emprunteur, l’interdiction de l’incertitude….

La finance islamique est une pratique qui prend de plus en plus d’ampleur ces dernières années. Cette industrie comprend les banques islamiques, les assurances (Takaful), les fonds mutuels et les activités islamiques des banques conventionnelles. Le Fond Monétaire International estime qu’il existe plus de 300 institutions financières islamiques dans plus de 75 pays, avec un taux de croissance du secteur de 15 % par an sur les dix dernières années (données 2005), elles sont concentrés dans le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est (bahrein et le malaisie étant les principaux centre), mais apparaisent en Europe et aux Etats-Unis.

L’un des principes fondamentaux de cette pratique est l’interdiction de l’intérêt dans toutes les transactions. Les instruments de la finance islamique préconisent en général le partage de risque. Comme toute activité humaine, la finance islamique comporte des risques. Ces risques sont a priori les mêmes que ceux de la finance conventionnelle, mais à différents degrés d’importance. Ainsi, le risque de marché et le risque de crédit existent bel et bien dans la finance islamique à des degrés comparables aux niveaux des mêmes risques dans la finance conventionnelle.Néanmoins, le risque de liquidité est plus important dans la finance islamique. Ceci est dû à l’absence de prêteurs de derniers recours comme les banques centrales dans le système financier conventionnel. Cependant, des solutions existent pour pallier ce risque. Ainsi, plusieurs initiatives ont déjà vu le jour dans certains pays comme l’Arabie Saoudite où les deux systèmes financiers coexistent, sans parler des pays où seule la finance islamique existe comme le Soudan ou l’Iran.

coexistent, sans parler des pays où seule la finance islamique existe comme le Soudan ou l’Iran.
coexistent, sans parler des pays où seule la finance islamique existe comme le Soudan ou l’Iran.

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La Finance Islamique Deuxiéme partie : La place de la finance islamique face à la finance

Deuxiéme partie : La place de la finance islamique face à la finance conventionnelle

Chapitre I : la finance islamique dans le contexte de crise

Le terme « crise financière » s'emploie pour désigner un ensemble assez large qui inclut notamment les crises de change, les crises bancaires et les crises boursières. Mais le terme est également utilisé pour désigner les crises de la dette publique ou des crises qui affectent un marché à terme. Une crise financière peut concerner seulement quelques pays, ou, initiée dans un pays, peut s’étendre par contagion et devenir internationale dans un monde où le succès est le but ultime de chaque individu, de chaque pays et de chaque dirigeant, l’idéal serait que toutes les économies mondiales soient et restent toujours en pleine croissance. Pourtant, dans un contexte de perpétuel changement, nul homme ne peut prétendre assurer que le monde soit en évolution et éviter d’éventuels obstacles. Depuis toujours, le monde a dû faire face à plusieurs crises de diverses natures et, heureusement, il a toujours été dit que l’homme ressortait plus fort de ses maux. Seulement, si l’homme savait tirer des leçons du passé, une crise apparente à celle de 1929 ne se reproduirait plus, d’autant plus que la source principale a toujours émané d’un pays particulier qui, grâce à son hégémonie mondiale, entraine la diffusion de la crise à travers le monde. Le mal est fait, la crise qui a débuté par la crise des « subprimes » américaine est réelle et, si ce n’est déjà fait, elle commence à sévir plusieurs pays et ne fait qu’enfoncer d’autres dans une profonde pauvreté. Tout en espérant que l’homme sera une fois encore capable de surpasser cette difficulté d’envergure planétaire, il est important d’essayer de trouver comment et pourquoi cela a pu arriver et de se pencher sur les éventuels dégâts que cela a pu faire.

Cette dernière se diffusera ensuite de manière progressive, mais rapide dans les autres continents

puis dans le monde entier, n’épargnant jusqu’à maintenant que quelques pays. Le pire c’est que les pays puissants trouvent facilement le moyen pour y faire face tandis que les pays pauvres ne peuvent qu’en subir les conséquences sans aucune marge de manœuvre.

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que les pays pauvres ne peuvent qu’en subir les conséquences sans aucune marge de manœuvre. ]
que les pays pauvres ne peuvent qu’en subir les conséquences sans aucune marge de manœuvre. ]

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La Finance Islamique Espérons seulement que des leçons ont été tirées de ce grand fléau et

Espérons seulement que des leçons ont été tirées de ce grand fléau et que l’homme fera preuve de plus de prudence et d’attention pour éviter que le mal atteigne tout le monde. [ ]

La crise financière internationale actuelle, causes et effets Dans un monde où le succès est le but

ultime de chaque individu, de chaque pays et de chaque dirigeant, l’idéal serait que toutes les économies mondiales soient et restent toujours en pleine croissance. Pourtant, dans un contexte de perpétuel changement, nul homme ne peut prétendre assurer que le monde soit en évolution et éviter d’éventuels obstacles. Depuis toujours, le monde a dû faire face à plusieurs crises de diverses natures et, heureusement, il a toujours été dit que l’homme ressortait plus fort de ses maux. [ ]

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Origine de la crise La crise financière actuelle, comme celle de 1929, a vu le jour aux États- Unis

d’Amérique qui jusqu’alors a pourtant connu une croissance stupéfiante tout en confirmant sa puissance économique. Après que la bulle internet ait éclaté en 2000, l’économie américaine s’est vue incroyablement boostée, avec une prépondérance du secteur immobilier encouragée par la hausse généralisée du prix de l’immobilier jusqu’en 2005. Or, la société américaine est considérée comme la plus grande société de consommation du monde. [ ]

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Cette crise financière se transformera facilement en une crise économique réelle, car tous les

secteurs d’activité seront touchés. En effet, le secteur bancaire et financier est le pilier du financement des activités quelles qu’elles soient. Crise implique méfiance, difficulté à avoir du crédit, même pour l’investissement, donc ralentissement des activités. Les agents économiques du secteur commerce, industrie, et même du tourisme voient alors leur activité et leur revenu réduits et limités. La crise est d’autant plus dangereuse que les États- Unis occupent une position avantageuse dans les échanges internationaux de biens comme de services. [ ]

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une position avantageuse dans les échanges internationaux de biens comme de services. [ ] ] [
une position avantageuse dans les échanges internationaux de biens comme de services. [ ] ] [

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La Finance Islamique Section 1 : les causes de la crise 1.1. La crise des dettes

Section 1 : les causes de la crise

1.1. La crise des dettes souveraines en Europe :

La crise en Europe est tout d’abord une crise des dettes souveraines, c'est-à-dire un type spécifique de crise financières où les actifs qui ont perdu leur valeur sont des obligations d’Etat. Contrairement

à des particuliers ou des entreprises, un Etat ne peut pas être mis en faillite et on ne peut pas lui envoyer de huissier. Quand il y a donc des craintes sur le marché que l’Etat en question ne sera pas en état6 ou n’aura plus la volonté politique de rembourser ses dettes, le prix des obligations existantes sur le marché chute et le taux d’intérêt pour de nouveaux emprunts de cet Etat flambe, reflétant une prime de risque exigée par les bailleurs de fonds.

C’est ce qui arrive aujourd’hui en Europe, avec la crise actuelle de l’euro, la plus grande crise depuis l’introduction de l’euro pour les comptes bancaires en 19997. Quelles en sont les causes ? Comme le montre De Grauwe (2010:1-5; 2012:405-407), la conception fort répandue qu’un excès de dettes publiques a causé la crise est erronée. En réalité, les dettes publiques ont diminué entre 1999 et 2007 dans la zone euro alors que les dettes privées ont sensiblement augmenté. Couplée à une bulle spéculative immobilière, cette augmentation fut à l’origine de la crise. Le graphiques suivant montrent l’évolution de l’endettement des ménages des gouvernements dans la zone euro depuis 1999 :

l’évolution de l’endettement des ménages des gouvernements dans la zone euro depuis 1999 : 2012/2013 Página
l’évolution de l’endettement des ménages des gouvernements dans la zone euro depuis 1999 : 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Graphique 4: Dette des ménages et des gouvernements dans la zone euro (en

Graphique 4: Dette des ménages et des gouvernements dans la zone euro (en % du PIB)

et des gouvernements dans la zone euro (en % du PIB) Source: Commission européenne, base de

Source: Commission européenne, base de données AMECO et CEPS, cités in De Grauwe

(2010:2)

On voit donc bien une augmentation sensible des dettes des ménages et un déclin de l’endettement

public. Si on inclut l’endettement des banques et des entreprises, on constate que seule la dette

publique a baissé dans cette période alors que toutes les autres catégories ont augmenté .

publique a baissé dans cette période alors que toutes les autres catégories ont augmenté . 2012/2013
publique a baissé dans cette période alors que toutes les autres catégories ont augmenté . 2012/2013

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La Finance Islamique Graphique 5 : Dette des banques et des entreprises dans la zone euro

Graphique 5 : Dette des banques et des entreprises dans la zone euro (en % du PIB)

banques et des entreprises dans la zone euro (en % du PIB) Source : De Grauwe

Source : De Grauwe (2010:3)

Les dettes publiques n’ont commencé à augmenter qu’après le début de la crise, quand les gouvernements furent forcés, selon la fameuse adage « privatiser les profits, nationaliser les pertes » de secourir le secteur privé en détresse .

1.2. Les déséquilibres économico-financiers globaux :

Or, il y a plus. Jusqu’ici, nous avons étudié la crise comme si l’Europe existait en isolement. Or, il est de notoriété publique que la crise Européenne de la dette n’est pas née en Europe mais a été causé par une crise globale qui trouve son origine aux Etats-Unis. Chapra (2008) rappelle les caractéristiques ainsi que les causes principales de la crise de 2007 aux Etats-Unis, qui sont tout aussi intéressantes pour notre discussion sur la finance islamique que l’exemple Européen.

tout aussi intéressantes pour notre discussion sur la finance islamique que l’exemple Européen. 2012/2013 Página 65
tout aussi intéressantes pour notre discussion sur la finance islamique que l’exemple Européen. 2012/2013 Página 65

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La Finance Islamique Chapra (2008:2) et Jusufovic (2009:1-29) notent à juste titre que l’octroi excessif de

Chapra (2008:2) et Jusufovic (2009:1-29) notent à juste titre que l’octroi excessif de crédit bancaire et l’usage incontrôlé de produits dérivés sont les causes principales de la crise.

Nous avons déjà noté que le système financier basé sur l’intérêt induit de façon endogène des bulles spéculatives et que le système de partage de pertes et profits induit une plus grande discipline de marché (voir également Chapra 2008:3). Cet effet déresponsabilisant a été renforcé par le phénomène de la titrisation et par les produits dérivés. La titrisation a poussé les banques à vendre de plus en plus de crédits douteux. La banque prête de l’argent à un client et reçoit en échange un actif qui représente une promesse de remboursement du montant prêté augmenté d’un taux d’intérêt. Elle va immédiatement vendre cet actif sur le marché, ce qui fait que son risque devient quasi nul : la banque perçoit sa marge, l’employé de la banque perçoit son bonus et l’actif (sain ou toxique) est injecté dans le système.

Alors que dans le système financier islamique, une titrisation ne peut se faire qu’une fois, aux Etats- Unis, il y aura plusieurs rounds de titrisation, jusqu’à ce que plus personne ne sache vraiment ce qu’un titre renferme. Pour rajouter encore de l’opacité, on va y rajouter des produits dérivés, telles que des options (ce sont des droits d’achat ou de vente d’un actif sous-jacent à un certain prix; les options sont bannies de la finance islamique en raison de leur caractère spéculatif) ou des CDS ou credit default swaps qui permettent de s’assurer contre le défaut de tel ou tel client. Loin d’assurer la stabilité du système, tous ces produits vont permettre aux banques émettrices de se dégager de leurs risques en augmentant le risque systémique pour tout le monde. On se file la « patate chaude » du risque et de l’instabilité. Dans on oeuvre magistrale, The General Theory of Employment, Interest and Money, J.M. Keynes (1936) compare la spéculation avec un jeu de chaises musicales : tout le monde sait que la musique s’arrêtera, mais tout le monde espère trouver à temps une chaise ! En fin de compte, les banques se sont protégées par le « too big to fail » : elles savent très bien que le gouvernement est toujours là pour renflouer les caisses car la faillite d’une seule banque peut entraîner la faillite de toutes. Le rôle du dollar comme monnaie de réserve internationale entraîne le même type de rapport entre les Etats-Unis et le reste du monde, ce qui fera remarquer au général de Gaulle que c’était que le système financier international était un jeu de Monopoly où un joueur, les Etats-Unis, pouvait puiser à loisir dans la banque.

était un jeu de Monopoly où un joueur, les Etats-Unis, pouvait puiser à loisir dans la
était un jeu de Monopoly où un joueur, les Etats-Unis, pouvait puiser à loisir dans la

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La Finance Islamique Ce manque de discipline financière entraîne, comme le rappelle Chapra (2008:8-12) de profonds

Ce manque de discipline financière entraîne, comme le rappelle Chapra (2008:8-12) de profonds déséquilibres dans l’économie Américaine et mondiale. A l’exception de la période 1998-2001, le gouvernement Américain a eu un déficit systématique. En outre, depuis les années ’80, les Etats-Unis accumulent des déficits sur la balance des paiements. Ce sont les fameux « twin deficits ». En cause est une épargne des ménages insuffisante, causé par un endettement excessif. Chapra met en évidence que la dette totale aux Etats-Unis s’élève à 350% du PIB et la part étrangère continue d’augmenter. Combien de temps les étrangers vont-ils continuer à financer l’économie Américaine ? Sachant que deux tiers des réserves interantionales en devises sont en dollars, une panique sur le dollar et une perte de son rôle international pourrait mener à un brutal déclin du dollar avec une très sévère dépression Américaine et mondiale. Il convient donc de drastiquement réduire l’endettement Américain, ce qui a déjà été partiellement fait par la crise. En revanche, sans mesures compensatoires, ce sont les plus faibles qui en porteront les conséquences : à cause du « credit crunch », les prix de l’immobilier continuent de chuter et les ventes forcées se perpétuent ; en outre, les pauvres, qui rentraient dans la catégorie des « subprime», ceux qui ne répondent pas aux critères d’un crédit « prime », ne reçoivent plus de crédit du tout.

Section 2 : La finance islamique face à la crise

La finance islamique existe depuis le début de l’islam et les bases des contrats qu’elle propose aujourd’hui étaient déjà appliquées au temps du Prophète (ﻰﻠﺻ ﷲ ﮫﯿﻠﻋ ﻢﻠﺳو), notamment pour financer des caravanes. La finance islamique ne voit pas la rationalité économique comme une rationalité autonome : la satisfaction des besoins par le biais de moyens rares est toujours mis dans la perspective eschatologique d’un au-delà et de la relation de l’être humain avec Dieu (ﻞﺟ ﮫﻟﻼﺟ).

Comme le rappellent Karich (2004:16-63) et Jusufović (2009:40-60), la finance islamique s’inscrit dans la Voie islamique large9 (la Châri‛a), plus précisément dans la branche des « mu‛âmalât » (transactions sociales, politiques et économiques). A ce titre, la finance islamique participe aux finalités de la Châri‛a que sont :

A ce titre, la finance islamique participe aux finalités de la Châri ‛a que sont :
A ce titre, la finance islamique participe aux finalités de la Châri ‛a que sont :

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La Finance Islamique - les daruriyyât ou nécessités (protection de la religion, de la vie, de

- les daruriyyât ou nécessités (protection de la religion, de la vie, de la postérité, de la propriété et la raison)

- les hajiyyât ou utilités qui nous permettent de dépasser le « juste nécessaire »

- les ta7sîniyyât ou commodités qui ornent la vie.

Les sources de la finance islamique sont donc également les sources de la Châri‛a, à savoir Qur’an, Sunna, Ijma’, Qiyas, Istihsan et Istislah.

Au coeur de l’économie et donc également de la finance islamique, il y a les fondements éthico- spirituels. Alors que l’économie néoclassique concerne l’être humain comme homo oeconomicus, comme « Max_U », une machine à maximiser l’utilité selon une courbe de préférence, l’économie islamique place l’être humain d’emblée dans une perspective éthique – « la visée de la vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes », dira Ricoeur – mais cette perspective sera d’emblée éthico-spirituelle car orientée vers la verticalité du rapport entre l’être humain et son Seigneur.

2.1. Les principes de l’économie islamique :

Quels sont donc ces principes fondamentaux ? Il s’agit du Tawhîd, de la Khilâfa ainsi que de la justice sociale. Le Tawhîd, la doctrine de l’unicité du Divin comporte :

- At-Tawhîd ar-rouboubiyya: seul Dieu a créé l’univers et a le pouvoir de le gérer

- Tawhîd al Asma wa s-Sifat: les Attributs et les Noms que Dieu nous a donné de Lui

- At-Tawhîd al-oulouhiyya: seul Dieu mérite d’être adoré

La Khilâfa désigne la gérance : Dieu a désigné l’être humain comme son gérant sur Tere et l’être humain devra rendre des comptes par rapport à cette gérance. Tous ses avoirs sont une amâna mise à disposition par Dieu et l’être humain est donc considéré comme amîn. Ces ressources doivent donc être acquises et réparties de façon équitable et une fois acquises, le propriétaire n’en profite pas seul mais en fait profiter toute la communauté. La notion de régence implique donc une fraternité de tous les humains.

toute la communauté. La notion de régence implique donc une fraternité de tous les humains. 2012/2013
toute la communauté. La notion de régence implique donc une fraternité de tous les humains. 2012/2013

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La Finance Islamique C’est pourquoi le troisième principe fondamental est celui de la justice sociale (al

C’est pourquoi le troisième principe fondamental est celui de la justice sociale (al ‛adâla al

ijtimâ‛iyya). Les biens de la société doivent servir à tous et en priorité aux plus pauvres. Le Prophète

a

dit :

Il

n’est pas un homme de foi celui qui s’endort rassasié alors que son voisin a faim.

La reconnaissance d’une inégalité originelle, ontologique des êtres humains (Coran 43:32) ne diminue en rien cette exigence de justice. Le traitement du temps en économie islamique connaît des particularités qu’il est intéressant de relever. Ainsi, dans les choix économiques, le bien-être ici-bas sera toujours balancé avec le bien-être dans l’au-delà. Aussi, comme dans le modèle libéral et contrairement au modèle Catholique traditionnel, le temps peut avoir une valeur en économie islamique. Comme nous le verrons, il est donc possible de demander un prix plus élevé pour une vente différé d’un bien, pourvu qu’il s’agisse d’un actif réel et non monétaire (voir la mourâbaha).

En ce qui concerne le droit de propriété, celui-ci est pleinement reconnu, mais contrairement à l’économie libérale, il ne s’agit pas d’une souveraineté absolue de l’individu car :

[A Allah seul appartient le royaume des cieux, de la terre et de ce qu'ils renferment et Il est Omnipotent.] (Qur’an 5:120)

Les principales interdictions & injonctions qui distinguent l’économie et la finance islamique de la finance classique sont :

- Les contrats doivent porter sur des choses licites

- L’injonction des 3P ou du Partage des Pertes et des Profits: l’économie islamique considère injuste

des contrats où une partie perçoit des profits sans risque ; qui veut avoir un profit doit également risquer une perte

- Riba’: l’intérêt est banni en raison du principe des 3P; sous l’interdiction de riba’ (« augmentation ») tombe également l’interdiction d’échanger les même biens dans différentes quantités (par exemple une boîte de dattes pour deux boîtes de dattes de moindre qualité) et ceci pour éviter toute forme d’injustice .

- Gharar: la vente d’objets dont l’existence et les caractéristiques ne sont pas certains, tels que la vente du poisson dans la mer ou la vente du foetus d’un animal dans le ventre de sa mère, sont considérés comme injustes et donc interdits

foetus d’un animal dans le ventre de sa mère, sont considérés comme injustes et donc interdits
foetus d’un animal dans le ventre de sa mère, sont considérés comme injustes et donc interdits

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La Finance Islamique - Maysir ou qimar: les jeux du hasard et par extension toute spéculation

- Maysir ou qimar: les jeux du hasard et par extension toute spéculation sont interdites; cela implique également que beaucoup de produits dérivés (options, forwards, futures, swaps, …) sont interdits .

On peut classifier les contrats islamiques dans quatre catégories :

- Les contrats transactionnels qui s’appliquent à des transactions économiques impliquant la vente,

l’échange, la location ou l’achat de biens et de services

- Les contrats de financement qui permettent d’octroyer du crédit ainsi que de financer les contrats

transactionnels

- Les contrats d’intermédiation qui permettent à des agents d’agir pour le compte de leur mandataire

en échange

- Les contrats de bien-être social qui servent à aider les moins privilégiés ou des amis dans le besoin par des dons, des prêts gratuits, etc.

La finance islamique va principalement s’appuyer sur les contrats commerciaux suivants, valides selon la Châri‛a. La moudharaba, contract d’intermédiation, va permettre à un agent, le moudharib d’investir pour le compte d’un bailleur de fonds (rabb al mal) en échange d’un pourcentage du profit; en cas de perte, le rabb al-mal est le seul à supporter la perte car il est le seul à avoir apporté du capital.

Dans la mouchâraka, en revanche, les partenaires combinent leur capital et leur travail et partagent aussi bien les pertes que les profits selon un pourcentage fixé à l’avance. Une forme particulière qui est souvent utilisée pour remplacer le crédit hypothécaire est la mouchâraka déclinante qu’on peut décrire en cinq étapes :

- Le bailleur de fonds (en général: la banque) et l’emprunteur deviennent copropriétaires du bien

- Le bailleur de fonds accepte de louer sa partie du bien à l’emprunteur

- L’emprunteur promet d’acheter la partie du bien appartenant au bailleur de fonds

- L’emprunteur rachète des parties du bien par des paiements périodiques

- Le loyer est ajusté en fonction du changement dans les proportions de propriété

La mouchâraka permet la titrisation par un sukuk (injustement appelé « obligation islamique » ; c’est plutôt une version générique du certificat immobilier à la belge) car le titre représente un actif réel (pour la version déclinante, un bien immobilier réel).

car le titre représente un actif réel (pour la version déclinante, un bien immobilier réel). 2012/2013
car le titre représente un actif réel (pour la version déclinante, un bien immobilier réel). 2012/2013

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La Finance Islamique Tant que le projet n’a pas commencé et il n’y a que de

Tant que le projet n’a pas commencé et il n’y a que de l’argent, les certificats ne peuvent être vendus, car on ne peut vendre de l’argent pour de l’argent et avoir une augmentation (riba’).

La version la plus courante d’un crédit immobilier islamique est la mourâbaha. Dans la mourâbaha, un bailleur de fonds achète des biens pour les fournir à un entrepreneur qui n’a pas le financement pour le faire lui-même.

L’entrepreneur et le bailleur se mettent alors d’accord sur un prix de revente entre le bailleur et l’entrepreneur et on prévoit un « markup » qui constitue le bénéfice du bailleur.

La mourâbaha ne peut jamais faire l’objet d’une titrisation car il s’agirait d’un titre qui ne représente pas un actif réel, mais bien un paiement en argent futur. Un tel titre serait l’équivalent d’un dépôt à terme ou d’une obligation avec intérêt et constituerait donc incontestablement de la riba’.

A part la non-titrisation, les conditions de validité suivantes sont d’application pour une mourâbaha:

- Le bien doit exister au moment de la vente

- Le bien vendu doit appartenir au vendeur au moment de la vente

- La vente doit être immédiate; si la vente est conditionnée par un évènement futur, le contrat n’est pas valide

- Le bien doit être une valeur réelle et non monétaire

- Le bien ne peut être utilisé à des fins illicites

- Le bien doit être clairement présenté à l’acheteur et connu de lui

- La livraison doit être évidente et sans condition

- Le prix doit être évident, clair et bien compris par toutes les parties

2.2. L’islam est-il le remède ?

Le contrat islamique qui ressemble le plus à un crédit hypothécaire classique est la mourabaha. En effet, à première vue, cela semble un crédit avec taux d’intérêt déguisé : on soupçonne bien que le profit que touche le bailleur de fonds ne provient pas tant d’une appréciation du bien sous-jacent mais plutôt de l’exploitation d’un rapport de force d’un bailleur qui dispose de fonds envers un entrepreneur qui n’en dispose pas.

de force d’un bailleur qui dispose de fonds envers un entrepreneur qui n’en dispose pas. 2012/2013
de force d’un bailleur qui dispose de fonds envers un entrepreneur qui n’en dispose pas. 2012/2013

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La Finance Islamique Après tout, s’il s’agissait de l’appréciation du bien réel, il faudrait quand même

Après tout, s’il s’agissait de l’appréciation du bien réel, il faudrait quand même attendre de savoir si

et combien il va, incha’Allah ta‛ala, s’apprécier. Ou est-ce que les musulmans s’aventureraient à

prédire l’avenir ? Le paradoxe est que, pour calculer le « markup » à appliquer, on utilise actuellement le LIBOR, le

taux d’intérêt, comme cadre de référence. Si l’hypocrisie est l’hommage du vice à la vertu (La Rochefoucauld), comment appelle-t-on l’hommage que rend la vertu au vice, en l’utilisant comme « benchmark » ?

Cependant, du point de vue qui nous intéresse ici, celui de la stabilité du système financier, la mourâbaha et le crédit hypothécaire sont des produits fort différents. En effet, comme nous l’avons vu dans la première partie, le crédit hypothécaire est une position spéculative avec effet de levier fort important : le client devient propriétaire du bien et supporte seul le risque d’une fluctuation de la valeur du bien couplée au risque d’un retournement de conjoncture pouvant affecter ses revenus futurs, tout en s’engageant à fournir un cashflow fixe à la banque.

Dans la mourâbaha, la banque, ou plus généralement le bailleur de fonds, devient propriétaire du bien. En outre, elle ne peut pas se décharger de sa responsabilité par la titrisation. Cela a un effet disciplinant très fort.

A

fortiori, cela vaut pour la mouchâraka et la moudhâraba : leurs certificats représentent un actif réel

et

rien de plus. Il est interdit de rajouter de l’opacité en faisant une deuxième titrisation ou en y

rajoutant des produits dérivés pour lui donner un profil rendement-risque plus attrayant. La deuxième titrisation est interdite car si un contrat de mouchâraka ou de moudhâraba représente un actif réel, le titre dérivé de ce contrat n’en est pas un et il ne peut donc pas faire l’objet d’une deuxième titrisation.

On voit donc que les produits financier islamiques, par l’implémentation du principe du partage des pertes et des profits – voir aussi Chapra (2008:12-16) – évitent de créer une économie financière découplée de l’économie réelle, avec tous les risques de bulles spéculatives que cela comporte. Il convient également de noter que cela évite le gaspillage de ressources rares.

La part de la finance dans l’économie mondiale n’a cessé de croître ces dernières trente années. Or, il convient de noter qu’il ne s’agit pas d’activités productives : la seule utilité du secteur financier est d’optimiser l’allocation des ressources rares et d’augmenter l’efficacité dans les autres secteurs.

l’allocation des ressources rares et d’augmenter l’efficacité dans les autres secteurs . 2012/2013 Página 72
l’allocation des ressources rares et d’augmenter l’efficacité dans les autres secteurs . 2012/2013 Página 72

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La Finance Islamique Le secteur financier ne produit ni des biens agricoles que nous pourrions manger,

Le secteur financier ne produit ni des biens agricoles que nous pourrions manger, ni des biens industriels utiles comme des voitures, ni des services qui augmentent notre confort de vie tels que les services d’un coiffeur.

Chaque heure de travail, chaque pièce de matériel utilisées dans le secteur financier ne pourra pas être utilisé pour produire du pain, des voitures ou des coupes de cheveux tendance. On peut donc également attendre de l’implémentation à plus grande échelle des produits financiers islamiques un secteur financier plus modeste qui représentera une charge plus faible sur toute l’économie et qui libèrera des ressources pour la croissance.

Chapra (2008:18-22) rappelle également que la finance islamique dispose d’instruments pour faire face à la problématique du « subprime » ou autrement du « on ne prête qu’aux riches ». La crise et le « credit crunch » qui ont suivi ont surtout touché les couches les plus défavorisées de la population, réduisant à néant leur possibilités de financement pour des achats immobiliers, pour le lancement de micro-entreprises ou pour faire face à des dépenses exceptionnelles.

Puisque les arrangements de partage de pertes et de profits dépendent de la valeur intrinsèque des actifs sous-jacents et non de la solvabilité ou de la liquidité de la personne nécessitant des fonds, ce mécanisme est mitigé. En outre, la zakât et les awqâf (biens de main morte) sont de puissants leviers de solidarité dans une économie islamique qui peuvent sensiblement contribuer aux micro-entreprises et à la lutte contre la pauvreté.

Le rôle économique traditionnellement très grand de la zakât (obligatoire), de la sadaqa (aumône volontaire) et des awqâf (biens de main morte) s’explique par le souci constant de l’économie islamique de balancer la vie terrestre avec l’au-delà. Le ou la propriétaire des biens est considéré-e comme amîn, comme khalifa de Dieu (ﻞﺟ ﮫﻟﻼﺟ) et il ou elle devra rendre compte de sa gestion de ses biens. La thésaurisation, l’accumulation de l’argent pour l’argent lui est interdite. S’il lui faut faire des investissements pour assurer la subsistance des siens et de lui-même, leur religion, etc. (par exemple investir pour avoir suffisamment d’argent pour faire le pèlerinage), la dépense dans le sentier d’Allah ta‛âla (al infâq fi sabîli-llâh) lui assurera une récompense dans l’au-delà.

d’Allah ta ‛âla ( al infâq fi sabîli-llâh ) lui assurera une récompense dans l’au-delà. 2012/2013
d’Allah ta ‛âla ( al infâq fi sabîli-llâh ) lui assurera une récompense dans l’au-delà. 2012/2013

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La Finance Islamique En effet, dans Hadith n°29 des Quarantes Hadiths de l’Imam An-Nawâwi (1270), nous

En effet, dans Hadith n°29 des Quarantes Hadiths de l’Imam An-Nawâwi (1270), nous lisons :

Ne dois-je pas t’indiquer les portes qui ouvrent sur le bien ? Ce sont le jeûne du mois de Ramadhân qui est un bouclier, l’aumône qui, elle, consume la faute de la même manière que l’eau étouffe le feu et enfin, la prière accomplie au creux de la nuit , c’est ainsi que les banques islamiques donnent également des prêts charitables sans intérêt (le qard hasan), voir des dons à certaines catégories de la population dans le besoin.

intérêt (le qard hasan), voir des dons à certaines catégories de la population dans le besoin.
intérêt (le qard hasan), voir des dons à certaines catégories de la population dans le besoin.

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La Finance Islamique Chapitre 2 : Comparison des modes de financement des banques islamiques et des

Chapitre 2 : Comparison des modes de financement des banques islamiques et des banques classiques

L'émergence, ces dernières décennies d'un système bancaire islamique répondant aux besoins d'une frange importante de la clientèle au niveau des pays musulmans, a soulevé des interrogations quant à la possibilité d'intégrer ces nouvelles institutions dans la catégorie juridique des banques telles que connues à travers la législation moderne. En effet, par référence aux définitions de "banques" dans les

, qui font profession habituelle de recevoir des fonds du public à vue, chèque en particulier, à la disposition de leur clientèle, fonds qu'elles emploient soit pour leur compte soit pour le compte de leurs clients en opérations de crédit, de change ou de bourse 10 ".

réglementations bancaires de tous les pays, il s'avère que "sont dénommées banques

les entreprises

Si la définition de banque se résume dans la collecte des dépôts, la mise à la disposition de la clientèle de modes de paiement particuliers, l'octroi de crédit, etc l'institution financière de type islamique mérite pareille appellation, dans la mesure où elle propose tous les services d'une banque classique, mais dans le respect des préceptes de l'Islam interdisant la pratique du riba.

Nous nous proposons de faire une comparaison des deux types de banques (classiques et islamiques) non par sur tous les domaines d'intervention de ces banques, mais plutôt sur l'activité principale de la banque qui est l'activité de crédit.

Cette comparaison s'articulera autour du plan suivant:

1. La différence fondamentale entre le système bancaire islamique et le système classique (conventionnel) reposant sur l'interdiction, pour le premier, de la pratique de l'intérêt, alors l'on se pose la question de savoir comment la banque islamique peut "survivre", sans avoir une rémunération de l'argent utilisé, que représente l'intérêt. En d'autres termes quelle sera la rémunération de l'argent utilisé par les banques islamiques, sachant que la pratique de l'intérêt est illicite au regard de l'Islam ?

10 Loi banque Mauritanie

pratique de l'intérêt est illicite au regard de l'Islam ? 1 0 Loi banque Mauritanie 2012/2013
pratique de l'intérêt est illicite au regard de l'Islam ? 1 0 Loi banque Mauritanie 2012/2013

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La Finance Islamique 2 . L'interdiction du taux d'intérêt a amené les banques islamiques à créer

2. L'interdiction du taux d'intérêt a amené les banques islamiques à créer les modes de financement

qui leur permettent de s'assurer d'une rémunération fixée d'avance pour l'effort financier effectué. Ces

modes sont la mourabaha, le Taajir etc banques classiques.

que nous allons comparer avec les crédits (voisins) dans les

3. Parallèlement à ces modes de financement où la banque islamique est sûre de sa marge, celle-ci assume davantage de risque que les banques classiques à travers des opérations de financement qui lui donnent l'appellation de "banques participatives"; ce sont la moucharaka et la moudharaba. Ces modes de financement caractéristiques des banques islamiques leur assignent une mission de prise de risque plus importante que celle des banques classiques .

Section 1 :

commerciale dans les banques islamiques

Le taux d'intérêt dans les banques classiques et la marge

La première différence et sans doute la plus significative entre les modes de financement des deux types de banque est le taux d'intérêt.

En effet, si les banques classiques travaillent sur la base du taux d'intérêt considéré comme "le loyer de l'argent prêté pour une période déterminée", les banques islamiques récusent cette pratique, expressément interdite dans le Coran et la Sunnah, et la considèrent comme du riba.

Si dans les économies de marché ont fait la distinction entre l'intérêt et l'usure, le premier étant "le loyer de l'argent" et le second "l'intérêt prohibitif" (partie interdite de l'intérêt), l'Islam n'opère guère une pareille distinction et considère l'intérêt et l'usure comme du riba.

Cette interdiction du riba par le droit musulman trouve son fondement dans le déséquilibre entre les obligations respectives des deux parties dans une convention. En effet, en droit musulman, l'exécution d'un contrat synallagmatique exige, par sa réalisation que les obligations respectives des deux parties constituent une sorte d'équilibre: si l'équilibre est à l'avantage de l'une d'entre elles, celle-ci, profitant de cette inégalité est appelé usurier.

de l'une d'entre elles, celle-ci, profitant de cette inégalité est appelé usurier. 2012/2013 Página 76
de l'une d'entre elles, celle-ci, profitant de cette inégalité est appelé usurier. 2012/2013 Página 76

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La Finance Islamique Le riba pouvant alors être défini comme la somme supplémentaire demandée dans un

Le riba pouvant alors être défini comme la somme supplémentaire demandée dans un échange du type "argent/argent" ou l'augmentation sans valeur ajoutée dans une transaction "marchandise/marchandiseé 11 ".

Ainsi dans le cas des prêts octroyés par les banques classiques, la banque prête une somme d'argent à l'emprunteur, celui-ci doit, après un certain délai, remettre une somme d'argent qui n'est pas l'équivalent de celle qui lui avait été prêtée. L'intérêt qui constitue la différence entre la somme d'argent prêtée et celle remboursée est du riba, prohibé par l'Islam.

Les banques islamiques étant basées sur le principe de l'interdiction du riba devraient avoir une solution de rechange leur permettant de pouvoir investir leur argent, tout en s'assurant d'une croissance

et d'une rentabilité dans le financement des projets.

C'est le Coran qui, en distinguant la vente du prêt à intérêt, a permis aux financiers musulmans l'innovation par rapport au système bancaire classique, en créant des banques dont les opérations de financement peuvent être fondées sur la base d'une vente à terme ou la participation directe dans un projet d'investissement dont la rentabilité est assurée.

Les techniques de financement utilisées par les banques islamiques peuvent être regroupées en deux catégories: Les financements dans lesquels la marge est fixée d'avance; c'est le cas des mourabaha, des ventes à tempérament ou du leasing, et les financements dans lesquels la marge est aléatoire et est fonction des bénéfices générés par le projet financé; c'est le cas de la moudharaba, de la moucharaka, etc.

Il s'agit donc dans les banques islamiques d'une marge bénéficiaire tirée d'une opération de vente au profit d'un client donné, ou d'un bénéfice (aléatoire) tiré d'un projet déterminé.

Cette prise de participation dans les projets conduit les banques islamiques à assumer davantage de risque que leurs homologues classiques.

C'est pourquoi la répugnance du risque chère aux analystes de l'économie occidentale, est présente à un degré moindre dans les banques islamiques.

11 Mohsen,Khan et Akhbas Mirakhor , »Les pratiques bancaires islamiques « , »Finance et developement » Sept 86.P 32

Mirakhor , »Les pratiques bancaires islamiques « , »Finance et developement » Sept 86.P 32 2012/2013
Mirakhor , »Les pratiques bancaires islamiques « , »Finance et developement » Sept 86.P 32 2012/2013

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La Finance Islamique Section 2 : Les modes de financement dans les banques islamiques 2.1 La

Section 2 :

Les modes de financement dans les banques

islamiques

2.1 La moudharaba :

C'est l'un des plus vieux contrats de financement, il remonte à la période prés-islamique. Selon le droit musulman, la moudharaba est un contrat entre deux parties, où l'une d'entre elles avance à l'autre une somme d'argent à des fins commerciales, afin de partager les bénéfices que l'emprunteur aura réalisés.

C'est en fait une association du capital et du travail, l'apport en capital est effectué par une catégorie d'associés appelé rabbul mâl (la banque), quant à l'autre partie d'associés, elle apporte son travail, son savoir faire. Cette catégorie d'associés s'appelle Moudharib (le prompteur).

Il s'agit donc d'un apport en numéraire et d'un apport en savoir faire, en vue de réaliser un bénéfice à partager entre les associés, en fonction d'un certain mode de répartition convenu au préalable, fondé sur un ratio ou une quote-part préalablement stipulée. Il est interdit, sous peine de nullité de l'opération de convenir du partage des bénéfices sur la base d'un montant préalablement déterminé.

Les pertes, quant à elles, sont supportées uniquement par l'apporteur en capital (la banque), si toutefois elles résultent d'une gestion saine. Dans ce cas, l'associé qui apporte son savoir faire ne supporte pas les pertes.

Ce type de financement original pur les banques islamiques, ne ressemble à aucun type de crédit dans les banques classiques, il peut être considéré comme un contrat de société, dans lequel il y a un apport en numéraire et un apport en savoir faire.

Mais une analyse approfondie de ce type de financement, montre qu'il ne s'agit pas non plus du contrat de société connu du droit commun. Dans la mesure où l'acception que donne l'Islam à ce type de contrat ne remplit pas certaines conditions des contrats de sociétés communément comme par exemple :

ne remplit pas certaines conditions des contrats de sociétés communément comme par exemple : 2012/2013 Página
ne remplit pas certaines conditions des contrats de sociétés communément comme par exemple : 2012/2013 Página

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La Finance Islamique - La différence entre les deux institutions procède du fait que l'apporteur en

- La différence entre les deux institutions procède du fait que l'apporteur en savoir faire participe aux bénéfices, mais ne supporte jamais les pertes qui pourraient arriver dans les conditions normales de gestion, les pertes sont en totalité à la charge de l'apporteur en numéraire (la banque).

Cette condition dans un contrat de société serait qualifiée de clause léonine.

- L'affectio-societatis, qui signifie que ces parties ont l'intention d'oeuvrer ensemble sur un pied

d'égalité, est absent dans le contrat de moudharaba, dans la mesure où l'apporteur en savoir faire demeure le maître de l'affaire, sans que l'apporteur en numéraire (la banque) puisse jamais imposer une quelconque directive dans l'exploitation de l'affaire.

Ainsi, ce contrat au sens strict du droit occidental, ne pourrait être appelé contrat de société, mais plutôt un type particulier de contrat de "prêt" avec participation aux bénéfices pour le client.

2.2 La moucharaka :

C'est une opération de participation aux capitaux des sociétés déjà existantes ou nouvellement créées.

La moucharaka consiste à co-financer un projet entre un détenteur d'un capital et un bailleur de fonds (la banque).

Contrairement à la moudharaba, la moucharaka est un contrat où sont partagés non seulement les gains mais aussi les pertes générées par la gestion du projet.

Cette gestion incombe aux deux parties. Toutefois, l'un des partenaires (bailleurs de fonds) peut abandonner à l'autre le pouvoir de direction du projet.

Les pertes sont partagées proportionnellement aux quotes-parts des différents associés, alors que les bénéfices sont partagés tels que préalablement stipulés.

La moucharaka peut revêtir deux formes: avec participation constante ou avec participation dégressive.

Dans la première, la participation de la banque demeure la même durant toute la vie de la société. Il s'agit de l'actionnariat communément connu.

même durant toute la vie de la société. Il s'agit de l'actionnariat communément connu. 2012/2013 Página
même durant toute la vie de la société. Il s'agit de l'actionnariat communément connu. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Quant à la seconde (moucharaka dégressive), elle autorise la banque à se retirer

Quant à la seconde (moucharaka dégressive), elle autorise la banque à se retirer de l'affaire par une récupération de sa participation qu'elle a engagée sur les dividendes revenant à l'autre associé qui devient progressivement acquéreur de toutes les parts de la banque.

Ce type d'arrangement comporte en fait deux contrats. Il y a le contrat de création de la société avec participation de la banque dans le capital, et un contrat de vente progressive des parts de la banque à l'autre associé.

On serait tenté de dire qu'il s'agit là d'un prêt participatif utilisé par les banques classiques. Mais il n'en est rien dan la mesure où dans les prêts participatifs l'organisme prêteur peut bénéficier:

- soit d'un taux de rémunération fixe, mais d'une durée variable en fonction des résultats de

l'entreprise (dans une fourchette par exemple de 9 à 18 ans). ce taux d'intérêt fixé est par essence du riba.

- soit d'une durée fixe et d'un taux variable résultant de l'addition d'un taux fixe et d'un complément

variable en fonction des résultats de l'entreprise. Dans ce deuxième cas la partie fixe étant du riba, ce mode de financement de la rémunération ne peut être utilisé par les banques islamiques.

En conclusion, la moucharaka dégressive ne peut être assimilée au prêt participatif connu dans les banques classiques, mais il s'agit tout simplement d'une participation rémunérée exclusivement sur les résultats (aléatoires) d'un projet avec un rachat progressif par les autres actionnaires de la part de la Banque.

Quant à la moucharaka simple, il s'agit d'une prise de participation dans le capital d'une société déjà existante où la banque n'a pour revenu que les dividendes distribués à la suite d'un bénéfice dégagé par la gestion de la société ou la plus-value réalisée sur la vente de sa part.

2.3 Ta'jir ou Ijara (Leasing) :

Ce mode de financement permet l'acquisition d'un bien par un client selon une modalité très proche du crédit-bail (ou leasing)3 dans les banques classiques.

client selon une modalité très proche du crédit-bail (ou leasing)3 dans les banques classiques. 2012/2013 Página
client selon une modalité très proche du crédit-bail (ou leasing)3 dans les banques classiques. 2012/2013 Página

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La Finance Islamique Le contrat de ta'jir, consiste en l'achat par la banque d'un bien d'investissement,

Le contrat de ta'jir, consiste en l'achat par la banque d'un bien d'investissement, qu'elle met à la disposition du client qui en a besoin sur la base d'une location avec l'option de cession de la propriété du bien au client "locataire".

Le client se retrouve donc selon les termes du contrat, redevable des loyers futurs à payer selon un échéancier convenu. A l'instar de toute location, le client aura à payer son loyer financier à des dates fixes et ce, quels que soient les résultats futurs de la gestion du projet.

Il aura également la possibilité, tout au long de la période d'exécution du contrat, de lever l'option d'achat du bien, avant l'expiration du contrat.

Notons que dans le contrat de ta'jir, il est stipulé qu'en fin de période, le client a la possibilité d'acquérir les équipements à un prix symbolique pour valider l'achat des biens en question.

Le ta'jir ainsi défini peut-il être assimilé au contrat de leasing connu dans les banques classiques?

En effet beaucoup de ressemblances entre ces deux modes de financement peuvent être dégagées.

1. Il s'agit dan les deux cas, de l'acquisition de biens d'équipement au profit d'un client dont les ressources financières ne lui permettent pas de faire face à un investissement déterminé.

2. Il s'agit aussi dans les deux cas d'un contrat de location, c'est-à-dire que le bien reste propriété de la banque qui le donne en location au client pour une période déterminée.

3. Dans le ta'jir, comme dans le leasing, le client a l'option d'achat du bien à la fin de la durée du contrat pour une unité monétaire symbolique.

4. Dans les banques islamiques, comme dans les banques classiques, il s'agit là de l'un des plus chers modes de financement.

En effet en facturant son loyer, la banque va prendre en considération plusieurs paramètres:

a. l'amortissement de la valeur d'acquisition du bien.

b. le revenu net de la location

c. une prime de risque, qui peut être très élevée selon le client et la durée du contrat.

c. une prime de risque, qui peut être très élevée selon le client et la durée
c. une prime de risque, qui peut être très élevée selon le client et la durée

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La Finance Islamique Comme peuvent être facturés séparément d'autres services pour l'entreprise utilisatrice

Comme peuvent être facturés séparément d'autres services pour l'entreprise utilisatrice du bien, par exemple l'entretien et la maintenance du bien et certaines autres charges de gestion.

Tout cela fait du ta'jir ou du Leasing un mode de financement relativement cher comparé aux autres modes de financement.

La différence principale entre le ta'jir dans les banques islamiques et le Leasing dans les banques classiques repose sur le principe de résiliation du contrat de location avant son terme.

En effet dans l'orthodoxie du droit musulman le bénéficiaire du ta'jir peut le résilier avant l'échéance de la dernière traite, contrairement au leasing, ou le bénéficiaire est tenu de respecter l'échancier et ce n'est qu'à cette date qu'il peut soit:

- lever l'option d'achat du bien

- refuser de lever l'option d'achat

- convenir sur la base résiduelle de cession, d'un nouveau loyer échelonné dans le temps.

2.4 La mourabaha et la vente à tempérement (bai-mouajal) :

Ces deux formes de financement utilisées par les banques islamiques consistent à ce que la banque accepte d'acheter des marchandises ou des biens d'équipement, sur ordre de son client tout en s'engageant de les lui revendre à leur prix de revient majoré d'une marge bénéficiaire fixée d'avance, et après une durée déterminée à compter de la date de livraison de la marchandise.

Ces formules de financement sont en fait des opérations de vente à terme pour la banque et pour le client qui en a exprimé le besoin.

Les marges bénéficiaires tirées de ces techniques de financement sont connues d'avance, et peuvent être assimilées à des taux d'intérêt.

Néanmoins cela n'est pas le cas dans la mesure où il s'agit simplement d'une vente dans laquelle le vendeur est libre de fixer sa marge bénéficiaire sans que cela puisse constituer du riba.

le vendeur est libre de fixer sa marge bénéficiaire sans que cela puisse constituer du riba.
le vendeur est libre de fixer sa marge bénéficiaire sans que cela puisse constituer du riba.

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La Finance Islamique Si la mourabaha et la vente à tempérament (bai-mouajal) sont toutes les deux

Si la mourabaha et la vente à tempérament (bai-mouajal) sont toutes les deux des opérations de vente, il existe cependant des nuances entre elles:

En effet, la mourabaha est souvent utilisée pour les opérations à court terme d'achat des biens de consommation. Tandis que la vente à tempérament (ou bai-mouajal) est utilisée pour les opérations à moyen et long terme d'achat de biens d'équipement.

Avec quel type de crédit dans les banques classiques peuvent être comparées la mourabaha et la vente à tempérament?

Très souvent, la mourabaha et la vente à tempérament sont comparés au crédit-acheteur qui est très utilisé dans le domaine du commerce international.

Dans le crédit-acheteur, la banque accorde à un acheteur un prêt d'un montant déterminé qu'il remboursera à des échéances déterminées.

Néanmoins celui-ci ne peut pas faire lui même des tirages sur le montant qui lui est accordé, puisqu'il va servir à payer son fournisseur, à chaque fois que ce dernier présente les documents nécessaires, pouvant qu'il a accompli son obligation vis-à-vis de l'acheteur.

Tant dans le crédit-acheteur que dans la mourabaha ou la vente à tempérament, il y a l'avantage pour le fournisseur d'être payé directement et au comptant.

Néanmoins le crédit-acheteur est un crédit financier qui porte sur le moyen de paiement, alors que dans la mourabaha il y a un contrat commercial (vente) et un financement à terme. De même dans le crédit acheteur la banque est étrangère au contrat commercial, alors que dans la mourabaha ou la vente à tempérament, la banque y est partie (acheteur).

Section 3 :

Degré de répugnance du risque

Comme nous l'avons signalé ci-dessus, l'originalité des banques islamiques tient au respect de la prohibition de l'intérêt. Il apparait donc que cet interdit amène ces banques à assumer davantage de risque que leurs homologues classiques.

que cet interdit amène ces banques à assumer davantage de risque que leurs homologues classiques. 2012/2013
que cet interdit amène ces banques à assumer davantage de risque que leurs homologues classiques. 2012/2013

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La Finance Islamique En effet, les banques islamiques sont pour une très grand partie de leurs

En effet, les banques islamiques sont pour une très grand partie de leurs activités, des banques participatives 12 . Elles participent au financement des projets qui sont proposés, et dont la rémunération se ferait sur les bénéfices éventuels qu'engendrerait l'exploitation de ces projets. Donc, la banque assurera tous les risques qu'aurait à supporter tout actionnaire dans un projet quelconque, contrairement aux banques conventionnelles qui évitent au maximum la prise de participation dans les sociétés, en accordant seulement des crédits entourés du maximum de sécurités pour le remboursement futur du capital et des intérêts.

Le fait donc que les banques islamiques s'orientent vers la participation aux risques de l'entreprise, va conduire ces banques à adopter certains rapports banques-entreprises différents de ceux existant dans les banques classiques. Du fait de leur participation aux projets, les banques islamiques adopteront, vis-à-vis de la société, un rapport de partenariat. Elles se soucient beaucoup plus de la rentabilité future de l'entreprise, dans la mesure où ces banques puiseront leur rémunération dans les résultats que dégageront ces sociétés.

Les banques islamiques se soucient encore plus de la compétitivité économique des entreprises ainsi que de leur performance de gestion. Pour ce faire, elles jouent un très grand rôle de conseil pour les entreprises qui bénéficient de leurs concours et ce pour une prise de décision rationnelle dans la bonne marche de la société.

Elles vont même quelquefois jusqu'à déléguer certains de leurs cadre compétents pour participer directement à la gestion de l'entreprise.

Les banques islamiques encouragent et contribuent énormément à l'identification et à la création de projets rentables. Elles stimulent, à travers la moudharaba, les idées ingénieuses mais latentes du fait de la contrainte de financement

Les banques islamiques participent dans le capital d'un projet, où les bénéfices sont réparties proportionnellement à l'apport. Cette prise de participation entraîne un risque élevé pour le système bancaire.

Aussi peut-on dire que les banques islamiques sont des banques de participation à risques élevés ?

12 En pratique ,les Banques Islamiques ,n’ont pas encore,et pour diverses raisons,se transformer en banques participatives

Islamiques ,n’ont pas encore,et pour diverses raisons,se transformer en banques participatives 2012/2013 Página 84
Islamiques ,n’ont pas encore,et pour diverses raisons,se transformer en banques participatives 2012/2013 Página 84

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La Finance Islamique ChapitreIII : La commercialisation des produits alternatifs par les banques marocains D’après

ChapitreIII : La commercialisation des produits alternatifs par les banques marocains

D’après plusiers années d’attente, les marocains, pieux et désireux de substituer l’intérêt et ceux qui sont peu favorable aux services bancaire conforme à la charia.

La décision de la banque Al Maghreb de proposer ces produits alternatifs en octobre 2007, donnera lieu à la signature de contrats types établis sur la base des règles édictées par The Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions, organisme basé à Bahreïn qui compte 115 membres représentant 27 pays et chargé d’édicter les standards conformes aux préceptes de la chariaâ, applicables aux produits et aux institutions financières islamiques.

ces produits alternatifs Ijara, Mourabaha, et Moucharaka qui ont été mise à la disposition de la clientèle aux cotes des produits bancaires classiques, mais il ya une certaine réticence au niveaux du prsonnel de la banque pour ce produits et cela est dû principalement au manque du communication interne et manque de formation et particulièrement des chargés clientéles, ces dérniers sont inaptes à vendre ces produits et bien faire comprendre aux clients le fonctionnement de ces formules vu que ce n’est pas le même profil vendeur qui avaient toujours l’habitude de vendre des produits conventionnels ainsi n’ont pas de compétences au niveau de la Charia .

Section

islamiques

Le secteur bancaire joue un rôle prépondérant dans l’économie Marocaine, il a pour mission la collecte des dépôts et la distribution des crédits à court, moyen et longue terme sur les entreprises, PME, PMI afin de financer leurs investissements.

1 :

le

secteur

bancaire

marocain

et

les

finances

Il a connu plusieurs réformes qui l’en font aujourd’hui un système moderne adopté aux besoins de la société et ceux des entreprises.

font aujourd’hui un système moderne adopté aux besoins de la société et ceux des entreprises. 2012/2013
font aujourd’hui un système moderne adopté aux besoins de la société et ceux des entreprises. 2012/2013

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La Finance Islamique Au jour d’aujourd’hui, toute porte à l’optimisme : le projet de la place

Au jour d’aujourd’hui, toute porte à l’optimisme : le projet de la place financière internationalede Casablanca (Casablanca Finance City) est entré dans sa phase de concrétisation, le processus d’institutionnalisation de la finance islamique est en cours et les demandes d’agrément de banques islamiques continuent d’affluer d’un peu partout dans le monde.

Dans la presse, on fait état de plus d’une douzaine de demandes émanant d’institutions opérant dans les pays du Golfe, à la City de Londres, en Indonésie ou encore en Malaisie. Des enseignes sont citées ici et là comme Rajhi, Kuwait Finance House, Dubai Islamic Bank, Albaraka ou encore Islamic Bank of Britain 13 .

1.1 Le système bancaire marocain :

Le systéme bancaire marocain est passé, a travers son histoire, par un nombre important de réformes qui lui ont conféré, la faculté de divirsifier ses produits et de devenir un lieu attractif des multinationles spécialisées dans le domaine financiers.

Le secteur bancaire présente dans tous les pays des caractéristiques spécifiques d’environnement qui

sur A l’heure de la mondialisation, la plupart des pays industrialisés ou en voie de développement ont été

amenés

activité.

influent

directement

son

à

modifier

substantiellement

leur

organisation

bancaire.

Le Maroc, pays largement ouvert sur l’extérieur n’a pas échappé à la règle.

Pour les mêmes raisons et pour d’autres considérations internes liées essentiellement à la mise en oeuvre du programme d’ajustement structurel, le Maroc a entamé dès le milieu des années quarante- vingt une importante réforme de son système financier, cette réforme a pour but de doter notre pays d’un secteur bancaire dynamique, compétitif et performant, capable de contribuer d’une manière plus active que par le passé la croissance économique.

13 Source : @L MALIYA, e-journal de la Finance Islamique au Maroc ﺔﯿﻣﻼﺳﻹا ﺔﯿﻟﺎﻤﻟا ﻲﻓ ﺔﺼﺼﺨﺘﻣ ﺔﯿﻧوﺮﺘﻜﻟإ ةﺪﯾﺮﺟ ،ﺔﯿﻟﺎﻤﻟا بﺮﻐﻤﻟﺎﺑ

ﺔﯿﻧوﺮﺘﻜﻟإ ةﺪﯾﺮﺟ ،ﺔﯿﻟﺎﻤﻟا بﺮﻐﻤﻟﺎﺑ 2012/2013 Página 86
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La Finance Islamique La naissance des premières banques au Maroc : La premiére banque marocaine est

La naissance des premières banques au Maroc :

La premiére banque marocaine est née en 1802.elle fut l’œuvre de l’immagination d’un commerçant juif de tanger : la banque pariente. Deux autres banques virent le jour en 1860 : La banque Nahon et la banque Salvador Hassan2. Tanger fut la premiére place financiéres du Royaume. Tous les siéges de banque y étaient installés.

Les prémiéres banques étrangères au Maroc :

Ce n’est que ers la fin du 19éme siécle, à partir de 1880, les banques étrangéres qui s’installérent au Maroc ce furent le comptoir National d’Escompte de paris, (banque français), la banque of West Afrique (anglaise) et la berlaine Orient Bank (allemande).

La création de la banque d’Etat du Maroc :

La conférence D’Algésiras 14 , signé en 1906 par les délégués des douze pays européens, des Etats- Unis d’Amérique et de Maroc, fut la création de la banque d’Etat du Maroc.

Évolution du secteur bancaire marocain après l’independance :

Au lendemain de l'indépendance du Maroc en 1956, les bases d’un système bancaire National ont été mises en place. Ainsi, la Banque du Maroc 15 a été instituée par le dahir n° 1- 59-233 du 30 juin 1959 pour se substituer à la Banque d'Etat du Maroc et assurer la fonction de Banque Centrale. Crée sous forme d'établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière, cette institution s'est vue confier le privilège de l'émission de la monnaie fiduciaire, ainsi que la mission de veiller à la stabilité de la monnaie et de s'assurer du bon fonctionnement du système bancaire.

14 7avril 1906 produit d’une confrontation diplomatique de la France et de l’Allemegne, place le maroc sous la protection de grandes puissances européennes.

15 En Mars 1987, la dénomination de « Bank Al Magreb » a été substituée à celle de « Banque du Maroc ».

la dénomination de « Bank Al Magreb » a été substituée à celle de « Banque
la dénomination de « Bank Al Magreb » a été substituée à celle de « Banque

La Finance Islamique

La Finance Islamique D'autre part et afin de répondre aux objectifs de développement et aux besoins

D'autre part et afin de répondre aux objectifs de développement et aux besoins de financement spécifiques à des secteurs économiques jugés prioritaires, l'Etat a procédé à la création d'organismes financiers spécialisés et à la restructuration de certain es institutions existantes. Ainsi, furent créés, en 1959, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), le Fonds d'Equipement Communal (FEC), la Caisse d'Epargne Nationale (CEN), la Banque Nationale pour le Développement Economique (BNDE) et la Banque Marocaine du Commerce extérieur (BMCE .L'année 1961 a vu la restructuration du Crédit Agricole et du Crédit Populaire.

Le Crédit Immobilier et Hôtelier, qui a succédé en 1967 à la Caisse de Prêts Immobiliers du Maroc, a été réorganisé conformément aux dispositions du décret royal portant loi du 17 décembre 1968. Cette période s'est caractérisée également par la réduction du nombre des banques, qui a été ramené de 69 à 26 entre 1954 et 1961, sous l'effet conjugué de la fusion et d e la disparition de certains établissements.

La seconde étape importante de la mise en place et de la consolidation du système bancaire marocain a débuté avec la promulgation du décret royal n° 1-67-66 du 21 avril 1967 portant loi relatif à la profession bancaire et au crédit, dont les principaux apports consistent en une définition plus précise de l'activité des banques, la délimitation des attributions des autorités de tutelle et de surveillance et l'institution d'une réglementation plus appropriée. Cette loi établissait une distinction très nette entre les banques commerciales ou de dépôts 16 , et les organismes financiers spécialisés (OFS) 17 .

A partir de juillet 1993 18 , , une importante réforme, relative à l'exercice de l'activité des établissements de crédit et leur contrôle, a introduit un nouveau concept, largement inspiré de l’expérience internationale à savoir celui de la banque universelle. En vertu de cette loi, les banques peuvent exercer et commercialiser l’ensemble des produits et services bancaires. Cette notion annule la spécialisation établie jusque là entre les banques commerciales et les organismes financiers spécialisés.

commerciales et les organismes financiers spécialisés. 1 6 Qui avaient par objet d’effectuer des opérations

16 Qui avaient par objet d’effectuer des opérations de crédit et recevoir des dépôts a vue.

17 Qui étaient régis par des textes propre et concouraient au financement de l’investissement et des secteurs particuliers

18 Avec la promulgation du dahir portant loi n°1-93-147 du 15 moharrem 1414(6 juillet1993).

1 8 Avec la promulgation du dahir portant loi n°1-93-147 du 15 moharrem 1414(6 juillet1993). 2012/2013
1 8 Avec la promulgation du dahir portant loi n°1-93-147 du 15 moharrem 1414(6 juillet1993). 2012/2013