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J.Benoist Cours Agrégation 2006 Heidegger NB : les ouvrages suivant étant indisponibles en français, les citations ne sont pas toujours complètes= Prolégomènes à l’histoire du concept de temps. 4/10/2005 Fin des cours en Janvier avec Benoist. Puis Quesne (sur premier Heid) et autres intervenants. Adoption d’un point de vue critique plus qu’interne. Appropriation d’une pensée plutôt husserlienne dans les textes au programme. Pbls F de la phéno= même époque que SUZ. Ce dernier n’est pas un cours cepdt attention. Statuts différents et styles différents également. Y abordent pbls de la troisième partie de la première section de SUZ. Parenté des deux textes. Nuance conceptuelle cepdt : intro du concept de différence ontologique. Différence de l’être et de l’étant dans SUZ mais pas un objet théorique autonome. Là cette différence ontico-ontologique devient un concept. Là cela devient de l’objet même de l’étude. Etude de SUZ qui sera confrontée avec les cours quand besoin. Concepts F de la métaphysique= style proche de SUZ. Deux ans après l’autre cours. Perspective différente déjà. Evolution de la pensée d’Heid. Le concept de monde est le même que dans SUZ. Dans le traitement de ce concept et du temps= descriptions phénoménologiques nouvelles : Analyse de l’ennui (angoisse dans SUZ, autre disposition, exp du temps pur)+ analyse de la notion de vie et du vivant. Détermination privative de l’animal : dasein diminué, moins d’ouverture au monde. On ne le trouve pas ailleurs. Contenus nouveaux ici. Apparition du terme « MQ ». Pas label explicite de son projet dans SUZ. Glissement lié à son ouvrage sur Kant : projet de métaphysique du Dasein. On va déployer au-delà de l’A. existentiale : plus de contenu au dasein en en faisant sa MQ. Réinterpréter la notion d’anthropologie. La MQ du Dasein= anthropologie tale de Kant= pas déterminations empiriques de l’homme mais en tant qu’en lui on trouve une ouverture générale au monde, réflexion sur l’homme en même temps. De l’essence de la vérité= tournant où il se détourne de l’interro trop centrée sur le dasein. Trop dans le prolongement du point de vue classique du sujet. Passage à l’alétéia= désubjectivisation par là. La vérité n’est plus vérité du dasein. Ecart avec ZUS. Abandon de l’approfondissement de l’étude du Dasein. Cours qui a lieu avant cette césure. Petit écart amorcé. Cohérence de ces trois textes. Même phase centrée sur la question du Dasein. Etre, Dasein, Monde= concepts communs aux trois textes. Ils ont valeur de résultat ces trois textes. Réseau d’influences historiques complexes : phénoménologie, herméneutique, néo-kantisme. SUZ= travail de 10 années même si inconscient au début. Projet en 24. Cours de 19 à 27 : construction couche par couche se lie. Dvppe les concepts clés. Cohérence systématique de SUZ mais effet patchwork tout de même quand on a les cours antécédents. Colle des morceaux entiers de cours. Cohérence mais fabrication du texte par strate. On peut comprendre qu’il y a ainsi plusieurs projets différents dans SUZ. Des descriptions semblent sortir du projet ontologique unitaire. Cf cours de Fribourg= même description dans la perspective de la question de l’être cette fois. Réinterprétation après coup. Normal de suivre plusieurs pistes lors de la lecture. Tâche unitaire qui par ailleurs est un échec : temporalität de l’être (etre= temps) que SUZ ne réalise pas. Lire Greisch : CT intelligible et minutieux. Ouvrage de Caron pour les deux cours surtout (accès par la question du sujet). Heid et la question de temps= intro gale. Eléments biographiques. Cf Questions IV (mon chemin dans la phénoménologie) Cours de 24, semestre d’été sur Aristote : « dans la personnalité d’un philosophe […] mort ». Ne fait pas de biographie mais s’installe directement dans l’essence. Imp de la contingence historique pour le comprendre. Milieu simple, catholique. Sud de l’All. Bourdieu, sur la politique d’Heid : analyse la pensée d’Heid à partir de là. Pas un héritier intellectuellement parlant. Rapp complexe à la bourgeoisie intellectuelle universitaire de son époque (Cohen, juif progressiste libéral). Habit qu’il portera comme posture très souvent. Bcp de disc populistes liés à ce sentiment quant à sa trajectoire. Souci pour la question de l’université en cons. Cf Jaspers (23). // Position en 33 s’enracine dans cette position sociale et la perception qu’il en avait. Antisémitisme clair et vulgaire. Authenticité populiste à restaurer. Etudes de théologie à Fribourg. SUZ : beaucoup de théologie déguisée. Discours laïcisé : concept de déchéance par ex. C’est la chute. Le purifie de toute interprétation religieuse. Appropriation indéniable: pense l’existence comme tiraillée entre authenticité/ inauthenticité. Un évêque qui lui offre son premier livre de philo. // Husserl : très religieux mais n’a pas eu une formation théologique. Elle est venue avant la philo pour Heid et cela a laissé des traces. Etudes engagées : prend le parti anti-moderniste. Contre le subjectivisme des modernes. Position réaliste scolastique. Défendre l’en soi de la vérité (théologique d’abord) contre le subjectivisme. Question logique et philosophique de la vérité vient pour lui de là. Prend alors les textes d’Husserl en main : Recherches Logiques= Tie de la vérité caractérisée par un anti-relativisme. C’est cela qu’il trouve dans la phéno de Husserl. Critique la notion de sujet mais l’approfondit pourtant. Ce qui a attiré Heid vers la phéno, c’est plutôt l’anti-subjectivisme affiché de Husserl : s’y intéresse très tôt. De même à la source de cela : Brentano. Cela est moins étonnant : Brentano est un scolastique, un catholique qui défend la vérité théologique. Intérêt pour l’aspect MQ et surtout ontologique de Brentano. Dissertation de 1862 : thése de Brentano (sur la métaphysique d’Ari : signification univoque de l’étant même s’il se dit selon les multiples catégories). Différentes lignes d’interprétation des textes d’Aristote : plurivocité ou univocité de l’étant (cas de Brentano) ? Dans Qn IV, il dit que cette lecture lui a donné l’idée de son pbl : la question de l’être. Pbl ne peut se poser semble t-il quand on le pense comme concept, comme quelque chose d’univoque. Pour Brentano, il faut bien dire quelque chose de l’étant en tant que tel même s’il a plusieurs significations. Le sens de l’étant lui-même doit être trouvé. Cf Ref au Sophiste de Platon. Brentano a au moins entrevu cela. Brentano, maître de Husserl dont il déplace les concepts. Mais l’accès à Brentano est direct et non par le biais de Husserl ici : même époque que Recherches logiques mais il n’y est pas confronté par ce biais. Y trouve là l’anti-subjectivisme moderne. Avoir recours à Aristote pour Brentano ici a beaucoup de sens : l’idéalisme all dominait. Ref au réalisme scolastique contre cela. Int pour Brentano plus tard contre la philosophie de l’université all : le néokantisme (fidélisation et radicalisation du criticisme contre l’int pour l’être en lui même). De l’enracinement brentanien vers un rapprochement avec le néo-kantisme (idéalisme tal) pour Husserl. Cf Natorp. Heid se situe alors à l’encontre du climat philosophique dominant. Husserl est dans une évolution différente qui explique les rapp qu’Heid aura avec lui. Le Brentano d’Heid= celui des dissertations (ontologique)/ celui d’Husserl= de la psycho d’un point de vue empirique (psycho descriptive, terrain de la conscience, terrain d’une théorie de la conn). Différence de sensibilité s’exprime. Cons : réception particulière d’Husserl et modification qu’il fera subir à la pensée de Husserl. Terrain du souci de l’être est là dès le départ. A lu bcp la scolastique et Ari au début. Quant à Husserl, il était mathématicien de formation, culture historique philosophique limitée. Pas en philosophie antique et médiévale. Heid part de là en priorité. On en voit la trace dans l’œuvre de la maturité : Pbls F de la phéno : partie historique témoigne d’une bonne conn de la scolastique. Histoire philosophique all laissant la voie ouverte à beaucoup de philosophes et non seulement les grands comme en Fr. Rencontre de ce background et de Husserl : réhistoricisation de la phéno de Husserl. Abandon des études de théologie et rencontre avec la philosophie. Rencontre avec malentendus car procède par parricides successifs : Rickert d’abord. Chef de file d’une des branches du néokantisme (retour à Kant). // Retour aux choses même d’Husserl. Deux visages différents du néokantisme peuvent être distingués à l’époque : -néokantisme de Marbourg (Cohen) : lie Kant comme tie de la conn et non comme ontologie. Heid positif tout de même à l’égard de ce néo-kantisme (Cohen et Natorp son successeur). Rés tout de même : confrontation Heid et Cassirer (dernier disciple du courant). Deux lectures de K s’affrontent. Finit donc par affronter ce courant. -Rickert fait partie de cette seconde branche. S’auto-intitule « philosophie de la valeur ». Int pour l’éthique, l’esthétique…= toutes les attitudes évaluatives en fait. Vérité et tie de la conn sont reprises en terme de valeur. Tie généralisée de la valeur. Dans les premiers cours, Heid s’en prend à ces philosophes et aux fdts philosophiques du concept même de valeur. Terme lié à une certaine MQ : la MQ de la subjectivité. On présuppose tjs déjà un sujet. On pense toujours la valeur comme effet de la subjectivité même quand on tente de l’objectiver. Interroger d’abord la structure « sujet » est nécessaire pour Heid. Que veut dire ce type de description ? Ces philosophes n’ont même pas pris conscience de cet horizon questionnant. Pourquoi tenons-nous au vrai ?...= questions inaperçues par le premier courant. Heid va intégrer ce genre de questions. Il veut une analyse phénoménologique différente de Husserl en cela. Stratégie d’Heid pour révéler ses sources : donne un sens téléologique à sa pensée qui gomme ses sources véritables. Cas ici avec Rickert. Obsession des questions de méthode pour lui également : les résultats ne comptent pas essentiellement. Exigence de purification des questions : un type de questionnement prime tjs. Philosophie de SUZ se veut rigoureuse plus qu’existentielle. Heid serait d’accord pour concevoir la philo comme science rigoureuse comme Husserl, mais il exige encore plus de rigueur : il va interroger les présupposés d’Husserl. Rôle central des questions posées par Rickert. Se rattache cependant plus au premier courant qui apparaît exigeant théoriquement. Fait son choix cepdt dans ce second courant. Rickert fait cours sur Lask (La logique de la philosophie et la doctrine des catégories, 1911), mort durant la première GM. Heid a été ébloui par cela. Cf Revue « philosophie » : doctrine du jgt de Lask par Delaunay. Heid plus clair quand on voit ses emprunts. Il emprunte donc à Lask : -le concept de facticité. Penseur existential donc c’est important. L’existence ne peut contourner son propre fait= on trouve cela chez Lask, intéressé par Fichte, il liait cette thématique à Fichte : réflexion sur le donné comme matériau pur : le fait est en dernier ressort inconstituable, sans sens. -pbl métaphilosophique. Interrogation sur la science comme acte. Lask était ami de Rickert, influencé par Husserl. Ce dernier pensait des catégories pour l’être effectif et l’être non effectif : l’être idéal. Mais quelle catégorie pour la philosophie ? De quoi parle t-elle et avec quelle catégorie ? Interro sur une logique de la philosophie et non seulement une logique de telle ou telle science particulière. Exige une réflexion méthodologique. On retrouve cela dans le premier Heid (dans ses cours). Interrogera Husserl à ce sujet. Il manque à la phéno sa logique (= une pensée de ce que c’est que faire de la phéno, une méthodologie). Inquiétude méta-théorique qui vient de Lask : recherche d’une logique pour la philosophie elle-même. Rapp à Fichte se sent ici aussi. Question qu’il pose tout de suite à Husserl et qui est directrice : question du quid du phénoménologue et de l’acte. -retour aux rech logiques d’Husserl. Statut du logique qui l’intéresse. Doctrine du jgt dans le psychologisme : sujet de sa thèse. A commencé par être critique à l’égard du psychologisme. Thème qu’en fait il n’abandonnera jamais : préalable du Heid de SUZ. La Leçon de la critique est retenue. Critique différente de celle de Husserl : englobe des thèmes qu’Husserl prendrait pour psychologiques. Présupposé d’Husserl se cache derrière en fait. Défend d’abord la position de l’ « objectivisme sémantique » : de l’objectivité du sens entendue comme objectivité. Sorte de « platonisme ». Théorie du sens indépendante de la subjectivité sans qu’on ait là un monde autonome s’apparentant au monde suprasensible. Lask oppose objet spatiotemporal et objet idéal. Statut d’idéalité de cette seconde entité sans qu’il y ait un monde à part. Close d’immanence de Lask est donc maintenue mais Heid retire l’idéalité du monde sensible. Sorte de platonisme modéré. Le terrain de la logique est bien le sens (sinn) + thèse sur le statut ontologique du sens : il a une forme d’idéalité (pas quelque chose de transcendant hormis à la subjectivité connaissante). Espèce d’idéalisme sémantique contre les intermittences de l’existence. Comment évolue t-il pour soutenir dans SUZ (§34 et ss) une critique de la notion de validité (centrale de l’objectivisme sémantique) ? Allusion à Lotze dans SUZ dont les auteurs ont hérité la notion de validité : mode d’être des vérités. Les choses sont, les vérités valent. En parle comme la nouvelle idole de la philosophie récente. Façon encore de régler son compte à Rickert. Critique encore Husserl par là : centrale dans son objectivisme sémantique (les objets idéaux sont car ils valent). Tie de la validité que l’on trouve chez Heid en 1913. Quand parle en 1925 de Dun Scott, il est encore dans ce chemin qu’il abandonnera. Pas seulement un abandon, SUZ est réélaboration du concept de sens dont il hérite. Vérité, sens, jgt sont inlassablement liés auparavant dans leur questionnement. Lieu théorique de la question du sens est déplacé : on quitte le terrain du jgt pour la tie du sens. Réécriture de la tie de la signification. On change de terrain. 11/10/2005 Première période : 19-23 (suite). FRIBOURG. Heidegger tente de dégager les présupposés ontologiques des descriptions phénoménologiques telles que les concevaient Husserl. Débat qui se déploie dans un cours très peu de temps avant SUZ : Prolégomènes à une histoire du concept de temps. Première partie consacrée à la phéno de Husserl. Rapp critique à la phéno de Husserl y est dvppé : Husserl n’a pas été assez phénoménologique. Doutes que l’on trouve très tôt dans ses premiers cours. Cela dès sa lecture des Recherches logiques en fait : pbl du lieu de la phéno. Question méta-critique. Avant la guerre de 14, il est encore élève de Rickert. Il reprend ensuite après la guerre son poste à Fribourg. Première œuvre imp= sa thèse d’habilitation= dirigée par Rickert. Elle porte sur le traité des modes du signifié de Dun Scott. On découvrira par la suite que ce n’était pas un texte de Dun Scott. Ce travail a une cohérence avec la première formation d’Heid= études théologiques et de la scolastique. Son abord de Dun Scott est la tie de la signification : terrain de l’oeuvre de Husserl en même temps. La lecture qu’il propose de Scott reprend des conceptions venant de Husserl. Texte d’un modiste (personne qui étudie les modes du signifier). Dimension de grammaire spéculative qui l’intéresse= cf Husserl : types de significations et combinaisons qu’elles autorisent. Apparaissent des thèses de Lask également. La logique est une doctrine du sens= cela qu’il retrouve également dans Scott. Le texte se termine par un bilan qui va en fait plus loin : pour poser jusqu’au bout la question de la signification, on ne peut rester sur le terrain exclusivement logique= il faut passer au trans-logique= on ne pourra pas faire sans la MQ en fait. Heid aurait hésité dans le choix de sa thèse. Aurait pensé la faire sur le pbl du nombre (philo des maths). Dans le contexte catholique, il est question de créer une chaire confessionnelle. Faire sa thèse sur un philosophe médiéval valait mieux (hypothèse plausible mais peu convaincante). Sur le fond, ce choix s’explique de toute façon : la recherche d’un vrai lieu pour la tie de la signification. Insatisfait à considérer que le sens tiendrait par lui-même= conditions ontologiques de la condition du sens (pour quoi il y a sens et pour qui). Analyses sur le dasein en découleront. L’arrivée d’Husserl à Fribourg revitalise son int pour la phéno. La phéno pour Heid est celle des Recherches logiques. Dans le cours de 25 précité (Prolégomènes), Heid critique certaines thèses dans le sens d’une réélaboration. En revanche, les analyses sur les Ideen 1 sont négatives. Il y a un refus total de la phase transcendantale d’Husserl. Il y a pourtant un aspect tal dans ses écrits postérieurs. En fait, il y a un écart existantial/existentiel : transposition de l’opposition empirique et tal sur un autre terrain. Attention : l’existential a une dimension de facticité essentielle. Saisir le tal avec le fait que nous tenons dans un univers de facticité. Il y a une tendance tale forte dans SUZ mais pas le même sens que tournant tal de Husserl : cela enracine encore plus Husserl dans des décisions ontologiques lourdes non analysées. Enferme la phéno dans une phéno de la conscience par des présupposés très lourds. La phéno d’ Husserl devenue phéno tale est qqch de plus éloigné de sa pensée que les Recherches logiques. Terrain plus neutre permettant un dialogue plus direct. Quand Heid sera assistant d’Husserl, ce dernier sera mécontent du fait qu’Heid ne parle dans ses cours des textes taux mais seulement des Recherches logiques. C’est pourtant ce qui préoccupe Husserl à l’époque et non ces textes périmés à ses yeux que sont les recherches logiques. Cours du semestre d’été 23 : le titre comporte le terme « herméneutique » : placera sa philo sous ce signe plus tard. Cela s’insinue dès le début. Curieux quand on est le disciple d’Husserl. Dans son article de 1911, Husserl prend soin de se distinguer de l’herméneutique et de Dilthey : accès intuitif aux choses-mêmes et ne passe pas son temps à parler d’histoire en faisant usage d’un style narratif. Les cours d’Heid combinent les deux choses pourtant. « Les yeux, c’est Husserl qui me les a implantés ». La phéno permet d’être attentif aux choses concrètes et immédiates et de les voir. On fait de ce qui va de soi l’objet thématique du disc. Phéno comme école du voir. Heid dira qu’être attentif aux phénos= ils sont donnés à voir+ il y a les discours sur les phénos qui font partis des phénos eux-mêmes. Cela est assez aristotélicien. L’enquête pour Aristote consiste d’abord à poser les phénos, voir les phénos et s’intéresser à ce que l’on en dit qui est un aspect du phéno lui-même. Il faut en avoir une tie positive. Passage d’une phéno à une phéno herméneutique : celle du premier heid. Cette interprétation n’est pas orthodoxe : la phéno pour Husserl n’est pas cela (cf 1911). Faire le décompte de ce que l’on a dit sur les choses n’est pas son pbl car cela n’est pas les phénos. Pas le propos d’Heid. C’est pour lui d’ailleurs le véritable accomplissement de la phéno. Il faut y intégrer l’herméneutique : écouter le phénomène en plus de le voir (cf le « comprendre » dans SUZ). Le programme d’Husserl (« voir ») est pertinent mais il faut aller plus loin. Accès au champ phénoménal grâce à Husserl. L’ignorance de la tradition n’est pas non plus partagée avec Husserl. Il retient par contre le refus de tout argt d’autorité en philo : il faut reconquérir une base de rapp direct aux choses-mêmes. Quel est le style adéquat de la description ? = point qui les fera diverger car il faudra de la narration pour Heid. Cette exigence husserlienne peut apporter si on l’applique à ce qu’Husserl n’a pas fait : à la lecture des textes. C’est une idée bizarre pour Husserl (1911) : on s’intéresse soit aux choses, soit aux textes pour lui. En travaillant sur les textes classiques, on travaille à travers eux sur les choses-mêmes, sur un point de vue à chaque fois sur la chose-même. Il y a une histoire de la chose-même et de la façon qu’elle a eu de se phénoménaliser. CF début de Philosophie première d’Husserl : semble faire cela mais cela demeure sur un modèle scientiste classique. La bonne théorie semble toujours recouvrir les autres : pas d’idée que l’histoire de l’accès fait partie de la détermination du phéno lui-même. Chez Dilthey, le point de vue herméneutique conduisait à une forme de relativisme. Le seul universel qui subsiste : la vie (concept culturaliste). Diff à concevoir. Chez Heid, très tôt, il s’oppose au relativisme tout en déplaçant le terrain de Husserl vers l’herméneutique (paradoxal). Quand il recentre sa pblématique sur un axe ontologique, on le comprend mieux : l’universel qui se maintient est l’être. On est donc toujours accroché à la chose même. Tous les rapp à la chose sont toujours dans ce dans quoi on se tient : l’être. L’être est toujours déjà donné. Le sujet lui-même n’est possible que sur fond d’être. Perspective ontologique sur l’herméneutique qui la modifie également. Décrire comment l’existant humain dans le monde se comporte est ce qui l’intéresse. Point de vue de la tie de la conn n’est qu’un point de vue : dépasser là encore ce point de vue vers l’ontologique. Int des interprétations sur l’être même. Relecture ontologique de l’engagement herméneutique. Tâches de la phéno et de l’histoire de la philo ne peuvent être séparées. Heid passe son temps à réintégrer des pbls et méthodes d’Husserl et de l’autre côté s’affirme comme grand lecteur de l’histoire de la philo (notamment d’Aristote). L’Aristote auquel s’intéresse Heid : celui de la science de l’étant en tant qu’étant+ pbl du temps qu’il reprend dans SUZ mais il a surtout commenté l’EN et la rhétorique= ties de l’agent en contexte. Une grande part des concepts de SUZ viennent de là : cf Sorge (souci) : vient d’une réflexion des attitudes pratiques analysées par Ari dans L’EN plus que de Pascal et du divertissement. Perspective phénoménologique et lecture des textes forment une continuité. Heid a l’idée que la culture du monde grec nous donnerait un accès direct à ce que la phéno a trouvé (pensée de la rencontre des choses mêmes) : le monde grec part de la présence de la chose. Mon chemin dans la phéno= faire la phéno d’Husserl et lire les auteurs grecs= même chose pour lui. Notion de vie facticielle apparaît : comment nous comportons nous de fait ? et règle ses comptes avec Rickert et sa philo de la valeur. Qu’est cette chose capable de projeter des valeurs : qu’est ce que ce sujet ? Exigence phénoménologique de la construction de la notion de sujet qui va amener à sa destruction. Rickert pour Heid est l’ultime rejeton du présupposé du partage du subjectif et de l’objectif. Procès de l’indétermination ontologique des philosophies utilisant ce concept de valeur. Stratégie de neutralité ontologique de ces philosophes de la valeur. Si je pose la question du devoirêtre, je ne suis plus sur le terrain de l’être. Mais le devoir-être a aussi une ontologie pour Heid. Qu’est ce que ce sujet démembré pris dans l’être et le devoir être ? Il faut trouver une ontologie qui prenne en charge ce qui avait été mis de côté avant. Dans cette volonté de trouver une ontologie pour le devoir être : cf Lévinas (L’ontologie est-elle fondamentale ?) qui critiquera cela, cette volonté d’une ontologie du devoir-être. Il faut sortir de l’ontologie pour une description du devoir-être. Reprise et radicalisation du geste kantien. Constat de l’effondrement d’une civilisation après 14. Constat de déréliction. Se dvppent des pensées de l’existence constatant la perte du sens et la nudité du sujet dvt cette perte du sens. Heid est confronté à cela : Jaspers, 1919, La psychologie des visions du monde (weltanschaung)+ Spengler, Le Déclin de l’occident. Conscience de civilisation apparaît. Heid est conduit à prendre position par rapp à cela : il prend des positions très dures. Critique d’une violence incroyable de Spengler. Ce genre de disc va laisser des traces. La question qu’il pose n’a de sens que dans l’axe d’une perspective ontologique pour Heid (sur l’être, le sens de ce qui est, donc sur la vérité). Son œuvre peut être lue comme une relecture de la pblématique de la vérité. Une pensée de l’existence qui s’interroge simplement sur le meilleur genre de vie est insuffisante. Rapp essentiel à la vérité qu’il ne faut laisser de côté. Forte critique en cons des pensées de l’existence. Dernier Heid : silence comme bonne phéno, fin de la philo. Pas le cas dans les textes au programme : il croit encore à l’autonomie du savoir et à l’exigence de ce savoir. D’où le distance à Jaspers et Spengler surtout. Différence intuition sensible et intuition catégoriale est une distinction décisive pour Husserl introduite dans la Sixième Recherche logique. Les structures catégoriales= conceptuelles peuvent également être données. Le catégorial ne peut être donné comme la chose sensible cependant. Voir « la craie sur la table » a un certain sens. En revanche, je vois que « la craie est sur la table »= plus un voir de chose mais un voir qui a pour objet un type d’objet supérieur qu’Husserl appelle un état de chose. Cet état de chose a une structure catégoriale. Il y a là une prédication qui est le fait d’un jgt. Possible que ces objectivités soient données. Voir qui n’est pas du même type mais qui est bien un voir. L’intuition catégoriale : intuition d’objets catégorialement structurés (objet d’un jgt souvent). Ce n’est pas la préoccupation essentielle d’Heid mais dans Mon chemin dans la phéno, il mentionne que l’int qu’il avait pour cela était cette idée que l’être de la chose même pouvait être intuitionné (intuition catégoriale). Idée essentielle d’une intuition de l’être= faire de la phéno mais sur un terrain d’exp. De l’être, il peut y avoir une certaine forme d’exp. Expérimenter la chose sensible et ses rapp n’est pas de même niveau= chez Heid, se confronter à la chose et à l’être de la chose n’est pas la même chose. Distinction entre l’être et l’étant est ici en germe. Int indéniable donc pour les objets catégoriaux. Il y a un sens à se référer à l’être de la chose et il y a une expérience de cela pour Husserl : c’est cela qui intéresse Heid. Les intuitions catégoriales se constituent par émergence des intuitions simples sensibles. Sur l’étant peut donc se construire un autre type d’expérience. Mais nous avons une tendance à ne pas nous pencher sur l’être de la chose. Dans la lecture qu’Heid a de cette intuition catégoriale, il est déjà lui-même : il l’appelle dès 1919 « intuition herméneutique » dans son cours. Coordonnées toutes différentes d’Husserl. Y revient en 1925. Ecart avec l’intuition catégoriale d’Husserl : pas forcément de rapp à la logique (catégorial) ; l’important est le point de vue du sens et de l’interprétation (vision de qqch en tant qu’il est interprété) ; toute intuition de toute façon est herméneutique (//tie du comprendre de SUZ). Idée que toute intuition est en fait catégorial= chargée de sens d’après notre horizon culturel… Certaine forme de relativisme culturel et linguistique. Richesse du concept d’intuition catégoriale une fois comprise nous oblige à prononcer que toute intuition est catégoriale. La dimension d’écoute a une influence profonde sur le voir. Finit donc par une tie toute autre que celle d’Husserl qui maintient le caractère essentiel des intuitions sensibles simples (même si à modérer avec la dernière conception qu’il aura de l’intentionnalité). Tout voir est en ccl herméneutique. En 1922, Natorp l’appelle à MARBOURG. Rapport à Natorp, éd TER, trad dans Interprétation d’Aristote. Texte qui est un programme pour SUZ. Mode original et éclairant car le pose comme une interprétation d’Ari. DE 23 à 28, rédige SUZ, et les PFP, il est à Marbourg. Période féconde. En 1924 vraiment qu’il est dans l’écriture de SUZ. Le temps le plus riche pour lui. Moment de mise en place. Importance du cours de 25, semestre d’été, Prolégomènes au concept de temps : -moment de l’explication avec Husserl. Explique son désaccord avec Ideen comme phéno de la conscience -dvpt qui sera repris dans SUZ. L’horizon correct de la question de l’être est celui du temps. Toute la fin du cours. Analyse de la notion de comprendre que l’on retrouve dans SUZ. Autre cours imp : PF de la phénoménologie. SUZ est alors terminé. Fin de la première section de SUZ jamais terminée. Aborde une notion : la différence ontologique qui ne sera pas un thème propre dans SUZ. Le véritable contenu de la philo comme ontologie est cela. Elle ne s’occupe pas de l’être mais de la différence entre l’être et l’étant. Retraite en 28 à Fribourg. Y enseigne en 28-29. Les CFM : cours du semestre d’hiver 29-30. Premier cours de la deuxième année du retour à FRIBOURG. Entre temps Heid a fait cours en 27-28 (semestre d’hiver) sur kant : Interprétation phénoménologique de la CRP. Lecture minutieuse de la CRP not première version de la déduction tale. Sorte de répétition pour le livre sur Kant de 29. A la fin de la période de Marbourg, il a déjà opéré sa lecture de Kant. Projet de MQ du Dasein pour Heid à l’époque (projet instable comme on l’a vu). On la trouve dans la lecture qu’il donne de Kant. Première forme de MQ de Dasein qui s’ignorerait. Tâche MQ de Kant pour la refonder, redéfinir son lieu. Le véritable lieu de la MQ : l’existant humain comme lieu où l’être se donne pour Heid. Lire Kant et le pbl de la métaphysique et celui de Juillet 29 : leçon inaugurale de Fribourg= Qu’est ce que la métaphysique ? Rapp étroit avec les CFM. Terrain là encore de la MQ du Dasein. Micro-période où la notion de MQ est positive pour Heid. Cf thème de la fin de la MQ chez Heid. Veut déplacer la MQ sur le bon terrain. La pensée des CFM le dit : MQ du dasein. La métaphysique est bien le sujet central de cette période (titres l’indiquent simplement). 1930. Rupture totale. De l’essence de la vérité. Perspective très différente qui n’est plus centrée sur le Dasein. Monstration de l’être même. Idée qu’il y a un risque dans SUZ d’une vision trop anthropologique malgré les mises en garde de cette œuvre même. Bcp d’idéalisme tal reste au fond de SUZ. Heid l’aurait perçu lui-même d’où l’inachèvement de l’œuvre et le malaise par rapp à cette œuvre. Heid a le sentiment qu’il a trop donné au Dasein. Sorte de super-anthropologie même s’il n’a cessé de s’en défendre et de s’en garder. Kant a entrevu la MQ du Dasein. Il faut se débarrasser de ce spectre. La MQ n’a pas à être d’abord du dasein et peut être même pas MQ. Retour au concept grec de l’alétéia= dévoilement sans l’intermédiaire du Dasein. NB sur le nazisme d’Heid : profond ressentiment d’Heid pour l’université. Cf cours précédent. A cru pouvoir profiter de la situation de 33. Positions extrêmes à ce sujet qui ne sont pas admissibles. Applications de certaines mesures nazies à Husserl lui-même. 18/10/2005 Le Concept de Temps (24)= noyau de SUZ. Pas de publication d’emblée de cette conf même s’il en élabore le projet. Edition de la correspondance entre Husserl et le Comte York…= thème : l’historicité (def de l’historique comme tel). Texte d’accompagnement de la correspondance à l’origine. Historicité comme point d’aboutissement. Question directrice que laquelle se termine SUZ. Premier brouillon qui ne paraîtra jamais. 25 : ouverture d’une chaire de philo à Marbourg. Départ d’Hartmann. Représentant d’une forme de néo-MQ réaliste. Débat critique avec la tradition du kantisme : il faut un disc qui porte sur l’être même des choses= nécessité d’une ontologie. Souhait de recrutement d’Heid. Ce dernier n’a encore rien écrit à l’époque. Toujours en train de remanier la conf sur le concept de temps. N’a pas assez publié pour avoir le poste. Cela va jouer dans la rédaction de SUZ. Il le termine en Avril 26 : oeuvre dédiée à Husserl. Nov 26 : il est à nouveau refusé par le ministère. En relisant les épreuves de la troisième section de la première partie, il se rend compte qu’il n’en est pas satisfait. Il va ainsi bloquer la publication de celle-ci. Toute la fin du cours PFPhéno= réécriture de cette section. Sorte de substitut mais elle n’est pas incorporée à SUZ. Rejet total d’Husserl : « non scientifique » pour lui par rapport aux normes de sa phéno tale. Sorte d’anthropologie empirique. Heid n’accepterait pas cette critique : l’analytique Tale n’est pas simplement une rechute dans l’anthropologie. 27 : Heid édite les leçons d’Husserl sur le temps. Préface d’Heid. dans laquelle il ne mentionne pas ses différends avec Husserl. Il aborde la question du fdt même de l’intentionnalité= cela qu’Heid retient de ces leçons. L’être de l’intentionnalité= l’être temporel donc il faut revenir au concept de temps pour en traiter. Objet de SUZ Version officielle : s’occuper de la question de l’être. Renvoie à un passage du Sophiste de Platon. // Cours de Marbourg. Moment où l’Etranger d’Elée intervient. Il a déjà donné un commentaire (semestre d’hiver 24-25) de ce texte qui ouvre la question de l’être. Cours technique où l’on suit pas à pas le dialogue. Def du sophiste est longuement dvppée : comme dans le texte de Platon. Quand il arrive à ce passage, il ouvre quelque chose qui est le motif repris dans SUZ. Question que l’on a vite fait d’oublier. Si on la prend au sérieux, on remarque qu’elle n’est pas naturelle, spontanée. En quel sens ? Deux ordres de réponses : 1-le concept d’être va de soi pour la plupart d’entre nous. Tout le monde l’utilise et le comprend. Evidence qui se passerait d’explication. 2-on ne comprend pas quelle prise théorique il pourrait y avoir sur cette notion car on conçoit ce concept comme le plus englobant, le concept en bref suprême et ultime. On ne peut donc jamais le définir, on ne peut rien en dire. Obstacles épistémologiques qui font que la question de l’Etranger nous étonne. Ce sont là deux erreurs. La philo interroge ce qui va de soi. // philo de Husserl d’ailleurs. Elucidation des évidences premières. Idée que toute élucidation d’une notion devrait être définitionnelle : la seule façon d’élucider un « concept » est-elle de lui donner une def ? L’indéfinition de l’être est donc un piège théorique. On part d’un préjugé quant à la façon bonne et théorique de l’aborder. Méthode elle-même à remettre en question ? Capable de dégager un « sol » pour poser cette question même. Quel type de sol d’exp peut-il y avoir derrière cette question ? « Sol »= idée que pour poser un pbl philosophique, il faut le réinscrire dans le type de phénos dans lequel il peut avoir un sens. Ce genre de notion a-t-il un sol ? Sens de chercher par rapp à quoi cette notion prend sens ? Il peut y avoir n’imp quoi (même objets de fiction) ou c’est trop abstrait et on ne voit pas quel type d’exp peut y correspondre. Ce qui renvoie à n’importe quel sol n’a pas de sol. Diff apparente de reconquérir un sens pour l’être. Comment réancrer cette question ? §65 du cours sur le Sophiste : esquisse une brève mise en scène de ce que pourrait être un tel sol. Suggère déjà que pour élaborer le sol de la question de l’être= réfléchir sur la question : faire une phénoménologie de la question elle-même. La structure de la question peut suggérer un format sur la question de l’être elle-même. Utilise une phéno de la question dans ce cours déjà mise en place. Structure formelle d’une question : -toujours interrogé quelque chose= un interrogé. Interroger quelque chose en vue de qqch. Il l’appelle das Befragen. On cherche à obtenir quelque chose qui est : -le demandé : das gefragte. Ce qui est en question, le but de la question, il faut interroger suivant une certaine perspective : je cherche une certaine perspective. Il faudra donc une troisième dimension : -das erfragte : ce dont on s’enquiert dans la question. (le questionné). Point de vue adopté par la question. C’est une structure intentionnelle : ce qui est visé est délimité par cette structure même. Pas de question où l’on ne sait pas déjà quelque chose de ce que l’on interroge. Forme d’accès toujours présent pour que la question soit possible. On voit déjà dans la question ce que l’on recherche. Application à la question de l’être : je ne peux rechercher le sens de l’être que si j’en ai déjà une certaine vue. Déjà une forme d’accès à l’être si je peux la poser. L’existant humain est donc toujours installé dans un certain rapp à cet être, au sens de l’être. Possible que si le Dasein est toujours déjà ontologique. La question de l’être réactivée pas SUZ est toujours déjà installée dans cette modalité d’être qu’est celle du Dasein. Dans le passage du Sophiste : la question de l’être ne nous est plus naturelle et en même temps on y est toujours déjà installé. Comment comprendre cela ? Comment concilier cet accès structurellement oblitéré et cet accès naturel ? Idée dvppée dans le cours du semestre d’été 1925 : Prolégomènes. § 13 de la première partie : ratage fondamental de la phéno d’Husserl : il a raté la question du sens de l’être. L’intentionnalité est le concept fondamental d’Husserl (bonne chose). Il n’a pas été jusqu’au bout de celle-ci. Question de l’être de l’intentionnel est restée hors de son champ cepdt. Ce qui tient lieu d’ontologie pour lui est le partage des étants : étants réels / étants de la conscience elle-même (Ideen de 1913) : Husserl emploie la différence ontologique à ce sujet mais en ce sens bien précis. Différence catégoriale et radicale entre l’étant conscience et l’étant monde. Heid dans les PFPhéno (section finale) : centre son analyse sur le Dasein et non sur la conscience. « Le Dasein est le Tant en soi ». Echo à Husserl, semble ici le prolonger. Mais Husserl dans les Ideen requalifie cette tance de la conscience comme immanence. Se place en fait contre l’être de la conscience husserlienne comme être purement immanent. Echappement pur à soi du Dasein. // Cours de Logique de 1926 : dialogue avec Leibniz : le Dasein est la monade de Leibniz qui ne serait plus que fenêtre : monade inversée. Second écart avec Husserl : au-delà de cette contestation de la modalité d’être de la conscience, Heid conteste le fait que la question soit simplement une question de catégorisation des types d’étants. On emploie le mot être en disant qu’il n’a pas le même sens pour les deux. Que modalise t-on là ? Pas de réponse d’Husserl comme pour toute la tradition. Catalogue des étants sans élucider la question de l’être. Il faut discuter de l’être de l’intentionnel avant toute chose. Husserl résonne avec un bagage ontologique qui est celui de la tradition. Catég solidifiées de la MQ scolaire mis en place après Aristote. Platon et Aristote= moments d’instauration. Deviennent ensuite scolaires et on ne voit plus la doctrine. Outillage tout préparé dont on n’interroge plus la signification. Cas d’Husserl compris. Attention : L’ontologie ne vient guère annuler la phénoménologie. L’ontologie est requise dans le mvt même de la phéno. Questions ontologiques donnent à la phéno son achèvement. Qu’est ce qui constitue l’étant en tant qu’étant ? = question phénoménologique qu’Husserl ne pose pas. Pour cette période, on a l’idée d’un tournant ontologique de la phéno à l’intérieur de celle-ci. Tournant qui peut être lu comme tal. Concept théoriciste du Tal= sur les conditions de la conn : phéno de cette attitude de conn elle-même ? Déplacement de la pblématique du tal : elle ne doit s’arrêter à la question de la conn, il faut interroger le transcendantal lui-même. On retombe dans cette radicalisation de la question dans une ontologie : l’être même arrive par l’étude de ses modes d’accès. Pas de rupture avec la phéno mais recherche de son achèvement dans cette période. Dans le cours de 25 sur Husserl, il pose qu’il faut radicaliser cette question : qu’est ce que c’est être en gal ? §14-17 : il va falloir réaffronter cette question : « Que veut dire être ? ». Revient sur le Sophiste dans ce cours également. Analyse plus systématique de la question de l’être cette fois. Cette question de l’être pose la question de la signification de l’être = son but, sa direction. On peut dans cette question déterminer la perspective sur ce qui est en question : au fond, das erfragte : le sens de l’être. Point de vue, perspective que l’on adopte sur l’être. On pourrait parler de la conceptualité de l’être. Si je considère purement ce qui est en question : l’être lui-même, l’être de l’étant, de ce qui est. Qu’est ce que cela suppose qu’on interroge ? Question du témoin. Befragte= celui que l’on interroge : on va interroger l’étant. C’est ce qui peut témoigner le mieux de l’être de l’étant. Le problème est que cela est trop vaste. Tout est étant quand on s’y rapporte. Genre d’étant qui serait plus désigné qu’un autre pour qu’on lui pose la question de l’être ? Si jamais il y avait un tel étant, quel serait le mode d’accès de cet étant là ? Qui interroger et comment l’interroger ? Dans ce cours, il esquisse sa stratégie de résolution. On parle de question mais une question est elle-même quelque chose qui est. Elle a un être. Pbl de l’étant questionnant et son être est d’abord à surmonter. Lien intrinsèque entre la notion de question et l’accès privilégié au sens de l’être. Dans toute question, il y a une dimension de compréhension. Phéno de la question à faire avant tout : elle va nous mener à l’étant qu’il faut questionner la question de l’être. Interroger donc en premier lieu l’étant qui pose des questions. L’analyse de la question n’est donc pas un simple à côté, la phéno de la question nous apprend quelque chose sur la possibilité de la question de l’être. Dimension ontologique en fait dans toute question. A lier au fait que tout comprendre est lié à la question ontologique. L’étant qui pose des questions : nous allons l’appeler Dasein. Dasein= existensia en latin. Chez Heid, cela n’est pas pareil, l’existenz= mode d’être de cet étant particulier qu’est le Dasein= l’existant humain, la réalité humaine. « Etre le là » : insiste là sur « l’y être ». Creuser un site dans l’étant. Le Dasein est sur mesure pour la question de l’être : chacun d’entre nous est celui à qui la question de l’être peut être posée. Capacité à avoir un rapp à l’être et à poser la question de l’être. Ce dasein est l’étant que chacun est lui-même à chaque fois. Se définit par l’ipséité= être soi-même. Capacité qu’il détient. Cette def n’a de sens que par rapp à un étant qui a la capacité de ne plus être lui-même, à être autre que lui-même. Rapp à lui-même tel qu’il peut s’appréhender sur l’être ou non lui-même. Ipséité assumée= authenticité et inv. C’est l’étant auquel se posent les questions de l’ipséité= étant qui a un enjeu pour lui-même. Dans les Prolég= c’est l’étant qui est capable de poser des questions, étant que nous sommes chacun à chaque fois. On peut lui appliquer la question de l’être. Il est en son être tel qu’il peut poser la question de l’être. Il est à la fois le sujet et l’objet de cette question. Def strictement ontologique du Dasein est là-dessous. Le privilège du dasein n’est pas seulement un privilège ontique= privilège d’un certain type d’étant par rapp aux autres : cas de la conscience husserlienne. Privilège ontologique : quant à la capacité d’accéder au sens du mot être. Description déjà du dasein dans ce cours et de son essence privilégiée ontiquement et ontologiquement : le fait qu’il soit temporel. N’est pas seulement dans le temps mais il est le temps, ce qui est essentiellement constitué comme temps. Dernière partie qui est bien une sorte de brouillon de SUZ. On ne s’intéresse qu’à ce qui est pertinent dans le dasein pour la question de l’être. Ce rapp à l’être structure le dasein lui-même donc cela est fondé P.201 : « l’explication du Dasein (pas causale attention mais explication phénoménologique= déplier le phéno Dasein) ne résulte pas de quelque intérêt que ce soit pris […] sens de la question». Pas le pbl de la psycho, de la meilleure des vies, pas question d’une anthropologie philosophique. Le Dasein est l’être qui interroge et point. SUZ est une excroissance de la phéno de la question seulement. Cette contrainte que fixe Heid montre que nous n’aurons pas tout sur le dasein dans ces analyses. // critiques sous jacentes de Sartre qui ne sont pas en ce sens pleinement justifiées. Analyse réductrice en ce sens. Retour à la pureté de la structure interrogative du dasein. La neutralité du dasein est à prendre au pied de la lettre. Ce qui relève de la sexualité du dasein n’est pas pertinent pour l’ontologie du dasein. On s’attend à trouver des analyses plus concrètes qu’Husserl, mais finalement on reste dans l’abstrait. Cela est résolu et est le projet même d’Heid. Pbl des CF de la MQ : impression qu’il remplit son descriptif d’éléments qu’il avait écarté dans SUZ= thématisation par exemple de la vie. Rés essentiellement négatif. Rapp de l’animal avec son milieu ne peut s’apparenter au dasein. Radicalisation de l’interrogation phénoménologique passe par son resserrement : exigence de la question de l’être. SUZ. La question de l’être. Commence par la nécessité de reposer la question de l’être. Plaidoyer en faveur de l’importance de cette question. Heid part du constat d’un oubli. L’oubli à prendre en un sens actif : forme de refoulement. Quelque chose dans nos structures de penser est venue la recouvrir. L’histoire de la MQ prise comme un bloc : de la scolarisation de Platon et Aristote jusqu’à Hegel compris. Refoulement qui est passé par une trivialisation. Elle a été construite comme qqch de trivial : la réponse est censée être évidente donc nous ne la posons plus. Dans les cours, il avait déjà dit que cela justement devrait nous inquiéter. La philo doit mettre en question des choses qui vont de soi : les rendre de nouveau accessible dans leur sens. Nous invite non à rejeter des préjugés quant à l’être mais à les comprendre : quel est leur sol ? Se dissocier d’une position= comprendre ce en quoi elle est vraie. Voir dans ce en quoi elle s’ancre. Les choses qui vont de soi ne sont justement pas élucidées. Dès que quelque chose ne nous étonne pas, il y a lieu de s’étonner. Répète ce qu’il avait dit dans le cours sur le Sophiste : il y a trois choses à comprendre : 1-l’être est le concept le plus général. On retrouve cela chez Ari mais il y a autre chose chez lui : la généralité de cet étant n’est pas un genre. Il faut partir du fait qu’il n’y a pas d’univocité de l’être. Hétérogénéité fondamentale de cette notion d’être, mais il y a une forme d’unité de cette notion autre que celle d’un genre. L’unité en question n’est pas celle d’un concept : pas quelque chose d’univoque qui peut s’y prêter. Pbl de cette généralité de qqch qui n’est pourtant pas un genre. Il va falloir théoriser cela. 2-le concept d’être est indéfinissable. Il n’y a plus de différence spécifique. On ne peut dire avec l’être en de ça de lui. Sa vérité oblitère que l’être n’est pas définissable si ce que l’on attend est un concept défini qui va délimiter à partir de l’horizon d’un autre concept. Mais est ce que comprendre une chose est simplement la définir ? Pas de nécessité a cela. Ce dispositif de la def par différence spécifique exclut déjà l’accès à l’être. Que tel étant se distingue d’un autre par sa nature : cela donne prise sur des étants. On s’interroge sur l’être. Ce n’est pas une nature : cf ontologie médiévale. Heid cite St TH. : différence entre l’être et l’essence. Traitement à part de la notion d’être dans l’ontologie traditionnelle mais n’en a rien dit. Pas définissable si on prend cette conception de la def. Pas parce que l’on n’a pas de def que l’on ne peut élucider cette notion (contre la def d’un concept). 3-L’être est le concept qui va de soi. Mais c’est le fait que ce soit évident qui nous intéresse. Le fait d’aller de soi est l’objet même de la philo : cela Kant l’a compris dans l’Analytique tale. Les principes de l’analytique des principes sont mis en œuvre sans le savoir. C’est le fonctionnement naturel de la raison humaine. Faire passer à l’explicite l’implicite. Le schématisme est art caché de l’imagination humaine. Trouver une médiation entre la sensibilité et l’entend= on a besoin d’introd des schèmes. Cela semble faire basculer son dualisme. Art du jger qui nous est naturel est lié à cela. Sous ce modèle que se place Heid dans SUZ. Chap du schématisme dans la CRP : Kant envisage que le mode d’accès à l’objectivité soit intrinsèquement temporel. Il revient sur la structure formelle de la question de l’être également. Cf première analyse formelle de la question chez lui. Le premier cours de 1919 fait déjà des considérations sur le questionné comme tel. Parler est aussi poser des questions : il ne faut se limiter à l’analyse de l’apophantique. Attitudes de disc. Cours du semestre d’hiver 23-24 « intro à la recherche phénoménologique ». Dans une question on distingue : ce qui est interrogé, ce qui est demandé, la perspective dans laquelle la question est posée et le comment du questionné lui-même (modalité de la question elle-même : question pour rire, angoissée…). P.73-79. Quatre dimensions. Quand il parle de la perspective= la question articule ce qui est demandé et l’interrogé. Puissance de structuration de la question sur laquelle il insiste. Puissance articulatoire par rapp à l’étant interrogé et par rapp à ce sur quoi on l’interroge. Concept de comprendre : tout comprendre est un mode d’articuler : comprendre c’est articuler. Autre remarque : le demandé est ce vers quoi converge le questionné. Une question est un mode déterminé de recherche. Une question est une façon de rechercher quelque chose= ce n’est donc pas un phénomène (purement) théorique. Une question= se mettre en chemin vers quelque chose. Elle a un but, est téléologique. Fonction : dans ce contexte, il introd le concept de souci (Sorge) sans le temporaliser encore. Il n’y a pas de question sans souci : toujours vers quelque chose, est toujours souci de qqch. La notion de question renvoie au caractère pré-théorique de Dasein, préoccupé par ce qu’il l’entoure, toujours dans le souci de. Le souci est de la temporalité (25-Prolég) : le dasein est sans arrêt dans cette course après lui-même. Primat du caractère temporal du dasein qui se lit ici. 25/10/2005 Rapport d’Heidegger à Husserl (suite) Rechercher une chose suppose déjà un rapp à elle : reprise de l’intentionnalité ici. Structure intentionnelle du questionné. Il faut déjà avoir un accès. On ne peut mettre en question que ce à quoi on a déjà accès. Pas de pensée sans tradition également. La pensée n’est pas initiative pure : remise en jeu d’un rapp déjà acquis. Pblématiser le type d’accès à la chose est nécessaire. Il faut faire l’histoire de l’accès à la chose même : celui que l’on a pour celui que l’on veut ouvrir. Un des thèmes d’opposition à Husserl. La phénoménologie de la question chez Heidegger (suite). Tout questionnement a ce qui est en question en lui. Toute question est question vers. Définir une question = préciser ce en direction de quoi elle fonctionne. La question n’est pas une figure pure de la pensée : il faut quelqu’un ou quelque chose à qui elle est adressée. Savoir à qui on pose la question pour savoir élucider la question de manière complète. La recherche elle-même doit être orientée : le recherché se voit déterminé selon une certaine perspective. Il faut que ce que l’on recherche soit « conceptualisé ». Interprétation restrictive : question pensée selon le questionné théorique. En fait, n’importe quelle quête est visée par Heidegger. Ce qui est en question est déterminé selon un certain point de vue= « le sens » au déb d’ Etre et temps. C’est ce qui fait l’identité de la question particulière : elle a un sens particulier. Mais quel est ce sens ? Héritage de la phéno d’Husserl. Ce qui est visé est visé selon un sens= concept= compréhension= sens de. Application à la question de l’être= ce qui est recherché est la question de l’être. Adresser à quelqu’un ou quelque chose : l’étant. Perspective de la question de l’être : suivant le problème du sens de l’être. Quel est le lieu épistémologique, théorique et ontologique de ce sens ? Notion qui va justifier la sélection de l’étant de référence. Toute question suppose que l’on détermine le « à qui » ou « à quoi » poser cette question. N’importe quel étant semble faire l’affaire. Plus compliqué car tout étant n’est pas tel que dans sa constitution qu’il y va de la notion d’être. Dans la définition de toute être de tout étant, il n’y va pas forcément de l’être. Etant privilégié pour qui l’être est une question et que ce fait est une partie intégrante de son être et de sa définition= le Dasein. La question doit se donner la prise d’un sens pour poser la question. Etant privilégié= par rapp auquel cette question a un sens ; celui qui a pour charge de déployer le sens. Quel est l’étant qui a pour fonction de poser les questions ? C’est l’étant qui aura en charge la notion de compréhension également. Structure exhibé au cœur du traité : le Dasein est celui qui a une structure de compréhension= déploiement de quelque chose comme un sens. Derrière tout questionnement, il y a une forme de compréhension. Le sens est dans la structure même de la notion de question. Dasein : l’étant qui comprend= comprend le sens= pour cela que l’on va l’interroger. Il faut faire la phéno de l’étant de la question qui la pose : définition minimale du Dasein à partir de laquelle il part : phéno de l’étant qui peut poser des questions. Phéno de l’être qui comprend. Pas une phéno qui veut recouvrir l’ensemble des aspects concrets de l’existence humaine. Phénoménologie d’Heidegger déplace la question de l’intentionnalité et la reproduit en ayant changé les pbls conceptuels : termes plus généraux et plus conceptuels. On refuse d’enfermer ce problème du sens dans le seul cadre théorique. Passe par phénos de l’ordre du sens dans tous les aspects du sens. Lieu de production du sens dans toutes ses dimensions qui intéresse ici. Question de l’être est une question qui est première. Construit bien quelque chose comme une philo première. L’assume épistémologiquement, et en le sens d’une primauté qui serait dignité première. Double aspect de primauté de l’ontologie articulé : 1-primauté ontologique de la question de l’être. Recherche ontologique= forme d’a priori par rapp aux différents disc théoriques. La philo devait délimiter les structures des différents domaines d’étant. Cf Ideen 2 : Ontologie tale d’Husserl. Travail ontologique de spécification des domaines d’objet. Dispositif que reprend Heidegger. Chaque science positive a un certain domaine. Accès à ces choses comme elles sont. La science en elle-même est incapable de définir le domaine d’étant qu’elle prend en vue. Vision traditionnelle et philosophique de la science. Cf plus tard « la science ne pense pas »= elle ne définit pas la modalité d’être dont elle s’occupe. Terme semi-technique d’Heidegger « concept fdamental »= lié à la notion d’une ontologie régionale : délivre le sens d’être des étants qui constituent un sens d’être. Cf CFMQ. C’est ce qui est à l’arrière plan de toute science. Dégager le contenu des concepts fondamentaux : le travail de la métaphysique, de la philo. Cf concept fondamental de la bio par ex dans ce cours. Recherche a priori qui précède les sciences théoriques. Ce n’est pas faire comme les néokantiens cepdt : la philo s’occupe des concepts et non des domaines de choses. Ce n’est pas ce que veut dire Heidegger : la philosophie ne s’occupe pas que des concepts. Notion d’un type d’étant et du mode d’être d’un étant qui est en jeu dans le concept fondamental= dimension ontologique indéniable. C’est la différence avec la science positive. Pas une recherche désengagée, d’ordre réflexive. Heidegger va se réclamer de Kant : l’analytique transcendantale = elle ne fait pas que réfléchir sur des concepts (comme le pensent les néokantiens de Marbourg). D’après Kant, la logique transcendantale n’est pas la logique en général= c’est une logique du contenu, qui nous parle des choses elles-mêmes. Les catégories ont une portée sur les choses. C’est la logique des choses a priori, des choses elles-mêmes du domaine ontologique « nature ». Espèce de doctrine a priori de la nature. Les conditions d’objectivité pour concevoir le domaine nature= objet de la CRP. Retraduit cela dans un langage ontologique : sorte d’ontologie a priori de la région nature. Premier niveau d’analyse des ontologies régionales. Accorde à la philo un rôle traditionnel renouvelé : dégager des structures a priori par rapp à telle ou telle science positive. 2-Cela ne s’arrête pas là. Certaine forme de priorité car dégage les sous-bassements ici. On distingue des domaines d’être et des modes d’être : quelle est la notion d’être elle-même ? Il y a une métaquestion qui surgit sur l’ontologie elle-même : qu’est ce que c’est que cette ontologie ? Husserl n’a pas de doctrine sur le concept d’ontologie. Que veut dire être ? Là est la véritable tâche de l’ontologie ? Nécessaire de définir l’être quand on parle de ces modes et spécifications. Comment ne pas retomber dans l’ontologie formelle d’Husserl (qui était une ontologie générale contre les ontologies spécifiques= régionales) ? C’est traiter de l’étant comme un genre. Erreur que commet Husserl. C’est la mésinterprétation qui empêche de poser la question de l’être depuis l’antiquité. Déficience de l’opposition husserlienne ontologie régionale/ formelle. Notion d’ontologie formelle finalement ne lui est pas si étrangère (cf 1919 cours) : il affronte la question du quelque chose en général. Première forme de la question de l’être peut cepdt être trouvée chez lui. Question absolument première en terme de fondation : elle est fondationnelle par rapp à toute science. Précompréhension ontologique que l’on met en œuvre même implicitement. La philo va porter au niveau thématique ce qui était implicite. Essentiel que la précompréhension ne soit pas explicite. Effort demandé par la tâche philosophique. La phéno n’est pas description directe et naïve= suppose détachement et rupture= geste anti-naturel de la réduction tale. Quelque chose d’analogue à la réduction chez Husserl= suspendre le rapp naïf au monde pour passer à la compréhension. Ontologie par rapp à une conception de la philo elle-même. Primauté ontique de la question de l’être : attrait à ce qui est : l’étant. Idée que va être présenté le privilège ontologique également d’un certain ontique, d’un certain étant= c circulaire= la question de l’être fait apercevoir la spécificité d’un certain étant et cet étant est le plus privilégié. Transposition de la primauté de la philo première d’Aristote : première car avant les autres et accès à un étant premier, privilégié qui ne serait pas visible sans elle. Question de l’être qui fait apparaître cet étant= car il a un privilège ontologique= étant qui a accès à la question de l’être. Dasein comme étant privilégié= différence radicale de cet étant. Fonction ontologique qui définit le Dasein= pas l’être homme qui est au fond étudié. Privilège de cet étant= a un rapp à l’être qui est tel qu’il a rapp à son être : a à être ce qu’il est. Son propre être est un enjeu. Qui je suis ? qu’est ce que je dois être ? Le Dasein est l’étant qui se pose des questions existentielles : question du choix de vie. // philos de l’existence= Jaspers est sa grande référence implicite (sur les weltanschaungen)+ pblématique du choix de vie chez les anciens. Cours sur l’EN et la rhétorique d’Aristote. Il tient à purifier en même temps ce concept. Ca doit et ça peut se dire en terme d’être : nous nous posons des questions par rapp à nous-mêmes en terme d’être. Accès à la notion d’être= pas une opération psychologique, mais le propre même de l’étant humain. Définition de ce qu’il appelle « existenz » : ne désigne jamais la différence ce qui est/ ce qui n’est pas, c’est le mode d’être particulier de l’étant qui a à être. Définit le mode d’être de l’étant qui est ontologiquement= est sur un mode qui met en jeu un rapp à l’être lui-même. Seul l’être humain est un étant qui se pose des questions d’existence par rapp à lui-même. L’animal ne peut avoir ce rapp à soi : il ne fait pas de choix existentiel. Reproduit une sorte de différence anthropologique dans ce cas : construction de l’animalité privativement, mais en rappelant sans arrêt la barrière qu’il y a= CFMQ. Seul l’homme a véritablement un monde. Accès seulement minimal au monde pour l’animal ; ne se représente pas son être au monde en terme d’être : pas de mise en jeu en terme d’être, donc pas vraiment un être au monde. Privilège du dasein en ce sens et en même temps, il est strictement ontologique : dimension constitutive ontologique du Dasein. Se pose toujours des questions en terme d’être même de façon inconsciente. // Mauvaise foi chez Sartre. Rapp au fait que je suis dans tout ce que je fais. Mon existence effective et concrète me met en jeu dans tout ce que je fais. Je me définis là dedans. Dasein se définit d’ab par cette dimension immédiatement ontologique : étant dans lequel il y va de l’être. Etant pour et par lequel la question de l’être est possible. Dans ce privilège ontologique du Dasein, la question de l’être a un primat ontique : accès à cet étant. Rôle spécial à jouer dans l’ontologie pas le Dasein. Dans son existence naïve, il a une dimension immédiatement ontologique. Sous un dehors nouveau, non réduit au théorique, on a un élargissement qui semble être une reprise. Question ontologique encore tributaire d’un certain idéalisme transcendantal : il est généralisé en étant appliqué au Dasein, mais n’est ce pas cela finalement ? Il en sera conscient : rupture dans Sur l’essence de la vérité : abandonne la façon première de poser la question de l’être de façon daseinocentrique. Cela correspond à une insatisfaction : fin de la réflexion sur cette primauté ontique : pas à interpréter comme une mauvaise subjectivation du tout de l’étant. Pas question de reconduire l’être à l’être du sujet. Pourquoi justement peut-on alors être tenté de penser cela ? Sa démarche qui semble bien parodier l’idéalisme transcendantal peut le justifier. Le Dasein n’est plus une pure conscience, pas un agent cognitif, il est ouvert au monde, mais il semble l’ultime répétition de la lignée allant de Kant à Husserl. Va adopter un autre style philosophique : quelque chose d’essentiel manque dans Etre et temps. La question n’a pas forcément été bien posée. Absence de la troisième section de la première partie qui peut s’expliquer par cela. Déployer l’être à la lumière de la temporalité : risque d’une subjectivation là-dedans qui explique qu’il ne l’a pas développée. // Zeitlichkeit et temporalität= temporalité de l’être lui-même : là encore une projection du Dasein ? Emploi de formules qui pourraient suggérer cela. Cet étant privilégié= pas un premier donné. Le Dasein est tout sauf un premier donné. Il ne peut être donné à lui-même qu’à l’issue d’un certain type d’élaboration. Il doit être construit. La description phénoménologique est toujours interprétation : pas l’objet d’une description immédiate, quelque chose pour lequel on doit dégager l’accès par un horizon interprétatif. Cet étant c’est tout un chacun à chaque fois. Dasein est celui qui peut dire « je ». En ce sens, il reprend également les philos du sujet. Nuance : c’est le plus proche, parce que c’est nous, mais ontologiquement (fond de la définition du Dasein) il est le plus lointain à lui-même. Eloignement intrinsèque à lui-même car sa dimension fondamentale est ontologique. Il est recouvert. Mode recouvert à lui-même. //Mauvaise foi chez Sartre : se traiter comme une chose, comme quelque chose de non existant. Le Dasein passe son temps à se traiter comme quelque chose qui n’est pas un Dasein = tend à tout se représenter sur le mode de l’étant chosique qui n’existe pas. Dasein se définit par son rapp au monde et il a tdce à s’interpréter lui-même sur le modèle du monde. Son privilège lui est dissimulé à lui-même. On lui donne des propriétés particulières qui sont des propriétés identiques aux choses. Quoiqu’on mette dans le Dasein, on le traite ici comme un « quoi ». Toute identification chosique même si elle semble me donner des propriétés exceptionnelles, je m’échappe à moi-même comme exister. Philo de la liberté est en jeu derrière cela : la liberté du Dasein n’est pas chosifiante, ce n’est pas une propriété. C’est une ouverture. Le Dasein est capable d’être toute sorte de choses, c’est un enjeu. Déplacement considérable : la liberté n’est pas un concept pratique. Idée de capacité à vivre dans un monde et que cela soit pour nous un problème. Concept de liberté très gal qui concernerait les attitudes théoriques en tant qu’elles sont rapp au monde. Concerne également des attitudes ni théoriques, ni pratiques. De l’essence de la vérité : la liberté est ouverture au monde. Interprétation du Dasein qui occulterait cela et identifierait trop vite le Dasein à un certain contenu : c’est pourtant une tdce naturelle : la structure même du Dasein le conduit à cela. Inauthenticité= possibilité essentielle du Dasein : sa structure fait qu’il est essentiel pour lui qu’il ait un rapp à lui qui n’est pas toujours sur le mode du « à être ». Rapp à nous comme chose. Sorte d’emploi actif du verbe être : être est un certain faire. Etre dans l’inauthenticité : être dans un rapp à soi qui n’est plus de l’ordre du « se faire ». Attention : existence authentique peut être dans une forme de passivité. Imp est que nous soyons dans un rapp à notre existence comme ce que nous faisons. Son mode d’être est tout sauf transparent à lui-même. Il n’a pas immédiatement conscience de son mode d’être ontologique. Quand il deviendra thématique, il n’est pas dit que l’on trouve un mode de disc qui lui soit adéquat. Mauvaise foi du Dasein + mauvaise foi intrinsèque de la théorie et surtout de la philo= habitude de parler des types d’étant comme des types de choses : même les êtres humains sont traités comme des choses. Il faudra un disc d’un type particulier : le disc que l’on va construire est inédit formellement. Pas de la théorie au sens traditionnel. Disc qui débusque un certain type d’étant : pas de sens de le considérer comme un type d’étant parmi les autres : l’interroger par le fait qu’il a à être. Revient là-dessus P.430 (marge) dans CFMQ : parle du disc de l’analytique du Dasein = les concepts philosophiques sont tous de l’ordre de « l’indication formelle »= idée que de certaines choses, on ne peut parler directement (par ex transfo en objet de ce dont on parle= on doit adopter des formes de disc objectivantes mais qui me donnent des symptômes que je dois décrypter : il faut donc une herméneutique). Ils sont indicatifs= ne disent pas directement à quoi ils se rapportent. Renvoie à celui qui comprend. Les concepts dans ce cas ne fonctionnent pas de manière isolée. Fonctionnent comme un réseau qui nous indique de quoi l’on parle. « Accomplir une transfo de lui-même en tant que Dasein »= sur l’analytique existentiale= disc qui n’est pas indicatif d’un contenu théorique, mais un disc de conversion qui nous invite à nous transformer. Transfo du Dasein de celui qui comprend. Concept d’ « accomplissement »= quelque chose à faire au bout de ce disc. Disc qui communique avec notre vie : c’est ce qui est au bout de ce disc. Si on prend ces disc en dehors de leur caractère indicatif, alors la manière de poser les pbls est manqué dans son principe. Véritable portée d’ Etre et temps : par rapp à l’existence humaine, pas seulement un disc théorique de conn. Il y a un problème : trouver le bon style de disc, et de méthode=trouver la bonne réception de ce disc là= pas celle du disc théorique. // rapport philo et la vie chez lui : pas seulement sur le mode de la fondation comme Husserl. Il se pose là sur le même terrain que Kierkegaard. Terrain du lien entre existence/ disc. Impossible de mettre hors jeu la dimension de l’existence. Quelque chose qui interfère en réalité dans le disc philosophique le plus pur. Etre et temps prétend ne pas être une tie philosophique de plus = prétend également opérer une sorte de chgt de scène : portée existentielle. Pour poser la question du Dasein comme existant, et pour qu’elle ne soit pas simplement un catalogue : il faut tenir la rampe d’une interrogation strictement ontologique. Il porte cela dans son nom même. Pas l’idée de faire un descriptif de l’existence humaine. La structure d’Etre et temps qui en découle : Résume le cheminement de cette enquête. Pour poser la question de l’être, il faut analyser le Dasein : elle sera provisoire, temporaire. Mise en évidence de ses grandes structures fondamentales. En un second temps, on va mettre en évidence qu’il y a quelque chose de fondamental dans ces structures : elle peuvent être reconduite à ce mode fondamental, être réduite à cette structure fondamentale : la temporalité= zeitlichkeit= temporalité du Dasein= « subjective ». Contraire de l’intra-temporalité : Le Dasein n’est pas simplement dans le temps, ni dans l’espace : il est dans= il ouvre la possibilité de déterminations temporelles= c’est ce par quoi il y a du temps. Sorte de machine à produire du temps= machine à dilater le rapport aux choses selon le passé, le présent et le futur. Dasein est là pour produire du temps. Mettre en évidence la temporalité du Dasein. On va reconstituer les structures du Dasein à partir du temps : le souci par ex est lié à un certain mode de temporalisation. Tâche terminée avec cela ? Non car il reste la question du sens de l’être. Mode d’être du Dasein n’était pas la question que l’on posait d’ab. Il faut alors affronter la question de l’être lui-même à partir de la structure temporelle du Dasein. Dans quelle mesure peut-on dire quelque chose de l’être à partir de là ? Il s’agit de repartir du Dasein pour atteindre l’être. Fond du mode d’être du Dasein = un des acquis. Programme officiel d’ Etre et temps : conquérir la temporalité de l’être lui-même. Emploie là le terme de « temporalität ». Introduit un deuxième terme. C’est l’idée que la propriété qu’a le Dasein de temporaliser dans son accès à l’étant déteint. Ce qui se découvre dans la temporalité du Dasein, c’est celle de l’être lui-même. Soupçon d’idéalisme peut se lire ici. Est-on si loin de Kant ici ? Pas seulement un accès théorique, mais en même temps encore une subjectivation. Dasein est d’ab temps avant d’être sujet. Quand on aborde la temporalité de l’être elle-même = des choses elles-mêmes= pas en tant qu’elles sont dans le temps cepdt. Là est le problème. 08/11/2005 Zeitlichkeit / Temporalität= germanisation du mot latin temporalitas. Interrogation sur le sens même de l’être : son terrain= ontologie de la réalité qui comprend. Fond de cette réalité qui comprend= le temps. Zeitlichkeit= temporalité du Dasein. Question sur le sens de l’être lui-même. Il a accès aux autres étants et en tant qu’ils sont : il est ouvert à la question de l’être. Pas une question sur le Dasein cepdt au début. Il faut donc poser la question de la temporalität = temporalité de l’être même cette fois. Thèse sur laquelle devrait déboucher Etre et temps. Distinction très peu claire entre temporalitat et Zeitlichkeit. Objet thématique du dernier mvt des PFPhéno. Comme le dernier moment de Etre et temps qui ne s’y est pas trouvé. La temporalité de l’être lui-même Cours du semestre d’hiver 25/26 : forge ce terme dans ce cours= Logique. § 15 introd l’idée qui est motif global de la réalisation d’Etre et temps= idée d’une chronologie phénoménologique. CF Dastur : « Dire le temps... ». Un disc sur le temps phénoménologique est nécessaire car serait le lieu véritable de la vérité. Bon terrain pour la question de la vérité= un disc sur le temps de type phénoménologique. Etre signifie fondamentalement présence= quelque chose qui s’impose à la présence. Il faut le distinguer du présent au sens d’une des dimensions du temps. Cette dimension n’a pas de privilège particulier. Le temps se constitue essentiellement à partir de l’avenir. Le Dasein est toujours en projet, se projette vers ce qui est à faire. Privilège de l’avenir dans ces trois extases du temps. Dans la dimension de temps, la chose s’impose à nous comme présence, c’est ce qui advient dans la présence= présence comme présence de la chose= anwesenheit. Vérité dès lors que la chose se montre comme présence. La présence n’est possible que dans l’horizon du temps. Rapp forcément temporel à la chose. Question des modes de la présence= façons que la chose a d’être présente en tant que cela a lieu dans le temps. Elles ont des « temporal » caractères. La temporalität= ce qui du côté de la chose répond au caractère temporel des choses du Dasein, qui sont présentes à ce dernier. Deviennent quelque chose sur laquelle le Dasein a une prise si elles sont temporellement présentes. Les choses sont temporales car le Dasein est Zeitlich, en fait il n’en est rien. La temporalität du Dasein est subordonnée à la temporalität comme temporalité du phéno lui-même : c’est parce que ce qui se montre, se montre de manière temporelle, que ce à quoi cela se montre, se caractérise comme temps. Temporalität= pas ce qui est dans le temps mais ce qui est caractérisé par le temps= temporalité première qui n’est pas une propriété des phénomènes= temporalité comme condition, source de l’apparaître même. Temporalität comme condition de possibilité de tout apparaître. N’a pas encore son voc d’Etre et temps dans ce cours : le souci= ce qu’est le Dasein essentiellement. Projection de soi, course après lui-même sans cesse. Dans ce cours, il parle de la temporalität du souci. Cela est gênant. On ne devrait pas parler de temporalität pour le souci. §20-21 PFPhéno : cours au moment où Etre et temps sort. Essentiel d’Etre et temps= le comprendre est quelque chose de fondamentalement temporel= s’effectue selon les schémas horizontaux de la temporalité extatique= idée de l’horizon= quelque chose sur le fond de quoi quelque chose apparaît. Horizon donne à la chose une certaine perspective. Trois dimensions sont décrites comme des horizons de compréhension= façons de se rapporter aux choses. Analyse d’Etre et temps insuffisante car il faudrait penser l’unité de ces dimensions : on ne peut se contenter de cet ou l’un ou l’autre de ces horizons. Il faut penser l’unité de ces extases temporelles. Comment le Dasein peut-il unifier ces dimensions du temps ? Réponse= la phéno de l’être-pour-la-mort. Cela tient dans une unité les trois dimensions pour moi. Mort comme horizon propre de mon existence= unification de la Zeitlichkeit= unification subjective. Problème de l’unification ontologique= unité de l’apparaître comme tel= qu’est ce qui constitue l’apparaître comme horizon universel. Les horizons sont en fait les différentes dimensions de la présence. La présence va se modéliser selon l’une ou l’autre de ses dimensions. Là il faut un voc spécifique= celui de la temporalität. Trois niveaux en fait : -être temporel des choses en tant que nous disposons de choses, modalité de notre rapp à elles est alors est déjà fixé= être temporel au sens vulgaire. Etre au sens de ce qui peut être daté. Temps objectif. Rés, plus bas niveau de la temporalité. Fait d’être dans le temps. -Préalable de la constitution subjective du temps= Zeitlichkeit. Temporalité subjective. -il faut un étage de plus. Pour penser la temporalité du Dasein, il faut introd une modélisation temporelle pour la présence. Temporalität. Temporalité fondamentale= temporalisation originaire de la temporalité elle-même (Zeitlichkeit). Penser la pure présence des choses. Ce qu’il percevra plus tard comme aléthéia. Mise en avant des choses. Elles se poussent à notre rencontre. Elle a peu de caractérisation : tourne surtout autour de la notion de présence (anwesenheit). Caractère limité d’un tel projet par la suite : n’arrive pas à donner un contenu à ce projet (tournant). Présence par la suite de plus en plus forte de la tautologie : répéter la chose telle qu’on la dirait spontanément. Aporie à donner un contenu à une phéno de l’être temporal= temporalité intrinsèque de l’être même. Présence ne donne pas lieu à une phéno spécifiable. Dernier moment des PFPhéno : remonter à la présence à partir du présent. Ne le fait pas pour le passé et l’avenir : on pourrait dit-il mais il ne le fera pas. Passage à l’alétéia est symptomatique à cet égard. Radicalisation du disc de la constitution avec ces trois niveaux. La temporalität serait quelque chose de plus ontologique, de plus unifié (transversal aux trois dimensions de la Zeitlichkeit) que la Zeitlichkeit. La temporalität constitue également une source. Elle est ce qui fonde et motive la Zeitlichkeit. Unification et fondation de la Zeitlichkeit par la temporalität. // Problème classique en phéno pour le temps : tout doit être constitué dans une phéno. Pour Husserl, conscience qui constitue d’ab le temps pour pouvoir opérer une quelconque synthèse. Couche primordiale de constitution : Leçon sur la conscience intime du temps. La constitution du temps se trouverait déjà faite. Comment constituer le temps ? Caractère présupposé de la constitution du temps pour Husserl. Heidegger : la façon dont les choses viennent à notre rencontre est temporelle. A partir de cette temporalité ontologique que l’on peut rendre raison de celle de Dasein. La temporalité subjective de la conscience chez Husserl n’est donc pas première. Qu’est ce que c’est que cette temporalité originaire qui précède le temps du Dasein et qui n’est pas le temps objectif qui précède celle du Dasein ? Aporie autour de laquelle tourne l’échec d’Etre et temps. Mise en place historique des PFPhéno= premier moment : cela correspond bien au projet d’Etre et temps sur la destruction de l’ontologie traditionnelle (deuxième section prévue). Pas du tout la même chose pour la deuxième partie sur cette temporalité. Cela est lié au problème de son idéalisme. Cette temporalité originaire n’est elle pas une projection ? Forme de recyclage d’une forme d’idéalisme transcendantal. Façon dont les choses ont de se déployer dans la temporalität= pas toujours déployé pour un Dasein ? difficilement pensable sans l’implication de Dasein ? Etre et temps : idée de rouvrir la question de l’ontologie= destruction de l’histoire de l’ontologie. Réalise cela dans la première partie des PFPhéno. Cela appartient au projet de destruction de l’histoire de l’ontologie. Destruction= retour étymologique= idée de déplier. Nous sommes pris dans une tradition, il faut la déplier pour la comprendre. Nous sommes dans l’histoire naturellement dans un horizon de non compréhension à son égard. Quelque chose de normal. Etre dans une tradition c’est recevoir d’elle des structures non thématiques à partir desquelles nous travaillons. Il faut les faire apparaître comme thématique. Nécessaire prise de distance qui n’est pas celle d’une sortie. Torsion à opérer= les mettre à distance pour les rendre suffisamment thématique. Forme de conscientisation= conscientiser notre tradition. Un des gestes constitutifs pour lui de la phéno. Evaluation de l’histoire complètement différente par rapp à Husserl : faire l’histoire de la question n’est pas une partie de la phéno pour Husserl. Il faut prendre conscience des structures de sens du phéno historique. Cécité généralement par rapp aux déterminations ontologiques. Ex quand on dit « chose » qu’est-il mis en jeu ? quel type de décisions ontologiques cela suppose t-il ? dans quel genre d’opposition cela présuppose t-il ? quand on parle d’objet, on suppose la distinction sujet/ objet : cf Qu’est ce qu’une chose ? Cours sur Kant. On fait de l’ontologie sans le savoir. Il faut rouvrir ces déterminations ontologiques que l’on utilise sans en être conscient. Réapprendre à les voir : sorte de réduction. Faire apparaître ce qui fonctionne sous le mode du « ça va de soi ». Rapp aux choses s’est constitué de façon thématique et il s’est enfoui. Rapp aux choses d’ab originaire, puis après quelque chose comme une ossature qui camoufle ce rapp originaire. Rapp originaire se trouve chez les grecs : on utilise les mêmes outils mais on ne thématise plus, c’est un effet de tradition. Les termes grecs se sont déchargés par la transmission sans plus de rapp aux exp originaires par lesquels ils avaient pris leur sens. Moment où les termes se vident. Heidegger réhistoricise cette exigence : on trouve cela chez les grecs. Cours de la période de Marbourg : la vraie phéno était chez les grecs : chez Aristote notamment dans le domaine pratique. Effet de scolarisation avec l’histoire : on perd le rapp de la doctrine philosophique avec l’exp. Faire retour aux grecs pour retrouver ce rapp originaire. Idée que cela n’est pas homogène : moment de proximité discontinue avec l’origine. Distribue là les bons et mauvais points : distingue les moments où retour au sens originaire. Ex Kant même s’il a reculé, il a entrevu une vérité. Il a entrevu la temporalität de l’être même dans le chapitre sur le schématisme de la CRP. Temps= ce par quoi on parvient à appliquer un concept à tel ou tel phénomène. Kant en ce sens un héros : il a remis au jour la primauté de la présence. Héros négatif en revanche : Descartes= scolastique tardif qui n’a rien inventé. Reprend les concepts scolastiques pour penser le cogito. Histoire de l’ontologie n’est donc pas homogène= histoire en accordéon. Pas un oubli progressif ou soudain mais moment plus ou moins fort ou faible. Cf Première partie des PFPhéno : histoire de la philo particulière. Descartes comme une sorte de péripétie car n’apporte pas de concept nouveau. Dun Scott et Suarez derrière Thomas. Kant est radical pour ce qu’il thématise même inconsciemment. Minimise la place d’Hegel de façon paradoxal. Est pourtant un post-hégélien : réaction mais se définit un lieu par rapp à lui cepdt. Cours sur la phéno de l’esprit= exception là dedans. Moments sont donc plus féconds que d’autres. Pas un oubli global. La téléologie de cette histoire : présentée comme une sorte de retour à l’origine. Consciemment on ouvre quelque chose. Programme de destruction de l’histoire de l’ontologie. Idée de répétition : notion d’aller rechercher quelque chose qui y est contenue. Sens actif que l’on doit comprendre par là. La répétition va rouvrir quelque chose. Répéter une histoire= aller recherche son principe, comment elle a pu être possible. Ce que l’on va chercher dans la répétition a un sens. Répéter= redonner du sens, retrouver un sens. Vaincre cet oubli= pas revenir simplement au texte sur la question de l’être, mais retrouver le lieu de sens de cette question. Un des aspects du caractère phénoménologique de son projet de faire cette histoire. Idée que pour poser la question de la phéno, il faut mettre en œuvre cette méthode de la destruction et de la répétition. Un des aspects de cette méthode : pratique de l’étymologie. Pratique cela y compris pour la phéno : faire l’histoire de ce concept (pas ce qu’a fait Husserl) et en analyser l’étymologie= il faut le creuser en direction des significations originaires que l’on y trouve. Dans ce terme, on trouve (cf cours des années 20) la notion de phénomène et de logos. Phéno= phainestai grec, ce qui apparaît= c’est ce qui se montre : idée d’auto-monstration. Idée de lumière y est comprise : ce qui se manifeste par une certaine lumière= paradigme du visible. Rapp au monde= privilège du maniement et non seulement du visible pour Heidegger : l’homme est d’ab un corps qui a des mains plus qu’un regard. Rapp d’usage d’ab avec les choses. Vue= une modalité du rapp de maniement avec les choses. La vision humaine est vision de « l’autour de nous » d’abord. Rapp de maniement aux choses d’ab qui fait que nous les regardons. Cela n’exclut pas chez Heidegger le primat d’une métaphysique de la lumière. A partir de 1930, ce sera un aspect central de la doctrine de l’aléthéia. Primat de la notion d’éclairage. Emploie la notion d’éclairci dans ce contexte. Reconnaît dans le mot phénomène cette origine. Privilège de la visibilité comme éclaircissement sans qu’il y ait primat de la vue autrement que comme un rapp de maniabilité aux choses. Souligne qu’il y a bien des façons pour les choses de se montrer. Se montrer comme cela n’est pas= une des possibilités du montrer lui-même. Illusion= une des façons que les choses ont de se donner à nous. Apparence= une des modalités de la monstration. Evaluation positive de la notion de phénomène après trois siècles de penser moderne avec dévaluation de l’apparaître. L’apparaître est la source de vérité= Husserl. L’apparaître et la phéno deviennent sources de vérité. Pas le cas chez Leibniz par ex. Ce qui apparaît c’est la chose même. L’apparaître est le terrain même de la vérité pour Husserl. Renversement radical : il faut combattre la réduction du phéno à la notion d’apparence. Le phéno est monstration de la chose même. Le concept d’apparence a une légitimité : l’apparence est une modalité du phéno. Pas que les phénos ne sont que des apparences mais dans certains cas, on parlera du phéno comme apparence= une de ses manières de se montrer. Ex cas des illusions d‘optique. Cas local de phénomène. Ce à quoi s’oppose Heidegger c’est à la thèse du phéno comme quelque chose de subjectif : cf Kant. Penser la phéno comme représentation= différence chose ext à nous et effet subjectif en nous de la chose qui est une apparence de la chose (erscheinung). Phéno au sens subjectif= le signe subjectif en moi qu’il y a quelque chose d’ext. Heid rejette cette notion subjective du phéno. On peut utiliser ce terme au sens d’un symptôme. Emploi local possible comme modalité particulière du « se montrer ». Analyse en termes de rapp direct à ce qui se montre. Catégorie pour thématiser l’apparaître des choses : le phéno= fait de se montrer. La phéno fait fond sur un sens très fort du terme de phéno. Deuxième terme dans le terme phéno : logos. Au début d’Etre et temps, il en donne un préconcept. Ne pas se hâter d’interpréter restrictivement cette notion de logos. Interprétation traditionnelle : idée logique du logos. Notion originaire du logos : activité qui est celle du logos. Le mettre en rapp avec un certain type de rapp originaire : le disc. Notion de disc qui peut se rapprocher d’Husserl : théoriser la signification derrière les signes. Primat en fait en un certain sens des signes chez Heidegger. Point commun : pas que les signes linguistiques sont fondamentaux, le discours est plus fondamental que ces derniers. Ce n’est pas forcément quelque chose de linguistique= peut être un disc solitaire, en quelque sorte de compréhension, même si le Dasein est toujours dans un monde public. Je peux discourir seul au sein de ce monde public. Plus fondamental que le langage, il y a la structure de la compréhension. Niveau de la compréhension comme niveau premier du sens. Discours quand il y a structuration du sens, pas forcément quand il y a discours, énoncé. La perception est compréhension pour Heidegger. Sens fondamental du logos : discours comme articulation du sens. Sens= façon dont je rends possible pour un étant de m’apparaître. Sens profond de la phéno : une certaine forme de réponse au phéno. Le phéno se montre, le logos recueille ce qui se montre. Cf cours des années 20 : fonction délotique du disc. Le disc rend manifeste. Là où les phénos se montrent, nous laissons venir l’apparition du phéno. Le logos laisse se montrer ce qui se montre. Le disc est intrinsèquement phénoménologique, il est fait pour cela. Phénoménologie= tentative de rendre le disc le plus apte possible à recevoir ce qui se montre à lui. Il faudra mener une phéno adéquate à la monstration de ce qui se montre. Version heideggerienne du principe des principes de la phéno. d’Husserl . Un disc est adéquat quand rend compte de la façon dont la chose se montre. Close stylistique : pas simplement rendre compte du contenu de ce qui se montre. On ne peut pas parler de n’importe quoi n’importe comment. La phéno sera homogène stylistiquement. Idée de l’adaptation de l’instrument à chaque mode phénoménal. A chaque mode de phéno correspond une modalité particulière de disc. Réforme stylistique de la philo va de pair avec cela. Préconcept de phéno comprend en germe la place qu’il donnera à la poésie : réglage du disc pas seulement dans son contenu, mais dans la façon de recueillir. Prendre en compte la façon dont certaines choses se montrent. Aménage par là l’héritage husserlien. La phéno aurait d’abord affaire au possible pour Heidegger. Signification noble : depuis le début, la phéno est mise en œuvre d’une sollicitation particulière du possible. Différence phéno descriptive qui décrit les faits= l’empirisme/ phéno descriptive qui s’interroge sur le possible : faire varier le fait = pblématique qui joue sur l’essence ici. Forme d’a priorisme d’Etre et temps. L’ontologie met en évidence quelque chose d’a priori. Forme d’éidétique. Heid maintient ce que disait Husserl : passer par le possible pour avoir accès aux essences. S’interroger sur la possibilité de ce qui est pour percevoir l’essence. Ce à quoi s’intéresse Heidegger : à un étant qui est l’étant des possibles. Le Dasein a à être= rapport de possibilisation à son être. Ex du métier chez Husserl. L’étant qui se définit dans son rapp à lui-même sur le mode du possible : Dasein. Autre sens du privilège du possible= plus pragmatique : § 7 d’Etre et temps. La phéno a une effectivité : sa possibilité qui compte ; cela est ambiguë. Int pour la phéno possible et non la phéno effective d’Husserl. Point de contenu non husserlien dans son rapp à la phéno : la phéno sera nécessairement interprétation= herméneutique. Cela que critique Husserl dans La philo comme science rigoureuse. La phéno s’intéresse pour lui à des étants. Le sens qu’elle va débusquer= en interrogeant tel ou tel étant. Le sens se décrypte, se lit sur quelque chose. 15/11/2005 L’Analytique existentiale du Dasein. Structure du Dasein ; puis réinterprétation de cette structure à partir de la temporalité : structure d’ Etre et temps. On ne quitte jamais le terrain de l’analytique du Dasein en cons. On attend toujours le volet proprement ontologique. Notion de Dasein n’a de sens que dans sa ref à la question de l’être qui dépasse celle de l’être du Dasein. Ce par rapport à quoi le Dasein a un sens reste ext à Etre et temps. Dasein : définition exclusivement ontologique et voie d’accès unique à l’ontologie= circularité de l’analyse. Analytique du Dasein : quelque chose comme un disc sur la subjectivité tale déplacé. Propriété paradoxale= il est présupposé que cette instance tale est. Instance qui est présupposée en tant qu’étant. Sujet transcendantal réalisé. Accomplissement, effectuation de la subjectivité qu’est le Dasein. Heidegger pose une question à l’analyse de l’effectuation, de la conscience en terme d’acte : il faut une ontologie de l’effectuation. Elle se confond avec celle du Dasein. Revient sur ses prédécesseurs pour s’en écarter : cite Scheller = formule § 10 sur l’effectuation : tentative de faire une ontologie du Dasein sans l’être. Pas une pblématique ontologique chez ceux-ci. S’intéresse à une de ses formules : « jamais un acte n’est un objet .En effet, il appartient à l’essence des actes qu’il ne peut être vécu que dans l’accomplissement ». Là seulement qu’ils sont. Pour Scheller, c’est un trait de l’ontologie de la personne= elle accomplit des actes. Scheller touche là sans le savoir l’être du Dasein sans affronter la question ontologique. Qu’est ce que le type d’étant tel qu’il est à s’accomplir ? A quel type d’étant peut-on poser la question de ses accomplissements ? Etre qui s’effectue en effectuant. Etant qui a à être. Son être fait partie de son cahier des charges. L’analytique du Dasein s’enracine dans l’héritage d’une réflexion monopolisée longtemps par une philo morale (cf Scheller + Heidegger lui-même dans ses premiers cours sur la philo pratique d’Aristote). La pensée traditionnelle s’est enfermée dans des oppositions qui morcellent l’ontologie du Dasein pour Heidegger : être/ devoir être. Dislocation de l’être là-dessous. Une seule et même instance qui a à faire quelque chose et qui est tel ou tel. Combat contre le dualisme : l’être unitaire dans lequel tout s’enracine ne peut admettre cela. Concept traditionnel de pratique n’a de sens que dans l’opposition avec le théorique : contester le primat du théorique, et mettre en évidence le niveau de structuration fondamentale qui fonde l’un et l’autre. Cécité à l’égard du mode d’être du Dasein en général quand on effectue une partition : être/ devoir être. Se poser la question du devoir être met en évidence son existenz qui l’oppose aux choses . Ce rapport questionnant à lui-même : existenz. Spécificité ontologique radicale du Dasein. Cf Sartre, L’existentialisme est un humanisme : présente la révolution accomplie par les philos de l’existence= inverser l’ordre des notions que sont l’essence et l’existence. L’étant caractérisé par l’existence : dans son cas, l’existence précède l’essence. Cas de l’existant humain ; depuis notre existence que l’essence se constitue. // conscience comme pure néantisation derrière cela. Essence comme résultat de mon existence. S’enracine dans la notion heideggerienne de projet : le Dasein se donne telle ou telle configuration. Heidegger ne souscrirait sans doute pas à cette formule de Sartre : → la simple inversion maintient l’univocité des termes pour l’étant chosique et le Dasein. Pour l’être dont l’existence précède l’essence, l’existence n’a pas le même sens. Termes ne sont pas synonymes selon les étants. Pas une simple inversion. Le Dasein n’a pas de propriétés : pas quelque chose auquel on peut poser la question de ses propriétés, que l’on traiterait comme essence, après dvpt de son existence. Propriétés = choses ext qui vont se greffer sur le Dasein. En fait, ce sont des façons d’être que le Dasein revêt. Usage actif du verbe être pour le Dasein : façons d’être= façons de faire ce qu’il a à faire. Le Dasein n’a pas de « quoi » (was) par rapp à une chose : ce qu’elle est= notion de quiddité. N’a pas de teneur de chose. On ne peut ainsi le chosifier. Il est purement et simplement existence : cela l’empêche d’avoir un « quoi »= il est un « qui »= assignation de l’identité de ses façons d’être. Dasein est quelque chose dont le problème se rencontre au bout du problème de la subjectivité : en radicalisant la question du sujet que l’on est conduit à une ontologie du Dasein. Question du sujet est posée dans des termes qui ne permettent pas de réponse. Dans la notion de sujet : toujours un poids préjudiciel de la notion de substance= cela reste toujours une substance modifiée, déplacée. En dépouillant la substance que l’on peut exhiber le sujet. Stratégie du contraste qui permet de penser le sujet sous l’horizon du concept de substance en fait, y compris comme négation d’une substance. Sujet= unité substantiel (Descartes). Le mode d’identité de ce que l’on a appelé sujet est différent de la substance. L’identification du sujet= son exhibition comme ce qui est singularisé par le rapp à sa mort. Elle est ce qui nous identifie et nous singularise. Principe d’individuation de notre existence. Mode d’identification qui nous individualise, qui n’est pas réductible au sujet. Temporalité : toujours singularisé= //mort. La question de l’identité du sujet ne pourra être posée qu’au-delà de la notion même traditionnelle de sujet : elle le sera par rapp à la temporalité comme singularisée avec la mort. Dans sujet, il y a la notion de suppo= support, instance à quoi les propriétés viennent s’appliquer. Question de constitution de cette entité qui serait supposer supporter des propriétés va être en jeu. Veut une sorte de déduction phénoménologique de la subjectivité. Avant, on n’a pas pensé l’être du sujet. Descartes ne dit rien de l’être du sujet. Ne raisonne pas en fait en termes de sujet. Il joue cepdt ce rôle chez Heidegger. On ne trouve pas d’analyse de l’être du sujet. Etre et temps en fournit une= analytique du Dasein= vrai nom de l’analyse de l’être du sujet que la tradition n’a pas faite . L’être pour le Dasein est en fait quelque chose comme un faire. « Acte » « Vie »= catégories pour décrire d’ab le Dasein avant Etre et temps. Sur quel terrain phénoménologique peut se faire cette analytique du Dasein ? Terrain de « l’être moyen » du Dasein. Deux choses derrière : 1-cadre d’une analyse phénoménologique traditionnelle : on reste dans l’essentiel (sans être dans l’essence). Pas parce qu’il n’y a pas d’essence que l’on ne cherche pas l’essentiel. Traits constitutifs du Dasein qui représentent une certaine dimension structurelle. Pas question ici d’un Dasein héroïque. Dans l’affairement quotidien, on voit un signe de l’être pour la mort comme horizon singularisant de notre être pour la mort. Pas une possibilité limite exceptionnelle. Cela fait partie de sa définition dans son être moyen. Mort= cas limite pour la conscience tale chez Husserl. Impossible pour la conscience de se représenter la mort : elle est en dehors de l’opposition vie/ mort. Pour penser cette possibilité, il va la penser comme un endormissement, une possibilité limite. Cela n’est pas essentiel à la conscience tale. Chez Heidegger, l’être pour la mort est une limite faisant partie de notre mode d’existence quotidien. Course contre le temps que nous menons au quotidien. Incorpore le tragique de l’existence ordinaire. Pas le tragique de l’exception. Notion de moyenne= alternative à la notion d’essence= typicité du Dasein. Essentialité qui se constitue : physionomie de cette effectuation qui ne s’effectue pas n’importe comment mais qui a des lois. Physionomie générale du Dasein que traduit ce concept de moyenne. Dimension typique de l’existence du Dasein. Figure de la quotidienneté dans Etre et temps. Paradoxe : cette typicité est immédiate et non immédiate en même temps ontologiquement. Pas de prise sur elle là où elle fonctionne. Les structures fondamentales de l’être au monde= sont immédiates, et en même temps n’apparaissent jamais par elles-mêmes sauf dans des cas limites. Exercice de ses structures porté à la limite qui les découvre. Retrouve Husserl : pour faire apparaître la typicité du Dasein : doit rechercher comme des formes de réduction. Pas exactement celles d’Husserl : dégagement du monde. Chercher des situations limites qui sont des situations d’effectuation, mais où le rapp au monde est altéré et peut alors émerger. Détachement qui peut être un retrait absolu : je suis toujours dans le monde, mais des situations existent dans lesquels apparaît la typicité de l’être au monde= là où elle n’app pas clairement. Ex outil qui ne fonctionne pas. Bien une forme de réduction immanente au monde. Analyse de la typicité de l’existence humaine pour faire apparaître ce qu’il appelle les « existentiaux » (structures a priori de l’empiricité). Pas telle ou telle existence qui l’intéresse (existentiel), mais les structures fondamentales qui caractérisent toutes ces existences. Structures a priori d’effectuation= existentiaux. Ce ne sont pas des catégories= dimensions d’être des étants du monde qui ne sont pas des Daseins, mais des choses. Existantiaux : pour l’étant qui n’est pas une chose= le Dasein. Structures qui permettent de distinguer différents modes d’existence. Souci de reproduire certaines structures de la philo traditionnelle et de faire mieux. Vorandenheit/ Zuhandenheit : être à portée de main= modalité originaire des étants qui m’entourent. Mise à distance de ce à quoi je ne touche pas= modalité seconde de la Vorandenheit. Applique en fait la notion de catégorie à ces deux dimensions. Va appliquer les catégories aux objets de la Zuhandenheit : il y a des catégories de l’usage. Chez Aristote, les catégories peuvent s’appliquer au pragmata. Le rapp théorique aux choses est une modalité particulière de la praxis originaire (en deçà de la division). Rapp théorique et pratique aux choses n’est pas un rapp sur le mode du soit / soit. Plus traditionnel qu’il en a l’air en fait. Cela ne va pas de soi qu’il y aurait un syst analogiquement catégorial. Il y a un lien entre les catégories. Il y a une homonymie positive de l’être. Le Dasein a une forme d’unité= ce n’est pas une simple juxtaposition de dimensions, de façons d’être. Il y a une logique des existentiaux= unité non générique= sont tous des modes de la temporalité= unité est là. Temporalité elle-même unifiée par un projet fondamental : celui de ma propre mort qui fait l’unité du Dasein. Le Dasein : déconstruction du sujet parodiquement substantiel ou façon de réaffirmer une forme d’unité forte pour le Dasein même si n’est pas ce suppo des métaphysiques de la subjectivité : peut être donc pas une destruction aussi radicale. On peut lire Etre et temps comme une forme de transcendantalisme très fort. A priorisme qui refuse la stratégie de dégager tout a priori de l’effectivité. A prioricité d’un étant en jeu dans Etre et temps. L’être est inconstituable : penser déjà que le Dasein est, et depuis lors, que son a prioricité est pensable. Pensée toujours déjà engagée ontologiquement. Révolution au concept d’a priori en fait : possible sur le terrain d’un toujours déjà a posteriori. Pureté d’une forme d’essence, mais toujours déjà effectué. On est toujours déjà dans l’être, et on se pose la question des structures a priori ensuite. Derrida, les fins de l’homme, 1968 : Heidegger institue quelque chose comme une essence de l’homme au-delà d’une essence de l’homme : le Dasein, non essence, fonctionne encore comme un principe d’essentialisation. Dans les Cours ensuite, not sur la logique : au nom de l’essentialité du Dasein, va exclure une quantité de propriétés du Dasein. Ex question de la sexualité. Structures essentielles de la facticité, mais sur le terrain de son être déjà. Une philo tale de la facticité serait son projet. Analytique du Dasein apparaît comme une méta-anthropologie philosophique. § 11 : « concept naturel de monde »= évident dans le contexte germanophone de l’époque. Notion introduite par l’empiro-criticisme. Mach/ Avénarius, le concept humain de monde : dvppait le concept naturel de monde. Etre au monde comme thème central d’Etre et temps. Analyse grévée sur la notion de monde. Idée étrange d’une indistinction première entre le physique et le psychique : concept naturel de monde est en deçà la division du monde en monde physique et monde psychique. Chose ou sensation : deux langages pour décrire le fait premier qu’est celui de l’exp. Partage extériorité/ intériorité est second. Forme d‘immanentisme radical. Première figure du monde qui serait l’horizon du tout de l’expérience. Cela a bcp marqué Husserl : la notion de lebenswelt est liée à la réception d’Avénarius par Husserl. On ne parle pas du même monde, mais il y a eut une influence. La subjectivité est engluée dans son monde. En deçà du partage sujet/ objet, il y a d’abord le monde comme déploiement pur de l’exp. Tout partage est construit ensuite. Réf significative car concevoir le Dasein comme être au monde= volonté de surmonter le dualisme sujet/ objet. Une indistinction originaire entre sujet et objet ne peut satisfaire Heidegger : le concept d’Av ne convient donc pas mais il y a là un souci auquel Heidegger est sensible. Le sujet heideggerien est caractérisé de part en part par son être dans un monde. En passe par là pour situer son propre souci. Monde de la vie chez Husserl : le sujet transcendantal est obligé de concevoir son mode de production du sens comme advenant sur le fond d’un monde qu’il a toujours déjà constitué. Position d’Heid : pour penser cela, on ne peut conserver la notion de sujet. Cela paraît contradictoire. Il faut poser à la place du sujet une structure dans laquelle ce paradoxe se trouve. Le Dasein : cette modalité d’être pour un étant qui est ce pour quoi il y a de l’être. Pas de monde sans Dasein d’une certaine façon. Monde= ce dans quoi est le Dasein. Le Dasein est de part en part être au monde. La question de l’analytique du Dasein : phéno de l’être au monde. Qu’entendre par l’être-au-monde ? Tout l’enjeu de la première partie qui en voit les différentes figures. Certain type d’inclusion spatiale : pas de déspatialiser le Dasein, mais jouer un modèle de l’espace qui ne vaut que pour un certain étant. Mode de spatialité impropre qu’il s’agit de déjouer : vorandenheit= être devant la main. Evidence de ce qui se manifeste. Autre nuance derrière cela : ce que l’on se contente d’exhiber et le cheminement dans la Zuhandenheit : ce vers quoi l’on tend. On laisse être l’objet : vorandenheit= modalité du « ne pas toucher ». Inflation de déterminations spatiales dans ces termes : « vers » … Inderweltsein : être dans le monde= pourquoi ne dit-on pas « être dans le monde » au lieu d’ « au monde » ? Idée sinon d’un contenu dans un contenant. L’ « Etre dans » du Dasein : l’insein n’est pas de cet ordre : « être dans » en un sens plus radical. Diff de ne pas dire que ce n’est pas un sens subjectif. Etre dans d’un habité. Chap des étymologies fantaisistes. Dictionnaire de Grimm qui lui servait alors. Travail étymologique à partir de là. Les prépositions sont des termes abstraits dans toutes les langues. Idée que l’on pourrait faire parler une préposition est étrange : va faire parler la préposition « in », et va en faire l’étymologie. Renvoie cela à « habiter », « être auprès de »= sens actif (verbe inhand ?). Va audelà du sens chosique du mot « dans ». Le « dans » est quelque chose qui se fait. Ce sens du verbe n’est pas un sens particulier de « dans ». Deuxième étape : suggérer que ces significations autres sont la signification originaire en fait. Le « dans » comme contenu dans un contenant est donc en fait un sens dérivé. Spatialité n’a de sens que parce que des étants habitent le monde. Deux gestes : spécifier la nature de « l’être au » de l’être au monde ; puis, le prétendre fondamental. Le fait de mon habiter qui fonde l’être dans de la chaise chez moi. Place dérivée encore du langage ici, mais fétichisme cepdt des termes. Le mot a une vérité intrinsèque : le mot a quelque chose comme une essence. Si les termes ont une histoire, on peut douter qu’ils aient une essence. Essentialisation mystique de l’essence. Conditions théoriques de cette thèse ne sont pas contenues en plus dans Etre et temps. Déjà un rapport essentialisant cepdt. Lieu même de la vérité= la langue= après le tournant. Part dans la recherche d’un être dans qui n’est pas d’ab spatial. Comprendre la spatialité du Dasein oblige à tenir compte du fait qu’il est dans un monde. Spatialité mondanéisante, ouvreuse de monde, n’a de sens que dans l’ouverture à un monde. Il faut avoir déjà affronté la spécificité de « l’être au monde » du Dasein. Un certain nombre de notions pour élucider l’être au monde en fait supposent qu’on le comprenne déjà : cf dernier Husserl et psycho des années 20’s : l’umwelt= l’environnement. Cf CFMQ. La forme de vie de l’animalité= se situer par rapp aux choses ambiantes. Cohérence de l’environnement animal. On ne comprend pleinement ce genre de notions qu’à partir de l’être au monde et non l’inverse. L’umwelt est un monde : pour penser le concept de monde ambiant, il faut déjà avoir l’idée d’un monde donc l’idée de l’être au monde. On ne peut en réalité reconstituer l’être au monde à partir de là. Phénoménologie de l’être au monde sera trouvée sur son propre terrain. Quel est celui-ci ? Réponse : la notion de Besorge. Verbe transitif. « S’occuper de ». Nuance vers laquelle on peut glisser : « se procurer ». Notion qui est censée décrire l’attitude moyenne. Int d’Heidegger pour ce terme : on trouve là le radical « Sorge » : concept central qui caractérise la temporalité du Dasein= souci. Notion neutre par rapp à la chose : la regarder est déjà s’en soucier. Se soucier de : les étants m’apparaissent sur le mode de la Zuhandenheit. Plasticité des différentes attitudes du Dasein. Phénoménologie du Besorge. Il faut éliminer un candidat alternatif : le faux problème de la connaissance= idée que la modalité fondamentale de l’être au monde est la connaissance . Ce n’est pas l’être moyen, l’être typique de l’être au monde : le Besorge en fait bien plutôt. Souci des choses, soin porté aux choses. « cura ». 22/11/2005 Histoire de la philo : analyse des pbls relève de l’analytique existentiale du Dasein. Mauvaise façon de le poser, faux problème. Il y a un contournement et insistance sur la péremption des problèmes centraux, et propose en même temps des réponses alternatives. Ex : problème de l’intersubjectivité : le poser c’est mal poser les problèmes, et en même temps dans Etre et temps, on peut trouver une phéno de l’intersubjectivité. Il fait cela pour toute une série de questions traditionnelles. Quand il parle de « l’être au » au déb : dit qu’une voix d’accès possible= le problème de la conn comme problème d’accès au monde : comment le sujet fait-il pour accéder aux choses en face de lui ? Problème de la transcendance dans la phénoménologie d’Husserl. Question qui ne se pose pas, et en même temps il parle de la bonne façon de la poser : terrain de l’être au du Dasein (inderweltsein= le Dasein habite le monde : aménage le contexte en y étant). Problème du monde traditionnellement : celui de l’idéalisme moderne= comment le sujet arrive t-il à sortir de lui-même ? Question ne se pose pas : symptôme du fait que le sujet est toujours déjà en dehors lui-même : caractère extatique du Dasein. Pourquoi le Dasein est-il tel ? Une réponse : caractère extatique du temps : le Dasein est échappement à lui-même dans le temps. Temps= source du Dasein (= mise en place d’une certain forme d’identification dans et par le temps : identité qui est ipséité : être soi même). Les choses ne sont qu’identifiables dans un temps et un espace déjà constitués. Monde= structure qui intervient dans le nous-même : notre être est celui d’un étant qui est dans le monde. Etre dans comme modalité de l’exister et non simple position, posé là. Façon de désactiver le problème de la conn (problème de l’accès à du transcendant) qui suscite une défiance car cela suppose le problème résolu. Structure primordiale de l’être en un monde comme solution au problème, présuppose le problème résolu. Objection qu’Husserl lui a faite. Husserl, Notes sur Heidegger : votre point de vue suppose déjà le monde. Votre philo reste dans l’attitude naturelle. Réponse d’Heidegger : c’est vrai mais tout dépend de ce que l’on entend par cette acceptation première du monde. Structure d’être au monde est éidétique : le Dasein de toute façon est au monde. Forme d’essentialité, d’a priorité du Dasein qui n’est pourtant qu’existenz : l‘existence elle-même a en fait sa structure d’essentialité. Il faut déjà avoir constitué le monde mais que fait-on de l’être qui constitue le monde= reste lui aussi de toute façon inconstituable ? Les philos du sujet ne constituent jamais l’être du sujet. Exigence constitutive est portée au contraire jusqu’au bout chez Heidegger. L’être du Dasein = toujours un être de fait, mais cela participe de l’essence du Dasein. Le Dasein est là où il fait quelque chose, existe= forme d’a priori car cela a une nécessité absolue. L’existence ellemême est un a priori chez Heidegger : un Dasein qui n’existe pas n’a pas de sens. Celui qui veut poser le problème de la conn doit poser la question de l’être de l’instance de la conn : il ne peut éviter cela. L’être au monde permet de penser ladite constitution du sujet. Il faut accepter toujours déjà non pas tel ou tel monde, mais le fait qu’il y ait un monde. Cela fait partie de sa forme propre d’a priori. Concept d’a priori qui a absorbé la facticité. Contingence essentielle : le fait d’exister du Dasein. L’idée de monde qu’il va essayer d’élucider. Aristote et la question du monde, Brague : phéno de l’être au monde chez Aristote. Monde comme ce dans quoi je suis : à partir de quand cela est –il représentable ? Concept de monde qui ne se réduit pas au concept cosmologique de monde : on se retire soi-même comme posant la question de ce monde dans ce cas. Le mondain = inerweltlich : l’étant en tant qu’il appartient à un monde. Oppose le mondain : weltlich= le mondain qui a trait à la structure de monde= pas le cosmos, le monde comme totalité de l’étant= monde en tant qu’il y a quelqu’un qui y habite. Propos d’Heidegger : sorte de tentative de dépasser l’idéalisme. Dire que l’être au monde est la structure fondamentale du Dasein le rapproche du réalisme. Mais cela est plus compliqué : primat de la structure de l’être au monde, mais le monde n’est pas ici la réalité= concept de ce qui rempli le monde. Pas ce sens du monde qui est en question dans le primat du monde. Question de la mondanéité du monde : « le monde est un caractère du Dasein lui-même » : c’est dire que l’on ne peut prendre le Dasein et en retirer le monde= il fait partie du sujet d’être dans un monde. C’est aussi dire que le concept de monde= ce dans quoi il y a un Dasein= concept inopérant sans Dasein. Métaphore de l’intériorité qu’il essaie en même temps de faire exploser. Inverse la conception leibnizienne de la monade : le Dasein n’est que fenêtre, est complètement dehors. Int pour la monade : il y a le monde entier. Point de vue sur le monde dans son intégralité. Faux de penser cela comme une intériorité. La monade révisée qu’est le Dasein est pure extériorité, être en dehors de soi. Dépendance du concept de monde à l’égard d’un être qui l’habite : sorte de subjectivation du monde : contre la conception cosmologique du monde en tout cas. CFMQ : réflexion sur l’animalité : « l’animal est pauvre en monde » : le monde n’a de sens que par rapport au fait qu’il y ait quelqu’un qui ouvre ce monde. La pierre est dans le monde n’ouvre pas un monde. Elle est dans le monde de quelqu’un, d’un « qui », d’un Dasein. L’animal : structure intermédiaire : est pensé privativement à partir du Dasein. Il est pensable comme quelque chose qui serait comme un Dasein diminué. Pauvre en monde : quasi sujet de monde : en voie de subjectivation. Retrouve en fait un dispositif classique : pas un idéalisme au sens traditionnel : il nous donne des outils pour le combattre, mais retrouve des analyses transposées : il n’y a pas de monde sans apparaître de monde… Monde= ce dans quoi le Dasein se découvre comme y étant toujours déjà situé. Structure existentiale qu’est celle de l’être au monde, de la mondanéité= c’est un a priori de l’existence. Tente de trouver un fondement à cette structure de l’être au monde : le trouvera dans le temps. Le Dasein ne serait pas sans cela ouvreur de monde. Fin des PFPhéno sur la temporalité : fondement de la transcendance. Cette temporalität ontologique fonde la tance : sens d’Husserl : c’est l’intentionnalité. Dans le cours de 25, il débat avec Husserl sur l’être de l’intentionnel. Husserl ne nous dit pas ce que signifie ontologiquement l’intentionnalité. Réponse ultime : fin des PFPhéno. L’être intentionnel : la transcendance. Il n’y a pas de monstration de chose qui ne soit originairement temporelle. Première section d’Etre et temps : phéno concrète de l’être au monde : - Il ne va pas à l’essentiel directement. Le terrain de la phéno du Dasein est celui de la quotidienneté : le Dasein est une structure typique (être moyen du Dasein qui remplace l’idée d’essence). Ce qui existe se constitue dans ce que cela fait. Pour mettre en évidence son essentialité, comment faire ? Seule solution= faire une moyenne. Mesurer des récurrences pour mettre en évidence un type, des régularités. Ce qu’il y a de plus immédiat n’est pas forcément le plus architectonique dans l’essence. - Concurrence avec un certain nombre de théories traditionnelles : tentative de faire mieux qu’elles. Quand on pose traditionnellement le problème de la conn : problème de l’accès au monde que l’on retrouve même chez Husserl. Monde comme totalité des étants, mais comment pense t-on ces étants ? On les conçoit comme des objets. Problème de l’être du monde débouche alors sur une recherche sur les objets. Cela qu’Heidegger doit d’ab déconstruire : description du monde en terme de phénoménologie des objets. Bien comme cela qu’Husserl raisonne : liaison nécessaire pensée du monde/ pensée des objets. Comment le monde et ce qui est dans le monde nous apparaissent primairement ? L’étant qui se montre d’ab à nous ne se montre pas comme objet de conn : ce qui est premier, c’est le besorgen. Sorge : souci ; be= se soucier de. Idée d’un rapp à l’étant qui app dans lequel on se soucie de lui. Pas un terme d’ab pratique. Ne nous dit pas que la pratique est plus fondamentale que le théorique. Plus fondamental que l’opposition, il y a le rapport préoccupant à l’étant. Théorie et pratique sont deux rapports de préoccupation au monde. Quelle est la modalité primaire alors = non la plus originaire (c’est le besorgen) de la préoccupation ? là c’est bien la modalité pratique. Ce qui apparaît apparaît de façon déterminée phénoménologiquement. J’use de la chose qui m’apparaît dans le besorgen. Le Dasein est un usager : attention= notion d’usage est large, et non seulement pratique. Le sujet chez Kant est bien pensé en terme d’usage également= problème de l’usage de la raison (Méthodologie). Connaître quelque chose, c’est déjà user d’elle. Rapp à la chose qui est un rapp d’implication. Le Dasein n’est ni spécialement pratique ni spécialement théorique en tant qu’usager même s’il est plus souvent dans un rapp pratique au monde. Comment les choses dans le rapp d’usage pratique se montrent alors à nous ? Relation d’être à portée de main : Zuhandenheit. Rapp de maniement aux choses : main comme symbole du corps tout entier qui s’oriente. Lié au fait que notre corporéité est orientée dans le monde. Zu= tendre vers. Apparition de l’étant en tant que nous pouvons le saisir. Ex lame tranchante : n’amène pas la saisie, mais on la saisit sur ce mode cepdt. Rapp de maniement actif. L’alternative : Vorhandenheit : être devant la main, ce qui existe, est là- nuance d’évidence y est liée. Sens original du mot théorie met autant en œuvre le rapp pratique : mode de la distance cette fois. Deux usages possibles de l’étant qui m’apparaît : usage qui suppose un geste vers la chose/ usage inhibé, qui est marqué par le caractère du « ne pas porter la main vers la chose ». Attitude théorique est donc modification de l’attitude pratique en fait. Attitude du Dasein en général est pratique : le théorique est une modification, et non une modalité du pratique : le théorique est bien alors une alternative au pratique. Cela suppose une structure plus général : le besorgen= le structure d’usage en général. Franco Volpi : on pourrait introduire le concept de praxis originaire : en deçà de la distinction pratique/ théorique. Tant que l’on reste au niveau d’une analyse du besorgen = souci de, on peut qualifier tous les étants qui nous apparaissent sous l’une ou l’autre des modalités citées. Dans les deux cas, ce sont fondamentalement des outils. Il est vrai qu’il donne un sens plus large au terme outil, mais aucune raison de le traduire par « utile ». Par outil, il ne tente pas de faire une théorie pragmatique. Sens qui renvoie à la notion d’usage simplement : rapp d’usage à ce qui l’entoure. Modification d’un terme du langage ordinaire pour en généraliser la phénoménologie par son caractère essentiel. Modalité de l’outil : modalité fondamentale de l’apparaître des choses (usage). Les étants dans le monde lui apparaissent d’ab sur le mode de l’ustensilité. Les étants ne sont pas d’ab des objets mais des outils. Outil= est « pour » : idée de fin qui reste en lui comme structure minimale. Structure fondamentale de renvoi à autre chose : il n’y a pas d’outils isolés. Tout renvoie à tout dans notre monde en tant qu’il est pensé en terme d’usage. Forme d’anthropocentrisme déguisé : centralité du Dasein est de nouveau exprimée ici. Projet de réalisation de quelque chose : une chose fonctionne afin d’obtenir tel ou tel rés. Renvoi final au type de prod qui est attendu. Ex : la scie ne fonctionne pas seule, mais dans une structure de renvoi par rapp à d’autres « outils » : le bois… Ustensilité de la scie et du bois qui se renvoient l’un à l’autre. Renvoie à l’œuvre possible : ce dans quoi se finalise des réseaux de renvois. Il nous dit que l’œuvre elle-même est encore un outil : ce qui permet l’oeuvre comme telle, c’est qu’on la pense par rapp à celui qui en use. Usage comme horizon de toute œuvre. Cela vaut pour n’imp quel produit. L’œuvre d’art va se manifester comme un objet de contemplation. Néanmoins, elle n’est pas par là soustraite à l’usage. Il n’y a pas d’œuvre même inutile dont on n’use pas. Question n’est pas celle de l’utilité, mais de l’usage. Usage= //comportement. Métaphore de l’atelier : les outils font syst entre eux. Point où cela s’arrête : ils sont finalisés dans l’œuvre. Pour Heidegger, cela ne s’arrête pas là car il n’y a pas d’oeuvre qui ne pose la question de l‘usage. Souligner en quoi le mode d’être des étants dans le monde renvoie en creux à l’être du Dasein : ces étants nous parlent de nous en fait en tant qu’ils sont fondamentalement des outils. Image de celui qui en use donnée par ces outils. Le monde que nous présente Heidegger : toujours daseinocentré. Primat toujours de la catég de l’usager. On peut être en rapp d’usage y compris avec ce qui nous écrase : toujours quelque chose pour. Outil : toujours l’étant pour le Dasein. Critique de la notion de nature. Le vent est d’ab le vent dans le voiles : ce qui est d’ab dans un rapp d’usage. Problème : le traitement de la notion d’œuvre. Arendt, La condition de l’homme moderne. Lévinas, Totalité et infini. Ne parle pas de l’utile pragmatique quand parle d’outil à propos de l’oeuvre. Ils remarquent que la notion d’usage finalise toujours tout par rapp à l’usager. But explicite de cette notion chez Heidegger. Oeuvre comme un accomplissement, une transcendance : autre modalité de l’œuvre= forme d’indépendance à l’égard du Dasein. Cela supposerait encore le Dasein pour Heidegger. L’ordre de la finalité dans l’ustensilité ne s’arrête jamais à l’œuvre : pas d’autonomie de la catégorie ontologique de l ‘oeuvre. L’œuvre n’est pas un simple outil. Idée de quelque chose où rapp à l’étant en tant qu’il prétend dépasser notre usage. Refus fondamental chez Heidegger de toute ontologie de la création. Cf PFPhéno : ontologie scolastique est une déchéance, car essaie de tout réécrire du point de vue de la création= primat de la causalité efficiente par laquelle ils reprennent les termes antiques. Pas sûr que la notion de cause efficiente se recoupe totalement avec la création. Tente de contourner l’ontologie spécifique de la question de l’œuvre. Traite le produit fini comme un outil comme les autres : problème de la description phénoménologique qu’il propose alors. Tout interpréter sous l’angle du produit c’est tout penser par l’ontologie de la création. Problème de l’œuvre d’art : le mode de traitement proposé = comment avoir une pensée de l’oeuvre d’art qui fasse l’économie du propre de l’œuvre ? Il ne pense l’œuvre qu’en terme d’ouverture au monde : ce que le Dasein fait naturellement : fonction révélatrice de l’œuvre en ce sens. Ne fait jamais d’ontologie de l’œuvre en tant qu’œuvre. Choix de sa part ici. Les étants intramondains renvoient à quelque chose qu’ils ne sont pas. En tant qu’ils sont tous des outils, posent le problème de l’usager. On voit que ce qu’il y a dans le monde n’est pas dans le monde dans le même sens : en dehors du monde ? non. Quel statut ontologique alors ? Ils sont ces outils révélateurs de l’être dans le monde du Dasein. Les outils renvoient au Dasein. Par eux même ils n’apportent pas de réponse adéquate pour cet être là. Le mode d’être de cette instance : pas sur eux qu’on le trouvera car ils ne sont pas sur ce mode. Ce que l’on découvre sur l’étant intra mondain : c’est son insuffisance ; fait signe vers le mode d’être du Dasein sans nous donner assez d’infos sur lui. L’être ustensile présuppose l’être au monde, mais l’être au monde ne se réduit pas à l’être outil. Il y a derrière cela l’idée du Dasein comme fin dernière. Tout ce qui apparaît dans le monde apparaît d’une façon particulière. Le Dasein apparaît lui même comme ce qui ne peut pas être outil et qui est présupposé par tout outil : ne peut être qu’une fin et jamais un moyen. Ce qui est dans le monde suppose la structure d’être au monde, mais on ne peut la trouver dans ces étants qui sont dans le monde. L’outil n’a pas d’être au monde. Possibilité à partir de ce qui est dans le monde d’avoir accès à la structure de monde elle-même ? Possible à partir de là d’avoir accès à ce qui n’est pas de l’ordre de l’outil ? Oui, l’outil peut nous parler de ce qu’il n’est pas : cas où l’ustensilité de l’outil est mise en question= cas de l’outil par ex qui ne marche pas. →Premier cas : l’outil est inemployable. Il ne peut fonctionner comme outil. Son type de renvoi ne correspond aux choses présentes : pas les choses qui lui sont corrélés habituellement. →Second cas : cas où l’outil n’est pas là. Il fait défaut, et non pas qu’il n’est pas adapté. →Troisième cas : l’obstacle. Notion qui n’a de sens que dans un univers d’outil. Outil qui va se présenter qui empêche l’usage de se déployer. Outil qui m’encombre. Ce qui est là, mais dont on a que faire. Quelque chose qui nous concerne, mais n’est pas à sa place. Rapport d’usage dans les trois cas. Essentiel pour Heidegger là dedans ? Il y a un aspect de la Zuhandenheit non encore abordée : elle ne se donne pas d’ab quand elle fonctionne. Là où le marteau fonctionne comme marteau, il fait sens comme marteau. Quand il ne fonctionne pas que se manifeste quelque chose qui habituellement ne se manifeste pas. Apparaît quelque chose dont on fait usage immédiatement habituellement. Là où elle fonctionne, elle n’est pas donnée : c’est son succès. Dans la situation normale, le renvoi indicatif de l’outil fonctionne sans se montrer. Objet soit dont on ne sait que faire ; soit objet dont on sait ce que l’on pourrait faire avec lui, mais dont l’usage est devenu pblématique. Renvoi se montre alors : si je n’ai pas de marteau, que prendre à la place ? Limites ? Tous les renvois surgissent alors. Les coulisses de l’outil apparaissent sur le devant de la scène. Cela devient thématique. Figure de quelque chose comme une réduction : type de réduction portant sur les étants du monde : leur sens d’outil apparaît. Pour Heidegger, cela est positif : apparaît quelque chose de constitutif aux outils comme tels. Quelque chose qui n’a de sens que par rapp à l’être de l’outil= dysfonctionnement. Le marteau qui ne fonctionne plus apparaît comme un outil auquel échoie une sorte de détermination privative. App en même temps comme un outil à une sorte de méta niveau : app sur un mode sur lequel il n’app d’habitude. Dans le fait de marteler que le marteau app habituellement. Cas où cela ne va pas de soi que l’on perçoit son ustensilité. L’outil ne fonctionne pas immédiatement sur le mode de l’outil Zuhanden : quelque chose que l’on va pouvoir mettre à distance. Usage pratique du marteau : on ne sait pas qu’il est un marteau, il l’est dans notre usage pratique. Depuis le fait premier des outils qui fonctionnent que devient pensable l’outil qui ne fonctionne pas= mode révélateur : sur ce mode, l’outil devient visible comme outil. Il fait partie de l’outil de ne pas être visible en tant qu’outil. Ex : exposition= cas où l’on voit les outils comme outils. L’ustensilité autrement fonctionne sans devenir objet de conn. Ambiguïté de la Vorhandenheit : usage mauvais : tout disc philosophique qui la supposerait première. Husserl, Ideen 2 sur la constitution des différents types d’objet : prend l’ex de l’outil : je le constitue comme chose physique, puis je projette dessus un certain usage. Un marteau pour Heidegger est d’ab quelque chose dont je me sers puis sur lequel je peux m’interroger théoriquement. : registre positif de la theoria. Dérivée mais positif. Là app la vérité du rapp pratique. La Zuhandenheit app seulement à ce niveau : son statut se modifie. App la vérité de son statut là où elle est utilisée. Nous sommes renvoyés à nous-même : pas possible dans le rapp immédiatement pratique. D’où l’utilité d’un rapp théorique à nous-mêmes. Prochaine séance : Syst de renvoi du monde et significativité. 29/11/2005 Problème de l’accès au monde : ce que Etre et temps dépasse et ce qui lui donne un point d’appui pour offrir une autre phéno. Syst de renvoi entre les étants. Un outil seul n’existe pas : fonctionne toujours dans le renvoi à autre chose. Cela mène à la phénoménologie du comprendre. Husserl : pose le problème du monde en terme d’accès cognitif. Sorte de primat du sens dans l’accès au monde : primat de la tie de la signification comme lieu canonique de l’accès. Etre et temps veut élaborer une critique de la signification. Bonne lecture de la notion de sens : sur un terrain toujours déjà ontologique. Poser la question du sens par rapp à l’ontologie. Intrication de la question du sens et du problème ontologique : question de l’être et du sens sont intimement liés. Le fait que l’être ait du sens fait partie de sa notion même. Renversement de la pblématique. Phéno de l’étant intramondain le manifeste= renversement de la phéno déployée par Husserl au déb de la première recherche logique. Différence signe/ indice. Minore le rôle du signe au profit de la signification : il faut la penser dans son autonomie. Phéno de Etre et temps du syst des renvois des intramondains : phéno de l’indication et du primat de l’indication (inverse). Rapp de préoccupation aux choses : sont indices les unes des autres. Husserl s’est fixé sur un concept bcp trop étroit de signe. Les signes sont pour lui et la tradition des signes qui sont vêtements ext de la signification. On peut alors se concentrer sur la signification. Les signes ne sont en fait qu’une spécialisation du caractère signitif du monde. Les signes sont certains étants que je sélectionne dans la mesure où sur eux je fais apparaître le fonctionnement indicatif de tous les étants du monde. Etants dans lesquels la fonction de renvoi devient explicite. Le signe est quelque chose qui fonctionne : // outil défectueux= rendent manifeste ce qui normalement ne l’est pas. Ex nœud dans le mouchoir : montre que le renvoi signitif ne se fait pas tout seul. Phéno qui relativise la portée de ce que l’on appelle signe (primairement le monde en fait est un monde de signe, où les choses font signes entre elles) et étroitesse de cette fonction (pas fonctionnement normal de la signitivité du monde : pas de signes dans le fonctionnement normal). Stratégie qui conduit à relativiser l’importance du niveau expressif. L’expression est toujours un phéno second, dérivé, fondé= ses capacités propres de mettre en forme, signifier, elles les acquièrent car déjà nous sommes dans un monde signifiant. L’étant même immédiatement a un sens et ne peut apparaître que sous un mode de sens. Maintien du présupposé fondamentale de la phéno : le primat du sens (en un certain sens). Le monde se donne toujours avec du sens. Chez Heidegger, principe en même temps de négativité : l’angoisse ; sens du néant= idée de limite du sens posé à partir du souci. Dans cette limite, on est toujours sur le terrain du sens. Il n’y a pas d’étant nu : est toujours déjà dans un réseau de significativité. Figure du logos de la phénoménologie va changer d’Husserl à Heidegger cepdt : il y a toujours déjà du disc pour Heidegger. Il y a du disc dans la simple perception : pas quelque chose de linguistique. Sous la figure d’une forme de l’indication réévaluée, installe la significativité dès les étages primordiaux de la construction. Y compris au niveau du soi-disant non exprimable, il y a déjà du sens. Le sens est d’ab enracinement dans le réseau signifiant du monde. Il faut refuser d’ab l’indication pour isoler la signification. Essence du phéno de la signification= dans la signifiance première du monde. Nous sommes toujours déjà dans le réseau des renvois signitifs. Critique en règle d’une représentation théoriciste dans l’accès à l’étant intra mondain qui est en jeu derrière cela. Idée de « tournure ». Idée de pouvoir en rester là dans ce terme également. §18 sur ce terme. Avec la figure du Zuhanden comme tournure, il pointe vers l’en soi. Sens phénoménologique de l’en soi qu’il tente de construire ici. Forme d’objectivité de la chose. Tradition a interprété l’en soi comme la pure objectivité théorique. C’est la stratégie kantienne. Les choses en fait prennent figure de l’en soi pour nous quand nous en usons. Terme phénoménologique et non plus métaphysique qu’est l’en soi. Moment où l’on a affaire à la chose en tant qu’elle n’est pas nous : quand elle s’offre à l’usage= choses ne nous apparaissent pas sans tournure= elle est disponible à l’usage, pointe vers un certain usage. Nous, nous n’avons pas de tournure, pas d’en soi au contraire : on perçoit la différence ici. Le Dasein « n’est pour » rien. Le Dasein n’a pas de tournure : le traiter comme cela, c’est ne pas le traiter comme un Dasein= figure de la réification, de la chosification. Opposer la tournure de l’étant intra mondain (L’étant qui est dans le monde sans être au monde) et le Dasein. Etant ouvre des directions dans le syst de renvoi. Exister, c’est habiter ces réseaux d’indication, c’est user de la structure des choses. Le faire n’a pas besoin d’être actif cepdt : j’use du réel ambiant quand j’y suis passif, que je me repose en lui. Les étants intra-mondains ont un certain pli et ce par rapp à quelqu’un= pli de leur être signifiant. Il faut quelqu’un pour et par qui ça fait sens : le Dasein. Par le simple fait d’y être, il fait être le sens. Il faut ouverture du monde pour que cela soit possible. Il faut quelqu’un qui comprenne pour qu’il y ait signifiance des choses. Le monde est caractère du Dasein : il est essentiel pour que le monde ait un sens qu’il y ait un Dasein. Le Dasein possibilise la notion même de monde. Chacun Dasein ensuite donne un sens particulier au monde : umwelt= monde ambiant. Il faut comme condition de possibilité de cela un être au monde du Dasein comme étant sa structure fondamentale. NB Umwelt : contexte de la diversité des mondes culturels (possible que du fait du caractère basal de la structure d’être-au-monde du Dasein)/ contexte de la réflexion sur les animaux dans les CFMQ : chaque animal a un certain type d’umwelt qu’il déploie. L’animal reste prisonnier de la particularité de l’umwelt sans percevoir l’être au monde. Pour l’homme, la particularité du monde ambiant est atteinte sur fond de l’ouverture au monde. Là où l’umwelt est perçu comme un monde : se resitue dans une perspective plus général de la structure du monde. Réflexion sur les limites du relativisme : exigence d’universalité du monde derrière le monde ambiant. L’animal n’a pas accès à cela. // homme qui a la raison et par là accès à une forme d’universalité même si dépasse l’opposition raison/ sensibilité de la tradition. L’ouverture et le comprendre. Qu’est ce qui rend le sens possible ? Déplace les termes, mais reste là aussi traditionnel. Va placer la source du sens dans le Dasein : sorte de subjectivité. Etre et temps donnerait la véritable subjectivité : problème et avancement. On n’arrive pas à l’être, mais seulement à l’être du sujet. Modalités particulières : sujet qui est au monde ; donne sens au monde en tant qu’il y est. Pas de monde sans sens mais pas quelque chose qui flotte en l’air, mais quelque chose rendu possible par la structure du monde. Introduit ces analyses dans la facticité mais ne rompt avec le projet de type transcendantal quand s’interroge sur le sens et sa possibilité. Il faut aller voir du côté du comprendre : un étant privilégié ouvre le sens. Cf Husserl et Kant en fait. On ne sort pas de ce type d’interrogation mais on introduit une nouvelle chose : cette interrogation ne nous conduit pas en dehors de la réalité, mais bien sur le terrain même de la facticité. Projet et déplacement de ce projet classique. Faire le contraire de la réduction tale. Déb analyse de l’être-au-monde : allusion implicite à Avenarius et empiro-criticisme= ceux qui prétendent cours circuiter le projet transcendantal. Etre et temps pose bien la question de la condition de possibilité encore : on ne peut se débarrasser de l’exp, il faut poser la question sur son propre terrain. Cela pose problème : paradoxal à l’époque. Sur le terrain de la facticité (l’existence a à être, ne peut être réduit à son concept) que peut être posée la question de l’a priori. Paradoxe apparemment. Représentation du monde en terme de tie de la conn comme objet ou somme des objets : elle conn une forme de perfection sous la figure de Descartes. Typique des temps modernes. Contre-modèle du monde heideggerien ici. Derrière Descartes, il faut entrevoir le maître d’Heidegger= Husserl. Version contemporaine du cartésianisme plutôt qui est visée. Le monde de Descartes est essentiellement un syst d’objets physiques étant essentiellement étendus. Notion de nature : réduction de l’étant intramondain au concept de nature (extension). Il a lu les Ideen 2. On trouve ici l’ontologie constituée d’Husserl. Conscience transcendantale qui donne tel ou tel sens aux objets. Première couche : la nature physique qui s’étend essentiellement sous la régime de l’étendue. Va ensuite déstabiliser les privilèges des qualités premières. Mais modèle cartésien de la res extensa demeure puissant. Textes des appendices de la Krisis qui pourraient mitiger cela (longtps après Etre et temps). Construction là d’une phéno alternative à celle d’Etre et temps. §19-21 : sur le monde cartésien= critique direct donc de l’ontologie de la nature physique présentée dans Ideen 2. Cours de 25 où il le critique : présente des citations des Ideen 2 qui n’étaient à l’époque que des manuscrits. Reproche d’Heidegger : a sauté au dessus du phéno du monde. L’ontologie de la nature matérielle : l’extension est toujours la séparation possible, confère l’étanchéité possible du point de vue théorique. Ontologie de la fragmentation. La phéno d’Heidegger de l’étant intra-mondain= significativité, tournure de chaque étant : elle s’oppose complètement à celle précitée de l’étant chosique. Monde dans lequel les choses ont perdu leur physionomie, leur signification, leur sens. Registre de l’indifférence ontologique. Chez Heidegger, impossibilité pour la chose d’être seule en tant que signifiante. Imp : le sens. La relation chosifiée ne résout pas le problème. Démarche transcendantale et régressive : revenir à la condition de possibilité. Comment Descartes fonde t-il l’extension, lui donne un sens ? Comment se constitue l’extension ? Déplace simplement la pblématique quand préconise l’intro de la facticité. Opérer une déduction phénoménologique de l’extension : qu’est ce qui permet la spatialité ? Elle n’est pas pensable pour lui si je ne reviens pas à la spatialité du Dasein= primordiale. Thème d’époque ici : Bergson (le cite négativement mais descriptivement, il lui reprend bcp de choses), Husserl. Fondation de l’espace objectif dans l’espace subjectif : plus le subjectif d’un sujet en dehors et au-delà du monde cepdt. Sujet qui est au monde : le Dasein est spatial, parce qu’il est d’ab être au monde. Une des façons de son être au monde de se déployer. Image de l’ouverture au monde : pas le regard, la vue théorique= devient l’image de la main qui se tend ou se retient vers les choses. Heidegger a minoré la métaphore traditionnelle de la vue mais en même temps, il réintrod la notion de vue= situation du besorgen= se soucie des choses (en allant vers ou en laissant être). Dimension dans tout ça d’umsicht : vision-autour= circonspection. Bonne traduction. Cela va vers la pratique. En fait, c’est plus général : le Dasein est en rapp à ce qui est autour de lui sur le mode de la vue : pas le seul sens de la vue ou la contemplation= même là où l’on touche il y a toujours de la vue. M Ponty : idée d’une main voyante= lecture d’Heidegger ici. Il y a toujours une certaine vue de la chose dans le maniement. Manier telle ou telle chose suppose que l’on connaisse sa tournure. Il n’y a pas d’outil sans façon de prendre. Il faut prendre la mesure de la tournure. Emploie ce terme pour qu’il y ait le mot « sicht »= vue. Ne revient pas à un modèle théoriciste. Vue au sens où l’on trouve le terme dans l’expression « point de vue ». Terrain qui n’est pas si atypique cepdt : terrain encore du sens, de la vue… Critique de l’ontologie cartésienne. Condition de possibilité de cette ontologie= s’est placé sur le terrain de la spatialité. Dans quoi est fondée la spatialité phénoménologiquement ? L’étant à prendre (Zuhandenheit) est inintelligible dans sa spatialité sans introduire le concept de res extensa. Derrière cela, il y a toujours une autre forme de spatialité plus radicale qui permet cela : spatialité du Dasein qui est irréductible à la figure de l’extensivité. L’espace doit être interprété comme un moment structurel de l’être au monde. L’espace est un moment de la structure être au monde : n’est donc ni objectif, ni subjectif= est subjectif à un méta-niveau= l’espace est à la mesure du Dasein, est un trait du Dasein. En quoi cela n’est pas une simple répétition de la thèse de Kant ? Chosification du Dasein chez Kant. Reproche au sujet son caractère spéculaire par rapp aux objets auxquels il se rapporte. Problème de Kant : comme on ne peut mettre l’espace dans le monde, on le met dans le sujet (Heidegger refuse cela). Il faudrait disposer d’un sens du « dans » qui donne le sens à la spatialité (dans le inderweltsein). Parce que le Dasein est ouverture au monde qu’il est ouverture d’espace. Il faut en fait poser comment l’être au monde du Dasein, habite le monde donne à la structure du monde d’apparaître suivant des modalités spatiales. L’inderweltsein comme « être dans » semble supposer la spatialité, mais en fait c’est le contraire. Histoire de la philo est une sorte de bavardage : utiliser des significations sans se demander ce qu’elles dévoilent. Pour qu’il y ait « habiter », il faut un espace (res extensa) et il faut ensuite trouver où habite le Dasein dans l’espace (apparaît alors comme une sorte d’être posé). Mais en fait, l’erreur est de croire que tout se passe dans ce sens là. Partir du fait premier de l’habiter, du se comporter (ouverture à un monde) et à partir de là, on peut déployer la dimension de la spatialité. Partir du fait premier du Dasein qui ouvre un monde en le spatialisant : poser ensuite la question du type de spatialité des différents étants qui apparaissent. La phéno de la spatialité est riche dans Etre et temps = déplacement et réaction encore par rapp à Husserl. Elle pose deux pbls en fait considérables. 1- Le Dasein spatialise mais il ne fait pas que cela= plus fondamentalement, il temporalise : quel est le statut du Dasein spatialise par rapp au Dasein qui temporalise. Comme pour Kant, il dira que le plus fondamental est que le Dasein temporalise. Forme de sensibilité plus universelle qu’est le temps pour Kant qui justifie cette thèse. N’est pas exclusive pour autant qu’elle est fondamentale. Espace est plus restreint mais irréductible au temps. Kant insiste sur le caractère inéliminable de l’espace. En réalité, une phénoménalité qui se réduirait à la seule forme du temps= on n’aurait pas la phénoménalité telle qu’on l’a. Apport essentiel de l’espace. Problème de Etre et temps : dans le second temps de l’oeuvre, explique que la spécificité de l’espace est due à une certaine forme du temps. Prétendra dériver la spatialité comme toutes les autres dimensions de l’être au monde de certaines particularités de modes de temporalisation. Dasein= rien d’autre qu’un processus de temporalisation. cf Franck sur le problème de l’espace. Heidegger là ne parvient pas à donner une tie satisfaisante pour la cohérence de son système. Autre soupçon pblématique : l’idéalisme. Spatialité ne peut être déduite de la temporalité : thèse liée à cela. 2-L’interrogation sur la spatialité du Dasein conduit à une question centrale : question du corps propre. Corps qui n’est pas réductible à la figure de la res extensa. Dans Etre et temps, dès ce moment, §22- 24= Heidegger avance une thèse qui n’est pas sans être aussi violente que la précédente : nous ne sommes pas spatiaux car nous avons un corps propre, mais nous avons un corps propre, car nous sommes spatiaux au sens du Dasein (car nous sommes au monde). Etre au monde→ type particulier de notre spatialité et la spatialité en général→ corporéité. Quel mode temporel particulier pour la chair ? = aspect de la première question. Sans prendre en compte le temps, il y a déjà un problème. Le geste philosophique d’Heidegger : proche d’Aristote= l’homme a des mains parce qu’ils pensent. Lecture qu’il fait de la corporéité propre à partir du primat de la pensée. Primat de l’être au monde chez Heidegger pour penser la corporéité du corps propre : ne dit pas que la corporéité du corps propre détermine l’être au monde. C’est l’inverse en fait. Nous sommes immédiatement notre corps. Mais moi je suis au monde et du fait de cet être au monde, j’ai un corps. Le corps propre est toujours pensé comme une structure d’aval et non d’amont. Niveau de la question de l’être au monde= en deçà du corps propre. // Husserl Méditations cartésiennes. Cinquième Méditation : dimension d’incarnation intrinsèque de l’ego. Dispositif complètement différent. M.Ponty : phéno de l’incarnation intégralement. Ecart radical avec Heidegger. Plus d’importance à l’incarnation même chez Sartre. Notion de chair n’est pas du tout une détermination essentielle du Dasein. Cela a été perçu comme une diff de la pensée d’Heidegger. De quoi cherche t-il à s’écarter ? La spatialité du Dasein pour lui est caractérisée essentiellement par le « déloignement ». Le Dasein est marqué par une structure de mise à distance. Passe son temps à s’installer dans un rapport de distance aux choses. Pas la proximité à soi qui est la structure fondamentale du Dasein : il est là où il n’est pas lui : il est au près de la chose dont il s’occupe (qu’il la laisse être ou en use). Le thème chez Husserl est lié à une conception de la spatialité originaire comme ici. L’ego comme point zéro de l’orientation : depuis la présence à soi que la spatialité du reste est conçue. Pour Heidegger, le Dasein, son lieu se détermine depuis la chose à laquelle il a affaire. // Bergson : mon corps qui peut aller jusqu’aux étoiles. Genre de descriptif sous jacent à l’analyse d’Heidegger. Je suis fondamentalement là bas, auprès de la chose dont je m’occupe. La chose n’est pas isolable pour Heidegger ; de même l’ici de mon intimité de mon corps à lui-même est également second : ce qui est premier est le rapp à un là-bas. L’ici se constitue dans le rapp à un là bas. Le Dasein n’est pas un être ici, ni un là-bas, mais l’être là (da). Le Dasein ouvre la possibilité d’un là. Dasein= être le là= ce qui permet qu’il y ait du là et en fait de l’ici et du là bas. Le fond de l’être du Dasein : la transcendance pure. Prochaine séance : La phénoménologie de l’être là et la compréhension. 06/12/2005 La phéno de la spatialité d’Etre et temps : pas celle d’Husserl. M.Ponty : sa conception provient finalement autant d’Husserl que d’Heidegger. Ce qu’il faut retenir de cette phéno : 1-On n’a pas un espace neutre, mais marqué par son occupation par telle ou telle chose qui elle-même, n’est pas neutre : est d’ab outil (certain usage de ces choses leur est associé). Idée de place. Modèle de l’atelier : chaque chose est à sa place, a un lieu fonctionnel. Espace concret de l’ustensilité. On ne trouve cette idée chez Husserl d’une spatialité liée à l’idée de Zeug. 2-Idée de région, de contrée également : la place est envisagée en fonction d’un certain horizon. Le monde dont on use est régionalisé. Espace d’entrée de jeu structuré par l’usage. 3-Spatialité propre au Dasein. Problématique du « déloignement » (capacité du Dasein à se rapporter à quelque chose de distant de lui) : ce qui est premier est la dimension de l’écart, de la tance. Pas l’idée d’ici qui est première. L’espace commence là-bas auprès des choses. Refuse toute logique (//MC) qui consisterait à partir du sujet comme chose première, qui aurait sa position dans l’espace (l’ici) comme espace neutre, position à partir de laquelle on penserait les autres places des autres choses. Mais syst de renvoi entre les étants + lieu du supposé ici : quelque chose que l’on reconstitue depuis le fait premier de l’apparaître. Rapp aux choses qui est premier. 4-L’orientation. Thème aussi traditionnel mais depuis Heidegger. L’espace du Dasein est fondamentalement orienté : il spatialise. Par là, il est fondamentalement orientant. Droite/ gauche : pas quelque chose de projeté sur l’espace neutre, mais des marques du caractère constitutif du Dasein par rapp à l’espace. Caractère intrinsèquement fondé de l’espace dans le Dasein. // idéalisme kantien : l’espace comme projection du sujet. Cet écart est un écart entre le sujet et le Dasein derrière. Cite Qu’est ce que s’orienter dans la pensée ? de Kant. S’arrête à ce texte pour souligner que chez Kant il y a une intuition déjà de l’orientation du Dasein. Mais il n’a pas les moyens théoriques de penser les conditions de possibilité de cela. L’orientation fonctionne comme ouverture à des étants du monde, jamais à vide. Pas une pure structure du sujet détachée du monde, pas un simple réceptacle. S’oriente sur des objets, des étants intramondains. La spatialité originaire du Dasein : pas un habillage formel, extérieur à l’être-au-monde= n’a de sens que comme structure de l’être-au-monde lui-même. Ce qui est premier est l’ouverture aux objets, l’être-au-monde. Cerner le vrai sens de la spatialité suppose de disposer du concept d’être-au-monde : ce que n’avait pas Kant. Kant : à la fois l’achèvement de la métaphysique du sujet (Nietzsche qui aura ce rôle après), et forme non encore conceptualisée de l’êtreau-monde. Capacité spatialisante du Dasein. Ce dernier laisse être les choses à lui, les laisse venir à l’apparaître. Impropre d’analyser l’espace seulement d’après l’espace objectif ou seulement subjectif. La spatialité du Dasein n’est ni objective ni subjective. Le Dasein ne se loge pas seulement dans un espace comme réceptacle (espace objectif) : il est ouvreur d’espace. L’espace n’est pas non plus dans le Dasein, car ce dernier n’est pas dans lui-même : il est toujours déjà hors de soi en habitant le monde. Il faut refonder la phénoménologie de la spatialité sur l’être-au-monde. Il n’y a de spatialité que celle qui s’installe dans ce « in » de l’inderweltsein. Sens de ce « dans » s’il n’est pas spatial ? Cet « êtredans » en fait est temporel. Le Dasein est originellement temporel. Dans les façons que le Dasein a d’être au monde, une est-elle privilégiée ? Façon habituelle d’être au monde ? Il existe une typicité du Dasein. Le Dasein n’est pas une essence : il a donc une identité moyenne. Il a une forme d’existence typique qui n’est pas un simple fait. Il va falloir rendre raison de cette forme typique. Ce qui est caractéristique : il est pris par son monde et non simplement au monde. Il a une façon particulière de s’écraser sur le monde= le monde prend le devant la scène. Qu’est ce qui est alors recouvert ? C’est le mode d’être du Dasein lui-même. Tendance de l’être-au-monde lui-même. Il a tendance à s’oublier lui-même dans sa façon d’être. Phéno de la quotidienneté se déploie dans cet horizon : le Dasein n’est alors pas lui-même. Section sur le problème de l’identité (personnelle) : bonne façon de poser la question = partir du fait que d’ab, nous ne sommes pas nous-mêmes. La véritable identité du Dasein se joue dans le contraste et la tension entre « être soi-même » et « ne pas être soi-même ». Bon lieu de la question : pas un lieu théorique comme celui de l’identité personnelle. C’est une question qui est d’ab existentielle. Mode de mise en jeu de soi comme étant de l’ordre de l’ipséité ou non. Cette phéno de l’être-au-monde est cruciale quant à l’ipséité du Dasein : le Dasein doit connaître la déchéance du Dasein quotidien pour la question de son identité. Cet étant qui use de : qui est-il ? A la question du « qui », on va répondre en décrivant quelque chose. On n’a pas d’ab le tout de la réponse. L’étant qui use, existe : la question du « quoi » ne peut le capturer. Réponse qui va être fournie demeure bien un quoi : le mode d’être du Dasein se présente d’ab afin qu’il ne puisse être pensé comme mode d’être propre du Dasein. Se présente d’ab sur le mode d’une quasi-chose, prend l’aspect d’une chose. « ON »= description du mode d’être du Dasein comme ayant l’aspect de celui d’une chose. Les choses en réalité n’ont pas de « on », mais traiter le Dasein comme « on », c’est traiter le Dasein comme une chose. Ne va pas se réduire pour autant à une chose. Le « on »= figure quasi-chosique du Dasein dans son irréductibilité à l’être des choses. Le Dasein se présente d’ab comme « on ». Fait ref aux tournures du langage ordinaire. Répond à la question « qui » sans satisfaire complètement : on. Le Dasein fonctionne sur le mode de l’oubli de soi ou de la perte de soi. C’est dans ce contexte que dans Etre et temps apparaît la question de l’intersubjectivité : seul lieu. Phénoménologie de l’inauthenticité qui fait place à l’intersubjectivité. Plus complexe en fait. L’intersubjectivité n’est possible que d’ab parce que nous sommes d’ab chacun un Dasein. Etre-pour-la-mort= ce qui m’identifie dans mon ipséité non substituable : solipsisation du Dasein par la mort. Cela me détache des étants du monde fondamentalement. Mais ne déduit pas depuis cet être fondamental du Dasein solitaire comment il peut constituer le sens d’un autrui. Question du rapp aux autres Daseins : -La phénoménologie traditionnelle : Husserl. Elle construit un faux problème avec le problème d’autrui= problème qui peut se poser seulement parce que c’est une phénoménologie du sujet comme clos par rapp au monde. Transposition à autrui du problème de la conn (problème de l’accès). Ce que l’on appelle sujet est être-au-monde et donc toujours en rapp avec le monde. Problème : pas sortir de mon sujet pour avoir accès à l’autre sujet : nous sommes des Daseins qui sommes déjà dans le monde comme coexistant. Problème de la sortie de soi est donc doublement un faux problème : dans le champ de la conn et de l’intersubjectivité. Problème d’autrui fait problème quand on a affaire à un sujet « encapsulé ». Il ne suffit pas de dire que l’on est tous déjà dehors. Quelle est la figure de l’ensemble tout de même ? Il faut donner un contenu à l’être-ensemble. Peu d’indication dans Etre et temps : le fait simplement ici dans ce cadre de l’être-ensemble comme substitut de l’être-soi (« on »). Critique de la masse derrière cela. -Problème théorique : incapacité de penser un être-ensemble authentique même si le texte n’en parle pas. N’apparaît pas comme une structure essentielle du Dasein : le « mitsein » reste une structure du Dasein, mais elle ne semble pas essentielle. Idée du rapp d’un mortel à un mortel : rapp amical comme solution ? //Lévinas : on peut mourir pour quelqu’un d’autre (idée de sacrifice)= impossible pour Heidegger= la mort est toujours personnelle, en première personne. C’est cela qui me constitue comme individu, ipséité donc je ne peux l’aliéner, personne ne peut l’avoir à ma place. Thème que l’on trouve déjà chez Montaigne et Pascal. Clé de l’identité du sujet. Idée d’un « concernement » pour l’ipséité de l’autre est tout de même envisagée chez Heidegger = idée de fürsorge= souci pour l’autre. Distingue cette fürsorge du besorgen : l’autre n’est pas simplement une chose à laquelle on a affaire : on peut se soucier de l’autre. // Bourdieu, L’ontologie politique de M. Heidegger. Analyse du mitsein : problème quand prend la place du fürsorge une figure purement instrumentale= au lieu de traiter l’autre comme un souci, on va lui apporter des solutions qui lui dérobent, qui étouffent son souci= dénonciation par Heidegger de l’assistance. Réduction de la position de la problème de la communauté finalement à la figure du « on ». Notion d’espace public apparaît à ce moment= il semble comporter ce trait qu’est celui de la déchéance= lieu de l’inauthenticité, de l’existence déchue du Dasein. Pas d’éloge de la publicité chez Heidegger. Idée de la supériorité de la vie théorique sur la vie pratique, et importance de la relation amicale dans cette vie : héritage aristotélicien. Référence à des formes d’existence qui sous tend ses dvpts. La figure du « on »= figure d’un Dasein qui est amoindri, mais la figure en même temps la plus habituelle : sorte de « qui » universel, passe-partout dans lequel il y a une perte de singularité. Le Dasein est vraiment Dasein là où il est tout seul : singularité du Dasein (trait fondamental du Dasein dans Etre et temps). Les autres sont vraiment autres quand on est sur le terrain de singularités. Forme d’être moyen du Dasein : forme d’être désingularisé. §103. Analyse du bavardage également= parole qui n’est plus mienne, ni sienne, parole qui circule. Critique de la communication et apologie du silence va de paire avec cela. Figure de là où le Dasein est le moins lui-même. § sur le bavardage : partout où surgit une parole nouvelle, elle est interprétée sur le mode du déjà-dit. Apologie de l’originalité derrière cela. Originalité du qui parle est derrière. L’existence du « on » est routinière : maintient la circulation du sens déjà fait. On= le Dasein se met en une forme d’existence automatique. Cela a marqué Sartre : figure de la mauvaise foi= le on se chosifie. Mais Sartre raisonne cepdt en terme de conscience : c’est l’être au monde chez Heidegger qui se chosifie. Le Dasein en faisant cela ne sort pas de son existence, il est bien dans la quotidienneté du « on ». // description pascalienne du divertissement : détournement de la mort. Le Dasein fondamentalement y est tout de même. On trouvera à partir de cette impropriété la véritable structure du Dasein. Elle est constituée dans l’écart entre cette existence déchue et une autre forme d’existence possible du Dasein. Geste qu’accomplit le troisième moment : deuxième section= même structures mises en jeu d’une autre façon. Son être temporel : l’arrête à laquelle sont suspendues ses autres structures. Le « dans » de l‘être-dans-le-monde ne peut être spatial. C’est parce qu’il est au monde que le Dasein spatialise : introduit le concept de « là ». La systématique husserlienne de l’ego est dominée par la dialectique de l’ici et du là bas. Il faut s’interroger sur la possibilité même de l’ici et du là bas. Parce qu’il y a du là que cela est possible : il faut un étant qui est au monde, qui est le là. Ce paradoxe d’une origine qui est dans, qui suppose ce dont il est origine : le là= caractérisation de quelque chose en vertu de quoi le monde se déploie et qui pourtant n’est pas en dehors de ce monde. Boucle là qu’Heidegger essaie de cerner. Le sens de l’expression « là » : « da » : notion d’ouverture même du monde. Là où est cet étant, tout uniment s’ouvre le monde. Par le fait même que cet étant soit là, le monde est ouvert. Il faut penser cette ouverture du monde. Cette tâche du Dasein n’est pas à penser comme celle d’un sujet : par son être dans ce monde qu’il l’ouvre. L’ouverture présuppose ce qu’elle ouvre. On s‘installe dans la circularité fondamentale. Tentative de faire la phénoménologie de ce qui permet ce qui en même temps est toujours présupposé. Rendre possible ce qui en même temps est une pré-condition de l’être possible. Emploi despatialisé du « là » ici. Le là est plus fondamental que toute spatialité. Boucle herméneutique qui est celle du comprendre. Tie du sens : l’analyse du « là » qui en fournit une bonne. Thèmes classiques de la tie du sens ressurgissent. // tie de la signification, not Husserl. Thèmes réinvestis et déplacés par l’analytique du là. Par tout ce que le Dasein fait, dans chacun des moments de son faire, le monde s’ouvre. Dimension qui est celle de la disposition (affective)/ dimension du comprendre : être-là, c’est être sur le mode de la disposition affective et comprendre. Deux dimensions qui vont être médiatisées par un troisième terme : le discours. Va intervenir en tiers entre les deux. Quelque chose qui est co-originaire aux deux et à ces deux termes dans leur co-appartenance. Quel est le statut du linguistique dans Etre et temps ? Il est toujours en aval. Différence avec le Heidegger d’après 34. Phénoménologie dérivée dans Etre et temps. Ce qui est au fondement de cette ouverture : le discours. Terme philosophique all pour traduire le « verbe » au sens d’Augustin (verbe intérieur). A partir du moment où l’on a en tête cette image de discours intérieur (pas la parole extériorisée, le langage), on a une certaine idée du logos qui n’est pas forcément proféré : idée de structure du sens. Idée d’articulation : tout sens passe par une certaine articulation= définition minimale du disc. L’articulation linguistique n’en est qu’un aspect. Derrière la disposition, et le comprendre, il y a le fait premier de l’articulation du sens. Comment ces thèses synthétisent une structure construite avant : l’apparaître d’un monde ? Primat du disc à la base de l’être au monde : sentiment qu’Heidegger délivre une construction classique. Si l’accès à l’étant passe par le sens (terrain différent cepdt de la tradition), et l’idée que ce sens doit être articulé comme un disc= ce dispositif n’est pas étonnant. Int d’Etre et temps : dispositif qui est réinstauré avec un autre type de description, s’attache à d’autres phénomènes et enfin réinscrit tout cela ontologiquement. Sens fondamentalement lié à des modes d’être du Dasein. Philo du sens d’Husserl qui est visé derrière tout cela. Double combat : 1-contre la restriction du sens à une tie de la signification, surtout elle-même réduite à la signification linguistique, réduite encore à la logique (sens véritatif de la signification). 2-combat l’idée que le sens puisse constituer un domaine philosophique qui serait détachable de celui de l’ontologie. Ce qu’il combat derrière cela : le spectre de la philo transcendantale d’Husserl. Husserl : on n’a pas affaire aux objets mais d’ab au sens des objets. Effort d’Heidegger : réinscrire ce sens en le réinsérant dans les modes d’être effectifs du Dasein au monde. Le sens est un moment constitutif du problème de l’être même : certain type de rapp que l’on appelle sens. On est obligé de s’installer dans ce rapp de l’étant privilégié aux autres étants= rapp de compréhension= rapp de sens. L’ouverture du Dasein : l’étant qui peut ouvrir un monde. Deux piliers : 1-la befindlichkeit. Mot qui a vraiment un sens trivial, ordinaire et qui peut suggérer plus de choses en même temps. C’est l’état affectif, l’humeur, l’état d’esprit. Un des aspects d’Etre et temps : ce qui est traité comme un résidu a un rôle central dans l’accès au monde. Ouverture d’un monde par un étant qui s’y trouve toujours déjà. Idée de s’y trouver toujours déjà. Certaine lecture de l’affectivité ici : c’est l’épreuve du s’y-trouver. J’éprouve que je suis dans un monde comme quelque chose qui pèse sur moi. L’humeur est comme une façon d’expérimenter le fait que je m’y trouve. Sorte d’advenu quasiextérieur de l’humeur. Ce qui nous arrive : nous-mêmes en tant que nous sommes rapport au monde. Idée que c’est quelque chose qui n’a de sens que comme structure d’être-au-monde. Notion de stimmung va remplir cela : notion d’humeur. Nuance en plus : nuance d’accord avec quelque chose. On trouve la ressource du fait qu’elle est un rapp aux choses. Façon de se rapporter aux choses. Joue d’un concept de l’humeur intentionnellement structuré. Thèse d’intentionnalité derrière cela : états affectifs sont des façons d’être auprès des choses. Combat ici une certaine conception de la subjectivité encore. Analyse du sentiment : deux composantes dans le sentiment= la sensation (mise en rapport avec les objets du monde) et le sentiment (face subjective de la sensation). L’effet que cela me fait dépend de moi. Heidegger renverse cette analyse : cette face subjective est de part en part intentionnelle, tournée vers un étant qui est au sein du monde. Mon humeur va se réfléchir sur le fait que les choses m’apparaissent de telle ou telle façon. Notion de stimmung : traduisible par l’idée d’atmosphère. Notion que la tradition a traité de manière dévaluée ou dualiste. Ces phénos peuvent être interprétées à partir de l’être au monde mais, en fait, en font partie. L’affection n’est pas alors quelque chose qui vient s’ajouter à un rapport aux choses déjà constitué. Toujours déjà affectif. Le rapport de contemplation est déjà un rapport affectif aux choses. La theoria est le fait de s’installer dans un certain type de stimmung : s’attarder dans le calme sur quelque chose. Le loisir n’est pas sans effectivité. L’état que rien ne trouble est une certaine forme d’affectivité. Arriver à penser= arriver à trouver la bonne stimmung. On ne peut sortir de l’affectivité= arrière-plan constant de toute forme d’être-au-monde. Heidegger nous dira qu’il y a une stimmung fondamentale : l’angoisse. Elle est une stimmung. Questions qu’elle pose : l’angoisse est-elle la seule grundstimmung ? (par rapp à la pblématique ontologique : toute stimmung est ontologique ; fonction ontologique particulière de l’angoisse= son propre être comme être-pour-la-mort qui se révèle). Les CFMQ reviennent là-dessus et pose que la grundstimmung est l’ennui. Question : savoir dans quelle mesure l’analyse heideggerienne ne rétablit pas une hiérarchie étrange au sein de l’affectivité ? Négativité de ces grundstimmungen. Le Dasein est caractérisé par sa capacité à affronter le néant également. Le fait qu’elle soit négative n’est pas sans rapport avec cela. Il y a quelque chose de phénoménologiquement troublant là dedans. Privilège exorbitant de la mort chez Heidegger : s’y fonde ce qui fait de nous des Daseins. Descriptif très déséquilibré dans sa philosophie. Réévaluation radicale de l’affectivité. Sur ce terrain même, on va réinstaurer une certaine forme de privilège, une hiérarchie. // Derrida, les fins de l’homme : ultime déplacement de l’animal rationnel dans le Dasein d’Heidegger. Cela est du notamment à cette hiérarchie. Attention : Opposition angoisse/crainte. Pas le même niveau. L’angoisse est sans objet en un certain sens. Elle ne se fixe pas sur tel ou tel objet déterminé. Angoisse est l’angoisse devant l’existence. Pas devant un objet. Un objet ne m’angoisse pas. // angoisse/ phobie : cette dernière est directement liée à une structure d’objet. Analyse de la crainte : reconduit les structures du rapp à autrui au solipsisme ici aussi= je peux craindre pour quelqu’un d’autre. Mais cela n’est possible que si cette crainte me concerne. Il ne peut y avoir pour lui d’ « avoir-peur-pour », que parce qu’il y a la base un craindrepour- soi. Ne dénonce pas le caractère égoïste de toute crainte. Mais il faut que je me sente concerner : il faut la capacité de se mettre en crainte. Attitude spécifique de l’ « avoir-peur-pour » : est impliqué ici mon mitsein avec l’autre. Qui dit mitsein dit structure de l’inderweltsein : cela suppose d’ab l’ipséité du Dasein. L’avoir peur pour quelqu’un peut être authentique ou non, mais suppose toujours la structure de concernement du Dasein. 2- Prochaine séance : le comprendre. La position du problème du sens dans Etre et temps. §31 et ss 13/12/2005 Le monde comme ce en quoi le Dasein est toujours déjà. Befindlichkeit : // se trouver : façon de se trouver au monde. Le comprendre Le comprendre et l’affectivité Phénoménologie de ce qui accompagne toujours l’affectivité : le comprendre (verstehe). Il n’y a pas d’affectivité sans comprendre : tout mode d’être affectif au monde est un moyen de le comprendre. L’affectivité n’a rien à voir avec l’intériorité : c’est un mode d’ouverture aux choses. Même lorsque l’on ne se retrouve pas dans le monde. Capacité à ouvrir une situation. Il n’y a pas également de comprendre qui ne soit affectif. // verstehen : // verstand : entendement. La sensibilité et l’entendement sont radicalement différents chez Kant. Mais chez Heidegger, cela ne s’oppose pas : affectif et comprendre sont l’envers et l’avers d’une même pièce. Pas d’ouverture à un monde qui ne soit pas chargée affectivement. La stimmung : stimmen : concorder avec, être en résonance avec. Idée d’accord, de s’accorder avec les choses ou l’inverse derrière cela. Absence de toute stimmung est une illusion : formes de neutralisation de l’affectivité sont construites : travail sur l’affectivité, mais c’est encore une figure, une construction de l’affectivité. Ce sont deux moments solidaires, mais ne s’identifient pas pour autant. La dimension d’affectivité : épreuve du fait, de notre facticité. Elle pointe vers le passé, vers cette dimension temporelle. Dans le comprendre en revanche, il y a toujours la dimension d’un projet, l’ouverture de l’avenir. Comprendre : une façon de se projeter. Derrière cette dualité, il y a comme un écho de l’opposition affectivité/ passivité mais sur un mode non dualiste. L’être au monde du Dasein est déjà fait et éprouvé comme tel dans l’affectivité. Le comprendre a toujours la dimension de l’ouverture d’une liberté. Caractérisation du comprendre seul Le comprendre ne se réduit pas à la notion kantienne d’entendement. Ne se réduit pas non plus à une notion théorique. Dans son intro de cette notion, va se référer à un emploi ordinaire du mot : ex en fr « il s’y entend », il est « capable de » derrière cela. Notion là qui l’intéresse : ce qui fait la spécificité de se comprendre, il n’est pas comprendre d’un quelque chose (was) mais d’un être. La compréhension est ouverture à un mode d’être. Ce comprendre a avoir avec la notion d’existence. Pouvoir/ avoir à être. Erreur de penser le pouvoir en opposition à l’activité. Notre être est à nous même toujours un problème. Notre être essentiellement est sur le mode du pouvoir, y compris passif. La phénoménologie : l’essentiel n’est pas l’effectivité, mais la possibilité. Il faut penser un possible qui ne soit pas second. Int pour le sens originaire de la possibilité : une possibilité plus originaire que l’effectivité : ce que l’on trouve au cœur de l’existence qui est ouverture de possibilité (cela qu’il y a dans la notion de pouvoir). La possibilité de mon ouverture à des possibles existentiels. Seul l’étant qui existe peut le faire. Notion de comprendre est donc éloignée de l’activité cognitive traditionnelle. Concept beaucoup plus général qui est existential : capacité du Dasein à s’ouvrir à des possibilités d’être. C’est ouvrir par là le monde. Je peux appliquer le concept de comprendre à d’autres étants qui ne sont pas Dasein, mais cela n’est pas possible que sur fond d’une compréhension fondamentale : ouverture du Dasein à ses propres possibilités d’être. Perspective transcendantale de l’existence ici : primat d’une certaine possibilité par rapport à l’effectivité. L’existence est créatrice de possible. Fait du lieu de la possibilisation qui en fait quelque chose de transcendantal : c’est la structure même du Dasein qui est instance de compréhension. Le comprendre structure l’ensemble de l’ouverture des choses : tout étant apparaît comme ce qu’il est à la lumière d’un comprendre. Le comprendre : le minimun, la vue (sicht). // idée d’une main voyante. Il n’y a pas de rapp de commerce avec les choses qui ne soient pas structurées de façon qu’elles n’apparaissent. Le Dasein est toujours dans un rapp compréhensif aux choses : capacité du Dasein qui fait que les choses pour lui prennent un sens, ne soient pas insignifiantes. Etre et temps fait signe vers l’herméneutique par ce thème. Se dissocie fermement de l’herméneutique au sens officiel (Dilthey). Sa position ne répète t-elle pas l’herméneutique à un autre niveau ? Il originarise le comprendre en en faisant quelque chose d’originaire : il en fait quelque chose de plus fondamental que l’interprétation (au sens constitué du terme). La notion de compréhension est plus fondamentale que l’interprétation. En même temps, dans ce rapport immédiat aux choses, il y a une structure. Il n’y a pas de compréhension sans explicitation (auslegung). Attention : c’est la traduction d’interprétation habituellement. Il n’y a pas d’ab la chose même donnée, puis on l’interprète. Ne réduit pas non plus l’interprétation à quelque chose de textuel. Cela a trait au caractère structuré même du comprendre : tout comprendre peut être déployé, élaboré. Ce déploiement présuppose le comprendre. L’explicitation se déploie à partir du comprendre, mais il est essentiel au comprendre que l’explicitation soit possible. Le passage du comprendre à l’explicitation est liée à une certaine façon de passer à l’explicite. On passe à quelque chose d’expresse. Moment où la chose est mise en relief dans la possibilité de lui donner un sens. Lorsque nous sommes dans la compréhension, nous sommes dans le sens sans qu’il apparaisse, il faut une mise à distance qui met en relief quelque chose qui fonctionnait implicitement (explicitation= façon de déplier le comprendre). Dans l’explicitation, ce à quoi on est ouvert devient thématique : la structure de « en tant que ». Le « en tant que » des choses apparaît dans l’explicitation. Ex des Recherches philosophiques de Witt : parle du « voir comme ». Pour Heidegger, le voir simple a la structure du « en tant que » de façon non thématique. Je peux le faire apparaître après coup. Réélaboration de la catégorialité : plus le fait de l’activité de l’entendement mais il reste que cela demeure. Quelque chose de non thématique fonctionne et l’interprétation va le faire apparaître comme tel. Sa notion d’explicitation ou interprétation va s’appliquer au cas de la formulation linguistique, mais elle ne s’y limite pas. Une perception simple peut s’expliciter. Cf Husserl : expérience et jugement= la perception peut se restructurer pour faire apparaître des propriétés des objets qui étaient non thématiques ; cela sans passer par l’énoncé. Influence du second husserl. L’interprétation : moment où le marteau apparaît comme un marteau= ne le fait pas pendant que je m’en sers. Je suis dans ce cas quand le manche par exemple ne fonctionne plus. L’explicitation n’est pas forcément linguistique ou conceptuelle. La notion d’explicitation est toujours liée à une structure de détachement. Il y a explicitation partout où on fait apparaître un étant comme ce qu’il est. Cette thématique vaut y compris pour les perceptions simples : il n’y a pas de perception simple qui ne soit déjà en elle-même compréhensive-explicitative. Cf Cours de 25 : chez Husserl, opposition voir simple, perception simple / perception catégoriale : structure de type logique dans laquelle le type de rapp aux choses est formatée : voir qui donne accès à un état de chose (ex le couteau qui est sur la table). Deux types différentes de voir que l’on ne peut confondre. Veut abattre cet obstacle : dans le voir simple, les choses sont déjà qualifiées comme telle ou telle. Ex je vois à sa tête qu’il est fatigué : perception immédiate et ce qu’on voit à un sens complexe. Il y a continuité pour Heidegger entre cette forme de voir et la forme de voir simple. Ex voir le micro suppose déjà un « en tant que ». Même l’apparaître sensible est structuré. Pas de voir qui soit sauf, indépendant de la façon que l’on a d’habiter notre monde. Mode d’habiter toujours déterminé. Il y a donc continuité entre perception et interprétation. Pas deux étages comme l’on trouve chez Husserl. La structure de « en tant que » qui est la structure de la prédication : elle ne l’est que superficiellement pour Heidegger. Le dégagement heideggerien de l’autonomie husserlienne du sens. Cours de 25-26 : oppose le « en tant que apophantique » (je qualifie telle chose comme telle ou telle), mais elle n’est pas fondamentale : c’est le « en tant que » herméneutique du comprendre qu’il l’est. Cette dernière est la structure originaire. Le « en tant que » logique n’en est qu’une reformulation seconde. Le « en tant que » apophantique est une restriction délibérée du « en tant que » originaire. Je qualifie : je prédique est second. Premier : mon ouverture primordiale aux choses. La significativité comme réseau est première. Lieu originaire du sens. Heidegger part d’Husserl dont la phéno s’est construite sur la théorie de la signification : sens des énoncés. Le sens veut dire d’ab signifiance des étant pour moi en tant que j’en use : compréhension. Heidegger récuse l’automisation de la notion de sens telle qu’Husserl a pu l’opérer. Heidegger refuse le platonisme d’Husserl : refuse que le sens soit un empire dans un empire, un domaine à part. refuse l’idée d’une province fantomatique de l’être, ou extérieure à l’être : il faut donc refuser le sens comme entité. Le sens est lié à la façon d’être d’un certain étant : pas quelque chose qui existerait par soi : le sens est un existential du Dasein : le saut de l’existentialité du Dasein. Exister pour le Dasein : ouvrir l’être des choses. Le sens renvoie à la façon d’être du Dasein comme ouvreur de monde. Le sens n’est pas une entité, un objet, ni une propriété collée sur un étant. C’est un effet de l’existentialité du Dasein : là où il n’y a pas de Dasein, il n’y a donc pas de sens. Parler de sens en soi ne veut rien dire. Il n’est pas dissociable de l’effectuation du comprendre du Dasein. Il va critiquer frontalement Lotze= notion de valeur. Ce dernier a introduit ce qu’Heidegger appelle une idole conceptuelle : la validité. Notion de sens en fait qui est l’idole : le sens où l’on hypostasie celui-ci. Le sens en fait n’est rien. Sa pertinence : pas désigner un référent, mais renvoyer à la façon d’être du Dasein : son véritable lieu est ontologique. Le problème de la philo d’Husserl : le sens. Mais il a fait fausse route : il est tout sauf un objet comme, ou pas comme les autres. A l’ontologie du Dasein qu’il faut ramener le sens. La question de l’être se pose à lui : la question du sens est liée à cela. Adversaire pour sa compréhension du sens : modèle théoriciste ou logiciste. La compréhension n’est pas forcément prédicative. Cela fonctionne a deux niveaux : cela le conduit à dire que ce n’est pas linguistique. Le linguistique ne se réduit pas forcément au prédicatif. Ce n’est qu’un aspect. Néanmoins, le linguistique n’est pas non plus originaire. Le comprendre est fondamental et tout comprendre est explicitable. L’énoncé : une façon particulière de mettre en œuvre l’explicitation. Le comprendre est là à la base, avant tout énoncé : l’énoncé n’est que variation, élaboration à partir de ce comprendre qui est déjà là. L’énoncé est présenté comme quelque chose de second : ce qu’il craint= une certaine restriction également de ce qu’est un énoncé. Tout énoncé n’a pas forcément la figure limitative de l’énoncé prédicatif qui dit quelque chose de quelque chose : l’énoncé est quelque chose de plus général. Cela le conduit à une sensibilité aux variations énonciatives. Rhétorique d’Aristote : façon de parler qui sont façons de se comporter dans un monde. Attitudes de discours sont compris dans l’énoncé. Int pour le discours : activité de parole. Ce qui est premier : pas forcément le marteau est lourd, mais plutôt le marteau est trop lourd par exemple, et même simplement le marteau : langage de comportement. Langage, parole et sens Heidegger va revenir sur la question du langage : fait une remarque sur le phénomène linguistique de l’aspect. Renvoie à certains articles précis : Heidegger est sensible au fait que le problème du langage ne se résout pas dans le problème cognitif du langage. Int d’Heidegger pour le langage en tant que ce dont on use. Cela ouvre une piste pour sa philo existentielle. Peur que cela nous reconduise à l’analyse du jugement : il est conduit à privilégier le non linguistique primordial, y compris contre le linguistique pris comme un tout. La notion de comportement éclaire l’analyse du discours. Mais l’analyse du comportement ne se réduit pas au parler : une possibilité parmi d’autres. La sprache chez Heidegger est à la fois la parole comme acte et comme étant structuré par la langue d’un peuple. Opposition entre le premier et le second Heidegger là-dessus cependant. Le linguistique est un phéno dérivé du sens ici. Il va d’un côté dévaluer le linguistique par rapp au sens, mais interpréter le niveau infra linguistique comme étant structuré sur un mode qui va se dire en des termes linguistiques. Notion de rhede : traduction possible de la notion de logos ou verbe intérieur. Terme que l’on trouve dans la Première recherche logique d’Husserl : la signification n’a pas besoin d’être extériorisée : elle a un sens dans le discours (rhede) solitaire. Tout en déplaçant un certain nombre de clichés : se détacher de l’illusion apophantique mais d’un autre côté, va avoir un emploi positif de discours : partout où il a sens, il y rhede : sens bcp plus général en fait que le discours. Notion qui va qualifier même quelque chose d’infra-linguistique. La thèse d’Heidegger (§34) est une thèse formelle sur la rhede, mais dit qu’il n’y a pas de sens qui ne soit articulée. Notion traditionnelle d’articulation. L’articulation n’est pas dissociable de la possibilité d’être que je déploie : ma possibilité d’être ouvre un accès aux choses qui est une certaine articulation. // explicitation= déploiement de l’articulation du sens. Au lieu de me contenter de comprendre, je met en relief la façon dont se comprendre est articulé. L’articulation est une condition minimale du sens. Retrouve ici en fait un aspect fondamental de la tie du sens même celle d’Husserl : les termes sont les mêmes : Husserl parle de caractère membré du sens. Propre d’Heidegger : dire que cela n’est pas le propre seulement de l’énoncé. Le sens n’est pas que là. Mais là où il est, il est encore sur le mode d’articulations fondamentales. Heidegger ne tombe pas dans l’inarticulé, le mystique en rejetant certaines théories traditionnelles. Saisir les véritables articulations de notre prise sur les choses : il faut avoir une véritable compréhension des articulations de sens. La perception est aussi un lien éminent d’articulation. Il dissocie la rhede et le fait qu’elle soit énoncée, formulée : il ne faut confondre les deux= le discours n’a pas besoin d’être formulée. La discursivité précède l’énonciation linguistique. Forme de réécriture de la définition grecque de l’homme à laquelle on a affaire ici. L’animal qui a le logos= pas l’animal qui a la raison, mais la sprache (pour le second Heidegger). Mais dans Etre et temps, traduction conservatrice : les grecs n’avaient pas la notion de langage (logos= pas langage). Ce ne sont pas les mots qui ont une signification, mais les significations viennent au mot : reste en disant cela dans la position traditionnelle. La langage : signe que le sens a trouvé pour se dire. Ceux qui vont se fixer sur la langue et croire que le sens est là : ils hypostasient le sens et le déplacent de son véritable lieu : l’existence du Dasein. La sprache n’est que dérivée, un effet dans Etre et temps : l’important est le rapport de compréhension du Dasein avec son monde. Quant il relit la formule grecque (zoon logon ekon), ils n’avaient pas le concept de langage dans le logos : notion de discours simplement. Logos= rhede= articulation d’un comprendre. Le Dasein est bien celui qui est capable d’articuler un comprendre. Le langage ne sera pas un principe d’analyse de la discursivité. Le langage n’est qu’un effet de cette articulation du comprendre. Problème de la déduction de ce niveau linguistique se pose alors. Il n’arrive pas à fonder la sprache dans l’ontologie. Le principe de la déduction est lié aux considérations préliminaires sur la vorhandenheit et la zuhandenheit. Caractère détachant de la prédication : va isoler un objet et le traiter comme portant telle détermination à l’exclusion du contexte. Objet comme pole d’un aspect indépendamment du contexte. CRP : le jgt est gardien de l’identité de l’objet. Démarche typiquement privative : détacher quelque chose du monde dans lequel elle apparaît. La prédication (en tant qu’apophantique) d’une certaine façon est une forme d’abstraction opérée sur le « en tant que » herméneutique. Idée de significations séparées indépendamment du réseau de significativité (bedeusamkeit). Approche théorique va casser ce lien là. Je traite l’objet comme ayant un certain sens, mais isolé. L’abord théorique du discours est directement lié avec un affranchissement de la signification qui se met à fonctionner pour elle-même. Signification est toujours liée à une opérativité : place dans un réseau. La prédication a un caractère neutralisant et objectivant : ex le marteau est lourd. A cet énoncé, on peut faire correspondre une signification (ce que refuse Heidegger et que fait Husserl). On construit la signification illusoire d’un énoncé valant indépendamment du contexte. // analyse de l’existence quotidienne et de l’inauthenticité. Terrain où on fonctionne sous un régime d’énonciation purement théorique, régime de discours où le locuteur s’oublie : c’est le contenu de la notion de bavardage telle qu’Heidegger l’introduit au §35. Figure du bavardage : figure d’un discours qui s’enlise dans la signification, dans une pseudo autonomie de la signification. Bavardage, curiosité et connexion ontologique du sens Un des enjeux de tout cela : refuser l’emploi de la notion de sens déconnecté de toute ontologie. Théorie heideggerienne du sens serait en fait hyper husserlienne, intentionnelle. Le sens est tellement lié à l’intentionnalité qu’il n’est pas un objet. Le sens d’un énoncé : il m’ouvre à un étant. Idée que le bon usage du sens est l’ouverture à l’étant. Par contraste, dans le bavardage, on a affaire à des significations qui se donnent comme autonomes sans ouverture à un étant. Basculement du sens de gravité du langage dans le bavardage : de l’ouverture à la signification quasi-autonome. On n’a plus affaire qu’à du sens qui circule. On ne sait pas de quoi on parle : parler sans penser à ce que l’on dit : ce à quoi on se rapporte. Le bavardage s’oppose polairement à la parole phénoménologique du début d’Etre et temps : discours qui s’ouvre. Discours du bavardage n’est plus emprise sur la monstration. Discours qui n’est plus assumé comme quelque chose où un étant apparaîtrait. Parole qui circule qui est là et ne pourrait être là. Curiosité : envers de cela pour la compréhension : ouverture d’un sens où l’on ne s’arrête jamais, qui n’ouvre plus. Figure du regard qui passe sur les objets sans les voir. S’oublie lui-même comme ce qui est ouvert à l’étant. Je me laisse porter par le contenu. Le souci et sa structure temporelle : prochaines séances. 03/01/2006 La vérité du Dasein Idée qu’il est possible d’interroger la vérité du Dasein car il est lui-même caractérisé par une dimension véritative : sur le terrain de son existence, cette question se pose. Rapp à lui-même qui s’interprète dans l’horizon de cette vérité. Sens originaire de la vérité comme vérité de l’existence. Terrain de la vérité de l’existence : terrain de l’être de cet étant= va lui poser la question de l’être, de sa propre vérité. Question qui se rencontre dans le mode d’être concret de cet étant même. Cette possibilité de la question tient au caractère natif de cet étant : lexique de la déchéance, de la chute. Tente de laïciser ces termes. Mais le descriptif de l’existence quotidienne renvoie au lexique de l’existence éthique. Veut déplacer la notion de vérité sur ce terrain existentiel+ veut mettre la vérité aux normes de la question de l’existence. Les termes normalement moraux deviennent des termes purement ontologiques selon lui. Le Dasein quotidien est déchu : sens d’un constat, d’un descriptif. Installation du Dasein quotidien dans l’équivoque avec l’inauthenticité= la question du « qui » se voit banalisée. Je décris ce que je fais sur le mode du « on ». ex « ils » veulent untel à ce poste. Equivoque : chacun est sujet dans cette situation, mais sur un mode tel que ce n’est pas lui qui l’est : il l’est dans le « on » ou le « ils ». Fait d’être les uns avec les autres comme principe de la confusion : on ne sait plus qui fait quoi. L’intersubjectivité : terrain de la désappropriation= régime d’actes qui ne sont plus assumés en première personne : régime de l’universalisation de la troisième personne. // disc d’Heidegger/ disc moraux d’exhortation à l’action responsable. Stoïciens not. Son analyse se veut descriptive. Le problème n’est pas un problème de valeurs, mais de liberté chez Sartre : dimension exhortatoire chez lui cependant. Pas du tout le cas chez Heidegger : n’en appelle pas à un réveil de notre liberté. Etre et temps : pas une dénonciation, ni la description d’un état de servitude humaine, mais analyse ontologique de ce qui rend possible la déchéance. L’exhortation n’aurait pas de sens : la déchéance fait partie de la structure de l’existentialité du Dasein. Là où l’on parle de déchéance : tomber= tomber sur, vers quelque chose. C’est la marque de sa structure fondamentale d’être-au-monde. Le Dasein tombe sur rien d’autre que le monde. Façon qu’il a de se rabattre sur son monde. Le Dasein qui ouvre un monde se renferme sur ce monde qu’il ouvre. Le Dasein ouvre le monde en donnant du sens : par la compréhension= articulation du sens dans toute donation de sens. Interprétation (auslegung) naturelle du Dasein : interprétation de lui-même comme un étant parmi les autres de ce monde. Sorte de contradiction interne à cette attitude : pour pouvoir s’interpréter comme tel, il faut qu’il soit autre chose : ouvreur de monde, ce qu’un étant intramondain ne peut pas être. Pourtant, il a une tendance naturelle à toujours le faire. Cela que l’on appelle déchéance : écrasement du Dasein sur les étant du monde qu’il ouvre. Etre au monde, c’est être auprès des étant du monde : s’en occuper. Cela n’est donc pas un simple accident du Dasein, mais une de ses structures intrinsèques liée à son mode d’être : l’être au monde. Le Dasein peut-il lui-même avoir accès à cela ? S’il passe son temps à s’écraser sur l’étant auquel il a accès, dans quelle brèche peut passer la conscience qu’il n’est pas un tel étant ? Il ne voit pas sa préoccupation quand il y est : comment en sortir ? Dans l’existence naturelle du Dasein, il faut donc un écart pour que cela lui apparaisse. Il faut que la préoccupation puisse fonctionner à vide : cas où elle va s’évacuer comme préoccupation= cas où elle n’est plus préoccupation auprès de. Cela va être le rôle de l’angoisse : libération de la préoccupation à l’état pur. La structure ontologique du Dasein sous jacente à l’être au monde, l’être de cet étant : le souci. La solidarité de l’ontologie du souci et temporalité dans Etre et temps Cette ontologie du souci d’Etre et temps : dvpt dans sa formalité+ mise en évidence de son moteur : détermination du souci comme temporalité. La phéno de Etre et temps est caractérisée par une retemporalisation systématique de la dimension phénoménologique. Problème : le gain entre le chapitre 6 et la dernière section n’est pas toujours évident. Il y a l’être pour la mort certes, mais retemporalisation qui dvppe une diversité de formats temporels ? Bcp d’analyses phénoménologiques concrètes de la temporalité ? La temporalité d’Etre et temps : celle du souci seulement= structure formelle. C’est le constant être en avant de soi du Dasein : qui est présentifiant (fait venir les choses en avant sans cesse). Surprenant : il y a quelque chose de nouveau sur le temps= intelligible que par rapport au primat de la temporalité. Sur la rythmicité de l’existence humaine, il dit finalement très peu de choses. Solidarité chapitre 6 et dernière section : l’analyse de la temporalité n’est en fait qu’une analyse du souci. Mais cela vaut dans les deux sens : dialogue critique d’Hegel à la fin (tentative de projeter l’esprit dans le temps= l’esprit est en fait dès le départ temps, il n’a pas à faire cela donc). Leçon général du traité : l’esprit est temps. Problème : le seul contenu possible de cette formule dans Etre et temps = l’esprit est temps en tant que souci= ce qui est interrogé, c’est le souci : très concret, ce qui s’exprime dans la préoccupation quotidienne. La temporalité n’est rien d’autre que le rythme du souci. Elle fonce en avant d’ellemême : c’est le rythme du souci. La temporalité telle qu’Heidegger la construit (Zeitlichkeit) : abstraite et concrète en même temps. Les indications quant au temps renvoient toujours à la structure d’anticipation : le souci. On ne peut présentifier que d’après un projet, un avenir que l’on envisage. Sorte d’uniformité : quelle que soit l’attitude à laquelle pense Heidegger : cela demeure de la présentification= vient de l’avenir. L’analyse de la temporalité est en un autre sens plus concrète : c’est une temporalité d’usage qui est ici en question : pas celle d’une subjectivité qui aurait en elle le temps. En ce sens, elle est réelle, ouverture aux choses mêmes : temporalité comme nom ultime de la réécriture de l’intentionnalité= façon que nous avons de laisser les choses apparaître. Ce temps est fondamentalement temps pour le monde. Parce que le Dasein est temporalité qu’il est ce dépassement, cette ouverture constante. Cela est pensable, car il s’agit de la temporalité du souci. Toujours intentionnelle : souci de. Structure hyper générale et en même temps plus ancrée dans l’effectivité d’un monde qui se déploie. Les choses se manifestent intrinsèquement en tant que temporelles. Dans la dernière section : réinterprétation systématique de ce qui est présenté au chapitre 6 : pas autre chose que l’ontologie du souci mais une réaccentuation. Pensée de l’ipséité temporelle et de l’être pour la mort : façon que le temps à de se subjectiver. Dvpt sur l’ontologie du souci. Elle n’est possible que dans la mesure où le Dasein y a une certaine ouverture. Occultation du Dasein qui s’occupe d’ab de ce qu’il n’est pas. Intersubjectivité pousse le Dasein d’autant plus à se confondre avec l’être des choses. Ambiguïté ontologique du Dasein quand il se saisit. Qu’est ce qui peut l’ouvrir à lui-même : l’angoisse. Apparaît à deux niveaux d’Etre et temps : preuve du lien du chap 6 et de la dernière section : - Cadre d’une phéno de l’être pour la mort et, dans un premier temps apparaît comme stimmung qui en elle au-delà de tel ou tel étant particulier, le monde comme tel se manifeste. Monde= non comme somme des étant mais le monde en question dans la structure de l’être au monde, monde comme ce dans quoi je suis. Sentiment de n’avoir affaire à rien de particulier. Incapacité de recouvrir son souci de la préoccupation : angoisse. //Analyse de la peur : emprunt à un Ct de la Rhétorique d’Aristote : la peur est toujours peur de quelque chose : fixation sur tel ou tel étant sur le fond de l’être au monde. Cadre alors de la théorie générale des dispositions affectives. Façon de gérer l’apparition des étant de ce monde. Analyse de la peur était exemplaire et préparatoire : elle fait contraste ici avec cette autre disposition affective. Ne doit se confondre même si elle y tend. Confusion de l’angoisse et de la peur : l’angoisse dans la quotidienneté tend à se résorber en peur. Classique : // Lacan= deux ties de l’angoisse= la première se rapproche d’Heidegger. Phobies : fixation sur l’objet. L’angoisse est différente car elle est angoisse de rien de particulier. Elle n’arrive pas à assigner son objet. Ce qui est en question dans l’angoisse : le monde comme ce dans quoi j’ai à être. Si le monde apparaît comme monde dans l’angoisse : apparaît comme champ des possibles que j’ai à réaliser : champ ainsi de la liberté. C’est moi qui ait à habiter ce monde. « Exp de l’absurde » qui est en jeu en fait. Le monde apparaît comme pur espace de possibles. Le phéno de l’angoisse qui est bien réel : apparaît aux détours de nos peurs (effet de ce phéno et recouvrement de celui-ci) : l’angoisse rend le Dasein ouvert à son propre être. La projection du Dasein n’est jamais sans reste : l’angoisse intervient quand j’ai le sentiment étrange d’écart entre ce dans quoi nous sommes et nous-mêmes. C’est quelque chose qui est de l’ordre du pré-ontologique : pas complètement ontologique, thématique, mais en même temps, forme d’ouverture primordiale, confuse du Dasein à son propre être. Situation limite où il s’apparaît comme un étant pas comme les autres : l’angoisse. Authenticité/ inauthenticité font système en fait : le Dasein prend conscience de lui-même pour d’autant mieux s’immerger dans les choses. Installation sur le terrain même d’une certaine forme de chosification= façon encore d’être au monde. Cela est aussi essentiel. Angoisse va être réinterprétée ensuite dans Etre et temps comme être pour la mort. Dualité authenticité/ inauthenticité : ce qui est premier est une authenticité= régime moyen, normal. Le Dasein n’a pas d’essence à proprement parler : il n’a qu’une typicité (rappel). Ce qui est premier phénoménologiquement est dernier en fait dans l’ordre de la fondation : l’être déchu apparaît en premier lieu, mais ce n’est qu’une modalité de l’être authentique du Dasein. Celui qui a la liberté y compris de s’aliéner : le Dasein. Il s’oublie lui-même comme s’étant dévalé : mode du Dasein comme libre cepdt. Ce qui apparaît : ce qui est comme monde est ce que j’ouvre comme monde. La sécurité superficielle qui est celle du mode d’être quotidien est en réalité un effet de ce qui se révèle dans l’étrangeté : moment où le Dasein n’y est plus. Le Dasein est au monde au sens où il l’habite : moment où il n’y est plus, non au sens où il n’y est pas, mais ne parvient plus à l’habiter. Se découvre alors comme habitant : se représente la maison où il est, mais sans lui. Stratégie d’auto-effacement du Dasein et/ ou d’effacement. Sortie de la quotidienneté comme étrangeté. Se révèle le fait que cela n’a de sens que parce que le Dasein est au monde. Angoisse, l’être-pour-la-mort et le « on ». Introduit dès le départ une notation : ce qui est caractéristique de l’angoisse comme révélateur de l’être au monde= une certaine forme de solitude fondamentale= l’angoisse isole. Chacun peut s’angoisser, mais solitairement. L’angoisse en un sens est le cogito heideggerien : moment où la subjectivité s’expérimente dans sa solitude. Pas le fait d’être coupé du monde, mais apparition du dénuement de la structure d’être au monde : niveau d’une structure qui n’est pas intersubjective. « Les autres » comme moyen de nous intégrer dans le « on »= subjectivité inappropriée : inauthenticité. Moment solitaire est le contrepoids de cela : moment de l’authentique. L’être pour la mort rendra raison de cette solitude fondamentale. Forme de solipsisme existentiale à ce moment : l’être véritable du Dasein est un être fondamentalement solitaire. Par certains côtés, la position métaphysique d’Heidegger reste classique : il y a d’ab le sujet tout seul, puis à partir de ce sujet tout seul qu’il songe à l’intersubjectivité (moment où le sujet s’inauthentifie). Moment de l’esseulement du Dasein : là que le Dasein est jusqu’au bout lui-même. Philosophie de la liberté : ce qui est premier= chaque Dasein en tant que source de ses propres possibles. Phénoménologie anti-éthique : ne part pas d’ab du rapport avec autrui. Sens radical de la possibilité et angoisse. C’est ce sens radical qui l’intéresse dans Etre et temps : sens subjectif du possible. La possibilité comme subjectivité en quelque sorte : l’étant qu’est le Dasein est une instance de possibilisation. Façon dont le Dasein a d’être : le possible. N’aime pas le subjectivisme attaché à la liberté dans les réflexions qui lui sont contemporaines. Reste un philosophe de la liberté dans Etre et temps. Tournant : ce qui prend le premier pas= le concept de vérité sur la liberté : la vérité de l’être devient plus fondamentale dans l’ouverture que la liberté du Dasein. Ce qui est angoissant : non le je ne peux pas, mais le je peux : pas l’indécision, mais le sentiment que quoi que je fasse, je dois le faire. Angoisse comme exp pure du possible en tant que le Dasein est fondamentalement instance possibilisante. Il est celui qui opère l’identification. Il s’occupe de telle ou telle choses : toujours par là même en retrait. Ce qui apparaît par là même dans l’angoisse : l’être du Dasein comme souci. Les figures du souci dans Etre et temps. Qu’est ce que le souci ? On a rencontré des figures approchées de celui-ci : -dans la phéno de l’être au monde= la figure de la préoccupation au sens de s’occuper de (rapport à l’étant intramondain). -Figure de la sollicitude (fursorge) : au sens où c’est s’occuper de quelqu’un d’autre, se faire du souci pour l’autre. -Ce qui apparaît dans l’angoisse : le radical de tout cela : la sorge. Pour se soucier de, il faut être capable du souci : derrière le besorgen ou la fursorge, il y a le fait fondamental que le Dasein est souci : sorge. Cite Phèdre sur la cura. Souci : toute forme de mise en jeu de soi. Un souci de soi même : on n’a pas besoin d’en parler, car le souci est intrinsèquement souci de soi : sens fondamental du souci est mise en jeu de soi, c’est donc un pléonasme. L’être impliqué du Dasein apparaît à l’état pur dans le souci. L’angoisse : quand il reste cette pure structure de « l’être impliqué à ». Radical qui est derrière les autres figures du souci. La structure de souci est une structure qu’Heidegger ne présente de cette façon sans la temporaliser : la constitution formelle qu’il met en évidence va appeler la temporalisation. Structure formelle qu’il donne : structure du souci où Dasein est instance possibilisante. Il reste un pur en avant de soi du Dasein : c’est le souci. Au fond, le Dasein ne reste pas en place= il n’est rien. Il est fondamentalement instance de possibilité. Tout se tient. Privilège de l’avenir dans sa pensée de la temporalité : enjeu derrière cela= le primat de la possibilité. Autre nom du primat de la possibilité. Etre et temps : ouvrage sur le primat ontologique du possible. Analyse de la temporalité : ce qui est en question dans l’avenir est ce primat du possible. Primat du présent chez Husserl et primat de l’avenir chez Heidegger. Husserl : on parle d’une conscience qui est conscience du présent et à partir du présent, on rattrape les autres dimensions du temps. Seul rapp à l’avenir : l’attente : il le caractérise comme souvenir retourné. Arrive à penser le passé, mais plus diff pour l’avenir. L’avenir qui a la primauté chez Heidegger. Pour donner consistance au présent pour Heidegger= le représenter comme passé depuis l’avenir. Sur le temps, Heidegger ne dit pas beaucoup plus que cela. Husserl déploie davantage d’analyses concrètes. Temporalité, souci, primat de l’avenir et être pour la mort. Ce qui est en jeu : le sens métaphysique du possible comme liberté en fait. Ouverture de l’avenir : le Dasein est fondamentalement être de projet. Pour Heidegger, la compréhension doit se dire en termes de projet. La compréhension peut revêtir un visage théorique, mais comprendre, c’est d’ab se comporter, façon de s’y entendre au monde. Chapitre 6 : mode qui n’assume pas encore les termes temporalisants. Etre-pour-la-mort sera temporalisant. On en reste ici à l’être en avant de soi. On comprend que l’être en avant de soi n’est pas spatial : l’être au monde qui donne d’ab sens à la spatialité. C’est donc de la temporalité en un sens très épuré. Celle de l’articulation de l’existence humaine comme structure anticipatrice pure. N’importe quel evnt particulier ne fait pas l’affaire : rabat la temporalité sur quelque chose qui se trouve en elle. Quelque chose en excès par rapp à elle, mais qui n’a de sens que par rapport à elle : cas de la mort. La mort n’a en effet pas de sens sans la temporalité. La structure de fuite en avant de la temporalité est déjà là dans le simple phéno du souci. On va comprendre ensuite pourquoi le Dasein est temporel : cela est du à sa propre mort. Structure du souci : on a là ce qu’il entend par temporalité dans Etre et temps : être en avant de soi. Cela que l’on a également dans la fondation de l’intentionnalité dans la temporalité. Son être en avant de lui-même : le souci. // Fin des PFPHéno : la temporalité est fondement de la tance : fondement de l’intentionnalité= parce que le Dasein est souci qu’il peut avoir cette intentionnalité. Discussion dans le chap sur le souci : la référence au débat idéalisme/ réalisme : critique et reprise de l’idéalisme. Nous dit que l’idéalisme est intenable : toute position qui non seulement ferait dépendre l’être du monde de celui de la conscience+ toute position qui déjà prétend traiter la conscience ou le sujet comme quelque chose qui serait indépendamment du monde. A cette figure du sujet, il substitue la notion d’être au monde : le sujet n’est rien d’autre qu’une structure d’habitation du monde. Tout en étant anti-idéaliste ontique, de façon explicite, au niveau ontologique, la vérité est du côté de l’idéalisme : s’il est bien vrai que le sujet dépend du monde, il est bien vrai que l’être du monde dépend de l’être du sujet : s’il n’y avait pas de Dasein, il n’y aurait pas d’être du monde. Cet être serait muet. La notion d’être n’a de sens qu’à partir du moment où il y a une instance par rapp à qui cela est. Il y a, en ce sens, une dépendance de l’être à l’égard de la compréhension de l’être. Pas la même chose de dire que l’étant n’existerait pas si je ne le pensais pas : question est de savoir si cela aurait une signification ontologique. Cela suppose que le Dasein ait un certain type d’être : l’existence. L’être de l’étant qui a à être : fonction universellement révélatrice d’un point de vue ontologique. // Husserl : il dirait : il faut que la conscience donne son sens d’être aux choses. Pour qu’il y ait un sens au fait qu’elles soient, il faut la conscience. Chez Heidegger, cela fonctionne en circuit fermé : statut d’un étant qui fait partie du jeu de l’étant par rapp à la conscience husserlienne. L’instance par laquelle advient le jeu des choses se trouve parmi les choses : tendance à même s’interpréter comme une chose parmi les choses. Indulgence spectaculaire à l’idéalisme après avoir insisté sur la facticité. Philosophiquement, c’est forcément l’idéalisme qui a raison. Seule une philo qui hérite d’un certain idéalisme peut penser cela. Le Dasein est une instance fondamentalement véritative. D’une certaine façon, il n’y a d’être que parce qu’il y a vérité. La vérité de l’être n’est pas dissociable du fait qu’il y a quelqu’un qui ouvre cette vérité : le Dasein. §44 : reprise des analyses sur le sens, la compréhension, l’ouverture du monde. Reprise étrange. Ce qui caractérisait son analyse du sens : le sens n’est pas à hypostasier. Important dans le sens : sa dimension de dévoilement. Cette analyse semblait subordonner le sens à la vérité. Cela est vrai au prix d’une dimension vertigineuse : pourquoi le sens est toujours déjà véritatif, monstration de quelque chose ? Il y a pour lui vérité que parce qu’il y a ouverture. Vérité : simple fait que le Dasein, par le fait d’être, ouvre un monde autour de lui. Façon de réengager le sens par la vérité. L’envers de la vérité : la liberté du Dasein : le Dasein ouvre des possibles, des vues sur le monde par le type de possibles qu’il ouvre, les projets qu’il se donne. Dissolution de la tie de la conn traditionnelle : idée de la vérité de l’existence que l’on trouve au cœur du souci (§44). Pour que la vérité advienne, il suffit d’exister. Prochaine séance : l’être pour la mort. 10/01/2006 L’intentionnalité : creuser plus profond pour donner une raison du caractère intentionnel de la conscience humaine : but de sa reprise. Le Dasein est fondamentalement : toujours déjà pris dans l’occupation et se définit par elle. Dans quelle mesure cette structure peut-elle se ressaisir elle-même ? Notion de réflexivité : associée à une subjectivité théorique : ce que l’analyse du Dasein comme souci devait dvpper. Dans quelle mesure le Dasein peut-il être ouvert à sa propre structure ? Dans quelle mesure peut-il être ouvert à lui-même ? Question de l’identité du sujet : celle d’une identité qui ne s’identifie pas à celle de la chose (constance dans le temps, intra temporelle : son mode d’identité). Identité du Dasein : identité de quelque chose qui n’est pas dans le temps non au sens où il est atemporel, mais c’est le temps lui-même. Revisite à cette occasion la question classique de l’identité personnelle. Selbst : trad du self lockien (emploie pour la conscience la notion de self : sameness pour les choses : l’identité de la conscience ne peut être correctement définie en termes d’identité chosique). Cette question est celle de l’ipséité : question de l’identité qui n’est pas chosique : capacité pour une chose d’être soi-même (suppose que l’on ait affaire à un soi). Le Dasein est souci : régime du verfallen. Risque : la dispersion. Si je suis sans arrêt dans le souci, je suis dans l’éclatement même qui est celui de l’occurencialité des choses. // bavardage et curiosité= le laisser aller dans la fascination des choses : je ne peux me rattraper moimême dans cette dérive. Risque inhérent au Dasein : la dispersion. Le Dasein est être auprès de : mais où est-il lui-même ? Si on cherche pour lui un lieu opposable à celui des choses auprès desquelles il est : on ne peut le trouver. Heidegger : souci de retrouver une forme d’unité pour le sujet est encore là. Mais si on cherche une unité de type chosique, on ne peut y arriver. Le bon terrain pour répondre à cette question : pas la pensée du sujet, mais ne congédie pas cette question : propose de trouver le bon terrain pour y répondre. Ne dépeint pas une subjectivité éclatée irrémédiablement. Problème de penser le type d’unification d’une telle instance qui est structurellement dans la dispersion. Recherche un mode d’identification pour lui. Identité, être pour la mort et cogito. L’être pour la mort va servir à verrouiller l’identité du Dasein : sert à penser la structure d’une subjectivité qui n’est pas dans la simple dispersion de ses préoccupations, mais a une forme d’identité essentielle dans cette préoccupation. Comment alors penser l’unité d’une existence ? Penser l’identité de quelque chose qui peut (possibilité, puissance : être par lequel le possible existe) varier est ici en question. On s’intéresse à un étant qui est l’étant du possible. Tout possible pensé comme possible objectivé : ce sur quoi on peut se donner la vue de la quasi effectivité. Il est toujours au-delà de l’effectivité. Sens originaire du possible qui met en jeu la liberté= ce qui ne s’arrête jamais à la figure d’une effectivité : elle ne peut se figer dans la figure d’une quelconque effectivité. Le Dasein est toujours en amont, en écart par rapport à ce dans quoi il est. Dasein apparaît alors comme quelque chose que l’on ne peut fixer, arrêter : comment penser alors sa constance ? Qu’est ce qui fait que dans chacun de mes actes, c’est le même Dasein qui existe ? Identité qui a elle-même à se constituer. La subjectivité a une identité propre, mais cela est à constituer. Nous ne pourrions pas vivre notre existence sans l’identité existentielle : celle-ci dépend de la mort, de notre mort. Façon que notre vie a d’être habitée par la mort : condition de l’ispéité. Fonction intégratrice de l’être pour la mort. L’être pour la mort= instance de la synthèse ultime : derrière encore l’unité synthétique de l’aperception. Il nous présent un « je meurs » à la place du « je pense » : en tant que conscience de mort, elle structure mon existence. Même rôle : une unité existentialisée et désintellectualisée. L’épreuve de la mort= le cogito heideggerien : ce dans quoi cette instance s’appréhende dans son propre mode d’identification. Le cogito débouche ordinairement sur la substance : quelque chose qui a le mode d’identification d’une chose. Avec l’être pour la mort, on découvre au contraire une identité non chosique même si cette entité a la même fonction et le même rôle que le cogito. La définition du Dasein comme souci aurait pu nous conduire à une thèse empirique de la dispersion : le Dasein se tient auprès des choses dont il s’occupe de façon dispersée. Heidegger nous dit que ce qui rassemble le Dasein en soi, ce qui fait que le souci ait une structure qui a une certaine persistance : le rapport fondamental à la mort. Emploie la notion de selbstandlichkeit : se tenir comme le même, sur le mode de l’ipséité : même terme que l’autonomie en all. La constance du Dasein a à voir avec l’autonomie : rapport donc intrinsèque avec la notion de liberté. Cette constance est aussi bien celle d’un être au monde. Le Dasein est constant dans sa façon d’habiter le monde. Comment penser la capacité pour le Dasein de maintenir une certaine forme de cohérence dans l’existence ? Le Dasein ne peut être autrement qu’habité par une forme de préoccupation. Dans la solution proposée par Heidegger : façon de relayer un thème traditionnel. L’épreuve de la mort authentifie le Dasein : il est conduit à rassembler l’ensemble de son existence. Attention : pas un descriptif seulement ontique. // formule de Solon. La question n’est pas celle-ci pour Heidegger : c’est une question qui est au plan ontologique : question du type de rapport global à mon existence que suppose le rapport avec la mort. Mort accompli : mort des autres. Rapport à mon propre être en tant qu’être mortel : épreuve là de la possibilité que tous ces possibles puissent s’abîmer, disparaître. Cela est irreprésentable : un possible de plus. Paradoxe : de cet irreprésentable, j’ai une forme de savoir implicite ; quelque chose qui structure mon existence même. Pour que le concept soit opératoire : 1-l’être pour la mort doit être une structure de la quotidienneté : quels que soient les efforts pour s’en prémunir. Structure inamovible de son existence. 2-l’être pour la mort doit être en même temps quelque chose de fondamentalement occulté. Possibilité de l’être pour la mort de sortir du recouvrement qui lui est intrinsèque ? Ne pas penser à la mort= s’abrutir dans la préoccupation= façon de recouvrir la mort mais, penser à la mort l’est aussi. Représentant la mort, je la place sous les conditions d’un étant intra-mondain= par là on n’est plus dans la radicalité de l’être pour la mort. Cette façon de n’être plus dans la radicalité : le plus courant. Comment sortir de cela ? Comment l’être pour la mort peut-il apparaître comme rapport à quelque chose qui n’est pas de l’objet. La conscience de son être mortel : pas une conscience intentionnelle au sens étroit= c’est une conscience diffuse : le modèle est trouvé dans la stimmung : c’est quelque chose qui est de l’ordre d’une disposition affective, d’une atmosphère. Va donner une identité particulière à cette stimmung : celle qui joue ce rôle est l’angoisse, c’est la stimmung de révélation de la mortalité. La mort est une structure de l’existence : elle fait partie de la vie et n’est même que là. Problème : la mort en tant que quelque chose qui habite notre existence. Ce qui se trouve au sein de l’existence s’y trouve comme une limite au sein de cette existence.= ce qui à l’intérieur de cette existence est éprouvé comme le point d’annulation de cette existence. Le Dasein est l’être des possibles. La mort : c’est la figure de l’annulation de ces possibles. Mourir : ne pas pouvoir, c’est le passage de l’état d’impouvoir. Il n’a de sens qu’au sein du pouvoir lui-même. Question du contre sens, de l’absurdité dans le cadre du traitement de la compréhension : la question de l’absurdité n’a de sens que sur fond de sens. Ce n’est pas un sens parmi d’autres : c’est l’épreuve par le sens du fait qu’il a un envers. Dans l’existence du Dasein, il y a un possible pas comme les autres : celui de l’annulation des possibles. Cette question nous conduit au fait que tout est possible pour le Dasein y compris la sortie de l’horizon des possibles. La mort est intéressante dans la mesure où elle est un problème pour nous : le caractère impensable et irreprésentable de la mort. La mort est, après tout, tout à fait pensable : la philo traditionnelle reste en suspens devant cela : l’essentiel de la question de la mort n’est pas par là atteinte. Quand on parle de finitude après Heidegger : pas juste le fait qu’un jour on mourra. C’est quelque chose qui passe par l’intermédiaire du comprendre= façon de poser des projets, façon d’ouvrir le monde, de s’y situer. Paradoxe : à l’intérieur de ses projets, le Dasein rencontre toujours et peut rencontrer la possibilité que les projets ne soient plus possibles : c’est la mort. Il manque ce qui se passe à l’intérieur du projet même du Dasein quand il rencontre l’impossibilité de soi. Quand il rencontre cela qu’il prend conscience de ses possibilités, qu’il s’apparaît comme possibilisant. // Qu’est ce que la métaphysique ? : discute une des structures les plus enracinées de la métaphysique : la métaphysique comme ontologie s’est entendue comme doctrine de l’étant comme quelque chose, le non rien. Rôle d’opérateur essentiel du concept de néant. Ce que faisait la métaphysique sur l’étant devant la main : ce qu’Heidegger fait sur le Dasein dans l’écart même que cela suppose. Dans la confrontation à son être que le Dasein peut se percevoir comme un. Elle s’assigne comme elle-même cette identité comme non néant, au sens de ce qui n’est pas impossible. L’épreuve de la non impossibilité. La mort a pour sens fondamental l’effondrement de la possibilisation=La figure du ne plus pouvoir. Le Dasein peut se représenter lui-même comme ce qui est exposé à cette possibilité de l’impouvoir. Intersubjectivité et être pour la mort. Autre thème qui va de pair avec cela : l’insubstituabilité. Ce qui nous vole notre mort à chacun : les autres. // Thème de l’inauthenticité venant des autres chez Sartre. Multitude de revêtements imposés par les autres qui empêchent que la mort apparaisse comme un problème. Personne ne peut pourtant la prendre en charge à notre place. Accent solipsiste ici : il appelle cela le solipsisme existential. Je ne peux être un ipse, avoir l’identité de l’ipséité que dans la solitude. La lecture heideggerienne de l’ispéité : pas celle de la responsabilité surtout à l’égard des autres. Mon ipséité s’assigne dans ma capacité à faire face à mon destin. Cela permet aussi bien un rapport à l’autre authentique : la vraie communauté semble être la communauté des mortels : rapport respectueux de la liberté d’autrui comme mortelle. Mais notre ipséité ne résulte pas de cela, c’est l’inverse. Elaboration de la figure de l’ami est rendu possible par là, mais elle est seconde : l’amitié est un rapport de mortel à mortel au fond, sorte de complicité devant la mort : cela ne signifie nullement que l’un prenne en charge la mort de l’autre : cette complicité est liée à la connivence de deux libertés assumées. Prise de conscience de nous-mêmes comme être de possible. La phéno de ce possible que nous déployons pour la première fois va avoir un écho assez directement temporel : ressort de la temporalisation des structures analysées avant. Ce fondement temporel se comprend que depuis la structure fondamental qu’est l’être pour la mort : c’est ce qui temporalise le souci. Ambiguïté : l’être pour la mort nous place sous l’espèce du ne-pas-encore par rapport auquel toute objectivation trop rapide nous apparaît comme impropre. Se fixer sur le problème du quand : ne pas comprendre le ne-pas-encore. L’essentiel du nepas-encore : la structure présente d’ouverture au fait que nous ne nous réduisons pas encore à ce à quoi on se réduira. Forme d’inaccomplissement qui n’a rien à voir avec l’inaccomplissement ontique. Ex métaphore hégélienne (tout le dernier moment d’Etre et temps : dialogue implicite avec Hegel : recherche d’un sens de la négativité plus radicale que chez Hegel= sans synthèse). Cette négativité derrière le ne-pas-encore de la mort. Etre vraiment pour moi= être possible. Là où il n’y a plus de dimension de possible, je ne suis plus. Je ne suis pas accompli par là, je suis autre chose. Il y a une forme d’inachèvement essentiel qui fait que le Dasein est habité par le souci de cet inachèvement. Sa façon d’être est d’avoir à être. La mort est l’idée de cette annulation de cet avoir à. La mort est cet être en avant de soi du Dasein, en tant que le Dasein est une négativité qui en tant que telle cherche à s’annuler elle-même : elle y arrivera, mais ce succès sera son échec : disparaît à ce moment sans reste. Caractère ontologiquement insaturé du type d’étant qu’est le Dasein. Le Dasein serait fondamentalement structuré par l’anticipation de sa saturation : c’est l’être pour la mort. Déchéance : rien d’étranger à l’être pour la mort, façon impropre d’être pour la mort : comment être au max comme une chose, nous qui ne sommes pas une chose= ce qui est en question ici. Dans la chosification, la liberté est là, mais s’aliène. Elle se place sous le régime d’une fausse mort : quelque chose comme une mort mais existée. Ce qu’il y a derrière cela : la mort comme annulation de l’existence. L’être pour la mort : la notion de devancement, se devancer dans la possibilité en courant après la possibilité qu’il n’y ait plus de possibilité. Les possibles s’ouvrent du Dasein : viennent de son existence. L’être pour la mort : le Dasein est structuré par une tension vers l’annulation du possible. Cette tension est ce qu’il y a au cœur de cette notion d’être en avant de soi= devancement. Emploie des termes quotidiens : l’existence du Dasein = il poursuit sa propre annulation, fuite en avant. Descriptif proche du descriptif pascalien : conn très bien Pascal. Le cite au déb d’Etre et temps (la notion d’être serait trop général) : recours surprenant et qui semble inutile. Pas cité ici et pourtant ! Dasein obsédé de sa propre ipséité : égoïsme existential qui va de pair avec une critique virulente de l’égoïsme existentiel. Reprend là des formules pascaliennes sur le moi : pourtant son moi est encore dans l’impropre dans son rapport à l’autre et à la mort. La question de la mort vient bousculer le moi. Ce qui fait l’identité du Dasein : l’ouverture à la possibilité de la disparition de cela : là qu’il puise les ressources de son identité. Sorte de phéno sans Dieu : d’une ipséité authentique qui n’a pas la ressource d’un Dieu. Il faut accepter le fait que l’on soit mortel dans la structure même de notre existence : il faut affronter résolument cette finitude. Dans quelle mesure cette structure d’être pour la mort, en tant que son mode de fonctionnement normal est de se recouvrir, peut s’apparaître à elle-même dans l’authenticité ? Les analyses menées précédemment : souci →structure de l’être pour la mort : analyses ontologiques. Dans quelle mesure cet être peut-il être visible au niveau ontique ? Cet étant c’est le Dasein. Comment dans les figures concrètes du Dasein (niveau existentiel) une structure existentiale comme l’être pour la mort peut elle devenir visible ? Comment quelque chose pour l’être pour la mort= cœur subjectif du souci= ce qui dans la structure de souci est le plus éloigné de l’étant dont on se préoccupe : l’étant dans sa préoccupation, comment cela peut-il devenir visible ? Question de l’attestation existentielle de l’authenticité. Cette possibilité n’est pas une possibilité comme les autres, mais peut être expérimentée que sur le terrain des possibilités de l’existence. Elles renvoient toutes au fait que la liberté pourrait ne pas être. Comment cela devient visible ? L’appel de la conscience. Heidegger a l’idée qu’il y a une forme d’attestation existentielle de cette structure du Dasein. Un des passages les plus diff d’Etre et temps : s’empare de termes qu’il tord bcp. Passage le plus moralisant. Ne fait pas une exhortation, ne formule pas des normes, mais ici les termes employés font signe vers cela. Das gewissen : toujours servi pour dire conscience morale. Le terme employé par Heidegger : das gewissen : ce que l’on est obligé de trad par conscience morale. On ne peut se contenter de dire conscience : cela serait contre sa critique du théoricisme. Il s’agit ici de la conscience en tant qu’instance d’injonction. La notion de conscience est liée à celle d’appel de la conscience : bien ce que l’on appelle d’ordinaire conscience morale. Problème : on a l’impression que son discours porterait une forme de normativité. Nous sommes dans l‘existence déchue et, heureusement nous avons la conscience qui nous rappelle à l’ordre : pas ce qu’il veut dire cepdt. Une des limites de Greisch : moyen de tirer une éthique d’Heidegger (inspiration de Ricoeur chez lui). Emploie des termes connotés moralement et deviennent quelque chose de purement formel quand ils les épurent. Déplace une certaine phéno : celle de la conscience et celle de la culpabilité : va isoler dans cette philo la même structure d’écart. L’être des possibles est toujours en écart, même par rapport à ce qu’il peut. Thème de l’impossibilité pour le Dasein de se fondre jamais dans les possibles qu’il réalise : il est toujours en reste par rapport à cela : le Dasein peut toujours autre chose. Sa structure de possibilisation est irréductible, il y a toujours un reste. // Thème de l’être en dette du Dasein. Sorte de relecture de la CRPr qu’il démoralise et ontologise. Pèse sur nous le « tu dois », toujours un écart par rapport à lui… Derrière cela, dans la mesure où nous sommes des étant qui existons, nous sommes des étant qui sommes dans l’écart. Cf existence comme l’être de l’étant qui a à être. On introduit là un écart fondamental. Le Dasein comme liberté : comme irréductible à quoi que ce soit qu’il serait. Il est toujours par définition irréductible à ce qu’il est. Au fond, dans toute figure de l’être du Dasein, il y a toujours le risque de la mauvaise foi : au fond, dire que je suis telle ou telle chose, c’est par là même, ouvrir et manifester le fait qu’on ne l’est pas. On n’est jamais seulement cela : l’être au sens actif de l’existence : toujours possibilité. Heidegger va dvpper une phéno de la dette en un sens épuré : sens de la différence, de l’écart. Le Dasein est structurellement en dette : il n’a jamais donné tout ce qu’il est. Le Dasein n’est jamais ce pour quoi il se donne : là est la figure de la dette. Une dette qui structurellement ne peut être comblée. En réalité, c’est une figure de l’inauthenticité. On a affaire à toute une série d’étapes : 1-l’essentiel dans la « conscience qui rappelle à l’ordre » (gewissen : conscience qui dérange seulement ici : rappel abstrait : rappel d’une insatisfaction, d’une inadéquation : tu sais bien au fond que tu n’es pas seulement dans ce que tu fais là). Ton être profond ne se réduit pas à cela. On va isoler cette instance. 2-on va dire ensuite que l’essentiel de cette conscience. Nous sommes coupables. En all, la notion de culpabilité est la même que celle de la dette : nos fautes sont nos dettes en all. Sa lecture consiste à tout miser sur la notion de dette. Fondamental : l’être en dette. Cela a valeur fondationnelle. La culpabilité est dérivée : possible que sur le fond de l’être en dette plus fondamental. Cela suppose une certaine interprétation de l’être en dette : a un fondement différent de sa surface. L’être en dette : toujours être en dette de telle ou telle chose. Si nous sommes capables de devoir des choses, parce que fondamentalement nous devons toujours déjà. Nous devons fondamentalement sans devoir telle ou telle chose. Pourquoi devons nous nous sentir en dette ? Cela est du au sentiment de l’écart : on peut toujours être à côté de ce que nous sommes : non coïncidence du Dasein par rapport à lui-même. Conséquence du fait qu’il ne peut s’effacer comme être possibilisant. Qu’est ce que débusque la conscience morale ? Nous même comme pouvoir : elle fonctionne comme révélateur de notre liberté. Ne réfléchit pas sur la philo morale pour elle-même. Son problème : partant d’une lecture symptomatique de la philo morale, repérer des symptômes de quelque chose de plus ontologique. Ex intérêt pour ce de quoi est le symptôme la culpabilité par ex. La phénoménologie de l’attestation dans la figure de la moralité comme être en dette : phénoménologie qui n’a la signification que d’une preuve d’une structure ontologique qui n’a rien en elle-même de morale. Attention : Ce chapitre touche des thèmes classiques de la philo morale, mais son objet n’est pas moral, sauf à dire que la morale est le problème du soi (sens de la morale des stoïciens par ex). Pour Heidegger cela ne recouvre pas le champ des questions que la philo morale pose ordinairement. Sens à passer par la conscience ? Pas de donner une instance de plus : ce n’est pas une structure du Dasein, de l’être au monde de celui-ci. Ce qui intervient ici : un scénario, quelque chose qui se passe. Modèle mobilisé : modèle métaphorique du témoignage : quelque chose qui se passe, qui montre que. Comment l’être pour la mort peut apparaître ? Ce qui l’intéresse : la structure d’appel de ce que l’on a appelé conscience. Moment où le Dasein est appelé. Moment où il est mis devant lui-même en tant qu’être pour la mort. Figure : celle de l’appel. Ref sous jacente : Nietzsche : seconde partie d’Ainsi parlait Zarathoustra : appel où Zarathoustra est dérangé dans son prêche. Moment où il comprend qu’il est une rupture. Figure de la vocation qui est celle de la conscience appelante ici. Important dans l’affaire : pas la substitution d’une tâche par une autre, mais la sortie de ces gonds : façon dont la liberté s’éprouve comme pure possibilité. La figure de l’appel : ce que Heidegger veut retenir de la notion de conscience. Intérêt pour cette conscience : elle parle, elle est une voix. Problème : savoir qui parle dans cette conscience ? Heidegger nous dit que toute stratégie consistant à référer l’appel à une instance ou une autre ontiquement déterminée, fut-elle tante= stratégie qui consiste à éviter la radicalité de l’appel. L’appel : personne n’appelle= ce qui appelle est une instance qui n’est pas réifiable, on y découvre au contraire l’impossibilité de la réification. Nous même appelons en tant qu’habité par le rien, en tant que pure instance de possibilité. Ce qui est appelé : le Dasein dans sa solitude/ ce qui appelle : le Dasein également : il est appelé et appelant : écart du Dasein à lui-même derrière cela. Cette altérité de soi à soi nous installe sous le régime de l’anonymat : Altérité abyssale vs altérité à l’égard de l’autre. Je ne peux même pas lui donner de nom. Je suis ce que je n’arrive pas à faire objet. On pourrait attendre ici la figure de l’interpellation éthique ; ce n’est pas autrui dans l’autre ici : l’autre ici en question, c’est moi-même. Toujours des stratégies de réduction de l’altérité de l’autre vs celle du Dasein à lui-même. Le Dasein dans ce rapport à lui-même très ambigu : d’ab la passivité par rapport à lui-même : il y a en lui une capacité de se déranger soi-même dans toutes ses attitudes. Il a en lui le destin de sa propre liberté. Prochaine séance : la notion de « résolution ». 17/01/2006 Résolution, liberté et ouverture. Sur la résolution : entschlossenheit. Jeu de mots : le Dasein a une fonction véritative fondamentalement, il est ouvreur de monde : ouverture= erschlossenheit. Il y a une affinité en all entre ces deux termes : la notion de résolution, mode d’être authentique du Dasein, a un lien avec celle d’ouverture. Attention : le Dasein ne doit pas forcément être résolu pour ouvrir un monde : il ouvre toujours un monde. Résolution : façon que le Dasein a d’être en assumant l’ouverture au monde. Il joue sur cette facilité. Façon que le Dasein a d’assumer sa fonction d’ouverture. Dans une représentation traditionnelle de la liberté, la résolution semble l’affaire du Dasein solitaire : personne ne peut la prendre en charge à ma place. Attention : solitaire ne veut pas dire détaché du monde. La résolution est solitaire sans être coupée du monde : c’est une attitude d’un être qui est toujours au monde. // notion d’engagement chez Sartre. Chez lui, cette notion prend une dimension plus activiste cependant. La liberté na pas forcément la connotation d’une activité chez Heidegger : c’est plus laisser les choses nous apparaître. « En tant que résolu, le Dasein agit. Mais évitons à dessein le terme « agir » ». Le Dasein est ouvreur de possibles : cela n’est pas forcément une activité. La notion de projet : je vais être sur tel ou tel mode, certaine façon de laisser les choses être d’une certaine façon plus que je vais faire telle ou telle chose. Noyau de cette liberté alors ? C’est l’ouverture au possible et par le possible : assumer le fait que le Dasein ne se réduit jamais à telle ou telle chose : c’est un lieu de possibilisation + par le fait que le possible arrive dans le monde que le monde arrive. Résolution : la figure de l’assomption de cela. La résolution n’est pas la figure d’un Dasein coupé du monde. Il est question d’assumer notre position dans le monde. Ce qui construit : le lien entre liberté et vérité : le Dasein est le lieu de la vérité, la vérité première est celle de l’existence, une existence qui ouvre un monde. Attention au sens du mot « monde » ici : il ne peut y avoir de monde que pour, et par, un être libre. On n’a pas affaire là à un idéalisme métaphysique, mais le monde n’a de sens que dans la mesure où il y a liberté. Par la liberté s’ouvre un monde. La résolution, la mort et l’appel de la conscience. La résolution est la figure de l’acceptation de cet appel de la conscience morale (gewissen) . Elle nous rappelle que nous sommes constitutivement en dette ; nous sommes marqués par un écart constitutif. Nous sommes toujours en retrait par rapport à ce que nous sommes. Notre être est le manque. C’est la figure sartrienne de la négativité. La conscience morale n’est que la figure de rappel de cette négativité. La résolution est l’assomption de cette négativité. Attitude par laquelle nous nous assumons comme instance de possibilisation. Pour Heidegger, cette attitude de résolution (assumer d’être le Dasein comme pouvoir être) est liée à la possibilité fondamentale : la mort. Attention : ce n’est pas un projet comme les autres, car il touche l’envers de tout projet. Notre rapport à nous même comme instance de possibilisation est adossé au fait que tous ces possibles peuvent s’annuler. Pas le simple retrait d’un étant dans le monde. Enjeu : annulation de tout pouvoir. C’est l’expérience par une liberté de sa propre négation possible. Cette perte de liberté est l’idée de l’évanouissement du possible. Conscience d’arrière plan de la possibilité de notre effondrement comme instance de possibilisation. Sorte de conscience d’annulation de la liberté en son propre sein. Sur le fond de cette impossibilité que le Dasein peut s’ouvrir. Cf Qu’est ce que la métaphysique ? : Construction de formes d’être par la négation de la négation. La métaphysique traditionnelle s’est présentée comme doctrine du quelque chose, opposé au rien. La liberté du Dasein est du possible qui se détache de la figure de l’impossibilité qui serait la mort. Le néant en jeu : logique dans Qu’est ce que la métaphysique ? / Néant existentiel qu’est la mort dans Etre et temps. Problème : comment trouver une forme de négativité qui s’attesterait dans l’existence ? Redéfinition de la négativité par rapport à la tradition. Comment la mort peut-elle être présente ? Cela met en jeu une structure de devancement. Le Dasein est dans une structure d’anticipation globale de mon effondrement dans la mort comme horizon de totalisation de mon existence. Reprise avec le fil conducteur de la temporalité. Par quoi découvre ton cette temporalité du Dasein : par l’être pour la mort= parce que nous sommes pour la mort que nous nous appréhendons comme temporels. L’être pour la mort est la clé du sens global de la temporalité. Si notre existence n’était pas temporelle, nous n’aurions cette expérience de l’être pour la mort. Le sens de la temporalité se voit porté par l’être pour la mort, mais ce dernier révèle la temporalité. La temporalité n’est jamais traitée frontalement avant le § 60. On a des allusions mais cela semble énigmatique. Il fallait avoir l’être pour la mort pour traiter de la temporalité. Si je n’ai pas l’être pour la mort, je n’ai qu’une entente inauthentique de la temporalité. Il fallait ce moment de vérité de l’être pour la mort pour dégager la temporalité vraie. Cela recoupe un autre aspect du texte à ce moment : son descriptif de la temporalité reste formel, il dégage une entente du temps qui dégage le temps du problème de l’objectivation. Cf Husserl, et Bergson notamment qui est cité. Redonne au temps une consistance qui ne serait pas celle du temps objectif. Attention : spécifie bien que son problème n’est pas celui de Bergson. Sur le fond cependant, il indique qu’il n’oppose pas un temps qui ne serait pas vraiment du temps et un temps qui l’est vraiment. Y compris le temps vulgaire (celui qui permet de donner des places temporelles aux étant intramondains), c’est bien du temps même si c’est en un sens dérivé. Le temps doit être interprété dans l’horizon de sa vérité : la temporalité de la résolution. Mais ce temps vulgaire reste du temps, une attitude temporalisante du Dasein. Ce temps reste du temps de plein droit. L’être pour la mort était indispensable, même pour parler du temps au sens le plus ordinaire : cela parce qu’il est lui aussi réellement du temps. Ce n’est pas qu’une mésinterprétation du temps : cela participe de la temporalisation. Depuis le sens originaire du devancement que toutes les formes de compréhension du temps sont possibles, y compris la compréhension du temps calendaire. Du sens originaire de la temporalité que l’on comprend vraiment la temporalité dans toutes ses formes. Chapitre sur la temporalité du souci : les considérations sur les modalités concrètes de cette temporalité du souci sont aussi tardives et minimales : chapitre surtout centré sur l’être pour la mort et la résolution. Problème de la totalisation du Dasein : n’est plus quand il est totalisé. Cela ne l’empêche pas d’être un tout : pas quelque chose que l’on peut objectiver comme un tout. Tout qui se sait tout sans pouvoir se totaliser, sans pouvoir être totalisable : c’est la notion d’être pour la mort. Notion qui reste une structure ontologique formelle également : conscience de totalité dans l’impossibilité de se totaliser. Je peux être un tout pour les autres mais alors, je ne suis plus un Dasein : cela n’est possible qu’après la mort. Respecter la liberté d’autrui : ne pas le totaliser dans un tout défini, en tant que liberté, il n’est jamais seulement ce qu’il est. Ontologie du sujet, ipséité et être pour la mort. Introduit la notion d’ipséité : §64 : réponse à une des questions fondamentales d’Etre et temps : problème de l’ontologie du sujet. La tradition parle du sujet dans l’expliquer. Avec la position ontologique existentiale, il y a enfin une réponse à la question sur l’être du sujet, sur ce qu’il est. Cette réponse : l’être du sujet est l’ipséité. Ce qui définit le sujet est l’être soi-même. Renversement par rapport à une perspective traditionnelle sur le sujet : sujet et problème de son identité qui n’est pas celle d’une chose. On ne peut utiliser les mêmes outils. C’est la question de l’identité personnelle. Il faut traiter pour lui cette question comme un symptôme. Derrière cela, il y a l’irréductibilité de format ontologique du sujet à l’ordre de l’étant intramondain. Heidegger renverse la question : si on s’est fixé la dessus, c’est parce que l’être du sujet est dans son identité. Ce qui est premier= l’identité. Le sujet est sujet parce qu’il est lui-même avant d’être sujet. Il est structuré par l’être pour la mort : en tant qu’il est pour la mort, il s’approprie à lui-même comme étant lui-même. L’être pour la mort est toujours forcément être pour ma mort. Attention : je ne suis moi qu’en tant que je suis menacé par la mort. La mort est l’acte à un seul personnage. C’est le rapport à la mort qui me permet d’être un ipse. D’une certaine façon, cela permet de concevoir des modalités d’authenticité (des degrés) pour être soi même. Problème : quand pose la question « qui est le Dasein ? » : il répond par l’inauthenticité : le on. Ce « on » c’est la figure d’un être soi même « moins ». Situation où je ne suis pas moi-même : cela en tant que je laisse en moi les autres être à ma place. Cela passe par un recul devant la mort. Ce rapport ne peut disparaît entièrement pour que je sois un Dasein mais il y a des figures de recouvrement. Comment ne pas être soi-même ? Une façon de ne pas être soi même est toujours un être soi même : il faut un soi. On peut réinterpréter cela sous la figure de l’être plus ou moins pour la mort : la réponse ultime à la question qui est dans le soi en tant que le soi est ce qui est pour sa propre mort. Le premier geste d’Heidegger est de reprendre le thème de l’être du Dasein en lui assignant l’ispéité comme caractéristique ultime. On assigne là au Dasein un être qui est en soi un programme. Il est intrinsèque à cet être d’autoriser de l’authentique ou non. Pas de sens de se représenter et irreprésentable de penser un Dasein sans inauthenticité. Le Dasein en tant qu’ipse est ce qui convoqué par l’appel de la conscience. Pour que l’appel de la conscience soit possible, il faut l’écart et la chute. Le soi ne précède pas le fait d’être pour soi-même une question. Influence énorme de Kierkegaard ici dans cette problématique de l’être soi même. La résolution n’est pas séparable de l’être au monde. La temporalité du Dasein : le lieu de cela §64-66 sur la temporalité seulement en fait même si le chapitre y est normalement consacré. Définition d’une priorité de l’avenir (vs futur) : quelle place pour les autres dimensions du temps ? La temporalité est dans l’être pour la mort : sentiment qu’il introduit quelque chose qui, en fait, est présupposé par l’être-pour-la-mort : circularité herméneutique ici. Cela tient à la dimension de l’avenir. Emploie le terme de futur en fait : Zukunft. Le futur serait la modalité du ne pas encore mais en tant que représenté. Sorte de passé retourné, passé projeté dans l’avenir. Chez Husserl dans les leçons sur le temps, on peut trouver cela. Il dit que l’attente n’est que du souvenir retourné. Mais qu’est ce qui rend compte du « je projette vers l’avant » ? L’avenir, au contraire, est l’ouverture de ce qui vient. C’est l’ouverture même du possible : ce que je ne peux jamais clore. Le Dasein est possibilisation : même si ce qui lui arrive ne déploie pas une richesse dans ses possibles. Cela que l’on place ordinairement dans le terme de l’avenir. Futur : un mode de remplissement de l’avenir. On traite cela comme du quasi passé. Alors que pour l’avenir, on a affaire à quelque chose de fondamentalement autre. Heidegger joue sur les termes en rapprochant : Zukunft et zukommen= revenir à, ad-venu. Le Dasein a un avenir dans la mesure où il est être advenant. Etre par lequel quelque chose arrive. Le Dasein est celui par lequel les possibilités s’ouvrent. La phénoménologie du temps va être adossée à l’ouverture et à l’avenir. Deux tendances dans l’histoire de la philo : A-le présentisme. Privilège du présent comme moment de ce qui est donné. Ce de quoi on part pour reconstituer les autres dimensions du temps. Chez Heidegger, ce n’est pas du tout la dimension privilégiée. Partant du présent, on s’empresse de constituer le passé. Toujours le même privilège d’une entente de l’être comme réalité. Comment étendre cela à ce qui a été ? Evidence que le présent est, que le passé a été, mais cela pose un problème pour l’avenir : ce qui n’est pas n’est pas du tout= alors la philo s’est centrée sur la mémoire et l’avenir était secondaire. Husserl gonfle le présent en y incluant la rétention (le passé immédiat qui est encore donné). Problème de l’avenir : rien n’est donné. Husserl nous dit en même temps : dans le flux temporel, à chaque instant surgit une nouvelle impression. D’où vient alors le nouveau ? Réponse s’Heidegger : il est pensable car, c’est par lui qu’il faut commencer. Ce surgissement est en fait premier. Problème : partir du rapport fondamental à l’avenir pour reconstituer les autres dimensions du temps. Quelle est la dimension propre, originaire du temps ? Ce qui est expérimenté dans l’authenticité pour Heidegger, c’est au contraire l’avenir, c’est le lieu de l’expérience authentique du temps. D’une certaine façon, ce qui joue le rôle de la rétention pour Heidegger : l’être pour la mort, lieu de l’écart temporel ressenti. Il y a probablement là une certaine influence de Nietzsche : possible lecture de l’éternel retour. Poser d’abord la question en termes d’anticipation de ce qui viendra. Ce qui arrive n’est jamais considéré tout seul, mais sur le mode de l’avenir. La temporalité du souci. La dimension fondamentale, de quoi le sens de la temporalité dépend : l’avenir. Il dit que l’avenir ne désigne pas un maintenant non encore advenu qui sera un jour. C’est le fait que le Dasein s’apparaisse comme pouvoir être, instance de possibilisation. Cela est une condition pour la représentation même d’un maintenant. Il n’y a pas de futur sans ce sens premier de l’avenir en fait. Cette structure qui est celle de l’avenir est la structure nécessaire pour que l’être pour la mort soit possible. Le contenu concret de cet être en avant de soi : l’avenir. Le Dasein est dans une ouverture fondamentale à l’avenir. Il y a une avenance du Dasein. C’est pour lui la première dimension du temps. Si on se souvient des analyses de l’être au monde (ce dont tout est tiré avec l’être pour la mort), l’être du Dasein a deux modalités essentielles : 1-la compréhension. Le projet : comprendre c’est se projeter= c’est l’ouverture à une façon d’être, c’est un projet en tant que projet d’être. Usage paradoxale de la notion de compréhension : utilise la notion de verstehen : il s’y entend. Le comprendre, c’est s’y entendre à être de telle ou telle façon. La notion de projet est toujours un projet d’être. Cela qui donne le contenu au sens de l’avenir. On est du possible. Dimension de l’être au monde, celle du comprendre-projeter qu’on récupère ici avec l’avenir. Mais l’ouverture qu’est le Dasein comme ouvreur de monde a une structure biface : elle n’est pas simple compréhension. 2-la disposition affective. Befindlichkeit. Cela a à voir avec la notion sartrienne de situation : on y trouve la notion de se trouver. Le Dasein projette d’être, mais toujours en tant qu’il se trouve dans= toujours sur le fond de possibilités déjà réalisées. Heidegger retrouve en fait ici le concept husserlien du déjà-là. Tout projet est une certaine façon de prendre en charge le déjà-là. Il n’y a pas de pur et simple s’y trouver qui ne serait pas un projet. Figure de la mauvaise foi : celui qui feinte de seulement s’y trouver. Il y a toujours projet, même projet de mauvaise foi. Il n’y a pas de pure épreuve de la facticité. Pas d’ouverture de l’avenir pure. De même, l’activisme pur et simple est toujours une certaine façon de prendre en charge le monde. Dimension affective épreuve de la facticité. Caractère double du Dasein dans ces deux dimensions. On retrouve cette dualité ici. Le lieu du sens est le projet, l’avenir. Lien avec la question essentielle d’Etre et temps : celle du sens de l’être. A quoi va correspondre la dimension affective ? C’est le passé. Le passé est la dimension temporelle de l’épreuve de la facticité. Cela conduit à avoir une relecture d’un thème : celui de l’assumer. Notion qui prend un sens défini : la structure temporelle du Dasein est celle de l’assumer= reprendre un passé en le plaçant sous le signe de l’avenir. J’ai à répondre de ce qui est déjà là. La problématique de l’assomption a une lecture temporelle immédiate : tient à cette articulation du Dasein. Il doit être capable de traiter le passé comme quelque chose devant quoi on ne se dérobe pas. Ce que décrit Heidegger est une sorte de jaillissement constant depuis l’avenir= machine à prendre en charge le passé. Nous sommes des étant qui avons à faire quelque chose de ce que l’on a été. Ce qui est premier est l’avenir, mais il rencontre sur sa route le passé : le projet doit prendre en charge la sédimentation de ce qui a été. Le geste philosophique consistant à poser la question de l’être= un geste de la liberté. La liberté est dans le fait d’accepter la facticité. Elle a un séjour essentiellement. La résolution n’est pas abstraite : elle est pour le monde. Ici, la liberté a un passé, sinon elle est impropre, s’ignore elle-même. Dans ce descriptif qui part de l’avenir (ce qui a à prendre en charge un passé qui fait partie de la scène du sens- on doit lui donner toujours un sens, une signification : le sens du passé se reconstruit indéfiniment), quel rôle a le présent ? Il réintroduit le présent mais d’une manière qui n’est pas du tout symétrique. §65 sur sa phénoménologie du temps. On a bien trois ekstases que l’on connaît, mais cette apparence est trompeuse : les dimensions n’ont pas le même statut. Privilège de l’avenir. Le sens fondamental de l’avenir : prendre en charge un passé. Mais le présent n’intervient pas à ce niveau. La dimension du temps qu’est le présent n’est pas dévolu à la même chose. Le passé et l’avenir correspondent à l’existentialité du Dasein. Fonction du présent : elle n’est pas tournée vers le Dasein, mais vers l’étant intramondain. L’étant daseinmäβig : l’étant qui est du type Dasein/ étant intramondain. Forme de dualisme dans Etre et temps que l’on retrouve dans cette répartition du temps. Le présent ne correspond à rien dans la structure ontologique du Dasein. Le présent n’est pas une structure ontologique du Dasein. En même temps, il doit correspondre à quelque chose qui a un sens pour le Dasein. L’être du Dasein est le souci (sorge) : le présent est en aval du souci, il résulte en quelque sorte du souci. La structure avenir/ passé est la structure même du souci. Le présent sert à penser ce qui apparaît dans le souci : ce qui sert à penser ce qui vient à l’encontre du Dasein dan le souci : le régime d’apparaître de l’étant intramondain, de l’outil. C’est ce qui sert à penser la présentialité de l’outil. Le présent est un effet de l’avenir et du passé, il en résulte. Le soucier de, le besorgen n’est qu’une expression seconde de la sorge. Ne peut se soucier des choses que l’être qui se définit fondamentalement par le souci. On retrouve cela dans la secondarité du présent par rapport à la structure avenir/ passé. Cela conduit à une certaine lecture du présent. Il y a une pensée du présent chez lui. NB : Solipsisme dans Etre et temps : le monde est toujours mon monde, mais il n’est jamais un étant sans monde. Pas parce que c’est dérivé que c’est dispensable : il est nécessaire au souci de se modéliser comme souci de. Le présent comme dimension de présent des choses est quelque chose d’essentiel. Il n’y a pas de présent qui ne soit pas en son fond habité par l’absence. Le présent n’est donc pas le plein. Il est toujours indissociable d’une présentification : un rendre présent, un se donner comme présent. Gegenwart/ gegenwärtigen= rendre présent. Attention : cela n’est pas à interpréter comme quelque chose d’actif. Le présent suppose toujours un laisser venir dans la présence. Cela raccroche la troisième dimension du temps à la structure passé- avenir. Pas de rendre présent sans un projet : la façon que j’ai de laisser les choses venir à mon encontre est toujours structurée par le type d’ouverture à l’avenir dans laquelle je me tiens. Au lieu de partir du présent comme plein, partons du présent comme ce qui est structurellement habité par l’absence. Lisons le présent à la lumière de l’écart. Cela ouvre sur un autre présent. Il faut interroger l’être là de la chose. La présence de la chose n’est pas isolable. On creuse là le fondement même de la significativité. On ne se débarrasse pas du présent, mais on lui donne un autre sens phénoménologique. Importance de la présentification. Il faut remarquer que les trois ekstases n’ont pas le même statut. Ekstase : temporalité que parce qu’il y a écart (pas statique). Cf fin des PFPhéno : sens de la tance comme vraie nom de l’intentionnalité. Cela vient d’Husserl. Deux des dimensions ekstatiques répondent aux structures de l’existentialité, mais cela fait défaut pour le présent. Il correspond à l’être échéant pour le Dasein. Déchéance est une structure profonde du Dasein : il s’écrase sur le monde dans lequel il est. Quand le Dasein s’effondre sur le monde : échéance : dans cette modalité que quelque chose comme le sens du présent peut intervenir. Pas le même statut que les deux autres. Le verfallen n’est pas primordial pour l’ouverture : une modalité possible de celle-ci seulement. Lieu du présent : l’échéance : le présent acquiert là une épaisseur. Le présent authentique n’a pas d’épaisseur : augenblick, c’est l’instant. Le véritable instant, c’est le moment de l’assomption. Cela vient de la réflexion de Kierkegaard sur l’instant et du kairos grec (saisir l’instant comme moment où il faut prendre en charge la situation d’une certaine façon). Cela serait le présent authentique. Dans le verfallen, ce qui caractérise l’existence du Dasein : l’épaisseur du présent. Nous sommes entièrement auprès des choses alors. Le présent passe au premier plan donc dans l’inauthenticité. Dans l’authenticité, il n’est que le pur moment de la résolution, de la décision. L’instant est le moment de la résolution. Problème du présent et de sa réduction au pur instant. Cf Husserl qui y intègre la rétention. Heidegger refuse en pensant qu’il s’agit là du présent inauthentique. Prochaine séance : la re-temporalisation des structures de l’être au monde. 24/01/2006 Temporalité et être-au-monde : la retemporalisation. La temporalité n’est pas qu’un accident dans cette re-temporalisation. Ce qui est en question : une fondation. Comment les aspects de l’être-au-monde sont fondés dans la temporalité ? C’est là que s’accomplit le caractère transcendantal de son analyse. La temporalité n’est donc pas une détermination parmi les autres du Dasein : c’est la clé du Dasein qui lui permet d’avoir les structures de l’être au monde. Envers de cela : ontologie fondamentale : qui fournit un fondement. Cela conduit inversement à l’épurer à l’extrême. On ne trouve pas la richesse de ce phénomène concret ici. Le temps ici est structurant et organisateur pour l’être du Dasein. Analyse extrêmement formelle en découle. On a une ontologie de la facticité et une stratégie d’élaboration formelle de ladite facticité : paradoxal. Idée d’une facticité formelle. Idée de tenir un disc a priori sur la facticité. Le geste théorique de l’ontologie d’Etre et temps : s’installer dans cette extériorité de l’être du fait= lieu de ce type de philosophie. S’intéresser aux différents aspects structurels de l’être-au-monde. Deux types de problème se posent alors : 1-comment mettre en évidence que les structures majeures de l’être-au-monde peuvent avoir en leur fond un sens temporel ? 2-il y a le fait d‘autre part que le Dasein a un certain mode d’être moyen du Dasein (notion de quotidienneté) auquel il faut donner un sens temporel. Sens temporel de ce mode d’être moyen interprété ontologiquement comme déchéance. Tendance du Dasein à s’écraser sur ce auprès de quoi il est. On a bien deux problèmes différents car, la quotidienneté n’est pas une structure supplémentaire de l’être-au-monde, c’est la façon ordinaire dont l’être-au-monde met en jeu ses structures fondamentales. Problème de la temporalité de l’ouverture : le Dasein est ouvreur de monde par le simple fait d’être. Cette structure qu’est l’ouverture a deux aspects majeurs solidaires : 1-le comprendre. C’est d’abord un projet d’être. Façon que l’on a d’ouvrir un horizon d’être des choses= comprendre les choses. Ne pas interpréter cela au sens d’une activité. Central : sens de l’ouverture d’une possibilité d’être. 2-la disposition affective. Il n’y a pas de projet sans une dimension de facticité, d’assomption d’un état des choses. NB rappel : Sorte de déplacement du couple entendement/ sensibilité. Entendement (verstand) est principe d’activité chez Kant. Sensibilité : passivité, être sensible à. Heidegger déplace cela : déplace cela en terme non intellectualiste= le comprendre est tout aussi sensible que l’affectivité. Dans cette opposition comprendre/ affection, il y a quelque chose comme la répétition du couple entendement / sensibilité. Le s’y trouver recouvre ce que l’on entend ordinairement par affectivité. Une chose disparaît dans l’analyse heideggerienne : la sensibilité purement théorique. On ne trouve plus que des sentiments, des modalités affectives. Retemporalisation du comprendre. L’analyse heideggerienne de l’ouverture est donc duale. Dans quelle mesure cette dualité peut être ressaisie en les termes temporels du souci ? En un certain sens, tous les termes choisis allaient dans ce sens. La dimension du comprendre a un lien essentiel avec l’avenir par le terme de projet déjà. Le moment décisif de la compréhension= troisième synthèse (recognition dans le concept) : être capable de ressaisir quelque chose qui reviendra comme le même. Sa lecture consiste à lire la troisième synthèse comme la synthèse de l’avenir. Par opposition à la deuxième synthèse (synthèse de l’imagination) qui est liée au passé. Cependant, Heidegger déstabilise la représentation intellectualiste kantienne. Pourquoi projet ? Car il y a ouverture à la dimension du possible. Irréductibilité de la notion de possible : §7 (concept de la phénoménologie= celui où le possible est essentiel). Le comprendre est donc essentiellement ouverture de l’avenir. Cela est vrai du comprendre authentique. Problème de son équivalent inauthentique : le comprendre doit conserver cette orientation vers l’avenir, mais comment va-t-il la faire fonctionner ? Ce comprendre inauthentique va gérer l’avenir sur un mode revenant à ne pas l’affronter comme avenir. C’est la figure du « s’attendre à ». Joue sur un verbe : gewertigen. Cet emploi n’est en fait que relativement temporel (je ne m’attends pas à grand chose de lui) : on a l’impression d’avoir plutôt affaire à un constat au présent. Cela se comprend car la temporalité en fait en jeu : -un régime de rapport à l’étant -logique que ce verbe puisse se restreindre à un présent, car c’est une modalité de rapport à l’avenir où on le transforme en un quasi-présent. Rapport quotidien écrasé sur le présent. Plus fondamental que le rapport quotidien qui semble plus ouvertement détourné de l’avenir. On pourrait penser que l’attente serait la modalité quotidienne de rapport à l’avenir. L’attente (erwarten) n’est en fait qu’une modalité du gewertigen. C’est l’inverse en fait. L’attente n’est qu’une modalité du s’attendre à (ex avec un ami : l’attendre n’est qu’une modalité du fait du s’attendre à ce qu’il vienne à telle heure). La temporalité au sens ordinaire a un sens dérivé en fait. L’heure de rdv n’est qu’une place : place dans le système de renvoi signifiant des étant. Place particulière mais, c’est une place. On trouve des concepts dans la quotidienneté qui ont trait à la structure d’usage. « S’attendre à » est donc plus fondamental qu’attendre tout court. Thèse d’Heidegger : le gewertigen a un sens temporel plus fondamental lié au souci. Fondation du besorgen dans le sorgen : ne pas oublier cela quant au rapport de fondation de ces phénos. Ce qui nous paraîtrait le plus immédiatement temporel n’est pas le cœur de la temporalité en fait. Ne va pas jusqu’à dire qu’attendre n’est pas temporel mais, ce n’est pas le fondement. « S’attendre à » est donc bien une forme de comprendre. L’attente est donc quelque chose de dérivé : se situe sur le terrain de la modalité inauthentique du rapport à l’avenir. Le rapport pur à l’avenir ne peut être centré sur le rapport à l’étant intramondain. L’attente ne nous donne pas réellement accès à l’avenir. Statut du présent dans cette analyse. A chaque aspect de la structure biface de l’être-au-monde va correspondre un privilège d’une certaine extase temporelle. Que faire du présent qui n’a pas de correspondant ? Le présent va porter un autre poids : le poids de la déchéance (verfallen), de l’inauthenticité. Comme toute structure, ce phénomène n’est compréhensible qu’en vertu d’une certaine mise en jeu de l’avenir (impropre en l’occurrence), autrement dit, par une certaine modification du comprendre. Que peut donc dire alors du présent à la lumière de ces ccls sur le comprendre ? L’analyse que l’on vient de mener donne une idée d’un présent authentique et inauthentique. Le présent authentique ne se réduit à rien : n’est rien d’autre que la collusion du passé et de l’avenir. Manière de les prendre en charge. L’avenir et le passé sont du côté du Dasein, alors que le présent est du côté de la prise en charge par le Dasein de ce qui n’est pas le Dasein . Le présent est impuissant à mettre en lumière quelque chose de l’être du Dasein. Attention : ce qui a trait à ce qui n’est pas essentiel au Dasein lui reste essentiel en tant qu’il est être-au-monde. Mais cela ne fait pas partie de son être lui-même. Que devient alors le présent pour le Dasein authentique ? Il ne devient que pur point auquel le passé et l’avenir se voient assumer par le Dasein. C’est ce qu’Heidegger appelle l’instant (augenblick). N’emploie pas le même mode pour dire présent : gegenwart : lieu où les choses viennent à la présence. L’instant est le lieu d’être propre du Dasein. C’est être dans un projet dans lequel il assume son passé. Ce qu’il entend par instant a à voir avec le problème du kairos= moment opportun, moment de l’action. C’est le moment d’y être. C’est ce que Sartre retiendra sous le terme de situation que l’on trouve déjà dans Etre et temps. Moment où l’on peut être de façon adéquate= caractère d’ouverture pure vers l’avenir= moment où je suis pleinement en phase avec mon avenir sans oublier que son horizon est la mortalité : ouverture à tous les possibles. Ce présent là est l’envers du présent de la quotidienneté : au lieu d’être un présent que l’on tente de représenter comme une plénitude, ce présent est ouverture pure à ce qui vient. Ce n’est pas le régime ordinaire de la présentialité= régime dans lequel le présent qui est le nôtre est fondé sur une mise en jeu de l’avenir qui se dissimule à elle-même : le présentifier. Le présent dans la tradition est le lieu d’une épaisseur, d’une stabilité, d’une plénitude (donation pleine), on se pose à partir de ce moment les autres dimensions du temps. Cas chez Husserl. On oublie que le présent ne tient jamais seul : résultat de ce qui vient depuis un au-delà. Il n’y a pas de présent (gegenwart) sans présentifier (gegenwartigen) et c’est depuis un au-delà du présent que l’on présentifie. Ce que fait le comprendre inauthentique= tenter de tout comprendre depuis un présent où il cherche à se dissimuler à lui-même qu’il serait donné. Il y a là recouvrement de la constitution du présent. Le geste d’Etre et temps = rendre pblématique cette présence comme elle-même constituée. Point de départ : la pure possibilité qui est celle du projet. Heidegger ne nie pas cette présence mais, il précise qu’elle est inintelligible si elle n’est pas constituée. La retemporalisation de la befindlichkeit. La temporalité de la deuxième structure de l’être-au-monde : celle de la disposition affective (befindlichkeit), du s’y trouver. Notion d’affection. La temporalisation est assez naturelle : celle d’une temporalisation en termes de passé. On ne se l’est pas donnée : déjà dans le rapport au monde. La notion de « déjà » tel qu’il la construit ici est purement formel : le problème n’est pas d’être dans le passé, mais problème de savoir ce que le Dasein se donne ou ne se donne pas. // Kant : début de L’EQ tale : qu’est ce que le sujet s’est donné ou non ? L’affectivité : ce que l’ipséité a à prendre en charge sans en être à l’origine. Passé qui est là sur le mode de l’être jeté. Il y a là encore un rapport à l’avenir. Ex peur de quelque chose qui va m’arriver. Cela paraît étrange. Prend plus loin l’ex de l’espoir : structurellement rapporté à un avenir. On peut distinguer avenir et futur. Jusqu’à quel point traitons-nous l’avenir comme ce qui a eu lieu, ou réification de ce qui pourrait avoir lieu sur le mode du passé ? Le déterminisme réifie les possibles. Le possible est absolument irréductible à l’avoir-été. Tous les sentiments qui ont trait à l’avenir lui donne en fait le statut de futur comme virtualité du passé. Problème : se représenter l’avenir : on en fait alors un objet, quelque chose de l’ordre du avoir-été. Or, l’avenir ne peut être objet. Le problème de l’avenir n’a rien à voir avec le réalisable : c’est le problème du sens. Le Dasein comme projet est source du sens, irréductible à ce dont on fait sens (étant intramondain). Le sentiment est une façon en fait de domestiquer l’avenir. Avoir peur, de l’espoir…= façon de traiter l’avenir comme ce qui fait partie du cercle de ce qui est déjà. Pas sur le terrain alors de la liberté purement possibilisante et sans contenu. Avoir rapport à l’avenir : affronter l’ouverture à l’avenir, le fait que nous avons à possibiliser, à être. Or, la liberté est l’incomparable, l’autre chose ontologiquement. Une disposition affective semble faire exception : l’angoisse. La disposition affective est en général passéifiante, transforme en contenu l’avenir. Mais en un certain sens, l’avenir n’a pas contenu par rapport à la peur. Son contenu c’est le rien, le néant : ce qui apparaît dans l’angoisse : le monde, la structure de monde en tant que structure vide, mon être au monde. Elle ne peut donc être tournée vers le passé : c’est la seule modalité affective qui n’ait pas des structures représentatives . C’est la pure confrontation avec mon être tout nu. Cela induit une temporalité particulière de l’angoisse : seule disposition affective tournée vers l’avenir. C’est aussi bien la disposition affective qui correspond à l’épreuve de l’être-pour-la-mort. L’angoisse de la mort : pas la peur du mourir, mais l’épreuve de la temporalité comme finie. Cela est un pur avenir en tant que cela n’a pas d’heure. Sorte de peur du temps à l’état pur= sentiment du temps, que nous sommes temporels. La peur est apparemment le rapport à quelque chose qui va arriver en tant que l’on peut l’inférer des choses qui sont déjà arrivés : façon de passéiser l’avenir. L’angoisse semble avoir un rapport avec cela : rapport avec le phénomène de la répétabilité. Ce qui est angoissant là dedans : pas un contenu, mais le fait que ce soit un destin et que cela concerne notre liberté. On a le sentiment que l’on y peut quelque chose. Ce qu’il y a en question derrière cela : notre liberté. Dans la répétabilité, ce qui est angoissant, l’appel et la reconvocation constante à un même possible. L’angoisse a une affinité avec la répétition au sens étymologique : aller rechercher quelque chose. Ce que l’on va rechercher en fait : le Dasein. Malaise de se sentir pris à partie dans sa liberté. Si c’est comme ça, c’est parce que j’y suis. Je pourrai donner un autre sens à la situation, c’est bien parce que j’y donne sens. La répétition souligne la mauvaise foi et permet d’en sortir. Forme d’épreuve de la liberté comme convocation. Cela fait la spécificité de la modalité affective qu’est l’angoisse. Le passé apparaît alors comme ce que je dois assumer. Curiosité, objet théorique et temporalité. Comment va se construire une modalité dégradée de temporalité ? En premier lieu on a le s’attendre à. Cette notion correspond à la temporalité de la structure d’usage qui peut connaître une dégradation : la curiosité= moment du rapport d’usage inauthentique. On use pour en user. Certain sérieux de l’usage ordinaire. Cf Augustin : j’aimais pour aimer… idée du divertissement pascalien : évanescence du rapport aux choses. Ce qu’il appelle curiosité renvoie à cela : sorte d’usage qui tournerait à vide. On cherche de quoi s’occuper, et on se s’occupe jamais vraiment de rien. Le « s’attendre à » qui est le fait d’un véritable usage / démultiplication ici du « s’attendre à ». Heidegger a un terme pour cela : la figure de la distraction= connotation de dispersion dans le terme all. Idée d’un sautillement à la surface des choses : aller de choses en choses. Cette dispersion a une signification temporelle : s’installe dans une dimension d’inaccomplissement. Le fait que je m’attende à telle ou telle chose permet la présentification. La présentification c’est la façon que nous avons de laisser advenir les choses dans la présence en tant qu’elle est prise dans un usage. Tout se passe comme si ce présent de la chose se mettait à se détacher de la présentification par laquelle elle est obtenue. Dans la curiosité, il y a un phénomène d’abstraction : de séparation de la chose par rapport à l’usage que l’on pourrait en faire. On ne s’installe pas dans le fait que l’on ait à en user. Cette présence va se détacher. Il y a derrière cela l’idée d’une fragmentation du monde. Là où je suis dans l’ordre de la curiosité, les choses se détachent les unes des autres : monde d’outils désoeuvrés, même si ce monde n’est compréhensible que sur fond d’usage. Moment où l’on prétend soustraire la chose à tout usage. Cela va être la figure du rapport théorique à la chose : là que devient possible l’être devant la main de la chose. Fait d’une curiosité qui serait allée jusqu’au bout d’elle-même. Cela va de pair avec une forme de décontextualisation. Avec le passage au rapport théorique à l’étant, ces liens sont complètement cassés. Un objet est fondamentalement détaché, il est réitérable de principe indépendamment de la situation. Cette phénoménologie n’avait pas été faite en détails avant. De son point de vue, cela a un lien direct avec la temporalité, c’est pour cela qu’il l’étudie ici. L’étant est traité comme soustrait au temps, atemporel. Cela vaut une fois pour toutes, quelles que soient la situation. Lire cette atemporalité de l’objet théorique comme une forme de temporalité : ce qui n’a de sens que sur fond de la temporalité du Dasein. La dé-temporalisation appartient au régime temporel du Dasein. Il détemporalise car il est lui-même de part en part temps. Le Dasein en tant qu’il est temps présentifie. Il dégage des possibilités de présence pour l’étant intramondain. Cela n’est possible que depuis son caractère de Dasein en tant que projetant. Une forme particulière de présentification= ce qui délimite le lieu de présence de l’objet (théorique). La notion d’objet renvoie à un certain mode de présence. La notion d’objet se voit fonder dans la temporalité du Dasein. Cela suppose une mode de présentification détaché du gewertigen, du « s’attendre à ». L’objet de considération théorique apparaît indépendamment de ce à quoi il pourrait servir, mais cette indépendance est construite. Il y a d’abord des choses qui apparaissent avec une valeur d’usage et puis, une construction seconde élabore quelque chose comme des objets. Ce qui était vrai au niveau théorique est vrai aussi du côté des régimes de temporalité. C’est là qu’est le fondement des diversités de sens ontologique de l’étant. Une déduction temporalisante de l’intemporel : de l’objet de savoir conçu comme éternel, en dehors du temps. // PFPhéno : stratégie étrange de dire que ce qu’il dit dans Etre et temps, toute la tradition l’a toujours su. Comment la métaphysique caractérise l’objet de considération théorique ? C’est son atemporalité= zeitlos : pourquoi cette obstination à caractériser l’objet en rapport avec le temps ? Le fait de dire qu’il est intemporel, c’est le caractériser par rapport au temps. Pourquoi s’il n’est rien de temporel le caractériser sans cesse par rapport au temps ? Il faut voir là le témoignage fondateur du temps par rapport au sens de l’être. Cette négation n’est pas une négation du temps, mais une négation qui intervient à l’intérieur de la temporalité : moment où la temporalité se prive de quelque chose. Moment où la présentification n’est plus un « s’attendre à ». Confrontation ultime d’Heidegger avec les pensées théoricistes qui centrent tout sur la notion d’objet : l’objet est fondamentalement temporel en fait. Le concept d’horizon. La temporalité de l’être-au-monde même dans la capacité de cette temporalité à rendre compte du problème fondamental de la transcendance. Etre et temps comme relecture de l’intentionnalité et position du problème de la transcendance. Il déplace le problème en disant que le Dasein est toujours au monde : est toujours en dehors de lui-même. Dans la fin du texte, il nous dit que la clé de tout cela est la temporalité. Le Dasein est extérieur à lui même car il est temps. Il y a un concept ici qui joue un rôle décisif dans la temporalisation de l’être au monde : celui d’horizon. C’est un concept qu’Heidegger emprunte à Husserl. Cette notion est une notion qui déjà chez Husserl intervient comme un correctif au schéma standard de l’intentionnalité. La notion d’horizon : quand la conscience vise quelque chose, elle le vise toujours déjà sur le fond d’un certain horizon. Du sens est déjà là, et sur fond de ce sens, que le sens de l’objet va se déterminer : la conscience n’opère pas toute seule, mais sur fond d’un préalable. Quelque chose comme l’embryon de la phénoménologie de l’être-au-monde chez Husserl. Cela est déjà là car a déjà été constitué : trace de la sédimentation de la conscience en fait chez Husserl qui consacre l’écart. Heidegger reprend ce concept et va en donner une lecture temporelle : extrait la signification temporelle du concept d’horizon. Chez Husserl, ce concept renvoie primairement au concept d’espace : ce que je vois, je le vois toujours avec un horizon sur le fond duquel le reste se détache. Notion qui est surtout employée dans le cadre d’analyses de la perception : Analyse et jugement. Les horizons sont d’abord des horizons perceptuelles : la perception est toujours un cheminement exploratoire (synthèse des esquisses), mais ce n’est pas seulement cela : cette unité est constituée sur fond d’autres perceptions sédimentées sur fond desquelles l’objet apparaît : l’horizon. Appui sur une métaphore spatialisante. Heidegger se demande comment cette structure est possible : il faut chercher son fondement ontologique qui est la temporalité. Fait réapparaître la dimension de projet de tout horizon. Il n’y a pas d’horizon qui ne soit pas fondamentalement l’expression d’un projet. Cette horizon est toujours directement lié avec mon concernement, mon rapport pratique (d’usage) à l’étant. Il y a toujours derrière cela un projet. La façon dont l’horizon se constitue est liée à une façon d’être au monde. Dimension d’anticipation de nos perceptions. Les structures d’horizon sont possibles car, derrière, il y a une compréhension particulière, un rapport au monde particulier… Reprise apparemment abstraite quand il dit que les extases sont horizontales. Cela est toujours lié à des modalités de présentification. Rendre présent suppose une structuration temporelle du souci : le souci dégage la possibilité d’un « se soucier de ». Cela instaure une horizontalité qui est celle là même du temps. Ce temps est intrinsèquement le temps du souci= un temps orienté sur le rapport à l’avenir. L’horizon n’aurait pas de sens sans rapport à l’avenir. Refondation de l’horizontalité dans la temporalité chez lui. Pour cela qu’il peut parler des dimensions du temps en termes d’horizon. La temporalité est la clé ultime de ce que la phénoménologie a appelé horizon. Il peut ainsi employer ce terme pour parler du temps. Heidegger fait deux choses dans cette lecture : 1- il rend la notion d’horizon intrinsèque à l’intentionnalité. Pas que toute intentionnalité a forcément un horizon (que perceptuel pour Husserl). Son horizontalité est son intentionnalité. 2-ce qui fonde l’horizontalité de l’intentionnalité, c’est la temporalité en tant qu’elle-même déploie différents horizons. Impression que c’est du Kant radicalisé : Kant relu depuis la temporalité en fait. C’est en même temps un Kant très sensiblement réécrit. Audacieux que d’essayer de faire rentrer Kant dans son schéma : tente de le faire pourtant dans ses cours sur Kant. Temporalité décentrée vers l’avenir se manifeste ici. Prétend trouver cela chez Kant en relisant les trois synthèses, mais cela est plutôt le gain propre de son analyse de la temporalité. Temporalité fondée sur le fait que le temps est toujours en aval. Ce qui est premier est toujours le projet. Lien intrinsèque entre la notion d’horizon et la notion de projet. Horizon d’espace/ horizon de sens→comprendre→projet→avenir. Toujours depuis l’avenir donc qu’une horizontalité s’instaure. Remarque ultime sur Hegel. Elle n’est pas là par hasard. Cela n’a pas de sens de dialectiser l’esprit en montrant qu’il devient temporel. On peut dire que l’esprit est temps. Heidegger donne son autosituation dans le dispositif hégélien. Il n’a fait que radicaliser la finitude. Prend le point de vue de la finitude et l’absolutise : refuser la synthèse. // la vérité ultime est celle de l’existence : de la finitude.