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HORS SERIE,150 PAGES, 15 FRANCS A L | E N DANS L’ESPACE PROFOND ON NE VOUS ENTENDRA PAS CRIER... CR aah hed ea hee Bee RR) TOUT SUR LE FILM DE SCIENCE FICTION LE PLUS TERRIFIANT JAMAIS REA- LISE,Y COMPRIS LES DESSINS PREPARATOIRES DE GIGER, FOSS, MOEBIUS. oexonrLaines OFFRE DU MOIS ! Ca y est, ils sont réédités, les quatre premiers volumes de la saga des NAUFRAGES DU TEMPS de Forest et Gillon | Ce mois-ci tu bénéficieras d'une bar- gain extraordinaire : VETOILEENDORMIE 24 Faulieude 26 LAMORTSINUEUSE 24 Faulieude 26 LABYRINTHES 26 Fau lieu de 28 L'UNIVERS CANNIBALE 26 F au lieu de 28 CODE POSTAL Paiement int pi chéque bancaire O mandat O * S'abonner 4 METAL HURLANT, c'est économiser 20 % sur le prix d’achat. Tu payes oe Pour ton année de METAL au lieu de 120 F. * Tu es garanti contre les terribles augmentations de prix. * Sur toute commande faite le mois de ton abonnement (8 l'exclusion de l'offre du mois) aie sera consenti une remise de... 20 % ! Ya- 0! Tu peux enfin choisir un cadeau galactique Sérigraphie Moebius ‘Sérigraphie Serge Clerc FRANCE 1 2n,12uméos 96 4 an, numéres + &numéros apie we ETRANGER (post ornare) an, !2muméros mF 1am; numeroe + &niméros spine iF © France : 1 an/12numéros oF 8 Etranger suivant formule ‘Abonnement du N= auné Nom PRENOM ‘ADRESSE CODE POSTAL VILLE Paiement ci joint par ‘cheque bancaire © mandat © pas de paiement contre remboursement, as dES ta AG Comme un cheveu sur la soupe (gras le cheveu, & la tomate la soupe), voici, inattendu, un hors-série de METAL HURLANT & cause d’un film important, infi- iment, et qui nous a pris de court : « Alien ». Et pourtant. Les premiers, il y a deux ans, nous avons édité « Le Nécronomicon » : toutes les images sulfureuses, Noires et terriblement fostales de Giger. Dan O'Bannon avait travaillé un temps 8 METAL, écrivant le seénario de « The Long To-morrow » dé Moebius qui contient bien souvent « Alien » en ger- me... Christian Foss, avait dessiné la couverture de ME- TAL HURLANT n° 11, dans I'attente et dans la pro- Messe dune histoire qu'il prépare depuis des années et que nous attendons, épuisés, impatients, au seuil du désert des Tartares, Mais nous ne nous attendions pas, nous n‘imagi- nions pas que tout cela réuni : Giger créant les mons- tres, O'Bannon écrivant I'histoire et faisant bien da- vantage, Foss boulonnant les fusées et Moebius (MOEBIUS !) dessinant les scaphandres (et aussi, le Metteur en scéne de « Duellistes » et de Ron Cob, "'écologiste narquois), nous allions pour la premiéré fois au cinéma avoir peur. Filez voir « Alien » : vous étes toujours un petit gar- on et au-dessus de l’armoire le Pare Fousttard at- tend... JEAN-PIERRE DIONNET CAZA SPECIALEEEITIRAGE LIMITE Pour marquer la sortie du gros album d'images CAZA (136 pages couleurs — format 30 x 30 — texte de feuteur — toutes ses ilustre tions galactiques) les Humanoides Associés ont décidé de sort une dition original, tirage ultra limit, Cette édition super-luxe et chromée compote : album normal, PLUS Un folio de hut pages INEDITES, numérotées et signées par auteur ‘SOIT MEME. LE TOUT est présenté sous un coffreten carton rgide, genre coftret 8 disques, si vous voyez le gonre et LIMITE, oh ul, mit un tirage ri cule de 899 exemplaires. Vols Si vous désirez donc vous faire craquer cette béte quelque peu cos rmigue, remplssez le bon ci-dessous | Saperiotte | Envoyez-moi pronto 'éition LUXE de album ¢ 2a (1 album, un fo- lio de huit pages inéites, numérotées et signe far Vautrur et le gros coffret qui emballe le tout). Croint la somme de francs 2008 ordre de LF Editions NOM : PRENOM : Ne: RUE: CODE POSTAL VILLE ‘Bon 8 découner et 8 renvoyer& LF Editions, 18-17, passage des Petites- Ecuries, 75010 PARIS. —e HISTOIRE D'ALIEN par Paul Scanion et Michael Gross Edité par Charles Lippincott Directeur de la publication des livres de Heavy Metal : Julie Simmons TWENTIETH CENTURY-FOX PRESENTE ALIEN TOM SKERRITT SIGOURNEY WEAVER VERONICA CARTWRIGHT HARRY DEAN STANTON JOHN HURT 1AN HOLM et YAPHET KOTTO dans le rdle de Parker Producteur Exécutif RONALD SHUSETT Produit par GORDON CARROLL, DAVID GILER et WALTER HILL Mis en scéne par RIDLEY SCOTT Scénario original de DAN O'BANNON et RONALD SHUSETT Adaptation de DAN O'BANNON Musique JERRY GOLDSMITH ‘Au cours de I’été et de I'automne 1978, il aurait sans doute été plus fa un visiteur des Studios Shepperton, en Angleterre, de repartir aussitot sur Londres que de tenter de franchir I'entrée principale. Quatre des grands auditoriums de Shepperton — dont l'un est justement parmi les plus ritaient alors les plateaux d’ALIEN. La Twentieth a s‘assurer que seuls les regards ddment sutorisée incipal.. Cependant, munis d’un laissez-passer du directeur de production, les cu- ioux pouvalent avolr un bref apercu de os qui se paseait &intéleur. Ala | américain Nostromo, la surface d'un planétoide intérieur d'un vaisseau spatial extra-terrestre abandonné. Les ponts internes du Nostromo constituent les plateaux les plus impression- nats. La pass inutieusement élaborée et débordant d’équipement fonctionnel, de milliers de lumiares clignotantes et de terminaux de lectu- donnait i’impression d’un cadre de travail habité et des plus réels. it de méme pour I'infirmeri ntesques niveaux inférieurs du vaisseau. Plusieurs mois d an », fourni par une équipe de plus de deux cents ouvris techniclons, ont 6t6 nécessalres pour donner & cee plateaux fo potde et Vimpact du réel. surface du planétoide, nue et hostile dans était le résultat de tonnes de platre, fibre de verre, roc et gravier. D'immenses portiques ovoides — de pras de quatre métres de haut — dominaient l'une des extrémités du plateau. Ils représentaient les portes d’entrée de I’épave. Mais il y a peu de chances qu’un visiteur ait apercu qui que ce soit — ou quoi que ce soit — par ces portiques. En effet, dés que I’Alien était dans les, parages, le plateau était systématiquement vidé de tous ceux quinn’ pas strictement indispensables. Le plus grand secret de l'histoire du cinéma du cinéma serait gardé. ALIEN est une histoire futuriste a suspense, a laquelle I'espace interstellal- re sert de toile de fond. Le remorqueur spatial Nostromo retourne vers la terre, muni de son chargement de minerais. Et, méme a la vitesse de la lu- midre, le port est encore a plusieurs mois de voyage. L’équipage — cinq hommes, deux femmes et un chat — est sagemont allongé dans les cham- bres d’hyper-sommeil. Mais une étrange émission — apparemment d’ori- gine non humaine — est captée par l'ordinateur du bord, qui modifie alors la trajectoire du Nostromo et réveille I’équipage plus tot que prévu. Ils ne sont pas explorateurs mais simples voyageurs de l'espace ; leur travail est essentiellement l'exploitation des ressources de I'univers. Néanmoins, leur réglement stipule que tout indice d'une éventuelle intelligence étre soigneusement examiné. Le signal est suivi jusqu’a un petit planétoide. L’atterrissage du Nostromo, bien que toreflan. a au corrgctement, et une dqulpe de trol lareurs le pied sur une surface désol6e et battue par les intempéries, pour Sécouver une immense épavo.lley péndtrent et trouvent, dane u le squelette — de toute évidence non humain — du pilote 'épan que l'origine du signal. Quelques minutes plus tard, ils font une no découverte, et 'horreur commence. Les éclaireurs ignorent une chose : le pilote de l'espace extra-terrestre est une victime, et le signal n'est pas un appel de détresse mais un avertisse- ment. Bientét, I’équipage va devoir livrer un combat sans merci contre tune forme de vie supérieure et perfide. Quatre des premiers batissours d’ALIEN, er générale du film, se trouvaient réunis en France en 1976 sur un projet d’a- daptation a I’écran du livre de Frank Herbert, Dune. Dan O'Bannon, auteur du scénario, décrit aujourd’hui ce projet comme un réve merveilleux réa- lis6 on partie. Cette partie, dit O'Bannon, « ... a été de réunir dans une mé- me pidce les meillours artistes visionnaires du monde, et de leur demander de préparer le film ». Mais _méme les efforts de gens comme Jean « Mobius » Giraud (France), Chris Foss (Angleterre) et H.R. Giger (Suisse) n‘ont pu sauver cet ambitioux projet. « Il s‘est si bien planté » dit O’Ban- ‘non, « que je me suis retrouvé a Los Angeles sans un rond, sans apparte- ment, sans voiture, avec la moitié de mes affaires a Paris et l'autre moitié en gardiennage ». Il battit en retraite jusqu’au divan d'un ami, le scénariste Ron Shusett, a semaine. Pourtant, déprimé ou pas, O'Bannon savait bien qu’ll lui fallait se remettre au travail. II récupéra ses dossiers et sa ma- chine a écrire, et commenga a travailler avec Shusett sur des piles et des piles d‘idées insuffisamment exploitées. « Nous avons sorti de ce tas de papiers une idée que j’aimais beaucoup », dit-il, « un vieux scénario a moitié terminé, appelé Memory, et qui était es- sentiellement ce qu’est la premidre partie d’ALIEN aujourd'hui. J'ai dit & Ron que je n‘avais jamais réussi a trouver de I’histoire. Alors, il et il m’a dit : « Tu m’as parlé d'une autre idée que tu avais eue pour un film. C’était celle of les gamelins montent a bord d’un bombardier B-17 pendant la Seconde Guerre Mondiale, et font passer un moment 6pouvan- table au pilote. Pourquoi n’en ferais-tu pas la deuxiéme partie, en situant ton histoire sur un vaisseau spatial ? » « C’était une idée géniale, mais aprés, il a fallu qu’on imagine le monstre. Depuis que ‘avais quitté Ia France, je n‘arrétale pas de penser a Hans Rudi Giger. Ses tableaux m’avaient fait un effet énorme. Je n‘a quelque chose d'ausel horrible et en méme temps diaussl beau. Alors, fini par écrire un scénario sur un monstre ala Giger. » Le titre de travail était Star Beast. Une nuit, alors qu'il écrivait toujours ie responsables de ‘allure tandis que Shuset dormait, il y eut une heureuse tempéte dans le crane de non. « Qu’allons-nous faire de I’étranger ? » Le mot a surgi de la pa- Alien, étranger. C’est un nom, et Fon dans sa chambre et je lui o ge sous mes yeux, et je me sui ‘aussi un adjectif. » Je suis allé seco raconté, et il a dit « Ouais, OK », et puis il que j‘avais trouvé un titre vraiment super ». ‘Tout en continuant a plancher, en compagnie de Shusset, sur le premier jet du scénario, O'Bannon alla voir un autre ami, lllustrateur Ron Cobb. Bourré de toutes sortes de talents, Cobb avait travaillé sur i de Dark Star (dont O'Bannon était co-scénarist. quelques apparitions), et avait aussi fait partie écouta O’Bannon lui racont en gros, et il accepta de faire quel- ‘ques dessins préliminairas. A ce moment-la, le film était un projet a petit budget. Cobb ne se troubla guare : « Je me suis assis et j'ai commencé a ime vraiment beaucoup. Bon. Le scéna- isseau, bien modeste, avec un petit petite planate. Ils descendent une petite pyramide et ébranient une créature de taille moyenne. C’est & peu prés tout. Il voulait que ce soit un film a petit budget, comme Dark Star, et jal- mais l'idée. Alors j'ai peint quelques trucs, et Dan s‘est barré avec mes trucs et le scénario. » rois mois travail, O't 10n et Shusett commencérent a fai- modeste petit scénario et quelques snes des illustrations de Cobb. Ils eurent des surprises. « On promenait notre histoire », dit O’Banon, « et das le début, on a commencé a avoir des réactions positives complétement incompréhensibles. Les gens ont commencé essentielle- mont & nous inonder de propositions ; mais tant de choses avaient raté si souvent par le passé que je n’ai jamais cru a une seule de ces offres ». Une compagnie de production, du nom de Brandywine, fut nécessaire pour convertir O'Bannon. Brandywine était formée d’un producteur, Gor- don Carroll, et de deux auteurs-metteurs en scéne, D: r et Walter lis a t le projet. Les négociations trainarent en longueur, et puis un contrat fut mis sur pied et signé. « A partir de ce moment-ia », dit O'Bannon, « ca a pratiquement explosé dans tous les sens. » Brandywine conclut un accord de production avec la Twentieth Century Fox ; le budget d’ALIEN fut finalement fixé 8 huit millions de dollars. Au plus fort de la production, le film occupa plus de trois cents personnes. Une équips sts spéciaux, dirigée par Brian Johson et Nick Allder, pas- sa des milliers d’heures de travail humain & mettre au point les effets scéniques et les maquettes du vaisseau spatial. Le plus petit modéle réduit du Nostromo avait environ 35 cm de long, et ce a I’échelle de 1/800°. Cela aurait donné ‘Nostromo d’a peu prés 250 m de long, plutdt 6loigné du petit vaisseau imaging a l'origine. Les producteurs David Giler et Walter Hill retra . seconde intrigue assez importante impliquant I’Alien, fut abandonnée une autre faisant ay - . mais était devenu au cours des dix derniéres années, I’un des meilleurs et des plus estimés metteurs en scane anglais ‘en matiare de films publicitaires. Les metteurs en scéne ont souvent quelqu’un chargé de filtrer pour eux les scénarios possibles. Mais Ridley Scott ne croit pas a ce systéme de sélec- tion par lecteur interposé, et chaque fois qu’ll le peut, il préfére utiliser ses Propres yeux pour ce qu’on lui envoie. Il recut donc le scénario d’ALIEN, alors concis et élagué dans le plus pur style Walter Hill. « J’étais en train de préparer un autre projet », dit-il, « et ce scénario est tombé sur mon bu- reau. Je I'ai lu en trois-quarts ‘et bang ! Le scénario était simple et direct, et c’est pour ca que j‘ai fait le film. » Entre temps, I’équipe de Dune était en train de se réunir une nouvelle fois, mais ca n‘allait pas durer longtemps. Moebius apporta quelques dessins de costumes avant de choisir de rentrer en France travailler a autre chose. H.R. Giger proposa quelques croquis, ms ne furent pas jugés appro- priés. Ron Cobb avait préparé, Los Angeles, des dessins préliminaires en compagnie de Chris Foss qui lui, se concentrait sur le Nostromo et son «canot de sauvetage », le Narcissus. Ses idées ont été finalement intégrées dans les dessins définitifs de Cobb et de Scott. En fait, Cobb res- tad Londres et accomplit d’héroiques prestations pour le film, fournissant sans répit des centaines de dessins au moment oi les décors intérieurs et extérieurs des vaisseaux recevaient leur forme définitive. Rentrée de H.R. Giger. ALIEN se rapprochait peu a peu de sa période de tournage, et il n’a avait toujours pas de monstre décent. Les croquis pro- posés rappelaient qui une pieuvre, qui un dinosaure rabougri. Un dessina- ‘teur apporta méme une esquiss aprés Gordon Carroll, ressembiait & une « dinde de Noél ». Alors, se souvenant des jours inspirés passés sur un divan a Los Angeles, pendant lesquels Giger n’avait cessé-de lui trotter dans la téte, O’Bannon alla rendre visite & Ridley Scott. Scott se souvient : « Dan est entré avec un livre que je n’avais jamais vu. I! 'a ouvert et m’a dit : « Que penses-tu de ca ? » J'ai regardé, et j’ai vu une photo incroyable... meilleurs que Giger ait jamais faits. De de quelque chose ». Ce que Scott avait vu était une photo appartenant & un recueil de Giger, Le Nécronomicon, et dont la meilleure description se- rait la suivante : le cousin germain issu de |’Alien. « Et j'ai dit 4 Dan, « Bon, fo ls surtace du planes abandonné, et du cadavre du pilote . Et lorsqu’ll eut sculpts et fagonné fe costume de (Allen final, le réeultat sur la pellicule fut on ne peut plus éloigné de ce que Scott redoutait : « Un homme vétu d’une com- binaison de caoutchouc. » i un bruineux week-end de décembre, quatre visiteurs en provenance des Etats-Unis furent invités jeter un ceil aux dernidres touches ap- portées au film aux Studios Bray. Ce qui restait de I’équipe continuait 4 travailler sept jours sur sept a I'époque oi le film commencait a prendre sa forme définitive. Sur l'un des plateaux, Nick Allder et son équipe des ef- fets spéciaux filmaient le Nostromo en vol. Une maquette impressionnan- te de quatre matres — couverte de petits détails — pendait du plafond, suspendue par un véritable enchevétrement de chatnes et de poulies. (Lors des prises de vues de maquettes, c’est en fait la caméra qui se déplace.) Dans une autre piace plus petite, entouré d'une dizaine de techniciens, Ridley Scott, I’ceil vissé a sa caméra, scrutait le visage — désagréablement trop proche — d’un Alien dégoulinant de bave, pour des gros plans supplémentaires. Personne ne parlait beaucoup. Ce jour-la, munis de biére et de sandwiches pour confor déboussolés, les visiteurs furent introduits dans une sal ge en fait d’un collage. II n'y a ore t6 écrit, mais un amalgame musical de remplacoment avait 6t6 joint a la copie, histoire de créer I'atmosphére. Sur de nombreux plans, : Scéne Manquante. Le rythme, allure du film n’étaient stait en effet un gros travail de montage a réaliser — des in- Un autre, sursautant violemment dans son fauteuil, renversa une assiette de sandwiches. Un autre encore, qui avait visi nné pratiquement tous les films d’horreur et de science-fiction jamais réalisés, put étre vu en train de regarder le film a travers ses doigts, qui d’ailleurs couvraient son visage la plupart du « JAIME ENORMEMENT ILLUSTRER MES PROPRES FANTASMES » RON COBB Le Nostromo — le vaisseau terrestre d’ALIEN — est le résultat de milliers de dessins. d’encore plus d’heures de travail, de sang, de sueur et d’encre, de beaucoup d’intuition et par dessus tout, de I’imagination. Ron Cobb 6tait présent au début et a la fin. Illustratour ot auteur de bandes dessinées renommé, diplémé de Star Wars (plusieurs des créatures de la scdne du bar lui sont ddes), il fit des croquis préliminaires des éléments tant aliens qu’humains, mais se concentra par la suite sur les vaisseaux terrestres (intérieurs et extérieurs). « Je n’aime vraiment pas les films qui sont si superficiels qu’lls doivent se ir leurs effets visuels » dit Cobb, « et bien sdr, les n sont connus pour ¢a. J’ai toujours eu ‘impression qu'il y avait une autre maniére de procéder : un grand effort devrait étre mis en ceuvre pour d'une facgon aussi convaincante que possible, onnement du vaisseau, ou du voyage spatial, ou du décor fantasti- uel qu'il soit, tout en le laissant toujours dans le . Ainsi, ot les caractéres surgissent et leur tour, ils devien- nent plus réels. S'il s‘agit d’une histoire qui se passe sur un paquebot, ily ra des bouts de pellicule destinés r le bateau & u en mer, mais ¢% méme cho- ‘se produire avec les fil i Cobb n’a pas trop de difficulté a appliquer I’analogie du paquebot a I'espa- ce interstellaire : « Je suis une espace d’ingénieur raté : j’ai des tas d’idées sur la fagon dont certains problémes pourraient étre résolus a l'aide des modernes, ou méme en anticipant sur les techniques a venir. En travaillant si spatial comm réel, je vais jusqu’ burant, jusqu’aux centres de gravité, la facon dont fonctionnent les mo- teurs, ies protections anti-radiation, tout le rest k ime essayer de voir comment je vais pouvoi dre, la fagonner, en faire quelque chose qui pourra aller pour le film. » tury Fox, en 1977, une patite piace poussiéreuse située Vatelier a été le cadre de nombreuses manipulations d’idées. Cobb travaillait surtout sur les décors intérieurs ; Chris Foss s‘occupait des extérieurs. Bientét, a la demande du prod ils se mirent tous les jeux aux vaisseaux (dont la croissance semblait illimitée), et Cobb finit par surpasser Foss et par se surpasser Iui-méme en produisant un dessin trés bien vu, mais sur lequel Gordon Carroll et lui-méme tombérent d’accord pour trouver qu'il ressemblait plus a un paquebot de grand luxe qu’a un vaisseau spatial. Tout semblait bloqu Cependant, lorsque Ridley Scott entra dans I’équipe en qualité de metteur en scéne, le film gagna un nouveau décorateur et le nosud gordien fut démélé. Scott avait suivi les cours du West Hartlepool College of Art et du London's Royal College of Art, ommencer une brillante carri de metteur en scéne de films publicitai jon sens visuel est o: it développé, comme le montrent d’ailleurs les planches tras dét I a faites pour Alien. Et comme tous les autres éléments visuels du au spatial a 6t6 profondément marqué par son influence. le Nostromo est devenu un remorqueur — de 250 m de long Quelle qu’ait été la méthode choisie pour réduire tout cela a I’échelle, le temps commencait 4 manquer ; Brian Johnson et son équipe des effets spéciaux devaient démarrer la construction des maquettes. « Le moment critique est venu », dit Cobb, « et Brian est arrivé d’Angleterre, a pris quel- ques dessins, et est reparti téte sur queue. Le résultat final est pratique- ment inspiré de deux de mes dessins, ot la plate-forme est un mélange des tours de raffinage de Ridley et de petites modifications de ma part pour la rendre plus plausible ». En Angleterre, la construction des maquettes commenga dans la fidvre hi bituelle des préparations de films. A l'aide des dessins, et parfois méme en utilisant les plans des décors intérieurs de Cobb pour modeler les surfaces extérioures, les techniciens parvinrent a produire quelques prototypes cor- rects. Les tours de raffinage demandarent plus de temps. « Nous avons fait quelques essais, et ca avait I'air vraiment bon », se souvient Nick All- der, chef des effets spéciaux, « et puis, quand on filmait une tour sous un Certain angle, elle se mettait d rassembler aux chateaux de Walt Disney. Alors on enlevait tous les petits détails et on recommeneait, et on conti- nuait jusqu’a ce que ca aille. Finalement, on a dd ajouter des tas de mor- ‘eaux aux tours pour leur donner cet aspect d’énormité, de lourdeur ». Une petite armée de maquettistes fut chargée des travaux de finition. Une fois que le profil général du vaisseau — fait de bois et de plastique — fut mis en place, un essaim d’artisans s'abattit dessus, armés de leurs propres moules pour les hublots et les écoutilles, ou toute autre partie du vaisseau aux caractéristiques bien définies. Les modales réduits de plastique, sau- veurs ultimes des maquettistes, fournirent les détails les pl « Certains éléments sont extrémement utiles », ¢ « Ga permet de le film serait fini en I’an 2000. » Et donc, comme beaucoup de vaisseaux de cinéma avant lui, le Nostromo renferme d'infimes éléments de cuirassés, de tanks et de bombardier de la Deuxiéme Guerre Mondi Au bout du compte, il y eut trois Nostromo : une ver timétres pour les prises de vues longues et moyennes, une autre quatre fois plus grande pour les prises de vues de l'arriére afin de rendre les trainées des réacteurs plus réelles, et une version de sept tonnes utilis6e dans une séquence de largag planétoi sant sur un nt photographiées par une caméra glis- 4 la vitesse de l'escargot, a raison de conde au lieu des vingt-quatre habituelles. Ce- , « devait nous permettre d’avoir une image nette. On tournait trés, trés prés des maquettes, et il n'y a rien de pire qu’une ma- quette floue. « Notre systéme était celui de 2001 modifié. Le Nostromo se déplace trés lentement, un peu comme un pétrolier a qui il faut dix kilométres pour ra- lentir, et encore six autres pour virer. Nous n’avions pas vraiment besoin du systéme utilisé pour Star Wars, mais on tournait trés trés lentement. Certaines prises de vues duraient une minute, une minute et demi, on avait tout le temps de r vaisseau. D’abord les détails, et puis en- les prises de vi 38-mémes, tout devait étre parfait. iy a longtemps, on pouvait s‘en tirer avec n‘importe quoi. Mais en fait au- Joura’hul, ls gens n’accepteront jamais rien & moine que ga alt alr par- ait. » En haut & gauche : le scbnario, & un certain moment, décrt des dégits sérioux {intérieur du vaisseau. Foss 2 dessiné un robot, destiné & effectuer les réparations & ord du vaiaseau dans la salle des machines. En haut & droite: un autre « mécanicien » ‘pour le Nostromo, non prévu dans le ‘scénario, mais que Foss 8 cr66 pour éventuelis situations d'urgence. Ce ‘manipulatour mécanique, le Picador, fonctionne sous controle humain. Au contre : Foss a imaginé Farrigre deco grand Vaisseau & propulsion unique. Un rayon est émis entre cos étranges pinces en 8 déplacant, font fonctionner le ‘propulseurinterstali En bes : un des tout premiers dessins de Foss représentait un vaisseau serpentin, ‘articulé comme un tain, duquel le remorqueur spatial pouvat se détacher. Foss est également influence per les véhicules terestres ‘lus tradtionnels. En haut a gouche : une dos idées fantaques de Foss pour ‘autre ‘est basé sur une tourelle de commande de sous-marin ‘erversée. En bas, de gauche & droite : deux idées d'une salle des ‘machines fantastique pour le Nostromo, par Foss. Chac Brome dmportates surfaces courbes rele pa une Foss a 6t influence par les batea Ce croquis montre le profil «riverboat » wudelarrigr, Levant du« riverboat » présonte des réactoursfreineurs, des Dulsersgustontotoursvertoauxen forme de bariques, stot Soutes 8 arriér, Ce vaissoau de Foss Sornarnmontt any osm dee mers. Cette ressomblance ies grands 5 cergos _apparait nettement dans les ‘este sovtesectanguaies Dy mimkesd lapariecenale du vaissoau. ie aed oT E ae piere CCN a ey eer er ciples bburant et au mode de fonctionnement Paleo tee ford cy En put: Cobb donne son avs; «Cos « » de Foss sont ts de ide de Robert Heinlein d'un véhiculestye « Weldo ». » En bes: ca desi Stall de Foss donne une version de avant du Lévithon 8 ester En haut : quand Ridley Scott a rejint le projet, &la fin de la préparation du fm en California, a demandé 8 Cobb et 3 Foss de repensor ours ios du valssoau spatial Wen 2 résuité, entre autres, ce Nostromo en forme de pyramide renversée, imaging ar Cobb. En bas : une des premiéres interprétations, par Cobb, dela rampe, la por- twetie sés duNostromo, ‘Stuart Rose, de'6quipe artistique sei se is seal Aen Tee ee A ne rome omer he ae belencine sur le plateau du aysage. Ele est faite de fibre de verre et de bois, mais gréce aux écaireges, le air assez impressionnant. » wa co bocca Rae « C'est un cauchemar d'organisation » Roger Christian, Directeur artistique Le nombre d’éléments entrant en ligne de compte dans une préparation de film est toujours important. Dans un film a effets spéciaux, il devient im- pressionnant. Le Nostromo comporte trois niveaux. Chacun a un ca- ractare bien particulier, une espace de personnalit6. Chacun, & cause des techniques futuristes impliquées dans l'environnement humain, est in- groyablement complexe, Et tous, une fois portés a I’écran, doivent avoir air réel. Dans le cas d’ALIEN, cela commence avec les planches de dessins de Ron Cobb, en méme temps que celles de Ridley Scott. D’une fagon ou d'une autre, Cobb se retrouva avec les dessins de chaque salle du vaisseau sur les bras. Dans la logique de sa thase de « I’ingénieur raté », Cobb dessina des salles et des détails qui devaient avoir I'air fonctionnel, et qui souvent fonctionnaient parfaitement. Mais ceci n‘était que le début. II faut ajouter a la stratégie générale, les conseils créatifs de Gordon Carroll et de Scott. A la mise en couvre de cette stratégie, il faut également ajouter le décora- teur Michael Seymour, et les directeurs artistiques Roger Christian et Les Dilley. Pour la touche de réalité, il faut compter avec Brian Johnson et Nick Allder et leur équipe des effets spéciaux. I faut aussi mentionner les trols conta techniciens et ouvriers qui ont tous fourni un apport personnel au film. D’une certaine maniére, les planches de Scott dominent cette corne d’a- bondance qu’est ALIEN. « Finalement, tout bien considéré, le film s‘est fait assez vite », dit-il. « J’ai été directeur artistique auparavant, et chaque fois que le temps pressait, je me disais : "Bon, c’est le moment de revenir aux sources et a la direction artistique, ou alors je ferais mieux de dessiner une séquence juste pour moi-méme”. Ca m’aide a réfléchir ; une fois que les dessins sont bons, le reste en découle tout naturellement. chose, dans ces planches, qui peut se retourner contre vous. Elles se rapprochent beaucoup des bandes dessinées od I’on les images dans un ordre séquentiel. Et lorsqu’on en vient au film, on voit l'image bouger, et un effet esthétique différent est créé par la rela- tion entre ces images. Mais ca marche toujours pour moi, ‘ai fait telle- ment de pellicule... C’est pour ca qt ois que les planches sont un bon moyen pour moi d’exprimer ma perception du film. » Done, il y avait les dessins de Cobb, les planches de Scott ; et puis il y eut aussi plusieurs éléments inattendus, un peu désuets. « Ridley nous @ montré Dr Folamour » se souvient Roger Christian, « et il n’arrétait pas d dire, “C'est ce que je veux. Vous voyez ? Ca n’est pas un B-52 flottant dan: espace que je veux, on allure militaire”. Ca n’est pas vraiment pos- sible de dessiner ca, savais ce qu'il voulait dire puisque je l’avais déja fait pour Star Wars. Alors, j’ai dit & Michael Seymour, “On va es- sayer”. On a engagé quelques accessoiristes, on s‘est procuré plusieurs tonnes de rebuts et on s‘est mis au travail sur la passerelle du Nostromo. » On a passé des semaines a la construire, on a couvert le plateau de tuyaux et de fils électriques et d'interrupteurs et d’a peu prés tout ce qu’on a pu trouver, Ensuite, on I’a peinte en vert armée et on a commencé a im- primer au pochoir toutes sortes d‘inscriptions. Ridley est rentré des Etats- Unis et nous a dit, “C’est exactement ca, c’est bon”, et puis, il nous a dit continuer. Le tableau de bord, par exemple, est fait de débris d’avion et a environ un million de manettes ; on a réalisé des rangées entidres de ma- nettes, on les a inondées de décalcomanies, et brusquement la passerelle est devenue réelle. Parfois, on peut passer des semaines a coller couche sur couche et le résultat est épouvantable, et puis un beau jour finalement, La séquonce du rével de hyper somt isp Gu sooner, ps 3 "enters cng ou sc fos, jus’ co qu les drecturs antstiques présentent une idée convenable. ‘Les Dilley : « Nous voulions vraiment cotto séqunce, mis a alata. Et pul ty 8 eu cette idée de couvercles hydraulic Fouvrnt on petals. aa marché», Jes membres de équipage Parker et Kane (Yaphet Kotto et John Hurt) émergent d'un sommel inter-stelare. Pourtant, tout cela n’est pas aussi désorganisé que ca en a I'air. Christian I faut une équipe a I’esprit vraiment mécanique. Au u de peindre un mur, on le tapisse de petits trucs. Et ca ne peut pas se faire au hasard sous peine d'un résultat lamentable. Alors on commence, disons, avec des tuyaux qu’on installe correctement, et puis quelques fils, électriques, et encore un peu de tuyauter de quelque chose, on commence alors a ajou [a passorelio « 6té un des promiers plateaux & étre achevés ; elle devait servir d’étalon pour le réalisme de tous les plateaux « humains ». Ron Cobb raconte son évolution : « Ma premiére version de la passerelle était vraiment trés vaste ; une espace de demi-niveau, style Californie avec d'immenses bales. J’avais eu cette idée pour un plan spectaculaire 08 l'on aurait vu, sur les écrans de contrdle, la planéte se rapprocher en tan- guant ; et puis brusquement, les baies se seraient ouvertes, la lumiére au- rait tout inondé, et l'on aurait vu la planéte en train de tourner sur elle- méme pour de bon, tout comme sur les écrans. Mais on a décidé que était trop cher, et il a fallu se limiter a une passerelle du genre de celle de Star Trek, sans baies et avec un écran vidéo. « Mais le temps que j‘arrive a Londres, voulu réduire le décor jusqu’a la claustrophobie, un peu comme un chasseur-bombardier. J'ai commencé a proposer des profils et des formes. susceptibles de correspondre a cette idée. Finalement, les baies se sont transformées en bulles auxquelles I’on pouvait accéder par des siéges sur balancines surplombant les coupoles. » Ly avait une bonne raison a ce tassement de la passerelle. « Le décor est voulu pour dégager une impression de ue Ridley Scott. « Lorsque le plafond est au-dessus du pla Tandis que s’il est la en permanence — présent a tout moment — ca de- vient différent. » Petit rire étouffé. « Au mieux, le plafond avait deux métres de haut, et il y a eu des discussions sans fin avec Gordon Carroll qui, lui, mesure & peu prés un métre quatre vingt dix. II entrait sur le pla- teau et il commencait 4 marmonner : « Hé, c’est pas un peu trop bas ? » Mais la passerelle était plus qu'une marqueterie de détails écrasée par les plafonds. De nombreux éléments fonctionnaient. « L’équipe de Brian Johnson s'y est mise », dit Christian, « et trés vite, c’est devenu davanta- ge qu'une simple devanture réaliste ». Christian décomposa les mouve- nts des acteurs sur la passerelle, et l'on décida de ce qui devrait fonc- nt, on s‘est retrouvé en pleine technique quette, il faut arriver a comprendre comment I’y introduire. » Nick Allder se fabriquer un matériel tout ce quill y avait de plus réel a partir de croquis et méme, de temps en temps, sur sim- Le plateau favor de Técuipe comme ple demande orale de Scott : « Nous avons vraiment donné a Ridley tout Nos ea eee Ge Ce qu'll a voulu. On a également eu la chance de n’avoir a faire aucun com- ‘centaines de pidces. Ridley Scott a promis. Beaucoup de choses étaient dés le départ programmées de telle demandé & bay teerig ae que ra] re qu’en ea un pee les paar eyemierny nit guela ho- Dassorel ‘intéieur d'un se, Par mple, le fauteuil qui glisse jusqu’a la coupole est plutét vague ; ee aS oe ae était un disjoncteur d’urgence au cas ot les choses se ‘de millers de boulons et de commuters 2 obtenu ce aul cer, OU toures a aro Oy ‘@ gauche. Nous nous saaeen Sa voulait. Une technique de niveeu panneaux de la passerelle qui fonctionnent, que chaque bouton avait un "dontiaue 2 6 utisee pour un Pett rdle bien défini, afin déviter aux acteurs de perdre leur temps avec rvopparait que peu de terms dans la contrdles. Aprés deux ou trois jours sur le plateau, les acteurs s'y sont ‘version définitive du film. vraiment habitués, et | jis que ¢a les a aidés. » Wa fallu de nouveau faire appel a Allder et 4 ses complices pour la réalisa- tion d’6léments comme les lance-flammes (trés réels, mais dangereux), les. dispositifs de dépistage, a une séquence au cours un couloit Stroit, et puis il se reto mmes devant la caméra. Il aurait suffit qu’il calcule mal son coup en appuyant sur le bou- ton et Ridley et le technicien, accroupis derriére la caméra, se seraient fait proprement rotir. » Je crois que c'est la que réside toute la différence entre les films de science-fiction ringards des années 50 et ce que l'on fait aujourd'hui. Si ‘on veut un lance-flammes, on ne peut pas se contenter d'un truc de bois et de colle. I! faut qu’on puisse s’en servir correctement — que ¢a ait du pol ‘que ca tire. » ee A gaucho : un sas. En haut & droite terminal vidéo supériour de ia pas- sera. dessus pup del ps- Lofficier charoé de la recherche, Ash bas un des premiers dessins de Foss Pour un siége de poste de commande sur 'un de ses grands vaisseaux, ‘une idée de sibge flottant lor os attorrissages. Trois vues du niveau C — ou garage — du Nostromo : une coursive, en haut ; deux ‘vues d'une soute, ci-dessous. En éclairant ces plateaux, Ridley Scott s'est efforcé d’obtenir une lumigre de cathédrale. Quelques-unes des premires interprétations de Cobb. En haut : une esquisse du siége lateral en face c'un pupite de commande sure passeeliaAu conte; une coursive spect miteux de ‘des mers est voulu. En bas : mre du stenero nal qui aurait dire lethéatre "une d/amour. Les amants auraient vu leur téte-&-téte interrompu par le corps de Ka- ne flottant au large de la bulle. A gauche : la premiére version de la cham- bre d’hyper-sommeil de Cobb, ressemblait In peu trop & un wagor-fit Pullman, dessous : une vue grand angle du premier dessin de Ron Cobb pour la ppasserelle, qu'il appelait tendrement Demi-niveau Californien, Il devait y avoir les deux écrans vidéo géants deux grandes bulles de vision com- Portant également des tétes de lecture d'ordinateur. Le décor proposé a été jugé beaucoup trop codteux, et seuls les siéges latéraux apparaissant ic ‘ont survécu dans a version finale du film. Ait: Yauco, premier viable aguas ‘décor construit suivant les descriptions de Cobb. En haut : une version plus raffinée dela passerelle par Cobb, équipée d’un éoran vidéo mais sans hu- blots. En bas : un des promiers autodocs. Le dispositif contenant le corps glsse sur des rails jus- qu‘au sidge situé au premier plan. En haut : démonstration, par ‘Sigourney Weaver, sur la pelouse des Studi Shepperton, du bon fonctionnement du lance- fiammes de Roger Christian. ‘Au centre : Weaver dans le role de Ripley, traquant — ‘ou traquée par I'Alien. En bas : un pistolet mitrailleur ‘adapts d'une arme ‘authentique — création toute spéciale de Roger Christian Vérification du matériel Brett (Harry Dean Stanton) essaie un assommoir de fortune, censé contraindre Alien & pénétrer dans un sas. Dallas et Lambert (Tom ‘Skeritt, Veronica Cartwright) semblent approuver. Ripley (Sigourney Weaver, & droite) cajole un lance-fiammes mortel Tout le matériel a ét6 concu our fonctionner, ce qu'il fait. Au cours d‘une sone dans un couloir, ily a presque eu grilade de metteur en scdne ‘et de technician, gréce au lan- ce-flammes. il : une équipe de dessinateurs a passé de longues heu- res & réaliser une carte vraisemblable des « Cieux du Milieu ». Cette carte est 2 peine visible dans le fond de la passe- rolle. L’équipe des effets spéciaux a cconstruit, & side de rebuts, une sonde sonore clignotante qui apparait dans le film. Eliminée du scénario original, une tige de lecture de données fonctionnant comme une minuscule caméra vidéo. A droite : un dessin de Ron Cobb pour ‘une combinaison de surface. L’équipage du Nostromo est formé de Professionnels dont le travail est explorer les ressources de espace interstellare et de les exploiter, ‘obtenant ainsi leur part des bénéfices. Les costumes de John Mollo doivent done faire passer une impression de décontrac- tion et de fonctionnel. Seul offcier ‘Ash conserve un semblant d'llure mili- taire. De gauche 8 droite : "ingénieur Parker, ‘adjudant Ripley, et Ash (Yaphet Kotto, ‘Sigourney Weaver, lan Holm) ; au centre : le navigateur du vaisseau Lambert (eronica Cartright) :8 droite : le ‘commandant de bord Dallas (Tom Skerritt). g a TTA ve Michael Seymour : « Ma réaction face aux dessins de Mosbius @ été qu’ils ressemblaient & des armures médiévales japonaises. John Molio a repris Cette idée et en a fait quelque chose d’incroyable. Ce sont des combinai- sons spatiales, mais larichesse de leur texture leur donne un air trds gothi- que ». Un essai de Ron Cobb (é droite) pour une combinaison spatiale d'urgence. Bien que le séjour de Mosbius dans I'équipe de préparation du film ait 66 trés bref, 92s in- terprétations des costumes ont été une base parfaite pour le travail réalisé par john Molo. Les quatre dessins du centre montrent des combinaisons d'intérieur et d’extérieur, présentant le rembourrage classique du bat ket aux épaules et aux genoux. is is te catty © « ON PEUT VRAIMENT MARCHER DESSUS... » ASH, OFFICIER CHARGE DE LA RECHERCHE A BORD DU NOSTROMO Il existe une deuxiéme intrigue a propos du planétoide, qui n‘appartient pas au scénario définitif. On pourrait l'appeler «La Vie Secréte des Aliens ». Elle fournit quelques indices quant a la culture Alien — si l'on peut dire — et ces indications ne présagent rien de bon pour les hum pour toute autre rac ie, le groupe du Nostromo parti en reconnaissance découvre le ve ‘est tout, si ce n’est que le jle sur son ta- bleau de bord, vraisemblal Les éclairours retour- ent au vaisseau, complatement déroutés. Bientdt, la tempéte de po sidre permanente du planét calme pour quelques instants, et I’6qui: page voit surgir a I’horizon une immense pyramide. Un nouveau groupe est envoyé en exploration. Ils escaladent la pyramide, trouvent une ouver- ture au sommet, et un volontaire descend le long du puits. Ii découvre une salle gigantesque semblable a un tombeau ou a un lieu de culte. Ily 3s espaces de hiéroglyphes (qui, plus ‘'avéreront représenter le cycle de reproduction des Aliens). C’est la bien sdr, que les spores des Aliens attendent tranquillement le premi passant venu. Cette séquence présente un contraste profond entre trois cultures différentes : la culture humai culture Alien et celle du malheureux pi- lote de l'espace. « Lorsque je suis arrivé sur le projet » raconte Ridley Scott, « la pyramide et I’épave — deux éléments bien distincts — n’avaient toujours pas été fermement adoptées. J'avais trés envie de faire co mais plus j'y pensais, et plus je trouvais qu'une version de trois heures au- rait été fantastique. Finalement, le budget a résolu le probléme. II fallait simplement s‘en débarrasser. Parfois, on peut étre contraint par des /ératifs financiers a produire une certaine quantité de travail de prépa- ion, et finalement/je suis content qu'on ait tout simplifié ». pytamide, ce bout de planétoide représente un istoire ; il s'agit d’une suite rapide d’événements qui vont décidk du destin de I’équipage du Nostromo. C'est a R.H. Giger que revint la ta. ier la surface du planétoide, I’épave et son pilote. Comme il peux des premiers décors avait fait pour I’Alien, ce surréaliste suisse appliqua aux dessins ses Vues par Ron Cobb, dela personnelles qu'il appelle « biomécanique », et dont la définition la plus piandte Alien. it encore « mi-homme, mi-machine ». n que provoque le style de Giger est beaucoup plus forte et plus complexe. L’intérieur de I’épave — de plus de douze métres de haut et ‘occupant presque entiérement tout un plateau — dégage une impression génante de déja-vu. Les nervures horizontales couvrant les murs, séparées en leur milieu par une armature, rappelient... oui c6tes ; I'armature centrale évoque une colonne vertébrale. Les entrées de I’épave ont un cdté sexuel. Quelqu’un a écrit & propos du travail de Giger, qu’il pourrait étre défini comme étant « I'érotisme de I’age des machines ». Mais le fin mot est que rien n’a air humain. Bien sdr, ga n’est pas censé étre humain ; mais la permanence de la vision nous apprend a reconnaitre les structures et les modéles humanoides fa- miliers. Giger prend ces modéles et les conjugue habilement avec des ima- peut étre profondément troublant. Gi je d’ossements véritables, di lectriques, en se servant de Plasti ‘donné une atmosphere Strange, rréelle, vaguement menacante. Vue d’en haut, I’6pave en forme d’arc a Yair d'un os. Quant au squelette du pilote de I’espace, il est bien sr consti- tué d’os, mais il ne s‘agit pas tant d'un squelette assis sur un sidge que d'un squelette devenu siége. L’on ne sait pas trop si le temps a ossifié le pi- Deux des dessins réalisés par Cobb daprés le scénario de O'Bannon. En haut : dans le scénario définitif, les chercheurs découvrent une base terrienne abandonnée ot d’autres voyageurs ont livé un combat perdu d’avance contre les Aliens. En bas : Vintérieur du temple, d’aprés le soénetio original. Les spores des Aliens attendent tranquillement, & 'intérieur du socle deaut Une version de la téte du pilote de I'espace, par Chris Foss. Dans le scé- nario original, le groupe de reconnaissance retourne au Nos- tromo avec la téte — preuve d'une autre culture intell- gente. lote a son sidge, ou si ce pilote n’a pas toujours 6té un élément org de son propre vaisseau. Les Dilley qui, avec Christian, assura la direction artistique du film, se trouva confronté a une tache peu commune : faire des dessins de Giger des décors utilisables. « Il n’a pas été facile » dit-il, « de les traduire en trols dimensions. Dans une construction classique — comme par exemple un décor intérieur — tout est fait sur papier. Une série de dessins de travail évolue : elle peut démarrer sur une base de trois centimatres au matre, et aboutir avec des éléments de trente cing centimatres au métre. « Dans le cas de la planate Alien, nous avons da réaliser des maquettes de glaise au 6/100° pour obtenir les formes exactes. Puis on prenait un moule, on le plétrait et on le découpait. On appliquait la découpe sur un papier quadrillé, on mul ar vingt-quatra, et I'on pouvait ensuite réaliser les ‘gabarits grandeur nature, en platre ou parfois méme en fibre de verre. » len a encore été différemment pour I'intérieur et I'extérieur de I'épave. A partir du croquis général de Giger, Dilley a effectué les dessins de travail de I'élément construire — vingt matres de long, sur douze métres de haut en courbes. La construction a été faite en paralléle, en utilisant d'im- menses gabarits de bois pour les moulages de platre. Le décor intérieur 6tait encore plus grand, partie d'une crevette de quinze matres de haut sur vingt cing métres de réalisée encore une fois a l'aide de platre et de fibre de verre. « En plique Dilley, « nous avons utilisé cette partie du décor deux fois : pour la colle dans la chambre des caufs. Le pilote était installé sur un grand disqi enlevait le tout pour pouvoir meubler le plateau d’a Dans la scéne du pilote, le disque vues de dos. Il suffisait de se souvenir des positions respectives des ac- teurs quand la caméra changeait de place. Autrement, il nous aurait fallu un décor complet, qui ‘@ peu prés 40 métres de +: les planates ont I'air peintes. « qui ne donnent absolument jamai jer. « Tout génial qu’ll soit, aucut ‘Ste parfaitement ronde. Alors on a pris Puis on a tiré des diapositives spécia- les qu’on a ensuite projetées si s’étale et rehausse I'allure sphé «Pour les former des dessins. II y avait une caméra en surplomb du bac et quand quelque chose nous plaisait, on I'a photographié. Ca a finalement énormément aidé & donner @ la planate un air trés réel, trés mystérieux aussi. » Pourtant, la description de toute cette imagination diab toujours pas comment I’on peut rendre un sentiment diffus deux cultures extraterrestres, sans l'aide de la séquence de la pyrami- iger fournit un soupcon d’explication a cette question. Il a dessiné et Alien et le pilote de I’espace ; tous deux sont « biomécaniques ». alors que I’Alien est une terrifiante créature de cauchemar, ce cas du pilote — bien qu’ll soit de toute évidence non humain. ix dans son épave déchue, le pilote semble bien avoir 6t6 créature inoffensive. L’équipe du film semble d’accord sur ce point. Mais personne ne peut dire pourquoi. En haut : cette version de ’épave par Foss prolonge influence « crustacé », avec cependant une différence dans la queue de scor- pion et le long corps en train s'enfoncant dans le sable. Ci- dessous apparait la version definitive de Giger de la surface du planétoide. haut: Fntreur du terole Kane descendre le puits du temple Alien (illustration de Foss). Au centre & gauche la premiére version de Giger de la pyramide avait é6 créée pour le scénario original de O"Bannon. En bas : la version finale de Giger de la chambre des ceuts présente des surfaces courbes, semblables & un sein Deux premiéres versions du vaisseau abandonné, par Foss et Moebius. La technique élaborée utilisée par Ridley Scott dans ses planches de dessins, provient directement de son expérience de la direction artist que. Ici, son sens visuel tr8s développé est également influencé par les interprétations étranges données par Giger de I'épave et de son décor. ‘Anoter : les portiques « organiques » & entrée du vaisseau. 2, La maquette de I'6pave (ci-dessus) et interprétation donnée par Giger de cette méme épave. L’entrée en cours de construc- tion (ci-dessous), et le résuitat dans la version finale du film. smpéries, a 6t6 rendu grace & des machines & brouilard, & glace et .8s combinaisons de surface rejetaiont également du gaz carbonique par leurs casques - produit de imag nation fertile de I'équipe des effets spéciaux. A.gauche : les dessins de Giger du pilote de espace. Ci-dessus : Giger au travail surle pilote grandeur nature, sculptant & Vaide de Plasticine, de fibre de verre et dos. Ci-dessous : une des premiéres inter Drétations de Ron Cobb du pilote, pour le seénario original de O'Bannon. :0r de intérieur de nécessaire; le pilote était assis sur une plaque rotative, permettant des prises de vues vari6es par rapport aux acteurs. Un treuil mécanique descend Kane dans la soute située en-dessous de la salle du pilote. Une sur- prise I'y attend. A gauche : deux vues dela ‘chambre des ceufs de|'épave, du Giger grand cra. A droite : de retour dans le ‘sas duNostromo, Dallas ot Lambert tentent de porter secours Kane, inconscient. « LA VEDETTE DU FILM, C'EST L'ALIEN » H.R. GIGER vers. II y avait toute une rangée de cranes humains en parfaite condition. Trois squelettes de serpents, merveilleusement conservés. Un crine de thinooéros. Tout. Il avait tout ce qu'il voulait. Et il a commencé a sculpter ‘et modeler en utilisant les os et du styrophéne. » Quand on entrait dans I'atolier de Giger, on se trouvait face a cette espace de Comte Dracula, vétu de cuir noir, aux cheveux noirs et au teint de lys, les youx flamboyants. Il était cerné par les ossements et taillait frénétiquement un énorme bloc de styrophéne ; sa combinaison de cuir noir et sa téte étaient couvertes de flocons blancs, » Cot 6t6-Ia, il faisait trds chaud a Londres, et un jour of |’on pique-niquai sur la pelouse, tout le monde était torse nu. Tout le monde sauf Giger, tou- jours emmitouflé dans son cuir. On essayait tous de lui faire enlever son blouson, mais il n'y avait rien a faire. J'ai impression qu’en fait il répugne 4 enlever ses vatements parce que, s'il le faisait, on verrait qu'il n’est pas . II sort vraiment tout droit d'une histoire de H.P. Lovecraft. » .R. Giger cite Lovecraft comme étant pour lui une source ion qui provient du plus profond de lui-méme. « Il y aa peu prés quinze ans » dit.l, « je tenais un journal — un livre de mes réves. Les mé- mes réves revenaient sans arrét, et c’était des cauchemars. Ils étaient ter- rifiants. Et puis je me suis apercu que lorsque j‘en faisais des dessins, les réves disparaissaient. Je me sentais beaucoup mieux. C’était une espace d’auto-traitement psychiatrique ». Un croquis bizarre de Mais les cauchemars ne disparaissaient pas tout a fait. Ainsi, il écrivit dans Alien véslios pour son cahier un réve qu'il avait fait en 1970 : il s’était retrouvé coincé dans Dan O'Bannon par Ron espace restreint d'une étroite salle de bains a Zurich. La cuvette des cabi- Cobb. nets béait devant lui d’une fagon menacante. Les murs se refermaient sur lui. Les cloisons et les tuyaux commencérent a s’écailler et laissdrent ap- paraitre des blessures purulentes. De minuscules créatures, mystérieuse- ment surgies des coins et des fentes, lui lancaient des regards furieux. IIs retourna et s‘enfuit. Lorsqu’avec soulagment il s’éveilla, il écrivit son réve ot par la suite en fit des croquis ; finalement, le caractére désagréable du cauchemar aboutit a une série de tableaux extraordinaires. « Parfois » dit Giger, « les gens viennent voir mon travail, et ils ne voient que les éléments d’horreur. JJe leur dis de mieux regarder, et a ce moment- {a ils peuvent voir qu'il y a toujours deux éléments dans mes tableaux : horrible et 'agréable, Ce que je veux dire, c’est que j’aime I’élégance, j'aime l'art nouveau ; une ligne droite ou une courbe, Ces choses-la sont vraiment au premier plan dans mon travail ». Cette étrange et atroce beauté fut encore accentuée en 1972 quand Giger commenga a peindre a I'aérographe : « L’a6rographe était alors tout nou- veau pour moi et trés peu de gens I'utilisaient en Suisse. Maintenant, quand je commence quelque chose, je m’asseois devant ma tolle vierge sans aucune imagination, je ne sais pas ce qui va se passer. Et puls quand ( je commence a me servir de I'aérographe, ca donne une espace de nuage, | un nuage qui devient de plus en plus consistant. Il grandit et brusquement, je vois un ceil, un nez, quelque chose ; et puis ca devient une téte, et a la fin une créature apparaft. » Mais travailler pour un film, c'est différont Pour Alien précisément, j‘ai eu beaucoup de liberté : je dis ley Scott de l'histoire, en me basant parfois sur mon cahier, et je savais jon lui-méme. L’Alien exis- et le Grand Alien que Giger appelle volontiers son Ia dessiné les trois ; il a sculpté et construit lui-méme le grand modale. Le Chest Burster quant a lui a 6t6 réalisé par un groupe de technicier Mais pourquoi y a-t.il trois versions de I’Allen ? Ridley Scott propose une explication : « J’aurais aimé avoir une troisiéme dimension pour cette créature, qui aurait couvert le fait qu'il y avait vraiment une civilisation et que I'épave était peut-étre bien un vaisseau de guerre, ou encore un cargo transportant sa propre race ou une arme quelconque d'un point A en un point B, et que quelque chose avait mal tourné. Mais sans cette possibi- {it6, il faut souligner d'une facon ou d'une autre le danger représenté parla chose, comme par exemple en.montrant que méme son mode de repro- duction est ter it. » J'ai essayé de faire passer ca dans la séquence finale. Ce que je veux, c'est montrer que I'Alien a une durée de vie limitée, comme un papillon. Et dans cet intervalle de temps, une fois qu'il décide de s‘exposer — histoire d'inventer une expression — une fois qu'il surgit de son ceuf, il lui faut se reproduire et se propager aussi rapidement que possible, et méme peut- tre seulement en quelques jours. C’est pourquoi au cours de la demiére séquence, on peut voir le corps du Grand Alien exhaler une bave visqueu- ‘se : Ce que nous essayons de transmettre, c’est que |'Alien est peut-étre en train de s’enfermer dans son propre cocon. A ce stade d'ailleurs, il n‘atta- quera que s'il est provoqué, étant entiérement absorbé par I'accomplisse- ment de son cycle de reproduction. » Dan O'Bannon nous fournit une version différente, accompagnée d'un apercu de la psychopathologie de I’Alien : « L'idée est que les Aliens ont tun cycle de vie extrémement compliqué. lis ont un spore qui renferme es- sentiellement un pénis mobile, et il lour faut un héte pour se reproduire. Et quand un héte s’en approche, la chose bondit et se colle a I’héte pour déposer ses coufs dans le plus proche orifice disponible ; puis elle meurt et se détache. L’héte n’est rien de plus qu'une couveuse pour la chose qui en Et elle parvient & maturité a une vitesse in- affamée et éprouve le besoin de se repro- » Mais la créature qui surgit brusquement a bord du vaisseau n’a jamais sa propre culture ; elle n’a jamais 6t6 soumise a quoi que ce si ce n’est les quelques heures passées dans les soutes du vaisseau. a done, au sens propre du terme, aucune éducation. L’Alien n’est pas seulement sauvage, il est aussi totalement ignorant. » jin que depuis le début, I’Alien n’obéissait a aucune voix de la rai- comple, interprété par John Hurt, devient la cible des seins du Face Hugger. Kane est en train d’explorer une salle du vaisseau abandonné, lorsqu'il découvre des rangées de gros « caufs » ayant |’aspect du cuir (Giger les nomme « ballons organiques »). Il en touche un, et aussi- t6t, d’étranges protubérances apparaissent a la surface. Fasciné, Kane ob- serve attentivement I‘couf qui s’ouvre au sommet. « Il se rend bien compte qu'il y a quelque chose a I'intérieur » dit Giger, « mais il continue a regar- der I’couf éclore lentement, comme un sac qui s‘ouvre, et alors le Face Hugger lui saute au visage et s'y accroche. C’est un véritable cauche- mar | » bien plus grand, qui utilisai if tol un diable d'une boite plus réduit, de plus adapté a un vi- Maintenant, nous nous retrouvons avec cette créature qui aun peu lair d'une araignée munie d'une queue. Son corps est trés petit, et les éléments les plus importants sont les deux mains et la queue. Les mains s‘accrochent au visage de Kane, et la queue s’enroule autour de son jueue musclée pour surgir Pauvre Kane... Finalement, le Face Hugger se détache et tombe, et Kane semble se remettre de I’aventure... juste assez longtemps pour devenir la piéce maftresse de ce qui pourrait bien étre I’une des scénes les plus horri- bles jamais tournées. L’équipage au grand complet, y compris un Kane ra- repas avant de retourner Sou- , des gémissements, et Kane s’écroule sur la table. Il roule par terre, et une fleur de sang s‘imprime sur son tee-shirt blanc. Quelque chose palpite sous sa chemise et alors, une téte repoussante, de la taille d’un poing hu- main, explose de la poitrine de Kane. L’équipage terrifié a un mouvement de recul, le bébé Alien s'extirpe du corps de Kane, traverse la table & toute vitesse et disparait de la salle. « Le jour od nous avons tourné cette scane », raconte Nick Allder, « tout le monde était nerveux, surtout les acteurs. Toute I’équipe était en blouse blanche, et le plateau avait I’air d'une salle d’opération. En plus, l'espace était des plus restreints. John Hurt avait posé la téte et les bras sur la ta- ble, et il y avait devant lui un morceaux de pi entiérement creux d’od devait sortir le petit Chest Burster. Avec Roger Dicken, nous avons utilisé des pompes hydrauliques pour faire fonctionner le systém » Eten plus de tout le matériel entassé sous la table, nous avions bourré la fausse poitrine de tripes toutes fraiches. Nous étions obligés d’utiliser quelque chose de réel, un truc pareil n’est pas imitable. Ily avait aussi des litres d’hémoglobine, et une bonne partie de I’équipe s‘est fait arroser lors- que la téte a émergé. La pauvre Veronica Cartwright a bondi derriére sa chaise das les premiéres pulsations ; et quand la téte a éclaté pour de bon, c’était ses deux pieds relevés. Finalement, sang détournait I'intérét de impact de la scéne. Dans la version définitive, il y a tras peu de sang. » Naturellement, et comme Giger aime a le souligner, le Grand Alien tient la vedette. Et une fois que les producteurs furent satisfaits de la conception de |’Alien, il leur fallut dénicher un homme assez grand pour pouvoir répondre aux nécessités de I'idée. Gordon Carroll : « Nous n’arrivions pat & trouver qui mettre dans cette combinaison. Nous avons vu des karaték: un mime... nous avons méme pensé a un de ces longs mannequins de m¢ de squelettiques. Et puis un agent de Londr pelé, et nous som- mes allés le voir, lui et quelqu’un dont parlé, Nous étions Ia, jent nous a re- gardé, s'est tourné vers lui et lui a demandé : “Vous aimeriez faire un film 2" » Cet homme s’appelait Bolaji Badejo, Membre de la tribu africaine des Ma- sai et étudiant en arts graphiques en Angleterre, il décida que ca ne le dérangerait pas de faire une apparition dans un film — méme s'il devait 6tre totalement méconnaissable. Le premier travail de Badejo fut de rester debout, tranquillement et entiérement nu, pendant Ja prise d’un moulage de platre de son long corps en tige de roseau. Puis, Giger, armé de ses os, de son styrophane et d’un assemblage compliqué de bouts de caoutchouc extensible, se mit au travail. « Comme d’habitude dans tout ce que je fai PI biomécanique a ma créature », dit-il. « En partant du moule de platre, me suis servi de Plasticine, de caoutchouc, de tuyaux nervurés, et de plu- sieurs trucs mécaniques comme du fil électrique. Le costume est entiére- ment translucide ; la téte est en fibre de verre. Il fallait aussi une grande souplesse parce que I'Alien adopte diverses attitudes et doit parfois bondir tras vite, comme un insecte. » te et un torse supplémentaires, dont I'équipe des of- était tras fidre. « Cotte tte peut faire absolu- un agencement compliqué de pistons contrélés a distance. Le probléme majeur, bien évidemment, était de savoir a quoi tout cela al- lait ressembler sur I'écran. « Jusqu’ici, je n‘ai jamais aimé les films d’hor- ir », dit Scott, « parce qu’en fin de compte, on retombe toujours sur un homme vétu d'une combinaison de caoutchouc. II n'y a qu'une seule gon d’en sortir. La chose la plus importante dans un film de ce genre n’est A droite : si le scénario. deéfinitif avait conservé la sone de la pyramide, les Spectateurs al le plaisir d’admirer les hig roglyphes de vant sur les murs du vais- ‘seau abandonné le cycle de reproduction des Aliens. Mais au dernier moment, Ridley en a rejeté Widée. En haut : \a responsabilité de cet Alien couvert de sang revient 8 O'Bannon. En bas : dans le scénario de O'Bannon, I'atmosphare du temple est constituée doxygine pur. Cobb a des- ssiné un Face Hugger (Wentouse de Visage) a ’ap- parence de poulpe, s‘atta- ‘quant au malheureux Kane