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2010

LA POLITIQUE
ETRANGERE DU
CAMEROUN
Dr. FOZEIN KWANKE
La politique étrangère peut s’entendre comme la politique qui permet de
donner du crédit à l’image d’un Etat.

MASTER I 

BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES GENERAUX

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ARTICLES SCIENTIFIQUES
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PLAN DU COURS
Le cours sera articulé en deux parties.
Chapitre préliminaire : qu’est-ce que la politique étrangère ?

PREMIERE PARTIE : LE SOCLE DYNAMIQUE DE LA POLITIQUE ETRANGERE DU
CAMEROUN
Chapitre I – Les fondements de la politique étrangère du Cameroun
Chapitre II – L’aménagement organique de la politique étrangère du Cameroun
DEUXIEME PARTIE DU COURS : LE DEPLOIEMENT DE LA POLITIQUE ETRANGERE
DU CAMEROUN
Chapitre I – La diplomatie bilatérale
Chapitre II – La diplomatie multilatérale
La première partie permettra de mieux appréhender la deuxième partie et de mieux interpréter,
observer les forces et faiblesses de la politique étrangère du Cameroun.

dont la dénomination varie selon les pays. Cette perception géographique immédiate et statocentrique de la politique étrangère ne rend évidemment pas compte de la complexité de l’objet de notre cours. l’acteur étatique doit pouvoir subsister comme unité souveraine de façon à garder la liberté de ses choix fondamentaux à s’insérant dans le jeu international grâce à sa politique étrangère. le système international est comme frappé d’anomie.I INTRODUCTION GENERALE : Qu’est-ce que la politique étrangère ? Parler de la politique étrangère du Cameroun ne va pas de soi. l’Etat n’est plus l’acteur exclusif des relations internationales. les personnes qui travaillent au sein des administrations en charge des affaires du dehors ont un statut particulier. C’est en . au sein du gouvernement confère la responsabilité de la politique étrangère à une administration spécifique. Cette lecture territoriale des choses qui procède du modèle westphalien du système international. l’Etat n’est plus l’acteur exclusif des relations internationales. Désormais composée d’une infinité d’intervenants ayant des rationalités propres pour ne pas dire souvent antagonistes. mais il en demeure aujourd’hui encore l’acteur central. Et dans une dialectique de l’ordre et du désordre. L’une traiterait des affaires du dehors tandis que l’autre traiterait des affaires du dedans. leur garantissant immunités et privilèges dans l’exercice de leurs fonctions. D’une part en effet. L’expression renvoie à un rapport d’extranéité par opposition à la politique intérieure. La crise de l’Etat-nation s’est accompagnée d’une remise en cause de ce qui fut longtemps l’unité de base du système international avec notamment l’irruption de nouveaux acteurs sur la scène internationale. si du fait de l’émergence d’autres types d’acteurs internationaux. Ainsi. de l’unité et de la fragmentation exacerbée par le phénomène de la mondialisation. Dans les Etats d’accréditation. qui se nourrie autant de logiques d’intégration que d’exclusion. est confortée notamment par des aménagements institutionnels qui.

culturelle. les secteurs d’activité liés à la satisfaction de ses besoins. joue un rôle à bien des égards primordial. les choix de politique étrangère sont bien souvent tributaires de contraintes intérieures. la politique intérieure des Etats n’est pas mise en œuvre dans un néant de contraintes extérieures. étant donné l’objet de celle-ci (les interactions se déroulant en dehors de l’espace contrôlé par un seul Etat) qui incluent par définition. Ceci dit. si non comme acteur du moins comme enjeu ». comme la souligné Alain Plantay « dans la société internationale. de leurs forces. D’autre part. dans un système international dont la nature et les caractéristiques ont connu de profondes mutations depuis le 18ième siècle. Par ailleurs. Mais. mais des événements qui se déroulent aux différents points de la planète. l’une et l’autre en interaction permanente . social et culturel. caractérisé par des centres de pouvoir multiples et confidentiels et donc. En prenant ainsi désormais en compte les secteurs d’activité qui naguère lui étaient peu familiers. si la matière mobilise . au sein des politiques publiques. Et de fait.effet autour de lui que se structure tout le système international. l’épuisement des ressources ou l’explosion démographique) qui obligent les Etats à se préoccuper non plus seulement de leur voisinage immédiat. Si les domaines où s’exercent les autres politiques publiques s’inscrit dans le cadre de la souveraineté territoriale. De même. ne pouvant être menée à l’état de la pesanteur. de leurs richesses ou de leur capacité à s’engager. le champ de la politique étrangère s’est progressivement élargi. Il a été affirmé à cet égard que « La politique étrangère est la matière première par excellence des relations internationales . ont en raison de leur originalité historique. les actions et décisions des Etats en vers les autres acteurs étatiques et non étatiques de la scène internationale ». Il existe ainsi un lien entre politique intérieure et politique extérieure. comme l’ont relevé différents auteurs. notamment Braillard et Mohamed Djalili dans les relations internationales. cherchent à y maintenir ou mieux à y accroître leur capacité d’influence. « Une caractéristique fondamentale de la politique étrangère qui la distingue des autres politiques publiques est d’avoir pour champ d’action. un espace qui échappe en grande partie à son contrôle. La Politique Etrangère en tant que politique publique est donc au centre de toute réflexion sur les relations internationales. Dans un monde de plus en plus inter indépendant. en raison des changements survenus dans les systèmes de valeur. la politique étrangère prend aujourd’hui une place éminente en raison des mutations profondes du système international (qu’il s’agisse du développement des systèmes d’armement de destruction massive. l’Etat a été emmené à prendre progressivement en charge y compris dans le cadre de sa politique étrangère. grands ou petits. marquée par un ordre juridique bien définie. De même. du phénomène de la mondialisation ou de l’apparition des problèmes globaux touchant l’ensemble de la planète comme la destruction de l’environnement. Tous les Etats. par l’affrontement de diverses souverainetés qu’aucune puissance n’a jamais pu entièrement contrôlée ». une politique étrangère spécifique qui par rapport aux autres politiques publiques. le champ des Relations Internationales est celui d’un milieu en partie anarchique . de l’aspiration des sociétés au bien être économique. économique ou géographique. tout Etat compte si faible soit il. La politique étrangère apparaît en effet comme l’instrument privilégié par lequel les Etats s’insèrent dans le jeu international. le postulat classique d’inspiration hobbesienne selon lequel il existerait une différence de nature entre les affaires du dehors et les affaires du dedans n’est plus d’actualité s’il le fut jamais.

Cette consécration de la primauté de l’exécutif est ancienne. Ainsi. Dans ce contexte d’incivilité naturelle. Dans cette conception. elle puise dans le libéralisme dans la mesure où dépassant l’approche des RI fondée sur l’angle de la lutte … entre les Etats dans un système international anarchique. du « prince rationnel ». force est de reconnaitre au-delà de la concurrence des paradigmes sur la définition de la politique étrangère. car le prince ne peut pas se tromper. par la pratique du secret. Elle doit être par conséquent mise en œuvre sous son impulsion et à l’abri des turbulences.de nombreux auteurs qui se partagent les écoles. de Hobbes et Clausewitz. NB : la politique étrangère est donc faite de ruptures et de continuités. Selon Hans Morgenthau. Elle envisage les relations interétatiques sous le prisme de la coopération avec les institutions internationales jouant un rôle éminent dans la stabilisation du système international. Par. le diplomate et le soldat selon le binôme . la conduite de la diplomatie apparaît relativement simple parce que monolithique et relevant d’un processus décisionnel. D’une manière générale. malgré un fond fortement inspiré du réalisme classique. C’est le « domaine réservé du prince ». John Locke et chez Rousseau. de puissance. on la retrouve déjà chez Machiavel. ni langue. SECTION I – LA POLITIQUE ETRANGERE : UNE REALITE COMPLEXE La PEC ne peut être entière appréhendée à travers un paradigme unique des RI. la politique étrangère apparaît comme l’expression de la confrontation d’intérêts nationaux divergents ou comme la prévention du risque de guerre par des initiatives diplomatico-stratégiques (conception aronienne des RI) Pour les réalistes. les notions d’intérêt national. que celle-ci est tributaire des contraintes et déterminants qui transgressent les clivages politiques et doctrinaux. La PEC s’inspire également de l’école marxiste au moins dans la lecture des déséquilibres internationaux. dans le schéma réaliste de politique étrangère. la PEC emprunte au constructivisme en ce qu’elle appréhende les RI sur la base des rapports sociaux construits entre les acteurs du SI et de l’identité de chacun de ses acteurs. 1 – Une politique étrangère fortement inspiré du réalisme classique Héritière de Machiavel. « le chef d’Etat rationnel ne poursuit qu’un seul objectif sur la scène internationale à savoir l’intérêt national de son pays défini en terme de puissance ». Elle emprunte en effet à toutes les grandes écoles des RI et participe de fait sur le plan doctrinal du paradigme de la complexité. « les forces du changement ne font pas beaucoup changer l’esprit ni les méthodes d’une politique étrangère pour nombre de raisons dont la première est qu’un pays ne change pas de position sur la carte. il est infaillible. elle met l’accent sur le rôle des Etats. univoque et rationnel. Mais dans certains de ses aspects. la politique étrangère d’un Etat est une prérogative exclusive du souverain ou de l’autorité qui en tient lieu. ni de sous sol ni de commerce extérieur en changeant de qualifications gouvernementales ». Comme l’a souligné Regis Debray à cet égard. de conflits et d’équilibres dans une société internationale essentiellement anarchique dont les Etats qui en sont les principales composantes ne sont pas encore sortis dans leurs relations mutuelles « de l’état de nature ».

force est de reconnaître que le retournement du monde avec notamment l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux enjeux. de la rationalité de choix du décideur ou de la séparation des décisions de politique étrangère par rapport à la politique intérieure. la politique étrangère d’un Etat ne reflète que les intérêts de la classe dominante avec pour conséquences. Dans cette perspective. du commerce ou de l’humanitaire dans l’analyse de la politique étrangère des Etats. L’Etat loin d’être un acteur à part entière si non exclusif des relations internationales comme chez les réalistes. occupent une place prééminente.aronien. 2 – La politique étrangère comme gestion des contraintes Deux types de contraintes affectent directement ou indirectement l’élaboration et la mise en œuvre de la politique étrangère. Il s’agit des contraintes endogènes et de celles exogènes. les relations interétatiques en conflit permanent eu égard à la concurrence que se livrent les bourgeoisies nationales entre elles. Par. mais comme une idéologie à l’origine de la formation de la politique étrangère de certains Etats notamment de l’ex URSS et de l’ancien bloc de l’Est. dans la pratique. marqué par la domination organisée et institutionnelle d’un groupe (la classe dominante) sur les autres groupes. . s’il est sans contredit que la politique étrangère demeure le siège de rapports de forces entre les Etats ou leurs bourgeoisies. est remis en cause fondamentalement certains postulats par l’intermédiaire desquels celles-ci étaient jusque là abordées. le devoir de percer les mystères de la politique internationale et de surveiller les agissements de leurs gouvernements. Le marxisme a été traité dans l’analyse des relations internationales non pas comme une approche théorique. Cette politique étrangère fondée sur la domination y compris par les armes est caractéristique de l’impérialisme qui selon Lénine. la politique étrangère demeure ici aussi principalement l’affaire des plus hauts responsables de l’Etat. est le stade suprême du capitalisme. Qu’il s’agisse de l’unité de l’acteur étatique personnifié dans le décideur ultime. les pays capitalistes eux-mêmes dans la mesure où la bourgeoisie bat toujours contre la bourgeoisie de tous les Etats étrangers. n’est que le reflet des rapports de force sous jacentes entre les différentes classes sociales. les relations entre les Etats capitalistes et les pays en voie de développement voire les formations précapitalistes. NB : la qualification d’idéologie dévalorise une doctrine De fait. Le paradigme réaliste développé pendant la guerre froide n’a pas perdu de son intérêt avec la fin de la bipolarité et l’avènement de la mondialisation impliquant la prise en compte de l’économie. B – L’école marxiste des relations internationales Elle conçoit la société internationale comme un système intégré mais dialectique. Mais. Et de l’autre côté. même si les travailleurs du monde entier ont en théorie. Cet état de guerre perpétuel dans lequel se trouve la bourgeoisie concerne d’un côté.

Il est évident que les décisions prises in fine ne sont pas nécessairement les plus efficaces ou les plus rationnelles. ils sont presque infinis. Cette primauté géostratégique perd de son sens. le ministre des affaires étrangères. Elles peuvent même se situer aux antipodes de cet optimum. Quant aux moyens mis en œuvre. conscients ou inconscients. Elle révèle aussi que dans le contexte international actuel. Les fonctions économiques ou culturelles. ce qui sera qualifié au bout d’un processus d’arbitrage complexe et la politique étrangère n’apparaît plus comme un choix simple et délibéré mais comme un résultat ou plutôt un compromis entre plusieurs administrations. sur un même sujet. L’approche de la politique étrangère et sous l’angle de la politique publique. le PM. la notion d’intérêt national qui est une élaboration doctrinale s’accorde mal avec l’essor ou l’éclatement des lieux d’énonciation et de mise en œuvre de la politique étrangère. autant de facteurs ou vecteurs d’action internationale. la religion voir les groupes de danses peuvent être parmi tant d’autres. Dès lors. du commerce peuvent avoir une approche spécifique ou différente. le président de la république. dans une telle configuration. le ministre de l’économie et des finances. NB : les environnements spécifiques influencent ainsi les différentes approches des acteurs Cet état de chose relativise fortement le mythe d’une politique étrangère imposée par le haut (conjonction d’intérêts et des inputs) et obéissant tout simplement aux exigences de l’intérêt national. le ministre de la défense. Comme les acteurs et les lieux. L’un de ses principaux mérites c’est celui de rétablir le lien indispensable qu’il y a entre la politique extérieure et la politique intérieure. Le domaine de la politique étrangère renvoyait traditionnellement aux fonctions de diplomatie et de défense et se concevait prioritairement par référence au besoin de sécurité propre à chaque Etat. la politique étrangère ne s’élabore plus dans un lieu unique mais se trouve éclatée en centres multiples de production internationale dont la coordination paraît de moins en moins assurée. Elles représentent en fait le plus petit dénominateur commun consensuellement arrêté.A – Les contraintes endogènes Elles tiennent d’abord au caractère bureaucratique de la politique étrangère en ce qu’elle constitue une politique publique d’un genre tout particulier. de la prise de décisions et de jeux démocratiques a fait école notamment avec l’étude réalisée par Graham Allison sur la gestion de la crise de Cuba en 1962 par l’administration Kennedy. La décision de politique étrangère est ainsi le résultat d’un arbitrage entre les inputs des différents intervenants. Justification nécessaire pour une diplomatie régalienne. C’est dans ce contexte marqué par la prolifération des rôles et des énonciations politiques sur la scène internationale que s’élabore et est mise en œuvre la politique étrangère des Etats. Les acteurs privés cherchant d’abord à renforcer leur propre autonomie et accroître leurs ressources. Ainsi. les enjeux et les moyens de l’action internationale se démultiplient. . Les acteurs y impliqués sont multiples même s’il existe une certaine hiérarchie entre eux. Les utilités dérivées de l’action internationale sont de plus en plus nombreuses et diversifiées. la question qui se pose n’est plus celle de savoir en quoi consiste la poursuite rationnelle de l’intérêt national mais plutôt. qui fabrique la décision et sur quel critère. la communication. Cette approche sera perméable aux pressions de son environnement spécifique. De fait.

une vision du monde en termes de marché et d’intérêts économiques. L’Etat de toute évidence n’a plus le monopôle de la socialisation internationale. la régionalisation des moyens. Ainsi. de solidarité marchande. NB : les Etats de la communauté doivent parler le même langage au détriment des spécificités ou particularités nationales. s’oppose des agencements des réseaux internationaux dans lesquels l’action individuelle supplante bien souvent l’ordre institutionnel. C’est le cas de la commission européenne qui est présidée par Romano Prody et de la commission africaine. d’une vision du monde qui se veut globale des intérêts géopolitiques définis à long terme. voilà la triple évolution imposée par la diffusion des expériences régionales. la possibilité apparaît de construire une régionalisation des moyens à mettre à la disposition des politiques étrangères. les aspects économiques et commerciaux naguère jugés loin de la grande politique. B . Il devient ainsi maladroit de tenir à des spécificités nationales devenues polémiques. Tout comme celle de l’Union Africaine au Darfour. Ainsi. Comme le disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique. Lissement du processus décisionnel. on assiste à une régionalisation des discours. à la politique étrangère classique emprunte de logiques de souveraineté. il y a donc un second niveau.Toutes ces tendances attentatoires à l’idée de souveraineté favorisent l’émancipation de l’individu sur la scène internationale. religieuse ou ethnique qui font des relations internationales de plus en plus une composition des relations individuelles. régionalisation des processus décisionnels. A une diplomatie d’Etat. de l’Union Européenne et de l’Union Africaine. lissement du discours. L’intérêt du milieu l’emporte sur l’intérêt de possession. Ainsi. La prolifération des expériences d’intégration régionale entraîne ainsi au moins trois conséquences majeures en matière de politique étrangère. en Europe comme en Afrique. certains pays en Europe envisagent la mise en commun des moyens. . C’est le cas par exemple des réseaux d’entreprises dispersés de par le monde. des réseaux de prédicateurs.Les contraintes exogènes La complexité sus décrite du fond domestique s’accompagne d’un renouveau de processus d’intégration régionale qui impose aux Etats membres de revisiter leur politique étrangère pour l’adapter aux exigences de la communauté. lissement des moyens de la politique étrangère. pour les expériences d’intégration régionale les plus avancées à l’instar de l’Europe. Le cas de la Chine est un exemple particulier notamment sa prospérité basée sur son repli identitaire. Il y a tout d’abord. de nouveaux acteurs régionaux apparaissent dans les ministères des affaires étrangères avec des cultures bureaucratiques spécifiques et s’appuyant sur des référentiels supranationaux plutôt que nationaux. Ensuite. En matière de défense. Après la régionalisation des décisions. Elle n’est pas indifférente à la globalisation c’est-à-dire : --l’émergence en tête de préoccupation des décideurs nationaux en matière de politique étrangère. « souhaiter la grandeur de sa patrie c’est souhaiter du mal à ses voisins ». se superpose en termes de profit pour les acteurs privés. Enfin. la présence de l’Union Européenne dans les Balkans fut financée par la communauté et non par un seul pays.

(Dans l’esprit des lois). Ils insistent sur l’étendu du territoire. telle autre regorgera des ressources minières. La politique étrangère c’est moins ses énoncés et ses buts que les conditions concrètes dans lesquelles elle est mise en œuvre. le prévisible et l’imprévisible. il est le facteur prééminent de la puissance. Par. les ambassades se doublent de missions économiques. force est de reconnaître avec Marcel Merle. tel autre encore assurera un accès facile aux richesses maritimes alors que d’autres ne pourront assurer leur survie au prix d’action obstruée et onéreuse sur la nature. les caprices du relief. Kyoto. 1 – Les déterminants structurels Très schématiquement. en a un qui lui est particulier : l’agrandissement était l’objet de Rome. Telle territoire pourra nourrir aisément sa population. Les lois du climat. La politique étrangère est le produit des compromis entre le souhaitable et le possible. Sans trop s’attarder sur les controverses doctrinales qui entourent cette notion. des institutions de Brettonwoods etc. Beijing…) sont non seulement des hauts lieux d’inflexion des politiques étrangères mais aussi des lieux d’affrontement entre blocs régionaux. Section II – Les déterminants de la politique étrangère des Etats Tous les Etats écrit Montesquieu. L’espace demeure encore largement le support de la richesse. les dimensions du territoire. la position géographique du pays imposent aux Etats. Et de fait. une politique étrangère ne se décrète pas ex nihilo. A – La géographie Elle renvoie tout d’abord à ce que d’aucun ont appelé le déterminisme de l’espace. Pour les théoriciens de la géopolitique. Les contraintes endogènes ou exogènes relèvent que la politique étrangère est un agissement plus ou moins voulu face à l’évolution internationale. Ainsi. cet avantage se . Les conférences globales qui rassemblent les Etats sur les enjeux planétaires (Rio de Janeiro. le compris et l’incompris. des suggestions ou leur offrent des chances inégales. ont un objet qui est de se maintenir et chacun pourtant. la guerre celui de Lacédémone. --Enfin. le commerce celui de Marseille ». la configuration.--L’autre conséquence c’est que l’immédiateté devient le critère d’appréciation des résultats d’une politique étrangère et non plus le long terme. Seattle. La superficie du territoire est présentée comme un gage de puissance. L’objet dont il s’agit ici étant la situation du pays et du contexte. Ses lignes de force sont largement tributaires de déterminants structurels ou conjoncturels qui permettent d’en comprendre les continuités. de l’OMC. sa configuration et sa situation. ils peuvent être articulés autour de deux grandes composantes : la géographie et la culture. les chefs d’Etats ne se déplacent plus sans une équipe d’hommes d’affaires. Ces grandes conférences mondiales sont devenues les domaines privilégiés de la diplomatie non gouvernementale. les hasards de la géologie ou des frontières territoriales sont des contraintes élémentaires qui historiquement ont toujours eu une influence notoire sur le choix des politiques étrangères des Etats. que l’occupation de l’espace. Mais. la politique étrangère a tendance à se définir dans les enceintes multilatérales à l’instar du G7.

L’importance de l’étendu du territoire n’entre en jeu que comme contenant de ces deux données dont elles limitent ou favorisent le niveau optimal nécessaire à l’influence décisive dans un champ diplomatique donné. En effet. Les troupes de Hitler ont par exemple échoué en Russie en raison de l’étendu du territoire. l’effectif de la population influence la politique étrangère en imposant certaines limites à la puissance de l’Etat . toutefois. Enfin. configuration et situation du territoire ne sont que des éléments de puissance parmi lesquels il faut compter aussi les ressources humaines ou les ressources naturelles. à la problématique de la disponibilité ou non des ressources naturelles sur le territoire. Quant à la configuration du territoire. il s’agit d’un donné profond du corps social. Pour autant que cet Etat dispose des moyens technologiques. la masse des richesses nationales actuelles ou potentielles. Mais. Mais d’une manière générale. De fait. Les pays enclavés au milieu des continents sont plus vulnérables que ceux qui disposent d’une ou de plusieurs façades maritimes. Alors qu’entre les Etats. la géographie renvoie en tant que déterminant. Selon cet auteur. l’expérience historique de la pratique révèle que l’immensité ou l’insularité du territoire. La combinaison des forces et des vulnérabilités qui détermine la position de chaque Etat comporte une composante culturelle. économiques. soit en constituant un facteur de pression. l’acquis de connaissance et d’expérience né de l’effort de chaque individu. La frontière est le premier cercle de la relation avec l’extérieur en matière d’échanges ou de contrôle migratoire. La culture est donc à la fois contrainte inconsciente et élément d’innovation. Elle détermine en effet dans une certaine mesure. L’étendu du territoire allonge les frontières à protéger. superficie. facteur de l’étendu géographique sur l’importance diplomatique des pays africains procède de ce que les facteurs les plus essentiels en influant les pays demeurent le volume démographique. elle est l’expression d’un ensemble de valeurs collectives souvent nationales c’est-à-dire des jugements portant sur des manières d’être ou d’agir reconnus comme rôles légitimes ou obligatoires par un peuple. la signification de cette neutralité. La valeur n’est indissociable des conditions d’exploitation de ces ressources et de leur intégration dans une forme cohérente. En ce sens. D’autre part. Et comme l’a montré le professeur Kontchou. le degré de dépendance des Etats vis-à-vis de l’extérieur. Pour qu’une puissance ne se borne à être simplement physique. B – La culture L’analyse des rapports de puissance et d’échanges clef de l’équilibre international ne peut à elle seule expliquer l’action du diplomate. la position géographique d’un pays sur la carte détermine ses frontières c’est-à-dire aussi ses voisins. Et comme il n’y a pas de peuple sans histoire. l’abondance des matières premières ou même le poids démographique n’ont pas de valeur en soi. elle n’est évidemment prise en compte dans les calculs stratégiques. la puissance et l’intérêt sont . L’existence des ressources naturelles constitue un élément essentiel à la puissance d’un Etat mis au service de sa politique étrangère. C’est particulièrement dans la première acception qu’elle exerce une grande influence sur la diplomatie. humains pour lui permettre d’exploiter avantageusement ces ressources. la géographie renvoie à la situation démographique. aucun intérêt n’est seulement matériel. En effet.trouve un inconvénient majeur. Il ne reste pas moins que la géographie commande à la politique extérieure même si la relation n’est pas aussi simple que le disent les théoriciens de la géopolitique. l’étendu du territoire est un facteur ferme de la diplomatie africaine. le fait culturel englobe et explique le fait étatique. Les éléments les plus importants pour apprécier le rapport entre l’espace et la puissance restent sans doute la situation du territoire. Le terme culture désigne ici deux notions différentes. D’une part.

Elles sont d’ordre culturel.toujours relatifs. chrétiennes boudhistes sont en effet dispersées. Quoi qu’il en soit. La fin de la guerre froide a donc sanctionné l’éclatement des cadres de référence à travers lesquels étaient saisie la réalité internationale imposant ainsi aux différents acteurs. Elles peuvent même faire triompher le plus faible lorsqu’il est animé d’une volonté de refus fondée sur des valeurs solides. Des espaces culturels il convient de le souligner. Les communautés musulmanes. les relations internationales se structurent autour des clivages culturels et civilisationnels. Et de fait. ne sont pas tous liés aux frontières politiques. l’obligation de repenser le monde. L’identité historique s’affirme dans la compétition. dans le jeu diplomatique. se développe dans le relationnel. les mouvements armés. les situations politiques en Europe. dans la mesure où celle-ci traduit la commune aspiration des citoyens à la dignité. Samuel Huntington rappelle que dans le monde d’après guerre froide caractérisé essentiellement par ce que l’on a appelé la fin des idéologies. C’est en elle que réside la réalité principale et durable d’une nation . militaire ou économique. Il peut procéder de la perte de ses motivations profondes. 2 – Les déterminants conjoncturels Ce sont les déterminants qui n’ont pas de continuité historique grave à l’instar de la culture ou de la civilisation mais qui dans un segment de temps plus ou moins long conditionnent les choix de politique étrangère. l’identité profonde d’un peuple comporte des constantes qui varient très lentement . Et dès lors. la sécurité. on ne saurait dissocier un Etat de la civilisation à laquelle il appartient depuis et qu’il exprime. de son harmonie sociale ainsi que l’a montrée l’aventure vietnamienne des Etats-Unis. L’authenticité et la rigueur de la culture nationale renforcent considérablement le pouvoir de captation d’un gouvernement en lui fournissant une motivation éthique et une expression originale. Par. Ils sont souvent transnationaux parfois infranationaux. Et l’on a récemment vu avec la force de résistance du mouvement libanais Esbola.Ouest ont disparu. les mouvements religieux. la politique globale dépend de plus en plus des facteurs culturels. . de son courage. la solidarité et exprime la référence aux obligations et éthique respectifs ou religieuses qui font l’originalité de civilisation. en Afrique ou ailleurs dans le monde n’étaient appréhendées que sous le prisme de cette rivalité et ne valaient que par elle bien souvent au détriment des dynamiques locales. même si leur expression est influencée par les circonstances. Dans son ouvrage intitulé « le choc de civilisations ». les mouvements de libération nationale. La fin de la guerre froide a ainsi constitué une véritable rupture au moins à deux niveaux. politiques ou économiques. les facteurs culturels occupent une place prééminente dans l’organisation de la société internationale. Rupture tout d’abord avec une lecture binaire du monde qui a prévalu jusqu’autour des années 1998. De toute évidence. voire de validation de la politique étrangère. L’affaiblissement d’un peuple ne résulte pas toujours du déclin de sa puissance matérielle. Ainsi. Depuis la fin de la guerre froide. Rupture ensuite avec une certaine tendance à minimiser le rôle des autres acteurs des relations internationales qui n’étaient perçus que comme les instruments potentiels ou réels de l’adversaire. les fractures culturelles du monde n’obéissent pas à la géographie culturelle du monde. les distinctions majeures entre les peuples ne sont plus idéologiques. Et de fait. La réalité s’est en effet révélée plus complexe puisque les conflits que l’on imputait originellement à la rivalité Est. C’est notamment le cas de la guerre froide qui a donné naissance à un ordre international bipolaire marqué par la domination de deux super puissances dont la confrontation planétaire est devenue la principale grille de lecture.

l’irruption de nouveaux acteurs sur la scène internationale. Chapitre I – Les fondements de la politique étrangère du Cameroun La politique étrangère du Cameroun est articulée autour de principes fondateurs qui peuvent être retrouvés dans les discours prononcés par les plus hautes personnalités de la république depuis l’accession du pays à la souveraineté politique jusqu’à nos jours. Il reste que la politique étrangère des Etats peut être largement conditionnée par l’idéologie du pouvoir en place ou sa vision du monde. « résolu à exploiter ses richesses naturelles afin d’assurer le bien être de tous en relevant le niveau de vie des populations sans aucune discrimination . En effet. Confrontées à cette réalité. Elle est dynamique et comporte par conséquent des permanences et des adaptations voire des nuances tant dans ses fondements qu’en ce qui concerne son aménagement organique. affirme son droit au développement ainsi que sa volonté de consacrer tous ses efforts pour le réaliser et se déclare prêt à . des relations pacifiques et fraternelles conformément aux principes formulés par la charte des nations unies ». Ces invariants expliquent les éléments de continuité de cette politique du président Ahidjo au président Paul Biya. Mais. sa diversité culturelle. il y a lieu de souligner l’influence des types de régimes et de la distribution du pouvoir entre les différentes structures administratives sur l’élaboration de la politique étrangère des Etats. La loi no 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 02 juin 1972 rappelle ces principes dans son préambule en des termes assez généraux. ses alliances. Sur ce dernier point. Ce même peuple.écologistes voire les associations humanitaires n’étaient perçus par les politiques étrangères que comme des agents au service de l’adversaire dans le cadre de la confrontation Est-Ouest. les politiques étrangères des Etats dont celles du Cameroun s’adaptent à l’environnement international dans une dialectique de rupture et de continuité. exacerbée par la fin de l’ordre bipolaire et l’avènement de la mondialisation. « jaloux de l’indépendance de la patrie camerounaise chèrement acquise et résolu à préserver cette indépendance. y est-il souligné. ses obligations internationales. il y a d’abord et avant tout le Cameroun avec sa géographie. une politique étrangère n’est ni figée ni fossile. convaincu que le salut de l’Afrique se trouve dans la réalisation d’une solidarité de plus en plus étroite entre le peuple africains . Le peuple camerounais. Et non pas comme des acteurs autonomes de la politique internationale. Elle peut également l’être par la personnalité des dirigeants ou des institutions politiques et économiques du pays. affirme sa volonté d’œuvrer à la constitution d’une Afrique unie et libre tout en entretenant avec les autres nations du monde. l’apparition de paramètres nouveaux qui commandent la modification de perspectives voire la réforme des organigrammes. ses intérêts vitaux etc. au-delà du style propre à chacun des deux hommes. Première partie : le socle dynamique de la politique étrangère du Cameroun La politique étrangère du Cameroun repose sur certains invariants qui en constituent le socle. la politique étrangère a récemment connu de profonds bouleversements qui se traduisent notamment par la complexification des enjeux. En guise de conclusion En tant qu’instrument par lequel les Etats organisent la gestion de leurs interactions ou de leurs rapports avec les autres acteurs internationaux. son histoire. Elle ne se conçoit pas hors du temps.

Pupille des nations unies. Ainsi que l’a écrit le président Paul Biya à cet égard. ensuite. politico idéologiques et économiques. P. Légitimation des choix et conduites de politiques étrangères tout d’abord. C’est particulièrement le cas de la non. sur la protection par la société internationale toute entière et l’exclusivité de l’autonomie et de la plénitude de leur autonomie sur les sociétés qui nous gouvernent. Par. ils doivent être compatibles avec la norme largement acceptée dans les interactions entre les acteurs étatiques du système international. Ces principes fondateurs sont d’ordre juridique. Pierre Marcel Favre. Section I – Les fondements juridiques Ils reflètent la pleine adhésion du Cameroun aux principes énoncés par la charte des nations unies et au droit international régional africain. Nous insistons plus particulièrement sur le respect de la souveraineté des Etats. l (pour le libéralisme communautaire. autant par sa doctrine que par son action. celle d’un Etat nouveau qui y trouve la garantie de sa propre indépendance. Paris. A l’évidence. 1986. La crédibilité internationale est à ce prix.intervention dans les affaires relevant essentiellement de la compétence nationale de l’Etat et du règlement pacifique des différends. Ainsi. de leur liberté de pourvoir à leur défense selon les moyens appropriés ». doivent être légitimes ou du moins perçues comme telles par les autres membres de la communauté internationale. le Cameroun a très tôt fait le choix de promouvoir les principes et idéaux de l’organisation universelle dans le cadre de sa politique étrangère. Légitimité des décisions de politiques étrangères ensuite en ce qu’elles possèdent des principes consacrés internationalement. « le renforcement de l’indépendance des peuples apparaît en effet comme la condition primordiale de la paix et du progrès dans le monde aujourd’hui : la politique étrangère du Cameroun en réaffirme les exigences essentielles en toutes circonstances. les intérêts nationaux bien compris du Cameroun qui sous-tendent les choix et conduite de politiques étrangères des décideurs camerounais. de la non ingérence dans les affaires extérieures. A – La non-intervention dans les affaires relevant de la compétence nationale des Etats L’attachement viscéral du Cameroun à ce principe consacré à l’article 2 par. 20) . ces principes participent tous de la légitimation des choix et conduites de politique étrangère autant qu’ils leur confèrent leur légitimité. Autant que sur la préservation de leur inviolabilité extérieure.coopérer avec tous les Etats désireux de participer à cette entreprise nationale dans le respect de sa souveraineté et de l’indépendance de l’Etat camerounais ». 1 – La pleine adhésion du Cameroun aux principes énoncés par la charte des nations unies. Une telle action doit conduire notamment au respect scrupuleux des principes de l’égalité des Etats. 7 de la charte des nations unies procède sans doute de l’histoire.

Ce faisant. est en effet « le bouclier contre l’impérialisme et la diplomatie de la domination des grandes puissances ». Il refusa aussi de soutenir le Biafra sécessionniste contre le gouvernement central de Lagos en dépit du général de Gaules et de certains pays francophones qui. à l’instar du Gabon et de la côte d’ivoire avaient suivi Paris dans cette aventure du Nigéria. Dans les relations internationales. en droit international public. le Cameroun hormis le soutien aux mouvements de libération nationales. la cour internationale de justice a fourni les éléments constitutifs de la non intervention dans les termes ci-après : « dans les formulations généralement acceptées. ils doivent demeurer libres. de renseignements et de soutien logistique constituaient une violation indiscutable du principe de non intervention. elles utilisent des moyens de contraintes. le principe de non intervention constitue comme l’ont souligné certains auteurs. social et culturel et de la formulation des relations extérieures . soit sous scène indirecte. L’intervention est illicite lorsqu’à propos de ce choix. L’intervention interdite doit donc porter sur des matières à propos des quelles. Plus généralement. P. . le Cameroun du président Ahidjo a pris radicalement partie pour le maintien de l’unité et de l’intégrité territoriale de son grand voisin. la CIJ a ainsi exprimé que l’appui fourni par les USA aux activités militaires et paramilitaires de Contras au Nicaragua contre le régime sanguiniste sous forme de soutien financier d’entraînement de fourniture d’armes. économique. Dans ces affaires. subversives ou terroristes à l’intérieur d’un autre Etat ». l’intervention non sollicitée est dans son principe un acte manifestement incompatible avec la charte des nations unies qui reconnaît l’égalité souveraine de l’Etat et une atteinte directe au principe de la plénitude et de l’exclusivité de la compétence territoriale. ce principe interdit à tout Etat ou groupe d’Etats d’intervenir directement ou indirectement dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre Etat. le principe de la souveraineté des Etats permet à chacun d’entre eux de se décider librement. Il en est ainsi du choix du système politique. le principe de souveraineté et celui de l’égalité des Etats ». Il s’est traduit depuis l’accession du pays à la souveraineté politique par une adhésion sans réserve aux différents instruments juridiques internationaux proclamant ou réaffirmant la sacralité du principe de la non. (Politique étrangère du Cameroun. Le soutien à des activités armées. Dans son arrêt du 27 juin 1986. « la conséquence nécessaire et directe des deux piliers du droit des relations internationales.Le principe de la non-ingérence comme l’a souligné le professeur Mouelle Kombi. Cet élément de contrainte constitue de l’intervention prohibée et formant son essence même. soit sous la forme directe d’une action militaire . Faisant sien ce principe fondamental des relations internationales. n’a jamais eu à soutenir directement ou indirectement des groupes ou mouvements opposés aux régimes en place dans les pays voisins ou ailleurs. C’est le cas de la résolution 2131 (du 21 décembre 1945 de l’assemblée générale des nations unies dénommée déclaration de l’inadmissibilité de l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et la protection de leur indépendance et de leur souveraineté ».ingérence dans les affaires intérieures. 50) La non ingérence ou non intervention c’est le refus de l’interférence ou de l’intervention des tiers dans la sphère de compétences exclusivement réservées à un autre Etat. C’est le cas aussi de la résolution 2627 (XXV du 24 octobre 1970 intitulée déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la charte ». Ce légalisme de Yaoundé demeure aujourd’hui encore l’un des vecteurs directeurs de la politique étrangère du Cameroun. est particulièrement évident dans le cas d’une intervention utilisant la force .

l’invasion du Kuweit par l’Irak de Saddam Hussein a été dénoncée par la diplomatie camerounaise. Comme le fait observer à juste titre. Sur le plan diplomatique. le recours à la force comme mode de résolution des conflits. le professeur Mouelle Kombi à cet égard. La ferme adhésion de Yaoundé à ce principe cardinal des relations internationales s’est systématiquement traduite sur le terrain diplomatique par la condamnation du recours à la force dans les différends entre les Etats Ainsi. « toutes sans exception préconisent la recherche de solutions adéquates par la voie pacifique en cas de différends nés de l’interprétation ou de l’exécution d’un instrument conventionnel ». Pour la diplomatie camerounaise. L’action diplomatique conjuguée des différents acteurs internationaux a permis indubitablement de stabiliser la crise. n’admet aucune forme de guerre même défensive et prône la non résistance y compris en cas de légitime défense. le Cameroun n’a jamais été mis en cause par quelque pays que ce soit d’entretenir de la subversion ou d’apporter une assistance militaire. En effet. Elles ont ainsi pu arrêter la progression des forces ennemies et stabiliser le front. D’aucun ont qualifié cette démarche volontariste de pacifiste. Pas plus qu’il n’a eu à faire usage de la force contre l’intégrité territoriale d’un autre pays. le . B – Le règlement pacifique des différends internationaux L’interdiction de l’emploie de la force dans les relations internationales constitue de nos jours une norme impérative du droit international tout comme son corollaire. la gestion et le règlement des conflits a été sollicité de même que la médiation de certains chefs d’Etats parmi lesquels les présidents Eyadema qui a initié les rencontres de Kara entre le Nigeria et le Cameroun (au Congo. Au demeurant. dans les différentes instances internationales n’ont de cesse de rappeler face aux convulsions et turbulences du système international que la force du droit doit prévaloir sur le droit de la force. En effet. Parallèlement.Par ailleurs. la doctrine pacifiste et antimilitariste. les différentes instances régionales de prévention et de règlement des conflits notamment le mécanisme de l’OUA pour la prévention. logistique ou autre à des forces rebelles opposées au gouvernement légal d’un autre pays. l’obligation de résoudre les différends internationaux par les moyens pacifiques. face à l’agression nigériane en 1993. En effet. Kara 1 et 2). les forces armées camerounaises ont intervenu pour défendre l’intégrité du territoire national. le Cameroun n’a jamais soutenu en Afrique. Elle est affirmée par les articles 2 par. bilatéraux ou multilatéraux qui consacrent expressément le principe de non ingérence ou de non intervention dans les affaires intérieures des Etats. Ainsi que l’a amplement montré la gestion de la crise de Bakassi. le gouvernement optait résolument pour une résolution pacifique de cette crise en articulant sa démarche autour de deux axes complémentaires : diplomatie et juridictionnel. Telle n’est pas la position du Cameroun. par la déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats. Il nous semble qu’il conviendrait de nuancer quelque peu cette perception des choses. Cette diplomatie de la paix se manifeste aussi à travers les diverses clauses contentieuses contenues dans les différents accords et traités auxquels le Cameroun fait partie. au moyen orient comme dans le monde. 3 et 33 de la charte des nations unies et avec plus de force encore. le respect de ces principes constitue avec le règlement pacifique des différends. historiquement. Il s’agit en effet d’une jurisprudence constance de cette diplomatie en la matière. Parallèlement. La paix apparaît ici comme une quête abstraite et inconditionnée. Cette diplomatie de la paix se reflète concrètement dans la fonction essentiellement tribunicienne assignée aux agents diplomatiques du Cameroun qui. Le conseil de sécurité des nations unies a été également saisi de cette agression. le Cameroun est partie à nombre d’instruments juridiques internationaux. la pierre angulaire de la paix et de la sécurité internationale.

. C’est finalement pour cette deuxième option que se portera le choix du président de la république. Le 14 août 2006. leur signature au bas du document y relatif. chef de la délégation camerounaise et Chief Bayo Ojo ont apposé respectivement pour le Cameroun et pour le Nigéria. En son article 2A. L’article 2 précise que le Nigéria s’engage à retirer l’ensemble de ses forces armées de la presqu’île de Bakassi dans les 60 jours à compter de la date de signature de l’accord. L’article 3 de l’annexe prescrit au Nigéria un certain nombre d’obligations pendant la période de deux ans qui lui est impartie . aucune activité qui compliquerait ou entraverait le transfert d’autorité au Cameroun . l’étendu et le contenu des accords de défense entre des pays du Nord comme la France et ceux du Sud comme le Cameroun. L’annexe 1 de l’accord de Greentree fixe les modalités du régime spécial transitoire devant prévaloir jusqu’au transfert définitif de l’autorité sur Bakassi. en présence des représentants des Etats témoins. --d’entreprendre dans la zone. l’article 7 souligne que cet accord ne peut être entendu comme une interprétation ou une modification de l’arrêt de la cour internationale de justice du 10 octobre 2002 dont il n’est qu’une simple modalité d’application.Cameroun a déféré l’affaire devant la CIJ de la Haye . Comme le souligne fort à propos le communiqué conjoint publié à cette occasion. elle aboutira le 12 juin 2006. à la signature de l’accord de Greenthree entre le président Olesegun Obasandjo et Paul Biya sous les auspices de Koffi Annan alors secrétaire des nations unies et en présence de quatre Etats témoins à savoir les USA (hôte du sommet). à compter de la fin du retrait des forces nigérianes. l’Allemagne et le Royaume Uni. cet accord « marque une nouvelle étape dans l’accomplissement par les deux chefs d’Etats de leurs obligations internationales et offre un exemple historique des relations de bon voisinage destinées à durer ». Mais. NB : l’opportunité. a reconnu la camerounité de Bakassi. Dès son article premier. Ce délai est-il souligné peut être prorogé par le secrétaire général des nations unies pour une période totale ne pouvant excéder 30 jours. L’article 3 de l’accord de Greentree prescrit des obligations qui incombent à la partie camerounaise en ce qui concerne le traitement des populations nigérianes résidant à Bakassi. L’article 4 rappelle à toutes fins utiles qu’aucune disposition de l’accord ne peut être interpréter comme impliquant une renonciation du Cameroun à sa souveraineté sur une parcelle quelconque de son territoire. notamment : --d’empêcher tout transfert ou afflue massif de ses ressortissants dans la zone. cet annexe précise que le Cameroun autorisera le Nigéria à maintenir son administration civile et une force de police nécessaire au maintien de l’ordre dans la zone pendant une période non renouvelable de deux ans. L’accord de Greentree met définitivement un terme au différend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria. Le professeur Maurice Kamto. De même. en application de cette disposition. qui dans un arrêt du 10 octobre 2002. il précise que le Cameroun et le Nigeria reconnaissent la frontière terrestre et maritime entre les deux pays . tel que délimité par l’arrêt de la CIJ et s’engagent à poursuivre le processus de mise en œuvre déjà entamé. Après bien de péripéties. l’application de l’arrêt s’est vite révélée mal aisée face aux réticences du Nigeria. le Nigéria retirera son administration et sa force de police et le Cameroun reprendra l’administration de la zone. le Nigéria a bien transféré au Cameroun l’autorité sur la presqu’île de Bakassi. Les autorités camerounaises se sont alors retrouvées dans un dilemme : saisir le conseil de sécurité aux fins de l’application de l’arrêt en vertu de l’article 94 de la charte avec le risque de voir le dossier s’enliser définitivement dans les marécages de la politique internationale et le jeu des intérêts ou poursuivre la recherche d’un règlement négocié sous les auspices du secrétaire général des nations unies. C’est un texte comprenant 8 articles auquel s’ajoutent deux annexes dont une carte qui donne des précisions sur la délimitation de la zone concernée. la France. A l’issu de cette période.

a pour objectif la régulation des rapports interafricains et des relations de l’Afrique avec le reste du monde. Au demeurant. 16 sur les litiges entre Etats africains au sujet des frontières adoptée en cette circonstance « réaffirme solennellement le respect par tous les Etats membres. L’article 5 de l’annexe 1 précise qu’à la fin du régime spécial transitoire. n’a pas spontanément accepté la perte de ce territoire.--ne pas entreprendre ou poursuivre l’exploitation des ressources naturelles de la zone ni aucune activité portant atteinte à l’environnement . la résolution AG H /Res. En effet. Mais. L’accord de Greentree apparaît ainsi in fine comme une véritable révolution dans la résolution pacifique des différends internationaux. Par. 2 – La pleine adhésion du Cameroun au droit international régional africain Le droit international régional africain est ce droit qui élaboré hier au sein de l’OUA et aujourd’hui au sein de l’Union Africaine ou des organisations sous régionales. L’annexe 1 fixe également les obligations qui incombent au Cameroun par rapport aux populations nigérianes vivant dans la zone ainsi qu’aux autorités civiles et forces de police nigérianes. les principes énoncés procèdent du droit international général. défavorable au Cameroun qui l’avait saisie de ces revendications. des principes énoncés au paragraphe 3 de l’article 3 de la charte de l’OUA » et déclare tout aussi solennellement . ce principe a été conforté dès la conférence des chefs d’Etats et des gouvernements de l’OUA du 21 juillet 1964 auquel par la consécration d’un « uti possidetis juris » dans le droit international régional africain. C’est le cas notamment du respect des frontières héritées de la colonisation ou de la lutte contre le colonialisme et la discrimination raciale. Dans l’ensemble. les Etats africains souffrent aujourd’hui encore de l’arbitraire voire de l’incertitude de leurs frontières. Créés à la dimension des zones d’occupation coloniale déterminées à la conférence de Berlin de 1885. 3 le principe du respect de l’intégrité territoriale des Etats africains. Membre fondateur de l’OUA dont la charte adoptée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba proclame en son préambule (paragraphe 7) puis en son article 2 alinéa C et en son article 3 par. le Cameroun exercera en toute plénitude ses droits de souveraineté sur la zone. A – Le respect des frontières héritées de la colonisation/décolonisation La fébrilité des équilibres politiques en Afrique n’est pas indifférente à l’origine historique des Etats africains. La plupart des conflits internationaux africains trouvent en effet leur origine dans une contestation territoriale. Le préambule de la constitution du 21 février 1960 rappelait en effet la volonté du peuple camerounais de « tout mettre en œuvre pour répondre aux aspirations des camerounais habitant les territoires séparées de la mère patrie afin de leur permettre de rentrer dans la communauté nationale et de vivre fraternellement dans le Cameroun réuni ». une véritable contribution enrichissante de l’Afrique au droit international général. Le Cameroun dont une parcelle du territoire située dans le septentrion fut attribué au Nigéria à l’issu d’un plébiscite organisé par les nations unies. --ne positionner aucune force armée dans la zone. L’abandon ultérieur de ce projet irrédentiste dans ses lois fondamentales subséquentes a été perçu par les voisins du Cameroun notamment par le Nigeria comme une acceptation du statu quo territorial cristallisé dans une décision de la cour internationale de justice. Le Cameroun ne pouvait pas se déjuger et n’a pas cru devoir le faire. certaines règles édictées constituent en raison de leur originalité.

elle implique l’acceptation des découpages territoriaux tels que décidées par les puissances coloniales avant les indépendances. le manifeste sur l’Afrique australe. la proclamation du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation. Elle a longtemps été avec l’éradication de la discrimination raciale. le 8 octobre 1969. Et de fait. Le Cameroun qui partage des frontières communes avec six Etats n’a jamais remis en cause aucune des frontières héritées de la colonisation. comme but de conférer un caractère intangible aux frontières ou d’exclure toute modification de frontières sur la base d’accord librement négocié. Comme . Ce document préconise la voie pacifique pour résoudre les problèmes de l’Afrique australe sans préjudice toutefois de l’obligation de recourir à la force en cas d’échec de l’initiative africaine. Dès le préambule. l’un des chevaux de bataille de la diplomatie camerounaise. elle délégitime tout révisionnisme territorial post colonial sur une base non consensuelle et fait échec à toute modification unilatérale des frontières ». soit de l’imprécision des tracés ou de la démarcation de la frontière avec la RCA notamment dans la partie nord au niveau des localités de Ngaoui. Il n’est pas superfétatoire de souligner que seule la Somalie avait alors émis des réserves en assortissant son agrément de deux conditions : --d’une part. Le professeur Maurice Kamto ne dit pas autre chose lorsqu’il rappelle que ce principe est « largement controversé en doctrine tant son contenu paraît incertain. C’est d’ailleurs au président Amadou Ahidjo que reviendra le privilège de présenter à la 24ème cession de l’assemblée générale des nations unies. « il n’existe pas dans le droit de l’OUA un principe d’intangibilité des frontières ». considéré comme un pilier du droit régional africain. Gari-gombo pour le Cameroun ou Gamboula pour la RCA . membres de l’OUA d’admettre le statuquo territorial en rejetant catégoriquement toute revendication ou contestation qui serait même fondée sur un titre juridique. On lui attache une diversité de sens parfois sans rapport réel avec sa signification exacte ». la résolution du 21 juillet 1964 à une double portée positive et négative. que l’acceptation du principe repose sur un accord mutuel entre les parties concernées. le manifeste de Lusaka. B – La lutte contre le colonialisme et les discriminations raciales Cette tâche historique que les peuples africains sont disposés ou déterminés à accomplir par tous les moyens selon le président Ahidjo figure parmi les objectifs fondamentaux de l’OUA tels que consignés par la charte.que tous les Etats membres s’engagent à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance ». En réalité. elle proclame l’engagement ferme des chefs d’Etats et de gouvernements à combattre le colonialisme sur toutes ses formes. comme l’a relevé fort justement Djena Wembou. positivement. --et d’autre part. revendiqués par les deux pays et qui sont souvent le théâtre de turbulence. que l’application du principe soit effectuée selon les critères justes et équitables . D’aucun ont vu dans cette résolution. Les problèmes qui ont pu l’opposer à ses voisins et notamment au Nigéria procèdent soit des visées expansionnistes du Nigéria. Négativement. la résolution précitée ne fait allusion à un tel principe qui serait en rupture flagrante avec l’idéal de construction de l’unité africaine en fossilisant à jamais les frontières héritées de la décolonisation. Elle n’avait pas pour ainsi dire. La lutte contre le colonialisme figure parmi les sept principes directeurs énumérés à l’article 3 de la charte. la résolution du Caire n’était qu’une demande expresse faite aux Etats africains. Nulle part pourtant. Comme l’écrit le professeur Mouelle Kombi à cet égard ». C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la référence faite par le Cameroun dans sa requête devant la CIJ à la violation continue par le Nigéria du principe fondamental du respect des frontières héritées de la colonisation. Quoi qu’il en soit.

. le président Paul Biya a précisé la position du Cameroun : « s’agissant du problème du Sahara occidental. l’ANC. Comme 18 autres délégations en effet. Les excellentes relations traditionnelles entre le Cameroun et le Royaume chérifien n’y sont pas étrangères. Elle adhère aux principaux instruments juridiques internationaux adoptés dans le cadre de l’ONU et qui condamnent toutes les formes de discriminations raciales en Afrique australe. De l’Angola en Afrique du sud en passant par la Rhodésie et la Namibie. Aussi. monsieur Eden Kodjo. le Cameroun tout en reconnaissant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui s’est opposé à l’admission de la république arabe sahraoui démocratique comme 51ième membre de l’OUA en février 1982. Cette position camerounaise conserve aujourd’hui encore toute actualité. la Swapo …). le Cameroun est membre du comité de libération de l’OUA au sein duquel il apporte une contribution appréciée à la lutte contre la domination coloniale en Afrique. Et de fait. Yaoundé condamne ainsi la politique de Bantoustan dans le cadre de la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud. C’est le cas notamment de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales. et par conséquent comme nulles et non avenues ». Dès 1972. le Cameroun a quitté les travaux après que cette admission eut été acceptée par le secrétaire général de l’OUA. Dans une interview accordé au quotidien Cameroun Tribune le 18 janvier 1983. le Cameroun accorde une vigilance particulière au respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Yaoundé dont les passeports des nationaux mentionnent déjà clairement qu’il leur est interdit de voyager dans les pays racistes d’Afrique australe milite non seulement en faveur des sanctions internationales contre ces pays mais également. Signataire de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux principes et dispositions pertinentes de la charte de l’OUA. la diplomatie camerounaise apporte un appui inconditionnel aux mouvements de libération reconnus par l’OUA et combattus par les régimes coloniaux racistes (mouvement populaire de libération de l’Angola MPLA. A partir du moment où ce problème avait été confié par la 17ième conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de l’OUA réunis à Freetown à un comité ad hoc des chefs d’Etats africains. délibérations ayant abouti à l’admission controversée de la RAD à l’OUA comme manifestement illégales. le Cameroun considère-t-il toujours les délibérations du conseil des ministres du mois de février 1982 à Addis-Abeba. la convention sur l’élimination de la répression du crime d’apartheid ou dans les conventions internationales contre l’apartheid dans les sports C’est dans le même esprit qu’il signe la convention de l’OUA sur le mercenariat en Afrique. instance suprême de l’organisation. Dans l’affaire du Sahara occidental. sa solution relevait désormais de la compétence exclusive de ce comité et de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de l’OUA.le rappelle à cet égard le président Ahidjo dans son discours « comment la violence de l’oppression n’appellerait-elle pas la violence de la révolte dans un monde qui s’enfermerait dans la surdité ». je rappelle que le Cameroun a toujours défendu et continuera à défendre le droit légitime des peuples notamment les peuples africains et c’est le cas du peuple sahraoui. pour un soutien accru aux mouvements de libération nationale qui les combattent.

Peu avant. ont du se résoudre à signer des accords d’ajustement structurel avec le FMI. Pour l’époque. le refus de Yaoundé de suivre Paris dans la crise biafraise en dépit du général de Gaule.intervention. le terme indépendance signifie entre autres. sur nombres de questions. Pour le président Paul Biya. la difficile orientation de sa politique étrangère. le respect d’autrui est la condition première de la liberté et de la paix ». Il s’agit de l’indépendance nationale. retrait du Cameroun de la compagnie Air Afrique et de l’organisation commune africaine et malgache. Mais fondamentalement et dans son acception littérale. Il s’agit de véritables actes d’indépendance de la part du Cameroun. un tel choix relevait de la témérité. l’unité africaine et le non alignement. Par. Yaoundé n’hésita pas à marquer sa différence par rapport à l’ancienne puissance tutélaire : dénonciation en 1973 des premiers accords de coopérations franco-camerounaises. les fondements de la politique étrangère du Cameroun. le président Paul Biya au cours d’un voyage en république fédéral d’Allemagne. La notion est pourtant polysémique. des relations diplomatiques avec Israël le 26 août 1986 est apparu selon une formule heureuse du professeur Narcisse Mouelle Kombi comme une illustration hautement significative de l’importance que les autorités camerounaises attachent à leur autonomie de décision en matière de relations internationales. son prédécesseur avait une position identique dans ses rapports avec autrui.ingérence ou de la non. . autonomie politique et souveraineté. refus d’adhérer à la francophonie et au Commonwealth. n’avait pas hésité à martelé que le Cameroun ne sera pas la chasse gardée d’une puissance étrangère quelconque. De même. Pour autant. cette ligne politique ne fut infléchie qu’en raison de la crise économique sans précédent dans laquelle le Cameroun se trouvait brutalement plongé. Sur le même sujet.Section II – Les fondements politico idéologiques de la politique étrangère du Cameroun Trois grandes préoccupations complémentaires constituent au plan politico idéologique. Elle renvoie en effet à des catégories juridiques présentant un lien de connexité à l’instar de l’intégrité du territoire. Expression éloquente de cette volonté d’indépendance. Toutefois. 1 – L’indépendance nationale C’est un véritable leitmotiv de la politique étrangère du Cameroun qui n’a eu de cesse d’être proclamée autant par le président Ahidjo que par le président Biya. le rétablissement spectaculaire après le Libéria. de la non. l’ex Zaïre. la Côte d’ivoire. dans un discours à l’assemblée nationale fédérale le 22 mai 1969 « notre pays s’est donné une règle simple : coopérer avec tous ceux qui en expriment le désir sincère pourvu que cette coopération respecte l’indépendance de chacun. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le président Paul Biya lorsqu’il écrit que « le Cameroun s’efforcera en toutes circonstances de sauvegarder son libre arbitre comme celui des autres peuples africains dans l’orientation de ses choix de politique étrangère ». les autorités camerounaises qui initialement avaient marqué leur refus à entrer en négociation avec les institutions de Breton Wood. avait-il souligné. les innombrables difficultés de la vie et du développement et que dans la vie privée comme dans la vie internationale. Nous considérons en effet que l’honneur d’un Etat comme celui d’un Homme est d’aborder en toute responsabilité.

ce premier cercle de solidarité à l’intérieur de la nébuleuse qu’est le tiers-monde. Ce projet panafricain. Dans l’ensemble. D »’une part. A cet égard. Paul Biya considère qu’il faut aller au-delà et mettre en œuvre des dynamiques nouvelles. il extirpa des considérations objectives pour faire valoir qu’il ne saurait être plus royaliste que le roi après la normalisation des relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Etat hébreux. Comme le souligne à cet égard Eden Kodjo. de déterminer en fonction d’un critère géographique c’est-à-dire de l’appartenance au continent africain. l’unité africaine est une nécessité ontologique. à la suite de la guerre du Kippour à l’issu de laquelle l’armée israélienne s’était emparée du Sinaï égyptien. Or. Le Cameroun n’a pas cru devoir maintenir la rupture des relations diplomatiques avec Israël alors que l’Egypte venait de les normaliser. L’unité africaine doit se réaliser à travers les peuples. Paul Biya ne le conçoit cependant plus comme une affaire des Etats. Face au tsunami diplomatique provoqué par cette décision dans le monde arabe où d’aucun en appelaient à la rupture des relations diplomatiques avec Yaoundé. sous le président Ahidjo. « elle réalise ce paradoxe monumental d’être une organisation de l’unité qui maintient le morcellement d’un continent dont elle est sensée assurer le destin unitaire ». « S’agissant d’une question de survie et de dignité écrit-il à cet égard. les africains devraient donc dès à . l’OUA porte en elle les stigmates de ses infirmités originelles. Par contre. Aussi. le renforcement de l’unité et de la solidarité africaine renvoie davantage à la libération de l’Afrique du joug colonial ou de la discrimination raciale qu’à la réunification du continent ou à la réalisation de l’unité des peuples africains. la réalisation de cette unité continentale est une nécessité vitale. poursuit le président de la république. face aux adversités de la société internationale. Par. le gouvernement invoqua un argument politique inattaquable : la souveraineté du Cameroun dans la prise de ses décisions en matière de politique étrangère. Il s’agit tout d’abord. chez Paul Biya comme chez son prédécesseur. avec tous les pays du tiersmonde ». ses relations diplomatiques avec l’Etat hébreux. Et l’OUA malgré des vicissitudes inévitables dues à la multiplicité de ses membres et à leurs différences d’intérêts et d’idéologies s’avèrent d’une importance capitale en tant que cadre de concertation et d’action commune de tous nos Etats. le gouvernement camerounais articula sa réaction autour de deux lignes de défense. à l’heure des grands ensembles. 2 – L’unité africaine Le renforcement de l’Unité Africaine écrit Paul Biya dans son ouvrage « pour le libéralisme communautaire » « demeure une préoccupation essentielle de notre politique extérieure et constitue notre premier maillon dans le schéma d’alliance stratégique à constituer. Il s’agit ensuite de faire contre poids aux autres regroupements régionaux. Aussi. D’autre part. la politique d’indépendance du Cameroun est d’un pragmatisme qui s’est accommodée selon les enjeux et les contraintes et qui sait jusqu’où ne pas aller trop loin dans la revendication d’autonomie et de liberté. L’accent est également mis sur la souveraineté et l’intégrité territoriale.Le Cameroun comme la plus part des pays africains avaient rompu en solidarité avec l’Egypte et conformément à des recommandations de l’OUA. la charte de l’OUA ne fait référence au peuple qu’en regard à leurs droits à disposer d’eux-mêmes. Fruit d’un compromis laborieux entre tenants de la thèse supranationale (groupe de Casablanca) et partisans des conceptions privilégiant les Etats (groupe de Monrovia).

les visites que nous rendent les chefs d’Etats amis. de marquer son désire de coopérer activement avec toutes les nations sans discrimination aucune et sans autre condition que le respect scrupuleux de notre souveraineté. 3 – Le non alignement 935 87 15 L’indépendance nationale et notamment la souveraineté de la liberté de choix en matière de politique étrangère sont à la base de la politique camerounaise de non alignement. Loin d’être un luxe. les multiples liens que l’histoire tissent autour du Cameroun permettent à notre pays d’engager un fructueux dialogue avec les autres nations. la dynamique de l’unité africaine doit continuer à s’intégrer dans celle de l’ensemble du tiers-monde en particulier à celle du mouvement des pays non alignés. peuples hier colonisés d’Afrique. (Page 22) Par. Cette dimension de notre action trouve dans l’organisation des nations unies. une démarche plus réaliste vers l’unité recommande la promotion à tous les niveaux où les conditions semblent réunies. aujourd’hui en lutte pour une véritable libération politique.présent. de mieux les connaître et de se faire connaître d’elles. le 6 novembre 1965. économiques et culturelles) que nous entreprenons avec les Etats de tous les continents et les organisations internationales expriment bien notre souci d’ouverture au monde. établir le bilan de la situation et proposer de nouveaux jalons plus fermes à cette démarche indispensable vers l’affirmation de la personnalité africaine : dans cet ordre d’idées. Dans son discours à l’occasion du premier conseil national de l’UNC. Par ailleurs. donnera aux pays faibles. l’unité africaine ne saurait résulter de la seule entente entre les Etats. d’Amérique latine et d’Asie. . la complémentarité des intérêts et la libération de leurs initiatives propres. les relations de tout ordre (diplomatiques. le cadre idéal de son expression en vue de l’établissement d’un meilleur équilibre et d’un surcroît de démocratie dans le système mondial qui. Celle-ci procède des principes et orientations définis en 1955. le président Ahidjo après avoir rappelé que « les paramètres constants de la politique extérieure du Cameroun demeurent le non alignement et la recherche de la paix et de la coopération entre les nations » a souligné les contours de la politique camerounaise de non alignement en ces termes : « en aucun moment. c’est bien là la signification profonde de notre non alignement. nous avons entendu notre non alignement comme un splendide et agressif isolement ou comme un jeu de balançoire dont les grandes puissances constitueraient les pôles. économique et culturelle. de bénéficier de leurs expériences dans la lutte universelle pour le progrès et enfin. mais doit davantage devenir l’affaire des masses populaires dont les brassages au-delà des frontières méritent d’être encouragés par les mouvements de personnes. par des analyses objectives et audacieuses. incarnant l’expression la plus effective et la plus dynamique de leurs possibilités d’action collective. plus de confiance en eux-mêmes et plus d’autorité face à leurs partenaires du nord ». de formules d’unions conformes aux aspirations de nos peuples respectifs pour lesquelles l’OUA devra apparaître de plus en plus comme le sommet d’une pyramide institutionnelle solidement enracinée dans toutes les régions et sous régions africaines. C’est dans ce sens que l’œuvre d’unification de l’Afrique Centrale à partir du cadre actuel de l’union des Etats d’Afrique Centrale UDEAC mérite tous les efforts de notre pays. en vue d’inventer de nouvelles formes de solidarité . Car. de même. à la conférence afro-asiatique de Bandoeng et précisés à la réunion du mouvement des pays non alignés qui s’est tenue au Caire en Egypte en juillet 1961. dès lors qu’il sera soustrait à la seule domination des grandes puissances. Les voyages que j’effectue à l’étranger.

le non alignement de la politique extérieure du Cameroun l’a conduit à se démarquer des différents clubs francophones (sommets France-Afrique et francophonie) et du Commonwealth. NB : la deuxième approche intervient après le deuxième choc pétrolier. Les accords de coopération avec la France couvrent en effet pratiquement tous les domaines y compris les domaines de souveraineté comme la monnaie et la défense. On ne peut guère faire mystère de ce que ce pays se situe légèrement mais de manière préférentielle sur la droite du système international ». Mais encore. Comme l’a écrit le professeur Mouelle Kombi à cet égard. Ce que nous rejetons fermement c’est la domination des intérêts. Sous l’impulsion du président Paul Biya. Bien que le Cameroun entretienne des relations diplomatiques avec des pays appartenant à toutes les régions du monde. Mais tributaire de l’évolution générale du contexte international et des déséquilibres internationaux. notre libre détermination dans les affaires internationales. Le Cameroun est membre de la zone franc et signataire d’un accord de défense avec la France. C’est pourquoi le gouvernement y attache la plus haute importance. le Cameroun ne peut se targuer d’être un modèle pur et dur de non alignement. il conserve avec l’ancienne métropole des relations privilégiées. et d’obédience idéologique parfois opposée. pour mieux gérer les équilibres linguistiques des politiques au plan domestique entre le Cameroun oriental francophone et le Cameroun occidental anglophone. le développement des infrastructures et du tissu industriel national figurent parmi les préoccupations majeures de la politique étrangère du Cameroun. Section III – Les fondements économiques de la politique étrangère du Cameroun L’amélioration des conditions de vie et du bien-être des populations. ON remarquera même au passage que ces dernières années. le véritable non alignement consiste à sauvegarder en permanence la possibilité et la liberté de négocier de nouvelles alliances ou de dénoncer les anciennes. ni le rejet de toute alliance écrit-il. « dans un monde travaillé par des contradictions de toutes sortes. alors même que paradoxalement l’unité africaine constitue l’un des piliers fondateurs de notre politique extérieure. NB : il y a une évolution de notre politique de non alignement de l’idée de se tenir en marge des pôles de puissances et d’idéologies vers la liberté de choisir radicalement son quant. à notre conception du monde et du destin de l’humanité. nous y sommes bien plus présents qu’aux rencontres interafricaines . celle-ci emporte les stigmates incompatibles avec l’exigence de solidarité qui. le non alignement traduit simplement notre volonté de préserver notre indépendance et notre intégrité territoriale. le Cameroun a abandonné la défiance originelle à l’égard des clubs francophones ou du Commonwealth pour en devenir membre à part entière. nulle part mais partout. Dans la pratique. selon Yaoundé devraient être à la base des interactions entre les différentes . notre liberté de contribuer à apporter aux problèmes mondiaux une solution conforme à nos intérêts propres et à notre personnalité propre. En effet.Le monde où nous vivons est un et indivisible et aucune nation ne peut se désintéresser des problèmes qui s’y posent. Bien que partageant fondamentalement les grandes lignes de la politique de non alignement définies et mises en œuvre par prédécesseur. On ne va plus en tant que neutre. le président Paul Biya l’a revisité positivement. C’est dans cet esprit que notre pays devra rechercher une coopération économique et culturelle sans exclusive mais équitable tout en faisant ce qui est en son pouvoir pour consolider le front uni du tiers-monde ». « Le non alignement ne signifiant ni le rejet de tout partenaire. La coopération internationale peut y contribuer utilement. le Cameroun continuera à militer activement au sein du mouvement des pays non alignés. Pour nous. c’est l’ingérence politique ou idéologique dans les affaires intérieures ou extérieures de notre pays ».

d’abord comme un réquisitoire contre les déséquilibres internationaux qu’il s’agisse de la détérioration des termes de l’échange du fait notamment de l’évolution erratique des prix des matières premières. le discours est demeuré constant. le visage dieux. l’ignorance et la maladie et considère sa situation déshéritée comme la suprême injustice. y compris le droit de nationaliser ou de transférer la propriété à ses ressortissants . la diplomatie camerounaise devrait participer activement à la régulation des relations économiques internationales. chaque Etat est en droit d’exercer un contrôle efficace sur celles-ci et sur leur exploitation par les moyens appropriées à sa situation particulière. condition sine qua non de la réalisation d’un nouvel ordre économique international est pour la diplomatie camerounaise. au-delà de la dénonciation des iniquités. Aussi. un monde où l’injustice affiche en Asie. une exigence de paix. Le sous développement. La revendication d’un nouvel ordre économique international apparaît ainsi chez Paul Biya comme chez son prédécesseur. 1 – La revendication d’un nouvel ordre économique international C’est un leitmotiv de la politique étrangère du Cameroun.composantes de la communauté internationale. elle prend clairement position sur les questions en débat. dans un monde déjà interdépendant et qui par ailleurs s’achemine à grands pas vers son universalisation. se crée de nouveaux rapports de dépendance plus subtils que par le passé mais tout aussi injustes ». de l’aggravation du fossé technologique et numérique entre les pays du nord et les pays du sud ou de la forte contraction des flux d’aides publiques et de la raréfaction des flux d’aides privés. « quelle paix durable pourrait-on construire dans un monde où la majorité de l’humanité vit dans la faim. Quelle paix qui ne soit pas fondée sur la justice internationale. des obstacles tarifaires et non tarifaires qui bloquent l’accès des produits originaires des pays en voie de développement au marché des pays développés. Et comme le soulignait déjà son prédécesseur le 6 novembre 1967 à l’ouverture du premier conseil national de l’UNC. « se cristalliser en opposition désespérée entre les riches du nord et les pauvres du sud ». la mise en œuvre d’une diplomatie du développement s’appuie-t-elle sur la revendication d’un nouvel ordre économique international. La correction de ces déséquilibres. soit parce qu’ils sont le résultat du travail commun de l’humanité ? La nécessité de sauver la paix et la civilisation a coût sûr impose à l’homme un devoir de solidarité. une répartition équitable des biens du monde qui sont notre propriété commune soit parce qu’ils ont été donné en commun. Mais. Aussi. Les effets pervers de la mondialisation ne sont pas épargnés par Paul Biya pour qui « il serait anormal qu’à la faveur de la mondialisation. politique ou autres visant à empêcher l’exercice libre et complet de ce droit inaliénable. une exigence de solidarité et de Co-développement. l’insécurité économique dans laquelle se trouvent confinés les pays en développement. elle apporte son soutien à la résolution 3202 (S VI ) de l’assemblée générale des Nations Unies relative à l’instauration d’un nouvel ordre économique international dont le paragraphe 4 alinéa E précise que « qu’en vue de sauvegarder ses ressources naturelles. Aucun Etat ne peut être soumis à une coercition économique. Par. en Afrique et en Amérique latine. En 1974. ce droit étant une expression de la souveraineté permanente et intégrale de l’Etat. une exigence étique. ne peut être vaincu que par les efforts conjugués de l’humanité entière ». En effet. l’Afrique notamment pourrait selon l’expression de Paul Biya. tragique et provoquant de la misère. de la crise de l’endettement. » La diplomatie camerounaise vote également en faveur de la déclaration des Nations Unies portant sur le même objet ainsi qu’en faveur de la résolution 3281 (XXIX) relative à la charte des droits et devoirs . D’Amadou Ahidjo à Paul Biya. cette hydre des temps modernes.

Le simple jeu de la concurrence ne suffira pas. le principe de la dualité des normes apparaît donc « comme l’expression de la volonté des Etats d’opérer des transformations dans les règles régissant les relations internationales pour les adapter à la situation économique des pays sous développés. à assurer le progrès économique et social du tiers-monde et notamment des pays africains ». Flexible droit. tenant notamment à des critères idéologiques. Actuellement. Les termes de l’échange. Un tissu d’accords bilatéraux de coopération cristallise cette option. 20% de la population mondiale détient 80% des richesses de la planète. le fossé a pourtant continué de s’approfondir entre eux et le monde industriel. 2 – La mise en œuvre d’une diplomatie de développement C’est le complément direct de la contribution du Cameroun à la régulation des relations économiques internationales. sans exclusivité . la fixation des cours des matières premières. Partant de l’évidence que l’égalité de traitement n’est équitable qu’entre égaux. La communauté internationale et en particulier l’Afrique se trouve donc devant un faisceau de contradictions. pêche.économiques des Etats. d’autre part celui qui régit les rapports entre ceux-ci et les pays en développement et les rapports entre les pays en voie de développement ». génie civil etc. Enfin. Sur le terrain en effet. le Cameroun par sa politique de non alignement a opté pour une diversification des partenaires au développement. Et il ne semble pas qu’à ce jour les tenants de la globalisation aient pu définir une stratégie en vue de corriger ce déséquilibre qui est à la fois une menace pour les économies des pays en développement pour leurs démocraties naissantes et donc pour la paix …» L’application des mécanismes imaginés pour le règlement du problème de notre dette extérieure devra être poursuivie et si possible étendue. La spécificité de ces accords est qu’ils . on le voit. Si nos pays ont indéniablement bénéficié de l’essor du commerce mondial. celui qui régit les rapports entre pays développés. suggère des recettes qui reposent sur le libre jeu des marchés. Les efforts faits par nos pays pour diversifier leurs productions et en assurer la transformation sur lace devront être soutenus. agro-industrie. (Extrait du discours du chef de l’Etat prononcé le 07 janvier 1999 devant le corps diplomatique) Par. « La mondialisation fait observer le président de la république. le principe de la dualité de l’ordre. il reste à prouver qu’il ne conduira pas à la marginalisation des pays en développement. et égaux en dignité : d’une part. l’accès de nos produits sur les marchés internationaux devra être facilité un certain temps encore éventuellement par dérogations aux règles du commerce mondial. S’il semble que celui-ci soit en mesure de stimuler la croissance. Ce principe comme l’écrit le professeur Feuer. D’une manière générale. « signifie qu’à un corps unique de règles régissant uniformément tous les rapports entre Etats se substituent désormais deux corps parallèles. Yaoundé adhère au nouveau droit international du développement qui consacre entre autres. la définition des règles du commerce international restent en effet très largement sous le contrôle des pays du nord. agriculture. Carbonier. Il est donc légitime de se poser la question : la mondialisation ne risque-t-elle pas de créer de nouveaux rapports de dépendance plus subtils mais non moins contraignants au détriment des pays du sud. élevage. correspond une diversification des champs couverts par les dits accords : commerce. A la diversification des partenaires. » La critique de la mondialisation par le président Paul Biya renvoie en quelque sorte à cette problématique de l’inégalité compensatrice consacrée par le principe de la dualité des normes en vue du rééquilibrage des relations commerciales internationales.

la diplomatie camerounaise ne procède pas de l’improvisation. articulés autour de trois grands ressorts de légitimation qui lui confèrent également sa légitimité à la fois au plan intérieur et au plan extérieur. En ce qui concerne plus spécifiquement les accords commerciaux. un facteur de stabilité du système international. C’est ainsi que le président de la république assiste personnellement à toutes les grandes conférences internationales dédiées à la régulation des relations internationales. C’est le cas de la 24 ième cession extraordinaire de l’assemblée générale des Nations Unies sur le développement social. Au plan intérieur tout d’abord. la diplomatie camerounaise n’hésite pas à faire entendre sa voie dans les fora internationaux. organisées notamment sous l’égide des Nations Unies et auxquelles participent les pays riches du Nord et notamment ceux du G7. y compris aux yeux des partis politiques qui constituent l’opposition camerounaise. . Au plan extérieur ensuite. au cours de laquelle le président de la République a plaidé pour la réduction du fossé social entre le nord et le sud. En guise de conclusion Au regard de l’ensemble de ce qui précède. un acteur prévisible des relations internationales et donc. elle fait du Cameroun. Dans le cas des accords mettant en présence des partenaires d’égal niveau de développement.s’efforcent dans toute la mesure du possible de tenir compte de la situation particulière du Cameroun et notamment de l’inégalité des partenaires lorsqu’ils concernent la coopération avec les pays développés. c’est le principe du Co-développement qui est promu. puisque les choix opérés par les décideurs parce que fondamentalement en phase avec les attentes et exigences de la communauté internationale apparaissent pertinents et nécessaires. C’est le cas également du sommet du millénaire au cours duquel le président Paul Biya a invité la communauté des Etats à se rallier à une équipe de solidarité au plan international. Parallèlement. la tendance générale est la concession par le Cameroun du traitement de la nation la plus favorisée à ses partenaires. il apparaît clairement que dans son essence. mais d’une vision générale pragmatique des intérêts nationaux bien compris du pays.

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la politique étrangère du Cameroun à l’instar de celle des autres pays est principalement du ressort des autorités politiques de l’Etat. l’existence d’un unique centre d’impulsion et de décision en matière de politique étrangère procède d’une exigence de cohérence et de coordination. Cette prérogative monarchique que rend bien la notion de domaine réservé n’est pas seulement une rémanence du passé d’une tradition bien établie. d’autres départements publics concourent à l’établissement et à la mise en œuvre de la politique étrangère du Cameroun. 1 – une prépondérance consacrée par la constitution La loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972 fait de la politique étrangère. Aussi. le jeu des pouvoirs publics habilités à conduire la politique étrangère doit d’autant plus tenir compte de multiples influences qu’aucune politique publique ne mobilise autant de forces ni d’acteurs autour d’elle. Section I – la prééminence institutionnelle du président de la république La prépondérance du président de la république en matière de politique étrangère est consacrée par la constitution et confortée par la pratique. Mais. en dépit d’inévitables effets pervers. président de la république. reste le véritable chef de l’exécutif ». doit faire face à la concurrence des autres départements ministériels investis de compétences dans les domaines spécifiques de politique étrangère. Celles-ci faut-il le préciser. un privilège du président de la république. C’est notamment le cas du gouvernement avec au centre du dispositif. EN la matière. cette notion caractérise le mieux ce pouvoir régalien du président de la république dont l’exercice aboutit à l’aboutissement de tous les autres acteurs institutionnels en matière de politique étrangère. Ce pouvoir exclusif résulte tout d’abord de ce que le président de la république . L’intervention des acteurs non gouvernementaux rarement source d’initiative et d’impulsion en matière de politique étrangère n’intéresse pas moins le pouvoir exécutif ou l’impact positif ou négatif qui peut en résulter. Le professeur Jacques Jickeln l’attribue à monsieur Jacques Fauvet en référence à son article intitulé « sur deux mots » publié au journal le monde en janvier 1959 dans lequel il écrit : « on ne saurait mieux souligner que l’Algérie constitue une sorte de domaine réservé du président général de Gaule qui. le Cameroun s’inscrit résolument dans la tradition qui en fait un privilège de l’exécutif avec une prééminence constitutionnelle du président. De facto et même de jure. C’est aussi le cas du parlement dont le rôle plutôt marginal est rendu plus discret encore du fait principalement de la confusion entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire.Chapitre II – L’aménagement organique de la politique étrangère du Cameroun Politique publique par essence. n’ont guère variés d’un iota du président Ahidjo au président Biya. un département ministériel entièrement dédié aux relations extérieures. Son élaboration et sa mise en œuvre sont fondamentalement tributaires de son infrastructure institutionnelle. Elle procède également ou plutôt est amplifiée par le présidentialisme camerounais et sur mesure à l’aune de l’étendu des prérogatives présidentielles. Par. A – la politique étrangère : domaine réservé du président de la république La notion de domaine réservé n’existe nulle part dans la constitution camerounaise. Sans doute cette prééminence ne lui confère-t-elle pas l’exclusivité de la gestion des affaires du dehors. La paternité de cette notion n’est pas bien établie en doctrine. Et de fait. mais qui sur le terrain.

Le président Paul Biya a eu à renseigner l’opinion publique nationale et internationale sur les raisons véritables de ce limogeage dans un entretient télévision. Il accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires des puissances étrangères sont accrédités auprès de lui. De deux choses l’une. de la constitution en effet. avec les étrangers. Le président de la république qui est aux termes de l’article 5 de la constitution l’élu de la nation toute entière dont il incarne l’unité. sans autorisation du président de la république. Bien sûr les autres domaines. c’est en raison de l’échec du recours à l’ONU initié par Charles Okala après le refus du Cameroun septentrional de rejoindre la fédération que ce dernier a été remercié par le président Amadou Ahidjo. Mais. Il assure par son arbitrage. J’ai certes demandé au ministre de prendre des initiatives. un communiqué annonçant que les deux pays étaient désireux des relations diplomatiques. Il veille à la sécurité intérieure et extérieure de la république. sans en avoir préalablement requis l’autorisation du chef de l’Etat. ces trois là jouent un rôle particulier en raison de leur incidence à la fois sur la liberté des citoyens. ancien secrétaire général à l’OUA a été congédié pour faute grave. Dans les trois domaines que j’ai cité. surtout dans un régime présidentiel sont du domaine du chef de l’Etat. exerce à ce titre. fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions ». le pouvoir du président de la république en matière de politique étrangère résulte des articles 5 et 8 de la loi précitée. Ce sont la défense. la conduite des affaires du dehors est un privilège de l’exécutif. vous ne créez rien et vous exécutez. vous prenez l’initiative et vous êtes frustrés ». pour avoir signé avec le vis ministre hongrois des affaires étrangères. définit la politique de la nation y compris en matière de politique étrangère. Il y a certaines responsabilités que l’on ne peut pas prendre dans l’exercice de ses fonctions. « dans tous les Etats modernes. L’article 8 précise que le président de la république représente l’Etat dans tous les actes de la vie publique. Mais plus spécialement. la plénitude des pouvoirs dans les rapports avec l’étranger. de l’intégrité du territoire. mais attention il y a des limites. Cette congestion des pouvoirs au sommet de l’exécutif exacerbée par le phénomène de la personnalisation du pouvoir a considérablement renforcé les attributions et le rôle du chef de l’exécutif en la matière de politique étrangère. Le privilège du chef de l’Etat s’est d’abord exprimé par la volonté ferme et sans cesse réaffirmée d’assurer la responsabilité personnelle des décisions dans la gestion des affaires du dehors. Comme il le reconnaître lui-même. Comme le révèle Jean François Mbarga. Cette lecture est d’ailleurs confortée par l’article 10 de la constitution aux termes duquel « le président de la république nomme le premier ministre et les autres membres du gouvernement. ou si comme les auteurs classiques s’accordent particulièrement tous à le reconnaître. on ne peut pas par exemple établir des relations diplomatiques avec un pays sans avoir . le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Il est le garant de l’indépendance nationale. du chef de l’exécutif. monsieur William Aurélien Eteki Mboumoua.est le chef de l’exécutif. Son successeur Jean Fosting Betayene connut le même sort en avril 1963 à l’issu d’une tournée touristique et d’information effectuée dans diverses capitales du Moyen Orient. la diplomatie et la sécurité intérieure. en soi le premier responsable. de la permanence et de la continuité de l’Etat. au besoin par la mise en congé du titulaire du portefeuille des affaires étrangères. Le 22 janvier 1987. sur la paix et la guerre éventuelle. il y a des secteurs qui sont considérés comme appartenant à ce que l’on peut appeler le domaine réservé du président de la république. du respect des traités et accords internationaux. a—t-il précisé. Aux termes de l’article 5. Il est naturel que ce soit celui qui incarne le pouvoir exécutif ou plutôt qui est le pouvoir exécutif. le président de la république qui est également le chef de l’Etat. dans une interview accordée à l’hebdomadaire « jeune Afrique » : « Les relations extérieures dans un pays africain n’ont pas de consistance comme un domaine réservé de chef de l’Etat.

Ainsi. Mais en raison de la rareté de la tenue de ces instances. l’établissement des relations diplomatiques étant considéré exclusivement comme de la compétence du président . dans l’affaire Bakassi. pour le monarque républicain. compte tenu de l’extrême complexité des relations internationales et de l’impossibilité matérielle de couvrir même avec le concours de ses services. au sein de n’importe quel système. Paul Biya tout comme son prédécesseur considère la . d’arbitrage et la pratique de la diplomatie direct ou diplomatie des rencontres au sommet. Au demeurant. renouer avec Israël. pour les traiter directement et personnellement. la normalisation des relations diplomatiques avec le Cameroun et Israël a été initiée et traité directement au niveau de la présidence de la république. il a fallu plusieurs propositions de la voie à suivre pour résoudre durablement la crise. l’idée pourrait venir à un fonctionnaire ou à un ministre d’aller déclarer la guerre et nous verrons des bombes nous tomber sur la tête. comme l’a révélé monsieur Eteki Mboumoua. la logique de l’autorité ensuite. B – L’étendu des prérogatives présidentielles La prééminence du président de la république en matière de politique étrangère se manifeste à travers son pouvoir d’évocation. Elle tire toute sa vigueur des prérogatives y attachées. on constate que le pouvoir d’évocation ici ne concerne pas la question de savoir s’il faut ou non. Ainsi. Alors même qu’au contraire du gouvernement. La prééminence du président de la république est confortée par le recours désormais systématique à la diplomatie directe ou diplomatie des sommets. peut le moins ». A y regarder de près. n’est pas contestée par la classe politique et bénéficie désormais d’un large consensus qui est aussi le gage et la cohérence de notre politique extérieure. Il va de même de certains choix ou décisions récemment adoptés dans le cadre de la politique d’ajustement structurel. la notion de domaine réservé ne vise pas seulement à circonscrire un champ d’intervention privilégié. des affaires auxquelles il tient particulièrement. Le pouvoir d’évocation traduit bien la maxime « qui peut le plus. qui concerne davantage la mise en œuvre de cette adoption qui apparemment a été échappé au ministère des relations extérieures. le pouvoir appartient à celui qui transmet et non à celui qui conçoit ». l’autorité sans partage et revendiquée par le président de la république en matière de politique étrangère.l’accord formel du président de la république. sans savoir ce qui nous arrive ». Il en résulte que la revendication présidentielle du monopôle de la décision peut exceptionnellement s’accompagner de l’occultation de la faculté gouvernementale de proposer la matière de la décision en politique extérieure. le gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique de la nation telle définie par le président de la république. Si le président laissait faire de telles choses. le président de la république est irresponsable devant le parlement. Mais. comme l’a si bien relevé Regis Debray : « la congestion au sommet donne toutes ses chances au téléguidage par la base. La compétence discrétionnaire du président de la république en matière de politique étrangère s’exprime le plus souvent. Alors même qu’aux termes de l’article 11 de la constitution. le pouvoir d’arbitrage est pratiquement délégué au secrétariat général de la présidence de la république qui n’a pas forcément les effectifs suffisants pour faire face à l’ensemble des sollicitations. émanant des autorités ou administrations subalternes. Quoi qu’il en soit. Il permet au chef de l’Etat de soustraire de la compétence des administrations subordonnées. la totalité du champ par l’exercice quotidien d’un arbitrage entre des propositions contradictoires voire antagonistes.

politique étrangère comme un dialogue entre le chef de l’Etat et ses paires. culturel …. parfois même en l’absence du ministère des relations extérieures. outre la division des affaires diplomatiques. le président de la république dispose au secrétariat général de la présidence et au cabinet civil. l’entourage officiel du chef de l’Etat joue un rôle éminent en matière de politique étrangère. 2 – Une prépondérance confortée par la pratique La compétence discrétionnaire du président de la république en matière de politique étrangère est renforcée par la pratique d’une diplomatie ad hoc c’est-à-dire d’une diplomatie soustraite des canaux traditionnels. Ainsi. le président de la république est entouré d’une équipe de conseils techniques. l’une des caractéristiques marquantes du président de la république. Puisqu’ils sont les principaux canaux à travers lesquels se prenne l’essentiel des décisions dépendant directement du chef de l’Etat. La pratique de la diplomatie directe a naturellement conduit le président Paul Biya à dessaisir le ministre compétent de certains dossiers. membres du conseil de sécurité des Nations Unies. voire de ses principaux collaborateurs. Mais dans l’ensemble. à occulter ainsi le circuit ordinaire e la négociation. si dévoué et si fidèle soit-il. en matière économique et social. au moins le temps requis pour leur maturité. ni devant le gouvernement. L’illustration est à cet égard la gestion du dossier Bakassi au cours de laquelle le président de la république a du plusieurs fois. n’aura été finalement initié que par tel ou tel conseiller . partenaires ou adversaires sur des questions importantes ne sont plus pour parler comme Regis Debray. dès lors que la prépondérance du président de la république est confortée par la pratique. Et de fait. de prestige ou de représentation mais une façon moderne de défendre l’intégrité du territoire ». La conduite solidaire de la politique intérieure est depuis le président Ahidjo. pour être conduite par le président de la république personnellement ou à travers des intervenants officiels. <Le moins que l’on puisse en dire que cette marginalisation accrue des canaux classiques de la négociation tend désormais à faire jurisprudence. de directeurs et autres qui de facto. Ils jouissent en quelque sorte d’une immunité d’emprunt et ne sont pas par conséquent responsables ni devant le parlement. qui parce qu’elles doivent rester secrètes. chargés de mission. leur propre évaluation des risques etc. le président de la république conduise une intense activité diplomatique. Il n’est pas rare aussi qu’il se fasse assisté par des intervenants officiels qui viennent d’horizons diverses. Ils ont leur propre réseau de relations. En effet. Ces rencontres au plus haut niveau notamment avec des puissances étrangères pourvoyeuses d’aides publiques. La conséquence est que la solution qui sera finalement retenue pour tel ou tel dossier comme étant le point de vue du président de la république. fussent-elles membres du groupe. les conseillers du prince ont forcément leur propre lecture des dossiers dont ils sont saisis. il n’est pas rare qu’à l’occasion de ses séjours en Europe. New York pour y rencontrer son homologue nigérian. Genève. En effet. Par. ne sollicitent pas la présence d’autorités. qui partagent le privilège d’appartenir au microcosme ordinaire. sous l’égide du secrétaire général des Nations Unies et bien souvent en présence de l’ancien président français Jacques Chirac. lui qui est irresponsable devant le parlement. se déplacer à Paris. chapeautent les différents départements ministériels et sanctionnent les copies des membres du gouvernement. d’attachés. Cette pratique du « tourisme intérieur » est sans doute commandée par l’extrême sensibilité des questions traitées. des nombre de collaborateurs qui s’occupent peu ou presque pas des questions internationales.

la division des affaires diplomatiques joue un rôle consultatif déterminant en ce qu’elle examine. Par. D’une manière générale. Et on a pu écrire à cet égard que « la politique étrangère au sommet de la pyramide réduit ainsi la marge de manœuvre du ministre qui n’a de coudée franche qu’avec l’assentiment et la bienveillance de la présidence ». Avec tous les autres conseillers sectoriels. Mais au-delà de ce que certaines administrations ont pu ainsi s’approprier et exercer pour leur propre compte. les dossiers concernant les relations avec l’extérieur. alors que celle-ci est la raison d’être du ministère des relations extérieures naguère baptisé ministère des affaires étrangères. qu’un volet certes important. . La tentation est alors grande pour le conseiller diplomatique. le souci d’une spécialisation fonctionnelle des interventions n’est-il pas absent de cette configuration. elle n’est pour les autres départements ministériels. Mais. on peut légitimement s’interroger sur la signification de l’autorité ou de la responsabilité des ministres. En effet. dans la configuration actuelle. 1 – Le partage des responsabilités ministérielles en matière de politique étrangère En principe.n’ayant pas des nationalités propres. à a mise en œuvre de la politique étrangère du Cameroun. Ce sont en réalité ces personnes là qui influencent les arbitrages présidentiels. dans la mesure où il émet des avis décisifs sur les propositions formulées par ce dernier. L’érosion des prérogatives ministérielles est parfois si grande que les partenaires préfèrent s’adresser directement à la présidence ou ils sont assurés d’avoir une réponse plus rapide que s’ils saisissaient les départements ministériels compétents. Sans doute. l’avantage comparatif relatif semble plutôt s’accommoder avec d’irrévocables disfonctionnements. une partie des compétences internationales qui devait normalement relevée du personnel diplomatique. Mais. les ministres sont à la présidence de la république ce que les services extérieurs sont au ministère. tous les départements ministériels participent ou procèdent à l’élaboration. le conseiller diplomatique a particulièrement un droit de regard (sur les dossiers en provenance des départements ministériels relevant normalement de son champ de compétence. En raison de sa spécialisation fonctionnelle. sans nier la nécessité de la coordination au sommet. de se comporter comme une véritable doublure du ministère des relations extérieures. un bien résiduel au regard de leurs compétences nationales matérielles. à titre principal ou secondaire. la centralisation au sommet de la décision apparaît prime facie comme l’antidote à l’incohérence. Section II – L’éclatement de l’action gouvernementale L’action gouvernementale en matière de politique étrangère se caractérise traditionnellement un partage de responsabilités entre plusieurs départements ministériels.

2 – Les structures du ministère des relations extérieures Conçues en fonction des grandes orientations de la politique étrangère du Cameroun et compte dûment tenu de l’évolution de la société interne.A – Le ministère des relations extérieures C’est un rouage essentiel des relations diplomatiques du Cameroun dont les structures reflètent en principe l’étendue de la haute mission qui lui incombe. fait du ministère des relations extérieures. la matière de la décision. précise le texte susvisé. Cet article dispose en effet que « toutes les affaires officielles traitées avec l’Etat accréditaire. 1 – Un rouage essentiel des relations diplomatiques Le décret n° 2004/320 du 08 décembre 2004 portant organisation du gouvernement. des relations avec les Etats étrangers. il est chargé de la mise en œuvre de la politique des relations extérieures arrêtées par le président de la république. faits juridiques internationaux. de leur opinion publique ainsi que des organisations internationales. Faut-il donc en déduire que la mission du ministère des relations extérieures aussi importante soit-elle. Il concoure à l’information des gouvernements étrangers. le statut d’un individu qui revendique l’immunité diplomatique etc. ou avec tel autre ministère dont il aura été convenu ». Car. il est chargé.2 de la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques. économique. la primauté du ministère des relations extérieures est reconnue par l’article 41 par. les structures du ministère des relations extérieures sont régies par le Décret N° 200/286 du 30 Juillet 2005 portant organisation du ministère des relations extérieures. Le ministère des relations extérieures contribue à une pratique constitutive du droit international coutumier dans des domaines tels que le statut d’un Etat étranger et de ses biens. des informations relatives aux Etats étrangers et aux organisations internationales qui pourraient faciliter l’action des services publics. confiées à la mission par l’Etat accréditant. en liaison avec le ministère de la communication. en ce qui concerne le développement politique. la reconnaissance des Etats et gouvernements. Cette qualité de médiateur privilégier entre le gouvernement camerounais et ses partenaires étrangers permet au ministère des relations extérieures de proposer à travers ces feed-back. Le ministère des relations extérieures est aussi le mieux placer pour infléchir l’application du droit international convenu dans l’ordre juridique interne. social et culturel du Cameroun. n’est en définitive confinée qu’aux tâches d’exécution ? Une réponse négative s’impose en raison de l’étendu de ses prérogatives. il rassemble et diffuse auprès des départements ministériels. doivent être traitées avec le ministère de l’Etat accréditaire ou par son intermédiaire. En outre. bien qu’il n’ait pas la maîtrise de l’agenda et n’influence pas moins ainsi directement l’élaboration de la politique étrangère du Cameroun. le seul département ministériel entièrement dédié à la politique étrangère du Cameroun. Tout d’abord. les organisations et les autres systèmes de la communauté internationale. Ce texte place ce département ministériel sous l’autorité d’un ministre assisté de 2 ministres délégués . C’est en vers lui que se tournent les tribunaux internes pour connaître l’interprétation des traités. A ce titre. au titulaire du pouvoir de décision . ainsi que de la protection des ressortissants et des intérêts camerounais à l’étranger.

Ce réseau diplomatique lilliputien est largement en deçà des ambitions de la diplomatie camerounaise. Sans doute le recours à la pratique de la représentation multiple est-il justifié par la nécessité d’une maîtrise des coûts. la direction du protocole et des affaires consulaires. c’est la nature des activités ou des affaires concernées qui est prise en compte. C’est ainsi que le ministère des relations extérieures n’est impliqué ni dans le traitement des dossiers relatifs aux relations Camerounaises instituts de Breton Wood. le Vietnam etc. D’une manière générale. Singapour. ni d’avantage au traitement des dossiers portant sur les mêmes matières au plan bilatéral. voir la direction des affaires générales d’Asie. Il est bien évident en effet qu’une mission diplomatique qui a déjà d’énormes difficultés à assurer son fonctionnement quotidien ne peut assurer la couverture de plusieurs pays à la foi. Les services extérieures du ministère des relations extérieures sont constitués de postes diplomatiques et consulaires dont : 26 ambassades 4 Hauts-commissariats 3 Délégations permanentes 2 Consulats généraux Soit au total 35 postes diplomatiques dans cette société internationale qui compte désormais plus de 200 membres. financiers et humains de nos ambassades sur le niveau d’effectivité de cet option. des affaires d’Europe’ et des affaires d’Amérique et des Caraïbes ou des affaires d’Asie et des relations avec l’organisation de la conférence Islamique. Son action tant au niveau de ses services centraux que de ses services extérieures emporte les stigmates. la direction des relations avec la Francophonie. L’administration centrale du ministère des relations extérieures comprend outre le Secrétariat général. Chine. D’une manière générale le ministère des relations extérieures ne figure pas dans la zone de captation des priorités budgétaires de l’Etat. les différentes directions du ministère des relations extérieures sont largement confinées dans le traitement des relations politiques bilatérales ou multilatérales. le Cameroun ne compte que deux ambassades résidentes dont l’une à Beijing (Chine) et l’autres à Tokyo (Japon). De même. Dans le premier cas. . Aussi le système de la représentation multiple a-t-elle été adopté pour compenser cette faible couverture diplomatique. Malaisie. La simple évocation des questions de coopération économique. Quant aux directions d’Afrique. les 2 Corées. Comme tous les autres départements ministériels. On cite la direction des Nations Unies et de la coopération décentralisée. les questions économiques proprement dites de ce dossier relèvent d’un département ministériel technique. C’est ainsi que dans toute la région d’Asie ou du Pacifique qui s’étend de l’Inde à la nouvelle Zélande en passant par le japon. Thaïlande. financières ou autres tient ici lieu de bilan parce que ces questions révèlent organiquement la compétence des départements Ministériels techniques. la direction des relations avec le Commonwealth. Indonésie. elles ont été conçues à partir du critère géographique. dix directions conçues selon une logique qui combine spécialisation et régionalisation. l’Australie. Mais il y a lieu de s’interroger eu égard à l’extrême modicité des moyens matériels.chargés respectivement de la coopération avec les Etats du Commonwealth et de la Coopération avec le monde islamique. le ministère des relations extérieures déploie son action à travers ses services centraux et ses services extérieurs. s’il conserve la maîtrise des relations politiques avec l’Union Européen.

en cas de catastrophe naturelle.I sur le Cameroun. il est évident que le ministère des relations extérieures n’est pas conçu pour être le pilier de la mobilisation de l’effort interne en faveur du développement politique et économique. dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. du développement et de l’aménagement du territoire assure en même temps d’importantes responsabilités dans le domaine des relations extérieures. la finalisation et le suivi de l’exécution des accords et conventions de prêts. le contrôle des finances extérieures. C’est aussi au MINEFI qu’incombe en matière économique la coordination des actions engagées avec les divers partenaires multilatéraux et bilatéraux dans le cadre du programme de redressement et de relance économique. Le ministère chargé du commerce est responsable outre de la négociation et du suivi de la mise en œuvre des accords commerciaux. des Mine et développement technique assure le suivi des affaires de l’OMPI et de l’ONUDI. le suivi des affaires du FMI de la Banque Mondiale. social et culturel du Cameroun. Or dans sa configuration actuelle.Paradoxalement il ne fait aucun doute que l’insertion du Cameroun dans le système international global dépend largement de l’efficacité de son appareil diplomatique. Cette dilution des responsabilités qui relativise fortement le rôle du ministère des relations extérieures est consacrée par le décret N° 2004/320 du 08 décembre 2004 portant organisation du gouvernement. le suivi des organismes sous régionales chargées de l’aménagement de la préservation de l’écosystème sous régionale.A. la négociation. du suivi des relations avec les organisations internationales œuvrant dans le domaine du commerce international et de la promotion de la compétitivité des produits camerounais sur les marchés étrangers. En matière monétaire. l’Union Européenne. les petits pays ont d’avantage besoin de diplomates que les grands pour jouer un rôle aussi marginal soit-il dans la régulation des Relations Internationales. Le ministère des forêts et de la faune est responsable de la mise en application des conventions internationales ratifiées par le Cameroun en matière de faune et de chasse. Le ministère de l’industrie. de la programmation.D et de la Banque Islamique de Développement. C’est . le suivi des relations avec le PNUD et la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. C’est ainsi que le ministère de l’administration territoriale et décentralisée est chargé de la coordination des actions Nationales et internationales. Le ministère de la Communication nous dit le décret précité apporte son concours au ministère des relations extérieures dans son activité d’information des gouvernements étrangers et des O. En effet. de la monnaie et de la réglementation des changes. Leur crédibilité en dépend. c’est au ministère des finances qu’échoit la prospection.l’action des autres départements ministériels Pratiquement tous les départements ministériels ont désormais la haute main sur les problèmes internationaux intéressant leur domaine. Le ministère de la planification. c’est à lui qu’incombe la coopération technique interne. Ce texte confère des attributions précises en matière de relation internationale à des départements ministériels techniques. Le rôle marginal du ministère des relations extérieures à cet égard explique largement la part croissante prise par les autres départements ministériel dans la mise en œuvre de la politique étrangère du Cameroun. de la B. B. le suivi des dossiers de l’OHADA en relation avec le ministère de la justice. Le ministère de l’environnement et de la protection de la nature est pour sa part responsable de la négociation des accords et conventions internationaux relatifs à la protection de l’environnement et de leur mise en œuvre.

les relations avec la FAO pour les matières relevant de leurs domaines de compétence respectifs. « L’interaction de plus en plus poussée des affaires du dehors et des affaires du dedans » trouve ses ramifications logiques dans les services des ambassades où l’on compte désormais aux côtés des diplomates de carrière. Ainsi aux termes du décret précité. participent à la fonction de représentation de l’Entreprise auprès des O. les différents organigrammes ont-ils aménagé des services chargés spécialement des relations avec les partenaires extérieures. Para 2 : Les dysfonctionnements de la politique étrangère du ministère des relations extérieures La prolifération des lieux d’énonciation et d’exécution de la politique étrangère du Cameroun au niveau gouvernemental et la revendication par chacune des administrations impliquées du monopôle de ses compétences sont apparues comme des facteurs de rivalités et de conflit entre les différents acteurs. Le Ministère des forêts et de la faune partage avec le ministère de l’agriculture MINAGRI. est une activité qui se laisse plus volontiers définir par .également ce département ministériel qui assure la tutelle de l’institution panafricain du développement. Cet infrastructure administratif leur permet d’initier divers instruments juridiques internationaux appelés à régir les relations avec le Cameroun et ses partenaires de l’action gouvernemental qui traduit ainsi que l’a si bien relevé le professeur Merle. Le Ministère des affaires sociales pour sa part assure la liaison avec l’UNICEF. Le Ministère des transports suit les affaires de l’ASECNA et toutes celles relatives à la sécurité aérienne et assure la liaison avec l’organisme de l’Aviation civile internationale. desquels ils reçoivent directement les instructions. Aussi. Ce sont également les chefs de ces départements ministériels qui assurent généralement la présidence des délégations nationales aux grandes conférences organisées par ces ministères dits technique. et l’organisation mondiale de la météo. « La coordination écrit le professeur Marcel Merle. de l’ISSEA ou de l’IFORD. Le ministère de l’enseignement secondaire MINESEC et le le ministère de l’éducation de base MINDUB partagent la liaison avec l’UNESCO pour les questions dont ils ont la charge. ainsi qu’avec le secrétaire des OI relevant de leur champ d’application. pour y rencontrer leurs homologues. le Ministère du travail assure la liaison avec les institutions du système des Nations Unies et de l’UA spécialement dans le domaine du travail.I. de nombreux conseillers ou attachés spécialisés détachés pour leur administration d’origine. Le Ministère du Développement urbain assure la liaison avec les OI concernées par le développement des grandes villes. Le Ministère des Sports et de l’Education physique est chargé de l’élaboration des projets de coopération avec les organismes nationaux et internationaux ou des pays admis dans les domaines de l’éducation physique ou des sports. Le ministère du tourisme suit les activités de l’organisation mondiale du tourisme et celles des organisations internationales de coopération en matière de tourisme. Ce véritable développement de légations actif ou passif est confronté par de réels pouvoirs en matière de négociation international. Lorsque l’on y ajoute des disfonctionnements externes au MINEREX ? Il se pose alors la question de la cohérence et la continuité de la politique étrangère voire de sa coordination. Ils assurent d’ailleurs très officiellement la fonction de liaison avec ces derniers. Cette situation rend évidemment fort malaisée la coordination de nombreuses politiques étrangère. A ces liens institutionnels de caractère multilatéral s’ajoute la fonction de représentation exercée par différents ministère techniques à l’occasion de leurs déplacements à l’Etranger.

En principe. l’attribution à l’organe coordonateur des moyens de débloquer en cas de conflits. La situation n’est différente dans les missions diplomatiques qui. le MINEREX n’est plus qu’un rouage d’exécution parmi tant d’autres placé sous le contrôle permanent et sous l’autorité directe du président de la république. A supposer même qu’il en eut les compétences juridiques. Cette situation n’affecte pas seulement le prestige et la fonction de la représentation du département.ses objectifs que par ses moyens : de l’harmonisation par la concertation à la planification rigoureuse. l’impossible coordination ministérielle malgré la vocation du MINEREX mais aussi. ni ses archives. le MINEREX devrait normalement être le centre de gravité de l’action extérieure du Cameroun. Appliquées à la politique étrangère du Cameroun. Mais. Ou faute de mieux. comme nous l’avons précédemment montré. si l’extension des services centraux a atténué de façon significative la promiscuité qui prévalait au sein de ce département ministériel. Ainsi que nous l’avons précédemment indiqué. ces exigences permettent de mettre en évidence. qu’il s’agisse de l’amélioration du cadre du travail ou de l’amélioration des conditions de travail. il existe une gamme étendue de procédés qui permet à une autorité d’ordonner autour d’une seule commune des initiatives prises par d’autres centres ou autorités de décision ». de prendre les dispositions nécessaires pour compenser l’effet nocif des décisions déjà prises. sans instauration d’une hiérarchie en faveur de l’organe coordonateur. largement en retrait par rapport à ses besoins. En effet. En ce qui concerne les conditions de travail. la démotivation du personnel. est aligné sur la position de nombreux ministères techniques. Il n’y a ainsi pas de coordination possible sans une infrastructure appropriée mais aussi. ni son système de communication et d’Internet n’en font un partenaire incontournable pour les autres départements ministériels. Cet éminent auteur précise que toute entreprise de coordination suppose au minimum la collecte des informations nécessaires. sollicitent pour nombre d’entre elles. Il se trouve pour ainsi dire dans la situation paradoxale d’être le seul ministère à être spécialisée dans le traitement des affaires internationales. la spécialisation des fonctions au sein du gouvernement. . Ni la bibliothèque du MINEREX. Elle a un retentissement négatif sur sa capacité à coordonner l’action extérieure du Cameroun. L’indigence de nos missions diplomatiques avec le délabrement des édifices. force est de reconnaître qu’en matière d’équipement de services. le pouvoir de décision relevant des autres instances. une réhabilitation des édifices et des équipements pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle. avec la diversification toujours plus grande des tâches. ni les ressources humaines nécessaires pour assurer pleinement ses missions. en sus. l’existence d’une procédure ou d’une instance de coordination avec les partenaires en cause. bien que le décret présidentiel de N° 98/220 du 14 septembre 1998 ait notifié favorablement le régime des rémunérations du personnel en service dans les missions diplomatiques et consulaires. le budget du MINEREX demeure malgré un accroissement remarquable et récent de ses crédits. la coordination au sein de la mission incombe à ces derniers. A – L’impossible coordination par le MINEREX Par vocation. les rapports bien souvent houleux au sein des ambassades entre les administrations rattachées et les services diplomatiques. les insuffisances de la coordination interministérielle. la question d’un statut des fonctionnaires du corps de la diplomatie conserve toute son actualité avec son corollaire. Symptomatiques sont à cet égard. des impayés de factures d’eau et d’électricité et de téléphone est parfois tel que nos délégations officielles à l’étranger préfèrent le hall des hôtels pour les réunions de coordination plutôt que les locaux de certaines de ces missions. beaucoup reste à faire notamment en ce qui concerne la modernisation de son outil de travail pour accroître sa capacité à mobiliser et à traiter l’information des différentes données dont pourraient avoir besoin les autres administrations. mais dont il n’a plus le monopôle et qui de ce fait. le MINEREX n’aurait ni les moyens matériels et financiers.

1 de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 12 juin 1992. Ce comité placé sous l’autorité du secrétaire général de la présidence de la république est chargé dans le cadre de l’orientation définie par le chef de l’Etat. Le cas le plus éclairant est celui des contrôleurs financiers au sein de l’ambassade. ils n’ont aucune autorité sur les services techniques. véritables îlots de prospérité qui ne rendent comptent compte à leur administration d’origine. l’exercice de cette prérogative est largement tempéré de par les exigences du respect de la discipline du groupe. Le rôle du parlement en matière de politique étrangère semble plutôt bien marginal. d’importantes prérogatives lui permettant d’infléchir des orientations assignées à la politique étrangère du Cameroun par l’exécutif. aux termes de l’article 12 al. « le premier ministre est le chef du gouvernement et dirige l’action de celui-ci ». Le décret n° 78/026 du 16 janvier 1998 qui régit le comité interministériel de coordination des relations internationales procède de cette conviction. B – La coordination interministérielle A première vue. le premier ministre fut-il chef du gouvernement. en tout état de cause. ne peut connaître des matières qui relèvent du domaine réservé du chef de l’Etat. Dans la pratique.Mais du fait de leur indigence. il ne reçoit même pas ampliation des correspondances initiées par le ministre des relations extérieures qui. En occurrence. La congestion des pouvoirs au sommet de l’exécutif avec notamment la pratique du domaine réservé est apparue comme le contre poids aux tendances centrifuges et à la caque phonie. ne rend compte qu’au président de la république. si l’organisation du gouvernement en fonction des compétences définies verticalement créent un besoin inévitable de coordination de l’action de ses différentes composantes. le parlement déploie aussi des initiatives diplomatiques qui s’inscrivent dans le continuum de l’action gouvernementale. de coordonner les actions des différents départements ministériels en vue d’atteindre ces objectifs et de procéder périodiquement à l’évaluation des relations extérieures ». Il en est de même des services de police et de défense. Qu’il s’agisse du contrôle a priori ou du contrôle a posteriori de la politique étrangère. elle apparaît comme la réponse à l’impossible coordination de l’action extérieure du Cameroun par le MINEREX. la première instance de coordination de l’action gouvernementale c’est la primature. Mais quoi qu’il en soit. En effet. . Dans la configuration actuelle du gouvernement. de « déterminer les objectifs de la république du Cameroun dans le domaine international. force est de reconnaître que la présidence de la république est le véritable siège de la coordination de l’action gouvernementale dans tous les domaines. Mais. du fait de la confusion entre la majorité parlementaire et la majorité présidentielle. Au demeurant. Toutefois. Dans cette configuration essentiellement caractérisée par la prépondérance du chef de l’exécutif ou pour reprendre une expression du professeur Luc Sejoun par le règne d’une monarchie. Section III – Le rôle marginal du pouvoir législatif NB : chaque département ministériel est rattaché à la présidence Le pouvoir législatif dispose en vertu de la constitution. Mais. force est de reconnaître que ce ne sont pas toutes les matières qui sont susceptibles d’être soumises à la coordination du premier ministre. l’organigramme de service du premier ministre ne comporte pas un service dédié spécialement aux questions de politique étrangère. On peut s’interroger sur l’effectivité de l’action de ce comité dans la coordination de la politique étrangère du Cameroun.

1 de la constitution de 1996. la discussion sur les crédits affectés à chacun des ministères se limite à quelques passe d’armes rituelles entre le gouvernement et l’opposition ». « les ministres ont la faculté de déclarer par écrit que l’intérêt public leur interdit de répondre ». les traités et les accords internationaux qui concernent le domaine de la loi sont soumis avant ratification à l’approbation en forme législative du parlement. 3 – Le déploiement de la diplomatie parlementaire Le président de l’assemblée ne peut pas représenter le président de la république du fait de la séparation des pouvoirs.2 de la constitution du 18 janvier 1996 ne dit pas autre chose qui souligne que « le gouvernement sous réserve des impératifs de la défense nationale. Enfin. « compte tenu du fait majoritaire et de la rigidité des procédures budgétaires en vigueur dans la plupart des pays. d’un réel pouvoir de contrôle de l’action extérieure gouvernementale. Mais. Le premier étant le titulaire du pouvoir législatif et l’autre. aux termes de l’article 43 de la constitution du 18 janvier 1996. B – Les questions écrites ou orales La loi n° 2002/005 du 2 décembre 2002 portant règlement de l’assemblée nationale prévoie en son article 60 que les députés peuvent en application de l’article 35 de la constitution poser des questions écrites ou orales relatives aux affaires de leur ressort au ministre. 2 – Le contrôle a posteriori C’est une arme redoutable dont dispose le parlement pour infléchir les choix de politique étrangère déjà opérés par le gouvernement. de la sécurité de l’Etat et du secret de l’information judiciaire fournit des renseignements au parlement ». le titulaire du pouvoir exécutif. Mais. Par. Le congrès dispose également de pouvoirs sans équivalents dans aucun autre pays du monde d’autoriser après audition des candidats. . En comparaison aux USA. la nomination des principaux collaborateurs des présidents et de tous les ambassadeurs.Par. Elle n’a jamais débouché sur une réduction ou sur un accroissement des crédits du MINEREX. Par. A – Le contrôle budgétaire Le vote des crédits attribués aux différents départements ministériels à l’occasion du vote de l’assemblée. Cette disposition constitutionnelle indique si besoin en était. la limite du contrôle parlementaire par la voie des questions écrites ou orales. Le contrôle a posteriori peut aussi être exercé par le déclanchement d’une enquête parlementaire à travers la mise en place d’une commission d’enquête conformément à l’article 35 al. dans la pratique. Et comme le précise l’article 61 de la loi susvisée. le parlement peut engager la responsabilité du gouvernement dans les conditions et les procédures prévues à l’article 34 de la constitution. L’article 35 al. Dans cet exercice. la commission des affaires étrangères n’accomplit pas une simple formalité. l’activité conventionnelle de ce dernier. comme l’a si bien relevé le professeur Merle. 1 – Le contrôle a priori de la politique étrangère Détenteur des cordons de la bourse. offre aux parlementaires l’opportunité de passer au crible les choix de politique étrangère du gouvernement. Les deux maîtres de cette règle de la séparation des pouvoirs est Montesquieu et John Locke. le parlement dispose à travers le vote du budget. le congrès dispose d’importants pouvoirs de contrôle des initiatives de politique étrangère du président notamment en matière d’aides militaires. Elle concerne au premier chef. Ainsi. Cette modalité de contrôle peut être mise en œuvre a priori ou a posteriori. il peut aussi exercer un contrôle a priori ou a posteriori à travers les questions écrites ou orales.

Ce sont aussi les opérateurs économiques ou les groupes d’intérêts socio-économiques tels que la chambre de commerce. Dans tous ces cas de figure. d’industrie et des mines etc. Section IV – L’effacement relatif des facteurs non gouvernementaux Le mouvement associatif a connu à l’échelle internationale une ampleur exceptionnelle au cours des dernières décennies. L’intervention des acteurs non gouvernementaux dans le champ de la politique étrangère remet en cause le paradigme réaliste des relations internationales fondé sur la prééminence voire une certaine exclusivité de l’acteur étatique. NB : Dupuis et Betati. le parlement agit comme un relaie de l’exécutif dans la défense des intérêts nationaux du Cameroun. coopération internationale. Ces ONG sont plus présentes dans les organisations internationales qu’au sein des travaux entrepris par les Etats. L’irruption des ONG sur la scène internationale n’implique pas que l’Etat ne soit pas plus prépondérant. La survie de ces ONG dépend plutôt largement de la volonté des Etats. la loi n° 92/006 du 14 août 1992 relative aux coopératives et aux groupes d’initiatives communes et la loi n° 99/014 du 22 décembre 1999 régissant les ONG. un problème qui poserait en Asie aurait une influence sur l’économie africaine. Les auteurs du mondialisme sont toux ceux qui aujourd’hui prônent l’économie mondiale comme la solution aux problèmes économies du monde. de l’association internationale des parlementaires de langue française ou encore de l’assemblée paritaire Union Européenne ACP. Ainsi que l’atteste la loi n° 90/053 du 19 décembre 1990. L’action normative des ONG dans l’ordre international est une réalité quotidienne. sans apparaître comme un appendis en raison de la séparation des pouvoirs. C’est notamment le cas de la fondation Chantal Biya. les ONG et le droit International IL s’agit de déterminer le rôle actuel des ONG dans la diplomatie.La politique étrangère du Cameroun est confortée par le déploiement d’initiatives diplomatiques à travers les réseaux bilatéraux d’amitié et d’échanges interparlementaires ou la participation aux instances interparlementaires multilatérales à l’instar de l’union interparlementaire ou de l’union des parlementaires africains. soit du renforcement de son action dans une relation de complémentarité en vue de la satisfaction des intérêts fondamentaux de la coopération et se traduit par une prolifération d’acteurs. Qui sont donc ces acteurs non gouvernementaux qui interviennent dans un champ naguère exclusivement réservé à l’Etat ? Ce sont d’abord les ONG nationales ou internationales. . WWF. protection des droits de l’homme. protection de l’environnement etc. Au Cameroun. le décret n° 2005/286 du 30 juillet 2005 portant organisation du MINEREX créant une sous direction de la coopération décentralisée et des organisations non gouvernementales et chargées spécifiquement : --des relations entre le Cameroun et les institutions de coopération décentralisée et non gouvernementale en liaison avec les administrations concernées --du suivi des activités des organisations non gouvernementales en liaison avec les administrations locales --du suivi de la coopération avec les collectivités territoriales décentralisées camerounaises et étrangères. Elle procède soit du contournement de l’Etat. ne mobilise pas moins la mobilisation des pouvoirs publics. Ainsi. Elles interviennent pratiquement dans tous les domaines. MSF qui sont aujourd’hui comme des multinationales et qui fonctionnent comme des entreprises alors que le but primordial d’une ONG c’est de travailler à but non lucratif. Cette approche voudrait que tous les problèmes qui se posent à l’humanité trouvent leur solution dans la concertation planétaire. L’école du mondialisme est en quelque sorte une excroissance de l’école transnationale. Ainsi que le montre bien l’approche transnational des relations internationales et l’école du mondialisme. le phénomène bien que récent.

En guise de conclusion L’aménagement organique de la politique étrangère du Cameroun fait apparaître d’un côté le rôle prépondérant du président de la république et l’éclatement de l’action gouvernementale et de l’autre côté. il ne laisse pas moins aux autres intervenants une certaine marge de manœuvre pour peu que leurs initiatives se situent dans le continuum de son action. Si l’acteur étatique demeure prépondérant. Il partage ses compétences avec tous les autres départements ministériels sous le contrôle vigilant du président de la république. l’intervention des acteurs aussi différents que le parlement et les ONG. Le ministère des relations extérieures dans cette configuration n’apparaît pas malgré sa vocation comme le siège de la coordination de la politique étrangère. .

la Chine. L’Afrique est importante au regard de ses richesses. on essaie de voir les relations entre le Cameroun et les organes du système des nations unies. La situation au golf de guinée l’atteste d’ailleurs. le Cameroun n’a pas nommé des ambassadeurs dans ces pays et les échanges commerciaux avec ces pays sont modestes. Grâce à l’intervention des nouveaux acteurs. qui prend de nombreuses parts du marché. Les relations multilatérales permettent non seulement de décrire les relations de l’Afrique avec les groupes mais aussi. Chacune de ces relations notamment avec la France portent en ce sens la marque de l’histoire. la solidarité n’étant plus basée sur l’histoire mais basée sur l’identité culturelle à la fin de l’ère bipolaire. le déclassement de l’Afrique semble perdre de son actualité. le Japon. les relations devraient être privilégiées avec les voisins. Par contre. l’Afrique a la chance de revalorisé les richesses de l’Afrique. à la faveur de la compétition en cours aujourd’hui dans le monde entre par exemple l’Europe et la Chine etc. La relation verticale avec l’Europe est privilégiée.Deuxième Partie : Le déploiement de la politique étrangère du Cameroun sur le terrain Chapitre I – Les relations bilatérales Section I – Les relations entre le Cameroun et les pays d’Afrique Section II – entre le Cameroun et les pays d’Europe La diplomatie camerounaise évolue de façon concentrique avec au centre du dispositif. les puissances européennes. Cependant. les interférences produites par la compétition actuelle sur la scène internationale. les relations commerciales avec les pays occidentaux et en particulier les anciennes puissantes métropolitaines sont abondantes. Avec l’apparition des ONG. Les européens préfèrent ainsi travailler avec les pays de l’Europe de l’Est. Grâce à l’émergence en Afrique des acteurs nouveaux comme la Chine. Il est difficile du jour au lendemain. l’Inde etc. on constate l’émergence des relations avec les pays asiatiques tels que le Japon. Et ce au regard de l’émergence de la Chine. bien que les relations avec les pays africains soient les relations privilégiées. on a fait des recommandations à la Chine parce qu’elle octroyait ses aides sans conditionnalités. Car. Ce qui n’est pas forcément désavantageux pour nous. <C’est notamment le cas du Cameroun qui se trouve au confluent de l’Afrique centrale. le Brésil. on maximise les relations avec les occidentaux. Grâce à cette compétition ouverte sur ces mêmes produits. l’UE etc. Il y a donc u regain d’intérêts du continent noir. La frontière étant la solidarité. En revanche. de rompre des relations qui ont été longtemps entretenues. Lors de la dernière réunion du G8. NB : ce qu’il faut faire : Définir directement le sujet à partir de la définition du mot clef du sujet Emmener le sujet de manière précise et concise Développer le sujet par l’essentiel et la concision Eviter d’être crispé Etre cohérent et faire preuve d’esprit de synthèse . Chapitre II – Les relations multilatérales Au niveau multilatéral. le cadre originel de nos relations avec les partenaires ont tendance à évoluer et ce. l’Afrique.

...........................................31 Section III – Le rôle marginal du pouvoir législatif.........................................................................................10 Par............................................................32 B – Les questions écrites ou orales................................................................................................ Section I – La politique étrangère : une réalité complexe.................................................................................................................. 2 – Une prépondérance confortée par la pratique.......22 Chapitre II – L’aménagement organique de la politique étrangère du Cameroun................................................20 Par...............................................................................15 B – La lutte contre le colonialisme et les discriminations raciales...........................................................................................................................................................................................................30 B – La coordination interministérielle..................................................................Les contraintes exogènes...................................................29 Para 2 : Les dysfonctionnements de la politique étrangère du ministère des relations extérieures.................. A – Les contraintes andogènes..........................................................................................................................................12 Par........................................................................................................................ Par....................................................................................................................... Par.............15 A – Le respect des frontières héritées de la colonisation/décolonisation....................................................................................... 1 – La revendication d’un nouvel ordre économique international............11 Chapitre I – Les fondements de la politique étrangère du Cameroun...............................................Table des Matières Chapitre Préliminaire : Qu’est-ce que la politique étrangère ?.............................................................. 1 – La politique étrangère comme rapport de forces.. 1 – La pleine adhésion du Cameroun aux principes énoncés par la charte des nations unies......................17 Par......................................................................................................33 Deuxième Partie : Le déploiement de la politique étrangère du Cameroun sur le terrain.................................................................................30 A – L’impossible coordination par le MINEREX...................................................................... B ...............................................................................................................................27 B.......................................................................18 Par.....33 Table des Matières....................................................................................... 1 – Le partage des responsabilités ministérielles en matière de politique étrangère....................................... 3 – Le déploiement de la diplomatie parlementaire................................................................................................................................................................................................................................................................32 Par................................................... Section II – Les déterminants de la politique étrangère des Etats................................................................................................................................................................................................................................................................................................. 1 – Les déterminants structurels...... 2 – La politique étrangère comme gestion des contraintes............................................25 Section II – L’éclatement de l’action gouvernementale.........................................................Erreur ! Signet non défini.....................................................10 Première partie : le socle dynamique de la politique étrangère du Cameroun............................................32 A – Le contrôle budgétaire........................................................................................................................24 Par................................................................................................................................................................................................................................................................... 2 – Le contrôle a posteriori..................................................................................................................31 Par.........................................23 Section I – la prééminence institutionnelle du président de la république.............12 B – Le règlement pacifique des différends internationaux.............. 2 – La pleine adhésion du Cameroun au droit international régional africain....................................................... 2 – Les déterminants conjoncturels..........................................................................................................................................................................................12 A – La non intervention dans les affaires relevant de la compétence nationale des Etats.............................................................................................................................................23 Par.................................. 1 – une prépondérance consacrée par la constitution............................................ 2 – L’unité africaine.................................................34 ....................................................................................21 Par............. A – La géographie............................26 Par........16 Section II – Les fondements politico idéologiques de la politique étrangère du Cameroun................................................27 2 – Les structures du ministère des relations extérieures................................17 Par........ 3 – Le non alignement..........................................................................23 B – L’étendu des prérogatives présidentielles................................................................. 1 – Le contrôle a priori de la politique étrangère............................32 Section IV – L’effacement relatif des facteurs non gouvernementaux..............................................................................27 A – Le ministère des relations extérieures....................................................................................32 Par..............23 A – la politique étrangère : domaine réservé du président de la république................................................................... A – L’école réaliste des relations internationales..................................................l’action des autres départements ministériels.......................................................................................................................................................................27 1 – Un rouage essentiel des relations diplomatiques....................................................................... B – L’école marxiste des relations internationales.................................................................................................................................................................................11 Section I – Les fondements juridiques...................................................................................................................... B – La culture. 1 – L’indépendance nationale......................................................................................................................................................................................................... 2 – La mise en œuvre d’une diplomatie de développement.................................................................................................................. Par.........................................19 Section III – Les fondements économiques de la politique étrangère du Cameroun......................................................................................13 Par..............................................................................................................................................................