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Johann Weyer 1

Johann Weyer
Johann Weyer (né en 1515 à Grave-sur-Meuse et
décédé en 1588) était un démonologue, occultiste et
physicien néerlandais. Il fut l'élève d'Henri Corneille
Agrippa, philosophe et médecin allemand, mais aussi
alchimiste, et le médecin du Duc Guillaume de Clèves.
On le connaît aussi sous les noms suivants : Jean Wier,
Johannes ou Johann Weier, Weiher, Joannes Wierus
(nom latin), Piscinarius.
Il a lutté pour démontrer que les sorcières étaient des
malades mentales et devaient être soignées par des
médecins au lieu d’être interrogées et brûlées par des
ecclésiastiques. De même les hommes atteint de
lycanthropie ont une maladie en laquelle ils croient être
des loups .... Il publia en 1563, à Bâle, son De
Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis
libri V[1] qui s'oppose sur certains points au Malleus
Maleficarum (Le marteau des sorcières), qui est un Johann Weyer

traité d'inquisition. En 1577, Johann Weyer ajoute un


appendice à son ouvrage, la Pseudomonarchia Daemonum.

Était-il ou non protestant, c'est ce qu'on ne saurait dire avec certitude. Il n'en reste pas
moins que le climat intellectuel de tolérance confessionnelle qui prévalait à la cour de
Düsseldorf, où dominait l'influence d'Érasme de Rotterdam, l'a attiré et a été déterminant
pour lui.
Ses thèses d'ailleurs sont, à certains égards, audacieuses pour l'époque, au point que
quelques-uns de ses contemporains le surnommèrent « Weirus hereticus » et que son livre
fut mis à l’index par l’Église.
Il ne confond pas les magiciens, réellement coupables de crimes diaboliques, et les
sorcières, qui sont la proie d'illusions, par le corps ou l'esprit. L'illusion est entretenue par
les tromperies du Diable qui en est l'auteur, grâce à l'imagination corrompue des sorcières.
Le démon profite en quelque sorte de la défaillance humaine et s'attaque à ceux qui sont le
plus sujet aux illusions : les mélancoliques, les hérétiques, les méchants, les malicieux, les
curieux, les femmes.
Le diable […] induit volontiers le sexe féminin, lequel est inconstant à raison de sa
complexion, de legere croyance, malicieux, impatient & melancolique pour ne pouvoir
commander à ses affections : & principallement les vieilles debilles, stupides &
d’esprit chancellant.
La thèse de l'illusion semble avoir été emprunté au Pseudo-Augustin, Alcher de Clairvaux,
moine cistercien au XIIe siècle, qui a écrit le Liber de spiritu et anima ("l'esprit et l'âme"),
fréquemment cité par les démonologues des XVe et XVIe siècles.
Les troubles des sens viennent donc de l'humeur mélancolique qui se répand dans le
cerveau (action corruptrice des vapeurs sur le cerveau) et blesse la vertu imaginative et la
phantasie. Dans le meilleur des cas les mélancoliques ont des rêves morbides. Dans le pire
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des cas, les furieux sont des dormeurs éveillés qui vivent en plein jour ce que les
mélancoliques rêvent la nuit.
A la différence du Marteau des sorcières[2] dans lequel est soutenu l'idée que celles-çi
peuvent aller au diable (sabbat) sans se déplacer (transport en corps), Johann Weyer pense
qu'elles n'assistent en fait qu'à un spectacle intérieur, tout en restant immobile dans leurs
lits, leur faisant croire qu'elles se déplacent.

Voir aussi
Auteurs anciens, contemporains de Johann Weyer qui traitent également de l'imagination :
• Pierre Le Loyer : Imaginatio phantastica : le Discours des spectres et apparitions
d’esprits, 1586
• Scipion Dupleix : Les causes de la veille et du sommeil, des songes, & de la vie & de la
mort, Paris, Sonius, 1606
• Pierre de La Primaudaye, Suite de l’Academie françoise […], Paris, Guillaume Chaudiere,
1580
• Ulrich Molitor De lamiis et phitonicis mulieribus (« Des sorcières et des devineresses »,
Cologne, 1489)

Notes
Edition de 1579 : Histoire, disputes et discours des illusions et impostures des diables,
des magiciens infâmes, sorcières et emprisonneurs ; des ensorcelez et démoniques et de la
guérison d'iceux : item de la punition que méritent les magiciens, les empoisonneurs et les
sorciers ; Le tout comprins en sex livres (augmentez de moitié en ceste dernière édition.
Deux dialogues touchant le pouvoir des sorcières et la punition qu'elles méritent par
Thomas Erastus, pour Jacques Chovet, 1579, 2 vol. (source Michel Collée dans frénésie n°3
Coche-mare, printemps87)
[2] et de nombreux démonologues comme Maldonat, Martín Antonio Delrío et Pierre de Lancre

Sources
• Thibaut Maus de Rolley (http:/ / www. crlv. org/ outils/ chercheur/ afficher.
php?chercheur_id=1277) - Jean Wier et la fabrique de l'illusion diabolique (http:/ / traces.
ens-lsh. fr/ revue/ pdf/ tmr. pdf) [pdf] (fr)
• Brigitte Rochelandet Sorcières, diables et bûchers en Franche-Comté aux XVIe et XVIIe
siècles, Cêtre, 2007, (ISBN 2878230868)

Liens externes
• L'oeuvre de Jean WIER / Weiher (http:/ / www. bulletindepsychiatrie. com/ wier.
htm#w17)
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