Hommage à

Joseph VIDAL
Marcheur, professeur et poète

De la part d’élèves reconnaissants
CASTELNAUDARY, 19 octobre 2016

Joseph,
Cher Joseph
Nous sommes réunis pour te rendre un dernier
hommage.
Il m’échoit la lourde tâche d’être le porteparole des nombreux collégiens, adolescents du
Lycée Berthelot ou d’ailleurs que tu as accompagné
lors

de

ce

grand

voyage

intérieur

qu’est

l’adolescence.
En lisant quelques témoignages, je vais me
faire la voix de ceux qui auraient aimé être présents
mais qui ne l’ont pas pu, retenus à Paris, Nancy ou
ailleurs par des obligations professionnelles.
Il se peut que ma voix déraille car l’émotion
affleure.
OLIVIER
Il faisait partie de cette race d’enseignants
en voie de disparition. Je n’ai que de bons
souvenirs.

2

STÉPHANE
Il a marqué plusieurs générations d'un
enseignement comme on n'en fait plus.
Celui qui donnait tous les jours envie d'aller
au collège et au lycée.

NATHALIE
Mr Vidal restera pour moi un professeur
qui donnait avec beaucoup de conviction,
de savoir-faire et savoir être une
transmission du savoir remplie d'humanité.
J'ai eu beaucoup de chance de partager sa
route et je l'en remercie.

HENRI
A Berthelot, je n'ai pas eu l'honneur de
l'avoir comme professeur. J'admirais
cependant son aura qui illuminait sa
tignasse. Comme lui, j'habite Ramonville
Saint Agne. Joseph Vidal participait
pleinement et de toutes ses passions à la vie
de la commune. Nombreux, sont les
flambeaux qu'il a pu transmettre.

Et voici, à présent les témoignages très
personnels.

3

Une autre NATHALIE
Joseph, je pensais à toi justement cette
semaine où tu nous as quitté !
Repensant à ce que tu m’avais apporté, je
me demandais justement où tu étais, ce que tu
étais devenu et comment pourrais-je un jour te
témoigner toute ma gratitude pour tout cela ?
Depuis si longtemps, je voulais te dire enfin
MERCI !
Oui merci à toi pour m’avoir offert et
dédicacé mon premier livre de Dostoievski !
Merci pour m’avoir fait passer des lectures
enfantines à la Littérature.
Tu as été un prof HORS NORME, que j’ai
eu la chance de croiser, oui hors norme car tu
savais nous intéresser à la lecture, aux grands
auteurs et déceler notre nature profonde et
comment nous faire grandir tout en respectant
notre sensibilité.
Tu as su aussi nous éveillé à la vie, à vivre
notre vie bien remplie et riche de sens.
Te croiser à l’âge où l’enfant s’ouvre à sa vie
d’adulte a surement conditionné beaucoup de
tes élèves à grandir !
Un prof exceptionnel tu as été pour
beaucoup d’entre nous.
Merci à toi pour ce que tu as nous donné.
Que de là où tu es maintenant tu reçoives toute
ma gratitude et que ta nouvelle route soit
lumineuse !

4

En rêve, j’ai reçu un message de KADER, cet
enfant mal aimé de la cité Empalot qui avait écrit
un texte beau, sublime et tragique avant de nous
quitter volontairement.
KADER nous renvoie à cet autre auteur que
tu nous as fait découvrir et aimer : Pablo NERUDA
Il meurt lentement celui devient esclave de
l’habitude
Refaisant tous les jours les mêmes chemins
Qui ne parle jamais à un inconnu
Celui qui évite la passion
Celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses
rêves
Il meurt lentement celui ne voyage pas,
Celui qui ne lit pas
Celui qui n’écoute pas de musique
Celui qui ne sait pas rire de lui-même

Quelle belle leçon de vie, tu nous as donné là.
Apprends à rire de toi-même avant de te moquer
des autres. Leçon que plus d’eux devraient méditer.

5

Voici le témoignage d’un autre enfant d’Empalot,
d’ANNE
Cher Jo,
Au delà de m'avoir initiée au Grec ancien au
Collège Berthelot avec la passion et la grande
culture qui te caractérisaient, tu as marqué mon
adolescence et celle de mes amis par ta
générosité et ton partage de la montagne, des
sentiers de randonnée, du magnifique pays de
l'Aude qui était le tien, et de tes chants qui
animaient nos soirées jusque tard dans la nuit
des gîtes et des refuges.
Tu savais trouver les mots pour réconforter et
ouvrir des voies dans la vie de chacun.
Bien après nos années lycée, ta porte restait
toujours ouverte à tes anciens élèves que tu
accueillais avec plaisir et enthousiasme,
partageant tes dernières randonnées, tes
engagements associatifs, tes derniers textes et
chants qui faisaient vibrer nos cœurs.
Cher Jo, tu resteras toujours présent à mes
côtés sur les sentiers du monde où je repenserai
avec beaucoup de gratitude à tout ce que tu
m'as apporté et qui guide encore mes pas
aujourd'hui.

6

Avec JEAN-FRANCOIS, je pourrai dire
Je me souviens.
Je me souviens du samedi 29 octobre 1981, le jour
de la mort de Georges Brassens.
Nous avions cours de latin et ce matin là, il
faisait gris je crois, comme un ciel de Toussaint,
tu n’as pas fait cours. Tu es venu avec ta guitare
et tu as chanté « Tonton Georges »
Ce jour là, nous avons ri de la Camarde mais
nous avons également appris la vie.
Joseph avec ta crinière blanche, ton sourire si
doux et ta guitare, tu as su, avec talent, avec
patience, avec amour, nous transmettre les
valeurs qui aujourd’hui encore guident nos vies :
tirer de chaque chose, de chaque moment, la
substantifique moelle.. Un mot, une chanson, un
sourire, une balade, tout est prétexte au
bonheur !
Joseph, notre maître, notre ami, merci du fond
du cœur d’avoir croisé notre route, merci de ce
que tu nous as donné,

7

Paraphrasant THUCYDICE dans l’oraison funèbre
en l’honneur de Périclés, je pourrais encore ajouter
grâce à toi

Nous savons concilier le goût du beau
avec la simplicité et le goût des études
avec l'énergie.

Alors, voila, Joseph, cette fois, tu es parti, tu es
vraiment parti, sur un chemin escarpé, tu
n’attendras pas le petit dernier pour lui insuffler le
courage de croire en lui, tu ne lui expliqueras pas
que le chemin se fait en marchant

8

Ecoute, Jo, je ne sais pas chanter mais ton souvenir
m’emplit de poésie, du fin fond de ma mémoire,
surgit ce beau poème de MACHADO.

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer

Encore un grand poète que tu récitais ou que tu
chantais pour notre plus grand plaisir.

9

Joseph,
Il est venu l’heure de nous quitter.
Désolé, Monsieur le Curé, je ne crois pas aux forces
de l’esprit. Mais je crois à la force de l’amitié, de la
fidélité, de la transmission.
Tu nous as transmis un flambeau étincelant, celui
de l’intelligence et de l’humanité, et nous essayons
de l’entretenir et à notre tour de le transmettre à
nos enfants et plus tard à nos petits-enfants.
Il suffit de marcher, de chanter, d’entendre la
musique du vent dans les branches, et nous avons
alors 1001 réminiscences, nous sommes liés à
jamais avec toi et avec tes frères, les poètes, les
rêveurs, les amis du genre humain.
Alors Adieu l’ami et nous continuerons à faire vivre
tes enseignements en nous inspirant de ce vers de
TERENCE que tu nous avais donné jadis dans une
version latin

HOMO SUM :
HUMANI NIL A ME ALIENUM PUTO
Je suis homme : rien de ce qui est humain ne m'est
etranger.

10

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful