Vous êtes sur la page 1sur 2

Einstein et la relativité

L'univers de Newton, si imparfait qu'il ait été, a quand même permis bien des progrès en astronomie. Il est resté inchangé pendant plus de deux
ème
siècles, jusqu'au début du XX , quand Einstein propose la théorie de la relativité en réponse aux impasses dans laquelle se trouve alors la
physique.

La relativité restreinte
La lumière se propage à une vitesse finie : le premier à s'en rendre compte fut Oleaus Römer en 1675, lorsqu'il étudie les satellites de Jupiter et
leurs éclipses.

ème
Le caractère ondulatoire de celle-ci fut mis en évidence aux XVIII  siècle, et en 1817, Fresnel prouva qu'il s'agissait d'un mouvement
ondulatoire transversal. Puisqu'il y a vibration, il pensait qu'il fallait un support : ce sera l'éther, infiniment rigide, mais n'offrant aucune résistance
aux mouvements des astres.
En 1887, Michelson et Morley montrèrent, dans une expérience fameuse, que si cet éther existait, alors la Terre avait une vitesse nulle par
rapport à celui-ci.

Les échecs successifs de la mécanique classique, et son apparente incompatibilité avec l'électro-magnétisme amenèrent Einstein à la théorie 
de la relativité restreinte qui s'appuie sur deux principes fondamentaux :

l les lois de la physique sont les mêmes quelque soit le référentiel galiléen considéré,
l la vitesse de la lumière dans le vide est absolue et universelle.

Physiquement, le premier principe signifie qu'il n'existe pas d'espace-temps absolu. Il n'y a pas de cadre de référence absolu par rapport auquel


on pourrait mesurer des positions et des vitesses. Seules des positions et des vitesses relatives ont un sens.

En conséquence du second principe, la loi galiléenne d'addition des vitesses devient fausse.

  

Si la personne se déplace à 1 mètre/seconde sur le wagon, et que celui-ci avance à 10 m/s par rapport à 
l'observateur fixe, alors celui-ci voit la personne se déplacer à 11 m/s : c'est la loi classique d'addition 
des vitesses, qui n'est qu'une approximation aux faibles vitesses de la loi relativiste.

En mécanique classique, si v est la vitesse d'un mobile dans un référentiel animé lui-même d'une
vitesse V, alors la vitesse du mobile vue d'un référentiel au repos s'exprime comme v' = v+V.
En relativité restreinte, la loi de composition des vitesses devient
v' = (v+V)/(1+vV/c²)  

Bien évidemment, si les vitesses sont faibles devant celle de la lumière, ces deux expressions sont 
équivalentes.

En conséquence, les mesures de temps, de longueur et d'énergie sont relatives, c'est à dire qu'elles sont propres à chaque observateur.

Dans le cadre de la relativité restreinte, la métrique sur l'espace-temps s'exprime en fonction des coordonnées x, y, z et t


sous la forme ds²=c²dt²-dx²-dy²-dz²
Cette métrique définit un espace-temps plat, dit de Minkowski, semblable à l'espace-temps absolu de Newton où la 
métrique s'exprime sous la forme ds²=dx²+dy²+dz².  

Les points situés sur un cone de lumière se trouvent donc tous à une distance nulle les uns des autres (ds=0), et seuls ceux


situés à l'intérieur de ce cone sont joignables, puisque l'intervale ds² entre deux points doit toujours être positif. 

Si vous voulez visualiser facilement les effets relativistes, je vous conseille de visiter cette page où vous pourrez jouer avec une applet vous 
montrant la dilatation du temps et la contraction des distances.

La relativité générale
Dix ans après la relativité restreinte, Einstein généralise ces principes à tous les référentiels, quelque soit leur mouvement. Einstein pose alors
le principe d'équivalence : accélération et gravitation sont indiscernables, c'est à dire qu'il n'existe pas d'expérience qui permette de décider si le
référentiel où on se trouve est en accélération - une fusée qui décolle par exemple - ou dans le champ de pesanteur d'une masse - à la surface 
de la Terre ou d'un astre quelconque.

Contrairement à l'espace absolu de Newton, celui d'Einstein est lié à son contenu. Il ne s'agit pas d'un cadre rigide pré-existant et c'est la
présence de masses qui va lui imposer sa géométrie, et par là même modifier le comportement des corps et de la lumière.

L'univers newtonien rigide se trouve remplacé par un espace-temps de Riemann à quatre dimensions courbé par la présence de masses.

La gravitation est remplacée par des propriétés géométriques de l'espace : un corps massif courbe


l'espace-temps autour de lui.
Pour rendre compte de ces effets, il faut abandonner l'univers tridimensionnel de Newton pour un
continuum espace-temps à quatre dimensions.

Alors que Newton voyait une force entre deux corps, Einstein ne voit plus qu'une courbure de l'espace-
temps, et un astre en rotation autour d'un autre peut être vu comme "roulant" le long de la courbure
créée par celui-ci.

Quelles sont les principales conséquences de ceci pour l'astrophysique?

l nous avons déjà vu la première : les rayons lumineux sont déviés par un corps massif, puisqu'ils suivent les trajectoires correspondant aux
chemins les plus courts ﴾les géodésiques﴿.
l au voisinage d'un corps massif, le temps s'écoule plus lentement. Une conséquence de cet effet est le redshift gravitationnel, un
décalage vers les basses fréquences d'un rayon émis depuis la surface d'un corps massif.
l lorsque des rayons lumineux passent à proximité d'un corps massif, ils subissent un retard, puisqu'ils doivent parcourir une plus grande
distance (effet Shapiro).

Tous ces effets ont été mesurés expérimentalement.
Un autre test expérimental, le premier a avoir été mené, concerne l'avance du périhélie de Mercure. Cette planète a une orbite très excentrique,
donc de grandes variations de vitesse. La relativité générale est la seule théorie qui permette d'expliquer pourquoi son périhélie avance 
régulièrement de 43 secondes par siècle, une fois soustraite l'influence des autres planètes.