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GEOTECHNIQUE V. MERRIEN-SOUKATCHOFF ANNEE UNIVERSITAIRE 2010/2011

GEOTECHNIQUE

V. MERRIEN-SOUKATCHOFF

ANNEE UNIVERSITAIRE 2010/2011

AVERTISSEMENT

Ce polycopié est un document de travail.

Il souffre d'imperfections et toutes remarques constructives concernant ce texte seront les bienvenues. Vous pouvez les envoyer à Veronique.Merrien@mines.inpl-nancy.fr.

Il est parfois incomplet, mais, il existe dans les bibliothèques, bon nombre d'ouvrages qui complèteront ce polycopié.

Certains dessins et tableaux ont été repris d'ouvrages de mécanique des sols ou des roches dont vous trouverez les références en fin de polycopié.

2

repris d'ouvrages de mécanique des sols ou des roches dont vous trouverez les référen ces en

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

Sommaire

AVERTISSEMENT

2

SOMMAIRE

 

3

INTRODUCTION A LA GEOTECHNIQUE

9

A

PROPRIETES PHYSIQUES ET GEOMETRIQUES DES TERRAINS

11

A.1

POROSITE ET INDICE DES VIDES

11

A.1.1

Notations

11

A.1.2

Classification de la porosité par rapport à la taille des pores

12

A.1.3

Classification par rapport à l'origine

12

A.1.4

Classification morphologique

12

A.1.4.1

La porosité d'interstices (intergranulaire) : les pores

12

A.1.4.1.1

La porosité d'interstices simple ou nette

13

A.1.4.1.2

La porosité d'interstices restreinte

13

A.1.4.1.3

La porosité d'interstices réduite

13

A.1.4.2

La porosité de fissure

13

A.1.4.2.1

Porosité de joints

13

A.1.4.2.2

Porosité de diaclases

13

A.1.4.2.3

Porosité de failles

14

A.1.4.2.4

Porosité de schistosité

14

A.1.4.2.5

Porosité de retrait

14

A.1.5

Ordre de grandeur de la porosité

14

A.2

LE SQUELETTE DU TERRAIN : LES GRAINS

14

A.2.1

Nature et minéralogie des grains

15

A.2.2

Poids volumique des grains

15

A.2.3

Taille et la répartition des tailles (analyse granulométrique)

15

A.2.3.1

Dimension, forme et répartition des grains dans les roches

15

A.2.3.2

Taille et répartition des tailles pour les grains d'un sol

15

A.2.3.2.1

Principe de la détermination de la répartition en poids des grains par tamisage

16

A.2.3.2.2

Principe de la détermination de la répartition en poids des grains par sédimentation

16

A.2.3.2.3

Diamètres caractéristiques

16

A.2.3.2.4

Coefficients caractéristiques

16

A.2.3.2.5

Diamètres de référence

17

A.3 ESSAIS D'IDENTIFICATION SPECIFIQUES AUX SOLS ET CLASSIFICATION

19

A.3.1

Poids, volumes et paramètres caractéristiques

19

A.3.2

Caractéristiques des sols fins

21

A.3.2.1

Limite de liquidité

21

A.3.2.2

Limite de plasticité

22

A.3.2.3

Indice de plasticité

22

A.3.2.4

Indice de consistance

23

Indice de liquidité

23

A.3.2.5

Activité des argiles

23

A.3.2.6

Sensibilité des argiles

23

A.3.3

Caractéristiques des sols grenus

24

A.3.3.1

Densité relative ou Indice de densité

24

A.3.3.2

Equivalent de sable

24

A.3.4

Essai au bleu de méthylène

25

A.3.5

Classification des sols

25

A.3.5.1

Classification des sols grenus

26

A.3.5.2

Classification des sols fins

27

A.4

CARACTERISTIQUES ET REPRESENTATIONS GEOMETRIQUES DES DISCONTINUITES - CLASSIFICATIONS

DES MASSIFS ROCHEUX

30

A.4.1

Différents type de discontinuités

30

A.4.2

Propriétés des discontinuités

30

A.4.3

Orientation des discontinuités - report dans des diagrammes

30

A.4.4

Espacement

31

A.4.5

Persistance

31

A.4.6

Ouverture des discontinuités

31

30 A.4.4 Espacement 31 A.4.5 Persistance 31 A.4.6 Ouverture des di scontinu ités 31 3

3

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

 

A.4.7

Rugosité

31

A.4.8

Intersection des discontinuités par des ouvrages, des forages. Notion de RQD

31

A.4.9

Classifications des massifs rocheux

31

A.5

PROPRIETES ACOUSTIQUES

31

A.6

PROPRIETES ELECTRIQUES

31

A.7

PROPRIETES THERMIQUES

31

A.8

PROPRIETES MAGNETIQUES

31

B

APPLICATION DE LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS A LA GEOTECHNIQUE

33

B.1

ETUDE DES CONTRAINTES

33

B.1.1

Conventions

35

B.1.2

Equations universelles de l'équilibre

36

B.1.3

Distribution des contraintes en fonction de l’orientation des facettes autour d’un point.

Contraintes principales, repère

40

B.1.4

Cercle de Mohr

41

B.1.5

Courbe intrinsèque

44

B.2

DEFORMATIONS

45

B.3

LOIS DE COMPORTEMENT

45

B.3.1

Elasticité

45

B.3.2

Comportement élastique parfaitement plastique

46

B.3.3

Critère de plasticité

46

C

INSTABILITES LIEES A LA FRACTURATION EN L'ABSENCE D'EAU

47

C.1

ROLE DES DISCONTINUITES DANS LES INSTABILITES

47

C.2

TYPOLOGIE DES INSTABILITES DE BLOCS

48

C.2.1

Translations

48

C.2.1.1

Chute libre

48

C.2.1.2

Glissement

49

 

C.2.1.2.1

Une famille de discontinuités

49

C.2.1.2.1.1

Conditions géométriques

50

C.2.1.2.1.2

Conditions mécaniques

50

C.2.1.2.1.3

Notion de coefficient de sécurité

50

C.2.1.2.2

2 familles de discontinuités

50

C.2.1.2.3

Plusieurs familles de discontinuités

51

 

C.2.2

Les rotations

51

D

L'EAU DANS LES TERRAINS : ECOULEMENT ET NOTION DE CONTRAINTE EFFECTIVE

53

D.1

LES SOLS NON SATURES

53

D.2

L'ECOULEMENT DE L'EAU DANS LES TERRAINS : NOTION DE PERMEABILITE

54

D.2.1

Rappel sur la charge hydraulique

54

D.2.1.1

Charge hydraulique

54

D.2.1.2

Cas des sols

55

 

D.2.1.2.1

Charge Hydraulique

55

D.2.1.2.2

Notion de hauteur, de niveau piézométrique

55

 

D.2.2

Expérience de Darcy

56

D.2.3

Expérience de Reynolds (pour mémoire)

57

D.2.4

Ecoulement dans les terrains stratifiés

58

D.2.4.1

Perméabilité horizontale

58

D.2.4.2

Perméabilité

58

D.2.5

Mesures et estimation de la perméabilité au laboratoire

59

D.2.5.1

Problèmes posés par l'échantillonnage

59

D.2.5.2

Estimation de la perméabilité

59

 

D.2.5.2.1

Relation de Hazen

59

D.2.5.2.2

Relation de Casagrande

59

 

D.2.5.3 Perméamètres

60

 

D.2.5.3.1

Perméamètre à charge constante

60

D.2.5.3.2

Perméamètre à charge variable

60

 

D.2.6

Mesures in situ de la perméabilité

61

D.2.7

Ordre de grandeur de la perméabilité

61

D.2.8

Généralisation en 3 dimensions

61

D.3

ETAT DE CONTRAINTE DANS LE SOL, INFLUENCE DE L'EAU, NOTION DE CONTRAINTE EFFECTIVE

63

4

4

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

D.4 ETUDE D'UN ECOULEMENT PARTICULIER : PHENOMENE DE BOULANCE

64

D.4.1

Eau en équilibre

64

D.4.2

Mouvement ascendant ou descendant de l'eau

64

E LE COMPACTAGE

67

E.1

UTILISATION DES SOLS COMPACTES

67

E.2

FACTEURS INFLUENÇANT LE COMPACTAGE

67

E.2.1

Influence de la teneur en eau sur le compactage : diagramme Proctor

67

E.2.2

Essais au laboratoire

69

E.2.3

Influence de l'énergie de compactage

69

E.3

EVOLUTION DES CARACTERISTIQUES MECANIQUES EN FONCTION DU COMPACTAGE

70

E.4

COMPACTAGE IN SITU

70

F TASSEMENT ET CONSOLIDATION

73

F.1

DETERMINATION DES CONTRAINTES DUES A UNE SURCHARGE : PROBLEME DE BOUSSINESQ

74

F.1.1

Charge ponctuelle

74

F.1.2

Charges réparties

75

F.1.2.1

Cas général

75

F.1.2.2

Charge uniforme verticale sur une surface circulaire

76

F.1.2.3

Charge uniforme verticale sur une surface rectangulaire

76

F.1.2.4

Charge uniforme verticale sur une bande de longueur infinie

77

F.1.2.5

Répartition simplifiée des contraintes

77

F.2

AMPLITUDE DU TASSEMENT

77

F.2.1

Tassement instantané

78

F.2.2

Tassement de consolidation primaire

79

F.2.3

Tassement de compression secondaire

85

F.2.4

Tassement total

85

F.3

EVOLUTION DU TASSEMENT DANS LE TEMPS : THEORIE DE LA CONSOLIDATION

85

F.4

TASSEMENTS ADMISSIBLES

89

F.5

ACCELERATIONS DU TASSEMENT

90

F.5.1

Drains verticaux

90

G ESSAIS AU LABORATOIRE : RESISTANCE AU CISAILLEMENT D'UN SOL

95

G.1

RAPPELS DE MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS

95

G.2

LA PLASTICITE DANS LES SOLS

95

G.2.1

Notations

95

G.2.2

Plasticité des sols

96

G.2.3

Essais de cisaillement

96

G.3

LES ESSAIS DE CISAILLEMENT DIRECT A LA BOITE DE CASAGRANDE

97

G.4

LES ESSAIS DE CISAILLEMENT TRIAXIAUX

99

G.5

LES DIFFERENTS TYPES D'ESSAI, RESISTANCE AU CISAILLEMENT DES ARGILES

103

G.5.1

Coefficients de pression interstitielle

103

G.5.2

les essais UU (unconsolidated, undrained)

105

G.5.3

les essais CD (consolidated, drained)

106

G.5.4

les essais CU (consolidated, undrained)

107

G.5.5

Caractéristiques au pic, caractéristiques résiduelles

107

G.6

RESISTANCE AU CISAILLEMENT D'UN SABLE :

107

G.7

EQUILIBRE LIMITE

108

G.7.1

Coefficient des terres "au repos"

109

G.7.2

Poussée et butée pour un sol sans cohésion

110

G.7.2.1

Poussée

110

G.7.2.2

Butée

111

G.7.3

Poussée et butée pour un sol avec cohésion

112

G.7.4

Poussée et butée pour un massif inclinée

113

G.7.5

Equilibre limite d'un massif soumis à une charge

113

H PRINCIPE DES CALCULS AUX D'ETATS LIMITES

115

H.1

LA DEMARCHE SEMI-PROBABILISTE

115

H.2

NOTION D'ETAT LIMITE

116

H.3

DEFINITION DES ACTIONS

117

H.3.1

Actions permanentes G

117

N OTION D ' ETAT LIMITE 116 H.3 D EFINITION DES ACTIONS 117 H.3.1 Actions perm

5

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

H.3.2

Actions dues à l'eau F w

117

H.3.3

Actions variables Q

117

H.3.4

Les actions accidentelles F A

118

H.4

VALEUR DES ACTIONS

118

H.4.1

Situation de calcul

118

H.4.2

Valeurs caractéristiques et valeurs de calcul

118

H.4.3

Coefficients partiels

118

H.5

COMBINAISON D'ACTIONS ET SOLLICITATIONS

119

H.5.1

Combinaison d'actions

119

H.5.2

Etats limites ultimes

120

H.5.2.1

Combinaisons fondamentales :

120

H.5.2.2

Combinaisons accidentelles

121

 

H.5.3

Etats limites de services

121

I

STABILITE DE PENTES

123

I.1

INTRODUCTION

123

I.1.1

Présentation des problèmes

123

I.1.2

Importance des problèmes de stabilité

123

I.2 DESCRIPTION DES MOUVEMENTS DE PENTES

124

I.2.1

Vitesse et durée des mouvements

124

I.2.1.1

Les écroulements

125

I.2.1.2

Les glissements

125

I.2.1.3

Le fluage

125

I.2.1.4

Les coulées

126

I.2.2

Forme de la surface de rupture

126

I.3

METHODES DE CALCUL DE LA STABILITE DES PENTES

126

I.3.1

Eléments de base du calcul

126

I.3.2

Les méthodes de calcul

127

I.3.2.1

Les calculs à la rupture

127

I.3.2.2

Les calculs en contraintes-déformations

128

I.3.3

Notion de coefficient de sécurité

128

I.3.4

Ruptures planes ou multiplanaires (calcul à l'équilibre limite)

129

I.3.5

Ruptures rotationnelles (calcul à l'équilibre limite)

130

I.3.5.1

Méthode globale

130

I.3.5.2

Les méthodes des tranches

130

 

I.3.5.2.1

I.3.5.2.2

Calcul du coefficient de sécurité d'une surface de rupture potentielle

130

Recherche du coefficient de sécurité du talus

133

 

I.3.6

Caractéristiques mécaniques à prendre en compte

133

I.3.7

Choix du coefficient de sécurité

133

I.4

I.5

SURVEILLANCE ET AUSCULTATION DES MOUVEMENTS DE TERRAIN

134

METHODE DE STABILISATION DES MOUVEMENTS DE TERRAIN

134

J

REMBLAIS SUR SOL COMPRESSIBLE

135

K

FONDATIONS

137

K.1

K.2

K.3

GEOMETRIE D'UNE FONDATION ET DEFINITIONS

137

EQUILIBRE LIMITE D'UN MASSIF SOUMIS A UNE CHARGE

139

FONDATIONS SUPERFICIELLES

140

K.3.1

Capacité portante : résistance du sol

140

K.3.1.1

Détermination de la contrainte ultime à partir des caractéristiques mécaniques

140

 

K.3.1.1.1

Détermination de la contrainte ultime, pour une contrainte verticale centrée, une semelle filante et

 

un sol avec cohésion

140

 

K.3.1.1.1.1

K.3.1.1.1.2

Calcul en conditions non drainées

141

Calcul en conditions drainées

141

K.3.1.1.2

Coefficients minorateurs tenant compte de l'inclinaison, de la géométrie de la fondation et de la

 

topographie du terrain

143

 

K.3.1.1.2.1

Charge centrée inclinée :

143

K.3.1.1.2.2

K.3.1.1.2.3

Charge excentrée

143

Charge en crête de talus :

143

K.3.1.1.2.4

Forme

144

K.3.1.1.2.5

sols hétérogènes

144

 

K.3.1.2

Détermination de la contrainte ultime (de rupture) à partir des essais pressiométriques

K.3.1.2.1

144

 

Principe de l'essai pressiométrique

144

6

6

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

K.3.1.2.2

Notion de pression limite nette équivalente

145

K.3.1.2.3

Notion d'encastrement équivalent

145

K.3.1.2.4

Contrainte de rupture

148

K.3.1.2.5

Coefficients minorateurs

148

K.3.1.2.5.1

Charge centrée inclinée :

148

K.3.1.2.5.2

Charge en crête de talus :

148

K.3.1.2.5.3

Charge en crête de talus soumise à une charge centrée et inclinée :

149

K.3.1.2.5.4

Forme

149

K.3.1.2.5.5

Excentricité

149

K.3.1.3 Détermination de la contrainte ultime (de rupture) à partir des essais pénétrométrique

151

K.3.1.3.1

Principe de l'essai pénétrométrique

151

K.3.1.3.2

résistance en pointe équivalente

151

K.3.1.3.3

Encastrement équivalent

151

K.3.1.3.4

Contrainte de rupture

151

K.3.1.3.5

Coefficients minorateurs

152

K.3.2

Calculs pratiques

152

K.3.2.1

Contrainte normale appliquée au sol et contrainte de référence

153

K.3.2.2

Détermination de l'état limite de mobilisation du sol

154

K.3.2.2.1

Etat ultime de mobilisation de la capacité portante

154

K.3.2.2.2

Etat limite de service :

154

K.3.2.2.3

Etat limite ultime de glissement

154

K.3.3

Tassement

155

K.3.3.1

Evaluation un tassement à partir des essais de laboratoire :

155

K.3.3.2

Evaluation des tassements à partir des essais pressiométriques :

155

K.3.3.2.1

Cas d'un sol homogène :

155

K.3.3.2.2

Cas des sols hétérogènes :

156

K.3.4

Stabilité d'ensemble

157

K.3.5

Calcul par des méthodes en contraintes-déformations

157

K.4 FONDATIONS PROFONDES

158

K.4.1 Classification des fondations profondes ou pieux

158

K.4.1.1

Pieux provoquant le refoulement du sol

159

K.4.1.2

Pieux ne refoulant du sol

159

K.4.1.3

Mode de transmission des charges au sol

159

K.4.1.4

Influence du type de sol :

160

K.4.2

Modèle de comportement d'un pieu isolé (Charge limite et charge de fluage)

160

K.4.3

Détermination de la capacité portante d'un pieu isolé

161

K.4.3.1

Détermination de la force portante à partir des essais de laboratoire (c, , )

162

K.4.3.1.1 Charge ultime en pointe :

162

K.4.3.1.1.1

Cas d'un sol purement frottant c=0

162

K.4.3.1.1.2

Cas d'un sol purement cohérent c u et u =0 (et contrainte totale)

165

K.4.3.1.2

Frottement latéral :

165

K.4.3.1.2.1

sol frottant

165

K.4.3.1.2.2

sol purement cohérent c u et u =0

167

K.4.3.1.2.3

sol à cohésion et frottement

167

K.4.3.1.3

Remarques sur la détermination de la capacité portante à partir des caractéristiques de laboratoire

167

K.4.3.2

Détermination de la force portante à partir des essais pressiométriques

167

K.4.3.2.1

Effort de pointe

168

K.4.3.2.2

Effort latéral

170

K.4.3.2.3

Charge totale limite

170

K.4.3.3

Détermination de la force portante à partir des essais pénétrométriques

170

K.4.3.4

Détermination de la force portante à partir de méthodes dynamiques

171

K.4.4

Comportement des groupes de pieux

171

K.4.5

Justification

172

K.4.5.1

Etats limites de mobilisation du sol

172

 

K.4.5.1.1

Etat limite de mobilisation de la capacité portante

172

K.4.5.1.1.1

Etat limite de capacité portante du sol pour un pieu isolé

172

K.4.5.1.1.2

Groupement de pieux

173

K.4.5.1.2

Etat limite de stabilité d'ensemble

173

K.4.5.1.3

Etat limite du matériau constitutif du pieu

173

K.4.6

Actions particulières aux fondations profondes

173

K.4.6.1

Frottement négatif G sf

173

K.4.6.2

Poussée latérale G sn

173

L OUVRAGES DE SOUTÈNEMENTS

Frottement négatif G s f 173 K.4.6.2 Poussée latérale G s n 173 L OUVRAGES DE

175

7

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

L.1

INTRODUCTION

175

L.2

DIFFERENTS TYPES D'OUVRAGES DE SOUTENEMENT

175

L.2.1

Poussée reprise par le poids de l'ouvrage de

178

L.2.2

Poussée reprise par l'encastrement

178

L.2.3

Poussée reprise par des ancrages

178

L.2.4

Ouvrages rigides et souples

178

L.2.5

Stabilité externe/interne

179

L.3

DIMENSIONNEMENT DES MURS POIDS (STABILITE EXTERNE DU MUR)

180

L.3.1

Contexte réglementaire

180

L.3.2

Stabilité au renversement

180

L.3.3

Stabilité vis à vis d'un glissement sur la base

181

L.3.4

Résistance du sol de fondation

181

L.3.5

Stabilité générale vis à vis d'un glissement

183

L.3.6

Différentes étapes d'évaluation de la stabilité d'un mur de soutènement

183

L.4

METHODES CLASSIQUES DE CALCUL DES FORCES DE POUSSEE ET DE BUTEE

184

L.4.1

Méthode de Coulomb (1773 !)

184

L.4.2

Méthode

de

Rankine

187

L.4.2.1

Calcul de la force de poussée pour un massif pulvérulent à surface horizontale (méthode de Rankine)

188

L.4.2.2

Stabilité d'une tranchée dans un sol cohérent ?

189

L.4.2.3

Calcul de la force de poussée pour un massif à cohésion et frottement (méthode de Rankine)

189

L.4.3

Méthode de Boussinesq-Caquot-Kerisel

190

L.4.4

Influence d'une surcharge et de l'eau

193

ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

195

BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L'ENSEMBLE DU POLYCOPIE

195

PROPRIETES PHYSIQUES ET GEOMETRIQUES DES TERRAINS

195

INSTABILITES LIEES A LA FRACTURATION EN L'ABSENCE D'EAU

195

REMBLAIS SUR SOL COMPRESSIBLE

195

FONDATIONS

196

ANNEXE 1

197

COORDONNEES CYLINDRIQUES

197

Déformations

197

Equations d'équilibre

197

Loi de Hooke

197

8

C OORDONNEES CYLINDRIQUES 197 Déformations 197 Equations d'équilibre 197 Loi de Hooke 197 8

Introduction à la Géotechnique

La Géotechnique étudie les caractéristiques des terrains (sols et roches) en vue de leur utilisation comme matériau ou support de construction. C'est une discipline que l'on peut intégrer dans le Génie Civil au sens large.

Le Génie Civil est une discipline plus large, que nous définirons comme l'ensemble des disciplines de construction. Le Génie Civil dans cette définition très large englobe, outre la Géotechnique, le calcul des structures (qui fait appel à la Résistance des Matériaux), l'étude des matériaux de construction, les problèmes de bâtiment et d'énergie, les problèmes d'eau, d'assainissement et d'irrigation, la conception et l'aménagement. Certains y intègrent même l'environnement.

Remarque : "Génie Civil" est un terme qui peut avoir différentes significations. Certaines entreprises de construction n'appliquent cette appellation qu'à la construction de grands ouvrages d'art du type pont ou barrage.

La mécanique des terrains s'appuie sur :

- la Mécanique des Milieux Continus : MMC (élasticité, plasticité…) ;

- les propriétés physiques et mécaniques des sols et des roches ;

- la géologie, la composition chimique et minéralogique des constituants du sol (ces derniers ayant une influence sur les caractéristiques physiques et mécaniques).

La mécanique des terrains ou géomécanique fait donc appel à des aspects théoriques liés à la MMC, mais aussi à une approche plus naturaliste et expérimentale. Les aspects "théoriques" sont basés sur des notions déjà étudiées dans des cours antérieurs tels que :

- la théorie de l'élasticité (les conditions initiales et aux limites étudiées pourront être spécifiques des problèmes de géotechnique) ;

- l'équilibre plastique (le critère de plasticité couramment employé sera le critère de Mohr-Coulomb) ;

- l'écoulement en milieux poreux qui sera ici appliqué aux écoulements de l'eau dans le sol. Ces écoulements dans le sol conduiront à exposer la théorie de la consolidation.

- -…

La géotechnique fera aussi appel à toutes les techniques statistiques utiles pour caractériser la variation des propriétés inhérente à un matériau naturel.

Souvent nous serons amenés à différencier les terrains qualifiés de "sols" de ceux qualifiés de "roches".

Les assemblages de grains minéraux non liés par des forces de cohésion fortes et permanentes seront dénommés sol (roche). Les sols (par opposition aux roches) sont des matériaux susceptibles d'être soit séparés en grains (sols pulvérulents i.e. les "sables"), soit déformés à la main (sols cohérents i.e. "argiles") ou par la mise en œuvre d'une énergie mécanique relativement faible.

Les éléments conduisant à la distinction sol-roche sont résumés dans le tableau ci-dessous. On est conduit à utiliser les termes de roche "molle" ou de sol dur ou SIRT (sol indurés et roches tendres) pour qualifier un comportement intermédiaire.

" ou de sol dur ou SIRT (s ol indurés et roches tendres) pour qualifier un

9

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

Sol

Roche

• Liaisons entre grains minéraux faibles

• Liaisons fortes et permanentes

• Continuité de la matrice

• Importance des discontinuités (on ne passe pas facilement des propriétés de la matrice aux propriétés du massif)

Les terrains sont à la fois

- un support de construction (les fondations transmettent la charge de la construction au sol)

- un élément de construction (digue, barrage en terre, remblai)

La Géotechnique s'intéresse à ces deux aspects. Nous serons conduits à étudier la résistance du sol de fondation, le tassement sous des bâtiments… mais aussi la stabilité de talus naturels ou artificiels. Dans le premier cas, le géotechnicien ne pourra généralement que subir les propriétés du terrain support (bien qu'il existe comme nous le verrons un certain nombre de techniques d'amélioration du terrain en place), dans le second cas, il sera éventuellement possible d’opérer une sélection sur le terrain mis en place artificiellement.

Dans la première partie de ce cours, nous nous intéresserons aux propriétés physiques et géométriques des sols et des roches puis nous étudierons le comportement mécanique des terrains à l’état naturel et l'effet de sollicitations extérieures.

effondrement

glissement barrages canaux  routes mine voies ferrées galeries ports, à ciel d'eau digues ouvert
glissement
barrages
canaux
routes
mine
voies ferrées
galeries
ports,
à ciel
d'eau
digues
ouvert
mines peu
profondes,
remblais
carrières
sédiments
marins
puits
tunnels
mine
grandes
profonde
cavités
forage
(stockage)
pétrolier

Figure 0-1 : Illustration de quelques problèmes géotechniques

10

profonde cavités forage (stockage) pétrolier Figure 0-1 : Illustration de que lques problèmes géotechniques 10

A Propriétés physiques et géométriques des terrains

Les terrains sont constitués de trois phases :

- une phase solide qualifiée de squelette et formée de grains minéraux ;

- une phase liquide, en général de l'eau ;

- une phase gazeuse, souvent de l'aire et de la vapeur d'eau.

Nous commencerons par étudier la distribution des "vides" par rapport aux grains minéraux, puis les grains eux-mêmes qui pourront être caractérisés par :

- leur taille ;

- leur poids volumique ;

- leur minéralogie.

V

V

V
3
3

eau3 1 solide

1
1

solide

; - leur minéralogie. V 3 eau 1 solide V V V S F i g

VV V

VS

Figure A-1

A.1 Porosité et indice des vides

L'espace compris entre les grains minéraux du sol est appelé "volume des vides". Ce terme est en réalité impropre puisque ces "vides" sont généralement remplis de fluide (le plus fréquemment air et eau). Nous commencerons par décrire cette "absence de matériau" qui va avoir une influence considérable sur le comportement des terrains.

A.1.1 Notations

Si un volume V de terrain (cf. Figure A-1) contient :

- un volume V s de solide de poids W s ;

- un volume V v de "vide" .Ce volume de vide correspond au volume compris entre les grains et comprend donc le volume d'eau V w (w = water) et le volume d'air. Le volume total du sol est : V = V v + V s ;

- un poids W w d'eau

La porosité est définie par

n  V V V
n  V V
V

. La porosité est comprise entre 0 et 1 (0 << n << 1)

Un autre paramètre est également utilisé ; c'est l'indice des vides :

e  V V V S
e  V V
V S

e

n

n

e

avec la relation :

Les vides peuvent contenir plus ou moins d'eau et le degré de saturation traduit le "remplissage" des interstices du sol par de l'eau. La Saturation (ou degré de saturation) S r s'exprime en % :

1 e

ou

1 n

S =

Volume d'eau contenu dans les vides du matériau Volume total des vides

S r  V w V V
S r  V w
V V
e o u 1  n S = Volume d'eau contenu dans les vides du matériau

11

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

La proportion d'eau contenue dans les terrains peut également être exprimée par la teneur en

eau w exprimée en % :w = Poids de l' eau

Poids du solide

On utilise parfois la teneur en eau volumique 

=

Volume d' eau contenu dans les vides du matériau

Volume total du matériau

Plusieurs critères peuvent être utilisés pour différencier la porosité :

- la taille des pores ;

- la description des pores (i.e. le type de porosité) ;

- l'origine de la porosité.

A.1.2 Classification de la porosité par rapport à la taille des pores

La taille des pores est très variable. On parlera de :

- porosité réticulaire quand la taille des vides est de l'ordre de l'angstrœm (1 Ä = 10 -10 m). L'eau contenue dans ces vides est mobilisable par vaporisation par suite des variations du degré hygrométrique de l'air;

- porosité colloïdale pour des vides d'environ 100 Ä. Elle correspond aux vides des agrégats colloïdaux. C'est une porosité qui peut être importante et que l'on rencontrera principalement dans les argiles. L'eau contenue dans ces vides est mobilisable par compaction naturelle ou provoquée (centrifugation, filtration sous presse ou sous vide);

- microporosité jusqu'à 2 10 -7 m ;

- porosité capillaire entre 2 10 -7 m et 2 10 -3 m ;

- macroporosité au-delà de 2 mm.

Les vides dont on pourra extraire l'eau correspondent à la macroporosité, la porosité capillaire et dans une moindre mesure la microporosité.

A.1.3 Classification par rapport à l'origine

L'origine de la porosité peut être primaire ou secondaire :

- la porosité primaire est formée par les pores créés au cours de la genèse de la roche :

lors de la sédimentation, au cours de la cristallisation ou du refroidissement ;

- la porosité secondaire est acquise après la genèse soit par fracturation, soit par dissolution (ex: grès à ciment calcaire ; la dissolution du ciment calcaire va entraîner l'acquisition d'une porosité secondaire).

A.1.4 Classification morphologique

On distingue deux grands types morphologiques de vides : les pores et les fissures.

A.1.4.1 La porosité d'interstices (intergranulaire) : les pores

C'est l'ensemble des vides compris entre les différentes particules d'un terrain ; elle sépare les "grains".

12

des vides compris entre les différe ntes particules d'un terra in ; elle sépare les "grains".

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

La porosité peut être ouverte ou fermée (cas de certaines laves volcaniques) selon que les vides communiquent ou non les uns avec les autres.

Suivant la taille des pores, il sera possible de distinguer une

porosité d'interstices réticulaire (entre les cristaux des roches

métamorphiques), colloïdale (argiles), une

magmatiques et

microporosité et une macroporosité.

une magmatiques et microporosité et une macroporosité. Figure A-2 A.1.4.1.1 La porosité d'intersti ces simple

Figure A-2

A.1.4.1.1 La porosité d'interstices simple ou nette

Quand les grains sont bien classés, c'est-à-dire sont de taille équivalente et que les vides qu'ils laissent ne sont pas remplis par des grains de plus petite taille, la porosité sera qualifiée de nette.

La structure peut être plus ou moins compacte selon le tassement. Si on suppose que l'on a des particules sphériques de même diamètre, la porosité dépendra de l'arrangement des sphères :

la disposition pourra varier d'une disposition en carré (arrangement le plus lâche) à une disposition losangique (ou rhomboédrique en 3 dimensions) qui donneront des porosités de 45 % (au maximum) à 25 %.

A.1.4.1.2 La porosité d'interstices restreinte

Ce type de porosité provient d'un mauvais tri des grains qui entraîne un remplissage par des particules fines des vides laissés entre les gros grains.

A.1.4.1.3 La porosité d'interstices réduite

Le volume des vides peut être "réduit" par un dépôt (carbonate de chaux, hydroxyde de fer, silice …) qui se fait sur la surface des grains et diminue la taille des pores.

En plus de ces trois types (simple, restreint, réduite), il est possible de trouver une porosité double, quand les "gros" éléments sont eux-mêmes composés de grains et de pores plus petits que les vides laissés par les "gros" éléments.

A.1.4.2 La porosité de fissure

Il existe plusieurs sortes de "fissures". Nous pourrons distinguer plusieurs types de porosités de fissures en fonction de la nature de ces dernières.

de fissures en fonction de la nature de ces dernières. Figure A-3 A.1.4.2.1 Porosité de joints

Figure A-3

A.1.4.2.1 Porosité de joints

Elle est due aux joints stratigraphiques. Cette porosité est primaire.

A.1.4.2.2 Porosité de diaclases

C'est une porosité secondaire liée aux diaclases donc à des fissures sans rejet orthogonales ou

de diaclases C'est une porosité secondaire liée aux diaclases donc à des fissures sans rejet orthogonales

13

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

obliques par rapport à la stratification.

A.1.4.2.3 Porosité de failles

Nous parlerons de porosité de faille lorsqu'il existe un réseau de fractures bien développé lié à la présence d'une faille à proximité.

A.1.4.2.4 Porosité de schistosité

Le long des plans de schistosité, si ces plans se décollent plus ou moins, il peut se former quelques vides.

A.1.4.2.5 Porosité de retrait

Ce type de porosité, relativement restreint, est lié au refroidissement des roches éruptives.

A.1.5 Ordre de grandeur de la porosité

- Sables, grès 15 % à 25 %.

- Argiles 40 % à 90 % (le volume des vides peut parfois devenir supérieur au volume initial du terrain du fait d'un gonflement).

- Marnes : 30 % à 50 %, mais une partie de cette porosité est colloïdale.

- Calcaires : Quelques % à 25 % (dans le cas d'un calcaire détritique fissuré).

- Roches cristallines : quelques %. Cette porosité peut augmenter du fait de la fracturation et de l'altération.

Remarques sur l'ordre de grandeur de la porosité

La porosité la plus importante correspond à la porosité d'interstices : une disposition en carré de sphère régulière donnerait une porosité de 45 %, mais un grès cimenté peut avoir une porosité d'environ 5 % seulement. La porosité de fissure est moins importante ; pour se donner une idée, il est possible d'imaginer un bloc de 20 cm 20 cm 25 cm sur le bord duquel se trouve une fracture de 1 mm de large ; ceci correspond à une porosité de 0,4 %. Généralement, la porosité de fissure est inférieure à 5 %, mais cette porosité est très importante du point de vue de la circulation des eaux (trajet préférentiel) et de la qualité mécanique des terrains.

Les différentes porosités peuvent s'ajouter, par exemple une porosité de fissures et d'interstices dans un grès. La porosité double est très intéressante (elle peut correspondre à une porosité de fissures et d'interstices combinées) car le débit traversant une section est proportionnel au carré du diamètre des vides.

A.2 Le squelette du terrain : les grains

Les grains du sol peuvent être caractérisés par :

grains Les grains du sol peuvent être caractérisés par : Figure A-4 : variation de l'indice
grains Les grains du sol peuvent être caractérisés par : Figure A-4 : variation de l'indice

Figure A-4 : variation de l'indice de qualité d'une roche en fonction de la porosité de pore et de fissure

- leur nature et leur minéralogie ;

14

de qualité d'une roche en fonction de la porosité de pore et de fissure - leur

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

- le poids volumique des grains ;

- la taille et la répartition des tailles (analyse granulométrique).

A.2.1 Nature et minéralogie des grains

Nous ne détaillerons pas cet aspect, mais une étude minéralogique fine peut être effectuée notamment par analyse aux rayons X.

La détermination de la composition minéralogique de la fraction argileuse pour les sols est un élément de jugement intéressant sur son comportement.

La teneur en carbonate de calcium CaCO 3 peut également être déterminée par mesure du volume de gaz carbonique dégagé, après attaque à l'acide chlorhydrique d'une certaine quantité de matériau sec.

A.2.2 Poids volumique des grains.

Si nous reprenons les notations de la Figure A-1 un volume V de terrain contient

- un volume V s de solide de poids W s ;

- un volume V v de "vide"

Ce volume de vide correspond au volume compris entre les grains et comprend donc le volume d'eau V w (w = water) et le volume d'air. Le volume total du sol est : V = V v + V s ;

- un poids W w d'eau

Le poids volumique des grains du sol (ou poids volumique du solide) est :

Les poids volumiques s'expriment en kN/m 3 .

La densité relative du solide est :

G   s  w
G   s
 w
 S  W S V S
 S  W S
V S

ou w est le poids volumique de l'eau (w = 9,81 kN/m 3 10 kN/m 3 )

A.2.3 Taille et la répartition des tailles (analyse granulométrique)

Les particules du sol ont des dimensions comprises entre 10 -6 mm et 1m (à titre indicatif la variation relative des dimensions est la même que celle qui existe entre la dimension d'une bille et de la terre!). Pour analyser la répartition des grains, il faut distinguer ce qui peut être fait pour les roches, pour lesquelles les grains ne peuvent pas être séparés et pour les sols.

Planète Bille Figure A-5

Planète

Planète Bille Figure A-5

Bille

Figure A-5

A.2.3.1 Dimension, forme et répartition des grains dans les roches

… en cours d'élaboration …

A.2.3.2 Taille et répartition des tailles pour les grains d'un sol

La détermination de la répartition en poids des grains s'effectue :

- par tamisage, pour les particules dont le diamètre moyen est supérieur à 80 ;

des grains s'effectue : - par tamisage, pour les particules dont le diamètre moyen est supérieur

15

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

- par sédimentation, pour les particules dont le diamètre moyen est inférieur à 80 .

A.2.3.2.1 Principe de la détermination de la répartition en poids des grains par tamisage

Le sable est tamisé, sur des tamis de maille (dimension des trous du tamis) décroissante. Les diamètres sont normalisés et on parle de tamis stricto sensu pour des diamètres de trous allant de 80 à 5 mm et de passoires pour des diamètres variant de 12,5 mm à 100 mm.

Le passing est le pourcentage des grains dont la taille est inférieure à la maille du tamis (le refus est le complément à 1).

Le pourcentage est un pourcentage en poids sec de l'échantillon (i.e. l'échantillon est passé à l'étuve pour séchage).

refus passing
refus
passing

Figure A-6

tamis Ø

normalisé

A.2.3.2.2 Principe de la détermination de la répartition en poids des grains par sédimentation

Pour les particules de petite dimension, on utilise une méthode basée sur la loi de Stokes:

 s D Figure A-7
 s
D
Figure A-7

v s w

18

D 2

v : vitesse limite de chute de la particule;

: viscosité du liquide.

Les résultats de l'analyse granulométrique sont reportés dans un repère semi-logarithmique. La courbe représentant en fonction du diamètre D, le pourcentage en poids des grains de dimension inférieure à D (passing) est appelée courbe granulométrique.

On appelle D x le diamètre correspondant au pourcentage x (sur la figure I.4 la détermination du D 60 est reportée à titre d'exemple).

Il faut noter que l'analyse granulométrique ne rend pas compte de la forme des grains et de

leur état de surface. Les diamètres reportés sont des diamètres moyens équivalents.

A.2.3.2.3 Diamètres caractéristiques

D 60 : diamètre de la maille laissant passer 60 % du matériau (60 % des grains ont un diamètre

inférieur au D 60 ).

D

30 : diamètre de la maille laissant passer 30 % du matériau (30 % des grains … au D 30 ).

D

10 : diamètre de la maille laissant passer 10 % du matériau (10 % des grains … au D 10 ).

A.2.3.2.4 Coefficients caractéristiques

À

partir des diamètres caractéristiques on définit des coefficients :

16

). A.2.3.2.4 Coefficients caractéristiques À partir des diamètres caractéristi ques on définit des coefficients : 16

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

• Coefficient d'uniformité de Hazen :

C u  D 60 D 10
C u  D 60
D 10

- pour C u < 2 la granulométrie du sol est dite uniforme ;

- pour C u > 2 la granulométrie du sol est dite étalée.

Coefficient

de

courbure

:

C c

Internationale de Mécanique des Sols)

ou C z (dénomination  2  D 30 C z  D 60 
ou
C z
(dénomination
 2
 D 30
C z 
D 60  D 10

recommandée

par

la

Société

Pour certaines applications, il est parfois demandé au sol (ou aux granulats pour les bétons) de respecter certaines caractéristiques granulométriques. Il est courant de voir spécifier un fuseau de tolérance. Ce fuseau est composé de 2 courbes granulométriques limites, entre lesquelles doit se trouver le sol (ou les granulats) considérés.

A.2.3.2.5 Diamètres de référence

Nous avons résumé les étapes d'une caractérisation granulométrique d'un sol. Certaines coupures granulométriques sont plus particulièrement utilisées :

- La coupure granulométrique à 80 ; permet de séparer les sols grenus des sols fins :

un sol est considéré comme grenu, si plus de 50% de ces grains ont un diamètre supérieur à 80 ;

un sol est considéré comme fin, si plus de 50% de ces grains ont un diamètre inférieur à 80 ;

- La coupure granulométrique à 2 mm permet de séparer les sables des graves (cf. classification plus loin).

 ; - La coupure granulométrique à 2 mm permet de séparer les sables des graves

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Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

Passing : Analyses granulométriques par tamisage - Dossier : % cumulé CAILLOUX GRAVIER GROS SABLE
Passing :
Analyses granulométriques par tamisage - Dossier :
%
cumulé
CAILLOUX
GRAVIER
GROS SABLE
SABLE FIN
LIMON
ARGILE
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1000,000
100,000
10,000
D
1,000
60
0,100
0,010
0,001
0,000
Ouverture intérieure des mailles des tamis
Ø équiv.(Sédimentométrie)

Figure A-8 : Exemple de courbe granulométrique

 

Taille des tamis

Tare des tamis

Tamis + refus

Poids refus

% cumulé

(mm)

(g)

(g)

(g)

(%)

1

< 0,080

591,17

1022,73

431,55975

 

2

> 0,080

521,79

1817,31

1295,5155

3,6200395

3

 

0,125

543,66

2666,28

2122,6169

14,487173

4

0,200

586,54

2702,29

2115,7478

32,292256

5

0,400

619,44

1064,57

445,13

50,039718

6

0,630

662,58

1029,31

366,73

53,773589

7

1,250

479,95

856,8

376,85

56,849819

8

2,500

592,61

1274,02

681,41

60,010938

9

5

640,46

2004,42

1363,96

65,726789

10

10

940,21

2837,81

1897,6

77,168053

11

20

1076,17

1570,66

494,49

93,085633

12

40

0

329,8

329,8

97,233549

13

 

100

TOTAL

 

7254,58

19175,99

11921,41

 

Tableau A-1 : exemple d'analyse granulométrique

18

100 TOTAL   7254,58 19175,99 11921,41   Tableau A-1 : exemple d' analyse granulométrique 18

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

A.3 Essais d'identification spécifiques aux sols et classification

A.3.1 Poids, volumes et paramètres caractéristiques

L'état du sol est caractérisé par un certains nombre d'indices, de coefficients :

V

V

V
3
3

eau3 1 solide

1
1

solide

de coefficients : V 3 eau 1 solide V V V S Figure A-9 Soit V

VV V

VS

Figure A-9

Soit V ou V T(T = Total) un volume de terrain composé de :

- un volume V s de solide ;

- un volume V v de "vide";

Ce volume de vide correspond au volume compris entre les grains et comprend donc le volume d'eau V w (w = water) et le volume d'air. Le volume total du sol est : V = V v + V s ;

- un poids P w (ou W w , in English!) d'eau;

- un poids P s (ou W s ) de grains solides.

La détermination de P s et P w s'effectue en pesant deux fois l'échantillon : une fois à l'état naturel, une seconde fois après passage à l'étuve à 105°C. La deuxième pesée permet d'obtenir P s et par différence avec la première pesée P w .

La détermination du volume des grains solides s'effectue à l'aide d'un picnomètre.

Les grains solides, après passage à l'étuve, sont broyés afin d'obtenir des éléments de taille inférieure à 0,4 mm. Les grains sont pesés puis introduits dans un flacon à col étroit (picnomètre) dont le volume est connu avec précision. Le volume de l'échantillon peut être mesuré soit directement, soit par différence de poids entre un flacon plein d'eau et un flacon contenant le même volume, mais constitué de grains et d'eau.

Figure A-10 : schéma d'un picnomètre

contenant le même volume, mais constitué de grains et d'eau. Figure A-10 : schéma d'un picnomètre

19

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

La détermination du volume d'un échantillon s'effectue en enrobant l'échantillon de paraffine et en l'immergeant dans de l'eau. La mesure de la poussée hydrostatique permet de connaitre le volume de l'échantillon.

A partir du poids humide, du

poids paraffiné, de la pesée hydrostatique et enfin du poids sec, on peut calculer la densité humide et sèche de l’échantillon.

BALANCE

la densité humide et sèche de l’échantillon. BALANCE SUPPORT ELEVATEUR PORTE OBJET ECHANTILLON FLOTTEUR BAC
SUPPORT ELEVATEUR
SUPPORT ELEVATEUR

PORTE OBJET

ECHANTILLON

FLOTTEUR

BALANCE SUPPORT ELEVATEUR PORTE OBJET ECHANTILLON FLOTTEUR BAC D’IMMERSION Figure A-11 : Schéma de princi pe
BALANCE SUPPORT ELEVATEUR PORTE OBJET ECHANTILLON FLOTTEUR BAC D’IMMERSION Figure A-11 : Schéma de princi pe

BAC D’IMMERSION

Figure A-11 : Schéma de principe de la détermination du volume d'un échantillon par immersion

* Nous avons précédemment défini la porosité et l'indice des vides qui expriment la proportion des "vides" du sol. Rappelons que :

n  V V V e  V V V S
n  V V
V
e  V V
V S

Porosité :

la porosité est comprise entre 0 et 1 (0 << n << 100%)

Indice des vides :

* La teneur en eau est le rapport en poids entre l'eau et le solide :

Teneur en eau : w s'exprime en %:

w  W w W S
w
 W w
W S

La teneur en eau d'un sol permet d'apprécier l'état dans lequel se trouve le sol

* Le degré de saturation traduit le "remplissage" des interstices du sol par de l'eau

Saturation (ou degré de saturation) S r s'exprime en % :

S r  V w V V
S r  V w
V V

* Poids volumiques :

• Le poids volumique du sol à l'état naturel :

humide h :

W

V

W w W s

h
V

• Le poids volumique du sol sec (dry) d :

d W S

V

s

1 w G

S r

20

du sol sec (dry)  d :  d  W S V  s 

ou poids volumique

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

• Le poids volumique du solide s :

 S  W S V S
 S  W S
V S

• Le poids volumique de l'eau w : w W w V w

9,81 kN / m 3 10

kN / m 3

 W  sat V
 W
 sat
V

• Le poids volumique du sol à saturation : sat :

S r = 100 % (i.e. il n'y a plus d'air dans les interstices du sol et V w = V v ).

• Le poids volumique déjaugé : ' :

poids volumique humide quand

' w

(cf. 3.2).

A.3.2 Caractéristiques des sols fins

Le comportement d'un sol fin est fonction de :

- sa composition minéralogique

- sa structure (i.e. la disposition des particules les unes par rapport aux autres);

- sa teneur en eau.

Des essais spécifiques sont pratiqués pour déterminer les caractéristiques de la fraction fine des sols (granulométrie inférieure à 400 ). Ces essais permettent la détermination des limites d'Atterberg.

Le sol fin pourra passer d'un état "solide" à un état "liquide", quand sa teneur en eau augmente; le comportement intermédiaire aura des propriétés "plastiques". La consistance d'un sol va donc varier en fonction de la teneur en eau. On définit des limites arbitraires pour qualifier ces différents états. Ces limites sont pour des teneurs en eau croissantes :

- la limite de plasticité w P qui sépare l'état solide de l'état plastique;

- la limite de liquidité w L qui sépare l'état plastique de l'état liquide.

L'état solide peut être également séparé par la limite de retrait w s entre un
L'état solide peut être également séparé par la limite de retrait w s entre un état solide sans
retrait (ne contenant plus d'eau adsorbée) d'un état solide avec retrait, présentant donc une
dimension de volume lié au départ d'eau adsorbée.
solide
solide
Etat
Etat
sans retrait
avec retrait
plastique
liquide
w S
w P
w L

Figure A-12 : limites d'Atterberg

Ces limites sont désignées par l'appellation de limites d'Atterberg (agronome suédois…). Leur détermination est empirique (cf. description ci-dessous). Rappelons qu'elles sont mesurées sur la fraction de sol inférieure à 400 . Leur détermination va permettre de caractériser le sol et de "prévoir" son comportement.

A.3.2.1 Limite de liquidité

La limite de liquidité est déterminée, en étendant une couche d'argile sur une coupelle normalisée. On trace dans cette couche d'argile une rainure de 12 mm au moyen d'un outil en V (normalisé). Des chocs répétitifs sont imprimés à la coupelle et on compte le nombre de chocs nécessaires pour refermer la rainure sur 1 cm. La teneur en eau de la pâte est ensuite

compte le nombre de chocs nécessaires pour refermer la rainure sur 1 cm. La teneur en

21

Géotechnique –Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

mesurée.

La limite de liquidité w L est la teneur en eau (exprimée en %) qui correspond à une fermeture en 25 chocs.

Coupelle vue de coté Coupelle vue de face Outil à rainurer

Coupelle vue de coté

Coupelle vue de coté Coupelle vue de face Outil à rainurer

Coupelle vue de face

Outil à rainurer

Figure A-13 : Coupelle de Casagrandre (d'après Costet & Sanglerat)

A.3.2.2 Limite de plasticité

La limite de plasticité est déterminée en roulant l'échantillon en forme de fuseau et en amincissant ce fuseau progressivement.

La limite de plasticité w P est la teneur en eau (exprimée en %) pour laquelle le fuseau se brise en petits tronçons de 1 à 2 cm de long au moment où son diamètre atteint 3 mm.

Ces mesures, contrairement à ce que l'on pourrait croire, sont assez précises. On estime que

w P et w L sont déterminées avec une erreur relative de 5% environ. Si l'opération est effectuée plusieurs fois par le même opérateur, l'erreur ne dépasse pas 2%.

La teneur en eau naturelle w nat est en général comprise entre w P et w L , mais plutôt proche de

w P . Il faut remarquer que ces mesures sont effectuées sur du matériau remanié. Il est donc possible que des sols naturels, présentant avant remaniement une consistance éloignée de celle d'un liquide, aient une teneur en eau supérieure à la limite de liquidité.

A.3.2.3 Indice de plasticité

L'indice de plasticité est la différence entre les deux mesures précédentes :

Il permet de définir le degré de plasticité d'un sol :

I P w L w P

Indice de Plasticité

Degré de plasticité

0-5

non plastique

5-15

peu plastique

15-40

plastique

>40

très plastique

Tableau A-2 : Indice de plasticité

22

5-15 peu plastique 15-40 plastique >40 très plastique Tableau A-2 : Indice de plasticité 22

Géotechnique – Mars 2011 – Véronique MERRIEN-SOUKATCHOFF

A.3.2.4 Indice de consistance

L'indice de consistance donne une idée de la structure des argiles du sol :

; des argiles ayant même indice de consistance auront des propriétés

I P

w L w P

I C w L w

w L w

proches.

I