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GEJ9 C181

Les principaux obstacles au progrès spirituel

1. Je dis : « Ah, Mon ami, ce jugement conviendrait sans doute aux hommes de ta
sorte ; mais les choses sont loin d'être aussi faciles que tu le crois !
2. N'as-tu donc pas entendu de la bouche de Raphaël - quand vous le remerciiez tous
du fond du cœur des grandes révélations qu'il vous avait faites sur l'essence du royaume de
Dieu - le blâme mérité adressé à l'un de Mes plus anciens disciples, qui était déjà auprès de
Moi au début de Mon enseignement et l'est encore à présent ? Ce disciple a tout vu et tout
entendu, et pourtant, le monde vaut encore davantage pour lui que toutes ces vérités !
3. Peut-il se plaindre que Ma doctrine soit incompréhensible, qu'elle sorte de Ma
propre bouche ou de celle de l'un de Mes anges ? Oh, bien loin de là ! Il comprend tout, mais
sa volonté mondaine âpre au gain n'est pas prête à une action purement spirituelle.
4. Or, combien de milliers d'hommes sont disposés comme ce disciple l'est de par son
libre arbitre ? Devant combien d'hommes ai-Je Moi-même enseigné publiquement, dans les
rues, les villes, les villages et les maisons, sur la mer, sur les montagnes, au Temple et dans
les déserts, accomplissant toujours des signes inouïs pour rendre la vue aux aveugles ? Va,
cherche le peu qui se sont convertis parmi tous ceux qui M'avaient vu et entendu !
5. Et il en fut toujours ainsi et en sera de même à l'avenir ; car tout homme est libre de
son amour, de sa volonté et de sa raison ! Même s'il comprend toute la vérité par la raison, ses
yeux avides voient aussi le monde avec tous ses attraits, dont son cœur ne peut ni ne veut se
séparer, parce qu'ils plaisent assurément davantage à sa chair que ceux de l'esprit, que ses
yeux sensuels ne peuvent voir ni sa chair sentir.
6. De plus, la paresse aussi est le propre de l'homme. Il prend certes souvent de bonnes
résolutions ; mais, lorsqu'il s'agit de les mettre à exécution, sa chair paresseuse et avide de
plaisir s'y refuse, et elle entraîne l'âme vers le bas par le poids de sa paresse et de sa
sensualité. A quoi sert-il dès lors à l'âme d'y voir clair dans les choses de l'esprit, si elle ne
veut pas renoncer à elle-même et prendre délibérément le chemin par lequel elle pourrait
atteindre la parfaite union avec Mon esprit en elle ?!
7. Tu te dis bien sûr en toi-même "Mais, Seigneur, pourquoi as-Tu donc enveloppé
l'âme des hommes de cette chair si peu propice à leur accomplissement spirituel ?"
8. Je te le dis, Moi seul vois très clairement et mieux que quiconque qu'une âme doit
être placée dans un juste équilibre entre le monde de la matière et celui des purs esprits pour
les besoins de la brève épreuve de sa vie terrestre, parce que c'est précisément là la condition
nécessaire à la parfaite liberté de son amour et de sa volonté.
9. Si la matière a une certaine prépondérance dans toute âme, c'est qu'il doit en être
ainsi afin que l'âme soit par là forcée d'agir à l'encontre de cette légère supériorité de la
matière pour pouvoir faire bon usage de son libre arbitre ; et c'est pour que l'âme soit capable
de faire cela que lui a été donnée de tout temps la doctrine céleste qui lui permet de balancer
tout à fait librement entre l'esprit et la matière.
10. Il suffit alors à l'âme de se donner très peu de peine pour s'élever véritablement
vers l'esprit, ce qui donne aussitôt à celui-ci une très grande prépondérance, et l'âme surmonte
alors bien plus aisément le poids de la paresse de sa matière charnelle pour entrer dans la vie
de l'esprit qui est en elle.
11. L'âme ayant fait cela sans grande peine, le poids de sa matière charnelle ne lui fera
désormais plus obstacle dans sa progression vers la plus grande perfection possible ; et, s'il lui
arrive encore parfois, sur ce chemin facile, de trébucher sur une petite pierre, cela ne lui coûte
guère de peine de l'écarter de son chemin. »

GEJ9 C182
La voie du salut des âmes matérielles

1. (Le Seigneur :) « Mais si une âme, ayant reçu la pure doctrine et en comprenant
aussi la vérité, pense en elle-même : "Ah, je sais maintenant ce qu'il est bon de faire pour mon
salut ; mais avant de m'y consacrer pleinement, je voudrais pourtant goûter un peu aux
charmes et aux douceurs de ce monde, puisqu'ils ne me sont offerts que pour peu de temps ;
car, à présent que je connais précisément les voies de la perfection spirituelle, le moment
exact où j'y entrerai vraiment n'a guère d'importance, et, quand je les suivrai, j'y progresserai
d'autant plus sûrement !" - alors, ami, cette âme commence à goûter aux charmes et aux
douceurs du monde, elle ne tarde pas à y boire à grands traits, et c'est ainsi qu'elle confère à sa
matière charnelle une prépondérance considérable que sa claire intuition des choses de l'esprit
ne pourra plus surmonter que très difficilement, et souvent même plus du tout.
2. Et comme cette âme, par suite de sa première folie, s'enfonce peu à peu toujours
davantage dans la matière, la lumière purement spirituelle qu'elle avait reçue à l'origine ne
cesse de pâlir. L'âme tombe dans toutes sortes de doutes, et, dans sa paresse matérielle, ne
trouve plus guère qu'il vaille la peine de se relever pour essayer sérieusement de renoncer à
elle-même, ne serait-ce que pour quelques jours ou semaines, afin de se rendre compte si la
doctrine céleste révélée permet vraiment d'accéder à la vraie vie intérieure.
3. Même lorsqu'une telle âme, devenue paresseuse par sa propre folie, voit autour
d'elle des gens qui, y ayant travaillé dès le commencement, se sont élevés jusqu'à la perfection
de la vie intérieure, cela, ami, ne lui fait guère d'effet et ne la décide pas à agir elle-même.
Lorsqu'elle est bien disposée, elle laisse certes ses voisins éveillés lui parler des merveilles de
l'esprit en l'homme, et cela suscite même parfois en elle le désir de devenir ce que sont ces
parfaits - mais, aussitôt après, les charmes qu'elle a déjà goûtés et qu'elle peut goûter encore
en ce monde reprennent sur elle un tel ascendant qu'elle ne peut leur résister, et elle se dit :
"Ah, quel mal y a-t-il à ne pas me convertir tout à fait dès à présent ? Je vais encore voir et
essayer ceci et cela dans le monde, et il sera encore bien temps, après cela, de marcher sur les
traces des parfaits."
4. Et c'est ainsi que, plus encore qu'eux-mêmes, penseront, décideront, simuleront et
calculeront les descendants de ces gens devenus tièdes et paresseux. Leur esprit s'obscurcira
tout à fait, et même, ils se mettront en colère lorsqu'on voudra seulement leur rappeler ce
qu'ils doivent faire, étant des êtres humains, pour atteindre la perfection de la vie intérieure.
5. C'est ainsi que croît et prospère d'âge en âge, chez les hommes, la mauvaise herbe
des ténèbres de l'âme, à cause de leur goût toujours plus grand des plaisirs du monde et de
leur paresse croissante, jusqu'à ce qu'il ne Me reste plus rien à faire que punir ces hommes par
toutes sortes de fléaux et de jugements, afin qu'ils ressentent en eux-mêmes la vanité et la
malignité de leurs aspirations mondaines.
6. Et ce n'est qu'une fois que ces expériences amères les ont amenés au point où ils
commencent à éprouver un véritable dégoût du monde et de ses plaisirs frivoles, qu'il est
temps, comme à présent, de leur montrer par de nouvelles révélations divines les voies de la
lumière de vie, que beaucoup se mettront alors à suivre avec zèle ; mais il en restera bien
davantage qui, s'étant par trop enfoncés dans les ténèbres du jugement et de la mort du monde,
persécuteront tous ceux qui voudront les éveiller à la vie spirituelle, jusqu'à ce que les
jugements qui s'abattront sur eux les balaient de la surface de la terre comme les tempêtes
chassent la balle de blé.
7. Oui, ami, J'ai mesuré très exactement pour tout homme la proportion de l'esprit, de
l'âme et du corps ; et seule la folie des hommes, ce vieux péché originel, a rendu mauvaise
cette bonne proportion.
8. Vois l'ancienne légende de votre Prométhée et de sa fille Pandore, qu'il a créée lui-
même : qui donc est cette Pandore ?
9. C'est, figurée symboliquement, la folie de l'homme, le désir de nouveauté et de
plaisirs terrestres qui l'attachent à la matière solide ! Un aigle a beau venir régulièrement du
ciel l'exhorter puissamment à se libérer de la matière, rien n'y fait : à peine l'aigle est-il parti
que, dans l'âme de cet homme, le foie, symbolisant ses désirs terrestres, repousse tout entier,
et l'aigle céleste peut recommencer à le dévorer. - Comprends-tu cette fort bonne image ?
10. Considère aussi ce que Moïse lui-même a dit très clairement du premier couple
humain dans une autre parabole, qui montre exactement la même chose.
11. Et s'il en est ainsi, tu vois bien que si les hommes deviennent mauvais, Je n'en suis
pas responsable, puisque J'ai placé en l'homme une petite prédilection pour le monde, mais
que Je lui ai en même temps envoyé toute la lumière des cieux, afin qu'il puisse triompher
aisément de cette petite préférence pour le monde. - Comprends-tu cela, ami ? »
12. Après cette leçon, que les autres avaient également écoutée avec la plus grande
attention, le Romain Me rendit grâce, ainsi que tous les autres, à l'exception de celui à qui
Mon témoignage n'avait guère plu.

GEJ9 C183
Enseignements de Raphaël

1. La leçon précédente de Raphaël et celle que Je venais de donner furent suivies d'un
moment de silence ; car chacun songeait à ce qu'il avait vu et entendu, le gravant aussi
profondément que possible dans sa mémoire et dans son âme.
2. Cependant, Raphaël s'entretenait de nouveau avec Philopold et Kisjona des premiers
temps de la Terre et des transformations de celle-ci. Car Philopold comme Kisjona étaient de
grands chercheurs qui avaient déjà consigné nombre d'observations sur la Terre, d'où ils
avaient tiré leurs conclusions. Aussi étaient-ils fort intéressés par ce que Raphaël leur
apprenait avec beaucoup de clarté et d'aisance à ce sujet.
3. Mes disciples, qui avaient déjà entendu tout cela bien des fois, y prêtaient
naturellement beaucoup moins d'attention, aussi s'entretenaient ils plutôt de ce qu'ils avaient
entendu de la bouche de Raphaël sur la nature du royaume de Dieu, et de la Mienne sur la
raison pour laquelle les hommes devenaient mauvais sur cette terre. Mais tous ceux qui
n'avaient encore jamais entendu d'explications aussi détaillées et aussi profondes que celles
que Raphaël donnait à Philopold et à Kisjona écoutaient Raphaël très attentivement,
s'émerveillant de Ma puissance et de Ma sagesse, puisque J'étais Celui qui avait si bien
ordonné toutes ces choses.
4. Cela intéressait particulièrement le médecin de Mélite (aujourd'hui Malte), car il
avait acquis la plupart de ses connaissances à Athènes, à Alexandrie en Egypte et à Syracuse
en Sicile, et, dans sa jeunesse, il avait beaucoup étudié les forces terrestres. Pour cela, il avait
parcouru l'Egypte jusqu'aux cataractes, toute la Grèce, les contrées du Pont et de la mer
Caspienne, ainsi qu'une grande partie de l'Arabie et des côtes asiatiques de la Méditerranée,
aussi aurait-il bien voulu parler de ces questions avec Raphaël ; mais, comme celui-ci parlait
de tout sans jamais s'interrompre au passage, notre médecin, ne pouvant prendre la parole, se
contenta d'écouter en silence ses explications, faisant ses remarques pour lui-même.
5. Pourtant, quand Raphaël se mit à parler des montagnes qui crachaient du feu, notre
médecin, ne pouvant plus se contenir, lui demanda la permission de lui poser quelques
questions.
6. Mais Raphaël lui répondit : « Ami, écoute seulement ce que je vais vous dire
brièvement à ce sujet, et tu auras là l'explication très compréhensible de ce que tu ne pouvais
t'expliquer jusqu'ici dans tes observations.
7. Car je connais votre Etna et votre Vésuve depuis leur toute première origine, tout
comme je connais très précisément chacune de tes pensées et de tes questions avant même
qu'elles ne te viennent ; car l'esprit et la vie du Seigneur, qui sont tout en moi, sont aussi mon
omniscience et mon omnipotence. »
8. Entendant ces paroles de Raphaël, le médecin se sentit tout à fait rassuré et écouta
désormais avec l'attention la plus soutenue la suite des explications de l'ange.
9. Ces explications durèrent plus de deux heures, et tous ceux qui les écoutèrent avec
assez d'attention en apprirent davantage dans ce peu de temps sur la nature et sur la
conformation de la Terre que le disciple le plus zélé n'en eût pu apprendre en cent ans dans les
plus grandes écoles d'Athènes, d'Alexandrie ou de Syracuse.
10. Quand Raphaël eut achevé son exposé, où il expliqua également aux disciples
attentifs les rapports de la Terre et de la Lune avec le Soleil et les phénomènes qui s'y
passaient, ainsi que les autres planètes et les étoiles fixes, le Romain Me dit : « O Seigneur et
Maître, c'est encore une nouvelle lumière qui se lève en moi ! C'est assurément l'idée
totalement fausse que nous nous faisions de notre Terre, de la Lune, du Soleil, des planètes,
des comètes, des étoiles fixes et de tous les autres phénomènes célestes qui a précipité les
hommes dans les superstitions les plus aveugles et les plus insensées ! Qui aurait jamais pu les
en délivrer, si Tu n'étais descendu des cieux en personne, avec Tes serviteurs, pour nous
montrer ce qu'il en est réellement et si merveilleusement de ces grandes choses qui sont Tes
créations ? Les hommes ne savaient-ils donc rien de tout cela dans les temps anciens ? Et s'ils
en savaient quelque chose, alors, comment ont-ils pu tomber d'une vérité si lumineuse dans la
superstition la plus noire et la plus absurde ? »

GEJ9 C184
De la nécessité de recevoir d'abord la doctrine du Seigneur

1. Je dis : « Exactement comme Je te l'ai montré tout à l'heure !


2. Les premiers hommes savaient tout selon la plus parfaite vérité ; mais quand, à
cause de sa paresse, de sa folie et de sa sensualité, l'âme de l'homme cesse d'y voir clair ne
serait-ce qu'en certaines choses, il finit bientôt par devenir ignorant de tout le reste.
3. Moïse lui-même avait écrit pour les Israélites, devenus ignorants en Egypte, un livre
spécial dans l'esprit de ce que Mon Raphaël vient de vous exposer. Ce livre fut préservé
jusqu'au temps des premiers Rois ; mais, quand leurs descendants devinrent tout à fait
prisonniers de leur sensualité, toute science pure disparut, remplacée par ce que l'on voit
aujourd'hui parmi les Juifs, chez qui les ténèbres sont souvent plus profondes encore que chez
les païens.
4. Vous venez de recevoir, comme bien souvent, avant vous, Mes premiers disciples,
et bien d'autres avec eux, l'explication très détaillée, approfondie et parfaitement claire de
toutes ces choses ; mais, dans seulement deux cents ans d'ici, tout ce domaine de pure
connaissance sera retombé dans les anciennes superstitions.
5. Pourtant, cette connaissance sera malgré tout préservée en secret parmi ceux qui
demeureront dans Ma doctrine, et un temps viendra où cette science, et mille autres avec elle,
détruira à la racine et pour toujours toutes les anciennes superstitions. Mais avant cela, il y
aura encore de longs et durs combats ; pourtant, la vérité finira par triompher, et toute
l'ignorance, la fausseté et le mal seront voués à disparaître à jamais.
6. Tu auras bientôt l'occasion de rencontrer ceux que vous appelez géographes,
naturalistes et astronomes, et tu essaieras bien sûr de leur communiquer la vérité que tu as
apprise ici ; mais tu auras affaire à forte partie. Cela en fera certes réfléchir quelques-uns,
mais ils s'en tiendront à leur ancien système ; et les autres déclareront sans plus de scrupules
que c'est une folie. Car, pour susciter une connaissance véritable et irréfutable, même des
choses de la nature, il faut d'abord éveiller l'esprit, la connaissance de l'unique vrai Dieu, et
donc aussi la connaissance de soi, qui permet à l'homme de prendre très clairement
conscience de ce qu'il est et de la raison de son existence.
7. Ce n'est qu'une fois que l'homme y voit clair dans ces questions essentielles pour
son existence, et que Mon esprit commence ainsi à se développer activement dans son âme et
à l'éclairer, imprégnant peu à peu l'homme tout entier, que, grâce à sa raison éclairée d'en
haut, cet homme comprend rapidement, facilement et en profondeur, dans toute leur vérité
incontestable, l'essence et l'ordonnance des petites et des grandes choses du monde naturel ;
mais, quand tu te mettras à prêcher devant les païens - quand bien même ils auraient suivi
avec zèle toutes les plus grandes écoles de philosophie -, ce que t'a appris Raphaël, ils ne le
comprendront pas, s'en moqueront comme d'une folie, et les prêtres ignorants, égoïstes et
tyranniques condamneront aussitôt avec rage cette nouvelle doctrine qui ne peut servir leur
vieux fatras d'idolâtrie mensongère, et soulèveront le peuple contre elle.
8. C'est pourquoi il faut d'abord prêcher aux hommes l'évangile du vrai royaume de
Dieu sur terre - et, une fois qu'ils l'auront reçu et qu'ils auront été fortifiés par l'esprit divin, ils
saisiront sans peine toutes les autres vérités ; car Mon esprit, que J'enverrai à profusion sur
tous ceux qui croiront vivement en Moi et M'aimeront, les conduira en toute sagesse et en
toute vérité.
9. Crois-tu donc que, sans la foi qui vit désormais en toi, tu aurais pu comprendre les
choses que Raphaël t'a expliquées ? Je te le dis, pas plus que ne les ont comprises les pierres
de cette montagne !
10. Là où le fondement de toute connaissance humaine est mensonge est tromperie,
comment d'autres vérités pourraient-elles fleurir ?
11. Si tu calcules sans connaître l'unité, qui est la condition fondamentale de tous les
nombres, puisqu'ils ne sont rien d'autre que des sommes d'unités, comment connaîtras-tu la
vérité des nombres eux-mêmes ? »
GEJ9 C185
Des faux et des vrais prophètes

1. Ouvrant de grands yeux, le Romain dit alors : « O Seigneur et Maître, en vérité, Toi
seul es de toute éternité la vérité et la sagesse mêmes ! Ce n'est qu'aujourd'hui que je
comprends qu'un certain ordre doit toujours être suivi dans l'enseignement des hommes, si
l'on veut que cet enseignement leur profite vraiment.
2. Je dis : « Assurément, car commencer l'instruction d'un homme par la fin, ce serait
comme de vouloir bâtir une maison sur le sable : comment résistera-t-elle lorsque les tempêtes
et les torrents de pluie s'abattront sur elle ?
3. Seul celui qui instruit son prochain dans le bon ordre que Je t'ai montré bâtit sa
maison sur le roc. Quand les tempêtes et les eaux viendront sur cette maison, elles ne pourront
rien lui faire, parce qu'elle sera bâtie sur le roc. Et c'est Moi qui suis ce roc ; en commençant
par Moi, vous pourrez tout faire bien, mais vous ne pourrez rien sans Moi. N'oublie pas cela,
ami !
4. Mais si quelqu'un entreprend sérieusement d'instruire son prochain à Mon sujet, il
ne doit pas se demander trop longuement par quoi il doit commencer. Car Je lui mettrai Moi-
même les bonnes paroles au cœur et à la bouche.
5. Et à présent que vous savez cela aussi, vous ne pourrez plus vous tromper lorsque
vous enseignerez votre prochain en Mon nom ; mais ceux qui respecteront pas cela
pleinement ne tarderont pas à s'égarer sur des chemins où il leur sera bien difficile de se
retrouver, eux et leurs disciples.
6. C'est ainsi qu'ont toujours commencé les faux prophètes menteurs, et que les
hommes sont devenus ignorants et mauvais. C'est pourquoi seul doit instruire son prochain
celui qui a d'abord appris de Moi dans son cœur. Mais celui qui veut de son propre chef
enseigner aux autres, comme s'il l'avait appris de Moi, ce qu'il n'a appris que par bribes et par
ouï-dire, et qui criera "Voici Christ, Il est là, la vérité divine ointe de toute éternité !", ne le
croyez pas ; car c'est déjà là un faux prophète, qui ne veut jouer les prophètes que pour le
prestige et pour un bénéfice terrestre.
7. Si vous voulez distinguer sans peine un faux prophète d'un vrai maître et prophète
que J'aurai appelé, vous le reconnaîtrez à ses œuvres !
8. Pour un homme, rien n'est plus difficile à cacher aux yeux de ses contemporains que
son égoïsme et son avidité. Afin de satisfaire celles-ci, il ne tardera pas à recourir visiblement
à tous les moyens pour atteindre le but envers lequel son cœur a conçu un indéfectible amour.
9. Aussi, ne laissez jamais les faux prophètes acquérir du pouvoir et une considération
apparente. Car, lorsqu'ils les auront obtenus, les ténèbres ne tarderont pas à régner à nouveau
sur les hommes, et vous aurez à soutenir contre elles de durs combats ! »
10. Le Romain dit, la mine songeuse : « Seigneur et Maître de toute existence et de
toute vie, il nous sera bien difficile de nous y opposer, n'étant que des hommes ! Si Tu
n'empêches pas cela Toi-même par Ta toute-puissance, les faux prophètes grouilleront bientôt
sur la terre. Car le peuple aveugle ne sera guère en mesure de distinguer un faux prophète d'un
vrai, et alors, qui lui fera comprendre que ses maîtres sont de faux prophètes ? »
11. Je dis : « Ami, Je ferai ce qui Me revient, mais vous devrez aussi en faire votre part
! Tout homme dispose pleinement de son libre arbitre, que Je ne peux contraindre par Ma
toute-puissance, car cela - comme Je vous l'ai déjà expliqué très clairement - serait contre
Mon ordonnance.
12. Mais c'est précisément pour cette raison qu'avec cette vérité que Je vous explique,
Je vous confie le remède le plus efficace à tous les mensonges. Grâce à elle et avec Mon
assistance, vous édifierez contre toute cette engeance infernale les barrages et les digues les
plus solides.
13. Il est vrai, cependant, que ces faux prophètes ne pourront être balayés de la surface
de la terre aussi facilement que vous l'imaginez à présent ; mais à la fin, seule triomphera la
lumineuse vérité ! Aussi, demeurez fermement dans cette vérité, car elle seule vous délivrera,
non seulement vous, mais, pour finir, tous les hommes, du vieux joug pesant du mensonge et
de la tromperie. Aussi ne vous laissez plus séduire par aucun mensonge, si brillant qu'il
paraisse, et tout ira bien.
14. Vous êtes désormais le sel, c'est-àdire le meilleur condiment, pour les hommes de
cette terre. Si vous ne devenez pas paresseux et tièdes, les mets spirituels seront bien préparés
et les hommes les désireront ; mais si, vous qui êtes le sel, vous pourrissez et avez mauvais
goût, avec quoi la nourriture spirituelle des hommes sera-t-elle assaisonnée ?
15. Aussi, conformez-vous en toute chose à Ma doctrine et à Ma volonté que vous
connaissez bien désormais, et, à la longue, votre sel extirpera toujours mieux la mauvaise
herbe parmi le blé dans le champ de la vie, et c'est ainsi que vous pourrez vous réjouir
toujours plus de la puissance et de la force de Ma vérité parmi les hommes ! »

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