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A propos de ce livre

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<36613582140018

Bayer. Staatsbibliothek /\^

<36613582140018 Bayer. Staatsbibliothek /\^

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Bayer. Staatsbibliothek /\^

<36613582140018 <36613582140018 Bayer. Staatsbibliothek /\^

ESSAI

D

E

PSYCHOLOGIEj

o

u

CONSIDERATIONS

LES OPERATIONS de l'AME,

SUR

SUR L'HABIÏUDE EX 5 u 11 L' EDUCATION.

Auxquelles on a ajouté des PRINCIPES PHILOSOPHIQUES

LA CAUSE PREMIERE

SUR

ET SUR SON EFFET. LONDRES, MDCCLV.
ET
SUR
SON
EFFET.
LONDRES,
MDCCLV.
ESSAI D E PSYCHOLOGIEj o u CONSIDERATIONS LES OPERATIONS de l'AME, SUR SUR L'HABIÏUDE EX 5
MES AMIS ÇSUSpECEVEfc, mes chers R H AmiS) cette légère OâWGQ marque de ma recon naissance

MES

AMIS

ÇSUSpECEVEfc, mes chers R H AmiS) cette légère OâWGQ marque de ma recon naissance & de mon dévoue ment, cultiver ma Rai/òn ; je vous Puis- plus en plus

g

fous n? avez aidé a

en devois les Fruits.

-

je

resserrer

* 2
*
2

de

DEDICACE.

IV

d'une qui contribue' tant au bonheur

plus les

n uds

amitié

de ma vie!

PRÉ-

PRÉFACE. ^®á©« et Essai, composé de- ^ ^ g puis plusieurs années , © m'aïant paru

PRÉFACE.

^®á©« et Essai, composé de- ^ ^ g puis plusieurs années , © m'aïant paru du goût ^e ceux ^e Pla^ent à réfléchir fur la natu re de notre Etre , je me fuis déter miné à le rendre public. Les Matières que fy ai fait entrer sont intéressantes par elles-mêmes ; j'ai fussent par la manière dont elles font ex posées. Mais combien de Livres n'a- 1- on pas écrit fur ces Matiè- res!

©

ÏFSP®^

tâché qu'elles le

encore

* 3
*
3
vi res ! II semble que On ne peut plus que don PREFACE. tout ait été
vi
res !
II semble
que
On ne peut plus que don
PREFACE.
tout ait été
dit.
&
que j'ai fait.
ner aux Choses un tour nouveau ;
ce fera , ÍI l'on veut , tout
ce

J' a i peu lu : j'ai plus médité. de

En fait de Métaphysique & Mprale la Méditation est souvent plus utile que la lecture : elle met dans les Idées plus de liaison, plus d'harmonie, plus d'intérêt, plus de netteté. C'est au de dans de foi même qu'il faut lire ; font Matériaux qu'il s'agit de mettre çn uvre. P Architecte Matériaux, forme & J' a i posé les Principes nsont paru les plus vrais :

c'est là,

que

les

précieux

La Méditation est

qui

se saisit de

ces

qui leur donne

une

un arrangement.

je

qui

ne

me

vi res ! II semble que On ne peut plus que don PREFACE. tout ait été

PREFACE. des consé

suis

vil

me quences. des Choses que par les Idées com trouveront mon Livre- dangereux, & traire lées. de Ve'rite's, & peut - être ne se borneront - Us pas au simple soup çon. jugemens, parce que empêcher son train : un Enfant ne passe pas tout d'un coup à l'état d'un Hom me fait. à tous les Lecteurs de cet ordre , dont je respecte le zèle pour la Religion, que je fais profession d'être Chrétien, & que j'aspire comme eux, à cette immortalité

pas effrayé

Ceux qui ne jugent

munement

reçues ,

con

aux Ve'rite's

révé

me soupçonneront

Ils

intérieurement ces

rejetter

Je ne puis empêcher ces

je

ne

puis

que le Préjugé n'aille

Je déclare néanmoins

PREFACE. des consé suis vil me quences. des Choses que par les Idées com trouveront mon

PREFACE. glorieuse que le

vin

Sauveur du Monde a mis en évidence. Je les prie de me soutenir que facilement Principes de la Révélation y & qu'elles n'ont avec ces Princi pes qu'une opposition apparente. Je le répète donc , & puis-je assez le répéter? ment éloigné de chercher à ébran ler les Fondemens de la R e v e l a- n. de toute atteinte. de siècles que contre ce Rocher, je ne vois pas qu'elle ait produit autre chose que de TEcume. contraire, de rendre la Révé lation plus chère à ces Ames fortes,

pardonner si fose

mes Idées peuvent

se

concilier

avec les.

Je fuis infini

o

Je les crois au dessus

t

i

Depuis tant

l'Incrédulité bat

Mon but est, au

qui peuvent la contem pler

PREFACE. glorieuse que le vin Sauveur du Monde a mis en évidence. Je les prie de

PREFACE.

ix

pler d'un Oeil philosophique, & en embrasser le Plan. On rend un fort mauvais ser vice à la Religion quand on la Philosophie. pour s'unir. que doit combattre, & alors chaque combat que li vrera la Religion fera une victoire. Le Christianisme ne consiste pas dans les Idées que nous nous formons de la Liberté ; mais dans faisons de fort peu à la Religion qu'il y ait des Contingens, ou que tout soit Nécefaire. Les Rapports qui dérivent essentiellement de la Na ture des Choses , n'en subsistent pas

la

Elles

font

C'est contre

la Religion

tourne contre

faites

la Théologie,

le bon usage que nous

cette Liberté.

. * $
.
*
$

II importe

moins:

x

PREFACE.

moins: les Loix qui font Y"Effet de ces Rapports, n'en font pas des

moins n'en est pas moins lburce de Bien \

Loix.

La Vertu

le Vice, C e font ces Rapports auxquels

source de Mal.

TEvANGiLEa voulu nous rap Là Raison les apperce-

pelles voit : mais exposée aux assauts de

la Passion & aux atteintes de l'In- térêt & du Préjugé, il lui falloit pour la conduire surement au Bon des Motifs plus puhîans

heur', que ceux qui se tirent de la con

L'E- vangile les fournit ces Motifs. 11 annonce des Recompenses & des Veines. II parle au Sage par la voix de la Sagesse; au Peuple, par de VAuto Les Ames grandes & gê né

sidération de ces Rapports.

celle du Sentiment &

rité.

x PREFACE. moins: les Loix qui font Y"Effet de ces Rapports, n'en font pas des moins

PREFACE.

xi

néreuses peuvent. se conformer à VOrdre par amour pour l'Ordre. Ames

Les trempe peuvent être dirigées ail

d'une

moins

forte

but par l'espoir de la Re compense ,

" même

ou par la crainte de

la Peine. est vrai que dans le

Systè Recom penses & ces Peines ne font que des Effets naturels de l'observa- tion , ou de l'inobservation de fOr dre.

I

l

philosophique ,

me

ces

La Sanction de la Loi est

Mais quel tort cela fe- roit-il a la Religion ? Quel préju dice cela apporte-t-il à
Mais quel tort cela fe-
roit-il a la Religion ? Quel préju
dice cela apporte-t-il à la Pratique ?
Le Système philosophique n'admet-
il pas au sens le plus étroit , que
chacun recevra Jeton ses Oeuvres?
M ais, dira-t-on ,dans ce Sy-
*
naturelle , & ne suppose rien $ ar
bitraire.
6
siè

PREFACE. est sans mérite:

xir

stème j'en conviens. reuse, & elle sert nécessairement. Un bonheur qui ne procède pas essentiellement de notre Fait , en est-il moins un heur en est-il moins senti ? Allons plus loin : dans le Système vulgaire, la Vertu a-t- elle quelque mérite qui ne dépen de point des Causes extérieures, ou des Circonstances dans lesquelles Les Partisans de ce Système ne disent- ils pas tous les jours : ìa Vertu ejl

la Vertu

Elle n'est qu'beu-

bonheur? Ce bon

riiomme se trouve placé?

  • m don de D i e u , m effet de la Grâce; nous ne fjouvons rien par nous mêmes ? A quoi donc se ré duit ici le Fait de THomme ? Je supplie qu'on y fasse attention:

ces expressions de Do», de Gra

PREFACE. est sans mérite: xir stème j'en conviens. reuse, & elle sert nécessairement. Un bonheur qui

PREFACE,

xnr

ce , rent de Pouvoir reçu , n'acquiè de Inexactitude que dans le
ce
,
rent
de Pouvoir reçu , n'acquiè
de Inexactitude que dans le
Système philosophique. 3' a v o u e de bonne a beaucoup de peine à se
Système philosophique.
3' a v o u e de bonne
a beaucoup de peine à se familia
riser avec ce Système, & à le bien
làifir dans toutes ses Parties. J'ai
été autant que personne dans le
cas Je
rappelle point sans un sécret plai
sir , les embarras & les difficultés
que
mençois à bégayer cette Langue.
Je fuis enfin venu à la parler, &
j'en admire Ténergie.
S I quelqu'un m'objectoit que
cette Langue se rapproche beau
coup de celle des Stoïciens ; si Ton
me reprochoit d admettre comme
eux un Dejlin inévitable, voici
quelle seroit ma réponse : Les De-
ÍU
soi , qu'on
de séprouver.
ne me
féprouvois
lorsque
je
com-
*
7

PREFACE.

Xiv

été ré mais qui d'Eternité en Eternité. est le Sage & le Puissant. Vous vous trompez, si vous pensez que le Christianisme con de spécu quelque Notion la Personne de Je'su s- Christ, fur la Grâce, h. Prédestination , le Libre Arbi que ce ne font la que disputes de Mots , Livrées de Partis, Caractères de Sectes. Vous êtes appellé à agir:

stinées des Hommes ont

toute éternité;

glées

de

c'est par TEtre

siste dans quelque Idée

lation, ou dans

particulière fur

tre; ne voyez -vous. pas

agissez donc ; agissez , je: devenez Vertueux. Religieux , Devenez Epoux , Citoyen, Homme. vous
agissez donc ; agissez ,
je: devenez Vertueux.
Religieux ,
Devenez Epoux ,
Citoyen, Homme.
vous dis-
Soyez
Juste ,
Tempérant.
Père ,
Ami ,
Vous ferez
tout
PREFACE. Xiv été ré mais qui d'Eternité en Eternité. est le Sage & le Puissant. Vous

PREFACE.

xv

tout cela si vous êtes Chrétien:

vous ferez Chrétien si vous pra tiquez les Maximes évangeliques. Retenez ceci: tout Dogme à n'est point un Dogme. direct l'Homme. L'ÈTRE ESSENTIELLEMENT heureux trouveroit -Il félicité hors de Soi? L' Homme mortel apporteroit-il quelque profit au Dieu fort? La Reli gion a été donnée à l'HOmme

qui n'est pas lié

n'est: point

l'Objet

la Pratique ,

Dieu

de

la

Religion ;

c'est

sa

pour son Bonheur : mais ce Bon à

est" étroitement

heur

uni

la envers envers lui - même , vers les autres Hommes. Ces Devoirs dérivent essentiellement de ils font des

Pratique

Dieu,

de

ses Devoirs

en

de l'Homme:

la Nature

PREFACE. xv tout cela si vous êtes Chrétien: vous ferez Chrétien si vous pra tiquez les

xvi

PREFACE.

des Loix , parce qu'ils sont Veffet nécessaire des Rapports qu'il a avec différens Etres. noit ces Loix, & les approuve. Leur Observation la perfectionne, Toutes les ont pour dernière fin la Société , elle est l'Etat le plus parfait de lTIomme. La Religion se rapporte donc en dernier ressort à la Société , comme le moyen à sa Fin. Des Hommes qui seroient fâchés qu'on ne leur crût pas une Ame raison nable, pensent que la Société est

La Raison con-

Télève, l'annoblit.

Facultés

de THomme

faite pour la Religion.

11s

veulent , en conséquence , que Ton sacrifie à la Religion, des Biens dans sa sagesse au Bonheur de la Société.

que Dieu avoit destinés

La Montre est- eíte

xvi PREFACE. des Loix , parce qu'ils sont Veffet nécessaire des Rapports qu'il a avec différens

PREFACE,

xvii

elle pour le Ressort; est.il pour les Voiles? jfi Hommes que le Christianisme^ est:

le Vaisseau

voudrois

persuader

aux

la meilleure Philosophie, parce de son : mais la Raison ne se perfec tionne que. par des moyens qui lui font assortis. Tolérance font essentielles à Y O e- conomie de Grâce. Quand donc vous verrez des Gens qui se disent Chrétiens., & Ministres du Dieu des Misericordes , agir pré-- cisement comme des Ministres du Despote le plus cruël , croyez qu'il n'y a point là de Christianisme. Quelle absurdité ! Prétendre tou cher le C ur en détruisant les Principes de la Vie.

qu'il est la Perfection

la Rai

La Douceur & la

Quelle op probre pour THumanité! Substi tuer ' ,

PREFACE, xvii elle pour le Ressort; est.il pour les Voiles? jfi Hommes que le Christianisme^ est:

xviii

PREFACE.

tuer à l'attention la crainte } au re cueillement la terreur , au raison Supplices. Mais admettez une fois que le Sa ne peut se certaine Créance ; la Charité s'enflammera aussitôt ; & pour ne pas laisser pé rir le Genre Humain , elle l'exter- par le Feu. Que seroit devenue la Nature Hu maine fi les différentes Sectes de Philosophes du même esprit , & armées du même pouvoir , qu'une Eglise qui s'estime Chrétienne ? Les Cerveaux s'éclairent : la Raison s'épure: la Vérité quitte le séjour du Cabinet pour se ré pandre dans le Monde. En vain s'opposeroit-on à ces progrès ;

nement l'appareil des

lut du Genre Humain

trouver

que

dans

une

minera par le Fer &

avoient été animées

ils

font

xviii PREFACE. tuer à l'attention la crainte } au re cueillement la terreur , au raison

PREFACE,

xix

sont une suite nécessaire de Pétat

des Choses. Pourquoi donc tant d'écrits Sciences sont utiles ? Cest disputer s'il convenoit eût ment , deux Yeux & deux Oreil les? La Science est une fuite aussi naturelle de nos .Facultés , que la Chûte des Corps Test de la Pesan teur. L'E/prit Humain doué d'u ne activité fi merveilleuse, tend naturellement à produire. De manderez - vous pourquoi Dieu' a fait l'Homme tel qu'il est ? Je demanderai moi, fi Dieu pou- ne

fur la Queilion si les

que l'Homme

un Entende

pas faire l'Homme tel

voit

qu'il est ? Cherchons le Fait : voyons ce qui en resulte : voilà notre Phi

losophie.

S'e'pu i-

PREFACE, xix sont une suite nécessaire de Pétat des Choses. Pourquoi donc tant d'écrits Sciences sont
xx P RE F A C E. r nelles fur TEsprit, S' e' p u i
xx
P
RE
F
A
C
E.
r
nelles fur TEsprit,
S'
e'
p
u
i
s
e
en
plaintes éter
sur. le Goût,
sur les M urs ; c'est oublier que le

B uf est un Animal qui rumine , & que TAigle n'est pas une Co lombe. ne - 1 - il TAigle ? ètoit bon. Si cet Ouvrage probation des Philosophes , j'en ferai très flatté : je le ferai beau coup plus s'il contribue" aux pro grès du Vrai.

Pourquoi le B uf rumi

Pourquoi la force de

?

Dieu

a

m

que cela

mérite

lap-

TA

xx P RE F A C E. r nelles fur TEsprit, S' e' p u i

XXI

TABLE

DES

CHAPITRES.

Contenus dans

l'Essài de Psychologie.

Introduction

Page i.

VEtat de après la Conception. De r Etat de TAme à la Nais sance. 8 ÏIL De VEtat de PAme après la

Chapitre I. De

II.

.

.' . Naissance.

PAme

5

10

IV. Continuation du méme sujet. De la Liaison des Idées & de

leur Rappel.

XXI TABLE DES CHAPITRES. Contenus dans l'Essài de Psychologie. Introduction Page i. VEtat de après la

1

1

y.

xxii TABLE V. De la Reminiscence. VI. Continuation du 14, même sujet. 17 VII. De V
xxii
TABLE
V. De la Reminiscence.
VI. Continuation du
14,
même sujet.
17
VII. De V Attention.
18

VIIÍ. De

P Etat de VAme privée

de Vusage de la Parole.

19

IX. Réflexion Jur VAme des Bc- tes. 24, X. Comment

VAme lier Jes Idées à des Sons articu

lés

,

apprend

à

£5? à exprimer ces Sons.

VAme

apprend

Comment lier ses Idées à des Caraâêres,

XI.

à

£«?

à former

ces Carattères.

XII.

De

VEtat de

VAme douée de la Parole. Comment VA me parvient à universaliser ses Idées. Idées

De la formation des

universelles d'Homme,

xxii TABLE V. De la Reminiscence. VI. Continuation du 14, même sujet. 17 VII. De V

des CHAPITRES,

xxm

de Corps Organisé, de Corps d'Etre. 29 XIII. Continuation du même sujet. De la formation des Idées' de Pensée, de Volonté, de Liber de Jus de Bien, Çfc, de 3 1 XIV. Continuation du même sujet. De la formation des Idées d U- nité , de Nombre ,. íFEtenduë , £«rV, deMouvemens, de.Tems.

<fAnimal,

té, de Vrai, de Faux,

te

,

&c

,

Règle , de Loi.

33 XV. Continuation du même sujet. De la formation des Idées de Classes , de Genres
33
XV. Continuation du même sujet.
De la formation des Idées de
Classes , de Genres , <TEspèces.
.
36

XVI. Continuation du

même su

jet. de Cause fj> d'Effet De laformation des Idées 38 XVII. Autres avantages de la Ta
jet.
de Cause fj> d'Effet
De laformation des Idées
38
XVII.
Autres
avantages
de
la
Ta
des CHAPITRES, xxm de Corps Organisé, de Corps d'Etre. 29 XIII. Continuation du même sujet. De

TABLE

xxiv

Parole. qu'ellefortifie & augmente leurs Liaisons. maîtresse de leur arrangement. Moral de quelques

Qu'elle fixe les Idées ,

Qu'elle rend PAme

De VEtat

Peuples de fAmérique.

39

XVIII. De la Pirfefiion, du Gé nie £5? de Porigine des Langues en général. 4.1 XIX. des Bêtes. XX. De la variété presqu^infi nie de mouvemens que la Parole imprime au Cerveau. Que la Nature £5? la Variété des Opé rations de ce Viscère nous font concevoir les plus grandes Jdêes .

Réflexion fur le Langage

4.3

de son Organisation.

4^

XXI. Considération générale , fur la prodigieuse variété des Per ceptions £5? des Sensations , £«? Jur

TABLE xxiv Parole. qu'ellefortifie & augmente leurs Liaisons. maîtresse de leur arrangement. Moral de quelques Qu'elle

des CHAPITRES,

xxv

Jur la i XXII. De la Mêcbanique des Idées Popérer. Mêcbanique destinée à $ du Toucher.
Jur
la
i
XXII. De la Mêcbanique des Idées
Popérer.
Mêcbanique destinée à
$
du Toucher.
5+
XXIIÍ.
De
la
Mêcbanique des
Idées du Goût.
la
58
XXIV. De
Mêcbanique
Idées de f Odorat.
des
60
XXV. Idées de TOuiè\ De la Mêcbanique des 61 .XXVI. Idées de la Vue. De la
XXV.
Idées de TOuiè\
De
la
Mêcbanique des
61
.XXVI.
Idées de la Vue.
De
la
Mêcbanique des
63

XXVII. Conjettures Jur la Mê cbanique de la Réproduflion des Idées. 7 y XXVIII. Continuation du mémeju-

jet.

78

XXIX. Continuation du même su jet. 84. XXX. Réflexion Jur les Conjectu

res précedentes. 88 ** XXXI.
res précedentes.
88
**
XXXI.
des CHAPITRES, xxv Jur la i XXII. De la Mêcbanique des Idées Popérer. Mêcbanique destinée à

xxvi

TABLÉ

XXXI. Autre Réprodufîion des Idées. Conjecture Jur la 89
XXXI. Autre
Réprodufîion des Idées.
Conjecture Jur
la
89

XXXII. Autre Hypothèse sur la Mécbanique des Idées. 9i XXXIII. De P Opinion Philosophi que qu'il n'y a point de

Corps.

96

XXXIV. Réflexion fur la diversi

des Opinions des Philosophes

té touchant la nature de notre E-

tre.

106

De la Simplicité ou de

XXXV. PImmatérialité de T Ame.

i08

XXXVI. Continuation du même su

jet.

Réponje

à quelques Ob

jections. XXXVII. De la Question , fi VA-

i17

me estpurement passive lorsqu'el ou

le apperçoit ,

qu'elle Jent.

122

XXXVIII. Examen de la Question,

xxvi TABLÉ XXXI. Autre Réprodufîion des Idées. Conjecture Jur la 89 XXXII. Autre Hypothèse sur la

fi

des CHAPITRES,

xxvii

Idées pré sentes à la fois, ou dans le même inftant indivisible. 123 XXXIX. Des Mouvemens qui pa- roijsent purement Machinaux & qui dépendent néanmoins du bon

fi P Ame a plusieurs

plaisir de V Ame.

134,

XL. Continuation du même sujet. Application de quelques Princi pes à divers cas. 14.2 XLI. De la Faculté de Jentir , &? Que ces deux Facultés font très distinc . XL1I. De la Liberté engénéral. 15;7 XLI1I. Des Déterminations de la Liberté en général. De lonté £5? de VEntendement. Affellions. XLIV. De la Liberté d"Indifféren ce.

de celle de mouvoir.

tes Vune de Vautre.

1 y.i

la Vo

Des

iy8

iÌP

** 2
**
2

XLV.

Xxviii TABLE XLV. Que qu'il faut VExpérience prouve à PAme des Motifs
Xxviii
TABLE
XLV. Que
qu'il faut
VExpérience prouve
à PAme des Motifs

pour la déterminer.

162

XLVT. Explication de ces paroles , Video meliora,proboque, dete

riora sequor.

164

XLVU. Des fondemens de la Pré

vision.

168

XLVIII. De la Question, ft les dé terminations de la Liberté font certaines ou nécessaires. 169 XLIX. Que la Nécessité ne détruit

point la Liberté.

174.

la Liberté considérée en

L.

De

Dieu.

.

177

LI. Question, (t lesBêtes Jont douées

de Liberté.

178

LU. De la Ferfeâion de PAme en général. LUI. De POrdre. LIV. Du Bonheur.

1 80

18

1

183

LV.

Xxviii TABLE XLV. Que qu'il faut VExpérience prouve à PAme des Motifs pour la déterminer. 162

xxix

des CHAPITRES,

LV. Réflexions fur PExistence de

Dieu. LVI. Du Système général. 188 i92
Dieu.
LVI. Du Système général.
188
i92

LVII. Que le Système de la Néces

sité ne détruit point la Moralité J

des Attìons.

19

LV1II. Des Loix Divines £*P Hu

maines considérées dans le Système

de la Nécessité.

199

L1X. De la Prière, dans le Systè

me de la Nécessité.

201

LX. Des Peines £^ des Récompen de

ses

la

venir , dans h Système de la Nécessité. 202 THabitude en général.

Vie a

LXI. De

20J

LXIL De la Manière dont PHa-

bitudese forme.

206

LXI II. Comment PHabitude s^as-

207

joiblit & Je fortifie. LXIV.

L Habitude Jource Goûts,

** 3
**
3

des

TABLE

xxx

Goûts ) des Penchants , des In timations , des Moeurs ou Carac tères. LXV. Du Flaifir £«? de ìa Dou leur. LXVI. Des Effets qui resultent de Objets fur les

Plmpreffion des

Sens de fEnfant.

209

2

1

3

21$

LXVII. De PEducation considérée dans Jes Effets les plus généraux,

.217

LXVI II. De ce qui constitué'la per fection de PEducation. 218 LXIX. Que le Naturel modifie les Effets de PEducation, ( _ h 219 LXX. Des Dispositions naturelles de PEsprit. 220 LXXI. En quoi consiste principale PEducation dans la manière dont elle démêle de

ment la sagesse de

les Dispositions

naturelles

PEs

TABLE xxx Goûts ) des Penchants , des In timations , des Moeurs ou Carac tères.

des CHAPITRES,

xxxi

sEjprity £s? dont elle les met en oeuvre. 223 LXXII. Des Dispositions naturel les du Coeur. 22 LXXÍÍÍ. Comment PEducation cul tive & annoblit les Dispositions

J

226

naturelles du Coeur.

LXXIV. tion , à Du Régime de PEduca. P égard des Tempéra-
LXXIV.
tion ,
à
Du Régime de PEduca.
P égard des Tempéra-

mens vicieux.

228

LXXV. De la Liaison qui ejl en. tre les Talens £5? de celle qui est Que P Educa connoitre ces Liaisons , à les fortifier , à les étendre. LXXVÍ. De Wniverjaîité des Ta

entre les Vertus.

tion supplique

lens.

à

23

1

233

LXXVII. De la conduite de PEdu- cation à P égard de PUniversali-

tè des Talens. 234. 4. LXXVIII.
tè des Talens.
234.
4.
LXXVIII.
des CHAPITRES, xxxi sEjprity £s? dont elle les met en oeuvre. 223 LXXII. Des Dispositions naturel
  • xxxii TABLE des CHAPiT.

LXXVIII. curieux ^ TEducation fait les rendre uti les. 238 LXXIX. Du foin qu'a PEducation d'exercer agréablement les For ces de PEJprit. 24.? LXXX. Des progrès de TEJprit , ou de la Gradation qu'on observe dans Pacquifition de ses Connois- sances. 24.7 LXXXI. Réflexions générales fur

Talens purement

Des

de PArt avec lequel

les Méthodes d1Instruction.

2$

2

LXXXII. De la manière d'ensei gner les premiers Principes de

la Religion. LXXXIII. Du Carailère. 254. 261
la Religion.
LXXXIII. Du Carailère.
254.
261

LXXXIV. Du Pouvoir de PEdu

cation. 263 LXXXV. Continuation du même sujet. 26 s
cation.
263
LXXXV.
Continuation du
même
sujet.
26
s

TA-

xxxii TABLE des CHAPiT. LXXVIII. curieux ^ TEducation fait les rendre uti les. 238 LXXIX. Du

.XXXIII

TABLE

DES

CHAPITRES

Contenus dans les

PRINCIPES PHILOSOPHIQUES.

PREMIERE PARTIE.

DE LA CAUSE PREMIERE.

Introduction. Chap. I. Le Monde successifépreu ve d'une Cause nécessai re. 283 II. Des attributs de la Cau

Pag.281

se ne'cessaire.

284

III. De nilimitation des attri

buts divins. 28$ *.* j SE*
buts divins.
28$
*.*
j
SE*
.XXXIII TABLE DES CHAPITRES Contenus dans les PRINCIPES PHILOSOPHIQUES. PREMIERE PARTIE. DE LA CAUSE PREMIERE. Introduction.

xxxiv TABLE.

SECONDE PARTIE.

VUNIFERS

UN ET BIEN.

I. De la Bonté de T'Univers. De /"Unité de PUnivers. 286 II. III. Continuation du m
I.
De la Bonté de T'Univers.
De /"Unité de PUnivers.
286
II.
III. Continuation du m e"me sujet. 287
287
IV. Motif de la Création.
288.
V.
De la Provi dence.
288

VI. Un Jeul Univers étoit possible.

289

VII. De /'Origine du Mal. 290 TROISIEME PARTÍE. QUESTION MISSION DU MAL SUR LA PER J.
VII. De /'Origine du Mal.
290
TROISIEME PARTÍE.
QUESTION
MISSION DU MAL
SUR
LA PER
J. Etat de la Question.
II. Réponse à la Que/lion.
III. Des Miracles.
291
292
293

QUA

xxxiv TABLE. SECONDE PARTIE. VUNIFERS UN ET BIEN. I. De la Bonté de T'Univers. De /"Unité

des CHAPITRES,

xxxy

QUATRIEME PARTIE.

DES L01X.

  • I. 294

Notion générale des Loix.

II. De /'invariabilité des Loix. 29 j

CINQUIEME PARTIE.

DES LOIX DE VHOMME. I. V Homme, Etre Mixte. 296 II. L'Homme , Etre corporel. 297
DES
LOIX DE
VHOMME.
I. V Homme,
Etre Mixte.
296
II. L'Homme , Etre corporel. 297
III. VKommQ,Etre spirituel. 298
V Union <fe ?Ame &P du
IV. De
Corps.
V. Des Déterminations &
Gradation du Sentiment.
VI. De P Amour Propre.
298
de la
299
300

VII. OTtile, source <fc, Plaisir ,6?

des Déterminations de /'Amour Propre. 301 VIII.

des CHAPITRES, xxxy QUATRIEME PARTIE. DES L01X. I. 294 Notion générale des Loix. II. De /'invariabilité

xxxvi TABLE

VIII. Des premiers Beau. IX. Du Caractère de Mme, Principes du 30i 6?
VIII. Des premiers
Beau.
IX. Du Caractère de Mme,
Principes du
30i
6?

des Sources de Jes variétés. 303 X. De la Perfection Morale. 304. Xs. De /'Origine du Plaisir atta ché a la Perfection.

305s

XII. De la Loi Naturelle, &? des Maximes Morales. 30J XIII. Du Tempérament vertueux.

306 XIV. Z'Amour Propre, Principe des Devoirs. 307 XV. Des Devoirs envers Dieu. 308
306
XIV. Z'Amour Propre, Principe
des Devoirs.
307
XV. Des Devoirs envers Dieu.
308

XVI. Des Devoirs envers le Pro

chain.

309

XVII. Z'Amour de la Générolitê gjp de la Béné-

ficence.

Propre, Jource

3i0

XVIII. Des Loix, Causes des Dé- ter

xxxvi TABLE VIII. Des premiers Beau. IX. Du Caractère de Mme, Principes du 30i 6? des

des CHAPITRES, xxxvií

termìnations pre. XIX. De la Foi. XX. De la Vérité, & la Révélation. de fAmour Pro
termìnations
pre.
XIX. De la Foi.
XX. De la Vérité, &
la Révélation.
de fAmour Pro
3
1
1
312
du But de
313

SIXIEME PARTIE.

DES LOIX DES ANIMAUX.

  • I. Les Animaux ,Etres Mixtes. 3 1 j II. Différence essentielle entre les Animaux. IIJ. De /'Union des deux Substan

fHomme

315

3

ces dans les Animaux.

17

IV. Des Modifications de VAme de de

la Brute , de leurs Causes &

leurs Effets.

317

  • V. Des Sent/meus dans la Brute, 3 1

£«p de leur Rappel

VI. De /'instinct:.

8

319

VII. Du Principe des Actions des Brutes.

320

yui.

des CHAPITRES, xxxvií termìnations pre. XIX. De la Foi. XX. De la Vérité, & la Révélation.

xxvm TABLE

321

VIII. Réflexions. Exemples.

IX. De la Mémoire des Animaux.

32J

  • X. De Vjfiivité de VAme des A-

nìmaux.

3

26

XI. Continuation du mêmeJujet. 3 29

XII. Du Travail des Animaux qui De la durée

vivent en Société. de ces Sociétés.

330

SEPTIEME PARTIE.

DE LA LOI DES GRADA TIONS ET DE Z'ECHELLE DES ETRES.

  • I. Idée générale de la Perfection.

332

II. Deux sortes de Perfections. 333 III. Du plus haut dégré de laPer-

feEtion corporelle.

334.

IV. Du plus bas dégré de la Per-

33?

feftion corporelle.

V.

xxvm TABLE 321 VIII. Réflexions. Exemples. IX. De la Mémoire des Animaux. 32J X. De Vjfiivité

des CHAPITRES, xxxix

V. Du plus haut dégré de la Per-

fetfion spirituelle.

33$

VI. Du plus bas dégré de la Per-

fettion spirituelle.

337

VII. De la Perfeiïion mixte. 337

VJÍÍ. De la Vie. 333 IX. De la Nutrition. 338 X. De T Accroissement. 339 XI.
VJÍÍ. De la Vie.
333
IX. De la Nutrition.
338
X.
De T Accroissement.
339
XI. Métamorphose.
Génération.
34,1
XII. Des Germes.
341
XIII. IdéesJur la Génération. 34.3
XIV. Trois sortes de Vies dans les
Etres Terrestres.
34
J

XV. Idées fur le Développement

de Z1Ame.

3+6

XVI. Réflexion fur les Forces. 349

XVII. Conséquences de la Théorie

du Développement de TAme. 3?o XVIII. Continuation du même Jujet. XIX. 3Ç2
du Développement
de
TAme.
3?o
XVIII. Continuation du même Jujet.
XIX. 3Ç2
des CHAPITRES, xxxix V. Du plus haut dégré de la Per- fetfion spirituelle. 33$ VI. Du

xl

TABLE

XIX. Continuation du même sujet.

356

XX. Réflexion sur la Théorie du

Développement de sAme.

357

XXI. Réflexion Jur la Prophétie

& Jur la Grâce. 3 J7 XXII. Considération importante. XXIII. Du Développement dePA- me des Animaux.
& Jur la Grâce.
3
J7
XXII. Considération importante.
XXIII. Du Développement dePA-
me des Animaux.
361
XXIV. Des Songes.
30"2

HUITIEME PARTIE.

DES GRADATIONS.

SUITE

I. Que les Dégrés de la Perfection

font pour nous Indéfinis.

Im

mensité de ^Echelle qifih compo-

jent.

364,

II. Bornes £«P Imperfections de nos

Connoissances fur ^Echelle des

Etres. 36 s III,
Etres.
36
s
III,
xl TABLE XIX. Continuation du même sujet. 356 XX. Réflexion sur la Théorie du Développement de
des CHAPITRES, xli III. Nuances dans la Nature. Es pèces Mitoyennes. 366 IV. Réflexion. 368
des CHAPITRES,
xli
III. Nuances dans la Nature.
Es
pèces Mitoyennes.
366
IV. Réflexion.
368

V. Idée de ^Etendue de VEcbelle

des Etres Terrestres. 369 VI. Conséquences des Gradations.
des Etres Terrestres.
369
VI. Conséquences des
Gradations.

370

VII. de la pluralité des Mondes. 371

VIII. Variétés des Mondes. 372 IX. Des Natures célestes. 373 NEUVIEME PARTIE. .
VIII. Variétés des Mondes.
372
IX. Des Natures célestes.
373
NEUVIEME PARTIE.
.

LE VHJRMON1E DE

IWN1VERS.

  • I. Principes généraux Jur la Liai

son universelle.

375?

II. Continuation du mêmeJuje.t.3 76

III. Du Système général. 377 IV. Rapports généraux, 378 V. Autres Rapports généraux. *** Rap
III. Du Système général.
377
IV. Rapports généraux,
378
V. Autres
Rapports
généraux.
***
Rap
des CHAPITRES, xli III. Nuances dans la Nature. Es pèces Mitoyennes. 366 IV. Réflexion. 368 V.

TABLE des CHAP.

xlii

Rapports des Objets , des Sens

& de P Ame. Conséquences ces Rapport. 380
&
de P Ame.
Conséquences
ces Rapport.
380

VI. Liai/on du Tempérament £2?

du Caractère. Effets qui en re sultent. 38i
du Caractère.
Effets qui en re
sultent.
38i

VII. Réflexion sur /"Enchaînement

universel.

383

VIII. Continuatiôn du même sujet.

384 IX. De ìa Beauté de /'Univers. 3 8 5s X. Vue Métaphysique de f Uni
384
IX. De ìa Beauté de /'Univers. 3 8 5s
X.
Vue Métaphysique
de
f Uni
vers sensible.
386
Xi. Somme des Vérités Métaphysi
ques fur Dieu & le Monde.
387
XI í. De rUnité de la Cause Première. 387 Conclusion. 388 E S
XI í.
De
rUnité de
la
Cause
Première.
387
Conclusion.
388
E
S
TABLE des CHAP. xlii Rapports des Objets , des Sens & de P Ame. Conséquences ces

j^^SSSS'^Sw ^Í.AOO)).

.««M).

'««o*1 .«Í)S;*jAOÍMl.««OJijîCÌ;^ wbSs»*««<?» fiée»''««íïv-^

ESSAI

D

E

PSYCHOLOGIE.

INTRODUCTION.

SCI!!3oìt3t0US ne connoiflbns l'Ame

iK , , Xi que par ses Facultés; nous ne connoiílbns ces Facultés que par leurs
iK
,
,
Xi que par ses Facultés; nous
ne connoiílbns ces Facultés
que par leurs Effets.
Ces
Effets se manisestent par Fin-
tervention du Corps-.
II est, ouilpa-
r-oit être l'Instrument universel des Opé
rations de l'Ame.
.
Ce n'est qu'avec
le secours des Sens que l'Ame acquiert des
Idées , & celles qui semblent les plus spi
rituelles n'en ont pas moins une origi
ne très corporelle.
Cela est sensible:
A
VA-
j^^SSSS'^Sw ^Í.AOO)). .««M). '««o*1 .«Í)S;*jAOÍMl.««OJijîCÌ;^ wbSs»*««<?» fiée»''««íïv-^ ESSAI D E PSYCHOLOGIE. INTRODUCTION. SCI!!3oìt3t0US ne connoiflbns l'Ame

a

Essai

de

L'Ame ne sornie des Idées spirituelles

qu'à l'aide des Mots qui en sont les Si

gnes ; & ces Mots prouvent la corporêits

Nous ne favons ce qu'est.

de ces Idées.

une Idée considérée dans l'Ame, parce

que nous ignorons absolument la Nature

de l'Ame. Mais nous favons qu'à certains

mouvemens que les Objets impriment au

Cerveau, répondent constamment dans

l'Ame certaines Idées.

Ces mouve

mens sont ainsi des espèces de signes na

turels des Idées qu'ils excitent ; & une

Intelligence qui pourroit observer ces mouvemens dans le Cerveau y liroit comme dans un Livre. Ce
Intelligence qui pourroit
observer ces
mouvemens
dans
le Cerveau y
liroit
comme dans un Livre.
Ce n'est pas

qu'il y ait aucun rapport naturel entre des

mouvemens & des Idées, entre la sub

stance spirituelle & la substance corpo

relle; mais tellè est la Loi établie par le

Créateur; telle est cette Union mer

veilleuse impénétrable à l'Humanité.

Non seulemept la première sormation

.des Idées estduë à des mouvemens; leur

réproduction paroit encore dépendre de

là même Cause.

A la Faculté de con-

mitre , l'Ame joint celle de mouvoir.

Elle agit sur les divers Organes de son

Corps ,

a Essai de L'Ame ne sornie des Idées spirituelles qu'à l'aide des Mots qui en sont

g

Psychologie.

Corps , comme ces Organes agissent sur

elle.

Elle meut les Fibres des sens , el

le y excite des ébranlemens semblables

à ceux que les Objets y avoient excités;

& en vertu de la Loi sécrette de l'Union ,

les Images ou les signes des Idées atta

chées à ces ébranlemens se réproduisent

aussi-tôt.

Le sentiment intérieur nous

convainc de la Force motrice de l'Ame,

& cette preuve est d'une évidence que

l'on tenteroit vainement d'affoiblir.

Voilà les Principes généraux dont je

suis parti , & que j'ai tâché d'analyser dans

ce petit Ouvrage.

Si quelques-uns de

mes Lecteurs trouvoient que j'ai rendu

l'Ame trop dépendante du Corps , je les

prierois de considérer que l'Homme est

de fa Nature un être mixte, un être com

posé nécessairement de deux substances ,

l'une spirituelle, l'autre corporelle.

Je

leur serois remarquer que ce Principe est

tellement celui de la Révélation,

que la Doctrine de la Résurrection des

Corps en est la conséquence immédiate.

Et loin que ce Dogme si clairement révé

lé dût revolter le Déiste Philosophe , il

au contraire, lui paroitre une

devroit,

A 2
A
2

pré-

'4

E

S

S

A

I

D

E

présomption favorable a la Vérité de la

Religion , puisqu'il est si parfaite

ment consorme avec ce que nous con-

noislons de plus certain sur la Nature de

notre Etre.

L'Analyse des Opérations de l'Ame

m'a conduit à .traiter de la Liberté , sujet

pourtant si simple dès

si épineux , &

qu'on l'envifage d'un oeil Philosophique.

Après avoir sixé la Nature de cette Fa

culté de notre Ame , & considéré ce qui

en resulte par rapport à la Morale & à la

Religion , j'ai paísé à l'Examen de l'Ori-

"

gine & des Effets de VHabitude , ce puis

sant ressort de l'Education.

J'ai ensui

te considéré YEducation .elle-même, ses

Principes les plus importans & son éton

nant Pouvoir.

J'ai contemplé

ces différens Objets

d'un Point de vuë aísez élevé ,qui ne m'a

laiísé voir que leurs Parties les plus frap

pantes , & qui a dérobé à mes regards

des Détails plus propres à fatiguer l'at-

tention

qu'à

l'exercer agréablement.

Dans l'exposition de ce spectacle intéres

sent je n'ai pas observé un Ordre Didacti

que :

'4 E S S A I D E présomption favorable a la Vérité de la Religion

Psychologie.

5

Je

que: j'ai suivi le Fil de mes pensées.

ne me flatte pas que ce Fil m'ait toujours

conduit au vrai: je l'ai cherché sincère

ment; mais dans une Matière aussi téné

breuse que lest la Mèchanique des Idées,

on est souvent sorcé de se contenter de

ce qui n'est qu'Hypothétique.

CHAPITRE

I.

De PEtat de PAme après

la Conception.

Le Principe

fécondant en pénétrant le

Germe , y fait naître une Circula

tion qui ne sinira qu'avec la vie.

Le

Mouvement une sois imprimé à la pen

te Machine, s'y conserve par les sorces

C'est

de son admirable Méchanique.

ainsi que le Mouvement imprimé dès le

commencement , à la grande Machine

du Monde , continue suivant les Loix

établies par le Premier

Moteur.

Les Solides mis en action, travaillent la

Matière alimentaire. Hs en extraiscnt A 3 les
Matière alimentaire.
Hs en extraiscnt
A
3
les
Psychologie. 5 Je que: j'ai suivi le Fil de mes pensées. ne me flatte pas que

6

Essai

de

les différentes Liqueurs , dont la circula

tion & le jeu constituent les grands Prin

cipes de la vie.

Les Esprits siltrés par

le Cerveau, coulent dans les Nerfs, &

les animent.

L'Ame commence à é-

prouver des Senfations , mais ce ne sont

encore que des Senfations extrêmement

soibles & consuses ; des Senfations que

l'Ame ne peut rapporter à aucun lieu ,

qui ne l'instruisent de rien, qui ne sont

proprement ni agréables, ni défagréables,

qui n'excitent en elle aucune Velléité.

- .A mesure que le Germe se développe,

l'Action réciproque

des Solides & des

Fluides acquiert plus de sorce ou d'Inten

Des Filets nerveux qui n'avoiertt

sité.

point encore été rendus sensibles , com

mencent à le devenir.

La réaction de

l'Ame sur les Fibres nerveuses , ou sur

les Esprits Animaux , toujours propor

tionnelle à la quantité de leur Mouve

ment ,augmente conséquemment d'Inten

Les Senfations sont moins soibles,

sité.

& moins rares.

Les Relations du Foe

tus avec le Corps organisé qui le nour

rit, devenant de jour en jour plus étroi

plus efficaces & plus nombreuses ,

tes ,

mul

6 Essai de les différentes Liqueurs , dont la circula tion & le jeu constituent les

Psychologie.

7

multiplient les sources du sentiment , &

le rendent plus actif.

Bientot les Senfa

tions acquièrent assez de vivacité , pour

être accompagnées d'un certain dégré de

L'Ame com

plaisir, ou de douleur.

mence à avoir quelque dégré de Velleité.

Par fa nature d'Etre sentant , elle desire

nécessairement la continuation du plaisir,

& la cessation de la douleur.

Mais ce

desir est encore très soible , ou très im

parfait, parce qu'il est proportionné à la

foiblesse du sentiment qui en est l'objet,

& à ì'impuissance actuelle de l'Ame. Les

Organes du Foetus plus développés, sont

par cela -même plus accessibles aux im

Les

pressions des Objets environnans.

Nerfs qui y sont répandus , étant ébranlés

plus fréquemment , & quelquesois assez

fortement , sont passer jusqu'à l'Ame des

Une suite

Senfations qui l'émeuvent.

naturelle de cette émotion est le cours ir

régulier des Esprits dans différens Mus

.' Les contradictions qu'ils y exci

cles.

tent ,sont sentir à l'Ame qu'elle est douée

de la Faculté de

mouvoir : mais ce

n'est encore qu'un sentiment vague, con

sus , indéterminé.

L'Ame ne connoit

encore ni son Corps, ni l'Empire qu'elle

A 4
A
4

a

fi -Essai de a sur lui. Elle meut accidentellement,
fi
-Essai
de
a sur lui.
Elle meut accidentellement,

& fans dessein de mouvoir.

Elle ne se

détermine point; les Senfations la déter

minent. Rien ne se lie encore dans le Cerveau. Nulle reminiscence: Nul rap
minent.
Rien ne se lie encore dans le
Cerveau.
Nulle reminiscence: Nul rap

pel : Nulle imagination : La reminiscence

se sorme dans l'Ame , par le retour fré*

quent de la même Senfation , ou par sâ

liaison avec d'autres.

Le rappel & l'i-

magination sont des modisications de la

Force motrice , qui ne fauroient avoir

lieu qu'après un exercice réitéré de cette

Force.

Plus passive qu'active , plus

automate que libre , l'Ame obéit plus

qu'elle ne commande, elle est muëplus

qu'elle ne meut.

CHAPITRE

II.

De PEtat de VAme a la Naissance.

Ce n'est proprement qu'à la Naissan

ce que la Force Motrice de l'Ame

Diverses Cir

commence à se déployer.

constances concourent alors à mettre l'A

me

fi -Essai de a sur lui. Elle meut accidentellement, & fans dessein de mouvoir. Elle ne

£

Psychologie.

me dans une situation incommode & dou

loureuse, qui s'annoncent souvent par des

&

cris ,

toujours par des Mouvemens

plus ou moins sensibles de tout le Corps.

Les Esprits qu'une Puissance aveugle

chasse indistinctement dans tous les Mus

cles , les secouent ; & les contractent sor

tement.

Les Membres auxquels ces

Muscles aboutissent , dégagés des Liens

qui les tenoient auparavant enchainés, cè

dent avec docilité aux impressions qu'ils

reçoivent , & sont agités en différens sens.

Cette agitation se communique par le mo

yen des Nerfs à la Partie du Cerveau qui

répond à ces Membres, l'Ame acquiert

le sentiment de leur Existence.

Mais

ce sentiment est consus : L'Ame ne distin

gue point encore la Main du Pié , le

Ce n'est

côté droit du côté gauche.

que par une suite .d'Expériences , ou de

Tatonnemens , qui commencent peut-

être avant la naissance, que l'Ame s'ha

bitue à rapporter à leur véritable lieu les

senfations qu'elle éprouve, & à ne mou

voir précisement que les Membres qu'il

faut mouvoir.

On peut imaginer que

l'Ame commet d'abord bien des méprises:

mais ces méprises cessent peu à peu.

. À 5
.
À
5

Bien-

Essai

de

Bientôt les Esprits sont dirigés d'une ma

nière plus convenable : la Main ne reçoit

plus des ordres qui s'addreiïent au Pié ;

le Pié ne reçoit plusles ordres qui s'addres-

soient àla Main. L'Ame apprend à régner.

CHAPITRE III.

De PEtai de rAme

après

la Naissance.

Foi ble , chancelant, & borné dans

ses commencemens. ,

l'Empire de

fAme se sortisie, s'affermit & s'étend par

Chaque jour lui soumet de nou

dégrés.

Chaque heure , chaque

veaux sujets.

moment sont marqués par de nouveaux

rnouvemens , ou par de nouvelles Senfa

La Scène auparavant vuide se

tions.

remplit, & se diversisie de plus en plus.

Déjà les Sens ouverts aux impressions du

dehors, transmettent à l'Ame desébrart-

fcmens d'où nait une multitude de per

ceptions & de senfations différentes.

jà le Plaisir & la Douleur voltigent sous

iò Essai de Bientôt les Esprits sont dirigés d'une ma nière plus convenable : la Main

cent

Psychologie.

ii

cent sormes autour du Trône de l'Ame.

Amie du Plaisir , l'Ame jette sur lui des

regards empressés: elle lui tend les bras:

elle le faisit avec transport: elle s'efforce

Ennemie de la Douleur ,

de le retenir.

l'Ame se trouble, & s'aigrit à sa présen

ce: elle tâche de détourner la vue de des

sus le Monstre odieux qui l'obsède: el

le s'emeut ,

elle s'agite avec violence :

elle fait effort pour le repousser.

Les

Perceptions plus nettes, plus distinctes,

les Senfations plus vives, plus agissantes,

les Objets plus connus , plus déterminés ,

rendent lesVolontés plus décidées & plus

efficaces.

CHAPITRE IV.

De

Continuation du méme sujet. ,

de leur

la Liaison des Idées &

Rappel.

.

' -' *. ,} >!">(> n, irm*

m.'

",

'

.

Lt retour fréquent des rjïêrstej^^iia-

tions, les Rapports /que. dissidentes

perceptions , ou diffiérentesifrafatíons ont

Psychologie. ii cent sormes autour du Trône de l'Ame. Amie du Plaisir , l'Ame jette sur

ta

E

's

s

a

r

d

ë

entr'elles, soit dans la manière dont elles

sont excitées , soit dans les circonstances

qui les accompagnent, soit dans les effets

qu'elles produisent sur l'Ame , établissenc

entre les Idées une Liaison en vertu de la

quelle elles se rappellent réciproquement.

L'Auteur de notre Etre aïant voulu

que toutes nos Idées dépendissent origi

nairement des mouvemens , ou des vi

brations, qui sont excités dans certaines

Parties de notre Cerveau, le Rappel de

ces mêmes Idées dépend vraisemblable

ment d'une pareille Cause. II est une mo

disication de la Force Motrice de l'Ame,

qui en agissant sur les Fibres , ou sur les

Esprits , y occasionne. des mouvemens >

semblables à ceux que les Objets y onc

fait naître.

U Imagination qui d'un Pinceau sidelle

.

& délicat , retrace à l'Ame l'Image des

choses, n'est de même qu'une modisica

tion de la Force Motrice , qui monte les

Fibres ou les Esprits sur un certain ton,

approprié aux Objets qui doivent être re

présentés , & semblable à celui que ces

Objets y imprimeroieat par leur présen

ce.

Le

ta E 's s a r d ë entr'elles, soit dans la manière dont elles sont

Psychologie.

13

Le siège de l'Ame est une petite Ma

chine

&

prodigieusement composée ,

pourtant sort simple dans fa composition.

C'est un abrégé très complet de tout le

Genre Nerveux , une Neurologie en mi-

gnature.

On peut se représenter cet

admirable Instrument des Opérations de

notre Ame, sous l'Image d'un Clavelîìn,

d'une Orgue , d'une Horloge , ou sous

celle de quelque autre Machine beau

coup plus composée encore.

Ici sont

les Resforts destinés à mouvoir la Tête.

La sont ceux qui sont mouvoir les Ex

trémités. Plus haut sont les mouve- mens des Sens. Au desTous sont ceux
trémités.
Plus haut sont les mouve-
mens des Sens.
Au desTous sont ceux

de la Respiration &

de la Voix, &c»

Et quel nombre, quelle harmonie, quel

le variété dans les Pièces qui compo

sent ces Ressorts &

ces Mouvemensl

L'Ame est le Musicien qui exécute sur

cette Machine différens Airs, ou qui juge

de ceux qui y sont éxécutés, & qui les ré

Chaque Fibre est une espèce de

pète.

Touche , ou de Marteau destiné à rendre

un certain ton.

Soit que les Touches

soient muës par les Objets, soit que le

mouvement leur soit imprimé par la For

ce Motrice de l'Ame, le jeu est k même %

Psychologie. 13 Le siège de l'Ame est une petite Ma chine & prodigieusement composée , pourtant

il ne peut différer qu'endurée & en in

Ordinairement^nroresfion des

tensité.

jplus vive, que

Objets est plus durable.

Mais dans

celle de la Force Motrice, . :

les songes, & dans certaines maladies,

l'Imagination acquiert affez de sorce pour

élever ses Peintures au niveau de la réa

lité. ^ip <i?<i?si?<a?sj?íì?íì? íi?si?si?sì?si? .a? CHAPITRE V. Z)£ la Reminiscence.
lité.
^ip
<i?<i?si?<a?sj?íì?íì?
íi?si?si?sì?si? .a?
CHAPITRE
V.
Z)£ la Reminiscence.

La Reminiscence par laquelle l'Ame di

stingue les Perceptions qui l'ont déjà

affectée, des Perceptions nouvelles , pa-

roit d'abord n'être point comme le Rap

pel & l'Imagination , une Faculté , pour

ainsi dire , mixte , une Faculté qui tienne

autant au Corps qu'à l'Ame, ou à l'exer-

cice de laquelle le Corps concourt dire

II semble que ce soit une Fa

ctement.

culté purement spirituelle, ou qui n'ap

partienne qu'à l'Ame.

On est porté à

penser que l'Ame conservant le sentiment

il ne peut différer qu'endurée & en in Ordinairement^nroresfion des tensité. jplus vive, que Objets est

I5

Psychologie.

de toutes ses modifications , ce sentiment

est plus ou moins vif, plus ou moins di

stinct , suivant que les ébranlemens ont

été plus ou moins sorts , ou plus ou moins

répétés.1

Mais si l'on approsondit davantage ce

sujet, on reconnoitra que la Reminiscen

ce n'est pas d'une autre nature que le

Rappel & l'Imagination , & que toutes

ces Opérations de notre Ame peuvent

s'expliquer d'une façon également mé-

Pour le concevoir, il n'y a

chanique.

qu'à supposer que l'impreflìon que sont

sur l'Ame, des Fibres qui sont muës pour

la prémière sois, n'est pas précisement la

même que celle qu'y produisent ces Fi

bres lorqu'elles sont muës de la même

manière, pour la seconde, la troisième,

ou la quatrième sois.

Le sentiment

que produit cette diversité d'impression

est la Reminiscence.

On imaginera , si l'on veut , que les

Fibres qui n'ont point encore été muës,

& qu'on pourroit nommer des Fibres Vier

ges , sont par rapport à l'Ame , dans un

état analogue à celui d'un Membre qui

I5 Psychologie. de toutes ses modifications , ce sentiment est plus ou moins vif, plus ou

i6

Essai

ô

ë

seroít paralytique dès avant la naiísance,

L'Ame n'a point le sentiment de l'effet

de ces Fibres.

Elle l'acquiert au mo

A\-

ment qu'elles sont mises en action.

lors l'espèce de Paralysie cesse, & sAme

est affectée d'une Perception

nouvelle.

La souplesse, ou h mobilité de ces Fi

bres augmente par le retour des mêmes

ébranlemens.

Le sentiment attaché

à cette augmentation de souplesse ou de

mobilité, constitue la Reminiscence , qui

acquiert d'autant plus de vivacité que les

Fibres deviennent plus souples ou plus

mobiles.

Des Fibres auparavant mues ,mais dans

lesquelles il s'opère de nouveaux mouve-

mens , ou une nouvelle suite de mouve-

mens, font naître dans l'Ame de nouvel

les Perceptions.

La répétition plus fa

cile de ces mouvemens retrace à l'Ame

les mêmes Perceptions , & y excite la

Reminiscence de ces Perceptions.

L'Ame est presque toujours affectée k

la sois de plusieurs Idées.

Lorsqu'une

de ces Idées reparoit , elle reveille or

dinairement quelques-unes de celles qui

i6 Essai ô ë seroít paralytique dès avant la naiísance, L'Ame n'a point le sentiment de

I7

Psychologie.

I'accompagnoient , & c'est là une autre

source de la Reminiscence.

CHAPITRE

VI.

Continuation du même sujet.

Souvent à l'occasion d'une Idée,

l'Ame a le sentiment consus d'une au

tre Idée qu'elle cherche à rappeller. Pour

cet eífet , elle use de la Force Motrice

dont elle est douée: elle meut différentes

Touches; ou elle meut différemment les

mêmes Touches ,& elle ne cesse de mou

voir qu'elle n'ait disposé son Cerveau de

Plus

manière à lui retracer cette Idée.

les rapports de

deux Idées sont pro

chains , plus le rappel est prompt & far

cile.

Ces rapports consistent princi

palement dans une telle disposition des

Fibres , ou des Esprits , que la Force

Motrice trouve plus de facilité à s'exer

cer suivant un certain. sens r que suivant

tout autre.

Je m'explique.

L'Etat actuel de TOr-

gane

I7 Psychologie. I'accompagnoient , & c'est là une autre source de la Reminiscence. CHAPITRE VI. Continuation

i8

Essai

de

gane de la Pensée est un état détermi

Le passage de cet état à tous

né.

ceux qui peuvent lui succéder n'est pas

également facile.

II est des Tons, il est

des Mouvemens qui s'excitent les uns

les autres , parce qu'ils

dés fréquemment.

se sont succé

De cette succession

répétée nait dans la Machine une dispo

sition habituelle à exécuter plus facile

ment une certaine suite d'Airs , ou de

Mouvemens , que

toute

autre suite.

De là les différentes déterminations de

la Force Motrice dans le Rappel des

Idées.

CHAPITRE VII.

De PAttention.

Toutes les Idées qui affectent l'A-

me en même tems, ne l'affectent

pas avec une égale vivacité.

Cette di

versité d'impression dérive principalement

du plus ou du moins d'intensité des mou

vemens communiqués aux Fibres du Cer

veau.

i8 Essai de gane de la Pensée est un état détermi Le passage de cet état

io

Psychologie.

Mais l'Ame peut par elle-même.,

veau.

rendre très vive une impression très soi-

En réagissant sur les Fibres repré

ble.

sentatives d'un certain Objet , elle peut

rendre plus sort , ou plus durable , le

mouvement imprimé à ces Fibres par

l'Objet, & cette Faculté se nomme YAt

tention.

CHAPITRE VIII.

De VEtat de PAme privée de

Pissage de la Parole.

P en d an t que l'Homme demeure pri

vé de ce précieux avantage , la sphè

re de ses Idées est resserrée dans des

bornes sort étroites.

Toutes ses Per

ceptions sont purement sensibles, & n'ont

d'autre liaison que les circonstances qui

les ont vu naître , ou que les divers rap

ports qui resultent de la manière dont el

les ont été excitées.

Les Idées ne sont

revêtues que de signes naturels ; & ces

signes sont les Images que les Objets tra

cent

io Psychologie. Mais l'Ame peut par elle-même., veau. rendre très vive une impression très soi- En

ao

Essai

cent dans lc Cerveau.

de

L'Ame he peur

donc rappeller une certaine Idée , qu'au

tant qu'elle est actuellement occupée d'u

ne Idée ou d'une Image qui a un rapport

déterminé avec cette Idée.

L'Ame par

court donc la suite de ses Idées , comme

une suite de Tableaux.

Elle rappelle ses

Perceptions dans leur ordre naturel , ou

dans un ordre qui est à peu près le même

que celui dans lequel elles ont été pro

duites.

l'Idée d'un Arbre reveille cel

le d'un Bois: L'Idée d'un Bois reveille

celle d'une Maison qui s'y trouve placée :

l'Idée de cette Maison reveille celle des

Personnes qui y ont été vues : l'Idée de

ces Personnes reveille celle de leurs ac

tions: l'Idée de ces actions reveille celle

du plaiíir ou de la douleur qu'elles ont

La succession de ces Idées

causé , &c.

n'étant dans son origine que la succession

des Mouvemens imprimés aux Fibres,

dès que la Machine est déterminée à exé

cuter un de ces Mouvemens , elle se

trouve par cela même montée pour en

exécuter toute la suite.

Ainsi la Perception ou le Sentiment, le

Rappel, la Reminiscence, l'Imagination

&

ao Essai cent dans lc Cerveau. de L'Ame he peur donc rappeller une certaine Idée ,

2I

Psychologie.

& l'Attention , paroisfcnt être les seules

Opérations de l'Ame privée de l'ufage de

la Parole , ou dessignes arbitraires.

La

Mémoire entant qu'elle est la Faculté qui

rappelle ces signes , le Jugement & le

Raisonnement entant qu'ils sont l'expres-

sion articulée du rapport ou de l'opposi-

tion qu'on observe entre deux ou plusieurs

Idées, la combinaison arbitraire & réflé

chie des Idées , les abstractions Universel

les, ou ces Opérations par lesquelles on

sépare d'un Sujet ce qu'il y a de commun

avec plusieurs autres Sujets, pour ne rete

nir que ce qu'il y a de propre ; toutes ces

choses ne fauroient avoir lieu dans cette

enfance de l'Ame, parce qu'elles suppo»

sent nécessairement l'ufage des Termes

ou des Signes d'injlitution.

Les Juge-

mens que l'Ame porte alors sur les Objets

ne sont point proprement des Jugemens:

ils qe sont que le simple Sentiment de

l'Impresïïon de ces Objets.

Toute Sen

fation accompagnée de plaisir ,

incline

l'Ame vers l'Objet qui est la source de ce

plaisir.

Toute Sensation accompagnée

de déplaisir ou de douleur produit un effet

contraire.

Tout Objet dont l'impres-

sion ne dément point l'équilibre de l'A

me

3

2I Psychologie. & l'Attention , paroisfcnt être les seules Opérations de l'Ame privée de l'ufage de

S2

Essai

de

L'En-

me, est simplement apperçu.

fant qui n'articule point encore , ne com

pare pas entr'eux différens Objets : il ne

juge pas par cette comparaison de leur

convenance ou de leur disconvenance ;

mais il reçoit les impressions de différents

Objets, & il cède fans réflexion à celles

qui ont un certain rapport avec son état

actuel, ses besoins ou son bien -être.

II en est à peu près de même des Juge-

mens qu'il sorme sur les grandeurs & sur

les distances.

L'Objet que fa Main,

ou son Oeil faisiísent en entier, ne l'affecte .

pas de la même manière que celui sur le

quel fa Main ou son Oeil se promènent en

Du sentiment de l'étenduë dé

tout sens.

rive celui des distances.

Les Objets

interposés peuvent produire aux yeux de

l'Enfant l'effet d'un Corps continu.

Ces

Perceptions de l'étenduë , & de la dis

tance , se liant continuellement à de nou

velles Perceptions , & à de nouvelles Sen

fations, les Expériences se multiplient

fans cesse, & l'Imagination retraçant vive

ment tout cela , l'Ame se détermine en

conséquence.

Au

S2 Essai de L'En- me, est simplement apperçu. fant qui n'articule point encore , ne com

P Stî

KO

L

O

G

ì

L

23

Au m&feá.àBrJ.jIttention dont l'Ame

est douée, elie peut séparer la parue de son

tout, le mode .de son sujet; elle peut fai

re des abstractions partiales & des abstra

ctions modales, comme parlent lesMétha-

physiciens ; considérer la Main indépen

damment du Bras , la Couleur indépen

damment de la Figure : mais elle ne fau-

roit faire des abstractions universelles, par

ce que toutes ses Idées étant particulières

ou concrètes , toutes n'étant que des Ima

ges , & des Images d'Individus , chaque

Idée ne représente que l'Objet qui lui est

propre, & ne fauroit servir par elle-mê

me à représenter les Objets analogues,

encore moins à servir indifféremment à re

présenter toutes sortes d'Objets.

L'Idée

nécessairement l'Idée d'un

d'un Homme

certain Homme , de certains traits, d'un

certain vêtement , d'une certaine attitu

de, &c. tout est ici déterminé.

Mais

une Perception peut servir à rappeller la

Perception d'une chose dont l'Ame a un

besoin actuel ; & alors cette Perception

fait en quelque sorte l'office de Signe.

Ensin, la manière dont l'Ame privée

de la Parole exprime ses sentimens , ré

pond

P Stî KO L O G ì L 23 Au m&feá.àBrJ.jIttention dont l'Ame est douée, elie

44

Essai

de

pond tout- à -fait à la nature de ces Sen-

tímens ou de ces Perceptions.

Ce

sont des Sons , des Cris , des Mouve-

mens , des Gestes, des Attitudes, &c,

qui paroissent auflì liées avec les Senti-

mens qu'ils représentent , que ces Sen-

timens le sont avec les Objets qui les

excitent.

IX.

CHAPITRE

Réflexion sur P Ame des Bêtes.

Ce que je viens de dire surl'Ame Hu

maine privée de la Parole , peut

s'appliquer à l'Ame des Bêtes, Principe

immatériel , doué de Perceptions , de

Sentiment, de Volonté , d'Activité, de

Mémoire , d'Imagination ; mais qui ne

réfléchit point sur ses Opérations, qui ne

généralise point ses Idées, qui n'est point

susceptible de Moralité.

CHA-

44 Essai de pond tout- à -fait à la nature de ces Sen- tímens ou de
Psychologie. £5 CHAPITRE X.
Psychologie.
£5
CHAPITRE
X.

Comment VAme ,apprend a lier ses

Idées à des Sons articulés, & à

exprimer ces Sons.

»

En entendant souvent prononcer un

certain mot ,

a

la

vue

d'un cer

tain Objet , l'Enfant s'accoutume insen

siblement à lier l'Idce du mot à celle de

Cette liaison une sois sor

l'Objet.

mée , les deux Idées se rappellent reci

proquement : le mot devient signe de

l'Objet; l'Objet donne lieu de rappeller

le mot.

Mais l'Enfant ne se borne pas a ouïr

des Sons articulés: bientôt il cherche à

imiter ces Sons.

Soit que le Principe

de cette imitation dérive de quelque com

munication fécrette entre î'Organe de

l'Ouie & celui de la Voix , soit qu'il dé

coule simplement du plaisir que l'Ame

trouve à exercer fa sorce Motrice , & à

B

l'exer-

Psychologie. £5 CHAPITRE X. Comment VAme ,apprend a lier ses Idées à des Sons articulés, &

46

Essai

de

l'exercer d'une manière nouvelle ; soit

ensin qu'il naisse de l'Amour propre inhé-'

& en vertu

rant à la nature de l'Ame ,

duquel elle se complait à exécuter ce qu'el

levoit exécuter à d'autres; quelle que soit,

dis-je, l'origine de ce Principe, l'En-

fant commence à bégayer : il rend des

Sons: il répète ces Sons; il les diversi

sie plus ou moins.

Mais ce ne sont

point encore des Sons articulés: l'En-

íànt sent que ces Sons diífèrent de celui

qu'il entend prononcer.

II s'esforce

d'atteindre à une plus grande justesse.

  • II se rend attentif à tout ce qui s'offre a

II sixe les yeux sur celui qui parle :

hii.

il observe les mouvemens de ses Lèvres :

U

il tache d'imiter ces mouvemens.

fait divers essays :

il réitère ces essays.

Déjà il a fait entendre un Son qui se rap

proche beaucoup de celui qu'il veut imi

H íait. de nouvelles tentatives qui

ter.

le rapprochent de plus en plus du but.

Ensin il faisit le mot.

Le plaisir qu'il

en ressent l'engage à le répéter plusieurs

II s'affermit ainsi dans la pronon

fois. "

ciation de ce mot.

Ce premier pas

dans le Langage est bientôt suivi d'un se

cond.

La sormation d'un mot facilite

: celle
:
celle
Psychologie, g? ce}le de tous les mots analogues. Une
Psychologie,
g?
ce}le de tous les mots analogues.
Une

modisication conduit ici aux modisica

tions les plus prochaines.

Les Echel-

lons se multiplient de jour en jour : la

Chaîne s'étend continuellement : le Dic

tionnaire grossit; & l'Enfent parvient en

peu d'années à nommer tout ce qu'U

voit.

Xf.

CHAPITRE

Comment PAme apprend a lier (es

Idées à des Caractères y £5? à

former ces Caractères.

Ces Sons que fOreille de l'Enfànc

faisit , & que fa Voix exprime ,1'Art

fait les peindre à ses yeux par le secours

de quelques Caractères.

La même Fa

culté qui rend l'Enfant capable de lier

l'Idée d'un Son à celle d'un Objet avec

lequel cette Idée n'a aucun rapport néces

le met en état de lier de même

faire ,

l'Idée d'un Caractère ou d'une Figure à.

B a
B
a

cefc

a&

Essai

de

celle d'un Son avec lequel cette Idée n'a

pas un rapport plus nécessaire , ou plus

naturel.

L'Enfant apprend à écrire comme il

apprend à parler.

La Force Motrice

de l'Ame s'exerce sur les Fibres muscu

laires de la Main & des Doigts, comme

elle s'exerce sur celles de la Voix.

C'est

par l'exercice réitéré de cette Force sur

ces Organes, que l'Ame se rend insensi

blement maitresse de tous les mouve-

mens, & de toutes les infléxions dont

Us sont susceptibles.

II se sorme entre

l'Oeïl & la Main une correspondance

analogue à celle qui paroit regner en

tre l'Organe de l'Ouïe & celui de la Voix.
tre l'Organe
de l'Ouïe
&
celui de la
Voix.

CHA

a& Essai de celle d'un Son avec lequel cette Idée n'a pas un rapport plus nécessaire

Psychologie.

CHAPITRE XII.

s Etat de ' VAme douée de la

De

Parole.

Comment V Ame par

vient à universaliser jès Idées.

De la formation des Idées uni

verselles d'Homme 3 tífAnimal ,

de Corps Organizê, de Corps,

d'Etre.

Enrichi du Don précieux de la Pa

role , instruit dans l'Art ingénieux

de peindre la pensée, l'Homme est à por

tée de jouir de r.ous les avantages de la

Raison.

Le Cercle étroit de ses Idées

il em

va s'étendre de plus en plus , &

brassera ensin jusques aux Idées les plus

A l'état moins parfait d'E

abstraites. ,

tre purement sentant ,

succedera l'état

plus parfait d'Etre peniànt.

des choses ,

La nature

leurs qualités , leurs rap

ports, leur action, leurs changemens,

leurs successions, leurs ufages, leur du

rée ,exprimés par des termes , offriront au

B 3
B
3

Rai

r>

t.

  • 30 Essai

Raisonnement un sond d'Idées,' stir le

quel il s'exercera sans jamais l'épuiser.

L'Ame n'opérant plus simplement sur les

choses mêmes, ou sur leurs images, mais

encore sur les termes qui les représentent,

rendra chaque jour ses Idées plus généra'

les . ou plus universelles.

Ainsi en em

ployant le tenue à'Homme pour désigner

un certain objet déterminé , tous les ob

jets semblables seront représentés par le

même terme.

Si l'Ame porte ensuite

son. attention sur tout .ce qui est rensermé

dans l'Idée particulière de l'Homme qu'el

le a sous les yeux , si elle exprime par

des mots tout ce qu'elle y découvre, elle

parviendra à décomposer cette Idée en

d'aucres Idées qui seront comme les Elé-

mens de celle-là , & qui éleveront l'Ame

par degrés aux notions les plus univer

selles.' . . ., ' - ' .' . ' - G )
selles.'
.
.
.,
'
-
'
.'
.
'
-
G
)

Détachant donc de l'Idée particulière

d'utv certain Homme ce qu'elle a de pro

pre ou d'accidentel, & ne retenant que

ce qu'elle a de commun ou d'essentiel,

l'Ame se sormera l'Idée de F Homme en

Si elle ne sixe son attention

.général.

<jue sur la nutrition, le mouvement , .le.

^
^

sen-

Psychologie.

31

sentiment, elle acquerra l'Idée plus géné

rale & Animal.

Si elle ne retient de

l'Idée d'Animal que l'Organization, elle

acquerra l'Idée plus génerale encore de

Corps

Organizé.

Laissant l'Organi

zation pour ne considérer que l'Etenduë

& la Solidité , l'Ame se sormera l'Idée

du Corps en général.

Faifant encore

abstraction de l'Etenduë solide , & ne

s'arrêtant qu'à l'existence, l'Ame acquer

ra l'Idée la plus générale, celle de 1\E-

jS.es».,«e»5)

..

«««)>

..

«89».jK09J>

..

«MU.o*8toi

..

«««feJtOas

C'ff A PITRE

;

XIII.

Continuation du même sujet.

De kiformation des Idées de Pensée,

de Volonté,^ Liberté,^ Vrai,

de Faux , de Juste , Çfc , de Bien ,

£«rV, de Règle, de Loi.

Si au lieu de considérer l'Homme prin

cipalement par ce qu'il a de corporel,

l'Ame l'envifage sur-tout dans ce qu'il a

de spirituel, si elle désigne de même par

B 4
B
4

des

-32

Essai

de

des termes tout ce que ce nouvel examen

lui en sera connoitre, elle acquerra des

Idées d'un genresortdifférent, mais qu'el

le univerfalisera comme

les premières.

D'une pensée, d'une volonté , d'une ac

tion particulière , elle s'élevera par l'ab-

straction à la Pensée , à la Volonté , à la

JJberté en général.

De la consormité

ou de l'opposition de la Pensée avec l'é

tât des choses , l'Ame se sormera l'Idée du

Vrai & du Faux , de la Vérité & de Y Er reur. Faifant abstraction deXAgent,
Vrai &
du Faux , de la Vérité &
de
Y
Er
reur.
Faifant abstraction deXAgent,
& ne considérant l'action que dans ses
rapports avec le bonheur de THomme,
ou avec celui des Etres qui lui ressemblent,
elle acquerra les.Idées de YUtile , de Bien
&
de Mal,
de la Vertu
&
du Vice, du

Juste & de YInjuste, de THonefle & du

Déshoneste , de la Perfection & de l'/nz-

perfecïion , de YQrdre & du Désordre ,

du Beau Moral.

Par la connoissance du

Bien ou du Moral ,qui découle naturelle

ment du bon ou du mauvais usage que

THomme fait de ses Facultés ,l'Ame par

viendra à la notion de laRègle des Actions

Considérant ensuite cette

Humaines.

Règle comme la Volonté d'un Souve

rain ,TAme acquerra l'ldée de laLoi , &c

CHA

-32 Essai de des termes tout ce que ce nouvel examen lui en sera connoitre, elle

Psychologie.

33

CHAPITRE XIV.

Continuation du même sujet.

De laformation desidées tT Unité,

de Nombre , d'Etendue , £«fV ,

de Mouvement , de Tems.

Si détournant les yeux de dessus l'Hom-

me , l'Ame les porte fur les autres

Objets dont elle est environnée , & qu'el

le continue d'exercer la Faculté qu'elle

a d'abstraire , ses connoislances se multi

plieront en se diversisiant; la Memoire,

l'Imagination ,

&

le Raisonnement ac

querront un nouveau degré de sorce & de

La multiplicité , l'étenduë ,

persection.

les mouvemens & la variété de ces Objets

occuperont l'Ame tour à tour.

L'Ame

ne considérant dans chaque Objet que

l'existence, & faiíant abstraction de toute

composition & de tout attribut, elle ac

querra l'Idée d'Unité.

La collection

des Unités conduira l'Ame à la notion du

Nmbre , ou de la Quantité numérique,

B 5
B
5

Cet

$4

Essai

d

e

:

.Cette Notion s'étendra, &. se diversisier^

à.l'insini, si, ajoutant des Unités à d'au

tres Unités , ou combinant des Unités

avec d'autres Unités , l'Ame ne représen

te pas seulement par des termes, mais en

core par des Figures , ce qui resulcera de

chaque addition , ou de chaque combi

naison.

Si l'Ame considère chaque Ob

jet comme un composé de parties placées

immédiatement les unes à côté des autres,

ou 'les unes hors des autres , elle ac

SH'A-

querra la notion de YEtenduë.

ir^ ^egafde une certaine étendue , celle

de son doigt , ou de son pié ,par exemple,.

comme une Unité , & qu'appliquant cet

te.étendue sur une autre étenduë , ejle

recherche combien de sois celle-ci est

contenuë dans celle-là , ou combien de

fois celle-là est contenuë dans celje-ci,.

elle parviendra à mesurer l'Etenduë; &

comparant sécrettement l'étenduë des Ob

jets à celle de íbn Corps, elle nommera

grands ceux dont rétenduë lui paroitra

surpasser beaucoup celle de cette portion

de Matière à laquelle elle est unie : elle

nommera, au contraire, petits les Objets

.dont l'étenduë lui paroitra contenuë u»

grand nombre de fois dans celle de cette

... .
...
.

même.

Psychologie.

35

Si l'Ame

même portion de Matière.

considérant une étenduë comme immobi

le , voit un Corps s'appliquer successive

ment à différens points de cette étenduë ,

elle se sormera la notion du Mouvement.

Si l'Ame observe un Corps qui se meut

d'un mouvement unisorme dans une éten

due déterminée , & qu'elle conçoive cet

te étenduë partagée en parties égales ,

ou proportionnelles ,auxquelles elle don

ne les noms d'innées , de Mois , de

Jours, à*Heures, &c. elle acquerra l'I

dée du Tems.

Comparant ensuite les

divers mouvemens qui s'offrent à elle, a.

ce mouvement unisorme , comme a une.

mesure sixe , ou commune , elìe jugera

qu'un mouvement a plus >de : vitesse qu'un autre , quand il ,parcourt dan?
qu'un
mouvement a
plus >de : vitesse
qu'un autre ,
quand il ,parcourt dan?
le même tems une plus grande éten duë, &c. . . 1 ' i v;:ii s;1
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B
6
CITA-
Psychologie. 35 Si l'Ame même portion de Matière. considérant une étenduë comme immobi le , voit

%6

Essai

de

CHAPITRE XV.

Continuation du même sujet.

De la formation des Idées de Clas

ses 5 de Genres 5 ífEspèces.

Si l'Ame contemple les variétés des

Etres Corporels, si elle recherche

ce qui les distingue les uns des autres, &

qu'elle exprime par des mots les diverses

particularités qui s'offriront à ses regards,

elle se sormera bientôt des Idées de Distri

butions.

L'Ame ne descendant pas d'a

bord dans îe détail , & ne faifant attention

qu'aux traits les plus faillants , rangera-

dans le même ordre tous les Etres dans

Jesquels elle remarquera ces mêmes traits r

& cet ordre sera une Clajse.

En consi

derant les Objets d'un point de vuë moins

éloigné, & poussant plus loin l'examen,

l'Ame découvrira des particularités qui

lui apprendront que les Etres qu'elle a

rangé dans le même ordre, parce qu'elle-

ks

%6 Essai de CHAPITRE XV. Continuation du même sujet. De la formation des Idées de Clas

Psychologie.

37

les a cru semblables , diífèrent à bien des

égards ; & faisissant les caractères particu

liers qui les diíférencient le plus, elle err

compassera de nouveaux ordres subordon

nés au premier , & ces ordres seront- des

En étendant encore davanta

Genres.

ge ses Recherches, en observantjuíqu'aux

moindres traits , l'Ame appercevra de

nouvelles variétés : elle soudivisera donc

encore les derniers ordres en d'autres or

dres moins généraux , & ces ordres se

ront des Espèces. &c_

A L'aide de semblables Distributions r

& des noms que l'Ame imposera à cha

que Espèce , elle parviendra à ranger

dans ía memoire , fans consusion , les

Productions insiniment variées des trois

Regnes

..

Les Etoiles

qui paroissent

semées dans l'Etenduë , comme le Sable

sur le bord de la Mer , étant de môme

divisées par Constellations , & chaque Con

stellation étant représentée par un signe,.

ou exprimée par un mot, l'Ame parvien

dra àune connoissance exacte du Ciel, &;

a nombrer ce qui lui avoit d'abord paru

innombrable.

B >
B
>

CHAr

c

ii

a

p i r"k£'

xvi.

Continuation du méme sujet.

De la formation des Idées de Cause

6? ífEffet.

Si l'Ame s'arrêteà considérer la face

de la Nature , elle ne sera pas long-

tems à s'appercevoir que cette face n'est

pas constamment la même , mais qu'elle

change continuellement.

Elle obser

vera que chaque changement est toujours

la suite immédiate de quelque chose qui a

pfécedé. Gette observation conduira l'Ame à la notion de la Cause. & de Y Ef fet.
pfécedé.
Gette observation conduira
l'Ame
à
la notion de la Cause. & de Y Ef
fet.
:
v.

Considérant ensuite l'Univers comme

un Effet ,& concevant que cet Effet pour-

c ii a p i r"k£' xvi. Continuation du méme sujet. De la formation des Idées

roit ne pas être , ou être autrement, l'Ame

s'élevera à la notion de la Cause P r e-

iujere, ou de la Raison Suffi

sante de ce qui est,

CHA

c ii a p i r"k£' xvi. Continuation du méme sujet. De la formation des Idées

jo-

Psychologie.

, 41 A.PITRE

XVII.

'}[ "M i' ' Autres avantages de la Parole. Qu'elle fixé les Idées, qu'elle fortifie &
'}[ "M
i'
'
Autres avantages de
la Parole.
Qu'elle fixé les Idées,
qu'elle
fortifie &
augmente leurs Liai
sons.
QiCelle rend r Ame mai-
tì'cjje de leur arrangement.
De
;
tEtat Moral de quelques Peu-
.
pies de F Amérique.

L'u sage des Termes ne se borne pas

à multiplier .les Idées , à les univer

II les sixe , pour ainsi dire.?

faliser.

sous les yeux de l'Ame, il la rend mai-

tresse de les considérer aussi longtems-

qu'elle le veut , & sous autant de íaces

qu'elle le veut.

II facilite merveilleu

sement leur rappel , en multipliant à l'in-

sini les Liens qui les unissent.

Le sim

ple Son, lasimple Vue d'un mot suffit pour

rappeller à sAme une soule d'Idées , qui

ne tiennent souvent à ce mot que par une

certaine ressemblance d'expression r ou

par

jo- Psychologie. , 41 A.PITRE XVII. '}[ "M i' ' Autres avantages de la Parole. Qu'elle

jjo

Essai

o

k

Efi-

par des rapports encore plus legers.

fin, par l'ufage des Termes 1 Ame don

ne à ses Idées l'arrangement que les cir

constances exigent.

Elle dispose ainsi

de ses Idées comme bon lui semble , elle

exerce sur elles l'Empire le plus despo

tique.

Le langage est tellement ce qui perfec

tionne toutes les Facultés de l'Ame, que

la persection de ces Facultés répond tou

jours à celle du Langage.

Les Lan

gues des Nations les plus Barbares, sont

aussi les Langues les plus pauvres.

Tel

les sont celles de diverses Contrées de l'A-

Ces Langues

mérique Méridionale *.

manquent absoTument de Tenues pour

exprimer les Idées abstraites & universel

Les Idées de Tems , à*Espace ,

les.

d'Etre, de Substance , de Matière, de

Corps, n'ont aucun ligne qui les représen

te. H n'y a point non plus , dans ces Langues de Termes propres pour les
te.
H
n'y a point non plus ,
dans
ces Langues de Termes propres pour les
Idées de Fertu
, de Justice ,de Liberté,dé
Rcconneijsance , à1Ingratitude.
L'Arith-
'
'
-,
t
.
méti-
* Mr. de la Conbamine;
Relation des

Amazones»

jjo Essai o k Efi- par des rapports encore plus legers. fin, par l'ufage des Termes

Psychologie.

4

r

métique de quelques-unes de ces Con

trées ne va pas au delà du nombre de

L'Etat moral de ces Nations est

trois.

àpeu près celuid'une Enfance perpétuelle.

Si le Langage donne

nailîànce aux

Sciences & les persectionne , les Scien-

cesà leur tour persectionnent le Langage;

soit en Fcnriehissant de nouveaux Termes

& de nouveaux tours, soit en y répandant

l'ordre , la netteté , l'exactitude & la pré

cision.

CHAPITRE XVIIÍ.

De la Perfection, du Génie & de

V Origine des Langues en général.

.

L 'abondance des mots & la mul

titude des Inversions constituent la.

principale richesse d'une Langue.

Moins

de richesse, & même une sorte de pau

vreté peuvent être très bien compensés

par la clarté & le naturel.

Le

Psychologie. 4 r métique de quelques-unes de ces Con trées ne va pas au delà du

43

Essai

de

Le Génie des Langues paroit tenir

La flexi

principalement au Physique.

bilité & la délicatesse des Organes, leur

disposition à recevoir certaines impressions

& à les retenir , semblent imprimer à une

Langue le tour óu l'air qui la caractérise.

Le Moral aide au Physique en cultivant

ces dispositions.

Une imagination vi

ve, & si je puis m'exprimer ainsi, extrê

mement mobile, faisit tout, épuise tout.

Le Pinceau agit fans cesse ; le Coloris

domine; mais le Dessein est souvent peu

correct , & les Peintures sont char gées. L'Orient abonde en semblables Tableaux.
correct ,
& les Peintures sont char
gées.
L'Orient abonde en semblables
Tableaux.

Si nous recherchons la première origi

ne du Langage , & que nous consultions

la Genèse, nous la trouverons, ce sem

ble , dans l'ordre que Dieu donna à A-

Si

dam de nommer tous les Animaux.

nous ne consultons là-dessiis que la Rai

son , '& que nous supposions une Famille

sous la simple direction de la Nature,

nous croirons trouver cette Origine dans

les Sons, ou dans les Cris que lespremiers

besoins seront pousser aux Enfans, & qui

étant remarqués par les Parens, devien-

.

--

dront

43 Essai de Le Génie des Langues paroit tenir La flexi principalement au Physique. bilité &

Psychologie.

43.

dront par la suite signes d'institution de

ces mêmes besoins.

L'Ombre que tout Corps jette à la Lu

mière ajni donner naissance à la Peinture;

celle-ci à l'Ecriture.

A mesure que

la Raison s'estpersectionnée , elle a simpli

sié les signes ,. & les a rendus capables de

représenter un plus grand nombre de cho

ies.

Les Synbotes & les tlyéroglypbes

des Peuples les plus anciens justisient cet

te conjecture.

XIX.

;ï CHAPITRE

Réflexion fur le Langage des

Bétes*

Les Bêtes n'ont point proprement de

Langage, si l'on entend par là laFa

culté de parler ,celle de lier ses Idées à des

signes d'Institution.

Les Sons & les

Mouvemens par lesquels les Bêtes mani

sestent leurs sentimens ,leurs besoins, leurs

plaisirs, leurs douleurs , sont des Expres-

sions

Psychologie. 43. dront par la suite signes d'institution de ces mêmes besoins. L'Ombre que tout Corps
  • 44 E

E

S

S

A

I

D

de ces

sions naturelles de ces sentimens ,

besoins ,de ces plaisirs , de ces douleurs ;

& ces.Expressions sont invariables dans

chaque Espèce.

La connoislance de ces

Expressions fait la plus belle Parde de

l'Hisloire Naturelle des Animaux ; elle est

aussi celle qui exerce lc plus la Logique

Les

& la Sagacité de l'Observateur.

Phrases que le Perroquet étudie, & qu'il

répète si bien , ne prouvent pas plus qu'il

parle ,

que la prononciation des mots

d'une Langue ne prouve que celui qui

les prononce entend cette Langue.

Par

ler n'est point simplement rendre des

Sons articulés , c'est encore lier ces Sons

Les Bê

aux Idées qu'ils représentent.

tes ne fauroient sormer ces Liaisons. Tel

les sont les bornes éternelles que le Créateur a prescrit dans fa Sages se aux progrès
les
sont
les bornes
éternelles que
le
Créateur a prescrit dans fa Sages
se aux progrès de leur Intelligence.
Si

ces bornes ne subsistoient point , l'Hom-

me, ce Roi des Animaux , chancéleroit

fur son Trône.

CHA

44 E E S S A I D de ces sions naturelles de ces sentimens ,

Psychologie.

4^

XX.

CHAPITRE

De la variété presqulnfinie de mou

vement que la Parole imprime

au Cerveau.

Que la Nature

la Variété des Opérations de

nous font concevoir

ce Vtjcère

les plus grandes Idées de Jon Or-

.

ganization.

Lorsque l'on réfléchit sur la part

que les Sens ont à la production des

Idées , & que l'on considère qu'elle est

toujours occasionnée par quelque mou

vement qui se passe dans le Cerveau,

soit que ce mouvement dérive de Fim-

presïïon actuelle des Objets sur les Sens ,

soit qu'il ait sa source .dans l'impreffion

de la Force Motrice de l'Ame, on se

persuade avec raison que le Langage en

multipliant les Idées , ne fait que multi

plier les mouvemens de l'Organe de la

Nous ne faurions penser à

Pensée.

guelque sujet que ce soit , que nous ne

nous

Psychologie. 4^ XX. CHAPITRE De la variété presqulnfinie de mou vement que la Parole imprime au

46

E

S

S

A

I

D

E

'

nous représentions les signes naturels , ou

artisiciels des Idées rensermées dans ce su