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Le Quotidien de l’économie

de l’Economie @Quotidieneco Le Quotidien de l’économie N°01092 du Mardi 12 juillet 2016 Directeur de la

N°01092 du Mardi 12 juillet 2016

de l’économie N°01092 du Mardi 12 juillet 2016 Directeur de la publication : Thierry Ekouti Tél

Directeur de la publication : Thierry Ekouti

12 juillet 2016 Directeur de la publication : Thierry Ekouti Tél : (237) 242 00 17

Tél : (237) 242 00 17 31 / 243 42 88 32

: Thierry Ekouti Tél : (237) 242 00 17 31 / 243 42 88 32 E-mail

E-mail : quotidien_economique@yahoo.fr

COMMISSION DES MARCHES FINANCIERS

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Le gendarme de la Dsx est un mis en examen

Une information judiciaire est ouverte depuis mars 2013 contre Jean Claude Ngbwa, nouveau président de la Commission des marchés financiers, pour faux et usage de faux.

des marchés financiers, pour faux et usage de faux. PROMOTION Page 4 CAMEROUN Célestin Monga,
PROMOTION Page 4 CAMEROUN Célestin Monga, vice-président de la BAD L’instruction des filles booste le
PROMOTION
Page 4
CAMEROUN
Célestin Monga,
vice-président de la BAD
L’instruction des filles
booste le PIB
Cette statistique de la Banque mondiale démontre la né-
cessité d’« investir sur les adolescentes », thème retenu
pour l’édition cette année de la Journée mondiale de la
population, célébrée hier à Ngaoundéré.
Page 4
Il occupe
par ailleurs
le poste de
chef écono-
miste Gou-
vernance
économique
et Gestion
du savoir de
la Banque
africaine de
ELECAM
Déjà 6,2 millions
d'électeurs inscrits
A 45 jours de la fin des opérations de révision des listes
électorales, Elections Cameroon évalue l’opération depuis
hier à Yaoundé.
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DEVELOPPEMENT DURABLE
développe-
ment.
Comprendre les contours
de l’économie écologique
Lire notre cahier Agrobusiness Pp 7-10

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LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

PUBLICITÉ 2 L E Q UOTIDIEN DE L’E CONOMIE - N ° 01092 M ARDI 12

L’ÉVÉNEM ENT

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

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COMMISSION DES MARCHES FINANCIERS

Le gendarme de la Dsx est un mis en examen

Une information judiciaire est ouverte depuis mars 2013 contre Jean Claude Ngbwa, nouveau président de la Com- mission des marchés financiers, pour faux et usage de faux.

N ommé par décret prési-

dentiel le 29 juin 2016

comme président de la

Commission des mar-

chés financiers, Jean Claude Ngbwa ne peut pas encore jurer la main sur la Bible qu’il est d’une probité irréprochable. Surtout dans le marché financier qu’il doit désormais surveiller avec l’onction du chef de l’Etat Paul Biya. Et pour cause, « Le Quotidien de l’écono- mie » a retrouvé des faits judi- ciaires assez troublants sur cet inspecteur du Trésor né le 5 août 1965. En effet, le tribunal de Grande instance du Mfoundi, à tra- vers le juge d’instruction David Toulepi, a émis le 6 juin 2013, une « ordonnance à fin d’informer » contre Jean Claude Ngbwa. Ceci sur la base d’une plainte avec constitution de partie civile dépo- sée par un certain Roger Kamdem, directeur général de la Samiris en date du 14 mars 2013. Le TGI du Mfoundi a jugé suffisant des in- dices contre le nouveau président de la commission des marchés fi- nanciers pour « faux en écriture publique et authentique et dénon-

ciation calomnieuse ». Pour mieux comprendre cette af- faire troublante, il faut rappeler la première comparution de l’inculpé en janvier 2014. Ce jour-là, c’est le juge Aïssatou épouse Bello, juge d’instruction au TGI du Mfoundi, qui entend M. Ngbwa. Ce dernier est inculpé pour avoir « contrefait » ou « altéré « dans sa substance » un acte du président de la Commis- sion nationale anti-corruption (Conac) notamment en utilisant l’entête, la signature et le cachet d’une lettre dans laquelle il a intro- duit un contenu différent, portant dénonciation de fraudes par la so- ciété Samiris SA, compagnie d’as- surances et de réassurance auprès du secrétariat général de la Confé- rence interafricaine des marchés d’assurance (Cima). Par ailleurs, Jean Claude Ngbwa est accusé d’avoir dans les même cir- constances de temps et de lieu que dessus, fait auprès d'une autorité publique une dénonciation fausse susceptible d’entraîner des sanc- tions soit pénales, soit discipli- naires, à moins qu’il ne prouve qu’il avait de bonnes raisons de

moins qu’il ne prouve qu’il avait de bonnes raisons de croire aux faits dénoncés. Notam- ment,

croire aux faits dénoncés. Notam- ment, il aurait présenté une lettre prétendument signée par le prési- dent de la Conac à la Commission régionale du contrôle des assu- rances réunie à Abidjan le 26 octo- bre 2012. Laquelle a décidé du retrait des agréments de la société Samiris. Le juge va clairement in- diquer à l’inculpé qu’il est libre de

ne faire aucune déclaration et qu’il peut, s’il le souhaite, se faire assis- ter par un ou plusieurs conseils. Jean Claude Ngbwa va plaider « non coupable » et il repartira du tribunal en liberté sans caution. Mais l’affaire, elle n’est pas close.

La dénonciation de la Conac Lorsque la Justice se met en branle

dans l’affaire Jean Claude Ngbwa, la Commission nationale anticor- ruption, elle-même, tient à laver son honneur. Car le 30 juillet 2013, le juge d’instruction David Toulepi va convoquer Dieudonné Massi Gams pour être entendu. Le prési-

dent de la Conac a tôt fait de saisir le délégué général à la Sûreté na- tionale quelque temps avant (le 1er juin 2012) pour indiquer que « la dénonciation (appel à vigilance) en date du 25 mars 2012, envoyée

à la Cima, n’émane pas de la Conac

». Dieudonné Massi Gams se veut plus précis : « La lettre reçue par la Cima, portant le numéro

4100/073/B04420/Conac/Dec du 25 mars 2012 (pièce n°1) est un faux monté à partir d’une corres- pondance avec en-tête, signature et cachet que la Conac a adressée

à Monsieur Ekollo Moundi Alexan-

dre le 24 janvier 2012 dans l’affaire l’opposant à Monsieur Emmanuel Forson et la société Corlay Came- roun ». Enfin, M. Massi Gams déclare qu’à la date du 25 mars 2012, la Conac n’a enregistré aucun courrier à la sortie, comme l’attestent les deux registres A et B du courrier départ. Par ailleurs, il importe de noter que les lettres envoyées par la Conac sont datées avec un « dateur » et non à la main ».

Sylvain Andzongo

FAILLITE

Unfauxet usagede fauxfatal àSamiris

L’agrément de la compagnie d’assurance a finalement été re- tiré pour un déficit d’un montant d’environ 813 millions de FCFA.

A l’époque des faits, Jean Claude Ngbwa, le secré- taire général de la Confé- rence interafricaine des

marchés d’assurance (Cima), a dé- claré qu’un contrôle effectué au sein de la compagnie d’assurance Samiris en 2010 a révélé des be- soins de financement d’un mon- tant d’environ 813 millions de FCFA. Les responsables ont été sommés de mobiliser des finance- ments pour revenir à la hauteur de ce montant. Mais ils n’ont jamais réussi à trouver un plan de refinan- cement efficace. En conséquence, la Cima a retiré l’agrément de la compagnie camerounaise. Selon la Cima, « le retrait de l’agrément de cette compagnie d’assurance n’a pas été prononcé sur la base de ce document finalement faux, mais

davantage à cause de l’incapacité des dirigeants à recapitaliser l’en- treprise, deux ans après l’injonc- tion de la Cima ». En outre, l’on reproche à Samiris le fait que « La déclaration notariée de souscription et de versement n’était pas conforme aux disposi- tions de l’article 613 de l’Acte uni- forme Ohada relatif au droit des sociétés commerciales et du Gie ». En effet, explique le gendarme des compagnies d’assurances, le no- taire n’a pas pu certifier que le montant des souscriptions décla- rées est conforme à celui figurant sur les bulletins de souscription et que le montant des versements déclarés est conforme à celui figu- rant sur le certificat de dépôt. « Les noms des actionnaires souscrip- teurs Kamdem Roger et SGBM

noms des actionnaires souscrip- teurs Kamdem Roger et SGBM n’apparaissent pas sur le relevé du compte

n’apparaissent pas sur le relevé du compte augmentation de capital social. La société doit transmettre une analyse du relevé faisant res- sortir les versements effectués par tous les actionnaires », relève la Cima. Dans une interview accordée à « Cameroon tribune » le 22 janvier 2013, Jean Claude Ngbwa, le secré- taire général de la Cima, va révéler que Samiris a introduit un recours

de la Cima, va révéler que Samiris a introduit un recours Jean Claude Ngbwa, nouveau président

Jean Claude Ngbwa, nouveau président de la Commission des marchés financiers

en annulation de cette décision au- près du ministre des Finances. Mais, précise-t-il, «le recours ne bloque pas la procédure de liquida- tion. La liquidation est ouverte. Il va de soi que tout ce qui concerne Samiris est sauvegardé par l’admi- nistrateur provisoire, parce qu’il

est toujours en place, et devra faire l’objet d’une surveillance particu- lière jusqu’à ce que le liquidateur soit désigné». Finalement, le recours en réhabili- tation que Samiris avait déposé a été rejeté par le Conseil des minis- tres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances .

S.A

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CONJONCTURE

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

CAMEROUN

L’augmentationdel’instructiondesfillesaccroîtlePIBmoyende0,3%

Cette statistique de la Banque mondiale démontre la néces- sité d’« investir sur les adolescentes », thème retenu pour l’édition cette année de la Journée mondiale de la popula- tion, célébrée hier à Ngaoundéré.

L e Cameroun qui aspire à

l’émergence à l’horizon 2035

pourrait tirer grand profit de

l’instruction de la jeune fille.

C’est le point de vue d’un rapport de la Banque mondiale (BM) présenté hier à Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua, par Barbara Sow, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population. Selon Barbara Sow, une augmenta- tion de 1% de l’instruction des filles peut booster le produit intérieur brut moyen de 0,3%. Le thème « in- vestir sur les adolescentes », retenu cette année pour la célébration de la journée mondiale de la population est donc interpellateur pour un pays comme le Cameroun dont la situa- tion des adolescentes n’est guère re- luisante. C’est le cas par exemple de l’Adamaoua dont la capitale a abrité hier, la cérémonie officielle cette année, sous la présidence du minis- tre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), Louis Paul Motaze. Dans cette région baptisée « Châ-

teau d’eau » du Cameroun, le taux de scolarisation y est particulière- ment faible. Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INS), il est estimé à 56% pour les adolescentes, alors qu’il est 74,5% pour l’ensemble du pays. Ici, les pa- rents, relève l’INS, préfèrent occuper leurs filles dans les travaux champê- tres ou des tâches ménagères. De même qu’ils les envoient précoce- ment en mariage. La preuve de cette dernière réalité a d’ailleurs été don- née hier avec le témoignage émou- vant de l’Honorable Aîcha Hawa, la députée junior de l’Adamaoua. Cette dernière, les larmes aux yeux, a avoué avoir été mariée contre sa vo- lonté à l’âge de 15 ans à un homme qui pouvait être son père ou son grand-père. Des situations comme celles-là sont récurrentes et sont la résultante de la tradition, qui dans les régions sep- tentrionales, présente encore mal- heureusement des aspects quelque peu rétrogrades. Conséquences, 39% des adolescents dont l’âge varie entre 15 à 19 ans sont mariées et ex- posées aux grossesses précoces, ce

sont mariées et ex- posées aux grossesses précoces, ce Louis Paul Motaze, Minepat qui est un

Louis Paul Motaze, Minepat

qui est un frein pour leur éducation. Surtout que sur le plan national, 25% des décès maternels surviennent chez les adolescentes. Sur les 7 000 femmes qui meurent chaque année, ou bien 20 par jour selon le dé- compte de l’UNFP, presque 04 de ces décès les adolescentes. Toutes choses qui contrastent avec la vision de l’UNFP, dont sa représen- tante pense qu’ « investir massive- ment en faveur des adolescentes,

c’est-à-dire investir dans leur santé, leur éducation, leur emploi et ren- forcer la lutte contre les pratiques néfastes à leur épanouissement, sont parmi les dépenses de dévelop- pement les plus rentables et effi- caces pour réduire la pauvreté. Selon la Banque mondiale, précise- t-elle, investir dans les filles adoles- centes est le moyen le plus efficace de rompre la transmission intergé- nérationnelle de la pauvreté. Le plus souvent les filles adolescentes mères

de misère qui peut et doit s’arrêter ». Pour le Minepat, « laisser libre cours à cette situation serait simplement démissionner de nos responsabilités de parents et éducateurs. Il est donc nécessaire, voire urgent d’inverser la tendance…Nous devons agir en consacrant davantage de temps et de moyens pour accompagner la jeune fille dans cette phase critique de son développement », tranche-t- il.

donnent vie aux enfants pauvres et,

Blaise Nnang

c’est le cycle vicieux de pauvreté et

à Ngaoundéré

APPUIS

30millionsdeFCFA

enfaveurdelacom-

munedeNgan’ha

Face à la situation critique de la jeune fille dans la région de l’Adamaoua, outre les multiples actions déployés par les pouvoirs publics en faveur des adolescentes, le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire est engagé dans des actions spécifiques. C’est par exemple le cas avec le sous-programme de réduc- tion de la pauvreté à la base pour le développe- ment des activités génératrices de revenus. Dans le cadre de ce sous-programme, Louis Paul Mo- taze a annoncé hier la mise à disposition des moyens financiers en faveur des communes de Ngan’ha et de Dir dans la Région de l’Adamaoua. La première d’entre elles a d’ailleurs bénéficié d’un montant de près de 30 millions de FCFA. Des chèques ont été remis aux représentants de 40 groupes bénéficiaires, à l’occasion de la célébra- tion de la journée mondiale de la population, ainsi que des équipements au Centre d’écoute de la commune de Dir. En plus, a annoncé le Minepat, la mise en place dans les prochains jours de l’agro- pole de poissons de Bankim, et l’opérationnalisa- tion des agropoles viande bovine de Banyo et de Meiganga, celui de maïs de Nyamboya, partici- pent de cette logique d’accroissement du pouvoir d’achat des populations, de créations d’emplois et de richesses. Tout ceci fait dire à Louis Paul Mo- taze qu’il est possible d’atteindre l’objectif « zéro déscolarisation de la jeune fille et « zéro grossesse à l’adolescence ».

FINANCE

Célestin Monga nommé vice-prési- dent de la BAD

Il occupe par ailleurs le poste de chef économiste Gou- vernance économique et Gestion du savoir de cette ins- titution bancaire.

et Gestion du savoir de cette ins- titution bancaire. tamment, aux opérations et dans le département

tamment, aux opérations et dans le département de la re- cherche, comme économiste principal en Europe et en Asie centrale, et directeur de l’équipe chargée de la revue des politiques à la vice-prési- dence en charge de l’économie du développement. Titulaire d'un Diplôme d'études approfondies de l'Université Paris-Sorbonne, Célestin Monga a enseigné à l’université de Boston aux

États-Unis, et à l’université de Bordeaux en France. Il est connu au Cameroun comme l’un des opposants les plus re- doutables au régime Biya. Ce qui lui a valu son exil politique dans les années 1990. Il est au- jourd’hui auteur de plusieurs livres et rédacteur de la partie consacrée à l’économie dans la nouvelle Encyclopédie de l’Afrique (2007).

Sandrine Gaingne

S elon un communiqué

de presse rendu public,

hier 11 juillet 2016, le

Camerounais Célestin

Monga est le nouveau chef économiste et vice-président Gouvernance économique et gestion du savoir de la Banque africaine de développement (BAD). Il a été nommé à ce poste dimanche dernier. Une consécration pour le Camerou- nais, qui était jusque-là direc- teur général adjoint de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), structure au sein de laquelle il a occupé plusieurs postes de responsa- bilité. Notamment les fonc- tions de vice-président du Comité chargé de la stratégie. Et en tant que tel, il a contri-

bué à repositionner cet orga- nisme comme partenaire in- contournable dans la mise œuvre de l'agenda mondial

2030.

La nomination de Célestin Monga à la BAD le ramène dans un secteur d’activité qu’il connait pour l’avoir longtemps pratiqué. Avant son exil au Etats-Unis d’Amérique pour des raisons politiques, il a tra- vaillé dans le secteur bancaire au Cameroun. Ancien cadre de

la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Cameroun (Bicic) devenue Bicec, il a par la suite déposé ses valises à la Banque mon- diale. Pendant près de 20 ans, il a occupé plusieurs postes de responsabilité dans cette insti- tution de Bretton Woods. No-

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CONJONCTURE

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TRAVERSEE DU LOM

Le bac et les contrôles étouffent la production agricole

C’est ce qui ressort des plaintes de la plupart des produc- teurs de la partie de la commune de Bétaré-Oya située après le Lom.

Nous n’avons souvent que nos yeux pour pleu- rer les pertes subies

chaque année dans nos productions du fait de l’existence de ce bac », expose Azia Doko, le chef du village Touraké, situé à quelques encablures du fleuve Lom sur lequel circule l’ouvrage in-

criminé. C’était au cours d’une ré- cente rencontre avec les responsables du Mouvement prio- ritaire pour des actions en faveur de l’enfance et de la jeunesse (Mo- pafej), organisation de la société civile chargée, dans le cadre du plan de gestion environnementale et sociale (PGES) du projet de construction du barrage de Lom Pangar, de la mise en œuvre d’un projet d’élaboration participative des plans de développement lo- caux dans les communautés du canton Laï de la commune de Bé- taré-Oya. A la suite d’Azia Doko, d’autres planteurs de ce village et d’autres voisins rapportent que « les coûts pratiqués par la com-

«

mune de Bétaré-Oya pour la tra- versée du fleuve Lom constituent le principal obstacle de l’écoule- ment de nos récoltes ». Au niveau des responsables de cet ouvrage et dans les villages, l’on parle de « 20.000 FCFA en aller et retour pour les gros porteurs, 2.000 francs Cfa pour les petits véhicules de transport et 500 FCFA pour les motos ». Dans le même temps, les individus doivent débourser 2.500 FCFA pour aller à Bétaré-Oya. Face aux plaintes des riverains, Justin Adamou Iya, le maire de la com- mune de Bétaré-Oya se justifie : « Ces différents coûts de la traversée du bac sur le Lom ont été homolo- gués par une délibération du conseil municipal. » Mais les villa- geois insistent : « Ce sont ces coûts de traversée qui font fuir surtout les petits véhicules mieux adaptés pour le transport de nos produits vers la ville de Bétaré-Oya ». Postes de contrôle « La traversée du fleuve Lom par bac n’est le seul obstacle à notre

du fleuve Lom par bac n’est le seul obstacle à notre Un camion à la traversée

Un camion à la traversée du fleuve Lom par le bac

épanouissement économique. Nos souffrances viennent également des multiples postes de contrôle de police qui jalonnent les quelques 30 km qui séparent Bouli, le principal bassin de pro- duction agricole de cette com- mune, et Bétaré-Oya », précisent les producteurs agricoles locaux. Difficile de croire le contraire au vu du nombre, pas moins de sept

postes de contrôle, soit quatre avant le bac et trois après, que l’on croise en parcourant cet axe rou- tier. A ce propos, une colère source traverse les populations lo- cales à chaque période de récoltes depuis environ trois ans. Idem chez les conducteurs de petits vé- hicules de transport en commun qui se disent « étouffés par ces hommes en tenue ». « Parce que les policiers apprennent que sur le bac, on s’acquitte des droits de traversée sans peine, ils décident de nous arnaquer à tous les coups sous le prétexte de l’insécurité

ambiante alors qu’ils ne procèdent à aucun contrôle d’identité de nos passagers », affirment les chauf- feurs de Bétaré-Oya qui parcou- raient cet axe. Du coup, en faisant les calculs sur les prix sur le mar- ché de certaines denrées alimen- taires auxquels il faut ajouter les coûts de transport (2.500 FCFA en aller et retour pour les petites voi- tures, 1.500 FCFA pour la traversée du bac et 1.000 FCFA par poste de contrôle), les planteurs préfèrent se contenter du seul marché pé- riodique hebdomadaire de Bouli sur lequel ils peuvent écouler toutes leurs productions agricoles. « Nous ne pouvons pas aller ven- dre une cuvette de couscous à 3.000 FCFA à Bétaré-Oya alors que sur place, nous avons la possibilité de l’écouler à 2.000 FCFA », indi- quent des riverains qui partici- paient à la réunion évoquée supra. Ils estiment que « si les pouvoirs publics ne se saisissent pas au plus vite de ce dossier, c’est toute l’éco- nomie locale qui va prendre un coup dans une commune où nous nous battons pour développer une alternative à l’exploitation de l’or qui va bientôt disparaître ».

Bernard Bangda, de retour de Bouli

EXPLOITATION MINIERE

Lesconditionsde

travaildécriéesdans

leschantiersminiers

Selon le rapport d’une mission du Cadre d’appui et promotion de l’artisanat minier (CAPAM) datant d’avril 2016, « dans la région de l’Est, 1545 em- ployés, soit 799 camerounais, 451 chinois et 05 grecs, travaillent 84 sites miniers actifs identifiés ». Ce qui fait plus d’un tiers de présence étrangère. Avec une prédominance chinoise, 35,93%, pour moins de 1% pour les Grecs. Dans le détail, à Bé- taré-Oya, sur un total de 632 employés, on re- trouve 389 Camerounais et 243 Chinois. A Garoua-Boulai, sur 190 employés recensés, 100 sont camerounais et 90 de nationalité chinoise. 276 employés travaillent dans la zone de Ngoura/Colomine dont 165 camerounais et 111 chinois. A Batouri, seuls 12 expatriés, soit 07 Chi- nois et 05 Grecs côtoient les 145 camerounais re- censés par la mission du CAPAM. Pour les riverains que le reporter de LQE a approchés au cours de l’atelier récemment organisé à Bertoua du 30 juin au 1er juillet 2016 par le service national « Justice et Paix », « ce sont les violations des dispositions du Code du travail camerounais dont ils sont au- teurs qui font problème avec ces exploitations mi- niers asiatiques ». Et dans sa 2è livraison de mai 2016, « Ressources », le bulletin d’information de l’association « Forêt et développement durable (FODER) » résume ces violations en « Absence de sécurité sociale, absence de protection de l’em- ployé, salaires insignifiants ».

B.B

CARRIERE

Le Camerounais Younouss Djibrine brigue un second mandat à l’Upap

L ’élection au poste de

secrétaire générale de

l’Union panafricaine

des postes (Upap) va

se jouer à l’occasion de la 9è session ordinaire de la Confé- rence des plénipotentiaires qui se tient du 11 au 25 juillet à Yaoundé. Le Camerounais et actuel se- crétaire général de cette orga- nisation, Younouss Djibrine, entend briguer un second mandat. Cette information a filtré d’une une note du co- mité d’organisation de la 9è session ordinaire de la Confé- rence des plénipotentiaires de l’Union panafricaine des postes (Upap) qui se tient du 11 au 25 juillet à Yaoundé. Lors de la cérémonie d’ouver- ture de cette 9è session, You- nouss Djibrine a évité de

parler directement à la presse de cette candidature. Il s’est juste contenté d’un discours- bilan.

Aussi a-t-il déclaré : « j’aime- rais mentionner au nombre des étapes clés franchies dans la mise en œuvre de nos pro- jets, sans en exclure d’autres, l’amélioration de la qualité de service, l’augmentation du nombre de pays ayant déposé une demande de certification par l’UPU [l'Union postale universelle], l’utilisation ac- crue des outils/systèmes d’évaluation de la QCS, Storm, le démarrage du projet pilote de commerce électronique ainsi que l’identification prio- ritaires à prendre en compte dans le cadre de l’élaboration de la stratégie postale mon- diale d’Istanbul ». Agé de 57 ans, le secrétaire général sortant de l’Upap a été élu à ce poste le 13 juillet 2012 à Addis-Abeba, en Ethio- pie, au cours de la 8ème ses- sion ordinaire de la Conférence des Plénipoten- tiaires de l’organisation. Ins-

pecteur principal des postes et télécommunications (P&T) hors échelle, il est diplômé de l’Ecole nationale supérieure des P&T de Yaoundé, promo- tion 1980-1983. Au poste de Secrétaire général, Younouss Djibrine joue le rôle critique de coordination et de mise en œuvre des décisions des or- ganes de l’Upap, sous la su- pervision du Comité de gestion du Secrétariat géné- ral. L’Union a récemment adopté une nouvelle vision, une mis- sion et des objectifs straté- giques qui sont destinés à transformer les services pos- taux en Afrique afin qu’ils puissent répondre aux be- soins et aux attentes de la clientèle, et à assurer la viabi- lité de la poste dans un envi-

ronnement

de

communication très concur- rentiel. L’Upap est une institu- tion spécialisée de l’Union

L’Upap est une institu- tion spécialisée de l’Union africaine (UA) a été créée en 1980 suite

africaine (UA) a été créée en 1980 suite à une décision de la Conférence des plénipoten- tiaires réunissant 35 pays membres. Avec son siège à Arusha, l’Upap compte pré- sentement 43 pays membres. L’organe suprême de déci- sions de l’Union est la Confé- rence des plénipotentiaires qui est composée des minis- tres en charge de la Commu- nication et des Technologies de l’Information des pays membres, qui se réunit tous les quatre ans en session or- dinaire pour examiner et ap- prouver le Programme d’actions quadriennal, les pla- fonds de budget pour le cycle quadriennal, élire le Secré- taire général et son Adjoint entre autres. La Conférence se réunit aussi en session ex- traordinaire si nécessaire.

S.A

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ENTREPRISES

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

CONFLIT

Leprésidentdessous-traitantsd’Eneosedésolidarise delagrève

Alors que Victor Ekang Es- seing estime que tous les préalables n’ont pas été respectés, certains de ses collègues le soupçonnent d’avoir perçu de l’argent pour se désister.

L a grève annoncée pour hier

lundi 11 juillet 2016 par les

prestataires du concession-

naire public de l’électricité

au Cameroun, Energy of Came- roon (Eneo) n’a plus eu lieu. Aucun sit-in n’a été observé devant la di- rection générale d’Eneo, encore moins sur les différents chantiers

dans lesquels les entreprises sous- traitantes sont engagées. Rien ne filtre sur cet échec syndical que d’aucuns qualifient de volte-face. Tout ce qu’on sait, c’est que cer- tains membres de l’Association des entreprises d’électricité et d’eau du Cameroun (Aseelec) et leur

d’électricité et d’eau du Cameroun (Aseelec) et leur président Victor Noé Ekang Es- seing ne sont

président Victor Noé Ekang Es- seing ne sont pas sur la même lon- gueur d’onde. Surtout en ce qui concerne la tournure des événe- ments. Alors que celui-ci se dés- olidarise de cette grogne, le camp d’en face l’accuse de traitrise. « Aseelec en tant que mouvement national n’est pas impliquée dans cette grogne. C’est un certain nombre de personnes qui ont lancé cette grève ; elles l’ont fait sans respecter la procédure. Le

préavis de grève doit être déposé 15 jours avant à la direction géné- rale. Ce sont quelques agités qui veulent nous créer des problèmes », accuse Victor Ekang, joint au té- léphone, avant de rappeler la place qu’Eneo Cameroon occupe dans le portefeuille client du grou- pement. « Eneo est la poule aux œufs d’or. Si elle meurt nous tous on meurt avec elle », avertit le président. Si le discours de ce dernier tant à

prôner l’apaisement, les autres prestataires du concessionnaire public de l’électricité ne l’enten- dent pas de cette oreille. Le prési- dent national d’Aseelec, dénigrent-ils, aurait subi d’énormes pressions et perçu de l’argent pour se dissocier de cette manifestation. « Nous l’avons consulté avant de déposer le préa- vis de grève. Le président nous a confié au téléphone qu’il était de tout cœur avec nous. Il a même dit que quelqu’un d’autre peut si- gner la lettre de préavis vu qu’il n’est pas dans la ville de Douala », explique un chef d’entreprise, en promettant que l’actuel président sera remplacé. L’autre élément de réponse qui pourrait justifier ce retournement serait la réunion de concertation entre le concession- naire et ses sous-traitants. Cer- tains prestataires auraient en effet rencontré le DG d’Eneo, Nana Kontchou, au cours de la matinée d’hier. Mieux, « l’on est en train de traiter leurs dossiers, preuve que nous dialoguons en perma- nence », nous a rassuré une

source au sein de la direction gé- nérale. En attendant d’y voir plus clair, c’est une partie de ping-pong qui se joue entre Victor Ekang et une partie des adhérents. La lettre de préavis de grève, si- gnée du secrétaire général natio- nal d’Aseelec, Simon Lapnet, fait suite au non-paiement des pres- tations depuis octobre 2015 par la structure que dirige Joël Nana Kontchou. Aussi le fait que «l’ac- tuel DG avait promis de régulariser notre situation au plus tard le 30 juin 2016, mais rien n’a été fait jusqu’ici. Plus grave, il a toujours refusé de nous rencontrer, malgré les multiples démarches, préférant nous envoyer des directeurs qui n’ont pas le droit de signature. Nous réclamons beaucoup d’ar- gent à l’entreprise. Sans compter les 4,5 milliards de FCFA que nous devait Aes Sonel, et que l’entre- prise a promis régler, dans le cadre du passif d’Aes », expliquait dans les colonnes de LQE un pres- tataire la semaine dernière.

Christian Happi

AFRIQUE CENTRALE

SouthAfricanAirwaysveut

améliorersonréseauderoutes

La compagnie aérienne South African Airways (SAA), leader parmi les compagnies aériennes sur le continent africain, annonce qu’elle va améliorer son réseau de routes en Afrique centrale en se fo- calisant sur une grande amélioration des services, dès le 31 juillet 2016. A partir de cette date, in- dique SAA, elle continuera à desservir Cotonou au Bénin en introduisant un nouveau secteur entre Libreville et Cotonou. La compagnie aérienne sud- africaine déclare qu’elle a obtenu les droits de tra- fic pour prendre et déposer les passagers entre Libreville et Cotonou dans les deux directions. Par ailleurs, l’entreprise va reprogrammer son réseau pour offrir un vol de Johannesburg à Brazzaville, avec le même vol qui va continuer à Pointe Noire, au Congo. Le retour va partir de cette ville jusqu’à Brazzaville, où le vol va ensuite retourner dans la capitale sud-africaine. « les destinations que nous desservons en Afrique centrale, avec le temps de vol qui est légèrement plus de cinq heures depuis Johannesburg, sont le mieux desservies avec ce programme de vol amé- lioré qui offre à certains marchés des vols non- stop à partir de Johannesburg. En même temps, nous offrons à nos très chers clients une plus grande fréquence et plus de connexions à travers notre hub à l’aéroport international OR Tambo où ils peuvent ensuite avoir accès à tout le réseau de la compagnie South African Airways », déclare Aaron Muntesi, directeur général commercial en poste de SAA. La compagnie sud-africaine dessert cinq destinations en Afrique centrale : Kinshasa en République démocratique du Congo, Douala au Cameroun, Brazzaville et Pointe Noire en Ré- publique du Congo et Libreville au Gabon.

HEBERGEMENT

MeEmmanuel Mbiam veutconstruireun hôtel quatreétoilesà Yaoundé

Sa société immobilière, la SCI Hôtel Cristal Etoile compte parmi les entreprises et PME qui ont signé des conventions dans le cadre de la loi sur les incitations à l’investissement privé, vendredi dernier à Yaoundé.

M e Emmanuel

Mbiam, l’ho-

norable dé-

à

l’Assemblée nationale pré- pare déjà ses coupes d’Afrique des nations (CAN 2016 et 2019). Le promoteur de la société immobilière, SCI Cristal Etoile entend construire un hôtel 04 étoile de classe internationale dans la ville de Yaoundé, l’une de celles qui abriteront ces compétitions de foot- ball. C’est pour lui, une façon d’œuvrer dans l’aug- mentation de l’offre en nom- bre de chambres en prélude à ses compétitions interna- tionales qui devraient drai- ner un surplus de population dans les villes qui vont l’abri-

puté

ter. La SCI Cristal Etoile fait partie des 09 entreprises et 02 Petites et moyennes en- treprises (PME) qui ont signé des conventions avec l’Etat du Cameroun, repré- senté par le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technolo- gique, Ernest Gbwaboubou. Ces conventions leur don- nent droit aux avantages prévus dans la loi du 18 avril 2013, portant code des inci- tations à l’investissement privé en République du Ca- meroun. Le coût de l’inves- tissement projeté par la structure de Me Emmanuel Mbiam est d’environ 03 mil- liards de FCFA, pour un nom- bre d’emplois projetés de 160. Parmi les autres entre-

bre d’emplois projetés de 160. Parmi les autres entre- prises ayant signé des conventions avec l’Etat

prises ayant signé des conventions avec l’Etat du Cameroun, il y a également la société Safacam S.A qui fait dans l’industrie agro-ali- mentaire, et qui envisage construire une nouvelle usine moderne et étendre ses plantations. Ceci pour des investissements nou- veaux de l’ordre de 15,6 mil- liards de FCFA et créer 196 emplois nouveaux. Les au- tres bénéficiaires se recru- tent dans les secteurs de l’agro-alimentaire, l’indus- trie manufacturière, la santé et la pêche industrielle. Des secteurs identifiés comme prioritaires par le gouverne- ment et une niche de crois- sance, pouvant conduire le Cameroun vers l’émergence, dixit Ernest Gbwaboubou. Pour ce qui est plus spécifi- quement des PME, la société Kasor Agri Bio va désormais bénéficier des dispositions de la loi sur les incitations à l’investissement privé dans la mise en place d’une ferme industrielle à Tibati, pour un

Me Emmanuel Mbiam et Ernest Gbwaboubou, Minmidt

investissement de plus de 06 milliards de FCFA, pour 507 emplois. Pendant que l’Eta- blissement Keuni Foods va étendre son unité de trans- formation des épices et aro- mates en assaisonnements culinaires à partir des épices locales à Douala. Pour Marthe Angeline Minja, le directeur général de l’Agence de promotion des investissements (API) qui a accompagné ces entreprises dans la signature de ces conventions, son rôle ne s’arrête pas après la signa- ture des conventions, mais sa structure œuvre aussi dans le suivi de ces entre- prises. Mais pour le mo- ment, beaucoup d’entre sont encore à la phase d’ins- tallation qui dure 05 ans.

B.N

AgroBusiness

Agro Business AGRICULTURE ELEVAGE GREEN BUSINESS DEVELOPPEMENT DURABLE LE CAHIER DU MARDI CHAMP TOTAL Le sucre

AGRICULTURE ELEVAGE GREEN BUSINESS DEVELOPPEMENT DURABLE

LE CAHIER DU MARDI

CHAMP TOTAL Le sucre n’a pas manqué !!! Ce jour ou demain mercredi, les fidèles
CHAMP TOTAL
Le sucre
n’a pas
manqué !!!
Ce jour ou demain mercredi, les
fidèles musulmans du Came-
roun fêtent la fin du jeûne du
Ramadan. Cette période consi-
dérée comme celle de grande
consommation du sucre est tel-
lement vite passée qu’on ne l’a
presque pas sentie passer. Nos
petits carreaux blancs de sucre
étaient toujours présents dans
les échoppes du quartier. Sur-
tout, leur prix n’a du tout pas
changé. Au ministère du Com-
Les énarques autour de Ferdinand Ngoh Ngoh, le SG de la président de la République, 8 juillet 2016
DEVELOPPEMENT DURABLE
merce, on est même été très
rassurant. De ce côté-là, on in-
dique que les stocks de sucre
actuellement disponibles sur le
marché sont suffisants pour ne
pas envisager une quelconque
rupture dans les prochains
mois. « Globalement, plus de
55 000 tonnes de sucre sont
physiquement présentes sur le
territoire, pour un besoin es-
timé sur les 4 prochains mois à
un maximum de 42 000 à 44
000 tonnes. 46 000 tonnes sont
disponibles dans les magasins
de la Sosucam, dont plus de 1
200 tonnes dans les entrepôts
de N’Gaoundéré. Sur Douala, il
Comprendrelescontoursdel’économieécologique
Cette notion a été mise en lumière le vendredi 8 juillet 2016 à travers un colloque international organisé par
l’Association des anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de France à Yaoundé.
V oilà une nouvelle ap-
proche de développe-
ment que les énarques
offrent aux acteurs
économiques dans un contexte
de changement climatique. Les
fondements de l’économie écolo-
gique, toile de fonds du colloque
international tenu à l’Ecole natio-
y
aurait encore plus de 5 000
tonnes de sucre immobilisées
au port autonome », confiait
un responsable au ministère du
Commerce en fin de semaine
dernière. Et là, il ne s’agirait
que des stocks officiels, ceux
issus de la contrebande n’étant
pris en compte. De là à se poser
la question où sont passées la
pénurie de sucre et la sur-
chauffe des prix annoncées à la
veille du jeûne Ramadan, il n’y
nale d’administration et de magis-
trature (Enam) sous le patronage
du président de la République re-
montent aux années 1960 et
1970. Période marquée par la
prise en compte des questions
environnementales dans le
champ des analyses écono-
miques. Et le professeur Fridoline
Ngo Nonga de rappeler qu’il est
devenu indispensable de tenir
compte des préoccupations éco-
de capital naturel dans les proces-
sus de développement. Il s’agit
d’un ensemble d’éléments fournis
par la nature dont les générations
futures ne sauraient se passer.
D’où l’importance de l’adoption de
règles de prudence dans l’exploi-
tation des ressources non renou-
velables qui nécessite une
utilisation limitée. Mais aussi la
mise en valeur des ressources re-
nouvelables dans le respect de
leur capacité de régénération. La
dernière règle prudentielle en ma-
tière d’économie écologique étant
la prise en compte des déchets re-
jetés dans la nature et qui impo-
sent de nouvelle capacité
d’assimilation dans les écosys-
tèmes.
Ferdinand Ngoh Ngoh relevait par
exemple, les difficultés que ren-
contres les paysans qui attestent
un caractère de moins en moins
régulier du rythme des saisons.
Pour lui, « plus qu’une probabilité,
c’est une certitude que si rien
n’est fait, le bouleversement des
écosystèmes va se poursuivre et
s’intensifier ». Pour exprimer l’en-
gagement du Cameroun, le SG de
la présidence de la République a
annoncé la ratification imminente
de l’accord de Paris sur le climat
après le passage dans les deux
chambres du Parlement au cours
de la session de juin 2016.
ture pour l’élevage des porcins.
Ces résidus favorisent aussi la
croissance de cochons et amélio-
rent la qualité de leur viande.
Alors que l’excédent d’eau des
brasseries peut aussi être donné
aux cochons. Et les déjections des
Ondevrasepréoccuperun
peuplusdelasatisfaction
desbesoinsdespopulations,
desconflitsd’usagedes
ressourcesd’eauetd’énergie,
dufoncier,delaproximitéet
delaconcurrenceentrele
développementdesactivités
agricolesetdesactivités
a
qu’un pas. Une prédiction
alarmiste devenue comme une
rengaine, voire une épée de Da-
moclès, présentée toujours à
cette période de l’année par
les pourfendeurs des importa-
tions de sucre au Cameroun.
Une option qui ne profiterait
qu’aux importateurs pour ce
produit de grande consomma-
tion, qui rentre au Cameroun
affranchi du paiement des
droits de douane. L’on com-
prend aisément que cette
fausse menace de pénurie n’a
rien à voir avec la demande du
marché local en sucre, qui pa-
logiques dans les décennies à
venir.
« On devra se préoccuper un peu
plus de la satisfaction des besoins
des populations, des conflits
d’usage des ressources d’eau et
d’énergie, du foncier, de la proxi-
mité et de la concurrence entre le
développement des activités agri-
coles et des activités industrielles
tout en intégrant dans le dévelop-
pement humain, la question des
espaces naturelles sensibles » ex-
plique Pr. Ngo Nonga devant au
grand amphi de l’Enam le 8 juillet
2016.
Faisant appel aux courants de
l’économique écologique d’une
part et de l’économie de l’envi-
la
Blaise Nnang
ronnement d’autre part, l’ensei-
gnante de l’université de Yaoundé
II explique que l’économie écolo-
gique exige le maintien d’un seuil
Le contexte de l’Accord de
Paris de 2015
Des préoccupations qui rejoignent
celles du gouvernement. C’est ce
qu’à expliquer Ferdinand Ngoh
Ngoh, le Secrétaire général de la
présidence de la République qui a
ouvert le colloque organisé par les
anciens énarques venus d’Afrique
et d’Europe. « La préservation du
capital naturel de la planète est
une nécessité pour les pays afri-
cains qui subissent les effets des
changements climatiques », re-
commande Ferdinand Ngoh Ngoh.
Il souligne d’ailleurs, en guise de
diagnostic que « le monde ne peut
plus ignorer les conséquences des
activités humaines sur l’environ-
nement. A commencer par la ré-
currence des catastrophes, des
inondations ».
Dans le domaine de l’agriculture,
Les déchets deviennent
une source de production
Pour joindre la parole aux actes,
parmi les exposés, celle du Dr
Fouda représentant du ministère
de la Recherche scientifique et de
l’innovation a bien donné le ton. Il
a montré des expériences d’autres
pays en matière d’implémentation
de l’économie écologique. À titre
illustratif, l’on a démontré comme
la production de la bière peut être
un exemple de valorisation des
déchets obtenus après la fermen-
tation des graines. Ainsi, une fois
que les graines sont exploitées
pour la bière, une partie peut être
utilisée en boulangerie comme
substitut à la farine.
Dans un système d’économie cir-
culaire, le substrat obtenu dans la
production de la bière peut servir
pour cultiver les champignons.
Après la récolte, des champi-
gnons, le support de culture plus
riche en protéine sert de nourri-
industrielles
raît bien fourni, mais plutôt, ca-
cherait mal les intérêts égoïstes
de certains importateurs. Ren-
dez-vous l’année prochaine, à
même période.
cochons peuvent être réintégrer
dans le système de recyclage pour
obtenir deux produits. Le mé-
thane utilisé comme source
d’énergie et une solution fertili-
sante qui est libérée grâce à la
photosynthèse peut servir pour
un élevage avicole.
Cette chaîne de produits dérivés
est vectrice de valeur ajoutée et
montre que l’utilisation optimale
de la matière première tout au
long des différents cycles de pro-
duction favorise aussi la création
d’emplois et de richesse tout en
préservant l’environnement.
Pierre Nka
 

LE CAHIER

AGROBUSINESS

 

8

DU MARDI

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

PERFECTIONNEMENT

Les boursiers de l’Institut agricole d’Obala en Israël

Il s’agit d’une formation préparatoire à la création des agrobusiness dès leur retour.

L a technique de production de tomates par goutte à goutte. La transformation des fruits de la récolte en la-

boratoire. Voilà quelques activités qui occupent les boursiers de l’Ins- titut agricole d’Obala (IAO) en stage en Israël. Les boursiers ont été sélectionnés par une déléga- tion venue d'Israël et par visiocon- férence. Les élèves sont ceux qui font la série agricole de la seconde en terminale AG. Et la durée de stage en Israël est de 11 mois. Les boursiers pendant le stage tra- vaillent dans les fermes agricole et les laboratoires agricole et de l’éle- vage. Ceci moyennant un petit sa- laire qui leur permettra une fois de retour comme un fond pour dé- marrer leur projet et implémenter les valeurs reçues. Outre la pra- tique, il faut relever que c’est d’abord l'université agricole israé- lienne Agrostudies qui les accueille

agricole israé- lienne Agrostudies qui les accueille et les place dans les lieux de stages en

et les place dans les lieux de stages en même temps qu’ils suivent des cours théoriques. Au bout de cette phase, ils passeront un examen en vue de l’obtention d’un diplôme in- ternational. Cette action s’inscrit comme la continuation d’un partenariat entre l’IAO et Israël. À côté de ce pays, l’IAO bénéficie de l’accom- pagne sur ses bases de l’appui de la Suisse, pionnier des partenaires. Un plan de développement est d’ailleurs en étude pour courir jusqu’en 2021. Ouvert avec un ef- fectif de 30 élèves qui suivaient leur cours dans des bâtiments en matériaux provisoires, l’IAO compte aujourd’hui 700 appre- nants dans les cycles complets du secondaire technique et générale mais aussi une ouverture dans la formation universitaire avec un BTS en entrepreneuriat agricole. La première cuvée de ces BTS est at- tendue à la fin de l’année acadé- mique en cours. Pour assurer la bonne marche de la

acadé- mique en cours. Pour assurer la bonne marche de la Elève de l'Institut agricole d'Obala

Elève de l'Institut agricole d'Obala en stage en Israél

chaîne de production, des champs écoles, sont disséminés sur le site de trois hectares qui abritent l’école mais aussi dans d’autres sites. Notamment Batchenga où se trouve un champ semencier de maïs et dans la localité de Bilong qui sert de ranch expérimental pour l’élevage. C’est le sens de la formation duale que défend l’équipe pédagogique de l’IAO. En

effet, cette approche pédagogique offre la possibilité aux agriculteurs ou aux candidats dès la classe de 6ème, d’acquérir des compétences pratiques dans un domaine de la production agropastorale, de la gestion des entreprises agropasto- rales ou de la commercialisation. Cet esprit entrepreneurial est l’œu- vre Louis Ndjié, le directeur général de l’IAO. Ingénieur agronome il est sorti des écoles françaises au début des années 2000 avec un rêve : bâtir un projet pour l’avenir de son pays. A 48 ans, Louis Ndjié est l’incarnation d’une recherche scientifique de type appliquée. Il a réussi à transposer les idées soute- nues dans son mémoire de fin d’étude en une réalité concrète en

2003.

Pierre Nka

RECHERCHE

L’université de Dschang explique l’implantation de la FASA à Bafia

Depuis le mois de mai, une annexe de la Faculté d’agronomie et des sciences agricoles est offi- ciellement créée dans cette ville chef-lieu du dé- partement du Mbam et Inoubou.

B afia fut le chef-lieu de

l’ancien département du

Mbam dont la superficie

était supérieure à celle

de certaines provinces du Came- roun. Aujourd’hui, cette ville est l’épicentre économique et poli- tique du Mbam et Inoubou, dans la région du Centre. Il s’agit d’une zone où le climat, le relief et la vé- gétation favorisent le développe- ment d’une activité agricole et d’élevage très diversifiée. Au mo- ment où l’exigence de la profes- sionnalisation et d’une formation fonctionnelle est un leitmotiv es-

sentiel de l’enseignement supé- rieur, le choix de Bafia pour abri- ter une annexe de la FASA est une chance pour cet établissement de mettre sur le marché de l’emploi des ressources humaines compé- titives et compétentes. Historiquement en effet, l’État ca- merounais avait déjà adopté, pour l’ancien Centre universitaire de Dschang, la création de pôles de formation de terrain dans toutes les zones agro-écologiques du Cameroun. D’où les cinq an- tennes pédagogiques ou de re- cherche (Yaoundé, Ebolowa; Maroua, Bambui, Belabo). Mais il manquait dans le dispositif actuel une zone aux atouts de Bafia. La localité offre en effet à la FASA une opportunité de développer des itinéraires techniques inno- vants et des activités génératrices de revenus sur de vastes éten- dues. La clémence du relief (de plaine) et l’étendue des terres permettent d’expérimenter effec- tivement dans le cours de la for- mation une agriculture de deuxième génération caractéri- sée, entre autres, par une mécani-

caractéri- sée, entre autres, par une mécani- sation de la production. L’implantation d’une annexe de

sation de la production. L’implantation d’une annexe de la FASA à Bafia pourrait par ailleurs être perçue comme un effort de l’Université de Dschang, en concordance avec l’importante élite du Mbam, de rapprocher la

formation supérieure des jeunes d’une région très dynamique. Par ailleurs, dans le département du Mbam et Inoubou, il existe déjà des centres de formation en agri- culture du niveau du secondaire et post-secondaire. L’implanta-

tion d’une annexe de la FASA achève ainsi une offre globale de formation avec toutes ses compo- santes.

Source :

www.univ-dschang.org

 

AGROBUSINESS

LE CAHIER

9

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

DU MARDI

YVONNE TAKANG «L’Etatetlesbailleurs defondsdoiventéva- luerlesprojetsagri- colesqu’ilsfinancent» Le Secrétaire

YVONNE TAKANG

«L’Etatetlesbailleurs

defondsdoiventéva-

luerlesprojetsagri-

colesqu’ilsfinancent»

Le Secrétaire exécutif de l’Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs (Acdic) porte un re- gard sur la communication dans le secteur agropas- toral au Cameroun.

Vous avez procédé à la distribu- tion des téléphones portables à certains paysans à la fin du sémi- naire de sensibilisation sur les techniques d’information, de né- gociations et de plaidoyer tenu à Yaoundé à la fin du mois de juin 2016. Pour quel intérêt ? L’utilité c’est de regrouper l’en- semble des producteurs. Le pay- san du Nord doit connaître celui du Sud et celui de l’Est doit connaître celui de l’Ouest. Et ainsi de suite. Ils doivent être au cou- rant de la nature et de la quantité de leur production. Il est donc question de partager ces informa-

tions. Nous avons pensé qu’il faut non seulement s’arrimer aux tech- nologies de l’information et de la communication. Il s’agit aussi d’un test pour voir comment ils font pour communiquer. S’il y a un qui est au courant d’un projet agricole est-ce qu’il va informer son frère de l’autre côté. Donc nous avons pensé que ce serait nécessaire de leur donner ces ou- tils de communication pour faire un test et voir comment ils com- muniquent entre eux et parta- gent les informations dans les projets agricoles.

et parta- gent les informations dans les projets agricoles. De façon générale on a les pro-

De façon générale on a les pro- grammes ACEFA, AFOP, et d’au- tres multitudes de projets du ministère de l’Agriculture et du développement rural et celui de l’Elevage, des pêches et des in- dustries animales. Quel est le re- gard que vous portez sur ce qui est fait en matière de communi- cation et l’impact ? Je pense qu’il serait important pour l’Etat et surtout pour tous ces bailleurs de faire une évalua- tion. Nous avons non seulement le budget national pour l’agricul- ture et il y a ces bailleurs qui ac- compagnent. J’ai envie d’attirer l’attention et de demander aux bailleurs de fonds d’évaluer à chaque fois. Le tout ce n’est pas

de mettre de l’argent à la disposi- tion de l’Etat pour la production agricole et que demain quand il n’y a pas production qu’on n’en puisse pas tirer les leçons. J’ai l’im- pression qu’on n’évalue pas pour voir si l’argent qui a été alloué a produit quelques choses sur le terrain. Je pense que pour tous les projets en cours, l’on devrait veiller à ce que l’argent qui est al- loué à la production agricole puisse être utilisé pour cette fin.

Est-ce que c’est cette absence d’évaluation qui justifie aussi les pénuries qu’on observe sur le ter- rain ? C’est exact. Si l’argent n’a pas été utilisé pour produire on n’aura

pas de production c’est une réa- lité.

Est-ce que les téléphones porta- bles que vous mettez à la dispo- sition des producteurs ne peuvent pas aussi aidez à évaluer le niveau de prix sur le marché national? C’est aussi l’un des pans de notre action. Ils vont rassembler les in- formations au niveau de leur loca- lité et les orienter ou les remonter au niveau régional et à notre ni- veau. C’est aussi ça l’objectif. Nous on veut avoir des données chiffrées venant des producteurs. Est-ce qu’ils pourront nous parta- ger ces informations afin d’avoir une base de donnée consolidée à l’échelle nationale. Parce c’est à partir de leurs données qu’on peut avoir un aperçu réel de ce qui se fait sur le terrain. Quand l’ACDIC donne les chiffres ils pro- viennent des producteurs. L’im- pulsion que nous voulons donner va aussi permettre de donner de la matière à notre département étude et enquêtes. Ce sont les membres des comités locaux qui seront à la manœuvre pour la col- lecte des données dans leur bas- sin de production. Nous avons cherché des gens qui font partie des organisations paysannes et qui ont de la renommée dans leur localité respective.

Propos recueillis par Pierre Nka

des organisations paysannes et qui ont de la renommée dans leur localité respective. Propos recueillis par
 

LE CAHIER

AGROBUSINESS

 

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DU MARDI

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

DE L’E CONOMIE - N ° 01092 M ARDI 12 JUILLET 2016 PROJETS AGRICOLES Les attentes

PROJETS AGRICOLES

Les attentes des paysans camerounais

Le Quotidien de l’Economie s’est rapproché de quelques agriculteurs im- plantés dans les localités disséminées dans les qua- tre coins du pays. Ils por- tent leur regard sur l’action du gouvernement en ma- tière de modernisation des filières agricoles.

S iméon P. cultivateur de pomme de terre dans la lo- calité de Bangwa dans la ré- gion de l’Ouest est un

homme remonté face à l’action des acteurs gouvernementaux en charge de la conduite des politiques agricoles dans sa localité. Cultiva- teur sur un hectare et demi, le quin- quagénaire pense que « le gouvernement a des bons projets mais ces bons projets restent dans les paroles. » Et d’ajouter « lorsqu’on quitte le stade des pa- roles, le projet calle dans les bu- reaux et les stylos détournent l’argent orienté pour le financement des projets ». Plus amère sur l’atti- tude du gouvernement, ce produc- teur de pomme de terre, un aliment très prisé dans tous les ménages du Cameroun s’offusque « des col- loques, séminaires, ateliers qui ne sont que des moyens de détourner l’attention du paysan sur ses objec- tifs de production ». Pour ce cultivateur, il faut que l’Etat repense la façon de relancer l’agri-

culture. « Nous pensons que l’Etat doit travailler en collaboration avec les producteurs. Il faut que chaque fois qu’il y a une commission de 10 personnes qu’on invite cinq admi- nistrateurs et cinq paysans pour les débats et les projets soient bien montés » explique Siméon P. A titre illustratif, le cultivateur de pomme de terre, membre d’une coopéra- tive de producteur dénonce les pra- tiques dans les subventions en

producteur dénonce les pra- tiques dans les subventions en semences que le gouvernement ap- porte aux

semences que le gouvernement ap- porte aux agriculteurs. Pour lui sans faire de distinction, il arrive généralement que des se- mences adaptées pour les zones de basse altitude se retrouvent dans les zones de hautes altitudes ou en- core que les semences adaptées pour les régions sahéliennes soient distribuées dans les zones fores- tières. La conséquence de cette mé- connaissance des réalités du terrain est telle que « généralement la levée est de moins de 30% au cours d’une saison. Ce qui montre qu’on tournera à perte sans une récolte abondante à cause du mauvais choix des semences par l’Etat ».

Absences d’informations sur les prix Toujours sur le plan de l’accompa- gnement, Siméon P. explique que les producteurs non plus besoins de porte-tout, des brouettes et autres machettes pour l’amélioration des productions. « Pour lui est temps qu’après 50 ans, que l’Etat favorise la consolidation des coopératives afin que les coopératives se mettent

en synergie pour avoir leur équipe- ment pour labourer de vastes éten- dues mais aussi avoir des bonnes machines adaptées pour les ré- coltes. Il y a des tracteurs pour la production et les tracteurs pour les récoltes » conclut Siméon P. re- monté qu’il est à cause de l’incapa- cité de la plateforme des organisations des producteurs des secteurs de l’agriculture, élevage, pêche et sylviculture. Ce regroupe- ment créé en 2006 croupit dans une guerre de leadership tant au niveau régional que national. Plombant du même coup la volonté des paysans à produire pour l’amé- lioration de leur condition de vie. Une agricultrice, producteur de maïs, manioc, de pomme de terre et de pistaches à Kumba dans la ré- gion du Sud-Ouest reconnaît que l’absence une instance faîtière des producteurs du secteur agropasto- ral est un frein au niveau de la com- mercialisation du fruit de leur dure labeur. « L’information sur les prix posent un problème pour les petits paysans qui ne sont pas au courant de ce qui se passe dans les grandes villes. Les intermédiaires spéculent sur les prix de toutes les cultures dans les zones de productions » ex- plique avec beaucoup de regret la cultivatrice son nourrisson entre les mains. Les lueurs d’espoirs reposent sur la collaboration en gestation entre la Rural development Centre (Rudec), l’organisation de produc- teurs à laquelle, elle appartient et les partenaires allemands intéressés par la transformation du manioc.

Exonération

intéressés par la transformation du manioc. Exonération fiscale sur les ma- Les paysans veulent l'exonéra-

fiscale

sur

les

ma-

Les paysans veulent l'exonéra- tion fiscale pour l'acquisition des machines

Les payans veulent être im- pliqués dans la définition des programmes de développement agropastoraux

chines M. Dawal, producteur de semence de maïs et d’arbre fruitiers dans la région du Nord reconnaît qu’il y a une amélioration dans la communi- cation sur les projets agricoles. Sa production de 80 000 tonnes de maïs pour servir de semence aux paysans. Si le gouvernement ne ra- chète pas sa production, il s’engage lui-même dans la recherche des ac- quéreurs. Il a eu la chance que le gouverne- ment achète une partie de sa se- mence dans le cadre du Programme maïs en 2015. Sauf que jusqu’à ce jour il n’a pas reçu la totalité de son paiement. En mai 2016, 31% de sa facture lui a été versé. Le reste sera payé dans une échéance consé- quente au gouvernement soit deux tranches 29% et 40% jusqu’à la fin de l’année. C’est la promesse du mi- nistère de l’Agriculture et du déve- loppement rural (Minader). Dans cette hypothèse, s’il est encore sol- licité pour la prochaine campagne, il lui restera encore la facture de 2016 qui ne sera réglée qu’en 2017. Mais le plus dure dans la production de maïs dans la région du Nord, le plus grand bassin du pays réside au niveau de la transformation de la production. En effet, depuis 2014, les productions sont satisfaisantes dans l’ensemble de la région, sou- ligne le producteur de semence de maïs. C’est la commercialisation est bloquée par la mauvaise organisa- tion des paysans, poursuit-il. Avec pour seule préoccupation : com-

ment s’organiser pour chercher les clients ? Pour ce sexagénaire, « le problème de l’agriculture de se- conde génération c’est l’agriculture industrielle, il faut que l’Etat accom- pagne les producteurs dans la trans- formation et commercialiser les matières premières en farine et au- tres choses pour garantir la sécurité alimentaire ».

60% de pertes post-récoltes dans le Nord Actuellement selon les estimations, les pertes post-récoltes dans la fi- lière maïs avoisinent 60% dans la ré- gion du Nord. Il n’y a pas d’unité de stockage regrette ce producteur du département de la Bénoué, dans la partie rurale de l’arrondissement de Garoua 3. Dans cette zone d’éle- vages, le semencier regrette aussi l’absence d’investisseurs dans la production de la provende pour la consommation du bétail. Et pour in- verser la tendance, l’agriculteur ap- pelle à une politique d’exonération dans l’achat des machines de trans- formations des 200 000 tonnes de maïs que la coopérative à laquelle il est membre produit. La production serai d’ailleurs plus abondante s’il l’on affine l’inventaire dans le Mayo Rey, le bassin principal de la produc- tion de maïs dans la région du Nord. L’absence d’une unité de valorisa- tion de la production de maïs est aussi un frein au décollage de l’éle- vage industrielle dans la région sou- ligne M. Dawal. Il regrette aussi que cette mauvaise organisation des producteurs a ouvert les portes à l’irruption des intermédiaires qui achètent à vil prix auprès des pro- ducteurs pour revendre dans les marchés frontaliers du Tchad et dans une partie du Nigeria.

Pierre Nka

auprès des pro- ducteurs pour revendre dans les marchés frontaliers du Tchad et dans une partie

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A UJOURD’H UI

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RENTREE SCOLAIRE 2016-2017

Le coup de pouce presqu’illégal des élèves aux parents

Au lendemain de la remise des bulletins de fin d’année dans les écoles et lycées du pays, en mai dernier, de nombreux jeunes d’à peine 18 ans ont pris d’assaut les rues des grandes villes pour y faire du petit commerce.

P ar centaines voire des mil-

liers, ils sont nombreux, ces

enfants âgés de 7 à 17 ans,

qui arpentent les rues de la

capitale économique, depuis le début des grandes vacances en mai 2016, pour y faire du petit com- merce. Barres de chocolat, bonbons, eau glacée, maïs grillé, arachides (bouillies ou grillées), safous et plan- tains rôtis, tout y passe. Les vacan- ciers, qui parcourent à longueur de journée les quartiers de Douala, semblent déterminer à contribuer aux préparatifs de leur rentrée sco- laire. « Je vends les arachides bouil- lies, afin de gagner un peu d’argent qui me permettra d’acheter des ca- hiers et livres lors de la prochaine rentrée scolaire, d’ici septembre 2016 », explique le petit Rostand, 10 ans. Selon ses déclarations, ses pa- rents mènent une activité peu lucra- tive dans la banlieue de Bépanda Casmando, dans l’arrondissement

de Douala Vème. « Papa est menui- sier et maman vend les vivres frais au marché Sandaga », confie-t-il, ajoutant que c’est pour leur donner un coup de main, qu’il mène cette activité temporaire. Comme Rostand, qui est élève en classe de 5ème au lycée de Bé- panda, Hélène Tchiepou a, au lende- main de la remise des bulletins de fin d’année, installé un petit four à charbon à l’entrée de leur domicile du quartier New-Deido, dans l’arron- dissement de Douala 1er. Objectif :

vendre autant de maïs grillés et sa- fous rôtis que possible, afin d’aider les parents à mieux préparer sa ren- trée scolaire et celle de ses trois pe- tits frères. « Cela fait un mois que je vends du maïs frais grillé, avec les prunes. Et ça passe bien, les clients en redemandent. Mes clients sont les papas et autres grands frères du quartier. Le maïs que je braise se vend à 50 et 100 FCFA, tout comme

Le maïs que je braise se vend à 50 et 100 FCFA, tout comme les prunes

les prunes », explique celle qui a bouclé l’année académique 2015- 2016, en passant son entrée en 2nde. « Je suis élève au lycée bi- lingue de Déido, et j’aide ainsi mes parents depuis la classe du CM1 », ajoute, fièrement Hélène. D’après cette jeune demoiselle d’à peine 15 ans, « les temps sont de plus en plus durs, et les enfants des familles mo- destes se doivent de mettre la main à la pâte ». Hormis ces deux jeunes gens des classes de 5ème et 2nde des lycées

de la place, plusieurs autres écoliers et élèves se livrent à la vente de pe- tits objets ou encore des produits agro-alimentaires, afin, apprend-on, de gagner un peu d’argent. Lequel sera ensuite utilisé par les parents, lors des inscriptions dans les établis- sements scolaires et pendant l’achat des fournitures scolaires. Alors que Rostand et Hélène s’occupent par le petit commerce pendant les va- cances, tout comme de nombreux autres enfants à travers le pays, leurs camarades issus des familles

relativement aisées, profitent réel- lement de leurs vacances. « J’étais en vacances à Yaoundé, chez un de mes tontons, et je compte allez à Ba- menda la semaine prochaine », confie Prosper, 17 ans, élève en classe de 1ère au collège Libermann à Douala. « Après avoir passé deux semaines à Limbé, chez mon oncle, j’irai découvrir la ville de Paris en France, avec mes parents. La visite de la ville de Limbé m’a permis d’ap- prendre plein de choses », déclare Gilles, 15 ans, qui reconnait ne pas avoir besoin de faire du petit com- merce pour « aider » ses parents à préparer sa rentrée scolaire. Alors que les pouvoirs publics, à tra- vers le ministère de la Promotion de la femme et de la famille, décon- seille le travail des enfants, tout comme l’Unicef, de nombreux pa- rents excipent qu’il est important de faire travailler les enfants pour ap- porter un supplément de revenus dans la perspective de la rentrée scolaire. « La vie est chère, et les en- fants doivent aider leurs parents », souligne Géneviève Tékam, com- merçante. Dont acte.

Landry Mbel,

(stagiaire)

Polémiqueautourdu

dépistagesystéma-

tiquedutestduVIH

La lettre circulaire du ministre de Santé publique (Minsanté) au sujet test de dé- pistage systématique du VIH dans les for- mations sanitaires date pourtant de janvier 2016 mais elle fait actuellement jaser au sein de l’opinion camerounaise, à travers les réseaux sociaux qui dénon- cent le non-respect de la vie privée. Le Minsanté André Mama Fouda, lui, reca- dre dans une lettre adressée aux direc- teurs généraux des hôpitaux et assimilés : « Dans le cadre du passage à l’échelle du traitement antirétroviral, et suite à l’élaboration du Plan d’accélération de la thérapie antirétrovirale au Cameroun conforme aux objectifs mondiaux d’élimi- nation du VIH, et ceux relatifs au dépis- tage particulier, j’ai l’honneur de vous demander par la présente lettre-circu- laire, de proposer, systématiquement et en routine, le test de dépistage du VIH à toute personne en consultation dans vos services, quel que soit le motif de consul- tation ». A l’endroit de ceux qui ont cru voir en la prescription du Minsanté l’imposition du test du Sida aux patients, André Mama Fouda répond que, « cette directive doit être mise en œuvre conformément à la stratégie de conseil et dépistage initié par le prestataire, et dans le strict respect des principes déontologiques en la ma- tière ».

ELECAM

Environ 6 200 000 citoyens inscrits sur les listes électorales

A 45 jours de la fin des opérations de révision des listes électorales, l’organe en charge des élections réuni en conclave à Yaoundé depuis hier évalue l’opération.

L e fichier électoral toi- letté affiche exacte- ment 6 195 772 citoyens camerounais

inscrits à ce jour. La révélation est du directeur général d’Ele- cam, Abdoulaye Babalé, à l’oc- casion de la réunion de travail entre le DG, les structures d’appui et les démembre- ments territoriaux d’Elecam, du 11 au 13 juillet 2016 au pa- lais des sports de Yaoundé. La rencontre intervient à quelques jours de la fin des opérations de révision des listes électorales fixée au 31 août 2016. Il ressort que le nombre des inscriptions cette année est en augmentation par rapport à celui de l’année dernière. La région du centre se classe en tête avec plus de 70 000 citoyens inscrits au cours de cette période de ré- vision des listes, réalisant le

double de son record de l’an- née dernière. Elle est suivie du littoral. L’Extrême-nord habi- tuellement classée première est reléguée au troisième rang. Cela est dû entre autres à la rareté des postes d’identi- fication et à l’insécurité qui a souvent engendré la psychose chez le personnel Elecam en place, selon Ali Hamidou, dé- légué régional Elecam pour l’Extrême-nord. Pour le DG, l’augmentation du nombre d’inscription est aussi à met- tre à l’actif des nouvelles mé- thodes de communication adaptées aux réalités locales qui ont permis de sensibiliser davantage les citoyens à tra- vers des slogans ciblant des catégories bien précises. L’équipe d’Elecam se félicite globalement de l’amélioration de ses performances. A savoir le rythme de production des

de ses performances. A savoir le rythme de production des cartes d’électeur désormais mensuel depuis mars

cartes d’électeur désormais mensuel depuis mars 2016, d’après le DG. La production de ces cartes exigeait plus de 9 à 10 mois d’attente après l’inscription d’un citoyen. Par ailleurs, l’unité centrale a vu sa capacité d’enrôlement évo- luer de 8 à 10 millions d’élec- teurs. Pour ce qui est de la distribution des cartes d’élec- teurs, Abdoulaye Babalé note que trois mesures ont été mises en œuvre pour résoudre le problème. A savoir l’inscrip- tion systématique des numé- ros de téléphone des citoyens, l’inscription des adresses mails, ainsi que la prise en compte des points de rencon-

tres périodiques tels que les lieux de marché et stades, qui ont fait preuve de leur effica- cité. La réunion d’Elecam s’est ou- verte hier sous le thème prin- cipal « Elections Cameroon et les acteurs du processus élec- toral : ensemble, consolidons la transparence, la sécurité, la rapidité et la crédibilité du processus électoral au Came- roun ». Il sera donc question de faire le point des réalisa- tions, évaluer les effectifs et fixer les objectifs à atteindre à la fin de cette période de révi- sion.

Ruben Tchounyabe

& MÉDIAS

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MARKETING

LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE - N ° 01092 MARDI 12 JUILLET 2016

POSITIONNEMENT

Doppel Munich révèle la force intérieure

Un déploiement marketing a permis au public de dégus- ter, apprécier et adopter cette bière brune allemande de qualité supérieure.

D ésormais sur le marché ca-

merounais des bières

brunes, il y a la Doppel

Munich. Les Brasseries du

Cameroun qui commercialisent cette bière ont mis en place une stratégie marketing déroulée en trois phases pour positionner la Doppel dans son segment. Une cérémonie de présen- tation de la marque et une séance de dégustation ont été organisées au sein de la direction générale de la SABC pour permettre au personnel de parler de ce nouveau produit dans leur environnement en vérita- ble ambassadeur. Sur le terrain, des caravanes motorisées ont sillonnées le triangle national. Des consomma- teurs ont également été invités à participer aux soirées spéciales de lancement organisées dans les points de vente de Douala et dans les autres régions commerciales. Ceci dans l’op-

et dans les autres régions commerciales. Ceci dans l’op- tique de donner la possibilité à ces

tique de donner la possibilité à ces derniers de déguster, apprécier et adopter cette bière brune allemande qui, au quotidien, entend révéler leur force intérieure. Outre le grand déploiement en direc- tion du public cible, la bière brune commercialisée depuis le 25 janvier 2016 sur l’ensemble du triangle na-

tional est disponible dans tous les circuits de distributions dans un for- mat de 50 cl au prix promotionnel de 500 FCFA. Cette présence grand pu- blic, apprend-on, met la Doppel Mu- nich à l’honneur des grands rendez-vous culturels. Elle a notam- ment ravi la vedette à la foire cultu- relle et commerciale Fomaric qui

s’est tenue à l’espace Camtel de Bé- panda et se présente depuis lors, comme la star des grandes soirées spéciales de vente des Brasseries du Cameroun qui dans le cadre de ce lancement, entendent également cé- lébrer avec leurs millions de consom- mateurs, la venue de cette bière brune de grandes qualités, peu

amère, au goût unique et raffiné. Une volonté partagée par l’ensemble des consommateurs présents à ces soirées. « C’est un produit qui se range dans la lignée des produits que les Brasseries ont eu à nous pro- poser jusqu’ici. Je pense que c’est un savant mélange qui reflète au goûté, une certaine fougue et qui donne vraiment envie. Véritablement on prend son pied lorsqu’on la déguste » déclare un consommateur, épris de la bière Brune. Et un autre consommateur de poursuivre « Elle te révèle cet envie intérieure que tu as vraiment. Je conseille à chaque camerounais de consommer Doppel Munich parce que c’est la boisson de l’heure. C’est bon ! ». Pour l’heure, cette opération marke- ting de lancement de la bière brune de marque Doppel Munich est sa- vamment relayée sur le terrain et ce, à travers une vaste campagne de communication. Cette dernière est signée « Révélez votre force inté- rieure » et se déploie non seulement sur les chaines de télévision et de radio. Mais également, via les pan- neaux d’affichage et autres supports présents sur le terrain.

CTM

PROMOTION

Le CIBE offre ses services au public

Depuis le 1er Juillet dernier, le Cen- tre International du Bien-être (CIBE) offre dans ses locaux installés au quartier Bonamoussadi-Douala de lundi à samedi, trois campagnes promotionnelles d’une durée d’un mois (1er au 30 Juillet prochain) re- latives au bien-être. Baptisées : « Visage de ses rêves » pour des per- sonnes souffrant de problèmes cu- tanés, précisément au niveau du visage, « Stop aux vergetures » pour éradiquer les vergetures et « Peau de bébé » consistant à restituer la peau de bébé, lesdites campagnes se poursuivent sur le terrain et bé- néficient de la couverture média- tique de Canal 2 International. Ceci à travers le publireportage diffusé sur la chaine, mais également grâce à ses prises de parole sur les pla- teaux tels l’émission Jambo. Outre cette campagne axée sur les pro- blèmes cutanés, le CIBE offre égale- ment des soins de Sauna et Hammam au prix de 5 000 FCFA. Ce qui permet de faciliter la circulation sanguine, de se relaxer tout en éra- diquant la cellulite. Il en est de même du gommage corporel com- plet et des solutions permettant d’avoir un ventre plat.

ECRANS NOIRS 2016

Le festival internatio- nal de cinéma s’ouvre ce vendredi à Yaoundé

Diverses activités sont inscrites au programme de cette édition qui marque le 20è anniver- saire de l’événement.

L ’ouverture de la grand messe c’est ce vendredi 15 juillet. En plus du musée national, village de ce fes-

tival, les projections auront lieu sur plusieurs sites retenus par l’organisation. A savoir la salle Sita Bella au ministère de la Com- munication, l’institut Goethe, le palais des congrès de Yaoundé, la salle CNPS et l’Institut français du Cameroun. A en croire le pro- gramme, l’intellectuel camerou- nais Achille Mbembe va animer le colloque de cette édition sous le thème « festival et promotion artistique » mardi 19 juillet. Deux conférences sont inscrites au pro- gramme, à savoir « distribution des programmes dans le paysage audiovisuel africain de nos jours

» pour la première tandis que la

seconde va porter sur le thème «

production, coproduction et dif- fusion d’un film par une télévi- sion : cas pratique de TV5 Monde ».

Les résultats du concours « 10

jours pour un film » seront dévoi-

lés le 22 juillet. Trois candidats

sont en lice pour ce concours de scénario de fiction de moins de

dix

minutes destiné aux jeunes

de

moins de 30 ans. Il s’agit de

Frank Thierry Léa avec le scénario

« Point de vue », Yolande Mar- celle Welimoum, avec « héritage

» et Félicité Yvette Asseh avec «

L’enfer c’est mon genre ». En plus

des enveloppes financières entiè-

rement dévolues au financement de la production de leurs films, le vainqueur final recevra une prime supplémentaire d’un mil- lion de FCFA, et bénéficiera en plus d’un séjour professionnel à Berlin. L’autre atélier « Ciné-livre », portera sur le thème « adapta- tion des œuvres littéraires au ci- néma : une source inépuisable ». Sept candidatures ont été sélec- tionnées pour cette édition. D’après l’organisation, cette ini-

pour cette édition. D’après l’organisation, cette ini- tiative rendue à sa deuxième édi- tion nait du

tiative rendue à sa deuxième édi-

tion nait du paradoxe entre la fai- blesse des écritures de scénarii, la pauvreté de la création, de l’in- vention du récit, de l’imaginaire dans le film africain d’une part et d’autre part la richesse de la litté- rature négro-africaine en textes originaux. Ciné-livre est en effet destiné aux scénaristes et écri- vains ayant pour projet d’adapta- tion et désireux de se former aux techniques et à l’art d’adaptation. Créé en 1997, le Festival interna- tional du cinéma africain « Ecrans Noirs » a pour objectif principal de promouvoir le cinéma africain

et le cinéma étranger portant sur l’Afrique et le monde noir en les faisant connaître et aimer par la diffusion des films et la valorisa- tion des métiers connexes. C’est l’occasion pour les amateurs et professionnels du 7è art de re- nouer avec le film, rencontrer des acteurs et réalisateurs vedettes du continent, s’enrichir des acti- vités telles que les ateliers de for- mation et rencontres professionnelles. Écrans noirs a été reconnu d’utilité publique par les autorités cette année.

Ruben Tchounyabe

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SERVICES

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L E Q UOTIDIEN DE L’E CONOMIE - N ° 01092 M ARDI 12 JUILLET 2016
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OPINIONS & DÉBATS

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L’émergence du E-commerce et la difficile protection des données personnelles: le cas du Cameroun

L e boom du numérique au Cameroun et l’amélioration du taux de pénétra- tion d’internet dans les foyers ont eu pour corollaire le développement ful-

gurant du commerce électronique. Ces nou- velles formes de transactions commerciales qui s’effectuent au moyen d’un téléphone, d’un GAB, d’une carte de crédit ou d’un ordi- nateur nécessitent l’identification et l’authen- tification des utilisateurs ainsi que le traitement de leurs données personnelles fournies. Elles correspondent aux noms, pré- noms, adresses (physique et électronique), numéro de téléphone, lieu et date de nais- sance, taille, numéro de carte bancaire, photo, état de santé et autres. Grâce à ces informations sensibles, il est pos- sible pour les analystes en amont d’étudier le comportement des clients, d’analyser leurs goût et préférence, afin de leur proposer et vendre en aval des produits et services taillés sur mesure. De par cette importance ainsi avérée, les données personnelles sont au- jourd’hui considérées comme le nouvel or noir de l’économie numérique. Ce qui n’est pas sans rappeler l’importance de la protec- tion de ces données par le législateur came- rounais, qui peine encore à y apporter une protection maximale, malgré ses efforts de réglementation de ce nouveau secteur d’ac- tivité.

La protection tatillonne des données per- sonnelles par le législateur camerounais. La faiblesse de cette protection réside aussi bien dans la pluralité législative, dans la ma- tière que dans la nature des obligations qui pèsent sur les “commerçants électroniques”. En effet, dans l’ordonnancement législatif ac- tuel, il n’existe pas de loi spécialement consa- crée à la protection des consommateurs de e-commerce et encore moins de leurs don- nées personnelles. C’est ainsi que la loi cadre n° 2011/012 du 06 mai 2011 portant protec- tion du consommateur au Cameroun qui semble pourtant être l’instrument le plus in- diqué, ne fait pas expressément allusion à la protection des données personnelles du consommateur ni même à sa sensibilisation vis à vis de ces nouveaux types de cocontrac- tants. Plus aberrant encore même la loi n° 2010/021 du 21 décembre 2010 régissant le commerce électronique au Cameroun n’a pas cru devoir s’appesantir sur la protection des données personnelles des consommateurs par les prestataires de e-commerce, mais s’est plutôt attelée et tout le mérite lui en re- vient, à consacrer la sécurité économique de la transaction . Il faut alors pour enfin voir traiter de la protection de la vie privée du consommateur, se référer à la loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber-sé- curité et la cyber-criminalité au Cameroun.

Cependant cette loi qui ne met à la charge de ceux qui sont chargés du traitement des don- nées personnelles qu’une obligation mini- male de protection, utilise dans la répression un ton impersonnel qui porte à croire qu’elle s’adresse plus aux tiers qu’aux responsables de sites marchands. Tout de même son article 74 alinéa 3 qui dispose que "est puni d’un emprisonnement d’un (1) à trois (3) ans et d’une amende de un million (1000 000) à cinq millions (5000 000) FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque pro-

ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque pro- cède ou fait procéder même par

cède ou fait procéder même par négligence au traitement des données à caractère per- sonnel en violation des formalités préalables à leur mise en oeuvre", semble s’appliquer de façon particulière aux relations contractuelles car il punit un dépassement de pouvoir. Mais cette protection hésitante laisse un champ de tous les possibles aux personnes ayant en charge le traitement de ces données. C’est le cas des opérateurs de sites marchands, dont les conditions générales de vente (CGV) pré- voient des clauses qui sous d’autres cieux se- raient inacceptables.

À titre d’exemple, les CGV du site e-com- merce « Cdiscount Cameroun » (CDC) consul- tées le 6 avril 2016, en leurs dispositions concernant le traitement et le transfert des données personnelles, notamment l’art 11.1 intitulé “Collecte et utilisation de vos don- nées personnelles” énonce que les «données personnelles pourront être transmises à des prestataires de Cdiscount Cameroun aux fins de traitement des commandes et SAV, ainsi qu’aux fins de gestion du marketing et de la relation client» et plus loin, affirme qu’en plus d’être «utilisées par Cdiscount Cameroun à des fins de prospection directe à l’aide de tout moyen de communication», les «don- nées personnelles peuvent «être communi- quées à des tiers à des fins de prospection», mais aussi et surtout que «dans le cadre du traitement mis en œuvre, [ces] données per- sonnelles sont susceptibles de faire l’objet d’un transfert hors du Cameroun». Sans for- malités particulières, sans vérification au- cune, ni contrôle administratif, les données personnelles collectées au Cameroun peu- vent être transférées hors du territoire natio- nal sans que l’on ne sache ni la destination, ni ce qui va en advenir.

L’impérieuse nécessité d’un renforcement de la protection de données personnelles au Cameroun. Parce que la mine d’or que représentent les

données personnelles repose sur ce que l’Homme a de plus cher, la sonnette d’alarme retentit forcément pour les défenseurs des droits et libertés. Face à cette nouvelle préoc- cupation pour les libertés individuelles et la vie privée, de nombreux pays ont intégré dans leur droit interne, la protection des don- nées à caractère personnel. En Europe, elle est consacrée par la Charte des droits fonda- mentaux de l’Union européenne en son arti- cle 8, relevant du chapitre des Libertés et en Afrique par la Convention de l’union africaine sur la cyber-sécurité et la protection des don- nées à caractère personnel. Pour éviter la saignée, le législateur camerou- nais doit tout mettre en œuvre pour combler le vide juridique existant mais aussi et surtout apporter le plus de clarification possible sur les pans déjà réglementés. Il serait alors loua- ble de se pencher rapidement sur un certain nombre de questions, à savoir notamment:

* créer un organe de contrôle et de régula-

tion des données personnelles, car L’Agence Nationale des Technologies de l’information et de la Communication (ANTIC) actuelle, ploie sous ses nombreuses missions statu- taires qu’on a du mal à croire qu’elle sera ef- ficace à la protection des données

personnelles.

* définir clairement le principe de tempora-

lité quant à la durée de conservation et de traitement des données personnelles;

* assurer la protection des transferts trans-

frontaliers des données personnelles hors du Cameroun ; En effet, à titre de droit comparé, pour effectuer un transfert hors de la France, il faut recourir selon les cas, à une demande d’autorisation spécifique de transfert, enca- drée soit par les “règles internes d’entreprise (Binding Corporate Rules - BCR)” ou soit par les “clauses contractuelles types (CCT) adop- tées par la Commission européenne”;

* instaurer la déclaration préalable obliga-

toire de tous fichiers (vidéos, clients…) de données personnelles par toute personne quelle qu’elle soit et les modalités de leur modification et suppression.;

* faire obligation à toutes les entreprises de

mettre en œuvre des mesures d’”accounta- bility” relatives aux procédures internes et au respect des règles relatives à la protection des données ; créer le métier de “Correspondant Informa- tique et Libertés” qui veillera à la sécurité ju- ridique des données en conformité avec la loi. Toute entreprise aura donc l’obligation de recruter ou d’en désigner un;

* prescrire l’adhésion du Cameroun à l’Asso-

ciation Francophone des Autorités de Protec- tion des Données Personnelles (AFAPDP) qui dispose d’une réelle expertise francophone en matière de protection des données per- sonnelles;

* clarifier le sort des données personnelles

des personnes décédées. Après la mort d’un tiers, qui pourrait avoir accès à ces données et dans quelles conditions;

* renforcer la pénalisation de tout manque-

ment et entrave au traitement des données.

Des sérieuses réformes s’imposent résolu- ment afin que le Cameroun entre dans la mo-

dernité numérique, protège ses citoyens et suscite une confiance à l’égard de ses parte- naires internationaux pour enfin bannir la mention consultable sur le site de la CNIL:

“pas de loi (de protection des données per-

ce pays n’est pas reconnu par

sonnelles),

l’Union Européenne comme adéquat”. Ce qui est loin de l’honorer. Dont acte.

Par Rachel Lore Ngo Mawo, Avocat et Valentin Chuekou, Juriste

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