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Phèdre commence. Pour lui, le plus grand bien pour un homme est d’avoir un amant.

L’amour est le meilleur guide dans l’existence, car il nous fait fuir les actions laides et
n’accomplir que de belles actions. Une armée faite d’amants serait invincible car aucun des
hommes ne serait lâche et mauvais guerrier, pour ne pas se déconsidérer aux yeux de son
amant.
Il remarque que les amants font des choses exceptionnelles par amour. Par exemple,
Alceste qui meurt pour son mari et, récompensé par les dieux, ressuscite.

Pausanias prend à son tour la parole. Pour lui, le problème est mal posé. On lui demande de
chanter l’amour comme s’il était une seule et même chose, alors qu’il y a plusieurs types
d’amour. Il faut chercher quel type d’amour est digne d’éloge.
Toute action n’est ni belle ni mauvaise en soi ; est belle ou laide notre manière de la
pratiquer. Par exemple, boire en excès est une action qui nous enlaidit, alors que boire de
manière raisonnable nous honore.
Il en va de même de l’amour : il est mal de céder à un homme misérable et de misérable
façon ; il est beau de céder de belle façon à un homme de valeur. Pausanias fait l’éloge de l’
« Aphrodite céleste », qui se pratique entre hommes, qui est amour à la fois du corps et de
l’esprit, par opposition à l’ « Aphrodite populaire », qui se pratique entre personnes de sexes
opposés dans un but simplement sexuel.
L’amour du corps est inférieur à l’amour de l’esprit, car le premier est éphémère : dès que la
fleur de ce corps qu’il aimait est fanée, il s’envole à tire d’ailes, trahissant tous ses discours
et ses promesses . Tandis que celui qui aime l’âme en reste l’amant toute sa vie, parce qu’il
adhère à quelque chose de constant.

Après ce discours, Eryximaque annonce qu’il va considérer l’amour d’un point de vue
beaucoup plus général. Celui-ci ne concerne pas seulement l’homme, mais caractérise les
rapports de tous les êtres, animés aussi bien qu’inanimés.
Ainsi la médecine a découvert qu’une maladie peut venir de la présence dans le corps de
deux principes contraires, donc hostiles. Guérir, cela revient à insuffler amour et harmonie
dans ces conflits.
De même, la musique cherche l’harmonie (par exemple, entre l’aigu et le grave) ; la musique
est donc un genre d’amour : la musique est aussi, pour l’harmonie et le rythme, une science
des mouvements amoureux.
Même les catastrophes naturelles (inondations, gelées, épidémies…) proviennent
d’un dérèglement dans les mouvements amoureux qui relient tous ces éléments.
On voit donc grâce à Eryximaque apparaître la multiple, l’immense ou plutôt l’universelle
puissance de l’Amour, rassembleur universel.

mais en les affaiblissant : il coupa chacun d’eux en deux moitiés. l’amour désire le Beau : mais alors. enlacés l’un à l’autre. pris de pitié. car ils ne voulaient plus rien faire l’un sans l’autre. qui dépeint l’Amour comme le plus beau des Dieux. interrogeant Agathon. Zeus les punit de leur témérité non pas en les tuant. . resté célèbre sous le nom de « mythe d’Aristophane ». les hommes étaient androgynes : ils étaient à la fois homme et femme. brûlant de n’être qu’un. l’Amour se trouve donc privé de beauté. Mais ainsi qu’Agathon l’a montré.Aristophane se penche pour sa part sur l’origine de l’amour : d’où vient que l’on aime ? D’où vient ce sentiment qui nous pousse à nous unir à quelqu’un d’autre ? Il utilise pour répondre à cette question un mythe. cherchait sa moitié et voulait la rejoindre : embrassés. Il remplace le monologue par le dialogue. fuyant la vieillesse et désirant la jeunesse et la beauté. qui se déplaçait par culbute. il n’en possède pas ?. regrettant l’unité originelle. et à faire du Banquet un chef d’œuvre. ils mouraient de faim et d’inaction. C’est là un exemple du fameux dialogue socratique. Par là il veut dire qu’il faut non pas chercher à donner à l’Amour toutes les qualités mais le louer pour les qualités qu’il a vraiment. Leur ambition les amena à vouloir devenir l’égal des dieux. Zeus. Socrate pense que les autres convives ont fait un éloge « forcé » au lieu d’un éloge vrai. qui parvient à se hisser au niveau de celui d'Aristophane. C’est le discours suivant. Ils avaient la forme d’une sphère. place leur sexe de manière à ce qu’il y ait jouissance quand ils se réunissent. en roulant sur elle-même. l’une mâle et l’autre femelle. qui procède par question et réponse (c’est la dialectique) pour faire accoucher l’interlocuteur d’une vérité qu’il porte en lui (ou maïeutique : art d’accoucher les esprits). Mais chacun. A l’origine. Socrate commence par problématiser le sujet : on désire ce qu’on n’a pas. celui de Socrate. cela les amenât à s’arrêter et à se tourner vers l’action et les autres centres d’intérêts de l’existence Ce discours fortement applaudi cède la place à celui d’Agathon. à le dépasser. pour que connaissant la satiété.

de la science. car il croit qu’il est déjà sage. du sport. aucun ignorant n’est philosophe. A l’inverse. Diotime a crié au blasphème : ce qui n’est pas beau n’est pas nécessairement laid. (à la différence de ce qu’ont dit certains convives dont Agathon) car un Dieu ne peut connaître de manque. l’Amour n’est pas un Dieu. lui-même fils de Métis (Déesse de la ruse. il occupe une position intermédiaire dans le champ de la connaissance. De même. Mais alors pourquoi disons-nous que certains aiment et que d’autres n’aiment pas 1 ? Car toute aspiration vers le bien et vers le bonheur. si son père est sage. et lui a demandé : puisque l’amour manque du beau. En ce qui concerne l’Amour. Socrate à répondu la même chose qu’Agathon. car il n’est pas sage mais veut le devenir. Dans la mythologie grecque. une femme de Mantinée. Pourquoi ? Prenons l’exemple du savant et de l’ignorant. . intermédiaire entre mortel (homme) et immortel (Dieu). surtout le manque de beauté. Mais on ne voit pas que ce sont des genres d’amour. car il est sage d’emblée. les démons transmettent aux Dieux les prières des hommes et aux hommes les messages des dieux. Ce n’est ni un savoir (comment en effet une chose dont on ne peut rendre raison pourrait-elle constituer un savoir ?) ni une ignorance (ce qui atteint l’être d’une manière accidentelle ne saurait en effet constituer une ignorance). Il y a un intermédiaire : le philosophe. De ce fait. certaines choses ne sont ni laides ni belles. mais sans savoir pourquoi (sans pouvoir la fonder. L’Amour est un grand démon. Il existe un intermédiaire entre ces deux états. Cette filiation fait que l’Amour est pauvre (en tant que fils du manque) mais vise toujours le supérieur (le beau et le bon) en tant que fils de Poros. Par exemple : l’amour des affaires. la débrouillardise) et de Pénia (le manque). On ne donne le nom d’amour qu’à une forme particulière : celui des hommes entre eux. Aucun Dieu n’est philosophe. lui a posé. et c’est le cas de l’Amour.Socrate ne fait que poser à Agathon les mêmes questions que Diotime. Qu’est-ce alors ? C’est un être intermédiaire comme on l’a vu. L’Amour vise la possession des bonnes choses car cela rend heureux. Mais on peut emprunter les chemins les plus variés pour trouver le bonheur. c’est une laide chose ?. L’amour est donc philosophe en tant qu’il veut devenir sage. à savoir avoir une idée vraie. De même. Ce démon est né de l’union de deux dieux : il est fils de Poros. ce n’est pas le cas de sa mère. Ce sont donc bien des intermédiaires. en rendre raison). voilà ce qu’est l’Amour tout puissant et plein de ruse. Or il semble que tout le monde vise le bonheur et soit donc un être aimant.

qui ont une descendance bien plus belle. l’Amour se rétracte . non relative elle n’est pas belle en un point et laide en un autre . on atteint la Beauté absolue. créateurs. Tout d’abord. De là ce paradoxe : pour devenir immortel (en enfantant). en arrivant au terme. Au terme de cette ascension. en se fondant sur les sciences. celle de leurs œuvres : ce qu’ils partagent. qui est éternelle. pour cette fin. pour accéder à travers divers stades à un genre supérieur de beauté. bien plus que pour leurs propres enfants prêts à engager leur fortune. plus impérissables !. Elle est atteignable au terme d’un long processus. et non ce qu’elle est). Diotime distingue la fécondité de l’âme et celle du corps. Socrate récapitule l’ascension : il faut commencer par les beautés de notre monde pour s’orienter vers cette beauté-là. Or l’engendrement n’est possible que dans la beauté : dans la laideur. ensuite des beaux corps aux belles occupations et des belles occupations aux belles sciences. Puis l’Amour comprend que la beauté de ce corps se retrouve dans d’autres. L’homme est donc irrationnel : vois les êtres humains. Voici les étapes de ce cheminement. et puis de deux corps à tous les corps. L’Amour de ce fait cherche à engendrer et enfanter dans la beauté car la procréation constitue la part d’éternité et d’immortalité qui est accessible au mortel. ce sont des enfants bien plus beaux. les hommes sont prêts à se battre. jusqu’à ce que.Si l’être humain n’aime rien d’autre que le bien. Or celle-ci n’est pas atteignable immédiatement. L’Amour est recherche de la beauté absolue. ce qu’est en soi le Beau . prêts à sacrifier leur vie. au pluriel. inventeurs. et qu’il le veut pour l’éternité. C’est là la première étape. passant d’un seul beau corps à deux. l’Amour est amour d’un beau corps. prêts à s’imposer mille efforts. C’est là un progrès. leur irrationalité te remplira de perplexité du fait de l’Amour : ils sont prêts. on parvienne enfin à cette science unique qui n’est le savoir d’aucune autre beauté que cette beauté unique et qu’on connaisse. n’a pas de visage et n’existe pas dans un être singulier. le stade inférieur de l’Amour. on peut dire que l’amour se rapporte à la possession perpétuelle de ce qui est bon. Elle remarque que l’âme peut être féconde : ce sont les poètes. en s’élevant toujours comme en s’appuyant sur des échelons. Diotime ne donne qu’une définition négative de la Beauté absolue (elle nous dit ce qu’elle n’est pas. à prendre tous les risques. Puis il se tourne vers ce qui confère de la beauté à ces âmes : le savoir. au cours duquel l’Amour s’éduque. de profond : il devient amour des belles âmes. aussi il devient amour des beaux corps. L’amour se tourne ensuite vers quelque chose de plus spirituel. donc à risquer la mort. Il devient amour du savoir.