Vous êtes sur la page 1sur 3

Les citations les plus célèbres de Mouloud Mammeri

« Win yebɣan Tamaziɣt, ad yissin tira-s »

Celui qui veut Tamazight, se doit d’apprendre son écriture.

« Yella yiwen yella ulac it, Yella wayeulac it yella

»

Il y a des personnes qui demeurent vivantes même après leur mort.

« Win yettruẓun asalu, yettedu aken yuffa mačči aken yebɣa »

Celui qui brise un tabou, avance comme il peut et non comme il veut.

« Quel que soit le point de la course où le terme m'atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que quels que soient les obstacles que l'histoire lui apportera, c'est dans le sens de sa libération que mon peuple - et avec lui les autres - ira. L'ignorance, les préjugés, l'inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l'on distinguera la vérité de ses faux semblants. Tout le reste est littérature. »

Mouloud Mammeri, Entretien avec Tahar Djaout, Alger, Laphomic, 1987

« Pourvu qu'il ne vous arrive point tel le sort de cet arbre lequel, une fois coupé de ses racines, ses feuilles vertes se faneront et dépériront. Un arbre sans racines est condamné à mourir. Ne soyez

pas, vous gens d'aujourd'hui, tels des gens sans racines

Faîtes en sorte de ne pas devenir des

... éternels pauvres de la Connaissance la plus large d'esprit et de cœur. J'ai pensé à toi, génération

d'aujourd'hui et de demain

...

A présent, la Connaissance se puise dans les livres. C'est pour cette

raison, que j'ai écrit ce livre : pour vous tous, pour qu'il vous soit une référence, un exemple à

méditer, un fondement sur quoi vous appuyer, construire et transmettre la Connaissance avons défriché le terrain, à présent, c'est aux autres de continuer.»

Nous

Poèmes kabyles anciens, Paris, Maspero, 1980

« Il faut laisser aux gens le soin d'inventer leurs propres valeurs en leur donnant au départ le maximum de liberté de création. Car à un certain niveau de profondeur, si une culture est réelle, elle est libératrice. »

 

« Vous me faites le chantre de la culture berbère et c’est vrai. Cette culture est la mienne, elle est aussi la vôtre. Elle est une des composantes de la culture algérienne, elle contribue à l’enrichir, à la diversifier, et à ce titre je tiens (comme vous devriez le faire avec moi) non seulement à la maintenir mais à la développer. »

Réponse de Mouloud Mammeri à un journaliste d’El Moudjahid qui la traité de « donneur de leçons » qui circula en Algérie sous forme dactylographiée en avril 1980.

 

« Quand trop de sécheresse brûle les cœurs, Quand la faim tord trop d'entrailles, Quand on rentre trop de larmes, Quand on bâillonne trop de rêves, C'est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher, À la fin, il suffit du bout de bois d'un esclave, Pour faire, Dans le ciel de dieu, Et dans le cœur des hommes Le plus énorme incendie »

Le Foehn (théâtre), Paris, Publisud, 1982

« (…) Quand on me traite de « berbériste », je suis d’accord si l’on donne à ce terme le sens de quelqu’un qui veut récupérer une réalité algérienne linguistique et culturelle qui s’appelle le berbère et qui veut lui donner le développement le plus grand. Je considère que l’Algérie se fait avec des Algériens en chair et en os, pas avec des Algériens abstraits. (…) Il faut définir l’Algérie réellement et je considère que la berbérité est une dimension absolument fondamentale de l’Algérien mais ce n’est pas un ghetto. Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’algérianité que je travaille, à quelque chose de tout à fait fondamental dans l’algérianité. (…) Ma façon de vivre ma berbérité est à mon avis la façon la plus profonde, la plus authentique, la plus réelle de vivre mon algérianité : je suis berbère et algérien jusqu’au bout et je considère que les deux choses vont très bien ensemble. »

Abdelkader Djeghloul « Le courage lucide d’un intellectuel marginalisé », Awal, Spécial Hommage à Mouloud Mammeri.

"Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe. Tant qu’encore s’entendait le verbe qui, depuis plus loin que Syphax et que Sophonisbe, résonnait sur la terre de mes pères, il fallait se hâter de le fixer quelque part où il pût survivre, même de cette vie demi- morte, d’un texte couché sur les feuillets morts d’un livre."

Poèmes kabyles anciens, Paris, Maspero, 1980

« La philosophie berbère est une philosophie pratique ennemie des spéculations sans résultats effectifs et palpables. C’est une morale destinée à sauvegarder chez ce peuple de paysans guerriers, libres jusqu’à l’anarchie, certaines valeurs humaines réputées supérieures. »

Mouloud Mammeri, « La Société berbère », Culture savante, culture vécue (Études 1938-1989), Alger, 1989

 

« Quand je regarde en arrière, je n'ai nul regret, je n'aurai pas voulu vivre autrement ...

De

toutes

façons, un fantasme n'est jamais que cela. Je ne me dis pas : J'aurais voulu être un citoyen d'Athènes au temps de Périclès, ni un citoyen de Grenade sous les Abencérages, ni un bourgeois

de la Vienne des valses. Je suis né dans un canton écarté de haute montagne, d'une vieille race

qui, depuis des millénaires n'a pas cessé d'être là, avec les uns, avec les autres

qui,

sous le soleil

épreuves et ses fastes, qui a contribué dans l'histoire, de diverses façons, à rendre plus humaine la vie des hommes.

Les tenants d'un chauvinisme souffreteux peuvent aller déplorant la trop grande ouverture de l'éventail : Hannibal a conçu sa stratégie en punique ; c'est en latin qu'Augustin a dit la cité de Dieu, en arabe qu'Ibn Khaldoun a exposé les lois des révolutions des hommes. Personnellement, il me plait de constater dès le début de l'histoire cette ample faculté d'accueil. Car il se peut que les ghettos sécurisent, mais qu'ils stérilisent c'est sûr.

C'est par là que je voudrais finir. Ceux qui, pour quitter la scène, attendent toujours d'avoir récité la dernière réplique à mon avis se trompent : il n'y a jamais de dernière réplique - ou alors chaque réplique est la dernière - on peut arrêter la noria à peu près à n'importe quel godet, le bal à n'importe quelle figure de la danse. Le nombre de jours qu'il me reste à vivre, Dieu seul le sait.

Mais quel que soit le point de la course où le terme m'atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que quels que soient les obstacles que l'histoire lui apportera, c'est dans le sens de sa libération que mon peuple - et avec lui les autres - ira. L'ignorance, les préjugés, l'inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l'on distinguera la vérité de ses faux semblant s. Tout le reste est littérature. »

Mouloud Mammeri, Entretien avec Tahar Djaout, Alger, Laphomic, 1987

« Quand je regarde en arrière, je n'ai nul regret, je n'aurai pas voulu vivre autrement

Les deux signatures de Mouloud Mammeri

« Quand je regarde en arrière, je n'ai nul regret, je n'aurai pas voulu vivre autrement