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N° d'ordre : 05/2013-M/S.T

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE HOUARI BOUMEDIENE (USTHB)

FACULTE DES SCIENCES DE LA TERRE, GEOGRAPHIE ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE (FSTGAT)

TERRE, GEOGRAPHIE ET AMENAGEMENT DU TE RRITOIRE (FSTGAT) MEMOIRE Présenté pour l’obtention du diplôme de

MEMOIRE

Présenté pour l’obtention du diplôme de MAGISTER EN SCIENCES DE LA TERRE / GÉOLOGIE Spécialité : Pétrologie-Structurologie

Par : AMARNI Ismahane

Analyse statistique des météorites et étude pétrographique, minéralogique et classification de quelques météorites algériennes sahariennes

Soutenu publiquement, le 22/12/2013, devant le jury composé de :

M.

OUABADI A.

Professeur

à l’USTHB

Président

M.

BELHAI Dj.

Professeur

à l’USTHB

Directeur de mémoire

Melle ABDALLAH N.

Maître de Conférences/A

à l’USTHB

Examinatrice

M.

SEDDIKI A.

Maître de Conférences/A

à l’UST Oran

Examinateur

M.

AFALFIZ A.

Maître assistant/A

à l’USTHB

Invité

A la personne qui n’a épargné aucun effort pour moi et qui fait beaucoup

en ce moment pour moi,

Merci d'être là, présente, de m’aider du mieux

que tu peux (même plus que cela). MERCI d'être telle que tu es Maman.

i

Remerciements

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à Mr Djelloul Belhaï, mon directeur de mémoire, pour m’avoir proposée ce sujet, pour ses conseils et son aide tout au long de la préparation de mon mémoire de Magister.

Je voudrais exprimer ma profonde gratitude et mes sincères remerciements à Mr Abdelhafid Afalfiz pour ses précieux conseils, pour sa disponibilité malgré son emploi du temps très chargé, pour les analyses géochimiques. Je le remercie également pour avoir accepté de faire partie de mon jury.

Ma sincère gratitude s’adresse à Mr Aziouz Ouabadi, pour m’avoir honorée en acceptant la présidence de la commission de jury.

Mes remerciements vont également à Melle Nachida Abdellah et Mr Abdelmadjid Seddiki, Pour m‘avoir fait l’honneur d’examiner ce travail.

Ma profonde sympathie et ma sincère reconnaissance s’adressent à ma sœur Sara, Youcef, Mahmoud, Amine, Nesrine, , djallel, Yahia, Sofiane et Kamel pour l’aide qu’ils m’ont apportée.

Je remercie également mon père et mon cher frère Mohamed pour leurs encouragements et leurs prières pour moi.

Je voudrai remercier toute l’équipe de la Post-Graduation pour m’avoir facilité toutes les démarches administratives.

Je n’oubli pas de remercier tout mes amis (es) pour les nombreuses empreintes de sympathie et d’affection qu'ils (elles) m'ont témoignée.

Enfin, je remercie tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à la réalisation de ce mémoire.

ii

Résumé

Les météorites sont des fragments rocheux d’origine extraterrestre tombées sur Terre. La plupart se sont totalement désintégrées au contact de l’atmosphère, par contre d’autre ont pu résister et arriver jusqu’au sol. Les chondrites ont la même composition que la matière solaire aux éléments volatils près, connue par spectrographie). La majorité des météorites sont des chondrites (74 %), issues de corps parents non différenciés, elles sont constituées de grains métalliques, de silicates et de 80% de chondres. Ces chondres sont des structures sphériques composées de silicates cristallisés dans la nébuleuse dans des conditions de faible pesanteur. Les grains de métal quant à eux, sont représentés par la troïlite (FeS) et le fer-nickel (Fe-Ni) qui est principalement de deux types : kamacite (αFeNi) ou le nickel est inférieur à 8 pds% et taénite (γFeNi) où le nickel peut atteindre les 55 pds%. Les processus secondaires tel que le métamorphisme thermique et l’altération aqueuse ont potentiellement induit des modifications physico-chimiques des phases initialement accrétées.

La plupart des météorites collectées dans le désert du Sahara sont fortement affectées par l’altération terrestre.

Grâce aux collectes systématiques organisées dans les déserts chauds (ex : Sahara et Oman) et froids (ex : Antarctique), un grand nombre de météorites a été confié aux laboratoires scientifiques afin d’élargir les investigations dans l’étude des météorites. La plupart des roches provenant du Sahara viennent d’Algérie, Maroc et Lybie. Environ 10 000 météorites sahariennes sont répertoriées auprès de la « Meteoritical Society ». Cependant, seulement 741 météorites officiellement déclarées avec les coordonnées des lieux de leurs collectes viennent d’Algérie, le reste est déclaré sous les noms de NWA « North West Africa » ou bien de « Sahara » suivis d’un nombre.

Il nous a paru nécessaire de nous intéresser aux météorites algériennes et essayer d’apporter un plus à la communauté des météorites en étudiant leur pétrologie afin de les classifier. Pour ce fait, nous avons classifié cinq météorites qui sont Hosbane, SA 001, SA 002, SA 003 et SA 004.

Après une étude pétrographique et minéralogique, nous classons les météorites SA 001, SA 002, SA 003 et SA 004 parmi les chondrites ordinaires de type L, alors que la météorite Hosbane est classée comme une chondrite ordinaire de type H/L.

Mots clés: Météorite, chondrites, fer-nickel, collectes systématiques, altération aqueuse.

iii

Table des matières

Introduction Générale

1

Chapitre I : Univers et Système Solaire

4

I.1. Introduction

5

I.2. L’Univers

5

I.2.1. Structure de l’Univers

5

I.2.2. L’évolution de l’Univers

7

I.3. Le Système Solaire

8

I.3.1. Définition du Système Solaire

8

I.3.2. Situation du Système Solaire

8

I.3.3. Naissance du Système Solaire

8

I.3.4. Composants du Système Solaire

10

I.3.4.1. Le Soleil

10

I.3.4.2. Les planètes telluriques

10

I.3.4.3. Les planètes joviennes (géantes)

10

I.3.4.4. La ceinture des astéroïdes et les astéroïdes

11

I.3.4.5. Les planètes naines

13

I.3.4.6. Les satellites

13

I.3.4.7. Les comètes

15

I.3.4.8. La ceinture de Kuiper

16

I.3.4.9. Le Nuage de Oort

17

I.3.4.10. Les météoroïdes

17

Chapitre II : Les météorites : Processus nébulaires et classification

18

II.1. Introduction

19

II.2. Les météorites à travers l’histoire

19

II.3. L’origine des météorites

19

II.4. Les chutes et les impacts

20

II.5. Les cratères d’impacts météoriques

22

II.5.1. Répartition des cratères dans le monde

22

II.5.2. Les cratères en Algérie

22

II.6. Dimensions et abondances des météorites

23

II.7. Découverte et noms des météorites

24

II.8. Datation et histoire des météorites

24

II.9. Les différents types de météorites

25

iv

II.9.1. Les météoriques non différenciées (les chondrites)

27

II.9.1.1. Composition chimique

27

II.9.1.2. Les constituants des chondrites

27

a. Les chondres

27

b. Les inclusions réfractaires dans les chondrites

28

c. La matrice

29

II.9.1.3. Composition minéralogique

29

II.9.1.4. Classification

29

a. Les chondrites ordinaires OC (groupe H, L et LL)

30

b. Les chondrites carbonées (groupe C)

31

c. Les chondrites à Enstatite (groupe E)

33

d. Les chondrites de type Rumurutite (groupe R)

33

e. Les chondrites de type Kakangarite (groupe K)

33

II.9.1.5. État d’oxydation du fer dans les chondrites

33

II.9.1.6. Processus secondaires affectant les chondrites sur leurs corps-parents

34

a. Métamorphisme thermique

34

b. L’altération aqueuse

36

II.9.2. Les m étéoriques différenciées

38

II.9.2.1. Les achondrites

38

II.9.2.1.1. Les achondrites primitives

38

II.9.2.1.2. Les achondrites (astéroïdales)

39

a. Les Angrites

39

b. Les Uréilites

39

c. Les Aubrites

39

d. Les HED

39

e. Les météorites Martiennes (S.N.C)

40

f. Les météorites Lunaires

41

II.9.2.2. Les météoriques métalliques ou Sidérites (Ferreuses)

42

II.9.2.2.1. Les Octaédrites

42

II.9.2.2.2. Les Hexaédrites

42

II.9.2.2.3. Les Ataxites

43

II.9.2.3. Les m étéoriques Mixtes ou Sidérolites (Ferro-Pierreuses)

43

II.9.2.3.1. Les Pallasites

43

II.9.2.3.2. Les Mésosiderites

43

II.10. Degré d ’altération d’une météorite

43

II.11. De gré de choc dans les météorites

44

Chapitre III : Collect e de météorites dans les déserts

III.1. Introduction

v

46

47

III.2. Mé thodologie

47

III.2.1. Sour ce des données

47

III .2.2. Regroupement des données

48

III.2.3. Le s biais méthodologiques

49

III.3. Les m étéorites dans le monde

51

III.4. Les m étéorites collectées en Algérie

53

III.5. Les chutes observées de météorites dans le monde

54

III.6. Les ch amps de collectes systématiques

56

III.6.1. Le s collectes systématiques de météorites Sahariennes

56

III.6.1.1. Les champs de collectes systématiques en Algérie

58

III.6.1.2. Les champs de collectes systématiques en Lybie

59

III.6.1.3. Les autres champs de collectes Sahariens

59

III.6.2. Les collectes systématiques en Antarctique

60

III.6.3. Les autres collectes systématiques dans le monde

60

III.7. Évolution du nombre de météorites en fonction du temps

61

III.7.1. Dans le monde

61

III.7.2. Dans la zone Saharienne

61

III.7.3. Dans l’Antarctique

62

III.8. Évolution de la mase de météorites en fonction du temps

64

III.9. Proportions des différentes catégories de météorites

64

III.9.1. Les différents types du Sahara

66

III.9.1.1. Les différents types en Algérie

68

III.9.1.2. Les différents types North West Africa (NWA)

70

III.9.1.3. Les différents types de « Sahara »

72

III .9.2. Les différents types en Antarctique

73

III.10 . Discussion

75

III.10.1. Évolution du nombre et de la masse de météorites en fonction du temps

75

III.10.2. Les différentes catégories de météorites

76

III.10.3. Importance des collectes de météorites

78

III .11. Conclusion

79

Cha pitre IV : Études pétrographique et minéralogique

80

IV .1. Introduction

81

IV.2. Méthodologie

81

IV.2.1. La microscopie électronique

81

IV.2.2. Microanalyse électronique par rayons X (MEB + microsonde)

81

IV .2.3. Le pourcentage en volume des grains de métal (Fe-Ni)

82

IV.3 . La météorite HOSBANE

83

vi

IV .3.1. Description macroscopique

83

IV.3.2. Description microscopique

83

IV.3.2.1. La matrice

 

83

IV.3.2.2. Les chondres

84

IV.3.2.2.1. Les constituants des chondres

87

 

a. Les silicates

87

b. Les apatites

89

c. La mésostase des chondres

89

d. Métal et sulfures

90

e. Les chromites

91

IV.3.3. Classification de la météorite Hosbane

91

IV.3.4. Évaluation du degré de choc

92

IV.3.5. Degré d’altération terrestre dans la météorite Hosbane

93

IV.3.5.1. Mécanismes de l’altération terrestre dans la météorite Hosbane

93

IV.3.5.2. Composition chimique des produits d’altération de la météorite Hos bane

94

IV.3.6. Conclusion

 

94

IV.4 . La météorite SA 001 (Sahara Algérien 001)

95

IV .4.1. Description macroscopique

95

IV.4.2. D escription microscopique

95

IV.4 .2.1. La matrice

 

95

IV.4.2.2 . Les chondres

96

IV.4.2.2.1. Les constituants des chondres

100

 

a. Les silicates

100

b. La mésostase des chondres

102

c. Métal et sulfures

102

d. Les chromites

103

IV.4.3. Clas sification de la météorite SA 001

104

IV.4.4 . Évaluation du degré de choc

104

IV.4.5. Degré d’altération terrestre dans la météorite SA 001

104

IV.4.5.1.Composition chimique des produits d’altération de la météorite SA001

105

IV.4.6. Conclusion

 

106

IV.5 . La météorite SA 002 (Sahara Algérien 002)

106

IV

.5.1. Description macroscopique

106

IV.5.2. Description microscopique

106

IV.5.2.1. La matrice

 

107

IV.5.2.2. Les chondres

107

IV.5.2.2.1. Les constituants des chondres

111

 

a.

Les silicates

111

vii

b.

Les apatites

113

c. La mésostase des chondres

113

d. Métal et sulfures

114

e. Les chromites

115

IV.5.3 . Classification de la météorite SA 002

115

IV.5.4 . Évaluation du degré de choc

115

IV.5.5.Degr é d’altération terrestre dans la météorite SA 002

116

IV. 5.5.1. Composition chimique des produits d’altération de la météorite SA002

116

IV.5.6. Conclusion

117

IV.6. La m étéorite SA 003 (Sahara Algérien 003)

118

IV.6.1. Description macroscopique

118

IV.6.2. Description microscopique

118

IV.6.2.1. La matrice

118

IV.6.2.2. Les chondres

119

IV.6.2.2.1. Les constituants des chondres

124

a. Les silicates

124

b. La mésostase des chondres

125

c. Métal et sulfures

126

d. Les chromites

127

IV .6.3. Classification de la météorite SA 003

127

IV .6.4. Évaluation du degré de choc

128

IV.6.5. D egré d’altération terrestre dans la météorite SA003

128

IV.6 .5.1. Composition chimique des produits d’altération de la météorite SA003

129

IV.6.6. Co nclusion

129

IV.7. La m étéorite SA 004 (Sahara Algérien 004)

130

IV.7.1 . Description macroscopique

130

IV.7.2. Des cription microscopique

130

IV. 7.2.1. La matrice

130

IV.7.2.2. Les chondres

131

IV.7.2.2.1. Les constituants des chondres

135

a. Les silicates

135

b. Les apatites

136

c. La mésostase des chondres

136

d. Métal et sulfures

137

e. Les chromites

138

IV.7.3. Classification de la météorite SA 004

138

IV.7.4. Évaluation du degré de choc

138

IV.7.5. Degré d’altération terrestre dans la météorite SA 004

139

IV.7.5.1. Composition chimique des produits d’altération de la météorite SA004

139

viii

IV .7.6. Conclusion

140

IV.8 . Conclusion générale

140

Conclusions générales et perspectives

143

Références b ibliographiques

146

Annexe

152

ix

Liste des figures

Chapitre I :

Fig. 01 :

L’ensemble des constituants de l’Univers observé sont portés sur un diagramme « masse-rayon» Fig. 02 :

6

Schéma de l’évolution de l’Univers Fig. 03 :

7

Le Système Solaire (Astrosurf, 2008) Fig. 04 :

8

Schéma indiquant la structure générale de la Voie lactée, ses bras principaux et la localisation du Système Solaire (Ciel & Espace, 2009) Fig. 05 :

8

Représentation de la formation du Système Solaire (NASA) Fig. 06 :

9

Répartition de la matière dans la nébuleuse Condensation des solides et fractionnement chimique radial (Carrez, 2002, Nurth, 2001 in Devouard) Fig. 07 :

9

Les 04 planètes telluriques : Système Solaire interne Fig. 08 :

10

Les 04 planètes géantes: Système Solaire externe Fig. 09 :

10

Image d’orbites d’environ 1400 astéroïdes de plus de 140 mètres, qui s’approchent à moins de 7.5 millions de kilomètres de la Terre (NASA, 2013) Fig.10 :

12

Une image de la comète Neat prise en 2004 depuis l’observatoire de Kitt Peak Fig. 11 :

16

Schéma du Système Solaire avec la ceinture de Kuiper et le Nuage de Oort

17

Chapitre II :

Fig. 01 :

Les différentes trajectoires à partir de quelques célèbres météorites tombées Fig. 02 :

20

Photos de la météorite qui s’est désintégrée au dessus de l’Oural le 15 février 2013 Fig. 03 :

21

Localisation des 172 cratères d'impacts confirmés par le MIAC (Document mis à jour par Belhai, 2010) Fig. 04 :

22

Les cratères météoritiques en Algérie (Belhaï, 2006) Fig. 05 :

23

Classification des météorites non différenciées et différenciées (d’après Bischoff,

2001)

26

Fig. 06 :

Etapes de formation des météorites (d’après « enseigner la géologie au collège et au lycée » collecte Nathan, 1992)

26

x

Fig. 07 :

Etat d’oxydation des différentes classes de chondrites (Diagramme de UreyCraig,

1953)

34

Fig. 08 :

Echelle pétrographique, (a) McSween (1979), (b) Sears et al. (1980) et (c) Représentation spécifique aux chondrites de type 3 qui ont subi de l’altération aqueuse de façon non négligeable d’après Bonal (2006) Fig. 09 :

34

Figures de Widmanstätten Fig. 10 :

42

Lignes de Neumann

42

Chapitre III :

Fig. 01 :

Organisation des différentes classes des météorites en 12 catégories (en rouge) Fig. 02 :

48

Localisation des chutes de météorites observées dans le Sahara Fig. 03 :

56

Nombre de météorites dans les différents champs de collectes systématiques en Algérie Fig. 04 :

58

Nombre de météorites dans le monde par année, depuis 1750 Fig. 05 :

61

Nombre de météorites par année dans la zone Saharienne, depuis 1960 Fig. 06 :

62

Localisation de quelques météorites NWA aux coordonnées géographiques connues Fig. 07 :

63

Nombre de météorites par année en Antarctique, depuis 1960 Fig. 08 :

63

Masses des météorites (dans le Monde) au cours du temps, depuis 1900 Fig. 09 :

64

Pourcentages des différentes catégories des météorites officielles Fig. 10 :

66

Pourcentages des différentes catégories des météorites sahariennes Fig. 11 :

67

Localisation des météorites de type chondrites et achondrites en Algérie Fig. 12 :

69

Pourcentages des différentes catégories des météorites officielles en Algérie Fig. 13 :

69

Pourcentages des différentes catégories des météorites NWA Fig. 14 :

71

Pourcentages des différentes catégories des météorites « Sahara » Fig. 15 :

72

Pourcentages des différentes catégories des météorites antarctiques Fig. 16 :

74

Evolution du nombre cumulé de météorites Fig. 17 :

75

Evolution de la masse cumulée de météorites antarctiques et sahariennes

75

xi

Fig. 18 :

Evolution de la masse cumulée de météorites connues

76

Chapitre IV :

Fig. 01 :

Représentation schématique d’un MEB équipé d’un système de microanalyse de rayons Fig. 02 :

82

Photos de la météorite Hosbane Fig. 03 :

83

Photographies en microscope électronique à balayage des différents types de chondres observés dans l’échantillon Hosbane Fig.0 4 :

85

Mosaïque en MEB (BSE) d’une section polie de 2,68 cm² de l’échantillon Hosbane montrant les chondres, la matrice et les métaux Fig. 05 :

86

Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) des apatites observées dansl’échantillon Hosbane Fig. 06 :

87

Photographies en microscope électronique à balayage (BSE) du métal, sulfure et chromite observés dans l’échantillon Hosbane Fig. 07 :

90

Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) du métal (Mét), veines de chocmétalliques et veines de choc interconnectées observés dans l’échantillon Hosbane Fig. 08 :

93

a) Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) de l’altération du fer métal(Fe-Ni. alt). b) Photographie en microscopie photonique (lumière réfléchie) de l’altération de la troïlite (Tr.alt) observés dans l’échantillon Hosbane Fig. 09 :

93

Photos de la météorite SA 001 Fig. 10 :

95

Photographies en microscope photonique de la matrice de l’échantillon SA 001 Fig. 11 :

96

Photographies en microscopie photonique (lumière polariséeanalysée) a- Montre un chondre granulaire à olivine et à pyroxène autour, entouré d’un manteau à grains fins (MGF). b- Montre un chondre porphyrique à olivine et à pyroxène et plagioclase autour. c- Montre un chondre non porphyrique à pyroxènes barrés (PB), radiés (RP) et par endroits porphyrique (Px) Fig. 12 :

97

Mosaïque en MEB (BSE) d’une section polie de 1,11 cm² de l’échantillon SA 001 montrantl es chondres, la matrice et les métaux Fig. 13 :

98

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres porphyriques observés dans l’échantillon SA 001

99

xii

Fig. 14 :

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres non porphyriques observés dans l’échantillon SA 001 Fig. 15 :

100

Photographie en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) d’un chondre à orthopyroxène (Opx) et clinopyroxène (Cpx) Fig. 16 :

101

Photographies en microscope électronique à balayage (BSE) du métal (Mét), sulfure (Tr) et chromite (Cr) observés dans l’échantillon SA 001 Fig. 17 :

103

a) Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) des produits d’altération dufer métal et du sulfure (P.alt). b) Photographie en microscopie photonique (lumière réfléchie) dudébut de l’altération de la troïlite (Tr.alt) et du métal (Fei.alt) observés dans l’échantillon SA 001 Fig. 18 :

105

Photos de la météorite SA 002 Fig. 19 :

106

Photographies en microscope photonique de la matrice de l’échantillon SA 002 Fig. 20 :

107

Photographies en microscopie photonique a-c) lumière polarisée-analysée ; b- lumière naturelle). a et b) Montre deux chondres porphyriques à pyroxènes (Ch), un chondre granulaire à olivine (Ch.1), un chondre à olivine barrée et porphyrique à olivine (Ch.2), un chondre fibroradié à pyroxène (Ch.3) entouré d’un manteau à grains fins (MGF) et de matrice à grains grossiers (MGG) c) Montre des chondres porphyrique à pyroxènes de grande taille (Ch), un chondre granulaire à olivine (Ch.1), un chondre cryptocristallin (Ch.2) et matrice à grains grossiers (MGG) Fig. 21 :

108

a à g) Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres observés dans l’échantillon SA 002 Fig. 22 :

109

Mosaïque en MEB (BSE) d’une section polie de 4,17 cm² de l’échantillon SA 002 montrant les chondres, la matrice et les métaux Fig. 23 :

110

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée). a) Montre un chondre à orthopyroxène (Opx). b) Montre un chondre à olivine (Ol) et pyroxène maclé (Px. Mac) Fig. 24 :

112

Photographie en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des plagioclases (Pl) observés dans la matrice de l’échantillon SA 002 Fig. 25 :

112

Photographies en microscope électronique à balayage (BSE) du métal (FeNi) et sulfure

(Tr) de SA 002 Fig. 26 :

114

Photographie en microscope électronique photonique (lumière réfléchie) du début del’altération (Alt) du métal (FeNi) et de la troïlite (Tr) observés dans l’échantillon SA 002 Fig. 27 :

116

Photos de la météorite SA 003 Fig. 28 :

118

Photographies en microscope photonique de la matrice de l’échantillon SA 003

119

xiii

Fig. 29 :

Photographies en microscopie photonique (lumière polariséeanalysée sauf (c) en lumière naturelle). a) Deux chondres porphyriques à olivines (Ol) entouré de pyroxènes en baguettes (Px). b et c) Chondre porphyrique à olivine (Ol) et plagioclase partiellement isotrope (Pl). d) Chondre à olivine barrée (OB) et porphyrique à olivine (Ol). e) Chondre à pyroxène barré (PB) et porphyrique à pyroxène en forme de losange (Px). f) Chondre à olivine barrée (OB) piégeant un pyroxène (Px) Fig. 30 :

120

Mosaïque en MEB (BSE) d’une section polie de 2,28 cm² de l’échantillon SA

002

montrant les chondres, la matrice et les métaux

121

Fig. 31 :

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres porphyriques observés dans l’échantillon SA 003 Fig. 32 :

122

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres non porphyriques observés dans l’échantillon SA

003

123

Fig. 33 :

Photographies en microscope électronique à balayage (BSE) du métal (Mét), sulfure ( Tr) et chromite (Cr) observés dans l’échantillon SA003 Fig. 34 :

126

Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) d’une traversée de fer. Le graphe montre la diminution du taux de fer de 100 pds% en traversant le grain de métal vers le sulfure de fer (Tr) Fig. 35 :

127

a et b) Photographies en microscopie photonique (lumière polariséeanalysée) a) Chondre (Ch) barré à pyroxène déformé (PB). b) un grain d’olivine (Ol) montrant des fractures planaires (FP). c) Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) de veines métalliques (VM) et de veines de choc interconnectées Fig. 36 :

128

Photographie en microscope électronique photonique (lumière réfléchie) du début de l’altération du métal (FeNi.alt) et de la troïlite (Tr) observés dans l’échantillon SA 003 Fig. 37 :

128

Photos de la météorite SA 004

130

Fig. 38 :

a et b) Photographies en microscope photonique de la matrice à grains grossiers avec des clastes de silicates (MGG) et de claste noir (CN) de l’échantillon SA

004 (aLumière polariséeanalysée. bLumière naturelle).c) Photographie en microscope

électronique à balayage (BSE) de lamatrice (manteau) à grains fins (MGF) de l’échantillon SA 004 Fig.39 :

131

a) Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) d’un chondre à olivine barrée (Ch.OB) entouré d’olivine (Ol) et d’apatite (Ap). b à f) Photographies en microscopiephotonique (lumière polariséeanalysée). b) Chondre à olivine barrée (Ch.OB) entouré de pyroxène (Px). c) Chondre à olivine barrée et pyroxène porphyrique (Ch.OB ; Px) entouré d’olivine (Ol). d) Chondre à olivine (Ol) entouré d’olivine barrée (OB). e) Chondre porphyriques à olivines (Ol)

xiv

entouré de pyroxènes en baguettes (Px). f) Chondre porphyrique à pyroxène (Opx) entouré d’olivine Fig. 40 :

132

Photographies en microscope photonique (lumière polariséeanalysée) des différents types de chondres observés dans l’échantillon SA 004 Fig. 41 :

133

Mosaïque en MEB (BSE) d’une section polie de 3,43 cm² de l’échantillon SA 004 montrant les chondres, la matrice et les métaux Fig. 42 :

134

Photographies en microscope électronique à balayage (BSE) du métal (Mét), sulfure (Tr) et chromite (Cr) observés dans l’échantillon SA 004 Fig. 43 :

137

a) Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) de veines métalliques (VM) et de veines de choc interconnectées. b) Photographie en microscopie photonique (lumièrepolariséeanalysée) d’un chondre porphyrique à pyroxène déformé (Px) Fig. 44 :

139

Photographie en microscope électronique à balayage (BSE) de l’altération du métal (FeNi.alt) observés dans l’échantillon SA 004

139

xv

Liste des tableaux

Chapitre I :

Tab. 01 :

Tableau récapitulaif du Système Solaire (en excluant certaines planètes naines, les comètes et le nuage de Oort (Astrosurf, 2008)

11

Chapitre II :

Tab.01 :

Différents types de chondres d’après Gooding et Keil (1981). L’abondance en % dans les trois classes des chondrites Tab.02 :

28

Caractéristiques pétrographiques des principales classes de chondrites (d’après Scott et al., 1996, à l’exception des CO (McSween, 1977a), pour les K (Weisberg et al., 1996) et pour les CH (Grossman et al., 1988a : Scott, 1988) Tab. 03 :

30

Caractéristiques compositionnelles des différentes classes de chondrites (Sears et Dodd, 1988) Tab. 04 :

30

Critères des différents types pétrographiques de 1 à 6 (d’après Van Schums et Wood, 1967 ; Sears et Dodd, 1988) Tab. 05 :

35

Modifications du matériel chondritique primitif sur les corps parents Tab. 06 :

35

Evaluation du degré de choc dans les météorites (Stöffler et al., 1991 ; Rubin et al., 1997 ; repris par Hutchison, 2004)

45

Chapitre III :

Tab. 01 :

Nombre des météorites répertoriées dans la base de données du Meteoritical Bulletin Tab. 02 :

47

Nombre et pourcentage en nombre des météorites dans le monde (officielle et provisionnelles) dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 03 :

52

Les météorites algériennes répertoriées dans la base de données de la Meteorical Society Tab. 04 :

53

Les différentes chutes de météorites observées dans les pays de la zone Saharienne Tab.05 :

55

Principaux champs de collectes systématiques de météorites dans le monde, classés par zones géographiques et nombres de météorites collectées Tab. 06 :

57

Les champs de collectes systématiques en Algérie

58

xvi

Tab. 07 :

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites et des chutes dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 08 :

65

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites sahariennes officielles dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 09 :

68

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites algériennes officielles dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 10 :

70

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites NWA officielles dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 11 :

71

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites « Sahara » officielles dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 12 :

73

Nombres, masses et pourcentages en nombre et en masse des météorites antarctiques officielles dans la base de données de la Meteoritical Society Tab. 13 :

74

Synthèse des proportions des catégories de météorites pour les chutes, les principaux déserts chaud et froid et dans le monde

77

Chapitre IV :

Tab. 01 :

Nombres, pourcentages et tailles des différents types de chondres dans l’échantillon Hosbane (pourcentage estimé sur une section de 59 mm²)

84

Tab. 02 :

Compositions chimiques moyennes des pyroxènes et des plagioclases de l’échantillon Hosbane Tab. 03 :

88

Compositions chimiques moyennes des apatites de l’échantillon Hosbane Tab. 04 :

89

Compositions chimiques de la mésostase des chondres de l’échantillon Hosbane Tab. 05 :

90

Compositions chimiques (pds %) de la kamacite, la taénite et du sulfure de fer dans l’échantillon Hosbane Tab. 06 :

91

Compositions chimiques de la chromite dans l’échantillon Hosbane Tab. 07 :

91

Comparaison entre les données de Van Schmus et Wood (1967) et nos données de la météorite Hosbane Tab. 08 :

92

Compositions chimiques des produits d’altération d’oxyde et d’hydroxyde de fer dans l’échantillon Hosbane

94

xvii

Tab. 09 :

Nombres, pourcentages et tailles des différents types de chondres dans l’échantillon SA001 (pourcentage estimé sur une section de 1,64 cm²) Tab. 10 :

97

Compositions chimiques moyennes des olivines, des pyroxènes et des plagioclases del’échantillon SA 001 Tab. 11 :

101

Compositions chimiques de la mésostase des chondres de l’échantillon SA 001 Tab. 12 :

102

Compositions chimiques (pds %) de la kamacite, la taénite et du sulfure de fer dans l’échantillon SA 001 Tab. 13 :

103

Compositions chimiques de la chromite dans l’échantillon SA 001 Tab. 14 :

104

Compositions chimiques des produits d’altération d’oxyde et d’hydroxyde de fer dans l’échantillon SA 001 Tab. 15 :

105

Nombres, pourcentages et tailles des différents types de chondres dans l’échantillon SA 002 (pourcentage estimé sur une section de 5,05 cm²) Tab. 16 :

108

Compositions chimiques moyennes des olivines et des pyroxènes de l’échantillon SA 002 Tab. 17 :

111

Compositions chimiques moyenne des apatites de l’échantillon SA 002 Tab. 18 :

113

Compositions chimiques de la mésostase des chondres de l’échantillon SA 002 Tab. 19 :

114

Compositions chimiques (pds %) de la kamacite, la taénite et du sulfure de fer dans l’échantillon SA 002 Tab. 20 :

115

Compositions chimiques de la chromite dans l’échantillon SA 002 Tab. 21 :

115

Compositions chimiques des produits d’altération d’oxyde et d’hydroxyde de fer dans l’échantillon SA 002

117

Tab. 22 : Nombres, pourcentages et tailles des différents types de chondres dans l’échantillon SA003 (pourcentage estimé sur une section de 2,18 cm²) Tab. 23 :

120

Compositions chimiques moyennes des olivines, des pyroxènes et des plagioclases del’échantillon SA 003 Tab. 24 :

124

Compositions chimiques de la mésostase des chondres de l’échantillon SA 003 Tab. 25 :

125

Compositions chimiques (pds %) de la kamacite, la taénite et du sulfure de fer dans l’échantillon SA 003 Tab. 26 :

126

Compositions chimiques de la chromite dans l’échantillon SA 003 Tab. 27 :

127

Compositions chimiques des produits d’altération d’oxyde et d’hydroxyde de fer dans l’échantillon SA 003

129

xviii

Tab. 28 :

Nombres, pourcentages et tailles des différents types de chondres dans l’échantillon SA 004 (pourcentage estimé sur une section de 3,68 cm²) Tab. 29 :

132

Compositions chimiques moyennes des olivines et des pyroxènes de l’échantillon

SA004

135

Tab. 30 :

Compositions chimiques moyennes des apatites de l’échantillon SA 004 Tab. 31 :

136

Compositions chimiques de la mésostase des chondres de l’échantillon SA 004 Tab. 32 :

136

Compositions chimiques (pds %) de la kamacite, la taénite et du sulfure de fer dans l’échantillon SA 004 Tab. 33 :

137

Compositions chimiques de la chromite dans l’échantillon SA 004 Tab. 34 :

138

Compositions chimiques des produits d’altération d’oxyde et d’hydroxyde de fer dans l’échantillon SA 004 Tab. 35 :

140

Résumé des caractéristiques pétrographiques des cinq météorites étudiées

142

xix

Introduction générale

Introduction :

Les météorites sont des fragments célestes, venant de l’espace et atteignant la Terre. Ces fragments ont été éjectés d’un corps du système solaire (le corps parent) suite à des impacts avec d’autres corps et sont arrivés sur Terre après un trajet plus ou moins long dans l’espace. Elles sont considérées comme le seul moyen direct et le moins coûteux qui nous renseigne sur la nébuleuse qui a donné naissance au système solaire donc à notre planète Terre.

L'histoire de leur découverte en tant qu'objets extraterrestres ne remonte pas à l'antiquité mais au 19 ème siècle seulement. Malgré près de deux siècles après cette découverte importante, les scientifiques n'ont donné qu'un rôle facultatif à leur exploration et analyse. Ce n'est que durant la période récente après la conquête spatiale, que des organismes de recherche tel que la NASA ont vu que leur étude apportera beaucoup sur la connaissance du système solaire sans autant de frais que la conquête directe de celui-ci. C'est pourquoi, une grande ruée s'est faite vers des zones qui ont en donné déjà beaucoup dont les déserts chauds (principalement au Sahara et en Oman) et froids (Antarctique).

Parmi ces déserts chauds, le Sahara algérien qui constitue un champ énorme de collecte de ces météorites.

Les météorites algériennes c'est-à-dire, celles qui sont tombées sur le territoire algérien sont nombreuses mais dont la quasi-totalité est hors du territoire national, laboratoires, musées et collectionneurs privés.

Il existe, sur le territoire national encore quelques météorites, soit à l'université, soit chez des collectionneurs privés nationaux ou même chez des chasseurs de météorites ; Des échantillons non encore classifiés et peuvent constituer des témoins rares du système solaire primitif ou d'autres planètes de ce système.

Il nous a paru nécessaire de nous intéresser à ces météorites, afin d’essayer d’apporter un plus à la communauté des météorites. Pour cela, le travail effectué dans ce mémoire est composé de trois parties.

La première partie, dans laquelle nous présentons une étude bibliographique constituée de généralités sur l’Univers, le Système Solaire, l’histoire des météorites ainsi que leur classification.

La seconde partie, présente une analyse statistique sur les collectes systématiques des météorites dans le monde et compare les collectes des météorites sahariennes avec les collectes en Antarctique, ainsi qu’une analyse détaillée des météorites algériennes et une description des champs de collectes systématiques occupent un grand espace dans cette partie.

Enfin dans la troisième partie, des études pétrographiques et minéralogiques et des classifications des météorites étudiées ont été établies.

Nous possédons actuellement des lames minces et des sections polies de cinq météorites qui ont servi à la réalisation de cette étude au laboratoire de Géodynamique, géologie de l'Ingénieur et Planétologie de la FSTGAT de l'USTHB.

2

Toutes les données de l’étude statistique ont été extraites de la base de données de la Meteoritical Society (Meteoritical Bulletin) qui est régulièrement mise à jour et est consultable sur internet à l’adresse : http://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php. (Toutes les données présentées proviennent de la mise à jour de la base de données à la date du 21 août

2013).

L’étude pétrographique consiste en des descriptions à partir du microscope optique à réflexion et à transmission ainsi que le microscope électronique à balayage (MEB). Une classification préliminaire est établie ainsi que le degré de choc et d’altération.

L’étude minéralogique quant elle, est basée sur des analyses de microsonde (réalisées uniquement pour la météorite Hosbane) et des analyses de MEB qui sont semi-quantitatives (réalisées pour les quatre autres météorites). Les premières analyses nous ont permis de discuter les compositions chimiques de l’échantillon étudié ainsi que confirmer la classification préliminaire en établissant un diagramme de classification. Par contre, les analyses de MEB nous ont permis uniquement de donner une idée générale des compositions chimiques des échantillons étudiés.

3

Chapitre I

Univers et Système Solaire

Chapitre I Univers et Système Solaire La spectaculaire lentille gravitationnelle CL0024+1654 photographiée par le

La spectaculaire lentille gravitationnelle CL0024+1654 photographiée par le télescope Hubble en novembre 1994

I.1. Introduction :

La cosmologie est la branche de l’astronomie qui étudie la structure de l’Univers pris dans son ensemble, ainsi que ses caractéristiques, son origine et son évolution.

L’Univers est l’ensemble de tout ce qui existe. Dans sa perception immédiate, l’Univers se limite au seul environnement qui soit accessible à nos sens. L’astronomie a cependant permis, dès l’Antiquité, de concevoir que la Terre, le Système Solaire et les étoiles ont des dimensions, ou sont à des distances, considérablement plus grandes que ce que nous pouvons imaginer facilement.

Cependant, ce n’est guère qu’au début du XX e siècle que l’on a commencé à pouvoir réellement estimer la distance d’objets astronomiques très éloignés, et que l’on a pleinement réalisé l’immensité de la partie observable de l’Univers. Notre Système Solaire, la seule parcelle de l’Univers qui ait pu faire l’objet d’une exploration directe, a des dimensions de l’ordre de douze milliards de kilomètres ; la lumière met onze heures à le traverser. Mais la lumière met quatre ans à nous parvenir de l’étoile la plus proche (Proxima du centaure).

L’Univers n’est ni immuable, ni même immobile, comme on l’imaginait encore au début du XX e siècle : ses éléments constitutifs naissent et meurent, sont en mouvement parfois violant, voire explosif, et l’Univers tout entier est en expansion et en évolution.

I.2. L’Univers :

I.2.1. Structure de l’Univers :

Dans ses détails, le cosmos est complexe. Il comporte une multitude d’objets étonnants depuis les molécules de fullerènes C 60 jusqu’aux quasars. Les cosmologistes aiment à moyenner sur ces objets et à considérer l’Univers comme un endroit simple caractérisé par (Rich, 2004):

- Une densité très faible, ρ ~ 10 26 kgm 3 , et une émission lumineuse de J ~ 10 39 W

m – 3 ;

- Une composition « chimique » curieuse. La plupart des particules sont des photons ou des neutrinos froids alors que la majeure partie de l’énergie est sous forme de matière ordinaire « baryonique » (protons, noyaux et électrons), de matière noire et, selon toute apparence, une énergie effective du vide, que l’on nomme également constante cosmologique ;

- Un état thermique hors d’équilibre caractérisé par des températures différentes pour les photons et les neutrinos et un déficit en noyaux fortement liés ;

- Une hiérarchie de structures gravitationnellement liées, depuis les planètes et les étoiles jusqu’aux galaxies et amas de galaxies (Figure 01).

5

Fig. 01 : L’ensemble des constituants de l’Univers observé sont portés sur un diagramme «

Fig. 01 : L’ensemble des constituants de l’Univers observé sont portés sur un diagramme « masserayon ». La partie droite correspond au domaine des trous noirs, pour lesquels le rayon est inférieur à une échelle calculée par la relativité générale ; ce rayon est appelé rayon gravitationnel ou rayon de Schwarzschild (Lequeux, 2002).

L’univers visible : les galaxies

L’Univers apparait comme un ensemble hiérarchisé, dont les plus grandes entités sont les superamas de galaxies, ceux-ci sont formés d’amas eux-mêmes constitués de galaxies (Lequeux, 2002).

Les galaxies sont formées d’amas d’étoiles, de gaz, de poussière interstellaire et de matière noire non-identifiée. Les plus grandes comportent de l’ordre de 10 12 étoile (Andromède compte 1000 milliards d’étoiles). Elles présentent toutes une diversité de morphologies : « elliptiques », « spirales » et « irrégulières » (Rich, 2004).

La Voie lactée – notre galaxie – (n’est qu’une parmi des milliards de galaxies) spirale, dont le diamètre est de 100 000 années-lumière, possède deux petits satellites, le Petit et le Grand Nuage de Magellan (PNM et GNM), situés à moins de 200 000 années-lumière et une dizaine d’autres compagnons, également nains, à moins d’un million d’années-lumière. Elle comporte environ 200 milliards d’étoiles.

Avec la galaxie spirale d’Andromède, notre galaxie constitue le Groupe local, qui comprend au total une trentaine de galaxies réparties dans un volume de quelques millions d’années-lumière de diamètre (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004).

6

I.2.2. L’évolution de l’Univers :

L’expansion de l’Univers et la présence du rayonnement fossile (George Gamow fut le premier à prédire l’existence du rayonnement du fond de ciel) nous conduisent à penser que l’Univers est apparu il y’a 13,7 milliards d’années, lors d’une phase très dense et très chaude, que les chercheurs anglo-saxons désignent sous le nom de big bang (Lequeux, 2002).

Le terme « big bang » fut proposé pour la première fois en 1948, par l’astrophysicien britannique Fred Hoyle (1915 – 2001) qui était, paradoxalement, le plus fervent opposant à cette théorie. L’idée remonte cependant aux années 1930 : on la doit au physicien belge Georges Lemaître (1894 – 1966) sous l’appellation originelle d’ « atome primitif ».

Si la matière se conserve, l’expansion cosmique a pour conséquence que la même quantité de matière se trouve dans un volume de plus en plus étendu (elle se dilue). Selon les lois de la physique, une dilution entraîne tout naturellement un refroidissement. Tels sont les fondements de la théorie du big bang : en présence de l’expansion cosmique, les lois connues de la physique impliquent une dilution et un refroidissement.

Diverses considérations amènent à imaginer que l’Univers aurait subi une expansion très rapide peu après le big bang, l’inflation. Puis l’expansion s’est calmée, la température et la densité restent suffisamment élevées pour permettre pendant quelque temps les réactions nucléaires de la nucléosynthèse primordiale, par laquelle l’essentiel de l’hélium s’est formé. Les premières étoiles, puis les premières galaxies se sont formées, et les galaxies se sont rassemblées en amas (Lequeux, 2002).

La figure 02 schématise cette évolution de l’Univers. Beaucoup de détails sont encore mal connu ou incompris, mais le schéma général est cohérent. Il est cependant très frustrant que l’essentiel de la masse de l’Univers soit sous une forme dont nous ignorons tout, et que l’essentiel de son énergie, l’énergie noire, soit aussi totalement incomprise. Ce sont les deux problèmes majeurs que les générations futures d’astronomes devront résoudre, avec l’aide des physiciens des particules élémentaires (Lequeux, 2002).

physiciens des particules élémentaires (Lequeux, 2002). Fig. 02 : Schéma de l’évolution de l’Univers.

Fig. 02 : Schéma de l’évolution de l’Univers. Le temps cosmique depuis le big bang est en ordonnée, avec une échelle approximativement logarithmique. z est le décalage spectral qui est lié à ce temps. L’échelle spatiale en abscisse est purement qualitative. L’horizon représente la limite de ce que l’on peut voir dans l’Univers. Le rayonnement ultraviolet des premières étoiles a provoqué une réionisation temporaire de l’hydrogène neutre (Lequeux, 2002).

7

I.3. Le Système solaire :

I.3.1. Définition du Système Solaire :

Le Système Solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil, et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui: les huit planètes et leurs 175 satellites naturels connus, la ceinture des astéroïdes (au milieu des planètes), les cinq planètes naines, la ceinture de Kuiper, le nuage d’Oort, l’héliopause (limite du Système solaire définie par l'arrêt des vents solaires qui deviennent plus faibles que le vent galactique) et les milliards de petits corps (astéroïdes, objets glacés, comètes, poussière interplanétaire, etc.) (Figure 03).

comètes , poussière interplanétair e, etc.) (Figure 03). Fig. 03 : Le Système Solaire (Astrosurf, 2008).

Fig. 03 : Le Système Solaire (Astrosurf, 2008).

I.3.2. Situation du Système Solaire :

Le Système Solaire est situé dans la Voie lactée (notre galaxie). Le Soleil réside dans l'un des bras spiraux externes de la galaxie (bras d'Orion) (Figure 04), à entre 25 000 et 28 000 années-lumière du centre galactique. Il y évolue à environ 220 km/s et effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années (une année galactique).

225 à 250 millions d'années (une année galactique). Fig. 04 : Schéma indiquant la structure générale

Fig. 04 : Schéma indiquant la structure générale de la Voie lactée, ses bras principaux et la localisation du Système Solaire (Ciel & Espace, 2009).

I.3.3. Naissance du Système Solaire :

Le concept de nébuleuse solaire primitive a été introduit d'abord par Kant (1755) puis par Laplace (1796) (Hersant, 2002). Selon cette théorie, le Système Solaire s'est formé il y a 4,6 milliards d'années par effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire géant qui était large de plusieurs années-lumière et a probablement donné naissance à plusieurs étoiles.

8

La région qui deviendra par la suite le Système Solaire, connue sous le nom de nébuleuse pré-solaire, avait un diamètre entre 7000 et 20 000 UA. Au fur et à mesure de son effondrement, la conservation du moment angulaire de la nébuleuse la fit tourner plus rapidement. Tandis que la matière s'y condensait, les atomes y rentrèrent en collision de plus en plus fréquemment (Figure 05). Le centre, où la plupart de la masse s'était accumulé, devint progressivement plus chaud que le disque qui l'entourait. L'action de la gravité, de la pression gazeuse, des champs magnétiques et de la rotation aplatirent la nébuleuse en un disque protoplanétaire en rotation d'un diamètre d'environ 200 UA entourant une proto-étoile dense et chaude (de type T – Tauri = étoile jeune) (Figure 06).

Après 100 millions d'années, la pression et la densité de l'hydrogène au centre de la nébuleuse devinrent élevées pour que la proto-étoile initie la fusion nucléaire, accroissant sa taille jusqu'à ce qu'un équilibre hydrostatique soit atteint, l'énergie thermique contrebalançant la contraction gravitationnelle. À ce niveau, le Soleil devint une véritable étoile.

À ce niveau, le Soleil devint une véritable étoile. Fig. 05 : Représentation de la formation

Fig. 05 : Représentation de la formation du Système Solaire (NASA).

de la formation du Système Solaire (NASA). Fig. 06 : Répartition de la matière dans la

Fig. 06 : Répartition de la matière dans la nébuleuse Condensation des solides et fractionnement chimique radial (Carrez, 2002; Nuth, 2001 in Devouard).

Les autres corps du Système Solaire se formèrent du reste du nuage de gaz et de poussière. Les modèles actuels les font se former par accrétion : initialement des grains de poussière en orbite autour de la proto-étoile centrale, puis des amas de quelques mètres de diamètre formés par contact direct, lesquels rentrèrent en collision pour constituer des planétésimaux d'environ 05 km de diamètre. À partir de là, leur taille augmenta par collisions successives au rythme moyen de 15 cm par an au cours des millions d'années suivants.

Le Système Solaire interne était trop chaud pour que les molécules volatiles telles que l'eau ou le méthane se condensent : les planétésimaux qui s'y sont formés étaient relativement petits (environ 0,6% de la masse du disque) et principalement formés de composés à point de fusion élevé, tels les silicates et les métaux. Ces corps rocheux devinrent à terme les planètes telluriques. Plus loin, les effets gravitationnels de Jupiter empêchèrent l'accrétion des planétésimaux, formant la ceinture des astéroïdes.

Encore plus loin, là où les composés glacés volatiles pouvaient rester solides, Jupiter et Saturne devinrent des géantes gazeuses. Uranus et Neptune capturèrent moins de matière et on pense que leur noyau est principalement formé de glaces.

9

Dès que le Soleil produisit de l'énergie, le vent solaire souffla le gaz et les poussières du disque protoplanétaire, stoppant la croissance des planètes. Les étoiles de type T-Tauri possèdent des vents stellaires plus intenses que les étoiles plus anciennes et plus stables.

Aujourd'hui, il existe d'autres scénarios de la formation dans le détail du Système Solaire, parmi lesquels le modèle du grand Tak ou la grande virée de bord de Morbidelli connu surtout par le modèle de Nice.

I.3.4. Composants du Système Solaire :

I.3.4.1. Le soleil :

Le Soleil est l’étoile du Système Solaire. Dans la classification astronomique, c’est une étoile de type naine jaune, composée d’hydrogène (74 % de la masse ou 92,1 % du volume) et d’hélium (24 % de la masse ou 7,8 % du volume). Autour de lui gravitent la Terre, et sept autres planètes non lumineuses, au moins cinq planètes naines, astéroïdes et comètes et une bande de poussière. Le Soleil représente à lui seul 99,86 % de la masse du Système Solaire ainsi constitué, Jupiter représentant plus des deux tiers de tout le reste (voir tableau 01).

I.3.4.2. Les planètes telluriques :

Les planètes les plus proches du soleil, Mercure, Vénus, la Terre et Mars (Figure 07), ont un sol, et des dimensions et des densités comparables : la plus petite est Mercure et la plus grande la Terre, avec des rayons respectifs de 2400 et 6400 km. La Terre et Vénus possèdent une atmosphère importante, Mars a une atmosphère très ténue, et Mercure en est totalement dépourvue. Leurs caractéristiques sont résumées dans le tableau 01.

La Terre a un satellite naturel, la Lune ; Mars en a deux, Mercure et Vénus n’en ont pas.

Tout de suite après leur formation, il y a environ 4,5 milliards d’années, ces planètes ont subi un important bombardement par les météorites, ce qui a modifié leurs surfaces, créant des cratères d’impact et des bassins. Ce sont ensuite des phénomènes géologiques, volcanisme et tectonique, qui ont provoqué leur évolution ultérieure ; dans certains cas, comme celui de la Terre, les phénomènes atmosphériques et hydrosphériques ont modifié l’état de la surface, par érosion et sédimentation (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004).

et sédimentation (Nouve l AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004). Fig. 07 : Les 04 planètes telluriques : Système

Fig. 07 : Les 04 planètes telluriques : Système Solaire interne.

I.3.4.3. Les planètes joviennes (géantes) :

interne. I.3.4.3. Les planètes joviennes (géantes) : Fig. 08 : Les 04 planètes géantes: Système Solaire

Fig. 08 : Les 04 planètes géantes: Système Solaire externe.

Jupiter et Saturne sont les deux plus grosses planètes du Système Solaire, avec des diamètres de l’ordre de 10 fois celui de la Terre, suivies par Uranus et Neptune, qui sont 4 à 5 fois plus grosses que la Terre (Figure 08). Elles sont constituées essentiellement d’hydrogène,

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généralement sous forme moléculaire, et d’hélium. Elles ne possèdent pas de véritable sol, mais un noyau central de roches et de glaces, plus important chez Uranus et Neptune. Leur atmosphère est le siège de mouvements très violents, dont l’exemple le plus connu est la grande tache rouge de Jupiter, découverte en 1664 ; c’est en réalité un cyclone gigantesque (la Terre tiendrait à l’intérieur) et permanent (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004). Leurs caractéristiques sont résumées dans le tableau 01.

Ces planètes ont toutes les quatre un grand nombre de satellites : 16 pour Jupiter, 17 pour Saturne, et des systèmes d’anneaux plus ou moins bien développés (les anneaux de Saturne sont les seuls à être visibles depuis la Terre).

Saturne sont les seuls à être visi bles depuis la Terre). ° Mouvement rétrograde (rotation dans

° Mouvement rétrograde (rotation dans le sens horloger). * Depuis 2006, Cérès, Pluton, Charon et Eris (2003 UB313) sont classées parmi les planètes naines.

Tabl. 01 : tableau récapitulatif du Système Solaire (en excluant certaines planètes naines, les comètes et le nuage de Oort (Astrosurf, 2008).

I.3.4.4. La ceinture des astéroïdes et les astéroïdes:

Entre les orbites de Mars et Jupiter gravite des milliards de petits cailloux gelés dans un anneau large de 220 millions de km (Ceinture des astéroïdes), il s'agit des astéroïdes. Le plus gros d'entre eux est Cérès qui mesure 950 km de diamètre et brille à la magnitude 7.4. Il

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représente à lui seul un quart de la masse de tous les astéroïdes. Il appartient également à la famille des planètes naines.

La plupart des astéroïdes ne mesurent que quelques dizaines ou centaines de kilomètres de diamètre et ont une forme particulière, jamais sphérique, aplatie pour les uns, elliptique pour la plupart, dont la surface est couverte de cratères et de rochers suite aux nombreuses collisions qu'ils ont subies. Certains sont durs comme du fer mais d'autres sont aussi légers et poreux que le noyau des comètes. Ils brillent entre la magnitude 6.6 (Vesta) et 20 pour les plus faibles. Leurs caractéristiques sont résumées dans le tableau 01. Les astronomes pensent qu'ils ne sont que le reste d'une planète avortée ou en cours de formation ou encore une planète qui aurait éclaté et dont les fragments se seraient dispersés dans le cosmos.

La figure 09 publiée par la Nasa (2013) résume la menace que font peser sur la Terre plusieurs centaines d’astéroïdes (1400 astéroïdes) dont l’orbite coupe celle de la planète. Et c’est autant de risques de collision capables de provoquer des dégâts significatifs, car il s’agit des astéroïdes de plus de 140 mètres. Selon la NASA, le risque de collision d’un objet de plus de 50 mètres de diamètre avec la Terre est nul pour le siècle à venir.

diamètre avec la Te rre est nul pour le siècle à venir. Fig. 09 : Image

Fig. 09 : Image d’orbites d’environ 1400 astéroïdes de plus de 140 mètres, qui s'approchent à moins de 7,5 millions de kilomètres de la Terre (NASA, 2013).

Les astéroïdes se divisent en trois grandes classes en fonction de leur évolution chimique :

Primitive (formée à l’extérieur de la Ceinture) ;

Métamorphique (formée au milieu de la Ceinture) ;

Ignée (formée à l’intérieur d’un astre).

La plus part des astéroïdes appartiennent également à l’un des six types suivants qui les classent en fonction de leur composition chimique : C, S, M, R, E ou Vesta, tandis que quelques astres isolés sont de types D, F, P, G, B, T, A ou Q (NASA, 2007).

Les astéroïdes sont également classés en fonction de leur localisation. En dehors de la Ceinture principale des astéroïdes qui regroupe environ 96% des corps, 04 % des astéroïdes orbitent sur des trajectoires excentriques ou sans rapport avec la Ceinture. Il s’agit des NEO,

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des NEA, des astéroïdes Troyens et des Objets de la Ceinture de Kuiper (KBO) qui comprend les Centaures, les Plutinos, les Objets Trans-Neptuniens (TNO) et les Objets dispersés du disque (SDO).

Il existe une classe à part, les PHA qui sont des astéroïdes qui peuvent être dangereux car ils peuvent frôler la Terre. Mais d'après les derniers calculs, tous ceux que l'on a découvert passeront à plusieurs centaines de milliers de km de distance et ne risquent pas d'entrer en collision avec la Terre.

Ces petits corps nous permettent de connaître les origines du Système Solaire. En effet, en-dehors de toute influence physico-chimique, située dans une région glacée de l’espace, ils ont préservé leurs constituants originels intacts et leur aspect extérieur est resté figé.

Les astéroïdes ne sont pas très intéressants pour l'astronome amateur car observés dans un petit télescope, ils ne sont pas très différents des étoiles, et pour connaître leur position il faut une carte du ciel très précise sur laquelle est tracée leur trajectoire pour pouvoir les repérer parmi les étoiles.

I.3.4.5. Les planètes naines:

L’Union Astronomique Internationale (UAI) a voté une 6 ème résolution afin de créer une nouvelle classe d’objets dont le diamètre est inférieur à celui décrété dans la 5 ème résolution d’où le nom de planètes naines dont les premiers membres sont Pluton, Charon, Cérès, Sedna et 2003 UB313, cette dernière ayant été officiellement baptisée Eris en septembre 2006.

Pluton :

Longtemps considérée comme étant la dernière planète du système solaire, Pluton a été, en 2006, rétrogradée au rang de planète naine. Son orbite est très excentrique et sa distance au Soleil varie beaucoup entre 30 et 49 unités astronomiques (pendant certaines périodes, pluton est plus proche du Soleil que Neptune) et son orbite est très inclinée (17° par rapport au plan de l’écliptique) (voir tableau 01). Les observations spectroscopiques ont révélé que la surface de Pluton est recouverte de glace et composée principalement d’azote avec un peu de méthane. Une atmosphère très ténue est présente avec une pression 100 000 fois plus faible que la pression terrestre. La température moyenne est de – 220° C, elle possède cinq satellites dont Charon et Hydra (d’après l’UAI, 2006).

Eris :

La seconde planète naine au-delà de Neptune est Eris. Un corps découvert en 2005 avec un diamètre de 2400 kilomètres. Ces caractéristiques sont représentées dans le tableau 01. Eris possède un satellite Dysnomia (NASA, 2007).

I.3.4.6. Les satellites:

Toutes les planètes, à l’exception de Mercure et Vénus, possèdent un ou plusieurs satellites, qui, étant soumis à une force d’attraction gravitationnelle importante de la part de la planète, sont animés d’un mouvement de révolution autour d’elle.

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Ces satellites ont des dimensions, des compositions et des aspects variés. Seuls Titan, le plus gros des satellites de Saturne et Triton, satellite de Neptune, ont une atmosphère ; celle de Titan, composée d’azote moléculaire, est si épaisse qu’elle masque la surface du sol ; celle de Triton, faite d’azote et de méthane, est au contraire très ténue (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004).

La plupart de ces gros satellites ont un diamètre comparable à celui d’une planète tellurique : c’est le cas de la Lune et des quatre satellites de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto). Les plus petits, tels que les deux satellites de Mars (Phobos et Deimos) ont des dimensions de l’ordre de la dizaine de kilomètres. Contrairement aux gros satellites et aux planètes, ils ne sont pas sphériques, phénomène qu’explique leur petite taille (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004).

La plus part de ces gros satellites, à l’exception de la Lune et de Io, ont des surfaces de glace, d’aspect très varié, plus ou moins épaisses et entourant un noyau rocheux, fracturés et/ou cratérisés. La surface gelée de Triton, avec une température de – 236° C, est la plus froide du système solaire ; elle est très peu cratérisée, parsemée de failles immenses et abrite des lacs gelés et des geysers d’azote (Nouvel AUTODIDACTIQUE-Quillet, 2004).

La Lune :

La Lune est dix fois plus petite que la Terre avec une densité moyenne de 3,3. C’est un caillou mort, sans champ magnétique ni activité sismique. Son noyau (02 % de sa masse) a cristallisé, c’est ce qui fait cesser son champ magnétique. Elle est recouverte de roches magmatiques (anorthosites riches en plagioclases et norites riches en orthopyroxènes). La partie supérieure de la Lune est réduite en poussière (régolithe), suite aux impacts répétés de météorites. Elle contient des cratères ayant des diamètres de 700 km remplis de roches volcaniques semblables aux basaltes terrestres.

L’âge le plus ancien qui a été mesuré sur la Lune est de 4,5 milliards d’années, ce qui place sa formation à la même époque que celle de la Terre. L’étude détaillée des roches lunaires a révélé une analogie avec la Terre quant aux compositions chimiques, les rapports des isotopes de l’oxygène (lourds 18 O et légers 16 O) sont identiques à ceux de la Terre. Par contre, un appauvrissement en éléments volatils (K, Rb, Na, Pb) comparé à la Terre a été constaté.

Le scénario de la formation de la Lune actuellement admis, et confirmé par les faits d’observation et les simulations numériques, est le suivant :

Dans la prime jeunesse de la Terre, un impact cataclysmique a eu lieu avec un objet dix fois moins massif que la Terre, l’un des quelques dizaines d’objets existant à cette époque dans cette zone (Cameron, 1986 ; Newson et Taylor, 1989). Cette rencontre a eu lieu avec un angle presque rasant, de sorte que la collision n’a arraché qu’une fraction du manteau terrestre, sans toucher au noyau. En fait, la planétésimale a dû spiraler autour de la Terre avant de la rencontrer. L’impact a dispersé la matière terrestre avec celle de la planétésimale sur une orbite assez éloignée de la Terre pour ne pas pouvoir former d’anneau (au delà de la limite de Roche). La chaleur de l’impact a vaporisé les produits volatils (Wood, 1986 ; Melosh et Sonett, 1986). Les réfractaires qui ont été retenus par l’attraction terrestre se sont alors rapidement regroupés pour former la Lune.

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En conséquence de ceci, si la Terre avait commencé à accumuler une atmosphère à l’époque de la collision, la chaleur dégagée par le choc l’aurait vraisemblablement dispersé dans l’espace.

I.3.4.7. Les comètes:

Les comètes sont des petits corps de quelques kilomètres de diamètre, de formes irrégulières, composés pour les trois quarts de glaces, principalement de la glace d’eau, et pour le reste de poussières riches en carbone (Whipple, 1950).

Du fait de leur longue orbite elliptique, ces objets passent le plus clair de leur temps dans des régions éloignées du Soleil, au-delà de Neptune et de Pluton. Ils sont donc très froids et sous forme solide.

C’est lors de son passage périodique autour du Soleil que se produisent les phénomènes qui font resplendir une comète. En effet, lorsqu’elle arrive dans le Système Solaire interne, la glace à la surface de son noyau s’échauffe sous l’effet du rayonnement solaire. En s’échauffant, la glace se vaporise et entraîne avec elle les particules de poussières. Apparaît alors autour du noyau, une enveloppe diffuse de gaz et de poussières, appelée la chevelure de la comète, dont la taille peut atteindre jusqu’à 100 000 kilomètres et qui continue à grandir à l’approche du Soleil. Cette enveloppe est très lumineuse du fait de la fluorescence de ses gaz ainsi que de la réflexion de la lumière solaire par ses poussières.

Lorsque la comète continue à se rapprocher du Soleil, un phénomène encore plus impressionnant se produit. Le vent solaire et la pression de radiation de notre étoile étirent encore cette chevelure et lui donnent une forme allongée et une longueur prodigieuse, des millions de kilomètres, voire parfois une unité astronomique (la distance Terre-Soleil). Ainsi apparaît ce que l’on appelle la queue de la comète (toujours orientée à l’opposé du soleil), peut être le phénomène astronomique le plus impressionnant à l’œil nu. Autour de cette queue se trouve une énorme enveloppe invisible d’hydrogène qui provient de réactions chimiques entre photons solaires et molécules d’eau ayant échappé au noyau.

Notons que la plupart du temps, il y a en fait deux queues, l’une droite, l’autre courbée. Ces deux queues sont formées d’éléments différents :

La première queue est formée des poussières qui sont repoussées par la pression de radiation des photons solaires. Ce processus est relativement lent, l’éjection suit par conséquent le mouvement de la comète et la queue s’en trouve courbée.

La deuxième queue est formée des ions balayés par le vent solaire. Dans ce cas, le processus est violent et rapide car les ions sont très légers, la queue est donc droite et pointe dans la direction opposée au Soleil.

La comète la plus connue est bien sûr celle de Halley, qui nous rend visite tous les 76 ans et dont l’apparition fut déjà notée en 240 avant notre ère. Son dernier passage date de 1986. Elle fut survolée à l’époque par cinq sondes spatiales qui nous ont renvoyé une multitude de données sur le noyau, la chevelure et la queue.

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Fig. 10 : Une image de la comète Neat prise en 2004 depuis l’observatoire de

Fig. 10 : Une image de la comète Neat prise en 2004 depuis l’observatoire de Kitt Peak. On aperçoit clairement le noyau, la chevelure et la partie la plus proche de la queue ( WIYN/NOAO/AURA/NSF ).

I.3.4.8. La Ceinture de Kuiper:

La Ceinture de Kuiper est une population de petits corps glacés, de tailles similaires à celles des astéroïdes, occupant une région en forme d'anneau dans le plan du Système Solaire et s'étendant de l'orbite de Neptune (30 UA du Soleil) jusqu'à environ 100 ou 150 UA (Figure

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La première preuve par l'observation de l'existence de la Ceinture de Kuiper fut la découverte en 1992, de l'objet connu sous le nom de QB1, voyageant en orbite quasi circulaire à environ 50 UA du Soleil (Merlin et al., 1995). Environ 50 autres objets ont été trouvés sur des orbites similaires dans les années suivantes. Il a été suggéré que Pluton était le plus grand membre de la Ceinture de Kuiper.

À partir de 1992, les astronomes ont pris conscience de la présence d'une vaste population de petits corps en orbite autour du Soleil au delà de Neptune. Il y a au moins 70 000 "trans- neptuniens" avec des diamètres supérieurs à 100 km entre l'orbite de Neptune (à 30 UA) et 50 UA. Les observations montrent que les trans-neptuniens sont principalement confinés dans une bande épaisse de part et d'autre de l'écliptique, faisant prendre conscience qu'ils occupent un anneau autour du Soleil. Cet anneau est généralement appelé Ceinture de Kuiper.

La Ceinture de Kuiper est importante pour l’étude du Système Solaire car, il est probable que ces Objets soient des restes extrêmement primitifs de phases précoces d’accrétion du Système Solaire et aussi d’être perçue comme étant la source des comètes à courte période (200 UA), elle agit comme un réservoir pour ces corps comme le fait également le Nuage de Oort pour les comètes à longue période.

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Fig. 11 : Schéma du système solaire avec la ceinture de Kuiper et le Nuage

Fig. 11 : Schéma du système solaire avec la ceinture de Kuiper et le Nuage de Oort.

I.3.4.9. Le Nuage de Oort:

Le premier réservoir entoure notre système solaire et se situe entre 50 000 et 100 000 UA (Figure 11). C'est le nuage de Oort d'où proviennent les nouvelles comètes dont les trajectoires présentent des inclinaisons quelconques par rapport au plan de l'écliptique et ont de longues périodes (Périodes ~50-5000 ans) (Encrenaz, 1994) comme la comète de Halley (76 ans) ou Hale-Bopp (4000 ans). Les comètes de ce réservoir se seraient formées à l'intérieur du Système Solaire en même temps qu'il se formait lui-même. Les perturbations gravitationnelles des planètes géantes nouvellement créées auraient par la suite éjecté ces comètes du Système Solaire formant ainsi le nuage de Oort. On estime qu'environ 1000 milliards de comètes pourraient être présentes dans ce réservoir. Du fait de leur grand éloignement par rapport au soleil, on pense que les nouvelles comètes provenant du nuage de Oort ont une composition qui reflète celle des régions externes de la nébuleuse primitive. L'étude des comètes permet donc de mieux comprendre la composition et les conditions physico-chimiques de la nébuleuse primitive. N. B : à ce jour, le nuage de Oort n'a jamais été observé directement.

I.3.4.10. Les météoroïdes:

En plus des astéroïdes, le système solaire est peuplé d’innombrables corps de dimension plus réduite, de moins d’un mètre de diamètre pour se fixer les idées, appelés météoroïdes.

Étant donné leur faible dimension, ces corps sont totalement invisibles depuis la Terre. Leur existence n’est mise en évidence que lorsque l’un d’eux pénètre dans l’atmosphère terrestre, s’échauffe du fait de la friction avec celle-ci, à une altitude d’une centaine de kilomètres, et finit par se consumer. Ce phénomène donne lieu à une traînée lumineuse appelée météore ou étoile filante, l’une des attractions du ciel nocturne.

Lorsque le météoroïde n’est pas complètement consumé par son passage dans l’atmosphère, un résidu appelé météorite peut atteindre la surface terrestre. Lorsque ce résidu est de taille conséquente, ce qui est heureusement rare, l’impact sur la surface est très violent et donne lieu à un cratère.

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Chapitre II

Les météorites : Processus nébulaires et classification

Les météorites : Processus nébulaires et classification La Willamette est une météorite ferreuse découverte

La Willamette est une météorite ferreuse découverte en 1902 dans l’Oregon, aux ÉtatsUnis. Elle a une masse de 14 150 Kilogrammes, soit la 12 e plus grosse connue. Elle est exposée au musée américain d’histoire naturelle.

II.1. Introduction :

Les météorites sont rares, les récolter nécessite beaucoup de connaissances. Les reconnaître n'est pas une tache facile car elles se confondent avec les autres matériaux terrestres. L’œil aguerri et la connaissance vous feront peut être découvrir une météorite au détour d'un chemin !!! Les météorites nous offrent des renseignements précieux sur la formation de notre Système Solaire, puisque certaines d'entre elles, dites non différenciées, gardent dans leur composition la mémoire de cette formation. Elles nous renseignent également sur la structure interne des planètes.

Les météorites ont d'abord été appelées des aérolithes, autrement dit des pierres tombées de l'air. Les témoignages sur ces sortes de pierres, qui font le lien entre le ciel et la Terre, entre l'astronomie et la géologie, se perdent dans l'obscurité des siècles. Pourtant, pendant longtemps elles n'ont suscité que peu d'intérêt, et encore seulement de quelques observateurs que le hasard avait rendus témoins oculaires de leur chute. Il était difficile d'y croire tant leur origine paraissait étrange. Et lorsqu'on y croyait, c'était souvent pour en faire des prodiges, plutôt que des phénomènes naturels. Aussi leur témoignage a-t-il longtemps été repoussé avec une espèce d'indignation par la plupart des physiciens; et les objets dont ils proclamaient l'existence étaient, comme on le disait autrefois, « relégués dans la classe de ceux que l'imagination enfante et que la nature désavoue ». C'est seulement à partir de la seconde moitié du XVIII e siècle, qu'il n'a plus été permis de douter de l'existence de ces pierres tombées du ciel, et diverses conjectures ont commencé à être proposées sur leur formation.

II.2. Les météorites à travers l’histoire :

Dans l'antiquité, de nombreux "sages" ont essayé d'expliquer l'origine des météorites (pour les plus connus Aristote ou Pline l'Ancien).

Mais c'est en 1794 qu'un génial précurseur, le physicien allemand Chladni, établit les fondements de la connaissance des météorites et de leur origine. L’énoncé de l'interprétation moderne des météorites ne suscita aucun intérêt ou reconnaissance de la part de ses pairs. Son explication des chutes de météorites ne sera véritablement admise qu'après 1800. Le 26 avril 1803, une météorite était tombée en plus de 2000 fragments à Laigle (à l'époque L'Aigle), dans l'Orne. Le ministre de l'intérieur, Chaptal, médecin et chimiste de formation, avait envoyé le physicien Jean-Baptiste Biot enquêté sur place. Le rapport fût si convaincant que la communauté scientifique et l'académie des sciences ont enfin accepté l'idée que des pierres peuvent tomber du ciel.

II.3. L’origine des météorites :

Les météorites sont des corps extraterrestres (des "cailloux" de l'espace) tombant sur le sol de la Terre. Le terme de météore est lui réservé pour décrire le phénomène lumineux accompagnant le passage d'un de ces corps dans l'atmosphère (étoile filante), que celui-ci tombe sur notre planète ou se contente de la frôler.

Les différentes trajectoires à partir de quelques célèbres météorites tombées (Figure 01) ont montré qu’initialement les corps parents de ces météorites circulaient dans une trajectoire

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située entre Mars et Jupiter, dans la ceinture des Astéroïdes et qu’à la suite de collisions, certains fragments sont partis sur des trajectoires elliptiques pouvant recouper celle de la Terre ou des autres planètes.

Certaines autres (rares) météorites proviennent de matière arrachée à des astres solides du Système Solaire par des impacts météoritiques (essentiellement Mars et la Lune) et quelques comètes (météorites carbonées).

la Lune) et quelques comètes (météorites carbonées). Fig. 01 : Les différentes trajectoires à partir de

Fig. 01 : Les différentes trajectoires à partir de quelques célèbres météorites tombées.

II.4. Les chutes et les impacts :

La Terre, de par sa révolution autour du soleil, balaie l'espace et rencontre dans sa course certains de ces corps extraterrestres, eux-mêmes en mouvements autour du soleil. Leur orbite a été désaxée et rendue elliptique par les perturbations gravitationnelles de Jupiter et de Mars ou à la suite de collisions entre eux (Figure 01).

La Terre ayant une vitesse moyenne de 30 km/s dans l'espace et une météorite voyageant sur son orbite à une vitesse entre 12 et 72 km/s, les vitesses en jeu sont énormes. La rentrée dans l'atmosphère provoque d'énormes frottements au cours desquels l'énergie cinétique de la météorite est partiellement convertie en chaleur, ce qui provoque sa vaporisation superficielle qui entraîne la perte d'une certaine quantité de matière et le phénomène lumineux associé qui devient plus important à mesure que l’objet se rapproche ; il est accompagné d’un phénomène sonore qui peut ressembler à un coup de canon, et qui est lié à l’onde de choc formée à l’avant de la météorite. Cette onde de choc peut provoquer la rupture de la pierre en plusieurs morceaux, parfois en un très grand nombre (l'averse de Pułtusk en Pologne, en 1868, est estimée à cent mille morceaux, et 218 kg de pierres ont été recueillies) (Michel-Levy, 2002).

On estime que la plupart des météorites perdent entre 30 et 60 % de leur matière durant la traversée de l'atmosphère, cette valeur pouvant atteindre parfois les 99 %. Ce phénomène, appelé « ablation », est responsable de l'apparition des regmaglyptes (dépressions à la surface de la météorite en forme d'empreintes de doigts) et de la croûte de fusion.

Les météorites de faible taille sont considérablement ralenties par l'atmosphère et atteignent le sol à des vitesses relativement modestes. Les grosses météorites, supérieures à une dizaine de mètres de diamètre, ne sont pratiquement pas ralenties et peuvent toucher le sol

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à des vitesses de plusieurs dizaines de kilomètres par seconde. L'énergie développée est alors énorme, de l'ordre de plusieurs explosions nucléaires et provoque potentiellement des dégâts considérables. L'impact des plus grosses météorites (de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres de diamètre) génèrent une énergie telle, que leur masse est entièrement vaporisée, ne laissant derrière elle qu'un énorme cratère (généralement une vingtaine de fois plus large que la météorite qui en est l'origine) et des roches terrestres fondues. Par exemple, l'impact de la météorite de Rochechouart (Limousin) en France il y a 214 millions d'années, n'a laissé qu'un cratère de 23 km de diamètre. On estime pourtant qu'il a dégagé une énergie de plus de 175 gigatonnes, soit presque 16 millions de fois la bombe d'Hiroshima.

Exemple de la chute de météorite tombée en Russie le 15 février 2013 :

D’après l'antenne locale du ministère russe des Situations d'urgence dans un communiqué : "Une météorite s'est désintégrée au-dessus de l'Oural, brûlant partiellement dans les couches basses de l'atmosphère. Des fragments de météorite ont atteint la Terre et sont tombés dans des zones peu habitées de la région de Tcheliabinsk".

La chute d'une importante météorite a semé la panique dans la région russe de l'Oural vendredi le 15 février 2013, à 9h20 locales (3h20 GMT) (Figure 02). Son passage a provoqué de violentes explosions et a blessé environ 950 personnes autour de la ville de Tcheliabinsk, dont plus d'une centaine ont dû être hospitalisé. Les habitants de cette ville industrielle d'un million d'habitants située à 1500 km à l'Est de Moscou ont raconté avoir vu une lumière brillante dans le ciel, avant de ressentir et d'entendre quelques instants plus tard l'onde de choc qui a soufflé des murs et les fenêtres de 3000 bâtiments. Les autorités de la ville rapportent qu'environ 100 000 mètres carrés de verre ont été brisés.

Le gouverneur de cette région a déjà estimé le coût des dégâts à un milliard de roubles (25 millions d'euros). Les débris provoqués par la fragmentation de la grosse météorite ont laissé une longue traînée blanche dans le ciel, visible jusqu'à Ekaterinbourg, à 200 km de Tcheliabinsk et au Kazakhstan à 120 km au Sud.

200 km de Tcheliabinsk et au Kazakhstan à 120 km au Sud. Fig. 02 : Photos
200 km de Tcheliabinsk et au Kazakhstan à 120 km au Sud. Fig. 02 : Photos

Fig. 02 : Photos de la météorite qui s’est désintégrée au dessus de l’Oural le 15 février 2013.

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II.5. Les cratères d’impacts météoritiques:

Les cratères météoritiques sont des structures circulaires creusées par la chute d'une météorite de dimension importante. La première structure d'impact reconnue fut celle du Meteor crater d'Arizona (USA).

II.5.1. Répartition des cratères dans le monde :

Aujourd'hui, on connaît plus de 172 cratères considérés comme d'origine extraterrestre répartis dans le monde (Figure 03). Ce nombre est basé sur une compilation de données réalisée depuis 1980 par le département géologique de l'Institut des Ressources Naturelles du Canada, aujourd'hui devenu le Comité Consultatif sur les Météorites et les Impacts (MIAC/CCMI) de l'Agence Spatiale Canadienne.

Plus de 40 formations dont le statut est en suspens, dont la dernière fut découverte en 2010 au Kasaï (Cf. Monegado), le précédent en 2006 à la frontière Libano-égyptienne (Cf. Kebira). Notez qu'au moins 05 impacts sont survenus au cours du XX ème siècle.

A cela il faut ajouter quelque centaines de structures suspectes que les scientifiques doivent explorer, notamment quelques sites intéressants en Scandinavie et en Chine.

que lques sites intéressants en Scandinavie et en Chine. Fig. 03 : Localisation des 172 cratères

Fig. 03 : Localisation des 172 cratères d'impacts confirmés par le HMIAC H (Document mis à jour par Belhai, 2010).

II.5.2. Les cratères en Algérie :

Quatre cratères d'impact météoritiques sont décrits et d’autres sont pressentis. Ce nombre comparé à celui qui existe sur le continent africain est un record certain. Il représente en densité 21,05%, soit 4 cratères sur 19 dans le continent africain (Belhaï et al., 2005) et 2,63% des cratères de la planète.

Les cratères algériens se localisent au niveau de la plate-forme saharienne et sont (Figure

04):

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Le cratère de Maadna (Talemzane) (33° 19N004° 02E) fait 1700 m de diamètre (Karpoff, 1952 ; Lambert et al., 1980).

Le cratère d’Amguid (20° 15N004° 23E) fait 450 m de diamètre et 30 m de profondeur (Lefranc, 1969 ; Lambert et al., 1980).

Le cratère de Tin Bider (27° 36N005° 07E) fait 6000 m de diamètre (Grieve, 1987).

Le cratère de l’Ouarksis (29° N007° 33W) a 3500 m de diamètre (Fabre, Kazi-Tani et Megartsi, 1970).

a 3500 m de diamètre (Fabre, Kazi-Tani et Megartsi, 1970). Fig. 04 : Les cratères météoritiques

Fig. 04 : Les cratères météoritiques en Algérie (Belhaï, 2006).

Les tectites :

Les tectites sont de petits fragments vitreux de formes diverses, lentilles, gouttelettes ou disques. Ce sont des verres riches en silicium, fer, magnésium, calcium, aluminium et potassium. A la différence des météorites, elles se trouvent que dans certaines régions limitées à la surface de la Terre (Hamilton et al., 1974). Leur formation est liée au choc provoqué par l’impact météoritique. En d’autres termes, ce sont des verres produits à très haute température (à plus de 2000° C) lors de l’impact produisant un cratère de diamètre supérieur à 10 Km (Zanda, 1996).

II.6. Dimensions et abondances des météorites:

Chaque année, près de cent mille tonnes de matière extraterrestre tombe sur notre planète, la plupart sous forme de poussière (90 % des grains pesant moins d'un gramme). Parmi les plus gros fragments, on estime que 150 météorites de plus de 200 g touchent le sol terrestre chaque année tandis que 350 autres vont s'abîmer en mer.

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Heureusement, statistiquement les météorites les plus grosses sont aussi les plus rares à tomber sur Terre. On estime qu'une météorite de 100 à 200 mètres de diamètre tombe tous les 1000 ans, qu'une météorite de 500 à 800 mètres de diamètre tombe tous les 30 000 ans (soit presque l'âge de l'Homo Sapiens en France) et qu'une météorite de 05 km tombe tous les 40 millions d'années (soit sept fois l'âge de l'Humanité).

La distribution géographique des météorites recueillies dépend de facteurs qui leur sont totalement étrangers, mais sont surtout en rapport avec les facilités d'observation telles que la densité de la population et la nudité du sol.

II.7. Découverte et noms des météorites:

Si des humains ont la chance d'observer la chute d'une météorite, il sera parfois possible d'en retrouver le point d'impact (à condition que les témoignages soient suffisamment nombreux et concordants sur la trajectoire) et de pouvoir en récolter des fragments. On parle alors de "chute observée" ou "chute historique".

Lorsqu'une zone de chute est découverte par hasard ou par prospection systématique on parle de "trouvaille" ou de "découverte". N.B. : Pour un type similaire de météorites et un poids total connu comparable, les chutes observées sont généralement mieux cotées que les découvertes.

Généralement, qu'il s'agisse d'une chute observée ou d'une découverte, la météorite porte le nom de la zone de chute (ville proche, district, etc.) ou une abréviation de celui-ci suivi d'un numéro (par ex. : SAU130 pour la 130 ème météorite découverte dans la région de Sayh al Uhaymir dans le désert d'Oman). Les météorites découvertes dans le désert saharien portent quant à elles souvent l'abréviation NWA pour North-West Africa ou SAH pour Sahara. La nécessité d'attribuer un numéro de découverte est particulièrement indispensable dans les zones propices aux découvertes et peu peuplées, disposant donc de peu de toponymes auxquels se référer. Ces zones sont généralement les déserts secs tels que ceux de l'Afrique du nord, de la péninsule arabe, du Moyen-Orient, ou les étendues glacées de l'Antarctique.

II.8. Datation et histoire des météorites:

Les météorites (à l'exception des météorites S.N.C.) constituent les systèmes clos les plus anciens de matériaux solaires condensés. C'est à Clarck Patterson que revient le mérite d'avoir réussi en 1956, les premières datations de météorites à partir de la chronométrie « au plomb ». Le résultat obtenu, (4,55 ± 0,07)10 9 ans en utilisant les anciennes valeurs des constantes radioactives et 4,49 × 10 9 ans avec les nouvelles constantes, n'est pas très éloigné (à 1,5 p. 100 près) de la meilleure valeur admise aujourd'hui, (4,559 ± 0,004)10 9 ans, obtenue en 1981 par J. H. Chen et G. J. Wasserburg à partir des inclusions réfractaires de la chondrite Allende (Pellas, 2002). Les événements de l'histoire de ces objets primitifs peuvent être datés par les différentes méthodes radio-chronologiques. Ces méthodes utilisent l'analyse des spectres de masse. On définit communément les datations suivantes :

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– les âges absolus datent la solidification, la dernière différenciation chimique et le

refroidissement (condition de système clos) des matériaux météoritiques ;

– les âges d'exposition au rayonnement cosmique mesurent, par convention, l'intervalle de

temps qui sépare l'instant où une météorite est extraite d'un corps parent, probablement à la suite d'un choc, jusqu'à sa capture et à sa chute sur Terre ;

– les âges terrestres définissent le temps de résidence à la surface terrestre des météorites dont la chute n'a pu être observée ;

– les intervalles de formation définissent l'intervalle de temps (Δt) entre, d'une part, la

séparation et l'isolement de la nébuleuse proto-solaire du milieu galactique nourricier, d'autre part, le moment où les météorites se constituent en système clos et sont assez refroidies pour retenir dans leurs phases minérales certains isotopes, produits de filiation de radionucléides à vie courte, aujourd'hui éteints.

II.9. Les différents types de météorites:

Les travaux du XIX ème et XX ème siècle ont donné lieu à une classification descriptive en les subdivisant en :

- Météorites pierreuses ou aérolites ;

- Météorites pierro-ferreuses ou lithosidérites ;

- Ferreuses, sidérites ou sidérolites.

Aujourd’hui, les scientifiques les classent selon leur corps d’origine. Ces corps parents à l'origine des météorites se sont formés par l'accrétion de grains de matière primitive de la nébuleuse solaire. Ils sont de deux catégories : les corps différenciés et les corps non- différenciés. Ainsi, on distingue : Les météorites différenciées et les météorites non différenciées (Figure 05).

Ces corps contenaient des éléments radioactifs à courte période dont la désintégration a libéré une quantité importante de chaleur. Les corps parents ont donc subi un réchauffement plus ou moins important en fonction de la quantité d’éléments radioactifs qu’ils contenaient, donc en fonction de leur taille (Remusat, 2005). Les corps les plus gros ont subi des différenciations magmatiques (migration des éléments les plus lourds vers le centre) (Figure 06). Ils voient donc apparaître en leur sein trois phases :

- Une phase ferreuse au centre (le noyau) ;

- Une phase rocheuse à l'extérieur (le manteau et la croûte) ;

- Une phase intermédiaire où roche et phase ferreuse sont plus ou moins mêlées.

C'est exactement cette configuration que nous retrouvons dans la composition de la Terre.

La fragmentation d'un de ces corps différenciés lors d'un choc provoque donc la dispersion dans l'espace de trois types de corps :

- Les corps ferreux, constitués de fer et de nickel. Les météorites ferreuses en sont issues ;

- les corps rocheux, pauvre en métal. Ils sont à l'origine des achondrites ;

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- les corps mixtes, où se mêlent fer-nickel et matière minérale. Ils deviendront, une fois tombés sur notre planète, des météorites mixtes.

fois tombés sur notre planète, des météorites mixtes. Fig. 05 : Classification des météorites non

Fig. 05 : Classification des météorites non différenciées et différenciées (d’après Bischoff, 2001).

Les corps parents trop petits pour avoir connu une différentiation (Figure 06), sont eux à l'origine des chondrites, météorites non différenciées, caractérisées par la présence en leur sein de sphérules millimétriques, appelées chondres. Ils ont seulement été métamorphisés à haute température (Remusat, 2005).

métamorphisés à haute température (Remusat, 2005). Fig. 06 : Étapes de formation des météorites

Fig. 06 : Étapes de formation des météorites (d’après « enseigner la géologie au collège et au lycée » collectif Nathan, 1992).

A Formation des météorites différenciées B Formation des météorites non différenciées.

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II.9.1. Les météorites no