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Les Gabonais d’Aix-Marseille dénonce « le coupd’Etat d’Ali Bongo Ondimba »

ECHOS DU NORD

Hebdomadaire Gabonais d’informations paraissant le lundi 10 e année

DU NORD Hebdomadaire Gabonais d’informations paraissant le lundi 10 e année “ Change. Believe” Barack Obama

Change. Believe” Barack Obama

10 e année “ Change. Believe” Barack Obama N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 - Prix

N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 - Prix : 600 F.CFA

Obama N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 - Prix : 600 F.CFA Détention de Firmin Ollo
Obama N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 - Prix : 600 F.CFA Détention de Firmin Ollo

Détention de Firmin Ollo Obiang

La prison ou le dialogue

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OnaOndo,l’échec totalàOyem Lire en page 6

OnaOndo,l’échec

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en page 2 OnaOndo,l’échec totalàOyem Lire en page 6 ECONOMIE Can2017 Aucuneretombéeécono-

ECONOMIE

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Nous devons per- sévérer dans la résistance au tour de Jean PING

LireenP8

dans la résistance au tour de Jean PING LireenP8 Anoscherslecteurs etlectrices Nous poursuivons notre

Anoscherslecteurs

etlectrices

Nous poursuivons notre aventure avec vous. Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus lors des événements que nous avons connus il n’y a pas long- temps. Et vous réitérons notre détermination à être le relais de vos voix. Notre souci restera toujours de vous informer et de décryp- ter avec vous des pans de l’actualité politique, écono- mique et sociale. C’est dans cette optique que nous avons changé de fréquence pour vous livrer trois édi- tions par semaine au lieu d’une, vu vos exigences. Nous constatons que cette aventure est en train de se transformer en rendez-vous fidèle. Nous vous en remer- cions. Nous vous convions à ne pas hésiter à nous faire vos observations pour amé- liorer ce produit qui est d’abord le vôtre. Cette semaine, nous avons décidé de ne point nous cacher en revenant dans nos locaux. Tout en maintenant la vigi- lance à un niveau élevé. Puisque l’ex-Cedoc a dés- ormais la manie de lancer des campagnes contre la presse. Alors, nous sommes là.

élevé. Puisque l’ex-Cedoc a dés- ormais la manie de lancer des campagnes contre la presse. Alors,
des campagnes contre la presse. Alors, nous sommes là. Lire en pages 5&8 LETTREAMARIE MADELEINE MBORANTSUO

Lire en pages 5&8

la presse. Alors, nous sommes là. Lire en pages 5&8 LETTREAMARIE MADELEINE MBORANTSUO Madame, Samedi
la presse. Alors, nous sommes là. Lire en pages 5&8 LETTREAMARIE MADELEINE MBORANTSUO Madame, Samedi

LETTREAMARIE

MADELEINE

MBORANTSUO

Madame, Samedi dernier, vous avez été ridiculisée à Washington, aux Etats- Unis, par des membres de la diaspora gabonaise. Ces derniers ont fait irruption à votre hôtel pour y faire du ramdam avec des pan- cartes dévoilant votre vrai visage. Il fallait vous y attendre, après la valida- tion par vos soins du hold- up électoral perpétré par le despote Ali Bongo. « Qui souffle sur le feu reçoit les étincelles aux yeux », disait mon grand-père. Ce que vous avez vécu samedi n’est que le début des tribulations qui vous attendent après votre acte sordide. Désormais, rien ne sera plus comme avant ! Partout où vous mettrez vos guiboles, vous serez accueillie comme une pes- tiférée par la diaspora gabonaise, à cause de votre complicité active dans le putsch militaro- électoral ayant conduit au massacre de plusieurs cen- taines de Gabonais par les escadrons de la mort à la solde du pouvoir. Si vous teniez à votre paix inté- rieure, vous vous seriez abstenue de valider le hold-up électoral. Mon aïeul disait : « Si tu ne veux que la mouche tsé-tsé devienne ton ennemi, ne mets pas au bord du mari- got. » Vous faites partie du dis- positif clé qui empêche les Gabonais de rêver à un avenir meilleur. Désormais, ces derniers vont vous empêcher de dormir. Ne pensez pas que vous pouvez contribuer au massacre de vos sembla- bles et vous mettre ensuite à baguenauder à travers le monde. En sus des sanc- tions attendues de la part de l’Union européenne (UE), vous êtes condam- née à subir les Gabonais.

Suite en page 2

tions attendues de la part de l’Union européenne (UE), vous êtes condam- née à subir les

A C TU A LITÉS

A C TU A LITÉS ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 2 LETTREAMARIEMADELEINE

ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

2

LETTREAMARIEMADELEINE

MBORANTSUO

Suitedelapage1

Ils vous démontreront qu’ils ne sont pas vos sujets. Ils vous traqueront partout pour réclamer leur vote que vous avez détourné. « Si tu ne veux pas que la panthère entre dans ton village, ne prends pas l’antilope qu’elle a tuée », me conseillait mon papy. Malgré votre masochisme et votre machiavé- lisme, vous ne dormirez plus du sommeil du juste. Déjà, vous semblez bourrelée de remords, après avoir donné votre blanc-seing à la candida- ture anticonstitutionnelle d’Ali Bongo, validé le massacre des centaines des Gabonais, et cau- tionné le putsch électoral qui s’en est suivi. En sus des récriminations fusant de partout, vos nuits seront troublées par les fantômes des patriotes que le régime que vous protégez a abat- tus pour se maintenir au pouvoir. Où que vous irez, la réputation de complice de ces massacres vous collera à la peau. D’ailleurs, mon grand- père disait: « Celui qui se cache ne cache pas son mauvais renom. » Au plus fort de vos remords, l’ennéade mafieuse de la Cour constitutionnelle dont vous êtes le chef avait demandé et obtenu une messe d’action de grâce à son intention à la cathédrale Sainte- Marie de Libreville. Cette messe avait été dite par l’archevêque Basile Mve Engone, dont les accointances avec le pouvoir sanguinaire d’Ali Bongo ne cessent de provoquer l’ire des citoyens. Sachez que ni Dieu ni les Gabonais ne vous pardonneront le péché que vous avez com- mis en cautionnant le massacre de vos compa- triotes. « Pardonner au méchant, c’est frapper l’innocent », disait mon aïeul. Certes, on voit se multiplier les scènes de repentance, de reconnaissance de fautes, de par- don, d’excuses, mais il est des actes qui frisent l’hypocrisie ou la moquerie. C’est le cas de cette messe que vous aviez demandée et obtenue. Vous vous fourvoyez en pensant que vous pouvez cor- rompre ou séduire Dieu en lui faisant les yeux de Chimène. Vous aurez beau construire des églises et y faire des dons, Dieu ne vous pardonnera jamais et vous resterez la méchante femme que vous avez toujours été. « Un serpent qui mue ne perd pas son venin pour autant », disait mon papé. Votre pardon doit être conditionné à la recon- naissance de vos fautes. Le pardon est un oubli de soi et une compassion de l’offensé pour l’offen- seur qui avoue sa faute et se repent. Malheureusement, vous n’avez jamais daigné demander pardon au peuple gabonais auquel vous faites du mal en détournant son vote. Au lieu de vous repentir, vous préférez vous conduire en pin- tade orgueilleuse. Le jour où vous perdrez la par- celle de pouvoir, les Gabonais vous dauberont. Mon pépé disait : « Quand la pluie te mouille, les crapauds se comparent à toi. » Madame, depuis l’avènement de la démocratie dans notre pays, vous avez toujours annihilé toutes les opportunités d’alternance politique qui s’offrent au peuple. En 1993, 1998, 2005, 2009 et aujourd’hui 2016, vous avez rendu des déci- sions perpétuant la dynastie Bongo, alors que le verdict des urnes donnait victoire à l’opposition. Et vous restez sur une voie stoïcienne et spino- ziste. Assumez votre nombrilisme et votre mer- cantilisme. Les Gabonais se souviendront long- temps de vos vilenies qui jettent l’opprobre sur votre personne. « Manger du crapaud est, certes, appétissant, mais la réputation d’en avoir mangé est répugnante », aimait à dire mon aïeul. Jonas MOULENDA

Me Bourgi répond à Me Mayila

D ans une tribune incendiaire à G a b o n r e v i e w,

Louis Gaston Mayila s’est longuement répandu sur Robert Bourgi. Ce dernier, qui l’avait déjà remis à sa place lors de la conférence au Sénat français et dont on connaît la verve, a tenu à lui dire deux mots à son tour. Florilèges. « Cher Louis Gaston Mayila, j’ai lu avec beau- coup d’amusement, mais aussi avec une pointe de tristesse les propos que tu as tenu tout dernièrement à mon endroit. Au Sénat, et cela est vérifiable, j’ai féli- cité Jean Christophe Lagarde, patron de l’UDI de s’être adressé à Jean Ping en tant que Président de la République Gabonaise ; en second lieu, j’ai dit que j’aurais tant souhaité que mon ami Nicolas Sarkozy tienne les mêmes propos à l’endroit de JP ; et en troisième lieu, avec la passion qui m’anime, je me suis adressé à toi pour dire simplement que tu as tort d’appeler au dialogue

avec le dictateur. Je n’ai, à n’aucun moment, procédé à des attaques ad homi- nem, et voilà que tu n’as rien trouvé de mieux pour justifier ta démarche de plonger dans la fange et dans des attaques qui ne t’honorent point. La question que je me pose et que je pose aux Gabonais et avant tout au dictateur, est la suivante :

« pourquoi, depuis trois ans, m’as-tu rendu autant de visites, et la dernière en date en juillet dernier ? » Et tu sais bien, Louis Gaston Mayila, que dans mon bureau tu t’es livré à des attaques outrancières contre Ali Bongo Ondimba. Dans la masse des mails que tu m’as envoyés tout au long de ce mois j’en ai sélectionné quelques-uns que je vais livrer aux lecteurs d’Echos du Nord. Je te rappelle que le 8 septembre 2014, tu m’écri- vais ceci : « je te remercie pour l’entretien cordial que tu as bien voulu m’ac- corder à ton cabinet lors de mon dernier séjour à

Détention de Firmin Ollo Obiang

La prison ou le dialogue

Par Sophie Beuve Mery

C e matin, les jeunes de l’Union nationale (UN) vont saisir les

les jeunes de l’Union nationale (UN) vont saisir les représentants diplomatiques pour leur parler de

représentants diplomatiques pour leur parler de l’arresta- tion de Firmin Ollo Obiang, le coordinateur national de leur parti. Cette décision a été prise au cours d’un point-presse le week-end dernier. En effet, après maintes démarches infructueuses auprès du tribu- nal de Libreville, ils ont décidé de passer à la vitesse supé- rieure pour faire libérer leur leader. « Nous n’épargnerons aucune ambassade, il faut que tout le monde sache que le mode de gestion au Gabon c’est l’arbitraire. Dès lundi, nous présenterons la situation de Firmin Ollo Obiang aux représentants diplomatiques », a déclaré Serge Engo, le coor- dinateur de l’Estuaire. Emprisonné depuis le 21 juillet, Firmin Ollo Obiang croupit tou- jours à la prison centrale de Libreville sans aucun jugement, et ce, malgré la mise en liberté provisoire accordée par les juges du 8e et du 3e cabinet, qui n’ont trouvé aucun grief à son encontre. « Cela fait quatre mois que Firmin Ollo croupit en prison sous les ordres du procureur de la République, Steeve Ndong Essame. Quatre mois que nous tentons de le libérer, sans succès. Quatre mois que le gou- vernement du dictateur détient notre coordinateur sans aucun motif valable. C’en est trop. Cette fois, nous sortons de la réserve et enjoignons au gouvernement via leur procureur de le libérer dans les plus brefs délais Trop, trop c'est trop. Il faut que Firmin Ollo Obiang sorte de son arrestation arbitraire », a martelé un des jeunes unionistes. Les membres de l’UN déplorent l’interdiction de visite qui lui est opposée, et s’en inquiètent véritablement. Une situation qu’ils jugent assez dangereuse surtout lorsqu’on connait les conditions de vie en milieu carcéral gabonais. « Tout le monde sait que Firmin Ollo n’est pas un brigand. A chaque fois que nous nous rendons à la prison le visiter, les pénitenciers nous disent qu’il n’est pas per- mis de le voir. Qu’a-t-il fait pour mériter un tel traitement ? Nous voulons nous imprégner de son état de santé. Nous ne savons même pas si à chaque fois qu’on va lui donner des vivres, ils lui parvien- nent », s’est inquiété un autre membre. Une chose est claire, l’UN ne se décourage pas. Elle continue à se battre pour obtenir la libération de leur pair. Selon une source anonyme proche des services pénitenciers, « la sortie de Firmin Ollo Obiang est désormais conditionnée par son acception du dialogue. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle René Ndemezo’o Obiang ne cesse de lui rendre visite. » Il s’agit donc d’aller au dialogue au prix de sa liberté. Voilà le Gabon que préco- nisent Ndemezo’o et BOA.

Voilà le Gabon que préco- nisent Ndemezo’o et BOA. paris. Comme j’ai eu à te le

paris. Comme j’ai eu à te le dire, j’ai été longuement reçu par le ministre Roland Dumas et à l’issue de cette audience, il a été convenu que je lui fasse une fiche sur la situation politique au Gabon, fiche que je lui ai faite parvenir par le canal de Me CECCALDI. Je te fais parvenir copie de cette fiche, d’abord parce que je parle de toi, et t’autorise à en parler ou à communiquer à qui de droit.» J’ai retenu un extrait de cette fiche où tu conclus ce qui suit : « je pars d’un principe simple : ‘’Toute goutte de sang versée, est un échec pour l’esprit humain ; tout coup de feu tiré vers un adversaire sup- posé, est une erreur dra- matique ; l’homme doit vivre par son action dans des œuvres de création et de paix et non mourir dans les cadavres de ses vic- times ou des victimes de ses victimes et des actions d’agression contre la paix

de la création de l’homme. Tous coups de feu tirés en direction d’un adversaire supposé ou imaginé comme tel, est un suicide et une défaite pour la pensée humaine, c’est un aveu d’échec dans la mission de l’homme créé à l’image de Dieu. C’est sans prétention et avec humilité que je conçois le sens qui doit être donné à toute vie qui doit être consacrée aux autres, à ceux qui de la vie attendent la vie. On ne peut pas aller chercher la vie, là ou on tue la vie. Quand on ôte une vie, c’est Dieu qu’on assassine puis que l’homme a été créé à l’image de Dieu, tuer l’image de Dieu c’est assassiner Dieu dans son œuvre de création ». Où vas-tu chercher la vie aujourd’hui ? Chez Ali Bongo Ondimba ? Qui a massacré les Gabonais ? Peux-tu répondre à cette question ?

Liste à jour des personnalités contre lesquelles des sanctions ont été demandées suite aux événements du

31aout

Bongo OndimbaAli

M.

et Mme FabriceAndjoua

Sylvia Bongo Ondimba

Bongo Ondimba

Alain Claude Billie By Nze

M.

et Mme Christian

et madame

Magnagna

Frederick Bongo Ondimba

M.

et Mme Nziengui

Hervé Patrick Opiangah et

Madoungou alias « V. Mad

madame

»

Jean LucAmvame et

M.

et Mme Brice Lacruche

madame

M.

et Mme Guy Maixent

Pacôme Moubelet Boubeya

Mamiaka

et Madame

M.

et Mme Jean Claude

Ernest Mpouho et madame Arnauld Engandji et

Sipamio Berre Mme LindbourgIwenga

madame Serge Mickoto et madame

Mme Rose Christianne Ossouka Rapondah

Marie Madeleine

M.

et Mme Serge William

Mborantsuo Seydou Kane et madame Mathias Otounga

Akassaga Okinda Met Mme Hervé Moutsinga

Ossibadjouo et Madame

Mme LouiseAngue

Léon Nzouba et madame

M.

et Mme Jacques

Daniel Ona Ondo et

Libama

madame

M.

et Mme Ouwe

M.

et Mme Nkero Capito.

M.

et Mme Onouviet

M.

Blaise Louembe

M.

et Mme Régis

Immongault Mme Pascaline Mferri Bongo Ondimba

MmeAkolly née Paulette

Ayo Mba

M. et Mme Frédéric

Gassita

M. Lin Mombo (déjà dans

le collimateur de la Brigade financière)

Ayo Mba M. et Mme Frédéric Gassita M. Lin Mombo (déjà dans le collimateur de la

POLITIQU E

POLITIQU E ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 3 3 Politique LedialoguedeBOAest désormaiscaduc

ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

3 3

Politique

LedialoguedeBOAest désormaiscaduc

Par JMS

L e report de la publication du rapport de

l’Union européenne pour le 1er et le 2 décembre prochain a sonné le glas du dialogue de BAO. Manuels Valls, qui est un chaud partisan de ce conclave des putschistes, avait, l’on s’en souvient, fixé le timing de cette ren- contre. Il avait ordonné à BOA que tout ceci prenne

fin à Madagascar lors du prochain sommet de l’Organisation internatio- nale de la francophonie (Oif). Pour cette circons- tance, Manuel Valls pré- voyait une cérémonie solennelle de signature d’un accord politique entre Jean Ping et les put- schistes de la junte mili- taro-politique au pouvoir. Mais c’était sans comp- ter avec la détermination des observateurs manda- tés par l’Union euro- péenne (UE) au Gabon pour suivre le déroule- ment de l’élection prési- dentielle. Ils ont un tout autre scénario en tête, qui indique clairement qu’ils vont à nouveau tenter de convaincre BOA que son aventure à la tête de la junte n’a pas d’autre issue que la Cour pénale inter- nationale(CPI) s’il ne revient pas à la raison.

Nos sources sont for- melles. La mission de l’UE va organiser « des discussions » avec toutes les parties prenantes avant de publier le document. L’équipe de Jean Ping, celle de la junte, la com- munauté internationale et les membres de la société civile gabonaise seront entendus durant ces deux jours. Un tel luxe de pré- cautions signifie que le contenu de ce document est très défavorable pour BOA et qu’il convient de lui « trouver une porte de sortie » pour éviter la reprise des violences au Gabon. Il ne pourrait s’agir que de cela puisque les positions de tous les acteurs cités sont connues. Jean Ping et tous ses soutiens, en dehors du cas notable de Casimir Oye Mba qui veut « croiser les conclusions du dialogue de BOA à celui de Jean Ping », sont sur la position du refus. Ils exigent la reconnaissance par tous de la souveraineté du peuple gabonais. Elle passe par la proclamation par les insti- tutions gabonaises de son choix tel qu’il s’est exprimé le 27 août dernier. C’est une position que Jean Ping, qu’accompa- gnaient Guy Nzouba Ndama et Jean Eyeghe Ndong, vient d’indiquer à tous ses interlocuteurs en

Ndong, vient d’indiquer à tous ses interlocuteurs en Europe et aux Etats-Unis. Il ne pourra pas

Europe et aux Etats-Unis. Il ne pourra pas dire autre chose aux observateurs de l’Union européenne. La société civile gabo- naise s’est également pro- noncée de manière très claire. Dans un rapport publié le 11 novembre 2016, le Rassemblement des organisations de la société civile libre du Gabon pour la bonne gou- vernance (Rolbbg) a clai- rement dit que BOA n’a pas gagné l’élection prési- dentielle du mois d’août dernier. Il a bénéficié d’une fraude grossière organisée par la Cour constitutionnelle et la Commission nationale électorale et permanente (Cenap). Cette conclusion, au demeurant assez grave pour la junte, n’a pas été démentie. Il est clair qu’en

allant à la rencontre des observateurs de l’UE, Georges Mpaga leur ten- dra son rapport pour toute réponse à leurs questions. La position de la com- munauté internationale vient de connaitre une évolution. L’unanimité de ce groupe emmené par l’Organisation des Nations unies(Onu) en faveur de BOA s’est considérable- ment effritée. La publica- tion du pré-rapport de l’Union africaine(UA), qui met en doute la sincérité des résultats dans la pro- vince du Haut-Ogooué, province ayant permis à BOA de refaire son écart de 60000 voix, montre que la communauté internatio- nale africaine a changé son fusil d’épaule. Il devient intenable pour la France, qui se cache derrière l’UA,

de dire le contraire de la position, certes non offi- cielle, de l’UA. Tout comme il sera difficile à l’UE, que manuel Valls a essayé d’influencer en l’amenant à produire un rapport aseptisé pour per- mettre à son copain BOA de légitimer son putsch, de ne pas s’aligner sur la position de l’UA. Au risque de créer un nouveau séisme en Europe. L’Europe ne peut se per- mettre ce luxe après le départ tonitruant de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Ce qui suppose que les repré- sentants de la communauté internationale au Gabon seront sur la ligne désor- mais très claire de l’UA. D’autant que l’ambassa- drice des Etats-Unis au Gabon est annoncée sur le départ. Tout comme le Sénégalais Abdoulaye Bathily, un soutien impor- tant de la junte et du putsch, comme il l’a confirmé lors de sa confé- rence de presse d’adieu le mois dernier. Reste ce que peut bien dire BOA et sa junte à cette rencontre. Surtout que les observateurs ont encore en travers de la gorge l’épisode des écoutes sauvages dont ils ont été victimes. Malgré l’existence d’un accord entre les deux parties qui,

en droit international, aurait dû s’exécuter « de bonne foi », comme c’est la règle. Il est clair que face à ces accumulations de preuves venant de par- tout contre lui, BOA et ses hommes ne trouveront pas de mots pour se justifier. La rencontre avec les observateurs risque de tourner à la reprise de la négociation entamée avant la proclamation des résul- tats sous l’égide de la communauté internatio- nale, qui visait le départ de BOA du pouvoir. Mais que les faucons – René Aboghe Ella, Marie Madeleine Mborantsuo, Jean-Pierre Oyiba, Pacôme Moubelet Boubeya, Alain Claude Bilie By Nze -, avaient décidé d’interrompre en prenant tout le monde de court. Ils ont précipité la proclamation des résultats tronqués qui donnaient BOA vainqueur de 5000 voix. Dans un tel contexte, il devient illusoire de parler d’un dialogue avec BOA. Les consultations enta- mées par le chef du gou- vernement de la junte, le cuspodien Emmanuel Issoze Ngondet ne donne- ront plus rien. Ceux qui se sont empressés d’embar- quer sur ce bateau vont le regretter car le dialogue de BOA est désormais caduc.

RejetdurecoursdeJeanPingparlaCourconstitutionnelle

Unnon-évènement pourlesGabonais

Par DE

C ’est par un bras d’honneur que les partisans de

Jean Ping ont accueilli la décision ubuesque de la Cour constitutionnelle du Gabon, de rejeter le recours en révision de sa décision de proclamer BOA vainqueur de l’élec- tion présidentielle, intro- duite par son rival. Non pas parce qu’ils s’atten- daient à une telle issue. « On s’en fiche », ont déclaré plusieurs d’entre eux. Mais plutôt parce que ce rejet intervient au moment où leurs esprits sont occupés par autre chose. À savoir la publi- cation du pré-rapport de l’Union africaine qui confirme que c’est bien Jean Ping qui a gagné l’élection et non BOA d’une part : d’autre part ils savourent encore l’an- nonce de la réception aujourd’hui de Jean Ping par le Sénat américain. En cela Jean Ping est resté fidèle à la stratégie que lui avait recommandée feu Pierre Amoughe Mba, qui

consiste « à faire du bruit à gauche pour taper à droite ». Pendant que la junte ordonnait à la Cour constitutionnelle de ne pas se pencher sur la nouvelle saisine de Jean Ping, croyant qu’elle revêtait une grande importance, l’homme a plutôt surgi sur un autre front. Pourtant si la junte n’était pas aveu- glée par la haine, elle aurait pu prévoir ce qui vient de se passer. Lors de leur conférence de presse, les avocats de Jean Ping avaient annoncé qu’ils « n’avaient pas de remède miracle » pour permettre à la tour de Pise de se redresser. Ce qui voulait dire en d’autres termes que leur client n’attendait rien de cette procédure. Son seul intérêt était d’enfon- cer un peu plus la Cour constitutionnelle dans le ridicule aux yeux de l’opi- nion mondiale. Alors que lui-même était à l’œuvre avec ses réseaux sur le moyen de rendre publique la position panafricaine sur cette élection (lire par ailleurs). C’est dans l’indifférence

générale que cette déci- sion a été annoncée par les avocats de Jean Ping. Rares sont les personnes qui en font état dans leurs conversations privées. C’est dire le niveau extrê- mement bas de la crédibi- lité de cette institution dans l’opinion actuelle- ment. Pourtant la manière dont elle a été rendue est des plus burlesques, confirmant ainsi que le Gabon de la junte n’est pas un Etat de droit. Qu’un tri- bunal, quel qu’il soit, rende une décision défini- tive alors que les parties n’en sont qu’au stade d’échange de mémoires entre avocats, est inédit dans annales judiciaires à travers le monde. Même en Corée du Nord où la justice est tout aussi aux ordres, on respecte au moins les procédures sur la forme. La Cour consti- tutionnelle du Gabon, prise de « démence », sem- ble devenue incontrôlable au point qu’elle ne se sou- cie même plus de son hon- neur. Rendre une décision de cette importance en l’absence de plusieurs

juges, qui sont hors du ter- ritoire gabonais, relève tout à fait du déraisonna- ble. A moins que dans cette autodérision, la Cour constitutionnelle de Marie Madeleine Mborantsuo ait trouvé là l’expression de sa « résistance » au régime prôné par Jean Ping. Car ce simulacre de justice déteint d’abord sur le don- neur d’ordre BOA. Si Marie Madeleine Mborantsuo et l’ensemble des juges avaient un tant soit peu le souci de préser- ver le peu de respectabilité qui reste de Boa, ils s’y seraient pris autrement. Ce sont des personnalités individuellement respecta- bles et compétentes. Elles ne peuvent pas tout d’un coup se transformer en parfaits « sots », sans ce que cela ne relève d’un acte volontaire. Un acte en somme de « résistance » au régime putschiste. La saisine de Jean Ping était pourtant une perche tendue à la Tour de Pise » de chercher à se redresser. Surtout qu’elle était iné- dite. Personne avant lui n’avait jamais saisi cette

iné- dite. Personne avant lui n’avait jamais saisi cette institution pour des cas de révision de

institution pour des cas de révision de sa décision. Autant dire qu’elle devait susciter le même engoue-

ment populaire que celle rendue le 23 septembre dernier sur les résultats de l’élection présidentielle. Paradoxalement, c’est par

« un bras d’honneur » que

la production des juges

constitutionnels gabonais

a été accueillie. Le peuple

gabonais donnant l’im- pression d’avoir enterré définitivement cette insti- tution et d’être passé à autre chose. Aidé en cela par l’accélération des évè-

nements politiques depuis la tournée euro-américaine de Jean Ping et ses proches soutiens. Faut-il que le Saint- Père, François, lui-même, organise une messe pour exhorter Dieu de jeter un regard miséricordieux sur

ses membres ? car visible- ment, les prières dites lors de la messe en action de

grâce dite en présence de Mgr Basile Mvé Engone, à la cathédrale Sainte Marie, ne sont pas encore parve- nues au Tout-Puissant. Les seront-elles seulement un jour ?

POLITIQU E

POLITIQU E ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 4 Quand les « guerres

ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

4

Quand les « guerres » intestines gangrènent larésistancecivile…

L a résistance civile est une solution efficace face à une dictature.

Le peuple gabonais, opprimé, a décidé de se mobiliser et de mener des actions visant à défendre ses droits. La réussite de la résistance va alors résider en la capacité de la masse populaire, devenue activiste, à rester déterminée, impliquée et unie. Il est arrivé par le passé que des mouvements activistes échouent pour diverses raisons. Pour éviter ces déboires, il est essentiel de se laisser enseigner par l’Histoire, afin de ne pas commettre les mêmes erreurs et de faire face, en personne aver- tie, aux éventuelles embûches. Ainsi, le régime oppressif a pratiquement toujours recours à la violence pour maintenir son pouvoir. Le peuple opprimé a parfois pris peur et s’est décou- ragé, d’où l’inévitable échec. En analysant les précédents mouvements de résistance, on peut déceler une autre menace, bien plus dangereuse car insi- dieuse, il s’agit des conflits internes à la résistance. Quelles en sont donc les principales causes ? A l’instar des autres mouve- ments de résistance, le peuple gabonais a mis en place plu- sieurs stratégies. Comme dans toute organisation, des respon- sables de missions sont dési- gnés selon leurs compétences. L’un sera choisi comme porte- parole pour son éloquence, un autre sera référent en termes de stratégies car il est ingénieux, on aura recours à un troisième pour ses capacités managé-

riales

Malheureusement, cer-

tains activistes peuvent être motivés par leurs ambitions politiques ou leur égo surdi- mensionné. Ils veulent systé- matiquement être au-devant de la scène, pensant ainsi se faire une place en politique, ou pour le plaisir d’être encensé. Quand ces derniers possèdent les qua- lités requises et sont désignés pour accomplir des tâches, ce type de comportement pose moins de problèmes. Par contre, quand ils n’ont pas les compétences nécessaires, ils ne seront bien évidemment pas

nécessaires, ils ne seront bien évidemment pas choisis. Ces personnes en per- pétuelle quête de

choisis. Ces personnes en per- pétuelle quête de reconnais- sance seront frustrées, et par jalousie, vont entraver la réus- site des actions menées notam- ment en lynchant, souvent publiquement, toute personne qui s’avèrera plus apte qu’elles. D’autres activistes sont moti- vés par l’appât du gain, et non par des convictions profondes. Dans le cas du Gabon, ces par- tisans de la politique du ventre peuvent se laisser corrompre par le régime de M. Bongo et finissent, dans le pire des cas, par se transformer en espions et ce, au détriment des actions de la résistance. Ils peuvent mon- nayer des informations sensi-

bles à la partie adverse, nuire à la réputation des autres acti- vistes, avoir recours à la désin- formation dans le but de décou-

rager

troupes

Comme

nous le savons tous, l’argent est le nerf de la guerre, la résistance doit réfléchir aux voies et

moyens pour en obtenir et financer ses actions. La gestion des fonds levés va alors appor- ter à son tour son lot de pro- blèmes. Par exemple, toujours guidés par l’appât du gain, cer- tains peuvent avoir recours à la violence verbale et entretenir un climat désagréable en cherchant à accaparer ces fonds. Des rivalités, ethniques et plus rarement religieuses, peu- vent aussi apparaître dans la résistance civile. Elles résultent le plus souvent d’un formatage de la société savamment orchestré par le système. Là

les

aussi, ces rivalités peuvent être instrumentalisées par le régime de M. Bongo, dans le but de diviser les forces vives de la résistance. Ne dit-on pas diviser pour mieux régner ? Si ces riva- lités persistent et que rien n’est fait pour y remédier, elles peu- vent conduire, dans les cas extrêmes, à des guerres civiles. Certains pays en ont d’ailleurs fait la douloureuse expérience. En définitive, les conflits internes à la résistance tirent principalement leurs sources des déviances comportemen- tales ou aspirations person- nelles, qu’elles soient volon- taires ou non. Ils conduisent à terme à la démobilisation, à la désunion et à l’installation de tensions. Les conflits sont parfois créés par l’oppresseur, et concernant la résistance gabonaise, les par- tisans du régime illégitime ne se font pas prier pour semer la dis- corde. M. Bongo et ses sbires tentent ainsi de distraire la résistance qui, bien entendu, ne sera plus concentrée sur son objectif qui est de faire respec- ter son vote. Par la même occa- sion, ils instrumentalisent, directement ou indirectement, tous ceux qui sont à l’origine de ces diversions au sein de la résistance. Ces personnes doi- vent comprendre que ce n’est sûrement pas en jouant le jeu du camp adverse que l’on accède à la victoire. Pour sortir de ces crises, l’at- titude adoptée par les activistes est décisive. Il est primordial de

rester mobilisé et focalisé sur l’objectif à atteindre. Ensuite, il n’est pas judicieux d’étaler les- dites crises sur la place publique et d’offrir en pâture au tribunal populaire des présumés coupables. Les régimes oppres- sifs, rôdés et organisés, ne s’in- vectivent d’ailleurs pas publi- quement, car cela est contre- productif. Il vaut mieux avoir recours à un dialogue interne, sous le sceau du respect, pour trouver des consensus et des solutions. La forme des remarques, même construc- tives, n’est pas négligeable. Dans tous les cas, il faut absolu- ment éviter de faire des remarques publiques désobli- geantes au risque de braquer son interlocuteur. La diplomatie doit être de rigueur. Quant à la gestion monétaire, il vaut mieux avoir recours dans l’idéal à un organisme externe. Il n’est pas étonnant d’obser- ver des dissensions au sein d’un groupe, car différentes person- nalités y sont confrontées. Comme dans toute commu- nauté, chaque individu doit faire un travail sur lui-même pour le bien de tous. Tout acti- viste, avant de poser des actes, doit s’interroger sur ses motiva- tions et se demander si elles ser- vent ses ambitions personnelles ou la résistance. Ce n’est qu’en faisant ce travail préalable que les activistes donnent une orien- tation solide à leur lutte.

Le collectif « Pouvoir Au Peuple » du Gabon

Ona Ondo, l’échec total à Oyem

Par Sophie Beuve Mery

L a route que l'ex Premier ministre, Daniel Ona Ondo,

alias la perle rare, emprunte pour se rendre dans son vil- lage de Nkoum, au canton Kye se trouve dans un piteux état. Située dans le 1er arron- dissement d'Oyem, au quar- tier Tougou-Tougou, les vil- lageois qui utilisent cette voie racontent leur calvaire quotidien. C’est dans des véhicules styles clandos qu’ils sont entassés comme dans une boîte de sardine pour regagner leurs villages. Lorsqu’il pleut, ces villa- geois ont les nerfs à fleur de peau quand ils parlent de leur calvaire : « Chaque jour, des

personnes meurent dans nos villages à cause du délabre- ment de la route. Je viens de perdre mon mari par manque de transport. Il a fait trois jours de fièvre, et durant ces trois jours, il n’y avait aucun véhicule pouvant nous conduire à Oyem pour rece- voir des soins. Il a fini par mourir », nous raconte une sexagénaire, les yeux lar- moyants. En réalité, les habitants des villages d’Obout, Biyene 1&2, Mba’a Essangui, Edoum, Biyemame, Mekak Nkodjen, Mbomo, Yoss, Oveng, Mekoga, n’en revien- nent pas toujours, eux qui avaient vite fait de se réjouir de la nomination de Daniel Ona Ondo comme chef du gouvernement. Tellement ils

avaient placé leurs espoirs en la perle rare, et certains allaient jusqu'à penser que, comme Paul Biyoghe Mba qui avait su développer Bikele, Ona Ondo allait au moins améliorer l’état de la route, leur véritable pro- blème. Malheureusement, ce dernier n’a pas pu être à la hauteur de leurs attentes. Tout au contraire, il s’est plu- tôt attelé à la construction de son hôtel. « Le passage d'Ona Ondo au gouverne- ment est resté tout aussi insi- gnifiant comme cette route. Il devait au moins se servir de l'exemple de Paul Biyoghe Mba qui a sorti Bikele de son trou. De son séjour au gou- vernement, nous ne retenons que l'hôtel qu'il a construit à son profit », reconnait un des

qu'il a construit à son profit », reconnait un des villageois. Désormais, à l’évocation de son

villageois. Désormais, à l’évocation de son nom on s’attire soit l’ire, soit le rire des villa- geois. On sait qu’il existe que lorsqu’il vient pour solli- citer des voix dans son can- ton.

DECLARATION DE L’ALLIANCE DEMOCRA- TIQUE ET REPUBLICAINE Notre Idéal, Construire

Cinq ans après l’élection contestée de 2009, qui a vu Monsieur Ali BONGO ONDIMBA accéder à la magistrature suprême, l’Alliance Démocratique et Républicaine (ADERE) au cours de son congrès des 19 et 20 décembre 2014, avait déjà tiré en son temps la sonnette d’alarme quant à la trajectoire perni- cieuse, sur laquelle les pratiques et les politiques de gouvernance d’Ali Bongo Ondimba plongeaient notre pays au regard des crises sociales multisecto- rielles observées avec comme corollaire, une écono- mie déstructurée, une pauvreté endémique, la faillite de l’Etat face à ses responsabilités régaliennes, un pouvoir autiste, refusant tout dialogue. Fort de ce constat, l’Alliance Démocratique et République (ADERE) décida de sortir de la Majorité présidentielle et marqua de ce pas son ancrage au sein de l’opposition gabonaise, matérialisé par son adhésion au Front Uni de l’Opposition pour l’Alternance. Consciente du désir ardent du peuple gabonais pour le changement, l’ADERE s’est résolument engagée aux côtés de la classe politique de l’opposi- tion pour mener tous les combats en vue de libérer le Gabon du système PDG-BONGO afin de parvenir à une alternance politique tant souhaitée par le peuple souverain dans notre pays. D’où l’implication active de l’ADERE à la création de l’Union Sacrée pour la Patrie, au processus de désignation du candidat unique de l’opposition, en la personne de Jean PING, tel qu’attendue par la majorité des Gabonais. Le 27 août 2016, le peuple souverain lui a massi- vement exprimé son suffrage. Aujourd’hui, la com- munauté nationale et internationale sait qui est le Président élu de la République Gabonaise : c’est JEAN PING. En dépit de l’évidence de sa victoire éclatante dans les urnes, la Cour constitutionnelle a procédé une fois de plus, une fois de trop, à la nomination de Monsieur Ali BONGO ONDIMBA à la tête du Gabon comme en 2009. Ce nouveau passage en force, a entraîné un défer- lement de violence inédit dans notre pays. Furieux de voir une fois de plus leur souveraineté violée, les Gabonais sont descendus dans la rue pour réclamer la vérité des urnes. Fait inique et d’une gravité sans précédant dans notre pays, Monsieur Ali BONGO ONDIMBA a répondu par une répression sauvage à ciel ouvert, usant des armes de guerre contre une population civile aux mains nues réfugiée dans le quartier géné- ral du Président Jean PING. Cette funeste opération s’est étendue sur l’ensemble du territoire national, faisant des centaines de morts, des milliers de bles- sés et des disparus.

A cela, il faut ajouter des enlèvements, des séques-

trations et arrestations arbitraires. C’est dans ce contexte confus et empreint de défiances et de mépris que Monsieur Ali BONGO

ONDIMBA dans son discours d’investiture a lancé deux idées en direction de l’opposition :

- La mise en place d’un gouvernement de large

ouverture ; - La tenue d’un dialogue national sans tabou. La chronologie des actions exprimant la volonté politique d’Ali Bongo ONDIMBA telle qu’il l’a posée cache mal son désir de légitimer son pouvoir par l’organisation de son dialogue. Or, depuis 2012, la classe politique de l’opposition,

la société civile, les confessions religieuses, l’Union Européenne et l’UNOCA n’ont eu de cesse d’appeler à un dialogue national inclusif auquel Monsieur Ali Bongo Ondimba est resté inflexible dans son refus catégorique d’engager un quelconque dialogue avec l’opposition.

A la suite de cet appel, le Président élu Jean PING,

bénéficiant de la légitimité populaire, a pris la déci-

sion d’organiser à son initiative, une vaste concerta- tion sous le format d’un dialogue national inclusif sans tabou auquel l’Alliance Démocratique Et Républicaine (ADERE) marque sa totale adhésion et sa participation effective au dialogue lancé par le Président élu Jean PING qui s’est inscrit dans le combat du peuple et avec le peuple pour le change- ment et l’alternance. Que Dieu bénisse le Gabon ;

Je vous remercie

combat du peuple et avec le peuple pour le change- ment et l’alternance. Que Dieu bénisse

POLITIQU E

POLITIQU E ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 5
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ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

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L’EDITORIAL

de Désiré ENAME

Bienvenu au club des persona non gratta

A force de jouer avec le feu on finit par se brûler les doigts. Notre rédaction ayant appris que des Gabonais avaient saturé l’hôtel Four Seasons de Washington au

2800 sur Pennsylvania Avenue, NW, nous avons décidé de vérifier l’informa- tion. La réceptionniste de l’hôtel qui nous répond s’écrie « Arrêtez de nous appeler, vous saturez notre standard. Nous n’avons pas de client à ce nom ». C’est dire le niveau de mobilisation des Gabonais des USA et de France. D’autres ont tenu à le faire via e-mail adressé à l’une des responsables de cet établis- sement Liliana Baldassari. Pour lui dire que son hôtel est l’établissement le plus réputé aux USA et au monde, et que cette réputation mérite d’être préservée. Ceci pour conti- nuer d’attirer une clientèle de grande qualité. Puis de lui signaler qu’une cliente qui y réside actuellement, Marie Madeleine Mborantsuo, trainait de lourdes casseroles. Son histoire récente et ses dernières œuvres, notamment le coup d’Etat électoral et les assas- sinats qui ont découlé de la décision qu’elle a rendue au Gabon, faisaient tâche d’huile dans son établissement. Sans commentaires. Nous disions à Mborantsuo, il y a quelque temps, que le monde sera trop petit pour elle. Et qu’il lui faudra la Lune, Saturne et ses anneaux, Jupiter, etc. pour se mouvoir désormais. Simplement qu’un jour ou l’autre, elle n’aura pas où se réfugier. Ce qui s’est passé au Four Season à Washington n’est pas que plein de symboles. Mais c’est le début d’une nouvelle ère pour une classe de personnes qui a érigé la transgres- sion, à la fois en modus operandi et en modus vivendi. A cette classe de personnes, Franck Jocktane, Tata Huguette, Ndossi, Alain Serge Obame… sont allés dire qu’à eux et à tous ceux de leur acabit, le monde va devenir si petit pour eux qu’ils n’auront plus où mettre le nez. Ce que Mborantsuo et son compagnon, Lin Mombo, ont subi au Four Seasons est ce qui attend nombre d’entre eux. Et ce n’est pas dommage. Derrière cet acte il y a désormais une réputation qui va s’installer dans ces hauts lieux du luxe de la planète : celle des pestiférés aux poches pleines. C’est ce que Ndossi, Franck Jocktane - mettre le prénom et le nom pour éviter la confusion- Tata Huguette et Alain Serge sont allés instaurer au Four Seasons. Le message prendra partout. Car ces personnes qui ont passé tant d’années à ficher et à faire ficher leurs compa- triotes, seront désormais tous sur une fiche avec le sceau persona non grata. La diaspora gabonaise aux USA vient d’ouvrir, pas un nouveau front, mais a ajouté un autre instru- ment dans la lutte : celle de restreindre les possibilités de mystification à la caste incrus- tée aux privilèges et prestiges du pouvoir. Lorsqu’ils n’auront plus accès nulle part, on ne le dira jamais assez, le monde sera bien petit pour eux. Parce qu’il ne se résumera plus qu’au seul Gabon.

Bien entendu, Mborantsuo et consorts ne comprennent pas qu’il y a une fin à toute chose. Bien que nous n’avions pas arrêté de le leur ressasser. Le faire n’est pas pour qu’ils prennent conscience de cette réalité. Ils ne le pourront jamais. Mais c’est pour dire qu’il y a eu dans l’histoire des situations d’occupation et d’asservissement des peuples. Ce, de l’Egypte antique au 20e siècle. L’exemple le plus illustratif de l’histoire des occu- pations et de la riposte par la résistance est certainement le cas de l’occupation de la France par Hitler. Il disposait à la fois d’une force militaire incomparable et des capaci- tés à la fois offensives et tactiques. La France déploya une résistance qui n’avait d’égale que la détermination de son peuple ; à travers ses jeunes et ses symboles comme Guy Moquet, ses femmes, ses hommes. Ils n’avaient ni l’armement, ni les capacités militaires d’Hitler, qui avait réussi en quelques campagnes à annexer la quasi totalité de l’Europe. Mais qu’en a-t-il été au bout du compte ? La résistance a fait montre de manœuvre et de détermination. Ce sont ces instruments qui viendront à bout de la puissance hitlérienne. Sans cette résistance, les 08 Mai et 11 Novembre n’auraient été que des jours aussi ordi- naires que d’autres sur le calendrier français. Les Gabonais de l’extérieur ont instruit, et mènent depuis 12 semaines, une résistance des plus farouches en Europe et en Amérique. Ce sont des étudiants gabonais du Ghana, une poignée d’entre eux, qui ont empêché le voyage de BOA au Togo le mois dernier. Mborantsuo est passée incognito en France. Enregistrée incognito au Four Season à Washington. L’on apprend qu’elle aurait changé d’hôtel depuis hier. Signe que la peur a changé de camp. Il n’y a donc pas une armée, aussi puissante soit elle, qui viendrait à bout de la détermination des citoyens décidés à « libérer la liberté ». Pierre Akendengue nous dit aussi dans plusieurs de ses chansons dont « Ntché ngani », bréviaires des traditions gabonaises, que nous avons l’eau, la terre, le soleil, la pluie en abondance, etc. Même le feu s’obtient naturellement. Nos fleuves regorgent de pois- sons, nos forêts de viande, nos sœurs et nos mères savent toujours planter…, aucun Gabonais ne mourra jamais de faim s’il a sa solde coupée. L’on peut également se pri- ver de télévision, de l’électricité du « blanc », etc. C‘est ce chant de résistance qui gagne et va gagner les chaumières. Résister pour récupérer son dû. Résister pour, comme l’a dit Franck Jocktane, « empêcher ceux qui nous privent de rêves de dormir ». C’est cette résistance nourrie de la détermination du peuple qui, définitivement, va ouvrir les portes à Mborantsuo, BOA, Moubelet Boubeya, Issoze Ngondet et d’autres, les portes du club des persona non grata.

Quelestdésormaisleprincipaladversaire

despartisansdudialogueavecboa?

Par Stephen Jean Landry

N ousallonstenter d’éviter lepluspossiblede tomber dans le piège de la personnalisation du débat pour préférer la mise à l’épreuve

des différences d’approches sur la question du dia- logue avecAli Bongo. Pour les partisans du dialogue avecAli Bongo, les forces coalisées autour de Jean Ping favorables misent« soit sur une intervention de la communauté internationale, soit sur une insurrection populaire, soit encore sur un putsch militaire » pour « restituer sa victoire à Jean Ping ». Autant de choses que les partisans du dialogue avec Ali Bongo rangent sur l’étagère des «supputations pour le moins hasar- deuses, sinon aventureuses ». L’autre argument que « soutient Démocratie Nouvelle », principal promoteur dans l’opposition du dialogue avecAli Bongo, se résume « à prendre acte de la décision rendue le 23 septembre dernier par la Cour constitutionnelle proclamant Ali Bongo Ondimba vainqueur du scrutin du 27 août 2016, à

considérer, à partir de là, que les élections présiden- tielles sont terminées. D’où [son] regard vers l’ave- nir, vers la recherche d’une voie…Cette voie, c’est celle du dialogue ». Le président de ce parti, lui- même, s’en est expliqué dans une interviewaccordée à l’hebdomadaire Misamu de la semaine dernière. Les raisons du choix de cette voie sont résumées ici :

« en tant que républicain et légaliste, nous ne pou- vions faire abstraction des institutions existantes ». Pour êtreprécis, pour l’heure, aucundes leaders de l’oppositionregroupésautourdeJean. Pingn’aprôné ni l’insurrectionni le putsch. Enrevanche, le rôle his- torique de la communauté internationale, cette année

électoraleauGabon,contrairementauxannéesprécé-

dentes, tout particulièrement de l’UE, imposait que l’on attendît au moins jusqu’à la publication du rap- port du Parlement européen. Accepter aussi rapide- ment « La main tendue » peut donner le sentiment que l’objectif visait à court-circuiter ou, du moins, atténuer l’impact de ce rapport. D’ailleurs, alors que pendant un temps, il était question de « la troïka », l’Europe, l’Onu, et l’UA, comme facilitateurs, les partisans de ce dialogue avecAli Bongo ont manifes- tementrevuleschosesàlabaisse:«Notrepréférence irait vers une haute personnalité africaine. Nous avons, au niveau de l’opposition (!), quelques noms en tête. Le pouvoir…doit sûrement en avoir d’autres. Nous devrions pouvoir rapidement nous entendre là- dessus » (in Misamu/377). Qui ? Un autre Edem Kodjo ? Quant à Jean Ping, quoi de plus normal, somme toute, de procéder, comme il le fait actuellement, à une sorte de tournée des popotes internationales afin de prendre le pouls de ses principaux soutiens exté- rieurs, diaspora y compris. Ce sont des atouts objec- tifs auxquels il ne saurait tourner le dos et qu’il ne peut d’ailleurs qu’exploiter. Le propos « du président élu », évitant de mettre tous les œufs dans un même panier, reste mesuré : il demande à la communauté internationaledeprendresesresponsabilitésaurisque de voir la situation dans le pays partir en vrille. Car, auclimat politiquedéjàtrèstendu, viennent segreffer un certain nombre de conditions désastreuses aux plans économique, le prix du baril ; financier, la baisse des recettes fiscales de l’Etat ; et social, les revendications des travailleurs, notamment ceux de l’enseignement, et des près de 40% de Gabonais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un contexte qu’Ali Bongo aurait tout intérêt à ne pas affronter seul. C’est un homme au bord du précipice qui tend la main. La lui saisir revient à lui apporter cette bouf- fée d’oxygène dont il a tant besoin. Les partisans de ce dialogue avec Ali Bongo sont comme guidés par une sorte de volonté participation- niste qui consisterait, suggèrent-ils, à poursuivre les effortsdesgénérationsprécédentesquisesontbattues « lors de la Conférence Nationale de 1990, les Accords deParis de1994, et ceuxd’Aramboen2006 ».C’esttropviteoublierquelesmarcheursdelaGare routière en 1981 ont joué un rôle catalyseur dans le déclenchement de l’ouverture démocratique. Ce rap-

pel pour signifier que les morénistes originels étaient sans aucun doute des démocrates, des républicains, mais certainement pas des légalistes. Et, tout en fai- sant l’apologie de ces dialogues avec les Bongo, le porte-parole de DN, dans « Le Mbandja », souligne les échecs d’une oppositionprisonnière d’«unmême schéma depuis 1993 : élection, contestation, morts, gouvernement parallèle avec Mba Abessole…Avec

Mamboundou, en 2005, élection, contestation, vio- lence postélectoral, prestation de serment, et puis plus rien. En 2009, avec Mba Obame, élection, contestation, morts, prestation de serment, gouverne- ment alternatif, et puis plus rien. » On pourrait lui rétorquer que les 3 grand-messes qui se sont tenues depuis 1990, elles non plus, n’ont pas donné grand- chose, car l’application de leurs résolutions s’est tou- jours heurtée au système Bongo qui s’interdit de tou- cher à la clef de voûte du système : la famille Bongo.

D’ailleurs,ilfautbiennoteraupassagequelespar-

ticipationnistes au dialogue d’Ali Bongo donnent l’impression de ne plus avoir d’adversaire principal clairement désigné. Côté Jean Ping, aucune confu- sion : c’est Ali Bongo et ses thuriféraires au pouvoir. Et lorsque le porte-parole de DN affirme, dans les colonnes du « Mbandja », que « …dans une lutte

politique,ilyaunengagementtactiqueetunedémar-

cation stratégique », et qu’il n’est malheureusement pas assez précis pour nous édifier sur qui ousur quoi porte sa « démarcation stratégique », cela amplifie le doute. De qui, de quoi se démarque-t-on stratégi-

quement ? De Jean Ping ou d’Ali Bongo ? En fait, dès les années 1990, l’adversaire principal que les Gabonais ont ciblé est clairement défini. C’est l’Etat-rentier et son principal représentant :

Omar Bongo Ondimba. L’Etat rentier, nous l’avons déjà écrit dans nos colonnes, nous appuyant sur la définition qu’en a faite l’économiste japonais Yasuyuki est « un Etat qui tire une part substantielle desesrecettesdel’Etranger,etcesousformederente ». Il le distingue de l’Etat producteur qui « tire ses revenus de surplus produits à l’intérieur du pays et cherche à maximiser l’assiette fiscale par la crois- sance économique tandis que l’Etat rentier peut entretenir son économie sans posséder de secteur productif fort et en évitant de taxer lourdement ses propres citoyens, rompant ainsi le lien vital , quoique conflictuel, qui unit Gouvernement et contribuables ». Il poursuit : « Etant donné que l’activité pétrolière est fortement capitalistique, et qu’en outre, elle s’exerce dans des sortes d’enclaves, les habitants de ces pays, dans leur écrasante majorité, n’ont aucune relation avec la production de la rente. Ils se conten- tent de l’utiliser. Plus important encore, ce processus a un médiateur : l’Etat. Le secteur public va donc s’étendre et la société bénéficiera d’emplois créés dansetparlesecteurpublic,deservicessociauxetde toutes sortes de transferts », préciseYasuyuki. Quel Gabonais ne reconnaîtrait pas son pays dans cette définition, car c’est bien ainsi que le Gabon fonctionne, notamment depuis les années 70, avec le système Bongo ? Et les fondements du système- bongosont fixés sur unsocle inamovible : le contrôle des institutions, les finances, et la force armée. Ce système a toujours voulu réduire la démocratie à de simples procédures ou à des institutions, sous Omar tout comme sous Ali Bongo Ondimba. C’est ainsi que le formalisme juridique et politique de l’Etat-

Bongol’atoujoursutilisécontrelesintérêtsdesdomi-

nés dans un sens opposé, oligarchique, en barrant la route dupouvoir politique auxdemandes sociales qui mettent en danger le pouvoir du groupe dirigeant. De la Conférence Nationale aux Accords d’Arambo, en passant par ceux de Paris, le principe à respecter consiste à ne pas transgresser, répétons-le, l’interdit

bongoïste : faire partir les Bongo du pouvoir.

ECHOSDUNORD

Directeur de la Publication

Directeur de la Rédaction DésiréENAME Tel: 05.02.50.73 Directeur de la rédaction délégué MIHINDOU BISSIELOU Rédacteur en Chef éditorial

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Secrétaire de rédaction Harrys KOMBILA

D.L.B.NN°2359/11/2016

 
 
: SOGAPRESS Tirage : 20.000ex. Secrétaire de rédaction Harrys KOMBILA D.L.B.NN°2359/11/2016  

POLITIQU E

POLITIQU E ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 6
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ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

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LadiasporadesGabonaisd’Aix-Marseilledénonce«lecoup d’Etat militaro-électoral d’Ali BongoOndimba»

Collaboration spéciale Rostano Mombo d’info.241

L a crise postélectorale au sortir de l’élection présidentielle du 27

août dernier est loin d’avoir atteint son épilogue. La dias- pora gabonaise d’Aix- Marseille qui a entamé comme partout dans le monde des actions de résistance et de dénonciation de l’élection contestée d’Ali Bongo Ondimba qualifiée « de coup d’état militaro-électoral » ont organisé une conférence-débat le vendredi 18 novembre der- nier à Marseille autour du thème « La diaspora et son rôle dans l’alternance démo- cratique au Gabon », animée par le Dr Laurence Ndong, enseignante-chercheuse, mem- bre de la société civile gabo- naise, porte-parole de Jean Ping avec la partition de Scheena Donia, de l’activiste coach en image, du Dr. Victor Makaya, chercheur associé en sciences politiques (l’IEP de Grenoble), de Peter Assaghle, écrivain et auteur engagé, ainsi que de Babacar Ba, banquier et consultant international. Interrogé par Info241 sur les objectifs de cette rencontre, M. Ted Mvé, membre du Comité d’organisation a expliqué ce qui suit : « La conférence que

nous organisons ce vendredi 18 novembre 2016 à 17 h au 39 rue de Crimée 13003 Marseille, près du métro saint Charles, en partenariat avec Continental Com Corporate et Info241, s’inscrit dans le cadre de nos activités visant à faire respecter le vote des Gabonais, à chasser l’usurpa- teur Ali Bongo Ondimba du pouvoir présidentiel et à conduire enfin Jean Ping à la présidence du bord de mer, car c’est lui que les Gabonais avaient plébiscité le 27 août dernier ».

les Gabonais avaient plébiscité le 27 août dernier ». L e s m e m b

Les membres du bureau

Temps forts de la confé- rence-débat autour de la diaspora et son rôle pour l’alternance démocratique au Gabon Le panel des conférenciers étaient riches variés, de par la multitude d’experts sur les questions de la diaspora et son rapport avec la démocratie. En effet, M. le Franco-Sénégalais Babacar Ba, banquier et consultant international, par ailleurs président de l’associa- tion Alternative citoyenne, a entretenu l’assistance sur l’ur- gence de l’implication de la diaspora dans la lutte pour l’instauration de l’État de droit démocratique. La diaspora, selon M. Babacar, doit se constituer comme une vérita- ble alternative pour les change- ments démocratiques. D’où, a-t-il expliqué, « la diaspora gabonaise et afri- caine doivent se constituer comme un territoire électoral en se structurant à travers des actions d’intérêt général ». Ceci, ajouté le banquier, « passe nécessairement par la mise en place d’une synergie panafricaine, une fédération et une intégration africaine. Car ce combat politique va au-delà des personnes. C’est une lutte générationnelle qui permettra

de libérer le génie de la créati- vité africaine. C’est pourquoi il faut un message de rassem- blement, d’unité, d’espoir et d’espérance pour une Afrique forte.» Le jeune écrivain engagé Peter Stephen Assaghle, a, quant à lui, insisté sur le sens de l’engagement de la diaspora gabonaise en comparant avec la situation en 2009, il a indi- qué que le réveil de la diaspora est certain et gagnerait à s’in- tensifier dans la durée. C’est pourquoi les artistes doivent s’engager dans ce combat pour la libération du Gabon d’une dictature sanguinaire menée par Ali Bongo Ondimba et l’ensemble de son régime. Pour l’écrivain gabonais, il faut pour cela que les jeunes puissent s’engager dans l’édu- cation populaire. Selon le jeune écrivain, auteur, entre autres, de l’ou- vrage poétique ‘’Dite au roi d’aller au diable’’, « la dias- pora gabonaise doit incarner un véritable changement, en sortant de la caverne pour être dans la lumière démocratique. Il faut que chaque jeune prenne conscience de la liberté de penser et d’agir. Car l’État de droit au Gabon est en deuil et la diaspora gabonaise constitue un rempart certain. »

et la diaspora gabonaise constitue un rempart certain. » Vue de l’assistance Le Dr en sciences

Vue de l’assistance

Le Dr en sciences politique, Victor Makaya, a pour sa part fait échos aux vers du poème « Pour l’école » de Ndouna Dépénaud, écrivain et poète gabonais engagé pour la démo- cratie, assassiné par la dicta- ture d’Omar Bongo en 1977. En insistant sur l’urgence pour la diaspora gabonaise de lutter pour le respect de la vérité des urnes. Revenant sur la défini- tion originelle de la diaspora, le politologue gabonais a affirmé qu’« il faut réaliser une coopé- rative d’une communauté des Gabonais de l’étranger. Car la diaspora est un vivier d’idées d’où il faut une organisation pour maintenir l’idéal démo- cratique violé durant plus de 50 ans au Gabon. » Sheena Donia, l’activiste et bloggeuse gabonaise, par ail- leurs coach en image, a entre- tenu l’assistance sur dix straté- gies concrètes et pragmatiques d’une résistance non violente et pacifique. En partageant des idées tirées d’un livre intitulé :

« Comment faire tomber une dictature et empêcher qu’une autre dictature s’installe ». Car pour l’activiste gabonaise qui avait soutenu Ali Bongo en 2009 suite à ses promesses, et qui, au regard de son bilan, a décidé de voter pour une alter- nance démocratique au Gabon, « pour résister il faut agir en

coordination. En passant de la peur à l’action. » Il faut, pour cela, identifier les piliers du régime dictatorial de BOA pour attaquer dans la résistance non violente en créant une vision à court, moyen et long terme. D’où, a indiqué Sheena, « il faut une prise de conscience collective, une sensibilisation pour le res- pect de la souveraineté natio- nale. Car au Gabon nous avons un contrat de destin commun. En mettant sur pieds une défiance citoyenne qui passe parfois par l’humour pour vaincre la peur. » Le clou de la conférence a été marqué par l’intervention du Dr Laurence Ndong, inter- venante principale, qui est revenu sur l’histoire politique gabonaise. En faisant remar- quer que l’unanimité autour des valeurs démocratiques et d’un désir d’alternance par le peuple gabonais doit se trans- former en unité contre cette dictature d’Ali Bongo. Selon l’enseignante-cher- cheuse gabonaise, icône de la lutte et de la résistance de la diaspora gabonaise de France, « il faut être vigilant sur les divisions au sein de la dias- pora. Car le peuple gabonais qui a atteint son seul de tolé- rance a un fort espoir en elle. Le BOA a franchi une ligne

rouge qui a fait que les Gabonais soient déterminés. » C’est pourquoi Mme Ndong a interpellé l’assistance sur le refus radical de toutes formes de dialogue avec le bourreau du peuple gabonais qui n’est autre que BOA. Pour la porte- parole de Jean Ping, « comment peut-on dialoguer avec un assassin, un usurpateur, un dictateur qui a réduit le rêve d’une alternance démocratique pacifique en tuant le peuple gabonais ? Non, je me désoli- dariserai radicalement d’avec les personnes, peu importe leur statut, qui souhaiteraient dia- loguer avec le BOA », a-t-elle martelé sous les acclamations de l’assistance. Après un diagnostic sur la situation politique, écono- mique et sociale du Gabon qu’elle a déjà fait dans son livre « Gabon pourquoi j’ac- cuse », Laurence Ndong a invité l’ensemble de la dias- pora gabonaise d’Aix- Marseille à intégrer les valeurs républicaines et démocratiques pour s’engager véritablement dans les changements poli- tiques. « Quel Gabon veut-on pour la transformation pro- fonde de notre pays ? Quel Gabon veut-on construire ? », s’est-elle interrogée en invitant les Gabonais à se structurer pour une véritable défiance citoyenne face à la barbarie d’Ali Bongo Ondimba par le biais des actions fortes, des messages d’espoir en nous mobilisant davantage. La conférence-débat s’est conclue par un échange de questions réponses qui a per- mis de partager des idées de résistance et de consolider le combat de la diaspora gabo- naise de France.

CasimirOyeMbaet MikeJocktanepeuvent encoredémissionner

Par Freeman Moutou

C es deux vice-prési- dents de l'Union nationale (UN) se

sont fourvoyés, en exprimant dans les médias des positions contraires à celle des instances habilitées de ce parti prise en conformité avec les textes. Les errements de Mgr Mike Jocktane, bien que celui-ci ait été à la bonne école auprès d’André Mba Obame et d'Omar Bongo, peuvent être excusa- bles, parce qu'il est avant tout un ecclésiastique égaré en poli- tique. Difficilement ceux de Casimir Oye Mba, en politique depuis son adhésion au Parti démocratique gabonais (PDG) au début des années 1970, à la fin de ses brillantes études supérieures en France. Juriste de surcroît, l'ancien Premier est bien placé pour savoir que l'adhésion a un parti fait perdre un peu de sa liberté. Si un militant est libre d'expri- mer en toute franchise des points de vue originaux lors des débats internes, il est obligé de

vue originaux lors des débats internes, il est obligé de se plier à la ligne du
vue originaux lors des débats internes, il est obligé de se plier à la ligne du

se plier à la ligne du parti, si celle-ci a été fixée dans les règles de l'art. C'est le cas du refus de l'UN de participer au « dialogue d'Ali », comme Oye Mba appelle lui-même la concertation que le chef de la junte tente d'organiser pour consolider le pouvoir acquis une fois de plus à la suite d'un coup d'Etat électoral. Cette position de fermeté et de bon sens a été prise à l'issue

du premier conseil national extraordinaire tenu le 22 octo- bre à Libreville. L'exemple devant venir d'en haut, il est inadmissible que des vice-prési- dents du parti, au lieu même de bouder en privé, se répandent dans les médias pour se désoli- dariser ou, en ce qui concerne précisément Oye Mba, proposer un « dialogue des dialogues ». Aurait-il accepté une autre candidature de l'UN à la prési-

dentielle après avoir été plébis- cité à la régulière lors des pri- maires ? On dit de Casimir Oye Mba qu'il est rigoureux sur le plan intellectuel et humaine- ment juste. C'est ce qui a valu, au début des années 1990, le surnom affectueux de "Cam-la- Classe" au très ponctuel Premier ministre de 48 ans fraî- chement venu de la Banque des Etats de l'Afrique centrale, au terme de la très houleuse confé-

rence nationale. En dehors des cercles subjectifs de la politique politicienne, "l'homme neuf" déniché par Omar Bongo sem- blait faire l'unanimité au sein de l'opinion gabonaise. L'UN ne conçoit pas d'autre dialogue que celui que Jean Ping va organiser incessam- ment, afin de réfléchir aux moyens de rétablir la vérité des urnes, sa victoire à la présiden- tielle du 27 août 2016 que vien- nent d'ailleurs de reconnaître dans leur rapport les juges constitutionnels mandatés au Gabon par l'Union africaine au plus fort du contentieux électo- ral, en vue d'aider la Cour constitutionnelle à rendre une décision conforme au choix des électeurs. Si Casimir Oye Mba, qu'on dit être une forte person- nalité, n'est pas de cet avis, il lui reste à démissionner. Il repren- drait ainsi la liberté dont il s'est prévalu pour s'écarter de la résolution du conseil national extraordinaire du parti. Le choix de la démission s'offre également valable à Mgr Mike Jocktane, au nom de la

sincérité recommandée en milieu religieux. En religion comme en politique, les posi- tions floues désorientent les ouailles. En politique, elles les éloignent des urnes et en reli- gion, elles les poussent à déser- ter les lieux de culte. Décidément, l’UN a mal à ses vice-présidents. Présente dans le gouvernement des put- schistes sans avoir consulté le parti, Estelle Ondo s'emploie désormais à mener une guerre de procédure contre l'UN qui veut la traduire en conseil de discipline. Lors de la première réunion, ses avocats ont obtenu la suspension de la séance, faute de quorum. Il n’y avait que sept membres, contre les onze requis. La putschiste sait très bien qu'elle mène une bataille qui n'a pas de sens, car son positionnement est contraire aux décisions du parti. La démission lui rendrait toute sa liberté et aurait l’avantage de clore le débat de sa coloration politique.

EC ON OM IE

EC ON OM IE ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016 7 Lesdécisionsdelajunteaggravent lacrise

ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

7

Lesdécisionsdelajunteaggravent lacrise

Par JeanMichel Sylvain

L a junte militaro-put- schiste est en train d’asphyxier l’écono-

mie. Pour résoudre la question des tensions de trésorerie qui deviennent récurrentes, BOA et ses sicaires croient qu’il faut augmenter la pression fiscale et ne plus guère donner la moindre « souplesse » aux contribuables en termes de délai pour s’ac- quitter de leurs impôts. Au lieu de s’attaquer aux causes pro- fondes des baisses des recettes fiscales, la direction générale des impôts a plutôt choisi de montrer les muscles face aux nombreux petits contribuables. Pourtant, elle ferait entrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat en harmonisant le barème des impôts pour qu’il devienne le même pour tous. La Banque mondiale a invité à de très nom- breuses reprises à une telle opé- ration de vérité, sans succès. Le pouvoir ne voulait pas se priver d’une arme qui lui permet de tenir en joug ses adversaires, tout en gardant la possibilité de racketter au passage certaines entreprises. L’arme qu’il déploie en ce moment consiste en des fermetures brutales des petits établissements dans plu- sieurs villes du Gabon, au motif qu’ils seraient en retard pour le paiement de la patente au titre de l’exercice 2017. Elle va s’avérer contre-productive car

elle pourrait, à terme, plomber

toute l’économie et ainsi réduire davantage les recettes que la DGI veut augmenter. En fermant les petits com- merces de proximité pendant plusieurs semaines, comme cela

a été constaté à Port-Gentil,

Oyem, Bitam, Libreville…, la junte impose une diminution forcée de la consommation des ménages. Dans une économie qui pâtit déjà de la baisse des

prix du pétrole, la réduction de

la consommation des ménages

accélère un peu plus la baisse de

la croissance. Au final, c’est toute la chaine du négoce qui est ainsi négativement impactée. A partir de l’activité portuaire, jusqu’au transit en passant par le transport et la logistique. Faut-il rappeler qu’à chaque stade de cette chaine du négoce, l’Etat prélève des impôts. En

définitive, ces fermetures occa- sionnent pour la junte des pertes à tous les niveaux. Alors que les experts de la DGI de la junte pensaient pénaliser le seul petit commerçant qui se trouve en bout de chaine. C’est plutôt la DGI qui se pénalise elle-même,

en percevant moins d’impôt sur

tous les acteurs de la chaine dont le chiffre d’affaires est impacté inévitablement par le non fonctionnement des com- merces de proximité. La junte place d’ailleurs tous ces établissements en situation de ne pas pouvoir fonctionner pour très longtemps et met ainsi

« volontairement » en difficulté l’ensemble de la filière. Ce sont en général de petits opérateurs qui réalisent un chiffre d’af- faires nettement inférieur à 10 millions de FCFA. Ils ont des marges très faibles car ne pou-

vant obtenir de leurs fournis- seurs de meilleures remises sur les marchandises achetées. La patente exigée par l’administra- tion fiscale représente pour beaucoup l’équivalent du béné- fice obtenu sur un trimestre

voire plus. Ce sont en réalité des commerçants qui vivent « au jour le jour », dont la capacité d’épargne est quasi nulle. En les privant de la possibilité d’exercer pendant plusieurs semaines, la junte les met dans des conditions qui ne leur per- mettront pas de réunir la somme querellée pendant plusieurs mois. Surtout que beaucoup de ces établissements ont subi des pertes importantes durant la crise électorale du début du mois de septembre dernier. Beaucoup ont dû recourir à des crédits usuriers pour pouvoir reconstituer leur stock. La logique aurait été de les laisser exercer en leur permettant de s’acquitter de cet impôt au cou- rant de l’année 2017. Ce n’est pas en pressant les petits commerçants, épiciers, coiffeurs, cordonniers, restaura- teurs….que la junte croit pou- voir se refaire une santé finan- cière. Elle doit plutôt adopter une stratégie plus lucrative en

mettant en place un système où tous les contribuables seraient égaux devant l’impôt. C’est-à- dire que la pieuvre Delta Synergie paie ce qu’elle doit au fisc au titre de ses nombreuses acquisitions mobilières et immobilières. Que le sponsor des dictateurs africains Total n’aille pas négocier à l’Elysée un abattement fiscal politique pour ne pas régler le montant du redressement fiscal qui lui a été infligé en 2014. Ou qu’il ne négocie pas dans son coin avec « son inspecteur des impôts », son propre barème fiscal. Une partie du manque à gagner pour l’Etat étant recyclé dans les comptes bancaires personnels des membres de la junte. Que la junte ne s’en prenne pas aux exploitants des petites carrières de sable et de gravier en oubliant de demander les mêmes impôts aux entreprises des membres de la junte qui se livrent à la même activité. Certains juges constitutionnels ont même trouvé là un filon pour recycler une partie de l’ar- gent que BOA leur a donné pour commettre les nombreux forfaits électoraux. C’est en mettant de l’ordre et de « l’éga- lité » dans la pratique fiscale, contrairement à ce qui se fait actuellement - un comble pour un gouvernement qui a dédié un département ministériel à cette problématique - que la junte peut renflouer ses caisses tout en permettant à l’économie de

Can2017

AucuneretombéeéconomiquepourleWoleu-Ntem

Par DE

L e Woleu-Ntem, et sans doute toutes les autres provinces qui vont

accueillir la coupe d’Afrique des nations de football en jan- vier prochain, n’en tirera aucun profit au plan économique. Privées d’infrastructure, les villes d’Oyem et Bitam, où doi- vent résider les équipes de foot- ball, ne sont pas prêtes à accueillir des spectateurs en grand nombre et sur plusieurs semaines. Oyem et Bitam manquent presque de tout pour rendre agréable le séjour des touristes qui viendraient vivre l’évène- ment de la Can 2017 dans leurs murs. Il y a très peu de restau- rants capables d’accueillir une clientèle habituée à un certain standing de service. Si un res- sortissant camerounais ou équato-guinéen peut sans trop de problème s’attabler en plein air devant les grillades du carre- four Démocratie à Bitam, ou dans les échoppes du marché de Bitam et d’Oyem, sans être gêné par l’insalubrité des lieux ou le non-respect des règles basiques d’hygiène, il en est tout autrement pour un Marocain , sans doute habitué à des restaurants d’un tout autre niveau de qualité. Les quelques établissements – très rares- pré- sents dans ces deux villes et qui répondent aux normes n’ont pas une capacité d’accueil qui dépasse la centaine de couverts. C’est dire que mille Marocains qui viendraient suivre les exploits de leur équipe à Oyem, ne pourraient pas s’alimenter correctement tous les jours.

La même situation se retrouve au niveau des loge- ments. Les hôtels sont en nom- bre insuffisant et leur qualité laisse à désirer. Ce n’est pas que

les promoteurs n’aient pas voulu

faire d’efforts pour accueillir

dignement les nombreux visi- teurs attendus, mais le projet

Can 2017 a choisi d’écarter les « locaux » de chaque ville étape,

en se contentant de « l’expertise

» d’un Haut-commissariat à la

Coupe d’Afrique des nations de football logé à la présidence de

la République. Faute d’informa-

tions pertinentes, beaucoup d’hôteliers rencontrés disent qu’ils n’ont pas voulu prendre le

risque d’investir « à l’aveuglette ». Surtout qu’ils ont été convaincus que la junte faisait

de la question de l’hôtellerie une

affaire de copinage. L’hôtel Mvet Palace, qui devait être rénové à cette occasion, ne l’a plus été. Le budget voté pour cette rénovation a été donné à « des amis de la junte ». Le volet loisir et tourisme, qui constitue une source très impor- tante de retombées pour une région qui abrite un tel évène- ment, n’a pas eu les faveurs du Haut-commissariat. Rien n’a été prévu pour permettre aux nom- breux visiteurs d’aller respirer l’air frais sur les hauteurs du mont Koum. Ni d’aller visiter les nombreuses grottes et autres curiosités touristiques de cette région. Les voies d’accès à ces potentiels lieux touristiques sont dans un tel état qu’une personne consciente réfléchirait à deux fois avant de s’y aventurer. Les bandes de roulement sont jon- chées de nids de poule. Les dépendances sont envahies de

hautes herbes, rendant la conduite extrêmement dange- reuse. De surcroît elles man- quent d’éclairage public la nuit. C’est à se demander ce que vont pouvoir bien faire ces derniers pendant l’intervalle qui sépare deux rencontres de football ou deux journées de matchs. Comble de l’absurde, la situa- tion excentrée du stade de foot-

ball. Les experts de la junte du

Haut-commissariat ont propre- ment ignoré l’avis éclairé du maire d’Oyem pour la construc-

tion d’un stade intramuros. Ainsi, ils n’ont rien prévu pour accueillir les supporters qui viendraient suivre les matchs au stade de Sougoudzap. En dehors des parkings qui sont en cours d’aménagement, il n’y a pas

l’ombre d’un seul bar où les sup- porters et autres fans pourraient se rafraîchir avant et après chaque match. Pas non plus l’ombre d’un seul restaurant. Dans les deux villages qui joux- tent le stade, Assok Ngomo et Sougoudzap, il n’y a pas d’ins- tallations susceptibles de satis- faire un tel besoin. A moins que le Haut-commissariat ait réservé à leurs copains et coquins la vente exclusive des rafraichisse- ments et casse-croûte dans les conteneurs tout autour du stade. En tout cas la ville d’Oyem n’en tirera aucun bénéfice. Si l’on ajoute enfin qu’en dehors de l’exemple notable du manioc et de la banane produits en grande quantité dans la pro- vince, le reste des produits consommés seront importés. Volaille, viande de bœuf ou de porc, huile, œufs…, tous ces produits viennent d’Europe, d’Afrique du Sud ou du

Cameroun voisin. Une hausse de la demande sur ces produits lors de l’évènement, ira enrichir les fermiers et industriels de ces pays. Sans oublier la pieuvre Delta Synergie qui va prélever, comme c’est de coutume au Gabon, sa commission finan- cière sur chaque kilogramme de produit importé. Les villes d’Oyem et de Bitam risquent de se réveiller avec la gueule de bois en février prochain après cette épreuve. Elles vont faire face à une infla- tion liée à la manifestation. Déjà, depuis août dernier, le prix du paquet de manioc est passé de 1500 FCFA à 2000 FCFA. Soit une augmentation de plus de 30%. Le même mouvement de hausse, dans les proportions de 30 à 40%, est observé sur beau- coup d’autres produits de consommation courante. Pas si sûr qu’après la Can 2017, les marchés de ces deux villes retrouvent les prix d’avant la Can. Au grand dam des popula- tions locales. Les villes d’Oyem et de Bitam vont faire également face à un autre défi. La gestion de toutes les ordures liées à l’évè- nement. Sans oublier qu’en excentrant le stade au village Sougoudzap, la mairie d’Oyem ne sera pas concernée en quoi que ce soit pour libérer ce site des tas d’ordures qui seront générées pendant la compéti- tion. Ces villes croulent déjà sous des montagnes d’ordures du fait de la défaillance de la société Gabon Propre Service, on ne sait pas l’image qu’elles présenteraient en y déversant des tonnes d’ordures supplé- mentaires.

en y déversant des tonnes d’ordures supplé- mentaires. fonctionner normalement. Une toute autre attitude ferait

fonctionner normalement. Une toute autre attitude ferait couler l’économie. L’exemple de la Grèce est encore vivace dans les esprits. Ce pays a adopté des mesures de matraquage fiscales similaires en espérant faire ren- trer beaucoup d’argent dans ses

caisses depuis 2010. Malheureusement pour la Grèce, ces efforts n’ont servi à rien. Ils ont plutôt étouffé la pro- duction. Avec ces mêmes mesures, la junte aux abois s’achemine vers cette direction.

Can2017/Adductioneneauetenélectricitéaustaded’Oyem

Dubricolageàoutrancepoursauver

lesmeubles

Par Jean-Pierre Poisson

L a manière dont les travaux d’adduction en eau et en électricité sont réalisés au futur stade d’Oyem se passe de commentaires

Tous ceux qui ont empruntent l’axe Oyem-Bitam, ces derniers temps, sont restés estomaqués par la mauvaise qualité de ces tra- vaux. Les premiers poteaux électriques sont implantés de manière anarchique, sous de gros arbres aux branches pendantes. La société Bouygues, adjudicataire des travaux et par ailleurs partenaire de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), n’a pas daigné élaguer les abords de cet axe avant de lancer le chan- tier. Notamment le tronçon ralliant le quartier Angone et le vil- lage Sougoudzap, soit 15 kilomètres. A y regarder de plus près, on peut aisément déduire que la sécurité et la fiabilité de l’œuvre réalisée importe peu pour le partenaire de la SEEG. D’ailleurs, un agent rencontré sur place est sans équivoque : « quelque soit la nature des travaux, l’importance est qu’on ait de l’éclairage au stade lors du premier match ici à Oyem ». Une manière de reconnaître que le travail qui est réalisé est bâclé. Du véritable bricolage à outrance pour être « prêt » à la date du 17 décembre 2016, pour le match test des Panthères du Gabon face à une autre équipe nationale de la sous-région. La phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017, quant à elle, est prévue du 14 janvier au 5 février 2017. Amesure que l’évènement s’approche, les sociétés adjudicataires des tra- vaux, dans l’ensemble du pays, font feu de tout bois pour préten- dre être prêt le jour-J. Convaincues que les dates de livraison ne seront pas respectées, ces sociétés, notamment celles d’Oyem, font une course contre la montre, en passant outre les règles de l’art. La fiabilité des infrastructures réalisées est donc sujette à caution. SOMBRES AFFINITES. Même si un adage populaire au Gabon reconnaît que « les choses des Chinois ne durent pas », ce n’est pas pour autant que les autorités de la junte militaro-put- schiste doivent accepter, sans mot dire, tout le désordre observé sur les chantiers de la Can. Il s’agit avant tout des réalisations qui sont destinées aux géné- rations présentes et futures de notre pays. Et c’est avec l’argent du contribuable que ces sociétés, dont certaines ont été coptées sur la base de sombres affinités avec le chef de la junte, Bongo Ondimba Ali, alias BOA, que tout ce désordre va être payé. Le futur stade d’Oyem est construit en pleine forêt. Pour s’y rendre quand on vient de Bitam, il faut d’abord parcourir 60 kilo-

mètres sous un tunnel formé par de grands arbres. En implantant de manière anarchique et désinvolte les poteaux électriques entre Oyem et Sougoudzap, les responsables de Bouygues n’ont-ils pas pensé au risque d’accidents ?Au moindre orage, la prudence doit être de mise chez les automobilistes, à cause du risque élevé de chute de gros arbres sur cette voie. Il n’est donc pas exclu que le mauvais travail réalisé jusque-là par Bouygues ne soit détérioré par des éléments naturels avant même le début de la Can par cette période de grandes pluies. En outre, il semble que le partenaire de la SEEG aurait même renoncé à acheminer l’eau au stade d’Oyem. Les travaux lancés depuis le site Seeg d’« Akok-Barrage » sont aujourd’hui aban- donnés. Il semble que, en accord avec la société chinoise Shanghai Construction, en charge de la réalisation du stade, les responsa- bles de Bouygues aient trouvé une parade. Il s’agit de récupérer l’eau à partir de la petite rivière « Ngomo », située au cœur de la forêt, à quelques kilomètres du stade. Le projet est même déjà en phase expérimentale par Shanghai construction. Cette société utilise un équipement approprié. Mais, nombreux sont ceux mettent en doute cette eau. Même filtrée, elle reste impropre à la consommation. Elle serait mélan- gée à une « matière première » découverte dans la région. On comprend donc pourquoi certaines autorités politiques de la province du Woleu-Ntem tenaient à ce que le stade soit construit à cet endroit plutôt qu’ailleurs. Nous y reviendrons.

du Woleu-Ntem tenaient à ce que le stade soit construit à cet endroit plutôt qu’ailleurs. Nous

P O L I T I Q U E

P O L I T I Q U E ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20

ECHOS DU NORD N°371 du Lundi 20 Novembre 2016

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« Nous devons persévérer dans la résistance autour de Jean PING »

persévérer dans la résistance autour de Jean PING » A lexandre Barro au Trocadero samedi 19

A lexandre Barro

au Trocadero

samedi 19 novembre dern- bier. Accueilli par les jeunes de la Diaspora, il a pris la route avec eux jusqu’à l’ambassade du Gabon. Une fois sur nplace il leur a livrer ses encoura- gements à persévérer. « Votre engagement et votre persévérance sont

des actes forts.En effet, face cette situation, de for- faiture et d’imposture il est pour nous vitale de résister aux cotés du Président Elu Jean PING. Votre persévé- rance et votre endurance sont remarquables ici à Paris et un peu partout pour ceux d’entre vous qui viennent de toute la France. C’est le lieu de féliciter la diaspora gabo- naise dans le monde libre où nous sommes représen- tés. A votre manière vous avez su montrer à la face du monde que les gabonais de la diaspora sont avant tout des PATRIOTES qui ont l’amour de la nation, des personnes dotées de convictions, de valeurs et de principes qui fondent la force d’un pays. » Il ne croyait pas si bien dire car cette diaspora aux USA, vient de démontrer sa détermination en allant manifester dans l’hôtel ou séjournait Mborantsuo. Sur le dialogue, il a tenu à repréciser le sens du non du Rassemblement Hériotage et modernité dont nous vous livrons un large extrait: «Par principe personne n’est contre le dialogue mais un question- nement s’impose. Pourquoi maintenant ?Le dialogue pourquoi faire ? Le dialogue avec qui ?Le dialogue pour quel objectif ? Un dialogue longtemps refusé : depuis la fin des élections mani- pulées de 2009, beaucoup d’acteurs politiques avaient demandé un dia- logue. Monsieur BONGO ONDIMBA Ali n’en a pas voulu pendant tout le sep- tennat. Un dialogue aux relents de fait accompli :

ce dialogue sollicité après un passage en force, une forfaiture électorale sou- lève une série de questions

Chambrier était

:

Comment dialoguer avec des personnes qui ont fal- sifié les résultats des élec- tions ? Comment dialo- guer avec des responsa- bles de tant d’atrocités de morts, de blessés, de pri- sonniers, de personnes pourchassés pour délits d’opinions, de réfugiés politiques dont certains sont même ici parmi nous ? Comment dialoguer avec des personnes qui n’ont même pas la décence de faire acte de contrition ? Comment dialoguer avec un dictateur qui se cram- ponne au pouvoir pour des intérêts égoïstes ? Comment dialoguer avec un imposteur ? » Et d’ajouter : « En réa- lité, les raisons inavouées de cette recherche aujourd’hui effrénée de ce dialogue sont la quête d’une accalmie au plan social et la légitimation de ce pouvoir usurpé.Le pou- voir actuel voudrait un dialogue non contraignant : toutes les décisions prises seraient à la discrétion du Prince qui n’entend rien céder de son pouvoir. » Il n’est pas resté sans montrer des pistes de solu- tion « Que faire face à ce tableau ? Nous devons persévérer dans la résis- tance au tour de Jean PING le Président élu. Nous devons faire preuve d’unité et de cohésion. Faire coïncider la légalité et la légitimité : nous devons faire en sorte que la légitimité populaire puisse se traduire dans l’effet par la légalité du pouvoir et mettre la pres- sion partout où c’est nécessaire pour atteindre l’objectif. Les conditions de la réconciliation : la réconciliation ne peut se faire que sur la base de la reconnaissance des massa- cres, des souffrances, des injustices, de la vérité des urnes. Les relations sociales normalisées en dépendront. Le droit de dicter des conditions : il n’est pas possible que l’imposteur s’arroge le droit de dicter ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière,

éduquée et dynamique. »

ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée
ses condi- tions au vainqueur. Cette logique n’est plus de mise, pour cette diaspora fière, éduquée