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Cathédrale – 20.11.16

CLOTURE DU JUBILE

Merci

au

pape

François

d’avoir pris

cette initiative de l’Année jubilaire de la

miséricorde. Nous partageons aujourd’hui son action de grâces.

Avec le pape, une fois encore, nous contemplons l’œuvre de Dieu. Alors que les hommes, l’intelligence brouillée par l’esprit du monde, se sont créé des divinités lointaines, inaccessibles, vengeresses, les ont invoquées à travers l’histoire à l’appui de leur fantasmes ou de leur volonté de puissance, le Seigneur Dieu s’est révélé en son Fils. Et le ciel s’est ouvert, le Fils nous a été donné, il est venu parmi nous, il s’est fait l’un de nous pour qu’en lui nous puissions voir le Père, pour qu’à travers sa parole, ses gestes, et ses actes, nous puissions voir le vrai visage du Père. Un visage d’amour et de miséricorde.

Oui nous rendons grâces parce qu’en cette Année jubilaire, tous ceux et celles qui ont voulu rencontrer le Père, se jeter dans ses bras comme le fils prodigue de la parabole, accueillir son pardon ou tout au moins se laisser aimer malgré leurs péchés, tous ceux-là se sont sentis rejoints et reconnus. Surtout des personnes qui ont souffert dans leur vie, qui étaient parties sur une mauvaise route, ou dont la foi s’exprimait par des coutumes mais manquait de feu. Les beaux esprits ont pensé peut-être au début que parler de Jubilé de la miséricorde était trop savant et mystérieux pour les humbles. Ce sont au contraire les humbles et les petits de l’Evangile qui ont le mieux reconnu le chemin d’amour et de conversion qui leur était proposé

Je pense aux multiples initiatives prises dans notre diocèse depuis un an, qui ont ouvert la voie à autant de grâces insoupçonnées. Jubilé dans les paroisses, veillées de prière, échanges, démarches pour adultes, enfants et jeunes, Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne, pèlerinages, jubilé des catéchistes et des témoins de la foi, jubilé pour les consacrés, les diacres, les prêtres, redécouverte pour certains du sacrement du pardon. Et puis l’élan donné en faveur des œuvres de miséricorde, car il faut traduire en actes ce que l’on a reçu. Dans cette ligne, l’élan donné aux rencontres, au partage, au changement de regard et de comportement à l’égard des plus démunis et des migrants (là la conversion n’est pas achevée, soyons francs). Temps passé avec les malades, les personnes qui vivent avec un handicap. Jubilé des détenus dimanche dernier, les larrons de l’Evangile. Et tout ce qui a pu être fait discrètement, sans se montrer, juste pour apporter autour de soi le sourire de Dieu.

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Seigneur, tous nous te rendons grâce d’avoir inspiré à ton Eglise une route qui a son

origine dans le cœur de Dieu. Peut-être cela changera-t-il l’image que donne ton Eglise, même

si nous ne travaillons pas pour l’image, mais pour être des témoins plus fidèles de l’Evangile.

Et pourtant l’image compte, car certains baptisés se sont éloignés autrefois à cause de l’image

donnée. Ils ont été mal reçus ou simplement mal compris. Ils venaient trouver quelqu’un, et à

travers ce quelqu’un une lumière venant d’ailleurs, peut-être de Dieu. Ils ont trouvé des

interlocuteurs généreux mais sans doute trop professionnels, qui n’arrivent à recevoir que sur

rendez-vous, qui n’ont même pas pensé à venir les voir à la maison comme Jésus avec Zachée,

et qui donc ne pouvaient rien comprendre à l’histoire de leur vie. Serait-ce une forme

d’administration qui ne permettrait plus la visite ? Au motif qu’il ne faut pas déranger ? Outre

ma conviction personnelle, je me fais ici avec force l’écho du Saint-Père, qui ne cesse d’inviter

à sortir des permanences d’accueil pour connaître les rues, les maisons, les cités, les lieux de

vie de tant de gens qui, hors des centre-ville, ne trouvent d’ailleurs que des églises fermées, et à

force d’être perdus, se sentent sans soutien.

Maintenant il y a les fameuses portes jubilaires de nos sanctuaires qui sont fermées

aujourd’hui. En inaugurant le Jubilé le 8 décembre 2015, je rappelais le caractère très

symbolique de ces portes. Dieu ouvre son cœur, les chrétiens ouvrent leur cœur à toute

démarche de conversion et à toute détresse. Au terme de notre Année de grâce, je déclare donc

que le Jubilé est terminé. Mais les portes sont faites aussi pour sortir et pour rejoindre les

hommes ! L’Esprit Saint a soufflé, il ne cesse pas pour autant de conduire l’Eglise et d’envoyer

sur la route de l’annonce de l’Evangile. C’est la raison pour laquelle au terme de la célébration

on appellera des représentants de tous les secteurs pastoraux du sud du diocèse pour leur

remettre, à destination des paroisses, des icônes de la Miséricorde. Elles seront le signe que la

communauté diocésaine et toutes les communautés locales continueront à venir puiser à la

source de l’amour de Dieu pour en témoigner dans les temps qui viennent. Une Eglise qui

ouvre ses portes, qui réconforte et mène à la rencontre avec Dieu, qui envoie hors de ses murs à

la rencontre des hommes.

Que Marie, en ce sanctuaire qui lui est dédié, nous aide à garder vive en nous la flamme

allumée ou ranimée en nous par le Jubilé !

+ Thierry JORDAN Archevêque de Reims

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