Eléments d’un support de ligne aérienne

Une artère aérienne comprend une ligne de supports ou appuis (poteaux
en bois ou métalliques plantés dans le sol, potelets ou montants en tubes
de fer galvanisé), des ferrures galvanisées fixées à chaque appui et
constituant l’armement de l’artère et des câbles ou fils conducteurs
séparés suspendus soit directement aux appuis, soit par l’intermédiaire de
l’armement. La construction aérienne comporte toujours un aspect
mécanique important car il conditionne la solidité et la sécurité
des lignes.
I-Différents types de supports
a) Poteaux en bois
Les poteaux actuellement utilisés sont en majorité en bois. Ce sont des
fûts d’arbres résineux injectés d’un antiseptique pour en assurer la
protection contre les moisissures ou les insectes. Des normes bien
précises fixent les conditions auxquelles doivent satisfaire, les modes de
traitement pouvant leur être appliqués et les conditions de réception des
poteaux. Tous les poteaux portent, en outre, en creux sur la base, deux
chiffres marqués au marteau à étamper; ces chiffres désignent le
mois et l’année d’utilisation qui doit être postérieure d’un an à la date de
réception. Ce délai est nécessaire pour que l’imprégnation soit efficace.
b) Poteaux métalliques
Par suite d’approvisionnement en poteaux en bois, on utilise des poteaux
en tôle d’acier galvanisés à chaud, de section octogonale. En raison du
prix relativement élevé de ces poteaux, leur emploi est en principe réservé
au cas où leur mise en oeuvre plus rapide, ainsi que la limitation du
nombre de consolidation nécessaires permettrons des économies
appréciables. Les artères à construire en poteaux métalliques seront
choisies de préférence parmi celles qui permettent la plantation par
fonçage ou celles dont le tracé sinueux exigerait de nombreuses
consolidations avec les poteaux en bois.
c) Socles
On peut prolonger la durée des poteaux en bois en les isolants du sol par
l’emploi de socles. Les socles sont en général composés de deux éléments
en ciment armé. Le poteau est maintenu entre ces deux pièces par serrage
au moyen de trois ou quatre boulons. La base du poteau est à 10 cm audessus du sol.
d) Potelets
Ce sont des ferrures verticales en tube carré de 45 mm de côté. Les
potelets sont soutenus par des tiges horizontales elles aussi, en tube de 45
mm qui peuvent être étayées par des jambes de force placées soit dans le
plan vertical (voir fig. 2-1), soit dans le plan horizontal (voir fig. 2-2). Les
tiges sont fixées au potelet par des

si les fils les plus bas passent au dessus des fenêtres (ou au moins à 2 m au-dessus du plancher de l’étage le plus haut) il est préférable d’employer les tiges de 1. 2-2 : Consolidation horizontale par jambe de force du potelet. dans les autres cas on emploie des tiges de 1. .50 m. Dans les choix des tiges.flasques droits ou coudés. 2-1 : Consolidation verticale par jambe de force d’un potelet Fig.30 m. Fig.

a) Appuis formés par l’assemblage de plusieurs poteaux Ce sont les poteaux moisés.25m 7m Tuteur de 5. Ces poteaux peuvent être supportés par des socles qui améliorent leur conservation et facilitent leur remplacement éventuel. Fig.50m Tuteur de 6. 1-Poteaux moisés Ce sont des appuis formés de deux poteaux assemblés par trois boulons (fig. Le tuteur doit toujours se trouver à l’intérieur de la courbe. les appuis à écartement réduit. les deux poteaux . d’essence résineuse écorcés etinjectés d’un antiseptique pour en assurer leur conservation. 2-3 : poteau moisé. L’appui moisé est constitué par un poteau dit majeur accolé à un poteau plus petit dit tuteur. Poteau majeur de Tirage réduit 0 50m 160m 5. Le tableau suivant indique les tuteurs à employer avec les différents types de poteaux majeurs en fonction du tirage réduit de l’appui.50m 6. les appuis couples. La charge est sensiblement la même que celle d’un appui moisé constitué par deux poteaux majeurs de même longueur.II-Description des appuis Les appuis auxquels sont suspendus les lignes de télécommunication sont essentiellement constitués par des poteaux en bois.25m 10m Tuteur de 8m Tuteur de 10m 12m Tuteur de 10m Tuteur de 12m Tableau 2-1: type de poteaux tuteurs en fonction du tirage réduit.50m 8m Tuteur de 5. 2-3).

lorsque l’on manque d’emprise pour placer un hauban ou un poteau couple. 24). pour y pratiquer les percements à la demande. . le boulon de tête est placé à 0. Sinon. Le boulon du milieu est placé à égale distance des deux extrêmes. Les boulons et entretoises sont fixés et on présente ensuite la jambe de force. La stabilité dans le sol est à peu près celle du poteau simple. L’appui moisé convient pour de faibles efforts de tirage. toujours à terre. L’effort qui peut être appliqué à un poteau moisé est le double de celui auquel résiste un poteau simple dans la direction perpendiculaire aux boulons et environ 2. Fig. le bouton le plus haut à 50 cm du sommet lorsque les poteaux sont d’égale longueur.ayant la même profondeur d’implantation. Le boulon le plus bas est placé à 1 m du sol. dans le sens des boulons. Il convient donc de l’augmenter ce qu’on obtient en majorant de 15 cm la profondeur d’implantation et en calant soigneusement les poteaux au moyen de dalles ou de pierres. Les boulons employés doivent être adaptés aux diamètres des poteaux à assembler.5 fois celui-ci. Si on pratiquait les percements à la fois sur le pied-droit et la jambe de force suivant les cotes indiquées. l’appui couple est renversé par arrachement du pied-droit et enfoncement de la jambe de force (ou inversement) sous un effort compris entre 1000 et 2000 da N selon le terrain. 2-Appui couple simple Cet appui se compose d’un pied-droit et d’une jambe de force accouplés au moyen d’un boulon de tête et d’une ou plusieurs entretoises (voir fig. Lorsque les poteaux ne sont pas ancrés dans le sol. on risquerait des difficultés à les assembler en raison des irrégularités des poteaux. 2-4: appui couple simple.20 m du sommet du tuteur. La résistance à la rupture est la même dans les deux sens.

Fig.30m 6-Cas des poteaux métalliques Les seuls appuis consolidés par assemblage de poteaux sont les couples simples. La résistance de rupture d’un tel appui est de l’ordre de 6000 da N à l’effort horizontal en bon terrain. 0.50 m pour intéresser le plus fort volume de terrain possible. Il faut écarter les deux jambes de force de façon à pourvoir placer entre elles le deuxième pied-droit. 2-5). 0. il est .20 m . Il s’agit d’une ligne double en poteaux d’une longueur totale supérieure à 8 m. 2-5 : appui à écartement réduit de 0. 2-6 : appuis couples jumelés.3-Appui couple ancré Les appuis couples ancrés sont utilisés pour consolider les lignes simples et les lignes doubles (fig.30 m) (voir fig. 2-6).80 m . Ces appuis sont relativement coûteux et ne sont plus guère utilisés Fig. Chaque pied-droit devra être muni d’une plaque d’ancrage dont les milieux doivent être écartés de 1. 4-Appui couple jumelés Si la résistance à obtenir est plus élevée on construit deux appuis couples jumelés (fig. Fig. Les appuis couples portent dans la nomenclature des appuis consolidés réglementaire les numéros contenus dans le tableau suivant : Type de lignes Types d’appui Numéros (nomenclature) Lignes simples appui couple ordinaire 17 appui couple ancré 18 19 Lignes doubles Appui couple ancré 12 14 Tableau 2-2 : nomenclature des appuis consolidés. 5-Appui double à écartement réduit Il sont composés de deux pieds-droits verticaux assemblés par entretoises de longueurs (1. 2-5 : appuis couples ancrés. 2-5). Quand l’effort horizontal appliqué au sommet dépasse 200 da N.

Appelons A le point où le hauban pénètre dans le sol supposé horizontal. ii. Supposons qu’un effort horizontal F s’exerce sur ce point de fixation. Rp tendant à comprimer le poteau (fig. 2-7) : Fig. sa charge de rupture FR est de 1560 da N.Exemple Enoncé Soit un poteau simple en bois retenu par un hauban ancré dans le sol (voir fig. Le câble qui constitue le hauban est du type n° 32/31 à 7 brins d’acier de 2.nécessaire de doubler le feuillard de tête du piédroit et de poser un hauban de pied fixé piédroit par une semelle de goupille (voir fig.2 mm chacun. Pour un angle ACˆB formé par le poteau et le hauban. 2-7 : action du hauban sur un poteau. AB AC F ACB F Rh  sin( ˆ ) (1) AB CB F ACB F Rp  tan( ˆ ) (2). Le hauban ne comporte q’un . Fig. 2-6 : semelle à goupille pour haubanage. B le point où le poteau pénètre dans le sol et C le point de fixation du hauban au repos. l’autre. L’effort F peut se décomposer en deux forces. ci-dessus). 2-6). l’une. Rh dirigée dans le sens du hauban. 7-Appui haubanés i-Poteau simple haubané Considérons un poteau retenu par un hauban ancré dans le sol.

câble. (FM et FR en da N) D’où M h R AC AB F (5). On souhaite utiliser cet appui avec un coefficient de sécurité 3 s C . AC.pour un haubanage d’angle ACˆB de 30°. (4).pour un haubanage d’angle ACˆB de 45°. Déterminer l’effort maximal FM que peut supporter l’appui ainsi défini: . Résolution La charge maximale horizontale a pour composantes :                AB CB RF AB AC RF F pM hM M r . . AB et CB en mètres) La charge supportée par le hauban au coefficient de sécurité Cs correspond à RhM et est donnée par : S R hM C F R . (3) (FM. Application numérique R daN hM 520 . Rh et Rp en da N .

4 AB AC daN R F hM M 370 1. Le poteau résiste facilement.6 260 0. .6 . . à l’effort de compression dont la valeur atteint alors : daN F RM pM 430 0.3 1560 .Pour ACˆB 45on trouverait de même. 2 1 AB AC daN R F F hM M M 260 2 520 2 30 .4 520 1.4 45 '  1 AB CB R daN pM 370 .pour ACˆB 30. 1. On peut doubler aisément les valeurs maximales admissibles FM en constituant . surtout s’il est bien calé.

Une pierre plate ou une dalle de béton de 20 cm de diamètre au moins doit être placée sous le poteau comprimé si le haubanage est constitué par un double toron. On peut aussi avoir recours à un câble d’acier constitué par 7 brins de 3 mm dont la charge de rupture dépasse 3600 da N sous réserve toute fois que les diverses parties constituant l’appui haubané soient bien adaptés aux efforts beaucoup plus élevés qui sont susceptibles d’apparaître. dite à emprise large. doit toutes les fois que cela est possible être préférée à celle de gauche. La disposition de droite. si l’ancrage du hauban cède partiellement dans le sol ou encore si le poteau s’enfonce dans le sol par suite de compression (voir fig. CB AB tan( ACˆB) (6). Le hauban doit toujours être légèrement tendu lorsque le poteau est vertical. C AB La plaque d’ancrage doit avoir un diamètre de 20 cm pour un haubanage simple et un diamètre de 30 cm au moins pour un haubanage double. 2-8) : Fig. Le poteau peut se déformer si le hauban est lâché. Le hauban souple peut dans le cas d’une ligne double être prolongé à travers l’armement par un hauban de triangulation. il faut absolument respecter les prescriptions suivantes lors de la construction d’appuis haubanés : La longueur AB doit être la plus grande possible et au moins égale à la hauteur. iii-Matériel de haubanage.le hauban par deux torons de câbles (voir fig. . Les efforts de compression sur les poteaux sont alors fortement augmentés et qu’il est alors essentiel que le hauban soit bien réglé et que les poteaux intéressés ne puissent s’enfoncer dans le sol. 2-8 : Déformation d’un poteau haubané par enfoncement du poteau.2-9). En conséquence.

Fig. La tige d’ancrage normalement utilisées est une tige de 1.30 cm pour un haubanage simple en câbles 32/20 ou double en 32/21. Ces colliers existent en quatre modèles et grâce à des trous ovalisés peuvent s’adapter à tous les diamètres de poteaux. il doit être arrêté à l’aide de deux mâchoires 31/1 comme le montre la figure 2. Dans le cas où le hauban doit être doublé pour obtenir une résistance suffisante. le tendeur 30/4 doit être remplacé par un tendeur à oeils 31/3 plus résistant si le hauban double est un câble 32/20. qui s’agissent du voisinage du sommet pour la fixation des haubans de pied. Dans ce cas. Un tendeur à lanterne 30/4 est fixé au collier dont l’un des boulons passe dans l’oeil du tendeur où passe le hauban souple 32/21 ou 32/20. Enfin.Le hauban souple est fixé au poteau à l’aide de collier en fer galvanisé. en deux moitiés réunies par des boulons (fig.9.70 m de longueur dont la résistance à la rupture est d’environ 4000 daN. . Leurs caractéristiques sont indiquées sur le tableau ci-dessous [1]: Colliers (nomenclature) Diamètre des colliers (mm) Diamètre des boulons (mm) Longueur des boulons (mm) 7/0 110 20 100 7/1 135 20 125 7/2 165 20 135 7/3 200 20 170 Tableau 2-3 : Types de colliers utilisés comme matériels de haubanage. Cette tige convient pour les haubans constitués par 1 ou 2 torons de 32/21 ou pour un seul câble 32/20. 2-9 : tige d’ancrage à 1. 2-9). elle n’est pas suffisante et il faut avoir recours à une tige d’ancrage 31/4 et les plaques d’ancrage utilisées auront un diamètre minimal de : .20 cm pour un haubanage simple en câbles 32/21.80m de longueur. .

plus cher que les appuis haubanés à égalité de performance.L’économie en matériel que présentent les appuis haubanés est assez illusoire car la construction de ces appuis réclame des fouilles souvent plus profondes.. doit s’écarter beaucoup plus du pied droit.40 cm pour un haubanage double en câbles 32/21. insuffisamment callé ou par remontée dans le sol de la plaque d’encrage de dimension insuffisantes ou installée à trop faible profondeur. Dans la consolidation transversale. Ils ne se dérèglent pas. . Pour les appuis légers.Les appuis consolidés par assemblage de poteaux sont toujours prêts à travailler dès que cela est nécessaire. . En outre le heurt éventuel d’un poteau la nuit par un piéton qui ne l’a pas aperçu est beaucoup moins dangereux que celui d’un hauban. leur encombrement réduit qui ne dépasse que rarement 1. on peut utiliser un ancrage à vis très facile à mettre en oeuvre et qui fournit une résistance suffisante dans le sol moyen. . Il n’en est pas de même pour les appuis haubanés dont le hauban pour être efficace. . 8-Comparaison les deux types d’appuis consolidés du point de vue haubanage et domaines d’emploi Les appuis consolidés obtenus par assemblage de deux ou plusieurs poteaux coûtent.20 m au niveau du sol et permet en général l’implantation facile le long des routes et même le long des trottoirs à l’intérieur des agglomérations. en matériel. Au contraire les appuis haubanés se dérèglent très fréquemment par enfoncement du poteau. Ils ont en revanche de nombreux et important avantages qui font qu’ils sont les plus utilisés. de beaucoup la plus fréquente.Les appuis consolidés par assemblage de plusieurs poteaux présentent une résistance sensiblement symétrique et sont pour cette raison tous indiqués pour la consolidation transversale en alignement droit.

on peut le réduire en disposant un tronçon de poteau le long du hauban. Le danger de heurt la nuit si la tête de lignes est construite sur le trottoir subsiste néanmoins . Mais ces lignes chargées sont en train de disparaître et il semble bien que les appuis haubanés ne seront utilisés dans l’avenir que dans les deux cas suivants : Construction des têtes de lignes dans les zones où la circulation des piétons est relativement faible. Consolidation longitudinale et appuis d’arrêt sur artères en rase campagne. Les seuls domaines où la consolidation par haubanage semble indiquée sont les suivants : Consolidation longitudinale des lignes et construction de têtes de lignes : Les haubans étant placés dans le sens de la ligne.En outre la nécessité d’un réglage fréquent de la tension des haubans fait que l’on a vite fait de dépenser en main d’oeuvre d’entretien ce que l’on avait pu économiser lors de la construction. . Construction des lignes très chargées : Les appuis haubanés sont surtout adaptés à la construction des lignes doubles très chargées comme il en existe encore quelques-unes le long des voies ferrées dont les emprises sont en général prévues largement. c’est-à-dire parallèlement à la route le long de laquelle elle est construite sont beaucoup moins encombrants et on peut sans inconvénients donner à l’angle ACˆB une valeur importante. Ils permettent alors de construire de façon économique des appuis très puissants. ce qui permet l’implantation sans difficulté des haubans.