Communiqué de presse – 29 novembre 2016

Ouverture d’une action collective citoyenne contre le décret TES.

60 millions de suspects, et moi, émois
Le décret n° 2016-1460 du 28 octobre 2016 autorisant la création
d’un traitement de données à caractère personnel relative aux passeports
et aux cartes nationales d’identité a créé un méga-fichier réunissant
des informations personnelles sensibles et des données biométriques.
Après les inquiétudes formulées par les acteurs du numérique et
malgré les vagues promesses exprimées par le Ministère de l’Intérieur, la
création de ce « fichier Halloween » remet en cause les libertés des
citoyens en les transformant en suspects.
Fort de l’émois suscité, il a été décidé d’initier une action
collective ouverte à tous les citoyens soucieux de la défense des
libertés publiques et ne souhaitant pas la création d’un méga-fichier.
Afin d’éviter toute récupération politicienne par un groupe ou par un candidat, elle est expressément réservée
aux citoyens personnes physiques. Rien n’empêche les associations, syndicats, partis, collectifs, fondations et autres
personnes morales d’agir conjointement et parallèlement à la présente action citoyenne à condition qu’elles démontrent
et qualité et intérêt à agir.
Les deux premiers requérants sont

Monsieur Louis-Georges TIN,
Monsieur Didier BONIN.

Si le premier est une personnalité éminente parmi les combattants des droits de l’homme, le second est
un « simple » citoyen qui entend ne pas être considéré comme un suspect permanent.
BON A SAVOIR
Le recours pour excès de pouvoir (REP pour les intimes) se définit comme un « recours contentieux tendant à l’annulation d’une décision
administrative et fondé sur la violation par cette décision d’une règle de droit ». Le REP est une création jurisprudentielle du Conseil d’Etat qui a
souhaité soumettre les actes de l’administration au principe de légalité. Le REP est un élément déterminant de l’Etat de droit
car il permet à tout citoyen de contester une décision administrative et d’opposer à l’autorité administrative l’autorité supérieure issue la
Constitution, des traités internationaux ou européens et de la Loi. Classiquement, un REP repose sur quatre types de moyens. Deux
catégories de moyens relèvent de ce que l’on appelle la légalité externe de la décision :

l’incompétence (l’auteur de la décision n’avait pas compétence pour la prendre) ;

le vice de forme ou de procédure (une formalité importante a été omise ou la procédure n’a pas été suivie).
Les deux autres catégories relèvent de la légalité interne de la décision :

la violation de la loi (l’administration, sous différentes formes, a pu ne pas respecter le texte de loi
applicable),

le détournement de pouvoir ou de procédure (l’administration a utilisé un pouvoir ou une procédure
dont elle ne disposait pas pour prendre la décision contestée).
L’objectif final est d’obtenir l’annulation du Décret car il est contraire aux textes européens en matière des fichiers
de données sensibles et contrevient au principe de « spécialité » de tels fichiers qui ne peuvent pas servir tout à la
fois à l’authentification des données et d’identification du porteur.

EQUIPE D’AVOCATS
Les avocats en charge de la présentation du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR (REP) sont
Maître Jean-Marc FEDIDA est avocat au barreau de Paris. Essayiste, il avait
dénoncé dans un ouvrage paru en 2006 -déjà ! – la dérive sécuritaire et l’horreur
sécuritaire « Un triste constat s'impose. Nous subissons une incroyable régression de
nos libertés publiques et individuelles, qui provient largement des dernières années de
politique sécuritaire. De notre société sécurisée à l'extrême à " l'horreur sécuritaire ", il
n'y a qu'un pas ».
Il a été l’un des premiers à dénoncer par son article dans le Huffington Post, le
décret « halloween » comme constituant le plus impressionnant dispositif de
fichage.
Me Jean-Marc FEDIDA intervient à titre pro bono.
Maitre Christophe LEGUEVAQUES est avocat au barreau de Paris et
créateur de la plateforme d’actions collectives et citoyennes, www.mysmartcab.fr
En 2011, il avait obtenu devant le Conseil d’Etat l’annulation partielle du décret
instaurant le « passeport biométrique » et la collecte de 8 empreintes digitales.
L’action collective sera gérée depuis la plateforme d’actions collectives,
conjointes, citoyennes et coopérative

www.mySMARTcab.fr
(ouverture à partir du mercredi 30 novembre 2016 à midi)
Les inscriptions seront ouvertes à partir du mercredi 30 novembre 2016 à midi. Une participation aux frais de
60 € TTC est demandé aux participants.
Le mémoire introductif sera déposé le jeudi 22 décembre 2016.
Les participants initiaux doivent se faire connaître sur la plateforme avant cette date. Toutefois, il sera possible
de se joindre à l’action au-delà de cette date jusqu’à l’audience devant le Conseil d’Etat.

Contact :
Christophe Lèguevaques
Mel direct : cl@smymartcab.fr
 06 80 64 74 98 -  05 62 30 91 52

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