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Bulletin de la Société de Linguistique de Paris TOME LXXxXIV — 1989 FASCICULE 1 Pages L-XXVI Procés-verbaux des séances de l'année 1988. 1.19 Joseph HERMAN. Conscience linguistique et diachronie. 21-54 Claude BRIXHE. Morphonologie ou morphographémie ? 55-80 Jean-Luc FOURNET. Les emprunts du grec a I'égyptien, 81-109 Jean-Pierre CHAMBON. Démimologiques : délocutivité et zoonimie dans le domaine galloroman. 111-142 Mireille RUPPLI, Juxtaposition, morphéme zéro et autres connecteurs en frangais. 143-161 Mira ROTHENBERG. Quelques moyens syntaxiques de rhématisation et de thématisation en francais. 163-199 Joaquim BRANDAO de CARVALHO, Marques segmentales des hiérarchies prosodiques : la contraction vocelique en portugais, 201-283 Claude Pierre BOISSON. Contraintes typologiques sur le systme phono- logique du sumérien. 235-257 Itsuko FUJIMURA, Un cas de manifestation de degré de transitivité : lalter- nance des relateurs GA et O en japonais. 259-279 Robert ILJIC, Aspect et modalité en chinois contemporain : le cas du pékinois laizhe, 281-369 Notes et discussions, 371-384 Résumés des articles. PUBLIE AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE KLINCKSITECR Toutes les communications relatives & la rédaction ainsi que les ouvra- ges pour compte rendu doivent tre adressés impersonnellement & : SECRETARIAT DE LA SOCIETE DE LINGUISTIQUE Ecole Pratique des Hautes Etudes, 4° Section, & la Sorbonne 75005 Paris Toutes les communications relatives & I'administration de la Société, et notamment @ I'envoi des publications et aux séences, doivent tre & ladministrateur : M.A. CREPIN 18, rue Saint-Simon, 80000 Amiens Les cotisations doivent étre envoyées : 419) soit par virement ou versement su C.C.P. de la Société 174.64 C Paris; 26) soit par chéque de banque sur Paris exclusivement au nom de : SOCIETE DE LINGUISTIQUE DE PARIS Ecole Pratique des Hautes Etudes, 4° Section, la Sorbonne 75005 Paris Dans tous les cas, 1! ost Instamment recommandé de faire connaltre clairement le nom et l'adresse du cotisant La correspondance relative aux finances de la Société doit étre adressée uniquement au trésorier : M. DRETTAS. 4 adresse de la Société, Ecole Pratique des Hautes Etudes, 4 Section, & la Sorbonne 75005 Paris Le montant de la cotisation annuelle pour 1989 est fixé @ 200 F (France et Etranger) pour les membres individuels, et & 580 F (France et Etranger) pour les biblioth&ques et instituts. Fasolcule 1 : ISBN 2.250.02688-3 A fee CONTRAINTES TYPOLOGIQUES SUR LE SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN Sommaire. — Les contraintes typologiques universelles dégagées de Veaamen du systéme phonologique de 794 langues monirent que certaines des hypotheses portant sur le systéme phonologique du sumérien sont inattaquables, que @autres sont irés improbables, tandis que certaines hypotheses ont des conséquences imprévues qui n’avaient pas été prises en comple par leurs partisans. Enfin, on propose de voir dans le «z» sumérien une affriquée |Is]. A. Introduction. Notre connaissance du systéme phonologique sumérien est nécessairement fragmentaire, indirecte et imprécise?. Nous pouvons Vatteindre de différentes maniéres. D'abord par des listes de mots dans des documents tardifs pour apprentis scribes akkadophones (telle que la liste conventionnellement appelée Proto-Ea) qui donnent I’équivalent syllabique des termes notés en sumérien sous la forme de logogrammes?. Ensuite le sumérien peut @tre atteint a travers l’'akkadien, notamment par le traitement des emprunts (surtout dans le sens sumérien + 1, J’adresse mes remerciements aux assyriologues Larisa Bobrova, Antoine Cavigneaux, Igor M. Diakonoff, Dietz Otto Edzard, John Hayes, ainsi qu'a Jean Blanchon, Allan Bomhard, Maurice Détrois, Jean-Louis Duchet, Alice Faber, Gary Germain, Claude Hagége, André-Georges Haudricourt, Jean-Marie Hombert, André Martinet, Pierre Swiggers pour divers éléments de ma documentation, ou pour des commentaires sur une version préliminaire de cet article. Toute erreur de fait ou d'interprétation demeure de ma seule responsabilité. 2. Tl est impossible de traiter ici méme succinctement des problémes d’écriture et de translitération. Voir Labat 1976 et, en plus spécialisé : Cavigneaux 1976, 1983, Diakonoff 1976, Gelb 1948, Reiner 1973. On trouvera dans Lieberman (1977 : 24-39) une synthése trés détaillée de nos sources sur la prononciation sumérienne. 202 CLAUDE PIERRE BOISSON akkadien). Mais notre vision de l'akkadien lui-méme dépend des diverses conceptions qu’on se fait du sémitique, voire du proto- afro-asiatique, ainsi que de langues autres notées en cunéiforme, telles que hittite, hourrite, etc. Si bien que toute révision dans ces domaines peut obliger par principe a se demander s'il faut modifier notre conception du sumérien, ainsi qu’on le verra in fine & propos du . Troisismement, des alternances de formes existent a l'intérieur du sumérien, soit & lintérieur de Veme-gir (le dialecte des hommes ?), soit entre eme-gir et eme-sal (le dialecte des femmes?). Enfin, il existe quelques rares exemples de transcriptions grecques tardives (par exemple noté CEK4), et de rarissimes emprunts dans des langues sémitiques autres que l’akkadien (hébreu, ougaritique). Les points d’accord et de désaccord entre spécialistes sur la phonologie sumérienne ressortent, clairement de la confrontation des présentations d’ensemble chez des auteurs comme Diako- noff, Falkenstein, Gelb, Jestin, Parpola, Sollberger, ou Thom- sen, Parmi les zones d’accord figurent, touchant les consonnes : (a) Vexistence de deux séries de consonnes occlusives, translité- rées* traditionnellement

, la nature de l’opposition phonologique faisant l’objet de trois hypotheses différentes ; (b) Pexistence d’un nombre variable de fricatives, dont au moins /s/ et /x/, et probablement /h/; (c) existence d’au moins deux liquides, vraisemblablement /I/ et /r/, sans préjudice d’autres. En ce qui concerne les voyelles, les seuls phonémes sirs seraient ceux-la mémes que l’on attribuait naguére & l'akka- dien : /i ea u/%, D’autres voyelles orales ont été envisagées, sans 3. Voir Sollberger 1962. 4, Conformément aux usages linguistiques courants, mais contrairement. a la plupart des usages sumérologiques, la notation entre crochets anguleux <> se référe a la translitération usuelle, qui ne préjuge pas de la valeur phonologique ou phonétique, et qui peut consister soit en une translitération conventionnelle signe a signe (logogrammes et syllabogrammes), qui est celle des éditions de textes en assyriologie, soit en une transcription plus linguistique, rétablissant: les, frontiéres entre bases et affixes, donc une translitération morphémique, celle que Diakonoff appelle «transcription analytique»; la notation entre barres obliques | | se référe & des phonémes et la notation entre crochets droits [ ] est phonétique. On supposera connus les symboles de l'Alphabet Phonétique International, avec quelques modifications éventuelles du type de celles qu'on trouve chez des auteurs comme Ladefoged. Par convention, = /Y/ signifiera : «ce qui est usuellement translitéré correspond au phonéme /Y/». 5. En fait, il y a tout lieu de penser que l'akkadien, qui a emprunté son systéme d’écriture au sumérien, langue de structure phonologique trés différente, n'a que trois phonémes vocaliques, et, que les quatre voyelles des translitérations ne sont qu'une illusion due 4 l’allophonie (v. Izre’el 1987 et la SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERTEN 203 que ces suggestions aient recueilli une approbation générale. Mais on a présenté des arguments en faveur d’un /o/ distinct de Ju/ (Lieberman 1979, ainsi que Parpola 1975), le probléme étant qu’il est malaisé de déterminer quels mots avaient /o/ et quels mots avaient /u/. Des voyelles nasales ont été également. postulées, quoique bien des spécialistes les rejettent. Le sumérien aurait également pu connaitre des voyelles longues et des diphtongues, spécialement /ai/: ainsi le mot hébreu emprunté par un circuit indirect au sumérien <é-gal> suppose une ancienne forme */haikal/. Compte tenu des difficultés considérables inhérentes a la sumérologie, on admettra que les points d’accord sont loin d’étre négligeables. Cependant est-il envisageable d’aller plus avant? Il me semble que oui, au moins négativement. J’entends par la qu’il me semble possible, et méme nécessaire, d’indiquer quelle est la plausibilité des hypotheses sumérologiques. Pour progresser dans cette voie, 4 I’étude du sumérien tel qu’il se révéle sur les tablettes, il faut ajouter la confrontation des diverses hypothéses des sumérologues avec ce que nous savons maintenant des variétés de structures rencontrées dans les langues du monde. Le sumérien n’avait que trop été négligé par la linguistique générale (Sollberger 1969 : 152), mais c’est un encouragement de relever qu’une telle maniere d’opérer a déja fait ses preuves en syntaxe, Dés l’instant ou l'on s’est avisé — un peu tardivement — que le sumérien est une langue ergative, la structure grammaticale, jusque- étrange, s’en est trouvée considérablement, éclairée®. Or, en syntaxe, une langue ne peut pas présenter n’importe quelle combinaison de traits. Ainsi, une langue est-elle de type ergatif, on s’attendra alors a ce que le verbe soit normalement situé a la fin de la phrase. Par ailleurs, si une langue appartient au type «SOV», on s’attend, malgré certaines exceptions comme le persan, a ce qu'elle ait des postpositions plutét que des prépositions. Et, bien entendu, le sumérien est parfaitement littérature qui y est citée). Par ailleurs, si le sumérien avait un systéme de voyelles (orales, bréves) 4 4 unités seulement, il est plus probable que l'allophone principal de la voyelle antérieure intermédiaire serait, [e] plutot. que [e], étant donné que les systémes a 4 voyelles sans voyelle centrale tendent a étre du type Jie a uj (voir Crothers 1978, et 8. F. Disner, pp. 141-142 in Maddieson 1984; mais les données de Ruhlen 1975 sont moins nettes). Ce type de systeme & 4 voyelles est surtout attesté en Amérique, et aussi en Australie. 6. Voir ainsi Foxvog 1975, Michalowski 1980, Thomsen 1984. 204 CLAUDE PIERRE BOISSON conforme a cet ensemble de contraintes typologiques en interaction, a ce sysléme de contraintes. Il en va pareillement en phonologie. Les divers sous-systémes qui constituent le systéme phonologique d’une langue ne consistent évidemment pas en de simples inventaires de phonémes mis ensemble. En effet, certains phonémes sont incompatibles entre eux, tandis qu’en revanche, |’existence de tel phonéme rend probable ou obligatoire l'existence de tel autre phonéme. En d’autres termes, il existe des contraintes typologi- ques, généralement probabilistes, ou, pour s’exprimer autre- ment encore, il existe des «universauz» phonologiques que nous pouvons maintenant atteindre grace a l’examen empirique des langues convenablement décrites. Au cours des vingt derniéres années, et surtout depuis les travaux de Joseph Greenberg, la connaissance de ces contraintes typologiques a considérable- ment progressé, et elle a permis une caractérisation beaucoup plus rigoureuse des types de langues possibles en synchronie, et des évolutions possibles en diachronie’. Ceci posé, il en découle une conséquence capitale : que ce s pour les langues anciennement attestées sous forme écrite, comme le sumérien, I’égyptien, I’élamite, le hatti, le hittite, le hourrite, ’ourartien, ou bien que ce soit pour les proto-langues reconstruites, tels le proto-indo-européen, le proto-sémitique, le proto-otomangue, et ainsi de suite, dans tous les cas il y a lieu d’admettre que les systémes phonologiques proposés doivent se conformer aux contraintes typologiques connues®. En effet, on n’a aucune raison d’admettre que des langues comme le sumérien, qui aprés tout se parlait il y a seulement 5000 ans, aient pu présenter des structures générales différentes de celles des langues actuellement ou récemment parlées. L’apparition du langage est suffisamment ancienne pour que, structurellement, le sumérien, le latin et l’anglais actuel puissent. étre considérés comme «contemporains». C'est. a Papplication systématique de ce principe que je me propose de consacrer le présent article. Pour cela j’aurai presque 7. Les ouvrages suivants peuvent en donner une idée : Greenberg ef alii, eds. Hagége & Haudricourt 1978; Maddieson 1984. e principe a été invoqué diverses fois, notamment en ce qui concerne le \do-européen (ethéorie glottaliques) par Roman Jakobson, André net, André Haudricourt, Paul Hopper, Gambkrelidze et Ivanov, ou, en ce qui concerne les voyelles du vieux japonais, par Pulleyblank. Sur son application aux occlusives étrusques voir Boisson 1989. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 205 constamment recours 4 deux recueils de données récents : Ruhlen 1975, et Maddieson 1984. Ces deux répertoires consti- tuent des échantillons considérables de systémes phonologiques. Parmi les 5000 langues environ actuellement ou récemment parlées, Ruhlen a retenu 706 langues — ou, dans un petit nombre de cas, variétés de langues —, et Maddieson en a rassemblé 317, les appartenances génétiques et les localisations géographiques étant trés variées dans les deux cas. Certes, aucun des échantillonnages n'est a l’abri d’erreurs diverses ou de choix discutables, bien que celui de Maddieson soit sans doute plus rigoureux®. C'est ainsi que les langues papoues sont sous- représentées dans les deux échantillons, ou que les langues du Caucase sont sur-représentées chez Ruhlen. Notons que la plupart des langues de Maddieson lui sont communes avec Ruhlen, mais que 88 lui sont propres, si bien que les deux échantillons cambinés représentent en tout 794 langues différen- tes. L’ouvrage de Maddieson comporte également les résultats fort instructifs de recherches sur les universaux phonologiques. Je me propose donc d’examiner certaines hypothéses des sumérologues, et de déterminer leur degré de probabilité typologi- que. Je dois en effet préciser tout de suite que, dans ces matiéres, il convient d’étre prudent, et donc de s'exprimer en termes probabilistes. On verra toutefois que les conclusions auxquelles nous parviendrons sont suffisamment nettes pour fournir matiére a réflexion, et ceci bien que je ne propose pas de bouleversement spectaculaire de notre image actuelle du sumérien. J’examinerai tour a tour des hypothéses relatives aux voyelles nasales, a la labialisation, au phoneme /d'/ proposé par Bauer, au systéme des occlusives, puis seront passées en revue les fricatives, et enfin les liquides. Faute de place, les intéressants problémes posés par la structure de la syllabe et du mot ne pourront étre abordés dans cet article. B. Hypothéses relatives aux voyelles nasales. Certains faits ont conduit quelques auteurs a envisager Vexistence de voyelles nasales en sumérien™, Mais ces systemes 9. Ruhlen prépare une édition trés amplifiée et. améliorée de son ouvrage. 10. Falkenstein 1959a : 23; Thomsen 1984: 38-39. Les faits allégués (notamment le changement de en dans certaines chaines de préfixes) conduiraient en premier lieu a postuler une voyelle /i/. Il ne peut s'agir que d'un 206 CLAUDE PIERRE BOISSON de voyelles nasales sont-ils typologiquement convaincants? A mon avis non, et voici pourquoi. Falkenstein propose le systéme & deux voyelles /¥é/, et Thomsen propose le systéme a deux voyelles ji a/ — plus peut-étre /é/, si ce n'est pas un allophone de /i/. Or la chose frappante, c’est que de tels systémes ne sont attestés dans aucune langue connue, de quelque type que ce soit, et de quelque origine que ce soit. Des systémes comportant seulement un /i/, ou /i é/, ou /i4/, ou méme l’ensemble des trois voyelles fié 4/ n’existent tout simplement pas, du moins pas dans les 794 langues de nos deux échantillons, ce qui laisse supposer que, si par extraordinaire ils existaient, il faudrait qu’ils soient d'une rareté insigne. Kin effet, parmi les langues qui ont un /t (soit 140 sur 706 chez Ruhlen, 52 sur 317 chez Maddieson), toutes, sans exception, comportent au moins irois voyelles nasales™, ce qui exclut radicalement les hypotheses ci-dessus. Par ailleurs, ces voyelles nasales ne peuvent étre quelconques, mais comprennent presque toujours au minimum la triade /T 4 ai/. Le sumérologue qui postule l’existence de /i/ devrait étre conduit de maniére presque obligatoire (probabilité de l’ordre de 0,95) postuler également Vexistence de /a/ et de /ii/, donc au minimum le systéme ternaire /T 4 ii/, évidemment sans préjudice d'autres nasales éventuelles”, phonéme, et non d'un simple allophone nasalisé de /i/, faute de quoi le raisonnement serait circulaire. A titre d’incidente, on notera ceci. Thomsen affirme (p. 38) : cafter all nasalization seems to be the only explanation for the changing of b to m...». En fait, a priori, ce n'est pas la seule explication envisageable. On pourrait par exemple imaginer que et notent une prénasalisée /"b/. Parmi les langues ayant 2 séries d’occlusives, on en trouve quelques pour cent qui présentent un tel systéme : 8% chez Ruhlen, 4% chez Maddieson. Dans une telle conjecture, naturellement, on aurait une nasalisation allophonique de jiJ devant la prénasalisée, au mieux. Gependant, si l'on maintient l'hypothése d'un phonéme /i/ distinct de /i/, en suivant Falkenstein, il pourrait trés bien se faire que le note un allophone prénasalisé du phonéme [b/ aprés voyelle nasale : ce genre de phénoméne est attesté en Amérique du Sud (Hombert c.p.; ef. Kakumasu 1986 : 399-400). Pour terminer, je dois indiquer que certaines des remarques que j’ai faites ci-dessus laissent entendre que notait une sonore, alors que nous verrons plus bas 4 quel point c’est improbable. 11. Dans Maddieson, la caractérisation du dialecte wu (chinois) de Chang- chow est, correcte page 251, mais comporte une erreur par omission de // dans le tableau de la page 347, comme on le vérifiera en consultant Chao 1970. 12. Bien entendu, les résultats obtenus sont conformes aux universaux connus sur les voyelles nasales (Ruhlen 1978). SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 207 Ni I'hypothése de Falkenstein, ni celle de Thomsen, ne sont conformes a cette contrainte typologique d'une netteté parti- culiére, ce qui les rend toutes deux hautement improbables. Ma conclusion sera donc que si le sumérologue estime avoir de bonnes raisons de postuler /i/ — position que je ne chercherai pas 4 discuter en tant que tele —, alors il lui faudra presque nécessairement postuler au moins /f 4 ti/. Si simple soit-elle, cette premiére conclusion montre de maniére éclatante, je pense, comment la prise en compte des principes de la linguistique générale peut constituer un appoint utile aux recherches des sumérologues. Pour en terminer avec les voyelles nasales, ajoutons ceci. Thomsen suppose l’existence de nasales, et, avec d’autres, présente comme probable l’existence de voyelles longues. Que peut-on dire sur une langue qui présenterait ces deux propriétés conjointes? Dans Ruhlen 52 langues sont de ce type, parmi lesquelles 35 ont toutes les 4 possibilités (bréves orales, bréves nasales, longues orales, et longues nasales), et 17 en ont 3. On constate que 2/3 des langues de ce type sont du genre /V V V V/. Cette probabilité est assurément loin d’étre assez forte pour qu’on puisse s’engager beaucoup au sujet du sumérien. Mais disons que celui-ci, dans ’hypothése de Thomsen (corrigée pour les nasales), pourrail éventuellement, présenter un systéme vocalique de ce type (14 a 16 voyelles), attesté dans 3 langues athabasques, le galice, le kiowa apache, et le navaho. Dans |’éventualité d’un systéme vocalique aussi riche, la nécessité souvent avancée de supposer I’existence de tons pour distinguer les «homophones» sumériens se ferait moins pressante™. Mais «moins pressante» ne veut pas dire «exclue». C. Hypothéses relatives 4 la labialisation des consonnes. C.1 Hypothése des occlusives labialisées (Jacobsen). Thorkild Jacobsen a proposé en passant, de voir dans le systéme des occlusives du sumérien une corrélation de labialisa- 13. Signalons en tout eas que les voyelles nasales sont rejetées par Diakonoff, Edzard, Parpola. 14. Par chomophones» on entend I'existence, par exemple, de plus d'une douzaine de mots notés conventionnellement , <>, , ,

... phénoméne massif en sumérien, qui a suggéré existence de tons. 208 CLAUDE PIERRE BOISSON tion’,

notant des non-labialisées, et notant des labialisées. En d’autres termes, le sumérien de Jacobsen présente un systéme /p t k p™ t” kv/, avec en outre = /s*/. Par souci d’exhaustivité, examinons la possibilité d’un tel systéme d’aprés nos échantillons, méme s'il ne semble pas que la suggestion de Jacobsen ait connu un franc succés auprés de ses collégues. Je laisserai de cété les systémes d’occlusives qui présentent des labialisées seulement aux ordres vélaires et/ou uvulaires, de type latin (voir la section G.2 ci-dessous). Je prendrai en compte les pré-nasalisées dans les occlusives. Sur l'ensemble des deux échantillons (794 langues), je trouve seulement 18 langues ayant des labialisées a des points darticulation bilabiaux, dentaux, ou alvéolaires. On notera au passage que 16 sur 18 comportent aussi un /w/, comme on pouvait s’y attendre. Mais je dois constater qu'il est rarissime de trouver des langues munies de labialisées pour chacun de ces trois ordres : bilabial, dental/alvéolaire, vélaire. En outre, n’oublions pas que le sumérien selon Jacobsen doit obligatoirement comprendre deux séries d’occlusives seulement. Quelques langues se rapprochent d’une telle éventualité : le cora, langue uto-aztéque du Mexique; certaines langues du Pacifique; et le sui, langue kadai de Chine", En definitive, je trouve une seule langue qui soit conforme au systéme sumérien conjecturé par Jacobsen, c’est le juat, langue pamanyunga du sud-ouest de I’Australie, qui aligne : /p U tt k p” t” k*/. Le juat compte un /w/, mais ni /s/, ni /s*/. Tous les autres systemes sont beaucoup trop éloignés de ’hypothése de Jacobsen. En conclusion, on peut avancer que le systéme postulé par Jacobsen semble possible typologiquement, mais qu’il est d’une rareté vraiment exceplionnelle (1 seul exemple parmi 794 langues). Par ailleurs, et si tant est que I’on se hasarde a extrapoler a partir d’un seul cas, un tel systéme rend nécessaire la présence de /\v/ (voir aussi plus bas la section C.3.5), sans toutefois exiger un /s"/. Cependant, ainsi que nous le vérifierons plus loin, une autre objection grave peut étre formulée a l’encontre de la théorie de Jacobsen. Tout bien considéré, cela lui laisse une chance quasiment nulle. 15. Jacobsen 1957, note des pages 92-93. La notion méme de corrélation de labialisation peut se discuter : voir mon article sur I'étrusque. 16. Voir Haudricourt 1972; Rivierre 1973; Hagége & Haudricourt 1978 : note 1, page 59. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 209 C.2 Hypothése du |g*/ ou gb] (Civil). L'existence d’une alternance entre et a suggéré a Miguel Civil 'hypothése d’un phonéme du type /gw/ ou /gb/, c’est-a-dire d'une labiovélaire, ou d'une labiale-vélaire coarti- culée. Cherchons d’abord dans le répertoire de Ruhlen toutes les langues ayant un ordre d’occlusives labiovélaires, ou & défaut labio-uvulaires, comme en cahuilla — abstraction faite des langues A corrélation compléte de labialisation, déja examinées en Gl. D’abord, sur les 125 langues de ce type, environ 120 langues (96%) ont un systéme d’occlusives alignant au moins les 4 ordres : /p tk k¥/. Le latin, l'aztaque, ou le ge‘ez en sont de bons exemples. En deuxiéme lieu, 119 langues sur 125 (95,2%) comportent également un /w/. Enfin, pour aucune de ces langues on n'a /g%/ sans /k*/, comme on peut s'y attendre. Ceci signifie*” que l'hypothése de Miguel Civil nous oblige presque certainement a imaginer, par une série de réactions en chaine, le systéme d’occlusives suivant pour le sumérien, du moins si nous admettions une corrélation de sonorité (mais voir 1a-dessus plus bas V'improbabilité de la chose) : Jp tk kv b dg g*/. Or, & ma connaissance, jamais une telle théorie n’a été formulée pour le sumérien. Serait peut-etre acceptable un /k¥/ sans pendant sonore, dans I’hypothése Gelb- Diakonoff-Parpola sur les occlusives, dont je traiterai plus bas, et qui est probable®®. L’autre variante de I'hypothése de Civil, celle du /gb/, nous conduit A des conclusions analogues, comme prévisible. Cette seconde conjecture nous contraint pratiquement a imaginer pour le sumérien (avee une probabilité de l'ordre de 0,96) quelque chose comme : /p t k kp b d g gb/, toujours en admet- tant I'hypothése d'une corrélation de sonorité pour les occlusi- ves, dont je redis qu’elle est trés improbable. C.3 Hypotheses labiales concernant le . 3.1 Le phonéme noté conventionnellement <@> ou parfois est normalement considéré comme une nasale vélaire. I] 17. L’échantillon de Maddieson confirme entigrement ces résultats. Il comporte 13 langues a /g%/, dont 12 ont un /w/, et dont 4 seulement sont & 2 sbries, type /p t k k” b d g g*/. Enfin ’existence de /g"/ implique toujours celle de /k"). 18. 0. ¢ [k™/ est. considéré comme possible mais incertain dans Parpola 1975 : 210 CLAUDE PIERRE BOISSON peut s’agir d’une nasale vélaire simple /y/, mais divers auteurs, comme Krecher, Jacobsen, Civil, avancent aussi la possibilité d’une nasale labiovélaire /y*/, et Civil envisage aussi ’éventuali- té d’une nasale labiale-vélaire avec coarticulation /nm/. Naturel- lement, ce ne sont que deux variantes d’une méme théorie, mais par prudence, nous allons les examiner successivement. 3.2 En premier lieu, pour voir comment sont construites les langues a nasale labiovélaire, nous isolons dans l'ensemble des deux €chantillons réunis (794 idiomes) 23 langues présentant cette propriété (3%). Deuxiémement, dans 20 cas sur 23, on a également au moins une occlusive labiovélaire (type [k"/). Dans 2 cas on a aussi les occlusives labiales-vélaires /kp/ et_/gb/. Enfin, dans un cas, on a & la fois /k* g*/ et /kp aD. Troisigmement la postulation du /y”/ implique de fagon certaine la postulation d'un systéme comportant au minimum 4 nasales, Pune de celles-ci étant normalement un /n/, ou plus rarement un /n/. Quatrismement, dans 23 cas sur 23, on a un systéme d’occlusives comportant au moins 4 points d’articulation, done un systéme du genre /p t k k*/ (sur un possible /k*/ en sumérien, voir C.2 ci-dessus). €.3.3 Examinons maintenant I'hypothése voisine du <@ = /jm/ (Civil). Sur l'ensemble des deux échantillons de Ruhlen et de Maddieson combinés, on trouve 11 langues ayant une telle nasale complexe, 10 langues de l'Afrique subsaharien- ne, plus une langue austronésienne du Pacifique. Premiérement, j'observe que dans 10 cas sur 12 les langues ont aussi un /kp/ ou un /gb/ ou les deux, mais dans 2 cas toute occlusive labiale- vélaire manque. Deuxiémement, dans les 12 cas, on a affaire a des langues dont le systéme des nasales est riche, car il comporte 4, 5 ou 6 consonnes (sans compter d’éventuelles nasales sourdes). Troisiémement, parmi ces 12 langues, 11 ont au moins 4 points d’articulation, car la labiale-vélaire implique normalement une vélaire, et done on aura un systéme minimal du genre : ip tk kp b dg gb/. L'exception unique est le tongoa, langue austronésienne des Nouvelles Hébrides. Quatrigmement, dans 10 langues sur 11, on a aussi un /w/, l'exception étant a nouveau le tongoa. C.3.4. Reprenons et résumons nos conclusions. Que ce soit dans la variante du /n*/ ou dans celle du /ym/, on est néces- sairement conduit a postuler un systéme de 4 nasales au minimum. Ensuite, on est conduit presque nécessairement (une seule exception sur 35 langues) & en déduire un systéme SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 211 d’occlusives comportant au minimum 4 points d’articulation, en paralléle avec les nasales. I serait, toutefois possible d’envisager un systéme out le /n/ est réalisé [nm] dans certains contextes (labiaux, en loccurrence), compte tenu de précédents en vietnamien et en provengal®, _En conclusion, si = /n*/ a titre d’allophone principal, ou /ym/, alors on devra s’attendre avec une quasi-certitude au systéme suivant pour le sumérien : pt le leikp bode. ge mon n/p yyy Or cette configuration n’est pas conforme aux conjectures formulées jusqu’ici par les sumérologues. On notera du reste que, au moins actuellement, les labiales-vélaires se rencontrent dans des zones du monde bien déterminées: Afrique et Mélanésie. Enfin, avec une probabilité supérieure a 0,9, une langue ayant une nasale labiovélaire ou labiale-vélaire coarticulée, devra aussi avoir un /w/. Or il faut observer que, selon Maddieson (pp. 246- 247) seulement les 3/4 des langues ont un /w/. Ceci montre que la postulation du /*/ ou bien du /ym/ augmente significativement la probabilité d’avoir un /w/, ce qui ne saurait nous surprendre. €.3.5. Concernant ce /w/, il est frappant de constater que la possibilité de «semi-voyelles» ou glissées [wj/ en sumérien n’était pas systématiquement mentionnée dans la littérature classique, qui préférait sans doute implicitement ranger ces semi-voyelles parmi les variantes contextuelles de /i/ et /u/. Cependant, dans les langues oi elles existent (la majorité, on va le voir), les semi-voyelles sont bel et bien différentes des voyelles fermées correspondantes, d’une part phonologiquement (par leur réle consonantique dans la syllabe) et d’autre part phonétiquement, car elles présentent une plus grande constric- tion du tractus vocal que /i/ et /u/ (Maddieson & Emmorey 1985 : 93-94). En sumérologie, Gelb (1974) leur fait un sort un peu marginal ; Moscati ef alii (1969 : 45) les mentionnent au passage propos de l'akkadien. La position de Parpola (1975) peut paraitre un peu ambigué, mais il s'avére que pour lui ni /j/ ni /w/ n’existent en tant que phonémes. 19. Pulleyblank 1984 : 225; Principles of the International Phonetic Associa- tion 1949 ; 23, 41, 212 CLAUDE PIERRE BOISSON En tout cas ces phonemes sont présents dans une majorité de langues, Les langues ayant /w/ sont au nombre de 575 dans Ruhlen, et de 238 dans Maddieson. Parmi elles, celles qui ont aussi /j/ sont au nombre de 563 dans Ruhlen, et de 224 dans Maddison. Ainsi on peut avancer que si une langue a un /w/, alors il y a une probabilité d’au moins 0,94 pour qu'elle connaisse également un /j/. Ges conclusions confirment celles de Maddieson a partir de son seul échantillon. Et de méme pour le lien entre /kp/, /k"/, et /w/ (voir le chapitre 6 de son livre). Par suite, les théories «labiales» sur le sumérien, dont nous avons vu qu’elles impliquent trés fortement l’existence d’un /w/, impliquent aussi trés fortement I’existence d’un [j/. Ceci fournit nouveau une claire illustration des «réactions en chaine» probabilistes auxquelles les données typologiques nous contrai- gnent. Mais je dois insister sur le fait que l’existence éventuelle d’un /w/ ou d’un /j/ en sumérien ne dépend aucunement des théories que nous venons d’examiner, Du reste, /w/ et /j/ sont impliqués par les notations d’Edzard (1980) et de Diakonoff (1983). Par exemple, parmi les noms de nombre sumériens attestés sur une tablette d’Ebla, Edzard restitue («cing») et (¢dix»). Et d’une maniére générale, les données récemment rassemblées a Ebla semblent confirmer Vexistence de ces deux glissées en sumérien (voir Civil 1984). D. Hypothése concernant le phonéne /d'/ (Bauer). Josef Bauer a avancé l'existence d'une affriquée /d‘/ en sumérien, hypothése reprise par Thomsen, mais rejetée par Parpola. C’est ainsi qu’un mot traditionnellement. transcrit («couper, coupure») devrait étre en réalité . Dans l’échantillon de Ruhlen, une seule langue sur 706 inclut un phonéme proche, & savoir /t'/ : le iai, langue austronésienne d’Ouvéa (Loyalty). Ce qui est en revanche nettement moins rare, c'est le type d’affriquée ot le deuxiéme élément n’est. pas un [r], mais la latérale, c’est-a-dire une affriquée /t!) réalisé [td] généralement (comme par exemple en aztéque dans des mots comme chocolail ou lomail), ou bien les équivalents sonores ou glottalisés ou aspirés. Dans Ruhlen, on trouve 50 langues de ce type, et parmi elles, il n’y en a qu'une qui présente /t/ comme la seule affriquée du systéme (le muong, laigue du Vietnam). Toutes les autres comprennent au moins une autre affriquée, et jusqu’a 14. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 213 Dans ’échantillon de Maddieson, on recense 16 langues présentant une affriquée du genre apicale + liquide. Parmi elles, 13 ont une latérale comme deuxiéme élément de Vaffri- quée (type /t!)). Trois langues présentent des affriquées ressem- blant a ’hypothése de Bauer pour le sumérien : le tamang, le malgache, et ’araucan. Dans Maddieson, toutes ces 13 langues ont au moins 2 affriquées, et jusqu’a 12%. Les rares langues présentant des affriquées de type /t'/ se trouvent en Indochine, et dans le domaine austronésien, & Madagascar et en Mélanésie. D’autres langues a affriquées de ce type (ou a affriquées cacuminales, rétroflexes) : le vietnamien de Saigon — mais pas celui de Hanoi —; le hmong, langue miao- yao d’Indochine ; le sek, langue tai-kadai du Laos; la langue de Lifou, en Nouvelle Calédonie ; le kreish, langue soudanaise. Par ailleurs, la reconstruction du moyen chinois proposée par Pulleyblank postule */t" t® d* n'/?. Nous pouvons maintenant récapituler nos conclusions, Pre- miérement, sur l'ensemble des langues, tel que nos deux échantillons permettent de nous en construire une image, le nombre de langues ayant au moins un phoneme affriqué de type occlusive apicale + liquide est faible : de ordre de 5% dans Maddieson, de l'ordre de 7% dans Ruhlen™, Deuxiémement, parmi les langues caractérisées par ce trait typologique, la quasi-totalité comporte au moins une autre affriquée en plus de l’apicale + liquide. Dans les échantillons Punique exception est le muong, cité par Ruhlen, et qui aurait seulement /t!/%. Troisigmement, parmi les langues offrant ce trait typologique, Vécrasante majorité présente une latérale comme deuxiéme élément de l’affriquée, et non un son de type «r» (98% chez Ruhlen, 82% chez Maddieson). 20. Je ne compte pas le cas douteux du kabarde dans un des échantillons. 21. Pour le malgache, les sources de Maddieson et le systéme représenté dans Dez (1980 : 8) different légérement, mais sont bien sir absolument d’accord sur la présence de phonémes de type /t"/ et /d"/, plus 2 autres affriquées. 22. Les données pour tout: ceci se trouvent dans : Haudricourt 1972 : 196, 252-260; Haudricourt & Thomas 1967 : 126-127, 149, 161, 163; Pulleyblank 1984 : 8, 67, 168-169; Thomas ef alii 1976 : 183; Westerman & Ward 1933 : 89. 28. Bien entendu, la trés grosse majorité des affriquées dans les langues du monde sont. des sibilantes (Maddieson 1984 : 38-40). 24. A propos d’éventuelles affriquées sumériennes, on a pu supposer que certains <> notent un /t{/ (Diakonoff 1983 : note 34 p. 87, et note 68 p. 92). Surtout voir plus bas (section F3) ce que je dis de . 214 CLAUDE PIERRE BOISSON Quatrismement, sur l'ensemble des langues figurant soit dans Ruhlen, soit dans Maddieson (794 en tout), seules 4 langues auraient une affriquée apicale + liquide 4 deuxiéme élément de type «ry, Ceci ne représente au mieux que 5 chances sur 1000. Cinquiémement, ces 4 langues présentent toutes au moins une autre affriquée en plus de l’apicale + «r». Ce genre d’observation ne fait que confirmer une remarque analogue déja faite par Haudricourt (1969), a savoir que les langues qui ont des /t!/ ou des /d'/ ont nécessairement des affriquées de type sibilant ou chuintant (Haudricourt ajoute : et aussi une spirante latérale sourde /4/). Pour conclure la-dessus, un systéme du type Bauer, compor- tant comme seule affriquée un /d'/ ou tout autre phonéme similaire n'est nulle part allesié, résultat frappant au possible, Ce raisonnement typologique pourrait sembler fatal & "hypo- thése de Bauer. Or celle-ci se fonde sur une argumentation solide, tant par I’examen interne du sumérien que par I’existen- ce d'un calque grec comportant le groupe diagnostic des deux lettres théta+rhd. Heureusement on peut reformuler cette hypothése pour la rendre acceptable. En premier lieu si l'on admet la conception Gelb-Diakonoff-Parpola sur le systéme des ocelusives (voir ci-aprés, section E), on considérera que le de Bauer note en réalité un phoneme /t'/. En deuxiéme lieu, tenant compte de la contrainte typologique énoncée par Haudricourt, on recherchera si le sumérien ne pourrait pas présenter une affriquée sibilante, de type /t3/. Or ainsi que nous le verrons & la fin, une telle éventualité peut effectivement étre envisagée. Sans compter la suggestion de Diakonoff pour un possible /t{/. On mesure sur cet exemple les interactions de contrainies qui doivent étre prises en considération pour une argumentation serrée sur le sumérien comme sur toute autre langue attestée ou reconstruite. 25. Naturellement, je parle ici d’un /d'/ ayant le statut de phonéme. En principe rien n’empécherait le sumérien d’avoir des sequences phonéliques du type [dr] (ou plutot [tr]) interprétables comme suites de deux phonemes, comme dans l'anglais drop, trip (v. Muhr 1980). Toutefois le sumérien parait bien faire partie des langues (probablement. une majorité : cf. Taylor 1983) qui interdisent les groupes consonantiques tautosyllabiques. Ge qui me parait typologiquement. douteux en tout cas, c’est un systéme consonantique tel que celui qu’implique la liste de Thomsen au bas de la page 41, méme si une certaine ambiguité demeure ici entre translitération et phonologie. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERTEN 215 E. Observations sur le systéme des occlusives. D’aprés ce que nous pouvons savoir, le systéme des occlusives sumériennes comportait les deux séries notées et . A premiére vue, la nature phonétique de l’opposition entre ces deux séries est loin d’étre claire, ce qui a parfois conduit a un total agnosticisme méthodologique®. I] y a toutefois, 4 mon avis, une information sur les deux séries qui peut étre atteinte indirectement : c’est la question, trés importante par principe, de savoir laquelle des deux séries était marquée et laquelle était non-marquée. En effet, universellement, on constate d’abord une nette tendance pour les phonémes marqués a étre globalement moins fréquenis que les phonémes non-marqués correspondants, et ce aussi bien en langue (dans le lexique), qu’en parole (dans le discours, dans les textes)®?. C'est par ce biais simple, pourtant totalement insoupconné des sumérologues, que nous pouvons indirectement déterminer avec une forte probabilité laquelle des deux séries d’occlusives sumériennes était. marquée et laquelle ne l’était. pas. Un premier point a relever, c'est que les mots sumériens monosyllabiques ne peuvent étre terminés que par et non par , sauf pour («faire») et <-ak> (la désinence du génitif), encore que Lieberman (1977) la lise plutét <-ag>. Or on doit se pénétrer du fait que si les consonnes avaient la valeur que laisse attendre la translitération traditionnelle, on se trouverait devant un paradoxe inquiétant. En effet dans de nombreuses langues, les occlusives sonores, ou méme toutes les obstruentes sonores, sont interdites en fin de syllabe, ou en fin de mot, ou en fin de groupe phonologique. On constatera ainsi que les lenis (force et sonorité, sont en rapport) sont exclues a la fin des syllabes en zapotéque de I'Isthme et en pame (langues otomangues : Pickett 1967 : 295; Manrique 1967 : 337); en chontal (maya : Keller 1959 : 46); en gascon (Kelly 1971: 9); en sa’ban, langue austronésienne de Bornéo (Clayre 1973 : 27). Les occlusives sonores sont exclues en fin de groupe phonologique en sanskrit — selon certains auteurs 26. Ainsi dans Krecher (1969 : 163), ou dans Reiner 1973. 27. Voir Greenberg 1966: 19-20; Zipf 1935; et d'autres exemples dans Boisson 1978, 216 CLAUDE PIERRE BOISSON du moins —, et en popoluca de la Sierra (langue zoque du Mexique : Elson 1967: 272). Les occlusives sonores sont fréquemment interdites en fin de mot : toutes les langues slaves sauf l'ukrainien et le serbo-croate; le lituanien; certaines langues germaniques comme l'allemand (en fait cela vaut plus généralement pour la fin de syllabe), le néerlandais; le gaélique, Ie breton (sauf si le mot suivant commence par une sonore); le provengal et le catalan; l’albanais (parler tosque); le turc; diverses langues du sud-est asiatique, comme le cambodgien, le thai, le vietnamien, et des langues miao-yao telles le mien, le mun (Haudricourt); la plupart des langues tibéto-birmanes (Benedict 1972 : 13) et le moyen chinois (Pulleyblank) ; I'indoné- sien; le kobon, langue papoue (Davies 1981); des langues amérindiennes comme le choctaw et le zoque (Keating ef alii 1983), Dans le zapotéque de Cajonos, les occlusives lenis sont dévoisées en fin de mot (Nellis & Hollenbach 1980). Beaucoup de locuteurs du tok pisin n’ont que des occlusives sourdes en finale. Les sonores sont interdites ou évitées également dans certaines langues africaines, comme en zarma, en efik, en ewondo, etc. (Welmers 1973: 52; Tersis 1981; Keating ef alii 1983). L’absence d’occlusives voisées en finale de mot est du reste une régle «naturelle», et il est fréquent que les enfants opérent ce dévoisement : ainsi l'anglais mud prononcé [mat] (Ingram 1976 : 35). En revanche, je ne connais pas de langue qui serait soumise a la régle inverse’, c’est-a-dire qui n’aurait en finale de mot que des /bdg/, et qui interdirait des /ptk/. C’est ce qui rend Phypothése d’une corrélation de sonorité en sumérien haulement invraisemblable. Au contraire d’une telle conception pour le sumérien, la théorie Gelb-Diakonoff-Parpola, qui veut que notent des aspirées, et des non-aspirées 4 voisement non-pertinent, permet d’expliquer aisément ce qui serait autrement incompré- hensible : l'absence des en finale. En effet on connait des langues ou l’aspiration disparait la finale : ainsi les langues indo-aryennes modernes (J. Bloch 1965 : 63, 78). Et par ailleurs les non-aspirés pourront étre allophoniquement sourds en fin de mot et sonores en position intervocalique. Ainsi Miguel Givil serait fondé a estimer que («fort») sous sa forme nue, non suffixée, se présente phonétiquement comme [kalak]. 28. Toutefois Claude Hagége m’indique qu’il pourrait. y avoir des langues ot Jp t kj sont exclus en finale, dans le groupe fennique, en couchitique, dans des dialectes alémanniques. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 217 Cependant je préférerais dire que dans on a phonologi- quement /kalak/ réalisé phonétiquement [k'alak], tandis que noterait /k*alaka/ réalisé [k*alaga]. Nous en venons maintenant a une deuxiéme observation. C’est que, dans le lexique du sumérien, il y a globalement plus de mots commengant par des , , ou que de mots commengant par

, , ou . Ceci bien entendu, demeure exact aprés la prise en compte du fait que, en réalité, un certain nombre de mots translitérés naguére avec doivent étre réinterprétés comme ayant un : voir la liste de Krecher (reprise par Ellermeier). La encore, le sumérien apparait comme étrangement construit au vu des contraintes induites par la marque. En revanche, la théorie Gelb-Diakonoff-Parpola (voir le résumé des arguments proprement sumérologiques dans Parpola 1975 : 251) est, elle, parfaitement compatible avec les contraintes de fréquence. En effet, si = /p't"k! (série marquée) et =/ptk/ (série non-marquée), alors on s’explique bien le moins grand nombre de mots commengant par les premiéres que de mots commengant par les secondes. A titre de comparaison, si on consulte un dictionnaire de grec ancien, on voit qu’il contient beaucoup plus de mots en /p-t-k-/ qu’il n'y a de mots en /p'-t'-k'-/, et cela malgré la «concurrence» des [bdg/. De méme, en tarasque, langue du Mexique, la série des occlusives aspirées est moins productive que la série des non- aspirées (Diaz 1985 : 25). Voici maintenant une troisiéme observation. Dans les textes sumériens, les sont globalement beaucoup plus fréquents que les . Les sont spécialement fréquents (mais il est vrai que certains sont en fait a réinterpréter comme des <@>), et les

spécialement rares. A titre indicatif, un petit sondage effectué sur prés de 500 occlusives figurant dans des exemples répartis dans Sollberger (1952) montre qu’il y aurait. grosso modo deux fois plus de que de . Certes, comme dans toutes les éditions de textes, Sollberger fournit une transcription signe a signe du cunéiforme, et non une transcription morphéme 4 morpheme. Pour fixer les idées, en prenant un exemple dans Thomsen, la translitération signe a signe de «est-ce que je me tiendrai debout ?» est . Mais la notation morphé- me 4 morphéme sera, elle, (soit : «étre debout- FUTUR-PRO.1 8G.»). Le type d'erreur de comptage commis ici consisterait 4 enregistrer deux au lieu d’un seul. Ceci fausse done un peu mes données numériques, mais sans doute pas énormément. 218 CLAUDE PIERRE BOISSON Ces données montrent derechef l'improbabilité pour que le sumérien repose sur une opposition de sonorité. Car alors la série sonore serait marquée, la sourde non-marquée, et par suite la premiere devrait étre moins fréquente que la seconde dans les textes, ce qui est contraire aux faits. Pour vérifier scrupuleuse- ment cet universal admis depuis Zipf sans examen approfondi, j’ai constitué un échantillon de 35 langues®, Plus du tiers des langues du monde présentent 2 séries d’occlusives avec une corrélation de voisement (en comptant les pré-nasalisées dans les sonores) : en gros 250 dans Ruhlen et 120 dans Maddieson. L’indo-européen est la premiere ou la deuxiéme famille linguisti- que par le nombre de langues dans ces échantillons a offrir ladite opposition. Cependant il est vrai que mon échantillon personnel la surreprésente, car l’indo-européen ne compte en gros que pour 1/6 ou 1/7 des langues du type considéré. En revanche j'ai fortement sous-représenté l'ensemble des langues amérin- diennes, aussi nombreuses que les langues indo-européennes a présenter un tel systéme. Cette confession faite, il demeure que les résultats obtenus sur mon échantillon sont trés clairs. Dans 30 langues sur 35 (soit 86%) Vuniversal est vérifié, c’est-d-dire que les occlusives sourdes sont plus fréquentes en discours que les sonores; jentends globalement, en additionnant chacune des deux séries, car en prenant chaque ordre A part, il peut occasionnellement. se produire des petits renversements de fréquence. Voici la liste de ces 30 langues : akkadien (inclus ici pour son intérét assyriologi- que, bien qu’il soit a 3 series), albanais, allemand, anglais, auyana (Nouvelle Guinée), basque, bulgare, chinantec (otoman- gue, Mexique), espagnol, francais, grec moderne, hébreu contemporain, hongrois, indonésien, italien, japonais, latin, lituanien, néerlandais, malgache, paez (Colombie), palawan (austronésien), pangasinan (austronésien), russe, sanskrit (il y a 4 séries, mais elles se répartissent en 2 sonores et 2 sourdes), serbo-croate, suédois, tcheque, tok pisin, yoruba. Dans 4 ou 5 langues, au contraire, les sonores sont plus fréquentes que les sourdes : deux langues bantoues, ’eshira et le pounou (a cause 29. Les données sont. prises dans Zipf 1935 et dans Maimberg 1967, ou bien sont, fournies par mes collégues Blanchon, Duchet, Germain, ou obtenues dans certaines descriptions (Bazin 1968, Bloch 1950, Carton 1974, Dez d’aprés Domenechini-Ramiaramanana 1976, Gimson 1980, Mirambel 1969, Pottier 1968, Téné 1968). J’y ai ajouté des comptages personnels pour 14 langues, @apras divers ouvrages, SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 219 des préfixes), le ture (A cause des désinences), et l’otomi (otomangue, Mexique); cela semblerait aussi étre le cas en breton. Il est assez clair que de tels faits sont absolument incompati- bles avec l’idée que les sumériens pourraient étre des sonores, donc des marquées. Pour la méme raison encore, la théorie labiale de Jacobsen examinée plus haut sous un autre angle, est également improbable, car alors cela voudrait dire que les marquées, les labialisées (interprétées comme /p* t* k*/) puissent étre plus fréquentes que les non-marquées, les non-labialisées (soit /p tk). Résumons-nous maintenant. Chacune des trois observations faites sur le sumérien (fréquence en texte, fréquence en lexique, contrainte phonotactique) montre que sont non- marqués et que sont marqués. Ceci permet de rejeter deux des trois théories en compétition pour le systéme des occlusives, la seule qui reste intacte étant la théorie Gelb- Diakonoff-Parpola, qui voit en respectivement [p't* k ptk/. Une petite précaution est nécessaire. Ce qui nous accule typologiquement a une telle conclusion, c’est la considération conjointe des trois observations, dont l’accumulation ne laisse aucune échappatoire. En effet les se comportent comme les sourdes de I’allemand ou du ture (premiére observation), et comme les sourdes du gree ancien® (au regard de la deuxiéme observation), ed enfin comme les sourdes de l’akkadien ou du tchéque (troisiéme observation). Tout va dans le méme sens et nous force a voir dans ces des sourdes. Les seraient des aspirées (marquées), ce qui expliquera entre autres leurs moins grande fréquence dans les textes (voir ce que dit Zipf du mandarin et du cantonais), et ainsi de suite. Evidemment, pour conclure que la théorie Gelb-Diakonoff- Parpola reste vraiment seule en compétition, il faudrait en toute rigueur s’assurer qu’aucune possibilité théorique autre que les trois examinées (systéme traditionnel, systéme Jacobsen, systé- me Gelb-Diakonoff-Parpola) ne puisse étre compatible avec les données sumériennes®, 30. On pourrait y ajouter le latin, le japonais, le sénoufo (Roulon 1968). 31, Il ne faudrait pas négliger la possibilité d’une distinction de force entre des sourdes fortes et des sourdes lenes, proposition avancée déjé en 1949 dans un article un peu personnel de Holmer. Pierre Swiggers me dit. pencher pour une telle hypothése. 220 CLAUDE PIERRE BOISSON F. Observations sur les «fricatives ». F.1 Fricatives d’existence irés probable : |x/, /h]. Un peu comme en sémitique, les fricatives ou prétendues telles du sumérien posent des problémes effroyables. Commen- gons par les points d’accord entre spécialistes. Tout le monde admet que aussi translitéré maintenant , note un /x/ (qu’on pourrait aussi envisager avec une réalisation plutot uvulaire que vélaire, faute de données précises). En outre, au moins A date ancienne, l’existence d’un /h/ sans trace graphique est assez probable, et admise aussi bien par Falkenstein que par Diakonoff, ou Parpola, ou Edzard. A vrai dire, le premier des arguments avancés par Parpola (page 252) en faveur de ce /h/ n’emporte pas ma conviction a lui seul. C’est que I’existence de paires minimales vraisemblables (les «homophones», comme on dit depuis Thureau-Dangin) telles que vs. , vs. , vs. , ne prouve nullement que la distinction ait nécessairement da reposer sur la présence ou l'absence d’un /h/, comme on le dit trop vite. Il aurait trés bien pu s’agir oppositions vocaliques de type bréve/longue, orale/nasale (voir plus haut), ou encore ton haut/ton bas (si ce n'est d’autres tons). L'argument sumérologique déterminant, c’est l’existence des emprunts ougaritique et hébreu pour le nom du temple, issus du mot sumérien <é-gal> (mais ceci pose des problémes difficiles). En second lieu, nous pouvons maintenant ajouter que Vexistence d’un /h/ cadrerait bien avec l’hypothése d’une opposition d’aspiration chez les occlusives®. En effet, une majorité des langues caractérisées par une telle opposition comportent aussi un /h/ — mais pas toutes, comme le montrent les exemples du mandarin (qui a /x/, mais pas de /h/, ou bien, si Yon préfére, dont le /h/ est réalisé [x], et du tarasque. Sorti de = /x/ et de /h/, les difficultés commencent pour , , et <3>33, 32. A ma connaissance, dans la lit contraintes str érature assyriologique, la seule mention de :turelles pour le sumérien se trouve dans une phrase trés allusive de Parpola qui, & propos justement du /h/, note : «existence favoured by consideration of the over-all structure of the phonetic pattern» (pp. 252-253), mais sans aucune autre précision. 33. La translitération conventionnelle de l’akkadien (et par suite du sumérien) remonte & Oppert, et se fonde sur les correspondances supposées avec Vhébreu : on note <& dans les mots oit le répondant hébreu a <&>, et ainsi de SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 221 F.2 Hypothése relalive au «s» aspiré (Gelb). Ignace Gelb, en rapport avec ses conceptions sur les ocelusives, a proposé de voir en la notation d’une sibilante aspirée /st/, en opposition avec le = /s/ réalisé indifférem- ment [s] ou [z]*. Sur ce chapitre, l'examen des 794 langues présentes dans nos deux échantillons réunis conduit aux trois observations que voici. Primo, seules 4 langues ont un /s"/ (0,5% des langues). Deuxiémement, on constate pour ces 4 langues que le nombre et. la nature des sifflantes reflétent absolument le nombre et la nature des occlusives, ce qui est certes conforme a ’hypothése de Gelb. Troisigmement, aucune des 4 langues considérées n’a moins de 3 séries d’occlusives, et de 3 séries de sifflantes correspondantes, et cela, contrairement au sumérien selon Gelb. Geci pourrait s’expliquer par le fait que, vu sa complexité phonétique (jaugée indépendamment par son extréme rareté dans les langues du monde), /s*/ ne saurait «apparaitre» dans un systéme d’obs- truentes comportant 2 séries seulement. Avani d’avoir des sibilantes complexes, on commence par se donner des occlusives suffisamment riches, pour dire les choses en termes délibérément téléologiques. En conclusion, compte tenu des données sumériennes présen- tées par ailleurs par Gelb, et qui offrent, on I’a vu, une réelle solidité, un /s'/ ne me parait pas d’une probabilité suffisante*®, C'est aprés avoir terminé cette investigation que je me suis rendu compte qu’ Aro (1959 : 334) avait déja émis au passage des doutes typologiques : «Auch sind meines Wissens aspirierte Zischlaute in Sprachen aberhaupt selten, wahrend aspirierte Klusilen in mehreren Sprachen vorkommen». F.3 Proposition pour le . Nous avons vu l’instant les propositions de Gelb pour et . Parpola voit dans un /J/, ce en quoi il n'est pas vraiment suite, Sur le <8 en sumérien, je n’ai rien a dire. En vieil akkadien en tout. cas, <® semble avoir noté un /6), passé ensuite a /f/ (Aro 1959 : 332-333; Faber 1985). 34. Il s'agit. d’une situation différente de celle de l'amharique, oi, comme me Vindique Alice Faber, /s/ se réalise [34] dans certains contextes. 35. Bien entendu, ceci ne condamne en rien le reste de I'hypothese de Gelb (voir ailleurs). 222 CLAUDE PIERRE BOISSON en désaccord avec Diakonoff, pour qui un ancien /s"/ serait pas a /f/. Lui aussi considére que note /s/, avec allophone [z] & Vintervocalique. Enfin il considére que <8> note /8/ comme en vieil akkadien, et non /f/ou /tJ/ (arguments page 252 dans Parpola 1975). L’opposition entre /0/ et /{/ serait non notée dans Vécriture en position finale. A titre d’exemple pour Parpola, note /Jum/, note /si/, et <&i> note /0i/ (il est intéressant de comparer ceci aux solutions présentées pour Vakkadien dans Faber 1985). On aura observé que, quelles que soient les solutions auxquelles ces auteurs s’arrétent, le sumérien avait — comme la grosse majorité des langues — un /s/, mais qui, suivant les conceptions des sumérologues, se notera soit soit . Je n’ai rien A dire sur <8, mais il me semble que le cas du peut légitimement étre reconsidéré. D’abord, il est trés vraisem- blable que le ne saurait noter un jz). En effet les langues a 2séries d’occlusives en corrélation d’aspiration — comme semble étre le sumérien — ne connaissent pas le /z/. C’est en tout cas ce qui se vérifie en Amérique dans le tarasque, le wiyot ou le yucuna, et c’est la situation courante en sino-tibétain (exemples : mandarin, hakka, cantonais, fuchow, kan, tamang). Cette option étant done rejetée, on trouvera séduisante la solution = /s/. Mais ce n’est pas la seule possible. En effet, on a de sérieuses raisons de penser que le proto- sémitique comportait des affriquées sibilantes, et que celles-ci se retrouvent également en akkadien®*, Par exemple Alice Faber propose de considérer qu’en vieil akkadien <8> = /0/, = /s/, <2> = /t/, /t*/, /d*/. Dietz Otto Edzard me suggére aussi un autre argument assez amusant pour un affriqué en akkadien. Une tablette® comporte incantation suivante «to heal the heart, translitérée ici signe a signe : . Elle est assez mystéricuse. Les éditeurs du texte disent que c’est dans une langue inconnue, c’est-d-dire ni du 36. Martinet 1953, et Haudricourt indépendamment la méme année, Faber 1985, qui mentionne Steiner, Bomhard 1987. Dans un article de 1931, Vilenéik avait déja proposé de voir dans une affriquée, mais sans succés. Les différents auteurs que je cite ici ont des conceptions diverses, y compris sur Vinterprétation de , mais ils sont tous d’accord sur le caractére affriqué du . L’argument externe en faveur de Vaffrication est que note un /t/ en hittite, et, du reste, pense-t-on maintenant, également en hatti, hourrite, élamite, et vieux perse. 37. Tablette n° 21 publiée dans Van Dijk ef alii (1985). SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 223 sumérien, ni de l’akkadien, ni du hourrite. Mais Edzard pense que ce ne peut étre autre chose qu’un éternuement en akkadien. Or un éternuement de type , c’est-a-dire /ya:2i/ ou /ya:si/ est improbable. En revanche /ya:t'i/ ou /za:t"i/ est. bien plus satisfaisant, surtout si I’on postulait une régle allophonique attestée en certaines langues (par exemple en vieux télougou ou en japonais), soit : /t'/=[t{] devant voyelle antérieure, et [ts] devant voyelle postérieure. On aurait alors un éternuement trés convaincant : = /ya:t*i/ = [ya:t fi]. Compte tenu de cette réinterprétation de l’akkadien, ne pourrait-on soutenir qu’en sumérien également =/s/ et <2> = /t'/, par exemple? En effet, ’'akkadien a emprunté de nombreux mots au sumérien®, Il se pourrait done que dans ces emprunts, le akkadien cherche a rendre un /t*/, puisque c'est la seule affriquée sibilante qui soit compatible avec le systéme sumérien, cette affriquée devant nécessairement étre une sourde, et évidemment non éjective, puisque le sumérien ignorait les «emphatiques»? S'il était vrai que, selon Parpola, le sumérien notait /s/ a Vinitiale, et s’il est vrai que, selon Faber, l'akkadien ne notait. pas un /s/, on comprendrait. difficilement le comporte- ment de certains emprunts. Certes Parpola considére (p. 252) qu’en sumérien la coexistence de valeurs syllabiques telles que , , <8é> (cf. Labat n° 536) ne peut s’expliquer que par une alternance morphophonologique reflétant un archiphonéme |T|. Dans = /sit/ la fricative dentale /0/ (notée <8>) aurait été dissimilée en une fricative alvéolaire /s/. C’est-a-dire que */0it/ serait passé a /sit/, Cependant on voit bien qu’un tel argument pourrait se concilier aussi bien avec la solution que je propose, soit <2> = /t/. Et n’oublions pas que ma solution pourrait se relier élégam- ment avec ’hypothése de Bauer sur — od je rappelle qu'il vaudrait mieux voir un /t'/. En effet, comme dit plus haut, une telle affriquée appelle typologiquement. l’existence d’une affri- quée sibilante, comme, tout justement, un /t'/. Le sumérien serait alors une langue a /t'/ et /t"/, analogue au malgache ou au tamang. 38. Toutefois cette régle allophonique n'est pas nécessaire, car on connait des stylisations linguistiques de ’éternuement. comportant un [ts] en hongrois, en alsacien, en pounou, par exemple. 39. Du livre de Lieberman (1977) il résulte qu’a Vinitiale de mot le sumérien <2> a donné le plus fréquemment un dans les emprunts akkadiens, mais aussi un , ou un <8, et rarement , , ou 224 CLAUDE PIERRE BOISSON Un deuxiéme argument interne au sumérien me semble étre le suivant. On constate en sumérien l’existence de deux dialectes, Veme-gir (ci-aprés EG), et l’eme-sal (ci-aprés ES). On a de bonnes raisons de penser qu’ils correspondent respectivement a la langue des hommes et a la langue des femmes*. Les sumérologues avaient déja observé que, en gros, la plupart des mots d’eme-sal se dérivent des mots eme-gir par une antériorisa- tion des sons (ce qui n’aurait rien d’étonnant pour une «langue des femmes»). Formulons ceci de fagon plus précise en induisant des données les deux régles de correspondance suivantes entre EG et ES. Regle n° 1 (voyelles) EG = /o/ ou /u/ > ES = /e/ (ou [i/ ou /o/?) Ragles n° 2 (consonnes, en contexte vocalique antérieur) EG = /n/ > ES EG /k| > ES EG = /t/ > ES <2> EG <> = /t'/ + ES<> = cette deuxiéme batterie de régles comportant des affrications en contexte antérieur dont il y a des précédents connus (cf. francais du Canada fype = [tsip]). Ll s’agit done d’une situation parfaitement naturelle au regard de la phonétique générale, si Yon admet que = /t*/, mais beaucoup plus difficile & comprendre autrement. Maintenant, appliquons ces deux régles dans ordre au mot EG «mouton», = /utu/ ou /oto/ ou /uto/ ou /otu/, un peu comme on fait une dérivation en phonologie générative : Forme de départ Jotof — Apres applic. Régle n° 1 /ete/ Apres applic. Régle n° 2 jette/ — De méme, on dérivera automatiquement ce nom de déesse grace A mes régles : EG > ES > /nat‘umtuk/ > /mat‘ept'ip/ 40. Une telle situation sociolinguistique est connue dans un nombre non négligeable de langues, comme par exemple le tehouktche (chukchi). Noter cependant que, dans les poémes sumériens ot l'on fait parler les déesses, Vutilisation de termes eme-sal est. trés loin d’étre systématique, comme vient encore de le vérifier Larisa Bobrova (c.p.) dans une étude récente. Sur eme-sal, voir la littérature citée dans Boisson 1988. SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 225 Il est clair que ces dérivations sont naturelles si = /t*/, mais non si = /2/ ou /3]. Voici enfin un autre argument interne, nettement plus ténu, et avancé avec beaucoup de prudence. Alster interpréte un passage comme lire et non pas , en pensant que = /sd/ «comme en grec» (ce serait en fait /zd/). Je proposerais plutét comme = /usta/, par métathése (au niveau phonétique) de = /utta/. Plus intéressant peut-étre serait l’argument suivant. Un mot sumérien désignant une espéce de breuvage préparé avec des céréales était traditionnellement connu sous la forme (lecture des signes U.GA), correspondant a l’akkadien tiktu et Sipku. Or il apparait maintenant a Ebla sous une forme plus ancienne, lue <(a)wuzu> (Civil 1982 : 15). Ceci cadre bien avec mon hypothése, vu la proximité phonétique de /t*/ et de /t*/, mais s’expliquerait moins bien si le notait un /z/ ou un /s/. Il me semble donc que toute une série d’arguments internes et externes militent en faveur d’une affriquée pour le , c’est-a- dire /t*/, qui était réalisé [ts] en tout contexte, ou qui peut-étre avait un voisement allophonique dans certains contextes, donc était réalisé tantot [ts], tantot [dz]. J’arrive ainsi indépendam- ment a la méme conclusion, au moins en partie, qu’Igor Diakonoff*, qui estime que le sumérien et akkadien est une affriquée tendue, et le une affriquée relachée. Toutefois la nature du est a discuter de prés. Alice Faber fait observer ceci. Dans les langues sémitiques, */s/ du proto-sémitique a toujours donné des /s/, mais exceptionnellement le akkadien est souvent interprété comme ne notant pas un /s/. Ceci est di au fait qu’on considérait que le /s/ était noté par . Mais des Vinstant ot on se rend compte qu’en réalité notait des affriquées, il n’y a plus de raison forte de refuser V'interprétation = /s/#. Et si on l’admet pour l’'akkadien, il n'est pas déraisonnable de l’admettre aussi pour le sumérien, qui a légué son écriture a l’'akkadien. Pour terminer, on proposera done avec la plus extréme prudence Vhypothése de travail suivante pour les fricatives 41. Publication sous presse 42. Lequel pourrait avoir été a réalisation post-alvéolaire, comme en castillan, gree moderne, finnois, danois. Ce sont des langues sans /J/, ce qu'aurait pu étre le vieil akkadien. 226 CLAUDE PIERRE BOISSON sumériennes : <8> = /0/, = /s/, <2> = /U/, = /x/ ou /y/, plus peut-étre un /h/ non noté®. G. Le probléme des liquides. On admettra, je V'espére, que jusqu’ici le recours a la linguistique générale a pu étre éclairant, Mais ce n'est pas une panacée, et il n’en ira pas de méme pour la catégorie des consonnes «liquides», c’est-a-dire les latérales et les «rhotiques». On convient de compter pour le moins un «l» et un «r» en sumérien. Mais depuis Poebel on invoque fréquemment l’exis- tence de 2 «1» distincts. Certains considérent aussi qu’il y aurait 2 «ar». Ainsi Lieberman (1977) semblerait opposer un /r/ et un /¢/, malgré sa formulation inexacte sur le * tchéque. Pour Parpola, il n'y a qu'un «r», le notant /R/ et non /r/, étant donné que l’akkadien a été emprunté par le sumérien comme . Je présume au demeurant que, malgré sa notation erronée, Parpola a ici a l’esprit non pas un /R/, soit une vibrée uvulaire, mais un /# /, soit une spirante uvulaire sonore, puisque les sons /&/ et. /x/ (ou /y/) = sont. effectivement. proches. Ce que l'on sait par principe des enseignements de la phonologie structuraliste laisse espérer peu de secours pour Vinvestigation des liquides en sumérien. En effet, ces phonémes sont peu intégrés aux systémes consonantiques des langues. L’investigation que j'ai menée sur mes échantillons pour en avoir le cceur net ne fait que confirmer cette attente pessimiste. Il serait oiseux d’étaler les détails d'une enquéte aux conclusions si négatives. Je dirai simplement que si le sumérien avait 2 latérales, une solution /l/ plus /A/ (fricative latérale sourde, comme en gallois) paraitrait envisageable, car elle est assez fréquente, et compatible avec des systémes d’obstruentes tres différents d’allure. Quant aux langues 4 2 rhotiques, qui sont fréquentes dans certaines régions du monde comme |’Inde (familles munda et. dravidienne) et I’ Australie, il s’agit souvent de langues avec /¢ / (un seul coup de l’apex) et /r/ (plusieurs vibrations). Peut-étre serait-ce une solution acceptable pour le sumérien. Ou alors, au vu de l’observation de Parpola, pourrait-on avoir plutét /r/ et | &/, possibilité attestée, ne serait-ce que dans certaines variétés actuelles du frangais“*? Je me sens incapable d'en dire plus, la typologie butant ici sur ses limites. 43, Noter aussi que Lieberman (1977 : 66) envisage existence d'un <2>, qui serait au phonéme translitéré <8 ce que <2> est & . 44, Voir par exemple Walter (1982 : 172) SYSTEME PHONOLOGIQUE DU SUMERIEN 227 H. Conclusion. Je me suis efforeé de replacer l'étude de la phonologie sumérienne dans un cadre plus large, et de montrer ainsi que certaines des hypothéses énoncées par les sumérologues sont haulement improbables d’aprés nos connaissances actuelles — assurément révisables — sur les structures des langues du monde; on ne serait fondé a les maintenir cotite que coute qu’avec des arguments internes d’une force vraiment exception- nelle. Par ailleurs, si certaines hypothéses peuvent s'envisager sans que cela semble déclencher des conséquences trés accusées en d’autres points du systéme (je pense ainsi aux liquides, ou au o| distinct du /u/), en revanche d’autres hypotheses ne peuvent étre adoptées en détail, car elles entrainent avec un degré de probabilité tres considérable d'autres hypotheses qui doivent des lors étre confrontées aux données obtenues par la stricte sumérologie. Cela signifie que Von ne saurait se contenter d’accumuler péle-méle des «bricolages» locaux, et qu'une vue d’ensemble systémique est impérieusement requise pour faire du sumérien une langue linguistiquement crédible, alors que sa vénérable antiquité et son apparent isolement génétique ont. souvent poussé les assyriologues 4 lui attribuer trop vite des caractéristiques proprement inouies. En revanche, fait encourageant, d'autres hypothéses sont iypologiquement plausibles. De la sorte peut s'effectuer un tri externe des conjectures sumérologiques. On a vu ainsi comment la théorie avancée par Gelb sur les occlusives, et reprise par Diakonoff et par Parpola, passait le test avec succés. De méme, ma proposition pour un affriqué est compatible avec Vensemble du systéme le plus probable. Le présent article constitue done un plaidoyer argumenté, et, je l’espére, utile, en faveur d’un rapprochement plus affirmé entre la sumérologie et la linguistique générale. Addendum, Tout récemment, une nouvelle hypothése vient d'étre proposée concernant les voyelles du sumérien, a partir dune étude comparée de l’eme-gir et de l’eme-sal : Bobrova, Larisa V. & Militarev, Aleksandr Juri (1989) Towards the reconstruction of Sumerian phonology. 96-105 in : Lingvistiées- kaja rekonstrukeija i drevnejéaja istorija Vostoka. Malerialy diskussijam na Mezdunarodnoj konferencii (Moskva, 29 maja- 2 ijunja 1989 g.). Cast’ 1. 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(année 1976) le fascicute : 200 F Tome LXXII (année 1977) ..... te fascloule : 225 F Tome LXXIII (année 1976) - : : {fe faseioule : 250 F Toma LXXIV (annéo 1979) ... : : le fescioule : 275 F Tome LXXV (année 1980)... 1 le fascicule : 300 F Tome LXXVI (année 1981) . le fascicule : 345 F Tome LXXVII (année 1962). le fascioule : 375 F Tome LXXViIl (année 1963) le fescioule : 385 F Tome LXXIX (année 1984) . le fascicule : 385 F Tome LXXX (année 1985) le fascicule : 400 F Tome LXXXI (ennée 1986) 400 F Tome LOKI (année 1967) 400 F Tome LXXXIII (année 1988) . pac puleés peuvent etre complétés par les reproductions. prix T.1.C. Les tom Reproductions (comblant toutes les lacuni Tomes | & XI (1869-1919 : fase. 1 a 67) : I" + 3190 F Tomes |-Il (1869-1875 : fasc. 1 & 12) en un volume 175 F Tomes Ill-IV-V (1875-1885 : fase. 13 & 26) en un volume : 20F Tomes VI, Vil, VIII (1885-1894 : faso. 27 & 38) : le tome . 8F Tomes IX, X (1804-1898 : fasc. 99 8 48) : le tome .. teeececin OF Tomes XI a XXI (1893-191 sc. 47 & 67) : un volume par tome : tomes XI, Xil, XIII, XIV, XVII, XIX, XX, XXI : chaque tome 175 F tome XV . ae 7 140 F tomes XVI et XVIll : chaque tome . 220 F Tomes XXVII (192627 + Fasc. 81 8 83) ot XXIX (1908.29 175 F Tomes XXXVII & XXXIX (1936-88 ; faso, 109 & 117) ; chaque tome .. 175 F Tomes LXII & LXV (1987-1970) : chaque tome 300 F Prix T.T.C. MEMOIRES DE LA SOCIETE DE LINGUISTIQUE DE PARIS (Remise consentie aux membres de la Société : 20 %). Mémoires de la Société de Lingulstique de Paris : Tomes | & XXIII (1868-1835) : 5 ou 6 fascicules par tome; le fascicule ..........++ 40 F 1 (fase, 2 & 4), Vil (fase. 1, 2 at 6), XIV (fase. 1 & 4), XV (fase, 4), XVI (ase. 2 ot 4), 1, 5 et 6), XIX (fasc. 1), XXI (fase. 1, 2, 3 et 6) XXII (fasc. 1 et 3) et XXIII (fasc. 1) Table analytique des tomes | @ X : un volume 40 F prix T.T.C. MEMOIRES DE LA SOCIETE DE LINGUISTIQUE DE PARIS - NOUVELLE SERIE Tome | & paraltre début 1990, Documentation envoyée eur demande. Publications en vente chez KLINCKSIECK - 11, rue de Lille, 75007 PARIS PUBLICATIONS DE LA SOCIETE DE LINGUISTIQUE DE PARIS COLLECTION LINGUISTIQUE Ouvrages disponibles * 9. M. CAHEN, Etudes sur le vocabulaire religieux du vieux scandinave. |. La libation, 1921 . 220 F 20. A, SECHEHAYE. Essai sur la structure logique rs ‘a phrase 100 F 22. A, THOMAS. Mélanges d’étymologie francaise, Premiére série 360 F 23. E, BOURGUET. Le dialecte laconien ... 140 F 25. L. HOMBURGER. 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Structuration abstraite et chaine linéaire en anglais contemporain ...... 236 F 76. |. FOUGERON. Prosodie et organisation du me phrase assertive en russe contemporain .. 380 F prix TTC (Remi consentie aux membres de Ia Société : 25 %) + Les volumes 9, 29, 22, 23 sont en dépdt a Ia Librairie Champion (7, quai Malaqu 75008 Paris), les. volumes 70, 71 et 73 aux Editions Pesters (B. 3000 Louvain, B.P. 41), lo volume Diffusion C.I.D. (131, boulevard Saint-Michel, 75005 3), tous les autres sont distribués par KLINCKSIECK (11, rue de Lille, 75007 PARIS — également déposit des vol. 70, 71 et 73). KLINCKSIECK