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EXTNAIT DE LA REVOER XUMISMATIQUN. Nouvelle série, tome XIV, 1869, SEE ESSAI SUN LHISTOIRE MONETAIRE DES COMTES DE FLANDRE DE LA MAISON D'AUTRICHE ET CLASSEMENT DE LEUNS MONNAIES, (1482 — 1556, ) Dans un précédent Essat sur l'histoire monétaire des comtes de Flandre de la maison de Bourgogne’, j'ai pris en quelque sorte I'engagement de soumettre aux lecteurs de ] Ja Revua, la suite de ce travail, concernant la maison d'Au- triche. C'est cet engagement que je viens remplir aujour- Mhui. Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont empéché de donner plus 10t le résultat de mes re- cherches, qui ont du reste éé assez longues. Deméme que pour le travail précédent, M. Dewismes a mis 4 ma dispo- : sition sa riche collection, et en me permettant de prendre - mes dessins sur les heaux exemplaires qu'il posséde, i] m'a domné la possibilité d'achever ce que j'avais entrepris. Je Neusse cerlainement pu espérer rencontrer ailleurs une ; * Revue num,, 1561, pe 106 mt wuiv., p, 211 et suiv., p, 638 0t stiiv, ; hid, 1862, p. LIT et sniv., p. 351 et snly., p. 460 et enly. 4 —@— réunion aussi complete de pitees de premier choix, jointe a une obligeance aussi parfaite. Je le prie de receyoir ici Yespression de ma gratitude, Pomurre-te-Beao (1492-4506). Peu d'époques, dans l'histoire monélaire des comtes de Flandre, présentent une aussi grande variété de types que celle du régne de Philippe-le-Beau. Les troubles auxquels donnérent liew sa longue minorité, et les révoltes des Fla- mands contre son pére, Maximilien, au sujet de la iutelle, viennent donner un intérét tout particulier a cette période, ot chaque parti erut devoir signaler son autorité passa- gére par lémission de monnaies. L'histoire monétaire de cette époque est donc le reflet exact des passions politiques qui l'agitérent. Le classement de ces monnaies n'est pas toujours facile, aussi, croyons-nows qu'il est indispensable de faire préeéder cet essai d'un résumé historique des événements *, Ala mort do Marie de Bourgogne, Maximilien voulut semparer de la tutelle de ses enfants et du gouvernement du pays. Gependant les stipulations de lacte da 18 aot 4477, dressé sous la surveillance jalouse des Flamands, étaient formelles. Aprés ls mort d'un des épowx, toute l'au- torité devait passer aux enfants, sans que le survivant pit prétendre’an moindre: partage de cette antorilé. Le 8 avril 4482, les Etats de Flandre s‘assemblent 4 Bruges pour s'oe- cuper des affaires publiques. Maximilien, voulant obtenir Ja tutelle de ses enfants, fit des promesses et des eonces- 1 Co résunid est extrait de l'exevllente Misteies de Flandre de M. Rersya de Lattenhove, =—s— sions; eLenelfet, le 3 mai suivant, Jes Etats lui recon- naissaient le titre de bail et mainbour, mais & la condition que Ja Flandre «serait gouvernée soubz le nom de mon- « seigneur Philippe, par l'advis de ceux de son sang et de « son conseil estans et ordonnez de Jez luy. » Aprés la conclusion du traité d'Arras le 10 janvier 1482 (¥. St.), Philippe-le-Beau avait été inauguré, & Gand, coute de Flandre; et aussitét apréa les Etats avaient con- stiiué le gouvernement par le choix de quatre conseillers qui devaient le diriger au nom du jeune prince, tant que durerait sa minorité. Maximilien n'osa pas s'y opposer, et lorsqu'il dut se rendre au siége d'Utrecht, ce ne fut qu'a- prés avoir conclu avec les seigneurs de Beveren, de laGru- thuise et Jean de Witte, bourgmestre de Bruges, un ac- ‘cord par lequel il confirmait, moyennant une pension de 24,000 écus, Tautorite déférée aux conseillers par les Etats (6 jain 1433). Aprés la capitulation d' Utrecht, Maximilien déclara qu'il révoquait les ponvoirs donnés précédemment. Les con- seillers de Philippe protestérent Je 45 octobre 1483 et dénidrent & larchidue d'Autriche* tout droit de mainbour- nie, et l'accusérent.d'avoir pris illégalement le titre et les -armes du comté de Flandre. Le 23-octobre suivant, Maxi- milien répondit par un mémoire A cette protestation, en retonrnant les accusations contre ses adversaires, Je ne suivrai pas ces contestations dans tous leurs détails, ils sont inutiles pour l'objet que j'ai en vue. Constatons seule- ment que Broges et Gand, siéges des deux ateliers moné- laires de Ia Flandre, restaient aux mains des communes qui ne reconnaissaient pas l'autorité de l'archidue, Le * C'etnit te titre que pronait Maximilien, ov pluvér qu'on Iai donnalt. eos -—4i- 49 mai 1484, legrand Batard de Bourgogne vint & Bruges, chargé par le roi Charles VII de ticher de rétablir la paix. Cependant ni les négociations niles conlérences ne purent aboutir, Maximilien répétait qu'il saurait bien, malgré les rebélles de Gand, recouvrer la tutelle de son fils, et il ne resta aux communes flamandes qu’4 s‘assurer I'al- fiance da roi de France, ce qui eut lieu par le trailé signé le 25 octobre 1484. Les hostilités commenctrent de part et d'autre. Maxi- milien, pour obtenir la neutralité de ceux de Bruges et du Frane ‘(il n'em voulait alors qu’h Gand), négocia avec les échevins un traité of Yon inséra la condition que tout se ferait au nom de Philippe-le-Bean et que Tui, Maximilien, se- rait tenu de jurer d'entretenir, garder et observer les droits, prééminence et seigneurie de Monseigneur le duc Phi- dippe. Aprés la retraite du seigneur de Créveceur qui, envoyé & Gand par Charles VIL et appelé par Jes habitants, s'était vu foreé de quitter cette ville en butte aux hostilités. sourdes provenant de l'antipathie des Gantois contre les Francais, Maximilien rentre & Bruges le 24 juin 1485 et se fait reconnaltre comme mainbour. Le traité définitif avec les Gantois et autres révoltés fut passé le 28 du méme mois, Maximilien y était aussi reconnu comme mainbour de la personne de-son fils et du comté de Flandre '. A peine la paix faite que les troubles éclatent de nou- yeau & Gand par la maladresse de Maximilien, qui intro- duit dans Is ville plus de soldats qu'il n’était convenu. ¥ Maximilien déclare dans ce traité qu'll regoit.ea grileo Jes habitants de In Flandre, voulaat mettre ainsi fin aux troubles qui, & propos de In main- pournie, dévolaiont le pays depuis ia mort de Marie de Bourgogue, es dant |'archiduc d'Autriche sétait fait élire roi des ins & Francfort, le 16 février 1486 (y. st.). Espéranu ce nouveau titre lui rendrait l'appui de l'Empire, il snd lea hostilités aver. la France. Aprés avoir remporté succés, il se trouve obligé de se retirer en im- le secours des villes de ses Btats, 7, Maximilien, qui avait épuist son trésor pour triompher la cause du prétendant d' Angleterre, mis. nt par Marguerite d'York (Lambert Simmel), se re- mm Brabant. Non content d'altérer les monnaies', il Kiats de Flandre pour réclamer des subsides, Les Telusent de contrevenir au traité d'Arras et de faire re Ala France. Bientot apres, les discussions avec tois se renouvellent, Ils se révoltent ouvertement, contre Anvers, Gourirai et Bruxelles. lls s'em- do. Courtrai Io 9 janvier 1487 (v. st.). Pendant ce aximilien était A Bruges, essayaut encore de wai- janvier, ses députés revien- dea ts de Gand. Le roi y satislaire, et enfermé dans Bruges, den faire approcher une armée pour marcher les Flamands. Mais ses intentions, découvertes par esis, achévent de les indisposer contre lui, et peu ops apres, Maximilien se voit retenu prisonnier dans ges. Le & fivrier, le Craenenburg Ini est assigné pour fidence. Les Brugeois se rénnissent aux Gantois et eu de la révolte se répand “le nouveau dans toutes Jes res. se révollant onvertement contre le roi des Romains @xhanisant tene yicur, conte nour le verrone plus dora, ft nna chahgeans ly titre, =— F— et avant de s’emparer de l'autorité souveraine, les he mands avaient eu soin de s'assurer I'appui du suzerain da pays. Sur leur demande, désle 47 janvier, Charles VIII avait autorisé le magistrat dé Gand & battre monnaie d'or et d'argent, au nom de Philippe-te-Beau. La charte fut pu- blige & Bruges le 13 février suivant, ainsi que d'autres concernant le maintien des droits de suzeraineté du roi de Franee, et le soutien des communes flamandes. Ala euite de ces circonstances, une autre résidence avait été assignée & Maximilien. Eo s'y rendant, aprés avoir harangué les métiers. réunis sur la place, ill put entendre, ajoute I'bistorien que nous analysons, « les acclamations du peuple anquel les magistrats faisaient faire, en signe Wallégresse, une distribution de Ia nouvelle monnaie d'ar- gent portant Jes mots : aqua libertas Deo grata.» Cependant Maximilien négociait toujours avec les ré- voltés et leur renouyelait ses promesses, L’sssemblée des Ftats généraux de toutes les provinces est convoquée a Gand le avril 1488, et dans cette réunion, on finit par conclure un traité au terme duquel le roi des Romains re- nonce 4 étre mainbour du comté de Flandre et consent 4 ce que ledit comté, pendant Ja minorité de: son fils, soit régi et gouverné sous sou nom, par l'avis et Je consente~ ment des trois Etats du pays'. Il renonce en méme temps a porter les armes et le titre de comte de Flandre (46 mai 4488). Maximilien jura, sur la place du marché, l'obser- vation dudit traité, ajoutant que dans le cas oa il l'en- 1 En considdration de cette renonciation, les troix membres de Flandre paystoat annual! ementau rol des Romains, pendant in minorité de Varebidue, 1000 livres da gros & 40 gros In. lives unauellemoot; de non cdte, 1a roi dis Romaina renonee & tous Jed arridrds daneiens subsides oy aidas qui Iu> auraiont lus, —a freindrait, il déchargeait ceux de Flandre du serment qu'ils lui avaient fait comme mainbour. Varchidue sortit de Bruges lecwur ulcéré, Les humilia- tons que lui avalent fait subir les réyoltés n'étaient pas de nature 4 rendre stable la paix qu’ils lui avaient imposée. Aussi trois jours aprés, le 19 mai, il fait connaitre, par un manifeste aux provinces flamandes, qu'il était résolu & ne pas tenir les conditions de Jadite paix'. Philippe de Cléves, qui figurait parmi Jes otages donnés par Maximi- lien pourle maintien da traité, proteste contre sa dé- loyauté. Philippe de Bourgogne, sire de Beveren, et Je sire de Chantereine suivent son exemple, et le parti des com- munes de Flandre se reconstitue. Maximilien invoque le secours de l'empereur; mais celui-ci étant obligé de s°6- loigner et Charles VIII soutenant les communes flamandes, il s¢ trouve forcé de se retirer en Zélande au commence- ment d'aoat. Tl est inutile, pour le sujet que nous-avons en yue, de suivre toutes les péripéiies de cette guerre que Maximilien ne soutint quegrdce au secours de l'Angleterre. Un pre- mier suceés pour lui fut le traité de Franefort (19 juillet 4489) par lequel il se réconciliait avec Je roi de France. En méme temps, le roi des Romains était réintégré comme mainbour de Flandre; les magistrats des villes de Gand, Bruges et Ypres devaient aller lui demander pardon, {Jl fant bien poo cousaitre je cone immain pour s'dtonner dumenqua de fol lo Maxinilicn, Abrewyd d'humiliasians comme il Toruit dus, il) davuis beter de se venger, Ansel av nous vxpliquons-noue par que M. C. A, Ser _ Hite trouve ov fait extraordingire, Tont en bliimant le roi des Romain, dont HOGS reountaizsons quo la conduite dit pen loyalo, nous sommes fored do he jus nots en dtannor, Voir, pu surplus, article précitd de M. Serrure, Hotitulé : Beknapte sehete cener geachiedents van het muntiwecen in Plaenderen, yu- WHE done le StrtentensAfmanak de Gand, année 185, —s— vétus de noir, Une somme de 60,000 livres tournois bai serait payée pour congédier les soldats allemands, Les difficultés recommenctrent pour le payement de cetle amende. Philippe de Gléves s'élait retiré au chateau de J’Ecluse, en hostilité avec Maximilien. Ypres se soumit d@abord; Gand vint ensuite, puis Broges, contraint de céder devant la famine, les communications étant interceptées par le comte de Nassau. La soumission de Gand ne fut que momentanée; bientét de nouveaux désordres y éclatent. Maximilien obtient de nouveau lappui de l'Angleterre. Les Flamands espéraient celui dela France, mais Charles VIN, ocenpé de mener & bonne fin son mariage avec Anne de Bretagne, ne donne point le secours promis, et les révol- és se trouvent réduits 4 leurs propres forces. Enfin, le parti de la paix l'emporte, et les principaux opposants périssent par la main du bourreau (16 juin 1492), Le 26 juillet suivant les Gantois se décident a traiter. Philippe de Cléves seul ne se soumettait pas. Renfermé dans le chiteau de 'Ecluse, it représentait que Maximilien lui avait fait jurer que s'il violait la paix, lui, Philippe, devalt soutenir Jes Flamands, et qu'il croyait avoir rempli son serment. Le siége fut mis devant |'Ecluse, et le feu ayant pris aux pondres des assiégés, Philippe fut obligé de capituler, et obtint une paix honorable, Par cette capitulation, les troubles de Flandre étaient terminés, et le roi des Romaing était enfin en paisible pas- session du titre qu'il avait tant ambitionndé, celui de main- bour du pays de Flandre, qu'il gouverna au nom de son fils. I n'en jouit pas longtemps; car, le 26 décembre 1494, Philippe-le-Beau, 4gé de seize ans, fut reconnu majeur, et prit le gouvernement du comté. 1] épousa Jeanne d'A- ragon, hériti¢re de Castille, le 18 octobre 1406, te Le reflet des événements que nous yenons de rappeler se reconnalt sur les monnaies émises par les divers partis qui se trouvérent successivement au pouvoir, mais qui administraient tous au nom de Philippe-le-Bean, le véri- table souverain de la Flandre. Les deux périodes distinetes auxquelles se rapportent ces monnaies peuvent éire étu- dides séparément. J'ai cru devoir en conséquence effectuer la division dans le travail qui va suivre. Patuiree-1e-Reau; mixoniré (1489-1494). _ Contrairement a l‘opinion des auteurs qui ont écrit avant moi, et notamment de M. J. Rouyer’, je pense qu’aprés la mort de Marie de Ronrgogne, Maximilien fit frapper des Monnaies tant en son nom qu'ai nom deson fils. Remar- quons en effet que le 3 mai 1482, les Rtats de Flandre le * Féconnaissaient pour bait et mainbour, .et que cela dara Jusque vers le milieu de 1483, oii il dénia lautorité com- mise par lesdits Ktats aux membres du conseil de tutelle établi par eux. Pendant cette période, il put facilement user des droits souverains que lui donnait cette qualité, tout en cherchant 4 sortir du cerele restreint dans lequel la jalousie des Flamands l'ayait renfermé. Quelles étaient ces monnaies? Une pidce du 40 juillet 14482° va nous aider ales trouver. Cette pitce est un ordre des trois membres de Flandre, assemblés 4 Gand, au maltre particulier de Ja tmonnaie, Colart Bunqueteur, fils de Mare, contenant que contrairement aux prescriptions de Tinstruction du & dé- "Heckerchrs sur ta cumismatigua du contd de Elawter, concidérde dana les Monnsies nowees, par M. J. Rouyer, Herve mumezmatijwe, anndes TELE ot 1840, "En fanand, an registry aux memoires efté M 24, fol, 97 (Chambre dee exmptas = 10 cembre 1480, touchant le droit de seigneurage par marc d'argent, lequel était de 7 gros 6 mites, ledit droit ne de- vait plus étre désormais que $ gros 6 mites *; le surplus de 4 gros étant réservé pour étre donné aux marchands, afin, y est-il dit, qu’ils soient plus attachés au profil duseigneur, el engagés @ porter leurs matiéres d'argent a la monnaie quien manguaif, de maniére que fe bail commenced puisse dire denu en état conformément aug lettres et awe instruc- tions précitées. I] en résulte que l'instruction de 1480 con- tinua 4 étre en vigueur. Nous devons done retrouver la méme série de piéces que sous Marie de Bourgogne *. Les méimes types furent-ils conservés? La chose n’était pas indispensable, puisqu'il fallait graver de nouveaux coins. Bien que la série relative au Brabant nous montre uu gros 4 I'Mavee la date de 1482, et la légende : Moneta archiducum, etc., je pense que Maximilien évita de faire la méme chose pour Ja Flandre, oi il avait éprouvé des difficultés qu'il n'avait pas rencontrées dans le sein des autres Etats relativement A sa désignation comme bail et mainbour, Les gros Al’ M, frappés pour la Flandre, portant en légende Mazimilianus ot Philippus, ve peuvent, par conséquent, suivant moi, élre attribués A cetle premibre période. Je crois donc qu'il faut admettre que le pére de Philippe-le-Beau écarta en cette circonstance taut ce qui aurait été de nature 4 élever dés le principe uo confit qu'il avait intérét 4 éviler. La légende générale, Moneta archi- ' Getto rédnotion eat faite dans Ie compte du mattee pastienlier, du 1 Juillet 1482 qu 17 mars 1489 (v. et). " Voici la série des dernitres mounaies de Marie de Bourgogee : Florin dior et demi-fority am Ssint-Andrd; double patard d'argent aux deux lions asain; patard ow double gros an lon tenant wn den; gros a lM: demi-grosi 1M; gigot ov quart de groo nm meme typo; courteon donble mite, ducunt, elc., ne contenant aucune indication personnelle Jui parut vraisemblablement !a plus propre & empéchec foul conflit saus ce rapport. Nous ne possédons pas toutes les monnaies frappées dans getle période. Le compte du maitre particulier cite ci- dessus, ne mentionne pas d'ailleurs le demi-florin, ledemi at le quart de gros, qui mont par conséquent pas été frappés; mais le florin d'or an Saint-André, qui la été, n'a pas encore été retrouvé. Le bail de la monnaie accordé & Nicolas le Banqueteur' en41480, expitait leb décembre 1483. I fut prorogé detrois mois, sur l'avis du conseil de régence, qui était alors ren- tré dans la plénitude des attributions souveraines que lui avaient couférées Jes Etats de Flandre. C'est ce que nous fait connaitre une note indiquant que Touverture des hoites, qui devait avoir lieu le 5 décembre, serait égale- tient prorogée. Alexpiration de ce nouveau délai, nous trouvons une instruction, en date du A avril 1484 aprés Paques, donnée par le grand conseil de régence, résidant & Gand’. Elle contient les dispositions suivantes : 4° Leanaitre particulier fera faire le florin de Flandre de la maniére qu'on le fit dernitrement & Gand, 4419 carats, nobles Henricus d’Augleterre comptés pour fin, alliés de A carats d'argent, et 4 carat de cuivre, de 72 de taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain et demi en aloi et * Le mime que Colart Bunqueteur cite plus hawt, 4 La commission de maltre particulier donnde, an nom de Philippe d'An- tridha, due de Bourgogne, comte de Flandre, ete, & maitre Jean Clays, en remplacomant do Nicolns le Bunqueteur, déminionnalre par suite d'expira= tion di: ball, cst du 28 nvril 1484. Liinstruction eit rédigée en flamend; jo ‘e'en donne gh'ung traduction. — 12— d'un demi-noble en poids par mare d'euvre, Lesdits deniers seront ouyrés beaux et ronds et d'égale taille, en sorte que le plus léger ne pésera pas un asquin moins que le poids, et que le plus fort ne pésera pas plus d'un asquin au dela dudit poids, au reméde de trois forts et trois {ai- bles, lesdits trois faibles pesant trois huititmes de [reling de moins, et lesdits trois forts, trois huiti¢mes de [reling de plus, sans autre reméde, Le prix du mare d'or & donner an marchand sera $8 1. 5s. de gros, et celui du mare d’aloi 5 1. 1h s. de gros. Le droit de Seigneurage est 28 gros 18 mites par marc. Ledit florin courra pour 5 sous de gros. 2° Le maltre fera ouvrer uo denier d'argentappelé double patard & 10 deniers argent le roi, et de 80en taille au mare, au reméde d'un grain en aloi et d'un demi-denier en poids sur chaque mare d'wuvre; il les fera faire beaux, ronds et de méme taille, en sorte que le plus fort ne pee pas plus d'un huitigme de fertine Plus que le poids nor- mal, et que le plus faible ne soit pas de la méme quantité inférieur audit poids, au reméde de qaatre forts et quatre faibles, en sorte que les quatre forts peuvent avoir un demi- ferline plus que le poids, et Jes quatre faibles, un dumi- ferline en moins. II payera.au marchand 38 8, 9d, de gros de chaque mare d'argent. Le double patard courra pour 5 eros. 3* Un autre denier d'argent sera fait a & deniers or- gent le roi, et de 80 en taille au mare, les remédes en poids et en aloi étant les mémes que pour les précédents. Le marchand recevra 38 s. 4d. de gros par marc. Ce denier, appelé simple patard, vaudra 2 gros 12 mites. 4° Le gros de Flandre sera & 3 deniers trois grains ar- gent le roi et de 444 en taille au mare. Le mattre pourra prendre de reméde un grain en aloi, et deny desdits deniers en poids par mare d’auvee. La tolérance sera de un quart de ferline au-dessus ou au-dessous du poids normal pour chaque piéce, mais seulement au reméde de six forts et de six faibles, qui ne devront pas peser les premiers plus d'un ferline el demi en plus, et les seconds plus d'un ferline et demi cn moins, De chaque mare argent le roi, le maitre fera 21.4 s. 11 deniers gros de ladite monnaie. 5* L'on fera aussi un denier de 42 mites & 2 deniers 16 grains argent le roi et de 226 en tailleau marc, aux re- médes de un grain en aloi et de 8 deniers en poids par chaque mare d'wuvre,. Dans un mare argent le roi on fabriquera 2 1, 2s, 4 d. 42 mites gros desdits de- niers. G Un denier valant 6 mites sera forgé également, Il sera a4 denier 18 grains argent lervi, et de 806 au mare, an remide d'un grain en aloj et de dix desdits deniers en poids par mare d'ceuvre. D'un mare argent Je roi on fabri- quera 2.1. 3 5, 8d. 15 mites gros’ en deniérs de six mites. 7 Lemaitre fera faire un denier noir valant quatre mi- tes, qui tiendra dix grains argent le roi, et sera de 188 de taille au mare, I! pourra prendre de reméde un grain en ‘aloi, et 8 deniers en poids. De chaque mare argent le roi, il fera en deniers de quatre mites 55 8. 2 d. 9 mites Bros. 8 Le denier noir, appelé courte et valant 2 mites, Aiendra six grains argent le roi, et sera de 486 au mare, au remédede un grain en aloi et de douze desdits deniers €0 poids par mare d'muyre. ® Enfin l'on émettra aussi un denier noir valant une Mite tenant 4 graing argent le roi et de 308 au:mare, au Feméde d'un grain en aloi et de seize desdits deniers en —4— poids. De chaque marc argent le roi, on fera en mites $ |. 47 8. gros, Le prix du mare d'argent pour toutes les monnaies A partir du gros est fixé a 38 3. 4d, : Le maltre sera tenu de payer au comte de Flandre tous les remédes qu'il aura pris en poids et en aloi, et de lui donner pour droit de seignearage, par chaque mare d'ar- gent monnayé, A gros une mite et demie, Pour Ja premiére fois, nous remarquons la fixation de la proportion qui devait exister entre le nombre des monnaies de chaque esptce émises par le maitre particulier, Cette précaution était prise alin que le menu peuple se trouvdt sief- fisamment fourni de la petite: monnaie, et aussi afin qu'on n’en délivrat pas une trop grande quantité a Ja fois, Cette proportion est Ja suivante: Pour400 mares de patards, on fera 50 marcs de gros; 10 mares d'argent seront employés en deniers de 12 mites, et 6 marcs en deniers de 6 mites, jusqu’é ce qu'il en soit ordonné autrement. Le conseil de régence, dans cette instrnction, conti- nuait le systéme monétaire en usage, Cependant quelques mod:fications ‘se font jour. Elles sont pourtant plus appa- rentes que réelies pour la plupart des monnaies, Ainsi la pitce de 12 mites n'est autre que le demi-gros et celle de 0 mites que le quart de gros; mais la véritable innovation est la piéce de A mites, que l'on n'avait pas encore vue et qui fait ici son apparition dans le systtme flamand. Nous la retrouverons fréquemment plus tard, Sur les monnaies de cette émission, nous devons nous attendre 4 retrouver la trace des préoccupations politiques. Le nom de Philippe-le-Bean apparait sen); c'était lui qui, aux yeux des populations, était le véritable souverain de Ia Flandre. Mais, contrairement & l'opinion dea auteurs qui mont précédé', je pense que les seigneurs qui compo- saient le conseil de régence durent conserver & ce prince, sur les monnaies, son titre d’archiduc, qu'on retrouve dans les titres écrits et sur les pidces émises, méme au moment te plus fort de la révolte par les communes flamandes. Nous verrons d’ailleurs plus loin, & la description des: mon- naies qui nous sont paryenues, quelles sontles pitces que je crois pouvoir attribuer & cette période. Un peu plus d'un an apres la rédaction de Vinstraction précédente, le conseil de régence était ronvers, et Maxi- milien était reconnu par le traité du 28 juin 1485 main- bour de la personne de son fils et du comté de Flandre. Un des premiers actes de Tarchiduc fut de transporter & Bruges l'atelier monétaire de Gand. Une lettre du 8 aodt de cette année, adressée anx gens dela chambre des comptes, leur enjoignait de faire porter 4 Broges toutes les choses appartenant & la monmaie de Gand et de les déli- vrer & Pieter de Waelhem, maitre particulier, afin qu'il pat travailler immédiatement. Les monnaies a forger se- raient conformes & celles renseignées dans Jes instructions données pour Malines et la Hollande. Oa devait y faire des doubles et simples patards, et des quarts de patards aux armes du prince". La chambre des comptes devait pour- Voir provisvirement & Ja nomination des autres officiers de ladite monnsie, A cette lettre était jointe, ainsi qu'il. était annoneé, la ‘copie de l'instruction servant & la monnaie de Malines. J'en 4! Voy, M, Ronyer, op, eit, * Le maitre partiouller dtant de Brabant, larehidue Ini meoorde de dé Peer ea cantion entre Ins maine des gens des comptes de Bruxelles, Les ler trea dé caution sent du 12 anise 1485 : elles sont pour In-eomme de 600 livres sta vee. = (ti reprodais ci-aprés les articles concernant la fabrication des espéces'. « Premiérement est ordonné par mondit seigneur estre «fait ung denier & dix deniers argent le roy, de six solz « hnit deniers de taille au marc de Troyes, qui aura cours «pour six gros de Flandres au reméde de ung grain en alloy et.de ong demi dicenlx deniers en poix sur le marc adeuvre. Lesquelz deniers i] fera ouvrer beaulx et ronda ade bon recours, cést assavoir que le plus foible sera tail- olié & ung quart de fellin prés du droit, et le plus fort & aun quart defellin plos fort que le droit, au reméde de “w quatre fors et de quatre foibles, qui pourront estre plus « foibles, lestis quatre foibles ung fellin et non plus et alesdis quatre fors ung fellin, sans quelconque autre re- méde de fort née de foible, de quoy lon donra aux mar- «chands du mare dargent Je Roy quarante-cing solz gros. «dont mondit seigneur prendra pour son seigneuraige, «vingt-quatre groz, ledil denier complé pour six gros, do a chacun mare argent le Roy. « Item, ung autre denier 4 cing deniers argent le roy, de «six solz huit diceulx deniers de taille audit mare de a Troyes, qui aura cours pour trois gros de Flandres au re- wmeédé de ung grain en aloy et de ung demy diceulx deniers « en poix Sur chactin mare deuyre. Lesquelz deniers il fera « onvrer beaulx et ronds.et taillier de bon recours, cest as- «savoir que le foible sera inillié & wng quart de fellin prés wdu deoit et le plas fort sera tailli¢ 4 ung quart de folin «plus fort que le drott, an reméde de quatre fors et de «quatre foibles comme devant. De quoy lon donra aux * Linetrmetion est donnée xa nom de Mondeignner te duc Wdwstrice, de Bourgoingne, du Brotant, rte,, ot alle eet signée Marimdianus, a | 2 marchans de chaseun mare argent le roy quarante-quatre solz six deniers gras, et mondit selgneur prendra pour son droit de seigneuraige vingt-quatre gros comme des- Sus de chascun mare argent le roy. » Et siest encore ordonné par mondie seignear estre fait ung aulire denier & quatre deniers argent Je roy, ayant cours pour ung gros et demy flandres, de dix ‘solz unze deniers. au marc de taille, au remede dung grain en aloy et de deux diceulx deniers on poix sur chascun mare deuvre; lequel denicr il fara ouveer bel et rond et tail lier de bon recours, cest assavoir que le plus foible sera taillié 4 ung quart de fellin prés du droit, et le plus fort sera taillié Aung quart de fellin plus fort que le droit, an reméde de six fors et de six foibles, qui pourront estre plus foibles, les six foibles, ung fellin et demy et non plus et lesdis six fors ung fellin et demy gang quel- conque autre reméde de fort ne de foible; et donra ledit « mnaitre au marchant da mare “argent le roy, quarante- « quatre solz ‘six deniers, et mondit seigneur aura pour « son seigneuraige de echacun mare argent le roy comme a des antres deux parties, assavoir vinglt-quatre pros, » Les monnaies qui ont été frappées en vertu de cette ins- iruction me paraissent devoir éire eelles au type dw vier= lander avec Iu légende Moneta archiducum, etc. Au reste le compte da maitre particulier nous Apprend qu'on ne forgea que les pitces de six gros et d'un gros et demi, Un fait qui frappe en lisunt In piéce précédente, c'est Taugmenta- tion énorme de-valeur attribuée aux espéces, Elles sont (un aloi et quelquefois d'un poids inférieur & celles de Charles Ie Téméraire, et cependant elles sont évaluées un tiers en sus. ese set RR Fea ee emeee Meu de temps apres la translation de Vatelier monétaire 3 — i— 4 Hruges, Je 6 novembre de la méme année, parul une or- doonance au nom des archidues, fixant la valeur des mon- naies ayaut cours, et devant wavoir d'eilet qu’a partir du 2h décembre suivant '. Elle prohibe complétement les flo- uins d'Strecht, le poatulat de Liége, ainsi que les monnsies blanches de ces deux villes. Elle ajoute, en ce qui concern les deniers d'argent que l'on fabriquait alors, qu'ils cesse- ront d'étre forges & partir de Ja veille de Noel. A cette époque, on reprendra la fabrication des florins & la croix de Saint-André, « de mesme pois et alloy que par ey de- « vant US ont est forgies, » des doubles et simples pa- tards et des gros aux lions. Les marchands devaient rece- voir, pour les matiéres d'or et d'argent, le prix fixe par les ordonnances, lorsque le florin fut évalué & cing sous de gros, les doubles patards 4 deux lions, 4 cing gros, le simple & deux gros et demi et le gros 4 l'avenant. Cette ordonnance vient A l'appui de ce que j'ai dit ci- dessus des types adoptés 4 la’suite du uransfert de V'ate~ lier monétaire A Bruges, puisqu'on y mentionne que Jes nouvelles monnaies devront étre au type du lion, comme celle de la princesse Marie et les derniéres de Charles le Téméraive, Une autre conséquence 4 tirer, c'est qu'une 1 Les monnales Namandos cont évalnées inet qu'il suit, savoir; Parmi fy imounales d'or, le flora Ala croix do Saiat-Andrd, 5p. dy grog: les tyons, Ta, WL; toe Mgders, Es, 4; lia nobles de Funda, 12,7 et, parti les mor nnies dargent, [ew doubles phtnrds "hRippus et Rarolus, & gron et domi; les simples, 2 gros 18 wikes; lea doubles patards Kurolue et Marin, 5 grot; bes simples, 2 gros et demi; wt tous lve gros faite alors devront conserver Jn. vae lent dan gros, Linugmentation de vateny ae {hit surtwut remarquer, nipsi qu’at lo vor, sar les monnales Aurgent sapétricares au grov. Tl eat preserit aussi aos changenrs @aveir une cieaille eur leur bane, ex= pose paliiquenment, Afia de cotipox Imirédintement leh pitors neeunnues pont “filen quileny seraieit preseitces, =i partic: des monnaies avec Ia légende Moneta archidu- rum, elc., doit dre attribuée a cette époque. Pent-étre doit- on lui donner surtout celles of les nons de Maximilien et Philippe sont inscrits, Véemission de ces monnaies dut étre trés-courte; Maxi- milien ayant été élu roi des Romains le 46 féyrier 1485 (v. at), il devait avoir ite de faire figurer ce nonveau titre sur son numéraire. Aussi trouvons-nous, 4 la date du 21 du méme mois, une instruction relative A la fabrication des monnaies pendant l'année 14861, dont voici les prin- cipaux passages : « Premitrement les maitres particuliers de la monnoie « feront ouvrer les flourins de Rourgoingne, tel que parei- « devant, en la maniére quy sensuit : assavoir & XIX caras « noble d'Engleterre Hendricus compttz pour fin, alyéz de @ quatre caras dargent fin et ung curat de cuivre, de six solx « au mare de taille, dont lesguille est alyé au mesme aloy, 4 au remide d'un grain et demy en aloy, et demy esterlin « en poiz sur chascun marc deuvre; lesquelz deniers ilz « feront ouvrer beaux et ronds et tailliéy de bon recours, « cest assavoir que le plus feble sera taillié & ung asquin « prés du droit, et le plus fort & un asquin plus fort que « le droit, an reméde de trois fors et de trois febles, lesdis « trois febles & trois vu de ferlin et les trois fors a trois « vu de ferlin, sans queleonques autres remede de fors « ne de febles, » « dtem, lesdis maistres denront aux marchans de leor «mare d'or, tel que dessus, um vin! v dempiranche, ' [instreetion avait 4t6 rédigte dans la Chambee: des-monnaies & Prater, par Gérard Loyet, maitrs general de toutes les sounnios, ot Plilippe Von den Berghe, tnuitre géndra] decesiies da Flandre. Les mattress particullere étaient Metre de Waelhem et Muliew de Tid —2— « etsi lear donront de chaseun mare daloy v! xxi dicte « monnoiye dempiranche. » Les maitves payeront au profit du come tous les remédes quils auront pris en poids et en aloi, et 2 sous A deniers 18 inites gros pour droit de seigneurage. « Item, lesdis maitves feront ouvrer un denier blanc nommeé double patart, a dix deniers argent le roi, et de six sola vu d. au mare de taille, au reméde d'un grain en aloy et d'un demy diceulx deniers en poiz sur le mare deuvre, lequel denier is feront ouvrer bel et roni ‘et taillié de bon reeours, cest assavoir que le plus feble sera taillié & ung huyticame de ferlin, prés du droit, et le plus fort & un huitiesmne de ferlin plus fort que le « droit, au reméde de quatre lors et. quatre febles qui pour- ront estre pius febles lesdits quatre febles demy ferlin et non plus, et lesdis quatre fors demy ferlin, sans quel- coneque autre remade de fort ne de feble, et donront lesdis maistres aux marchans de leur mare dargent le roi, xxvii solzix ¢. gros & compter ledit denier pour cineq gros. » « ftem, Jesdis maistres feront ouvrer ung denier blanc nommé patart & cineq deniers argent le roi et de vr salz vid. au mare de taille, au reméde d'un grain en aloy «wet d'un demy diceulx deniers en poix pour le mare deuvre, lequel denier sera ouyré bel et rond et taillié de e bon recours, » Le peste-estexactement la méme chose que pour Je double patard, mais le prix du mare Margent & donner aax marchands serait, 38s. 4d. de gros, Ledit de- nier devant courir pour deux gros ct demi. « ftem, lesdis maistres feront onyrer ung autre denier « blanc nommé gros, & trois deniers quatre grains de loy « argent le roy, et de dix solz sed. an mare de taille aw 2 2 2pm 2 = * —a— « reméde d'un grain en aloy et deux diceulx deviers en « poiz sur chacun marc deuyre, lequel denier il feront ou- - veer bel et rond et (ailli¢ de bon recours, cest assavoit que le plus feble sera taillié & ung quart de ferlin pres du droit et le pius fort sera taillié 4 ung quart ferlin plus fort que le droit, au reméde de six fors et de six febles, qui pourront estre plus febles lesdis six febles ung ferlin et demy et non plus, et lesdis six fors ung ferlin et demy, sans queleoneques autre remide ne de fors ne de febles, et donront lesdis maistres aux marchans de leuy mare d'argent le roy le prix que dessus, » . « dient, lesdis maistres feront ouvrer npg autre denier blane nommé demy geos & deux deniers xvi grains de loy argent le roy, et dix huyt sola six deniers de taille pour chacum inare, au réméde flun grain en aloy et de huyt diceulx deniers en poiz sur chacun marc deuvre, lequel denier i! feront ouvrer bel et rond et taillier de bon re- cours, cest nssavoir que Je plus feble sera tillié & ung quart de ferlin prés du droit, et le plus fort sera taillié a ung quart de ferlin plus fort que le droit, au reméde de huyt fors et de huvt fébles, qui pourront estre plus « febles, lesdits huyt (bles demy esterlin, sans quelque autre rembde, et donront lesdis amistves aux inarchans, dun mare dargent |e roy, au pris que dessus. » « Stem, les maistres feront ouvrer-ung autre denier blane nommé gigot & ung denier xx greins de loy argent le roy et de xavi solz de taille au mare, au reméde dun grein en aloy et de dix diceulx deniers en poiz, lequel denier ilx ferent ouvrer bel et road et .donront aux marchans de leurs mares dargent le roy, le prix que « dessus, » 2 2 RA fs fe ae 2 £2 mas 2 & = : — 22 « /tem, lesdis maistres feront onvrer ung denier nuir en valeur de quatre mittes de Flandres, 4 dix greins de loy argent Je ray et de xt solz v deniers de taille pour cha- cun mare deuvre, aa reméde d'un grain en aloy et de huyt diceulx deniers en poiz; lequel denier ilz feront « ouvrer bel etrond et taillier de bon recours, et donront « avx marchang, de leur mare dargent le roy, le pris « comme dessus. » « tem, lesdis maistres feront ouvrer ung denier noir en « valeur de deux mittes de Flandres, 4 six grains de loy, w etde xvt solz deux deniers de taille au marc, en reméde « dun grain en aloy etde xn diceulx deniers en poiz, lequel « denier ilz feront ouvrer bel et rand et taillier de bon re- « cours; il donront aux marchans de leurs mares dargent u le rov, le pris comme dessus. » Les maitres doivent payer au comte tous les remides qu'ils prendront en poids et en aloi, et 5 gros 6 mites par mare d'argent monnayé pour droit de seigneurage. Les mounaies émises en vertu de cette instruction sont estimées moins haut que dans celle du $ agit 1493, et'ce- pendant laloi et Ja taille sont les mémes. Nonobstant cette réduction dans leur évaluation, le roi de France Charles VII, par ses lettres en date du 26 mars 1486 (v. st.), juge con- venable de décrier cerfaines monnaies dlanches appelées Maximiens, faites en Flandre par te duc Mawimilien d'Au- triche powr siz deniers parisis, tandis qu'elles n’en valent que trois. IL ordonne en conséquence de Jes cisailler et de Jes porter aux hétels de monnaies. I] est évident que cette mesure était prise dans des vues hostiles &l'archiduc, au moment ott ses démélés avec Jes communes Namandes, bien qu’apnisés momentanément, n’élaient pas complétement ae 2 = a= terminés. Pour étre rationnelle, la méme prohibition eat, di comprendre Jes anciens deniers de Flandre, dont Ia va- leur avait été si fortement #levée par l'ordonnance de 1485 et non pas seulement les nouvelles monnaies. La fabrication de ces derniéres ne fut du reste pas de longue durée. Le 20 avril 4487, Maximilien rend une or-- donnance, tant en son nom qu'en celui de Philippe-le-Beau, par laquelle i] preserit la mise en circulation de tout un nouveau systtme de monnaies. Rompant franchement avec le passé, il crée non-seulement de nouveaux types, mais encore assigne aux dites monnaies des valeurs compléte- ment en désaccord avec celles en usage, en conservant toutefois Iunité monétaire de Flandre, le gros. C'est & cette ordonnance «ue nous deyons, en fait de monnaies d'or, le grand réal d'Autriche, magnifique piéce, on l'on sent déja le faire des artistes de la renaissance, et parmi les mon- naies d'argent, Je grand réal d'argent, le double e+ le simple griffon, dont le type et les légendes sont si singu- liers. L’instruction délivrée au malire particulier Je A ntai suivant, el que je traviseris textuellement, nous fera con naitre plus en détail les monmaies dont il s’agit'. « Premitrement, le maistre particulier fera forgior un de « nier & xxi karas d'or fin appelé Réal, qui aura cours 4 pour xxtv réaulx dargent, telz que le Roy nostre sire fora * Cebte instrnetion reprodult la description des ploets inadrdes dans or donnance préeités. L'intituld parte qu'elle oat délivedo aw maltre particulier de In tmonnaie dé Flondee, Le bail fit picid pour trois ans en favonrde Bore nard Warneveke, Mats il paralt probable qu'll jagea convenable deine pa le garder, car nous trouvons, por une autre mention, que Je malire pa: ‘culiur fut Ambroise Disrparde, et que la Cabvicatips des monies avait len 4 Bruges, Ca maitre particu! ler préte serment le J moi 1457, et fourni: une ehution de 209 lisres de gros, Oe « présentement forgier, lequel réal dor find ce pris se fera « a lavenant du double patart, icellui compté pour ¥ gros et demy, et (vaudra?) imvt patars de deux gros, mon- noye de Flandre, et tiendra xxv karas dor fin, an re- méde de deux grains dor fin sur chacun mare deuvre, et par ainsi sera ledit réal aussi bon que ung noble dor Henricus, forgié en Engleterre, et en poix xwit diceulx deniers au mare de Troyes, au reméde dun demy ester- line sur Je mare dor; lequel denier ledit maistee fera ouvrer bel et rond et de ban poix, et pourra avoir ung légier et ung fort sur clacun mare, assavoir que le lé- gier pourra peser un aeskin prés du droit et ung fort ung aeskin plus fort que Je droit, sans aucun aultre re- « méde en poix ne en aloy. » « Jtem, Jedit maistre fera forgier ung autre denier de fin or appelé noble de Bourgoingne, qui aura cours pour’ douze réaulx dargent monnoye dite et tiendra xxiv karas dor, au reméde de deux grains comme dessus et de xxx1v deniers en taille au mare, au reméde dun demy esterlin suc le mare deuvre. Lequel denier il fera faire bel et rond et de bon poix, et pourra avoir de reméde deux fora et deux foibles sur chacun mare; assavoir que clia- cun fort pourra peser ung aeskin plus fort que le droit, et le plus foible ung aeskin prés du droit, sans aucun autre reméde nen poix nen aloy. » « diem, Jedit maistre fera ouvrer ung autre denier dor appelé florin de Bourgoingne dor fin, qui aura cours pour six réaulx dargent, monnoye dessuadite, 4 xxiv karas, au a reméde de denx grains comme dessus, et de v" vii‘ de « tailleau mare de Troyes, au reméde dun demy esterlin sur « le mare deuyre, lequel deuier il fera ouvrer bel et rond et « de bow pois au reméde de trois fors et de trois foibles, fom mw s f£ ef ef 2 A ea Re a a ft @ 2 Re aa =—- 3 — « assavoir que chacun fort pourra peser un aeskin plus « fort que le droit et le légier A ung aeskin présdn droit, « sans autre reméde en poix.ne-en alpy, » + Item, ledit maistre donnera aux marchands et chan- « geurs de chacun mare dor fin A xx1y karas, uxvin livres « vis. vind. dempirance chacun desdits florins comptéz « pour une livre dempirance revalué chacun florin & vit. s. « IX. den. monnoyede flandres, et rabatraledit maistreaux « marchans sur chacun mave de Nobles Henricus, Salus, « Dueas, floring de Hongerie, riders et semblables deniers « vis. var @. dempirance, ainsi demeure par seigaouraige « tf ouvraige xm. s. ty. d. dempirance. » « ftem. ledit maistre donra aux marchands et chau- « geurs de chacun maredaloy, 1 livres dempirance net, « caren ce est rabutu le sallaire que leditmaistredoitayoir « pour son droit de cymentaige. » « Ledit maisire fora forgier ung denier d'argent fin ap- « pellé Réaldargent, dont lea xxiv vanldront ung réal dor, « et seront & onze deniers quatre grains dargentfin en aloy « et de xxxv deniers en taille au mare de Troyes, & deux « grains de reméde en aloy et de ung estrelin en pois sur « chacun mare denvre; lequel denier il fera forgier bel et « rond et de bon poix, au reméde de deux fors et de deux « foibles, assavolr que chacun fort pourra peser ung deus~ «kin plus fort que Je droit et les foibles chacun ung « deuskin prés du droit, sans autre reméde nen poix nen « aloy. 0 « Tem, leditmaistre fora forgier ung autre denier dargent, « fin appellé Double Griffon dont les xevit vauldront ong « réal dor, etseront 2 onze deniersiur grains dargent fin en « aloy et de v. s,s. d. en taillewu mare de Troyes deux — 34 — « grains de reméde en aloy,et d'un demidiveulx deniers en taille sur chacun mare deuvre; lequel denier il fera faire bel et rond et de bon poix, au reméde de trois fors et de trais foibles sur chacun mare deuvre, assavoir chacun « des foibles & ung deuskin prés du droit et les trois fors 4 « ung deuskin plus fortque le droit, sansautre reméde en « poix pen aloy. » « Item, ledit maistre fera forgier ung autre denier dar- « gepl fin appellé sengle Griffon, dontles uu et xvi vaul- « dront ung réal doretseront 4x1. d. no gr. dargent et de o Xt 8 vil. d, detaille au mare de Troyes, lequel denier « il fera faire bel et rond et de bon paix,et pourra avoir de reméde vi fors et six foibles sur chacun mate deuyre, assavoir que chacun fort pourra peser & ung deuskin plus fort que le droit, et chacun foible ung deuskin prés « du droit, sans autrereméde en poix nen aloy. » « Jtem, ledit maistre fera forgier wn autre denier dur, « dont les six yauldront ung sengle griffon A deux deniers « douze grains daloy dargent fin, et de xvi. s. vi. d. de « taille au marc de Troyes & deux gr, lin de reméde en «aloy et de viz diceulx deniers de taille au mare de « Teoyes (sic), lequel denier il fera faire bel et rond et de « hon poix, et pourra avoir de reméde huit fors et huit « foibles sur chacun marc deuvre, assavoir que chacun fort pourra peser 4 ung deuskin plus fort que le droit, et chacun foible 4 ung deuskin prés du droit, sans autre « reméde en poix ne en aloy. » « Jtem, ledit maistre fera encore forgier ung autre denier « dur dont les douze vauldront ung sengle griffon, et sera w dud, xt. gr. en aloy d'argent lin et deaxxit. s. ry, d. « de taille au mare de Troyes, 4 wr. fin de reméde enaloy « etde douse diceulx deniers en poix sur le marc deuvre, a & as — 7 « lequel denier il fera bel et rond et de poix égal « sans prendre aucun autre reméde en poix neen aloy. » _ a-Ilem, ledit maistre fera onvrer ung autre denier dur _q dont les xxtv vauldront ung senglegriffon et seronta ung « denier douze grains d'argent fin et de xu. s. de taille au « mare de Troyes, & deux grains de reméde en aloy et de « xvtdiceulx deniers en poix sur chacun marc deuvre, le- a quel denier il fera faire bel et rond et de bon poix et « gal sans prendre aucun autre reméde en poix ne en w«aloy. » ‘Le prix du mare dargent fin 4 donner aux marchands est fixé 444 simples griffons et demi, ce qui équivaut a Ag. 1. 8. d. de gros’. Cette instruction renferme en oulve quelques preserip- tions qui sont Ia reproduction de celles contenues dans Yordonnance du 20 avril 1487 quil'a précédée, et que je crois également utile de faire connaltre. La premitre est relative ala proportion qui. doit exister entre le. nombre des diverses monnaies émises par I’atelier de Broges. « Le- 1 Volol encore quelques autres manures comprises dans V'instrnotian + « fiem, tonte dure matidre nu dessoubs do vid. duloy dargent fin qui era = délivré & In monnoye sorn convertic en tele deniers que In matitre le re * querra, ct so lon myoit a faire de plus petite deninra Indit-maistra on fern = par Vordonnance do gonvornour ct geriérankx raistte, gardev et contre. < gardes, « ‘Quant aux bas billons qui seront apportés, si les marchands yiulont stro paydd en deniors d'argent fin, ils donneront poor affinago, suvoit 2 de argent 46 deniers, @ groa du mare; 47 deniers, 6 gros; 40 doniers, 4 gros; a9 de- ‘lors, 3 gros, ot rien do l'argent 4 10 deniers. ‘Les remides on poids ot en aloi snront au profit du roi sana quo le maitre puinee y tien pritendre, Le malire ne pourra farmer In moanain Tanti d’ouvrage; mais il doven tou jours y maintenir le nombre de personnes suflisant pour recevoir les mutitres qbon y apporterait. — a — © dit maistre sera tenu de faire forgier de chacun vingt « maresdor, ung mare de royaulx dor et de deax mares de « nobles de Bourgoingne et les autres dix-sept marcs en « fin florins de Bourgoingne, se ce n'estoit que par lesdits « gouverneurs et géndraulx maistres lui fut ordonne « de forgier plas desdits royaulx ou nobles, pour Ja com- « modité et A la requeste’ desdits coche ce qui en « ce cas il pourra faire... 5. 2... ) Sieatene Ber ae ae « Jtem, fera faire de ai cent mare « dargent, qui li seront délivrés, dix mares de rovauls, 9 Yingt marcsde doubles griffons et les autres soixame dix « marcs en sengles griffons se ce nestoit que pur les gou- © verneurs el généraulx maistres, lui fast ordonné de for- « gier plus desdits grands deniers pour la commodité et « requeste. desdits marchans, ce queen ce cas il pourta « faire, » Le roi des Romains ordonne aussi, pour parer aux fraudes que coumettent les maitres particuliers, que désormais la ferme des monnaies se baillera au plus offrant et dernier enchérisseur, et que, dans le eas ot l'on recon- naltrait qa‘il ya eu des fraudes commnises, le maitre par- ticulier sera puni par ta confiscation de son corps pour en faire (a justice du chaudran, Liordontance évalue aussi ‘les monnaies dont le cours est autoriséen Flandre. Gette évaluation, faite en gros, n'étant/pas donnée par I'instruction ci-dessus, pour les nouvelles monoaies, je crois utile de la transcrire : a. . . Le royal d'or & cent quatre vingt six patars qui « revient & trente et 1 solz gras, momnoye de Flandres; le « noble de Bourgoingne 4 quatre vingt treize patars valant « dix-sepe sols neuf deniers gros... . les flaring a Ia « croix de Saint-Andrienu, & trente-trois patars. . . . ly « real d'aigent a quinge gros et demy, les doubles griflons i « Asept gros dix huit mites, le sengle griffon, trois gros « vingt et une miltes, le petit dur denier appelé le denier « du roy, dont les six vauldront ong sengle griffon, les de- « miz deniers da roy, dout les douze vauldront ung sengle « griffon, et le quart dont Jes vingt quatre vauldront ung « Sengle griffon...... 9 Ladite ordonnance ajoure que les deniers d'or ayant cours seront regus quand ils auront leur poids et non au- trement. La valeur des monnaies anciennes inférieures au gros, et des monnaies noires forgées dans les quaire mon- naies des Elais des archidues devaient conserver leur an- cienne valeur. Depuis que Maximilien avait repris, du consentement des Etats, la tutelle de son fils et la mainhournie de: ta Flandre, il avait, dans toutes ses ordonnances mondétaires, conservé l'ancien titre des monuaies, ainsi que leurs poids, du moins & trés-peu prés, Les nouvelles méme ne leur étaient pas inférieures sons ce rapport. Mais, par contre, il en avait apgmenté singulitrement Ja valeur. L'angmen- tation, surtout pour les piéces d'argent, s‘élevalt jusqu'au tiers de la valeur primitive. C'est probablement de ce fait qu'il est question dans Jes historiens quand ils parlent, de Faltération des monnaies par le roi des Romains. Au teste, celoi-ci semblait prendre A tiche de justifier de plus en plus les accusations portées contre Jui, Vordonnance dv 20 avril 4487 portait que le florin & Ja croix We Saint-Andeé serait regu pour 33 patards et les autres piéces 4 l'avenant. Suit qu'il y ait eu connivence de 4 part deTarehiduc, soit simple négligence, toujours est-il qu'au bout de peu de temps edit florin courait pour 36 pa- iards, Profitant de cette circunstance, Maximilien s'em- presse de faire paraitre an mandement, daté du 8 janvier =i {487 {y.st.), dans lequel il adopte officiellement le taux de 36 patards pour le Morin, fixant Ja valeur des autres monnaies 4 lavenant. Celles émises récemment devaient Daturellement tre aussi auginentées, ce quia lieu en effet comme il suit : 4 ss. Ttem les deniers dor que nous avons « fait forgier en nox monnoyes par maniere de provision. « s@ metteront assavoir le grand royal dor, pour xxxvr s. « gros; le voble pour xvi s.; le ducat de Rourgoingne « pour ix s.; et les deniers dargent se metteront et rece- « vront assavoir le grand royal dargent pour xy 4. w gros, le double griffon pour 1x d. gros: et le “sengle w griffon mn d. ob. grosjeeces Bien que Farchiduc afleete de gourmander tris-fort ses officiers, le gouverneur de Lille, Douay et Orchies, et au- tres & qui le mandement est adress, et qu'il leur dise - * su. Mais par faulte de vous et autres nox officiers ledir a taux (de 33 patards pour le florin) na esté entretenu, « ains les marchands estrangers et autres ayant prowfit « audit désordre, ont mis et haulcié lesdites monnoyes « jusques audit prix de xxxvi patards pour ledit florin Ala « croix et les autres & J"avenant, et pour ce que ledit dé- « aordre est beaucoup plus préjudiciable 4 nous, nosdits « pays et subjés que n'est la guerre qui desja y a eu cours « longuement;........0 personne ne fut dupe de ses pro- testations, et la désaffection qu'avaient causée les mesnres précédentes ne pat que sen accroltre. Il annongait, il est vrai, qu'il allait faire réguiariser Jes choses par J'assem~ bite générale des Etats, qu'il désirait, disait-il, voir réunir promptement, Maximilien était-il de bonne foi en faisant cette pro- messe, et Tassemblée des Etats était-elle bien dans ses idées? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer. Les événe- = Sh ments qui se précipitaient ne donnérent pas le temps de s'assurer de sa bonne yolonté. Il était d'usage, au. reste, d'assembler les Etats lorsqu'on voulait changer le pied de la mounaie, et de leur faire accepter les changements pro- jetés. Les prédécesseurs de Maximilien y avaient rarement manque. Les Etats partagaient ainsi, 4 I'égard du pays, avec le prince, la responsabilité des mesures adoptées. Dans Jes circonstances présentes, l'omission de cette for. malité, et l'aflectation du roi des Romains démettre les monnaies en son nom seul, bien qu'il n'userpat point le titre de comte de Flandre, étaient de nature a irriter des gens moins pointillesx au point de vue de leurs priviléges que les Flamands. Les cons¢quences ne se firent point longtemps attendre. Les communes flamandes s’étaient de nouvean réyol- tées, et le mouvement s‘était étendu beancoup plus que Ja premiére fois, La ville de Gand qui Je dirigeait, com- prenant qu'elle ne pouvait usurper l'autorité sonveraine sang un appui, s'était adressée au roi de France, suzerain da comté de Flandre, et avait obtenu de lui le droit de battre monnaie au ‘nom de Philippe-le-Rean, « présente- « ment absent et hors de sondit pays et conté de Flandres © es mains et puissance du duc d'Autrice. » La charte est du 47 janvier 1487 (v. st.) et fut promptement pu- blige’. ' Bien que cette churte ait as. donnée par M.J. Rouyer, op, cit, je crois ‘utile de la reproduire ict de nouvean. = Cliarlen parla grace de Diew my de Franon a tows outils qui ees pré- = kontes lettres verront, aalnt z bumble supplication de nor trea chitts et = bien arars tes nach dea dex haneqs deux doyens ob cothmuniulté de = le ¥ille de Gand, premice membre et chef ville dn pays et conpé de Flon- a Les Gantois profitérent-ils de suite de l'cetrai que ve- nait de leur faire Charles VII? cela est probable. L'exis= tence des monnaics dont parle M. Kervyn de Lettenhove, qui portent toutes la date de 1488, est une preuve cer- « devs, avons recow, contenant que nowtre tres chier et trea amé frere ot cousin » lade Philippe d'Austeiee, conte de Flandres est presuntenient absent ot = hors de sondit pays et conté du Flandres, esronins et poiisunce du ne = d'Anstrige, son pére, loquol cn enfraiguant notointmiit Je traintia do palx + deutre nous et Iny none a communclé la gucere, et pareillement ansdite esehevins doyaua et communaulté de Gand, et autres villes de lettr afiamee qui ae sont déclaré youloir entretents ledit teaitlé de paix, pourquoy nous lulst comme selgnenr suaveraty dudit pays et contd de Flandres pourtoir aux eloses nécesscires pone [utillité publieqne dieeliny paya, et pour ce que cutee autres choos tor estoit expidiont ot ndsossnire faire ot forgir « monneye blinche «t fleurins dor alnel quo lex contes de Flandres ont ac coustund fijre et forger, et quil a eaté falt pour Le temps que edit pare et couté de Flandven a osté nigy et gonvernd sone Ie nom de natre dit rire Iny estant andis pays, fl nous ont suppllé et requis que nostro plaisir solr Mur en octroyer nox Jetires de perwmision et Jicence, et emir co lene im: Parti¢ notre proce et libdralité, suvoir fastens que nous ec conden, you~ Junt pourvolr a futiilité publieque dndit pays et conte de Flandres, et Hoguligremont dé lndite ville de Gand, nona avaie dann, ortroyé et ace eordd, ot par con prowuntes donnons, ostevyune et aceordans ansdits rch et doyona de enste ville de Gand, eonpyd vt anctoritd de souls ly nom eb calng de nostro dit frtre Je conte de Fintulres, faire ef forgier ondlt Men de Gand, bonne et loyally monnoye tant dor et dargent, tont 9 quits furolent se nostee froce vstoit dans Inditte ville, et e@ par maniere de pro. rinion etjneques hoo que pur icellny nostre frbre vonu en izelle ville an- trement y soit pourtn, Si donnous en mandeiment & tou nos justiciers, afficiers at subgate que lowlits supplinuts fla fheent, venffeouk +t Liissent jose et tate do nos présons grace, ociroy et permission, et sanenn empesclie ment leur estoit fait in contraire le ficcnt oster et mettéy Incantinent on sans ddlay au promive état ot dou, ear alnkl voas pluisteil estre frity en » tesmoing de ce, nowt nvons fait mectre noted eecl A ces présontes, dutnd Paris te xvit* jour de janviée lan de grate rll ecoe quatre vingts et sepr, et de nostre regii¢ le cinguiestin. © gma mie le ploy : Fa i) le eunte de Clermont, les aipneuts lela Trimotlle, de Geaville, admire de Frarice, de Resa, lel + = . ® Aime’ ————— ee —_ so — 93 — taine & l'appui de cette hypothése, Dea florins d'or, au type de saint Jean-Baptiste, doivent étre rapportés 4 Ia jnéme ¢mission. Quelques-unes des variétés: portent aussi eotte méme date de 1488. Le type du revers est d'ailleurs identique 4 celui des doubles patards. Fut-il alors frappé d'autres piéces que celles dont nous yenons de parler? (est-ce qu'il est impossible de déterminer: les recherches qui ont été faites aux archives de Gand n'ont fourni aueun renseignement 4 cetégard'. Je ferai remarquer seulement que les doubles patards, touten étant des monnaies, ont plutét par leur légende le caractére de. piéees révolution- naires ou de circonstance. Quant aux florins, la repré- sentation de saint Jean-Ruptiste, patron de la cité, les placait natorellement dans la méme catégorie *. ‘Cette période de crise, an point de vue monttaire, ne tarda pas 4 cesser, Dés l'année suivante, les révoltés com- prirent que, dans leur intérét, ils devaient revenir & me marche plus réguliére, et, tout en émottant des mon- naies au noni seul de Philippe-le-Beau, écarter toute allu- Sion aux causes qui avaient molivé cette révolution, et une instruction rendue dans le commencement de 1489 nous = Rutres pretens et par lo scordinire Rohertay: dicelje en double queue en + ¢hinre gaune, Extrait des archivos de In ville de Gand, registra G, fol. 85-4", Communication de M,C, P, 1 Aumin document relotif A cette premiéro émission nia été retrouve. ‘Qw'll me soit permis ici de remercier M,C. I, Serrura quia bien voulu faire pour mei coe recherches. ® Lemission de ces types tont A fait nouveaux fat peateétre une dee canes Qui emptehétrent que ces monnaies fassent tecues hora de la Flandre, Il est Positif que les coppeantiza, comme on lea appelait dn nom du famewx doyen dea métiors de Gand, ctajcnt probibés, Ce fut sans douse ua des nivtils qni amma In roodidication resultant de ‘instruction monétaire unirante, 3 Ture, =— Hho renseigne sur les monnaies que l'on deyait forger dan Vatelier de Gand durant cette année, ainsi que sur leurs types. Voicien quoi consiste cette instruction! : 1° Premi¢rement on fera un denier d'or comme on le fit a Gand sous Ie duc Philippe, au type du lion heaumé, & 410 carats le noble Henricus compté pour fin, allié de 4 ca- vats d'argent fin et d'un carat de cnivre, de 6 sous de taille au marc, au reméde d'un grain en aloi et d'un demi- esterlin * en poids sur chaque mare d'@uvre, Ges deniers seront faita beaux, ronds et de bonne taille, de maniére que Je plus Iéger ne différe pas de plus d’un asquin du poids légal, au reméde de trois forta et de trois faibles, la _différence en plus ou en moins pour ceux-ci étant au plus treis huitiémes de fierlin, en comparaison du poids Mgal, et sans aucun autre reméde en poids et en aloi. 2 On fera de méme un demi-florin dans Jes. mames conditions. Le maiice particulier donnera au marchand, de chaque mare d'or, 88 livres 15 sous, et 4 livres 44 sous de chaque mare d’alliage, I payera au profit du comte tous les re- médes qu'il aura pris en poids et en aloi, et de plus 18 gros pour droit de seigneurage. Ledit florin aura cours pour § sous gros. * Catto instruction, minal quo les deux tnivanice, est en flamand, of se trouve dans lea registcos de Ia chambre des comptes de Lille, Le seul motif qui ait poles fhire insdror dans oe reeueil, o'est qu'on les aura considérces cofame faites ¢n verte de l'antoriaation régalitve du rej de Franaa. 4 Le texte flamand porte Aalces inghelechen, traduction littérale, wm demi- angtais, Lo mot estertin Gant Je nom d'une monnaiy anglnire, j'ai pred que ddtait lo terme quinvait youl ddsigner le rédactour de instruction, On est Wailleurs comdalt & cette explication par Vanalogie nyoe les autres inetrne- tous —f; — L’on fera essai des monnaies chaque jour que l'on tra- vaillera, avant méme de mettre les deniers en boite. & Le maltre fera faire un denier blanc appelé double patard, au type de denx lions, de 40 deniers argent le roiet de 6s. $d, en taille au mare au reméde d'un grain ed aloi et d'un demi-denier en poids sur chaque mare weeuvre; ces deniers seront beaux, ronda et de bon re- sours, en sorte que la dillérence entre les poids du plus Tdger-et du plus lourd et le poids normal ne soit pas plus @un huitiéme de fierlin, au reméde de quatre forts er quatre faibles, pesant ensemble un demi-fierlinen plus ou en moins que le poids légal, sans autres remédes de forts ni de faibles. Le marchand recevra pour chaque marc d'argent tenant au-dessus de 7 deniers, 5 |. 2s. 8 d. gros. Cedenier aura cours pour $ gros. 4 Lon fera aussi un autre denier blanc appelé patard, 4&4 deniers argent le roi et de 6s. $d. de taille-an mare. ‘Les remédes sont les mémes que pour le double patard. Le marchand recevra par mare d'argent tenant moins de 7 deniers, 31. 2s. 5d. Ce denier aura cours pour 4 gros. & Un autre denier blanc, appelé gros, sera faith 2 de- niers 3 grains argent le roi et de 12s. 7d. en taille au Marc, au reméde d'un grain en alot et de deux desdits de- niers en poids par mare d'@uvre. La différence entre le poids normal et celui du plus lourd on du plus léger ne Sera pasde plus d'un quart de fierlin; au reméde de six _ foris et de six faibles, dont le poids total pour chacune des deux catégories ne différera que d'un fierlin etdemi eo plus 60 en invins du poids légal, sans autre reméde de forts ni de faibles, Yu In hausse qui-ayeit eu liew pour Ies deniers de 8 groset de 4 gros, lesquels étaient montés 48 gros 4/2 eta4 gros mites depuis la reddition de l'ordonnance —% — concernant lesdits deniers ', on donnera, au marchind, du mare d'argent le roi, en matitves nu-dessuns de 7 deniers d'aloi converties en gros, 31. 6s, 1 d. 6 uites, 6° L'on fera ensuite undenier blanc de 12 mites 443 grains argent le roi et de 20 5. 9d. de taille an mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et de 8 desdits de- niers en poids par mare d’auvre. Il sera beau, rond et de bonne taille, au reméde de huit’ forts‘et de huit faibles. pesant ensemble, les huit forts un demi-esterlin de plus que le poids normal, et les huit faibles un demi-esterlin en ding, sans autres remédes de fort ou de faible. Pour le méme motif que pour le gros, Je marchand recevra povr chaque mare d'argent le roi, en matiéres contenant moins de 7 deniers d'aloi, le méme prix que préeédemment, 7° Enfin J'on fabriquera un denier noir de 2 mites, & A grains 1/h argent le roiet de 18 s, 40 d. de taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et de 12 des- dits deniers en poids, sans autre remede, Le prix donné aux marchands est leméme que dans les deux cas précé- dents. 8" Le maitre particulier pavera au profit du comve tous les remédes qu'il prendra en poids et en aloi, et 3 gros 48 mites pour droitde seigneurage, — Ce droit sera ‘payt on doubles patares 4 deux lions.— Le maltre sera tenu ede fabriquee telle quantité de monnaies tle chaque espiee qui lui sera ordonnée. # Comme le prix du mare (argent était différent, sui- vant qu'il s'agissail de fabriquer les divisions supérieures au gros on bien les autres, il est dit que le maitre parti- 4 Ce pavdayge sous fait connntire quill exisinit wae instevetion antérionte qed be Hons ext pag parvenia, et que ta hanaee des motiiales sete deta culier ne sera tenu de recevoir des mati¢res fondues en grenaille qu’autant qo’elles seront: supérieures au titre de 40 deniers 12 grains; que pour les autres matiéres on les fondra a Ja monnaie, le warchand payant le prix convenu pour Ja fonte '. Les monnaies d'argent, par leur empreinte, rappelaient celles dmises depuis Charles-le-Téméraire. Mais il faut remarquer que l'aloi du double patard et du patard étant conservé, la valeur de ces piéces est doublée. Comme conséquince, l'aloi du gros, unité monetaire, est diminus environ un denier d'argent. Dans les circonstances oi Von se trouvait, cette augmentation de yaleur est parfai- tement justifiée. Et cependant clle ne devait pas s'arréter la. Déja, au moment of cette instruction était donnée au maltre particulier, le double patard valait 8 gros 1/2, ainsi que nous venons de le voir. Bienté. aprés, le 8 juillet de Ja méme année, paralt une autre instruction pour les courtes (doubles mites) forgées audit Gand, dans. laquelle on fait connaltre que le double patard étant porté 49 gros au lieu de $ gros 4/2, il devenait necessaire de changer la traite de cette monnaie inférieure. Beaucoup de monde, dans le peuple, se plaignant de T'insuflisance des menues monnaies, il devennit done nécessaire d'y pourvoir. II est alors enjoint au maitre particulier, nonobstant le contenu de sa premiére instruction, de faire, pour la commodité du Pavure et commun peuple, la quantité de vingt a vingt-cing marcs d'argent.en courtes ou pitces de 2 mites, au méme ©) Dunatrnetion oft lonide au maltre partictlive de ta monjinie de Flandie ‘far Nicolns le B eta, malze gindeal, Lidva, De Moor, gard “ht année entizn =a aloi que précédemment, de 19 sols 7 deniers de taille au mare de Troyes, pesant conséquemment moins que les précédentes. Les remédes en poids et en aloi étaient les inéines, Vu la hausse du double patard de 8 gros 4/2 a gros, chaque mare d'argent converti en courtes était estiodé 5 livres 40 sous 7 deniers gros et une mite. Sur cette somme les marchands devaient receyoir 3 1, 10s. 9 mites gros; le reste, soit 21.6 s.6 d, 46 mites; était pour le droit de seigneurage, la facon et le cuivre. Cette instruction ne modifiait que la courte ou double mite, et cependant toutes les autres divisions du systéme enssent dit |'étre également : c'est ce dont on ne tarda pas 4 s'apercayoir. Une ordonnanee de Philippe de Cléves, seigneur de Winendale, gouverneur de Flandre, en date du 16 octobre de la méme année, et une autre émanée des membres du pays: de Flandre, prescrivirent d'apporter re- méde 4 cet état de choses, et le 23 octobre suivant le maltee général desmonnaies délivrait une instraction pour faire ouvrer des gros, des deniers de 412 mites et des courtes 4 T'avenant du double patard & deux lions, évalué 49 gros. Ilest dit dans le préambule que, par suite de la hausse du double patard de 8 49 gros, le maitre parti- culier n’avait pu faire de la petite monnaie, conformé- went & la premitre instruction; que cependant il était indispensable qu'il y en eit, & cause de la difliculté qu'é- prouve le commun peuple & acheter et vendre toutes sortes d'épiceries, petites marchandises et vivres, et qu'en imo- difiant ladite promitre instruction dans lesens de Ja hausse existante, on ponvait espérer étre pourvu de menue mon- naie, le -maltre particulier ne se trouvant plus intéress¢ par leur fabrication. Voici les passages de cette dernitre instruction qui modifient la premitre ; — 39: 1* Le maitre particulier fera ouvrer un denier blanc de 24 mites (ou gros) 42 deniers 8 grainsargent le: roi, et de44s. 5d. en tailleau mare de Troyes, aux remédesd‘un grain en aloi et de 2 deniers en poids sur chaque marc Weuvre; la diflérence entre le poids du plus léger on du plus fort et le poids légal ne pourra pas tre de plus d'un quart de felin; au reméde de six forts et de six faibles: pourront, peser les. six premiers ensemble un felin et demi en plus, et les six autres un felin et demi en moins qué le poids légal. Le marchand récevra pour le mare d'argent le roi 31. 103. 9 mites, le double a deux lions étant compté pour 9 gros, - 2° Le denier de 12 mites sera 44 denier 22 grains ar- gentle roi, et de 43's. 114. en taille au marc de Troyes; aureméde d'un grain en aloi et de huit desdits deniers-en poids sur chaque mare d'euyre. Ge denier sera fait bean, rondet de bonne taille, aux remédes de huit fortset de huit faibles, pouvant pesér, les huit premiers un demi- esterlin en plus, et les huit seconds un demi-esterlin en moins que le poids légal. 3: La courte ou pitce de 2 mites sera a 4 grains et 4/4 argeatle roi, et de 49 3, 7 d. en tailleau marc de Troyes, aox remédes d'nn grain en aloi et de douze desdits deniers en poids parmarc d'eavre, Le prix donné aux marchands pour chaque mare d'ar- Gent sera le niéme que dans le cas du gros. On peut juger, d'aprés ces détails, que les communes flamandes ne se trouvaient guére plus favorisées sous te Yapport de la valeur du numéraire qu'avant leur révolte contre Maximilien. C'est malheureusement |i un résultat inévilable des réyolutions, quelque juste que puisse tire le motif qui les a fait éclore, et ce sont les premiers effets — 4 — que le peuple en ressent. La rareté de l'argent, qui se cache, améne le renchérissement des denrées et toutes les conséquences qui s'ensuivent. Ce n'est que lorsque la ré- volution parvient & triampher sana obstacle que les choses finissent par revenir peu & peu & leur état normal. Tel n'était malheureusement pas le cas pour les Flamands, Et cependant le roi de France avait fait son possible pour les soutenir, Indépendamment des secours en hommes qu’il leur avait envoyés, il avait, peu de temps apres la conces- sion faite aux Gantois de battre monnaie, rendu une or- donnance en date du 20 janvier 1487 (v. st.), par laquelle it indiquait les monnaies qui devaient avoir cours en Ar- tois et en Picardie et les prix auxquels on devait les re- cevoir. Les anciennes monnaies de Flandre, noble, ridder, florin & Ja croix de Saint-André, ete., y figurent ; mais on n'y trouve aucune des monnaies des archidues qui, ainsi que les autres, sont considérées comme billon. Mais cette sévérité ne pouvait pas tenir longtemps; ces deux pro- vinces étaient trop voisines de la Flandre, oi les monnaies de Maximilien avaicnt cours, et les rapporis entre les deux pays étaient trop [réquents pour qu'il ne résultar pas une gene notable de cette prohibition pour le com- merce. Aussi trouvons-nous, aa date du 46 octobre 1488, ua mandement de Philippe de Créveceeur, maréchal d'Es- querdes, donnant une nouvelle évaluation des diverses monnaies blanehes étrangéres. 11 avait préalablement réuni & Aire les députes des villes d’Artois et de Picardie ; on s'était liveé & leasai desdites monnaies, et l'on avait reconnu qu'il y avait grant empirance® entre les anciennes ' Jui dit préccdommont quo Veipirance tonsit surtout’ la valeur ext. stcée afleetee aux monnaies, et won ad poids eth f'alel qui Gtalent restes is peu prés lex mtanos. we | et les nouvelles. Il avait été décidé que jusqu'a nouvel ordre on prendrait > Le simple gros pout 4 deniers obole; Le demi pour 2 deniers, Et le quart pone 4 denier tourngis ; Les doubles gros au lion de Flandre, que l'on nomme ~ eoppenolles," pour 48 deniers; Le double gros au griffon pour 20 deniers, Et le double dudit griffon pour 4 sols A deniers tournois. Ces lettres du maréchal d'Esquerdes, of l'on voit que les monnaies émises par les révoltés étaient estimées moins haut que celles de méme valeur du roi des Romains, in- diquaient uve tendance do roi de France & ne pas faire longtemps cause commune avec Jes Gantois. Des événe- ments survenus dang J'intervalle des deux mandements précédents avaient en effet dd modifier la mapidre de voir ou d'agir de Charles VII. Le 16 mai 1488, Maximilien était parvenu & sortir de Bruges au prix d'un serment qu'on lui avait arraché, et qu'il savait d'avance ne pas devoir tenir. Ilse remit bientét en campagne contre les révoltés, Ancun document me nous est parvenu qui in- dique que, pendant cette guerre, ce prince ait fait battre monnaie dans une autre ville de Flandre, & défant des ateliers de Bruges et de Gand qui lui étaient fermés*. Ce n'est qu'aprés sa réconciliation avec Charles VII, suivant letraité de Franefort du 49 juillet 14480, que nows trou- vons, 4 la date du 26 novembre de |a méme année, une lettre close de Charles de Groy, prince de Chimay, lieute- ‘Las doubles gro disignés sous lea noms de coprolites sont ceux portant In [egende : yaa litertes Dro grata arin date 1468. ® DL est probmble que ex atelier du Bratunt fowrnissaient & Maximilien Ie Dumérhire nécessuire pour soldee sez troupes. == nant de Maximilien et de Philippe-le-Beau, et lew capitaine général au pays de Haiuault et de West-Flandre, pour faire forger des monnaies dans Ja ville de Furnes, Il n'est pas hors de propos de rapporter ici les consi- dérants qui précédent linstruction. « ..,.. Comme: pour « furnir aux grands frais et despens que meadis seigaeurs « et leurs Iéaux subgeets audit pais de West-Flandres ont « ef soustiennent, journellement ‘en, l'entretenement des « gens de guerre estans audit pals, et autres charges en «diverses manitres, il soit besoing de grans finances « etdeniers, et que 4 cause des guerres ledit pais soit fort « dépourven dor et d'argent monnoié; nows au nom de « mesdis seigneurs, pour pourveoir ace que dit est, et « qué lesdis gens de guerre puissent tant mieulx et plus- « lot estre: payés et contentés, et A la requeste des villes « dudis pais, avons par grande et meure délibéracion et a « Thonneur et prouflit de mesdis seigneurs ouvert en Ja ville de Furnes une monnoie, ety, par nos lettres pa- tentes, commis ofliciers souffisans et & ce pertinens. Et... commetons par ces présentes Ambroise Dieregard maistre particulier de ladite monnoie..... pours... faire ouvrer ct monnoyer..... tele deniers dor et dargent et a telz noms et armes que est Je patron a luy baillié, et « comme Jes papiers en lieu de patron contiennent, qui « sont'en mos mains, a tout tel prix et alloy que on a fait « enGhelre, et Hollande et 4 Malines..... 9 L'atelier de Furnes n’était donc que temporaire et des- tiné seulement & fournir le numéraire nécessaire pour payer les troupes du roi des Romains, Quelles éiaient ces monnaies? Crest ce quwil n'est guére possible de savoir. lle st probable qu’elles devaient étre identiques a celles émises pav Maximilien lui-méme, ex vertu de lordoneance x & @ 2 * @ a eS SUL LLU TCC CCT —— de 1487. Je ne connais d’ailleurs aucune pitce que l'on puisse attribuer A cet alelier temporaire. L'absence de différent indiqué dans l'instruction empéchera longtemps de les reconnattre. Voici du reste le texte de ladite ins struction : « Premiérement Jedit maistre particulier fera ouvrer des « deniers dor appelés demy nobles, lesquelz deniers seront a de vingt trois caras de fin or en alloy et de six solz en « taille & Jaremede dun grain dor finen alloy et dun demy « estrelin sur lo mareq de Troyes, et seront lesdits deniers « ouvrez beaux et rondz, tailliés de bon recours a Ja re- a mede de trois fors et trois febles sur chacun marcq « denvre assavoir que le plus fort pesera ung quart de ¢ fierlin plus que le droit, et le feble ung quart de fierlin « moins que le droit, sans quelque autre remede de fort ou de feble, desquelz deniers Jedit maistre particulier sera lenu de payer Amesdis seigneurs pour leur droit et seignouraige de chacun mareq dor fin, quatre livres dempinince, 1» «a Item, ledit maitre particulier sera venu de recevoir les marchans et chambgeurs sur telz empirances quileura esté ordonné des généraulx et payera ausdis marchans « et chambgeurs pour chacun mareq dor fin soixante cing livres six solz huit deniers d'empirance, compté les vingtlivres pour vingt et une livre dix solz d'empirance. » « Jtem, ledit maistre fera ouvrer des deniers dargent de « douze gros la piéce lesquelz seront de neuf deniers et « seize grains fin en alloy et de cing solz six deniers en « taille sur le mareq de Troyes, & la reméde d'un grain « fin et dun demy diceux deniers sor le mareq d'teuvre, « et seront lesdits deniers beaux et rends et tailliés de « bon recours, au reméde de quatre fors et quatre foibles 2 a ee a =a es sur-chacun mare deuvre, assavoir le plus fort pesera « ung quart de fierline plus que le droit, et le plus foible « ung quart de fierline préz Je droit, sans quelque autre « reméde de fort ou de foible. » « Item, ledit maistre fera ouvrer autres deniers dargent « de six gros Ia pieche et de six deniers dargent fin en walloy et de six solz dix deniers en taille sur chacun « mareq de Troyes 4 la reméde d'un grain fin en alloy et «dun estretin en taille sur chacun marcq deuyre. Les- « quelz deniers il fera ouvrer beaux et rondz tailliés de « bon recours au reméde de quatre fors et de quatre foi- « bles sur chacun mareq; assavoir te plus fort pesera ung « quart de fietlin plus que le droit, et le plus foible ung « quart de fierlin préz le droit, sans quelque autre reméde « de fors ne de foibles, » « Item, ledit maistre fera ouvrer encoires autres deniers «dargent de tris gros Ia piéce estans de trois deniers «dargent fin en alloy et de six solz et onze deniers en « taille sur le mareq de Troyes, & la reméde d'un grain * fin en alloy et dun des susdits deniers en poix sur chacun « mareq deuvre, deniers lesquelz il fera ouvrer beaux et « ronds, tailliés de bon recours au reméde de quatre fors'et « quatre foibles‘sur chacun mareq, assavoir le plus fort © pesera ung quart de fierlin prés du droit, et le plus foible «ung quart de fierlin moins que le droit, sans quelque « autre reméde de fort ou de foible: » « Hem, et touchant d'autres petites et noires monnoyes'se « Tera paclordoonance et considération du général maistre, «se mestier en est. » Le droit de seigneurage est par mare d'argent fin de 5s. 6d. de gros. Le maltre particulier pavera en outre, ati prefit du comte, tous les remédes qu'il aura pris tant en — poids qu'en aloi. Les marchands recevront. trois. livres douze sous de gras par mare d'argent fin, Vexagération de la valeur et le titre inférieur de la monnaie, ce dont il est ais¢ de s‘apercevoir en comparant cette instruction avec celle de 1487 ', font voir qu'il s'agit bien ict de piéces de circonstance ou de nécessité; dis lors, il n'est pas étonnant qu'on ait cherché a les rotirer plus tard de Ja circulation et qu'on n'en retrouve plus. Le traité du Francfort rendait 4 Maximilien la mainbour- nie de son fils et était un acheminement yers la paix. Eelairé par l'expérience, ce prince essaya d'adoucir les Flamands par des concessions. Au point de vue que nous examinons ict, c’est-A-dire sous Je rapport des monnaies, les résolutions qu'il adopta furent remarquables. Une.or- donnance monétaire du 14 décembre 1489 preserit émis- sion de nonvelles monnaies, estimées & un taux régulier, ainsi que nous le verrons par l'instruction délivrée au malice particulier, transcrite ci-aprés, Mais il y a encore plus: le roi des Romains diminue d'une maniére notable l'éva- Juation exagérée 4 laquelle avaient été portées les monnaies Trappées par ses prédécessoors et par Iui-méme antérien- rement 4 cette date, Ainsi, pour ne parler que des mon- naies le plus récemment faites, les florins a la croix de Saint-André devaient avoir cours comme anciennement pour 20 patards, soit 50 gros; les demi-nobles d’Autriche, de 72.4.724/2 au mare pour 48 gros *. Et parmi les mon- naies d'argent : u Le grand réal d'argent est avantaigé en cours A cause 4 Hest cvident qu Ia pita de 12 gros neat autre qhose qne le dente pr- tant ot well os he simple portnrd, 7D n’est pos parte du grand oval dArtriclie. — 4 — « que c'est ung denier de parement', et aura cours pour « quatre patars et demy. » « Ttem, les doubles griffons, pour 11 patars. » « Item, les sengles griffons, pour 1 patart. » « Nem, les doubles deniers 4 deux heaulmes * que l'on « forge maintenant pour 44 patars. » « Et Jes demi dyceulx pour 1 patart, » « Et les saingles diceux pour 4 gros, » Les monnaies des prédécesseurs de Philippe Je Beau se trouvent naturellement estimées & un prix moins élevé, comme il suit : « Les grands doubles Karolus pour 3 gros 4/2. » « Les singles Karolus pour £ gros 18 nites, et les demy « Karolus dicenx pour 20 mites. » « Jtem, les doubles & deux lyons que feu M. le duc « Charles de Rourgogne fit forgier, pour 3 gros un estrelin, « et Jes singles diceulx auront cours pour 1 gros it es- « trelins, » « Item, les doubles malines pour mi gros 1 éstrelin et « les saingles diceulx 1 gros m estrel. et les demi diceulx «ke mites, » « Tlem, tous gros de Maria et ceulx qui depuis ont esté « forgiés és monnoies auront cours pour vir mites de « Flandres, » sw Item, les demy gros fais semblablement au mesme 4 Ceci vent dire probablement que bien que le grand minl ft une monnaic, co n'vinit pas une monmai¢e msnelle proprement dite, Lo grand rival d'or devait @tre dans lo mime coe, * Jonecounnis do doubles patards anx denx heanmen quo ceux frappés pour le Brahant; wst-co do cette monunin quill agit? Cest probable, car je nexois pas an place dans lamonnaie dy Flandre: =i « temps et anssi forgiés es monnoies da Roy nostre sire « auront cours pour it mites, » « Item, les gigox semblablement faiz ou meses temps a pour tit mites de Flandres, » LVordonnance ajoute : « Et généralement toutes noires * monnoies quelles quelles soient qui présentement ont * cours, seront réduites tellement que en recepyant ou en « payant, les trois piéces ny vauldraient que une, et en- # coires tant senlement n'auront cours que jusques a ce que «la nouvelle noire monnoie sera forgié A bonne quantité « pour en sortir le commun peuple, » On ne pouyait plus loyalement reconnaltre ses torts ct tacher de les réparer en abassant le taux des monnaies ayant cours 4 leur véritable valeur, La méme préoecupation se fait remarquer dans !'instruction qui suivit la reddition de cette ordonmance, et dont voici la partie concernant Ia fabrication des monnaies ', 4° Premitrement, le maitre particulier fera nn denier d'or fin appelé double Horin au Saint-André, le noble Hen- ticus compté pour fin, de 3.5. 8d. 3/4 de taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et d'un demi-ester- lin * en. poids sur chaque mare @euvre. I pourra y avoir par marc deux forts et deux faibles, dont la dillérence de poids avec le poids normal ne dépassera pas pour chacun * Cotto inntrnotion, sone daly, est en famund; ello est donnée, aa nom dn Tol des Romninw et de lwrehidue Philippe, eon file, an maitre particulier de. Ja monnaie de Flandre, * Jetmduie, comme précidemment, haleen eughelsche pur on demices= Merlin, On powrrit aul aupposer sousentendu In mat wobelen ot traduire Aaleen enghelache modelen par un demfenadl, Comme on vient de parler di thre dos nobiles I: cola n'unmit ren d'étonnant. dc laisse c@ polne a cider one Knguiates flamanis, i un asquin en plus ou en moing, sans autre reméde en poids et en aloi. Ce denier aura cours pour AO patards de lanou~ relle monnaie, Le prix du mare d'or donné ant marchands sera de 4h lb 4A s. 2d. gros. et le droit de seigneurage et Ja facon seront payés 43. 2d. gros. 9° [edit maltre fera faire aussi Ie lorin de Bourgogne & ln croix de Saint-André, semblable en poids et en aloi & ceux frappés jadis par les ducs Philippe et Charles de Bourgogne, pendant lenr vie, savoir, & 19 carats d'or fins allié A Acarats d'argent et 1 carat de cuivre, et de 6 sous de taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain én aloi el dun demi-esterlin en poids sur chaque mare d'ceuvre. Il pourra y avoir par marc trois forts et trois faibles, de sorte que Ia différence de poids de chacun avec le poids normal ne soit pas plus un aeskin en plus ou en moins, sans aucun autre reméde en poids et en aloi. Ge florin aura cours pour 20 patards de la nouvelle monnaie. La traite du mare d'or fin sera de-15 lb 3.8.1 d, 21 mites et 9/19 de mites gros. Les marchands recevront 1A lb AAs. Bd, grog; il restera donc pour droit de seigneurage et ouvrage 8s. 44 d, 2 mites et 9/10 de mites gros. L'aloi qui se tronve dans ledit florin: est estimé valoir os. gros. 3° Le demi-florin de Bourgogne au méme titre que le florin sera taillé & raison de 12 s. au mare de Troyes, au reméde d'un grain en alloi et d'un demi-esterlin en poids par chaque.mare d'muvre. HW pourra y avoir par mare six forts et six faibles, dont In diffrence en plus ou en inoins pour chacun avec le poids normal sera an plus d'un aeskin. La traite du mare de fin or, le prix & donner anx marchands, ete., ete, sont les mémes que pour le florin. Lon payera aux marchands le mare @aloi, cing livres quatorze sous d'empirance. Le droit de seigneurage par mare dor fin est fixé & 23 gros, et par mare d'argent le roi & cing gros dix- ‘huit mites. Le maitre particulier payera d'nilleurs au profit du conite tous les remédes qu'il aura pris en poids ou en — aloi. f° Le maitre fera un denier d'argent appelé le grand double, & onze deniers dix-huit grains argent Je roi et de 8a 3d. de taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et d'un esterlin en poids par mare d'auvre. ‘Hl pourra y avoir par marc deux forts et deux faibles, dont Ia difference en plus au en moins avec le poiils normal gern pour chicun d'un deuskin au plus. Ce denier anra cours pour quatre patards. La traite du mare d'argent est fixée 426s, Gd. 15 mites et quinze quarante-luiti¢mes de mite gros. L'on donneraaux marchands 24s. 6d. gros, il restera. par conséquent pour seigneurnge ct brassage 42 deniers 15 mites et 15/48 de mite gros, 6° Le double patard sera fait & 10 deniers argent le roi, et de 5s. Gd. de taille au mare de Troyes au reméde d'un grain evaloi et d'un esterlin en poids par mare d'anvre. Il pourra y avoir par mare trois forts et trois Itgers, dont In difference en plus ou en moins avec le poids normal ne dépassera pos pour chacun plus d'un deuskin. Ce denier aura cours pour deux patards, La traite du mare argent le roi est fixée A 26 5. 7d. A mites 1/2 gros; le Marchand en veceyra 25 8. Gd, gros, le reste sera pour stigneurage et brassage. Un autre denier d'argent none pward sera a six de- Wiers argent le roi et de Gs. 8d, en taille an mare de Troyes au méme reméde que pour le double parard. I pourra y avoir par mare quatre foriset quatre faibles, dont la diférence de poids en plus ou en moins ayee te poids 4 =f Iégal ne dépnssera pas un deuskin pour chacun, La traite du mare d'argent est fixte A 27.8. 8 d. gros, sur lesquels fe marchand recevra le méme prix que dang le cas du double patard. « Et parce que ladite traile du patard est trés-courte, le roi a ordonné que Jedit maitre avra Vune moitié du re- méde en poids et en aloi, parce que le prédit maitre sera tenu de faire plus de patards pour le contentement du commun peuple, bien entendu pour ce denier seulement et nul autre. » 7 L'on frappera aussi un denier d'argent appelé gros qui vaudra un demi-patard, & cing deniers en argent Ie roi et de is. 4 d. en taille au mare de Troyes, au re- méde d'un grain en aloi et de buit des mémes deniers en poids sur chaque marc d'muvre. La traite du mare (argent le roi sera de 27s. 2 d. 9 mites et 8/5 de mite pros, sur lesquels le marchand anra 25s, 6d, gros, le reste étant pour seigneurage et ouvrage. $° Un demi-gros sera aussi émis & quatre deniers argent le roi et de 48 s. 4 d. en taille au mare de Troyes, au re- méde d'un graincnaloi et de six des mémes deniers en polds sur chaque mare d'cuvre. La traite du mare d'argent le roi sera de 27 5, 6 d. gros, sur lesquels le marchand receyra. encore 25 5, Od. gros. 9 Le quart de gros sera fait 4 trois deniers argent le roi etde 28s. en taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et de huit des mémes deniers en poids sur chaque mare d'eeuvre, La traite du mare d'argent le roi sera de 28 sous gros. Le marchand aura le méme prix que ci-dessus, le resle Glant pour seigneurage et ouvrage, 40° Le maitre particulier fera fabriquer aussi un denier —j—= argent nommeé denier, dont les douze feront un patard ', deux deniers argent le roi et de 20s. Gd. en taille av mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et de neuf des mimes deniers en poids sur chaque mare d’euvre, IL aura cours pour quatre mites de Flandre. La traite da mare dargent le roi sera de 20s. 8 d. gros, et le marchand re- cevra le méme prix que dans Jes eas préeédents, 41° L’on fera aussi un denier nommé courte, ayant cours pour deux mites, et dont vingt-quatre vaudront un patard, Ii sera & douze grains argent le roi etde 108. en taille au mare de Troyes, au reméde d'un grain en aloi et de huit des mémes deniers en poids sur chaque mare d’wuvre. La traite du mare d'argent sera de $8 sous gros, sur lesquels Je murchand recevra encore 25 3, 6 d. pros. 12° Enfin il sera fait un autre denier noir nommé mite, ‘yank cours pour une mite, et dont 24 vaudront un gros, I sera 4 six grains-argent le roi et de 26 sous de taille au marc, uu reméde d'un grain en alot et de dix destlitg de- niers en poids sur chaque mare d'muvre. La traite du mare d'wuvre sera de cinquante gros'sous, le mareband receyant le méme prix que ci-dessus *. Nous voyons apparaitre ici une nouvelle espbée de mon= naie, le double Morin d'or. L'ancien type dudit florin est da reste abandonnés au lieu du saint André debout, l'on ne voit plus ce saint qu'é mi-corps, tenant devant lui !' éeu aux ‘TLeteste flaminnd dit : eenen zelceren penning gheherten pennyng. * Les plies frappits en vortn de cutte imitruction sont celles sar tenquelien Maximilien prend simplemunt le ttre de Pere da Philippe de Bows que Ton Be pouvalt certcr lu coutester, Siilen edt taujours agi sinsi, il se seraic cottainement ¢pangné blen des Wusaentments, ‘On ett dtonnd dy suirrepiraltee jel Ia mite dont il n'est, plan fait mention Aepuin longternps, Cette divisiin we s'est pas retrouven + ofle n'est dluilleurs Pas ludkyade dans fex comptes des malice poitic alice armes de Maxitiilien et de Philippe le Beau, Les montaies ile cette emission sont les memes pour toutes les provinces des Pays- Fas, et celles de Brabant, qui sont datées, peuvent aider par vonséquent & leur classement. L'ordennance da 1A décembre 1489 Gait en effet applicuble & toutes les possessions des archidues, et l'ow y désigne les lieux ot lon ouvrira des ateliers monétaires. a tem, et aflin a que les pays soient mieulx sortys des deniers qui nou~ » -vellement se forgeront, et que les marchans et changeurs » mayent cause de porter leurs matitres dor et dargent « hors du pays du roy ot de mondit seigneur tarehidue son a filz, est advisé et conclu que des maintenant seront ou- « vertes cing monnoies, assaveir : une en Brabant, une en © Gheldres, une en Flandres, une en Hellande, et une et: w Flaynnau, en telz Tieux quill sera advist,.... 9 ha rédietioa considérable dans le taux des monnaies résultant de Vordonnance précédente et de Vinstruction qui la suivit, devait amener une perturbation dans le payement des rentes ct des dettes contractées sous Yem- pire des précédentes évaluations. Aussi une partie de la~ dite ordonnanee est consacrée aux prescriptions relatives: icet article. Ce n'est certes pas une des phases les moins curieuses d'une histoire monétaire que cette nécessité ot Yon se teouvait de prescrire par yoie d’ordonnances les rapports entre les débiteurs et les eréanciers, et dinter- venir & chaque instant, pour ainsi dire, dans les transac- tions commerciales. C’était une conséquence forcée de la yuriation incessante de la valeur des monnaivs, digne d'at- tirer T'attoution de I'bistorien et de l'éconemiste. (esta ce titre que je transcris textuellement ce passage 24 ..... fem, a St Ordunne que toutes manitres de debtes, faictes et «contructées auparavant lentyée de ceste ordonnanee, & —s3 — «wenuse des deaiers prestéz ou de vendician de denrées, «marchandises, terres, héritaiges, louniges de maisons, a arridraiges de rentes et autres semblables, dont les ter- «mes de payement sont escheuz ou eschérout avant len- « trée de ceste ordonnanee, se payeront et rembourseront wen la maniere que sénsieull, assavoir : celles dont les « payements sont escheus avantle jour Saint Jehan, quatre a Vings et sept, se payeront en florins de vingt patars « pidce de la nouvelle monnoia qui sera forgée par ees~ « dites ordounances, Ttem, les debtes desquelles les paye~ ww mnens sont é¢heuz depuis ledit jour Saint Jehan uu"vu « jusques au Nodl ensievant audit an, se payerout esdlits «florins dor au pris de vt solz gros) monnoie de Flandres « piéce. Item, celles dont les payemens sont escheuz de- « puis le Nodal nut et sept jusques & la Saint Jehan quatre « vings huit se payeront esdis Norins au pris de sept solz «gros dite mounoie piéce, Hem, celles qui sont escheues « depuis ledit jour de Saint Jehan au"yit jusques au Notl ‘@ ensievant audit se payeront esdis florins au pris de « huit solz gros monnvie que dessus pitce. Jtem, celles qui «sont escheues depuis ledit jour de Noel wa" huit jusques «4 la Saint Jehan an neuf se payeront esdis florins au « pris de neuf soli pros pitce. tem, et celles qui sont es- « cheues depuis ledit jour Saint Jehan un neuf jusques «au jour de ceste dite ordonmance, se jayeront esdits ‘florins au pris de dix solz gros dicte monnoie. pidce ; «saul toutes fois que se ts lieus ou ledit Dorin dor naura * point eu cours pour lesdis dix solz gros durant ce dit «darrain demy an, se payeront lesiites debtes es- «cheues en icellui demy an soullement selon et & tel pris « que ledit florin dor aura eu cours esdits leux eo} « saulf aussi que se les obligations et convenances dos- —si— a dites debtesestoient autrement {aictes, Jon entretiendroit « les formes dicelles obligations et convenances touchant « lesdis payemenset seront tenus de ce faire Jes debteurs. « Item ou cas que lesdites debtes escheues depuis ledit « jour saint Jehan im™vu ne sont payées en dedans le « terme dun mois aprés la publication de ces ordonnances, a les debteurs seront tenus aprés ledit terme dun mois « expiré, payer icelles debtes au pris de ladite nouvelle « monnoie. Jlem s¢ parcidevant aucunes terres, maisons, héritaiges, préz, bois, mourez, dismes ou autres sem- blables biens, ont été bailli¢s 4 ferme ou admodiacion & « livres, solz et deniers, dont les arri¢raiges ou partie « diceulx escheirent avant le jour de Saint Jean ain et « sept sont encoires a présent deubz par les censiers fer- « miers ou admodiatenrs, seront tenus de payer les- dis arriéraiges escheus et deubz comme dit est, en florin dor cludit pris de vingt pattars de la nouvelle mon- noie ou aultre monmoie ayant cours par ladite ordonnance, ala valeur dudit florin dor. Et quant aux arritraiges diceulx: biens qui sont deubz et escheus depuis ledit jour Saint Jean srt sept jusques au joor de ceste publication ilen sera fait comme des debtes contenues és articles préeédens, Et an regard des {ruiz prouflis et émolumens desdites terres, maisons, héritaiges, prez, bois, mourez, dismes et autres semblables biens, quisont A présent, et seront cy aprés bailliés & ferme on admovliacion & la manidre dicte, dont le terme de payement eschera apres ladicte entrée et publication de ces présentes ordon- nances, lesdis debteurs, fermiers, censiers ou admodia- teurs seront tenus de payer lesdites fermes ou admodia- cion desdis termes advenir, esdis florins de vingt pattars « dela nouvelle monnole pidce owen aultre monnoie ayant a an Sms Ra ee & RReRaAe 6 — hh — a cours par icelle ordonnance, 4 la valleur dudit florin a dor. Item que a lentrée de ceste ordonnance, toutes les « renles héritables et viaigitres qui ont esté vendues 4 « livre de gros monnoie de Flandres, devant le Saint Jehan « W"vi se payeront en cours 4 livre de gros assavoir : e six forins dor telz quils seront forgiez par ceste ordon- « nance; et sil advenoit que cy apres lon en vaulsit aucune « rachatter, lon payera pour chacune livre de gros six a florins dor, etse cestoient aucunes rentes sur maisons ou « corps de villes, ou personnes. particuliéres qui fussent » chargées 4 livres de quarante gros, lon payera pour le -« cours de ladite rente de quarante gros la livre, ung flo~ « rin dor: et aussy Se aucunes rentes estoient yendues «comme dessus 2 livres parisis dite monnoie, pour la » livre lon sera tenu de payer demy florin dor pour le « cours do Ja rente de chacune livre parisis et aussy de a toutes autres rentes 4 l'avenant. Mem que toutes les = rentes héritables et viaigéres qui sont vendues au pays «de Hollande Zellande et Frize A Guillermus dor se ‘« payeront decy en avant pour chacun Guillermus ung 4 Gorin dor ou vingt pattars de la nouvelle monnoic pour © ca qu'il est dit par ceste ordonnance que ledit Guillermus « naura plus cours. Jéem des rachas de toutes maniéres de _@ rentes lesquelles ont est¢ vendues depuis le jour de Saint a Jehan i et sept et que par conyenanches lon peut a rachetter, payera lon en telle mannoie, comme furent « achetées lesilites rentes ou la valeur en aultre mannoie, | ayant cours par ceste ordonnance. Item et au regard du « cours desdites rentes pour le temps advenir, aprés la ‘4 publication desdites ordonnances, elles se payeront de s telz deniers qui auront cours par ceste dicte erdonnance, = meismement est & entendre que les rentes achetées A — 30 n alenier dor, se payeront & tele deniers dor comme le « contiennent Jes lettres desdits achats, ou en aultres u deniers & Ia valeur et selon icelle ordonnance. Mem et u an regard des payemens des termes advenir aprés la~ u dite publication, deubz pour raison de marchandise, « deniers emprantéz, deniers de change, deniers promis et « aulires choses semblables, ilzse payeront 4 florin dor « ou la valeur en autres deniers dor et dargent au pris « qu'il avoit conrs au jour de Ja vendicion desdites mar~ « chandises, pretz fais, que lesdis deniers de change « furent bailliés et que les promesses desdis deniers pro- « mis furont faictes, saulf toutefois que se par aucunes « lettres ct convenances bailliés, il estoit autrement dit et « traietié; en ce cas lon sera tenu de payer selon Is teneur « desdites lettres et convenances'..... » t Pordonnusie dud décembre 1449 eontieut encore diverrea prescrip- tions relatives tint aux ocfévree qu'aux changetirs, et quelqwes autres que valel, consermant specinlement Ja fabrieation dea monies, Les muttres particuliers, avant ds commencer A tenyaillet, denneront can- tion ef recevront des malires génerans Ie patvon de mare; et, en rendant Jos bottes, Jureront quiila n'ont rien délivré, si con'est conforniimant ’ ce patron, Les boltes serant ferméen A trois ¢lefs qui seront gariléss dane Ia ehamlire des comptes, Elles seront ouvertes une fola Tan, en prtsence du muttre go- niril de toutes lea monnaies, de celui des monnuies du pays, ot de crux des villes ob Von form 1a monsalie, Leniattce particulior o droit & on grain de cembde; s'il premd lene grains, il payera quates grains d'amendo; s'il prend trols grains, il acen pani par Ia jostice du chaudron, [1 anra droit.A wo eaterlin en-polde par mare d'oruvre de vemide sur des grapda donlors d'argunt, ot sur les petits k proportion, STL rend dows esterling, iLen pnyera quatre d'amende; s'il em prend trols, if sora punk pur ln justice da ehaudton, Sur Ins deniers der, il y atra tin demi-etterlin d¢ tolérance; 2! prend no esterlin, i sera & Vomonle de deux esterHiey of porwr un esterlin ot eini, ce sera pur Ia justige du ehaudron, — $e Gand n'avail pas adhéré 4 la paix de Plessis-lts-Tours, signée le 30 octobre 1489, et continuait & se tenir en hos— tilité contre le roi des Romains, malgré les efforts qu'avait faits Ie comte de Nassau, lieutenant de Maximilien, pour calmer les révoltés. Cependant, comme la résistance venait surtont da désir d'échapper aux conditions humiliantes et onéreuses que contenait ce trailé, et que l'on pouvait eapé- rer voir le prince revenir A des sentiments plus bienveil- lants, il est 4 présumer que les Gantois s‘abstinrent, apar- tir de 1490, de continuer & user de l'octroi que le roi de France leur avait fait, et qu'ils n'émirent aucune monnaie peaduatle courant de cette année. Du moins il ne nons en est parvenu aucune, Mais iln'enest pas deméme del'année 1AOL. Le LI juin, Gand se déclave de nouveau en révolte ouverte, et le fameux doyen des métiers, Jean Copenholle, Les gardes phoerunt les florins et antecs dentara par: trois mares, et ehucun teoltment, de manitre & s’ssurer que chacun ne dipaume pas Je rumbtie preserit, Les deniers trop fables weront coupés et refindus, Vouvrier perdra. sou sulaire, payera dix fluriue d'amenda, ot ne pourra travailler duns aucune monnais jusyo’s ce qu'il ait eorcig’ som ouvraze, Uns eantre-guvde sera noted par conx deta (ot dos villes of se fait In mon- nade, qui certifiers que les deniers sont conformes aux ordonnaueces, ‘Le garde et le couter-parde amistevont 4 Ia déiiveanee du billoa, ‘Tons les officer des monnales ne poront regis qu'npris examen passé de~ ‘vant lo taltre sfavral de tones les monnnies, Défense do reeevolr et fulre circuler des monnates n'ayant pus le poids, A eet effet, dans chaque ville, on nommers deux of trols perounoa on plas, paydes pur In villa, chargées de peser les deniers qu'on leur prosentera, emus pouvolr em vendre ni en acheter, Quand elles en trouverant de trop Hers, elles los renidrowt & leur posiesseur, en le prevenans data faute qui s'y trouve. Pour autlifaire aux beaaits de corte charge, fe ferant faire des petite biequets gernis des qwlds de ton, du ridder, de florist, et autres, poor que chacun puisse s'asrurer si lew denices d'or vatle poids veri. Jusqulay Je mars 1490, les deniers désignds b la préiente ordoniaiicn pourront avoir cones pour les prix five, et pourra quvila soient beaus et son anigpias est mis & la tite, comme capitaine de la ville. Pendant celle nouvelle levée de boucliers qui dura jusqu’au 20 juil- let 1492, nous voyons par deux patards portant la date de 41494, et le nom de Ia ville de Gand, que le magistrat de cette ville fit de nouveau travailler dans l'atelier monétaire, conformément & l'octroi qui lui avait été fait, Bien que cette division seule nous soit parvenue, il est vraisem- blable qu'elle était accompagnée de toutes les autres pitces du méme systéme, telles que double patard, gros, pitces de 12, 6 ot 4 mites, etc., etc. L’absence de l'instruc- tion monétaire qui dat étre alors délivrée au maitre parti- colier, et que je n'ai pu retrouver, m'empéche d'aflirmer Texactitude de cette hypothtse. La révolte s'était étendue beaucoup moins que la pre- mitre fois, grice aux efforts des lieutenants de Maximilien. Pou de villes avaient fait cause commune avec Gand. Bru- ges était rentrée dans l'obéissance, dans le conrant de dé- cembre 1490. Aussi le roi des Romains put-il, sans attendre Ja réduction de Gand, convoquer, vers la finde 1401, les Btats généraux non-seulement dela Flandre, mais aussi du Brabant et des antees pays, qui se réunirent dans la ville de Malines, Cette assemblée s'occupa des monnaies, et trouvant peut-éire que la réduction fixée par l'ordon- nance du 14 décembre 1489 était exagérée, vu les circon- stances, elle demanda que le florin d'or & la croix de Saint- André fit évalué & 24 patards, an lien de 20, eb les autres monnaies 4 'ayenant. Maximilien s'empressa de se rendre au désir qui lui était manifeste, et rendit en conséquence soudds, Passd cetle ¢poqné, on te sera plun tenu de les recewnir, mals cour qui votideotit Lo (hire lo pourront jusqu’s PAques, wans contravention, Apets cette Choque, on we Tes comaiderera que comme billen, —— une ordonnance &la date du 4" avril 1494, avant PAques (1492), ' dans laquelle, aprésavoir désigné lea monnaies nouvelles dont la fabrication était ordonnée, il rappelle les monnaies tant d'or que d'argent dont le cours était tolérd, Parmi celles-ci nous trouvons le patart forgié & Gand dit Coppenolle évalué dewx gros et ung gigot. Ce fait dit asscz qué Maximilien reconnaissait que les Gantois avaient agi également, lorsqu’ils avaient émis cette monnaie en vertu d'une autorisation régulitre du suzerain ", sans quoi nul doute qu'il n'eit relégué cesdites monnaies parmi celles classées comme billon *. Les monnaies nouvelles indiquées dans l'ordonnance précitée, devaient Ctre aux types adoptés en 1A7h, par Charles le Téméraire, et suivis en grande partie par sa fille. Leurs (désignations n' étaient que la reproduction de celles contentes dans une instruction antérieure en date du 24 mars 1491 (vy. st.), et dont voici Jes extraits, en ce qui con- cerne les monnaies d'argent, les conditions pour la fabri- cation du florin d'or, seule piéce de ce métal qui y figure, © C'est par le prfambule do lordonnauos que nous avons appris ce qui précdda, 211 faut rapporter au mi@me motif le parden qui fut mccordd par Io troltd de ‘Cauant aux ouvriern qui uviient Levallié & la fabrication des toonnaies gxn- tolses, ainsi que Je mentionno article suicant do co traiths = Les francs monnelvurs, quy, durant lon divisions ont furgé i Gund sana w lo congé et ordonnance du prince, demenrerout en leurs Irancisea et » libertés, ot lenr sera Te fait pardonné. » (V. J. Rouyer, op, eit. Krewe funism,, année 14%, p. 138.) 2 La howe des momnnica ndeoesitait de nouvelles prescriptions pour Ie Poyement dea detton on des rentes de toute aaptes, Maximilien ne manqan pra A cotte obligution. [I décide qu’s partir du jour du Ix publication de Vor- donnunce de M9 jusgu'aw jour de lapparition de In nouvelle, lca dettes, rentes, ot.,caront palydes suivant l'anumeérntion fixde d Vordonnanes de 1429, et que, i partie de 1a publication do celle de 1991, l'on rdglera an tans indiqué our lea mouualea par tote deraitee, — 60 — tant les mémes que précédemment, et n'y ayant que la valeur qui soit changée, étant portés & 24 patards. « Item le maistre fera forgier le double pattart 4 deux « lyons a dix deniers argent le Roy et de sept solz en Laille « au marc deuvre qui aura cours pour quatre gros au @ reméde d'un grain en alloy et duu diceu!x deniers en « poix sur chaseun mare deuvre, lequel il fera ouvrer bel « el ront et tailler de bon pois, assavair que le plus foible « sera taillié Aung aeskin prés du droit, et le plus fort « Aung aeskin plus fort que le droit, au reméde de quatre « fors et quatre foibles et non plus. » « Jtem ledit maistre fera forgier ung autre denier blanc « @unglyon, qui aura cours pour deux grosa cineq deniers « argent le Roy, et de sept solz ung denier de taille au « mare deuvre, au romede dun grain en alloy et dua e demy diceulx deniers en poix sur chascun mare deuvre, « lequel denier il fera ouvrer bel et rond et taillier de bon « poix, assavoir, le plus foible sera taillié& ung aeskin prés « du droit, et le plus fort Aung acskin plus fort que le droit, « an reméde de cineq fors et de cineq foibles et now plus.» « Item, ledit maistre fera forgier encores ung autre de- « pier blane A ung demy lyon & quatre deniers argent le « Roy ct de xns.v.d, de taille au marck qui aura. cours pour « ung gros, au reméde dung grain en alloy et de deux « diceulx deniers en poix snr chascun mare deuvre; lequel « denier il fera ouvrer bel et rent et taillier de bon poix, « assavoir : que le plus foible sera taillié & ung deuskin « pres du droit, et le plus fort sera taillié i ung deuskio « plus fort que le droit, au rembde de six fors et six foibles « qui pourront estre plus foibles lesdicts six foibles ung « ferlin et demy, et lesdicts six fors um ferlin et demy « sans autre reméde, © —tHf — Cetie instruction ne tarda pas 4 étre niodifide par une autre rendue le 18 juillet 1492. La nouvelle comprenait un changement apporté dans T'intérét du imaitve partica- Hier, et ordonnait en méme temps la fabrication des divi- eons monétaires inférieures au gros qui u'étaient pas pre- yaes dans In précédente. La transeription qui est donnée ci-dessous, apprendea mieux que toute autre chose le motif qui aamend Je prince & consentir & ladite modification. a Pour postveoir aux doléances que nous a fait le « maisire particulier de Iadicte monnoie de Flandres, en « rémonstrant quil né ui est honnement possible de forgier ale denier de gros sclon le brassaige qui tear est tauxt « par sa derrenitre instruction, pour ¢e que sou sallaire « cat trop petit, tow tes(ois leurs charges et despences sont « beaucoup plas grandes.en toutes choses que par cidevant u pont esté, et aussi les matiéres tant cnyvre, charbon, x wynsten (lartre) etautres plusieurs choses servant ou faict u deln monnoye, ces choses considérées, avons pour le « bien du Roy et de Mons’. lArchiduc et dela marchandise,. a et afin que les marchans puissent mieulx faire payemens « les ungs avec les autres et que chascnm soil amieulx sorty a desis deviers, consenty et accordé audit maistre que « dycy en avant il forgera les deniers dé gros 11, a. de « Joy argent le roy et de xt. s. vs d. de taille au mare de a Troyes, ainsi que sadicte instruction le contient, au reméde de deux grains en aloy et de deux diceulx deniers en poix surchacun mare devvre. Ft pour subyenir aux charges quil-a de crue en ladicte monnoie, ledit maistre aura el prendera & son prouflit ung diceulx grains de reméde sur clacun mare deuvre A celle fin, afin quil « puisse faire forgier lesdits deniers pour le bien de Is « chose publicque. » = (o— dtem ledit maistre fera forgier ung denier blane nomme demy gros & trois deniers de loy argent le roy, et de xvi, 8.x. d. de taille ou mare de Troyes, au remeéde de deux grains en aloy et de hinit dicenls deniers en poix « sur chascun mare deuvre, lesquelz deniers il fera ouyrer beavx et ronds et taillier de bon poix. Et devra ludit mnistre aux marchans de chascun mare dudit argent le roy XXX. 5.1. d. gros. 1 « Stem ledit maistre fera forgier ung denier blanc nom- mé quart de gros idaux deniers le roy et de xxtit. 8. x. « d. de tailleau mare de Troyes, au remade de deux grains en aloy et de dix diceulx deniers en poix sur claseun mare deuyre; lesquelz deniers il fora ouvrer beaux et ronds et taillier de bon poix..... » Mem ledit maistre fera ouvrer ung denier noir noumé courte & huit grains de loy et de xvin. os, de taille mm mare de Troyes, au reméde don grain en alloy et de hit dicenlx denies én poix sur chagcun ware as = # = 4 denvre...» a Htem ledit maisive fera forgier ung autre denier noir « nommé milte 4 sic grainsde loy argent Ie Toy, et de xxx. s. de taille au mare de Troyes, au reméde dun « grain en alloy ét.de xu diceulx deniers en poix sur chas- « cun mare dewvre... » Le prix & payer aux marchands par mare d'argent le roy tait le méme que pour Ie demi-gros, wente deux sous trois deniers gros. Pen de temps aprés cette dernitre instruction, nous tron- yons dans les registres de la chambre de Lille une autre datée dui? octobre 1492, qui contient de notables diffe rences avec les précédentes, non-seulement dans J'aloi, mais aussi dans l'évaluation de la valeur des monnaies, no- — 63 — tamment pour le florin, Onen jagera par les extraits que jen donne ci-apros. « Premiers est ordonné par le roy nostredit sire, estre fait « ung denier dor, de dixhuit quarats et demy or fin, a qui sera alloyé de trois quarats et demy argent fin etde « deux quarats de cuivre, ct de six solz trois deniers en « taille au mare de Troyes, qui aura cours pour trois solz a six deniers de gros monnoie de Flandres, au reméde dun « grain en alloy etdan demy estrolin en poix sur le mare a deuvre; lesquels deniers il fera ouvrer beaulx et ronds « et de bon recours, au reméde de trois furs et de trois « foibles; cest assavoir que le plus fort pesera A ung ase- « kin plas fort que le droit et le plus foible a ung asekin « pres le droit sans quelque autroreméde de fora ne de « foibles, dont la traicte dor fin sera quatre vings dix-sept « livres cing solz unze deniers huitwittes et ung quart « large dempirance, » Les marchands receyaient pour le mare d'or fin oh livres et demic d'empirance', et par mare d’aloi six livres. Le droit de seigneurage est établi & dix sols gros par mare; le surplus demenrant an mattre particulier pour son tra- yail a ainsi quil se fait es monnoies des électeurs de empire. » « Item ledit maistre particulier fera ouvrer ung denier a dargent de dix deniers argent le roy et de sept solz ung ow denier au mare de Troyes, qui aura cours pour quatre ® gros monnoie de Flandres, au reméde d'un grain en alloy ‘wet dun estrelin en poix sur le marc deuvre lesquelz -« deniers il fera faire beaulx ct ronds et de bon recours, {Le mot empirance est employed lel avec 14 véritable signification, caril ya ‘Alafoin, pour te Morin nt le double patard, dimination du tite et dn poldy, ot " Sugmentation de valeur, du moins ence qui conceme tn tonnale d'or. —b64 — an remide de tvois fers et de trois foibles, erst assnvoir que le plus fort sern a ung quartde ferlin plus fort que « le droit, et le plus foible aung quart de ferlin pres du dvoit, sans quelconque autre remide de fire nede foibles, de quoy lon donnera‘anx marchans ponr chacun mare argent le roy, trente deux sole trois deniers gros, Le Rey aura pour son droit de seignourage de chascun mare argent le roy, dauze gros monnoie dite, et la reste demourra audit maistre particulier pour son ouvrage et brassaige. » « Jtem ledit maistre particulier fera ouvrér ung aultre denier de‘cineq deniers argent le roy et de sept solz ung denier au mare de Troyes, comme lon fait présentemeut qui aura cours pour deax gros monnoie de Flandres la piéee au reméde dun graio en alloy et dun estrelin en poix. sur le mare deuyre; leequelz deniers il fera ouvrer beaulx et ronds etde bons recours, au remdde de trois fors et trois foibles sur le mare deuvre,; cest asseveir « que le plus fort pésera ung quart de ferlin plus que le droit, et le plus foible ung quart de ferlin prés du droit, sang quelconque saute reméle de fors ne de foibles ; de « quoy lon dounera aux marchans ct changeurs de : FLANDRL 10. Variété du n® 7, consistant en ce que la légende da ‘revers se termine par TVVM.*. DOMINE, < 41. (Lion). PMS.*. ARCHID.:. AVST.:. BYRG.*. COM. >. FLA. Armoiries & dix quartiers occupant tout le champ, &. Croix longue, portant en cour une fleur de lis, can- fonnée d'un lion, d'une fleur de lis et de deux annelets VJ, Ronyory Mee. mum: 1848, pl, XVI, ne 7. —v0— Légende ; BENEDIC — ANIMA —.-. MEA — DOMINO! Argent. Gros. Poids 26 grains + (grammes 1,40). — PL, XIV, oY 7, Bien que le poids légal et celni qui est indiqué parle compte du maitre particulier soit de 54 grains et plus, je classe ves piéces ici, faute d'une place plus convenable, Tailleurs, en voici ume autre dont le poids se rapproche davantage du poids Iégal, ce qui prouve de nouyeau l'ex~ iréme indgalité de Io taille des monnaies i cewe épo- que. 42. Variété du n° 11 dans laquelle Vordre des pitees placées dans les cantons durevers est différent. Poids 82 grains (grammes 1,70), — PI. XIV, n° 8, Le compte du maitre particulier pour cette période n'in- dique plus parmi les divisions du gros que In pidce de quatre mites qui nous manque et Ja pitce de deux mites qui me paral tre la suivante, 13. (Lion). PHS'+. ARCIIID.:. AVST.s, BOL. GO. Pls. Grand P couronné dans Je champ. fh. Croix portant, au centre, une fleur de lis. Légende : (Lion). IN.-. NOMINE.*. DOMINI.*. AMEN *. Rillon noir, Double mite, Poids moyen de plusieurs exemplaires 48 grains } (grammes 1,/}0). — Pl. XV, n° 9. ‘Serrure, Cabinet du prince da Ligne, p, 262, 0° M4, — Don Duyts, pleXVL, n° 8, de n'ai pas reteonve Te varicte de eet auteur of fo croix est caitlonnée dé demx Mons et de deux flemra de tls. Duby (pl, LNXXIM, #7) donno une pitce ols Is croix ss: cantonnte de deux Aeurs de lis ut de deux nnneleti. 2 Le classement do.cette plboo me parntt réiniter de sa-ressomblance nveo lee dovlive mites de Maric de Bourgogne: on a changé Vinitiale qui fjnre dune Je chunp, — Voy. Serenve, op. cif, p. 263, n° 149, — M, Houyer {op cit,) décrit aussi ane double mito dont Ia legendo, au revers, communce par nn fiom, few, numiamatiqna, UB. pl NVI, mt UL er 12. | Fattribue I'émission de ces pisces 4 lépoque ot le con- geil de régence avait la tntelle, de Philippe le Beau, & l’ex- ¢lucion de son pére, période qui se termine au 4h juin 4485. Gependant elles pourraient également appartenirau commencement du régne de Philippe le Neau, seul; car ‘pons verrons plus loin que dans une ordonnance du 26 décembre 1495, iLest question du flovin de Bourgogne, et du double 4 deux lions, comme s¢ forgeant 4 cette _gpoqe. Cevte derniére monnaie, le double patard, ne figu~ ‘rant pas néanmoins alors dans les coniples des maitres -particuliers. nous sommes foret de le maintenir & Ja place od nous l'avons mis (n* 7 & 10). Ad. = MON. ARCHIDVGY,«. AVS’. RG GO". FLA. Yeu & huit quartiers, portant en car le petitécu au lion de Flandre. i. Croix ornée et dvidée, ayant au centre une fleur de is. Légende : ++ SITS; NOMEN: DNI: BENEDICTVAT'. Argent, Double patard ou pitce de six gros. Poids 58 grains 2 (grammes 3,10). — Pl. XY, n? 10. Les types de cette monnaie sont identiques & ceux des “monnaics semblables de Philippa le Bon et de Gharles le léméraire. 4b, + MO. ANCHIDVGV.. AVST.*- BG. CO... FL. Armoiries’& neuf quartiers, occupant tout le champ. ii. Croix évidée au centre, oi se trouve une fleur de lis, ‘et dont les branches traversent Ja légende. Elle est ean- tonnée de deux fleurs de lis et de deux lions, Légende : BENE— DIG.-. A—IA.*. ME— A. DNO, . Argent, Demi-patard, pitce d'un gros et demi, Poids 33 grains 4 (grammes 1.80). — Pl. XV, n° 14. © LW. Setrure (pe 288), dderit: ineevariotd awe MOMEN (sit) dana la Wigenda du rovers. — i 16. Variété avec la IsgendeYdu droit se terminant par CO F ‘ Cette strie, a laquelle manque Je patard ou pitce de 4 gros, fait partic des monnaies omises en-vertu de l'ordon= nance du & aott 1485, Elle ne devait pas ayoir de pitces dor, d'aprés Vinstruction reise au waltre particulier, ni de monnaies inféricures 4 la pidce d'un gros et demi, Ce sont d'ailleurs les deux seules monnaies mentionnées dans le compte du 14 octobre 4485 au 44 décembre suivant, et qui devaient peser respectivement 57 grains 4 et 35 grains 4. 47. (Fleur de lis). MANIMILIANVS« ET? PHS. Grand M gothique, dans un entourage de quatre lobes, dont les points de rencontre sont oceupés par quatre angles. i. Groix fleuronnée, dont le centre est évidé en quatre feuilles, Légende: + CVSTODL-. (fleur de lis). NOS$ DOMINES . Argent. Gros. Poids 28 grains 2 (grammes 1,52), Pidce tres-fruste, — Pl. XV, ne 412, 18. Variété avec un lion au commencement des légendes. Celle du droit. les mots séparés par des quintefeuilles et celle du revers par des fleurs de lis Cotte pice est tres- , usée et paralt de fort mauyais aloi. Poids 23 grains + (grammes 1,22), 49. Autre variété; Ja l¢gende du droit commencant par une croix, celle du revers par une fleur de lis, 20, + MAXIMILIANVS ET PHS", les mots séparés par une fleur de lis. M majuscule semblable 4 celle des mon- naies de Marie de Bourgogne, ft, Croix leuronnée. Légende: +- CVSTODI NOS DOMINE. les mots siparés par une fleur de lis: == Argent, demi-gens. Poids : 22 grains } (grammes 4,20). — TD. XV, ow 48. 24. + MO. ARCHID..AVST.-.6..£ Dans le champ, M majuscule. ii. Croix feurdelisée, Légende : IN-,-NOMINE*. ‘DOMINI. Billon, quart de gros. Poids : 43 grains + (grammes 0,70). — PL. XV, n° 14, Ainsi que je l'ai dit’ préeédemment, le double patard et Te patard de cette émissinn, qui parait avoir eu lieu en yertu de lordonnance du 5 novembre 1486, deivent etre les mémes que ceux que j'ai déji décrits sous les ne" 1. A'. Mais je tai pas retrouvé les florins A la croix de Saint- André qui devaicnt étre forgés en méme temps et qui, suivant toute apparence, étaient semblables 4 ceux qu'an retrouve pour la inéme époque pour le Brabant? Je ne connais pas dle monnaies que je puisse attribuer avec certitude & l'émission de 1486, faile en vertu de ‘instruction rappelée ci-dessns, Peut-ttre continua-t-on sinplement les précédentes, et doit-on copsidérer celles * Pent-ftre porinient-ils anu tigonde plus explicite analogno & celle dea Plioes ddorites oi-dorane. Tans co cus, ila n'ont par chi retrauvdy, * Voy. Van der Ghijs, Monnaies de Dechind, ot los placards Sditda A diveries ‘tpoquie. Voiai In deseription deoe florins ISANCTVS = ANDREAS: , 1482, Saint Anded debowt, tenant la croix earacttristique de co maint, WY Bensson 9 eng quartiors pos kur tne evoix eoupant ld Migende s MON! AR—DV.AVS-TR.BRA—BANCIE, Le demi-dacin, représanté ime In mime pinche XXXV du Powrrige do Yau dor Chijs, est & pow prés similable, aatif qnelques variidés dant leo ld: Bendos, Vominian de in date, ot de la erode du revots. ‘Quo Vorsubrtine awmot DRATANOLE les mot CO.FLAN , Vonaira tris Probublemspe In forin et be domi-foria (ripyds pour la Flandre, qui né nous ont pis parvenun, Le date, seulement, nudevalt pre a's trouver, les monnules du comté de Flandre étant datéer benucoap moinn gontralement qn eulles du Braun, = Thi portiint les noms de Maximilien et Philippe comme en fai- sant partie. Cependant. je dois faire observer que lo compte du maitre particulier pourla période qui s'étend di 10 mars 4485 (v. st.) au 30 mars L486 (v. st.) ne mentionne pas le demi-gros décrit précédemment n° 19, Il peut se faire Wailleurs que la valeur exagérée W laquelle étaient portées les monwaies de cette émission les nit fait retirer de la cir- culation, lorsque Maximilien fut revenu & des ides plus modérées sous ce rapport. Nous voici arrivés 4 cette série de monnaies remarqua- bles, émises en vertu de lordonnance du 20 avril 1487, ayant des types et des légendes si singulicrs pour les pitces d'argent et inaugurant un systéme monéiaire nouveau en Flandre, du moins en grande partie. 22. +. MAXIMILIAN = DEI + GRA = ROMAR © REX = SEMPER, .AVGY. Maximilien assis sur un trine, portant dans la main droite un sceptre feurdelisé et la main gauche appuyée sur un globe. A lexergue, une fleur de lis, marque de l'atelier de Bruges. @. Heu a Vaigle surmonté d'une couronne fermée, Lt- gende : +- TENE; MENSVRAM: ET“RESPICE: FINEM), 1487, Réal d'or, Poids : 279 grains + (grammes 14,85), — PI, XY, nP 45. : Cabinet royal de la Haye'. Le noble de Bourgogne frappé pour la Flandre ne nous vst pas paryenu. On connatt celui pour la Hollande; en voici Ia deseription d'aprés les placards. 1 Aempreints de cette place m'a éut communiquie tree-obligeamment. por Te savant conporvatear da Musée de La Haye, M, L, Moyer, qui m'a fait eon- walters également jew pidcus, uniques que contiont ce riche ait, ak qui Heuyaiont éerapporter Amon truvailo de le pele d'agréer ici expression de ma vive: gratitude, — Depuis quo cet article est dorit, un exemplaire, do.cotto pitce est antré dans Iecabinet de M. Dewismes, =i — M.1.G. RO. REX. ET. PHS. ARCHIDVCES. AV. B. CO. HO. Maximilien dans un yaisseau & trois mals. Il porte dans si main droite un seeptre feurdelisé, et dans la gauche le globe. La cuirasse est blasonnée de luigle d’ Allemagne et il a sur la ttte une couronne fermée. i. Bea mi-parti aux aries de Maximilien (I'sigle d'Al- Jomagne) et de Philippe le Bean, posé sur une croix fleu- ronnée, cantonnée de deux couronnes et de deux aigles; letoutdans un entourage épicycloidal. Légende : (couronne) MO". AVREA. RO. REGIS. ET. PHL. ARCHIDY’. AY, B’.CO", HOL, En substituant Je mot FLA & HOL, on aura. vraisembla~ ~blement la description du noble frappé pour la Flandre *. Le florin de Bourgogne, qui est In troisiéme piéce dor indiquée par lordonnance fle 1487, ne nous est pas non plus connu en nature. Jemprunte ¢galement aux placards sa description. SANCT. ANDREA. FILIOS. P*TEGE. TVOS, 1487. Saint André debout, de face, ayant sa croix derritre lui. ij, Leu mi-parti, comme an précddent, post surtne croix fleuronnée. Légende : (couronne) AMA.JVSTIOTA. PACE. ET.DEFENDE.IM.TVY, 1 Tn passage da chroniqnenr Dospars, clté par §, 0, A, Serrare (ap, eit.), semble faire croire qu’en effet oct nobles do Borgegue, appeals farques par le pouple cause deer type, ant été frapprie. Volet e& pasange I sagit de Yonteia da Maximiliea & Mroges, le Li décembre 1487 + # Pendant In mime nuit, devant In Monniie, fat élevés ane porte trivm- phate of on avait peint-un algle noie sur une chivuidjiyw (seephere!) dorde avec Jes nrinoiries diz roi des Romaine & droite, ot evils de Philipp de Roar gome, son fils, panche; portant en bes linsoription suivante : Dane extte chowldre se troure fa mormaty du rol des Romains et dw dae Philippe, sen fils, Ansel, dane cat ondroit, on ue battalt tons lee jonra, de la part du rot des Rontiins, que des réanx, hemumes, sehottiiens ou barques, etc. = Vay. Cenmijeke can dea fande eudegracfterpe nan Vinnderen, gemacht door Jac, Nicolas Deapars, publice par d. De Jonghes Bruges, 1840, Rien ne dit ici que cette piéce ail 6té frappée pluie pour Ja Hollande que pour la Flandre. M. Van der Chijs |'a re- produite dans ses monnaies de Brabant, mais il ne l'a pas davantage connue en nature. 28. (Hriquet), CVSTODIAT = GRATOR <; OMNIV'.«. IV- MIL®.*. SERVY' .-. SVV. Buste & mi-corps de Maximilien revit d’une cuirasse, la Léte ceinte d'une couronna fer- mée. Il tient une épée de la main droite, et de la gauche un globe crucigtre.. ij. Grand monogramme daus Jequel on retrouve les élé- ments des mots MAX et PIS. Au-dessus et au-dessous, un des éléments constitutifs du collier de la Toison d'Or (le caillon), necompagné d'étincelles. Légende : (Briquet) DET:: TIBI; HIN’: VIRTV’ (briquet) ET ¢: IN“: GELS GLORIA. Grand réal d'argent, Poids, 134.4 (grammes 7,20). — Pl. XY, n° 46. 24. Variété de la méme piéce consistant surtout dans le monogramme représenté pl, XV, 0°47, La légende du droit se termine par les mots SERV’.-. SY". Poids, 132 grains (grammes 7,01). Bien que ces pices ne portent pas d'indication de l'ate- lier oti elles ont é1é forgées, les tréfles qui séparent les mots sont Ia marque indiquant qu’elles sont destinses a ta Flandre. 25. (Couronne) MO.*. ARGE'TEA .-. RO.-. REG'.-_ET,*, PHI'.-. ARCID'.:. AVS’. Deux griffons affrontés soutenant d'une patte le briquet et de V'antre le enillon. i. Fou a trois quartiers sur une croix dont on n'apor- coit que les extrémités fleuronnées, Légende : (couronne) SALVVM.*.FAG. +. DOMINE, *. POPVLVM. +, TYV’. Argent. Double griffon. Poids, 644,! (grammes 3,46) — Pl. XVI. n° 18, =m 26, Variété avec la légende du droit MO.-.ARGENTEA.*. RO’... REG’..ET. PHT ARG. AV. Poids, 65 grains (grammes 3,45). 27, Autre yoriéré avec la Migende du droit, comme au “n° 25, sauf les trois derniers mots, qui sont : PHS’. -. ARC’. AV’. La légende du revers se termine aussi par TVYM, Poids, 659",% (grammes 3,50), - Le méme motif que j'ai indiqaé pour le réal me fait attri- buer ces pitees a la Flandre. En voici d'autres qui sortent scertainement de l'atelier de Bruges. — 38. (Couronne) MO = ANGEN © ROSREG: ET PHI :; ARGS: AVS::BG. Mame type qu'au n* 25; seulement il yo wne ‘flour de lis entre les deux grilfons. Méme revers qu'au n° 25. Poids, 65*,7; (grammes 3,49). — Pl. XVI, ne 19. 29, Variété avec le mot ARGENT. Poids, 65,2 (gram- ames 3,50", 40. (Couronne) DENARL.-. SIMPLEX .*. GRIFON.*.NO- LN. Griffon tourné & gauche, tenant dans une de ses paties antérieures le briquet et dans l'autre le caillou. fj. Ken & trois quartiers posé sur une croix de Saint- ‘André. Légende : (couronne) DEVM.-. PLVS.*. AMA.-. QVAM. ARGENT, Argent, Simple griffon. Poids, $3¢,>, (grammes 1,80).— Pl. XVI, n° 20, Les antres divisions de ce systéme, savoir le sixiéme, le zitine el le vingt-quatritme da simple griffon, ne nous it pas connues. Certes, on ne pouvail imaginer des légendes plus propres 4 désarmer Ja susceptibilité des Flamands : elles sont par- faitement insignifiantes et banales. De plus, & part celles du noble de Bourgogne, qui toutefvis n'est qu'hypothétique, — t= puisque nous ne le connaissons pas, il faut remarquer que, nulle part, Maximilien n'a employé Je titre de comte de Flandre. Gependant, pour surcroit de précautions, il est. probable qu'il prit le parti de faire disparaltre compléte- ment les légendes nominatives, au moins sur la mounaie argent. Gette idée m’est suggécée par l'examen des pitces suivantes. 34. (Couronne) DENARIYS.*, SIMPLEX. *. NOMINATYS.*. GRIF. Type du n= 30, i Een A trois quartiers posés sur une croix longue tra- versant la Migende + DEY.*.PL — VS. +. AMA. — OVA. AR — GENTV. . Argent. Poids, 58**,; (grammes $,20).—PI. XVI, n°’ 24. $2, 88. Deux variétés consistant dans Ia forme plus: ou moins compléte du dernier mot de ja légende clu droit GRIFO, GR. Gh, Autre variété dont Ia legende du droit est DENARL-. SIMPLEX.*. NOIAT.*. GRIFON. Poids, 54", ¢ (grammes, 2,90). Pitee dont Valliage est assez fort. 84. Type et légende dum 31. @. Type du n° 30 avec la Jgeade : (couronne) DEVM.:. PLYS.. AMA.".QVAM. >. ARGENTV, Poids, 58 #1 (grammes 3,20).— Pl. XVI, n° 22. 36. Varidté consistant en ce qu’a la légende du revers le dernier mot est moins complet; il n'y a. que ARGENT. Lo poids de ces pidces est & quelques grains pres, diff rence pravepant de leur titre inférieur, le méme que celui des n® 25 & 29, déorits ci-dessus. Elles doivent les avoir remplacées dans une émission postérieure dont je n'ai pas retrouvé Ia trace. Quant au moindre titre auquel se trouve Vargent, il n'y a pas liewde s'en étonner : est un résultat tout simple de ces temps de troubles et de modifications = 76-— suecessives que le roi des Romains faisait subir A ses mon- oeies dans ln yue d'alimenter son trésor. Le type du simple griffon ayant été adopté pour le double griffon, il en fallait créer un autre qui remplagdt le premier. Gest ce qui, vraisemblablement, a donné naissance aux -pitces suivantes : 37. + DENARI.-.SIMPLEX. .GRIFON.-. MED, Grand M surniontée d'une couronne fermée. &. Eou & trois quartiers posé sur une croix dont on ne voit que les extrémités fleurdelisées. Légende ; + DEVM.-. PLVS.*. AMA. .QVAM.* ARGEN, Argent. Demi-griffon, comme lindique la légende. Poids, $2 grains (grammes 1,70) ', — PI. XVI, n° 23. Les variétés de coin sont nombreuses, Je yais les énumérer de plus suceinctement possible. Elles consistent toutes dans ‘da légende. 38. + DENARIVS. +. SIMPLEX.*.GRIFON, . ME, ij. -}- DEVM. \PLYS, AMA. *.QVAM.+. ARGENT. 39. Le dernier mot dela légende du droit est MED, fh. + DEV.+.PLVS.. AMA. QVAM.~ ANGENTV. 40. Comme au droit dun 88. it. Comme au n° 87 *. Ad, Comme au droit des n° 38 et A0, @. Comme au n’ 39, 42, Comme au droit dun 47. &. ++ DEV.+.PLVS. AMA. -.OVAM.*. ARGE, 45. Comme au droit dun" 37, i. Le dernier mot ainsi écrit ; ARGET*. 4 Jit ne connais pis do demi-griffin nu type do Ventier, comme semble ve M,C. A, Serruro dans son tnivall précité. Den Duyts, pl. XV, n* aa. 4 Déerit par M,C, A. Sorrure, op, cit, p, 255,