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LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

POUR SE REPÉRER ENTRE RÉALITÉS ET PERCEPTIONS

Édition 2016

BUSINESSFRANCE.FR

BUSINESSFRANCE.FR

ÉDITORIAL

À QUOI SERVENT LES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX ?

L a deuxième édition du Livre blanc des classements internationaux détaille nos positions dans les classements internationaux et explique les diverses méthodologies utilisées. Ce Livre blanc de Business

France est conçu comme un outil à la disposition de tous les acteurs, publics et privés, agissant pour le

développement de notre économie. Il permet de mettre en lumière l’importance de nos « avantages comparatifs », trop souvent méconnus voire parfois délibérément ignorés, ainsi que les axes sur lesquels des efforts doivent être consentis sur la durée pour progresser tous ensemble.

La « mesure » est un exercice exigeant et la séduction qu’exercent les classements sur les commentateurs pressés est manifeste. Les classements des performances économiques des nations se multiplient. Une vingtaine d’institutions, avec des méthodologies variées et à la notoriété inégale, élaborent des classements internationaux en lien avec la compétitivité des pays. La médiatisation dont font l’objet certains d’entre eux donne parfois une vision biaisée des réalités économiques de notre pays, ce qui surprend souvent les milieux d’affaires, dont les diagnostics sont plus contrastés. Des données aussi fondatrices que la productivité et donc la croissance sont contestées de part et d’autre de l’Atlantique, car les investissements en innovation et en technologies de l’information sont mesurés différemment.

Or, autant la mesure est difficile, autant le classement offre des repères. Pour le commentateur qui veut illustrer la thèse du ralentissement et de la dégradation, il est facile de brandir un classement issu d’un organisme international, particulièrement lorsque l’étude mesure des perceptions. Souvent, celui-ci vient renforcer les stéréotypes et alimenter les idées reçues ; ainsi la France serait moins ouverte et plus rigide que ses concurrents, et qu’importe si les réalités s’inscrivent mal dans ce cadre. Sait-on assez que la France est la 1 re destination européenne des investissements industriels ? Sait-on aussi que plus de 30 % des exportations françaises sont réalisés par des entreprises étrangères en France ? Imagine-t-on que la France est le 1 er pays européen le plus innovant, avec 10 entreprises ou institutions françaises parmi les 100 premières entités innovantes du monde ? Et qu’elle est le 2 e pays européen en termes d’opérations en capital risque, hébergeant plus d’un cinquième de ces opérations en Europe ?

Business France observe attentivement et en permanence les classements internationaux. Outre l’élaboration en propre d’un tableau de bord de l’attractivité, Business France collabore avec un grand nombre d’institutions indépendantes, soit en faisant valoir ses données pour une évaluation objective, soit en portant ses analyses dans les enceintes où se font entendre les différentes opinions.

Dans un contexte où les enjeux du numérique et des innovations technologiques représentent un challenge pour les entreprises, mais également pour les pays qui cherchent à mettre en place des écosystèmes souples et innovants, propices au développement de l’entreprenariat et des startups, il nous a paru essentiel de proposer pour cette nouvelle édition un volet tech/startups visant à prendre en compte cette réalité.

Les classements sont des aides à la décision pour les opérateurs économiques ; ils contribuent aussi à concentrer les efforts des pouvoirs publics sur certaines mesures propres à améliorer l’attractivité du territoire.

Nous avons relevé de nombreux facteurs d’attractivité, qui attestent des atouts de notre environnement, de notre capital humain et technologique, et de nos gisements de croissance et d’emploi. Ces faits et ces chiffres actuels, nous les avons mis en contexte avec les réformes, pour améliorer nos performances et dégager nos perspectives.

La comparaison internationale est toujours stimulante et nous invite à améliorer constamment notre attractivité.

nous invite à améliorer constamment notre attractivité. MURIEL PÉNICAUD Ambassadrice déléguée aux

MURIEL PÉNICAUD

Ambassadrice déléguée

aux investissements

internationaux

Présidente de

Business France

01

ÉDITORIAL

04

LA COMPÉTITIVITÉ

07

World Competitiveness Yearbook 2016

IMD DE LAUSANNE - Mai 2016

11

Global Competitiveness Report 2015-2016

WORLD ECONOMIC FORUM - Septembre 2015

15

Doing Business 2016 Mesure de la qualité et de l’efficience du cadre réglementaire

BANQUE MONDIALE - Octobre 2015

19

Index de la sécurité juridique Rapport pour la Fondation pour le Droit continental

UNIVERSITÉ PANTHÉON-ASSAS, CRED, FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL Mai 2015

23

Competitive Alternatives 2016 Guide to International Business Location

KPMG - Mars 2016

28

Commentaires

32

Les réformes

36

L’ATTRACTIVITÉ

39

World Investment Report 2016 Investor nationality :

policy challenges

CNUCED - Juin 2016

43

Global Cities Investment Monitor 2016

KPMG ET PARIS – ÎLE-DE-FRANCE CAPITALE ÉCONOMIQUE - Février 2016

47

Baromètre EY 2016 de l’attractivité européenne

EY - Mai 2016

51

Foreign Direct Investment Confidence Index 2016

A.T. KEARNEY - Mai 2016

3

SOMMAIRE

55

Baromètre AmCham-Bain 2015

AMCHAM-BAIN & COMPANY - Novembre 2015

57

World Talent Report 2015

IMD - Novembre 2015

61

Cities of Opportunity 7

PWC - Mai 2016

65

Better Life Index 2016

OCDE - Mai 2016

68

Commentaires

72

Les réformes

76 L’INNOVATION ET L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

79

Global Innovation Index 2015

UNIVERSITÉ CORNELL, INSEAD ET OMPI Septembre 2015

83

Top 100 Global Innovators 2015

THOMSON REUTERS - Novembre 2015

85

Innovation Union Scoreboard 2015

COMMISSION EUROPÉENNE - Mai 2015

91

Indice relatif à l’économie et à la société numériques 2016

COMMISSION EUROPÉENNE - Février 2016

95

Academic Ranking of World Universities (ARWU) 2015

UNIVERSITÉ JIAO TONG - Août 2015

101

Classement des masters en management

2015

FINANCIAL TIMES - Septembre 2015

105

U-Multirank 2016

COMMISSION EUROPÉENNE - Avril 2016

107

Commentaires

110

Les réformes

LA COMPÉTITIVITÉ NE PEUT SE MESURER PAR UN INDICATEUR UNIQUE

07
07

WORLD COMPETITIVENESS

YEARBOOK 2016

IMD DE LAUSANNE MAI 2016

11 GLOBAL COMPETITIVENESS REPORT

2015-2016

WORLD ECONOMIC FORUM SEPTEMBRE 2015

15 DOING BUSINESS 2016

Mesure de la qualité et de l’efficience du cadre réglementaire

BANQUE MONDIALE

OCTOBRE 2015

19 INDEX DE LA SÉCURITÉ JURIDIQUE

Rapport pour la Fondation pour le Droit continental

UNIVERSITÉ PANTHEON-ASSAS, CRED, FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL MAI 2015

23 COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

Guide to International Business Location

KPMG

MARS 2016

28

COMMENTAIRES

32

LES RÉFORMES

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

4

LA COMPÉTITIVITÉ

L a compétitivité est initialement un concept d’entreprise qui a été appliqué

au niveau macro-économique. La compétitivité des entreprises désigne

leur capacité à faire face à la concurrence des autres entreprises nationales

ou des concurrents étrangers. Deux notions de compétitivité sont alors

distinguées : la compétitivité prix se définissant par la capacité d’une entreprise

à proposer un bien de qualité similaire à celui de ses concurrent mais à un prix inférieur, et la compétitivité hors prix basée sur la capacité à offrir des biens différenciés par la qualité.

Rapportée à une nation, la notion de compétitivité est élargie et repose sur l’amélioration durable du bien-être de sa population. Dans son Agenda de Lisbonne en 2000, l’Union européenne définit la compétitivité d’un pays comme « sa capacité à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de cohésion sociale ». Toute analyse de la compétitivité nationale doit tenir compte de différents facteurs qui déterminent le niveau de vie de la population, à savoir la croissance, l’emploi et la répartition du revenu. La définition de la compétitivité n’est pas très précise puisqu’elle inclut de nombreux aspects de la politique économique. La compétitivité ne peut donc se mesurer par un indicateur unique.

Certains instituts proposent de mesurer la compétitivité des économies en estimant un indice composite et en établissant un palmarès des pays suivant différents critères dont la pondération est souvent arbitraire.

Sur la thématique de la compétitivité, les classements les plus connus sont le Global Competitiveness Report du World Economic Forum et le World Competitiveness Yearbook de l’IMD. Il s’agit pour ces deux organismes de déterminer la capacité d’une économie à créer et à maintenir un environnement favorable à la création de valeur par les entreprises et de bien-être ou prospérité pour sa population. L’environnement des affaires, qui se définit comme l’ensemble des conditions politiques, légales, institutionnelles et réglementaires qui régissent les activités des entreprises, est souvent perçu comme un point critique dans les enquêtes d’opinion. Afin de renforcer la compétitivité d’une économie, réformer l’environnement des affaires est une priorité pour les gouvernements. Le Doing Business de la Banque mondiale est le seul rapport qui propose ainsi d’évaluer les réglementations qui facilitent ou entravent la pratique des affaires. Il s’agit de déterminer au sein de chaque pays retenu la capacité de faire des affaires. L’ Index de la sécurité juridique vise à compléter l’approche en estimant les garanties en matière de sécurité juridique offertes par les pays. Enfin, Competitive Alternatives de KPMG s’intéresse aux coûts d’exploitation dans les principales métropoles du monde.

5

LA COMPÉTITIVITÉ

WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK 2016

IMD DE LAUSANNE • Mai 2016

L’International Institute for Management Development (IMD) publie depuis 1989 son classement annuel de la compétitivité des nations et des entreprises, World Competitiveness Yearbook. Ce rapport évalue la capacité de 61 pays à maintenir et à stimuler la compétitivité des entreprises.

Le concept de compétitivité retenu par l’IMD est très large : il couvre « l’ensemble des ressources et des compétences utilisées par un pays pour accroître la prospérité de sa population ». Le rapport synthétise ainsi les principaux facteurs garantissant la prospérité de long terme d’une nation.

I. MÉTHODOLOGIE

La compétitivité est étudiée à partir de 342 variables (228 données statistiques et 114 prove- nant d’une enquête d’opinion auprès des inves- tisseurs internationaux), rassemblées en quatre facteurs et vingt sous-facteurs. Ces indicateurs sont censés couvrir les différents paramètres de la compétitivité d’un pays. Les quatre facteurs retenus sont :

Performance économique (83 critères) :

économie domestique, commerce internatio- nal, investissement international, emploi, prix. Efficacité du secteur public (73 critères) :

finance publique, politique fiscale, cadre ins- titutionnel, réglementation des affaires, cadre sociétal.

Efficacité des entreprises (71 critères) : pro- ductivité, marché du travail, finance, pratiques managériales, attitudes et valeurs. Infrastructure (115 critères) : infrastruc- tures de base, infrastructures technologiques, infrastructures scientifiques, santé et environ- nement, éducation.

Après application des traitements statistiques, les sous-facteurs sont agrégés en un indice unique.

L’enquête d’opinion est adressée à des dirigeants d’entreprise pour recueillir leur perception à l’égard de la compétitivité de l’économie dans laquelle ils travaillent et ont résidé durant l’année écoulée. L’échantillon est composé de plus de 4 500 leaders économiques.

7

WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK 2016

IMD DE LAUSANNE

LA COMPÉTITIVITÉ

II. RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Les leaders mondiaux du classement sont Hong Kong, la Suisse et les États-Unis. Au sein de l’Union européenne, la Suède (5 e ), le

Danemark (6 e ), l’Irlande (7 e ) et les Pays-Bas (8 e ) figurent dans le top 10. L’Allemagne est 12 e et le Royaume-Uni 18 e . La France se positionne au 32 e rang sur 61 pays. Elle se stabilise par rapport à 2014 et occupe la 14 e place européenne.

IMD WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK 2016 - RANG GLOBAL

Pays

2016

Rang

2015

Évolution

Chine Hong Kong

1

2

+1 ↗

Suisse

2

4

+2 ↗

Singapour

4

3

-1 ↘

Danemark

6

8

+2 ↗

Pays-Bas

8

15

+7 ↗

Canada

10

5

-5 ↘

Allemagne

12

10

-2 ↘

Taïwan

14

11

-3 ↘

Nouvelle-Zélande

16

17

+1 ↗

Royaume-Uni

18

19

+1 ↗

Finlande

20

Belgique

22

23

+1 ↗

Autriche

24

26

+2 ↗

Japon

26

27

+1 ↗

Thaïlande

28

30

+2 ↗

Lituanie

30

28

-2 ↘

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

8

Pays

2016

Rang

2015

Évolution

CLASSEMENTS INTERNATIONAUX 8 Pays 2016 Rang 2015 Évolution France 32 32 – Espagne 34 37 +3

France

32

32

Espagne

34

37

+3 ↗

Chili

36

35

-1 ↘

Turquie

38

40

+2 ↗

République slovaque

40

46

+6 ↗

Philippines

42

41

-1 ↘

Russie

44

45

+1 ↗

Hongrie

46

48

+2 ↗

Indonésie

48

42

-6 ↘

Bulgarie

50

51

+5 ↗

Afrique du Sud

52

53

+1 ↗

Pérou

54

54

Grèce

56

50

-6 ↘

Croatie

58

58

Mongolie

60

57

-3 ↘

54 54 – Grèce 56 50 -6 ↘ Croatie 58 58 – Mongolie 60 57 -3

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

IL EST POSSIBLE D’EN FAIRE UNE LECTURE POSITIVE ET OFFENSIVE, AUTOUR DES OBSERVATIONS SUIVANTES:

Les infrastructures de la France figurent parmi

les meilleures du monde. Parmi les principales variables soulignant les atouts structurels de la France, nous pouvons citer la densité du réseau routier (8 e ), l’accès à l’eau (9 e ) et aux marchandises (8 e ), les infrastructures énergétique (12 e ) et de dis- tribution des biens et services efficientes (11 e ) ainsi que les exportations de produits à haute techno- logie (8 e ).

La France se distingue par ses performances

dans les activités scientifiques, en termes de nombre de prix Nobel (4 e ), d’ingénieurs qualifiés disponibles sur le marché du travail (10 e ), de publi-

cations d’articles scientifiques (7 e ), de personnel de R&D (7 e ), de dépenses privées de R&D (6 e ), de brevets déposés (6 e ).

La qualité de la santé et celle de l’environne-

ment en France sont reconnues (14 e ) avec des dépenses totales de santé importantes (3 e ), des

infrastructures de la santé qui répondent aux besoins de la société (9 e ), une espérance de vie élevée (10 e ) et une faible intensité d’émission de CO 2 (4 e ).

La main-d’œuvre compétente et productive

est un autre élément contribuant au renforcement de la compétitivité de l’économie française 6 e pour

la productivité horaire, 11 e pour la productivité par personne dans les services, 11 e pour la productivité par employé.

La performance de la France dans l’environ-

nement des affaires repose sur le nombre de jours nécessaires pour créer une entreprise (10 e ), les barrières tarifaires (15 e ) et le spread du taux d’intérêt (3 e ).

9

WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK 2016

IMD DE LAUSANNE

LA COMPÉTITIVITÉ

La France est une économie ouverte : 8 e

exportateur mondial de biens, 3 e exportateur mondial de services et, respectivement, 3 e et 8 e en termes de stock d’IDE sortants et entrants.

LES INDICATEURS DE L’IMD RÉVÈLENT ÉGALEMENT PLUSIEURS FAIBLESSES DE LA FRANCE :

Les principaux points faibles concernent l’effi-

cacité du secteur public, notamment les finances publiques (52 e ) et la politique fiscale (61 e ). Les principaux indicateurs mis en exergue sont la dette publique (55 e ), la pression fiscale sur les entreprises (55 e ), les charges sociales (61 e ), le cadre légal et réglementaire (53 e ), la rigidité du marché du travail (58 e ).

Par ailleurs, en dépit des multiples réformes

visant à renforcer la compétitivité et l’attracti- vité du site France, les « attitudes et valeurs » des Français vis-à-vis de la mondialisation sont négatives (60 e ). Ce dernier point s’appuie exclu- sivement sur une enquête d’opinion et non sur des statistiques internationales.

LA COMPÉTITIVITÉ

GLOBAL COMPETITIVENESS REPORT 2015-2016

WORLD ECONOMIC FORUM • Septembre 2015

Le Global Competitiveness Report du World Economic Forum (WEF), publié depuis 1978, compare la compétitivité de 140 économies à travers le monde sur la base d’une centaine d’indicateurs issus de données statistiques et des résultats d’une enquête d’opinion.

La compétitivité est définie par le WEF comme « l’ensemble des institutions, des politiques, et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité d’un pays ». L’indice composite, le Global Competitiveness Index (GCI), classe les pays en saisissant la multi-dimensionnalité de la compétitivité à travers ces différentes composantes.

I. MÉTHODOLOGIE

A. LES VARIABLES

Le WEF propose un indice de compétitivité mondiale, composé d’un ensemble de 114 indicateurs, regroupés au sein de 12 piliers de la compétitivité : les institutions, les infrastruc- tures, l’environnement macroéconomique, la santé et l’enseignement primaire, l’enseigne- ment supérieur et la formation, l’efficacité du marché des biens, l’efficacité du marché du tra- vail, le développement des marchés financiers, la maturité technologique, la taille du marché, la sophistication de l’environnement des affaires et l’innovation. Un tiers de ces 114 indicateurs sont des données statistiques. Les deux tiers restants proviennent d’une enquête d’opinion menée auprès de chefs

11

d’entreprise, invités à noter leur pays entre 1 et 7 sur un certain nombre de critères. L’enquête d’opinion permet de pallier l’absence d’indicateurs fiables pour l’ensemble des pays de l’échantillon (déficit de compétences, niveau de corruption, intensité de la concurrence ou encore la rigidité du marché du travail). L’enquête a été menée auprès de plus de 14 700 dirigeants d’entreprise.

B. TRAITEMENT DES DONNÉES

Le score de chacun des piliers, noté sur une échelle de 1 (le moins compétitif) à 7 (le plus compétitif), est obtenu par une moyenne arith- métique des indicateurs le composant. Les 12 piliers sont agrégés en un indicateur unique, sur la base d’une pondération intégrant le niveau de développement du pays.

GLOBAL COMPETITIVENESS REPORT 2015-2016

WORLD ECONOMIC FORUM

LA COMPÉTITIVITÉ

II. LES RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Les leaders mondiaux du classement sont la Suisse (stable par rapport à l’année précédente), Singapour (stable), les États-Unis (stable), l’Alle- magne (+1), les Pays-Bas (+3), le Japon (stable), Hong Kong (stable), la Finlande (-4), la Suède (+1) et le Royaume-Uni (-1). La Suisse, portée par l’innovation grâce à la col- laboration entre ses entreprises et ses institutions académiques de qualité, ses dépenses élevées en R&D et la stabilité de son environnement macroé- conomique, arrive en tête de ce classement pour la 7 e année consécutive. Singapour, classé au 2 e rang, se distingue par l’efficacité globale des marchés (biens, travail et financier). L’économie bénéficie également d’ex- cellentes infrastructures, d’un cadre institutionnel transparent et d’un environnement macroécono- mique stable. La force des États-Unis, à la 3 e place, repose sur une combinaison unique : la taille de son marché (2 e ), la maturité du milieu des affaires (4 e ) et sa capacité d’innovation (4 e ) grâce à la collaboration entreprises-universités, la main-d’œuvre qualifiée et les dépenses privées de R&D.

L’Allemagne gagne une place dans le classe- ment grâce à un marché financier et à un mar- ché du travail plus efficaces et un environne- ment macroéconomique consolidé, reflet d’une balance budgétaire positive et de la réduction de sa dette. Les Pays-Bas confirment leurs bonnes perfor- mances dans l’éducation (3 e ), les infrastructures (3 e ) et les institutions (10 e ). C’est l’une des éco- nomies les plus sophistiquées (5 e ) et innovatrices (8 e ) au monde. Toutefois le marché du travail présente encore des faiblesses (détermination et flexibilité des salaires).

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

La France gagne une place et se hisse au 22 e rang en 2015, grâce à une amélioration de l’ef- ficacité du marché des biens (+11 rangs), du marché du travail (+10), et de l’environnement macroéconomique (+5). La France occupe la 9 e place de l’Union euro- péenne, derrière l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark (12 e , +1), la Belgique (19 e , -1) et le Luxembourg (20 e , -1).

Institutions

8 Innovation Infrastuctures 6 Sophistication Environnement des affaires 4 macroéconomique 2 Santé et Taille
8
Innovation
Infrastuctures
6
Sophistication
Environnement
des affaires
4
macroéconomique
2
Santé et
Taille du marché
0
enseignement
Enseignement
Maturité
supérieur
technologique
et formation
Développement
du marché financier
Efficacité
Efficacité du marché
des biens

du marché

du travail

France

Allemagne

Royaume-Uni

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

12

LES AVANTAGES COMPÉTITIFS DE LA FRANCE SE CONFIRMENT :

Régulièrement plébiscitées, les infrastruc-

tures de la France se maintiennent parmi les

meilleures du monde (10 e , devant le Royaume- Uni 24 e et l’Allemagne 11 e ) grâce à des réseaux routier (7 e ), ferroviaire (6 e ) et aérien (15 e ) de grande qualité, des infrastructures énergétiques et de communication très performantes (14 e pour la qualité de la fourniture d’électricité et 3 e pour son réseau de téléphonie fixe).

Une main-d’œuvre qualifiée et un système

éducatif de grande qualité sont autant d’atouts qui contribuent au renforcement de la compétiti- vité de l’économie française : 11 e pour la qualité

des écoles de commerce, 19 e pour la qualité de

l’éducation dans les sciences et les mathématiques.

La France se distingue par sa capacité d’in-

novation et d’absorption des technologies. La France arrive 16 e pour le pilier maturité techno- logique grâce notamment à une large couverture

internet (4 e ). Le leadership de la France dans le domaine de l’innovation (18 e ), reflété par des dépenses d’entreprises en R&D élevées (16 e ), de nombreuses demande de brevet (15 e ), ainsi que la qualité des institutions de recherche scienti- fique (13 e ), constitue un atout indéniable pour les entreprises.

Le degré de « sophistication » des affaires en

France ressort également comme un point fort. Mesuré par la complexité des processus productifs

(16 e ), la longueur des chaînes de valeur (10 e ) ainsi que le nombre et la qualité des fournisseurs (14 e ), cet indicateur reflète le niveau de développement et de maturité des entreprises et du milieu des affaires français.

La taille du marché français, le faible niveau

des droits de douane (5 e ) et la rapidité de créa- tion d’entreprises (14 e ) constituent également des atouts majeurs pour la compétitivité de la France.

GLOBAL COMPETITIVENESS REPORT 2015-2016

WORLD ECONOMIC FORUM

LA COMPÉTITIVITÉ

LES INDICATEURS DU WEF RÉVÈLENT AUSSI PLUSIEURS FAIBLESSES DE LA FRANCE :

Le manque d’efficacité du marché du travail

(51 e , avec néanmoins une progression de 20 places depuis 2013) résulterait d’une rigidité des salaires (69 e ), des règles strictes de recrutement et de licenciement (127 e ), mais également de la

faiblesse du dialogue social en entreprise (116 e ).

La pression fiscale est perçue comme un obs-

tacle, s’agissant aussi bien de l’impact de la fiscalité sur les incitations à investir (la France se classe au 122 e rang) que les effets néfastes de la fiscalité du travail (122 e ).

Enfin, l’environnement macroéconomique de

la France principalement lié au déficit budgétaire et à la dette publique.

13

LA COMPÉTITIVITÉ

DOING BUSINESS 2016

MESURE DE LA QUALITÉ ET DE L’EFFICIENCE DU CADRE RÉGLEMENTAIRE

BANQUE MONDIALE • Octobre 2015

L’étude de la Banque mondiale, Doing Business 2016 Mesure de la qualité et de l’efficience du cadre réglementaire, évalue les réglementations qui facilitent ou entravent la pratique des affaires dans 189 économies.

Publié pour la 12 e année consécutive, le classement permet de comparer les pays selon dix indicateurs quantitatifs sur la réglementation des entreprises et la protection des droits de propriété.

Il s’agit d’estimer la performance et la simplicité du cadre réglementaire portant sur les différentes étapes de la vie d’une entreprise : la création de l’entreprise, l’obtention de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’accès au crédit, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats et le règlement de l’insolvabilité.

Sont prises en compte dans cette édition les réformes en vigueur au 1 er juin 2015.

I. MÉTHODOLOGIE

A. LES VARIABLES

La démarche consiste à analyser les réglemen- tations et à interroger des experts praticiens (juristes, notaires, comptables, avocats etc.). Cette année le rapport recense les informations fournies par plus de 14 000 experts locaux. Le rapport utilise ainsi deux catégories d’indica- teurs :

Des indicateurs relatifs au cadre législatif des pays (nombre de procédures, aspect des rela- tions employeurs-employés…).

15

Des indicateurs concernant les délais et les

coûts des procédures, qui se fondent davantage sur les pratiques en vigueur.

Les 10 domaines étudiés, composés de 36 indica- teurs, ont pour but d’évaluer deux aspects com- plémentaires de l’environnement des affaires :

La solidité des institutions juridiques et les

mesures de protection des droits de propriété (protection des investisseurs minoritaires, exécu-

tion des contrats, règlement de l’insolvabilité etc.).

La complexité et le coût des procédures régle-

mentaires (création d’entreprises, obtention de

DOING BUSINESS 2016

BANQUE MONDIALE

LA COMPÉTITIVITÉ

permis de construire, accès à l’électricité, etc.). Les indicateurs ont été élargis pour intégrer la notion de qualité des réglementations. Le champ de l’étude se restreint aux petites et moyennes entreprises locales.

B. TRAITEMENT DES DONNÉES

Le Doing Business part du principe fondamental que l’activité économique doit reposer sur des règles solides, efficaces, transparentes et acces- sibles à tous qui établissent et clarifient les droits de propriété et réduisent le coût de règlement des différends. Ainsi, pour chaque indicateur étudié, une meilleure note est accordée aux réglemen- tations qui vont dans ce sens. Depuis l’an dernier le classement est réalisé à par- tir de la distance de la frontière (DDF), qui mesure l’écart d’une économie par rapport à la meilleure performance (la « frontière ») observée dans les économies pour chacun des indicateurs. Le score de la DDF est étalonné sur une plage de 0 à 100, 0 représentant la plus mauvaise performance. La DDF globale correspond à la moyenne des DDF obtenues pour chaque indicateur. Une même pondération est appliquée à chacun des 10 domaines couverts, ainsi qu’à chaque indica- teur qui les compose. En découle le classement

POSITIONNEMENT DE LA FRANCE (RANG)

des pays sur la facilité de faire des affaires qui classe les économies de 1 à 189 en fonction de la valeur de la DDF obtenue.

II. RÉSULTATS

Les données du Doing Business sont révisées annuellement après publication. L’analyse qui suit est réalisée à partir des derniers classe- ments publiés, qui reflètent les corrections de données et l’application de la nouvelle méthodologie.

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Singapour conserve la tête du classement de la facilité de faire des affaires, suivie de la Nouvelle- Zélande et du Danemark. Au sein des pays européens, le haut du clas- sement est occupé par les pays d’Europe du Nord : Danemark (3 e ), Suède (8 e ), Norvège (9 e ) et Finlande (10 e ). Le Royaume-Uni est 6 e (stable) et l’Allemagne, 15 e (stable). Les États-Unis pour leur part conservent la 7 e place. Parmi les pays émergents, la Chine se situe au 84 e rang (-1) et la Russie au 51 e (3).

 

France

Allemagne

Royaume-Uni

Facilité de faire des affaires

27 (0)

15 (0)

6 (0)

Création d’entreprise

32 (-5)

107 (+3)

17 (+26)

Raccordement à l'électricité

20 (+2)

3 (0)

15 (+1)

Obtention de prêts

79 (-8)

28 (-4)

19 (-2)

Paiements des impôts

87 (+18)

72 (-4)

15 (+1)

Exécution des contrats

14 (-2)

12 (-1)

33 (-7)

Exécution des contrats 14 (-2) 12 (-1) 33 (-7) (Évolution du rang entre parenthèses) LIVRE BLANC

(Évolution du rang entre parenthèses)

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

16

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

L’édition 2016 du Doing Business classe la France au 27 e rang (stable) avec une DDF de 75,96 (+0,42 points). La France occupe le 13 e rang au sein de l’Union européenne.

LES POINTS FORTS DE LA FRANCE :

L’étude des indicateurs permet de faire res- sortir les bonnes performances françaises pour l’exécution des contrats et le commerce transfrontalier. Concernant le commerce transfrontalier, la France ressort, avec le Danemark, comme l’économie la plus performante au monde grâce à des formalités douanières simplifiées et dématérialisées. L’Allemagne et le Royaume- Uni se positionnent respectivement au 35 e et au 38 e rang. La France occupe le 14 e rang mondial pour l’indicateur « exécution des contrats » (le Royaume-Uni est 33 e et l’Allemagne, 12 e ). Les frais judiciaires et honoraires d’avocats repré- sentent en moyenne 17,4 % des créances en France, contre 14,4 % en Allemagne et 43,9 % au Royaume-Uni. La durée nécessaire à l’exécution

POSITIONNEMENT DE LA FRANCE (SCORE DDF)

DOING BUSINESS 2016

BANQUE MONDIALE

LA COMPÉTITIVITÉ

des contrats est de 395 jours en France, contre 394 jours en Allemagne et 437 au Royaume-Uni.

La France occupe une position intermédiaire en matière d’accès à l’électricité (20 e rang), de gestion de l’insolvabilité (24 e rang), de protec- tion des investisseurs minoritaires (29 e rang), de la création d’entreprise (32 e rang) et d’octroi de permis de construire (40 e rang). En termes de délai de création d’entreprise, il ne faut que 4 jours en 2015 pour créer une entreprise en France, contre 4,5 au Royaume-Uni et 10,5 en Allemagne. Une amélioration rendue possible par le « choc de simplification » voulu par le gou- vernement, avec l’adoption en septembre 2013 d’une réforme ayant réduit le temps d’enregistre- ment d’une entreprise auprès du Centre de for- malités des entreprises. Par ailleurs, la fiabilité de l’approvisionnement et la transparence des tarifs sont reconnues par l’équipe du Doing Business.

LES POINTS FAIBLES DE LA FRANCE :

La France demeure mal classée dans le domaine du paiement des taxes et impôts (87 e ) malgré un gain de 18 places grâce à l’introduc- tion d’un crédit d’impôt et à la réduction des

 

France

Allemagne

Royaume-Uni

Facilité de faire des affaires

75,96 (+0,42)

79,87 (+0,23)

82,46 (+0,28)

Création d’entreprise

93,14 (+0,14)

83,37 (+1,99)

94,57 (+3,34)

Raccordement à l'électricité

85,78 (+0,01)

98,78 (0)

89,12 (+0,01)

85,78 (+0,01) 98,78 (0) 89,12 (+0,01) Obtention de prêts 50 (0) 70 (0) 75 (0) Paiements

Obtention de prêts

50 (0)

70 (0)

75 (0)

89,12 (+0,01) Obtention de prêts 50 (0) 70 (0) 75 (0) Paiements des impôts 74,31 (+3,61)

Paiements des impôts

74,31 (+3,61)

77 (-0,02)

91,34 (+0,72)

Exécution des contrats

74,89 (0)

75,08 (0)

69,36 (-1,5)

(+0,72) Exécution des contrats 74,89 (0) 75,08 (0) 69,36 (-1,5) (Évolution du score entre parenthèses) 17

(Évolution du score entre parenthèses)

17

DOING BUSINESS 2016

BANQUE MONDIALE

LA COMPÉTITIVITÉ

charges salariales payées par les employeurs. Le taux de prélèvement total versé par l’entre- prise s’élève à 62,7 % du profit pour la France, contre 48,8 % pour l’Allemagne et 32 % pour le Royaume-Uni. La France se positionne au 79 e rang mon- dial pour l’obtention de prêt et au 85 e pour le transfert de la propriété. La principale faiblesse provient du nombre de jours nécessaires pour enregistrer les titres de propriété : le délai pour la France est de 49 jours, contre 39 jours en l’Allemagne et 21,5 au Royaume-Uni.

Les performances de la France récompensent l’importante mobilisation du gouvernement pour l’attractivité du territoire français en matière de simplification des procédures rela- tives au paiement des taxes et impôts et de réduction des frais d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés. D’autres réformes en cours permettront d’améliorer le rang de la France dans les prochains classements : le déve- loppement du Guichet Entreprise sur tout le territoire ; la création du portail Portalis, per- mettant d’effectuer ses démarches juridiques en ligne et de suivre les procédures en cours ; ou encore la dématérialisation de la procédure de demande de raccordement au réseau de distri- bution électrique. Par ailleurs, les efforts engagés pour dématérialiser et simplifier les procédures douanières devraient permettre à la France de maintenir sa position de leader en matière de commerce transfrontalier.

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

18

LA COMPÉTITIVITÉ

INDEX DE LA SÉCURITÉ JURIDIQUE

RAPPORT POUR LA FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL

UNIVERSITÉ PANTHÉON-ASSAS, CRED, FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL • Mai 2015

La première édition de l’Index de la sécurité juridique (ISJ), élaborée par une équipe scientifique indépendante et pluridisciplinaire, composée de juristes et d’économistes, a pour ambition d’aider l’ensemble des acteurs économiques à déterminer, parmi 13 pays, le système offrant le plus de garanties en matière de sécurité juridique.

L’ISJ permet notamment aux investisseurs d’évaluer les risques qu’ils encourent avant d’arrêter définitivement le lieu d’implantation d’une usine ou d’une filiale.

I.MÉTHODOLOGIE

La sécurité juridique se définit par l’accessibi- lité du droit applicable, sa prévisibilité et son intelligibilité, grâce à la hiérarchie des normes, aux compétences du législateur et une stabilité temporelle. L’ISJ s’appuie sur une enquête menée auprès de 700 chercheurs et professionnels du droit dans 6 domaines clés de la sécurité juridique pour un investisseur : droits des contrats, droit de la responsabilité, droit des sociétés, droit immobi- lier, droit du travail et règlement des différends. Pour chaque domaine, l’équipe de recherche a interrogé au moins un spécialiste (avocats, juristes, ou universitaires spécialisés) sur deux cas pratiques types, soulevant l’ensemble des

19

questions relatives à la sécurité juridique afin

d’observer leur résolution par le droit national :

Droits des contrats : ajustement du prix ;

clauses limitatives de responsabilité et clauses pénales.

Droit de la responsabilité : risques indus-

triels ; produits défectueux.

Droit des sociétés : achat d’entreprise ; vie

sociale - conflit d’intérêts.

Droit immobilier : acquisition foncière ;

construction.

Droit du travail : rachat ou cession d’en-

treprise ; recours à la main-d’œuvre à durée déterminée.

Règlement des différends : litige en matière

de concurrence déloyale devant les juridictions nationales ; arbitrage dans un litige commercial.

INDEX DE LA SÉCURITÉ JURIDIQUE

UNIVERSITÉ PANTHÉON-ASSAS, CRED, FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL

LA COMPÉTITIVITÉ

Les cas pratiques sont construits suivant une structure similaire (à l’exception du domaine Règlement des différends) : une première section regroupant les questions générales, identiques pour l’ensemble des cas (avec une pondération de 25 %) et une deuxième section portant sur des questions spécifiques au thème (75 %). La notation a été établie en collaboration avec un comité de suivi, chaque réponse est notée de 0 à 10, 10 étant la meilleure note. Tous les thèmes ont le même poids dans la détermination de l’indice. La note finale est la moyenne arithmétique des notes dans chacun des domaines. Pour autant, les utilisateurs de l’indice pourront, sur le site internet dédié, choisir la pondération de chaque thème et ainsi personnaliser l’indice en fonction de leurs attentes.

II. LES RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

La Norvège apparaît comme le système le plus sûr, suivie de l’Allemagne, la France, le Royaume- Uni et la Chine. Si la plupart des pays paraissent présenter un niveau satisfaisant de sécurité juridique (tous atteignent une note nettement supérieure à la moyenne pondérée), l’Argentine, les États-Unis et le Brésil apparaissent moins bien classés. Cependant aucun système de droit ne ressort de l’analyse en matière de sécurité juridique. Les résultats globaux démontrent l’absence de corrélation entre la sécurité juridique des pays et l’origine légale de ces pays, c’est-à-dire de tradition civile continentale ou de common law 1 , des pays de traditions différentes réalisant des performances quasiment identiques.

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

L’étude des résultats met en évidence une rela- tive homogénéité du niveau de sécurité juri- dique entre l’ensemble des composantes du droit d’un même pays. Le Japon, l’Argentine et le Maroc affichent les résultats les plus uniformes, obtenant des notes très proches dans chaque domaine. À l’inverse, la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni obtiennent des notes compara- tivement plus élevées dans certains domaines :

les deux premiers pour le droit des sociétés et le Royaume-Uni pour le droit des contrats. Globalement, les plus mauvaises notes sont obtenues dans le droit de la responsabilité. Le Canada, premier dans ce domaine, obtient la note de 6,89 et le Brésil, dernier, obtient 4,12. À l’opposé, le droit des sociétés est le domaine dans lequel la plupart des pays obtiennent les meilleurs résultats. La Chine, première, obtient 8,79 et l’Allemagne, pays le moins bien classé, obtient 5,43.

Rang

Pays

Note

1

Norvège

7,19

2

Allemagne

6,93

3

France

6,82

4

Royaume-Uni

6,56

6

Maroc

6,38

8

Italie

6,19

10

Argentine

6,03

12

États-Unis

5,75

10 Argentine 6,03 12 États-Unis 5,75 1 Dans les pays de common law , le droit

1 Dans les pays de common law, le droit écrit a une conception différente, puisqu’un texte de loi a pour fonction d’apporter des compléments à la jurisprudence et non d’énoncer ex ante des principes ou d’exprimer un système juridique comme le droit civil.

20

INDEX DE LA SÉCURITÉ JURIDIQUE

UNIVERSITÉ PANTHÉON-ASSAS, CRED, FONDATION POUR LE DROIT CONTINENTAL

LA COMPÉTITIVITÉ

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

Classé en 3 e position du classement global, le système juridique français ressort comme l’un des plus protecteurs et sécurisants pour les entreprises, même si certains points sont perfectibles. Le droit français est souvent présenté comme un handicap, notamment parce qu’il serait une source de formalisme excessif néfaste pour les entreprises. Pour autant, l’Allemagne et la France semblent très proches du point de vue de la sécurité juri- dique globale offerte par leur système, bien que le détail des résultats par domaine mette en évidence des différences significatives.

LA FRANCE OFFRE UN ENVIRONNEMENT JURIDIQUE STABLE ET SEREIN AUX ENTREPRISES :

Le pays se classe 2 e pour le droit des sociétés (7,79) derrière la Chine grâce à un bon résultat dans le cas du conflit d’intérêts (8,83). La France se classe 3 e pour les différends (6,96), l’immobilier (7,54) et la responsabilité (6,54). Elle est notamment 1 ère pour les litiges en matière de concurrence déloyale, 2 e pour la construction et pour les risques industriels.

Le système français offre également une bonne sécurité dans le domaine du droit du travail (4 e avec 6,80), notamment pour le recours à la main-d’œuvre à durée déterminée.

LES INDICATEURS RÉVÈLENT ÉGALEMENT DES FAIBLESSES DANS LE DOMAINE DU DROIT DES CONTRATS :

Le droit des contrats français présente les moins bons résultats (13 e avec 5,32). L’Allemagne et le Royaume-Uni sont respectivement en 1 ère (8,13) et 2 e position (8,03).

Travail

Société

Contrat

10 8 6 4 2 0
10
8
6
4
2
0

Responsabilité

Différends

 

Allemagne 

FranceDifférends   Allemagne Royaume-Uni Immobilier

Royaume-UniDifférends   Allemagne France Immobilier

Immobilier

21

LA COMPÉTITIVITÉ

COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

GUIDE TO INTERNATIONAL BUSINESS LOCATION

KPMG • Mars 2016

Depuis 1996, le cabinet KPMG propose dans son rapport biennal Choix concurrentiels une analyse comparative de la compétitivité-coût dans plus de 100 villes de dix pays : l’Allemagne, l’Australie, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

L’étude offre aux chefs d’entreprise qui envisagent une relocalisation ou une expansion de leur activité à l’étranger un aperçu des coûts d’exploitation dans les principales métropoles du monde.

I. MÉTHODOLOGIE

A. LES VARIABLES

Choix concurrentiels 2016 examine les 26 prin- cipaux facteurs de coûts pour les entreprises de 19 secteurs d’activité dans 111 villes et leur périphérie, 7 types d’entreprises appartenant au secteur des services (services numériques :

développement de logiciels, conception de jeux vidéo ; services liés à la R&D : biomédical, gestion d’essais cliniques, développement et tests de systèmes électroniques ; services aux entreprises : services financiers internationaux, centre de services partagés) et 12 au secteur de la fabrication (aérospatiale, agroalimentaire,

23

appareils médicaux, automobile, composants en métal, électronique, énergie verte, pièces de précision, plastiques, produits chimiques, produits pharmaceutiques, télécommunications).

L’étude s’appuie sur le modèle du coût de Choix concurrentiels qui analyse les coûts d’entreprise pour les différents types d’activité à travers les localisations géographiques. Ce modèle repose sur 2 types d’informations :

les spécifications d’exploitation standardi- sées pour chaque secteur d’activité : terrains et bâtiments, machinerie et équipements, stock, financement (dette / fonds propres) et les fonds de roulement, chiffre d’affaires annuel, main-

COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

KPMG

LA COMPÉTITIVITÉ

d’œuvre, matières premières, dépenses de R&D, énergie, distribution du produit. les coûts d’exploitation et d’investissements effectifs dans chaque localisation. Les facteurs retenus pour estimer la compétitivité-coût des entreprises sont essentiellement le coût de la main-d’œuvre, d’établissement, de transport, des services publics, du capital, ainsi que la fiscalité.

B. PROCESSUS DE TRAITEMENT DES DONNÉES

En combinant ces données pour chaque secteur et chaque localisation, le modèle du coût fournit une estimation des coûts annuels et des flux de trésorerie pour une nouvelle implantation dans chacune des villes. Les coûts d’entreprise actuels, de même que les modifications fiscales prévues, sont extrapolés selon des prévisions d’affaires échelonnées sur 10 ans à compter de 2016. Cette évaluation standardisée du projet et de son financement sert de base à l’étude comparative. Les résultats de chaque pays s’appuient sur la moyenne des coûts d’entreprise de ses métro- poles, dans les secteurs des services et de la fabrication. Ils sont exprimés sous forme d’indices utilisant comme point de référence la moyenne des coûts des quatre plus grandes villes des États-Unis. Les coûts des villes des autres pays, convertis en dollars américains 1 , sont comparés à ce point de référence. À noter qu’en raison de la croissance de la valeur du dollar entre 2014 et 2016, toutes les devises ont subi une dépréciation par rapport à celui-ci (excepté la livre sterling, dans une moindre mesure). La valeur élevée du dollar fait diminuer les coûts d’exploitation des autres pays, lorsqu’ils sont calculés dans cette devise.

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

II. LES RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Le trio de tête reste inchangé par rapport à l’édi- tion 2014. Le Mexique, seul pays émergent de l’échantillon, affiche les coûts les plus faibles. En 2016, l’avantage en matière de coûts d’exploita- tion pour le Mexique par rapport aux États-Unis s’élève à 22,5 %, soit le pourcentage le plus élevé de la décennie. Le Canada conserve le 2 e rang, avec des coûts d’exploitation inférieurs à ceux des États-Unis de 14,6 %. Viennent ensuite les Pays-Bas, avec un avantage en matière de coûts de 12,3 % par rapport aux États-Unis, puis l’Italie et l’Australie, dont les coûts globaux sont similaires. La France se classe au 6 e rang, devançant le Royaume-Uni, qui arrive 7 e et l’Allemagne, 8 e . Le Japon et les États-Unis viennent clore le pal- marès. C’est la première fois que les États-Unis se retrouvent si bas dans le classement.

% DE L’AVANTAGE EN MATIÈRE DE COÛT PAR RAPPORT AUX ÉTATS-UNIS

22,5 14,6 12,3 10,7 10,6 9,5 9,1 7,7 7,3 0,0 % Coût plus faible Coût
22,5
14,6
12,3
10,7
10,6
9,5
9,1
7,7
7,3
0,0 %
Coût plus faible
Coût plus élevé
Mexique Canada
Pays-Bas Italie
Australie
France
Royaume-Uni
Allemagne Japon
RÉFÉRENCEÉtats-Unis

1 Taux de change sur la période octobre-décembre 2015.

2 Une diminution de l’indice de coûts se traduit par un gain de

compétitivité (diminution des coûts d’entreprise relatifs) depuis

2014.

24

À l’exception des États-Unis, tous les pays ont vu leur indice des coûts d’exploitation diminuer 2 . Les gains les plus importants ont été obtenus par l’Aus- tralie, l’Italie et l’Allemagne. L’amélioration de l’indice de coûts 2016 tradui- sant un gain de compétitivité global, est en partie attribuable à l’appréciation du dollar. La valeur élevée du dollar fait diminuer les coûts d’exploi- tation des autres pays, lorsqu’ils sont calculés dans cette devise. Entre 2014 et 2016, l’euro s’est déprécié de 19,8 % par rapport au dollar. Les coûts de main-d’œuvre, qui constituent la catégorie de coûts la plus importante, repré- sentent entre 40 et 86% de l’ensemble des coûts selon l’emplacement géographique pour les sec- teurs d’activité étudiés. La main-d’œuvre la moins chère se trouve au Mexique, puis au Canada et en Italie. Les coûts liés au transport dépendent du secteur d’activité, des produits et des marchés visés, et peuvent atteindre jusqu’à 25 % des coûts en fonc- tion de l’emplacement géographique pour les entreprises du secteur de la fabrication qui sont visées par l’étude. Les coûts liés au transport ont considérablement diminué depuis 2014 en raison du faible coût du pétrole à l’échelle mondiale. Ils sont plus faibles au Japon, au Canada et en Allemagne. Le coût des installations varie selon l’emplacement géographique et également le secteur d’activité. Les coûts de location de bureaux en banlieue sont plus abordables en Allemagne, au Mexique et au Canada. Pour la location industrielle, c’est au Canada, en France et au Mexique que les loyers sont les moins chers. Le fardeau fiscal global peut représenter jusqu’à 18 % des coûts, en fonction de l’emplacement géographique. L’impôt sur le revenu des sociétés dans les secteurs des services aux entreprises et de la fabrication est plus avantageux au Royaume-Uni,

COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

KPMG

LA COMPÉTITIVITÉ

au Canada et aux Pays-Bas. La France est la plus attractive pour le taux d’imposition sur la R&D, devant les Pays-Bas et le Canada. Concernant les secteurs des services :

Services numériques : c’est au Mexique, au

Canada et aux Pays-Bas que les coûts sont les plus attractifs pour les entreprises avec des coûts variant entre 17,7 % et 34,4 % en dessous de ceux des États-Unis.

Services liés à la R&D : parmi les pays de l’étude

offrant des mesures fiscales d’encouragement pour les dépenses de R&D, le Mexique, le Canada et les Pays-Bas présentent un avantage en matière

de coûts. La France est 4 e , avec un coût inférieur à celui des États-Unis de 22,4 %.

Services aux entreprises : le Mexique est net-

tement plus avantageux que les autres pays de l’échantillon avec un coût inférieur aux États-Unis de 52,8 %. Viennent ensuite le Canada (26,1 %) et les Pays-Bas (22,2 %).

Dans le secteur de la fabrication : le Mexique

arrive de nouveau en tête, bien que le coût des pièces, matériaux et équipements provenant de l’étranger soit sensiblement le même selon la provenance et que les variations de coûts soient modérées au sein d’un même pays.

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE

Pour analyser les performances de la France, KPMG a retenu les villes de Paris et Marseille. La France occupe le 6 e rang mondial et le 3 e rang européen, devançant le Royaume-Uni (7 e ) et l’Allemagne (8 e ), avec un avantage en matière de coûts de 9,5% par rapport aux États-Unis. La compétitivité-coût de la France s’est améliorée à l’égard des États-Unis : en 2014 cet avantage était de 2,6 %. Néanmoins, la France perd une place au classement, au profit de l’Italie et de l’Austra- lie, désormais moins chers, et se hisse devant le Royaume-Uni.

25

COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

KPMG

LA COMPÉTITIVITÉ

Le total des coûts d’exploitation de Marseille est inférieur de 2,3 points à celui de Paris. Depuis 2014, les coûts de main-d’œuvre et de location de bureaux en banlieue de Marseille ont subi une hausse marquée, tandis que les coûts de location de bureaux à Paris ont légèrement diminué, contri- buant à resserrer l’écart de 4 points en matière de coûts que détenait Marseille sur Paris en 2014. Marseille se classe 5 e et Paris 7 e dans le classement des villes européennes. Le podium est occupé par Manchester, Rotterdam et Amsterdam.

IL EST POSSIBLE D’EN FAIRE UNE LECTURE POSITIVE AUTOUR DES OBSERVATIONS SUIVANTES :

La France dispose du traitement fiscal de la

R&D le plus avantageux. Le système de crédits d’impôt pour la R&D, qui prévoit une option de remboursement des crédits inutilisés, permet à la France d’afficher le taux d’imposition effectif

des sociétés le plus faible parmi les pays à l’étude dans le secteur des services liés à la R&D.

La France se classe au 3 e rang mondial pour

le coût du salaire moyen (excluant les charges sociales), devant le Royaume-Uni (6 e ) et l’Alle- magne (9 e ).

La France se situe au 4 e rang pour le total

des coûts d’exploitation dans le secteur des

services liés à la R&D : sa meilleure performance concerne la gestion d’essais cliniques.

Elle est également 4 e pour les coûts liés

au secteur des énergies vertes (fabrication de batteries vertes).

Grâce à une importante baisse des coûts de

location d’installations industrielles, la France se positionne 2 e pour cet indicateur, avec 4,65 USD/m². Par ailleurs, la France se classe aussi 2 e pour l’acquisition d’un terrain industriel, derrière le Mexique.

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

26

La France arrive au 4 e rang mondial (et 2 e

rang européen) pour le coût de l’électricité, plus attractif qu’au Royaume-Uni et qu’en Allemagne.

Parmi les facteurs qui ont permis d’amélio-

rer les performances de la France en matière de coûts entre 2014 et 2016 : la baisse mar- quée des coûts de location d’installations indus- trielles ; l’abolition de l’impôt minimal fixe fondé sur les recettes brutes ; et l’encouragement tem-

poraire à l’investissement pour les achats de biens amortissables.

FAIBLESSES DE LA FRANCE :

La France se situe au 8 e rang pour le coût

d’exploitation global dans les centres de services partagés et au 9 e rang en ce qui concerne la conception de logiciel.

La France a connu une augmentation supé-

rieure à la moyenne du coût total de la main- d’œuvre (incluant les charges sociales). Elle arrive en queue de classement pour les charges sociales, qui représentent 40 % de la rémunéra-

tion des employés (contre 10 % au Royaume Uni et 16 % en Allemagne).

Les coûts de location de bureaux demeurent

parmi les plus chers : 31,91 USD/m² en banlieue et 40,66 USD/m² au centre. Toutefois, les prix des

loyers restent inférieurs à ceux du Royaume-Uni (respectivement 42,69 USD/m² et 82,89 USD/m²).

La France présente la taxe foncière dans les

secteurs des services la plus élevée (11,37 USD/ m²), juste derrière le Royaume-Uni (7,69 USD/m²).

SECTEURS D’ACTIVITÉ

COMPETITIVE ALTERNATIVES 2016

KPMG

LA COMPÉTITIVITÉ

France

Allemagne

Royaume-Uni

 

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

2016

2016

2016

Services

numériques

87,8

7 (-2)

89

9 (+1)

85,6

6 (-3)

Services aux

entreprises

84,1

8 (-2)

83,9

7 (+3)

83,3

6 (-4)

84,1 8 (-2) 83,9 7 (+3) 83,3 6 (-4) FACTEURS DE COÛT (RANG) France Allemagne Royaume-Uni

FACTEURS DE COÛT (RANG)

France

Allemagne

Royaume-Uni

Coût total de la main-d’œuvre

8

9

6

Salaire moyen

3

9

6

Avantages sociaux

4

2

9

Coût de location - Bureau (banlieue)

9

1

10

Coût de location - Industrie

2

4

9

Terrain industriel

2

5

9

Taux effectif d’imposition des sociétés - Services numériques

4

7

2

Taux effectif d’imposition des sociétés - Services aux entreprises

6

5

1

Coût des services publics - Électricité

4

8

9

Impôt foncier - Services

10

2

9

5 1 Coût des services publics - Électricité 4 8 9 Impôt foncier - Services 10

27

COMMENTAIRES

Toute analyse de la compétitivité nationale doit tenir compte de différents facteurs qui déter- minent le niveau de vie de la population, à savoir la croissance, l’emploi et la répartition du revenu. La définition de la compétitivité n’est pas très précise puisqu’elle inclut de nombreux aspects de la politique économique. La compétitivité ne peut donc se mesurer par un indicateur unique. Certains organismes mesurent la compétitivité des économies en estimant un indice compo- site, d’autres prennent avant tout en compte l’environnement des affaires en évaluant les réglementations qui facilitent ou entravent la pratique des affaires. Enfin, d’autres estiment les coûts d’exploitation.

Sur la thématique de la compétitivité, le Global Competitiveness Report du World Economic Forum et le World Competitiveness Yearbook de l’IMD déterminent la capacité d’une économie à créer et à maintenir un environnement favorable à la création de valeur par les entreprises et de bien-être ou prospérité pour sa population. La méthodologie utilisée pour l’élaboration des classements de l’IMD et du WEF mêlant indi- cateurs statistiques et enquêtes d’opinion est décrite de manière très complète. La multiplicité et la variété des indicateurs recensés fournissent une base de données très riche qui doit primer sur le classement global. Cependant, certaines limites inhérentes à la méthodologie sont à souligner :

La première limite concerne le poids prépon- dérant des enquêtes d’opinion sur l’estimation de ces indices, qui amène à interpréter les résul- tats avec beaucoup de prudence. Le calcul de

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

28

l’indicateur global repose, pour 70 %, sur des enquêtes d’opinion dont le caractère subjectif est connu (idées préconçues, biais culturel…). Cette méthode fragilise les résultats et pénalise la France, perçue comme excessivement admi-

nistrée et rétive à la mondialisation. Les mauvais classements résultant de l’enquête d’opinion contrastent ainsi avec la réalité économique. Le biais des enquêtes d’opinion peut facilement être mis en évidence :

Alors que la France fait partie des principaux

pays d’accueil des IDE (7 e rang mondial du stock des IDE) et des projets d’investissements d’origine étrangère, créateurs d’emploi (3 e rang européen), elle est positionnée au 70 e rang, dans le rapport du WEF, concernant l’impact sur les entreprises des règles relatives aux IDE ; et au 60 e rang de l’IMD pour l’ouverture aux idées étran- gères « Votre culture nationale est-elle ouverte aux idées étrangères ? ».

S’agissant du niveau de productivité par tête,

la France est au 6 e rang des pays de l’OCDE, alors qu’elle est au 59 e sur le critère « salaire et productivité » du WEF.

Enfin, dans le rapport de l’IMD, la percep-

tion à l’égard de l’adéquation entre l’éducation du management en France et les besoins de la communauté d’affaires positionne la France au 48 e rang. Cependant, selon le classement du Financial Times, 18 établissements français parmi les 70 formations initiales en gestion et en mana- gement, et 2 écoles françaises sont présentes dans le top 3 du classement : HEC et l’Essec. La taille du panel de chefs d’entreprise interrogés est discutable. Si environ 14 700 personnes répondent au questionnaire dans le

rapport du WEF, cela ne correspond qu’à une moyenne de 98,6 personnes interrogées par pays, ce qui est nettement en dessous de la taille des échantillons utilisés habituellement dans les sondages. Si 458 enquêtes ont été réalisées aux États-Unis, il y en a seulement 30 en Israël. Pour la Suisse, en tête du classement, seuls 70 chefs d’entreprise ont répondu. Ils sont 101 en France. Se pose également, de manière générale, la question de l’agrégation et de la pondéra- tion des variables. Peut-on mettre sur un pied d’égalité des critères aussi différents que la fis- calité, le taux de croissance et les attitudes face à la mondialisation par exemple ? C’est ainsi que les facteurs de performance économique, d’efficacité du secteur public, d’efficacité des entreprises, de qualité des infrastructures, de fiscalité, et du niveau de qualification de la main- d’œuvre par exemple, n’ont pas le même poids dans la capacité d’un pays à être compétitif. Certains indicateurs peuvent desservir les pays développés. Dans ce cadre, certaines variables peuvent favoriser les pays en déve- loppement. Ainsi, la France se place au 7 e rang mondial pour la productivité horaire du travail par tête, alors qu’elle figure au 42 e si l’on consi- dère le taux de croissance de cette productivité horaire (élevée, cette variable ne peut progresser au même rythme que dans certains PED) dans le rapport de l’IMD. D’autres indicateurs apparaissent discutables. La part des exportations dans le PIB en montant retenu dans le rapport du WEF tend à avantager les petites économies traditionnellement plus ouvertes au commerce que les grandes écono- mies. D’autres, tels que le coût et la fiabilité de l’énergie électrique sont absents ou s’écartent de ceux, plus favorables à la France, présents dans d’autres classements.

COMMENTAIRES

LA COMPÉTITIVITÉ

Pour certains indicateurs, un effort pourrait être fait pour identifier des données chiffrées exis- tantes (solidité des banques, capacité d’innova- tion ou le salaire et la productivité par exemple).

Dans son rapport Doing Business, la Banque mondiale propose d’évaluer l’environnement des affaires en estimant les réglementations qui facilitent ou entravent la pratique des affaires dans 189 économies. La Banque mondiale rap- pelle que l’étude n’a pas vocation à refléter l’attractivité d’un pays ou le dynamisme de sa croissance, mais a pour objet de donner une idée des meilleures pratiques et incite ainsi les pays à se réformer. Ainsi, le Doing Business s’inscrit en faveur d’un allégement de la réglemen- tation et pousserait les pays à libéraliser leur économie. En 2007, cette vision avait suscité une vive critique de la part de l’Organisation internationale du travail (OIT) 1 qui reprochait à l’indicateur « embauches des travailleurs » de prôner une flexibilité accrue, ainsi qu’une faible protection du travail. Sept des dix indicateurs étudiés laissent entendre qu’une moindre régu- lation, assortie d’un taux d’imposition réduit, est synonyme d’une plus grande facilité à faire des affaires. Ainsi, l’indicateur concernant le paie- ment des taxes et impôts, qui dessert la France, s’intéresse uniquement au taux d’imposition en tant que fardeau pour les entreprises et non aux bénéfices des programmes sociaux financés par le biais des recettes fiscales. Par ailleurs, l’approche retenue présente un biais important dans la mesure où elle privi- légie le droit anglo-saxon au détriment des pays de droit civil codifié comme la France. La Banque mondiale met davantage l’accent sur les aspects de jure, et fait peu cas des pratiques

1 OIT, Governing Body, GB.300/4/1, Genève, Novembre 2007

29

COMMENTAIRES

LA COMPÉTITIVITÉ

réelles observées. De ce fait, les pays de com- mon law dominent le haut du classement. Étudier les réglementations telles qu’elles sont écrites dans les textes ne donne qu’une image partielle des situations vécues par les firmes sur le terrain. D’autant plus que la pertinence des indicateurs dépend également des modalités d’application des lois, ce que Doing Business n’évalue pas. Dans les conceptions française ou allemande, de type civiliste, la sécurité constitue un but en soi du système juridique. À l’inverse, dans les pays pour lesquels la tradition de droit commun prévaut, tels que les pays anglo-saxons, le droit est davantage perçu comme un moyen d’atteindre un système efficace. Les conclusions du Doing Business, qui place le droit au service de l’économie, seraient de ce point de vue plutôt défavorable aux pays de droit civil. Dans l’approche civiliste, le système de droit est vertueux en lui-même. Pour l’équipe de la Banque mondiale, la sécurité juridique est utili- sée comme un critère d’attractivité économique, équivalente à moins de régulation et toujours plus de rapidité dans l’exercice des activités écono- miques, sans prendre en considération la qualité de la régulation et de sa mise en œuvre. Ainsi l’ISJ diffère du Doing Business dans l’évaluation des indicateurs : le règlement des contentieux, par exemple, n’est pas perçu sous l’angle de l’effica- cité économique (résolution de litiges commer- ciaux), mais sous celui de la sécurité juridique. Par ailleurs, le fait qu’en France l’immatriculation d’une société puisse se faire très rapidement (le plus souvent en 24 h) permet certes de bien se situer dans certains classements internationaux mais ne renseigne pas sur l’efficacité des règles juridiques en vigueur pourtant au cœur des rela- tions entre les acteurs économiques. Enfin, plusieurs limites liées aux hypothèses de base et au choix des variables peuvent être avancées :

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

30

Pour chacun des domaines le nombre

d’indicateurs pris en compte est relative- ment restreint et fournit ainsi un aperçu limité de l’ensemble des obstacles que rencontrent les entreprises. Le rapport ne couvre pas des domaines essentiels pour l’environnement des affaires tels que la corruption, le coût du travail, les questions de sécurité, le fonctionnement du marché du travail, la qualité des infrastruc- tures ou encore la libéralisation des marchés de biens et services.

Le faible nombre d’experts dont les iden-

tités sont dévoilées dans cette édition, altère

la fiabilité de l’analyse. Pour sept des dix indicateurs (création d’entreprise, octroi de permis de construire, raccordement à l’élec- tricité, transfert de propriété, obtention de prêts, paiement des impôts et règlement de l’insolvabilité), dans 5 à 20 % des économies, le panel interrogé se compose de seulement un ou deux experts.

L’échantillon des entreprises étudiées se

limite aux sociétés à responsabilité limitée (ou équivalent légal), qui peuvent être régies par une réglementation différente de celle d’autres entreprises.

Contrairement à la recommandation du

panel, le classement général a été conservé mais se construit désormais à partir de la DDF, provoquant par ailleurs des erreurs d’interpré- tation. Si les valeurs des indicateurs (nombre de procédures, délais, taux etc.) permettent de mesurer dans l’absolu l’efficacité de la régle- mentation des affaires d’un pays, le rang d’un pays dans le classement, par définition, reste relatif aux efforts menés par les autres pays. Ainsi, la France recule de 8 places pour l’obten- tion de prêt tandis que la DDF est restée stable, et perd 5 places pour la création d’entreprise alors que la DDF a augmenté de 0,14 point.

Le Rapport pour la Fondation pour le Droit continental propose une approche différente et complémentaire de celle du Doing Business de la Banque mondiale en mettant au centre des pré- occupations des acteurs économiques la stabilité et prévisibilité juridique. Cette étude offre aux entrepreneurs étrangers désireux de débuter une activité économique dans un des pays observé, une évaluation de la sécurité juridique, notam- ment du droit du travail, composante essentielle du choix des investisseurs et souvent source d’insécurité, aussi bien pour l’employeur que pour l’employé. Cependant, l’élaboration d’indi- cateurs pour mesurer le droit est une entreprise délicate qui requiert de nombreuses précautions méthodologiques. Ce classement présente des limites :

Comme tout classement, se pose la question du choix arbitraire de la notation, de la pondé- ration et de l’agrégation des résultats, visant à considérer que l’investisseur quel que soit son secteur attribue à l’ensemble des critères le même poids. Comme le souligne le rapport, les notes moyennes variant d’un domaine à l’autre sont censées refléter des différences de systèmes de droit, cependant, ces résultats sont tributaires des perceptions des experts influencés par les biais culturels. Ainsi, les problématiques soule- vées par les questions peuvent donner lieu à des perceptions différentes et aboutir à des degrés d’importance ou de « sévérité » distincts.

Pour finir, la méthodologie utilisée par KPMG permet des comparaisons de coûts d’exploita- tion entre les différents sites retenus. Le niveau de détail fourni est relativement important (27 éléments de coûts d’exploitation et 17 types d’in- dustrie). Néanmoins, le calcul d’indices oblige à prendre une valeur de référence, ici l’indice de

31

COMMENTAIRES

LA COMPÉTITIVITÉ

référence de 100 est attribué aux États-Unis. Les résultats obtenus sont donc bien des valeurs rela- tives (avantage/désavantage en pourcentage de coûts par rapport aux États-Unis) et non absolues. L’intérêt principal de cette enquête est le nombre élevé d’éléments de coûts d’exploitation pris en compte ainsi que la diversité des industries étudiées, permettant aux investisseurs d’évaluer de façon assez précise les coûts d’exploitation comparés de leur projet, bien que soumis à la volatilité des taux de change.

LES RÉFORMES

LA COMPÉTITIVITÉ

Actionner les leviers pour favoriser la relance de la croissance, de l’investissement et de l’emploi.

LA LOI POUR LA CROISSANCE, L’ACTIVITÉ ET L’ÉGALITÉ DES CHANCES ÉCONOMIQUES DITE « LOI MACRON », ADOPTÉE EN JUILLET 2015

Ouverture des commerces le dimanche et en soi-

rée là où il y a un fort potentiel économique (zones tou-

ristiques internationales, zones commerciales, gares…), et dans toutes villes jusqu’à 12 dimanches par an, au lieu de 5, sur décision du maire.

Accords de maintien dans l’emploi : un employeur

qui fait face à de graves difficultés économiques conjoncturelles peut conclure avec ses salariés un accord de maintien dans l’emploi, afin d’aménager temporairement certaines conditions de travail (durée de travail, rémunération). En contrepartie, il s’engage à ne supprimer aucun emploi pendant une durée qui pourra être étendue jusqu’à 5 ans, au lieu de 2 précédemment.

Une justice plus rapide et plus efficace avec la

création d’un bureau de jugement restreint qui devra obligatoirement statuer dans un délai de 3 mois maxi- mum en cas de différend entre employeur et salarié. En cas d’échec de la conciliation, une procédure de recours plus rapide à la formation de départage sera également mise en place. La loi consacre également

la spécialisation des tribunaux de commerce pour éviter la dispersion des dossiers des entreprises de grande taille.

Des ajustements ont été proposés afin de sécuriser

les licenciements collectifs et de faciliter le reclasse- ment des salariés.

Procédures collectives : lors du redressement judi-

ciaire d’une entreprise, le tribunal de commerce pourra imposer un plan de redressement sur 10 ans ainsi que la cession des actions de contrôle à des créanciers ou des tiers afin de mettre en œuvre ce plan, dans le cas

où les actionnaires ne souhaiteraient ou ne pourraient pas le financer. Le tribunal pourra également imposer

la conversion des créances détenues à l’encontre de la société en titres de capital pour transférer le contrôle de l’entreprise aux créanciers (devenus actionnaires). Cette procédure permet de sauver dans le même temps l’activité, les emplois et les créances.

Stimuler les projets d’investissement des entre-

prises grâce à un avantage fiscal leur permettant, pour certains biens d’investissement de nature industrielle,

de réduire immédiatement leur impôt sur les bénéfices en proportion du montant de leur investissement. Cet amortissement exceptionnel (ou suramortissement), à hauteur de 40 % du prix de revient de l’investissement, s’ajoute à l’amortissement classique du bien. Sur la durée normale d’utilisation des biens, les entreprises pourront ainsi déduire de leur bénéfice imposable 140 % du prix de revient de ces biens.

L’accélération de la désintermédiation bancaire

offrira des moyens de financement alternatifs à ceux proposés par les banques en facilitant le crédit inter-en- treprises, des bons de caisse, des contrats d’assu-

rance-vie, des prêts aux associations et fondations de microcrédit.

Des mesures de simplification portant sur la rigi-

dité du droit d’information préalable des salariés en

cas de cession, le remboursement de petites créances par des huissiers ou encore le développement de la facturation électronique.

Des mesures pour les PME : réduction des délais

de paiements susceptibles de causer des problèmes de trésorerie ; simplification des dispositifs d’épargne salariale ; protection de la résidence principale de l’en- trepreneur ; dispense de publication des comptes de résultat ; simplification des Bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE).

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

32

PACTE DE RESPONSABILITÉ ET DE SOLIDARITÉ

Le 31 décembre 2013, le président de la République

a proposé un Pacte destiné à redresser la compéti-

tivité des entreprises et à faire reculer le chômage. Financé par la maîtrise des dépenses publiques et la lutte contre la fraude fiscale, il doit permettre de gagner 0,5 % de croissance et créer 200 000 emplois

à l’horizon 2017. Ce Pacte consiste en 41 milliards

d’euros d’aides accordées aux entreprises en vue de les inciter à embaucher et investir.

LA RÉDUCTION DU COÛT DU TRAVAIL

Exonération des cotisations patronales versées

aux Urssaf, hors cotisations d’assurance chômage, et révision du barème des allégements existants jusqu’à 1,6 fois le Smic.

Baisse des cotisations familiales de 5,25 % à 3,45 %,

pour les salaires compris entre 1,6 et 3,5 Smic (soit 1,8 point en moins) à partir du 1 er janvier 2016.

Baisse des cotisations familiales pour les travail-

leurs indépendants de 1 milliard d’euros.

LA BAISSE DES IMPÔTS POUR LES ENTREPRISES

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi

(CICE) aurait réduit de 6 % la masse salariale depuis 2014 sur les salaires allant jusqu’à 2 800 € nets par mois (4 % en 2013). Accessible à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, le CICE représentera en 2015 plus de 16 milliards d’€ de marge supplémentaire pour les entreprises.

La disparition progressive de la Contribution sociale

de solidarité des sociétés (C3S), assise sur la produc-

tion, sera étalée jusqu’en 2017. Elle représente un gain de 6 milliards d’euros pour les entreprises, dont 1 milliard dès l’année prochaine. Cet abattement à la

base de la C3S permettra de rendre non imposables les TPE et un grand nombre de PME.

Dès 2016, la contribution exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés (CE) sera supprimée. Et en 2017, le taux normal de l’impôt sur les sociétés (IS) baissera pro- gressivement jusqu’en 2020, de 33,3 % actuellement à 28 %, la moyenne européenne.

LES MESURES DE SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE

Le « choc de simplification » répond à une forte attente des entreprises qui jugent les démarches administra- tives longues et complexes, nécessitant des contacts et des déplacements répétés. Le programme présenté en juillet 2013 comporte plus de 260 mesures à destination des entreprises, autour de 10 chantiers correspondant aux moments de vie clés pour les entreprises : créer une entreprise ; développer son entreprise ; exercer son activité ; reprendre, transmettre, rebondir ; Importer et exporter ; répondre aux obligations comptables, fiscales et sociales ; employer et former ; répondre aux marchés publics ; aménager et construire ; échanger avec l’administration.

Parmi les mesures phares : alléger les autorisations préalables à la création d’entreprise ; simplifier les for- malités sociales liées à l’emploi de salariés en étendant le Titre emploi service entreprise ; délivrer plus rapide- ment les permis de construire en réduisant les délais d’instruction ; simplifier l’accès aux marchés publics ; appliquer un principe de non-rétroactivité fiscale pour les entreprises ; réduire le nombre de statuts pour les entreprises individuelles, actuellement au nombre de 5 ; améliorer la lisibilité du bulletin de paie ; raccourcir les délais de réponse de l’administration et, en cas de non-réponse dans un délai de 2 mois, le silence de l’administration vaudra désormais accord.

33

Source : Banque Mondiale, Doing Business 2015

Source : FMI 2015

Source : Eurostat ; *données 2012

Source : Eurostat ; * données 2013

Royaume-Uni

Irlande

Pays-Bas

France

Italie

Suède

Pologne

Espagne

Belgique

Allemagne

Finlande

Autriche

LA COMPÉTITIVITÉ

LA FRANCE, UNE ÉCONOMIE COMPÉTITIVE

La position géographique de la France et la taille du marché en font une plateforme de rebond vers les marchés européens : avec un PIB de 2 847 milliards de dollars à prix courants, la France est la 6 e économie mondiale après les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

TOP 20 DES ÉCONOMIES

PIB en millions de dollars

18 000 16 000 14 000 12 000 10 000 8 000 6 000 4
18
000
16
000
14
000
12
000
10
000
8
000
6
000
4
000
2
000
0
États-Unis
Chine
Japon France
Allemagne
Royaume-Uni
Brésil
Italie
Inde
Russie
Canada
Australie
Corée
Sud
du Espagne
Mexique
Indonesie
Pays-Bas
Turquie
Arabie
saoudite

TAUX DE CRÉATION D’ENTREPRISE

14%

2009

2012

12%

10%

 
 

8%

 

6%

 

4%

   

2%

   

0%

   

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

34

La France investit fortement dans l’éducation et dispose d’une main-d’œuvre bien formée et très productive. En termes de productivité horaire du travail, la France se positionne au 7 e rang mondial, devançant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

FACILITÉS ADMINISTRATIVES EXÉCUTION DES CONTRATS

0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 Autriche Allemagne France États-Unis Suède
0
20
40
60
80
100
120
140
160
180
Autriche
Allemagne
France
États-Unis
Suède
Finlande
Royaume-Uni
Espagne
Japon
Belgique
Pologne
Pays-Bas
Irlande Italie

LES 15 PREMIERS AÉROPORTS DE L’UE 28 EN 2014

En millions de passagers à bord National International 80 70 60 50 40 30 20
En millions de passagers à bord
National
International
80
70
60
50
40
30
20
10
0
London
Heathrow
Paris
Charles-de-Gaulle
Istanbul
Ataturk
*
Frankfurt/Main
Amsterdam
Schiphol
Madrid
Barajas
London
Gatwick
Barcelona
München
Roma
Fiumicino
Paris Antalya
Orly
* Zurich
København
Kastrup
Oslo
Gardemoen

Source : Eurostat, calculs Business France

Source : Eurostat 2015

La France est l’une des économies européennes qui a le plus maîtrisé l’évolution de ses coûts horaires. L’évolution du coût horaire observée dans l’industrie française en 2014 (+1,1 %) est inférieure à celle de l’UE 28 (+2 %), de l’Allemagne (+2,2 %) et du Royaume-

ÉVOLUTION DU COÛT HORAIRE DE LA MAIN- D’ŒUVRE ENSEMBLE DE L’ÉCONOMIE (TCAM)

10%

8%

6%

4%

2%

0%

-2%

-4%

2010-2012 2012-2014 2014 Suède Irlande Espagne Belgique Italie France Finlande Allemagne Pays-Bas Autriche
2010-2012
2012-2014
2014
Suède
Irlande
Espagne
Belgique Italie
France
Finlande
Allemagne
Pays-Bas
Autriche
Pologne
Royaume-Uni
UE 28

Uni (+8,1%). La France affiche en 2015 une nette amélioration de la compétitivité coût pour l’ensemble de l’économie. En 2013 et 2014, le CICE a permis, selon l’Insee, une réduction de 3,3 % de l’indice du coût du travail dans les secteurs marchands.

PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ (2 E SEMESTRE 2015)

Consommation industrielle 70 000 MWh - 150 000 MWh

0,15 0,12 0,09 0,06 0,03 0,00 Norvège Suède Finlande Danemark Autriche France Allemagne Pologne Belgique
0,15
0,12
0,09
0,06
0,03
0,00
Norvège
Suède
Finlande
Danemark
Autriche
France
Allemagne
Pologne
Belgique Italie
Pays-Bas
Portugal
Espagne
Irlande
Royaume-Uni

35

L’ATTRACTIVITÉ, UN ÉLÉMENT CLÉ DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES DE CROISSANCE

39
39

WORLD INVESTMENT REPORT 2016

CNUCED

JUIN 2016

43 GLOBAL CITIES INVESTMENT MONITOR 2016

KPMG ET PARIS – ÎLE-DE-FRANCE CAPITALE ÉCONOMIQUE FÉVRIER 2016

47 BAROMÈTRE EY 2016 DE L’ATTRACTIVITÉ EUROPÉENNE

EY

MAI 2016

51 FOREIGN DIRECT INVESTMENT CONFIDENCE INDEX 2016

A.T. KEARNEY

MAI 2016

55 BAROMÈTRE AMCHAM-BAIN 2015

AMCHAM-BAIN & COMPANY NOVEMBRE 2015

57 WORLD TALENT REPORT 2015

IMD

NOVEMBRE 2015

61 CITIES OF OPPORTUNITY 7

PWC

MAI 2016

65 BETTER LIFE INDEX 2016

OCDE

MAI 2016

68

COMMENTAIRES

72

LES RÉFORMES

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

36

L’ATTRACTIVITÉ

D u fait de l’ouverture des économies, l’attractivité territoriale devient une préoccupation majeure.

Les investissements étrangers contribuent au développement économique des pays

d’accueil (création d’emploi, amélioration de la structure productive des économies, hausses de la productivité…) et induisent des externalités positives fortes (transferts de technologie, de savoir-faire, contrôle de la qualité, amélioration des infrastructures…). Par rapport aux entreprises nationales, les entreprises multinationales disposent d’atouts leur permettant d’être plus compétitives et performantes sur les marchés étrangers. Dans un rapport du Conseil d’analyse économique de 2010, Investissement direct étranger et performances des entreprises, les auteurs affirment que « Les entreprises localisées en France et appartenant à des groupes étrangers sont plus efficaces que celles appartenant à des groupes français : elles créent plus d’emplois, exportent plus, importent plus et sont plus rentables » 1 .

L’attractivité économique se définit comme la capacité à attirer les activités nouvelles et les facteurs de production mobiles – capitaux, travailleurs qualifiés – sur un territoire. Avec l’accélération des mouvements de capitaux et de personnes, la capacité d’un pays à attirer et à retenir les entreprises et talents est devenue un élément clé des politiques économiques de croissance. La mondialisation a ainsi placé la politique d’attractivité des économies au cœur de la dynamique de croissance des territoires. Il s’agit de permettre la constitution d’un environnement propice au développement industriel afin d’assurer le maintien des entreprises sur le territoire.

Quelle que soit la dimension géographique, un territoire qui n’est plus compétitif s’expose à des pertes de populations, à des phénomènes de désinvestissement, à des délocalisations d’entreprises. La question relative au choix de localisation des entreprises multinationales représente une priorité pour les autorités économiques et politiques. L’enjeu est d’attirer les investissements étrangers créateurs d’emploi, acteur majeur de la dynamisation et de l’industrialisation des territoires. La capacité d’un territoire à attirer des investissements étrangers est largement dépendante de sa propension à valoriser son territoire afin de maximiser la création de richesses.

Comment mesurer l’attractivité ? Il convient d’observer et de comprendre les décisions d’implantation qui peuvent être appréhendées par les flux d’IDE, des indicateurs d’activités des firmes multinationales (chiffre d’affaires, emploi, R&D…). L’attractivité d’une économie s’apprécie également au travers des investissements étrangers productifs créateurs d’emploi (nouveaux sites de production ou de services) et des extensions d’activité.

Sur la thématique de l’accueil des investissements étrangers, les rapports les plus médiatiques et repris dans cette analyse sont le World Investment Report de la CNUCED, le Baromètre de l’attractivité européenne d’EY, le Global Cities Investment Monitor de KPMG et Paris-Ile-de- France Capitale économique, le FDI Confidence Index de A.T. Kearney et le Baromètre Amcham de la Chambre de Commerce américaine. Le Rapport annuel sur les talents mondiaux en 2015 proposé par l’IMD permet d’intégrer l’attractivité des talents étrangers. De leur côté, le Cities of Opportunity 7 de PwC et le Better Life Index de l’OCDE prennent en compte les performances économiques, socio-culturelles et environnementales d’une trentaine de villes et de pays.

1 Cf. Rapport du CAE (janvier 2010) : « Investissement direct étranger et performances des entreprises », Lionel Fontagné et Farid Toubal, p.10.

37

L’ATTRACTIVITÉ

WORLD INVESTMENT REPORT 2016

INVESTOR NATIONALITY: POLICY CHALLENGES

CNUCED • Juin 2016

Chargée des questions de développement, la CNUCED, organe des Nations unies, publie

annuellement le World Investment Report qui propose une analyse agrégée des flux et stocks

d’investissements directs étrangers dans le monde. Les investissements directs étrangers se

définissent comme des mouvements de capitaux réalisés par un investisseur pour créer ou

développer une filiale à l’étranger.

La CNUCED propose également une analyse détaillée des investissements étrangers et des

firmes multinationales en insérant les données de fusions-acquisitions transfrontalières ainsi

que celles des projets d’investissements étrangers créateurs d’emploi.

I. MÉTHODOLOGIE

A. LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS

Selon la définition de l’OCDE, l’investissement direct est un type d’investissement transna- tional effectué par le résident d’une économie (l’investisseur direct) afin d’établir un intérêt durable dans une entreprise (l’entreprise d’in- vestissement direct) qui est résidente d’une autre économie que celle de l’investisseur direct. L’investisseur est motivé par la volonté d’établir, avec l’entreprise, une relation stra- tégique durable afin d’exercer une influence significative sur sa gestion. L’existence d’un intérêt durable est établie dès lors que l’investis-

39

seur direct détient au moins 10 % des droits de vote de l’entreprise d’investissement direct. Ces investissements regroupent des opérations de nature très différentes :

Les opérations en capital social stricto

sensu, qui comprennent les créations, les acqui- sitions d’entreprises réalisées sous forme d’ac- quisitions de titres ou d’actifs productifs et les subventions d’équilibre.

Les investissements immobiliers.

Les bénéfices réinvestis, qui correspondent

à la part des résultats opérationnels des filiales

revenant à la maison mère au cours d’un exercice comptable, diminuée des dividendes versés à la maison mère au cours du même exercice

Les autres opérations ou prêts intra-groupes,

WORLD INVESTMENT REPORT 2016

CNUCED

L’ATTRACTIVITÉ

qui recouvrent les opérations de prêt, avances, dépôts, à court et long terme, entre sociétés affiliées. L’analyse de la CNUCED ne repose que sur les valeurs agrégées des investissements directs étrangers recensés auprès des banques centrales de chaque pays.

B. LES INVESTISSEMENTS

ÉTRANGERS CRÉATEURS D’EMPLOI

La CNUCED propose une analyse des investisse- ments étrangers créateurs d’emploi qui repose sur l’Observatoire Crossborder Investment Monitor de fDi Markets. Il s’agit d’identifier et de recenser toutes les décisions d’investisse- ment qui ont fait l’objet d’une communication publique. La base rassemble des données relatives aux pro- jets d’implantation des firmes étrangères dans le monde, depuis 2003. Ne sont pris en compte que les projets « greenfield » et les extensions. Sont exclues les fusions-acquisitions, les privati- sations ainsi que les alliances stratégiques.

II. RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Le World Investment Report 2015 révèle que les flux d’investissements directs étrangers entrants dans le monde ont rebondi de 38 % en 2015 pour s’établir à 1 760 milliards de dollars. Avec 962 MdUSD, les flux d’IDE dirigés vers les pays développés ont presque doublé. Les entrées d’IDE en Europe ont atteint 504 milliards de dollars (en hausse de 65 %) dont 439 milliards de dollars dans les pays de l’UE. L’Europe devient ainsi la première région récipiendaire des flux d’IDE mondiaux en 2015,

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

faisant passer les économies développées devant les économies en développement, en tête depuis 3 années consécutives, avec 962 contre 765 mil- liards de dollars. Avec un montant de 380 mil- liards de dollars, les États-Unis deviennent le premier bénéficiaire de l’IDE au niveau mondial (Cf. Figure 1), devant Hong Kong et la Chine. Les États-Unis connaissent une forte hausse des investissements entrants de l’ordre de plus de 250 %.

Figure 1

FLUX D’IDE ENTRANTS : TOP 20

(rang en 2014)

États-Unis (3)

Hong Kong (2)

Chine (1)

Irlande (11)

Pays-Bas (8)

Suisse (38)

Singapour (5)

Brésil (4)

Canada (6)

Inde (10)

France (20)

Royaume-Uni (7)

Allemagne (98)

Belgique (189)

Mexique (13)

Luxembourg (23)

40

Australie (9)

Italie (14)

Chili (17)

Turquie (22)

-9

en milliards de dollars

107 175 114 136 129 101 31 73 52 69 7 65 68 65 Économies
107
175
114
136
129
101
31
73
52
69
7
65
68
65
Économies
73
développées
49
2015
2014
59
44
35
43
Économies
15
en développement
et en transition
40 52
2015
2014
32
1
31
30
26
25
12
22
40
20
23
20
21
17
12
Source : UNCTAD, FDI/MNE

380

Source : CNUCED 2016

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

Les données de la CNUCED rappellent que la France est une terre d’accueil privilégiée des investissements étrangers. En termes de stocks d’IDE, la France se positionne au 7 e rang mondial et au 3 e rang européen avec 772 mil- liards de dollars en 2015, derrière les États-Unis (5 588 MdUSD), la Chine 1 (2 793,5 MdUSD), le Royaume-Uni (1 457,5 MdUSD), l’Allemagne (1 121,3 MdUSD) Singapour (978,4 MdUSD) et la Suisse (833 MdUSD) (Cf. Figure 2). S’agissant des perspectives pour l’avenir, la France enregistre là aussi de bons résultats. Elle gagne une place par rapport au dernier classement des États jugés les plus attractifs sur la période 2016-2018, à la 6 e position dans le monde et à la 3 e en Europe.

1 Inclus Hong Kong.

Figure 2

STOCK D’INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS ENTRANTS (2015) LES PRINCIPAUX PAYS D’ACCUEIL

en milliards de dollars

3500 5588 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 États-Unis Chine* Singapour Royaume-Uni Allemagne Suisse
3500
5588
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
États-Unis
Chine* Singapour
Royaume-Uni
Allemagne Suisse
France
Canada
Australie
Espagne
Brésil
Belgique
Irlande
Italie
Russie

* inclus Hong Kong

41

WORLD INVESTMENT REPORT 2016

CNUCED

L’ATTRACTIVITÉ

La CNUCED évoque une hausse des flux d’IDE entrants en France, presque multipliés par 3 par rapport à 2014. La France se positionne au 11 e rang dans le classement du top 20 des IDE entrants dans le monde. Les flux d’IDE entrants en France ont atteint 43 MdUSD en 2015 contre 15 MdUSD en 2014. Le montant des fusions-acquisitions a atteint un record en 2015, s’élevant à 44,1 milliards de dollars. Parmi les transactions majeures, la fusion entre le cimentier Lafarge et le suisse Holcim (21 milliards de dollars) et le rachat par l’amé- ricain General Electrics de la branche énergie de l’industriel français Alstom pour 11 milliards de dollars.

L’ATTRACTIVITÉ

GLOBAL CITIES

INVESTMENT MONITOR

2016

KPMG ET PARIS – ÎLE-DE-FRANCE CAPITALE ÉCONOMIQUE • Février 2016

La 7 e édition du Global Cities Investment Monitor, réalisée par l’association Paris – Île-de-France Capitale économique, en collaboration avec KPMG, propose un classement des principales métropoles mondiales en matière d’accueil des investissements étrangers créateurs d’emploi. L’analyse repose sur les nouvelles implantations et les extensions de sites.

I. MÉTHODOLOGIE

Le Global Cities Investment Monitor étudie les nouveaux investissements internationaux créateurs d’emploi (greenfield), ainsi que les extensions de sites déjà existants. Il s’appuie sur la base mondiale du Financial Times (fDi Markets) qui répertorie plus de 155 000 pro- jets d’investissements internationaux, prove- nant de 12 600 sources d’information (jour- naux, magazines, associations, sites…). Sont exclues les fusions, acquisitions ou prises de participation dans des activités existantes, les privatisations et les alliances. L’étude porte sur 25 métropoles mondiales :

Paris, Londres, Barcelone, Madrid, Moscou, Francfort, Amsterdam, Istanbul, Mumbai, Tokyo, Séoul, Shanghai, Hong Kong, Beijing, New York, San Francisco, Sao Paulo ; et depuis l’édition 2013 : Düsseldorf, Varsovie, Dublin, Bangalore, New Delhi, Sydney, Toronto et Abu Dhabi.

43

II. RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

En 2015, les investissements greenfield dans le monde ont baissé de 8,7 % (-31 % depuis 2008). L’Europe connaît un repli plus accentué que l’Amérique du Nord et l’Asie. La grande Europe reste la première destination des investissements greenfield en 2015, malgré une diminution du nombre d’investissement de -10 %, (33 %, dont 24 % à l’Ouest et 9 % à l’Est), suivie de l’Asie (31 %, -2 %) et de l’Amérique du Nord (16 %, -3 %). Les BRICS reçoivent 21 % de l’investissement mondial. L’Europe est également la première source des investissements internationaux, marquant ainsi le poids de l’économie européenne dans le monde : 57 % des investissements en Amérique du Nord sont réalisés par des entreprises euro- péennes, 44 % en Amérique latine, 43 % dans les BRICS, 41 % en Afrique et 33 % en Asie-Pacifique.

GLOBAL CITIES INVESTMENT MONITOR 2016

KPMG ET PARIS – ÎLE-DE-FRANCE CAPITALE ÉCONOMIQUE

L’ATTRACTIVITÉ

53 % des investissements européens sont réalisés intra-zone. Les investissements internationaux se concentrent dans les grandes métropoles. C’est le cas notamment de Dublin, Tokyo ou de Paris qui attirent environ la moitié (respective- ment 50 %, 51 % et 52 %) des investissements réalisés en Irlande, au Japon et en France. Parmi les destinations mondiales les plus attrac- tives pour les investissements greenfield, Londres arrive en tête cette année encore avec 330 projets (-8 %), suivi de Shanghai (183 projets, -31 %), New York (161 projets, +7 %), Hong Kong (151 projets, -3 %) et Paris (126 projets, -26 %). Toutes les métropoles du top 10 connaissent une dimi- nution des investissements à l’exception de New York et Bangalore. Londres (201 projets), New York (102 projets) et Shanghai (102 projets) sont les principales des- tinations des fonctions stratégiques. Viennent ensuite Hong Kong (82 projets) et Paris (80 projets).

ensuite Hong Kong (82 projets) et Paris (80 projets). INVESTISSEMENTS GREENFIELD DANS LES 15 PREMIÈRES

INVESTISSEMENTS GREENFIELD DANS LES 15 PREMIÈRES MÉTROPOLES MONDIALES

Rang

Métropoles

Investissements

1

(0)

Londres

330

2

(0)

Shanghai

183

3

(+3)

New York

161

4

(+1)

Hong Kong

151

6

(+1)

Sydney

118

8

(-4)

Sao Paulo

90

9

(+2)

Tokyo

88

12

(-3)

Pékin

75

14

(-2)

San Francisco

67

(-3) Pékin 75 14 (-2) San Francisco 67 LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX 44 B.

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

44

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE

Paris se situe au 2 e rang européen et au 5 e rang mondial. Malgré un recul de 2 places dans le clas- sement par rapport à l’édition précédente, Paris reste néanmoins devant toutes les métropoles de la zone Euro. Paris perd une place dans le classe- ment cumulé des investissements depuis 2012, elle se positionne au 6 e rang derrière Londres, Shanghai, Hong Kong, Sao Paulo et New York. La hausse amorcée en 2013 ne s’est pas confir- mée en 2015, les investissements greenfield ont chuté de 26 %. Paris figure dans le groupe de tête mondial dans toutes les catégories de fonctions straté- giques: elle est la 3 e métropole destinataire des centres de R&D ; 5 e pour les QG ; également 5 e pour les centres de design, développement et formation ; et 6 e pour les directions marketing et ventes. La métropole française se situe également dans le top 5 pour le secteur des logiciels, qui représente un quart des investissements mondiaux. Paris reçoit majoritairement des investisse- ments provenant d’autres pays européens (56 %, +5 points). La part des investissements américains représente 33 %, en légère baisse (-3 points), et ceux d’Asie-Pacifique stagnent à 9 %.

GLOBAL CITIES INVESTMENT MONITOR 2016

KPMG ET PARIS – ÎLE-DE-FRANCE CAPITALE ÉCONOMIQUE

L’ATTRACTIVITÉ

Sondage Opinion Way

En parallèle de l’étude est publié un sondage Opinion Way sur les perceptions des investis- seurs, réalisé dans 24 pays entre janvier et mars 2015, auprès d’un échantillon de dirigeants de 515 entreprises implantées à l’international. Concernant l’attractivité, Paris se positionne 5 e dans le classement des métropoles les plus attractives pour l’implantation d’entre- prises, derrière Londres, New York, Singapour et Shanghai. Parmi les villes allemandes, Francfort se classe 10 e , Berlin 12 e et Munich 17 e . Concernant l’image globale, Paris figure dans le trio de tête des métropoles qui ont la meilleure image selon les dirigeants interrogés, derrière New York et Londres.

Le sondage permet d’identifier les critères de choix des investisseurs internationaux. Ces der- niers mettent l’accent sur la stabilité politique et la sécurité juridique (93 %), la croissance (90 %), la taille et l’accessibilité du marché (89 %), les infrastructures (89 %) et les ressources humaines disponibles (89 %). Le projet du Grand Paris est désormais connu par 15 % des investisseurs interrogés, bien qu’il subsiste de forts écarts de notoriété entre zones géographiques. Selon les investisseurs ce projet est à même de conforter l’attractivité de Paris (86 %) et le modèle de smart city (82 %).

45

L’ATTRACTIVITÉ

BAROMÈTRE EY 2016 DE L’ATTRACTIVITÉ EUROPÉENNE

EY • Mai 2016

Le Baromètre EY de l’attractivité européenne permet de comparer les pays européens en matière d’accueil de l’investissement étranger créateur d’emploi.

L’étude repose sur un Observatoire recensant les annonces publiques d’investissement, réalisé par le consultant britannique Oxford Intelligence.

I. MÉTHODOLOGIE

A. LES VARIABLES

L’attractivité du site France s’articule autour d’une double approche :

le recensement des projets d’implantation d’investisseurs étrangers en Europe, à partir des annonces publiques et fermes d’investissements créateurs d’emploi parues dans la presse ; une enquête basée sur les perceptions et attentes des investisseurs internationaux vis-à- vis de l’Europe et de la France comme zones d’implantation potentielle.

Sont pris en compte les projets d’investissement direct étrangers créant des emplois dans le cadre de nouveaux investissements ou d’extensions de site.

47

Sont exclus :

les reprises correspondant à des emplois maintenus suite à l’acquisition d’une société en difficulté par un investisseur étranger ; les points de vente et l’hôtellerie.

B. ENQUÊTE D’OPINION

L’enquête relative à la perception et aux attentes des investisseurs internationaux vis-à-vis de l’Eu- rope et de la France comme zones d’implanta- tion potentielle, est conduite par l’institut CSA. Cette enquête est réalisée par téléphone selon le système CATI – Computer Assisted Telephonic Interviews. 206 dirigeants d’entreprise ont été interrogés, dans 26 pays différents et dans 3 lan- gues, en février 2016. L’échantillon comporte des entreprises situées en Europe de l’Ouest (51 %), en Amérique du Nord

BAROMÈTRE EY 2016 DE L’ATTRACTIVITÉ EUROPÉENNE

EY

L’ATTRACTIVITÉ

(27 %) et en Asie (12 %). 40 % d’entre elles font moins de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, 38 % de 150 millions à 1,5 milliard, 22 % plus de 1,5 milliard. 42 % de l’échantillon sont des direc- teurs de développement, 19 % des directeurs des investissements et 16 % des directeurs d’unité.

II. RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

L’Europe a attiré 5 083 implantations et plus de 217 000 emplois en 2015. Le nombre de décisions d’implantation en Europe (défini comme un ensemble de 42 pays) a augmenté de 14 % et s’est accompagné d’une progression des emplois créés de 17 %. Le Royaume-Uni est le 1 er pays d’accueil avec 1 065 projets (+20 % et plus de 42 000 emplois créés). L’Allemagne est en 2 e position avec 946 projets (+9 % et plus de 19 500 emplois créés). La France arrive en 3 e position avec 598 projets (-2 % et plus de 17 000 emplois).

B. POSITIONNEMENT DE LA

FRANCE : FORCES ET FAIBLESSES

La France conserve le 3 e rang en termes de nombre de projets d’investissement créateurs d’emploi en Europe. En termes d’emplois asso- ciés, la France se positionnerait au 5 e rang, der- rière le Royaume-Uni, la Pologne, l’Allemagne et la Russie. Le numérique, les services aux entreprises et l’équipement sont les 3 premiers secteurs d’investissement.

IL EST POSSIBLE D’EN FAIRE UNE LECTURE POSITIVE ET OFFENSIVE, AUTOUR DES OBSERVATIONS SUIVANTES :

La France se maintient au 3 e rang pour

le nombre de projets d’implantations créa- trices d’emploi en 2015 : avec 598 projets, la France est devancée par le Royaume-Uni

(1 065 projets) et par l’Allemagne (946 projets) qui conserve sa seconde place acquise depuis

2011.

EY recense une hausse de 8 % des emplois

créés par les investissements étrangers pour atteindre 13 639 emplois.

La France occupe depuis plus de 15 ans

la 1 ère place pour l’accueil des implantations industrielles en Europe.

TOP 15 DES PAYS POUR LES PROJETS D’IMPLANTATIONS INTERNATIONALES

 

(2015)

 

Évolution

 

2014

2015

%

Royaume-Uni

887

1 065

20

Allemagne

870

946

9

Espagne

232

248

7

Belgique

198

211

7

Russie

125

201

61

Irlande

106

127

20

Roumanie

62

98

58

Suisse

85

90

6

Roumanie 62 98 58 Suisse 85 90 6 Source : Global Investment Monitor, EY, 2016 LIVRE

Source : Global Investment Monitor, EY, 2016

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

48

BAROMÈTRE EY 2016 DE L’ATTRACTIVITÉ EUROPÉENNE

EY

L’ATTRACTIVITÉ

Elle occupe le 5 e rang mondial en termes

d’accueil des implantations de R&D.

80 % des entreprises implantées en France

sont « plutôt » ou « très satisfaits » de leurs inves- tissements en France, en augmentation de +12 points par rapport à 2014.

D’UN AUTRE CÔTÉ, LE BAROMÈTRE EY SOULIGNE PLUSIEURS FAIBLESSES DE LA FRANCE :

Le nombre d’implantations internationales

en retrait de 2 % en 2015 alors que le Royaume-

Uni et l’Allemagne connaissent respectivement une croissance de leurs implantations interna- tionales de 20 % et 9 %.

Le rapport fait état d’une faiblesse des projets

d’implantation des centres de décision : la France n’accueillerait que 11 centres de décision et se retrouverait ainsi au 6 e rang européen.

En termes de perception, 72 % des décideurs

internationaux jugent la fiscalité française peu ou pas du tout attractive et notre niveau de charges sociales est regretté par 73 % d’entre eux.

PRINCIPAUX SECTEURS D’ACCUEIL DES PROJETS D’IMPLANTATION

Rang

Secteurs

2014

2015

Part en

2015

1

Numérique

73

73

12 %

2

Services aux entreprises

66

50

8 %

4

Chimie

36

36

6 %

6

Métallurgie

28

27

5 %

8

Transports terrestres

7

22

4 %

10

Produits minéraux

21

21

4 %

49

L’ATTRACTIVITÉ

FOREIGN DIRECT INVESTMENT CONFIDENCE INDEX 2016

A.T. KEARNEY • Mai 2016

Le cabinet de conseil A.T. Kearney publie un Indice de confiance en matière d’investissements directs étrangers. Depuis 1998, celui-ci évalue l’impact des changements politiques, économiques et réglementaires sur les intentions et préférences d’investissements à l’étranger des dirigeants des plus grandes sociétés du monde.

I. MÉTHODOLOGIE

L’étude se base sur une enquête réalisée en jan- vier 2016 auprès des dirigeants et directeurs de 504 grands groupes mondiaux (revenus annuels supérieurs à 500 millions de dollars), issus de 27 pays, tous secteurs industriels représentés.

L’indice de confiance, compris dans un intervalle de 0 à 3, se calcule comme la moyenne pon- dérée des réponses, d’intérêt élevé, moyen ou faible, aux questions portant sur la probabilité d’investissements directs dans un marché d’ici les 3 prochaines années.

51

II. RÉSULTATS

A. RÉSULTATS GLOBAUX

Les États-Unis et la Chine demeurent les deux premiers pays les plus attractifs pour les IDE pour la troisième année consécutive. Ils sont suivis par le Canada (+1), l’Allemagne (+1), le Royaume- Uni (-2), le Japon (+1), l’Australie (+3), la France (stable), l’Inde (+2) et Singapour (+5). 70 % des dirigeants interrogés prévoient d’aug- menter leurs investissements directs à l’étranger (IDE) dans les 3 prochaines années. L’Europe demeure une zone prioritaire pour les IDE avec 13 pays présents dans le top 25 :

Source : A.T. Kearney Foreign Direct Investment Confidence Index ® , 2016

FOREIGN DIRECT INVESTMENT CONFIDENCE INDEX 2016

A.T KEARNEY

L’ATTRACTIVITÉ

+1 place pour l’Allemagne, -2 places pour le Royaume-Uni et +4 places pour l’Espagne, quand l’Irlande y fait son entrée.

B. POSITIONNEMENT DE LA FRANCE

La France conforte son 8 e rang par rapport à 2015. Pour rappel, la France était 17 e en 2012, 13 e en 2013, 10 e en 2014 et 8 e en 2015. Dans les planifications d’investissements des entreprises européennes, la France gagne une place (4 e ) et passe devant la Chine. La France gagne égale-

ment une place dans les plans d’investissements des secteurs de l’industrie et des services. Le seul bémol concerne les plans d’investisse- ments du secteur IT, la France perd 10 places (14 e ). L’étude rappelle que le gouvernement français a engagé des réformes visant à réduire le chô- mage en introduisant davantage de flexibilité sur le marché du travail. Par ailleurs, le rapport mentionne la fusion de l’AFII et Ubifrance créant Business France, opérateur unique au service de

2016 FDI CONFIDENCE INDEX ® RANGS ET SCORES

 

Rang

2014

2015

2016

1

1

1

2

2

2

6

5

4

19

7

6

10

8

8

9

15

10

5

6

12

22

13

14

20

12

16

12

9

18

23

20

20

16

18

22

-

21

24

18 23 20 20 16 18 22 - 21 24 Valeurs calculées sur une échelle de

Valeurs calculées sur une échelle de 0 à 3

0,00 0,50 1,00 1,50 2,00 2,50 États-Unis 2,02 Chine 1,82 Canada 1,80 Allemagne 1,75 Royaume-Uni
0,00
0,50
1,00
1,50
2,00
2,50
États-Unis
2,02
Chine
1,82
Canada
1,80
Allemagne
1,75
Royaume-Uni
1,73
Japon
1,73
Australie
1,63
France
1,60
Inde
1,60
Singapour
1,57
Suisse
1,54
Brésil
1,53
Espagne
1,51
Pays-Bas
1,51
Taïwan
1,50
Italie
1,48
Corée du Sud
1,47
Mexique
1,45
Belgique
1,44
Danemark
1,42
Thaïlande
1,42
Suède
1,42
Irlande
1,40
Autriche
1,39
Norvège
1,39
Faible confiance
Grande confiance
Stable
Augmentation
Diminution

LIVRE BLANC DES CLASSEMENTS INTERNATIONAUX

52

FOREIGN DIRECT INVESTMENT CONFIDENCE INDEX 2016