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Bienvenue dans notre cours de philosophie

française contemporaine.
Vous vous souvenez que ce cours qui porte
sur les
problèmes métaphysiques à l'épreuve de la
politique commence en 1943.
Il s'imposait donc de l'entamer avec le
plus
célèbre sans doute des livres de
philosophie qui sont
publiés en France cette année-là et qui
n'est autre
que L'être et le néant de Jean Paul
Sartre.
Mais le but de notre étude de ce livre,
justement
par rapport à la politique peut être
compris d'une façon simple.
Il consistera à montrer que la relation de
cette
philosophie à la politique n'est pas celle
que l'on croit.
On méconnaît souvent en effet l'importance
proprement philosophique de la pensée de
Jean
Paul Sartre et de L'être et le néant en
particulier qui est pourtant fondamental.
Et l'une des raisons principales de cette
méconnaissance est justement
qu'on lit ce livre et qu'on le réduit
parfois à
travers l'engagement politique de cet
auteur alors qu'il est clair
pourtant que l'importance de l'engagement
de Jean Paul Sartre ne tient
pas seulement à son contenu, au contenu de
ses choix
politiques mais à la portée qu'il attribue
à ses choix,
à la portée que sa philosophie donne à ses
choix,
au fait que le choix ou l'engagement a
pour Sartre toujours
une portée métaphysique, c'est à dire
engage justement toutes les
coordonnées de notre vie, de notre être ou
de notre existence.
On peut reprocher à Sartre de s'être
engagé ou pas, bien
ou mal, mais on ne peut pas lui reprocher
d'avoir méconnu
la notion d'engagement parce qu'il lui a
donné toute sa portée
et toute sa responsabilité non seulement
morale, politique, mais bien métaphysique.
Et il faut pour le comprendre passer par
la métaphysique singulière, radicale de
L'être et le néant.
Ce sera de plus dépasser les deux autres
sources de la méconnaissance

de réduire l'importance de ce livre de philosophie et c'est bien sûr par rapport aux autres grands livres de son temps. en particulier de la phénoménologie dont Sartre se réclame et dans celle-ci.ou de la minimisation de la philosophie de Sartre dans ce livre. Or le rapport de L'être et le néant à Être et Temps n'est pas celui d'un commentaire ou d'une reprise seulement mais bien d'une différence et même d'une opposition et parfois d'une objection que Sartre adresse à la pensée de Heidegger. Être et Temps. comme nous le verrons ensuite. bien loin de diminuer l importance de chacune. du livre de Heidegger. aux pensées de Merleau-Ponty. les renforcent et il en est ainsi de celle de Jean Paul Sartre qui est une véritable boussole singulière par sa radicalité. ce livre de philosophie donne toute sa justification radicale à l'acte même de l'écrivain au sens de la littérature. que Sartre est en effet allé étudier en Allemagne et dont on croit parfois que L'être et le néant n'est qu'une reprise ou un commentaire parfois agrémenté pour certains de certaines erreurs ou contre sens. à partir sur une thèse ultime sur notre existence. pour d orienter dans ce moment philosophique si particulier qu elle contribue à constituer celui de la seconde guerre mondiale. On la minimise en effet non seulement par rapport à sa politique mais aussi par rapport à son œuvre littéraire. bien loin d'être la philosophie d'un écrivain. mais aussi en France. Ainsi la singularité de l’œuvre de Sartre est aussi de se distinguer et parfois de s opposer à ses contemporains non seulement Heidegger. Ces relations entre pensées singulières. de Camus ou de Lévinas. Or là aussi. Il y a une dernière raison de minimiser. Il faut donc l étudier pour elle même et lire ce livre en particulier en tant que .

l intuition fondamentale de Jean Paul Sartre qui est au principe de tout le livre. toute description. ces jeunes lecteurs de 1943 malgré le poids de l objet qu ils trouvaient en libraire pendant la guerre. avec la littérature et aussi avec la politique. Il faudra ensuite comprendre justement le mouvement d ensemble de ce livre que cette intuition implique et que ce mouvement vérifie en retour. à deux dimensions générales de l être et à un problème. un arbre. sa lecture intégrale étant donc indispensable. le problème entre. de la relation entre ces deux dimensions générales. Ce qu ont bien compris ses premiers lecteurs. On doit dire que pour Jean-Paul Sartre. Quelles sont donc ces deux dimensions? Un phénomène quel qu il soit. tout phénomène donc et ce terme est important puisque Sartre se réclame de la phénoménologie. Quelle est donc pour commencer l intuition fondamentale de Jean-Paul Sartre qui est exposée dans l introduction de L être et le néant. une souffrance. de son théâtre ou de son roman par exemple. tout phénomène. Je tenterai d abord d exposer l intuition singulière. Je procéderai donc pour le faire en trois temps très brefs. bien loin d être simple en lui même se rapporte à deux ou trois dimensions générales de l être ou plus exactement. introduction qui surprendra le lecteur des autres textes de Sartre. un corps. Pour le résumer on pourrait faire de la manière suivante. dont Marc repartira bien entendu dans les prochaines séances de ce cours. On pourra enfin dans un dernier temps revenir à notre point de départ c est-à-dire aux relations de ce livre avec ses contemporains. par sa difficulté presque son aridité théorique apparente mais qui peut être résumée d une manière très simple et concrète.tel. toute donation et même toute expérience d un phénomène quel qu il soit qui se donne à nous. la .

il y a bien un lien entre tous les phénomènes. dit Sartre. il y a bien pourtant une unité mais elle ne vient pas de l essence d une chose. il n y a pas une essence cachée. d une action. par opposition à cette conscience qui elle n existe jamais comme une chose. Mais il y en a une autre. la perception d un phénomène quel qu il soit suppose d abord quelqu un qui le perçoit. à cette dimension que Sartre appelle l être et qui est ce que partage transversalement tous les phénomènes qui sont posés globalement pour ainsi dire face à la conscience et qui existent indépendamment d elle en soi. Elle suppose une conscience qui est déjà une existence qui n aura pas d essence derrière. Telle est la première dimension que suppose la donation de chaque phénomène. mais aussi d une souffrance. il n y a pas une chose. s il n y a rien derrière les phénomènes. elle vient de l acte d un sujet.perception d un arbre. Chaque phénomène renvoie à la totalité des phénomènes. c est que derrière chaque. de n importe quel phénomène. non seulement différentes. Bref. mais opposées et que le but mais aussi le problème de Sartre sera maintenant de relier. Derrière chaque phénomène. elle ne vient pas d un objet mais d un sujet. selon Sartre. d une usine. chaque phénomène nous renvoie à ces deux dimensions de l être. d un corps. d une maison. une conscience qui le perçoit ou qui le vise comme dit la phénoménologie mais qui en outre selon Sartre est seule capable à pouvoir faire de ce phénomène une unité à lui donner un sens. des relations qui ne sont pas . il n y a rien. qui est donnée pour elle-même mais jamais en elle-même comme une chose. d un événement historique. qui n existe que subjectivement. Telle est l opposition du pour soi et de l en soi dans le cœur même de cette introduction de L être et le néant.

on peut comprendre maintenant le mouvement d ensemble de L être et le néant. Car une erreur sur ce sujet compromettrait tout le reste. leurs spécificités. Rien n est donné. Sur la base de ce qui précède. ce que fait Sartre. de la conscience à ce qui est opposé à elle. Je la rappelle. Ainsi s explique aussi le sous-titre du livre. que des phénomènes mais chaque phénomène renvoie à ces deux dimensions de l être l en soi et le pour soi. Telle est donc encore une fois la thèse extrêmement forte et singulière à laquelle Sartre parvient à la fin de cette introduction. le monde et la conscience et il faut comprendre leur relation. approfondir leurs différences. Creuser l écart entre les deux dimensions de l être que nous venons d énoncer. la dernière . science de l être. Et dans la quatrième partie. apparemment si abstrait et difficile mais qui renvoie à notre vie la plus concrète.seulement abstraites qui ne relèvent pas seulement de la théorie de la connaissance. ce grand livre qui comprend en réalité quatre grandes parties. Mais cette étude ne relève pas seulement d une théorie générale. Il ne faut pas céder sur les phénomènes mais il faut bien comprendre les types d être qu ils impliquent. d où l idée d ontologie. un sujet. mais qui sont le mouvement même de notre vie. c est creuser l écart. L être et le néant sous-titré Essai d ontologie phénoménologique. en particulier l irréductibilité de l existence. Je le résumerai de la manière très simple qui suit. et aussi leurs irréductibilités l une à l autre. une existence. discours sur l être. un projet. Il me semble que dans les trois premières parties de L être et le néant. d un traité mais aussi d un essai qui implique en lui-même quelqu un qui l écrit. de la subjectivité.

que Sartre reprend à ses prédécesseurs. Je ne pourrai dire ici bien entendu qu un mot rapide de chacune de ces étapes et d abord des trois premières parties du livres que je résumerai rapidement chacune.en revanche. il faudra rétablir les relations. la morale et la politique. au sens strict. je ne suis rien puisque je me rapporte à tout. on pourra dire aussi rétablir le contact entre l existence et l être qu on aura d abord si profondément séparé et même opposé. à tous les êtres qui sont reliés en tant que faisant partie de l être. elle est décisive. une conduite qui l’emmène vers la thèse du néant. La première partie est la plus importante. cette thèse Sartre l atteint à partir de conduites humaines concrètes. Mais cette thèse qui peut paraître abstraite et paradoxale. et là est son originalité par rapport à ses contemporains. au sens et à l action. il se distingue d eux et donc il n en fait pas partie. car la thèse de Sartre va tout de suite au plus loin. fondamentale. et qui nous conduit à supposer. C est bien là que se jouera le retour au monde mais pas seulement au monde. à poser le néant? Cette conduite. il n est lui même pas un être. la thèse du néant reconduit à une autre conduite qui la vérifie concrètement dans notre existence. mais aussi. Intitulée Le problème du néant. Quelle est donc la conduite. le voici. de conduites très concrètes. il est donc un néant. le néant dans sa radicalité. c est un dépassement constant où prendront place la vie de chaque homme mais aussi l écriture. Cet être que nous sommes. il n est rien. Elle nous permet de comprendre la thèse fondamentale et même le titre du livre. car l unité entre ces deux êtres devenant impossible ce qui est toujours relancé. c’est ce qu’il appelle . qui se rapporte à chaque phénomène et à tous les phénomènes. Heidegger mais aussi Kierkegaard avant lui.

non pas par un fait général. mais aussi l’angoisse. la peur indéterminée. cette situation sociale par exemple. et déjà. la peur de quelque chose. une conduite concrète. qui n’est pas selon Sartre. nous trichons. le vertige aussi de la liberté. mais celui de la conscience.l’interrogation. l’originalité de Sartre est de revenir à une autre conduite humaine. La capacité que nous avons à dépasser toute chose dans un vertige qui n’est donc pas seulement celui de l’être. ce corps. Je suis cet être qui n’est pas ce qu’il . est de mauvaise foi. Une angoisse qui nous révèle la possibilité du néant. Mais de ce néant. qu’on atteint ainsi par cette conduite. qui joue à être garçon de café. Ici arrive ce que Sartre appelle de manière fondamentale la Mauvaise foi qui nous sépare toujours de ce que nous sommes. mais par une distance ou une différence concrète par rapport à un être précis. car il ne s’agit pas seulement du néant en général. de la liberté. quelle qu’elle soit. C’est le fameux exemple du garçon de café qui en réalité n’est jamais seulement garçon de café. mais aussi la réalité du néant en nous. mais justement. celui même que je suis ou que je suis censé être et qu’en réalité je ne suis jamais entièrement. Il y a donc une radicalité de la différence. mais qui quand il se réduit à ce rôle. celui que je perçois. comme quand quelqu’un se réduit à son identité. qui échappe à ce rôle. nous nous défaussons. le néant se traduit toujours. qui nous conduit à la question de l’angoisse pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? Pourquoi n’y aurait-il pas rien à la place de quelque chose? Mais qui nous révèle non seulement la possibilité du néant dans les choses. et alors nous sommes de mauvaise foi. sauf quand nous croyons l’être. L’angoisse.

une chose. contrairement à Heidegger qu’il reprend pourtant sur ce point. court un risque en quelque sorte dans son existence même. cette vie. ce monde. ma liberté court le risque de devenir ce qu’elle n’est pourtant pas. ce qui apparaît comme irréductible à une chose. La temporalité et notamment le projet vers l’avenir. Et là. ce corps. C’est dans cette différence concrète que doit se traduire la différence ontologique ou métaphysique centrale.est. par une différence. En effet je m’aperçois que je ne suis pas seulement une conscience. Mais ça se traduit toujours de manière concrète. au regard même d’autrui qui pourtant la perçoit comme une chose. le monde concret. à la fin du livre. dans notre subjectivité. la chose. transcendance. la conscience joue un. ce que Sartre appellera bientôt la Situation. Métaphysiquement je suis néant. en suivant Heidegger. la qualité. projet par lequel Sartre va définir la subjectivité et qui fait que nous ne sommes jamais une chose. consiste justement à montrer l’irréductibilité de la conscience. dans notre être profond. Les deux parties suivantes intitulées les Structures immédiates du pour soi d’un côté et le pour autrui de l’autre vont encore creuser l’écart. dans le pour soi. Mais là aussi. creuser la nature spécifique de ce néant que nous sommes. la temporalité. Dans la deuxième. et à quoi je me crois parfois attaché ou identifié. mais que je suis aussi un objet pour les autres consciences. la partie pour autrui. Sartre lie tout de suite le projet. le dehors. La grande thèse de Sartre. . c est-à-dire. tout ce qui apparaît déjà ici et qui se retrouvera sous le signe du projet global d’une vie. une distance par rapport à ce à quoi je suis relié pourtant. dans des pages admirables. la quantité. Dans la troisième partie. c’est la temporalité. à une transcendance concrète du monde où elle va s’inscrire.

une qualité du monde. différente pour chacun qui relève de ce que Sartre appelle une psychanalyse existentielle. c’est à dire un être qui se traduit par un avoir. Mais même ce nous sur lequel se termine le livre. ce nous est lui-même divisé aux yeux de Sartre. je suis aussi ce corps que les autres regardent. mais cette fois aussi. déjà dans l’histoire. que va se nouer la relation entre les deux êtres qu’on a ainsi séparés. Et la troisième partie appelle la quatrième et dernière où tout va se jouer. un rapport au monde. sur laquelle se termine cette troisième partie du livre. Nous voici donc. vous le voyez. je suis aussi avec autrui dans une communauté de subjectivité. par exemple dans une identité de classe ou de race . à la manipulation par autrui. Et pourtant. est un moment de l’aventure métaphysique individuelle. C est en effet dans la quatrième partie du livre. dans celle-ci. qui échappe lui aussi à cette détermination. de la relation de la conscience et du monde. pardon. par une action. cette catégorie fondamentale par laquelle je donne sens au monde tout entier et qui se traduit par une perception singulière de lui. posé par un autre comme une chose. échappant au pouvoir. l’histoire collective. Mais. et un nous sujet. dans ce livre-ci. mais d’abord un projet. Cette relation qui ne sera pas une unité. l’histoire collective. du néant et de l’être.Irréductibilité qui est donc une liberté. et nous voyons apparaître la politique et l’histoire. mais par un conflit qui bien plus que toute unité statique est pour Sartre la vérité métaphysique de notre existence. Et donner sens au monde. il est divisé en un nous objet. et par un faire. c est-à-dire une transformation du monde concret. mais aussi une action. Être. non seulement par une affirmation. avoir et faire. c’est toujours .

par la liberté et par la responsabilité. à transformer ce que Sartre alors analyse de manière fondamentale. quelque chose au delà du monde. quel est cet être avec lequel nous sommes en relation? Quel est cet être qui est en relation avec lui? Mais il ne s’agit pas d’une différence verticale. Elle se traduit par l’action plus que par la pensée. la relation avec Heidegger. Nous voici donc au seuil non seulement de la morale et de la métaphysique. comme une situation. les relations de Sartre avec ses contemporains. et la morale sera son prochain livre. Nous voici au seuil.chercher à le transformer. Nous voici donc reconduits à notre commencement. à chaque moment de l’histoire. ces exemples mettant chaque liberté face à sa responsabilité de sens et d’action. une situation ce n’est pas le monde. Nous évoquerons dans notre prochaine séance les objections. Pour Sartre. non seulement de la morale et de la métaphysique. L’exemple de plus en plus récurrent de la guerre et de ses situations les plus concrètes. mais c’est le monde maintenant. pour ma liberté. achève. de manière plus précise. on peut rappeler dès maintenant. que Sartre va évoquer. la différence ontologique ultime. invoquer. l’enjeu est bien de comprendre le sens de ce qui nous apparaît dans chaque phénomène. de montrer la portée concrète et pratique de ce livre métaphysique. par une aventure intellectuelle vers l’aventure historique la plus concrète. c’est celle de l’homme et des choses. les différences que lui adresseront aussi bien Merleau-Ponty que Camus parmi d’autres. Ce livre nous reconduit. mais bien de l’histoire et de la politique. nous pouvons comprendre maintenant. Mais. . par exemple les pancartes raciales dans Paris occupé. allusivement mais fortement. La métaphysique dit-il est une aventure individuelle. dans la brève conclusion du livre.

mais aussi l’engagement politique de l’autre. pour tous les hommes. mais l’histoire et la politique humaine. Sartre puisqu’il écrira son autobiographie de cette façon-là. La littérature donc. Ce n’est pas un projet comme les autres. à la fois subjective et totalisante de soi. La psychanalyse existentielle d’un côté. dans une telle philosophie. . pardon. Car tout projet est lié à la donation d’un sens pour chacun d entre nous et pour tous les hommes. Ce qui va apparaître peu à peu à Sartre. le projet de toute conscience humaine. l’acte d’écrire. c’est donner un sens à sa propre existence. la psychanalyse existentielle de certains écrivains. des intellectuels. La politique qui n’est pas seulement une action parmi d’autres. Sartre. non seulement ma liberté mais celle de tous. Genet Sartre lui-même. Genet. c’est le sens que prend la littérature. et située et totalisant le monde pour les autres hommes. a fortiori. le monde des consciences et des subjectivités. mais face à l’histoire que notre conscience se situe. notre liberté fait face. Les deux séries d’études que Sartre lancera après la guerre. ce n’est pas tant le monde en général. Être libre.La deuxième chose que nous pouvons comprendre. de la littérature. ce que Sartre va bientôt désigner sous le nom de Révolution. et la totalisation qu’elle vise n’est plus seulement un projet individuel mais collectif. le monde des choses. remplit donc en quelque sorte. Ce n’est plus face au monde. des écrivains. mais qui va devenir peu à peu pour Sartre l’action fondamentale. qu’est-ce que la littérature en 1947? Ces deux versants montreront bien le rôle particulier de la littérature. bien sûr. Et nous voici reconduits enfin à la politique. c’est en effet que la dimension ultime à laquelle notre conscience. et aussi au monde commun. Baudelaire et Flaubert.

quel que soit le moment de l’histoire où nous nous situons. ou à la réification. par l’engagement concret des hommes. . Ce savoir de l’histoire passera toujours par le non savoir de l’existence. quel que soit le moment de notre vie. par ce qui en eux échappe toujours à l’objectivation. Et pour reprendre l’une des phrases les plus célèbres de L’être et le néant. quel que soit le moment de la pensée de Sartre que nous étudions. ce rapport à l’histoire passera toujours par la conscience et la liberté individuelles. nous sommes condamnés à être libres. même alors.Mais. comme dans le rapport au monde.