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Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle

séquence de notre cours sur la philosophie
française contemporaine : Les problèmes
métaphysiques à l'épreuve de la politique.
Nous allons étudier aujourd'hui l’œuvre de
deux philosophes qui sont parmi les plus
célèbres philosophes français du XXe
siècle à la fois pour eux mêmes, chacun
d eux bien sûr mais aussi pour les
relations qu ils ont entretenues tous les
deux avec celui dont nous avons parlé la
dernière fois, à savoir Jean-Paul Sarte.
Il s agit d Albert Camus et de Maurice
Merleau-Ponty.
Si leurs relations avec Sartre sont si
célèbres et si importantes au cœur du XXe
siècle, c est en effet pour deux raisons
qui
recoupent strictement le projet même de
notre cours.
La première raison en effet est politique.
Chacun de ces deux penseurs, Camus aussi
bien que Merleau-Ponty, a connu avec
Sartre
une amitié mais aussi une rupture très
profonde motivée d abord par des questions
politiques.
Nous rencontrerons ces questions dès
aujourd hui, mais Marc bien
sûr et surtout y reviendra dans la
prochaine séance.
Mais il y a une deuxième raison qui rend
ces
relations importantes et célèbres au cœur
du XXe siècle et qui
se déroule sur un autre plan dont nous
allons parler
maintenant et qui est, vous vous en
doutez, le plan métaphysique.
Ce que Camus et Merleau-Ponty en effet
partagent
avec Sartre c est d abord un problème
philosophique et même
strictement métaphysique c est-à-dire qui
touche au principe de
notre existence et c est justement le
problème de l existence.
Camus et Merleau-Ponty partagent si bien
avec Sartre le problème
de l existence qu ils ont constitué avec
lui et avec quelques
autres ce qui est resté si célèbre en
France et
dans le monde comme une mode et parfois
une étiquette, l existentialisme.
Mais justement si l on veut comprendre ce
qu est l existentialisme, il
faut aller au-delà de ce mot ou de ce nom,
il faut revenir très précisément au
problème philosophique qui le

ce qui explique aussi leurs divergences. Ce que nous allons soutenir à ce sujet est donc très précis. le problème de l existence. Nous allons tenter de montrer que Camus et Merleau-Ponty partagent avec Sartre ce problème. Pour Sartre. de celui qui est face au monde de la conscience ou de l homme. non seulement métaphysiques. mais qu ils n en proposent pas la même solution. . les mêmes termes du problème mais que d un autre côté. Mais Camus et Merleau-Ponty changent le sens au moins de l autre terme du problème. ce pur néant qui est refusé de deux manières différentes mais ils sont d accord sur ce refus en lui même par Albert Camus et par Maurice Merleau-Ponty. Eh bien. mais morales et politiques. comme disait Jean. qui est même un rien. Camus et Merleau-Ponty acceptent les termes du problème de l existence de Sartre parce qu ils acceptent eux aussi de dire que l existence désigne le face à face d une conscience humaine avec un monde qui n a pas de fondement caché. Cette pure liberté. une pure liberté. les oppose ? Je dirais que Camus et Merleau-Ponty d un côté reprennent avec Sartre les termes du problème de l existence.sous-tend et qui est en effet le problème de l existence. cette pure négativité. face à l être du monde qui est contingent mais aussi massif et même total qu est-ce qu il y a ? Il ne peut y avoir qu une conscience qui n est rien. un pur néant. contingent comme disait Camus.Paul Sartre. vous vous en souvenez. Et il faut donc être plus précis. ils en changent profondément le sens ou le contenu. absurde ou comme dit Merleau-Ponty définit par le non sens. pas de fondement au-delà de lui qui est. on peut dire que c est cela. Qu est-ce que Camus et Merleau-Ponty partagent d un côté avec Sartre ? Qu est-ce qui de l autre côté.

cet essai célèbre que Camus publia en 1942. L’Étranger et que sa pièce de théâtre. Et je commencerai par citer quelques phrases centrales dans Le Mythe de Sisyphe. la même année que son roman plus célèbre encore. Ce monde en lui-même n est pas raisonnable c est tout ce qu on peut dire. de la chair du monde. Caligula. dictent son mouvement à notre cours d aujourd hui. qui comporte du tragique mais aussi de la joie. Nous allons procéder en trois temps. Et cela change tout. une rencontre éthique mais aussi esthétique. cela change la nature de la conscience. Il faut donc commencer par Albert Camus. Ces remarques introductives dictent notre mouvement. éthique et politique. Et cela. un écrivain de la mer et du soleil. bien sûr. Relation métaphysique. Nous allons d abord étudier le contenu donné respectivement par Camus puis par Merleau-Ponty à l être de la conscience si différent chez l un et chez l autre. mais avec aussi des conséquences immédiates et sensibles dans notre vie par où ils sont si proches l un de l autre et qui explique que Camus le soit aussi. elle n est pas un pur néant. et Merleau-Ponty un philosophe du corps et de la peinture. mais cela change aussi sa relation avec l être et avec le monde.Pour tous les deux. C est tout ce que je peux discerner clairement dans . Voici ces phrases que l on trouve donc au cœur du Mythe de Sisyphe. Mais ce qui est absurde. c est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l appel résonne au plus profond de l homme. déjà en plein cœur de la guerre. nous expliquerons ce que cela change chez tous les deux à une existence qui est pour tous les deux aussi une rencontre. Et Camus ajoute. Et dans un troisième temps. Voici ce qu écrit Camus. la conscience n est pas rien. une révolte mais aussi un bonheur. Je disais que le monde est absurde et j allais trop vite. une rencontre sensible de l être et du monde.

Un homme qui n est donc pas seulement une conscience. Elle existe et elle persiste comme demande de sens. Mais il y a une deuxième erreur et c est de croire que cette absence de sens qu il faut affirmer abolirait l existence et la dignité de la demande de sens chez l homme. Tout se joue ici. Mais cela n empêche. Certes. mais dans notre vie. mais c est absurde! Ce qui permet de dire du monde qu il est absurde c est autre chose. Il n est pas raisonnable. faute de quoi la conséquence sera terrible et pas seulement théoriquement. mais un homme qui est défini par quelque chose de bien précis. La première erreur c est bien de croire que le monde a un sens. un désir. une liberté ou un néant absolument vide. C est ce qu ont pensé les métaphysiques. . elle continue. Il n a pas de fondement. la demande de sens qui définit l homme n aura pas de réponse. l adjectif absurde où résonne non seulement une surprise mais une indignation et presque déjà une colère comme quand on dit. Ce qui permet d accoler cet adjectif. absurde. c est l existence et je dirai aussi l exclamation de l homme face au monde. et Camus dit même. Et il n y a donc pas une seule mais deux erreurs qu il faut refuser absolument. Mais cela ne suffit pas à le rendre à proprement parler absurde.cet univers sans mesure où mon aventure se poursuit. Il n a pas d explication. Ce qu on voit c est que pour Camus comme pour Sartre et pour Merleau-Ponty le monde n a pas de sens. elle se maintient. les théologies et encore au XXe siècle les philosophies d histoire et tous les dogmatismes et au nom de ce sens il ont sacrifié les hommes. qu il ne choisit pas et qu il va devoir au contraire maintenir et faire maintenir. respecter et faire respecter. un désir éperdu de sens une demande de sens. Le monde n a pas de sens absolu. au monde.

Si elle ne le fait pas c est pour deux raisons. Le but de Camus sera au contraire de montrer que l existence de l homme si elle ne rend pas un sens au monde. de récusation de la demande de sens de l homme ou le meurtre. des drames qui ont lieu par logique. mais comme un acte qui découle chez l homme d une déduction. aller trop vite comme Camus quand il disait j allais trop vite. Elle doit être maintenue. le suicide. qui découlerait de. qui découle du non respect. C est ce qu ont pensé les dogmatismes inverses mais non moins graves. Ce prolongement. . même dans un monde absurde. Mais la mort. elle persiste. comme dira Camus. mais au mal. De fait. Rien n a de sens sauf la demande humaine de sens. l homme qui demande du sens. erreurs qui sont constantes dans la vie humaine et c est aussi parce qu elle rencontre un prolongement inattendu de l absurde face non plus au monde. les dogmatismes non pas de l être mais du néant.Comme si l absence de sens du monde annulait la demande de sens chez l homme. non moins dogmatiques. d une fausse déduction. C est même cela qui rend le monde absurde. non plus les ontologies mais le nihilisme. à l injustice et à l histoire. cela conduit à des drames. de. faire une erreur de raisonnement sur l’absurde. D ailleurs la philosophie de Camus à proprement parler. C est parce qu elle doit critiquer les conséquences de ses erreurs dans la vie humaine. non pas comme un événement nécessaire et absurde à la fois. Et cela suffit à tout relancer. Mais disons un mot d abord des conséquences de ces deux erreurs et pourquoi elles sont terribles. dans L homme révolté. Car la demande de sens de l homme est irrécusable. s arrête là. drames dont le critère sera toujours la mort. du néant et de l absurde posés comme absolus. de la dignité de cet être. ce sera la révolte.

rien au-delà mais rien de moins et c est toute la différence. La révolte est l une des dimensions essentielles de l homme. il désire et il juge. Citons le début de l Homme révolté. même en disant non. Elle est notre réalité historique. et contrairement aux postulats de la pensée contemporaine parmi laquelle j ajoute. deux faces négatives et positives. C est aussi un homme qui dit oui. historique. La nature humaine sera donc relative. Rien de plus. Cette phrase est décisive. Ces phrases sont célèbres mais on oublie leur portée métaphysique. il ne renonce pas. L analyse de la révolte conduit au moins au soupçon qu il y a une nature humaine comme le pensaient les Grecs. politique collective. Camus va plus loin encore et métaphysiquement cette fois.conduit d abord à respecter cet homme qui demande du sens et puis à accepter le monde dans le seul sens qu il a et qui est celui de la sensation humaine. Il n y a plus de sacré. À partir du moment où il parle. comment nierais-je ce monde dont j éprouve la puissance et les forces ? Telle est l expérience que absurde va d abord contredire mais qu il devra ensuite rejoindre. Mais il n y a plus de monde et d arrière monde. celle de Sartre. la nuit. Elles disent que l absurdité de l existence bute sur la réalité humaine qui est demande d essence et refus de la justice et donc aussi réalité et affirmation. Mais s il refuse. Je me révolte donc nous sommes. certains soirs où mon cœur se détend. après la guerre et après aussi L Être et le néant de Sartre. On peut déjà le citer ici. L existence n est pas un face à face entre . Je cite. La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte. Ces parfums d herbe et d étoile. bien entendu. Il faudra auparavant passer par la révolte qui aura le même caractère que l’absurde. dès son premier mouvement. Qu est-ce qu on homme révolté ? Un homme qui dit non.

On devine le lyrisme de Camus dans les Noces devant la nature mais aussi dans la Peste face au mal. nos refus et nos joies de l autre côté. Lorsque Maurice Merleau-Ponty publie en 1945 son grand livre intitulé Phénoménologie de la perception il doit bien entendu tenir compte de ce qui est survenu entre temps en 43 et dont nous allons parler. la relation entre ces deux livres va se traduire dans celui de Merleau-Ponty par l ajout d un chapitre qui est une réponse à Sartre. Ce chapitre qui est une réponse à Sartre suppose pourtant tout le livre. si l arrachement perpétuel par lequel nous avons en commençant défini la liberté n est pas simplement l aspect négatif de notre engagement . Je cite Merleau-Ponty. C est le dernier chapitre de la Phénoménologie de la perception qui s intitule La Liberté.l existence et le néant mais entre le monde d un côté ou l histoire et nos demandes. la publication par Sartre de son propre livre L’Être et le Néant. examinons la réponse si proche et si différente à la fois de Merleau-Ponty aux mêmes défis de l existence. Or. C est une phrase un peu longue mais décisive de ce chapitre sur la liberté. Je commencerai ici par une citation révélatrice et en quelque façon symétrique avec celle de Camus de ce chapitre sur la Liberté qui est donc désormais aussi une réponse à Sartre. toute la philosophie de Merleau-Ponty depuis son point de départ bien sûr dans la perception en passant par tout son développement au cœur duquel on trouvera la question du corps car pour Merleau-Ponty la conscience est inséparable du corps et se présente toujours dans le monde selon son mot le plus célèbre comme incarné. Nous aurons à nous demander. Mais avant d y venir. écrit Merleau-Ponty.

mais le prisonnier avec ses camarades ou avec ceux qui l aiment et sous le regard de qui il vit. mais différemment de lui. un pur néant. elle s y inscrit non pas comme dans un terme extérieur à jamais mais dans une relation vivante et qui la constitue. Elle ne peut pas être solitaire. S il refuse de donner les noms et les adresses qu on veut lui arracher. si la liberté toute faite dont nous sommes partis ne se réduit pas à un pouvoir d initiative qui ne saurait se transformer en faire sans reprendre quelque proposition du monde. Je cite ces phrases admirables de ce chapitre. On voit clairement ici l objection radicale faite à Sartre. d une manière très révélatrice comme lui. L idée de situation exclut la liberté absolue à l origine de nos engagements.universel dans un monde. il prend comme Sartre. La liberté ne serait être un pur arrachement. Nous sommes mêlés au monde et aux autres dans une confusion inextricable. Elle part du monde. l exemple en pleine guerre du résistant qui est torturé par un bourreau. elle a des appuis dans l être mais aussi dans les autres. Plus encore. n est coupée d autrui. ce n est pas par une décision solitaire et sans appui. Et pour le montrer. une coupure avec le monde sans appui en lui. Aucun engagement ne peut me faire dépasser toutes . si notre indifférence à l égard de chaque chose déterminée n exprime pas simplement notre investissement en toutes. et si enfin la liberté concrète et effective n est pas dans cet échange. c est cette idée de proposition du monde et elle y revient. ce n est pas finalement une conscience nue qui résiste à la douleur. Elle l exclut également à leurs termes. On torture un homme pour le faire parler. un pur. une pure négativité. dans ce même chapitre Merleau-Ponty va montrer que la liberté pas plus qu elle n est coupée du monde.

c est que notre pensée. Telle est donc la réponse à Sartre qui expliquera aussi bien des divergences politiques ultérieures entre les deux hommes. ce mélange. la forme qui se détache dans le monde sur le fond de lui est notre conscience qui fait encore partie du monde. notre cogito. la forme comme dit Merleau-Ponty. Cette partie sur le corps nous montre en effet un arrachement de notre corps au monde. Tout le déploiement du livre comprenant des parties fondamentales sur autrui et se terminant aussi sur le temps culmine en un sens dans l analyse du corps. cette inséparabilité de la conscience et du monde. c est être dans un monde auquel appartient déjà le sens. ce que montre cette expérience. Mais à l inverse. entre Sartre et Merleau-Ponty. la mêle au corps mais aussi la conscience et le monde. il est vécu. notre conscience. C’est par notre corps que nous sommes au monde parmi les hommes et que le temps lui-même . d une conscience nue avec des objets ou des choses totalement informes et dépourvus de sens. se mouvant. Il n est pas une chose parmi les autres dans le monde. l analyse du corps où nous retrouverons cette relation. reprenant les théories allemandes de la Gestalt psychologie. car c est elle d abord. de notre corps qui devient notre corps propre. la perception de n importe quoi. Toute la phénoménologie de Merleau-Ponty est tendue vers le dépassement de dualisme traditionnel. se fonde aussi sur toute une philosophie et d abord une philosophie de la perception. de n importe quelle chose qui n est pas la relation pure d un néant de conscience avec un être brut. comme dit Merleau-Ponty. Percevoir c est être dans le monde. notre je pense ne peut pas se concevoir indépendamment de ce corps. Cette divergence on le voit. étant en relation avec ce monde. percevant.les différences et me rendre libre pour tout.

C est pourquoi aussi l art fondamental qui doit exprimer ce sens individuel pour tous les hommes et . où avant de penser l action Sartre rejoignait aussi la sensation. le mystère de l existence. mais retrouvant un sens dans leur relation même. Et nous comprenons mieux aussi maintenant les diverses manières de penser ce problème. un pur projet. entre la conscience et le monde. C est bien sur ces relations que je voudrais insister pour finir à travers l expérience sensible et l art. mais aussi de leur relation. mystère d une conscience et d un monde. Leur relation. donnés l un et l autre et l un à l autre sans fondement au-delà. Mais comme pour Sartre la conscience est un rien qui donne sens à tout. éthique et politique mais aussi métaphysique et même immédiate. On peut une dernière fois revenir à Sartre. selon certains aussi à cette époque. elle nous renvoie pourtant comme celle de Camus à un point bien précis. mais aussi une épaisseur et une vie. la sensation elle-même n est pas pour lui un contact réel.n est pas une pure distance. on l a vu. Cette conception si différente de Sartre et qui est aussi différente de celle d Albert Camus. Revenir à la fin de l’Être et le néant. et chaque sensation exprime encore une liberté comme cette fameuse sensation du visqueux selon Sartre qui exprime l engluement de ma liberté dans le monde. Le point non seulement de la différence entre l homme et le monde. pas du tout une projection psychologique mais un choix de valeur . esthétique dans notre vie et dans l art. On comprend mieux en effet et j en viens à ce moment de conclusion ce que nous appelons ici le problème et en un sens. c est encore un projet et un choix. un pur arrachement. c est à dire aussi les deux termes de cette relation et leur relation. comme relation totale de la conscience et du monde.

De même. Pour Camus et pour Merleau-Ponty il en va différemment et je ne pourrais faire mieux ici que résumer. c est toujours pour Sartre la littérature. ce fait permet à notre conscience non seulement de se séparer du monde dans le révolte ou dans la liberté. le peintre donc n est pas un pur regard spirituel. c est aussi un regard sensible ou selon une très belle formule de Merleau-Ponty. Pour l un et pour l autre. c est un problème partagé par diverses figures de manière différente qui ne se résume pas aux trois que nous venons d aborder. toutes les sensations de l homme. finalement le fait que notre conscience ne soit pas un pur néant mais est une nature ou bien qu elle soit dans la nature. selon lui. l’Oeil et l esprit. On soulignera donc que l existentialisme n est pas une doctrine unique et figée. mais aussi de l amour et de la beauté. le dernier texte donc publié par Merleau-Ponty le dira par son titre. mais aussi de s y unir dans le sensible et dans l art. selon Merleau-Ponty il faut toujours exprimer le sens dans le sensible. comme le peintre. Il faut selon Camus respecter tous les sentiments. jusqu à au début de l histoire humaine. l’Oeil et l esprit. et avant tout dans la littérature la prose. L absurde et la révolte bien sûr. juste avant qu il meurt la même année ou presque que Camus tous les deux dans des interruptions tragiques de leur vie. De Cézanne sur lequel il a tenté écrire. mais aussi l amour et la beauté. le lyrisme du malheur et de l indignation. Le dernier texte publié par Merleau-Ponty de son vivant. les peintres des grottes de Lascaux. Et l artiste a cette double charge jusque dans les discours que Camus prononce à Stockholm lorsqu il va recevoir le Prix Nobel de Littérature cette littérature qui a charge pour lui d un double lyrisme. n est pas une mode. . c est bien le rôle de l art mais aussi maintenir le sensible dans le sens. le peintre apporte son corps.aussi de façon morale et politique.

Du premier Emmanuel Lévinas ou bien la philosophie de Jean Val introducteur en France avant même Sartre des philosophies de l existence et qui représente elle aussi des solutions à ces mêmes problèmes. mais aussi vers les. elle nous font comprendre que les différences autour d un problème commun ne sont pas secondaires. elle vont entraîner des tensions. des oppositions historiques. allant non seulement vers le sensible et la peinture. éthiques et politiques. esthétique de Jean Val. Sartre et Merleau-Ponty. elles constituent ce problème métaphysique. le poème et la poésie. L un. mais elles impliquent aussi. Comme les pensées de Camus. Camus et Merleau-Ponty. celui d avant l éthique que nous rencontrerons plus tard. qui accentue encore la différence avec le monde mais cette fois du côté du visage d autrui et de l éthique. On pourrait évoquer ici la philosophie du premier Lévinas. l autre qui accentue encore la rencontre avec le monde. Lévinas.Sartre. Ces tensions opposeront et déchireront même les deux penseurs que nous avons rapprochés aujourd hui Albert Camus et Merleau-Ponty qui comme Marc va nous le rappeler la prochaine fois. elles sont constitutives. Éthique de Lévinas. auront donc à connaître aussi l’épreuve de la politique. .