Vous êtes sur la page 1sur 22

REPUBLIQUE DU SENEGAL

REPUBLIQUE
SENEGAL
UnDU
Peuple,
Un But, Une Foi
**********
PRIMATURE
**********
ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION

Présenté par M. Mamadou Aliou DIALLO
Août - Décembre 2005

INTRODUCTION
Le droit constitutionnel est la discipline qui étudie le pouvoir dans la société humaine la plus
perfectionnée, c'est-à-dire l’Etat. Il contient l’ensemble des règles relatives à l’organisation et
au fonctionnement de l’Etat.
Le pouvoir dont il est question est celui de la société politique. Il est distinct de celui de la
société primitive et de la société féodale.
Le pouvoir de l’Etat est appelé pouvoir politique : 
Il s’agit d’un pouvoir institutionnalisé, c’est à dire un pouvoir dissociable et dissocié
de la personne de son titulaire ; 
Il s’agit aussi d’un pouvoir fondé sur des règles écrites.
Le droit constitutionnel trouve sa source dans plusieurs textes au rang desquels on cite la
Constitution, le Code Electoral, le Code de la Nationalité et même certains traités
internationaux.
Plus récemment, la jurisprudence a été admise comme source de droit constitutionnel. Il s’agit
notamment des décisions rendues par le Conseil Constitutionnel. Mais la source principale
demeure la constitution, c'est-à-dire l’ensemble des normes qui ont une valeur supérieure à
celle des autres normes, qui peuvent servir comme fondement de validité à d’autres
normes, et qui elles mêmes ne sont fondées sur aucune norme juridique. Ces normes
rendent compte de la vie des organes de l’Etat que l’on appelle institutions. Ces institutions
peuvent être regroupées en institutions officielles (Président de la République, Gouverneur,
Assemblée Nationale, Conseil de la République pour les Affaires Economiques et Sociales,
…) et en institutions non officielles telles que les partis politiques et les groupes de pression.
La vie de ces institutions, par exemple les rapports entre une majorité parlementaire et le
gouvernement, constitue aujourd’hui, un élément déterminant pour la compréhension des
systèmes constitutionnels. C’est pourquoi, certains auteurs parlent de cours de constitution et
institutions politiques alors que d’autres parlent d’institutions politiques et droit
constitutionnel.
Mais, quel que soit le sens donné au droit constitutionnel, il est constant que l’Etat est au
centre de ses préoccupations. Aussi, est il nécessaire de présenter d’abord les éléments d’une
théorie générale de l’Etat (1e partie) avant d’étudier les différents régimes politiques (2e
partie).
BIBLIOGRAPHIE
Auteur (s)
P. ARDANT

G.BURDEAU,
F.HAMON
M.TROPER
P.PACTET

J.MEKHANTAR

M.PRELOT
J.BOULOUIS

Titre
Institutions
politiques et droit
constitutionnel
Droit
constitutionnel
et
institutions
politiques
Droit
constitutionnel
et
institutions
politiques
Droit
constitutionnel
et
politique
Institutions
politiques et droit

Ville
Paris

Edition
Editions LGDJ, 8e
édition

Année
1996

Paris

Editions LGDJ, 24e
édition

1995

Paris

Editions Masson,
16e édition

2000

Paris

Editions
Montchrestien

1997

Paris

Editions
Dalloz,
11e édition

1990

Saisie : C.O.NDIAYE

Page 2 sur 22

Commentaire [CHK1] : Nomb
re réduit d’individus, pouvoir
diffus et anonyme. Pas de
coutume, mais tout le monde obéit
à la coutume.
Commentaire [CHK2] : Appar
ition du chef militaire, pouvoir
personnalisé et individualisé.

constitutionnel Saisie : C.NDIAYE Page 3 sur 22 .O.

SSEEC CT TIIO ON N 11 L’APPROCHE SOCIOLOGIQUE La doctrine s’accorde pour considérer qu’il existe un Etat. Mais. qu’un dénominateur commun unit tous les Etats du monde. juridiquement organisée. mais aussi du droit. à travers un certain nombre de grands principes de droit constitutionnel. l’Etat. il sera nécessaire alors d’analyser les différentes formes qui en découlent (chapitre 2) C CH HA APPIIT TR RE E 11 LA NOTION D’ETAT Pour certains auteurs. il constitue un cadre de compétence. En effet. le phénomène étatique est apparu comme la réalité la plus caractéristique de l’organisation des sociétés politiques. Pour cette raison. il est possible d’observer. A A La nécessité du territoire Le territoire est nécessaire en ce sens qu’il détermine le cadre territorial de l’Etat et qu’il conditionne l’indépendance de celui-ci. ayant pour fondement sociologique une nation et reposant sur une assise territoriale. l’étendue et les limites de la puissance publique.  Qu’il y ait une population . Les formes d’organisation de l’Etat varient selon le centre d’impulsion du pouvoir. Par ailleurs. les formes que l’histoire a pu recenser ne sont pas identiques. Cette définition rend compte de la pluralité des approches possibles pour camper la notion d’Etat. Il apparaît ainsi comme une nécessité (pas d’Etat. En effet. T TIIT TR RE E 0011 LE PHENOMENE ETATIQUE Plusieurs disciplines se sont intéressées à l’étude du phénomène Etatique. c'est-à-dire que son étendue soit délimitée. de nos jours. nous opposerons l’approche sociologique à l’approche juridique.  Qu’il y ait un pouvoir politique..PPA AR RT TIIE E II. Tous ceux qui vivent dans son domaine territorial sont subordonnés à la Saisie : C. Il permet à la population de prendre conscience de son existence en tant que groupe différent des groupes voisins. Pour notre part. dès lors que trois conditions sont remplies :  Qu’il y ait un territoire . PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 Le territoire Le territoire est le cadre spatial sur lequel vit la population et sur lequel s’exerce le pouvoir politique. désigne l’établissement d’une population sur un territoire donné. c'est-à-dire une espace dans lequel l’Etat est maître. Il existe plusieurs formes d’Etats dont le statut. est fixé par un texte fondamental appelé constitution (titre 2). l’Etat désigne une collectivité très large. malgré l’émergence du phénomène étatique dans les sociétés humaines. c’est ce qui explique que partout. Il s’agit de la géographie. sans territoire). Par conséquent. au sens sociologique du terme. le territoire est le facteur d’unité du groupe en ce sens qu’il constitue un symbole de l’idée nationale. Le territoire détermine. c'est-à-dire les règles d’organisation et de fonctionnement. Ce dénominateur est à l’origine de ce qu’on a pu appeler le phénomène étatique (titre 1).O. à la fois. de l’économie. il est nécessaire de préciser le sens qu’il convient de donner à l’Etat (chapitre 1). de la philosophie. la matérialité soit déterminée avec précision.NDIAYE Page 4 sur 22 . ELEMENTS DE LA THEORIE GENERALE DE L’ETAT Depuis le VIe siècle. sous l’autorité d’une puissance publique.

le pouvoir tend non seulement à individualiser l’assise spatiale de son indépendance et de son autorité. c’est pour illustrer le fait que « par la détermination d’un cadre territorial. pêche) régis respectivement par l’OACI et la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. il ne peut exister d’Etat sans population. Le territoire peut être totalement (Lesotho) ou partiellement (Gambie) enclavé. comme au Vatican. Par conséquent. lesquelles sont nécessaires pour l’ordre et la tranquillité. Elle constitue une condition essentielle de la vie de l’Etat. les frontières peuvent être terrestres. Au-delà. du plateau continental et de la zone économique exclusive large de 20 miles marins. BB La délimitation du territoire Tout territoire est circonscrit dans des limites qu’on appelle frontières. mais aussi de l’unifier ». entre l’Etat et la nation. Distinction entre population. le territoire est un cadre de compétence. Malgré cette distinction. Il en est ainsi de la zone contiguë dont la largeur est de 24 miles marins. Il s’agit des nationaux et des ressortissants. A A 1) La population Elle est entendue comme l’ensemble des personnes physiques vivant de façon permanente sur le territoire d’un Etat et sur lesquels les autorités de ce dernier exercent leur souveraineté personnelle. G BURDEAU. S’il intéresse le juriste.réglementation de ses autorités. Les nationaux sont unis à l’Etat par le lien juridique de la nationalité. Comme le territoire lui-même. Le tracé des frontières est l’œuvre des géographes et des autorités politiques chargées de l’aménagement du territoire. La première catégorie désigne ceux qui sont rattachés à l’Etat de façon stable par des liens juridiques. comme dans le cas des Etats archipels. Cette population est à distinguer de la nation et du peuple. Son étendue est indifférente. chacun de ces trois éléments désigne une réalité concrète et particulière. en traçant la frontière d’un Etat. En effet.NDIAYE Page 5 sur 22 . quelle que soit la dimension ou la forme du territoire. Pour le cas particulier des frontières maritimes. Le territoire n’est pas nécessairement continu. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 La population La population désigne le groupe humain établi sur le territoire d’un Etat. Les personnes soumises à l’autorité de l’Etat sont regroupées en deux catégories : les sujets et les étrangers. il peut être fractionnel. nation et peuple D’un point de vue juridique. elles délimitent le territoire qui fait partie intégrante de l’Etat. comme en Chine ou restreinte. Celle-ci lie l’individu à l’Etat. Mais. Les Etats exercent un contrôle rigoureux sur l’utilisation des territoires aérien (survol) et maritime (entrée et sortie. il est possible d’entrevoir des relations entre eux. l’Etat côtier exerce des compétences finalisées. celui dans lequel les gouvernants exercent leur fonction sans contrainte extérieure. En effet. elle peut être considérable. il faut que son assise soit définie avec précision.O. Quant aux frontières aériennes. notamment. Celui comprend les eaux intérieures (ports. le pouvoir inscrit la nation sur le plan des réalités concrètes. quel que soit le lieu où il se Saisie : C. aériennes et maritimes. rades et embouchures de fleuves) et la mer territoriale dont la largeur est fixée à douze miles marins. elles délimitent le territoire aérien constitué par la couche atmosphérique surplombant l’espace terrestre et sous jacent à l’espace extra terrestre.

voire fiscale de l’Etat d’accueil. Il en est ainsi. toute population ne constitue pas une nation. Il existe trois catégories d’étrangers que sont les ressortissants des Etats tiers. Au contraire. il n’y a pas toujours coïncidence entre l’Etat et la nation. Il s’agit des agents diplomates et consulaires et des agents fonctionnaires internationaux.O. ils constituent une catégorie de la population vivant sur le territoire d’un Etat auquel ils ne sont pas rattachés par le lien de la nationalité. Il en est ainsi des Kurdes. et aux USA. des nations différentes peuvent être regroupées dans un même Etat plurinational ou multinational. Ce principe. des Bantous ou des Touaregs (Tardi). il existe des catégories d’étrangers sur lesquels la souveraineté s’applique de façon distributive. La deuxième catégorie est constituée par les ressortissants qui désignent les individus possédant la nationalité d’un Etat. il est possible d’affirmer qu’il existe une dissociation entre la nation et l’Etat. on les nommera « sujets » si on les considère individuellement et « peuple de l’Etat » si on les considère collectivement. celui des peuples colonisés à obtenir l’indépendance. Le terme est employé quelquefois pour désigner la nation (exemple le peuple Palestine). Ceux-ci bénéficient d’une immunité diplomatique qui les soustrait de la compétence pénale. Autrement dit. qui donne compétence à tout peuple pour déterminer librement son statut politique. Malgré la souveraineté de l’Etat. les réfugiés et les apatrides. un Etat peut exister sans nation. l’Etat est antérieur à la nation. La naturalisation s’effectue par demande ou par mariage. Quant aux étrangers. Elle est originaire lorsqu’on remplit les conditions définies par le code de la nationalité (sang au Sénégal. sol aux USA). en Inde. toute nation est d’abord une population. Dans d’autres cas. la nation est antérieure à l’Etat alors qu’en Afrique post coloniale. des Peuls. mais il ne peut exister sans population. Par conséquent. Pour cette raison. C’est ainsi qu’en Europe. Par conséquent. assurer librement son développement économique social et culturel et de disposer librement de ses ressources naturelles. 2) Le peuple Le peuple est une notion de moins en moins prise en compte par le droit constitutionnel qui est une qualification que l’on va donner ou refuser à un groupe humain. 1) La dissociation entre la nation et l’Etat Saisie : C. quels sont les rapports existant entre l’Etat et la nation ? BB Les rapports entre l’Etat et la nation Une nation peut être écartelée entre plusieurs Etats. principe dit d’autodétermination. en ex Yougoslavie ou encore en Suisse. même si certains auteurs cherchent à assimiler les deux. La nationalité peut être originaire ou acquise par voie de naturalisation. 3) La nation La nation désigne la qualité de la population de l’Etat. revendications formulées au nom du principe du « droit des peuples à disposer d’euxmêmes ». à l’époque de la colonisation ou encore des habitants des territoires d’outre mer tels que la Martinique et la Nouvelle Calédonie. sans pour autant qu’ils ne vivent de façon permanente. même si l’exercice de celle-ci souffre de quelques exceptions.trouve. Cependant. Il en est ainsi des natifs des quatre communes Sénégalaises.NDIAYE Page 6 sur 22 . Mais alors. A partir de ces exemples. sur le territoire de celui-ci. n’a joué que dans un contexte particulier. la notion de peuple est à distinguer de celle de nation. le mot peuple a servi de base à des revendications d’indépendance. Celle qui manifeste l’homogénéité fondée sur la commune volonté de vivre ensemble. Les étrangers sont soumis à la souveraineté de l’Etat d’accueil. Selon BURDEAU. des Arméniens. si l’on envisage de décrire le groupe d’homme à l’égard desquels s’exerce le pouvoir de l’Etat.

Cette position est critiquable parce qu’elle est erronée. Il en est ainsi de la nation Kurde écartelée entre la Turquie. 2) Assimilation nation Etat Malgré la dissociation entre la nation et l’Etat. certaines nations. De son coté. de la France avec le problème Corse. l’Irak.  Ensuite. contestable et entretient une confusion. Elle entretient enfin une confusion entre la souveraineté et la puissance étatique. En effet. sont demeurées sans Etat. Slovaque. au USA en Russie et au Danemark . qui. Saisie : C. les Touareg présents au Mali.NDIAYE Page 7 sur 22 . après l’éclatement. il devient alors l’expression de l’ordre social désiré par la communauté nationale. il existe des nations sans Etat. il existe des Etats sans nation. micro nationalités qui ne sont pas intégrées. parce qu’elle méconnaît la signification sociologique de la nation qui existe antérieurement à l’Etat. au Niger et en Algérie. De même. il en est ainsi de l’Espagne. Il en était ainsi de la Pologne dont la nation a été frustrée d’Etat pendant la première guerre mondiale. avec l’irrédentisme Irlandais. la population atteint un certain degré d’homogénéité tel qu’on puisse la qualifier de nation. Tchèque. Mais. surtout du désir de constituer un Etat. il ne peut exister d’Etat sans population. des USA jusqu’à la première guerre mondiale. La population desdits Etats présente la physionomie de micro nationalités en son sein. parce qu’elle confond la nature véritable de l’Etat qui est une entité juridique avec celle de la nation qui est une entité sociologique. il a fallu attendre la fin de la guerre pour qu’elle redevienne stable.  Enfin. A A La notion de pouvoir étatique Le pouvoir étatique s’analyse en une relation inégalitaire de domination qui se présente sous plusieurs formes. les Palestiniens constituent bel et bien une nation. Cette catégorie illustre le fait qu’il existe plusieurs nations présentes dans divers Etats. l’URSS comprenait plusieurs nations. Contestable.Pour illustrer cette dissociation. 1) Une relation inégalitaire de domination Cette relation comporte deux aspects une relation de commandement et une relation d’obéissance. mais il est possible de constater que dans certains Etats. ceux là sont partis du fait que le pouvoir individualisé étant désormais remplacé par l’Etat. C’est le cas pour beaucoup d’Etats contemporains dont la population est caractérisée par son hétérogénéité et surtout. il est possible de dire qu’il n’existe pas alors d’Etat Palestinien/ par conséquent. La nation est le destinataire du régime étatique et non la substance. Il en est ainsi des nationalités Autrichienne. En effet. certains auteurs ont cherché à assimiler ces deux concepts. du point de vue du commun vouloir de vivre ensemble. La nation tiraillée et absorbée par ses frontières. compte tenu de l’inexistence d’un territoire sur lequel l’autorité Palestinienne exercerait sa puissance.  Puis. avec le problème Basque. on peut se placer à quatre niveaux :  D’abord. se sont constituées chacune en Etat. Erronée. il existe des nations écartelées. par son irrédentisme. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 LE POUVOIR POLITIQUE La matérialité de l’Etat est conditionnée par l’existence d’un pouvoir politique exercé sur la population vivant sur son territoire. de l’Angleterre. les Palestiniens constituent une nation sans Etat.O. pendant une période relativement longue. Ce pouvoir a une signification précise et des caractères propres. Slovène et Croate qui ont constitué la population de l’empire de l’Autriche-Hongrie. Par exemple. Hongroise. l’Iran et la Russie . il existe des Etats plurinationaux. les Esquimaux que l’on retrouve au Canada. la Syrie.

Marx et Machiavel. Quant au caractère temporel. Quant au monopole de la contrainte. Mais. l’Etat repose sur la violence dont il détient le monopole par le truchement de son armée. Selon eux. il signifie que le pouvoir d’Etat est distinct et indépendant du pouvoir religieux. A propos du caractère exclusif du pouvoir de l’Etat. car le chef contemporain n’est pas celui qui détient le savoir. Le pouvoir d’Etat a autorité pour faire peser sur la population des obligations de faire ou de s’abstenir à l’action et de les y contraindre par la force. ni anti religieux mais a religieux selon Aristide BRIAND. C’est parce que l’autorité satisfait les besoins de chaque citoyen que les gouvernants sont dévoués à l’Etat et que l’action de celui-ci est considérée comme légitime. le pouvoir d’Etat n’est ni religieux. SSEEC CT TIIO ON N 22 L’APPROCHE JURIDIQUE DE L’ETAT Le droit met plus l’accent sur les attributs juridiques de l’Etat que sur ses éléments constitutifs pour définir celui-ci. il signifie que dans son territoire. on aboutit seulement à deux caractères principaux du pouvoir politique. On parle alors de laïcité de l’Etat. est la domination intellectuelle. en se soumettant volontairement aux ordres qu’elle prescrit. d’autre part. l’observation permet de dire que l’Etat détient la compétence pour édicter des normes et organiser l’exercice de la contrainte.NDIAYE Page 8 sur 22 . si ce n’est par l’intermédiaire de l’Etat ». le pouvoir civil est supérieur au pouvoir militaire. Le pouvoir de créer des normes est dit pouvoir normatif. mais celui qui s’entoure de ceux qui sauront le faire accéder au savoir (spécialistes.O. Le pouvoir est rendu efficace par les mécanismes de sanction dont il est assorti et par l’existence d’un appareil spécialisé de contrainte. Mais la domination la plus réelle. Autrement dit. de nos jours. mais aussi en constituent la source. de sa police et de ses prisons. le pouvoir politique est caractérisé par « le monopole de la violence légitimée ». l’Etat détient seul le pouvoir de faire exécuter ses décisions et de les faire prévaloir sur les autres. Il a ainsi été analysé comme une force physique ou une domination intellectuelle.La première permet à l’Etat de prescrire unilatéralement des normes de conduite à l’intention des gouvernés qui sont tenus de s’y plier. Le caractère civil est que le pouvoir d’Etat est un pouvoir exercé par un personnel non militaire. En effet. Les auteurs qui soutiennent que le pouvoir a pour fondement la force physique sont Voltaire. Quant à la relation d’obéissance. A ce propos. l’Etat possède un système de sanction perfectionné et organisé à travers ses institutions judiciaires et son appareil répressif. Il l’exprime en posant la règle que « nul ne peut se faire justice soi même. « La puissance est moins dans la volonté de celui qui domine que dans la confiance de celui qui se soumet » selon Marcel PRELOT. elle illustre le fait que les citoyens reconnaissent leur dépendance vis-à-vis de l’autorité. C’est en ce sens que l’on a pu dire que l’Etat détient le monopole de la contrainte organisée. conseillers) et l’on parle aujourd’hui du pouvoir des technocrates. légale et rationnelle. Enfin. il est d’autre part exclusif. Saisie : C. ou encore une domination de nature économique. il est possible de dire que l’Etat a la personnalité juridique d’une part et qu’il est doté de la souveraineté. BB Les caractères propres du pouvoir de l’Etat Le pouvoir d’Etat est d’une part civil et temporel. Il permet à l’Etat de sécréter des règles qui non seulement sont au dessus de toutes les autres règles. malgré la diversité des formes de domination. En effet. C’est un pouvoir de paix qui s’exerce en temps de paix. 2) Les formes de domination Le pouvoir politique s’exprime sous plusieurs formes.

ou la durée de ses décisions. Au titre des droits. la capacité d’avoir des droits et d’être assujetti à des obligations. Un pouvoir de droit signifie que la souveraineté n’est pas un phénomène de force. Au titre des obligations. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 La souveraineté de l’Etat Selon la célèbre formule de LAFFERIERE. En droit international. de disposer d’un patrimoine pour accomplir sa mission de lever l’impôt ou de battre de la monnaie. on peut relever celui de posséder des services. Cette souveraineté s’exprime sous deux formes. Dans l’ordre interne.  Puis la continuité du fonctionnement des institutions. La personnalité juridique de l’Etat confère à ce dernier des droits et le soumet à des obligations. Le fondement de cette personnalité est largement admis et ses conséquences justifient la légitimité de l’Etat. mais résulte plutôt de règles sociales durables. La personnalité juridique fait que ses institutions fonctionnent de façon continue. Quant au caractère suprême du pouvoir. Elles ne sont. économiquement et militairement inégaux. on peut citer le maintien de l’ordre et de la sécurité publique et en général.O. à savoir la souveraineté interne et la souveraineté internationale. les Etats sont pris en compte du fait de leur qualité de personne morale et non en fonction de leur puissance. mais simplement des délégataires de la part de l’Etat. qu’on lui reconnaisse le droit d’ester en justice. ils sont toujours juridiquement égaux. en tant que tel. Autrement dit. L’Etat survit aussi bien aux délégations du pouvoir qu’aux générations de populations qui s’y succèdent. « la souveraineté est un pouvoir de droit originel et suprême ». pas propriétaires des fonctions qui leur sont confiées. sa justice continuent à fonctionner. Les Etats peuvent être matériellement différents. l’accomplissement des missions de service public. BB Les conséquences de la personnalité juridique Elles sont multiples et la doctrine les a regroupées en quatre rubriques.  D’abord la situation juridique de l’Etat. c'est-à-dire un groupement organisé de structures et d’agents poursuivant un but légitime et auquel le droit reconnaît la qualité de personne juridique. il exprime le fait qu’aucune autorité n’est supérieure à l’Etat. le pouvoir souverain ne peut rencontrer ni concurrent.  Enfin l’égalité entre les Etats. de gérer des services. La personnalité juridique de l’Etat découle de l’institutionnalisation du pouvoir qui exprime le fait que les autorités qui l’incarnent sont distinctes de l’Etat. C’est lui qui justifie que l’on attribue un patrimoine à l’Etat. de qui elles tiennent leur compétence. « il n’y a pas de temps mort pour le fonctionnement des institutions ». A A La souveraineté interne Saisie : C. ni égal.NDIAYE Page 9 sur 22 . A A Le fondement de la personnalité juridique de l’Etat L’Etat est une personne morale. de contracter des dettes.PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 La personnalité juridique de l’Etat La personnalité juridique de l’Etat exprime le fait que l’Etat est un sujet de droit et. possède un patrimoine et émet des actes juridiques. Ce but légitime consiste à assurer le bien être individuel et collectif des populations. même après la disparition des autorités qui les ont établies. de disposer des biens. Son administration. Elle signifie que les changements qui s’opèrent dans la composition ou dans la direction de l’Etat n’affectent ni son existence.  Ensuite la continuité de l’Etat. par conséquent.

argent) sont mobilisées aux divers échelons et remontent de la base au sommet. nature. ou Etat unitaire complexe. Les administrations sont placées dans un lien de subordination ou de dépendance vis-à-vis du pouvoir central. De cette souveraineté découle alors deux principes fondamentaux : celui de l’égalité des Etats qui trouve son fondement dans l’article 2 paragraphe 1er de la charte des Nations Unies et celui de la non ingérence d’un Etat dans les affaires intérieures d’un autre Etat. Elle est fondée sur un principe directeur et aménagée par des techniques d’organisation.NDIAYE Page 10 sur 22 .O.Cette souveraineté traduit la suprématie de l’Etat sur les individus et les groupes sociaux établis sur son territoire. C’est ce que traduit GELLINEK en disant que « l’Etat a la compétence de ses compétences ». Elles sont organisées dans des rapports hiérarchiques. Par conséquent. qui interdit à toute puissance étrangère de s’immiscer dans la conduite des relations internationales ou des affaires intérieures d’un Etat. un seul parlement et un seul ordre juridictionnel aboutissant ainsi à ce que l’on appelle « l’unicité du pouvoir d’Etat ». subdivisé :  En Etat unitaire centralisé. Le principe directeur de l’unité L’Etat unitaire centralisé est constitué en divisions et subdivisions à la tête desquelles des agents exécutent et transmettent ses décisions par instruction générale ou ordre particulier. Le premier type d’Etat constitue les Etats unitaires alors que le second représente les Etats composés. C CH HA APPIIT TR RE E 22 LES FORMES D’ORGANISATION DE L’ETAT La forme d’organisation de l’Etat désigne la structure de l’ordre juridique de ce dernier. dans lesquels cet espace est circonscrit géographiquement. l’espace de validité territoriale des normes édictées par l’Etat et la manière dont elles sont posées permet de classer les Etats en deux catégories. et  En Etat unitaire décentralisé. BB La souveraineté internationale Elle traduit le fait que l’Etat est indépendant des souverainetés étrangères. sous une forme pyramidale. à son tour. toutes les ressources (humaines. Par contre. Quelle est alors la technique d’aménagement du pouvoir dans ce type d’Etat. SSEEC CT TIIO ON N 11 L’ETAT UNITAIRE Le premier type d’Etat est celui dans lequel il n’existe qu’un seul centre d’impulsion du pouvoir et où la même autorité nationale établit directement les normes qui s’appliquent sur l’ensemble de son territoire. Elle se manifeste d’abord par son pouvoir d’auto organisation qui lui permet de créer ses propres structures et d’élaborer les règles de fonctionnement de celle-ci. En effet. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 L’Etat unitaire centralisé L’unité dont il s’agit. Il existe un seul gouvernement. Ce type d’Etat est. Elle s’exprime ensuite par son pouvoir normatif qui lui donne compétence pour poser des règles obligatoires pour les sujets de droit qui lui sont soumis. L’Etat unitaire centralisé se présente ainsi. ni soumis à aucune obligation qu’il n’ait librement souscrite. dans ce type d’Etat est à la fois politique et administrative. l’Etat dispose de la faculté de déterminer sa propre compétence et celle des collectivités inférieures. c'est-à-dire qu’il n’est assujetti à aucun Etat . Il existe des Etats dans lesquels l’étendue de l’espace de validité des normes est nationale et d’autres. A A Saisie : C. encore appelé Etat unitaire simple. Les ordres proviennent du sommet (capitale) et descendent jusqu’à la base (villages).

il convient de préciser la signification de la décentralisation avant d’examiner son importance et de relever ses limites. sauf. c’est la responsabilité des collectivités locales qui est engagée du fait du fait de cette activité normative. Mais cette technique présente le défaut d’engendrer une lourdeur bureaucratique et une absence d’initiatives de la part des agents de l’Etat. l’Etat se fait représenter par ses agents et. préfets). Par conséquent.O. Les collectivités locales ont des institutions propres. il a été retenu deux mérites. Par ailleurs. Ainsi. C’est ce phénomène de démultiplication des personnes morales que l’on appelle la décentralisation. ils sont élus par les habitants des collectivités qu’ils administrent. BB L’importance de la décentralisation Cette importance tourne autour des mérites de la décentralisation. à des agents périphériques (gouverneurs. pour la plupart du temps. dans bien des pays. pour cela. le pouvoir d’utiliser spontanément les prérogatives de puissance publique en prenant des décisions et en les faisant exécuter. Ainsi. La décentralisation apparaît ainsi comme une forme d’auto administration et de coadministration. A ce propos. Ces agents et leurs services constituent des relais disposant de pouvoirs suffisamment importants pour assurer la coordination des décisions de l’autorité centrale. Ces agents font partie d’une hiérarchie et sont soumis au contrôle de leur supérieur. par des agents nommés par les autorités centrales. les normes sont prises par les autorités nationales dites aussi centrales.NDIAYE Page 11 sur 22 . notamment à certaines réglementations particulières qui s’analysent le plus souvent en mesures d’application des normes initiales et nationales (centrales). les régions les communes et les communautés rurales sont dotées de prérogatives leur permettant d’édicter les règles qui régissent la vie de leurs communautés. il existe. au nom de l’Etat. Cette prépondérance est marquée par le lien de tutelle qui existe entre les autorités décentralisées et l’autorité centrale. installe des services qui couvrent tout le territoire. L’élément unitaire est donc. C’est cette technique de relais à l’intérieur du pouvoir centralisé qu’on appelle la déconcentration. Par conséquent. personne morale de droit public. leurs compétences sont limitées à l’administration des matières qui leur sont confiées et leurs décisions doivent être conformes aux lois nationales et à la constitution. Dans la pratique. Pour accomplir sa mission de gestion de la solidarité nationale. Saisie : C. à coté de l’Etat. à coté de l’Etat. en matière d’organisation judiciaire. prépondérant. ont été crées d’autres personnes morales de droit public. Malgré tout. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’Etat unitaire décentralisé ou complexe Dans cet Etat. C’est pourquoi. la déconcentration consiste à remettre. A A La signification de la décentralisation Il y a décentralisation de l’Etat lorsque un certain nombre d’activités sont prises en charge par des autorités émanant de groupes secondaires à qui l’on reconnaît la qualité de personne morale. elle revêt une importance qu’il convient d’examiner. contrairement aux circonscriptions administratives et aux autorités déconcentrées. Mais leurs compétences sont limitées à l’administration.BB La technique d’aménagement de l’unité Dans l’Etat unitaire centralisé. il existe des normes qui sont prises par ceux là même qui leur sont soumises ou par des personnes qu’ils ont élus. ces normes sont prises par délégation. en ce sens. sous le contrôle hiérarchique du chef. il subsiste un élément d’autonomie marqué par le fait que les fonctionnaires qui exercent le pouvoir au sein de la collectivité locale ne dépendent pas du pouvoir exécutif suprême. malgré tout.

Par ailleurs. la fédération des unions personnelles et les unions réelles. ce qui n’est pas le cas dans les Etats composés. Cette question concerne donc plus la souveraineté interne que la souveraineté internationale. dans l’Etat unitaire. aussi bien simple que complexe. Quant à l’insuffisance de la participation des populations. En effet. Ensuite..D’abord. au moyen duquel il exerce une surveillance sur la collectivité locale. un élément de souplesse dans le fonctionnement de l’Etat. Au sujet de la permanence de la présence de l’Etat. la décentralisation habitue les populations à être plus actives. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 La confédération d’Etats A ce niveau. car n’ayant pas subi la formation nécessaire à ce propos. les élus locaux eux même non seulement ne maîtrisent pas l’étendus des compétences qui leur sont transférées. en raison de la rapidité et de l’adaptation des décisions. dans la décentralisation. A côté de ces deux mérites. la population d’un Etat n’étant pas homogène sur le territoire. on note u pouvoir de tutelle de ce dernier. Mais. des liens plus ou moins rigides. selon la rigidité des liens que ces institutions créent entre les différentes composantes de l’Etat. A ce propos. mais en plus ils sont souvent insuffisamment outillés pour gérer les affaires des collectivités locales. SSEEC CT TIIO ON N 22 L’ETAT COMPOSE Sous cette appellation. c'est-à-dire à participer et non à subir. c'est-à-dire la gestion des affaires qui concernent les hommes par les intéressés eux-mêmes. Il serait alors possible. En conclusion. Saisie : C. c’est de permettre à des collectivités distinctes de l’Etat d’exercer leurs activités dans une relative indépendance. la décentralisation se présente comme un facteur de développement. il peut arriver qu’un groupe minoritaire sur le plan national soit majoritaire dans certaines régions. mais à celles qu’il a lui-même édictés. entre elles.NDIAYE Page 12 sur 22 . C C Les limites de la décentralisation L’objectif de la décentralisation. c'est-à-dire assurer le bien être individuel et collectif des populations. à travers la gestion des affaires locales par les intéressés eux-mêmes. on a pu constater deux réalités qui remettent en cause la consistance de la décentralisation. c'est-à-dire sur leur effectivité. C’est par rapport à ces critères d’un bon transfert de compétences de l’Etat aux collectivités locales qu’il convient de s’interroger. la question est de savoir quel est l’aménagement du pouvoir le meilleur pour permettre à l’Etat de jouer pleinement son rôle. il s’agit d’abord de préciser le sens de la confédération ainsi que ses caractères. par le biais de la décentralisation. Il s’agit d’un contrôle exercé sur les activités des collectivités locales. leurs ressources provenant en général de l’Etat. Les collectivités décentralisées se présentent comme des assistées éternelles. Ces centres s’analysent en institutions étatiques entretenant. le droit désigne un Etat dans lequel coexistent plusieurs centres d’impulsion du pouvoir. la décentralisation apparaît comme la meilleure école de la démocratie. C’est d’abord la permanence de la présence de l’Etat.O. c’est ensuite l’insuffisance de la participation des populations. Il est aménagé par les textes selon la formule « pas de tutelle sans texte. on distinguera la confédération. il est possible de voir. que ce groupe ne soit plus soumis à des normes que lui impose la majorité. c’est surtout au niveau des moyens financiers que pêche la décentralisation. En effet. avant d’examiner les différents exemples de confédérations. elle trouve son explication dans l’absence d’une claire conscience de leur rôle vis-à-vis de leur propre institution. pas de tutelle au-delà des textes ». avec des moyens propres à la collectivité. En effet.

un élément de la définition de l’Etat fédéral. Son étude soulève trois questions à savoir sa définition. Saisie : C. leur souveraineté.NDIAYE Page 13 sur 22 . d’exercer. au sein de laquelle ceux-ci acceptent de coopérer dans un certain nombre de domaines. c'est-à-dire que ces décisions doivent être reçues par la législation interne d’un Etat confédéré pour y être applicables. La confédération est caractérisée par deux traits principaux.A A Notion et caractères de la confédération La confédération se conçoit comme une association égalitaire entre Etats. Pour le cas particulier de la confédération Sénégambienne (de 1982 à 1990). les entités étatiques fédérées s’accordent à reconnaître. Selon ce principe. Le caractère d’alliance confortée résulte du fait que les liens entre Etats confédérés sont matérialisés par l’existence d’un certain nombre d’institutions parmi lesquelles on note souvent un parlement. tout en conservant. En effet. C’est d’abord une alliance confortée. Ainsi. Ce type de confédération moderne se démarque de plus en plus du schéma classique en la matière. « l’Etat fédéral est une union d’Etats au sens du droit interne. on distingue deux exemples : classiques et modernes. dans une constitution (la constitution fédérale) l’existence et la supériorité d’une entité spécifique se superposant à elles et dotée d’attributs politiques intrinsèques. Cette physionomie fait dire à certains auteurs que l’Etat fédéral fonctionne selon le principe de la superposition. ce qui n’est pas le cas pour l’Etat fédéral.O. c’est ensuite un moyen. Parmi les exemples modernes. un conseil des ministres ou une cour arbitrale. BB Les exemples de confédérations d’Etats En pratique. mais il n’en a pas moins institué une confédération. par définition. La confédération est également un moyen d’exercice de la volonté propre de chacun des Etats membres . Il s’agit d’organes qui traitent des affaires intéressant la confédération dans des assises périodiques réglementées par le pacte ou le traité confédéral. Au titre des exemples classiques. On distingue l’Etat fédéral des Etats fédérés. une confédération est une union égalitaire d’Etats. à titre principal. il s’agit d’un moyen original d’harmonisation et de concertation des points de vue des Etats confédérés. on cite principalement les Communautés Européennes qui sont nées d’une solidarité d’intérêts et qui visent à réaliser une intégration économique puis politique. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’Etat fédéral Contrairement à la confédération d’Etats. l’Etat fédéral constitue un Etat au sens juridique du terme. on cite la confédération des Etats-Unis d’Amérique de 1778 à 1787 et la confédération Helvétique du XXIIIe au XIXe siècle. mais moins achevés que ceux de la fédération. Le principe de superposition est. A A Définition de l’Etat fédéral Selon André HAURIOU. Le premier est constitué des Etats fédérés et le second de l’Etat fédéral qui se présente alors comme un super Etat. au sein de laquelle une nouvelle collectivité étatique se superpose à ces derniers ». le pacte constitutif n’a pas doté cette entité d’organes suffisamment intégrés pour évoluer vers la fédération. Donc l’Etat fédéral se présente sous la forme d’une construction à deux étages. pour les Etats membres. en ce sens. Ainsi. les décisions prises par les institutions confédérales le sont à l’unanimité et ad référendum. l’Etat Sénégalais occupait une position dominante (le Chef de l’Etat Sénégalais était le Président de la confédération et le parlement confédéral était composé pour 2/3 de députés Sénégalais) alors que. par conséquent. les communautés Européennes ont évolué selon des schémas plus poussés que la confédération. son fonctionnement et son organisation. leur volonté propre. en commun. dans cette confédération.

du fait de la répartition des compétences sur les plans matériel et territorial. PPA AR RT TIIE E IIII. un organe juridictionnel. au vote des lois. C C Le règlement des conflits Dans tous les systèmes fédéraux. en particulier lorsqu’il s’agit de traités internationaux. Le système fédéral garantit l’autonomie des Etats fédérés et leur participation à l’exercice du pouvoir fédéral. Quant aux mécanismes de règlement des conflits. les Etats sont représentés de façon égalitaire. il permet à chaque Etat fédéré de revendiquer des institutions politiques propres et des politiques publiques propres. le règlement s’opère par le biais d’un arbitrage entre les différents Etats fédérés.. dans la plupart des Etats. On parle alors de bicaméralisme ou de bicamérisme. Il en résulte donc l’organisation d’un système de règlement de conflits. pour cette raison. les Etats fédérés participent à l’élection du chef de l’exécutif fédéral. Les seconds sont soit liés à l’existence de compétences matérielles. Ainsi. Quelle est la nature de l’organe chargé de la régulation et quels sont les mécanismes de règlement des conflits ? les réponses sont variables en fonction des Etats fédérés. ils appellent une distinction entre les conflits opposant l’Etat fédéral et les Etats fédérés et les conflits qui naissent entre Etats fédérés. Ils participent également à la nomination des agents fédéraux et à la révision constitutionnelle.O. Quant au principe d’autonomie encore appelé principe de contestation. soit au respect des limites territoriales. Du point de vue des manifestations de la participation.NDIAYE Page 14 sur 22 . Le premier principe signifie que les Etats fédérés collaborent à la formation des décisions qui engagent l’Etat fédéral. Cette seconde chambre est souvent un instrument de participation des Etats fédérés en matière de relations internationales. La seconde chambre représente les populations. la pratique a révélé. législatif et juridictionnel. L’AMENAGEMENT DU POUVOIR DANS L’ETAT : LES THEORIES DE LA SOUVERAINETE ET LE PRINCIPE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS T TIIT TR RE E 0011 LE FONDEMENT DU POUVOIR DANS L’ETAT OU LE PROBLEME DE LA SOUVERAINETE Saisie : C. Cette collaboration nécessite des organes de participation. Il peut s’agir d’une juridiction fédérale comme le tribunal constitutionnel fédéral de l’ex RFA ou de la juridiction la plus élevée de l’organisation judiciaire comme la Cour Suprême des USA.BB Fonctionnement de l’Etat fédéral L’Etat fédéral fonctionne selon deux principes : le principe de participation et le principe d’autonomie. Ce système caractérise la structure même de l’Etat fédéral. L’une des chambres du parlement est censée représenter les Etats fédérés en tant qu’Etats. Mais. A propos de la nature et du statut de l’organe de régulation. compte non tenu des Etats dont ils sont originaires. les conflits d’attribution sont une donnée permanente de la vie fédérative. il est porteur de conflits : conflit de compétences entre les Etats fédérés dans leurs relations réciproques et conflits d’attribution entre les Etats fédérés et l’Etat fédéral. Le fédéralisme implique des collectivités publiques individualisées et distinctes ayant chacune leurs systèmes administratif. note t on que l’Etat fédéral repose nécessairement sur l’existence de plusieurs chambres législatives (en général deux). Ce dernier tient. pour la plupart du temps. Dans cette chambre. de la constitution fédérale. Dans les deux cas de figure. il est institué un organe chargé de trancher les différents litiges. En effet. Les premiers trouvent leur source dans la répartition des compétences et leur mode de règlement se trouve ainsi dans la constitution fédérale.

Elle est ainsi personnifiée et certains auteurs parlent de la nation . Aucune section du peuple. il y a deux réponses. Pour certains. mais le pouvoir religieux. deux courants se sont opposés : celui de la souveraineté nationale et celui de la souveraineté populaire. Autrement dit. on s’est demandé à qui appartenait le pouvoir suprême dans l’Etat. que la nation est une personne morale distincte des individus qui la composent. SSEEC CT TIIO ON N 22 CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE LA SOUVERAINETE NATIONALE Cette théorie a engendré trois conséquences principales. Cette théorie qui est adoptée par la plupart des pays dans le monde comporte une série de conséquences. A propos de la théorie théocratique de la souveraineté. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 L’indivisibilité et l’inaliénabilité de la souveraineté Dans la mesure où la volonté nationale est unique. Saisie : C. l’installation d’un gouvernement représentatif et l’électorat fonction. inaliénable et imprescriptible.O. quel est le titulaire de la souveraineté ? A cette question. en réalité. par là. la souveraineté vient de Dieu. à savoir l’indivisibilité et l’inaliénabilité de la souveraineté.personne. Cette théorie est une construction intellectuelle formulée par le Français Emmanuel SIESE dans son ouvrage « qu’est ce que le tiers Etat » ? elle a été reprise et consacrée pendant toute la première période de la révolution Française et on la retrouve dans plusieurs textes tels que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dont l’article 03 stipule « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. indivisible. sur le territoire de l’Etat. qui. on parle de théorie du droit divin surnaturel à laquelle on adjoint celle du droit divin providentiel. ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ». ne réside dans aucune créature. Pour d’autres. Nul corps. elle peut toujours être récupérée par la nation qui en est le titulaire véritable. non le pouvoir politique. mais est le propre du créateur lui-même. Pendant longtemps. Il en est de même de la constitution Française du 03 septembre 1791 dont l’article 1er stipule « la souveraineté est une. Celle-ci est une représentation des individus vivant à une période donnée. C CH HA APPIIT TR RE E 11 LA THEORIE DE LA SOUVERAINETE NATIONALE Quel est le fondement de cette théorie et quelles en sont les conséquences ? SSEEC CT TIIO ON N 11 LE FONDEMENT DE LA THEORIE Quand on dit que la souveraineté appartient à la nation. au sens du droit constitutionnel. la souveraineté qui la traduit ne saurait se morceler en divers éléments risquant alors d’être contradictoires. Mais toutes ces deux composantes ont pour fondement.NDIAYE Page 15 sur 22 . Cela veut dire que si la souveraineté pouvait être modifiée ou changer de titulaire de façon momentanée. Il y donc des théories théocratiques et des théories démocratiques de la souveraineté. La souveraineté dont il s’agit est celle au nom de laquelle un groupe d’hommes en commande un autre sur la base des règles préétablies et pour la satisfaction des intérêts individuels et collectifs des populations.La souveraineté est la source du pouvoir dans l’Etat. Ce second courant prône la théorie de la souveraineté démocratique née à partir de XVIIIe siècle pour rendre l’autorité et la puissance au destinataire même du pouvoir. nul individu na peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ». on entend. A ce propos. Dans la mesure également où la volonté nationale est incessible. cette souveraineté vient du peuple. la souveraineté qui en découle ne saurait être aliénée.

cette théorie postule que le pouvoir de commander réside en chaque membre de la communauté. Son mandat. c'est-à-dire réservé à ceux qui ont les moyens financiers pour prendre part au vote.000 citoyens . C’est pourquoi le représentant n’est pas le mandataire du peuple. Autrement dit. Celles ci ne peuvent en aucune manière participer à l’exercice du pouvoir.PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 La souveraineté nationale appelle le système de gouvernement représentatif Dans un Etat donné il n’est pas possible que tout le monde puisse exercer en même temps le pouvoir. Elle est une et indivisible. si bien que si un seul citoyen est exclu de ce corps. illégitime. voter. Selon ROUSSEAU. pour sa part. le suffrage n’est pas universel. bien qu’élu dans une circonscription électorale est considéré comme représentant la nation dans son ensemble. Ce faisant.000e partie de l’autorité souveraine » par conséquent. On en a systématisé six. le représentant ne reçoit d’ordre ni des électeurs. ce n’est pas un mandat individualisé octroyé par chaque circonscription électorale à chaque député. ni de son parti politique (c’est ce qu’on appelle l’indiscipline du vote) et n’est pas obligé de tenir compte de leurs préoccupations.  C’est un mandat irrévocable dans la mesure où l’électeur n’a aucun pouvoir pour remettre en cause le mandat. l’électorat n’est pas un droit. dit on n’est pas impératif. la volonté générale est la source des différentes volontés des particuliers. sans que puisse être apportée la preuve que la volonté du peuple réel est différente. Il ajoute « supposons que l’Etat soit composé de 10. de capacité ou d’aptitudes reconnues.  C’est un mandat général dans la mesure où le représentant. imprescriptible et inaliénable ». C’est un mandat libre. Cette théorie a été consacrée par la constitution Française du 24 juin 1793 dont l’article 25 est ainsi rédigé « la souveraineté réside dans le peuple. il est représentatif. C’est pourquoi. C CH HA APPIIT TR RE E 22 LA THEORIE DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE SSEEC CT TIIO ON N 11 LE FONDEMENT DE LA THEORIE Cette théorie a été formulée par Jean Jacques ROUSSEAU dans son ouvrage intitulé DU CONTRAT SOCIAL. mais une fonction. Il peut également être capacitaire. Le gouvernement représentatif est donc celui dans lequel tout le pouvoir est exercé par les représentants élus des populations. Autrement dit. Il peut être censitaire. SSEEC CT TIIO ON N 22 LES CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE Les principales conséquences attachées à cette théorie sont nombreuses. c'est-à-dire réservé à des couches sociales reconnues aptes à l’exercer. Pour ROUSSEAU. c’est accomplir une fonction et cette dernière est réservée aux citoyens justifiant des qualités de dignité. chaque membre de l’Etat a. la souveraineté sera alors remise en cause et cesse d’être totale et populaire. C’est en ce sens que certains auteurs estiment que le gouvernement représentatif est un système dans lequel la volonté d’un organe est réputée être la volonté de la nation. le souverain n’est formé que des particuliers qui composent la population. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 L’absolutisme démocratique Saisie : C. il est restreint.NDIAYE Page 16 sur 22 . la 1/10. la souveraineté ne peut être exercée que par des représentants. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 L’électorat fonction Selon les théoriciens de la souveraineté nationale. par ce fait. C’est plutôt un mandat dont l’exercice est assuré au niveau collectif. Ce mandat doit présenter les caractères suivants :  Il est donné par la nation à l’ensemble du corps de représentants. La volonté globale cesserait ainsi d’être générale et devenant.O.

la plupart des Etats ont institué des systèmes dans lesquels le peuple est amené tout à la fois. à titre individuel. Il est.O. le système représentatif est exclu de la théorie de la souveraineté populaire. par conséquent. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 L’électorat droit Contrairement à la théorie de la souveraineté nationale. il procède de la quasi unanimité et reflète donc la volonté populaire. Elle reste profondément opposée à tout pouvoir héréditaire. le délégué doit rendre des comptes à ses électeurs qui peuvent le révoquer à tout moment. Elle est donc incompatible avec l’exercice du pouvoir par une personne ou par une fraction du peuple. c’est alors que alors la preuve que la démocratie est en définitive une démocratie directe. si ses délégués ne sont que des commissaires. le recours au suffrage universel devient inévitable. C’est pourquoi. qu’à tout moment. un véritable commissaire chargé d’exécuter le programme pour lequel il a été élu et pour cette raison. la loi est établie directement par le peuple. C’est pourquoi. Il en est de même du référendum. à déléguer la délibération des lois et à conserver plus ou moins directement la faculté de les ratifier. dans certains cantons et aux USA dans certains Etats fédérés. dans le but d’empêcher ou de paralyser l’application d’une décision signent des pétitions et demandent aux autorités soit de surseoir à l’application de la décision. Toutes les décisions sont prises par le peuple en assemblée. la manifestation de la volonté générale est une exception. technique par laquelle le peuple est consulté par les gouvernants sur l’opportunité d’une décision prise par eux ou dans le cadre d’une décision prise directement par le peuple lui-même. Saisie : C. Il peut intervenir par différents procédés. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 La participation directe aux prises de décision Le peuple participe directement aux assemblées à l’occasion desquelles les décisions sont prises et il suffit qu’un seul citoyen soit absent pour que les délibérations soient illégitimes. C’est dire que tous les citoyens doivent être consultés. Ainsi. Il en est ainsi de l’initiative populaire. la volonté du peuple soit respectée. Selon ROUSSEAU. Il en est ainsi enfin du veto populaire. les électeurs. C’est le système dit de la démocratie semi directe qui combine le principe du gouvernement représentatif avec des procédés spécifiques de la démocratie directe. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 55 Le mandat impératif Puisque le peuple détient seul et exerce directement le pouvoir. mécanisme par lequel des citoyens. le mandat impératif veut que son titulaire soit investi d’une fonction propre que lui confient. En effet. Ces techniques se retrouvent dans le fonctionnement de l’Etat Suisse notamment.NDIAYE Page 17 sur 22 . procédé par lequel des citoyens peuvent exercer un droit de proposition ou de direction au niveau des autorités de l’Etat.Cela signifie que l’exercice du pouvoir n’est pas limité dans la mesure où le pouvoir issu en principe du peuple ne saurait être oppressif. Autrement dit. Le peuple titulaire de la souveraineté exerce des attributs essentiels. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 66 La démocratie directe ou semi directe Si le peuple détient et exerce seul le pouvoir. la souveraineté populaire veut. celle de la souveraineté populaire fait de l’électorat un droit que « rien ne peut ôter aux citoyens » (ROUSSEAU). PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 44 La souveraineté populaire postule la république En effet. tout mandat qu’il délivre demeure forcément impératif. de nos jours. Cette théorie pêche cependant par excès d’utopie. Contrairement au mandat représentatif. soit d’organiser un référendum.

O. La tâche délibérative correspond à la mise en œuvre de la fonction de représentativité qui confère aux organes délibérants d’exprimer. de nos jours. dans la pratique.NDIAYE Page 18 sur 22 . Saisie : C. A sa suite.T TIIT TR RE E 0022 LE PRINCIPE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS Même si on peut en faire remonter l’origine à ARISTOTE. c'est-à-dire appliquer la loi. c’est MONTEQUIEU qui devait le reprendre. la volonté de la population.LOCKE ont procédé à l’analyse desdites tâches et ont systématisé un certain nombre de fonctions . Sous ce rapport. de la loi est une troisième tâche qui incombe à l’Etat. Donc. exécuter la loi. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 La tâche délibérative Elle consiste à exprimer la volonté de la population notamment de la majorité d’entre elle. Mais. L’article 116 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 le proclame en ces termes « toute société dans laquelle… la séparation des pouvoirs n’est pas déterminée n’a pas de constitution… » Que signifie le principe ? Quelle en est la portée ? C CH HA APPIIT TR RE E 11 LA SIGNIFICATION DU PRINCIPE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS Dans un Etat donné. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 La sanction de la violation des lois Il ne sert à rien de poser des règles exprimant la volonté générale si la violation de ces dernières n’était pas sanctionnée. Aucun de ces organes ne peut s’attribuer les compétences de l’autre. dans l’antiquité. cette fonction prend le sens de commandement et n’est plus subordonnée à la fonction délibérative. SSEEC CT TIIO ON N 11 L’IDENTIFICATION DES TACHES INCOMBANT A L’ETAT ARISTOTE et J. le principe de la séparation des pouvoirs trouve ses racines au XVIIIe siècle. Encore faudrait il la traduire en actes concrets. expression de la volonté générale. dans l’œuvre de John LOCKE « essai sur le gouvernement civil ». PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’exécution des lois Exprimer la volonté générale ne suffit pas à satisfaire l’intérêt des populations. Ce pouvoir est confié au parlement. C’est cette expression de la volonté générale que l’on qualifie de loi. par l’autre. délibérer. le développer et le systématiser. trancher les litiges à l’occasion desquels chacune des parties invoque la violation. le principe est repris et consacré par la quasi-totalité des Etats contemporains. il y a séparation des pouvoirs dès lors que des tâches sont assignées à l’Etat et des organes sont désignés pour assurer chacun l’une des dites tâches. SSEEC CT TIIO ON N 22 L’INDEPENDANCE ORGANIQUE A chacune des tâches précédemment identifiées. mener les relations avec l’étranger (Locke). en termes généraux. pour la plupart des Etats. faire la loi. exécuter la loi constituerait une fonction subordonnée à la fonction délibérative. Il en a fait un principe global d’organisation du pouvoir étatique. commander et juger (Aristote) . Ce sont ces tâches qui sont reconnues. celles qui organisent la vie dans la société. c'est-à-dire la loi au sens matériel. Mais. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 L’organe ou pouvoir législatif Le pouvoir législatif est celui qui pose les règles de portée générale. il est affecté un organe chargé de sa mise en œuvre.

Toutes ces considérations permettent d’affirmer que le pouvoir exécutif contemporain est sorti de son rôle subordonné de préposé à l’exécution des lois pour devenir. le gouvernement désigne l’autre tête du pouvoir exécutif. il peut arriver que le parlement prenne des mesures individuelles. Ainsi. c'est-à-dire l’exécutif bicéphale. partant. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’organe ou pouvoir exécutif Le gouvernement ou pouvoir exécutif est chargé de l’exécution des lois. alors que dans d’autres. il n’en a pas le monopole. du droit d’élaborer librement des règles de portée générale. organe de l’exécutif est lui même amené à prendre des décisions de portée générale dans l’exercice de son pouvoir règlementaire.NDIAYE Page 19 sur 22 Commentaire [CHK3] : Comp étence transférée par la loi 96/07 . chacune en ce qui le concerne. le gouvernement dispose concurremment avec le parlement. lui-même. Ses attributs sont étendus à la maîtrise des forces armées. il classe des sites sous un régime juridique particulier. Cette expression mérite cependant d’être précisée car. son application concrète ne s’est pas faite de façon linéaire et uniforme. et. Le juge dit le droit. En ce sens. le parlement ne pose pas que des règles générales et en plus. au sens strict du terme. le principe a été assoupli. Le peuple. le pouvoir dominant. SSEEC CT TIIO ON N 11 LA SEPARATION SOUPLE DU POUVOIR OU LE REGIME PARLEMENTAIRE Malgré l’existence d’organes particuliers.O. de l’ordre public. alors que la seconde désigne l’organe exécutif du régime présidentiel. Autrement dit. Donc. désigne l’organe exécutif du régime parlementaire. La police est sous sa responsabilité. conformément au bloc de légalité dans les cas concrets qui lui sont soumis. En effet. Il en a ainsi été. arrêtés. en général. autrement dit. dans certains Etats. C CH HA APPIIT TR RE E 22 LA PORTEE DU PRINCIPE DE SEPARATION DES POUVOIRS Le principe de la séparation des pouvoirs a eu des fortunes diverses dans les différents Etats. D’autre part. en France. il délivre des permis de construire ou des licences d’importation ou encore. le gouvernement. Il est ainsi plus exact de dire pouvoir gouvernemental que pouvoir exécutif. en fait. Tout d’abord. de l’exécution d’une tâche spécifique. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 L’organe ou pouvoir juridictionnel Cet organe veille à ce que l’application des lois soit régulière. le concours de tous ces organes à la satisfaction de l’intérêt général a rendu nécessaire l’assouplissement du principe de la séparation des Saisie : C. le pouvoir exécutif peut revêtir deux formes : bicéphale et monocéphale. Cependant. c'est-à-dire qu’il prononce la sentence adéquate. In en résulte une certaine suprématie théorique du parlement sur les autres pouvoirs. circulaires). c'est-à-dire les règlements (décrets.Le législateur est. Dans la constitution du Sénégal. il est possible de définir la loi comme une décision prise par le parlement suivant une procédure prévue par la constitution. il assure lui aussi l’exécution des lois et certains auteurs en ont déduit son absence de spécificité par rapport à l’exécutif. L’organe exécutif a autorité sur l’administration par l’intermédiaire de qui il prend des mesures individuelles. il nomme des fonctionnaires. directement élu par la population et il en tire une légitimité dont les autres pouvoirs ne sont pas toujours pourvus. avec la loi réintégrant dans l’armée le capitaine DREYFUS ou de la loi sur la dispense du droit de succession des héritiers de DE GAULLE. peut adopter une loi par référendum. (articles 67 et 76). chargés. Il élabore les mesures d’application des lois. l’on a appliqué le principe dans toute sa rigueur. La première forme. L’exécutif dispose du pouvoir réglementaire.

 Par ailleurs. fixer la date du scrutin pour l’élection des députés. dans la procédure législative. Celui-ci s’analyse en l’aménagement et la reconnaissance d’une collaboration fonctionnelle et de moyens d’action réciproques des organes.pouvoirs. Saisie : C.NDIAYE Page 20 sur 22 Commentaire [CHK6] : Articl e 16 de la Constitution. elle s’est révélée en être une. A A La question de confiance est une prérogative reconnue au Premier Ministre consistant à demander aux députés de lui accorder leur confiance sur un programme ou une déclaration de politique générale. à peine de nullité.  Par ailleurs. C’est une pression faite sur les parlementaires qui s’analyse en une atteinte à leur liberté d’appréciation. Ce droit est reconnu au Chef de l’Etat par l’article 87 de la constitution. En théorie. De son côté. pour engager la responsabilité politique de ce dernier. le Chef de l’Etat ne peut dissoudre l’Assemblée Nationale durant les deux premières années de législature . contre le parlement. mais dans la pratique. c'est-à-dire. la question de confiance et le vote bloqué Le droit de dissolution est une prérogative reconnue au Président de la République pour dissoudre l’Assemblée Nationale.  De même. le pouvoir exécutif peut intervenir au niveau de l’inscription. Le droit de dissolution. Commentaire [CHK4] : Articl e 80 de la COnstitution Commentaire [CHK5] : Articl e 84 de la Constitution PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’existence de moyens d’action réciproques A ce propos. le décret de dissolution doit. .O. notamment une arme qui permet au Premier Ministre de « discipliner » sa majorité parlementaire. l’exécutif intervient aux côtés du pouvoir législatif :  Il en est ainsi en matière d’initiative des lois qui appartient concurremment au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif . au préalable. il est possible de distinguer les moyens du pouvoir exécutif et ceux du pouvoir législatif. notamment en autorisant ce dernier à exécuter son budget et à contrôler ce dernier dans l’exercice de sa mission par le biais notamment des questions écrites ou encore des lois de finances rectificatives. la question de confiance ne constitue pas une arme. qu’il recueille l’avis du Premier Ministre et celui du Président de l’Assemblée Nationale . le vote de la motion ne peut intervenir que 10 jours francs après son dépôt sur le bureau de l’assemblée nationale . La vote bloqué est une autre arme entre les mains du Premier Ministre. il faut. le pouvoir judiciaire intervient dans le domaine d’attribution du pouvoir exécutif.  Ensuite. dans le cas du Sénégal) . Pour être recevable :  Elle doit être revêtue de la signature d’un certain nombre de parlementaires (10% des députés. sans en discuter les dispositions article par article. à l’ordre du jour de l’assemblée nationale d’un projet ou d’une proposition de loi . mais avec la participation des autres organes. BB La motion de censure Elle est l’arme que détient le pouvoir législatif pour remettre en cause l’existence du pouvoir exécutif. qui consiste en ce que le premier demande au second de voter une loi de façon globale. Il l’exerce sous certaines conditions :  D’abord. Ainsi. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 La collaboration fonctionnelle des organes Chacun des organes désignés plus haut exerce ses compétences d’attribution.

entretiennent des relations que l’on qualifie de collaboration. De même. Par ailleurs. dans un régime parlementaire. des moyens d’action qui lui sont octroyés par la constitution. le régime parlementaire s’illustre aussi par l’aménagement des moyens d’action au profit de chacun des organes consistant à remettre en cause l’existence de l’autre. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 33 Les conséquences de la séparation des pouvoirs : le régime parlementaire Le régime parlementaire est celui dans lequel. Ainsi. comme dans le régime parlementaire. mais une administration au service du Chef de l’Exécutif. avec un Chef d’Etat détenant seul l’ensemble des pouvoirs de l’organe exécutif. en ce sens. qui conditionne la validité de la motion de censure à la signature préalable d’un dixième des députés et son adoption à une majorité qualifiée. A côté de cette coexistence. cette dernière rationalise l’usage desdits moyens. Il n’existe pas alors. la motion de censure est considérée comme une arme redoutable du parlement à l’encontre du pouvoir exécutif. Mais les caractéristiques les plus importantes de ce régime se trouvent dans l’indépendance organique des institutions politiques et dans l’absence de moyens d’action réciproques. Une fois la motion de censure votée. lorsque le gouvernement n’est responsable que devant le parlement. elle se fait au scrutin public et à la majorité absolue des membres de l’assemblée nationale. en temps de paix. elle-même. L’adoption de la motion de censure emporte. avec une responsabilité collégiale. où l’utilisation du droit de dissolution et celui de la motion de censure est suspendu à l’observation de certaines conditions. bien que séparés fonctionnellement. SSEEC CT TIIO ON N 22 LA SEPARATION RIGIDE DES POUVOIRS OU LE REGIME PRESIDENTIEL L’une des caractéristiques du régime Présidentiel se trouve dans la structure de son exécutif. à la fois devant le parlement et le Chef de l’Etat. comme dans le régime parlementaire. on parle de régime parlementaire rationalisé. En effet. les pouvoirs. Le régime parlementaire peut se présenter sous plusieurs formes. l’exécutif est monocéphale. pour empêcher ou atténuer les conséquences néfastes de la mise en œuvre. selon le degré de responsabilité politique du gouvernement. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 11 L’indépendance organique Saisie : C. la démission du gouvernement. par exemple. Ainsi. le droit de dissolution ne peut être prononcé qu’à la condition de respecter un certain nombre de préalables prévus par l’article 87 de la constitution. pour conséquence. il n’est plus possible d’en voter une nouvelle au cours de la même législature. Ses membres sont souvent appelés Secrétaires d’Etat et non ministres. on parle de régime parlementaire dualiste. contrairement au régime parlementaire où l’exécutif est bicéphale. de gouvernement. à savoir intervenir après les deux premières années de législature et porter la date du scrutin pour la nouvelle élection des députés. Ainsi. l’article 86 de la Constitution du Sénégal.NDIAYE Page 21 sur 22 . dans le régime présidentiel. Par contre. on est dans un régime parlementaire moniste.O. lorsque le gouvernement est politiquement responsable. par chacun de pouvoirs. Quant à la procédure de vote.

c’est une procédure de mise en jeu de la responsabilité pénale du Chef de l’Etat aux USA. Ainsi.C’est l’une des expressions de la rigidité de la séparation de pouvoirs. PPA AR RA AG GR RA APPH HEE 22 L’absence de moyens d’action réciproques Dans le régime présidentiel. même si le Chef de l’Etat n’a pas les pouvoirs de demander au parlement de voter une loi (initiative des lois). existe-t-il la possibilité d’aboutir au même résultat. En effet. la mise en en jeu de la responsabilité publique de l’exécutif n’existe pas. la seule menace de faire usage de l’impeachment provoque la démission du Chef de l’Etat et on finit par obtenir ainsi le même résultat que celui de la motion de censure Saisie : C. il n’existe ni de droit de dissolution au profit du Chef de l’Etat. cette rigidité est atténuée. il dispose de certains moyens lui permettant d’orienter le travail parlementaire. Elle implique que chaque organe exerce seul les pouvoirs qui lui sont attribués par la constitution.NDIAYE Page 22 sur 22 . ni de motion de censure au profit du parlement. sans l’intervention de l’autre organe. Mais. Tout au plus. Par conséquent. permettant de condamner ce dernier lorsqu’il commet des infractions jugées indignes d’un Chef d’Etat. Mais. dans la pratique.O. en régime présidentiel. par le biais de la responsabilité pénale appelée impeachment.