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[MUSIQUE] [MUSIQUE] Un

cheval est un bon cheval, dit Aristote,
non seulement lorsqu'il a tout ce
qu'il faut pour faire un bon cheval,
mais lorsqu'il sert bien son cavalier pour
la course ou pour faire face à l'ennemi.
À travers cette citation,
Aristote nous indique qu'un bon cheval ne
l'est pas simplement, par ses capacités,
mais par l'exercice de ses
capacités et que, en réalité,
il ne s'agit pas simplement d'être un bon
cheval, mais d'être un excellent cheval,
apte à développer dans l'action les
différentes choses qu'on attend de lui.
Ce qui est vrai pour le cheval,
l'est aussi du musicien.
Il ne s'agit pas simplement d'avoir tout
ce qu'il faut pour être un bon musicien,
mais il s'agit d'exercer son
talent de musicien, de l'exercer
de manière excellente pour être,
finalement, un virtuose de la musique.
Cette idée, la virtuosité,
nous permet d'introduire un des concepts
les plus essentiels d'Aristote : la vertu.
La vertu c'est la virtuosité
et cette virtuosité peut,
en réalité,
toucher deux facultés de l'âme,
deux éléments de cette psychologie que
nous avons évoqué d'Aristote, d'une part
la virtuosité de la raison pratique
d'autre part la virtuosité
du désir de l'homme, lorsqu'il écoute
précisément cette raison pratique.
Ces deux types de vertus nous
allons les voir successivement.
Le premier type de vertu Aristote
et la tradition aristotélicienne,
après lui, va l'appeler la prudence.
Lorsque nous disons de quelqu'un
communement qu'il est prudent,
cela veut dire qu'il évite
de s'exposer à un danger.
Ça n'est pas du tout ça le sens
que Aristote donne à la prudence.
La prudence c'est plutôt
la circonspection.
C'est plutôt l'attitude de
celui qui hésite comment agir.
Il hésite,
parce qu'il cherche la bonne attitude.
Pour comprendre ce qu'est la prudence,
Aristote commence à nous dire qu'il faut,
tout simplement,
que nous regardions les hommes ou les
femmes de bien, que nous admirons.
Sans doute avant de nous rencontrer, au
cours de notre existence, l'une ou l'autre

et. comme une théorie. leur manière constante de se comporter. fait référence à la prudence. nous permet de comprendre ce qu'est la prudence. lorsqu'elle agit comme professionnel.personne. permet de comprendre ce . c'est une règle adaptable. qui est indiqué par la prudence. dans chaque circonstance. C'est plutôt une règle. en ce sens là. Elle ne fait ni trop. c'est qu'elle sait. dont nous estimons que vraiment cette personne était quelqu'un de bien. que lorsqu'elle agit comme père de famille ou comme mère de famille. qu'elle sait unifier tout ça. Comme le dit un philosophe contemporain. lorsqu'elle agit comme ami. Elle a construit une personnalité morale. pour Aristote. Ce que nous admirons en eux c'est plutôt leur attitude. C'est quelqu'un qui a développé son intelligence pratique de telle manière qu'en toute circonstance il peut avoir une bonne règle pour son action. l'ensemble de son caractère : ses sentiments. cet homme ou cette femme de bien. en réalité tellement son savoir. que sais-je. ce qu'une personne de bien fait. ni trop peu. sa connaissance des gens et des situations. C'est une règle souple. quelle conduite tenir. Cette règle de l'action. lors qu'elle agit comme membre d'un parti politique ou d'une église ou. a uni l'ensemble de ses facultés. Cela pour Aristote va nous dire quelque chose d'essentiel sur l'éthique. Ce qu'on voit aussi ce que cette personne. elle est la même. trouver la bonne manière d'agir. Elle sait précisément quelle attitude tenir. les vertus. Or. la prudence. que nous n'admirons pas. Cela. n'est pas quelque chose comme un principe fixe. Or. l'éthique va reposer sur la raison pratique. que faisait cette personne? Qu' admirions nous dans cette personne? Pas. c'est une règle pratique. permet d'unifier la personne. qui va m'indiquer. Il peut y avoir des gens très savants. Elle trouve une constance dans ce qu'elle est. son intelligence. leur manière de se comporter. dans chaque circonstance. ce qu' Aristote va appeler leur caractère.

D'où cette première définition de la vertu que va donner Aristote. cette vertu que nous indique la prudence. le soldat pourra être lâche et se dérober devant l'ennemi. c'est que pour lui la conduite morale. tandis que la vertu découvre et choisit le juste milieu. ce juste milieu. ce juste milieu entre la témérité et la lâcheté. une mesotes. Cette moyenne. laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l'homme prudent. Et c'est là peut-être un des points le plus importants d'Aristote.qu'est une bonne personne. dépend de chacun. le soldat pourra être téméraire et exposer inutilement sa vie et son armée à l'ennemi. C'est une moyenne relative à la situation et relative à chacun. le juste milieu est ce qui indique la vertu. l'autre par défaut. L'exemple que donne Aristote est celui du courage. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que cette. Voilà ce qu'il dit. Le courage sera le milieu. mais il va la définir comme une moyenne. cette vertu est relative à chacun d'entre nous. ce n'est pas un milieu arithmétique comme six est le milieu entre zéro et dix. l'un par excès. Aristote va définir la prudence dans un deuxième temps. Et cela tient au fait que certains vices sont au-dessous et d'autres au-dessus de ce qu'il faut dans les affections et les actions. pour lui. Du courage du soldat face à l'ennemi. Chacun va déterminer ce qui. en grec. Mais c'est une moyenne. S'il est excessif. . Il le dit à propos de l'alimentation des gymnastes >> Si pour la nourriture de tel individu un poids de 10 mines est beaucoup et un poids de 2 mines est peu. >> La vertu est une disposition à agir d'une façon délibérée. comme une médiété. entre deux vices. l'un des vices l'est par excès. la conduite éthique. S'il est excessif aussi. >> On le voit par cette citation. est le milieu entre deux excès. consistant dans une moyenne (ou médieté) relative à nous. l'autre l'est par défaut. pas simplement en référence à l'homme ou à la femme prudente.

qui va trouver par la prudence son juste milieu. à vrai dire. beaucoup. Les vertus cardinales eh bien c'est comme. un boeuf par jour}. mais ce moyen n'est pas celui de la chose. va me permettre de mesurer.>> il ne s'ensuit pas que le maître de gymnase prescrira un poids de 6 mines. La première de ces vertus cardinales. et pour un débutant dans les exercices du gymnase. de ne pas devenir amer. c'est relativement à chacun >> que se déterminera la vertu. Il hérite. La tempérance et la force. qu'il y a des vertus cardinales. car cette quantité est peut-être aussi beaucoup pour la personne qui l'absorbera ou peu : pour Milon {qui mangeait. d'autre part ce qu'il va appeler la force. c'est la prudence précisément. de trouver une manière de tenir. Il en est de même pour la course et la lutte. ce sera la vertu. ce qu'il va appeler la tempérance. dit-on. parce que je n'ai pas les biens que je rêverais de posséder. qu'en est-il des vertus morales? Les vertus morales correspondent pour Aristote au désir. guidées par la prudence. Mais il y a ensuite deux vertus cardinales qui vont nous intéresser ici. comme pour les points cardinaux. c'est celui qui est relatif à nous. dans le défaut. pour que je ne me perde pas dans mes biens. ce sont les points de repère les plus importants. Il y a pour Aristote certaines vertus morales plus importantes que d'autres. de diminuer peut-être un peu ma jouissance. la force ou le courage ce sera une manière. C'est le moyen qu'il recherche et qu'il choisit. C'est dès lors ainsi que l'homme versé dans une discipline quelconque évite l'excès et le défaut. he bien. dans chaque situation. une manière de ne pas maigrir. ce sera peu. vont être ainsi deux manières pratiques. lorsque je suis dans le manque. D'une part. Maintenant. La tempérance. >> Donc. de cette idée de Platon. qui lorsque je suis dans une situation d'excès parce que j'ai beaucoup de plaisir et beaucoup de biens. À l'opposé. de tenir compte de la situation réelle des gens soit qu'ils soient dans l'abondance. .

soit qu'ils soient dans le défaut. [MUSIQUE] .