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LA RÉFORME DES

RÉGIMES DE RETRAITE
VUE PAR LA CGEM

Commission Emploi et Relations Sociales

Commission Emploi et Relations Sociales

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SOMMAIRE .

SOMMAIRE INTRODUCTION ETAT DES LIEUX Architecture des régimes de retraite au Maroc Historique Conclusions de l’étude de la soutenabilité du système de retraite conduite par le HCP (Août 2012) Scénarios proposés par la Commission Technique chargée de la réforme des régimes de retraite POSITION DE LA CGEM Synthèse Position détaillée Commission Emploi et Relations Sociales 3 .

pragmatique et surtout consensuelle afin de démarrer la réforme globale des régimes de retraites. Commission Emploi et Relations Sociales 4 . s’est réunie d’ailleurs peu de fois depuis sa création. Plusieurs études avaient également été commandées. Mais cette commission n’a toujours pas trouvé une vision claire. qui est chargée d’étudier l’aspect pratique de la réforme. après demande des partenaires économiques et sociaux. les Ministres concernés et les représentants des partenaires économiques et sociaux. créée par la suite. Une autre étude. A l’époque. le dossier est pris très au sérieux et une commission nationale est formée dans la foulée pour étudier les différents scénarii de réforme. C’est une souscommission dite technique.INTRODUCTION Les craintes sur la situation financière des caisses de retraite au Maroc ont été soulevées pour la première fois en 2004 lorsque Driss JETTOU était à la tête de la Primature. La plus connue est celle réalisée par le cabinet ACTUARIA. a été fournie par le BIT. Cette commission qui regroupe notamment le Chef de Gouvernement.

. le régime des pensions militaires. pensions et allocation instituées. et deux pour le secteur public : CMR et RCAR ¡ Caisse Marocaine des Retraites (CMR) La CMR est un établissement public sous la tutelle du Ministère des Finances. avant l’Indépendance. Commission Emploi et Relations Sociales 5 .autres L’architecture des régimes de retraite au Maroc s’articule entre quatre caisses.ETAT DES LIEUX ARCHITECTURE DES RÉGIMES DE RETRAITE AU MAROC Concerne les salariés du secteur privé Concerne les salariés du secteur public et parapublic Caisses internes CIMR CNSS RCAR CMR ONE OCP . Ce programme gère le régime des pensions civiles. pour la plupart. réorganisée par la loi 43-95 promulguée par le Dahir n° 1-96-106 du 7 Août 1996.. les régimes et allocations des Anciens Résistants et Anciens Membres de l’armée de Libération et certaines rentes. La CMR sert les prestations suivantes: 1) Pension de retraite 2) Pension d’invalidité 3) Pension de réversion (conjoint et orphelins) 4) Pension d’ascendants 5) Allocation familiale. deux pour le secteur privé : CNSS et CIMR ..

de l’artisanat et de la pêche. ¡ Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite (CIMR) La CIMR est une association privée formée entre des personnes physiques et morales employant du personnel salarié ayant adhéré au régime. Commission Emploi et Relations Sociales 6 . Ce régime garantit une couverture pour les salariés du secteur de l’industrie. administré par le Dahir du 15 novembre 1958. maternité. créé par le Dahir n°1-59-148 du 31 décembre 1959. invalidité et décès. vieillesse. Ce dispositif est composé d’un régime général obligatoire et un régime complémentaire conventionnel financé par des cotisations salariales et des contributions patronales. du commerce et des professions libérales ainsi que ceux de l’agriculture. La CNSS assure une protection contre les risques de suppression de revenu en cas de maladie. au titre de vieillesse. ¡ Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) La CNSS est un organisme public sous tutelle administrative du Ministre chargé de l’Emploi. invalidité et réversion. La CIMR garanti des pensions de retraite au profit des adhérents et ce.ETAT DES LIEUX ¡ Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR) Le RCAR est une institution de prévoyance sociale relevant du groupe de la CDG. créé par Dahir en 1977.

2006 Validation par la Commission nationale du premier rapport de la Commission technique relatif au diagnostic de la situation des régimes de retraite et les termes de références pour la réforme . 2000 Premier rapport remis à Monsieur le Premier Ministre sur le diagnostic de la situation des régimes de retraite .ETAT DES LIEUX HISTORIQUE 1997 Création du comité de suivi des études actuarielles . 2009/2010 Poursuite des travaux de la Commission technique de réforme des retraites. 2011/2012 Phase de d’élaboration du projet de réforme à soumettre à la Commission Nationale. 2008 Démarrage des études relatives à la réforme dont le suivi a été confié à la Commission technique . et tenue de réunions d’étude des rapports livrés par le cabinet d’étude . 2003 Inscription de la réforme des régimes de retraite dans l’ordre du jour du dialogue social (accord du 30 avril 2003) . 2001 Deuxième rapport remis à Monsieur Le Premier Ministre sur les pistes de réforme . 2004 Constitution par Monsieur le Premier Ministre de la Commission nationale et de la Commission technique chargées de la réforme des régimes de retraite. 2007 Validation du cahier des charges relatif à l’étude de la réforme du secteur de la retraite à confier à un cabinet indépendant . 2003 Tenue d’un Colloque national sur la réforme du secteur de la retraite au Maroc (16 et 17 décembre 2003) . Commission Emploi et Relations Sociales 7 .

¡ Le nombre de retraité se multipliera par « 4 » à l’horizon 2050 . ¡ La dépense totale des retraites devrait représenter 10% du PIB à l’horizon 2050.3% . les dépenses atteindrons 10% du PIB . De plus.9% au moment ou celui des bénéficiaires est de 6. 40% de l’économie nationale. Pis.97%. d’où le faible nombre des cotisants.ETAT DES LIEUX CONCLUSIONS DE L’ÉTUDE DE LA SOUTENABILITÉ DU SYSTÈME DE RETRAITE CONDUITE PAR LE HCP (AOÛT 2012) ¡ Le taux de couverture fournie par les caisses reste très faible. est un facteur a surpassé . ¡ La situation financière des systèmes de retraite sera encore plus affectée dans l’avenir en raison de la transition démographique avancée au Maroc et du changement profond qu’il traduit dans la pyramide des âges (En 2050 : Augmentation de 25% de la population en âge de travailler. alors que celle des séniors (65 ans et plus) croitra de 30%) . Il s’explique par les facteurs structurels du marché de l’emploi. notamment un taux d’emploi de l’ordre de 45% et un taux de sous emploi d’environ 11% .51% du PIB en 2005 alors qu’en 2009 elles ont atteint 2. Commission Emploi et Relations Sociales 8 . en 2050. ¡ Les dépenses des caisses sont égales à 2. ¡ La moyenne annuelle du taux de croissance des cotisants sur la période allant de 2000 à 2009 est de 3. alors qu’elle ne représente que 3% du PIB en 2010. l’informel. ¡ Plusieurs secteurs à grande valeur ajoutée sont caractérisés par une forte saisonnalité.

ETAT DES LIEUX SCÉNARIOS PROPOSÉS PAR LA COMMISSION TECHNIQUE CHARGÉE DE LA RÉFORME DES RÉGIMES DE RETRAITE ¡ Scénario 1 Maintenir la structure et les dispositifs de financement coutumiers tout en introduisant des réformes qui amélioreront la situation des Caisses de retraite. ¡ Scénario 3 La création d’un régime unique avec un système de retraite intégré pour l’ensemble des travailleurs. et assurer une cohérence globale en coordonnant entre la CNSS et la CIMR. Commission Emploi et Relations Sociales 9 . ¡ Scénario 2 (Scénario adopté) Créer deux pôles : un pôle public qui vise l’intégration de la CMR et du RCAR et un pôle privé qui vise l’intégration de la CNSS et de la CIMR.

Pour la CIMR : ¡ Préserver l’Indépendance du régime .POSITION DE LA CGEM SYNTHÈSE Position de la CGEM concernant les 3 scénarios proposés par la commission technique : Pour la CNSS : ¡ Maintenir le régime actuel . ¡ Renforcer l’équilibre technique du régime par des réajustements périodiques en vue de maintenir l’équilibre à long terme et élargir l’assiette des cotisations par le recrutement de nouveaux salariés à travers l’efficience du système de contrôle et d’inspection . ¡ Améliorer la gouvernance du régime. ¡ Maintenir le système du régime par répartition . ¡ Accompagner les réformes paramétriques et recruter de nouvelles entreprises . Commission Emploi et Relations Sociales 10 . ¡ Maîtriser la gouvernance par les employeurs.

¡ Ne pas solliciter les salariés du secteur privé pour financer les déficits des régimes du secteur public. Commission Emploi et Relations Sociales 11 . ¡ Le régime de base obligatoire doit être réformé. ¡ La CIMR et la CNSS développent des synergies profitables aux employeurs et aux salariés . ¡ Sa mise en place doit être progressive . La CGEM est disposée à étudier les modalités de généralisation du régime complémentaire sous les conditions suivantes : ¡ Il doit être construit par extension du régime de la CIMR et géré en répartition .POSITION DE LA CGEM POSITION DÉTAILLÉE ¡ Les positions non négociables sont indiquées en caractères rouges. avec l’indication des positions de repli le cas échéant. Architecture générale du système Le système de retraite du secteur privé préconisé par la CGEM est composé de : ¡ Un régime de base obligatoire géré par la CNSS . ¡ Il doit respecter la gouvernance actuelle de la CIMR. celles qui le sont en caractères bleus. Ce système doit répondre aux exigences suivantes : ¡ Assurer une totale étanchéité entre le système couvrant le secteur privé et celui couvrant le secteur public. ¡ Un régime complémentaire facultatif géré par la CIMR .

Commission Emploi et Relations Sociales 12 . sortie obligatoire en capital sans droit à la pension minimale . le salaire moyen de carrière revalorisé . ou à défaut : ¡ Adopter comme base de calcul de la pension. sortie obligatoire en pension (II) entre 5 et 10 années de cotisation. Le financement de la pension minimum doit être pris en charge en partie par l’Etat. en termes de ressources et d’emplois et définir une durée minimum de cotisation pour y prétendre (5 ans). ¡ Supprimer la période de stage et calculer les droits acquis en fonction du montant des cotisations. ¡ Adopter le système des cotisations définies en points. ou de la durée cotisée si on reste en prestations définies . Toute évolution future du plafond doit respecter ce principe. Les principaux axes de la réforme sont : ¡ Renforcer les moyens mis à la disposition de la CNSS pour pousser les entreprises à se déclarer.POSITION DE LA CGEM Le régime de base Le régime de base géré par la CNSS doit faire l’objet d’une réforme paramétrique visant quatre objectifs : (I) élargir sa base (II) améliorer son fonctionnement (III) améliorer sa gouvernance et (IV) augmenter son efficacité financière. à déclarer la totalité de leurs salariés et l’intégralité de leurs rémunérations . ¡ Assurer une gestion transparente et isolée de la pension minimum. ¡ Le plafond du régime doit couvrir à 100% au plus 70% des salariés. sortie en pension ou en capital (dans ce dernier cas sans droit à la pension minimale) (III) moins de 5 années de cotisation. ¡ Définir les modalités de liquidation des droits : (I) plus de 10 ans de cotisation. s’agissant d’une question de solidarité nationale.

pour améliorer la qualité de la couverture des salariés. La CGEM est disposée à envisager sa généralisation sous les conditions suivantes : ¡ Il doit être construit par extension du régime de la CIMR et géré en répartition . ¡ Instituer un comité d’investissement composé de membres compétents. ¡ Autoriser la CNSS à investir directement sur le marché financier . ¡ Il doit respecter la gouvernance actuelle de la CIMR. Commission Emploi et Relations Sociales 13 . les conditions de pérennité du régime. ¡ Sa mise en place doit être progressive . Cependant. compte tenu de la réforme paramétrique. Le régime complémentaire Dans le schéma de la CGEM. le régime de retraite complémentaire est facultatif. ¡ Déterminer. ¡ Définir les règles de sécurité et d’allocation pour les investissements financiers .POSITION DE LA CGEM ¡ Définir une charte de pilotage du régime qui fixe ses critères de pérennité ainsi que les modalités de sa surveillance et instaurer un comité de pilotage .

pour atteindre 2. pour atteindre 6% à la fin de la période.5% par année pour chacune des parts patronale et salariale. ¡ 2nde phase de 6 années de durée : le régime de la CIMR est généralisé à toutes les entreprises avec une cotisation qui augmente de 1% par année pour chacune des parts patronale et salariale. la réduction de la période de service de la pension et à l’augmentation de la masse des cotisants. C’est un changement majeur qui peut avoir des conséquences multiples et à plusieurs niveaux. et augmente de 0. ¡ Pour les régimes de retraite L’augmentation de l’âge de départ à la retraite aboutit à l’allongement de la durée de contribution. Cette cotisation est calculée uniquement sur la partie du salaire excédant le plafond CNSS . ¡ 3ème phase de 5 années de durée : la cotisation au régime complémentaire est étendue à la partie du salaire inférieure au plafond de la CNSS. Commission Emploi et Relations Sociales 14 .POSITION DE LA CGEM La mise en place du régime complémentaire obligatoire comporte trois phases qui tiennent compte de la mise en œuvre des réformes paramétriques dans le régime de base de la CNSS : ¡ 1ère phase de 5 années de durée : le régime de la CIMR reste facultatif et les réformes paramétriques sont mises en œuvre dans le régime de base de la CNSS .5% à la fin de la période. ¡ Corrélativement. le rendement du régime de la CNSS est réduit pour atteindre le rendement cible de 12%. L’augmentation de l’âge de départ à la retraite Il est question de porter l’âge légal de départ à la retraite à 62 voire à 65 ans.

POSITION DE LA CGEM Pour la CNSS. compte tenu de l’équilibre du régime. pour des raisons de durée de carrière. il aura un effet bénéfique sur le régime aussi bien à court qu’à long terme si l’allongement de la période de contribution au-delà de 30 ans ne donne pas lieu à l’octroi de droits supplémentaires. de santé ou autres. Il pourra par contre bénéficier de la présence jusqu’à 65 ans des collaborateurs expérimentés et à forte valeur ajoutée. cela pourrait contrarier les personnes désireuses de bénéficier de leur retraite dés l’âge de 60 ans. Pour la CIMR. ¡ Pour l’entreprise L’employeur va souffrir principalement du maintien en activité au-delà de 60 ans des personnes à faible productivité. Par contre. Commission Emploi et Relations Sociales 15 . Il conviendra également aux personnes désireuses de prolonger leur période d’activité. ¡ Sur le plan macro-économique L’augmentation de l’âge de départ à la retraite est un levier majeur de pilotage des régimes de retraite et permet de réaliser des économies substantielles pour la résorption de leurs déficits financiers. ¡ Pour le salarié L’allongement de l’âge de départ à la retraite bénéficiera aux salariés n’ayant pas suffisamment cotisé. et leur permettra d’acquérir des droits supplémentaires. ce changement peut être porté au seul bénéfice des retraités en améliorant substantiellement le montant de leurs pensions.

de partir à la retraite avec leurs droits acquis au régime de base sans réduction . ¡ L’employeur peut forcer un salarié âgé de 60 à 65 ans à quitter son emploi sans indemnité s’il a cumulé 30 années de contribution au régime de base. ¡ Définir une « durée minimum de cotisation autorisant la liquidation des droits sans réduction ». ¡ Définir « l’âge minimum de liquidation des droits sans réduction » en cas d’atteinte de la « durée minimum de cotisation autorisant la liquidation des droits sans réduction ». à quitter son emploi sans indemnité. une application uniforme de l’augmentation de l’âge de départ à la retraite cumulerait les inconvénients. à la condition de racheter un nombre d’années de contribution Commission Emploi et Relations Sociales 16 . Le schéma suivant permet de réaliser un certain compromis entre les intérêts en jeux tout en favorisant un équilibre naturel et une progressivité de mise en œuvre : ¡ Porter l’âge de départ la retraite à 65 ans . Dans ce cas il bénéficiera de ses droits sans réduction . Compte tenu de ses effets contradictoires sur les différents acteurs. il aggrave les situations de sous-emploi et détend le marché du travail en cas de rareté de la main d’œuvre. et qui sont âgées d’au moins 60 ans. ¡ Les années cotisées au-delà de la « durée minimum de cotisation autorisant la liquidation des droits sans réduction » ne donnent pas lieu à des droits supplémentaires au régime de base .POSITION DE LA CGEM Du fait de l’allongement de la période d’activité qu’il provoque. Initialement cet âge est fixé à 60 ans . Initialement cette durée sera fixée à 30 ans . ¡ Permettre aux personnes ayant cotisé au régime de base pendant au moins 30 ans. ¡ L’employeur peut forcer un salarié âgé de 60 à 65 ans qui n’a pas cumulé 30 années de contributions au régime de base.

La « durée minimum de cotisation autorisant la liquidation des droits sans réduction » et « l’âge minimum de liquidation des droits sans réduction » sont des variables d’ajustement du système. La première permet de piloter l’équilibre du régime et la seconde de réguler le marcher du travail. ¡ Les personnes âgées de plus de 60 ans. ayant cumulé 30 années de cotisation au régime de base peuvent être maintenues en activité en cas d’accord avec leur employeur. Commission Emploi et Relations Sociales 17 .POSITION DE LA CGEM au régime de base égal au nombre d’années nécessaires pour atteindre 30 années de contribution sans dépasser le nombre d’années qui le séparent de 65 ans .

Maroc Tél : +212 522 99 70 00 Fax : +212 522 98 39 71 www. Mohamed Abdou. Quartier Palmiers 20340 .23.cgem. Bd.Casablanca .ma Commission Emploi et Relations Sociales .