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LES ENJEUX DE LA PLANIFICATION ENVIRONNEMENTALE

DU PNAE AU CDSMT EN PASSANT PAR LA LPE : EVOLUTION DE LA


PLANIFICATION ENVIRONNEMENTALE AU SENEGAL

L'exercice de planification environnementale entrepris au Sénégal comme dans la plupart des


pays de l'Afrique sub-saharienne constitue une réponse à la grave crise du développement et
des péjorations climatiques intervenues à partir de la fin des années 1960. Cette crise est
caractérisée à la fois par une dégradation accélérée des ressources naturelles et des
productions de base, une nette détérioration du cadre de vie, une croissance démographique
forte et une détérioration profonde des termes de l'échange.

La prise de conscience du caractère structurel et global de la crise environnementale a conduit


à la tenue d'assises internationales, dont la Conférence de Rio de Janeiro qui a consacré la
reconnaissance par la communauté internationale de l'interdépendance étroite entre
l'environnement et le développement économique.

La plupart des études et réflexions menées jusque-là indiquent que les pays du Sud sont ceux
qui se trouvent confrontés à la crise environnementale la plus aiguë, mais aussi ceux dont le
niveau de développement est le plus étroitement dépendant des ressources naturelles et de
l'environnement. Le Sénégal comme d'autres pays du Sud et, surtout du Sahel est pleinement
concerné par ce problème.

Dans le cadre de la dynamique impulsée par la Conférence des Nations Unies sur
l'Environnement et le Développement (CNUED), le Sénégal s'était engagé dans un processus
de planification environnementale dans une perspective de développement durable qui a
aboutit à l’élaboration d’un Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE).

Le PNAE était conçu de sorte à ce qu’il soit un outil d’affirmation concrète de la politique
environnementale du IX ème Plan de Développement Economique et Social (PODES). En
tant que cadre référentiel de mise en cohérence des différentes politiques sectorielles dans le
domaine de l’environnement, le PNAE a identifié les mécanismes d’articulation des divers
plans et programmes avec l’orientation stratégique N° 10 du IX ème PODES relative à «une
saine gestion des ressources naturelles et de l’environnement pour un développement
durable».

Pour sa mise en œuvre, le PNAE devait être décliné en un Programme National de Gestion de
l’Environnement (PNGE) intégrant l’ensemble des activités à entreprendre dans le cadre de la
mise en œuvre de la politique environnementale. Ces activités devraient être exécutées à
différents niveaux (national, régional et local) dans un cadre de partenariat impliquant tous les
acteurs concernés. Au PNGE devrait être adossé un programme d’appui institutionnel visant à
renforcer les capacités d’intervention de la structure chargée de piloter le processus de mise
en œuvre du PNAE.

A l’application, la mise en œuvre du PNAE a souffert de l’absence de ressources financières


et de la léthargie de la structure qui était chargée de sa coordination, à savoir le CONSERE et
plus particulièrement son Secrétariat permanent. Le financement ayant servi à son
fonctionnement pendant tout le processus d’élaboration du PNAE était assuré par des
bailleurs de fonds, principalement l’USAID. Le caractère assez léger de cette structure (quatre
cadres supérieurs et un personnel d’appui) permettait sa prise en charge par le budget de l’Etat
mais on n’a pas senti cette forte volonté politique qui aurait permis de préserver les importants
acquis engendrés par l’élaboration du PNAE.

Suite à la non mise en œuvre du PNAE, qui constituait un cadre de planification


environnementale global, le Gouvernement a eu à élaborer une Lettre de Politique sectorielle
en 2004 qui se devait de donner la vision environnementale à moyen terme. Cette Lettre a été
déclinée en une vision à court terme à travers le Cadre de Dépenses Sectoriel à Moyen Terme
(CDSMT), depuis la mise en place de l’appui budgétaire sectoriel et l’option stratégique
d’une gestion axée sur les résultats. Cette nouvelle option, prise dans le cadre de la
décentralisation de la gestion des ressources naturelles, a nécessité une articulation entre les
priorités définis au niveau central et les besoins réels des populations à la base. C’est ce qui a
justifié l’élaboration des plans d’actions environnementaux régionaux par les acteurs à la base
et la nécessité d’en tirer un plan d’action environnemental national pour alimenter les priorités
du secteur dans le court et moyen terme.

Entre temps, Le Sénégal s’est également dotée d’une Stratégie Nationale de Développement
Durable (SNDD) ainsi que des stratégies régionales.

ORIENTATIONS ACTUELLES DE LA POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE

Le Cadre de Dépenses Sectoriel à Moyen Terme (CDS-MT) constitue à l’heure actuelle le


cadre d’action de la politique environnementale du Sénégal. Il vise une meilleure traçabilité
des dépenses publiques par la mise en place de budgets programmes par une Gestion axée sur
les Résultats (GAR).
A cet effet, les différents éléments ayant permis son élaboration reposent sur un bilan des
réalisations du MEPN et sur des perspectives découlant de la mission assignée, des défis et
contraintes du secteur.

En effet, la lettre de politique sectorielle et les évaluations faites de la mise en œuvre des
différents Plans de Travail Annuels (PTA) ont permis de faire un état des lieux (physique et
financier) et d’identifier les acquis, les contraintes et les défis à relever.

Les enjeux de la politique environnementale découlent de la mission assignée au département,


des défis à relever et des contraintes rencontrées dans la mise en œuvre des activités. Ces
enjeux sont déclinés en Objectifs Sectoriels qui vont guider les orientations du Ministère sur
le court et le moyen terme.
Quatre principaux objectifs sectoriels sont identifiés :
 Réduire la dégradation des ressources naturelles et de l’environnement : Le
Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature compte inverser la
tendance à la déforestation en démultipliant les forêts régionales et en poursuivant le
processus de réduction des quotas d’exploitation de charbon de bois ; il compte
démultiplier les aires protégées pour la préservation de la diversité biologique ;
 Contribuer à la lutte contre la pauvreté et améliorer le cadre de vie : La survie des
populations rurales pauvres est généralement liée à une production agro sylvo-
pastorale dans des zones marginales, écologiquement fragiles, il s’agira de
promouvoir la valorisation des ressources naturelles ;
 Améliorer la qualité des services rendus : L’amélioration des conditions de travail
et le regroupement des différentes directions au sein d’un seul édifice apparaissent
comme des préalables pour l’amélioration des capacités techniques, de l’efficacité du
travail et des services offerts aux clients qui sont autant de facteurs de bonne
gouvernance ;
 Contribuer à la préservation de l’environnement global : La mise en œuvre des
plans d’actions nationaux issus de ces protocoles et conventions sera poursuivie et la
synergie recherchée.

Chaque objectif sectoriel, accompagné d’indicateurs et de cibles à moyen terme, est traduit en
un ou plusieurs programmes. La formulation des budgets programmes constitue la dernière
étape de la planification. Ainsi, les programmes sont formulés et constituent les cadres
d’application de la politique environnementale. Ils sont déclinés en composantes.