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Les cor

EDITO : Ah nos chers amis les castors ! Tout le

Au sommaire
p.3 :

monde aime les castors ! C’est mignon, ça ne fait
de mal à personne ; certains trappeurs ont même
arrêté de les chasser car de leur mentalité à la
nôtre, il n’y a qu’un pas à faire. Paul Watson, un
des fondateurs de Greenpeace, a commencé son
combat d’écologiste acharné après l’assassinat de
son ami castor par un braconnier. Mais revenons
à nos castoridae châtelleraudais, quel est le problème avec eux ? Serait-ce la mare dont ils sont
les auteurs qui nous embêterait ? Mais c’est pour
vivre et seulement pour vivre que les castors font
un barrage ! Ils empiètent sur quelques champs,
une ligne de chemin de fer et on doit les tuer ? De
notre côté, que faisons-nous ? Des routes, des
aéroports, des LGV… et plein d’autres infrastructures qui ravagent la nature, aucunement comparables avec la mare des castors… Et à quoi ça nous
sert tout ça ? A aller plus vite, toujours plus vite.
Le proverbe nous trahit : « Le temps c’est de l’argent », et ce qui dirige ce monde, c’est le fric. On
n’est pas embêté nous, les castors ne vont pas
nous dire un jour : « Et mon bizness ? Casse-toi ! »
Il faut des personnes comme Paul Watson pour
nous ouvrir les yeux. Au nom de quoi serionsnous l’espèce supérieure qui réduirait en esclavage la nature ? Notre vie trépidante et conquérante doit-elle anéantir le mode de vie stable,
immuable et millénaire des sympathiques rongeurs ? Mais dédramatisons, ce sera toujours la
terre qui aura le dernier mot…
Raphaël Tribot

©Keskon attend

p.4 : Un resto à la patinoire
p.5 : Le collège avant
p.6 : Le collège aujourd’hui
p.7-8 : SOS Castors
p.9 : Les corvées chez les ados
p.10 : La punition en question
p.11 : Les mots désuets
p.12 : Les clichés
p.13-14 : Un réseau de souterrains
p.15 : Le mariage
p.16-17 : Marcel Lefort, peintre
p.18 : La fanzinothèque de Poitiers
p.19 : Les grafs

Journalistes : Johanna Andreau, Remy
Boulay, Maxime Bussereau, Aurélie Cretté,
Eléa Degeorges, Ilham Derouiche, Vanessa Dugué, Noémie Enain, Melvin
Ferdonnet, Adèle Furet, Camille
Goossens, Ana Hommelet, Abdessamad
Kassous, Audrey Lagarde, Thomas
Lamarre, Tom Le Guillou, Lucas Martineau, Jade Nespoux, Cindy Philipponeau, Mathéo Poirault, Julie Pouzin,
Coline Raffoux, Laurine Royer, Raphaël
Tribot, Lindsay Van Horde, Alix Vaucelle.

Toutes les photos ©keskon attend,
Janvier 2017.
Imprimé à 900 exemplaires par
Jouve, 733 rue St Léonard, 53100
Mayenne
ISSN : 2107-5190 Collège René Descartes, 98 bd Blossac, 86 106 Châtellerault.
Directeurs de publication : Jacques
Arfeuillère et Séverine Lenhard
Projet soutenu et financé exclusivement par la ville de Châtellerault et
la Communauté d’Agglomération
du Pays Châtelleraudais. Merci à
eux ! Partenariat avec le « 4 », pour
des ateliers vidéo avec José Bourdon
et des ateliers images avec Aïssa
Kandila. Merci !

Ados esclaves ?
Définition de « Corvée » : nom féminin, désigne un travail forcé des adolescents par
leurs parents, souvent non rémunéré, ou
autrement appelé ''tâches pour aider les
parents''.
Et normalement tout se passera bien, dans le
calme et bien sûr sans « rechignement ».
Côtés enfants

©Keskon attend

Il faut le reconnaître, les corvées ce n'est pas
très rigolo mais si on prenait plaisir à les faire,
serait-ce toujours pareil ? C’est ce qu’on s’est
dit et, pour le cas où on ne peut pas y échapper, pour vous amuser tout en faisant vos corvées nous allons vous donner quelques astuces. En fait, une seule : écouter de la musique tout en faisant les tâches ménagères.
Danser avec le balai, la serpillière ou même
quand vous faites les poussières, bouger au
rythme de la musique, ça transforme tout. Et
normalement le ménage devient amusant et
passe plus vite. De là à donner l’impression au
petit frère ou à la petite sœur que c’est trop
cool et lui donner envie de nous piquer notre tour de
corvée…

Côtés parents
Passer l'aspirateur, débarrasser la table, vider le lavevaisselle, mettre la table, passer la serpillière. Voici
quelques exemples de tâches ménagères, que l'on
peut donner à nos enfants ou à ceux qu’on aura un
jour.
Pour mettre en place ces corvées, il faut un peu d’organisation, du savoir-faire, du doigté. Ça ne s’improvise d’être parents si on veut pouvoir en profiter un
peu et se reposer à côté. Nous allons donc vous donner quelques conseils.
Il faut d’abord dire à ses enfants que leur aide sera
bénéfique pour leur mental et pour le nôtre. On peut
aussi (mais ce n’est pas obligatoire) mettre une petite
récompense à la clé (nourriture ou quelques pièces). Il
ne faut pas oublier d’être équitables : il faut donner
des corvées à tous les enfants ! Ainsi, il ne reste plus
rien pour vous et vous n’avez pas fait de préférence.
Le cas où ils ne veulent pas faire les corvées ? Eh bien,
il faut donner des punitions (sous forme de corvées
supplémentaires, ainsi vous êtes encore plus gagnant). Pour le côté orga, il faut mettre en place des
tours, un planning. Ça fixe les choses.

Et la répartition de taches, on en parle ?
Tendons l’oreille pour voir comment ça se passe chez
les uns ou les autres. « Chez nous on a un planning,
chaque semaine, on fait des tâches différentes et on
tourne donc nous ne faisons jamais les mêmes taches
dans la même semaine. Faire un planning permet de
s'organiser, mes parents l'ont mis en place car nous
n'aidions pas assez notre mère avec mes frères. » ça,
c’est Sophie qui le dit mais on entend ça dans beaucoup de foyers.
Et chez d'autres ça se passe comme ça : « Chez nous,
on fait ce que nous demandent nos parents, et puis
généralement vider le lave-vaisselle, mettre le couvert, les choses comme ça, on le fait tous ensemble »
ça, c’est la version Max. A la demande et pour le
reste, le plaisir du collectif. Bon finalement, vu comme
ça, ce n’est peut-être pas tout-à-fait l’esclavage…
Ilham Derouiche et Adèle Furet

A

©Keskon attend

Des crêpes sous les patins
Un bar brasserie à la Forge a ouvert le 3 octobre dernier
sur le site de la patinoire. Une des grandes nouveautés
sur ce site enfin ouvert. Rencontre avec les propriétaires
du restaurant.

lexandre Palus s’y connait beaucoup en gastronomie. Et pour
preuve, après un CAP en
restauration et l’obtention d’un
master de cuisine, il a voyagé dans
toute la France à la recherche de
nouvelles spécialités culinaires. En
effet pendant 30 ans, il a travaillé
du Pays Basque jusqu’au Nord de la
France, ce qui lui a permis de développer son panel gastronomique.
Pour enfin finir son périple à Châtellerault, où il a vécu 10 ans, afin
de retrouver ses petits-enfants et
son âme sœur Myriam Persillet.

comme j’étais le mieux qualifié et le
plus compétent pour tenir une
affaire comme celle-là, on m’a confié le restaurant » nous explique
Alexandre. « On est parti de 0, j’ai
équipé la cuisine moi-même. »
« C’est une création ici. » rajoute
Myriam.
S'ils ont choisi de s’installer là, c’est
pour la très belle vue sur la Vienne
et la possibilité du développement
économique de l’endroit. Ils projettent d’ailleurs d’installer une
guinguette et une grande terrasse
enherbée à l’extérieur de la patinoire.

Partis de zéro

Une cuisine traditionnelle gourmet

Aujourd’hui, à la Forge, il se trouve
à la tête d'un bar restaurant qu'il
dirige, dont il est le cuisinier en
chef en compagnie de sa femme

Malgré le fait que le restaurant soit
peu connu car il a ouvert le 3 octobre, Myriam et Alexandre sont
assez satisfaits de leur situation

IQUES :
INFOS PRAT
4-53-85
Tél : 06-35-5
rue
Adresse : 3
bs à
Clément Kre
lt.
Châtellerau
©Keskon attend
anu.
Site de la M
Myriam, qui est passée de coiffeuse
actuelle
et ils comà serveuse. « C’était sur un appel
mencent déjà à avoir des clients
d’offre. J’ai rempli un dossier et
habitués de leur cuisine. Cuisine,

pour le moins particulière car le
cuisinier en chef marie dans ses
plats toutes sortes de recettes de
différentes régions françaises. « Je
fais une cuisine traditionnelle que
beaucoup de gens ne font pas. »
nous confie-t-il.
Tous les aliments utilisés par
Alexandre sont régionaux. Ils sont
directement achetés sur le marché
ou chez des petits producteurs environnants. Tout est frais et régional ; par exemple, les huitres sont
achetées à un producteur de Charentes qui vient tous les dimanches.
Même leur charcuterie est faite
maison !
Un restaurant pour les jeunes ?
Bien qu’on puisse penser que le
restaurant attirerait plus les jeunes
dû à son emplacement (dans la patinoire, à 10m du skate parc, à côté
du tir à l’arc et du ping-pong,
proche du conservatoire et de
l’école de cirque) Alexandre nous
explique que les principaux clients
sont adultes car les adolescents ont
un pouvoir d’achat limité même si
le bar propose des petits encas
comme des crêpes, des croquemonsieur…
Vous l’aurez compris, ce bar brasserie est un bon endroit de restauration avec une très belle vue après
une matinée mouvementée de
glisse. Espérons que l’endroit continuera à se développer sous le regard bienveillant de ce site historique.
Raphaël Tribot et Camille Goossens

Nous vivons avec un vieillard
de plus de 5 siècles !
Il est réputé pour être le collège le plus vieux de France et c’est le nôtre ! Cela fait en effet déjà
549 ans exactement que le collège René Descartes existe. Cela mérite que nous partions à la découverte de ces années d'histoire bien remplies, bien avant que nous ne vivions la nôtre !

Q

uelle vieillerie que cette
école ! En effet, le collège de Châtellerault
(qui deviendra bien plus
tard le collège Descartes) a été fondé en 1467 par Charles D'Anjou qui
été comte du Maine et Vicomte de
Châtellerault, un grand monsieur !
Car il faut dire que réunir dans un
même lieu des enfants pour y recevoir un certain
type d’enseignement,
c’était une idée
vraiment nouvelle, sinon révolutionnaire à
l’époque. Et ça
a même été
critiqué, des
philosophes et
penseurs aussi
importants que
Montaigne ou
Erasme, qui,
dans son Eloge de la Folie, n’hésite
pas à traiter « de véritables fous,
les maîtres pratiquant de genre
d’enseignement ». Quel preneur de
tête! Pour eux, l’enseignement devait rester une affaire domestique
et privée, de la responsabilité de la
famille. Le dispenser collectivement
était une vision de rêveurs !
Il faut dire aussi que notre cher
collège est réputé pour être l'un
des plus anciens établissements
d’enseignement de France, sans
doute le premier, tout en sachant
qu'il n'était pas localisé comme
aujourd'hui mais à la place de l'actuel bâtiment de l'école d'arts Plastiques ! On voit encore l’inscription

Collège au-dessus du fronton de
l’entrée. C’est le plus vieux mais il
n’est pas aussi fréquenté qu’aujourd’hui. Ainsi, en 1669, c'est le
désert. Il y avait seulement 34
élèves qui étudiaient deux langues
bien mortes aujourd'hui qui sont le
latin et le grec ! A la fin du XVIII, on
y ajoute des disciplines dont la musique et la danse, le dessin. Le tout

à coups de baguettes et sous la
menace du cachot !
Il est appelé officiellement collège à
l'époque baroque dans les années
1700 ! A l’époque, d’ailleurs la fonction de principal était souvent
affaire de nominations difficiles. On
retiendra cette petite anecdote de
1764 où le nouveau principal , l'abbé Serreau , avait été surpris dans
une partie de Billard dans un café
de la ville : il avait failli y laisser sa
fonction. On peut dire qu'il se la
coulait douce !
Enfin vers 1940 le nombre d'écoliers augmente, suite à cela le
manque de place se fait ressentir
donc de nouveaux bâtiments voient
le jour mais en même temps la

France est en guerre. L'occupation
allemande a réquisitionné l'ancien
bâtiment donc l'école a été transféré en juin dans l'actuel bâtiment où
il se trouve toujours.
Quant au nom de Descartes ? Il faut
savoir que ce baptême a été l’objet
d’un vrai combat. C’était celui du
maire de 1927, M. Ripault qui voulait faire de René Descartes un Châtelleraudais à
part entière. Il
proposa donc
que le Collège
Communal reçoive le nom du
philosophe. Mais,
comme il y en
avait déjà un à
Tours qui portait
ce nom, l’académie ne voulait
pas. Le maire a
un peu triché :
©Keskon attend
« Je ne peux pas
donner le nom de René-Descartes
au Collège de Châtellerault mais
vous ne pouvez m’empêcher de
l’attribuer à l’Ecole primaire supérieure : Ce qui donne Collège et
École primaire supérieure RenéDescartes. »
Ainsi en 1940, au moment du déménagement, on s’empressa d’inscrire sur le portail des nouveaux
bâtiments Collège René-Descartes.
Et plus tard, on fit faire cette statue
au regard incroyable qui vous accueille quand vous entrez. Rien que
pour elle et la laideur du philosophe, ça vaut le coup de venir
nous rendre visite.
Audrey Lagarde, Melvin Ferdonnet

La vie des autres
Un collège, c’est un peu comme un village. On s’y croise, on se connaît de
vue. On sait qui est qui, parmi les centaines d’élèves, les dizaines de profs,
la petite dizaine de surveillants. Mais a-t-on vraiment une petite idée de ce
qui fait la journée de chacun ? Keskon Attend entrouvre la porte.

Surveillante depuis septembre au
collège René Descartes, elle a été
recrutée pour le contact avec les
ados. A ¾ temps, Pauline enchaîne
des journées de 7h30 à 17h30 au
plus tard. Elle ouvre la grille et les

exemple, n'ont que 20 minutes de
pause pour manger. Son avenir ?
Pauline compte rester 1 ou 2 ans
dans ce collège, elle n'a que ce métier et elle ne fait rien à côté. Le
temps de trouver autre chose.
Côté profs
Lui, il est prof depuis 16 ans, après

casiers toutes les heures, elle s'occupe des absences, des retards, des
élèves collés ou exclus, elle surveille
les récréations, elle répond à toutes
les questions des élèves, elle essaye
d'être toujours là pour eux. Bref, on
peut dire que les tâches ne manquent pas. Pauline trouve que ses
journées sont très longues. Elle fatigue et cette fatigue est souvent
augmentée de cette fatigue des
élèves dont on dit qu’elle s’exprime
particulièrement avant les vacances.
Des pauses ? Il n’y en a pas beaucoup dans une journée. Il faut savoir
que les surveillants, par

avoir exercé d’autres métiers. Il y est
venu par conviction. Franck ParotAbellard est prof d'histoire et s’il a
choisi cette fonction, c’est parce
qu’il est passionné par l'histoire et la
géographie. Il aime donc l’expliquer
aux jeunes. Il a mis 8 ans pour y parvenir, boucler les études, avoir le
concours tout en faisant un autre
métier. Les cours au collège ? Ils
sont exténuants. Quand il n'arrive
pas à se faire entendre, il n’hésite
pas à hausser le ton. Il rappelle qu’il
n’ y a pas, dans la vie d’un prof que
les 18 ou 20 heures de cours inscrits
à son service. Il faut compter les

conseils de classes, les stages et formations, la préparation des contrôles, la correction des contrôles,
les cours à préparer. Tout cela, c'est
beaucoup de travail. Il travaille donc
aussi le samedi et le dimanche. A
côté de son métier M. Franck ParotAbellard a cependant encore une
autre occupation : il écrit des
scénarios, sûrement une
reconversion à venir.
Côté vie scolaire
Emilie Royer, elle, est CPE
(Conseillère principale
d’éducation) au collège René
Descartes depuis bientôt 2
ans et elle ne travaille que
dans ce collège. Emilie Royer
est à la tête du service de
Vie Scolaire : elle est la supérieure des surveillants, elle
les dirige tout en les laissant
prendre des initiatives. Son
quotidien, c’est recevoir des
élèves toute la journée, désamorcer les conflits, organiser la vie en dehors des cours, régler
les difficultés entre tous. Elle travaille donc plus en dehors de son
bureau que dedans, bien qu’elle y
voit passer des élèves tous les
jours. On la croise dans la cour, dans
les couloirs, dans le self… Bref, si on
la cherche…
Et les élèves ? Eux aussi, ils font
beaucoup, trouvent souvent leur vie
difficile. Cette petite porte entrouverte, c’est pour qu’on comprenne
que quoi qu’on fasse, travailler au
collège est difficile dans n’importe
quel rôle.
Aurélie Cretté, Cindy Philipponin
©Keskon attend

Côté surveillants (appelés aujourd’hui Assistants d’Education)

YouTubeTV,
nouvelle chaine d'info ? !

C

ontrairement aux autres médias, YouTube nous
permet de cibler nos recherches sur un sujet bien
précis et on est presque sûr de trouver ce que l’on
veut grâce à la diversité des vidéos proposées par
les internautes. Tout le monde peut s’exprimer en créant
son propre média. Contrairement aux autres médias
comme la télévision ou le journal, les créateurs de contenu
(YouTubeurs) ont un retour direct avec les internautes et
peuvent interagir avec eux grâce au système de commentaires situé en dessous de la vidéo. L’inconvénient de cet
espace interactif est que les propos négatifs peuvent être
plus violents que des critiques en face à face, ce qui peut
blesser ou décourager les YouTubeurs.

©Keskon attend

Depuis la fin du XXème siècle, nous sommes entrés dans l’ère du numérique. La technologie est de plus
en plus présente dans notre vie de tous les jours et elle prend peu à peu la place de certains moyens
d’information. Nous avons décidé de nous pencher sur le cas d’une des plates-formes les plus connues,
YouTube. Peut-on s’informer grâce exclusivement grâce à YouTube ? C’est la question que nous nous
sommes posée.

Mais peut-on vraiment s’informer grâce à la diversité proposé sur YouTube ? D’après nous, YouTube sert plus à se
forger une opinion qu’à réellement s’informer car contrairement aux autres médias, les créateurs de contenu n’ont pas
à prétendre être impartiaux. En effet, la plate-forme sera
toujours un peu en retard sur l’actualité par rapport aux
autres médias, le temps pour les YouTubeurs de créer et
poster leur contenu. De plus, le site étant international,
certains sujets d’actualité d’autres pays ne sont pas abordés
par des YouTubeurs français. « C’est plus du commentaire
que de l’information. » nous dit Raphaël Tribot. « On peut
prendre conscience de certaines situations. »

©Keskon attend

Un moyen de divertissement

©Keskon attend

Informations ou opinions ?

Mais YouTube sert surtout à nous divertir. Certains usagers
les plus remarqués utilisent leurs chaines pour nous amuser
à travers l’humour (comme Cypiren, Norman, …) ou le gaming (Squeezie, Amixem, …) Il existe aussi des chaines qui
traitent de la vulgarisation scientifique (de la science simplifiée) comme E-Penser, Experimentboy ou encore Dr. Nozman. Il y a aussi beaucoup d’autres thèmes : sport, cuisine,
maquillage, vlog, critique de films, …
Au final, YouTube est un plus un moyen de divertissement
pour la plupart des personnes malgré le fait que l’on puisse
tout de même rester au courant de l’actualité.
Camille Goossens et Rémi Boulay

Casse-toi castor ?
©Keskon attend

De nos jours, le castor
s'est énormément développé dans toute la
France suite à une importante réintroduction. Espèce protégée,
il est donc de retour,
en particulier sur les bords de la Palue, ruisseau cheminant à l'entrée sud de la commune d'Ingrandes. S’il fait le bonheur des défenseurs de la biodiversité, pose-t-il des
problèmes au voisinage ? On a mené l'enquête...
(Ndlr : Créée en 1967, Vienne Nature est une association de type Loi
1901, agréée au titre de la loi du 10
juillet 1976 sur la Protection de la
Nature et agréée auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports
comme Association de Jeunesse et
d'Éducation Populaire).
K’eskon Attend : Comment vivent
les castors ?
Alice Cheron : Les castors vivent
par famille, c'est à dire un couple
mâle/femelle et leurs enfants âgés
de 2 ans maximum.
K.A : Est-ce-qu'ils posent des problèmes au voisinage ?
A.C : Il est possible qu'il y ait des
interactions entre les castors et le

voisinage et c'est pour ça que nous
cherchons des solutions de cohabitation pour que tout le monde
puisse vivre tranquillement.
K.A : Avez-vous reçu des plaintes ?
A.C : Oui, ça pose problème à la
SNCF, aux agriculteurs ou encore à
la sylviculture.
K.A : Pourquoi et quand les castors
font ils des barrages ?
A.C : En fait, le castor ne fait pas
systématiquement des barrages. Il
en fait uniquement s’il n'a pas assez d'eau pour se développer et
installer sa petite famille. Sur la
Vienne, il y a beaucoup d'endroits
où le castor est présent sans barrages.
K.A : Les barrages peuvent-ils être
nuisibles ?

©Severine Lenhard

D

ans les années 70, le
castor est présent uniquement sur les rives
du Rhône. Il est le
mammifère protégé numéro un en
France ! Un projet de réimplantions est mis en place dans tout le
pays pour ce rongeur à queue plate
proche du ragondin plus connue
dans nos régions. Les castors ont
peu à peu colonisé tous nos fleuves
et rivières dont la Loire et le Nord
du département de la Vienne, donnant à nos campagnes ce petit air
américain lié à l’imaginaire des
trappeurs canadiens. Alice Cheron
est chargée de l’étude de la faune
chez Vienne Nature, elle a accepté
de répondre à nos questions.

A.C : Pour la SNCF oui. Ils nous ont
contactés pour essayer de trouver
une solution pour que la cohabitation entre eux et les castors se
passe bien et que leurs activités ne
gênent pas le trafic. Mais La SNCF
n'est pas du tout dans l'optique de
vouloir détruire le barrage au contraire. Pour les cultures, certaines
fois, le lit de la rivière déborde sur
les champs aux alentours ce qui
rend les agriculteurs mécontents.

K.A : Les ragondins posent-t-ils autant de problèmes que les castors ?

K.A : Qu'est-ce-que
vous comptez mettre
en place pour que la
cohabitation castors/hommes se passe
mieux ?

A.C : Nous sommes une
association pour la protection de la nature et
ce n'est pas forcément à
nous de mettre en place
quelque chose mais
nous cherchons des solutions.

K.A : Est-ce-qu'une solution a été
trouvée pour remédier à ce problème ?
L.B : A ce jour, non. Nous avons eu
plusieurs réunions avec la SNCF,
Vienne Nature et l'office national de la
chasse qui s'occupent des castors.
Mais aucune solution n'a été trouvée.
Il faut savoir que le castor étant protégé, nous avons interdiction de réguler
l'espèce par des tirs ou des pièges et
de détruire les barrages qui sont la
cause principale des débordements.
K.A : Depuis quand sont-ils là et posent-ils des problèmes ?

©Keskon attend

A.C : Oui, plus de problèmes, en fait. Car les
ragondins creusent
beaucoup de galeries
dans le sol des berges.
Le castor lui, n'en possède qu'une voir une
deuxième en annexe. De
plus, les ragondins se
développent plus vite
et s'attaquent aux
cultures et aux vergers contrairement
aux castors qui s'attaquent essentiellement aux arbres.

Côté plaignants, nous avons cherché
à rencontrer ceux qui disent être gênés par la cohabitation avec les castors. Si nous n’avons pas pu avoir le
contact avec la SNCF, nous avons rencontré un agriculteur concerné par le
problème. Loïc Bussereau est riverain
du ruisseau de la Palue où une famille de Castors a choisi de construire
un barrage. Il a accepté de donner
son point de vue et de répondre à
nos questions.

Keskon Attend : Comment se passe la
cohabitation entre les castors et
vous ?
Loïc Bussereau : Pas très bien dans le
sens où les castors ont provoqué une
montée des eaux au niveau du ruisseau de la Palue. Ce qui crée des inondations dans les parcelles agricoles et
qui nous empêche de pouvoir travailler normalement nos champs.

L.B : Ils sont là depuis 1 an et demi
mais les gros problèmes se sont révélés depuis le printemps dernier aux
alentours de mars, avril. Et les problèmes s’accentuent de plus en plus.
A cause des inondations, les terres
sont trop gorgées d'eau, ce qui nous
empêche de planter le maïs ou le
tournesol par exemple. D'autres voisins ont des problèmes avec leurs
peupliers car les castors les attaquent
et même dans l'excès, le surplus d'eau
fait un arrachage naturel des arbres
lorsqu'il y a du vent.
K.A : Entre les ragondins et les castors, qui pose le plus de soucis ?
On était pas trop embêtés par les ragondins mais suite à la montée des
eaux ils se sont énormément développés et viennent manger nos cultures
de maïs.

©grotte de Comblain

Conclusion de la rédaction : difficile de
trancher donc car tous semblent de
bonne volonté mais il faut reconnaître
que les solutions ne sont pas encore
trouvées aux problèmes constatés par
les riverains. Le castor pose donc
beaucoup de problèmes à son voisinage, aux agriculteurs en particulier
même si Vienne Nature cherche des
solutions de cohabitation. Sans s'en
rendre compte…
Maxime Bussereau et Tom Le Guillou

©Keskon attend

Les punitions, c'est tout une histoire. Entre les punitions corporelles, les punitions morales, les punitions scolaires, l’offre
est abondante au fil de l’histoire. Mais surtout doit on punir ? Ou même peut-on éduquer sans punir ? Avis croisés.

Punir,
pour quoi
faire ?

I

l faut d’abord définir la punition
et ce n’est pas si simple. Celle
qu’on connaît le mieux, c’est
sans doute celle qu’on appelle
« privation » et qui consiste à, par
exemple, pour nous les jeunes, se
faire confisquer le téléphone, la télévision, la console ou à ne pouvoir sortir. Et il y a celle, corporelle, tout récemment interdite par le droit français, très souvent associée à la fessée
ou la claque. A l’école, ce peut être
des lignes ou différentes sortes de
consignes (la fameuse « colle »). Raphaël (14 ans) résume : « C’est quand,
on nous oblige à faire quelque chose,
quand on a fait un truc de mal. Il y a
une dimension de contrainte. Par
exemple, la punition ça peut être faire
la vaisselle». Mais il ne faut pas oublier que c’est le même principe qui
conduit à la prison ou à d’autres châ-

timents. C’est ce que rappellent Eléa,
14 ans : « On peut aller en prison aussi, quand on a fait une très grosse
bêtise ; là la punition, c’est une privation de la liberté » et Tom (14 ans) :
« ça peut aller plus loin, dans certains
pays, c’est la peine de mort ».
A quoi ça sert ?
Les avis sont très partagés sur l’utilisation de la punition. Il y a ceux qui sont
« très pour » exercer la punition et
d'autres « très contre ». Ensuite, il y a
ceux qui pensent que les règles incitent à faire ce qui est interdit et que
sans punition tout serait permis. Et il
y a ceux qui tempèrent en rappelant
que la punition ne sert à rien si elle
n’est pas comprise, si on est puni sans
savoir pourquoi, c’est normal de refaire la bêtise. C’est encore Raphaël
qui fait le point : « La punition, c’est
utile, car quand on jeune, on ne con-

nait pas encore toutes les règles de
vie en société. On ne sait pas toujours
ce qui est bien ou mal, et punir, c’est
pour nous permettre de comprendre
ces règles ». Et il faut reconnaître
qu’en général les parents ne punissent pas pour rien, il y a souvent des
raisons et celles qui reviennent le plus
souvent sont avoir eu de mauvaises
notes, s'être disputés avec ses frères
et/ou sœurs, avoir embêté ses parents, ne pas avoir fait ses devoirs, ne
pas avoir respecté les règles fixées par
les parents...
Pourtant, même ça peut être contesté. Eléa rappelle en effet une base : «
C’est la règle, qui doit nous empêcher
de faire ou de ne pas faire quelque
chose, ce n’est pas la punition. Il faut
réussir à faire accepter les règles. (…)
À suivre page suivante

Et la violence ?
Les punitions corporelles se font de moins en moins car
c'est devenu interdit par la loi et ça pourrait devenir gênant
pour certains de ne pas respecter une règle pour faire respecter des règles. Toutefois certains parents l'utilisent encore malgré tout, en particulier la fessée ou la claque. Il
faut dire que c’est radical comme le souligne Raphaël : « La
violence ça fait peur, alors après, l’enfant ne recommence
pas son erreur ». Ce que conteste Emilie (12 ans) : « Oui,
mais un petit ne doit pas faire un truc parce qu’il a peur de
se faire taper ; il pourrait le faire quand ses parents ne sont
pas là. Alors que si on lui explique pourquoi on est fâché, et
pourquoi on ne veut pas qu’il fasse ça, il ne recommencera
pas ». La conclusion, on peut la laisser à cette maman, mère
de deux enfants : « Ne pas punir, ce n’est pas laisser tout
faire à ses enfants, c’est parfois hausser le ton, pour montrer qu’on est en colère, mais c’est toujours expliquer pourquoi on se met en colère. Quand on est parents, on sait très
bien qu’on ne peut pas toujours être derrière notre enfant,
il faut donc engager un dialogue, lui faire confiance. Et c’est
important de lui inculquer des valeurs et des règles pour
vivre ensemble».
Ilham Derouiche et Abdessamad Kassous avec la participation du Café Philo du Collège Descartes

Mais fichtre,
qu'avons-nous là ?
Je m'assois sur mon séant pour vous donner
mon avis sur certains mots ou expressions qui,
saperlipopette, ne sont utilisés que par nos
aïeux, c'est pour vous dire le vécu de la chose,
mais cessons de ramer des gencives (parler
pour ne rien dire). Je vais vous traduire
quelques mots ou expressions des gens d'aujourd'hui par des mots ou expressions désuètes. Par exemple, « courir la gueuse» qui se
traduit maintenant par: "draguer"; je pense

©Keskon attend

aussi à « écluser le gorgeon» qui se dit maintenant : "picoler", ou encore à « jeter son bonnet
par dessus les moulins», synonyme de débaucher. Maintenant parlons des expressions les
plus originales: « Être coiffé avec le loquet de
la porte» signifie être "mal coiffé ou pas du
tout". « Tirer le diable par la
queue», c'est être mal en point
financièrement. «Crier haro sur
le baudet», peut se traduire par
"manifester bruyamment son
indignation". Enfin mon préféré:
« à cheval donné, on ne regarde
pas les dents» qui veut dire avoir
la politesse de ne pas chier (ou
faire caca pour les plus jeunes) la
où l'on mange. Pas facile à placer, celui-là ! Pour conclure je
pense que l'utilisation des mots
désuets est nécessaire pour se
« taper des barres »comme di©Keskon attend

Par exemple en Allemagne, il n’y a pas de limitation de vitesse sur l’autoroute, pourtant quand les allemands ne sont
pas sur l’autoroute, ils conduisent en respectant la sécurité.
». Et c’est encore l’Allemagne que prend en exemple cette
autre élève de 3ème : « Plus il y a de règles, plus on aura envie de les transgresser, par exemple dans les collèges en
Allemagne, il y a beaucoup de moins de règles qu’en
France, et les élèves arrivent à apprendre. Plus il y a d’interdiction, plus il y a de pression, et plus il y a sécurité, moins
il y a de liberté »

sent les jeunes!
Boulay Rémi

Pourquoi il n'y a pas de
poney au Japon ?
Notre connaissance de l’étranger est souvent réduite. Et ça nous aide pas à
accepter ceux qui viennent d’ailleurs. Quand, en plus, s’en mêlent ces idées
toutes faites que l’on nomme des clichés, on comprend qu’on a du souci à
se faire sur la connaissance mutuelle entre les peuples.
Voici quelques
clichés que nous
avons essayé de
déclichétiser
Nous avons ceux
qui chient des
noix, ou autrement appelés les
chinois. Eh, ça
peut même commencer par de
très mauvais jeux
de mots. Ceux-là,
paraît-il, mangent
du chien. Mais
avez-vous vu déjà
un chinois dire '' :
« oh un caniche,
j'en ferai bien
©Keskon attend
mon 4heures ». Si
par ailleurs, il vous
arrive d’aller au resto chinois du coin, avez-vous
vu, à la carte, un rôti de chien assaisonné de croquettes à la carotte ?
Quel pays fait l'angle de la terre et passe le plus de
temps aux toilettes ? L’Angleterre avec leur multitude de thés, bien sûr ! Car les anglais sont réputés
pour boire beaucoup de thé ce qui les fait beaucoup uriner. Ils ont soi-disant une heure spéciale
pour cette boisson, le ''tea time'' ( à prononcer
avec l'accent anglais) où tout s’arrête et pendant
laquelle on peut en profiter pour envahir le pays.
Pas loin d’eux, qu'est-ce qui est roux, bourré et
perdu au milieu d'un champs de moutons ? Un
irlandais qui sort d'un pub. On reconnaît souvent
un irlandais à sa chevelure poil de carottes. Même
si beaucoup d'irlandais, eh bien...ne sont pas roux.
Plus loin, si on passe l’Atlantique, qu'est-ce qui
prend de la place au milieu d'un fast-food ? Un
américain avec son rendez-vous quotidien de

ur
o
m
A

nourriture. Dans les séries américaines, on voit
toujours des acteurs avec des tailles de ''guêpes''
mais en vrai, une bonne partie de l’'american
people '' ont plutôt une tendance ''bourdons''.
Savez-vous que du PORT on voit UG qui taille la
AIS ? (PORTUGAIS). A ce qui paraît, les portugais
ont un pelage assez prononcé et ont un don pour
la construction de maison. Mais sincèrement vous
voyez des choubakas sur des chantiers ? JAMAIS !!
(à part dans star wars).
Voilà, une petite collection, juste pour que vous
cherchiez en vous-mêmes tous les clichés qui vous
encombrent aussi et empêchent de voir la personne qui est en face. A moins, que ce ne soit un
point de départ pour entrer en conversation. Au
fait, pourquoi il n'y a pas de poney au Japon ? Car
ils sont déjà poney.
Julie Pouzin et Adèle Furet

Des magazines ?
Mieux que ça !

©Keskon attend

Des magazines pour tous, sur tous
les thèmes, mais surtout sous toutes
les formes, tous les formats, et
toutes les audaces, est-ce que ça
existe ? La réponse est oui et ça s’appelle des fanzines ! Pour en découvrir plus sur le sujet, nous sommes
allés à la fanzinothèque de Poitiers…
A propos du fanzine
Un fanzine (fanatic magazine) est
un ouvrage de toutes tailles et de
formes diverses réalisé par des
particuliers afin de faire partager
leur passion. Les méthodes de
réalisations sont elles aussi diverses, allant de la simple écriture
sur une feuille A4 à de la sérigraphie. Ils sont généralement produits en très peu d’exemplaires.
Le fanzine est née aux États-Unis
dans les années 1930 grâce à la
presse de science-fiction, à
l’époque où internet n’existait
pas. L’avantage du fanzine, c’est
que c’est une presse libre, et donc
non-censurée. Cette mode est
arrivée en France en 1968, soit 38
ans plus tard.

décrire à cause de ses illustrations
à celui qui parle avec enthousiasme de groupes de musique
dont on n’a jamais entendu parler, ou de sujets plus politiques,
les spécimens sont effectivement
des plus divers et visiter ce lieu,
c’est vraiment partir à la découverte dans une sorte de caverne
sans limites !
Afin d’acquérir une telle collection, les responsables se déplacent pour assister à des ventes
aux enchères, à des conventions
où ils vont directement les chercher eux-mêmes chez les auteurs.
Les fanzines sont classés par
ordre alphabétique et par taille de
sorte qu’on puisse les retrouver

A Poitiers se trouve la plus grande
fanzinothèque d’Europe. En effet,
elle conserve environ 50 000 fanzines. Et on en voit des plus
étranges : de celui qui imite un
catalogue de vente par correspondance, à celui qu’on ne peut
découvrir qu’avec des lunettes
pour le relief, en passant par celui
qui est réalisé directement sur
des tickets de métro ; de celui que
notre pudeur nous empêche de

©Keskon attend

La plus grande fanzinothèque
d’Europe

facilement car en plus d’en recevoir la fanzinothèque en prêt, on
en vend à ceux qui le désirent.
Pour cela, il vous suffit de souscrire à un abonnement. Etant une
presse libre, beaucoup de thèmes
qu’on ne trouve pas dans les
livres traditionnels sont abordés,
un peu morbides et choquants
parfois mais il y en a aussi des très
drôles et passionnants.
Si vous êtes passionnés de lecture
et que vous recherchez de la nouveauté, nous vous conseillons
d’aller jeter un œil du côté de la
fanzinothèque de Poitiers !
Lamarre Thomas et Goossens
Camille

Voyage au centre de la
terre… à Prinçay
Visite d’un grand réseau de 150 mètres de galeries et de salles au centre de la terre : le souterrain refuge de Prinçay à Availles en Châtellerault. A déconseiller aux claustrophobes…
sommes en 1200 et cette véritable forteresse souterraine a été réalisée il y a peu.
Aujourd’hui…

Les v’la ! Les v’la ! ». L’alerte est donnée, des bandes de pillards venant des
environs s’approchent de Prinçay. Vite! Les femmes vont chercher les enfants, les hommes regroupent le
bétail et sifflent les chiens. Tout ce beau
monde s’engouffre dans une ouverture qui
semble mener tout droit au centre de la Terre.
Mais il n’en est rien ! Il s’agit de la seule entrée
qui nous conduit dans un réseau de galeries,
percées de tant de trous qu’elles en feraient
pâlir n’importe quel gruyère suisse. Gare aux
visiteurs mal attentionnés, Qui s’aventureraient dans l’obscurité, car un puits-piège les
attendrait. Fuyez ! Fuyez !Face aux crocs acérés des chiens affamés, qui gardent l’unique
entrée, Fuyez ! Fuyez ! Car des paysans embusqués lanceront des traits meurtriers. Nous

©Keskon attend

«

©Keskon attend

On entre dans le jardin de M. Dumoulin à Prinçay.
Ce que l’on a d’abord pris pour une cabane à outils
se trouve être l’entrée d’un escalier ! On s’enfonce, on remarque la grille scellée au sol qui nous
empêche de sombrer dans le profond puits-piège,
puis on avance. « Il y a en tout des dizaines de silos
comme celui-ci dans tout le souterrain » nous dit
M. Dumoulin. « Au Moyen-Âge on y entreposait
toutes sortes de denrées pour les stocker, de
l’épeautre, du blé, des fruits, etc. Certains sont
très profonds comme tu peux le voir ». En effet,
tout le chemin est parsemé de trous, de plus ou
moins grande envergure, tel un délicieux fromage
suisse… Ceux qui croiraient arriver dans un endroit
lugubre et humide se trompent : les souterrains
sont toujours secs et très bien éclairés grâce au
travail de l’association « Les amis de Prinçay » qui
a posé des éclairages et a déblayé les galeries. Le
tout a demandé des années de travail à M Dumoulin et à ses amis.

©Keskon attend

Pour se défendre…

La réalisation des souterrains

Continuons notre visite dans ces fabuleux dédales.
Enfonçons-nous de plus en plus… Notons ces couloirs
à angle droit. « Ils permettaient aux paysans de se
défendre sans être vus ». Dans ces grandes salles voûtées des rires ont fusé ou bien l’anxiété gagnait chacun. Notons aussi ces graffitis datant de 1100 à 1945,
ce puit profond de plus de vingt mètres où l’eau
attend d’y être puisée et ces singulières niches dans
les murs. « On y plaçait surement des bougies ou des
objets personnels. ».

Ces souterrains n’ont pas été creusés « au pif ». C’est
à partir de cinq cheminées d’extraction que les ouvriers ont creusé les salles principales entre 10 et 15m
de profondeur. Ensuite ils se rejoignaient en se repérant par écholocation. Le souterrain achevé, les cheminées de creusement ont été rebouchées : couvertes
de dalles puis comblées depuis la surface. De plus, des
conduits d’aération ont été aménagés à chaque angle
pour faire circuler l’air qui pourrait manquer grâce à
un ingénieux système de poteries emboitées qui courait jusqu’à la surface. Les architectes ont réparti l’ensemble du volume excavé sur trois niveaux de profondeur différents et en ce moment, il se trouve que vous
vous trouvez au niveau le plus profond, une bougie à
la main, à graver un graffiti au burin en cette pluvieuse
journée de l’an 1216… n’est-ce pas ?

Descendons encore une dizaine de marches.
Le clou du spectacle, c’est la dernière salle
de 26m de longueur à 20 m de la surface.
Elle a été redécouverte il y a peu par l’association de M Dumoulin lors d’anciennes
fouilles et semble être la salle des réserves
de l’ancienne tour construite sur le site de
Prinçay au début du moyen-âge. Bien sûr la
tour a depuis longtemps disparu : elle était
en bois ! « Une de ses poutres a été retrouvée dans le puit du souterrain et datée au
carbone 14 de 1100 après J.C ».

Raphaël Tribot
©Keskon attend

Si une personne qui visite l’église de Prinçay décide
soudainement de creuser 15m sous ses pieds verticalement, elle tombera sur la salle dite « salle de fadets » qui est très particulière : deux grandes colonnades taillées en son centre s’élèvent jusqu’au plafond. « On peut voir des bancs en pierre taillés dans
les murs » nous montre M Dumoulin.

A 95 ans, il mord la vie à pleines dents
Marcel Lefort, 95 ans, est né en 1921 à Châtellerault. C'est un artiste peintre et c’est
un écrivain. Il a également fait de la résistance et a connu Châtellerault pendant
l'occupation allemande lors de la Seconde Guerre Mondiale. Rencontre et Portrait.

©Keskon attend

étions installés dans un appartement de 2 pièces,
sans chauffage, avec toilettes extérieures, l'eau
sur le pallier, et nous nous éclairions avec des
''lampes-pigeon''. » A 6ans, il a commencé le
scoutisme qui lui a apporté de grandes valeurs qui
font de lui ce qu'il est aujourd'hui : « L’idée que le
plus faible est défendu par le plus fort, la franchise, le dévouement et le pureté », énumère-til. « A 12 ans, je travaillais le cuir comme mon
grand-père me l'avait appris pour réparer les souliers de toute la famille. A cet âge-là, j'ai arrêté
d'aller à l'école pour travailler durement pendant
6 mois dans une usine de fabrication de sac en
cuir. Il s'agissait de peindre des sanglons, 9 heures
par jour. C'était épuisant et j'avais des produits
toxiques sur les mains. »
Les Beaux-Arts à Poitiers
A 15 ans, lorsque son père lui propose de le récupérer chez lui et de lui payer les études qu'il souhaiterait, il accepte et entre à l'école des BeauxArts. Il fera aussi des études de peinture décorative et créera son entreprise. « Ce fut 20 ans de
galère et de travail acharné. » Il enseigna également durant 20 ans à l’école d'Arts Plastiques de
Châtellerault et en cours privés. C'est un peintre
talentueux de style '' réaliste '' nombre de fois
médaillé et primé. « J'aime tous mes tableaux car ils
représentent un moment heureux de mon existence.
Peindre est un
plaisir. Mon plus
grand tableau
mesure 1 mètre
75 sur 1 mètre
50. Il a été commandé par la
mairie de Scorbé-Clairvaux. »
D'ailleurs, cette
année, il a
offert un tableau à celleci.

«

Une enfance en 1921
J'ai vécu durant ma petite enfance dans
une grande maison bourgeoise qui existe
toujours » (derrière le jardin public en
face de Dominos pizza). Sa famille était
aisée avec un père directeur de banque et une mère
institutrice. « A l'époque, une bonne était employée à
plein temps et me faisait même la toilette ! » Mais,
quand il a eu 4 ans, la vie a changé pour lui. « Mes parents se sont séparés. A l'époque les divorces étaient
très rares. Je le vivais mal et cela gênait mon apprentissage scolaire. En plus, j’étais gaucher et c'était mal
vu, alors, je suis devenu ambidextre. » Ils commencèrent donc à vivre pauvrement avec sa sœur et sa mère
qui faisait des petits boulots pour s'en sortir. « Nous

©Keskon attend,

Marcel Lefort

« Un Châtelleraudais
de 19 ans en 1940 »

©Keskon attend, Marcel Lefort

si je ne m'étais pas présenté, les allemands seraient
revenus tuer tout le monde au château car cela aurait
signifié que j'avais quelque chose à me reprocher et
que Roger Deschamp avait menti. Je n'avais pas le
choix… »
En 1940, à Châtellerault, il y avait le couvre-feu, les
défilés des officiers allemands sur le Boulevard Blossac
qui chantaient : ''HALLI HALLO ; le commandant de
Place avait ses bureaux à l'actuel café du commerce et
les allemands gardaient la mairie. « La guerre a fait
beaucoup de morts. D'ailleurs, selon mon expérience,
contrairement aux manuels d'histoire, la guerre a
été gagnée par le Maréchal de Lattre-de-Tassigny, de
façon moins meurtrière et sans débâcle ! »
95 ans et plein de projets :

©Keskon attend

C'est le titre de son
livre sorti en 2013
(que l'on peut trouver à la bibliothèque
de Châtellerault). Il y
raconte les anecdotes
vécues pendant la
guerre mondiale de
1939-1945 durant
laquelle il a été agent
de liaison pour la Résistance. « J'avais des
faux-papiers d’identité car je ne voulais
pas être réquisitionné
par les allemands
pour le STO. » Un
jour, il a raccompagné à vélo 3 aviateurs
anglais dont le bombardier avait été mitraillé par un
Chasseur Allemand. Ils avaient dû sauter en parachute. En route, alors que son vélo venait de crever, ils
ont rencontré des allemands. La consigne pour les
anglais qui ne parlaient pas le français était de répondre en toutes circonstances : « Ho oui »...
«
Pendant la guerre, il fallait beaucoup de courage pour
assumer ses idée. En effet, j'ai été appelé à la Feldgendarmerie (actuellement le Crédit Agricole à Châtellerault) car les allemands avaient trouvé dans ma
chambre au château de Scorbé-Clairvaux, (où je travaillais la terre) une caricature d'Hitler que j'avais dessinée. J'y suis allé au péril de ma vie. Sans l'intervention de Roger Deschamp, officier d'active revenu ''à la
terre'' pour nourrir sa famille, j'aurai été fusillé. Mais,

Toujours en forme, souriant, beaucoup
d'humour et une envie irrésistible de
communiquer. « Ma devise? ... c'est : ça
pourrait être pire. Elle me donne du courage et le moral. Pour faire de l’exercice,
je jardine et, mange les bons légumes. Je
continue tous les ans à participer au concours de peinture des Sables d'Olonne à
but caritatif. Je commence à 7 heures le
matin à peindre et je dois rendre un tableau fini à 16 heures. 9 heures sans
boire, sans manger pour bien se concentrer et … debout! »
Jade Nespoux, Coline Raffoux, Noémie
Enain

On se marie ?
s?
...toujour

ur

Amo

Le mariage, beaucoup en rêvent
encore ! Surprenant
à notre siècle. Nous
sommes allés faire
un tour au Salon du
mariage de Châtellerault pour voir ce
que ça représente
aujourd’hui. Points
de vue croisés selon
les âges et les conditions de vie.

©Keskon attend

T

out d'abord vous avez
surement remarqué
qu'entre il y a 50 ans et
aujourd'hui la manière de
se marier a changé. Alors qu'avant
tous les mariages étaient
"traditionnels" et se ressemblaient, aujourd'hui, on cherche
souvent à faire original. Il se fait
des mariages à thèmes (comme
par exemple dans l'émission "4
mariages pour une lune de miel).
On a ainsi la version « Romantique
chic », « médiévale », « Alice au
pays des merveilles »,
« motards »… Des cérémonies qui
auraient fait rêver nos grandsmères et nos grands-pères !
Ce qui est peut-être la plus grosse
différence avec le mariage des
grands-parents, c’est sans doute
qu’il n’était pas facile à défaire : le
divorce, la séparation étaient très
mal vus. Donc on savait que quand
on se mariait, ça risquait vraiment
de durer toute la vie. Maintenant il
n’y pas cette pression et, de fait,
les mariages ne durent pas autant
de temps. Nous avons interrogé un
couple marié depuis maintenant
50 ans (les fameuses Noces d’or)

qui nous a raconté qu'ils s'étaient
mariés à 20ans alors que ça faisait
seulement 2ans qu'ils étaient ensemble. La dame a l’air heureuse
de ça et elle déclare :
« Aujourd'hui quand les jeunes se
marient on sait que la majorité des couples ne va pas durer car
dès qu'il y a une petite dispute, ils
ne cherchent pas à raccommoder,
alors qu'avant, on devait faire plus
d’efforts. »
Ceux qui en rêvent encore
Cependant, cette jeune fille, croisée au salon, nous confie que pour
elle, le mariage c'est sacré. « C'est
une étape dans sa vie à ne pas louper ». Elle reste, en fait très traditionnelle puisqu’elle regrette que
le mariage change un peu de
forme : « Certains couples se marient à la télévision alors que le
mariage doit être "privé" Et si elle
n’est pas contre le mariage homosexuel elle souligne : « Pour moi le
mariage, c'est un homme une
femme mais je respecte le choix de
ceux qui sont de même sexe et qui
s’aiment. »

Il reste que le mot ne fait pas rêver
tout le monde. Il y a cette femme,
par exemple, qui ne souhaite pas
se marier car pour elle le mariage
ne sert à rien, et c’est seulement
des papiers. Elle nous confie : " je
pense qu’on peut prouver son
amour sans passer par le mariage".
Pourtant, pour le mariage homosexuel elle le défend au nom de
l’égalité : «Je suis tout à fait pour,
je ne vois pas pourquoi un homme
et une femme pourraient se marier
et pas un couple du même sexe".
Rien de bien nouveau finalement
dans cette tradition. En flânant
dans les allées du salon, on a pu
admirer bien des robes, des alliances, les belles tables, les stands
coiffure. On a pu observer que les
tendances étaient toujours classiques même si les mariages « hors
du commun » commencent à faire
leur effet de mode. Mais, au final,
peu importe le mariage qu'on aura, comment il se passera. Le plus
important, c'est de s’aimer sincèrement et d’être heureux avec la
personne que l’on aime.
Anna Hommelet , Lindsay Van
Horde

Le graff, c’est dans la
rue. Insupportable et sale
pour certains, véritable
expression artistique
pour d’autres, le graff
continue de diviser. Pour
mieux comprendre d’où
vient cet art, nous
sommes partis à la rencontre d’un graffeur, Saïd
Boucema, pour qu’il nous
éclaire sur le sujet.

U

Des graffeurs devenus
Picasso

n peu d’histoire d’abord. Le graffiti est
apparu aux Etats-Unis dans les années 70,
puis s’est rapidement étendu dans toute
l’Europe et dans le monde entier. Ce mouvement fait partie de la culture hip hop qui contient 4
éléments (le rap, la dance, le dj et le graf). A ses débuts, il se manifestait juste par une signature laissée
un peu partout sur les murs et qu’on appelait le Tag.
En fait, il s’agissait plus d’une performance que d’une
expression artistique : son but était d’obtenir la célébrité, d’être reconnu par ses pairs, de signifier son
existence et son courage en réalisant des écritures
dans des lieux interdit ou contrôlés, à l’aide de
bombes de peinture et de marqueur. Les taggers
étaient à l’origine souvent seuls puis ça a laissé
place très vite à des collectifs (les « crew », « squad »)
furent créés afin de réaliser des graffitis à plus grande
échelle. Au début des années 80, une loi fut votée
pour sanctionner les graffeurs, ce qui a permis à cet art
urbain de passer du mur paradoxalement au musée
d’art.

©Keskon attend

Aujourd’hui, c’est presque essentiellement sur des
voies qu’il pratique ou en extérieur sur décision de la
mairie. Le mouvement du graffiti s’est développé énormément et le graffeur répond à des commandes. Vous pourrez trouver dans ses œuvres autant
de lettrages que de calligraphie arabe que de dessin
intégrant tout type de peinture, texture dans ses réalisations. Et ça continue d’évoluer tous les jours.
Art ou vandalisme ? Pour lui, le débat est dépassé.
Réalisé dans un contexte légal, le graffiti est un excellent moyen de stimuler la créativité des jeunes. Et si
pour certains, cet art sur les murs donnerait un aspect
visuel dépravé abandonné aux villes, il ne faut pas
oublier qu’il redonne des couleurs à nos villes grises et
qu’aujourd’hui il est présent dans notre quotidien
(musée, vêtement, pub etc.)
Alors, n’hésitez pas, quand l’occasion se présente, tous
à vos marqueurs.
Alix Vaucelle, Abdessamad Kassous

Saïd Boucema, lui, est reconnu depuis
plus de dix ans. C’est un graffeur reconnu habitant la vienne qui en a fait
son métier depuis 2005. Il s’est mis naturellement à cet art lors de l’arrivée de
la culture hip hop en France, d’abord
comme passion. Après une carrière sportive de haut niveau qu’il a du arrêter
suite à une blessure, il décida de faire de
cette passion un métier. Malgré le risque
d’exercer dans la rue il n’a jamais graffé
sur des bâtiments publics ou privés : « La
prison ne m’intéresse pas, « dit-il.

©Keskon attend

Son métier depuis 10 ans

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