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La République coopérative / Ernest Poisson Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

La République coopérative / Ernest Poisson

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Poisson, Ernest (1882-1942). Auteur du texte. La République coopérative / Ernest Poisson. 1920. 1/ Les

Poisson, Ernest (1882-1942). Auteur du texte. La République coopérative / Ernest Poisson. 1920.

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RÉPUBLIQUE

LA?

COOPÉRATIVE

ERNEST

POISSON

LA RÉPUBLIQUE

COOPÉRATIVE

BERNARD

PARIS

GRASSET, ÉDITEUR

61,

BUE DES SAINTS-PÈRES, 61

MCMXX

Tous droits de reproduction,"de traduction et d'adaptation

réservés

pour tous pays.

Copyright by Bernard Grasset, Paris, 1920.

TABLE

DES

MATIÈRES

INTRODUCTION

LES LOIS OU CONDITIONS D'UNE TRANSFORMATION SOCFALK

SOCIALE ?.:

loi?

CHAPITRE PREMIER.

LA

QUESTION

La Société est soumise à des

A) B) Caractère de! ces lois

.

.

.

.

Pages.

3

3

4

CHAPITRE II.

LES CONDITIONS D'USÉ TRANSFORMAIro.x

SO-

CIALE

A) La

question sociale n'est pas qu'une question éco-

.

nomique

B) Est-ce une loi «mécanique?».

C)

Le

déterminisme économique

fl

6

7

8

CHAPITRE III.

LES "LOIS

DE

TRANSFORMATION SOCIALE

est faite

A) L'histoire de la société

de l'histoire des progrès écono-

.

.

classes sociales.

B) Une transformation sociale est

un

C) Les

organes

de substitution

.

CHAPITRE IV. LES FAITS

ANNONCIATEURS I>*UNE CRISE SO-

. CIALE

A) Les caractères

d'une crise sociale

B) La crise sociale actuelle.

.

.

C) La coopération l'organe de

.

substitution

.

.

.

.

.

:

11

11

12

13

16

16

17

19

vi

LA

nKPL'ni.iQUK COOPÉRATIVE

l'RKMIKIli: IWHTJE

I/IIYPOTIIÈSE'SCIENTII'IOL'K DE LA RÉPUBLIQUE

-COOPÉRATIVE

Pages.

23

'2ù

?

CHAPITRE PREMIER.

TION, ET COMMENT

CHAPITRE II.

LA'COOPÉRATION LST-ELLE UNE SOLU-

-

LES

LOIS ORGANIQUES DE LA COOPÉRATION.

prorata

des achats

commerce

.

A| Répartition

B) Egalité

C) La vente

 

.

'2tj

 

32

35

41

.

.

.

.

.

des sociétaires au

prix jiDle' du

au inaliénable et collectif

D) L'actif net

CHAPITRE III.

LES

D'ÉVOLUTION DE LA

COOPÉRATION.

efforts.

.

.

.

agri- vers

LOIS

A) Loi d'extensibilité indéfinie

a) L'extensibilité des sociétaires

b)

c)

d)

L'extensibilité par L'extensibilité

L'extensibilité par de

d'opérations

genre coordination des

la

la coopération de

gros

l'organisationindustrielle,financière et

cole

46

40

46

50

53

58

B) Loi

d'adaptation du la coopération au progrès éco- nomique.

63

CHAPITRE IV.— UNE HYPOTHÈSE: DB LA

.

.

.

.

RÉPUBLIQUE

.

.

.

COOPÉ-

RATIVE.

A) L'hypothèse

B) Conséquences de

C)

D)

Conformité de

l'hypothèse

l'hypothèse

les lois d'organi-

avec

sation du mouvement coopératif.

Les limites pothèse de

possibles à la réalisation de cette hy-

la

Républiquecoopérative

de la réalisa-

E) Conditions intellectuelles et morales

tion de la République coopérativ

.

69

69

71

72

74

75

DEUXIÈME PARTIE

LES CONSÉQUENCES DE LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE

CHAPITRE PREMIER.

LE

ÉCONOMIQUE: Une

TOINT DE VUE

théorie économique nouvelle

la production

A)

: la consommation organisant

SI

81

81

Une théorie économique nouvelle

a) Les deux

fonctions essentielles

b) L'économie de la consommation et l'économie .82 delà production .

--.

.

.

-.-.-.

.

.

.

.

TAULE

DES MATIÈRES

vu

H)

Pages.

S3

J*'3

c) Les deux

d) Coiiiiiicut ILS

systèmes ne s'excluent pa> absolument

comparer

o>t'-dominée

par

la

produc-

La

Société actuelle tion

.v3

£3

84

85

a) La course au prolil

b) Produire

.c) La

réparlition pour

production

produrc

des richesses est fonction de la

l'intérêt

du

consomma-

d) La >iibordiiiati<iH de

teur.

e) L'intérêt des

producteurs et l'intérêt des tra-

onsomnialeur

personnel

.

.

.

.

.

.

.

.

vailleurs C) La souveraineté du

D]

a) Le besoin social et. l'intérêt

La libre

b) La consommation concurrence organise

c) République

La

ral

coopérative

et l'aide mutuelle

la

production

devant l'intérêt géné-

.

.

.-.".

.

.

.

.

.

.

et le progrès économique

économique

.

.

.

.

a) L'intérêt général

b) Le progrès

c) La partie sociale.

Siï

88

SU

89

92

94

90

90

97

99

CHAPITRE II. LE POINT DE VUE SOCIAL : La coopération est

socialiste

nature.

par

quoi la coopérative est-elle socialiste?

.

.

.

.

.

A) En

II)

.

.

.

Les différences entre Iceoopéralismct-llesocialismc

.

.

.

a)

La conception classique du socialisme

réalisation de

son

idéal

des

.

écoles

la

pour

b) Modalités dilïérentes

socialistes

dans leur unité fondamentale.

c)

Différences certaines du socialisme

.

cl du

coopératisme économique

par

la

a)

L'élimination

politique

.

la

concurrence la législation. ou

par

transformation sociale

possibles

d) Différences

tique

a)

et

entre socialisme poli-

socialisme

.

.

.

.

coopération économique

ou

Socialisme de producteurs

de consommateurs

p) Lutte do classe et organisation de con-

.

sommateurs. C) La République coopérative

mais

suffit

.

.

à tout.

a)

b)

La

La

lion.

.

'".

elle-même,

.

.

.

se

suffit

.

.

à

coopération ne pas vue au point de vue du socia-

.

lisme politique.

prise socialiste du pouvoir et la

.

-

.

.

.

.

.

.

.

.

coopéra-

.

.

.

.

.

.

CHAPITRE

111.

LA

RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE AU POINT DE

VUE DES

SOCIÉTÉ.

RAPPORTS JURIDIQUES, POLITIQUES ET MORAUX DE LA

LE POINT DE VUE

JURIDIQUE

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.-.-

.

.

.

.

.

100

100

103

103

104

100

107

113

113

117

119

121

123

12Ô

Vin

LA

RÉPUBLIQUE COOPERATIVE

Page*.

A) Transformations

droit de

a)

h)

c)

La

La

La

VUE

juridiques : la coopération et le

pour

base la pro-

propriété

125

126

127

129

131

131

131

loi

132

134

138

140

140

140

14.4

145

146

147

République coopérative a

priété

privée

des

consommateurs.

propriété collective indivisible et inaliéna-

.

.

.

ble

do la

coopérative

du

propriété privée

à la

consommateur fait

propriété collective de la Société.

gouvernement des

.

place

TOLITIQUE

.

.

.

.

.

.

LE POINT DE A)

Répercussion politique. Du

hommes

à

l'administration des choses.

a) Les deux fonctions de l'Etat

a)

L'état de classe

p) L'état démocratique

b) La coopération et l'Etal.

c) Coopération et

MORAL

.

a) La coopération, institution publique.

.

.

.

.

.

p) La

.

135

. 137

coopêratisrttion des services publics.

démocratie

.

LE POIST DE VUE

A) PRoiiLibïEs

a)

La

a)

MORAUX: LE CONSOMMATEURET

ÏAMORALE.

coopération, réalisation

pratique

de la solidarité.

cj La foi coopérative

d) La morale

 

.

.

.

de îa coopération .

Les MIMCS sociales.

3) L'éducation du consommateur

TROISIEME-PARTIE

LES ATTACHES IDÉOLOGIQUES DE LA COOPÉRATION

LES

ATTACHES DE

LA

COOPÉRATION

.

CHAPITRE PREMIER. LE

SOCIALISME

ASSOCIATIONISTE OU

L'UTOPIE COOPÉRATIVE

Principes essentiels de l'r.ssociationisme.

.

pas

coopératisino .

A)

B) Assucialii.uiismu n'est

C)

Les points de rapprochement

.

.

.

.

151

152

152

153

154

CHAPITRE H. 1;E MARXISME N'A RIEN D'INCOMPATIUIX AVEC

LA COOPÉRATION

A) L'essentiel du marxisme

.'})

Aucune -incompatibilité avec le coopéralisme .

.

CHAPITUE III. LA DOCTRINE SYNDICALISTE EST siti-u JUMELLE COOPÉRATION

DE LA

A) Le concept syndicalis.

B) Principes

communs

C) Différences

.

.

.

.

.

.

.

lô<

157

15î>

102

102

161

105

TABLE

DES MATIÈRES

IX

QUATRIÈME PARTIE

LES LIMITES A-LA RÉALISATION

Pages.

169

"Y A-T-1L DES LIMITES A SA RÉALISATION

CHAPITRE PREMIER. LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ET LES

.

.

.

.

.

.

.

AUTRES FOKCHONS

SOCIALES

A) Le droit social

B)

C)

Les fonctions

esthétiques

et

et morales

La coopération

l'assurance sociale

,

171

171

174

175-

CHAPITRE H.

L'ORGANISATION DU TRAVAIL DANS LA RÉPU-

.

.

COOPÉRATIVE

BLIQUE

A) Le salariat el la

B)

Différence

avec

C)

République coopérative.

le

régime

du

actuel

travail

.

.

.

Nouvelle organisation

a)

b)

c)

La

La

Gérance

participation aux bénéfices

participation

à

la

gestion.

et commandite.

.

.

.

.

.

.

178

178

179

180

180

181

184

CHAPITRE III.

COOPÉRATION

DIVERSES CONDITIONS D'EXISTENCE

A) Conditions

B)

a)

économiques

L'économie familiale

ou

b) Monopoles privés

Conditions politiques

publics.

;

.

.

a) Le droit d'associalion C) Conditions sociales

a)

b)

La coopération

La

coopération

c)

La

M

dans les classes

et le

aisées

paupérisme

les

coopération parmi

mades d) Les consommations de luxe.

travailleurs

.

.

DE

.

.

.

.

.

.

LA

.

.

.

.

«_ no-

187

187

187

189

191

191

193

193

194

195

195

CHAPITRE IV.

LA

CIÉTÉS COOPÉRATIVES.

RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE ET

LES SO-

.

197

CINQUIÈME PARTIE

t

LES MOYENS DE RÉALISATION DE LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE

CHAPITRE

PREMIER. LES MOYENS DE RÉALISATION

CHAPITRE IL DE LA SOCIÉTÉ LOCALE

VELOPPEMENT

a) L'ère héroïque

A LA SOCIÉTÉ DE

DÉ-

201

204

204

S

LA

RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE

Pages.

h) La grande Société locale

c) Sociétés coopératives à succursales

.

.

.

.

CHAPITRE III. Du RÔLE

A)

DU MAGASIN DE GIIOS

production

les

qui'poussent sur

L'i. fonction commerciale du magasin de

:./

Il

ne

doit

pas

être mi intermédiaire onéreux. gros.

.

commercial .

.

.

.

gros

et

b) Les limites de son rôle

la

- B) Son importance

a) Les raisons

à

magasins de

la production

de

b) Coopératives

c)

production industrielle

magasin de

Coopératives de gros production agricoles et maga-

sin de

gros

grande production

.

de gros

d) Petite et

C) La base financière du magasin

CHAPITRE IV. LA

A)

B)

C) Unité

RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE.

LA

L'évolution vers la Société nationale .

Les

avantages

et

décentralisation

.

.

.

.

.

.

.

SOCIÉTÉ .

.

.

.

.

CHAPITRE V. L'ORGANISATION INTEUNATIONALE DES

A) La

économique par échange.

le

le guerre libre

B) L'organisation

internationale

.

.

.

.

ÉCHANGES.

protectionnisme et

des échanges.

.

.

.

.

CHAPITRE VI.

LE

A) Historique

tional.

MAGASIN

de l'idée

B) Ce qu'il peut être

. .

DE GROS

INTERNATIONAL

du magasin de gros

interna-

.

.

.

206

207

209

210

210

216

218

218

220

224

227

229

233

233

235

238

240

242

244

248

249

250

CONCLUSIONS

\

A) Le but du livre.

B) Résumé des grandes ligues

. . "

.

.

.

.

 

.

.

252

253

CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION SOCIALE

A) La société est soumise à des lois.

Y a-t-il

question

sociale ? Des économistes

une

pro-

fessionnels, des polémistes politiques, ont

tendu qu'il

y

toujours pré-

les non bases une

avait des questions sociales et

peuvent

par que

question sociale. Ils veulent dire

mômes

de la Société

changées;

ressant

tel

ne

doivent être problèmes inté-

ou ne

et que seulement

tel

rouage

abordés

de

certains

l'organisalba économique

maintien

le

et

respect

de l'organisme

(tout au

leur thèse

défendre seulement

sur l'exis-

sociaux.

économiquement,

repo-

éternelles,

peuvent être ou

même

dans le

des institutions fondamentales

pour appuyer

ne pas

social. En général,

moins

ceux

qui prétendent

désintérêts constitués),ilsentendenls'appuyer

tence de lois

scientifiques

réglant

La Société, serait sur des lois en

particulier

les

rapports

ne

ter

pour

à les

naturelles, universelles et

modifiées

par

qui

hommes, mais auxquelles

peuvent être

la volonté des

s'adap-

les hommes doivent

leur plus grand

bien, quand ils sont parvenus

connaître.

Une école

économique, l'école physiocralique, n'a-

affirmer le caractère

providentiel

l-elle pas été jusqu'à

4

LA

RÉPUBLIQUE COOPERATIVE

de leur révéla-

scientifique,

n'ont-ils

qu'ils appellent les faiseurs de systèmes, les hommes

qui crurent trouver ou proposèrent des remèdes aux

pas encore ceux

de

lois et à manifester

grande joie

ces

sa

tion? Aussi,

pas

avec quel mépris, avec

tous les

traité et

quelle

prétention

thuriféraires de la Société actuelle traitent-ils

ne

actuelle comme si, disent-

désir de

pouvait commander ou

appuyée

sur un

crises sociales de la Société

ils, la

volonté humaine, même

ou

justice

des règles de morale,

des choses !

contrarier la nature

Aussi, ils ont vile fait

régler leur

ou

de se

des utopies

billevesées

d'un

d'un

gausser

aux

Fourier, de Saint-Simon

Owen.

compte

la

de plaindre

folie géniale de Robert

Ils prétendent être les hommes de la science.

B) Caractère de ces lois.

Malheureusement

une époque

ont

est

pour eux,

venue s'en
à

à

où les détracteurs de

f(rendre aux

tour

la Société qui

continué

bases de celle-ci, ont

prétendu

appuyer

leurs critiques et la nécessité d'une

transfor-

mation eur complète de la Société sur des données scien- tifiques.

Les

sociologues

modernes

affirment qu'au

à des lois naturelles, universelles et

soumis

lieu d'être

éternelles,

la

nir

Société perpétuellement évolutions sujettes

»,

a

époque, ses

en

même On peut donc

un

que

deve-

mouvement,

à des lois

a

historiques; en

«

propres

lois ont

so-

chaque

de fonctionnement

chaque milieu social

et

ses lois

et ces

de développement,

caractère relatif.

par

cial,

ses

affirmer, au nom

du déterminisme

la Société se meut, se

transforme

jusque dans

fondements et à tout

moment. Les conditions de

ayant le sens d'une

sont donc tou-

réalisation d'une révolution sociale

transformation des bases de la Société

jours en voie de se

inéluctable de lois

du monde

tien de la Société

présent

constituer,

par la même nécessité

les

comtempteurs

au

main-

que

prétendre

scientifiques

invoquaient

actuelle.

pour

LA

QUESTION

SOCIALE

5

Que les rapports sociaux soient soumis aux mêmes

de

cause

à eiTet

que

les

rapports

naturels,

nécessités

y

qu'il

tionnement des

ait dans le monde des lois qui président au fonc-

humains, des

végétaux, des mi- à l'évolu-

comme

réciproques

de la Société humaine, quoi

Pourquoi

néraux et à leursrelations corps

tion et

de

donc cet être qui

fonctionnement

surprenant? au

puis qu'il

ce

cisément

son

existe à la

déterminisme

pour

espèce,

général

l'exercice

Gomment

Seul, le contraire le serait.

s'appelle

vie

en

homme et est voué de-

seul à

société un échapperait-il

des êtres et

des choses, pré-

de

d'un caractère spécifique

la sociabilité?

ces

lois

ne

seraient-elles

relatives, c'est-

historiques,

conduit générale ;

ni universelles, pas mais

dans tous les domaines,

à-dire ni éternelles,

puisque

la science,

seulement à la

connaissance d'une seule loi

la totale relativité ?

Donc toute Société humaine, et la Société actuelle

particulier,

celle dans

laquelle

vivons

aujour-

nous

vouée à des transformationsjusque dans les

lesquels

elle

sur

à

toute époque

et

questions

il

forcément

ques-

d'un

repose; tout

à

y

a

moment,

partie une

sociales font

d'évo-

ou

quelles

en

d'hui, est

principes

pendante,

tion

tout,

sociale. Les

sont liées et rattachées à l'ensemble.

sont les lois de

Quelles

et

dynamisme social

lution

sont les lois de

tionnement de rouages? Telles

de transformationdes

Sociétés etaussi,

statique sociale, d'existence et

chaque

Société et de chacun

sont

de fonc- de ses

les questions qui se posent.

CHAPITRE II

LES CONDITIONS D'UNE TRANSFORMATION

SOCIALE

Rechercher les conditions dans

réaliser, c'est

que

lesquelles elle doit

de

ceux

qui

doit porter-l'effort

une

recherche

se

prétendent participer

aborder

des connaissances

à

scientifique et

avec

le problème de la transformation sociale

sociologiques.

A) La question sociale n'est pas qu'une question écono- mique.

certes économiques, mais

Les

rapports

sociaux sont

-également juridiques, politiques,

Gomme tous les

est

rapports

s

impossible de

des autres et que

sociaux

brent et

ne se

ne.se

ils

être classés,

chacun une

fiarée,

a

et

éthiques.

moraux

des hommes et

des choses, il

uns

imaginer

qu'ils soient isolés les

les

différentes catégories de rapports

ne

.s'influencent,

ne

s'équili-

peuvent

pénètrent,

subordonnent. Par l'esprit, ils

peuvent même dans la

réalité acquérir

action

môme de plus en plus se-

intégrante de

ils n'en sont propre,

pas

moins partie

totale Société humaine.

LES CONDITIONS D'UNE TRANSFORMATION SOCIALE

7

Quelle

exemple, de

prendre en

et

soi l'homme

erreur, par

ou

économique

autres

la Société économique

de l'isoler des

manifestations d'activité

matérielle ou mentale

de l'humanité !

Pour ce qui est de

rapports

l'importance réciproque

des caté-

ce

gories de

jour et

maine, le

sociaux, inévitablement,

jusqu'à

depuis que la Société humaine est Société hu-

point de vue

économique a dominé; il a fallu

consommer el pour consom-

prévalu

a

c'est-à-dire

la vie

donc

pour

a

les

d'abord vivre,

il a

et

fallu

produire/La lutte

précédé

tous les autres rapports sociaux. Elle

conditionnés.

Dans l'état

d'inégale répartition

des richesses de la

que les

aspects

Société actuelle, l'immense

est amenée à

la vie

majorité de la population

de

pouvoir concevoir

et à

en

être

économique ne

l'esclave.

le minimum auquel l'état delà

lui permet

rapports

écono-

ne

pour la plupart les

aux

seuls

rapports

Il lui faut

vivre et

Société actuelle la contraint et la ramène

d'autre horizon;

se

réduisent

sociaux pas miques.

Ainsi

tions subsistera, tant

répartition

Société,

donc, la subordination de toutes les autres rela-

point abolie l'inégale

composant

la

que ne sera

entre

les parties

pro-

des richesses

conséquence elle-même des conditions de

degré

duction et du ductrices.

de développement des forces pro-

B) Le déterminisme économique.

économiques, voilà donc la fonction

jour de

Les

rapports

es-

sentielle

maine.

jusque ce

l'histoire de la Société hu-

vérité, la vie économique

la plus large

de la

été l'infrastructure de

juridique,

et

morale,

déterminant les

rap-

du facteur

dominant, voici

En

a

la

Société, la superstructure

etc.,

était

politique,

autres

la première dominant

mesure.

dans

Cette explication

subordination de tous les

au

premier

facteur

rang

ports sociaux et

de la mise

économique considéré comme

2

S

LA

RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE

l'on appelle la loi du

matérialisme historique

éternelle?

ont commandé la

ce plus que

toire

ou

exactement du déterminisme

Karl Marx,

le premier,

est-elle

historique

a

économique de l'his-

formulée.

Non point. Si

vie des

Celte que loi

les

conditions économiques

influé

sur

hommes et même

vie, c'est

moyens

tion

qui étaient à

Avec

le .progrès

des inventions,

la-part spirituelle de celle

l'insuffisance des

de produc-

réalité de consommation,

en

en

raison de

et

par

même

la disposition de l'humanité.

qui est

avant tout dans

l'application

qui

permet de multiplier chaque jour la

productrices

de

que

et de donner à l'hu-

travail toujours plus puis-

celle-ci se libérera

peu

à

puissance

manité des instruments

des forces

sants, il est à présumer

de

chaînes

qu'elle peu

conditions de vie.

ses

est

travaux forcés

obligée d'accomplir pour satisfaire à ses

matérielles, des

En raison de l'évolution,

aujourd'hui

il semble bien

l'in-

que

fluence,

dominante, des fadeurs

en

vie sociale.

écono-

miques de l'humanité est

ténuera chaque jour davantage

des autres facteurs

voie de s'atténuer et s'at-

par

rapporta l'influence

de la

G) Est-ce une loi « mécanique » ?

Mais, la loi du

déterminisme économique

doit-elle

être interprétée dans un sens mécanique? Ce serait là,

trahir la

tout cas,

pensée

fondateurs du Mar-

compréhensifs eh ont donné des

des

en

xisme.

Si des

disciples

peu

explications simplistes.ou primaires,

peu

consciencieux

pas

moins

et souvent

sens

de

de

si des adversaires

historique,

elle

ignorants oui feint de mé-

connaître le véritable

n'en est

pourront lui être apportées, la seule explication vraie

cette loi et

avec

jusqu'alors,

les précisions qui

en ses

est

diverses

vé-

une

l'évolution delà Société humaine

phases. Cette

loi du déterminisme économique

en plus

pas,

rité scientifique de plus

de la

démontrée. Le progrès à chaque découverte, à

science ne consiste

LES CONDITIONS D'UNE TRANSFORMATION SOCIALE

9

le chantier tout

à

ce qui était

déjà vérité

remettre sur

auparavant,

mais plutôt

reprendre les connaissances

certains points

laté-

sens parallèles ou

acquises,

et à

les

à les préciser, à les réviser sur

dans des

développer

raux. C'est

livre

sur

« Mais

rapports

du reste

ce que Kaulsky disait

dans son

: la science? La connaissance des

le Marxisme

qu'est-ce

que

nécessaires

et naturels des

phénomènes. Or,

pas encore

des phénomènes si compliqués qu'il n'a

possible

de découvrir leurs

sorte

que nous ne

et

pouvons

hasard

de l'arbitraire,

sont

la science. Le

progrès

treindre le domaine

de

été

de

rapports nécessaires,

voir

en

eux que

en

le jeu du

dehors du domaine de science consiste à

res-

la

du hasard cl de l'arbitraire et à

étendre celui de la nécessité

Le grand

plus

avec

les faits

reconnue.

mérite de Marx el

que

d'Engels

est d'avoir,

de succès

leurs devanciers, fait entrer

historiques

dans le domaine des faits néces-

l'histoire à la hauteur d'une

sociaux ne peuvent

causes

le

s'expliquer

qui

telle action

économiques

politique,

régime

ou les situa-

tout.

saires

science. »

Mais les

cl élevé

ainsi

phénomènes

invoquant-simplement les

est conditionnée

économiques, mais c'est

admettant

même

sociaux,

une vie

en

les auraient déterminés.

juridique