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Université Jean Monnet

Saint Etienne

PROJET
Les sous-groupes finis de SL2(C)
Master I, Mathématiques
Auteur : Enseignant :
Verónica M. Acurio Vásconez Anne Pichereau

Mai 2010
Saint Etienne - France
Les sous-groupes finis de SL2(C)

Verónica M. Acurio Vásconez

23 mai 2010
Table des matières

1 Introduction 2

2 Rappels 3
2.1 Sur les Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.1.1 Quelques résultats sur le groupe diédral . . . . . . . . . 3
2.2 Sous-groupes de GLn (C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

3 Les Polyèdres Binaires 6


3.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Le groupe diédral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

1
Chapitre 1

Introduction

Le thème de ce mémoire trouve son origine au 19-ième siècle quand Félix


Klein a trouvé une relation entre les sous-groupes finis du groupe spécial
unitaire SU2 (C) et les solides platoniques.

Ce mémoire présente le développement complet des résultats qui per-


mettent d’obtenir ce lien entre les sous-groupes finis de SL2 (C) (ou SU2 (C))
et les solides platoniques ainsi comme l’étude de quelques exemples. Pour
ceci on utilise des résultats de la théorie des groupes, la droite projective
complexe, la projection sthéreographique et distance sphérique.

Le mémoire est divisé en deux parties : la première partie est une rappel de
tous les résultats dont nous aurons besoin pour la suite. Parmi ces résultats,
nous donnons une démonstration des plus importants pour notre étude. Dans
la deuxième partie, nous introduisons une action du groupe SL2 (C) sur la
droite projective complexe, nous donnons quelques propriétés de cette ac-
tion, ce qui nous permet ensuite d’étudier une partie de la classification des
sous-groupes finis de SL2 (C) et d’expliquer sur certains examples les rela-
tions entre ces sous-groupes et les solides platoniques.

2
Chapitre 2

Rappels

2.1 Sur les Groupes


Définition 2.1.1 Un groupe G est un ensemble non vide, muni d’une loi
de composition interne qui vérifie trois conditions : elle est associative,admet
un élément neutre (noté e) et pour tout x ∈ G, x admet un symétrique ou
inverse.
Définition 2.1.2 Un groupe G est dit cyclique ou monogène s’il existe un
élément x ∈ G qui engendre tout le groupe.

2.1.1 Quelques résultats sur le groupe diédral


Définition 2.1.3 Le groupe diédral Dn est le groupe des isométries du plan
euclidien conservant un polygône régulier à n cotés.
Remarque 2.1.1 Toute isométrie conservant un polygone régulier à n cotés
fixe le point O (où O est le centre du polygone) par conservation des distances.
Proposition 2.1.1 Dn contient un sous-groupe cyclique d’ordre n.
Proposition 2.1.2 Dn est d’ordre 2n et il n’est pas abélien.
Proposition 2.1.3 Tout groupe engendré par deux éléments a et b tels que :

1. a est d’ordre 2,
2. b est d’ordre n,
3. abab = 1,

est isomorphe à Dn .

3
CHAPITRE 2. RAPPELS

2.2 Sous-groupes de GLn(C)


Définition 2.2.1 L’ensemble

GLn (C) = {u ∈ Mn (C) , tel que u est inversible}

est un groupe par la multiplication de matrices.

Définition 2.2.2 L’ensemble

SLn (C) = {u ∈ GLn (C) , tel que det (u) = 1}

est un sous-groupe de GLn (C).

Remarque 2.2.1 SL2 (C) est donc le groupe des matrices 2×2 à coefficients
complexes et de déterminant égal à 1.

Définition-Proposition 2.2.1 L’ensemble


  
a b
SU2 (C) = ∈ M2 (C) , tel que |a| + |b| = 1
2 2
−b a

est un sous-groupe de SL2 (C).

Démonstration Pour tout u ∈ SU2 (C) il est clair que det(u) = 1, donc
toute matrice de SU2 (C) est inversible et en plus on voit que SU2 (C) ⊂
SL2 (C).

SU2 (C) est non vide car id ∈ SU2 (C) (puisque det(id) = 1).

Soient u, v ∈ SU2 (C), montrons que uv −1 ∈ SU2 (C). Posons,


   ′ 
a b a b′
u= , v=
−b a −b′ a′

On a,
 
−1 a′ −b′
v =
b′ a′

On a bien a′ = a′ et −b′ = −b′ et on a aussi que |a′ |2 + |b′ |2 = 1, (car


v ∈ SU2 (C)), donc v −1 ∈ SU2 (C).

On obtient donc,

Verónica M. Acurio Vásconez 4


CHAPITRE 2. RAPPELS

  " #
aa′ + bb′ −ab′ + ba′ aa′ + bb′ −ab′ + ba′
uv −1 = = 
−ba′ + ab′ bb′ + aa′ −(−ab′ + ba′ ) aa′ + bb′

et on a aussi,
  
aa′ + bb′ 2 + |−ab′ + ba′ |2 = aa′ + bb′ aa′ + bb′ + (−ab′ + ba′ ) −ab′ + ba′
  
= aa′ + bb′ aa′ + bb′ + (−ab′ + ba′ ) −ab′ + ba′
= |a|2 |a′ |2 + aba′ b′ + aba′ b′ + |b|2 |b′ |2 + |a|2 |b′ |2 − aba′ b′ − aba′ b′ + |b|2 |a′ |2
= |a|2 |a′ |2 + |b′ |2 + |b|2 |a′ |2 + |b′ |2
= |a|2 + |b|2 = 1

donc uv −1 ∈ SU2 (C), et donc SU2 (C) est bien un sous-groupe de SL2 (C).

Définition 2.2.3 L’ensemble



O3 (R) = u ∈ M3 (R) , tel que ut u = Id

est un groupe pour la multiplication de matrices, appelé le groupe ortho-


gonal.

Définition 2.2.4 Soit E un espace euclidien sur R, et soit f une fonction


de E × E sur R. On dit que f est une produit scalaire sur E si,

1. pour tous u, v ∈ E, f (u, v) = f (u, v).


2. pour tous u, v, w ∈ E, f (u + v, w) = f (u, w) + f (v, w).
3. pour tout a ∈ R, et tous u, v ∈ E, f (au, v) = af (u, v).
4. pour tout u ∈ E, f (u, u) ≥ 0 et f (u, u) = 0 si, et seulement si, u = 0.

On notera par la suite f (·, ·) = (· | ·) notre produit scalaire.

Remarque 2.2.2 Soit E un espace euclidien de dimension 3 sur R. On


notera O3 (R) le groupe orthogonal de E, c’est à dire le groupe des transfor-
mations linéaires t de E telles que,

(tx | ty) = (x | y), x, y ∈ E

Définition 2.2.5 L’ensemble SO3 (R) = O3 (R) ∩ SL3 (R) est un groupe,
appelé le groupe special orthogonal (ou le groupe de rotations).

Verónica M. Acurio Vásconez 5


Chapitre 3

Les Polyèdres Binaires

3.1 Préliminaires
Notation On notera P la droite projective complexe, c’est à dire,

P = C ∪ {∞}

Définition-Proposition 3.1.1 Le groupe SL2 (C) agit sur la droite projec-


tive P .

Démonstration Posons

Φ : SL2 (C) × P → P
 
a b
tel que, pour ∈ SL2 (C) et pour z ∈ P
c d

    az+b , si z 6= ∞
a b cz+d
Φ ,z = ac−1 , si z = ∞ et c 6= 0
c d 
∞, si z = ∞ et c = 0

Φ est bien définie.

Montrons maintenant que Φ est une action, c’est à dire montrons que,

SL2 (C) → SP
u 7→ Φ (u, •)

où SP est le groupe des bijections de P sur P , est une morphisme de


groupes.

6
CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Soient u, v ∈ SL2 (C) tels que,


   
a b a′ b′
u= , v=
c d c′ d ′

alors,

⋄ Soit z ∈ C
  
aa′ + bc′ ab′ + bd′
Φ (uv, z) = Φ ,z
ca′ + dc′ cb′ + dd′

(aa′ +bc′ )z+ab′ +bd′


= (ca′ +dc′ )z+cb′ +dd′
(1)

D’autre part,
′ ′ 
Φ (u, Φ (v, z)) = Φ u, ac′ z+d
z+b

 ′ 
z+b′
a ac′ z+d ′ +b
= ′ ′
c( ac′ z+d
z+b
′ )+d

a(a′ z+b′ )+b(c′ z+d′ )


= c(a′ z+b′ )+d(c′ z+d′ )

aa′ z+ab′ +bc′ z+bd′


= ca′ z+cb′ +dc′ z+dd′
(2)

De (1) et (2) on voit que Φ (uv, z) = Φ (u, Φ (v, z)), pour tout z ∈ P .

⋄ Soit z = ∞. On a quatre cas,

– Supposons que c = 0 et c′ = 0, donc on a que Φ (u, ∞) = ∞ et


Φ (v, ∞) = ∞ et,
  ′ ′   ′ 
a b a b aa ab′ + bd′
uv = =
0 d 0 d′ 0 dd′

On a donc Φ (uv, ∞) = ∞. D’autre part,

Φ (u, Φ (v, ∞)) = Φ (u, ∞) = ∞

– Supposons que c = 0 et c′ 6= 0, alors Φ (u, ∞) = ∞ et Φ (v, ∞) =


a′ c′ −1 et,

Verónica M. Acurio Vásconez 7


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

    
a b a′ b′ aa′ + bc′ ab′ + bd′
uv = =
0 d c′ d ′ dc′ dd′

Si d 6= 0 alors Φ (uv, ∞) = (aa′ + bc′ ) (dc′ )−1 sinon Φ (uv, ∞) = ∞.


D’autre part,
 aa′ c′−1 + b
Φ (u, Φ (v, ∞)) = Φ u, a′ c′−1 =
d
donc si d 6= 0, Φ (u, Φ (v, ∞)) = (aa′ + bc′ ) (dc′ )−1 , sinon Φ (u, Φ (v, ∞)) =
∞.

Si on suppose c 6= 0 et c′ = 0, on peut raisonner de la même façon.

– Supposons que c 6= 0 et c′ 6= 0, alors Φ (u, ∞) = ac−1 et Φ (v, ∞) =


a′ c′ −1 et,
  ′ ′   ′ 
a b a b aa + bc′ ab′ + bd′
uv = =
c d c′ d ′ ca′ + dc′ cb′ + dd′

Donc, si a′ = 0 ou d = 0, on se ramène au dernier cas. Si a′ 6= 0


et d 6= 0, alors Φ (uv, ∞) = (aa′ + bc′ ) (ca′ + dc′ )−1 et si a′ = 0 et
d = 0 alors Φ (uv, ∞) = ∞. D’autre part,
 aa′ c′−1 + b
Φ (u, Φ (v, ∞)) = Φ u, a′ c′−1 = ′ ′−1
ca c + d

donc si a′ 6= 0 et d 6= 0, Φ (u, Φ (v, ∞)) = (aa′ + bc′ ) (ca′ + dc′ )−1 ,


sinon Φ (u, Φ (v, ∞)) = ∞.

En conclusion, Φ est bien une action. .


 
1 0
Notation On notera parfois 1 =
0 1

Proposition 3.1.1 On a une action de SL2 (C)/{±1} sur P .

Démonstration On sait que le centre de SL2 (C) est égal à l’ensemble {±1}.

On sait aussi que le centre d’un groupe est toujours normal, donc on peut
définir le morphisme de groupes,

Verónica M. Acurio Vásconez 8


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

ϕ : SL2 (C) → SL2 (C) / {±1}

Notons N = {±1} et posons

Φ′ : SL2 (C) /N × P → P
   
a b a b
tel que, pour ∈ SL2 (C) et pour z ∈ P , en notant ϕ =
c d c d
 
a b
c d
  !   
a b a b
Φ′ ,z = Φ ,z
c d c d

Pour montrer que Φ′ est une action, il nous suffit de vérifier que Φ′ est
bien définie, car dans ce cas, vu que Φ est une action d’après la Définition-
Proposition 3.1.1, Φ′ le sera aussi.

Soient donc, u, v ∈ SL2 (C)/N tel que u = v. On sait que, u = v si et


seulement si uN = vN, c’est à dire si et seulement si,

u=v ou u = −v

Si u = v, Φ′ (u, z) sera égal a Φ′ (v, z).

Il nous reste considérer le cas où u = −v. On veut montrer qu’alors


Φ(u, z) = Φ(v, z) = Φ(−u, z), pour tout z ∈ P . Posons,
   
a b −a −b
u= donc v = −u =
c d −c −d

⋄ Si z ∈ C

Φ (u, z) = az+b
cz+d
Φ (−u, z) = −az−b
−cz−d
= az+b
cz+d

Donc si z ∈ C, Φ(u, z) = Φ(v, z).

⋄ Si z = ∞

Verónica M. Acurio Vásconez 9


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

– Soit c 6= 0
Φ (u, z) = ac−1
Φ (−u, z) = (−a)(−c)−1 = ac−1
– Soit c = 0

Φ (u, z) = ∞ = Φ (−u, z)

Donc Φ(u, z) = Φ(v, z), pour tout z ∈ P .

Alors Φ′ est bien une action de SL2 (C)/{±1} sur P . 

Par la suite, on confondra parfois les notations de Φ et Φ′ .

Notation On notera par la suite P SL2 (C) = SL2 (C)/{±1}

Proposition 3.1.2 Il existe une bijection de P sur la sphère 2-dimensionnelle.

Démonstration Soit E un espace euclidien de dimension 3 et soit (ei )i=1,2,3


la base canonique de E, de sorte que le produit scalaire (· | ·) sur E est donné
par la formule suivante,
3 3
! 3
X X X
xi ei | yi ei = xi yi
i=1 i=1 i=1

où ((x1 , x2 , x3 ) , (y1 , y2 , y3 )) ∈ R3 × R3 .

On pose aussi,

kxk = (x | x)1/2 ,

la norme sur E, qui découle du produit scalaire ainsi défini.

Soit S la sphère unité de E, c’est à dire,

S = {x ∈ E tel que kxk = 1}

Soit l’application,

C → E
x1 + ix2 7→ (x1 , x2 , 0)

Verónica M. Acurio Vásconez 10


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Cette application permet d’identifier C avec le plan de E, orthogonal à e3 .

Soit π la projection stéréographique de S \ {n} sur C où n = (0, 0, 1).


Soit x ∈ S \ {n}, on définit π(x) comme le point d’intersection de C avec la
droite passant par n et x. C’est à dire,
π : S\ {n} → C
(x1 , x2 , x3 ) 7→ π (x) = (1 − x3 )−1 (x1 + ix2 )
Si l’on pose, pour z ∈ C
−1 
π −1 (z) = 1 + |z|2 2Rez, 2Imz, |z|2 − 1

alors,
 −1 
π (π −1 (z)) = π 1 + |z|2 2Rez, 2Imz, |z|2 − 1
 2
−1  
= 1 − |z| −1
1+|z|2
2Rez
2 + i 2Imz
1+|z|2
 2 2
−1 1+|z|
 
= 1+|z|1+|z|
−|z| +1
2
2Rez+2iImz
1+|z|2

=z

et de même, si x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ S,

π −1 (π (x)) = π −1 (1 − x3 )−1 (x1 + ix2 )
 −1      
x1 +ix2 2 x1 +ix2 x1 +ix2 x1 +ix2 2
= 1 + 1−x3 2Re 1−x3 , 2Im 1−x3 , 1−x3 − 1
 
−1  
x1 +ix2 2 x1 x2 x1 +ix2 2
= 1 + 1−x3 2 1−x3 , 2 1−x3 , 1−x3 − 1
 −1  
x21 +x22 x1 x2 x21 +x22
= 1 + (1−x 2 2 1−x
, 2 ,
1−x3 (1−x3 ) 2 − 1
3)
 −1  3 
1−2x3 +x23 +x21 +x22 x1 x2 x21 +x22 −x23 −1+2x3
= (1−x ) 2 2 1−x3
, 2 1−x3
, (1−x ) 2
3 3

Comme x ∈ S alors x21 + x22 + x23 = 1 et donc on obtient,


  
−1 (1−x3 )2 x1 x2 −x23 −x23 +2x3
π (π (z)) = 2−2x3 2 ,2 , (1−x )2
 2
  1−x3 1−x3 3 
(1−x3 ) x1 x2 2x3 (1−x3 )
= 2(1−x3 ) 2 1−x3 , 2 1−x3 , (1−x )2
3
= (x1 , x2 , x3 ) = x

Donc π −1 ainsi définie est l’application inverse de π, et π est bijective.

Si on pose en plus π(n) = ∞ alors on peut prolonger π à une bijection


de S sur P . 

Verónica M. Acurio Vásconez 11


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Définition 3.1.1 Soient z,z ′ ∈ C, on pose,


−1/2 −1/2
d (z, z ′ ) = 1 + |z|2 1 + |z ′ |2 |z − z ′ |
2 −1/2
d (z, ∞) = 1 + |z|
d (∞, ∞) = 0

Remarque 3.1.1 Soient x,x′ ∈ S, alors


2
d (π (x) , π (x′ )) = 1/2 (1 − (x | x′ ))

En effet,
−1 −1
d (π (x) , π (x′ ))2 = 1 + |π (x)|2 1 + |π (x′ )|2 |π (x) − π (x′ )|2
 −1  −1
x1 +x2 2 x′ 1 +x′ 2 2 x1 +x2 x′ 1 +x′ 2 2
= 1 + 1−x3 1 + 1−x′ 3 1−x3 − 1−x′ 3
 −1  −1 1−x′ (x +x )−(1−x )(x′ +x′ ) 2
=
1−2x3 +x23 +x21 +x22 1−2x′ 3 +x′ 23 +x′ 21 +x′ 22 ( 3) 1 2 3 1 2

(1−x3 )2 (1−x′ 3 )2 (1−x3 )(1−x′ 3 )
2

2 x 3 −x 1 −ix 2 +x3 x 1 +ix3 x 2
′ ′ ′ ′ ′
= 12 (1 − x3 ) 12 (1 − x′ 3 ) x1 +ix2 −x1 x 3 −ix(1−x 3 )(1−x 3 )
′ , car x, x′ ∈ S
= 1
4
(1 − x3 )−1 (1 − x′ 3 )−1 ((x1 − x1 x′ 3 + x3 x′ 1 − x′ 1 )2
+ (x2 − x2 x′ 3 − x′ 2 + x3 x′ 2 )2 )
= 1
4
(1 − x3 )−1 (1 − x′ 3 )−1 ((x1 (1 − x′ 3 ) + x′ 1 (1 − x′ 3 ))2
+ (x2 (1 − x′ 3 ) − x′ 2 (1 − x3 ))2 )
= 1
4
(1 − x3 )−1 (1 − x′ 3 )−1 (x21 (1 − x′ 3 )2 − 2x1 x′ 1 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 ) + x′ 21 (1 − x′ 3 )2
+x22 (1 − x′ 3 )2 − 2x2 x′ 2 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 ) + x′ 22 (1 − x3 )2 )
= 1
4
(1 − x3 ) (1 − x′ 3 )−1 ((1 − x′3 )2 (x21 + x22 ) − 2x1 x′ 1 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 )
−1

−2x2 x′ 2 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 ) + (1 − x3 )2 x′ 21 + x′ 22 )
= 1
4
(1 − x3 )−1 (1 − x′ 3 )−1 ((1 − x′ 3 )2 (1 − x23 ) − 2x1 x′ 1 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 ) 
−2x2 x′ 2 (1 − x3 ) (1 − x′ 3 ) + (1 − x3 )2 1 − x′ 23 )
1
= 4
((1 − x′ 3 ) (1 + x3 ) − 2x1 x′ 1 − 2x2 x′ 2 + (1 − x3 ) (1 + x′ 3 ))
1
= 4
(1 + x3 − x′ 3 − x3 x′ 3 − 2x1 x′ 1 − 2x2 x′ 2 + 1 + x′ 3 − x3 − x3 x′ 3 )
1
= 2
(1 − (x1 x′ 1 + x2 x′ 2 + x3 x′ 3 ))
1
= 2
(1 − (x | x′ ))

Proposition 3.1.3 d définit une distance sur P , appelée la distance sphérique.

Démonstration Pour tout z, z ′ ∈ P d’après la Proposition (3.1.2), il existe


x, x′ ∈ S tels que z = π(x) et z ′ = π(x′ ). Puis, d’après la Remarque (3.1.1),
on a,

Verónica M. Acurio Vásconez 12


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

d (z, z ′ )2 = d (π (x) , π (x′ ))2


= 12 (1 − (x | x′ ))

Montrons que d est une distance.

⋄ Soit z ∈ P , et soit x = π −1 (z), montrons que d(z, z) = 0

d (z, z)2 = 12 (1 − (x | x))


= 12 − 21 kxk1/2
= 12 − 21 = 0, car x ∈ S

⋄ Symétrie

Soient z, z ′ ∈ P et x = π −1 (z), x′ = π −1 (z ′ ) d’après ce qu’on vient de


dire on a,

d (z, z ′ )2 = 12 (1 − (x | x′ ))
= 21 (1 − (x′ | x)) , car x, x′ ∈ R3
= d (z ′ , z)2

⋄ Inégalité triangulaire

Soient z, z ′ , z ′′ ∈ P d’après ce qu’on vient de dire, ils existent x, x′ , x′′ ∈


S tel que,
1 1
d (z, z ′′ ) = (1 − (x | x′′ )) , d (z ′′ , z ′ ) = (1 − (x′′ | x′ ))
2 2
1
et d (z, z ′ ) = 2
(1 − (x | x′ )).

D’autre part, on sait que le produit scalaire est toujours positive, donc
on a,

(x − x′′ | x′ + x) ≥ 0

D’où, puisque le produit scalaire est bilinéaire,

(x | x′ ) + (x | x) − (x′′ | x′ ) − (x′′ | x) ≥ 0
1 − (x | x′′ ) − (x′′ | x′ ) ≥ − (x | x′ ) , car (x | x) = kxk2 = 1
(1 − (x | x′′ )) − (1 − (x′′ | x′ )) ≥ (1 − (x | x′ ))
1
2
(1 − (x |x′′ )) + 21 (1 − (x′′ | x′ )) ≥ 21 (1 − (x | x′ ))
d (z, z ′′ )2 + d (z ′′ , z ′ )2 ≥ d (z, z ′ )2

Verónica M. Acurio Vásconez 13


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

On avait montre que d(z, z ′ ) ≥ 0 pour tout z, z ′ ∈ P , donc,

d (z, z ′′ )2 + 2d (z, z ′′ ) d (z ′′ , z ′ ) + d (z ′′ , z ′ )2 ≥ d (z, z ′ )2


(d (z, z ′′ ) + d (z ′′ , z ′ ))2 ≥ d (z, z ′ )2
d (z, z ′ ) ≤ d (z, z ′′ ) + d (z ′′ , z ′ )

Alors d est bien une distance sur P . 

Notation On notera P SU2 (C) = SU2 (C)/{±1}.

Proposition 3.1.4 Il existe une action de SU2 (C) et P SU2 (C) sur P .

Démonstration Dans la Definition-Proposition (3.1.1) on a montré que Φ


définit une action de SL2 (C) sur P . Or SU2 (C) est un sous-groupe de SL2 (C),
donc la restriction de Φ à SU2 (C) définit bien une action sur P .

De même, par définition, P SU2 (C) est un sous-ensemble de P SL2 (C),


donc avec une restriction de Φ′ , construite dans la Proposition 3.1.1, on
définit bien une action sur P . 

Remarque 3.1.2 Il existe une action de O3 (R) sur S.

Lemme 3.1.5 1. Si t est une bijection de S telle que pour tout x, y ∈ S,


(tx | ty) = (x, y),
alors t s’étend à un élément de O3 (R).

2. Si u ∈ SU2 (C) alors d(Φ(u, z), Φ(u, z ′ )) = d(z, z ′ ), pour tout z, z ′ ∈ P .

3. Si σ est une bijection de P telle que d(σ(z), σ(z ′ )) = d(z, z ′ ), pour


tout z, z ′ ∈ P , alors il existe u ∈ P SU2(C) tel que σ(z) = Φ(u, z) ou
σ(z) = Φ(u, z) (pour z ∈ P , on pose ∞ = ∞). Cet u est unique.

Démonstration 1. Soit t une bijection de S telle que pour tout x, y ∈ S,


(tx | ty) = (x, y)
Si l’on définit, pour x ∈ R3 ,

t(x) =| x | t(| x |−1 x), si x 6= 0


e
e
t(0) = 0

Verónica M. Acurio Vásconez 14


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

alors e
t est bien une extension de t sur R, car | x |−1 x ∈ S.

Et on a aussi, pour x, y ∈ R3 ,
     
y
e e x
t (x) | t (y) = |x| t |x| | |y| t |y|
  
x y
= |x| |y| t |x| | |y|
 
x y
= |x| |y| |x| | |y|
= (x | y)
x y
car |x|
∈ S, |y|
∈ S et puis par hypothèse.

Donc pour x, y ∈ R3 ,

e
t (x + y) − et (x) − et (y) e e e
 | t (x + y) − t(x) − t (y) =  
= e t (x + y) | e
t (x + y) + e t (x) | e
t (x) + e
t (y) | e
t (y) − 2 e
t (x + y) | e
t (x)
−2 e t (x + y) | e
t (y) + 2 e t (x) | e
t (y)
= (x + y | x + y) + (x | x) + (y | y) − 2 (x + y | x) − 2 (x + y | y) + 2 (x | y)
= 2 (x + y | x + y) − 2 (x + y | x) − 2 (x + y | y)
= 2 (x + y | x + y) − 2 (x + y | x + y) = 0

On obtient,
 2
e
t (x + y) − e
t(x) − e
t(y) | e
t (x + y) − e t(y) = e
t(x) − e t (x + y) − e t(y) = 0
t(x) − e

C’est à dire,
e
t (x + y) − e
t(x) − e
t(y) = 0
e
t (x + y) = t(x) + e
e t(y)

Et donc e t ∈ O3 (R)
t est une transformation linéaire et on a montré que e
 
a b
2. Soit u = ∈ SU2 (C), on a,
−b a

az+b 2
|Φ(u, z)|2 + 1 = −bz+a +1
  
az+b az+b
= −bz+a −bz+a
+1
|a|2 |z|2 +abz+abz+|b|2 +|b|2 |z|2 −abz−abz+|a|2
=
(−bz+a)(−bz+a)
|a|2 (|z|2 +1)+|b|2 (|z|2 +1)
= 2
|−bz+a|
2 
= |z| +1
2, car |a|2 + |b|2 = 1
|−bz+a|

Verónica M. Acurio Vásconez 15


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

De même,
2
′ 2 az+b az ′ +b
|Φ(u, z) − Φ(u, z )| = −bz+a − −bz ′ +a

(az+b)(−bz ′ +a)−(az ′ +b)(−bz+a) 2
=

(−bz+a)(−bz ′ +a)

−abzz ′+|a|2 z−|b|2 z ′ +ab+abzz ′ −|a|2 z ′ +|b|2 z−ab 2
=
(−bz+a)(−bz ′ +a)
2
z (|a|2 +|b|2 )−z ′ (|a|2 +|b|2 )
=
(−bz+a)(−bz ′ +a)
|z−z ′ |2
= 2
|(−bz+a)(−bz ′ +a)|
Alors,

d (Φ(u, z), Φ(u, z ′ ))2 = 1 1


|Φ(u, z) − Φ(u, z ′ )|2
(1+|Φ(u,z)|2 ) (1+|Φ(u,z)′ |2 )
2 2
|−bz+a| |−bz ′ +a| |z−z ′ |2
= 1+|z|2 1+|z ′ |2 2 2
|−bz+a| |−bz ′ +a|
Donc,
1 1
d (Φ(u, z), Φ(u, z ′ )) = |z − z ′ | = d(z, z ′ )
2 1/2 1/2
1 + |z| 1+ |z ′ |2

3. Soit σ une bijection de P . On notera σ(z) = σz.

⋄ Première étape : Existence de uσ ∈ SL2 (C) tel que σ0 = Φ(uσ , 0).

Comme σ: P → P est bijective, alors σ0 ∈ P , donc


– Si σ0 = z ∈ C
 
a b
On sait que u ∈ SU2 (C) est de la forme u = , donc
−b a
b
Φ (u, 0) =
a
et alors on cherche a, b ∈ C tels que,
 b
a
=z
|a|2 + |b|2 = 1
On résout ce système.

Verónica M. Acurio Vásconez 16


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

b = az
|a|2 + |az|2 = 1
|a|2 1 + |z|2 = 1
|a|2 = 1+|z|
1
2

q q
1 1
On peut choisir a = 1+|z|2
, b=z 1+|z|2
et donc prendre,
 
1 1 z
u= q
−z 1
1 + |z|2

– Si σ0 = ∞
 
0 1
Comme Φ(u, 0) = ∞ si a = 0 alors on peut prendre u =
−1 0
et on a le résultat.

⋄ Deuxième étape : Existence d’une bijection σ ′ tel que σ ′ 0 = 0

On pose,
σ′ : P → P
z 7→ Φ (uσ −1 , σz)

d’où, σ ′ (0) = Φ (uσ −1 , σ0).

Comme d’après la première étape σ0 = Φ(uσ , 0), alors



σ ′ (0) = Φ uσ −1 , Φ (uσ , 0)

Comme Φ est une action, donc on obtient,


σ ′ (0) = Φ (uσ −1 uσ , 0)
= Φ (id, 0)
=0

Donc on se ramène au cas où σ ′ (0) = 0. Par la suite on changera la


notation de σ ′ pour σ. On peut le faire car on peut montrer que pour
tout z, z ′ ∈ P , d (σ ′ z, σ ′ z ′ ) = d (z, z ′ ). En effet par définition de σ ′ on
a que pour tout z, z ′ ∈ P ,
 
d (σ ′ z, σ ′ z ′ ) = d Φ u−1 −1
σ , σz , Φ uσ , σz

Verónica M. Acurio Vásconez 17


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Comme uσ est dans SU2 (C), u−1


σ est aussi dans SU2 (C) donc d’après
le deuxième point on a,

d (σ ′ z, σ ′ z ′ ) = d (σz, σz ′ )

et donc par hypothèse on obtient d (σ ′ z, σ ′ z ′ ) = d (z, z ′ ).

⋄ Troisième étape : Existence de uσ ∈ P SU2 (C) tel que σz = Φ(uσ , z)


ou σz = Φ(uσ , z)

On a par hypothèse que d (σz, σz ′ ) = d (z, z ′ ) pour tout z, z ′ ∈ P ,


avec σ une bijection de P sur lui même.

En prenant z ′ = 0 alors on a, pour tout z ∈ P ,

d (σz, σ0) = d (z, 0)


d (σz, 0) = d (z, 0)

Car on a supposé σ0 = 0. Donc, pour tout z ∈ C

d (σz, 0)2 = d (z, 0)2


|σz|2 |z|2
1+|σz|2
= 1+|z| 2

1+|σz|2 2

|σz|2
= 1+|z|
|z|2
1
|σz|2
+ 1 = |z|12 + 1
|z| = |σz|2
2

Or par hypothèse d(σz, σz ′ ) = d(z, z ′ ), d’où


 −1/2  −1/2
2 −1/2 ′ 2 ′ 2 −1/2 ′ 2
1 + |σz| 1 + |σz | |σz − σz | = 1 + |z| 1 + |z | |z − z ′ |

et on vient de démontrer que |σz|2 = |z|2 , donc |σz − σz ′ | = |z − z ′ |


et aussi,

(σz − σz ′ ) (σz − σz ′ ) = (z − z ′ ) (z − z ′ )
|σz|2 − σzσz ′ − σzσz ′ + |σz ′ |2 = |z|2 − zz ′ − zz ′ + |z ′ |2
σzσz ′ + σzσz ′ = zz ′ + zz ′ , pour tout z, z ′ ∈ C

En prenant z1′ et z2′ tel que σz1′ = 1, σz2′ = i on a le système


d’équations suivant,

σz + σz = zz1′ + zz1′
−σzi + σzi = zz2′ + zz2′

Verónica M. Acurio Vásconez 18


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

D’où, en multipliant la deuxième équation par i et en sommant les deux


on trouve,

σz + σz = zz1′ + zz1′
+ σz − σz = zz2′ i + zz2′ i
2σz = zz1′ + zz1′ + zz2′ i + zz2′ i

Donc,
!  
z1′ + z2′ i z1′ + z2′ i
σz = z +z
2 2

En posant,

z1′ + z2′ i z1′ + z2′ i


α= et β =
2 2
on obtient donc α, β ∈ C tels que,

σz = αz + βz,

pour tout z ∈ C.

On sait que |σz|2 = |z|2 c’est à dire,

|αz + βz|2 = |z|2


(αz + βz) (αz + βz) = |z|2
2
|α| + |β| |z|2 + αβz 2 + αβz 2 = |z|2
2

Calculons |α|2 + |β|2 .


′ ′ 2 ′ ′ 2
z +iz z +iz
|α|2 + |β|2 = 1 2 2 + 1 2 2
(z ′ +iz ′ )(z ′ −iz ′ )+(z ′ +iz ′ )(z ′ −iz ′ )
= 1 2 1 2 4 1 2 1 2
2 2 2 2
|z ′ | −iz1′ z2′ +iz1′ z2′ +|z2′ | +|z1′ | −iz1′ z2′ +iz1′ z2′ +|z2′ |
= 1 4

Comme |σz|2 = |z|2 , pour tout z ∈ P , alors |σz1′ |2 = |z1′ |2 , et |σz2′ |2 =


|z2′ |2 et comme on avait posé σz1′ = 1 et σz2′ = i alors on a que |z1′ |2 = 1
et |z2′ |2 = 1. Donc |α|2 + |β|2 = 1.

Verónica M. Acurio Vásconez 19


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Alors on a,

αβz 2 + αβz 2 = 0
αβz 2 + αβz 2 = 0

c’est à dire Re αβz 2 = 0, pour tout z ∈ C

Alors, comme
 z est quelconque on peut prendre z = 1 ce qui donne
Re αβ = 0. D’autre part si on prend z = eiπ/2 on a −Im αβ = 0,
donc αβ = 0 et donc α = 0 ou β = 0, d’où on peut dire,

σz = αz ou σz = βz.

Si σz = αz, alors |σz|2 = |z|2 = |α|2 |z|2 , donc |α|2 = 1 et donc il existe
θ ∈ R tel que α = eiθ et on peut prendre,
 
iθ/
e 2 0 
u′ =  iθ
0 e− /2

Donc il existe u′ ∈ SU2 (C) tel que Φ (u′ , z) = αz = σz.

De même, si σz = βz, alors |σz|2 = |z|2 = |β|2 |z|2 , donc |β|2 = 1 et


donc il existe θ′ ∈ R tel que β = eiθ et on peut prendre,

 
iθ′/
e 2 0
u′′ =  ′ 
−iθ /2
0 e

Donc il existe u′′ ∈ SU2 (C) tel que Φ (u′′ , z) = βz = σz.

Si z = ∞, dès que d(σz, 0) = d(z, 0), pour tout z ∈ P , on a d (σ∞, 0) =


d (∞, 0) = 1.

Comme σ est une bijection de P sur P , on a deux choix pour σ∞ : soit


σ∞ = z, avec z ∈ C, soit σ∞ = ∞. Supposons que σ∞ = z alors,
−1/2
1 + |z|2 |z| = 1
2 2
|z| = 1 + |z|

et donc on aurait que 1 = 0 d’où une contradiction. Donc σ∞ = ∞,


et comme on avait posé ∞ = ∞ on a aussi σ∞ = ∞. Donc on peut

Verónica M. Acurio Vásconez 20


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

 
a 0
′′′
prendre u = , avec a ∈ C et |a|2 = 1, de tel sorte u ∈ SU2 (C).
0 a
On vient de montrer que si σ est une bijection de P sur P tel que
d(σz, σz ′ ) = d(z, z ′ ), pour tout z ∈ P , il existe uσ ∈ SU2 (C) tel que
σz = Φ(uσ , z) ou σz = Φ(uσ , z) .

Comme Φ(u, z) = Φ(−u, z) alors on peut prendre cet uσ dans P SU2 (C).

4. Quatrième étape : Unicité de u

Supposons qu’il existe v ∈ P SU2 (C) tel que σz = Φ(v, z), donc Φ(u, z) =
Φ(v, z), pour tout z ∈ P . On sait que si v ∈ P SU2 (C) alors v −1 ∈
P SU2 (C) et on sait aussi que uv −1 ∈ P SU2(C).

Soit,
 
−1 a b
uv =
−b a

Comme Φ est une action alors,


   
Φ uv −1 , z = Φ u, Φ v −1 , z = Φ v, Φ v −1 , z = Φ vv −1 , z = Φ (id, z) = z

donc,

−az+b
−bz+a
=z

d’où on obtient,

−bz 2 + az − az − b = 0
−bz 2 + (a − a) z − b = 0

pour tout z ∈ C, et donc on peut dire que b = 0 et a = a donc la


matrice uv −1 est,
 
−1 a 0
uv =
0 a

Comme uv −1 ∈ P SU2 (C) alors det(uv −1) = 1 c’est à dire a2 = 1, et


donc a = ±1. uv −1 est donc de la forme,

Verónica M. Acurio Vásconez 21


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

 
−1 1 0
uv =±
0 1

Et donc u = ±v donc u et v sont égaux dans P SU2 (C). Alors on peut


dire que u est unique. 

Proposition 3.1.6 Il existe un isomorphisme ψ : SO3 (R) → P SU2 (C) tel


que π(tx) = Φ (ψ(t), (π(x))), pour t ∈ SO3 (R), x ∈ S.

Démonstration Soit t ∈ SO3 (R) et z ∈ P . Posons pour z ∈ P ,

σz = π ◦ t ◦ π −1 (z)

σ est bien une bijection de P sur P car π −1 (z) ∈ S. Comme t ∈ SO3 (R) =
O3 (R)∩SL3 (R), donc t ∈ O3 (R) et donc t est une transformation linéaire sur
l’espace euclidien E et donc t◦ π −1 (z) ∈ S. Alors on peut définir π ◦ t◦ π −1 (z)
qui appartiendra à P . σ ainsi définie est bijective car π l’est.

Pour z, z ′ ∈ C, posons A = d(σz, σz ′ )2 , alors on a,


2
A = d (π ◦ t ◦ π −1 (z) , π ◦ t ◦ π −1 (z ′ ))
= 21 (1 − (t ◦ π −1 (z)) | t ◦ π −1 (z ′ )) , car t ◦ π −1 (z) ∈ S

Comme t ∈ O3 (R), (tx | ty) = (x | y), pour tout x, y ∈ E. Dans notre cas
on a,
 
t ◦ π −1 (z) | t ◦ π −1 (z ′ ) = π −1 (z) | π −1 (z ′ )

donc,
   
A = 12 1 − 1+|z|
1
2 2Rez, 2Imz, |z|2 − 1 | 1 − 1
2Rez ′ , 2Imz ′ , |z ′ |2 − 1
1+|z ′ |2
2  ′2 
= 12 − 12 1+|z|1
2
1
1+|z ′ | 2 4RezRez ′
+ 4ImzImz ′
+ |z| − 1 |z | − 1
(1+|z|2 )(1+|z ′ |2 )−4RezRez ′ −4ImzImz ′ −(|z|2 −1)(|z ′ |2 −1)
= 2(1+|z|2 )(1+|z ′ |2 )
2 ′ 2
| −4RezRez ′ −4ImzImz ′
= 2|z| +2|z
2(1+|z|2 )(1+|z ′ |2 )
2|z−z ′ |2
= 2 1+|z|
( 2
)(1+|z ′ |2 )
′ 2
= d (z, z )

d’où,

Verónica M. Acurio Vásconez 22


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

d (σz, σz ′ ) = d (z, z ′ )

Soient maintenant z = ∞ et z ′ = ∞. D’après la Proposition (3.1.2) on a


que π(n) = ∞, d’où π −1 (∞) = n, où n = (0, 0, 1), et donc,
d (σ∞, σ∞) = d (π ◦ t ◦ π −1 (∞) , π ◦ t ◦ π −1 (∞))
= d (π ◦ tn, π ◦ tn) = 0
D’après la Définition (3.1.1) on sait que d(∞, ∞) = 0, donc on a que
d (σ∞, σ∞) = d (z, z ′ ).

Pour le dernier cas, on suppose que z ′ = ∞ et z ∈ C, alors,


d (σz, σ∞) = d (π ◦ t ◦ π −1 (z) , π ◦ t ◦ π −1 (∞))
= d (π ◦ t ◦ π −1 (z) , π ◦ tn)

Encore, comme t ◦ π −1 (z) ∈ S et tn ∈ S, et comme t ∈ O3 (R) alors,

d (σz, σ∞)2 = 12 (1 − (t ◦ π −1 (z) | tn))


= 12 (1 −1
 − (π (z)  | n))
1 |z|2 −1
= 2
1− 1+|z|2
1
= 1+|z|2

1/2
d’où d (σz, σ∞) = 1 + |z|2 , et donc d’après la Définition (3.1.1) on a
bien que d (σz, σ∞) = d (z, ∞).

Donc d’après le point (3) du Lemme (3.1.5), il existe un unique ut ∈


P SU2 (C) tel que σz = Φ(ut , z) ou σz = Φ(ut , z), pour tout z ∈ P .

Supposons que σz = Φ(ut , z) alors,


σ 2 z = σ (σz)
= σ (ut , Φ (ut , z))
= Φ (ut , Φ (ut , z))
Comme Φ est une action alors,

σ 2 z = Φ u2t , z , pour tout z ∈ P.

On sait que si u ∈ P SU2(C), donc u2 ∈ P SU2 (C). Donc on peut conclure


v ∈ P SU2(C) tel que σ 2 z = Φ(e
qu’il existe e v , z).

Verónica M. Acurio Vásconez 23


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

D’autre part, si l’on suppose que σz = Φ(ut , z) pour tout z ∈ P , alors,


σ2 z = σ 
(σz) 
= σ ut , Φ (ut , z)
 
a b
On peut vérifier que Φ (u, z) = Φ (u, z), où u =
c d
On obtient que,

σ 2 z = Φ (u, Φ (u, z)) = Φ (uu, z)


Donc si on montre que uu ∈ P SU2 (C) on pourra conclure qu’il existe
vb ∈ P SU2 (C) tel que σ 2 z = Φ(b
v , z), et donc on pourrait dire que dans les
deux cas, il existe v ∈ P SU2 (C) tel que σ 2 z = Φ(v, z).

En effet, soit u ∈ P SU2 (C) on a,


   " 2
#
a b a b aa − b ab + ba
uu = = 2
−b a −b a −ab − ab −b + aa
2 
On voit bien que, aa − b2 = −b + aa et − ab + ab = −ab − ab et en
plus,
 2   
2
(aa − b ) −b + aa + ab + ab ab + ab =
2 2
= − |a|2 b + |a|4 + |b|4 − |a|2 b2 + |a|2 |b|2 + |a|2 b + |a|2 |b|2 + |a|2 |b|2 + |a|2 b2
2
= |a|2 + |b|2 = 1
Maintenant, tout t ∈ SO3 (R), est un carré, car toute rotation peut être
décomposée en produit de deux rotations, c’est à dire, pour tout t ∈ SO3 (R)
il existe s ∈ SO3 (R) tel que t = s2 . On peut écrire donc, σz = π ◦ s2 ◦ π −1 (z),
avec s ∈ SO3 (R).

Posons σ ′ = π ◦ s ◦ π −1 , alors on obtient, pour tout z ∈ P


σ ′2 z = σ ′ (σ ′ z)
= σ ′ (π ◦ s ◦ π −1 (z))
= π ◦ s ◦ π −1 ◦ π ◦ s ◦ π −1 (z)
= π ◦ s2 ◦ π −1 (z)
= σ (z)
et donc d’après ce qu’on vient de voir on peut dire qu’il existe u
et ∈
P SU2 (C) tel que σz = Φ(e
ut , z).

Verónica M. Acurio Vásconez 24


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Comme on avait pris t quelconque, on vient de démontrer que pour tout


t ∈ SO3 (R), si

σz = π ◦ t ◦ π −1 (z) , ∀z ∈ P

et ∈ P SU2 (C) tel que,


il existe un seul u

σz = Φ (e
ut , z)

Alors comme π est bijective, si l’on pose π −1 (z) = x ∈ S, donc z = π(x)


et donc on a la relation suivante,

π (tx) = σπ (x) = Φ (e
ut , π (x))

et ∈ P SU2 (C) et u
où u et est unique.

Donc si l’on pose,


ψ : SO3 (R) → P SU2 (C)
t 7→ uet
on obtient que ψ est bien définie et en plus on a la relation,

π (tx) = Φ (ψ (t) , π (x)) = σπ (x) , ∀t ∈ SO3 (R) et ∀x ∈ S.

Montrons maintenant que ψ ainsi définie est un isomorphisme.

⋄ Soient t, t′ ∈ SO3 (R), alors,

π (tx) = Φ (ψ (t) , π (x)) et π (t′ x) = Φ (ψ (t′ ) , π (x)) .

Comme π est bijective on a,


tx = π −1 (Φ (ψ (t) , π (x)))
t′ tx = t′ π −1 (Φ (ψ (t) , π (x)))
π (t′ tx) = π (t′ π −1 (Φ (ψ (t) , π (x))))
Φ (ψ (t′ t) , π (x)) = Φ (ψ (t′ ) , π (π −1 (Φ (ψ (t) , π (x)))))
Φ (ψ (t′ t) , π (x)) = Φ (ψ (t′ ) , Φ (ψ (t) , π (x)))
et comme Φ est une action alors, pour tout x ∈ S

Φ (ψ (t′ t) , π (x)) = Φ (ψ (t′ ) ψ (t) , π (x))

et donc ψ (t′ t) = ψ (t′ ) ψ (t), par unicité du u


et ci-dessus.

Verónica M. Acurio Vásconez 25


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

⋄ Montrons que ψ est injective.

Soient t, t′ ∈ SO3 (R) et supposons que ψ(t) = ψ(t′ ). On obtient que


π(tx) = π(t′ x) pour tout x ∈ S. Et donc encore, comme π est bijective
on a que tx = t′ x, pour tout x ∈ S et donc on obtient que t = t′ . Donc
ψ est injective.

⋄ Montrons que ψ est surjective.

Soit u ∈ P SU2 (C) on pose alors, pour tout x ∈ S, d’où tx = π −1 (Φ(u, π(x))).
Il nous suffit donc de vérifier que t ainsi définie appartient bien à
SO3 (R), c’est à dire on doit vérifier que (tx | ty) = (x, y), pour tout
x, y ∈ S et que det(t) = 1. En effet,

(tx | ty) = π −1 (Φ (u, π (x))) | π −1 (Φ (u, π (y)))
Posons α = Φ (u, π (x)) et β = Φ (u, π (y)), on a,
(tx| ty) =
2 −1 2  2 −1 2 
= 1 + |α| 2Reα, 2Imα, |α| − 1 | 1 + |β| 2Reβ, 2Imβ, |β| − 1

4ReαReβ+4ImαReβ+(|α|2 −1)(|β|2 −1)


=
(1+|α|2 )(1+|β|2 )
−(|α| −4ReαReβ−4ImαReβ+|β|2 )+|α|2 +|β|2 +|α|2 |β|2
2
=
(1+|α|2 )(1+|β|2 )
2
= −2d (α, β) + 1
= −2d (Φ (u, π (x)) , Φ (u, π (y)))2 + 1
u appartient à P SU2 (C), donc d’après le point (2) du Lemme (3.1.5)
on obtient,
(tx | ty) = −2d (π (x) , π (y))2 + 1
= − (1 − (x | y)) + 1
= (x | y)
Alors d’après le point (1) du Lemme (3.1.5) on peut conclure que
t ∈ O3 (R). Il nous reste montrer det(t) = 1, mais on a que tx =
π −1 (Φ(u, π(x))), pour tout x ∈ S, et comme u ∈ P SU2 (C), alors
det(u) = 1, et donc det(t) = 1.

En conclusion, ψ est bien une isomorphisme de SO3 (R) sur P SU2 (C) tel
que π(tx) = Φ(ψ(t), π(x)), pour tout t ∈ SO3 (R) et x ∈ S. 

Verónica M. Acurio Vásconez 26


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

On assumera le résultat suivante.

Lemme 3.1.7 Soit G ⊂ GLn (C) un groupe fini. Il existe a ∈ GLn (C) tel
que aGa−1 ⊂ Un (C)

Remarque 3.1.3 Soit G un sous-groupe fini de SL2 (C) et soit Γ son image
dans P SL2 (C), c’est à dire, avec l’application introduite dans la Proposition
(3.1.1), Γ = ϕ(G) ⊂ P SL2 (C).

On suppose que Γ 6= {±1}. D’après le Lemme (3.1.7) on utilisera si c’est


nécessaire que Γ ⊂ P SU2(C).

Comme d’après les Propositions (3.1.1) et (3.1.4), P SL2 (C) et P SU2 (C)
agissent sur P , on peut dire que Γ agit aussi sur P par restriction.

On remarque aussi que comme G est fini, Γ l’est aussi.

Définition 3.1.2 On définit F comme l’ensemble des points de P qui sont


fixés par un élément de Γ différent de l’identité par l’action Φ, c’est à dire,

F = {z ∈ P tel que ∃u ∈ Γ \ {±1} tel que Φ (u, z) = z}

Proposition 3.1.8 F est un ensemble fini.


 
a b
Démonstration Soit u ∈ Γ \ {±1} tel que u = , alors,
c d

Φ (u, z) = az+b
cz+d
=z
az + b = cz 2 + dz
cz 2 + dz − az − b = 0
cz 2 + (d − a) z − b = 0

Donc le nombre de points fixés par un u ∈ Γ \ {±1} est au plus 2, et


comme Γ est fini, alors F est aussi fini.

Il faut noter aussi que le fait que u 6= ±1 est très important pour dire
que F est fini, car tous les points de P sont fixés par l’identité. .

Remarque 3.1.4 F est un ensemble fini sur lequel Γ s’agit comme un


groupe de permutation.

Verónica M. Acurio Vásconez 27


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Rappel Soit E un ensemble et G un groupe agissant sur E. On appelle


l’orbite de x pour l’action, est l’ensemble, G · x = {g · x tel que g ∈ G}.
Proposition 3.1.9 Soient p1 , . . . pd les représentants des orbites distinctes
de Γ dans F . On pose,
Γi = {γ ∈ Γ tel que Φ (γ, pi ) = pi }
Γi est un sous groupe de Γ.
Démonstration Soient γ et γ ′ dans Γi , alors Φ(γ, pi ) = pi et Φ(γ ′ , pi ) = pi .

On veut montrer que Φ γγ ′ −1 , pi = pi .

On montre d’abord que si γ ′ ∈ Γi , alors γ ′ −1 ∈ Γi . En effet,


  
pi = Φ (id, pi ) = Φ γ ′−1 γ ′ , pi = Φ γ ′−1 , Φ (γ ′ , pi ) = Φ γ ′−1 , pi
donc on bien que γ ′ −1 ∈ Γi . Alors,
 
Φ γγ ′−1 , pi = Φ γ, Φ γ ′−1 , pi = Φ (γ, pi ) = pi
Donc on a bien que Γi est un sous-groupe de Γ. 
Notation On notera le cardinal d’un ensemble fini par |·|.
Remarque 3.1.5 On pose |Γ| = c et |Γi | = ci .

Lemme 3.1.10 On a l’équivalence,


d
X
−1
d + 2c =2+ c−1
i .
i=1

Démonstration Soit u 6= {±1}.


 
a b
On écrit u = .
c d
Tout d’abord, montrons que chaque élément Γ different de l’identité fixe
exactement deux points distincts de P par l’action Φ. En effet on a l’équation,
cz 2 + (d − a) z − b = 0
qui est équivalente à Φ(u, z) = z.

On calcule son discriminant,


∆ = (d − a)2 + 4bc

Verónica M. Acurio Vásconez 28


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

⋄ Si c = 0 alors

(d − a)2 = 0
d’où d = a et comme u ∈ P SL2 (C) ad − bc = 1 c’est à dire ad = 1 et
donc a2 = 1 d’où a = ±1 et d = ±1.

On a aussi (d − a)z − b = 0 et donc b = 0 et alors,


 
1 0
u=± = 1Γ
0 1
d’où une contradiction car on avait supposé u 6= ±1.

⋄ Si c 6= 0 on a,

∆ = d2 + 2ad + a2 + 4bc
Comme ad − bc = 1 alors, ∆ = (a + d + 2) (a + d − 2)
D’après le Lemme (3.1.7) on peut supposer que u ∈ P SU2(C) et donc
u le discriminant devient,

∆ = (a + a + 2) (a + a − 2)
Supposons que ∆ = 0, alors,
(a + a + 2) (a + a − 2) = 0
a + a + 2 = 0 ou a + a − 2 = 0
2Re(a) = −2 ou 2Re(a) = 2
Re(a) = −1 ou Re(a) = 1
c’est à dire a = ±1 + iβ.

D’autre part, on sait que |a|2 + |b|2 = 1, d’où,


1 + β 2 + |b|2 = 1
|b|2 = −β 2

et donc |b|2 = 0, c’est à dire b = 0 et β = 0 et donc a = ±1. On a donc


∆ = (d− a)2 +
 4bc
1 0
u=± = 1Γ
0 1
Donc contradiction.

Verónica M. Acurio Vásconez 29


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Alors ∆ 6= 0 et on peut dire donc que u fixe exactement deux points


distincts de P par l’action Φ.

On pose maintenant, pour tout p ∈ P

Γp = {γ ∈ Γ tel que Φ (γ, p) = p} , on a

X
2 (|Γ| − 1) = (|Γp | − 1)
p∈P

car chaque élément de Γ différent de ±1, fixe deux points distincts de P ,


donc chaque élément de Γp le fait aussi.

Dans cette dernière somme si l’on considère Γp = {1Γ } on aura que


|Γp | = 1 et donc |Γp | − 1 = 0, donc comme on sait que F est l’ensemble de
points de P qui sont fixés par un élément de Γ different de l’identité on a,
X
2 (|Γ| − 1) = (|Γp | − 1)
p∈F

On obtient donc,
X
2c − 2 = |Γp | − |F |
p∈F

D’après l’équation aux classes, on a que,


d
X
|F | = |Γ|/
|Ti |
i=1

où d est le nombre d’orbites de F , donc avec nos notations,


d
X
|F | = cc−1
i
i=1

Notons ϑpi l’orbite de pi .

Les p parcourent tout F et chaque point p est inclus dans une certaine
orbite de F . Les orbites de F forment une partition de F et donc on peut
dire que,

Verónica M. Acurio Vásconez 30


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

X d X
X
|Γp | = |Γp |
p∈F i=1 p∈ϑpi

d’où,

P P
d P
|Γ|/
|Γp | = |ϑi |
p∈F i=1 p∈ϑi
P
d P
= |Γi |
i=1 p∈ϑi
Pd
= |ϑi | |Γi |
i=1
Pd
|T |/ |Γi |
= |Ti |
i=1
Pd 
= cc−1
i ci
i=1

donc on a,
P
d  P
d
2c − 2 = cc−1
i c i − cc−1
i
i=1 i=1
P
d
2c − 2 = cd − cc−1
i
i=1
P
d
2 − 2c−1 = d − c−1
i
i=1
P
d
2+ ci−1 = d + 2c−1
i=1

Remarque 3.1.6 Il est clair que ci ≥ 2 car 1 ∈ Γi pour tout i, parce que
Γi est un sous-groupe, et d’après la définition de F , puisque pi ∈ F , il existe
P
d
u ∈ P SL2 (C) tel que Φ(u, pi ) = pi , donc ci −1 ≤ 12 , et donc c−1 1
i ≤ 2 d d’où
i=1
on obtient,
1
d + 2c−1 ≤ 2 + d
2
d’où,
1
2
d+ 2c−1 ≤ 2
d + 2c−1 ≤ 4
d ≤ 4 − 4c−1

Verónica M. Acurio Vásconez 31


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

et donc d = {1, 2, 3}.

Alors on a trois cas à étudier.

1. Si d = 1, alors

1 + 2c−1 = 2 + c−1
1
2c−1 = 1 + c−1
1
2 = c + cc−1
1

donc c = c1 = 1 et donc obtient une contradiction car ci ≥ 2.

2. Si d = 2
2 + 2c−1 = 2 + c−1 −1
1 + c2
−1 −1
2 = cc1 + cc2
2c1 c2
et donc c = c1 +c2
.

Alors c = c1 = c2 et comme Γ1 et Γ2 sont des sous-groupes de Γ, donc


Γ = Γ1 = Γ2 . Donc tous les γ ∈ Γ fixent les deux points p1 et p2 .

On peut montrer que pour tout triplet (a1 , a2 , a3 ) de points distinctes


de P , il existe u ∈ SL2 (C) tel que,

(∗) Φ (u, a1 ) = 0, Φ (u, a2 ) = ∞ et Φ (u, a3 ) = 1.

En effet, soient a1 , a2 , a3 ∈ P , tel que a1 6= a2 , a1 6= a3 et a2 6= a3 , et


a b
soit u = .
c d
⋄ Si a2 = ∞ on a que c = 0 et donc les équations de (∗) deviennent :
aa1 +b
d
=0 et d=0
aa3 +b
d
=1

d’où, b = −aa1 et donc a (a3 − a1 ) = d. Comme u ∈ SL2 (C) on sait


que ad − bc = 1 et donc a = 1/d. Donc on obtient d = ± (a3 − a1 )1/2 ,
d’où a = ± (a3 − a1 )−1/2 (qui existe toujours car a3 6= a1 ) et b =
∓a1 (a3 − a1 )−1/2 , donc on peut conclure qu’il existe bien u ∈ SL2 (C)
tel que Φ (u, a1 ) = 0, Φ (u, a2 ) = ∞ et Φ (u, a3 ) = 1.

Verónica M. Acurio Vásconez 32


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

⋄ Si a1 , a2 , a3 ∈ C on a le système d’équations suivant,


 aa1 +b
 =0

 ca1 +d




 aa2 +b = ∞
 ca2 +d


 aa3 +b

 =1


ca3 +d



ad − bc = 1
d’où,

aa1 + b = 0, ca1 + d 6= 0, ca2 + d = 0, aa3 + b = ca3 + d


et donc, b = −aa1 , d = −ca2 , d’où,
   
a3 − a2 a3 − a2
a=c , b = −a1 c
a3 − a1 a3 − a1
De la dernière équation on obtient,
   
−a2 c2 aa33 −a
−a1
2
+ a1 c 2 a3 −a2
a3 −a1
=1
a −a
c2 = (a3 −a32 )(a11 −a2 )
 1/2
c = ± (a3 −aa23 )(a−a1
1 −a2 )

Qui existe bien car tous les trois points sont distincts les uns des
autres. On voit aussi que c 6= 0.

Donc on a montré ce qu’on voulait.

Montrons maintenant que si on remplace G par un conjugué, on peut


suposser que p1 = 0 et p2 = ∞. En effet, on pose G e = uGu−1, u ∈ G
tel que Φ (u, p1 ) = 0, Φ (u, p2 ) = ∞ (cet u elle existe d’après ce qu’on
vient de montrer). Soit donc γe ∈ G, e alors eγ = uγu−1, avec γ ∈ G.
Donc,
γ , 0) = Φ (uγu−1 , 0)
Φ (e
= Φ (uγ, Φ (u−1 , 0))
= Φ (uγ, Φ (u−1 , Φ (u, p1 )))
= Φ (uγ, Φ (u−1 u, p1))
= Φ (uγ, p1)
= Φ (u, Φ (γ, p1 ))
= Φ (u, p1) = 0

Verónica M. Acurio Vásconez 33


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

De même,

γ , ∞) = Φ (uγu−1, ∞)
Φ (e
= Φ (uγ, Φ (u−1 , ∞))
= Φ (uγ, Φ (u−1 , Φ (u, p2 )))
= Φ (uγ, Φ (u−1 u, p2))
= Φ (uγ, p2)
= Φ (u, Φ (γ, p2 ))
= Φ (u, p2) = ∞

Donc on peut supposer, à conjugué près que, p1 = 0 et p2 = ∞. Alors,

Γ1 = {γ ∈ Γ tel que Φ (γ, p1 ) = p1 }


= {γ
 ∈ Γtel queΦ (γ, 0) = 0} 
a b
= γ= tel que b = 0
 c d   
a 0
= γ ∈ Γ tel que γ = et tel que ad = 1
  c d  
a 0
= γ ∈ Γ tel que γ = , a 6= 0
c a−1

et

Γ2 = {γ ∈ Γ tel que Φ (γ, p2 ) = p2 }


= {γ
 ∈ Γtel queΦ (γ, ∞) = ∞} 
a b
= γ= tel que c = 0
 c d   
a b
= γ ∈ Γ tel que γ = et tel que ad = 1
  0 d  
a b
= γ ∈ Γ tel que γ = , a 6= 0
0 a−1

Comme on avait dit que Γ = Γ1 = Γ2 , alors


   
a 0
Γ= γ ∈ P SL2 (C) tel que γ = , ∀a ∈ C, a 6= 0
0 a−1

D’autre part, comme G est fini (on pose |G| = n), γ n = eG , pout tout
γ ∈ G, donc,
 n    
a 0 an 0 1 0
= =
0 a−1 0 a−n 0 1

Verónica M. Acurio Vásconez 34


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Donc a est une racine n-ième de l’unité et donc a = e(2iπk)/n , avec


0 ≤ k ≤ n − 1. Alors on peut dire que G est engendré par
" iπ #
en 0
iπ ,
0 e− n

et donc G est cyclique et par conséquence Γ l’est aussi.

3. Si d = 3

3 + 2c−1 = 2 + c−1 −1 −1
1 + c2 + c3
1 + 2c−1 = c−1 −1
1 + c2 + c3
−1
(∗)

et on a aussi,
c1 c2 c3
c=2
c2 c3 + c1 c3 + c1 c2 + c1 c2 c3

Supposons que c1 ≤ c2 ≤ c3 . Comme c−1 −1 −1


1 + c2 + c3 > 1 (car on a la
relation (*)), tous les ci ne peuvent pas être plus grand que 3. On peut
dire donc que c1 = 2 (car ci ≥ 2), alors on a,

1 1 1
+ + >1
2 c2 c3

donc c2 ≤ 3 et donc les seules possibilités pour (c, c1 , c2 , c3 ) sont :

⋄ (2n, 2, 2, n), pour n ≥ 2,

⋄ (12, 2, 3, 3),

⋄ (24, 2, 3, 4),

⋄ (60, 2, 3, 5).

1 1 1
Il n’existe pas une autre possibilité car 2
+ 3
+ 6
= 1 et pour n > 6,
1
2
+ 31 + n1 < 1.

Toutes cettes possibilités peuvent être développes d’un façon unique. On


étudiera dans la suite certains de ces cas.

Verónica M. Acurio Vásconez 35


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

3.2 Le groupe diédral


On considère le cas (2n, 2, 2, n) (avec les notations précédentes).

L’ordre de Γ3 est n, et l’ordre de Γ est 2n, donc l’indice de Γ3 est 2, et


donc, l’orbite ϑp3 est formé par deux éléments pour lesquels on peut supposer
que, à conjugué près (comme avant), ils sont 0 et ∞.

Posons p3 = 0. Comme pour tout γ ∈ Γ3 , Φ (γ, 0) = 0, on doit avoir


Φ (γ, ∞) = ∞.

Donc d’après la remarque précédente on Γ3 est cyclique et d’ordre n, car


|Γ3 | = n, un générateur de Γ3 est la matrice,
 
iπ/
e n 0
A= iπ

− /n
0 e

De plus un élément γ ∈ Γ \ Γ3 doit permuter 0 et ∞, car sinon γ sera


dans Γ3 .

On voit encore une fois Γ comme un sous-ensemble de P SU2 (C). Soit


γ ∈ Γ \ Γ3 , γ est de la forme,
 
a b
γ= .
−b a

Comme Φ (γ, 0) = ∞ et Φ (γ, ∞) = 0, alors,


b a
= ∞ et =0
a −b
donc a = 0 et b 6= 0, c’est à dire,
 
0 b
γ= et |b|2 = 1
−b 0
 
0 i
Proposition 3.2.1 Soit γ comme avant et soit B = , il existe
i 0
Q ∈ GL2 (C) tel que Q−1 γQ = B.

Démonstration On remarque tout d’abord que γ et B ont le même poly-


nome caractéristique donc elles sont semblables.

Verónica M. Acurio Vásconez 36


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Calculons les valeurs propres de γ. On a,



λ −b
det (λId − γ) =
b λ
= λ2 + |b|2 = 0

donc λ1 = i et λ2 = −i (on rappelle que |b|2 = 1). Donc les vecteurs


propres associés à chaque valeur sont,
   
−ib ib
V1 = , V2 =
1 1

Pour B on a les vecteurs propres,


   
1 −1
U1 = , U2 =
1 1

Ainsi, en posant,
   
−ib ib 1 −1
V = et U =
1 1 1 1

on a la relation suivante,
 
−1 i 0
V γV = = U −1 BU
0 −i

avec U et V inversibles (donc dans GL2 (C)) d’où,

UV −1 γV U −1 = B

Donc on peut prendre Q = V U −1 et on a le résultat. 

Remarque 3.2.1 On peut calculer explicitement Q, en effet,

Q = V U −1  
−ib ib 1 1
=
 1 1 −1
  1 
−2ib 0 −ib 0
= 12 =
0 2 0 1

On remarque aussi que Q−1 γQ = B est dans Q−1 ΓQ.

Verónica M. Acurio Vásconez 37


CHAPITRE 3. LES POLYÈDRES BINAIRES

Maintenant calculons ce qui donne QAQ−1 .


 
  2iπ/  
−ib 0  e n 0 1 0
−1
QAQ = −ib 1 
0 1 −2iπ/n 0 −ib
 0  e
2iπ/  
1  −ibe n 0 1 0
= −ib 
−2iπ/n 0 −ib
 0 e 
2iπ/
1  −ibe n 0
= −ib 
−2iπ/n
 0 −ibe

2iπ/
e n 0
= =A
−2iπ/n
0 e

On vient de démontrer que A est invariante par Q.

On voit aussi que,


 2  
0 i −1 0
B = 2
= ∈ 1Γ
i 0 0 −1

et,
 
  iπ/  
0 i n
BAB =  e 0  0 i = −A−1
i 0 iπ i 0
0 e− /n

C’est à dire BAB = A, dans Γ.

Donc si on remplace G par un conjugué, c’est à dire si on pose G e =


Q−1 GQ, avec Q comme avant, on peut dire que G e et isomorphe au groupe
Dn de SL2 (C) et donc Γ est l’image de Dn sur P SL2 (C), engendré pour les
matrices,
" πi #  
en 0 0 i
A= −πi , B=
0 e n i 0

Définition 3.2.1 Γ est appelé, dans ce cas, le groupe diédral projectif.

Verónica M. Acurio Vásconez 38


Bibliographie

[1] T.A. Springer Lecture Notes in Mathematics - Invariant Theory, 585,


Springer-Verlag, Berlin, Heidelber, New York, 1926
[2] John D. Dixon Problems in Group Theory, Blaisdell Publishing Company,
Waltham, Massachusetts (1967)

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