Vous êtes sur la page 1sur 53
P1215 COUR DU QUEBEC Canada : PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL Chambre criminelle et pénale Ne: §00-01-090833-135 DATE: Le 26 janvier 2017 SOUS LA PRESIDENCE DE L'HONORABLE LOUISE PROVOST, J.C.Q. LA REINE Poursuivante 2. MICHAEL APPLEBAUM Accusé JUGEMENT 1. INTRODUCTION Grace («I'arrondissement CDN-NDG »), Michael Applebaum est accusé voir commis [1] Alors quill était maire de l'arrondissement Céte-des-Neiges — ‘vor comms de nombreux actes criminels entre le 1* janvier 2006 et le 31 dé Montréal, district de Montréal et a Laval, district de Laval. [2] Lact d’accusation' comprend 14 chefs d'accusation de frat gouvernement, d’abus de confiance par un fonctionnaire public relativer 1 Annexe A. mbre 2011 a des envers le lent aux devoirs 500-01-090833-135 de sa charge, d’actes de corruption dans les affaires municipales ainsi complots visant & commettre ces actes criminels. PAGE : 2 (que plusieurs [3] Les noms de présumés coconspirateurs et de complices sont meptionnés dans certains chefs notamment Hugo Tremblay, Anthony Keeler, Robert Stpin et Patrice Laporte. [4] Tel que précisé dans la déclaration douverture du ministere publ personnes ont été entendues en preuve principale. Rappelons que lic, ces quatre poursuivante feproche a Michael Applebaum d'avoir comploté, requis et obtenu des pots-de-vin de la part dentrepreneurs dans deux transactions immobiliéres* alors qu d'arrondissement. 2. LA PREUVE DU MINISTERE PUBLIC [5] La preuve dans ce dossier étant principalement de nature factuel il était maire ip, [a crédibilité des témoins et la fiabité de leurs témoignages nécessiteront, en lespege, 1 examen rigoureux de la preuve lors de I'analyse. Voici donc les détails pertins des témoignages entendus. Le témoignage d’Hugo Tremblay its de chacun [6] Entre 2006 et 2011, ancien attaché politique puis chef de cabinet de accuse, Hugo Tremblay, est le premier témoin. D’entrée de jeu, il indique avolr ét6 initié aux rouages de la corruption et au financement politique illégal dans la prer son entrée en fonction dans l'arrondissement CDN-NDG. ere année de (7) Agé de 37 ans, Hugo Tremblay (« Tremblay »), est présentement gestionnaire de comptes pour une compagnie de piéces d'automobiles. {8} Avant son entrée en fonction aupres de l'accusé, il était conseiller en relations publiques @ Terrebonne. Il n’a jamais été rencontré par 'Unign permanente Enticaruption (I"« UPAC ») dans le cadre de ses fonctions antérieures,| soit de 2001 8 décembre 2006. [9] Aprés deux rencontres avec |'accusé, il devient @ 27 ans l'un de ses attachés politiques. Un an plus tard, il est promu directeur de cabinet & la fin 20 17, début 2008. Etant néophyte au plan politique, ses études a Université et a ENAP "autorisent & solliciter ce poste en raison de son expérience en communications. 2 Les projets Troie et Centre Aquatique 500-01-090833-135 [10] Lorsqu'il arrive a Montréal, il mentionne ne rien connafitre de ce « [11] Au départ, il établit des relations cordiales avec le maire A lesquelles s‘installent rapidement familiarité et confiance. PAGE :3 marché noir ». pplebaum dans [12] commence a structurer le cabinet, controle agenda et tisse des|liens avec les Uifférents services de l'arrondissement. Lors du contre-interrogatoire, il acquiesce qu’a fitre de directeur de cabinet, il devient d'une certaine maniére lalter-ego dl maire. [13] Une partie de ses taches consiste @ sioccuper du financement politique a tamment, accompagner le maire lors la vente de billets pour les jocktails. Les cheques récoltés serviront a la prochaine campagne électorale. Llaccuse canfectionne les listes de noms et ils se séparent les appels télephoniques. [14] Lors de ces événements, il y a une boite, appelée « chapeau »| dans laquelle tae déposés des montants d'argent comptant, qui représentent 20% la totalité des so Pagousé lui suggere également d/accumuler de argent dans une petite oalsse pour payer le transport, les repas des bénévoles et autres depenses. [15] Llaccusé lui apprend comment contourner les regles avec de argent comptant UP stiisation de préte-noms. Ce dernier lui explique que « c’étalt compe dela que G2 marchait » et que tout le monde agissait ainsi [16] Le témoin précise qu'l fallat amasser, ce que l'accusé appelalt « WP trésor de guerre » en vue des élections en 2009. [17] En ce qui concere le financement Iégal, argent allait au part politique. Les gens savent, précise le temoin, que lorsque ‘le don est en argent liq financement illégal. [18] Le maire lui inculque donc les bases de la tenue dune calss® ide, i s'agit de ;culte dont il lui transfére la responsabilité et lui explique l'utilisation de préte-noms pou faire des dons illegaux. [19] En respéce, au nom de l'accusé, le témoin afficme avoir comm promoteurs pour soliciter et obtenir des pots-de-vin, entre auves, Changements de zonage dans des projets immobiliers afin que progressent. Le Projet Troie [20] Au printemps 2007, afin de facilter ce projet qu! rencontrs veeistance de la part de groupes communautaires, accusé, niqué avec des en échange de tains dossiers jit une certaine lors maire de Tartondissement CDN, lui présente a la fin de la rencontre, deux promotelrs, ‘Anthony Keeler (« Keeler ») et Robert Stein (« Stein »), dans son bureau dar} rondissement du 500-01-090833-135 PAGE: ime étage. Le maire précise A ces demiers que Tremblay est son bras droit et son homme de confiance. [21] Des cartes d'affaires sont alors échangées et le maire demande) au témoin de faire le suivi incluant la vente de billets pour un cocktail de financement, II he connait aucunement ces deux personnes. [22] Les promoteurs achétent par la suite 10 billets pour une somme ge 1000 $ comptant qui est remise a Gilles Berger, attaché politique du maire. [23] Ultérieurement, survient une rencontre informelie avec le maire au cours de laquelle le témoin comprend que celui-ci fait du «fling flang », Cest-e-dire quill est familier en matiare de corruption bien que ce terme n’ait été utilisé en aucun moment. L'accusé lui fait alors comprendre quil n'est pas un ange et Tremblay salsit de ses propos, dont «We got to make a living», que ce demier venait He flairer une ‘opportunité pour réclamer de l'argent. Le maire lui demande alors d'allet rencontrer les promoteurs Stein et Keeler afin de les solliciter. [24] «Je venais alors de comprendre que mon boss n‘était pas propre » déciare le témoin. [25] Le terme utilisé pour obtenir un pot-de-vin consiste en une demande de faire un «effort politique supplémentaire ». L’accusé indique alors au témoin quill n’aura pas a expliquer davantage lors de sa rencontre ultérieure avec les promoteurs, cette fagon de faire étant connue. [26] Inconfortable, parce que « cela n’était pas dans son ADN », 'aceusé le rassure en ajoutant que les interlocuteurs vont comprendre rapidement. De|plus, il pourra bénéficier du tiers de la somme obtenue. [27] «On m'envoyait collecter » ajoute le temoin, alléguant qu'un « conflit des valeurs et de la morale » était venu le chercher. [28] _ Aprés un peu plus d'une semaine de réfiexion, il décide de briser fa glace. [29] Souvent le maire lui demande combien de billets de cocktail ont été vendus [30] Dans le projet Troie, le témoin expose le fonctionnement du comié dlétudes des demandes de démolition présidé par le maire®. [31] _Lors de la remise d'argent par les promoteurs, le maire lui dong des consignes Claires : garder argent un certain temps dans son véhicule, ne pas dép9ser ce montant & la banque et surtout, ne pas en faire part a sa « femme ». Enfin, au moment des transactions, il doit éteindre son cellulaire. 3 Pidce P.2. 500-01-090833-135 (92] Aprés s'étre entendu avec le maire pour réclamer 50 000 §, il Keeler pour une rencontre au Second Cup, un café d’Outremont, question de se rendre a son bureau. PAGE: 5 contacte donc ar jl n’est pas [33] II décrit son interlocuteur comme un étre intimidant en raison de $a carrure et de sa voix. Assis dos au mur, ce dernier est déja sur place a l'arrivée du témoin. Stein est absent. [34] Sur un bout de papier, Tremblay écrit le montant réclamé, s 35 000 $, déclarant ne pas s’étre senti a l'aise de réclamer 50 000 $, it 40. 000 $ ou fel que suggeré par le maire. Cet écrit est immédiatement effacé par Keeler qui semble trouver le montant élevé. Ce dernier précise de plus qu'il devra préalablement cot de New-York. {35] Le témoin avance que le projet Troie consiste a construire universitaires mais vise au départ la démolition d'un batiment ré ‘sulter les gens les | résidences identiel de 23 logements puis la construction d'un immeuble de 103 logements répartis sur 9 tages dans l'arrondissement CDN-NDG [36] Les promoteurs Keeler et Stein ayant finalement réagi favo demande de Tremblay, ce demier déclare s'étre déplacé a trois date: recueillir cette somme en argent comptant les 3 décembre 2007, 3 jan) 2008. I énumére les lieux ol les changes sont survenus, notamment Denis lors d'un lunch d'une trentaine de minutes avec Keeler qui pré son « cadeau de Noel » dans un sac contenant une boite de console’ remis sous la table. ablement @ la précises pour fier et 3 février la Brilerie St- ise Jui apporter de jeux qui fut [87] La demiére somme a été transmise dans une enveloppe au bureau des promoteurs. I la place ensuite dans son coffre a gants verrouillé et 0% son domicile. [38] Par la suite, le temoin verbalise distinctement ses rencontres sub} laccusé afin de lui remettre l'argent, a savoir les 2/3 de cette some. [39] _Le premier montant est transmis a l'accusé lors d'une rencontre fespective. L’accusé conduit alors une Chrysler Pacifica bleue. Lai dans le coffre a gants de la voiture de Tremblay. [40] Alors quill est propriétaire d'une Mazda 3 Sport hatch subséquemment un autre versement a l'accusé prés de l'arrondissemen [41] Le témoin expose ensuite la liste des nombreux voyages que ces; permis d'effectuer. [42] _ Il confie avoir tenté, malaisément et sans grand succes, de piége| 3 mai et 10 juin 2013. Nous y reviendrons lors de l'analyse. impte Vargent & équentes avec ns leur voiture gent se trouve jack, il remet sommes lui ont Vagousé les 2, 500-01-090833-135 PAGE : 6 [43] _ La preuve établit que deux décisions du Conseil d'arrondissement, en 2007 et en 2011, ont approuvé la démolition de I'immeuble et le changement de zonage, donnant ainsi aval a ce projet, sans toutefois qu'il ne se concrétise. Le projet Centre Aquatique [44] Aprés en avoir pris Initiative, Tremblay déclare avoir également agi comme intermédiaire de 'accusé dans une deuxiéme atfaire impliquant de la corruption en 2010, 45] 11 aurait alors demandé 25 000$ a la firme SOGEP, a I'époque une filiale de Dessau, spécialisée dans la gestion des équipements publics, afin qu'elle obtienne le contrat de gestion du Centre Sportif de NDG. [46] Le contexte est le suivant. [47] En 2008 ou 2009, un diner est organisé par un élu, Marcel Tremblay, avec Claude Asselin (« Asselin ») et Patrice Laporte (« Laporte ») auxquels| Tremblay et le [48] _Lors d'un lunch, dont la date apparait dans un agenda électronique’, Laporte et Asselin rencontrent l'accusé et le témoin au resto Antico Martini a NDG [49] Aprés avoir confirmé avec l'accusé une demande «d'un leffort politique suppiémentaire » de la part des promoteurs, le témoin rencontre, fin mai début juin, Asselin dans un resto McDonald a Laval. Celui-ci refuse la demande de « pots-de-vin » et le témoin informe Laporte qu'il allait alors perdre le contrat c'est-a-dire que le contrat ne sera pas déposé au conseil d'arrondissement. Le lendemain, Asselin réplique affirmativement a la demande de 25 000 $, qui sera répartie entre Tremblay et l'accusé. [50] Cette communication se situe entre le dépét des soumissions et Iladaption par le conseil. [51] Tremblay confirme que le maire avait le pouvoir d'annuler aussi Iq contrat afin de retourner en appel d'ofires ou de décider d’aller avec les cols bleus. {52} Une ou deux semaines aprés loctroi du contrat, Laporte lui téléphone et le rencontre sur la voie de service de l'autoroute Décarie dans la voiture Acura grise argent de l'entrepreneur. Ce demier remettra argent Tremblay a diff¢rents moments entre les mois de juillet et octobre 2010. L'argent n’a pas été compté @n présence de Laporte. | ‘ Pigce P-38. Initialement prévu au Ribn’Reef, le lunch s'est déroulé a NDG. { 500-01-090833-135 PAGE :7 [53] Tremblay entretient a cette époque des relations amicales avec Laporte avec qui il voyage, dont deux fois a New-York pour assister & des matchs de baseball qu'il défraie personnellement. || l'accompagne aussi a des matchs de hockey. [54] II admet avoir fréquenté amicalement Asselin et Laporte a des « gentlemen », tout en reconnaissant avoir « bluffé » pour leur s cette époque, uutirer 25 000 $ dans le Projet Centre Aquatique. | exprime avec conviction que l'accust et lui savaient pertinemment que ces fournisseurs gagneraient l'appel d'offres lor Asselin de le favoriser. Les relations d’'Hugo Tremblay avec l'accusé [55] _ Le témoin précise aussi son type de relations avec I'accusé. Sal les fins de semaines, il ramenait occasionnellement son fils de I'école épouse. [56] A la fin 2009, Tremblay est démoralisé & la suite d'une rupt L’accusé lui apporte un soutien financier pour éponger une dette de 7 51 «ex». Le 20 novembre 2009, il lui préte 4 000 $ en argent comptant, témoin dépose a la banque’. Un cheque de 7 500 $ est par la suite 6 Roxane Bélec®. [57] Tremblay ajoute que ces derniers communiquaient réguliérement [58] A maintes reprises, au cours de son témoignage, il affirme difficulté & accepter d’étre muni de micros lors de ses deux rencontres 2013 avec l'accusé, alors qu'il cherche ale faire parler afin qu'il sinerimi {59] _ II n'est cependant pas surpris de la réaction de l'accusé qui chuc! €changes deviennent incriminants et répond par de courtes phrase: temps. [60] Il précise que ce fut un choix difficile de trahir un ami et qu’er déchirement constant, il devait se confier & quelqu'un, en 'occurren Lamy. Sa collaboration avec les policiers [61] En novembre 2012, Tremblay est d’abord rencontré par les @ Commission Charbonneau. Il a un emploi chez Labatt depuis juillet 2 laccusé moins réguliérement depuis son départ de arrondissement CDI 5 Pidce P-58. ® Idem, en liasse. u'll propose a Is S@ fréquenter pt a connu son fe amoureuse. 0 $ envers son jmontant que le is & lordre de par textos. avoir eu de la des 2 et 3 mai 2. jote lorsque les la| plupart du raison de ce e le contréleur \quéteurs de la 12 et rencontre |-NDG. 500-01-090833-135 [62] II conserve un tras mauvais souvenir de cette rencontre en raisi de professionnalisme de ces demiers. Ayant considéré que ses di bafoues, il répond négativement a presque toutes leurs questions a | vente de billets & des promoteurs pour des cocktails de financement. [63] _ En fait, il confirme n’avoir jamais été incommodé par la suite pal avec la Commission Charbonneau [64] Aprés cette rencontre d’environ 60 minutes avec les enquéteu} vendredi, il se rend chez l'accusé soit le vendredi ou le samedi. I! lui @t8 intimidé et menacé par ces demiers, dautant plus que sa accompagné par un avocat lui a été refusée. [65] Dans le salon de l'accusé, celui-ci est en contrdle et s'assure q\ pas parlé, ayant saisi que les enquéteurs semblaient déja savoir qu'ils choses croches »’. [66] A cette époque, le témoin est en désaccord avec I'accusé quan! devenir maire par intérim de arrondissement Ville-Marie la suite d prédécesseur Gérald Tremblay. « Pourquoi se surexposer alors quon dans le placard? » ajoute-t-i® [67] Faisant référence a l'accusé, il indique «Les gens [qui s| corruption] finissent par s'imaginer quills n’ont rien fait » PAGE: 8 n de I'absence its avaient été lexception de la 'UPAC en lien S qui a liew un ientionne avoir jemande d’étre 1e Ie témoin n'a avaient fait des a son projet de départ de son des squelettes ladonnent a la [68] Le 8 mars 2013, deux policiers de I'escouade Marteau de la Sireté du Québec se présentent chez lui vers 6:00 le matin, [69] _ Il décide alors de collaborer avec la S.Q. qui approche av civilités. Librement, il fait une déclaration car « je savais que nous 4 corruption. Je trainais un boulet, un mal de vivre. Je vais dire la vérite mieux. » souligne-tii 1c courtoisie et vions fait de la pour me sentir [70] _Ayant été conduit par les enquéteurs Lamy et Blais, cette rencontre se déroule a Parthenais dans la méme journée de 7:00 & 21:00. (71] és ce moment, renquéteur Lamy (« Lamy ») devient pour | significative et leurs communications seront fréquentes voire jusqu’a pl une méme journée. Elles se poursuivront du 8 mars 2013 au 2 avril consignées dans un cahier. [72] Ala suite dune vérification effectuée par 'enquéteur Julie Dum: représentante du ministére public, l'enquéteur Lamy, devenu co} ” Témoignage du 14 novembre 2016. 8 Idem: une personne sieurs fois dans 2014 et seront is auprés de la trdleur, cesse 500-01-090833-135 diinscrire dans son cahier le résumé des nombreux échanges téléphoni et des rencontres en personne avec le temoin® en raison notamment de pertinence. (73] En vue du processus judiciaire venir, Me Giroux demande au G'inscrire de nouveau dans son cahier toutes les communications et témoin'® a compter du 11 mai 2015. [74] Comme Tremblay le mentionne trés souvent lors du contre-interr important pour lui de communiquer avec son contrdleur avec qui il avait liens professionnels et personnels"? [75] Comme il vivait des périodes difficiles dont certaines suicidal Pouvait parler a quiconque de sa collaboration avec les forces policiért PAGE: 9 Jues, des textos jeur manque de onttdleur Lamy n lien avec ce jogatoire, il ét developpé des ires et quill ne ps an lien avec ses actes criminels, son état de santé physique et psychologique requérait qu'il so confie & quelqu'un [76] Dvailleurs, au printemps 2013, il avoue avoir rencontré a tr psychologue sur les conseils des enquéteurs au dossier. Il précise qui aide précieuse, il ne serait pas ici pour temoigner aujourd'hui [77] Les échanges avec Lamy portaient sur les faits liés aux 14 che! mais aussi, non limitativement, sur son travail, ses absences auprés de Labatt, ses relations difficiles avec la mere de sa fille, ses difficultés fin son arrét de travail, sa culpabilité en lien avec ses sentiments de trahi laccusé et d'autres amis, les activités sportives, les contraventions déménagement. [78] _S'estimant étre une personne entiére et intense, il reconnait qui bout de sa mission, c’est-a-dire livrer la marchandise aprés avoir dén conjointe avec l'accusé de pots-de-vin de la part d'entrepreneurs imp] projets Troie et Centre Aquatique. [79] Le contre-interrogatoire s'est ensuite poursuivi sur sa com résumés rédigés quotidiennement ou presque par son contréleur Lam| des contréleurs. [80] Il reconnait que le document intitulé « Consentement a la surveil jis reprises un n’edt été cette js d’accusation, son employeur inciéres lors de n a legard de regues et son deyait aller au neg I'obtention liqués dans les éhension des dans le cahier lance vidéo des activités d'un individu »'?, en occurrence les siennes, entre le 21 mars 2013 et le 21 septembre 2013, porte également sa signature. 2 Pibce D-2. 10 Piece D-3. ‘Ii donne a titre d’exemples que monsieur Lamy ait donné a sa fille un cadeau de 2013. I s'agit d'un bain et d'un bébé en plastique. 12 Pidce P-12. joél en décembre 500-01-090833-135 PAGE : 10 [81] La piéce D-1 fait objet de multiples interrogations de la part de la défense. I! explique ne pas étre auteur de ce texte préparé par son contréleur mé is assure qu'en date du 15 mars 2013, ce document d'une seule page ne |’a aucunpment influence dans sa décision d'accepter de signer un premier consentement a communications privées le 21 mars 2013", [82] _Intitulé « Pourquoi participé (sic) un peu plus », ce docum interception de nt contient 11 rubriques sur lesquelles il sera longuement contre-interrogé dans le Hut de connaitre son interprétation personnelle"*. (83] Sans hausser le ton et sans s'impatienter, il spond avec aplom| chacune des rubriques qui lui sont exposées. [84] Quant Ia troisiéme tentative d'obtenir les aveux de l'accusé, ell 10 juin 2013, lors d'une conversation’ entre le temoin qui prétend se tr et courtoisie & le se déroule le ver & Québec alors que l'accusé, son interlocuteur, utilise son cellulaire. Celle-ci s'avére également d'une utilité limitée en raison de I'extréme méfiance de l'accusé. (85] A ce sujet, le témoin répate tant en chef qu’en contre-inte connaissait bien l'accusé, ce qui lui faisait craindre que ces trois tentati peu concluantes. rrogatoire qu'il ives demeurent [86] _Tant les rencontres des 2 et 3 mai 2013 que l'appel téléphon|que du 10 juin 2013, bien que planifiés par les enquéteurs, n‘étaient dévoilés a |'avarjce & Tremblay. Notamment, il apprend le 10 juin 2013, vers 16:45, que les enquéteur: de loger un appel téléphonique sur le cellulaire de l'accusé quelques het [87] _ Les enquéteurs lui reprochent par Ia suite, relativement au déroul derniére conversation, ne pas avoir respecté le scénario prévu. | connaissant l'acousé, il a di modifier le plan de match de ces derniers les chances que l'accusé baisse la garde. [88] Tremblay ne fait face a aucun chef d'accusation et a obtenu une sa déclaration du 8 mars 2013 ne saurait étre utilisée A son encont existence d'une preuve indépendante. De plus, il n’a jamais signé de témoin « collaborateur de justice»®. [89] La défense dépose ensuite la directive PRE-1, en vigueur dept 1991, maintes fois révisée et actualisée le 19 décembre 2013". 13 Pidce P-11. 1s Piéce D-1, reproduite & Annexe B. 15 Pieces P-18 et P-19, 18 Piece D-4, Idem, lui demandent res plus tard jement de cette explique que, jour augmenter promesse que fe, & moins de tente a titre de is le 9 octobre 500-01-090833-135 PAGE: 11 {90} Ace sujet, le témoin explique avoir recu la visite des enquéteurs|de la S.Q. deux semaines avant le début de l'enquéte préliminaire prévue le 1® juin 2015, Dans une entrevue d'environ 60 minutes, ces demiers lui proposent d'adhérer « au statut de collaborateur ». Les enquéteurs lui expliquent que cette offre provient « des Hautes Instances de la justice ». Le temps de réflexion est bref et il décline offre en raison de sa tardiveté et du stress additionnel occasionné par les présentes procédures. [91] Dans I'affirmative, il retient qu'il devrait déclarer sa « ligne de vie » incluant ses bonnes et mauvaises actions, se soumettre a un test polygraphique, mais bénéficiera de demandes de remboursement et d'une forme de protection. [92] Le témoin avance a plusieurs reprises lors de son témoignage quill est maintenant prét @ se soumettre au test polygraphique, accompagné de gens des médias, afin de corroborer le contenu de ses nombreuses déclaratiohs. | II nie avoir pergu que les enquéteurs voulaient ainsi confirmer ses dires. {93} I admet également avoir participé par la suite a un exercice de familiarisation en vue de l'enquéte préliminaire du 1 au 3 juin 2015 en compagnie de spn contréleur et de Jean-Francois Rail. [94] Au cours d'une séance d’environ deux heures, s'appuyant sur ses déclarations, les enquéteurs formulent des questions afin de l'nitier & ABC du fonctionnement d'un proces, 95] II doit répondre en regardant le « juge » comme s'il s'agissait d'une séance a la Cour. Cet exercice est complété par une visite au Palais de justice dq Trois-Riviéres, son lieu de résidence, au cours de laquelle il assiste au déroulement d'une audience. [96] II précise que cet exercice est conforme aux informations qui s¢ trouvent sur le site web du Ministére quant aux conseils transmis aux témoins en vue de leur témoignage. [97] Les opérations des 2 et 3 mai 2013 au cours desquelles Tremblay a porté des micros pour tenter diinduire le maire A se compromettre ont été comparées par le témoin a « Miami Vice ». Questions diverses [98] A l'époque, il admet avoir pris de l'alcool modérément, niant tout probléme a ce Sujet. Il a déja consommé des drogues dont de la cocaine dans le passé & raison de trois fois par année surtout a l'occasion de voyages a I'étranger| || s'agissait uniquement de « consommation récréative » [99] Il affirme que « ce n'est pas son train de vie qui I'a amené a la cot ruption, mais la corruption qui 'a amené & changer son train de vie » 500-01-090833-135 PAGE : 12 [100] Tremblay admet enfin n’avoir jamais recu une mise en demeure de la Ville de Montréal pour rembourser les pots-de-vin qu’ils ont touchés. Le témoignage de Robert Stein : le projet Troie [101] Stein est l'un des promoteurs impliqués dans le projet de démdlition et de construction de résidences étudiantes. avant que ce dernier ne décéde en juin 2006. II lui succéde alors w'il est associé [102] Il est dans l'immobilier depuis ses études collégiales et a con avec son pére depuis 2004 avec Keeler, une personne expérimentée semi-retr Vimmobilier aprés de multiples demandes d'argent liquide de la pa arrondissement CDN-NDG. « Because of kickbacks, | gave up », décla [103] A l'instar des autres témoins, Stein n'est le sujet d'aucune p matiére criminelle qu'en matiére civile. itée, Il quitte it des élus de re-tll ursuite tant en [104] Avant d’étre interrogé par deux enquéteurs de I'UPAC, qui se |sont rendus au domicile de son associé de l'époque Keeler le 15 mai 2013, il a déja rencontré des policiers du Service de police de la ville de Montréal (« SPVM ») afin de dénoncer des 6lus de l'arrondissement CDN-NDG oti son entreprise développe 75% de leurs projets immobiliers. [105] D'une valeur de 15MS a 17MS, le projet Troie débute en 2006 de l'Université de Montréal. Alors agé de 24 ans, il s’agit pour le témoin| projet d'envergure. [106] La compagnie familiale ayant déja 68 échaudée aprés s'étre différents partenaires, il décide alors de se joindre a Time Equities, ayant une bonne réputation dont le siége social est a New-York, et projet. [107] Avant de démolir les immeubles locatifs, il doit d'abord obteni démolition et présenter un projet de remplacement, en l'espéce, étudiantes. Son but est de faire de ‘argent, il n'hésite aucunement a l'att (108] Son associé Keeler prend donc rendez-vous avec monsieur Biss: des permis de démolition de l'arrondissement CDN-NDG, une person bien. Stein a souvent vu cette personne a proximité de son bureau e Toni Magi, un entrepreneur qui n'avait pas bonne réputation et qui y aval place d'affaires. [109] Sachant déjA par monsieur Bisson quill y aurait de l'oppositio ainsi que plusieurs étapes a franchir pour obtenir l'approbation de lal n'était pas encore gagnée. t est situé pres de Son premier asgociée avec ine compagnie , Pour 50% du un permis de jes residences irmer. n, responsable 1e qu'il connait compagnie de it également sa appréhendée Ville, la partie 500-01-090833-135 [110] Au début de 2007, il se rend au Comité consultatif d'urbanism rencontre présidée par le maire, avec Keeler et un architecte et son Stéphane Coulombe. [111] Encouragé par le maire qui linvite a prendre la parole et, malgr PAGE : 13 (GCU), a une ils, Georges et sa géne, Stein s'exprime lors de cette rencontre avec des citoyens qui s'opposaient au projet et fait bonne figure. Le maire le félicite. [112] Quelques semaines plus tard, le maire téléphone a son bureau e rappeler, ce que s'empresse de faire Keeler en sa présence. S’ensuit ui maire a aller le rencontrer & son bureau sur le boulevard Décarie. [113] C'est a cette occasion quil fait la rencontre de Tremblay que le aux promoteurs comme étant son bras droit et son porte-parole. demande de le ne invitation du maire présente [114] Au cours de cette rencontre ou quatre personnes étaient présentes, le maire réitére existence de lopposition de la part de groupes communautaire! obtenir un changement de zonage, et ajoute : « Les élections cotiten s, la difficulté a trés cher». Il suggére aussi leur participation a un cocktail de financement et précise |que le coat des billets de 100 $ chacun doit étre défrayé au comptant. [115] D'abord trés excité a la suite de cette invitation, Stein exprime ai oir été frustré a la sortie de cette rencontre car Bisson avait déja réclamé a son associé Keeler, une somme de 15 000 $ en argent lors d'un entretien antérieur. [116] De plus, durant cette rencontre, il n'a jamais été question des inmeubles de la rue Buchan et de logements sociaux, tel que le maire lavait annonce son associé [117] Lors d'une rencontre prédéterminée par le bras droit du stationnement d'un Tim Hortons, accompagné de Keeler, il remet lui-m réalablement a aire dans le me @ Tremblay une somme de 1 000 $ pour l'achat de 10 billets pour un cocktail auquel il participera avec sa mére a Lasalle [118] Par la suite, le tmoin confirme que Keeler regoit un téléphone le Tremblay qui désire le rencontrer & un restaurant. Pour que le projet aille de l'avant, Tremblay précise qu'une « contribution politique » doit étre faite. Sur un bout de montant exigé de 50 000 $ qu'il modifie a 35 000 $ en argent comptant. pier, il écrit le [119] Les gens d'affaires de New-York avisent dans un courriel"® Stein et Keeler de refuser cette demande et leur suggérent également d'aller rencontrer les [120] Stein décide tout de méme d'y souscrire et demande a sa meré sommes d'argent de ses comptes personnels"? et des comptes corporat "© Piece P-20, policiers. de retirer des s. 500-01-090833-135 [121] Sans 'appui du maire, il savait que son projet serait compromis, paroles du maire qui laissent clairement entendre qu'il appuierait ce projet PAGE: 14 a la suite des [122] De plus, le maire avait présenté Tremblay comme étant son "bagman" « fo keep his hands clean ». [123] A la lumiére des documents bancaires de sa mére, le témoin identifie le retrait de certains montants d'argent par cette derniére dont une somme précise de 17 000 $”°. [124] En totalité, bien que le projet ne se soit jamais concrétisé, Stei Versé 60 000 $ en pots-de-vin pour faire avancer ce projet. [125] En présence du maire, aprés |'approbation du projet final par les in estime avoir élus, monsieur Zeidel demande lui parler et lui réclame A son tour une compensation pour avoir appuyé son projet. [126] Aprés avoir subi de multiples pressions de sa part et malgré l'opposition de son associé Keeler, Stein lui donne un rendez-vous @ son bureau et lui remet l'argent dans une enveloppe. [127] Le témoin se retire ensuite de ce projet et limmeuble est vendu pour 3M $ parce quill se sent inconfortable face a la corruption systématique dans |larrandissement CDN-NDG. « Toute cette expérience a été un désastre » selon lui. [128] Bien qu’ll puisse étre pergu comme un délateur, Stein se déclare|heureux d’avoir dénoneé la situation au policier Patrick Denis du SPVM avant méme d'étre interrogé par l'UPAC en mai 2013, et ce, bien longtemps avant l'arrestation de l'agcusé le 17 juin 2013. [129] Il n’a toutefois jamais accepté de devenir un « agent double » collaborateur de justice » et de porter des micros pour enregistrer des él [130] Plus volubile, Stein admet avoir refusé que l'on fouille dans s également avoir craint le déclenchement de poursuites fiscales u un « témoin IS COrrompus. n passé et dit [131] Jusqu’a ce que les liens d'affaires soient rompus, quelques années plus tard, Stein précise que son associé Keeler était toujours son mentor. [132] Le témoin atteste ne pas avoir commis de crime et se décrit plutot comme une victime d’extorsion. II regrette son geste d'avoir payé des sommes d'argent en échange de l'avancement d'un projet qui n’a jamais vu le jour. 1 Piece P-22. ® Piece P-22, Ala p. 55. 500-01-090833-135 témoignage d’Anthony Keeler : le projet Tri PAGE : 15 [133] Celui-ci corrobore entiérement les dires de Stein quant a l'invitation du maire a les rencontrer. De plus, il confirme les demandes « expresses » du mair e diacheter des billets pour un cocktail de financement et les paroles non équivoques de ce dernier telativement au statut de son attaché politique ou directeur de cabinet. II certifie également que le maire a insisté sur le colt élevé des élections et q\ 1 la somme de 1 000 $ pour l'achat de 10 billets de cocktail a été remise a Tremblay len présence de Stein. [134] II spécifie que les actions d’Applebaum ont aidé le projet et ajoute : « He sold it to the committee, he convinced them it was a good project. » [135] Lors de sa rencontre avec Tremblay au restaurant, il corrobore on témoignage quant a l'existence d'un papier sur lequel le montant est inscrit et avoir parlé a ce demier des associés de New-York. Keeler parle de 30000$ a 35 00'S, et d'une demande initiale de 50 000 $ ou 100 000 $ qu'il aurait négociée a la baigse. [136] II valide que les remises d'argent se sont effectuées a la Brilerie St-Denis dans des boitiers de DVD remis sous la table et dans une enveloppe pt versement, ainsi que l'exigence des compensations additionnelle: messieurs Bisson et Zeidel. [137] La preuve révéle que ces deux personnes, citées au paragraphi ur le troisiéme requises par précédent, ont reconnu leur culpabilité pour avoir commis des actes de corruption dans le cadre de leurs fonctions. [138] Enfin, Keeler dit quill avait assumé que les sommes réclamées i celui-ci ayant clairement indiqué aux promoteurs lors de leur premiér « When you talk with Hugo, you talk to me ». |I considére que ce n'est! un maire de s'exprimer en ces termes. jaient au maire, rencontre que pas usuel pour {139] En 2015, tant Keeler que son associé Stein mentionnent avoir été contactés par les policiers avant 'enquéte préliminaire, uniquement en prévision de leur emoignage respectif a la Cour. Le temoignage de Patrice Laporte : le projet Centre Aquatique (140] Directeur général de SOGEP, une filiale de Dessau, il atteste Tremblay n’est pas un ami. I affirme lui tenir rigueur pour avoir enti actes de corruption et l'avoir dénoncé. demblée que ‘iné dans des 500-01-090833-135 PAGE : 16 [141] Aprés avoir été suspendu de ses fonctions a la suite de larrestation de l'accusé le 17 juin 2013, il fut congédié par Dessau, son employeur. «iis messager » précise+til, trés amer. [142] Ingénieur, il est présentement radié jusqu'en février 2017, al ont tiré sur le la suite d'une sanction de six mois imposée en septembre 2016 par le Conseil de discipline de son ordre professionnel. [143] Quant a Asselin, a époque conseiller au président chez Dessau, lien hiérarchique avec ce dernier qui n'a jamais témoigné dans le cadre [144] Voici les circonstances de sa premiére rencontre avec le maire et il niavait aucun fe ce proces. son bras droit. [145] A l'automne 2009, Laporte rencontre le maire et son directbur de cabinet Tremblay pour un lunch au Rib'n Reef! a la suite d'une démarche iniliée par Asselin qui connaissait le maire. [146] Pendant le repas d'une durée de 90 minutes, le projet du Centr discuté avec le maire pendant 10 minutes. C'est diailleurs l'unique foi Aquatique est ou il rencontre Vaccusé. SOGEP espére alors obtenir le contrat de gestion de ce centre sportif en construction, situé a NDG [147] I s'enquiert auprés du maire si cette gestion ferait suite & un Celui-ci répond quill « n’en était pas encore certain, quill allait vérifier. s'est jamais engage, ajoute le temoin appel d'ottres. Le maire ne [148] L'appel d'offres est finalement octroyé & SOGEP mais Tremblay demande & Asselin une somme de 25 000,00 $ en argent comptant pour que le m dossier au Conseil municipal aire amene ce [149] Tremblay confirme a Laporte qu'il doit payer sans quoi le maire n’aménera pas le dossier au conseil. «La Ville a toujours le choix de ne pas amener| retourner en appel d'offres. Ils peuvent faire ce quiils veulent » précise | le projet et de témoin [150] Aprés avoir consulté son patron Rosaire Sauriol, ce dernier accepte de payer la somme réciamée. [151] Cette somme tui est versée sous forme de bonis annuels de perf gu’a Mario Trudeau qui confirme devant le Tribunal avoir regu ces dépot mance” ainsi 23 [152] Technicien en génie civil, monsieur Trudeau est I'employé de Laporte a cette poque. I dit n'avoir jamais été impliqué dans ce contrat. Ces deux tém 2 Supra, note 4 2 Piece P51 Piece P-53 joing expliquent 500-01-090833-135 PAGE : 17 avoir ensuite retiré de leurs comptes, par petits montants, l'argent qui fut remis par Laporte a Tremblay, a cing ou six occasions, dans des enveloppes blan« hes? [153] En argent comptant, ces remises s'effectuent sur une période de § a 6 mois, dans la voiture du chef de cabinet et dans des restaurants de typ Starbucks. Tremblay n'a jamais compté l'argent en sa présence. [154] Laporte ajoute avoir remis des billets ou invité Tremblay a de mult pour du hockey, baseball, tennis ou courses de Formule 1 [185] II confirme avoir voyagé a New-York avec ce demier qui a tou hébergement ainsi que les billets de baseball [156] II a rencontré les enquéteurs de la Commission Charbonneau a volontairement une déclaration, aprés que ces derniers lui eurent quelques heures dinterrogatoire, qu'll ne sera pas accusé. [187] II refuse néanmoins de signer entente de collaboration, apré: avec son avocat, n'y voyant aucun intérét. 3 LA PREUVE EN DEFENSE [158] Le procureur de l'accusé déclare n’avoir aucun témoin a faire pidces D-1 a D-9 ont toutefois été déposées en preuve. 4. LES PLAIDOIRIES DES PROCUREURS Le ministére public [159] Avant de présenter un résumé général de la preuve, Me Kiéb document® consignant les admissions au dossier, signé par les pro cadre de ce procés. En sus des admissions générales concernant !'a‘ MeDonald ou iples occasions jefois payé son qui il a souscrit onfirmé, apres en avoir parlé lentendre. Les F ingiste sur le ureurs dans le cus, dont son statut de fonctionnaire municipal, ce document inclut une abondante preuve documentaire en lien avec les contrats Troie et Centre Aquatique. [160] Ces admissions concernent également les perquisitions a Ihétel rue Notre-Dame a Montréal, au bureau de l'arrondissement CDN-NDG tue Décarie & Montréal ainsi que celles visant différentes institut Siajoutent celle du projet HONORER, le mandat diinterception audio-c ide ville au 275 situé au 5160 ns | bancaires. sensuelle de Hugo Tremblay ainsi que les admissions concernant les documents obtenus en remise Pieces P-52 et 54, % Pidce P-t et P-1 b). 500-01-090833-135 PAGE: 18 volontaire. Enfin, on y trouve les admissions concernant les ordonnances pour registres téléphoniques. [161] A l'exception des chefs 3 et 10, le ministére public allégue avgir présenté une preuve de tous les éléments essentiels, sur chacun des chefs d’accusé que l'accusé a requis et accepté les pots-de-vin, par le biais de s tion établissant n bras droit et directeur de cabinet Tremblay, en échange de faveurs accordées @ Hes promoteurs immobiliers et des firmes de génie conseil [162] Elle souligne que {a preuve directe du témoin Tremblay impl Applebaum, étant de nature testimoniale et documentaire®, a été co preuve confirmative par les témoins Stein, Keeler, Laporte et Trudeau public estime tous crédibles et fiables. quant le maire plétée par une Jue le ministere [163] Référant a l'arrét Carter, le ministére public estime, dans le projét Troie, que les chefs de complot sont prouvés lorsque l'accusé et son bras droit form| nt Une entente pour requérir une somme d'argent des promoteurs, Stein et Keeler, et que ces derniers acceptent de participer aux actes criminels de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance et de corruption dans les affaires municipales, en adhérant et concrétement & cette entente par trois versements totalisant 30 00 qui conceme la connaissance et la participation de l'accusé a cette ente| commission des actes reprochés, la défense confirme effectivement que établie que les complots et les infractions substantives des chefs 1 a7 l'exception du chef 3. financiérement $. Sauf en ce te ainsi quia la la preuve a été nt été prouvés, [164] Le méme raisonnement s'applique en regard du projet Centre Aquatique dans lequel ia preuve démontre que Tremblay s‘entend avec 'accusé pour ré¢ de SOGEP par I’entremise de Laporte, Asselin et Sauriol qui accepter lamer 25 000 $ it finalement de participer aux actes criminels mentionnés aux chefs 8 14 en remettant & Tremblay cette somme d'argent comptant en plusieurs versements. Avec la concernant l'accusé, la défense est d'accord avec le ministére public été faite tant sur les complots que sur les infractions substantives, a I'e» 10. [165] Aprés avoir fait un résumé général des témoignages produits Poursuivante insiste sur la crédibilité et sur la fiabilité des cing témo} entendus en preuve principale. Elle insiste sur les similitudes enti témoignages ainsi que sur la corroboration de nombreux éléments d méme nuance Jue la preuve a eption du chef en preuve, la ns qui ont été les différents it les sommes d'argent réclamées et versées et les lieux ou les différentes rencontres se sont déroulées. [166] La poursuivante rappelle que le témoin principal Tremblay a adm) des actes de fraudes et de corruption a l'occasion de deux projets entr * On retrouve sous P-1b) la liste des pieces admises pour le projet Troie (piéces P- projet Centre Aquatique (piéces P-38 a P-54) is s'étre livré a 2006 et 2011, a P-37) et pour 500-01-090833-135 aprés y avoir été initié par le maire darrondissement Applebaum ave entendu pour commettre les actes reprochés a l'acte d’accusation. [167] Le témoignage de Tremblay, le directeur de cabinet du maire, es ce sens quill est le seul 4 impliquer directement 'accusé. Ce témoin dot détails et expose ce que le maire lui a appris dés la premiére année d PAGE : 19 ic lequel il s'est déterminant en ine de multiples san entrée en fonction, au départ comme attaché politique puis a titre de directeur de fabinet. Il avait alors 27 ans et ne connaissait rien a la politique. [168] Malgré certaines contradictions sur des éléments secondaires, elle affirme que ces derniéres n’affectent en rien la crédibilité de l'ensemble des témoin: détails donnés par tous les témoins sont tellement nombreux et coh peuvent avoir été inventés, selon ses dires. Dailleurs, les rents, quiils ne [169] Elle souligne enfin que la preuve présentée par le ministére public n’a jamais 616 contredite. [170] S'appuyant sur de nombreux arréts de jurisprudence auxquels référence ultérieurement, elle conclut que le ministére public a prow doute raisonnable que l'accusé a commis tous les gestes reprochés, concerme les chefs 3 et 10 pour lesquels 'accusé devrait étre acquit absence de preuve sur I'un des éléments essentiels. Le procureur de I'accusé [171] En date du 28 novembre 2016, Me Pierre Teasdale déclare plaidoirie” : L-] En lespéce, Votre Seigneurie, quand ma collégue commence son je Tribunal fera 6 hors de tout sauf en ce qui (8 en raison de u début de sa laidoyer, tout de suite, d’entrée de jeu, je vous dis que nous sommes d'accord abec le fait quil y a des éléments de preuve qui couvrent les éléments ess chacune des infractions. En lespéce, autrement dailleurs on ne intiels de jerait pas devant vous parce quil y a eu citation a proces reconnue. [...] Ma collégue en a fait la narration des éléments essentiels de chacun des gestes reprochés 4 monsieur, tant aI’ « actus reus » que dans la « mens rea » On reconnait également, vous savez, les élus ont un code d’éthique et par un serment dotice. Evidemment, ca va de sol que si vous en ve conclusion, hors de tout doute raisonnable, de la culpabilité de mon} besoin n’est-il de recourir a ces deux outils-la pour déterminer que, ® Transcription de audition du 28 novembre 2016, par Claude Morin, sténogra| plaidoirie du procureur de l'accusé p. 8-9. qui sont quise. sont liés nied & la eur, nul cp faisant, he pfficiel, de la 500-01-090833-135 PAGE : 20 ‘monsieur aurait commis des gestes répréhensibles, voire méme criminels. Alors, avec ou sans ces serments-la ou ces codes d’éthique, si vous étes, hprs de tout doute raisonnable, convaincue, ca dispose du dossier. [172] Puis, il se déclare satisfait des jugements de principes déposés par la poursuite portant sur la confirmation ou la corroboration d'un témoignage. Il estim: ie toutefois que Von tente ici de «corroborer des personnes peu fiables par d'autres| personnes peu fiables »®8, référant aux témoignages de quatre témoins & savoir, Tr Keeler et Laporte. emblay, Stein, [173] Sa plaidoirie porte entiérement sur I'absence totale de crédibilité|et de fiabilité de ces témoins la moralité discutable qui sont venus témoigner a 'abti de toutes Poursuites criminelles, et ce, afin d'incriminer précisément l'accusé. [174] Chacun d'eux, sauf Mario Trudeau, ayant admis s’étre livré & della corruption ou @ des gestes illégaux et chacun désirant sauver « sa peau », le procureur suggére que chacun avait un intérét a temoigner contre I'accusé. [175] Il insiste sur la préméditation évidente de Tremblay a compromettre son client ainsi que sur ‘option utilisée par tous les autres témoins qui ont choisi de conserver leur statut de témoins au lieu d’étre suspects ou accusés. « Tout le mondel s'est magasiné une promesse » dira-t-il®, [176] Il ajoute que Claude Asselin et Rosaire Sauriol dans le projet Centre Aquatique dont les noms apparaissent comme co-conspirateurs aux chefs 8 a 11 jamais ét8 accusés. [177] Me Teasdale admet toutefois que la directive PRE-1® visant les 13 et 14 n'ont collaborateurs de justice » ne lie pas le Tribunal, celle-ci étant adressée au poursuivant. ||! confirme dailleurs que Me Kleber n'a pas convenu directement ou indirecteme| avec les témoins en raison de leur témoignage. Par contre, il souti tun avantage fient que sans bénéficier d'une immunité, ils jouissent d'un avantage soit que leur|déclaration ne servira pas de preuve contre eux, a moins de l’existence d'une preuve in {épendante. [178] Tremblay ayant fait objet d'un contre-interrogatoire serré relativement a un document rédigé le 15 mars 2013°' par le contréleur Lamy intitulé « Pot (sic) un peu plus », le procureur tente de convaincre le Tribunal que le irquoi participé contenu de ce texte signifie que le contréleur Lamy n’accordait pas une grande crédibilité a son témoin. % Supra note 27, p. 10 Supra note 27, p. 14. 2 Pidce D-4, 3) Annexe B. 500-01-090833-135 [179] Il insiste sur la nécessité que le temoignage de Tremblay soit o: seul a impliquer directement son client. Soulignant le comportement PAGE : 21 rroboré étant le s policiers afin diinciter Tremblay a collaborer, incluant leurs méthodes protectrices A son égard, la défense invite le Tribunal a la plus grande prudence dans I’évaluation di Tremblay. I! précise certaines familiarités indues estimant que Lam) taient « en symbiose »%, témoignage de et son temoin [180] Enfin, il s'attarde au contenu du cahier des contréleurs® qui totalise 248 pages de notes manuscrites. [181] Ces notes débutent en mars 2013 et se terminent en octobre |2016 avec une interruption de 13 mois, d'avril 2014 au 11 mai 2015%. Vu cette procureur prétend a une fiabilité amoindrie de la preuve. [182] II souligne I'habileté de Tremblay & communiquer et ajoute individu inteligent, ambitieux, calculateur. 1 comprend bien son intérét [183] Le procureur suggére qu’a la suite de la rencontre de Tremblay Yautomne 2012, il savait quil devait éventuellement faire face interruption, le ue Cest «un témoigner. »°5 avec 'UPAC a a la justice, Conséquemment, son intérét était de faire une déclaration impliquant la personne visée Par les policiers, a savoir l'accusé, afin de s'en sortir. [184] II insiste longuement sur une expression utilisée par le maire lor Vinitie pour la premiére fois a la corruption. Cette expression « /'ve ol que ce dernier We've got to make a living » fréquemment employée par le maire a-telle été réellement utilise a occasion de cette rencontre importante? [185] Le promoteur Stein, lié au projet Troie, n'est pas a ses yeux le té honnéte décrit par la poursuite, mais un homme diaffaires ambitie corruption. Quant @ son associé Keeler, le procureur soumet qu'il déclaration, de connivence avec Stein, pour éviter d’étre poursuivi. [186] Relativement au projet Centre Aquatique, le procureur soutient q aurait jamais participé, car Tremblay a admis avoir au départ pris I'initiati de l'argent avant méme d'en parler au maire. [187] II invite enfin le Tribunal a rejeter le temoignage de Tremblay Dluffeur » et un manipulateur. Pour condamner 'accusé, le Tribunal doi tout doute raisonnable Tremblay et il n'est pas suffisant de prétendre qui Pas été contredite. Faut-il encore, avance-t-il, s'interroger sur la question % Supra note 27, p. 48 Pieces D-9 et D-9A, Pieces D-3 et D-3A. % Supra note 27, p. 68. 8 join candide et x rompu @ la A souscrit une fe le maire n'y e de réclamer qui est « un croire hors de la preuve n'a suivante : 500-01-090833-135 tl Pour condamner monsieur Applebaum, vous devez étre convaincue hq doute raisonnable que monsieur Tremblay dit la vérité, quil soit confin changes d'argent dans un Tim Hortons, dans une auto, dans ..._Ulti va toujours demeurer la question de savoir : qu'est-il arrivé de cet argt iy a autant ... la preuve est aussi compatible, on dit... vous savez, ra pas été contredite. 1! n’est pas suffisant de dire que la preuve n| contredite.*, [188] Cette préoccupation de la défense a été exprimée par l'accusé | Tremblay le rencontre le 3 mai 2013 alors qu'il est muni de micro(s) afin] Laudition de cette communication est transorite a la piéce P-17. declarations de culpabilité multiples selon les enseignements de la C Canada dans A. c. Kienapple%”, en regard des chefs 6, 7, 13 et 14, et preuve ait été faite de la culpabilité de l'accusé quant aux crimes dé infraction substantive de corruption dans les affaires municipales. C\ une suspension conditionnelle des procédures devrait étre prononce | quatre chefs si 'accusé est reconnu coupable des chefs 1, 2, 8 et 9. | 5. LE DROIT Le complot et les actes substantifs a larticle 465 du Code crimine! peut étre défini de fagon générale c entre deux personnes ou plus, pour commettre un crime. L’entent expresse ou tacite, représente |'élément matériel central du compiot et sur la perpétration de infraction. Quant a intention du complot, intention réelle de s'entendre pour mettre a exécution le projet criminel. [191] En ce qui concerme les chefs de complot, les arréts R. c. Mapara®®, établissent que pour déclarer un accusé coupable de com étre convaincu hors de tout doute raisonnable que le complot a eu lieu et conspirateurs » a la régle de lirrecevabilité du oui-dire peut étre invo %® Supra note 27, p. 142, 1975, 1 RCS. 729 [1982] 1 RCS 998. 2005 CSC 23. ee PAGE : 22 rs de tout 1é sur des jement, il nla? Et in dit: elle la pas été i-méme lorsque de fenregistrer. [189] Enfin, les deux procureurs invitent le Tribunal & appliquer la rege interdisant les ut ir supréme du ce, bien que la complot et de ns@quemment, @ quant a ces [190] De fagon concise, en raison de la prise de position des parties, le complot prévu mme tentente , qui peut étre et accord porte lle consiste en Carter®, R. c. Hot, le jury doit que laccusé y @ participé. En tranchant la question de la participation, « l'exception & |'égard des uée seulement 500-01-090833-135 PAGE : 23 lorsqu'une preuve directe contre l'accusé établit la probabilité de sa| participation au complot, [192] Dans A. c. Mapara’®, les cing juges majoritaires confirment que approche en deux étapes de Carter permet au juge des faits de prendre en cansidération une déclaration relatée par un coconspirateur en vue du complot, seulement aprés avoir conclu (1) que le complot a eu lieu hors de tout doute raisonnable et (2) que l'acousé y a probablement participé vu uniquement la preuve directe contre lui. | Cette méthode Carter offre effectivement, selon la Cour supréme, des indicateurs cifconstanciels de fiabilité. [193] Le 9 septembre 2016, la Cour d'appel du Québec dans Proulx|c. Fi.47, sous la plume de I'honorable Dominique Bélanger, écrit [23] Dans une premiére étape, le juge doit donc étre convaincu hots de tout doute raisonnable de Iexistence d'un complot. Cette démonstration|peut étre faite au moyen de toute preuve pertinente. [...]. probabilités et en considérant uniquement une preuve directement dmissible [24] Dans une deuxiéme étape le juge doit s‘assurer, selon la irs des contre l'accusé, de sa participation au complot. S'il détient cette preuv alors permis, en troisiéme lieu, d’accepter en preuve les actes et les déc des coconspirateurs faits dans la poursuite du but commun. {...} il lui est larations [194] L'existence d'une preuve directe et probante de la participation au complot permet done au juge de premiére instance de tenir compte des déclarations des coconspirateurs, tel que permet la régle établie dans Carter et Mapara [195] Lorsqu'l s'agit de déterminer non plus en fonction de la balance {ies probabilités mais de la preuve hors de tout doute raisonnable si la poursuivante a f la culpabilité de 'accusé, 'analyse des témoignages, spécifiquement cel devra faire objet d’un examen rigoureux. it la preuve de i de Tremblay, [196] Le ministére public dispose rarement de la preuve directe d'une entente, a moins d'un aveu de l'accusé. Réguliérement, l'existence du complot se dédult une preuve circonstancielle relativement a la conduite de l'accusé en lie d'accusation reprachés. La preuve circonstancielle [197] La Cour supréme a énoncé des exigences dans les arréts FR. des faits dont avec les chefs c. Cooper en 1978* et ultérieurement en 2009 dans R. ©. Griffin’? quant a la preuve citconstancielle. © Supra, note 39, “| 2016 QCCA 1426. 2 [1978] 1 S.C.A. 860. 8 2009 CSC 28. 500-01-090833-135 PAGE : 24 [198] Plus récemment, la Cour d'appel du Québec dans A. c. Winton) réitére certains passages de ces arréts en ces termes : 12. Comme cela est écrit aux paragr. 43 et 46 de l'exposé, 'avocat de| 'appelant voudrait ramener l'exigence retenue dans I'arrét Hodge, au regard de|la preuve circonstancielle, c'est-a-dire que le juge devrait expliquer au jury que ia preuve doit aussi démontrer quil n'y a aucune autre inférence logique que la ¢ulpabilit. Le juge devrait done donner une directive spécifique sur la question Pourtant, encore récemment, dans R. ¢. Griffin, 2009 CSC 28 (CanLIl), [2009] 2 R.C.S. 42, la juge Charron rappelie, au nom de la majorité, que cette exigence n’gxiste plus et quil n'y a pas de directive spéciale rattachée a la preuve circonstanclelle 33. Cette Cour a depuis longtemps écarté toute obligation que| des ‘directives spéciales” soient données au jury relativement & la preuve circonstancielle, méme lorsque la question en |itige concerne lidentification ; R. c. Cooper, 1977 CanLi! 11 (CSC), [1978] 1 S.C.R. 860. Lélément essentiel d'une directive en matiére de preuve) circonstancielle consiste & faire comprendre aux jurés que, pour prononcer un verdict de culpabilité, ils doivent étre convaincus hors de tout doute raisonnable que la seule conclusion rationnelle pouyant 6tre tirée de la preuve circonstancielle est que l'accusé est coupable. ‘ba La crédibilité et la fiabilits des temoignages [199] Dans Marchands en gros de fruits Canadawide inc. c. 9005-8397 Québec inc. (AMR Fruiterie)**, honorable Mark G. Peacock de la Cour supérieure du Québec s'exprime comme suit 76. As Professor Ducharme instructs, the Court in assessing cregibility[13] should look at how the witness performs in each of these areas: perception, interpretation, memory and ability to express oneself. fe 108. Finally, the Court notes that the term “credibility” refers to al person's interest in telling the truth while the term “reliability” refers to whether the witness fs actually telling the truth. A classic example is that of an individual who is honestly mistaken when they give their evidence. The person may well be credible, but their evidence is not reliable. [référence omise] 2011 QCCA 2000. “© 2016 QCCS 4101 500-01-090833-135 Lappréciation du témoignage des complices et la preuve corroborative [200] La défense soutient qu'une grande prudence s'impose dans PAGE : 25 ‘évaluation des témoignages en raison de la complicité des témoins Stein, Keeler et Laporte notamment lorsquils confirment le témoignage de Tremblay alors qu'ils| sont d'une moralité douteuse. (201] Rappelons que dans l'arrét Vetrove: .c*®, les appelants ont été déclarés coupables de complot en vue de faire le trafic d’héroine. Le seul point soumis a Ja Cour était de savoir si les directives du juge au jury sur la question de la corrol appropriées. La question se posait dans ce dossier quant au témoig Langyand, un complice qui a temoigné pour la poursuite [202] Voici quelques extraits pertinents de cet arrét important: oration étaient age du témoin 3. _Le juge du procs a expliqué aux jurés que méme sils pouvaient déclarer les accusés coupables sur le témoignage d'un complice, il était dangeteux de le faire si ce témoignage n’était pas corroboré. Ii a ensuite expliqué signification de corroboration selon le jugement de lord Reading dans faffaire R. v. Baskerville, [1916] 2 K.B. 658. II leur a aussi dit que [TRADUC’ seule conclusion logique a laquelle vous pouvez [page 814] arriver est w jury la JON] «la quill faut traiter Langvand comme un complice». On ne conteste pas cette partic des directives du juge. 4. _Llobjection des appelants vise les remarques du juge du progés sur la partie de la preuve qui peut servir de corroboration. [...] L.] La perspective qu'un complice acquire limpunité en accusant fal d'autres personnes n'est pas le seul danger quion associe ordinait temoignage d'un complice. On laisse aussi entendre quiun complice crédible parce quil voudra donner une impression diinnocence, ou dlune participation mineure a infraction [page 822] et faire pras, on se rend compte quill ne peut justifier une ragle générale s'apy Ju moins, jorter la. responsabilité par les autres. Encore la, en examinant ce raisonnement de plus iquant & tous les complices. ll y a des complices qui essayent de mininjiser| leur Participation @ Infraction, mais l'expérience démontre que ce n'est pas toujours: vrai, En_toute logique, site complice avoue franchement_sa participation & Vinfraction, la mise en garde ne devrait pas étre nécessaire. De plus, méme si le complice prétend quil n'a joué quun réle mineur dans la perpétt infraction, il se peut que I'accusé admette cette version des faits. Lorsql joué par le complice est admis de part et d'autre, il semble y avoir peu que le complice invente une version de sa participation qui responsabilité sur les autres. En résumé, ce deuxiéme motif ne justifie “© Rc. Vetrovee, [1982] 1 A.C.S. 811 ation de ele rdle risques, jette la pas une 500-01-090833-135 PAGE : 26 régle applicable & tous les complices: la crédibilité varie en fonction des faits de chaque affaire, | [1 Aucun de ces arguments ne justifie une régle unique et invariable pour tolis les complices. Tout ce quion peut établir, clest que le témoignage db certains complices peut ne pas étre digne de foi. On peut en dire autant de |beaticoup autres catégories de témoin. II n'y a rien dinhérent au témoighage d'un complice qui le rende nécessairement indigne de foi. Imposer [ine régle universelle singularisant les complices revient donc a attacher a ce domaine du droit de la preuve un formalisme aveugle et vide de sens. Plutdt que dé tenter de classer_un témoin dans une catégorie et _de réciter ensuite des inbantations rituelies, le juge du proces ferait mieux de s'attacher aux faits de la cause et d'examiner tous les facteurs susceptibles de porter atteinte a la credibilité d'un témoin en particulier. Si, d'aprés lui, la crédibilité du témoin exige que |e jury soit mis en garde, il peut alors donner des directives a cet effet. Si, d'autre part, il estime que le témoin est digne de foi, que ce dernier soit formellement un «complice» ou non, aucune mise en garde n'est nécessaire. Ll Je suis davis de décider quil n'y a pas de catégorie spéciale réservée aux (complices». II faut considérer le complice comme n'importe quel autre témoin qui dépose a un proces criminel et si le juge choisit de donner son avis, Jes ragles générales régiront sa conduite. [nos soulignements} [203] Dans un jugement rendu le 10 octobre 2000, dans lequel elle g'exprime sur la | preuve confirmative, la Cour d'appel du Québec ordonne un nouveau proces dans R. c. Boucher”. [204] Dans ce dossier, a la suite de son procés devant jury, Maurice| Boucher a été acquitté des inculpations de meurtres de deux gardiens de prison et de tentative de meurtre sur un troisiéme. [205] En raison de deux directives erronées du juge relatives A la défiition incorrecte de la preuve confirmative et la deuxiéme, issue de la preuve, quant a la conclusion du juge a l'inexistence d'une telle preuve confirmative, le pourvoi est accueil. [206] Les extraits pertinents de ce jugement quant a la définition de la preuve confirmative sont les suivants * 149.C.C.C. (8d) 429. 500-01-090833-135 PAGE : [17] A plus d'une reprise, le premier juge a instruit le jury sur le Hanger de condamner liintimé sur la foi du témoignage de Gagné, «a moins que ce témoignage ne soit contirmé par une preuve indépendante de Gagné] qui porte ‘sur un fait matériel Itigieux, un fait important ltigioux.». [18] Cette détinition proposée par le juge est erronée. Certes il pet siagir d'une preuve «indépendant» du témoignage a confirmer mais cette preuye n'a as a «porter sur un fait important litigieux». De fait, la preuve confirmative peut méme consister en des faits non contestés et donc non litigieux, Ip meilleur exemple en l'espéce étant celui de la disparition, aprés l'arrestation de Gagné, des deux exécutants Fontaine et Tousignant (voir par. (30] a [34], infra); Il sagit d'un fait qui, bien qu'admis par lintimé au proc’s, pouvait néanmoins| confirmer Gagné. ILressort clairement de larrét Vétrovec que la recherche d'une preuve confirmative_vise_essentiellement a rassurer_le jury sur_la_crédibilité_du témoignage qui pose probleme («impuaned»){4], ce qui signifie que lla prewve confirmative n'a pas & revétir nécessairement ce caractére a la fois «impottant» et slitigieux» proposé par le premier juge: le véritable test a ét6 éngncé| dans larrét Vétroveo, soit «does this supporting evidence strenathen our bellef that (le émoin) is telling the truth»? (p. 832) La [29] Avant de discuter des éléments de preuve susceptibles de |contirmer Gagné, il convient de rappeler certains principes de droit qui doivent guider cette Cour dans cette analyse a) Il incombe au juge du procés de décider non pas si la preuve contient des faits confirmatits, ce quill revient au jury de décider, mais bien si elle cohtient des faits potentiellement confirmatits.(6] b) Si le juge du proces conclut @ absence de toute preuve potentiellement confirmative, il doit en aviser le jury.{Z] ©) Par ailleurs, si la preuve révéle des faits qui peuvent confirmer le tétnoignage problématique, alors le juge doit instruire les jurés en ce sens et ddnnet des exemples d’éléments de preuve quis peuvent considérer dans le cadré de cette analyse [8] mais avec la réserve exprimée dans l'arrt Bevan, supra, qui ne nous concerne pas en l'espéce. d) Ce serait_une erreur_de_considérer isolément chacun des éléments de reuve potenticllement contirmatifs lorsqu'll s'agit d'une preuve circonstancielle: Gest leffet cumulatif de tous ces éléments de preuve qui doit étre apprétié [9 e) En lespéce, la preuve confirmative devait tendre a rassurer le|jury, que lintimé avait bel et bien tenu les propos que lui imputait Gagné, donc arenforcer la conviction du jury que Gagné disait la vérité.[10) (réterences omises} {nos soulignements} a7 500-01-090833-135 [207] En 2014, dans A. c. Kehler la Cour supréme du Canada e| Pourvoi de plein droit si le juge du procas a bien expliqué les princi Varrét Vetrovec précite. [208] Lihonorable juge Fish répond affirmativement a cette questio témoin ait été qualifié de témoin taré par le juge du proces, une preui qui n'implique pas l'appelante, mais confirme son récit quant au vol et a ce vol, a toutefois convaincu le juge que ce témoin taré disait la vérité. [209] La Cour écrit : 2004 CSC 11. PAGE : 28 amine dans co es Stablis dans Bien que le e indépendante sa participation 15. L’appelant confond 4 tort « pertinent » et « contesté ». Mémé sil) n'est pas contesté, le récit détaillé que M. Greenwood a fait du vol rest fas moins « pertinent » — quant aux infractions reprochées — que le fait que te témoin implique lappelant dans la perpétration de ces infractions. En outre, a quelie doive permettre de rétablir la confiance du juge des faits a 'égard Pertinents du récit du témoin, il ne s'ensuit guére que la preuve confi aspects tive doit, Juridiquement parlant, impliquer laccusé lorsque la seule question conttestée au procés est celle de la participation de l'accusé a la perpétration des ctimes reprochés. 16. me le reconnait lappelant Iui-méme, il ressort clairement de larrét Vetrovec, précité, que, pour étre confirmative, la preuve indépendante hia pas a ‘mpliquer laccusé. A ce propos, aucune régle_distincte ne s applique aux affaires dans lesquelles unique preuve de la partipalion de laceuso émane di lun témoin suspect. bd 22 _La encore, méme en présence de faits contestés qui ne sont pas par ailleurs confirmés, le juge des faits peut, aprés avoir examiné l'ensemble de la preuve, ajouter foi & la déposition du témoin de mauvaise réputatioh sil est persuadé que, malgré ses faiblesses ou ses détauts, ce témoin dil la vérité, bed 29, Rassuré par les faits confirmatifs quiil a mentionnés, le juge a foutefois estiné quil pouvait retenir, sans risque dierreur, le témoignage | de M. Greenwood concernant le vol commis & Red Deer. Aprés avoir bxaminé Yensemble de la preuve — non contredite et inexpliquée._pourrions-nous ajouter =. le juge_du_procés était convaincu hors de tout doute raisonndble que Lappelant avait participé & ce vol. [nos soulignements} 500-01-090833-135 [210] Toujours en lien avec les dépositions de témoins douteux prése! PAGE : 29 intés au proces par le ministre public et A examen rigoureux auquel il faut soumettre leurs dépositions, 'arrét A. c, Khela*? se prononce sur la forme et le conten garde de type Vetrovec. [211] Sur ce sujet, le juge Fish écrit : [5] Or, sans la mise en garde, les jurés ne seront peut-étre pas el apprécier la nécessité ou les raisons d'un certain scepticisme et d'u d'une mise en mesure examen particuliérement rigoureux quand il s‘agit des dépositions de tels témoips. C'est essentiellement pour cette raison que le juge du procés peut — et dan: cas doit — inclure dans ses directives « une mise en garde claire et pre certains ‘ise pour attirer attention du jury sur les dangers de se ter a la déposition d'un témoin sans plus de précautions » (Vetrovec c. La Reine, (1982] 1 A.C.S. 811, [6] Dans Vetrovee, la Cour a statué quil n’existe pas de catégorie 5 témoins pour lesquels il faut faire cette mise en garde. Elle a aussi c. 831). iale de clu que, dans les cas ou la mise en garde est jugée nécessaire ou appropriée, iln’est pas besoin de /a libeller dans un langage formaliste ou selon une formule toute faite. Le juge n’a pas non plus a y inclure une définition juridique de « corrohoration » lorsquill explique au jury le type de preuve pouvant étayer la déposition d'un témoin taré. [7] Vetrovec a done, sur le plan du contenu et de la forme, modemisé en garde traditionnelle et ('a libérée de son formalisme. Mais lintenti pas de priver laccusé de la protection que la mise en garde est depuii la mise mn n'était toujours censée offrir. Comme le juge Major (dissident sur d'autres points) I'a| expliqué dans PR. c. Brooks, 2000 CSC 11, [2000] 1 R.C.S. 237, par. 69, une fois la mise en garde de type Vetrovec effectuée, «le jury [peut] examiner cet élément de preuve plus facilement, mais avec autant de scepticisme qu'auparavant [212] Relativement au caractére indépendant et substantiel d'une p| précise : 2009, CSC 4. euve, la Cour [39] |! va de soi que les éléments de preuve présentés au proces ne|sont pas tous de nature a confirmer les déclarations d'un témoin dont la crédjbilité est contestée, C'est le caractére indépendant de la preuve qui conforte le |juge des faits dans son opinion que le témoin dit la vérité. La preuve « viciée » gn raison dun lien avec le témoin visé par Vetrovec ne peut servir a confifmer| son témoignage [...] [40] Le caractére substantiel d'une preuve est un concept plus complexe. Dans Vetrovec, la Cour a supprimé lexigence qu'une preuve corroborante Yaccusé. Comme le juge Dickson Ia fait remarquer, d'autres types di peuvent également convaincre un jury qu'un témoin dit la vérité. Dans implique preuve coher, la 500-01-090833-135 [213] Dans cet arrét, les juges majoritaires confirment quels doivent ét fondamentaux de cette mise en garde Cour a confirmé quill n'est pas nécessaire qu'une preuve implique |'a étre confirmative. La position de la Cour demeure inchangée a cet égal [41] II n'est pas nécessaire que chacun des éléments de la preuve c implique Paccusé. [...] [42] Toutefois, considérés dans une perspective d'ensemble, les élém: preuve confirmative devraient conforter le jury dans son opinion déclarations du témoin selon lesquelles accusé a commis Iinfra dignes de foi. Toujours dans Vetrovec, le juge Dickson a ainsi fait la’ suivante au sujet de la preuve permettant de confirmer : Toute cette preuve incriminante, prise dans son ensemble, rent grandement la conviction que Langvand dit la_vérité 4 propos ¢ incipation de Vetrovec 6 que_Langvand puisse impliquer faussement des innocents. (Je soul p. 833] Les juges Binnie, LeBel, Fish, Abella, Charron et Rothstein : II n’exist formule unique qui puisse produire une mise en garde de type PAGE : 30 use pour mI infirmative nts de la que les tion sont rremarque ree tal ute ne: ire les éléments le pas de Vettovee appropriée pour toutes les circonstances prévisibles, mais les juges du procés, qui doivent élaborer une mise en garde adaptée aux faits de l'espec droit de s'attendre a obtenir des précisions quant aux caractéristiques d'une mise en garde. Voici les quatre éléments fondamentaux de | garde : (1) attier I'attention du jury sur le témoignage qui nécessite ul Particuligrement rigoureux; (2) expliquer pourquoi ce témoignage examiné de facon particulidrement rigoureuse; (3) prévenir le jury du Prononcer une condamnation sur la foi d'un témoignage non confir , sont en jénérales mige en examen doit) étre langer de é de ce genre, le jury étant toutefois en droit de Ie faire s'il est convaincu de la véracité du témoignage en cause; (4) indiquer au jury que, pour déterminer suspect est véridique, il doit chercher, & partir d'autres sources, de: tendant établir que le témoin indigne de foi dit la vérité quant a la cul laccusé. Nul besoin d'appliquer ce court exposé de maniére rigide et ci i le) récit prauves jabilité de. mme s'il s'agissait d'une formule toute faite. Lorsque la mise en garde comporte ces quatre éléments, un tribunal d'appel doit généralement conclure, "exposé au jury ne présente pas de déficiences, que la mise en adéquate. U’abus de confiance par un fonctionnaire selon prévu a l'article 122 du [214] En 2006, la Cour supréme du Canada dans A. c. Boulanger Pourvoi contre un arrét de la Cour d’appel du Québec qui avait confirm de culpabilité de l'accusé. 2006 CSC 32. i ailleurs jarde est de criminel , accueille un la déclaration 500-01-090833-135 [215] honorable juge en chef McLachlin rappelle que « Liabus de fonctionnaire, visé a l'art. 122. du Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46 Ja fois ancien et important. 1! matérialise obligation des titulaires d'une, emploi publics ’en user pour le bien public. C'est une obligation font PAGE : 31 mnfiance par un est un crime a charge ou d'un lamentale pour une saine administration et essentielle pour que les citoyens continuent a faire confiance aux autorités publiques. Pourtant, il est surprenant de constater que les éléments constitutifs de ce crime demeurent incertains. Le présent pout /oi nous oblige 4 les clarifier, afin que les citoyens, la police et les tribunaux sachent claitement quel genre de conduite est visé par cette infraction » [216] Bien qu'il existe dans le présent dossier une admission selon est un fonctionnaire, l'article 118 du Code criminel en donne la définition article 118 définit le « fonctionnaire » comme une personne qui « d charge ou un emploi » ou « est nommée pour remplir une fonction p quelle l'accusé ‘suivante tient une blique ». Les mots «charge» et «emploi» sont définis de fagon large: ils visent notamment « une charge ou fonction sous l'autorité du gouvernemen| commission civile ou militaire » et «un poste ou emploi dans un public [217] Relativement a actus reus et a la mens rea requise, la juge en ct 82, [...] Les fonetionnaires doivent répondre de leurs actions devant dune fagon qui ne siimpose peut-étre pas aux acteurs privés. Toutefois jamais voulu dire quiis étaient tenus a la perfection sous peine a’étre Coupables diactes criminels; les «simples erreurs » et les «er jugement » ont toujours été exclues de l'infraction. || faut davantage po infraction dabus de confiance par un fonctionnaire. La conduite en s'accompagner de la mens rea requise et elle doit aussi étre suffisam pour passer du domaine de la faute administrative 4 celui_du com iminel. Ceite préoccupation se refléte clairement dans lexigence énoncée dans Shum Kwok Sher et dans Attorney General's Refere [TRADUCTION] « une conduite si éloignée des normes acceptable: €quivaut a un abus de la confiance du public envers le titulaire de la de lemploi publics » (Attorney General's Reference, par. 56). Corl mentionné dans R. c. Creighton, [1993] 3R.C.S.3, «[e]n droit, inconsidérément qualifié de criminel » (p. 59). 53 Les questions posées dans Shum Kwok Sher par Sir Anthony Ma: Cour de dernier ressort de Hong Kong, définissent bien les paral examen a effectuer pour déterminer si la conduite s’écarte substant des normes reconnues. Cet examen doit tenir compte des responsabil ‘charge ou de l'emploi et de importance des fins publiques poursuivies [TRADUCTION] La gravité, dans le présent contexte, sévalue compte, «une ministere ef écrit le public , cela n'a dédlarés reurs de pur Stablir ause doit ent grave rlement le gravité e. I faut S quelle jarge ou me i est ul n'est n, de la jétres de jellement ités de la ttenu des responsabilités de la charge, ou de l'emploi, et de son titulaire, de lmportance des fins publiques auxquolles elles s‘attachent ainsi que de la naturel et de la portée du manquement 4 ces responsabilités. [Je souligne; par. 86.) (218) 500-01-090833-135 PAGE 54 Le critére applicable dans cet examen est analogue 4 celui se rapportant 4 la négligence criminelle. Relativement 4 cette derniére infraction, il a fallu, comme pour labus de confiance par un fonctionnaire, distinguer la conduite suffisamment grave pour mériter une sanction criminelle de la condite moins grave, exposant simplement a une sanction civile ou administrative. Pour etablir cette distinction, la Cour d'appel de l'Ontario a jugé, dans R. c. Rajc (1993), 80 C.C.C. (3d) 533, quiil doit s'agir d'une conduite s'écartant [TRAQUCTION] «de fagon marquée » d'une conduite prudente. La Cour supréme du Canada a entériné ce raisonnement dans des affaires de conduite dangereuse, affirmant que le comportement en cause doit représenter un écart « marqué » ir rapport 4 la norme de diligence qu’observerait une personne raisonnable, compte tenu de ensemble des circonstances : R. c. Hundal, [1993] 1 R.C.S. 867. De méme, i \duite_dun_fonetionnaire s'écarte de facon_«marqlée s des normes auxquelles une personne placée dans un poste de confiance comine le sien_est_censée se conformer. Toutefois, contrairement_a la_nféaligence criminelle, 'abus de confiance par un fonctionnaire nécessite un élément moral subjectif, que je vais maintenant examiner ci-aprés. LD 56. [...] En principe, la mens rea de I'infraction réside dans l'intention ‘user de sa_charge ou de son emploi publics 4 dautres fins que l'ntérét public En pratique, elle a toujours été associée au fait den user dans un objectit de maihonnéteté_ de partialité, de corruption ou diabus, lesquels représentent le ‘motif non public visé par Vinfraction. 57 Comme pour toute infraction_la_mens rea s'infére des circonstahces, La tentative _de laccusé de camoufler ses actions peut souvent _indiguer une ‘intention ilficite (Arnoldi) et fobtention d'un avantage personnel substabtiel, que laccusé a agi dans son propre intérét plutot que dans celui du public. |. [nos soulig Enfin, la Cour supréme du Canada conclut en ces termes : 58. Je conclus quil y aura preuve d’abus de confiance par un f ements} tionnaire lorsque le ministére public aura prouvé hors de tout doute raisonnable les éléments suivants Vaccusé est un fonctionnaire; 2. Taccusé agissait dans lexercice de ses fonctions; 3. faccusé a manqué aux normes de responsabilité et de conduit impose la nature de sa charge ou de son emplol; que ui 32 500-01-090833-135 PAGE : 33 4. la conduite de laccusé représente un écart grave et marqué par rapport aux normes que serait censé observer quiconque occuperait le poste de \confiance de laccusé; 5._laccusé a agi dans I'intention d'user de sa charge ou de son emplol publics 4 des fins autres que Iintérét public, par exemple dans un obj ‘malhonnéteté, de partialité, de corruption ou d'abus. td jectit. de 87. Il ressort clairement des faits dont la juge du proces a été shisie que actus reus n’a pas été étabii. |...) Comme I'a indiqué la juge du proce) plutét d'une erreur de jugement de la part de M. Boulanger (par. 108) fenu de lensemble des circonstances de I'affairo, je conclus que les a M. Boulanger natteignent pas le degré de gravité requis pour établir /a\ de labus de confiance par un fonetionnaire. Larrét de prise de notes par le contrdleur [219] Bien qu'aucune requéte n’ait été présentée dans le présent d il S'agit Compte tions de TUS reus ssier lors du Procés, le Tribunal estime pertinent de mentionner quiun juge slest prononee antérieurement sur cette question. [220] Le 12 septembre 2016, rhonorable Danie! Bédard, j.c.4, rendait ji igement®” sur une requéte pour émission d'une ordonnance de divulgation de certains éléments de Preuve ainsi qu'une ordonnance en arrét des procédures pour défaut de di [221] En raison de rinterruption de prise de notes par enquéteur entre mois de mai 2015, la défense demandait donc la divulgation des n fencontres des 23, 24 et 27 avril 2015 et un résumé judiciaire communications entre mai 2014 et mai 2015. (222] Les paragraphes 2 et 63 de ce jugement sont ici pertinents : [12] La défense, pour justifier larrét des procédures, avance Ia procédures relatives a linconduite de IEtat, de maniére plus précise, un ¢ ‘inadéquat ou incorrect du pouvoir discrétionnaire de la poursuite recon doctrine, confirmé et explicité par la jurisprudence. Lo] [63] Rien dans ce qui précéde ne permet d'intérer une conduite inace ou répréhensible de la poursuite et rien dans le contre-interrogatoire du Tremblay a l'enquéte préliminaire ne fait ressortr un avantage, un béné| une promesse faite en contravention de la directive. SR. c. Applebaum, 2016 QCCQ 9202. ivulgation. \vril 2014 et le tes pour les le toutes les us de ‘ercice par la pptable ‘main fice ou 500-01-090833-135 [223] L’honorable juge Bédard conclut : PAGE : 34 75. —_L’arrét des procédures pour abus des procédures ou pour éfaut de divulgation n'est pas soutenu par une preuve suffisante. 76. _ La défense affirme que la crédibilité du témoin Tremblay est, au coeur méme du litige. Si tel est le cas, alors laccusé est en possession de toute information pour mener un contre-interrogatoire complet et efficace, c fait, selon le Tribunal, lors de lenquéte préliminaire. ime il a 77. _ Tel quexplicité précédemment, absence de notes ne peut diune part 6tre associée a une conduite malveillante et répréhensible de la poursulte et méme, si tel était le cas, encore faudrait-i quil s'agisse d'un des cas manifestes. 6 LAQUESTION EN LITIGE [224] De tout ce qui préc&de, la seule question en litige est k Poursuivante a-t-elle fait la preuve, hors de tout doute raisonnable, les, plus suivante : la jue l'accusé a Participé au complot et a la commission des actes substantifs de fralide, d'abus de confiance et de corruption allégués dans l'acte d’accusation. 7. ANALYSE [225] Le Tribunal a présidé ce procés qui s'est échelonné sur 10 jour dont les sept premiéres, et ce, de fagon consécutive en ce qui concern témoins présentés par le ministére public. Les trois autres journées ont ées d'audition Vaudition des 1é consacrées 4 la plaidoirie des procureurs, aprés que la défense eit déclaré n’avoir ducun témoin a faire entendre. [226] Grace au professionnalisme des procureurs, les témoins se sont interruption ce qui a permis au Tribunal d’observer de facon continue to! leur comportement, leur mémoire, leur habileté s'exprimer ainsi que le et réticences, le cas échéant [227] Les procureurs conviennent que les faits sont ici fort simples. uccédés sans Is les témoins. i's hésitations Toutefois, 1a défense souléve le nombre exceptionnel, voire inquiétant de personnes a l'abri' do toutes poursuites criminelles, ayant admis devant le Tribunal s‘étre corruption et autres gestes illégaux reprochés. [228] Conséquemment, la défense prétend que l'ensemble des personn dans le cadre de ce procés sont des « témoins tarés », quils sont de quills ont tous fait une déclaration incriminant l'accusé pour « sauver leur [229] Qu’en est-il? live a de la les entendues nnivence et jeau ». 500-01-090833-135 (230] Le Tribunal admet que tous les témoins, sauf Mario Trudeai PAGE : 35 iu, sont des coconspirateurs ainsi que des complices et qu'ils ont commis les actes substantifs qui furent identifiés dans chacun des projets. [231] Comme le suggére la Cour supréme du Canada dans Vetrovec, S‘etforcera d'examiner tous les faits de la cause ainsi que tous les facteurs de porter atteinte a la crédibilité d'un témoin. [232] Un examen attentif et rigoureux de l'ensemble des témoignages est Particuliérement celui de l'ancien bras droit et chef de cabinet Tremblay. [233] Bien quimpliquant de fagon circonstancielle l'accusé, le Tri également examiner si les autres témoins ont offert une preuve cdr témoignage de Tremblay le Tribunal ‘susceptibles donc requis, ibunal_devra oborative du [234] Ayant témoigné du 14 au 18 novembre 2016, Tremblay est le pringipal témoin du ministére public. |! est le seul témoin a impliquer directement |'accusé| er gestes illégaux reprochés a l'acte d'accusation. [235] || admet d'emblée avoir réclamé et accepté des pots-de-vin a | laccusé, avoir profité de voyages, de vétements et de repas au resto en r montants d'argent acquis illégalement. Nn regard des demande de raison de ces [236] | n’en est pas fier et c'est la raison pour laquelle il quitte I'arrondissement pour travailler chez Labatt en 2012 « étant blasé et décu de la politique ». II travaille alors la direction des atfaires corporatives. [237] Il explique son inconfort & demander des pots-de-vin d'abord a Keeler et Stein dans le projet Troie en 2007-2008, puis a Laporte et Asselin en 20101 d Centre Aquatique. D'ailleurs, ce premier projet achoppera fans le projet [238] En ce qui conceme le Projet Troie, Tremblay explique en détails| les consignes précises édictées par l'accusé lorsque l'argent lui est remis par le pfoi moteur. EN lespéce, pour éviter tout soupcon, le témoin placait d'abord le paquet,| contenu dans une boite de console de jeux vidéo, remis par Keeler, a l'arriére de sor conducteur. Quant au troisiéme versement, il conserve |'enveloppe dans nN siége cote son coffre gants verrouillé. Lors de remises d'argent, les cellulaires devaient étre fermés, [239] Aprés plusieurs heures, il récupérait le paquet ou l'enveloppe et billets a labri des regards indiscrets sa résidence. II transmettait la part soit les 2/3, habituellement dans leur véhicule. comptait les de l'accusé, [240] Tremblay explique que l'accusé lui avait précisé de réclamer au départ une somme de 100000 $, réduite 4 50000$. Inconfortable, il réclamert 35 000 S. uniquement 500-01-090833-135 [241] Les multiples détails entourant chacune de ces rencontres avec PAGE : 36 |@ promoteur Keeler puis avec laccusé a qui il remettait l'argent, ajoutent a la crédibibté de Tremblay dont le témoignage n'a jamais été contredit sur les éléments essentiels. [242] Quant a sa participation 4 des gestes de corruption allant & l'encontre de ses valeurs, il explique y avoir souscrit afin de ne pas compromettre sa carrier Perdre son emploi et le désir de ne pas décevoir accuse ont également convaincre de donner suite aux demandes de l'accusé de requerir des pot: re. La peur de contribué a le 's-de- [243] Me Teasdale a cherché a savoir pourquoi Tremblay n'avait jarnais mentionné dans sa déclaration, dans le cadre du projet immobilier de la rue Troié, dargent réclamés. Sur ce, le temoin reconnait avoir modifié ses déciarat temps car certains détails lui revenaient. « Par ailleurs, on ne sait pas cl 1a police » ajoute-t. [244] Contronté par la défense qui tente de relever des failles dans s les montants tions au fil du qui est utile & n témoignage des demiers jours en lien avec les déclarations faites aux policiers en|2013 et A son temoignage de 2015 & lenquéte préliminaire, le témoin Tremblay demeure volubile et transparent. Ses réponses sont précises et il ne tente pas d’éluder les questions [245] Le long contre-interrogatoire n'a jamais ébranlé la crédibilité d fiabilité de ses propos. Articulé et visiblement sincére, il mentionne qu tenté de piéger l'accusé si ce dernier n’avait pas commis avec lui les act | est tout a fait logique de souscrire a un tel raisonnement témoin et la il nlaurait pas les reprochés. [246] Avant de faire une déclaration incriminante le 8 mars 2013, il tente d’évaluer ce que les policiers détiennent comme preuve. «J'ai pu penser que si Jaurais des chances de mieux men sortir ». Le Tribunal estime qu réaction tout a fait normale dans les circonstances [247] On lui a dit quil avait le choix d'étre accompagné d'un avocat, ct Seest pas prévalu. On lui mentionne également qu'il pouvait étre témoil accusé, (248] Tremblay a maintes fois expliqué les raisons l'ayant incité A parler Aprés avoir été profondément choqué de lattitude des enquéteurs de I Charbonneau, il a tout de méme été ébranié lors de cette premiere renco Ges informations précises détenues a leur endroit. fe collaborais, | s'agit d'une joix dont il ne . Suspect ou aux policiers, Commission ire en raison [249] Crest done la raison pour laquelle il craque lorsque les policiers d¢ la Soreté du Québec, ayant une attitude Polie et courtoise, se présentent chez lui le 8) 6:00 le matin. Lorsqu'll raconte cet épisode au Tribunal, il a des tremble! voix lors de la premiére journée du procés. mats 2013 a jents dans la 500-01-090833-135 [250] !I a d’ailleurs mentionné trés souvent avoir eu l'impression \ conscience » aprés avoir verbalisé les actes de corruption commis con} taccusé. [251] Sa collaboration avec les policiers et surtout ses nombreux écl contréleur Lamy, bien qu'inhabituels, sont en lien avec la personnalité personne complexe, forte et faible a la fois. PAGE : 37 de libérer sa intement avec anges avec le ju témoin, une [252] Lors de son témoignage, le Tribunal a constaté la sincérité des paroles de ‘Tremblay lorsqu'il relate s'étre senti « bouleversé » a la suite de ses ge 'endroit de accuse. les de trahison [253] « Tu viens de confronter queiqu’un que tu aimes. Emotionneliement, c'est difficile » ajoute-il. [254] Son déchirement est encore palpable en raison des conséquencds découlant de sa dénonciation aux forces de 'ordre. [255] Ses sentiments d’attachement envers I'accusé sont encore pré sents et sans tegretter avoir fait une déclaration incriminante le 8 mars 2013, dont il assume toutes les conséquences, il fait face avec courage a cet exercice difficile que constitue un témoignage devant le Tribunal [256] A maintes reprises, il déclare étre fatigué et s'excuse auprés du réponses sont franches et nullement ambigués. II ne tente jamais de apporte les précisions nécessaires aux fins de bien traduire sa pensée. [257] Bien qu'il ne travaille plus & l'arrondissement CDN-NDG, il n'est avec son ancien patron, Michael Applebaum, lorsque ce dernier est intérimaire de Montréal en novembre 2012. [258] Tremblay explique qu'il savait qu'ils avaient fait ensemble des aff Il avait donc « des cadavres dans le placard ». De plus, cette surexposit la visibilité au maire et leurs agissements antérieurs les mettaient en dani [259] Combien de fois a-t-il dit que ce n’était pas de gaieté de cceur qu'il ami Applebaum pour qui il avait visiblement un attachement certain, enco [260] ll confirme ne pas avoir été accusé et qu'il n'a jamais eu de prc égard. Il se déclare d’ailleurs « soulagé » de ne pas avoir a faire face tant qu'accusé ‘Tribunal. Ses e disculper et pas d'accord Inommé maire laires croches. ion donnait de ler. lavait trahi son fe aujourd'hui. messes A cet la justice en [261] Mais, il ne considére pas qu’en raison de sa collaboration, les ¢nquéteurs lui doivent de ne pas déposer de chefs d'accusation a son endroit. 500-01-090833-135 PAGE : 38 [262] En contre-interrogatoire, il avoue avoir communiqué avec son contrdleur pendant plusieurs années pour lui parler de ses relations difficiles avec la mére de gon enfant, de ses difficultés au travail, et autres sujets. Méme lorsque l'enquéteur était a la retraite, il n'a pas immédiatement rompu cette relation. [263] « Tu fais partie de I’équipe ». C'est I'un des nombreux messages textes que son contrdleur Lamy lui a transmis en mai 2013. Manifestement, le policier|veut s'assurer de la collaboration de son témoin. Le Tribunal n'est nullement outré par des Propos. [264] Aprés l'avoir observé pendant plusieurs journées, cette inhabituelle mais compréhensible proximité avec son contréleur ne convainc aucunement le linexactitude de son temoignage Tribunal de [265] Un retour s'impose sur les rencontres de Tremblay avec l'accusé|les 2 et 3 mai 2013. [266] La premiére rencontre dans le véhicule de Tremblay a proximité de I'hétel de ville et la seconde a la résidence de l'accusé, ne permettront pas de corroborer les affirmations du temoin® quant a la participation de I'accusé aux actes reprochés. Le témoin porte alors des micros et l'accusé est méfiant. [267] A ces dates, Tremblay avait accepté de porter un body pac! lots de ces Tencontres déja planifiées et organisées par les enquéteurs Lamy et Courteau de la Sireté du Québec. [268] Le 2 mai 2013, la premiére rencontre a lieu dans la voiture de Tremblay. Trés Méfiant’ selon les dires du témoin, I'accusé n'a jamais rien dit d'incriminant. Par contre, Hugo Tremblay est convaincu qu'il était inqulet, en raison de ses réa [269] La deuxiéme rencontre se déroule le lendemain, 3 mai 2013, dans Je la maison de l'accusé.** Fait inusité, !'accusé touche les épaules et le do: tions. sous-sol de 1s du témoin alors quill prend place sur le sofa. Selon Tremblay, il n’avait jamais| fait cela auparavant. Or, le témoin portait sur lui des micros installés par les enquét capter leur conversation. leurs afin de [270] Bien que l'accusé r’ait jamais mentionné spécifiquement avoir [participé aux crimes reprochés, ses réactions, ses chuchotements et les paroles prononicées lors des conversations des 2 et 3 mai 2013 étonnent et donnent a penser qu'il quelque chose a cacher. % Pieces P-13 a P-17. ®* P-19 : Audio. Rencontre d'Hugo Tremblay et Michael Applebaum dans la voiture d’Hu| P44 : Verbatim - idem. assurément Tremblay. ** P-16:: Audio. Rencontre dHugo Tremblay et Michael Applebaum dans le sous-sol dle la|maison de Michael Applebaum, P-17 : Verbatim - idem, 500-01-090833-135 PAGE : 39 [271] L’écoute de l'audio de cette demniére rencontre surprend parce que l'accusé ne cesse de répéter « C'est complétement ridicule »* lors de multiples questions. 272] | L'accusé Iui indique alors par des signes et 4 voix basse a quelques reprises au Cours de cette conversation ne pas avoir conservé dans sa résidence des montants d'argent substantiels incriminants. Cette réponse fait suite a une intertogation de Tremblay 5 : HT. Vois-tu. As-tu, tas-tu fais I'ménage? (Inc.) H.T. fait un signe |i avec son index en indiquant la maison). (1 HT. Michael, (bruissements), ok? (H.T.: C'est 4 co moment que j reulaire (ul fais signe circulaire de la main en regardant le plafond & savoir sila fait le ménage — sorti targent.) [273] Le Tribunal retient de plus certaines autres réponses troublantes notamment : H.T. Ah, jai oublié mon cell dans le char. MA. — Ben c'est mieux.5" tl MA. Oui, oui clest tout, ils essayent de trouver des choses parto courrent partout la, de trapper du monde [a (inc) HT. Han. MA. (inc) étre capable, faut étre capable. F'garde moi, /étais, jéta parce que jai dit « shit », qu’est-ce qui va arriver qu’est-ce qui va arrive ela ils inquiet Mais, ‘mais faut que les gens fait une une une une euh. «In order to charge you, gat to see the money. » HT. Huh, MA. « So, so they can come up all kinds of lies, all kinds of bullshit, all things, but in the end they have to have the money. They have to hi money. If you don't have the money, then what is it?” Tétais jamais Jamais sur une, tétais jamais sur une, euh.* [1 H.T. — (Soupir) Ecoute, quand jpense a ma fille, estie, pis jpas, je, ‘ten Vie pis ‘me suis pas tiré une baile encore (inc). & 6:17. p.3, lignes 18, 26, 30, 47 et 68, p. 4 ligne 56, p. § lignes 34 et 35. S P-17, p. 4, lignes 14, 15, p. 6, lignes 18, 19, % P47, p. ty lignes 7, 8. 8 P17, p. 4! lignes 31 4 40, cinds of ve the rétais | [274] Or, en matiére d’abus de confiance et de corruption, il est tre 500-01-090833-135 PAGE : 40 M.A. (ino) cassé, y mettent les choses dans ta bouche, dans ta, dans ta téte pour étre capable de, de do de, de trouver quelque chose dans laquell rien y Zont [nos soulighements} sommes incriminantes soient conservées. La preuve démontre que, d'argent ici récoltés ont été dilapidés en ce qui concerne Tremblay. Le rafe que des les montants ‘Tribunal aurait été étonné si les enquéteurs avaient pu saisir quelque argent dans ce dassier en raison de l'extréme prudence démontrée par I'accusé lors des conversations en [275] Enfin, il atteste n’avoir jamais apprécié participer & ces scénario jegistrées. et son ton de voix le confirme. II témoigne que ces trois rapprochements afin d’accentuer la pression sur le maire ont été pénibles pour lui. [276] Il est A noter que lors des conversations, 'acousé chuchotall question de corruption ou de financement illégal. Selon Tremblay, ce¢ plusieurs paroles incriminantes ne soient pas audibles lors de leurs ren 3 mai 2013. [277] Quelques contradictions ont été soulignées par la défense lors 4 journée relativement aux paroles qu’aurait prononcées l'accusé dan: Tremblay au cours d'une rencontre informelie préalable a la demande a lien avec le projet Troie. [278] Apras avoir 6t6 présenté aux promoteurs Keeler et Stein, le 16 lorsqu’il était i explique que ntres des 2 et je la quatriéme le bureau de pots-de-vin en join mentionne avoir compris des paroles de l'accusé qu'il faisait du fling-flang. L’accusé lui avait alors avoué ne pas étre un ange et lui demande de rencontrer les promoteu! fixé est de 50 000 $ en échange de l'appui du maire, [279] En contre-interrogatoire, le jeudi 17 novembre, le temoin ajoute suivantes ont été prononcées par l'accusé « / am not an angel » et « living » [280] Or, lors de 'enquéte préliminaire tenue les 1* et 2 juin 2015, le t s. Le montant ue les phrases got to make a in répondant aux questions formulées par le Tribunal, dit qu’il a conclu a la suite |des propos de Vaccusé qu'il n’était pas un ange. Quant a la deuxiéme expressiot mentionnée lors de son témoignage a l'enquéte préliminaire. , il ne Ta pas [281] Le témoin répéte que « sa mémoire est devenue plus précise avec l’écoulement du temps ». Or, la preuve documentaire démontrerait que ces deyx phrases, qui Yauraient convaincu que l'accusé était corrompu, n’ont jamais été P17, p.6, lignes 22 a 25. ntionnées aux 500-01-090833-135 enquéteurs dans aucune de ses déciarations®. Rappelons que le Tribi connaissance des déclarations des témoins, ces demiéres n’ayant jama} en preuve. [282] Il en sera de méme de la mention d'une somme de 50 unilatéralement par le témoin & 35 000 $ lors de sa rencontre avec dans le projet Troie® [283] De avis du Tribunal, ces omissions quant a des détails survenu: naffectent en rien la fiabilité du témoignage de Tremblay dans son ens: les témoins Keeler et Stein confirment de nombreux et importants dét par Tremblay quant au projet Troie. [284] Lorsque contre-interrogé relativement au texte préparé par « Pourquoi participé (sic) un peu plus »®, dont il a été grandement qu procés, sans hausser le ton et sans s‘impatienter, il répond avec aplomt chacune des rubriques qui lui sont exposées. [285] Ce texte préparé par le contréleur visait assurément a convaint collaborer davantage en acceptant de rencontrer I'accusé et de comm téléphonique avec ce dernier dans le but évident d’obtenir des aveux. PAGE: 41 inal n’a pas pris is été produites 00 $, modifiée ‘eeler, impliqué en 2006-2007, mble. De plus, ils mentionnés. son, contréleur tion lors de ce et courtoisie & re le témoin de niquer par voix [286] Lorsque contre-interrogé de fagon exhaustive sur limposant cahier des contréleurs, il explique avec rigueur et patience, au meilleur de sa con interprétation de chacun des résumés de son contréleur présentés par laccusé. Aucune question ne le déstabilise et ses réponses sont toujo| cohérentes et précises. [287] Quant @ la raison pour laquelle il n’a pas signé [enter «collaborateur de justice », il prétend qu’en raison du court délai préliminaire, il avait déja assez de pression. [288] II avait d'ailleurs a cette époque des idées suicidaires pour le: consulter. [289] Diailleurs, aucun des quatre principaux témoins entendus po! public au cours de ce procés n’a accepté I'offre des enquéteurs. lis 1 objet de poursuites criminelles et le Tribunal en est bien conscient. [290] Les raisons invoquées par chacun des témoins sont personnelles Omission de ces détails dans les déclarations du @ mars, 8 avril et 2 juin 2013| prewve. Idem, ® Supra, note 14. inaissance, son je procureur de rs pertinentes, te du témoin vant lenquéte quolles il a da ir le ministére font jamais été let Iégitimes. ‘non! produites en 500-01-090833-135 | tre ou avoir été un consommateur récréatif de cannabis et de cocaine. | joue en sa faveur. [292] Dans le présent dossier, la crédibilité et la fiabilité du temoignal PAGE : 42 [291] Confronté par la défense, Tremblay avoue prendre de l’alcool/modérément et Cette franchise e de Tremblay sont évidentes. Son comportement, sa mémoire, son attitude devant le Tribunal, ses réponses précises mais nuancées et non contredites démontrent qu'il dit la verite. | Dailleurs, aucun des promoteurs qui ont été approchés par Tremblay n} ( sur auteur véritable des demandes d'argent reclamées. ) [293] Sans antécédents judiciaires, Tremblay n’est pas un témoin taré s'est interrogé Il nest pas de | connivence avec les autres témoins qu'il ne connaissait pas avant de I¢s rencontrer en présence de l'accusé. Il en est de méme de l'ensemble des témoins q\ i ont tous offert \une preuve confirmative des informations transmises par Tremblay lors de son ‘témoignage. [294] Quelques mots sur les autres témoins avant de conclure, [295] Stein et Keeler sont des personnes expérimentées qui ont ac pté de se plier aux demandes des élus et des fonctionnaires de cet arrondissement qui réclamaient des pots-de-vin. ls savaient que c’était unique fagon de faire avancer leurs projets. [296] Ces demiers confirment le témoignage de Tremblay quant réclamés et aux modalités de transmission de trois colis et enveloppes. aux montants [297] De plus, ils ont confirmé la commande du maire, la forte « recommandation » selon Stein de payer au comptant et le réle indéniable de son directeur Parlait en son nom [298] Le promoteur immobilier Stein a lui-méme reconnu avi lintermédiaire de son associé, des dizaines de milliers de dollars destinés a l'accusé. Il reconnait donc sa participation aux actes criminel: [299] Stein a également admis avoir fumé beaucoup de marijuana, en| en avoir vendu a cing ou six amis dans sa jeunesse, avant d’entreprend} en 2004. Dépressif et anxieux, il prend toujours des médicaments. [300] Stein ayant surtout agi en arriére-plan par rapport a son associé, concerne la somme remise & monsieur Zeidel, le témoignage de K importance manifeste. [301] Comme Stein, Keeler refuse d'adhérer au statut de « collaborate Par manque d’intérét, selon ses dires. de cabinet qui ir femis, par len pots-de-vin avair cultivé et fe une thérapie sauf en ce qui jeler revét une ur de justice » 500-01-090833-135 [302] Dans le projet Centre Aquatique, le témoin Trudeau confirme avoir PAGE : 43 regu un boni et avoir remis a son patron, I'ex-ingénieur Laporte, une somme d'environ| 10 000 $. Une Preuve documentaire confirme son témoignage. [Bos] Les montants diargent exigés des promoteurs dans les deux pfojets, les lieux d'échanges ainsi que les circonstances entourant ces remises d’ gent ont été confirmés par les témoins Stein, Keeler et Laporte. [304] Ces promoteurs ont-ils eu une conduite exemplaire? Bien sdr que non, mais apres les avoir observés et écoutés, le Tribunal retient quils ont accepté de participer aux actes répréhensibles, dans le seu! but de faire avancer un projet luctatif, bien quiils Naient pas été accusés a ce jour. contraire, que Laporte a méme tenté de disculper l'accusé. Ce quill im jorte de retenir [305] Le Tribunal ne retient aucune collusion entre les témoins et vr bien au de son témoignage, c'est la preuve confirmative quant aux montants versés a Tremblay et les endroits oti ces transactions ont été faites. S pots-de-vin {306] Le Tribunal a certes noté des divergences entre les déclarations de certains témoins, mais celles-ci sont mineures et n’affectent aucunement le caract re probant de la preuve présentée dans son ensemble. N'oublions pas que la preuve|concerne des événements qui sont survenus entre 2006 et 2011 [307] Le Tribunal est donc convaincu, hors de tout doute raisonnable jue les actes Criminels reprochés a l'acte d'accusation, sauf ceux mentionnés aux chef! 3 et 10, ont 6té commis par l'accusé. La preuve a démontré existence de plusieurs complots, fraudes envers le gouvernement, d'abus de confiance ainsi d'actes de cdrruption dang les affaires municipales. [308] La défense a reconnu que le Code d’éthique et de conduite des conseil de la ville et des conseils darrondissement®s'appliquait a \'ac qu’élu notamment article 17 qui énonce 17. En plus de ce qui Iui est alloué par la Ville, un membre du co! Peut, directement ou indirectement, par lul-méme ou par lintermédiail tiers 1. __Solliciter, accepter ou recevoir aucun avantage, en échange d'u membres du usé en tant iseil ne fe dlun Ie prise de position, d'une intervention ou d'un service a l’égard d'un projet de réglement, d'une résolution ou de toute question soumise ou qui doit étre sount Conseil, au comité exécutif, 4 une commission, & un comité de travail ou ef autre circonstance; ‘SS Le ministére public a admis ne pas avoir fat la preuve des éléments essentiels d prévu a article 121 (1) c) (3) du Code criminel, Piece P-10. se au toute Vracte crimine! 500-01-090833-135 PAGE : 44 2. ___accepter un avantage susceptible de constituer un conflit d'intéréts| réel, apparent ou potentiel; 3. accepter un avantage de source anonyme. [809] De plus, le Serment de la personne élue notamment I'accusé, a titre de maire de Varrondissement CDN-NDG, signé le 14 novembre 2005°° et le 12 novembre 20098 précise qu'il s'engage a exercer sa fonction avec honnéteté et justice, respect de l'intérét public en conformité avec le Code précité. dans Ie plein [310] Nous devons ici constater, en raison de la preuve au dossier, quiil a ainsi fait fi de toutes ses affirmations solennelies. [811] En raison de la régle interdisant les déclarations de culpabilité multiples, et te! que spécifié par les deux procureurs au dossier, le Tribunal ordonne uhe suspension Conditionnelle des procédures sur les chefs 6, 7, 13 et 14 de l'acte d’ac¢usation vu les déclarations de culpabilité sur les chefs 1, 2, 8 et 9. POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL: Sur le 1® chet : [312] DECLARE I'accusé coupable. Sur le chef 2 [313] DECLARE !'accusé coupable. Sure chef 3: [314] ACQUITTE laccusé. Sure chet 4 : [315] DECLARE l'accusé coupable. * Piace P-3. © Pidce P.5. 500-01-090833-135 Sur le chef 5 : [316] DECLARE I'accusé coupable. Surle chef 6: [317] ORDONNE une suspension conditionnelle des procédures en déclaration de culpabilité sur le chef 1 Sur le chet 7: [818] ORDONNE une suspension conditionnelle des procédures, en| déclaration de culpabilité sur le chef 2. Surle chef 8 [319] DECLARE l'accusé coupable. ‘Sur le chef 9: [320] DECLARE l'accusé coupable Sur le chef 10 (921] ACQUITTE l'accusé. ‘Surle chef 11: [322] DECLARE l'accusé coupable. Surle chef 12 : [323] DECLARE l'accusé coupable. PAGE : 45 raison de la raison de la 500-01-090833-135 Sur le chef 13 [324] ORDONNE une suspension conditionnelle des procédures en raison de la déciaration de culpabilité sur le chef 8. Sur le chef 14: [825] ORDONNE une suspension conditionnelle des procédures en raison de la déclaration de culpabilité sur le chef 9. firs b. ool TOUISE FROVOST-3CG Me Nathalie Kiéber Procureure de la Poursuivante Me Pierre Teasdale Me Philippe Comtois Procureurs de l'accusé Dates daudition : 14, 15, 16, 17, 18, 21, 22, 25, 28 et 30 novembre 2016 PAGE : 46 ANNEXE A ANNEXE A ACTE D'ACCUSATION CANADA PROVINCE OF QUEBEC COUR DU QUEBEC, CHAMBRE CRIMINELLE ET PENALE District de Montréal Dossier: 500-01-090833-135 La Reine c. Michael Applebaum Concernant Michael APPLEBAUM: Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, a Montréal, distri comploté avec Hugo Tremblay, Anthony Keeler et Robert Stein afin t de Montréal, a le commettre un, acte criminel, soit: une traude envers le gouvernement, commeltant ainsi 'acte criminel prévu a l'article 465(1)c) du Code criminel et en relation ave du Code criminel Concernant Michael APPLEBAUM : \2/ Entre te ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, & Montréal, dist étant fonctionnaire, @ savoir maire de larrondissement Céte-Des accepté ou offert ou convenu d'accepter de Robert Stein et Anthony) méme ou pour une autre personne, un prét, une récompense, un c Varticle 121(1) ject de Montréal, leiges, a exigé, Keeler, pour lui lavantage ou un bénéfice de quelque nature que ce soit, en considération d'une collaboration, d'une aide, d'un exercice diinfluence ou d'un acte ou omission concernan une conclusion diaffaires avec le gouvernement ou un sujet d'affaires ayant trait al. gouvernement, commettant ainsi l'acte oriminel prévu a larticle 121 (1) a) ii) ill) (3) di Concernant Michael APPLEBAUM: 3. Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, & Montréal, dist 6tant fonctionnaire, & savoir maire de l'arrondissement Céte-Des- accepté ou offert, ou convenu d'accepter de personnes qui ot daffaires avec le gouvernement, @ savoir: Robert Stein et Anth commission, une récompense, un avantage, un bénéfice de directement ou indirectement, pour lui-méme ou une autre person} ainsi 'acte criminel prévu a l'article 121 (1) c) (3) du Code criminel. Code crimine! ict de Montréal, leiges, a exigé, t des’ relations ny Keeler, une welgue nature, ine, commettant 500-73-003812-126 Concerning Michael APPLEBAUM: Concernant Michael APPLEBAUM: Concernant Michael APPLEBAUM: 6 Concernant Michael APPLEBAUM : 7. Concernant Michael APPLEBAUM: 8. / Concernant Michael APPLEBAUM: _/ & Laval, district de Laval, étant fonctionnaire & savoir, maire de Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, a Montréal, distr comploté avec Hugo Tremblay, Anthony Keeler et Robert Stein afin acte criminel, soit: un abus de confiance, commettant ainsi lacte PAGE : 2 ict de Montréal, a ide commettre un criminel prévu & article 465(1)c) du Code criminel en relation avec l'article 122 du Code criminel, Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, a Montréal, di 6tant fonctionnaire, savoir maire de l'arrondissement Céte-Des- un abus de confiance relativement aux fonctions de sa charge, 'acte criminel prévu a article 122 du Code criminel. Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, Montréal, distr ‘comploté avec Hugo Tremblay, Robert Stein et Anthony Keeler afin acte criminel, soit: un acte de corruption dans les affaires municip rict de Montréal, jeiges, a commis ommettant ainsi t de Montréal, a ide commettre un les, commettant ainsi 'acte criminel prévu a l'article 465(1)c) du Code criminel bn relation avec Varticle 123 (1) du Code criminel. Entre le ter janvier 2006 et le 31 décembre 2010, & Montréal, dis étant fonctionnaire, & savoir maire de l'arrondissement Céte-Des: accepté ou offert ou convenu daccepter, directement ou indirecte! Stein et Anthony Keeler, pour lui-méme ou pour une autre persor récompense, un vantage ou un bénéfice de quelque nature, en c: fict de Montréal, Neiges, a exigé, iment, de Robert ine, un prét, une ntrepartie du fait avoir aidé a obtenir I'adoption ou de voter pour une mesure, une motion ou une résolution, commettant ainsi 'acte criminel prévu a Varticle 123( criminel Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, & Montréal, distr Laval, district de Laval, a comploté avec Hugo Tremblay, Rosair Asselin et Patrice Laporte afin de commettre un acte criminel, envers le gouvernement, commettant ainsi 'acte criminel prévu a lal Code criminel en relation avec l'article 121 (1) du Code criminel ) Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, 4 Montréal, distri Céte-Des-Neiges, a exigé, accepté ou offert ou convenu dace Claude Asselin et Rosaire Sauriol, pour lui-méme ou une! une récompense, un avantage ou un bénéfice de quelaut soit, en considération d'une collaboration, d'une aide, d'un exerciot Yb) |c) du Code de Montréal et Sabiriol, Claude oit!| une fraude ticle 465(1)c) du t dé Montréal et l'arrondissement pter de Patrice ‘autre personne, nature que ce diinfluence, ou 500-73-003812-126 d'un acte ou omission concernant une conclusion diaffaires avec le PAGE: 3 gouvernement ou un sujet d'affaires ayant trait au gouvernement, commettant ainsi lacte criminel prévu @ larticle 121(1)a)iiji) (3) du Code criminel. Concernant Michael APPLEBAUM: 10. Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, A Montréal, distrigt de Montréal et & Laval, district de Laval, étant fonctionnaire, & savoir maire de [arrondissement Céte-des-Neiges, a exigé, accepté ou offert ou convenu d'accepter dé personnes qui ont des relations daffaires avec le gouvernement, a savoir: Rosaire Sauriol, Patrice Laporte, Claude Asselin, une commission, une récompense, un bénéfice de quelque nature, directement ou indirectement, pour I n avantage, ou i-méme ou une autre personne, commettant ainsi l'acte criminel prévu a larticle |121(1)c) (3) du Code criminel. Concernant Michael APPLEBAUM: 11. Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, A Montréal, distri de Montréal et & Laval, district de Laval, a comploté avec Hugo Tremblay, Rosaire Sautiol, Claude Asselin et Patrice Laporte afin de commettre un acte criminel, sdit it: un abus de contiance, commettant ainsi 'acte criminel prévu a l'article 465(1)c) du Code criminel en relation avec l'article 122 du Code criminel Concernant Michael APPLEBAUM: 12. Entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2011, a Montréal, district Laval, district de Laval, étant fonctionnaire, & savoir maire de 1 Céte-des-Neiges, a commis un abus de confiance relativement aux charge, commettant ainsi !'acte criminel prévu & l'article 122 du Code Concernant Michael APPLEBAUM: 13. Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, a Montréal, district! @ Laval, district de Laval, a comploté avec Hugo Tremblay, Robert de Montréal et rrondissement fonctions de sa riminel de Montréal et jauriol, Claude Asselin, Patrice Laporte, afin de commettre un acte criminel, soft: un acte de Corruption dans les affaires municipales, commettant ainsi V'acte cr Varticle 465(1)c) du Code criminel en relation avec l'article 123 (1) du Concernant Michael APPLEBAUM: 14. Entre le ter janvier 2009 et le 31 décembre 2011, & Montréal, district Laval, district de Laval. Etant fonctionnaire, a savoir maire de 1 Céte-des-Neiges, a exigé, accepté ou offert ou convenu daccepter, indirectement de Rosaire Sauriol, Patrice Laporte et Claude Asselin iminel preva & ‘ode criminel ide Montréal et rrondissement irectement ou pout lui-méme. ou une autre personne, un prét, une récompense, un avantage ou Un bénéfice de quelque nature, en contrepartie, du fait pour lui-méme d'aider a obten| ir fadoption ou de voter pour une mesure, une motion ou une résolution, commettant ainsi l'acte criminel prévu a l'article 123(1)b)c) du Code crimine ANNEXE B ANNEXE B 500-73-003812-126 PIECE D-1 Pourquoi participé un peu plus Cela prouverait que tu as dit la vérité ‘Cela mettrait tout la chaleur sur son agissement (Applebaum) Cela ferait en sort quill est fort possible qu'l n’aurait pas a témoigner \Vue son témoignage ... nous ne voyons pas bien des fagons pour aller confirm: En crédibilité tu y gagnes beaucoup a timpliquer Cela démontre clairement ton changement et réhabilitation — Implication lest le seul qui peu ramener ces sujets précis dans un contexte bien précis et pl Tu travailles pour ta paroisse .. ces dires anifier On parle dimage ... Ce qui se passe a la commission ... Les gens témoignent et pointe certains acteurs plus ou moins important ... Les gens sont publics, devant la télévision et ils disent la vérité Tu ne vaux pas moins que lui ... et selon moi plus que lui car on a profité de toi la sale job. Luc Lamy 2013-03-15 13:20 N.B. Présenté a Hugo Tremblay la pris le temps de le lire --il ta fait faire Pourquoi participé un peu plus Cela prouverait que tu as dit la vérité pela mettrait tout la chaleur sur son agroecnient ( Applebaum) Cela ferait en sort qu'il est fort possible qu’il n‘aurait pas @ témoigner ‘Vue son temoignage... nous ne voyons pas bien des fagons pour aller confirmer ces, dices. En erédibilité tu y gagnes beaucoup & t'implique Cela démontre clairement ton changement et ta réhabilitation- Implication II est le seul qui peu ramener ces sujets précis dans un contexte bien précis et planifier Tu travailles pour ta parvisse. On parle d’image.... Ce qui se passe a la commission... Les gens témoignent et point certains acteurs plus ou moins important. Les gens sont publics, devant la télévision et ils disent la vérité ‘une vaux pas moins que lui....t selon moi plus que lui car on a profité de toil ta £2 faice la sale job. 13:20 As feart- yee .

Vous aimerez peut-être aussi