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Algérie

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République algérienne démocratique et populaire

ةيبعشلا ةيطارقميدلا ةيرئازجلا ةي روهمجلا (ar)

(ber)

L'Algérie (prononcé [al.ʒe.ˈʁi] ; en arabe : رئازجلا (al- Jazā'ir) [Note 3],[Note 4] ; en tamazight et arabe dialectal al- gérien : ريازدلا (Dzayer), ريازاجلا (Djazaïr ou Jazaïr) ou ريازدل (Ldzayer) ; en tifinagh (Lezzayer)) est un pays d’Afrique du Nord qui fait partie du Maghreb et, depuis 1962, un État nommé en forme longue la Ré- publique algérienne démocratique et populaire, abré- gée en RADP (en arabe ةيبعشلا ةيطارقميدلا ةيرئازجلا ةي روهمجلا ; en tamazight , Tagduda tamegdayt taɣerfant tazzayrit).

Sa capitale, Alger, la ville la plus peuplée du pays est si- tuée au nord, sur le littoral méditerranéen. Avec une su- perficie de 2 381 741 km 2 , c'est à la fois le plus grand pays d'Afrique [Note 5],[9] , du monde arabe et du bassin mé- diterranéen [Note 6] . Il partage au total plus de 6 385 km de frontières terrestres [Note 7] , avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l'est, le Niger et le Mali au sud, la Mauritanie et le Sahara occidental au sud-ouest, et enfin le Maroc à l’ouest.

Après cent trente-deux ans de colonisation française, à l'issue d'une guerre d'indépendance longue et meurtrière et à la suite du référendum d'autodétermination du 1 er juillet 1962, l'Algérie proclame son indépendance le 5 juillet 1962.

L’Algérie est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), du Mouvement des non-alignés et de la Ligue arabe pratiquement depuis son indépendance, en 1962. Elle a en outre intégré l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1969. En février 1989, l'Algérie a pris part, avec les autres États maghrébins, à la création de l'organisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Le pays a également rejoint l'Union pour la Méditerranée en 2008.

La Constitution algérienne définit « l'islam, l’arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l'identité du peuple algérien et le pays comme « terre

d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain » [10] .

1 Toponymie et étymologie

Article détaillé : Alger. L'appellation « Algérie » provient du nom de la

. L'appellation « Algérie » provient du nom de la Vue de la capitale Alger (Icosium,

Vue de la capitale Alger (Icosium, puis Al Jazair qui donnera le nom Algérie).

ville d'Alger. Le nom « Alger » dériverait du catalan Aldjère [11] , lui-même tiré de Djezaïr, nom donné par Bologhine ibn Ziri [11] , fils du fondateur de la dynastie berbère des Zirides, lorsqu'il bâtit la ville en 960 sur les ruines de l'ancienne ville au nom romain Icosium, Dja- za'ir Beni Mezghenna [Note 8] .

Pour certains l'étymologique d'Algérie tire son nom du mot arabe « Al-Djaza'ir » (رئازجلا), qui rattache le nom aux îles qui faisaient face au port d'Alger à l'époque et qui furent rattachées à sa jetée actuelle ; en arabe Al-Djaza’ir (رئازجلا), « Les Îles » [11] , en français « Les Îles des Beni Mezghenna » (اناغزم ينب ريازاج, Djezaïr Beni Mezghanna). Le terme d'île pourrait selon des géographes musulmans du Moyen Âge désigner la côte fertile de l’actuelle Algé- rie, coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, ap- paraissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir (رئازجلا). Il est à noter que le nom antique de la ville d'Alger était Icosium qui signifie « le aux chouettes ».

Une autre hypothèse lierait le nom « Dzayer » au nom de Ziri (ou Dziri) ibn Menad, père du fondateur de la ville d'Alger, Bologhin ibn Ziri [12] : Djezaïr alors de Dziri, du berbère Tiziri qui signifie « clair de lune » [13] . Les Algé- rois se désignent eux-mêmes sous le vocable de Dzairi, et le langage populaire a conservé par ailleurs la formule Dzayer pour désigner Alger et l'Algérie.

1

2

2 GÉOGRAPHIE

En ce qui concerne Mezghenna, Tassadit Yacine rapporte l'hypothèse d'une forme arabisée d'Imazighen, ou « Ber- bères », donnant au pays le nom originel Tiziri n At Imez- ghan, « Ziri des Berbères » [13] .

Le terme arabe al Jaza'ir est utilisé depuis l'établissement des trois régences ottomanes au Maghreb (Alger, Tunis et Tripoli), pour désigner le pays qu'Alger commandait. Cependant le terme Dzayer a continué d'être employé dans la langue courante pour désigner la ville du Dey (Alger) [14] . Par une lettre célèbre aux oulemas de Fès, l'émir Abdel Kader parlait de watan al Jaza'ir (la patrie d'Algérie/Alger) [14] . En outre un célèbre poète tlemcé- nien du XIX e siècle chante : « Mon dieu, veille sur al Ja- za'ir », pour désigner le territoire dont Alger est la ville capitale [14] .

Ibn Khaldoun dans sa Muqaddima désigne Alger et le pays autour comme Bilâd Al-Djaza'ir [15] . Le nom en fran- çais, Algérie, est donc une reprise de l'arabe par le biais du catalan ; utilisé pour la première fois en 1686 par Fontenelle dans Entretiens sur la pluralité des mondes pour qualifier la régence d'Alger, il est officiellement adopté le 14 octobre 1839 par Virgile Schneider [16] afin de désigner ce territoire faisant partie de la côte des Barbaresques.

La « République algérienne démocratique et populaire », forme longue, a été proclamée par l'Assemblée nationale constituante le 25 septembre 1962 à Alger [17] .

2 Géographie

Article détaillé : Géographie de l'Algérie.

• Montagnes ennei-

Montagnes

ennei-

gées en Kabylie

La

La

Tadrart

Rouge à Djanet

• La Tadrart Rouge à Djanet • • • de l' Ouarsenis (1 985 m), près

de

l'Ouarsenis (1 985 m), près de la commune de

Tamalehat dans la Wilaya de Tissemsilt

Massif

la commune de Tamalehat dans la Wilaya de Tissemsilt Massif néen près de Bejaïa Littoral méditerra-

néen près de Bejaïa

Littoral

méditerra-

Massif néen près de Bejaïa Littoral méditerra- Plateau l'Assekrem, dans l'extrême sud de

Plateau l'Assekrem, dans l'extrême sud de l'Algérie.

de

L’Algérie est le pays le plus étendu du continent africain, mais aussi du monde arabe et du pourtour méditerranéen, étant donné que sa partie sud représente une fraction no- table du Sahara.

2.1 Relief et paysages

2.1.1 Le Tell

Au nord, le long du littoral méditerranéen, s’étend sur en- viron 1 600 km la bande du Tell [18] , large de 80 à 190 km. Elle est formée de petites chaînes de montagnes : massif des Traras, Dahra, Djurdjura, Babors, Bibans, monts de Constantine, monts de la Medjerda. Le point culminant est le mont Lalla-Khadîdja, au sud du Djurdjura, qui at- teint 2 308 mètres d'altitude et est recouvert de neige en hiver.

Du fait de ce relief, la côte est surtout constituée de fa- laises rocheuses, interrompues dans les baies d'Arzew- Mostaganem, de Tipaza, d'Alger, de Skikda et d'Annaba.

Les montagnes sont séparées par des vallées, riches par leur flore et leur faune, arrosées par des cours d'eau dont les principaux sont le Chelif et la Soummam et par des cuvettes (Sebkha d'Oran, Mitidja). Les plaines et vallées

2.1

Relief et paysages

3

2.1 Relief et paysages 3 Localisation géographique de l'Algérie sur le continent africain du Tell abritent

Localisation géographique de l'Algérie sur le continent africain

du Tell abritent la plus grande partie des terres fertiles du pays.

2.1.2 Les Atlas, les Hauts plateaux, les chaînes de l'Est

Les Atlas, les Hauts plateaux, les chaînes de l'Est Carte topographique de l’Algérie Entre le Tell

Carte topographique de l’Algérie

Entre le Tell et le Sahara, s’élèvent l'Atlas tellien et l’Atlas saharien, deux ensembles montagneux parallèles orientés sud-ouest/nord-est, se rapprochant à leur extrémité est, entre lesquels s’intercalent des plaines et hauts plateaux.

L'Atlas tellien prolonge le Rif marocain par les monts de Tlemcen (1843 m au Djebel Tenouchfi), de Daïa [Note 9] (1300 à 1400 m) et de Saïda (1200 m), le massif de l'Ouarsenis (1985 m au pic Sidi Amar), puis les monts du Hodna (1902 m au Djebel Tachrirt) et les monts de Belezma (2178 m au Djebel Rafaa) qui, orientés vers le sud-est, rejoignent l'Atlas saharien et les Aurès.

Entre l'Atlas tellien et l'Atlas saharien, un vaste ensemble de hauts plateaux et de plaines semi-arides s’étend de la frontière marocaine à la cuvette du Hodna. Cette zone est caractérisé par la présence des chotts, étendues d'eau salée asséchées à certaines saisons.

L’Atlas saharien prolonge le Haut Atlas marocain par les monts des Ksour (2236 m au Djebel Aïssa), du Djebel Amour (1977 m au Touilet Makna), des Monts des Ou- led Naïl (1577 m au Djebel Senalfa), des Monts des Zi- bans (ou Monts du Zab, 1313 m au Djebel Mimouna), atteignant alors la partie sud des Aurès. Au sud de l'Atlas saharien plusieurs oasis constituent ce qui est appelé « la porte du désert ».

Au-delà de la jonction des deux Atlas, on trouve le massif des Aurès, qui se prolonge en Tunisie par les monts de Tébessa. Le point culminant des Aurès est le mont Chélia (2 328 mètres [19] ). Les Aurès sont bordés au sud-est par les monts de la Nememcha (1420 m au point culminant).

2.1.3 Le Sahara

La partie saharienne représente plus de 80 % de la su- perficie de l’Algérie (environ deux millions de kilomètres carrés) ; les principales formes de relief sont les regs (étendues pierreuses) et les ergs (dunes), avec au sud le massif du Hoggar et le plateau du Tassili. L'aridité ne laisse la place qu'à quelques oasis.

Au pied de l'Atlas saharien, les grands ergs (Occidental et Oriental) sont séparés par des plateaux rocheux tels que le Mzab et bordés au sud par le plateau de Tademaït ; ce sont d'immenses mers de sable ponctuées d'oasis dont cer- taines sont d'importantes palmeraies. Au nord du Grand Erg oriental (au sud de Biskra), une dépression est occu- pée par des chotts, dont le Chott Melrhir, où se trouve le point le plus bas d'Algérie (40 m).

Au sud-ouest, s’étendent les ergs Iguidi et Chech, immen- sité de dunes sableuses linéaires largement espacées les unes des autres ainsi que le plateau du Tanezrouft.

Plus au sud, au cœur du Sahara, le massif du Hoggar, où le mont Tahat est le point culminant de l'Algérie (3 003 mètres [20] ), est constitué de roches volcaniques formant des pics, des « aiguilles volcaniques » et de hauts plateaux désertiques. À l'est, dans le Tassili n'Ajjer, haut plateau aride perché à plus de mille mètres d'altitude, se dressent des formations rocheuses fortement érodées émergeant des dunes, donnant parfois au relief un aspect de paysage lunaire.

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2 GÉOGRAPHIE

2.2 Climat

Article détaillé : Climat en Algérie. Source : ADH.org, Météo France et Climate zone

. Source : ADH.org , Météo France et Climate zone (température et précipitations de l'année) Le

(température et précipitations de l'année)

Le centre de climatologie de l'Algérie est sous la respon- sabilité de l'Office national de météorologie [21] . Un climat méditerranéen couvre le Nord, tandis qu’un climat déser- tique règne sur le Sud. Durant l’été, le mois le plus chaud, à Alger, est août [22] . Le Sahara est une région très ventée et aride. Les amplitudes thermiques sont généralement considérables à cause de la sécheresse de l'air. En Algé- rie, le temps est généralement ensoleillé, il avoisine 3 650 heures de soleil par année [23] .

Les vents sont très variables, autant dans le Nord que dans le Sud. Les forces éoliennes ne dépassent pas les 120 km/h. Dans le Sud, ils déplacent chaque année entre soixante et deux cents millions de tonnes de poussières dans l'air. Ils soulèvent de dix à vingt millions de tonnes de sable [24] . En été, le Sirocco, un vent très sec et très chaud (dit le Chehili ou chili), se dirige du sud vers le nord.

2.2.1 Températures

chili), se dirige du sud vers le nord. 2.2.1 Températures diagramme des températures au nord Les

diagramme des températures au nord

Les températures sont variables entre le jour et la nuit

dans le Sahara, dans le Sud. Le thermomètre indique des variations entre 40 °C le jour et 5 °C la nuit. Par contre, le Nord a un climat méditerranéen. En été, les températures sont élevées [22] . Les températures moyennes estivales et hivernales se situent entre 25 °C et 11 °C [25] .

Dans le Nord, dans les villes côtières, les températures hivernales varient entre 8 °C et 15 °C. Elles grimpent à 25 °C au mois de mai pour atteindre une moyenne de 28 °C à 30 °C en juillet et août (28 °C à Skikda, 29,5 °C

à Alger). Toujours dans le Nord, dans les montagnes de

Kabylie, la température avoisine les 3 °C voire −7 °C en hiver. La neige y est fréquente en hiver. La région de la Kabylie comporte plusieurs zones climatiques. Le litto- ral et la Kabylie maritime sont de climat méditerranéen. L'hiver y est plutôt doux comparé au reste de la région, avec une température de 15 °C en moyenne. La période estivale, rafraîchie par les vents marins, présente une tem- pérature moyenne de 35 °C environ [26] . Sur les hauteurs le climat est beaucoup plus rude, avec parfois des tempé- ratures au-dessous de zéro et une neige abondante l'hiver ; et des étés très chauds, très secs, notamment vers le sud où la pluviométrie est moindre. Cependant dans les par- ties les plus hautes la température estivale est modérée par l'altitude.

Sur les plateaux et dans les vallées intérieures, l'hiver est sensiblement identique à celui des hauteurs. Mais en été, du fait de l'enclavement et de l'exposition aux vents du sud, les températures sont particulièrement élevées : c'est le cas à Medjana, sur les hauts plateaux, comme à Akbou, dans la vallée de la Soummam, couloir idéal pour le pas- sage du sirocco. Dans la ville de Tizi Ouzou la tempéra- ture peut atteindre les 46 °C quand elle est de 35 °C à Dellys.

Dans le centre et dans l'Ouest, dans les hauts plateaux de la région de Djelfa, la température estivale varie de 30 °C

à 38 °C.

Dans l'est, la zone des Aurès, les hivers sont très froids, la température atteint parfois les −18 °C sans facteur hu- midex. Les étés sont très chauds. Le baromètre affiche parfois 50 °C à l'ombre. Les variations de température sont très importantes dans cette région. La température estivale varie de 30 °C à 38 °C.

Le Nord-Ouest, comme Oran, Tlemcen, Mostaganem, etc., bénéficie d'un climat méditerranéen classique mar- qué par une sécheresse estivale, des hivers doux, un ciel lumineux et dégagé.

Quant au Sud, dans le Sahara, la température y est de 15

à 28 °C en hiver, pour atteindre 40 à 45 °C, voire plus en été.

2.2 Climat

5

2.2.2 Précipitations

2.2 Climat 5 2.2.2 Précipitations • Le lac Agoul- mime de Tikjda du département de Bouira

Le lac Agoul- mime de Tikjda du département de Bouira en Algérie, situé à 1 700 m d'altitude.

Bouira en Algérie, situé à 1 700 m d'altitude. • près de Béchar . Barrage de

près de Béchar.

Barrage de Kenadsa

• près de Béchar . Barrage de Kenadsa • Complexe la- custre d' El Kala ,

Complexe la- custre d'El Kala, répertorié comme l'une des plus importantes zones humides d'Algérie et du bassin méditerranéen

humides d'Algérie et du bassin méditerranéen • • La près de Hassi el Ghella Sebkha d'Oran

La

près de Hassi el Ghella

• • La près de Hassi el Ghella Sebkha d'Oran L' Oued Medjerda , le plus

L'Oued Medjerda, le plus long du Maghreb avec 460 km, prend source dans les montagnes de Souk Ahras

460 km, prend source dans les montagnes de Souk Ahras • mama ( Chélia ), Aurès

mama (Chélia), Aurès

La forêt de Bouh-

Le Tell, dans le Nord du pays, possède un climat méditerranéen, les étés sont chauds et secs et les hivers sont doux et pluvieux et parfois enneigés. Cette zone est la plus humide d'Algérie, elle est caractérisée par des pré- cipitations annuelles qui varient entre 400 et 1 000 mm d'eau [27] .

La Kabylie bénéficie d'une pluviométrie relativement abondante qui a facilité le développement d'une agricul- ture typique. En Grande Kabylie, les régions intérieures sont plus arrosées en raison de l'ascension et de la dé- compression des vents humides : ainsi à Larbaâ Nath Ira- then, la pluviométrie est de 1 059 mm contre 833 mm à Tizi Ouzou [26] . Une ligne de crête qui traverse la région en joignant l'Atlas blidéen, le Djurdjura, les Babors, le massif de Collo et l'Edough, sépare une zone nord très pluvieuse (plus de 800 mm de précipitations par an) et une zone sud moins arrosée. Cette différence de pluvio- sité aurait eu pour conséquence une végétation naturelle plus ou moins dense : aux versants nord, initialement cou- verts d'une forêt peu hospitalière, devenus plus tard terres de vergers, s’opposeraient ainsi des versants sud plus fa- cilement et sans doute plus précocement peuplés, car plus immédiatement propices à la culture et à l'élevage. Ce facteur introduit un élément supplémentaire de distinc- tion entre Grande Kabylie et Petite Kabylie. En effet la première, si l'on en exclut le versant sud du Djurdjura (comme le fait d'ailleurs le tracé de l'actuelle wilaya de Tizi-Ouzou), se trouve entièrement en zone de forte plu- viosité. Au contraire, en Petite Kabylie les orientations combinées du littoral et du relief ne laissent que peu de profondeur aux versants nord. Elles font plus de place aux zones moins humides, comme le Guergour et le Ferdjioua qui s’étendent entre Babors et Hauts-Plateaux [28] .

Dans les Aurès, la quantité de pluie indique 100 mm de moyenne annuelle. Cependant, des pluies diluviennes sont constatées dans les Aurès. Les dégâts causés par des crues peuvent être considérables surtout dans la wilaya de Batna.

Au Nord-Ouest de l'Algérie, pendant les mois d'été, les précipitations deviennent rares voire inexistantes, et le ciel est lumineux et dégagé. L'anticyclone subtropical re- couvre la région oranaise pendant près de quatre mois. En revanche la région est bien arrosée pendant l'hiver. Les faibles précipitations (294 mm de pluie) et leur fré- quence (72,9 jours par an) sont aussi caractéristiques de ce climat.

6

2 GÉOGRAPHIE

Les régions du Sahara sont caractérisées par un climat

aride et sec. Dans le Nord, la quantité de pluie indique

100 mm de moyenne annuelle et dans le Sud, elle est

de 20 mm. Dans les régions côtières, la moyenne an- nuelle est 200 mm. Cependant, des pluies diluviennes

sont

constatées en Algérie dans plusieurs villes. Les dé-

gâts

sont considérables. En 2008, la ville de Ghardaïa, qui

fait partie du patrimoine mondial, a été inondée par une grande quantité de pluie. Alger a subi aussi une grande

inondation en 2001 [29] . Les précipitations annuelles enre- gistrées dans les Hauts-Plateaux et dans l'Atlas saharien ne dépassent pas la quantité 200 à 400 mm de pluie. Mais, la hauteur des pluies annuelles est souvent inférieure à 130

mm dans l'ensemble du Sahara algérien.

2.3 Faune et flore

Article détaillé : Faune et flore de l'Algérie. L'Algérie dispose d’énormes variétés animales et végé-

dispose d’énormes variétés animales et végé- Dromadaire dans le Sud algérien. tales qui se

Dromadaire dans le Sud algérien.

tales qui se répartissent au niveau des différents parcs pro-

tégés que compte le pays et dont les plus notable sont : le

que le parc national du Djurdjura et enfin la réserve na-

turelle du lac des oiseaux d'El Taref.

L'espèce végétale est formée de plusieurs catégories dont

314 genres assez rares, 30 rares, 330 très rares et 600

endémiques, dont 64 se trouvent au Sahara. En tout, 226

espèces sont menacées d’extinction [31] .

226 espèces sont menacées d’extinction [ 3 1 ] . Le Jardin d'essai d'Alger regroupe plus

Le Jardin d'essai d'Alger regroupe plus de 3 000 espèces végétales dont certaines sont considérées comme très rares [30] .

L’Algérie compte 107 espèces de mammifères dont 47 sont protégées et 30 menacées de disparition. Elle dénombre aussi 336 espèces d'oiseaux dont 107 sont protégés [31] , et une est endémique du pays : la Sittelle ka- byle (Sitta ledanti).

Le Sud algérien abrite une faune composée pour l'essentiel de fennecs, gazelles, gerboises, Cherchmana (poisson de sable), chats des sables, guépards [32] , porcs- épics et lézards. Sur les hauteurs, dans les escarpements du Hoggar, on peut retrouver le mouflon à manchette. Au Nord du pays, les campagnes sont peuplées de hyènes rayées, de renards, de belettes, de chats sauvages, de lièvres, de chacals et de sangliers. Le singe macaque pré- fère quant à lui les zones forestières. En hiver, l'Algérie devient la terre d'accueil de certains oiseaux migrateurs européens, dont les cigognes. Enfin, les animaux que l'on croise le plus souvent en Algérie sont le dromadaire, lo- calement appelé baâir ou maheri, le mouton, la chèvre et le cheval.

2.4 Ressources hydriques artificielles

et le cheval . 2.4 Ressources hydriques artificielles Viaduc traversant le barrage de Beni Haroun dans

Selon les données du ministère des Ressources en eau, l’Algérie compte 50 barrages en exploitation, 11 sont en

2.6

Villes principales

7

cours de réalisation et 50 autres barrages à l’étude. Ces derniers devraient être réalisés avant 2020 [33] .

L'Algérie entend rattraper le retard constaté en raison des pertes d'eau estimées à 50 %. Le dessalement est fa- vorisé par l'État, le gouvernement a à cet effet installé quelques stations de dessalement à Alger et Tipasa. Plu- sieurs centres importants, comme à Arzew qui fournit 90 000 m 3 ou le centre de Beni Saf, ont amélioré la situation du manque d'eau dans certaines villes.

Les principaux barrages en Algérie sont ceux d'El Ha- miz, Béni Haroun, Timgad, Taqsebt, Tichy-haf, Tilesdit, Koudiat Acerdoun, Ourkis et Kherrata.

Dans l'Ouest, de nombreux barrages alimentent les villes comme Beni Bahdel, Sikkak Bekkhedda, Dahmouni, Bentaïba, Ghrib, Bougara, barrage de Sidi M’Hamed Bénaouda [34] . Il existe aussi des stations d'épuration d'eau, telle celle d'El Kerma.

2.5 Géographie humaine et administrative

Article détaillé : Wilayas d'Algérie. Sur le plan administratif, l'Algérie est divisée en 48 wi-

le plan administratif, l'Algérie est divisée en 48 wi- Carte des peuplades d'Algérie layas. La wilaya

Carte des peuplades d'Algérie

layas. La wilaya constitue une circonscription adminis- trative, sorte de préfecture, dotée d'une assemblée élue, l'Assemblée populaire de wilaya (APW), et placée sous l'autorité d'un wali (préfet) [35] nommé par le président de la République. Elles sont divisées en daïras, lesquelles sont divisées à leur tour en communes (au nombre de 1541). Chaque commune possède sa propre instance dé- libérante, l'Assemblée populaire communale (APC), qui élit elle-même son président, faisant office de maire. Chaque wilaya et daïra porte le nom de son chef-lieu et a un budget indépendant, collecté au niveau local.

Avec 2 947 446 habitants en 2008 [36] , la wilaya d'Alger est la wilaya la plus peuplée d'Algérie. En 1997, le

09 16 35 06 18 23 42 15 27 43 25 21 24 36 31
09 16 35 06 18
23
42
15
27
43 25
21 24 36
31
02 44
26
10 34 19
04 41
46 48
38
29
13 22 20 14
17 28 07 05 40 12
45
32
03
39
39 45 32 03 47 30 08 37 33 01 11
39
45 32 03
47 30
08
37
33
01
11

Carte des wilayas d'Algérie

gouvernorat du Grand-Alger est créé en remplacement de la wilaya d'Alger et en absorbant dix-neuf communes des wilayas de Tipaza, Blida et Boumerdès.

Les wilayas du Sud attirent de plus en plus les habitants du Nord, surtout dans les villes d'industrie pétrolière et gazière, comme Hassi Messaoud et Hassi R'mel. Il existe aussi une population nomade, généralement installée au Sud : les Sahari dans le Nord du Sahara, les Touaregs dans le Sud. Leur recensement est difficile à réaliser en raison de leur déplacement saisonnier et de la complexité de leur situation géographique.

2.6 Villes principales

et Codes postaux des villes d'Algérie . • aé- rienne du quartier de Bab el Oued

aé-

rienne du quartier de Bab el Oued à Alger capitale

du pays.

Vue

8

3 GÉOLOGIE, TOPOGRAPHIE, SÉISMOLOGIE ET HYDROGRAPHIE

• Oran , la deuxième

Oran,

la

deuxième

ville du pays

• Constantine , troi-

troi-

sième ville du pays.

Béjaïa ,

ville

historique de la Petite Kabylie.

• Tlemcen , ville histo-

Tlemcen, ville histo-

rique du Nord-Ouest du pays.

• Sétif , ville des

ville

des

• Sétif , ville des hauts-plateaux . • Ghardaïa , ville du Sud, dans la région

ville du Sud, dans la région du M'zab.

Le taux d'urbanisation de l'Algérie avoisine les 60 % [37] , et continue d'augmenter (avec une croissance plus sou- tenue dans le Sud algérien) en dépit des efforts de l'État pour freiner la migration vers les villes. L'Algérie compte plus d'une trentaine d'agglomérations urbaines de plus de cent mille habitants, presque toutes concentrées dans le Nord du pays. La plus grande ville est Alger, mégapole de plus de six millions d'habitants [38] , soit plus du dixième de la population globale, ce qui en fait la première agglo- mération du Maghreb.

Les autres grandes villes algériennes, en termes de po- pulation, d'influence culturelle ou d'importance écono- mique sont : Oran, Constantine, Annaba, Batna, Sétif, Béjaïa, Biskra Tizi Ouzou, Tamanghasset, Ghardaïa, Mzab, Ouargla.

3 Géologie, topographie, séismolo- gie et hydrographie

Article détaillé : Géologie de l'Algérie.

L'Algérie fait partie de l'ensemble Nord-Ouest africain. Si l'on examine un schéma structural de cette zone, deux domaines principaux sont mis en évidence :

un domaine méridional, le Sahara, où affleurent les socles précambriens du Hoggar et des Eglab, et leur couverture phanérozoïque de la plate-forme saha- rienne ;

un domaine septentrional, la zone atlasique, com- portant un Atlas saharien au Sud, qui se prolonge à l'Ouest (Maroc) par le Haut Atlas marocain et à l'Est (Tunisie) par l'Atlas tunisien.

Dans le Nord, l'Atlas tellien, domaine varié et très com- plexe ayant aussi des équivalents au Maroc (le Rif et le Pré-Rif) et en Tunisie (Kroumirie et Nefza). Cet Atlas tellien comporte une zone interne et une zone externe for- més de terrains allochtones (nappes de charriage). Entre les deux Atlas affleurent les Hautes plaines qui se ter- minent à l'est par la chaîne du Hodna et se continuent à l'ouest par la Meseta oranaise et au-delà des Atlas (Haut et moyen Atlas) par la Meseta marocaine, qui se noie dans l'Atlantique.

3.2 Hydrographie

9

Entre les ensembles sud (plate-forme saharienne) et nord (l'ensemble atlasique), un énorme accident de valeur continentale est connue : l'Accident Sud Atlasique (ASA), qui va d'Agadir (Maroc), jusqu'à Gabes (Tunisie). Il passe en Algérie aux environs de Biskra, Laghouat

3.1 Séismes et risques sismiques

Biskra , Laghouat … 3.1 Séismes et risques sismiques La faille entre les plaques tectoniques africaine

La faille entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne passe par tout le littoral algérien

Une importante activité sismique se trouve localisée dans les zones côtières algériennes et la mer Méditerranée. La compression tectonique entre les plaques africaine et eur- asienne génère de nombreuses failles actives provoquant des séismes plus ou moins importants sur toute la côte nord de l'Algérie. « cette côte est traversée par une limite de plaques lithosphériques continentales convergentes : la plaque eurasienne, au nord, chevauche la plaque africaine au sud. C'est dans cette faille de chevauchement que se dé- clenchent les séismes de la région » [39] .

L'Algérie est divisée en deux plaques tectoniques sépa- rées par la faille sud-atlasique. Dans le Nord se trouve la tectonique alpine et dans le Sud, la plate-forme saha- rienne, qui est assez stable [40] . Historiquement, elle est connue pour être une zone sismique très active. Les in- vestigations effectuées après le séisme d’El Asnam (Chlef actuellement) en 1980 ont permis de révéler l’existence de traces d’anciens séismes qui auraient affecté cette ré- gion. D'après le CRAAG (Centre de recherche astrono- mie astrophysique et géophysique), l'activité sismique au nord d'Algérie connue remonte au 2 janvier 1356, date à laquelle s’est produit le séisme d'Alger. Depuis de nom- breux séismes se sont produits.

Parmi les séismes violents qu'on peut citer, Al Asnam (Chlef actuellement) en septembre 1954 et en octobre

1980, Constantine en octobre 1985, Tipasa en octobre 1989, Mascara en août 1994, Alger en septembre 1996, Aïn Témouchent en décembre 1999, Beni Ourtilane en novembre 2000 et Boumerdes-Alger en mai 2003. Le dernier séisme meurtrier qu'a connu l'Algérie est celui de M’sila en mai 2010.

Les séismes les plus meurtriers qui ont marqué l'Algérie ces dernières années sont : le tremblement de terre d'Al Asnam en octobre 1980 [41] , il fait 3 000 morts, détruit 80 % de la ville de Chlef [41] et cause des dégâts estimés à 10 milliards de dinars algériens [41] ; ensuite, le séisme de mai 2003 à Boumerdès-Alger fait plus de 2 000 morts et plu- sieurs milliers de blessés et de sans-abri [42] , ce séisme fait 1 400 victimes dans la wilaya de Boumerdès et provoque des dégâts estimés à 5 milliards de dollars américains [43] .

3.2 Hydrographie

Il existe des cours d'eau côtiers dans le centre et dans l'Est comme à Aïn El Hammam, Soummam, Medjerda, Rhummel, Sebaou, Hamiz, Macta, Mazafran. Cependant le Chelif reste le plus long fleuve d'Algérie, avec une lon- gueur estimée à 725 kilomètres [44] . Ce fleuve est situé dans le Nord-Ouest de l’Algérie et prend sa source dans l’Atlas tellien et se jette dans la Méditerranée. Son débit, dans les périodes de crues, atteint 1 500 m 3 /s.

dans les périodes de crues, atteint 1 500 m 3 /s. L'estuaire de la Soummam Au

L'estuaire de la Soummam

Au sud de la région du Tell, les cours d'eau ne sont pas permanents. Il existe de nombreux lacs dans les ré- gions désertiques, mais ce sont des lacs temporaires et salés pour la majorité comme Chott ech Chergui et Chott el Hodna. Les cours d'eau du Tell se déversent dans la Méditerranée. Mais, ceux qui descendent vers l'Atlas saharien font partie de la plus grande réserve d'eau au monde. Ils forment une nappe phréatique dite la nappe de l'Albien, qui constitue selon certaines estimations la plus grande réserve d'eau douce au monde [45] , elle est en- fouie sous le sable du désert algérien sur une superficie totale estimée à 900 000 km 2[46] . La région d'Adrar a par ailleurs de grandes réserves hydriques constituées de la nappe du continental intercalaire.

Parmi les oasis, qui font partie du réseau hydrique du

10

4 HISTOIRE

pays, on peut citer Djanet, Ghardaïa, Ouargla, Oued Righ, Tabelbala, Tamanghasset, Timimoun, Touggourt, Tolga, Filiach, Zaatcha. L'oasis de Tolga et le Ziban sont alimentées par les réseaux souterrains des Aurès. Enfin, Igharghar contient aussi une grande quantité d'eau sous terre, elle alimente une grande partie des palmeraies du Sud et oued R'hir. Des forages importants de la nappe phréatique seront réalisés pour apporter plus d'eau dans les régions arides du Sud algérien.

Dans les Aurès et l'Est, les rivières importantes d'eau sont Oued Abiod, Oued Abdi, Oued el ahmer, Oued Taga, marais de Medghassen, marais de Draâ Boultif, Chott Djendli, Chott Tincilt, Oued El Madher, Rhummel à Constantine. Les oasis dans les Aurès sont El Kanta- ra et Ghoufi La région possède aussi des sources ther- males comme la Fontaine chaude Hammam Essalihine de Khenchela, Hammam el Knif, source de Batna (Kasrou), source de Biskra, source de Guelma (hamam Maskhou- tine), Oued Charef dans la wilaya de Souk Ahras.

Dans le Nord-Est, Seybouse est une rivière formée près de Guelma par Les oueds de Cheref et Oued Zenati, son bassin est par ailleurs le plus entendu d’Algérie, et ses terres sont considérées comme fertiles, il rejoint la Mé- diterranée près d'Annaba.

En Kabylie et dans le centre, les cours d'eau de Chabet el akhra, Gorges de Palestro, la Chiffa et la Soummam, sont alimentés par le Chelif.

3.3 Ressources naturelles et gisements

Article détaillé : Énergie en Algérie. Les principaux gisements en Algérie sont parmi les plus
Article détaillé : Énergie en Algérie.
Les principaux gisements en Algérie sont parmi les plus
Hassi R'mel
Ahnet/In Sal ah
Ahnet/In Sal ah
Bassin Pélagien
Ghadamès Messaoud Hassi
Illizy
Mer Méditerranée
? Abu Alamein Matruh Gharadiq
?
Delta
Hamra
Bassin Sirte de
du Nil Golfe Suez de
Murzuk
?
Mauritanie
Bassins producteurs
A A dominante dominante pétrolières gazière
Bassins mineurs
? Gisements Potentiel (>10Gbep) d'exploration géants

Carte des bassins producteurs en Algérie

importants dans le monde. Généralement ils sont locali- sés dans le Sud. Selon Sonatrach, les 67 % de réserves en hydrocarbures sont situés dans les régions de Oued Mya et de Hassi Messaoud. Gaz à Hassi R'mel et le pé- trole à Hassi Messaoud (huile). Illizi contient 14 % des ré- serves. Enfin, Rhourde Nouss renferme 9 % et Ahnet Ti- mimoun 4 % et Berkine [47] . Les sites exploités pour pom- per l'huile ou pour rechercher les hydrocarbures, actuel- lement, en Algérie, sont : Hassi Messaoud, Ain Amenas, Hassi R’mel, Stah, Rourde Nouss, Tin Fouyé Tabankort,

Gassi Touil, Ohanet, Haoud Berkaoui, Hassi Berkine, Ourhoud, Mensel Lejmet Nord et satellites, Rhourde Ou- led Djemaa, Touat, El Gassi, Ain Salah, Rhourde El Baguel [48] .

Une quantité de gaz a été localisée dans les régions de Tabankort, de Béchar, de Timimoun et de Reggane en 2009 [49] .

L'activité minière en Algérie est très diversifiée, on ob- serve plus d'une trentaine de minerais qui sont exploi- tés parmi elles : fer, sel, zinc, plomb, baryte, marbre, or, tungstène, diamant, terres rares, métaux rares et pierres précieuses et semi-précieuses. Le fer se trouve à Ghare Djébilet et à Mecheri Abdlaziz, à l'est de Tindouf (35 milliards de tonnes à 57 % de Fe), Ouenza et Boukhadra, Djsbel Hanini à Sétif. Au Hoggar, il y a 730 000 tonnes de minerai d'or au gisement Tirek, Amessmessa en contient 3,34 millions de tonnes, les deux à teneur moyenne de 18 g/t, soit environ 2,4 millions d'onces d'or. Enfin, deux autres gisements sont à Tiririne et à In Abgui. La ba- ryte représente 40 000 tonnes ; le plomb-zinc est exploité dans le Nord du pays ; le potentiel est de 150 millions de tonnes. La bentonite se situe dans les régions de l'Ouest, à Maghnia et Mostaganem. L'Algérie a une grande quantité de sel soit en gemme (un milliard de tonnes) ou lagunaire dans les chotts et dans l'Est. Le gisement de phosphate se trouve à Tebessa (Djabel Onk), il renferme deux millions de tonnes. l'uranium est localisé au Hoggar [50] .

Le pays recèle plusieurs gisements aussi notamment de gypse, de calcaire, de sable, d’argile, de dolomie, des car- rières d’agrégats, des gîtes pour la fabrication de ciments.

4 Histoire

Articles détaillés : Histoire de l'Algérie et Chronologie de

l'Algérie. L’Algérie, en raison de sa tradition de terre d’accueil

L’Algérie, en raison de sa tradition de terre d’accueil Mausolée de Massinissa et les multiples civilisations

Mausolée de Massinissa

et les multiples civilisations qui l’ont traversée, a héri- té d’une histoire très riche qui s’exprime par des ves- tiges d'époques variées. C’est ainsi que l'Afrique, la Méditerranée, l’Europe et l’Orient marquèrent de leurs

4.1 Préhistoire

11

4.1 Préhistoire 11 Le Medracen , à Batna , l'un des plus anciens monuments d'Algérie (

Le Medracen, à Batna, l'un des plus anciens monuments d'Algérie (300 av. J.-C.) ; il porte le nom de l'ancêtre de tous les Berbères

influences spécifiques le cheminement historique de l’Al- gérie.

Les Berbères ont laissé les premiers vestiges archéo- logiques notables, issus pour la plupart de l’époque Numide [réf. nécessaire] , comme le parc national du Tassi- li, que l'on considère comme le musée à ciel ouvert le plus étendu au monde. Plus tard, ils ont construit plu- sieurs sites berbères comme Medracen, Mausolée royal de Maurétanie, Mausolée de Béni Rehnane à Siga dans la Wilaya d'Aïn Témouchent, ou encore le site de Sauma (El Khroub) près de Cirta qui se trouve dans la ville de Constantine. De plus, plusieurs tumuli, dolmens, grottes, tombeaux (les Djedars à Frenda), etc., attestent les pra- tiques funéraires berbères [51] .

L’époque romaine a laissé un nombre impressionnant de vestiges, dont les plus importants se trouvent à Tipaza, Timgad, Lambèse, N'Gaous, Zana, Calama, M'daourouch, Thagaste, Cherchell, Tamentfoust, Djemila, Tiddis, Tigzirt, Dellys, Hippone, theveste. De plus, Apulée ou Saint Augustin ont été des penseurs de renom [52] .

L'influence de la religion en Algérie a bouleversé la ré- gion maghrebine pendant l'Antiquité et au Moyen Âge. Plusieurs villes importantes en Algérie comme Hippone, Baghaï, Tobna, M’sila, Tlemcen, Béjaïa, Alger, etc., se sont développées. Plusieurs dynasties également se sont succédé, à travers le temps, pour prendre le pouvoir dans les diverses régions de l'Algérie.

Enfin, l'Algérie fut prise par les Ottomans en 1515, en- suite par les Français en 1830. L'Algérie recouvre son in- dépendance en 1962.

« Les monuments historiques ont été bien préservés mal- gré tout le long de l'histoire algérienne, mais dès l'arrivée des Français, la dégradation fut désastreuse. Plusieurs décrets ont fait que des prisons ou des villes aient été construites sur d'anciennes villes romaines, à l'exemple de Lambèse » [53] . « Lors de l'indépendance, la même poli- tique est menée, ce qui fait que plusieurs sites sont pillés, délaissés, abandonnés et même détruits à l'exemple des villes de Zianides, Tlemcen [54] . »

4.1 Préhistoire

Article détaillé : Préhistoire de l'Algérie.

vestiges

d’hominidés datés par archéomagnétisme de près

Des

sites

archéologiques

ont

livré

des

de près Des sites archéologiques ont livré des Représentation du penseur et écrivain Apulée de

Représentation du penseur et écrivain Apulée de Madaure

du penseur et écrivain Apulée de Madaure La Numidie historique, à côté de Rome , Carthage

La Numidie historique, à côté de Rome, Carthage et l'Égypte en 200 BCE

de deux millions d’années. Le site d'Aïn El Ahnech (« la source du serpent »), près d'El Eulma, dans la wilaya de Sétif, a livré les industries les plus anciennes [55],[56],[57] . Les chercheurs ont aussi décelé la présence d’Homo ha- bilis et d’Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope), dès l'Acheuléen, à Mostaganem (site Errayah) [58] , à Tighennif [59],[60] , à Tabelbala-Tachenghit [61] , à N'Gaous [62] .

Au Paléolithique moyen, les industries lithiques atériennes sont caractérisées par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens

12

4 HISTOIRE

12 4 HISTOIRE Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne Gravure rupestre du Tassili

Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

du noyau à l’origine de la culture capsienne Gravure rupestre du Tassili datée de 4000 av.

de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

Le Paléolithique se termine avec l'Ibéromaurusien, connu en particulier à la suite des fouilles menées dans la grotte d'Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette pé- riode (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mo- bilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrement.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le Nord-Est de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'à il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le Nord.

Dans le Sud, au Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riches. Les êtres humains de cette période ont gravé

et peint les parois de leurs abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son appa- rition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

Les Aurès comprennent plusieurs sites datant de l'ère préhistorique à la période protohistorique [63] . Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des Aurès [64] , puisque de nombreuses grottes troglodytes étaient habitées par des Hommes à Maafa, Ta- karbourst dans les Aurès [65] et Ghoufi [66] .

4.2 Antiquité

Article détaillé : Histoire de l'Algérie dans l'Antiquité. Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont

Les Berbères , formés de plusieurs confédérations dont L'arc de Trajan à l'extrémité du decumanus de

L'arc de Trajan à l'extrémité du decumanus de la ville antique de Timgad

du decumanus de la ville antique de Timgad Extension du territoire carthaginois avant la Première

Extension du territoire carthaginois avant la Première guerre pu- nique vers 264 av. J.-C.

les Gétules, les Garamantes, les Libyens, etc., disper- sées dans le vaste territoire de l'actuelle Algérie avec les Haratins depuis les temps anciens, vont nouer des rela- tions culturelles avec les Phéniciens (ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l'Afrique noire, l'Égypte an- cienne, la Grèce antique, l'empire romain.

Le monument Madracen datant de 300 av. J-C en

4.2 Antiquité

13

4.2 Antiquité 13 Ruines romaines à Tipaza Palais Ksar El Koua , datant de la période

Ruines romaines à Tipaza

4.2 Antiquité 13 Ruines romaines à Tipaza Palais Ksar El Koua , datant de la période

Palais Ksar El Koua, datant de la période romaine à 10 km au nord d'Ammi Moussa dans la wilaya de Relizane

au nord d ' Ammi Moussa dans la wilaya de Relizane Théâtre romain de la cité

Théâtre romain de la cité antique Djémila

témoigne [67] . Il appartiendrait donc à la riche archéolo- gie méditerranéenne de l'époque hellénistique, se ma- nifestant par un goût archaïsant mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne [68] . Sous les Phéniciens, plusieurs ports sont construits dont Icosium, Iol, Ténès.

Durant l'ère préromaine, plusieurs États indépendants se succédèrent Massaesyles, Massyles et Gétules. La rivali- té entre Rome et la ville phénicienne de Carthage se tra- duit par trois guerres puniques. C'est alors que Massinis-

sa forme la Numidie. Après sa mort, il y aura plusieurs royaumes Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Gétulie au Sud et Africa (à l'est). Par la suite, les Romains pénètrent dans l'actuelle Algérie. Lambèse fut la pre- mière capitale romaine, avant Timgad construite au temps de Trajan. L'agriculture se développe grâce à la planta- tion de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apo- gée ; plusieurs grandes villes sont construites au Nord et au Sud dans le désert. La nationalité romaine est of- ferte aux Berbères, ce qui facilite leur intégration dans le monde romain [69] . Des mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction pour la plupart des berbères et les bains publics sont un luxe accessible à tous. À Timgad, on dénombrait vingt-sept bains [69] . Il n'y avait pas de remparts autour des villes. Les arts sont dévelop- pés par les artisans berbères comme la céramique et la po- terie. Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir quatre mille personnes de l'Aurès [69] . La population globale seulement de l'Aurès relevant de Rome était estimée entre huit et dix-mille ha- bitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord [69] . Après la crise de Rome, les chré- tiens sont au pouvoir. Les Vandales puis les Byzantins prendront le pouvoir d'une partie de l'Algérie à la fin.

4.2.1 Numidie

Article détaillé : Numidie. Les États indépendants de la Numidie commencent

(Masilios) Cirta Auzia Sitifis Siga Lambaesis Thamugadi REINO SIFAX DE REINO GAIA DE Theveste Thelepte
(Masilios)
Cirta
Auzia
Sitifis
Siga
Lambaesis Thamugadi
REINO SIFAX DE
REINO GAIA DE
Theveste Thelepte
Capsa
(Masesilos)

La Numidie des Massyles et des Massaesyles avant leur unifica- tion par le roi Massinissa

avec l’émergence des deux confédérations massyles et massaessyles. La première est à l’origine de la Numidie Orientale, la seconde de l’Occidentale. Ces deux tri- bus s’affrontèrent durant la deuxième guerre punique, où Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon déci- sive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage.

Durant le règne de Massinissa, il parvint à unifier la Numidie, qui s’étendit alors du fleuve Moulouya à

14

4 HISTOIRE

14 4 HISTOIRE Le roi berbère Massinissa , fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av.

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C)

l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est [70] . Après avoir capturé et vaincu Syphax, Massinissa réussit à préser- ver l'indépendance de son royaume en jouant habile- ment de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage.

Ensuite, Hannibal s’allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax pour envahir le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama, où ils les vainquirent dans une grande bataille (202 av. J.-C.).

Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils : Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Massinissa régna jusqu'à sa mort en 148 av. J.-C.

4.2.2 Après la mort de Massinissa

Une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome, pro-

voqua des troubles en Numidie. Micipsa, fils de Massinis- sa, succéda finalement à son père sur le trône 148 av. J.-

C Pour l'éloigner du pouvoir, Micipsa fit envoyer le très

populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa [71] , comme

représentant en Ibérie, où il se distingua aux côtés des Romains au siège de Numance. Après le règne de Mi- cipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal anéantirent le

ses deux fils Adherbal et Hiempsal anéantirent le Syphax reçoit Scipion l'Africain . Fresque

Syphax reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori

Scipion l'Africain . Fresque d'Alessandro Allori L'effigie de Jugurtha travail d'unification de

L'effigie de Jugurtha

travail d'unification de leur grand-père en divisant à nou- veau la Numidie en Numidie orientale et occidentale. La crise politique larvée entre Rome et la Numidie finit par éclater lorsque Jugurtha revint en Numidie et se saisit du pouvoir en 117 av. J.-C. en tuant Hiempsal et en expul- sant Adherbal, qui s’enfuit à Rome. La Numidie était à nouveau unifiée.

Rome, qui ne voit pas d'un bon œil la reconstitution d'un état puissant, lui offre la reconnaissance diploma- tique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône de Numidie orientale. Jugurtha ac- cepte cet arrangement, mais envahit à nouveau la Numi- die orientale en 112 av. J.-C., faisant exécuter plusieurs commerçants romains qui y opéraient. Après l'exécution d'Adherbal, Rome engage finalement les hostilités en en- voyant le consul Quintus Caecilius Metellus Numidicus en Numidie à la tête de plusieurs légions. Jugurtha parvint à résister plusieurs années, en combinant des manœuvres et politiques avec son beau-père, le roi BocchusI er de Maurétanie, jusqu'au remplacement de Metellus par son

4.2 Antiquité

15

adjoint, Caius Marius, élu consul à sa place. Le questeur de celui-ci, Lucius Cornelius Sulla, réussit à convaincre Bocchus I er de trahir Jugurtha [72] : il aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Envoyé à Rome, Jugurtha est enfermé dans le Tullianum, où il est exécuté tout de

Dès

lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est at-

tribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste étant laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome. Mausolée royal de Maurétanie , Sidi Rached Portrait
de Rome. Mausolée royal de Maurétanie , Sidi Rached Portrait en marbre du roi Juba II

Portrait en marbre du roi Juba II découvert à Cherchell

La situation dure jusqu'à la guerre civile entre Jules Cé- sar et Pompée. Juba I er , partisan de Pompée [73] , perd son royaume en 46 après la défaite de Thapsus contre Cé- sar. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la pro- vince d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique procon- sulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend

conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend Musée archéologique de Cherchell son royaume à Juba II

Musée archéologique de Cherchell

son royaume à Juba II, fils du précédent, après la ba- taille d'Actium (31). En 25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Mau- rétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région. Mais en théo- rie elle n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dé- pend du proconsul assisté de légats.

Les populations se rebellent de nombreuses fois, surtout les Zénètes, vers le début du I er siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Il fait transférer une partie d'eux vers le chlef [74] , ce qui pro- voque une succession d'actions militaires de Rome, sol- dées parfois par de graves défaites romaines. Sept ans du- rant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième lé- gion Auguste (seule ensuite). Dès 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représen- tant personnel — « légat de l'empereur » — chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée im- portante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres.

perd la dernière légion qui était sous ses ordres. Provinces romaines de Maurétanie Tingitane (à

Provinces romaines de Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre- est) et Africa (à l'est) au I er siècle de notre ère

Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une ré- gion à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de comptes qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous

16

4 HISTOIRE

Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisa- tion tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux :

4.2.3 Christianisme et les Vandales

Articles détaillés : Augustin d'Hippone, Vandales et Baghaï. Le christianisme fait son entrée en l'an 256. Durant le

christianisme fait son entrée en l'an 256 . Durant le « Saint Augustin d'Hippone et sainte
et sainte Monique » (1846), par Ary Scheffer . Invasion des Vandales siècle suivant, dans une

Invasion des Vandales

siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandis- sant, les populations des villes côtières algériennes et tu-

les populations des villes côtières algériennes et tu- La cité antique d ' Hippone à Annaba

La cité antique d'Hippone à Annaba.

nisiennes, ainsi qu'une minorité de la population des cam- pagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s’éternisent, la nouvelle religion devient l'alibi d'une nou- velle révolte qui sera encore une fois amazigh. En effet, le culte donatiste se développa en Algérie à Baghaï [75] dans les Aurès et en Tunisie comme un défi politique à Rome. Les donatistes, refusant d'accepter l'autorité reli- gieuse de l'Empereur, exigent la séparation de l'État et de la religion. Ainsi ils finiront par déclarer que l'empereur représente le diable, et non pas la religion de Jésus. Ils rejetèrent aussi le rite catholique. L'empereur envoie ses troupes pour les réduire, dans ce qui est communément appelé la première persécution des chrétiens par d’autres chrétiens. La répression ne fit qu'accroître le soutien po- pulaire aux donatistes. En 321, les légions romaines ve- nues réprimer les donatistes se retirèrent.

Toutefois, vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne nais- sance à une secte populaire, celle des circoncellions, litté- ralement ceux qui encerclent les fermes. Comme le culte donatiste célébrait les vertus du martyre, les circoncel- lions devinrent des extrémistes qui considéraient le mar- tyre comme étant la véritable vertu chrétienne et lais- sèrent de côté toutes les autres valeurs de leur religion telles que l'humilité et la charité. Ils se munirent de ma- traques de bois, refusant de porter des armes en fer, car dans les Évangiles Jésus avait demandé à Pierre de poser son épée. Ainsi, munis de leurs matraques, ils se mirent à attaquer les voyageurs sur les routes de toutes les ré- gions, puis les fermes des propriétaires terriens. Le but des circoncellions était de mourir au combat en martyrs. Ces extrémistes tuèrent, violèrent, volèrent les voyageurs et les propriétaires terriens. Lorsqu'ils n'arrivaient pas à se faire tuer, ils finissaient par se suicider en sautant du haut des falaises. La secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IV e siècle. Ce déra- page du culte donatiste eut pour conséquence de noircir encore plus leur réputation à Rome.

Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerçait

4.3

Moyen Âge

17

Rome sur l'Afrique du Nord, les donatistes saisissent cette conjoncture favorable pour tenter à nouveau de domi- ner la scène politique et religieuse. Finalement, excédé, l'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une fé- rocité terrible envers les responsables religieux du culte, parfois même envers la population locale. Saint Augus- tin, qui était alors l'évêque catholique d'Hippone (actuelle Annaba), essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs par- ties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, une minuscule communauté survit dans la clandestinité jusqu'au VI e siècle. Quelques an- nées plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Algérie sous la pression des Vandales qui en- vahissent le pays. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Hippone par les Vandales. Une partie de l'Algérie sui- vit le mouvement arien, l'arianisme était bien implanté par les Vandales [76] .

4.2.4 Byzantins

Articles détaillés : Byzantins, Berbères et Histoire des Juifs en Algérie. Solomon fut nommé en 534 par Justinien comme gou-

Solomon fut nommé en 534 par Justinien comme gou- L'apogée de l'Empire Romain verneur de l'

L'apogée de l'Empire Romain

verneur de l'Afrique, tout juste reconquise par le géné- ral Bélisaire sur les Vandales de Gélimer. Il est remplacé deux ans plus tard (en 536), avant de retrouver son poste en 539. Il doit faire face aux rebelles berbères, notam- ment ceux du chef Antalas. Il est toutefois battu par ces derniers dans une bataille près de la cité de Theveste en 544, trouvant la mort au combat. Yabdas se révolte à son tour contre l'autorité des Byzantins et se proclame roi des

contre l'autorité des Byzantins et se proclame roi des Fort byzantin sur les contreforts du massif

Fort byzantin sur les contreforts du massif montagneux de Belezma

Aurès [77] , mais Il fut vaincu par Solomon en 542.

Mais deux chefs berbères des Aurès, Ifisdias et Cutzi- nas, sont également remarquables dans leur lutte contre les Byzantins, pendant le commandement de Jean Trogli- ta, lorsque ce dernier veut attaquer les Berbères du Sud après que les Aurès et le Zab sont dominés par les Byzan- tins grâce à Solomon. En revanche Mastigas, roi berbère de la Maurétanie Césarienne, après les Vandales, prend en main une partie de cette province, bien que les By- zantins soient arrivés jusqu'à Frenda, car des inscriptions byzantines ont été retrouvées sur place en Algérie.

En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir jusque dans la province de Constantine. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants dont les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes [78] .

À la veille de la conquête musulmane du Maghreb, quelques tribus berbères pratiquaient le judaïsme, selon Ibn Khaldoun, ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure païen comme le cas des Banou Ifren [79] .

4.3 Moyen Âge

4.3.1 Islamisation de l’Algérie

Article détaillé : Conquête musulmane du Maghreb. La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité du-

La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité du- La ville de Tlemcen ex-Agadir fut

La ville de Tlemcen ex-Agadir fut fondée par les Banou Ifren au VIII e siècle

18

4 HISTOIRE

18 4 HISTOIRE Statue de la reine Dihya à Khenchela rant la période byzantine entraine la

Statue de la reine Dihya à Khenchela

rant la période byzantine entraine la reconstitution de plu- sieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 665 et 708.

De 644 à 656, la première tribu berbère algérienne à se convertir à l'islam fut les Maghraoua. Leur chef, Ouezmar Ibn Saclab, fut sollicité par le calife Uthman ben Affan à embrasser la religion musulmane, selon l'historien du Moyen Âge, Ibn Khaldoun. Les Maghraouas se conver- tissent en masse à la nouvelle religion lors du retour de leur chef. En 665, les Omeyades lancent leur première attaque sur le Maghreb. C’est en 683 que Oqba Ibn Nafaa entreprend la conquête. Si la résistance des Byzantins les arrête peu, il en va différemment de celle des Berbères. Par contre, les Maghraoua s’allient au tour des Omeyades dès le début.

L'unité politique et administrative de la Berbérie orientale et centrale, les Aurès, était en grande partie réalisée par Kusayla, allié des Omeyades. Le conflit entre Kusayla et Oqba Ibn Nafaa amène une autre guerre. Et au décès de Kusayla en 688, Dihya, dite la Kahina, prend la tête de la résistance.

Dihya , dite la Kahina, prend la tête de la résistance. Bologhine ibn Ziri , fondateur

Bologhine ibn Ziri, fondateur des trois villes : Alger, Miliana et Médéa

De 688 à 708, Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée des Omeyades grâce à l'apport des cavaliers Banou Ifren et des autres confédérations. Elle règnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années. Dihia sera vaincue dans la dernière bataille contre les Omeyyades. Hassan Ibn en Nu'man des Omeyyades demande, en contrepartie, aux différentes tri- bus alliées à Dihia de faire partie de l'armée Omeyades. Et ensuite, Musa ben Nusayr nomme son affranchi Tariq ibn Ziyad gouverneur de Tanger et le plaça à la tête de l'armée berbère du Maghreb.

En 708, les Omeyyades restent les maîtres de l’Algérie. La période préislamique se termine. L'Algérie s’islamise, tandis que les langues latine et punique disparaissent. Après la conquête musulmane, les citadins adoptèrent progressivement la langue arabe. Berbère, phénicien, latin, arabe, espagnol, turc, français : le brassage des langues, le « métissage linguistique », est intense, donnant lieu à un arabe algérien très hétérogène, variant sensible- ment d'une région à une autre, et qui s’est perpétué jusqu’à nos jours. En 711, la première partie de la conquête mu- sulmane de l’Espagne fut menée par un contingent arabo- berbère sous le commandement de Tariq ibn Ziyad, d'où le nom de la colline de Gibraltar (arabe : قراط لبج, « Dje-

4.3

Moyen Âge

19

bel Tariq »).

4.3.2 Dynasties islamiques

Article détaillé : Histoire de l'Algérie. Vers le VIII e siècle, les Omeyyades étendront leur empire

e siècle , les Omeyyades étendront leur empire Minaret de la Kalâa des Béni Hammad près

Minaret de la Kalâa des Béni Hammad près de M'Sila

de la Kalâa des Béni Hammad près de M'Sila Mosquée Zianide à Tlemcen jusqu'au Maghreb .

Mosquée Zianide à Tlemcen

jusqu'au Maghreb. Il s’ensuit une importante révolte des sufrites berbères sous le commandement d'Abou Qurra. Cette révolte durera presque un siècle, plusieurs groupes

ou dynasties kharidjites comme Nekkarites, Ibadites, Rostémides, se rassemblent pour se rebeller contre le pouvoir Abbassides et Omeyades.

Ibn Rustom fonde en 761 [80] un royaume ibadite dans le nord du Maghreb avec Tahert pour capitale [81] . Celui-ci, comme l'émirat de Cordoue depuis sa création en 756 [82] , conserve son indépendance du califat des Abbassides, malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires [80] . Par la suite, les Idrissides ainsi que les Soulimanides prennent le pouvoir sur une partie de l'Algérie de l'Ouest. Au IX e siècle, les Aghlabides al- liés des Abbassides, prendront le pouvoir sur une partie de l'Algérie. Au X e siècle, le dai ismaélien Ubayd Allah al-Mahdi fon- da la dynastie Fatimide, en Basse Kabylie où il trou- va un écho favorable à ses prêches millénaristes. Les Fatimides établirent leur autorité en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad. Leur règne est marqué par de nombreuses révoltes kharijites, notamment celle d’Abu Yezid, en 944, à la tête de tribus berbères Zénètes, qui infligèrent la plus sévère défaite à l’armée Fatimide, af- faiblie et rendue vulnérable, en prenant Kairouan. Les Fatimides transfèreront alors leur capitale de Kairouan à Mahdia puis vers l’Égypte. Les Zirides s’allient avec les Fatimides et lancent une attaque contre les Zénètes. Mais, les Omeyades les repoussent, ainsi les Zénètes regagnent leurs territoires. Les Hammadides fondent une dynastie après une divergence entre les souverains Zirides. Ain- si, la révolte kharidjite fut vaincue par Ziri ibn Manad, à la tête de tribus Sanhadjas, qui en sauvant l’empire reçut le poste de gouverneur du Maghreb central. Ainsi en 972, lorsque les Fatimides, après l’annexion égyptienne, eurent moins d’intérêt pour le Maghreb, c’est son fils, Bologhine ibn Ziri, qui hérita du contrôle de l’Ifriqiya. Les Zirides y règneront pendant environ deux siècles. Hammad Ibn Bologhine, le fils de Bologhine, gouver- nera indépendamment des Zirides. Son État comprend la ville de Béjaïa (sa capitale) et le Nord-Est de l’ac- tuelle Algérie. À partir de 1014, les Hammadides recon- naissent comme califes légitimes les Abbassides sunnites de Bagdad, ils fondent ainsi la dynastie des Hammadides. Les Zirides reconnaîtront, à leur tour, en 1046, les ca- lifes Abbassides, montrant ouvertement aux Fatimides leur abandon du chiisme. Alors que les Ifrenides et les Maghraouides gouverneront dans l'Ouest algérien et sur une partie du sud d'Algérie et au Maroc actuel. Ces der- niers rejettent l'autorité des Fatimides et des Omeyyades à la fois, selon l'historien Ibn Khaldoun.

C’est à partir de 1048, dans certaines régions du Sud, que des tribus arabes, principalement les Banû Hilâl et les Banu Sulaym, immigrent en Afrique du Nord. Ces « ter- ribles bédouins » hilaliens furent envoyés par le pouvoir fatimide afin de réprimer les Zirides et les Hammadides. Par vagues successives, Les Hilaliens menaient des incur- sions et des batailles dans les grandes villes, pillant puis détruisant tout sur leur passage. À la fin, ils s’imposeront.

20

4 HISTOIRE

20 4 HISTOIRE Minaret de Mansourah à Tlemcen , mosquée bâtie sous le sultan mérinide Abu

Minaret de Mansourah à Tlemcen, mosquée bâtie sous le sultan mérinide Abu Yaqub Yusuf an-Nasr

Pour l’Algérie, leur nombre ne dépassant pas quelques di- zaines de milliers de personnes, l’immigration arabe en Afrique du Nord fut peu importante, sauf dans deux ré- gions extérieures à l’Algérie, celles de Kairouan et de Tanger. Si bien qu’au total, le peuplement de l’Algérie n’a reçu qu’une contribution démographique arabe limitée, et qu’une grande partie des populations arabophones est berbère. L’Algérie est alors, sur une petite partie à l’ouest, sous le contrôle des Almoravides, après avoir évincé les Banou Ifren et les Maghraouas. Les Hammadides sont au centre et seront chassés partiellement du sud par les Hilaliens. Les Zirides restent en Ifriqiya et sont cernés par les Hilaliens au sud.

En 1152, toutes les forces locales sont définitive- ment vaincues par une nouvelle dynastie berbère, les Almohades, dirigés par Abdelmoumen Ibn Ali et dont le chef spirituel est Muhammad ibn Tumart. Les Almohades formeront un des plus puissants empires méditerranéens, unifiant le Maghreb et le pays d’Al- Andalus jusqu’en 1269. Avec les grandes villes du litto- ral, à l'exemple de Béjaïa, d'Annaba et d'Alger, le Magh- reb central s’ouvre à l'Occident chrétien en entretenant un commerce actif, apportant notamment les fameux chevaux barbes, de la cire [Note 10] ou encore du cuir de qualité.

La chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrétiennes du nord, qui s’organisent pour la Reconquista alors que le mythe de l'invincibilité musulmane prend fin. Au Maghreb, des dynasties Zénètes s’imposent, comme les Mérinides de Fès dans le Maghreb occidental, les Abdelwadides de Tlemcen du Maghreb central. Les Hafsides s’imposent au Maghreb oriental. Ces dynasties, qui rayonnent sur l'Afrique du Nord d'abord entre le XIII e et le XIVe siècle e siècle, subissent de plus en plus, vers la fin du XV e siècle, la pression de l'essor des puissances espagnole et portu- gaise, ce qui, conjugué aux luttes intestines pour l'accès au trône, conduit alors à des reculs successifs de leur pouvoir et à l'émiettement de leur empire.

de leur pouvoir et à l'émiettement de leur empire. Khayr ad-Din Barberousse , gouverneur général de

Khayr ad-Din Barberousse, gouverneur général de la régence d'Alger

Plusieurs juifs de l'Andalousie sont envoyés vers l'Algérie en 1492. Dans cet état de fait, la dynastie Zianides résiste fortement jusqu'à l'attaque décisive des Otto- mans. Ces derniers prennent la ville de Tlemcen en 1554 [83] . Ainsi s’achèvent les dynasties autochtones en

4.3.3 Effet de la Reconquista

4.4

Époque moderne

21

4.4 Époque moderne 21 L'Affaire de l'éventail entre le pacha Turc Hussein Dey et le consul

L'Affaire de l'éventail entre le pacha Turc Hussein Dey et le consul français Pierre Deval est le casus belli qui provoque le blocus maritime d'Alger par la marine royale française en 1827.

d'Alger par la marine royale française en 1827. Débarquement des Morisques au port d ' Oran

Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia

en 1492, à la suite de quoi, les Juifs seront refoulés vers l'Afrique du Nord. L'arrivée des Andalous et des Mudéjars coïncidera. Après 1502, tous les musulmans qui arriveront en Algérie seront appelés Morisques (des Andalous et des Mudéjars). Ces derniers seront définiti- vement expulsés de la péninsule Ibérique entre 1609 et 1614 sous Philippe III d'Espagne, à la suite du décret d'expulsion des Morisques [84] .

Ainsi, des milliers de familles d'Espagne s’exilent en Algérie, ils viennent en masse dans les villes du nord du pays, dont Oran, Tlemcen, Nedroma, Blida, Alger, Mostaganem, Cherchell, Annaba, Béjaia [85] . Ces grandes familles, qui ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour res- ter dans leur pays d'origine, sont forcées à vivre dans une terre qui leur est tout à fait inconnue. Leur apport sera très important dans la société, la culture sera en premier plan, ainsi que la construction des villes et l'économie. Ces fa-

milles vont changer pour beaucoup le décor de la scène sociale de l'époque [86] .

4.4 Époque moderne

4.4.1 Présides espagnols au XVI e siècle

Articles détaillés : Histoire de l'Espagne et Plazas de so- beranía. À l'ouest, au mois de juillet 1501, les Portugais lancent

au mois de juillet 1501 , les Portugais lancent Fort de Santa Cruz à Oran Remparts
, les Portugais lancent Fort de Santa Cruz à Oran Remparts du Fort de Santa Cruz

Remparts du Fort de Santa Cruz à Oran

une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des An- dalouses. Il faudra attendre le débarquement de Mers- el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s’engager dans la première expédition organisée contre Oran. La prise

22

4 HISTOIRE

de la ville par l'armée du cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, commandée par Pedro Navarro, eut lieu le 17 mai 1509. Après l’occupation du port de Mers- el-Kébir (1505), et celui de la ville d’Oran (1509), la ville fut désertée, puis totalement occupée par les troupes espagnoles. Dès 1509, le Cardinal Ximenes entreprit la construction, sur les ruines de la mosquée Ibn El Beitar, de l'église Saint-Louis, qui domine la vieille ville des deux côtés. En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fit al- liance avec le sultan marocain Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installés à Alger, et parvint à maintenir encore la présence espagnole. Les Espagnols font ainsi d’Oran une place forte. Les juifs furent expul- sés hors d’Oran par les Espagnols en 1669 [87] . Sous le roi d’Espagne, Carlos III, ce dernier et les partisans de la conservation de la ville s’affrontent. Entre 1780 et 1783, le ministre Floridablanca proposa a l’Angleterre d’échan- ger Oran contre Gibraltar.

l’ Angleterre d’échan- ger Oran contre Gibraltar . Fort espagnol de Yemma Gouraya Au centre, en

Fort espagnol de Yemma Gouraya

Au centre, en 1510, Ferdinand le Catholique attaque la ville d'Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtissent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvi- sionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demande l'aide des Turcs [88] .

Au nord est, Pedro Navarro prend Béjaia en 1510 [89] et jusqu'en 1555. Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque la ville. Abderrahmane oppose 10 000 soldats, qu'il lance immédiatement contre les Espagnols en cours de débarquement. L'assaut est repoussé grâce notamment à l'artillerie de marine. Mais la riposte es- pagnole commence immédiatement, avec des bombarde- ments maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se déroule dans la ville. À la fin, Abderrahmane réussit à prendre la fuite et il y aura plusieurs morts. La renom- mée de Navarro et le récit de ses exploits militaires in- citent les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemcen à prêter l'hommage au roi d'Espagne et à libérer tous leurs pri- sonniers chrétiens. Cependant en 1514, grâce à une at- taque combinée des Kabyles menée par Sidi Ahmed ou el Kadhi, à la tête de 20 000 hommes et des Turcs par la mer, la ville de Bejaia sera temporairement libérée de la

présence espagnole. Les Espagnols en seront ensuite dé- finitivement expulsés en 1555 par les Ottomans, dirigés par Salah Raïs pacha.

4.4.2 Régence d'Alger

Articles détaillés : Empire ottoman, Régence d'Alger, Espagne, Koukou et Zianides. Cherchant à contrôler leur espace maritime après

. Cherchant à contrôler leur espace maritime après Mosquée Ketchaoua , reconstruite en 1794 sous le

Mosquée Ketchaoua, reconstruite en 1794 sous le gouvernement de Hasan Pacha. Ici après sa conversion en cathédrale par la France. 1899.

la Reconquista, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale au début du XV e (prise de Ceuta en 1415), suivis des Espagnols qui occupent au début du XVI e siècle des ports méditerranéens (Mers el Kebir, Oran, Béjaïa). L'Espagne décide d'assiéger le port d'Alger, et s’empare de l'îlot du Peñon à l'entrée du port, qu'elle fortifie. Les Algérois font alors appel aux corsaires turcs. Les frères Barberousse, forts de plusieurs succès dans la navigation, parviennent en 1518, après plusieurs échecs, à chasser les Espagnols d'Alger (en partie avec l'appui des tribus kabyles) et à étendre progressivement leur état sur le reste du pays (Cherchell, Ténès, Tlemcen).

En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen [90] . Le frère aîné de Khayr ad-Din Barberousse tue les derniers rois Zianides en les noyant dans l'eau au XVI e siècle [91] . Ensuite, les Espagnols lancèrent depuis leur possession d’Oran une offensive victorieuse contre les troupes de Barberousse à Tlemcen dans laquelle Aroudj perdit la vie.

4.4

Époque moderne

23

4.4 Époque moderne 23 Palais des raïs, Alger Dey Hussein C’est dans ce contexte que Khayr

Palais des raïs, Alger

4.4 Époque moderne 23 Palais des raïs, Alger Dey Hussein C’est dans ce contexte que Khayr

C’est dans ce contexte que Khayr ad-Din Barberousse, qui se trouvait à Alger lorsqu’il apprit la mort de son frère, sol- licita le soutien du Sultan Soliman le Magnifique et plaça son nouvel État sous la protection de l'empire ottoman, recevant le titre de beylerbey (gouverneur de province) ainsi qu'un contingent de 2 000 janissaires.

Cet état nouvellement fondé prendra le nom de régence d'Alger. Cette dernière fut successivement gouvernée par

des beylerbeys de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830. En 1609, les musulmans d'Andalousie sont envoyés vers les côtes algériennes. La régence d’Alger a une large indépendance vis-à-vis du Sultan Ottoman. La région de l’Algérois, appelée Dar el Sultan, était placée sous auto- rité directe du chef de la Régence. Le reste du pays était divisé en 3 provinces nommées « beylics » administrées chacune de manière autonome par un bey nommé par le Dey d'Alger. On distinguait : le Beylic de l’Ouest (capitale basée à Mazouna, Mascara puis déplacée à Oran après le départ des Espagnols) ; le Beylic du Titeri au centre (ca- pitale basée à Médéa) et le Beylic de l‘Est (capitale basée à Constantine), le plus puissant des trois. Chaque Beylic était divisé en « outan » (cantons) avec à sa tête un caïd, relevant directement du bey. Pour administrer l’intérieur du pays, les Turcs s’appuyaient sur les tribus Makhzen. Ces tribus étaient chargées d’assurer l’ordre et de lever l’impôt sur les régions tributaires du pays [92] . C’est par ce système que durant trois siècles l’État ottoman d’Al- ger étendit son autorité sur le Nord de l’Algérie actuelle. Mais dans les faits, plusieurs régions du pays bravaient de manière régulière l’autorité des Beys.