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Bouddhisme theravāda

Le bouddhisme theravāda [V 1] est une branche an- cienne du bouddhisme issue de l'école Sthaviravāda [1] . Relativement conservatrice, elle est aussi plus proche du bouddhisme primitif que les autres traditions boud- dhiques existantes [2] . La Doctrine des Anciens s’appuie sur un canon rédigé en pāli, nommé Tipiṭaka [V 2] , compre- nant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha Śākyamūni [V 3] , recueillies par ses contemporains et re- transcrites quelques siècles plus tard [3] .

1 Pratiquants dans le monde

Article connexe : Bouddhisme dans le monde.

1.1 Panorama

Le bouddhisme theravāda est pratiqué dans différents pays à travers le monde, mais il reste essentiellement dif- fusé en Asie du Sud et du Sud-Est continentale.

En Asie du Sud, le Sri Lanka se définit comme le berceau du bouddhisme theravāda. Son introduction commence au III e siècle av. J.-C. Le pays étant insulaire et protégé des invasions extérieures, la Doctrine des Anciens y pros- père et, deux siècles plus tard, le canon bouddhique The- ravāda en langue pāli, nommé Tipiṭaka, est rédigé par une assemblée de moines. À cette époque, le Sri Lanka de- vient le centre spirituel du bouddhisme theravāda [4] , sui- vi principalement par l'ethnie cingalaise. On compte, au- jourd'hui, environ 14 millions de pratiquants sri lankais, soit 70% de la population [5],[6] .

En Asie du Sud-Est, la Birmanie fait figure de siège

continental du bouddhisme theravāda, venu d'Inde au III e

Malgré les guerres et les occupations

étrangères, l'ancien royaume birman, nommé Pagan, a toujours gardé la ferveur Theravāda [4] . Le site archéo- logique de Bagan, ancienne capitale du royaume au IX e siècle, en est le parfait exemple. À l'heure actuelle, le bouddhisme birman se mêle à d'autres influences telles qu'animistes, tantriques, hindouistes et mahāyānistes, ce qui rend difficile son recensement. On compte entre 40 à 60 millions de pratiquants, soit 85 à 89% de la population birmane [4],[5] .

L'introduction du bouddhisme theravāda en Thaïlande commence aux V e siècle et VI e siècle, à travers l'influence birmane. La tradition des Anciens se pérennise autour du XIV e siècle lorsque le jeune royaume d'Ayutthaya,

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siècle lorsque le jeune royaume d'Ayutthaya , 1 Stūpas du site archéologique de Bagan , Ancienne

Stūpas du site archéologique de Bagan, Ancienne capitale du royaume birman.

plus connu sous le nom de Siam, décide d'unifier son territoire en déclarant le bouddhisme theravāda, religion officielle. La législation, bien qu'inspirée des principes hindouistes, est rédigée en langue pāli, langue parlée par le Bouddha Śākyamūni ; elle est restée en vigueur jus- qu'au XIX e siècle [7] . Aujourd'hui, près de 95% de la po- pulation thaïlandaise pratique le bouddhisme theravāda, soit environ 63 millions de personnes [4],[5] .

L'histoire du bouddhisme theravāda au Laos reste très confuse. Ce n'est qu'au milieu du XIV e siècle que le pays s’unifie et se stabilise mais sous une tradition mahāyāniste réformée. Très influencé culturellement par son voisin, le royaume de Siam, c'est au XVI e siècle que le pays décide de se tourner vers la Doctrine des Anciens [4] . On compte, à l'heure actuelle, un peu plus de 4 millions de pratiquants, soit 67% de la population laotienne [5] .

Au Cambodge, l'évolution du bouddhisme theravāda fut assez complexe. Au début du VII e siècle, le pays se par- tage entre des influences hindouistes et bouddhistes. Au IX e siècle, le Bouddhisme Mahāyāna devient la tradition la plus pratiquée, bien que les coutumes hindouistes res- tent encore en usage dans le pays. Il faudra attendre le XIV e siècle pour que le bouddhisme theravāda s’impose dans tout le royaume [4] . On compte, aujourd'hui, environ 14 millions de pratiquants, soit plus de 95% de la popu- lation cambodgienne [5] .

Bien qu'entouré par de nombreux pays de tradition The- ravāda, le Vietnam fut plus influencé pendant son his- toire par son grand voisin du nord, la Chine de tradi- tion mahāyāniste. Ce sont donc seulement 2% des vietna- miens qui pratiquent la Doctrine des Anciens, soit un peu plus d'un million de personnes, essentiellement l'ethnie

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2 HISTOIRE

2 2 HISTOIRE Temple d ' Angkor Wat situé à Angkor , Site initialement hindou puis

Temple d'Angkor Wat situé à Angkor, Site initialement hindou puis bouddhiste.

des Khmers Krom située dans le sud du pays.

Le bouddhisme theravāda a récemment gagné en popula- rité dans le monde occidental. Aujourd'hui, on compte entre 100 et 150 millions de pratiquants à travers le

monde [8],[9] .

1.2 Tableau récapitulatif

2 Histoire

Article connexe : Histoire du bouddhisme.

2.1 Préambule

L'expression “bouddhisme Theravāda”, d'un usage géné- ral aujourd'hui, est d'apparition relativement récente : ce n'est qu'au milieu du XXe s. qu'elle s’impose, pour dé- signer l'ensemble des populations bouddhistes d'Asie du sud et du sud-est, se référant très majoritairement au Canon pāli. Avant le XXe s., “Theravāda” est un terme d'usage restreint et plutôt rare, il ne s’emploie que pour désigner une lignée d'ordination, celle fondée à Ceylan par Mahinda, fils du roi Aśoka, en 240 av. J.-C. Le terme “Theravāda” lui-même apparaît pour la première fois dans les chroniques cinghalaises (le Dīpavaṃsa et le Mahāvaṃsa), rédigées entre le IVe et le VIe s. de notre ère. Contre l'usage actuel, le terme “Theravāda” ne de- vrait donc jamais être employé pour désigner le boud- dhisme ancien ou primitif, mais bien seulement le cou- rant cinghalais qui s’est formalisé aux environs du Ve s. de notre ère. Le terme sanskrit Sthaviravāda, de son cô- té, n'apparaît pas avant le VIIe s. de notre ère et a vrai- semblablement été forgé sur le terme pāli Theravāda pour désigner, a posteriori, l'un des courants du bouddhisme indien ancien dont le Theravāda se dit issu. [réf. nécessaire]

2.2 Origines

L'histoire des différentes écoles et courants boud- dhiques commence après le parinibbāna [V 4] du Bouddha Śākyamūni, survenu au V e siècle av. J.-C. En effet, trois mois après sa mort [11] , le Saṅgha [V 5] bouddhique se réunit à Rajagriha [12] , dans le royaume de Ma- gadha, pour une pérennisation de la doctrine ensei- gnée par le Siddharta Gautama, nommée Dhamma [V 6] , et l'établissement des premières règles monastiques, Vinaya [V 7] . On désigne cet événement comme le 1 er Concile bouddhique de l'histoire du bouddhisme.

Émerge alors en Inde, ce que les spécialistes de langue an- glaise qualifient de Bouddhisme pré-sectaire, qui, au fur et à mesure des années, évolue et se structure en Dix- huit écoles anciennes. Cette première période de diffu- sion constitue l'ère du Bouddhisme primitif.

Il faut rappeler qu'au V e siècle av. J.-C., cette diffusion ne dépassait guère la vallée du Gange, là même où aurait vécu le Bouddha Śākyamūni après sa Bodhi [V 8] . Certains disciples semblent avoir été jusqu’à la côte ouest de l’Inde, ainsi qu'aux premiers contreforts de l'Himalaya, répandre le Dhamma [13] . Le bouddhisme est donc, à cette époque, un enseignement transmis essentiellement à l'oral et mi- noritaire en Inde [3] .

2.3 Règne d'Aśokaḥ

2.3.1 Bouddhisme indien

3 ] . 2.3 Règne d'Aśokaḥ 2.3.1 Bouddhisme indien L'empire Maurya, sous le règne d'Aśokaḥ. Au

L'empire Maurya, sous le règne d'Aśokaḥ.

Au III e siècle av. J.-C., la Dynastie des Maurya règne sur l'Inde, alors régie par le Jaïnisme et le Brahmanisme, une forme ancienne d'Hindouisme. L'empereur Aśoka accède au trône en 273 av. J.-C., et s’efforce de consolider et étendre son empire. Après la bataille de Kalinga, et mal- gré la victoire de son royaume, le souverain fut choqué de

2.3

Règne d'Aśokaḥ

3

la violence et du sang que son armée avait versé pour ce tribut.

Aśoka adopte alors le principe de l'Ahiṃsā [V 9] , se retire un an dans un monastère et devient végétarien. Il promeut le bouddhisme et accorde de nombreux dons au Saṅgha, mais aussi aux jaïns et aux brahmanes. Aśoka imposa par la suite, le végétarisme, et interdit les rituels sanglants ain- si que la torture. De plus, les royaumes et tribus vaincus avant sa conversion pouvaient garder leur autonomie, à condition de se conformer aux principes du Dhamma.

Le souverain amena paix et prospérité dans l'Inde de l'époque. Il contribua ainsi, par ce biais, à une large dif- fusion du Bouddhisme ancien dans son territoire. Il aurait fait édifier 84 000 stūpas [V 10] et convoqua deux conciles lors de son règne.

2.3.2 Conciles sous Aśoka

Durant le siècle qui suivit le 1 er Concile bouddhique, le Saṅgha se divisa en deux parties, les moines citadins et les moines itinérants. Ces derniers trouvaient les premiers laxistes et trop proches des laïcs, et souhaitaient de leur part plus de rigueur dans les règles monastiques qu'avait instituées le Bouddha Śākyamūni [13] .

instituées le Bouddha Śākyamūni [ 1 3 ] . Temple Mahābodhi , située à Bodhgayā .

Temple Mahābodhi, située à Bodhgayā. Classée patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le 2 e Concile bouddhique, dirigé par l'empereur Aśo- ka, fut convoqué justement dans le but de condam- ner les assouplissements de la Vinaya entrepris par cer- tains moines. Pour la première fois de son histoire,

le Saṅgha se divisa en deux mouvements distincts, le Sthaviravāda [V 11] , de valeur orthodoxe, et le Mahāsāṃ- ghika [V 12] , prônant des réformes dans les règles monas- tiques. L'ensemble des écoles du mouvement Sthaviravā- da constitue par la suite le Bouddhisme indien.

Après cet événement, l'empereur Aśoka organisa un autre concile dans sa capitale, Pāṭaliputra [14] . Le 3 e Concile bouddhique est connu comme étant le déclencheur du premier schisme dans l'histoire du bouddhisme. Les deux courants s’opposèrent et se divisèrent. Le bouddhisme theravāda appartient au courant Sthaviravāda, et plus pré- cisément à l'école ancestrale indienne de l'époque, le Vib- hajjavāda [V 13],[15] .

2.3.3 Propagation du Bouddhisme ancien

Bien que le Bouddhisme ancien ait connu une certaine notoriété dans le nord de l'Inde, comme à Sārnāth, Nālandā et Ajantā, il restait encore minoritaire. Après le 3 e Concile bouddhique qu'il organisa, l'empereur Aśo- ka dépêcha des missionnaires pour répandre le Dhamma, dans tout son empire mais aussi au-delà de ses frontières.

dans tout son empire mais aussi au-delà de ses frontières. Site archéologique de Sārnāth , Vue

Site archéologique de Sārnāth, Vue du Dhāmek Stūpa en arrière-plan.

On trouve des traces de ses missions vers la route de la soie [16] . À l'ouest de l'empire Maurya, dans les actuels Afghanistan et Pakistan, le Bouddhisme ancien rencon- tra la pensée hellénistique, donnant naissance au Greco- bouddhisme et à son art. Au nord, le Dhamma rencontra la philosophie chinoise, le confucianisme et le culte Bön au Tibet. À l'est, les missionnaires répandirent la pensée bouddhique en Asie du Sud-Est continentale, et plus pré- cisément dans les actuels Birmanie et Thaïlande [17] .

Enfin, au sud de son empire, dans les actuelles ré- gions indienne du Tamil Nadu et du Kerala ainsi qu'au Sri Lanka, Aśoka dépêcha son fils, Mahinda, pour ré- pandre le Dhamma. Le Bouddhisme ancien atteignit très vite le cœur du royaume ceylanais. Le roi de cette île, Devānaṃpiya Tissa, se convertit et fit construire à Anurādhapura [18] , capitale du pays à cette époque, un

4

2 HISTOIRE

premier monastère, le Mahāvihāra [V 14] , lieu même où fut couché par écrit, deux siècles plus tard, le Tipiṭaka. L'école indienne Vibhajjavāda se développa rapidement à Ceylan et devint majoritairement pratiquée.

Ce groupe a ensuite cessé de se nommer Vibhajjavāda, pour se faire appeler Theriyas, en référence au terme pāli :

Thera correspondant au sanskrit Sthavira signifiant An- cien. Puis le nom Theravāda a été adopté et est resté d'usage jusqu'à présent pour ce groupe. Le bouddhisme theravāda est donc une évolution de l'école sri lankaise Vibhajjavāda [19] .

2.4 Évolution du Bouddhisme primitif

2.4.1 Déclin de l'ouest asiatique

Le Bouddhisme ancien en région perse est venu d'Inde au III e siècle av. J.-C. grâce aux missionnaires d'Aśoka. À cette époque, le royaume gréco-bactrien domine le terri- toire. Le Bouddhisme primitif rencontre la pensée hellé- nistique et donne naissance au Gréco-bouddhisme. Cette philosophie y prospère jusqu'à l'avènement de l'Empire Sassanide au III e siècle de tradition zoroastriste [20] . La fin du bouddhisme en région perse arrive au VII e siècle lorsque l'Islam, en pleine expansion, envahit l'Empire Sassanide, transformant celui-ci en khalifat [21] .

L'Empire Maurya, en Inde, se morcela après la mort d'Aśoka. En effet, aucun de ces fils ne sut diriger ce terri- toire immense ; la dynastie fut renversée et remplacée par la Dynastie des Gupta, de tradition hindouiste. Le boud- dhisme indien réussit à survivre tout de même au nord de l'Inde, dans son bassin d'origine [22] . L'apogée de l'Empire Gupta, au IV e siècle, dont le rayonnement culturel hin- douiste dépasse ces frontières, affaiblit un peu plus les écoles bouddhiques indiennes. Au XII e siècle, le Bouddha Shakyamuni fut assimilé comme étant le 9 e avatar du dieu Vishnou ; les brahmanes parachevèrent ainsi la fin du bouddhisme indien dans le pays où est née cette philo- sophie.

2.4.2 Cas sri lankais

Le bouddhisme theravāda, protégé par son isolement géo- graphique, prospère au Sri Lanka pendant de nombreux siècles. Le pays devient le centre culturel de cette tradi- tion, lorsqu'au I er siècle av. J.-C., le Tipiṭaka y est rédigé sur des feuilles de palmier lors du Concile de Tambapan- ni, connu comme le 4 e Concile bouddhique de la tradition Theravāda. Le but était ainsi de fixer pour la première fois par écrit le Dhamma, enseigné et transmis jusqu'alors oralement [3],[4] .

Au V e siècle, Buddhaghoṣa [V 15] arriva au Sri Lanka afin de regrouper et de traduire de nombreux commentaires pālis. Il rédigea le Visuddhimagga, l'un des commentaires les plus respectés par le bouddhisme theravāda.

2.4.3 Grands courants

Au fil du temps, des traductions et des cultes rencontrés, le Bouddhisme ancien évolua en trois grandes traditions [17] :

le bouddhisme theravāda ;

Le courant Mahāyāna naît au I er siècle des différents voyages et cultures rencontrés par le Bouddhisme ancien sur la route de la soie. Il faudra attendre le IV e siècle pour que la pensée Mahāyāna prospère en Chine. Elle se déve- loppera ensuite au Viêt Nam, en Corée et au Japon entre le VI e siècle et VII e siècle.

Le courant Vajrayāna, appelé aussi (à tort) Lamaïsme, s’est implanté dans les pays comme le Japon, la Corée etc. et en particulier au Tibet qui a accueilli les traduc- tions de textes sanskrits venus directement de l'Inde, où fleurissaient les universités bouddhistes de Nālandā et Vikramaśīla. Le Bouddhisme tibétain apparut ensuite en Mongolie au XIII e siècle, mais il faudra attendre le XVI e siècle pour que cette tradition devienne religion d'État sous l'Empire mongol [23] .

2.4.4 Terme Hīnayāna

Entre le I er siècle av. J.-C. et le I er siècle de notre ère, les termes sankrits Mahāyāna [V 16] et Hīnayāna [V 17] ont commencé à être utilisés dans les écrits bouddhiques, dont le Sūtra du Lotus [24],[V 18] . Il est à souligner que ces termes sont des ensembles d'un mouvement contenant plusieurs écoles en son sein. Le mouvement Hīnayāna est souvent confondu avec l'école Theravāda dont il est issu, l'école la plus ancienne encore existante de nos jours [2] .

2.5 Renouveau Theravāda

À partir du XI e siècle, Sri Lanka, terre theravâda, de- vint la source principale de l’influence bouddhiste en Asie du Sud. Les Môns, installés principalement en Birmanie et dont l'archéologie révèle la présence ancienne dans certaines parties de Thaïlande et du Laos, ont aussi pu jouer un rôle dans sa transmission, car on sait qu'ils l'adoptèrent longtemps avant les autres, bien que la date exacte soit incertaine. Converti par le moine môn Shin Arahan, l'empereur birman Anawrahta (1044–1077) in- troduisit officiellement le bouddhisme des anciens dans son pays, et de nombreux temples furent construits à Pagan entre le XI e et le XIII e siècle. Le theravâda fut également introduit vers 1260 dans le royaume Thaï de Sukhothaï et vit son influence grandir durant la période d’Ayutthaya (XIV e -XVIII e siècle).

La doctrine des anciens continua sa progression vers le Laos et le Cambodge au XIII e siècle. Plus récemment, on

5.1

Vies du laïc et du moine

5

constate depuis le milieu du XX e siècle une résurgence du bouddhisme, dans laquelle le theravâda occupe une place importante, chez les Malais et Indonésiens d'origine chi- noise.

3 Enseignements

La doctrine du theravâda explique comment accéder soi-même à la délivrance en devenant un arahant (per- sonne délivrée parce qu'elle a suivi la voie enseignée par le Bouddha sans bénéficier de l'omniscience), un bodhisattva (personne qui cherche absolument à devenir un bouddha pour enseigner en pratiquant les vertus dites pāramitā) ou un sambuddha (« bouddha parfait », per- sonne qui, possédant une compréhension parfaite des en- seignements du Bouddha, accède à l'éveil et peut ensei- gner).

Elle rejette catégoriquement l'idée d'un Dieu créateur et tout puissant, ainsi que l'idée d'un salut obtenu par la seule dévotion et le culte des reliques. En effet d'après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge. Qui d'autre pourrait être le refuge ? » (Dhammapada, XII, 4). Cela signifie qu'on ne peut attendre de personne l'obtention de l'illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et, pour atteindre ce but, suivre le Noble Chemin Octuple.

4 Écritures

4.1 Canon Pāli

Article connexe : Tipitaka.

4.2 Commentaires

5 En pratique

connexe : Tipitaka . 4.2 Commentaires 5 En pratique Trois jeunes novices dans un temple au

Trois jeunes novices dans un temple au Sri Lanka.

5.1 Vies du laïc et du moine

Pour la doctrine des anciens, le mode de vie monastique

est le meilleur moyen d'accéder au salut, mais celui-ci de- meure toutefois accessible à tous. Cette doctrine s’adresse donc principalement aux hommes et aux femmes qui re- noncent à la vie laïque, elle ne divinise pas le Bouddha

et ne croit pas en l'intercession au moyen de bodhisattva

sauveurs.

Néanmoins, dans les formes populaires de theravâda, au Sri Lanka comme au Cambodge, le Bouddha est l'objet d'une vénération proche de celle d'un dieu, il y a donc une distinction entre le culte populaire et les spéculations monastiques.

Les tenants du mahâyâna qualifient parfois - à tort - d'égoïste la pratique du theravâda (et du hinayana en général). Cette opinion s’appuie sur des considérations sotériologiques : alors que le but du pratiquant mahâyâ- na, moine ou laïc, est de devenir bodhisattva pour sauver tous les êtres, le pratiquant theravâda se concentre sur son propre salut, abandonnant les efforts en direction du salut universel à Maitreya, le prochain bouddha. Cependant, le theravâda prône l'amour universel envers toutes les créa- tures. De plus, ses pratiquants estiment que devenir bod- hisattva n'est possible qu'à de très rares personnes, il est

donc plus efficace de viser la libération individuelle pour être en mesure d'aider les autres à en faire autant. Enfin, il est absurde de qualifier d'égoïste l'arahant, puisque celui-

ci n'a plus d'ego.

5.2 La condition des nonnes

Historiquement, si les moines devaient observer 217 règles, les nonnes, de leur côté, devaient se conformer

à 311 préceptes. Au fil du temps, les conditions histo-

riques et culturelles changeant, les ordres de nonnes dis- parurent dans la plupart des pays de traditions Thérava- da. Les femmes qui souhaitaient s’engager dans une pra- tique avaient donc un statut non reconnu et n'étaient pas soutenues dans leur pratique comme les moines. Ainsi, les femmes qui se tournent aujourd'hui vers la vie mo- nastique font généralement vœu de suivre un nombre va- riable de règles et vivent soit en communauté, soit isolé- ment. Elles sont appelées Anagarikas (errantes) ou Thi- lashins (morales) en Birmanie, Dasasilmatas (errantes) à Sri lanka et Maechis en Thaïlande, et portent des robes

de couleur différente selon la région. Dans la plupart des pays, leur statut est incertain car elles n'appartiennent à aucune des quatre catégories du grand Sangha défini par

le Bouddha (moines et moniales, laïcs des deux sexes).

Elles ne reçoivent, contrairement aux moines, aucune as- sistance de l’État et très peu d'aide des laïques qui pré- fèrent soutenir les moines confirmés. Ainsi, les Maechis thaïlandaises, au nombre de 14 700 en 1997, se trouvent- elles à la fois dépourvues du droit de vote comme les moines, mais aussi privées par les autorités bouddhiques du droit d’enseigner le dharma et d’accomplir des rituels.

6

7 BIBLIOGRAPHIE

Les nonnes Theravada ayant reçu une formation et tour- nées vers le service social trouvent plus facilement un sou- tien en fondant des écoles maternelles, des jardins d’en- fants ou des centres d'assistance pour les femmes. Celles qui voudraient se concentrer sur la pratique religieuse ren- contrent par contre beaucoup de difficultés. Elles vivent indépendantes dans un grand dénuement, ou deviennent dépendantes des temples où elles rendent des services d’intendance.

Il existe cependant des initiatives individuelles visant à faire évoluer la situation comme celle initié par Ayya Khema qui a fondé une communauté monastique inter- nationale de nonnes au Sri Lanka en 1998 ainsi que l'association internationale des nonnes bouddhistes (Sa- kyadhita : les filles du clan des Sakya)

5.3 Méditation

La méditation theravâdine inclut deux pratiques : samatha bhavana et vipassana bhavana.

Samatha, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des jhanas, de profonds niveaux de concen- tration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion, du détachement. Ainsi, Metta est le développement d'un sentiment d'amour déta- ché envers chaque être. Anapanasati est la concentration basée sur la respiration. Anapanasati est cependant par- fois employée en vue de la pratique de vipassana.

Vipassana bhavana, la pratique formelle d'une introspec- tion, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contem- plations, comme la contemplation de l'impermanence. Elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.

Ces deux types de méditation sont considérés comme complémentaires : la tranquillité mentale donne la plus grande efficacité à la contemplation, et la contemplation permet d'éliminer les obstacles à la tranquillité mentale.

5.4 Réalisation

Selon le theravâda, le pratiquant peut atteindre quatre ni- veaux de réalisation spirituelle :

Le sotapanna, premier des êtres nobles, ne renaîtra plus dans les mondes inférieurs, et renaîtra au maxi- mum six fois dans le monde des hommes (ce qui re- présente donc sept vies au maximum).

Le sakadagami renaîtra tout au plus une seule fois dans le monde des hommes.

L'anagami ne renaîtra plus que comme deva, et at- teindra alors le nibbâna.

L'arahanta, ayant atteint le but, s’est définitivement libéré du cycle des renaissances.

6 Fêtes et coutumes

Asalha (commémoration du premier sermon du bouddha)

Vesak (commémoration de la naissance, de l'éveil et de la mort du bouddha)

Uposatha (réaffirmation régulière de la dévotion au dharma et récitation des règles monastiques)

Vassa (retraite annuelle de la saison de la pluie)

Kathina (offrande annuelle de tissu par les laïcs et confection de nouvelles robes par les moines)

Vihara (monastère traditionnel)

6.1 Ordination temporaire

La pratique de l'ordination repose sur une philosophie différente de l'ordination religieuse occidentale. Elle peut être temporaire ; un homme peut devenir moine plusieurs fois dans sa vie ou la recevoir sans compter demeurer un bhikkhu sa vie durant.

C'est même une pratique socialement valorisée : les hommes accomplissent leur devoir en devenant moines pendant un temps, avant de revenir à la vie laïque, juste- ment pour se marier.

6.2 Ordres theravâdins

Différents ordres, appelés nikayas, sont développés - ils ne correspondent cependant pas à des conceptions diffé- rentes. Le titre de Patriarche suprême du Sangha, le plus élevé qui soit, peut être attribué à un moine quel que soit son pays d'origine, appartenant à l'un ou l'autre des ni- kayas suivants :

Sri Lanka : Siam Nikaya, Amarupa Nikaya et Ra- mana Nikaya ;

Thaïlande : Dhammayuttika Nikaya et Maha Ni- kaya ;

Birmanie : Thudamma Nikaya et Shwekyin Nikaya ;

Cambodge : Dhammayuttika Nikaya ( ) et Maha Nikaya ( ).

7 Bibliographie

Nikaya ( ) et Maha Nikaya ( ). 7 Bibliographie Des informations de cet article ou

Des informations de cet article ou section de- vraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (indiquez la date

de pose grâce au paramètre date).

8.1 Vocabulaire

7

8.1 Vocabulaire 7 Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres. Améliorez sa vérifiabilité

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.

L'enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens - Walpola Rahula, Collection Point Sa- gesse, Éditions du Seuil, Paris, 1961

Les sectes bouddhique du Petit Véhicule - André Ba- reau

Article « Theravâda » de l'Encyclopædia Universalis / Dictionnaire du bouddhisme (recueil d'articles de l'Encyclopædia Universalis) - Jean Varenne

Bouddhisme et re-naissances dans la tradition Theravāda - Didier Treutenaere, Asia, Librairie d'Amérique et d'Orient-Adrien Maisonneuve, Pa- ris, mai 2009, (ISBN 9782953405606). À travers la question centrale des renaissances, un ouvrage de référence sur le bouddhisme des Therā : 600 pages, 1000 citations retraduites du canon pāli, un glossaire et une bibliographie commentée.

8 Notes et références

La tradition Theravāda utilisant les termes boud- dhiques en pāli plutôt qu'en sanskrit, ceux-ci seront donc prédominants dans cet article. Toutefois, les mots sanskrits seront annexés pour ne pas gêner à la lecture.

Pour cet article, la norme académique pour le sans- krit romanisé, l'International Alphabet of Sanskrit Transliteration, sera utilisée pour tous les termes pālis et sanskrits.

8.1 Vocabulaire

[1] Pāli : Theravāda : थेरवाद / Sanskrit : Sthaviravāda :

स्थविरवाद / Littéralement : Doctrine des Anciens ou En- seignements des Aînés

[2] Pāli : Tipiṭaka / Sanskrit : Tripiṭaka : त्रिपिटक / Littéra- lement : Triples Corbeilles

[3] Sanskrit : Buddha Śākyamūni : बुद्ध शाक्यमुनि / Littéra- lement : Sage Éveillé du clan des Śākyas

[4] Pāli : Parinibbāna : परिनिब्बान / Sanskrit : Parinirvāṇa :

परिनिर्वाण / Littéralement : Libération sans résidus

[5] Pāli : Saṅgha : सङ्घ / Hindi : Saṃgha : संघ / Littérale- ment : Communauté

[6] Pāli : Dhamma : धम्म / Sanskrit : Dharma : धर्म / Litté- ralement : Enseignement

[7] Pāli et Sanskrit : Vinaya / Littéralement : Discipline

[8] Pāli et Sanskrit : Bodhi : बोधि / Littéralement : Éveil spi- rituel

[9] Sanskrit : Ahiṃsā : अहिंसा / Littéralement : Non-violence

[10]

Pāli : Thūpa : थूप / Sanskrit : Stūpa : स्तूप / Littéralement :

Amoncellement

[11] Pāli et Sanskrit : Sthaviravāda : स्थविरवाद / Littérale- ment : Enseignement des Anciens

[12] Pāli : Mahāsaṅghika (Sanskrit)/ hindi : Mahāsāṃghika / Littéralement : Grande Assemblée

[13] Pāli et Sanskrit : Vibhajjavāda / Littéralement : Doctrine de l'Analyse

[14]

Pāli et Sanskrit : Mahāvihāra / Littéralement : Grand mo- nastère

[15] Pāli et Sankrit : Buddhaghoṣa / Littéralement : Son de l'Eveillé

[16] Sanskrit : Mahāyāna : महायान / Littéralement : Grand Véhicule

[17] Sanskrit : Hināyāna / Littéralement : véhicule déficient, traduit par Petit Véhicule

[18] Sankrit

Saddharmapuṇḍarīkasūtra :

सद्धर्मपुण्डरीकसूत्र / Littéralement : Sūtra du Lotus blanc de la Loi merveilleuse

:

8.2 Références

[1] (en) Andrew Skilton. A Concise History of Buddhism. 2004. p. 66-67

[2]

Henri Tincq, « Bouddhisme : les trois grandes écoles », sur le site du Quotidien Le Monde, 4 octobre 2007 (consulté le 17 juillet 2014)

[3] Frédéric Lenoir, Socrate, Jésus, Bouddha : Trois maîtres de vie, éd. Fayard, juin 2009

8

9 VOIR AUSSI

[4] Patrick Deullin, « Le bouddhisme theravāda », sur Deul- lin.net, 2011

[5] « Le Bouddhisme dans le monde », sur EENI, Buisness School

[6] Patrick Deullin, « Voyage en terres bouddhistes », sur Deullin.net, 2011

[7] Xavier Galland, Histoire de la Thaïlande, Presses univer- sitaires de France, janvier 1998

[8]

« bouddhisme theravāda », sur Centre Bouddhiste Interna- tional de Genève

[9] « Les trois grands courants », sur Institut d'Etudes Boud- dhiques, le Centre francophone d'étude et d'enseignement sur le bouddhisme

[10] Central Intelligence Agency (CIA), « The World Fact- book »

[11] Tipiṭaka, Vinaya Piṭaka - Livre II. Khandhaka - Volume II. Cullavagga - Chapitre XI.1.

[12] Nom antique de la ville de Rajgir, situé dans la région du Bihar en Inde.

[13] « Histoire et diffusion du bouddhisme », sur Institut d'Etudes Bouddhiques, le Centre francophone d'étude et d'enseignement sur le bouddhisme

[14] Nom antique de la ville de Patna, chef-lieu actuel dans la région du Bihar en Inde.

[15] Ajahn Jayasaro, Quelques Enseignements, éd. Les Livrets du Refuge, juin 2009

[16] Christian Grataloup, L’Atlas des migrations. Les routes de l’humanité, hors-série Le Monde, décembre 2008

[17] Virginie Raisson et Jean-Christophe Victor, Le dessous des cartes : Cartographie du Bouddhisme, France Télévi- sions, octobre 2002

[18] Ancienne capitale du Ceylan, elle est aujourd'hui chef- lieu du district du même nom. Ville sainte pour les Boud- dhistes Theravāda, elle fut classée Patrimoine mondial par l'UNESCO en 1982

[19] Selon le Dīpavamsa et le Mahāvamsa, anciens documents historiques sri lankais, IV e siècle

[20]

Bernard de Give, Les rapports de l'Inde et de l'Occident des origines au règne d'Asoka, éd. Les Indes savantes, janvier

2006

[21] Khaled Ridha, Le prophète de l'islam et ses califes : reli- gion, classes sociales et pouvoir, éd. Publibook, 2011

[22]

Amina Okada et Thierry Zéphyr, L'âge d'or de l'Inde clas- sique, éd. Gallimard, 2007

[23]

Françoise Pommaret, Lhasa, lieu du divin : la capitale des Dalaï-Lama au 17 e siècle, éd. Olizane, 1996

[24]

Le Sūtra du Lotus étant un écrit Mahāyāna, le sanskrit est donc utilisé pour son appellation.

9 Voir aussi

9.1 Articles connexes

Traditions du theravada

9.2 Liens externes

fr(en) (fr) Dhamma Search - Moteur de recherche sur le bouddhisme theravāda

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10 Sources, contributeurs et licences du texte et de l’image

10.1 Texte

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10.2 Images

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Q4233718'><img alt='wikidata:Q4233718' src='https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/Wikidata-logo. svg/20px-Wikidata-logo.svg.png' width='20' height='11' srcset='https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/ Wikidata-logo.svg/30px-Wikidata-logo.svg.png 1.5x, https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/Wikidata-logo.svg/ 40px-Wikidata-logo.svg.png 2x' data-file-width='1050' data-file-height='590' /></a>

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