!

"!
QUATORZE « STATIONS » DU « CHEMIN DE CROIX »
DE

LA BARÈCHE,
PEINTES PAR LE

« PÈRE BEAU ».
Découverte de Jean-Luc Gannard – en collaboration avec lui, recherches, études
premières et analyses d’Yves Messmer : dossier d’appui.
Tous les tableaux sont datés de 1843 ! !
Courbet commence son « Saint Nicolas » en 1844 ...
1. « Jésus devant Ponce Pilate », C.A.
Beau d’après Le Poussin (« Passion du
Christ »), dessin – gravure (d’après une
peinture de Jacques Stella ?) de
Claudine Bouzonnet-Stella, Lyon1.
Noter la couleur verte du manteau de Ponce
Pilate, comme les iconographies anciennes.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
1

http://www.ebay.fr/itm/NICOLAS-POUSSIN-LOT-DE-6-GRANDES-GRAVURES-17-SIECLE-ClaudineBOUZONNET-STELLA-/400581662083?pt=LH_DefaultDomain_71&hash=item5d44871583!!
http://www.ebay.fr/sch/sis.html?_nkw=GRAVURE%2017%20PASSION%20CHRIST%20N%20POUSSIN%20
CLAUDIA%20STELLA&_itemId=260690781295!
Photos Y. Messmer.

!

#!

A comparer aussi avec Le Caravage2 :
CARAVAGE (Michelangelo MERISI DA D 872-I-I CARAVAGGIO.). Ecole de.
Caravaggio vers 1562—1573. Ponte Ercole 1609 ou 1610.
Ecce Homo.
T.H. 1,06.- L. 1,27.
Sur la droite, Pilate, barbu, coiffé d’une toque, le pouce et l’index tendus, désigne JésusChrist qu’un soldat amène devant lui, la corde au cou. Un autre soldat s’interpose et insulte
l’homme de douleur. A gauche, vue de dos, un homme en armure noire d’où sort une manche
d’étoffe noire mouchetée de brun.
Scène réaliste, comportant de vifs contrastes d’ombre et de lumière où l’on retrouve la
disposition iconographique adoptée par Caravage pour l’Ecce Homo commandé à Rome par
Monsignor di Massimi, en 1605-1606.
L’œuvre n’est pas sans rapports avec le Couronnement d’épines du Musée de Vienne et avec
une peinture du Pensionnante del Saraceni au Musée de Détroit.
L’on a également prononcé à son sujet le nom du maître toulousain Tournier. Ce tableau
attend encore une attribution décisive.
Hist. Collection Campan (Cat. Cor. n° 555). Envoi de l’Etat, 1872.
Bibl. RENOUVIER (Jules). Le Musée Fabre in Courrier du Midi. 1837, n° 54.
J0UBIN. Cat. n° 10.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
2

Ecoles italiennes, t. II - Musée Fabre
museefabre.montpellier3m.fr/.../CLAPAREDE_Ecoles_Italiennes_T_II.pdf
!

!

$!
2. « Jésus condamné à porter la Croix » : Beau pinxit « Beau le peignit » ...

Ce tableau3, le seul de la série, a
été peint par Claude – Antoine Beau
sans copie apparente ; il confirme le
talent du maître de Courbet : les
visages, les couleurs et les styles des
habillements des personnages sont fixés
pour les stations suivantes.
Noter
le
positionnement
systématique de la « Croix du Christ »
en
« Croix
de
Saint-André »,
confirmant ainsi l’Ecce Homo « Voici
l’Homme » livré par Ponce Pilate, car
André en grec signifie « Homme ».
André et son frère Pierre sont les deux premiers apôtres recrutés par le Christ : ils seront euxmêmes crucifiés, lors de leur martyre !
Certains visages d’« Acteurs »
(ci-dessous) seront repris dans la
station 10 (signée Mensiau ?), au
moment du « Dépouillement de la
Tunique de Jésus ».

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
3

Photos : Yves Messmer, Jean-Luc Gannard, Manuel Roussel

!

%!
3. « Jésus tombe pour la
première
fois »,
« Portement
de
Croix », « Montée au
Calvaire », d’après Le
Dominiquin
(vers
1610), Musée Paul
Getty, Los Angeles4.
Noter : le centurion casqué, cavalier,
ressemble à celui de la station 2.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
4

http://utpictura18.univ-montp3.fr/GenerateurNotice.php?numnotice=A4409
Photos : Yves Messmer

!

&!
4. « Jésus rencontre sa mère », « Portement de
Croix », « Montée au Calvaire », d’après
Raphaël (Lo Spasimo di Sicilia, Palerme,
1516-1517), Musée du Prado, Madrid5.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
5

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Portement_de_Croix_(Raphaël)
Photos : Yves Messmer

!

'!
5. « Jésus aidé par Simon de
Cyrène », « Portement de Croix »,
d’après De Troy(es) (1751),
cathédrale Saint-Jean de Besançon6.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
6

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Le_portement_de_Croix.JPG

!

(!
6. « Véronique essuie le visage de
Jésus », « Jésus portant sa
Croix » (vers 1651), d’après Le
Sueur, Musée du Louvre, Paris :

« Eustache Le Sueur, Paris 1616, Paris
1655, H., 0, 61m ; L. 1, 26m.
« Devant d’autel peint pour
la chapelle de la famille Le
Roux à l’église SaintGervais. Ce tableau et la
Déposition de Croix, peinte
pour la même chapelle, se
répondent sur le plan
iconographique
puisque
chacun d’eux a pour thème
principal un linge sacré : le
saint suaire et le voile de
Véronique ».
Saisi à la Révolution à l’église SaintGervais de Paris »7 .
Le tableau a été totalement
réinterprété par Claude Antoine Beau,
avec un Christ invariablement en rouge et
bleu et de nombreux personnages ajoutés,
voire repris à partir des autres copies, ou à
partir de Le Sueur lui-même. C’est le cas
pour
Véronique,
qui
ressemble,
notamment au niveau de la coiffure, à une
« Sainte Femme » qui côtoie la Vierge
dans Lo Spasimo
de Raphaël (à

gauche).
Noter le croisement des lances en « Croix de SaintAndré » : cette Croix en « X » est supportée, dans la perspective
picturale, par le cou de Simon de Cyrène qui aide précisément
Jésus à porter sa propre Croix, dans la copie de Beau ; cette
« Croix de Saint-André » dessinée par les armes de jet, dont
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
7

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=1170
Photos : Jean-Luc Gannard, Yves Messmer.

!

)!

l’une servira à percer le corps du Christ, nous la retrouverons souvent, d’autant que chez Le
Sueur, les soldats romains et cavaliers n’existent pas. Cette peinture, aux personnages
innombrables, au lieu des trois symboliques, est donc plus une création qu’une copie, inspirée
par la peinture de la station 2, peinture créée par Beau totalement. Des personnages, tant
soldats romains que juifs et bourreaux, voire Nicomède et Joseph d’Arimathie associés à la
tenue dans la main des « Trois Clous » du « Crucifiement » de la station 10, ressemblent
étrangement à ceux de la peinture de cette station justement, dont la signature reste à décoder
et qui semble l’objet aussi d’une création ou tout au moins d’un apport personnel de Claude –
Antoine Beau.

!

*!
7. « Jésus tombe pour la deuxième fois », d’après le « Portement de Croix » de Pierre
Mignard (1612-1695), peinture8 de 1684 (Musée du Louvre).

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
8

Domaine public :
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Pierre_Mignard?uselang=fr#/media/File:Jésus_sur_le_chemin_d
u_Calvaire.jpg

!

La copie du tableau ci-dessus de Pierre
Mignard par Claude Antoine Beau est
totalement réinterprétée à partir de ses
propres personnages y compris au
niveau des couleurs des vêtements.
Noter que le visage et la
chevelure de Saint Jean ressemblent
étrangement à ceux peints par Raphaël
et repris par Beau.

"+!

!

""!
8. « Jésus console les Femmes de
Jérusalem »,
« Portement
de
Croix », d’après Coutan(t), église
Saint-Nicolas-des-Champs (1827),
Paris9.

Noter la présence de Marie-Madeleine, avec sa « chevelure » et son geste : elle tend les
mains comme au matin de la Résurrection, en voulant « toucher » le « Christ : « Noli me
tangere, ne me touche pas ». Toile très sale mais lisible !

La « tête » du Christ est particulièrement expressive et typique du
style « Beau » ; nous la retrouverons dans la plupart des stations à
l’identique. Les couleurs rouge et bleue des vêtements de Jésus,
ainsi que celles de Saint Jean « aux longs cheveux » (rouge et
verte) ne changent pas.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
9

Photo transmise en noir et blanc par Mme Caroline Morizot, Commission diocésaine d’art sacré.
Autres photos : Yves Messmer

!

"#!
9. « Jésus tombe pour la
troisième fois », « Portement
de Croix », « Montée au
Calvaire » d’après Le Brun
(1688), musée du Louvre,
Paris10.

« Le Brun, Charles (1619-1690)
Datation : 1688
Source textuelle :
Évangile de Matthieu XXVII, 32 (Bible de
Jérusalem, p. 1727)
Sujet de l’image ou genre :
Sujet d’histoire sacrée. La Montée au Calvaire
Objets indexés dans l’image :
Cheval / Pont
Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions : Hauteur 153 * Largeur 214 cm
Lieu de conservation :
Paris, Musée du Louvre, inv. 2884 »

Noter que le « Père Beau » maintient les mêmes couleurs, rouge et bleue, pour les
vêtements du Christ, alors que très souvent ils sont blancs chez les maîtres copiés, y compris
chez Le Brun ci-dessous.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
10

http://sites.univ-provence.fr/pictura/GenerateurNotice.php?numnotice=A4415
Autres photos : Yves Messmer.

!

"$!

!

"%!
10. « Jésus est dépouillé de ses vêtements »,
copie « d’après Memiau », Menniau (?)
ou mieux Mensiau, (doute car pas
d’œuvre
répertoriée),
orthographié
quelquefois pour Nicolas André
Monsiau, (1754-1837)11

famille Metsys, Quentin,
jusqu’à 20 ans !) :

Claude – Antoine Beau réalise ici,
dans sa copie (?) un « tableau à clé ».
La symbolique du chiffre « trois » est
soulignée, dans la peinture des « Trois
Clous » forgés, comme l’ont fait par
exemple, les différents « peintres –
forgerons » flamands (XVIe siècle) de la
Jan et Corneille, fils d’un forgeron (Quentin fut « forgeron »
… On peut citer encore l’Adoration des bergers d’Hugo Van der
Goes (vers 1440-1482) où trois œillets rouges se trouvent dans le même
vase que les ancolies et à proximité des iris blancs et noirs. Pourquoi trois
? Car c’est le chiffre de la Trinité et que trois renvoie aux trois clous
crucifiant Jésus sur la croix.
… Alors que les violettes sont le symbole de l’humilité, l’ancolie
(souvent associée à l’œillet en iconographie religieuse) représente le SaintEsprit ; ses cinq pétales étaient comparées à cinq colombes (rappelons que le
deuxième nom de la fleur est la colombine, tant en français qu’en anglais).
Les iris blancs symbolisent la pureté, la virginité de la Vierge et les bleus sa
douleur. Les lis rouges (Lilium pixie) sont une allusion au sang du
Christ, tandis que les œillets sont une évocation de la Passion, car leur
forme rappelle celle des clous de la croix, d’où son nom allemand
Negelblum (ou Nailflower en anglais).
L’œillet est aussi la fleur emblème de la nature. C’est Jan Metsys (frère de
Quentin Metsys) qui représente Flore déesse de la nature, tenant trois

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
11

Photos Carine Joly, Yves Messmer, Jean-Luc Gannard, Manuel Roussel.

!

"&!

œillets : un rouge, un blanc, un rose. La représentation de Flore était très répandue dans la peinture de la
Renaissance. Alors que Jan Metsys (1509-1575) opte pour le choix d’œillets, un Francesco Melzi, ayant lui aussi
représenté une Flore (en 1520) opte pour le choix de la colombine (symbole de fertilité). On remarquera que le
paysage en arrière plan de la Flore de Metsys se trouve être le port d’Anvers. Ce tableau, est un bon exemple de
l’influence maniériste du peintre, de par sa palette de couleurs et le sujet traité…12

Il faut noter que les « Trois Clous » forgés, brandis dans la copie par, semble-t-il, un
des bourreaux (ou un artisan forgeron), sont souvent tenus en « main » (mise en valeur par le
« Maniérisme »), par des anges, par Nicodème ou surtout Joseph d’Arimathie (en arrière-plan,
ci-dessous ?), y compris dans la légende arthurienne du Graal et comme dans la peinture « la
Déploration du Christ » de Luca Penni (XVIe siècle : extrait ci-dessus à gauche13) ou dans
celle du Bronzino (extrait ci-dessus à droite), peinture, offerte à Nicolas de Granvelle (en
1545 > 1550), qui ornait la chapelle des Carmes à Besançon14 et dont une copie exécutée par
Dargent, se trouve dans la chapelle des De Granvelle à Ornans : Joseph d’Arimathie
« semble » alors prendre les
traits de De Granvelle …
D’autre part ces « Trois
Clous » font partie intégrale du
légendaire des « Gens du
Voyage », comme l’indique le
texte suivant qui souligne à la
fois une origine « forgeronne »
du peuple et le fait que les
« Juifs » sollicités par les
« Romains » refusent le travail
au prix de leur vie : ils sont tués
par les « lances » mêmes qui
apparaissent dans la copie en
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
12

http://www.journaldespeintres.com/loeillet-peint-une-fleur-picturale-troisieme-partie/

"$!http://collection.musenor.com/images/lille_ba/glillep770.jpg!
14

http://memoirevive.besancon.fr/?id=201
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Déploration_sur_le_Christ_mort

!

"'!

accompagnement des « Trois Clous ».
Ces « lances » réapparaîtront à la station suivante (à
gauche), selon la volonté même de Claude – Antoine Beau
dans la copie d’une « grisaille » aujourd’hui disparue
d’Abel de Pujol : elles sont tenues derrière un personnage,
qui vient de s’approprier une partie (bleue) de la « tunique
du Christ » et qui a la tête couverte comme celui qui
brandit les « Trois Clous » (fait confirmé par une estampe
du musée Carnavalet : voir la station suivante). L’une de
ces lances, dans les mains du centurion Longin, qui se
convertira, transpercera le « Côté » de Jésus : cet ensemble
symbolique sera repris par la Compagnie de Jésus avec le
« Christogramme » des Jésuites, expliqué dans le deuxième
texte cité :
… Lorsque le Christ a été condamné, commence la culture Tzigane, voilà bien longtemps, deux soldats
romains reçurent de l’argent pour acheter quatre grands clous nécessaires à l’exécution. Les soldats en
burent la moitié au cabaret et entrèrent chez un forgeron juif. « Forge-nous quatre clous, ordonnèrent-ils, c’est
pour crucifier le Christ. » Le forgeron, à ces mots, refusa. Les soldats, furieux, le percèrent de leurs lances et
lui brûlèrent la barbe et les cheveux. Puis ils se rendirent chez un deuxième forgeron juif. « Forge-nous quatre
grands clous. » L’homme allait se mettre au travail lorsqu’il entendit la voix de son confrère mort : « Ne forge
pas ces clous, compagnon, c’est pour crucifier le Christ. » Les soldats tuèrent le deuxième forgeron, mais cela ne
leur donnait pas les clous dont ils avaient besoin. Et pas moyen de revenir bredouille, avec seulement la moitié
de l’argent. Ils fouillèrent la ville et, derrière une des portes, ils aperçurent un forgeron Tzigane. Miracle, ce
forgeron venait justement de forger trois grands clous qui refroidissaient devant lui. Trois. Les soldats se
précipitèrent, s’en saisirent : « Il nous en faut encore un, et vite ! Voilà l’argent. » Le Tzigane, étonné, allait
pourtant obéir, quand, lui aussi, entendit la voix des deux forgerons morts. « C’est pour crucifier le Christ. » Pris
de peur, il fit un bond en arrière et se sauva à toutes jambes, mais en abandonnant les trois clous... Ceux-là
même qui servirent sur la croix. Bien plus tard, le forgeron arrêta sa course, retrouva une forge et se remit
à travailler, essayant d’oublier son aventure. Au premier coup de marteau, il vit apparaître sur l’acier de son outil
le quatrième clou, brillant si fort qu’il illuminait le désert tout entier... Un quatrième clou, comme un reproche...
Le Tzigane s’enfuit encore, très loin. En vain. Partout, le clou le poursuivait. Et il poursuivit de même ses
enfants, et ses petits enfants... Voilà pourquoi, dit-on, nous marchons sans fin ni trêve, à cause du
quatrième clou…15

Les « Trois Clous »16 sont devenus un des symboles de la Compagnie de Jésus
(Jésuites) : il est donc fort possible que cette copie de tableau
trouve son original dans une église fondée par cette
« Compagnie » :
… Ignace de Loyola adopta le christogramme IHS qui se retrouva
alors sur son sceau officiel de supérieur général (le H surmonté d’une croix et
sous le monogramme des signes symboliques, une demi-lune flanquée de
deux étoiles, signes remplacés progressivement par un cœur transpercé par
trois clous — symbole de la crucifixion — puis seulement par les trois clous
considérés comme l’expression des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance)
…17

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
15

http://yeniche1969.skyrock.com/2313179747-Legende-du-peuple-du-voyage-Yeniche-Rroms-GitanManouche-Sinte.html
16
http://www.jesuites.com/2011/09/ihs/
17
https://fr.wikipedia.org/wiki/IHS_(religion)

!

"(!
11. « Le
Crucifiement
de
Jésus », d’après Abel de
Pujol, église Saint-Roch de
Paris
(1836),
peinture
détruite (effondrement du
mur) et remplacée par une
sculpture
de
Jehan
Duseigneur en 185918.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
18

Photos Carine Joly et Yves Messmer

!

")!

Comme nous l’avons
indiqué dans l’étude de la
station précédente, la
copie de la « grisaille »
d’Abel de Pujol a été
librement aménagée par
le
« Père
Beau »,
notamment à partir de la
symbolique du chiffre
« Trois », exprimée là
dans l’encadrement par
les « Trois Lances » d’un
personnage, qu’il reste à
découvrir, à la tête singulièrement couverte, qui tient une
partie de la « Tunique » arrachée et qui brandissait les
« trois Clous » précédemment : il semble les avoir remis
à un des bourreaux qu’il domine.

!

"*!

L’unique trace du style d’Abel de Pujol sur le thème de
la « Crucifixion » semble être ce dessin (à droite)19, qui nous
montre bien les deux pieds « cloués » côte à côte. Pour les Saint
Jean et Marie, le style Beau s’inspire toujours du Spasimo di
Sicilia de Raphaël.
… Pendant l’année 1835, à Fontainebleau, dans l’escalier du roi,
cinq tableaux restaurés à la cire et quatre autres, composés et peints par M.
Abel de Pujol, dont le plafond représente l'Apothéose d'Alexandre. En 1840,
l’hémicycle de l’église Bonne-Nouvelle, grisaille représentant les Douze
vieillards chantant les louanges de Dieu; dans la chapelle du Calvaire, en
l’église Saint-Roch : le Crucifiement de Notre Seigneur Jésus-Christ,
grisaille à la cire, détruite depuis quelques années par suite de
l’affaissement du mur sur lequel elle avait été peinte …20
Bonsoir Monsieur,
Je vous adresse une première reproduction du Crucifiement d’après Abel de Pujol.
Si vous souhaitez une illustration de meilleure qualité, n’hésitez pas à me recontacter et je verrai avec la
responsable de la numérisation ce que nous pouvons faire.
Espérant avoir répondu favorablement à votre attente, je reste à votre disposition pour tout renseignement
complémentaire.
En vous souhaitant un très bon week-end,
Bien cordialement,
Jean-François Hannecart
conservateur en chef
directeur adjoint
responsable Lecture publique Adultes
Bibliothèque multimédia
2-6, rue Ferrand
BP 282
59306 Valenciennes Cedex
Bonsoir Monsieur Hannecart,
J'ai bien peur que la peinture d’Abel de Pujol n’existe plus ! Je vous fais parvenir une photo qui montre pourtant
bien une connivence du style et du sujet traité avec cette « crucifixion », ne serait-ce que le percement des pieds
juxtaposés.
Bien à vous et encore merci
Continuez à chercher un « crucifiement » ... (station précédente), merci déjà pour tout.
Réponse : « je poursuis la recherche !... ».

………………….
Bonjour Monsieur Messmer,
Suite à votre demande auprès de Madame Simon concernant l’œuvre d’Abel Pujol à Saint-Roch, et après
recherches, je regrette de vous annoncer que nous ne conservons pas de documentation ou d’œuvre en lien avec
le Crucifiement. Seul, un texte complété par une reproduction, conservé dans notre collection « topographie »
mentionne le travail d’Abel Pujol (cf. pièce attachée).
Une étude pour le Crucifiement a été présentée en 2012 au musée des Beaux-Arts de Valenciennes à l’exposition
« La ligne souple, dessins d’Abel de Pujol » (n°49).
Le Cabinet des arts graphiques de Carnavalet conserve de cet auteur une étude préparatoire pour Saint-Sulpice :
Saint Roch guérissant les pestiférés.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
19

Reçu de M. J.-F. Hannecart, conservateur en chef de la Bibliothèque multimédia de Valenciennes, ville natale
du peintre.
20
http://www.forgottenbooks.com/readbook_text/Revue_Universelle_des_Arts_1200076291/141

!

#+!

Je vous souhaite une bonne continuation dans vos recherches,
Sincères salutations,
David Simonneau
Régie interne du Cabinet des arts graphiques
Musée Carnavalet - Histoire de Paris
29, rue de Sévigné 75003 Paris.

Sculpture de remplacement par Jehan Duseigneur21 avec sa « reproduction » !

!A Madame Degain, Jessica
Objet : Abel de Pujol « Crucifiement »
Bonjour Madame,
Avant une exposition « Courbet et la Religion » programmée au musée Courbet d’Ornans pour
décembre 2015, une découverte fondamentale très récente de 13 copies de grands maîtres traitant de la Passion
du Christ, copies faites par le professeur de Gustave Courbet, le « Père Beau » (peintre lui-même de la deuxième
station), révolutionne un peu le milieu pictural régional, voire national, avec un futur classement, (après
restauration !) : une copie d’un tableau d’Abel de Pujol concerne l’église Saint-Roch, la XIe station de la Montée
au Calvaire, le « Crucifiement de Jésus », peinture qui semble avoir été détruite ... la Paroisse a-t-elle gardé un
souvenir iconographique de ce tableau ?
Je vous soumets les échanges avec Caroline Morizot, concernant, dans un premier temps, Saint-Nicolas-des
Champs et une réplique de la huitième station par Coutan, que j'ai interrogée aussi au sujet de la destruction du
tableau d’A. De Pujol (ci dessous), et qui m’a donné vos coordonnées.
Salutations respectueuses
….
Cher Monsieur,
Comme convenu, je reviens vers vous suite à votre mail.
Je vous remercie chaleureusement de nous avoir fait part de cette découverte !
Après recherches, voici les informations que j’ai pu trouver concernant la Crucifixion d’Abel de Pujol, autrefois
à Saint-Roch.

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21

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jehan_Du_Seigneur#/media/File:P1000467_Paris_Ier_Eglise_SaintRoch_Chapelle_Calvaire_Crucifiement_de_Duseigneur_reductwk.JPG

!

#"!

Cette fresque fut probablement réalisée entre 1822 et 1827, avant d’être remplacée (détruite ?) par le basrelief de Duseigneur, mis en place après le remaniement de la chapelle du Calvaire en 1850.
La fresque de Pujol est mentionnée dans le Galignani’s new guide (1827) : « At the end of the aisle, and
facing it, is the 10th station, which consists of an admirable monochrome fresco by Abel de Pujol, representing
the Crucifixion, and imitating bas-relief to perfection » (p.249). »
L’œuvre est en partie visible sur deux estampes (cabinet des arts graphiques du musée Carnavalet)
datées entre 1822 et 1850 (voir pièce jointe). La composition semble identique à celle figurant sur le
tableau de Beaud qui a été retrouvé. Néanmoins, l’œuvre de Pujol étant monochrome, on peut émettre
l’hypothèse d’une libre interprétation de la part de Beaud dans la mise en couleur de la scène.
En espérant que ces informations vous soient utiles pour votre exposition.
Bien à vous,
Jessica Degain
Conservatrice du Patrimoine
Direction des Affaires Culturelles - Ville de Paris
Conservation des Oeuvres d'Art Religieuses et Civiles
Adresse visiteurs : 55 rue des Francs- Bourgeois, 75004 Paris
Adresse postale : 16 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris

Effectivement, il s’agit bien de la « bonne peinture » initiale, dont nous présentons
deux extraits de la première estampe (noter l’homme à la tête couverte qui tient la tunique et
le bonnet phrygien du bourreau) conservée par le musée Carnavalet et envoyée par Madame
Jessica Degain : jusqu’à une découverte nouvelle, la copie « coloriée » du « Père Beau » est
donc l’unique témoignage de cette grisaille détruite … Une question alors se pose : en 1843,
Courbet est à Paris, et son ancien professeur qui l’a peint en 1837 en « Saint Vernier »,
illustre quasi inconnu à ce jour, reprend une « grisaille » d’Abel de Pujol qui n’est pas
n’importe qui ! !

!

##!
12. « La Crucifixion de Jésus au
Calvaire », d’après Karel Dujardin
(1661), Musée du Louvre, Paris22

L’emprunt à Karel Dujardin se restreint aux
crucifixions et à l’unique présence, « au pied de
la Croix » des personnages clés du « Calvaire »,
la Vierge Marie en « Déploration », MarieMadeleine qui la soutient et Saint Jean, créés et
peints, avec son style, à partir de Lo Spasimo di
Sicilia de Raphaël (voir la station 4 : « Jésus
rencontre sa mère », à gauche ci-dessous) par
Claude-Antoine Beau, avec leur profil et la
couleur habituels de leurs vêtements (au centre
et à droite ci-dessous).

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22

http://www.artbible.org/fr/peintures-matthieu-karel-dujardin-le-calvaire-142/#.VecsyihKpZA

!

Peintures
des
corps
extrêmement
« réalistes », dans un style qui plairait à
Gustave Courbet !

#$!

!

#%!
13. « La Descente de Croix », d’après
Regnault (1789), Musée du Louvre,
Paris23.

Le style Beau reste à l’identique pour ce qui est des personnages principaux (sauf le
Christ !) : il s’inspire toujours, dans un même type unitaire de visage et de couleur, de
Raphaël ; à l’évidence, le « Père Beau » souligne plus que Regnault, le symbolisme du chiffre
« trois » et de la « Croix de Saint-André (cf. les « Clous » avec la « Couronne d’Épines »).

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
23

Copie Muzeo : http://fr.muzeo.com/reproduction-oeuvre/descente-de-croix/regnault-jean-baptiste-baron

!

#&!

Saint Jean (très différent au niveau du visage de celui de Regnault), Marie-Madeleine
et la Vierge sont identiques dans la station 1224

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
24

Stations 12 et 13, photos : Yves Messmer.

!

#'!
14. « La Mise au tombeau », « Le Transport du Christ vers le tombeau » (1525), d’après
Le Titien, Musée du Louvre25, Paris. Signature illisible ou détruite.

Copie de C.A. Beau (ci-dessous)

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
25

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-transport-du-christ-vers-le-tombeau
http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=22881
Photos : Yves Messmer.

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Systématiquement dans l’ensemble des copies du « Chemin de Croix » par Claude –
Antoine Beau, le visage de Marie-Madeleine, à la chevelure longue d’un « blond-vénitien »
(couleur de la « Femme – Vénus », prostituée, comme la Vénus de Botticelli, née de la conque
marine), ressemble à celui de Saint Jean, lui-même proche du visage de Gustave Courbet
jeune, peint par ailleurs en Saint Vernier !

De même, dans l’ensemble des stations, le visage du « Christ souffrant », (mais
vivant !) est le même que celui du peintre et que celui de Saint Vernier « barbu » du vitrail du
chœur de l’église d’Ornans (voir étude spéciale et ci-dessous).
Quelques visages du Christ par C.A. Beau

Courbet Christ
L’Homme (Christ) à la pipe L’Homme blessé Courbet à Sainte-Pélagie
(reposoir 1847)
(1846 et 1873)
(1844-1854)
(1871-1873)

Saint Vernier mature et barbu

Signé : Yves Messmer