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Le Centre International pour la Fertilité des sols et le Développement Agricole Le Projet CATALIST

Le Centre International pour la Fertilité des sols et le Développement Agricole

Le Projet CATALIST Catalyser l’Intensification Agricole Accélérée pour la Stabilité Sociale et Environnementale dans la Région des Grands Lacs de l’Afrique Centrale

ELEVAGE DES RUMINANTS DANS DES SYSTEMES DE PRODUCTION MIXTES

VOLUME II

Fiches techniques pour la Région des Grands Lacs d’Afrique Centrale

Henk Breman, Heko Köster & Roger Rukundo

Février 2012

© IFDC CATALIST

Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays. 1 ère édition, Février 2012

TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES

3

LISTE DES TABLEAUX ………………………………………………………………………………

5

SIGLES ET ABRÉVIATIONS

6

INTRODUCTION………

7

FICHE 1 : DÉFIS DE L’ÉLEVAGE DES RUMINANTS SOUS LES TROPIQUES

11

1. TROPIQUES ET QUALITE FOURRAGERE

11

2. QUALITE FOURRAGERE

11

3. RUMINANTS ET ALIMENTATION

11

4. QUALITE FOURRAGERE ET QUANTITE CONSOMMEE

12

5. « MIEUX VAUT UN ANKOLE VIVANT QUUNE FRISONNE MORTE »

12

6. QUALITE FOURRAGERE ET TENEUR EN EAU

13

7. DIGESTIBILITE

13

8. TAUX DE PROTEINES

13

FICHE TECHNIQUE 2. : PRODUCTION ANIMALE ET BESOINS EN NOURRITURE

15

1. BESOINS DES BOVINS

15

2. BESOINS DUNE VACHE ET SON VEAU

15

3 METHODE DE CALCUL DES BESOINS ALIMENTAIRES DUNE VACHE ET SON VEAU

15

4. POIDS ET PRODUCTION LAITIERE

17

5. BESOINS ALIMENTAIRES ET INGESTION VOLONTAIRE

17

6. DIGESTIBILITE RESTREINTE, UN DES GOULOTS DETRANGLEMENT

18

7. DEFI DE FAIRE PRODUIRE « UNE FRISONNE »

18

8. MIEUX VAUT AVOIR UNE VACHE BIEN NOURRIE QUE DEUX VACHES MAL NOURRIES

19

FICHE TECHNIQUE 3 : PRODUCTION ANIMALE ET BESOINS EN EAU

20

1. PRODUCTION ANIMALE ET IMPORTANCE DE LEAU

20

2. BESOINS EN EAU ET FACTEURS DE VARIATION

20

3. QUANTIFICATION DES BESOINS EN EAU

20

4. ABREUVER LE BETAIL REGULIEREMENT

20

FICHE TECHNIQUE 4 : PRODUCTION DU FUMIER

21

1. PRODUCTION DE FUMIER

21

2. PRODUCTION DE BOUSE

21

3. QUALITE DU FUMIER PRODUIT

21

4. QUALITE DU FUMIER DE LA REGION

21

5. QUALITE DU FUMIER EXPRIMEE EN MATIERE SECHE

22

6. UTILISATION DE FUMIER PAUVRE

22

7. STABULATION PERMANENTE DU BETAIL ET DISPONIBILITE DU FUMIER DE FERME

22

FICHE TECHNIQUE 5 : QUALITÉ FOURRAGÈRE ET QUALITÉ D’AUTRES ALIMENTS

POUR LES RUMINANTS

27

1. FACTEURS PRINCIPAUX

27

2. FOURRAGE ET ALIMENTS

27

3. TENEUR EN EAU DES ALIMENTS

28

4. TAUX DENERGIE ET DE PROTEINES

29

FICHE TECHNIQUE 6 : DISPONIBILITÉ FOURRAGÈRE ET SON AMÉLIORATION

32

1. INTRODUCTION

32

2. PRODUCTION DES PARCOURS NATURELS ET DES CULTURES FOURRAGERES

33

3
3

3.

AUGMENTATION DE LA PRODUCTION FOURRAGERE

35

4. DISPONIBILITE FOURRAGERE

36

5. NOMBRE DANIMAUX A NOURRIR

37

FICHE TECHNIQUE 7 : RATIONS ÉQUILIBRÉES

38

1. INTRODUCTION

38

2. ALIMENTATION DE BONNE QUALITE

38

3. ALIMENTATION EQUILIBREE : DE BONNES RATIONS

38

4. ALIMENTATION AUSSI STABLE QUE POSSIBLE

41

FICHE TECHNIQUE 8 : VARIATION DE LA PRODUCTION DES VACHES ET DE LEURS VEAUX ET

CAUSES DE CETTE VARIATION

45

1.

FACTEURS NATURELS

45

2.

FACTEURS DALIMENTATION

46

3.

NIVEAU DE VARIATION

46

3.

FLUCTUATIONS AU COURS DE LANNEE

47

FICHE TECHNIQUE 9 : PRODUIRE 3, 6 OU 9 LITRES DE LAIT /J PAR VACHE ; THÉORIE

48

1. BESOINS ALIMENTAIRES

48

2. EN CHANGEANT LA PRODUCTION DE LAIT BEAUCOUP DAUTRES FACTEURS CHANGENT

48

3. PRODUIRE PLUS

49

FICHE TECHNIQUE 10 :VALEUR FOURRAGÈRE DES SOURCES ALIMENTAIRES DISPONIBLES

50

1. BIEN CONNAITRE LES ALIMENTS POTENTIELS

50

2. QUANTITE DE LAIT A PRODUIRE

51

3. SUPERFICIE NECESSAIRE

56

FICHE TECHNIQUE 11 : PRODUIRE 3, 6 OU 9 L DE LAIT /J PAR VACHE : PRATIQUE

59

1. REALITE DOMINANTE

59

2. PRODUIRE PLUS

60

3. SUPERFICIE PAR UNITE VACHE+VEAU

66

FICHE TECHNIQUE 12 : RENTABILITÉ DE L’ÉLEVAGE

69

1. RENTABILITE

69

2. FRAIS DE LELEVAGE

69

3. RECETTES

69

FICHE TECHNIQUE13 : INTÉRÊT FINANCIER DE L’AUGMENTATION DE LA PRODUCTION

ANIMALE

71

1. UTILISER DES PRODUITS AUTREMENT CONSOMMES

PAR LA FAMILLE OU VENDUS

72

2. PRODUIRE PLUS DALIMENTS DE QUALITE

72

3. ACHETER DES ALIMENTS DE QUALITE

72

4. POURQUOI LINTENSIFICATION DE LELEVAGE A UNE RENTABILITE RESTREINTE ?

73

CONCLUSION……………

4
4

74

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Ingestion volontaire journalière (kg de MS) de fourrage ou d’autres aliments par rapport à la digestibilité (DIG en %) de la nourriture et le poids vif (PV en kg) de l’animal

13

Tableau 2. Besoins alimentaires d’une vache et son veau en relation avec le niveau de la production Tableau 3. Ingestion volontaire journalière (kg de TND) de fourrage ou d’autres aliments par rapport à la digestibilité (DIG en %) de la nourriture et le poids vif (PV en kg) de l’animal

16

17

Tableau 4. Comparaison des besoins et de la production pour une période de 3,5 ans de deux vaches ayant une productivité très basse et leurs veaux, avec une seule vache ayant une productivité moyenne avec ses veaux Tableau 5. Appréciation de la qualité de la bouse pour quelques pays de la sous-région en comparaison avec ceux d’Europe; la teneur en éléments nutritifs exprimé en % de la MS Tableau 6. Qualité des fourrages bruts et d’autres aliments pour le bétail

Tableau 7. Importance relative des types d’aliments pour les ruminants par pays

Tableau 8.Production fourragère extensive et intensive (en utilisant de l’engrais chimique) pour des fourrages divers Tableau 9. Facteur moyen de multiplication pour dériver les rendements des sous-produits à partir des rendements des produits principaux Tableau 10. Rations équilibrées permettant le maintien de la production animale au cours des saisons sèches Tableau 11. Caractéristiques du bétail et besoins fourragers de l’unité vache + veau pour trois

19

22

31

32

34

36

40

niveaux de productivité animale

50

Tableau 12. Appréciation de la variation des valeurs nutritives du fourrage brut, aliments de base pour le bétail

53

Tableau 13. Appréciation de la variation des valeurs nutritives des suppléments pour le fourrage brut

55

Tableau 14. Comparaison de la qualité des suppléments pour corriger un déficit protéique et énergétique avec celle de la paille céréalière Tableau 15. Appréciation de la variation de la capacité de charge, la superficie nécessaire

55

pour nourrir l’unité vache + veau avec des ressources fourragères individuelles, en visant la

productivité potentielle des ressources 1)

57

Tableau 16. La production animale liée au système de production traditionnel de l’autosuffisance

59

Tableau 17. Intérêt pour l’élevage de trois types d’exploitations et de l’utilisation d’engrais, avec

alimentaire rwandaise comparée avec celle réalisable sur parcours naturels

précision de l’importance des cultures et de la production animale

62

Tableau 18. Comparaison de quatre types d’exploitations extensives ayant comme variable majeure l’importance décroissante des cultures

63

Tableau 19. Comparaison de l’efficacité de suppléments 1) divers pour augmenter la production

animale

5
5

64

Sigles et abréviations

CATALIST

: Catalyser l’Intensification Agricole Accélérée pour la Stabilité Sociale

et Environnementale dans la Région des Grands Lacs d’Afrique Centrale

C/N (rapport)

: La teneur en carbone divisée par la teneur en azote

DIG

: Digestibilité

IVMS

: L’Ingestion Volontaire Possible de Matière Sèche

IFDC

: International Fertilizer Development Center

Pb

: Protéines brutes

PV

: Poids Vif

TND

: Total des Nutriments Digestifs

6
6

INTRODUCTION

Ce livre constitue le volume II sur l’élevage des ruminants dans des systèmes de production mixtes dans la Région des Grands Lacs d’Afrique Centrale. Le Volume I aborde le contenu théorique. Le volume II traite des aspects pratiques sous forme de fiches. Il cherche à appuyer les professeurs et d’autres formateurs qui enseignent des agronomes dans le domaine de l’élevage au cœur de la Région des Grands Lacs d’Afrique Centrale. Il devrait intéresser aussi des vulgarisateurs agronomes déjà formés, ainsi que ceux qui s’intéressent à l’élevage et à son intensification, y compris les décideurs politiques. Le livre comprend 13 fiches :

Les fiches 1 à 4 traitent de l’alimentation et de l’abreuvement des ruminants en fonction de la production visée;

Les fiches 5 à 7. se penchent sur la qualité, la disponibilité et la production des aliments pour les ruminants ;

Les fiches 8 à 11 analysent la production animale et la capacité de charge des

systèmes de production végétale dans un cadre de l’intensification de l’élevage ;

Les fiches 12 à 13 reviennent sur la question de rentabilité de l’intensification de l’élevage bovin.

7
7

PARTIE I

RUMINANTS, ALIMENTATION ET ABREUVEMENT EN TENANT COMPTE DE LA PRODUCTION VISEE

9
9

Fiche 1 : DEFIS DE LELEVAGE DES RUMINANTS SOUS LES TROPIQUES

1. Tropiques et qualité fourragère

Il y a trois raisons qui expliquent que le fourrage de la région est moins bon que celui des pays tempérés :

En dehors des zones arides, la végétation tropicale est toujours en croissance. Ainsi, les plantes pérennes qui se développent ont besoin de beaucoup de fibres pour rester debout. Ceci mène à des fourrages d’une faible digestibilité ;

Les températures élevées font dominer des espèces qui produisent beaucoup de masse grâce à l’utilisation efficace des nutriments du sol. En conséquence, la concentration de ces nutriments dans le fourrage est basse, de même que leur valeur nutritive ;

Enfin, la majorité de sols de la région sont pauvres ou épuisés, le fourrage produit est alors pauvre, que ce soit pour le fourrage des parcours naturels ou pour les sous- produits agricoles.

2. Qualité fourragère

La qualité fourragère ne se limite pas seulement à la digestibilité et à la teneur en protéines qui sont traitées dans ces fiches techniques. Pour des raisons pratiques, les autres aspects de la qualité, comme la teneur en minéraux, en vitamines et en produits toxiques n’ont pas été abordés. Pour les protéines, un seul élément nutritif, l’azote (N), élément crucial, sera pris en compte. En effet, l’azote étant l’élément nutritif le plus limitant dans les sols de la région, il a retenu l’attention de ce livre, dont l’objectif est de montrer ce qu’il faut pour doubler ou tripler la production animale actuelle moyenne. En effet, la production animale moyenne se trouve, en ce qui concerne la production laitière bovine, en dessous de 3 l/jour. Ceux qui cherchent une production laitière de 20 l/jour ou plus seront obligés de s’intéresser non seulement à la digestibilité des aliments et leur taux en protéines mais aussi aux vitamines et

En cas de rations déficientes, il faut se procurer,

aux éléments minéraux (Ca, P, NaCl, par exemple, des pierres à lécher.

).

3. Ruminants et alimentation

Les ruminants ne peuvent pas compenser une qualité fourragère basse en mangeant plus. C’est plutôt le contraire. Plus les aliments sont pauvres, moins ils sont consommés. La qualité basse des aliments fait que la vitesse de rumination et de digestion diminue, causant ainsi un remplissage plus long du système digestif. En d’autres mots, si on vise une production animale (du lait et de la viande) élevée, il faut chercher des aliments de qualité supérieure.

11
11

Figure 1

Figure 1 La production élevée de lait et de viande est toujours liée à la qualité

La production élevée de lait et de viande est toujours liée à la qualité supérieure des aliments

Aussi longtemps que la disponibilité du fourrage ne pose pas de problème, on peut offrir au bétail une qualité supérieure à la moyenne en lui permettant de sélectionner les meilleurs matériaux. Ou bien, on fait paître les animaux sur des pâturages ayant beaucoup de fourrages, ou bien on offre au bétail en stabulation permanente un surplus de fourrages variés, pour rejeter 1 ensuite la fraction refusée.

4. Qualité fourragère et quantité consommée

En offrant aux animaux des aliments de qualité supérieure et en quantité suffisante, la production de lait et de viande augmente grâce à l’augmentation de la quantité consommée par jour. La production animale augmente ainsi dans des proportions supérieures à celles de l’augmentation de la qualité des aliments offerts.

5. « Mieux vaut un Ankolé vivant qu’une frisonne morte »

La production de lait et de la viande ne dépend pas en premier lieu de la race des animaux élevés. Aussi longtemps que les aliments de qualité manquent ou que l’achat de tels aliments n’est pas rentable, on ne peut pas profiter du potentiel génétique élevé des races exotiques. L’intérêt de remplacer les races locales rustiques par des races exotiques productives n’est obtenu qu’à partir du moment où l’on est apte à fournir la qualité et la quantité d’aliments nécessaires pour profiter du potentiel génétique élevé. Si, en cas d’élevage bovin, la production laitière stagne quelque part entre 5 et 10 l/vache/jour, et que l’on est capable de se procurer des aliments de qualité supérieure et en quantité suffisante, on peut envisager de remplacer la race locale par des métisses avec une race exotique laitière. Si on s’approche de 15 à 20 l vache / jour, on envisage une race exotique pure.

1 Au lieu de « jeter » les refus, il vaut mieux les utiliser pour améliorer la qualité et le taux de la matière organique des champs.

12
12

6.

Qualité fourragère et teneur en eau

La digestibilité du fourrage et d’autres aliments, ainsi que le taux de protéines sont exprimés en pourcentage (%) de la matière sèche (MS). La précision « de la matière sèche » est cruciale car beaucoup d’aliments contiennent beaucoup d’eau, à des taux variables. L’eau ne compte pas pour la nutrition, mais seulement comme facteur qui fait diminuer les besoins en eau d’abreuvement. C’est pour cela que la comparaison de la qualité des aliments différents se fait toujours sur base de la MS, c’est-à-dire après avoir éliminé l’eau par séchage. Ainsi, si on connaît les besoins en MS des animaux pour atteindre une certaine productivité (voir ci-dessous), il faut encore calculer les besoins en « matière fraîche » : les aliments avec leur teneur en eau. Ceci se fait en divisant les besoins en MS par le taux en matière sèche du fourrage ou d’autres aliments (voir la partie II et ses fiches techniques).

7. Digestibilité

La digestibilité (DIG) comme caractéristique de qualité représente le « total des nutriments digestibles » ou TND. C’est la fraction de la nourriture ingérée qui est digérée et utilisée par le bétail. Le reste sortira comme fèces. La DIG représente ce dont le bétail a besoin comme énergie et autres éléments nutritifs. Connaissant la DIG des aliments, on peut savoir ce que les ruminants ingèrent chaque jour si la quantité offerte est suffisante. Le tableau 1 montre ce que l’on appelle l’ingestion volontaire par les vaches en tenant compte du poids de la vache.

Tableau 1. Ingestion volontaire journalière (kg de MS) de fourrage ou d’autres aliments par rapport à la digestibilité (DIG en %) de la nourriture et le poids vif (PV en kg) de l’animal

PV\DIG

40

45

50

55

60

65

70

75

50

0,9

1,0

1,1

1,2

1,3

1,5

1,8

2,1

100

1,8

1,9

2,1

2,4

2,7

3,1

3,6

4,2

150

2,7

2,9

3,2

3,6

4,0

4,6

5,3

6,4

200

3,6

3,9

4,3

4,8

5,3

6,1

7,1

8,6

250

4,5

4,9

5,3

5,9

6,7

7,6

8,9

10,7

300

5,3

5,8

6,4

7,1

8,0

9,2

10,7

12,8

350

6,2

6,8

7,5

8,3

9,4

10,7

12,5

15,0

400

7,1

7,8

8,6

9,5

10,7

12,2

14,3

17,1

450

8,0

8,8

9,6

10,7

12,0

13,8

16,0

19,3

Pour apprécier le tableau, il faut supposer que la DIG moyenne des aliments disponibles dans la région se trouve aux alentours de 55%, qu’une vache moyenne de la région ne pèse qu’à peine 300 kg et qu’une vache de race exotique produisant 20 l de lait/j pèsera autour de 450 kg. Pour produire ces 20 l/j, elle a besoin des aliments qui ont une digestibilité bien supérieure à 55% et elle doit en consommer 3 à 4 fois plus que la vache de poids moyen de la région.

8. Taux de protéines

Il ne suffit pas d’offrir au bétail des aliments ayant une digestibilité supérieure pour produire plus ; il faut aussi améliorer la teneur des aliments en protéines. Il s’agit en général des

13
13

protéines végétales, mais certains concentrés contiennent aussi des protéines animales, comme par exemple la farine de poisson utilisé comme composant. On exprime cette valeur en pourcentage (%) de la MS de protéines brutes (pb).

Figure 2

pourcentage (%) de la MS de protéines brutes (pb). Figure 2 Pour bien alimenter les animaux,

Pour bien alimenter les animaux, il faut apporter des protéines dans la ration, qu’elles soient d’origine végétale ou des concentrés.

Le rapport entre le taux de pb et la DIG des aliments est important. Quand une des deux valeurs est trop élevée par rapport à l’autre, c’est un gaspillage sérieux d’aliments, car une fraction des aliments ne sera pas utilisée par le bétail. Celui-ci utilise les pb et l’énergie obtenue de la partie digestible des aliments dans un rapport assez stable :

Pour l’entretien seulement (sans production de lait et de viande), il s’agit d’un rapport moyen pb/DIG de 0,11 ;

pour une vache produisant 3 l de lait/jour ; le rapport moyen pb/DIG est de 0,15 ;

pour une vache produisant 9 l de lait/j ou plus, il est de 0,20.

En d’autres mots, le rapport entre protéines et énergie doit augmenter avec la productivité. On doit donc investir plus pour obtenir une productivité élevée des animaux. Le problème est que le rapport entre protéines et énergie n’est pas toujours bien contrôlé. Une partie des investissements est alors simplement perdue !

14
14

Fiche technique 2. : PRODUCTION ANIMALE ET BESOINS EN NOURRITURE

1. Besoins des bovins

Le tableau 2 présenté plus bas montre les besoins alimentaires des bovins en rapport avec la production laitière visée. Pour un bas niveau de production, les besoins pour la vache et son veau sont présentés ensemble; pour un niveau relativement élevé, les besoins de la vache et son veau sont présentés séparément. On suppose que le sevrage se fait directement après la naissance.

2. Besoins d’une vache et son veau

Pour pouvoir bien interpréter et utiliser le tableau, il faut comprendre les quelques simplifications à sa base. Les vaches sont considérées comme adultes et sans croissance ; elles ne produisent que du lait. La production de viande (augmentation du poids vif) est celle des veaux. En d’autres mots, ce que les vaches mangent ne sert que pour leur entretien et pour la production du lait. En utilisant les besoins moyens pour toute une année, on néglige la variation liée aux stades de la période de lactation et celles d’une nouvelle gestation. L’alimentation des veaux se fait en partie avec du lait et en partie avec la même nourriture que la vache. Au début, ce n’est que du lait, plus tard de la nourriture seulement ; mais c’est la quantité annuelle moyenne de nourriture qui est présentée. La vitesse de croissance du veau, présentée dans le tableau, est déterminée par la quantité de lait bu, chaque kg de PV de croissance du veau exigeant 10 l de lait.

3 Méthode de calcul des besoins alimentaires d’une vache et son veau

Les besoins alimentaires sont exprimés en kg de TND, soit la fraction du fourrage et/ou d’autres aliments qui sera digérée par la vache et son veau. Comme expliqué dans le point 7 de la fiche 1, le « total des nutriments digestibles » ou TND est une autre façon de présenter la digestibilité : c’est la fraction de la nourriture ingérée qui est digérée et utilisée par le bétail ; le reste sortira comme fèces. Pour calculer les besoins alimentaires en MS à partir des besoins en TND du tableau 2, il faut connaître la digestibilité moyenne des aliments disponibles pour nourrir le bétail. Si la DIG est élevée, la différence entre les besoins en TND et le besoin en MS est relativement basse. Si la DIG est basse, la différence est élevée ! On calcule les besoins en MS à ingérer pour couvrir les besoins alimentaires à partir des besoins en kg TND du tableau, en divisant ces derniers besoins par la digestibilité de la nourriture exprimée comme fraction :

x kg de TND = x / (DIG/100) kg de MS, où

TND est le total des nutriments digestibles exprimés en kg ;

DIG est la digestibilité exprimée comme % de la MS ;

MS est la matière sèche.

15
15

Tableau 2. Besoins alimentaires d’une vache et son veau en relation avec le niveau de la production animale.

Productivité

 

Animal

Production journalière

Besoins alimentaires journaliers

 

classe

PV (kg)

lait (litre)

PV (kg)

kg de TND

Unité vache et son veau ensemble

 

très basse

         
 

vache

250

2

-

2,8 + 0,4 = 3,2 2)

 

veau

33

(15 51) 1)

-

0,1

basse

         
 

vache

300

4

-

3,8 + 1,0 = 4,8 2)

 

veau

55

(20 90)

-

0,2

moyenne

         
 

vache

350

6

-

4,8 + 1,6 = 6,4 2)

 

veau

78

(25 131)

-

0,3

Unité vache séparée de son veau

 

assez élevée

         
 

vache

350

12

-

6,9 3)

 

vache

450

12

-

7,4 3)

élevée

         
 

vache

450

20

-

9,9 3)

élevée

         
 

veau

131 (40 222)

-

0,5

2,0 3)

1) Entre parenthèses : le poids vif à la naissance jusqu’au poids en fin de la première année. 2) Besoins de la vache + besoins du veau. 3) Besoins vache et veau séparés.

Prenons l’exemple d’une unité vache + veau d’une productivité basse, qui ensemble, ont besoin de 4,8 kg de TND. Si la nourriture disponible a une digestibilité de 50% seulement, il faut 4,8 / (50/100) = 9,6 kg de MS de cette nourriture. Mais quand on offre de la nourriture ayant une digestibilité de 75%, les besoins seront couverts avec seulement 4,8/(75/100) = 6,4 kg de MS. La moitié supérieure du tableau 2 montre les besoins pour les unités « vache + veau » allant d’une productivité très basse (2 l de lait/j au total pendant la période de lactation), à une productivité moyenne (6 l/j). Il est utile de garder à l’esprit que le niveau de production appelé bas dans le tableau concerne déjà une productivité au-dessus de la productivité moyenne de l’élevage de bovin rwandais. Elle se situe aux alentours de 3 l de lait/j.

La moitié supérieure du tableau 2 présente la situation où l’homme partage le lait avec le veau. C’est la situation la plus courante. La pratique change quand la production laitière devient l’objectif principal, c’est-à-dire à partir de 12 l/j de lait. Il s’agit d’un niveau de production raisonnable pour l’élevage tropical. Dans ce cas, on sépare le veau de la vache dès la naissance et on est ainsi obligé d’acheter de la nourriture spéciale pour le veau jusqu’à l’âge normal de sevrage.

16
16

4. Poids et production laitière

Le tableau montre qu’une vache doit avoir un certain poids pour être apte à bien produire. De très bonnes vaches laitières sont relativement lourdes. La génétique ne suffit pas pour devenir une bonne vache laitière. Il faut bien la nourrir au cours de son développement, de la naissance jusqu’au premier vêlage. Si elle n’a pas atteint son poids potentiel à ce moment, l’erreur ne peut pas être corrigée ; on a gaspillé le potentiel.

5. Besoins alimentaires et ingestion volontaire

Les éleveurs des zones tropicales sont confrontés au grave problème de faible qualité fourragère. De ce fait, il leur est difficile de couvrir les besoins pour une productivité raisonnable. L’ingestion volontaire possible de matière sèche, l’IVMS (Tableau 1 de la fiche technique 1) est trop basse. Ceci est illustré par la figure 3 et le tableau 3. Le tableau est dérivé du tableau.1 pour des vaches adultes (> 250 kg de PV) en multipliant l’IVMS avec la digestibilité. Le tableau présente l’ingestion volontaire du total des nutriments digestibles (TND) par rapport au poids vif et la digestibilité des aliments.

Tableau 3.

Ingestion volontaire journalière (kg de TND) de fourrage ou d’autres aliments par rapport à la digestibilité (DIG en %) de la nourriture et le poids vif (PV en kg) de l’animal

PV\DIG

40

45

50

55

60

65

70

75

250

1,8

2,2

2,6

3,2

4,0

4,9

6,2

8,0

300

2,1

2,6

3,2

3,9

4,8

6,0

7,5

9,6

350

2,5

3,1

3,7

4,6

5,6

7,0

8,7

11,2

400

2,8

3,5

4,3

5,2

6,4

7,9

10,0

12,8

450

3,2

4,0

4,8

5,9

7,2

9,0

11,2

14,4

La figure 3 représente les besoins alimentaires pour des vaches laitières ayant un poids vif de 250 kg ou plus, et une production laitière de 3 à 20 l/j (parties des courbes présentées comme ligne ininterrompue). En plus, le tableau montre les besoins alimentaires pour qu’un veau atteigne le poids nécessaire pour pouvoir produire du lait à une certaine productivité à partir d’un certain âge (parties des courbes présentées comme ligne interrompue).

17
17

Figure 3

Besoins alimentaires d’une vache (kg/j de TND) au cours de sa croissance (lignes pointillées) et au cours de la lactation (parties tracées des lignes), par rapport au poids vif au cours de la lactation, ainsi que les besoins pour l’entretien seulement.

ainsi que les besoins pour l’entretien seulement. Il faut une digestibilité minimale pour que la vache

Il faut une digestibilité minimale pour que la vache ingère chaque jour ce qu’il faut pour couvrir les besoins de la croissance, de l’entretien et de la production laitière. Une production de 3 l/j est possible avec du fourrage d’à peu près 50 à 55% de DIG; la valeur supérieure est requise pour les vaches les plus légères ! Pour pouvoir produire 6 à 9 l/j, la DIG doit augmenter d’au moins 5% pour que la vache ingère suffisamment afin de couvrir ses besoins. Pour produire 12 l/j avec un animal qui ne pèse que 350 kg, il faut des aliments ayant une digestibilité d’au moins 65%. Pour une production de 20 l/j, la DIG moyenne doit s’approcher de 70% ; il faut presque des concentrés purs.

6. Digestibilité restreinte, un des goulots d’étranglement

Dans les tableaux 2 et 3 et la figure, ce ne sont que les besoins en TND qui sont exprimés. Il ne faut pas oublier ce qui est signalé dans le point 8 de la fiche 1, les aliments utilisés pour assurer l’ingestion nécessaire en TND doivent contenir une certaine quantité de protéines. Le rapport pb/DIG moyen des aliments doit être 0,15 pour produire seulement 3 l de lait/j, et le rapport doit être 0,20 pour produire au moins trois fois plus de lait.

7. Défi de faire produire « une frisonne »

La productivité laitière élevée des races exotiques dépend pour une bonne partie d’une meilleure alimentation. Pour produire 20 de lait/jour, une vache de 450 kg de PV a besoin de presque 10 kg de nourriture digestible, ou bien 14 kg de MS avec une DIG de

70%.

Une vache locale moyenne de 300 kg de PV produit 3 l/jour avec un peu plus de 3 kg de nourriture digestible, ou bien à peu près 6 kg de MS avec une nourriture de qualité moyenne ayant une DIG de 55%. Ainsi on peut conclure que pour 6,7 fois plus de lait (20 l / 3 l), la vache exotique doit ingérer plus de 3,3 fois plus de nourriture digestible (10 kg de MS / 3 kg de MS). En d’autres mots, il ne suffit pas de se procurer un Ankolé pour augmenter la production laitière, il faut aussi améliorer l’alimentation de façon significative.

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8. Mieux vaut avoir une vache bien nourrie que deux vaches mal nourries

Figure 4

une vache bien nourrie que deux vaches mal nourries Figure 4 Mieux vaut avoir une vache

Mieux vaut avoir une vache bien nourrie que plusieurs vaches mal nourries.

La figure 3 distingue entre les besoins alimentaires pour l’entretien de l’animal (la courbe inférieure) et ceux pour la production laitière (entretien y compris). A partir d’un poids vif de 200 kg, les besoins pour l’entretien augmentent dans des proportions moindres que l’augmentation du poids vif; les besoins par kg de poids vif diminuent ainsi au-delà d’un certain seuil d’augmentation du poids. Une fraction plus grande des aliments ingérée servira alors pour la production laitière. C’est ainsi qu’une vache exotique lourde exploite l’alimentation mieux qu’une vache locale relativement légère.

Tableau 4.

Comparaison des besoins et de la production pour une période de 3,5 ans de deux vaches ayant une productivité très basse et leurs veaux, avec une seule vache ayant une productivité moyenne avec ses veaux

Vaches

Poids

Alimentation

Abreuvement

Fèces

Lait 1)

Veaux

kg

kg de TDN

M 3 d’eau

kg de MS

litre

nombre

kg PV 2)

2

250

5916

137

3944

800

4

50

1

350

5843

85

3895

1800

3

130

1) Lait disponible pour la consommation humaine (après soustraction du lait pour le veau). 2) Poids de chaque veau à la vente, en fin de sa première année.

La leçon à tirer est que la nourriture qu’on fournit au bétail est en priorité utilisée pour couvrir les besoins d’entretien avant d’être transformé en lait : il vaut mieux bien nourrir une seule vache au lieu de nourrir deux vaches ayant une production laitière moindre. Le tableau 4 en donne une illustration. Il compare la quantité d’aliments ingérée et la production de deux vaches d’une productivité très basse avec celle d’une vache ayant une productivité moyenne (tableau 2). Le tableau est clair : en utilisant à peu près la même quantité d’aliments d’une qualité légèrement supérieure (taux de protéines augmentant de 2%), et en buvant presque 40% moins d’eau, une vache à productivité moyenne produit plus de deux fois de lait, et presque deux fois plus de viande de veau en comparaison avec deux vaches de productivité très basse !

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Fiche technique 3 : PRODUCTION ANIMALE ET BESOINS EN EAU

1. Production animale et importance de l’eau

Boire de l’eau est aussi important pour le bétail que se nourrir. Interrogée sur les conditions de son succès, une productrice dont les vaches donnaient beaucoup de lait, répondit :

« Donner beaucoup à boire et à manger ».

2. Besoins en eau et facteurs de variation

Les besoins en eau varient avec des facteurs comme la température et l’humidité de l’air, la présence de l’ombrage, la teneur en eau des aliments, la distance parcourue par jour, etc. Il existe aussi des différences entre des races : les races de Bos indicus (les zébus) ont des besoins inférieurs à ceux de Bos taurus (les vaches d’origine européenne).

3. Quantification des besoins en eau

D’une façon générale, une vache laitière tropicale qui produit à peine 3 l de lait a déjà besoin de 30 l d’eau/j. Les besoins en eau augmentent de 2 2,5 l/j pour chaque litre de lait produit. Ainsi, les besoins en eau des vaches tropicales varient entre 30 et 100 l/j. Pour les animaux d’un troupeau qui ne produisent pas de lait, la variation est de 20 à 40 litres, dépendant du PV et des conditions climatiques. Les besoins en eau des chèvres et moutons varient de 1 à 5 l/j.

4. Abreuver le bétail régulièrement

Figure 5 : Besoins en eau des ruminants

régulièrement Figure 5 : Besoins en eau des ruminants Les besoin en eau des vaches en

Les besoin en eau des vaches en zone tropicale varient de 30 à 100 litres par jour.

Les besoins en eau de chèvres et moutons varient de 1 à 5 litres par jour

Les vaches laitières, en particulier pendant la lactation, ont besoin de boire de l’eau chaque jour. Quand on donne la liberté aux vaches de boire quand elles veulent, elles boivent plus que 10 fois par jour. Elles préfèrent manger et boire d’une façon alternée. Elles aiment aussi boire immédiatement après la traite.

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Fiche technique 4 : PRODUCTION DU FUMIER

1. Production de fumier

Quand on traite la production animale, beaucoup pensent uniquement au lait et à la viande. En zone tropicale, la production de fumier revêt également une grande importance pour les propriétaires. Ceci est notamment le cas pour l’élevage associé à la production des cultures, car les fèces des animaux d’élevage sont utilisés comme fumier à mettre dans les champs.

2. Production de bouse

La quantité de bouse (ou de grottes) produite par jour peut être simplement dérivée de la quantité d’aliments ingérés et leur digestibilité (Fiche technique 2). Avec une DIG de 50%, la moitié des aliments est utilisée par l’animal, la moitié sortira comme bouse. Avec une DIG de 60%, c’est une fraction de 0,6 qui est utilisée, et une fraction de 0,4 est excrétée, etc. Ainsi, on peut calculer la production de bouse d’une façon simple :

B = Q x (1 DIG/100), où B = quantité de bouse produite par jour en kg de MS ; Q = quantité d’aliments ingérée par jour en kg de MS ; DIG est la digestibilité moyenne des aliments ingérés en % de la MS.

3. Qualité du fumier produit

Il est plus facile d’estimer la quantité de bouse produite que de connaître sa qualité. Le principe est assez simple : avec l’amélioration de la qualité alimentaire, la qualité de la bouse (sa teneur en éléments nutritifs) augmente aussi. Avec l’amélioration de la qualité des aliments, la fraction des nutriments excrétée augmente. En ingérant du fourrage de mauvaise qualité, le bétail essaie d’en utiliser une fraction de nutriments aussi grande que possible, et par conséquent, une petite quantité est excrétée. Mais avec l’amélioration de la qualité, l’utilisation des éléments devient progressivement moins efficace. La consommation devient une consommation de luxe, et une fraction importante des nutriments est excrétée. Quand la bouse des vaches (ou les grottes de petits ruminants) est utilisée pour fertiliser les champs, on parle de fumier. La qualité du fumier n’est pas nécessairement la même. C’est l’état de décomposition et les conditions de stockage qui déterminent la qualité du fumier. Assez fréquemment, le fumier est mal conservé et se dégrade. Souvent, le fumier contient une fraction (importante) de terre, et quand il est stocké en plein air, beaucoup d’azote est lessivé et se volatilise. De même, une fraction de potasse sera lessivée.

4. Qualité du fumier de la région

Le tableau 5 donne une vue d’ensemble de la qualité du fumier, de sa teneur en éléments nutritifs, pour quelques pays de la sous-région en comparaison avec ceux de l’Europe. En comparant la moyenne des données trouvées au Kenya et en Uganda avec celles de l’Europe, on observe une qualité beaucoup moindre pour le fumier des deux premiers pays. En examinant l’écart trouvé pour le fumier du bétail de Tanzanie, on constate que c’est une question d’alimentation. Si le bétail tropical était aussi bien nourri que le bétail européen, il produirait de la bouse, donc du fumier de qualité égale. Le problème est que le fourrage tropical est de qualité bien moindre que le fourrage des pays tempérés.

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Tableau 5. Appréciation de la qualité de la bouse pour quelques pays de la sous-région en comparaison avec ceux d’Europe; la teneur en éléments nutritifs exprimé en % de la MS.

 

C/N 1)

N

P

K

Ca

Mg

Kenya & Uganda

55

1,0

0,3

1,7

0,7

0,2

Europe

21

2,7

0,7

1,5

1,1

0,8

Tanzanie 2)

55 - 30

1,0 2,2

0,2 0,7

0,7 3,8

0,4 1,5

0,1 0,7

1) Taux de C en % divisé par taux de N en %, donc rapport sans unité. 2) Résultats d’analyse du fumier de 9 fermes bien différentes en ce qui concerne l’alimentation du bétail.

5. Qualité du fumier exprimée en matière sèche

Le tableau 5 présente la qualité du fumier par le taux des nutriments dans la MS. En pratique, le fumier contient beaucoup d’eau. Ainsi, la teneur en éléments nutritifs dans le fumier dit frais est bien moindre que celui du tableau. La concentration des éléments nutritifs est inversement proportionnelle à l’augmentation de la teneur en eau.

6. Utilisation de fumier pauvre

Une teneur élevée d’éléments nutritifs implique une bonne qualité du fumier. Un fumier avec beaucoup de matières organiques très pauvre en azote est un mauvais fumier pour remplacer des engrais (rapport C/N du tableau 5 élevé: la teneur en carbone divisée par la teneur en azote). Un rapport C/N élevé crée des problèmes de minéralisation du fumier, processus qui est pourtant nécessaire à la libération des éléments nutritifs, permettant ainsi aux cultures de les absorber. Avec un rapport C/N élevé, la minéralisation prend du temps et demande des éléments nutritifs libres. Ils sont mis à contribution pour permettre aux organismes du sol de minéraliser la matière organique du fumier. Ainsi, en combinant des engrais chimiques avec un mauvais fumier, (ayant un rapport C/N élevé), une bonne partie des éléments nutritifs des engrais chimiques devient (temporairement) inaccessible pour les cultures. L’efficacité des engrais est restreinte.

7. Stabulation permanente du bétail et disponibilité du fumier de ferme

La production alimentaire ne peut être augmentée que par l’utilisation du fumier de ferme de bonne qualité sous certaines conditions, notamment l’application des engrais minéraux, la lutte contre l’érosion, le respect du calendrier cultural, l’utilisation des semences améliorées, l’irrigation si nécessaire, la rotation des cultures, la lutte contre les maladies et ravageurs des cultures, etc. Le paragraphe ci-dessus fait déjà comprendre que la richesse en éléments nutritifs du fumier de ferme n’est qu’une dérivée de la richesse en éléments nutritifs des aliments que l’on offre au bétail. L’utilisation du fumier pour augmenter la production agricole n’est que le déplacement des éléments nutritifs d’un endroit à l’autre.

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Figure 6

Figure 6 L’utilisation du fumier de ferme de bonne qualité permet d’augmenter la production alimentaire. Quand

L’utilisation du fumier de ferme de bonne qualité permet d’augmenter la production alimentaire.

Quand il y a beaucoup d’espace et quand seulement une fraction restreinte de terre est utilisée pour le bétail, il est possible de produire beaucoup de fumier. Et le fumier produit suffira pour les champs qui sont mises en valeur. Dans la région de l’Afrique Centrale, presque toute la terre cultivable est cultivée ; les superficies pour faire paître le bétail sont très restreintes. La pression animale sur les parcours et les terres incultes devient si élevée qu’une dégradation forte de l’environnement est provoquée. L’épuisement du sol et le transport des éléments nutritifs ainsi exportés vers les champs fait diminuer la production végétale des zones limitées de parcours. La disponibilité de fourrage s’aggrave encore plus et la faible protection du sol accélère l’érosion.

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PARTIE II

QUALITE, DISPONIBILITE ET PRODUCTION DES ALIMENTS POUR LES RUMINANTS

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Fiche technique 5 : QUALITE FOURRAGERE ET QUALITE DAUTRES ALIMENTS POUR LES RUMINANTS

1. Facteurs principaux

Plusieurs facteurs déterminent la valeur des aliments, pour les ruminants comme pour d’autres êtres vivants. Ici, on se limite aux facteurs principaux pour les ruminants, et on néglige des aspects comme la disponibilité de tous les éléments nutritifs, la présence des vitamines, etc. Ce qui compte avant tout pour la production des ruminants, les vaches, les chèvres et les moutons, c’est la concentration d’énergie et de protéines dans les aliments offerts au bétail. L’autre facteur important est la teneur en eau des aliments. Ce second facteur devient plus important quand la disponibilité d’eau d’abreuvement fait défaut. Hélas, les deux vont souvent ensemble.

2. Fourrage et aliments

Il faut distinguer le fourrage brut d’autres aliments. Le fourrage brut est la nutrition de base, ce que les animaux trouvent eux-mêmes en les faisant paître, ou ce qu’on leur offre en stabulation, obtenu à la ferme comme sous-produits des cultures et/ou coupé en dehors des champs. Les autres aliments peuvent être distingués en fonction de leur origine ou de leurs caractéristiques, avec une attention particulière pour la qualité nutritive. Ils servent à améliorer la production animale en complétant le fourrage brut.

Figure 7

Que devrais-je faire pour me rassurer que ma vache est aussi bien alimentée que la
Que devrais-je faire
pour me rassurer que
ma vache est aussi
bien alimentée que la
tienne ?
Tu dois toujours fournir
une bonne quantité de
fourrage et donner
en plus des aliments
concentrés.

Pour bien nourrir les animaux, il faut donner le fourrage brut comme aliment de base et le compléter par d’autres aliments, entre autres les sous-produits des industries agro-alimentaires.

Il y a des aliments que l’on peut produire soi-même. Au lieu de vendre des graines de céréales, de haricots, de canne à sucre, etc., on peut aussi décider de les donner au bétail. Sinon, pour augmenter la productivité du bétail ou le nombre de têtes à maintenir sur sa ferme, on est obligé d’acheter des aliments de qualité et/ou du fourrage brut. En ce qui concerne le premier groupe, il faut penser notamment aux sous-produits des industries agro-alimentaires. Exemples : le son de céréales, les tourteaux de soja, de coton, de tournesol et d’huile de palme, les drèches des brasseries et la mélasse.

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Spécificité des ruminants et qualité nutritionnelle (fourrage brut et autres aliments)

Les ruminants posent comme problème qu’ils n’arrivent pas à compenser un manque de qualité en mangeant plus. Par contre, avec la diminution de la qualité, le temps de ruminer et de digérer, la nourriture augmente et la quantité ingérée diminue ! Ceci fait qu’en améliorant la qualité de la ration, la productivité augmente dans des proportions plus importantes que l’augmentation de la qualité de la nourriture : le bétail mange plus quand l’alimentation est de qualité supérieure.

Il faut distinguer les niveaux absolus des facteurs de qualité et le rapport relatif entre le taux d’énergie et de protéines. Il n’est pas sage d’essayer de diminuer l’abreuvement en donnant du fourrage avec un taux d’eau très élevé. L’énergie et les protéines se trouvent dans la matière sèche, elles ne se trouvent pas dans l’eau que le fourrage contient. Le fourrage avec beaucoup d’eau est volumineux et lourd. Il exige beaucoup de travail en cas de stabulation. En plus, le volume du fourrage risque de diminuer l’ingestion, de même que la qualité intrinsèque, à cause de la rumination et la digestion lentes qui en résultent. Pour cela, la pratique paysanne de faire flétrir les fanes de patate douce pendant une journée est sage. Mais dès qu’on le fait trop longtemps ou en grand tas, on perdra trop de protéines !

3. Teneur en eau des aliments

Le fourrage brut contient en général beaucoup d’eau mais le taux d’humidité diminue avec l’âge. L’herbe jeune ainsi que des feuilles et des fanes jeunes des cultures contiennent 80 à 85% d’eau. C’est aussi le cas pour les cultures fourragères coupées fréquemment. Avec l’âge et la diminution de la fréquence des coupes, le taux d’humidité diminue graduellement jusqu’à 50% pour du matériel en fin de croissance. Quand l’herbe est morte ou quand la paille et les fanes sont coupées ou séchés par le soleil, le taux d’humidité baisse à 20% ou moins.

Les autres aliments, quand ils sont bien stockés et protégés contre les pluies, ne contiennent en général que 10 à 15% d’humidité. Une exception typique est la drêche, sous-produit des brasseries. Elle contient encore 70 à 80% d’eau. Il faut connaître les taux d’humidité des fourrages et d’autres aliments. Ce que l’on offre au bétail contient de l’eau, tandis que les besoins du bétail sont exprimés en matière sèche, énergie et protéines contenues dans les fourrages ou autres aliments. Pour traduire ces besoins en matière fraiche ou humide, on peut utiliser les tableaux des compositions des aliments. Mais on peut aussi faire des calculs simples en utilisant les données ci-dessous. On divise dans ce cas le besoin exprimé en matière sèche par son taux dans la matière fraiche disponible à l’exploitation.

Supposons que les besoins journaliers d’une vache sont de 8 kg de matière sèche d’un jeune fourrage brut. Il contiendra entre 80 et 85% d’eau, ou bien en moyenne 82,5%. En d’autres mots, son taux de matière sèche est 100% - 82,5% = 17,5%. Exprimé en fractions, le jeune fourrage brut est composé de 0,175 de matière sèche et de 0,825 d’eau. Pour satisfaire les besoins en matière sèche de 8 kg/jour, il faut donner à la vache 8/0,175 = 46 kg de matière fraiche ! En faisant éventuellement flétrir le fourrage pendant une journée, en perdant par exemple la moitié d’humidité en plein soleil, la fraction d’eau qui reste sera à peu près 0,40, en d’autres mots, la fraction de matière sèche du matériel flétris devient 0,60. On ne doit apporter à la vache pour satisfaire ses besoins que 8/0,6 = 13 kg/jour.

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4. Taux d’énergie et de protéines

Considérons maintenant le taux d’énergie et de protéines dans la matière sèche des fourrages et d’autres aliments. L’énergie est le facteur de base pour la croissance du bétail et pour son fonctionnement. Il faut, par exemple, beaucoup d’énergie pour marcher, paître, boire et ruminer. Il faut aussi de l’énergie pour maintenir le corps, pour faire circuler le sang et pour produire du lait. Les protéines forment la composante principale des muscles. Mais les autres parties du corps contiennent aussi des protéines dans des proportions variables. Le lait contient, en plus de l’eau, des protéines et de l’énergie sous forme de matière grasse. Ainsi, en consommant le lait, le veau obtient l’eau, l’énergie et les protéines nécessaires à son développement.

La majorité de la matière sèche du fourrage et des aliments est en général composée d’énergie. Le reste concerne des minéraux : la cendre que l’on obtient en séchant et en brulant le fourrage, etc. Pour compliquer l’affaire, même les protéines sont une source importante d’énergie. Ce n’est qu’une (petite) fraction qui est directement utilisée dans la fabrication des protéines animales. L’énergie du fourrage et d’autres aliments n’est accessible au bétail que dans la mesure où les animaux arrivent à digérer ce qu’ils ingèrent.

Ainsi, la digestibilité du matériel ingéré est une bonne mesure pour exprimer le taux en énergie. Ce qui est digéré servira à l’entretien, à la croissance, ainsi qu’à la production laitière. Ce qui n’est pas digéré quitte l’animal dans les fèces et l’urine : les deux produits forment la base du fumier. La valeur nutritive du fourrage et d’autres aliments augmente avec l’augmentation de la digestibilité et du taux de protéines. Même dans une faible quantité de nourriture, il peut y avoir beaucoup d’énergie et de protéines. Comme indiqué en haut, le bétail est capable de manger plus quand la qualité augmente ! Cependant, pour manger beaucoup, les deux facteurs de la qualité doivent augmenter ensemble. Un surplus d’énergie par rapport aux protéines est perdu, et un surplus de protéines par rapport à l’énergie est perdu également. Une ration équilibrée a un rapport « pourcentage de protéines / pourcentage de digestibilité » de 0,17. Ainsi on distingue :

du fourrage et des aliments qui, pris isolément, offrent une ration équilibrée ;

des aliments qui peuvent corriger une ration ayant trop d’énergie (rapport « pourcentage de protéines / pourcentage de digestibilité » bien en dessous de 0,17). Il s’agit des produits relativement riches en protéines ;

des aliments qui peuvent corriger une ration ayant trop de protéines (rapport « pourcentage de protéines / pourcentage de digestibilité » bien au-dessus de 0,17). Il s’agit des produits relativement riches en énergie.

Le tableau 6 présente des exemples de ces trois groupes. Dans chaque cas, les exemples sont présentés dans l’ordre des taux absolus, en commençant avec des taux bas et en finissant avec des taux élevés. La présentation commence avec une indication de la situation fourragère sur un parcours naturel et sur des exploitations mixtes en saison sèche. Dans ce cas, il n’y pas d’effort spécial pour assurer la disponibilité d’un fourrage de qualité en dehors de la saison de croissance. Faisons remarquer que les chiffres présentés concernent des valeurs moyennes globales. En pratique, il y a des variations énormes.

29
29

Les concentrés tels qu’ils sont produits actuellement au Rwanda se trouvent en bas de l’échelle parmi les aliments de correction d’une déficience de protéines.

En effet, leur rapport taux de protéines/digestibilité est tel que l’on aurait pu les classer aussi dans le groupe fourrages et aliments (assez) équilibrés. De tels concentrés ne sont utiles qu’en cas d’une déficience fourragère générale. Il est vraisemblable qu’au Rwanda, de tels concentrés sont bien utiles, car il y est question d’une surexploitation des ressources fourragères ; il y a un manque de fourrage de qualité.

N.B :

Cependant, en regardant seulement l’élevage des systèmes mixtes, dépendant avant tout des sous-produits agricoles, il est question d’un déficit en protéines au Rwanda. Les producteurs concernés pourraient mieux valoriser leurs sous-produits en complétant la ration journalière par de meilleurs aliments de correction d’une déficience en protéines, comme les fanes de légumineuses, les drêches et les tourteaux (tableau 6).

Il est utile de garder à l’esprit qu’en utilisant des aliments de correction, on évite des pertes d’énergie ou de protéines. La disponibilité totale de fourrage utile augmente bien plus avec le supplément de l’aliment de correction. Prenons l’exemple d’un producteur qui n’a que de la paille céréalière en fin de saison sèche. Il s’agit du fourrage brut avec au maximum 45% de digestibilité et 4% de protéines (voir tableau). La qualité ne suffit pas pour maintenir sa vache, elle perd chaque jour du poids et la production laitière est arrêtée. En réalité, la paille en soi ne peut pas être considérée comme du fourrage. On peut calculer (chapitre II et IV) qu’en apportant comme un supplément pour la paille, des fanes de haricots (ou d’autres légumineuses), ayant en moyenne une digestibilité de 60% et un taux de protéines de 17%, on peut maintenir la production laitière et éviter la perte de poids.

Vu la qualité des deux ressources fourragères, il faut pour cela 1,2 fois plus de fanes de légumineuses que la paille disponible pour maintenir une production de 3 l/jour de lait. En d’autres mots, en ajoutant 120 kg de fanes à chaque 100 kg de paille, on obtient 220 kg de fourrage bien utile. La valeur de 120 kg de fanes de haricot est très différente pour un producteur qui a 100 kg de paille que pour quelqu'un qui n’a rien. La valeur économique absolue de ces 120 kg de fanes n’est pas ici prise en compte. Elle dépendra des prix du lait et de la viande.

30
30

Tableau 6. Qualité des fourrages bruts et d’autres aliments pour le bétail

 

Digestibilité

Taux de

Rapport

(%)

protéines

(%/%)

(%)

Situation fourragère mauvaise

 

Parcours en saison sèche*

< 45

< 4

0,09

Paille céréalière*

 

< 45

< 4

0,09

Fourrages et aliments (assez) équilibrés

 

Tourteau huile de palm

 

55

10

0,18

Parcours naturel en saison de pluies

60

10

0,17

Feuilles de bananier

 

65

10

0,15

Cultures

fourragère

de

65

11

0,17

graminée

s**

Fanes de patates douces

65

11

0,17

Aliments de correction pour une déficience de protéines

 

Sons de céréales

 

60

12

0,20

Concentrés

70

13

0,19

Fanes de légumineuses (e.g. haricot)

60

17

0,28

Arbustes légumineuses***

60

20

0,33

Drêches

60

22

0,37

Tourteau de coton

 

70

35

0,42

Tourteau de soja

 

75

45

0,73

Aliments de correction pour une déficience d’énergie

 

Canne à sucre

 

53

3

0,06

Troncs de bananiers

 

60

3

0,06

Bouts blancs de canne à sucre

62

5

0,08

Mélasse

85

4

0,05

L’éleveur n’a pas accès aux suppléments, et n’a pas conservé du fourrage de qualité sous forme de foin ou d’ensilage. ** Coupées régulièrement ! ***

*

Utilisés pour fourrage supplémentaire sur parcours naturel en saison sèche.

31
31

Fiche technique 6 :

1. Introduction

DISPONIBILITE FOURRAGERE ET SON AMELIORATION

La disponibilité des ressources fourragères et d’autres aliments pour le bétail n’est pas la même dans les trois pays de la région (Rwanda, Burundi et RDC). Le tableau 2 présente une indication des différences entre ces pays. C’est la RDC (Kivu) et le Rwanda qui montrent les plus grandes différences. La disponibilité des parcours naturels est encore grande en RDC. Au Rwanda, presque toute la terre est sous cultures, et l’importance du troupeau national fait que l’on commence à y produire des cultures fourragères et des concentrés. Des produits agricoles comme des céréales sont utilisés ici et là. Les paragraphes suivants présentent pour cela la productivité des parcours et celle des cultures avec leurs sous- produits.

L’attention faite par le Rwanda à l’amélioration de la situation fourragère se traduit dans une légère augmentation de la qualité fourragère moyenne. Il est estimé qu’au Burundi et en RDC, la digestibilité moyenne d’une année serait de 57% et le taux de protéines de 10%, la digestibilité moyenne serait de 60% au Rwanda avec un taux de protéines égal à ceux des deux autres pays. Ceci n’implique pas automatiquement que la productivité du bétail au Rwanda est supérieure à celle des autres pays. La haute densité de stockage au Rwanda, c’est-à-dire le nombre de têtes de bétail par superficie, cause une disponibilité restreinte de fourrage et des aliments de qualité par tête. Les animaux doivent se contenter de ce qu’on leur offre. Au Burundi et en RDC, la disponibilité de fourrage par animal est supérieure ; les animaux y sélectionnent sans doute la fraction de meilleure qualité, supérieure à la moyenne du Rwanda.

Tableau 7. Importance relative des types d’aliments pour les ruminants par pays

 

Burundi

Kivu

Rwanda

Fourrage brut

Fourrage naturel et parcours

++

++++

+

Cultures fourragères

-

-

+

Sous-produits

++++

++

+++

Foin ou ensilage

-

-

-

Suppléments

Produits agricoles

-

-

+

Sous-produits agro-industriels

+

+

+

Concentrés

-

-

+

1) Les cultures fourragères sont cachées dans le tableau 6 ; (voir note 2 en bas du tableau) 2) Sous-produits de bonne qualité y compris

La production fourragère et celle des cultures varient avec la fertilité du sol et avec le climat. Quoique la fertilité du sol soit de loin le variable le plus important pour les cultures, le climat pèse aussi fortement pour l’élevage, notamment par son influence sur la durée au cours de laquelle les herbes et arbustes restent verts aux parcours, ainsi que son influence sur la longueur de la saison de croissance des cultures. En fonction de chaque localité considérée, le facteur le plus important sera le climat. Les régions pluvieuses d’altitude auront des conditions meilleures que les régions plus chaudes et moins pluvieuses, à cause de la longueur

32
32

et de l’intensité des saisons sèches. Là où il y a toujours de la verdure disponible, les pertes de poids et la diminution de la production laitière sont beaucoup moindres que la où la verdure devient rare. Deux bons exemples des zones ayant toujours de la verdure : le Masisi au Nord Kivu, la Suisse de l’Afrique, et la zone occupée dans le temps par la forêt de Gishwati au Rwanda.

2. Production des parcours naturels et des cultures fourragères

Il est vraisemblable qu’en ce qui concerne la strate herbacée, la production annuelle des parcours naturels varie entre 0 et 20 t/ha de MS. Il n’y a aucune production là où le sol est trop dégradé et là où la forêt est trop dense. Les 20 t/ha de MS peuvent être atteintes dans des vallées fertiles sans arbres et arbustes, avec une concentration des eaux de ruissellement des bassins versants, bien chargées de particules fines d’érosion. Ce sont notamment les grandes graminées pérennes comme le roseau, qui pourraient atteindre sous de telles conditions une biomasse de 20 t/ha au cours d’une année. Cependant, ce n’est le cas que si on n’utilise pas la plante au cours de la croissance. Au moment où les 20 t/ha sont atteints, la qualité est devenue si basse qu’il est difficile de parler encore de fourrage. Ce n’est qu’une fraction négligeable des 20 t qui pourra être utilisée, sauf si on a des moyens pour se procurer un supplément riche en protéines (voir fiche 5).

Si on n’utilise pas les parcours extrêmes, mais plutôt la production moyenne des parcours divers dans une zone donnée, les limites de production deviendront 3,5 et 9 t/ha (tableau 8) au lieu de 0 à 20 t/ha mentionné ci-dessus. Le chiffre le plus bas est celui des parcours dans des zones ayant une pluviométrie moindre, celui qui le plus haut concerne des zones relativement fertiles et ayant une pluviométrie élevée. A côté de la variation de la pluviométrie et la fertilité de sol, une variable importante est le recouvrement des arbres et des arbustes. Celui-ci diminue rapidement la production de l’herbe. C’est la raison pour laquelle des éleveurs ont tendance à abattre les arbres et arbustes. Cette ainsi qu’il y a cent ans, au début de la colonisation, le paysage était bien moins couvert qu’actuellement.

La préférence pour l’herbe ne compte que pour les vaches et les moutons, les ruminants qui pâturent. Les chèvres préfèrent les feuilles et les fruits des arbustes et des arbres : ils broutent. La production des cultures fourragères de façon extensive ne diffère pas de celle des parcours. La différence est plutôt une question qualitative ; les sélectionneurs ont visé une amélioration de la digestibilité ainsi que celle de la résistance à la coupe et la pâture. Il s’agit des variétés moins fibreuses et donc d’un caractère bien différent de celui du roseau avec ses tiges fortes, qui peuvent même être utilisées comme tuteurs.

Malgré la ressemblance de la production des parcours et des cultures fourragères, le tableau 8 montre quand même une différence notable. La production des cultures fourragères semble bien plus basse. La raison en est que la production présentée dans le tableau est celle qui est utilisée régulièrement, par des coupes fréquentes. Les chiffres des parcours sont ceux d’une croissance non perturbée. Dès que ces parcours sont intensivement pâturés, la production annuelle totale sera celle des cultures fourragères. Mais, avec l’intensité de la pâture ou la fréquence des coupes, la qualité du matériel ingéré par le bétail augmente.

Le mélange des cultures fourragères de graminées et de légumineuses crée un fourrage de base bien plus équilibré que les deux composantes prises à part. Son utilisation pratique se fait de deux façons : on peut en faire des pâturages, comme dans le passé à Masisi, où le trèfle blanc de l’Europe a été introduit. Aujourd’hui, on le plante sous forme de bandes antiérosives. Les légumineuses herbacées, comme le trèfle, sont dans ce cas remplacées par des arbustes comme le Calliandra. Pour un bon maintien du mélange herbacé et pour un fourrage de

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qualité, les mélanges doivent être coupés régulièrement. Si on ne le fait pas, on risque de perdre les légumineuses ; si on le fait trop fréquemment, on détruit le parcours ou les bandes.

A côté de la production des parcours et des cultures fourragères, le tableau 8 présente aussi les rendements des cultures vivrières et leurs sous-produits respectifs. Ce sont ces sous-produits qui deviennent les aliments (principaux) du bétail des exploitations mixtes. Les rendements des graines et des tubercules sont aussi présentés. Quand le prix de lait devient très élevé, il faut envisager d’utiliser ces produits pour nourrir le bétail au lieu de les vendre. Ceci peut être plus rentable que l’achat des sous-produits agro-industriels, comme le son et la drêche ou les concentrés. En Europe et aux États-Unis, par exemple, les graines de maïs font partie de l’ensilage que l’on produit avec les plantes entières. Les rendements des cultures vivrières et leurs sous-produits varient comme ceux des parcours et des cultures fourragères. C’est la conséquence directe des différences de fertilité du sol et du climat des différentes zones.

La dernière colonne indique si les rendements concernent la production annuelle ou saisonnière. Pour certaines cultures comme le manioc et le sorgho, le producteur a le choix de faire profiter la culture d’une ou de deux saisons. Dans le dernier cas, la production est supérieure à celle d’une saison, mais elle ne sera pas double. La disponibilité des éléments nutritifs dans le sol sera moindre pour la deuxième saison, si on ne fait pas le labour et si on n’applique ni fumure ni engrais chimiques.

Tableau 8. Production fourragère extensive et intensive (en utilisant de l’engrais chimique) pour des fourrages divers

Produit

Production (t/ha de MS 1) )

Période

 

Extensive

intensive

 

Végétations herbacées naturelles et cultures fourragères

 

Parcours

 

3,5 9

n.a. 2)

An

Cultures fourragères

     

An

Graminées

 

1,5 2,5

4

- 7

coupes

Légumineuses

 

1,0 1,7

2.7 4,7

régulières

Feuilles arbustives

 

1,5 kg/arbuste 3)

n.a.

Mélange

 

2

4

4

- 8

Cultures vivrières et leurs sous-produits

 

Céréales

     

Saison

Graines

0,6 - 1,5

2,4 - 6

 

dont du «Son» 4)

   

25

%

 

Paille

1,4 3,5

3,6 - 9

 

Haricots etc.

     

Saison

Graines

0,4 - 1,0

1,6 - 3,2

 

Fanes

0,7 - 1,5

2

- 4

 

Manioc

   

Saison

Tubercules 1)

 

4

8

16

- 32

 

Feuilles

et

bouts

de

0,2 - 0,4

0,8 1,6

Cueillette

tiges

Patate douce

     

Saison

Tubercules 1)

 

4 8

16

- 32

 

Fanes

1 2

4

- 8

Cueillette

Banane

   

An

Bananes

   

10

15

40

- 60

 

Feuilles

1,2 - 1,8

4,8 7,2

Cueillette

Tiges

0,9 - 1,3

3,6 5,2

 
34
34

1.

MS = matière sèche. Les tubercules et les bananes font exception ; leur rendement est exprimé en matière verte (MV) et elles contiennent au moins 60% d’eau.

2. n.a. = non applicable; vu la rentabilité actuelle, il n’est pas à conseiller de fertiliser les végétations naturelles.

3. Production des arbustes exprimée en kg/arbustes (total de 6 coupes par an), car arbustes presque toujours plantés en ligne à la bordure des propriétés ou des routes, ou dans des bandes antiérosives.

4. « son » est utilisé ici pour l’ensemble des sous-produits lors de la production de la farine du maïs ou du riz blanc ; la fraction non utilisée pour la consommation humaine.

Au sein des cultures, il y a encore une variation cachée. Les rendements moyens pour le blé seront deux tiers de ceux du maïs et du sorgho, et le riz irrigué produira le double des céréales pluviales. Le haricot volubile produira une fois et demi plus que le haricot nain, etc. Là où la cueillette saisonnière est mentionnée dans la dernière colonne, les feuilles et fanes sont exploitées au cours de la croissance. Ceci doit se faire avec prudence, car en cas d’une surexploitation, le rendement du produit principal est influencé négativement ! C’est pour cela que les rendements des sous-produits présentés sont bien moindres en cas de céréales et de légumineuses à graines, comme le haricot. Une fraction seulement de la plante produite est récoltée pour être donnée au bétail.

Pour des producteurs qui trouvent les variations des rendements du tableau 8 trop grandes pour une bonne planification de l’alimentation de leur bétail, le tableau 9 présente un outil dès qu’ils connaissent les rendements de leurs cultures. Il s’agit du facteur moyen de multiplication, que l’on peut utiliser pour dériver les rendements des sous-produits à partir des rendements des produits principaux. Il s’agit d’un facteur moyen. Le facteur varie avec l’indice de récolte, la fraction de la plante qui sera transformée en produit principal au cours de la croissance. Le facteur est bien plus élevé pour des variétés locales que pour les variétés améliorées. Pour les céréales, par exemple, le facteur varie entre 4 et 2, avec comme extrêmes respectivement des variétés rustiques traditionnelles et des hybrides modernes.

3. Augmentation de la production fourragère

Un producteur qui cherche à mieux nourrir ses animaux ou qui veut augmenter leur nombre a plusieurs options :

Acheter des aliments ;

Remplacer des cultures vivrières (partiellement) par des cultures fourragères ;

Adapter son système de production en remplaçant des cultures sans sous-produits (comme la pomme de terre, trop dangereux !) ou avec peu de sous-produits par d’autres ;

Fertilisation des cultures avec des engrais chimiques et de la fumure organique.

Le choix devrait être déterminé par la rentabilité des options diverses. Celle-ci varie fortement avec le rapport entre les prix des produits agricoles concernés et ceux du lait et de la viande. Dans la région, avec les prix actuels, ce sont les deux dernières options qui sont intéressantes. Ce n’est que dans des cas exceptionnels, comme la proximité d’une grande ville où les gens paient beaucoup pour du lait frais, que quelques fois, les deux premières options peuvent être considérées. C’est la colonne « production intensive » du tableau 8 qui présente les rendements en cas d’utilisation d’engrais. Il est utile de prendre en compte le fait qu’en utilisant aussi de l’engrais, la qualité s’améliore. C’est notamment le taux de protéines qui en profite. Le bénéfice de l’engrais est ainsi plus que proportionnel à l’augmentation de la disponibilité de fourrage.

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Tableau 9. Facteur moyen de multiplication pour dériver les rendements des sous-produits à partir des rendements des produits principaux

Aliments

facteur

Céréales

 

Paille

x

2,30

« son »

x

0,25

Fanes de légumineuses

x

1,50

Fanes de patates douces

x

0,25

Feuilles de manioc

x

0,05

Feuilles de banane

x

0,21

Canne à sucre

 

Bouts blancs

x

0,35

Mêlasse

x

0,04

tourteau de coton

x

0,40

Tourteau de palme

x

0,80

4. Disponibilité fourragère

Les quantités de fourrages et d’autres aliments disponibles ne sont pas égales aux rendements du tableau 8. Il faut encore une correction pour des pertes entre la récolte et le moment de l’alimentation du bétail. Ces pertes sont partiellement contrôlables, même quand il s’agit d’une alimentation directe par des animaux au parcours. Dans ce dernier cas, il faut limiter la sélection par le bétail, en d’autres mots, la disponibilité fourragère par rapport aux besoins doit être relativement restreinte. Ceci demande le parcellement des pâturages, mais l’investissement en clôtures ne se paie pas en général. L’exception peut être l’exploitation des pâturages artificiels quand les prix de lait et de viande sont très bons.

Cette perte par la sélection peut aussi avoir lieu en cas de stabulation, suite à un surdosage de la ration journalière ou par l’offre d’une alimentation de qualité très hétérogène. Ce sont les deux raisons qui justifient l’achat d’un peson ou une balance, pour mesurer régulièrement la quantité de nourriture à offrir au bétail, et d’une hacheuse pour pouvoir homogénéiser le fourrage brut.

Les autres pertes sont celles qui ont lieu sur le terrain, au cours du transport, de la conservation et du stockage. La production et le stockage du foin et de l’ensilage sont facilement accompagnés de pertes de 20 à 30% ou plus. Moins on est prudent et sérieux, plus grandes sont les pertes. Cette prudence et le sérieux comptent aussi pour le transport de fourrage, pour éviter des pertes qui peuvent monter jusqu’à 10%.

Le drame est que les fractions de bonne qualité sont plus facilement perdues que celles de qualité moindre. C’est facile à voir en comparant les feuilles de légumineuses et les tiges de la paille des céréales. Cette observation est aussi valable pour les pertes sur le terrain, avant la récolte. Quand il y a, par exemple, une bonne biomasse d’une culture fourragère légumineuse ou d’un haricot, et qu’il pleut trop sans périodes d’ensoleillement, la pourriture des feuilles relativement âgées causera une perte considérable. C’est une raison qui fait comprendre l’intérêt des haricots volubiles pour l’élevage.

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5. Nombre d’animaux à nourrir

Le nombre d’animaux à nourrir ne dépend pas seulement de la disponibilité annuelle des aliments. Aux moins trois autres facteurs sont cruciaux :

La qualité des aliments ;

La productivité du bétail que l’on cherche à obtenir ;

La fluctuation de la disponibilité des aliments au cours d’une année et au cours des années. La qualité moyenne actuelle ne permet pas une production laitière qui dépasse 3 l/jour, y compris le lait pour le veau. Pour cette production, la vache doit manger chaque jour 8,5 kg de MS, ou bien 3.100 kg/an de MS. En d’autres mots, vu les rendements du tableau 8 et en tenant compte des pertes, il faut en moyenne :

1 ha du mélange graminées/légumineuses pour nourrir une vache et son veau si on n’utilise pas d’engrais ; un demi hectare suffira en fertilisant le pâturage ;

Presque 2 ha de cultures fourragères si on utilise la moitié des champs pour des céréales et la moitié pour des haricots, si on n’utilise pas d’engrais ; un hectare suffira en utilisant des engrais.

Il est clair qu’une exploitation moyenne de 0,75 ha n’est pas suffisamment grande pour maintenir une vache et son veau tout en produisant 3 l/jour de lait. Même en fertilisant les cultures, cet objectif est difficile à atteindre. On peut cependant maintenir 4 moutons ou 5 chèvres sur une exploitation moyenne où l’engrais n’est pas utilisé. Il sera plus facile de nourrir des chèvres au lieu des moutons, du fait que les premiers aiment aussi le feuillage arbustif.

Ce qui n’est pas encore estimé, c’est la fluctuation de la production au cours d’une année et au cours des années. Si le calcul du nombre d’animaux à maintenir sur l’exploitation est basé sur la production fourragère moyenne, comme fait ci-dessus, les animaux sont en difficultés sérieuses au cours des saisons sèches prononcées aussi longtemps que l’habitude de faire du foin ou de l’ensilage n’existe pas. La production laitière s’arrête et les animaux maigrissent. La même chose se passe quand l’année est plus sèche que la moyenne. L’augmentation de la mortalité du bétail peut en résulter. Ainsi, il est sage de se limiter à un effectif qui peut être encore assez bien nourri au cours des saisons sèches ou des années sèches. Le conseil : ne pas dépasser les 2/3 de la capacité d’une année moyenne.

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Fiche technique 7 : RATIONS EQUILIBREES

1. Introduction

L’art de l’élevage, c’est d’assurer une alimentation de bonne qualité, bien équilibrée et aussi stable que possible :

Une « alimentation de bonne qualité » est telle que les ruminants peuvent en ingérer beaucoup ; la digestibilité doit être suffisamment élevée ;

Assurer « une alimentation équilibrée » veut dire que le rapport entre digestibilité et le taux de protéines ne s’éloigne pas trop de la valeur 0,17 ;

Une alimentation « aussi stable que possible » implique aussi qu’en saison sèche ou au cours des années difficiles (trop sèches, trop humides ou perturbées par des pestes et ravageurs des fourrages), la nutrition quantitative et qualitative ne soit pas (trop) touchée. C’est de cette façon qu’un éleveur peut s’assurer d’un revenu (assez) stable, tout en créant un rapport de confiance avec des clients privés ou des usines laitières.

2. Alimentation de bonne qualité

Pour maintenir des ruminants, il faut que la digestibilité moyenne annuelle dépasse 50%. Avec une digestibilité de 50 à 55% et une offre fourragère suffisante, les animaux peuvent survivre mais la productivité n’est pas significative. Le bétail servira peut- être pour produire du fumier. La production du lait et de la viande sera négligeable. Avec une digestibilité moyenne de 55 à 60% et une offre suffisante, une production de lait jusqu’à 6 l/jour est possible pour des vaches, si en tout cas les aliments contiennent aussi suffisamment de protéines. Une production laitière de 10 à 20 l/jour de lait ou plus exige une digestibilité (bien) supérieure à 60-65%. Les parcours naturels tropicaux ne permettent pas une telle productivité ; la végétation est trop fibreuses, est en général déficiente en protéines, et contient souvent des produits appelés alcaloïdes qui freinent la digestion.

3. Alimentation équilibrée : de bonnes rations

Le problème clé des éleveurs, c’est la dégradation de la qualité des fourrages avec l’âge des plantes des parcours ou des cultures. Ceci se fait sentir notamment avec des climats caractérisés par une ou deux saisons. Sur les montagnes hautes de la région, où il pleut presque toute l’année, comme à Masisi, dans la région de Gishwati et aux alentours des forêts de Nyungwe et de Kibira, il est possible de maintenir la végétation dans un stade « jeune » par une pâture intensive ou par des coupes fréquentes. Ainsi, l’offre d’une alimentation (assez) équilibrée (rapport digestibilité et taux de protéines de 0,15 - 0,19) est possible, quoique la digestibilité et le taux de protéines absolus ne soient pas très élevés. Quand on y maintient une densité animale trop élevée, la sélection des animaux pour ingérer un fourrage de qualité supérieure devient impossible. Mais si on exploite les parcours avec une densité moindre, une bonne partie de la végétation continue de se développer et devient trop âgée.

Avec la diminution de l’altitude, et pour des sols de mauvaise qualité avec une basse capacité de rétention d’eau, et en allant vers l’Est, où il pleut peu, les saisons sèches demandent une « gymnastique intellectuelle » pour maintenir la nutrition aussi équilibrée que possible. Le même problème se pose pour l’élevage qui est notamment lié à la production des

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cultures saisonnières. Il est plus facile d’assurer une alimentation assez équilibrée en utilisant les sous-produits de la canne à sucre, une culture qui est verte pendant toute l’année. Ceci est impossible pour des cultures à cycle court comme le blé, le riz, les haricots, etc. Pour de telles cultures et pour les parcours saisonniers, on est obligé de conserver et de stocker du fourrage au cours de la bonne saison, pour essayer de maintenir la production laitière et pour éviter des pertes de poids ou même d’ animaux. Ou bien on adapte son système de production, ou bien on achète du fourrage, ou alors on vend une partie du troupeau.

Le vieillissement des parcours fait diminuer le taux de protéines encore plus que la digestibilité. Ainsi, le taux bas de protéines devient le premier facteur limitant pour l’alimentation du bétail. L’achat du fourrage ou la vente des animaux sont des solutions auxquelles on recourt en dernier ressort. Pour maintenir le niveau d’alimentation là où il est question d’une saison sèche prolongée, la solution à terme la plus intéressante est vraisemblablement la production du foin ou de l’ensilage. En cas d’un élevage sur parcours, les parties les plus productives ayant du fourrage de bonne qualité doivent être utilisées pour cette fin. Pour des parcours étendus où la disponibilité de fourrage de basse qualité est élevée, l’utilisation d’un complément d’urée et de mélasse créera un accès aux fourrages autrement non utilisables.

Une alternative est l’enrichissement du parcours avec des légumineuses pérennes, herbacées ou arbustives. En cas des sols fortement pauvres en phosphore, on aura besoin d’une fertilisation avec du phosphate, au moins pour une bonne installation. C’est l’introduction des arbustes légumineuses comme le Calliandra qui, au cours des dix dernières années, a été le choix de 200.000 producteurs du Kenya, de Tanzanie, du Rwanda et de l’Uganda. Un arbuste, coupé 6 fois par an, produit 1,5 kg de fourrage de haute qualité avec un taux très élevé de protéines. Il faut planter 500 arbustes pour être apte de donner à une vache 2 kg/jour pendant toute l’année. Si on exploite les arbustes seulement en saison sèche, 200 suffisent pour une vache. Au Kenya et en Uganda, le remplacement de l’achat des concentrés par la plantation de Calliandra mène à une augmentation du revenu net par vache de 100 US$/an (Franzel & Wambugu, 2007).

Ces arbustes légumineux sont autant efficaces pour l’élevage des exploitations mixtes que pour l’élevage sur parcours. En effet, la gestion et l’exploitation contrôlée sont bien plus faciles sur une exploitation agricole. Les arbustes peuvent être plantés aux bordures ou dans des bandes antiérosives.

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Figure 8

Pour avoir une ration équilibrée même en saison sèche, la solution à terme la plus intéressante est vraisemblablement la production du foin ou de l’ensilage.

Tableau 10. Rations équilibrées permettant le maintien de la production animale au cours des saisons sèches

Composantes

Rapport

Superficies

Parcours

 

Parcours

Arbustes

8,5 : 1,5 1)

naturel

légumineux

cultures

     

fourragères

Pâturage

Graminées

Légumineuses

7

: 3

bande antiérosive

Graminées

Arbustes

8,5 : 1,5

légumineux

Exploitation agricole

 
 

Feuilles de bananier

10

 
 

Céréales

Haricot

5

: 5

 

Céréales

Feuilles

4

: 6

fraîches 2)

 
 

Fanes de patate douce

10

 
   

Rapport poids en saison sèche

Exploitation agricole et sous-produits industriels

 
   

Paille

Son

4

: 6

   

Paille

Concentrés

4

: 6

 

bananier 3)

Son

6

: 4

   

Paille

Drêche

8

: 2

   

Paille

Tourteau de

8

: 2

 

coton

 
   

Paille

Farine de

9

:

1

 

poisson

 

1) 625 arbustes/ha ; 2) manioc ou sorgho, produit pendant deux saisons ; 3) feuilles et pseudo troncs.

Les agriculteurs ont cependant d’autres options pour assurer des rations assez équilibrées. On répète encore une fois qu’eux aussi devraient conserver et stocker des fourrages au moment des surplus pour être aptes de faire passer leurs animaux des mauvaises périodes sans trop de pertes de la productivité ou du poids.

Le tableau 10 présente les différentes rations à considérer, dont le rapport digestibilité et taux de protéines ne s’éloigne pas trop de 0,17 (au moins 0,15), et qui permettent de maintenir une certaine production de lait en saison sèche. La productivité au sein d’un groupe augmente de la première à la dernière ration.

pour les deux premiers groupes, le rapport entre les

superficies à cultiver pour les composants mentionnés. Dans le dernier groupe, il est

question d’un rapport de quantités. Le deuxième composant, des sous-produits agro-

La dernière colonne concerne,

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industriels, est à acheter. Les concentrés ne se trouvent pas sur une position élevée au sein de leur groupe. A cause de leur teneur en protéines relativement basse, il en faut beaucoup pour valoriser des fourrages à bas taux de protéines. Les concentrés disponibles au Rwanda sont plutôt utiles pour remplacer le fourrage brut (presque) entièrement.

Ceci ne veut pas dire que les rations équilibrées disponibles quoi que techniquement bonnes soient nécessairement rentables ! La rentabilité sera traitée dans les fiches 12 et 13. Mais les rapports du tableau 10 permettent déjà de se faire une idée de la rentabilité relative des options diverses.

4. Alimentation aussi stable que possible

Il y a trois approches principales pour éviter une influence grave des saisons sèches et des années difficiles sur la productivité du bétail. Il faut avant tout éviter d’avoir trop d’animaux par rapport à la disponibilité moyenne de fourrage de qualité acceptable. Il faut déterminer le nombre d’animaux en tenant compte seulement de deux tiers de la disponibilité de fourrage d’une année moyenne.

Ceci ne peut résoudre que partiellement le problème des saisons sèches, car à côté de la disponibilité restreinte, il est aussi question d’une dégradation de la qualité. Une option est de conserver et de stocker du fourrage pendant la saison de croissance, quand il y a des surplus et quand la qualité des produits est encore bonne. L’autre approche concerne l’utilisation de la surface disponible. On suggère aux producteurs en général de remplacer une partie des cultures vivrières ou industrielles par des cultures fourragères, celles qui restent (assez) vertes en saison sèche. Cependant, c’est le rapport entre les prix du lait et de la viande, et ceux des cultures remplacées par le fourrage, qui détermine si cette pratique est rentable !

Une autre option concerne le choix des cultures qui garantissent la disponibilité permanente de la verdure, même en saison sèche. Pour cette option aussi, la rentabilité est déterminée par le rapport des prix. Les cultures les plus mauvaises pour maintenir du bétail sur une exploitation agricole sont la pomme de terre et les tomates ; leurs sous-produits sont toxiques pour le bétail comme pour l’homme. Des cultures annuelles à cycle court, comme les céréales et les haricots causent des déficits fourragers graves en saison sèche. Le problème diminue beaucoup si on utilise une partie notable de l’exploitation pour des cultures pérennes comme le bananier et la canne à sucre, et/ou si on décide de cultiver des variétés de patate douce et de sorgho à cycle longue que l’on laisse sur les champs pendant deux saisons.

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PARTIE III

PRODUCTION ANIMALE ET CAPACITE DE CHARGE DES SYSTEMES DE PRODUCTION VEGETALES

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Fiche technique 8 : Variation de la production des vaches et de leurs veaux et causes de cette variation

1. Facteurs naturels

Aussi longtemps qu’il s’agit d’une production extensive, la production du bétail et celle des cultures dépendent avant tout des mêmes facteurs : le sol et le climat. Pour les cultures, le rapport est direct, sol et climat déterminent la quantité et la qualité de ce qui est produit. Pour le bétail, il s’agit d’un rapport indirect ; la production du bétail est déterminée par la qualité et la quantité des cultures ou des végétations naturelles produites. A coup sûr, les propriétés des cultures ou des végétations jouent également un rôle. De nouveau, l’influence est plus directe quand il s’agit de la production des plantes. Pour un même sol, sous un même climat, donc avec une offre des nutriments et de l’eau égale, la production de masse de plantes diminue dans l’ordre arbre, herbes ou cultures pérennes (comme le napier et la canne à sucre), et herbes ou cultures annuelles.

Parmi ces dernières, la production diminue dans l’ordre décroissant des plantes à tubercules ou racines (comme patates douces), céréales, et des haricots et des plantes semblables, avec des feuilles larges et non pas lancées (comme le cotonnier et des légumes). Parallèlement à la diminution de la quantité de masse de plantes produites, la qualité pour nourrir l’homme ou son bétail augmente ; ce qui est produit est plus digestible, contient plus de protéines et de minéraux par kilogramme. Pour le comprendre, il faut tenir compte du fait que l’offre d’éléments nutritifs et de l’eau est la même. Si une plante fait beaucoup de masse, la concentration des éléments nutritifs est basse, et la plante a besoin de beaucoup de fibres pour rester debout. Les fibres, comme le bois des arbres, se font mal digérer. Si une plante se développe dans peu de temps et finit rapidement son développement, comme l’exemple extrême de la laitue, les nutriments sont bien concentrés et il y a très peu de fibres.

Dans ce dernier cas, pour la laitue, l’homme mange la plante entière. Mais plus les plantes produisent, plus elles deviennent plus âgées et adultes. Prenons les arbres, la plus petite devient la fraction que l’homme consomme. Souvent ce ne sont que les fruits, ou les semences que l’on trouve à l’intérieure, comme la noix. La plus grande portion devient la fraction que le bétail pourrait manger. L’influence des propriétés des plantes est donc, entre autres, déterminée par l’engouement de l’homme ; qui a tendance à prendre la meilleure partie. Mais, quand il s’agit des plantes naturelles et des parcours, c’est l’animal qui a le premier choix ; la fraction qu’il ingère devient bien plus grande.

En conséquence, on produit en général plus de lait et de viande en produisant la masse de plante exclusivement pour le bétail ; l’élevage utilisant des sous-produits des cultures humaines sera moins productif. Sur un bon sol, des vaches produiront plus de lait que sur un mauvais sol ; la productivité diminue dans l’ordre suivant : sols volcaniques, sols des vallées et sols des montagnes non volcaniques. Dans la sous-région, les zones pluvieuses sont plus intéressantes pour l’élevage que des zones relativement sèches. La raison en est la longueur de la période de verdure dont profite le bétail. Des plantes en fin de cycle ou déjà mortes et sèches ont une qualité très basse. Ainsi, les hautes terres, bien arrosées par des pluies et relativement froides, sont plus aptes que les basses terres qui reçoivent moins de pluies et qui, à cause de la chaleur, perdent plus d’eau par l’évaporation.

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Figure 9

Figure 9 2. Facteurs d’alimentation Les zones pluvieuses sont plus intéressantes pour l’élevage que des zones

2. Facteurs d’alimentation

Les zones pluvieuses sont plus intéressantes pour l’élevage que des zones relativement sèches.

Un éleveur n’est pas obligé d’accepter entièrement la réalité des conditions naturelles décrites. Il peut influencer les conditions pour augmenter la production de lait et de la viande de son bétail. Ces fiches se limitent à un des facteurs clé, l’alimentation. Les autres sont la gestion générale des animaux et les soins vétérinaires.

Vu ce qui est dit ci-dessus, la qualité et la quantité du fourrage et d’autres aliments peuvent être améliorées de 4 façons et par leurs combinaisons diverses :

a) Améliorer le sol par la fertilisation ;

b) Augmenter la disponibilité d’eau par arrosage ou par irrigation ;

c) Le choix des plantes à produire et/ou à faire paître ;

d) La fraction de la plante produite que l’homme prend et la fraction que l’on laisse pour le bétail.

production des animaux ; on « intensifie »

Par ces outils l’élevage.

et choix,

on augmente la

3. Niveau de variation

La situation moyenne présentée ici est celle d’un élevage sans intensification significative. Deux facteurs naturels, le sol et le climat, causent une variation de cette moyenne. Dans les conditions médiocres de la région, les paramètres de la production animale seront de 30% inférieurs aux valeurs moyennes ; ils seront de 30% supérieurs dans de bonnes conditions. Par l’intensification, l’amélioration de la production possible est beaucoup plus grande. En prenant la production laitière comme illustration, elle n’est que de 2 à 3 l/j pour une vache gérée d’une façon extensive, ou quelques cents litres par hectare. L’intensification peut mener à une production qui est dix fois supérieure ; 20 l de lait/j ou plus, ou quelques mille litres par hectare. Les fiches suivantes montrent comment on peut le faire, mais se prononcent également sur l’intérêt financier de le faire. Ce qui est possible n’est pas nécessairement ce qui est à conseiller.

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3. Fluctuations au cours de l’année

Les pages précédentes traitent de la variation de la production animale d’un endroit à l’autre, à cause de la variation de la qualité et de la quantité du fourrage produit. Dans la plupart des zones de la région, il est aussi question d’une fluctuation forte liée au climat. Il s’agit de l’effet de la succession des saisons, des saisons sèches intercalées entre des saisons de pluie. Pendant la saison sèche, beaucoup de cultures et de plantes naturelles vieillissent et meurent, des processus accompagnés par une perte progressive de leur qualité. C’est l’indisponibilité de fourrage de qualité en saison sèche qui forme un des soucis majeurs des éleveurs ! En effet, c’est l’alimentation de la saison sèche qui détermine combien d’animaux peuvent être maintenus sur une exploitation. Et la fluctuation de la qualité fourragère est telle qu’il n’est pas rare de perdre tous les bénéfices de la production de lait et de la viande de la saison de pluie par des pertes de poids ou même des animaux en saison sèche.

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Fiche technique 9 : PRODUIRE 3, 6 OU 9 LITRES DE LAIT /J PAR VACHE ; THEORIE

1. Besoins alimentaires

Les fiches du chapitre II permettent d’estimer les besoins moyens d’une vache et son veau pour des niveaux différents de production de lait. Le tableau 11 présente ces estimations pour trois niveaux ; ce qu’il faut pour produire 3, 6 ou 9 l de lait /j par vache, ainsi que la variation parallèle des autres caractéristiques de la vache et son veau. La présentation du tableau néglige des variations au cours de l’année ; ce sont à nouveau des moyennes qui sont données. En pratique, les besoins de la vache sont supérieurs au début de la lactation, quand le veau ne vit que du lait. Plus tard, quand le veau commence à paître, ces besoins diminuent. Les besoins augmenteront à nouveau après la saillie, quand la vache est à nouveau gestante. Au début, le veau ne s’alimente qu’en tétant sa mère. A la fin, il se nourrit comme la vache, avec du fourrage.

2. En changeant la production de lait beaucoup d’autres facteurs changent

Il ne faut pas traire les vaches plus de 200 jours pendant une période de lactation. Traire plus longtemps fait que le veau existant et l’embryon qui se développe n’obtiennent pas suffisamment de nourriture. En conséquence, le veau sera faible, tombe facilement malade, et il n’atteint pas un poids adulte permettant de devenir une bonne vache productive. Au cours de la lactation, un veau sain montre une croissance de 1 kg de poids vif pour chaque 10 l de lait bu.

Pour atteindre un poids moyen de 75 kg de PV en fin de sa 1 ère année en cas d’une production de la vache de 3 l/j, le veau doit boire 1,6 l/j, plus que la moitié de ce qui est produite par sa mère. Les besoins deviennent 2,5 l/j pour le veau d’une vache qui produit 6 l/j, et 3,3 l/j pour une production laitière de 9 l/j, si on veut obtenir une vache adulte produisant autant que sa mère.

Si on néglige ce besoin, une fois adulte, le veau produira moins que sa mère. Une mauvaise alimentation pendant la jeunesse ne peut pas être corrigée plus tard !

Figure 10

jeunesse ne peut pas être corrigée plus tard ! Figure 10 Les performances d’un animal adulte

Les performances d’un animal adulte restent tributaires de son alimentation au cours de sa jeunesse.

Une mauvaise alimentation pendant la jeunesse ne peut pas être corrigée plus tard !

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Le tableau 11 montre que la production de viande augmente parallèlement avec la production laitière. Une vache qui produit 3 l/j de lait a un veau qui a 75 kg à la fin de sa 1 ère année, mais le veau d’une vache qui produit 9 l/j aura un poids double, 150 kg de PV. Avec une croissance plus rapide, le veau atteint plus vite l’âge adulte. Dans le cas d’une génisse, elle aura à son tour un premier veau à l’âge de 3 ans ; la génisse d’une vache produisant seulement 3 l/j de lait doit attendre sa 5 ème année comme l’indique le tableau. Parallèlement, la période moyenne entre deux naissances, l’intervalle de vêlage, augmente.

3. Produire plus

L’amélioration de la production de lait de 3 à 6 l/j, ou même à 9 l/j n’est possible qu’avec des aliments de qualité supérieure offerts en quantités supérieures. Le tableau donne des précisions et illustre bien que les besoins n’augmentent pas proportionnellement avec la production de lait et la croissance du veau. Pour 3 fois plus de lait (de 3 à 9 l/j) et 2 fois plus de viande (veau de 75 à 150 kg de PV), il ne faut que 60% plus d’aliments : de 2740 à 4380 kg de MS pour l’unité vache+veau. Mais il s’agit d’aliments de qualité meilleure : la digestibilité doit augmenter de 53 à 63% et le taux de protéines de 8 à 13%. Pour une production laitière meilleure, le taux de protéine (pb) doit augmenter un peu plus vite que la digestibilité (DIG). Ainsi, le rapport entre les deux (pb/DIG) augmente ; il n’est que de 0,15 pour 3 l/j et doit être de 0,20 pour 9 l/j ou plus.

Un autre facteur à considérer pour une production laitière élevée est la race de vache à utiliser. Bien nourries, les vaches des races locales pourront produire 6 l/j, même 9 l/j sera possible. Mais si on est apte à se procurer des aliments en quantité et en qualité pour faire produire une vache locale 9 l/j, il faudrait considérer le recours à des croisements. Pour 20 l/j ou plus, étant convaincu que la production et l’achat des aliments nécessaires sont possibles et payants, il faut considérer l’achat des races laitières exotiques pures.

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Fiche technique 10 :

VALEUR FOURRAGERE DES SOURCES ALIMENTAIRES DISPONIBLES

1. Bien connaître les aliments potentiels

Avant de parler des exploitations « réelles » et leur potentiel pour faire produire du lait aux vaches et de faire grandir les veaux, cette fiche traite des fourrages et des aliments individuels. Ils peuvent être produits sur l’exploitation même (tabl. 12) ou ils peuvent être achetés (la majorité des produits du tabl. 13). La connaissance aide à décider quoi produire, quoi acheter, si on souhaite combiner cultures et élevage. Il s’agit ici de la connaissance technique ; la rentabilité sera traitée par les fiches de la partie IV.

Tableau 11. Caractéristiques du bétail et besoins fourragers de l’unité vache + veau pour trois niveaux de productivité animale

Caractéristique de l’élevage

Production laitière (l/j)

 

3

6

9

 

Le bétail

Poids vache

kg PV 1)

275

300

350

Age premier vêlage

ans

5

4

3

Intervalle de vêlage

mois

16

15

14

Nombre de lactation

n/an

0,75

0,80

0,85

Poids veau

kg PV 1)

     

Naissance

20

25

30

Age 1 an

75

110

150

 

Besoins fourragers

Besoins en TND 2)

kg/j MS 3)

     

Vache

3,3

4,6

5,9

Veau

0,7

1,2

1,7

Unité

4,0

5,8

7,6

Digestibilité minimale

% 4)

53

58

63

Taux de protéines

% 4)

8

10