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Tema

Les besoins des entreprises
en compétences linguistiques

François Grin | Genève

What foreign or second language skills do employers need? This appar-
ently straightforward question proves difficult to answer, for concep-
tual as well as empirical reasons. This short paper begins with an over-
view of the issue, showing that qualitative research on language use at
work, though necessary, is not sufficient to understand the processes conduit à porter une attention nettement
at hand. The paper then turns to the more or less “optimal” character moindre à l’écrit, alors que l’importance de
of language practices, before presenting survey data indicating that on l’écrit, loin de s’estomper avec le développe-
the Swiss labour market, companies appear to underestimate, or pos- ment des nouvelles technologies de l’informa-
sibly to deliberately understate, the extent of their needs for foreign tion et de la communication (TIC), n’a fait
language skills. que se renforcer;
• troisièmement, l’observation de telle(s) ou
More articles on this topic: telle(s) pratique(s) n’est en général pas mise en
www.babylonia.ch > relation avec des questionnements écono-
Thematic Archives > Topic 15 miques qui permettraient de faire le lien avec
les «besoins» des entreprises.

Les besoins des entreprises: un champ Ce troisième point mérite un commentaire plus
encore très mal connu approfondi. Car s’il subsiste un décalage notable
Le débat permanent sur le plurilinguisme (indi- entre les observations (qualitatives) des pratiques
viduel) et le multilinguisme (sociétal) fait fré- multilingues et la connaissance des besoins des
quemment référence aux besoins des entreprises entreprises, c’est parce que plusieurs phéno-
en matière de compétences linguistiques, et c’est mènes se liguent pour compliquer la chose. Ils
tout particulièrement vrai en Suisse. ont trait au statut des faits observés, qui est plus
Toutefois, ce débat souffre du fait qu’on connait ambigu qu’on pourrait le penser, et la section
étonnamment mal la réalité de ces besoins. En suivante de ce texte examine ce problème de plus
effet, les données font sérieusement défaut. près. La troisième et dernière section illustre
Certes, il existe une quantité d’études de terrain cette difficulté en partant de données récoltées
sur l’utilisation des langues dans le contexte lin- au cours de diverses études quantitatives réalisées
guistiquement pluriel de telle ou telle entreprise. en Suisse sur la base d’enquêtes auprès des em-
Ces études, qui fournissent une observation dé- ployeurs ou des employés.
taillée des pratiques linguistiques d’acteurs don-
nés dans des situations spécifiques, nous per-
mettent d’enrichir notre vision des processus de L’ambiguité des faits observés
communication. Cependant, elles ne suffisent pas Supposons qu’on observe, dans l’entreprise X,
à dire quels sont les besoins des entreprises en telle ou telle pratique langagière. Cela nous per-
matière de compétences linguistiques. Il y a à met-il de conclure que cette pratique est le reflet
cela trois principales raisons: d’un besoin? Non, et cela pour diverses raisons.
• premièrement, elles proposent essentiellement Détaillons pour commencer un point stricte-
des approches qualitatives – bien entendu né- ment statistique déjà évoqué plus haut: ces obser-
cessaires, mais insuffisantes pour tirer, à partir vations, en tant qu’elles portent sur deux ou trois
des observations effectuées, des tendances gé- cas, ne permettent pas de dire que tel ou tel phé-
nérales; nomène, qu’on observe dans l’entreprise X ou
• deuxièmement, la popularité, dans de larges même dans deux ou trois entreprises (X,Y et Z),
segments de la linguistique appliquée contem- vaudra pour «les» entreprises. Il est parfaitement
poraine, des études sur l’interaction orale, a possible que cela soit vrai, mais il est également

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le volume brevets déposés par l’entreprise. d’une langue de communication dessous de 30 observations. pas de tendance générale. chacun a intérêt à adopter elles-mêmes. Certes. Pour le dire en termes plus techniques. En. lables aux besoins des entreprises. la technologie la plus performante possible et à gières en entreprise. en faisant le raisonne- Ce problème ne concerne pas que les études qualitatives sans réfé. pratiques langagières en vue d’en inférer des ré- ternance codique par les acteurs). d’une part. on aurait fait ici l’hy- pothèse que les entreprises se situent sur la fron- tière efficiente. possible que ce que l’on a observé constitue un cas particulier. 18 Babylonia 02/13 | babylonia. d’autre part. l’entreprise. Fig. ou quelque autre variable permettant de jauger la perfor. quement un économiste. appelée également frontière d’ef- ficience – ou du moins pas très loin de celle-ci – au sens du graphique ci-dessous. dans telle ou telle pratique observée sont assimi- tion» n’est qu’un moyen mis en œuvre pour atteindre un objectif éco. le degré de pratique. Supposons en outre – même si c’est rarement le cas – que ces dire le dosage de différents facteurs) la plus cout- efficace possible (et à l’échelle de l’entreprise. les compétences que le personnel ou ra pas dire grand-chose sur les «besoins» des entreprises. Par mance de l’entreprise au sens économique. Même la «communica. conséquent. on peut supposer que si telle pratique est le profit. Mais outre que ceci suppose une concurrence très ai- guë ainsi qu’une vive sensibilité des producteurs à cette concurrence. unique et. de penser que ce que l’on a observé dans l’entreprise X est réellement le reflet de réalités largement répandues observations ne portent pas que sur les pratiques (ce qui permet. car les besoins la direction d’une entreprise mettent en œuvre n’apparaissent qu’en fonction des objectifs. en outre. la part de marché. même si l’on a des raisons convaincantes (fussent- elles de simple bon sens). la productivité. Car parler d’ordre de grandeur sup. 1: La frontière d’efficience Bureau de télégraphie. reste l’hypothèse que retiendrait quasi-automati- Cependant. ment suivant: du fait de la concurrence entre les rence aux variables économiques. l’évolution du nombre de Si. au sein de valides. il reste impossible de se prononcer sur l’ordre de miques pouvant être mises en rapport avec ces grandeur des phénomènes observés (par exemple. sur les pratiques langa. appliquer la technique de production (c’est-à- sante. le chiffre d’affaires. la fréquence de l’al. que les statisticiens situent en général aux alentours de 30. observée. on n’a relevé aucune information sur les couts. exemple. il est clair qu’on ne pour. il se pose également un important problème conceptuel. jusqu’à un certain point. gularités qui présentent un sens économique. de production. d’observations représentatives en quantité suffi. Par pose qu’on se réfère à une tendance. voire unique. à une valeur centrale ou moyenne. on peut vouloir tester l’existence et Or le concept même de moyenne (la plus simple de toutes les statis. En outre. même si ce terme renvoie en principe à des conditions techniques plus complexes). d’évacuer le problème de la langagières. il concerne les études économiques différents producteurs. mais aussi sur des variables écono- représentativité). cela suppose également que les entreprises ne pourraient pas faire mieux que ce qu’elles font (et que l’on observe). l’ordre de grandeur d’une éventuelle relation tiques) suppose un nombre minimal d’observations comparables et entre.ch . Telle est du nomique de rentabilité ou de profit. Supposons donc qu’on dispose. on pourra se permettre de parler «d’efficience». c’est parce qu’elle est profitable.

Il est donc possible que les pratiques observées ne Plus d’input donne lieu à une production plus soient pas optimales. même si l’on dispose d’observations représentatives. tions erronées mais largement répandues). cependant. prises ne peuvent pas faire mieux. fût-ce tacitement (cela ne signifie pas que la concurrence soit complexes. on a porté en abscisse les res. cherchent à différencier leur produit de manière à reconstituer. pour les be. l’entreprise G est candidate à une sortie du mar- ché. dans lesquelles un petit nombre de producteurs peuvent s’en- unique. tière efficiente apparente qu’on peut déduire d’une observation du ment constatée. par trop optimiste. nopolistique. du côté des inputs. comme mentionné plus haut. en raison de représenta- également retenir. dite «parfaite» est même rarissime en-dehors des marchés financiers. au que les entreprises. l’impossi. sur un bilité de représenter graphiquement des relations segment de marché rendu artificiellement distinct des segments voi- situées dans l’hyperespace conduit. et combinant des informations sur les pra- tiques langagières et les variables économiques pertinentes) permettraient de dire que ces pra- tiques langagières sont efficientes. y compris. 2 ci-dessous. marchés se caractérisent par des structures oligopolistiques. Par simplification. en grand On peut en rester là si l’on admet que les entre. à les condenser en entreprises à opter pour le meilleur régime linguistique possible est cette variable composite qu’on nommera «input». compétences. et que les compétences mises en œuvre dans le cadre de ces pratiques constituent On voit donc que les pratiques observées ne sont pas forcément opti- ipso facto les «besoins». soins de l’analyse (comme dans n’importe quel Néanmoins. 2: Frontière d’efficience véritable peut disposer sur ce schéma. Certes. et c’est la question vers laquelle nous guistiques dans leur processus de production. une situation ressemblant au monopole). sins.) Parmi les caractéristiques de chaque observation. dans un contexte concurrentiel. fréquem. totalement évacuée – à preuve. nombre. Si sources engagées dans un processus productif (les les monopoles au sens strict sont eux aussi peu fréquents. la plupart des inputs). puisque les en- treprises se situent plus ou moins sur la frontière d’efficience. il y a des dimensions langagières. en matière langa- positive. et même en situation de concurrence. Or. argent. l’idée que la concurrence amènera immanquablement les manuel d’économie. en raison de la loi. nous tournons dans la troisième et dernière section de ce texte. en nombre suf- fisant. les observations (représentatives. De fait. mais il est clair que les choses sont plus tendre. les res. à première vue. y compris le rôle des compétences lin. voire car- vement les inputs et les outputs sur un axe tellaires. Les entreprises ob- servées se trouvent soit sur la frontière efficiente. 19 Babylonia 02/13 | babylonia. la pression de la concurrence va marginaliser les pratiques langagières radicalement inefficaces. il se peut élevée (ou à un niveau d’output plus élevé. B.ch .). Cependant. gière. etc. constellation dans laquelle un petit nombre d’entreprises talent. réel: peut-être les entreprises pourraient-elles faire encore mieux en cette relation positive entre input et output est modifiant leurs pratiques. males. on peut tout si cette incomplétude les affecte toutes. soit à proximité immédiate de celle-ci (celles qui en seraient trop éloignées ne survivraient pas à la pression de la concurrence: dans notre exemple. celle-ci peut se situer au-delà de la fron- prise). c’est la situation que symbolise la fig. Ainsi. pourquoi pas. du reste). mais nous pou- qu’elles connaissent parfaitement leur propre vons nous demander si les entreprises «savent ce qu’elles font» en ma- réalité. etc. Les différentes entreprises (A. la banalité des cas de concurrence mo- sources engagées sont très diverses (temps.) constituent autant d’observations qu’on Fig. mais de façon de moins en moins nette. on exprime respecti. frontière efficiente. d’où la concavité de la courbe apparaissant dans ce schéma. tière de stratégie linguistique. D. soient loin de la véritable un autre indicateur de la performance de l’entre. des rendements décroissants. comme on va le voir. Mais la concurrence n’est pas partout – la concurrence Dans ce schéma. ce qui suppose Nous ne pourrons pas discuter de tous ces points ici. C. en raison d’une information incomplète (et sur- lieu d’output au sens de «production». ce n’est pas certain.

Certes. Fig. dans une moindre mesure. française ou italienne qui disent utiliser fréquemment le différentes régions linguistiques. voire plu. concerne l’échelle d’activité. La Suisse romande se distingue par des taux comme les ouvriers. aux services comme le conseil et placement de personnel. fonction. 3 des langues. Sur le caractère nécessaire des compétences en langues étrangères Une des façons de tester la mesure dans laquelle en ceci. professions libérales. les compétences linguistiques en langues «étrangères» sont plus souvent utilisées qu’elles ne sont exigées.ch . et l’ordre selon lequel elles sont exigées est légèrement différent de celui selon lequel elles sont utilisées. les représentations (et étrangères au travail les biais de déclaration qui peuvent les accompa- gner) commencent à se compenser mutuelle. la région économique ou encore la si. les exigences en la ma. 51. des représentations. l’allemand. les langues étrangères au quotidien et s’opposent. métallurgie qu’en Suisse italienne. dans les différentes régions 20 Babylonia 02/13 | babylonia. qu’on peut approcher au travers des indique le pourcentage de répondants basés dans les régions de langue déclarations de leurs collaborateurs basés dans les allemande. relativement faibles par rapport aux deux autres régions linguistiques. Allemand ment.8% et la Suisse alémanique. De même. les employés ou les fonc. Enfin. D’une façon générale. quand on dispose de données représentatives sur des échantillons de plusieurs centaines. l’utilisation effective tional que les langues étrangères sont le plus souvent utilisées. d’autre part. L’anglais en Suisse italienne lienne) est nettement plus répandue au sein de ainsi que l’italien en Suisse alémanique arrivent quant à eux en queue catégories professionnelles dites supérieures de peloton. 3: Utilisation («tous les jours ou presque») des langues sieurs milliers d’individus. par exemple entre la Suisse romande 11. les secteurs orientés vers la exception faite de l’utilisation de l’anglais. patrons. La fig. mais en même temps. Les activités pro- (cadres. qui y est plus courante production (alimentaire. et machinerie) ainsi que des secteurs comme le Le tableau est quelque peu différent si l’on s’intéresse aux exigences transport. comme le montre la Fig. Les données récoltées dans des enquêtes succes- sives sur les langues dans l’activité économique 33. agriculture. de l’anglais et et l’allemand en Suisse italienne. l’économie/finance/assurances. d’une façon moindre selon 27 le canton. fessionnelles en Suisse italienne apparaissent très investies par les deux naires supérieurs) qu’au sein de professions autres langues nationales.8% tuation géographique par rapport à la frontière Français Italien linguistique. langues étrangères ainsi que les exigences en 29. juste avant l’italien en Suisse romande. permettant à une tendance centrale rai- sonnablement fiable de se dégager. les entreprises apprécient correctement le rôle l’électronique/informatique. tionnaires. on constate sans grande surprise non formations: d’une part. on sait français. Sans grande surprise. l’ensei- que les compétences linguistiques jouent dans gnement et la recherche ainsi que le marketing. . lemand et l’anglais en Suisse romande. on observe que l’utilisation de langues étrangères (qu’il s’agisse de l’anglais et Les langues «étrangères» les plus fréquemment utilisées sont le français de l’allemand2 en Suisse romande. 6% termes de compétences linguistiques au sein de Anglais l’activité professionnelle sont très différenciées selon l’activité professionnelle.9% 51. la santé et l’immobilier utilisent moins en langues étrangères lors du recrutement. qui indique le pourcentage de répondants. 4. et ce à des niveaux très proches. en ce qui leur fonctionnement.8% 17 9% en Suisse1 nous montrent que l’utilisation des 9% .5 . de l’allemand. 35. c’est de comparer deux in. du français en Suisse alémanique. na- leurs employés. le secteur d’acti- % 18 vité ainsi que l’échelle d’activité (internationale. l’italien et l’anglais au travail à titre de langues que ces déclarations sont largement tributaires étrangères ou secondes.6% nationale ou locale). plus que c’est surtout dans les entreprises dont les activités et échanges tière qu’elles formulent lors de l’embauche de se déroulent au niveau international et. Viennent ensuite le français et l’anglais en Suisse alémanique puis l’al- du français ou encore de l’anglais en Suisse Ita.

les compétences requises pour leur poste3.Ces deux ex- trayant du taux d’utilisation le taux d’exigence à plications ne s’excluent cependant pas l’une l’autre. Fig. et peuvent même l’embauche.9% 5. romande (dans ce dernier cas. même si elle sait pertinemment qu’elles seront gée).3 .7 4. italien et anglais à titre de langues étran- gères ou secondes. Pour s’en convaincre. Par ailleurs.3 2. et le sera d’autant plus que les exigences posées sont spécifiques. l’anglais en Suisse ro. le français en Suisse italienne et l’alle. il peut être rentable pour l’entreprise de ne pas exiger cer- d’une embauche sur 100 où cette langue est exi.ch . l’an. l’ita. tandis que les différences les plus faibles renvoient quant à elles aux l’ordre selon lequel les compétences linguis. une entreprise interprétée comme un indicateur du «non-sa.2 +36. elle lui aura demandé. tiques sont exigées est légèrement différent de Ces résultats. dans le cadre d’une forma- discrépance entre les deux informations en sous. reprenons glais en Suisse alémanique. 15% 7% Anglais +10. utiles.6% Français Italien % 22. La langue la précèdent. pour mi- pauvres» sont l’anglais en Suisse italienne. les différences les plus tiques en langues étrangères sont plus souvent fortes renvoient aux langues étrangères les plus couramment utilisées. une fois tance du multilinguisme. toute procédure de recrutement est cou- lien en Suisse alémanique et l’italien en Suisse teuse. a priori.9% deux la Suisse italienne: il s’agit en effet des différences entre utilisa- tion et exigences pour le français et l’allemand dans cette région lin- guistique. mand en Suisse romande.ou sous-estiment leurs besoins à proches. si voir». de même que les considérations des deux sections qui celui selon lequel elles sont utilisées. être se combiner avec une troisième: lors de l’embauche. L’écart le plus faible concerne l’italien en Suisse romande. nimiser leurs couts: en effet. de la part des entreprises. 5: différences entre taux d’utilisation et taux d’exigence ([% d’utilisation] – [% d’exigence]) Allemand linguistiques.2 % Fig. +17. de l’impor. par les entreprises elles-mêmes. romande peut fort bien exiger d’un candidat qu’il sache l’anglais.2% 7% 3. beaucoup à étudier avant de conclure que les entreprises «ont besoin» Viennent ensuite. Il D’une façon générale. Suisse alémanique. 5. Cette comparaison est nommé. les «parents mais bien d’une stratégie délibérée. gèrera ses contacts avec des clients ou des fournisseurs en proposée dans la fig. l’apparente sous-estimation des besoins que nous venons de mettre en mande.9 +1 8. langues les plus rarement utilisées. les compétences linguis. utilisées qu’elles ne sont exigées.2% exigence lors du recrutement sont les plus fortes concernent toutes Français Italien 0. on recense moins dès lors. alle- mand.9 recrutement % +1 Anglais % Allemand +1 % 3. 17. doivent nous amener à la prudence: il nous reste encore plus exigée est l’allemand en Suisse italienne. taines compétences. lors de l’embauche. Il est possible qu’il ne s’agisse pas là d’une sous-estimation. 4: Exigences linguistiques lors du +2 4. tion continue. évidence. à des taux relativement de ceci ou de cela. auxquels on a demandé.2% % 15 Les langues pour lesquelles les différences entre utilisation effective et 15. lors de l’em- 21 Babylonia 02/13 | babylonia. quitte ensuite à leur donner. Enfin. cette discrépance peut.6% % +1 8. Dans ce but. et qu’elles sur. est intéressant de constater qu’en la matière.3 % +1 16. le français en Suisse alémanique. elle part du principe que c’est en anglais que le candidat. l’égard de telle ou telle compétence. des compétences en français. afin de ne pas exclure d’emblée des candidats potentiellement On peut mettre plus directement en évidence la intéressants.

évaluation des politiques publiques dans ces de vue des acteurs individuels. ment professeur invité à l’Università della pétences linguistiques sont assurément pétences et récompenses: la valeur des langues en Svizzera italiana. Des discré. l’inves. qui les ré. Behr. Sfreddo. à la langue française de Suisse romande quant aux façons exactes dont cette clut également le dialecte alémanique. économie de l’éducation et munèrent parfois fort bien. Notes mie à la Faculté de traduction et d’interpré- On se limitera donc ici à une conclu. valeur apparait. 19-40. 1875. lui a pas demandé. place. Il s’est spécialisé en écono- nécessaires aux entreprises. F. basé sur des études Hentschel. linguistiques et stratégie de recrutement des cette langue lui est utile – et s’en servir une certaine prudence s’impose. The Economics of the Multilingual Work. F. même si on ne quantitatives soigneuses. Suisse. in I. lors de l’embauche. pp. s’il sait nation de la nature précise des besoins 3 Voir Grin. est aussi nécessaire que ja- pances entre les exigences à l’em. publications. quêtes en question. Grin. en Suisse alémanique. effectivement – pour divers contacts regard approfondi. l’employé. F. où il est l’auteur de nombreuses tissement dans ces compétences se jus. Gérer les échanges. cf. 1 Pour des informations détaillées sur les en. P. économie. bauche et les pratiques ultérieures François Grin peuvent donc également naitre par ce est depuis 2003 titulaire de la chaire d’écono- biais. peut constater que des entreprises en telle ou telle langue. M. Gustave Caillebotte. Fribourg: Éditions Universitaires. de savoir l’anglais. C. 22 Babylonia 02/13 | babylonia. riat avec une recherche qualitative ri. Les raboteurs de parquets. D. la catégorie «allemand» in.). Langue. Mais 2 Dans ce qui suit. domaines. Il est président de la Délégation tifie en général sans difficulté.. (2010). et quant à la détermi- une fois nommé. Il est égale- sion au caractère provisoire: les com. & Vaillancourt. du point Grin. et mie des langues.ch . bauche. C. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle. Lang (dir. (DLF). (2010). F. mais. Kauffmann & C. goureuse. tation de l’Université de Genève. Com. en partena. de connaitre l’allemand. & Sfreddo. entreprise. et un entreprises. (1999). Besoins aussi l’allemand. Londres/New York: Routledge. Farges. Cependant.