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ot Serge PRON TS iets INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? a eww © BL Pharmattan ponition © L’Harmattan, 2002 ISBN : 2-7475-3443-X INTRODUCTION Francis JAUREGUIBERRY et Serge PROULX Le fait de qualifier d’« espace citoyen » le nouvel espace de discussions publiques ouvert par Internet ne renyoie pas uni- quement vers une problématique de la citoyenneté juridique définie selon les principes du droit. Evidemment, Pidée de légiférer & propos de ce nouvel espace public que constitue Internet est une initiative urgente et importante. Ii est en effet nécessaire d’établir des definitions juridiques claires pour micux saisir et encadrer |’ensembie encore flou des nouvelles pratiques lies au nouveau lieu d’interactions sociales et sym- boliques que désigne, depuis une vingtaine d’années, Vappellation de cyberespace. Cette dernire expression, investie par certains d’une forte charge utopique et idéologique, définit, pour la recherche sur les technologies d'information et de communication, espace social de transactions et de discussions publiques constitué par ensemble des interactions en ligne de différents groupes d’usagers. Ces derniers se connectent en utilisant différents dispositifs de communication médiatisée offerts sur Je réseau des réseaux (listes ou groupes de discussion, chats, MUD, MOO, etc.). Mais il ne faudrait pour I’heure ni tenter de stabiliser trop vite les normes sociales et techniques ni cléturer les problématiques juridiques car cet environnement de pratiques et d’usages technologiques est en dynamique de changement permanent et suscite de vives transformations dans Jes pratiques sociales qui étaient déja-la. Nous inspirant du travail de Dominique Schnapper, qui dis- tingue trois grandes catégories pour penser fa citoyenneté (la loi, la légitimité politique, le lien social), nous pouvons consi- dérer que le présent ouvrage traite surtout des deux derniéres dimensions de Ja citoyenneté. Premiérement, une citoyenneté fondée sur le principe de Ia légitimité politique qui fait appel a une « communauté des citoyens » constituée de I’ensemble des individus définis comme étant égaux et ot chacun est détenteur d'une partie de la souveraineté politique de !’ensemble. 8 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? Deuxiémement, une citoyenneté définie comme source du lien social : en effet, ce n’est plus la religion qui retie les individus entre eux, mais plutét le fait « d’étre citoyens de la méme orga- nisation politique. (...) Chaque citoyen participant 4 la méme souveraineté a droit au méme respect, il a droit a voir recon- naitre sa dignité. Les relations entre les hommes sont fondées sur l’égale dignité de tous. »'. Nous voila donc devant deux dimensions intéressantes de la citoyenneté qui vont nous per- mettre d’interroger le phénoméne Internet du point de vue de l'espace politique qu’i!l contribue a faire émerger. La question plus large du lien social constitue la probléma- tique essentielle qui recouvre ces deux dimensions de la ci- toyenneté (comme fondation de la légitimité politique du vivre- ensemble et comme source du lien social). Revenons donc a la question centrale qui se situe en amont de 1a conjoncture histo- rique de |’explosion des nouvelles technologies de communica- tion (dernier quart du vingtiéme siécle): Qu’est-ce qui a, jusqu’alors, fait lien dans le vivre-ensemble ? Qu’est-ce qui fait lien aujourd’hui? Et que peut-on penser de ce qui fera lien demain ? D’abord, et depuis plusieurs millénaires, la religion continue de constituer dans de nombreux pays une source évidente du tien social (Durkheim). Ensuite, avec l’avénement de la moder- nité, synonyme du «désenchantement du monde » (Weber), i’Btat-nation a eu tendance a prendre partiellement ou totale- ment le relais de I’Eglise. C’est ici que la citoyenneté moderne apparait : en imposant la séparation entre Jes pouvoirs de |’au- dela et de -bas, de I'Eglise et de I’Etat, du sacré et du pro- fane. La Révolution francaise va promouvoir une citoyenneté formelle et juridique fondée sur |’explicitation des « droits de I’homme et du citoyen ». On passe donc d'une légitimité du Roi a une légitimité de l’individu autonome et, conséquemment, 4 celle de |’ensemble des individus que I’on appellera la «nation » ou le « peuple ». Avec la modernité politique sont donc nées les « nattons » composées essentiellement de sociétés individualistes, Mais, aujourd’hui, le pouvoir de la nation (celle-ci étant pensée comme totalité sociale historique particuli¢re a travers Jaquelle les acteurs sociaux vivent prioritairement leur insertion et leur appartenance globale 4 «la société ») est considérable- ment affaibli dans un environnement économique et culturel en ' Schuapper D., Qu’est-ce que la citoyenneté ?, Paris, Gallimard, 2000, p. ll. INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? a voie de mondialisation. Dans nos sociétés industrialisées et indi- vidualistes, la citoyenneté constitue-t-elle toujours une source essentielle du vivre-ensemble ? Le double contexte de globali- sation économique et de mondialisation des cultures engendre un mouvement oi se retrouvent simultanément, d'une part un affaiblissement du poids des Etats-nations dans I'aréne de la gouvernance mondiale, et d’autre part !a mise @ disposition de dispositifs socio-techniques de communication rendant possi- bles de nouvelies formes d’expression et de revendication & un niveau global de la part d’acteurs individuels et communautai- res jusque-Ia habitués & intervenir plutét localement. Ces nou- veaux usages technologiques, ces nouvelles pratiques de communication et d'échange rendent possible en effet (expression de la parole individuelle et collective des cultures et des communautés des petits pays, des petites nations, en d’autres mats, l’expression et les revendications des acteurs individuels et communautaires de la société civile (Serge Proulx). Quelle est aujourd’hui la source vitale du lien social qui perdure ? Dans espace politique actuel, est-ce que tout est nécessairement médiatisé par l’ordre de 1a représentation, et conséquemment par le registre du spectacle ? Le phénoméne Internet, en tant que nouvel espace public, pourrait-il s’inscrire dans le sens contraire de cette tendance qui consiste a réduire I’espace poli- tique au registre de ma mise en scéne ? Internet serait-il davan- tage qu’un média de masse supplémentaire s’additionnant a une liste déja longue de moyens de divertissement favorisant un subtil contournement du politique ? L’hypothése mérite d’étre posée. Car déja, Internet croise et fait converger le monde des communications point a point (télécommunications) avec Je monde de la diffusion de l’information et du divertissement par les grands réseaux médiatiques (mass media). Les réles tradi- tionnellement assignés aux concepteurs, producteurs et récep- teurs sont redessinés : de petits acteurs sociaux anonymes sont investis d’un pouvoir de diffusion de leurs idées 4 une échelle globale. Il reste que ces nouveaux dispositifs socio-techniques sont encore inégalement distribués, inégalement accessibles selon les diverses couches sociales et en fonction de la richesse des na- tions. D’ailleurs, la facilitation de l’accessibilité 4 la technologie ne coincide pas nécessairement avec une généralisation des usa- ges, ceux-ci restant tributaires de la maitrise par tes individus d’un minimum de connaissances et de capital culturel. Ainsi, pour décrire la reproduction des anciennes inégalités dans le champ des nouveaux possibles technologiques, on est en droit 10 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? de parler d'une « fracture numérique », étant entendu que cette expression mérite un travail de déconstruction critique articulé notamment 4 la prégnance de la fracture politique (Dominique Wolton). Cette fracture numérique peut étre précisément me- surée, du moins pour un certain nombre de pays et de conti- nents (Eric Guichard). Dans les sociétés industrialisées et démocratiques, ou Inter- net est devenu aujourd’hui un dispositif de communication presque banalisé, on est en droit de formuter I’hypothése que ce dispositif pourrait engendrer la constitution d’un nouvel espace délibératif, donc susciter une démocratisation des échanges et éventuellement, une plus grande participation citoyenne dans les processus de prise de décision dans la cité. Pour tester cette hypothése, un travail préalable d’explicitation des régles et d’observation des usages démocratiques effectifs de cette tech- nologie devient nécessaire. Encore ici, une condition politique apparait nécessaire au dépioiement effectif d’Internet comme espace citoyen: les individus et les groupes qui acceptent de communiquer via ce dispositif doivent avoir en commun et partager une certaine culture démocratique (Eric George). Le présent ouvrage propose plusieurs études détaillées fondées sur l’observation fine de situations ot Internet se présente comme un dispositif délibératif suscitant une participation accrue des citoyens au processus de décision politique. Ainsi, Bernard Corbineau, Gérard Loiseau et Stéphanie Wojcik appréhendent, a partir d’indicateurs spécifiques, tes formes que revét la démo- cratie municipale 4 travers une analyse des sites Internet muni- cipaux d’un ensemble de villes frangaises. De leur cété, Duncan Sanderson et Andrée Fortin étudient les traces que des individus et des communautés ordinaires (s’identifiant 4 un lieu géogra- phique spécifique: la petite ville québécoise de Trois-Riviéres) ont pu laisser sur leurs sites Web ouverts sur ce nouvel espace global que constitue le cyberespace. Ces auteurs se montrent particuliérement attentifs aux enchevétrements et aux transfor- mations identitaires mis en jeu dans ces va-et-vient narratifs entre les racines d’une identité locale et le registre global de Vexpression & [’échelle du cyberespace. Pour sa part, Nadia Dillenseger décrit minutieusement les procédures sous-jacentes a la mise en scéne publique sur un site web d’une controverse techno-scientifique née autour des risques encourus par des usagers de téléphones mobiles. Ici, i’auteur met I’accent sur la relation symétrique connectant |’architecture communication- nelle du site A Ja forme narrative particuliére du récit a travers lequel un groupe associatif spécifique appréhende le risque INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? 11 technologique qui est en jeu. Viviane Le Fournier nous propose pour sa part les résultats d’une étude menée auprés des équipes éditoriales responsables de la réalisation respective de dix-neuf sites Web diversifiés autant par leurs approches que par leurs thémes. L’auteur s’intéresse plus particuligrement 4 la percep- tion que les éditeurs multimédias ont de leurs ctientéles. Elle constale que ces éditeurs n’accordent qu’une place réduite a leurs internautes. Son texte se termine par un appel a une meil- leure coordination entre les éditeurs et les usagers de leurs sites. S’appuyant sur une étude de I’usage d’Internet par de jeunes Québécois, Guillaume Latzko-Toth met en évidence le role d’Internet comme lieu complémentaire de socialisation. Ce réle apparait particuligrement important dans le cas des jeunes internautes de 15 4 19 ans qui sont a la recherche d’une stabili- sation identitaire et d’une autonomie, au moment méme od ils tentent de s’insérer dans la vie socio-économique. L’usage d’Internet favorise ici un type de sociabilité (vie en bande, constitution de relations d’affinité) raréfiée dans le contexte de nos sociétés fortement individualistes, Les trois derniers chapitres du présent ouvrage offrent des contributions signifi- catives au nécessaire travail de théorisation interdisciplinaire de ces nouvelles pratiques engendrées par Internet. Cherchant a ouvrir le champ de la sociologie des usages & une dimension jusqu’ici rarement prise en compte par ces courants d’étude, Florence Millerand explore systématiquement les contributions de la psychologie et de J’anthropologie cognitives pour appréhender la dimension cognitive de l’appropriation des artefacts communicationnels, Cette contribution théorique invite les sociologues & prendre au sérieux a la fois le registre des micro-adaptations empiriques (entre usagers et artefacts) et celui de la coordination entre concepteurs et usagers dans ’élaboration d’une théorie de la construction sociale des usages des dispositifs de communication. Luc Bonneville s‘interroge quant & lui sur les nouvelles représentations de la temporalité qui apparaissent & travers l’usage des nouvelles technologies et qui se substituent aux anciennes représentations, fermement ancrées dans la quotidienneté des individus. L’auteur formule hypothése de I’existence d’un « paradoxe représentationnel », les utilisateurs cherchant a se situer simultanément dans et hors le temps. Surgit alors une tension dynamique entre le rapport exacerbé au temps objectif et la volonté, avec I’aide d’Internet, dune réappropriation subjective d’un «temps & soi». La contribution de Francis Jauréguiberry dessine les contours du dispositif Internet comme outil inédit d’expérimentation de soi. 12 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? Empruntant le vocabulaire de G. H. Mead, l’auteur montre que V’expérimentation en ligne d’un sof virtue! peut conduire & deux extrémes (ceux-ci étant présentés comme analyseurs de ce genre de pratique): soit 4 la dissolution de I’individu dans sa réalité virtuelle, soit A I"expérimentation critique des limites de son identité. Dans le premier cas, gofitant sans retenue aux délices de la reconnaissance de ses fantasmes par le réseau, lindividu risque de s’enfermer dans une pratique compulsive d'Internet qui peut alors étre considéré comme une veéritable drogue d’un moi narcissique. Dans le second cas, Vexpérimentation virtuelle d’une autre identité que la sienne peut au contraire conduire |’individu a adopter une attitude plus ouverte et créatrice, a mieux vivre le décalage entre son idéal du moi et la réalité, 4 se replacer dans le monde et 4 mieux comprendre les autres. La majeure partie des textes ici présentés sont issus de com- munications faites lors du XVI° Congres international de l’Association internationale des sociologues de langue francaise (AISLF) dans le cadre de son groupe de travail « Sociologie de la communication » dont sont fondateurs les éditeurs du présent ouvrage’. ? Le site Web de ce groupe est : www-univ-tlse2.fr/aisif/gtsc/index.htm CHAPITRE | MONDIALISATION ET MOUVEMENTS D’ AFFIRMATION IDENTITAIRE : EXPRESSIONS POSSIBLES DE LASOCIETE CIVILE INTERNATIONALE Serge PROULX «Tl faut commencer un débat d’idées sur les modalités pratiques de |’établis- sement de la démocratie mondiale, au lieu de continuer & nous plaindre du manque d’action des autres. » Troy Davis Attardons-nous sur deux tendances qui caractérisent simul- tanément les transformations sociales et culturelles dans le monde d’aujourd’hui, tendances parfois en synergie, souvent en contradiction (Castells, 1999)'. La premiére tendance coincide avec une globalisation de !’économie. Quoiqu’assez ancienne, cette tendance s’est particuligrement accélérée depuis la fin des années 1980. Ce mouvement d’accélération est en conjonction évidente avec le développement redoublé 4 échelle de la planéte des technologies d'information et de communication (TIC) et des médias. La seconde tendance recouvre une série de mouvements d’affirmation identitaire qui se sont exprimés vigoureusement dans le dernier quart de siécle. Ces expressions identitaires ont pour noms mouvements communautaires ou associatifs, écologisme, nationalismes, affirmations souverainistes des petits pays, affirmations identitai- res des peuples autochtones, féminismes, mouvements homo- sexuels, fondamentalismes religieux. Ces mouvements sont bien sir diversifiés quant A leur importance historique ou politique respective ou du point de vue de leurs plates-formes de revendications idéologiques. Bien évidermment, certains de ces ' Ce texte constitue une version remaniée et actualisée de PROULX, 2001, 14 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? mouvements ne sont pas nés dans le dernier quart de siécle et sont historiquement plus anciens. Mais, indépendamment de ces disparités et divergences entre eux, on pourrait soutenir avec Castells que ces mouvements d’affirmation inscrivent leurs singularités identitaires soit comme une position de repli, soit comme l’expression d’une opportunité stratégique face a la tendance globalitaire. Je vais d’abord présenter ce que l’on a coutume de désigner par cette expression de globalisation de I’économie pour ensuite décrire le rdle crucial du contréle des réseaux numéri- ques de communication dans ce processus. Aprés une réflexion critique concernant la réactualisation de fa pensée planétaire & l'ére des réseaux, je développerai I’hypothése voulant que des solidarités citoyennes émergent de certaines actions des nouveaux mouvements d’affirmation identitaire en contexte de globalisation. Ces nouvelles solidarités témoignent de I’émergence possible d’un nouvel Acteur historique dans l’aréne de la gouvernance mondiale: un nouvel Acteur com- munautaire qui agit globalement en tant que porte-parole de la société civile internationale. 1- UNE GLOBALISATION DE L’ECONOMIE Phénoméne déja trés ancien, les transactions commerciales 4 l’échelle mondiale se sont intensifiées depuis les années 1950- 1960, Ce mouvement d’intensification du commerce 4 I’échelle mondiale s’est poursuivi au point od aujourd’hui, a !’échelle du droit international, c’est le « droit du commerce » qui s’impose largement et au détriment d’autres droits tout aussi fondamen- taux comme le droit au travail, le droit a la santé, le droit de communiquer librement. Pensons au dossier dit de l'exception culturelle mettant en relief Vimportance du respect de l’autonomie des différentes populations de la planéte a produire et a diffuser leur propre cuiture. If appert que cette question de l’exception culturelle est traitée comme un sous-ensemble du dossier du commerce international géré a |’échelle des organi- sations internationales (OMC). En symbiose avec ce triomphe du commerce et du marché global, "explosion des technologies de l’information a accom- pagné !’émergence d’un nouveau type d’activités économiques de nature essentiellement spéculative. Voila en effet que I’on connait depuis une décennie, une accélération considérable des €changes de capitaux (due aux transferts trans-frontiéres élec- troniques instantanés des données, ce qui a pour conséquence INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? 15 une généralisation de la monnaie électronique), ce qui améne la constitution d’une économie financiére essenticllement spécula- tive, de plus en plus importante en regard de I’économie réelle fondée sur la production et les échanges effectifs de biens et services. La réduction significative du temps requis pour effec- tuer les transactions financiéres est particuligrement remarqua- ble. Celles-ci sont d’ailleurs parfois anticipées et gérées auto- matiquement par des logiciels prenant en compte des seuils spécifiques déterminés l’avance par les acteurs financiers. Sous l’effet simultané d’un relachement des réglementa- tions concernant les transactions financiéres et du développe- ment accéléré des TIC, on assiste 4 la création d'une sphére financiére globale od s’intégrent et convergent les marchés locaux, les places financiéres nationales et les centres de coordi- nation internationaux. Cet élargissement planétaire de la déréglementation (suppression ou assouplissement des régles ou réglements considérés comme nuisibles au bon fonctionnement de l’économie de marché) fait suite au démantélement (1971) des Accords de Bretton Woods (1944) qui avaient posé le principe d’une régulation des flux de capitaux tout en favori- gant un accroissement des échanges économiques. En cohérence avec l’idéologie néo-libérale, devenue dominante a I’échetle planétaire depuis la Chute du Mur de Berlin (1990), ce démantélement a eu pour conséquence I’abandon de la régula- tion des flux économiques a |’échelle mondiale, ce qui a favorisé une globalisation du capitalisme a l'ensemble de la planéte. Va-t-on vers la création d'un marché global ? Cette globalisation du marché — déja effective dans certains secteurs — est définie comme la nouvelle phase de développement des entreprises transnationalcs capitalistes. Parallélement, on assiste 4 une réorganisation radicale des firmes marquée par le néo- fordisme : accélération des fusions et concentrations, organisa- tion flexible et structuration en réseaux, délocalisation i.e. production de biens dans les pays 4 bas salaires destinés a @tre exportés ensuite dans les pays ot le pouvoir d’achat est élevé. Le discours sur la globalisation - et la « glocalisation » — des marchés devient le discours idéologique des managers des multinationales et des dirigeants politiques des puissances occi- dentales. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. 34 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? inégalités culturelles. Non seulement certaines demeurent, mais d'autres sont créées par ces nouveaux systémes techniques. En fait, penser qu’Internet a grande échelle réduirait les inégalités, c’est tomber dans le piége de I’idéologie technique qui établit un continuum entre ia technique et Ja société. Six milliards d'internautes ne garantiraient ni la paix, ni le dévelop- pement, car les hommes peuvent faire aussi bien la paix que la guerre avec les techniques de communication. Les terroristes du 1] septembre 2001 I’ont une fois de plus montré. C'est le projet politique culturel qui donne sens a la techni- que, et non la technique qui crée le projet. La preuve, il y a trente 4 quarante ans, on croyait, déja, que si tout le monde s’équipait en informatique, le monde changerait. Il y eut sur Pordinateur et son rdle social et politique, tes mémes discours ue lon retrouve & propos d’Internet. Aujourd’hui, Vordinateur est partout. La société a-t-elle changé? Les hommes ne sont pas meilleurs au bout des réseaux aujourd’hui que devant les ordinateurs hier. Parler de fracture numérique ou de société de l’information c’est techniciser la société, au liew de socialiser la technique, c’est mettre bout 4 bout des logiques hétérogénes, celle de ia technique et celle de la société. Internet pour tous est un projet industriel, pas un projet politique. Par contre, la technique peut faciliter 1a renaissance d’uné réflexion ou d’une utopie politique. On |’a vu réguliérement, avec le téléphone, la radio, la télévision, l’ordinateur et aujourd’hui Internet. Ce qui est important, dans ce cas, n'est pas la technique, mais fa relance d’une critique politique. Et la technique n’est que le moyen. Il faut alors étre 1 trés empiriste, observer les réalisations et les expérimentations, et voir les inno- vations. On est 14 dans la situation classique de la socialisation de la technique. Par exemple: la révolution technique de I’imprimerie ne prend son sens que par rapport au profond mouvement de la Réforme. Et la radio et la télévision ne prennent leur sens que par rapport a I’énorme mutation de la société et de la démocra- tie de masse. Pour l’instant Internet attend son projet politique, et renforce une tendance légitime, mais qui existe déja depuis le XVIII siécle, A savoir la communication individuelle. De toute fagon, les événements tragiques du 11 septembre ont rappelé que la fracture politique est beaucoup plus grave que la fracture numérique. Ils moatrent que le probléme n’est pas technique, mais politique. Non seulement !humiliation médiatique américaine au Proche-Orient sur vingt ans a nourti un terrorisme désespéré, mais, de plus, les médias occidentaux INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? a5 ont montré comment au Proche-Orient il y avait deux poids, deux mesures, selon que vous étes Irakiens, Israéliens ou Palestiniens. Ce sont les médias classiques qui montrent la violence de Ia politique. Autrement dit, c’est la communication politique qui s’impose, et non la communication technique. Le 11 septembre 2001 sonne le glas d’une dizaine d’années d’une idéologie technique folle, qui n’était d’ailleurs que celle de !’Occident, car le reste du monde n’y a jamais cru autant. L’Occident a cru qu’Internet allait devenir le nouvel horizon idéologique aprés la fin du communisme. C’est au contraire tous les problémes politiques internationaux, gelés depuis un demi-siécle, qui se sont réveiliés. Et la fracture numérique ne change rien ou plutét elle donne le sentiment, au Sud, que le Nord trouve toujours un moyen de conserver une distance et une avance en présentant aujourd’hui Internet, dont i a toutes les maitrises techniques, financiéres, juridiques et cognitives comme le moyen pour le Sud, de rattraper son retard. Ce que montrent les événements du 11 septembre, c’est importance cardinale des dimensions sociales, culturefles ct idéologiques de la communication, C’est d’abord dans le respect mutuel et ’'adhésion & un misimum de valeurs démo- cratiques partagées par la communauté internationale que réside la condition de la paix et du développement, et non pas dans l’accés A un grand nombre de réseaux. Les Etats-Unis ont confondu information, technique et politique... Ou plutét, ils ont cru pouvoir imposer une politique au travers de leurs tech- niques d’information. Brutalement, c’est une autre logique politique qui s’est imposée a eux. « Echelon » ne peut rien contre Ja violence humaine, et c’est par elle qu’il faut com- mencer — c’est-a-dire par la politique — si l’on veut qu'une autre communication internationale puisse un jour s’établir. Autrement dit, méme dans les perspectives d’une communi- cation mondiale lige au projet de la communauté internationale, telle que 1a défend |’ONU, te plus important n'est pas la techni- que qui permet d’organiser les échanges d’informations dans le village global, mais la capacité culturelle et politique que les peuples ont de se tolérer mutuetlement et parfois de se com- prendre. Le I septembre nous a rappelé |'importance et le primat de la communication politique par rapport a la communication technique. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. 40 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? Tl est aussi clair que de telles statistiques favorisent les institutions au sens large (entreprises, universités, mairies, écoles, etc.) et sous-estiment les usages domestiques (ordinateurs connectés 4 I’Internet par |’intermédiaire de modems). Cela ne pose pas de probléme, dans la mesure ol nous sommes conscients du fait que les chiffres étudiés témoignent avant tout de l’essor d’une infrastructure et qu’il serait dangereux de prétendre qu’ils peuvent estimer des usages individuels de I"Internet. Les données démographiques, recueillies auprés du site du PNUD (ONU) pour l’estimation des populations des pays, datent de 1996. On peut considérer qu’elles ne rendent pas fidélement compte de la rapide croissance démographique de certains pays du tiers-monde au cours de la précédente décennie. Un tel argument peut aussi étre retourné, au vu des multiples génocides qui affectent |’Afrique. Mais il est plus important de rappeler que pour beaucoup de pays, aucun recensement exhaustif n’a été réalisé depuis la période coloniale, C’est le cas par exemple du Soudan, dont le nombre d’habitants est fixé 4 20 millions depuis 1956. On s’accordera donc sur le fait que le PNUD propose des estimations relativement fiables. 1-4- Logiques argumentatives Reste a interpréter de tels chiffres. Ce que nous allons nous efforcer de faire, dans le cadre de ce texte. Cependant, nous renvoyons aussi 4 l'URL http;//barthes.ens.fr/atelier/cartes. Nous proposons 1a des cartes animées qui décrivent, pour |’Europe et pour l'ensemble de la zone RIPE, le phénoméne d’appropriation de |’Internet, mois par mois, depuis 1992. En effet, la carte nous apparait comme un élément de synthése, de preuve qui compléte efficacement I’argumentation textuelle, cette dernitre ffit-elle complétée de lourds tableaux de chiffres. Par ailleurs, l’animation permet de visualiser un phénoméne temporel, ce que l’imprimé ne peut reproduire : nous espérons par ce fait montrer en quoi I'Internet participe d’une recomposition de !"écriture, et comment les pratiques éditoriales traditionnelles sont amenées a étre repensées avec la diffusion de cette « technique ». 2- ANALYSE 2-1- Les prémisses de |’Internet En juin 1992, I’Internet est réservé 4 de petits groupes de chercheurs en sciences exactes : le nombre de noms de domaine INTERNET, NOUVEL ESPACECITOYEN ? 4l nationaux ne dépasse jamais le millier : 759 pour !’Allemagne, 273 pour la France, 266 pour la Grande-Bretagne. De méme, le nombre d’ordinateurs connectés a l'Internet est trés faible: 40 983 pour !’Alemagne, 18 166 pour la France, 28 439 pour la Grande-Bretagne, soit entre 31 et 50 machines pour 100 000 habitants dans ces trois pays. On distingue déja, pour ce dernier taux, un différentiel qui ne cessera de s’amplifier (voir tableau n° 1) : la Scandinavie (Norvége, Finlande, Suéde), puis la Suisse, 1’lslande et la Hollande dépassent les 100 machines pour 100 000 habitants (entre 309 et 125 exactement), tandis que neuf autres pays européens et Israél en ont entre 10 et 76. L’Italic et |"Espagne (8 machines), la Gréce (4 machines) sont dans le peloton de queue de I’Europe, tandis que le premier pays du continent africain est la Tunisie, avec 0,087 machine pour 100 000 habitants, soit en tout 7 ordinateurs connectés a I’Internet sur tout Ie territoire, pour 2 noms de domaine. Tableau n° 1 (juillet 1992) (“groupe |_nombre Pays (ordre décroissant dans le groupe) 1 100-310 [Norvége, Finlande, Suéde, Suisse, Islande, Pays-Bas. 2 10-100 |Autriche, Allemagne, Royaume-Uni, Danemark, Israél ‘|France, Luxembourg, Irlande, Portugal, Belgique. 3 1:10 Italie, Espagne, Gréce, Estonie, Pologne. 4 <1 |Hongrie, Tunisie. _ } Ainsi, A cette époque od le Web se construit & peine (en novembre 1992, on ne dénombrera que 26 serveurs Web’), les dés semblent déja jetés : les Finlandais sont en moyenne dix fois plus connectés que les Frangais, lesquels le sont 5 4 10 fois plus que les pays européens de la fagade méditerranéenne, 30 fois plus que les Estoniens, Polonais et Hongrois ; 1’Afrique et les autres pays de la zone RIPE sont clairement absents. 2-2- Deux ans plus tard En janvier 1995 (voir tableau n° 2), le peloton de téte reste le méme, mais le nombre de machines (pour 100 000 habitants) a été multiplié par 5: les six pays précédents du groupe | affichent désormais un taux supérieur 4 500; le Danemark intégre ce groupe (522 pour ce pays, et un maximum de 1755 pour I’Islande). § Source : www. W3.org/History.html. 42 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? Tableau _n° 2 Ganvier 1995) | groupe} nombre Pays (ordre décroissant dans le groupe) i 500-2000]Islande, Finlande, Norvége, Suéde, Suisse, Pays-Bas| \Danemark. 2 | 100-500 |Royaume-Uni, Autriche, Allemagne, Israél, Belgique Iirlande, France, Luxembourg, République Tehéque. Estonie, Slovénie, Hongrie, Fspagne, Italie, Portugal Grace, Croatie, Potogne, Slovaquie, Lettonie, Chypre. Lituanic, Russie, Turquie, Roumanie, Bulgarie, Ukraine. Los <1 [Tunisie, Egypte, Azerbaidjan, Algérie, Biélarussie, A l’exception du Portugal, qui affiche un faible taux (56), les pays du groupe 2 de juin 1992 suivent la tendance générale, puisque leurs taux varient entre 149 et 413 machines pour 100 000 habitants (Grande-Bretagne) ; la corrélation avec le développement industriel apparait manifeste si l’on considére exemple de la Tchéquie, récemment séparée de la Stovaquie : elle rejoint le groupe 2, avec 114 machines pour 100 000 habitants alors que ce dernier pays reste 4 un niveau bas: 29 machines. De nombreux pays d’Europe de |’Est apparaissent sur I*échiquier de |’Internet, et certains dépassent !’Italie (56), l’Espagne, le Portugal et la Gréce (38). La Tunisie reste le premier pays africain avec 0,6 machine (et 3 noms de domaine), suivi par "Egypte (0,27 et 13 noms de domaine pour un pays de 63 millions d’habitants, ce qui donne une machine pour 370 000 habitants), l’Algérie (0,035 et 3 noms de domaine). Les autres pays d’Afrique, d’Asie centrale, et de Ia péninsule arabique sont tout simplement absents. En premiére conclusion, les chiffres varient mais la donne ne change pas: les pays les plus connectés conservent leur avance, et ce sont des pays trés riches. Ensuite, on trouve les principaux pays européens développés, Les pays d’Europe de I’Est récemment convertis a 1’économie capitaliste apparaissent, avec des taux qui rappelient ceux de l’Europe médiane en 1992. Trois pays du tiers-monde se glissent dans cette statistique qui concerne une quarantaine de pays, quand une soixantaine d’autres pays du tiers-monde sont aux abonnés absents. 2-3- Début 1997 En janvier 1997, on constate une nouvelle multiplication par quatre du nombre moyen de machines pour 100 000 habitants, les pays d'une catégorie donnée arrivant @ la moyenne des pays du groupe supérieur deux ans plus tét (voir tableau n° 3) : la INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? 43 Finlande affiche 6 machines pour 100 habitants, taux déja élevé’. Elle est suivie par I’Islande (4 %), la Norvége (4 %), ta Suéde (2,8 %) et le Danemark (2,1 %). Le second groupe (taux de machines supérieur a 0,5 % mais inférieur & 2 %) est, a quelques variations prés, le méme qu’en 1995: ta Slovénie et le Liechtenstein y appartiennent, mais pas la France, qui devient le premier pays du troisitme groupe de pays affichant_un taux entre 100 et 500 machines pour 100 000 habitants, Elle passe donc au 20° rang, aprés avoir été au 14° en 1995 et au 12° en juin 1992. Autrement dit, l’incapacité des élites frangaises 4 comprendre tes transformations de I"écrit consécutives au développement de |’informatique et de I"Internet, a quoi if faut ajouter un discours particuligrement agressif contre I’Internet sous Je gouvernement du premier ministre Alain Jupp¢ de 1995 a 1997 a bridé l’appropriation de ]’Internet en France’. On peut alors comprendre que I’Internet n'a pas plus été plébiscité dans les anciennes colonics frangaises, qui ont souvent a leur téte des dictateurs qui attendent, en matigre de développement des infrastructures, la générosité intéressée du pouvoir parisien. Le Maroc s’intégre dans le groupe réduit des pays d’Afrique du Nord, et passe méme devant la Tunisie et I’Algérie, mais est juste derrire I’Albanie, qui ne propose pourtant que 2,3 machines pour 100 000 habitants. Tableau n° 3 (janvier 1997) _. Groupe | nombre Pays (ordre décroissant dans le groupe) 1__| 2000-6400 |Finlande, Islande, Norvége, Suéde, Danemark. 2 500-2000 |St Marin, Suisse, Pays-Bas, Royaume-Uni, Autriche, Israél, Allemagne, Luxembourg, Irlande, Slovénie . Lichtenstein, Belgique, Estonie. 3 100-500 France, République Tchéque, Italic, Hongrie, Espagne Portugal, Lettonie, Chypre, [les Féroé, Stovaquie| Gréce, Pologne, Malte, Croati }o4 10-100 |Lituanic, Bulgarie, Roumanic, Yougoslavie, Turquie| 4 __|Macédoine, Ukraine, Russie. i} o5 1-10 |Arménie, Géorgic, Egypte, Moldavie, Biétarussie| Albani, Maroc. 6 <1 Azerbaidjan, Tunisie, Algérie. § 6393 machines pour 100 000 habitants. ? Eric Guichard, « Internet, un coupable idéal 2», Terminal, n° 71-72, 1996, pp. 181-190. 44 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? On a done I’impression que I’Internet se déploie 4 grande vitesse, puisque le nombre de machines connectées aux réseaux double en moyenne chaque année. Comme la majorité des pays sont partis de rien, l’avancée des uns ne semble pas signifier grand chose, puisque si I’on raisonne en termes de retard, celui- ci se résorbe en deux a trois ans. Mais les premiers pays a combler ce retard sont les pays de l'Est, dotés d’un capital culture! bien plus élevé que les pays du tiers-monde, du moins en termes de compétences scientifiques et techniques. 2-4- A la mi-2000 En aot 2000, la situation s’est légérement transformée (voir tableau n° 4): si l'on continue A raisonner en termes de translation d’un groupe A l’autre, on retrouve approxima- tivement le méme peloton de téte : les pays dépassant le score de la Finlande en 1997 (soit plus de 6 machines pour 100 habitants) sont quasiment toujours les mémes : [slande (11,5), Norvége (10,5), Finlande toujours (10,2), Hollande (8,8) et Suede (7,2). A ceci prés que le pays le plus connecté est maintenant le Liechtenstein (11,8). Les pays ayant un taux d’accés par habitant compris entre 2 et 6 % sont, comme par hasard, des Etats fort bien développés : Danemark (5,8), Autriche (5,1), Suisse (3,4), Irlande (3), Belgique et Grande-Bretagne (2,9), Israél et France (2,9), Estonie et Allemagne (2,2). La encore, d’autres « pays », en fait enclaves fiscales de pays européens, s’immiscent dans ce second groupe; Groenland (4,2), Gibraltar (3,7), Iles Faroe et San Marin (2,1), Iles de Guernesey et de Man (2). Le troisiéme groupe est constitué d’autres paradis fiscaux, des Emirats Arabes Unis (1,6 %), des autres pays d’Europe (Est inclus), de Bahrein (0,3 %). Le premier pays afticain est maintenant le Sénégal (0,017 %, soir 17 machines pour 100 000 habitants), tandis que le Maroc en est & 6 machines pour 100000 habitants et que Il’Ouganda, ia Céte d'Ivoire et l’Egypte sont cantonnés a un taux de 3 machines pour 100 000 habitants. On pourrait raisonner de fagon optimiste en remarquant que ce dernier pays s’affirme désormais devant VAlgérie (0,73 machine pour 100.000 habitants) et la Tunisie (0,27), qui a donc vu son taux baisser depuis 1997. Ou de fagon cynique, en comparant les moyennes de l’Egypte et du Liechtenstein; une machine pour 33 000 habitants, contre une pour 9! On constate en fait que !es « pays» qui ont Ie plus grand nombre de machines connectées sont ceux qui ont les moyens a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. CHAPITRE 4 DYNAMIQUES D’ECHANGES PUBLICS SUR INTERNET Eric GEORGE En publiant L’espace public. Archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise en 1962, Jirgen Habermas a non seulement posé un geste fondateur qui a fourni l’occasion a bien des chercheurs et des chercheuses de réfléchir sur I’une des principales facettes du monde social, mais il a également adopté une double démarche, & la fois basée sur |’élaboration de normes et sur I’observation des faits. Ainsi, nous a-t-il proposé une lecture de l’espace public qui repose & la fois sur la construction dun «idéal-type » autour du principe de «I’usage public de la raison » pratiqué par les personnes privées rassemblées en un public, et sur une analyse de terrain correspondant notamment aux situa- tions révolutionnaires. Etude — indirecte parce que basée sur une littérature de seconde main — de ces périodes et travail normatif ont donc été de pair. Aprés avoir considéré que le modéle de la délibé- ration des égaux sur les affaires qui relévent de la politique a été pour la premiére fois pensé et concrétisé dans la Gréce antique, il estime que l’espace public a été préservé & travers les siécles non pas comme « formation sociale » mais comme « modéle idéologique ». On est bien ici dans le registre de |’établissement de normes, d'une norme idéale en !’occurrence liée 4 une conception idéologique de la société, de la démocratie!. Cette position normative adoptée, il descend sur le terrain. Il s’intéresse alors aux espaces publics * Si on entend le terme idéologie comme maniére de se représenter globatement la société, ce qu'elle est, mais aussi et sans doute surtout ce qu'elle devrait étre, ou ce qu'elle devrait rester. 50 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? concrets, les cafés, les salons, les réunions d’habitués qui constituent autant de lieux ot se développe cette sphére publique littéraire qui comprend aussi peu a peu Il’ensemble du marché des biens culturels et informationnels, 4 commencer au XVIII° et au XIX° siécle par la presse écrite. Dés lors, comment Jiirgen Habermas pourrait-il faire autrement que constater un certain fossé, voire un fossé certain entre son idéal et ce qu’il observe, étant donné que ses observations le ménent sur le terrain de la « formation sociale » et non plus princi- palement du « modéle idéologique » pour reprendre ses propres termes ? Le philosophe allemand a abordé 4 nouveau le concept d’espace public trente ans aprés (1992 {1990]) en liant celui-ci au concept de démocratie délibérative qu'il place dorénavant au coeur de sa réflexion. Si au cours de son parcours, il s’est intéressé de moins en moins aux médias, il a continué a lier démocratie et com- munication, suite 4 ses développements consacrés aux concepts d’espace public, d’agir communicationnel et d’éthique de la dis- cussion, Sans doute n’‘attribue-t-il plus la méme importance a la raison, mais il demeure « habité» par |’étude du processus de confrontation des points de vue, des options rationnelles, qui permet de produire du consentement comme I’effet de convictions com- munes. La démocratie délibérative peut étre envisagée, mais celle-ci repose une fois de plus sur une conception normative des échan- ges : « la discussion rationnelle est supposée étre publique et discur- sive, accorder des droits de communication égaux aux participants, requérir sincérité et interdire toute sorte de force autre que la faibie force du meilleur argument. Cette structure de communication est supposée créer un espace délibératif pour la mobilisation des meil- leures contributions disponibles sur les sujets les plus pertinents » (1997a, p. 45). De leur cété, les auteurs (cf. entre autres Calhoun et al., 1992, Pailliart et al., 1995) qui se sont intéressés @ l’espace public média- tique’ ont souvent conclu que celui-ci correspondait peu a |’idéal- type habermassien qui pose que l’espace public est organisé selon ? Anne-Marie Gingras note avec raison que si "espace public n’a jamais &é réduit aux médias, ces derniers l’ont quand méme largement défini: «du moins les médias constituent-ils le tieu privilégié incarnant I'espace public » (1995, p.16). Ce choix apparait d'autant plus dominant que notre société est caracterisée par une augmentation des pratiques de communication médiatisée par tes dispositifs techniques, qu'il s’agisse notamment du téléphone, de la radio, de la télévision, ct plus récemment de |’ordinateur. INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? 51 les principes de rationalité, d’accessibilité et de transparence. Anne- Marie Gingras a proposé 4 ce sujet un ouvrage des plus intéressants au titre évocateur « Communication et démocratie : le grand mal- entendu » (1999). Une analyse empirique qui repose sur une re- lecture croisée des travaux de Theodor W. Adorno et de Max Horkheimer, d’Antonio Gramsci, de Louis Althusser, de Douglas Kellner et de Stuart Hall lui permet de « voir le réle des médias comme un des maillons dans |’ensemble des moyens dont disposent les élites pour maintenir leur domination sur la société, et plus précisément leur hégémonie, un concept qui suppose une forme d’acceptation des faits par la collectivité » (ibid., p. 229). 1- L’INTERNET, ESPACE PUBLIC DEMOCRATIQUE ? Or, certains observateurs, & commencer par Nicholas Negroponte (1995) estiment qu’avec le développement de disposi- tifs techniques communicationnels souvent qualifiés de « nouveaux », notamment concrétisés par la diffusion de I’ Internet auprés de vastes populations, du moins dans les pays riches, ily ala une rupture totale avec les médias traditionnels. Pierre Lévy écrit par exemple que « le cyberespace peut apparaitre comme une sorte de matérialisation technique des idéaux modernes. En particulier, Vévolution contemporaine de l’informatique constitue une éton- nante réalisation de I’objectif marxien d’appropriation des moyens de production par les producteurs eux-mémes. Aujourd’hui, fa “production” consiste essentiellement a simuler, a traiter de l'information, 4 créer et a diffuser des messages, 4 acquérir_et transmettre des connaissances, 4 se coordonner en temps réel. Dés lors, les ordinateurs personnels et les réseaux numériques remettent effectivement entre les mains des individus les principaux outils de lactivité économique. Bien plus, si le spectacle (le systeme médiati- que), selon les situationnistes, est le comble de la domination capita- liste, alors le cyberespace réalise une véritable révolution, puisqu’il permet — ou permettra bientét — 4 tout un chacun de se passer de I’éditeur, du producteur, du diffuseur, des intermédiaires en général pour faire connaitre ses textes, sa musique, son monde virtuel ou tout autre produit de son esprit » (1997, p. 122). Autrement dit, les nouveaux moyens de communication réalise- raient l’espace public congu par Jurgen Habermas. 52 INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOYEN ? Ces auteurs rejoignent en celales chercheurs qui ont abordé I’Internet d’un point de vue historique en mentionnant souvent son caractére démocratique. Si l’on en croit Jean-Frangois Tétu et Francoise Renzetti, « les principes qui ont présidé a |’évolution de I’Internet font favorisé] l’égalité des usagers et la liberté de tous. L’organisation de |’Internet en une société savante, représentative des intéréts des utilisateurs, [a semblé] susceptible d’asseoir 1a légi- timité du réseau. L’Internet [est] alors [apparu] comme I’armature d’une démocratie internationale scientifique » (1995, p. 192). Les Requests for Comments (RFC) symboliseraient bien la nature de la coopération entre membres d’un «collége invisible» dont Vexistence repose sur des intéréts communs. Comprenant 4 la fois des préoccupations trés techniques et des réflexions trés philosophi- ques, ceux-ci représentent des « appels aux commentaires » faits par un individu ou par un groupe. Quel que soit son statut, toute per- sonne se sentant concerée peut répondre a cet appel en apportant son témoignage. Le débat est alors ouvert pendant un certain temps, toutes les propositions étant étudiées par des membres bénévoles de I’Internet Engineering Task Force (l’IETF). Cette derniére est une structure Iégére, ouverte a tous, qui a été créée par les concepteurs de I’Internet afin de bénéficier des contributions des universitaires, chercheurs et ingénieurs du monde entier. Une fois le débat clos, le nouveau document peut alors servir de documentation en figne au titre de norme en vigueur. Le principe des RFC a été appliqué a toutes les dimensions de I’Internet, de la mise au point des différents protocoles aux recommandations en matiére d’échanges. D’une certaine fagon, on retrouverait dans le RFC une concrétisa- tion du modéle habermassien de la démocratie délibérative. Usage de la raison, accessibilité et transparence semblent en effet étre de tigueur. 3 Nous employons le conditionnel car nous ne pensons pas forcément que c'est le cas. Toutefois, cette question importante ne correspond pas tout 3 fait A celle que nous souhaitons traiter. Notons simplement que certains auteurs parlent d’« intelligence collective» ou d’« intelligence distribuée » en prenant notamment comme exemple les échanges entre scientifiques. A notre avis, en se basant le plus souvent sur une approche cognitiviste, ceux-ci abordent le social de fagon erronée, leur vision ne tenant pas compte des conflits, des divisions et des rapports de force. On pourrait méme dire qu’ils nient Je social (voir a ce sujet Miége, 1998). Toutefois, pour traiter cette question de fagon approfondie, il faudrait étudier la fagon dont les RFC ont été congus. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina 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tit for his book. TABLE INTRODUCTION (Francis Jauréguiberry et Serge Proulx) ......-- 7 1- MONDIALISATION ET MOUVEMENTS D’ AFFIRMATION IDENTITAIRE : EXPRESSIONS POSSIBLES DE LA SOCIETE CIVILE INTERNATIONALE (Serge Proulx, 3 1- Une globalisation de l'économie. 2- Le contréle des réseaux numériqu rouage essentiel de la mondialisation son 3- Internet et la réactualisation de la pensee planétaire de McLuhan - a 4- De nouvelles formes de solidarité 22 5- Emergence d’un nouvel acteur historique dans l’espace politique global 2. 2- FRACTURE NUMERIQUE OU FACTURE NUMERIQUE ? (Dominique Wolton, pasuvewsevieas 3- MESURES DE LA FRACTURE NUMERIQUE {Eric Guichard) 37 3- Noms de domaines 4- DYNAMIQUES D’ECHANGES PUBLICS SUR INTERNET (Eric George) a Tana 1- L'Internet, espace public démocratique 2- Retour sur la « Netiquette »........-..++ 3- Des « régles de bon usage » aux usages effects 4 De l’auto-organisation 4 la modération comme modes de régulation des Echanges ........+:.-esseeseeererrettes 5- De la liberté d'expression a 1’égalité devant!’ expression. 6- Le réle structurant de la techniqu a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. a You have either reached 2 page thts unevalale fer vowing or reached your ievina tit for his book. INTERNET, NOUVEL ESPACE CITOVEN T Com cwvrage vine b maret cener ot comgremiog bes pratagers ae ene eee hewn a meen rqeee / wmrve tems we tete rt ryetedages et Alege domes eer cmpteee fants | gpeiates outer gee COR COO Cp ETE po come (ew bre (hag aepepe Pi citcdogpet Grfiet poet te rr err te cer bey en teiagars femme a 11 Oe Commematn at | Cee wut de wamacmom © be daceeeem ee meee emagere heel ow de pene comrenhes mses ene. s eremietie da ret emt Brew b romt dare oe meee repens‘ Lheme ot somite tls ot bet eee hes pee | eee de Le rryeterctate es © phe errs bere ee ee eaten s qe eke ae | ger plenge en wyrew de te mew oe setee 61 Ge operteriy * beteeeet cmt d Gememtage qu ee mute de meee fegplimrersey + thtermmmen b ome bree dtp) bemger de mervres de breton fe ree et ete | (cemerermmens ty eee Cre NV ype Weer et | Cena: dey WreReS Ac) peTNTTeY Prem: JARI CREAT 66 me done pete a Cement be Pew at homer ae hahormmare Semuttt Ememmmrmarat st Levntemre MT) de ONES Co femteirer of reagents de peepee a evel eee ade Le mmm tet | Kees maine oti mate dee sewtetiogers de lenges Pamper (AIRS) ent eres porwer cer Leper ef ctgeaind matliatined tt par en amare tire tem tmcdoguery el prmn o de te oe Serge PRUCLT ost aw adioges profivewre se omens une + CL meer ey Ae (Rate 2 Mwai vad ot dew tree die Comomge ar com tee te ee ee de romper de rarwal + Sectotoge de le commences + de FESS ne ewe prewar ner hen eamgey dry on tmckogeey dir! ompormmmmen oe die se ml tt preegert de memati owns per nye wees Seam Sgr Hatt) ox ' EN Dats ee GIN CMe GeEie LiSpele Bidens AUTeUr \ ogee par Gre Pepagret