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DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
INTRODUCTION.

Le cours sera divisé en deux grandes parties : on abordera d’abord les questions générales du droit
constitutionnel, comment il s’est construit, de manière abstraite et à partir de l’analyse de systèmes étrangers
et de l’histoire constitutionnelle française, etc. ; puis les institutions et le fonctionnement institutionnel. Il ne
faut pas laisser s’accumuler une somme d’incompréhension, à aucun moment, et retenir l’importance des
commentaires, en se concentrant sur les idées dégagées plutôt que sur le contenu cité de l’article. Il est bien
d’utiliser un manuel de référence. Il y aura un Salon du Conseil Constitutionnel, ce samedi 10 octobre à
partir de 10 heures, auquel il pourrait être intéressant d’assister.

L’essai sur la Constitution : tout bouge mais rien ne change, peut compléter la première partie du
cours, puisqu’il y aura peu de référence à ces notions dans un manuel. Deux épreuves auront lieu au cours du
semestre : un oral-écrit, une épreuve d’une heure, avec un sujet, qui pourra prendre la forme d’une
dissertation, ou d’un commentaire de texte bref -on nous demandera alors le plan et la rédaction.- Le but ?
Trouver les questions transversales qui permettent d’y répondre. C’est un exercice, en effet, qui vise à
vérifier notre compréhension des grandes questions abordées, mais il doit être nourrie d’un certain nombre
d’informations cependant. Il faut savoir résumer, chercher, trouver et hiérarchiser, soit établir un cadre
conceptuel solide, plus qu’un cumul de connaissances. Une séance de révision se produira avant l’examen
lots duquel nous trouverons réponse à toutes nos questions.

INTRODUCTION GÉNÉRALE. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU
DROIT CONSTITUTIONNEL.
I. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.
II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
III. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
A. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT.
B. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ?

INTRODUCTION GÉNÉRALE
HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL

Nous ferons ici la présentation d’un certain nombre d’idées qui seront par la suite développées et
approfondies, d’où l’importance de l’articulation des idées, afin d’aboutir à une vision d’ensemble.

Nous partirons d’une définition qui se solidifie, s’effrite, et se modifie au cours du temps. «  La
Constitution ce sont les normes juridiques qui régissent le gouvernement d’un État, et on entendra par droit
constitutionnel, le droit relatif à la constitution, à ses fondements et à ses effets. » Il s’agit là d’une définition
générale, et partiellement inexacte ou incomplète, elle sera modifiée à mesure que nous avancerons dans le
cours.

2 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Nous procèderons maintenant à une reprise rapide de l’histoire du droit constitutionnel, et non de
l’histoire constitutionnelle, mais encore plus précisément, de l’histoire de l’enseignement du droit
constitutionnel, puisqu’elle est tout à fait révélatrice de la manière dont le droit constitutionnel a évolué. Bien
qu’il y ait un décalage dans le temps entre la manière dont une matière évolue, et la manière dont on
l’enseigne, ce retard n’est pas infini. On envisagera ensuite les perspectives contemporaines de l’évolution du
droit constitutionnel avant de voir les fondements du droit constitutionnel.

I. L’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.

La Déclaration de 1789 est la première pierre du Droit Constitutionnel -à l’avenir, DC- français.
Comme objet d’étude, le DC deviendra une discipline qui émergera à la fin du XVIIIe s., avec la Révolution
Française et la déclaration d’indépendance des EE.UU.

Avant la Déclaration, le DC n’est quasiment pas enseigné, et les disciplines enseignées sont le Droit
Romain, Civil et Canonique. Il y a dès cette période un enjeu politique de l’enseignement du DC. DIDEROT
et d’autres philosophes, dans un mouvement, vont critiquer l’absence de son enseignement, ou en tout cas, de
son objet : le droit des sujets, les institutions, etc. ; soit l’organisation de l’État, la démocratie et les droits des
citoyens, dans les termes de l’époque. Il s’agit d’un argument que l’on va retrouver jusqu’au début de la IIIe
République, et qui se trouve être éminemment politique. MAUPEOU, chancelier et ancien Ministre de la
Justice utilisera, par ailleurs, cette formule : « Il est imprudent de toucher aux mystères qui concernent les
maximes fondamentales de la Constitution  ». Il faudra attendre la Révolution pour que l’enseignement du
DC soit généralisé dans les facultés de droit, mais ceci aura peu de portée puisque, dès 1795, elles seront
supprimées et remplacées par des écoles de droit départementales de mauvaise qualité. L’enseignement du
DC ne se développe pas alors.

En 1804, sous le 1er Empire, les facultés de droit sont rétablies et le DC également, quelques années,
puis il disparait. En 1819, il réapparait, pour disparaitre à nouveau en 1822, sous la Restauration. Le motif de
la suppression est que l’on souhaite «  éviter que l’imagination ardente des étudiants ne s’égare dans des
controverses politiques.  » L’idée ici traduite est que celui-ci touche trop à la matière politique pour être
enseigné de manière juridique. Il y a donc un perpétuel mouvement de suppression et de rétablissement. En
1834 il est ainsi rétabli, à nouveau, avant de disparaitre une nouvelle fois, et il est finalement rétabli
définitivement en 1887, sous la IIIe République, période durant laquelle il devient une matière au concours
d’agrégation.

La France, comme on le verra en partie, est caractérisée alors par une très forte instabilité
constitutionnelle, surtout dans la période qui suit la Révolution. La stabilité des principes issus de la
Révolution vont se trouver dans le Code Civil -à continuation, CC-, alors que la Constitution -à continuation,
C.- se veut un texte instable et très politique. Dans la deuxième phase, -qui correspond à la première moitié
du XXe s. et jusqu’au début de la 2e GM-, le DC est un droit essentiellement institutionnel, ce qui implique
que l’on s’occupe des formes du gouvernement, de la description des institutions et des pratiques
parlementaires et gouvernementales. Pendant cette période, le droit public va s’incarner essentiellement dans
le droit administratif. Cela est dû à ce que la C. ne se réfère qu’à des dispositions générales, et pour autant, la
protection des droits et libertés individuels se fera essentiellement par l’intermédiaire de la jurisprudence, en
accord avec ces principes. Dans l’après guerre, se produit un changement important de perspective du DC, et
celui-ci va essentiellement se tourner vers la sphère politique. À cela plusieurs raisons : l’analyse de la
conception anglo-saxonne et américaine, essentiellement politique, et l’analyse marxiste du DC ; et le rejet,
d’un autre côté, d’une approche strictement juridique de celui-ci, au regard du fait que le DC a constitué un

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cadre qui s’est assez bien prêté aux régimes qui se sont installés, à travers l’Europe et en Allemagne par
exemple. C’est à dire, qui n’a pas constitué une barrière contre l’installation de certains types de régimes.

Dans la dernière phase, depuis les années 1980, la doctrine constitutionnelle a connu une évolution
assez profonde, notamment sous l’impulsion du réinvestissement par des textes constitutionnels à fort
contenu normatif et de par l’existence d’un juge constitutionnel. La C. se prévaut alors de beaucoup plus que
de dispositions institutionnelles et l’on assiste incontestablement, en plus d’une juridicisation, à une
juridictionnalisation du DC, qui commence alors à être invoqué devant les tribunaux. Le DC s’applique alors
à l’ensemble des branches du droit. Il est devenu un droit utilisable et utilisé par les praticiens du droit,
notamment à travers la question prioritaire constitutionnelle, -QPC, à l’avenir.- C’est alors que l’on constate
la forte séparation des disciplines que sont la science politique et le DC, qui s’écartent alors très largement
l’une de l’autre.

II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.

Les Constitutions, bien que ce que nous exposerons après est vrai mais incomplet, contiennent deux
types de règles : relatives à l’organisation du pouvoir -en son aspect institutionnel, et qui forme le droit
constitutionnel substantiel ; puis relatives aux droits fondamentaux. Cette référence aux droits fondamentaux,
cependant, est à la fois vraie et trompeuse, et partielle puisque l’on trouve aussi dans la C. un certain nombre
de principes, et de valeurs, qui ne sont ni des droits fondamentaux, ni des libertés fondamentales, ni
d’ailleurs, des dispositions institutionnelles. En France, seul le premier type de règle, jusqu’en 1971,
intéressait le DC ; date à laquelle le Conseil Constitutionnel -à continuation, C. Constitutionnel- reconnait à
la fois valeur et effectivité au Préambule de la Constitution qui se réfère aux droits et libertés fondamentaux.

Ceux-ci vont prendre de plus en plus d’importance du fait du contrôle de constitutionnalité, et aussi,
par une espèce de retour aux sources de 1789, et notamment à l’art. 16 DDHC, qui indique que si la garantie
des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, il n’existe pas de C. Il s’agit là d’une
fausse affirmation, puisque l’on peut très bien établir un régime autocratique par une C. ; c’est un jugement
de valeur, une déclaration idéologique, qui renvoie la C. à la séparation des pouvoir et à des valeurs, en plus
d’un mode d’organisation particulier. Le problème est que ces droits fondamentaux, sont devenus bien plus
qu’un ensemble -à continuation, E.- de règles fixées par la Constitution. Ils sont devenus, en quelque sorte,
l’un des fondements sur lesquels doit se construire et s’appuyer le pouvoir. On trouve d’ailleurs cette
formulation dans la C. de 1958, qui fait référence aux notions de souveraineté et de droits de l’homme, mais
encore plus clairement dans la C. allemande, qui reconnait des droits et libertés inaliénables, à toute société
humaine. Elle fait ainsi référence à des droits préexistants quasiment ontologiques, et de ces droits, l’oubli
est la cause du malheur publique, ce pourquoi ils doivent être réaffirmés.

Il n’y a pas ici de création, sinon plutôt une réaffirmation de ces droits, le caractère inaliénable de la
dignité, et l’égalité des êtres humains étant des postulats de la DDHC de 1789, fondée d’ailleurs sur une idée
chrétienne de la conception naturaliste que l’on s’est faite de l’homme ; la loi découle de la conception de
l’homme. Si n’est pas reconnue la dignité de l’être humain, il n’y a pas de raison pour que ces droits en
découlent. Il s’agit de postulats en terme de valeur, et pour cette raison, le système des droits fondamentaux,
est considéré comme un fondement de l’ordre social. Remarque : Ne mettez pas de signes positifs ou négatifs derrière des
mots. Ainsi, ce qui est démocratique est démocratique, et les droits fondamentaux ne font pas la démocratie, de manière que si l’on
affirme que l’U.E. n’est pas un système démocratique, il s’agit là d’un simple constat juridique, et non pas d’une conception négative
ou critique de l’Europe. La démocratie répond en effet à des critères juridiques, qui entrent ou non, dans un système, et ne dépend pas
de l’appréciation favorable ou défavorable que l’on s’en fait. La pédagogie par la provocation, également, lors du cours, vise la
destruction d’idées toutes faites pour qu’elles puissent être ensuite reconstruites par chacun. Il ne faut pas affecter à ces affirmations
une valeur positive ou négative, sinon qu’elles sont simplement dirigées à éveiller notre curiosité.

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DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Cette évolution du DC s’est opérée sans véritable modification des textes constitutionnels. C’est une
évolution qui a principalement et essentiellement résidé dans la figure du juge. Le premier phénomène a
voulu que les droits fondamentaux irriguent, ou s’appliquent à l’E. des champs juridique, -en effet, de
nombreux principes constitutionnels touchent à d’autres branches ou domaines du droit.- Le deuxième
facteur s’est fait à travers deux caractéristiques des droits fondamentaux, d’abord parce qu’ils sont
nécessairement exprimés en des termes généraux, et que c’est de ces principes généraux que nous allons
déduire des règles et droits précis ; puis parce qu’il va falloir les concilier. À ce sujet, l’idée de progrès en
terme de droits fondamentaux est une idée assez fausse. Elle peut être globalement vraie, notamment si l’on
se penche vers la question de la suppression de la peine de mort, par exemple. Mais en prenant d’autres
exemples, on s’aperçoit que plus se développe la liberté d’entreprendre, celle de choisir et se débarrasser de
ses salariés, plus se limite le droit au travail ; plus s’étend la liberté de la vie privée, plus se réduit la liberté
d’expression des journalistes. Il s’agit là d’un exercice d’application contrôlée de plusieurs droits
fondamentaux, sauf peut-être dans le cas du principe de dignité, qui est le point d’ancrage des droits
fondamentaux, et qui ne connaît pas les même limitations. Dans la réalité, les droits fondamentaux doivent
être conciliés, et il n’apparaît pas de hiérarchie évidente.

Ces deux points vont donc conduire à des conséquences fondamentales aujourd’hui : c’est
l’institution du juge, qui joue ce rôle fondamentale de les balancer. C’est la raison pour laquelle nous
sommes dans une société où, bien que le juge ne dispose pas d’un pouvoir d’origine démocratique, il occupe
une place essentielle. Il existe une séparation fondamentale entre le pouvoir politique et le pouvoir du juge,
bien plus que celle d’un pouvoir exécutif, face à un pouvoir législatif. Pour le juge, son instrument, et son
outil, est le contrôle de constitutionnalité. Le phénomène contemporain essentiel de la prise de pouvoir du
juge, est très largement le résultat de cette situation. Objectivement, on peut donc débattre de la notion de
progrès, en dehors de certaines questions précises, telle la peine de mort, puisqu’il existe des questions
extrêmement sensibles d’équilibre, comme c’est le cas, par exemple, pour l’avortement, et de conciliation
entre droits, libertés et normes qui s’opposent. La place des droits fondamentaux, le pouvoir du juge, sont
autant de choses qui, bien qu’elles ne soient pas reflétées dans les textes, ont vu leur application évoluer en
grande mesure. Ces changements s’opèrent sans que rien ne se décide. On notera que l’on parle encore
d’autorité juridictionnelle et non de pouvoir juridictionnel.

La souveraineté, sous ses deux formes, est une autre de ces évolutions. La première forme de
souveraineté est l’interne, la seconde, celle de l’État sur le plan international. Sur le plan interne, dans une
démocratie, la souveraineté est celle du peuple. Celle de l’État, veut que l’État soit indépendant de tous les
autres, et qu’il soit simplement lié à ceux-ci de manière contractuelle, par l’intermédiaire des Traités. Cette
souveraineté réside dans l’autonomie et l’indépendance des États. Cependant, on observe que la
souveraineté, en ses deux aspects, est remise en cause. Sur le plan interne, dans une démocratie, c’est la
souveraineté du peuple, en partant de deux définitions, la première purement textuelle, où la souveraineté est
le pouvoir initial et inconditionnel, qui veut qu’il n’existe pas de souveraineté partagée. Il peut exister un
conflit de souveraineté, plus qu’un partage, et l’on ne doit pas confondre le partage des compétences qui
relèvent de la souveraineté et le partage de la souveraineté. La construction de l’État français s’est faite
autour de cette notion clé de souveraineté du peuple, ce qui n’existe pas, par exemple, dans l’histoire de
l’Allemagne ou d’autres pays.

Le lien entre la démocratie et la souveraineté vient du fait que dans une démocratie, le peuple est
souverain. Or, à partir du moment où un juge peut dire que l’on ne peut modifier la C., parce que ceci serait
contraire à la norme fondamentale, on est en droit de se demander qui est réellement souverain. C’est la
situation en Allemagne, où le juge pourrait ainsi sembler souverain. En France, en 1958, un projet questionne

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M. à celle d’État. l’U. Par. C’est donc une provocation lorsque l’on affirme que l’Allemagne est fondée sur la démocratie et la France sur les droits fondamentaux. qui a parfois plus de poids que le pouvoir politique. INTRODUCTION GÉNÉRALE la suppression de certains droits fondamentaux et le juge ne s’y oppose pas. selon les pays. tel que le mariage gay. dans sa conception actuelle. la souveraineté s’évapore. fonctionne mal dans les pays qui ont un système dit démocratique. tant qu’il conservera la liberté de quitter l’Europe. qui forme le lien traditionnel. Si l’on part d’une définition générale. lorsqu’elles souhaitent par exemple combattre le régime d’un dictateur. M. Nous verrons maintenant que l’État. et autres éléments d’influence. Les conséquences dévastatrices du Printemps Arabe démontrent bien que la démocratie doit correspondre à l’histoire du pays dans lequel elle est instaurée. Il existe une perte de vitesse de la démocratie. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. ne se construit pas sur la démocratie. C. alors il n’est pas d’importance fondamentale des droits de l’homme. il n’a pas connu de progrès sinon une évolution. dans laquelle le DC est une science qui a pour objet l’étude de la C. date pour l’essentiel du XVIe s. qui enlève un dictateur pour y instaurer une démocratie. et qu’il s’est construit sur la base de la souveraineté . qui se fait ici au nom de l’idéal des droits fondamentaux . par exemple. Mais si ces États perdent partie de la substance de leur souveraineté. qui se sont faites au nom d’un idéal religieux. Il s’agit. qui ne correspond en rien aux systèmes asiatiques.B.. Les votes extrémistes peuvent ainsi apparaître comme une tentative de sortir de cette masse. sans l’État. La raison pour laquelle les peuples n’en veulent plus. sont une option immuable et la clé du progrès. lorsqu’ils transfèrent des compétences. A. cependant. la plupart lient l’idée de C. Tout d’abord. : la première. D’abord. est ainsi simplifié . Le peuple s’incline également. Il correspond aux États souverains de régler leurs problèmes internes.E. et la perte de la démocratie dénote un manque d’effectivité.E. puisqu’il indique qu’il ne lui appartient pas de se prononcer. Une autre violation évidente de la souveraineté des États passe par les interventions humanitaires. où l’individu ne pèse rien . vient du fait qu’ils ont le sentiment très fort et réaliste. a signé un accord européen auquel s’opposait le peuple. et que les personnes qui n’en ont pas n’en veulent pas. Le Gouvernement. Il nous faut dépasser la notion selon laquelle nous vivons dans un monde qui ne cesse de s’améliorer et qui suppose que la démocratie et les droits fondamentaux. À travers le transfert de compétences. tout comme la droite se concentrent sur des questions de sociétés. III. que leur opinion n’a plus d’importance dans la réalité. Ces interventions sont similaire aux croisades. qui n’a jamais connu de système démocratique. Le mouvement porté par l’extrême gauche ou l’extrême droite. Par. économique. BERTRAND.. Par. et la C. L’État conservera ce point cardinal. Le vote extrémiste constitue ainsi une tentative désespérée de reprendre la main. et de la manière dont elle est appliquée. La gauche. c’est la souveraineté du peuple qui s’exprime. et les États souverains se vident de leur souveraineté.DROIT CONSTITUTIONNEL. sont à séparer tout à fait. puisqu’ils peuvent la quitter à tous moments. passe par deux choses. de la même manière que l’ingérence américaine. à travers une démocratie ? Notre religion est devenue celle des droits de l’homme. sans qu’elle se reconstitue à un niveau européen. par l’affirmation démagogique qu’ils vont être entendus. mais fonctionne malgré tout. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. démontrent un pouvoir référendum. de manière inquiétante. lorsqu’il décide de réélire ce même gouvernement qui n’avait pas respecté le L’économie. Le monde tel qu’il est. Par le référendum. 6 Audrey Plez . Cette remise en cause. Cette constatation peut résulter de deux raisons : la première. Comment gouverner un pays comme la Russie. et si l’individu n’est pas essentiel. et l’on peut ainsi affirmer que le peuple ne détient plus exclusivement la souveraineté.E. Un exemple pourrait être la Grèce. et le lien juridique principal de sa souveraineté. tels que les ONGs. l’U. ils n’en gardent pas moins le noyau. de l’État. il va falloir s’interroger sur la définition de la notion de C. juridiquement de la même démarche. et tel que l’on voudrait qu’il soit. pour reprendre cette analyse à travers les manuels de DC. elle se vide de ses compétences. L’abstention et le vote blanc forment la nouvelle majorité aux élections. On observe un véritable déclin démocratie. Nous observerons que la démocratie. ainsi transférées à l’U.

. procède au sein de l’État. De ce point de vue. un lien tout à fait relatif. il est des éléments qui relèvent 7 Audrey Plez . Le lien entre C. L’existence d’une C. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? En son deuxième aspect. et l’État. un État peut ne pas avoir de C. formelle. puisqu’il a une spécialité : la protection des libertés et droits fondamentaux. et le développement de ces communautés politiques n’est pas hiérarchisé. est la définition normative de la C. la C. mais non comme une exigence. et qu’il a le monopole de l’édiction de règles générales et inconditionnelles. pour autant. revêt la forme d’un texte écrit. lui permet de fixer et conférer leur validité à d’autres normes.. En revanche. n’est pas nécessaire. Il existe une volonté de donner formellement à ces textes européens. INTRODUCTION GÉNÉRALE purement factuelle. de la France dans l’Ancien Régime. le lien entre la C. et cette définition provient d’ARISTOTE. elle emprunte certains éléments à celui-ci . ainsi. enfin. ne tire ses compétences que de l’organisation étatique. matérielle conditionne l’existence d’un État.E. les normes infra-constitutionnelles sont nécessairement inférieures . La formule de la Déclaration de 1789 qui pose implicitement l’exigence d’une C. ou condition à l’existence d’une C. tels que les lois de succession. Cette définition normative est celle qui correspond à la pyramide de KELSEN. La DDHC expose la manifestation écrite comme une condition à son effectivité. Or on a longtemps considéré que l’État était la seule forme de communauté politique. Ainsi. Dans cette définition traditionnelle de la C. il est intéressant de s’interroger sur la C. La collectivité territoriale ainsi. notamment les droits fondamentaux. matérielle et formelle. Une communauté politique comporte un certain nombre d’individus regroupés sur un territoire et dotés d’un système de gouvernement. Comment distinguer la communauté politique d’autres groupements ? On peut considérer qu’une association n’est pas une communauté politique . Les règles qui s’imposent au Gouvernement. qui comporte des éléments constitutionnels. La troisième définition. n’est pas une communauté politique. et qu’elle n’en est pas une. est si l’État constitue la seule forme de communauté politique.. vient du fait que les États soient dotés d’une C. vient du fait que seuls les États peuvent être dotés d’une C. Le critère formel est le critère contemporain de la Constitution. qui veut que la C. Il faut ainsi différencier un principe de généralité et un principe de spécialité . En ce qui concerne le critère matériel de la Constitution.DROIT CONSTITUTIONNEL. partagée entre la spécialité et la compétence générale. par exemple. C’est le cas. et contrairement à ses prétentions. avec une partie concernant les droits de l’Union. le fait qu’elle soit au sommet de la pyramide. le problème se pose concernant l’U. BERTRAND. et ainsi si ce groupement a. et qui renvoie à une définition à la fois formelle et matérielle. B. écrite. la C. liée à l’État. formelle. ou non vocation à résoudre l’ensemble des problèmes communs à cette communauté. * Si l’on prend la notion de C. elles ne sont libres qu’à la condition qu’elles soient conforme à la C. La question qui va immédiatement se poser. En son premier aspect. du fait de caractéristiques qui leurs sont propres. Si l’existence d’une C. doit ainsi être considérée comme une réaction à l’Ancien Régime. soit l’ensemble des normes qui fixent les conditions d’édictions des autres normes et leur profèrent leur validité. l’organisation post-moderne des communautés politiques devient de plus en plus complexe. plus théorique. formelle. puisqu’elles sont édictées selon une procédure fixée par la Constitution. le projet de Constitution européenne est ainsi rédigé sur le modèle d’un texte constitutionnel. et des normes produites. matérielle . elle est un pouvoir exercé. s’explique par le fait que l’État est considéré comme souverain. Bien qu’elle ne soit pas un système fédéral. parce qu’on ne peut pas assimiler tout groupe soumis à des règles communes. dont le système théocratique tient de la C. le système du Conseil de l’Europe. est en effet. en revanche. à une communauté politique. M. forment la C. . puisque c’est cette norme qui leur confère leur validité. sans l’État. écrite. la forme d’une Constitution. la deuxième raison. et une autre partie concernant les institutions.

Au principe de souveraineté. non pas à la Constitution. même si celle-ci est imparfaite. ni ne s’identifient. deux caractéristiques de l’U. et qui ne dispense pas d’essayer d’analyser ses caractéristiques. mais ne se partagent pas. elle pose pour autant le premier problème : Quel lien entre la souveraineté et l’État. BERTRAND. une question délicate à manier au niveau européen . qui renvoie très largement à cette idée de communauté politique. et non pas européen. formelle sans État. La loi nationale ne trouve pas son fondement et sa légitimité dans l’ordre juridique européen sinon dans l’ordre juridique national . le président de la commission. alors que la CE n’a jamais eu. et dans l’ordre européen. Les auteurs de ce texte restent les États. ou prolonge l’ordre juridique étatique. et l’État. Le deuxième critère consiste à déterminer si l’U. Il s’agit de la notion d’ordre juridique post-moderne -un terme à utiliser avec caution. qui ne se recoupent pas. a pour effet d’introduire l’ordre juridique européen dans la C. qui régit cet ordre juridique qu’est l’U. tout comme international. de créer un État. son caractère normatif étant en général ce qui permet à la C. la différencie fondamentalement de ce qu’est un État. constitue une communauté politique . s’est construite en évitant la question de la souveraineté. et des dispositions relatives au pouvoir.DROIT CONSTITUTIONNEL.. Cependant. et cette idée de souveraineté n’existe pas dans le cadre de l’U. prises dans le contexte étatique. Giscard d’Estaing. en tant qu’ordre juridique non souverain. puis des dispositions relatives aux normes. l’U. mais à la loi. et puisqu’il y a des compétences qui sont abandonnées par les États et qui relèvent traditionnellement des institutions politiques. mais la possibilité d’une C.. D’ailleurs. ce dernier étant un pouvoir initial . et État. elle se limite mais ne se partage pas. ne peut être adoptée et modifiée qu’avec l’accord de l’E. ni pour objet. puisque la CE ne confère pas leur validité à l’E. et quel lien entre la CE et le principe de souveraineté ? Il existe un lien historique entre la C. On reste cependant en droit de se demander quel est cet ordre juridique de l’U. de créer un Etat. Il y a donc une forte charge symbolique dans cette notion de citoyen. des États. qui est alors V. La C. et non démocrate. et confère sa validité à l’ensemble du système normatif. M. Dans chaque État. La notion de souveraineté partagée souvent employée est une commodité de langage pour désigner une réalité. puisque son titulaire doit pouvoir les récupérer. et on distingue bien une hiérarchie dans l’ordre national. mais elle est conceptuellement 8 Audrey Plez .E. trouve le fondement de sa prévalence dans la C. celle-ci étant relativement factice. dénote l’absence de lien formel entre C.E. qui constitue l’ordre juridique moderne. bien qu’elle ne le soit pas sur le plan normatif du terme . Les compétences qui relèvent de la souveraineté peuvent être attribuées à d’autres entités -d’où sa limitation-. et puisqu’elle dispose d’un fort potentiel idéologique. et pour effet. Lorsque le projet est élaboré. compare ce Traité à la C. cette dernière a eu pour objet. ni pour effet. Il supprime probablement l’aspect formel mais ne change pas l’aspect matériel . on procède ainsi à un référendum national. La formation du droit de l’Union se fait ainsi incontestablement sur le modèle formel et matériel d’une Constitution. et la C. de conférer leur validité à d’autres normes. le droit européen a une valeur supérieure. Il est un ordre constitutionnel non étatique. puisqu’elle n’a aucune autonomie au dehors des citoyennetés nationales. et les citoyens n’interviennent pas dans l’élaboration de la CE.E.. La question de la souveraineté est. Pour autant. des normes édictées dans le cadre européen. La CE (Constitution Européenne) est ainsi indépendamment. des EE.E. l’État et la souveraineté sont-ils indépendants ? La souveraineté est historiquement un attribut de l’Etat . est ainsi la traduction d’un acte de souveraineté. INTRODUCTION GÉNÉRALE habituellement de la C. une C.E.UU. sur le plan matériel. et il y a bien matériellement une Constitution européenne. et la marque du voeux de créer une communauté politique se traduit par la reconnaissance de la citoyenneté européenne.E. Le projet de C. : l’exposé de valeurs dans le Préambule et le Titre I.C’est un ordre juridique qui succède. En droit français. Le droit européen. en effet. et cette valeur s’appuie sur une disposition constitutionnelle.

d’un ordre juridique supra-étatique. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. pas souveraine. et n’est pas fondée sur une souveraineté interne qui vient du peuple. mais qui ne sont pas des ordres juridiques d’État. Il s’agit donc d’un processus démocratique national. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. qui sont des ordres juridiques.. Il est un ordre juridique. un pouvoir souverain. en tant que signataire du Traité. La même analyse peut être faite au sujet du principe démocratique. II. §2. L’ordre juridique européen doit être considéré comme un ordre juridique constitutionnel non souverain. par la CEDH. L’identité nationale première tend incontestablement à s’affaiblir. sinon sur l’accord des États. vers l’explosion de l’État. et des ordres constitutionnels. une logique impériale. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL.. soit en élisant ses représentants.E. Même lorsque les peuples votent. il existe une désagrégation de l’État. Càd. il s’agit simplement d’une analyse juridique. Sur le plan juridique. en quelque sorte. ne sont pas les auteurs du texte fondamental. I. pour autant. que le fondement du pouvoir accordé à son titulaire. puisqu’il n’y a pas de débat politique européen. Ces formes modernes renvoient à l’idée d’une souveraineté qui appartient au peuple. La reconstitution du monde géopolitique se fait en rapport à des logiques qui ne sont plus celles de l’État . ni démocratique . L’U. et nécessairement. et il n’y a pas de lien direct. On voit. se développer des ordres juridiques nouveaux. La démocratie signifie d’abord.E. et les citoyens dont il est question dans la CE. que l’on aspire à la souveraineté de communautés infra-étatiques. mais où les Etats se voient très largement privés de l’exercice des compétences qui relèvent habituellement de la souveraineté. dont l’U. il n’y a pas de démocratie au niveau européen. L’Union n’a aucun fondement démocratique. Les compétences de la souveraineté peuvent se partager. mais pas européen. on vote pour les partis nationaux. sur le modèle de la Russie par exemple.DROIT CONSTITUTIONNEL. ou formation.E. des éléments de fonctionnement démocratique. ce sont les peuples des États . LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. On peut distinguer dans l’actualité un développement du communautarisme. SECTION 2. inexistante à l’époque féodale.. réside dans le peuple. A. entre le vote aux élections européennes et le choix de la politique européenne. à travers la constitution. Il n’y a pas de fondement démocratique. La notion de souveraineté est très attachée à la conception étatique française. §2. on voit ainsi émerger. qui l’exerce par des décisions majoritaires. Là où le conflit devient ingérable. de la spécificité de l’U. qui peut se discuter. Il y a donc. CHAPITRE I. § 1. -et il n’y a là rien de polémique ou d’idéologique. La démocratie est la détermination du titulaire de la souveraineté dans l’ordre juridique. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. mais ces aspects et sa légitimité sont choses distinctes. mais pas la souveraineté elle-même.E.
 9 Audrey Plez . LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. mais aussi par la décomposition des États. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. que l’on peut appeler Traité ou CE.Par. soit en adoptant des règles fondamentales. d’où qu’une infime minorité dans un État puisse empêcher de ratifier un texte à niveau européen . en ce qu’elle dépend des États. est l’exemple le plus révélateur. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. SECTION 1. §1. L’État va se créer avec l’idée de souveraineté. soit en s’exprimant directement par la voie des référendums. B. La souveraineté de l’État est ainsi mise en cause par l’U. dans le système européen. càd une C. TITRE I. M. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. BERTRAND. Dans tous les pays européens. on leur demande de définir la position de l’État dans les négociations. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. est lorsqu’une partie d’un État souverain revendique à son tour. qui n’est ni souverain. INTRODUCTION GÉNÉRALE contradictoire : la réalité est celle d’États qui restent en principe souverains.

TITRE I LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL CHAPITRE 1. De ce point de vue. §3. par la constitution d’organisations supra-nationales. le peuple. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. ces derniers étant ceux mis en place par la Constitution -Président. 10 Audrey Plez . Préambule CF (Constitution Française). LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. exprime très clairement la place du principe de souveraineté dans l’ordre constitutionnel. cád que l’État de droit sera alors considéré comme celui où l’on va respecter un certain nombre de valeurs. dans ce même énoncé. etc.-. Les droits constitutionnels et notamment les développements de la jurisprudence constitutionnelle et des révisions constitutionnelles. Cette souveraineté est aujourd’hui affaiblie dans ses deux acceptions. c’est la notion de droit matériel que nous verrons apparaître . il y est dit que : «  Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Le principe de souveraineté est donc placé d’emblée comme l’un des fondements de l’ordre juridique constitutionnel. Après la 2de GM. de 1958 renforce incontestablement la place du peuple dans la C. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. La seconde signification du principe de souveraineté porte l’affirmation selon laquelle. et les pouvoirs constitués. les droits fondamentaux fixeront les buts de l’organisation de l’État. entre la souveraineté et les droits fondamentaux.DROIT CONSTITUTIONNEL. confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 ». et au niveau externe. §1. dans le droit constitutionnel matériel. Ici. nous discuterons la place de l’État de droit matériel. En effet. affaiblie en ce qui concerne la souveraineté interne par le poids de ce que nous appellerons la concurrence des droits fondamentaux. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. dans la seconde moitié XIXe que s’est développée cette nouvelle notion de droit.. C’est le principe qui sera sous la IIIe République en France. Cette définition substantielle de l’État de droit. Ce principe de souveraineté interne. BERTRAND. On peut distinguer la souveraineté interne de la souveraineté externe. le peuple est titulaire du pouvoir souverain au sein de l’État. Parlement. dans une démocratie. le principe de soumission aux actes d’administration. vont traduire un renforcement de l’ancrage du DC aux droits fondamentaux et un affaiblissement du lien entre le DC et la souveraineté. M. Chapitre 1. L’État légal revêt ainsi une conception formelle de l’État de droit . va limiter la portée du principe démocratique. dont la première est l’idée selon laquelle. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL III. Même l’existence d’un contrôle de constitutionnalité manifeste l’idée selon laquelle le législateur est soumis au respect de la C. mais matériel. Càd. d’où l’insistance qui émergera pour un passage à un Etat de droit non plus formel. Durant la 2e GM. forme de distinction horizontale des pouvoirs : la séparation entre le pouvoir constituant. Le pouvoir constituant et la souveraineté. les individus vont en effet s’apercevoir que l’État de droit formel ne protège réellement de rien. ce qui est l’expression de la volonté souveraine du peuple. implique une première distinction du pouvoir. Le Préambule de la Constitution de 1958. TITRE I. Le principe de souveraineté comporte ainsi deux significations. d’abord sous un aspect essentiellement formel. Il en résulte un système de complémentarité. la C. C’est en Allemagne. cf. SECTION 1. n’est bordée que par la souveraineté des autres Etats. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. une norme n’est valide que parce qu’elle est conforme à la norme supérieure. l’autonomie de l’État national. et le premier.

il existe toujours un lien entre l’État de droit matériel et le principe démocratique. Le fait précède la Constitution. Bien sûr. par le pouvoir de révision constitutionnelle. et de manière plus indirecte. Un exemple est celui de la C. dans un système démocratique. 11 Audrey Plez . ou juridiction supra-nationale. EDH. et le seul à être sujet de droit international. par le transfert de compétences -autrefois régaliennes. est ce qui transforme le fait en droit . qu’ont été écrites les valeurs à respecter. M. Dans un État de droit matériel. sinon aussi parce qu’il est conforme aux buts et principes évoqués dans la C. ce conflit entre souveraineté et droits fondamentaux. cette dernière étant un élément concomitant à la constitution des États au XIXe s. le Traité est ainsi la transposition du contrat au niveau international. Ainsi. par les limitations à la souveraineté des États qu’apporte la Cour Européenne des Droits de l’Homme -à continuation. elle est une transmutation du fait en droit. mais le problème se posera lorsque l’on estime que le pouvoir constituant n’est pas libre.DROIT CONSTITUTIONNEL.entre les exigences relatives à la souveraineté. tous deux la même manifestation de la souveraineté. et la construction d’entités comme le Conseil de l’Europe manifeste également ce phénomène de remise en cause du principe de souveraineté. Historiquement. les minorités ont des droits. L’État fonctionne dans ces relations avec les autres États selon le principe de la liberté contractuelle. n’en reste pas moins sur le plan théorique. dont elle traduit le pouvoir initial et inconditionnel. dans un rapport indirect. il est évident que l’on entre en conflit avec le principe démocratique. La souveraineté du peuple constituant. Le pouvoir constituant et la souveraineté. L’État de droit matériel. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. Mais l’on retrouve ici encore. et la C. La remise en cause de l’État pour autant. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. parce qu’elles ont des droits en et pour elles-mêmes. l’État fédéral est le seul à exister sur la scène internationale. sous l’exemple de la Révolution. EDH. lorsqu’elle s’est prononcée au respect du mariage. dans les rapports entre le droit national et international . les citoyens d’un État puissent attaquer leur État par l’intermédiaire d’une institution. Cette remise en cause se fait à un autre niveau. et l’affaiblissement de la souveraineté vont ensemble. est ainsi concurrent du principe démocratique. et celles relatives aux droits fondamentaux. La souveraineté de l’État se manifeste ainsi par le pouvoir de la collectivité de décider en dernier lieu et de manière autonome de son destin. le fondement du système constitutionnel en vertu duquel la C. par exemple.. Ce pouvoir s’exprime par l’exercice du pouvoir constituant initial. On le voit. §2. Par. en d’autres termes. Chapitre 1. BERTRAND. mais il résulte également du fait qu’avec une institution comme la C. Cependant. et il n’est soumis qu’aux engagements qu’il a librement consentis . L’État et la souveraineté pris in concreto sont synonymes  ». C’est dans la C. est l’oeuvre du peuple souverain. et qui va considérer valide l’union entre personnes d’un même sexe. La souveraineté des États n’est plus considérée comme un principe qui s’impose. à partir du moment où le pouvoir constituant lui-même est limité. SECTION 2. TITRE I. les minorités ont des droits parce que la majorité les leur reconnait. lorsque celui-ci restera illégal au sein de certains États. puisque son expression est concentrée dans l’acte constituant. Cette conception de la souveraineté est parfaitement adaptée à l’Etat unitaire. mais elle est d’une certaine manière altérée dans les États fédéraux . il n’empêche que si l’on regarde la souveraineté externe de l’État. un rapport entre les droits nationaux et le droit international qui traduit une contradiction latente -ou potentielle. EDH-. « La souveraineté est la forme qui donne de l’être à l’État. en ce qu’il exprime la volonté du peuple qui s’est majoritairement prononcé. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL que le droit ne sera plus seulement légitime. qui choisit ses normes de référence et considère qu’il lui appartient d’adapter la CEDH à ce qu’elle considère être adapté à l’état de la société aujourd’hui. C. il y a identification entre l’État et la souveraineté .

et ce sont les gouvernants en place qui décident d’établir une nouvelle C. il peut y avoir plusieurs interventions du peuple dans les mécanismes constituants : ce peut être l’acceptation de la C. Le pouvoir constituant et la souveraineté. 11 CF. une distinction plus intéressante est celle qui distingue entre le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé. il est possible de combiner ces deux mécanismes. octroyée -soit donnée par le Roi. sinon qu’il se prononce par voix de référendum pour accepter ou rejeter le projet qui lui est proposé.. à l’inverse. Ces dernières sont celles qui fixent de manière précise les conditions de leur révision . Les C. et les procédures. Cependant. sont des C. le pouvoir constituant dérivé est celui qui modifie une C. Le pouvoir constituant initial est celui qui établit une C. de cette nature. de manière directe ou indirecte. A. pour réviser la C. une nouvelle assemblée constituante peut être élue. TITRE I. * B. par voie de référendum. Enfin. Le deuxième est un mode d’établissement démocratique. Il existe tout d’abord un mode d’établissement autoritaire. Dans ce cas. avec un nouveau projet de C. et il intervient ici par l’intermédiaire de ses représentants. càd. le changement de la C. matérielle mais non pas formelle. Dans ce cas. 89 CF. par le peuple. la révision étant ainsi visée à l’art. en usant du référendum. sont donc rigides quand elles ne peuvent être modifiées que selon des formes et procédures particulières différentes de celles des lois ordinaires. pour l’adoption de la C.. celle de l’art.. Par. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. puisque le pouvoir constitué peut modifier la Constitution. Cette procédure particulière peut tenir à plusieurs conditions : celle de majorité renforcée. Il existe plusieurs procédures. Traditionnellement. il y a bien une séparation entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. de la loi ordinaire. qui prévoit cette possibilité. que le peuple peut ensuite accepter ou refuser.. ne s’est jamais fait à travers le pouvoir constituant dérivé. la principale révision s’opèrera selon une autre procédure. Lorsqu’il existe une C. à partir du moment où la souveraineté appartient au peuple. aussi bien qu’un recours direct au peuple souverain. qui s’exprime par la voix du suffrage universel directement ou indirectement. selon les formes et les procédures qu’elle présente. ou l’intervention d’une assemblée spéciale. Les C. Dans ce cas. à son peuple. souples. et de ce point de vue.. En GB. qui peuvent être modifiées selon les formes. BERTRAND. Le second mode d’élaboration. À partir de là. Le peuple est invité à élire une assemblée chargée de rédiger une C. La démocratie s’exprime par la manifestation de l’acceptation de la volonté des gouvernants par les gouvernés . I. le peuple est exclut de cet établissement. lequel pourra être nouvellement soumis à l’acceptation du peuple. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. Elle est ainsi une condition pour que soit assurée la supériorité juridique du texte constitutionnel sur la loi ordinaire. 12 Audrey Plez .. C’est par ce pouvoir constituant qu’il manifeste essentiellement sa souveraineté. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. selon une procédure qu’il fixe lui même . et dans cette hypothèse. M. C’est le cas en France sous la IIIe République. §2.Par. En cas de refus. il n’y a plus de distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. souples et rigides. consiste en l’élection d’une assemblée constituante. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION.DROIT CONSTITUTIONNEL. C’est ce que l’on appelle une C. l’une y fait directement référence. et de la rédiger. En France. on distingue les C. l’assemblée constituante prépare un projet de C. elle est une C. Cette utilisation sera l’objet de beaucoup de Chapitre 1. le peuple n’intervient pas dans l’élaboration de la C.

elle n’a été utilisée que de manière exceptionnelle. de la R. de la R. du recours à la procédure abrégée. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL controverses et de débat. du Parlement constituant. soit de s’abstenir de faire l’un ou l’autre. . de la R. 89 CF prévoit deux modes de révision de la C. Celui-ci pourrait à la fois être à l’initiative de la révision et la voter sans consultation du peuple. par exemple. ou très importantes. soit au Référendum. sans qu’il le soit lors du second vote. de proposition. Ces deux assemblées doivent approuver le texte en termes identiques et à la majorité des suffrages exprimés -soit une majorité simple. et celui de décision au P..DROIT CONSTITUTIONNEL.La première phase est identique à la procédure normale. Il en est ainsi pour les lois ordinaires tout comme les lois constitutionnelles. de la R. pour des réformes plus techniques ou mineures. il ne peut utiliser une procédure. Une fois voté le projet. Chapitre 1. la décision de recourir à la révision de la Constitution doit ainsi être contre-signée.. alors qu’on considère nécessaire la concurrence de deux pouvoirs. L’existence d’une deuxième procédure. La raison en est que l’on ne peut. Le projet est alors soumis aux discussions. on parle d’un projet et lorsqu’elle vient du Parlement. Si cette procédure est considérée normale par le constituant en 1958. sinon que celle-ci provient du 1er M. à l’Assemblée Nationale et au Sénat. ce désir de réviser constamment la Constitution est une particularité française. M. Ici encore. il peut décider de le soumettre soit au Congrès. vient du fait que le référendum soit une opération lourde et qui nécessite la participation de l’ensemble des citoyens. Pour la première. -Cette seule et unique fois fut en 2000. et doit venir du P. user de la seconde. il est soumis à un vote du Congrès -les deux chambres du Parlement réunies. en outre. ne peut agir de sa propre initiative. L’art. : la procédure dite abrégée et la procédure dite normale. on observe que dans les faits. (Premier Ministre) et aux membres du Parlement. en quinquennat.. etc. il doit obtenir pour cela l’accord du 1er M. Si la réponse est positive. Ce vocabulaire distingue ainsi l’initiative gouvernementale de l’initiative parlementaire. de R. ce qui signifie. l’initiative appartient au P. dite abrégée. simplement.. La plupart des révisions cependant ont été adoptées par cette procédure dite abrégée qui ne fait pas intervenir le peuple. (Président de la République) sur proposition du 1er M. Pour être adopté. de la R. On note que le P. Une question qui n’a été tranchée que par les faits est celle de savoir si. mais elle doit être signée également par le 1er M. et en cas d’échec. La procédure abrégée ne peut être utilisée que pour un projet de révision et non pour une proposition. il est nécessaire que les deux interviennent. Il n’est pas nécessaire qu’il annonce à l’avance le choix qu’il opérera parmi les deux procédures. le P. il devra alors être approuvé à 3/5e des voix . ou que l’on ne souhaite pas laisser le Parlement seul maître de la révision. alors qu’à l’époque peu de gens savaient ce qu’il était. Le choix de la procédure est opéré par le P. l’initiative revient au gouvernement. 13 Audrey Plez . II. Sénat et Parlement-. avait ainsi été prévue au départ. et le projet doit être voté à chaque assemblée en termes identiques. le peuple et le 1er M. au lieu de le soumettre au référendum. L’intérêt ici est de distinguer le Parlement législateur. C’est lui qui décide seul. Lorsque l’initiative vient du Gouvernement. BERTRAND. Il peut y avoir en effet deux hypothèses qui rendent problématique l’utilisation du référendum : lorsque la révision concerne des mesures techniques -prévisions en cas de décès du P. TITRE I. Le pouvoir constituant et la souveraineté. peut promulguer la loi constitutionnelle. cependant. mais s’agissant d’une révision constitutionnelle. de la R. Les révisions constitutionnelles ont suivi une certaine tendance à se multiplier . Cette procédure. Il est logique que la réforme de la loi constitutionnelle soit plus difficile à obtenir que la révision de la loi ordinaire. le pouvoir d’initiative revenant au 1er M.Ce même texte est alors soumis à l’approbation du peuple par voix de référendum. -ainsi. Cependant. comme ce fut le cas concernant la réforme du C. le peuple et le Parlement. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. qu’il peut être approuvé lors de la première phase. de la R. en vue de transformer le septennat du P. une fois votée par l’Assemblée. Constitutionnel.

en la retirant. ou alors. de la R. on parle également de principes suprêmes. en cas de crise grave. Supposons que l’on souhaite instaurer à nouveau une Monarchie. cependant. et dans ce cas. il semble que la disposition ait un caractère probatoire. nous permet de savoir tout à fait de quoi il s’agit. 14 Audrey Plez . se prêterait à la forme de la république. cependant la seconde notion dispose d’une marge immense d’interprétation. de la R. il est logique qu’alors qu’il lui appartient de veiller sur les institutions. puis par une seconde instaurer une Monarchie. Le C. Si la réponse devait être oui. une seconde question se pose : celle de déterminer si toute la C. on peut considérer que le respect de ces règles est une condition de validité de la révision constitutionnelle. qui ne puissent être révisées. où s’il existe des règles d’importance supérieure dans la C. M. Constitutionnel dans sa Décision 93-312 DC : celle de réviser la C. cette forme renvoyant à des considérations matérielles et non plus formelles. obtient les pleins pouvoirs et disparait ainsi temporairement la séparation des pouvoirs. ne pouvant faire l’objet d’aucune révision . la loi ne lui serait contraire que dans la mesure où la procédure n’aurait pas été respectée. placées hors du pouvoir constituant. pour autant. il existe une interdiction. art. S’agissant des interdictions matérielles. alors cela signifierait que le pouvoir n’est plus tout-à-fait souverain. BERTRAND. une interprétation littérale. En Italie. il ne puisse les modifier en cette période. période durant laquelle ne peut être approuvée aucune révision. Ce qui veut dire qu’il faudrait d’abord modifier l’interdiction. elle renverrait substantiellement à des principes républicains auxquels il est fait allusion dans la C. il suffirait pour cela de procéder à deux révisions successives. ensuite. qui sont de deux ordres. Aucune révision constitutionnelle ne peut être engagée ou poursuivie dans certaines hypothèses : lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité du territoire. de la R. ce qui pose alors la question de normes qui seraient supérieures à la C. Contrairement à tout autre organe. en toutes circonstances. est celui qui viole la disposition. en effet. La conception allemande admet l’existence de telles normes. On se situe dans une logique où le juge a un pouvoir différent du politique. ou s’il s’agit du Parlement. L’interdiction de rétablir la monarchie ou l’empire. Une révision violant alors ces règles de procédures serait quasiment inexistante. en ce qu’il cherche à définir ce qu’est la forme républicaine du gouvernement. Il existe en effet un intérim par le P. Ainsi. Réviser la forme de gouvernement Chapitre 1. ajoutée par le C. Pour autant. dont les conditions sont prévues par la C. si le P. une disposition inscrite dans la C. de la R. Le P. 16 CF. peut faire l’objet de révisions.. aux caractéristiques de celles-ci. Constitutionnel s’est déclaré incompétent pour observer le respect de ces éléments par le constituant. Enfin. du Sénat. laïque. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Il existe des limites à la révision constitutionnelle. Puisque celui-ci est souverain. en ce qu’elle s’oppose à la monarchie par exemple . aujourd’hui. qui confère les pleins pouvoirs au P. la forme républicaine du gouvernement fait partie de ces domaines intouchables. Il y a plusieurs manière en France de considérer cette question. pendant une période d’application de l’art. et non pas parce qu’elle serait contraire à un principe . qui ne peuvent être modifiées. 89 CF. et telle que la République est décrite dans ses premiers articles : démocratique. ou si c’est le peuple qui viole les conditions de forme de la procédure. S’agissant du respect des règles de procédure.DROIT CONSTITUTIONNEL. avec une exception.. La différence est. on doit considérer qu’il les aurait implicitement modifiées. cf. il est supposé être souverain. et qui échappent à la puissance du pouvoir souverain. ou la référence à des principes substantiels-. La première. et s’il s’agit là d’un débat pour l’instant très théorique. et ainsi disposer d’un pouvoir initial et illimité. aucune décision ne peut être faite durant la vacance du P. par la volonté du Général de Gaulle qui souhaitait éviter que se reproduisent les évènements de 1940 . Les antérieures sont les limites circonstancielles. de manière paradoxale. pour un problème de compétence. Le pouvoir constituant et la souveraineté. cependant. -ne revenant pas à la distinction entre le caractère républicain et la forme républicaine. etc. TITRE I. d’une grande importance. et a considéré que le pouvoir souverain du peuple se serait ainsi épuisé lors de son élaboration. lorsque celui-ci est absent. la solution pourrait un jour supposer d’importantes conséquences.

et substantielles . LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. en effet.- La raison pour laquelle. 11 de la C. Constitutionnel en permettant une saisine par l’opposition politique. en effet.. Dans un premier temps. Ici. ne se pose que lorsque le contrôle porterait sur des notions matérielles. Constitutionnel estime. Cette disposition aura un impact important. seul le peuple puisse réviser la C. la révision portait pourtant sur des questions qui auraient pu être légitimées par le référendum. un projet est déposé par le G.. en France. TITRE I. Implicitement cela revenait à considérer que personne ne puisse empêcher une révision constitutionnelle . Constitutionnel aura exprimé. au référendum. ⬊ En 1976. ou la compétence mixte du peuple. M. et toute une série de révisions constitutionnelles auront ainsi pour objet d’adapter la C. ainsi que du juge -en Espagne. Le pouvoir constituant et la souveraineté. et non le Congrès. une révision peut ne pas être conforme à la CF. celui-ci va rétrécir et ne concernera que la juridiction chargée de juger les Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature. avec pour objet d’adapter la C. À la suite d’un changement parlementaire. si le recours à la procédure qui implique le Congrès s’est fait de manière tout-à-fait régulière. Le C. avec pour objet la modification de l’art. un projet est déposé par V. inexistante. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL supposerait ainsi une double procédure. en vertu de l’art. si l’on pouvait établir une hiérarchie à l’intérieur des normes constitutionnelles prévue par le constituant lui-même. ⬊ En 1974. un projet est déposé par Mitterrand. Il est ainsi quelque peu contradictoire qu’une telle révision se fasse Chapitre 1. de l’art. et qui énonçait qu’une génération ne puisse assujettir à ses lois les générations futures. Giscard d’Estaing. est d’abord une raison juridique : celle selon laquelle le peuple est souverain. lorsque ne sont pas respectées les formes d’adoption de cette révision -puisqu’elle serait dans ce cas. et nécessitera de l’adaptation de celle-ci pour son adoption. qui avait vocation à remplacer la DDHC de 1789. Constitutionnel ne contrôle pas les révisions constitutionnelles. nous verrons les révisions constitutionnelles. Le C.- III. un autre projet est déposé par V.G. avec pour objet de modifier les dates d’ouverture des sessions parlementaires. qui ont abouti. en revanche. qui entre dans le champs d’application de l’art. -ce qui n’est pas le cas en France. qu’il n’y a pas de dispositions constitutionnelles supérieures aux autres. en effet. d’une formule sans valeur juridique énoncée dans la DDHC de 1793. exige l’intervention du peuple pour les révisions les plus importantes. ⬊ En 1963. à la construction européenne. la compétence du juge -en Allemagne-. et toute autre analyse remet en cause la notion de souveraineté du peuple. BERTRAND. celui-ci est surtout justifié. d’E. Elle aura des conséquences relativement importantes sur le rapport entre le Parlement et le Gouvernement. lorsqu’il implique un choix pour les institutions. 28 CF. 89 CF.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le problème est donc celui d’établir qui du juge ou du peuple a le dernier mot. un projet est déposé par Chirac. ⬊ En 1992. puisqu’elle transfère le dernier mot au juge constitutionnel. qui a pour objet de modifier les dispositions de saisine du C. 7 CF en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. On pourrait très bien imaginer cependant. mais justifié. Ce projet manifestement technique ne se prête pas. puisque les matières révisables par le peuple ou le Congrès ne sont pas distinguées-. Sera ensuite enclenché un projet de grande envergure avec une modification d’ampleur. Ici l’issue est quelque peu différente. Elle provient aussi d’un débat très ancien. cependant. en effet. et élargit le recours au référendum. le C. et dans ce cas le juge pourrait évaluer la conformité en terme de compétence de telles révisions. au Traité de Maastricht. que le Traité porte atteinte à des principes constitutionnels. Le problème. de Gaulle. en effet. que la C. Trois systèmes ou mécanismes obéissent ainsi chacun à une logique et ne renvoient pas du tout à la même conception : la compétence du peuple -en France-. ⬊ En 1995. cád qu’elle établisse que dans telle matière. qui prévoit la modification de 50 arts. 15 Audrey Plez . cád par l’intermédiaire de 60 députés ou sénateurs.

Toujours en 2003. Depuis 2008. qui vise à modifier l’art. et prise sans aucune réflexion sur ses potentielles conséquences. qui modifie des dispositions relatives aux collectivités territoriales et pose le principe de la décentralisation. soc. En France. effectuée par le Comité Balladur : avec l’instauration de la QPC. a lieu.DROIT CONSTITUTIONNEL. Ce projet comprend également une modification des sessions du parlement. par cette voie. C’est la révision la plus importante en quantité. visant à permettre la ratification du Traité concernant la Cour Pénale Internationale -et qui a trait aux immunités pénales du P. soc. et prévoit la compétence du Parlement pour voter des lois de financement de la Sécurité Sociale -à continuation S. autour d’une réflexion sur un retour au septennat. ou désapprouvent le Président . un projet est déposé nouvellement. Celui-ci est l’exemple même d’une révision faite en toute improvisation. mais d’une incidence importante. puisqu’à cette époque. Chapitre 1.. un projet est déposé à nouveau.. à priori que par voix de référendum. les Français. M. s’effectue une révision de la charte constitutionnelle du Gouvernement. avec dispositions tout à fait disparates : certaines concernant le statut pénal P. 16 Audrey Plez . et elle s’ordonne autour d’une réflexion sur les institutions de la Ve République. Le Président a également engagé une Commission. le budget de la S. ⬊ En 2003. d’autres l’interdiction peine de mort. ou par le non. et que le Parlement jusque là n’y intervenait pas. il lui était difficile de voter contre. ⬊ En 1999. et enfin. Pour voter aux élections locales. 6 CF. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Constitutionnel. Cette dernière réforme sera votée à une voix du refus -soit des 3/5e exigés. mais non par le Sénat. en prévoyant que le P. Ce projet était proposé afin de permettre d’élargir la compétence des Assemblées Parlementaires en matière de questions européennes et pour une question de conformité au Traité d’Amsterdam également.. de la R. une révision concerne les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle Calédonie. BERTRAND. le 21 juillet 2008.C’est la première fois en France que l’on allait jusque devant le Congrès sans être certain du résultat. et du régime des immunités parlementaires. c’est l’instauration du quinquennat. puisqu’elle concerne 1/3 de la CF. enfin. TITRE I. la cristallisation du corps électoral de la Nouvelle Calédonie. alors. il fallait 10 ans de résidence en Nouvelle Calédonie.Il s’agit là d’une mesure apparemment technique. s’opère une révision à l’initiative de Sarkozy. ⬊ En 1998. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL sans recourir au processus qu’il modifie. ⬊ Enfin. était bien plus important que le budget de l’État. C’est finalement la première solution qui est retenue. un projet est déposé. Sarkozy et Hollande ne peuvent réviser la C. c’est le référendum que l’on applique.. Ici. J. ceux-ci se gardent de poser une question dont le non les fragiliserait. la création d’un défenseur des droits. ⬊ Une dernière révision à l’initiative de Chirac. ou prévoir d’habiliter toutes les normes européennes. sinon qu’ils manifestent par le oui. ⬊ En 2005. l’issue était alors tout-à-fait incertaine. l’une portant notamment sur la révision du Conseil Supérieur de la Magistrature. Or. une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. ⬊ En 2000. la Constitution est révisée presque chaque fois que la signature d’un Traité européen l’exige. un projet d’adaptation pour conformité est pris concernant le mandat d’arrêt européen. ⬊ En 1996. La question est alors de déterminer si le pouvoir constituant doit intervenir chaque fois. en effet. de R. de la R. ne répondant pas à la question qui leur est posée. Ces révisions sont effectuées afin de faire sauter les verrous constitutionnels. Lang a probablement fourni la voix qui a fait basculer la décision. il y a eu de nombreuses tentatives de révision de la C.. puisque faisant partie du Comité. et un référendum d’initiative mixte. un projet est encore déposé par ce dernier. Acquis avec quelques voix de la majorité contre.S’y ajoute une disposition qui établit que la loi peut favoriser l’accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux. le fait qu’ils approuvent. ne soit élu que pour 5 ans . votée par l’Assemblée Nationale. Cette disposition s’inscrit nettement comme la suite d’une la décision du C. Sans majorité des 3/5 au Congrès. et quelques voix de l’opposition pour.

11 CF a été jugé par la majorité des juristes comme contraire à la Constitution. C’est la raison pour laquelle la constitutionnalité d’une loi référendaire ne peut pas être contestée. 6 et 7 CF. il n’y a aucune raison également. modifiant les arts. mais sur proposition du 1er M. En 1969. Par. toujours selon cette procédure un projet de loi constitutionnelle ayant deux objets : la création de régions et une modification importante de la structure et du rôle du Sénat. En 1962. de R. « qui prévoit en son art. dans sa Décision 62-20 DC. est purgée en cas de réponse positive par le peuple. Constitutionnel. l’art. et le référendum est une procédure qui permet de faire adopter directement un texte par le peuple. au suffrage universel direct. d’un autre côté. de Gaulle peut être considérée comme inconstitutionnelle. ni sanction. démissionne à la suite du refus comme il s’y était engagée au départ. En 1969. Celui-ci concerne le référendum législatif. titulaire du pouvoir souverain. est celui qui établit que l’absence de constitutionnalité issue de l’usage de cette procédure par le P. le recours à l’art. BERTRAND. ceux-ci étant hostiles à l’élection du P. En droit. Le raisonnement de ceux qui le soutiennent est de dire que celui-ci peut servir à des questions relatives à l’organisation des pouvoirs publics. 11 CF pour réviser la C. lorsqu’il n’existe ni contrôle. la Constitution ne prévoit pas de contrôle sur le P. Le pouvoir constituant et la souveraineté. En 1962. ou du 1er M.. ou du Parlement.. M. Il existe des compétences à deux clés et à clés uniques : avec ou sans accord du P. Le projet est repoussé. Il résulte de l’équilibre des pouvoirs établis par la Constitution. de R. L’utilisation de l’art. il fait acte de souveraineté Chapitre 1. à trente ans d’intervalle. 17 Audrey Plez . celui ci est l’interprète de la Constitution. Lorsque celui-ci modifie la Constitution par la voie de l’art. 8 CF. il y a l’idée qu’en votant oui au référendum. décide de soumettre directement au peuple un projet de loi constitutionnelle. de R. quelle que soit la procédure suivie pour l’interroger. Ce sera d’ailleurs la position adoptée par le C. Le G. Il en résulte que le peuple puisse ainsi violer la Constitution sans que cette violation puisse être sanctionnée. Si la décision du G. de plus. de Gaulle décide de soumettre au peuple. il se considèrera ainsi incompétent pour apprécier la constitutionnalité de lois adoptées par référendum. de R. à une majorité de 62% des suffrages exprimés. 89 une procédure et une seule pour sa révision ». Cette démarche a fait l’objet de nombreuses controverses juridiques et politiques. de Gaulle qui avait inscrit ce référendum dans une logique plébiscitaire. 11 concerne le référendum. 11 s’est donc faite pour des raisons politiques évidentes. On peut considérer alors que la décision de recourir directement au référendum est inconstitutionnelle. 11 CF afin de réviser la Constitution. le G. à savoir l’élection du P. et dans sa Décision 92-313 DC portant sur le référendum législatif . au suffrage universel. C’est l’idée selon laquelle le peuple. ou du Parlement.DROIT CONSTITUTIONNEL. de la R. et en vertu de l’art. le peuple a exprimé sa souveraineté et couvert les irrégularités éventuelles qui peuvent affecter la validité de la procédure. Dans la C. cependant il devrait alors concerner des questions hors du domaine constitutionnel. et annule ainsi l’irrégularité de la manière dont il a été saisi. de la R. Le référendum permet l’adoption de ce texte par le peuple français. que les lois adoptées par le peuple français à la suite d’un référendum. qu’il s’agisse d’une loi ordinaire ou constitutionnelle. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL […] Le rythme des révisions s’est ainsi singulièrement accéléré. puisqu’il n’aurait pu obtenir un vote conforme à l’Assemblée Nationale et au Sénat. manifeste une puissance souveraine. sur proposition du gouvernement. ce qui pourrait conduire dans une certaine mesure à une dévalorisation de celle-ci. la loi ne peut avoir qu’un effet faible . de la R. constituent l’expression directe de la souveraineté nationale. associé à une certaine banalisation de la norme constitutionnelle dans laquelle on a introduit des dispositions d’importance variée en fonction de l’actualité . TITRE I. Le raisonnement appliqué à l’usage de l’art. et a été utilisé en 1962 pour opérer la réforme la plus importante de la Constitution. Il est possible également de recourir à l’art. 11. de Gaulle. décision portant sur la validité du suffrage universel à l’élection présidentielle. Le recours au référendum législatif est possible dans un certain nombre de cas : son utilisation est à la discrétion du P.. cád les articles relatifs à l’élection du P. que le Sénat accepte les conditions de sa disparition. le G.

Si l’on prend la situation en France qui prévaut pendant la IIIe République -1e période de stabilité constitutionnelle-. contrôle la proposition qui résulte de cette initiative. dans le raisonnement du C. puisque substantiellement. de censurer une éventuelle violation de la C. par la voie du référendum et il n’appartient pas au pouvoir constitué qu’est le C. et à des principes ou valeurs . D’une certaine manière. en cours pour violation grave de la C. de R. peut conduire à affirmer que l’on peut réviser la C. Ceci cependant. puisque les droits fondamentaux sont de nature et de portée différente. par la voie de l’art. Constitutionnel. Constitutionnel exerce un contrôle sur le texte qui fera l’objet de ce référendum.. Le pouvoir constituant et la souveraineté. il est communément admis qu’une C. ou de constituant. […] CHAPITRE 2. C’est une question qui. L’influence du DC dans toutes les branches du droit se fonde notamment sur la notion de droits fondamentaux . au dessus du peuple. où avant d’élaborer une véritable Constitution. conformément au domaine de compétence et à la procédure de l’art. position minoritaire dans la doctrine.. les premières règles qui pouvaient ressembler à des règles constitutionnelles étaient relatives à des droits fondamentaux -c’est le cas en GB. qui peut être organisé à l’initiative d’1/5e des membres du Parlement.- * §3. cette notion de droit fondamental est assez imprécise. il n’y a pas de disposition supérieure à la loi . Constitutionnel. 18 Audrey Plez . ce qui veut dire que. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL et de son pouvoir constituant . soutenu par 1/10e des électeurs inscrits sur liste électorale. et dans la Révolution Française en 1789. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. contient un certain nombre de règles relatives à l’organisation du pouvoir. par le peuple. Constitutionnel. BERTRAND. elle contient essentiellement des dispositions institutionnelles. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. est très importante. il fait oeuvre de législateur. LES DROITS FONDAMENTAUX. lorsqu’il adopte une loi ordinaire. puisqu’il Chapitre 1. SECTION 2. M. comme c’est le cas pour la procédure établie en 2008.Cela étant. et notamment de la C. parmi ces derniers. -ce qui s’oppose par exemple radicalement à la conception allemande qui place la C. mais il s’agit là d’une démarche peu adaptée. bien que théorique. les droits fondamentaux occupent une place privilégiée. cette place particulière des droits et libertés dans les systèmes constitutionnels.DROIT CONSTITUTIONNEL. il peut faire acte de législateur. Aujourd’hui. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. SECTION 1. Si l’on voulait empêcher ceci de se produire. avec la Magna Carta. Ceci conduit à ce que l’on appelait alors l’État légal : un État fondé essentiellement sur la loi. lorsque s’est créé le référendum d’initiative partagée. etc.. puisqu’elle place la souveraineté du peuple au dessus de tout. 11 CF. SECTION 3. la Constitution ne prévoit aucune disposition qui se rapproche de près ou de loin aux droits fondamentaux . a été très largement évacuée par la suite. dans ce référendum. Ainsi. cependant. à partir du moment où le peuple est souverain. Le seul moyen que l’on aurait de résoudre ce problème serait alors de renvoyer le P. Il est prévu que le C. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. on ne pourrait pas réviser la C. SECTION 1. on pourrait également établir un contrôle préalable de la constitutionnalité de la décision de procéder à une révision référendaire. TITRE I.. 11. puisque le C. LES DROITS FONDAMENTAUX. CHAPITRE 2. est rédigée la DDHC.

LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL n’y a pas dispositions matérielles. pour instaurer un contrôle du respect par le Parlement de la C. en ce qui concerne l’autre élément. pour autant. pour y être soumis.... lequel. relatif aux libertés et droits fondamentaux. sinon des dispositions relatives à l’organisation du pouvoir. a ainsi laissé au législateur. 19 Audrey Plez . de 1875. Dans la C. et implicitement le constituant. 1931. elle est oubliée jusqu’au débat qui resurgit dans les années 1930. qui comprendrait. DE MALBERG en tire la conclusion. Cependant. Tout ceci. un mouvement qui veut refondre l’État et la Constitution. TITRE I.DROIT CONSTITUTIONNEL.. Les lois constitutionnelles de 1875. est celle de CARRÉ DE MALBERG. Ce raisonnement n’a pas perdu sa force démonstrative aujourd’hui. On assiste à un mécanisme de souveraineté parlementaire. puisque la DDHC de 1789 indiquait déjà que le but de la même D. de plus. par voie d’exception. soit la C. La mesure qui va faire l’analyse la plus approfondie. cád. Y seront étudiés les rapports entre les lois ordinaires et la Constitution. cád du Parlement. il faudrait une révision constitutionnelle qui transforme la C. se faisant à l’occasion d’un litige. doit être assurée la garantie des droits . La mise en place de ce mécanisme ne saurait pallier à l’absence de leur mention. si l’on peut très bien surmonter l’absence de mécanisme de contrôle de constitutionnalité. et destiné à imposer au législateur le respect de l’OJ (Ordre Juridique) supérieur établi par la C. dans le cadre d’un mouvement. Cependant. le juge est conduit à appliquer en cette matière. de dispositions relatives aux droits et libertés. DE MALBERG observe que l’on peut facilement imaginer que le contrôle du respect de la C. sinon des règles législatives. ni de mécanisme de contrôle de constitutionnalité des lois. Lorsqu’il y a des manques. puis celle d’un mécanisme de contrôle. concernant ce second élément. ils seront ainsi comblés essentiellement par le juge administratif. mais il n’y a rien concernant les droits des citoyens. soit assuré par le juge. si le juge ordinaire acceptait d’écarter l’application d’une loi contraire à la Constitution. Toute une série de dispositions limitent le champs de la loi. Cf. était de confronter la loi aux principes qu’elle édictait alors. le soin de déterminer librement l’étendue de ces droits et libertés . de la IIIe République. par voie d’exception . Ce contrôle de constitutionnalité devrait alors être effectué par le juge lui-même. va conduire à un basculement vers la protection des droits et libertés fondamentaux. sous l’égide du Conseil d’État et selon les principes généraux du droit. en effet. Il part de l’idée que la séparation du pouvoir constituant et législatif. Le pouvoir constituant et la souveraineté. qui va considérer les déséquilibres que l’on observe dans le fonctionnement des institutions de la IIIe République - marquée par l’instabilité et la souveraineté parlementaire-. lorsqu’elle serait contraire à la C. un contrôle du juge par voie d’exception ne servirait à rien. M. La loi. sur toutes les matières que l’organe constituant entendrait se réserver à lui-même. doit d’abord observer la présence dans la C. expression de la volonté générale. par la loi. de remise en cause de la souveraineté parlementaire. qui tient au fait que le Parlement n’est pas soumis au respect de la C. On part alors d’un système très contextuel. l’on pourrait pallier facilement à cette absence. mais qui n’est pas tout à fait nouvelle. puisqu’il n’y a pas de dispositions sur les droits fondamentaux. d’ailleurs. C. puisqu’il n’y a rien dans la C. non pas des principes fixés par la C. en un corps de règles statutaires. que l’on puisse imaginer que le juge écarte la loi. des principes qui lieraient le législateur et borderaient ses compétences. peut difficilement exister dans un État où la loi est l’expression de la volonté générale . Cette situation va faire l’objet d’analyses. il observe que. La C. l’idée selon laquelle il y a des principes supérieurs qui s’imposent au législateur se dégageait ainsi de la DDHC. avec les textes constitutionnels.. BERTRAND. ou contrôle de constitutionnalité de la loi. que l’on appellera le mouvement révisionniste. et visent à s’appliquer au législateur. sous la IIIe République. contiennent des dispositions relatives aux pouvoirs exécutifs et législatif . Chapitre 1. dans un système démocratique par définition. que. Pour qu’il y ait une véritable C. C. Il y aurait alors une place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois. et partir de l’idée qu’il n’y a pas de distinction entre les pouvoirs constituant et constitué.

ou l’assurance de leur respect par le législateur . où ceux-ci ne sont pas suffisamment protégés par le DC. Constitutionnel. de 1946. et qui sont d’ailleurs parfois susceptibles d’entrer en conflit avec des règles constitutionnelles. Il en est ainsi aussi de celles émanant des ONGs. vont se développer des normes qui ne sont pas juridiques mais qui vont cependant être dotées d’une certaine effectivité . la Convention Européenne des Droits de l’Homme -CEDH à l’avenir. En 1958. deviennent un élément majeur du DC français. et en plusieurs étapes. 20 Audrey Plez . En 1971. là encore. et de l’autres des règles conventionnelles issues de Traité -et. enfin. nous passerons d’une saisine politique à une saisine individuelle par le justiciable . SECTION 2. À partir du moment. l’affirmation des droits et libertés et leur contrôle. En France. l’attachement au droits et libertés inscrits dans la DDHC et affirmés dans le préambule de la C. et sont les règles éditées par des OI qui ne sont pas dotées de valeur juridique obligatoire. Sont ainsi enfin réunies. est que le DC a pour vocation de définir des valeurs communes à un groupe humain homogène.- Normalement la logique de cette interaction entre le DC et le droit européen. La mise en place de ce mécanisme sera l’une des raisons pour lesquelles les droits fondamentaux vont occuper une place particulière dans le DC. n’est pas établi le lien entre les deux. et ce qui est intéressant est que ces normes non-juridiques Chapitre 1. le droit politique va émaner essentiellement d’ONGs. il ne restait plus alors qu’à établir qui pouvait ainsi saisir le C. Le pouvoir constituant et la souveraineté.. est celle d’une sorte de principe de subsidiarité. On établit une déclaration des droits. de 1946 . BERTRAND. a pour objet de créer des exigences minimum communes de respect des droits et libertés dans un ensemble plus vaste et culturellement moins homogène. dans son Préambule est rappelée la DDHC. À cette dualité des systèmes de protection des droits fondamentaux. et cette même C. à l’occasion de la C. TITRE I. Toutes ces phases vont conduire. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Tout ceci va aboutir à une évolution progressive. spécifiquement de la CEDH-.. c’est la saisine par l’opposition politique du C. en premier lieu. Constitutionnel. est également créé l’organe chargé d’en assurer le respect. le C. avec une réforme constitutionnelle qui va permettre à 60 députés ou législateurs de saisir le C. Sur le plan national. avec d’un côté des règles constitutionnelles. et que ceci ne se fera que tardivement en France. il est dit que le Préambule n’a pas de valeur juridique. -par ex. M. Constitutionnel lui-même va dire qu’il contrôle la loi par rapport aux dispositions du Préambule de 1789 et de 1946. En 2008. L’idée en fait. C’est. de 1958. Cette interaction de deux systèmes juridiques repose sur le développement dans chacun des droits fondamentaux. La phase suivante est initiée en 1974. est introduit et rappelé dans le Préambule de la C. dans la réforme que préconisait C. et dans les travaux préparatoires.Jusqu’à la fin des années 1990. bien qu’il l’était déjà auparavant dans d’autres pays - notamment en Allemagne-. sinon des règles substantielles. avec la QPC. à peu de choses près. à valeur juridique. le droit européen a développé un certain nombre de règles qui ne sont pas des règles minimum communes. De la même manière que le DC. mais aucun lien n’est fait entre les deux. elle est une protection qui s’ajoute à la protection constitutionnelle défaillante. prévoit une certaine forme de contrôle constitutionnel. ou la Convention. Constitutionnel . Cependant. un contrôle de constitutionnalité. le C. ce qui va conduire à renforcer le poids de ces derniers. elles sont appelées « soft law ».DROIT CONSTITUTIONNEL. et c’est à partir de là que ce contrôle de constitutionnalité va réellement fonctionner. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. Le justiciable va pouvoir soulever devant n’importe quel juge et par voie d’exception. et l’on se trouve. la constitutionnalité de la loi qui lui est appliquée. les résolutions édictées par le Conseil de l’Europe. DE MALBERG. ainsi. Constitutionnel. alors que le Traité. les droits et libertés fondamentaux sont inscrits pour l’essentiel dans des textes de valeur constitutionnelle. depuis 1974. mais il y a aussi un certain nombre de Traités qui ont pour objet la définition et la protections des droits et libertés fondamentaux. au moins aussi précises que les règles constitutionnelles. à ce que les droits fondamentaux.

puisant dans des résolutions dépourvues de caractère juridique. et d’autres droits -tel que le droit au travail. des objectifs de valeur constitutionnelle. Une autre distinction entre subjectif et objectif est celle qui se fait entre les droits subjectifs et les objectifs constitutionnels. L’affirmation que les hommes naissent libres et égaux en droit est un postulat. de l’instrumentaliser. le droit des enfants à l’éducation se traduit ainsi par le devoir d’éduquer les enfants. la deuxième catégorie des objectifs de valeur constitutionnelle. ils sont ceux qui fondent l’existence d’autres droits. au sens strict. ainsi. d’égalité et de liberté. Le cas le plus caractéristique est celui de la Cour Européenne des DH. -devoir de protéger l’environnement. Un droit subjectif. La première distinction est celle qui se fait entre les droits et les devoirs. Dans la typologie tenant à l’utilisation des normes constitutionnelles. d’un autre côté. Un exemple est celle de la liberté d’aller et de venir. même si le C. Constitutionnel n’applique pas la CEDH. des droits naturels et imprescriptibles.est nette. Le pouvoir constituant et la souveraineté. liés à son appartenance à l’humanité. et cet ensemble de droits fondamentaux recouvre des principes qui ont une portée différente. On voit bien que les droits ont toujours pour envers un devoir. et dépassent le cadre constitutionnel et conventionnel . d’abord de normes. ces dernières vont se juridiciser. Le problème est qu’en tant que juriste. il faut distinguer les droits subjectifs. à la lecture du Préambule de la C. Ces droits de principes sont autre chose que des droits . on constate deux niveaux de droits. (Ajouter au programme). de 1946-. cád l’interdiction de méconnaître l’humanité d’un être humain. de dignité. est un droit dont l’individu est titulaire. il va s’inspirer de la jurisprudence de la C. mais à côté de ces devoirs explicités par la C. des droits objectifs. puisque les juges vont s’y référer. et dont il peut faire valoir le respect devant un juge. cf. l’égalité et la dignité en font partie. Il y a des droits que l’on peut appeler consubstantiels mais qui sont des valeurs et des principes avant d’être des droits : la liberté. même s’il y a. regroupent des droits Chapitre 1. L’interaction des deux systèmes se produit essentiellement par la circulation des jurisprudences. C. par l’utilisation qu’en fera la juge. et d’interaction entre ceux-ci. SECTION 3. dans la liberté par exemple-. on va tirer un certain nombre de droits.DROIT CONSTITUTIONNEL.. et d’autre part. On en déduit. qui sont de deux natures : certains représentent des démembrements de l’intérêt général auquel ils se rattachent . De ces trois principes. Il y a aussi. de l’environnement de 2004 . Le principe de dignité relève de la même nature. chaque liberté ou presque a pour contrepartie un devoir -devoir de ne pas nuire à autrui. dont on pourrait aisément assurer le contraire. Les droits et libertés fondamentaux ont tendance à être utilisés de manière idéologique. Ce sont des attributs de l’homme. qu’ils ont souvent celui-ci pour contrepartie. et pour autant. Ch. que le pouvoir normatif du juge est considérable pour deux raisons : la première est que le pouvoir d’interprétation du juge est très important. droit subjectif dont on est titulaire en tant qu’individu. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL vont cependant créer des effets juridiques. en plus va élaborer son propre système de normes de références. la maîtrise des normes qu’il applique. que les sources des droits fondamentaux sont extrêmement larges. et la seconde est qu’il a d’une certaine manière. et des droits particulièrement nécessaires à notre temps. Européenne DH. à la nature des droits et libertés. BERTRAND. On pose ainsi un postulat ontologique sur lequel va reposer le système des droits fondamentaux. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. On peut ainsi faire une typologie à l’infini. droit de travailler et devoir de travailler. etc. d’une part. les droits et libertés fondamentaux sont des normes comme les autres. C’est la raison pour laquelle on ne peut parler d’une hiérarchie entre les droits fondamentaux constitutionnels et européens . mais qui. de 1958. Il y a des droits qui peuvent apporter des droits et des devoirs.. à défaut de hiérarchie. Les règles qui émergent sont ainsi non seulement conventionnelles et constitutionnelles mais aussi issues de tout un processus non-juridique . qui non seulement a un très large pouvoir d’interprétation de la Convention. laquelle va s’inspirer également de la jurisprudence constitutionnelle des États membres. un système de régulation. M. principes consubstantiels à l’homme . TITRE I. 21 Audrey Plez . La différence entre ces principes.

qui n’ont d’existence qu’en tant qu’ils garantissent d’autres droits -ces droits sont nécessairement subjectif. D’autres droits sont des droits qui sont. 16 de la DDHC. ils n’offrent à l’individu aucun champs nouveau ou spécifique de liberté. de manière générale. soit un espace de liberté. Ces derniers ne peuvent être invoqués devant le juge. et ces droits garanties n’ont d’intérêt que la protection d’autres droits sans qu’ils ne couvrent d’intérêts substantiels. On peut ainsi limiter la liberté individuelle pour préserver l’ordre public. ou à un logement décent-. soit un statut en tant que membre du corps social - principes de dignité et d’égalité-. la liberté d’aller et venir. comprenant en lui-même deux éléments différent : le droit à la qualité du droit. puisque leur subjectivité est condition de leur effectivité. qui constituent des impératifs constitutionnels objectifs et justifient la limitation des droits subjectifs. mais se bornera à vérifier que l’objectif constitutionnel ait été pris en compte objectivement. cád dans un contentieux de la norme. Ces droits-garanties doivent être considérés comme des droits subjectifs. le droit au travail. La sécurité juridique est la fiabilité de l’environnement juridique. qui vise à garantir l’exercice des libertés ou droits substantiels . Les droits substantiels visent à reconnaitre à l’individu. en réalité. Une dernière typologie distingue les droits substantiels et les droits-garanties. si dans un contentieux de la norme. mais visent à donner à l’individu des instruments qui lui permettent d’assurer la protection effective de ces droits substantiels. il n’a pas d’intérêt par lui- même. et non dans un contentieux subjectif. le droit de s’exprimer. et préservé par le législateur. Le C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL économiques et sociaux. Un exemple est le droit au recours. dont on peut faire valoir le respect devant le juge. sinon subjectif. TITRE I. ne prendra pas partie dans l’une ou l’autre. tel le droit à la sécurité juridique. celle d’expression. Quelle en est alors l’utilité ? Sont-ils dépourvus de toute portée juridique ? Ils peuvent être invoqués dans un contentieux. BERTRAND. des garanties . La première catégorie. Il est possible de contester la constitutionnalité d’une loi qui ne prendrait pas en compte l’objectif de l’accès à l’emploi. En revanche le droit objectif au travail est différent de la liberté de travail . aucun droit ou prestation. en ce qu’elle pose l’impératif de garantie des droits. n’est pas un droit subjectif. M. à l’opposé qui sont aussi des libertés . Dans la première. aux loisirs. Constitutionnel rattache l’ensemble de ces droits-garanties à l’art. est ainsi le droit d’aller et venir .DROIT CONSTITUTIONNEL. ce qui conditionne leur effectivité. et les objectifs de valeur constitutionnelle -par ex. et le droit à la prévisibilité du droit. doit être limitée la possibilité pour l’employeur de licencier. ainsi le droit syndical qui suppose la liberté de se syndiquer. on retrouve ces deux types de droits : les droits subjectifs - droit de grève et liberté syndicale-. lorsqu’est contestée une norme juridique. Il s’agit là d’une distinction fondamentale. Les libertés ont donc pour contrepartie. pour autant. Il y a des droits. sinon de la prise en compte d’objectifs d’intérêt général. il a pour contrepartie le devoir de travail. constituée de démembrements de l’intérêt générale compte la préservation de l’ordre public (Décision 80-127 DC). et le droit à la présomption d’innocence. des droits. Dans les droits économiques et sociaux. socialiste et libérale s’affrontent. Presque toutes les libertés se traduisent en droits. son but étant la protection d’un droit substantiel. à la santé. ce sont des droits substantiels. le droit au travail. Il y a des différences entre les droits qui visent à définir un espace substantiel de liberté et les droits qui visent la protection de libertés substantiels. dans la seconde il faut lui laisser une certaine liberté de licencier pour qu’il puisse employer. puisqu’ils sont des instruments juridiques d’une nature tout à fait différente. 22 Audrey Plez .. Le juge constitutionnel. Entrent dans cette catégorie le principe de l’interdiction de rétroactivité du droit pénal et le principe de légalité des délits et des peines. et il ne s’agit pas ici de droits subjectifs. la poursuite des auteurs d’infraction (Décision 99-80 DC) . Un exemple pourrait être la loi sur le licenciement où deux théories. Une autre typologie distingue les droits des libertés. soit des droits en matière économique et sociale . l’objectif de continuité des services publics (Décision 79-105 DC). Ils peuvent ainsi être invoqués dans une QPC. ainsi.- Chapitre 1. Ces droits existent de manière générale. Le pouvoir constituant et la souveraineté.

M. et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les principes constitutionnels posés. aux principes du Préambule de la C. TITRE I. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. l’anglo-saxon est plutôt fondé sur le principe cardinal de liberté. le C. BERTRAND. LE SUFFRAGE. Il n’est pas clairement posé de hiérarchie des droits et libertés fondamentales par le C. Constitutionnel. il va exercer un contrôle de proportionnalité. et la limitation au nom de l’intérêt général. Quel que soit le domaine dans lequel nous exercerons juridiquement. on immobiliserait ces même principes . Tandis que le système des droits fondamentaux allemand est fondé sur le principe cardinal de dignité. de 1946. Il s’agit chaque fois d’un contrôle de proportionnalité. en vérifiant si l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles contradictoires n’est pas manifestement déséquilibrée. Il y a deux mécanismes de limitation des droits fondamentaux : la conciliation entre plusieurs droits fondamentaux. chaque fois qu’est introduit un nouveau droit fondamental. * CHAPITRE 3. SECTION 1.DROIT CONSTITUTIONNEL. avec ses technicités. Constitutionnel. en d’manifestement déséquilibre manifeste dans la conciliation entre deux exigences constitutionnelles. est une question des plus importantes. Le pouvoir constituant et la souveraineté. à l’occasion des lois de nationalisation : se confrontant le droit de propriété de la DDHC. Il n’y a de droit. est que. Elle conduit nécessairement à s’interroger sur l’étendue du contrôle du juge. cf. Constitutionnel en 1990.
 Chapitre 1. Ils sont un outil juridique comme les autres. «  On peut porter atteinte à la liberté contractuelle si le législateur poursuit un intérêt général  ». puisque la C. Ce qui est vrai. lequel n’entraine pas nécessairement que celui-ci se substitue au législateur. Les droits et libertés fondamentaux sont donc ainsi dérogeables par nature. Débat sur la liberté et la dignité. et dans la plupart des cas. ce dernier n’applique pas cette distinction. mais il existe de fait une certaine forme de hiérarchie dans le contrôle concret de la conciliation entre les droits et libertés. les principes constitutionnels doivent être conciliés les uns avec les autres . 23 Audrey Plez . il faudra nécessairement être conscients de ces typologies. ne se substitue pas au législateur. La question de l’existence d’une hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. §1. mais il y a dans le contrôle concret opéré par le C. Les droits et libertés fondamentaux ne sont pas un système hors du droit. mis à part le principe de dignité -considéré comme absolu-. et le rôle du juge est de veiller à ce que la conciliation opérée entre des droits fondamentaux contradictoires ne soit pas naturellement déséquilibrée. on s’aperçoit que le juge opère nécessairement une pondération différente entre les principes. Il n’y a donc pas de hiérarchie postulée à l’avance. Le juge utilise un outil qui est l’outil essentiel du juge constitutionnel : le principe de proportionnalité . n’établit pas elle-même de hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. dans ce contrôle. Ce problème a été posé clairement au C. §2. est limité un autre. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. pour tous les juges utilisant des droits et libertés fondamentaux. Si l’on considérait que l’ensemble des principes étaient indérogeables. ou s’il n’y a pas . peu important quel soit le texte retenu. LE DROIT DE VOTE. Ils sont un outil juridique essentiel qui occupe une place importante. Constitutionnel une sorte de hiérarchisation implicite qui tient simplement au fait que le juge annulerait plus facilement tel ou tel principe plutôt qu’un autre. et qu’il est nécessaire de savoir manier. Constitutionnel est celle qui affirme qu’il appartient de concilier les principes constitutionnels. ce qui implique nécessairement de les limiter . Même si le juge. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL La dernière distinction est la typologie tenant à la valeur des droits et libertés fondamentales. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. rendant cette question difficile . SECTION 2. puisqu’elle structure un système de valeurs. Constitutionnel en d’autres mots. ils entrent en conflit les uns avec les autres. aucune hiérarchie. ils ont une valeur et une portée. C. Par. et il s’agit là d’une hiérarchisation d’espèce et non de norme. La solution retenue par le C. cf.

cád que l’élu conserve sa liberté de vote et que son mandat est irrévocable. se trouve le principe selon lequel la France est une République démocratique. et parmi eux notamment. le principe démocratique . du 3 juin 1958. Nous verrons dans ce chapitre ce qu’est le suffrage -moyen par lequel le peuple exprime sa volonté. Le principe démocratique et les élections. notamment. §3. Dans une démocratie. « Les promesses électorales ainsi. qui sera celle de 1962. Dans le système représentatif. mais il participe à la représentation de l’ensemble de la nation. §2. Une fois élu. qu’il exerce par ses représentants et par la voie du référendum. ce qui n’a pas donné de suites. n’engagent que ceux qui les écoutent. De Gaulle s’est servi du suffrage universel pour rééquilibrer les pouvoirs en faveur du P. CHAPITRE 3. soit de désigner les titulaires. 24 Audrey Plez . il va séduire les électeurs de sa circonscription.. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. M. §1. en ce qui concerne le Parlement. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LE DROIT DE VOTE.. ou le titulaire. il s’exprime aussi par d’autres voies et ce principe a été rappelé par la L. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. il était dit que seul le suffrage universel est la source du pouvoir. §2. le G. Cependant. de la République .DROIT CONSTITUTIONNEL. le mandat électif présente un certain nombre de caractères . LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. et pour cette révision. B. L’art. BERTRAND. l’élu ne représente pas une circonscription -subdivision du territoire dans lequel il est élu-. ni ne disposent d’un mandat impératif que les électeurs pourraient révoquer. Ce principe conduit à considérer qu’un député est élu dans une circonscription. La deuxième caractéristique est que le mandat n’est pas impératif. Si l’élection première et souveraine se trouve dans le principe démocratique. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. en toute liberté. Il s’exprime dans la C. De Gaulle pour réviser la C. et un mécanisme plus classique de démocratie représentée. TITRE I. le corps électoral est à la base du régime politique et c’est sur ce corps électoral que repose la légitimité des gouvernants. En 1958. précisant que la souveraineté nationale appartient au peuple.et la question du référendum. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. cád. ce qui explique que cette analyse soit tout-à-fait théorique : un Parlementaire a plus de chances de se faire réélire en assistant à des évènements publics dans sa circonscription plutôt qu’en prenant des initiatives législatives. A. de deux manières : l’art. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. 3 CF. il est évident que dans un système majoritaire. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. mais de manière plus générale il s’agit du droit de vote. LE SUFFRAGE. 4 CF précise que les partis concourent à l’élection du suffrage. un certain nombre de principes étaient posés. C’est donc un mécanisme de démocratie direct. la circonscription électorale est simplement le cadre dans lequel il est élu. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. » Par. Ce principe démocratique se traduit par le droit au suffrage. ce qui ne fait pas de lui le représentant de sa circonscription . Ils sont ainsi élus dans un cadre territorial afin qu’ils participent dans le cadre de la nation. Cette loi est un texte qui encadrait les pouvoirs qui avaient été confiés au G. pour se faire réélire. SECTION 1. et ce vote permet soit d’approuver ou de désapprouver un texte. Un électeur avait poursuivi un candidat pour non-respect de ses engagements électoraux. Chapitre 3. ou ne fait pas de propositions. La volonté du peuple s’exprime par le vote. Dans l’art. de la fonction gouvernementale et les membres du Parlement. SECTION 3. 1 CF. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. le Parlementaire fait. Ils ne sont ni des élus des circonscriptions. à l’occasion de la révision de la C. §1. afin que la légitimité démocratique soit renforcée par l’intermédiaire d’une élection au suffrage universel.

ils ne sont pas en état de choisir des représentants.Par.. cád accordé à l’ensemble des personnes considérées comme capables. cád. La seconde condition tient à la capacité et est appréciée sous plusieurs aspects. un délégué du Préfet. Par. ce qui a souvent donné lieu à une sanction annulant le suffrage des personnes ayant manifesté une préférence en faveur du candidat dans le bureau de vote. et des conditions d’exercice. lorsqu’est prononcée à l’issue d’une décision pénale une déchéance du droit de vote qui peut-être temporaire ou définitive . L’inscription est un acte de nature administrative. sinon dans la capacité civile. Il fut une période où le vote était familial. Cette idée est liée à celle du discernement et de l’indépendance et c’est pourquoi sont exclus les majeurs sous tutelle. condition qui ne s’applique pas aux élections du Parlement Européen. lorsque les femmes n’avaient pas le droit de vote. puisque c’est la qualité de citoyen européen qui implique la participation à ces élections. Européenne DH et la GB sur la question du droit de vote des prisonniers. Par. cette dernière considérant que la condition de prisonnier conduit nécessairement à la perte de son droit au suffrage. cád que le caractère secret du vote n’est pas seulement un droit de l’électeur. c’est là d’ailleurs. BERTRAND. en ce qu’un électeur équivaut à une voix. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Le droit de vote.  » Le droit de vote était universel. puisqu’elles étaient alors considérées sans capacité civile. « C’est une erreur de parler de suffrage masculin. Les premières permettent à un individu d’être électeur. et enfin. la première tenant à l’âge . et d’autre part pour les élections locales. L’électeur a le choix entre la commune de son domicile réel. le but étant simplement de vérifier l’existence d’un lien entre la commune d’inscription de l’électeur et ce dernier. et la père de famille aurait voté en fonction de l’importance de sa famille. un individu ne peut plus participer au choix de ses représentants de par la faute qu’il a commise. Le troisième type d’incapacité relève de la censure. Aux élections présidentielles de 2002. le droit de vote pouvant être accordé aux citoyens de l’U. pour y être inscrit il faut bien évidemment jouir de ses droits électoraux.. la première condition étant celle de la nationalité. ce qui est tout-à-fait critiquable.. Est-il ainsi un droit accordé par l’État ou intrinsèque à la condition de citoyen ? Il est nécessaire d’être inscrit sur liste électorale. Il existe un bras de fer entre la C. 25 Audrey Plez .DROIT CONSTITUTIONNEL. etc. Le vote est secret. M. laquelle est établie dans chaque commune . la C. Concernant le caractère du suffrage. sur la fonction liée essentiellement au lien qui existe entre la qualité de citoyen et le vote pour des organes qui participent à l’exercice de la souveraineté. que l’on inscrit le droit de vote dans le cadre des libertés dont l’autorité judiciaire est le gardien. précise que le vote est universel. L’incohérence n’est pas dans le droit de vote. de passer un contrat. Le non-respect Chapitre 3. puisque l’on considère que si ces majeurs ne sont pas en état d’assurer ces fonctions de la vie civile. Européenne des DH considérant que celui-ci fait néanmoins partie des droits fondamentaux. le passage dans les eaux noires -cabine de vote. Il serait difficile de considérer que quelqu’un n’ait pas la capacité civile. ou municipales. du Tribunal de Grande Instance. cád le droit de travailler. et ensuite.est obligatoire . La raison pour laquelle on a autorisé ce droit de vote est fondée d’abord sur une spécificité : la citoyenneté européenne . Il y a donc un lien évident entre la capacité civile et électorale. la C.M. résidant en France. Le principe démocratique et les élections. l’idée de la capacité est celle que l’on puisse être électeur lorsqu’on dispose du droit de participer à la vie civile. ou une commune dans laquelle il est inscrit au rôle des contributions directes depuis au moins 5 ans . etc. mais qui relève du contentieux du juge judiciaire puisqu’il concerne une liberté fondamentale. sinon aussi un devoir de l’électeur -celui-ci ne pouvant chercher à influencer les autres électeurs. Le contentieux de l’inscription sur les listes électorales appartient aux juridictions judiciaires . ou de suffrage est un droit pour lequel il faut distinguer des conditions de jouissance. une commune dans laquelle il paie des impôts locaux. TITRE I. Il s’agit d’une liste permanente révisée chaque année par une Commission qui comprend le Maire.E. condition à l’exercice du droit de vote. égal et secret. mais qu’il ait celle d’être électeur. Le caractère universel. B. Le suffrage est égal. signifie que chaque citoyen remplissant les conditions de jouissance et d’exercice peut participer aux consultations électorales. et un délégué du P. des personnes ont manifesté explicitement à quelle personne ils allaient diriger leur vote -par le port de gants.

laquelle entrerait incontestablement en conflit avec le principe selon lequel les partis se forment et exercent librement leurs activités.DROIT CONSTITUTIONNEL. de manière occulte et irrégulière. dont l’annulation du suffrage exprimé. les techniques de communication contemporaines cependant. Il s’agit cependant d’une disposition extrêmement vague. un parti politique a aussi pour objet la conquête de l’exercice politique du pouvoir et la formation du personnel politique. une série de lois ont décidé de mettre de l’ordre dans ces affaires. pour financements indirects. Il y a également une règlementation des sondages électoraux. et à droite et au centre. Elle traduit l’idée d’interdire un parti qui veuille détruire les institutions. Chirac a été condamné notamment. De 1988 à 2008. Par. Par. Le principe démocratique et les élections. les organes nationaux ne pouvant procéder directement à la publication du sondage. Le vote n’est pas obligatoire. BERTRAND. Le cursus d’un certain nombre d’hommes politiques constitue le même parcours : Sciences-Po. Attaché Parlementaire. ce qui implique. réguler le financement des partis politiques . l’objet d’un nombre de scandales considérable. sous l’égide d’une Haute Autorité des Primaires. par exemple. en assurant la transparence du financement des partis politiques. Certains se sont interrogés sur le problème de savoir s’il fallait procéder à une loi sur les primaires. §2. en effet. jusque dans les années 1990. il est protégé . etc. la C. ce qui a perdu son sens avec l’émergence d’internet. que les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. La vie politique a été sous la IIIe République. considérées comme un moyen pour les partis politiques de sélectionner leurs candidats. puisqu’ils pouvaient alors être publiés depuis l’étranger. puisqu’ils exercent librement. ainsi. Parlementaire. ou formation de l’opinion. M. Ils se forment et exercent leurs activités librement. l’encaissement des fonds doit se réaliser par l’intermédiaire d’un expert financier. sont envisagées des primaires. Le problème s’est Chapitre 3. par accumulation de dispositions. ce qui a cependant posé le problème du conflit entre vie privée et transparence. J. Elles sont aujourd’hui confrontées à des évolutions auxquelles elles peuvent difficilement résister. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL du secret peut donc entrainer des sanctions. les lois vont. s’est posée la question des primaires. Pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle française. TITRE I. et une série d’affaires ont empoisonné la vie politique aussi bien à droite qu’à gauche récemment. Mais un intérêt beaucoup plus grand de la justice s’est manifesté à notre époque. L’autre problème a longtemps été le financement des partis politiques . et enfin. 26 Audrey Plez . Depuis les dernières élections présidentielles. de 1958 fait référence aux partis politiques. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. ce qui pose un réel problème de représentation politique. d’autant plus lorsque ceux-ci constituent une majorité. interdits une semaine avant l’élection. lesquels doivent désormais publier leurs comptes. La C. Elle précise ainsi. le principal étant de concourir à l’élection au suffrage. Il perdure une règle théorique d’interdiction de sondages la veille de l’élection . ou nouveaux. les dons des personnes morales sont interdits. Le candidat socialiste a été sélectionné à la suite de primaires. Ministres . que certaines dispositions soient prises pour assurer l’égalité entre les candidats avec des règles non-strictes d’égalité. et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. ont rendu complètement aléatoires certaines de ces règles. leur reconnaît plusieurs rôles. Le secret ne s’applique qu’au moment du vote. la suggestion de publication des patrimoines des élus . qu’ils soient traditionnels. Au-delà de cette reconnaissance de l’expression du suffrage. Après un certain nombre de scandales. et relativement inopérante. mais la liste de ces rôles ne doit pas être considérée comme limitative. pour orienter les suffrages. on peut ainsi manifester ses intentions avec antériorité. Récemment s’est ajoutée. tel que le temps d’audience à la télévision ou sur les radios. Un parti qui défendrait une République Fédérale serait ainsi un parti contre la souveraineté. et le jeu du débat politique passe nécessairement par les partis politiques. par une loi de 2014. mais des règles d’équilibre. en tant que maire de Paris. Cette règle cependant ne s’exerce qu’au moment du vote. Ils sont là. certaines personnes n’ayant donc jamais évolué dans un domaine autre que la représentation politique. cette sélection étant organisée par le parti et rassemblant les électeurs de ce parti. il a toujours été fait. et qui risquait également de confondre dans l’opinion publique les Parlementaires riches avec les Parlementaires corrompus.

. 4 CF. La réforme constitutionnelle de 2008 a ajouté à l’art. lorsqu’un certain nombre d’élus ont fait travailler des employés communaux. officiel et officieux. mais beaucoup plus large. mais on la retrouvera dans la constitution des institutions de la Ve République. dans un aspect conjoncturel : d’abord les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie. le P. était élu par la communauté. le G. celui-ci lui échappant de justesse. où le Ch. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. qui traduit une position de rejet de la vie politique. SECTION 2. L’idée du G. on souhaite extraire le Ch. ensemble.La seconde raison. d’É. ainsi qu’elle vise le long terme .DROIT CONSTITUTIONNEL. 27 Audrey Plez . TITRE I. Il souhaitait donc la même onction du peuple pour le Ch. placé au dessus des partis. d’É. M. ce qui a été un réel problème. lequel va exposer l’idée qu’il se fait des institutions. de Gaulle par un attentat. il va d’ailleurs obtenir un résultat tout-à-fait positif. que pour le corps parlementaire. puis. au suffrage universel direct . et des membres du Parlement indépendamment de cette question. et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation. au suffrage universel direct se rattachait au régime présidentiel et que le régime de la Ve République était un régime parlementaire.  Ainsi. l’idée selon laquelle le pluralisme passe par le pluralisme des partis politiques. une très large majorité. Deux éléments vont accélérer sa mise en oeuvre. Ch. Cette formule veut marquer la rupture avec la IIIe République. L’argument officiel est celui que les rédacteurs de la C. Une caractéristique importante du rejet de la vie politique. En 1962.-. de Gaulle est à la fois conjoncturelle. et que ce mode d’élection n’ait pas été prévu dans la révision de 1962. Le principe démocratique et les élections. 11 Cf afin de proposer l’élection du P. et d’autre part. et la véritable rupture aura finalement lieu en 1962. plus forte. de Gaulle utilise finalement le référendum de l’art. Cette présentation n’aura aucun effet immédiat. expliquent l’attente de 1962. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL posé dans certains cas. 72 CF prévoit que ces collectivités s’administrent librement par des Conseils élus dans les conditions prévues par la loi. Deux arguments. et l’Algérie en tant que département français . d’É. n’avaient pas retenu l’idée d’une élection au suffrage universel direct. Cependant. et du fait de la démographie. est le vote pour un parti considéré extrémiste. Celui- ci est conçu comme un moyen extrêmement puissant de remise en cause du pouvoir parlementaire. puisque c’est le laboratoire où vont se jouer tous les mécanismes de la révision de 1975. il affirme que c’est du Chef de l’État -à continuation. une formule selon laquelle : «  La loi garantit les expressions pluralistes des opinions. ils risquaient d’être en position de faiblesse par rapport au Parlement. en 1946. la communauté Franco-Malgache-. et ses successeurs n’ayant pas la même légitimité. -Il s’agit là d’un argument non imparable. et celle-ci était le lien établi entre la France et ses anciennes colonies -notamment. On traitera donc de l’élection du P. l'apparition de l’OS (Organisation Secrète pour l’Indépendance de l’Algérie) visant le G. Par. en 1962. car l’élection du P. une certaine équité. auxquels s’ajoutent les votes blancs et l’abstention. soit municipales. de l’autorité du Parlement afin qu’il ait une autorité propre. §1. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. il considérait qu’il disposait d’une légitimité historique. de Gaulle post-guerre. il existe une différence entre l’enrichissement du parti et l’enrichissement personnel. Il en profitera très rapidement. que doit procéder le pouvoir exécutif. élu par un Collège électoral qui englobe le Parlement. était élu par le Parlement . BERTRAND. de la R. de R. d’É. de la R. C’est une formule qui vise à concilier à la fois la libre administration des collectivités territoriales et le principe de souveraineté de l’État. non pas pour le parti mais pour eux-même. de R. sera élu au suffrage universel direct. qui font disparaitre le risque donnant un caractère minoritaire au vote républicain . » Elle voulait instaurer ainsi d’une part. de Gaulle. l’art. La logique des institutions est présentée par le G. Concernant les élections locales. la population non métropolitaine aurait joué un rôle conséquent dans l’élection. et qui constituent ainsi. celle d’un Collège électoral qui englobe le Parlement et qui soit même plus large. Chapitre 3. est que le P. départementales et régionales. C’est cette idée que reprendra le G. lorsqu’à la suite d’une révision constitutionnelle.

Le P. au secret du vote. -Cf. Les primaires relèvent de la liberté des partis politiques . Elles portent atteinte. et chargée de garantir leur bon fonctionnement. que la loi étant le résultat de l’expression souveraine du peuple. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL En 1962. l’A. .. de Gaulle va lier son sort au référendum. en présence de deux candidats républicains. Constitutionnel de valider la procédure irrégulière de révision de la C. TITRE I. mais il est évident qu’à partir du moment où il existe des règles internes. au suffrage universel. 28 Audrey Plez . Seuls peuvent se présenter 15 jours après le premier tour. Il n’y a pas de contrôle public. il pourrait y avoir des recours auprès du juge judiciaire pour non respect de ces règles. Le débat sur la constitutionnalité de l’art. le peuple approuve le suffrage universel par 60% des suffrages exprimés. Le C. dans une certaine mesure. Constitutionnel apprécie la régularité des candidatures. ou des deux candidats. lesquels doivent relever d’au moins 30 départements et territoires d’outre-mer et par plus de 10% d’un même département. Le 9 octobre 1962. de Gaulle est réélu par la suite pour un second mandat. Au premier tour. de Gaulle adresse un message aux Ch. et pour de nombreux Parlementaires se manifeste la peur de l’Élysée. À continuation. adopte une motion de censure qui a pour objet de renverser le Gouvernement . pour le deuxième tour. M. et ainsi entrainer l’échec du succès de l’un deux. ou socialistes au premier tour. après que se soit observée la vacance. Elles ne sont pas réservées aux adhérents des Partis politiques mais sont ouvertes à toutes les personnes se reconnaissant dans les valeurs de tel ou tel mouvement politique. dissout l’A. (Assemblée Nationale) qui ne peut contester directement les décisions du P. l’âge minimum de 23 ans et le fait de ne pas être touché par une cause d’inéligibilité. Le concours de deux candidats du même parti peut en effet mener à la division des voix. Le 4 octobre 1962. conscientes que celui-ci va les affaiblir.. le P. à ce jour. Il utilisera l’art. avant la fin du mandat du P. aucun candidat n’a obtenu ce résultat. qu’elle va réformer en profondeur.. habilitée à juger de la régularité des primaires. Constitutionnel répond prudemment mais de manière parfaitement justifiée. 11 CF pour réformer la Constitution. Le gouvernement est renversé -il démissionne alors qu’est votée la motion de censure-. bien qu’il s’agisse d’une atteinte indirecte. nous reviendrons sur le problème du quinquennat. le G. de la R. pour les avertir de son intention de réviser la C. C’est la réforme la plus importante de la Ve République. de R. annonçant qu’il démissionnera en cas de réponse négative au référendum fixé au 28 octobre suivant. Aujourd’hui. saisit le C. les candidats ayant obtenu au moins un certain pourcentage des suffrages exprimés. Le 5 octobre. le 28 octobre 1962. l’élection se déroule 20 jours au moins. de R. l’élection a lieu 20 jours au moins. En cas de vacance de la P. cette motion de censure vise fictivement le Gouvernement. Les conditions pour être candidat sont la détention de la nationalité française. de Gaulle demande à rester en place afin de régler les affaires en cours.N. et 30 jours au plus. tout candidat peut se présenter indépendamment des primaires. BERTRAND. de R. En ce qu’il n’existe pas de contrôle public. Cette loi constitutionnelle est promulguée et le G. l’un des deux candidats était sûr de se retrouver au pouvoir.N. Le G. puisque les candidats peuvent établir des fichiers de ceux qui participent à cette élection. En tant qu’autorité Chapitre 3. actuel. La loi organique de 1976 prévoit que chaque candidat doit être présenté par 500 élus.Il demande donc au C. il y aurait de fortes chances que le Parti adverse se retrouve au deuxième tour.DROIT CONSTITUTIONNEL. à l’origine du référendum sous l’impulsion de De Gaulle. les candidats socialistes et républicains ont créé une Haute Autorité des Primaires. Une loi constitutionnelle de 1976 a prévu la conduite à tenir en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat au cours de la campagne électorale. En principe. 11 CF puisque les Assemblées sont hostiles à l’élection du P. 11 CF. L’absence de primaire avec antériorité s’explique par la dualité de candidats . de R. et 30 jours au plus. en application de l’art. le G. Ces primaires redonnent en fait aux électeurs un certain poids prépondérant par rapport au Parti politique. et aucun parti n’a l’obligation d’organiser des primaires. est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés . La campagne officielle démarre 20 jours avant le premier tour et le Comité de Contrôle Audiovisuel est chargé de veiller à son bon déroulement. Le principe démocratique et les élections. Le C. il ne lui appartient pas de se prononcer.. par définition. Constitutionnel afin de lui demander de régulariser la procédure de révision constitutionnelle.

La circonscription électorale est une subdivision du département. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. les conseillers régionaux. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. C’est pourquoi le C. §3. il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL constitutionnelle. Le C. Les députés sont élus au suffrage universel direct. le vote correspondant à un candidat. veille à leur régularité. et un scrutin proportionnel dans les départements où il y a plus de 3 Sénateurs. les conseillers départementaux. Ce qui est tout à fait en accord avec la C. puisque la plupart des grands électeurs sont issus des petites communes. 29 Audrey Plez . B. scrutin majoritaire uninominal -le contraire du scrutin proportionnel de liste. LA QUESTION DE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. et en plus obtenir un nombre de suffrages au moins égal au quart du nombre des électeurs inscrits. Le C. Si aucun candidat n’a franchi cette part. C’est d’ailleurs celui-ci qui a sanctionné N.Le vote est obligatoire. Chaque candidat se présente avec un suppléant destiné à la remplacer en cas de décès ou en cas d’une fonction incompatible.. est élu le candidat ayant reçu le plus grand nombre de voix. TITRE I. Pour se présenter. il proclame les résultats. Constitutionnel a estimé que ce découpage devait se faire selon des bases essentiellement démocratiques. Il a ainsi du rembourser à l’État. Constitutionnel reçoit les candidatures. §2. Constitutionnel est également juge électoral . Constitutionnel qui statue en première instance sur l’éligibilité. Les Sénateurs sont élus dans le cadre départemental au suffrage universel indirect. et certains fonctionnaires ne peuvent se présenter aux élections dans les circonscriptions dans lesquelles ils ont exercé un certain moment -pour éviter qu’ils profitent de l’influence qu’ils auraient pu établir sous ces fonctions. §1. La durée du mandat est de 5 ans . LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. TITRE II.. Il y a un scrutin majoritaire. les deux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix peuvent se régenter au second tour. par un Collège électoral comprenant les députés. A. BERTRAND. nouvellement élu. partie des sommes qui lui avaient été reversées par l’État au titre des dépenses de campagnes. peuvent se présenter au second tour tous les candidats ayant obtenu au moins 12% des votes du nombre des électeurs inscrits. Le principe démocratique et les élections. et l’un des grands moyens de manipulation des élections est le découpage des circonscriptions électorales. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. c’est celle qu’on appelle arrondissement. et les délégués des Conseils Municipaux proportionnellement à l’importance des communes. avec l’exigence d’un certain plafond. C’est lui qui surveille en dernier lieu les comptes de campagne. pour être élu au premier tour. et détermine la date d’entrée en fonction du P. Constitutionnel statue sur la régularité des opérations électorales. surveille les opérations électorales et procède au recensement des votes. Sarkozy pour avoir dépensé le plafond des dépenses de campagnes. il examine les recours contre les candidats ou contre les opérations de vote. Une semaine après le premier tour. dans les départements où il y a moins de 3 Sénateurs. évitant les différences trop importantes entre les circonscriptions électorales. il faut avoir 18 ans.
 Chapitre 3.Les candidats doivent verser une caution et c’est le C. Au second tour. La durée du mandat est de 6 ans. ce qui lui donne une assez grande stabilité politique. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. et la carte électorale est ainsi révisée tous les douze ans.DROIT CONSTITUTIONNEL. -Il y a aussi des représentants des français étrangers. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. et il existe de ce fait une surreprésentation des communes rurales. M. SECTION 3.. et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. puisque le Sénat doit représenter les collectivités territoriales. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. §2. le C.

En ce qui concerne le pouvoir exécutif. M. La séparation des pouvoirs est en fait. 1. le Ch. est issu en général de la même majorité. de R. SECTION 1. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. La séparation des pouvoirs est traditionnellement envisagée en tant que séparation des pouvoirs exécutif et législatif.. ainsi le pouvoir du juge n’en fait pas partie. et de moins en moins un pouvoir d’émission de textes législatifs. §1. On peut imaginer une concentration du pouvoir entre les mains du Gouvernement ou Ch. B. En France. une organisation qui a évolué au fil du temps. Il s’agit là d’une question qui sera sommairement traitée plus tard. BERTRAND. C’est d’une part une terminologie qui a vieilli. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. B. La véritable séparation semble ainsi être aujourd’hui celle qui distingue le pouvoir politique de celui des juges .DROIT CONSTITUTIONNEL. §2. on peut se référer à un pouvoir dit gouvernemental. A. LES ORIGINES HISTORIQUES. […] Il est tout à fait anachronique d’affirmer que la personne qui décide aujourd’hui. et se manifestent divers conflits entre le pouvoir politique. §2. très loin de la conception de séparation de MONTESQUIEU dans laquelle le pouvoir du juge est un pouvoir nul. dispose d’un pouvoir d’exécutant. Le pouvoir démocratique s’exprime par des autorités politiques. SECTION 2. Pour ce qui est de la terminologie. celle qui concentre le pouvoir gouvernemental. On est en effet. La question de responsabilité du Gouvernement devant le Parlement devient également une question assez théorique. se produisant peu de renversements du Gouvernement par le Parlement. 30 Audrey Plez . LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. mis en place par la C. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. L’ORGANISATION DES POUVOIRS TITRE II L’ORGANISATION DES POUVOIRS Cette organisation est fondée sur la séparation des pouvoirs. et le pouvoir du juge. dans une démocratie-. en expansion. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. que l’on peut retrouver sans séparation des pouvoirs. A. ou gouvernemental et parlementaire. concentre la plus grande partie du pouvoir gouvernemental. A. un mode de gouvernement libéral . Chapitre 1. à ne pas confondre avec la démocratie. d’É. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). 3. dispose d’un pouvoir exécutif. 4. La séparation fondamentale n’est plus entre le pouvoir exécutif et législatif. tandis que le 1er M. le P. puisque dans la plupart des systèmes européens. désormais en déclin. CHAPITRE 1. §3. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. Une autre forme de séparation des pouvoirs est la distinction entre le pouvoir constituant -pouvoir souverain appartenant au peuple. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. 2. Théories et applications du principe de séparation. §1. on perçoit en effet que le pouvoir législatif a de plus en plus un rôle de contrôle du pouvoir gouvernemental. alors que la séparation des pouvoirs recouvre des aspects qui ne sont pas démocratiques. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. et d’autre part. aussi bien qu’entre les mains du seul Gouvernement. TITRE II. d’É. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. et les pouvoirs constitués.

et il y aura toute une succession d’actes qui marqueront une certaine forme de soumission du Roi au Parlement. L’ORGANISATION DES POUVOIRS B. À partir du moment où le Roi se met à tirer sa légitimité d’un accord passé avec le Parlement. D. §1. la Chambre des communes.G. va conduire à ce que le mécanisme que l’on appelle aujourd’hui le système parlementaire. et l’autre déclinante : le pouvoir du Roi. d’où un affrontement avec le Parlement. Leurs conséquences s’observent aujourd’hui. en 1640 et 1688 . a d‘intéressant que dans ses origines. Ce mécanisme. même si elles ne sont pas écrites. parce qu’il est partagé entre deux forces. ce qui correspond à peu près au Parlement sont les États Généraux. il est évident qu’il est affaibli par le pouvoir de ce même Parlement. Le Roi renonce à légiférer par ordonnance. mais d’une expérience . en GB. la situation est tout-à-fait différente. l’une ascendante : le pouvoir du Parlement. celles-ci étant toujours présentes. Si l’on prend en parallèle la situation française. et enfin en 1709. La première différence est que ces É. s’installe petit à petit dans la vie politique du R. C’est pourquoi elle est une théorie libérale. ce que l’on appelle la règle du précédent -mécanisme qui a fonctionné d’une certaine manière et continue de s’imposer-. se fait avec le Roi pour limiter le pouvoir de la noblesse. en GB la noblesse et la bourgeoisie se sont alliées pour diminuer les prérogatives du roi. que va naître le pouvoir du Parlement. CHAPITRE 1. En 1351. cád que ces É. à la suite de cette dernière. tiers-état etc. en France. représentante de la bourgeoisie. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. le Roi le devient à la suite du Pacte qu’il passe avec le Parlement. Le systèmes féodal est très différent en GB et en France . et la Chambre de la noblesse et du clergé vont se rassembler. Le pouvoir royal est enfermé dans un ensemble de règles très contraignantes. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). son pouvoir est affaibli à l’apogée de l’acte d’établissement. il y aura une participation d’Assemblée qui exercera un pouvoir aux côté du Roi.DROIT CONSTITUTIONNEL. La séparation des pouvoirs est tout simplement une technique constitutionnelle. qui va s’opérer au détriment de ce dernier. la noblesse d’une part. notamment européens. BERTRAND. qui donne lieu à deux Révolutions. Théories et applications du principe de séparation. Elle a ensuite été théorisée en GB. et commencer à rédiger des projets de loi. La séparation des pouvoirs. et enfin le tiers-état -ou représentant de ce que l’on appelait alors la Chapitre 1. qui vise à éviter le discrétionnisme et à protéger les libertés. SECTION 1. Elles ont ainsi eu des conséquences très différentes : en France un affaiblissement du pouvoir de la noblesse. C. La réaction monarchique en devient plus absolue. fondé sur le pouvoir de la noblesse. elle est le fruit de l’évolution de la société. et ainsi le pouvoir est limité. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). se poursuivent beaucoup plus longtemps en GB qu’en France. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. et c’est la même logique qui prévaut.G. (Royaume-Uni).U. 31 Audrey Plez . TITRE II. sont convoqués par le Roi. sont divisés en trois parts représentant une égale puissance. Très rapidement. C’est dans le consentement à la Cour. Cette alliance de la bourgeoisie. elle est née non pas d’une théorie. le clergé d’autre. […] Ceci va conduire à ce que les traces du système féodal. et ne se confond pas avec la démocratie. M. beaucoup plus que démocratique. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. La séparation est une technique d’organisation des pouvoirs. à l’inverse de la GB. LES ORIGINES HISTORIQUES. cette histoire de lutte entre le Parlement et le Roi. puis en France au XVIIIe. Il est important de comprendre les différences historiques qui existent entre les pays. et un pouvoir monarchique ou royal qui s’est étendu plus rapidement. s’engage à ne pas lever les impôts sans le consentement du Parlement. et en faveur du précédent.

qu’en France. alors qu’en GB. que l’on retrouvera les mécanismes de collaboration entre les deux pouvoirs. de respecter un certain nombre de libertés naturelles. et enfin le pouvoir fédératif. Selon LOCKE il existe au sein de l’État. et qu’il va appliquer plus concrètement au système constitutionnel. il va considérer qu’il faut établir une hiérarchie entre ces deux pouvoirs. L’ORGANISATION DES POUVOIRS bourgeoisie.. celui-ci étant une C. J. alors que le pouvoir royal est celui qui l’applique. le pouvoir législatif étant le pouvoir suprême. ou juridictionnel. et le pouvoir de juger les désaccords. au coeur du système parlementaire. son objectif étant d’éviter le retour à un pouvoir royal absolu. et c’est l’idée selon laquelle les hommes abandonnent une partie de leurs libertés dans un contrat qu’ils passent avec le Roi. et de défendre ce que l’on a pu appeler une monarchie contractuelle. Il fait une distinction entre trois fonctions. Théories et applications du principe de séparation. exécutif. J. pour ce faire. au-delà de la question des impôts étant de renforcer l’autorité du Roi par rapport au peuple . allant plus loin. Une fois établis ces éléments. pour introduire la notion de pouvoir judiciaire -à l’époque-. LOCKE va théoriser cette pratique dans un ouvrage paru en 1690. C’est d’ailleurs dans l’absence de séparation absolue. C’est le premier niveau de la théorie de LOCKE. Cette théorisation a une finalité politique. MONTESQUIEU va systématiser la séparation des pouvoirs. BERTRAND sont Chapitre 1. une différence fondamentale entre ces deux systèmes monarchiques. Pour éviter ce désordre. dans l’actualité. dont le droit de propriété. BERTRAND. Le schéma est le suivant : une pratique conduit à une théorie. qui est celui de faire les lois . Elle sera reprise ensuite par ROUSSEAU. de plus. LOCKE estime qu’il ne doit pas y avoir une séparation absolue des pouvoirs exécutifs et législatifs. qui se doit. LOCKE va reprendre. C’est une théorie qui a une finalité politique très claire. sans même se référer à ce principe en ces termes. qui s’intitule Essai sur le gouvernement civil. ou pouvoir du juge. LOCKE est ainsi le premier grand acteur dans la théorie de la séparation des pouvoirs. si le Roi viole ces droits. LOCKE n’est pas un théoricien désintéressé.. ils vont se réunir de moins en moins régulièrement au cours des siècles suivants. LOCKE. C’est l’expérience britannique qui va faire l’objet d’une théorisation. est évidemment incompatible avec une conception absolue des pouvoirs . trois pouvoirs : législatif. M. fondées sur leur objet : le pouvoir de faire les lois. et 1789. La différence avec LOCKE est d’abord que MONTESQUIEU va supprimer la notion de pouvoir fédératif. par Louis XVI qui initiera la Révolution. Son idée est d’instaurer en France un système qui ressemble au système britannique. ce qui rend légitime les Révolutions est que. TITRE II. mais à partir de l’analyse britannique. il s’agit de légitimer la Révolution qui vient de se produire. ne sont convoqués que très exceptionnellement. Plus précisément encore. pour éviter le désordre si les deux pouvoirs vont dans des sens différents. législatif et exécutif. ces Assemblées deviennent peu à peu une structure permanente. d’appel . il va considérer que ces fonctions doivent être séparées afin d’assurer la liberté. de justice. §2. -et c’est celui qui nous intéresse plus directement. 32 Audrey Plez . Par. Il va partir de deux observations. qui édicte la norme. et améliorer considérablement le principe.G. le pouvoir de les exécuter. le but de cette réunion des É. ils sont donc des juridictions.G. J. celui de les appliquer . telle que les actuelles C. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS.Il y a donc déjà une structure plus efficace en GB.DROIT CONSTITUTIONNEL.est qu’il va être le premier théoricien moderne de la séparation des pouvoirs. D’abord convoqués en 1302. et les parlementaires des juges. C’est celui en effet. la théorie contractuelle des pouvoirs. d’abord en GB avec J. Il est à l’époque membre d’un Parlement. puis en France avec MONTESQUIEU qui va perfectionner le système de séparation des pouvoirs. Les É. Son deuxièmes apport. en contrepartie. le peuple peut se refuser à lui obéir. C’est une réunion des É. qui a été développée dans le Leviathan par HOBBES. à tel point qu’aucune réunion n’aura lieu entre 1614. qui a elle même pour objet d’agir sur la pratique. Cette conception contractuelle des pouvoirs. qui du point de vue de M. d’ailleurs essentiellement dans une volonté de renforcer le pouvoir royal. celui de conduire les relations internationales. On a jusqu’au XVIIe. celle d’adapter le système de séparation des pouvoirs en France au système britannique.G.

il faut un pouvoir juridictionnel fort. sont que tout homme -fut-il juge. par l’instauration de poids et contre-poids . EE. à condition qu’il ne les exerce pas seul. par la disposition des choses. Chapitre 1. un mécanisme que l’on retrouve dans presque tous les systèmes constitutionnels. que le pouvoir arrête le pouvoir. est la formule selon laquelle les juges sont « la bouche qui prononce la parole de la loi » . nous écarte beaucoup de ce point de vue des théories de la séparation. qui en 1787 ont construit un système de séparation stricte des pouvoirs. SECTION 2. C’est le cas par exemple de la C. Il ne s’agit pas nécessairement. MONTESQUIEU semble cependant avoir été mal compris. qui a mis en place. Aujourd’hui. Par. Il s’agit. BERTRAND. et un pouvoir politique fort mais non pas sans limites également. de classer les régimes politiques. la séparation du pouvoir juridictionnel d’une part. L’ORGANISATION DES POUVOIRS universelles et éternelles : la première étant que tout homme ayant du pouvoir est porté à en abuser . 33 Audrey Plez . et c’est la raison pour laquelle il considère que celui-ci devrait être détenu par des Jurys. au sein de ce que l’on a appelé un régime parlementaire. Ces deux observations. qui forment le pouvoir politique. Les manifestations de la méfiance de celui-ci vis-à-vis du pouvoir judiciaire sont nombreux. notamment par les constituants américains. Ce dont on discute aujourd’hui. établi en application d’une théorie.-. de 1791. le système politique des États Unis. et qui semble vrai pour la plupart des juridictions. il ne s’agit pas d’une théorisation abstraite.détenteur de pouvoir est amené à en abuser. et ces organes doivent avoir deux facultés qui se combinent : la faculté de statuer. cád d’agir négativement. d’une séparation totale. EDH. et la GB. MONTESQUIEU se méfie beaucoup de ce pouvoir judiciaire. et la faculté d’empêcher. Ceci est une lecture assez superficielle de la théorie de MONTESQUIEU.UU. Son but est d’empêcher le pouvoir omnipotent. Ce qui bien sûr. l’ensemble des régimes européens. en freinant un autre organe. des pays anglo-saxon.DROIT CONSTITUTIONNEL. désormais. il faut. et l’ensemble des pays qui ont pris pour modèle le système européen ou américain. Les États-Unis -à continuation. mais surtout pas sans limites. de trouver un équilibre entre l’efficacité et la protection des libertés. et des deux autres pouvoir de l’autre. qui ont voulu séparer de manière rigoureuse les pouvoirs et fonctions étatiques. Le pouvoir du juge est un pouvoir dangereux. Elle a sa place dans ce système de balance et d’équilibre. C’est là encore. dans l’analyse de MONTESQUIEU . la théorie de la séparation des pouvoirs a inspiré sous une forme ou sous une autre. celle de la séparation stricte des pouvoirs . On a pris l’habitude. et en second lieu. un même organe peut exercer plusieurs fonctions. un régime souple de séparation des pouvoirs. En revanche. mais cette séparation peut s’effectuer dans un système monarchique aussi bien que démocratique. L’un des apports de MONTESQUIEU est d’avoir intégré la fonction judiciaire dans la séparation des pouvoirs. et par les constituants de la C. par ailleurs. Il indique tout d’abord que la puissance de juger est la puissance la plus ténue. Théories et applications du principe de séparation. en inventant le régime présidentiel. et s’en méfie d’autant plus qu’il est lui-même magistrat. qui pourrait très largement être approfondie. TITRE II. que pour que l’on ne puisse abuser du pouvoir. mais non pas inventé. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. cád celle de décider ou d’agir positivement . comme c’est le cas en GB. Les juges aujourd’hui se revendiquent un pouvoir créateur et dépassent le simple pouvoir d’interprétation pour se reconnaître parfois jusqu’à un pouvoir contra legem. MONTESQUIEU cherche ainsi à empêcher l’omnipotence. et que seul le pouvoir peut limiter le pouvoir. régime de collaboration entre les pouvoirs. et qui ont donné naissance à deux types de séparation des pouvoirs. M. Un même organe ne doit pas être totalement maître de deux fonctions. Deux pays sont particulièrement intéressants au regard de l’interprétation qu’ils ont donné de la théorie de séparation des pouvoirs. en effet. si personne ne l’arrête . ces différences tendent à s’atténuer. on en est loin en effet. tend à devenir un élément fondamental du droit contemporain. selon le plus ou moins grand degré d’indépendance des organes chargés des fonctions législatives et exécutives. puisqu’il s’agit d’un régime déjà pratique. Si l’on fait abstraction de cette conception du pouvoir judiciaire.

. 34 Audrey Plez . a plus de pouvoir que celui des EE. Ils sont nommés à vie. Théories et applications du principe de séparation. compétente chaque fois qu’est en jeu l’application du droit fédéral et qui remplit un rôle d’uniformisation du droit aux EE. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. de 1787.Il est donc un élément issu du caractère fédéral. il y a un P.Aux EE. il y a un P. est un régime de type plutôt parlementaire. Dans les systèmes parlementaires.UU. chacun des pouvoirs a une fonction spécifique. les primaires socialistes. » Chapitre 1. dans un régime présidentiel. qu’il nomme et révoque comme il l’entend. (Vice-Président) élu en même temps que lui. par nature. ce qui marque la volonté de montrer leur dépendance du P. est que le Parlement est bicaméral. il y a un gouvernement distinct du Ch. de R. chacun des pouvoirs trouvant de manière séparée sa légitimité dans le peuple. limité par un Parlement faible.UU.. et confirmés par le Sénat.UU. selon un système très complexe et qui varie selon les États. Le régime présidentiel est né aux EE. Ce bicaméralisme n’est pas lié. et enfin. le Parlement a plus de pouvoir qu’en France. La seconde caractéristique. puisque tout le pouvoir exécutif revient au P. à une seule tête. et une autonomie politique du Gouvernement. en tant que régime qui applique strictement la séparation des pouvoirs. limité par un Parlement puissant. de la droite. est assisté d’un Vice-P. L’exécutif est monocéphale. des représentants et le Sénat. à l’existence d’un régime ou d’un système présidentiel. de R. ou conventions. de même que pour la droite. des EE. Un régime présidentiel n’est pas un régime dans lequel le Président est tout puissant. les électeurs élisent les grands électeurs qui s’engagent à voter lors du scrutin définitif. Ce pouvoir judiciaire se caractérise par l’unité du système juridictionnel fédéral. ce sont simplement ses collaborateurs. pour citer un exemple. aussi bien que de 1er M. exerce les fonctions de P. sont d’une extraordinaire simplicité.DROIT CONSTITUTIONNEL. sinon qu’il tient simplement à la nature fédérale des EE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. On ne les appelle pas Ministres. ou du centre. Il est entouré de collaborateurs..UU. TITRE II. de R. Aux EE. A. tandis que l’autre représente les États -ici. avec des élections primaires. à la tête duquel il y a une Cour suprême qui est à la fois juge constitutionnel et judiciaire. qui est totalement maître du pouvoir législatif. Puis les conventions des Partis choisissent leurs candidats. À côté. l’une des Ch. -tandis qu’en France. le Congrès est formé par la Ch. représente le peuple. Les 9 juges sont nommés par le P. Ainsi aux EE. (ici. d’É. Pour une raison simple. de R. Ce qui veut dire que le pouvoir exécutif est confié tout entier à une seule et même personne.. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §1. cád. qui sont organisées dans les États fédérés.UU. d’É. Dans le régime présidentiel. et en dehors de l’Amérique latine pendant une certaine période. Aux EE. Le troisième élément est qu’il existe un pouvoir judiciaire véritable..UU. BERTRAND. où il s’est développé. le choix des délégués et des candidats dépend de la législation de chacun des États. Le P. cád. alors qu’en France le P. de R. puissant. On pourrait presque affirmer que le régime présidentiel est un régime qui a rarement fonctionné correctement en-dehors des EE. Dans un système fédéral. UU. ce Parlement est un organe puissant. selon la formule «  les juges à la Cour suprême ne démissionnent jamais et meurent rarement. Il y est né par la C.UU. mais a connu très peu d’application en dehors ce celui-ci. Il est élu au terme d’un long parcours. pour élire des délégués et pour choisir le candidat de chacun des deux grands partis. ou le centre. formé de deux chambres.UU. tandis que la caractéristique précédente était en effet liée au caractère présidentiel du régime. N’importe quel électeur s’estimant de gauche pourra voter afin de choisir son candidat de gauche. Le Ch. soit pour le candidat démocrate. de R. La France.UU. et qui apparait comme un réel contre-pouvoir au P. M. américains. des EE. et les pouvoirs n’ont en principe aucun moyen d’action réciproque. soit pour le candidat républicain.UU. sinon Secrétaires d’État. Aux EE. Président) puissant.UU.

puisque dans la nomination d’un certain nombre d’autorité. le consensus est indispensable au fonctionnement des entités. elle n’est pas pour autant une séparation absolue.. Le régime présidentiel consacre l’autonomie de chacun des pouvoirs dans ses relations avec l’autre. il n’y a pas de mécanisme de déblocage. Il n’y a pas de solution juridique pour faire face à des situations de blocage. Ils doivent. de refuser ce que l’autre propose. de dissoudre les Assemblées ou l’une d’elles. sur le Congrès s’inscrivent principalement dans le veto présidentiel sur les lois votées . mais elle ne correspond pas à une responsabilité politique.Le P. par exemple. Cette situation s’est trouvée dans plusieurs occasions. Il s’agit donc d’un pouvoir considérable. C’est d’ailleurs probablement pour cela que le système présidentiel a eu du mal à fonctionner ailleurs qu’aux EE. quant à la ratification d’un Traité aux EE. Les deux pouvoirs sont condamnés à cohabiter quelles que soient leurs tendances politiques.. au Parlement ou au Congrès de mettre en cause la responsabilité pénale du P. Chaque autorité. le Congrès peut ainsi paralyser l’action politique du P. de R.. ou le P. et de l’absence de responsabilité politique de l’une envers l’autre. C’est ce système qui a été en quelques sortes transposé en France. et il n’y a pas de possibilité pour l’Assemblée de renverser le Gouvernement.UU. également. à la recherche d’un compromis politique. un certain suspens.UU. qui ne relève pas de la C. Chapitre 1. Le Congrès dispose d’une autorité de contrôle sur l’Administration par des commissions d’enquête. et jusqu’à présent. démocrate et un Congrès républicain. Il y avait aux EE. cependant. tout peut s’arrêter. il y a quelques mois. Théories et applications du principe de séparation. M. C’est un système qui n’est pas transposable en France.. 35 Audrey Plez . puisqu’il aboutirait très vite à des blocages. un certain accord sur le modèle de société et des divergences peu profondes entre les deux parties. Dans ce cas. B. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime présidentiel se caractérise en ce qu’il fait correspondre une fonction à un pouvoir. de R. le veto présidentiel à la majorité des 2/3 dans chacune des deux Ch. C’est là qu’il y eut un moment.UU. ensuite. un P. ne peut pas obliger le Congrès à voter une loi. Le P.UU. l’image est celle d’un P. peut s’abstenir de signer une loi. L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. indépendante de l’autre dans sa nomination. lorsqu’il y a eu. En effet. Il intervient également dans les nominations qu’il approuve. Tout le pouvoir législatif est ainsi au P. Les moyens d’actions de P. parce qu’il n’a pas de responsabilité politique.UU. Il n’y a pas de possibilité pour le P. Aux EE. Une procédure permet. est assurée dans la durée d’une garantie d’existence due à des élections à des périodes fixes. n’a aucun crédit en cas de refus de vote du budget. sinon de la pratique : en fin de cession parlementaire. le P. qui met la loi dans sa poche. sans avoir à s’expliquer. les Traités devant être ratifiés par le Sénat. elle ne procède que de ce dernier. et sans la réunion du Congrès. BERTRAND. trouver un consensus. puisqu'il n’y a pas de gouvernement. de R. il existe ratification par le Parlement.. de R. ni une arme de dissolution. cependant. et presque uniquement aux EE. ce qui constitue probablement la raison pour laquelle ce système a fonctionné aux EE.. le système américain continuait d’exiger une certaine forme de consensus. sans qu’il n’y ait de moyen juridique destiné à résoudre le conflit. Le Congrès possède enfin un pouvoir d’approbation de certains actes du P.. alors que le Congrès détient les moyens budgétaires. et le Congrès devra tout reprendre lors d’une autre cession. et l’exercice de cette faculté conduit nécessairement. de R. de R. TITRE II. à l’exception d’un certain nombre de services urgents et limités.. de R.DROIT CONSTITUTIONNEL. L’initiative de la loi appartient au Parlement . de R. en général très efficaces. et les fonctionnaires peuvent cesser d’être payés durant une période. -condition relativement difficile à accomplir. En votant le budget ou en ne le votant pas. S’agissant des moyens d’action du législatif sur le P. en effet. Les veto sont utilisés relativement régulièrement par le P. Si la séparation des pouvoirs est une séparation stricte. C’est ce que l’on appelle le pocket veto . de R. le Congrès pouvant briser. dispose également d’une autre forme de veto. de R. de R. Chacun des pouvoirs dispose vis-à-vis de l’autre d’un pouvoir d’empêcher. le P. tout le pouvoir législatif et budgétaire au Parlement.UU. en cas d’opposition.

* §2.sur le Gouvernement -à continuation. suprême est considérable. (Ministre) verra sa responsabilité engagée par le G. suprême en tant que juge constitutionnel. P. Le problème est le même que pour le régime présidentiel . et d’autre. qu’il soit dit régime parlementaire. Il est un organe de coopération ou de collaboration entre les pouvoirs. s’est fait par la pratique : on trouve ainsi des régimes parlementaires monistes et dualistes.. lorsqu’un M. Le premier effet en sera l’émergence de l’idée selon laquelle le G. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. Le régime présidentiel est un régime relativement simple. et dans le rôle de la C. et possibilité de dissolution de l’Assemblée Parlementaire. Théories et applications du principe de séparation. Ce qui est l’élément principal du régime parlementaire est l’existence d’un organe qui va jouer un rôle d’intermédiaire entre le R. TITRE II. doit avoir la confiance à la fois du R. avec une période d’équilibre.DROIT CONSTITUTIONNEL. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On note qu’au delà du mécanisme de la séparation stricte des pouvoirs. R. puisqu’il a été théoriquement imaginé et établi. la compétence de la C. va être liée au pragmatisme britannique et va se développer par un jeu de circonstances. La mise en place de ce G. 36 Audrey Plez . devant le P. on y trouve un exécutif bicéphale. d’où la responsabilité du G. et aussi en tant que garant de l’équilibre entre les pouvoirs des États fédérés et les pouvoirs de l’État fédéral. le régime parlementaire à l’inverse. (ici.. celle de veiller au respect de l’équilibre entre les pouvoirs. un processus de collaboration des pouvoirs avec des moyens d’action réciproques : responsabilité d’une partie de l’exécutif. Ainsi.. D’une part. puis une période où le pouvoir du Roi -à continuation. période pendant laquelle le R.. On passe pour autant d’une responsabilité Chapitre 1. décision par laquelle la C. en tant que garant de cet équilibre. va lui permettre d’exercer deux fonctions fondamentales : celle de veiller au respect des droits fondamentaux inscrits dans la C. ou instauré à partir de la conception que l’on en avait . est à l’origine irresponsable devant le P. et cet organe est le G. et du P. dans un contexte de conflit entre le P. ce qui crée un problème de poids et de contrepoids qui équilibrent le fonctionnement de la séparation. G. Le R. va petit à petit devenir responsable devant le R. Dans le système des EE.. intervenu au début du XVIIIe. alors qu’en présence d’une C. Le deuxième élément est celui du développement du rôle du pouvoir judiciaire fédéral. lors de la montée sur le trône de la famille royale de l’époque. sinon qu’il s’agit d’un régime de collaboration entre les pouvoirs avec plusieurs caractéristiques. va se désintéresser de la vie publique. l’autre élément de séparation des pouvoirs étant celui de séparation de ces pouvoirs fédérés du pouvoir fédéral. l’ensemble du G. . ancienne. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME.. progressivement. C’est donc à l’occasion de cette montée en puissance du pouvoir judiciaire. qui date de la décision fondatrice de la C. Suprême en tant que juge constitutionnel. est celui qui nomme et révoque en effet les Ministres.a décliné en faveur du P. qui ne peut le révoquer. devant le R. va mettre en cause la responsabilité pénale du Ministre censé être responsable de la discipline. et devant le P. suprême (Cour suprême) de 1903. BERTRAND. M. le pouvoir d’interprétation est un pouvoir important .UU. . puis. dans l’affaire Marguerite de Madison*. la confiance se traduira par le fait que le G. que cette intervention de la C. et les P. suprême a décidé qu’elle pouvait exercer un contrôle de constitutionnalité des lois. Le régime parlementaire est né en GB. . ou de l’une des Assemblées Parlementaires. Parlement) et le pouvoir royal. sera mis en cause pénalement.. il va prendre l’habitude de démissionner. ce contrôle s’exercera de deux manières. et la responsabilité pénale sera ainsi utilisée comme une arme pour mettre en cause les décisions prises par un membre du Gouvernement. Si sont additionnés ces trois fonctions. cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agisse d’un système avec une prééminence du Parlement -à continuation. A. cette responsabilité se mettra en place de la manière suivante : le G. d’abord par un contrôle sur l’équilibre entre le pouvoir législatif et exécutif. il existe des moyens de contrôle d’un pouvoir sur l’autre.-. démissionnera lorsqu’un M. mais le P.

BERTRAND. du Conseil. afin d’y pallier. intermédiaire privilégié du R. représentant la noblesse. Petit à petit. .Ainsi. des com. P.Un conflit va apparaitre entre le G. l’une pourrait représenter les États et l’autre. C’est donc à partir de la situation britannique. La dissolution est ainsi un moyen pour le G. du G.C’est notamment les compétences législative et budgétaire qui sont l’objet de ce partage ... mais le Ch. et le G. Il y a ensuite. ce M. Le G. Haute et une Ch. L’ORGANISATION DES POUVOIRS politique à une responsabilité collective.. Le Ch.. Le R. En revenant à une absence de responsabilité politique. ainsi. d’É. Ce G.. La seconde caractéristique est le P. M. et que leur désintérêt pour les affaires du pays se manifestera à travers les comptes-rendus qu’ils solliciteront de la part des M. peuvent avoir un pouvoir inégalitaire ou similaire. et au détriment du G. soit composé de deux Ch. dont le nom peut varier : 1er M. celui-ci demandera au R. une responsabilité pénale. engagent la totalité de ses membres.. de faire du pays l’arbitre des conflits qui l’opposent au P.. On constate aujourd’hui que l’on revient de plus en plus à une responsabilité pénale. de prononcer la dissolution de la Ch. et c’est l’élément central du régime. il semble nécessaire d’utiliser. Il y a un phénomène de pénalisation de la responsabilité politique. Chancelier.Vers le milieu du XVIIIe. et celle défendue par la Ch. de demander au R. avec une Ch. le peuple. Chapitre 1. est un organe collégiale. d’É. La première de ces caractéristiques est celle d’un exécutif bicéphale. que le Ch. et il ne peut agir qu’avec la confiance de la majorité parlementaire issue des élections. celle- ci se manifeste à travers un élément de solidarité du G. ou G. il devra démissionner. La situation britannique va être peu à peu exportée partout en Europe. fondée sur la pratique. le primer est fixe et stable. et promulguée par le Ch. Il y a donc des mécanismes juridiques qui vont permettre de résoudre les crises. des Communes) afin que les électeurs puissent choisir entre la politique proposée par le G. et le P. bien que le système soit fondé sur la pratique et la répétition de précédents - pragmatisme du système britannique. incarne l’État. TITRE II. avec un Chef de l’État -à continuation. tranchera ainsi ces conflits. ce qui signifie. etc. est bicaméral -bien que cela ne soit pas nécessaire-. le P. Basse -tradition monarchique. vient du fait que la responsabilité du G. Les Ch. que le P.. et non des mécanismes juridiques. Il faut que ces deux mécanismes fonctionnent pour qu’il y ait un réel équilibre entre les pouvoirs .. puissent dissoudre -le plus souvent.. et éventuellement le Ch. était souvent engagée par le P. qui sont absents du régime. Par. la loi qui est ainsi votée par le P. -apparition de la fonction en 1720. est le lien entre le Ch. Dans un système présidentiel. Le second élément tiendra au fait que les R. Ce G. le déséquilibre par exemple de la IIIe République en France. et d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique .. Les compétences sont pour autant partagées. (Ch. 37 Audrey Plez . ou implique que les décisions du G. il n’y a que des décisions politiques pour le règlement des crises. ces caractéristiques sont celles qui permettent de constater l’existence d’un régime parlementaire.. d’É. Du point de vue des relations entre les pouvoirs. Ch. À l’origine. . d’autre part. les moyens d’action réciproques. ne parlent pas anglais. que va se configurer le système parlementaire. tandis que le second change en fonction des changements politiques. et n’a pas besoin d’une investiture parlementaire . entre le P. il y a un partage des compétences contrairement à la situation qui prévaut dans le régime présidentiel -où il y a une spécialisation des compétences. dans un État Fédéral. Théories et applications du principe de séparation. a un chef.. d’É. lorsque la responsabilité du premier sera mise en jeu. ce qui manifeste très certainement un déclin de cette dernière. c’est la responsabilité politique .et un cabinet ou G. va se transformer en 1er M. une Ch. ou l’une des deux Assemblées puissent contraindre le Cabinet à la démission. et le P. d’É. ce qui entrainait un déséquilibre en faveur du P.DROIT CONSTITUTIONNEL. des com... Ces moyens sont d’une part. et l’autre le peuple. ne prononçait jamais la dissolution du P. il n’est pas de procédure nécessaire afin qu’il puisse exercer ses fonction. d’É.. peut être proposée par le G. du P. cependant. et solidaire.l’une des Ch.. le système mis en place dans les faits comptera un certain nombre de caractéristiques .

.Il est en fait le symbole de continuité de la nation étatique. . notamment. le G. Cependant. Les pays concernés sont la France. alors que le régime autoritaire méconnait cet équilibre. et le P. un rôle d’arbitre. est divisé en deux Ch. d’É. La conséquence de cette situation. ne se maintiendront pas en tant que tel. La différence est donc évidente entre les pays dont la tradition était démocratique.Le Cabinet exerce l’ensemble des attributions du pouvoir exécutif ou gouvernemental . en effet. puisqu’il ne peut rien faire. et du Ch. pour prendre un exemple. Théories et applications du principe de séparation. et n’est responsable que devant celui-ci. qu’il partage avec le P. et ceux dont la tradition était autre. ou. ou du moins. tout comme le peut le P. et comprenant environ une vingtaine de membres. mais n’a pas de rôle politique actif. ils nomment le leader du Parti ayant gagné les élections. d’É. il est important de noter que l’absence ou la difficulté d’instaurer un régime parlementaire n’empêche pas d’imaginer un régime démocratique. qui connaitront une période de Monarchie Parlementaire. n’a plus qu’un rôle formel. d’É. il va se développer dans les pays d’Europe Centrale. mais non démocratique. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. il est alors un acteur du jeu politique. Le 1er M. dans un certain nombre de pays africains. ne puisse fonctionner que s’il détient la double confiance du P. d’É. exerce un pouvoir politique réel . mais il s’agit là d’un choix contraint . Bien sûr. l’évolution s’est traduite par le fait que le R. est la situation dominante dans l’ensemble des pays d’Europe. tels que ceux des Lumières. le Portugal et la France. d’É. dans des Monarchies qui sont des Monarchies Parlementaires - puisqu’il y est tout particulièrement adapté. avant de se transformer très souvent en régime présidentiel ou autoritaire. de limitation de ceux-ci . Ce régime moniste. Au lendemain de la 1e GM. ne peut mal faire. B. est véritablement l’instrument de liaison entre le Ch. puisqu’il est indirectement choisi par les électeurs sur proposition des représentants du Parti Politique. » Dans ce cas.Le modèle anglais va inspirer les philosophes. ne dépend plus que du P. M. ou de représentation -c’est la situation en GB. il a l’initiative des lois.. Ce régime parlementaire britannique a été très largement imité sans être reproduit à l’identique. TITRE II. qui va se traduire en conséquences très différentes. Suivra une vague dans les pays qui sortiront de régimes autoritaires dans les années 1970 -exemple de l’Espagne et du Portugal-. Il y a une différence fondamentale historique entre les pays. -À l’inverse. et la Reine nomment le 1er M. assure la représentation de l’É. Ce système va être aussi adopté. Le Cabinet est un organe restreint entourant le 1er M. est un régime dans lequel le Ch. d’É. En GB. Le régime moniste d’autre part. Ainsi les pays qui étaient déjà des démocraties parlementaires avant l’occupation soviétique le redeviendront très vite. 38 Audrey Plez . les Pays- Bas et la Belgique. avant d’entrer dans l’occupation soviétique. qui suive un régime autoritaire . est responsable à la fois devant le Ch. BERTRAND. Le régime dualiste. On peut distinguer deux régimes parlementaires : le régime parlementaire dualiste et le régime parlementaire moniste. de même qu’un régime peut être libéral. bénéfice en GB d’une certaine légitimité populaire. consiste en ce que le G. peut mettre fin aux fonctions du G.. La première vague de développement du régime parlementaire se produit au XIXe. le R.. et devant le P. est un régime dans lequel le Ch. d’É. après l’indépendance.. la notion de Ministère est beaucoup plus large et peut comprendre une centaine de personnes regroupées autour des principaux Ministres. : Chapitre 1.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le P. et dans les pays de l’Europe Centrale et de l’Est après la chute du mur de Berlin dans les années 1990. lequel va s’installer en France après la Restauration..On emploie parfois ainsi l’expression selon laquelle : «  Le R. et le G.. avec quelques exceptions : la Finlande.. n’exerce plus de pouvoirs effectifs -et. Par définition. où le Ch. le Ch. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Ceux-ci sont les mécanismes généraux du régime parlementaire. Cela veut dire que le G. et a même le monopole de l’initiative en matière financière. exécutif. en ce qu’il y ait un équilibre des pouvoirs. alors que ceux qui ne l’avaient jamais été ne le deviendront pas. dans les pays de l’Est qui ont subi l’occupation soviétique. le régime parlementaire est un régime d’équilibre des pouvoirs.

La crise gouvernementale positive se produisant lorsque le P. et qu’elle n’accorde pas expressément sa confiance à un G. est le produit d’une majorité et qu’il n’y a apparemment pas de raisons. l’inverse est la crise gouvernementale négative mentionnée ici. la France repose enfin sur des acquis constitutionnels. tout simplement parce que le G. à 13:30. les systèmes sont relativement stables et la véritable séparation est plutôt d’ordre politique. renverse le G. En GB. qu’entre les pouvoirs au sens strict. laquelle est menacée. §3. Théories et applications du principe de séparation. cád. n’est pas content du G. qui ne sont pas réellement faites pour s’en servir. Elle limite considérablement ce dernier. vont se succéder avec des régimes instables. adopte une motion de censure expresse contre le G. le 6 janvier. et le P. soit dissous.. il y a un renforcement du rôle du pouvoir gouvernemental face au P. si le P. notamment en matière judiciaire. alors seulement il peut être dissous. TITRE II. qui regarde les interactions entre le P. ni pour que le P. avec environ un siècle de décalage et dans des conditions voisines. Un autre changement important dans le système britannique. renverse le G. sinon pour -sur le modèle de l’arme nucléaire. Cette situation. avec une alternance. qui présente deux caractéristiques : il est un acte rare. Après la période révolutionnaire. Dans le nouveau système britannique. M. dans les 14 jours qui suivent. laquelle a aujourd’hui perdu l’essentiel de ses pouvoirs . et le renverse. à Arcueil.. La responsabilité et la dissolution sont des armes de dissuasion. Chapitre 1. et le G. la dissolution est automatique .. a été renforcée par un système de bipartisme . L’ORGANISATION DES POUVOIRS la Ch. et tout particulièrement la dissolution. inscrits pour la plupart dans le CC (Code Civil). période durant laquelle les C. Dans tous les cas. des com. Il s’agit d’un système conçu pour avoir une certaine stabilité. le système constitutionnel français n’est pas très différent des systèmes monistes. mais est ensuite incapable d’obtenir une nouvelle majorité. par l’apparition en général d’un troisième Parti. De ce point de vue. Examen de DC. face au Parti travailleur. BERTRAND.-. L’histoire est proche de l’histoire britannique. À part en Italie.. le P. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. des Lords.B. des com. M. ne pas servir mais empêcher les comportements qui pourraient amener à vouloir les utiliser. s’est fait par un Acte du Parlement de 2011. ainsi elle ne peut renverser le G. et a perdu l’essentiel de ses compétences législatives. et après la remise en ordre que constitue l’Empire et qui va stabiliser la Révolution. n’arrive pas à obtenir une majorité pour soutenir un G. lorsque le P.qui est en train de se modifier. ni pour que le P.DROIT CONSTITUTIONNEL. Il n’y a plus véritablement de séparation des pouvoirs entre le G. s’est développé dans sa version majoritaire. et la Ch. en prévoyant qu’une dissolution ne puisse intervenir que si la Ch. source de stabilité. c’est ce que l’on appelle une dissolution réservée à l’hypothèse d’une crise gouvernementale négative. souvent extrémiste. 39 Audrey Plez . entre la majorité parlementaire et l’opposition. en ce qu’il introduit le droit écrit dans le fonctionnement des pouvoirs constitutionnels. Dans ce cas là.. et c’est ce bipartisme stable -Parti conservateur.

Théories et applications du principe de séparation.. qui sont responsables devant le P. de la R. BERTRAND. Pour des raisons conjoncturelles. les descendants de Louis XIII et Louis Philippe. régime dualiste. est conçue par un ensemble de textes constitutionnels. et prévues pour le rétablissement de la Monarchie. et le passage d’un régime parlementaire dualiste à Chapitre 1. de R. ce qui aura deux conséquences : l’installation définitive de la République . qui nomme et révoque les Ministres. sera renforcé après la Révolution de 1830. Ainsi. 1. la première des trois guerres entre l’Allemagne et la France se solde par la défaite de Sedan. des députés devenue Républicaine. et marque la chute du 2e Empire. en attendant que son prédécesseur décède. en 1815 que vont se mettre en place les mécanismes du système parlementaire . En 1870. est la conquête progressive de l’idéologie républicaine. Monarchiste. puisqu’elle se destine à préparer la restauration d’une Monarchie. à la chute de Napoléon III et du 2e Empire. de 1875. avec un P. L’évènement politique qui va conduire à un changement profond des institutions est la crise qui oppose le P. Un blocage se produit. et ils vont se mettre en place à peu près dans les mêmes conditions qu’en GB. Ainsi.. Son propre héritier acceptant de tolérer ces acquis. chargé de faire l’intermédiaire entre les deux. Cette République s’installe de manière particulière. Elle applique les principes essentiels du régime parlementaire. lorsque l’héritier naturel refuse d’accepter certains acquis de la République. Une nouvelle Révolution en 1848 marque la chute définitive de la Monarchie. il est prévu de rétablir la Monarchie. puisqu’elle vise à s’adapter à des situations politiques très différentes. -régime dualiste. La crise du 16 mai 1877 va contribuer à l’apparition d’un régime parlementaire moniste. il avait été élu. pendant la Restauration et après la chute de l’Empire. lui aussi provisoire. de la R. La raison médiate. une majorité monarchique est obtenue. ou évènement qui l’impulse. 2. puisque la volonté d’ériger un système monarchique ou une République n’est pas clairement définie. se produit un coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. à la Ch. de la R. A. En 1852. L’instauration définitive d’un régime républicain et d’un régime parlementaire se manifeste à travers la 3e République. imprécise. la Monarchie n’est pas rétablie : deux héritiers se disputent le trône. restaurant le jeu des mécanismes parlementaires à la fin. La pratique va. En 1870. qui va naître progressivement entre 1815 et 1830. M. TITRE II. accorde des pouvoirs importants au P. en effet. mouvement de fond. qui se proclame empereur. il est décidé par un amendement d’instaurer une République Provisoire. régime qui durera jusqu’en 1870 et deviendra de plus en plus libéral. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. Ainsi le régime parlementaire ne sera pas strictement inscrit dans la C. La caractéristique de cette IIIe République est que sa C. irresponsable. cád dans une période où l’on va rechercher l’équilibre entre les différents pouvoirs. des députés. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. un P. on va tenter de trouver un équilibre entre un système parlementaire et un système qui doit conduire à la Monarchie. 40 Audrey Plez . cád. lorsque les professionnels ou intellectuels vont se substituer peu à peu à l’aristocratie. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime parlementaire va se développer et s’installer entre 1814 et 1870. Lorsque l’hériter naturel décède cependant. l’Assemblée est devenue Républicaine. bien que le P. soit resté monarchiste . Il s’agit d’une C. et ce conflit va se résoudre au profit de la Ch. pour attendre le retour de cette Monarchie. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940).. C'est d’abord sous la Monarchie. beaucoup modifier les structures du régime.et peut dissoudre la Ch. Sont décrits sommairement les institutions et leur fonctionnement. Ce régime parlementaire. sinon qu’il va se développer avec la pratique : soit un R. laissant place à son successeur. sous la Monarchie de Juillet. lors des élections.DROIT CONSTITUTIONNEL. Cette C. Il s’agit donc d’une espèce de compromis. des Députés. en effet. avec un P. de la R. entre Monarchie et République. et un G. Elles sont le résultat d’un compromis.

ses actions sont exercées par le G. de R.. le P. Jules Grévy. est l’intermédiaire entre le P. La première logique de responsabilité du G. de la R. et va se soumettre dans un premier temps. comme le P. De plus. en nommant un G. des députés. il ne s’agit plus d’un véritable régime de séparation des pouvoirs qui implique un équilibre de ces derniers. de R. adresse une lettre qui désapprouve sa politique au P.DROIT CONSTITUTIONNEL. de façon qu’est dissoute la Ch. Le blocage implique qu’il soit nécessaire de donner la parole au peuple. Grévy. les M. Théories et applications du principe de séparation. ne sont plus responsables que devant le P. et le renverse.. ce qui a pour effet que le P. et non plus devant le P. Le caractère dualiste du régime est abandonné. de la R. essaiera de résister. Ces éléments sont extrêmement importants. L’effacement juridique et politique du Ch. Maréchal Mac Mahon. de la R. et les Républicains qui sont dirigés par Gambetta. BERTRAND. TITRE II. dualisme et dissolution. et qui a une formule qui restera. de la R. exprime la volonté nationale. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. Ainsi. il détermine lui-même la frontière entre la loi qu’il édicte et le règlement qui relève de la compétence de l’exécutif. puisqu’elle ne touchera pas aux éléments invoqués. il y a une toute puissance à la fois politique et normative du P. expression de la volonté générale est son oeuvre. Un certain nombre de désordres politiques vont en résulter. en ce que l’on a radicalement modifié les équilibres constitutionnels. des députés vote alors la défiance vis-à-vis du G. le P. elle ne sera plus jamais utilisée sous la IIIe République. voire même à un régime de souveraineté parlementaire. que seul le P. qui déclare : « Je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. de 1958 se fera en réaction à la crise du 16 mai 1877. étant irresponsable. lorsqu’il se réfère aux organes constitutionnels. de la R. devra se soumettre ou se démettre.. perde tout moyen d’intervention dans les affaires du pays. Cette affirmation signifie d’abord. de 1875 est l’oeuvre de l’Assemblée Parlementaire. qui tentera de résoudre le problème mais n’y parviendra pas. alors remplacé par un G. Les deux Ch. La disparition de ces deux éléments. monarchiste. . d’É. de Jules Simon. Cette crise est importante. lorsqu’il déclare que « en cas de victoire des Républicains. et il n’y a aucune distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué qu’est le P. devant le P. Chapitre 1. renforce la puissance des Assemblées qui ne rencontrent aucune limite juridique. Jules Simon. Le 16 mai 1877. Pour autant. a pour conséquence la démission du G. sans modifier la C. la C. monarchiste.. 41 Audrey Plez . Le Ch. relève de la compétence de ce dernier ce que le P. d’É. La campagne électorale oppose le P. un G. La C. résident aussi dans la souveraineté parlementaire.. sur lequel il n’a plus aucun moyen d’action. L’ORGANISATION DES POUVOIRS un régime parlementaire moniste. transforment le régime parlementaire en un régime d’Assemblées. le P.. elle signifie qu’il ne prononcera pas la dissolution de l’Assemblée quoi qu’il se passe. En effet. n’est aucunement soumis à la C. M. républicain modéré. qui n’a plus aucun pouvoir. du Conseil. qu’elle estime responsable devant elle. La procédure de dissolution tombe en désuétude. Pour résumer. qui dépend totalement d’elle. la loi. en ce qu’elle va déterminer la vie politique et institutionnelle française jusqu’en 1958. Les conséquences de la crise du 16 mai 1877. des députés. » On a parlé à ce propos de C. les conséquences de cette crise vont conduire essentiellement à un déséquilibre du régime parlementaire. avant de démissionner. Le G. de la R. et un P. puis républicain. le P. La Ch. 3. Réunies élisent un nouveau P. veut bien lui concéder. qu’il modifie librement. de tendance monarchiste. et la Ch. cád que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l’Assemblée. dans ses rapports avec le G. D’autre part. En second lieu. La concentration du pouvoir politique dans les Assemblées. comme on le verra dans la IVe République à partir de 1946. » Les Républicains gagnent les élections.

Il relève également que les lois constitutionnelles de 1875 contiennent exclusivement des dispositions relatives à l’organisation des pouvoirs. TITRE II. sans que ce soit produit de réel changement politique. sur la loi ordinaire soit assurée par un juge. de 1901 sur la liberté d’association et la L. et communes en 1884-. la L. Parti Communiste . le P. M. de la R. Cependant. mais qui vont fragiliser la réforme parlementaire.D. mais qu’il étudiera si bien qu’il en dégagera les dysfonctionnements. il indique que l’on pourrait imaginer que la suprématie de la C. et notamment les familles. qui explique très bien le fonctionnement des institutions d’aujourd’hui est celui intitulé La loi. vont se succéder en 70 ans. expression de la volonté générale. L’affaire Dreyfus d’autre part. Théories et applications du principe de séparation. ont pour certains d’entre eux valeur constitutionnelle aujourd’hui. Il évoque ainsi déjà l’idée Chapitre 1. 42 Audrey Plez . de 1901. D’ailleurs les principes issus de ces lois. Le second grand chapitre de la IIIe République concerne l’organisation administrative. issu du monde politique et issu du droit. avait véritablement divisé la France en deux. Deux mouvements convergents vont se manifester. C. 104 G. Ce sont ce que l’on appelle les grandes lois républicaines : la L. 4. de gauche. également celui de déterminer la compétence du pouvoir règlementaire. de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État.M. La C. avec les premières formes de décentralisation -départements en 1871. et se manifestait comme une source de conflits extrêmement violents dans toute la société française. de gauche notamment : Parti Radical. et d’ailleurs. Son livre majeur. avait réuni autour de lui tous ceux qui voulaient faire tomber la République et avait rassemblé les monarchistes et impérialistes nostalgiques. de 1881 sur le droit de grève. n’a prévu aucune procédure particulière pour la mise en jeu de la responsabilité du G.qui va essayer d’analyser en profondeur les institutions de la République. par la référence aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République (PFRLR). notamment le principe de liberté d’association proclamé par la L. Il va d’abord partir du principe que la séparation des pouvoirs constituant et constitué peut difficilement s’exprimer dans un système où la loi est considérée comme l’expression de la volonté général et lorsque celle-ci trouve son expression dans le P. SFIO. l’analyse la plus aboutie est celle de CARRÉ DE MALBERG. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux éléments sont à prendre en considération : le grand désordre institutionnel. On passe ainsi d’un G. et restent silencieuses sur ce que l’on appelle désormais les droits fondamentaux. il s’était finalement enfui en Belgique avec sa maîtresse. BERTRAND. même sur des questions secondaires. Elle est également une période d’acquis en matière de droits fondamentaux et d’action administrative. d’abord sans intention. C’est aussi une période où l’on voit apparaitre les grands partis. Un certain nombre de scandales financiers et l’apparition d’un mouvement d’extrême droite qui visait au renversement de la République marquent autant de bouleversements et de forces auxquels a résisté la République durant cette période. de droite à un G. et en 1872 la véritable création de juridictions administratives. -à continuation. Cád que la C.. est déchu de ses responsabilités et la Présidence du Conseil n’arrive pas à s’imposer face au P. qui vont contester ou essayer de remettre en cause le principe de souveraineté parlementaire.DROIT CONSTITUTIONNEL.. et une multitude de petits Partis structurés également. bien qu’il s’agisse d’une période où il y a eu de très nombreux acquis en matière de droits fondamentaux et libertés fondamentales. a laissé au législateur le soin de déterminer librement le champ de protection des droits fondamentaux. la L. ce qui provoque sa démission dès qu’il est mis en minorité. de 1884 sur le droit syndical. C’est de cette époque principalement que date ce que l’on appelle en France la tradition républicaine. Il va partir de l’idée de séparation entre les pouvoirs constituant et constitué. et il s’en est fallu de peu pour qu’il y parvienne. Sur le plan doctrinal. Le Général Boulanger.. afin de renverser le G. En ce qui concerne la formation du régime. et en matière d’organisation administrative. À partir de ce constat.

puisqu’il lui semble évident qu’en situation de crise. situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Il proposait. M. doivent être prises de mesures de crise. B. par exemple.Cet art.. ainsi doivent y être inscrits des droits fondamentaux. «  Il serait nécessaire qu’il soit procédé à une révision constitutionnelle. elle peut être prolongée par le P. avait été un collaborateur direct du G. affirme ainsi qu’il faut probablement renoncer temporairement à l’exercice de certains droits et libertés. d’une part. manifestation. c’est l’état de siège. Cet état d’urgence est prévu par une L. qui vise l’état de guerre et a pour effet de transférer l’ensemble des pouvoirs de police à l’armée et aux tribunaux militaires. et a été appliquée un certain nombre de fois : Guerre d’Algérie tout d’abord. De 12 jours. 16 CF accorde ainsi les pleins pouvoirs au Ch. et d’exercer un certain nombre de mesures de police de façon beaucoup plus large qu’en temps normal. qui transforme la C. L’inscription de l’état d’urgence dans la C. de 1875 ne pourrait servir à un tel contrôle. de façon que le législateur soit obligé à les respecter. La dernière. la préservation de ces valeurs vont probablement exiger la limitation de certaines de ces libertés. puis en 2005. Ces deux dispositions ne sont évidemment pas adaptées à la situation présente : les pouvoirs publics fonctionnent et il n’existe aucune raison de transférer les pouvoirs publics à l’armée. Il se trouve également un débat.  Une deuxième condition : il faudrait qu’il y ait une distinction entre l’organe constituant et l’organe législatif. droits et liberté. qui ne relèvent que de sa compétence. l’instauration du référendum -mécanisme de concurrence du mécanisme parlementaire.. 36 CF. ni qu’il puisse la violer librement . Tardieu. Il ne faut pas que le législateur puisse modifier librement la C. est l’état d’urgence. en un corps de règles. lorsqu’il est affirmé que les libertés sont protégées dans le cadre de l’état d’urgence. L’ORGANISATION DES POUVOIRS d’un contrôle de constitutionnalité.B. de R.. En revanche. qui consiste à dire que l’on ne peut transiger sur nos principes démocratiques. aux mesures qui s’imposent au vu de circonstances particulières. Il ajoute cependant immédiatement qu’établir un contrôle de constitutionnalité ne servirait à rien sous la IIIe République. Il faut plus que jamais défendre les droits fondamentaux. S’il peut s’agir d’une guerre.Ce mouvement révisionniste traduit la remise en question de la souveraineté parlementaire. Par. de Gaulle. ne puisse plus modifier de lois constitutionnelles. n’est pas tout-à-fait en accord avec les affirmations du P. lorsque se sont produites des émeutes dans les banlieues. de la R. Le second système se trouve à l’art. de Gaulle lors de la Guerre d’Algérie. cád qu’une simple majorité parlementaire. M. trois types de mesures qui peuvent être prises en cas de crise.B. afin de les promouvoir et de les renforcer sur le long terme. pour les temps de crise : l’art. d’É. dont on ne peut affirmer l’universalisme. mais c’est la première fois qu’il est appliqué à l’ensemble du territoire. et qu’il puisse s’exercer un contrôle de conformité des lois à la C. il incombe au législateur d’assurer la conciliation des droits et libertés. Le Comité Balladur. tandis qu’une majorité simple ne suffirait plus à modifier la C. Cette décision était alors appuyée par M. » Cette idée implique que le constituant pose un certain nombre de principes en matière de droits fondamentaux. bien qu’elle ait été alors limitée aux départements d’Île de France . Théories et applications du principe de séparation. qui comprendrait sur toutes les matières que l’organe constituant entend se réserver à lui-même. 43 Audrey Plez . mais dans des conditions très particulières . a pris la décision d’inscrire l’état d’urgence dans la C. elle est particulière et ne nécessite pas d’une telle disposition. Il faut renoncer également à l’idée selon laquelle ces droits et libertés fondamentaux peuvent s’étendre de manière pacifique. du Conseil du centre droit. M. il y a en France. Cependant. et face à la situation actuelle. En ce qui concerne l’intervention du P. de 1955. étant donné qu’aucune règle dans la C. majorité qui correspond par ailleurs à celle nécessaire pour la simple émission des lois. P. de R. ainsi. 16 CF fut appliqué une fois par le G. aurait une portée essentiellement idéologique. ce qui nous laisse penser que ses idées aient eu une influence sur les applications constitutionnelles réalisées par ce dernier par la suite. circulation . tous les principes qui lieront le législateur et borderont ses compétences . il y aurait place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois avec les textes constitutionnels... BERTRAND. Il s’agit de limiter un certain nombre de libertés. lesquelles doivent être prévues par les C. en vue de les préserver. considérant qu’un juge pourrait écarter l’application d’une loi contraire à la C. Chapitre 1. TITRE II..DROIT CONSTITUTIONNEL. il faut notamment que les pouvoirs publics ne soient pas en mesure de fonctionner -il s’agit d’une dictature provisoire du P.

Contrôle d’un juge. dans les jours suivant la rétention première et qualification des comportements permettant de recourir à cette rétention. La guerre des civilisations se produit ainsi entre un système qui croit à un certain nombre de valeurs -ici. le territoire n’étant plus tout-à-fait vraisemblablement protégé. le P. » * B. pourrait lui permettre d’être conforme à la C. Constitutionnel. À priori. Le choc des civilisations. BERTRAND. cependant. Théories et applications du principe de séparation. on note aussi l’existence de mesures de sureté. Cependant. qui a été validée par le C. Il existe un principe qui exige de ne pouvoir retenir des individus non jugés.. et liée aux moyens qu’il faudrait alors mettre en place. de R. il faudrait bien évidemment qu’elle soit adoptée par voie législative.. pas de cours de DC. SAÏD. notamment. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). Il suffit ainsi qu’un pays n’exerce pas de contrôle à ses frontières pour que l’individu puisse circuler librement.B. La question n’est donc pas réellement celle de savoir si ces mesures pourraient s’appliquer dans le cas de ces individus. cette disposition semble absolument nécessaire à M. M. CHOMSKY. Les garanties dont on parle. mais qui n’ont pas nécessairement commis de délit. Précision des mesures.DROIT CONSTITUTIONNEL. et l’emprisonnement. et qui soulèvent la question de leur conformité à la C. 44 Audrey Plez . (Par rapport à la rétention de ces individus. où pourrait-on imaginer placer la limite entre l’efficacité des dispositions et l’institution de garanties ? Contrôle par le C. quelles seraient-elles ? Par rapport au but recherché. va créer une situation matérielle où les troupes allemandes avancent en France à une vitesse record. Présenté l’aspect juridique de ces dispositions. sinon celle des garanties qui seraient accordées à ces individus. comment le droit va parvenir à régler la question par des fictions. pour des personnes présentant des risques d’attentats sexuels sur des mineurs par exemple. l’exigence d’un jugement. on note l’interdiction de production d’apatrides -soit la déchéance de nationalité de personnes qui n’auraient plus alors aucune nationalité. de personnes suspectées d’activités terroristes. pouvant retirer la nationalité non seulement aux personnes ayant acquis la nationalité au cours de leur vie mais également à ceux qui l’ont acquis à la naissance. La difficulté de les garder sous surveillance est matérielle. puisque l’on recherche l’efficacité des mesures en contournant. relève du contrôle des frontières. celles du monde occidental. à la place de DA. d’une part comment vont se mettre en place les gouvernements qui sont pour l’essentiel des gouvernements de fait -parce qu’ils ne respectent pas les règles relatives à l’ordre constitutionnel-. afin de réguler leur installation. la caractérisation du délit. : la déchéance de la nationalité. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux dispositions ont également été invoquées par le P. de R. En DI. La défaite militaire de 1940. ne sachant plus quoi faire de leurs Chapitre 1. HUNTINGTON. L’intérêt de cette période est de voir. et dans l’optique que vous nous avez indiqué. peut-être un faux débat.face à un système qui les refuse.) La dernière disposition enfin. ce qui semble plausible. critique via L’Orientalisme. bien qu’elles soient soupçonnées d’entretenir des liens avec des réseaux terroristes. comment le droit va s’en emparer. autre auteur qui s’est prononcé sur la question. La question s’est donc posée de la rétention de ces individus. par la mention expresse de certains comportements. Remplacé le vendredi 11 décembre.. TITRE II. mais permet de comprendre un certain nombre de mécanismes. avec des interventions. l’examen portera sur un commentaire de texte. « L’histoire ne se répète pas.Il est donc seulement possible de retirer la nationalité de ceux disposant de deux nationalités et qui en est la limite. elle est justifiée matériellement. extrêmement brutale et inattendue. puisque l’aspect préventif des fonctions pénales est inexistant. et d’autre part. Celle-ci ne concerne plus seulement la France sinon également tous les États partie à l’espace Schengen. ainsi. Constitutionnel par l’usage du principe de proportionnalité. que l’on peut retenir en prévention de ces risques. afin de permettre l’empêchement des attentats. L’autre disposition concerne la Police. En ce qui concerne la pénalisation d’un délit de radicalisation. Lundi 30 novembre. De votre point de vue. il semble important de faire remarquer que la question de ne pas toucher aux droits et libertés afin de les préserver. Matériellement.

du Front Populaire.. C’est d’ailleurs exactement le même mécanisme qui sera utilisé plus tard par le G. puis d’autre part.donne tout pouvoir au G. ne la supprime. M. mais le mandat donné au Gouvernement de la République est d’établir l’État français. puisque c’est lui le vainqueur de Verdun. De manière tout-à-fait objective. du Conseil va s’y opposer. sont remis en cause les deux principes posés à l’art. presque parallèlement. Le dernier P. 1. L’ORGANISATION DES POUVOIRS prisonniers. Ce qui est intéressant est que cette volonté de renouveler les institutions va se retrouver indifféremment à droite et à gauche. 16 DDHC : il n’y a aucune séparation des pouvoirs. devra garantir le droit du travail. à l’effet de promulguer une nouvelle C. des députés. va faire remonter l’irrégularité du Gouvernement de Vichy à la signature de l’armistice. La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 : les deux Ch. Cette analyse cependant. Il y aura une récupération politique de cet évènement. de l’État français. Quant à la signature de l’armistice. Le texte qui sera ensuite voté par les deux Ch. à l’époque. La majorité du Conseil des M. sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DE VICHY. Simplement l’acte constitutionnel premier dispose que le Maréchal Pétain assume les fonctions de Ch. précise que « l’Assemblée Nationale -réunion des 2 Ch. et de la patrie. aucun art. Ch. de la famille. Ce G. du Parlement sont convoquées le 6 juillet 1940. BERTRAND. le G. Deux mouvements vont se créer. prend l’initiative d’une proposition de révision constitutionnelle. de Gaulle. Chapitre 1.  » Le contenu de cette loi n’est pas non plus entaché d’inconstitutionnalité. 45 Audrey Plez . va charger le Maréchal Pétain de constituer un nouveau Gouvernement. P. le choix de l’armistice est un choix qui n’en est pas véritablement un. afin de permettre enfin le changement de régime. Cette proposition. de manière tout-à- fait contradictoire. le G.. et la tâche que constitue le traitement des juifs sous le G. qui dispose d’un grand prestige issu de la guerre de 1914-18. d’É. adoptée à uns majorité écrasante. de Gaulle. Un décret fixe à Vichy le siège du pouvoir public. elle est un acte politique qui ne pose aucun problème de nature juridique. présidé par le Maréchal Pétain. réunies à 559 voix contre 80. TITRE II. de la IIIe République. d’une part auprès du Gouvernement de la IIIe République. qui d’une autre manière n’aurait pas été possible. Vichy se présente comme une ville où pourra s’installer le Gouvernement. de la République. Il s’agit simplement d’une révision du mode de révision de la C. Un Gouvernement parfaitement en règle dans son aspect constitutionnel. de Gaulle. pour des raisons politiques évidentes. de R. décide de signer l’armistice. La question de la constitutionnalité du pouvoir exercé par le Maréchal Pétain et de son exercice. et à la fois dans l’entourage du Maréchal Pétain et dans celui du G. en réponse à l’appel du G. pour ne pas devenir prisonnier lui- même des troupes allemandes. va perdre de sa légitimité face à un Gouvernement sans légitimité constitutionnelle mais qui va gagner en influence. Et si le terme d’État français se substitue au terme de République. et par le Sénat à 299 voix contre 1. adoptée par la Ch. est nommé dans les conditions classiques de la C. L’ambiguité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 n’abolit pas la République. P. mais que l’on se situe sur les principes républicains. En 1940. prévoit une possibilité de révision de la C. en date du 18 juin 1940. n’a aucun fondement juridique. avec une forte majorité à gauche . Cette C.DROIT CONSTITUTIONNEL. de Vichy met en cause le principe d’égalité. en ce sens que même si ce texte n’avait aucune valeur juridique. il est évident que ces derniers ont été bafoués. signataire de l’armistice et chargé d’établir une nouvelle C. et où le Gouvernement va se réfugier de plus en plus loin. Reynaut. et un homme âgé. Si on ne se situe plus sur la forme du G. de Gaulle. en revanche. elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. Théories et applications du principe de séparation. par 395 voix contre 3.

de Gaulle va nommer un Préfet et ce Sous- Préfet. et non pas par celui du Maréchal Pétain. avec une confusion des pouvoirs entre les mains du Ch. provisoire de la République française. sont ainsi formée notamment par un comité international français composé de quelques personnalités. Il y aura une constance dans l’histoire française. Ce second s’occupera des affaires civiles tandis qu’il laissera au premier les affaires militaires. ne pas avoir existé.DROIT CONSTITUTIONNEL. du Conseil qui détiendra alors l’essentiel du pouvoir. sur le plan juridique. un G. Roosevelt. de la IIIe République. mais aussi qu’elle a gagné la Guerre. Ainsi. du G. de Pétain n’a pas juridiquement existé. avant que les allemands ne réinstaurent ce même P. du Conseil. le Maréchal va renvoyer le P. Mitterrand. Il exercera réellement le pouvoir pendant 1 an et demi. Il va monter des structures petit à petit qui vont gagner en puissance jusqu’à la fin de la Guerre. 1 que la France en tant que République n’a pas cessé d’exister. de Gaulle.- L’idée est donc de faire passer cette signature dans les actes considérés théoriquement comme nuls et non-appliqués. de Gaulle est censé exister depuis le 16 juin 1940 et que le G. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DU GÉNÉRAL DE GAULLE. Ceci va lui permettre d’être parmi les alliés lors de la victoire. Une ordonnance du G. le Chapitre 1. du Maréchal Pétain. Staline et De Gaulle. -puisque c’est la date de signature de l’armistice. Il permet de faire rentrer les forces de la France libre dans la guerre. Jusqu’en 1942. M. 2. va instaurer des Maires et institutions dans les villes. de Gaulle. et il y aura un comité français de libération nationale. les crimes commis sous celui-ci ne puissent être imputés à l’État français. bien entendu de fait. français. On est dans un système.. qui sera de considérer qu’à partir du moment où le G.-U. vont faire partie des forces alliées. en considérant qu’il y emmène la France. Le G. le G. Giraut. dirigé à Londres par le G. soit ratifiée par le peuple et que soit créées des Assemblées. Théories et applications du principe de séparation. d’É. les soldats français qui vont combattre avec les alliés contre l’Allemagne. de la France libre par le R. Les négociations vont se faire entre Churchill. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le G. de fait comme légitime. législatifs ou règlementaires promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940. Il prononcera un discours le 18 juin 1940. Puis il utilisera l’adage latin selon lequel les armes doivent s’incliner devant le gouvernement civil. de Gaulle est de créer l’illusion que la France n’ait jamais perdu la guerre. Les conditions posées par la loi constitutionnelle ne sont pas respectées. du G. puisque auto-proclamé par le G. Giraut est beaucoup plus gradé que le G. de permettre que ne soit pas imputé à la France un certain nombre de crimes commis sous ce G. Les institutions de la France libre. et l’art. parfaitement légal. de Gaulle. pure fiction juridique va avoir pour effet. estimant que celui-ci va beaucoup trop loin dans la collaboration avec les allemands. Le G. affirme dans son art. de Gaulle et à Alger par le G. BERTRAND. sa défaite ayant été pourtant cinglante et presque immédiate. qui fera reconnaitre le G. 2 déclarant nuls les actes constitutionnels. de Gaulle par la suite. Ministre du G. Il est donc un personnage d’un rang presque subalterne. L’idée fondamentale du G. TITRE II. puisqu’en 1942. le Maréchal Pétain dispose de l’ensemble des pouvoirs. Ce qui veut dire que la France n’a jamais été vaincu. et s’en va quasiment seul à Londres. 46 Audrey Plez . instaurant le G.. L’idée va être que la G. parce que la loi constitutionnelle prévoit d’une part que la C. En 1944. de Pétain est un Gouvernement de fait. Les américains vont donc rencontrer partout où ils se rendent. Ce coup de génie du G. en s’appuyant sur des personnes non trop compromises avec les allemands. considérant que l’armistice n’est pas valable et la France toujours en Guerre. de Gaulle en 1940 a été Sous-Secrétaire d’État à la Guerre. Ce qui est d’autant plus problématique qu’il a été signé par le G. de Gaulle à F.

La réponse est oui. Le projet de C. Dans l’O. Théories et applications du principe de séparation. et l’Union Soviétique. et le 1er M. unique qui élit le P. BERTRAND. Cette Ass. notamment les magistrats. et un renforcement de la position du P. Dans une pure logique juridique. La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 laisse à l’Assemblée un délai de 7 mois pour rédiger une nouvelle C. de Vichy étaient des actes de simple administration. et l’Assemblée élue chargée d’élaborer une nouvelle C. de R. avec un statut international de vainqueur. de Gaulle va alors procéder de la manière suivante. jusqu’à ce que l’Assemblée constituante ait élaboré une nouvelle C. -C. L’ÉLABORATION DE LA NOUVELLE CONSTITUTION. les EE. avancements. sous le G. qui sera lui. projet qui établissait un régime d’Ass. et non seulement des actes de collaboration.DROIT CONSTITUTIONNEL. Tout son statut par la suite. Ce qui ne peut fonctionner en réalité puisque de nombreux actes sous le G. La question est la suivante : elle est celle de savoir si le peuple désire que l’Assemblée élue ce jour soit une Assemblée constituante. du 19 avril 1946. de Gaulle souhaite bien évidemment profiter de cette situation pour mettre en place des institutions politiques nouvelles. lors d’un discours prononcé à Bayeux. très marquée à gauche.La plupart des actes de gestion courante du G. C’est à ce moment-là que le G. Le problème est de définir cette légalité républicaine. il eut fallut considérer que la IIIe République n’eut jamais cessé d’exister. connaître ses conceptions constitutionnelles qui éclairent très nettement ses intentions en 1958 mais qui auront très peu d’influence sur le texte de 1946. La nouvelle Ass. de nombreux actes se sont produits. aux plus politiques.UU. Il est évident que cette question visait à rompre avec la IIIe République et donc à élaborer une nouvelle C. avec une Ass. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). on rétablit la légalité républicaine. il est marqué par un retour à un bicaméralisme inégalitaire. Dans la première Ass. fonctionnement de l’administration. élue va rédiger un projet de C. il va faire en même temps l’élection d’une Assemblée constituante.. le Parti Communiste et la SFIO disposent de la majorité des sièges et De Gaulle démissionne. Mais le G. d’autant plus que tous les fonctionnaires ont juré fidélité au Maréchal Pétain. avec pour objet celui de remplacer la DDHC de 1789. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Canada. illustrant bien la manière dont on peut manipuler dans un sens comme dans un autre. Il y a rejet de ce projet par référendum. Il est précédé d’un Chapitre 1. et prévoit que ce projet soit soumis au vote par référendum. élue en 1945. de Vichy sont nuls. les actes de la France libre valides depuis le début. (ordonnance) de 1944. les lois constitutionnelles de 1875 étant considérées comme ayant survécu. avec l’élection d’une nouvelle Ass. de Vichy sont ainsi bien évidemment restés en place. des plus graves -statuts des juifs-. de Vichy. 47 Audrey Plez . Cependant. Une deuxième question est posée : celle de proposer une organisation temporaire de pouvoir public avec un régime d’Assemblée et un Ch. La situation est donc celle-ci et il est intéressant de voir ces éléments anecdotiques. constituante est marquée par un déplacement de sièges au détriment de la gauche et au profit du centre ou centre-gauche. adopté par le peuple. Le G. rejeté par le peuple. et ainsi que l’on rétablissait la situation d’avant la loi constitutionnelle de 1940. si bien que cette même ordonnance va dire que tous les actes du G. le droit. Le nouveau projet est le résultat d’un compromis entre la gauche et le MRP. unique. C. notamment constitutionnel. qui va faire un nouveau projet de C. et un référendum. L’Ass. TITRE II. M.. du Conseil. Ainsi l’ordonnance disposera que cette nullité devra être établie acte par acte. notamment avec l’affaiblissement du droit de propriété. va être construit sur cette fiction juridique. mariages. de Gaulle fait. 1. divorces. Ce référendum et l’élection de cette Assemblée vont avoir lieu le 21 octobre 1945. va marquer un projet avec une nouvelle déclaration des DH.

raison pour laquelle elle va échouer. et le G. le peuple français proclame à nouveau que tout être humain. qu’il énumère. La IVe République. économiques et sociaux ci-après ». Le Préambule de la C. LE RÉGIME ÉTABLI PAR LA CONSTITUTION DE 1946. par le contrôle de constitutionnalité. dispose de beaucoup moins de pouvoir que celui élu sous la IIIe République.. possède des droits inaliénables et sacrés. Il s’agit donc d’un régime parlementaire moniste. Désigné par le P. -Introduire ici les PFRLR. ne va pas agir dans ce sens. et le scrutin proportionnel comme juste et efficace. n’est responsable que devant les Ass. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Préambule. C. Théories et applications du principe de séparation. Les pouvoirs publics y sont organisés de la manière suivante : le pouvoir législatif est un bicaméralisme inégalitaire. est responsable à la fois devant l’Ass. du Conseil.DROIT CONSTITUTIONNEL. Il est élu pour 7 ans par le Parlement. Clefs de compréhension. que le Préambule de la C. Ce texte du Préambule de 1958 fait référence à la fois à la DDHC de 1789. Nationale à la majorité absolue après avoir présenté son programme. Le Parlement était à la fois auteur de la C. ce qui n’était pas l’idée à l’origine. Ce que l’on a voulu renforcer est le pouvoir du P. de 1946 . en outre.La liberté d’association tout comme celle d’enseignements seront fondés sur la notion de PFRLR. Le Conseil de la République est élu au suffrage universel indirect par de grands électeurs. TITRE II. L’Ass. constitutionnellement ce qu’il était en pratique -cf. et. et de la loi sous la IIIe République et laissait au pouvoir Chapitre 1. en considérant que le Préambule de 1958 fait partie des normes de référence. il fera basculer à la fois la DDHC et le Préambule de 1946 parmi les normes de référence. soit le 1er M. afin de les reconnaitre. de R. il reçoit seul l’investiture de l’Ass. les principes politiques. de 1958 a valeur constitutionnelle et que les dispositions qu’il contient peuvent être invoquées comme norme de référence du contrôle constitutionnel. de R. de la R. Constitutionnel considère dans l’une de ses décisions. Proportionnel. » Ces derniers seront fixés par le C..sous la IIIe République. M. cád qui favorise les petits Partis. de Gaulle est le seul qui appelle à voter non. Nationale composée de députés élus au scrutin proportionnel dans le cadre de départementales. nommé ensuite par le P. en opposition au régime parlementaire dualiste. ne touchant pas à la cause des dysfonctionnements. Les dispositions du Préambule de 1946 peuvent donc être invoquées à l’occasion d’une QPC. de R. qui fixera un cadre pour ces principes. le P. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. il est un pouvoir faible. Elle va agir sur deux niveaux : la hiérarchie des normes. sans toucher ni remettre en cause la souveraineté parlementaire. La question de la hiérarchie des normes juridique est celle que nous allons d’abord aborder. procédure qui durera jusqu’en 1954. Ce texte a d’abord une phrase liminaire qui dit qu’« au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine. On va ainsi faire du P. Constitutionnel. les M. et devant le P.. et au Préambule de la C. de religion ni de croyance. Régime dans lequel le G. Du côté du pouvoir exécutif. de R. mais il a des pouvoirs considérablement réduit. de 1946 a une importance particulière puisqu’il fait aujourd’hui partie des normes constitutionnelles. BERTRAND. et fait enfin désigner ou nommer par le P. qu’il souhaite. et le niveau ou les mécanismes institutionnels. dans lequel le G. Ce que l’on a appelé mouvement révisionniste sous la IIIe République avait pour objet de remettre en cause le contrôle parlementaire. Grévy. 48 Audrey Plez . comme particulièrement nécessaires à notre temps. 2. Le C. sans distinction de race. de R. par exemple. Par. Ce qui caractérise la IVe République est la tentative de rationalisation du parlementarisme. Le système majoritaire est considéré comme un système injuste et inefficaces. Il indique ensuite qu’« il proclame. sinon essayer d’améliorer ou de rationaliser les mécanismes du systèmes parlementaire. et le peuple français vote majoritairement oui. la séparation du pouvoir constituant et par le référendum.

Il ne peut être saisi que si la majorité absolue le sollicite. de la C. et ? Le texte distingue les pouvoirs constituants des autres pouvoirs. puis investiture à la majorité simple du G. Il va simplement décider qu’une matière ne relève plus de son pouvoir : ainsi. ceci a pour Chapitre 1. L’Ass. ce qui ne sera pas utilisé. et jusqu’en 1954.. le fait que le domaine législatif fixe lui-même les frontières des domaines législatif et règlementaire.DROIT CONSTITUTIONNEL. TITRE II. On interdit pour autant cette procédure de délégation du pouvoir législatif par le P. M. nationale ne donne ainsi sa confiance qu’à lui seul. nationale. le soin de prendre certaines mesures par décret. ces arts. le pouvoir règlementaire peut intervenir. vient du fait que d’une part. Le premier problème qu’il va traiter est celui des rapports entre la C. il ne peut contrôler la loi que par rapport à certains arts. mais sous la IIIe République. Il reste au pouvoir règlementaire. et s’il dispose d’une légitimité forte. dans le silence de la loi. précisément institués. par référendum. cád que lorsque le législateur ne peut entrer dans tous les détails. et on a pris l’habitude d’avoir une double investiture : prévue par la C. En d’autres termes. Il peut intervenir pour combler un vide juridique. Théories et applications du principe de séparation. de 1946. le critère de la loi est formel et organique . Une deuxième séparation est établie : entre la loi et le règlement. Le premier aspect quant à l’échec institutionnel. Était ainsi délégué au G. cád. ses pouvoirs sont très limités : d’une part. droit qu’elle ne pouvait déléguer. il revient au pouvoir règlementaire de préciser la loi. -dans un domaine. le domaine de compétence du pouvoir règlementaire est celui que veut bien lui laisser le législateur et dont il peut se saisir à nouveau quand il le désire. dont est exclu le Préambule. Mais. il ne la délègue pas. Le contrôle est donc impossible à mettre en oeuvre. et d’autre part. du Conseil se présente seul pour obtenir l’investiture par l’Ass. ce qui veut dire que le domaine de la loi est illimité. Dans la C. sinon qu’il établit simplement cette matière comme hors de son domaine. de 1948 indique que des décrets peuvent modifier ou remplacer une loi. elle est individuelle. pour autant. selon une procédure particulière. mais cette distinction est très imparfaite et la C.. prévoit que le peuple français exerce sa souveraineté par ses députés à l’Ass. qu’il soit prévu la possibilité de réviser la C. En définitive. dont le législateur n’a pas traité-. ne contiennent aucun droit. qui avait accordé sa confiance au P. Là encore. au G. L’échec du domaine normatif. il n’existe pas de réel contrôle de constitutionnalité. le législateur peut se saisir à tout moment de cette matière. Ils intervenaient dans des domaines de compétence du législateur. est intervenu par voie règlementaire. - seul texte se référant à des droits fondamentaux-. d’autre part.. et enfin. il peut intervenir dans tous les domaines.. est la question de l’investiture par l’Ass. de 1946 met en place un Comité constitutionnel. (Parlement) représente la nation souveraine. qui est l’embryon d’une Cour constitutionnelle. où le P. si la C. Cette situation est à peu près la même sous les IIIe et IVe République. Le problème est que l’Ass. nationale à la majorité absolue. Par ailleurs. L’art. l’Ass. déléguait au G. En outre. cette interdiction va être détournée : une L. un pouvoir d’application de la loi. ou ne veut y entrer. dans des matières fixées par cette loi comme ayant un caractère règlementaire. le P. en procédant d’une manière simple : en attribuant un caractère règlementaire à certains de ses domaines de compétence. n’était pas toujours d’accord sur la composition de son G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS règlementaire le soin de traiter certaines questions par délégation de pouvoir.. qu’une règle juridique est une loi à partir du moment où elle a été votée par le Parlement. après avoir été désigné par le P. du Conseil. 49 Audrey Plez . La délégation du pouvoir est interdite. le soin d’ « établir par décret certaines lois ». alors même que le G. investiture du P. Il ne resterait théoriquement qu pouvoir règlementaire que le pouvoir d’application des lois. de 1946 prévoyait que l’Ass. que l’on appelle décrets-loi et qui correspondaient à une délégation provisoire de la compétence législative. nationale vote seule la loi. du Conseil à la majorité absolue . de R. Cela signifie que le législateur va déléguer sa compétence au pouvoir règlementaire. Sous les IIIe et IVe Républiques. 13 de la C. BERTRAND. non prévue par la C. À partir du moment.

comme un régime d’Assemblée. Le P. bénéficient d’une majorité faible. qui prend l’initiative d’engager sa responsabilité. est que le personnel politique de la IIIe République est très présent dans la IVe République . Le dernier élément est le droit de dissolution : pour qu’il y ait une véritable rationalisation du système parlementaire. Lors de la précédente. servir de leçon au moment d’établir une nouvelle C. Troisième disposition : il est nécessaire que la majorité absolue des députés se prononce contre la confiance. La seconde implique que le vote sur cette question ne puisse intervenir que 24 heures après son dépôt. qui va conduire à la rapprocher du fonctionnement qui prévalait dans la IIIe République. Il va y avoir une situation qui est. qui les approuve à la majorité simple. Théories et applications du principe de séparation. Il faut non pas une crise ministérielle pour qu’intervienne une dissolution. Tout le bénéfice de l’investiture du P. le P. du Conseil seul. à l’Ass. de 1946 va prévoir plusieurs dispositions : la première étant que le P. on sort de ce système droite-gauche. en est affaibli. 50 Audrey Plez . c’est le G. D. C’est la même chose dans le cas de la motion de censure. n’est envisagée par la C. ce qui va conduire notamment à une interprétation de la C. Ce qui veut dire que dorénavant. * […] Sous la Ve République. présente son programme et son G. Le second problème est celui de la règlementation de la question de confiance. Ce qui va miner la IVe République est essentiellement la décolonisation. M. la stabilité du système est essentiellement fondée sur l’existence d’une majorité parlementaire. ils pourront être renversés plus facilement. interviennent conformément aux exigences constitutionnelles. et il faut que ces deux renversements de G. et c’est cet échec qui va. il y aura un important changement du personnel dans le passage de la IVe à la Ve République. après autorisation du Conseil des M. dispose du pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Ass. que comme le moyen de mettre fin à une Ass. renversés à la majorité absolue. du Conseil n’a pas une légitimité plus solide que sous la IIIe République. À partir du moment où les G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS conséquence un affaiblissement du G. prend l’initiative d’engager la responsabilité du G. de sa responsabilité devant le P. la dissolution. et les majorités deviennent difficiles. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. avec une égalité des armes. et P.. du Conseil peut seul poser la question de confiance. sinon deux crises successives. Dans de nombreux pays. En effet. BERTRAND. une situation qui n’est pas univoque. dans un délai de 18 mois.DROIT CONSTITUTIONNEL. c’est le cas en Espagne aussi. sous la IVe République. Chapitre 1. la C. le régime fonctionne mal. de R. renversements dont ils ne pourront user pour justifier une dissolution. les G. pour que le G. qui se montre réellement incapable de dégager une majorité et de définir une politique. Pour éviter la même dérive que sous la IIIe République. L’une des raisons aussi. du Conseil désigné par le P. La question de confiance est l’engagement par le G. dans la question de confiance.. peuvent démissionner suite à une majorité simple qui ne leur permet pas de faire voter des lois. du Conseil. après la IVe République. TITRE II. deux G. Les partisans de la VIe République oublient très souvent les causes de la Ve République qui tiennent à l’échec des excès parlementaires de la IVe République. là encore. il eut fallut que le G. Tout ceci va conduire à l’échec du parlementarisme rationalisé. En revanche. tout simplement parce que la raison d’être d’un régime parlementaire est la notion d’équilibre. la motion de censure intervient quant à elle quand le P. cád. ou son mandat. soit deux fois de suite un renversement de G. soit renversé. nationale. Or.

notamment parce que les notions de pouvoirs exécutif et législatif. elle renvoie en fait à une idée de limitation de ce dernier. une recherche de cet équilibre entre légitimité. qui renvoie à la théorie de Montesquieu d’un pouvoir limité. et plus fort. sollicité par le P. n’ont plus beaucoup d’efficacité. et limité. mais il faut considérer qu’en majorité. donnant au G. et la durée plutôt étendue. du G. L’idée du G. ni dans l’autre. ou celle de la conserver. SECTION 1. et ce pendant 6 mois. de préparer une nouvelle C. de déterminer un programme : rôle du pouvoir politique. nous le verrons. EE. La limitation prévalait auparavant. entre ce pouvoir politique -pouvoir gouvernemental et parlementaire-. 51 Audrey Plez . efficace. systèmes européens notamment. un principe fondamental de l’ordre constitutionnel même s’il évolue beaucoup.DROIT CONSTITUTIONNEL. au sein de l’armée notamment. c’est le renforcement du pouvoir qui domine la nouvelle C. de R. à protéger les droits individuels. Il y avait alors deux possibilités : celle de négocier son indépendance. Le mouvement de balancement entre ces deux possibilités va rendre la situation réellement problématique . L’art d’une C. Dès qu’il est investi. Théories et applications du principe de séparation. Ce qui veut dire que les P. un responsable qui gouvernera la politique de la nation. qui est de contrôler les actes des G. sont des systèmes à la fois démocratiques et libéraux.. ce qu’est la séparation des pouvoirs. C’est donc une conception libérale du pouvoir. Il est d’essence démocratique dans de très rares pays. Il faut bien voir que nos systèmes constitutionnels. force et limite qui prévaut. c’est la question de la légitimité du pouvoir. à Alger. La séparation des pouvoirs reste donc. qu’un rôle de soutien du G. dans les Chapitre 1. deux fonctions. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Il est difficile aux partis d’aborder le fond du problème de la décolonisation. C’est là essentiellement. On élit directement ou indirectement.. et visent à lui donner les moyens de mener sa politique gouvernementale. avec le soutien d’une Assemblée Parlementaire. (Assemblée) vote des lois. celle de définir l’intérêt général. et dont les limites seront alors moindre. Elle se situe. l’une dite de pleins pouvoirs.. Bien sûr. général d’Algérie. et d’autre part. La seconde est une loi constitutionnelle qui charge le G. et notamment de protéger les droits et libertés individuelles. de Gaulle sous la Ve République sera de rendre le pouvoir grand. et selon une formule très vague. soutenus par l’armée d’Algérie. en réalité. CHAPITRE 2. conduisant pour l’essentiel à garantir les droits et c’est le rôle du juge. Et c’est toujours. C’est là que nous reprendrons alors notre étude de la Ve République au cours du 2nd semestre. sur cette idée de séparation des pouvoirs. dans tout système constitutionnel.. Aujourd’hui. La séparation des pouvoirs est un mode d’exercice du pouvoir . Il évolue. mais ces lois. Le 13 mai 1958. il faut alors considérer que la séparation des pouvoirs réside ailleurs essentiellement. BERTRAND. de Gaulle. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. en réalité. aujourd’hui. est un pouvoir légitime. des pouvoirs spéciaux en Algérie. il n’y aura majorité ni dans un sens. les activistes prennent d’assaut le G.. Lorsque l’on regarde. Un certain nombre de Gaulliste. et celle de conduire les affaires de l’État. le plus souvent sont d’origine gouvernementale. et un rôle visant à lui donner des moyens d’action. Il va conduire et déterminer la politique de la nation. Il devient donc un pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale. le « pouvoir de prendre par ordonnance les dispositions nécessaires au redressement de la nation ».. en particulier en Algérie. constituée à l’époque de départements français. de Gaulle. Le domaine de compétence est donc très large. et du P. Revenons en guise d’introduction. TITRE II. Il y a. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. M. Et l’on va entrer plus précisément. ne jouent pas tant un rôle de limitation du G. La démocratie. la logique profonde de la séparation des pouvoirs telle qu’elle se développe aujourd’hui. pour l’essentiel. celle-ci vise d’une part à déterminer et garantir l’intérêt national. par ex. l’on fonctionne plutôt dans des systèmes mixtes ou dirigés par le libéralisme. et le pouvoir du juge -pouvoir judiciaire ou juridictionnel-.UU. lequel répond depuis Paris qu’il est prêt à assumer la responsabilité des pouvoirs. demandent alors le retour du G. il fait voter deux lois au P. Et une deuxième fonction. C’est un pouvoir d’essence non-démocratique. cette A.

exercé au sein des Parlements. et le G. une grande cohérence depuis la Révolution jusqu’à récemment. les électeurs. tandis que le pouvoir du juge s’exerce de plus en plus à un niveau supranational ou international. qui contribuera a introduire ce contrôle en France. 52 Audrey Plez . on transformera peut-être le vote. et un véritable montée en puissance du juge qui s'explique assez bien par ce phénomène. et un pouvoir judiciaire.E. la raison en étant que le pouvoir s’est très largement déplacé vers l’U. Or cet intérêt est de plus en plus evanescent et de plus en plus difficile à établir alors que se développent de plus en plus largement des intérêts communautaires et individuels. et un pouvoir ascendant. et décisions. est constaté et menacé. la plupart des dispositions normatives nationales n’étant que l’application de normes de l’U. En fait. est certainement beaucoup plus accepté qu’en France. y compris l’autorité judiciaire. La Monarchie n’est plus un pouvoir absolu au temps de Louis XVI. Il y a donc en France. Une autre raison qui conduit au développement du pouvoir du juge au détriment du pouvoir politique est que ce dernier est fondé sur une légitimité démocratique qui s’exerce au niveau national. dont deux pourraient être que le pouvoir politique est inefficace. l’idée qu’un juge puisse contrôler la loi est inimaginable. pour de multiples raisons. Le communautarisme et l’individualisme minent alors de plus en plus l’intérêt général. Il devra demander. Il se produit une fissure dans le principe démocratique. Il s'accorde alors beaucoup plus à un certain nombre d’évolutions. La magistrature sera régulièrement épurée pour en retirer les magistrats non favorables au régime. L’ORGANISATION DES POUVOIRS raisons qui conduisent à la déchirure entre le pouvoir du juge et le pouvoir politique. le politique étant porteur de l'intérêt général.. Chapitre 1. Le problème s'est posé sous l’Ancien Régime. Traditionnellement pourtant. Pourquoi a-t-on autant de difficulté à assimiler ou à adopter ce pouvoir du juge. On a un pouvoir déclinant. une réaction de méfiance et de subordination du pouvoir du juge. La deuxièmes raison de l’affaiblissement du pouvoir politique est qu’il a en charge l’intérêt général. M. L’Allemagne est un pays dont la démocratie est limitée par les droits fondamentaux d’une parte et par le pouvoir du juge d'une autre. soumise au pouvoir politique. le pouvoir économique par ex. en cas de doute.E.. et c’est essentiellement l’expérience allemande. Les Parlements ont eu un rôle particulièrement conservateur. Il n’existe plus de liberté du politique. le P. C’est la raison pour laquelle le contrôle de constitutionnalité s’installera très difficilement en France. qui sont ses missions essentielles. qui est l'ordre démocratique traditionnel. avec ce vain espoir qu’en essayant autre chose. avant la Révolution. L’ordre ancien. mais surtout. ce qui déstabilise profondément la démocratie et remet en cause le pouvoir politique. ces tentatives qui existent dans la plupart des pays. En France. qui tient à ce que l’électeur qui s’exprime par le vote. du Conseil Supérieur de la Magistrature -ce qu’il n’est plus-. Il y a une véritable crise du politique. Les juges vont être complètement soumis au pouvoir démocratique. C’est ce qui explique probablement. TITRE II. et c’est dans ce cadre que s’exerce l’intérêt général. La France l’est aussi.. de R. au P. de plus en plus fort. Quant à la Ve République. d’essayer autre chose que les traditionnels partis politiques. Par. La démocratie s’exerce dans le cadre étatique . on a un pouvoir monarchique de plus en plus faible. tient aux dirigeants en partie. On en arrive à un débat. C’est l’inscription notamment qui interdit au juge de se prononcer individuellement sur quelque question que ce soit. Le pouvoir du juge en Allemagne et aux EE. de Gaulle dira qu’il n’y a aucune autorité au sein de l’État qui n’émane pas de l’État. quelle position il doit adopter. qui est national.UU. Par. et l’inefficacité. elle fait du P. tandis que le juge est garant de l’intérêt individuel. BERTRAND. Théories et applications du principe de séparation. et la Révolution ne va avoir pour but que de limiter les pouvoirs du juge. mais de manière beaucoup plus tardive. à développer l’économie. au fait que le pouvoir n’est plus là. Le pouvoir déclinant étant le politique. à assurer la sécurité. Il y a un complexe très défavorable au pouvoir judiciaire. et c’est la raison pour laquelle Montesquieu part sur l’idée que la justice doit être un pouvoir nul. ont la très juste impression que leur vote ne décide pas véritablement d’une politique. ne voit pas son choix se traduire en actes.DROIT CONSTITUTIONNEL.

Normalement. La réparation de la victime étant normalement la mission du droit civil. sinon de compatibilité d’une norme à l’autre. et l’on charge le juge. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Voyons dans un premier temps les raisons de la montée en puissance du juge. il procède bien à un choix de s’y référer ou non. la formulation des droits et libertés est très générale. Aujourd’hui. et le développement du CP s’accompagne de l’apparition de nouveaux comportements s’accompagnant d’une sanction pénale. la peine sert à punir le coupable et à dédommager la société. ce que fait le juge via le moyen de contrôle de proportionnalité. Le droit du travail devient ainsi de plus en plus un droit assorti de sanctions pénales. mais le droit conventionnel européen. L’importance des droits et libertés dans l’ensemble des matières juridiques ou champs du droit. au travers de la faute pénale. va pour l’essentiel consister à interpréter les normes. le système parlementaire en GB s’est développé au moment où l’on est passé d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique des Ministres. une mission considérable du droit pénal. Théories et applications du principe de séparation. sont très largement évitées. De ce point de vue. Il y a un effet géographique et économique qui s’étend bien au-delà du simple territoire politique. en exposant comment un juge à la Cour suprême s’inspirait de solutions étrangères. le droit pénal prend une dimension considérable. Lorsqu’il le fait. constitutionnelles et européennes. La quatrièmes évolution regarde la régulation des rapports entre les ordres juridiques. gardien des droits et libertés.et ce rôle de régulation. la jurisprudence américaine pourtant traditionnellement autarcique. nous n’avons établi aucun moyen de réguler les éventuels conflits entre le droit constitutionnel national. 53 Audrey Plez . de plus en plus. fonctionne. Ils peuvent choisir de s’inspirer d’un autre juge. le système de la hiérarchie des normes. et le droit de l’UE. La première raison tient à la place occupée par les droits fondamentaux. a récemment publié un livre. c’est bien évidemment une intrusion du juge dans la vie politique. Ainsi ce réseau supranational. Et cette pénalisation. c’est en quelque sorte l’inverse qui se produit. existe de manière beaucoup plus efficace au niveau du juge. TITRE II. ces droits et libertés doivent se concilier les uns avec les autres. D’abord. Encore une fois. Celui-ci lui permet de placer le curseur ou équilibre entre des droits qui s’opposent. d’une certaine manière les juges à se fonder un systèmes normatif de référence qu’ils manient plus ou moins comme ils l’entendent.Un juge à la Cour suprême des EE. le juge se place dans une situation de légitimité concurrente. conduit incontestablement à renforcer le pouvoir du juge.UU. D’ailleurs. est au sommet de la hiérarchie des normes dans l’OJ national. BERTRAND. Les juges s’appuient sur la jurisprudence d’autres juges. qu’au niveau politique. D’autre part. et il s’y produit une certaine liberté de jurisprudence.DROIT CONSTITUTIONNEL. Chapitre 1. Le deuxième raison que l’on peut observer est la pénalisation de la vie politique et sociale. On devrait arriver facilement à des situations de blocage. d’une police des moeurs et de la pensée. par le rôle de régulation que joue le juge. ou international. L’on voit bien que lorsque l’on a dit que la C. plusieurs raisons : d’une part.Mais lorsqu’il s’agit de traiter les rapports entre les OJ. à l’intérieur d’un OJ déterminé. non pas dans un systèmes de conformité d’une norme à l’autre. Aujourd’hui elle permet de plus en plus à la victime de surmonter le traumatisme qu’elle a subi. le développement de la pénalisation des relations entre les sexes. Il se produit une pénalisation de la vie sociale. M. de manière à ce qu’elles soient compatibles. au sommet dans l’OJ européen. À cela. Et il s'agit d’un phénomène très large. Le troisième phénomène tient à la circulation de la jurisprudence. par ex. la responsabilité des hommes politiques se situe essentiellement sur le terrain juridique. Ce qui conduit. pour avoir pris une décision politique imprudente. ce qui implique un pouvoir d’interprétation développé. ce systèmes hiérarchique ne joue plus. Nous sommes. or on constate que le terrain pénal se développe considérablement au détriment du civil. de celle du pouvoir politique. Le juge européen et les juridictions constitutionnelles nationales tiennent compte l’un de l’autre. Et ces situations de blocage. Si on considère que l’on peut mettre en cause pénalement un M.

inscrire dans la C. Le rôle du juge. Le juge va pouvoir dire que celui-ci ne poursuit pas un intérêt général.. et même la raison d’être de la fonction politique. la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine par le C. ce pouvoir normatif du juge. au travers de la jurisprudence du C. Par ex. Constitutionnel et de la C. Or. résulter simplement d’une actualisation. Théories et applications du principe de séparation. le droit à un procès équitable. est de respecter à la fois l’intérêt général fixé par le législateur et les droits individuels fixés par la C. BERTRAND. avait indiqué qu’il fallait. Nous verrons maintenant quelques manifestations de ce pouvoir normatif du juge. De la liberté de la presse. En 1993.. » Il y a une grande parenté. Constitutionnel.B. en France. Constitutionnel va ainsi affirmer que si l’on parle de condamnation de ceux-ci. ce faisant. TITRE II. Constitutionnel a rattaché des principes comme la non-rétroactivité de la loi. De la même manière que la formule de Montesquieu selon laquelle le juge ne fait que prononcer la parole de la loi. du corps même de la décision politique. entre exprimer la volonté générale et définir l’intérêt général. est par défaut. le C.. auquel le C. Il découvre dans la C. 16 de la DDHC relatif à la garantie des droits.. 54 Audrey Plez . Cád que l’on ne considère plus que le législateur. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. ou pertinent. le principe de dignité. La C. de la formule de la DDHC de 1789. le juge constitutionnel français est probablement plus prudent et respectueux du pouvoir politique que d’autres juges constitutionnels. la voix de l’intérêt général. le C. La question de savoir si la jurisprudence est une source de droit. En réalité. De ce point de vue. des principes qui n’y figurent pas expressément. le C. Par ex. et aussi. La découverte va aussi tenir à des principes dérivés et *.B. ou tout du moins un intérêt général qui ne soit pas suffisant. la prévisibilité de la loi. un comité d’experts. Constitutionnel a progressivement rattaché à la fois l’exigence relative à la qualité de la loi. celle d’entreprendre etc. Or. va être déduit par le C. selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. SECTION 2. et à ce principe. celui de sécurité juridique. de l’art. n’est pas certain qu’il devrait avoir au respect du politique. a contrario la C. EDH. qui est un principe reconnu par la C. M. dit : « La loi est l’expression de la volonté générale. question qui a longtemps animé les débats juridiques. Le C.DROIT CONSTITUTIONNEL. notamment la clarté et l’accessibilité de la loi. Constitutionnel va dégager la liberté des médias audio- visuels. le respect des conventions de Chapitre 1. mais une attitude que M. tient au fait qu’il y a une idée qui est du point de vue de M. Dans certains cas. Autre principe. reconnait le principe de dignité. Par ex. pour ne pas dire une certaine identité. Constitutionnel va découvrir dans la C. La découverte de principes peut aussi. La poursuite de l’intérêt général est pourtant la raison même d’être du pouvoir politique. Constitutionnel. Constitutionnel va dégager la liberté contractuelle. tout à fait contestable qui est celle sur laquelle il n’appartient qu’au juge d’adapter le droit aux évolutions de la société. Il va le découvrir au détour d’une phrase du paragraphe préliminaire du Préambule de la C. ce qui supposait nécessairement qu’il considérait qu’il n’y était pas. EDH. EDH va dire que la loi peut-être rétroactive à condition de poursuivre un intérêt général suffisant. une jurisprudence que va reprendre en France le C. Le rôle constructif du juge peut aussi résulter de l’importation de principes reconnus dans d’autres OJ. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Un autre élément est le contrôle par le juge. le principe de dignité. de 1946 qui condamne l’asservissement et la dégradation de la personne humaine. Que peut faire le juge constitutionnel. Or le juge va intervenir au coeur de la décision politique quand il va contrôler la réalité même de l’intérêt général.. la C. le C. Voilà un contexte qui favorise très largement les pouvoirs du juge. ne se pose plus désormais. Par ex.. le juge dit la loi. adapter le droit aux évolutions de la société est une fonction évidemment politique. tiré toujours de la garantie des droits -source de principes constitutionnels à une certaine période-. ne correspond incontestablement plus à la réalité. Constitutionnel en 1994.

de la Charte Sociale Européenne. à l’actualité. BERTRAND. la C. qui peuvent consentir à la limitation de leur souveraineté. Le pouvoir du juge remet en cause. Le problème est que s’agissant d’un Traité. notamment en interprétant largement d’autres droit. Un Protocole visant à l’abolir. le C. Concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. Le juge européen pour sa part. ou concernant la peine de mort. Ces trois exemples sont révélateurs. EDH a imposé sa signature à un pays qui ne l’avait pas signée. exerce un pouvoir normatif. la famille ou la peine de mort. et en ce qui concerne la famille. TITRE II. la C. telles que les recommandations des Comités au Conseil de l’Europe. puisque d’une part la CEDH définit le mariage comme concernant des personnes de sexes opposés ou différents. 55 Audrey Plez . c’est le cas par ex. qui ne sont pas reconnus par la Convention. et qui n’étaient pas encore intervenues au moment de sa signature. ou conjugales. C’est par ex. Constitutionnel a ensuite pu valider les dispositions législatives prises postérieurement pour établir des quotas par sexe. En Italie. EDH a très tôt considéré que la Convention devait être interprétée à la lumière de *. Elle va développer une jurisprudence sur le droit de l’environnement.. le critère de savoir si une majorité des pays ont fait évoluer leur législation dans tel ou tel sens. On a donc le droit d’interpréter les dispositions de la Convention à la lumière de *.DROIT CONSTITUTIONNEL. de l’OJ de la CEDH. a été modifiée pour permettre de tels quotas. polymorphe. Un formule peut bien résumer ou expliciter le caractère très constructif des normes de référence de la C. Constitutionnel se refuse à faire. en l’espèce la souveraineté de l’État. la CEDH permet la peine de mort. Ce que le C. et autres normes non-impératives. à la question d’indivisibilité des DH. EDH utilise. quand le législateur a établi des quotas par sexe pour les élections législatives. par ex. le cas en ce qui concerne la définition du mariage. et les appliquer en dehors même. en se donnant le droit d’adapter le Traité aux évolutions de la société -fonction pourtant éminemment politique. L’ORGANISATION DES POUVOIRS recours. EDH. En fait. en un système norme minimum de protection des droits fondamentaux en un système d’intégration. ou une minorité de pays veulent ratifier le Traité n’a pas à jouer. alors que la CEDH interdit de donner la mort pour des raisons liées à la famille. La C. est de considérer qu’il peut aller à l’encontre même d’une disposition constitutionnelle pour dégager un droit qu’il considère s’adapter. Théories et applications du principe de séparation. Le C. Constitutionnel a considéré que cette loi était contraire à la C. c’est le juge qui a établi qu’il convenait de procéder à une telle modification. Ainsi. dans des questions que l’on pourrait appeler des questions de société. Elle va ainsi se référer à des normes qui ne sont pas juridiques. C’est là une question qui porte sur la légitimité démocratique de la norme. imposer à un État des obligations qui ne résultent pas du Traité.- La deuxième techniques est la reconnaissance de droits non-inscrits dans la CEDH. partant de droits contenus dans la Convention. notamment en 1979. On part d’un principe très général. la C. EDH s’est référé. ou par un mécanisme qui consiste à étendre les normes de références. Cette notion d’indivisibilité des DH est notamment utilisée pour reconnaitre des droits dans la sphère économique et sociale. M. ou le respect des circulations légalement acquises. la question de savoir si une majorité. Constitutionnel procède donc à une adaptation du droit à la société.. et de sa jurisprudence : «  La C. pour y rattacher une certain nombre de principes reconnu dans d’autres OJ. On ne peut pas théoriquement. Le juge va surmonter cette difficulté en imposant aux États un certain nombre d’obligations auxquelles ils n’avaient pas adhéré. ou aussi rattacher le droit au travail au droit ou respect de la vie privée. cette jurisprudence a pour effet de transformer le rôle de la CEDH. ou correspondre. toute règle Chapitre 1. ou qui s’exerce de très nombreuses manières. et le C. mais ne sont théoriquement engagés que lorsqu’ils l’ont accepté. elle va reconnaitre des droits qui ne correspondent pourtant pas à un domaine couvert par la Convention. EDH considère qu’elle doit prendre en compte. La C. L’autre problème étant qu’un État ne peut se voir obligé par un Protocole auquel il n’a pas adhéré. indépendamment de l’opposition que l’on peut avoir sur ce traitement inhumain par définition.

se traduit aussi par un débat sur l’organisation du pouvoir judiciaire.Il y a ici tous les modèles possibles et imaginables. Ce pouvoir du juge dont on vient de voir un certain nombre d’applications. BERTRAND. au sein du C. Chapitre 1. se manifeste notamment sur les débats sur le Conseil Supérieur de la Magistrature. L’indépendance des juges qui est la condition nécessaire pour que les juges puissent exercer ce rôle de limitation du pouvoir politique. La question qui apparait alors de manière évidente est celle de savoir devant qui ce Conseil est il responsable. et la C. des principes généraux reconnus par les nations civilisées. EDH dispose d’une très large palette normative. ni de compétence pénale. Les débats sur cette forme de revendication de devenir un pouvoir judiciaire. l’enjeu étant de savoir quelle est la part du pouvoir politique. Un autre modèle est celui de plusieurs Parlements. M. la CEDH n’est plus l’unique cadre de référence. Italie.. de Justice revendique l’autonomie budgétaire.. l’idée de l’autonomie d’un pouvoir est un principe contraire au principe même de la séparation des pouvoirs. des dispositions reconnues par un juge national.  » Ce qui veut dire qu’en réalité. La question étant de savoir. et parce qu’il convient que le pouvoir du juge ne soit pas sans limite. Le C. mais enfin il est autonome parce qu’il est placé sous l’égide de la Révolution qui établit tous les pouvoirs. parce que «  toute personne qui a du pouvoir a tendance à en abuser. n’applique pas l’autonomie du pouvoir judiciaire. est le premier et le seul à ne disposer ni de compétence budgétaire. le pouvoir judiciaire était trop dépendant du pouvoir politique. et l’un des premiers débats porte sur la composition de ces Conseils de Justice. ou Conseil de Justice. SECTION 3. Le problème est qu’à partir du moment où le C. dont elle définit au cas par cas le périmètre. La justice est toujours menacée par deux dangers : le corporatisme et la politisation. où l’on dit le pouvoir judiciaire complètement autonome du pouvoir politique. des sources du droit européen. font partie des politiques de la nation. L’ORGANISATION DES POUVOIRS pertinente du droit international pour interpréter les droits et libertés reconnus par la CEDH. ou la part du pouvoir judiciaire. et un autre qui établit le politique. Peuvent être inventés de faux systèmes. Question importante puisque l’enjeu est l’autonomie du pouvoir judiciaire. qu’elles soient ou non contraignantes. assurer la discipline de ces derniers. des avis et recommandations des comités d’experts. vient du fait qu’il est responsable de la politique qu’il produit.  Il s’agit notamment. Le problème est de trouver un équilibre entre l’un et l’autre de ces enjeux. Mais il n’y a pas de pouvoir démocratique qui établit le pouvoir judiciaire. la politique pénale et la politique judiciaire.B. Là encore. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. de la Magistrature en France. en fonction de la question en cours. et notamment en France. D’une part. Pourquoi ? Parce que. -selon les pays-. Théories et applications du principe de séparation. de Justice. de Justice doivent gérer le budget de la Justice. ou la liberté de déterminer la politique pénale. Le deuxième problème qui se pose est celui de la répartition des compétences entre ces Conseils de Justice et le G. qui sont en réalité des Conseils censés exprimer l’existence d’un pouvoir judiciaire -et non son autonomie-. et le pouvoir du juge se manifeste par une volonté de devenir autonome par rapport au pouvoir politique. la manifestation d’un débat est une réalité. savoir si les Magistrats doivent être exclusivement gérés par des magistrats. ou système de référence normatif. de toute norme (inter?)nationale. est ce que ces C. et qui ont des missions assez variées en général : telles que gérer la carrière des magistrats.. Notamment. ou des organes non-juridictionnels. si les magistrats doivent être majoritaires au sein de ces comités. TITRE II. la bonne solution est un partage de compétences entre le C. Ainsi du point de vue de M. Une démocratie limitée par des contre-pouvoirs ne veut pas dire un contre-pouvoir autonome par rapport au pouvoir politique. qui peuvent mener une politique pénale autonome -ex. etc.DROIT CONSTITUTIONNEL. le problème fondamental qui se pose est celui de la responsabilité. fixer des règles techniques pour eux. 56 Audrey Plez . intervenir seuls dans la gestion des magistrats ou ces compétences doivent elles être partagées entre les politiques et magistrats. de Justice et le G. Le deuxième aspect est que le lien avec le G. ». Or elles sont des politiques qui relèvent du G.

A. I. §2. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. Théories et applications du principe de séparation. CHAPITRE I. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE. III. B. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On est toujours dans un système de balancier. SECTION 1. INTRODUCTION GÉNÉRALE. M. III. SECTION 2. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? TITRE I. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. 57 Audrey Plez . LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. II. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. A. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. Et l’on traitera de la question de la légitimité du pouvoir du juge. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. À continuation… INDEX. qui est un des problèmes fondamentaux de l’organisation du pouvoir du juge. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. BERTRAND. TITRE II. §1. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. Chapitre 1. § 1. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL. §2. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.DROIT CONSTITUTIONNEL. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. II. I. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. B.

§2. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. Chapitre 1. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. A. SECTION 3. §3. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. B. §2. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. §1. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. B. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. 2. §1. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. B. §2. 4. SECTION 2. §3. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. SECTION 3. §1. SECTION 2. 1. A. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). L’ORGANISATION DES POUVOIRS §3. CHAPITRE 1. B. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. TITRE II. SECTION 2. 3. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. CHAPITRE 3. BERTRAND. A. §2. LE SUFFRAGE. LE DROIT DE VOTE. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). SECTION 1. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. M. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. D. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). C. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. SECTION 1. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. CHAPITRE 2. Théories et applications du principe de séparation.DROIT CONSTITUTIONNEL. §2. §1. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. SECTION 3. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. CHAPITRE 2. LES ORIGINES HISTORIQUES. 58 Audrey Plez . A. LES DROITS FONDAMENTAUX. §1. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. SECTION 1. TITRE II. SECTION 2. SECTION 1.