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DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
INTRODUCTION.

Le cours sera divisé en deux grandes parties : on abordera d’abord les questions générales du droit
constitutionnel, comment il s’est construit, de manière abstraite et à partir de l’analyse de systèmes étrangers
et de l’histoire constitutionnelle française, etc. ; puis les institutions et le fonctionnement institutionnel. Il ne
faut pas laisser s’accumuler une somme d’incompréhension, à aucun moment, et retenir l’importance des
commentaires, en se concentrant sur les idées dégagées plutôt que sur le contenu cité de l’article. Il est bien
d’utiliser un manuel de référence. Il y aura un Salon du Conseil Constitutionnel, ce samedi 10 octobre à
partir de 10 heures, auquel il pourrait être intéressant d’assister.

L’essai sur la Constitution : tout bouge mais rien ne change, peut compléter la première partie du
cours, puisqu’il y aura peu de référence à ces notions dans un manuel. Deux épreuves auront lieu au cours du
semestre : un oral-écrit, une épreuve d’une heure, avec un sujet, qui pourra prendre la forme d’une
dissertation, ou d’un commentaire de texte bref -on nous demandera alors le plan et la rédaction.- Le but ?
Trouver les questions transversales qui permettent d’y répondre. C’est un exercice, en effet, qui vise à
vérifier notre compréhension des grandes questions abordées, mais il doit être nourrie d’un certain nombre
d’informations cependant. Il faut savoir résumer, chercher, trouver et hiérarchiser, soit établir un cadre
conceptuel solide, plus qu’un cumul de connaissances. Une séance de révision se produira avant l’examen
lots duquel nous trouverons réponse à toutes nos questions.

INTRODUCTION GÉNÉRALE. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU
DROIT CONSTITUTIONNEL.
I. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.
II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
III. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
A. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT.
B. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ?

INTRODUCTION GÉNÉRALE
HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL

Nous ferons ici la présentation d’un certain nombre d’idées qui seront par la suite développées et
approfondies, d’où l’importance de l’articulation des idées, afin d’aboutir à une vision d’ensemble.

Nous partirons d’une définition qui se solidifie, s’effrite, et se modifie au cours du temps. «  La
Constitution ce sont les normes juridiques qui régissent le gouvernement d’un État, et on entendra par droit
constitutionnel, le droit relatif à la constitution, à ses fondements et à ses effets. » Il s’agit là d’une définition
générale, et partiellement inexacte ou incomplète, elle sera modifiée à mesure que nous avancerons dans le
cours.

2 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Nous procèderons maintenant à une reprise rapide de l’histoire du droit constitutionnel, et non de
l’histoire constitutionnelle, mais encore plus précisément, de l’histoire de l’enseignement du droit
constitutionnel, puisqu’elle est tout à fait révélatrice de la manière dont le droit constitutionnel a évolué. Bien
qu’il y ait un décalage dans le temps entre la manière dont une matière évolue, et la manière dont on
l’enseigne, ce retard n’est pas infini. On envisagera ensuite les perspectives contemporaines de l’évolution du
droit constitutionnel avant de voir les fondements du droit constitutionnel.

I. L’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.

La Déclaration de 1789 est la première pierre du Droit Constitutionnel -à l’avenir, DC- français.
Comme objet d’étude, le DC deviendra une discipline qui émergera à la fin du XVIIIe s., avec la Révolution
Française et la déclaration d’indépendance des EE.UU.

Avant la Déclaration, le DC n’est quasiment pas enseigné, et les disciplines enseignées sont le Droit
Romain, Civil et Canonique. Il y a dès cette période un enjeu politique de l’enseignement du DC. DIDEROT
et d’autres philosophes, dans un mouvement, vont critiquer l’absence de son enseignement, ou en tout cas, de
son objet : le droit des sujets, les institutions, etc. ; soit l’organisation de l’État, la démocratie et les droits des
citoyens, dans les termes de l’époque. Il s’agit d’un argument que l’on va retrouver jusqu’au début de la IIIe
République, et qui se trouve être éminemment politique. MAUPEOU, chancelier et ancien Ministre de la
Justice utilisera, par ailleurs, cette formule : « Il est imprudent de toucher aux mystères qui concernent les
maximes fondamentales de la Constitution  ». Il faudra attendre la Révolution pour que l’enseignement du
DC soit généralisé dans les facultés de droit, mais ceci aura peu de portée puisque, dès 1795, elles seront
supprimées et remplacées par des écoles de droit départementales de mauvaise qualité. L’enseignement du
DC ne se développe pas alors.

En 1804, sous le 1er Empire, les facultés de droit sont rétablies et le DC également, quelques années,
puis il disparait. En 1819, il réapparait, pour disparaitre à nouveau en 1822, sous la Restauration. Le motif de
la suppression est que l’on souhaite «  éviter que l’imagination ardente des étudiants ne s’égare dans des
controverses politiques.  » L’idée ici traduite est que celui-ci touche trop à la matière politique pour être
enseigné de manière juridique. Il y a donc un perpétuel mouvement de suppression et de rétablissement. En
1834 il est ainsi rétabli, à nouveau, avant de disparaitre une nouvelle fois, et il est finalement rétabli
définitivement en 1887, sous la IIIe République, période durant laquelle il devient une matière au concours
d’agrégation.

La France, comme on le verra en partie, est caractérisée alors par une très forte instabilité
constitutionnelle, surtout dans la période qui suit la Révolution. La stabilité des principes issus de la
Révolution vont se trouver dans le Code Civil -à continuation, CC-, alors que la Constitution -à continuation,
C.- se veut un texte instable et très politique. Dans la deuxième phase, -qui correspond à la première moitié
du XXe s. et jusqu’au début de la 2e GM-, le DC est un droit essentiellement institutionnel, ce qui implique
que l’on s’occupe des formes du gouvernement, de la description des institutions et des pratiques
parlementaires et gouvernementales. Pendant cette période, le droit public va s’incarner essentiellement dans
le droit administratif. Cela est dû à ce que la C. ne se réfère qu’à des dispositions générales, et pour autant, la
protection des droits et libertés individuels se fera essentiellement par l’intermédiaire de la jurisprudence, en
accord avec ces principes. Dans l’après guerre, se produit un changement important de perspective du DC, et
celui-ci va essentiellement se tourner vers la sphère politique. À cela plusieurs raisons : l’analyse de la
conception anglo-saxonne et américaine, essentiellement politique, et l’analyse marxiste du DC ; et le rejet,
d’un autre côté, d’une approche strictement juridique de celui-ci, au regard du fait que le DC a constitué un

3 Audrey Plez

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cadre qui s’est assez bien prêté aux régimes qui se sont installés, à travers l’Europe et en Allemagne par
exemple. C’est à dire, qui n’a pas constitué une barrière contre l’installation de certains types de régimes.

Dans la dernière phase, depuis les années 1980, la doctrine constitutionnelle a connu une évolution
assez profonde, notamment sous l’impulsion du réinvestissement par des textes constitutionnels à fort
contenu normatif et de par l’existence d’un juge constitutionnel. La C. se prévaut alors de beaucoup plus que
de dispositions institutionnelles et l’on assiste incontestablement, en plus d’une juridicisation, à une
juridictionnalisation du DC, qui commence alors à être invoqué devant les tribunaux. Le DC s’applique alors
à l’ensemble des branches du droit. Il est devenu un droit utilisable et utilisé par les praticiens du droit,
notamment à travers la question prioritaire constitutionnelle, -QPC, à l’avenir.- C’est alors que l’on constate
la forte séparation des disciplines que sont la science politique et le DC, qui s’écartent alors très largement
l’une de l’autre.

II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.

Les Constitutions, bien que ce que nous exposerons après est vrai mais incomplet, contiennent deux
types de règles : relatives à l’organisation du pouvoir -en son aspect institutionnel, et qui forme le droit
constitutionnel substantiel ; puis relatives aux droits fondamentaux. Cette référence aux droits fondamentaux,
cependant, est à la fois vraie et trompeuse, et partielle puisque l’on trouve aussi dans la C. un certain nombre
de principes, et de valeurs, qui ne sont ni des droits fondamentaux, ni des libertés fondamentales, ni
d’ailleurs, des dispositions institutionnelles. En France, seul le premier type de règle, jusqu’en 1971,
intéressait le DC ; date à laquelle le Conseil Constitutionnel -à continuation, C. Constitutionnel- reconnait à
la fois valeur et effectivité au Préambule de la Constitution qui se réfère aux droits et libertés fondamentaux.

Ceux-ci vont prendre de plus en plus d’importance du fait du contrôle de constitutionnalité, et aussi,
par une espèce de retour aux sources de 1789, et notamment à l’art. 16 DDHC, qui indique que si la garantie
des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, il n’existe pas de C. Il s’agit là d’une
fausse affirmation, puisque l’on peut très bien établir un régime autocratique par une C. ; c’est un jugement
de valeur, une déclaration idéologique, qui renvoie la C. à la séparation des pouvoir et à des valeurs, en plus
d’un mode d’organisation particulier. Le problème est que ces droits fondamentaux, sont devenus bien plus
qu’un ensemble -à continuation, E.- de règles fixées par la Constitution. Ils sont devenus, en quelque sorte,
l’un des fondements sur lesquels doit se construire et s’appuyer le pouvoir. On trouve d’ailleurs cette
formulation dans la C. de 1958, qui fait référence aux notions de souveraineté et de droits de l’homme, mais
encore plus clairement dans la C. allemande, qui reconnait des droits et libertés inaliénables, à toute société
humaine. Elle fait ainsi référence à des droits préexistants quasiment ontologiques, et de ces droits, l’oubli
est la cause du malheur publique, ce pourquoi ils doivent être réaffirmés.

Il n’y a pas ici de création, sinon plutôt une réaffirmation de ces droits, le caractère inaliénable de la
dignité, et l’égalité des êtres humains étant des postulats de la DDHC de 1789, fondée d’ailleurs sur une idée
chrétienne de la conception naturaliste que l’on s’est faite de l’homme ; la loi découle de la conception de
l’homme. Si n’est pas reconnue la dignité de l’être humain, il n’y a pas de raison pour que ces droits en
découlent. Il s’agit de postulats en terme de valeur, et pour cette raison, le système des droits fondamentaux,
est considéré comme un fondement de l’ordre social. Remarque : Ne mettez pas de signes positifs ou négatifs derrière des
mots. Ainsi, ce qui est démocratique est démocratique, et les droits fondamentaux ne font pas la démocratie, de manière que si l’on
affirme que l’U.E. n’est pas un système démocratique, il s’agit là d’un simple constat juridique, et non pas d’une conception négative
ou critique de l’Europe. La démocratie répond en effet à des critères juridiques, qui entrent ou non, dans un système, et ne dépend pas
de l’appréciation favorable ou défavorable que l’on s’en fait. La pédagogie par la provocation, également, lors du cours, vise la
destruction d’idées toutes faites pour qu’elles puissent être ensuite reconstruites par chacun. Il ne faut pas affecter à ces affirmations
une valeur positive ou négative, sinon qu’elles sont simplement dirigées à éveiller notre curiosité.

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DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Cette évolution du DC s’est opérée sans véritable modification des textes constitutionnels. C’est une
évolution qui a principalement et essentiellement résidé dans la figure du juge. Le premier phénomène a
voulu que les droits fondamentaux irriguent, ou s’appliquent à l’E. des champs juridique, -en effet, de
nombreux principes constitutionnels touchent à d’autres branches ou domaines du droit.- Le deuxième
facteur s’est fait à travers deux caractéristiques des droits fondamentaux, d’abord parce qu’ils sont
nécessairement exprimés en des termes généraux, et que c’est de ces principes généraux que nous allons
déduire des règles et droits précis ; puis parce qu’il va falloir les concilier. À ce sujet, l’idée de progrès en
terme de droits fondamentaux est une idée assez fausse. Elle peut être globalement vraie, notamment si l’on
se penche vers la question de la suppression de la peine de mort, par exemple. Mais en prenant d’autres
exemples, on s’aperçoit que plus se développe la liberté d’entreprendre, celle de choisir et se débarrasser de
ses salariés, plus se limite le droit au travail ; plus s’étend la liberté de la vie privée, plus se réduit la liberté
d’expression des journalistes. Il s’agit là d’un exercice d’application contrôlée de plusieurs droits
fondamentaux, sauf peut-être dans le cas du principe de dignité, qui est le point d’ancrage des droits
fondamentaux, et qui ne connaît pas les même limitations. Dans la réalité, les droits fondamentaux doivent
être conciliés, et il n’apparaît pas de hiérarchie évidente.

Ces deux points vont donc conduire à des conséquences fondamentales aujourd’hui : c’est
l’institution du juge, qui joue ce rôle fondamentale de les balancer. C’est la raison pour laquelle nous
sommes dans une société où, bien que le juge ne dispose pas d’un pouvoir d’origine démocratique, il occupe
une place essentielle. Il existe une séparation fondamentale entre le pouvoir politique et le pouvoir du juge,
bien plus que celle d’un pouvoir exécutif, face à un pouvoir législatif. Pour le juge, son instrument, et son
outil, est le contrôle de constitutionnalité. Le phénomène contemporain essentiel de la prise de pouvoir du
juge, est très largement le résultat de cette situation. Objectivement, on peut donc débattre de la notion de
progrès, en dehors de certaines questions précises, telle la peine de mort, puisqu’il existe des questions
extrêmement sensibles d’équilibre, comme c’est le cas, par exemple, pour l’avortement, et de conciliation
entre droits, libertés et normes qui s’opposent. La place des droits fondamentaux, le pouvoir du juge, sont
autant de choses qui, bien qu’elles ne soient pas reflétées dans les textes, ont vu leur application évoluer en
grande mesure. Ces changements s’opèrent sans que rien ne se décide. On notera que l’on parle encore
d’autorité juridictionnelle et non de pouvoir juridictionnel.

La souveraineté, sous ses deux formes, est une autre de ces évolutions. La première forme de
souveraineté est l’interne, la seconde, celle de l’État sur le plan international. Sur le plan interne, dans une
démocratie, la souveraineté est celle du peuple. Celle de l’État, veut que l’État soit indépendant de tous les
autres, et qu’il soit simplement lié à ceux-ci de manière contractuelle, par l’intermédiaire des Traités. Cette
souveraineté réside dans l’autonomie et l’indépendance des États. Cependant, on observe que la
souveraineté, en ses deux aspects, est remise en cause. Sur le plan interne, dans une démocratie, c’est la
souveraineté du peuple, en partant de deux définitions, la première purement textuelle, où la souveraineté est
le pouvoir initial et inconditionnel, qui veut qu’il n’existe pas de souveraineté partagée. Il peut exister un
conflit de souveraineté, plus qu’un partage, et l’on ne doit pas confondre le partage des compétences qui
relèvent de la souveraineté et le partage de la souveraineté. La construction de l’État français s’est faite
autour de cette notion clé de souveraineté du peuple, ce qui n’existe pas, par exemple, dans l’histoire de
l’Allemagne ou d’autres pays.

Le lien entre la démocratie et la souveraineté vient du fait que dans une démocratie, le peuple est
souverain. Or, à partir du moment où un juge peut dire que l’on ne peut modifier la C., parce que ceci serait
contraire à la norme fondamentale, on est en droit de se demander qui est réellement souverain. C’est la
situation en Allemagne, où le juge pourrait ainsi sembler souverain. En France, en 1958, un projet questionne

5 Audrey Plez

Le Gouvernement. Par. Ces interventions sont similaire aux croisades.E. et le lien juridique principal de sa souveraineté. Le vote extrémiste constitue ainsi une tentative désespérée de reprendre la main. selon les pays. démontrent un pouvoir référendum. et de la manière dont elle est appliquée. et autres éléments d’influence. À travers le transfert de compétences. Par le référendum. Il correspond aux États souverains de régler leurs problèmes internes. qui enlève un dictateur pour y instaurer une démocratie.E. et qu’il s’est construit sur la base de la souveraineté . et la perte de la démocratie dénote un manque d’effectivité. à celle d’État. il n’a pas connu de progrès sinon une évolution. C’est donc une provocation lorsque l’on affirme que l’Allemagne est fondée sur la démocratie et la France sur les droits fondamentaux. qui se sont faites au nom d’un idéal religieux. Comment gouverner un pays comme la Russie. puisqu’il indique qu’il ne lui appartient pas de se prononcer. dans sa conception actuelle. ainsi transférées à l’U. date pour l’essentiel du XVIe s. elle se vide de ses compétences. C. ne se construit pas sur la démocratie. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. Une autre violation évidente de la souveraineté des États passe par les interventions humanitaires.DROIT CONSTITUTIONNEL. qui forme le lien traditionnel. et si l’individu n’est pas essentiel. où l’individu ne pèse rien . mais fonctionne malgré tout. : la première. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. puisqu’ils peuvent la quitter à tous moments. il va falloir s’interroger sur la définition de la notion de C. qui se fait ici au nom de l’idéal des droits fondamentaux . D’abord. Il nous faut dépasser la notion selon laquelle nous vivons dans un monde qui ne cesse de s’améliorer et qui suppose que la démocratie et les droits fondamentaux. cependant. Cette remise en cause. l’U. et les États souverains se vident de leur souveraineté. La gauche. Cette constatation peut résulter de deux raisons : la première. et que les personnes qui n’en ont pas n’en veulent pas. Il existe une perte de vitesse de la démocratie. A. Par. Le mouvement porté par l’extrême gauche ou l’extrême droite. fonctionne mal dans les pays qui ont un système dit démocratique. alors il n’est pas d’importance fondamentale des droits de l’homme. lorsqu’elles souhaitent par exemple combattre le régime d’un dictateur. tant qu’il conservera la liberté de quitter l’Europe. ils n’en gardent pas moins le noyau. a signé un accord européen auquel s’opposait le peuple.E. lorsqu’il décide de réélire ce même gouvernement qui n’avait pas respecté le L’économie. Nous observerons que la démocratie. que leur opinion n’a plus d’importance dans la réalité. par l’affirmation démagogique qu’ils vont être entendus. de l’État. de la même manière que l’ingérence américaine. Il s’agit. tout comme la droite se concentrent sur des questions de sociétés. Le monde tel qu’il est. et la C. III. sont à séparer tout à fait. sans qu’elle se reconstitue à un niveau européen. M. On observe un véritable déclin démocratie. vient du fait qu’ils ont le sentiment très fort et réaliste. Si l’on part d’une définition générale. Les votes extrémistes peuvent ainsi apparaître comme une tentative de sortir de cette masse. Un exemple pourrait être la Grèce. qui n’a jamais connu de système démocratique. M. économique. BERTRAND. qui a parfois plus de poids que le pouvoir politique. Les conséquences dévastatrices du Printemps Arabe démontrent bien que la démocratie doit correspondre à l’histoire du pays dans lequel elle est instaurée. est ainsi simplifié . Mais si ces États perdent partie de la substance de leur souveraineté.. 6 Audrey Plez . Par. à travers une démocratie ? Notre religion est devenue celle des droits de l’homme. Nous verrons maintenant que l’État. INTRODUCTION GÉNÉRALE la suppression de certains droits fondamentaux et le juge ne s’y oppose pas. lorsqu’ils transfèrent des compétences. La raison pour laquelle les peuples n’en veulent plus.. sont une option immuable et la clé du progrès. par exemple. et tel que l’on voudrait qu’il soit. L’État conservera ce point cardinal. sans l’État. passe par deux choses. tels que les ONGs.B. la souveraineté s’évapore. Le peuple s’incline également. tel que le mariage gay. L’abstention et le vote blanc forment la nouvelle majorité aux élections. c’est la souveraineté du peuple qui s’exprime. l’U. juridiquement de la même démarche. dans laquelle le DC est une science qui a pour objet l’étude de la C. Tout d’abord. de manière inquiétante. pour reprendre cette analyse à travers les manuels de DC. qui ne correspond en rien aux systèmes asiatiques. et l’on peut ainsi affirmer que le peuple ne détient plus exclusivement la souveraineté. la plupart lient l’idée de C.

un lien tout à fait relatif. et ainsi si ce groupement a. INTRODUCTION GÉNÉRALE purement factuelle.. formelle. la deuxième raison. parce qu’on ne peut pas assimiler tout groupe soumis à des règles communes. BERTRAND. M. et qu’elle n’en est pas une. mais non comme une exigence. et l’État. La question qui va immédiatement se poser. Il existe une volonté de donner formellement à ces textes européens. l’organisation post-moderne des communautés politiques devient de plus en plus complexe. Or on a longtemps considéré que l’État était la seule forme de communauté politique. à une communauté politique. C’est le cas. forment la C.E. le lien entre la C. et des normes produites. B. n’est pas nécessaire. enfin.. pour autant.DROIT CONSTITUTIONNEL. sans l’État. vient du fait que seuls les États peuvent être dotés d’une C. Ainsi. de la France dans l’Ancien Régime. le système du Conseil de l’Europe. il est des éléments qui relèvent 7 Audrey Plez . qui veut que la C. De ce point de vue. est si l’État constitue la seule forme de communauté politique. En revanche. vient du fait que les États soient dotés d’une C. Il faut ainsi différencier un principe de généralité et un principe de spécialité . et qu’il a le monopole de l’édiction de règles générales et inconditionnelles. matérielle conditionne l’existence d’un État. puisqu’elles sont édictées selon une procédure fixée par la Constitution. dont le système théocratique tient de la C. et le développement de ces communautés politiques n’est pas hiérarchisé. un État peut ne pas avoir de C. matérielle . L’existence d’une C. lui permet de fixer et conférer leur validité à d’autres normes. et qui renvoie à une définition à la fois formelle et matérielle. écrite. ainsi. Si l’existence d’une C. Bien qu’elle ne soit pas un système fédéral. avec une partie concernant les droits de l’Union. Comment distinguer la communauté politique d’autres groupements ? On peut considérer qu’une association n’est pas une communauté politique . LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? En son deuxième aspect. Cette définition normative est celle qui correspond à la pyramide de KELSEN. Dans cette définition traditionnelle de la C. partagée entre la spécialité et la compétence générale. liée à l’État. écrite. puisque c’est cette norme qui leur confère leur validité. revêt la forme d’un texte écrit. elle emprunte certains éléments à celui-ci . la forme d’une Constitution. formelle. Le critère formel est le critère contemporain de la Constitution. La DDHC expose la manifestation écrite comme une condition à son effectivité. ne tire ses compétences que de l’organisation étatique. ou condition à l’existence d’une C. elle est un pouvoir exercé. La troisième définition. matérielle et formelle. le fait qu’elle soit au sommet de la pyramide. en revanche. Le lien entre C. procède au sein de l’État. doit ainsi être considérée comme une réaction à l’Ancien Régime. plus théorique. la C. La collectivité territoriale ainsi. elles ne sont libres qu’à la condition qu’elles soient conforme à la C. formelle. * Si l’on prend la notion de C. et cette définition provient d’ARISTOTE. le projet de Constitution européenne est ainsi rédigé sur le modèle d’un texte constitutionnel. les normes infra-constitutionnelles sont nécessairement inférieures . n’est pas une communauté politique. . En ce qui concerne le critère matériel de la Constitution. La formule de la Déclaration de 1789 qui pose implicitement l’exigence d’une C.. est la définition normative de la C. ou non vocation à résoudre l’ensemble des problèmes communs à cette communauté. par exemple. le problème se pose concernant l’U. il est intéressant de s’interroger sur la C. du fait de caractéristiques qui leurs sont propres. soit l’ensemble des normes qui fixent les conditions d’édictions des autres normes et leur profèrent leur validité. et contrairement à ses prétentions. qui comporte des éléments constitutionnels. puisqu’il a une spécialité : la protection des libertés et droits fondamentaux. et une autre partie concernant les institutions. la C. Les règles qui s’imposent au Gouvernement. En son premier aspect. Une communauté politique comporte un certain nombre d’individus regroupés sur un territoire et dotés d’un système de gouvernement. notamment les droits fondamentaux. s’explique par le fait que l’État est considéré comme souverain. est en effet. tels que les lois de succession.

ce dernier étant un pouvoir initial . Les compétences qui relèvent de la souveraineté peuvent être attribuées à d’autres entités -d’où sa limitation-. Il est un ordre constitutionnel non étatique. La formation du droit de l’Union se fait ainsi incontestablement sur le modèle formel et matériel d’une Constitution. dénote l’absence de lien formel entre C. de créer un Etat. puisqu’elle n’a aucune autonomie au dehors des citoyennetés nationales.E. une C. Il supprime probablement l’aspect formel mais ne change pas l’aspect matériel . et puisqu’elle dispose d’un fort potentiel idéologique. ne peut être adoptée et modifiée qu’avec l’accord de l’E. sur le plan matériel. Il y a donc une forte charge symbolique dans cette notion de citoyen. et dans l’ordre européen. prises dans le contexte étatique. des EE. et la marque du voeux de créer une communauté politique se traduit par la reconnaissance de la citoyenneté européenne. D’ailleurs. Cependant.. formelle sans État. mais elle est conceptuellement 8 Audrey Plez .E. et qui ne dispense pas d’essayer d’analyser ses caractéristiques. en effet. et non pas européen. et État. et la C. Il s’agit de la notion d’ordre juridique post-moderne -un terme à utiliser avec caution. Lorsque le projet est élaboré. celle-ci étant relativement factice. compare ce Traité à la C. a pour effet d’introduire l’ordre juridique européen dans la C. mais la possibilité d’une C. qui constitue l’ordre juridique moderne.E. La CE (Constitution Européenne) est ainsi indépendamment. et les citoyens n’interviennent pas dans l’élaboration de la CE. qui renvoie très largement à cette idée de communauté politique. ni pour effet. la différencie fondamentalement de ce qu’est un État. des États. et il y a bien matériellement une Constitution européenne. mais à la loi. Dans chaque État.C’est un ordre juridique qui succède. qui est alors V. et puisqu’il y a des compétences qui sont abandonnées par les États et qui relèvent traditionnellement des institutions politiques. et confère sa validité à l’ensemble du système normatif. son caractère normatif étant en général ce qui permet à la C.UU. est ainsi la traduction d’un acte de souveraineté. Au principe de souveraineté. l’U. ni pour objet. non pas à la Constitution. La C. s’est construite en évitant la question de la souveraineté. En droit français. BERTRAND. : l’exposé de valeurs dans le Préambule et le Titre I. On reste cependant en droit de se demander quel est cet ordre juridique de l’U. puisque son titulaire doit pouvoir les récupérer. puis des dispositions relatives aux normes. le droit européen a une valeur supérieure. et cette idée de souveraineté n’existe pas dans le cadre de l’U. La notion de souveraineté partagée souvent employée est une commodité de langage pour désigner une réalité. alors que la CE n’a jamais eu. Les auteurs de ce texte restent les États. en tant qu’ordre juridique non souverain. elle pose pour autant le premier problème : Quel lien entre la souveraineté et l’État. et cette valeur s’appuie sur une disposition constitutionnelle. elle se limite mais ne se partage pas. mais ne se partagent pas. INTRODUCTION GÉNÉRALE habituellement de la C. ni ne s’identifient. même si celle-ci est imparfaite. tout comme international. Le projet de C.E. puisque la CE ne confère pas leur validité à l’E. ou prolonge l’ordre juridique étatique. et non démocrate. de créer un État.. qui régit cet ordre juridique qu’est l’U. deux caractéristiques de l’U. l’État et la souveraineté sont-ils indépendants ? La souveraineté est historiquement un attribut de l’Etat . La question de la souveraineté est.E. Le deuxième critère consiste à déterminer si l’U. cette dernière a eu pour objet. La loi nationale ne trouve pas son fondement et sa légitimité dans l’ordre juridique européen sinon dans l’ordre juridique national .DROIT CONSTITUTIONNEL. et quel lien entre la CE et le principe de souveraineté ? Il existe un lien historique entre la C.E. le président de la commission. et l’État. une question délicate à manier au niveau européen .. constitue une communauté politique . de conférer leur validité à d’autres normes. on procède ainsi à un référendum national. et des dispositions relatives au pouvoir. qui ne se recoupent pas. des normes édictées dans le cadre européen. bien qu’elle ne le soit pas sur le plan normatif du terme . trouve le fondement de sa prévalence dans la C. Pour autant. et on distingue bien une hiérarchie dans l’ordre national. et pour effet. Le droit européen. Giscard d’Estaing. M.

on vote pour les partis nationaux. il existe une désagrégation de l’État. pour autant. L’U. ce sont les peuples des États . Même lorsque les peuples votent. d’où qu’une infime minorité dans un État puisse empêcher de ratifier un texte à niveau européen . est l’exemple le plus révélateur. soit en élisant ses représentants. et n’est pas fondée sur une souveraineté interne qui vient du peuple.Par. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. §1. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. sur le modèle de la Russie par exemple. SECTION 1. Càd. I.. par la CEDH. Sur le plan juridique. CHAPITRE I. mais pas européen. soit en s’exprimant directement par la voie des référendums. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. en quelque sorte. Il s’agit donc d’un processus démocratique national. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. §2. La démocratie est la détermination du titulaire de la souveraineté dans l’ordre juridique. une logique impériale. il n’y a pas de démocratie au niveau européen.. en tant que signataire du Traité. ne sont pas les auteurs du texte fondamental. La démocratie signifie d’abord. qui n’est ni souverain. qui peut se discuter. La notion de souveraineté est très attachée à la conception étatique française. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. un pouvoir souverain. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. ou formation. Il y a donc. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. inexistante à l’époque féodale. dont l’U. mais qui ne sont pas des ordres juridiques d’État. càd une C. TITRE I. qui sont des ordres juridiques. A. On voit. pas souveraine. La reconstitution du monde géopolitique se fait en rapport à des logiques qui ne sont plus celles de l’État . puisqu’il n’y a pas de débat politique européen. de la spécificité de l’U. Là où le conflit devient ingérable. soit en adoptant des règles fondamentales. -et il n’y a là rien de polémique ou d’idéologique. vers l’explosion de l’État. sinon sur l’accord des États. des éléments de fonctionnement démocratique.E. que l’on peut appeler Traité ou CE. qui l’exerce par des décisions majoritaires. mais pas la souveraineté elle-même. Dans tous les pays européens. mais ces aspects et sa légitimité sont choses distinctes. que l’on aspire à la souveraineté de communautés infra-étatiques. M. II. Il n’y a pas de fondement démocratique.DROIT CONSTITUTIONNEL. entre le vote aux élections européennes et le choix de la politique européenne. La même analyse peut être faite au sujet du principe démocratique. il s’agit simplement d’une analyse juridique. d’un ordre juridique supra-étatique. B.E. L’ordre juridique européen doit être considéré comme un ordre juridique constitutionnel non souverain. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. mais où les Etats se voient très largement privés de l’exercice des compétences qui relèvent habituellement de la souveraineté. BERTRAND. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. en ce qu’elle dépend des États.E. Les compétences de la souveraineté peuvent se partager. et il n’y a pas de lien direct. L’État va se créer avec l’idée de souveraineté. et les citoyens dont il est question dans la CE. § 1. On peut distinguer dans l’actualité un développement du communautarisme. que le fondement du pouvoir accordé à son titulaire. on voit ainsi émerger. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. est lorsqu’une partie d’un État souverain revendique à son tour. La souveraineté de l’État est ainsi mise en cause par l’U. §2. Il est un ordre juridique. à travers la constitution. mais aussi par la décomposition des États.E. SECTION 2. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. L’identité nationale première tend incontestablement à s’affaiblir. se développer des ordres juridiques nouveaux. on leur demande de définir la position de l’État dans les négociations. dans le système européen. réside dans le peuple. Ces formes modernes renvoient à l’idée d’une souveraineté qui appartient au peuple.
 9 Audrey Plez . et des ordres constitutionnels. ni démocratique . LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. INTRODUCTION GÉNÉRALE contradictoire : la réalité est celle d’États qui restent en principe souverains. et nécessairement. L’Union n’a aucun fondement démocratique..

la C. Préambule CF (Constitution Française). L’État légal revêt ainsi une conception formelle de l’État de droit . l’autonomie de l’État national. Le principe de souveraineté comporte ainsi deux significations. §3. et les pouvoirs constitués. dans ce même énoncé. les droits fondamentaux fixeront les buts de l’organisation de l’État. exprime très clairement la place du principe de souveraineté dans l’ordre constitutionnel. de 1958 renforce incontestablement la place du peuple dans la C. etc. dans une démocratie. d’où l’insistance qui émergera pour un passage à un Etat de droit non plus formel. dont la première est l’idée selon laquelle. il y est dit que : «  Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Il en résulte un système de complémentarité. le principe de soumission aux actes d’administration. entre la souveraineté et les droits fondamentaux. et le premier. De ce point de vue. Cette définition substantielle de l’État de droit. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. une norme n’est valide que parce qu’elle est conforme à la norme supérieure. par la constitution d’organisations supra-nationales.-. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. Durant la 2e GM. dans la seconde moitié XIXe que s’est développée cette nouvelle notion de droit. Cette souveraineté est aujourd’hui affaiblie dans ses deux acceptions. TITRE I LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL CHAPITRE 1. En effet. SECTION 1.DROIT CONSTITUTIONNEL. c’est la notion de droit matériel que nous verrons apparaître . TITRE I. Parlement. La seconde signification du principe de souveraineté porte l’affirmation selon laquelle. BERTRAND. Càd. §1. forme de distinction horizontale des pouvoirs : la séparation entre le pouvoir constituant. Ce principe de souveraineté interne. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. mais matériel. Le Préambule de la Constitution de 1958. Les droits constitutionnels et notamment les développements de la jurisprudence constitutionnelle et des révisions constitutionnelles. le peuple. Même l’existence d’un contrôle de constitutionnalité manifeste l’idée selon laquelle le législateur est soumis au respect de la C. nous discuterons la place de l’État de droit matériel. Le principe de souveraineté est donc placé d’emblée comme l’un des fondements de l’ordre juridique constitutionnel. Le pouvoir constituant et la souveraineté. affaiblie en ce qui concerne la souveraineté interne par le poids de ce que nous appellerons la concurrence des droits fondamentaux. implique une première distinction du pouvoir. On peut distinguer la souveraineté interne de la souveraineté externe. le peuple est titulaire du pouvoir souverain au sein de l’État. M. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL III. C’est en Allemagne. ces derniers étant ceux mis en place par la Constitution -Président. ce qui est l’expression de la volonté souveraine du peuple. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. d’abord sous un aspect essentiellement formel. Chapitre 1. C’est le principe qui sera sous la IIIe République en France. va limiter la portée du principe démocratique. Après la 2de GM. et au niveau externe. les individus vont en effet s’apercevoir que l’État de droit formel ne protège réellement de rien. 10 Audrey Plez . confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 ». cád que l’État de droit sera alors considéré comme celui où l’on va respecter un certain nombre de valeurs. Ici. cf. vont traduire un renforcement de l’ancrage du DC aux droits fondamentaux et un affaiblissement du lien entre le DC et la souveraineté. n’est bordée que par la souveraineté des autres Etats.. dans le droit constitutionnel matériel.

il y a identification entre l’État et la souveraineté . les minorités ont des droits parce que la majorité les leur reconnait. et de manière plus indirecte. par les limitations à la souveraineté des États qu’apporte la Cour Européenne des Droits de l’Homme -à continuation. Dans un État de droit matériel. et le seul à être sujet de droit international. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL que le droit ne sera plus seulement légitime. et la construction d’entités comme le Conseil de l’Europe manifeste également ce phénomène de remise en cause du principe de souveraineté. Cette conception de la souveraineté est parfaitement adaptée à l’Etat unitaire. mais il résulte également du fait qu’avec une institution comme la C. La remise en cause de l’État pour autant. dans les rapports entre le droit national et international . La souveraineté du peuple constituant. n’en reste pas moins sur le plan théorique.DROIT CONSTITUTIONNEL. dans un rapport indirect. « La souveraineté est la forme qui donne de l’être à l’État. dont elle traduit le pouvoir initial et inconditionnel. il n’empêche que si l’on regarde la souveraineté externe de l’État. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. à partir du moment où le pouvoir constituant lui-même est limité. C’est dans la C. par le pouvoir de révision constitutionnelle. BERTRAND. les citoyens d’un État puissent attaquer leur État par l’intermédiaire d’une institution. un rapport entre les droits nationaux et le droit international qui traduit une contradiction latente -ou potentielle. EDH. La souveraineté de l’État se manifeste ainsi par le pouvoir de la collectivité de décider en dernier lieu et de manière autonome de son destin. et l’affaiblissement de la souveraineté vont ensemble. par le transfert de compétences -autrefois régaliennes. C. Ce pouvoir s’exprime par l’exercice du pouvoir constituant initial. TITRE I. tous deux la même manifestation de la souveraineté. §2. lorsqu’elle s’est prononcée au respect du mariage. qu’ont été écrites les valeurs à respecter. sous l’exemple de la Révolution. et qui va considérer valide l’union entre personnes d’un même sexe. Chapitre 1. cette dernière étant un élément concomitant à la constitution des États au XIXe s. et celles relatives aux droits fondamentaux.. en d’autres termes. ce conflit entre souveraineté et droits fondamentaux. les minorités ont des droits. La souveraineté des États n’est plus considérée comme un principe qui s’impose. Le pouvoir constituant et la souveraineté. EDH-. et la C. parce qu’elles ont des droits en et pour elles-mêmes. Ainsi. Par. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. Cette remise en cause se fait à un autre niveau. On le voit. qui choisit ses normes de référence et considère qu’il lui appartient d’adapter la CEDH à ce qu’elle considère être adapté à l’état de la société aujourd’hui. est l’oeuvre du peuple souverain. Le fait précède la Constitution. il existe toujours un lien entre l’État de droit matériel et le principe démocratique. ou juridiction supra-nationale. dans un système démocratique. l’État fédéral est le seul à exister sur la scène internationale. et il n’est soumis qu’aux engagements qu’il a librement consentis . L’État de droit matériel. SECTION 2. mais le problème se posera lorsque l’on estime que le pouvoir constituant n’est pas libre.entre les exigences relatives à la souveraineté. Historiquement. est ainsi concurrent du principe démocratique. EDH. 11 Audrey Plez . Un exemple est celui de la C. il est évident que l’on entre en conflit avec le principe démocratique. par exemple. lorsque celui-ci restera illégal au sein de certains États. sinon aussi parce qu’il est conforme aux buts et principes évoqués dans la C. Mais l’on retrouve ici encore. le fondement du système constitutionnel en vertu duquel la C. Cependant. L’État fonctionne dans ces relations avec les autres États selon le principe de la liberté contractuelle. M. puisque son expression est concentrée dans l’acte constituant. le Traité est ainsi la transposition du contrat au niveau international. L’État et la souveraineté pris in concreto sont synonymes  ». Bien sûr. en ce qu’il exprime la volonté du peuple qui s’est majoritairement prononcé. est ce qui transforme le fait en droit . mais elle est d’une certaine manière altérée dans les États fédéraux . elle est une transmutation du fait en droit.

C’est ce que l’on appelle une C.. Dans ce cas. En France. qui prévoit cette possibilité. et dans cette hypothèse. avec un nouveau projet de C. et de ce point de vue. l’assemblée constituante prépare un projet de C. Le peuple est invité à élire une assemblée chargée de rédiger une C. ou l’intervention d’une assemblée spéciale... matérielle mais non pas formelle. de manière directe ou indirecte. par voie de référendum. par le peuple. M.DROIT CONSTITUTIONNEL. il est possible de combiner ces deux mécanismes. Enfin. la principale révision s’opèrera selon une autre procédure. consiste en l’élection d’une assemblée constituante. Lorsqu’il existe une C. la révision étant ainsi visée à l’art. on distingue les C. lequel pourra être nouvellement soumis à l’acceptation du peuple. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. l’une y fait directement référence. Elle est ainsi une condition pour que soit assurée la supériorité juridique du texte constitutionnel sur la loi ordinaire. En cas de refus. Cette procédure particulière peut tenir à plusieurs conditions : celle de majorité renforcée. souples. aussi bien qu’un recours direct au peuple souverain. pour réviser la C. puisque le pouvoir constitué peut modifier la Constitution. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. à l’inverse. A. elle est une C. et les procédures. * B. selon une procédure qu’il fixe lui même . Les C. À partir de là. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. celle de l’art. une nouvelle assemblée constituante peut être élue. il y a bien une séparation entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. ne s’est jamais fait à travers le pouvoir constituant dérivé. selon les formes et les procédures qu’elle présente. Cependant. il peut y avoir plusieurs interventions du peuple dans les mécanismes constituants : ce peut être l’acceptation de la C. qui peuvent être modifiées selon les formes. une distinction plus intéressante est celle qui distingue entre le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé. sont des C. La démocratie s’exprime par la manifestation de l’acceptation de la volonté des gouvernants par les gouvernés . 89 CF. Cette utilisation sera l’objet de beaucoup de Chapitre 1. Traditionnellement. sont donc rigides quand elles ne peuvent être modifiées que selon des formes et procédures particulières différentes de celles des lois ordinaires. il n’y a plus de distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. Il existe plusieurs procédures. Le deuxième est un mode d’établissement démocratique. C’est le cas en France sous la IIIe République.. et il intervient ici par l’intermédiaire de ses représentants. de cette nature. sinon qu’il se prononce par voix de référendum pour accepter ou rejeter le projet qui lui est proposé.Par. TITRE I. le pouvoir constituant dérivé est celui qui modifie une C. pour l’adoption de la C.. §2. de la loi ordinaire. Le pouvoir constituant et la souveraineté. à son peuple. le changement de la C. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. en usant du référendum. I. Dans ce cas. 11 CF. Le pouvoir constituant initial est celui qui établit une C. C’est par ce pouvoir constituant qu’il manifeste essentiellement sa souveraineté. le peuple n’intervient pas dans l’élaboration de la C. souples et rigides. Il existe tout d’abord un mode d’établissement autoritaire. BERTRAND. càd. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Ces dernières sont celles qui fixent de manière précise les conditions de leur révision . et de la rédiger. Les C. octroyée -soit donnée par le Roi. En GB. Le second mode d’élaboration. et ce sont les gouvernants en place qui décident d’établir une nouvelle C.. qui s’exprime par la voix du suffrage universel directement ou indirectement. Dans ce cas. le peuple est exclut de cet établissement. 12 Audrey Plez . que le peuple peut ensuite accepter ou refuser. Par. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. à partir du moment où la souveraineté appartient au peuple.

de la R. de la R. soit au Référendum. la décision de recourir à la révision de la Constitution doit ainsi être contre-signée. mais elle doit être signée également par le 1er M. elle n’a été utilisée que de manière exceptionnelle. en outre. Ce vocabulaire distingue ainsi l’initiative gouvernementale de l’initiative parlementaire. en quinquennat. Une question qui n’a été tranchée que par les faits est celle de savoir si.. L’existence d’une deuxième procédure. cependant. BERTRAND. L’intérêt ici est de distinguer le Parlement législateur. ce qui signifie. et en cas d’échec. vient du fait que le référendum soit une opération lourde et qui nécessite la participation de l’ensemble des citoyens. le peuple et le 1er M. sinon que celle-ci provient du 1er M. Chapitre 1. Pour la première. ne peut agir de sa propre initiative. mais s’agissant d’une révision constitutionnelle. Si la réponse est positive. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Cependant. TITRE I. On note que le P. de la R. Celui-ci pourrait à la fois être à l’initiative de la révision et la voter sans consultation du peuple. -ainsi. Si cette procédure est considérée normale par le constituant en 1958. La raison en est que l’on ne peut. Le projet est alors soumis aux discussions. du recours à la procédure abrégée. le peuple et le Parlement. user de la seconde. Il peut y avoir en effet deux hypothèses qui rendent problématique l’utilisation du référendum : lorsque la révision concerne des mesures techniques -prévisions en cas de décès du P. il est nécessaire que les deux interviennent. et doit venir du P.. peut promulguer la loi constitutionnelle. L’art. ou que l’on ne souhaite pas laisser le Parlement seul maître de la révision. Sénat et Parlement-. au lieu de le soumettre au référendum. à l’Assemblée Nationale et au Sénat. dite abrégée. soit de s’abstenir de faire l’un ou l’autre. M. avait ainsi été prévue au départ. de la R. on observe que dans les faits. il devra alors être approuvé à 3/5e des voix . La procédure abrégée ne peut être utilisée que pour un projet de révision et non pour une proposition. Cette procédure. pour des réformes plus techniques ou mineures.DROIT CONSTITUTIONNEL. en vue de transformer le septennat du P.La première phase est identique à la procédure normale. etc. sans qu’il le soit lors du second vote. de la R. La plupart des révisions cependant ont été adoptées par cette procédure dite abrégée qui ne fait pas intervenir le peuple.. C’est lui qui décide seul. -Cette seule et unique fois fut en 2000. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. ou très importantes. on parle d’un projet et lorsqu’elle vient du Parlement. le pouvoir d’initiative revenant au 1er M. Il en est ainsi pour les lois ordinaires tout comme les lois constitutionnelles. (Premier Ministre) et aux membres du Parlement. Lorsque l’initiative vient du Gouvernement. 13 Audrey Plez . Une fois voté le projet. une fois votée par l’Assemblée. alors qu’on considère nécessaire la concurrence de deux pouvoirs. l’initiative revient au gouvernement. Ici encore. il est soumis à un vote du Congrès -les deux chambres du Parlement réunies. l’initiative appartient au P. il peut décider de le soumettre soit au Congrès. II. : la procédure dite abrégée et la procédure dite normale. Pour être adopté. de R. de la R. 89 CF prévoit deux modes de révision de la C. de proposition.. Il est logique que la réforme de la loi constitutionnelle soit plus difficile à obtenir que la révision de la loi ordinaire. simplement. qu’il peut être approuvé lors de la première phase. Ces deux assemblées doivent approuver le texte en termes identiques et à la majorité des suffrages exprimés -soit une majorité simple. et celui de décision au P. par exemple. Les révisions constitutionnelles ont suivi une certaine tendance à se multiplier . Il n’est pas nécessaire qu’il annonce à l’avance le choix qu’il opérera parmi les deux procédures. et le projet doit être voté à chaque assemblée en termes identiques. Le choix de la procédure est opéré par le P. ce désir de réviser constamment la Constitution est une particularité française. le P. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL controverses et de débat. il ne peut utiliser une procédure. il doit obtenir pour cela l’accord du 1er M. .Ce même texte est alors soumis à l’approbation du peuple par voix de référendum. alors qu’à l’époque peu de gens savaient ce qu’il était. (Président de la République) sur proposition du 1er M. du Parlement constituant. comme ce fut le cas concernant la réforme du C. Constitutionnel. de la R.

pendant une période d’application de l’art. de la R.DROIT CONSTITUTIONNEL. -ne revenant pas à la distinction entre le caractère républicain et la forme républicaine. cf. Aucune révision constitutionnelle ne peut être engagée ou poursuivie dans certaines hypothèses : lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité du territoire. BERTRAND. Enfin. peut faire l’objet de révisions. on doit considérer qu’il les aurait implicitement modifiées. La conception allemande admet l’existence de telles normes. Constitutionnel dans sa Décision 93-312 DC : celle de réviser la C. La première. du Sénat. cependant. ou alors. ou s’il s’agit du Parlement. ou la référence à des principes substantiels-. de la R. la forme républicaine du gouvernement fait partie de ces domaines intouchables. 89 CF. pour autant. Réviser la forme de gouvernement Chapitre 1. il ne puisse les modifier en cette période. Les antérieures sont les limites circonstancielles. qui ne peuvent être modifiées. etc. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Il existe des limites à la révision constitutionnelle. Pour autant. aux caractéristiques de celles-ci. il existe une interdiction. laïque. On se situe dans une logique où le juge a un pouvoir différent du politique. Si la réponse devait être oui. obtient les pleins pouvoirs et disparait ainsi temporairement la séparation des pouvoirs. et qui échappent à la puissance du pouvoir souverain. ne pouvant faire l’objet d’aucune révision . qui ne puissent être révisées. alors cela signifierait que le pouvoir n’est plus tout-à-fait souverain. d’une grande importance. de la R. en ce qu’elle s’oppose à la monarchie par exemple . L’interdiction de rétablir la monarchie ou l’empire. cependant la seconde notion dispose d’une marge immense d’interprétation. ou si c’est le peuple qui viole les conditions de forme de la procédure. M. de la R. S’agissant du respect des règles de procédure. une seconde question se pose : celle de déterminer si toute la C. art. elle renverrait substantiellement à des principes républicains auxquels il est fait allusion dans la C. avec une exception. en la retirant. en effet. cette forme renvoyant à des considérations matérielles et non plus formelles. lorsque celui-ci est absent. pour un problème de compétence. Constitutionnel s’est déclaré incompétent pour observer le respect de ces éléments par le constituant. Le C. En Italie. une interprétation littérale. et a considéré que le pouvoir souverain du peuple se serait ainsi épuisé lors de son élaboration. Contrairement à tout autre organe. et dans ce cas. est celui qui viole la disposition. où s’il existe des règles d’importance supérieure dans la C. Le P. il suffirait pour cela de procéder à deux révisions successives.. il semble que la disposition ait un caractère probatoire. se prêterait à la forme de la république. Ce qui veut dire qu’il faudrait d’abord modifier l’interdiction. la solution pourrait un jour supposer d’importantes conséquences. dont les conditions sont prévues par la C. et ainsi disposer d’un pouvoir initial et illimité. si le P. on parle également de principes suprêmes. et telle que la République est décrite dans ses premiers articles : démocratique. ensuite. la loi ne lui serait contraire que dans la mesure où la procédure n’aurait pas été respectée. il est logique qu’alors qu’il lui appartient de veiller sur les institutions. en toutes circonstances. et non pas parce qu’elle serait contraire à un principe . et s’il s’agit là d’un débat pour l’instant très théorique. 16 CF. aujourd’hui. de manière paradoxale. Supposons que l’on souhaite instaurer à nouveau une Monarchie. 14 Audrey Plez . Une révision violant alors ces règles de procédures serait quasiment inexistante. Puisque celui-ci est souverain. Il y a plusieurs manière en France de considérer cette question. il est supposé être souverain. Le pouvoir constituant et la souveraineté. on peut considérer que le respect de ces règles est une condition de validité de la révision constitutionnelle. qui sont de deux ordres. placées hors du pouvoir constituant. La différence est.. qui confère les pleins pouvoirs au P. période durant laquelle ne peut être approuvée aucune révision. ce qui pose alors la question de normes qui seraient supérieures à la C. nous permet de savoir tout à fait de quoi il s’agit. une disposition inscrite dans la C. Ainsi. en ce qu’il cherche à définir ce qu’est la forme républicaine du gouvernement. TITRE I. en cas de crise grave. par la volonté du Général de Gaulle qui souhaitait éviter que se reproduisent les évènements de 1940 . puis par une seconde instaurer une Monarchie. aucune décision ne peut être faite durant la vacance du P. Il existe en effet un intérim par le P. ajoutée par le C. cependant. S’agissant des interdictions matérielles.

et toute autre analyse remet en cause la notion de souveraineté du peuple. en effet. que la C. et nécessitera de l’adaptation de celle-ci pour son adoption. ⬊ En 1992. ⬊ En 1963. de Gaulle. Constitutionnel aura exprimé. BERTRAND. mais justifié. nous verrons les révisions constitutionnelles.DROIT CONSTITUTIONNEL. en France. cád qu’elle établisse que dans telle matière. Ce projet manifestement technique ne se prête pas. en effet. 28 CF. avec pour objet d’adapter la C. Constitutionnel estime. On pourrait très bien imaginer cependant. cependant. Constitutionnel en permettant une saisine par l’opposition politique. un projet est déposé par Mitterrand. Ici l’issue est quelque peu différente. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. d’une formule sans valeur juridique énoncée dans la DDHC de 1793. lorsque ne sont pas respectées les formes d’adoption de cette révision -puisqu’elle serait dans ce cas. au Traité de Maastricht. ne se pose que lorsque le contrôle porterait sur des notions matérielles. ⬊ En 1974. un autre projet est déposé par V. qui a pour objet de modifier les dispositions de saisine du C. Ici. qu’il n’y a pas de dispositions constitutionnelles supérieures aux autres. en effet. en revanche. -ce qui n’est pas le cas en France. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL supposerait ainsi une double procédure. Il est ainsi quelque peu contradictoire qu’une telle révision se fasse Chapitre 1. TITRE I. avec pour objet de modifier les dates d’ouverture des sessions parlementaires. et dans ce cas le juge pourrait évaluer la conformité en terme de compétence de telles révisions.- La raison pour laquelle. Dans un premier temps.. seul le peuple puisse réviser la C. en vertu de l’art. la compétence du juge -en Allemagne-. À la suite d’un changement parlementaire. si le recours à la procédure qui implique le Congrès s’est fait de manière tout-à-fait régulière. au référendum. ⬊ En 1995. qui ont abouti. et non le Congrès. à la construction européenne.G. qui avait vocation à remplacer la DDHC de 1789. 11 de la C. puisqu’elle transfère le dernier mot au juge constitutionnel. la révision portait pourtant sur des questions qui auraient pu être légitimées par le référendum. inexistante. Le problème.- III. Le C.. en effet. avec pour objet la modification de l’art. ⬊ En 1976. est d’abord une raison juridique : celle selon laquelle le peuple est souverain. Implicitement cela revenait à considérer que personne ne puisse empêcher une révision constitutionnelle . si l’on pouvait établir une hiérarchie à l’intérieur des normes constitutionnelles prévue par le constituant lui-même. et élargit le recours au référendum. le C. Le problème est donc celui d’établir qui du juge ou du peuple a le dernier mot. que le Traité porte atteinte à des principes constitutionnels. et qui énonçait qu’une génération ne puisse assujettir à ses lois les générations futures. 7 CF en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. Le C. qui entre dans le champs d’application de l’art. cád par l’intermédiaire de 60 députés ou sénateurs. ainsi que du juge -en Espagne. celui-ci va rétrécir et ne concernera que la juridiction chargée de juger les Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature. de l’art. qui prévoit la modification de 50 arts. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Giscard d’Estaing. puisque les matières révisables par le peuple ou le Congrès ne sont pas distinguées-. un projet est déposé par Chirac. d’E. Constitutionnel ne contrôle pas les révisions constitutionnelles. un projet est déposé par le G. Elle aura des conséquences relativement importantes sur le rapport entre le Parlement et le Gouvernement. ou la compétence mixte du peuple. exige l’intervention du peuple pour les révisions les plus importantes. 15 Audrey Plez . et toute une série de révisions constitutionnelles auront ainsi pour objet d’adapter la C. et substantielles . 89 CF. M. Sera ensuite enclenché un projet de grande envergure avec une modification d’ampleur. Elle provient aussi d’un débat très ancien. un projet est déposé par V. celui-ci est surtout justifié. Cette disposition aura un impact important. lorsqu’il implique un choix pour les institutions. Trois systèmes ou mécanismes obéissent ainsi chacun à une logique et ne renvoient pas du tout à la même conception : la compétence du peuple -en France-. en effet. une révision peut ne pas être conforme à la CF.

un projet est encore déposé par ce dernier. enfin. l’une portant notamment sur la révision du Conseil Supérieur de la Magistrature. de R. ⬊ En 2005. ⬊ Enfin. votée par l’Assemblée Nationale. La question est alors de déterminer si le pouvoir constituant doit intervenir chaque fois. Chapitre 1. Depuis 2008. Sans majorité des 3/5 au Congrès. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Ce projet comprend également une modification des sessions du parlement..Il s’agit là d’une mesure apparemment technique. En France. le fait qu’ils approuvent. s’opère une révision à l’initiative de Sarkozy. ⬊ En 1999. mais d’une incidence importante. TITRE I. et enfin. ou par le non. était bien plus important que le budget de l’État. il y a eu de nombreuses tentatives de révision de la C. un projet est déposé nouvellement. la création d’un défenseur des droits. c’est le référendum que l’on applique. la cristallisation du corps électoral de la Nouvelle Calédonie. il fallait 10 ans de résidence en Nouvelle Calédonie. les Français. qui vise à modifier l’art. à priori que par voix de référendum. Constitutionnel. le budget de la S. et du régime des immunités parlementaires.S’y ajoute une disposition qui établit que la loi peut favoriser l’accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux. d’autres l’interdiction peine de mort. ⬊ En 1998. avec dispositions tout à fait disparates : certaines concernant le statut pénal P. ceux-ci se gardent de poser une question dont le non les fragiliserait. puisque faisant partie du Comité. et elle s’ordonne autour d’une réflexion sur les institutions de la Ve République. 16 Audrey Plez . de la R. Sarkozy et Hollande ne peuvent réviser la C. ne soit élu que pour 5 ans . il lui était difficile de voter contre. Toujours en 2003. Cette dernière réforme sera votée à une voix du refus -soit des 3/5e exigés. et que le Parlement jusque là n’y intervenait pas. un projet est déposé. de la R. Lang a probablement fourni la voix qui a fait basculer la décision. puisqu’à cette époque. le 21 juillet 2008. visant à permettre la ratification du Traité concernant la Cour Pénale Internationale -et qui a trait aux immunités pénales du P. une révision concerne les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle Calédonie. ⬊ En 2000. ou prévoir d’habiliter toutes les normes européennes. et prise sans aucune réflexion sur ses potentielles conséquences. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL sans recourir au processus qu’il modifie. soc. en prévoyant que le P. BERTRAND. mais non par le Sénat. un projet est déposé à nouveau. ne répondant pas à la question qui leur est posée.. ⬊ En 2003. Pour voter aux élections locales. en effet. J. l’issue était alors tout-à-fait incertaine. Cette disposition s’inscrit nettement comme la suite d’une la décision du C.DROIT CONSTITUTIONNEL. 6 CF. s’effectue une révision de la charte constitutionnelle du Gouvernement. par cette voie.. ou désapprouvent le Président . c’est l’instauration du quinquennat. effectuée par le Comité Balladur : avec l’instauration de la QPC. soc. autour d’une réflexion sur un retour au septennat.C’est la première fois en France que l’on allait jusque devant le Congrès sans être certain du résultat. et un référendum d’initiative mixte. Le Président a également engagé une Commission. a lieu.. ⬊ En 1996.. Ce projet était proposé afin de permettre d’élargir la compétence des Assemblées Parlementaires en matière de questions européennes et pour une question de conformité au Traité d’Amsterdam également. Ici. sinon qu’ils manifestent par le oui. M. Or. Celui-ci est l’exemple même d’une révision faite en toute improvisation. alors. et prévoit la compétence du Parlement pour voter des lois de financement de la Sécurité Sociale -à continuation S. la Constitution est révisée presque chaque fois que la signature d’un Traité européen l’exige. un projet d’adaptation pour conformité est pris concernant le mandat d’arrêt européen. qui modifie des dispositions relatives aux collectivités territoriales et pose le principe de la décentralisation. puisqu’elle concerne 1/3 de la CF. ⬊ Une dernière révision à l’initiative de Chirac. C’est finalement la première solution qui est retenue. Acquis avec quelques voix de la majorité contre. C’est la révision la plus importante en quantité. une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ces révisions sont effectuées afin de faire sauter les verrous constitutionnels. et quelques voix de l’opposition pour.

L’utilisation de l’art. est purgée en cas de réponse positive par le peuple. de Gaulle peut être considérée comme inconstitutionnelle. Il en résulte que le peuple puisse ainsi violer la Constitution sans que cette violation puisse être sanctionnée. Le pouvoir constituant et la souveraineté. démissionne à la suite du refus comme il s’y était engagée au départ. C’est la raison pour laquelle la constitutionnalité d’une loi référendaire ne peut pas être contestée. manifeste une puissance souveraine. modifiant les arts. En 1969. Le raisonnement appliqué à l’usage de l’art. et en vertu de l’art. Par. En 1969. au suffrage universel. M. ni sanction. de R. à savoir l’élection du P. titulaire du pouvoir souverain. de la R. Cette démarche a fait l’objet de nombreuses controverses juridiques et politiques. le G. Lorsque celui-ci modifie la Constitution par la voie de l’art. il y a l’idée qu’en votant oui au référendum. il se considèrera ainsi incompétent pour apprécier la constitutionnalité de lois adoptées par référendum. il fait acte de souveraineté Chapitre 1.. la Constitution ne prévoit pas de contrôle sur le P.. 11 CF afin de réviser la Constitution. ou du Parlement. quelle que soit la procédure suivie pour l’interroger. Constitutionnel. qu’il s’agisse d’une loi ordinaire ou constitutionnelle. 11 CF a été jugé par la majorité des juristes comme contraire à la Constitution. décide de soumettre directement au peuple un projet de loi constitutionnelle. que le Sénat accepte les conditions de sa disparition. 6 et 7 CF. décision portant sur la validité du suffrage universel à l’élection présidentielle. de Gaulle qui avait inscrit ce référendum dans une logique plébiscitaire. l’art. Le référendum permet l’adoption de ce texte par le peuple français. de Gaulle décide de soumettre au peuple. ou du Parlement. Il est possible également de recourir à l’art. Si la décision du G. Celui-ci concerne le référendum législatif. Il existe des compétences à deux clés et à clés uniques : avec ou sans accord du P. ou du 1er M. 11 s’est donc faite pour des raisons politiques évidentes. au suffrage universel direct. il n’y a aucune raison également. puisqu’il n’aurait pu obtenir un vote conforme à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Le raisonnement de ceux qui le soutiennent est de dire que celui-ci peut servir à des questions relatives à l’organisation des pouvoirs publics. On peut considérer alors que la décision de recourir directement au référendum est inconstitutionnelle. 11. de R. 8 CF. le G. de Gaulle. dans sa Décision 62-20 DC. Le projet est repoussé. Il résulte de l’équilibre des pouvoirs établis par la Constitution. Le recours au référendum législatif est possible dans un certain nombre de cas : son utilisation est à la discrétion du P. ce qui pourrait conduire dans une certaine mesure à une dévalorisation de celle-ci. associé à une certaine banalisation de la norme constitutionnelle dans laquelle on a introduit des dispositions d’importance variée en fonction de l’actualité . que les lois adoptées par le peuple français à la suite d’un référendum. En 1962. BERTRAND. d’un autre côté. de R. C’est l’idée selon laquelle le peuple. cependant il devrait alors concerner des questions hors du domaine constitutionnel. Ce sera d’ailleurs la position adoptée par le C. de R. « qui prévoit en son art. à une majorité de 62% des suffrages exprimés. mais sur proposition du 1er M. lorsqu’il n’existe ni contrôle.. le recours à l’art. cád les articles relatifs à l’élection du P. de plus. TITRE I. et dans sa Décision 92-313 DC portant sur le référendum législatif . sur proposition du gouvernement. constituent l’expression directe de la souveraineté nationale. 17 Audrey Plez . LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL […] Le rythme des révisions s’est ainsi singulièrement accéléré. de la R. celui ci est l’interprète de la Constitution. Le G.DROIT CONSTITUTIONNEL. ceux-ci étant hostiles à l’élection du P. Dans la C. à trente ans d’intervalle. 89 une procédure et une seule pour sa révision ». En droit. En 1962. de la R. et le référendum est une procédure qui permet de faire adopter directement un texte par le peuple. et annule ainsi l’irrégularité de la manière dont il a été saisi. 11 CF pour réviser la C. la loi ne peut avoir qu’un effet faible . le peuple a exprimé sa souveraineté et couvert les irrégularités éventuelles qui peuvent affecter la validité de la procédure. 11 concerne le référendum. est celui qui établit que l’absence de constitutionnalité issue de l’usage de cette procédure par le P. toujours selon cette procédure un projet de loi constitutionnelle ayant deux objets : la création de régions et une modification importante de la structure et du rôle du Sénat. et a été utilisé en 1962 pour opérer la réforme la plus importante de la Constitution.

Si l’on voulait empêcher ceci de se produire. 11. parmi ces derniers. […] CHAPITRE 2. 11 CF. conformément au domaine de compétence et à la procédure de l’art.. a été très largement évacuée par la suite. Le pouvoir constituant et la souveraineté. dans le raisonnement du C. 18 Audrey Plez . et dans la Révolution Française en 1789. soutenu par 1/10e des électeurs inscrits sur liste électorale. puisqu’elle place la souveraineté du peuple au dessus de tout. M. Aujourd’hui. on ne pourrait pas réviser la C. contrôle la proposition qui résulte de cette initiative. il n’y a pas de disposition supérieure à la loi . D’une certaine manière. où avant d’élaborer une véritable Constitution. puisqu’il Chapitre 1. avec la Magna Carta. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL et de son pouvoir constituant . il fait oeuvre de législateur. puisque les droits fondamentaux sont de nature et de portée différente. Ainsi. puisque le C. mais il s’agit là d’une démarche peu adaptée. -ce qui s’oppose par exemple radicalement à la conception allemande qui place la C.. TITRE I. Ceci cependant. elle contient essentiellement des dispositions institutionnelles. au dessus du peuple. ce qui veut dire que. lorsqu’il adopte une loi ordinaire. LES DROITS FONDAMENTAUX. et notamment de la C. puisque substantiellement. est rédigée la DDHC.Cela étant. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL.. cette notion de droit fondamental est assez imprécise. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. la Constitution ne prévoit aucune disposition qui se rapproche de près ou de loin aux droits fondamentaux . on pourrait également établir un contrôle préalable de la constitutionnalité de la décision de procéder à une révision référendaire. SECTION 2. LES DROITS FONDAMENTAUX. Constitutionnel. qui peut être organisé à l’initiative d’1/5e des membres du Parlement. peut conduire à affirmer que l’on peut réviser la C.- * §3. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. par le peuple. par la voie du référendum et il n’appartient pas au pouvoir constitué qu’est le C. contient un certain nombre de règles relatives à l’organisation du pouvoir. Le seul moyen que l’on aurait de résoudre ce problème serait alors de renvoyer le P. SECTION 3.. lorsque s’est créé le référendum d’initiative partagée. Constitutionnel. Ceci conduit à ce que l’on appelait alors l’État légal : un État fondé essentiellement sur la loi. Constitutionnel exerce un contrôle sur le texte qui fera l’objet de ce référendum. Constitutionnel. L’influence du DC dans toutes les branches du droit se fonde notamment sur la notion de droits fondamentaux . SECTION 1. C’est une question qui. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. cependant. BERTRAND. SECTION 1. à partir du moment où le peuple est souverain. etc. il est communément admis qu’une C. de censurer une éventuelle violation de la C. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. cette place particulière des droits et libertés dans les systèmes constitutionnels. les droits fondamentaux occupent une place privilégiée. dans ce référendum. bien que théorique. CHAPITRE 2.DROIT CONSTITUTIONNEL. Il est prévu que le C. en cours pour violation grave de la C. de R. par la voie de l’art. position minoritaire dans la doctrine. et à des principes ou valeurs . ou de constituant. comme c’est le cas pour la procédure établie en 2008. Si l’on prend la situation en France qui prévaut pendant la IIIe République -1e période de stabilité constitutionnelle-. il peut faire acte de législateur. est très importante. les premières règles qui pouvaient ressembler à des règles constitutionnelles étaient relatives à des droits fondamentaux -c’est le cas en GB.

que l’on appellera le mouvement révisionniste. Les lois constitutionnelles de 1875.DROIT CONSTITUTIONNEL. puisqu’il n’y a pas de dispositions sur les droits fondamentaux. qui va considérer les déséquilibres que l’on observe dans le fonctionnement des institutions de la IIIe République - marquée par l’instabilité et la souveraineté parlementaire-. ni de mécanisme de contrôle de constitutionnalité des lois. et implicitement le constituant. qui tient au fait que le Parlement n’est pas soumis au respect de la C. Cf. 1931. Cependant. Le pouvoir constituant et la souveraineté. dans un système démocratique par définition. si l’on peut très bien surmonter l’absence de mécanisme de contrôle de constitutionnalité. expression de la volonté générale. doit être assurée la garantie des droits . pour y être soumis. DE MALBERG observe que l’on peut facilement imaginer que le contrôle du respect de la C. soit la C. La mesure qui va faire l’analyse la plus approfondie. il observe que. cád. C. que l’on puisse imaginer que le juge écarte la loi. a ainsi laissé au législateur. Cependant. Il part de l’idée que la séparation du pouvoir constituant et législatif. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL n’y a pas dispositions matérielles. si le juge ordinaire acceptait d’écarter l’application d’une loi contraire à la Constitution. La loi. sous l’égide du Conseil d’État et selon les principes généraux du droit. de dispositions relatives aux droits et libertés. non pas des principes fixés par la C. de remise en cause de la souveraineté parlementaire.. On assiste à un mécanisme de souveraineté parlementaire. d’ailleurs. contiennent des dispositions relatives aux pouvoirs exécutifs et législatif . un mouvement qui veut refondre l’État et la Constitution. lorsqu’elle serait contraire à la C. Il y aurait alors une place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois. concernant ce second élément. soit assuré par le juge. sinon des dispositions relatives à l’organisation du pouvoir. par la loi. et visent à s’appliquer au législateur. Y seront étudiés les rapports entre les lois ordinaires et la Constitution. sous la IIIe République. Lorsqu’il y a des manques. M. avec les textes constitutionnels. pour instaurer un contrôle du respect par le Parlement de la C. est celle de CARRÉ DE MALBERG. Pour qu’il y ait une véritable C. de plus.. La C. des principes qui lieraient le législateur et borderaient ses compétences. pour autant. un contrôle du juge par voie d’exception ne servirait à rien. Ce raisonnement n’a pas perdu sa force démonstrative aujourd’hui. puis celle d’un mécanisme de contrôle. Cette situation va faire l’objet d’analyses. mais il n’y a rien concernant les droits des citoyens. relatif aux libertés et droits fondamentaux. sur toutes les matières que l’organe constituant entendrait se réserver à lui-même. cád du Parlement. il faudrait une révision constitutionnelle qui transforme la C. était de confronter la loi aux principes qu’elle édictait alors. puisqu’il n’y a rien dans la C. Ce contrôle de constitutionnalité devrait alors être effectué par le juge lui-même. Tout ceci. en effet. BERTRAND. l’on pourrait pallier facilement à cette absence. et partir de l’idée qu’il n’y a pas de distinction entre les pouvoirs constituant et constitué. On part alors d’un système très contextuel. elle est oubliée jusqu’au débat qui resurgit dans les années 1930. peut difficilement exister dans un État où la loi est l’expression de la volonté générale . puisque la DDHC de 1789 indiquait déjà que le but de la même D. mais qui n’est pas tout à fait nouvelle. DE MALBERG en tire la conclusion. en ce qui concerne l’autre élément. Dans la C. l’idée selon laquelle il y a des principes supérieurs qui s’imposent au législateur se dégageait ainsi de la DDHC. 19 Audrey Plez . en un corps de règles statutaires. dans le cadre d’un mouvement. et destiné à imposer au législateur le respect de l’OJ (Ordre Juridique) supérieur établi par la C. que. Toute une série de dispositions limitent le champs de la loi. de la IIIe République.. C.. le juge est conduit à appliquer en cette matière. par voie d’exception. de 1875. Chapitre 1. ou contrôle de constitutionnalité de la loi. par voie d’exception . ils seront ainsi comblés essentiellement par le juge administratif. TITRE I.. lequel. sinon des règles législatives. le soin de déterminer librement l’étendue de ces droits et libertés . va conduire à un basculement vers la protection des droits et libertés fondamentaux. se faisant à l’occasion d’un litige. qui comprendrait. doit d’abord observer la présence dans la C. La mise en place de ce mécanisme ne saurait pallier à l’absence de leur mention.

bien qu’il l’était déjà auparavant dans d’autres pays - notamment en Allemagne-. et sont les règles éditées par des OI qui ne sont pas dotées de valeur juridique obligatoire. n’est pas établi le lien entre les deux. vont se développer des normes qui ne sont pas juridiques mais qui vont cependant être dotées d’une certaine effectivité . mais aucun lien n’est fait entre les deux. et ce qui est intéressant est que ces normes non-juridiques Chapitre 1. et que ceci ne se fera que tardivement en France. à l’occasion de la C. à ce que les droits fondamentaux. il ne restait plus alors qu’à établir qui pouvait ainsi saisir le C. La mise en place de ce mécanisme sera l’une des raisons pour lesquelles les droits fondamentaux vont occuper une place particulière dans le DC. La phase suivante est initiée en 1974. avec la QPC. À cette dualité des systèmes de protection des droits fondamentaux. De la même manière que le DC. et de l’autres des règles conventionnelles issues de Traité -et. prévoit une certaine forme de contrôle constitutionnel. de 1958. SECTION 2. avec d’un côté des règles constitutionnelles. ce qui va conduire à renforcer le poids de ces derniers. depuis 1974. Sont ainsi enfin réunies. un contrôle de constitutionnalité. C’est. et c’est à partir de là que ce contrôle de constitutionnalité va réellement fonctionner. en premier lieu. de 1946. a pour objet de créer des exigences minimum communes de respect des droits et libertés dans un ensemble plus vaste et culturellement moins homogène. spécifiquement de la CEDH-. À partir du moment. En France. le droit politique va émaner essentiellement d’ONGs. BERTRAND. ou la Convention. le C. nous passerons d’une saisine politique à une saisine individuelle par le justiciable . Constitutionnel. où ceux-ci ne sont pas suffisamment protégés par le DC. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Tout ceci va aboutir à une évolution progressive. et en plusieurs étapes. Constitutionnel. de 1946 . deviennent un élément majeur du DC français. Constitutionnel. il est dit que le Préambule n’a pas de valeur juridique. ou l’assurance de leur respect par le législateur . est celle d’une sorte de principe de subsidiarité. M. En 1971. Toutes ces phases vont conduire. Sur le plan national. En 2008. Constitutionnel lui-même va dire qu’il contrôle la loi par rapport aux dispositions du Préambule de 1789 et de 1946. à valeur juridique. ainsi. mais il y a aussi un certain nombre de Traités qui ont pour objet la définition et la protections des droits et libertés fondamentaux.Jusqu’à la fin des années 1990. Cependant. 20 Audrey Plez . est également créé l’organe chargé d’en assurer le respect.DROIT CONSTITUTIONNEL.. les droits et libertés fondamentaux sont inscrits pour l’essentiel dans des textes de valeur constitutionnelle. Constitutionnel . avec une réforme constitutionnelle qui va permettre à 60 députés ou législateurs de saisir le C. l’attachement au droits et libertés inscrits dans la DDHC et affirmés dans le préambule de la C. là encore. sinon des règles substantielles. Cette interaction de deux systèmes juridiques repose sur le développement dans chacun des droits fondamentaux. alors que le Traité. DE MALBERG. la constitutionnalité de la loi qui lui est appliquée. et dans les travaux préparatoires. dans la réforme que préconisait C. Il en est ainsi aussi de celles émanant des ONGs. le C.- Normalement la logique de cette interaction entre le DC et le droit européen. et l’on se trouve. -par ex. elles sont appelées « soft law ». enfin. et cette même C. au moins aussi précises que les règles constitutionnelles. l’affirmation des droits et libertés et leur contrôle. est introduit et rappelé dans le Préambule de la C.. L’idée en fait. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. elle est une protection qui s’ajoute à la protection constitutionnelle défaillante. On établit une déclaration des droits. et qui sont d’ailleurs parfois susceptibles d’entrer en conflit avec des règles constitutionnelles. le droit européen a développé un certain nombre de règles qui ne sont pas des règles minimum communes. c’est la saisine par l’opposition politique du C. les résolutions édictées par le Conseil de l’Europe. Le justiciable va pouvoir soulever devant n’importe quel juge et par voie d’exception. Le pouvoir constituant et la souveraineté. à peu de choses près. dans son Préambule est rappelée la DDHC. En 1958. est que le DC a pour vocation de définir des valeurs communes à un groupe humain homogène. la Convention Européenne des Droits de l’Homme -CEDH à l’avenir. TITRE I.

de l’instrumentaliser. regroupent des droits Chapitre 1. il faut distinguer les droits subjectifs. des droits objectifs. Une autre distinction entre subjectif et objectif est celle qui se fait entre les droits subjectifs et les objectifs constitutionnels. à la lecture du Préambule de la C. à défaut de hiérarchie. ainsi. au sens strict. cád l’interdiction de méconnaître l’humanité d’un être humain. mais à côté de ces devoirs explicités par la C. dans la liberté par exemple-. d’abord de normes. Dans la typologie tenant à l’utilisation des normes constitutionnelles. qui non seulement a un très large pouvoir d’interprétation de la Convention. et d’autres droits -tel que le droit au travail. principes consubstantiels à l’homme . Un droit subjectif. on constate deux niveaux de droits. l’égalité et la dignité en font partie. et dont il peut faire valoir le respect devant un juge. cf. droit subjectif dont on est titulaire en tant qu’individu. et des droits particulièrement nécessaires à notre temps.. C. qui sont de deux natures : certains représentent des démembrements de l’intérêt général auquel ils se rattachent .DROIT CONSTITUTIONNEL. et cet ensemble de droits fondamentaux recouvre des principes qui ont une portée différente. liés à son appartenance à l’humanité. et dépassent le cadre constitutionnel et conventionnel . Les règles qui émergent sont ainsi non seulement conventionnelles et constitutionnelles mais aussi issues de tout un processus non-juridique . ils sont ceux qui fondent l’existence d’autres droits. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. des droits naturels et imprescriptibles. 21 Audrey Plez . et d’autre part. les droits et libertés fondamentaux sont des normes comme les autres. Il y a des droits que l’on peut appeler consubstantiels mais qui sont des valeurs et des principes avant d’être des droits : la liberté. de 1946-. Ces droits de principes sont autre chose que des droits . de 1958. etc. droit de travailler et devoir de travailler.est nette. qu’ils ont souvent celui-ci pour contrepartie. d’égalité et de liberté. (Ajouter au programme). Le problème est qu’en tant que juriste. Ce sont des attributs de l’homme. La différence entre ces principes. laquelle va s’inspirer également de la jurisprudence constitutionnelle des États membres. puisant dans des résolutions dépourvues de caractère juridique. puisque les juges vont s’y référer. On en déduit. -devoir de protéger l’environnement. Constitutionnel n’applique pas la CEDH. de l’environnement de 2004 . et pour autant. même si le C. Il y a des droits qui peuvent apporter des droits et des devoirs. BERTRAND. M. Le pouvoir constituant et la souveraineté. le droit des enfants à l’éducation se traduit ainsi par le devoir d’éduquer les enfants. Les droits et libertés fondamentaux ont tendance à être utilisés de manière idéologique. même s’il y a. d’une part. la deuxième catégorie des objectifs de valeur constitutionnelle. et d’interaction entre ceux-ci. ces dernières vont se juridiciser. on va tirer un certain nombre de droits. que les sources des droits fondamentaux sont extrêmement larges. à la nature des droits et libertés. Ch. L’affirmation que les hommes naissent libres et égaux en droit est un postulat.. Un exemple est celle de la liberté d’aller et de venir. On voit bien que les droits ont toujours pour envers un devoir. Il y a aussi. est un droit dont l’individu est titulaire. C’est la raison pour laquelle on ne peut parler d’une hiérarchie entre les droits fondamentaux constitutionnels et européens . de dignité. De ces trois principes. On peut ainsi faire une typologie à l’infini. Européenne DH. des objectifs de valeur constitutionnelle. On pose ainsi un postulat ontologique sur lequel va reposer le système des droits fondamentaux. chaque liberté ou presque a pour contrepartie un devoir -devoir de ne pas nuire à autrui. Le cas le plus caractéristique est celui de la Cour Européenne des DH. L’interaction des deux systèmes se produit essentiellement par la circulation des jurisprudences. par l’utilisation qu’en fera la juge. que le pouvoir normatif du juge est considérable pour deux raisons : la première est que le pouvoir d’interprétation du juge est très important. La première distinction est celle qui se fait entre les droits et les devoirs. un système de régulation. dont on pourrait aisément assurer le contraire. mais qui. en plus va élaborer son propre système de normes de références. et la seconde est qu’il a d’une certaine manière. il va s’inspirer de la jurisprudence de la C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL vont cependant créer des effets juridiques. SECTION 3. la maîtrise des normes qu’il applique. Le principe de dignité relève de la même nature. TITRE I. d’un autre côté.

qui n’ont d’existence qu’en tant qu’ils garantissent d’autres droits -ces droits sont nécessairement subjectif. celle d’expression. ainsi. Il s’agit là d’une distinction fondamentale. ne prendra pas partie dans l’une ou l’autre. Les libertés ont donc pour contrepartie. Presque toutes les libertés se traduisent en droits. tel le droit à la sécurité juridique. il a pour contrepartie le devoir de travail. dont on peut faire valoir le respect devant le juge. en ce qu’elle pose l’impératif de garantie des droits. sinon de la prise en compte d’objectifs d’intérêt général. constituée de démembrements de l’intérêt générale compte la préservation de l’ordre public (Décision 80-127 DC). 16 de la DDHC. Il y a des droits. Un exemple est le droit au recours. La première catégorie. socialiste et libérale s’affrontent. soit des droits en matière économique et sociale . puisqu’ils sont des instruments juridiques d’une nature tout à fait différente. Une dernière typologie distingue les droits substantiels et les droits-garanties. à l’opposé qui sont aussi des libertés . BERTRAND. il n’a pas d’intérêt par lui- même. ainsi le droit syndical qui suppose la liberté de se syndiquer. la liberté d’aller et venir. on retrouve ces deux types de droits : les droits subjectifs - droit de grève et liberté syndicale-. n’est pas un droit subjectif. M. Un exemple pourrait être la loi sur le licenciement où deux théories. à la santé. puisque leur subjectivité est condition de leur effectivité. des garanties . Quelle en est alors l’utilité ? Sont-ils dépourvus de toute portée juridique ? Ils peuvent être invoqués dans un contentieux. son but étant la protection d’un droit substantiel. ou à un logement décent-. Entrent dans cette catégorie le principe de l’interdiction de rétroactivité du droit pénal et le principe de légalité des délits et des peines. Le juge constitutionnel. Ces derniers ne peuvent être invoqués devant le juge. En revanche le droit objectif au travail est différent de la liberté de travail . TITRE I. le droit au travail. de manière générale. ils n’offrent à l’individu aucun champs nouveau ou spécifique de liberté. Il est possible de contester la constitutionnalité d’une loi qui ne prendrait pas en compte l’objectif de l’accès à l’emploi. sinon subjectif. soit un espace de liberté.- Chapitre 1. pour autant. qui vise à garantir l’exercice des libertés ou droits substantiels . et le droit à la présomption d’innocence. est ainsi le droit d’aller et venir . La sécurité juridique est la fiabilité de l’environnement juridique. Le C. aucun droit ou prestation. Il y a des différences entre les droits qui visent à définir un espace substantiel de liberté et les droits qui visent la protection de libertés substantiels. la poursuite des auteurs d’infraction (Décision 99-80 DC) . et les objectifs de valeur constitutionnelle -par ex. en réalité. et le droit à la prévisibilité du droit.DROIT CONSTITUTIONNEL. doit être limitée la possibilité pour l’employeur de licencier. Constitutionnel rattache l’ensemble de ces droits-garanties à l’art. Dans la première. soit un statut en tant que membre du corps social - principes de dignité et d’égalité-. l’objectif de continuité des services publics (Décision 79-105 DC). mais visent à donner à l’individu des instruments qui lui permettent d’assurer la protection effective de ces droits substantiels. le droit au travail. D’autres droits sont des droits qui sont. Une autre typologie distingue les droits des libertés. et non dans un contentieux subjectif. qui constituent des impératifs constitutionnels objectifs et justifient la limitation des droits subjectifs. comprenant en lui-même deux éléments différent : le droit à la qualité du droit. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL économiques et sociaux. aux loisirs. et ces droits garanties n’ont d’intérêt que la protection d’autres droits sans qu’ils ne couvrent d’intérêts substantiels. Ces droits-garanties doivent être considérés comme des droits subjectifs. ce qui conditionne leur effectivité. Les droits substantiels visent à reconnaitre à l’individu. Ces droits existent de manière générale. Ils peuvent ainsi être invoqués dans une QPC. Le pouvoir constituant et la souveraineté. et préservé par le législateur. le droit de s’exprimer. ce sont des droits substantiels. cád dans un contentieux de la norme.. Dans les droits économiques et sociaux. 22 Audrey Plez . On peut ainsi limiter la liberté individuelle pour préserver l’ordre public. dans la seconde il faut lui laisser une certaine liberté de licencier pour qu’il puisse employer. mais se bornera à vérifier que l’objectif constitutionnel ait été pris en compte objectivement. si dans un contentieux de la norme. et il ne s’agit pas ici de droits subjectifs. des droits. lorsqu’est contestée une norme juridique.

le C. lequel n’entraine pas nécessairement que celui-ci se substitue au législateur. Constitutionnel est celle qui affirme qu’il appartient de concilier les principes constitutionnels. puisque la C. Même si le juge. M. les principes constitutionnels doivent être conciliés les uns avec les autres . LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. Les droits et libertés fondamentaux ne sont pas un système hors du droit. Les droits et libertés fondamentaux sont donc ainsi dérogeables par nature. puisqu’elle structure un système de valeurs. Le juge utilise un outil qui est l’outil essentiel du juge constitutionnel : le principe de proportionnalité . ou s’il n’y a pas . §2. ils entrent en conflit les uns avec les autres. Tandis que le système des droits fondamentaux allemand est fondé sur le principe cardinal de dignité. BERTRAND. La question de l’existence d’une hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. «  On peut porter atteinte à la liberté contractuelle si le législateur poursuit un intérêt général  ». il va exercer un contrôle de proportionnalité.
 Chapitre 1. Quel que soit le domaine dans lequel nous exercerons juridiquement. Par. mis à part le principe de dignité -considéré comme absolu-. Ce qui est vrai. est limité un autre. et il s’agit là d’une hiérarchisation d’espèce et non de norme. §1. 23 Audrey Plez . on immobiliserait ces même principes . LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. La solution retenue par le C. et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les principes constitutionnels posés. Elle conduit nécessairement à s’interroger sur l’étendue du contrôle du juge. cf. ce qui implique nécessairement de les limiter . SECTION 2. LE SUFFRAGE. il faudra nécessairement être conscients de ces typologies. Il n’y a de droit. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Ils sont un outil juridique comme les autres. * CHAPITRE 3. C. chaque fois qu’est introduit un nouveau droit fondamental. on s’aperçoit que le juge opère nécessairement une pondération différente entre les principes. l’anglo-saxon est plutôt fondé sur le principe cardinal de liberté. Constitutionnel en 1990. peu important quel soit le texte retenu. et le rôle du juge est de veiller à ce que la conciliation opérée entre des droits fondamentaux contradictoires ne soit pas naturellement déséquilibrée. et dans la plupart des cas. Si l’on considérait que l’ensemble des principes étaient indérogeables. avec ses technicités. pour tous les juges utilisant des droits et libertés fondamentaux. cf. Débat sur la liberté et la dignité. Il n’y a donc pas de hiérarchie postulée à l’avance. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL La dernière distinction est la typologie tenant à la valeur des droits et libertés fondamentales. à l’occasion des lois de nationalisation : se confrontant le droit de propriété de la DDHC. Constitutionnel en d’autres mots. est que. Il s’agit chaque fois d’un contrôle de proportionnalité. aux principes du Préambule de la C. en d’manifestement déséquilibre manifeste dans la conciliation entre deux exigences constitutionnelles. de 1946. ce dernier n’applique pas cette distinction. en vérifiant si l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles contradictoires n’est pas manifestement déséquilibrée. ils ont une valeur et une portée. n’établit pas elle-même de hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. rendant cette question difficile . ne se substitue pas au législateur. dans ce contrôle. et la limitation au nom de l’intérêt général. LE DROIT DE VOTE. SECTION 1. TITRE I. Constitutionnel. mais il y a dans le contrôle concret opéré par le C. est une question des plus importantes. Il y a deux mécanismes de limitation des droits fondamentaux : la conciliation entre plusieurs droits fondamentaux. Ils sont un outil juridique essentiel qui occupe une place importante. Constitutionnel une sorte de hiérarchisation implicite qui tient simplement au fait que le juge annulerait plus facilement tel ou tel principe plutôt qu’un autre.DROIT CONSTITUTIONNEL. Constitutionnel. Il n’est pas clairement posé de hiérarchie des droits et libertés fondamentales par le C. et qu’il est nécessaire de savoir manier. aucune hiérarchie. mais il existe de fait une certaine forme de hiérarchie dans le contrôle concret de la conciliation entre les droits et libertés. Ce problème a été posé clairement au C.

afin que la légitimité démocratique soit renforcée par l’intermédiaire d’une élection au suffrage universel. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. cád. cád que l’élu conserve sa liberté de vote et que son mandat est irrévocable. BERTRAND. Dans une démocratie. LE SUFFRAGE.DROIT CONSTITUTIONNEL. Si l’élection première et souveraine se trouve dans le principe démocratique. En 1958. LE DROIT DE VOTE. en toute liberté. » Par. Le principe démocratique et les élections. de la République . le mandat électif présente un certain nombre de caractères . L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. Chapitre 3. A. « Les promesses électorales ainsi. le Parlementaire fait. il va séduire les électeurs de sa circonscription. soit de désigner les titulaires. Ils ne sont ni des élus des circonscriptions. De Gaulle s’est servi du suffrage universel pour rééquilibrer les pouvoirs en faveur du P. le principe démocratique . M. ou le titulaire. du 3 juin 1958. Ils sont ainsi élus dans un cadre territorial afin qu’ils participent dans le cadre de la nation. le G. ce qui ne fait pas de lui le représentant de sa circonscription . à l’occasion de la révision de la C. 24 Audrey Plez . LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. §1. Un électeur avait poursuivi un candidat pour non-respect de ses engagements électoraux. pour se faire réélire. La volonté du peuple s’exprime par le vote. Une fois élu. ou ne fait pas de propositions. de deux manières : l’art. TITRE I. n’engagent que ceux qui les écoutent. B. ce qui explique que cette analyse soit tout-à-fait théorique : un Parlementaire a plus de chances de se faire réélire en assistant à des évènements publics dans sa circonscription plutôt qu’en prenant des initiatives législatives. qui sera celle de 1962. §1. La deuxième caractéristique est que le mandat n’est pas impératif. et pour cette révision. L’art. C’est donc un mécanisme de démocratie direct. le corps électoral est à la base du régime politique et c’est sur ce corps électoral que repose la légitimité des gouvernants. mais il participe à la représentation de l’ensemble de la nation. Dans l’art.. Il s’exprime dans la C. Nous verrons dans ce chapitre ce qu’est le suffrage -moyen par lequel le peuple exprime sa volonté. en ce qui concerne le Parlement. ni ne disposent d’un mandat impératif que les électeurs pourraient révoquer.. la circonscription électorale est simplement le cadre dans lequel il est élu. §2. et un mécanisme plus classique de démocratie représentée. Ce principe démocratique se traduit par le droit au suffrage. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. et parmi eux notamment. §2. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. se trouve le principe selon lequel la France est une République démocratique. précisant que la souveraineté nationale appartient au peuple. un certain nombre de principes étaient posés. SECTION 1. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. CHAPITRE 3. Cette loi est un texte qui encadrait les pouvoirs qui avaient été confiés au G. et ce vote permet soit d’approuver ou de désapprouver un texte. qu’il exerce par ses représentants et par la voie du référendum. il est évident que dans un système majoritaire. de la fonction gouvernementale et les membres du Parlement. 1 CF. 4 CF précise que les partis concourent à l’élection du suffrage. mais de manière plus générale il s’agit du droit de vote. Dans le système représentatif. notamment. SECTION 3. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. Ce principe conduit à considérer qu’un député est élu dans une circonscription. ce qui n’a pas donné de suites. il s’exprime aussi par d’autres voies et ce principe a été rappelé par la L. §3. Cependant. il était dit que seul le suffrage universel est la source du pouvoir. De Gaulle pour réviser la C. 3 CF.et la question du référendum. l’élu ne représente pas une circonscription -subdivision du territoire dans lequel il est élu-. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*.

et enfin. Les premières permettent à un individu d’être électeur. etc. La raison pour laquelle on a autorisé ce droit de vote est fondée d’abord sur une spécificité : la citoyenneté européenne . de passer un contrat. cád accordé à l’ensemble des personnes considérées comme capables. ou une commune dans laquelle il est inscrit au rôle des contributions directes depuis au moins 5 ans . un délégué du Préfet. du Tribunal de Grande Instance.. sinon dans la capacité civile. Aux élections présidentielles de 2002. etc. ils ne sont pas en état de choisir des représentants. ce qui a souvent donné lieu à une sanction annulant le suffrage des personnes ayant manifesté une préférence en faveur du candidat dans le bureau de vote. puisqu’elles étaient alors considérées sans capacité civile. des personnes ont manifesté explicitement à quelle personne ils allaient diriger leur vote -par le port de gants. sinon aussi un devoir de l’électeur -celui-ci ne pouvant chercher à influencer les autres électeurs. en ce qu’un électeur équivaut à une voix. précise que le vote est universel. et un délégué du P. L’inscription est un acte de nature administrative. que l’on inscrit le droit de vote dans le cadre des libertés dont l’autorité judiciaire est le gardien. Le contentieux de l’inscription sur les listes électorales appartient aux juridictions judiciaires . condition qui ne s’applique pas aux élections du Parlement Européen. et ensuite. égal et secret.  » Le droit de vote était universel. 25 Audrey Plez . c’est là d’ailleurs. Le caractère universel. cette dernière considérant que la condition de prisonnier conduit nécessairement à la perte de son droit au suffrage. Il y a donc un lien évident entre la capacité civile et électorale. M. L’électeur a le choix entre la commune de son domicile réel. pour y être inscrit il faut bien évidemment jouir de ses droits électoraux. et d’autre part pour les élections locales. cád. mais qu’il ait celle d’être électeur. La seconde condition tient à la capacité et est appréciée sous plusieurs aspects. Il s’agit d’une liste permanente révisée chaque année par une Commission qui comprend le Maire.. ou de suffrage est un droit pour lequel il faut distinguer des conditions de jouissance. Européenne des DH considérant que celui-ci fait néanmoins partie des droits fondamentaux. Européenne DH et la GB sur la question du droit de vote des prisonniers. ce qui est tout-à-fait critiquable.E. la C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Le droit de vote. la C. puisque l’on considère que si ces majeurs ne sont pas en état d’assurer ces fonctions de la vie civile. et la père de famille aurait voté en fonction de l’importance de sa famille. lorsqu’est prononcée à l’issue d’une décision pénale une déchéance du droit de vote qui peut-être temporaire ou définitive . ou municipales.est obligatoire . la première condition étant celle de la nationalité. la première tenant à l’âge .Par. lorsque les femmes n’avaient pas le droit de vote. Cette idée est liée à celle du discernement et de l’indépendance et c’est pourquoi sont exclus les majeurs sous tutelle. le droit de vote pouvant être accordé aux citoyens de l’U. une commune dans laquelle il paie des impôts locaux. signifie que chaque citoyen remplissant les conditions de jouissance et d’exercice peut participer aux consultations électorales. Par. cád que le caractère secret du vote n’est pas seulement un droit de l’électeur. Par. cád le droit de travailler. Le troisième type d’incapacité relève de la censure. laquelle est établie dans chaque commune . et des conditions d’exercice. « C’est une erreur de parler de suffrage masculin. Le principe démocratique et les élections. Concernant le caractère du suffrage. BERTRAND. Est-il ainsi un droit accordé par l’État ou intrinsèque à la condition de citoyen ? Il est nécessaire d’être inscrit sur liste électorale. puisque c’est la qualité de citoyen européen qui implique la participation à ces élections. le but étant simplement de vérifier l’existence d’un lien entre la commune d’inscription de l’électeur et ce dernier. sur la fonction liée essentiellement au lien qui existe entre la qualité de citoyen et le vote pour des organes qui participent à l’exercice de la souveraineté. Il existe un bras de fer entre la C. l’idée de la capacité est celle que l’on puisse être électeur lorsqu’on dispose du droit de participer à la vie civile. mais qui relève du contentieux du juge judiciaire puisqu’il concerne une liberté fondamentale. TITRE I. B. L’incohérence n’est pas dans le droit de vote.M. résidant en France. Le vote est secret. Le non-respect Chapitre 3. condition à l’exercice du droit de vote.. un individu ne peut plus participer au choix de ses représentants de par la faute qu’il a commise. Il fut une période où le vote était familial.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le suffrage est égal. le passage dans les eaux noires -cabine de vote. Il serait difficile de considérer que quelqu’un n’ait pas la capacité civile.

ou formation de l’opinion. interdits une semaine avant l’élection. sont envisagées des primaires. §2. M. Le problème s’est Chapitre 3. l’encaissement des fonds doit se réaliser par l’intermédiaire d’un expert financier. par accumulation de dispositions. ont rendu complètement aléatoires certaines de ces règles. les techniques de communication contemporaines cependant. que certaines dispositions soient prises pour assurer l’égalité entre les candidats avec des règles non-strictes d’égalité. et une série d’affaires ont empoisonné la vie politique aussi bien à droite qu’à gauche récemment. Un parti qui défendrait une République Fédérale serait ainsi un parti contre la souveraineté. Il y a également une règlementation des sondages électoraux. que les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. ce qui implique. Le candidat socialiste a été sélectionné à la suite de primaires. etc. Elle traduit l’idée d’interdire un parti qui veuille détruire les institutions. pour orienter les suffrages. Récemment s’est ajoutée. pour financements indirects. Le vote n’est pas obligatoire. sous l’égide d’une Haute Autorité des Primaires. l’objet d’un nombre de scandales considérable. une série de lois ont décidé de mettre de l’ordre dans ces affaires. les organes nationaux ne pouvant procéder directement à la publication du sondage. et à droite et au centre. Le principe démocratique et les élections. Le secret ne s’applique qu’au moment du vote. par exemple. tel que le temps d’audience à la télévision ou sur les radios. le principal étant de concourir à l’élection au suffrage. et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. puisqu’ils exercent librement. d’autant plus lorsque ceux-ci constituent une majorité. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. Mais un intérêt beaucoup plus grand de la justice s’est manifesté à notre époque. en tant que maire de Paris. il est protégé . Ils se forment et exercent leurs activités librement.DROIT CONSTITUTIONNEL. et le jeu du débat politique passe nécessairement par les partis politiques. Le cursus d’un certain nombre d’hommes politiques constitue le même parcours : Sciences-Po. lesquels doivent désormais publier leurs comptes. Elles sont aujourd’hui confrontées à des évolutions auxquelles elles peuvent difficilement résister. s’est posée la question des primaires. les lois vont. laquelle entrerait incontestablement en conflit avec le principe selon lequel les partis se forment et exercent librement leurs activités. cette sélection étant organisée par le parti et rassemblant les électeurs de ce parti. Certains se sont interrogés sur le problème de savoir s’il fallait procéder à une loi sur les primaires. les dons des personnes morales sont interdits. Par. en assurant la transparence du financement des partis politiques. la suggestion de publication des patrimoines des élus . Attaché Parlementaire. il a toujours été fait. Chirac a été condamné notamment. jusque dans les années 1990. Ministres . qu’ils soient traditionnels. dont l’annulation du suffrage exprimé. BERTRAND. La C. de 1958 fait référence aux partis politiques. Elle précise ainsi. réguler le financement des partis politiques . Après un certain nombre de scandales. Au-delà de cette reconnaissance de l’expression du suffrage. certaines personnes n’ayant donc jamais évolué dans un domaine autre que la représentation politique. 26 Audrey Plez . puisqu’ils pouvaient alors être publiés depuis l’étranger. Il s’agit cependant d’une disposition extrêmement vague. ce qui pose un réel problème de représentation politique. un parti politique a aussi pour objet la conquête de l’exercice politique du pouvoir et la formation du personnel politique. Pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle française. ce qui a perdu son sens avec l’émergence d’internet. leur reconnaît plusieurs rôles. considérées comme un moyen pour les partis politiques de sélectionner leurs candidats. De 1988 à 2008. et relativement inopérante. et enfin. Par. Il perdure une règle théorique d’interdiction de sondages la veille de l’élection . la C. Ils sont là. par une loi de 2014. en effet. on peut ainsi manifester ses intentions avec antériorité. L’autre problème a longtemps été le financement des partis politiques . La vie politique a été sous la IIIe République. mais la liste de ces rôles ne doit pas être considérée comme limitative. Cette règle cependant ne s’exerce qu’au moment du vote. ce qui a cependant posé le problème du conflit entre vie privée et transparence. de manière occulte et irrégulière. Depuis les dernières élections présidentielles. et qui risquait également de confondre dans l’opinion publique les Parlementaires riches avec les Parlementaires corrompus. TITRE I. Parlementaire. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL du secret peut donc entrainer des sanctions. J. ainsi. ou nouveaux. mais des règles d’équilibre.

en 1962. C’est une formule qui vise à concilier à la fois la libre administration des collectivités territoriales et le principe de souveraineté de l’État. Chapitre 3. mais beaucoup plus large. celui-ci lui échappant de justesse. où le Ch. qui traduit une position de rejet de la vie politique. le G. placé au dessus des partis. est que le P. de la R. l’idée selon laquelle le pluralisme passe par le pluralisme des partis politiques. » Elle voulait instaurer ainsi d’une part.-. ensemble. on souhaite extraire le Ch. et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation. de Gaulle est à la fois conjoncturelle. C’est cette idée que reprendra le G. plus forte. Cette présentation n’aura aucun effet immédiat. et qui constituent ainsi. §1. soit municipales. dans un aspect conjoncturel : d’abord les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie. d’É. qui font disparaitre le risque donnant un caractère minoritaire au vote républicain . une certaine équité. lorsqu’un certain nombre d’élus ont fait travailler des employés communaux. L’idée du G. était élu par la communauté. Cette formule veut marquer la rupture avec la IIIe République. ils risquaient d’être en position de faiblesse par rapport au Parlement. départementales et régionales. de Gaulle utilise finalement le référendum de l’art. 11 Cf afin de proposer l’élection du P. et des membres du Parlement indépendamment de cette question. de Gaulle par un attentat. d’É. 72 CF prévoit que ces collectivités s’administrent librement par des Conseils élus dans les conditions prévues par la loi. puis. la communauté Franco-Malgache-. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. ainsi qu’elle vise le long terme . il existe une différence entre l’enrichissement du parti et l’enrichissement personnel. au suffrage universel direct se rattachait au régime présidentiel et que le régime de la Ve République était un régime parlementaire. 4 CF. Deux arguments. Concernant les élections locales. La logique des institutions est présentée par le G.La seconde raison. une formule selon laquelle : «  La loi garantit les expressions pluralistes des opinions. ce qui a été un réel problème. Une caractéristique importante du rejet de la vie politique. d’É. de R. non pas pour le parti mais pour eux-même. était élu par le Parlement . et d’autre part. celle d’un Collège électoral qui englobe le Parlement et qui soit même plus large. et celle-ci était le lien établi entre la France et ses anciennes colonies -notamment. On traitera donc de l’élection du P. -Il s’agit là d’un argument non imparable. et du fait de la démographie. le P. que doit procéder le pouvoir exécutif.  Ainsi. Deux éléments vont accélérer sa mise en oeuvre. Le principe démocratique et les élections. n’avaient pas retenu l’idée d’une élection au suffrage universel direct. il affirme que c’est du Chef de l’État -à continuation. l'apparition de l’OS (Organisation Secrète pour l’Indépendance de l’Algérie) visant le G. TITRE I. et que ce mode d’élection n’ait pas été prévu dans la révision de 1962. L’argument officiel est celui que les rédacteurs de la C. Il souhaitait donc la même onction du peuple pour le Ch. est le vote pour un parti considéré extrémiste. En 1962. Celui- ci est conçu comme un moyen extrêmement puissant de remise en cause du pouvoir parlementaire. de la R. 27 Audrey Plez . de Gaulle post-guerre.DROIT CONSTITUTIONNEL. lequel va exposer l’idée qu’il se fait des institutions. il va d’ailleurs obtenir un résultat tout-à-fait positif. et la véritable rupture aura finalement lieu en 1962. sera élu au suffrage universel direct. en 1946. que pour le corps parlementaire. au suffrage universel direct . de l’autorité du Parlement afin qu’il ait une autorité propre. Il en profitera très rapidement. de R. et l’Algérie en tant que département français . l’art. et ses successeurs n’ayant pas la même légitimité. BERTRAND. Cependant. La réforme constitutionnelle de 2008 a ajouté à l’art.. auxquels s’ajoutent les votes blancs et l’abstention. mais on la retrouvera dans la constitution des institutions de la Ve République. M. d’É. puisque c’est le laboratoire où vont se jouer tous les mécanismes de la révision de 1975. élu par un Collège électoral qui englobe le Parlement. Ch. expliquent l’attente de 1962. car l’élection du P. une très large majorité. de Gaulle. la population non métropolitaine aurait joué un rôle conséquent dans l’élection. SECTION 2. officiel et officieux. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL posé dans certains cas. il considérait qu’il disposait d’une légitimité historique. Par. lorsqu’à la suite d’une révision constitutionnelle. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE.

Une loi constitutionnelle de 1976 a prévu la conduite à tenir en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat au cours de la campagne électorale. dans une certaine mesure. Le G. pour le deuxième tour. 11 CF puisque les Assemblées sont hostiles à l’élection du P. ou des deux candidats. et ainsi entrainer l’échec du succès de l’un deux. et aucun parti n’a l’obligation d’organiser des primaires. L’absence de primaire avec antériorité s’explique par la dualité de candidats . Le gouvernement est renversé -il démissionne alors qu’est votée la motion de censure-. qu’elle va réformer en profondeur. En principe. Le débat sur la constitutionnalité de l’art. C’est la réforme la plus importante de la Ve République. de Gaulle demande à rester en place afin de régler les affaires en cours. le P. il pourrait y avoir des recours auprès du juge judiciaire pour non respect de ces règles. Le principe démocratique et les élections. en présence de deux candidats républicains. le peuple approuve le suffrage universel par 60% des suffrages exprimés. Constitutionnel de valider la procédure irrégulière de révision de la C. Le 9 octobre 1962. La campagne officielle démarre 20 jours avant le premier tour et le Comité de Contrôle Audiovisuel est chargé de veiller à son bon déroulement. et 30 jours au plus. adopte une motion de censure qui a pour objet de renverser le Gouvernement . habilitée à juger de la régularité des primaires. Au premier tour. Constitutionnel afin de lui demander de régulariser la procédure de révision constitutionnelle. puisque les candidats peuvent établir des fichiers de ceux qui participent à cette élection. de R. l’âge minimum de 23 ans et le fait de ne pas être touché par une cause d’inéligibilité.. Cette loi constitutionnelle est promulguée et le G. de Gaulle va lier son sort au référendum.DROIT CONSTITUTIONNEL. en application de l’art. de R. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL En 1962. lesquels doivent relever d’au moins 30 départements et territoires d’outre-mer et par plus de 10% d’un même département. et chargée de garantir leur bon fonctionnement. mais il est évident qu’à partir du moment où il existe des règles internes. 11 CF pour réformer la Constitution. À continuation. au secret du vote. TITRE I. En cas de vacance de la P. avant la fin du mandat du P. à ce jour.N. Il utilisera l’art. Aujourd’hui. par définition. de Gaulle adresse un message aux Ch. que la loi étant le résultat de l’expression souveraine du peuple. Le C. . de R. 11 CF. En tant qu’autorité Chapitre 3. et pour de nombreux Parlementaires se manifeste la peur de l’Élysée. il y aurait de fortes chances que le Parti adverse se retrouve au deuxième tour. l’un des deux candidats était sûr de se retrouver au pouvoir. Les primaires relèvent de la liberté des partis politiques . aucun candidat n’a obtenu ce résultat. tout candidat peut se présenter indépendamment des primaires.. nous reviendrons sur le problème du quinquennat. Les conditions pour être candidat sont la détention de la nationalité française. pour les avertir de son intention de réviser la C. Seuls peuvent se présenter 15 jours après le premier tour. ou socialistes au premier tour. actuel. saisit le C. Il n’y a pas de contrôle public. l’élection a lieu 20 jours au moins. de Gaulle est réélu par la suite pour un second mandat. à l’origine du référendum sous l’impulsion de De Gaulle. de R. l’élection se déroule 20 jours au moins. Le C. La loi organique de 1976 prévoit que chaque candidat doit être présenté par 500 élus. les candidats ayant obtenu au moins un certain pourcentage des suffrages exprimés. Le 4 octobre 1962. Ces primaires redonnent en fait aux électeurs un certain poids prépondérant par rapport au Parti politique.. Elles ne sont pas réservées aux adhérents des Partis politiques mais sont ouvertes à toutes les personnes se reconnaissant dans les valeurs de tel ou tel mouvement politique. le 28 octobre 1962. 28 Audrey Plez .. au suffrage universel.N. il ne lui appartient pas de se prononcer. annonçant qu’il démissionnera en cas de réponse négative au référendum fixé au 28 octobre suivant. Le concours de deux candidats du même parti peut en effet mener à la division des voix. après que se soit observée la vacance. est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés . M. conscientes que celui-ci va les affaiblir. Le 5 octobre. En ce qu’il n’existe pas de contrôle public. Le P.Il demande donc au C. et 30 jours au plus. l’A. les candidats socialistes et républicains ont créé une Haute Autorité des Primaires. le G. de la R. le G. cette motion de censure vise fictivement le Gouvernement. BERTRAND. bien qu’il s’agisse d’une atteinte indirecte. Constitutionnel apprécie la régularité des candidatures. dissout l’A. Constitutionnel répond prudemment mais de manière parfaitement justifiée. Elles portent atteinte. -Cf. (Assemblée Nationale) qui ne peut contester directement les décisions du P.

Constitutionnel reçoit les candidatures.. surveille les opérations électorales et procède au recensement des votes. Pour se présenter. peuvent se présenter au second tour tous les candidats ayant obtenu au moins 12% des votes du nombre des électeurs inscrits. il proclame les résultats.Le vote est obligatoire. par un Collège électoral comprenant les députés. et certains fonctionnaires ne peuvent se présenter aux élections dans les circonscriptions dans lesquelles ils ont exercé un certain moment -pour éviter qu’ils profitent de l’influence qu’ils auraient pu établir sous ces fonctions. Ce qui est tout à fait en accord avec la C.DROIT CONSTITUTIONNEL. Les députés sont élus au suffrage universel direct. pour être élu au premier tour. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. ce qui lui donne une assez grande stabilité politique. M.. Les Sénateurs sont élus dans le cadre départemental au suffrage universel indirect. Il y a un scrutin majoritaire. scrutin majoritaire uninominal -le contraire du scrutin proportionnel de liste. -Il y a aussi des représentants des français étrangers. et il existe de ce fait une surreprésentation des communes rurales. Chaque candidat se présente avec un suppléant destiné à la remplacer en cas de décès ou en cas d’une fonction incompatible. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. LA QUESTION DE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. c’est celle qu’on appelle arrondissement. Le C. Le C. C’est lui qui surveille en dernier lieu les comptes de campagne. Constitutionnel statue sur la régularité des opérations électorales. Au second tour. il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. puisque la plupart des grands électeurs sont issus des petites communes. dans les départements où il y a moins de 3 Sénateurs. et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. §2. évitant les différences trop importantes entre les circonscriptions électorales. les conseillers régionaux. BERTRAND. Une semaine après le premier tour. A. le vote correspondant à un candidat. puisque le Sénat doit représenter les collectivités territoriales. veille à leur régularité. Constitutionnel qui statue en première instance sur l’éligibilité. Si aucun candidat n’a franchi cette part. nouvellement élu. est élu le candidat ayant reçu le plus grand nombre de voix. et la carte électorale est ainsi révisée tous les douze ans. §1.
 Chapitre 3. et les délégués des Conseils Municipaux proportionnellement à l’importance des communes. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF.La circonscription électorale est une subdivision du département. Constitutionnel est également juge électoral . LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. §3. La durée du mandat est de 5 ans . avec l’exigence d’un certain plafond. §2. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL constitutionnelle. les deux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix peuvent se régenter au second tour. Il a ainsi du rembourser à l’État. B. 29 Audrey Plez . TITRE I. Sarkozy pour avoir dépensé le plafond des dépenses de campagnes. il examine les recours contre les candidats ou contre les opérations de vote. et en plus obtenir un nombre de suffrages au moins égal au quart du nombre des électeurs inscrits. il faut avoir 18 ans. TITRE II. La durée du mandat est de 6 ans. partie des sommes qui lui avaient été reversées par l’État au titre des dépenses de campagnes. SECTION 3. Le principe démocratique et les élections. et l’un des grands moyens de manipulation des élections est le découpage des circonscriptions électorales. C’est d’ailleurs celui-ci qui a sanctionné N. le C.Les candidats doivent verser une caution et c’est le C. C’est pourquoi le C. Constitutionnel a estimé que ce découpage devait se faire selon des bases essentiellement démocratiques.. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. et un scrutin proportionnel dans les départements où il y a plus de 3 Sénateurs. les conseillers départementaux. et détermine la date d’entrée en fonction du P.

En ce qui concerne le pouvoir exécutif. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. une organisation qui a évolué au fil du temps. dispose d’un pouvoir d’exécutant. Chapitre 1.. ainsi le pouvoir du juge n’en fait pas partie. 3. le Ch. […] Il est tout à fait anachronique d’affirmer que la personne qui décide aujourd’hui. SECTION 1. et les pouvoirs constitués. La question de responsabilité du Gouvernement devant le Parlement devient également une question assez théorique. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. §1. §2. L’ORGANISATION DES POUVOIRS TITRE II L’ORGANISATION DES POUVOIRS Cette organisation est fondée sur la séparation des pouvoirs. 30 Audrey Plez . on peut se référer à un pouvoir dit gouvernemental. ou gouvernemental et parlementaire. §2. désormais en déclin. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). et d’autre part. très loin de la conception de séparation de MONTESQUIEU dans laquelle le pouvoir du juge est un pouvoir nul. Une autre forme de séparation des pouvoirs est la distinction entre le pouvoir constituant -pouvoir souverain appartenant au peuple. et de moins en moins un pouvoir d’émission de textes législatifs. M. 2. un mode de gouvernement libéral . mis en place par la C. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. tandis que le 1er M. B. à ne pas confondre avec la démocratie. Pour ce qui est de la terminologie. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. on perçoit en effet que le pouvoir législatif a de plus en plus un rôle de contrôle du pouvoir gouvernemental. dans une démocratie-. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. puisque dans la plupart des systèmes européens. §3. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. et le pouvoir du juge. En France. aussi bien qu’entre les mains du seul Gouvernement. SECTION 2. §1. Il s’agit là d’une question qui sera sommairement traitée plus tard. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. et se manifestent divers conflits entre le pouvoir politique. On peut imaginer une concentration du pouvoir entre les mains du Gouvernement ou Ch. CHAPITRE 1. de R. dispose d’un pouvoir exécutif. La véritable séparation semble ainsi être aujourd’hui celle qui distingue le pouvoir politique de celui des juges . La séparation des pouvoirs est en fait. La séparation des pouvoirs est traditionnellement envisagée en tant que séparation des pouvoirs exécutif et législatif. C’est d’une part une terminologie qui a vieilli. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. d’É. LES ORIGINES HISTORIQUES. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. en expansion. 4. On est en effet. A. 1. TITRE II. La séparation fondamentale n’est plus entre le pouvoir exécutif et législatif. le P. A. Le pouvoir démocratique s’exprime par des autorités politiques. que l’on peut retrouver sans séparation des pouvoirs. celle qui concentre le pouvoir gouvernemental. se produisant peu de renversements du Gouvernement par le Parlement. A. Théories et applications du principe de séparation. B. BERTRAND.DROIT CONSTITUTIONNEL. alors que la séparation des pouvoirs recouvre des aspects qui ne sont pas démocratiques. est issu en général de la même majorité. d’É. concentre la plus grande partie du pouvoir gouvernemental.

Elles ont ainsi eu des conséquences très différentes : en France un affaiblissement du pouvoir de la noblesse.G. qui vise à éviter le discrétionnisme et à protéger les libertés. sont divisés en trois parts représentant une égale puissance. Le pouvoir royal est enfermé dans un ensemble de règles très contraignantes. d’où un affrontement avec le Parlement. sont convoqués par le Roi. La séparation des pouvoirs est tout simplement une technique constitutionnelle. l’une ascendante : le pouvoir du Parlement. qui donne lieu à deux Révolutions. à la suite de cette dernière. même si elles ne sont pas écrites. le clergé d’autre. parce qu’il est partagé entre deux forces. C’est dans le consentement à la Cour. Très rapidement. son pouvoir est affaibli à l’apogée de l’acte d’établissement. et c’est la même logique qui prévaut. cád que ces É. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). que va naître le pouvoir du Parlement. elle est née non pas d’une théorie. 31 Audrey Plez . C. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. et il y aura toute une succession d’actes qui marqueront une certaine forme de soumission du Roi au Parlement. et commencer à rédiger des projets de loi. tiers-état etc. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. la noblesse d’une part. elle est le fruit de l’évolution de la société. et enfin en 1709. et ainsi le pouvoir est limité. À partir du moment où le Roi se met à tirer sa légitimité d’un accord passé avec le Parlement. notamment européens. et en faveur du précédent. il est évident qu’il est affaibli par le pouvoir de ce même Parlement. beaucoup plus que démocratique. Leurs conséquences s’observent aujourd’hui. la situation est tout-à-fait différente. mais d’une expérience . BERTRAND. (Royaume-Uni). En 1351. en GB. Si l’on prend en parallèle la situation française. et l’autre déclinante : le pouvoir du Roi. ce qui correspond à peu près au Parlement sont les États Généraux. […] Ceci va conduire à ce que les traces du système féodal.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le systèmes féodal est très différent en GB et en France . puis en France au XVIIIe. Ce mécanisme. LES ORIGINES HISTORIQUES. ce que l’on appelle la règle du précédent -mécanisme qui a fonctionné d’une certaine manière et continue de s’imposer-. §1. Elle a ensuite été théorisée en GB. et un pouvoir monarchique ou royal qui s’est étendu plus rapidement. Théories et applications du principe de séparation. à l’inverse de la GB.G. a d‘intéressant que dans ses origines. D. L’ORGANISATION DES POUVOIRS B. s’installe petit à petit dans la vie politique du R. C’est pourquoi elle est une théorie libérale. La première différence est que ces É. celles-ci étant toujours présentes. et ne se confond pas avec la démocratie. et la Chambre de la noblesse et du clergé vont se rassembler. se poursuivent beaucoup plus longtemps en GB qu’en France. La séparation est une technique d’organisation des pouvoirs. la Chambre des communes. en France.U. représentante de la bourgeoisie. La réaction monarchique en devient plus absolue. va conduire à ce que le mécanisme que l’on appelle aujourd’hui le système parlementaire. Cette alliance de la bourgeoisie. La séparation des pouvoirs. qui va s’opérer au détriment de ce dernier. s’engage à ne pas lever les impôts sans le consentement du Parlement. CHAPITRE 1. Il est important de comprendre les différences historiques qui existent entre les pays. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). et enfin le tiers-état -ou représentant de ce que l’on appelait alors la Chapitre 1. en GB la noblesse et la bourgeoisie se sont alliées pour diminuer les prérogatives du roi. se fait avec le Roi pour limiter le pouvoir de la noblesse. SECTION 1. cette histoire de lutte entre le Parlement et le Roi. TITRE II. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. M. fondé sur le pouvoir de la noblesse. Le Roi renonce à légiférer par ordonnance. le Roi le devient à la suite du Pacte qu’il passe avec le Parlement. en 1640 et 1688 . il y aura une participation d’Assemblée qui exercera un pouvoir aux côté du Roi.

ne sont convoqués que très exceptionnellement. trois pouvoirs : législatif. exécutif. et c’est l’idée selon laquelle les hommes abandonnent une partie de leurs libertés dans un contrat qu’ils passent avec le Roi. une différence fondamentale entre ces deux systèmes monarchiques. celui de conduire les relations internationales.est qu’il va être le premier théoricien moderne de la séparation des pouvoirs.Il y a donc déjà une structure plus efficace en GB. le but de cette réunion des É. ils sont donc des juridictions. Une fois établis ces éléments. C’est le premier niveau de la théorie de LOCKE. LOCKE va théoriser cette pratique dans un ouvrage paru en 1690.G. de plus. Son idée est d’instaurer en France un système qui ressemble au système britannique. d’appel . qui du point de vue de M. §2. celui de les appliquer . Son deuxièmes apport. par Louis XVI qui initiera la Révolution. L’ORGANISATION DES POUVOIRS bourgeoisie. alors qu’en GB. et enfin le pouvoir fédératif. au coeur du système parlementaire. le peuple peut se refuser à lui obéir. Cette conception contractuelle des pouvoirs.G. Pour éviter ce désordre. que l’on retrouvera les mécanismes de collaboration entre les deux pouvoirs.G. qui se doit. alors que le pouvoir royal est celui qui l’applique. LOCKE va reprendre. qui a été développée dans le Leviathan par HOBBES. ou pouvoir du juge. d’abord en GB avec J. 32 Audrey Plez .. il va considérer qu’il faut établir une hiérarchie entre ces deux pouvoirs. et le pouvoir de juger les désaccords. C’est une théorie qui a une finalité politique très claire.DROIT CONSTITUTIONNEL. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. On a jusqu’au XVIIe. Cette théorisation a une finalité politique. en contrepartie. ou juridictionnel. législatif et exécutif. et améliorer considérablement le principe. et 1789. de justice. C’est d’ailleurs dans l’absence de séparation absolue. -et c’est celui qui nous intéresse plus directement. C’est l’expérience britannique qui va faire l’objet d’une théorisation. dont le droit de propriété. qui s’intitule Essai sur le gouvernement civil. LOCKE. il s’agit de légitimer la Révolution qui vient de se produire. Plus précisément encore. Elle sera reprise ensuite par ROUSSEAU. Les É. celui-ci étant une C. fondées sur leur objet : le pouvoir de faire les lois. Il va partir de deux observations. qui a elle même pour objet d’agir sur la pratique. sans même se référer à ce principe en ces termes. pour introduire la notion de pouvoir judiciaire -à l’époque-. M. Il fait une distinction entre trois fonctions. le pouvoir législatif étant le pouvoir suprême. C’est une réunion des É. Selon LOCKE il existe au sein de l’État. MONTESQUIEU va systématiser la séparation des pouvoirs. il va considérer que ces fonctions doivent être séparées afin d’assurer la liberté. qu’en France. qui est celui de faire les lois . Théories et applications du principe de séparation. J. mais à partir de l’analyse britannique. LOCKE n’est pas un théoricien désintéressé. la théorie contractuelle des pouvoirs. BERTRAND. puis en France avec MONTESQUIEU qui va perfectionner le système de séparation des pouvoirs. C’est celui en effet. ils vont se réunir de moins en moins régulièrement au cours des siècles suivants. au-delà de la question des impôts étant de renforcer l’autorité du Roi par rapport au peuple . allant plus loin. à tel point qu’aucune réunion n’aura lieu entre 1614. et les parlementaires des juges. est évidemment incompatible avec une conception absolue des pouvoirs . pour ce faire. si le Roi viole ces droits. dans l’actualité. son objectif étant d’éviter le retour à un pouvoir royal absolu. pour éviter le désordre si les deux pouvoirs vont dans des sens différents. ces Assemblées deviennent peu à peu une structure permanente. telle que les actuelles C. Il est à l’époque membre d’un Parlement. TITRE II. Par. BERTRAND sont Chapitre 1. qui édicte la norme. D’abord convoqués en 1302. J. et de défendre ce que l’on a pu appeler une monarchie contractuelle. LOCKE estime qu’il ne doit pas y avoir une séparation absolue des pouvoirs exécutifs et législatifs. le pouvoir de les exécuter. J. LOCKE est ainsi le premier grand acteur dans la théorie de la séparation des pouvoirs. et qu’il va appliquer plus concrètement au système constitutionnel. Le schéma est le suivant : une pratique conduit à une théorie. d’ailleurs essentiellement dans une volonté de renforcer le pouvoir royal. ce qui rend légitime les Révolutions est que. La différence avec LOCKE est d’abord que MONTESQUIEU va supprimer la notion de pouvoir fédératif.. celle d’adapter le système de séparation des pouvoirs en France au système britannique. de respecter un certain nombre de libertés naturelles.

et la GB. BERTRAND. selon le plus ou moins grand degré d’indépendance des organes chargés des fonctions législatives et exécutives. par ailleurs. tend à devenir un élément fondamental du droit contemporain. SECTION 2. C’est là encore. de classer les régimes politiques. dans l’analyse de MONTESQUIEU . On a pris l’habitude. et c’est la raison pour laquelle il considère que celui-ci devrait être détenu par des Jurys. Théories et applications du principe de séparation. Ces deux observations. EDH. si personne ne l’arrête . que pour que l’on ne puisse abuser du pouvoir. Ce dont on discute aujourd’hui. Il indique tout d’abord que la puissance de juger est la puissance la plus ténue. TITRE II. en inventant le régime présidentiel. le système politique des États Unis. puisqu’il s’agit d’un régime déjà pratique. établi en application d’une théorie. EE. cád celle de décider ou d’agir positivement . Par. et un pouvoir politique fort mais non pas sans limites également. il faut. comme c’est le cas en GB. Il s’agit. d’une séparation totale. qui en 1787 ont construit un système de séparation stricte des pouvoirs. et que seul le pouvoir peut limiter le pouvoir. Il ne s’agit pas nécessairement. régime de collaboration entre les pouvoirs. celle de la séparation stricte des pouvoirs . et par les constituants de la C. des pays anglo-saxon. qui forment le pouvoir politique. de trouver un équilibre entre l’efficacité et la protection des libertés. et qui semble vrai pour la plupart des juridictions. C’est le cas par exemple de la C. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. sont que tout homme -fut-il juge. Elle a sa place dans ce système de balance et d’équilibre. que le pouvoir arrête le pouvoir. et l’ensemble des pays qui ont pris pour modèle le système européen ou américain. et des deux autres pouvoir de l’autre. Les manifestations de la méfiance de celui-ci vis-à-vis du pouvoir judiciaire sont nombreux. la séparation du pouvoir juridictionnel d’une part. L’ORGANISATION DES POUVOIRS universelles et éternelles : la première étant que tout homme ayant du pouvoir est porté à en abuser . cád d’agir négativement. L’un des apports de MONTESQUIEU est d’avoir intégré la fonction judiciaire dans la séparation des pouvoirs. ces différences tendent à s’atténuer.UU. mais cette séparation peut s’effectuer dans un système monarchique aussi bien que démocratique. mais surtout pas sans limites. un régime souple de séparation des pouvoirs. Un même organe ne doit pas être totalement maître de deux fonctions. MONTESQUIEU cherche ainsi à empêcher l’omnipotence. qui ont voulu séparer de manière rigoureuse les pouvoirs et fonctions étatiques. l’ensemble des régimes européens. Les États-Unis -à continuation. MONTESQUIEU se méfie beaucoup de ce pouvoir judiciaire. en freinant un autre organe. on en est loin en effet. qui a mis en place. Son but est d’empêcher le pouvoir omnipotent.-. notamment par les constituants américains. M. Deux pays sont particulièrement intéressants au regard de l’interprétation qu’ils ont donné de la théorie de séparation des pouvoirs. 33 Audrey Plez . Le pouvoir du juge est un pouvoir dangereux. au sein de ce que l’on a appelé un régime parlementaire. et ces organes doivent avoir deux facultés qui se combinent : la faculté de statuer. et qui ont donné naissance à deux types de séparation des pouvoirs. nous écarte beaucoup de ce point de vue des théories de la séparation. Si l’on fait abstraction de cette conception du pouvoir judiciaire. par la disposition des choses. Ce qui bien sûr. Aujourd’hui. désormais. en effet. la théorie de la séparation des pouvoirs a inspiré sous une forme ou sous une autre. En revanche. de 1791. Ceci est une lecture assez superficielle de la théorie de MONTESQUIEU. à condition qu’il ne les exerce pas seul. mais non pas inventé. MONTESQUIEU semble cependant avoir été mal compris. qui pourrait très largement être approfondie. un même organe peut exercer plusieurs fonctions. est la formule selon laquelle les juges sont « la bouche qui prononce la parole de la loi » .détenteur de pouvoir est amené à en abuser. et s’en méfie d’autant plus qu’il est lui-même magistrat. Les juges aujourd’hui se revendiquent un pouvoir créateur et dépassent le simple pouvoir d’interprétation pour se reconnaître parfois jusqu’à un pouvoir contra legem. il ne s’agit pas d’une théorisation abstraite. et en second lieu. un mécanisme que l’on retrouve dans presque tous les systèmes constitutionnels.DROIT CONSTITUTIONNEL. Chapitre 1. et la faculté d’empêcher. il faut un pouvoir juridictionnel fort. par l’instauration de poids et contre-poids .

(ici.UU. Ce qui veut dire que le pouvoir exécutif est confié tout entier à une seule et même personne. de R. UU. Il y est né par la C. Aux EE. ce sont simplement ses collaborateurs.Il est donc un élément issu du caractère fédéral. soit pour le candidat démocrate. sinon Secrétaires d’État.DROIT CONSTITUTIONNEL. les primaires socialistes. de R. Pour une raison simple.UU. compétente chaque fois qu’est en jeu l’application du droit fédéral et qui remplit un rôle d’uniformisation du droit aux EE. cád. il y a un P. Ils sont nommés à vie. puisque tout le pouvoir exécutif revient au P. de R. ce Parlement est un organe puissant. soit pour le candidat républicain. le Congrès est formé par la Ch. a plus de pouvoir que celui des EE. Le Ch. (Vice-Président) élu en même temps que lui. ce qui marque la volonté de montrer leur dépendance du P. qui sont organisées dans les États fédérés. aussi bien que de 1er M. le choix des délégués et des candidats dépend de la législation de chacun des États.UU.. il y a un P. On ne les appelle pas Ministres. » Chapitre 1.UU. cád. d’É. sont d’une extraordinaire simplicité. l’une des Ch.UU. représente le peuple. À côté. et une autonomie politique du Gouvernement. La seconde caractéristique. avec des élections primaires. de R. de R. limité par un Parlement puissant. 34 Audrey Plez ..UU. Le P. des EE. Le troisième élément est qu’il existe un pouvoir judiciaire véritable. Dans un système fédéral. pour citer un exemple. où il s’est développé. selon la formule «  les juges à la Cour suprême ne démissionnent jamais et meurent rarement. et enfin. ou conventions. à l’existence d’un régime ou d’un système présidentiel. BERTRAND. N’importe quel électeur s’estimant de gauche pourra voter afin de choisir son candidat de gauche. Un régime présidentiel n’est pas un régime dans lequel le Président est tout puissant. et qui apparait comme un réel contre-pouvoir au P. est que le Parlement est bicaméral. par nature. exerce les fonctions de P. tandis que l’autre représente les États -ici. ou du centre. le Parlement a plus de pouvoir qu’en France. sinon qu’il tient simplement à la nature fédérale des EE. mais a connu très peu d’application en dehors ce celui-ci. Aux EE. et en dehors de l’Amérique latine pendant une certaine période. d’É. Président) puissant.UU. Il est entouré de collaborateurs. A. américains. des représentants et le Sénat. TITRE II. Ce pouvoir judiciaire se caractérise par l’unité du système juridictionnel fédéral. Théories et applications du principe de séparation. Les 9 juges sont nommés par le P. M. est assisté d’un Vice-P. ou le centre.UU. et les pouvoirs n’ont en principe aucun moyen d’action réciproque. de même que pour la droite. Ainsi aux EE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. alors qu’en France le P. qu’il nomme et révoque comme il l’entend. Dans le régime présidentiel. il y a un gouvernement distinct du Ch. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §1. de R. et confirmés par le Sénat. est un régime de type plutôt parlementaire. tandis que la caractéristique précédente était en effet liée au caractère présidentiel du régime. -tandis qu’en France. les électeurs élisent les grands électeurs qui s’engagent à voter lors du scrutin définitif. des EE. Puis les conventions des Partis choisissent leurs candidats. à une seule tête. Dans les systèmes parlementaires. Il est élu au terme d’un long parcours. chacun des pouvoirs a une fonction spécifique.Aux EE... limité par un Parlement faible. pour élire des délégués et pour choisir le candidat de chacun des deux grands partis.UU. La France. à la tête duquel il y a une Cour suprême qui est à la fois juge constitutionnel et judiciaire. de 1787. de la droite. puissant.UU. selon un système très complexe et qui varie selon les États.. Aux EE. dans un régime présidentiel. On pourrait presque affirmer que le régime présidentiel est un régime qui a rarement fonctionné correctement en-dehors des EE. L’exécutif est monocéphale. Ce bicaméralisme n’est pas lié. en tant que régime qui applique strictement la séparation des pouvoirs. Le régime présidentiel est né aux EE. chacun des pouvoirs trouvant de manière séparée sa légitimité dans le peuple. formé de deux chambres.UU. qui est totalement maître du pouvoir législatif.

les Traités devant être ratifiés par le Sénat. de refuser ce que l’autre propose. trouver un consensus. M.UU. au Parlement ou au Congrès de mettre en cause la responsabilité pénale du P. puisqu'il n’y a pas de gouvernement. Les veto sont utilisés relativement régulièrement par le P. ou le P. C’est d’ailleurs probablement pour cela que le système présidentiel a eu du mal à fonctionner ailleurs qu’aux EE. Il n’y a pas de possibilité pour le P. Les moyens d’actions de P. ensuite. à la recherche d’un compromis politique. cependant. lorsqu’il y a eu. 35 Audrey Plez . Il intervient également dans les nominations qu’il approuve. elle n’est pas pour autant une séparation absolue. -condition relativement difficile à accomplir. ce qui constitue probablement la raison pour laquelle ce système a fonctionné aux EE.UU. de R. le consensus est indispensable au fonctionnement des entités. de R. il existe ratification par le Parlement. peut s’abstenir de signer une loi. sans qu’il n’y ait de moyen juridique destiné à résoudre le conflit. le P. de dissoudre les Assemblées ou l’une d’elles. Les deux pouvoirs sont condamnés à cohabiter quelles que soient leurs tendances politiques. de R. ni une arme de dissolution. un certain accord sur le modèle de société et des divergences peu profondes entre les deux parties.DROIT CONSTITUTIONNEL. C’est là qu’il y eut un moment. quant à la ratification d’un Traité aux EE. tout le pouvoir législatif et budgétaire au Parlement. Cette situation s’est trouvée dans plusieurs occasions. de R. B. de R. un P. ne peut pas obliger le Congrès à voter une loi. par exemple. également.. Théories et applications du principe de séparation. et de l’absence de responsabilité politique de l’une envers l’autre. parce qu’il n’a pas de responsabilité politique. C’est un système qui n’est pas transposable en France. Tout le pouvoir législatif est ainsi au P. dispose également d’une autre forme de veto. le Congrès pouvant briser. Le Congrès possède enfin un pouvoir d’approbation de certains actes du P. Le régime présidentiel consacre l’autonomie de chacun des pouvoirs dans ses relations avec l’autre.UU. Si la séparation des pouvoirs est une séparation stricte. BERTRAND. En votant le budget ou en ne le votant pas. Une procédure permet. en cas d’opposition. de R.. mais elle ne correspond pas à une responsabilité politique.UU. Le P. et presque uniquement aux EE. il n’y a pas de mécanisme de déblocage. sans avoir à s’expliquer. Aux EE. et le Congrès devra tout reprendre lors d’une autre cession....Le P. indépendante de l’autre dans sa nomination. de R. Il n’y a pas de solution juridique pour faire face à des situations de blocage. n’a aucun crédit en cas de refus de vote du budget. en général très efficaces. de R. sinon de la pratique : en fin de cession parlementaire. un certain suspens. et sans la réunion du Congrès.. TITRE II.UU. à l’exception d’un certain nombre de services urgents et limités. Dans ce cas. démocrate et un Congrès républicain. En effet. Le Congrès dispose d’une autorité de contrôle sur l’Administration par des commissions d’enquête. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime présidentiel se caractérise en ce qu’il fait correspondre une fonction à un pouvoir. Chaque autorité. C’est ce système qui a été en quelques sortes transposé en France. le P. alors que le Congrès détient les moyens budgétaires. est assurée dans la durée d’une garantie d’existence due à des élections à des périodes fixes. elle ne procède que de ce dernier. qui ne relève pas de la C. C’est ce que l’on appelle le pocket veto . puisqu’il aboutirait très vite à des blocages. le veto présidentiel à la majorité des 2/3 dans chacune des deux Ch. qui met la loi dans sa poche. il y a quelques mois. et l’exercice de cette faculté conduit nécessairement. en effet. de R.UU. L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. de R. le système américain continuait d’exiger une certaine forme de consensus.. S’agissant des moyens d’action du législatif sur le P. Il y avait aux EE. cependant. l’image est celle d’un P. tout peut s’arrêter. Chapitre 1. de R. et il n’y a pas de possibilité pour l’Assemblée de renverser le Gouvernement. et jusqu’à présent. Il s’agit donc d’un pouvoir considérable. et les fonctionnaires peuvent cesser d’être payés durant une période. Ils doivent. puisque dans la nomination d’un certain nombre d’autorité. le Congrès peut ainsi paralyser l’action politique du P. Chacun des pouvoirs dispose vis-à-vis de l’autre d’un pouvoir d’empêcher. sur le Congrès s’inscrivent principalement dans le veto présidentiel sur les lois votées .. L’initiative de la loi appartient au Parlement .

LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE.. qui date de la décision fondatrice de la C. * §2. TITRE II. (Ministre) verra sa responsabilité engagée par le G. et la responsabilité pénale sera ainsi utilisée comme une arme pour mettre en cause les décisions prises par un membre du Gouvernement. La mise en place de ce G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On note qu’au delà du mécanisme de la séparation stricte des pouvoirs. va être liée au pragmatisme britannique et va se développer par un jeu de circonstances. P. Le R. on y trouve un exécutif bicéphale.. la confiance se traduira par le fait que le G. suprême est considérable. il va prendre l’habitude de démissionner. puisqu’il a été théoriquement imaginé et établi. suprême en tant que juge constitutionnel. la compétence de la C. Ce qui est l’élément principal du régime parlementaire est l’existence d’un organe qui va jouer un rôle d’intermédiaire entre le R. l’autre élément de séparation des pouvoirs étant celui de séparation de ces pouvoirs fédérés du pouvoir fédéral. ancienne. va petit à petit devenir responsable devant le R. dans un contexte de conflit entre le P. mais le P. Le régime parlementaire est né en GB. et les P. devant le P. R. alors qu’en présence d’une C.-. avec une période d’équilibre. lorsqu’un M. G. puis. suprême (Cour suprême) de 1903. progressivement. Le régime présidentiel est un régime relativement simple. d’où la responsabilité du G.sur le Gouvernement -à continuation. va mettre en cause la responsabilité pénale du Ministre censé être responsable de la discipline. d’abord par un contrôle sur l’équilibre entre le pouvoir législatif et exécutif. On passe pour autant d’une responsabilité Chapitre 1..a décliné en faveur du P.. en tant que garant de cet équilibre. 36 Audrey Plez . cette responsabilité se mettra en place de la manière suivante : le G. Le deuxième élément est celui du développement du rôle du pouvoir judiciaire fédéral.. et cet organe est le G. (ici. doit avoir la confiance à la fois du R.. et possibilité de dissolution de l’Assemblée Parlementaire. et d’autre. . un processus de collaboration des pouvoirs avec des moyens d’action réciproques : responsabilité d’une partie de l’exécutif. va lui permettre d’exercer deux fonctions fondamentales : celle de veiller au respect des droits fondamentaux inscrits dans la C. période pendant laquelle le R. Parlement) et le pouvoir royal. que cette intervention de la C. Théories et applications du principe de séparation. ou de l’une des Assemblées Parlementaires. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. le pouvoir d’interprétation est un pouvoir important . Dans le système des EE. BERTRAND. sera mis en cause pénalement.. démissionnera lorsqu’un M.UU. ce qui crée un problème de poids et de contrepoids qui équilibrent le fonctionnement de la séparation. l’ensemble du G. lors de la montée sur le trône de la famille royale de l’époque. Si sont additionnés ces trois fonctions. M. il existe des moyens de contrôle d’un pouvoir sur l’autre. est à l’origine irresponsable devant le P. Suprême en tant que juge constitutionnel. D’une part. et dans le rôle de la C. décision par laquelle la C. ou instauré à partir de la conception que l’on en avait . devant le R. Le premier effet en sera l’émergence de l’idée selon laquelle le G. intervenu au début du XVIIIe. Ainsi. et du P. dans l’affaire Marguerite de Madison*. qui ne peut le révoquer. ce contrôle s’exercera de deux manières. suprême a décidé qu’elle pouvait exercer un contrôle de constitutionnalité des lois. C’est donc à l’occasion de cette montée en puissance du pouvoir judiciaire. Le problème est le même que pour le régime présidentiel .DROIT CONSTITUTIONNEL. qu’il soit dit régime parlementaire. va se désintéresser de la vie publique. . est celui qui nomme et révoque en effet les Ministres. . cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agisse d’un système avec une prééminence du Parlement -à continuation. sinon qu’il s’agit d’un régime de collaboration entre les pouvoirs avec plusieurs caractéristiques. celle de veiller au respect de l’équilibre entre les pouvoirs. puis une période où le pouvoir du Roi -à continuation. s’est fait par la pratique : on trouve ainsi des régimes parlementaires monistes et dualistes. et devant le P. Il est un organe de coopération ou de collaboration entre les pouvoirs. A. et aussi en tant que garant de l’équilibre entre les pouvoirs des États fédérés et les pouvoirs de l’État fédéral. le régime parlementaire à l’inverse.

. il n’est pas de procédure nécessaire afin qu’il puisse exercer ses fonction.C’est notamment les compétences législative et budgétaire qui sont l’objet de ce partage . À l’origine. de prononcer la dissolution de la Ch. Ce G..et un cabinet ou G. . que va se configurer le système parlementaire.l’une des Ch. et l’autre le peuple. Ces moyens sont d’une part. et non des mécanismes juridiques. d’É. et que leur désintérêt pour les affaires du pays se manifestera à travers les comptes-rendus qu’ils solliciteront de la part des M. celle- ci se manifeste à travers un élément de solidarité du G. ce qui signifie. tranchera ainsi ces conflits.. avec une Ch. Le G. . que le Ch. peut être proposée par le G.. et éventuellement le Ch. ne parlent pas anglais. Chapitre 1. dans un État Fédéral. la loi qui est ainsi votée par le P. d’É. a un chef. M.. incarne l’État. d’autre part. d’É. le P. ce qui manifeste très certainement un déclin de cette dernière. celui-ci demandera au R. La situation britannique va être peu à peu exportée partout en Europe. le déséquilibre par exemple de la IIIe République en France. et au détriment du G. c’est la responsabilité politique . et celle défendue par la Ch. entre le P. est le lien entre le Ch.Un conflit va apparaitre entre le G. ce M. de demander au R. Du point de vue des relations entre les pouvoirs.. bien que le système soit fondé sur la pratique et la répétition de précédents - pragmatisme du système britannique. ou G. est bicaméral -bien que cela ne soit pas nécessaire-. le primer est fixe et stable. TITRE II. Les compétences sont pour autant partagées.. etc.. du G. Il faut que ces deux mécanismes fonctionnent pour qu’il y ait un réel équilibre entre les pouvoirs . avec un Chef de l’État -à continuation. On constate aujourd’hui que l’on revient de plus en plus à une responsabilité pénale. engagent la totalité de ses membres.. -apparition de la fonction en 1720. 37 Audrey Plez .Vers le milieu du XVIIIe.. Le R. fondée sur la pratique. P. et solidaire. va se transformer en 1er M. En revenant à une absence de responsabilité politique. C’est donc à partir de la situation britannique.DROIT CONSTITUTIONNEL. et le P. et le G. Théories et applications du principe de séparation. Haute et une Ch. Dans un système présidentiel. peuvent avoir un pouvoir inégalitaire ou similaire.. que le P. et c’est l’élément central du régime. d’É. vient du fait que la responsabilité du G. Il y a un phénomène de pénalisation de la responsabilité politique. La seconde caractéristique est le P. le peuple. qui sont absents du régime. La première de ces caractéristiques est celle d’un exécutif bicéphale. Le Ch. de faire du pays l’arbitre des conflits qui l’opposent au P. (Ch. du P. l’une pourrait représenter les États et l’autre... les moyens d’action réciproques. ou l’une des deux Assemblées puissent contraindre le Cabinet à la démission. puissent dissoudre -le plus souvent. était souvent engagée par le P. ce qui entrainait un déséquilibre en faveur du P.. Petit à petit. tandis que le second change en fonction des changements politiques. il n’y a que des décisions politiques pour le règlement des crises. lorsque la responsabilité du premier sera mise en jeu. intermédiaire privilégié du R. et n’a pas besoin d’une investiture parlementaire . et le P. Chancelier. Le second élément tiendra au fait que les R.. ainsi. du Conseil. BERTRAND. dont le nom peut varier : 1er M. et promulguée par le Ch. ou implique que les décisions du G.Ainsi. une Ch. des com. il devra démissionner. le système mis en place dans les faits comptera un certain nombre de caractéristiques . L’ORGANISATION DES POUVOIRS politique à une responsabilité collective. des Communes) afin que les électeurs puissent choisir entre la politique proposée par le G.. Les Ch. Par. afin d’y pallier. d’É. ne prononçait jamais la dissolution du P. représentant la noblesse. et d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique . Basse -tradition monarchique. ces caractéristiques sont celles qui permettent de constater l’existence d’un régime parlementaire. des com. il semble nécessaire d’utiliser. est un organe collégiale. Ce G. soit composé de deux Ch. Ch. d’É. cependant. Il y a donc des mécanismes juridiques qui vont permettre de résoudre les crises. mais le Ch. il y a un partage des compétences contrairement à la situation qui prévaut dans le régime présidentiel -où il y a une spécialisation des compétences. Il y a ensuite. et il ne peut agir qu’avec la confiance de la majorité parlementaire issue des élections. La dissolution est ainsi un moyen pour le G.. une responsabilité pénale.

Par définition. assure la représentation de l’É. tels que ceux des Lumières. Cependant. et la Reine nomment le 1er M. Bien sûr. ou de représentation -c’est la situation en GB. avec quelques exceptions : la Finlande. puisqu’il est indirectement choisi par les électeurs sur proposition des représentants du Parti Politique. mais non démocratique. . ou du moins. Le Cabinet est un organe restreint entourant le 1er M. Le régime moniste d’autre part.. -À l’inverse. est un régime dans lequel le Ch. il va se développer dans les pays d’Europe Centrale. et le P. En GB. ne puisse fonctionner que s’il détient la double confiance du P. après l’indépendance. peut mettre fin aux fonctions du G. Suivra une vague dans les pays qui sortiront de régimes autoritaires dans les années 1970 -exemple de l’Espagne et du Portugal-. qui connaitront une période de Monarchie Parlementaire. puisqu’il ne peut rien faire.. avant de se transformer très souvent en régime présidentiel ou autoritaire. On peut distinguer deux régimes parlementaires : le régime parlementaire dualiste et le régime parlementaire moniste.. qui va se traduire en conséquences très différentes. le R. où le Ch. d’É. La conséquence de cette situation. et ceux dont la tradition était autre. et du Ch. et n’est responsable que devant celui-ci. de limitation de ceux-ci . Au lendemain de la 1e GM. d’É. le régime parlementaire est un régime d’équilibre des pouvoirs. il a l’initiative des lois. B. ne peut mal faire. les Pays- Bas et la Belgique. qu’il partage avec le P.On emploie parfois ainsi l’expression selon laquelle : «  Le R. TITRE II. d’É. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Ceux-ci sont les mécanismes généraux du régime parlementaire. ne se maintiendront pas en tant que tel. Cela veut dire que le G.DROIT CONSTITUTIONNEL. d’É. Il y a une différence fondamentale historique entre les pays.. d’É. et devant le P. et dans les pays de l’Europe Centrale et de l’Est après la chute du mur de Berlin dans les années 1990. La différence est donc évidente entre les pays dont la tradition était démocratique. exécutif. en ce qu’il y ait un équilibre des pouvoirs. l’évolution s’est traduite par le fait que le R. Le P. est véritablement l’instrument de liaison entre le Ch. dans un certain nombre de pays africains. est divisé en deux Ch. le Portugal et la France.. dans des Monarchies qui sont des Monarchies Parlementaires - puisqu’il y est tout particulièrement adapté. notamment. le G.Le modèle anglais va inspirer les philosophes. lequel va s’installer en France après la Restauration. la notion de Ministère est beaucoup plus large et peut comprendre une centaine de personnes regroupées autour des principaux Ministres. ou.Le Cabinet exerce l’ensemble des attributions du pouvoir exécutif ou gouvernemental . mais il s’agit là d’un choix contraint . Le 1er M. et a même le monopole de l’initiative en matière financière. est responsable à la fois devant le Ch.. avant d’entrer dans l’occupation soviétique.. » Dans ce cas. ils nomment le leader du Parti ayant gagné les élections. Ce régime parlementaire britannique a été très largement imité sans être reproduit à l’identique. Théories et applications du principe de séparation. n’a plus qu’un rôle formel. alors que ceux qui ne l’avaient jamais été ne le deviendront pas. Les pays concernés sont la France. d’É. un rôle d’arbitre. ne dépend plus que du P. La première vague de développement du régime parlementaire se produit au XIXe. qui suive un régime autoritaire . bénéfice en GB d’une certaine légitimité populaire.. consiste en ce que le G. d’É. dans les pays de l’Est qui ont subi l’occupation soviétique. et comprenant environ une vingtaine de membres. alors que le régime autoritaire méconnait cet équilibre. et le G. : Chapitre 1. le Ch. n’exerce plus de pouvoirs effectifs -et. Le régime dualiste. Ce régime moniste. il est important de noter que l’absence ou la difficulté d’instaurer un régime parlementaire n’empêche pas d’imaginer un régime démocratique. Ce système va être aussi adopté. M. est un régime dans lequel le Ch. Ainsi les pays qui étaient déjà des démocraties parlementaires avant l’occupation soviétique le redeviendront très vite. de même qu’un régime peut être libéral. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. 38 Audrey Plez .Il est en fait le symbole de continuité de la nation étatique. mais n’a pas de rôle politique actif. exerce un pouvoir politique réel . est la situation dominante dans l’ensemble des pays d’Europe. pour prendre un exemple. BERTRAND. il est alors un acteur du jeu politique. tout comme le peut le P. en effet.

et le P. M. c’est ce que l’on appelle une dissolution réservée à l’hypothèse d’une crise gouvernementale négative. tout simplement parce que le G. Dans le nouveau système britannique. et le G. M. Chapitre 1. il y a un renforcement du rôle du pouvoir gouvernemental face au P. Examen de DC. En GB. s’est fait par un Acte du Parlement de 2011.B. par l’apparition en général d’un troisième Parti. qui regarde les interactions entre le P. À part en Italie. notamment en matière judiciaire. ainsi elle ne peut renverser le G. Dans ce cas là. 39 Audrey Plez . le P. La crise gouvernementale positive se produisant lorsque le P. vont se succéder avec des régimes instables. Il n’y a plus véritablement de séparation des pouvoirs entre le G. si le P. s’est développé dans sa version majoritaire.qui est en train de se modifier. souvent extrémiste. BERTRAND. à Arcueil. cád. Un autre changement important dans le système britannique.. avec environ un siècle de décalage et dans des conditions voisines.. des Lords. et qu’elle n’accorde pas expressément sa confiance à un G. qui ne sont pas réellement faites pour s’en servir. le 6 janvier. avec une alternance. source de stabilité. ni pour que le P. inscrits pour la plupart dans le CC (Code Civil). De ce point de vue. et tout particulièrement la dissolution. La responsabilité et la dissolution sont des armes de dissuasion. le système constitutionnel français n’est pas très différent des systèmes monistes.-. la France repose enfin sur des acquis constitutionnels. des com. mais est ensuite incapable d’obtenir une nouvelle majorité. sinon pour -sur le modèle de l’arme nucléaire. qui présente deux caractéristiques : il est un acte rare.. à 13:30. laquelle est menacée. L’ORGANISATION DES POUVOIRS la Ch. dans les 14 jours qui suivent. les systèmes sont relativement stables et la véritable séparation est plutôt d’ordre politique. la dissolution est automatique . en ce qu’il introduit le droit écrit dans le fonctionnement des pouvoirs constitutionnels... L’histoire est proche de l’histoire britannique. Dans tous les cas. Après la période révolutionnaire. ne pas servir mais empêcher les comportements qui pourraient amener à vouloir les utiliser. §3. lorsque le P. qu’entre les pouvoirs au sens strict. période durant laquelle les C. et la Ch. des com. TITRE II. n’arrive pas à obtenir une majorité pour soutenir un G. l’inverse est la crise gouvernementale négative mentionnée ici. est le produit d’une majorité et qu’il n’y a apparemment pas de raisons. renverse le G. Théories et applications du principe de séparation. Il s’agit d’un système conçu pour avoir une certaine stabilité. et le renverse. soit dissous. en prévoyant qu’une dissolution ne puisse intervenir que si la Ch. ni pour que le P. n’est pas content du G. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. et c’est ce bipartisme stable -Parti conservateur. a été renforcée par un système de bipartisme . et a perdu l’essentiel de ses compétences législatives. adopte une motion de censure expresse contre le G. Cette situation. laquelle a aujourd’hui perdu l’essentiel de ses pouvoirs . renverse le G. Elle limite considérablement ce dernier. et après la remise en ordre que constitue l’Empire et qui va stabiliser la Révolution. alors seulement il peut être dissous.DROIT CONSTITUTIONNEL. face au Parti travailleur. entre la majorité parlementaire et l’opposition.

à la chute de Napoléon III et du 2e Empire. et marque la chute du 2e Empire. Théories et applications du principe de séparation. avec un P. -régime dualiste. Une nouvelle Révolution en 1848 marque la chute définitive de la Monarchie. de la R. on va tenter de trouver un équilibre entre un système parlementaire et un système qui doit conduire à la Monarchie. qui se proclame empereur. de 1875. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. il avait été élu. Elles sont le résultat d’un compromis. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). se produit un coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. La crise du 16 mai 1877 va contribuer à l’apparition d’un régime parlementaire moniste. soit resté monarchiste . bien que le P. en 1815 que vont se mettre en place les mécanismes du système parlementaire . lorsque l’héritier naturel refuse d’accepter certains acquis de la République. et un G. Ainsi. de la R. La raison médiate. 2. laissant place à son successeur. des députés.et peut dissoudre la Ch. régime dualiste... Monarchiste. La caractéristique de cette IIIe République est que sa C. mouvement de fond. En 1852. entre Monarchie et République. lorsque les professionnels ou intellectuels vont se substituer peu à peu à l’aristocratie. En 1870. de R. Ainsi le régime parlementaire ne sera pas strictement inscrit dans la C. Ainsi. pendant la Restauration et après la chute de l’Empire. un P. en attendant que son prédécesseur décède. Il s’agit donc d’une espèce de compromis. est conçue par un ensemble de textes constitutionnels. sinon qu’il va se développer avec la pratique : soit un R. il est décidé par un amendement d’instaurer une République Provisoire. C'est d’abord sous la Monarchie. En 1870. et ils vont se mettre en place à peu près dans les mêmes conditions qu’en GB. et ce conflit va se résoudre au profit de la Ch.. sera renforcé après la Révolution de 1830. à la Ch. Lorsque l’hériter naturel décède cependant. TITRE II. et prévues pour le rétablissement de la Monarchie. cád dans une période où l’on va rechercher l’équilibre entre les différents pouvoirs. 1. Ce régime parlementaire. une majorité monarchique est obtenue. Son propre héritier acceptant de tolérer ces acquis. lors des élections. irresponsable. des députés devenue Républicaine. de la R. M. La pratique va. la Monarchie n’est pas rétablie : deux héritiers se disputent le trône. Elle applique les principes essentiels du régime parlementaire. beaucoup modifier les structures du régime. sous la Monarchie de Juillet. est la conquête progressive de l’idéologie républicaine. BERTRAND. lui aussi provisoire. Cette République s’installe de manière particulière. qui va naître progressivement entre 1815 et 1830. régime qui durera jusqu’en 1870 et deviendra de plus en plus libéral. en effet. A. il est prévu de rétablir la Monarchie. chargé de faire l’intermédiaire entre les deux. qui sont responsables devant le P. ou évènement qui l’impulse. L’évènement politique qui va conduire à un changement profond des institutions est la crise qui oppose le P. restaurant le jeu des mécanismes parlementaires à la fin. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime parlementaire va se développer et s’installer entre 1814 et 1870. imprécise. puisqu’elle vise à s’adapter à des situations politiques très différentes. l’Assemblée est devenue Républicaine. accorde des pouvoirs importants au P. 40 Audrey Plez . avec un P. puisqu’elle se destine à préparer la restauration d’une Monarchie. Sont décrits sommairement les institutions et leur fonctionnement.DROIT CONSTITUTIONNEL. des Députés. ce qui aura deux conséquences : l’installation définitive de la République . qui nomme et révoque les Ministres. Cette C. Il s’agit d’une C. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. en effet. de la R. pour attendre le retour de cette Monarchie. Un blocage se produit. cád. Pour des raisons conjoncturelles. et le passage d’un régime parlementaire dualiste à Chapitre 1. les descendants de Louis XIII et Louis Philippe. L’instauration définitive d’un régime républicain et d’un régime parlementaire se manifeste à travers la 3e République. la première des trois guerres entre l’Allemagne et la France se solde par la défaite de Sedan. puisque la volonté d’ériger un système monarchique ou une République n’est pas clairement définie.

L’ORGANISATION DES POUVOIRS un régime parlementaire moniste. cád que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l’Assemblée. étant irresponsable. de la R. et il n’y a aucune distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué qu’est le P. BERTRAND. voire même à un régime de souveraineté parlementaire. puisqu’elle ne touchera pas aux éléments invoqués. renforce la puissance des Assemblées qui ne rencontrent aucune limite juridique. 3. devant le P.. en ce que l’on a radicalement modifié les équilibres constitutionnels. La disparition de ces deux éléments. de la R. comme on le verra dans la IVe République à partir de 1946. La concentration du pouvoir politique dans les Assemblées. les conséquences de cette crise vont conduire essentiellement à un déséquilibre du régime parlementaire. la C. du Conseil. Le G. des députés vote alors la défiance vis-à-vis du G. Le caractère dualiste du régime est abandonné. de tendance monarchiste. républicain modéré. des députés. 41 Audrey Plez . et la Ch. des députés. et non plus devant le P. transforment le régime parlementaire en un régime d’Assemblées. ses actions sont exercées par le G. Cette affirmation signifie d’abord. qui déclare : « Je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. ne sont plus responsables que devant le P. Pour résumer. de 1958 se fera en réaction à la crise du 16 mai 1877. Maréchal Mac Mahon. La première logique de responsabilité du G. Ces éléments sont extrêmement importants.. exprime la volonté nationale.. le P. La procédure de dissolution tombe en désuétude. L’effacement juridique et politique du Ch. qui dépend totalement d’elle. de la R. dans ses rapports avec le G. adresse une lettre qui désapprouve sa politique au P. qu’elle estime responsable devant elle. En effet. qui n’a plus aucun pouvoir. Le 16 mai 1877. veut bien lui concéder. en nommant un G. Le blocage implique qu’il soit nécessaire de donner la parole au peuple. . Réunies élisent un nouveau P. d’É. Ainsi. alors remplacé par un G. ce qui a pour effet que le P. La C. le P. le P. sans modifier la C. il y a une toute puissance à la fois politique et normative du P. dualisme et dissolution. lorsqu’il déclare que « en cas de victoire des Républicains. qui tentera de résoudre le problème mais n’y parviendra pas. il détermine lui-même la frontière entre la loi qu’il édicte et le règlement qui relève de la compétence de l’exécutif. de façon qu’est dissoute la Ch. de la R. relève de la compétence de ce dernier ce que le P. La campagne électorale oppose le P. n’est aucunement soumis à la C. le P. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. essaiera de résister. lorsqu’il se réfère aux organes constitutionnels. et qui a une formule qui restera. d’É. de la R. et un P. Jules Grévy. monarchiste. que seul le P. Un certain nombre de désordres politiques vont en résulter. perde tout moyen d’intervention dans les affaires du pays. Pour autant. De plus. comme le P.. puis républicain. Cette crise est importante. Les conséquences de la crise du 16 mai 1877. de la R. Grévy. expression de la volonté générale est son oeuvre. et les Républicains qui sont dirigés par Gambetta. est l’intermédiaire entre le P. monarchiste.DROIT CONSTITUTIONNEL. En second lieu. » Les Républicains gagnent les élections. la loi. avant de démissionner. et va se soumettre dans un premier temps. Les deux Ch.. de 1875 est l’oeuvre de l’Assemblée Parlementaire. elle ne sera plus jamais utilisée sous la IIIe République. qu’il modifie librement. de Jules Simon. un G. elle signifie qu’il ne prononcera pas la dissolution de l’Assemblée quoi qu’il se passe. a pour conséquence la démission du G. TITRE II. et le renverse. » On a parlé à ce propos de C. sur lequel il n’a plus aucun moyen d’action. Théories et applications du principe de séparation. devra se soumettre ou se démettre. les M. résident aussi dans la souveraineté parlementaire. de R. Le Ch.. D’autre part. Jules Simon. Chapitre 1. en ce qu’elle va déterminer la vie politique et institutionnelle française jusqu’en 1958. M. il ne s’agit plus d’un véritable régime de séparation des pouvoirs qui implique un équilibre de ces derniers. de R. La Ch.

qui vont contester ou essayer de remettre en cause le principe de souveraineté parlementaire. avec les premières formes de décentralisation -départements en 1871. C. ont pour certains d’entre eux valeur constitutionnelle aujourd’hui. de la R. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux éléments sont à prendre en considération : le grand désordre institutionnel. expression de la volonté générale. Le second grand chapitre de la IIIe République concerne l’organisation administrative. même sur des questions secondaires. À partir de ce constat. 4. BERTRAND. sans que ce soit produit de réel changement politique. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. de 1881 sur le droit de grève. n’a prévu aucune procédure particulière pour la mise en jeu de la responsabilité du G. En ce qui concerne la formation du régime. Il évoque ainsi déjà l’idée Chapitre 1. de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. également celui de déterminer la compétence du pouvoir règlementaire. et une multitude de petits Partis structurés également. et communes en 1884-. Parti Communiste . Son livre majeur.D.M. Deux mouvements convergents vont se manifester. L’affaire Dreyfus d’autre part. notamment le principe de liberté d’association proclamé par la L. ce qui provoque sa démission dès qu’il est mis en minorité. Cád que la C. et notamment les familles. issu du monde politique et issu du droit. Ce sont ce que l’on appelle les grandes lois républicaines : la L. -à continuation. Théories et applications du principe de séparation. Sur le plan doctrinal. qui explique très bien le fonctionnement des institutions d’aujourd’hui est celui intitulé La loi. Il va partir de l’idée de séparation entre les pouvoirs constituant et constitué. avait réuni autour de lui tous ceux qui voulaient faire tomber la République et avait rassemblé les monarchistes et impérialistes nostalgiques. par la référence aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République (PFRLR).. TITRE II. mais qui vont fragiliser la réforme parlementaire. Elle est également une période d’acquis en matière de droits fondamentaux et d’action administrative. de 1901.DROIT CONSTITUTIONNEL. et il s’en est fallu de peu pour qu’il y parvienne. La C.. il s’était finalement enfui en Belgique avec sa maîtresse. C’est de cette époque principalement que date ce que l’on appelle en France la tradition républicaine. la L. le P. M. de 1884 sur le droit syndical. la L. de droite à un G. C’est aussi une période où l’on voit apparaitre les grands partis. et restent silencieuses sur ce que l’on appelle désormais les droits fondamentaux. et en matière d’organisation administrative. bien qu’il s’agisse d’une période où il y a eu de très nombreux acquis en matière de droits fondamentaux et libertés fondamentales. Il va d’abord partir du principe que la séparation des pouvoirs constituant et constitué peut difficilement s’exprimer dans un système où la loi est considérée comme l’expression de la volonté général et lorsque celle-ci trouve son expression dans le P. et en 1872 la véritable création de juridictions administratives. mais qu’il étudiera si bien qu’il en dégagera les dysfonctionnements. Cependant. il indique que l’on pourrait imaginer que la suprématie de la C. sur la loi ordinaire soit assurée par un juge. afin de renverser le G. et se manifestait comme une source de conflits extrêmement violents dans toute la société française. de gauche. a laissé au législateur le soin de déterminer librement le champ de protection des droits fondamentaux. l’analyse la plus aboutie est celle de CARRÉ DE MALBERG. SFIO. de 1901 sur la liberté d’association et la L.qui va essayer d’analyser en profondeur les institutions de la République. Un certain nombre de scandales financiers et l’apparition d’un mouvement d’extrême droite qui visait au renversement de la République marquent autant de bouleversements et de forces auxquels a résisté la République durant cette période. avait véritablement divisé la France en deux. D’ailleurs les principes issus de ces lois. Le Général Boulanger. de gauche notamment : Parti Radical. 42 Audrey Plez . 104 G. Il relève également que les lois constitutionnelles de 1875 contiennent exclusivement des dispositions relatives à l’organisation des pouvoirs. vont se succéder en 70 ans. d’abord sans intention. et d’ailleurs. est déchu de ses responsabilités et la Présidence du Conseil n’arrive pas à s’imposer face au P. On passe ainsi d’un G..

et d’exercer un certain nombre de mesures de police de façon beaucoup plus large qu’en temps normal. Cette décision était alors appuyée par M.. en vue de les préserver. elle peut être prolongée par le P. Théories et applications du principe de séparation. » Cette idée implique que le constituant pose un certain nombre de principes en matière de droits fondamentaux. M. majorité qui correspond par ailleurs à celle nécessaire pour la simple émission des lois. il incombe au législateur d’assurer la conciliation des droits et libertés. situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. En revanche. Par.. par exemple. ainsi. Ces deux dispositions ne sont évidemment pas adaptées à la situation présente : les pouvoirs publics fonctionnent et il n’existe aucune raison de transférer les pouvoirs publics à l’armée. étant donné qu’aucune règle dans la C. tandis qu’une majorité simple ne suffirait plus à modifier la C. de 1875 ne pourrait servir à un tel contrôle. M. lesquelles doivent être prévues par les C. la préservation de ces valeurs vont probablement exiger la limitation de certaines de ces libertés. 16 CF fut appliqué une fois par le G. de la R. dont on ne peut affirmer l’universalisme. cád qu’une simple majorité parlementaire. tous les principes qui lieront le législateur et borderont ses compétences . lorsque se sont produites des émeutes dans les banlieues. Le Comité Balladur. droits et liberté. Cet état d’urgence est prévu par une L. de R. qui comprendrait sur toutes les matières que l’organe constituant entend se réserver à lui-même. En ce qui concerne l’intervention du P. pour les temps de crise : l’art. aurait une portée essentiellement idéologique.. Il ajoute cependant immédiatement qu’établir un contrôle de constitutionnalité ne servirait à rien sous la IIIe République. Il se trouve également un débat. il y a en France. manifestation. mais c’est la première fois qu’il est appliqué à l’ensemble du territoire. aux mesures qui s’imposent au vu de circonstances particulières. 16 CF accorde ainsi les pleins pouvoirs au Ch. doivent être prises de mesures de crise.B. Chapitre 1. Il faut plus que jamais défendre les droits fondamentaux. L’inscription de l’état d’urgence dans la C. de Gaulle. a pris la décision d’inscrire l’état d’urgence dans la C.B. 43 Audrey Plez . ce qui nous laisse penser que ses idées aient eu une influence sur les applications constitutionnelles réalisées par ce dernier par la suite. «  Il serait nécessaire qu’il soit procédé à une révision constitutionnelle. du Conseil du centre droit. Tardieu. circulation .  Une deuxième condition : il faudrait qu’il y ait une distinction entre l’organe constituant et l’organe législatif. ni qu’il puisse la violer librement . Il faut renoncer également à l’idée selon laquelle ces droits et libertés fondamentaux peuvent s’étendre de manière pacifique. considérant qu’un juge pourrait écarter l’application d’une loi contraire à la C. affirme ainsi qu’il faut probablement renoncer temporairement à l’exercice de certains droits et libertés. est l’état d’urgence. qui vise l’état de guerre et a pour effet de transférer l’ensemble des pouvoirs de police à l’armée et aux tribunaux militaires. de 1955.. BERTRAND. n’est pas tout-à-fait en accord avec les affirmations du P. qui ne relèvent que de sa compétence. trois types de mesures qui peuvent être prises en cas de crise. de Gaulle lors de la Guerre d’Algérie. B. ne puisse plus modifier de lois constitutionnelles. bien qu’elle ait été alors limitée aux départements d’Île de France . il faut notamment que les pouvoirs publics ne soient pas en mesure de fonctionner -il s’agit d’une dictature provisoire du P.Ce mouvement révisionniste traduit la remise en question de la souveraineté parlementaire. 36 CF. M. Le second système se trouve à l’art. de façon que le législateur soit obligé à les respecter. ainsi doivent y être inscrits des droits fondamentaux. S’il peut s’agir d’une guerre. Il proposait. en un corps de règles. avait été un collaborateur direct du G. qui transforme la C. afin de les promouvoir et de les renforcer sur le long terme. Il s’agit de limiter un certain nombre de libertés. c’est l’état de siège. et face à la situation actuelle. d’É. de R. il y aurait place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois avec les textes constitutionnels. L’ORGANISATION DES POUVOIRS d’un contrôle de constitutionnalité.. l’instauration du référendum -mécanisme de concurrence du mécanisme parlementaire. d’une part.Cet art. P. puisqu’il lui semble évident qu’en situation de crise. TITRE II. puis en 2005. Cependant. et a été appliquée un certain nombre de fois : Guerre d’Algérie tout d’abord. De 12 jours. qui consiste à dire que l’on ne peut transiger sur nos principes démocratiques. mais dans des conditions très particulières . lorsqu’il est affirmé que les libertés sont protégées dans le cadre de l’état d’urgence.. La dernière.DROIT CONSTITUTIONNEL. elle est particulière et ne nécessite pas d’une telle disposition. Il ne faut pas que le législateur puisse modifier librement la C. et qu’il puisse s’exercer un contrôle de conformité des lois à la C.

44 Audrey Plez . : la déchéance de la nationalité. TITRE II. M. et d’autre part.. que l’on peut retenir en prévention de ces risques. Contrôle d’un juge. d’une part comment vont se mettre en place les gouvernements qui sont pour l’essentiel des gouvernements de fait -parce qu’ils ne respectent pas les règles relatives à l’ordre constitutionnel-.face à un système qui les refuse. mais qui n’ont pas nécessairement commis de délit. on note l’interdiction de production d’apatrides -soit la déchéance de nationalité de personnes qui n’auraient plus alors aucune nationalité. quelles seraient-elles ? Par rapport au but recherché. Cependant. et dans l’optique que vous nous avez indiqué.B. de personnes suspectées d’activités terroristes. critique via L’Orientalisme. BERTRAND. peut-être un faux débat. ce qui semble plausible. » * B. comment le droit va s’en emparer. Théories et applications du principe de séparation. où pourrait-on imaginer placer la limite entre l’efficacité des dispositions et l’institution de garanties ? Contrôle par le C. SAÏD. pas de cours de DC. de R.) La dernière disposition enfin. le territoire n’étant plus tout-à-fait vraisemblablement protégé. relève du contrôle des frontières. dans les jours suivant la rétention première et qualification des comportements permettant de recourir à cette rétention. l’exigence d’un jugement. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). afin de réguler leur installation. ainsi. Présenté l’aspect juridique de ces dispositions. par la mention expresse de certains comportements. extrêmement brutale et inattendue. va créer une situation matérielle où les troupes allemandes avancent en France à une vitesse record. pourrait lui permettre d’être conforme à la C. qui a été validée par le C. La guerre des civilisations se produit ainsi entre un système qui croit à un certain nombre de valeurs -ici. il semble important de faire remarquer que la question de ne pas toucher aux droits et libertés afin de les préserver. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux dispositions ont également été invoquées par le P. Il existe un principe qui exige de ne pouvoir retenir des individus non jugés. CHOMSKY. ne sachant plus quoi faire de leurs Chapitre 1. La difficulté de les garder sous surveillance est matérielle.DROIT CONSTITUTIONNEL. il faudrait bien évidemment qu’elle soit adoptée par voie législative. et liée aux moyens qu’il faudrait alors mettre en place. Le choc des civilisations. notamment. puisque l’aspect préventif des fonctions pénales est inexistant. cependant. (Par rapport à la rétention de ces individus. Lundi 30 novembre. comment le droit va parvenir à régler la question par des fictions. Celle-ci ne concerne plus seulement la France sinon également tous les États partie à l’espace Schengen. La question n’est donc pas réellement celle de savoir si ces mesures pourraient s’appliquer dans le cas de ces individus. celles du monde occidental. le P. Constitutionnel par l’usage du principe de proportionnalité. La défaite militaire de 1940. Les garanties dont on parle. afin de permettre l’empêchement des attentats. De votre point de vue. avec des interventions. Remplacé le vendredi 11 décembre. Constitutionnel. Précision des mesures. Matériellement. cette disposition semble absolument nécessaire à M. À priori. et l’emprisonnement. bien qu’elles soient soupçonnées d’entretenir des liens avec des réseaux terroristes. « L’histoire ne se répète pas. mais permet de comprendre un certain nombre de mécanismes. pouvant retirer la nationalité non seulement aux personnes ayant acquis la nationalité au cours de leur vie mais également à ceux qui l’ont acquis à la naissance..Il est donc seulement possible de retirer la nationalité de ceux disposant de deux nationalités et qui en est la limite. L’autre disposition concerne la Police. En ce qui concerne la pénalisation d’un délit de radicalisation. HUNTINGTON. Il suffit ainsi qu’un pays n’exerce pas de contrôle à ses frontières pour que l’individu puisse circuler librement. la caractérisation du délit.. pour des personnes présentant des risques d’attentats sexuels sur des mineurs par exemple. et qui soulèvent la question de leur conformité à la C. puisque l’on recherche l’efficacité des mesures en contournant. elle est justifiée matériellement. l’examen portera sur un commentaire de texte. autre auteur qui s’est prononcé sur la question. La question s’est donc posée de la rétention de ces individus. à la place de DA. L’intérêt de cette période est de voir. de R. sinon celle des garanties qui seraient accordées à ces individus. En DI. on note aussi l’existence de mesures de sureté.

adoptée à uns majorité écrasante. d’une part auprès du Gouvernement de la IIIe République. Il s’agit simplement d’une révision du mode de révision de la C.donne tout pouvoir au G. va faire remonter l’irrégularité du Gouvernement de Vichy à la signature de l’armistice. La question de la constitutionnalité du pouvoir exercé par le Maréchal Pétain et de son exercice. en réponse à l’appel du G. n’a aucun fondement juridique. de Gaulle. Simplement l’acte constitutionnel premier dispose que le Maréchal Pétain assume les fonctions de Ch. Si on ne se situe plus sur la forme du G. de manière tout-à- fait contradictoire. Vichy se présente comme une ville où pourra s’installer le Gouvernement. précise que « l’Assemblée Nationale -réunion des 2 Ch. du Parlement sont convoquées le 6 juillet 1940. et où le Gouvernement va se réfugier de plus en plus loin. devra garantir le droit du travail.. à l’époque. La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 : les deux Ch. L’ORGANISATION DES POUVOIRS prisonniers.  » Le contenu de cette loi n’est pas non plus entaché d’inconstitutionnalité. des députés. et à la fois dans l’entourage du Maréchal Pétain et dans celui du G. signataire de l’armistice et chargé d’établir une nouvelle C. Quant à la signature de l’armistice. et de la patrie.DROIT CONSTITUTIONNEL. De manière tout-à-fait objective. en revanche. P. est nommé dans les conditions classiques de la C. presque parallèlement. qui d’une autre manière n’aurait pas été possible. elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. Un décret fixe à Vichy le siège du pouvoir public. de Vichy met en cause le principe d’égalité. avec une forte majorité à gauche . sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain. de Gaulle. Ch. Deux mouvements vont se créer. Et si le terme d’État français se substitue au terme de République. 45 Audrey Plez . de la IIIe République. pour des raisons politiques évidentes. Ce qui est intéressant est que cette volonté de renouveler les institutions va se retrouver indifféremment à droite et à gauche. Cette analyse cependant. elle est un acte politique qui ne pose aucun problème de nature juridique. BERTRAND. le G. de Gaulle. Chapitre 1. mais le mandat donné au Gouvernement de la République est d’établir l’État français. adoptée par la Ch. et un homme âgé. va perdre de sa légitimité face à un Gouvernement sans légitimité constitutionnelle mais qui va gagner en influence. prend l’initiative d’une proposition de révision constitutionnelle. ne la supprime. va charger le Maréchal Pétain de constituer un nouveau Gouvernement. pour ne pas devenir prisonnier lui- même des troupes allemandes. mais que l’on se situe sur les principes républicains. présidé par le Maréchal Pétain. et la tâche que constitue le traitement des juifs sous le G. de R. Cette proposition. Le dernier P. en ce sens que même si ce texte n’avait aucune valeur juridique. de la famille. le choix de l’armistice est un choix qui n’en est pas véritablement un. en date du 18 juin 1940. Cette C. 1. En 1940. Ce G. M. de Gaulle. La majorité du Conseil des M. de l’État français. prévoit une possibilité de révision de la C. réunies à 559 voix contre 80. qui dispose d’un grand prestige issu de la guerre de 1914-18. le G. par 395 voix contre 3. C’est d’ailleurs exactement le même mécanisme qui sera utilisé plus tard par le G. Le texte qui sera ensuite voté par les deux Ch.. puisque c’est lui le vainqueur de Verdun. il est évident que ces derniers ont été bafoués. de la République. Reynaut. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DE VICHY. Un Gouvernement parfaitement en règle dans son aspect constitutionnel. Il y aura une récupération politique de cet évènement. et par le Sénat à 299 voix contre 1. décide de signer l’armistice. à l’effet de promulguer une nouvelle C. aucun art. L’ambiguité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 n’abolit pas la République. P. du Conseil va s’y opposer. afin de permettre enfin le changement de régime. Théories et applications du principe de séparation. puis d’autre part. d’É. TITRE II. sont remis en cause les deux principes posés à l’art. 16 DDHC : il n’y a aucune séparation des pouvoirs. du Front Populaire.

parce que la loi constitutionnelle prévoit d’une part que la C. En 1944. Les négociations vont se faire entre Churchill. Ce qui veut dire que la France n’a jamais été vaincu. qui fera reconnaitre le G.-U. considérant que l’armistice n’est pas valable et la France toujours en Guerre. Il prononcera un discours le 18 juin 1940. législatifs ou règlementaires promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940. -puisque c’est la date de signature de l’armistice. et l’art. soit ratifiée par le peuple et que soit créées des Assemblées. de la France libre par le R. Les américains vont donc rencontrer partout où ils se rendent.. de Gaulle va nommer un Préfet et ce Sous- Préfet. bien entendu de fait. de permettre que ne soit pas imputé à la France un certain nombre de crimes commis sous ce G. Les conditions posées par la loi constitutionnelle ne sont pas respectées. Ministre du G. Le G. Le G. de Gaulle à F. avant que les allemands ne réinstaurent ce même P. Ce coup de génie du G. sa défaite ayant été pourtant cinglante et presque immédiate. M. On est dans un système. un G. de Gaulle par la suite. du Conseil. sur le plan juridique. Il est donc un personnage d’un rang presque subalterne. de Gaulle.DROIT CONSTITUTIONNEL. Puis il utilisera l’adage latin selon lequel les armes doivent s’incliner devant le gouvernement civil. les crimes commis sous celui-ci ne puissent être imputés à l’État français. 2. 1 que la France en tant que République n’a pas cessé d’exister. ne pas avoir existé. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le G. L’idée va être que la G. qui sera de considérer qu’à partir du moment où le G. Mitterrand. de fait comme légitime. va instaurer des Maires et institutions dans les villes. de Gaulle et à Alger par le G. français.- L’idée est donc de faire passer cette signature dans les actes considérés théoriquement comme nuls et non-appliqués. puisqu’en 1942. du Conseil qui détiendra alors l’essentiel du pouvoir. pure fiction juridique va avoir pour effet. et il y aura un comité français de libération nationale. BERTRAND. et non pas par celui du Maréchal Pétain. instaurant le G. et s’en va quasiment seul à Londres. Ceci va lui permettre d’être parmi les alliés lors de la victoire. d’É. de Gaulle en 1940 a été Sous-Secrétaire d’État à la Guerre. de Pétain est un Gouvernement de fait. en considérant qu’il y emmène la France. 46 Audrey Plez . de Pétain n’a pas juridiquement existé. sont ainsi formée notamment par un comité international français composé de quelques personnalités.. Staline et De Gaulle. puisque auto-proclamé par le G. L’idée fondamentale du G. Jusqu’en 1942. du Maréchal Pétain. Ainsi. Il permet de faire rentrer les forces de la France libre dans la guerre. de la IIIe République. Ce second s’occupera des affaires civiles tandis qu’il laissera au premier les affaires militaires. Une ordonnance du G. affirme dans son art. Roosevelt. Il y aura une constance dans l’histoire française. de Gaulle est de créer l’illusion que la France n’ait jamais perdu la guerre. parfaitement légal. Les institutions de la France libre. de Gaulle. les soldats français qui vont combattre avec les alliés contre l’Allemagne. du G. en s’appuyant sur des personnes non trop compromises avec les allemands. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DU GÉNÉRAL DE GAULLE. vont faire partie des forces alliées. avec une confusion des pouvoirs entre les mains du Ch. mais aussi qu’elle a gagné la Guerre. Giraut est beaucoup plus gradé que le G. TITRE II. le G. estimant que celui-ci va beaucoup trop loin dans la collaboration avec les allemands. Giraut. du G. provisoire de la République française. Théories et applications du principe de séparation. Il va monter des structures petit à petit qui vont gagner en puissance jusqu’à la fin de la Guerre. le Maréchal va renvoyer le P. dirigé à Londres par le G. 2 déclarant nuls les actes constitutionnels. de Gaulle est censé exister depuis le 16 juin 1940 et que le G. de Gaulle. Il exercera réellement le pouvoir pendant 1 an et demi. le Maréchal Pétain dispose de l’ensemble des pouvoirs. le Chapitre 1. Ce qui est d’autant plus problématique qu’il a été signé par le G.

Dans une pure logique juridique. projet qui établissait un régime d’Ass. Mais le G. et l’Union Soviétique.DROIT CONSTITUTIONNEL. de Vichy étaient des actes de simple administration. C.. il va faire en même temps l’élection d’une Assemblée constituante. avec un statut international de vainqueur. et l’Assemblée élue chargée d’élaborer une nouvelle C. 1. de R. TITRE II. M. L’Ass. avec pour objet celui de remplacer la DDHC de 1789. et ainsi que l’on rétablissait la situation d’avant la loi constitutionnelle de 1940. La question est la suivante : elle est celle de savoir si le peuple désire que l’Assemblée élue ce jour soit une Assemblée constituante. Le nouveau projet est le résultat d’un compromis entre la gauche et le MRP. et le 1er M. Dans l’O. notamment les magistrats. divorces. le droit. La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 laisse à l’Assemblée un délai de 7 mois pour rédiger une nouvelle C. élue en 1945. il est marqué par un retour à un bicaméralisme inégalitaire. Tout son statut par la suite. et un renforcement de la position du P. Il est évident que cette question visait à rompre avec la IIIe République et donc à élaborer une nouvelle C. Une deuxième question est posée : celle de proposer une organisation temporaire de pouvoir public avec un régime d’Assemblée et un Ch. les actes de la France libre valides depuis le début. qui va faire un nouveau projet de C. Cependant. il eut fallut considérer que la IIIe République n’eut jamais cessé d’exister. le Parti Communiste et la SFIO disposent de la majorité des sièges et De Gaulle démissionne. adopté par le peuple. du 19 avril 1946. de Vichy.. de Gaulle fait. et prévoit que ce projet soit soumis au vote par référendum. L’ÉLABORATION DE LA NOUVELLE CONSTITUTION. Ainsi l’ordonnance disposera que cette nullité devra être établie acte par acte. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Canada. de Vichy sont ainsi bien évidemment restés en place. très marquée à gauche. -C. (ordonnance) de 1944. Cette Ass. Il est précédé d’un Chapitre 1. jusqu’à ce que l’Assemblée constituante ait élaboré une nouvelle C.La plupart des actes de gestion courante du G. de Gaulle souhaite bien évidemment profiter de cette situation pour mettre en place des institutions politiques nouvelles. La réponse est oui. qui sera lui. lors d’un discours prononcé à Bayeux. de Vichy sont nuls. unique. des plus graves -statuts des juifs-. La nouvelle Ass. Dans la première Ass. Le problème est de définir cette légalité républicaine. unique qui élit le P. C’est à ce moment-là que le G. Le projet de C. va marquer un projet avec une nouvelle déclaration des DH. rejeté par le peuple. élue va rédiger un projet de C. et un référendum. La situation est donc celle-ci et il est intéressant de voir ces éléments anecdotiques. les EE. les lois constitutionnelles de 1875 étant considérées comme ayant survécu. on rétablit la légalité républicaine. mariages. 47 Audrey Plez . notamment constitutionnel. sous le G. Ce référendum et l’élection de cette Assemblée vont avoir lieu le 21 octobre 1945. connaître ses conceptions constitutionnelles qui éclairent très nettement ses intentions en 1958 mais qui auront très peu d’influence sur le texte de 1946. avec l’élection d’une nouvelle Ass. Ce qui ne peut fonctionner en réalité puisque de nombreux actes sous le G. d’autant plus que tous les fonctionnaires ont juré fidélité au Maréchal Pétain. avec une Ass. illustrant bien la manière dont on peut manipuler dans un sens comme dans un autre. du Conseil. Le G. fonctionnement de l’administration. et non seulement des actes de collaboration. Théories et applications du principe de séparation. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). notamment avec l’affaiblissement du droit de propriété. si bien que cette même ordonnance va dire que tous les actes du G. de Gaulle va alors procéder de la manière suivante. de nombreux actes se sont produits. avancements. constituante est marquée par un déplacement de sièges au détriment de la gauche et au profit du centre ou centre-gauche. aux plus politiques. BERTRAND. Il y a rejet de ce projet par référendum.UU. va être construit sur cette fiction juridique.

sans distinction de race.sous la IIIe République. de la R. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Préambule. par le contrôle de constitutionnalité. de R. qu’il souhaite. il fera basculer à la fois la DDHC et le Préambule de 1946 parmi les normes de référence. ce qui n’était pas l’idée à l’origine. Il s’agit donc d’un régime parlementaire moniste. et au Préambule de la C. 2. de Gaulle est le seul qui appelle à voter non. et le peuple français vote majoritairement oui. C. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. sinon essayer d’améliorer ou de rationaliser les mécanismes du systèmes parlementaire. le peuple français proclame à nouveau que tout être humain. » Ces derniers seront fixés par le C. sans toucher ni remettre en cause la souveraineté parlementaire. les M. il est un pouvoir faible. L’Ass. La question de la hiérarchie des normes juridique est celle que nous allons d’abord aborder. -Introduire ici les PFRLR. Le système majoritaire est considéré comme un système injuste et inefficaces. et le niveau ou les mécanismes institutionnels. constitutionnellement ce qu’il était en pratique -cf. Clefs de compréhension. et. est responsable à la fois devant l’Ass. Constitutionnel considère dans l’une de ses décisions. ne touchant pas à la cause des dysfonctionnements. dans lequel le G. Ce texte a d’abord une phrase liminaire qui dit qu’« au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine. 48 Audrey Plez . et fait enfin désigner ou nommer par le P. le P. Désigné par le P. par exemple. M. Les pouvoirs publics y sont organisés de la manière suivante : le pouvoir législatif est un bicaméralisme inégalitaire. il reçoit seul l’investiture de l’Ass.. LE RÉGIME ÉTABLI PAR LA CONSTITUTION DE 1946. Ce qui caractérise la IVe République est la tentative de rationalisation du parlementarisme. et le scrutin proportionnel comme juste et efficace. de R. Régime dans lequel le G. Le Parlement était à la fois auteur de la C.. Les dispositions du Préambule de 1946 peuvent donc être invoquées à l’occasion d’une QPC. nommé ensuite par le P. comme particulièrement nécessaires à notre temps. ne va pas agir dans ce sens. économiques et sociaux ci-après ». soit le 1er M.. dispose de beaucoup moins de pouvoir que celui élu sous la IIIe République. les principes politiques. et devant le P. possède des droits inaliénables et sacrés. La IVe République. Nationale à la majorité absolue après avoir présenté son programme. de 1946 a une importance particulière puisqu’il fait aujourd’hui partie des normes constitutionnelles. la séparation du pouvoir constituant et par le référendum. On va ainsi faire du P. Ce que l’on a voulu renforcer est le pouvoir du P. du Conseil. procédure qui durera jusqu’en 1954. Par. de 1946 . Le Conseil de la République est élu au suffrage universel indirect par de grands électeurs. Ce que l’on a appelé mouvement révisionniste sous la IIIe République avait pour objet de remettre en cause le contrôle parlementaire. BERTRAND. et le G. de R. n’est responsable que devant les Ass. mais il a des pouvoirs considérablement réduit. de 1958 a valeur constitutionnelle et que les dispositions qu’il contient peuvent être invoquées comme norme de référence du contrôle constitutionnel. Le Préambule de la C. Il est élu pour 7 ans par le Parlement. de R. raison pour laquelle elle va échouer. Théories et applications du principe de séparation. Grévy. en opposition au régime parlementaire dualiste. de religion ni de croyance. Nationale composée de députés élus au scrutin proportionnel dans le cadre de départementales. de R. cád qui favorise les petits Partis. Constitutionnel.La liberté d’association tout comme celle d’enseignements seront fondés sur la notion de PFRLR. Ce texte du Préambule de 1958 fait référence à la fois à la DDHC de 1789.DROIT CONSTITUTIONNEL. qu’il énumère. et de la loi sous la IIIe République et laissait au pouvoir Chapitre 1. afin de les reconnaitre. en outre. en considérant que le Préambule de 1958 fait partie des normes de référence. Du côté du pouvoir exécutif. Il indique ensuite qu’« il proclame. Le C. que le Préambule de la C. TITRE II. Elle va agir sur deux niveaux : la hiérarchie des normes. qui fixera un cadre pour ces principes. Proportionnel.

TITRE II. Le contrôle est donc impossible à mettre en oeuvre. de 1946. le P. du Conseil. Une deuxième séparation est établie : entre la loi et le règlement.DROIT CONSTITUTIONNEL.. d’autre part. Théories et applications du principe de séparation. est intervenu par voie règlementaire. En outre.. le soin d’ « établir par décret certaines lois ».. et s’il dispose d’une légitimité forte. Là encore. nationale ne donne ainsi sa confiance qu’à lui seul. dont est exclu le Préambule. ceci a pour Chapitre 1. ce qui ne sera pas utilisé. Était ainsi délégué au G. La délégation du pouvoir est interdite. n’était pas toujours d’accord sur la composition de son G. en procédant d’une manière simple : en attribuant un caractère règlementaire à certains de ses domaines de compétence. (Parlement) représente la nation souveraine. elle est individuelle. le soin de prendre certaines mesures par décret. mais cette distinction est très imparfaite et la C. L’Ass. le critère de la loi est formel et organique . est la question de l’investiture par l’Ass. investiture du P. de la C. il ne la délègue pas. Le premier problème qu’il va traiter est celui des rapports entre la C. Cela signifie que le législateur va déléguer sa compétence au pouvoir règlementaire. précisément institués. et ? Le texte distingue les pouvoirs constituants des autres pouvoirs. que l’on appelle décrets-loi et qui correspondaient à une délégation provisoire de la compétence législative. ses pouvoirs sont très limités : d’une part. ou ne veut y entrer. cette interdiction va être détournée : une L. alors même que le G. Il ne peut être saisi que si la majorité absolue le sollicite.. Le premier aspect quant à l’échec institutionnel. ce qui veut dire que le domaine de la loi est illimité. droit qu’elle ne pouvait déléguer. mais sous la IIIe République. qui avait accordé sa confiance au P. 49 Audrey Plez . après avoir été désigné par le P. qu’il soit prévu la possibilité de réviser la C. vient du fait que d’une part. du Conseil à la majorité absolue . il ne peut contrôler la loi que par rapport à certains arts. dans le silence de la loi. il n’existe pas de réel contrôle de constitutionnalité. le législateur peut se saisir à tout moment de cette matière. Il peut intervenir pour combler un vide juridique. et d’autre part. Il reste au pouvoir règlementaire. On interdit pour autant cette procédure de délégation du pouvoir législatif par le P. de 1946 met en place un Comité constitutionnel. du Conseil se présente seul pour obtenir l’investiture par l’Ass. l’Ass. puis investiture à la majorité simple du G. de R. nationale à la majorité absolue. - seul texte se référant à des droits fondamentaux-. Il va simplement décider qu’une matière ne relève plus de son pouvoir : ainsi. dont le législateur n’a pas traité-. déléguait au G. non prévue par la C. le pouvoir règlementaire peut intervenir. Il ne resterait théoriquement qu pouvoir règlementaire que le pouvoir d’application des lois. où le P. Par ailleurs. L’art. un pouvoir d’application de la loi. ces arts. Cette situation est à peu près la même sous les IIIe et IVe République. prévoit que le peuple français exerce sa souveraineté par ses députés à l’Ass. le fait que le domaine législatif fixe lui-même les frontières des domaines législatif et règlementaire. et on a pris l’habitude d’avoir une double investiture : prévue par la C. -dans un domaine. par référendum. selon une procédure particulière. Dans la C. qu’une règle juridique est une loi à partir du moment où elle a été votée par le Parlement. 13 de la C. qui est l’embryon d’une Cour constitutionnelle. À partir du moment. de 1946 prévoyait que l’Ass. de 1948 indique que des décrets peuvent modifier ou remplacer une loi. sinon qu’il établit simplement cette matière comme hors de son domaine. si la C. Sous les IIIe et IVe Républiques. il revient au pouvoir règlementaire de préciser la loi. M. cád. Mais. il peut intervenir dans tous les domaines. Le problème est que l’Ass. L’échec du domaine normatif. et jusqu’en 1954. et enfin. En définitive. ne contiennent aucun droit. dans des matières fixées par cette loi comme ayant un caractère règlementaire. pour autant. L’ORGANISATION DES POUVOIRS règlementaire le soin de traiter certaines questions par délégation de pouvoir. BERTRAND. nationale. Ils intervenaient dans des domaines de compétence du législateur. le domaine de compétence du pouvoir règlementaire est celui que veut bien lui laisser le législateur et dont il peut se saisir à nouveau quand il le désire. nationale vote seule la loi. cád que lorsque le législateur ne peut entrer dans tous les détails. En d’autres termes. au G..

prend l’initiative d’engager la responsabilité du G. Troisième disposition : il est nécessaire que la majorité absolue des députés se prononce contre la confiance. là encore. 50 Audrey Plez . et P. BERTRAND. qui va conduire à la rapprocher du fonctionnement qui prévalait dans la IIIe République. il eut fallut que le G. Théories et applications du principe de séparation. une situation qui n’est pas univoque. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. Le second problème est celui de la règlementation de la question de confiance. est que le personnel politique de la IIIe République est très présent dans la IVe République . en est affaibli. Le P. soit renversé. présente son programme et son G. soit deux fois de suite un renversement de G. dispose du pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Ass.DROIT CONSTITUTIONNEL. Pour éviter la même dérive que sous la IIIe République. D. L’une des raisons aussi. que comme le moyen de mettre fin à une Ass. la stabilité du système est essentiellement fondée sur l’existence d’une majorité parlementaire. il y aura un important changement du personnel dans le passage de la IVe à la Ve République. Or. Tout ceci va conduire à l’échec du parlementarisme rationalisé. peuvent démissionner suite à une majorité simple qui ne leur permet pas de faire voter des lois. la motion de censure intervient quant à elle quand le P. et les majorités deviennent difficiles. n’est envisagée par la C. M. tout simplement parce que la raison d’être d’un régime parlementaire est la notion d’équilibre. dans la question de confiance. En revanche. comme un régime d’Assemblée. de 1946 va prévoir plusieurs dispositions : la première étant que le P. à l’Ass. bénéficient d’une majorité faible. renversements dont ils ne pourront user pour justifier une dissolution. le régime fonctionne mal. interviennent conformément aux exigences constitutionnelles. avec une égalité des armes.. La seconde implique que le vote sur cette question ne puisse intervenir que 24 heures après son dépôt. Chapitre 1. Il faut non pas une crise ministérielle pour qu’intervienne une dissolution. L’ORGANISATION DES POUVOIRS conséquence un affaiblissement du G. du Conseil seul. et c’est cet échec qui va. le P. les G. nationale. qui prend l’initiative d’engager sa responsabilité. renversés à la majorité absolue. après autorisation du Conseil des M. pour que le G. sinon deux crises successives. Ce qui veut dire que dorénavant. Le dernier élément est le droit de dissolution : pour qu’il y ait une véritable rationalisation du système parlementaire. de sa responsabilité devant le P. du Conseil peut seul poser la question de confiance. qui les approuve à la majorité simple. du Conseil n’a pas une légitimité plus solide que sous la IIIe République. cád. deux G. Ce qui va miner la IVe République est essentiellement la décolonisation. c’est le cas en Espagne aussi. En effet. ou son mandat. la dissolution. la C. servir de leçon au moment d’établir une nouvelle C. À partir du moment où les G. c’est le G. Les partisans de la VIe République oublient très souvent les causes de la Ve République qui tiennent à l’échec des excès parlementaires de la IVe République. du Conseil désigné par le P. sous la IVe République. et il faut que ces deux renversements de G. Dans de nombreux pays. Tout le bénéfice de l’investiture du P.. de R. dans un délai de 18 mois. du Conseil. * […] Sous la Ve République. on sort de ce système droite-gauche. ce qui va conduire notamment à une interprétation de la C. Lors de la précédente. qui se montre réellement incapable de dégager une majorité et de définir une politique. La question de confiance est l’engagement par le G. Il va y avoir une situation qui est. TITRE II. ils pourront être renversés plus facilement. C’est la même chose dans le cas de la motion de censure. après la IVe République.

qui est de contrôler les actes des G. Dès qu’il est investi. et selon une formule très vague. au sein de l’armée notamment. ni dans l’autre. sollicité par le P.UU. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. L’idée du G. Ce qui veut dire que les P. C’est là que nous reprendrons alors notre étude de la Ve République au cours du 2nd semestre. SECTION 1. TITRE II. aujourd’hui. Il devient donc un pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale. lequel répond depuis Paris qu’il est prêt à assumer la responsabilité des pouvoirs. une recherche de cet équilibre entre légitimité. Il faut bien voir que nos systèmes constitutionnels. M. qu’un rôle de soutien du G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Il est difficile aux partis d’aborder le fond du problème de la décolonisation. Aujourd’hui. soutenus par l’armée d’Algérie. le « pouvoir de prendre par ordonnance les dispositions nécessaires au redressement de la nation ». mais ces lois. La démocratie. systèmes européens notamment. l’on fonctionne plutôt dans des systèmes mixtes ou dirigés par le libéralisme. un principe fondamental de l’ordre constitutionnel même s’il évolue beaucoup. Le 13 mai 1958. Revenons en guise d’introduction. en réalité. en particulier en Algérie. en réalité. La séparation des pouvoirs est un mode d’exercice du pouvoir . CHAPITRE 2. Le domaine de compétence est donc très large. n’ont plus beaucoup d’efficacité. deux fonctions. et ce pendant 6 mois. c’est le renforcement du pouvoir qui domine la nouvelle C. ce qu’est la séparation des pouvoirs. de Gaulle. ou celle de la conserver. ne jouent pas tant un rôle de limitation du G. et celle de conduire les affaires de l’État. conduisant pour l’essentiel à garantir les droits et c’est le rôle du juge. celle de définir l’intérêt général. C’est un pouvoir d’essence non-démocratique. de R. dans tout système constitutionnel.. pour l’essentiel. efficace. Et une deuxième fonction. il n’y aura majorité ni dans un sens. c’est la question de la légitimité du pouvoir. et d’autre part. à Alger. Un certain nombre de Gaulliste. Il y avait alors deux possibilités : celle de négocier son indépendance. On élit directement ou indirectement. elle renvoie en fait à une idée de limitation de ce dernier. général d’Algérie.. Il va conduire et déterminer la politique de la nation. 51 Audrey Plez .. il faut alors considérer que la séparation des pouvoirs réside ailleurs essentiellement. Théories et applications du principe de séparation. est un pouvoir légitime. EE. L’art d’une C. Il y a. le plus souvent sont d’origine gouvernementale. de Gaulle sous la Ve République sera de rendre le pouvoir grand. Et c’est toujours. du G. La séparation des pouvoirs reste donc. sont des systèmes à la fois démocratiques et libéraux. avec le soutien d’une Assemblée Parlementaire. à protéger les droits individuels.DROIT CONSTITUTIONNEL. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. donnant au G. par ex. et limité. et le pouvoir du juge -pouvoir judiciaire ou juridictionnel-. demandent alors le retour du G. Le mouvement de balancement entre ces deux possibilités va rendre la situation réellement problématique . La seconde est une loi constitutionnelle qui charge le G. l’une dite de pleins pouvoirs. Et l’on va entrer plus précisément. les activistes prennent d’assaut le G. sur cette idée de séparation des pouvoirs. La limitation prévalait auparavant.. mais il faut considérer qu’en majorité. entre ce pouvoir politique -pouvoir gouvernemental et parlementaire-. et visent à lui donner les moyens de mener sa politique gouvernementale. Il est d’essence démocratique dans de très rares pays. Bien sûr. et plus fort. C’est donc une conception libérale du pouvoir. de déterminer un programme : rôle du pouvoir politique. Lorsque l’on regarde. constituée à l’époque de départements français. et du P. il fait voter deux lois au P. notamment parce que les notions de pouvoirs exécutif et législatif. Il évolue. et la durée plutôt étendue. de préparer une nouvelle C. de Gaulle. (Assemblée) vote des lois. C’est là essentiellement. des pouvoirs spéciaux en Algérie. force et limite qui prévaut. celle-ci vise d’une part à déterminer et garantir l’intérêt national. qui renvoie à la théorie de Montesquieu d’un pouvoir limité. nous le verrons. BERTRAND.. la logique profonde de la séparation des pouvoirs telle qu’elle se développe aujourd’hui.. un responsable qui gouvernera la politique de la nation. et notamment de protéger les droits et libertés individuelles. et dont les limites seront alors moindre. et un rôle visant à lui donner des moyens d’action. dans les Chapitre 1. Elle se situe. cette A.

et l’inefficacité. de Gaulle dira qu’il n’y a aucune autorité au sein de l’État qui n’émane pas de l’État. et c’est dans ce cadre que s’exerce l’intérêt général.E. elle fait du P. qui contribuera a introduire ce contrôle en France. TITRE II. On a un pouvoir déclinant. et un pouvoir judiciaire. exercé au sein des Parlements. Il y a une véritable crise du politique. qui sont ses missions essentielles. et le G. Il s'accorde alors beaucoup plus à un certain nombre d’évolutions. En fait. L’Allemagne est un pays dont la démocratie est limitée par les droits fondamentaux d’une parte et par le pouvoir du juge d'une autre.UU. Par. et c’est la raison pour laquelle Montesquieu part sur l’idée que la justice doit être un pouvoir nul. la raison en étant que le pouvoir s’est très largement déplacé vers l’U. on a un pouvoir monarchique de plus en plus faible. de R. le politique étant porteur de l'intérêt général. mais de manière beaucoup plus tardive. En France.. La magistrature sera régulièrement épurée pour en retirer les magistrats non favorables au régime. à développer l’économie. Les Parlements ont eu un rôle particulièrement conservateur. Or cet intérêt est de plus en plus evanescent et de plus en plus difficile à établir alors que se développent de plus en plus largement des intérêts communautaires et individuels. Quant à la Ve République. L’ordre ancien. tient aux dirigeants en partie. la plupart des dispositions normatives nationales n’étant que l’application de normes de l’U. C’est la raison pour laquelle le contrôle de constitutionnalité s’installera très difficilement en France. Traditionnellement pourtant. et c’est essentiellement l’expérience allemande. qui tient à ce que l’électeur qui s’exprime par le vote. tandis que le pouvoir du juge s’exerce de plus en plus à un niveau supranational ou international. et la Révolution ne va avoir pour but que de limiter les pouvoirs du juge. du Conseil Supérieur de la Magistrature -ce qu’il n’est plus-. est certainement beaucoup plus accepté qu’en France. les électeurs. en cas de doute. C’est l’inscription notamment qui interdit au juge de se prononcer individuellement sur quelque question que ce soit. de plus en plus fort. BERTRAND. Il devra demander. Il n’existe plus de liberté du politique. La France l’est aussi. et un véritable montée en puissance du juge qui s'explique assez bien par ce phénomène. pour de multiples raisons. dont deux pourraient être que le pouvoir politique est inefficace. Par. Pourquoi a-t-on autant de difficulté à assimiler ou à adopter ce pouvoir du juge. Il y a donc en France. 52 Audrey Plez . Théories et applications du principe de séparation. d’essayer autre chose que les traditionnels partis politiques. La Monarchie n’est plus un pouvoir absolu au temps de Louis XVI.. Une autre raison qui conduit au développement du pouvoir du juge au détriment du pouvoir politique est que ce dernier est fondé sur une légitimité démocratique qui s’exerce au niveau national. tandis que le juge est garant de l’intérêt individuel. Le pouvoir déclinant étant le politique. et un pouvoir ascendant. ce qui déstabilise profondément la démocratie et remet en cause le pouvoir politique. avant la Révolution.. le pouvoir économique par ex. une grande cohérence depuis la Révolution jusqu’à récemment. Il se produit une fissure dans le principe démocratique. qui est l'ordre démocratique traditionnel. quelle position il doit adopter. Il y a un complexe très défavorable au pouvoir judiciaire. on transformera peut-être le vote. La démocratie s’exerce dans le cadre étatique . Les juges vont être complètement soumis au pouvoir démocratique. mais surtout. et décisions. La deuxièmes raison de l’affaiblissement du pouvoir politique est qu’il a en charge l’intérêt général. C’est ce qui explique probablement. Le pouvoir du juge en Allemagne et aux EE. y compris l’autorité judiciaire. une réaction de méfiance et de subordination du pouvoir du juge. à assurer la sécurité. l’idée qu’un juge puisse contrôler la loi est inimaginable. On en arrive à un débat.E. ont la très juste impression que leur vote ne décide pas véritablement d’une politique. qui est national. M. Le problème s'est posé sous l’Ancien Régime. ne voit pas son choix se traduire en actes. soumise au pouvoir politique. avec ce vain espoir qu’en essayant autre chose. le P. au P. Chapitre 1. ces tentatives qui existent dans la plupart des pays.DROIT CONSTITUTIONNEL. au fait que le pouvoir n’est plus là. Le communautarisme et l’individualisme minent alors de plus en plus l’intérêt général. est constaté et menacé. L’ORGANISATION DES POUVOIRS raisons qui conduisent à la déchirure entre le pouvoir du juge et le pouvoir politique.

ou international. et le développement du CP s’accompagne de l’apparition de nouveaux comportements s’accompagnant d’une sanction pénale. De ce point de vue.UU. Et il s'agit d’un phénomène très large. Chapitre 1. Le troisième phénomène tient à la circulation de la jurisprudence. en exposant comment un juge à la Cour suprême s’inspirait de solutions étrangères.Un juge à la Cour suprême des EE. le système de la hiérarchie des normes. le développement de la pénalisation des relations entre les sexes. D’abord. de plus en plus. la jurisprudence américaine pourtant traditionnellement autarcique. conduit incontestablement à renforcer le pouvoir du juge. la peine sert à punir le coupable et à dédommager la société. de manière à ce qu’elles soient compatibles. Il y a un effet géographique et économique qui s’étend bien au-delà du simple territoire politique. L’importance des droits et libertés dans l’ensemble des matières juridiques ou champs du droit. ces droits et libertés doivent se concilier les uns avec les autres. plusieurs raisons : d’une part. c’est bien évidemment une intrusion du juge dans la vie politique. Le juge européen et les juridictions constitutionnelles nationales tiennent compte l’un de l’autre.Mais lorsqu’il s’agit de traiter les rapports entre les OJ. Si on considère que l’on peut mettre en cause pénalement un M. Théories et applications du principe de séparation. par le rôle de régulation que joue le juge. pour avoir pris une décision politique imprudente. ce qui implique un pouvoir d’interprétation développé. fonctionne. de celle du pouvoir politique. BERTRAND. le juge se place dans une situation de légitimité concurrente. à l’intérieur d’un OJ déterminé. Nous sommes. Aujourd’hui elle permet de plus en plus à la victime de surmonter le traumatisme qu’elle a subi. Ainsi ce réseau supranational. Ce qui conduit. La première raison tient à la place occupée par les droits fondamentaux. et l’on charge le juge. non pas dans un systèmes de conformité d’une norme à l’autre. D’ailleurs. À cela. Ils peuvent choisir de s’inspirer d’un autre juge. sinon de compatibilité d’une norme à l’autre. Celui-ci lui permet de placer le curseur ou équilibre entre des droits qui s’opposent. ce systèmes hiérarchique ne joue plus. ce que fait le juge via le moyen de contrôle de proportionnalité. Et cette pénalisation. c’est en quelque sorte l’inverse qui se produit. On devrait arriver facilement à des situations de blocage. mais le droit conventionnel européen. a récemment publié un livre. par ex. La réparation de la victime étant normalement la mission du droit civil. nous n’avons établi aucun moyen de réguler les éventuels conflits entre le droit constitutionnel national. Lorsqu’il le fait. est au sommet de la hiérarchie des normes dans l’OJ national. au sommet dans l’OJ européen. gardien des droits et libertés. et il s’y produit une certaine liberté de jurisprudence. et le droit de l’UE. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Voyons dans un premier temps les raisons de la montée en puissance du juge. or on constate que le terrain pénal se développe considérablement au détriment du civil. TITRE II. le droit pénal prend une dimension considérable. La quatrièmes évolution regarde la régulation des rapports entre les ordres juridiques. constitutionnelles et européennes.DROIT CONSTITUTIONNEL. une mission considérable du droit pénal. va pour l’essentiel consister à interpréter les normes. Et ces situations de blocage. la responsabilité des hommes politiques se situe essentiellement sur le terrain juridique. Le deuxième raison que l’on peut observer est la pénalisation de la vie politique et sociale. le système parlementaire en GB s’est développé au moment où l’on est passé d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique des Ministres. existe de manière beaucoup plus efficace au niveau du juge. qu’au niveau politique. Le droit du travail devient ainsi de plus en plus un droit assorti de sanctions pénales. d’une certaine manière les juges à se fonder un systèmes normatif de référence qu’ils manient plus ou moins comme ils l’entendent. au travers de la faute pénale. D’autre part. il procède bien à un choix de s’y référer ou non. Aujourd’hui. L’on voit bien que lorsque l’on a dit que la C. M.et ce rôle de régulation. Il se produit une pénalisation de la vie sociale. 53 Audrey Plez . Normalement. Les juges s’appuient sur la jurisprudence d’autres juges. sont très largement évitées. la formulation des droits et libertés est très générale. d’une police des moeurs et de la pensée. Encore une fois.

Il découvre dans la C. celle d’entreprendre etc. Par ex. Dans certains cas.. du corps même de la décision politique. Voilà un contexte qui favorise très largement les pouvoirs du juge. tout à fait contestable qui est celle sur laquelle il n’appartient qu’au juge d’adapter le droit aux évolutions de la société. De la liberté de la presse. Constitutionnel va dégager la liberté contractuelle. a contrario la C. Or. Cád que l’on ne considère plus que le législateur. celui de sécurité juridique. le C. ce qui supposait nécessairement qu’il considérait qu’il n’y était pas. M.. ou pertinent. notamment la clarté et l’accessibilité de la loi. Or. Par ex. Constitutionnel a rattaché des principes comme la non-rétroactivité de la loi. et aussi. Constitutionnel en 1994. selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine par le C. 16 de la DDHC relatif à la garantie des droits. De ce point de vue. tient au fait qu’il y a une idée qui est du point de vue de M. auquel le C.. va être déduit par le C. ce pouvoir normatif du juge. le respect des conventions de Chapitre 1. le juge dit la loi. des principes qui n’y figurent pas expressément. Or le juge va intervenir au coeur de la décision politique quand il va contrôler la réalité même de l’intérêt général. Constitutionnel. tiré toujours de la garantie des droits -source de principes constitutionnels à une certaine période-. La question de savoir si la jurisprudence est une source de droit.DROIT CONSTITUTIONNEL. n’est pas certain qu’il devrait avoir au respect du politique. le principe de dignité. Constitutionnel. Il va le découvrir au détour d’une phrase du paragraphe préliminaire du Préambule de la C. Constitutionnel et de la C. ce faisant. au travers de la jurisprudence du C... qui est un principe reconnu par la C. La C. est par défaut. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Un autre élément est le contrôle par le juge. Par ex. La découverte de principes peut aussi. mais une attitude que M. et à ce principe. En réalité. de 1946 qui condamne l’asservissement et la dégradation de la personne humaine. ou tout du moins un intérêt général qui ne soit pas suffisant. la C. » Il y a une grande parenté. Le C. 54 Audrey Plez . SECTION 2. Que peut faire le juge constitutionnel. Le juge va pouvoir dire que celui-ci ne poursuit pas un intérêt général. ne se pose plus désormais. inscrire dans la C. en France. pour ne pas dire une certaine identité. entre exprimer la volonté générale et définir l’intérêt général. Théories et applications du principe de séparation. de la formule de la DDHC de 1789.B. La poursuite de l’intérêt général est pourtant la raison même d’être du pouvoir politique. dit : « La loi est l’expression de la volonté générale. Constitutionnel va ainsi affirmer que si l’on parle de condamnation de ceux-ci. EDH. En 1993. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. Constitutionnel va découvrir dans la C. EDH. la voix de l’intérêt général. résulter simplement d’une actualisation. un comité d’experts. Par ex. TITRE II. et même la raison d’être de la fonction politique. BERTRAND. reconnait le principe de dignité. Constitutionnel va dégager la liberté des médias audio- visuels. le C. adapter le droit aux évolutions de la société est une fonction évidemment politique.B. Nous verrons maintenant quelques manifestations de ce pouvoir normatif du juge. le C. La découverte va aussi tenir à des principes dérivés et *. question qui a longtemps animé les débats juridiques. Constitutionnel a progressivement rattaché à la fois l’exigence relative à la qualité de la loi. ne correspond incontestablement plus à la réalité. Le rôle constructif du juge peut aussi résulter de l’importation de principes reconnus dans d’autres OJ. le droit à un procès équitable. EDH va dire que la loi peut-être rétroactive à condition de poursuivre un intérêt général suffisant. Le rôle du juge. le C. est de respecter à la fois l’intérêt général fixé par le législateur et les droits individuels fixés par la C. le juge constitutionnel français est probablement plus prudent et respectueux du pouvoir politique que d’autres juges constitutionnels. Autre principe. De la même manière que la formule de Montesquieu selon laquelle le juge ne fait que prononcer la parole de la loi.. de l’art. avait indiqué qu’il fallait. le principe de dignité. une jurisprudence que va reprendre en France le C. la prévisibilité de la loi.

Elle va ainsi se référer à des normes qui ne sont pas juridiques. qui ne sont pas reconnus par la Convention. ou correspondre. a été modifiée pour permettre de tels quotas. ou qui s’exerce de très nombreuses manières. cette jurisprudence a pour effet de transformer le rôle de la CEDH. à la question d’indivisibilité des DH. EDH considère qu’elle doit prendre en compte. toute règle Chapitre 1. Un formule peut bien résumer ou expliciter le caractère très constructif des normes de référence de la C. de la Charte Sociale Européenne. Constitutionnel a considéré que cette loi était contraire à la C. En Italie. EDH utilise.. On a donc le droit d’interpréter les dispositions de la Convention à la lumière de *. Un Protocole visant à l’abolir. mais ne sont théoriquement engagés que lorsqu’ils l’ont accepté. ou concernant la peine de mort. C’est là une question qui porte sur la légitimité démocratique de la norme. EDH s’est référé. Constitutionnel procède donc à une adaptation du droit à la société. telles que les recommandations des Comités au Conseil de l’Europe. Elle va développer une jurisprudence sur le droit de l’environnement. C’est par ex. est de considérer qu’il peut aller à l’encontre même d’une disposition constitutionnelle pour dégager un droit qu’il considère s’adapter. dans des questions que l’on pourrait appeler des questions de société. La C. de l’OJ de la CEDH. imposer à un État des obligations qui ne résultent pas du Traité. ou par un mécanisme qui consiste à étendre les normes de références. notamment en 1979. EDH a imposé sa signature à un pays qui ne l’avait pas signée. en un système norme minimum de protection des droits fondamentaux en un système d’intégration. le critère de savoir si une majorité des pays ont fait évoluer leur législation dans tel ou tel sens. à l’actualité. et le C. EDH. puisque d’une part la CEDH définit le mariage comme concernant des personnes de sexes opposés ou différents. quand le législateur a établi des quotas par sexe pour les élections législatives. le cas en ce qui concerne la définition du mariage. On ne peut pas théoriquement. par ex. TITRE II. On part d’un principe très général. Le juge va surmonter cette difficulté en imposant aux États un certain nombre d’obligations auxquelles ils n’avaient pas adhéré. ou le respect des circulations légalement acquises. L’autre problème étant qu’un État ne peut se voir obligé par un Protocole auquel il n’a pas adhéré. Constitutionnel a ensuite pu valider les dispositions législatives prises postérieurement pour établir des quotas par sexe. et les appliquer en dehors même. EDH a très tôt considéré que la Convention devait être interprétée à la lumière de *. ou conjugales. la question de savoir si une majorité. et de sa jurisprudence : «  La C. exerce un pouvoir normatif. la C. et qui n’étaient pas encore intervenues au moment de sa signature. indépendamment de l’opposition que l’on peut avoir sur ce traitement inhumain par définition. la C. la C. la famille ou la peine de mort. en l’espèce la souveraineté de l’État. Le juge européen pour sa part. et en ce qui concerne la famille. c’est le cas par ex. ou une minorité de pays veulent ratifier le Traité n’a pas à jouer. notamment en interprétant largement d’autres droit. alors que la CEDH interdit de donner la mort pour des raisons liées à la famille. et autres normes non-impératives. la CEDH permet la peine de mort. L’ORGANISATION DES POUVOIRS recours. La C. Théories et applications du principe de séparation.- La deuxième techniques est la reconnaissance de droits non-inscrits dans la CEDH. Le pouvoir du juge remet en cause. elle va reconnaitre des droits qui ne correspondent pourtant pas à un domaine couvert par la Convention. En fait. M. Ces trois exemples sont révélateurs.DROIT CONSTITUTIONNEL. Ce que le C. Le C. en se donnant le droit d’adapter le Traité aux évolutions de la société -fonction pourtant éminemment politique. polymorphe. le C. pour y rattacher une certain nombre de principes reconnu dans d’autres OJ. ou aussi rattacher le droit au travail au droit ou respect de la vie privée. Ainsi. c’est le juge qui a établi qu’il convenait de procéder à une telle modification. BERTRAND. Constitutionnel se refuse à faire. Cette notion d’indivisibilité des DH est notamment utilisée pour reconnaitre des droits dans la sphère économique et sociale. Concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. qui peuvent consentir à la limitation de leur souveraineté. Le problème est que s’agissant d’un Traité. partant de droits contenus dans la Convention.. 55 Audrey Plez .

Question importante puisque l’enjeu est l’autonomie du pouvoir judiciaire. Ainsi du point de vue de M. Ce pouvoir du juge dont on vient de voir un certain nombre d’applications. M. de Justice revendique l’autonomie budgétaire. Le problème est qu’à partir du moment où le C. D’une part. 56 Audrey Plez . est le premier et le seul à ne disposer ni de compétence budgétaire. ou la liberté de déterminer la politique pénale. ou système de référence normatif. le problème fondamental qui se pose est celui de la responsabilité. vient du fait qu’il est responsable de la politique qu’il produit. assurer la discipline de ces derniers. ni de compétence pénale. Peuvent être inventés de faux systèmes. ou des organes non-juridictionnels. au sein du C. de Justice et le G. La question étant de savoir. Là encore. ». et parce qu’il convient que le pouvoir du juge ne soit pas sans limite. -selon les pays-. TITRE II.. BERTRAND. qui sont en réalité des Conseils censés exprimer l’existence d’un pouvoir judiciaire -et non son autonomie-. Pourquoi ? Parce que. La question qui apparait alors de manière évidente est celle de savoir devant qui ce Conseil est il responsable. Notamment. et le pouvoir du juge se manifeste par une volonté de devenir autonome par rapport au pouvoir politique. Le deuxième problème qui se pose est celui de la répartition des compétences entre ces Conseils de Justice et le G. ou Conseil de Justice. de toute norme (inter?)nationale. des principes généraux reconnus par les nations civilisées. dont elle définit au cas par cas le périmètre. Théories et applications du principe de séparation. Le C. Le problème est de trouver un équilibre entre l’un et l’autre de ces enjeux. et notamment en France. où l’on dit le pouvoir judiciaire complètement autonome du pouvoir politique. Chapitre 1. l’idée de l’autonomie d’un pouvoir est un principe contraire au principe même de la séparation des pouvoirs. La justice est toujours menacée par deux dangers : le corporatisme et la politisation. intervenir seuls dans la gestion des magistrats ou ces compétences doivent elles être partagées entre les politiques et magistrats. se manifeste notamment sur les débats sur le Conseil Supérieur de la Magistrature. Italie. font partie des politiques de la nation. Une démocratie limitée par des contre-pouvoirs ne veut pas dire un contre-pouvoir autonome par rapport au pouvoir politique. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. etc. et la C. L’ORGANISATION DES POUVOIRS pertinente du droit international pour interpréter les droits et libertés reconnus par la CEDH.  » Ce qui veut dire qu’en réalité. la politique pénale et la politique judiciaire. et qui ont des missions assez variées en général : telles que gérer la carrière des magistrats. le pouvoir judiciaire était trop dépendant du pouvoir politique. la manifestation d’un débat est une réalité. L’indépendance des juges qui est la condition nécessaire pour que les juges puissent exercer ce rôle de limitation du pouvoir politique. Mais il n’y a pas de pouvoir démocratique qui établit le pouvoir judiciaire. en fonction de la question en cours. savoir si les Magistrats doivent être exclusivement gérés par des magistrats.. de Justice doivent gérer le budget de la Justice. qu’elles soient ou non contraignantes. des sources du droit européen.Il y a ici tous les modèles possibles et imaginables. fixer des règles techniques pour eux. et un autre qui établit le politique. de Justice. est ce que ces C. la CEDH n’est plus l’unique cadre de référence. se traduit aussi par un débat sur l’organisation du pouvoir judiciaire. ou la part du pouvoir judiciaire.B. qui peuvent mener une politique pénale autonome -ex. SECTION 3.  Il s’agit notamment. Un autre modèle est celui de plusieurs Parlements. des dispositions reconnues par un juge national. la bonne solution est un partage de compétences entre le C. n’applique pas l’autonomie du pouvoir judiciaire.DROIT CONSTITUTIONNEL. parce que «  toute personne qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Or elles sont des politiques qui relèvent du G. EDH dispose d’une très large palette normative. Les débats sur cette forme de revendication de devenir un pouvoir judiciaire. mais enfin il est autonome parce qu’il est placé sous l’égide de la Révolution qui établit tous les pouvoirs.. des avis et recommandations des comités d’experts. si les magistrats doivent être majoritaires au sein de ces comités. et l’un des premiers débats porte sur la composition de ces Conseils de Justice. l’enjeu étant de savoir quelle est la part du pouvoir politique. Le deuxième aspect est que le lien avec le G. de la Magistrature en France.

LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION.DROIT CONSTITUTIONNEL. M. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. II. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. I. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On est toujours dans un système de balancier. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. SECTION 2. À continuation… INDEX. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. Théories et applications du principe de séparation. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. A. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. 57 Audrey Plez . §2. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. Chapitre 1. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE. TITRE II. INTRODUCTION GÉNÉRALE. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. §2. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL. BERTRAND. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. III. I. III. B. B. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? TITRE I. §1. CHAPITRE I. SECTION 1. A. II. § 1. Et l’on traitera de la question de la légitimité du pouvoir du juge. qui est un des problèmes fondamentaux de l’organisation du pouvoir du juge.

D. §1. §1. B. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LE SUFFRAGE. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. SECTION 3. SECTION 2. CHAPITRE 3. 1. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. §2. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §3. LES ORIGINES HISTORIQUES. SECTION 1. Chapitre 1. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. §2. SECTION 2. Théories et applications du principe de séparation. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. TITRE II. C. §2. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). §2. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. LE DROIT DE VOTE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. 3. SECTION 3. §2. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). TITRE II. SECTION 1. §1. A. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. M. §1. BERTRAND. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. CHAPITRE 2. §3. LES DROITS FONDAMENTAUX. CHAPITRE 1. A. B. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. B. SECTION 2. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. §3. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. A. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. A. CHAPITRE 2. 4. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE.DROIT CONSTITUTIONNEL. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. SECTION 2. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. 2. SECTION 1. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. B. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. §1. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. SECTION 1. 58 Audrey Plez . LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. SECTION 3.