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DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
INTRODUCTION.

Le cours sera divisé en deux grandes parties : on abordera d’abord les questions générales du droit
constitutionnel, comment il s’est construit, de manière abstraite et à partir de l’analyse de systèmes étrangers
et de l’histoire constitutionnelle française, etc. ; puis les institutions et le fonctionnement institutionnel. Il ne
faut pas laisser s’accumuler une somme d’incompréhension, à aucun moment, et retenir l’importance des
commentaires, en se concentrant sur les idées dégagées plutôt que sur le contenu cité de l’article. Il est bien
d’utiliser un manuel de référence. Il y aura un Salon du Conseil Constitutionnel, ce samedi 10 octobre à
partir de 10 heures, auquel il pourrait être intéressant d’assister.

L’essai sur la Constitution : tout bouge mais rien ne change, peut compléter la première partie du
cours, puisqu’il y aura peu de référence à ces notions dans un manuel. Deux épreuves auront lieu au cours du
semestre : un oral-écrit, une épreuve d’une heure, avec un sujet, qui pourra prendre la forme d’une
dissertation, ou d’un commentaire de texte bref -on nous demandera alors le plan et la rédaction.- Le but ?
Trouver les questions transversales qui permettent d’y répondre. C’est un exercice, en effet, qui vise à
vérifier notre compréhension des grandes questions abordées, mais il doit être nourrie d’un certain nombre
d’informations cependant. Il faut savoir résumer, chercher, trouver et hiérarchiser, soit établir un cadre
conceptuel solide, plus qu’un cumul de connaissances. Une séance de révision se produira avant l’examen
lots duquel nous trouverons réponse à toutes nos questions.

INTRODUCTION GÉNÉRALE. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU
DROIT CONSTITUTIONNEL.
I. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.
II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
III. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
A. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT.
B. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ?

INTRODUCTION GÉNÉRALE
HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL

Nous ferons ici la présentation d’un certain nombre d’idées qui seront par la suite développées et
approfondies, d’où l’importance de l’articulation des idées, afin d’aboutir à une vision d’ensemble.

Nous partirons d’une définition qui se solidifie, s’effrite, et se modifie au cours du temps. «  La
Constitution ce sont les normes juridiques qui régissent le gouvernement d’un État, et on entendra par droit
constitutionnel, le droit relatif à la constitution, à ses fondements et à ses effets. » Il s’agit là d’une définition
générale, et partiellement inexacte ou incomplète, elle sera modifiée à mesure que nous avancerons dans le
cours.

2 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Nous procèderons maintenant à une reprise rapide de l’histoire du droit constitutionnel, et non de
l’histoire constitutionnelle, mais encore plus précisément, de l’histoire de l’enseignement du droit
constitutionnel, puisqu’elle est tout à fait révélatrice de la manière dont le droit constitutionnel a évolué. Bien
qu’il y ait un décalage dans le temps entre la manière dont une matière évolue, et la manière dont on
l’enseigne, ce retard n’est pas infini. On envisagera ensuite les perspectives contemporaines de l’évolution du
droit constitutionnel avant de voir les fondements du droit constitutionnel.

I. L’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.

La Déclaration de 1789 est la première pierre du Droit Constitutionnel -à l’avenir, DC- français.
Comme objet d’étude, le DC deviendra une discipline qui émergera à la fin du XVIIIe s., avec la Révolution
Française et la déclaration d’indépendance des EE.UU.

Avant la Déclaration, le DC n’est quasiment pas enseigné, et les disciplines enseignées sont le Droit
Romain, Civil et Canonique. Il y a dès cette période un enjeu politique de l’enseignement du DC. DIDEROT
et d’autres philosophes, dans un mouvement, vont critiquer l’absence de son enseignement, ou en tout cas, de
son objet : le droit des sujets, les institutions, etc. ; soit l’organisation de l’État, la démocratie et les droits des
citoyens, dans les termes de l’époque. Il s’agit d’un argument que l’on va retrouver jusqu’au début de la IIIe
République, et qui se trouve être éminemment politique. MAUPEOU, chancelier et ancien Ministre de la
Justice utilisera, par ailleurs, cette formule : « Il est imprudent de toucher aux mystères qui concernent les
maximes fondamentales de la Constitution  ». Il faudra attendre la Révolution pour que l’enseignement du
DC soit généralisé dans les facultés de droit, mais ceci aura peu de portée puisque, dès 1795, elles seront
supprimées et remplacées par des écoles de droit départementales de mauvaise qualité. L’enseignement du
DC ne se développe pas alors.

En 1804, sous le 1er Empire, les facultés de droit sont rétablies et le DC également, quelques années,
puis il disparait. En 1819, il réapparait, pour disparaitre à nouveau en 1822, sous la Restauration. Le motif de
la suppression est que l’on souhaite «  éviter que l’imagination ardente des étudiants ne s’égare dans des
controverses politiques.  » L’idée ici traduite est que celui-ci touche trop à la matière politique pour être
enseigné de manière juridique. Il y a donc un perpétuel mouvement de suppression et de rétablissement. En
1834 il est ainsi rétabli, à nouveau, avant de disparaitre une nouvelle fois, et il est finalement rétabli
définitivement en 1887, sous la IIIe République, période durant laquelle il devient une matière au concours
d’agrégation.

La France, comme on le verra en partie, est caractérisée alors par une très forte instabilité
constitutionnelle, surtout dans la période qui suit la Révolution. La stabilité des principes issus de la
Révolution vont se trouver dans le Code Civil -à continuation, CC-, alors que la Constitution -à continuation,
C.- se veut un texte instable et très politique. Dans la deuxième phase, -qui correspond à la première moitié
du XXe s. et jusqu’au début de la 2e GM-, le DC est un droit essentiellement institutionnel, ce qui implique
que l’on s’occupe des formes du gouvernement, de la description des institutions et des pratiques
parlementaires et gouvernementales. Pendant cette période, le droit public va s’incarner essentiellement dans
le droit administratif. Cela est dû à ce que la C. ne se réfère qu’à des dispositions générales, et pour autant, la
protection des droits et libertés individuels se fera essentiellement par l’intermédiaire de la jurisprudence, en
accord avec ces principes. Dans l’après guerre, se produit un changement important de perspective du DC, et
celui-ci va essentiellement se tourner vers la sphère politique. À cela plusieurs raisons : l’analyse de la
conception anglo-saxonne et américaine, essentiellement politique, et l’analyse marxiste du DC ; et le rejet,
d’un autre côté, d’une approche strictement juridique de celui-ci, au regard du fait que le DC a constitué un

3 Audrey Plez

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cadre qui s’est assez bien prêté aux régimes qui se sont installés, à travers l’Europe et en Allemagne par
exemple. C’est à dire, qui n’a pas constitué une barrière contre l’installation de certains types de régimes.

Dans la dernière phase, depuis les années 1980, la doctrine constitutionnelle a connu une évolution
assez profonde, notamment sous l’impulsion du réinvestissement par des textes constitutionnels à fort
contenu normatif et de par l’existence d’un juge constitutionnel. La C. se prévaut alors de beaucoup plus que
de dispositions institutionnelles et l’on assiste incontestablement, en plus d’une juridicisation, à une
juridictionnalisation du DC, qui commence alors à être invoqué devant les tribunaux. Le DC s’applique alors
à l’ensemble des branches du droit. Il est devenu un droit utilisable et utilisé par les praticiens du droit,
notamment à travers la question prioritaire constitutionnelle, -QPC, à l’avenir.- C’est alors que l’on constate
la forte séparation des disciplines que sont la science politique et le DC, qui s’écartent alors très largement
l’une de l’autre.

II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.

Les Constitutions, bien que ce que nous exposerons après est vrai mais incomplet, contiennent deux
types de règles : relatives à l’organisation du pouvoir -en son aspect institutionnel, et qui forme le droit
constitutionnel substantiel ; puis relatives aux droits fondamentaux. Cette référence aux droits fondamentaux,
cependant, est à la fois vraie et trompeuse, et partielle puisque l’on trouve aussi dans la C. un certain nombre
de principes, et de valeurs, qui ne sont ni des droits fondamentaux, ni des libertés fondamentales, ni
d’ailleurs, des dispositions institutionnelles. En France, seul le premier type de règle, jusqu’en 1971,
intéressait le DC ; date à laquelle le Conseil Constitutionnel -à continuation, C. Constitutionnel- reconnait à
la fois valeur et effectivité au Préambule de la Constitution qui se réfère aux droits et libertés fondamentaux.

Ceux-ci vont prendre de plus en plus d’importance du fait du contrôle de constitutionnalité, et aussi,
par une espèce de retour aux sources de 1789, et notamment à l’art. 16 DDHC, qui indique que si la garantie
des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, il n’existe pas de C. Il s’agit là d’une
fausse affirmation, puisque l’on peut très bien établir un régime autocratique par une C. ; c’est un jugement
de valeur, une déclaration idéologique, qui renvoie la C. à la séparation des pouvoir et à des valeurs, en plus
d’un mode d’organisation particulier. Le problème est que ces droits fondamentaux, sont devenus bien plus
qu’un ensemble -à continuation, E.- de règles fixées par la Constitution. Ils sont devenus, en quelque sorte,
l’un des fondements sur lesquels doit se construire et s’appuyer le pouvoir. On trouve d’ailleurs cette
formulation dans la C. de 1958, qui fait référence aux notions de souveraineté et de droits de l’homme, mais
encore plus clairement dans la C. allemande, qui reconnait des droits et libertés inaliénables, à toute société
humaine. Elle fait ainsi référence à des droits préexistants quasiment ontologiques, et de ces droits, l’oubli
est la cause du malheur publique, ce pourquoi ils doivent être réaffirmés.

Il n’y a pas ici de création, sinon plutôt une réaffirmation de ces droits, le caractère inaliénable de la
dignité, et l’égalité des êtres humains étant des postulats de la DDHC de 1789, fondée d’ailleurs sur une idée
chrétienne de la conception naturaliste que l’on s’est faite de l’homme ; la loi découle de la conception de
l’homme. Si n’est pas reconnue la dignité de l’être humain, il n’y a pas de raison pour que ces droits en
découlent. Il s’agit de postulats en terme de valeur, et pour cette raison, le système des droits fondamentaux,
est considéré comme un fondement de l’ordre social. Remarque : Ne mettez pas de signes positifs ou négatifs derrière des
mots. Ainsi, ce qui est démocratique est démocratique, et les droits fondamentaux ne font pas la démocratie, de manière que si l’on
affirme que l’U.E. n’est pas un système démocratique, il s’agit là d’un simple constat juridique, et non pas d’une conception négative
ou critique de l’Europe. La démocratie répond en effet à des critères juridiques, qui entrent ou non, dans un système, et ne dépend pas
de l’appréciation favorable ou défavorable que l’on s’en fait. La pédagogie par la provocation, également, lors du cours, vise la
destruction d’idées toutes faites pour qu’elles puissent être ensuite reconstruites par chacun. Il ne faut pas affecter à ces affirmations
une valeur positive ou négative, sinon qu’elles sont simplement dirigées à éveiller notre curiosité.

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Cette évolution du DC s’est opérée sans véritable modification des textes constitutionnels. C’est une
évolution qui a principalement et essentiellement résidé dans la figure du juge. Le premier phénomène a
voulu que les droits fondamentaux irriguent, ou s’appliquent à l’E. des champs juridique, -en effet, de
nombreux principes constitutionnels touchent à d’autres branches ou domaines du droit.- Le deuxième
facteur s’est fait à travers deux caractéristiques des droits fondamentaux, d’abord parce qu’ils sont
nécessairement exprimés en des termes généraux, et que c’est de ces principes généraux que nous allons
déduire des règles et droits précis ; puis parce qu’il va falloir les concilier. À ce sujet, l’idée de progrès en
terme de droits fondamentaux est une idée assez fausse. Elle peut être globalement vraie, notamment si l’on
se penche vers la question de la suppression de la peine de mort, par exemple. Mais en prenant d’autres
exemples, on s’aperçoit que plus se développe la liberté d’entreprendre, celle de choisir et se débarrasser de
ses salariés, plus se limite le droit au travail ; plus s’étend la liberté de la vie privée, plus se réduit la liberté
d’expression des journalistes. Il s’agit là d’un exercice d’application contrôlée de plusieurs droits
fondamentaux, sauf peut-être dans le cas du principe de dignité, qui est le point d’ancrage des droits
fondamentaux, et qui ne connaît pas les même limitations. Dans la réalité, les droits fondamentaux doivent
être conciliés, et il n’apparaît pas de hiérarchie évidente.

Ces deux points vont donc conduire à des conséquences fondamentales aujourd’hui : c’est
l’institution du juge, qui joue ce rôle fondamentale de les balancer. C’est la raison pour laquelle nous
sommes dans une société où, bien que le juge ne dispose pas d’un pouvoir d’origine démocratique, il occupe
une place essentielle. Il existe une séparation fondamentale entre le pouvoir politique et le pouvoir du juge,
bien plus que celle d’un pouvoir exécutif, face à un pouvoir législatif. Pour le juge, son instrument, et son
outil, est le contrôle de constitutionnalité. Le phénomène contemporain essentiel de la prise de pouvoir du
juge, est très largement le résultat de cette situation. Objectivement, on peut donc débattre de la notion de
progrès, en dehors de certaines questions précises, telle la peine de mort, puisqu’il existe des questions
extrêmement sensibles d’équilibre, comme c’est le cas, par exemple, pour l’avortement, et de conciliation
entre droits, libertés et normes qui s’opposent. La place des droits fondamentaux, le pouvoir du juge, sont
autant de choses qui, bien qu’elles ne soient pas reflétées dans les textes, ont vu leur application évoluer en
grande mesure. Ces changements s’opèrent sans que rien ne se décide. On notera que l’on parle encore
d’autorité juridictionnelle et non de pouvoir juridictionnel.

La souveraineté, sous ses deux formes, est une autre de ces évolutions. La première forme de
souveraineté est l’interne, la seconde, celle de l’État sur le plan international. Sur le plan interne, dans une
démocratie, la souveraineté est celle du peuple. Celle de l’État, veut que l’État soit indépendant de tous les
autres, et qu’il soit simplement lié à ceux-ci de manière contractuelle, par l’intermédiaire des Traités. Cette
souveraineté réside dans l’autonomie et l’indépendance des États. Cependant, on observe que la
souveraineté, en ses deux aspects, est remise en cause. Sur le plan interne, dans une démocratie, c’est la
souveraineté du peuple, en partant de deux définitions, la première purement textuelle, où la souveraineté est
le pouvoir initial et inconditionnel, qui veut qu’il n’existe pas de souveraineté partagée. Il peut exister un
conflit de souveraineté, plus qu’un partage, et l’on ne doit pas confondre le partage des compétences qui
relèvent de la souveraineté et le partage de la souveraineté. La construction de l’État français s’est faite
autour de cette notion clé de souveraineté du peuple, ce qui n’existe pas, par exemple, dans l’histoire de
l’Allemagne ou d’autres pays.

Le lien entre la démocratie et la souveraineté vient du fait que dans une démocratie, le peuple est
souverain. Or, à partir du moment où un juge peut dire que l’on ne peut modifier la C., parce que ceci serait
contraire à la norme fondamentale, on est en droit de se demander qui est réellement souverain. C’est la
situation en Allemagne, où le juge pourrait ainsi sembler souverain. En France, en 1958, un projet questionne

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à travers une démocratie ? Notre religion est devenue celle des droits de l’homme. Une autre violation évidente de la souveraineté des États passe par les interventions humanitaires. Il existe une perte de vitesse de la démocratie. ainsi transférées à l’U. fonctionne mal dans les pays qui ont un système dit démocratique. et de la manière dont elle est appliquée. lorsqu’elles souhaitent par exemple combattre le régime d’un dictateur. démontrent un pouvoir référendum. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. puisqu’ils peuvent la quitter à tous moments. ils n’en gardent pas moins le noyau.B. Les conséquences dévastatrices du Printemps Arabe démontrent bien que la démocratie doit correspondre à l’histoire du pays dans lequel elle est instaurée. C’est donc une provocation lorsque l’on affirme que l’Allemagne est fondée sur la démocratie et la France sur les droits fondamentaux. Cette remise en cause. Il s’agit. économique. selon les pays. dans sa conception actuelle. La raison pour laquelle les peuples n’en veulent plus. pour reprendre cette analyse à travers les manuels de DC. et les États souverains se vident de leur souveraineté. vient du fait qu’ils ont le sentiment très fort et réaliste. qui ne correspond en rien aux systèmes asiatiques. Par. qui se fait ici au nom de l’idéal des droits fondamentaux .DROIT CONSTITUTIONNEL.E. par exemple. La gauche. Par. sont une option immuable et la clé du progrès. Il nous faut dépasser la notion selon laquelle nous vivons dans un monde qui ne cesse de s’améliorer et qui suppose que la démocratie et les droits fondamentaux. tels que les ONGs. A.E. tout comme la droite se concentrent sur des questions de sociétés. par l’affirmation démagogique qu’ils vont être entendus. Nous observerons que la démocratie.. c’est la souveraineté du peuple qui s’exprime. Le monde tel qu’il est. alors il n’est pas d’importance fondamentale des droits de l’homme. M. où l’individu ne pèse rien . date pour l’essentiel du XVIe s. et autres éléments d’influence. À travers le transfert de compétences. et qu’il s’est construit sur la base de la souveraineté . Par le référendum. L’abstention et le vote blanc forment la nouvelle majorité aux élections. Le peuple s’incline également. et tel que l’on voudrait qu’il soit. tel que le mariage gay. 6 Audrey Plez . et la perte de la démocratie dénote un manque d’effectivité. Les votes extrémistes peuvent ainsi apparaître comme une tentative de sortir de cette masse. Comment gouverner un pays comme la Russie. sans l’État. Le Gouvernement. Par. et le lien juridique principal de sa souveraineté. BERTRAND. qui n’a jamais connu de système démocratique. Si l’on part d’une définition générale. M. l’U. lorsqu’il décide de réélire ce même gouvernement qui n’avait pas respecté le L’économie. L’État conservera ce point cardinal. à celle d’État. sans qu’elle se reconstitue à un niveau européen. de manière inquiétante. a signé un accord européen auquel s’opposait le peuple. il va falloir s’interroger sur la définition de la notion de C. ne se construit pas sur la démocratie. Tout d’abord. la souveraineté s’évapore. de la même manière que l’ingérence américaine. Cette constatation peut résulter de deux raisons : la première. Un exemple pourrait être la Grèce. juridiquement de la même démarche. et la C. de l’État. Nous verrons maintenant que l’État. dans laquelle le DC est une science qui a pour objet l’étude de la C. qui a parfois plus de poids que le pouvoir politique. et que les personnes qui n’en ont pas n’en veulent pas. Mais si ces États perdent partie de la substance de leur souveraineté. il n’a pas connu de progrès sinon une évolution. D’abord. Le vote extrémiste constitue ainsi une tentative désespérée de reprendre la main. cependant. Ces interventions sont similaire aux croisades.E. lorsqu’ils transfèrent des compétences. : la première. On observe un véritable déclin démocratie. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. la plupart lient l’idée de C. puisqu’il indique qu’il ne lui appartient pas de se prononcer. elle se vide de ses compétences. passe par deux choses. C. tant qu’il conservera la liberté de quitter l’Europe. INTRODUCTION GÉNÉRALE la suppression de certains droits fondamentaux et le juge ne s’y oppose pas. est ainsi simplifié . l’U.. et si l’individu n’est pas essentiel. qui enlève un dictateur pour y instaurer une démocratie. que leur opinion n’a plus d’importance dans la réalité. qui forme le lien traditionnel. sont à séparer tout à fait. mais fonctionne malgré tout. et l’on peut ainsi affirmer que le peuple ne détient plus exclusivement la souveraineté. III. Il correspond aux États souverains de régler leurs problèmes internes. Le mouvement porté par l’extrême gauche ou l’extrême droite. qui se sont faites au nom d’un idéal religieux.

BERTRAND. l’organisation post-moderne des communautés politiques devient de plus en plus complexe. mais non comme une exigence. est la définition normative de la C. il est intéressant de s’interroger sur la C. Le critère formel est le critère contemporain de la Constitution. est si l’État constitue la seule forme de communauté politique. la C. en revanche. Il existe une volonté de donner formellement à ces textes européens. De ce point de vue. la forme d’une Constitution. pour autant. Ainsi. le système du Conseil de l’Europe. En ce qui concerne le critère matériel de la Constitution. et cette définition provient d’ARISTOTE. ainsi. liée à l’État. Le lien entre C. vient du fait que seuls les États peuvent être dotés d’une C. formelle. INTRODUCTION GÉNÉRALE purement factuelle. le lien entre la C. est en effet.E. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? En son deuxième aspect. La collectivité territoriale ainsi. Si l’existence d’une C.DROIT CONSTITUTIONNEL. n’est pas nécessaire. B. elle est un pouvoir exercé. Il faut ainsi différencier un principe de généralité et un principe de spécialité . et contrairement à ses prétentions. revêt la forme d’un texte écrit. La DDHC expose la manifestation écrite comme une condition à son effectivité. Comment distinguer la communauté politique d’autres groupements ? On peut considérer qu’une association n’est pas une communauté politique . vient du fait que les États soient dotés d’une C.. C’est le cas. et l’État. et ainsi si ce groupement a. et qu’il a le monopole de l’édiction de règles générales et inconditionnelles. puisque c’est cette norme qui leur confère leur validité. n’est pas une communauté politique. ou condition à l’existence d’une C. soit l’ensemble des normes qui fixent les conditions d’édictions des autres normes et leur profèrent leur validité.. et une autre partie concernant les institutions. La troisième définition. de la France dans l’Ancien Régime. sans l’État. et qui renvoie à une définition à la fois formelle et matérielle. formelle. un lien tout à fait relatif. * Si l’on prend la notion de C. procède au sein de l’État. M. la deuxième raison. enfin. par exemple. notamment les droits fondamentaux. parce qu’on ne peut pas assimiler tout groupe soumis à des règles communes. qui veut que la C. la C. avec une partie concernant les droits de l’Union. En revanche. Une communauté politique comporte un certain nombre d’individus regroupés sur un territoire et dotés d’un système de gouvernement. matérielle . L’existence d’une C. le problème se pose concernant l’U. tels que les lois de succession. ou non vocation à résoudre l’ensemble des problèmes communs à cette communauté. Les règles qui s’imposent au Gouvernement. Bien qu’elle ne soit pas un système fédéral. Or on a longtemps considéré que l’État était la seule forme de communauté politique. le fait qu’elle soit au sommet de la pyramide. écrite. écrite. et le développement de ces communautés politiques n’est pas hiérarchisé. s’explique par le fait que l’État est considéré comme souverain. Cette définition normative est celle qui correspond à la pyramide de KELSEN. elle emprunte certains éléments à celui-ci . puisqu’il a une spécialité : la protection des libertés et droits fondamentaux. lui permet de fixer et conférer leur validité à d’autres normes. un État peut ne pas avoir de C. La formule de la Déclaration de 1789 qui pose implicitement l’exigence d’une C. il est des éléments qui relèvent 7 Audrey Plez . . partagée entre la spécialité et la compétence générale. le projet de Constitution européenne est ainsi rédigé sur le modèle d’un texte constitutionnel. du fait de caractéristiques qui leurs sont propres. La question qui va immédiatement se poser. matérielle conditionne l’existence d’un État. elles ne sont libres qu’à la condition qu’elles soient conforme à la C. dont le système théocratique tient de la C. matérielle et formelle. plus théorique. à une communauté politique. doit ainsi être considérée comme une réaction à l’Ancien Régime. les normes infra-constitutionnelles sont nécessairement inférieures . Dans cette définition traditionnelle de la C. et des normes produites.. forment la C. formelle. En son premier aspect. qui comporte des éléments constitutionnels. et qu’elle n’en est pas une. ne tire ses compétences que de l’organisation étatique. puisqu’elles sont édictées selon une procédure fixée par la Constitution.

est ainsi la traduction d’un acte de souveraineté. une C. non pas à la Constitution. Les auteurs de ce texte restent les États. et non démocrate. en effet. de créer un Etat.. et pour effet. et État. La CE (Constitution Européenne) est ainsi indépendamment. formelle sans État.E. puisque son titulaire doit pouvoir les récupérer. Les compétences qui relèvent de la souveraineté peuvent être attribuées à d’autres entités -d’où sa limitation-. Le projet de C. le droit européen a une valeur supérieure. Giscard d’Estaing. et les citoyens n’interviennent pas dans l’élaboration de la CE. s’est construite en évitant la question de la souveraineté. et des dispositions relatives au pouvoir. et on distingue bien une hiérarchie dans l’ordre national. et qui ne dispense pas d’essayer d’analyser ses caractéristiques. de créer un État. Il supprime probablement l’aspect formel mais ne change pas l’aspect matériel . puisqu’elle n’a aucune autonomie au dehors des citoyennetés nationales. de conférer leur validité à d’autres normes. prises dans le contexte étatique. et dans l’ordre européen. ni ne s’identifient. tout comme international. La loi nationale ne trouve pas son fondement et sa légitimité dans l’ordre juridique européen sinon dans l’ordre juridique national . qui régit cet ordre juridique qu’est l’U. mais la possibilité d’une C. et puisqu’il y a des compétences qui sont abandonnées par les États et qui relèvent traditionnellement des institutions politiques. Le droit européen.UU. une question délicate à manier au niveau européen . ce dernier étant un pouvoir initial . alors que la CE n’a jamais eu. Il y a donc une forte charge symbolique dans cette notion de citoyen. En droit français. et quel lien entre la CE et le principe de souveraineté ? Il existe un lien historique entre la C. a pour effet d’introduire l’ordre juridique européen dans la C. trouve le fondement de sa prévalence dans la C. ni pour objet. des normes édictées dans le cadre européen. le président de la commission. des EE. et confère sa validité à l’ensemble du système normatif. dénote l’absence de lien formel entre C. mais elle est conceptuellement 8 Audrey Plez . deux caractéristiques de l’U.C’est un ordre juridique qui succède. sur le plan matériel. puisque la CE ne confère pas leur validité à l’E. Il est un ordre constitutionnel non étatique. et puisqu’elle dispose d’un fort potentiel idéologique. et cette valeur s’appuie sur une disposition constitutionnelle.E. l’État et la souveraineté sont-ils indépendants ? La souveraineté est historiquement un attribut de l’Etat .E. Le deuxième critère consiste à déterminer si l’U. même si celle-ci est imparfaite. celle-ci étant relativement factice. D’ailleurs. et non pas européen. l’U.E. elle pose pour autant le premier problème : Quel lien entre la souveraineté et l’État. ni pour effet. La question de la souveraineté est. Cependant. qui ne se recoupent pas. et il y a bien matériellement une Constitution européenne.. ou prolonge l’ordre juridique étatique. BERTRAND. ne peut être adoptée et modifiée qu’avec l’accord de l’E. La formation du droit de l’Union se fait ainsi incontestablement sur le modèle formel et matériel d’une Constitution. compare ce Traité à la C. et la marque du voeux de créer une communauté politique se traduit par la reconnaissance de la citoyenneté européenne. Pour autant. la différencie fondamentalement de ce qu’est un État. M. elle se limite mais ne se partage pas. et la C. et cette idée de souveraineté n’existe pas dans le cadre de l’U. bien qu’elle ne le soit pas sur le plan normatif du terme . qui constitue l’ordre juridique moderne. qui est alors V. Il s’agit de la notion d’ordre juridique post-moderne -un terme à utiliser avec caution. puis des dispositions relatives aux normes. Lorsque le projet est élaboré. qui renvoie très largement à cette idée de communauté politique. son caractère normatif étant en général ce qui permet à la C.. : l’exposé de valeurs dans le Préambule et le Titre I. constitue une communauté politique . La notion de souveraineté partagée souvent employée est une commodité de langage pour désigner une réalité. INTRODUCTION GÉNÉRALE habituellement de la C. mais à la loi. des États. mais ne se partagent pas.DROIT CONSTITUTIONNEL. Dans chaque État. Au principe de souveraineté. cette dernière a eu pour objet. La C. en tant qu’ordre juridique non souverain. on procède ainsi à un référendum national. On reste cependant en droit de se demander quel est cet ordre juridique de l’U. et l’État.E.E.

L’U. entre le vote aux élections européennes et le choix de la politique européenne. il s’agit simplement d’une analyse juridique. il n’y a pas de démocratie au niveau européen. §1. on vote pour les partis nationaux. on leur demande de définir la position de l’État dans les négociations. CHAPITRE I. puisqu’il n’y a pas de débat politique européen. §2. BERTRAND. SECTION 1.E. TITRE I. dont l’U. est lorsqu’une partie d’un État souverain revendique à son tour. qui sont des ordres juridiques. Ces formes modernes renvoient à l’idée d’une souveraineté qui appartient au peuple. mais ces aspects et sa légitimité sont choses distinctes. A.
 9 Audrey Plez . Même lorsque les peuples votent. soit en adoptant des règles fondamentales. On voit. càd une C. un pouvoir souverain. mais aussi par la décomposition des États. On peut distinguer dans l’actualité un développement du communautarisme. L’identité nationale première tend incontestablement à s’affaiblir. II. Sur le plan juridique. La démocratie est la détermination du titulaire de la souveraineté dans l’ordre juridique. La même analyse peut être faite au sujet du principe démocratique. I. que l’on aspire à la souveraineté de communautés infra-étatiques. qui peut se discuter. et n’est pas fondée sur une souveraineté interne qui vient du peuple. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. -et il n’y a là rien de polémique ou d’idéologique. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ.E. en quelque sorte. vers l’explosion de l’État. ou formation. §2. en tant que signataire du Traité. soit en s’exprimant directement par la voie des référendums.. La notion de souveraineté est très attachée à la conception étatique française. et nécessairement. § 1. à travers la constitution. L’Union n’a aucun fondement démocratique. réside dans le peuple. d’où qu’une infime minorité dans un État puisse empêcher de ratifier un texte à niveau européen . M.Par. L’ordre juridique européen doit être considéré comme un ordre juridique constitutionnel non souverain. Il n’y a pas de fondement démocratique. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Les compétences de la souveraineté peuvent se partager. B. La démocratie signifie d’abord. inexistante à l’époque féodale. ne sont pas les auteurs du texte fondamental. par la CEDH. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. INTRODUCTION GÉNÉRALE contradictoire : la réalité est celle d’États qui restent en principe souverains. d’un ordre juridique supra-étatique. Il s’agit donc d’un processus démocratique national. en ce qu’elle dépend des États. des éléments de fonctionnement démocratique. on voit ainsi émerger.E. SECTION 2. est l’exemple le plus révélateur. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. et des ordres constitutionnels.. pas souveraine.. qui l’exerce par des décisions majoritaires. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. se développer des ordres juridiques nouveaux. ni démocratique . LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL.E. mais où les Etats se voient très largement privés de l’exercice des compétences qui relèvent habituellement de la souveraineté. Là où le conflit devient ingérable. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. Il est un ordre juridique. sinon sur l’accord des États. de la spécificité de l’U. et il n’y a pas de lien direct. La reconstitution du monde géopolitique se fait en rapport à des logiques qui ne sont plus celles de l’État . L’État va se créer avec l’idée de souveraineté. il existe une désagrégation de l’État. mais qui ne sont pas des ordres juridiques d’État. mais pas européen. que le fondement du pouvoir accordé à son titulaire. que l’on peut appeler Traité ou CE. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Dans tous les pays européens. La souveraineté de l’État est ainsi mise en cause par l’U. dans le système européen. qui n’est ni souverain. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. Càd. ce sont les peuples des États . sur le modèle de la Russie par exemple. soit en élisant ses représentants. et les citoyens dont il est question dans la CE. une logique impériale.DROIT CONSTITUTIONNEL. mais pas la souveraineté elle-même. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. pour autant. Il y a donc.

le principe de soumission aux actes d’administration. Parlement. ces derniers étant ceux mis en place par la Constitution -Président. Préambule CF (Constitution Française). LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. Chapitre 1. par la constitution d’organisations supra-nationales. cf. 10 Audrey Plez . d’où l’insistance qui émergera pour un passage à un Etat de droit non plus formel. c’est la notion de droit matériel que nous verrons apparaître . Les droits constitutionnels et notamment les développements de la jurisprudence constitutionnelle et des révisions constitutionnelles. les droits fondamentaux fixeront les buts de l’organisation de l’État. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL III. dans ce même énoncé. l’autonomie de l’État national.-. §1. M. Cette définition substantielle de l’État de droit. Même l’existence d’un contrôle de constitutionnalité manifeste l’idée selon laquelle le législateur est soumis au respect de la C.. dans le droit constitutionnel matériel. BERTRAND.DROIT CONSTITUTIONNEL. Càd. de 1958 renforce incontestablement la place du peuple dans la C. Il en résulte un système de complémentarité. cád que l’État de droit sera alors considéré comme celui où l’on va respecter un certain nombre de valeurs. De ce point de vue. En effet. vont traduire un renforcement de l’ancrage du DC aux droits fondamentaux et un affaiblissement du lien entre le DC et la souveraineté. la C. ce qui est l’expression de la volonté souveraine du peuple. SECTION 1. Durant la 2e GM. va limiter la portée du principe démocratique. Ici. exprime très clairement la place du principe de souveraineté dans l’ordre constitutionnel. forme de distinction horizontale des pouvoirs : la séparation entre le pouvoir constituant. entre la souveraineté et les droits fondamentaux. implique une première distinction du pouvoir. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. Après la 2de GM. La seconde signification du principe de souveraineté porte l’affirmation selon laquelle. dans une démocratie. les individus vont en effet s’apercevoir que l’État de droit formel ne protège réellement de rien. et les pouvoirs constitués. d’abord sous un aspect essentiellement formel. TITRE I LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL CHAPITRE 1. il y est dit que : «  Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789. affaiblie en ce qui concerne la souveraineté interne par le poids de ce que nous appellerons la concurrence des droits fondamentaux. n’est bordée que par la souveraineté des autres Etats. Le principe de souveraineté comporte ainsi deux significations. C’est le principe qui sera sous la IIIe République en France. et au niveau externe. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Le Préambule de la Constitution de 1958. Cette souveraineté est aujourd’hui affaiblie dans ses deux acceptions. Le pouvoir constituant et la souveraineté. L’État légal revêt ainsi une conception formelle de l’État de droit . etc. et le premier. le peuple. le peuple est titulaire du pouvoir souverain au sein de l’État. On peut distinguer la souveraineté interne de la souveraineté externe. Le principe de souveraineté est donc placé d’emblée comme l’un des fondements de l’ordre juridique constitutionnel. confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 ». LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. mais matériel. dont la première est l’idée selon laquelle. nous discuterons la place de l’État de droit matériel. C’est en Allemagne. dans la seconde moitié XIXe que s’est développée cette nouvelle notion de droit. Ce principe de souveraineté interne. TITRE I. une norme n’est valide que parce qu’elle est conforme à la norme supérieure. §3.

LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. qui choisit ses normes de référence et considère qu’il lui appartient d’adapter la CEDH à ce qu’elle considère être adapté à l’état de la société aujourd’hui. mais le problème se posera lorsque l’on estime que le pouvoir constituant n’est pas libre. « La souveraineté est la forme qui donne de l’être à l’État. et la C. Cette conception de la souveraineté est parfaitement adaptée à l’Etat unitaire. La remise en cause de l’État pour autant. La souveraineté de l’État se manifeste ainsi par le pouvoir de la collectivité de décider en dernier lieu et de manière autonome de son destin. Chapitre 1. par les limitations à la souveraineté des États qu’apporte la Cour Européenne des Droits de l’Homme -à continuation. le fondement du système constitutionnel en vertu duquel la C. dans un rapport indirect. et le seul à être sujet de droit international. dont elle traduit le pouvoir initial et inconditionnel. en ce qu’il exprime la volonté du peuple qui s’est majoritairement prononcé. n’en reste pas moins sur le plan théorique. EDH. Ainsi. L’État et la souveraineté pris in concreto sont synonymes  ». le Traité est ainsi la transposition du contrat au niveau international. EDH-.DROIT CONSTITUTIONNEL. M. les minorités ont des droits parce que la majorité les leur reconnait. dans les rapports entre le droit national et international .entre les exigences relatives à la souveraineté. il y a identification entre l’État et la souveraineté . cette dernière étant un élément concomitant à la constitution des États au XIXe s. par le transfert de compétences -autrefois régaliennes. Cependant. il existe toujours un lien entre l’État de droit matériel et le principe démocratique. et la construction d’entités comme le Conseil de l’Europe manifeste également ce phénomène de remise en cause du principe de souveraineté. est l’oeuvre du peuple souverain. Cette remise en cause se fait à un autre niveau. dans un système démocratique. en d’autres termes. C’est dans la C. à partir du moment où le pouvoir constituant lui-même est limité. Ce pouvoir s’exprime par l’exercice du pouvoir constituant initial. il est évident que l’on entre en conflit avec le principe démocratique. On le voit. Bien sûr. sinon aussi parce qu’il est conforme aux buts et principes évoqués dans la C. et de manière plus indirecte. Dans un État de droit matériel. est ce qui transforme le fait en droit . et celles relatives aux droits fondamentaux. les citoyens d’un État puissent attaquer leur État par l’intermédiaire d’une institution. §2. 11 Audrey Plez . Le pouvoir constituant et la souveraineté. et qui va considérer valide l’union entre personnes d’un même sexe. elle est une transmutation du fait en droit. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. Le fait précède la Constitution. lorsqu’elle s’est prononcée au respect du mariage. Par. l’État fédéral est le seul à exister sur la scène internationale. ce conflit entre souveraineté et droits fondamentaux. L’État fonctionne dans ces relations avec les autres États selon le principe de la liberté contractuelle. qu’ont été écrites les valeurs à respecter. Mais l’on retrouve ici encore. C. parce qu’elles ont des droits en et pour elles-mêmes. Un exemple est celui de la C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL que le droit ne sera plus seulement légitime.. il n’empêche que si l’on regarde la souveraineté externe de l’État. La souveraineté des États n’est plus considérée comme un principe qui s’impose. un rapport entre les droits nationaux et le droit international qui traduit une contradiction latente -ou potentielle. par le pouvoir de révision constitutionnelle. EDH. SECTION 2. ou juridiction supra-nationale. est ainsi concurrent du principe démocratique. mais il résulte également du fait qu’avec une institution comme la C. BERTRAND. mais elle est d’une certaine manière altérée dans les États fédéraux . par exemple. et il n’est soumis qu’aux engagements qu’il a librement consentis . TITRE I. L’État de droit matériel. La souveraineté du peuple constituant. et l’affaiblissement de la souveraineté vont ensemble. lorsque celui-ci restera illégal au sein de certains États. puisque son expression est concentrée dans l’acte constituant. les minorités ont des droits. Historiquement. tous deux la même manifestation de la souveraineté. sous l’exemple de la Révolution.

LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. et de ce point de vue. lequel pourra être nouvellement soumis à l’acceptation du peuple. TITRE I.. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE.. sont donc rigides quand elles ne peuvent être modifiées que selon des formes et procédures particulières différentes de celles des lois ordinaires. et de la rédiger. Le second mode d’élaboration. aussi bien qu’un recours direct au peuple souverain. 11 CF. qui prévoit cette possibilité. le changement de la C. Il existe tout d’abord un mode d’établissement autoritaire. selon une procédure qu’il fixe lui même . Traditionnellement. on distingue les C. avec un nouveau projet de C. Ces dernières sont celles qui fixent de manière précise les conditions de leur révision . Dans ce cas. * B. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. sinon qu’il se prononce par voix de référendum pour accepter ou rejeter le projet qui lui est proposé. il est possible de combiner ces deux mécanismes. octroyée -soit donnée par le Roi. de manière directe ou indirecte. Le peuple est invité à élire une assemblée chargée de rédiger une C. Dans ce cas. puisque le pouvoir constitué peut modifier la Constitution.. le peuple est exclut de cet établissement. C’est ce que l’on appelle une C. l’assemblée constituante prépare un projet de C. consiste en l’élection d’une assemblée constituante. Les C. En GB. M. le pouvoir constituant dérivé est celui qui modifie une C. à son peuple. ne s’est jamais fait à travers le pouvoir constituant dérivé. Par. la principale révision s’opèrera selon une autre procédure. C’est par ce pouvoir constituant qu’il manifeste essentiellement sa souveraineté. Dans ce cas. il y a bien une séparation entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. Le deuxième est un mode d’établissement démocratique. Cette procédure particulière peut tenir à plusieurs conditions : celle de majorité renforcée. La démocratie s’exprime par la manifestation de l’acceptation de la volonté des gouvernants par les gouvernés . une distinction plus intéressante est celle qui distingue entre le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé. Cependant. qui peuvent être modifiées selon les formes. Il existe plusieurs procédures. §2. Lorsqu’il existe une C. BERTRAND. elle est une C.DROIT CONSTITUTIONNEL. pour l’adoption de la C. le peuple n’intervient pas dans l’élaboration de la C. ou l’intervention d’une assemblée spéciale. À partir de là.Par. par voie de référendum.. Le pouvoir constituant initial est celui qui établit une C. En cas de refus. 12 Audrey Plez .. la révision étant ainsi visée à l’art. il peut y avoir plusieurs interventions du peuple dans les mécanismes constituants : ce peut être l’acceptation de la C. sont des C. 89 CF. par le peuple. pour réviser la C. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. C’est le cas en France sous la IIIe République. à l’inverse. et il intervient ici par l’intermédiaire de ses représentants. celle de l’art. Les C. selon les formes et les procédures qu’elle présente. et ce sont les gouvernants en place qui décident d’établir une nouvelle C. de la loi ordinaire. En France. et les procédures. de cette nature. qui s’exprime par la voix du suffrage universel directement ou indirectement. Le pouvoir constituant et la souveraineté. I. Elle est ainsi une condition pour que soit assurée la supériorité juridique du texte constitutionnel sur la loi ordinaire. à partir du moment où la souveraineté appartient au peuple. en usant du référendum. une nouvelle assemblée constituante peut être élue. il n’y a plus de distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. souples. souples et rigides. A. que le peuple peut ensuite accepter ou refuser.. matérielle mais non pas formelle. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. et dans cette hypothèse. Enfin. càd. Cette utilisation sera l’objet de beaucoup de Chapitre 1. l’une y fait directement référence.

TITRE I. en quinquennat. Une question qui n’a été tranchée que par les faits est celle de savoir si. . cependant. en outre. alors qu’on considère nécessaire la concurrence de deux pouvoirs. l’initiative appartient au P. il peut décider de le soumettre soit au Congrès. de la R. Pour être adopté. il est nécessaire que les deux interviennent. une fois votée par l’Assemblée. et celui de décision au P. peut promulguer la loi constitutionnelle. etc. Si la réponse est positive. de la R. Ce vocabulaire distingue ainsi l’initiative gouvernementale de l’initiative parlementaire. le peuple et le 1er M. le P. Les révisions constitutionnelles ont suivi une certaine tendance à se multiplier . ce qui signifie. dite abrégée. Pour la première. Si cette procédure est considérée normale par le constituant en 1958. l’initiative revient au gouvernement. du recours à la procédure abrégée. soit de s’abstenir de faire l’un ou l’autre. soit au Référendum.. II. Constitutionnel. M.. elle n’a été utilisée que de manière exceptionnelle. de la R. pour des réformes plus techniques ou mineures. La raison en est que l’on ne peut. ne peut agir de sa propre initiative. Le choix de la procédure est opéré par le P. de la R. qu’il peut être approuvé lors de la première phase. : la procédure dite abrégée et la procédure dite normale. le pouvoir d’initiative revenant au 1er M. sans qu’il le soit lors du second vote. Cette procédure. BERTRAND. il doit obtenir pour cela l’accord du 1er M. La plupart des révisions cependant ont été adoptées par cette procédure dite abrégée qui ne fait pas intervenir le peuple. en vue de transformer le septennat du P. et le projet doit être voté à chaque assemblée en termes identiques. (Premier Ministre) et aux membres du Parlement.. Sénat et Parlement-. il devra alors être approuvé à 3/5e des voix . -ainsi. de la R. L’art. de proposition. de la R. mais elle doit être signée également par le 1er M. on parle d’un projet et lorsqu’elle vient du Parlement. Cependant. C’est lui qui décide seul. Chapitre 1. il est soumis à un vote du Congrès -les deux chambres du Parlement réunies. à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Il n’est pas nécessaire qu’il annonce à l’avance le choix qu’il opérera parmi les deux procédures. On note que le P. et en cas d’échec. avait ainsi été prévue au départ. Il peut y avoir en effet deux hypothèses qui rendent problématique l’utilisation du référendum : lorsque la révision concerne des mesures techniques -prévisions en cas de décès du P.Ce même texte est alors soumis à l’approbation du peuple par voix de référendum. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. et doit venir du P. Celui-ci pourrait à la fois être à l’initiative de la révision et la voter sans consultation du peuple. au lieu de le soumettre au référendum. comme ce fut le cas concernant la réforme du C. il ne peut utiliser une procédure. simplement.. mais s’agissant d’une révision constitutionnelle. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL controverses et de débat. L’intérêt ici est de distinguer le Parlement législateur. La procédure abrégée ne peut être utilisée que pour un projet de révision et non pour une proposition. L’existence d’une deuxième procédure.DROIT CONSTITUTIONNEL.La première phase est identique à la procédure normale. de R. ce désir de réviser constamment la Constitution est une particularité française. vient du fait que le référendum soit une opération lourde et qui nécessite la participation de l’ensemble des citoyens. (Président de la République) sur proposition du 1er M. Lorsque l’initiative vient du Gouvernement. Une fois voté le projet. le peuple et le Parlement. de la R. Ces deux assemblées doivent approuver le texte en termes identiques et à la majorité des suffrages exprimés -soit une majorité simple. Ici encore. alors qu’à l’époque peu de gens savaient ce qu’il était. -Cette seule et unique fois fut en 2000. par exemple. sinon que celle-ci provient du 1er M. Il en est ainsi pour les lois ordinaires tout comme les lois constitutionnelles. la décision de recourir à la révision de la Constitution doit ainsi être contre-signée. Le projet est alors soumis aux discussions. on observe que dans les faits. du Parlement constituant. Il est logique que la réforme de la loi constitutionnelle soit plus difficile à obtenir que la révision de la loi ordinaire. user de la seconde. Le pouvoir constituant et la souveraineté. 13 Audrey Plez . 89 CF prévoit deux modes de révision de la C. ou que l’on ne souhaite pas laisser le Parlement seul maître de la révision. ou très importantes.

pour autant. peut faire l’objet de révisions. Il y a plusieurs manière en France de considérer cette question. où s’il existe des règles d’importance supérieure dans la C. En Italie. L’interdiction de rétablir la monarchie ou l’empire. en toutes circonstances. nous permet de savoir tout à fait de quoi il s’agit. La conception allemande admet l’existence de telles normes. Ainsi. obtient les pleins pouvoirs et disparait ainsi temporairement la séparation des pouvoirs. Constitutionnel s’est déclaré incompétent pour observer le respect de ces éléments par le constituant. placées hors du pouvoir constituant. il semble que la disposition ait un caractère probatoire. on parle également de principes suprêmes. cependant la seconde notion dispose d’une marge immense d’interprétation. période durant laquelle ne peut être approuvée aucune révision. qui confère les pleins pouvoirs au P. Contrairement à tout autre organe.. de manière paradoxale. Il existe en effet un intérim par le P. Le C. une disposition inscrite dans la C. Enfin. la solution pourrait un jour supposer d’importantes conséquences. ensuite. ou alors. Constitutionnel dans sa Décision 93-312 DC : celle de réviser la C. en ce qu’il cherche à définir ce qu’est la forme républicaine du gouvernement. il est supposé être souverain. il suffirait pour cela de procéder à deux révisions successives. puis par une seconde instaurer une Monarchie. qui ne puissent être révisées. Le P. la forme républicaine du gouvernement fait partie de ces domaines intouchables. et telle que la République est décrite dans ses premiers articles : démocratique. TITRE I. si le P. il ne puisse les modifier en cette période. Une révision violant alors ces règles de procédures serait quasiment inexistante. lorsque celui-ci est absent. 14 Audrey Plez .DROIT CONSTITUTIONNEL. d’une grande importance. dont les conditions sont prévues par la C. Les antérieures sont les limites circonstancielles. ajoutée par le C. alors cela signifierait que le pouvoir n’est plus tout-à-fait souverain. on doit considérer qu’il les aurait implicitement modifiées. se prêterait à la forme de la république. cependant. pour un problème de compétence. une interprétation littérale. BERTRAND. elle renverrait substantiellement à des principes républicains auxquels il est fait allusion dans la C. laïque. etc. avec une exception. Puisque celui-ci est souverain. en cas de crise grave. cette forme renvoyant à des considérations matérielles et non plus formelles. en ce qu’elle s’oppose à la monarchie par exemple . S’agissant des interdictions matérielles. il existe une interdiction. et s’il s’agit là d’un débat pour l’instant très théorique. La différence est. La première. M. Pour autant. aujourd’hui. ce qui pose alors la question de normes qui seraient supérieures à la C. ou la référence à des principes substantiels-. et dans ce cas. art. en la retirant. ou s’il s’agit du Parlement. S’agissant du respect des règles de procédure. de la R. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Il existe des limites à la révision constitutionnelle. de la R. on peut considérer que le respect de ces règles est une condition de validité de la révision constitutionnelle. et non pas parce qu’elle serait contraire à un principe . et a considéré que le pouvoir souverain du peuple se serait ainsi épuisé lors de son élaboration. du Sénat. On se situe dans une logique où le juge a un pouvoir différent du politique. -ne revenant pas à la distinction entre le caractère républicain et la forme républicaine. est celui qui viole la disposition. Réviser la forme de gouvernement Chapitre 1. pendant une période d’application de l’art. cependant. Ce qui veut dire qu’il faudrait d’abord modifier l’interdiction. Si la réponse devait être oui. la loi ne lui serait contraire que dans la mesure où la procédure n’aurait pas été respectée. qui sont de deux ordres. Supposons que l’on souhaite instaurer à nouveau une Monarchie. en effet. de la R. 16 CF. une seconde question se pose : celle de déterminer si toute la C. cf. Aucune révision constitutionnelle ne peut être engagée ou poursuivie dans certaines hypothèses : lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité du territoire. Le pouvoir constituant et la souveraineté. ou si c’est le peuple qui viole les conditions de forme de la procédure. il est logique qu’alors qu’il lui appartient de veiller sur les institutions. ne pouvant faire l’objet d’aucune révision . 89 CF. aucune décision ne peut être faite durant la vacance du P. et ainsi disposer d’un pouvoir initial et illimité. aux caractéristiques de celles-ci. par la volonté du Général de Gaulle qui souhaitait éviter que se reproduisent les évènements de 1940 . de la R. qui ne peuvent être modifiées. et qui échappent à la puissance du pouvoir souverain..

que le Traité porte atteinte à des principes constitutionnels. et élargit le recours au référendum. Constitutionnel estime. en France. au référendum. en effet. Dans un premier temps. le C. cád qu’elle établisse que dans telle matière. avec pour objet de modifier les dates d’ouverture des sessions parlementaires. un projet est déposé par Chirac. et dans ce cas le juge pourrait évaluer la conformité en terme de compétence de telles révisions. Implicitement cela revenait à considérer que personne ne puisse empêcher une révision constitutionnelle .. en revanche. mais justifié. qu’il n’y a pas de dispositions constitutionnelles supérieures aux autres. et toute autre analyse remet en cause la notion de souveraineté du peuple. qui ont abouti. la révision portait pourtant sur des questions qui auraient pu être légitimées par le référendum.. en effet. seul le peuple puisse réviser la C. À la suite d’un changement parlementaire. un projet est déposé par V. et toute une série de révisions constitutionnelles auront ainsi pour objet d’adapter la C. un projet est déposé par Mitterrand. la compétence du juge -en Allemagne-. que la C. 7 CF en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. BERTRAND. en effet. Ici. Ici l’issue est quelque peu différente. ainsi que du juge -en Espagne.G. ou la compétence mixte du peuple. un projet est déposé par le G. 28 CF. cependant. Le problème. à la construction européenne. qui entre dans le champs d’application de l’art. un autre projet est déposé par V. ne se pose que lorsque le contrôle porterait sur des notions matérielles. ⬊ En 1992. lorsque ne sont pas respectées les formes d’adoption de cette révision -puisqu’elle serait dans ce cas.DROIT CONSTITUTIONNEL. une révision peut ne pas être conforme à la CF. On pourrait très bien imaginer cependant. exige l’intervention du peuple pour les révisions les plus importantes. de Gaulle. est d’abord une raison juridique : celle selon laquelle le peuple est souverain. ⬊ En 1995. Trois systèmes ou mécanismes obéissent ainsi chacun à une logique et ne renvoient pas du tout à la même conception : la compétence du peuple -en France-. Giscard d’Estaing. qui a pour objet de modifier les dispositions de saisine du C. Cette disposition aura un impact important. TITRE I. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. 11 de la C. ⬊ En 1974. avec pour objet la modification de l’art. -ce qui n’est pas le cas en France. 89 CF. Le problème est donc celui d’établir qui du juge ou du peuple a le dernier mot. celui-ci va rétrécir et ne concernera que la juridiction chargée de juger les Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature. nous verrons les révisions constitutionnelles. lorsqu’il implique un choix pour les institutions. si l’on pouvait établir une hiérarchie à l’intérieur des normes constitutionnelles prévue par le constituant lui-même. 15 Audrey Plez . qui avait vocation à remplacer la DDHC de 1789. en effet. Elle provient aussi d’un débat très ancien. Le C. et qui énonçait qu’une génération ne puisse assujettir à ses lois les générations futures. Le pouvoir constituant et la souveraineté. d’E. Ce projet manifestement technique ne se prête pas. cád par l’intermédiaire de 60 députés ou sénateurs. Constitutionnel en permettant une saisine par l’opposition politique. si le recours à la procédure qui implique le Congrès s’est fait de manière tout-à-fait régulière. Sera ensuite enclenché un projet de grande envergure avec une modification d’ampleur. M. Constitutionnel aura exprimé. ⬊ En 1976. Le C. qui prévoit la modification de 50 arts. Constitutionnel ne contrôle pas les révisions constitutionnelles. au Traité de Maastricht. et non le Congrès. d’une formule sans valeur juridique énoncée dans la DDHC de 1793. en vertu de l’art. et nécessitera de l’adaptation de celle-ci pour son adoption. et substantielles . LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL supposerait ainsi une double procédure. celui-ci est surtout justifié. puisqu’elle transfère le dernier mot au juge constitutionnel. puisque les matières révisables par le peuple ou le Congrès ne sont pas distinguées-. de l’art. inexistante.- La raison pour laquelle. avec pour objet d’adapter la C. Elle aura des conséquences relativement importantes sur le rapport entre le Parlement et le Gouvernement.- III. ⬊ En 1963. Il est ainsi quelque peu contradictoire qu’une telle révision se fasse Chapitre 1. en effet.

et prise sans aucune réflexion sur ses potentielles conséquences. ⬊ En 1999. Constitutionnel. un projet est déposé nouvellement. et prévoit la compétence du Parlement pour voter des lois de financement de la Sécurité Sociale -à continuation S. 16 Audrey Plez .. ou prévoir d’habiliter toutes les normes européennes. puisqu’elle concerne 1/3 de la CF. et enfin. ⬊ En 1998. C’est finalement la première solution qui est retenue. BERTRAND.DROIT CONSTITUTIONNEL. de la R. enfin. ou par le non. les Français. Ici. ⬊ En 1996. ou désapprouvent le Président . l’une portant notamment sur la révision du Conseil Supérieur de la Magistrature. J. qui vise à modifier l’art. 6 CF. Ce projet était proposé afin de permettre d’élargir la compétence des Assemblées Parlementaires en matière de questions européennes et pour une question de conformité au Traité d’Amsterdam également. Sarkozy et Hollande ne peuvent réviser la C. une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. le budget de la S. puisqu’à cette époque. Cette dernière réforme sera votée à une voix du refus -soit des 3/5e exigés. s’opère une révision à l’initiative de Sarkozy. ⬊ En 2000. TITRE I. le fait qu’ils approuvent. et que le Parlement jusque là n’y intervenait pas. qui modifie des dispositions relatives aux collectivités territoriales et pose le principe de la décentralisation. Or. ⬊ Une dernière révision à l’initiative de Chirac. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL sans recourir au processus qu’il modifie. Lang a probablement fourni la voix qui a fait basculer la décision. Acquis avec quelques voix de la majorité contre. un projet est encore déposé par ce dernier. ⬊ En 2005. avec dispositions tout à fait disparates : certaines concernant le statut pénal P. Ce projet comprend également une modification des sessions du parlement. la cristallisation du corps électoral de la Nouvelle Calédonie. Depuis 2008. a lieu. En France. Chapitre 1. était bien plus important que le budget de l’État. soc. et quelques voix de l’opposition pour. c’est le référendum que l’on applique. Le Président a également engagé une Commission. l’issue était alors tout-à-fait incertaine. soc. il lui était difficile de voter contre. votée par l’Assemblée Nationale.S’y ajoute une disposition qui établit que la loi peut favoriser l’accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux. par cette voie. alors. sinon qu’ils manifestent par le oui. visant à permettre la ratification du Traité concernant la Cour Pénale Internationale -et qui a trait aux immunités pénales du P. et un référendum d’initiative mixte. et elle s’ordonne autour d’une réflexion sur les institutions de la Ve République. s’effectue une révision de la charte constitutionnelle du Gouvernement. mais non par le Sénat. ne soit élu que pour 5 ans . Cette disposition s’inscrit nettement comme la suite d’une la décision du C. effectuée par le Comité Balladur : avec l’instauration de la QPC. à priori que par voix de référendum. puisque faisant partie du Comité. en prévoyant que le P. ne répondant pas à la question qui leur est posée. M. mais d’une incidence importante. et du régime des immunités parlementaires.C’est la première fois en France que l’on allait jusque devant le Congrès sans être certain du résultat. Pour voter aux élections locales. Celui-ci est l’exemple même d’une révision faite en toute improvisation. ceux-ci se gardent de poser une question dont le non les fragiliserait. Ces révisions sont effectuées afin de faire sauter les verrous constitutionnels.Il s’agit là d’une mesure apparemment technique. Sans majorité des 3/5 au Congrès. La question est alors de déterminer si le pouvoir constituant doit intervenir chaque fois. Toujours en 2003. Le pouvoir constituant et la souveraineté. la création d’un défenseur des droits.. un projet est déposé. en effet. d’autres l’interdiction peine de mort.. autour d’une réflexion sur un retour au septennat. une révision concerne les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle Calédonie. ⬊ Enfin. c’est l’instauration du quinquennat. il y a eu de nombreuses tentatives de révision de la C. la Constitution est révisée presque chaque fois que la signature d’un Traité européen l’exige. il fallait 10 ans de résidence en Nouvelle Calédonie. un projet d’adaptation pour conformité est pris concernant le mandat d’arrêt européen. de la R.. ⬊ En 2003. C’est la révision la plus importante en quantité. le 21 juillet 2008. de R.. un projet est déposé à nouveau.

le peuple a exprimé sa souveraineté et couvert les irrégularités éventuelles qui peuvent affecter la validité de la procédure. 11 CF a été jugé par la majorité des juristes comme contraire à la Constitution. et le référendum est une procédure qui permet de faire adopter directement un texte par le peuple. En 1962. de R. Le projet est repoussé. de Gaulle. puisqu’il n’aurait pu obtenir un vote conforme à l’Assemblée Nationale et au Sénat. 8 CF. d’un autre côté. quelle que soit la procédure suivie pour l’interroger. décide de soumettre directement au peuple un projet de loi constitutionnelle. Constitutionnel. de R. il n’y a aucune raison également. le recours à l’art. 11 s’est donc faite pour des raisons politiques évidentes. est purgée en cas de réponse positive par le peuple. à une majorité de 62% des suffrages exprimés. de la R. 11 CF afin de réviser la Constitution. Si la décision du G. BERTRAND. 11. est celui qui établit que l’absence de constitutionnalité issue de l’usage de cette procédure par le P. que les lois adoptées par le peuple français à la suite d’un référendum. et annule ainsi l’irrégularité de la manière dont il a été saisi. la Constitution ne prévoit pas de contrôle sur le P. et dans sa Décision 92-313 DC portant sur le référendum législatif . En 1969. le G. il y a l’idée qu’en votant oui au référendum. démissionne à la suite du refus comme il s’y était engagée au départ. de R. Le référendum permet l’adoption de ce texte par le peuple français. de Gaulle décide de soumettre au peuple. titulaire du pouvoir souverain. Ce sera d’ailleurs la position adoptée par le C. de R. sur proposition du gouvernement. à trente ans d’intervalle. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL […] Le rythme des révisions s’est ainsi singulièrement accéléré. En droit. Cette démarche a fait l’objet de nombreuses controverses juridiques et politiques. ou du Parlement. Celui-ci concerne le référendum législatif. constituent l’expression directe de la souveraineté nationale. au suffrage universel. Il existe des compétences à deux clés et à clés uniques : avec ou sans accord du P. à savoir l’élection du P.. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Par. L’utilisation de l’art.. Le raisonnement appliqué à l’usage de l’art. et a été utilisé en 1962 pour opérer la réforme la plus importante de la Constitution. Il est possible également de recourir à l’art. la loi ne peut avoir qu’un effet faible . ceux-ci étant hostiles à l’élection du P. 89 une procédure et une seule pour sa révision ». Lorsque celui-ci modifie la Constitution par la voie de l’art. de la R. 17 Audrey Plez . de Gaulle qui avait inscrit ce référendum dans une logique plébiscitaire. 6 et 7 CF. On peut considérer alors que la décision de recourir directement au référendum est inconstitutionnelle. Le raisonnement de ceux qui le soutiennent est de dire que celui-ci peut servir à des questions relatives à l’organisation des pouvoirs publics. Dans la C. TITRE I. « qui prévoit en son art.DROIT CONSTITUTIONNEL. ou du 1er M. C’est l’idée selon laquelle le peuple. cependant il devrait alors concerner des questions hors du domaine constitutionnel. 11 CF pour réviser la C. Le G. manifeste une puissance souveraine. il se considèrera ainsi incompétent pour apprécier la constitutionnalité de lois adoptées par référendum. C’est la raison pour laquelle la constitutionnalité d’une loi référendaire ne peut pas être contestée. de la R. ou du Parlement. de plus. modifiant les arts. qu’il s’agisse d’une loi ordinaire ou constitutionnelle. toujours selon cette procédure un projet de loi constitutionnelle ayant deux objets : la création de régions et une modification importante de la structure et du rôle du Sénat. lorsqu’il n’existe ni contrôle. que le Sénat accepte les conditions de sa disparition. il fait acte de souveraineté Chapitre 1. dans sa Décision 62-20 DC. celui ci est l’interprète de la Constitution. au suffrage universel direct. ni sanction. En 1969.. cád les articles relatifs à l’élection du P. et en vertu de l’art. En 1962. Il en résulte que le peuple puisse ainsi violer la Constitution sans que cette violation puisse être sanctionnée. mais sur proposition du 1er M. Il résulte de l’équilibre des pouvoirs établis par la Constitution. ce qui pourrait conduire dans une certaine mesure à une dévalorisation de celle-ci. Le recours au référendum législatif est possible dans un certain nombre de cas : son utilisation est à la discrétion du P. associé à une certaine banalisation de la norme constitutionnelle dans laquelle on a introduit des dispositions d’importance variée en fonction de l’actualité . l’art. de Gaulle peut être considérée comme inconstitutionnelle. 11 concerne le référendum. M. le G. décision portant sur la validité du suffrage universel à l’élection présidentielle.

C’est une question qui.. avec la Magna Carta. elle contient essentiellement des dispositions institutionnelles. Ceci conduit à ce que l’on appelait alors l’État légal : un État fondé essentiellement sur la loi. conformément au domaine de compétence et à la procédure de l’art. ce qui veut dire que. Si l’on voulait empêcher ceci de se produire. Constitutionnel. etc. en cours pour violation grave de la C. il peut faire acte de législateur. LES DROITS FONDAMENTAUX. M. puisque substantiellement. 11. ou de constituant. puisque les droits fondamentaux sont de nature et de portée différente. contient un certain nombre de règles relatives à l’organisation du pouvoir. lorsqu’il adopte une loi ordinaire. lorsque s’est créé le référendum d’initiative partagée. il fait oeuvre de législateur. 11 CF. les premières règles qui pouvaient ressembler à des règles constitutionnelles étaient relatives à des droits fondamentaux -c’est le cas en GB. a été très largement évacuée par la suite. par le peuple. […] CHAPITRE 2. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. SECTION 1. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. par la voie de l’art. la Constitution ne prévoit aucune disposition qui se rapproche de près ou de loin aux droits fondamentaux . SECTION 1. -ce qui s’oppose par exemple radicalement à la conception allemande qui place la C. SECTION 3. on ne pourrait pas réviser la C. contrôle la proposition qui résulte de cette initiative. par la voie du référendum et il n’appartient pas au pouvoir constitué qu’est le C. et à des principes ou valeurs . 18 Audrey Plez . cette notion de droit fondamental est assez imprécise. où avant d’élaborer une véritable Constitution. il n’y a pas de disposition supérieure à la loi . et dans la Révolution Française en 1789. Il est prévu que le C. on pourrait également établir un contrôle préalable de la constitutionnalité de la décision de procéder à une révision référendaire. BERTRAND. SECTION 2. D’une certaine manière. comme c’est le cas pour la procédure établie en 2008. au dessus du peuple. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Aujourd’hui.. mais il s’agit là d’une démarche peu adaptée.. soutenu par 1/10e des électeurs inscrits sur liste électorale.- * §3. Le seul moyen que l’on aurait de résoudre ce problème serait alors de renvoyer le P. parmi ces derniers. cette place particulière des droits et libertés dans les systèmes constitutionnels. et notamment de la C. Constitutionnel.Cela étant. Ceci cependant. il est communément admis qu’une C. bien que théorique. est rédigée la DDHC. Si l’on prend la situation en France qui prévaut pendant la IIIe République -1e période de stabilité constitutionnelle-. de censurer une éventuelle violation de la C. Constitutionnel exerce un contrôle sur le texte qui fera l’objet de ce référendum. puisque le C. puisqu’elle place la souveraineté du peuple au dessus de tout. L’influence du DC dans toutes les branches du droit se fonde notamment sur la notion de droits fondamentaux . cependant.DROIT CONSTITUTIONNEL. dans ce référendum. les droits fondamentaux occupent une place privilégiée. dans le raisonnement du C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL et de son pouvoir constituant .. peut conduire à affirmer que l’on peut réviser la C. est très importante. de R. puisqu’il Chapitre 1. position minoritaire dans la doctrine. à partir du moment où le peuple est souverain. qui peut être organisé à l’initiative d’1/5e des membres du Parlement. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. CHAPITRE 2. Constitutionnel. Ainsi. TITRE I. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. LES DROITS FONDAMENTAUX.

et destiné à imposer au législateur le respect de l’OJ (Ordre Juridique) supérieur établi par la C. sous l’égide du Conseil d’État et selon les principes généraux du droit.. Ce raisonnement n’a pas perdu sa force démonstrative aujourd’hui. Toute une série de dispositions limitent le champs de la loi.DROIT CONSTITUTIONNEL. 1931. avec les textes constitutionnels. était de confronter la loi aux principes qu’elle édictait alors. si le juge ordinaire acceptait d’écarter l’application d’une loi contraire à la Constitution. un contrôle du juge par voie d’exception ne servirait à rien. Les lois constitutionnelles de 1875. sous la IIIe République. que l’on puisse imaginer que le juge écarte la loi. pour y être soumis. C. mais il n’y a rien concernant les droits des citoyens.. Pour qu’il y ait une véritable C. si l’on peut très bien surmonter l’absence de mécanisme de contrôle de constitutionnalité. mais qui n’est pas tout à fait nouvelle. non pas des principes fixés par la C.. Lorsqu’il y a des manques. doit d’abord observer la présence dans la C. lorsqu’elle serait contraire à la C. cád. se faisant à l’occasion d’un litige. que. qui tient au fait que le Parlement n’est pas soumis au respect de la C. un mouvement qui veut refondre l’État et la Constitution.. a ainsi laissé au législateur. concernant ce second élément. puisqu’il n’y a rien dans la C. Dans la C. Le pouvoir constituant et la souveraineté. ni de mécanisme de contrôle de constitutionnalité des lois. elle est oubliée jusqu’au débat qui resurgit dans les années 1930. de la IIIe République. Cf. en effet. soit la C. qui va considérer les déséquilibres que l’on observe dans le fonctionnement des institutions de la IIIe République - marquée par l’instabilité et la souveraineté parlementaire-. de dispositions relatives aux droits et libertés. est celle de CARRÉ DE MALBERG. de remise en cause de la souveraineté parlementaire. C. lequel. des principes qui lieraient le législateur et borderaient ses compétences. sur toutes les matières que l’organe constituant entendrait se réserver à lui-même. La mise en place de ce mécanisme ne saurait pallier à l’absence de leur mention. et implicitement le constituant. par voie d’exception. M. Ce contrôle de constitutionnalité devrait alors être effectué par le juge lui-même. La C. va conduire à un basculement vers la protection des droits et libertés fondamentaux. ils seront ainsi comblés essentiellement par le juge administratif. puis celle d’un mécanisme de contrôle. BERTRAND. peut difficilement exister dans un État où la loi est l’expression de la volonté générale . d’ailleurs. La loi. La mesure qui va faire l’analyse la plus approfondie. par voie d’exception . Cependant. TITRE I. 19 Audrey Plez . qui comprendrait. puisqu’il n’y a pas de dispositions sur les droits fondamentaux. pour instaurer un contrôle du respect par le Parlement de la C. Cependant. l’on pourrait pallier facilement à cette absence. et visent à s’appliquer au législateur. il observe que. expression de la volonté générale. que l’on appellera le mouvement révisionniste. sinon des règles législatives. de 1875.. On assiste à un mécanisme de souveraineté parlementaire. Cette situation va faire l’objet d’analyses. ou contrôle de constitutionnalité de la loi. Il y aurait alors une place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois. dans le cadre d’un mouvement. contiennent des dispositions relatives aux pouvoirs exécutifs et législatif . en ce qui concerne l’autre élément. de plus. On part alors d’un système très contextuel. soit assuré par le juge. en un corps de règles statutaires. cád du Parlement. pour autant. le soin de déterminer librement l’étendue de ces droits et libertés . le juge est conduit à appliquer en cette matière. Tout ceci. l’idée selon laquelle il y a des principes supérieurs qui s’imposent au législateur se dégageait ainsi de la DDHC. il faudrait une révision constitutionnelle qui transforme la C. Y seront étudiés les rapports entre les lois ordinaires et la Constitution. doit être assurée la garantie des droits . LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL n’y a pas dispositions matérielles. relatif aux libertés et droits fondamentaux. par la loi. Il part de l’idée que la séparation du pouvoir constituant et législatif. puisque la DDHC de 1789 indiquait déjà que le but de la même D. DE MALBERG en tire la conclusion. DE MALBERG observe que l’on peut facilement imaginer que le contrôle du respect de la C. dans un système démocratique par définition. sinon des dispositions relatives à l’organisation du pouvoir. Chapitre 1. et partir de l’idée qu’il n’y a pas de distinction entre les pouvoirs constituant et constitué.

l’attachement au droits et libertés inscrits dans la DDHC et affirmés dans le préambule de la C. à peu de choses près. Constitutionnel. SECTION 2. ou la Convention. Constitutionnel lui-même va dire qu’il contrôle la loi par rapport aux dispositions du Préambule de 1789 et de 1946. elle est une protection qui s’ajoute à la protection constitutionnelle défaillante. de 1946. mais il y a aussi un certain nombre de Traités qui ont pour objet la définition et la protections des droits et libertés fondamentaux. là encore. et qui sont d’ailleurs parfois susceptibles d’entrer en conflit avec des règles constitutionnelles. Cependant. le C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Tout ceci va aboutir à une évolution progressive.Jusqu’à la fin des années 1990. En 1971. elles sont appelées « soft law ». à valeur juridique. les résolutions édictées par le Conseil de l’Europe. En 1958. Le pouvoir constituant et la souveraineté.. TITRE I. est celle d’une sorte de principe de subsidiarité. vont se développer des normes qui ne sont pas juridiques mais qui vont cependant être dotées d’une certaine effectivité . depuis 1974.DROIT CONSTITUTIONNEL. avec d’un côté des règles constitutionnelles. et sont les règles éditées par des OI qui ne sont pas dotées de valeur juridique obligatoire. au moins aussi précises que les règles constitutionnelles. La mise en place de ce mécanisme sera l’une des raisons pour lesquelles les droits fondamentaux vont occuper une place particulière dans le DC. où ceux-ci ne sont pas suffisamment protégés par le DC. et c’est à partir de là que ce contrôle de constitutionnalité va réellement fonctionner. nous passerons d’une saisine politique à une saisine individuelle par le justiciable . avec une réforme constitutionnelle qui va permettre à 60 députés ou législateurs de saisir le C. avec la QPC. M. ou l’assurance de leur respect par le législateur . Il en est ainsi aussi de celles émanant des ONGs. la constitutionnalité de la loi qui lui est appliquée. En France. en premier lieu. À partir du moment. Sont ainsi enfin réunies. les droits et libertés fondamentaux sont inscrits pour l’essentiel dans des textes de valeur constitutionnelle. sinon des règles substantielles. prévoit une certaine forme de contrôle constitutionnel. à l’occasion de la C. et dans les travaux préparatoires. -par ex. et ce qui est intéressant est que ces normes non-juridiques Chapitre 1. Constitutionnel. On établit une déclaration des droits. c’est la saisine par l’opposition politique du C. Cette interaction de deux systèmes juridiques repose sur le développement dans chacun des droits fondamentaux. alors que le Traité. de 1958. bien qu’il l’était déjà auparavant dans d’autres pays - notamment en Allemagne-. dans la réforme que préconisait C. enfin. mais aucun lien n’est fait entre les deux. le droit politique va émaner essentiellement d’ONGs. de 1946 . n’est pas établi le lien entre les deux. BERTRAND. et en plusieurs étapes. Sur le plan national. il ne restait plus alors qu’à établir qui pouvait ainsi saisir le C. La phase suivante est initiée en 1974. Constitutionnel . le C. et de l’autres des règles conventionnelles issues de Traité -et. est introduit et rappelé dans le Préambule de la C.. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. à ce que les droits fondamentaux. ainsi. un contrôle de constitutionnalité. Le justiciable va pouvoir soulever devant n’importe quel juge et par voie d’exception. 20 Audrey Plez . En 2008. le droit européen a développé un certain nombre de règles qui ne sont pas des règles minimum communes. la Convention Européenne des Droits de l’Homme -CEDH à l’avenir. DE MALBERG. spécifiquement de la CEDH-. est que le DC a pour vocation de définir des valeurs communes à un groupe humain homogène. À cette dualité des systèmes de protection des droits fondamentaux. et cette même C. est également créé l’organe chargé d’en assurer le respect. L’idée en fait. Toutes ces phases vont conduire. deviennent un élément majeur du DC français. De la même manière que le DC. l’affirmation des droits et libertés et leur contrôle. et que ceci ne se fera que tardivement en France. a pour objet de créer des exigences minimum communes de respect des droits et libertés dans un ensemble plus vaste et culturellement moins homogène. ce qui va conduire à renforcer le poids de ces derniers. il est dit que le Préambule n’a pas de valeur juridique. C’est.- Normalement la logique de cette interaction entre le DC et le droit européen. Constitutionnel. et l’on se trouve. dans son Préambule est rappelée la DDHC.

des droits objectifs. etc. Ce sont des attributs de l’homme. puisque les juges vont s’y référer. Le problème est qu’en tant que juriste. à défaut de hiérarchie. en plus va élaborer son propre système de normes de références. La différence entre ces principes. De ces trois principes. que les sources des droits fondamentaux sont extrêmement larges. on constate deux niveaux de droits. C. de l’instrumentaliser. Une autre distinction entre subjectif et objectif est celle qui se fait entre les droits subjectifs et les objectifs constitutionnels. TITRE I. SECTION 3. de dignité. et cet ensemble de droits fondamentaux recouvre des principes qui ont une portée différente. Il y a des droits qui peuvent apporter des droits et des devoirs. mais à côté de ces devoirs explicités par la C. L’interaction des deux systèmes se produit essentiellement par la circulation des jurisprudences. cf. dans la liberté par exemple-. on va tirer un certain nombre de droits.DROIT CONSTITUTIONNEL. et d’autre part. et la seconde est qu’il a d’une certaine manière. Européenne DH. principes consubstantiels à l’homme . même s’il y a. laquelle va s’inspirer également de la jurisprudence constitutionnelle des États membres. La première distinction est celle qui se fait entre les droits et les devoirs. de 1946-. C’est la raison pour laquelle on ne peut parler d’une hiérarchie entre les droits fondamentaux constitutionnels et européens . et d’autres droits -tel que le droit au travail.. -devoir de protéger l’environnement. le droit des enfants à l’éducation se traduit ainsi par le devoir d’éduquer les enfants. et dépassent le cadre constitutionnel et conventionnel . un système de régulation. Constitutionnel n’applique pas la CEDH. Un exemple est celle de la liberté d’aller et de venir. puisant dans des résolutions dépourvues de caractère juridique. ainsi. et dont il peut faire valoir le respect devant un juge. qu’ils ont souvent celui-ci pour contrepartie. Il y a des droits que l’on peut appeler consubstantiels mais qui sont des valeurs et des principes avant d’être des droits : la liberté. (Ajouter au programme). d’abord de normes. Ces droits de principes sont autre chose que des droits . On pose ainsi un postulat ontologique sur lequel va reposer le système des droits fondamentaux. il faut distinguer les droits subjectifs. BERTRAND. à la nature des droits et libertés. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. la deuxième catégorie des objectifs de valeur constitutionnelle. droit de travailler et devoir de travailler. dont on pourrait aisément assurer le contraire. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL vont cependant créer des effets juridiques. l’égalité et la dignité en font partie. qui sont de deux natures : certains représentent des démembrements de l’intérêt général auquel ils se rattachent . et des droits particulièrement nécessaires à notre temps. d’une part. On voit bien que les droits ont toujours pour envers un devoir. Le pouvoir constituant et la souveraineté. regroupent des droits Chapitre 1. la maîtrise des normes qu’il applique. Un droit subjectif. des droits naturels et imprescriptibles.. de 1958. cád l’interdiction de méconnaître l’humanité d’un être humain. liés à son appartenance à l’humanité. à la lecture du Préambule de la C. que le pouvoir normatif du juge est considérable pour deux raisons : la première est que le pouvoir d’interprétation du juge est très important. Dans la typologie tenant à l’utilisation des normes constitutionnelles. L’affirmation que les hommes naissent libres et égaux en droit est un postulat. droit subjectif dont on est titulaire en tant qu’individu. Les règles qui émergent sont ainsi non seulement conventionnelles et constitutionnelles mais aussi issues de tout un processus non-juridique . On en déduit. ces dernières vont se juridiciser. des objectifs de valeur constitutionnelle. M. Le principe de dignité relève de la même nature. Les droits et libertés fondamentaux ont tendance à être utilisés de manière idéologique. ils sont ceux qui fondent l’existence d’autres droits. par l’utilisation qu’en fera la juge. même si le C. 21 Audrey Plez . d’égalité et de liberté. est un droit dont l’individu est titulaire. au sens strict. qui non seulement a un très large pouvoir d’interprétation de la Convention.est nette. de l’environnement de 2004 . il va s’inspirer de la jurisprudence de la C. les droits et libertés fondamentaux sont des normes comme les autres. et d’interaction entre ceux-ci. d’un autre côté. On peut ainsi faire une typologie à l’infini. chaque liberté ou presque a pour contrepartie un devoir -devoir de ne pas nuire à autrui. mais qui. et pour autant. Ch. Le cas le plus caractéristique est celui de la Cour Européenne des DH. Il y a aussi.

la liberté d’aller et venir. et ces droits garanties n’ont d’intérêt que la protection d’autres droits sans qu’ils ne couvrent d’intérêts substantiels. le droit au travail. Dans les droits économiques et sociaux. 22 Audrey Plez . sinon subjectif. Il y a des droits. aucun droit ou prestation. Les droits substantiels visent à reconnaitre à l’individu. Entrent dans cette catégorie le principe de l’interdiction de rétroactivité du droit pénal et le principe de légalité des délits et des peines. Le C. constituée de démembrements de l’intérêt générale compte la préservation de l’ordre public (Décision 80-127 DC). de manière générale. socialiste et libérale s’affrontent. TITRE I. En revanche le droit objectif au travail est différent de la liberté de travail . Ces droits existent de manière générale. et il ne s’agit pas ici de droits subjectifs. ne prendra pas partie dans l’une ou l’autre. cád dans un contentieux de la norme. Constitutionnel rattache l’ensemble de ces droits-garanties à l’art. est ainsi le droit d’aller et venir . mais visent à donner à l’individu des instruments qui lui permettent d’assurer la protection effective de ces droits substantiels. on retrouve ces deux types de droits : les droits subjectifs - droit de grève et liberté syndicale-. Une autre typologie distingue les droits des libertés. ils n’offrent à l’individu aucun champs nouveau ou spécifique de liberté. qui n’ont d’existence qu’en tant qu’ils garantissent d’autres droits -ces droits sont nécessairement subjectif. aux loisirs.DROIT CONSTITUTIONNEL. soit un statut en tant que membre du corps social - principes de dignité et d’égalité-. Ces derniers ne peuvent être invoqués devant le juge. BERTRAND. Une dernière typologie distingue les droits substantiels et les droits-garanties. celle d’expression. Presque toutes les libertés se traduisent en droits. La sécurité juridique est la fiabilité de l’environnement juridique. Les libertés ont donc pour contrepartie. ainsi le droit syndical qui suppose la liberté de se syndiquer. en ce qu’elle pose l’impératif de garantie des droits. On peut ainsi limiter la liberté individuelle pour préserver l’ordre public. dans la seconde il faut lui laisser une certaine liberté de licencier pour qu’il puisse employer. des garanties . dont on peut faire valoir le respect devant le juge. Dans la première. et préservé par le législateur. et le droit à la prévisibilité du droit. Le juge constitutionnel.- Chapitre 1. Il est possible de contester la constitutionnalité d’une loi qui ne prendrait pas en compte l’objectif de l’accès à l’emploi. à la santé. qui vise à garantir l’exercice des libertés ou droits substantiels . Il s’agit là d’une distinction fondamentale. des droits.. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL économiques et sociaux. soit des droits en matière économique et sociale . D’autres droits sont des droits qui sont. Ces droits-garanties doivent être considérés comme des droits subjectifs. lorsqu’est contestée une norme juridique. Quelle en est alors l’utilité ? Sont-ils dépourvus de toute portée juridique ? Ils peuvent être invoqués dans un contentieux. Un exemple est le droit au recours. mais se bornera à vérifier que l’objectif constitutionnel ait été pris en compte objectivement. puisqu’ils sont des instruments juridiques d’une nature tout à fait différente. 16 de la DDHC. ce sont des droits substantiels. Il y a des différences entre les droits qui visent à définir un espace substantiel de liberté et les droits qui visent la protection de libertés substantiels. en réalité. n’est pas un droit subjectif. doit être limitée la possibilité pour l’employeur de licencier. à l’opposé qui sont aussi des libertés . et non dans un contentieux subjectif. le droit de s’exprimer. puisque leur subjectivité est condition de leur effectivité. M. il n’a pas d’intérêt par lui- même. l’objectif de continuité des services publics (Décision 79-105 DC). comprenant en lui-même deux éléments différent : le droit à la qualité du droit. Ils peuvent ainsi être invoqués dans une QPC. Un exemple pourrait être la loi sur le licenciement où deux théories. soit un espace de liberté. son but étant la protection d’un droit substantiel. pour autant. qui constituent des impératifs constitutionnels objectifs et justifient la limitation des droits subjectifs. ou à un logement décent-. ce qui conditionne leur effectivité. il a pour contrepartie le devoir de travail. ainsi. et le droit à la présomption d’innocence. le droit au travail. Le pouvoir constituant et la souveraineté. la poursuite des auteurs d’infraction (Décision 99-80 DC) . si dans un contentieux de la norme. sinon de la prise en compte d’objectifs d’intérêt général. tel le droit à la sécurité juridique. La première catégorie. et les objectifs de valeur constitutionnelle -par ex.

à l’occasion des lois de nationalisation : se confrontant le droit de propriété de la DDHC. LE SUFFRAGE. on immobiliserait ces même principes . mais il y a dans le contrôle concret opéré par le C. et dans la plupart des cas. mais il existe de fait une certaine forme de hiérarchie dans le contrôle concret de la conciliation entre les droits et libertés. ce dernier n’applique pas cette distinction. SECTION 1. est que. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL La dernière distinction est la typologie tenant à la valeur des droits et libertés fondamentales. Constitutionnel est celle qui affirme qu’il appartient de concilier les principes constitutionnels. ou s’il n’y a pas . Constitutionnel. TITRE I. on s’aperçoit que le juge opère nécessairement une pondération différente entre les principes. Même si le juge. Débat sur la liberté et la dignité. Elle conduit nécessairement à s’interroger sur l’étendue du contrôle du juge. en d’manifestement déséquilibre manifeste dans la conciliation entre deux exigences constitutionnelles. dans ce contrôle. Il s’agit chaque fois d’un contrôle de proportionnalité. Ce problème a été posé clairement au C. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. pour tous les juges utilisant des droits et libertés fondamentaux. Constitutionnel en 1990.DROIT CONSTITUTIONNEL. Constitutionnel. M. rendant cette question difficile . §2. Ils sont un outil juridique comme les autres. il va exercer un contrôle de proportionnalité. lequel n’entraine pas nécessairement que celui-ci se substitue au législateur. Le juge utilise un outil qui est l’outil essentiel du juge constitutionnel : le principe de proportionnalité . Ce qui est vrai. les principes constitutionnels doivent être conciliés les uns avec les autres . et il s’agit là d’une hiérarchisation d’espèce et non de norme. LE DROIT DE VOTE. est une question des plus importantes. peu important quel soit le texte retenu. n’établit pas elle-même de hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. Tandis que le système des droits fondamentaux allemand est fondé sur le principe cardinal de dignité. il faudra nécessairement être conscients de ces typologies. C. et le rôle du juge est de veiller à ce que la conciliation opérée entre des droits fondamentaux contradictoires ne soit pas naturellement déséquilibrée. Il n’est pas clairement posé de hiérarchie des droits et libertés fondamentales par le C. et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les principes constitutionnels posés.
 Chapitre 1. Le pouvoir constituant et la souveraineté. mis à part le principe de dignité -considéré comme absolu-. le C. chaque fois qu’est introduit un nouveau droit fondamental. de 1946. aucune hiérarchie. SECTION 2. puisqu’elle structure un système de valeurs. §1. ce qui implique nécessairement de les limiter . * CHAPITRE 3. cf. puisque la C. Si l’on considérait que l’ensemble des principes étaient indérogeables. «  On peut porter atteinte à la liberté contractuelle si le législateur poursuit un intérêt général  ». Constitutionnel en d’autres mots. La question de l’existence d’une hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. cf. avec ses technicités. Ils sont un outil juridique essentiel qui occupe une place importante. Il n’y a de droit. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. ils ont une valeur et une portée. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. l’anglo-saxon est plutôt fondé sur le principe cardinal de liberté. aux principes du Préambule de la C. Il y a deux mécanismes de limitation des droits fondamentaux : la conciliation entre plusieurs droits fondamentaux. 23 Audrey Plez . en vérifiant si l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles contradictoires n’est pas manifestement déséquilibrée. Constitutionnel une sorte de hiérarchisation implicite qui tient simplement au fait que le juge annulerait plus facilement tel ou tel principe plutôt qu’un autre. BERTRAND. ne se substitue pas au législateur. La solution retenue par le C. et la limitation au nom de l’intérêt général. est limité un autre. Les droits et libertés fondamentaux sont donc ainsi dérogeables par nature. Les droits et libertés fondamentaux ne sont pas un système hors du droit. ils entrent en conflit les uns avec les autres. Il n’y a donc pas de hiérarchie postulée à l’avance. et qu’il est nécessaire de savoir manier. Quel que soit le domaine dans lequel nous exercerons juridiquement. Par.

de la République . Dans une démocratie. Chapitre 3. A. Le principe démocratique et les élections. En 1958. il était dit que seul le suffrage universel est la source du pouvoir. Ce principe démocratique se traduit par le droit au suffrage. Cette loi est un texte qui encadrait les pouvoirs qui avaient été confiés au G. §1. il est évident que dans un système majoritaire. La deuxième caractéristique est que le mandat n’est pas impératif. SECTION 3. le corps électoral est à la base du régime politique et c’est sur ce corps électoral que repose la légitimité des gouvernants. il va séduire les électeurs de sa circonscription. §2. LE DROIT DE VOTE. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. la circonscription électorale est simplement le cadre dans lequel il est élu. de deux manières : l’art. de la fonction gouvernementale et les membres du Parlement.et la question du référendum. Dans l’art. ni ne disposent d’un mandat impératif que les électeurs pourraient révoquer. ce qui explique que cette analyse soit tout-à-fait théorique : un Parlementaire a plus de chances de se faire réélire en assistant à des évènements publics dans sa circonscription plutôt qu’en prenant des initiatives législatives. De Gaulle s’est servi du suffrage universel pour rééquilibrer les pouvoirs en faveur du P. ou ne fait pas de propositions. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. et parmi eux notamment. se trouve le principe selon lequel la France est une République démocratique. et ce vote permet soit d’approuver ou de désapprouver un texte. SECTION 1. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.DROIT CONSTITUTIONNEL. » Par. Ce principe conduit à considérer qu’un député est élu dans une circonscription. 1 CF. Ils sont ainsi élus dans un cadre territorial afin qu’ils participent dans le cadre de la nation. cád. le Parlementaire fait. qu’il exerce par ses représentants et par la voie du référendum. cád que l’élu conserve sa liberté de vote et que son mandat est irrévocable. LE SUFFRAGE. De Gaulle pour réviser la C. TITRE I. 4 CF précise que les partis concourent à l’élection du suffrage. Ils ne sont ni des élus des circonscriptions. ce qui n’a pas donné de suites.. ce qui ne fait pas de lui le représentant de sa circonscription . Il s’exprime dans la C. du 3 juin 1958. Un électeur avait poursuivi un candidat pour non-respect de ses engagements électoraux. BERTRAND. M. L’art. notamment. l’élu ne représente pas une circonscription -subdivision du territoire dans lequel il est élu-. mais de manière plus générale il s’agit du droit de vote. le G. Une fois élu. « Les promesses électorales ainsi. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. le mandat électif présente un certain nombre de caractères . qui sera celle de 1962. et pour cette révision. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. Cependant. §3. afin que la légitimité démocratique soit renforcée par l’intermédiaire d’une élection au suffrage universel. à l’occasion de la révision de la C. Dans le système représentatif. C’est donc un mécanisme de démocratie direct. un certain nombre de principes étaient posés. §1. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. CHAPITRE 3. le principe démocratique . LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. précisant que la souveraineté nationale appartient au peuple. 3 CF. et un mécanisme plus classique de démocratie représentée. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. Nous verrons dans ce chapitre ce qu’est le suffrage -moyen par lequel le peuple exprime sa volonté. B. il s’exprime aussi par d’autres voies et ce principe a été rappelé par la L. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE.. §2. 24 Audrey Plez . ou le titulaire. en toute liberté. n’engagent que ceux qui les écoutent. en ce qui concerne le Parlement. Si l’élection première et souveraine se trouve dans le principe démocratique. soit de désigner les titulaires. La volonté du peuple s’exprime par le vote. pour se faire réélire. mais il participe à la représentation de l’ensemble de la nation.

sinon dans la capacité civile. Cette idée est liée à celle du discernement et de l’indépendance et c’est pourquoi sont exclus les majeurs sous tutelle. Concernant le caractère du suffrage. un individu ne peut plus participer au choix de ses représentants de par la faute qu’il a commise. c’est là d’ailleurs. lorsque les femmes n’avaient pas le droit de vote. sinon aussi un devoir de l’électeur -celui-ci ne pouvant chercher à influencer les autres électeurs. Européenne des DH considérant que celui-ci fait néanmoins partie des droits fondamentaux.. et la père de famille aurait voté en fonction de l’importance de sa famille. ou de suffrage est un droit pour lequel il faut distinguer des conditions de jouissance. Est-il ainsi un droit accordé par l’État ou intrinsèque à la condition de citoyen ? Il est nécessaire d’être inscrit sur liste électorale. Il fut une période où le vote était familial. puisqu’elles étaient alors considérées sans capacité civile. puisque l’on considère que si ces majeurs ne sont pas en état d’assurer ces fonctions de la vie civile. résidant en France. mais qui relève du contentieux du juge judiciaire puisqu’il concerne une liberté fondamentale. Aux élections présidentielles de 2002. M. cád accordé à l’ensemble des personnes considérées comme capables. laquelle est établie dans chaque commune .. des personnes ont manifesté explicitement à quelle personne ils allaient diriger leur vote -par le port de gants. le but étant simplement de vérifier l’existence d’un lien entre la commune d’inscription de l’électeur et ce dernier. et enfin. l’idée de la capacité est celle que l’on puisse être électeur lorsqu’on dispose du droit de participer à la vie civile. La seconde condition tient à la capacité et est appréciée sous plusieurs aspects. Le non-respect Chapitre 3. cád que le caractère secret du vote n’est pas seulement un droit de l’électeur. cád le droit de travailler. Le vote est secret. le passage dans les eaux noires -cabine de vote. pour y être inscrit il faut bien évidemment jouir de ses droits électoraux.Par. Par. et un délégué du P. ce qui est tout-à-fait critiquable. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Le droit de vote. L’électeur a le choix entre la commune de son domicile réel. Il existe un bras de fer entre la C.. Le contentieux de l’inscription sur les listes électorales appartient aux juridictions judiciaires . cette dernière considérant que la condition de prisonnier conduit nécessairement à la perte de son droit au suffrage. etc. de passer un contrat. condition qui ne s’applique pas aux élections du Parlement Européen.M.  » Le droit de vote était universel. Il s’agit d’une liste permanente révisée chaque année par une Commission qui comprend le Maire. Par. ce qui a souvent donné lieu à une sanction annulant le suffrage des personnes ayant manifesté une préférence en faveur du candidat dans le bureau de vote. La raison pour laquelle on a autorisé ce droit de vote est fondée d’abord sur une spécificité : la citoyenneté européenne . ils ne sont pas en état de choisir des représentants. Il y a donc un lien évident entre la capacité civile et électorale. mais qu’il ait celle d’être électeur. puisque c’est la qualité de citoyen européen qui implique la participation à ces élections. 25 Audrey Plez . TITRE I. Les premières permettent à un individu d’être électeur. que l’on inscrit le droit de vote dans le cadre des libertés dont l’autorité judiciaire est le gardien. et d’autre part pour les élections locales.est obligatoire . condition à l’exercice du droit de vote. et des conditions d’exercice. lorsqu’est prononcée à l’issue d’une décision pénale une déchéance du droit de vote qui peut-être temporaire ou définitive . et ensuite. la C. Le troisième type d’incapacité relève de la censure. « C’est une erreur de parler de suffrage masculin. un délégué du Préfet. ou une commune dans laquelle il est inscrit au rôle des contributions directes depuis au moins 5 ans . cád. égal et secret. Le suffrage est égal. du Tribunal de Grande Instance. etc. L’incohérence n’est pas dans le droit de vote. la C. sur la fonction liée essentiellement au lien qui existe entre la qualité de citoyen et le vote pour des organes qui participent à l’exercice de la souveraineté. BERTRAND.E. précise que le vote est universel. le droit de vote pouvant être accordé aux citoyens de l’U. Le caractère universel. Le principe démocratique et les élections. ou municipales.DROIT CONSTITUTIONNEL. Européenne DH et la GB sur la question du droit de vote des prisonniers. la première condition étant celle de la nationalité. signifie que chaque citoyen remplissant les conditions de jouissance et d’exercice peut participer aux consultations électorales. en ce qu’un électeur équivaut à une voix. la première tenant à l’âge . L’inscription est un acte de nature administrative. une commune dans laquelle il paie des impôts locaux. B. Il serait difficile de considérer que quelqu’un n’ait pas la capacité civile.

Le cursus d’un certain nombre d’hommes politiques constitue le même parcours : Sciences-Po. que les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Certains se sont interrogés sur le problème de savoir s’il fallait procéder à une loi sur les primaires. ont rendu complètement aléatoires certaines de ces règles. pour financements indirects. en effet. etc. ce qui a cependant posé le problème du conflit entre vie privée et transparence. l’encaissement des fonds doit se réaliser par l’intermédiaire d’un expert financier. ou formation de l’opinion. Le principe démocratique et les élections. les lois vont. Ils se forment et exercent leurs activités librement. TITRE I. Elle précise ainsi. Par. de manière occulte et irrégulière. on peut ainsi manifester ses intentions avec antériorité. Depuis les dernières élections présidentielles. les dons des personnes morales sont interdits. L’autre problème a longtemps été le financement des partis politiques . Elles sont aujourd’hui confrontées à des évolutions auxquelles elles peuvent difficilement résister. pour orienter les suffrages. Il perdure une règle théorique d’interdiction de sondages la veille de l’élection . ou nouveaux. considérées comme un moyen pour les partis politiques de sélectionner leurs candidats. Mais un intérêt beaucoup plus grand de la justice s’est manifesté à notre époque. il est protégé . leur reconnaît plusieurs rôles. cette sélection étant organisée par le parti et rassemblant les électeurs de ce parti. Ministres . BERTRAND. par une loi de 2014. Il s’agit cependant d’une disposition extrêmement vague. tel que le temps d’audience à la télévision ou sur les radios. la suggestion de publication des patrimoines des élus . en assurant la transparence du financement des partis politiques. les organes nationaux ne pouvant procéder directement à la publication du sondage. et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. réguler le financement des partis politiques . l’objet d’un nombre de scandales considérable. Par. certaines personnes n’ayant donc jamais évolué dans un domaine autre que la représentation politique. De 1988 à 2008. d’autant plus lorsque ceux-ci constituent une majorité. et qui risquait également de confondre dans l’opinion publique les Parlementaires riches avec les Parlementaires corrompus. Chirac a été condamné notamment. par accumulation de dispositions. Le vote n’est pas obligatoire. Ils sont là. Il y a également une règlementation des sondages électoraux. Au-delà de cette reconnaissance de l’expression du suffrage. Parlementaire. un parti politique a aussi pour objet la conquête de l’exercice politique du pouvoir et la formation du personnel politique. et le jeu du débat politique passe nécessairement par les partis politiques. Elle traduit l’idée d’interdire un parti qui veuille détruire les institutions. Attaché Parlementaire. de 1958 fait référence aux partis politiques. Cette règle cependant ne s’exerce qu’au moment du vote. M. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL du secret peut donc entrainer des sanctions. qu’ils soient traditionnels. La vie politique a été sous la IIIe République. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. en tant que maire de Paris. et relativement inopérante. interdits une semaine avant l’élection. ce qui a perdu son sens avec l’émergence d’internet. par exemple. et à droite et au centre. Récemment s’est ajoutée. les techniques de communication contemporaines cependant. sont envisagées des primaires. et enfin. mais la liste de ces rôles ne doit pas être considérée comme limitative. sous l’égide d’une Haute Autorité des Primaires. puisqu’ils exercent librement. §2. ce qui implique. puisqu’ils pouvaient alors être publiés depuis l’étranger. dont l’annulation du suffrage exprimé. mais des règles d’équilibre. et une série d’affaires ont empoisonné la vie politique aussi bien à droite qu’à gauche récemment. lesquels doivent désormais publier leurs comptes. il a toujours été fait. J. jusque dans les années 1990.DROIT CONSTITUTIONNEL. Après un certain nombre de scandales. Le problème s’est Chapitre 3. ce qui pose un réel problème de représentation politique. la C. ainsi. La C. 26 Audrey Plez . s’est posée la question des primaires. une série de lois ont décidé de mettre de l’ordre dans ces affaires. laquelle entrerait incontestablement en conflit avec le principe selon lequel les partis se forment et exercent librement leurs activités. Un parti qui défendrait une République Fédérale serait ainsi un parti contre la souveraineté. Pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle française. Le candidat socialiste a été sélectionné à la suite de primaires. le principal étant de concourir à l’élection au suffrage. que certaines dispositions soient prises pour assurer l’égalité entre les candidats avec des règles non-strictes d’égalité. Le secret ne s’applique qu’au moment du vote.

il affirme que c’est du Chef de l’État -à continuation. On traitera donc de l’élection du P. est que le P. et ses successeurs n’ayant pas la même légitimité. et que ce mode d’élection n’ait pas été prévu dans la révision de 1962. que pour le corps parlementaire. qui traduit une position de rejet de la vie politique. expliquent l’attente de 1962.  Ainsi. -Il s’agit là d’un argument non imparable. La réforme constitutionnelle de 2008 a ajouté à l’art. élu par un Collège électoral qui englobe le Parlement. et des membres du Parlement indépendamment de cette question. la communauté Franco-Malgache-. M. ils risquaient d’être en position de faiblesse par rapport au Parlement. de la R. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL posé dans certains cas. de Gaulle par un attentat. il considérait qu’il disposait d’une légitimité historique. et la véritable rupture aura finalement lieu en 1962. et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation. 72 CF prévoit que ces collectivités s’administrent librement par des Conseils élus dans les conditions prévues par la loi. puis. une très large majorité. on souhaite extraire le Ch.-. et du fait de la démographie. de R. Cette formule veut marquer la rupture avec la IIIe République. Le principe démocratique et les élections. qui font disparaitre le risque donnant un caractère minoritaire au vote républicain . sera élu au suffrage universel direct. C’est une formule qui vise à concilier à la fois la libre administration des collectivités territoriales et le principe de souveraineté de l’État. placé au dessus des partis. l’idée selon laquelle le pluralisme passe par le pluralisme des partis politiques. Cependant. BERTRAND. dans un aspect conjoncturel : d’abord les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie. mais beaucoup plus large. mais on la retrouvera dans la constitution des institutions de la Ve République. §1. Par. d’É. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. Celui- ci est conçu comme un moyen extrêmement puissant de remise en cause du pouvoir parlementaire. de la R. la population non métropolitaine aurait joué un rôle conséquent dans l’élection. En 1962. celui-ci lui échappant de justesse. de l’autorité du Parlement afin qu’il ait une autorité propre. en 1962. d’É. Cette présentation n’aura aucun effet immédiat. n’avaient pas retenu l’idée d’une élection au suffrage universel direct. ensemble. L’argument officiel est celui que les rédacteurs de la C. est le vote pour un parti considéré extrémiste. et l’Algérie en tant que département français . » Elle voulait instaurer ainsi d’une part. lequel va exposer l’idée qu’il se fait des institutions. non pas pour le parti mais pour eux-même. Ch. où le Ch.La seconde raison. puisque c’est le laboratoire où vont se jouer tous les mécanismes de la révision de 1975. ainsi qu’elle vise le long terme . Il souhaitait donc la même onction du peuple pour le Ch. 4 CF. l’art. de Gaulle post-guerre. et d’autre part. une certaine équité. 11 Cf afin de proposer l’élection du P. une formule selon laquelle : «  La loi garantit les expressions pluralistes des opinions. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. départementales et régionales. SECTION 2. était élu par le Parlement . lorsqu’à la suite d’une révision constitutionnelle. auxquels s’ajoutent les votes blancs et l’abstention. au suffrage universel direct se rattachait au régime présidentiel et que le régime de la Ve République était un régime parlementaire. et qui constituent ainsi. d’É. il va d’ailleurs obtenir un résultat tout-à-fait positif. l'apparition de l’OS (Organisation Secrète pour l’Indépendance de l’Algérie) visant le G. Il en profitera très rapidement. officiel et officieux. et celle-ci était le lien établi entre la France et ses anciennes colonies -notamment. Deux arguments. de Gaulle est à la fois conjoncturelle. La logique des institutions est présentée par le G. que doit procéder le pouvoir exécutif. au suffrage universel direct . TITRE I. le P. de Gaulle utilise finalement le référendum de l’art. ce qui a été un réel problème. le G. 27 Audrey Plez . lorsqu’un certain nombre d’élus ont fait travailler des employés communaux. soit municipales. C’est cette idée que reprendra le G. de R. de Gaulle. d’É. Une caractéristique importante du rejet de la vie politique. il existe une différence entre l’enrichissement du parti et l’enrichissement personnel. L’idée du G.. était élu par la communauté. Concernant les élections locales. celle d’un Collège électoral qui englobe le Parlement et qui soit même plus large.DROIT CONSTITUTIONNEL. Deux éléments vont accélérer sa mise en oeuvre. car l’élection du P. plus forte. en 1946. Chapitre 3.

En principe. et aucun parti n’a l’obligation d’organiser des primaires. et ainsi entrainer l’échec du succès de l’un deux. pour le deuxième tour. ou socialistes au premier tour. au suffrage universel. Au premier tour. Le gouvernement est renversé -il démissionne alors qu’est votée la motion de censure-. dans une certaine mesure. et chargée de garantir leur bon fonctionnement. de R. L’absence de primaire avec antériorité s’explique par la dualité de candidats . lesquels doivent relever d’au moins 30 départements et territoires d’outre-mer et par plus de 10% d’un même département. de R. avant la fin du mandat du P. en présence de deux candidats républicains. Ces primaires redonnent en fait aux électeurs un certain poids prépondérant par rapport au Parti politique. Le 4 octobre 1962. 11 CF puisque les Assemblées sont hostiles à l’élection du P.N. Elles ne sont pas réservées aux adhérents des Partis politiques mais sont ouvertes à toutes les personnes se reconnaissant dans les valeurs de tel ou tel mouvement politique. de Gaulle demande à rester en place afin de régler les affaires en cours. et pour de nombreux Parlementaires se manifeste la peur de l’Élysée.. Constitutionnel répond prudemment mais de manière parfaitement justifiée. Constitutionnel afin de lui demander de régulariser la procédure de révision constitutionnelle.. le G. le 28 octobre 1962. l’A. par définition. et 30 jours au plus. de la R. l’un des deux candidats était sûr de se retrouver au pouvoir. Constitutionnel apprécie la régularité des candidatures. En cas de vacance de la P. à l’origine du référendum sous l’impulsion de De Gaulle. il y aurait de fortes chances que le Parti adverse se retrouve au deuxième tour. Il utilisera l’art. C’est la réforme la plus importante de la Ve République. Le 5 octobre. après que se soit observée la vacance. TITRE I. de Gaulle va lier son sort au référendum. est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés . puisque les candidats peuvent établir des fichiers de ceux qui participent à cette élection. le G. il ne lui appartient pas de se prononcer. Le P. Le C. l’élection se déroule 20 jours au moins. Le C. Une loi constitutionnelle de 1976 a prévu la conduite à tenir en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat au cours de la campagne électorale. de R. le peuple approuve le suffrage universel par 60% des suffrages exprimés. de Gaulle est réélu par la suite pour un second mandat. nous reviendrons sur le problème du quinquennat. 28 Audrey Plez . Cette loi constitutionnelle est promulguée et le G. les candidats ayant obtenu au moins un certain pourcentage des suffrages exprimés. Le principe démocratique et les élections. Constitutionnel de valider la procédure irrégulière de révision de la C. La loi organique de 1976 prévoit que chaque candidat doit être présenté par 500 élus. Aujourd’hui. saisit le C. que la loi étant le résultat de l’expression souveraine du peuple. aucun candidat n’a obtenu ce résultat.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le concours de deux candidats du même parti peut en effet mener à la division des voix. À continuation. En tant qu’autorité Chapitre 3. 11 CF pour réformer la Constitution.N. et 30 jours au plus. M. BERTRAND. Le G.. mais il est évident qu’à partir du moment où il existe des règles internes. Les conditions pour être candidat sont la détention de la nationalité française. habilitée à juger de la régularité des primaires. Elles portent atteinte. bien qu’il s’agisse d’une atteinte indirecte. En ce qu’il n’existe pas de contrôle public. ou des deux candidats. adopte une motion de censure qui a pour objet de renverser le Gouvernement . dissout l’A. tout candidat peut se présenter indépendamment des primaires. Le débat sur la constitutionnalité de l’art. annonçant qu’il démissionnera en cas de réponse négative au référendum fixé au 28 octobre suivant. les candidats socialistes et républicains ont créé une Haute Autorité des Primaires. La campagne officielle démarre 20 jours avant le premier tour et le Comité de Contrôle Audiovisuel est chargé de veiller à son bon déroulement. Il n’y a pas de contrôle public. au secret du vote.Il demande donc au C. -Cf. Les primaires relèvent de la liberté des partis politiques . pour les avertir de son intention de réviser la C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL En 1962. qu’elle va réformer en profondeur. conscientes que celui-ci va les affaiblir. Seuls peuvent se présenter 15 jours après le premier tour. 11 CF.. cette motion de censure vise fictivement le Gouvernement. . à ce jour. le P. actuel. il pourrait y avoir des recours auprès du juge judiciaire pour non respect de ces règles. en application de l’art. Le 9 octobre 1962. de Gaulle adresse un message aux Ch. (Assemblée Nationale) qui ne peut contester directement les décisions du P. de R. l’élection a lieu 20 jours au moins. l’âge minimum de 23 ans et le fait de ne pas être touché par une cause d’inéligibilité.

avec l’exigence d’un certain plafond. §2. §2. le C. Les députés sont élus au suffrage universel direct. partie des sommes qui lui avaient été reversées par l’État au titre des dépenses de campagnes. Les Sénateurs sont élus dans le cadre départemental au suffrage universel indirect. La durée du mandat est de 6 ans. Il y a un scrutin majoritaire.Le vote est obligatoire. Il a ainsi du rembourser à l’État. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE.Les candidats doivent verser une caution et c’est le C. Si aucun candidat n’a franchi cette part. M. ce qui lui donne une assez grande stabilité politique. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. et il existe de ce fait une surreprésentation des communes rurales. et un scrutin proportionnel dans les départements où il y a plus de 3 Sénateurs. A. Sarkozy pour avoir dépensé le plafond des dépenses de campagnes. Constitutionnel statue sur la régularité des opérations électorales. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. BERTRAND. peuvent se présenter au second tour tous les candidats ayant obtenu au moins 12% des votes du nombre des électeurs inscrits. et les délégués des Conseils Municipaux proportionnellement à l’importance des communes. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. Constitutionnel a estimé que ce découpage devait se faire selon des bases essentiellement démocratiques. TITRE I. et l’un des grands moyens de manipulation des élections est le découpage des circonscriptions électorales. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. Le C. le vote correspondant à un candidat. et en plus obtenir un nombre de suffrages au moins égal au quart du nombre des électeurs inscrits. Pour se présenter. SECTION 3. Le principe démocratique et les élections. et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. Constitutionnel est également juge électoral . -Il y a aussi des représentants des français étrangers. il faut avoir 18 ans. il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. TITRE II. veille à leur régularité.DROIT CONSTITUTIONNEL. et détermine la date d’entrée en fonction du P. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL constitutionnelle. surveille les opérations électorales et procède au recensement des votes.. est élu le candidat ayant reçu le plus grand nombre de voix. les deux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix peuvent se régenter au second tour. Ce qui est tout à fait en accord avec la C. Constitutionnel reçoit les candidatures. puisque le Sénat doit représenter les collectivités territoriales. §3.. les conseillers régionaux. Chaque candidat se présente avec un suppléant destiné à la remplacer en cas de décès ou en cas d’une fonction incompatible. Le C. C’est d’ailleurs celui-ci qui a sanctionné N.La circonscription électorale est une subdivision du département. et certains fonctionnaires ne peuvent se présenter aux élections dans les circonscriptions dans lesquelles ils ont exercé un certain moment -pour éviter qu’ils profitent de l’influence qu’ils auraient pu établir sous ces fonctions. et la carte électorale est ainsi révisée tous les douze ans. scrutin majoritaire uninominal -le contraire du scrutin proportionnel de liste. c’est celle qu’on appelle arrondissement. pour être élu au premier tour. 29 Audrey Plez . B.
 Chapitre 3. évitant les différences trop importantes entre les circonscriptions électorales. La durée du mandat est de 5 ans . LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. il proclame les résultats. par un Collège électoral comprenant les députés.. dans les départements où il y a moins de 3 Sénateurs. LA QUESTION DE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. §1. C’est pourquoi le C. Au second tour. les conseillers départementaux. puisque la plupart des grands électeurs sont issus des petites communes. il examine les recours contre les candidats ou contre les opérations de vote. nouvellement élu. Une semaine après le premier tour. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. C’est lui qui surveille en dernier lieu les comptes de campagne. Constitutionnel qui statue en première instance sur l’éligibilité.

B. B. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. M. LES ORIGINES HISTORIQUES. puisque dans la plupart des systèmes européens. On est en effet. Il s’agit là d’une question qui sera sommairement traitée plus tard. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. très loin de la conception de séparation de MONTESQUIEU dans laquelle le pouvoir du juge est un pouvoir nul. Théories et applications du principe de séparation. d’É. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. La séparation fondamentale n’est plus entre le pouvoir exécutif et législatif. ainsi le pouvoir du juge n’en fait pas partie. une organisation qui a évolué au fil du temps. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS.. et les pouvoirs constitués. et se manifestent divers conflits entre le pouvoir politique. §1. le Ch. SECTION 2. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. on perçoit en effet que le pouvoir législatif a de plus en plus un rôle de contrôle du pouvoir gouvernemental. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. concentre la plus grande partie du pouvoir gouvernemental. §3. En ce qui concerne le pouvoir exécutif. que l’on peut retrouver sans séparation des pouvoirs. 3. est issu en général de la même majorité. se produisant peu de renversements du Gouvernement par le Parlement. alors que la séparation des pouvoirs recouvre des aspects qui ne sont pas démocratiques. C’est d’une part une terminologie qui a vieilli. La séparation des pouvoirs est en fait. Une autre forme de séparation des pouvoirs est la distinction entre le pouvoir constituant -pouvoir souverain appartenant au peuple. 30 Audrey Plez . Le pouvoir démocratique s’exprime par des autorités politiques. La question de responsabilité du Gouvernement devant le Parlement devient également une question assez théorique. §2. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. et d’autre part. §2. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. mis en place par la C. A. L’ORGANISATION DES POUVOIRS TITRE II L’ORGANISATION DES POUVOIRS Cette organisation est fondée sur la séparation des pouvoirs. En France. dispose d’un pouvoir exécutif. TITRE II. A. celle qui concentre le pouvoir gouvernemental. un mode de gouvernement libéral . de R. aussi bien qu’entre les mains du seul Gouvernement. Chapitre 1. dans une démocratie-. et le pouvoir du juge. SECTION 1. A. La véritable séparation semble ainsi être aujourd’hui celle qui distingue le pouvoir politique de celui des juges . L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. BERTRAND. §1. On peut imaginer une concentration du pouvoir entre les mains du Gouvernement ou Ch.DROIT CONSTITUTIONNEL. désormais en déclin. La séparation des pouvoirs est traditionnellement envisagée en tant que séparation des pouvoirs exécutif et législatif. en expansion. on peut se référer à un pouvoir dit gouvernemental. le P. 2. ou gouvernemental et parlementaire. d’É. tandis que le 1er M. CHAPITRE 1. […] Il est tout à fait anachronique d’affirmer que la personne qui décide aujourd’hui. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. 1. à ne pas confondre avec la démocratie. et de moins en moins un pouvoir d’émission de textes législatifs. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. 4. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. Pour ce qui est de la terminologie. dispose d’un pouvoir d’exécutant. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940).

parce qu’il est partagé entre deux forces. il y aura une participation d’Assemblée qui exercera un pouvoir aux côté du Roi. mais d’une expérience . sont divisés en trois parts représentant une égale puissance. M. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. puis en France au XVIIIe. s’installe petit à petit dans la vie politique du R. représentante de la bourgeoisie. cette histoire de lutte entre le Parlement et le Roi. Ce mécanisme. la Chambre des communes. D. et ainsi le pouvoir est limité. et l’autre déclinante : le pouvoir du Roi. elle est le fruit de l’évolution de la société. C’est pourquoi elle est une théorie libérale. même si elles ne sont pas écrites. Très rapidement. il est évident qu’il est affaibli par le pouvoir de ce même Parlement. La réaction monarchique en devient plus absolue. et c’est la même logique qui prévaut. la noblesse d’une part. l’une ascendante : le pouvoir du Parlement. son pouvoir est affaibli à l’apogée de l’acte d’établissement. et enfin le tiers-état -ou représentant de ce que l’on appelait alors la Chapitre 1. Elle a ensuite été théorisée en GB.U. à l’inverse de la GB. Le Roi renonce à légiférer par ordonnance. TITRE II. La séparation des pouvoirs est tout simplement une technique constitutionnelle. ce qui correspond à peu près au Parlement sont les États Généraux. SECTION 1. et un pouvoir monarchique ou royal qui s’est étendu plus rapidement. Le systèmes féodal est très différent en GB et en France . elle est née non pas d’une théorie. Leurs conséquences s’observent aujourd’hui. et il y aura toute une succession d’actes qui marqueront une certaine forme de soumission du Roi au Parlement. en GB. À partir du moment où le Roi se met à tirer sa légitimité d’un accord passé avec le Parlement. (Royaume-Uni). se poursuivent beaucoup plus longtemps en GB qu’en France. d’où un affrontement avec le Parlement. […] Ceci va conduire à ce que les traces du système féodal. en GB la noblesse et la bourgeoisie se sont alliées pour diminuer les prérogatives du roi. Il est important de comprendre les différences historiques qui existent entre les pays. en France. Théories et applications du principe de séparation. à la suite de cette dernière. se fait avec le Roi pour limiter le pouvoir de la noblesse. s’engage à ne pas lever les impôts sans le consentement du Parlement. beaucoup plus que démocratique. notamment européens. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. CHAPITRE 1. La séparation est une technique d’organisation des pouvoirs. Si l’on prend en parallèle la situation française. et enfin en 1709. et la Chambre de la noblesse et du clergé vont se rassembler. va conduire à ce que le mécanisme que l’on appelle aujourd’hui le système parlementaire. et ne se confond pas avec la démocratie. qui donne lieu à deux Révolutions. qui va s’opérer au détriment de ce dernier. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS.DROIT CONSTITUTIONNEL. LES ORIGINES HISTORIQUES. tiers-état etc. le Roi le devient à la suite du Pacte qu’il passe avec le Parlement. L’ORGANISATION DES POUVOIRS B. fondé sur le pouvoir de la noblesse. et en faveur du précédent. Elles ont ainsi eu des conséquences très différentes : en France un affaiblissement du pouvoir de la noblesse. §1. ce que l’on appelle la règle du précédent -mécanisme qui a fonctionné d’une certaine manière et continue de s’imposer-. C’est dans le consentement à la Cour.G. La séparation des pouvoirs. La première différence est que ces É. cád que ces É. 31 Audrey Plez . en 1640 et 1688 . et commencer à rédiger des projets de loi. qui vise à éviter le discrétionnisme et à protéger les libertés. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). celles-ci étant toujours présentes. Le pouvoir royal est enfermé dans un ensemble de règles très contraignantes. a d‘intéressant que dans ses origines. Cette alliance de la bourgeoisie. C. que va naître le pouvoir du Parlement. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). En 1351. BERTRAND.G. la situation est tout-à-fait différente. sont convoqués par le Roi. le clergé d’autre.

BERTRAND. trois pouvoirs : législatif. alors que le pouvoir royal est celui qui l’applique. §2. C’est le premier niveau de la théorie de LOCKE. M. ou juridictionnel. est évidemment incompatible avec une conception absolue des pouvoirs . de respecter un certain nombre de libertés naturelles. Selon LOCKE il existe au sein de l’État. Son deuxièmes apport. Plus précisément encore. et de défendre ce que l’on a pu appeler une monarchie contractuelle. puis en France avec MONTESQUIEU qui va perfectionner le système de séparation des pouvoirs. et enfin le pouvoir fédératif. L’ORGANISATION DES POUVOIRS bourgeoisie. BERTRAND sont Chapitre 1. le but de cette réunion des É. sans même se référer à ce principe en ces termes. On a jusqu’au XVIIe. Elle sera reprise ensuite par ROUSSEAU. C’est d’ailleurs dans l’absence de séparation absolue. que l’on retrouvera les mécanismes de collaboration entre les deux pouvoirs. ou pouvoir du juge. de plus.G. dont le droit de propriété.G. Il est à l’époque membre d’un Parlement. celui de conduire les relations internationales. à tel point qu’aucune réunion n’aura lieu entre 1614.est qu’il va être le premier théoricien moderne de la séparation des pouvoirs. C’est celui en effet. allant plus loin. MONTESQUIEU va systématiser la séparation des pouvoirs. C’est une réunion des É. celui de les appliquer . par Louis XVI qui initiera la Révolution. Le schéma est le suivant : une pratique conduit à une théorie. Pour éviter ce désordre. qui se doit. dans l’actualité. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. Son idée est d’instaurer en France un système qui ressemble au système britannique. une différence fondamentale entre ces deux systèmes monarchiques. et le pouvoir de juger les désaccords. d’ailleurs essentiellement dans une volonté de renforcer le pouvoir royal. LOCKE n’est pas un théoricien désintéressé. et les parlementaires des juges. qui édicte la norme. qui a elle même pour objet d’agir sur la pratique. d’appel . -et c’est celui qui nous intéresse plus directement. il va considérer que ces fonctions doivent être séparées afin d’assurer la liberté. ce qui rend légitime les Révolutions est que. d’abord en GB avec J. qui a été développée dans le Leviathan par HOBBES. en contrepartie. La différence avec LOCKE est d’abord que MONTESQUIEU va supprimer la notion de pouvoir fédératif. LOCKE va théoriser cette pratique dans un ouvrage paru en 1690.DROIT CONSTITUTIONNEL. C’est l’expérience britannique qui va faire l’objet d’une théorisation. pour éviter le désordre si les deux pouvoirs vont dans des sens différents. 32 Audrey Plez . Il fait une distinction entre trois fonctions. si le Roi viole ces droits. telle que les actuelles C.. la théorie contractuelle des pouvoirs. exécutif. qui s’intitule Essai sur le gouvernement civil. LOCKE va reprendre. celle d’adapter le système de séparation des pouvoirs en France au système britannique.. LOCKE est ainsi le premier grand acteur dans la théorie de la séparation des pouvoirs. pour introduire la notion de pouvoir judiciaire -à l’époque-.G. C’est une théorie qui a une finalité politique très claire. Cette théorisation a une finalité politique. TITRE II. Théories et applications du principe de séparation. et qu’il va appliquer plus concrètement au système constitutionnel. il va considérer qu’il faut établir une hiérarchie entre ces deux pouvoirs. mais à partir de l’analyse britannique. qui est celui de faire les lois . celui-ci étant une C. législatif et exécutif. de justice. et 1789. son objectif étant d’éviter le retour à un pouvoir royal absolu. qu’en France. Une fois établis ces éléments. le pouvoir législatif étant le pouvoir suprême. ces Assemblées deviennent peu à peu une structure permanente. et améliorer considérablement le principe. Cette conception contractuelle des pouvoirs. Les É. LOCKE. et c’est l’idée selon laquelle les hommes abandonnent une partie de leurs libertés dans un contrat qu’ils passent avec le Roi. le peuple peut se refuser à lui obéir. ils vont se réunir de moins en moins régulièrement au cours des siècles suivants. J. au-delà de la question des impôts étant de renforcer l’autorité du Roi par rapport au peuple . ne sont convoqués que très exceptionnellement. alors qu’en GB. LOCKE estime qu’il ne doit pas y avoir une séparation absolue des pouvoirs exécutifs et législatifs. Il va partir de deux observations. ils sont donc des juridictions. J. au coeur du système parlementaire. le pouvoir de les exécuter.Il y a donc déjà une structure plus efficace en GB. pour ce faire. qui du point de vue de M. il s’agit de légitimer la Révolution qui vient de se produire. D’abord convoqués en 1302. J. fondées sur leur objet : le pouvoir de faire les lois. Par.

de classer les régimes politiques. Ces deux observations. et l’ensemble des pays qui ont pris pour modèle le système européen ou américain. Il indique tout d’abord que la puissance de juger est la puissance la plus ténue. on en est loin en effet. Chapitre 1. en inventant le régime présidentiel. si personne ne l’arrête . mais non pas inventé. la théorie de la séparation des pouvoirs a inspiré sous une forme ou sous une autre. Les manifestations de la méfiance de celui-ci vis-à-vis du pouvoir judiciaire sont nombreux. Son but est d’empêcher le pouvoir omnipotent.UU. et ces organes doivent avoir deux facultés qui se combinent : la faculté de statuer. établi en application d’une théorie. et en second lieu. EE. Ce dont on discute aujourd’hui. On a pris l’habitude. mais cette séparation peut s’effectuer dans un système monarchique aussi bien que démocratique. cád d’agir négativement. Deux pays sont particulièrement intéressants au regard de l’interprétation qu’ils ont donné de la théorie de séparation des pouvoirs. Il s’agit. C’est là encore.DROIT CONSTITUTIONNEL. par la disposition des choses. ces différences tendent à s’atténuer. Il ne s’agit pas nécessairement. un même organe peut exercer plusieurs fonctions. celle de la séparation stricte des pouvoirs . et des deux autres pouvoir de l’autre. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. et c’est la raison pour laquelle il considère que celui-ci devrait être détenu par des Jurys. sont que tout homme -fut-il juge. que pour que l’on ne puisse abuser du pouvoir. régime de collaboration entre les pouvoirs. L’un des apports de MONTESQUIEU est d’avoir intégré la fonction judiciaire dans la séparation des pouvoirs. dans l’analyse de MONTESQUIEU . le système politique des États Unis. BERTRAND. Ceci est une lecture assez superficielle de la théorie de MONTESQUIEU. et qui ont donné naissance à deux types de séparation des pouvoirs. Elle a sa place dans ce système de balance et d’équilibre. Par. en effet. et que seul le pouvoir peut limiter le pouvoir. cád celle de décider ou d’agir positivement . il faut un pouvoir juridictionnel fort. MONTESQUIEU cherche ainsi à empêcher l’omnipotence. l’ensemble des régimes européens. puisqu’il s’agit d’un régime déjà pratique. Le pouvoir du juge est un pouvoir dangereux. L’ORGANISATION DES POUVOIRS universelles et éternelles : la première étant que tout homme ayant du pouvoir est porté à en abuser . d’une séparation totale. et la GB. Ce qui bien sûr. un régime souple de séparation des pouvoirs. qui a mis en place. mais surtout pas sans limites. M. EDH. il ne s’agit pas d’une théorisation abstraite. MONTESQUIEU se méfie beaucoup de ce pouvoir judiciaire. est la formule selon laquelle les juges sont « la bouche qui prononce la parole de la loi » . par l’instauration de poids et contre-poids . Si l’on fait abstraction de cette conception du pouvoir judiciaire. et s’en méfie d’autant plus qu’il est lui-même magistrat. que le pouvoir arrête le pouvoir. et qui semble vrai pour la plupart des juridictions. 33 Audrey Plez . notamment par les constituants américains. des pays anglo-saxon. comme c’est le cas en GB. en freinant un autre organe. qui forment le pouvoir politique. désormais. la séparation du pouvoir juridictionnel d’une part. tend à devenir un élément fondamental du droit contemporain. En revanche. Les États-Unis -à continuation. MONTESQUIEU semble cependant avoir été mal compris. Les juges aujourd’hui se revendiquent un pouvoir créateur et dépassent le simple pouvoir d’interprétation pour se reconnaître parfois jusqu’à un pouvoir contra legem. et la faculté d’empêcher. qui en 1787 ont construit un système de séparation stricte des pouvoirs. C’est le cas par exemple de la C. Théories et applications du principe de séparation. qui ont voulu séparer de manière rigoureuse les pouvoirs et fonctions étatiques. à condition qu’il ne les exerce pas seul. au sein de ce que l’on a appelé un régime parlementaire. TITRE II. et un pouvoir politique fort mais non pas sans limites également. par ailleurs. SECTION 2. de 1791.détenteur de pouvoir est amené à en abuser. selon le plus ou moins grand degré d’indépendance des organes chargés des fonctions législatives et exécutives. et par les constituants de la C. qui pourrait très largement être approfondie. de trouver un équilibre entre l’efficacité et la protection des libertés. il faut. nous écarte beaucoup de ce point de vue des théories de la séparation. Un même organe ne doit pas être totalement maître de deux fonctions. Aujourd’hui.-. un mécanisme que l’on retrouve dans presque tous les systèmes constitutionnels.

Le Ch. limité par un Parlement faible. ou le centre. il y a un P. pour élire des délégués et pour choisir le candidat de chacun des deux grands partis.UU.UU. La France. ce sont simplement ses collaborateurs. tandis que la caractéristique précédente était en effet liée au caractère présidentiel du régime..UU. Dans le régime présidentiel. tandis que l’autre représente les États -ici.UU. Théories et applications du principe de séparation. des EE. ce qui marque la volonté de montrer leur dépendance du P. puissant. selon la formule «  les juges à la Cour suprême ne démissionnent jamais et meurent rarement. Ainsi aux EE. par nature. sinon qu’il tient simplement à la nature fédérale des EE. -tandis qu’en France. BERTRAND. aussi bien que de 1er M. il y a un P. le choix des délégués et des candidats dépend de la législation de chacun des États. est assisté d’un Vice-P.Il est donc un élément issu du caractère fédéral. Ils sont nommés à vie. cád. en tant que régime qui applique strictement la séparation des pouvoirs. pour citer un exemple.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le régime présidentiel est né aux EE. de même que pour la droite. à l’existence d’un régime ou d’un système présidentiel. il y a un gouvernement distinct du Ch. dans un régime présidentiel. N’importe quel électeur s’estimant de gauche pourra voter afin de choisir son candidat de gauche. soit pour le candidat républicain. selon un système très complexe et qui varie selon les États. A. puisque tout le pouvoir exécutif revient au P. Puis les conventions des Partis choisissent leurs candidats. Ce bicaméralisme n’est pas lié. à une seule tête. L’exécutif est monocéphale. La seconde caractéristique.UU. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME.UU. à la tête duquel il y a une Cour suprême qui est à la fois juge constitutionnel et judiciaire. Ce pouvoir judiciaire se caractérise par l’unité du système juridictionnel fédéral. sinon Secrétaires d’État. compétente chaque fois qu’est en jeu l’application du droit fédéral et qui remplit un rôle d’uniformisation du droit aux EE. Le P. ce Parlement est un organe puissant. le Congrès est formé par la Ch.. qui sont organisées dans les États fédérés. sont d’une extraordinaire simplicité. 34 Audrey Plez . et les pouvoirs n’ont en principe aucun moyen d’action réciproque. Aux EE.UU. qu’il nomme et révoque comme il l’entend. de R. où il s’est développé.UU. de R. de R. exerce les fonctions de P. chacun des pouvoirs trouvant de manière séparée sa légitimité dans le peuple. a plus de pouvoir que celui des EE. » Chapitre 1. À côté. chacun des pouvoirs a une fonction spécifique.UU. et en dehors de l’Amérique latine pendant une certaine période.. et qui apparait comme un réel contre-pouvoir au P. représente le peuple. (ici. mais a connu très peu d’application en dehors ce celui-ci. de 1787. Pour une raison simple. avec des élections primaires. ou du centre. formé de deux chambres. ou conventions. Un régime présidentiel n’est pas un régime dans lequel le Président est tout puissant.. Ce qui veut dire que le pouvoir exécutif est confié tout entier à une seule et même personne. TITRE II. Il est entouré de collaborateurs. UU. le Parlement a plus de pouvoir qu’en France. de R. des représentants et le Sénat. et confirmés par le Sénat. et enfin.UU. les électeurs élisent les grands électeurs qui s’engagent à voter lors du scrutin définitif. Le troisième élément est qu’il existe un pouvoir judiciaire véritable.Aux EE. d’É. Il est élu au terme d’un long parcours. de R. Il y est né par la C. est que le Parlement est bicaméral. On ne les appelle pas Ministres. est un régime de type plutôt parlementaire. cád. américains.UU. (Vice-Président) élu en même temps que lui. Président) puissant. Les 9 juges sont nommés par le P. des EE. les primaires socialistes. Dans un système fédéral. soit pour le candidat démocrate. de la droite. d’É. Aux EE. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §1. M. Dans les systèmes parlementaires. alors qu’en France le P. l’une des Ch. Aux EE.. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. et une autonomie politique du Gouvernement. On pourrait presque affirmer que le régime présidentiel est un régime qui a rarement fonctionné correctement en-dehors des EE. limité par un Parlement puissant. de R. qui est totalement maître du pouvoir législatif.

puisque dans la nomination d’un certain nombre d’autorité. les Traités devant être ratifiés par le Sénat. indépendante de l’autre dans sa nomination. ne peut pas obliger le Congrès à voter une loi. par exemple. Théories et applications du principe de séparation. C’est ce système qui a été en quelques sortes transposé en France. et les fonctionnaires peuvent cesser d’être payés durant une période.Le P. quant à la ratification d’un Traité aux EE. lorsqu’il y a eu. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime présidentiel se caractérise en ce qu’il fait correspondre une fonction à un pouvoir. et sans la réunion du Congrès. en effet. est assurée dans la durée d’une garantie d’existence due à des élections à des périodes fixes. de refuser ce que l’autre propose. Cette situation s’est trouvée dans plusieurs occasions. C’est là qu’il y eut un moment. S’agissant des moyens d’action du législatif sur le P. en général très efficaces. Le Congrès possède enfin un pouvoir d’approbation de certains actes du P.UU. tout le pouvoir législatif et budgétaire au Parlement. ce qui constitue probablement la raison pour laquelle ce système a fonctionné aux EE. un P. mais elle ne correspond pas à une responsabilité politique. En votant le budget ou en ne le votant pas.. ni une arme de dissolution. elle ne procède que de ce dernier.. le consensus est indispensable au fonctionnement des entités.UU. qui ne relève pas de la C. il y a quelques mois. sur le Congrès s’inscrivent principalement dans le veto présidentiel sur les lois votées . et jusqu’à présent. Il s’agit donc d’un pouvoir considérable. parce qu’il n’a pas de responsabilité politique. Le régime présidentiel consacre l’autonomie de chacun des pouvoirs dans ses relations avec l’autre. L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. cependant. le P. de R. le veto présidentiel à la majorité des 2/3 dans chacune des deux Ch. de R. dispose également d’une autre forme de veto. de R.. Ils doivent.UU. et presque uniquement aux EE.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le P. C’est un système qui n’est pas transposable en France. démocrate et un Congrès républicain. puisqu’il aboutirait très vite à des blocages. Si la séparation des pouvoirs est une séparation stricte. peut s’abstenir de signer une loi. TITRE II. à l’exception d’un certain nombre de services urgents et limités. de R. et le Congrès devra tout reprendre lors d’une autre cession. B. Aux EE. Le Congrès dispose d’une autorité de contrôle sur l’Administration par des commissions d’enquête. et il n’y a pas de possibilité pour l’Assemblée de renverser le Gouvernement. et l’exercice de cette faculté conduit nécessairement. un certain suspens.UU. Tout le pouvoir législatif est ainsi au P. -condition relativement difficile à accomplir. Dans ce cas. de R. Il y avait aux EE. de R. Chapitre 1. Il n’y a pas de solution juridique pour faire face à des situations de blocage. également. Chaque autorité. puisqu'il n’y a pas de gouvernement.. de R. de R. au Parlement ou au Congrès de mettre en cause la responsabilité pénale du P. sans qu’il n’y ait de moyen juridique destiné à résoudre le conflit. sinon de la pratique : en fin de cession parlementaire. qui met la loi dans sa poche. En effet. il n’y a pas de mécanisme de déblocage. le Congrès peut ainsi paralyser l’action politique du P. il existe ratification par le Parlement.UU. en cas d’opposition.. trouver un consensus. un certain accord sur le modèle de société et des divergences peu profondes entre les deux parties. et de l’absence de responsabilité politique de l’une envers l’autre. l’image est celle d’un P. ou le P.. de R. le système américain continuait d’exiger une certaine forme de consensus. cependant. de R. elle n’est pas pour autant une séparation absolue. le P.. Une procédure permet. Il n’y a pas de possibilité pour le P. alors que le Congrès détient les moyens budgétaires. n’a aucun crédit en cas de refus de vote du budget. Chacun des pouvoirs dispose vis-à-vis de l’autre d’un pouvoir d’empêcher. tout peut s’arrêter. sans avoir à s’expliquer. C’est ce que l’on appelle le pocket veto . le Congrès pouvant briser. 35 Audrey Plez . ensuite. Les veto sont utilisés relativement régulièrement par le P. à la recherche d’un compromis politique. Les deux pouvoirs sont condamnés à cohabiter quelles que soient leurs tendances politiques. de dissoudre les Assemblées ou l’une d’elles. C’est d’ailleurs probablement pour cela que le système présidentiel a eu du mal à fonctionner ailleurs qu’aux EE. Il intervient également dans les nominations qu’il approuve. Les moyens d’actions de P.. M. de R. BERTRAND. L’initiative de la loi appartient au Parlement .UU.

cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agisse d’un système avec une prééminence du Parlement -à continuation. G. d’abord par un contrôle sur l’équilibre entre le pouvoir législatif et exécutif. (ici.. P. Si sont additionnés ces trois fonctions. Dans le système des EE. R. dans un contexte de conflit entre le P. le pouvoir d’interprétation est un pouvoir important . (Ministre) verra sa responsabilité engagée par le G.-. intervenu au début du XVIIIe.. que cette intervention de la C. Parlement) et le pouvoir royal. le régime parlementaire à l’inverse. Suprême en tant que juge constitutionnel. un processus de collaboration des pouvoirs avec des moyens d’action réciproques : responsabilité d’une partie de l’exécutif. est à l’origine irresponsable devant le P. suprême (Cour suprême) de 1903. qu’il soit dit régime parlementaire. avec une période d’équilibre. Le premier effet en sera l’émergence de l’idée selon laquelle le G. ancienne. devant le P. l’ensemble du G. * §2. va petit à petit devenir responsable devant le R. et aussi en tant que garant de l’équilibre entre les pouvoirs des États fédérés et les pouvoirs de l’État fédéral. période pendant laquelle le R. . la confiance se traduira par le fait que le G. 36 Audrey Plez . A.DROIT CONSTITUTIONNEL. Théories et applications du principe de séparation. Ainsi. et dans le rôle de la C. C’est donc à l’occasion de cette montée en puissance du pouvoir judiciaire. qui date de la décision fondatrice de la C. progressivement. doit avoir la confiance à la fois du R. . d’où la responsabilité du G. sinon qu’il s’agit d’un régime de collaboration entre les pouvoirs avec plusieurs caractéristiques. s’est fait par la pratique : on trouve ainsi des régimes parlementaires monistes et dualistes. devant le R. TITRE II.. puis une période où le pouvoir du Roi -à continuation. Le R. M.a décliné en faveur du P.. et cet organe est le G. suprême en tant que juge constitutionnel. la compétence de la C. et les P.UU. va mettre en cause la responsabilité pénale du Ministre censé être responsable de la discipline. . il existe des moyens de contrôle d’un pouvoir sur l’autre. Le régime présidentiel est un régime relativement simple. puis. ce contrôle s’exercera de deux manières. Ce qui est l’élément principal du régime parlementaire est l’existence d’un organe qui va jouer un rôle d’intermédiaire entre le R. ou instauré à partir de la conception que l’on en avait . LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. il va prendre l’habitude de démissionner. et la responsabilité pénale sera ainsi utilisée comme une arme pour mettre en cause les décisions prises par un membre du Gouvernement. La mise en place de ce G. On passe pour autant d’une responsabilité Chapitre 1. lors de la montée sur le trône de la famille royale de l’époque. on y trouve un exécutif bicéphale. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. décision par laquelle la C. dans l’affaire Marguerite de Madison*. Le régime parlementaire est né en GB. et devant le P. qui ne peut le révoquer. cette responsabilité se mettra en place de la manière suivante : le G... sera mis en cause pénalement. va lui permettre d’exercer deux fonctions fondamentales : celle de veiller au respect des droits fondamentaux inscrits dans la C. puisqu’il a été théoriquement imaginé et établi. ce qui crée un problème de poids et de contrepoids qui équilibrent le fonctionnement de la séparation. Le deuxième élément est celui du développement du rôle du pouvoir judiciaire fédéral. l’autre élément de séparation des pouvoirs étant celui de séparation de ces pouvoirs fédérés du pouvoir fédéral. et d’autre. Il est un organe de coopération ou de collaboration entre les pouvoirs. lorsqu’un M.. suprême a décidé qu’elle pouvait exercer un contrôle de constitutionnalité des lois. est celui qui nomme et révoque en effet les Ministres. et du P. ou de l’une des Assemblées Parlementaires. en tant que garant de cet équilibre. va se désintéresser de la vie publique. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On note qu’au delà du mécanisme de la séparation stricte des pouvoirs. alors qu’en présence d’une C. BERTRAND.sur le Gouvernement -à continuation. Le problème est le même que pour le régime présidentiel . D’une part. va être liée au pragmatisme britannique et va se développer par un jeu de circonstances. démissionnera lorsqu’un M. celle de veiller au respect de l’équilibre entre les pouvoirs. mais le P. suprême est considérable. et possibilité de dissolution de l’Assemblée Parlementaire.

. du Conseil. soit composé de deux Ch. Le R. des com. et que leur désintérêt pour les affaires du pays se manifestera à travers les comptes-rendus qu’ils solliciteront de la part des M. que va se configurer le système parlementaire. fondée sur la pratique.. Les compétences sont pour autant partagées. et celle défendue par la Ch. et c’est l’élément central du régime. le peuple. Ces moyens sont d’une part.. ou implique que les décisions du G. -apparition de la fonction en 1720. ainsi. tandis que le second change en fonction des changements politiques. d’É. incarne l’État. puissent dissoudre -le plus souvent.DROIT CONSTITUTIONNEL. d’É. et d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique . La situation britannique va être peu à peu exportée partout en Europe. et le P.. est un organe collégiale.. On constate aujourd’hui que l’on revient de plus en plus à une responsabilité pénale. afin d’y pallier. et n’a pas besoin d’une investiture parlementaire . une responsabilité pénale.. ce qui signifie. avec une Ch. Haute et une Ch.Un conflit va apparaitre entre le G. TITRE II. a un chef. Ce G. Dans un système présidentiel. (Ch. dont le nom peut varier : 1er M. dans un État Fédéral.. l’une pourrait représenter les États et l’autre. engagent la totalité de ses membres. L’ORGANISATION DES POUVOIRS politique à une responsabilité collective. Petit à petit. Il y a un phénomène de pénalisation de la responsabilité politique. c’est la responsabilité politique . La dissolution est ainsi un moyen pour le G.. Basse -tradition monarchique. et éventuellement le Ch. il devra démissionner. ces caractéristiques sont celles qui permettent de constater l’existence d’un régime parlementaire. peuvent avoir un pouvoir inégalitaire ou similaire. d’É. et le G. il semble nécessaire d’utiliser. d’É. BERTRAND. le primer est fixe et stable. celle- ci se manifeste à travers un élément de solidarité du G. intermédiaire privilégié du R. des Communes) afin que les électeurs puissent choisir entre la politique proposée par le G. P. . représentant la noblesse. il y a un partage des compétences contrairement à la situation qui prévaut dans le régime présidentiel -où il y a une spécialisation des compétences. Les Ch. C’est donc à partir de la situation britannique. Chancelier. d’É.C’est notamment les compétences législative et budgétaire qui sont l’objet de ce partage . 37 Audrey Plez . et le P.Ainsi. du P. il n’y a que des décisions politiques pour le règlement des crises.. La première de ces caractéristiques est celle d’un exécutif bicéphale. etc. ce M. Il y a donc des mécanismes juridiques qui vont permettre de résoudre les crises. de prononcer la dissolution de la Ch. le déséquilibre par exemple de la IIIe République en France. une Ch. Il y a ensuite. Ch. La seconde caractéristique est le P.. ne parlent pas anglais. que le Ch. À l’origine. bien que le système soit fondé sur la pratique et la répétition de précédents - pragmatisme du système britannique.. et promulguée par le Ch. des com. ou G. les moyens d’action réciproques.. va se transformer en 1er M... d’É. du G. Il faut que ces deux mécanismes fonctionnent pour qu’il y ait un réel équilibre entre les pouvoirs . il n’est pas de procédure nécessaire afin qu’il puisse exercer ses fonction. est le lien entre le Ch. ce qui entrainait un déséquilibre en faveur du P. et l’autre le peuple.Vers le milieu du XVIIIe. de demander au R. Le Ch. M. ou l’une des deux Assemblées puissent contraindre le Cabinet à la démission. tranchera ainsi ces conflits. Du point de vue des relations entre les pouvoirs. ce qui manifeste très certainement un déclin de cette dernière. peut être proposée par le G. entre le P. et non des mécanismes juridiques. cependant.et un cabinet ou G.. qui sont absents du régime. d’autre part. Ce G. était souvent engagée par le P. le système mis en place dans les faits comptera un certain nombre de caractéristiques . Théories et applications du principe de séparation. ne prononçait jamais la dissolution du P. Le second élément tiendra au fait que les R... le P. Le G. et au détriment du G. En revenant à une absence de responsabilité politique. que le P.l’une des Ch. Chapitre 1. la loi qui est ainsi votée par le P. vient du fait que la responsabilité du G. de faire du pays l’arbitre des conflits qui l’opposent au P. mais le Ch. celui-ci demandera au R. est bicaméral -bien que cela ne soit pas nécessaire-. avec un Chef de l’État -à continuation. et il ne peut agir qu’avec la confiance de la majorité parlementaire issue des élections. Par. lorsque la responsabilité du premier sera mise en jeu.. et solidaire.

le régime parlementaire est un régime d’équilibre des pouvoirs.DROIT CONSTITUTIONNEL. d’É. est divisé en deux Ch. Il y a une différence fondamentale historique entre les pays. La première vague de développement du régime parlementaire se produit au XIXe.. Le régime dualiste. Cela veut dire que le G. le Portugal et la France. ne se maintiendront pas en tant que tel. pour prendre un exemple.Il est en fait le symbole de continuité de la nation étatique. exécutif. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Ceux-ci sont les mécanismes généraux du régime parlementaire. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. est un régime dans lequel le Ch. la notion de Ministère est beaucoup plus large et peut comprendre une centaine de personnes regroupées autour des principaux Ministres. le Ch. d’É. En GB. Ce système va être aussi adopté. Au lendemain de la 1e GM. ou du moins. d’É. est un régime dans lequel le Ch. en effet. de même qu’un régime peut être libéral.. La différence est donc évidente entre les pays dont la tradition était démocratique. alors que le régime autoritaire méconnait cet équilibre. bénéfice en GB d’une certaine légitimité populaire. mais non démocratique. puisqu’il ne peut rien faire. -À l’inverse.Le modèle anglais va inspirer les philosophes. peut mettre fin aux fonctions du G. d’É. ne dépend plus que du P. d’É.. en ce qu’il y ait un équilibre des pouvoirs. et n’est responsable que devant celui-ci. ne puisse fonctionner que s’il détient la double confiance du P. un rôle d’arbitre. On peut distinguer deux régimes parlementaires : le régime parlementaire dualiste et le régime parlementaire moniste. et le G. avec quelques exceptions : la Finlande. Bien sûr. qui connaitront une période de Monarchie Parlementaire. Ce régime parlementaire britannique a été très largement imité sans être reproduit à l’identique. tout comme le peut le P. lequel va s’installer en France après la Restauration. Le régime moniste d’autre part.. BERTRAND. est la situation dominante dans l’ensemble des pays d’Europe. est responsable à la fois devant le Ch. mais il s’agit là d’un choix contraint ..On emploie parfois ainsi l’expression selon laquelle : «  Le R.. et dans les pays de l’Europe Centrale et de l’Est après la chute du mur de Berlin dans les années 1990. l’évolution s’est traduite par le fait que le R. ou. d’É.. et comprenant environ une vingtaine de membres. il va se développer dans les pays d’Europe Centrale. Suivra une vague dans les pays qui sortiront de régimes autoritaires dans les années 1970 -exemple de l’Espagne et du Portugal-. et la Reine nomment le 1er M. avant d’entrer dans l’occupation soviétique. n’a plus qu’un rôle formel. avant de se transformer très souvent en régime présidentiel ou autoritaire. notamment. exerce un pouvoir politique réel . le G. et devant le P.. . et du Ch. 38 Audrey Plez . ne peut mal faire. qui suive un régime autoritaire . Ce régime moniste. qu’il partage avec le P. il a l’initiative des lois. La conséquence de cette situation. ils nomment le leader du Parti ayant gagné les élections. dans les pays de l’Est qui ont subi l’occupation soviétique. assure la représentation de l’É. est véritablement l’instrument de liaison entre le Ch. après l’indépendance. le R. il est alors un acteur du jeu politique. d’É. Ainsi les pays qui étaient déjà des démocraties parlementaires avant l’occupation soviétique le redeviendront très vite.Le Cabinet exerce l’ensemble des attributions du pouvoir exécutif ou gouvernemental . B. de limitation de ceux-ci . Les pays concernés sont la France. alors que ceux qui ne l’avaient jamais été ne le deviendront pas. Le Cabinet est un organe restreint entourant le 1er M. les Pays- Bas et la Belgique. » Dans ce cas. Par définition. Théories et applications du principe de séparation. et a même le monopole de l’initiative en matière financière. où le Ch. ou de représentation -c’est la situation en GB. et ceux dont la tradition était autre. et le P. puisqu’il est indirectement choisi par les électeurs sur proposition des représentants du Parti Politique. M. Le P. consiste en ce que le G. Le 1er M. dans des Monarchies qui sont des Monarchies Parlementaires - puisqu’il y est tout particulièrement adapté. tels que ceux des Lumières. : Chapitre 1. qui va se traduire en conséquences très différentes. TITRE II. il est important de noter que l’absence ou la difficulté d’instaurer un régime parlementaire n’empêche pas d’imaginer un régime démocratique. Cependant. dans un certain nombre de pays africains. n’exerce plus de pouvoirs effectifs -et. mais n’a pas de rôle politique actif.

et après la remise en ordre que constitue l’Empire et qui va stabiliser la Révolution. l’inverse est la crise gouvernementale négative mentionnée ici. période durant laquelle les C. adopte une motion de censure expresse contre le G. Théories et applications du principe de séparation. a été renforcée par un système de bipartisme . les systèmes sont relativement stables et la véritable séparation est plutôt d’ordre politique. avec une alternance. et le renverse. est le produit d’une majorité et qu’il n’y a apparemment pas de raisons. c’est ce que l’on appelle une dissolution réservée à l’hypothèse d’une crise gouvernementale négative. Dans ce cas là. il y a un renforcement du rôle du pouvoir gouvernemental face au P.qui est en train de se modifier. lorsque le P. par l’apparition en général d’un troisième Parti. M. et la Ch. des com..B. en ce qu’il introduit le droit écrit dans le fonctionnement des pouvoirs constitutionnels. à Arcueil. laquelle est menacée. qui ne sont pas réellement faites pour s’en servir. et le P. qui présente deux caractéristiques : il est un acte rare. alors seulement il peut être dissous. Examen de DC. BERTRAND. qu’entre les pouvoirs au sens strict. cád. M.DROIT CONSTITUTIONNEL. entre la majorité parlementaire et l’opposition. Dans le nouveau système britannique. source de stabilité. 39 Audrey Plez . Dans tous les cas. des Lords. le système constitutionnel français n’est pas très différent des systèmes monistes. et a perdu l’essentiel de ses compétences législatives. souvent extrémiste. L’histoire est proche de l’histoire britannique. ne pas servir mais empêcher les comportements qui pourraient amener à vouloir les utiliser. des com. ni pour que le P. le P. Cette situation. laquelle a aujourd’hui perdu l’essentiel de ses pouvoirs . TITRE II. à 13:30. soit dissous. en prévoyant qu’une dissolution ne puisse intervenir que si la Ch. À part en Italie. ni pour que le P. la dissolution est automatique . Chapitre 1. et tout particulièrement la dissolution. la France repose enfin sur des acquis constitutionnels. De ce point de vue. Il n’y a plus véritablement de séparation des pouvoirs entre le G.. Il s’agit d’un système conçu pour avoir une certaine stabilité. En GB. Elle limite considérablement ce dernier.. La crise gouvernementale positive se produisant lorsque le P. La responsabilité et la dissolution sont des armes de dissuasion. n’est pas content du G. qui regarde les interactions entre le P.-. dans les 14 jours qui suivent. le 6 janvier. notamment en matière judiciaire. mais est ensuite incapable d’obtenir une nouvelle majorité. et c’est ce bipartisme stable -Parti conservateur. §3. face au Parti travailleur. et qu’elle n’accorde pas expressément sa confiance à un G. ainsi elle ne peut renverser le G.. si le P. n’arrive pas à obtenir une majorité pour soutenir un G. s’est fait par un Acte du Parlement de 2011. tout simplement parce que le G. sinon pour -sur le modèle de l’arme nucléaire. et le G. Un autre changement important dans le système britannique. renverse le G. s’est développé dans sa version majoritaire. Après la période révolutionnaire. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. L’ORGANISATION DES POUVOIRS la Ch.. inscrits pour la plupart dans le CC (Code Civil). vont se succéder avec des régimes instables. renverse le G. avec environ un siècle de décalage et dans des conditions voisines.

DROIT CONSTITUTIONNEL. entre Monarchie et République. pour attendre le retour de cette Monarchie. accorde des pouvoirs importants au P. La raison médiate. et ils vont se mettre en place à peu près dans les mêmes conditions qu’en GB. sous la Monarchie de Juillet. est la conquête progressive de l’idéologie républicaine. qui nomme et révoque les Ministres. Monarchiste. cád.. et prévues pour le rétablissement de la Monarchie. en effet. mouvement de fond. puisqu’elle vise à s’adapter à des situations politiques très différentes. de la R. TITRE II. imprécise. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime parlementaire va se développer et s’installer entre 1814 et 1870. En 1870. régime qui durera jusqu’en 1870 et deviendra de plus en plus libéral. 1. En 1852. Elle applique les principes essentiels du régime parlementaire. lorsque l’héritier naturel refuse d’accepter certains acquis de la République. Pour des raisons conjoncturelles. et le passage d’un régime parlementaire dualiste à Chapitre 1. il est prévu de rétablir la Monarchie. la première des trois guerres entre l’Allemagne et la France se solde par la défaite de Sedan. des députés. l’Assemblée est devenue Républicaine. Lorsque l’hériter naturel décède cependant. et marque la chute du 2e Empire. les descendants de Louis XIII et Louis Philippe. BERTRAND. régime dualiste. à la Ch. il avait été élu.et peut dissoudre la Ch. 2. de R. Son propre héritier acceptant de tolérer ces acquis. un P. A. soit resté monarchiste . en effet. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. avec un P. sera renforcé après la Révolution de 1830. Ainsi. de la R. En 1870. Il s’agit donc d’une espèce de compromis. des Députés. sinon qu’il va se développer avec la pratique : soit un R. 40 Audrey Plez . et un G. C'est d’abord sous la Monarchie. de la R. qui se proclame empereur. Théories et applications du principe de séparation. -régime dualiste. Ainsi le régime parlementaire ne sera pas strictement inscrit dans la C. Sont décrits sommairement les institutions et leur fonctionnement. qui va naître progressivement entre 1815 et 1830. Ainsi. avec un P. laissant place à son successeur. et ce conflit va se résoudre au profit de la Ch. on va tenter de trouver un équilibre entre un système parlementaire et un système qui doit conduire à la Monarchie. cád dans une période où l’on va rechercher l’équilibre entre les différents pouvoirs. pendant la Restauration et après la chute de l’Empire. La pratique va. L’instauration définitive d’un régime républicain et d’un régime parlementaire se manifeste à travers la 3e République. lui aussi provisoire. M. Ce régime parlementaire. se produit un coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). en attendant que son prédécesseur décède. puisque la volonté d’ériger un système monarchique ou une République n’est pas clairement définie. puisqu’elle se destine à préparer la restauration d’une Monarchie. Cette C. ce qui aura deux conséquences : l’installation définitive de la République . beaucoup modifier les structures du régime. Cette République s’installe de manière particulière. bien que le P. restaurant le jeu des mécanismes parlementaires à la fin. Elles sont le résultat d’un compromis. irresponsable. une majorité monarchique est obtenue. il est décidé par un amendement d’instaurer une République Provisoire. de la R. chargé de faire l’intermédiaire entre les deux. La crise du 16 mai 1877 va contribuer à l’apparition d’un régime parlementaire moniste. qui sont responsables devant le P. des députés devenue Républicaine. est conçue par un ensemble de textes constitutionnels. lorsque les professionnels ou intellectuels vont se substituer peu à peu à l’aristocratie. de 1875. L’évènement politique qui va conduire à un changement profond des institutions est la crise qui oppose le P. lors des élections. Un blocage se produit. Une nouvelle Révolution en 1848 marque la chute définitive de la Monarchie. La caractéristique de cette IIIe République est que sa C.. à la chute de Napoléon III et du 2e Empire.. en 1815 que vont se mettre en place les mécanismes du système parlementaire . Il s’agit d’une C. ou évènement qui l’impulse. la Monarchie n’est pas rétablie : deux héritiers se disputent le trône.

La concentration du pouvoir politique dans les Assemblées. La disparition de ces deux éléments. qu’il modifie librement. » Les Républicains gagnent les élections.DROIT CONSTITUTIONNEL. expression de la volonté générale est son oeuvre. et non plus devant le P. en nommant un G. un G. lorsqu’il déclare que « en cas de victoire des Républicains. qu’elle estime responsable devant elle. Le blocage implique qu’il soit nécessaire de donner la parole au peuple. transforment le régime parlementaire en un régime d’Assemblées. est l’intermédiaire entre le P. Réunies élisent un nouveau P. L’effacement juridique et politique du Ch. TITRE II. M. en ce qu’elle va déterminer la vie politique et institutionnelle française jusqu’en 1958. les M. comme le P. dans ses rapports avec le G. d’É. et il n’y a aucune distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué qu’est le P. renforce la puissance des Assemblées qui ne rencontrent aucune limite juridique. elle signifie qu’il ne prononcera pas la dissolution de l’Assemblée quoi qu’il se passe. devant le P. 3. de tendance monarchiste. puis républicain. et un P. comme on le verra dans la IVe République à partir de 1946. Maréchal Mac Mahon. exprime la volonté nationale. En second lieu.. elle ne sera plus jamais utilisée sous la IIIe République. Le G. de la R.. de la R. alors remplacé par un G. et la Ch. que seul le P. qui déclare : « Je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. ses actions sont exercées par le G. dualisme et dissolution. Le caractère dualiste du régime est abandonné. . La première logique de responsabilité du G. 41 Audrey Plez . il y a une toute puissance à la fois politique et normative du P. Ainsi. de la R. et va se soumettre dans un premier temps. et le renverse. des députés vote alors la défiance vis-à-vis du G. Grévy. voire même à un régime de souveraineté parlementaire. monarchiste. Pour autant.. du Conseil. de façon qu’est dissoute la Ch. devra se soumettre ou se démettre. de la R. n’est aucunement soumis à la C. républicain modéré. en ce que l’on a radicalement modifié les équilibres constitutionnels. de R. La C. d’É... Le Ch. Jules Grévy. et les Républicains qui sont dirigés par Gambetta. des députés. Cette affirmation signifie d’abord. Jules Simon. cád que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l’Assemblée. qui tentera de résoudre le problème mais n’y parviendra pas. de Jules Simon. Un certain nombre de désordres politiques vont en résulter. relève de la compétence de ce dernier ce que le P. le P. Ces éléments sont extrêmement importants. la C. La procédure de dissolution tombe en désuétude. Théories et applications du principe de séparation. avant de démissionner. perde tout moyen d’intervention dans les affaires du pays. il ne s’agit plus d’un véritable régime de séparation des pouvoirs qui implique un équilibre de ces derniers. a pour conséquence la démission du G. Cette crise est importante. BERTRAND. En effet.. des députés. essaiera de résister. Les conséquences de la crise du 16 mai 1877. les conséquences de cette crise vont conduire essentiellement à un déséquilibre du régime parlementaire. Pour résumer. de 1875 est l’oeuvre de l’Assemblée Parlementaire. monarchiste. sans modifier la C. Le 16 mai 1877. sur lequel il n’a plus aucun moyen d’action. De plus. La Ch. puisqu’elle ne touchera pas aux éléments invoqués. D’autre part. lorsqu’il se réfère aux organes constitutionnels. le P. le P. de 1958 se fera en réaction à la crise du 16 mai 1877. » On a parlé à ce propos de C. ne sont plus responsables que devant le P. étant irresponsable. ce qui a pour effet que le P. le P. La campagne électorale oppose le P. de R. de la R. il détermine lui-même la frontière entre la loi qu’il édicte et le règlement qui relève de la compétence de l’exécutif. veut bien lui concéder. qui dépend totalement d’elle. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. la loi. L’ORGANISATION DES POUVOIRS un régime parlementaire moniste. adresse une lettre qui désapprouve sa politique au P. de la R. Chapitre 1. Les deux Ch. qui n’a plus aucun pouvoir. et qui a une formule qui restera. résident aussi dans la souveraineté parlementaire.

Il relève également que les lois constitutionnelles de 1875 contiennent exclusivement des dispositions relatives à l’organisation des pouvoirs. ont pour certains d’entre eux valeur constitutionnelle aujourd’hui. Il va d’abord partir du principe que la séparation des pouvoirs constituant et constitué peut difficilement s’exprimer dans un système où la loi est considérée comme l’expression de la volonté général et lorsque celle-ci trouve son expression dans le P. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux éléments sont à prendre en considération : le grand désordre institutionnel. la L. Deux mouvements convergents vont se manifester. avait véritablement divisé la France en deux. l’analyse la plus aboutie est celle de CARRÉ DE MALBERG. de gauche. il s’était finalement enfui en Belgique avec sa maîtresse. Théories et applications du principe de séparation. est déchu de ses responsabilités et la Présidence du Conseil n’arrive pas à s’imposer face au P.D. de la R. sur la loi ordinaire soit assurée par un juge. C’est de cette époque principalement que date ce que l’on appelle en France la tradition républicaine. -à continuation. ce qui provoque sa démission dès qu’il est mis en minorité.. et il s’en est fallu de peu pour qu’il y parvienne. le P. par la référence aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République (PFRLR). avec les premières formes de décentralisation -départements en 1871. de 1901. et d’ailleurs. Parti Communiste . également celui de déterminer la compétence du pouvoir règlementaire. Il va partir de l’idée de séparation entre les pouvoirs constituant et constitué. Il évoque ainsi déjà l’idée Chapitre 1. Son livre majeur. Le Général Boulanger. C’est aussi une période où l’on voit apparaitre les grands partis. de 1884 sur le droit syndical. de 1901 sur la liberté d’association et la L. de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. a laissé au législateur le soin de déterminer librement le champ de protection des droits fondamentaux. À partir de ce constat. et en matière d’organisation administrative. Un certain nombre de scandales financiers et l’apparition d’un mouvement d’extrême droite qui visait au renversement de la République marquent autant de bouleversements et de forces auxquels a résisté la République durant cette période. qui explique très bien le fonctionnement des institutions d’aujourd’hui est celui intitulé La loi.M.DROIT CONSTITUTIONNEL. On passe ainsi d’un G. Le second grand chapitre de la IIIe République concerne l’organisation administrative. et notamment les familles. n’a prévu aucune procédure particulière pour la mise en jeu de la responsabilité du G. La C. issu du monde politique et issu du droit. de gauche notamment : Parti Radical. mais qu’il étudiera si bien qu’il en dégagera les dysfonctionnements. il indique que l’on pourrait imaginer que la suprématie de la C. BERTRAND. avait réuni autour de lui tous ceux qui voulaient faire tomber la République et avait rassemblé les monarchistes et impérialistes nostalgiques. 42 Audrey Plez . de 1881 sur le droit de grève. sans que ce soit produit de réel changement politique. M. 104 G. Ce sont ce que l’on appelle les grandes lois républicaines : la L. et en 1872 la véritable création de juridictions administratives. Elle est également une période d’acquis en matière de droits fondamentaux et d’action administrative. même sur des questions secondaires. d’abord sans intention. et restent silencieuses sur ce que l’on appelle désormais les droits fondamentaux. Cependant. notamment le principe de liberté d’association proclamé par la L. TITRE II. la L. et se manifestait comme une source de conflits extrêmement violents dans toute la société française. Cád que la C. D’ailleurs les principes issus de ces lois.qui va essayer d’analyser en profondeur les institutions de la République.. et communes en 1884-. et une multitude de petits Partis structurés également. expression de la volonté générale. En ce qui concerne la formation du régime.. qui vont contester ou essayer de remettre en cause le principe de souveraineté parlementaire. vont se succéder en 70 ans. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. bien qu’il s’agisse d’une période où il y a eu de très nombreux acquis en matière de droits fondamentaux et libertés fondamentales. C. 4. de droite à un G. L’affaire Dreyfus d’autre part. SFIO. afin de renverser le G. Sur le plan doctrinal. mais qui vont fragiliser la réforme parlementaire.

du Conseil du centre droit. a pris la décision d’inscrire l’état d’urgence dans la C. cád qu’une simple majorité parlementaire. de R. M. lorsque se sont produites des émeutes dans les banlieues. lesquelles doivent être prévues par les C. est l’état d’urgence. tandis qu’une majorité simple ne suffirait plus à modifier la C. 36 CF. la préservation de ces valeurs vont probablement exiger la limitation de certaines de ces libertés. B. elle peut être prolongée par le P. de Gaulle. tous les principes qui lieront le législateur et borderont ses compétences . ainsi doivent y être inscrits des droits fondamentaux. droits et liberté. de Gaulle lors de la Guerre d’Algérie. Il ne faut pas que le législateur puisse modifier librement la C. majorité qui correspond par ailleurs à celle nécessaire pour la simple émission des lois. Il faut renoncer également à l’idée selon laquelle ces droits et libertés fondamentaux peuvent s’étendre de manière pacifique. n’est pas tout-à-fait en accord avec les affirmations du P. affirme ainsi qu’il faut probablement renoncer temporairement à l’exercice de certains droits et libertés. » Cette idée implique que le constituant pose un certain nombre de principes en matière de droits fondamentaux. d’É. et face à la situation actuelle. c’est l’état de siège. Théories et applications du principe de séparation. De 12 jours. il incombe au législateur d’assurer la conciliation des droits et libertés. Il proposait. l’instauration du référendum -mécanisme de concurrence du mécanisme parlementaire. L’ORGANISATION DES POUVOIRS d’un contrôle de constitutionnalité. et a été appliquée un certain nombre de fois : Guerre d’Algérie tout d’abord.B. doivent être prises de mesures de crise. mais dans des conditions très particulières . Il se trouve également un débat. de 1875 ne pourrait servir à un tel contrôle.  Une deuxième condition : il faudrait qu’il y ait une distinction entre l’organe constituant et l’organe législatif. qui ne relèvent que de sa compétence. étant donné qu’aucune règle dans la C. Le Comité Balladur. puis en 2005. qui vise l’état de guerre et a pour effet de transférer l’ensemble des pouvoirs de police à l’armée et aux tribunaux militaires. de R.. Cette décision était alors appuyée par M. dont on ne peut affirmer l’universalisme. Le second système se trouve à l’art. ainsi. Par. La dernière. de la R. il y aurait place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois avec les textes constitutionnels.. aux mesures qui s’imposent au vu de circonstances particulières. qui transforme la C. lorsqu’il est affirmé que les libertés sont protégées dans le cadre de l’état d’urgence. en un corps de règles. situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. mais c’est la première fois qu’il est appliqué à l’ensemble du territoire. ne puisse plus modifier de lois constitutionnelles. Il s’agit de limiter un certain nombre de libertés. ce qui nous laisse penser que ses idées aient eu une influence sur les applications constitutionnelles réalisées par ce dernier par la suite.B. Tardieu. d’une part. et qu’il puisse s’exercer un contrôle de conformité des lois à la C. Cet état d’urgence est prévu par une L. «  Il serait nécessaire qu’il soit procédé à une révision constitutionnelle. 43 Audrey Plez . Cependant. M. qui consiste à dire que l’on ne peut transiger sur nos principes démocratiques. BERTRAND. puisqu’il lui semble évident qu’en situation de crise. trois types de mesures qui peuvent être prises en cas de crise.. Il ajoute cependant immédiatement qu’établir un contrôle de constitutionnalité ne servirait à rien sous la IIIe République. 16 CF accorde ainsi les pleins pouvoirs au Ch. aurait une portée essentiellement idéologique. S’il peut s’agir d’une guerre. P. considérant qu’un juge pourrait écarter l’application d’une loi contraire à la C. En revanche. qui comprendrait sur toutes les matières que l’organe constituant entend se réserver à lui-même.Ce mouvement révisionniste traduit la remise en question de la souveraineté parlementaire. il y a en France. Chapitre 1. afin de les promouvoir et de les renforcer sur le long terme. bien qu’elle ait été alors limitée aux départements d’Île de France .. de 1955. pour les temps de crise : l’art. par exemple. et d’exercer un certain nombre de mesures de police de façon beaucoup plus large qu’en temps normal.. manifestation. L’inscription de l’état d’urgence dans la C.Cet art. TITRE II. il faut notamment que les pouvoirs publics ne soient pas en mesure de fonctionner -il s’agit d’une dictature provisoire du P.DROIT CONSTITUTIONNEL. Ces deux dispositions ne sont évidemment pas adaptées à la situation présente : les pouvoirs publics fonctionnent et il n’existe aucune raison de transférer les pouvoirs publics à l’armée. M. elle est particulière et ne nécessite pas d’une telle disposition.. ni qu’il puisse la violer librement . Il faut plus que jamais défendre les droits fondamentaux. avait été un collaborateur direct du G. de façon que le législateur soit obligé à les respecter. circulation . En ce qui concerne l’intervention du P. 16 CF fut appliqué une fois par le G. en vue de les préserver.

Cependant.. M. notamment. En ce qui concerne la pénalisation d’un délit de radicalisation. pourrait lui permettre d’être conforme à la C. de personnes suspectées d’activités terroristes. le territoire n’étant plus tout-à-fait vraisemblablement protégé. et qui soulèvent la question de leur conformité à la C. Constitutionnel. celles du monde occidental. Il existe un principe qui exige de ne pouvoir retenir des individus non jugés. Lundi 30 novembre. La défaite militaire de 1940. et dans l’optique que vous nous avez indiqué. Théories et applications du principe de séparation. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux dispositions ont également été invoquées par le P. de R. Les garanties dont on parle. la caractérisation du délit. il faudrait bien évidemment qu’elle soit adoptée par voie législative. puisque l’on recherche l’efficacité des mesures en contournant. dans les jours suivant la rétention première et qualification des comportements permettant de recourir à cette rétention. avec des interventions. Constitutionnel par l’usage du principe de proportionnalité. qui a été validée par le C.) La dernière disposition enfin. À priori. La question s’est donc posée de la rétention de ces individus. (Par rapport à la rétention de ces individus. il semble important de faire remarquer que la question de ne pas toucher aux droits et libertés afin de les préserver. à la place de DA. Contrôle d’un juge. comment le droit va s’en emparer. En DI. relève du contrôle des frontières. La difficulté de les garder sous surveillance est matérielle. pour des personnes présentant des risques d’attentats sexuels sur des mineurs par exemple. afin de réguler leur installation. autre auteur qui s’est prononcé sur la question. L’autre disposition concerne la Police. SAÏD. on note aussi l’existence de mesures de sureté.Il est donc seulement possible de retirer la nationalité de ceux disposant de deux nationalités et qui en est la limite. et liée aux moyens qu’il faudrait alors mettre en place. ce qui semble plausible. et d’autre part.DROIT CONSTITUTIONNEL. afin de permettre l’empêchement des attentats. ne sachant plus quoi faire de leurs Chapitre 1. on note l’interdiction de production d’apatrides -soit la déchéance de nationalité de personnes qui n’auraient plus alors aucune nationalité. Remplacé le vendredi 11 décembre. que l’on peut retenir en prévention de ces risques. BERTRAND. De votre point de vue. va créer une situation matérielle où les troupes allemandes avancent en France à une vitesse record. Matériellement. quelles seraient-elles ? Par rapport au but recherché. comment le droit va parvenir à régler la question par des fictions. L’intérêt de cette période est de voir. pas de cours de DC. et l’emprisonnement. l’examen portera sur un commentaire de texte. cette disposition semble absolument nécessaire à M.. de R. : la déchéance de la nationalité. l’exigence d’un jugement. HUNTINGTON. sinon celle des garanties qui seraient accordées à ces individus. CHOMSKY. critique via L’Orientalisme. TITRE II. extrêmement brutale et inattendue. le P. Présenté l’aspect juridique de ces dispositions. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). elle est justifiée matériellement. Celle-ci ne concerne plus seulement la France sinon également tous les États partie à l’espace Schengen. » * B. Précision des mesures. 44 Audrey Plez . « L’histoire ne se répète pas. par la mention expresse de certains comportements. La guerre des civilisations se produit ainsi entre un système qui croit à un certain nombre de valeurs -ici. mais permet de comprendre un certain nombre de mécanismes. Le choc des civilisations. peut-être un faux débat.face à un système qui les refuse. cependant. pouvant retirer la nationalité non seulement aux personnes ayant acquis la nationalité au cours de leur vie mais également à ceux qui l’ont acquis à la naissance. d’une part comment vont se mettre en place les gouvernements qui sont pour l’essentiel des gouvernements de fait -parce qu’ils ne respectent pas les règles relatives à l’ordre constitutionnel-. Il suffit ainsi qu’un pays n’exerce pas de contrôle à ses frontières pour que l’individu puisse circuler librement. ainsi.B. bien qu’elles soient soupçonnées d’entretenir des liens avec des réseaux terroristes. La question n’est donc pas réellement celle de savoir si ces mesures pourraient s’appliquer dans le cas de ces individus. mais qui n’ont pas nécessairement commis de délit.. puisque l’aspect préventif des fonctions pénales est inexistant. où pourrait-on imaginer placer la limite entre l’efficacité des dispositions et l’institution de garanties ? Contrôle par le C.

de Gaulle. précise que « l’Assemblée Nationale -réunion des 2 Ch. pour des raisons politiques évidentes. et par le Sénat à 299 voix contre 1. Le texte qui sera ensuite voté par les deux Ch.. presque parallèlement. En 1940. il est évident que ces derniers ont été bafoués.. pour ne pas devenir prisonnier lui- même des troupes allemandes. Deux mouvements vont se créer. de Gaulle. par 395 voix contre 3. M. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DE VICHY. Ce G. d’une part auprès du Gouvernement de la IIIe République. elle est un acte politique qui ne pose aucun problème de nature juridique. Simplement l’acte constitutionnel premier dispose que le Maréchal Pétain assume les fonctions de Ch. de la famille.DROIT CONSTITUTIONNEL. du Front Populaire. de la IIIe République. prévoit une possibilité de révision de la C. décide de signer l’armistice.  » Le contenu de cette loi n’est pas non plus entaché d’inconstitutionnalité. le G. d’É.donne tout pouvoir au G. Ch. de l’État français. est nommé dans les conditions classiques de la C. Vichy se présente comme une ville où pourra s’installer le Gouvernement. La question de la constitutionnalité du pouvoir exercé par le Maréchal Pétain et de son exercice. Chapitre 1. Un Gouvernement parfaitement en règle dans son aspect constitutionnel. devra garantir le droit du travail. Cette proposition. adoptée par la Ch. P. en date du 18 juin 1940. 1. Il y aura une récupération politique de cet évènement. puis d’autre part. Cette analyse cependant. de Vichy met en cause le principe d’égalité. le G. Et si le terme d’État français se substitue au terme de République. de la République. en revanche. La majorité du Conseil des M. et à la fois dans l’entourage du Maréchal Pétain et dans celui du G. le choix de l’armistice est un choix qui n’en est pas véritablement un. La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 : les deux Ch. de manière tout-à- fait contradictoire. signataire de l’armistice et chargé d’établir une nouvelle C. C’est d’ailleurs exactement le même mécanisme qui sera utilisé plus tard par le G. 16 DDHC : il n’y a aucune séparation des pouvoirs. adoptée à uns majorité écrasante. des députés. en réponse à l’appel du G. afin de permettre enfin le changement de régime. et de la patrie. qui d’une autre manière n’aurait pas été possible. P. Si on ne se situe plus sur la forme du G. de Gaulle. Quant à la signature de l’armistice. puisque c’est lui le vainqueur de Verdun. à l’époque. BERTRAND. ne la supprime. Le dernier P. à l’effet de promulguer une nouvelle C. du Conseil va s’y opposer. L’ORGANISATION DES POUVOIRS prisonniers. en ce sens que même si ce texte n’avait aucune valeur juridique. Théories et applications du principe de séparation. n’a aucun fondement juridique. De manière tout-à-fait objective. prend l’initiative d’une proposition de révision constitutionnelle. mais que l’on se situe sur les principes républicains. et un homme âgé. présidé par le Maréchal Pétain. Ce qui est intéressant est que cette volonté de renouveler les institutions va se retrouver indifféremment à droite et à gauche. et la tâche que constitue le traitement des juifs sous le G. mais le mandat donné au Gouvernement de la République est d’établir l’État français. Un décret fixe à Vichy le siège du pouvoir public. Il s’agit simplement d’une révision du mode de révision de la C. Reynaut. avec une forte majorité à gauche . sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain. aucun art. TITRE II. L’ambiguité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 n’abolit pas la République. qui dispose d’un grand prestige issu de la guerre de 1914-18. va faire remonter l’irrégularité du Gouvernement de Vichy à la signature de l’armistice. de R. et où le Gouvernement va se réfugier de plus en plus loin. va perdre de sa légitimité face à un Gouvernement sans légitimité constitutionnelle mais qui va gagner en influence. sont remis en cause les deux principes posés à l’art. 45 Audrey Plez . Cette C. réunies à 559 voix contre 80. va charger le Maréchal Pétain de constituer un nouveau Gouvernement. elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. de Gaulle. du Parlement sont convoquées le 6 juillet 1940.

1 que la France en tant que République n’a pas cessé d’exister. Ainsi. et l’art. Le G. soit ratifiée par le peuple et que soit créées des Assemblées. L’idée fondamentale du G. de Gaulle à F. Giraut est beaucoup plus gradé que le G. Ce coup de génie du G. considérant que l’armistice n’est pas valable et la France toujours en Guerre. affirme dans son art. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DU GÉNÉRAL DE GAULLE.- L’idée est donc de faire passer cette signature dans les actes considérés théoriquement comme nuls et non-appliqués. de la France libre par le R.-U. de Gaulle. Les conditions posées par la loi constitutionnelle ne sont pas respectées. vont faire partie des forces alliées. et s’en va quasiment seul à Londres. Il prononcera un discours le 18 juin 1940. et il y aura un comité français de libération nationale. 2 déclarant nuls les actes constitutionnels. Jusqu’en 1942. les soldats français qui vont combattre avec les alliés contre l’Allemagne. Puis il utilisera l’adage latin selon lequel les armes doivent s’incliner devant le gouvernement civil. en considérant qu’il y emmène la France. puisqu’en 1942. parce que la loi constitutionnelle prévoit d’une part que la C. va instaurer des Maires et institutions dans les villes. de la IIIe République. 2. un G. Ce second s’occupera des affaires civiles tandis qu’il laissera au premier les affaires militaires. Ministre du G. -puisque c’est la date de signature de l’armistice. Les américains vont donc rencontrer partout où ils se rendent. de fait comme légitime. en s’appuyant sur des personnes non trop compromises avec les allemands. qui fera reconnaitre le G. qui sera de considérer qu’à partir du moment où le G. bien entendu de fait. Ce qui est d’autant plus problématique qu’il a été signé par le G. sur le plan juridique. Ceci va lui permettre d’être parmi les alliés lors de la victoire. Il est donc un personnage d’un rang presque subalterne. L’idée va être que la G. du G. d’É. et non pas par celui du Maréchal Pétain. de Gaulle. de Gaulle. du Conseil qui détiendra alors l’essentiel du pouvoir. Il exercera réellement le pouvoir pendant 1 an et demi. En 1944. puisque auto-proclamé par le G. les crimes commis sous celui-ci ne puissent être imputés à l’État français. pure fiction juridique va avoir pour effet. de Gaulle va nommer un Préfet et ce Sous- Préfet. Les négociations vont se faire entre Churchill. sa défaite ayant été pourtant cinglante et presque immédiate. de Gaulle en 1940 a été Sous-Secrétaire d’État à la Guerre. TITRE II.. le Chapitre 1. parfaitement légal. de Gaulle et à Alger par le G. provisoire de la République française. de Pétain est un Gouvernement de fait. ne pas avoir existé. Ce qui veut dire que la France n’a jamais été vaincu. de Pétain n’a pas juridiquement existé. dirigé à Londres par le G. de permettre que ne soit pas imputé à la France un certain nombre de crimes commis sous ce G. instaurant le G. Staline et De Gaulle. Une ordonnance du G. du Conseil. législatifs ou règlementaires promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940. de Gaulle par la suite. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le G. sont ainsi formée notamment par un comité international français composé de quelques personnalités. Il y aura une constance dans l’histoire française. français. Il va monter des structures petit à petit qui vont gagner en puissance jusqu’à la fin de la Guerre. de Gaulle est de créer l’illusion que la France n’ait jamais perdu la guerre. Roosevelt.DROIT CONSTITUTIONNEL.. Théories et applications du principe de séparation. Le G. le Maréchal Pétain dispose de l’ensemble des pouvoirs. le G. le Maréchal va renvoyer le P. estimant que celui-ci va beaucoup trop loin dans la collaboration avec les allemands. Mitterrand. de Gaulle est censé exister depuis le 16 juin 1940 et que le G. M. On est dans un système. Giraut. avant que les allemands ne réinstaurent ce même P. du Maréchal Pétain. mais aussi qu’elle a gagné la Guerre. 46 Audrey Plez . Il permet de faire rentrer les forces de la France libre dans la guerre. Les institutions de la France libre. du G. BERTRAND. avec une confusion des pouvoirs entre les mains du Ch.

et l’Union Soviétique. notamment les magistrats. Le projet de C. et l’Assemblée élue chargée d’élaborer une nouvelle C. élue va rédiger un projet de C. L’ÉLABORATION DE LA NOUVELLE CONSTITUTION. et le 1er M. Tout son statut par la suite. 1. lors d’un discours prononcé à Bayeux. La question est la suivante : elle est celle de savoir si le peuple désire que l’Assemblée élue ce jour soit une Assemblée constituante. on rétablit la légalité républicaine.UU. notamment avec l’affaiblissement du droit de propriété. Ainsi l’ordonnance disposera que cette nullité devra être établie acte par acte. du Conseil. aux plus politiques. Cependant. constituante est marquée par un déplacement de sièges au détriment de la gauche et au profit du centre ou centre-gauche. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Canada. L’Ass. M. il eut fallut considérer que la IIIe République n’eut jamais cessé d’exister. des plus graves -statuts des juifs-. de Gaulle va alors procéder de la manière suivante. de R. Le G. notamment constitutionnel. très marquée à gauche. de Gaulle souhaite bien évidemment profiter de cette situation pour mettre en place des institutions politiques nouvelles. et prévoit que ce projet soit soumis au vote par référendum. divorces. les actes de la France libre valides depuis le début. va être construit sur cette fiction juridique. unique qui élit le P. Ce référendum et l’élection de cette Assemblée vont avoir lieu le 21 octobre 1945. 47 Audrey Plez . Ce qui ne peut fonctionner en réalité puisque de nombreux actes sous le G. connaître ses conceptions constitutionnelles qui éclairent très nettement ses intentions en 1958 mais qui auront très peu d’influence sur le texte de 1946. mariages. et un renforcement de la position du P. Le problème est de définir cette légalité républicaine. avec un statut international de vainqueur. et un référendum. qui va faire un nouveau projet de C.DROIT CONSTITUTIONNEL. La réponse est oui. BERTRAND. et ainsi que l’on rétablissait la situation d’avant la loi constitutionnelle de 1940. le Parti Communiste et la SFIO disposent de la majorité des sièges et De Gaulle démissionne. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). -C. Une deuxième question est posée : celle de proposer une organisation temporaire de pouvoir public avec un régime d’Assemblée et un Ch. jusqu’à ce que l’Assemblée constituante ait élaboré une nouvelle C. de Vichy. il va faire en même temps l’élection d’une Assemblée constituante. si bien que cette même ordonnance va dire que tous les actes du G. avec une Ass. avec l’élection d’une nouvelle Ass. rejeté par le peuple. Il est précédé d’un Chapitre 1. La nouvelle Ass. C. TITRE II.. Dans la première Ass.. illustrant bien la manière dont on peut manipuler dans un sens comme dans un autre. les lois constitutionnelles de 1875 étant considérées comme ayant survécu. Théories et applications du principe de séparation. La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 laisse à l’Assemblée un délai de 7 mois pour rédiger une nouvelle C. adopté par le peuple. le droit. élue en 1945. et non seulement des actes de collaboration. unique. fonctionnement de l’administration. projet qui établissait un régime d’Ass. les EE. qui sera lui. de Vichy sont ainsi bien évidemment restés en place. il est marqué par un retour à un bicaméralisme inégalitaire. Le nouveau projet est le résultat d’un compromis entre la gauche et le MRP. Dans une pure logique juridique. La situation est donc celle-ci et il est intéressant de voir ces éléments anecdotiques. Cette Ass. (ordonnance) de 1944. Mais le G. Dans l’O. C’est à ce moment-là que le G. Il est évident que cette question visait à rompre avec la IIIe République et donc à élaborer une nouvelle C. d’autant plus que tous les fonctionnaires ont juré fidélité au Maréchal Pétain.La plupart des actes de gestion courante du G. va marquer un projet avec une nouvelle déclaration des DH. de nombreux actes se sont produits. avec pour objet celui de remplacer la DDHC de 1789. du 19 avril 1946. de Vichy étaient des actes de simple administration. sous le G. avancements. Il y a rejet de ce projet par référendum. de Gaulle fait. de Vichy sont nuls.

de 1958 a valeur constitutionnelle et que les dispositions qu’il contient peuvent être invoquées comme norme de référence du contrôle constitutionnel. n’est responsable que devant les Ass. qu’il énumère. Il indique ensuite qu’« il proclame.. de R. économiques et sociaux ci-après ». en considérant que le Préambule de 1958 fait partie des normes de référence. Les pouvoirs publics y sont organisés de la manière suivante : le pouvoir législatif est un bicaméralisme inégalitaire. Ce qui caractérise la IVe République est la tentative de rationalisation du parlementarisme. On va ainsi faire du P. Le Conseil de la République est élu au suffrage universel indirect par de grands électeurs. afin de les reconnaitre. Ce texte du Préambule de 1958 fait référence à la fois à la DDHC de 1789. du Conseil. et de la loi sous la IIIe République et laissait au pouvoir Chapitre 1. procédure qui durera jusqu’en 1954. La question de la hiérarchie des normes juridique est celle que nous allons d’abord aborder. par le contrôle de constitutionnalité. il fera basculer à la fois la DDHC et le Préambule de 1946 parmi les normes de référence. ne touchant pas à la cause des dysfonctionnements. Le C. il reçoit seul l’investiture de l’Ass. Constitutionnel. TITRE II. Nationale composée de députés élus au scrutin proportionnel dans le cadre de départementales. de R. Le Parlement était à la fois auteur de la C. de 1946 a une importance particulière puisqu’il fait aujourd’hui partie des normes constitutionnelles. sinon essayer d’améliorer ou de rationaliser les mécanismes du systèmes parlementaire. L’Ass. Par. Clefs de compréhension. la séparation du pouvoir constituant et par le référendum. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Préambule. Du côté du pouvoir exécutif. constitutionnellement ce qu’il était en pratique -cf. en opposition au régime parlementaire dualiste. de religion ni de croyance. est responsable à la fois devant l’Ass. raison pour laquelle elle va échouer. Le Préambule de la C.La liberté d’association tout comme celle d’enseignements seront fondés sur la notion de PFRLR. ce qui n’était pas l’idée à l’origine. Le système majoritaire est considéré comme un système injuste et inefficaces. -Introduire ici les PFRLR. le peuple français proclame à nouveau que tout être humain. Proportionnel. » Ces derniers seront fixés par le C. de R. de la R. dispose de beaucoup moins de pouvoir que celui élu sous la IIIe République. LE RÉGIME ÉTABLI PAR LA CONSTITUTION DE 1946. mais il a des pouvoirs considérablement réduit. Constitutionnel considère dans l’une de ses décisions. Théories et applications du principe de séparation. nommé ensuite par le P. de R. de R. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. La IVe République.. sans distinction de race. ne va pas agir dans ce sens. soit le 1er M. de Gaulle est le seul qui appelle à voter non. Elle va agir sur deux niveaux : la hiérarchie des normes. possède des droits inaliénables et sacrés. Les dispositions du Préambule de 1946 peuvent donc être invoquées à l’occasion d’une QPC. et le peuple français vote majoritairement oui. Nationale à la majorité absolue après avoir présenté son programme. cád qui favorise les petits Partis. Désigné par le P.DROIT CONSTITUTIONNEL. qu’il souhaite.. BERTRAND. qui fixera un cadre pour ces principes. Il s’agit donc d’un régime parlementaire moniste. 48 Audrey Plez . sans toucher ni remettre en cause la souveraineté parlementaire. et devant le P. C. en outre. le P. Grévy. les principes politiques. et le niveau ou les mécanismes institutionnels. Ce que l’on a voulu renforcer est le pouvoir du P. que le Préambule de la C. il est un pouvoir faible. Il est élu pour 7 ans par le Parlement. par exemple. les M. et le scrutin proportionnel comme juste et efficace. de 1946 . 2. et le G. et. Ce texte a d’abord une phrase liminaire qui dit qu’« au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine. Régime dans lequel le G. et fait enfin désigner ou nommer par le P. et au Préambule de la C.sous la IIIe République. M. Ce que l’on a appelé mouvement révisionniste sous la IIIe République avait pour objet de remettre en cause le contrôle parlementaire. dans lequel le G. comme particulièrement nécessaires à notre temps.

alors même que le G. qui avait accordé sa confiance au P. L’Ass. par référendum. À partir du moment. dont le législateur n’a pas traité-. et enfin. le fait que le domaine législatif fixe lui-même les frontières des domaines législatif et règlementaire. et ? Le texte distingue les pouvoirs constituants des autres pouvoirs. il ne la délègue pas. Il peut intervenir pour combler un vide juridique. Il ne resterait théoriquement qu pouvoir règlementaire que le pouvoir d’application des lois. Dans la C. cád que lorsque le législateur ne peut entrer dans tous les détails. L’art. ne contiennent aucun droit. La délégation du pouvoir est interdite. il ne peut contrôler la loi que par rapport à certains arts. qui est l’embryon d’une Cour constitutionnelle. - seul texte se référant à des droits fondamentaux-. vient du fait que d’une part. Le contrôle est donc impossible à mettre en oeuvre. cette interdiction va être détournée : une L. dans des matières fixées par cette loi comme ayant un caractère règlementaire.DROIT CONSTITUTIONNEL. n’était pas toujours d’accord sur la composition de son G. de 1946 prévoyait que l’Ass. il n’existe pas de réel contrôle de constitutionnalité. ce qui veut dire que le domaine de la loi est illimité. ce qui ne sera pas utilisé. un pouvoir d’application de la loi. le soin d’ « établir par décret certaines lois ». investiture du P. dans le silence de la loi. prévoit que le peuple français exerce sa souveraineté par ses députés à l’Ass. de R... dont est exclu le Préambule. TITRE II. de 1946. nationale à la majorité absolue. du Conseil. il revient au pouvoir règlementaire de préciser la loi. le soin de prendre certaines mesures par décret. Le premier problème qu’il va traiter est celui des rapports entre la C. Cette situation est à peu près la même sous les IIIe et IVe République. où le P. après avoir été désigné par le P. ses pouvoirs sont très limités : d’une part. -dans un domaine. Une deuxième séparation est établie : entre la loi et le règlement. si la C. Le problème est que l’Ass. que l’on appelle décrets-loi et qui correspondaient à une délégation provisoire de la compétence législative. Ils intervenaient dans des domaines de compétence du législateur. et s’il dispose d’une légitimité forte. En outre. de la C. BERTRAND. de 1948 indique que des décrets peuvent modifier ou remplacer une loi. qu’une règle juridique est une loi à partir du moment où elle a été votée par le Parlement. au G. 49 Audrey Plez . L’échec du domaine normatif. ou ne veut y entrer. (Parlement) représente la nation souveraine.. et d’autre part. L’ORGANISATION DES POUVOIRS règlementaire le soin de traiter certaines questions par délégation de pouvoir. le législateur peut se saisir à tout moment de cette matière. l’Ass. M. Sous les IIIe et IVe Républiques. En d’autres termes. mais sous la IIIe République. et jusqu’en 1954. Il reste au pouvoir règlementaire. Était ainsi délégué au G. d’autre part. nationale ne donne ainsi sa confiance qu’à lui seul. Il va simplement décider qu’une matière ne relève plus de son pouvoir : ainsi. et on a pris l’habitude d’avoir une double investiture : prévue par la C. le pouvoir règlementaire peut intervenir. ces arts. Le premier aspect quant à l’échec institutionnel. 13 de la C. nationale. Par ailleurs. Il ne peut être saisi que si la majorité absolue le sollicite. ceci a pour Chapitre 1. il peut intervenir dans tous les domaines. non prévue par la C. le domaine de compétence du pouvoir règlementaire est celui que veut bien lui laisser le législateur et dont il peut se saisir à nouveau quand il le désire. déléguait au G. Là encore. précisément institués. cád.. du Conseil à la majorité absolue . Théories et applications du principe de séparation. mais cette distinction est très imparfaite et la C. Cela signifie que le législateur va déléguer sa compétence au pouvoir règlementaire. qu’il soit prévu la possibilité de réviser la C. sinon qu’il établit simplement cette matière comme hors de son domaine. est intervenu par voie règlementaire. Mais. en procédant d’une manière simple : en attribuant un caractère règlementaire à certains de ses domaines de compétence. nationale vote seule la loi. On interdit pour autant cette procédure de délégation du pouvoir législatif par le P. pour autant.. selon une procédure particulière. En définitive. de 1946 met en place un Comité constitutionnel. puis investiture à la majorité simple du G. le critère de la loi est formel et organique . le P. est la question de l’investiture par l’Ass. droit qu’elle ne pouvait déléguer. elle est individuelle. du Conseil se présente seul pour obtenir l’investiture par l’Ass.

M. À partir du moment où les G. du Conseil n’a pas une légitimité plus solide que sous la IIIe République. présente son programme et son G. Le P. cád. il y aura un important changement du personnel dans le passage de la IVe à la Ve République. on sort de ce système droite-gauche. comme un régime d’Assemblée. là encore. la motion de censure intervient quant à elle quand le P. Le second problème est celui de la règlementation de la question de confiance. après autorisation du Conseil des M. et c’est cet échec qui va. qui les approuve à la majorité simple. TITRE II. L’une des raisons aussi. En effet. du Conseil. de sa responsabilité devant le P. En revanche. Théories et applications du principe de séparation. deux G. Tout ceci va conduire à l’échec du parlementarisme rationalisé. L’ORGANISATION DES POUVOIRS conséquence un affaiblissement du G. Ce qui veut dire que dorénavant. C’est la même chose dans le cas de la motion de censure. il eut fallut que le G. soit renversé. à l’Ass. la C. qui va conduire à la rapprocher du fonctionnement qui prévalait dans la IIIe République. dans un délai de 18 mois. interviennent conformément aux exigences constitutionnelles. et il faut que ces deux renversements de G. en est affaibli. Troisième disposition : il est nécessaire que la majorité absolue des députés se prononce contre la confiance. Dans de nombreux pays. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. BERTRAND. Il va y avoir une situation qui est. ou son mandat. Le dernier élément est le droit de dissolution : pour qu’il y ait une véritable rationalisation du système parlementaire. de 1946 va prévoir plusieurs dispositions : la première étant que le P. prend l’initiative d’engager la responsabilité du G. tout simplement parce que la raison d’être d’un régime parlementaire est la notion d’équilibre. bénéficient d’une majorité faible. dispose du pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Ass. le régime fonctionne mal. de R. n’est envisagée par la C. est que le personnel politique de la IIIe République est très présent dans la IVe République . après la IVe République. la dissolution. dans la question de confiance. nationale. servir de leçon au moment d’établir une nouvelle C. du Conseil peut seul poser la question de confiance. Lors de la précédente. Chapitre 1. avec une égalité des armes. renversés à la majorité absolue. sinon deux crises successives.. que comme le moyen de mettre fin à une Ass. qui prend l’initiative d’engager sa responsabilité. Il faut non pas une crise ministérielle pour qu’intervienne une dissolution. qui se montre réellement incapable de dégager une majorité et de définir une politique. du Conseil seul. du Conseil désigné par le P. sous la IVe République. c’est le G. Ce qui va miner la IVe République est essentiellement la décolonisation. Tout le bénéfice de l’investiture du P. Or. renversements dont ils ne pourront user pour justifier une dissolution. ce qui va conduire notamment à une interprétation de la C. le P. * […] Sous la Ve République. La question de confiance est l’engagement par le G. pour que le G. les G. peuvent démissionner suite à une majorité simple qui ne leur permet pas de faire voter des lois. Les partisans de la VIe République oublient très souvent les causes de la Ve République qui tiennent à l’échec des excès parlementaires de la IVe République. D.DROIT CONSTITUTIONNEL. ils pourront être renversés plus facilement. soit deux fois de suite un renversement de G. c’est le cas en Espagne aussi. la stabilité du système est essentiellement fondée sur l’existence d’une majorité parlementaire. et P. Pour éviter la même dérive que sous la IIIe République. 50 Audrey Plez . une situation qui n’est pas univoque. La seconde implique que le vote sur cette question ne puisse intervenir que 24 heures après son dépôt. et les majorités deviennent difficiles..

. un responsable qui gouvernera la politique de la nation. cette A. et celle de conduire les affaires de l’État. sollicité par le P. et plus fort. L’idée du G. Un certain nombre de Gaulliste. efficace. Le 13 mai 1958. Le mouvement de balancement entre ces deux possibilités va rendre la situation réellement problématique . et dont les limites seront alors moindre. L’art d’une C. La démocratie. CHAPITRE 2. mais il faut considérer qu’en majorité. nous le verrons. et le pouvoir du juge -pouvoir judiciaire ou juridictionnel-. ne jouent pas tant un rôle de limitation du G. BERTRAND. et selon une formule très vague. en réalité. Aujourd’hui. Ce qui veut dire que les P. et la durée plutôt étendue. et limité. ni dans l’autre. donnant au G. sont des systèmes à la fois démocratiques et libéraux. qu’un rôle de soutien du G. On élit directement ou indirectement. deux fonctions. celle de définir l’intérêt général. Il évolue. dans tout système constitutionnel. il n’y aura majorité ni dans un sens... c’est le renforcement du pouvoir qui domine la nouvelle C. qui renvoie à la théorie de Montesquieu d’un pouvoir limité. de Gaulle sous la Ve République sera de rendre le pouvoir grand. Il va conduire et déterminer la politique de la nation. la logique profonde de la séparation des pouvoirs telle qu’elle se développe aujourd’hui. Théories et applications du principe de séparation.DROIT CONSTITUTIONNEL. un principe fondamental de l’ordre constitutionnel même s’il évolue beaucoup. Il y avait alors deux possibilités : celle de négocier son indépendance.. et un rôle visant à lui donner des moyens d’action. c’est la question de la légitimité du pouvoir. à Alger. Et l’on va entrer plus précisément. Il devient donc un pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale. C’est un pouvoir d’essence non-démocratique. de Gaulle. au sein de l’armée notamment. La séparation des pouvoirs reste donc. l’une dite de pleins pouvoirs. et ce pendant 6 mois. mais ces lois. Bien sûr. il faut alors considérer que la séparation des pouvoirs réside ailleurs essentiellement. C’est là essentiellement. en particulier en Algérie. Il est d’essence démocratique dans de très rares pays. sur cette idée de séparation des pouvoirs. C’est là que nous reprendrons alors notre étude de la Ve République au cours du 2nd semestre. La séparation des pouvoirs est un mode d’exercice du pouvoir . La seconde est une loi constitutionnelle qui charge le G. La limitation prévalait auparavant. et visent à lui donner les moyens de mener sa politique gouvernementale. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Il est difficile aux partis d’aborder le fond du problème de la décolonisation. par ex. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. pour l’essentiel. SECTION 1. et d’autre part. de Gaulle. aujourd’hui. constituée à l’époque de départements français. demandent alors le retour du G. Elle se situe. l’on fonctionne plutôt dans des systèmes mixtes ou dirigés par le libéralisme. Et c’est toujours. il fait voter deux lois au P. général d’Algérie. entre ce pouvoir politique -pouvoir gouvernemental et parlementaire-. notamment parce que les notions de pouvoirs exécutif et législatif. EE. à protéger les droits individuels. du G. le plus souvent sont d’origine gouvernementale. est un pouvoir légitime. ou celle de la conserver. conduisant pour l’essentiel à garantir les droits et c’est le rôle du juge. celle-ci vise d’une part à déterminer et garantir l’intérêt national. des pouvoirs spéciaux en Algérie. Lorsque l’on regarde. C’est donc une conception libérale du pouvoir. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. ce qu’est la séparation des pouvoirs. le « pouvoir de prendre par ordonnance les dispositions nécessaires au redressement de la nation ». de déterminer un programme : rôle du pouvoir politique. en réalité. Le domaine de compétence est donc très large. Et une deuxième fonction. lequel répond depuis Paris qu’il est prêt à assumer la responsabilité des pouvoirs. dans les Chapitre 1. TITRE II. Il y a. Revenons en guise d’introduction. et notamment de protéger les droits et libertés individuelles. de R. Dès qu’il est investi. 51 Audrey Plez . les activistes prennent d’assaut le G. elle renvoie en fait à une idée de limitation de ce dernier. une recherche de cet équilibre entre légitimité.. force et limite qui prévaut. systèmes européens notamment. M. Il faut bien voir que nos systèmes constitutionnels. qui est de contrôler les actes des G. de préparer une nouvelle C. soutenus par l’armée d’Algérie.. avec le soutien d’une Assemblée Parlementaire.UU. et du P. (Assemblée) vote des lois. n’ont plus beaucoup d’efficacité.

Par. on a un pouvoir monarchique de plus en plus faible. tient aux dirigeants en partie. Il y a un complexe très défavorable au pouvoir judiciaire. Il se produit une fissure dans le principe démocratique. d’essayer autre chose que les traditionnels partis politiques. ces tentatives qui existent dans la plupart des pays. ce qui déstabilise profondément la démocratie et remet en cause le pouvoir politique. mais surtout. au fait que le pouvoir n’est plus là. l’idée qu’un juge puisse contrôler la loi est inimaginable. Il y a donc en France. tandis que le pouvoir du juge s’exerce de plus en plus à un niveau supranational ou international.. Il s'accorde alors beaucoup plus à un certain nombre d’évolutions. Chapitre 1. du Conseil Supérieur de la Magistrature -ce qu’il n’est plus-. exercé au sein des Parlements. C’est l’inscription notamment qui interdit au juge de se prononcer individuellement sur quelque question que ce soit. Pourquoi a-t-on autant de difficulté à assimiler ou à adopter ce pouvoir du juge. et décisions.UU. Quant à la Ve République. une grande cohérence depuis la Révolution jusqu’à récemment. Une autre raison qui conduit au développement du pouvoir du juge au détriment du pouvoir politique est que ce dernier est fondé sur une légitimité démocratique qui s’exerce au niveau national. Les juges vont être complètement soumis au pouvoir démocratique. et c’est dans ce cadre que s’exerce l’intérêt général. Le pouvoir du juge en Allemagne et aux EE.DROIT CONSTITUTIONNEL. qui sont ses missions essentielles. Il devra demander. La Monarchie n’est plus un pouvoir absolu au temps de Louis XVI. BERTRAND. qui tient à ce que l’électeur qui s’exprime par le vote. de Gaulle dira qu’il n’y a aucune autorité au sein de l’État qui n’émane pas de l’État. Il y a une véritable crise du politique.. avant la Révolution. de R. de plus en plus fort. L’ORGANISATION DES POUVOIRS raisons qui conduisent à la déchirure entre le pouvoir du juge et le pouvoir politique. à assurer la sécurité. Théories et applications du principe de séparation. le politique étant porteur de l'intérêt général. ne voit pas son choix se traduire en actes. en cas de doute. est constaté et menacé. une réaction de méfiance et de subordination du pouvoir du juge. elle fait du P. mais de manière beaucoup plus tardive. et un véritable montée en puissance du juge qui s'explique assez bien par ce phénomène. La France l’est aussi. la plupart des dispositions normatives nationales n’étant que l’application de normes de l’U. On a un pouvoir déclinant. TITRE II. Par. L’Allemagne est un pays dont la démocratie est limitée par les droits fondamentaux d’une parte et par le pouvoir du juge d'une autre. Il n’existe plus de liberté du politique. L’ordre ancien. Traditionnellement pourtant. le P.E.. et l’inefficacité. En fait. tandis que le juge est garant de l’intérêt individuel. C’est la raison pour laquelle le contrôle de constitutionnalité s’installera très difficilement en France. la raison en étant que le pouvoir s’est très largement déplacé vers l’U. le pouvoir économique par ex. et un pouvoir judiciaire. ont la très juste impression que leur vote ne décide pas véritablement d’une politique. et c’est la raison pour laquelle Montesquieu part sur l’idée que la justice doit être un pouvoir nul. La démocratie s’exerce dans le cadre étatique . M. qui est l'ordre démocratique traditionnel. est certainement beaucoup plus accepté qu’en France. La magistrature sera régulièrement épurée pour en retirer les magistrats non favorables au régime. qui est national. Les Parlements ont eu un rôle particulièrement conservateur. les électeurs. Le communautarisme et l’individualisme minent alors de plus en plus l’intérêt général. En France. On en arrive à un débat. avec ce vain espoir qu’en essayant autre chose. soumise au pouvoir politique. y compris l’autorité judiciaire. Or cet intérêt est de plus en plus evanescent et de plus en plus difficile à établir alors que se développent de plus en plus largement des intérêts communautaires et individuels. La deuxièmes raison de l’affaiblissement du pouvoir politique est qu’il a en charge l’intérêt général. et un pouvoir ascendant. on transformera peut-être le vote. au P. à développer l’économie. Le problème s'est posé sous l’Ancien Régime. Le pouvoir déclinant étant le politique. C’est ce qui explique probablement. et le G.E. quelle position il doit adopter. et c’est essentiellement l’expérience allemande. 52 Audrey Plez . qui contribuera a introduire ce contrôle en France. et la Révolution ne va avoir pour but que de limiter les pouvoirs du juge. pour de multiples raisons. dont deux pourraient être que le pouvoir politique est inefficace.

D’autre part. et il s’y produit une certaine liberté de jurisprudence. L’importance des droits et libertés dans l’ensemble des matières juridiques ou champs du droit. pour avoir pris une décision politique imprudente. de manière à ce qu’elles soient compatibles. BERTRAND. conduit incontestablement à renforcer le pouvoir du juge. existe de manière beaucoup plus efficace au niveau du juge. Et cette pénalisation. Ainsi ce réseau supranational.DROIT CONSTITUTIONNEL. Les juges s’appuient sur la jurisprudence d’autres juges. le système parlementaire en GB s’est développé au moment où l’on est passé d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique des Ministres. la formulation des droits et libertés est très générale. fonctionne. or on constate que le terrain pénal se développe considérablement au détriment du civil. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Voyons dans un premier temps les raisons de la montée en puissance du juge. La quatrièmes évolution regarde la régulation des rapports entre les ordres juridiques. le développement de la pénalisation des relations entre les sexes. la peine sert à punir le coupable et à dédommager la société. c’est bien évidemment une intrusion du juge dans la vie politique. Le droit du travail devient ainsi de plus en plus un droit assorti de sanctions pénales. par ex. sinon de compatibilité d’une norme à l’autre. va pour l’essentiel consister à interpréter les normes. Nous sommes. Le deuxième raison que l’on peut observer est la pénalisation de la vie politique et sociale. Aujourd’hui elle permet de plus en plus à la victime de surmonter le traumatisme qu’elle a subi. en exposant comment un juge à la Cour suprême s’inspirait de solutions étrangères. Théories et applications du principe de séparation.et ce rôle de régulation. Chapitre 1. plusieurs raisons : d’une part. la jurisprudence américaine pourtant traditionnellement autarcique. et l’on charge le juge. ces droits et libertés doivent se concilier les uns avec les autres. Il y a un effet géographique et économique qui s’étend bien au-delà du simple territoire politique. D’ailleurs. ce qui implique un pouvoir d’interprétation développé. ou international. Le troisième phénomène tient à la circulation de la jurisprudence. Celui-ci lui permet de placer le curseur ou équilibre entre des droits qui s’opposent. de plus en plus. On devrait arriver facilement à des situations de blocage. il procède bien à un choix de s’y référer ou non. Normalement. la responsabilité des hommes politiques se situe essentiellement sur le terrain juridique. De ce point de vue. L’on voit bien que lorsque l’on a dit que la C.Un juge à la Cour suprême des EE. La réparation de la victime étant normalement la mission du droit civil. au sommet dans l’OJ européen. D’abord. Il se produit une pénalisation de la vie sociale. est au sommet de la hiérarchie des normes dans l’OJ national.Mais lorsqu’il s’agit de traiter les rapports entre les OJ. gardien des droits et libertés. TITRE II. 53 Audrey Plez . nous n’avons établi aucun moyen de réguler les éventuels conflits entre le droit constitutionnel national. et le droit de l’UE. Ils peuvent choisir de s’inspirer d’un autre juge. c’est en quelque sorte l’inverse qui se produit. d’une certaine manière les juges à se fonder un systèmes normatif de référence qu’ils manient plus ou moins comme ils l’entendent. Si on considère que l’on peut mettre en cause pénalement un M. Lorsqu’il le fait. par le rôle de régulation que joue le juge. Ce qui conduit. ce que fait le juge via le moyen de contrôle de proportionnalité. M. mais le droit conventionnel européen. qu’au niveau politique. ce systèmes hiérarchique ne joue plus. À cela. sont très largement évitées.UU. le droit pénal prend une dimension considérable. le juge se place dans une situation de légitimité concurrente. Et il s'agit d’un phénomène très large. Aujourd’hui. de celle du pouvoir politique. d’une police des moeurs et de la pensée. a récemment publié un livre. Encore une fois. constitutionnelles et européennes. à l’intérieur d’un OJ déterminé. une mission considérable du droit pénal. Le juge européen et les juridictions constitutionnelles nationales tiennent compte l’un de l’autre. le système de la hiérarchie des normes. La première raison tient à la place occupée par les droits fondamentaux. et le développement du CP s’accompagne de l’apparition de nouveaux comportements s’accompagnant d’une sanction pénale. non pas dans un systèmes de conformité d’une norme à l’autre. au travers de la faute pénale. Et ces situations de blocage.

Nous verrons maintenant quelques manifestations de ce pouvoir normatif du juge.. ce faisant. le respect des conventions de Chapitre 1. la prévisibilité de la loi. En 1993.B. le droit à un procès équitable. Or.. De la liberté de la presse. le C. Le C.B. ce qui supposait nécessairement qu’il considérait qu’il n’y était pas. Par ex. est par défaut. le juge dit la loi. Voilà un contexte qui favorise très largement les pouvoirs du juge. va être déduit par le C. En réalité. Constitutionnel. La C. de l’art. le principe de dignité. celle d’entreprendre etc.. Constitutionnel va dégager la liberté des médias audio- visuels. question qui a longtemps animé les débats juridiques. le juge constitutionnel français est probablement plus prudent et respectueux du pouvoir politique que d’autres juges constitutionnels. ne correspond incontestablement plus à la réalité. un comité d’experts. celui de sécurité juridique. la voix de l’intérêt général. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Un autre élément est le contrôle par le juge. Le rôle du juge. et même la raison d’être de la fonction politique. de la formule de la DDHC de 1789. la C. Dans certains cas. notamment la clarté et l’accessibilité de la loi. qui est un principe reconnu par la C. TITRE II. ou tout du moins un intérêt général qui ne soit pas suffisant. le C. Que peut faire le juge constitutionnel.. selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Constitutionnel en 1994. EDH.DROIT CONSTITUTIONNEL. Constitutionnel va dégager la liberté contractuelle. Constitutionnel va découvrir dans la C.. adapter le droit aux évolutions de la société est une fonction évidemment politique. une jurisprudence que va reprendre en France le C. Par ex. ne se pose plus désormais. 54 Audrey Plez . au travers de la jurisprudence du C. Théories et applications du principe de séparation. le C. auquel le C. Or. Il va le découvrir au détour d’une phrase du paragraphe préliminaire du Préambule de la C. Cád que l’on ne considère plus que le législateur. entre exprimer la volonté générale et définir l’intérêt général. ou pertinent. tient au fait qu’il y a une idée qui est du point de vue de M. Constitutionnel va ainsi affirmer que si l’on parle de condamnation de ceux-ci. et aussi. EDH. tout à fait contestable qui est celle sur laquelle il n’appartient qu’au juge d’adapter le droit aux évolutions de la société. n’est pas certain qu’il devrait avoir au respect du politique. Le rôle constructif du juge peut aussi résulter de l’importation de principes reconnus dans d’autres OJ. de 1946 qui condamne l’asservissement et la dégradation de la personne humaine. Or le juge va intervenir au coeur de la décision politique quand il va contrôler la réalité même de l’intérêt général. le C. et à ce principe. M. La découverte de principes peut aussi. » Il y a une grande parenté. Constitutionnel. ce pouvoir normatif du juge. Par ex. Constitutionnel et de la C. la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine par le C. dit : « La loi est l’expression de la volonté générale. SECTION 2. La découverte va aussi tenir à des principes dérivés et *. a contrario la C. des principes qui n’y figurent pas expressément. avait indiqué qu’il fallait.. Le juge va pouvoir dire que celui-ci ne poursuit pas un intérêt général. Il découvre dans la C. Constitutionnel a rattaché des principes comme la non-rétroactivité de la loi. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. inscrire dans la C. reconnait le principe de dignité. le principe de dignité. résulter simplement d’une actualisation. du corps même de la décision politique. mais une attitude que M. EDH va dire que la loi peut-être rétroactive à condition de poursuivre un intérêt général suffisant. pour ne pas dire une certaine identité. La poursuite de l’intérêt général est pourtant la raison même d’être du pouvoir politique. La question de savoir si la jurisprudence est une source de droit. Par ex. tiré toujours de la garantie des droits -source de principes constitutionnels à une certaine période-. Autre principe. est de respecter à la fois l’intérêt général fixé par le législateur et les droits individuels fixés par la C. en France. Constitutionnel a progressivement rattaché à la fois l’exigence relative à la qualité de la loi. De ce point de vue. De la même manière que la formule de Montesquieu selon laquelle le juge ne fait que prononcer la parole de la loi. 16 de la DDHC relatif à la garantie des droits. BERTRAND.

55 Audrey Plez . EDH a imposé sa signature à un pays qui ne l’avait pas signée. Le C. c’est le cas par ex. et de sa jurisprudence : «  La C. à la question d’indivisibilité des DH. est de considérer qu’il peut aller à l’encontre même d’une disposition constitutionnelle pour dégager un droit qu’il considère s’adapter. Elle va ainsi se référer à des normes qui ne sont pas juridiques. Le juge européen pour sa part. imposer à un État des obligations qui ne résultent pas du Traité. toute règle Chapitre 1. et autres normes non-impératives. telles que les recommandations des Comités au Conseil de l’Europe. ou une minorité de pays veulent ratifier le Traité n’a pas à jouer. exerce un pouvoir normatif. et en ce qui concerne la famille. ou le respect des circulations légalement acquises. C’est par ex. et qui n’étaient pas encore intervenues au moment de sa signature. ou conjugales. La C. en un système norme minimum de protection des droits fondamentaux en un système d’intégration. puisque d’une part la CEDH définit le mariage comme concernant des personnes de sexes opposés ou différents. mais ne sont théoriquement engagés que lorsqu’ils l’ont accepté. ou correspondre. quand le législateur a établi des quotas par sexe pour les élections législatives. notamment en interprétant largement d’autres droit. de la Charte Sociale Européenne. et le C. la CEDH permet la peine de mort. M. En fait.DROIT CONSTITUTIONNEL. notamment en 1979. L’ORGANISATION DES POUVOIRS recours. Elle va développer une jurisprudence sur le droit de l’environnement. pour y rattacher une certain nombre de principes reconnu dans d’autres OJ. Cette notion d’indivisibilité des DH est notamment utilisée pour reconnaitre des droits dans la sphère économique et sociale.. la C. EDH a très tôt considéré que la Convention devait être interprétée à la lumière de *. la C. la C. indépendamment de l’opposition que l’on peut avoir sur ce traitement inhumain par définition. Un formule peut bien résumer ou expliciter le caractère très constructif des normes de référence de la C. BERTRAND. et les appliquer en dehors même. dans des questions que l’on pourrait appeler des questions de société. TITRE II. en l’espèce la souveraineté de l’État. Ainsi. EDH s’est référé. C’est là une question qui porte sur la légitimité démocratique de la norme. le C. La C. Un Protocole visant à l’abolir. qui ne sont pas reconnus par la Convention. ou aussi rattacher le droit au travail au droit ou respect de la vie privée.- La deuxième techniques est la reconnaissance de droits non-inscrits dans la CEDH. le cas en ce qui concerne la définition du mariage. EDH considère qu’elle doit prendre en compte. EDH utilise. ou qui s’exerce de très nombreuses manières. Le juge va surmonter cette difficulté en imposant aux États un certain nombre d’obligations auxquelles ils n’avaient pas adhéré. On ne peut pas théoriquement. ou par un mécanisme qui consiste à étendre les normes de références. en se donnant le droit d’adapter le Traité aux évolutions de la société -fonction pourtant éminemment politique. partant de droits contenus dans la Convention. On a donc le droit d’interpréter les dispositions de la Convention à la lumière de *. a été modifiée pour permettre de tels quotas. la famille ou la peine de mort. Constitutionnel a considéré que cette loi était contraire à la C. par ex. Le pouvoir du juge remet en cause. Constitutionnel a ensuite pu valider les dispositions législatives prises postérieurement pour établir des quotas par sexe.. ou concernant la peine de mort. Constitutionnel procède donc à une adaptation du droit à la société. de l’OJ de la CEDH. le critère de savoir si une majorité des pays ont fait évoluer leur législation dans tel ou tel sens. Ce que le C. On part d’un principe très général. polymorphe. la question de savoir si une majorité. Ces trois exemples sont révélateurs. Constitutionnel se refuse à faire. Le problème est que s’agissant d’un Traité. Concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. L’autre problème étant qu’un État ne peut se voir obligé par un Protocole auquel il n’a pas adhéré. c’est le juge qui a établi qu’il convenait de procéder à une telle modification. qui peuvent consentir à la limitation de leur souveraineté. elle va reconnaitre des droits qui ne correspondent pourtant pas à un domaine couvert par la Convention. à l’actualité. En Italie. EDH. cette jurisprudence a pour effet de transformer le rôle de la CEDH. alors que la CEDH interdit de donner la mort pour des raisons liées à la famille. Théories et applications du principe de séparation.

et l’un des premiers débats porte sur la composition de ces Conseils de Justice.. dont elle définit au cas par cas le périmètre. de la Magistrature en France. ou Conseil de Justice. savoir si les Magistrats doivent être exclusivement gérés par des magistrats.  Il s’agit notamment. le problème fondamental qui se pose est celui de la responsabilité. le pouvoir judiciaire était trop dépendant du pouvoir politique. parce que «  toute personne qui a du pouvoir a tendance à en abuser. D’une part. qui peuvent mener une politique pénale autonome -ex. et le pouvoir du juge se manifeste par une volonté de devenir autonome par rapport au pouvoir politique.. est le premier et le seul à ne disposer ni de compétence budgétaire. au sein du C. et parce qu’il convient que le pouvoir du juge ne soit pas sans limite. SECTION 3. Italie. etc. des sources du droit européen. des dispositions reconnues par un juge national. La question qui apparait alors de manière évidente est celle de savoir devant qui ce Conseil est il responsable. et notamment en France. L’indépendance des juges qui est la condition nécessaire pour que les juges puissent exercer ce rôle de limitation du pouvoir politique. La justice est toujours menacée par deux dangers : le corporatisme et la politisation. Chapitre 1. est ce que ces C. Ce pouvoir du juge dont on vient de voir un certain nombre d’applications. Les débats sur cette forme de revendication de devenir un pouvoir judiciaire. 56 Audrey Plez . Ainsi du point de vue de M. Le deuxième problème qui se pose est celui de la répartition des compétences entre ces Conseils de Justice et le G. en fonction de la question en cours. M. ». -selon les pays-. qui sont en réalité des Conseils censés exprimer l’existence d’un pouvoir judiciaire -et non son autonomie-. et un autre qui établit le politique.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le problème est de trouver un équilibre entre l’un et l’autre de ces enjeux. de toute norme (inter?)nationale. Notamment. se traduit aussi par un débat sur l’organisation du pouvoir judiciaire. BERTRAND. des principes généraux reconnus par les nations civilisées. fixer des règles techniques pour eux. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. où l’on dit le pouvoir judiciaire complètement autonome du pouvoir politique. EDH dispose d’une très large palette normative. ou système de référence normatif. Question importante puisque l’enjeu est l’autonomie du pouvoir judiciaire. ou la part du pouvoir judiciaire. se manifeste notamment sur les débats sur le Conseil Supérieur de la Magistrature. l’enjeu étant de savoir quelle est la part du pouvoir politique. n’applique pas l’autonomie du pouvoir judiciaire. intervenir seuls dans la gestion des magistrats ou ces compétences doivent elles être partagées entre les politiques et magistrats. de Justice revendique l’autonomie budgétaire. mais enfin il est autonome parce qu’il est placé sous l’égide de la Révolution qui établit tous les pouvoirs. ou des organes non-juridictionnels. et la C. assurer la discipline de ces derniers. de Justice doivent gérer le budget de la Justice. Peuvent être inventés de faux systèmes. la CEDH n’est plus l’unique cadre de référence. font partie des politiques de la nation. Mais il n’y a pas de pouvoir démocratique qui établit le pouvoir judiciaire.  » Ce qui veut dire qu’en réalité. et qui ont des missions assez variées en général : telles que gérer la carrière des magistrats. Une démocratie limitée par des contre-pouvoirs ne veut pas dire un contre-pouvoir autonome par rapport au pouvoir politique. vient du fait qu’il est responsable de la politique qu’il produit. si les magistrats doivent être majoritaires au sein de ces comités. qu’elles soient ou non contraignantes. la bonne solution est un partage de compétences entre le C. Théories et applications du principe de séparation. Le deuxième aspect est que le lien avec le G. de Justice. l’idée de l’autonomie d’un pouvoir est un principe contraire au principe même de la séparation des pouvoirs.Il y a ici tous les modèles possibles et imaginables. Le C. la manifestation d’un débat est une réalité. ni de compétence pénale. la politique pénale et la politique judiciaire.B. Pourquoi ? Parce que. ou la liberté de déterminer la politique pénale.. de Justice et le G. Or elles sont des politiques qui relèvent du G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS pertinente du droit international pour interpréter les droits et libertés reconnus par la CEDH. La question étant de savoir. Un autre modèle est celui de plusieurs Parlements. TITRE II. Là encore. des avis et recommandations des comités d’experts. Le problème est qu’à partir du moment où le C.

A. INTRODUCTION GÉNÉRALE. II. I. §2. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On est toujours dans un système de balancier. SECTION 2. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. Et l’on traitera de la question de la légitimité du pouvoir du juge. B. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL.DROIT CONSTITUTIONNEL. CHAPITRE I. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. A. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. M. §1. SECTION 1. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? TITRE I. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. I. §2. Théories et applications du principe de séparation. B. À continuation… INDEX. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. § 1. Chapitre 1. TITRE II. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. III. 57 Audrey Plez . LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. qui est un des problèmes fondamentaux de l’organisation du pouvoir du juge. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. III. BERTRAND. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. II. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION.

SECTION 3. Théories et applications du principe de séparation. BERTRAND. §2. LE SUFFRAGE. §1. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. 2. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. 3. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. SECTION 2. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. §2. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. SECTION 3. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. M. §1. A. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. §1. §1. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. SECTION 1. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. C. 1. SECTION 1. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. LES DROITS FONDAMENTAUX. §3. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. SECTION 2. CHAPITRE 1. A. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). LES ORIGINES HISTORIQUES. SECTION 1. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. SECTION 3. SECTION 1. A. B. SECTION 2. §2. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. TITRE II. §2. B. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. §2. D.DROIT CONSTITUTIONNEL. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. §1. CHAPITRE 2. CHAPITRE 2. A. 58 Audrey Plez . LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LE DROIT DE VOTE. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). 4. B. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §3. Chapitre 1. B. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). SECTION 2. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. TITRE II. CHAPITRE 3. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. §3. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE.