!

!
!
!
!
!
!
DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

!
!
!
!
!
!

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

DROIT CONSTITUTIONNEL
PROF. MATHIEU
Année Universitaire 2015-16
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
INTRODUCTION.

Le cours sera divisé en deux grandes parties : on abordera d’abord les questions générales du droit
constitutionnel, comment il s’est construit, de manière abstraite et à partir de l’analyse de systèmes étrangers
et de l’histoire constitutionnelle française, etc. ; puis les institutions et le fonctionnement institutionnel. Il ne
faut pas laisser s’accumuler une somme d’incompréhension, à aucun moment, et retenir l’importance des
commentaires, en se concentrant sur les idées dégagées plutôt que sur le contenu cité de l’article. Il est bien
d’utiliser un manuel de référence. Il y aura un Salon du Conseil Constitutionnel, ce samedi 10 octobre à
partir de 10 heures, auquel il pourrait être intéressant d’assister.

L’essai sur la Constitution : tout bouge mais rien ne change, peut compléter la première partie du
cours, puisqu’il y aura peu de référence à ces notions dans un manuel. Deux épreuves auront lieu au cours du
semestre : un oral-écrit, une épreuve d’une heure, avec un sujet, qui pourra prendre la forme d’une
dissertation, ou d’un commentaire de texte bref -on nous demandera alors le plan et la rédaction.- Le but ?
Trouver les questions transversales qui permettent d’y répondre. C’est un exercice, en effet, qui vise à
vérifier notre compréhension des grandes questions abordées, mais il doit être nourrie d’un certain nombre
d’informations cependant. Il faut savoir résumer, chercher, trouver et hiérarchiser, soit établir un cadre
conceptuel solide, plus qu’un cumul de connaissances. Une séance de révision se produira avant l’examen
lots duquel nous trouverons réponse à toutes nos questions.

INTRODUCTION GÉNÉRALE. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU
DROIT CONSTITUTIONNEL.
I. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.
II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
III. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL.
A. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT.
B. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ?

INTRODUCTION GÉNÉRALE
HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL

Nous ferons ici la présentation d’un certain nombre d’idées qui seront par la suite développées et
approfondies, d’où l’importance de l’articulation des idées, afin d’aboutir à une vision d’ensemble.

Nous partirons d’une définition qui se solidifie, s’effrite, et se modifie au cours du temps. «  La
Constitution ce sont les normes juridiques qui régissent le gouvernement d’un État, et on entendra par droit
constitutionnel, le droit relatif à la constitution, à ses fondements et à ses effets. » Il s’agit là d’une définition
générale, et partiellement inexacte ou incomplète, elle sera modifiée à mesure que nous avancerons dans le
cours.

2 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Nous procèderons maintenant à une reprise rapide de l’histoire du droit constitutionnel, et non de
l’histoire constitutionnelle, mais encore plus précisément, de l’histoire de l’enseignement du droit
constitutionnel, puisqu’elle est tout à fait révélatrice de la manière dont le droit constitutionnel a évolué. Bien
qu’il y ait un décalage dans le temps entre la manière dont une matière évolue, et la manière dont on
l’enseigne, ce retard n’est pas infini. On envisagera ensuite les perspectives contemporaines de l’évolution du
droit constitutionnel avant de voir les fondements du droit constitutionnel.

I. L’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE.

La Déclaration de 1789 est la première pierre du Droit Constitutionnel -à l’avenir, DC- français.
Comme objet d’étude, le DC deviendra une discipline qui émergera à la fin du XVIIIe s., avec la Révolution
Française et la déclaration d’indépendance des EE.UU.

Avant la Déclaration, le DC n’est quasiment pas enseigné, et les disciplines enseignées sont le Droit
Romain, Civil et Canonique. Il y a dès cette période un enjeu politique de l’enseignement du DC. DIDEROT
et d’autres philosophes, dans un mouvement, vont critiquer l’absence de son enseignement, ou en tout cas, de
son objet : le droit des sujets, les institutions, etc. ; soit l’organisation de l’État, la démocratie et les droits des
citoyens, dans les termes de l’époque. Il s’agit d’un argument que l’on va retrouver jusqu’au début de la IIIe
République, et qui se trouve être éminemment politique. MAUPEOU, chancelier et ancien Ministre de la
Justice utilisera, par ailleurs, cette formule : « Il est imprudent de toucher aux mystères qui concernent les
maximes fondamentales de la Constitution  ». Il faudra attendre la Révolution pour que l’enseignement du
DC soit généralisé dans les facultés de droit, mais ceci aura peu de portée puisque, dès 1795, elles seront
supprimées et remplacées par des écoles de droit départementales de mauvaise qualité. L’enseignement du
DC ne se développe pas alors.

En 1804, sous le 1er Empire, les facultés de droit sont rétablies et le DC également, quelques années,
puis il disparait. En 1819, il réapparait, pour disparaitre à nouveau en 1822, sous la Restauration. Le motif de
la suppression est que l’on souhaite «  éviter que l’imagination ardente des étudiants ne s’égare dans des
controverses politiques.  » L’idée ici traduite est que celui-ci touche trop à la matière politique pour être
enseigné de manière juridique. Il y a donc un perpétuel mouvement de suppression et de rétablissement. En
1834 il est ainsi rétabli, à nouveau, avant de disparaitre une nouvelle fois, et il est finalement rétabli
définitivement en 1887, sous la IIIe République, période durant laquelle il devient une matière au concours
d’agrégation.

La France, comme on le verra en partie, est caractérisée alors par une très forte instabilité
constitutionnelle, surtout dans la période qui suit la Révolution. La stabilité des principes issus de la
Révolution vont se trouver dans le Code Civil -à continuation, CC-, alors que la Constitution -à continuation,
C.- se veut un texte instable et très politique. Dans la deuxième phase, -qui correspond à la première moitié
du XXe s. et jusqu’au début de la 2e GM-, le DC est un droit essentiellement institutionnel, ce qui implique
que l’on s’occupe des formes du gouvernement, de la description des institutions et des pratiques
parlementaires et gouvernementales. Pendant cette période, le droit public va s’incarner essentiellement dans
le droit administratif. Cela est dû à ce que la C. ne se réfère qu’à des dispositions générales, et pour autant, la
protection des droits et libertés individuels se fera essentiellement par l’intermédiaire de la jurisprudence, en
accord avec ces principes. Dans l’après guerre, se produit un changement important de perspective du DC, et
celui-ci va essentiellement se tourner vers la sphère politique. À cela plusieurs raisons : l’analyse de la
conception anglo-saxonne et américaine, essentiellement politique, et l’analyse marxiste du DC ; et le rejet,
d’un autre côté, d’une approche strictement juridique de celui-ci, au regard du fait que le DC a constitué un

3 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

cadre qui s’est assez bien prêté aux régimes qui se sont installés, à travers l’Europe et en Allemagne par
exemple. C’est à dire, qui n’a pas constitué une barrière contre l’installation de certains types de régimes.

Dans la dernière phase, depuis les années 1980, la doctrine constitutionnelle a connu une évolution
assez profonde, notamment sous l’impulsion du réinvestissement par des textes constitutionnels à fort
contenu normatif et de par l’existence d’un juge constitutionnel. La C. se prévaut alors de beaucoup plus que
de dispositions institutionnelles et l’on assiste incontestablement, en plus d’une juridicisation, à une
juridictionnalisation du DC, qui commence alors à être invoqué devant les tribunaux. Le DC s’applique alors
à l’ensemble des branches du droit. Il est devenu un droit utilisable et utilisé par les praticiens du droit,
notamment à travers la question prioritaire constitutionnelle, -QPC, à l’avenir.- C’est alors que l’on constate
la forte séparation des disciplines que sont la science politique et le DC, qui s’écartent alors très largement
l’une de l’autre.

II. LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL.

Les Constitutions, bien que ce que nous exposerons après est vrai mais incomplet, contiennent deux
types de règles : relatives à l’organisation du pouvoir -en son aspect institutionnel, et qui forme le droit
constitutionnel substantiel ; puis relatives aux droits fondamentaux. Cette référence aux droits fondamentaux,
cependant, est à la fois vraie et trompeuse, et partielle puisque l’on trouve aussi dans la C. un certain nombre
de principes, et de valeurs, qui ne sont ni des droits fondamentaux, ni des libertés fondamentales, ni
d’ailleurs, des dispositions institutionnelles. En France, seul le premier type de règle, jusqu’en 1971,
intéressait le DC ; date à laquelle le Conseil Constitutionnel -à continuation, C. Constitutionnel- reconnait à
la fois valeur et effectivité au Préambule de la Constitution qui se réfère aux droits et libertés fondamentaux.

Ceux-ci vont prendre de plus en plus d’importance du fait du contrôle de constitutionnalité, et aussi,
par une espèce de retour aux sources de 1789, et notamment à l’art. 16 DDHC, qui indique que si la garantie
des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, il n’existe pas de C. Il s’agit là d’une
fausse affirmation, puisque l’on peut très bien établir un régime autocratique par une C. ; c’est un jugement
de valeur, une déclaration idéologique, qui renvoie la C. à la séparation des pouvoir et à des valeurs, en plus
d’un mode d’organisation particulier. Le problème est que ces droits fondamentaux, sont devenus bien plus
qu’un ensemble -à continuation, E.- de règles fixées par la Constitution. Ils sont devenus, en quelque sorte,
l’un des fondements sur lesquels doit se construire et s’appuyer le pouvoir. On trouve d’ailleurs cette
formulation dans la C. de 1958, qui fait référence aux notions de souveraineté et de droits de l’homme, mais
encore plus clairement dans la C. allemande, qui reconnait des droits et libertés inaliénables, à toute société
humaine. Elle fait ainsi référence à des droits préexistants quasiment ontologiques, et de ces droits, l’oubli
est la cause du malheur publique, ce pourquoi ils doivent être réaffirmés.

Il n’y a pas ici de création, sinon plutôt une réaffirmation de ces droits, le caractère inaliénable de la
dignité, et l’égalité des êtres humains étant des postulats de la DDHC de 1789, fondée d’ailleurs sur une idée
chrétienne de la conception naturaliste que l’on s’est faite de l’homme ; la loi découle de la conception de
l’homme. Si n’est pas reconnue la dignité de l’être humain, il n’y a pas de raison pour que ces droits en
découlent. Il s’agit de postulats en terme de valeur, et pour cette raison, le système des droits fondamentaux,
est considéré comme un fondement de l’ordre social. Remarque : Ne mettez pas de signes positifs ou négatifs derrière des
mots. Ainsi, ce qui est démocratique est démocratique, et les droits fondamentaux ne font pas la démocratie, de manière que si l’on
affirme que l’U.E. n’est pas un système démocratique, il s’agit là d’un simple constat juridique, et non pas d’une conception négative
ou critique de l’Europe. La démocratie répond en effet à des critères juridiques, qui entrent ou non, dans un système, et ne dépend pas
de l’appréciation favorable ou défavorable que l’on s’en fait. La pédagogie par la provocation, également, lors du cours, vise la
destruction d’idées toutes faites pour qu’elles puissent être ensuite reconstruites par chacun. Il ne faut pas affecter à ces affirmations
une valeur positive ou négative, sinon qu’elles sont simplement dirigées à éveiller notre curiosité.

4 Audrey Plez

DROIT CONSTITUTIONNEL, M. BERTRAND. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Cette évolution du DC s’est opérée sans véritable modification des textes constitutionnels. C’est une
évolution qui a principalement et essentiellement résidé dans la figure du juge. Le premier phénomène a
voulu que les droits fondamentaux irriguent, ou s’appliquent à l’E. des champs juridique, -en effet, de
nombreux principes constitutionnels touchent à d’autres branches ou domaines du droit.- Le deuxième
facteur s’est fait à travers deux caractéristiques des droits fondamentaux, d’abord parce qu’ils sont
nécessairement exprimés en des termes généraux, et que c’est de ces principes généraux que nous allons
déduire des règles et droits précis ; puis parce qu’il va falloir les concilier. À ce sujet, l’idée de progrès en
terme de droits fondamentaux est une idée assez fausse. Elle peut être globalement vraie, notamment si l’on
se penche vers la question de la suppression de la peine de mort, par exemple. Mais en prenant d’autres
exemples, on s’aperçoit que plus se développe la liberté d’entreprendre, celle de choisir et se débarrasser de
ses salariés, plus se limite le droit au travail ; plus s’étend la liberté de la vie privée, plus se réduit la liberté
d’expression des journalistes. Il s’agit là d’un exercice d’application contrôlée de plusieurs droits
fondamentaux, sauf peut-être dans le cas du principe de dignité, qui est le point d’ancrage des droits
fondamentaux, et qui ne connaît pas les même limitations. Dans la réalité, les droits fondamentaux doivent
être conciliés, et il n’apparaît pas de hiérarchie évidente.

Ces deux points vont donc conduire à des conséquences fondamentales aujourd’hui : c’est
l’institution du juge, qui joue ce rôle fondamentale de les balancer. C’est la raison pour laquelle nous
sommes dans une société où, bien que le juge ne dispose pas d’un pouvoir d’origine démocratique, il occupe
une place essentielle. Il existe une séparation fondamentale entre le pouvoir politique et le pouvoir du juge,
bien plus que celle d’un pouvoir exécutif, face à un pouvoir législatif. Pour le juge, son instrument, et son
outil, est le contrôle de constitutionnalité. Le phénomène contemporain essentiel de la prise de pouvoir du
juge, est très largement le résultat de cette situation. Objectivement, on peut donc débattre de la notion de
progrès, en dehors de certaines questions précises, telle la peine de mort, puisqu’il existe des questions
extrêmement sensibles d’équilibre, comme c’est le cas, par exemple, pour l’avortement, et de conciliation
entre droits, libertés et normes qui s’opposent. La place des droits fondamentaux, le pouvoir du juge, sont
autant de choses qui, bien qu’elles ne soient pas reflétées dans les textes, ont vu leur application évoluer en
grande mesure. Ces changements s’opèrent sans que rien ne se décide. On notera que l’on parle encore
d’autorité juridictionnelle et non de pouvoir juridictionnel.

La souveraineté, sous ses deux formes, est une autre de ces évolutions. La première forme de
souveraineté est l’interne, la seconde, celle de l’État sur le plan international. Sur le plan interne, dans une
démocratie, la souveraineté est celle du peuple. Celle de l’État, veut que l’État soit indépendant de tous les
autres, et qu’il soit simplement lié à ceux-ci de manière contractuelle, par l’intermédiaire des Traités. Cette
souveraineté réside dans l’autonomie et l’indépendance des États. Cependant, on observe que la
souveraineté, en ses deux aspects, est remise en cause. Sur le plan interne, dans une démocratie, c’est la
souveraineté du peuple, en partant de deux définitions, la première purement textuelle, où la souveraineté est
le pouvoir initial et inconditionnel, qui veut qu’il n’existe pas de souveraineté partagée. Il peut exister un
conflit de souveraineté, plus qu’un partage, et l’on ne doit pas confondre le partage des compétences qui
relèvent de la souveraineté et le partage de la souveraineté. La construction de l’État français s’est faite
autour de cette notion clé de souveraineté du peuple, ce qui n’existe pas, par exemple, dans l’histoire de
l’Allemagne ou d’autres pays.

Le lien entre la démocratie et la souveraineté vient du fait que dans une démocratie, le peuple est
souverain. Or, à partir du moment où un juge peut dire que l’on ne peut modifier la C., parce que ceci serait
contraire à la norme fondamentale, on est en droit de se demander qui est réellement souverain. C’est la
situation en Allemagne, où le juge pourrait ainsi sembler souverain. En France, en 1958, un projet questionne

5 Audrey Plez

Ces interventions sont similaire aux croisades. sont une option immuable et la clé du progrès. qui se sont faites au nom d’un idéal religieux. L’abstention et le vote blanc forment la nouvelle majorité aux élections.. Le mouvement porté par l’extrême gauche ou l’extrême droite. ainsi transférées à l’U. Tout d’abord. et que les personnes qui n’en ont pas n’en veulent pas. Les votes extrémistes peuvent ainsi apparaître comme une tentative de sortir de cette masse. Nous observerons que la démocratie. cependant. Le monde tel qu’il est. La raison pour laquelle les peuples n’en veulent plus. M. pour reprendre cette analyse à travers les manuels de DC. Par le référendum. et autres éléments d’influence. démontrent un pouvoir référendum. dans sa conception actuelle.. Nous verrons maintenant que l’État. tel que le mariage gay. et la C. puisqu’ils peuvent la quitter à tous moments. Par. On observe un véritable déclin démocratie. Il correspond aux États souverains de régler leurs problèmes internes. à travers une démocratie ? Notre religion est devenue celle des droits de l’homme. lorsqu’il décide de réélire ce même gouvernement qui n’avait pas respecté le L’économie. c’est la souveraineté du peuple qui s’exprime. juridiquement de la même démarche.E. il n’a pas connu de progrès sinon une évolution. passe par deux choses. Si l’on part d’une définition générale. et l’on peut ainsi affirmer que le peuple ne détient plus exclusivement la souveraineté. M. et tel que l’on voudrait qu’il soit. : la première. qui enlève un dictateur pour y instaurer une démocratie. lorsqu’elles souhaitent par exemple combattre le régime d’un dictateur. C. qui se fait ici au nom de l’idéal des droits fondamentaux . ils n’en gardent pas moins le noyau.B. à celle d’État. Il nous faut dépasser la notion selon laquelle nous vivons dans un monde qui ne cesse de s’améliorer et qui suppose que la démocratie et les droits fondamentaux. est ainsi simplifié . Le peuple s’incline également. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. À travers le transfert de compétences. sont à séparer tout à fait. vient du fait qu’ils ont le sentiment très fort et réaliste. 6 Audrey Plez . de manière inquiétante. elle se vide de ses compétences. Cette constatation peut résulter de deux raisons : la première. l’U. ne se construit pas sur la démocratie. qui ne correspond en rien aux systèmes asiatiques. a signé un accord européen auquel s’opposait le peuple. sans l’État.DROIT CONSTITUTIONNEL. de l’État. par exemple. Par. BERTRAND. date pour l’essentiel du XVIe s. fonctionne mal dans les pays qui ont un système dit démocratique. tout comme la droite se concentrent sur des questions de sociétés. l’U. Une autre violation évidente de la souveraineté des États passe par les interventions humanitaires. selon les pays.E. et si l’individu n’est pas essentiel. mais fonctionne malgré tout. lorsqu’ils transfèrent des compétences. que leur opinion n’a plus d’importance dans la réalité. où l’individu ne pèse rien . puisqu’il indique qu’il ne lui appartient pas de se prononcer. Le Gouvernement. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. et qu’il s’est construit sur la base de la souveraineté . sans qu’elle se reconstitue à un niveau européen. Comment gouverner un pays comme la Russie. La gauche. D’abord. L’État conservera ce point cardinal.E. C’est donc une provocation lorsque l’on affirme que l’Allemagne est fondée sur la démocratie et la France sur les droits fondamentaux. dans laquelle le DC est une science qui a pour objet l’étude de la C. INTRODUCTION GÉNÉRALE la suppression de certains droits fondamentaux et le juge ne s’y oppose pas. Par. Les conséquences dévastatrices du Printemps Arabe démontrent bien que la démocratie doit correspondre à l’histoire du pays dans lequel elle est instaurée. qui a parfois plus de poids que le pouvoir politique. de la même manière que l’ingérence américaine. il va falloir s’interroger sur la définition de la notion de C. la plupart lient l’idée de C. tant qu’il conservera la liberté de quitter l’Europe. et de la manière dont elle est appliquée. et la perte de la démocratie dénote un manque d’effectivité. Il existe une perte de vitesse de la démocratie. la souveraineté s’évapore. alors il n’est pas d’importance fondamentale des droits de l’homme. tels que les ONGs. A. Le vote extrémiste constitue ainsi une tentative désespérée de reprendre la main. Mais si ces États perdent partie de la substance de leur souveraineté. III. et le lien juridique principal de sa souveraineté. Un exemple pourrait être la Grèce. économique. qui n’a jamais connu de système démocratique. et les États souverains se vident de leur souveraineté. qui forme le lien traditionnel. Il s’agit. Cette remise en cause. par l’affirmation démagogique qu’ils vont être entendus.

le projet de Constitution européenne est ainsi rédigé sur le modèle d’un texte constitutionnel. puisqu’elles sont édictées selon une procédure fixée par la Constitution. Bien qu’elle ne soit pas un système fédéral. et qui renvoie à une définition à la fois formelle et matérielle. En revanche. matérielle . Cette définition normative est celle qui correspond à la pyramide de KELSEN. C’est le cas. du fait de caractéristiques qui leurs sont propres. sans l’État. BERTRAND. puisqu’il a une spécialité : la protection des libertés et droits fondamentaux. matérielle conditionne l’existence d’un État. M. est la définition normative de la C. et qu’elle n’en est pas une. doit ainsi être considérée comme une réaction à l’Ancien Régime. il est des éléments qui relèvent 7 Audrey Plez . La question qui va immédiatement se poser. . parce qu’on ne peut pas assimiler tout groupe soumis à des règles communes.. et une autre partie concernant les institutions. le problème se pose concernant l’U. elle emprunte certains éléments à celui-ci . forment la C. Il faut ainsi différencier un principe de généralité et un principe de spécialité . la C. est si l’État constitue la seule forme de communauté politique. Ainsi. et cette définition provient d’ARISTOTE. Si l’existence d’une C. la forme d’une Constitution. revêt la forme d’un texte écrit. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? En son deuxième aspect. les normes infra-constitutionnelles sont nécessairement inférieures . enfin. qui comporte des éléments constitutionnels. B. procède au sein de l’État. lui permet de fixer et conférer leur validité à d’autres normes. La troisième définition. * Si l’on prend la notion de C. mais non comme une exigence. de la France dans l’Ancien Régime. avec une partie concernant les droits de l’Union. La collectivité territoriale ainsi. formelle. Une communauté politique comporte un certain nombre d’individus regroupés sur un territoire et dotés d’un système de gouvernement. partagée entre la spécialité et la compétence générale. et des normes produites. INTRODUCTION GÉNÉRALE purement factuelle.. et le développement de ces communautés politiques n’est pas hiérarchisé. La formule de la Déclaration de 1789 qui pose implicitement l’exigence d’une C.E. Comment distinguer la communauté politique d’autres groupements ? On peut considérer qu’une association n’est pas une communauté politique . ainsi. En ce qui concerne le critère matériel de la Constitution. plus théorique. Dans cette définition traditionnelle de la C. De ce point de vue. formelle. et ainsi si ce groupement a. n’est pas nécessaire. La DDHC expose la manifestation écrite comme une condition à son effectivité. puisque c’est cette norme qui leur confère leur validité. elles ne sont libres qu’à la condition qu’elles soient conforme à la C.. formelle. le lien entre la C. la C. un lien tout à fait relatif. par exemple. liée à l’État.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le lien entre C. et qu’il a le monopole de l’édiction de règles générales et inconditionnelles. matérielle et formelle. l’organisation post-moderne des communautés politiques devient de plus en plus complexe. le fait qu’elle soit au sommet de la pyramide. ne tire ses compétences que de l’organisation étatique. et l’État. En son premier aspect. L’existence d’une C. en revanche. Les règles qui s’imposent au Gouvernement. notamment les droits fondamentaux. qui veut que la C. la deuxième raison. à une communauté politique. il est intéressant de s’interroger sur la C. n’est pas une communauté politique. ou condition à l’existence d’une C. écrite. est en effet. s’explique par le fait que l’État est considéré comme souverain. soit l’ensemble des normes qui fixent les conditions d’édictions des autres normes et leur profèrent leur validité. Le critère formel est le critère contemporain de la Constitution. Il existe une volonté de donner formellement à ces textes européens. Or on a longtemps considéré que l’État était la seule forme de communauté politique. vient du fait que les États soient dotés d’une C. le système du Conseil de l’Europe. et contrairement à ses prétentions. écrite. ou non vocation à résoudre l’ensemble des problèmes communs à cette communauté. dont le système théocratique tient de la C. elle est un pouvoir exercé. un État peut ne pas avoir de C. vient du fait que seuls les États peuvent être dotés d’une C. pour autant. tels que les lois de succession.

Lorsque le projet est élaboré. ni ne s’identifient. et puisqu’il y a des compétences qui sont abandonnées par les États et qui relèvent traditionnellement des institutions politiques. de créer un Etat. compare ce Traité à la C. Les compétences qui relèvent de la souveraineté peuvent être attribuées à d’autres entités -d’où sa limitation-. une question délicate à manier au niveau européen . ne peut être adoptée et modifiée qu’avec l’accord de l’E. des États. et cette valeur s’appuie sur une disposition constitutionnelle. de créer un État. qui est alors V. Giscard d’Estaing. et on distingue bien une hiérarchie dans l’ordre national.E. et puisqu’elle dispose d’un fort potentiel idéologique. de conférer leur validité à d’autres normes. puisque son titulaire doit pouvoir les récupérer. Dans chaque État. Il s’agit de la notion d’ordre juridique post-moderne -un terme à utiliser avec caution. et cette idée de souveraineté n’existe pas dans le cadre de l’U. elle pose pour autant le premier problème : Quel lien entre la souveraineté et l’État. la différencie fondamentalement de ce qu’est un État. et non pas européen.UU. puisque la CE ne confère pas leur validité à l’E. est ainsi la traduction d’un acte de souveraineté. des EE.. ce dernier étant un pouvoir initial . des normes édictées dans le cadre européen. Il est un ordre constitutionnel non étatique.E. bien qu’elle ne le soit pas sur le plan normatif du terme . Le droit européen. et la C. le président de la commission. qui ne se recoupent pas. son caractère normatif étant en général ce qui permet à la C. constitue une communauté politique . et la marque du voeux de créer une communauté politique se traduit par la reconnaissance de la citoyenneté européenne. cette dernière a eu pour objet. a pour effet d’introduire l’ordre juridique européen dans la C. M.DROIT CONSTITUTIONNEL. ni pour effet. et confère sa validité à l’ensemble du système normatif. mais elle est conceptuellement 8 Audrey Plez . La notion de souveraineté partagée souvent employée est une commodité de langage pour désigner une réalité.. et l’État. et dans l’ordre européen. deux caractéristiques de l’U. mais la possibilité d’une C. puis des dispositions relatives aux normes. : l’exposé de valeurs dans le Préambule et le Titre I. D’ailleurs. La C. et État. qui constitue l’ordre juridique moderne. En droit français. Le projet de C. et des dispositions relatives au pouvoir. ou prolonge l’ordre juridique étatique. en tant qu’ordre juridique non souverain. qui renvoie très largement à cette idée de communauté politique. l’État et la souveraineté sont-ils indépendants ? La souveraineté est historiquement un attribut de l’Etat . non pas à la Constitution. mais ne se partagent pas. une C.. celle-ci étant relativement factice. et qui ne dispense pas d’essayer d’analyser ses caractéristiques. Il supprime probablement l’aspect formel mais ne change pas l’aspect matériel .E. elle se limite mais ne se partage pas. Les auteurs de ce texte restent les États. s’est construite en évitant la question de la souveraineté.E. et les citoyens n’interviennent pas dans l’élaboration de la CE.E. La question de la souveraineté est. mais à la loi. formelle sans État. le droit européen a une valeur supérieure. même si celle-ci est imparfaite. ni pour objet. tout comme international. on procède ainsi à un référendum national. Au principe de souveraineté. alors que la CE n’a jamais eu.E. en effet. qui régit cet ordre juridique qu’est l’U. trouve le fondement de sa prévalence dans la C. puisqu’elle n’a aucune autonomie au dehors des citoyennetés nationales. sur le plan matériel. La formation du droit de l’Union se fait ainsi incontestablement sur le modèle formel et matériel d’une Constitution. Le deuxième critère consiste à déterminer si l’U. et il y a bien matériellement une Constitution européenne. dénote l’absence de lien formel entre C. et quel lien entre la CE et le principe de souveraineté ? Il existe un lien historique entre la C. Cependant. et pour effet. On reste cependant en droit de se demander quel est cet ordre juridique de l’U. Il y a donc une forte charge symbolique dans cette notion de citoyen. et non démocrate. l’U. INTRODUCTION GÉNÉRALE habituellement de la C. prises dans le contexte étatique. Pour autant. BERTRAND. La CE (Constitution Européenne) est ainsi indépendamment. La loi nationale ne trouve pas son fondement et sa légitimité dans l’ordre juridique européen sinon dans l’ordre juridique national .C’est un ordre juridique qui succède.

est lorsqu’une partie d’un État souverain revendique à son tour. M. ou formation. Il y a donc. La même analyse peut être faite au sujet du principe démocratique. se développer des ordres juridiques nouveaux. de la spécificité de l’U. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION.
 9 Audrey Plez . TITRE I. mais où les Etats se voient très largement privés de l’exercice des compétences qui relèvent habituellement de la souveraineté. est l’exemple le plus révélateur. càd une C. on leur demande de définir la position de l’État dans les négociations. Sur le plan juridique. Càd. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. La reconstitution du monde géopolitique se fait en rapport à des logiques qui ne sont plus celles de l’État . vers l’explosion de l’État. mais aussi par la décomposition des États. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. Il n’y a pas de fondement démocratique. ne sont pas les auteurs du texte fondamental. §2. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. mais pas européen. qui sont des ordres juridiques. Il s’agit donc d’un processus démocratique national. on vote pour les partis nationaux. sinon sur l’accord des États. §2. L’U. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. La notion de souveraineté est très attachée à la conception étatique française.E. qui n’est ni souverain. Même lorsque les peuples votent. en tant que signataire du Traité. puisqu’il n’y a pas de débat politique européen. ni démocratique . et n’est pas fondée sur une souveraineté interne qui vient du peuple. et il n’y a pas de lien direct. Ces formes modernes renvoient à l’idée d’une souveraineté qui appartient au peuple. d’un ordre juridique supra-étatique. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. L’ordre juridique européen doit être considéré comme un ordre juridique constitutionnel non souverain.E. soit en s’exprimant directement par la voie des référendums. il existe une désagrégation de l’État. qui peut se discuter. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL.. dont l’U. La démocratie est la détermination du titulaire de la souveraineté dans l’ordre juridique. il s’agit simplement d’une analyse juridique. on voit ainsi émerger. entre le vote aux élections européennes et le choix de la politique européenne. sur le modèle de la Russie par exemple. I. il n’y a pas de démocratie au niveau européen. L’Union n’a aucun fondement démocratique. dans le système européen. CHAPITRE I. SECTION 2.. que le fondement du pouvoir accordé à son titulaire. un pouvoir souverain. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. soit en élisant ses représentants. L’État va se créer avec l’idée de souveraineté. ce sont les peuples des États . On peut distinguer dans l’actualité un développement du communautarisme. BERTRAND.E. une logique impériale. L’identité nationale première tend incontestablement à s’affaiblir. INTRODUCTION GÉNÉRALE contradictoire : la réalité est celle d’États qui restent en principe souverains.E. qui l’exerce par des décisions majoritaires. et les citoyens dont il est question dans la CE. réside dans le peuple. mais pas la souveraineté elle-même. des éléments de fonctionnement démocratique. La démocratie signifie d’abord. §1. mais qui ne sont pas des ordres juridiques d’État. en ce qu’elle dépend des États. Dans tous les pays européens. à travers la constitution. en quelque sorte. et des ordres constitutionnels. pour autant. SECTION 1. que l’on peut appeler Traité ou CE. que l’on aspire à la souveraineté de communautés infra-étatiques. Là où le conflit devient ingérable. pas souveraine. II. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. soit en adoptant des règles fondamentales. mais ces aspects et sa légitimité sont choses distinctes. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. -et il n’y a là rien de polémique ou d’idéologique. A. par la CEDH. Il est un ordre juridique. § 1.DROIT CONSTITUTIONNEL.Par.. La souveraineté de l’État est ainsi mise en cause par l’U. et nécessairement. On voit. Les compétences de la souveraineté peuvent se partager. B. d’où qu’une infime minorité dans un État puisse empêcher de ratifier un texte à niveau européen . inexistante à l’époque féodale.

LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. 10 Audrey Plez . Après la 2de GM. n’est bordée que par la souveraineté des autres Etats. Le principe de souveraineté comporte ainsi deux significations. nous discuterons la place de l’État de droit matériel. dans ce même énoncé. le peuple. Le principe de souveraineté est donc placé d’emblée comme l’un des fondements de l’ordre juridique constitutionnel. et le premier. affaiblie en ce qui concerne la souveraineté interne par le poids de ce que nous appellerons la concurrence des droits fondamentaux. Chapitre 1. Le Préambule de la Constitution de 1958. Càd. Les droits constitutionnels et notamment les développements de la jurisprudence constitutionnelle et des révisions constitutionnelles. la C. TITRE I LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL CHAPITRE 1. §3. TITRE I. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. §1. forme de distinction horizontale des pouvoirs : la séparation entre le pouvoir constituant. BERTRAND. entre la souveraineté et les droits fondamentaux. l’autonomie de l’État national. dont la première est l’idée selon laquelle. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL III.DROIT CONSTITUTIONNEL. Durant la 2e GM. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. On peut distinguer la souveraineté interne de la souveraineté externe. Ici. Cette définition substantielle de l’État de droit. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. et au niveau externe. L’État légal revêt ainsi une conception formelle de l’État de droit ..-. le peuple est titulaire du pouvoir souverain au sein de l’État. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Ce principe de souveraineté interne. C’est le principe qui sera sous la IIIe République en France. M. et les pouvoirs constitués. dans le droit constitutionnel matériel. De ce point de vue. Il en résulte un système de complémentarité. d’abord sous un aspect essentiellement formel. SECTION 1. il y est dit que : «  Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789. dans une démocratie. Même l’existence d’un contrôle de constitutionnalité manifeste l’idée selon laquelle le législateur est soumis au respect de la C. va limiter la portée du principe démocratique. exprime très clairement la place du principe de souveraineté dans l’ordre constitutionnel. dans la seconde moitié XIXe que s’est développée cette nouvelle notion de droit. C’est en Allemagne. ces derniers étant ceux mis en place par la Constitution -Président. vont traduire un renforcement de l’ancrage du DC aux droits fondamentaux et un affaiblissement du lien entre le DC et la souveraineté. d’où l’insistance qui émergera pour un passage à un Etat de droit non plus formel. par la constitution d’organisations supra-nationales. de 1958 renforce incontestablement la place du peuple dans la C. ce qui est l’expression de la volonté souveraine du peuple. Cette souveraineté est aujourd’hui affaiblie dans ses deux acceptions. Préambule CF (Constitution Française). LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. le principe de soumission aux actes d’administration. confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 ». En effet. cf. les droits fondamentaux fixeront les buts de l’organisation de l’État. implique une première distinction du pouvoir. c’est la notion de droit matériel que nous verrons apparaître . mais matériel. cád que l’État de droit sera alors considéré comme celui où l’on va respecter un certain nombre de valeurs. etc. Parlement. La seconde signification du principe de souveraineté porte l’affirmation selon laquelle. les individus vont en effet s’apercevoir que l’État de droit formel ne protège réellement de rien. une norme n’est valide que parce qu’elle est conforme à la norme supérieure.

puisque son expression est concentrée dans l’acte constituant. Le fait précède la Constitution. sous l’exemple de la Révolution.DROIT CONSTITUTIONNEL. il y a identification entre l’État et la souveraineté . mais elle est d’une certaine manière altérée dans les États fédéraux . La souveraineté du peuple constituant. TITRE I. Chapitre 1. mais le problème se posera lorsque l’on estime que le pouvoir constituant n’est pas libre. le fondement du système constitutionnel en vertu duquel la C. et la construction d’entités comme le Conseil de l’Europe manifeste également ce phénomène de remise en cause du principe de souveraineté. dans un système démocratique. Ce pouvoir s’exprime par l’exercice du pouvoir constituant initial. Ainsi. EDH. qu’ont été écrites les valeurs à respecter. « La souveraineté est la forme qui donne de l’être à l’État. Historiquement. et l’affaiblissement de la souveraineté vont ensemble. par les limitations à la souveraineté des États qu’apporte la Cour Européenne des Droits de l’Homme -à continuation. La remise en cause de l’État pour autant. 11 Audrey Plez . et il n’est soumis qu’aux engagements qu’il a librement consentis .. On le voit. Bien sûr. à partir du moment où le pouvoir constituant lui-même est limité. parce qu’elles ont des droits en et pour elles-mêmes. l’État fédéral est le seul à exister sur la scène internationale. SECTION 2. par le pouvoir de révision constitutionnelle. La souveraineté de l’État se manifeste ainsi par le pouvoir de la collectivité de décider en dernier lieu et de manière autonome de son destin. elle est une transmutation du fait en droit. et celles relatives aux droits fondamentaux. en ce qu’il exprime la volonté du peuple qui s’est majoritairement prononcé. sinon aussi parce qu’il est conforme aux buts et principes évoqués dans la C. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL que le droit ne sera plus seulement légitime.entre les exigences relatives à la souveraineté. Un exemple est celui de la C. L’État et la souveraineté pris in concreto sont synonymes  ». qui choisit ses normes de référence et considère qu’il lui appartient d’adapter la CEDH à ce qu’elle considère être adapté à l’état de la société aujourd’hui. est ainsi concurrent du principe démocratique. C. ou juridiction supra-nationale. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. en d’autres termes. ce conflit entre souveraineté et droits fondamentaux. tous deux la même manifestation de la souveraineté. et de manière plus indirecte. dans un rapport indirect. est l’oeuvre du peuple souverain. cette dernière étant un élément concomitant à la constitution des États au XIXe s. le Traité est ainsi la transposition du contrat au niveau international. Par. Cette conception de la souveraineté est parfaitement adaptée à l’Etat unitaire. Cependant. C’est dans la C. et le seul à être sujet de droit international. il est évident que l’on entre en conflit avec le principe démocratique. est ce qui transforme le fait en droit . Mais l’on retrouve ici encore. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. Dans un État de droit matériel. L’État fonctionne dans ces relations avec les autres États selon le principe de la liberté contractuelle. M. il existe toujours un lien entre l’État de droit matériel et le principe démocratique. un rapport entre les droits nationaux et le droit international qui traduit une contradiction latente -ou potentielle. les citoyens d’un État puissent attaquer leur État par l’intermédiaire d’une institution. les minorités ont des droits. par le transfert de compétences -autrefois régaliennes. et qui va considérer valide l’union entre personnes d’un même sexe. dont elle traduit le pouvoir initial et inconditionnel. EDH. EDH-. Le pouvoir constituant et la souveraineté. il n’empêche que si l’on regarde la souveraineté externe de l’État. La souveraineté des États n’est plus considérée comme un principe qui s’impose. par exemple. L’État de droit matériel. dans les rapports entre le droit national et international . n’en reste pas moins sur le plan théorique. les minorités ont des droits parce que la majorité les leur reconnait. BERTRAND. lorsqu’elle s’est prononcée au respect du mariage. mais il résulte également du fait qu’avec une institution comme la C. §2. lorsque celui-ci restera illégal au sein de certains États. et la C. Cette remise en cause se fait à un autre niveau.

. Dans ce cas. En France. C’est le cas en France sous la IIIe République. et dans cette hypothèse. avec un nouveau projet de C.DROIT CONSTITUTIONNEL. souples.. A. que le peuple peut ensuite accepter ou refuser. Le second mode d’élaboration.. I. de cette nature. TITRE I. par le peuple. selon les formes et les procédures qu’elle présente. Cette procédure particulière peut tenir à plusieurs conditions : celle de majorité renforcée. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1.. lequel pourra être nouvellement soumis à l’acceptation du peuple. Le peuple est invité à élire une assemblée chargée de rédiger une C. * B. Dans ce cas. Ces dernières sont celles qui fixent de manière précise les conditions de leur révision . le pouvoir constituant dérivé est celui qui modifie une C. En GB.. 89 CF. de manière directe ou indirecte. qui s’exprime par la voix du suffrage universel directement ou indirectement. Lorsqu’il existe une C. BERTRAND. Par. en usant du référendum. càd.. Il existe plusieurs procédures. la révision étant ainsi visée à l’art. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. l’une y fait directement référence. de la loi ordinaire. §2. le peuple est exclut de cet établissement. il y a bien une séparation entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. 12 Audrey Plez . par voie de référendum. Les C. selon une procédure qu’il fixe lui même . et de ce point de vue. sont donc rigides quand elles ne peuvent être modifiées que selon des formes et procédures particulières différentes de celles des lois ordinaires. sinon qu’il se prononce par voix de référendum pour accepter ou rejeter le projet qui lui est proposé. la principale révision s’opèrera selon une autre procédure. à son peuple. pour réviser la C. sont des C. Le pouvoir constituant et la souveraineté. l’assemblée constituante prépare un projet de C. Le deuxième est un mode d’établissement démocratique. ne s’est jamais fait à travers le pouvoir constituant dérivé. et ce sont les gouvernants en place qui décident d’établir une nouvelle C. le changement de la C. une distinction plus intéressante est celle qui distingue entre le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé. et de la rédiger. le peuple n’intervient pas dans l’élaboration de la C. pour l’adoption de la C. Cependant. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Dans ce cas. À partir de là. Traditionnellement. souples et rigides. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. C’est par ce pouvoir constituant qu’il manifeste essentiellement sa souveraineté. il est possible de combiner ces deux mécanismes. et les procédures. il peut y avoir plusieurs interventions du peuple dans les mécanismes constituants : ce peut être l’acceptation de la C. consiste en l’élection d’une assemblée constituante. une nouvelle assemblée constituante peut être élue. Il existe tout d’abord un mode d’établissement autoritaire. qui peuvent être modifiées selon les formes. octroyée -soit donnée par le Roi. puisque le pouvoir constitué peut modifier la Constitution. La démocratie s’exprime par la manifestation de l’acceptation de la volonté des gouvernants par les gouvernés . matérielle mais non pas formelle. à partir du moment où la souveraineté appartient au peuple. En cas de refus. ou l’intervention d’une assemblée spéciale. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. elle est une C. il n’y a plus de distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué. qui prévoit cette possibilité. 11 CF. Cette utilisation sera l’objet de beaucoup de Chapitre 1. Enfin. celle de l’art. M. on distingue les C.Par. et il intervient ici par l’intermédiaire de ses représentants. Le pouvoir constituant initial est celui qui établit une C. C’est ce que l’on appelle une C. aussi bien qu’un recours direct au peuple souverain. Elle est ainsi une condition pour que soit assurée la supériorité juridique du texte constitutionnel sur la loi ordinaire. à l’inverse. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. Les C.

Ce même texte est alors soumis à l’approbation du peuple par voix de référendum. II. dite abrégée. pour des réformes plus techniques ou mineures. et doit venir du P. -Cette seule et unique fois fut en 2000. Le pouvoir constituant et la souveraineté. etc. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL controverses et de débat. il est soumis à un vote du Congrès -les deux chambres du Parlement réunies. -ainsi. une fois votée par l’Assemblée. mais elle doit être signée également par le 1er M. mais s’agissant d’une révision constitutionnelle.La première phase est identique à la procédure normale. ou très importantes. L’existence d’une deuxième procédure. Le projet est alors soumis aux discussions. qu’il peut être approuvé lors de la première phase. le peuple et le Parlement. La raison en est que l’on ne peut. vient du fait que le référendum soit une opération lourde et qui nécessite la participation de l’ensemble des citoyens. : la procédure dite abrégée et la procédure dite normale. . en quinquennat. au lieu de le soumettre au référendum. et celui de décision au P. cependant. on observe que dans les faits. (Président de la République) sur proposition du 1er M. M. comme ce fut le cas concernant la réforme du C. 13 Audrey Plez . avait ainsi été prévue au départ. C’est lui qui décide seul. Si cette procédure est considérée normale par le constituant en 1958. et en cas d’échec. Cependant. soit au Référendum. user de la seconde. simplement. du recours à la procédure abrégée. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. de R. Il est logique que la réforme de la loi constitutionnelle soit plus difficile à obtenir que la révision de la loi ordinaire. alors qu’à l’époque peu de gens savaient ce qu’il était. la décision de recourir à la révision de la Constitution doit ainsi être contre-signée. ce qui signifie. Celui-ci pourrait à la fois être à l’initiative de la révision et la voter sans consultation du peuple.. sans qu’il le soit lors du second vote. elle n’a été utilisée que de manière exceptionnelle. en outre. Pour la première. 89 CF prévoit deux modes de révision de la C. Les révisions constitutionnelles ont suivi une certaine tendance à se multiplier . Sénat et Parlement-.. (Premier Ministre) et aux membres du Parlement. de la R. l’initiative revient au gouvernement. l’initiative appartient au P. sinon que celle-ci provient du 1er M. L’intérêt ici est de distinguer le Parlement législateur. alors qu’on considère nécessaire la concurrence de deux pouvoirs. Constitutionnel. Une fois voté le projet. du Parlement constituant. on parle d’un projet et lorsqu’elle vient du Parlement. il devra alors être approuvé à 3/5e des voix . L’art. La procédure abrégée ne peut être utilisée que pour un projet de révision et non pour une proposition. le P.. ce désir de réviser constamment la Constitution est une particularité française. à l’Assemblée Nationale et au Sénat. de la R. par exemple. Il en est ainsi pour les lois ordinaires tout comme les lois constitutionnelles. Ici encore. le peuple et le 1er M. Lorsque l’initiative vient du Gouvernement. il peut décider de le soumettre soit au Congrès. soit de s’abstenir de faire l’un ou l’autre. de la R. de la R. Ces deux assemblées doivent approuver le texte en termes identiques et à la majorité des suffrages exprimés -soit une majorité simple. le pouvoir d’initiative revenant au 1er M. en vue de transformer le septennat du P. de la R. Chapitre 1. peut promulguer la loi constitutionnelle. Ce vocabulaire distingue ainsi l’initiative gouvernementale de l’initiative parlementaire. TITRE I. ne peut agir de sa propre initiative. Une question qui n’a été tranchée que par les faits est celle de savoir si. de la R. On note que le P. il est nécessaire que les deux interviennent. il doit obtenir pour cela l’accord du 1er M.DROIT CONSTITUTIONNEL. et le projet doit être voté à chaque assemblée en termes identiques. Cette procédure. de la R. La plupart des révisions cependant ont été adoptées par cette procédure dite abrégée qui ne fait pas intervenir le peuple. Si la réponse est positive. il ne peut utiliser une procédure. Pour être adopté.. BERTRAND. ou que l’on ne souhaite pas laisser le Parlement seul maître de la révision. de proposition. Le choix de la procédure est opéré par le P. Il peut y avoir en effet deux hypothèses qui rendent problématique l’utilisation du référendum : lorsque la révision concerne des mesures techniques -prévisions en cas de décès du P. Il n’est pas nécessaire qu’il annonce à l’avance le choix qu’il opérera parmi les deux procédures.

14 Audrey Plez . en ce qu’il cherche à définir ce qu’est la forme républicaine du gouvernement. et ainsi disposer d’un pouvoir initial et illimité. avec une exception. Ainsi. lorsque celui-ci est absent. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Il existe des limites à la révision constitutionnelle. ou alors. de manière paradoxale. aujourd’hui. placées hors du pouvoir constituant. en effet. etc.DROIT CONSTITUTIONNEL. qui confère les pleins pouvoirs au P. une seconde question se pose : celle de déterminer si toute la C. Enfin. Puisque celui-ci est souverain. il est logique qu’alors qu’il lui appartient de veiller sur les institutions. Si la réponse devait être oui. période durant laquelle ne peut être approuvée aucune révision. qui sont de deux ordres. ensuite. et s’il s’agit là d’un débat pour l’instant très théorique. ajoutée par le C. obtient les pleins pouvoirs et disparait ainsi temporairement la séparation des pouvoirs. L’interdiction de rétablir la monarchie ou l’empire. -ne revenant pas à la distinction entre le caractère républicain et la forme républicaine. de la R. cette forme renvoyant à des considérations matérielles et non plus formelles. pour autant.. et non pas parce qu’elle serait contraire à un principe . de la R. on doit considérer qu’il les aurait implicitement modifiées. La différence est. elle renverrait substantiellement à des principes républicains auxquels il est fait allusion dans la C. aux caractéristiques de celles-ci. Le P. Pour autant. une interprétation littérale. en toutes circonstances. Contrairement à tout autre organe. ou s’il s’agit du Parlement. laïque. il est supposé être souverain. 89 CF. Le pouvoir constituant et la souveraineté. puis par une seconde instaurer une Monarchie. et a considéré que le pouvoir souverain du peuple se serait ainsi épuisé lors de son élaboration. peut faire l’objet de révisions. Le C. pendant une période d’application de l’art. S’agissant du respect des règles de procédure. Il y a plusieurs manière en France de considérer cette question. Supposons que l’on souhaite instaurer à nouveau une Monarchie. Constitutionnel s’est déclaré incompétent pour observer le respect de ces éléments par le constituant. et telle que la République est décrite dans ses premiers articles : démocratique. La première. et dans ce cas. la solution pourrait un jour supposer d’importantes conséquences. qui ne peuvent être modifiées. en cas de crise grave. et qui échappent à la puissance du pouvoir souverain. M. cependant. ne pouvant faire l’objet d’aucune révision . S’agissant des interdictions matérielles. pour un problème de compétence. Une révision violant alors ces règles de procédures serait quasiment inexistante. cependant la seconde notion dispose d’une marge immense d’interprétation. si le P. il semble que la disposition ait un caractère probatoire. il suffirait pour cela de procéder à deux révisions successives. qui ne puissent être révisées. Il existe en effet un intérim par le P. Aucune révision constitutionnelle ne peut être engagée ou poursuivie dans certaines hypothèses : lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité du territoire. nous permet de savoir tout à fait de quoi il s’agit. il ne puisse les modifier en cette période. Constitutionnel dans sa Décision 93-312 DC : celle de réviser la C. est celui qui viole la disposition. La conception allemande admet l’existence de telles normes.. d’une grande importance. on parle également de principes suprêmes. cf. la loi ne lui serait contraire que dans la mesure où la procédure n’aurait pas été respectée. Les antérieures sont les limites circonstancielles. On se situe dans une logique où le juge a un pouvoir différent du politique. ce qui pose alors la question de normes qui seraient supérieures à la C. BERTRAND. TITRE I. 16 CF. de la R. art. de la R. on peut considérer que le respect de ces règles est une condition de validité de la révision constitutionnelle. par la volonté du Général de Gaulle qui souhaitait éviter que se reproduisent les évènements de 1940 . ou la référence à des principes substantiels-. se prêterait à la forme de la république. en ce qu’elle s’oppose à la monarchie par exemple . cependant. en la retirant. dont les conditions sont prévues par la C. En Italie. où s’il existe des règles d’importance supérieure dans la C. une disposition inscrite dans la C. ou si c’est le peuple qui viole les conditions de forme de la procédure. Réviser la forme de gouvernement Chapitre 1. la forme républicaine du gouvernement fait partie de ces domaines intouchables. il existe une interdiction. Ce qui veut dire qu’il faudrait d’abord modifier l’interdiction. alors cela signifierait que le pouvoir n’est plus tout-à-fait souverain. aucune décision ne peut être faite durant la vacance du P. du Sénat.

si l’on pouvait établir une hiérarchie à l’intérieur des normes constitutionnelles prévue par le constituant lui-même.. Cette disposition aura un impact important. 89 CF. ne se pose que lorsque le contrôle porterait sur des notions matérielles. qui entre dans le champs d’application de l’art. celui-ci est surtout justifié. ainsi que du juge -en Espagne. en effet. Constitutionnel en permettant une saisine par l’opposition politique. exige l’intervention du peuple pour les révisions les plus importantes. Le C. d’E. Ici l’issue est quelque peu différente. un autre projet est déposé par V. qui avait vocation à remplacer la DDHC de 1789. en effet. puisque les matières révisables par le peuple ou le Congrès ne sont pas distinguées-. lorsqu’il implique un choix pour les institutions. en revanche. À la suite d’un changement parlementaire. BERTRAND. Giscard d’Estaing. avec pour objet de modifier les dates d’ouverture des sessions parlementaires. Trois systèmes ou mécanismes obéissent ainsi chacun à une logique et ne renvoient pas du tout à la même conception : la compétence du peuple -en France-. que le Traité porte atteinte à des principes constitutionnels. 7 CF en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. et élargit le recours au référendum. d’une formule sans valeur juridique énoncée dans la DDHC de 1793. un projet est déposé par Mitterrand. et substantielles . en vertu de l’art. ⬊ En 1974. Dans un premier temps. nous verrons les révisions constitutionnelles. le C. 15 Audrey Plez . mais justifié.G. à la construction européenne. de l’art. 11 de la C. Il est ainsi quelque peu contradictoire qu’une telle révision se fasse Chapitre 1. celui-ci va rétrécir et ne concernera que la juridiction chargée de juger les Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature. de Gaulle. avec pour objet la modification de l’art..- La raison pour laquelle.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le problème est donc celui d’établir qui du juge ou du peuple a le dernier mot. en effet. la révision portait pourtant sur des questions qui auraient pu être légitimées par le référendum. Constitutionnel estime. en effet. une révision peut ne pas être conforme à la CF. ⬊ En 1992. et qui énonçait qu’une génération ne puisse assujettir à ses lois les générations futures. un projet est déposé par V. en France. la compétence du juge -en Allemagne-. TITRE I. Le C. qui prévoit la modification de 50 arts. qui ont abouti. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL supposerait ainsi une double procédure. en effet. qui a pour objet de modifier les dispositions de saisine du C. cád qu’elle établisse que dans telle matière. un projet est déposé par Chirac. et nécessitera de l’adaptation de celle-ci pour son adoption. est d’abord une raison juridique : celle selon laquelle le peuple est souverain. On pourrait très bien imaginer cependant. ⬊ En 1976. Sera ensuite enclenché un projet de grande envergure avec une modification d’ampleur. un projet est déposé par le G. et toute autre analyse remet en cause la notion de souveraineté du peuple. qu’il n’y a pas de dispositions constitutionnelles supérieures aux autres. inexistante. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. M. lorsque ne sont pas respectées les formes d’adoption de cette révision -puisqu’elle serait dans ce cas. puisqu’elle transfère le dernier mot au juge constitutionnel. cependant. avec pour objet d’adapter la C. que la C. Elle aura des conséquences relativement importantes sur le rapport entre le Parlement et le Gouvernement. Le pouvoir constituant et la souveraineté. 28 CF. Implicitement cela revenait à considérer que personne ne puisse empêcher une révision constitutionnelle . ⬊ En 1995. et dans ce cas le juge pourrait évaluer la conformité en terme de compétence de telles révisions. au référendum. Ce projet manifestement technique ne se prête pas. Constitutionnel ne contrôle pas les révisions constitutionnelles. -ce qui n’est pas le cas en France. et toute une série de révisions constitutionnelles auront ainsi pour objet d’adapter la C. seul le peuple puisse réviser la C. Elle provient aussi d’un débat très ancien. Constitutionnel aura exprimé. Ici. ou la compétence mixte du peuple. si le recours à la procédure qui implique le Congrès s’est fait de manière tout-à-fait régulière. ⬊ En 1963. cád par l’intermédiaire de 60 députés ou sénateurs. et non le Congrès. au Traité de Maastricht.- III. Le problème.

s’effectue une révision de la charte constitutionnelle du Gouvernement. et elle s’ordonne autour d’une réflexion sur les institutions de la Ve République.. un projet d’adaptation pour conformité est pris concernant le mandat d’arrêt européen. mais d’une incidence importante. ⬊ En 2005. a lieu. Ces révisions sont effectuées afin de faire sauter les verrous constitutionnels. ⬊ Une dernière révision à l’initiative de Chirac. enfin. Ce projet était proposé afin de permettre d’élargir la compétence des Assemblées Parlementaires en matière de questions européennes et pour une question de conformité au Traité d’Amsterdam également.. BERTRAND. TITRE I. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL sans recourir au processus qu’il modifie. Pour voter aux élections locales. ou prévoir d’habiliter toutes les normes européennes. mais non par le Sénat. le fait qu’ils approuvent. effectuée par le Comité Balladur : avec l’instauration de la QPC. de R.. Celui-ci est l’exemple même d’une révision faite en toute improvisation. Ici. En France. avec dispositions tout à fait disparates : certaines concernant le statut pénal P. et du régime des immunités parlementaires.C’est la première fois en France que l’on allait jusque devant le Congrès sans être certain du résultat. Lang a probablement fourni la voix qui a fait basculer la décision. ⬊ En 1998. c’est le référendum que l’on applique.DROIT CONSTITUTIONNEL. qui vise à modifier l’art. le 21 juillet 2008. une révision concerne les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle Calédonie. le budget de la S. l’issue était alors tout-à-fait incertaine. soc. visant à permettre la ratification du Traité concernant la Cour Pénale Internationale -et qui a trait aux immunités pénales du P. Cette dernière réforme sera votée à une voix du refus -soit des 3/5e exigés. un projet est déposé à nouveau. d’autres l’interdiction peine de mort. Constitutionnel. ⬊ En 2003. une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. et prévoit la compétence du Parlement pour voter des lois de financement de la Sécurité Sociale -à continuation S. la Constitution est révisée presque chaque fois que la signature d’un Traité européen l’exige. autour d’une réflexion sur un retour au septennat. ceux-ci se gardent de poser une question dont le non les fragiliserait. l’une portant notamment sur la révision du Conseil Supérieur de la Magistrature. Sans majorité des 3/5 au Congrès. J. 6 CF. ne répondant pas à la question qui leur est posée. Ce projet comprend également une modification des sessions du parlement. ⬊ En 1999. alors. Depuis 2008. Sarkozy et Hollande ne peuvent réviser la C.S’y ajoute une disposition qui établit que la loi peut favoriser l’accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux. soc. sinon qu’ils manifestent par le oui. un projet est encore déposé par ce dernier.. s’opère une révision à l’initiative de Sarkozy. ⬊ En 1996.. ⬊ En 2000. Cette disposition s’inscrit nettement comme la suite d’une la décision du C. puisqu’à cette époque. par cette voie. et un référendum d’initiative mixte. il fallait 10 ans de résidence en Nouvelle Calédonie. de la R. il lui était difficile de voter contre. qui modifie des dispositions relatives aux collectivités territoriales et pose le principe de la décentralisation. C’est la révision la plus importante en quantité. et quelques voix de l’opposition pour. ⬊ Enfin. et enfin. et que le Parlement jusque là n’y intervenait pas. la cristallisation du corps électoral de la Nouvelle Calédonie. Or. Toujours en 2003. Chapitre 1. puisque faisant partie du Comité.Il s’agit là d’une mesure apparemment technique. un projet est déposé nouvellement. Acquis avec quelques voix de la majorité contre. un projet est déposé. en effet. Le pouvoir constituant et la souveraineté. puisqu’elle concerne 1/3 de la CF. de la R. la création d’un défenseur des droits. et prise sans aucune réflexion sur ses potentielles conséquences. en prévoyant que le P. ou par le non. à priori que par voix de référendum. Le Président a également engagé une Commission. votée par l’Assemblée Nationale. La question est alors de déterminer si le pouvoir constituant doit intervenir chaque fois. les Français. ne soit élu que pour 5 ans . C’est finalement la première solution qui est retenue. M. c’est l’instauration du quinquennat. 16 Audrey Plez . ou désapprouvent le Président . il y a eu de nombreuses tentatives de révision de la C. était bien plus important que le budget de l’État.

et a été utilisé en 1962 pour opérer la réforme la plus importante de la Constitution. puisqu’il n’aurait pu obtenir un vote conforme à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Le G. ou du 1er M. l’art. Il est possible également de recourir à l’art. Le projet est repoussé. et en vertu de l’art. décision portant sur la validité du suffrage universel à l’élection présidentielle. la loi ne peut avoir qu’un effet faible . 89 une procédure et une seule pour sa révision ». Le pouvoir constituant et la souveraineté. En droit. Celui-ci concerne le référendum législatif. de la R. L’utilisation de l’art. au suffrage universel. 11. de R. le recours à l’art. En 1969. que les lois adoptées par le peuple français à la suite d’un référendum. 17 Audrey Plez . de R. Cette démarche a fait l’objet de nombreuses controverses juridiques et politiques. dans sa Décision 62-20 DC. Il résulte de l’équilibre des pouvoirs établis par la Constitution. constituent l’expression directe de la souveraineté nationale. de R. ce qui pourrait conduire dans une certaine mesure à une dévalorisation de celle-ci. cád les articles relatifs à l’élection du P. le G. C’est la raison pour laquelle la constitutionnalité d’une loi référendaire ne peut pas être contestée. il n’y a aucune raison également. de R. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL […] Le rythme des révisions s’est ainsi singulièrement accéléré. sur proposition du gouvernement. et dans sa Décision 92-313 DC portant sur le référendum législatif .DROIT CONSTITUTIONNEL. 11 CF afin de réviser la Constitution. En 1962. 11 s’est donc faite pour des raisons politiques évidentes. 11 CF a été jugé par la majorité des juristes comme contraire à la Constitution. Le raisonnement de ceux qui le soutiennent est de dire que celui-ci peut servir à des questions relatives à l’organisation des pouvoirs publics. associé à une certaine banalisation de la norme constitutionnelle dans laquelle on a introduit des dispositions d’importance variée en fonction de l’actualité . démissionne à la suite du refus comme il s’y était engagée au départ. de Gaulle peut être considérée comme inconstitutionnelle. de la R. à savoir l’élection du P. est celui qui établit que l’absence de constitutionnalité issue de l’usage de cette procédure par le P. de Gaulle. et le référendum est une procédure qui permet de faire adopter directement un texte par le peuple. TITRE I. de plus. manifeste une puissance souveraine.. et annule ainsi l’irrégularité de la manière dont il a été saisi. Il existe des compétences à deux clés et à clés uniques : avec ou sans accord du P. celui ci est l’interprète de la Constitution. En 1969. ou du Parlement. Dans la C. toujours selon cette procédure un projet de loi constitutionnelle ayant deux objets : la création de régions et une modification importante de la structure et du rôle du Sénat. que le Sénat accepte les conditions de sa disparition. « qui prévoit en son art. au suffrage universel direct. quelle que soit la procédure suivie pour l’interroger. lorsqu’il n’existe ni contrôle. Il en résulte que le peuple puisse ainsi violer la Constitution sans que cette violation puisse être sanctionnée. est purgée en cas de réponse positive par le peuple. le peuple a exprimé sa souveraineté et couvert les irrégularités éventuelles qui peuvent affecter la validité de la procédure. modifiant les arts. Ce sera d’ailleurs la position adoptée par le C. En 1962.. cependant il devrait alors concerner des questions hors du domaine constitutionnel. Le référendum permet l’adoption de ce texte par le peuple français. il se considèrera ainsi incompétent pour apprécier la constitutionnalité de lois adoptées par référendum. 8 CF. C’est l’idée selon laquelle le peuple. ou du Parlement. Par. BERTRAND. ceux-ci étant hostiles à l’élection du P. de Gaulle qui avait inscrit ce référendum dans une logique plébiscitaire. Constitutionnel. il fait acte de souveraineté Chapitre 1. Le recours au référendum législatif est possible dans un certain nombre de cas : son utilisation est à la discrétion du P. qu’il s’agisse d’une loi ordinaire ou constitutionnelle. à trente ans d’intervalle. de Gaulle décide de soumettre au peuple. On peut considérer alors que la décision de recourir directement au référendum est inconstitutionnelle. décide de soumettre directement au peuple un projet de loi constitutionnelle. 11 concerne le référendum. 11 CF pour réviser la C. de la R. à une majorité de 62% des suffrages exprimés. le G. M. Le raisonnement appliqué à l’usage de l’art. titulaire du pouvoir souverain. Lorsque celui-ci modifie la Constitution par la voie de l’art. il y a l’idée qu’en votant oui au référendum. Si la décision du G. d’un autre côté. la Constitution ne prévoit pas de contrôle sur le P.. mais sur proposition du 1er M. 6 et 7 CF. ni sanction.

de R. et à des principes ou valeurs . Il est prévu que le C. cependant. les droits fondamentaux occupent une place privilégiée. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL et de son pouvoir constituant . etc. position minoritaire dans la doctrine. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. CHAPITRE 2.Cela étant. contrôle la proposition qui résulte de cette initiative. lorsque s’est créé le référendum d’initiative partagée. 11 CF. par le peuple. SECTION 1. -ce qui s’oppose par exemple radicalement à la conception allemande qui place la C. puisqu’il Chapitre 1. Constitutionnel. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. cette place particulière des droits et libertés dans les systèmes constitutionnels. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES.. par la voie du référendum et il n’appartient pas au pouvoir constitué qu’est le C. en cours pour violation grave de la C. L’influence du DC dans toutes les branches du droit se fonde notamment sur la notion de droits fondamentaux . 11. on ne pourrait pas réviser la C. dans ce référendum. contient un certain nombre de règles relatives à l’organisation du pouvoir. Ceci cependant. où avant d’élaborer une véritable Constitution. il peut faire acte de législateur. SECTION 1. M. mais il s’agit là d’une démarche peu adaptée. avec la Magna Carta. lorsqu’il adopte une loi ordinaire. C’est une question qui. et dans la Révolution Française en 1789. bien que théorique. il n’y a pas de disposition supérieure à la loi . de censurer une éventuelle violation de la C.. et notamment de la C. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. comme c’est le cas pour la procédure établie en 2008. ou de constituant.- * §3. au dessus du peuple. il est communément admis qu’une C. LES DROITS FONDAMENTAUX.DROIT CONSTITUTIONNEL. Si l’on prend la situation en France qui prévaut pendant la IIIe République -1e période de stabilité constitutionnelle-. puisque substantiellement. puisque les droits fondamentaux sont de nature et de portée différente. peut conduire à affirmer que l’on peut réviser la C. a été très largement évacuée par la suite. Le pouvoir constituant et la souveraineté. LES DROITS FONDAMENTAUX. SECTION 2. par la voie de l’art. les premières règles qui pouvaient ressembler à des règles constitutionnelles étaient relatives à des droits fondamentaux -c’est le cas en GB. qui peut être organisé à l’initiative d’1/5e des membres du Parlement. Constitutionnel. est très importante. elle contient essentiellement des dispositions institutionnelles. la Constitution ne prévoit aucune disposition qui se rapproche de près ou de loin aux droits fondamentaux . Ceci conduit à ce que l’on appelait alors l’État légal : un État fondé essentiellement sur la loi. à partir du moment où le peuple est souverain. Constitutionnel exerce un contrôle sur le texte qui fera l’objet de ce référendum. Ainsi.. BERTRAND. puisque le C. parmi ces derniers. est rédigée la DDHC. 18 Audrey Plez . dans le raisonnement du C. D’une certaine manière. puisqu’elle place la souveraineté du peuple au dessus de tout. Aujourd’hui. Si l’on voulait empêcher ceci de se produire. […] CHAPITRE 2.. conformément au domaine de compétence et à la procédure de l’art. Constitutionnel. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. Le seul moyen que l’on aurait de résoudre ce problème serait alors de renvoyer le P. SECTION 3. ce qui veut dire que. cette notion de droit fondamental est assez imprécise. il fait oeuvre de législateur. TITRE I. on pourrait également établir un contrôle préalable de la constitutionnalité de la décision de procéder à une révision référendaire. soutenu par 1/10e des électeurs inscrits sur liste électorale.

si le juge ordinaire acceptait d’écarter l’application d’une loi contraire à la Constitution. relatif aux libertés et droits fondamentaux. que. Le pouvoir constituant et la souveraineté. par voie d’exception . se faisant à l’occasion d’un litige. puisqu’il n’y a rien dans la C. le juge est conduit à appliquer en cette matière. pour autant. un mouvement qui veut refondre l’État et la Constitution. pour y être soumis. dans un système démocratique par définition. et partir de l’idée qu’il n’y a pas de distinction entre les pouvoirs constituant et constitué... en ce qui concerne l’autre élément. mais il n’y a rien concernant les droits des citoyens. qui comprendrait. La mesure qui va faire l’analyse la plus approfondie. Cette situation va faire l’objet d’analyses. On assiste à un mécanisme de souveraineté parlementaire. DE MALBERG en tire la conclusion. qui tient au fait que le Parlement n’est pas soumis au respect de la C.. 1931. elle est oubliée jusqu’au débat qui resurgit dans les années 1930. Ce raisonnement n’a pas perdu sa force démonstrative aujourd’hui. contiennent des dispositions relatives aux pouvoirs exécutifs et législatif . et implicitement le constituant. sur toutes les matières que l’organe constituant entendrait se réserver à lui-même. ni de mécanisme de contrôle de constitutionnalité des lois. Ce contrôle de constitutionnalité devrait alors être effectué par le juge lui-même. Cependant. On part alors d’un système très contextuel.. en effet. il faudrait une révision constitutionnelle qui transforme la C. cád du Parlement. par la loi. Il y aurait alors une place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois. sous l’égide du Conseil d’État et selon les principes généraux du droit. le soin de déterminer librement l’étendue de ces droits et libertés . d’ailleurs. pour instaurer un contrôle du respect par le Parlement de la C. soit assuré par le juge. puis celle d’un mécanisme de contrôle. doit être assurée la garantie des droits . C. concernant ce second élément. doit d’abord observer la présence dans la C. par voie d’exception. peut difficilement exister dans un État où la loi est l’expression de la volonté générale . est celle de CARRÉ DE MALBERG. sinon des règles législatives. Chapitre 1. M. La mise en place de ce mécanisme ne saurait pallier à l’absence de leur mention. soit la C. sinon des dispositions relatives à l’organisation du pouvoir. un contrôle du juge par voie d’exception ne servirait à rien. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL n’y a pas dispositions matérielles. non pas des principes fixés par la C. va conduire à un basculement vers la protection des droits et libertés fondamentaux. l’on pourrait pallier facilement à cette absence. lequel. de 1875. Tout ceci. 19 Audrey Plez . cád. a ainsi laissé au législateur. et visent à s’appliquer au législateur. Toute une série de dispositions limitent le champs de la loi. Cependant. en un corps de règles statutaires. il observe que. puisque la DDHC de 1789 indiquait déjà que le but de la même D.. DE MALBERG observe que l’on peut facilement imaginer que le contrôle du respect de la C. lorsqu’elle serait contraire à la C. de plus. BERTRAND. qui va considérer les déséquilibres que l’on observe dans le fonctionnement des institutions de la IIIe République - marquée par l’instabilité et la souveraineté parlementaire-. ils seront ainsi comblés essentiellement par le juge administratif. ou contrôle de constitutionnalité de la loi. Pour qu’il y ait une véritable C. C. sous la IIIe République. mais qui n’est pas tout à fait nouvelle. des principes qui lieraient le législateur et borderaient ses compétences. Lorsqu’il y a des manques. de dispositions relatives aux droits et libertés. Cf. et destiné à imposer au législateur le respect de l’OJ (Ordre Juridique) supérieur établi par la C. Y seront étudiés les rapports entre les lois ordinaires et la Constitution. expression de la volonté générale. Il part de l’idée que la séparation du pouvoir constituant et législatif. La loi.DROIT CONSTITUTIONNEL. dans le cadre d’un mouvement. était de confronter la loi aux principes qu’elle édictait alors. l’idée selon laquelle il y a des principes supérieurs qui s’imposent au législateur se dégageait ainsi de la DDHC. si l’on peut très bien surmonter l’absence de mécanisme de contrôle de constitutionnalité. de la IIIe République. La C. Dans la C. puisqu’il n’y a pas de dispositions sur les droits fondamentaux. de remise en cause de la souveraineté parlementaire. Les lois constitutionnelles de 1875. TITRE I. avec les textes constitutionnels. que l’on puisse imaginer que le juge écarte la loi. que l’on appellera le mouvement révisionniste.

Constitutionnel lui-même va dire qu’il contrôle la loi par rapport aux dispositions du Préambule de 1789 et de 1946. En 1971. Constitutionnel. depuis 1974. En France. spécifiquement de la CEDH-. et dans les travaux préparatoires. les résolutions édictées par le Conseil de l’Europe.DROIT CONSTITUTIONNEL. la Convention Européenne des Droits de l’Homme -CEDH à l’avenir. Cependant. Constitutionnel. la constitutionnalité de la loi qui lui est appliquée. à peu de choses près. et qui sont d’ailleurs parfois susceptibles d’entrer en conflit avec des règles constitutionnelles. là encore. il est dit que le Préambule n’a pas de valeur juridique. l’affirmation des droits et libertés et leur contrôle. bien qu’il l’était déjà auparavant dans d’autres pays - notamment en Allemagne-. M. mais aucun lien n’est fait entre les deux. sinon des règles substantielles. où ceux-ci ne sont pas suffisamment protégés par le DC. il ne restait plus alors qu’à établir qui pouvait ainsi saisir le C. ou l’assurance de leur respect par le législateur . Sont ainsi enfin réunies. La phase suivante est initiée en 1974. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Tout ceci va aboutir à une évolution progressive. L’idée en fait. et cette même C. à l’occasion de la C. de 1958. DE MALBERG. et ce qui est intéressant est que ces normes non-juridiques Chapitre 1. ainsi. le C. deviennent un élément majeur du DC français. à ce que les droits fondamentaux. et sont les règles éditées par des OI qui ne sont pas dotées de valeur juridique obligatoire. alors que le Traité. l’attachement au droits et libertés inscrits dans la DDHC et affirmés dans le préambule de la C. le droit politique va émaner essentiellement d’ONGs. le droit européen a développé un certain nombre de règles qui ne sont pas des règles minimum communes. Il en est ainsi aussi de celles émanant des ONGs. le C. a pour objet de créer des exigences minimum communes de respect des droits et libertés dans un ensemble plus vaste et culturellement moins homogène. dans son Préambule est rappelée la DDHC. Constitutionnel. à valeur juridique. BERTRAND. et de l’autres des règles conventionnelles issues de Traité -et. -par ex. au moins aussi précises que les règles constitutionnelles. La mise en place de ce mécanisme sera l’une des raisons pour lesquelles les droits fondamentaux vont occuper une place particulière dans le DC.- Normalement la logique de cette interaction entre le DC et le droit européen. est que le DC a pour vocation de définir des valeurs communes à un groupe humain homogène. C’est. En 2008. avec une réforme constitutionnelle qui va permettre à 60 députés ou législateurs de saisir le C. de 1946. et l’on se trouve. Le pouvoir constituant et la souveraineté. On établit une déclaration des droits. en premier lieu. enfin. et c’est à partir de là que ce contrôle de constitutionnalité va réellement fonctionner. ou la Convention. est introduit et rappelé dans le Préambule de la C. un contrôle de constitutionnalité. c’est la saisine par l’opposition politique du C. vont se développer des normes qui ne sont pas juridiques mais qui vont cependant être dotées d’une certaine effectivité . À cette dualité des systèmes de protection des droits fondamentaux. Le justiciable va pouvoir soulever devant n’importe quel juge et par voie d’exception. nous passerons d’une saisine politique à une saisine individuelle par le justiciable . En 1958. et que ceci ne se fera que tardivement en France. À partir du moment. les droits et libertés fondamentaux sont inscrits pour l’essentiel dans des textes de valeur constitutionnelle. avec la QPC. Toutes ces phases vont conduire.Jusqu’à la fin des années 1990. ce qui va conduire à renforcer le poids de ces derniers. n’est pas établi le lien entre les deux.. 20 Audrey Plez . elles sont appelées « soft law ». et en plusieurs étapes. dans la réforme que préconisait C. mais il y a aussi un certain nombre de Traités qui ont pour objet la définition et la protections des droits et libertés fondamentaux. prévoit une certaine forme de contrôle constitutionnel. Cette interaction de deux systèmes juridiques repose sur le développement dans chacun des droits fondamentaux. Constitutionnel . TITRE I. est également créé l’organe chargé d’en assurer le respect. SECTION 2. est celle d’une sorte de principe de subsidiarité. Sur le plan national. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX.. elle est une protection qui s’ajoute à la protection constitutionnelle défaillante. avec d’un côté des règles constitutionnelles. De la même manière que le DC. de 1946 .

de 1958. il faut distinguer les droits subjectifs. ces dernières vont se juridiciser. Il y a des droits qui peuvent apporter des droits et des devoirs. Un droit subjectif. puisque les juges vont s’y référer. Une autre distinction entre subjectif et objectif est celle qui se fait entre les droits subjectifs et les objectifs constitutionnels. que les sources des droits fondamentaux sont extrêmement larges. Il y a des droits que l’on peut appeler consubstantiels mais qui sont des valeurs et des principes avant d’être des droits : la liberté. qui non seulement a un très large pouvoir d’interprétation de la Convention.. ils sont ceux qui fondent l’existence d’autres droits. à la lecture du Préambule de la C. à défaut de hiérarchie. La première distinction est celle qui se fait entre les droits et les devoirs. On voit bien que les droits ont toujours pour envers un devoir. et cet ensemble de droits fondamentaux recouvre des principes qui ont une portée différente. droit subjectif dont on est titulaire en tant qu’individu. C.DROIT CONSTITUTIONNEL. le droit des enfants à l’éducation se traduit ainsi par le devoir d’éduquer les enfants. au sens strict. La différence entre ces principes. laquelle va s’inspirer également de la jurisprudence constitutionnelle des États membres. Il y a aussi. on constate deux niveaux de droits. SECTION 3. C’est la raison pour laquelle on ne peut parler d’une hiérarchie entre les droits fondamentaux constitutionnels et européens . et pour autant. d’égalité et de liberté. Constitutionnel n’applique pas la CEDH. liés à son appartenance à l’humanité. de dignité. et d’autres droits -tel que le droit au travail. dans la liberté par exemple-. -devoir de protéger l’environnement. Ces droits de principes sont autre chose que des droits . de l’instrumentaliser. Dans la typologie tenant à l’utilisation des normes constitutionnelles. et dépassent le cadre constitutionnel et conventionnel . l’égalité et la dignité en font partie. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL vont cependant créer des effets juridiques. de l’environnement de 2004 . des droits objectifs. puisant dans des résolutions dépourvues de caractère juridique. Un exemple est celle de la liberté d’aller et de venir. est un droit dont l’individu est titulaire. la maîtrise des normes qu’il applique. même s’il y a. et d’autre part. On peut ainsi faire une typologie à l’infini. chaque liberté ou presque a pour contrepartie un devoir -devoir de ne pas nuire à autrui. des objectifs de valeur constitutionnelle. ainsi. L’affirmation que les hommes naissent libres et égaux en droit est un postulat. De ces trois principes. droit de travailler et devoir de travailler. Les droits et libertés fondamentaux ont tendance à être utilisés de manière idéologique. qui sont de deux natures : certains représentent des démembrements de l’intérêt général auquel ils se rattachent . Le problème est qu’en tant que juriste. BERTRAND. par l’utilisation qu’en fera la juge. de 1946-. même si le C.. Le principe de dignité relève de la même nature. il va s’inspirer de la jurisprudence de la C. et des droits particulièrement nécessaires à notre temps.est nette. regroupent des droits Chapitre 1. On en déduit. cf. d’un autre côté. des droits naturels et imprescriptibles. un système de régulation. et dont il peut faire valoir le respect devant un juge. On pose ainsi un postulat ontologique sur lequel va reposer le système des droits fondamentaux. d’abord de normes. Ch. M. cád l’interdiction de méconnaître l’humanité d’un être humain. mais à côté de ces devoirs explicités par la C. les droits et libertés fondamentaux sont des normes comme les autres. Les règles qui émergent sont ainsi non seulement conventionnelles et constitutionnelles mais aussi issues de tout un processus non-juridique . etc. L’interaction des deux systèmes se produit essentiellement par la circulation des jurisprudences. la deuxième catégorie des objectifs de valeur constitutionnelle. principes consubstantiels à l’homme . Européenne DH. en plus va élaborer son propre système de normes de références. mais qui. Le cas le plus caractéristique est celui de la Cour Européenne des DH. et la seconde est qu’il a d’une certaine manière. que le pouvoir normatif du juge est considérable pour deux raisons : la première est que le pouvoir d’interprétation du juge est très important. et d’interaction entre ceux-ci. qu’ils ont souvent celui-ci pour contrepartie. à la nature des droits et libertés. TITRE I. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. (Ajouter au programme). d’une part. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Ce sont des attributs de l’homme. 21 Audrey Plez . on va tirer un certain nombre de droits. dont on pourrait aisément assurer le contraire.

qui vise à garantir l’exercice des libertés ou droits substantiels . ce qui conditionne leur effectivité. On peut ainsi limiter la liberté individuelle pour préserver l’ordre public. Ces droits-garanties doivent être considérés comme des droits subjectifs. on retrouve ces deux types de droits : les droits subjectifs - droit de grève et liberté syndicale-. des droits. cád dans un contentieux de la norme.DROIT CONSTITUTIONNEL. Il y a des droits. Quelle en est alors l’utilité ? Sont-ils dépourvus de toute portée juridique ? Ils peuvent être invoqués dans un contentieux. et le droit à la présomption d’innocence. Il est possible de contester la constitutionnalité d’une loi qui ne prendrait pas en compte l’objectif de l’accès à l’emploi. constituée de démembrements de l’intérêt générale compte la préservation de l’ordre public (Décision 80-127 DC). sinon subjectif. Ces derniers ne peuvent être invoqués devant le juge. et non dans un contentieux subjectif. Les droits substantiels visent à reconnaitre à l’individu. tel le droit à la sécurité juridique. il a pour contrepartie le devoir de travail. ce sont des droits substantiels. Dans la première. et le droit à la prévisibilité du droit. Les libertés ont donc pour contrepartie. ainsi. dont on peut faire valoir le respect devant le juge. Un exemple pourrait être la loi sur le licenciement où deux théories. En revanche le droit objectif au travail est différent de la liberté de travail . BERTRAND. lorsqu’est contestée une norme juridique. et il ne s’agit pas ici de droits subjectifs. D’autres droits sont des droits qui sont. soit un statut en tant que membre du corps social - principes de dignité et d’égalité-. Un exemple est le droit au recours. et ces droits garanties n’ont d’intérêt que la protection d’autres droits sans qu’ils ne couvrent d’intérêts substantiels. et les objectifs de valeur constitutionnelle -par ex. n’est pas un droit subjectif. Constitutionnel rattache l’ensemble de ces droits-garanties à l’art. doit être limitée la possibilité pour l’employeur de licencier. Le pouvoir constituant et la souveraineté. ne prendra pas partie dans l’une ou l’autre. ils n’offrent à l’individu aucun champs nouveau ou spécifique de liberté. à la santé. Presque toutes les libertés se traduisent en droits. l’objectif de continuité des services publics (Décision 79-105 DC). mais visent à donner à l’individu des instruments qui lui permettent d’assurer la protection effective de ces droits substantiels.- Chapitre 1. Il s’agit là d’une distinction fondamentale. Il y a des différences entre les droits qui visent à définir un espace substantiel de liberté et les droits qui visent la protection de libertés substantiels. le droit au travail. Le C. à l’opposé qui sont aussi des libertés . de manière générale. ainsi le droit syndical qui suppose la liberté de se syndiquer. ou à un logement décent-. son but étant la protection d’un droit substantiel. la poursuite des auteurs d’infraction (Décision 99-80 DC) . Ces droits existent de manière générale.. puisque leur subjectivité est condition de leur effectivité. M. et préservé par le législateur. aux loisirs. 22 Audrey Plez . sinon de la prise en compte d’objectifs d’intérêt général. comprenant en lui-même deux éléments différent : le droit à la qualité du droit. la liberté d’aller et venir. qui constituent des impératifs constitutionnels objectifs et justifient la limitation des droits subjectifs. si dans un contentieux de la norme. aucun droit ou prestation. TITRE I. en réalité. Dans les droits économiques et sociaux. Entrent dans cette catégorie le principe de l’interdiction de rétroactivité du droit pénal et le principe de légalité des délits et des peines. des garanties . le droit de s’exprimer. soit un espace de liberté. celle d’expression. puisqu’ils sont des instruments juridiques d’une nature tout à fait différente. mais se bornera à vérifier que l’objectif constitutionnel ait été pris en compte objectivement. Ils peuvent ainsi être invoqués dans une QPC. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL économiques et sociaux. socialiste et libérale s’affrontent. il n’a pas d’intérêt par lui- même. soit des droits en matière économique et sociale . est ainsi le droit d’aller et venir . La première catégorie. Le juge constitutionnel. 16 de la DDHC. en ce qu’elle pose l’impératif de garantie des droits. qui n’ont d’existence qu’en tant qu’ils garantissent d’autres droits -ces droits sont nécessairement subjectif. le droit au travail. dans la seconde il faut lui laisser une certaine liberté de licencier pour qu’il puisse employer. pour autant. Une dernière typologie distingue les droits substantiels et les droits-garanties. La sécurité juridique est la fiabilité de l’environnement juridique. Une autre typologie distingue les droits des libertés.

LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. «  On peut porter atteinte à la liberté contractuelle si le législateur poursuit un intérêt général  ». et dans la plupart des cas. on immobiliserait ces même principes . cf. et le rôle du juge est de veiller à ce que la conciliation opérée entre des droits fondamentaux contradictoires ne soit pas naturellement déséquilibrée. Constitutionnel.DROIT CONSTITUTIONNEL. et qu’il est nécessaire de savoir manier. Constitutionnel en 1990. §2. Il n’est pas clairement posé de hiérarchie des droits et libertés fondamentales par le C. Le pouvoir constituant et la souveraineté. Ils sont un outil juridique comme les autres. Ce problème a été posé clairement au C. peu important quel soit le texte retenu. le C. TITRE I. Les droits et libertés fondamentaux sont donc ainsi dérogeables par nature. ce dernier n’applique pas cette distinction. Il n’y a de droit. BERTRAND. SECTION 1. mais il y a dans le contrôle concret opéré par le C. Constitutionnel. puisqu’elle structure un système de valeurs. SECTION 2. LE SUFFRAGE. ou s’il n’y a pas . et la limitation au nom de l’intérêt général. Les droits et libertés fondamentaux ne sont pas un système hors du droit.
 Chapitre 1. l’anglo-saxon est plutôt fondé sur le principe cardinal de liberté. Si l’on considérait que l’ensemble des principes étaient indérogeables. en vérifiant si l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles contradictoires n’est pas manifestement déséquilibrée. Même si le juge. LE DROIT DE VOTE. Tandis que le système des droits fondamentaux allemand est fondé sur le principe cardinal de dignité. n’établit pas elle-même de hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. pour tous les juges utilisant des droits et libertés fondamentaux. puisque la C. chaque fois qu’est introduit un nouveau droit fondamental. mis à part le principe de dignité -considéré comme absolu-. Constitutionnel une sorte de hiérarchisation implicite qui tient simplement au fait que le juge annulerait plus facilement tel ou tel principe plutôt qu’un autre. en d’manifestement déséquilibre manifeste dans la conciliation entre deux exigences constitutionnelles. aux principes du Préambule de la C. est que. ils entrent en conflit les uns avec les autres. Par. rendant cette question difficile . C. ils ont une valeur et une portée. ne se substitue pas au législateur. cf. Constitutionnel est celle qui affirme qu’il appartient de concilier les principes constitutionnels. Constitutionnel en d’autres mots. à l’occasion des lois de nationalisation : se confrontant le droit de propriété de la DDHC. Débat sur la liberté et la dignité. de 1946. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL La dernière distinction est la typologie tenant à la valeur des droits et libertés fondamentales. Quel que soit le domaine dans lequel nous exercerons juridiquement. 23 Audrey Plez . Il n’y a donc pas de hiérarchie postulée à l’avance. Il y a deux mécanismes de limitation des droits fondamentaux : la conciliation entre plusieurs droits fondamentaux. est limité un autre. les principes constitutionnels doivent être conciliés les uns avec les autres . * CHAPITRE 3. Il s’agit chaque fois d’un contrôle de proportionnalité. est une question des plus importantes. avec ses technicités. Le juge utilise un outil qui est l’outil essentiel du juge constitutionnel : le principe de proportionnalité . mais il existe de fait une certaine forme de hiérarchie dans le contrôle concret de la conciliation entre les droits et libertés. dans ce contrôle. il faudra nécessairement être conscients de ces typologies. ce qui implique nécessairement de les limiter . §1. La question de l’existence d’une hiérarchie entre les droits et libertés fondamentaux. Elle conduit nécessairement à s’interroger sur l’étendue du contrôle du juge. Ce qui est vrai. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. lequel n’entraine pas nécessairement que celui-ci se substitue au législateur. et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les principes constitutionnels posés. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. La solution retenue par le C. M. on s’aperçoit que le juge opère nécessairement une pondération différente entre les principes. aucune hiérarchie. et il s’agit là d’une hiérarchisation d’espèce et non de norme. Ils sont un outil juridique essentiel qui occupe une place importante. il va exercer un contrôle de proportionnalité.

soit de désigner les titulaires. du 3 juin 1958. pour se faire réélire. SECTION 3. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. A. Ils ne sont ni des élus des circonscriptions. De Gaulle pour réviser la C. ce qui n’a pas donné de suites. cád que l’élu conserve sa liberté de vote et que son mandat est irrévocable. ou le titulaire. il s’exprime aussi par d’autres voies et ce principe a été rappelé par la L. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. Cette loi est un texte qui encadrait les pouvoirs qui avaient été confiés au G. Dans une démocratie. afin que la légitimité démocratique soit renforcée par l’intermédiaire d’une élection au suffrage universel. le principe démocratique . en toute liberté. TITRE I. un certain nombre de principes étaient posés. En 1958. LE DROIT DE VOTE. La volonté du peuple s’exprime par le vote. Dans le système représentatif. « Les promesses électorales ainsi.et la question du référendum. §2. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. Une fois élu. Si l’élection première et souveraine se trouve dans le principe démocratique. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. ce qui ne fait pas de lui le représentant de sa circonscription . le mandat électif présente un certain nombre de caractères . et parmi eux notamment. C’est donc un mécanisme de démocratie direct. » Par.. §1. l’élu ne représente pas une circonscription -subdivision du territoire dans lequel il est élu-. Dans l’art. 4 CF précise que les partis concourent à l’élection du suffrage. ou ne fait pas de propositions. Un électeur avait poursuivi un candidat pour non-respect de ses engagements électoraux. précisant que la souveraineté nationale appartient au peuple. Ce principe conduit à considérer qu’un député est élu dans une circonscription. BERTRAND. de deux manières : l’art. et un mécanisme plus classique de démocratie représentée. Ce principe démocratique se traduit par le droit au suffrage. Nous verrons dans ce chapitre ce qu’est le suffrage -moyen par lequel le peuple exprime sa volonté. en ce qui concerne le Parlement. Il s’exprime dans la C. Cependant. La deuxième caractéristique est que le mandat n’est pas impératif. Ils sont ainsi élus dans un cadre territorial afin qu’ils participent dans le cadre de la nation. il va séduire les électeurs de sa circonscription. SECTION 1. 24 Audrey Plez . LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. §3. Le principe démocratique et les élections. De Gaulle s’est servi du suffrage universel pour rééquilibrer les pouvoirs en faveur du P. B. mais il participe à la représentation de l’ensemble de la nation. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. CHAPITRE 3. ce qui explique que cette analyse soit tout-à-fait théorique : un Parlementaire a plus de chances de se faire réélire en assistant à des évènements publics dans sa circonscription plutôt qu’en prenant des initiatives législatives. il est évident que dans un système majoritaire. §2. et ce vote permet soit d’approuver ou de désapprouver un texte. n’engagent que ceux qui les écoutent. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR.. de la République . L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. §1. 1 CF. cád. qui sera celle de 1962. la circonscription électorale est simplement le cadre dans lequel il est élu. à l’occasion de la révision de la C. de la fonction gouvernementale et les membres du Parlement. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL §1. LE SUFFRAGE. ni ne disposent d’un mandat impératif que les électeurs pourraient révoquer. le G. notamment. Chapitre 3. M. qu’il exerce par ses représentants et par la voie du référendum. le corps électoral est à la base du régime politique et c’est sur ce corps électoral que repose la légitimité des gouvernants. le Parlementaire fait. il était dit que seul le suffrage universel est la source du pouvoir. L’art. et pour cette révision. mais de manière plus générale il s’agit du droit de vote.DROIT CONSTITUTIONNEL. 3 CF. se trouve le principe selon lequel la France est une République démocratique. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE.

TITRE I. le passage dans les eaux noires -cabine de vote. lorsque les femmes n’avaient pas le droit de vote.  » Le droit de vote était universel. etc. l’idée de la capacité est celle que l’on puisse être électeur lorsqu’on dispose du droit de participer à la vie civile. du Tribunal de Grande Instance. le but étant simplement de vérifier l’existence d’un lien entre la commune d’inscription de l’électeur et ce dernier. Le principe démocratique et les élections. ou une commune dans laquelle il est inscrit au rôle des contributions directes depuis au moins 5 ans . Il s’agit d’une liste permanente révisée chaque année par une Commission qui comprend le Maire.E. des personnes ont manifesté explicitement à quelle personne ils allaient diriger leur vote -par le port de gants. pour y être inscrit il faut bien évidemment jouir de ses droits électoraux.est obligatoire . la première tenant à l’âge . cád que le caractère secret du vote n’est pas seulement un droit de l’électeur.M. puisqu’elles étaient alors considérées sans capacité civile. puisque c’est la qualité de citoyen européen qui implique la participation à ces élections. la C. Européenne des DH considérant que celui-ci fait néanmoins partie des droits fondamentaux. Le troisième type d’incapacité relève de la censure.. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL Le droit de vote. sur la fonction liée essentiellement au lien qui existe entre la qualité de citoyen et le vote pour des organes qui participent à l’exercice de la souveraineté. précise que le vote est universel. B. etc. Par. c’est là d’ailleurs. cette dernière considérant que la condition de prisonnier conduit nécessairement à la perte de son droit au suffrage. une commune dans laquelle il paie des impôts locaux. ce qui a souvent donné lieu à une sanction annulant le suffrage des personnes ayant manifesté une préférence en faveur du candidat dans le bureau de vote. condition à l’exercice du droit de vote. Le contentieux de l’inscription sur les listes électorales appartient aux juridictions judiciaires . Le non-respect Chapitre 3. sinon dans la capacité civile.DROIT CONSTITUTIONNEL. La raison pour laquelle on a autorisé ce droit de vote est fondée d’abord sur une spécificité : la citoyenneté européenne . Il existe un bras de fer entre la C. ce qui est tout-à-fait critiquable. puisque l’on considère que si ces majeurs ne sont pas en état d’assurer ces fonctions de la vie civile. cád le droit de travailler. et d’autre part pour les élections locales. Européenne DH et la GB sur la question du droit de vote des prisonniers. « C’est une erreur de parler de suffrage masculin. BERTRAND. ou municipales. résidant en France.. La seconde condition tient à la capacité et est appréciée sous plusieurs aspects. 25 Audrey Plez . cád accordé à l’ensemble des personnes considérées comme capables. mais qu’il ait celle d’être électeur. Le suffrage est égal. Le vote est secret. et enfin. Concernant le caractère du suffrage. et ensuite.Par.. L’électeur a le choix entre la commune de son domicile réel. la première condition étant celle de la nationalité. lorsqu’est prononcée à l’issue d’une décision pénale une déchéance du droit de vote qui peut-être temporaire ou définitive . un individu ne peut plus participer au choix de ses représentants de par la faute qu’il a commise. condition qui ne s’applique pas aux élections du Parlement Européen. Les premières permettent à un individu d’être électeur. un délégué du Préfet. égal et secret. sinon aussi un devoir de l’électeur -celui-ci ne pouvant chercher à influencer les autres électeurs. en ce qu’un électeur équivaut à une voix. L’incohérence n’est pas dans le droit de vote. Aux élections présidentielles de 2002. mais qui relève du contentieux du juge judiciaire puisqu’il concerne une liberté fondamentale. de passer un contrat. et un délégué du P. signifie que chaque citoyen remplissant les conditions de jouissance et d’exercice peut participer aux consultations électorales. Le caractère universel. ils ne sont pas en état de choisir des représentants. Par. Est-il ainsi un droit accordé par l’État ou intrinsèque à la condition de citoyen ? Il est nécessaire d’être inscrit sur liste électorale. et la père de famille aurait voté en fonction de l’importance de sa famille. Il fut une période où le vote était familial. Cette idée est liée à celle du discernement et de l’indépendance et c’est pourquoi sont exclus les majeurs sous tutelle. la C. L’inscription est un acte de nature administrative. que l’on inscrit le droit de vote dans le cadre des libertés dont l’autorité judiciaire est le gardien. Il y a donc un lien évident entre la capacité civile et électorale. et des conditions d’exercice. le droit de vote pouvant être accordé aux citoyens de l’U. Il serait difficile de considérer que quelqu’un n’ait pas la capacité civile. cád. M. laquelle est établie dans chaque commune . ou de suffrage est un droit pour lequel il faut distinguer des conditions de jouissance.

Il perdure une règle théorique d’interdiction de sondages la veille de l’élection . et enfin. ont rendu complètement aléatoires certaines de ces règles. dont l’annulation du suffrage exprimé. Le principe démocratique et les élections. les organes nationaux ne pouvant procéder directement à la publication du sondage. Récemment s’est ajoutée. en effet. ainsi. cette sélection étant organisée par le parti et rassemblant les électeurs de ce parti. Elles sont aujourd’hui confrontées à des évolutions auxquelles elles peuvent difficilement résister. Il s’agit cependant d’une disposition extrêmement vague. leur reconnaît plusieurs rôles. Ils sont là. Le secret ne s’applique qu’au moment du vote. ce qui implique. Parlementaire. tel que le temps d’audience à la télévision ou sur les radios. lesquels doivent désormais publier leurs comptes. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL du secret peut donc entrainer des sanctions. sous l’égide d’une Haute Autorité des Primaires. puisqu’ils exercent librement. que les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Le cursus d’un certain nombre d’hommes politiques constitue le même parcours : Sciences-Po. un parti politique a aussi pour objet la conquête de l’exercice politique du pouvoir et la formation du personnel politique. Depuis les dernières élections présidentielles. Attaché Parlementaire.DROIT CONSTITUTIONNEL. Par. La vie politique a été sous la IIIe République. le principal étant de concourir à l’élection au suffrage. Un parti qui défendrait une République Fédérale serait ainsi un parti contre la souveraineté. M. et qui risquait également de confondre dans l’opinion publique les Parlementaires riches avec les Parlementaires corrompus. ce qui a cependant posé le problème du conflit entre vie privée et transparence. pour financements indirects. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. mais la liste de ces rôles ne doit pas être considérée comme limitative. il est protégé . de manière occulte et irrégulière. certaines personnes n’ayant donc jamais évolué dans un domaine autre que la représentation politique. les lois vont. Au-delà de cette reconnaissance de l’expression du suffrage. Elle précise ainsi. en assurant la transparence du financement des partis politiques. §2. et une série d’affaires ont empoisonné la vie politique aussi bien à droite qu’à gauche récemment. Ministres . sont envisagées des primaires. la suggestion de publication des patrimoines des élus . l’objet d’un nombre de scandales considérable. pour orienter les suffrages. ou formation de l’opinion. L’autre problème a longtemps été le financement des partis politiques . les dons des personnes morales sont interdits. Il y a également une règlementation des sondages électoraux. et à droite et au centre. par une loi de 2014. une série de lois ont décidé de mettre de l’ordre dans ces affaires. que certaines dispositions soient prises pour assurer l’égalité entre les candidats avec des règles non-strictes d’égalité. La C. et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Le candidat socialiste a été sélectionné à la suite de primaires. laquelle entrerait incontestablement en conflit avec le principe selon lequel les partis se forment et exercent librement leurs activités. De 1988 à 2008. l’encaissement des fonds doit se réaliser par l’intermédiaire d’un expert financier. Cette règle cependant ne s’exerce qu’au moment du vote. Elle traduit l’idée d’interdire un parti qui veuille détruire les institutions. de 1958 fait référence aux partis politiques. BERTRAND. Ils se forment et exercent leurs activités librement. Le vote n’est pas obligatoire. en tant que maire de Paris. etc. puisqu’ils pouvaient alors être publiés depuis l’étranger. qu’ils soient traditionnels. Après un certain nombre de scandales. il a toujours été fait. 26 Audrey Plez . s’est posée la question des primaires. J. réguler le financement des partis politiques . Chirac a été condamné notamment. par exemple. les techniques de communication contemporaines cependant. on peut ainsi manifester ses intentions avec antériorité. Le problème s’est Chapitre 3. Certains se sont interrogés sur le problème de savoir s’il fallait procéder à une loi sur les primaires. Mais un intérêt beaucoup plus grand de la justice s’est manifesté à notre époque. ou nouveaux. la C. ce qui a perdu son sens avec l’émergence d’internet. par accumulation de dispositions. interdits une semaine avant l’élection. Pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle française. considérées comme un moyen pour les partis politiques de sélectionner leurs candidats. TITRE I. mais des règles d’équilibre. d’autant plus lorsque ceux-ci constituent une majorité. et le jeu du débat politique passe nécessairement par les partis politiques. jusque dans les années 1990. et relativement inopérante. Par. ce qui pose un réel problème de représentation politique.

une très large majorité. celle d’un Collège électoral qui englobe le Parlement et qui soit même plus large. il considérait qu’il disposait d’une légitimité historique. et la véritable rupture aura finalement lieu en 1962. » Elle voulait instaurer ainsi d’une part. 27 Audrey Plez . et l’Algérie en tant que département français . au suffrage universel direct se rattachait au régime présidentiel et que le régime de la Ve République était un régime parlementaire. le G. il va d’ailleurs obtenir un résultat tout-à-fait positif. sera élu au suffrage universel direct. BERTRAND. officiel et officieux. départementales et régionales. Deux éléments vont accélérer sa mise en oeuvre. et du fait de la démographie.-. ainsi qu’elle vise le long terme . §1. auxquels s’ajoutent les votes blancs et l’abstention. de R. Concernant les élections locales. soit municipales. TITRE I. d’É. Ch. qui font disparaitre le risque donnant un caractère minoritaire au vote républicain . que doit procéder le pouvoir exécutif. Une caractéristique importante du rejet de la vie politique. L’argument officiel est celui que les rédacteurs de la C. est que le P. Chapitre 3. C’est une formule qui vise à concilier à la fois la libre administration des collectivités territoriales et le principe de souveraineté de l’État. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation. n’avaient pas retenu l’idée d’une élection au suffrage universel direct. L’idée du G. en 1946. mais on la retrouvera dans la constitution des institutions de la Ve République. On traitera donc de l’élection du P. une certaine équité. Il en profitera très rapidement. mais beaucoup plus large. l'apparition de l’OS (Organisation Secrète pour l’Indépendance de l’Algérie) visant le G.La seconde raison. est le vote pour un parti considéré extrémiste. Cette présentation n’aura aucun effet immédiat. où le Ch. d’É. dans un aspect conjoncturel : d’abord les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie. ils risquaient d’être en position de faiblesse par rapport au Parlement.. ensemble. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. 72 CF prévoit que ces collectivités s’administrent librement par des Conseils élus dans les conditions prévues par la loi. la population non métropolitaine aurait joué un rôle conséquent dans l’élection. car l’élection du P. La réforme constitutionnelle de 2008 a ajouté à l’art. plus forte. l’art. 11 Cf afin de proposer l’élection du P. celui-ci lui échappant de justesse. de l’autorité du Parlement afin qu’il ait une autorité propre. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL posé dans certains cas. de R. Par. au suffrage universel direct . il existe une différence entre l’enrichissement du parti et l’enrichissement personnel. Cependant. la communauté Franco-Malgache-. En 1962. d’É. il affirme que c’est du Chef de l’État -à continuation. Cette formule veut marquer la rupture avec la IIIe République. qui traduit une position de rejet de la vie politique. de Gaulle est à la fois conjoncturelle. expliquent l’attente de 1962. lorsqu’à la suite d’une révision constitutionnelle. de Gaulle.  Ainsi. de Gaulle par un attentat. et des membres du Parlement indépendamment de cette question. puisque c’est le laboratoire où vont se jouer tous les mécanismes de la révision de 1975. et ses successeurs n’ayant pas la même légitimité. ce qui a été un réel problème. placé au dessus des partis. M. que pour le corps parlementaire. La logique des institutions est présentée par le G. lequel va exposer l’idée qu’il se fait des institutions.DROIT CONSTITUTIONNEL. et qui constituent ainsi. SECTION 2. 4 CF. lorsqu’un certain nombre d’élus ont fait travailler des employés communaux. non pas pour le parti mais pour eux-même. et celle-ci était le lien établi entre la France et ses anciennes colonies -notamment. Deux arguments. le P. Il souhaitait donc la même onction du peuple pour le Ch. de la R. et d’autre part. élu par un Collège électoral qui englobe le Parlement. de la R. de Gaulle utilise finalement le référendum de l’art. Celui- ci est conçu comme un moyen extrêmement puissant de remise en cause du pouvoir parlementaire. de Gaulle post-guerre. C’est cette idée que reprendra le G. une formule selon laquelle : «  La loi garantit les expressions pluralistes des opinions. d’É. -Il s’agit là d’un argument non imparable. Le principe démocratique et les élections. en 1962. et que ce mode d’élection n’ait pas été prévu dans la révision de 1962. on souhaite extraire le Ch. était élu par la communauté. l’idée selon laquelle le pluralisme passe par le pluralisme des partis politiques. était élu par le Parlement . puis.

ou socialistes au premier tour. Il utilisera l’art.DROIT CONSTITUTIONNEL.Il demande donc au C. BERTRAND. (Assemblée Nationale) qui ne peut contester directement les décisions du P. de R. et pour de nombreux Parlementaires se manifeste la peur de l’Élysée. bien qu’il s’agisse d’une atteinte indirecte. de Gaulle adresse un message aux Ch. il pourrait y avoir des recours auprès du juge judiciaire pour non respect de ces règles. dans une certaine mesure. Le C. le G. TITRE I. pour les avertir de son intention de réviser la C. les candidats ayant obtenu au moins un certain pourcentage des suffrages exprimés. de la R. ou des deux candidats. cette motion de censure vise fictivement le Gouvernement. puisque les candidats peuvent établir des fichiers de ceux qui participent à cette élection. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL En 1962. Le principe démocratique et les élections. et aucun parti n’a l’obligation d’organiser des primaires. 11 CF. 11 CF puisque les Assemblées sont hostiles à l’élection du P. est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés . annonçant qu’il démissionnera en cas de réponse négative au référendum fixé au 28 octobre suivant. adopte une motion de censure qui a pour objet de renverser le Gouvernement . de R. nous reviendrons sur le problème du quinquennat. Le gouvernement est renversé -il démissionne alors qu’est votée la motion de censure-.. au secret du vote. conscientes que celui-ci va les affaiblir. qu’elle va réformer en profondeur. En ce qu’il n’existe pas de contrôle public. Le C. de Gaulle demande à rester en place afin de régler les affaires en cours. de R.. C’est la réforme la plus importante de la Ve République. au suffrage universel.. à l’origine du référendum sous l’impulsion de De Gaulle.N. il y aurait de fortes chances que le Parti adverse se retrouve au deuxième tour. de Gaulle va lier son sort au référendum. le P. aucun candidat n’a obtenu ce résultat. et 30 jours au plus. dissout l’A. La campagne officielle démarre 20 jours avant le premier tour et le Comité de Contrôle Audiovisuel est chargé de veiller à son bon déroulement. Il n’y a pas de contrôle public. Le P. l’âge minimum de 23 ans et le fait de ne pas être touché par une cause d’inéligibilité. Les conditions pour être candidat sont la détention de la nationalité française. En cas de vacance de la P. et 30 jours au plus. actuel. l’élection se déroule 20 jours au moins. le 28 octobre 1962. Elles ne sont pas réservées aux adhérents des Partis politiques mais sont ouvertes à toutes les personnes se reconnaissant dans les valeurs de tel ou tel mouvement politique. l’élection a lieu 20 jours au moins. avant la fin du mandat du P. En tant qu’autorité Chapitre 3. Le 5 octobre. après que se soit observée la vacance. L’absence de primaire avec antériorité s’explique par la dualité de candidats . tout candidat peut se présenter indépendamment des primaires. Constitutionnel apprécie la régularité des candidatures. de Gaulle est réélu par la suite pour un second mandat. Aujourd’hui. À continuation. Le G. Seuls peuvent se présenter 15 jours après le premier tour. mais il est évident qu’à partir du moment où il existe des règles internes. Cette loi constitutionnelle est promulguée et le G. et chargée de garantir leur bon fonctionnement. Constitutionnel de valider la procédure irrégulière de révision de la C. Constitutionnel afin de lui demander de régulariser la procédure de révision constitutionnelle. saisit le C. en présence de deux candidats républicains. Le 4 octobre 1962. le G. le peuple approuve le suffrage universel par 60% des suffrages exprimés. il ne lui appartient pas de se prononcer. -Cf. Le concours de deux candidats du même parti peut en effet mener à la division des voix. Le débat sur la constitutionnalité de l’art. habilitée à juger de la régularité des primaires. Constitutionnel répond prudemment mais de manière parfaitement justifiée. La loi organique de 1976 prévoit que chaque candidat doit être présenté par 500 élus.. Ces primaires redonnent en fait aux électeurs un certain poids prépondérant par rapport au Parti politique. Une loi constitutionnelle de 1976 a prévu la conduite à tenir en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat au cours de la campagne électorale. les candidats socialistes et républicains ont créé une Haute Autorité des Primaires. l’A. En principe. l’un des deux candidats était sûr de se retrouver au pouvoir. à ce jour. . lesquels doivent relever d’au moins 30 départements et territoires d’outre-mer et par plus de 10% d’un même département. que la loi étant le résultat de l’expression souveraine du peuple. Elles portent atteinte. de R. et ainsi entrainer l’échec du succès de l’un deux. en application de l’art. 11 CF pour réformer la Constitution.N. Le 9 octobre 1962. M. 28 Audrey Plez . Les primaires relèvent de la liberté des partis politiques . par définition. pour le deuxième tour. Au premier tour.

est élu le candidat ayant reçu le plus grand nombre de voix.DROIT CONSTITUTIONNEL. puisque la plupart des grands électeurs sont issus des petites communes. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. §1. Le C. et détermine la date d’entrée en fonction du P. il faut avoir 18 ans. Une semaine après le premier tour. avec l’exigence d’un certain plafond. c’est celle qu’on appelle arrondissement.Les candidats doivent verser une caution et c’est le C. nouvellement élu. et il existe de ce fait une surreprésentation des communes rurales. Il a ainsi du rembourser à l’État. surveille les opérations électorales et procède au recensement des votes. §3. Les députés sont élus au suffrage universel direct. les conseillers départementaux. 29 Audrey Plez . le C. Constitutionnel est également juge électoral . BERTRAND.Le vote est obligatoire. §2. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. peuvent se présenter au second tour tous les candidats ayant obtenu au moins 12% des votes du nombre des électeurs inscrits. Le C. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. TITRE II. TITRE I. et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. La durée du mandat est de 5 ans . Chaque candidat se présente avec un suppléant destiné à la remplacer en cas de décès ou en cas d’une fonction incompatible. et les délégués des Conseils Municipaux proportionnellement à l’importance des communes.La circonscription électorale est une subdivision du département. et la carte électorale est ainsi révisée tous les douze ans. partie des sommes qui lui avaient été reversées par l’État au titre des dépenses de campagnes. Constitutionnel a estimé que ce découpage devait se faire selon des bases essentiellement démocratiques. Le principe démocratique et les élections. scrutin majoritaire uninominal -le contraire du scrutin proportionnel de liste. Constitutionnel reçoit les candidatures.
 Chapitre 3. et un scrutin proportionnel dans les départements où il y a plus de 3 Sénateurs. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL constitutionnelle.. A. il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est pourquoi le C. veille à leur régularité. C’est lui qui surveille en dernier lieu les comptes de campagne. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. les conseillers régionaux. SECTION 3. Sarkozy pour avoir dépensé le plafond des dépenses de campagnes. Pour se présenter. C’est d’ailleurs celui-ci qui a sanctionné N. LA QUESTION DE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. Si aucun candidat n’a franchi cette part. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. M. il proclame les résultats. par un Collège électoral comprenant les députés. et l’un des grands moyens de manipulation des élections est le découpage des circonscriptions électorales.. Il y a un scrutin majoritaire. Constitutionnel statue sur la régularité des opérations électorales. ce qui lui donne une assez grande stabilité politique. Constitutionnel qui statue en première instance sur l’éligibilité.. pour être élu au premier tour. puisque le Sénat doit représenter les collectivités territoriales. Au second tour. les deux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix peuvent se régenter au second tour. La durée du mandat est de 6 ans. -Il y a aussi des représentants des français étrangers. il examine les recours contre les candidats ou contre les opérations de vote. dans les départements où il y a moins de 3 Sénateurs. le vote correspondant à un candidat. B. §2. et en plus obtenir un nombre de suffrages au moins égal au quart du nombre des électeurs inscrits. évitant les différences trop importantes entre les circonscriptions électorales. Ce qui est tout à fait en accord avec la C. Les Sénateurs sont élus dans le cadre départemental au suffrage universel indirect. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. et certains fonctionnaires ne peuvent se présenter aux élections dans les circonscriptions dans lesquelles ils ont exercé un certain moment -pour éviter qu’ils profitent de l’influence qu’ils auraient pu établir sous ces fonctions.

30 Audrey Plez . §1. concentre la plus grande partie du pouvoir gouvernemental. SECTION 1. Pour ce qui est de la terminologie. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. B. A. très loin de la conception de séparation de MONTESQUIEU dans laquelle le pouvoir du juge est un pouvoir nul. se produisant peu de renversements du Gouvernement par le Parlement. La véritable séparation semble ainsi être aujourd’hui celle qui distingue le pouvoir politique de celui des juges . dispose d’un pouvoir exécutif. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. CHAPITRE 1. 1. […] Il est tout à fait anachronique d’affirmer que la personne qui décide aujourd’hui. La séparation des pouvoirs est traditionnellement envisagée en tant que séparation des pouvoirs exécutif et législatif. on peut se référer à un pouvoir dit gouvernemental. en expansion. Le pouvoir démocratique s’exprime par des autorités politiques. désormais en déclin. Il s’agit là d’une question qui sera sommairement traitée plus tard. TITRE II. En France. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. et se manifestent divers conflits entre le pouvoir politique. le Ch. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. ou gouvernemental et parlementaire. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. M. B. dispose d’un pouvoir d’exécutant. tandis que le 1er M. SECTION 2. La question de responsabilité du Gouvernement devant le Parlement devient également une question assez théorique. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. que l’on peut retrouver sans séparation des pouvoirs.. et le pouvoir du juge. En ce qui concerne le pouvoir exécutif. §1. LES ORIGINES HISTORIQUES. un mode de gouvernement libéral . BERTRAND. La séparation fondamentale n’est plus entre le pouvoir exécutif et législatif. §3. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. celle qui concentre le pouvoir gouvernemental. à ne pas confondre avec la démocratie. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. Théories et applications du principe de séparation. On peut imaginer une concentration du pouvoir entre les mains du Gouvernement ou Ch. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. A. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. La séparation des pouvoirs est en fait. et de moins en moins un pouvoir d’émission de textes législatifs. alors que la séparation des pouvoirs recouvre des aspects qui ne sont pas démocratiques. C’est d’une part une terminologie qui a vieilli. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. Une autre forme de séparation des pouvoirs est la distinction entre le pouvoir constituant -pouvoir souverain appartenant au peuple. une organisation qui a évolué au fil du temps. le P. 4. §2. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. est issu en général de la même majorité. dans une démocratie-. d’É. On est en effet. de R. 3. L’ORGANISATION DES POUVOIRS TITRE II L’ORGANISATION DES POUVOIRS Cette organisation est fondée sur la séparation des pouvoirs. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. Chapitre 1. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). A. 2. §2. d’É. on perçoit en effet que le pouvoir législatif a de plus en plus un rôle de contrôle du pouvoir gouvernemental. puisque dans la plupart des systèmes européens. et les pouvoirs constitués. ainsi le pouvoir du juge n’en fait pas partie. aussi bien qu’entre les mains du seul Gouvernement. et d’autre part. mis en place par la C. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS.DROIT CONSTITUTIONNEL.

sont convoqués par le Roi. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). mais d’une expérience . TITRE II. Il est important de comprendre les différences historiques qui existent entre les pays. Leurs conséquences s’observent aujourd’hui. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). il y aura une participation d’Assemblée qui exercera un pouvoir aux côté du Roi. sont divisés en trois parts représentant une égale puissance.DROIT CONSTITUTIONNEL. parce qu’il est partagé entre deux forces. l’une ascendante : le pouvoir du Parlement. En 1351. Ce mécanisme. s’installe petit à petit dans la vie politique du R. SECTION 1. LES ORIGINES HISTORIQUES. en GB la noblesse et la bourgeoisie se sont alliées pour diminuer les prérogatives du roi. À partir du moment où le Roi se met à tirer sa légitimité d’un accord passé avec le Parlement. et il y aura toute une succession d’actes qui marqueront une certaine forme de soumission du Roi au Parlement. à la suite de cette dernière. en GB. s’engage à ne pas lever les impôts sans le consentement du Parlement. (Royaume-Uni). elle est le fruit de l’évolution de la société. ce qui correspond à peu près au Parlement sont les États Généraux. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. son pouvoir est affaibli à l’apogée de l’acte d’établissement. 31 Audrey Plez . beaucoup plus que démocratique. il est évident qu’il est affaibli par le pouvoir de ce même Parlement. elle est née non pas d’une théorie. à l’inverse de la GB. va conduire à ce que le mécanisme que l’on appelle aujourd’hui le système parlementaire. […] Ceci va conduire à ce que les traces du système féodal. D. et en faveur du précédent. fondé sur le pouvoir de la noblesse. C’est dans le consentement à la Cour. que va naître le pouvoir du Parlement. cád que ces É. et l’autre déclinante : le pouvoir du Roi. qui va s’opérer au détriment de ce dernier.G. CHAPITRE 1. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. d’où un affrontement avec le Parlement. M. Elles ont ainsi eu des conséquences très différentes : en France un affaiblissement du pouvoir de la noblesse. Très rapidement. §1. BERTRAND. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. a d‘intéressant que dans ses origines. représentante de la bourgeoisie. La réaction monarchique en devient plus absolue. La séparation est une technique d’organisation des pouvoirs. Cette alliance de la bourgeoisie. puis en France au XVIIIe. et ainsi le pouvoir est limité. celles-ci étant toujours présentes. Si l’on prend en parallèle la situation française. C’est pourquoi elle est une théorie libérale. Théories et applications du principe de séparation. le Roi le devient à la suite du Pacte qu’il passe avec le Parlement.U. en 1640 et 1688 . Le pouvoir royal est enfermé dans un ensemble de règles très contraignantes. C. Elle a ensuite été théorisée en GB. la noblesse d’une part. et enfin en 1709. Le Roi renonce à légiférer par ordonnance. ce que l’on appelle la règle du précédent -mécanisme qui a fonctionné d’une certaine manière et continue de s’imposer-. cette histoire de lutte entre le Parlement et le Roi. La première différence est que ces É. Le systèmes féodal est très différent en GB et en France . et commencer à rédiger des projets de loi. et ne se confond pas avec la démocratie. La séparation des pouvoirs. L’ORGANISATION DES POUVOIRS B. qui vise à éviter le discrétionnisme et à protéger les libertés. la Chambre des communes. et c’est la même logique qui prévaut. se fait avec le Roi pour limiter le pouvoir de la noblesse. et la Chambre de la noblesse et du clergé vont se rassembler. le clergé d’autre. qui donne lieu à deux Révolutions. tiers-état etc. même si elles ne sont pas écrites. et un pouvoir monarchique ou royal qui s’est étendu plus rapidement.G. la situation est tout-à-fait différente. notamment européens. en France. et enfin le tiers-état -ou représentant de ce que l’on appelait alors la Chapitre 1. se poursuivent beaucoup plus longtemps en GB qu’en France. La séparation des pouvoirs est tout simplement une technique constitutionnelle.

C’est celui en effet. ils vont se réunir de moins en moins régulièrement au cours des siècles suivants. si le Roi viole ces droits. allant plus loin. LOCKE n’est pas un théoricien désintéressé. qui se doit. exécutif. fondées sur leur objet : le pouvoir de faire les lois.. Par. -et c’est celui qui nous intéresse plus directement. ces Assemblées deviennent peu à peu une structure permanente. législatif et exécutif. Selon LOCKE il existe au sein de l’État.G. ils sont donc des juridictions. Plus précisément encore. qui du point de vue de M. LOCKE. et 1789. et le pouvoir de juger les désaccords. qui a elle même pour objet d’agir sur la pratique. puis en France avec MONTESQUIEU qui va perfectionner le système de séparation des pouvoirs. dont le droit de propriété. d’ailleurs essentiellement dans une volonté de renforcer le pouvoir royal. Elle sera reprise ensuite par ROUSSEAU. il s’agit de légitimer la Révolution qui vient de se produire. de justice. Le schéma est le suivant : une pratique conduit à une théorie. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. qui s’intitule Essai sur le gouvernement civil. pour éviter le désordre si les deux pouvoirs vont dans des sens différents. une différence fondamentale entre ces deux systèmes monarchiques. 32 Audrey Plez . celui-ci étant une C. il va considérer qu’il faut établir une hiérarchie entre ces deux pouvoirs. C’est une théorie qui a une finalité politique très claire. MONTESQUIEU va systématiser la séparation des pouvoirs. Une fois établis ces éléments. que l’on retrouvera les mécanismes de collaboration entre les deux pouvoirs. J. ou juridictionnel. le but de cette réunion des É. La différence avec LOCKE est d’abord que MONTESQUIEU va supprimer la notion de pouvoir fédératif. et enfin le pouvoir fédératif. M. et c’est l’idée selon laquelle les hommes abandonnent une partie de leurs libertés dans un contrat qu’ils passent avec le Roi.G. ne sont convoqués que très exceptionnellement. par Louis XVI qui initiera la Révolution.est qu’il va être le premier théoricien moderne de la séparation des pouvoirs. C’est d’ailleurs dans l’absence de séparation absolue. de respecter un certain nombre de libertés naturelles. au coeur du système parlementaire. celui de les appliquer . Les É. TITRE II. alors qu’en GB. LOCKE va théoriser cette pratique dans un ouvrage paru en 1690. qui édicte la norme. il va considérer que ces fonctions doivent être séparées afin d’assurer la liberté.. sans même se référer à ce principe en ces termes. C’est une réunion des É. §2. J. à tel point qu’aucune réunion n’aura lieu entre 1614. pour ce faire. le peuple peut se refuser à lui obéir. qui a été développée dans le Leviathan par HOBBES. C’est l’expérience britannique qui va faire l’objet d’une théorisation. Il est à l’époque membre d’un Parlement. BERTRAND sont Chapitre 1. et qu’il va appliquer plus concrètement au système constitutionnel. ce qui rend légitime les Révolutions est que. L’ORGANISATION DES POUVOIRS bourgeoisie. Pour éviter ce désordre. alors que le pouvoir royal est celui qui l’applique. qu’en France. son objectif étant d’éviter le retour à un pouvoir royal absolu. et les parlementaires des juges. Il va partir de deux observations. au-delà de la question des impôts étant de renforcer l’autorité du Roi par rapport au peuple . LOCKE va reprendre. On a jusqu’au XVIIe. le pouvoir législatif étant le pouvoir suprême. ou pouvoir du juge. trois pouvoirs : législatif. BERTRAND. mais à partir de l’analyse britannique. dans l’actualité. pour introduire la notion de pouvoir judiciaire -à l’époque-. Cette conception contractuelle des pouvoirs. d’appel . Son deuxièmes apport. Cette théorisation a une finalité politique. Théories et applications du principe de séparation. est évidemment incompatible avec une conception absolue des pouvoirs . LOCKE estime qu’il ne doit pas y avoir une séparation absolue des pouvoirs exécutifs et législatifs.Il y a donc déjà une structure plus efficace en GB. de plus.DROIT CONSTITUTIONNEL. LOCKE est ainsi le premier grand acteur dans la théorie de la séparation des pouvoirs. le pouvoir de les exécuter. d’abord en GB avec J. Il fait une distinction entre trois fonctions. celui de conduire les relations internationales. et de défendre ce que l’on a pu appeler une monarchie contractuelle. celle d’adapter le système de séparation des pouvoirs en France au système britannique.G. D’abord convoqués en 1302. et améliorer considérablement le principe. J. C’est le premier niveau de la théorie de LOCKE. qui est celui de faire les lois . Son idée est d’instaurer en France un système qui ressemble au système britannique. en contrepartie. la théorie contractuelle des pouvoirs. telle que les actuelles C.

nous écarte beaucoup de ce point de vue des théories de la séparation. sont que tout homme -fut-il juge. et que seul le pouvoir peut limiter le pouvoir. le système politique des États Unis. qui en 1787 ont construit un système de séparation stricte des pouvoirs. que pour que l’on ne puisse abuser du pouvoir. et ces organes doivent avoir deux facultés qui se combinent : la faculté de statuer. un régime souple de séparation des pouvoirs. Un même organe ne doit pas être totalement maître de deux fonctions. par la disposition des choses.DROIT CONSTITUTIONNEL.-. Le pouvoir du juge est un pouvoir dangereux. et l’ensemble des pays qui ont pris pour modèle le système européen ou américain. Par. établi en application d’une théorie. Deux pays sont particulièrement intéressants au regard de l’interprétation qu’ils ont donné de la théorie de séparation des pouvoirs. TITRE II. Les manifestations de la méfiance de celui-ci vis-à-vis du pouvoir judiciaire sont nombreux. il faut un pouvoir juridictionnel fort. et en second lieu. EE. Elle a sa place dans ce système de balance et d’équilibre. et c’est la raison pour laquelle il considère que celui-ci devrait être détenu par des Jurys. d’une séparation totale. la théorie de la séparation des pouvoirs a inspiré sous une forme ou sous une autre. SECTION 2. Aujourd’hui. MONTESQUIEU cherche ainsi à empêcher l’omnipotence. et la faculté d’empêcher.détenteur de pouvoir est amené à en abuser. puisqu’il s’agit d’un régime déjà pratique. Ces deux observations. Il indique tout d’abord que la puissance de juger est la puissance la plus ténue. On a pris l’habitude. Il s’agit. et un pouvoir politique fort mais non pas sans limites également. notamment par les constituants américains. en inventant le régime présidentiel. L’un des apports de MONTESQUIEU est d’avoir intégré la fonction judiciaire dans la séparation des pouvoirs. M. ces différences tendent à s’atténuer. dans l’analyse de MONTESQUIEU . Son but est d’empêcher le pouvoir omnipotent. en effet. de classer les régimes politiques. Ce qui bien sûr. BERTRAND. en freinant un autre organe. 33 Audrey Plez . Chapitre 1. et des deux autres pouvoir de l’autre. et s’en méfie d’autant plus qu’il est lui-même magistrat.UU. cád celle de décider ou d’agir positivement . C’est là encore. C’est le cas par exemple de la C. qui pourrait très largement être approfondie. qui ont voulu séparer de manière rigoureuse les pouvoirs et fonctions étatiques. des pays anglo-saxon. et qui ont donné naissance à deux types de séparation des pouvoirs. En revanche. comme c’est le cas en GB. à condition qu’il ne les exerce pas seul. mais surtout pas sans limites. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. régime de collaboration entre les pouvoirs. de 1791. et par les constituants de la C. un même organe peut exercer plusieurs fonctions. EDH. et qui semble vrai pour la plupart des juridictions. celle de la séparation stricte des pouvoirs . qui forment le pouvoir politique. la séparation du pouvoir juridictionnel d’une part. Ceci est une lecture assez superficielle de la théorie de MONTESQUIEU. selon le plus ou moins grand degré d’indépendance des organes chargés des fonctions législatives et exécutives. au sein de ce que l’on a appelé un régime parlementaire. est la formule selon laquelle les juges sont « la bouche qui prononce la parole de la loi » . l’ensemble des régimes européens. Théories et applications du principe de séparation. par l’instauration de poids et contre-poids . on en est loin en effet. Il ne s’agit pas nécessairement. un mécanisme que l’on retrouve dans presque tous les systèmes constitutionnels. MONTESQUIEU se méfie beaucoup de ce pouvoir judiciaire. Ce dont on discute aujourd’hui. et la GB. il faut. par ailleurs. désormais. de trouver un équilibre entre l’efficacité et la protection des libertés. mais cette séparation peut s’effectuer dans un système monarchique aussi bien que démocratique. Les juges aujourd’hui se revendiquent un pouvoir créateur et dépassent le simple pouvoir d’interprétation pour se reconnaître parfois jusqu’à un pouvoir contra legem. il ne s’agit pas d’une théorisation abstraite. mais non pas inventé. cád d’agir négativement. que le pouvoir arrête le pouvoir. si personne ne l’arrête . L’ORGANISATION DES POUVOIRS universelles et éternelles : la première étant que tout homme ayant du pouvoir est porté à en abuser . Si l’on fait abstraction de cette conception du pouvoir judiciaire. qui a mis en place. MONTESQUIEU semble cependant avoir été mal compris. tend à devenir un élément fondamental du droit contemporain. Les États-Unis -à continuation.

selon la formule «  les juges à la Cour suprême ne démissionnent jamais et meurent rarement. avec des élections primaires. et les pouvoirs n’ont en principe aucun moyen d’action réciproque.. selon un système très complexe et qui varie selon les États. Ce qui veut dire que le pouvoir exécutif est confié tout entier à une seule et même personne. Il est entouré de collaborateurs. de même que pour la droite. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME.UU. a plus de pouvoir que celui des EE. le choix des délégués et des candidats dépend de la législation de chacun des États. La France. des EE. Président) puissant. » Chapitre 1. qui sont organisées dans les États fédérés.UU. Il est élu au terme d’un long parcours.UU. les primaires socialistes. UU. L’exécutif est monocéphale. il y a un gouvernement distinct du Ch. alors qu’en France le P. Théories et applications du principe de séparation. Ainsi aux EE. 34 Audrey Plez . ce sont simplement ses collaborateurs. de R. La seconde caractéristique. américains. de la droite. le Congrès est formé par la Ch. Ils sont nommés à vie.UU. de R. d’É. il y a un P. qu’il nomme et révoque comme il l’entend. puissant.Il est donc un élément issu du caractère fédéral. le Parlement a plus de pouvoir qu’en France. pour citer un exemple. soit pour le candidat républicain. ou du centre. Le troisième élément est qu’il existe un pouvoir judiciaire véritable. limité par un Parlement faible.UU. M. Aux EE.. et enfin. mais a connu très peu d’application en dehors ce celui-ci. est que le Parlement est bicaméral. limité par un Parlement puissant.UU. N’importe quel électeur s’estimant de gauche pourra voter afin de choisir son candidat de gauche. chacun des pouvoirs a une fonction spécifique. par nature. sinon Secrétaires d’État. (Vice-Président) élu en même temps que lui. Dans le régime présidentiel.DROIT CONSTITUTIONNEL.UU. tandis que l’autre représente les États -ici. Un régime présidentiel n’est pas un régime dans lequel le Président est tout puissant. de R. À côté. de 1787. Le régime présidentiel est né aux EE. Pour une raison simple. et qui apparait comme un réel contre-pouvoir au P. des représentants et le Sénat. Aux EE. Dans un système fédéral. ou le centre. TITRE II. sinon qu’il tient simplement à la nature fédérale des EE. Ce bicaméralisme n’est pas lié. puisque tout le pouvoir exécutif revient au P. ou conventions.. Le P.UU. Aux EE. Les 9 juges sont nommés par le P. est assisté d’un Vice-P. exerce les fonctions de P. A. représente le peuple. On ne les appelle pas Ministres. à la tête duquel il y a une Cour suprême qui est à la fois juge constitutionnel et judiciaire. et confirmés par le Sénat. On pourrait presque affirmer que le régime présidentiel est un régime qui a rarement fonctionné correctement en-dehors des EE. soit pour le candidat démocrate. Il y est né par la C. aussi bien que de 1er M. (ici. dans un régime présidentiel. chacun des pouvoirs trouvant de manière séparée sa légitimité dans le peuple. BERTRAND.UU. formé de deux chambres. et en dehors de l’Amérique latine pendant une certaine période. qui est totalement maître du pouvoir législatif. cád. Dans les systèmes parlementaires. d’É.. où il s’est développé. de R. l’une des Ch. Puis les conventions des Partis choisissent leurs candidats.Aux EE. à une seule tête. est un régime de type plutôt parlementaire. et une autonomie politique du Gouvernement. à l’existence d’un régime ou d’un système présidentiel.UU. ce Parlement est un organe puissant. Le Ch. il y a un P. de R. pour élire des délégués et pour choisir le candidat de chacun des deux grands partis. compétente chaque fois qu’est en jeu l’application du droit fédéral et qui remplit un rôle d’uniformisation du droit aux EE.UU.. cád. les électeurs élisent les grands électeurs qui s’engagent à voter lors du scrutin définitif. sont d’une extraordinaire simplicité. des EE. en tant que régime qui applique strictement la séparation des pouvoirs. de R. tandis que la caractéristique précédente était en effet liée au caractère présidentiel du régime. ce qui marque la volonté de montrer leur dépendance du P. Ce pouvoir judiciaire se caractérise par l’unité du système juridictionnel fédéral. -tandis qu’en France. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §1.

C’est ce système qui a été en quelques sortes transposé en France. lorsqu’il y a eu. -condition relativement difficile à accomplir. le P. au Parlement ou au Congrès de mettre en cause la responsabilité pénale du P. ensuite. Il y avait aux EE. de R. sans avoir à s’expliquer. également. il existe ratification par le Parlement. Les moyens d’actions de P. à l’exception d’un certain nombre de services urgents et limités. est assurée dans la durée d’une garantie d’existence due à des élections à des périodes fixes. cependant. Il n’y a pas de possibilité pour le P.UU. Théories et applications du principe de séparation. un P. le veto présidentiel à la majorité des 2/3 dans chacune des deux Ch. Aux EE. de R. en effet. et presque uniquement aux EE. démocrate et un Congrès républicain. peut s’abstenir de signer une loi.. Chaque autorité.. Le régime présidentiel consacre l’autonomie de chacun des pouvoirs dans ses relations avec l’autre. l’image est celle d’un P. et de l’absence de responsabilité politique de l’une envers l’autre. à la recherche d’un compromis politique. un certain accord sur le modèle de société et des divergences peu profondes entre les deux parties. 35 Audrey Plez . dispose également d’une autre forme de veto. L’initiative de la loi appartient au Parlement . ou le P. TITRE II.UU. en cas d’opposition.. Chapitre 1. il y a quelques mois. Le Congrès dispose d’une autorité de contrôle sur l’Administration par des commissions d’enquête. de R. Le P. de R. Si la séparation des pouvoirs est une séparation stricte. puisqu’il aboutirait très vite à des blocages. par exemple. il n’y a pas de mécanisme de déblocage. elle n’est pas pour autant une séparation absolue. de R. de refuser ce que l’autre propose. B. C’est d’ailleurs probablement pour cela que le système présidentiel a eu du mal à fonctionner ailleurs qu’aux EE. un certain suspens. sans qu’il n’y ait de moyen juridique destiné à résoudre le conflit. le système américain continuait d’exiger une certaine forme de consensus. L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. Ils doivent. Cette situation s’est trouvée dans plusieurs occasions. Il n’y a pas de solution juridique pour faire face à des situations de blocage. quant à la ratification d’un Traité aux EE. M. de R.DROIT CONSTITUTIONNEL. C’est ce que l’on appelle le pocket veto . sur le Congrès s’inscrivent principalement dans le veto présidentiel sur les lois votées . C’est là qu’il y eut un moment. C’est un système qui n’est pas transposable en France. parce qu’il n’a pas de responsabilité politique. ni une arme de dissolution. de R.. En votant le budget ou en ne le votant pas. En effet. sinon de la pratique : en fin de cession parlementaire. BERTRAND. et les fonctionnaires peuvent cesser d’être payés durant une période. le consensus est indispensable au fonctionnement des entités.. de R. elle ne procède que de ce dernier. le Congrès pouvant briser. et jusqu’à présent. qui met la loi dans sa poche. Il intervient également dans les nominations qu’il approuve. puisqu'il n’y a pas de gouvernement. ce qui constitue probablement la raison pour laquelle ce système a fonctionné aux EE.. de R. Une procédure permet. cependant. les Traités devant être ratifiés par le Sénat.. tout peut s’arrêter.UU. Le Congrès possède enfin un pouvoir d’approbation de certains actes du P. le Congrès peut ainsi paralyser l’action politique du P. Dans ce cas. indépendante de l’autre dans sa nomination. et le Congrès devra tout reprendre lors d’une autre cession. qui ne relève pas de la C. Les deux pouvoirs sont condamnés à cohabiter quelles que soient leurs tendances politiques. S’agissant des moyens d’action du législatif sur le P. et l’exercice de cette faculté conduit nécessairement. en général très efficaces. et sans la réunion du Congrès. trouver un consensus. Chacun des pouvoirs dispose vis-à-vis de l’autre d’un pouvoir d’empêcher. alors que le Congrès détient les moyens budgétaires. de R. et il n’y a pas de possibilité pour l’Assemblée de renverser le Gouvernement. mais elle ne correspond pas à une responsabilité politique. de dissoudre les Assemblées ou l’une d’elles. Tout le pouvoir législatif est ainsi au P.UU.Le P.UU. n’a aucun crédit en cas de refus de vote du budget. Les veto sont utilisés relativement régulièrement par le P.UU.. puisque dans la nomination d’un certain nombre d’autorité. ne peut pas obliger le Congrès à voter une loi. le P. Il s’agit donc d’un pouvoir considérable. de R. tout le pouvoir législatif et budgétaire au Parlement. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime présidentiel se caractérise en ce qu’il fait correspondre une fonction à un pouvoir.

est celui qui nomme et révoque en effet les Ministres. Parlement) et le pouvoir royal. d’abord par un contrôle sur l’équilibre entre le pouvoir législatif et exécutif. Si sont additionnés ces trois fonctions. dans un contexte de conflit entre le P. d’où la responsabilité du G. La mise en place de ce G. Le régime parlementaire est né en GB. celle de veiller au respect de l’équilibre entre les pouvoirs. va lui permettre d’exercer deux fonctions fondamentales : celle de veiller au respect des droits fondamentaux inscrits dans la C. ce qui crée un problème de poids et de contrepoids qui équilibrent le fonctionnement de la séparation. M. est à l’origine irresponsable devant le P. mais le P. va mettre en cause la responsabilité pénale du Ministre censé être responsable de la discipline.a décliné en faveur du P. doit avoir la confiance à la fois du R. va être liée au pragmatisme britannique et va se développer par un jeu de circonstances. 36 Audrey Plez . et dans le rôle de la C. lorsqu’un M. on y trouve un exécutif bicéphale. * §2. en tant que garant de cet équilibre. puis une période où le pouvoir du Roi -à continuation.. ce contrôle s’exercera de deux manières. sinon qu’il s’agit d’un régime de collaboration entre les pouvoirs avec plusieurs caractéristiques. période pendant laquelle le R. il existe des moyens de contrôle d’un pouvoir sur l’autre. cette responsabilité se mettra en place de la manière suivante : le G. la confiance se traduira par le fait que le G. Le premier effet en sera l’émergence de l’idée selon laquelle le G. Le régime présidentiel est un régime relativement simple. le pouvoir d’interprétation est un pouvoir important . et possibilité de dissolution de l’Assemblée Parlementaire. l’ensemble du G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On note qu’au delà du mécanisme de la séparation stricte des pouvoirs.UU. Dans le système des EE. Il est un organe de coopération ou de collaboration entre les pouvoirs. G.sur le Gouvernement -à continuation. Ce qui est l’élément principal du régime parlementaire est l’existence d’un organe qui va jouer un rôle d’intermédiaire entre le R. suprême en tant que juge constitutionnel. la compétence de la C.-. . sera mis en cause pénalement. et cet organe est le G. l’autre élément de séparation des pouvoirs étant celui de séparation de ces pouvoirs fédérés du pouvoir fédéral. Le problème est le même que pour le régime présidentiel . devant le P. et aussi en tant que garant de l’équilibre entre les pouvoirs des États fédérés et les pouvoirs de l’État fédéral. devant le R. (Ministre) verra sa responsabilité engagée par le G. TITRE II. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE.. Ainsi. Le R. BERTRAND. progressivement. va petit à petit devenir responsable devant le R. R. et devant le P. le régime parlementaire à l’inverse. dans l’affaire Marguerite de Madison*. lors de la montée sur le trône de la famille royale de l’époque. et du P.. décision par laquelle la C. P. il va prendre l’habitude de démissionner.. que cette intervention de la C. qu’il soit dit régime parlementaire. ou de l’une des Assemblées Parlementaires. démissionnera lorsqu’un M. suprême (Cour suprême) de 1903. va se désintéresser de la vie publique. et les P. ancienne. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. . Suprême en tant que juge constitutionnel. suprême a décidé qu’elle pouvait exercer un contrôle de constitutionnalité des lois. intervenu au début du XVIIIe.. A. qui date de la décision fondatrice de la C. On passe pour autant d’une responsabilité Chapitre 1. . alors qu’en présence d’une C.. Théories et applications du principe de séparation. D’une part. puisqu’il a été théoriquement imaginé et établi. et d’autre. qui ne peut le révoquer.DROIT CONSTITUTIONNEL. avec une période d’équilibre. puis.. Le deuxième élément est celui du développement du rôle du pouvoir judiciaire fédéral. suprême est considérable. C’est donc à l’occasion de cette montée en puissance du pouvoir judiciaire. cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agisse d’un système avec une prééminence du Parlement -à continuation. (ici. s’est fait par la pratique : on trouve ainsi des régimes parlementaires monistes et dualistes. ou instauré à partir de la conception que l’on en avait . et la responsabilité pénale sera ainsi utilisée comme une arme pour mettre en cause les décisions prises par un membre du Gouvernement. un processus de collaboration des pouvoirs avec des moyens d’action réciproques : responsabilité d’une partie de l’exécutif.

etc. celle- ci se manifeste à travers un élément de solidarité du G.... et le G. les moyens d’action réciproques. des Communes) afin que les électeurs puissent choisir entre la politique proposée par le G. bien que le système soit fondé sur la pratique et la répétition de précédents - pragmatisme du système britannique. et celle défendue par la Ch. de prononcer la dissolution de la Ch. de demander au R. La seconde caractéristique est le P.. et éventuellement le Ch. BERTRAND. va se transformer en 1er M. des com.. Le Ch. ce qui entrainait un déséquilibre en faveur du P. ou implique que les décisions du G. le peuple. M. fondée sur la pratique. Ce G. le système mis en place dans les faits comptera un certain nombre de caractéristiques . (Ch. et solidaire. ce qui manifeste très certainement un déclin de cette dernière. c’est la responsabilité politique . La dissolution est ainsi un moyen pour le G. Basse -tradition monarchique. Par. et non des mécanismes juridiques. d’É.. ces caractéristiques sont celles qui permettent de constater l’existence d’un régime parlementaire. d’autre part. Il y a ensuite. 37 Audrey Plez . P. la loi qui est ainsi votée par le P. Ch. Petit à petit. et promulguée par le Ch. La situation britannique va être peu à peu exportée partout en Europe. ou G. Du point de vue des relations entre les pouvoirs. entre le P. Dans un système présidentiel. du Conseil. mais le Ch. celui-ci demandera au R. puissent dissoudre -le plus souvent. L’ORGANISATION DES POUVOIRS politique à une responsabilité collective. et le P. Chapitre 1. et le P.. que le Ch. dans un État Fédéral. il y a un partage des compétences contrairement à la situation qui prévaut dans le régime présidentiel -où il y a une spécialisation des compétences. était souvent engagée par le P. des com. peut être proposée par le G. tranchera ainsi ces conflits. l’une pourrait représenter les États et l’autre. ce M.. TITRE II.DROIT CONSTITUTIONNEL. ou l’une des deux Assemblées puissent contraindre le Cabinet à la démission. dont le nom peut varier : 1er M. il semble nécessaire d’utiliser. et d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique . le déséquilibre par exemple de la IIIe République en France. il n’y a que des décisions politiques pour le règlement des crises. peuvent avoir un pouvoir inégalitaire ou similaire.. On constate aujourd’hui que l’on revient de plus en plus à une responsabilité pénale.. et c’est l’élément central du régime.Un conflit va apparaitre entre le G. ne parlent pas anglais.et un cabinet ou G. Ces moyens sont d’une part. et il ne peut agir qu’avec la confiance de la majorité parlementaire issue des élections. C’est donc à partir de la situation britannique. Il y a donc des mécanismes juridiques qui vont permettre de résoudre les crises. vient du fait que la responsabilité du G. incarne l’État. le P. le primer est fixe et stable. une responsabilité pénale. d’É. Théories et applications du principe de séparation. du G. -apparition de la fonction en 1720. d’É. il devra démissionner. engagent la totalité de ses membres. . est bicaméral -bien que cela ne soit pas nécessaire-. lorsque la responsabilité du premier sera mise en jeu. une Ch. d’É. et au détriment du G. que le P. et n’a pas besoin d’une investiture parlementaire . Les compétences sont pour autant partagées.Vers le milieu du XVIIIe. Il y a un phénomène de pénalisation de la responsabilité politique.C’est notamment les compétences législative et budgétaire qui sont l’objet de ce partage . À l’origine. de faire du pays l’arbitre des conflits qui l’opposent au P. est le lien entre le Ch. et que leur désintérêt pour les affaires du pays se manifestera à travers les comptes-rendus qu’ils solliciteront de la part des M.. Haute et une Ch. est un organe collégiale.. et l’autre le peuple. Le R. En revenant à une absence de responsabilité politique.. intermédiaire privilégié du R. Le second élément tiendra au fait que les R. Les Ch. Le G.. soit composé de deux Ch. ainsi.. du P. que va se configurer le système parlementaire. tandis que le second change en fonction des changements politiques. représentant la noblesse.l’une des Ch.. avec un Chef de l’État -à continuation. il n’est pas de procédure nécessaire afin qu’il puisse exercer ses fonction.. ce qui signifie. qui sont absents du régime. d’É. a un chef. Ce G. d’É. . ne prononçait jamais la dissolution du P. Il faut que ces deux mécanismes fonctionnent pour qu’il y ait un réel équilibre entre les pouvoirs . Chancelier.Ainsi. afin d’y pallier. La première de ces caractéristiques est celle d’un exécutif bicéphale. avec une Ch. cependant.

ne puisse fonctionner que s’il détient la double confiance du P. puisqu’il ne peut rien faire. et dans les pays de l’Europe Centrale et de l’Est après la chute du mur de Berlin dans les années 1990. ne se maintiendront pas en tant que tel. On peut distinguer deux régimes parlementaires : le régime parlementaire dualiste et le régime parlementaire moniste. est responsable à la fois devant le Ch. alors que le régime autoritaire méconnait cet équilibre.Il est en fait le symbole de continuité de la nation étatique. d’É. ou de représentation -c’est la situation en GB. il est important de noter que l’absence ou la difficulté d’instaurer un régime parlementaire n’empêche pas d’imaginer un régime démocratique. Le Cabinet est un organe restreint entourant le 1er M.DROIT CONSTITUTIONNEL. consiste en ce que le G. Les pays concernés sont la France. exécutif. et le P. . le G. Cependant. -À l’inverse. d’É. Ce régime parlementaire britannique a été très largement imité sans être reproduit à l’identique. ne dépend plus que du P.. de limitation de ceux-ci . où le Ch. et du Ch.Le modèle anglais va inspirer les philosophes. mais il s’agit là d’un choix contraint . mais non démocratique. n’a plus qu’un rôle formel. d’É. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Ceux-ci sont les mécanismes généraux du régime parlementaire. pour prendre un exemple. et devant le P. en effet. qui va se traduire en conséquences très différentes. notamment. peut mettre fin aux fonctions du G. dans un certain nombre de pays africains. et comprenant environ une vingtaine de membres. Suivra une vague dans les pays qui sortiront de régimes autoritaires dans les années 1970 -exemple de l’Espagne et du Portugal-. d’É. ne peut mal faire.. Le P. Théories et applications du principe de séparation. d’É. les Pays- Bas et la Belgique.Le Cabinet exerce l’ensemble des attributions du pouvoir exécutif ou gouvernemental . le régime parlementaire est un régime d’équilibre des pouvoirs.. un rôle d’arbitre. tout comme le peut le P. TITRE II. en ce qu’il y ait un équilibre des pouvoirs. exerce un pouvoir politique réel . BERTRAND. Au lendemain de la 1e GM.. En GB. ils nomment le leader du Parti ayant gagné les élections.. après l’indépendance. d’É. dans les pays de l’Est qui ont subi l’occupation soviétique. d’É. mais n’a pas de rôle politique actif. il est alors un acteur du jeu politique. Bien sûr. et ceux dont la tradition était autre. Ce système va être aussi adopté. La conséquence de cette situation. lequel va s’installer en France après la Restauration. le Portugal et la France. et a même le monopole de l’initiative en matière financière. B.. de même qu’un régime peut être libéral. avec quelques exceptions : la Finlande. le R. ou du moins. qui suive un régime autoritaire . Ainsi les pays qui étaient déjà des démocraties parlementaires avant l’occupation soviétique le redeviendront très vite. Le 1er M. il a l’initiative des lois. Par définition. et n’est responsable que devant celui-ci. il va se développer dans les pays d’Europe Centrale. La différence est donc évidente entre les pays dont la tradition était démocratique. M. est un régime dans lequel le Ch. est véritablement l’instrument de liaison entre le Ch. le Ch. ou. Le régime moniste d’autre part. puisqu’il est indirectement choisi par les électeurs sur proposition des représentants du Parti Politique. est la situation dominante dans l’ensemble des pays d’Europe. la notion de Ministère est beaucoup plus large et peut comprendre une centaine de personnes regroupées autour des principaux Ministres. Cela veut dire que le G. dans des Monarchies qui sont des Monarchies Parlementaires - puisqu’il y est tout particulièrement adapté. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. : Chapitre 1.. assure la représentation de l’É. est un régime dans lequel le Ch. bénéfice en GB d’une certaine légitimité populaire. alors que ceux qui ne l’avaient jamais été ne le deviendront pas. » Dans ce cas. Le régime dualiste. avant d’entrer dans l’occupation soviétique.On emploie parfois ainsi l’expression selon laquelle : «  Le R. n’exerce plus de pouvoirs effectifs -et.. Il y a une différence fondamentale historique entre les pays. tels que ceux des Lumières. et la Reine nomment le 1er M. 38 Audrey Plez . avant de se transformer très souvent en régime présidentiel ou autoritaire. l’évolution s’est traduite par le fait que le R. Ce régime moniste. La première vague de développement du régime parlementaire se produit au XIXe. qui connaitront une période de Monarchie Parlementaire. qu’il partage avec le P. et le G. est divisé en deux Ch.

face au Parti travailleur. alors seulement il peut être dissous. entre la majorité parlementaire et l’opposition. qu’entre les pouvoirs au sens strict. s’est fait par un Acte du Parlement de 2011. Dans ce cas là. À part en Italie. M. Il s’agit d’un système conçu pour avoir une certaine stabilité. L’histoire est proche de l’histoire britannique. renverse le G. TITRE II.qui est en train de se modifier. laquelle est menacée. période durant laquelle les C. 39 Audrey Plez . et le renverse. BERTRAND. source de stabilité. il y a un renforcement du rôle du pouvoir gouvernemental face au P. laquelle a aujourd’hui perdu l’essentiel de ses pouvoirs . et après la remise en ordre que constitue l’Empire et qui va stabiliser la Révolution. Chapitre 1. L’ORGANISATION DES POUVOIRS la Ch. La responsabilité et la dissolution sont des armes de dissuasion. est le produit d’une majorité et qu’il n’y a apparemment pas de raisons. le P.. par l’apparition en général d’un troisième Parti. la France repose enfin sur des acquis constitutionnels. et le P. §3. n’est pas content du G. vont se succéder avec des régimes instables. De ce point de vue. qui présente deux caractéristiques : il est un acte rare. ne pas servir mais empêcher les comportements qui pourraient amener à vouloir les utiliser.. en ce qu’il introduit le droit écrit dans le fonctionnement des pouvoirs constitutionnels. Elle limite considérablement ce dernier. et la Ch. ni pour que le P. En GB. s’est développé dans sa version majoritaire. l’inverse est la crise gouvernementale négative mentionnée ici. si le P. qui ne sont pas réellement faites pour s’en servir. cád. renverse le G. ainsi elle ne peut renverser le G. qui regarde les interactions entre le P. mais est ensuite incapable d’obtenir une nouvelle majorité. lorsque le P. des com. à 13:30. Cette situation. des com. notamment en matière judiciaire. c’est ce que l’on appelle une dissolution réservée à l’hypothèse d’une crise gouvernementale négative. Après la période révolutionnaire. Théories et applications du principe de séparation. Il n’y a plus véritablement de séparation des pouvoirs entre le G. les systèmes sont relativement stables et la véritable séparation est plutôt d’ordre politique. Un autre changement important dans le système britannique. La crise gouvernementale positive se produisant lorsque le P. tout simplement parce que le G. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. à Arcueil. Dans tous les cas.B. Dans le nouveau système britannique. et le G. en prévoyant qu’une dissolution ne puisse intervenir que si la Ch.-.. et qu’elle n’accorde pas expressément sa confiance à un G. des Lords. la dissolution est automatique .DROIT CONSTITUTIONNEL. a été renforcée par un système de bipartisme . et c’est ce bipartisme stable -Parti conservateur. ni pour que le P. avec environ un siècle de décalage et dans des conditions voisines. et a perdu l’essentiel de ses compétences législatives. soit dissous. sinon pour -sur le modèle de l’arme nucléaire. adopte une motion de censure expresse contre le G.. le 6 janvier. Examen de DC. dans les 14 jours qui suivent. n’arrive pas à obtenir une majorité pour soutenir un G. le système constitutionnel français n’est pas très différent des systèmes monistes.. M. inscrits pour la plupart dans le CC (Code Civil). avec une alternance. et tout particulièrement la dissolution. souvent extrémiste.

avec un P. Cette C. L’évènement politique qui va conduire à un changement profond des institutions est la crise qui oppose le P. Il s’agit d’une C. Ainsi. entre Monarchie et République. Ainsi. et marque la chute du 2e Empire. Ce régime parlementaire. irresponsable. se produit un coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. accorde des pouvoirs importants au P. 1. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. puisqu’elle se destine à préparer la restauration d’une Monarchie. est conçue par un ensemble de textes constitutionnels. imprécise. régime qui durera jusqu’en 1870 et deviendra de plus en plus libéral. -régime dualiste. puisqu’elle vise à s’adapter à des situations politiques très différentes. de R. il est prévu de rétablir la Monarchie. de la R. il est décidé par un amendement d’instaurer une République Provisoire. Un blocage se produit. de la R. de la R. sinon qu’il va se développer avec la pratique : soit un R. Cette République s’installe de manière particulière. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). cád dans une période où l’on va rechercher l’équilibre entre les différents pouvoirs.DROIT CONSTITUTIONNEL. en effet. Sont décrits sommairement les institutions et leur fonctionnement. il avait été élu. L’instauration définitive d’un régime républicain et d’un régime parlementaire se manifeste à travers la 3e République.. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le régime parlementaire va se développer et s’installer entre 1814 et 1870. une majorité monarchique est obtenue. la première des trois guerres entre l’Allemagne et la France se solde par la défaite de Sedan. et ils vont se mettre en place à peu près dans les mêmes conditions qu’en GB. de la R. bien que le P. on va tenter de trouver un équilibre entre un système parlementaire et un système qui doit conduire à la Monarchie. En 1870. des députés. l’Assemblée est devenue Républicaine. des Députés. est la conquête progressive de l’idéologie républicaine. lorsque les professionnels ou intellectuels vont se substituer peu à peu à l’aristocratie. 2. et le passage d’un régime parlementaire dualiste à Chapitre 1. restaurant le jeu des mécanismes parlementaires à la fin. beaucoup modifier les structures du régime. en effet. M. Une nouvelle Révolution en 1848 marque la chute définitive de la Monarchie.. La raison médiate. qui va naître progressivement entre 1815 et 1830. de 1875. TITRE II. 40 Audrey Plez .. sous la Monarchie de Juillet. Ainsi le régime parlementaire ne sera pas strictement inscrit dans la C. sera renforcé après la Révolution de 1830. La crise du 16 mai 1877 va contribuer à l’apparition d’un régime parlementaire moniste. Il s’agit donc d’une espèce de compromis. qui se proclame empereur. En 1870. à la chute de Napoléon III et du 2e Empire. lui aussi provisoire. BERTRAND. A. pendant la Restauration et après la chute de l’Empire. soit resté monarchiste . à la Ch. Elle applique les principes essentiels du régime parlementaire. et ce conflit va se résoudre au profit de la Ch. mouvement de fond. ce qui aura deux conséquences : l’installation définitive de la République . La caractéristique de cette IIIe République est que sa C.et peut dissoudre la Ch. Pour des raisons conjoncturelles. qui nomme et révoque les Ministres. Lorsque l’hériter naturel décède cependant. Elles sont le résultat d’un compromis. les descendants de Louis XIII et Louis Philippe. qui sont responsables devant le P. la Monarchie n’est pas rétablie : deux héritiers se disputent le trône. La pratique va. régime dualiste. pour attendre le retour de cette Monarchie. et un G. chargé de faire l’intermédiaire entre les deux. Son propre héritier acceptant de tolérer ces acquis. en 1815 que vont se mettre en place les mécanismes du système parlementaire . LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. lorsque l’héritier naturel refuse d’accepter certains acquis de la République. Théories et applications du principe de séparation. en attendant que son prédécesseur décède. un P. puisque la volonté d’ériger un système monarchique ou une République n’est pas clairement définie. des députés devenue Républicaine. cád. et prévues pour le rétablissement de la Monarchie. Monarchiste. ou évènement qui l’impulse. avec un P. C'est d’abord sous la Monarchie. lors des élections. En 1852. laissant place à son successeur.

en nommant un G. En second lieu. qui n’a plus aucun pouvoir. » On a parlé à ce propos de C. étant irresponsable. La campagne électorale oppose le P. » Les Républicains gagnent les élections. De plus. La disparition de ces deux éléments. de la R. en ce qu’elle va déterminer la vie politique et institutionnelle française jusqu’en 1958. de tendance monarchiste. perde tout moyen d’intervention dans les affaires du pays. relève de la compétence de ce dernier ce que le P. En effet. Chapitre 1.DROIT CONSTITUTIONNEL. qu’elle estime responsable devant elle. de façon qu’est dissoute la Ch.. devant le P. qui tentera de résoudre le problème mais n’y parviendra pas. et il n’y a aucune distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir constitué qu’est le P. monarchiste. lorsqu’il se réfère aux organes constitutionnels. Cette affirmation signifie d’abord. sans modifier la C.. le P. La C. avant de démissionner. puis républicain. L’ORGANISATION DES POUVOIRS un régime parlementaire moniste. de la R. comme on le verra dans la IVe République à partir de 1946. ce qui a pour effet que le P. de la R. cád que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l’Assemblée. Le 16 mai 1877. monarchiste. ses actions sont exercées par le G. de R. et un P. voire même à un régime de souveraineté parlementaire. et la Ch. elle ne sera plus jamais utilisée sous la IIIe République... républicain modéré. Ces éléments sont extrêmement importants. de la R. et le renverse. et les Républicains qui sont dirigés par Gambetta. il ne s’agit plus d’un véritable régime de séparation des pouvoirs qui implique un équilibre de ces derniers. du Conseil. elle signifie qu’il ne prononcera pas la dissolution de l’Assemblée quoi qu’il se passe. Pour autant. des députés. expression de la volonté générale est son oeuvre. n’est aucunement soumis à la C. résident aussi dans la souveraineté parlementaire. Jules Simon. 3. Maréchal Mac Mahon. La première logique de responsabilité du G. veut bien lui concéder. Le Ch. des députés. Cette crise est importante. et va se soumettre dans un premier temps. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. de 1958 se fera en réaction à la crise du 16 mai 1877. Jules Grévy. TITRE II. Pour résumer. Théories et applications du principe de séparation. qui déclare : « Je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. Grévy. comme le P. dualisme et dissolution. transforment le régime parlementaire en un régime d’Assemblées. BERTRAND. et non plus devant le P. renforce la puissance des Assemblées qui ne rencontrent aucune limite juridique. Les conséquences de la crise du 16 mai 1877.. de la R. la C. Réunies élisent un nouveau P. D’autre part. que seul le P. Un certain nombre de désordres politiques vont en résulter. de 1875 est l’oeuvre de l’Assemblée Parlementaire. de Jules Simon. Le G. La Ch. un G. il y a une toute puissance à la fois politique et normative du P. qu’il modifie librement. Le blocage implique qu’il soit nécessaire de donner la parole au peuple. . La concentration du pouvoir politique dans les Assemblées. des députés vote alors la défiance vis-à-vis du G. les M. a pour conséquence la démission du G. et qui a une formule qui restera. le P. d’É. qui dépend totalement d’elle. de la R. exprime la volonté nationale. puisqu’elle ne touchera pas aux éléments invoqués. 41 Audrey Plez . M. L’effacement juridique et politique du Ch. est l’intermédiaire entre le P. de R. d’É. les conséquences de cette crise vont conduire essentiellement à un déséquilibre du régime parlementaire. il détermine lui-même la frontière entre la loi qu’il édicte et le règlement qui relève de la compétence de l’exécutif.. lorsqu’il déclare que « en cas de victoire des Républicains. Ainsi. alors remplacé par un G. devra se soumettre ou se démettre. la loi. Les deux Ch. en ce que l’on a radicalement modifié les équilibres constitutionnels. le P. essaiera de résister. ne sont plus responsables que devant le P. dans ses rapports avec le G. adresse une lettre qui désapprouve sa politique au P. La procédure de dissolution tombe en désuétude. le P. sur lequel il n’a plus aucun moyen d’action. Le caractère dualiste du régime est abandonné.

TITRE II. Sur le plan doctrinal. Théories et applications du principe de séparation. Il relève également que les lois constitutionnelles de 1875 contiennent exclusivement des dispositions relatives à l’organisation des pouvoirs. Le second grand chapitre de la IIIe République concerne l’organisation administrative.. Ce sont ce que l’on appelle les grandes lois républicaines : la L. est déchu de ses responsabilités et la Présidence du Conseil n’arrive pas à s’imposer face au P. la L. n’a prévu aucune procédure particulière pour la mise en jeu de la responsabilité du G. de la R. Son livre majeur. Parti Communiste .D. avait véritablement divisé la France en deux. qui vont contester ou essayer de remettre en cause le principe de souveraineté parlementaire. de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. le P. avait réuni autour de lui tous ceux qui voulaient faire tomber la République et avait rassemblé les monarchistes et impérialistes nostalgiques.. À partir de ce constat. C’est aussi une période où l’on voit apparaitre les grands partis. de 1884 sur le droit syndical. afin de renverser le G. et il s’en est fallu de peu pour qu’il y parvienne.qui va essayer d’analyser en profondeur les institutions de la République. Le Général Boulanger. la L. notamment le principe de liberté d’association proclamé par la L. avec les premières formes de décentralisation -départements en 1871. Il évoque ainsi déjà l’idée Chapitre 1. de 1901. et une multitude de petits Partis structurés également.DROIT CONSTITUTIONNEL. de 1881 sur le droit de grève. Deux mouvements convergents vont se manifester. vont se succéder en 70 ans. issu du monde politique et issu du droit. En ce qui concerne la formation du régime. de 1901 sur la liberté d’association et la L. D’ailleurs les principes issus de ces lois. Elle est également une période d’acquis en matière de droits fondamentaux et d’action administrative. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux éléments sont à prendre en considération : le grand désordre institutionnel. même sur des questions secondaires. bien qu’il s’agisse d’une période où il y a eu de très nombreux acquis en matière de droits fondamentaux et libertés fondamentales. La C. Un certain nombre de scandales financiers et l’apparition d’un mouvement d’extrême droite qui visait au renversement de la République marquent autant de bouleversements et de forces auxquels a résisté la République durant cette période. et en 1872 la véritable création de juridictions administratives. de droite à un G. de gauche notamment : Parti Radical. M. ce qui provoque sa démission dès qu’il est mis en minorité. également celui de déterminer la compétence du pouvoir règlementaire. et se manifestait comme une source de conflits extrêmement violents dans toute la société française. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. et en matière d’organisation administrative. SFIO. et communes en 1884-. il indique que l’on pourrait imaginer que la suprématie de la C. et restent silencieuses sur ce que l’on appelle désormais les droits fondamentaux. qui explique très bien le fonctionnement des institutions d’aujourd’hui est celui intitulé La loi. Il va d’abord partir du principe que la séparation des pouvoirs constituant et constitué peut difficilement s’exprimer dans un système où la loi est considérée comme l’expression de la volonté général et lorsque celle-ci trouve son expression dans le P. BERTRAND. On passe ainsi d’un G. et d’ailleurs. et notamment les familles. d’abord sans intention. ont pour certains d’entre eux valeur constitutionnelle aujourd’hui. l’analyse la plus aboutie est celle de CARRÉ DE MALBERG. sans que ce soit produit de réel changement politique. L’affaire Dreyfus d’autre part. C’est de cette époque principalement que date ce que l’on appelle en France la tradition républicaine. Cependant. mais qui vont fragiliser la réforme parlementaire.. de gauche. C. -à continuation. 104 G. mais qu’il étudiera si bien qu’il en dégagera les dysfonctionnements. expression de la volonté générale. par la référence aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République (PFRLR). il s’était finalement enfui en Belgique avec sa maîtresse. Cád que la C.M. Il va partir de l’idée de séparation entre les pouvoirs constituant et constitué. 4. 42 Audrey Plez . a laissé au législateur le soin de déterminer librement le champ de protection des droits fondamentaux. sur la loi ordinaire soit assurée par un juge.

qui comprendrait sur toutes les matières que l’organe constituant entend se réserver à lui-même. puisqu’il lui semble évident qu’en situation de crise. P. l’instauration du référendum -mécanisme de concurrence du mécanisme parlementaire. de façon que le législateur soit obligé à les respecter. tandis qu’une majorité simple ne suffirait plus à modifier la C. cád qu’une simple majorité parlementaire. BERTRAND.. Par. ne puisse plus modifier de lois constitutionnelles. d’une part. qui ne relèvent que de sa compétence. trois types de mesures qui peuvent être prises en cas de crise. Cependant. mais c’est la première fois qu’il est appliqué à l’ensemble du territoire. aurait une portée essentiellement idéologique. de 1955. mais dans des conditions très particulières . Il s’agit de limiter un certain nombre de libertés. Tardieu. d’É. la préservation de ces valeurs vont probablement exiger la limitation de certaines de ces libertés. elle peut être prolongée par le P. majorité qui correspond par ailleurs à celle nécessaire pour la simple émission des lois. M. par exemple. pour les temps de crise : l’art. 36 CF.. Chapitre 1. considérant qu’un juge pourrait écarter l’application d’une loi contraire à la C.. 16 CF fut appliqué une fois par le G..B. et qu’il puisse s’exercer un contrôle de conformité des lois à la C. affirme ainsi qu’il faut probablement renoncer temporairement à l’exercice de certains droits et libertés.B.. en un corps de règles. manifestation. puis en 2005. En ce qui concerne l’intervention du P. de Gaulle. n’est pas tout-à-fait en accord avec les affirmations du P. de R. il faut notamment que les pouvoirs publics ne soient pas en mesure de fonctionner -il s’agit d’une dictature provisoire du P. du Conseil du centre droit. Théories et applications du principe de séparation. M. afin de les promouvoir et de les renforcer sur le long terme. Cet état d’urgence est prévu par une L. L’inscription de l’état d’urgence dans la C. De 12 jours. droits et liberté. qui transforme la C. c’est l’état de siège. dont on ne peut affirmer l’universalisme. Il proposait. qui consiste à dire que l’on ne peut transiger sur nos principes démocratiques.. il y a en France. il incombe au législateur d’assurer la conciliation des droits et libertés. elle est particulière et ne nécessite pas d’une telle disposition. Il se trouve également un débat. Le second système se trouve à l’art. aux mesures qui s’imposent au vu de circonstances particulières.Cet art. Le Comité Balladur. et a été appliquée un certain nombre de fois : Guerre d’Algérie tout d’abord. B. Il faut plus que jamais défendre les droits fondamentaux. en vue de les préserver. ainsi doivent y être inscrits des droits fondamentaux. tous les principes qui lieront le législateur et borderont ses compétences . il y aurait place pour un contrôle juridictionnel consistant à confronter les lois avec les textes constitutionnels. de la R. de 1875 ne pourrait servir à un tel contrôle. et face à la situation actuelle. circulation . ainsi. L’ORGANISATION DES POUVOIRS d’un contrôle de constitutionnalité. avait été un collaborateur direct du G. 43 Audrey Plez . ce qui nous laisse penser que ses idées aient eu une influence sur les applications constitutionnelles réalisées par ce dernier par la suite. 16 CF accorde ainsi les pleins pouvoirs au Ch. ni qu’il puisse la violer librement .Ce mouvement révisionniste traduit la remise en question de la souveraineté parlementaire. et d’exercer un certain nombre de mesures de police de façon beaucoup plus large qu’en temps normal. » Cette idée implique que le constituant pose un certain nombre de principes en matière de droits fondamentaux. lorsqu’il est affirmé que les libertés sont protégées dans le cadre de l’état d’urgence. doivent être prises de mesures de crise. qui vise l’état de guerre et a pour effet de transférer l’ensemble des pouvoirs de police à l’armée et aux tribunaux militaires. est l’état d’urgence. de Gaulle lors de la Guerre d’Algérie. Il ne faut pas que le législateur puisse modifier librement la C. La dernière. situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. En revanche. de R.  Une deuxième condition : il faudrait qu’il y ait une distinction entre l’organe constituant et l’organe législatif. Ces deux dispositions ne sont évidemment pas adaptées à la situation présente : les pouvoirs publics fonctionnent et il n’existe aucune raison de transférer les pouvoirs publics à l’armée. lesquelles doivent être prévues par les C. Il ajoute cependant immédiatement qu’établir un contrôle de constitutionnalité ne servirait à rien sous la IIIe République. lorsque se sont produites des émeutes dans les banlieues. S’il peut s’agir d’une guerre. étant donné qu’aucune règle dans la C. TITRE II. bien qu’elle ait été alors limitée aux départements d’Île de France . Il faut renoncer également à l’idée selon laquelle ces droits et libertés fondamentaux peuvent s’étendre de manière pacifique. «  Il serait nécessaire qu’il soit procédé à une révision constitutionnelle. Cette décision était alors appuyée par M.DROIT CONSTITUTIONNEL. a pris la décision d’inscrire l’état d’urgence dans la C. M.

M. autre auteur qui s’est prononcé sur la question. Contrôle d’un juge. pouvant retirer la nationalité non seulement aux personnes ayant acquis la nationalité au cours de leur vie mais également à ceux qui l’ont acquis à la naissance. TITRE II. HUNTINGTON. Celle-ci ne concerne plus seulement la France sinon également tous les États partie à l’espace Schengen. de R. Il suffit ainsi qu’un pays n’exerce pas de contrôle à ses frontières pour que l’individu puisse circuler librement. SAÏD. L’intérêt de cette période est de voir. et liée aux moyens qu’il faudrait alors mettre en place. le territoire n’étant plus tout-à-fait vraisemblablement protégé. (Par rapport à la rétention de ces individus. bien qu’elles soient soupçonnées d’entretenir des liens avec des réseaux terroristes. afin de permettre l’empêchement des attentats. et qui soulèvent la question de leur conformité à la C. ne sachant plus quoi faire de leurs Chapitre 1. à la place de DA. Matériellement. Lundi 30 novembre. notamment. qui a été validée par le C. Remplacé le vendredi 11 décembre. puisque l’on recherche l’efficacité des mesures en contournant. Les garanties dont on parle. : la déchéance de la nationalité. l’exigence d’un jugement. La question n’est donc pas réellement celle de savoir si ces mesures pourraient s’appliquer dans le cas de ces individus. CHOMSKY. extrêmement brutale et inattendue.face à un système qui les refuse. Précision des mesures. que l’on peut retenir en prévention de ces risques. L’autre disposition concerne la Police.. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Deux dispositions ont également été invoquées par le P. de R. La difficulté de les garder sous surveillance est matérielle. La guerre des civilisations se produit ainsi entre un système qui croit à un certain nombre de valeurs -ici.B. et dans l’optique que vous nous avez indiqué. Constitutionnel par l’usage du principe de proportionnalité. par la mention expresse de certains comportements. de personnes suspectées d’activités terroristes. Cependant. quelles seraient-elles ? Par rapport au but recherché. pourrait lui permettre d’être conforme à la C. et l’emprisonnement. En ce qui concerne la pénalisation d’un délit de radicalisation.. mais qui n’ont pas nécessairement commis de délit. comment le droit va parvenir à régler la question par des fictions. il semble important de faire remarquer que la question de ne pas toucher aux droits et libertés afin de les préserver. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). BERTRAND. celles du monde occidental. comment le droit va s’en emparer. dans les jours suivant la rétention première et qualification des comportements permettant de recourir à cette rétention. Le choc des civilisations. 44 Audrey Plez . La défaite militaire de 1940. elle est justifiée matériellement. afin de réguler leur installation. En DI. relève du contrôle des frontières. À priori. et d’autre part.. critique via L’Orientalisme. il faudrait bien évidemment qu’elle soit adoptée par voie législative. Présenté l’aspect juridique de ces dispositions. où pourrait-on imaginer placer la limite entre l’efficacité des dispositions et l’institution de garanties ? Contrôle par le C. ainsi. ce qui semble plausible. mais permet de comprendre un certain nombre de mécanismes. pour des personnes présentant des risques d’attentats sexuels sur des mineurs par exemple. cette disposition semble absolument nécessaire à M. Constitutionnel. d’une part comment vont se mettre en place les gouvernements qui sont pour l’essentiel des gouvernements de fait -parce qu’ils ne respectent pas les règles relatives à l’ordre constitutionnel-. « L’histoire ne se répète pas.Il est donc seulement possible de retirer la nationalité de ceux disposant de deux nationalités et qui en est la limite. Théories et applications du principe de séparation. cependant. La question s’est donc posée de la rétention de ces individus. De votre point de vue.) La dernière disposition enfin. la caractérisation du délit. va créer une situation matérielle où les troupes allemandes avancent en France à une vitesse record. Il existe un principe qui exige de ne pouvoir retenir des individus non jugés. pas de cours de DC.DROIT CONSTITUTIONNEL. l’examen portera sur un commentaire de texte. sinon celle des garanties qui seraient accordées à ces individus. le P. » * B. avec des interventions. on note aussi l’existence de mesures de sureté. on note l’interdiction de production d’apatrides -soit la déchéance de nationalité de personnes qui n’auraient plus alors aucune nationalité. puisque l’aspect préventif des fonctions pénales est inexistant. peut-être un faux débat.

afin de permettre enfin le changement de régime. de Gaulle. aucun art. L’ambiguité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 n’abolit pas la République. le choix de l’armistice est un choix qui n’en est pas véritablement un. Le texte qui sera ensuite voté par les deux Ch. adoptée par la Ch. L’ORGANISATION DES POUVOIRS prisonniers. sont remis en cause les deux principes posés à l’art. avec une forte majorité à gauche . puisque c’est lui le vainqueur de Verdun. et à la fois dans l’entourage du Maréchal Pétain et dans celui du G. en date du 18 juin 1940. de Gaulle. du Conseil va s’y opposer. d’É. Un Gouvernement parfaitement en règle dans son aspect constitutionnel. de manière tout-à- fait contradictoire. elle est un acte politique qui ne pose aucun problème de nature juridique. Et si le terme d’État français se substitue au terme de République. Cette proposition. Ce qui est intéressant est que cette volonté de renouveler les institutions va se retrouver indifféremment à droite et à gauche. à l’effet de promulguer une nouvelle C. de la République. La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 : les deux Ch. 1. M. de Gaulle. signataire de l’armistice et chargé d’établir une nouvelle C. P.  » Le contenu de cette loi n’est pas non plus entaché d’inconstitutionnalité. va charger le Maréchal Pétain de constituer un nouveau Gouvernement. Quant à la signature de l’armistice. de Vichy met en cause le principe d’égalité. en ce sens que même si ce texte n’avait aucune valeur juridique. Vichy se présente comme une ville où pourra s’installer le Gouvernement. par 395 voix contre 3. et de la patrie. de R. BERTRAND. de la IIIe République. Si on ne se situe plus sur la forme du G.. Simplement l’acte constitutionnel premier dispose que le Maréchal Pétain assume les fonctions de Ch.. 45 Audrey Plez . P. 16 DDHC : il n’y a aucune séparation des pouvoirs. et par le Sénat à 299 voix contre 1. le G. prévoit une possibilité de révision de la C. du Parlement sont convoquées le 6 juillet 1940. est nommé dans les conditions classiques de la C. va perdre de sa légitimité face à un Gouvernement sans légitimité constitutionnelle mais qui va gagner en influence. le G.donne tout pouvoir au G. elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. et un homme âgé. mais le mandat donné au Gouvernement de la République est d’établir l’État français. décide de signer l’armistice. d’une part auprès du Gouvernement de la IIIe République. Ch. C’est d’ailleurs exactement le même mécanisme qui sera utilisé plus tard par le G. de la famille. et la tâche que constitue le traitement des juifs sous le G. prend l’initiative d’une proposition de révision constitutionnelle. La majorité du Conseil des M. Le dernier P. il est évident que ces derniers ont été bafoués. mais que l’on se situe sur les principes républicains. à l’époque. De manière tout-à-fait objective. va faire remonter l’irrégularité du Gouvernement de Vichy à la signature de l’armistice. Reynaut. des députés. puis d’autre part. adoptée à uns majorité écrasante. Cette C. qui dispose d’un grand prestige issu de la guerre de 1914-18. réunies à 559 voix contre 80. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DE VICHY. n’a aucun fondement juridique. Théories et applications du principe de séparation. TITRE II. qui d’une autre manière n’aurait pas été possible. de l’État français. Cette analyse cependant. presque parallèlement.DROIT CONSTITUTIONNEL. en revanche. pour des raisons politiques évidentes. pour ne pas devenir prisonnier lui- même des troupes allemandes. présidé par le Maréchal Pétain. du Front Populaire. de Gaulle. Ce G. Il s’agit simplement d’une révision du mode de révision de la C. ne la supprime. La question de la constitutionnalité du pouvoir exercé par le Maréchal Pétain et de son exercice. Chapitre 1. en réponse à l’appel du G. Un décret fixe à Vichy le siège du pouvoir public. sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain. précise que « l’Assemblée Nationale -réunion des 2 Ch. Il y aura une récupération politique de cet évènement. devra garantir le droit du travail. et où le Gouvernement va se réfugier de plus en plus loin. Deux mouvements vont se créer. En 1940.

provisoire de la République française. du G. Théories et applications du principe de séparation. d’É. En 1944. 46 Audrey Plez . vont faire partie des forces alliées. BERTRAND.- L’idée est donc de faire passer cette signature dans les actes considérés théoriquement comme nuls et non-appliqués. de Pétain est un Gouvernement de fait. L’idée fondamentale du G. de fait comme légitime. soit ratifiée par le peuple et que soit créées des Assemblées. avec une confusion des pouvoirs entre les mains du Ch. de Gaulle. M. français. de Gaulle. législatifs ou règlementaires promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940. instaurant le G. de Gaulle est de créer l’illusion que la France n’ait jamais perdu la guerre. en s’appuyant sur des personnes non trop compromises avec les allemands. On est dans un système. de Gaulle par la suite.DROIT CONSTITUTIONNEL. de la IIIe République. 2 déclarant nuls les actes constitutionnels.-U. parfaitement légal. ne pas avoir existé. 1 que la France en tant que République n’a pas cessé d’exister. Les négociations vont se faire entre Churchill. les soldats français qui vont combattre avec les alliés contre l’Allemagne. Ce qui veut dire que la France n’a jamais été vaincu. mais aussi qu’elle a gagné la Guerre. un G. du Conseil. Il est donc un personnage d’un rang presque subalterne. Il prononcera un discours le 18 juin 1940. de Gaulle va nommer un Préfet et ce Sous- Préfet. le Chapitre 1. TITRE II. et s’en va quasiment seul à Londres. Les institutions de la France libre. pure fiction juridique va avoir pour effet. Les conditions posées par la loi constitutionnelle ne sont pas respectées. et non pas par celui du Maréchal Pétain. Puis il utilisera l’adage latin selon lequel les armes doivent s’incliner devant le gouvernement civil. Ceci va lui permettre d’être parmi les alliés lors de la victoire. dirigé à Londres par le G. de Pétain n’a pas juridiquement existé. considérant que l’armistice n’est pas valable et la France toujours en Guerre. de Gaulle en 1940 a été Sous-Secrétaire d’État à la Guerre. et l’art. Mitterrand. sur le plan juridique. Ainsi. le Maréchal va renvoyer le P. du Maréchal Pétain. Ce second s’occupera des affaires civiles tandis qu’il laissera au premier les affaires militaires. de permettre que ne soit pas imputé à la France un certain nombre de crimes commis sous ce G. -puisque c’est la date de signature de l’armistice. qui sera de considérer qu’à partir du moment où le G. les crimes commis sous celui-ci ne puissent être imputés à l’État français. Ce coup de génie du G. L’idée va être que la G. puisque auto-proclamé par le G. Il permet de faire rentrer les forces de la France libre dans la guerre. Le G. Roosevelt. Le G. de Gaulle à F. affirme dans son art. de Gaulle est censé exister depuis le 16 juin 1940 et que le G. estimant que celui-ci va beaucoup trop loin dans la collaboration avec les allemands. et il y aura un comité français de libération nationale. Staline et De Gaulle. Il y aura une constance dans l’histoire française. Jusqu’en 1942.. sa défaite ayant été pourtant cinglante et presque immédiate. de Gaulle. du Conseil qui détiendra alors l’essentiel du pouvoir.. sont ainsi formée notamment par un comité international français composé de quelques personnalités. Ministre du G. le Maréchal Pétain dispose de l’ensemble des pouvoirs. va instaurer des Maires et institutions dans les villes. Les américains vont donc rencontrer partout où ils se rendent. qui fera reconnaitre le G. de Gaulle et à Alger par le G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Le G. 2. Il exercera réellement le pouvoir pendant 1 an et demi. Giraut est beaucoup plus gradé que le G. en considérant qu’il y emmène la France. Ce qui est d’autant plus problématique qu’il a été signé par le G. le G. avant que les allemands ne réinstaurent ce même P. du G. Une ordonnance du G. de la France libre par le R. Il va monter des structures petit à petit qui vont gagner en puissance jusqu’à la fin de la Guerre. Giraut. bien entendu de fait. puisqu’en 1942. parce que la loi constitutionnelle prévoit d’une part que la C. LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT FRANÇAIS DU GÉNÉRAL DE GAULLE.

. les EE. mariages. de nombreux actes se sont produits. Tout son statut par la suite. L’ÉLABORATION DE LA NOUVELLE CONSTITUTION. et le 1er M. va marquer un projet avec une nouvelle déclaration des DH. aux plus politiques. de R. BERTRAND. lors d’un discours prononcé à Bayeux. avec pour objet celui de remplacer la DDHC de 1789. et ainsi que l’on rétablissait la situation d’avant la loi constitutionnelle de 1940. Le nouveau projet est le résultat d’un compromis entre la gauche et le MRP. de Gaulle fait. et un renforcement de la position du P. très marquée à gauche. de Vichy sont ainsi bien évidemment restés en place. élue en 1945. illustrant bien la manière dont on peut manipuler dans un sens comme dans un autre. qui sera lui. il eut fallut considérer que la IIIe République n’eut jamais cessé d’exister. La réponse est oui. Ainsi l’ordonnance disposera que cette nullité devra être établie acte par acte. d’autant plus que tous les fonctionnaires ont juré fidélité au Maréchal Pétain. (ordonnance) de 1944. élue va rédiger un projet de C. on rétablit la légalité républicaine. Une deuxième question est posée : celle de proposer une organisation temporaire de pouvoir public avec un régime d’Assemblée et un Ch. constituante est marquée par un déplacement de sièges au détriment de la gauche et au profit du centre ou centre-gauche. les actes de la France libre valides depuis le début. avec l’élection d’une nouvelle Ass. du Conseil. Ce référendum et l’élection de cette Assemblée vont avoir lieu le 21 octobre 1945. avancements. notamment les magistrats. il est marqué par un retour à un bicaméralisme inégalitaire.La plupart des actes de gestion courante du G. le droit. M. de Vichy sont nuls. jusqu’à ce que l’Assemblée constituante ait élaboré une nouvelle C.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le projet de C. et l’Assemblée élue chargée d’élaborer une nouvelle C. fonctionnement de l’administration. adopté par le peuple. La question est la suivante : elle est celle de savoir si le peuple désire que l’Assemblée élue ce jour soit une Assemblée constituante. C’est à ce moment-là que le G. unique. projet qui établissait un régime d’Ass. de Vichy. Le G. rejeté par le peuple. Dans une pure logique juridique. Théories et applications du principe de séparation. et l’Union Soviétique. il va faire en même temps l’élection d’une Assemblée constituante. Le problème est de définir cette légalité républicaine. qui va faire un nouveau projet de C. La nouvelle Ass. unique qui élit le P. connaître ses conceptions constitutionnelles qui éclairent très nettement ses intentions en 1958 mais qui auront très peu d’influence sur le texte de 1946. Il y a rejet de ce projet par référendum. 1. va être construit sur cette fiction juridique. notamment avec l’affaiblissement du droit de propriété. Il est précédé d’un Chapitre 1. Dans l’O. sous le G. de Vichy étaient des actes de simple administration. La situation est donc celle-ci et il est intéressant de voir ces éléments anecdotiques. avec un statut international de vainqueur. -C. des plus graves -statuts des juifs-. les lois constitutionnelles de 1875 étant considérées comme ayant survécu. avec une Ass. La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 laisse à l’Assemblée un délai de 7 mois pour rédiger une nouvelle C. L’Ass. notamment constitutionnel. divorces. et non seulement des actes de collaboration. et prévoit que ce projet soit soumis au vote par référendum.. TITRE II. Ce qui ne peut fonctionner en réalité puisque de nombreux actes sous le G. de Gaulle souhaite bien évidemment profiter de cette situation pour mettre en place des institutions politiques nouvelles. Il est évident que cette question visait à rompre avec la IIIe République et donc à élaborer une nouvelle C. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). C. Cependant. 47 Audrey Plez . Mais le G. si bien que cette même ordonnance va dire que tous les actes du G. le Parti Communiste et la SFIO disposent de la majorité des sièges et De Gaulle démissionne. de Gaulle va alors procéder de la manière suivante. Dans la première Ass. et un référendum. du 19 avril 1946. Cette Ass.UU. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Canada.

de 1946 . il fera basculer à la fois la DDHC et le Préambule de 1946 parmi les normes de référence. Ce texte du Préambule de 1958 fait référence à la fois à la DDHC de 1789. Ce que l’on a voulu renforcer est le pouvoir du P. Régime dans lequel le G. La question de la hiérarchie des normes juridique est celle que nous allons d’abord aborder. 2. en considérant que le Préambule de 1958 fait partie des normes de référence. Le Parlement était à la fois auteur de la C. Les dispositions du Préambule de 1946 peuvent donc être invoquées à l’occasion d’une QPC. sans toucher ni remettre en cause la souveraineté parlementaire. procédure qui durera jusqu’en 1954. C. raison pour laquelle elle va échouer. Du côté du pouvoir exécutif. de R. Constitutionnel considère dans l’une de ses décisions. Il s’agit donc d’un régime parlementaire moniste. L’Ass. économiques et sociaux ci-après ». et le peuple français vote majoritairement oui. Proportionnel. La IVe République. Il est élu pour 7 ans par le Parlement. Ce que l’on a appelé mouvement révisionniste sous la IIIe République avait pour objet de remettre en cause le contrôle parlementaire. et le niveau ou les mécanismes institutionnels. Nationale composée de députés élus au scrutin proportionnel dans le cadre de départementales.. -Introduire ici les PFRLR. On va ainsi faire du P. de la R.sous la IIIe République. le peuple français proclame à nouveau que tout être humain. 48 Audrey Plez . et le G. Désigné par le P..DROIT CONSTITUTIONNEL. et le scrutin proportionnel comme juste et efficace. que le Préambule de la C. Grévy. sans distinction de race. mais il a des pouvoirs considérablement réduit. dispose de beaucoup moins de pouvoir que celui élu sous la IIIe République. la séparation du pouvoir constituant et par le référendum. il est un pouvoir faible. de R. afin de les reconnaitre. Théories et applications du principe de séparation. de 1946 a une importance particulière puisqu’il fait aujourd’hui partie des normes constitutionnelles. et. Ce texte a d’abord une phrase liminaire qui dit qu’« au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine. Il indique ensuite qu’« il proclame. et de la loi sous la IIIe République et laissait au pouvoir Chapitre 1. cád qui favorise les petits Partis. Le C. en opposition au régime parlementaire dualiste. constitutionnellement ce qu’il était en pratique -cf. Les pouvoirs publics y sont organisés de la manière suivante : le pouvoir législatif est un bicaméralisme inégalitaire. de Gaulle est le seul qui appelle à voter non. LE RÉGIME ÉTABLI PAR LA CONSTITUTION DE 1946. de 1958 a valeur constitutionnelle et que les dispositions qu’il contient peuvent être invoquées comme norme de référence du contrôle constitutionnel. BERTRAND. ce qui n’était pas l’idée à l’origine. » Ces derniers seront fixés par le C. ne touchant pas à la cause des dysfonctionnements. qu’il souhaite. ne va pas agir dans ce sens. dans lequel le G. n’est responsable que devant les Ass.. qui fixera un cadre pour ces principes. de R. possède des droits inaliénables et sacrés. les principes politiques. comme particulièrement nécessaires à notre temps. du Conseil. Nationale à la majorité absolue après avoir présenté son programme. Ce qui caractérise la IVe République est la tentative de rationalisation du parlementarisme. est responsable à la fois devant l’Ass. les M. par le contrôle de constitutionnalité. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. le P. par exemple. soit le 1er M. Le Conseil de la République est élu au suffrage universel indirect par de grands électeurs. Le Préambule de la C. TITRE II. Le système majoritaire est considéré comme un système injuste et inefficaces. en outre. de religion ni de croyance. et devant le P. et au Préambule de la C. Clefs de compréhension. de R. sinon essayer d’améliorer ou de rationaliser les mécanismes du systèmes parlementaire. et fait enfin désigner ou nommer par le P. M. Par. il reçoit seul l’investiture de l’Ass. de R.La liberté d’association tout comme celle d’enseignements seront fondés sur la notion de PFRLR. qu’il énumère. Constitutionnel. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Préambule. nommé ensuite par le P. Elle va agir sur deux niveaux : la hiérarchie des normes.

par référendum. Était ainsi délégué au G. non prévue par la C. TITRE II.. de R. le P. Il ne peut être saisi que si la majorité absolue le sollicite. Il reste au pouvoir règlementaire. il ne peut contrôler la loi que par rapport à certains arts. 13 de la C.. On interdit pour autant cette procédure de délégation du pouvoir législatif par le P. BERTRAND. précisément institués. nationale à la majorité absolue. Cette situation est à peu près la même sous les IIIe et IVe République. M. Par ailleurs. d’autre part. cád que lorsque le législateur ne peut entrer dans tous les détails. n’était pas toujours d’accord sur la composition de son G. et on a pris l’habitude d’avoir une double investiture : prévue par la C. alors même que le G. Dans la C. L’Ass. 49 Audrey Plez . il peut intervenir dans tous les domaines. puis investiture à la majorité simple du G. En outre. qui est l’embryon d’une Cour constitutionnelle. dont le législateur n’a pas traité-. de 1946. est intervenu par voie règlementaire. si la C. elle est individuelle. ce qui veut dire que le domaine de la loi est illimité. et jusqu’en 1954. dont est exclu le Préambule. pour autant. À partir du moment. Il ne resterait théoriquement qu pouvoir règlementaire que le pouvoir d’application des lois. Il peut intervenir pour combler un vide juridique. est la question de l’investiture par l’Ass. le législateur peut se saisir à tout moment de cette matière. un pouvoir d’application de la loi. vient du fait que d’une part. du Conseil à la majorité absolue . il ne la délègue pas. le soin d’ « établir par décret certaines lois ». que l’on appelle décrets-loi et qui correspondaient à une délégation provisoire de la compétence législative. L’échec du domaine normatif. mais sous la IIIe République. nationale ne donne ainsi sa confiance qu’à lui seul. Le problème est que l’Ass. du Conseil. ceci a pour Chapitre 1. - seul texte se référant à des droits fondamentaux-. il revient au pouvoir règlementaire de préciser la loi. sinon qu’il établit simplement cette matière comme hors de son domaine. prévoit que le peuple français exerce sa souveraineté par ses députés à l’Ass. Mais. le domaine de compétence du pouvoir règlementaire est celui que veut bien lui laisser le législateur et dont il peut se saisir à nouveau quand il le désire. cád. et d’autre part. selon une procédure particulière. La délégation du pouvoir est interdite. ou ne veut y entrer. qu’il soit prévu la possibilité de réviser la C. ces arts. de 1948 indique que des décrets peuvent modifier ou remplacer une loi. après avoir été désigné par le P. de la C. Le contrôle est donc impossible à mettre en oeuvre. où le P. de 1946 prévoyait que l’Ass. Cela signifie que le législateur va déléguer sa compétence au pouvoir règlementaire. Ils intervenaient dans des domaines de compétence du législateur.DROIT CONSTITUTIONNEL. ses pouvoirs sont très limités : d’une part. et enfin. ne contiennent aucun droit. Le premier aspect quant à l’échec institutionnel. Une deuxième séparation est établie : entre la loi et le règlement. En définitive. il n’existe pas de réel contrôle de constitutionnalité. mais cette distinction est très imparfaite et la C. dans le silence de la loi. qui avait accordé sa confiance au P. en procédant d’une manière simple : en attribuant un caractère règlementaire à certains de ses domaines de compétence. investiture du P. au G. l’Ass. nationale. cette interdiction va être détournée : une L... -dans un domaine. et ? Le texte distingue les pouvoirs constituants des autres pouvoirs. (Parlement) représente la nation souveraine. Sous les IIIe et IVe Républiques. droit qu’elle ne pouvait déléguer. L’art. qu’une règle juridique est une loi à partir du moment où elle a été votée par le Parlement. ce qui ne sera pas utilisé. le soin de prendre certaines mesures par décret. Il va simplement décider qu’une matière ne relève plus de son pouvoir : ainsi. Le premier problème qu’il va traiter est celui des rapports entre la C. Là encore. déléguait au G. En d’autres termes. L’ORGANISATION DES POUVOIRS règlementaire le soin de traiter certaines questions par délégation de pouvoir. le pouvoir règlementaire peut intervenir. de 1946 met en place un Comité constitutionnel. le fait que le domaine législatif fixe lui-même les frontières des domaines législatif et règlementaire. Théories et applications du principe de séparation. et s’il dispose d’une légitimité forte. dans des matières fixées par cette loi comme ayant un caractère règlementaire. du Conseil se présente seul pour obtenir l’investiture par l’Ass. nationale vote seule la loi.. le critère de la loi est formel et organique .

M. qui se montre réellement incapable de dégager une majorité et de définir une politique. nationale. Chapitre 1. deux G. le P.. après la IVe République. n’est envisagée par la C. et il faut que ces deux renversements de G. présente son programme et son G. soit renversé. Ce qui va miner la IVe République est essentiellement la décolonisation. après autorisation du Conseil des M. de sa responsabilité devant le P. servir de leçon au moment d’établir une nouvelle C. renversements dont ils ne pourront user pour justifier une dissolution. 50 Audrey Plez . Tout le bénéfice de l’investiture du P. C’est la même chose dans le cas de la motion de censure. c’est le cas en Espagne aussi. Il faut non pas une crise ministérielle pour qu’intervienne une dissolution. Théories et applications du principe de séparation.. est que le personnel politique de la IIIe République est très présent dans la IVe République . ils pourront être renversés plus facilement. du Conseil n’a pas une légitimité plus solide que sous la IIIe République. la motion de censure intervient quant à elle quand le P. Pour éviter la même dérive que sous la IIIe République. la dissolution. c’est le G. Il va y avoir une situation qui est. sous la IVe République. BERTRAND. de R. Les partisans de la VIe République oublient très souvent les causes de la Ve République qui tiennent à l’échec des excès parlementaires de la IVe République. Troisième disposition : il est nécessaire que la majorité absolue des députés se prononce contre la confiance. Lors de la précédente. interviennent conformément aux exigences constitutionnelles. Tout ceci va conduire à l’échec du parlementarisme rationalisé. ce qui va conduire notamment à une interprétation de la C. Le dernier élément est le droit de dissolution : pour qu’il y ait une véritable rationalisation du système parlementaire. ou son mandat. peuvent démissionner suite à une majorité simple qui ne leur permet pas de faire voter des lois. une situation qui n’est pas univoque. En revanche. la C. avec une égalité des armes. et P. tout simplement parce que la raison d’être d’un régime parlementaire est la notion d’équilibre. du Conseil.DROIT CONSTITUTIONNEL. du Conseil peut seul poser la question de confiance. Ce qui veut dire que dorénavant. Le second problème est celui de la règlementation de la question de confiance. cád. Dans de nombreux pays. et les majorités deviennent difficiles. prend l’initiative d’engager la responsabilité du G. La question de confiance est l’engagement par le G. il y aura un important changement du personnel dans le passage de la IVe à la Ve République. D. pour que le G. L’ORGANISATION DES POUVOIRS conséquence un affaiblissement du G. les G. À partir du moment où les G. en est affaibli. * […] Sous la Ve République. là encore. La seconde implique que le vote sur cette question ne puisse intervenir que 24 heures après son dépôt. le régime fonctionne mal. il eut fallut que le G. dispose du pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Ass. Le P. qui les approuve à la majorité simple. de 1946 va prévoir plusieurs dispositions : la première étant que le P. à l’Ass. comme un régime d’Assemblée. Or. soit deux fois de suite un renversement de G. En effet. sinon deux crises successives. dans la question de confiance. qui prend l’initiative d’engager sa responsabilité. la stabilité du système est essentiellement fondée sur l’existence d’une majorité parlementaire. bénéficient d’une majorité faible. on sort de ce système droite-gauche. renversés à la majorité absolue. dans un délai de 18 mois. et c’est cet échec qui va. du Conseil désigné par le P. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. que comme le moyen de mettre fin à une Ass. L’une des raisons aussi. TITRE II. qui va conduire à la rapprocher du fonctionnement qui prévalait dans la IIIe République. du Conseil seul.

Théories et applications du principe de séparation. l’une dite de pleins pouvoirs. des pouvoirs spéciaux en Algérie. C’est là essentiellement. Le 13 mai 1958. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. EE. soutenus par l’armée d’Algérie. de Gaulle. du G. sont des systèmes à la fois démocratiques et libéraux. de préparer une nouvelle C. SECTION 1. à protéger les droits individuels. l’on fonctionne plutôt dans des systèmes mixtes ou dirigés par le libéralisme. est un pouvoir légitime. Il y a. demandent alors le retour du G.. celle de définir l’intérêt général.. TITRE II. et limité.. donnant au G. mais il faut considérer qu’en majorité. un principe fondamental de l’ordre constitutionnel même s’il évolue beaucoup. systèmes européens notamment. sur cette idée de séparation des pouvoirs. Ce qui veut dire que les P. une recherche de cet équilibre entre légitimité. Il va conduire et déterminer la politique de la nation. entre ce pouvoir politique -pouvoir gouvernemental et parlementaire-. la logique profonde de la séparation des pouvoirs telle qu’elle se développe aujourd’hui. ni dans l’autre. et notamment de protéger les droits et libertés individuelles. (Assemblée) vote des lois. Et une deuxième fonction. elle renvoie en fait à une idée de limitation de ce dernier. dans les Chapitre 1. mais ces lois. BERTRAND. le « pouvoir de prendre par ordonnance les dispositions nécessaires au redressement de la nation ». Il est d’essence démocratique dans de très rares pays. La séparation des pouvoirs est un mode d’exercice du pouvoir . au sein de l’armée notamment. La limitation prévalait auparavant. Elle se situe. et ce pendant 6 mois. les activistes prennent d’assaut le G. Il évolue. qui est de contrôler les actes des G. deux fonctions. Un certain nombre de Gaulliste. qui renvoie à la théorie de Montesquieu d’un pouvoir limité. et celle de conduire les affaires de l’État. Bien sûr. pour l’essentiel. L’art d’une C. cette A. le plus souvent sont d’origine gouvernementale.DROIT CONSTITUTIONNEL. Le domaine de compétence est donc très large. n’ont plus beaucoup d’efficacité. CHAPITRE 2. M. C’est là que nous reprendrons alors notre étude de la Ve République au cours du 2nd semestre. ou celle de la conserver. lequel répond depuis Paris qu’il est prêt à assumer la responsabilité des pouvoirs. de Gaulle sous la Ve République sera de rendre le pouvoir grand. en réalité. Lorsque l’on regarde. et plus fort. il n’y aura majorité ni dans un sens. Dès qu’il est investi. de déterminer un programme : rôle du pouvoir politique. et le pouvoir du juge -pouvoir judiciaire ou juridictionnel-. et un rôle visant à lui donner des moyens d’action. en particulier en Algérie. efficace. sollicité par le P. Et c’est toujours. ne jouent pas tant un rôle de limitation du G. et dont les limites seront alors moindre.. et d’autre part. et selon une formule très vague. et la durée plutôt étendue. notamment parce que les notions de pouvoirs exécutif et législatif. Et l’on va entrer plus précisément. c’est le renforcement du pouvoir qui domine la nouvelle C. Il y avait alors deux possibilités : celle de négocier son indépendance. et du P. Le mouvement de balancement entre ces deux possibilités va rendre la situation réellement problématique . de Gaulle. conduisant pour l’essentiel à garantir les droits et c’est le rôle du juge. à Alger. constituée à l’époque de départements français.UU. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Il est difficile aux partis d’aborder le fond du problème de la décolonisation. par ex.. nous le verrons. Il faut bien voir que nos systèmes constitutionnels. et visent à lui donner les moyens de mener sa politique gouvernementale. C’est donc une conception libérale du pouvoir. Aujourd’hui. en réalité. dans tout système constitutionnel. avec le soutien d’une Assemblée Parlementaire. un responsable qui gouvernera la politique de la nation. C’est un pouvoir d’essence non-démocratique.. c’est la question de la légitimité du pouvoir. général d’Algérie. il faut alors considérer que la séparation des pouvoirs réside ailleurs essentiellement. On élit directement ou indirectement. il fait voter deux lois au P. L’idée du G. ce qu’est la séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs reste donc. aujourd’hui. La démocratie. de R. force et limite qui prévaut. celle-ci vise d’une part à déterminer et garantir l’intérêt national. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. 51 Audrey Plez . qu’un rôle de soutien du G. La seconde est une loi constitutionnelle qui charge le G. Il devient donc un pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale. Revenons en guise d’introduction.

Par. et décisions. Il y a donc en France. On a un pouvoir déclinant. qui est national. on a un pouvoir monarchique de plus en plus faible. est constaté et menacé. Or cet intérêt est de plus en plus evanescent et de plus en plus difficile à établir alors que se développent de plus en plus largement des intérêts communautaires et individuels. ce qui déstabilise profondément la démocratie et remet en cause le pouvoir politique. La Monarchie n’est plus un pouvoir absolu au temps de Louis XVI.. L’ordre ancien. une grande cohérence depuis la Révolution jusqu’à récemment. à développer l’économie. elle fait du P. BERTRAND. le politique étant porteur de l'intérêt général. tandis que le juge est garant de l’intérêt individuel.E.UU. La France l’est aussi. soumise au pouvoir politique. qui est l'ordre démocratique traditionnel. Pourquoi a-t-on autant de difficulté à assimiler ou à adopter ce pouvoir du juge. Les Parlements ont eu un rôle particulièrement conservateur. 52 Audrey Plez . C’est l’inscription notamment qui interdit au juge de se prononcer individuellement sur quelque question que ce soit. mais de manière beaucoup plus tardive. l’idée qu’un juge puisse contrôler la loi est inimaginable. tandis que le pouvoir du juge s’exerce de plus en plus à un niveau supranational ou international.. une réaction de méfiance et de subordination du pouvoir du juge. en cas de doute. du Conseil Supérieur de la Magistrature -ce qu’il n’est plus-. Il devra demander. Théories et applications du principe de séparation. et un véritable montée en puissance du juge qui s'explique assez bien par ce phénomène. le pouvoir économique par ex. Il se produit une fissure dans le principe démocratique. En fait. Il n’existe plus de liberté du politique. et un pouvoir ascendant. quelle position il doit adopter. Le communautarisme et l’individualisme minent alors de plus en plus l’intérêt général. L’ORGANISATION DES POUVOIRS raisons qui conduisent à la déchirure entre le pouvoir du juge et le pouvoir politique. et la Révolution ne va avoir pour but que de limiter les pouvoirs du juge. de Gaulle dira qu’il n’y a aucune autorité au sein de l’État qui n’émane pas de l’État. TITRE II. au P. dont deux pourraient être que le pouvoir politique est inefficace. y compris l’autorité judiciaire. ces tentatives qui existent dans la plupart des pays. au fait que le pouvoir n’est plus là. de plus en plus fort. et c’est essentiellement l’expérience allemande. la plupart des dispositions normatives nationales n’étant que l’application de normes de l’U. et un pouvoir judiciaire. M.DROIT CONSTITUTIONNEL. Il s'accorde alors beaucoup plus à un certain nombre d’évolutions. et le G. tient aux dirigeants en partie. avant la Révolution. on transformera peut-être le vote. La démocratie s’exerce dans le cadre étatique . Le problème s'est posé sous l’Ancien Régime. Le pouvoir du juge en Allemagne et aux EE. ne voit pas son choix se traduire en actes. ont la très juste impression que leur vote ne décide pas véritablement d’une politique. qui sont ses missions essentielles.. Une autre raison qui conduit au développement du pouvoir du juge au détriment du pouvoir politique est que ce dernier est fondé sur une légitimité démocratique qui s’exerce au niveau national. Chapitre 1. L’Allemagne est un pays dont la démocratie est limitée par les droits fondamentaux d’une parte et par le pouvoir du juge d'une autre. qui contribuera a introduire ce contrôle en France. exercé au sein des Parlements. le P. à assurer la sécurité. et c’est dans ce cadre que s’exerce l’intérêt général. les électeurs. Il y a une véritable crise du politique. avec ce vain espoir qu’en essayant autre chose. la raison en étant que le pouvoir s’est très largement déplacé vers l’U. On en arrive à un débat.E. La deuxièmes raison de l’affaiblissement du pouvoir politique est qu’il a en charge l’intérêt général. C’est ce qui explique probablement. Le pouvoir déclinant étant le politique. et c’est la raison pour laquelle Montesquieu part sur l’idée que la justice doit être un pouvoir nul. Par. Quant à la Ve République. Les juges vont être complètement soumis au pouvoir démocratique. de R. En France. Il y a un complexe très défavorable au pouvoir judiciaire. est certainement beaucoup plus accepté qu’en France. mais surtout. qui tient à ce que l’électeur qui s’exprime par le vote. et l’inefficacité. pour de multiples raisons. d’essayer autre chose que les traditionnels partis politiques. C’est la raison pour laquelle le contrôle de constitutionnalité s’installera très difficilement en France. La magistrature sera régulièrement épurée pour en retirer les magistrats non favorables au régime. Traditionnellement pourtant.

L’on voit bien que lorsque l’on a dit que la C. à l’intérieur d’un OJ déterminé. ce systèmes hiérarchique ne joue plus. en exposant comment un juge à la Cour suprême s’inspirait de solutions étrangères. et l’on charge le juge. va pour l’essentiel consister à interpréter les normes. est au sommet de la hiérarchie des normes dans l’OJ national.Mais lorsqu’il s’agit de traiter les rapports entre les OJ. fonctionne. 53 Audrey Plez . c’est en quelque sorte l’inverse qui se produit. Chapitre 1. il procède bien à un choix de s’y référer ou non. Lorsqu’il le fait. constitutionnelles et européennes. Il se produit une pénalisation de la vie sociale. de celle du pouvoir politique. gardien des droits et libertés.et ce rôle de régulation. de manière à ce qu’elles soient compatibles. non pas dans un systèmes de conformité d’une norme à l’autre. La réparation de la victime étant normalement la mission du droit civil. Et il s'agit d’un phénomène très large. Et ces situations de blocage. par ex. sinon de compatibilité d’une norme à l’autre. Théories et applications du principe de séparation. existe de manière beaucoup plus efficace au niveau du juge. ces droits et libertés doivent se concilier les uns avec les autres. pour avoir pris une décision politique imprudente. sont très largement évitées. qu’au niveau politique. Normalement. conduit incontestablement à renforcer le pouvoir du juge. Le troisième phénomène tient à la circulation de la jurisprudence. Il y a un effet géographique et économique qui s’étend bien au-delà du simple territoire politique. Ils peuvent choisir de s’inspirer d’un autre juge. plusieurs raisons : d’une part. le développement de la pénalisation des relations entre les sexes. D’abord. la peine sert à punir le coupable et à dédommager la société. d’une certaine manière les juges à se fonder un systèmes normatif de référence qu’ils manient plus ou moins comme ils l’entendent. la responsabilité des hommes politiques se situe essentiellement sur le terrain juridique. De ce point de vue. Nous sommes. nous n’avons établi aucun moyen de réguler les éventuels conflits entre le droit constitutionnel national. par le rôle de régulation que joue le juge. D’autre part. or on constate que le terrain pénal se développe considérablement au détriment du civil. Les juges s’appuient sur la jurisprudence d’autres juges. Le juge européen et les juridictions constitutionnelles nationales tiennent compte l’un de l’autre.Un juge à la Cour suprême des EE. le droit pénal prend une dimension considérable. ou international. le juge se place dans une situation de légitimité concurrente. Si on considère que l’on peut mettre en cause pénalement un M. Aujourd’hui. Le droit du travail devient ainsi de plus en plus un droit assorti de sanctions pénales. L’importance des droits et libertés dans l’ensemble des matières juridiques ou champs du droit.DROIT CONSTITUTIONNEL. a récemment publié un livre. Celui-ci lui permet de placer le curseur ou équilibre entre des droits qui s’opposent. le système de la hiérarchie des normes. Et cette pénalisation. La quatrièmes évolution regarde la régulation des rapports entre les ordres juridiques. D’ailleurs. ce qui implique un pouvoir d’interprétation développé. de plus en plus. On devrait arriver facilement à des situations de blocage. et le développement du CP s’accompagne de l’apparition de nouveaux comportements s’accompagnant d’une sanction pénale.UU. la formulation des droits et libertés est très générale. ce que fait le juge via le moyen de contrôle de proportionnalité. le système parlementaire en GB s’est développé au moment où l’on est passé d’une responsabilité pénale à une responsabilité politique des Ministres. et le droit de l’UE. TITRE II. Ainsi ce réseau supranational. au sommet dans l’OJ européen. et il s’y produit une certaine liberté de jurisprudence. M. Aujourd’hui elle permet de plus en plus à la victime de surmonter le traumatisme qu’elle a subi. À cela. une mission considérable du droit pénal. BERTRAND. c’est bien évidemment une intrusion du juge dans la vie politique. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Voyons dans un premier temps les raisons de la montée en puissance du juge. d’une police des moeurs et de la pensée. au travers de la faute pénale. mais le droit conventionnel européen. Encore une fois. La première raison tient à la place occupée par les droits fondamentaux. la jurisprudence américaine pourtant traditionnellement autarcique. Ce qui conduit. Le deuxième raison que l’on peut observer est la pénalisation de la vie politique et sociale.

est de respecter à la fois l’intérêt général fixé par le législateur et les droits individuels fixés par la C. le C. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. le respect des conventions de Chapitre 1.B. BERTRAND. Le juge va pouvoir dire que celui-ci ne poursuit pas un intérêt général. La découverte de principes peut aussi. Autre principe. Constitutionnel. le principe de dignité. Constitutionnel va dégager la liberté des médias audio- visuels. mais une attitude que M. dit : « La loi est l’expression de la volonté générale. De la liberté de la presse. est par défaut. des principes qui n’y figurent pas expressément. notamment la clarté et l’accessibilité de la loi... Par ex. et aussi. De ce point de vue. EDH va dire que la loi peut-être rétroactive à condition de poursuivre un intérêt général suffisant.. question qui a longtemps animé les débats juridiques. L’ORGANISATION DES POUVOIRS Un autre élément est le contrôle par le juge. le droit à un procès équitable. La poursuite de l’intérêt général est pourtant la raison même d’être du pouvoir politique. Théories et applications du principe de séparation. Que peut faire le juge constitutionnel. Dans certains cas. Constitutionnel a progressivement rattaché à la fois l’exigence relative à la qualité de la loi. pour ne pas dire une certaine identité. En réalité. de la formule de la DDHC de 1789. résulter simplement d’une actualisation. TITRE II. la voix de l’intérêt général. tiré toujours de la garantie des droits -source de principes constitutionnels à une certaine période-. La C. le principe de dignité. auquel le C. adapter le droit aux évolutions de la société est une fonction évidemment politique. selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. de l’art. le C. Le rôle constructif du juge peut aussi résulter de l’importation de principes reconnus dans d’autres OJ. qui est un principe reconnu par la C. De la même manière que la formule de Montesquieu selon laquelle le juge ne fait que prononcer la parole de la loi. ou pertinent. le juge dit la loi. avait indiqué qu’il fallait. ce faisant. Constitutionnel va ainsi affirmer que si l’on parle de condamnation de ceux-ci. Il découvre dans la C. en France. ne se pose plus désormais. et à ce principe. SECTION 2. La question de savoir si la jurisprudence est une source de droit. et même la raison d’être de la fonction politique. ne correspond incontestablement plus à la réalité. inscrire dans la C. la prévisibilité de la loi. En 1993. Constitutionnel va dégager la liberté contractuelle. reconnait le principe de dignité.. Constitutionnel. du corps même de la décision politique. le C. Or.B. Par ex. entre exprimer la volonté générale et définir l’intérêt général. » Il y a une grande parenté. de 1946 qui condamne l’asservissement et la dégradation de la personne humaine. a contrario la C. tout à fait contestable qui est celle sur laquelle il n’appartient qu’au juge d’adapter le droit aux évolutions de la société. Il va le découvrir au détour d’une phrase du paragraphe préliminaire du Préambule de la C. le C. EDH. Constitutionnel et de la C. une jurisprudence que va reprendre en France le C. Le rôle du juge. 54 Audrey Plez . tient au fait qu’il y a une idée qui est du point de vue de M.. n’est pas certain qu’il devrait avoir au respect du politique. M. Or le juge va intervenir au coeur de la décision politique quand il va contrôler la réalité même de l’intérêt général.. ou tout du moins un intérêt général qui ne soit pas suffisant. La découverte va aussi tenir à des principes dérivés et *. au travers de la jurisprudence du C. la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine par le C. EDH. Voilà un contexte qui favorise très largement les pouvoirs du juge.DROIT CONSTITUTIONNEL. Constitutionnel va découvrir dans la C. Cád que l’on ne considère plus que le législateur. un comité d’experts. Le C. le juge constitutionnel français est probablement plus prudent et respectueux du pouvoir politique que d’autres juges constitutionnels. 16 de la DDHC relatif à la garantie des droits. Par ex. la C. ce qui supposait nécessairement qu’il considérait qu’il n’y était pas. Constitutionnel a rattaché des principes comme la non-rétroactivité de la loi. va être déduit par le C. celle d’entreprendre etc. Constitutionnel en 1994. Nous verrons maintenant quelques manifestations de ce pouvoir normatif du juge. celui de sécurité juridique. Par ex. Or. ce pouvoir normatif du juge.

Concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. alors que la CEDH interdit de donner la mort pour des raisons liées à la famille. L’ORGANISATION DES POUVOIRS recours. En Italie. Le pouvoir du juge remet en cause. et en ce qui concerne la famille. ou le respect des circulations légalement acquises. On ne peut pas théoriquement. imposer à un État des obligations qui ne résultent pas du Traité. pour y rattacher une certain nombre de principes reconnu dans d’autres OJ. c’est le cas par ex. EDH utilise. la famille ou la peine de mort. On a donc le droit d’interpréter les dispositions de la Convention à la lumière de *. la C. ou qui s’exerce de très nombreuses manières. M. quand le législateur a établi des quotas par sexe pour les élections législatives. La C. ou concernant la peine de mort. et le C.DROIT CONSTITUTIONNEL. Ces trois exemples sont révélateurs. Cette notion d’indivisibilité des DH est notamment utilisée pour reconnaitre des droits dans la sphère économique et sociale. exerce un pouvoir normatif. Le C. par ex. Le juge européen pour sa part. et autres normes non-impératives. On part d’un principe très général. Ainsi. Constitutionnel a ensuite pu valider les dispositions législatives prises postérieurement pour établir des quotas par sexe. en l’espèce la souveraineté de l’État. mais ne sont théoriquement engagés que lorsqu’ils l’ont accepté. et les appliquer en dehors même. elle va reconnaitre des droits qui ne correspondent pourtant pas à un domaine couvert par la Convention. Ce que le C. qui ne sont pas reconnus par la Convention. notamment en 1979. dans des questions que l’on pourrait appeler des questions de société. la C. le C. la question de savoir si une majorité. a été modifiée pour permettre de tels quotas. le cas en ce qui concerne la définition du mariage. Constitutionnel procède donc à une adaptation du droit à la société. C’est là une question qui porte sur la légitimité démocratique de la norme. en se donnant le droit d’adapter le Traité aux évolutions de la société -fonction pourtant éminemment politique. la C. la CEDH permet la peine de mort. 55 Audrey Plez .. ou conjugales. Elle va ainsi se référer à des normes qui ne sont pas juridiques. cette jurisprudence a pour effet de transformer le rôle de la CEDH. Un Protocole visant à l’abolir. Le problème est que s’agissant d’un Traité. Théories et applications du principe de séparation. puisque d’une part la CEDH définit le mariage comme concernant des personnes de sexes opposés ou différents. L’autre problème étant qu’un État ne peut se voir obligé par un Protocole auquel il n’a pas adhéré. Le juge va surmonter cette difficulté en imposant aux États un certain nombre d’obligations auxquelles ils n’avaient pas adhéré. Constitutionnel a considéré que cette loi était contraire à la C. qui peuvent consentir à la limitation de leur souveraineté. ou correspondre. en un système norme minimum de protection des droits fondamentaux en un système d’intégration. EDH s’est référé. BERTRAND. C’est par ex. EDH. c’est le juge qui a établi qu’il convenait de procéder à une telle modification. toute règle Chapitre 1. est de considérer qu’il peut aller à l’encontre même d’une disposition constitutionnelle pour dégager un droit qu’il considère s’adapter. ou aussi rattacher le droit au travail au droit ou respect de la vie privée.. partant de droits contenus dans la Convention. TITRE II. à l’actualité. polymorphe. et de sa jurisprudence : «  La C. Constitutionnel se refuse à faire. EDH considère qu’elle doit prendre en compte. notamment en interprétant largement d’autres droit. EDH a très tôt considéré que la Convention devait être interprétée à la lumière de *. à la question d’indivisibilité des DH. EDH a imposé sa signature à un pays qui ne l’avait pas signée.- La deuxième techniques est la reconnaissance de droits non-inscrits dans la CEDH. et qui n’étaient pas encore intervenues au moment de sa signature. Elle va développer une jurisprudence sur le droit de l’environnement. telles que les recommandations des Comités au Conseil de l’Europe. le critère de savoir si une majorité des pays ont fait évoluer leur législation dans tel ou tel sens. de l’OJ de la CEDH. indépendamment de l’opposition que l’on peut avoir sur ce traitement inhumain par définition. Un formule peut bien résumer ou expliciter le caractère très constructif des normes de référence de la C. de la Charte Sociale Européenne. En fait. ou par un mécanisme qui consiste à étendre les normes de références. La C. ou une minorité de pays veulent ratifier le Traité n’a pas à jouer.

56 Audrey Plez . de la Magistrature en France.. assurer la discipline de ces derniers. Chapitre 1. La question qui apparait alors de manière évidente est celle de savoir devant qui ce Conseil est il responsable.B. ou système de référence normatif. Ainsi du point de vue de M. Le problème est de trouver un équilibre entre l’un et l’autre de ces enjeux. Un autre modèle est celui de plusieurs Parlements. D’une part. Italie. l’enjeu étant de savoir quelle est la part du pouvoir politique. ou la part du pouvoir judiciaire. de Justice revendique l’autonomie budgétaire.  » Ce qui veut dire qu’en réalité. qui sont en réalité des Conseils censés exprimer l’existence d’un pouvoir judiciaire -et non son autonomie-. des avis et recommandations des comités d’experts. dont elle définit au cas par cas le périmètre.Il y a ici tous les modèles possibles et imaginables. M. la manifestation d’un débat est une réalité. est le premier et le seul à ne disposer ni de compétence budgétaire. L’ORGANISATION DES POUVOIRS pertinente du droit international pour interpréter les droits et libertés reconnus par la CEDH. se manifeste notamment sur les débats sur le Conseil Supérieur de la Magistrature. EDH dispose d’une très large palette normative. et la C. -selon les pays-. de Justice doivent gérer le budget de la Justice. ou la liberté de déterminer la politique pénale. La question étant de savoir. et qui ont des missions assez variées en général : telles que gérer la carrière des magistrats. Le problème est qu’à partir du moment où le C. parce que «  toute personne qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Notamment. ». et le pouvoir du juge se manifeste par une volonté de devenir autonome par rapport au pouvoir politique. des dispositions reconnues par un juge national. au sein du C. L’indépendance des juges qui est la condition nécessaire pour que les juges puissent exercer ce rôle de limitation du pouvoir politique. la politique pénale et la politique judiciaire. de toute norme (inter?)nationale. de Justice. ni de compétence pénale.  Il s’agit notamment. etc. Question importante puisque l’enjeu est l’autonomie du pouvoir judiciaire. Mais il n’y a pas de pouvoir démocratique qui établit le pouvoir judiciaire. est ce que ces C. l’idée de l’autonomie d’un pouvoir est un principe contraire au principe même de la séparation des pouvoirs. DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. le problème fondamental qui se pose est celui de la responsabilité. vient du fait qu’il est responsable de la politique qu’il produit. Là encore. Le deuxième problème qui se pose est celui de la répartition des compétences entre ces Conseils de Justice et le G. font partie des politiques de la nation. et l’un des premiers débats porte sur la composition de ces Conseils de Justice. des sources du droit européen. et notamment en France. des principes généraux reconnus par les nations civilisées. la CEDH n’est plus l’unique cadre de référence. Peuvent être inventés de faux systèmes. n’applique pas l’autonomie du pouvoir judiciaire. de Justice et le G. et un autre qui établit le politique. se traduit aussi par un débat sur l’organisation du pouvoir judiciaire. la bonne solution est un partage de compétences entre le C.. et parce qu’il convient que le pouvoir du juge ne soit pas sans limite. en fonction de la question en cours. Les débats sur cette forme de revendication de devenir un pouvoir judiciaire. SECTION 3. Or elles sont des politiques qui relèvent du G. le pouvoir judiciaire était trop dépendant du pouvoir politique. si les magistrats doivent être majoritaires au sein de ces comités.. Pourquoi ? Parce que. BERTRAND. Une démocratie limitée par des contre-pouvoirs ne veut pas dire un contre-pouvoir autonome par rapport au pouvoir politique. ou Conseil de Justice. qui peuvent mener une politique pénale autonome -ex. Le C. où l’on dit le pouvoir judiciaire complètement autonome du pouvoir politique. Théories et applications du principe de séparation. mais enfin il est autonome parce qu’il est placé sous l’égide de la Révolution qui établit tous les pouvoirs. intervenir seuls dans la gestion des magistrats ou ces compétences doivent elles être partagées entre les politiques et magistrats. ou des organes non-juridictionnels. TITRE II. qu’elles soient ou non contraignantes. La justice est toujours menacée par deux dangers : le corporatisme et la politisation. Le deuxième aspect est que le lien avec le G. savoir si les Magistrats doivent être exclusivement gérés par des magistrats. fixer des règles techniques pour eux.DROIT CONSTITUTIONNEL. Ce pouvoir du juge dont on vient de voir un certain nombre d’applications.

§2. L’HISTOIRE DU DROIT CONSTITUTIONNEL EN FRANCE. Et l’on traitera de la question de la légitimité du pouvoir du juge. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DE LA VE RÉPUBLIQUE. Chapitre 1. §1. BERTRAND. I. M. A. III. LES FONDEMENTS DU SYSTÈME CONSTITUTIONNEL. SECTION 1. TITRE II. Théories et applications du principe de séparation. LA CONSTITUTION SANS L’ÉTAT ? TITRE I. 57 Audrey Plez . LES PERSPECTIVES CONTEMPORAINES D’ÉVOLUTION DU DROIT CONSTITUTIONNEL. §2. LA CONSTITUTION DE L’ÉTAT. II. I. CHAPITRE I. B. HISTOIRE ET ÉVOLUTIONS CONTEMPORAINES DU DROIT CONSTITUTIONNEL. III. B. LES LIMITES À LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE. LE POUVOIR CONSTITUANT ET LA SOUVERAINETÉ. § 1. LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION.DROIT CONSTITUTIONNEL. SECTION 2. LE POUVOIR CONSTITUANT EN TANT QUE MANIFESTATION DE LA SOUVERAINETÉ. L’OBJET DU DROIT CONSTITUTIONNEL. LES DIFFÉRENTES PROCÉDURES DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. L’ORGANISATION DES POUVOIRS On est toujours dans un système de balancier. À continuation… INDEX. LES CONDITIONS PROPRES À LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION. LES APPLICATIONS DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION. L’ÉTABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS. LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE CONCURRENCÉE PAR LES EXIGENCES DE L’ÉTAT DE DROIT MATÉRIEL. qui est un des problèmes fondamentaux de l’organisation du pouvoir du juge. LA SOUVERAINETÉ COMME FONDEMENT TRADITIONNEL DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL. LA SOUVERAINETÉ DE L’ÉTAT CONCURRENCÉE PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ENTITÉS ET DE RÈGLES SUPRANATIONALES. A. INTRODUCTION GÉNÉRALE. II.

TITRE II. LE SUFFRAGE. LA PARENTHÈSE DES GOUVERNEMENTS DE FAIT (1940-1944). LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. §2. LA CRISE CONSTITUTIONNELLE DU 16 MAI 1877. CHAPITRE 1. SECTION 1. D. L’ORGANISATION DES POUVOIRS §3. A. LE RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. LES ORIGINES ET LA FORMULATION THÉORIQUE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. SECTION 3. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PRÉSIDENTIEL AUX ÉTATS-UNIS. DE QUELQUES MANIFESTATIONS DU POUVOIR NORMATIF DU JUGE. §2. LA GENÈSE DE LA VE RÉPUBLIQUE. TITRE II. §3. LE RÉVISIONNISME CONSTITUTIONNEL OU LA CONTESTATION DE LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE. LES RÉGIMES ÉLECTORAUX. LA IVE RÉPUBLIQUE : L’ÉCHEC DE LA RATIONALISATION DU PARLEMENTARISME (1946-1958). DES DÉBATS SUR L’ORGANISATION DU POUVOIR JUDICIAIRE. LE RÉGIME PARLEMENTAIRE EN FRANCE DE LA IIIE À LA VE RÉPUBLIQUE. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. CHAPITRE 3. LE PRINCIPE DÉMOCRATIQUE ET LES ÉLECTIONS. SECTION 1. SECTION 3. §3. SECTION 3. BERTRAND. §2. SECTION 2. LE RÔLE DES PARTIS POLITIQUES. B. UNE MUTATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS : LA PUISSANCE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL. THÉORIES ET APPLICATIONS DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. §2. §1. A. LA PLACE DES DROITS FONDAMENTAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONSTITUTIONNEL. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. Chapitre 1. DE QUELQUES RAISONS DE LA MONTÉE EN PUISSANCE DU JUGE. §1. B. LES STRUCTURES CONSTITUTIONNELLES ÉTABLIES PAR LES LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1875. LA GARANTIE DE LA SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION : LE CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ. LA THÉORISATION DU PRINCIPE DE SÉPARATION DES POUVOIRS. Théories et applications du principe de séparation. §1. A. B. LA QUESTION DU CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. §1. L’ORGANISATION DES POUVOIRS. A. LES ÉLECTIONS SÉNATALES*. 4. §1. SECTION 1. L’ÉVOLUTION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE EN GRANDE-BRETAGNE. LA PROCÉDURE D’ADOPTION ET L’OBJET DE LA LOI RÉFÉRENDAIRE. M. 58 Audrey Plez . SECTION 2. 2. §2. SECTION 1. LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES. L’INTERACTION ENTRE LES SYSTÈMES JURIDIQUES CONSTITUTIONNEL ET EUROPÉEN EN MATIÈRE DE DROITS FONDAMENTAUX. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU RÉGIME. 1. LA PRATIQUE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE. LA IIIE RÉPUBLIQUE : DU PARLEMENTARISME DUALISTE À LA SOUVERAINETÉ PARLEMENTAIRE (1875-1940). SECTION 2. SECTION 2. LES DROITS FONDAMENTAUX. LE RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF. B.DROIT CONSTITUTIONNEL. LES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES. LE DROIT DE VOTE. C. LES APPLICATIONS DE LA THÉORIE DE LA SÉPARATION DES POUVOIRS. LA PRATIQUE DU RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF ET SON AVENIR. LA TYPOLOGIE DES DROITS ET LIBERTÉS FONDAMENTALES. CHAPITRE 2. 3. LES ORIGINES HISTORIQUES. CHAPITRE 2.