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A propos de ce livre Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des

A propos de ce livre

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OSTERR. NATIONALBIBLIOTHEK

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Til ill E K OSTERR. NATIONALBIBLIOTHEK K. K. H. O. F. B | B L |

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MOTIFS

MINISTRE ANGLICAN

A ABANDONNER L ERREUR POUR

EÆMBRASSER LA RELIGION CA

THOLIQUE, APOSTOLIQUE

ET ROMAINE,

-

P

A

R.

Me ire P. BALTAs ARD MALEBRANCHE

Ecuier, cy devant Licentié aux Uni

ver itez d Oxford & Cambridge Chape

lain ºrdinaire de Mylord S-X.

A BRUXELLES, Chez André de Vos, Imprimeur & Li-i

braire à la Ruë au Lait.

Avec Approbations

de Mylord S-X. A BRUXELLES, Chez André de Vos, Imprimeur & Li-i braire à la Ruë

------------ zzz-------

AVIS

au PUBLIC.

Autheur de cet Ouvrage donnera dans

-"peu un Traité circonfiancié de toutes les

Religions qui font altuellement permifes en Angleterre C º en particulier de l Anglicanne

avec des Notes Hi toriques & Critiques. Il

p e afurer que les Raifons dont il s e t fervi

pour refuter les Erreurs des dittes Seties fe

ront des plus fortes &

des plus folides,

n ayant eu deffein de les battre qu avec leurs

propres Armes , enfin les Per onnes qui ai

ment la nouveauté, y trouveront ample

ment de quoy fè fatisfaire.

:::::::::

::::

?

BIBLIOTHECA PALAT, V INDO BONEN SIS,

ment la nouveauté, y trouveront ample ment de quoy fè fatisfaire. ::::::::: :::: ? BIBLIOTHECA PALAT,

MOTTF

Qui ont engagé un

MINISTRE ANGLICAN

A abandonner l Erreur, pour embra er la Religion Catholique, Apo toliqne &

Romaine.

**************++++++++++++

t.

:::::::: E toutes les Erreurs aux

§4:<R FË quelles l Homme eft Su

§

$ #### plus pernicieu es que cel

§: jet il n en e t point de

:3;&## : qui le :::

'importante affaire de la

Religion : fu: d un rai onnement

qui flatte nos foibleffes, qui excufe nos

fautes, qui paroit nous faire arriver au Ciel par le chemin le plus court, & le

plus facile, elles nous engagent à les fui vre & à n avoir de vie que pour la facri

-

2.

-

fier

court, & le plus facile, elles nous engagent à les fui vre & à n avoir

4

Azornrs ovi owr ENGAGE :

fier à leur affermiffement. Ce fut par là

que Calvin , que Luther, Zwingle &

Henri VIII. Roy d Angleterre s attire

rent tant de Sestateurs & que j eus le malheur de me laiffer feduire par les Sillogi mes des Reformez de Londres. La nouveauté de leurs fentimens, où

pour mieux dire, la facilité que je trou

devoir à

vois à m acquitter de mon

1eur maniere, me fitabandonner une Re

ligion où il faut ravir le Ciel, pour em

braffer leurs damnables Erreurs. La Con

feffion me parut alors un fardeau infu

portable, je crû que la Contrition feule & même imparfaite pouvoit remettre les pecheurs en grace auprès de Dieu; que les (Euvres n étoient aucunement meri

toires & que tout ce qui e t capable de

gêner le Chretien dans l exercice de la

Religion étoient des innovations que les

hommes avoient inventées depuis le tems des Apôtres. Je n eus pas de peine à croire toutes ces chofes parcequelles flattoient le penchant naturel que j à vois pour tout ce qui pouvoit diminuer mes devoirs ; mais examinant dans la fuite ces fentimens qui m avoient par fi équitables, je reconnu avec l Ecclefiafte;

qu il y a des voyes qui paroi ent ju tes à l Homme & qui cependant le condui ent à

la mort.

Ces

qu il y a des voyes qui paroi ent ju tes à l Homme & qui

UN MINISTRE ANGLICAN cºs y

Ces voyes font celles que j ai eu le benheur d abandonner pour rentrer dans

le Bercail du Seigneur, & que je fou

haiterois que tous les pretendus Refor més abandonnaffent, mais je crains que les chaines qui les attachent à l Erreur

ne foient trop fortes pour qu il puiffent

les rompre , que les tenebres qui les environnent ne foient trop epaiffes pour qu ils puiffent difcerner la humiere ; nour

ris dans le fein de l Erreur, remplis de

prejugez, ils ont une horreur mortelle pour la verité ; en vain on les avertit

que comme il n y à qu un Dieu , if

n y à auffi qu un feul Culte qui puiffe luy étre agreable, ilsferment leurs oreil les à cette voix charitable & prétendent que leur affemblée e t la veritable &

feule Egli e fondée parJESUS-CHRIST.

Nous examinerons cet Article comme

le premier Motif de nôtre changement.

Avant Henri VIII. l Angleterre étoit Catholique ; ce Prince luy même avoit fçavanment refuté les Erreurs de Lu ther, ce qui luy merita le glorieux ty

tre de deffenfeur de la Foy. L Erreur

jufques là n avoit point ebranlé la Fey

-

des Anglois, ils avoient toujours été fi dels au S. Siege depuis l etabli ement de la Religion Chrétienne dans leur

A 3

Pays

ils avoient toujours été fi dels au S. Siege depuis l etabli ement de la Religion

6

MOTIFS QUI ONT ENGAGE ·

Pays & ils ne pen oient à rien moins qu à renoncer à la Foy de leurs Peres

v

lor que le même Henri pouffé par un Efprit de libertinage refolut de détruire

l edifice de la Religion pour mettre à fa

place l Erreur afin de pouvoir impu nement repudier fa Femme pour epou

fer une Concubine. * Pour y reuffir il emploia les biens de l Egli e qu il par

tagea entre les grands dont il devoit le plus redouter la pui ance, ces liberali

tez luy ayant gagné la confiance des

Seigneurs il fe vit en état de faire triumpher l Erreur malgré la repug nance du Tiers Etat qui ne pouvoit fai re que d inutiles efforts pour «s oppofer au renverfement du vrai culte ; alors il porta fa temerité ju qu à fe declarer

Chef de l Eglife & Souverain Pontife ,

les Tabernacles, les Temples monumens

Sacrez

de la Foi

de fes Peres furent

Sacrifiez à la fureur d un faux zele, le peuple dans la crainte embraffe a veuglement le parti de l Erreur, il fait plus il prête fes mains Sacrileges pour detruire les objets de fa vénération, il tremble cependant en entrant au fanc

-

-

tuai

-* Le detail de fes Libertinages nous meneroit trop loin & nous eloigneroit de nôtre Suiet, nous nous con

tentons de rapporter le trait qui donna lieu à la preten

duc Reformé,

-

nous eloigneroit de nôtre Suiet, nous nous con tentons de rapporter le trait qui donna lieu

UN MINISTRE ANGLICAN e.e. ?

tuaire , mais animé par l exemple de fes

trop aveugles fuperieurs, il court cà &

là & remplit le lieu faint de defola tion. Les Vierges con acrées à la pieté font forcées de quitter leur azile , tous ceux & celles que leur penchant porte au libertinage font relevez par ce chef chimerique du voeu folemnel qu ils ont fait & illie & delie fur la terre, com me fi Dieu luy avoit donné un Em

pire fouverain fur les Ames.

Cependant la Ju tice divine qui fouf

fre le mal ju qu à ce que le pecheur

ait comblé la me ure de fes iniquitez

permit ces cruautez afin de convain

cre ceux qui avoient eu le malheur d em braffer l herefie qu ils ne pouvoient faire

que d inutiles efforts , il fouffrit même .

qu ils fe ferviffent de fon

nom pour

couvrir aux yeux de la populace leurs affreux deffeins & leurs impietez , mais

le tems étant venu où Dieu devoit fe

faire Ju tice & la faire à fes Elus, il

apefantit fa main redoutable fur l Au

teur des Prophanations qui avoient été commifes, il e t frappé de maladie &

languiffant au lit de la mort, il vou

droit reconnoitre fon Erreur, des dou

tes affreux occupe fon E prit troublé,

il ne fçait que faire il voudroit être Ca

- .

.

A 4

tho

fon Erreur, des dou tes affreux occupe fon E prit troublé, il ne fçait que faire

3.

MoTIFS QUI ONT ENGAGE

tholique & refter Prote tant, il vou

droit être Catholique pour le Salut de . fon Ame & Prote tant pour s epargner 1a honte d une retra tation , il fouhai teroit avoir un Confeffeur , mais il craint les reproches de ceux qui l environnent, enfin il meurt rongé par les remords

de fa confcience. C e t une verité dont .

les plus diftinguez d entre les preten dus Reformez Anglois ne difconvien

nent point, ils avoüent qu Henri VIII.

eut regret au lit de la mort d avoir

abandonné la Religion Catholique & qu il en fit l aveu à quelques Seigneurs qui avoient eu affez de force pour re fifter aux follicitations qu il leur fit d embraffer fon parti.

Une Princeffe irreligieu e fucceda à

ce Prince libertin , les fentimens de la pretendüe Reforme favorifoient fes incli nations , elle trouva à fon avenement

à la Couronne les grands du Royau

me difpofez à tout entreprendre pour conferver leurs nouveaux dogmes, di fons mieux, pour conferver les biens de l Egli e qui leur avoient été parta gez. Elle les confirma dans cette don nation illegitime , -pour e confirmer elle même dans leurs bonnes graces dont elle avoit befoin dans les circon

fan

-

nation illegitime , -pour e confirmer elle même dans leurs bonnes graces dont elle avoit befoin

UN MINISTRE ANGLICAN Gc. g

ftances où elle fe trouvoit, elle fit plus,

-)

|

en qualité de chef de l Eglife, elle lança

de toutes parts des Anathemes, pour renverfer ce que le tems n avoit pas permis à Henri de detruire où que fes

remords avoient epargné & la crainte

d encourir la di grace d une Princeffe

fanguinaire fit abandonner à plu ieurs la Foy qu ils avoient recüe de leurs Peres.

quelle façon s établit la

Voyla de

pretendüe Reforme que j ai eu le bon

heur d abjurer & c e t de fon origine

:

je conclus quelle e t moins une

eligion qu une affemblée de mutins qui foutiennent à corps & à cris des Erreurs qu ils connoiffent la plûpart pour telles & où ils ne demeurent que par

ce qu ils y font nez & que leurs Peres

les ont nourris dans la haine & l animo

fité contre les Catholiques. En effet que peut on conclure d une

Religion à la quelle le vice & la dé

bauche ont donné naifance ; qui re tranche les devoirs les plus effentiels du . Chrétien; qui le confirme à refter dans le vice en l affurant qu il n y à aucune

oeuvre meritoire devant Dieu ; d une Religion qui permet à chaque parti

culier d examiner l Ecriture pour s en

former une Regle de Foy ; d une Reli

A 5

gion

permet à chaque parti culier d examiner l Ecriture pour s en former une Regle de

to MOTIFS QUI ONT ENGAGE

gion qui ne s e t etablie que par argent

car fi Henri VIII. & après luy Elizabeth.

euffent pas attiré les Seigneurs à leur

n

parti par leurs liberalitez, ils ne feroient

jamais parvenus à leur but. Faifons ici

une reflexion.

-

: Lor que les premiers fidels prêche

rent la Foy Catholique, ils ne promi

rent à ceux qui l embraffoient que la vie eternelle, ils ne leur offrirent point des Trefors de ce Monde , ils ne vou

loient point gagner les Hommes en flat

tant leurs paffions en leur donnant des biens pour affouvir leurs convoitifes, ils n en vouloient qu à leur raifon , la verité de leurs fentimens étoit trop e vidente pour qu ils euffent befoin de fe

cours humains pour la faire fentir. S ils en euffent agi comme Henri VIII.

&

Elizabeth on auroit douté de l e

quité de leur caufe , parceque la ve rité triumphe toujours de l impo ture,

malgré les efforts des mechants, ilsau

roient imité le diable lors qu il tenta JE SUS-CHRIST. Enfin fi la pretendüe Re

forme d Henri VIII. eut été bonne &

conforme à l Ecriture, comme fes Se ta

teurs le pretendent, il ne s agiffoit que de la propofer pour quelle fut reçüe &

s il n en eut pas luy même douté il

- n au

ne s agiffoit que de la propofer pour quelle fut reçüe & s il n en

UAV MINISTRE ANGLICAN C3-c. 11.

n auroit pas fait aux Seigneurs les pro

pofitions qu il leur fit avant de rien en treprendre , toutes les per onnes de pro bité auroient été de fon parti & il n au roit rien eu à craindre en ju tifiant au près d eux la ju ticé de fes fentimens. Perfuadé de fa Doctrine il n auroit pas donnê au Monde entier l exemple du

plus affreux libertinage & en pretendant

retablir fur la terre la Religion de JE SUS-CHRIST il n auroit pas attendu que le vice l abandonnat au dernier

moment de fa vie.

-

Examinant l origine de cette Seste dans un age où la nature moins volage fe

laiffe plus facilement conduire par la raifon je reconnu l Erreur où je m é toisplongé ; cette horreur que m avoient

in piré les pretendus Reformez, les pre

jugez qu ils m avoient fait naitre par

leurs di cours contre la Religion Ca

tholique commencerent à fe diffiper & au travers des tenebres dont j étois en core environné je confcus quelque ef perance de m instruire. Je me fis cette

que tion à moy même, les Reformez pre tendent que leur Religion fubfifte de

puis JESUS-CHRIST , quelle e t en

poffe ion de la tradition qu elle à reçüe des Apôtres & que leurs Dogmes :

*

|-

|

CS

, quelle e t en poffe ion de la tradition qu elle à reçüe des Apôtres

|

iz MoTTFs QUI ONT ENGAGE" ?

les plus conformes à l Ecriture ; avant

Calvin dont Henri VIII. embraffa le

fentiment paraport à la Cêne, où étoit alors la Religion pretendüe Reformée è

Dans quelle partie du Monde s exerceoit elle ? Quels furent les peuples qui la pratiquerent ? Je trouvai après un long examen que cette pretendüe fuccefion depuis les Apôtres n avoit d autre fon dement que dans les chimeres des pre tendus Reformés ; que ce n étoit qu u ne illufion que leurs Peres leur avoient tant de fois repetée quelle paffoit par

mi

eux pour une tradition. Celle qu ils

pretendent avoir reçüe avec la fuccef

fion des Apôtres me parût alors auffi Chimerique, car ont ils emporté avec

eux la tradition en fe declarant rebel

les au S. Siege , l Eglife Catholique

qui la conferve comme un pretieux de pots qui n a été confié qu à elle feule leur en a t-elle fait part en les retran chant de fon corps ? Je compris alors que leur pretendüe Religion n étoit ap puiée que fur des Chimeres & que l E

glife Catholique étant la feule qui pût

prouver une fucceffion non interrompüe depuis le tems des Apôtres étoit la ve ritable, que les portes de l Enfer n a

voient jamais prévalu contre elle puif

",
",

UN MINISTRE ANGLICAN &e. 1;

que malgré les efforts des E prit me

chants & pervers elle a toujours fub fifté depuis un fi grand nombre de fi

cles fans que fon exercice en ait jamais

été troublé. Circum latrantibus Hereticis.

Nous croions, difent les pretendus Reformez dans leur Simbole , à la Sain te Egli e Catholique & univer ele ,

leur Religion eft-elle donc univer ele ?

S exerce telle ailleurs qu en Angleterre

&

dans quelqu autre Pays prote tant ?

Pretendent ils que leurs Dogmes foient

connus dans toutes les parties de l u nivers ? Ils auroient autant de peine à prouver cette Article que leur preten

düe fucce ion depuis les Apôtres & que

le re te de leurs Dogmes. Examinons celuy de la tran ub tantiation.

Henri VIII. a pretendû que l E prit de Dieu s étoit deployé en luy pour luy

faire croire - que le Pain & le Vin de

l Euchari tie n étoient point changez en

la fub tance du Corps & du Sang de JESUS-CHRIST, & qu il ne fe fai oit

aucun changement réel par les paroles

de la :

-

Mais fi le. Pain & le Vin de l Eucha

riftie où du Sacrement de la Cêne

ne

font point changez au Corps & au Sang de J:s::::: r & qu il ne fe faffe

-

Sacrement de la Cêne ne font point changez au Corps & au Sang de J:s::::: r

3UCUlf

14 MOTIFS QUI ONT ENGAGE

aucun changement par les paroles de la Confecration , comment celuy qui le re çoit indignement peut il fe rendre cou pable du Corps & du Sang de JESUS

CHRIST & manger felon l exprefion

de l Ecriture fa propre condemnation ? Si la peine portée contre un pecheur

eft éternelle il faut que la chofe qu il

a

prophanée foit d un prix infini fans

cela la fouveraine raifon en feroit blef

fée. Ne feroit-ce pas , par exemple ,

une inju tice à un Magi trat de chatier

un Sujet pour n avoir pas rendu à un autre Sujet l honneur qui n e t d qu au Prince ? La punition doit être propor tionnée à la faute, ainfi , fi un pecheur en recevant indignement la Commu nion fe rend coupable de la mort éter nelle , il faut neceffairement que ce

qu il reçoit foit le Corps de JESUS

CHRIST & non du Pain tel qu il étoit avant les paroles de la Confecration. Si les pretendus Reformez admet tent , comme quelques uns d entre eux

le pretendent ( les Wig: ) qu ils recol vent pirituellement le Corps & le Sang de JESUS-CHRIST, ils ont autant be

foin de Foy que les Catholiques & un

Miracle eft auffi neceffaire à leur opi

nion qu à la nôtre 3 ne pouvant plus nier

. -

-

-

que

Catholiques & un Miracle eft auffi neceffaire à leur opi nion qu à la nôtre 3

|

UN MINISTRE ANGLICAN crc. 15

que le Pain foit après la Confecration

ce qu il étoit auparavant, on leur de demandera fi la Foy feule du Commu niant fuffit pour operer ce prodige ; fi

les paroles Sacramentales ne font pas

neceffaires pour faire le Sacrement : ·

fi elles le font ( ) Comme il n en peu vent difconvenir, qui a donné ce pou

voir de

con acrer à leurs Ministres ?

Le tiennent ils auffi des Apôtres où de

leurs fucceffeurs ? On a trop fçavan

ment refuté les Chimeres du Pere le

Corroyer fur , cet Article pour ne nous pas arrêter plus long tems à prouver que

ce qu ils pourroient alleguer en leur .faveur n auroit pas plus de fondement que leur pretendüe fucce ion non in terompüe & que leur Dogme fur « la tranfub tantiation, j ai été aportée de m in ftruire de leurs rufes pendant neuf ans que j ai demeuré parmi eux & le peu

de bonne Foy dont ils fe fervent dans .

leurs difputes n a pas peu fervi à m in

fpirer la refolution de m instruire par moy même. Nous pafferons pour ne pas ennuier le Le teur à la confeffion

qui

changement.

e t le troifiéme

Motif de

mon

Le

f ) on doit, remarquer qu ils croient que la grace

(

du Corps & du Sang de J. C. n est attachée au Pain

&

les Articles du Conc. de Chel, Se ion 32,

au Vin que par les paroles de la Confecration. Voiez

attachée au Pain & les Articles du Conc. de Chel, Se ion 32, au Vin que

-

16 MOTIFS QUI ONT ENGAGE Le plaifir que je trouvois à me fouf.

traire à ce devoir en embraffant leur pretend e Reforme me fit croire faci

ement que JESUS-CHRIST n avoit ad

dreffé qu à fes Apôtres, ces paroles ,

Ceque vous lierez fur la Terre fera lié

dans le Ciel có

ceque vous delierez far

la Terre fera delié dans le Ciel & quel

les ne fignifioient autre chofe fi non

qu il leur conferoit le pouvoir de guerir les malades & qu ils ne pouvoient en au cune façon le communiquer à leurs fuc ceffeurs ; je comprenois neanmoins que le fens que les pretendus Refor mez donnent à ces paroles étoit forcé, mais dequoy n e t pas capable la Jeu

neffe lors quelle ne veut uivre que fes inclinations, cependant me trou vant un jour en compagnie avec l E vêque de Rochefter je luy fis une que Ítion fur cet Article, je luy demandai

pourquoy le Mini tre avant de prêcher

faifoit une Confe ion generale que le

repetoit après luy & qu enfuite

:

il donnoit l Ab olution comme cela fe

pratique dans quelques Egli es Ca

tholiques le mercredi des Cendres, il

hefita d abord à me repondre, mais l a

i:

preffé il me dit que c etoit feu

lement une ancienne Ceremonie de l E gli

-

abord à me repondre, mais l a i: preffé il me dit que c etoit feu

;

UN MINISTRE ANGLICAN &c. 17 glife & qui n étoit aucunement nece

faire à Salut, il crut m avoir ample

ment fatisfait par fa repon e & comme j avois alors des me ures à garder je laif

fai tomber la conver ation me refervant

à

faire mes reflexions en mon particu

lier ; voyla les paroles de cette abfo lution. Dieu qui à donué pouvoir à fon Eglife de remettre les pechez , pardonne à tous ceux qui fè repentent en verité & en con cience. Ce pouvoir que Dieu don

na à fes Apôtres n e t donc plus un pou

voir de guerir les malades, mais de re mettre les pechez ? Il ne la donc pas

feulement donné aux Apôtres mais à fon Eglife ? Ce font leurs propres paro

les & ceux qui voudroient en douter n ont qu à con ulter les Communes Prie res ils les trouverront telles que nous

les avons rapportées. Cette groffiere con

tradi tion n e t pas la feule qui e trou

ve dans leur Religion , le Cathechi me de l Archevêque de Cantorberi en eft rempli d auffi choquantes.

En verité il faudroit être aveugle pour ne pas s appercevoir de leurs Erreurs,

blamer un Sacrement qu ils autorifent eux mêmes par les plus faintes Cere

monies de leur culte, qu ils approuvent

puis qu il le pada: malgré leur Dog

**

-

IRC

|

par les plus faintes Cere monies de leur culte, qu ils approuvent puis qu il le

18

MoTIFS QUI ONT ENGAGE

me

qui e t expres fur cet Article :

Confe ionem inter nos non admittimus. C e t dire ouvertement nous recon noiffons que le Sacrement de la Pe nitence a été institué par JE S US C H R IST , nous l avoüons pui que nos Qeremonies l autorifent, mais nous

he voulons point le pratiquer, nous

en rejettons l u age parcequ il e t con

traire à nos inclinations. Le Sang de

JESUS-CHRIST ayant été repan

du pour le Salut des Hommes nous

fi cela

lavera de nos iniquitez. Mais

étoit infenfez qu ils font , JE SU S

CHRIST ne feroit venu fur la Terre

que pour mourir, il n auroit pas eta

blit une Religion par la pratique de la quelle il nous promet le Royaume des

cieux & fans la quelle il nous avertit

que nous ne devons point afpirer à la

recompenfe des vrais fidels ; en admet tant cet affreux principe, c e t donner cours au Libertinage & à la debauche,

un pecheur fe croit autori é à demeu rer dans le vice pendant tout le cours de

fa vie , pourv qu à la fin de fes jours

ou lor que le vice l abandonnera il croie

que le Sang de JESUS-CHRIST le la vera de fes pechez ; c e t luy dire, ne te laffe point de commettre iniquité fi

tOf1

*

Sang de JESUS-CHRIST le la vera de fes pechez ; c e t luy dire, ne

UN MINISTRE ANGLICAN &c. 19

ton penchant t y porte, le Sang de JE SUS-CHRIST a été repandu pour toy.

Car enfin que fignifie l immerite des oeuvres parmi les Pretendus Reformez,

le pecheur fe voit il engagé à aban

d une re

compenfe l avertiffant que fes oeuvres

donner le crime par :

ne font d aucun merite devant Dieu ? Ne

prefere t-il pas cequi flatte fes penchants

à

cequi les gêne ? Environné de tant

d appats fedu teurs, excité par les pro

pres mouvemens de fa chair n embraffe t-il pas avec moins de repugnance » mais que dis-je, ne mepri e t-il pas la vertu pour s addonner à tous les excez du libertinage ? Execrable fentiment quí ouvre le chemin à la perdition , mal heur à ces infenfez pecheurs qui fuivent aveuglement la route du precipice qui doit les engloutir, elevez dans l Erreur

ils en adorent le principe, la verité pa

roit quelquefois au milieu d eux, mais

a

fes rayons, quelle en e t rejettée, leurs

peine commence t elle à faire eclater

yeux ne font point accoutumez à fon

eclat les tenebres font leur element.

On leur a fouvent dit avec S. Jean examinez fi les chofès qu on vous a dites font de Dieu, ne croiez point aux fe

ducteurs qui cherchent à vous trom

B

2

per »

fi les chofès qu on vous a dites font de Dieu, ne croiez point aux fe

ao MoTIFS QUI ONT ENGAGE : -

per, mais loin de profiter de ce cha

ritable avis ,

ils

nous appellent eux

mêmes dans la voye de perdition ou ils

font enfevelis malheur à ceux qui fe laiffent furprendre par leurs appats trom

peurs.

De tous tems la confe ion fut pour les Libertins un pe ant fardeau, cet a veu fincere qu ils doivent faire de leurs

fautes, ce regret d avoir offenfe Dieu

cet abandon general & fincere du vice

|

toutes ces chofes ,dis-je, font un puiffant ob tacle à leurs paffions. Henri VIII.

le pretendu Reformateur des Anglois

ne l ignoroit pas , auffi commenca t-il

par ébranler la Religion en abattant cet

te

puiffante Colone. S il eut ajouté

d autres devoirs à ceux qui font en

ufag dans la Religion Catholique, il

auroit rencontré bien plus d ob tacles à fes deffeins. On auroit examiné alors

fi les chofes qu il propo oit étoient con

formes à l Ecriture. L Homme aimant

naturellement l independance embraffe avec plaifir un parti qui flatte fon pen

chant, ennemi de toute contrainte il

court, aveuglement par tout ou il trou

ve fes plaifirs & prefere volontiers les

commoditez de cette vie au bonheur de

l'autre, lors qu abandonné à luy même,

-

it

& prefere volontiers les commoditez de cette vie au bonheur de l'autre, lors qu abandonné à

vw MINISTRE ANGL caw&c. zr

il fe laiffe guider par fes appetits. Mais lor qu il s agit de contracter de nouvel

les obligations, d augmenter le nombre

de fes devoirs , alors il n impofe plus filence à fa rai on , il veut voir par luy même fi la recompenfe qu on luy pro

met vaut les travaux qu il doit entre

prendre & s'il ne travaillera point en

vain. Si au lieu d une fois par an que

l Eglife ordonne de s approcher du Sa

crement de la Penitence , Henri VIII, avoit ordonné de s en approcher trente fois, on auroit alors examiné par que

motif il agiffoit, mais en le retranchant

entierement c étoit feconder les inclina

tions d une nation inconfiante, & fon

cara tere naturellement changeant. Tout

cequi e t nouveau leur plait, à peine ont ils acquis ce qu ils defirent, qu ils s en forment un fentiment pour de nou velles pretentions ou pour un change

ment. La pretendue Reforme une fois établie on vit paroitre mille Se tes auffi

ridicules. La dominante fut divi ée en

deux partis. Les Puritains, les Mogle tons, les Anabaptiftes, les Quakers »

&

une infinité d Athées & de Deftes , tels que furent les infames Woolftons,

cequ il y a de plus affreux encore

les Tindals & une grand nombre d'au

B 3

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tr $.

les infames Woolftons, cequ il y a de plus affreux encore les Tindals & une grand

22 MOTIFS QUI ONT ENGAGE

tres auffi pernicieux, qui n aiant ofë fe declarer pendant le regne de la verita ble Religion infe terent l Angleterre de leurs pernicieux fentimens , enfin il fem bloit que la Ju tice de Dieu avoit per mis que tout ceque le Monde e t ca pable de produire de plus mechant fe

raffemblât dans ce Pays afin de punir le

eu de Foy & le Libertinage de cette

§: inconftante.

Cequi donna lieu en partie à ces de

que les

fordres fut le pretendu droit

Reformez croient avoir d examiner l E-, criture pour s en former une Regle de

Foy , au lieu d être unis de fentiment

il arriva ceque Luther n a pas eu honte

d avoüer

Sujet, qu il n'y avoit point dans fa Sette,

luy même fur un femblable

d

qui ºne debitât les propres chimeres de fon

prit comme des in pirations de Dieu C3

E

ane pour fi fupide & fi hébété qu il fut

qui ne s en formât une Religion felon fes

caprices, enfin il finit par ces paroles , tot inter nos Religiones funt quot homines. Voila quelles furent les fuites de la

pretendüe Reforme d Henri VIII. exa

minons maintenant plus particulierement

leur pretendu droit d examiner par eux

même l Ecriture. Les pretendus Refor

mez ne font pas mieux fondez à rejet

fel?

pretendu droit d examiner par eux même l Ecriture. Les pretendus Refor mez ne font pas

UN MINISTRE ANGLICAN eje. 2;

ter l autorité des Conciles qu ils l ont

été à nier les Articles precedens ; lor = qu ils s agi oit de quelque difficulté pour

l intelligence de l Ecriture ou pour re

gler quelques Dogmes de Foy , les Apô

tres eux mêmes ne s affembloient ils

point pour le refoudre & trouvent ils que les Conciles qui fe font affemblez depuis eux fe foient tenus d une manie

re differente ? S'ils avoüent qu il eft ne

ceffaire d interpreter l Ecriture pour s en

former une Regle de Foy à qui apar

tient-il de le faire ? E t ce à l Eglife Ca tholique qui eft en poffe ion de la tra dition depuis tant de fiecles ou a de

nouveaux Do teurs quelle a retranché

de fon Corps ? Efce à des innovateurs a donner la loy à ceux qui ne fe font jamais éloignez de la veritable Foy ? De quelle authorité les Pretendus Refor

mez viennent ils donc donner un fens

à

l Ecriture oppof a celuy qui a été

de tous tems reconnu pour feul & ve ritable ? Qu ils prouvent leur miffion, mais bien loin d être dans ces difpofi tions, il n ont jamais voulu'foummettre leur Do trine à l examen de l Eglife & pour leur éviter cette honteufe de marche Henri VIII. s en declara luy

même Chef. Nous examinerons plus en

B 4

de

pour leur éviter cette honteufe de marche Henri VIII. s en declara luy même Chef. Nous

24 MOTIFs ovI ONT ENGAGE :

detail les paffages aux quels ils preten

dent que les Catholiques donnent un

mauvais fens , celuy cy e t le premier.

JESUS-CHRIST en difant à fes Apôtres cecy e t mon Corps prenez & mangez ,

n a pas pretendu que le Pain &c. fuf

fent changez en la fub tance de fon Corps. Que fignifient donc ces paroles ; il fau

droit felon le fentiment des Reformez

que JESUS-CHRIST eut eu deffein d en impofer à fes Apôtres, leur voulant fai re croire que le Pain étoit fon Corps. dans le tems qu il ne l étoit point, car enfin que peut on conclure de leur opi

nion, peut on dire que ce Pain ne foit

pas veritablement chair & que ce Vin

ne foit pas fon Sang dans le tems qu il le dit luy même , celuy qui mange ma

Chair & boit mon Sang aura la vie éter nelle. Ce peut il rien de plus ridicule que

le fens qu ils donnent à ces paroles que

nous avons deja rapportez, ceque vous lierez fur la Terre fera lié dans le Ciel &-. ceque vous delierez fur la Terre fera delié

dans le Ciel.

Il faudroit être auffi en

feveli dans les tenebres que le font les Pretendus Reformez pour croire quelles ignifient le pouvoir de guerir les ma

lades que JESUS-CHRIST donnoit à

es Di ciples. Pour foutenir leur Ei:

ignifient le pouvoir de guerir les ma lades que JESUS-CHRIST donnoit à es Di ciples. Pour

UN MINISTRE ANGLICAN &c. 25

ils alleguent ceque nôtre Seigneur dit

à

celui

qu il guerit va t-en

tes pe

chez te font pardonnez , & que lor qu il donna commandement à es Diciples d al ler de prêcher & de baptifer en fon nom, il ne leur dit point remettez les

pechez. Les Pretendus Reformez croient-ils que

les pechez de cet Homme cau oient a maladie s ils le croient, JESUS-CHRIST en luy pardonnant operoit fa guerifon » croient-ils que Dieu ne l avoit point af fligé pour fes iniquitez, JESUS-CHRIST pouvoit bien en operant fa guerifon luy pardonner auffi fes fautes & luy dire au lieu de tu es gueri tes pechez te font

pardonnez.

Quant au commandement que JE SUS-CHRIST donna à fes Di ciples de prêcher & de baptifer en fon nom; fans leur dire remettez les pechez, étoit il neceffaire qu il leur dit leur aiant dejà

-

donné ce pouvoir ? Deplus il leur re commande ces deux chofes comme cel les par les quelles ils devoient commen cer leur mini tere les ayant avant instruits

de cequ ils devoient pratiquer pour éta

blir les fondemens de la ::::::: Il eft

facile à voir que les Pretendus Refor

mez ne pouvant foutenir leurs fentimens

B 5

pat

fondemens de la ::::::: Il eft facile à voir que les Pretendus Refor mez ne pouvant

26

Motifs QUI ONT ENGAGE

par de bonnes raifons ont recours à des

faux fuiants pour éviter la di pute & pour conferver leurs Erreurs, femblables a ces timides nautonniers qui n o ent s expo er fur une mer étrangere quoi quelle foit favorable à leur navigation »

ils demeurent dans leurs damnables fentimens contents de leur fort & dif

pofez à tout entreprendre pour y vivre

pour y mourir. Mais en reconnoiffant

leur égarement rendons grace au Seig

&

neur Pere de lumiere de ce qu il luy

a

nons le fort de tant de peuples que leur naifance ou leurs caprices ont en

pl éclairer nos entendemens & plaig

feveli dans les tenebres de l herefie. Pa

fons aux autres Motifs de nôtre chan

gement. Les Pretendus Reformez font auffi

peu fondez à rejetter le Purgatoire qu à

condamner nos Images : car peut on nier

que les Hommes ne commettent jamais de

fautes legeres , ( ces fautes font ceque nous apellons pechez veniels , ) * non

fans doute ils en commettent de mor

tels

Peccatum mortale fic dicitur, quod mortem anime adfert,

privando eam vitá fpirituali, que e t gratia fanstificans, juxta

Ezech. 18. Anima quæ peccaverit ipfa motietur. Veniale "eff quod non privat gratiâ Dei, nec ab eo avertit animam, fed qua i divertit, & retardat, minuitque fervorem charitatis :

neminatur veniale quia leviter offendit, ér dignum e t, ut di *iitatur facile. Tel e t l opinion des Plus cenfez d entr-cuxa

*

quia leviter offendit, ér dignum e t, ut di *iitatur facile. Tel e t l opinion

UN MINISTRE ANGLICAN &c. 27

tels & de veniels ; qu elle punition me ritent les pechez mortels ? Les Preten dus Reformez conviennent qu ils meri tent la mort éternele, nous fommes d ac cord fur cet Article ; mais quelle pu

nition meritent les pechez veniels ? me

ritent ils auffi la mort éternele ? un Hom me qui a volé e t il auffi criminel que

celuy qui a ajouté aux vols des affafins

& des meurtres ? non certes & la rai

fon veut que ce dernier foit puni d un double fupplice. Si cela e t, un Homme

qui meurt l'Ame fouillée d un peché ve niel , ira t-il donc en Enfer comme celuy

qui n a ceffé pendant toute fa vie de

commettre iniquité & qui ne fouhaite

roit de pouvoir revivre, que pour fe plonger de nouveau dans le crime ? La

juftice veut qu il ne foit pas puni fi rigoureufement. Ou ira donc cette Ame

fouillée de peché veniel ? Elle n ira point en Enfer parcequ il n e t pas ju te qu el le foit punie du même fuplice que celle

rien de fouillé :

de ceux qui font morts en peché mor

tel, elle n ira point au Ciel par ceque

dans le Royau

me des cieux, il faut donc neceffairement qu il y ait un lieu ou les Ames des fi

dels puiffent aller pour fe purifier de leurs tach s avant d entrer dans la gloire des

lieu ou les Ames des fi dels puiffent aller pour fe purifier de leurs tach s

28 Morffs ovi owr ENGAGE ·

des Bienheureux. Enfin les Pretendus

Reformez en fuivant toujours leurs ca

prices, veulent que les Hommes me ditent toujours fur la Paffion de JESUS

CHRIST, que l image de fa mort foit

fens ceffe pre ente à leur E prit & ils blament cequi peut leur en entretenir

le fouvenir.

-

Ils ne veulent point que les Catho liques ayent de figures dans leurs Egli fes ; mais qui ignore que fi le Por

trait d Alexandre excita Cæfar à la con quete du Monde la figure des Saints peut nous exciter à la pratique des Ver tus qui leur ont merité le Ciel.

Ils blament la mu ique de nos Eglifes

& l habillement de nos Prêtres, mais

qui ne fçait que la mufique purifie l Ef

prit & quelle fait naitre ou augmente la devotion & Dieu n ordonnat-il pas aux

Enfans d I raël de chanter fes Louanges,

fur toutes fortes d Inftrumens ? Quant à

l habillement des Prêtres, ignorent ils, que Dieu prit foin luy même d ordon

à

ner ju qu à la fra

des Habits du

grand Pontifie & troðW nt ils que ceux de nos Evêques foient fort differents de

ceux du grand Sacrificateur. Je crois en

avoir affez dit pour faire connoitre l Er

reur & les chimeres des Pretendus :

-

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Je crois en avoir affez dit pour faire connoitre l Er reur & les chimeres des

UN MINISTRE ANGLICAN &c. 29

formez, & les motifs qui ont occa

fionné nôtre retour" en I raël. Heureux

&

mille fois heureux d avoir reconnu

mon Erreur dans un tems ou je puis encore la reparer, Dieu qui a tout fait pour fa gloire a peut être permis mon

égarement pour mon bien ; car - fi je

n avois jamais eu ce malheur, ma Foy . en feroit moins fervente & j y ferois

peut être tombé dans un tems ou j au rois moins eu d e perance de me rele

ver: Dans un tems où la nature affoi

blie par les années n a plus la force de chercher la verité , & ou elle ne trou ve de fatisfa tion que dans une indolente tranquilité, mille exemples de cette na ture, me font benir mon fort & plain

dre celuy de tant de peuples dont la

plûpàrt fe croient trop jeunes pour pen

fer à l affaire du Salut & qui parvenus dans un age avancé perdent e perance

de pouvoir le faire & meurent avec le

regret d avoir fuivi leurs penchants. Ceux dont les fentimens font plus purs

ne font pas moins a plaindre que les

premiers, ils croient être dans le bon

chemin & ce chemin les conduit à la

mort. Leur vie n a été qu un exercice

continuel de Pieté », telle que fut celle de l illu tre Reine d Angleterre dem:

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C-a

été qu un exercice continuel de Pieté », telle que fut celle de l illu tre

36 MOTIFS QUI ONT ENGAGE

decedée dont je fus honnoré de la pro

te tion pendant ma r fidence dans ce Pays

à la memoire de la quelle je rendis

honneur dans l oraifon funebre qne je prêchai devant le Prince de Galles, à Londres; cette Augu te Princefie & une

&

infinité de per onnes de fon excellent

caractere feront elles coupables de la n mort ont pås éternelle cru telles pour ? des Erreurs quelles

r

Mais n entreprenonspoint defonder plus qu il ne nous e t permis les abimes de

la fageffe éternelle. Dieu e t ju te il

ne punit que des coupables & lors

même que les rigueurs de fa Ju tice nous paroiffent exce ives, foyons per

fuadez que fi elles étoient moindres

la fouveraine raifon en feroit bleffée.

Ne doutons point de leur malheur »

il n e t que trop certain, leur ignoran

devant la fa

ce ne les ju tifie

pas

geffe éternelle dont l Oracle les con

:e luy même en difant qu il y a des voyes qui paroi ent ju tes à l Homme c

qui cependant le condui ent à la mort. Et en plaignant leur fort addreffons nous au

Pere des lumieres & de mifericordes lui difant d un coeur contrit & humilié :

Seigneur Dieu Tout-puiffant accordez nous la grace de marcher toûjours dans

les

»

.

un coeur contrit & humilié : Seigneur Dieu Tout-puiffant accordez nous la grace de marcher toûjours

UN MINISTRE ANGLICAN crc. 31

les fentiers de la verité & faites que nous

ne nous trouvions jamais au rang de ceux qui ne font pas du nombre de vos Servi

teurs. Souffrez Seigneur qu en rendant grace à vôtre bonté, nous vous fupplions

de jetter vos regards de compation fur

tant de miferables peuples qui font enfe

velis dans les tenebres de l erreur. Que

vôtre main toute puiffante les ramene de leur egarement & daignez paffer du Thrône de vôtre justice au Thrône de vô tre mifericorde pour examiner leurs ini quitez. Vous Seigneur qui avez autrefois

fait entrer la Pechereffe dans la maifon du

Pharifien, qui avez terraffé Paul pour en faire une vaze d ele tion & qui l avez

conduit à Ananie pour être inftruit de fes devoirs, faites auff éclater, nous vous en fupplions, les lumieres de vôtre verité

fur ceux que leur erreur rend Serviteurs inutiles & donnez nous, à nous qui avons

le bonheur de vous connoître & de vous fervir en verité & en ju tice, la force de

refifter aux tentations de la chair & du

diable. Faites ô Source eternel de la vie, que tous les hommes aïentpart aux divi

nes inflnences que vous faites découler

fur ceux qui vous fervent, afin que

n aïant cherché que vous ils vous trou

vent & vous poffedent dans l éternité.

- F

I

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fervent, afin que n aïant cherché que vous ils vous trou vent & vous poffedent dans

APPROBATION.

E foufigné ai lu &

approuvé le Traité qui porte pour Titre

Motifs qui ont engagé un Mini tre Anglicam à a

bandommer

l'Erreur pour

embra er la Religion Ca

tholique, Apo tolique &

Romaine ,

donné

à

Bruxelles le 21. O to-

bre 1739.

N. KER P E N Pleban e3.

Chamoine

de SS. Michel &

dinaire des

Livres,

Gudule Cenfeur or

le 21. O to- bre 1739. N. KER P E N Pleban e3. Chamoine de SS.

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