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COMPTE RENDU DE LA MISSION D’OCTOBRE 2009 à TAEZ PREMIERE

DES QUATRE MISSIONS PREVUES DANS LE CADRE DU FSD

Cette mission comportait 5 membres, elle a eu lieu du 3 octobre au 10 soit 5 jours à TAEZ.
4 membres du projet FSD et JF HIANCE président de l’AMFY

Elle avait pour but de mettre en place l’Association non gouvernementale junior, d’évaluer les
conditions de mise en place de ce projet et de commencer les interventions à l’hôpital
républicain par des cours théoriques et des ateliers pratiques. Ces derniers permettant la mise
en route du matériel fourni par le FSD pour améliorer la prise en charge de la grossesse et de
l’accouchement normal et pathologique : Echographe, monitoring, vidéoprojecteur..

Les conditions de cette mission furent très favorables du fait du choix des intervenants ayant
un regard très positif sur leur mission, du fait des conditions locales l’activité de l’hôpital
républicain a beaucoup changé par rapport à l’année dernière c’est maintenant un hôpital qui
fonctionne normalement. Le Dr Arwa Bahran directrice de l’hôpital républicain, les membres
du service de gynécologie obstétrique, le gouvernorat et l’ambassade de France à Sanaa ont
tous montrés le grand intérêt qu’ils portaient à le projet et à le présence de l’AMFY à Taez.

Le dimanche 4 octobre au matin, inauguration du matériel et présentation en présence de la


presse locale et du vice-gouverneur de la région (cf articles de presse), nombreux discours.

Puis mise en place du programme des activités qui correspond à la proposition faite par écrit,
installation de la salle de conférence, visite du service et début des ateliers Echographie et
salle de travail.
La première conférence commence le lendemain (50 personnes environ dont les 5 sages
femmes de Hodeidah travaillant pour l’AMI)) et on prend très vite conscience de la diversité
des présents : médecins du service certains très en pointe, très anglophones, pour la plupart
des jeunes femmes, d’autre plutôt silencieux, largués ? les sages-femmes dont la plupart ne
parlent pas anglais. On installe un système de traduction anglais arabe et français arabe pour
les sages femmes, cela imposera un changement d’organisation des le lendemain. Les sujets
traités en amphi seront réduits pour les sages-femmes qui bénéficieront d’ateliers théoriques
et pratiques indépendants avec Christine Tauzin traduite du français à l’arabe par la toujours
active Nagwa dite « Khadija » qui nous informe qu’elle fait des accouchements à domicile…
Comme chaque jour, chacun ensuite se disperse dans les services, salle d’écho, salle de
travail, consultations, et même salle d’opération, le Dr Muray étant très sollicité pour son plus
grand plaisir à faire des demonstrations de techniques opératoires. Cela nous aménera à
réfléchir sur le bien fondé d’inclure dans le projet une mise à niveau plus de base : en
anatomie, en techniques chirurgicales, d’inclure des discussions sur certaines indications qui
témoignent de différences culturelles(habitudes plutot « anglo-saxonnes ») et qui peuvent être
très profitables aux deux parties.
Les jours suivants se ressemblent, le compte rendu des journées est fourni sans le CR pour le
FSD.
Pendant ce temps JF Hiance se « promène » :

Le Dr Arwa insiste beaucoup pour qu’il revisite les différents services visités l’année dernière
pour montrer combien la situation est différente :
Le laboratoire fonctionne, certes avec des examens faits manuellement mais il semble fiable.
Du matériel nouveau doit arriver dans les mois à venir, il s’agit de machines qui ont été
choisie après appel d’offre « dans les gazettes », des machines « open » qui seraient moins
onéreuses d’usages mais aussi d’après Ali Abdan consulté, plus difficiles d’usage c'est-à-dire
nécessitant plus de formation et plus d’attention de la part du personnel. Ali a fait un don à
l’hôpital qui ne lui a pas été très profitable, il les a retiré après une semaine, la chef du labo
considérant qu’il s’agissait de machines fragiles…Ali n’est donc plus dans la course on ne
pourra plus espérer le faire participer au développement du laboratoire de l’hôpital.
L’unité de soins intensifs est fonctionnelle 24/24, des patients y sont hospitalisés lors de ma
visite.
Le service d’ophtalmologie va être aménagé avec du matériel neuf dans les mois à venir, il
faudra donc probablement effectuer une sélection dans le matériel proposé par Danielle Cazin,
j’ai proposé au Dr Arafat de lui envoyer la liste de façon à ce qu’il choisisse ce qui lui sera
nécessaire.
Le service d’urgences médicales et chirurgicales est une ruche bourdonnante, j’ai rappelé la
demande faite l’année dernière, cela n’a pas suscité de réactions.
Il existe un grand plan de réhabilitation de l’hôpital qui devrait restaures les services. Il est
également question de construire sur l’aile ouest de l’ancienne pneumologie une bâtiment de
plusieurs étages qui serait destiné aux consultations.
La cardiologie est désormais au dessus du service de gynécologie obstétrique, je ne serais pas
invité à y entrer, le Dr Abdallah n’est d’ailleurs pas présent, la plupart du temps à l’université
nous dit-on, ensuite il partira au village pour ne revenir que le dimanche pour recevoir la
mission cardio des Dr Alain Richard et Chabanier.. Il semble qu’il y ai bien de difficultés de
communication dans ce service.
.Le Dr ARWA nous montre la plaquette : AMFY à L’hôpital Goumhoury lors des missions de
novembre 2008 et la mission de Cardio : Alex + Commeau. Le Dr ARWA joue beaucoup sur
la communication et utilise beaucoup les actions de l’AMFY pour valoriser son hopital tandis
que les équipes allemandes valorisent l’hopital Thawra dans un esprit purement de
substitution semble-t-il.

Le jour suivant :

A la demande du Dr ARWA nous visiterons le gouverneur à 8H30 précise il s’agira


essentiellement de témoigner devant lui de l’activité positive du Dr Arwa, ce que nous faisons
volontiers, de parler du projet et de la création de l’ONG locale qui a du recevoir son accord
pour naître. Il nous dit être prêt à nous soutenir, il est très favorable. Il est au courant des
problèmes rencontrés dans la restauration de la maison d’Yvette (cf infra).

Nous irons ensuite chez Chawki Ahmed Hael toujours dans le même but, le docteur ARWA
tient a ce que nous témoignons de son action devant les autorités qui actuellement la
soutiennent. Ici aussi nous parlerons de la maison d’Yvette pour obtenir un soutien financier.

Le soir j’ai rendez-vous avec Mr Blanchard au souk qui m’informe de la réalité du problème
qu’il rencontre ; il y a beaucoup de « responsables » de la restauration de la maison au niveau
du gouvernorat, au niveau de l’hôpital djoumhouri, soit quatre intervenants qui s’associent de
facon variable dans le temps ce qui fait que le chef de travaux fait mal ce qui lui plait. ;; Mr
Blanchard a écrit une lettre dure au gouverneur, à Chawki pour les prévenir qu’il cessait
d’intervenir ne voulant pas donner son aval et celui de l’ambassade de France à des travaux
qu’il désapprouvait. Le gouverneur comme Chawki et le Dr Arwa ont compris son attitude.
Il sera décidé le lendemain au cours d’une réunion tripartite houleuse dans le bureau de la
directrice de se séparer d’un des responsable et du chef de travaux et de reprendre, de corriger
et de finir avec la double signature de l’architecte de l’hôpital et de Mr Blanchard et l’argent
de Mr CHAWKI le devis initial sera en effet dépassé. Mr Blanchard nous a quitté avec le
sourire.
Le mercredi rendez-vous dans un centre de santé. Le choix était difficile et
nécessitait que le Dr Arwa contact le directeur de la santé du gouvernorat (frère d’un ancien
ministre de la santé) sous l’autorité duquel se trouve ces centres (le Dr ARWA n’est pas en
bons termes avec lui, elle choisit donc de faire cette visite avec la casquette de présidente de
l’ONG. Evidemment cette visite était essentielle puisqu’elle nous donnait un regard direct sur
les buts du FSD : comment établir une relation entre ses centres et l’hôpital de tel sorte que les
femmes enceintes arrivent à l’hôpital avant la catastrophe (nous en verrons deux arriver
décédée à l’hôpital (éclamspie). Le centre du Saber a été choisi pour des raisons de proximité,
les centre de Raedah ( route d’Aden), de Mokha, de Mikhlaf, de Chara’b étant plus éloignés,
le problème d’urgence sont donc encore plus difficiles à traiter.
Au Saber (35000 habitants dit-on) il y a deux médecins et quatre sages-femmes, le centre
fonctionne comme une PMI, il est ouvert le matin jusqu’à 14H, le personnel travail ensuite en
privé. Le directeur du centre évalue à 10% le nombre de femmes enceintes suivies par le
centre et son personnel. La plupart des femmes accouchent au domicile sans avoir eu
d’examen préalable. Il n’y a pas de véhicule sanitaire, les évacuations d’urgence dépendent du
bon vouloir de la famille ou des voisins.

C’est ensuite la visite à la famille d’ABDULWAHAB Al Husseini, j’exprime au nom de


l’AMFY toute entière nos profonds regrets et nos condoléances. Notre amitié pour Abdou,
son intelligence, sa sobriété, son efficacité, son honnêteté. Je rappelle la relation privilégiée,
filiale avec Yvette Viallard. La confiance que nous avions en lui. Cette visite se fait avec
Nabil Radman qui transmet à la femme d’Abdou le souhait de Mario Semararo de laisser les
trois machines qu’il avait livré et le reliquat de dette d’Abdou à la disposition de la famille. Je
ne fait pas de proposition financière mais j’indique que l’AMFY interviendra quand
nécessaire et selon ses possibilités pour aider les enfants d’ABDOU notamment la fille aînée,
qui finit ses études d’anglais, d’obtenir rapidement un travail.

Je n’arriverais pas à provoquer la réunion de l’ONG junior, il faut dire qu’elle comporte tous
les membres du service de gynéco-obstétrique ( la liste et l’agrément du gouverneur sont
disponible auprès du secrétariat de l’AMFY), elle comporte en outre deux enseignantes en
école secondaire, j’ai demandé à ce qu’il soit adjoint la sage-femme de l’hôpital International
Privé de Mr Chawki Ahmed et la sage femme KHADDAM dont m’a parlé le représentant de
GIA à TAEZ (organisation de soutien à l’ONG de défense des droits des Khaddam).
Les statuts de l’ONG local sont classiques sans particularité locale ce qui est resté flou c’est le
financement…Le Dr ARWA m’a promis de nous informer des réunions et des sujets traités. Il
faudra être vigilants et demander régulièrement à ce que des atelirs et cours soient proposé par
les médecins du service aux sages-femmes de Taez notamment concernant le suivi de la
grossesse et les signes et circonstances qui doivent alerter et faire transférer une parturiente
avant la catastrophe (nous avons vu arriver deux femmes décédées en cours de transport vers
l’hôpital).
Les rencontres avec Yassin Al Kubati, Naguib Mahiub à TAEZ et avec Adel Mahiub
Mohammed Al Komeim et Abdulaziz Al Mekhlafi ont été très amicales et chaleureuses, la
crédibilité de l’AMFY est renforcée par sa présence répétée et ses nouveaux projets qui
intéressent. Il faudra essayer de faire des réunions des membres de yéménites de l’AMFY
lors des prochains passages, ils sont demandeurs et ne peuvent pas facilement se déplacer
pour les assemblées générales.

Le dernier jour à l’ambassade, débriefing dans le bureau du nouvel attaché culturel, Mr Benoît
Deslandes en présence de Mr Sarkis, de Mme Dominique Anouilh et de Mme Marion Saurel
(responsable direct du projet FSD)
Ambiance chaleureuse, l’AMFY est maintenant considéré comme un élément important de la
coopération franco-yéménite, le nouvel ambassadeur semble favorable.
Le projet FSD sera très probablement renouvelé l’année prochaine si nous répondons au
exigences de temps : présentation des dépenses avant la fin du mois et du nouveau programme
après la troisième mission de Patrick de Boisse
Mr Sarkis accepte de prendre en stage NABIL RADMAN cette année et deux obstétriciennes
l’année prochaine (Dr HUDA et WAKA) qui partiraient donc ensemble en début d’année
2010, le Dr Hélène Berseneff et le Dr Muray se faisant fort de les accueillir tous les trois à
Pontoise.

Au total une mission très intéressante, très productive qui n’a pas atteint tous ses objectifs qui
étaient trop ambitieux. Les deux missions à venir devront outre leur propres propos s’attacher
à réunir un maximum de professionnel hors l’hôpital (l’expérience des sages femmes de
L’AMI de Hodeidah étant très positive), il faudra en parler au Dr ARWA qu’elle fasse la
publicité comme elle l’aime.
Par la suite il faudra réfléchir à donner des moyens d’action à l’ONG junior pour faire des
réunions d’information, écrire un petit journal d’information destiné aux professionnels.
Réfléchir aussi à la façon d’obtenir un moyen de transport pour les patientes en urgence
depuis les centres de santé ; Mr CHAWKI et Mr LE GOUVERNEUR pourrait être sollicité
pour les aides financières.
Il ne faut pas se cacher que la tache à accomplir est énorme, quelle comporte de nombreux
aspects politiques hors de notre portée, il faut essayer de réussir quelque chose à un petit
niveau qui pourra peut-être ensuite servir d’exemple.