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Hydraulique fluviale

Group M

Les principales techniques de mesure du débit solide

M Les principales techniques de mesure du débit solide Les principales techniques de mesure du débit

Les principales techniques de mesure du débit solide

PROFESSEUR :

techniques de mesure du débit solide PROFESSEUR : Soares-Frazao Sandra Année académique 2016-2017 Ecole

Soares-Frazao Sandra

Année académique 2016-2017 Ecole Polytechnique de Louvain

 

Group M :

DUBUCQ Robin

54261300

JOACHIM Corentin

35121300

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En hydraulique fluviale, il existe deux manières principales pour quantifier le transport de granulats : le charriage de fond ainsi que le transport en suspension. En s‘écoulant, le cours d’eau érode la paroi sur laquelle il passe et dépose les granulats plus loin en aval. Lorsque les éléments sont de petite taille, le transport se fait principalement en suspension, et ce sur de grandes distances. Cependant, pour des éléments plus grossiers qui évoluent au fond du cours d’eau, on parlera plutôt de charriage. Dans le long terme, il est indispensable de tenir compte de ce débit solide qui change la morphologie des cours d’eau et peut avoir des conséquences importantes sur les ouvrages hydrauliques.

Il existe diverses méthodes afin d’évaluer le débit solide, qu’elles soient mobiles/fixes, directes ou indirectes. Nous allons étudier pour chacune d’entre-elles, son dispositif, son fonctionnement ainsi que l’analyse des résultats.

dispositif, son fonctionnement ainsi que l’analyse des résultats. Figure 1 Les différents types de transport solide

Figure 1 Les différents types de transport solide

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1. Echantillonneur Helley-Smith et Arnhem

Positionnement : Instrument mobile

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Type de rivière : Tous types, selon la taille des particules

de rivière : Tous types, selon la taille des particules Figure 2 Echantillonneur Arnhem Figure 3

Figure 2 Echantillonneur Arnhem

la taille des particules Figure 2 Echantillonneur Arnhem Figure 3 Echantillonneur Helley-Smith L’échantillonneur

Figure 3 Echantillonneur Helley-Smith

L’échantillonneur Arnhem ou le Bedload Transport Meter Arnhem (BTMA) est un modèle de structure plus complexe qui permet un atterrissage sur le fond du lit mieux maîtrisé. En effet, sa conception permet à la queue de l’appareil de se poser en premier ce qui évite les phénomènes d’enfournement. Ensuite le corps de l’appareil se pose et enfin, par un jeu de lamelles métalliques, la « bouche » du préleveur se pose en douceur sur le fond pour éviter un brassage avec mise en suspension de sédiment qui pourrait perturber la mesure. Lors de la remontée de l’appareil, le processus s’inverse évitant à nouveau l’entrée intempestive de matériau dans l’appareil.

L’échantillonneur Helley-Smith est une variation du "transportmètre" Arnhem : l'appareil consiste en une tuyère divergente reliée à un sac d'échantillonnage. Le tout est solidifié par un cadre métallique, qui forme la structure de l'échantillonneur. C’est la méthode la plus connue et la plus utilisé même si elle perturbe un peu plus le lit de la rivière par rapport à l’échantillonneur Arnhem. Il prend cependant moins de place et est plus facile à mettre en œuvre. Il en existe de différents types en fonction du débit de la rivière et des sédiments.

Ces deux méthodes suivent le même mode de fonctionnement. Ci-dessous, on s’occupera donc de l’échantillonneur Helley-Smith qui est le plus utilisé.

Description de la méthode :

Construction : Les dimensions de la section droite d'entrée de la tuyère sont normalisées, et sont de 3 ou 6 pouces de côté (selon le modèle, soit 7.62 ou 15.24 cm de côté). Le divergent débouche sur une section droite plus grande, avec un rapport d'expansion de 3.22 (fixe).

Le sac est constitué d'une toile en polyester de 250 µm d'ouverture entre les mailles.

L'appareil est fixé au bout d'un treuil et est ensuite placé à l'endroit du captage.

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Fonctionnement : Les avantages du Helley-Smith Sampler sont sa facilité de mise en œuvre, ainsi que la multitude d'essais existants, permettant un calibrage aisé de l'appareil. Son efficacité dépend de la précision de ce calibrage, mais aussi du nombre de mesures effectuées et de la qualité des mesures, nécessitant un personnel qualifié pour la mesure. La taille du filet permet de caractériser la quantité et la taille des sédiments collectées. Le temps de mesure ainsi que la section d’admission sont des paramètres du test qui permettent de quantifier le débit solide charrié.

Selon l'USGS et les services de ressources en eau des Etats-Unis, il est préférable d'appliquer cette technique de mesure dans des cours d'eau où le diamètre moyen (D50) se situe entre 2 et 8 mm.

Pour des raisons évidentes, il est généralement déconseillé d'utiliser un échantillonneur d'Helley-Smith si :

a) le diamètre moyen des particules du lit D50 < 0.5 mm

b) D50 > 64 mm

c) lits de composition trop irrégulière, où des sédiments de grande taille risquent

d'interférer avec les mesures

d) la quantité de débris organique est assez importante que pour boucher le sac

d'échantillonnage

Mesure : L’emplacement de l’échantillonnage doit être changé régulièrement dans la direction longitudinale pour assurer un échantillonnage aléatoire. Le débit charrié peut être calculé avec la masse de sédiments solides capturés dans le sac, ou avec leur volume immergé :

Qs,c = k.(1-p).ρ.V/(b.T)

= G/(b.T)

Avec : k = coefficient de calibration, dépend de la taille des sédiments (de 0.5 à 1.5 pour des sédiments de 0.25 à 32 mm);

ρ = masse volumique des sédiments (typiquement 2650 kg/m³)

p

= porosité

V

= volume immergé des sédiments

b

= largeur de la tuyère (3 ou 6 in)

T

= temps d'échantillonnage

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G = Masse sèche des sédiments

Source :

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https://water.usgs.gov/admin/memo/QW/qw77.07.html

http://pubs.usgs.gov/pp/1139/report.pdf

http://www.coastalwiki.org/wiki/Helley-Smith_sampler_(HS)

http://www.coastalwiki.org/wiki/Measuring_instruments_for_sediment_transport

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01110623

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2. Traceurs

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Il existe diverses méthodes de mesure du charriage par marquage, à savoir :

- le marquage par peinture ou résine

- le marquage par matières colorantes luminescentes

- le marquage par isotopes radioactifs

- traceur magnétique

Le principe général est semblable pour chacune de ces méthodes avec quelques particularités technologiques. De plus, il faut faire la distinction entre les traceurs actifs et passifs. La différence vient du fait que les traceurs actifs interagissent en émettant des signaux jusqu’à une distance d’environ deux mètres. Les traceurs passifs se déplacent par charriage sans aucune interaction.

2.1 Marquage par peintures ou résines

Positionnement : Instrument mobile.

Type de rivière : tout type de rivières

Type de rivière : tout type de rivières Description de la méthode :
Type de rivière : tout type de rivières
Description de la méthode :

Description de la méthode :

Cette méthode est la plus simple et facile à mettre en œuvre. Elle consiste à recouvrir des sédiments caractéristiques du milieu étudié d’une couche fine de peinture ou résine. Cependant, cette couche supplémentaire de peinture appliquée ne doit pas perturber les propriétés matérielles des granulats (densité), ni se dégrader au contact de l’eau. Cela a conduit à l’utilisation de résines synthétiques. Il suffit ensuite de suivre l’évolution des granulats dans le cours d’eau de manière visuelle. Ce procédé à l’avantage d’être peu couteux, et de pouvoir analyser une grosse quantité de matériaux.

2.2 Marquage par matières colorantes luminescentes

Positionnement : Instrument mobile.

Type de rivière : tout type de rivières

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Description de la méthode :

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Le marquage repose sur un phénomène lumineux que produit les granulats traités sous un rayonnement ultra-violet. On prélève donc un ensemble de sédiments du bassin afin de les enduire d’une matière colorante luminescente. Ceux-ci sont ensuite repartis à l’endroit de leur prélèvement suivant une forme établie qui dépend de l‘étude menée. Ces sédiments marqués vont donc se déplacer dans le temps et dans l‘espace. Il est ensuite nécessaire de prélever un ensemble d’échantillons à des distances données afin de les sécher et les tester sous rayonnement ultra-violet.

2.3 Marquage par isotropes radioactifs

Positionnement : Instrument mobile.

Type de rivière : tout type de rivières

Description de la méthode :

Actuellement, cette méthode est beaucoup utilisée lorsque l’on mesure le débit charrié car elle comporte divers avantages. Elle s’applique à une gamme étendue de sédiments et ne nécessite pas de prélever les sédiments pour les détecter. Pour réaliser ce type de mesure, il convient d’abord de marquer les sédiments à l’aide d’isotropes radioactifs pour être capable de les distinguer dans le temps. Dans ce type de marquage, le suivi se fait grâce à l’émission de rayonnement radioactif. En suivant l’évolution de ce rayonnement dans le temps ainsi que son intensité, on est capable de quantifier le débit solide par charriage.

2.4 Traceur magnétique

Positionnement : Instrument mobile.

Type de rivière : Cours d'eau à granulométrie grossière, lit composé de graviers

à granulométrie grossière, lit composé de graviers Figure 4 La technique des traceurs magnétiques est

Figure 4 La technique des traceurs magnétiques est utilisée conjointement avec les traceurs peints.

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Description de la méthode :

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La méthode consiste à insérer des traceurs magnétiques dans des sédiments de la rivière. Après un événement de crue ou une saison, les traceurs sont repérés et identifiés. On peut ainsi:

-mesurer la distance charriée

-estimer le taux de transport de sédiments

-déduire les conditions seuil (éventuellement)

Le désavantage de cette technique est qu'elle ne peut être qu'utilisée dans des rivières de largeur restreinte et qu'elle est coûteuse en main d'œuvre. Elle demande aussi une calibration pour pouvoir donner des résultats valides.

L'avantage, c'est qu'elle est peu chère et le traitement de données est simple.

Sources :

Eaton B., Hassan M. and Phillips J. (2008). A method for Using Magnetic Tracer Stones to Monitor Changes in Stream Channel Dynamics. Streamline Watershed Managemet Bulletin.

Gray, J.R., Laronne, J.B., Marr, J.D.G. (2010). Bedload-surrogate monitoring technologies. U.S. Geological Survey Scientific Investigations Report: 20105091.

Vázquez-Tarrío D. and Menéndez-Duarte R. (2014). Bedload transport rates for coarse-bed streams in an Atlantic region. Geomorphology, Elsevier.

Extrait de la publication no. 67 de I‘A.1.H.S. S~’nzposiuinPlanification des Re ́ seaux Hydrologiques, pp. 343-355

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3. Fosse à sédiment.

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Positionnement : Instrument fixe qui est situé sur le lit mineur de la rivière.

Type de rivière : Rivière non-navigable, retenue d’environ 10 m³ et bassin étudié < 1km²

retenue d’environ 10 m³ et bassin étudié < 1km² Description de la méthode : Construction :

Description de la méthode :

et bassin étudié < 1km² Description de la méthode : Construction : On construit dans le

Construction : On construit dans le lit mineur un réservoir en béton d’un volume équivalent à 1 ou 2 ans d’apports solides (calculé au moyen des équations classiques). Après le réservoir, succède un déversoir pour la mesure des débits. Il est important de le construire dans un secteur où le piégeage temporaire de la charge ne risque pas de générer de désordres géodynamiques.

Fonctionnement : Le but de la fosse est de réduire suffisamment les vitesses pour que la charge du lit s'y dépose, la charge de ruissellement étant mesurée par des prélèvements à la sortie du déversoir qui est lui-même étalonné et sert à la mesure des débits liquides.

Mesure : Le volume des matériaux de charriage est mesuré soit dans la fosse elle-même par cubage topographique suivant un système de coordonnées préétabli, soit directement au moyen de récipients jaugés, en vidant la fosse.

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4. Géophone et hydrophone

Positionnement : Mobile, facile à déployer

Type de rivière : Tout type

: Mobile, facile à déployer Type de rivière : Tout type Description de la méthode :
: Mobile, facile à déployer Type de rivière : Tout type Description de la méthode :

Description de la méthode :

Fonctionnement : Technique basée sur l’analyse du son émis par les sédiments transportés. Cette technique est encore en développement mais donne déjà des résultats très encourageants. Il est notamment difficile, dans certains cas, de détecter la différence entre un choc ou des phénomènes turbulents liés à l’écoulement. C’est une méthode indirecte et non intrusive.

Mesure : Les mesures se réalisent en continu. Le but va être d’estimer les diamètres des grains transportés à partir des spectres acoustiques. Il y a cependant certaines limites par rapport à la complexité du signal à traiter. Ceci dépend de la capacité de propagation des ondes acoustiques et de la répartition spatiale du charriage.

Sources :

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5. Système plaque Géophone

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Positionnement : Fixe, au niveau d’un déversoir

Type de rivière : Torrentielle

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d’un déversoir Type de rivière : Torrentielle Group M Description de la méthode : Fonctionnement :
d’un déversoir Type de rivière : Torrentielle Group M Description de la méthode : Fonctionnement :

Description de la méthode :

Fonctionnement : Les géophones enregistrent l’impact des grains sur la plaque d’acier. Lorsqu’une particule rentre en contact avec la plaque d’acier, le choc est transmis au géophone qui enregistre en continu les sons émis de la plaque. Le projet vise à identifier les facteurs principaux servant à la calibration du géophone afin de généraliser les paramètres de calibration. Dans un second temps, il est possible d’extraire des informations sur la taille des grains en fonction du signal transmis au géophone.

La prédiction de la dynamique de charriage est plus complexe dans ces cours d’eau car il y a une interaction avec le processus du versant actif, une large gamme de tailles de sédiments et une variance de décharges dans le temps. La rugosité du lit varie aussi le long du cours d’eau. Les capteurs d’impacts piézoélectriques (PBIS), ont été remplacés par des géophones.

Source :

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Ci-dessous, des graphes reprenant l’ensemble des différentes méthodes et permet de les comparer en fonction du type de cours d’eau, du cout ou de la granulométrie de la rivière.

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