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INRA

Agriculture
Alimentation
Environnement
N°4 - MARS 2008 magazine

La recherche agronomique
se construit en partenariat

◗ REGARD ◗ HORIZONS ◗ DOSSIER


Un nouveau comité Partenariat L’herbe, la vache
d’éthique d’orientation et ses produits
◗sommaire

◗ HORIZONS
EDITO
03◗ HORIZONS
Développer un partenariat
d’orientation
Mieux connaître l’emploi
en agriculture
Chers lecteurs,

© Inra / Jean-Pierre Tissier


© Inra / Jean-Pierre Tissier
© Inra / Christophe Maître
Végétaux et systèmes

V
ous connaissez la fraise Gariguette, vous découvrez
pour la biomasse du futur
en ce moment la pomme Ariane et la poire Angelys, vous
pouvez déguster le raisin sans pépin Danuta et bientôt
06◗ RECHERCHES la pomme de terre Coquine... Ces innovations ont été conçues
& INNOVATIONS par l’Inra ou grâce à des collaborations avec ses chercheurs,
Grandes cultures : repenser à la demande des professionnels. Elles répondent à des attentes
la façon de cultiver
des consommateurs et prennent en compte les préoccupations
Surveiller la dégradation
de préservation de l’environnement.
de la structure des sols
Co-évolution hôte-parasite Pour anticiper les besoins et attentes des partenaires et de la
Une alternative société, il faut construire des partenariats solides et durables,

© Inra / Christophe Maître


en mesure d’accompagner des recherches au long cours,

© Inra / Christophe Maître


aux traitements hormonaux

© Inra / Florence Carreras


Création d’entreprises d’identifier les nouvelles questions de recherche et repenser
le dispositif d’expérimentation. Quels seront les impacts
du changement climatique sur l’élevage à l’herbe ? Quels seront
les végétaux qui répondront aux besoins des filières
de biocarburants ? Comment concevoir des systèmes


de production à haute performance environnementale ? LES SITUATIONS DE DIALOGUE ET DE PARTENARIAT
Comment capitaliser les résultats de tous les acteurs sont aussi diverses que fréquentes dans un organisme

de la recherche et du développement dans ce domaine ?


Toutes ces questions sont posées autant par la société
Développer un de recherche finalisée.

13◗ DOSSIER
que par le monde professionnel, par nos décideurs
ou par nos équipes de recherche.
Le Salon international de l’agriculture est un moment fort
d’écoute et de rencontre avec les partenaires. C’est aussi
partenariat
L’herbe, la vache
et ses produits
un moment privilégié pour nos chercheurs présents sur le stand
de dialogue avec le public. Nous vous y attendons nombreux
et pour ceux qui n’auraient pas pu venir, le site Internet de l’Inra,
d’orientation
www.inra.fr, retransmettra les évènements.
L’Inra a animé une réflexion interne sur le partenariat
et en particulier sur l’importance que revêt un « partenariat
25◗ REPORTAGE d’orientation » pour un institut de recherche finalisée. Benoît
L’équipe de recherche Marion Guillou, Fauconneau, président du centre Inra de Bordeaux-Aquitaine
de Ploudaniel présidente-directrice générale et animateur d’un des groupes de travail, répond
à nos questions.
Le métagénome intestinal
Accueillir le handicap
à l’Inra
INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE Pourquoi revisiter qui sont les utilisateurs et destinatai- aborder un certain nombre de ques-
147 rue de l'Université • 75338 Paris Cedex 07
29◗ IMPRESSIONS www.inra.fr
les relations partenariales
de l’Inra ?
res finaux de nos recherches. C’est
important de travailler en interaction
tions ; elle l’exprime de façon expli-
cite lorsqu’un débat citoyen lui en
Directrice de la publication : Marion Guillou. Directeur éditorial : Pierre Establet. Rédactrice en chef : Catherine Benoît Fauconneau : : l’Institut avec eux pour s’assurer que les re- donne l’occasion. Enfin, l’exemple des
34◗ REGARD Donnars. Rédaction : Magali Sarazin, Pascale Mollier, Hélène Deval, Patricia Léveillé. Ont contribué à ce numéro : Françoise a estimé nécessaire de réaffirmer cherches que l’on met en place sont travaux du GIEC sur le climat illus-
Un nouveau comité Maxime, Thierry Doré, Olivier Réchauchère, Odile Duval, Guy Richard, Sabrina Gaba, Laurent Cario, Francis Aubert, qu’un « partenariat d’orientation » en adéquation avec leurs attentes. Une tre l’émergence d’une autre dyna-
d’éthique Jean-Pierre Huiban, Anne-Marie Dussol, Patricia Mahrin, Emmanuelle Klein, Patrick Etiévant, Joël Doré, Evelyne Lhoste. est intrinsèquement lié à son carac- deuxième source d’orientations, plus mique d’orientation des recherches,
Photothèque : Jean-Marie Bossennec, Julien Lanson, Christophe Maître. Maquette : Patricia Perrot. Couverture :
Faire Savoir (photo : iStockphoto ; Stockbyte. Conception initiale : Citizen Press - 01 53 00 10 00. Impression : Caractères. tère d’organisme de recherche fina- diffuse, provient de la société. La dé- issue de la dynamique propre à la
lisée. Ce partenariat est à la confluence marche mise en place dans le Gre- science : un ensemble d’experts scien-
36◗ AGENDA Dépôt légal : mars 2008.
Renseignements et abonnement : inramagazine@paris.inra.fr ISSN : 1958-3923 de différentes forces et attentes. Nous nelle de l’environnement montre que tifiques internationaux analyse une
avons des partenaires bien identifiés la société souhaite voir la recherche question et devient force d’orienta- 2

●2 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
3
◗ HORIZONS en bref
2 tion des recherches à conduire dans un
domaine. Un établissement de recherche
doit intégrer, au moment où il choisit ses
taines filières spécialisées. Plus ré-
cemment, dans le cadre de la démar-
che CAP-Environnement (Inra ma-
illustratif, les programmes de re-
cherche pluridisciplinaires « Pour et
sur le développement régional » s’ap- Mieux connaître l’emploi OValérie Pécresse à l’Inra
Valérie Pécresse, ministre
de l'Enseignement supérieur

agriculture
orientations, tous ces messages en com- gazine n°3), engagée en 2006, nous puient sur des dispositifs où les par-
plément de la dynamique de ses prop- avons fait le choix d’aller au-devant ties prenantes apprennent à se faire et de la Recherche a visité le
18 janvier les expérimentations
res équipes de recherche. Pour l’Inra, cela
veut dire que les messages du monde
de tous les « porteurs d’enjeux » pour
les interroger sur les recherches que
entendre et à travailler ensemble.
Il reste que, pour construire des dispo- en de peupliers OGM du centre
Inra à Orléans. La ministre
agricole, des consommateurs, du monde l’Inra devrait développer sur les re- sitifs de partenariat d’orientation élar-
de l’environnement et plus largement de lations environnement-agriculture. gis à l’ensemble des parties prenan- a annoncé qu’une enveloppe
la société sont bien pris en compte, dans Cela nous amène, entre autres, à ré- tes, nous avons besoin de mieux de 45 millions d'euros serait
leurs différentes dimensions, dans les fléchir sur la façon de poursuivre un connaître les acteurs, d’analyser leurs allouée, entre 2009 et 2011,

L
’Inra et la Mutualité sociale agricole trajectoires des systèmes d’activités dits « com-
choix d’orientation scientifique. partenariat avec des associations qui messages et d’organiser la concerta- (MSA) ont signé une convention à plexes » des ménages agricoles. Elles s’atta- aux projets de biotechnologies
n’ont pas les mêmes moyens de re- tion entre des points de vue qui peu- l’occasion du Salon de l’agriculture. chent à caractériser les mutations des condi- végétales financés par
Comment travailler avec présentation que les grands groupes : vent être consensuels ou multiples. L’objectif est de mieux connaître les tions de travail, en particulier celles engendrées l'Agence nationale de la
ces différents partenaires ? à quel moment les faire intervenir ? populations agricoles salariées et non salariées, par l’accroissement du travail immatériel lié recherche, en partenariat
B. F. : Il nous faut mieux capter les mes- Comment les accompagner de ma- Quelles suites peut-on relevant de la MSA pour tout ou partie de leur aux exigences réglementaires et aux engage- avec l'Allemagne.
sages peu écoutés jusqu’alors, par exem- nière plus spécifique ? attendre du chantier protection sociale, avec un accent particulier ments contractuels. OObservatoire de la
ple ceux des consommateurs ou des ac- partenariat d’orientation ? sur les conditions de développement d’em- Des recherches étudient l’organisation du tra- qualité de l'alimentation
teurs de l’environnement. Nous devons Dans ces démarches B. F. : Les messages d’orientation plois de qualité et sur les territoires ruraux. vail dans les circuits courts de commerciali- Les ministères chargés
être capables d’intégrer les points de vue de concertation, comment que doit intégrer un organisme Les collaborations pourront prendre d’autres sation des produits agricoles. D’autres analy- de l'agriculture, la santé
des associations, des PME-PMI comme gérer les tensions entre comme l’Inra évoluent très rapide- formes telles que la participation de chercheurs sent l’évolution des compétences requises pour et la consommation viennent
des plus grandes entreprises, des collec- intérêts contradictoires ment. Sur les questions environne- à des colloques de la MSA sur ces thèmes, ou le métier de conseiller agricole dans le contexte d’installer l'observatoire
tivités territoriales, de l’Etat et des orga- et comment les prendre mentales au sens large, nous avons la le cofinancement de bourses de thèse. européen. Enfin, les chercheurs construisent de la qualité de l'alimentation
nisations professionnelles agricoles, par- en compte dans les chance d’avoir aujourd’hui une Les recherches de l’Inra abordent l’évolution des indicateurs sur l’emploi agricole intégrant (OQALI). Prévu par le 2e Plan
tenaires historiques de l’Institut. En analyses ? conjonction de messages issus d’un du modèle agricole familial. Elles portent les différentes dimensions, économiques, national de nutrition-santé
tenant compte de l’évolution de l’agri- B. F. : Cette question est importante. groupe d’experts internationaux (le notamment attention aux pluriactifs et aux sociales et environnementales. ● (PNNS), il s'appuie sur une
culture et des territoires… Il existe des conflits d’intérêt réels Giec) et de débats menés à l’échelle convention entre l'Inra et l'Afssa
Vis-à-vis de nouveaux partenaires, notre entre parties prenantes qui amènent nationale (le Grenelle de l’environ- en partenariat avec les profes-
approche favorise l’interconnaissance et l’Inra à dialoguer de manière bilaté- nement). Il faut maintenant les croi- sionnels des secteurs
l’apprentissage du travail ensemble. Des
dispositifs de type convention ou accord
rale avec certains partenaires. En de-
hors de ces cas-là, la question se résout
ser avec les analyses que l’on mène
avec nos partenaires spécifiques et Végétaux et systèmes alimentaires. L'observatoire
suivra l'évolution de la qualité
cadre, tel que ceux qui ont été mis en
place avec des syndicats agricoles, no-
tamment la Confédération paysanne, per-
à l’aide des dispositifs d’expression
des porteurs d’enjeux que l’on est ca-
pable de créer. Un climat de
avec la dynamique de la science telle
que nous la percevons. C’est un tra-
vail que nous engageons en 2008, au pour la biomasse des aliments en reliant les
paramètres nutritionnels
et socio-économiques. Il espère
mettent d’engager de façon bilatérale un
compagnonnage de travail pour explici-
ter les attentes des uns et les modes de
travail des autres. Nous travaillons aussi
avec des collectifs d’acteurs par exem-
confiance, une certaine régularité
d’échanges, le pas de temps longs de
la recherche… décrispent les situa-
tions et permettent que des messages
divergents soient pris en compte dans
niveau des départements scientifiques
et des centres Inra en région. ●

Propos recueillis par


du futur contribuer à inciter les filières
agroalimentaires à mieux
répondre aux objectifs de santé
publique et aux attentes
des consommateurs.
ple pour les recherches spécifiques à cer- les orientations scientifiques. A titre Françoise Maxime
ONouvelle revue de l’Inra

L
’Inra coordonne un atelier de réflexion
Une revue électronique éditée
prospective qui vise à identifier des
par l’Inra, Innovations agrono-
espèces végétales, plantes annuelles,
miques, est disponible en ligne.
Les Groupements d’intérêt scientifique pérennes ou microalgues, ainsi que des
systèmes de production qui répondent aux be-
Elle reprend et complète les
textes des colloques des
Un Groupement d’intérêt scientifique (GIS) rassemble plusieurs partenaires sur un thème. soins de biomasse végétale requis pour déve-
Carrefours de l’Innovation
Le GIS se traduit par une convention limitée dans le temps. C’est un outil approprié pour lopper les filières des biocarburants et des bio-
Agronomique (CIAg), organisés
s’engager avec des partenaires variés dans un partenariat d’orientation. Ils mettent matériaux, prenant en compte les dimensions
pour faire connaître les résultats
des moyens en commun et se dotent d’une gouvernance.. environnementales, sociales et économiques.
relatifs à l’innovation en
Les Groupements d’intérêt scientifique Génoplante (génomique des plantes) et Agenae Vaste programme financé par l’Agence natio-
agriculture. Le premier numéro
(Analyse du génome des animaux d’élevage) mis en place au sein de l’Institut nale de la recherche pour une durée de deux
porte sur la protection intégrée
en partenariat avec les autres organismes de recherche et les « parties prenantes » ont ans, il associe vingt organismes de recherche
en arboriculture et viticulture :
ainsi constitué l’une des modalités permettant de répondre à l’exigence d’une recherche publique et privée, d’enseignement supérieur,
www.inra.fr/ciag/
finalisée en génomique animale et végétale. Ils ont permis de structurer l’organisation des des fédérations professionnelles, des indus-
recherches en créant une dynamique collective fondée sur des programmes de recherches triels et des associations. Plus de 150 experts OL'Inra recrute
public-privé, sur l’émergence d’une communauté de recherche, sur la création d’outils sont ainsi mobilisés pour dresser un état des Dans le cadre de sa campagne
et la mise en place de plates-formes. connaissances. Il s’agira d’identifier leurs li- 2008, l’Inra recrute 75 jeunes
L’Inra participe à de très nombreux GIS (70) de natures diverses. Il peut s’agir mites et lacunes pour proposer de nouvelles chercheurs, 51 chercheurs
par exemple de programmes nationaux comme Agenae, Génoplante, Porcherie verte pistes de recherche. ● confirmés, et 240 cadres
ou de plates formes et outils communs (Centre de ressources biologiques, Genopôles…) © Inra / Christophe Maître et techniciens.
ou de structures de transfert (Agrotransferts avec des chambres d’Agriculture…). www.inra.fr/les_hommes_et_
+d’infos les_femmes


www.agence-nationale-recherche.fr/ARPBiomasse Miscanthus giganteus.

●4 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
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3 QUESTIONS À
◗ RECHERCHES Jean-Marc Meynard
en bref
& INNOVATIONS Grandes cultures : CHEF DU DÉPARTEMENT SCIENCE POUR L’ACTION ET LE DÉVELOPPEMENT (SAD)

Comment la recherche peut-elle aussi bien pour piloter les cultures au jour
OVirus et pucerons
Une équipe de Montpellier

repenser la façon faire changer les façons de le jour que pour raisonner des stratégies vient de montrer que le virus
produire en agriculture ? de moyen terme (achat de matériel, modi- de la mosaïque du chou-fleur
Jean-Marc Meynard : La recherche fication d’une rotation…). Pour l’instant, est lié à un récepteur protéique
peut proposer de nouveaux systèmes de les modèles restent surtout des outils localisé dans les pièces bucca-
les (stylets) des pucerons

de cultiver
culture répondant mieux aux attentes des de chercheurs. Si l’on veut favoriser la ré-
agriculteurs et de la société. Mais elle flexion autonome des agriculteurs, il faut qui en sont les vecteurs. Alors
peut aussi proposer des démarches et mettre à leur disposition des indicateurs que les interactions cellulaires
outils qui permettent aux acteurs de ter- et des outils de diagnostic qui pourraient ou moléculaires entre le virus
rain (agriculteurs, conseillers…) de conce- par exemple déceler un emploi excessif et son vecteur sont peu
La production intégrée en agriculture représente une voie pour une agriculture à haute valeur connues, ces recherches
voir eux-mêmes leurs propres systèmes de pesticides. Dans ce cas, il convient
environnementale. L’Inra a développé tout un acquis en grande culture sur les itinéraires pourraient permettre d’interve-
techniques économes en intrants. de production. C’est en privilégiant cette alors de s’interroger : des traitements in-
autonomie que l’on permettra à l’agricul- utiles sont-ils effectués ? Certaines tech- nir de manière ciblée sur la ca-
ture de s’adapter à la diversité des situa- niques contribuent-elles à favoriser les pacité du virus à se propager
tions agroécologiques et des avenirs pos- maladies ou les mauvaises herbes ? d'une plante à l'autre.
sibles. www.inra.fr./presse
Cela amène-t-il à reconsidérer OL’Inra au Stade rennais
Prenons l’exemple de la réduction le métier d’agriculteur ? L'unité Écophysiologie des
de l’usage des pesticides ou la J.-M. M. : Certainement ! Savoir si le tra- plantes fourragères de Lusignan
préservation de la biodiversité. vail est valorisant est une question im- a étudié la qualité de la pelouse
Comment intervenir sur ces portante aujourd’hui, notamment pour du stade de football de Rennes.
enjeux ? l’installation des jeunes agriculteurs. La Les chercheurs ont simulé le
J.-M. M. : Les recherches sur les sys- production intégrée remet l’agronomie au niveau de rayonnement à l'aide
tèmes de culture innovants s’appuient cœur du métier des agriculteurs. Ils doi- d'une station météo spéciale : le
beaucoup sur la modélisation systémique. vent réfléchir sur leurs propres systèmes « Stadoscope ». Remplacer une
Les modèles synthétisent les connais- de production plutôt qu’appliquer des itiné- partie de la toiture des tribunes
PARCELLE
de blé
◗ sances des chercheurs et explorent, par raires techniques déjà formatés. par des matériaux translucides
Farandole. des simulations, les conséquences agro- augmenterait l'ensoleillement
nomiques et environnementales de dif- Propos recueillis par de la pelouse.
férents choix techniques. Ils sont utilisés Olivier Réchauchère www.poitou-charentes.inra.fr
ODes graines en orbite

© Inra / Jean Weber


Lancée le 7 février de Cap
Canaveral (Floride), la navette
Atlantis a acheminé le labo-
d’une succession de cultures. En com- herbées. La production intégrée remet ratoire scientifique européen
binant certaines modalités de travail ainsi en question la spécialisation de +d’infos Columbus jusqu’à la station
- Produire
du sol et l’implantation de cultures l’agriculture à l’échelle des systèmes autrement, J.-M. spatiale internationale. Colum-

D
ans l’agriculture intégrée, décennies) en utilisant moins d’en- tunité pour développer la production intermédiaires pendant la période de production comme à celle des ré- Meynard et P.
bus emporte 6000 graines
Girardin, 1991,
tout se tient. Comme son grais et de pesticides, ceci en modi- intégrée. En effet, des travaux conver- entre deux cultures, on favorise la pré- gions. Elle donne en particulier un Le Courrier de la (arabidopsis thaliana et tabac)
nom l’indique, elle impli- fiant la date, la dose de semis et la va- gents, menés par l’Inra, Arvalis-In- vention de la pollution nitrique, celle nouvel intérêt à l’association des Cellule Environ-
nement n°15. préparées par des chercheurs
que de considérer l’ensem- riété utilisée. C’est ce qu’on appelle stitut du végétal, les Agrotransferts de l’érosion, mais aussi la gestion des cultures et des prairies. - Associer des de Versailles-Grignon et de
ble des techniques culturales et de rai- les « itinéraires techniques à bas ni- des chambres d’agriculture et les sé- mauvaises herbes et des maladies. Les itinéraires techni-
ques de niveau l'Observatoire de Paris. Ces
sonner les liens entre ces techniques. veau d’intrant ». De même, de nom- lectionneurs de variétés rustiques, ont chercheurs sont ainsi parvenus à des Généraliser l’approche d'intrants variés à graines resteront 18 mois dans
Le travail du sol limite le dévelop- breux outils de gestion (modèles Azo- montré qu’elles renforcent les inté- niveaux de désherbage aussi bons ou intégrée des variétés
rustiques de blé le vide, à des températures
pement des mauvaises herbes ; la nu- dyn, Azofert, Lora, Moderato…) mis rêts des itinéraires techniques à bas meilleurs que ceux obtenus avec des Le capital de connaissances acquises tendre : évaluation
extrêmes, exposées aux rayon-
économique,
trition azotée joue sur le dévelop- au point avec différents partenaires, niveaux d’intrants. Au prix du blé du herbicides, en jouant, de plus, sur le est maintenant important sur blé, sur environnementale et nements UV et cosmiques
pement des maladies ; le choix de la permettent aux agriculteurs d’ajus- début des années 2000, dans plus de choix des espèces dans la succession colza, et sur tournesol. Pour ces espè- énergétique,
avant d'être ramenées sur terre
Bouchard et al,
date de semis permet d’éviter certai- ter les apports d’eau ou d’engrais aux 75% des cas l’association variété rus- de culture (alternance cultures d’hi- ces, des solutions techniques existent 2008, Le courrier et analysées.
nes attaques de ravageurs, etc. Les besoins des cultures, ce qui évite les tique/conduite intégrée permettait ver et de printemps) et sur la pro- pour des itinéraires techniques éco- de l'environnement,
n°55. OLa pisciculture
techniques ne sont plus d’abord un consommations inutiles et, pour les d’obtenir une marge économique fondeur du travail du sol. Enfin, l’a- nomes en intrants. Actuellement les www.inra.fr/dpenv
à l'horizon 2021
moyen « d’artificialiser » le milieu, éléments minéraux, les pertes dans plus élevée que les conduites conven- gencement des cultures dans l’espace priorités de recherches portent sur la - Carrefour de
l’innovation Un groupe de chercheurs
mais on cherche, à travers elles, à tirer l’hydrosphère et l’atmosphère. tionnelles avec variété classique. Dans et leur fréquence dans un territoire mise à l’épreuve et l’évaluation en agronomique
de l’Inra, de l’Ifremer et du
parti de l’écosystème agricole pour le même esprit, des mélanges de va- permet de limiter les attaques de cer- vraie grandeur, dans une gamme large www.inra.fr/ciag
Cirad ainsi que de repré-
diminuer les risques environnemen- Des variétés plus robustes riétés ou d’espèces (pois/blé par taines maladies ou de certains insec- de situations écologiques, écono- Ocontact : sentants de la profession
taux. Depuis plus de vingt ans, des Ce qui a le plus marqué les derniè- exemple), dans la même parcelle ont tes. On peut par exemple installer des miques et agricoles de ces modes de dore@
agroparistech.fr piscicole ont réalisé une étude
travaux menés à l’Inra ont ainsi mon- res années, c’est certainement l’ap- été testés avec succès. cultures pièges à proximité des cul- conduite, ainsi que sur leur élargisse-
prospective établissant 5
tré que l’on pouvait obtenir des ren- parition de variétés nouvelles résis- tures commerciales (cultures de mou- ment à des espèces comme le maïs,
scénarios pour la pisciculture
dements en blé un peu plus faibles tantes à plusieurs maladies, dont Enchaînement tarde à côté du colza) ou encore, fa- la betterave sucrière, la pomme de
française en 2021.
mais des bénéfices économiques iden- certaines produites par l’Inra comme et agencement des cultures voriser la présence de prédateurs ou terre et le pois. ●
www.inra.fr/presse
tiques (au moins pour les cours du la variété de blé Farandole. Ces va- Les travaux de l’Institut ont envisagé parasites des ennemis des cultures
blé qui ont prévalu pendant deux riétés dites rustiques sont une oppor- la production intégrée à l’échelle grâce à des haies ou des bandes en- Thierry Doré

● 6 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ● 7
◗ RECHERCHES dans le massif d’Azerailles (Meur-
the et Moselle), l’autre en forêt de
Illustration des premiers résultats du projet DST
1- Simulation à l’aide du modèle de culture Stics de l’impact du tassement :
Grand Pays (Meuse) qui permettront
d’observer, d’expérimenter et de me- effet sur la production (rendement) et sur l’environnement (ruissellement,
surer les évolutions de la structure du émission de N2O via la dénitrification).
& INNOVATIONS
sol, la vitesse de remédiation du sol
et les modifications de la végétation
(des différences d’espèces apparais-
sent clairement en quelques mois).
Ces mesures in situ serviront à pa-
ramétrer ou valider les modèles.
En forêts comme en zones agricoles,
les chercheurs ont aussi développé de
nouvelles méthodes non destructives
de suivi de l’état du sol. Des mesu-
res électriques ou magnétiques per-
mettent en particulier de repérer les

© Inra / Christophe Maître


volumes de sol tassés.

Cartographier les zones


à risques Le graphique illustre trois résultats :
L’agrégation des données permettra - l’effet du tassement de la couche travaillée sur le rendement du maïs : plus la masse
d’établir une cartographie nationale volumique de l’horizon labouré est élevée, plus le rendement du maïs est faible,
des contraintes moyennes exercées à - l’apparition et l’augmentation du ruissellement à la surface de la parcelle,


la surface du sol lors des passages - l’augmentation des émissions de N2O dans l’air via l’augmentation du processus

Surveiller la dégradation
LABOUR.
d’engins agricoles et forestiers. Une de dénitrification.
enquête menée auprès d’Arvalis, de
2- Expérimentation d’une méthode de suivi du tassement

des sols
l’Institut technique de la betterave,

de la structure du Centre interprofessionnel des vins


de Champagne et de l’Office natio-
par résistivité électrique.

nal des Forêts a par exemple carac-


térisé le matériel moyen utilisé par
grand type de zone agricole et fores-
Le tassement lié à la mécanisation des travaux agricoles et forestiers entraîne tière, par culture et par type d’opé-
une dégradation de la structure des sols et modifie leurs aptitudes productives ration culturale. On mesure la pres-
et environnementales. Un projet de recherche en mesure l’impact sur le terrain, sion appliquée à la surface du sol par
le modélise et met au point des indicateurs de suivi. chaque engin (exprimée en kiloPas-
cal). Les résultats sont mis en base de

L
e sol est une ressource na- ment des plantes et augmente le des sols et le fonctionnement du sys- données spatialisées. Dans le cas des
cm
turelle, non renouvelable à risque de ruissellement. L’intensité tème sol/plante. Ils permettent céréales d’hiver, la contrainte sur le
l’échelle humaine. Il condi- du tassement dépend du poids de d’étudier la fréquence d’apparition sol au moment du semis est ainsi
tionne la production agricole l’engin, des caractéristiques des pneu- du tassement et ses impacts quanti- beaucoup plus forte en Bretagne que
et forestière en quantité et qualités et matiques, du taux d’humidité du sol tatifs sur les cultures et l’environne- dans la région Centre. Ces informa-
assure de multiples fonctions d’é- et de sa teneur en argile. L’agriculteur ment. Une parcelle cultivée comporte tions sont ensuite agrégées avec la sur-
repères puration de l’air en stockant du car- régénère la porosité du sol en frag- ainsi des zones plus ou moins tassées, face concernée, puis la cartographie La mesure de la résistivité électrique consiste à injecter du courant électrique à la surface
bone et de l’eau en dégradant des pes- mentant la couche supérieure du sol liées à un défaut de structure de la s’enrichit des autres cultures. La syn- du sol et à mesurer, entre deux électrodes, la différence de potentiel électrique dans le
ticides, de recyclage des déchets... par un labour ou par d’autres tech- couche de sol labourée et au passage thèse des résultats va aboutir à une sol. Cette méthode non destructive peut s'employer au champ et laboratoire. Plus le
La protection des sols est devenue niques de travail du sol. Dans les sys- des roues des engins agricoles. Selon cartographie des zones où le tasse- milieu est dense, plus il est conducteur : sa résistivité est alors faible. Cette cartographie
une préoccupation collective - bien tèmes de culture sans labour, de l’ampleur du tassement, on peut com- ment est sensible en France. ● de la résistivité électrique a été réalisée à partir de mesures sur un transect de 140 cm
Le que le projet de directive européenne même qu’en forêt, c’est l’action du parer des scénarios de lessivage du de longueur perpendiculairement au passage d'un engin agricole. La résistivité diminue
sur la protection des sols ait du mal climat et de la faune du sol qui assu- nitrate, d’émissions de N20 (modèle Odile Duval et Guy Richard sensiblement au droit du passage de la roue jusqu'à 15 cm de profondeur.
projet : à voir le jour-, mais a souvent été rent cette régénération. Stics), d’érosion (modèle Kineros) et
3- Observation de tassement en sol forestier, dans le massif d’Azerailles.
12
équipes de
considérée en France au travers de
ses composantes chimiques et orga- Tassement en agriculture
apprécier son impact économique
(modèle Aropaj).
recherche niques, avant sa structure physique, Le projet de recherche DST, « Dégra- +d’infos Débardage réalisé par un porteur
Le projet DST est financé par l’ANR
Inra, les trois étant pourtant intimement dation physique des sols agricoles et Et en forêt dans le programme Agriculture et dé- Valmet 8 roues motrices (14 t à vide
AgroParisTech, veloppement durable et par le MEDD
Enpc, liées. Les propriétés physiques du sol forestiers liée au tassement » réunit Jusque-là jugés négligeables, les pro- dans le programme GESSOL (projets et 10 t de bois) qui travaille sur sol
Universités interviennent dans la circulation et des laboratoires de recherche tra- blèmes de tassement en forêt sont de- de recherches sur les sols au service humide. L’empreinte de la roue
Paris VI et la des politiques publiques).
Rochelle
le stockage de l’eau, de l’air et de la vaillant en agriculture, pédologie, géo- venus particulièrement visibles après www.ecologie.gouv.degradations-
est exploitée pour analyser les
chaleur dans le sol, dans l’activité des physique, génie civil et des organis- les tempêtes de 1999 qui ont dévasté physique-des-sols.html caractéristiques de la contrainte
4
R&D
équipes communautés qui y vivent. Le tasse-
ment qui résulte des multiples pas-
mes professionnels agricoles (grandes
cultures, vigne) et forestiers. S’ap-
les forêts et conduit à de vastes dé-
bardages. Le phénomène n’a cepen-
Sols et environnement. 2006 M.C.
Girard, C. Walter, J.C. Rémy, J. Berthe-
lin, J.L. Morel (eds). Dunod, Paris.
mécanique. L’évolution de la
végétation au niveau des zones
Arvalis, CIVC,
ITB, ONF
sages d’engins réduit les capacités puyant sur des situations agricoles dant guère été étudié. Une équipe du Ocontact : tassées est ensuite étudiée.
d’aération et d’infiltration des sols, variées, les chercheurs ont construit projet DST a ouvert au printemps Inra, science du sol Orléans.
Guy.Richard@orleans.inra.fr,
ce qui limite également l’enracine- des modèles représentant le tassement 2007 deux sites expérimentaux, l’un coordinateur du projet DST.

● 8 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
9
◗ RECHERCHES
alternative
& INNOVATIONS

Co-évolution Une
traitements hormonaux
hôte- aux

parasite Des chercheurs mettent au point une méthode alternative

© Dieter Ebert (Université de Bâle)


au traitement hormonal des brebis et des chèvres en élevage,
pratique qui permet de maîtriser la reproduction afin d’étaler
la production laitière tout au long de l’année.
Présentation par Marie-Christine Maurel.

C
omprendre l’évolution des
organismes vivant dans les
agro-écosystèmes est im-
portant alors que de nom-
breux ravageurs des cultures ont dé- plasma de juments gestantes. Certai- trons la faisabilité de cette méthode
veloppé des résistances aux traitements nes filières d’élevage et des représen- d’induction de l’ovulation chez les pe-


phytosanitaires ou aux agents de lutte DAPHNIE INFECTÉE par Pasteura ramosa. tants de consommateurs souhaitent tits ruminants, elle aura des retom-
biologique. L’enjeu scientifique revient des méthodes alternatives écartant bées dans le domaine de l’insémina-
à caractériser les mécanismes sous ja- toute utilisation d'hormone. tion artificielle en France comme à
cents de l’évolution des organismes rares (moins infectés) dont la popula- la bactérie Pasteuria ramosa, qui cons- l’étranger.
afin d’élaborer des nouvelles stratégies tion augmente alors : le cycle recom- tituent un système hôte-parasite ori- Existent-elles ?
de lutte qui allient à la fois durabilité mence. En défavorisant les génotypes ginal. Chaque partenaire produit des M.-C. M. : Une des stratégies tra- Quelles nouvelles questions
et respect de l’environnement. les plus fréquents, ce mécanisme, ap- stades dormants qui s’accumulent dans vaillée à l’heure actuelle consisterait scientifiques se posent
Du fait de leur relation durable et an- pelé sélection fréquence dépendance les sédiments des lacs constituant une à utiliser des anticorps monoclonaux maintenant ?
tagoniste, le système hôte-parasite per- négative (SFDN), pourrait être un mo- archive de pools de gènes. « Réveiller » ayant la propriété d’amplifier l’acti- M.-C. M. : Nous pourrions ensuite
met d’explorer les mécanismes de co- teur de la diversité génétique dans les ces stades dormants fournit l’oppor- vité de certaines hormones gonado- développer cette méthode chez les bo-
évolution. Chacune des espèces doit populations. Des démonstrations expé- tunité de reconstruire les dynamiques tropes ovines (FSH et LH). Ces anti- vins, voire l’imaginer en clinique hu-
évoluer pour répondre aux change- rimentales utilisant des modèles micro- évolutives passées. Ces expériences corps « potentialisants » agiraient maine dans le cas où les traitements
ments imposés par l’autre. Un des mé- biens semblent aller dans ce sens, restait montrent que le parasite s’adapte ra- directement sur les hormones propres hormonaux classiques pour induire
canismes probables est que les isolats à vérifier son existence en conditions pidement à son hôte sur une période à l’animal, en simulant un pic hor- l’ovulation restent inefficaces.
(ou génotypes) parasites capables d’in- naturelles. de seulement quelques années. De plus, monal préovulatoire nécessaire à l’o- Outre ces débouchés appliqués, ces

© Inra
fecter les génotypes hôtes les plus com- Des travaux réalisés dans le cadre d’une nous avons observé que la capacité du vulation. L’intérêt de cette stratégie anticorps monoclonaux potentiali-
muns sont favorisés. L’infection réduit collaboration universitaire suisse et parasite à infecter son hôte varie peu, serait de pouvoir « piloter » directe- sants constituent un panel d’outils
la fréquence de ces hôtes au profit d’au- belge ont confirmé cette hypothèse alors que l’augmentation de son effet ment les hormones endogènes, grâce fort intéressants pour la compréhen-


BREBIS
tres génotypes hôtes précédemment pour la puce d’eau Daphnia magna et délétère sur l’hôte (virulence) est as- LACAUNE.
Dans quel contexte intervient à ces anticorps, sans recourir à des sion du mécanisme de potentialisa-
sociée à une augmentation de la per- votre recherche ? traitements hormonaux. tion de l’activité d’une hormone par
formance de l’hôte qui se serait donc Marie-Christine Maurel : La re- un anticorps. Nous cherchons, par
adapté pour compenser l’adaptation production des ovins et caprins est Ces travaux aboutissent-ils exemple, à voir comment le complexe
Matheuse et biologiste du parasite. Ces résultats à la fron- repères saisonnière. Cela génère des varia- à des applications ? anticorps/hormone module les diffé-
tière entre expérimentation et évolu- tions importantes de production lai- M.-C. M. : Les aides apportées par rentes étapes de la signalisation cel-
Sabrina Gaba a rejoint l’unité de recherche tion naturelle, illustrent que le main- tière sur l’année. C’est pourquoi, des nos partenaires (voir repères) vont lulaire et se comporte ainsi comme
Biologie et gestion des adventices à Dijon tien de la diversité génétique chez l’hôte traitements hormonaux mimant les nous permettre d’aller du dévelop- un nouvel agoniste, c'est-à-dire
en octobre 2007. Elle cherche à caractériser et chez le parasite par SFDN leur per- cycles sexuels sont utilisés pour in- pement des anticorps potentialisants comme une nouvelle molécule hor-
les interactions entre communautés d’adventices met d’évoluer dans le temps. Ce même duire et synchroniser l'ovulation à jusqu’aux applications in vivo chez monale capable de déployer des pro-
et pratiques culturales. Auparavant, Sabrina Financement
mécanisme pourrait également expli- contre-saison. Ces traitements utili- la brebis, ce qui est très satisfaisant priétés particulières. ●
a réalisé une thèse d’épidémiologie à l’Inra
en co-tutelle entre les biologistes de santé quer comment les espèces inféodées 35 K€ sent l’hormone gonadotrope placen- pour nous. Nous menons ce pro-
aux agro-écosystèmes s’adaptent aux Conseil taire équine (eCG). Ils sont in- gramme avec un industriel prestataire Propos recueillis
animale à Tours et les mathématiciens d’Avignon. Régional (appel
Elle s’est intéressée aux processus favorisant la pratiques sanitaires agricoles qui ci- d’offres 2005 dispensables à la pratique de de service qui possède l’infrastructure par Laurent Cario
résistance des nématodes ovins aux traitements. blent les espèces les plus communes. ● Biotechnocentre) l’insémination artificielle. nécessaire à la production in vitro
Le département de santé animale de l’Inra a 38 K€ Chaque année, en France, 1,5 million d’anticorps monoclonaux en grande
soutenu son projet de post-doctorat au titre Sabrina Gaba Conseil Général de traitements eCG sont vendus en quantité ; condition indispensable +d’infos
Ocontact : Marie-Christine Maurel
d’une meilleure connaissance des phénomènes d’Indre-et-Loire élevages ovins et caprins ; ce chiffre pour les essais in vivo chez la brebis. UMR 6175 Physiologie de la
de virulence et résistance hôte/parasite. +d’infos (Aide Tourangelle
à l’Innovation) s’élève à 3 - 4 millions en Europe. Cet Les services chargés de la valorisation reproduction et des comportements,
Elle l’a conduit à l’université de Bâle dans Ocontact : sabrina.gaba@dijon.inra.fr Tours
Oréférence : usage n’est pas sans inconvénient : il de la recherche à l’Inra et la filiale Inra Oréférence : Anti-eCG antibodies
une équipe qui travaille sur l’épidémiologie Host parasite « Red Queen » dynamics 210 K€ induit la sécrétion d’anticorps anti- Transfert nous ont accompagnés dans generated in goats treated with eCG for
et la co-évolution dans le système daphnie-microparasites. C’est dans ce cadre archived in pond sediment. Oséo- the induction of ovulation modulate the
que ses travaux sont publiés dans la revue Nature. Decaestecker E, Gaba S, Raeymaekers Innovation pour eCG (la eCG est très immunogène) la mise en place du partenariat avec LH and FSH bioactivities of eCG
JAM, Stocks R, Van Kerckhoven L, la période 2006- et présente un risque sanitaire, car OSEO-Innovation, ainsi que dans le differently - Hervé V, Roy F, Bertin J,
Ebert D, De Heester L, Nature 450, 2009. Guillou F, Maurel M.C., Endocrinology
dec 2007. la eCG est directement extraite du choix de l’industriel. Si nous démon- n°145 , 2004.

●10 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008
●11
◗ RECHERCHES

◗ DOSSIER
1 Elevage 2 Environnement

Créations d’entreprises La vache dans son troupeau La prairie et ses fonctions


& INNOVATIONS

plus fréquentes en zone urbaine,


3 Alimentation
L’impact de l’alimentation herbagère

plus durables en zone rurale sur les qualités des fromages et de viande

Le nombre total d'entreprises françaises évolue peu, mais cette stabilité apparente masque
un mouvement continu de création et de disparition. Le taux de renouvellement plus faible
dans les espaces ruraux que dans les espaces urbains s’accompagne d’une meilleure
résistance des établissements nouvellement créés.

bleau), les flux sont plus modestes Effet géographique


dans l'espace rural. L'espace péri- et approche sectorielle
urbain occupe une situation inter- Ces résultats sont-ils liés à un effet
médiaire avec des taux d'entrée et de géographique propre à chaque type
sortie voisins de 11%. Cependant, si de zone ou bien à une distribution
les pôles urbains font preuve d'un plus sectorielle différente des activités ? En
© Inra / Gérard Paillard

fort dynamisme en termes d'entrée termes de mouvements, l’effet géo-


mais aussi de sortie, le solde est fina- graphique domine. En revanche, les
lement à l'avantage des espaces pé- résultats enregistrés en termes de
riurbains. Ce léger décalage permet solde sont principalement liés à la
aux espaces périurbains d'accroître distribution sectorielle des activités.
progressivement leur part dans le tissu Les secteurs industriels surreprésentés

P
armi l’ensemble des activi- industriel français. en zone rurale perdent des établisse-
tés, cette étude s’est intéres- ments, tandis que les services aux
sée au secteur de la produc- …mais un taux de survie plus entreprises, très majoritairement

© Inra / Sylvie Toillon


tion manufacturière*, dans élevé localisés en zone urbaine, en gagnent.
lequel les entreprises sont les plus mo- L'espace rural compense en partie la Le cas des zones périurbaines est sin-
biles et les plus sensibles aux déloca- faiblesse du nombre de créations par gulier : malgré une surreprésentation
lisations. A l’échelle nationale, la dé- une plus grande résistance des nou- des secteurs « en déclin », le périurbain
mographie de ces entreprises fluctue veaux établissements. Sur la période connaît un solde d'entrées-sorties
peu d’une année sur l’autre : moins étudiée et sur l'ensemble du territoire, supérieur à la moyenne nationale. À
de 1% de variation. Cette stabilité dis- les entreprises nouvellement créées partir de ces observations, les travaux
simule cependant des flux d'entrées- ont eu une durée de vie moyenne s’orientent sur la recherche des méca-
sorties importants. Pour 100 établis- assez courte, ce qui constitue un ré- nismes explicatifs pouvant aider à
sements présents en début d’année,
87 restent en activité, 13 ferment
tandis que 14 nouveaux sont créés au
cours de l'année..
sultat classique de la démographie
économique. Parmi la cohorte d’en-
treprises créées en 1993, seulement 6
établissements sur 10 sont encore en
penser l’action publique locale. ●

Jean-Pierre Huiban,
Francis Aubert
L’herbe, la vache
et ses produits
activité après 3 ans ; un sur deux après
et Anne-Marie Dussol
Moins de créations en milieu 5 ans et ce chiffre tombe en moyenne
rural… à un sur trois après 8 ans, mais avec
* Les données utilisées concernent les établissements
L'examen selon les types d'espace met un taux presque deux fois plus élevé industriels (industrie hors énergie + activités de service
en évidence un contraste entre les en milieu rural. Une des explications liées à la production) ; provenant des répertoires
SIRENE (INSEE), elles couvrent la période 1993-2002.
pôles urbains et l'espace rural. Im- tient à la proportion plus forte de
portants dans les pôles urbains (cf. ta- reprises d’entreprises en milieu rural.

Taux d'entrée et de sortie, selon le type d'espace (pour 100 établissements


+d’infos
Inra Sciences sociales (2007), n°5,
présents en moyenne en début d'année, sur la période 1993-2000) décembre 2007.
www.inra.fr/Internet/Departements/ESR/ Responsable scientifique du dossier :
publications/iss/
Pôles urbains Périurbain Rural France Revue d'Economie Régionale et Urbaine, Jacques Agabriel
2006, n° 5, pp 751-779. coordination Magali Sarazin
% établissements entrants 15,4 11,5 9,1 13,7 www.inra.fr/internet/Departements/ESR/
publications/iss/iss03-1.php Dossier rédigé avec la collaboration de :
Ocontacts : Jacques Agabriel, René Baumont,
% établissements sortants 14,7 10,4 8,7 13,0 UMR Centre d’économie et de sociologie
appliquée à l’agriculture et aux espaces Pascal Carrère, Erwan Engel, Alain Boissy,
Solde (%) 0,7 1,1 0,4 0,7 ruraux, Inra-Enesad - Dijon.
huiban@enesad.inra.fr Jacques Cabaret, Jean-Baptiste Coulon,
Source : INSEE, répertoire des entreprises et des établissements (champ de l'industrie au sens large, aubert@enesad.inra.fr Hélène Deval, Bertrand Dumont,
établissements avec salariés) dussol@enesad.inra.fr
Anne Farruggia, Philippe Faverdin,

●12 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008


Michel Lherm, Jean-Louis Peyraud,
Jean-François Soussana.
◗ DOSSIER
❝ Une vache
L’herbe, laitière produit
en moyenne

la vache et ses
6000 l de lait
au cours de
300 jours

produits de lactation
par an. ❞

© Inra / Christophe Maître


L
es attentes des consommateurs après mettre en œuvre. Quelles conséquences a-t-il
la crise de la « vache folle » (1), les enjeux sur les prairies et la gestion des territoires ? Sur
d’aménagement du territoire autant que la physiologie digestive et la santé des animaux ?
le « Grenelle de l’environnement » Sur l’organisation des exploitations ? Quels
plaident pour un élevage des bovins où l’herbe avantages apporte-t-il à la qualité des produits
retrouve une place de choix dans l’alimentation finis ?
des animaux. Un retour aux sources, en quelque Pour y répondre, ce dossier propose un parcours
sorte, mais en version plus innovante et intégrée, allant de la prairie aux palais des dégustateurs, plus d’énergie, les légumineuses une permettant, en fonction des aliments synthétisé leurs connaissances au sein
grâce aux dernières connaissances apportées tout en empruntant la paillasse des laboratoires plus forte teneur en matière azotée) disponibles, de couvrir les besoins nu- de modèles particuliers. GrazeIn per-
par la recherche. Un mode d’élevage qui optimise et la ferme expérimentale, où les chercheurs de mais également des modalités de sa tritionnels des animaux. La ration de met de prévoir les quantités d’herbe
la part de l’herbe est loin d’être plus simple à l’Inra conduisent leurs travaux. gestion, en particulier du stade d’ex- base, constituée de fourrages, est alors ingérées par les vaches laitières dans
ploitation et de la fertilisation azo- complétée par des aliments concen- toutes les situations de pâturage et
tée. Gérer au mieux les ressources her- trés en énergie (mélanges de céréa- quels que soient les aliments com-

1 Elevage bagères est un enjeu important pour


les éleveurs. Dans les prairies semées,
le choix des différentes espèces condi-
les) ou par des coproduits agroali-
mentaires (pulpes de betteraves issues
des sucreries, tourteaux produits
plémentaires. Ce module est intégré
maintenant dans INRAtion, ce qui
permet d’optimiser l’alimentation du
tionne l’évolution du couvert végé- après extraction de l’huile des grai- troupeau, toute l’année à l’auge
tal, sa productivité dans le temps et nes oléagineuses par exemple). L’Inra comme au pré. Le logiciel Patur’In (5)

La vache dans son troupeau la qualité du fourrage récolté. Pour


connaître les performances agrono-
miques des espèces natives des prai-
a élaboré des tables de la valeur des
différents aliments et des systèmes
d’alimentation, initiés dans les an-
aide aussi à la gestion des surfaces à
l’échelle de la saison. « Les recherches
sur l’ingestion représentent un enjeu
De l’herbe, ressource saisonnière mais renouvelable que mange la vache, à l’homme ries, des travaux ont été menés sur nées 70, dont la dernière version date essentiel car ces données n’étaient pas
qui consomme son lait et sa viande : focus sur ce maillon central qu’est la vache. une collection de graminées issues de de 2007 (2). Les chercheurs du accessibles jusque là, alors qu’elles sont
prairies permanentes (Unité de re- département Physiologie animale et déterminantes pour anticiper la pro-
cherche sur l’écosystème prairial, systèmes d'élevage (Phase) de l’Inra duction de lait » souligne Jean-Louis
Robes blondes, brunes, lorisé en fromages, notamment de la production de viande nationale UREP). Ils ont montré récemment ont aussi intégré l’ensemble de ces Peyraud de l’unité rennaise « Pro-
rousses et pie d’appellation d’origine contrôlée. en 2005 est d’origine laitière. que beaucoup de ces espèces avaient connaissances dans des logiciels duction du lait ».
Le cheptel bovin français, le plus im- L’autre moitié de ce cheptel, élevée La population totale de bovins fran- un fort potentiel fourrager mais souf- d’aide à la décision : INRAtion (3),
portant de l’Union européenne, uniquement pour la production de çaise est en légère régression depuis fraient d’une précocité préjudiciable Prevalim (4). Les parasites : un problème
compte presque 19 millions de têtes, viande, est constituée de races de ces dernières années, sans pour au- à leur exploitation. Par ailleurs, pour L’ingestion au pâturage, difficilement récurrent à chaque mise
dont 8 millions de vaches. Une pre- grand gabarit (Charolaise, Limou- tant diminuer le niveau des produc- obtenir une valeur agronomique éle- mesurable, dépend de la capacité spé- au vert
mière moitié est composée de races sine, Blonde d’Aquitaine) et de races tions de lait et de viande grâce à la vée, la présence d’espèces ou de grou- cifique d’ingestion de l’animal ainsi Si l’alimentation à l’herbe évite des
« laitières » dont les vaches (3,8 mil- plus rustiques (Salers, Aubrac, Gas- sélection génétique et aux conditions pes clés ainsi qu’un minimum de di- que des conditions du pâturage qui problèmes de santé caractéristiques
lions) sont traites (PrimHolstein, conne). Ce sont les « races à viande » d’élevage et d’alimentation. versité sont déterminantes. Les varient selon le nombre d’animaux des rations riches en céréales comme
Montbéliardes, Normandes). La ma- ou « allaitantes », dont les vaches associations graminées-légumineu- par hectare, la date d’entrée et de l’acidose, elle apporte aussi ses maux
jorité du lait en France (60 %) est (4,1 millions) allaitent leur veau jus- L’herbe des prairies, ses avec un taux modéré (35 à 50 %) sortie sur la parcelle, mais aussi la sai- spécifiques. Certains sont impres-
produit dans le « Grand Ouest » : il qu’à neuf mois. Ces troupeaux allai- aliment de base de légumineuses dans la biomasse ré- son et le climat. On définit ainsi la sionnants, comme la « météorisa-
est utilisé majoritairement pour des tants se situent principalement dans L’herbe pâturée est pour le bovin coltée permettent d’améliorer la pro- disponibilité en herbe : une herbe tion », quand la vache semble prête
produits à destination industrielle des zones herbagères du Massif Cen- l’aliment le moins cher et dont le rap- duction et la qualité en limitant végétative, de sa germination à sa ma- à exploser après ingestion d’une herbe
(poudre de lait, matières grasses) ou tral et des Pays de la Loire. port entre coût et énergie ingérée est l’usage des intrants (engrais et pro- turité, est plus ingestible et plus nour- jeune et riche, avec trèfle ou luzerne
de grande consommation (beurre, Dans les faits, ces deux mondes du le meilleur. La valeur nutritive de la duits phytosanitaires). rissante qu’une herbe épiée. Pour par exemple, ou encore, la « tétanie
fromages, yaourts) tandis que le lait lait et de la viande s’interpénètrent prairie dépend des espèces qui la L’éleveur, aux différentes périodes de fournir des recommandations utili- d’herbage », lorsqu’un excès d’herbe
de montagne (25 %) est plutôt va- fortement. En effet, quasiment 45 % composent (les graminées fournissent l’année, doit constituer une ration sables, les chercheurs de l’Inra ont jeune perturbe gravement leur 2

● II I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
III
◗ DOSSIER
2
2 métabolisme calcique et magnésique.
Mais ils restent occasionnels et somme Le pâturage, clé de l’élevage laitier ◗
VACHE
toute, repérables par l’éleveur et trai- néo-zélandais DE RACE
tables. Plus insidieux sont les parasi- LIMOUSINE
dans un pré
tes logés dans l’herbe, qu’ingèrent les La Nouvelle-Zélande est un et à des parcellaires très bien de Corrèze.
bovins et qui engendrent une baisse des principaux pays d’élevage organisés, les vaches pâturent
de la fécondité et une diminution de au monde. Elle a rapidement toute l’année. La densité
la croissance et de la production lai- développé sa production animale est élevée, 2,75
tière. « Quand la croissance des ani- laitière, qu’elle exporte. vaches par hectare, pour
maux ralentit, avertit Jacques Cabaret, « L’objectif de ses éleveurs, consommer la plus grande
parasitologue à l’Inra de Tours, le pro- analyse Philippe Faverdin, partie de l’herbe qui pousse.
blème est déjà sévère. Les manifesta- directeur du laboratoire Inra La lactation des bêtes est
tions cliniques sont peu visibles en leurs « Production de lait » à d’ailleurs calée sur cette
débuts. » Ce sont généralement les jeu- Rennes, consiste à transformer pousse : les vaches sont taries
nes bovins, qui n’ont pas encore dé- un maximum d’herbe en lait, pendant l’hiver puis vêlent
veloppé d’immunité naturelle, qui presque sans utiliser toutes en l’espace de trois
sont le plus touchés. d’intrants, pour faire face au mois, afin de faire coïncider la (1) L'encéphalopathie spongiforme
est soupçonnée de transmettre à l'homme
Parmi les parasites les plus répandus, très faible prix du lait, environ disponibilité alimentaire avec
une variante de la maladie de Creutzfeldt-
les Strongles, du groupe des néma- moitié moins qu’en France. » la période où les besoins Jacob. Au cours de la crise de « la vache
todes, qui sont des tout petits vers. La production de lait (3800 l nutritionnels sont les plus folle » de 1996, le public découvre que les
L’équipe de Jacques Cabaret s’y est in- par vache et par an) est faible importants. Enfin, le seul bovins ne sont pas nourris uniquement
© Inra / Bertrand Nicolas d'herbe, mais aussi de compléments
téressée, et plus particulièrement, à du fait de la ration alimentaire équipement est la salle
alimentaires, pour certains d'origine animale.
ceux qui se logent dans le tube digestif pauvre en compléments de traite. Ceux-ci ont depuis été interdits.
des animaux, les « Ostertagia ». Pour (moins de 10 %). Grâce à un (2) Alimentation des bovins, ovins et caprins.
Ocontact :
lutter, on dispose de traitements mé- climat tempéré océanique philippe.faverdin@rennes.inra.fr Ouvrage collectif, Editions Quae, 2007.
dicamenteux efficaces, mais « ceux- (3) INRAtion version 4.0 (2008) :
www.inration.educagri.fr
ci ne doivent jamais être appliqués de leur bien-être et souvent synonymes l’économie réalisée en intrants et ma-
(4) Prevalim : logiciel de prévision de la valeur
façon systématique sur l’ensemble du d’amélioration de leur production. tériel compense une production plus alimentaire des aliments
LA PRODUC- troupeau au risque de voir apparaître A l’inverse, certaines pratiques cou- faible. Ils nécessitent par contre un (5) PâturIn : logiciel disponible sur
TION D’UNE
PRAIRIE
des résistances » précise Jacques semées l’année précédente. Pour les prai- de stationnement » où les animaux rantes comme le regroupement des peu plus de surface pour le même www.editions.educagri.fr/Zootechnie.pdf
Cabaret. « Des règles peuvent être ap- ries permanentes, une alternance entre sont regroupés en attendant de rent- taurillons selon leur poids sont cheptel, vu la moindre densité ani- (6) Des chercheurs de l’Inra en parasitologie
peut varier de 3
à 12 tonnes à Tours, en pharmacologie à Toulouse,
pliquées : éviter le surpâturage et privi- pâture et fauche permet d’aménager rer à l’étable. » L’Inra participe responsables d’un accroissement de male. On connaît des systèmes her- en zootechnie et en économie à Theix,
de matières
sèches/hectare légier, dans le cas des prairies tempo- des espaces sains pour les jeunes bovins. actuellement au programme de re- l’agressivité entre animaux et altèrent bagers performants, qui dégagent des en sociologie à Ivry, participent au projet
(MS/ha) et par raires, les pâtures neuves, retournées et Il faut également bien gérer les « aires cherche européen « Parasite solution » leur croissance. Dans les conditions revenus à l’hectare supérieurs à ceux Parasol :
an, selon les ou Parasol (6), dont la première phase extensives, les relations sociales de- de systèmes reposant sur une forte www.parasol-project.org
régions et les
conditions consiste à recenser ces nématodes pa- viennent un outil d’apprentissage part de céréales et maïs. Certains éle-
climatiques. rasites et à élaborer des solutions nou- pour que l’animal apprenne à discri- veurs peuvent mieux valoriser le lait
velles pour leur contrôle durable. miner entre de nombreuses espèces grâce aux nombreuses filières AOC

Comportement du troupeau
végétales par exemple. existantes.
Pourquoi alors ces systèmes ne sont-
Chiffres
Un troupeau est une structure so- Des systèmes herbagers ils pas généralisés ? « Ils sont plus com- OL’Union européenne compte
ciale organisée, avec des relations viables pliqués à conduire, moins diffusés dans 88 334 000 bovins dont dans les principaux
de dominance, d’affinité et de lea- A Clermont-Ferrand, une équipe les circuits de formation, résume pays producteurs :
dership. « Les premières participent à d’économistes étudie les revenus des l’économiste Michel Lherm. Les sys- - 18 902 000 en France
la résolution pacifique des conflits, éleveurs et les facteurs qui les in- tèmes intensifs sont souvent perçus - 12 601 000 en Allemagne
les secondes assurent la cohésion du fluencent. Ils travaillent à l’aide de ré- comme « modernes », même 40 ans - 10 010 000 au Royaume-Uni.
groupe et atténuent les conséquences seaux d’observations à long terme (tel après leur apparition ! Une des condi- Source : Eurostat, 2007
des relations de dominance, explique le réseau « Charolais » de 85 exploi- tions de viabilité des systèmes herba-
Alain Boissy, de l’unité de recherche tations) et de modélisations. Leurs gers est une disponibilité en surface au OCheptel bovin, en millions de têtes,
sur les Herbivores à Clermont- études montrent que le revenu des moins égale aux systèmes plus inten- des principaux pays éleveurs dans le
Ferrand. Quant au leadership, il est éleveurs français a pu être maintenu sifs. De plus, une restructuration rai- monde
le fait d’un ou de quelques individus ces dernières années grâce à la pro- sonnée du parcellaire faciliterait Brésil 156
qui initient les déplacements du ductivité du travail qui a énormé- l’utilisation des herbages, qui bute sur Chine 128
groupe. Nous étudions actuellement ment augmenté. Toutefois, sans les le problème des distances aux parcelles. Etats-Unis 96
les processus de décision collective ». Il différentes primes, leurs revenus se- Le travail ne semble pas être détermi- Argentine 50
est désormais nécessaire de privilé- raient négatifs, il n’y aurait plus d’é- nant : moins physique et saisonnier en Australie 28
gier les pratiques qui respectent les leveurs dans notre paysage écono- herbager mais plus aléatoire, donc plus Russie 24
besoins sociaux des animaux no- mique ! difficile à organiser. Enfin, l’intérêt des Uruguay 12
© Inra / Michel Meuret

tamment en favorisant les relations Pour les élevages à base d’herbe, les prairies n’est que peu traduit dans les Nouvelle-Zélande 10
d’affinité, essentielles pour assurer études comparatives montrent que différents soutiens publics. » Source : Office de l’élevage, 2006

●IV I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ● V
◗ DOSSIER
2 Environnement

© Inra / Louis Vidal


La prairie et ses fonctions
Connaître les relations entre les herbivores domestiques et les communautés végétales qu’ils
exploitent est essentiel pour définir des modes d’élevage à haute valeur environnementale.

E
n 2006, les prairies repré- Aujourd’hui, les surfaces en prairies ries qui, en l’absence d’exploitation,
sentent le quart du terri- sont, semble-t-il, stabilisées. Les ex- disparaîtraient progressivement, lais-
toire national. Les surfaces perts s’accordent à penser que la mise sant place aux espaces boisés en
toujours en herbe occu- en place en 1992 de la Prime au quelques années. Ces prairies assu-
pent 36 % de la surface agricole utile maintien des systèmes d’élevage ex- rent elles-mêmes un ensemble de ser-
(SAU) et les prairies « temporaires », tensifs, remplacée par la Prime her- vices au bénéfice de l’agriculture et
espaces semés depuis moins de cinq bagère agro-environnementale en de l’environnement : produire mieux,
ans, 11 % de la SAU. Leur superficie, 2003 a probablement contribué à en- maintenir la biodiversité et les pay-
réduite de 20 % de 1982 à 1992, a rayer ce déclin. La nouvelle Politique sages, contribuer à l’attractivité des
continué à décliner jusqu’en 2003. agricole commune oblige le main- territoires. C’est pour répondre à ces
Cette diminution est liée à l’intensi- tien des prairies « permanentes » défis et définir de nouvelles référen-
UNE VACHE fication des activités agricoles dans dans la surface des Etats. On entend ces, que l’Inra s’intéresse au fonc-
MANGE 100 kg les zones les plus productives (ré- par là toutes prairies « naturelles » tionnement des prairies.
d’herbe fraîche


par jour au gions laitières, zones mécanisables ou semées depuis plus de cinq ans, par une approche plus systémique qui milieu et les modes de gestion (char- les prairies, plus économes en eau, 15 UNITÉS
pâturage en montagne) et à l’abandon des sur- y compris les pâturages de haute Concilier l’usage compare et évalue les conduites de gement animal, fertilisation, dates et assurent un meilleur régime hydrique expérimentales
et jusqu’à
15 kg de foin,
faces les moins productives (Alpes montagne (alpages, estives) et les lan- de la prairie pour l’élevage pâturage, de fauche et de fertilisation. fréquence de coupe, durée de vie de des cours d’eau en période sèche que de l’Inra
conduisent
à l’étable. de Haute Provence, bordure sud du des. L’élevage joue donc un rôle dé- et l’environnement Le programme européen Vista, au- la prairie, etc.) une prairie permanente les forêts. des troupeaux
Massif Central). terminant dans l’entretien des prai- Les deux unités Herbivores et Ecosys- quel contribue l’équipe Orphée de comprend de dix à cent espèces vé- Les prairies peuvent accumuler du bovins laitiers

tème prairial du centre Inra de Cler- l’Inra à Toulouse, a permis de caracté- gétales. Les prairies temporaires, en carbone dans les sols, même si d’au- ou allaitants
dans une large
mont-Ferrand étudient le fonction- riser la valeur d’usage agronomique revanche, sont rarement composées tres gaz à effet de serre sont émis : du variété de
nement de ces écosystèmes sous et environnementale de prairies multi- de plus de huit espèces semées. protoxyde d’azote (N2O) et du mé- milieux
l’impact de l’activité de pâturage. Un spécifiques à partir de méthodes issues Les prairies jouent également un rôle thane (CH4) émis par les ruminants géographiques.
© Inra / Sylvie Toillon

Observatoire de recherches en envi- de l’écologie fonctionnelle. positif sur les sols : en assurant un au pâturage. Dans le cadre du projet
ronnement (ORE) consacré à la prai- Ces travaux alimentent les réflexions couvert végétal permanent, elles européen Greengrass, des chercheurs
rie permanente a notamment été mis menées avec les acteurs des filières limitent le lessivage des éléments fer- de l’Inra de Clermont-Ferrand ont
en place (cf. Inra Magazine n°2, p.11). agricoles. « Une des finalités de ces re- tilisants et l’érosion des sols et contri- comparé pendant trois ans le bilan
Ainsi, dans des conditions de charge- cherches, souligne l’agronome Pascal buent au maintien de la qualité des de gaz à effet de serre (CO2, CH4 et
ment extensif (densité animale par Carrère, serait de proposer une gamme eaux. L’Inra de Nancy a montré que N2O) de prairies permanentes pâtu- 2
hectare faible), les animaux adaptent de modes de gestion des pâturages qui
leurs stratégies alimentaires afin de préserverait la diversité de ces écosys-
maximiser la qualité du régime ingéré, tèmes, en fonction de la « productivité »
avec un fort impact sur la structure de de l’herbe et en permettant de piloter La biodiversité dans les estives du Cantal2
la végétation. Cela conduit à la la végétation au service de productions
coexistence de zones d’herbes basses animales de qualité ». Deux nouveaux Dans le cadre du programme européen modifiée. Ainsi, à chaque densité
maintenues végétatives et de zones plus projets co-construits avec les parte- Forbioben, l’Inra de Clermont-Theix animale correspond un « profil »
hautes et reproductrices. Les proces- naires en sont issus, l’un en collabo- et l’Unité expérimentale des Monts de biodiversité.
sus spatio-temporels expliquant la va- ration avec l’Institut de l’élevage, l’au- d’Auvergne ont testé de 2002 à 2006, L’allègement du niveau moyen de
riabilité des états des herbages au cours tre avec le Pôle production fromagère l’impact de diverses modalités de densité animale ainsi qu’une rotation
de la saison de pâturage ont ainsi pu AOC du Massif Central. pâturage sur la diversité du couvert aménagée du pâturage qui préserve
être identifiés. Ces processus de dé- végétal d’une estive. Les résultats certaines parcelles au moment du pic
veloppement de l’hétérogénéité du Les fonctions montrent une excellente capacité de la de floraison ont un effet favorable sur la
couvert végétal résultant de la défo- environnementales flore de l’estive à se maintenir face à des biodiversité de ces prairies de moyenne
liation par les animaux sont étudiés des prairies chargements très différents. L’allègement montagne. Les résultats montrent
de manière expérimentale et grâce à Les prairies permanentes sont les plus du chargement a favorisé les plantes à l’intérêt de maintenir une diversité
la modélisation. Un simulateur des touchées par les transformations de fleurs, les graminées peu tolérantes au d’utilisation des surfaces au sein
interactions entre prairie et troupeau l’espace rural. Elles constituent pour- pâturage, les papillons et les criquets. des exploitations d'élevage.
a ainsi été mis au point. Ces études à tant un réservoir de diversité végé- L’augmentation du chargement a
l’échelle de la parcelle sont complétées tale et animale. Suivant la fertilité du favorisé d’autres espèces. L’abondance
des oiseaux et des carabes n’a pas été Ocontacts : B. Dumont, A. Farruggia, J.P. Garel

● VI
I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008
I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ● VII
◗ DOSSIER
2 rées par des bovins et conduites de
manière classique ou extensive (char-
néficient des droits à paiement unique
(DPU) d’un montant plutôt faible par
tion de la production printanière avec
un réchauffement de 3,5 °C, diminu-
3 Alimentation
gement animal réduit, pas de ferti- rapport aux grandes cultures (blé, tion de la production du fait de la sé-
lisation). Ces prairies stockent en maïs, colza, etc.). Dans le cadre du cheresse estivale, augmentation de
moyenne de 0,7 à 0,9 tonne de car-
bone par hectare et par an. Résultat :
les émissions de méthane dues à la
2ème pilier « développement rural »,
la Prime herbagère agro-environ-
nementale (76 euros par ha) est condi-
15 % par l’enrichissement en CO2. Le
projet Validate (ANR) coordonné par
l’Inra va poursuivre l’étude de la
L’impact de l’alimentation
digestion des bovins au pâturage sont
compensées en grande partie par ce
stockage. Des recherches en cours à
tionnée à la mise en œuvre de bonnes
pratiques environnementales. D’aut-
res aides existent dans le cadre des
vulnérabilité des prairies et des éle-
vages aux événements extrêmes. Il re-
produira expérimentalement des ca-
herbagère sur les qualités
l’Inra ont par ailleurs pour objectif
d’étudier la digestion des aliments
par les microorganismes du rumen
contrats d’agriculture durable (CAD)
ou au titre des Zones à handicaps na-
turels. La réforme à venir de la PAC
nicules ou des sécheresses par des
techniques à l’air libre et modélisera
leurs impacts. Ce projet évaluera des
des fromages et de la viande
afin de proposer des moyens de di- devrait renforcer les aides du 2ème pistes d’adaptation des systèmes Les caractéristiques de l’herbe et des fourrages mangés par les vaches modifient
minuer ces émissions de méthane (cf. pilier, qui contribuent à la reconnais- d’élevage herbagers en France. la composition, ainsi que les propriétés sensorielles et nutritionnelles,
Inra Magazine n° 3, p. 11). Les émis- sance du rôle environnemental (pré- Si le développement des cultures éner- de leurs produits laitiers et de leur viande.
sions directes de N2O de la prairie servation de la biodiversité notam- gétiques reste un objectif gouverne-
ont un poids plus faible et sont cinq ment) et social réel de l’élevage. Quant mental, des surfaces cultivables de-
fois moindres en gestion extensive. aux DPU, si leur calcul est revu pour vront être trouvées dans les zones les
Au total, le bilan des gaz à effet de les rendre moins inégalitaires, les sys- plus productives. Cela se traduira par

L
es caractéristiques des pro- ges, de son mode de conservation et des fourrages de manière d’autant
serre indique une activité de puits tèmes herbagers pourraient retrouver l’intensification de certaines terres duits laitiers et de la viande de sa diversité botanique. plus forte que l’exposition à la lu-
(stockage) sensiblement plus forte en des montants semblables aux autres encore en prairie. Au nom d’une pré- dépendent d’un grand nom- mière est plus importante.
gestion extensive qu'en gestion clas- surfaces. « Cela permettrait de préser- occupation environnementale, le bre de facteurs, liés à la fois Des produits laitiers « La question de la conservation de
sique. Le bilan global reste cependant ver un niveau de revenus permettant risque est de détruire des milieux ri- à la technologie de fabrication et aux plus jaunes, moins fermes, l’herbe sous forme d’ensilage est depuis
difficile à établir car il dépend du pé- d’encourager l’utilisation des prairies ches en diversité et d’intérêt paysa- caractéristiques chimiques et micro- plus typés avec l’herbe longtemps un sujet de débats au sein
rimètre pris en considération : l’ex- et de maintenir l’élevage de rumi- ger. Une autre menace est l’abandon biologiques de la matière première Comparativement à l’herbe, quel que des filières fromagères d’AOC. Les en-
ploitation, la région ou la filière toute nants », explique Michel Lherm, éco- des zones les moins productives, faute mise en œuvre. Ces dernières dé- soit son mode de conservation, l’en- silages mal conservés, peuvent en effet
entière ? Ainsi, des approches globa- nomiste à l’Inra. de soutiens publics suffisants, avec la pendent elles-mêmes de nombreux silage de maïs conduit à des froma- poser des problèmes lors de l’affinage
les et systémiques seraient les plus Déjà, les conséquences du changement perte d’activités et de tissu social qui facteurs d’amont (d’origine géné- ges et à des beurres plus blancs, lé- des fromages : gonflements tardifs,
pertinentes en prenant en compte les climatique sur les prairies se font sen- s’ensuivra. C’est pourquoi il est plus tique, physiologique, alimentaire). gèrement plus fermes et parfois moins mauvais goût et odeur. Lorsque les en-
émissions dues à la production de tir. Il devient urgent de savoir com- que jamais indispensable de main- Ces facteurs d’amont sont de plus en appréciés des dégustateurs. Les diffé- silages sont de bonne qualité, les ré-
tourteaux de soja ou de maïs. ment adapter leur gestion. Les projets tenir les prairies sous haute sur- plus au centre des préoccupations rences de couleur sont liées directe- sultats semblent différents, souligne
Imagine (GICC-IFB) (1) et Biodiver- veillance. des consommateurs qui s’interrogent ment à la teneur de la ration en Jean-Baptiste Coulon, chef adjoint
Les prairies sauvées sité (ANR) lancés en 2005 ont mon- sur l’alimentation offerte aux ani- carotènes. Ce pigment, absent de du département PHASE à l’Inra. Nous
ou menacées ? tré des effets significatifs des facteurs (1) Groupe intergouvernemental sur le maux et la manière de produire. Ils l’ensilage de maïs mais présent en avons mené des essais où l’herbe d’une LE CHEPTEL
Avec la réforme de la PAC appliquée climatiques sur la production d’herbe revêtent également une importance grandes quantités dans les fourrages même parcelle a été récoltée le même FRANÇAIS
changement climatique-Institut français produit chaque
en France depuis 2006, les prairies bé- en moyenne montagne : augmenta- de la biodiversité. toute particulière dans le cas des pro- verts, contribue à la coloration jaune jour et conservée soit sous forme d’en- année 24
duits marqués, comme les appel- des produits laitiers. Très sensible aux silage soit sous forme de foin. Dans les millions
de tonnes
lations d’origine contrôlée, les indi- ultra-violets, le carotène est détruit deux cas, la qualité de conservation a de lait.
cations géographiques protégées ou lors du séchage et de la conservation été excellente. » Des fromages de type


les labels, qui revendiquent un lien
fort avec les conditions de produc-

❝ Une vache
tion et le terroir. Parmi ces facteurs
de production, l’alimentation à base
d’herbe tient une place particulière,
notamment parce qu’elle constitue
allaitante produit l’une des bases de la liaison des pro-
1500 l de lait duits à leur terroir d’origine, mais
aussi parce que l’on observe empiri-
totalement bu quement, en exploitations et dans
par le veau. ❞ des fromageries privées, des diffé-
rences de qualités sensorielles des fro-
mages selon la nature des fourrages
offerts aux animaux. Des travaux ex-
périmentaux, avec les partenaires des
filières concernées et l’Institut na-
tional de l'origine et de la qualité
© Inra / Michel Meuretr

(INAO) (1), ont donc été entrepris


pour analyser objectivement l’effet
spécifique de la nature des fourra-

© Inra / Christian Slagmulder


VIII I NRA MAGAZINE • N°3 • JANVIER 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
IX
◗ DOSSIER SAINT NECTAIRE. ◗
LES FRANÇAIS Authentifier les produits « à l’herbe »
ont consommé
23 kilos de fromage la viande s’élabore tout au long de la Avec quoi des animaux grâce à des méthodes
par habitant en 2004.
vie de l’animal et que chaque mus- d’élevage ont-ils été nourris ? spectrales globales tels que
cle a ses propres caractéristiques. En- Peut-on être sûr d’un apport l’index spectrocolorimétrique,
suite parce que les nombreuses inter- alimentaire en herbe ? Oui car utilisable sur le terrain et qui a
actions entre le régime alimentaire et l’Inra a notamment développé fait l’objet d’un brevet déposé
2 Saint-Nectaire ont été fabriqués dans la vitesse de croissance de l’animal deux types de méthodes. en 2003. Il permet de quantifier
D’une part grâce à la la concentration en pigments
une fromagerie expérimentale à par- rendent souvent difficile toute cau-
quantification en laboratoire, caroténoïdes dans différents
tir du lait des vaches ayant consommé salité directe avec les propriétés in- soit dans les produits laitiers produits d’herbivores et
l’un ou l’autre des types de fourra- trinsèques de l’aliment. Par exemple, et viandes, soit dans les tissus, de discriminer sans erreur
ges. Les fromages réalisés à partir du s’il est bien acquis que la viande de fluides ou fèces des animaux, les régimes à base de pâturage
lait d’animaux nourris avec de l’en- bovins finis au pâturage a tendance de traceurs moléculaires de ceux à base de foin et de
silage ont été plus jaunes et légère- à être plus sombre que celle d’ani- ou atomiques (terpènes, concentrés. D’autres méthodes,
ment plus amers que ceux réalisés à maux alimentés avec des régimes ri- caroténoïdes, acides gras en phase de validation
partir du lait d’animaux nourris avec ches en céréales, il est difficile de sa- mineurs, isotopes de l’oxygène, à grande échelle, portent sur
du foin. Les autres caractéristiques voir s’il s’agit d’un effet direct de la du carbone ou de l’azote) dont des régimes moins contrastés.
chimiques et sensorielles des froma- nature de l’alimentation ou induit la présence ou les proportions
Ocontact :
sont spécifiques de la nature erwan.engel@clermont.inra.fr ;
ges n’ont pas été différentes entre les par la différence d’âge ou d’état d’en-
de l’alimentation. D’autre part, sophie.prache@clermont.inra.fr
deux régimes. Il est cependant pos- graissement à l’abattage. De plus, des
sible que les effets de la conserva- modifications parfois importantes
tion de l’herbe sous forme d’ensilage des caractéristiques métaboliques des
soient variables selon le type de fro- © Inra / Bertrand Nicolas
muscles selon l’alimentation des ani-
mage. Un essai similaire récent a mis maux ne se traduisent pas par des ef- la qualité nutritionnelle de la viande réales. Par contre, la teneur élevée
en évidence des différences senso- fets sensoriels sensibles. On peut dire, bovine. Celle-ci a été appréhendée en vitamine B12, aux propriétés anti-
rielles plus significatives sur des fro- en l’état actuel des connaissances, que d’une part par la quantité des lipi- oxydantes, reste une caractéristique
mages de type Cantal, pressés et af- montagne, mais existent aussi au sein méthodes analytiques permettant leur les régimes à base d’herbe, conservée des et la composition de leurs acides de la viande de ruminants, sans qu’il
finés plus longtemps, que sur des de prairies d’altitude dont la compo- quantification précise. Il est mainte- ou pâturée, peuvent parfois accen- gras, et d’autre part par les teneurs y ait de différence significative entre
fromages de type Saint-Nectaire. sition botanique peut varier sensible- nant établi que le lait est plus riche en tuer sa flaveur. Dans la majorité des en micronutriments d’intérêt. Ainsi, les régimes à l’herbe et les autres.
D’importantes différences de carac- ment, notamment en fonction du type vitamines A et E, en carotènes et com- cas, les effets sur la tendreté sont li- des régimes à base d’herbe, distribuée D'origine strictement microbienne,
téristiques sensorielles ont en revan- de sol et de l’exposition. D’une ma- posés phénoliques, lorsque les vaches mités. sous forme d’ensilage ou pâturée, of- elle est synthétisée dans le rumen,
che été observées entre des fromages, nière générale, les prairies d’altitude sont au pâturage, comparativement à ferts à des taurillons ou des bœufs, absorbée puis stockée dans le foie et
selon que le lait provienne de vaches présentant une forte diversité bota- une alimentation hivernale à base Caractéristiques conduisent à une augmentation des dans les muscles et se retrouve dans
recevant une ration hivernale (à base nique conduisent à des fromages ayant d’ensilage de maïs. Ces régimes riches nutritionnelles teneurs en acides gras polyinsaturés la viande, qui constitue la principale
de foin et d’ensilage d’herbe) ou de une flaveur plus forte que des froma- en herbe pâturée conduisent aussi à Plusieurs études de l’Inra ont récem- (dont les « oméga 3 »), comparati- source nutritionnelle pour l'homme. 2
vaches conduites au printemps, au ges issus de praires de plaine, moins une modification de la composition ment mis en évidence un impact sur vement à des régimes riches en cé-
pâturage. Les fromages de Saint-Nec- diversifiées. Comment expliquer de des matières grasses du lait : la pro-
taire, issus du lait de pâturage, ont été tels écarts ? « Ils pourraient être liés à portion en acides gras polyinsaturés
plus jaunes, ont présenté une texture des modifications de la composition chi- augmente significativement au dé-
moins ferme, un goût plus intense mique du lait, notamment des matiè- triment des acides gras saturés, les pre-
et une odeur moins piquante, moins res grasses, sous l’effet de l’ingestion de miers étant reconnus pour leur effet
aigre et moins fruitée que ceux issus plantes spécifiques ou plus globalement bénéfique sur la santé humaine. Cet
des laits hivernaux. Cependant, les ef- de la gestion du pâturage, associant na- effet de l’herbe pâturée est d’autant
fets sur la flaveur du fromage sem- ture de la ration et exercice physique, plus important qu’elle est jeune. Les
blent moins marqués lorsque le lait précise Jean-Baptiste Coulon. On ne régimes à base d’herbe conservée sont ◗
est pasteurisé avant d’être transformé peut pas exclure par ailleurs que les fac- intermédiaires. La conservation sous LE CHEPTEL
en fromage. teurs de production, en particulier la forme d’ensilage permet d’obtenir des FRANÇAIS
produit chaque
nature des fourrages, modifient l’éco- teneurs en carotènes, vitamines A et année 1,4
Des flaveurs accentuées système microbien du lait ou son acti- E supérieures à celles observées avec millions
de tonnes
par la diversité botanique vité. Une partie de la diversité des micro- une conservation sous forme de foin. d’équivalent
des prairies organismes du lait, variable d’une Ces résultats ont récemment été carcasse
Au cours des dernières années, plu- exploitation ou d’une fromagerie à l’au- confirmés par une étude réalisée chez de viande.
sieurs essais réalisés en Europe pour tre, pourrait ainsi être due à l’alimen- des producteurs de fromages fermiers
décrire et analyser l’effet de la diver- tation des troupeaux. » au cours de laquelle plus de 400 fro-
sité botanique des fourrages offerts De nombreux travaux ont été récem- mages issus de différents types d’ali-
aux animaux (sous forme pâturée ou ment réalisés sur l’effet de l’alimenta- mentation ont été analysés.
conservée) ont clairement montré qu’il tion des vaches sur la composition en
existait des écarts parfois importants matières grasses et en micro-consti- Des effets moins nets
de caractéristiques sensorielles (texture tuants des produits laitiers, en raison pour la viande
et flaveur) selon la nature des prairies des hypothèses nouvelles concernant L’effet de l’alimentation à base d’herbe
pâturées. Ces écarts opposent en par- leurs effets potentiels sur la santé hu- sur les qualités de la viande est plus © Inra / Jean-Marie Bossennec
ticulier les prairies de plaine et de maine et grâce au développement de difficile à évaluer. D’abord parce que

● X I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
XI
◗ REPORTAGE
◗ DOSSIER
❝40 % du lait collecté une
unité
est transformé O INRA À PLOUDANIEL
en fromage en France. ❞
Des spécialistes de la
pomme de terre
© Inra / Gérard Grosclaude
Pour l’ONU, 2008 est l’année internationale de la pomme de terre.
L’équipe de recherche de Ploudaniel, près de Brest, est spécialiste de ce tubercule.

2 Intégrer les connaissances mènes, et fournir aux décideurs et aux +d’infos


en environnement, éleveurs les outils nécessaires pour Alimentation des bovins, ovins
agriculture et alimentation optimiser l’ensemble des maillons de et caprins, tables Inra 2007, ouvrage
collectif - éditions Quae 2007.
« Les recherches faites à l’Inra sur la la chaîne. Mais ces recherches sont Alimentation des ruminants :
prairie, ses diverses fonctions, son uti- aussi originales car elles se dévelop- Systèmes Inra 2007, dossier de spécifiques qui ont été contournées
« Productions animales », éditions
lisation par les vaches, et les consé- pent simultanément dans d’autres di- Quae, 2007 (adaptation des parasites), les cher-
quences sur les produits lait, fromages mensions complémentaires et pour INRAtion Prevalim, version 4.0 2008 : cheurs visent des résistances partiel-
et viande sont originales à plus d’un des finalités multiples : environnement www.inration.educagri.fr les qui impliquent plusieurs méca-
Rencontres Recherches Ruminants.,
titre, conclut Jacques Agabriel, prési- et rejets, entretien des paysages et de N° 15 les 3 et 4 décembre 2008 au nismes génétiques de défense et
dent de la Commission bovine de la biodiversité, préservation du bien- Centre des congrès de la Villette, plusieurs gènes. Ces résistances ré-
Paris. Articles disponibles sur :
l’Inra (2) associant différents parte- être animal, concept de terroir en www.journees3R.fr duisent la vitesse de progression du
naires pour veiller à la cohérence des zones de montagne… qui toutes Prairies et herbivores domestiques, parasite dans les tissus de la plante et
recherches sur les bovins. Ces recher- convergent vers cette notion de dura- quiz réalisé par la mission leur efficacité s’érode plus lentement.
communication de l’Inra :
ches illustrent le concept de « chaîne ali- bilité des systèmes souvent difficile à www.inra.fr/quiz_prairies_ Les chercheurs commencent par
herbivores
mentaire » et l’importance de bien dé- concrétiser. L’Inra, organisme de identifier les variétés présentant des
Produits agricoles et alimentaires
velopper cette dimension linéaire de la recherche publique, est ici bien dans d’origine : enjeux et acquis facteurs de résistance intéressants,
construction de la qualité des produits. » son rôle. ● scientifiques, Actes du colloques Inra- notamment parmi les espèces sauva-
INAO, 17-18 novembre 2005,
Les disciplines agronomiques, zoo- Sylvander B, Casabianca F, Roncin F. ges originaires des Andes et conser-
(1) L’INAO conduit la politique française 2008. 254 pp
techniques, économiques sont mo- vées soigneusement à Ploudaniel. Puis
relative aux appellations d'origine contrôlées Coulon JB, 2006. Herbe et qualités
bilisées de conserve pour apporter une (AOC) : http://www.inao.gouv.fr/ des produits animaux. Académie ils établissent leur carte génétique de
meilleure compréhension des phéno- (2) http://www2.clermont.inra.fr/commission-bovine d’Agriculture : « Prairies, herbivores, façon à localiser les gènes associés à
quels enjeux ? ». Séance du 30
novembre 2006 ces résistances. Cette cartographie
Lucas A., Hulin S., Michel V., Agabriel mobilise également une équipe de

© Inra
C., Chamba J.F., Rock E., Coulon J.B.,
Dossier réalisé d’après les travaux des unités de recherches Inra : 2006. Relation entre les conditions génomiciens à Avignon qui exploite
Écosystème prairial (Clermont-Theix), Herbivores (Clermont-Theix), Qualité des produits de production du lait et les teneurs ses connaissances acquises sur d’au-
animaux (Clermont-Theix), Recherches fromagères (Clermont-Theix), Technologie et en composés d'intérêt nutritionnel
dans le fromage : étude en tres solanacées (tomate, piment). Par
analyses laitières (Dijon), Infectiologie animale et santé publique (Tours) ; les unités conditions réelles de production. ailleurs, les espèces sauvages sont en


mixtes de recherche Agrosystèmes et développement territorial (Toulouse), Production INRA Prod Anim, 19, 15-28
PARCELLE

L
Prache S, Martin B, Nozière P, Engel E, histoire a débuté il y a culture de la pomme de terre en général diploïdes (2 paires de chaque
de lait (Rennes), ainsi que l’unité expérimentale des Monts d’Auvergne (Clermont-Theix). EXPÉRIMENTALE
Besle JM, Ferlay A, Micol D, Cornu A, sur la sensibilité 8000 ans dans la cordillère France et les premières grandes épidé- chromosome), alors que les variétés
Cassar-Malek I, Andueza D, 2007.
Ocontacts : Authentification de l’alimentation de variétés de des Andes. Une branche fa- mies qui ont, plusieurs fois, anéanti cultivées sont tétraploïdes. Pour pou-
Jacques Agabriel, jacques.agabriel@clermont.inra.fr (Commission Bovine) des ruminants à partir de la pommes de terre miliale a donné naissance à les cultures européennes. La plante voir les croiser, les chercheurs ont dû
composition de leurs produits et au mildiou
René Baumont, rene.baumont@clermont.inra.fr (ingestion) tissus. INRA Prod Anim, 20, 295-308. (Inra Ploudaniel). 5 000 variétés cultivées de Solanum reste toujours sensible à un vaste cor- maîtriser la parthénogenèse (repro-
Alain Boissy, alain.boissy@clermont.inra.fr (comportement social) Boissy A., Nowak R., Orgeur P., tuberosum. Première production non tège de parasites. C’est au mildiou, duction sans fécondation) ce qui per-
Jacques Cabaret, jacques.cabaret@tours.inra.fr (parasitologie) Veissier I., 2001. Les liens sociaux céréalière au monde, la pomme de un de ses principaux ennemis, que met de diviser par deux le stock
Pascal Carrère, pascal.carrere@clermont.inra.fr (écosystème prairial) chez les ruminants d’élevage :
Jean-Baptiste Coulon, jean-baptiste.coulon@clermont.inra.fr (qualité des produits)
limites et moyens d’action pour terre a connu une forte expansion au s’attaque l’équipe de recherche de chromosomique de l'espèce cultivée.
Bertrand Dumont, bertrand.dumont@clermont.inra.fr (comportement alimentaire)
favoriser l’intégration de l’animal
dans son milieu. INRA Productions XIXe siècle car elle permettait de Ploudaniel. Jean-Eric Chauvin, son Les baies issues du croisement des
Animales, 14, 79-90. nourrir les populations pauvres. C’est responsable, explique que « causé par plantes contiennent plusieurs cen-
Erwan Engel, erwan.engel@clermont.inra.fr (authentification et traçabilité)
Institut de l’élevage : le même argument que la FAO Phytophthora infestans, le mildiou est taines de petites graines, soit autant
Anne Farruggia, farruggi@clermont.inra.fr (utilisation de la prairie par le troupeau) - dossier hors série « La prairie, un
Philippe Faverdin, philippe.faverdin@rennes.inra.fr (vache laitière au pâturage) enjeu économique et social », janvier avance cette année pour les pays en généralement combattu par l'emploi d'hybrides interspécifiques. Penché
Michel Lherm, michel.lherm@clermont.inra.fr (économie) 2007 développement. massif de produits antifongiques. La sur sa paillasse, François Monot récu-
www.inst-elevage.asso.fr
Jean-Louis Peyraud, jean-louis.peyraud@rennes.inra.fr (digestion, filière laitière) création de variétés résistantes apparaît père ces graines et les conditionne
Sophie Prache, sophie.prache@clermont.inra.fr (authentification et traçabilité) Améliorer les mécanismes une option plus respectueuse de l’en- avant le semis. On vérifie ensuite la
Jean-François Soussana, jean-francois.soussana@clermont.inra.fr (écosystème de résistance vironnement. Encore faut-il que cette résistance des descendants en serre
prairial) On connaît tous la ruse d’Antoine- résistance soit efficace et durable. » ou au laboratoire. Mieux connaître
Augustin Parmentier pour diffuser la Après avoir développé des résistances les déterminants génétiques de la


XII I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●25
1 ●
1
FLORAISON
d’une espèce
◗ REPORTAGE résistance permettra de disposer de
andine apparentée
à la pomme
de terre.
marqueurs moléculaires et de sélec-
tionner, à l’avenir, en laboratoire les
meilleurs hybrides. La sensibilité au
mildiou est aussi évaluée au champ.
Les conditions expérimentales de
Ploudaniel sont optimales : le mil-
diou adepte du climat breton y sévit
sans relâche tous les ans ! Les plants
les plus résistants seront des « géni- ●2
teurs améliorés ». L’Inra en propose HANGAR
qui abrite
une trentaine par an aux sélection- les collections
neurs qui poursuivront le travail de et le travail
création variétale.
© Inra / Christophe Maître
du Geves. 2
L’Inra s’est intéressé à d’autres mala-
dies dont le nématode à kyste (Glo-
bodera pallida). Ces vers du sol s’at-
taquent aux racines et aux tubercules.
La même logique de recherche a
Historique 3
L’histoire de la pomme de terre à l’Inra débute à Versailles.
conduit Marie-Claire Kerlan et Laura Mais les conditions climatiques n’y étaient pas réunies pour
Chauvin à étudier les résistances garantir son état sanitaire. C’est pourquoi l’Inra s’est installé ●
3
ECHANTILLON
contenues dans les variétés sauvages. en 1949 sur une ferme à Ploudaniel. La Fédération nationale de différentes
des producteurs de plants de pomme de terre a racheté la ferme variétés.
Quelque 2500 génomes ont été iden-
tifiés. Les chercheuses approfondis- voisine et l’a mise à disposition de l’Institut. Aujourd’hui, l’équipe
sent leur connaissance moléculaire est intégrée dans l’unité d’amélioration des plantes et biotechno-
logie végétale de Rennes (UMR Inra, Agrocampus, Université
des mécanismes de résistance en re-
de Rennes 1). Généticiens de Ploudaniel, génomiciens d’Avignon
lation avec l’unité de recherche en et pathologistes de Rennes travaillent ensemble sur les
santé des plantes, à Rennes et l'unité mécanismes de résistance de la pomme de terre au mildiou
de génomique d’Avignon. Les équi- et aux nématodes. Les collections de choux fleurs et d’échalotes
pes travaillent, en miroir, la biologie qui étaient hébergées non loin de là, à Plougoulm, rejoignent ●
5

repères
des parasites et celle de la pomme de
terre pour tenter de comprendre les
en 2008 le site de Ploudaniel. PLANTATION
de pommes de terre. 4
interactions entre la plante et son
agresseur. Les travaux ont montré que ●4
la résistance se traduisait par une mas- conduites à contre-saison. Originai- des germes d’une série de tubercules, 5 JEAN-ÉRIC
CHAUVIN,
culinisation de la population de né- res de milieux subtropicaux d’alti- reflétant la vigueur des plants. responsable du site
de Ploudaniel,
matodes et par une nécrose des tissus tude, elles réagissent à la longueur des directeur adjoint
• Ploudaniel autour de la larve chez la pomme de jours en rallongeant leur cycle de vé- 60 ans de partenariat de l’unité APBV.
63 ha terre. Cette coopération permet aussi gétation au détriment de la tubérisa- L’expertise de la petite équipe finis-
48 ha SAU de mieux évaluer les risques d’évolu- tion. Les plantes sont donc cultivées térienne est appréciée par les pro- 8●
10 ha tion du parasite. Les agronomes sont en hiver lorsque les jours sont courts. fessionnels agricoles. L’Association FRANÇOIS ●
6
MONOT TRAVAUX
(collections et également sollicités pour imaginer des des créateurs de variétés nouvelles de extrayant des de calibrage.
expérimentations) graines après
rotations, cultures pièges, etc., qui per- Evaluation de nouvelles pomme de terre réunissant les qua- croisement.
• Equipe
mettent de limiter la progression des variétés tre obtenteurs français de pomme de
5 chercheurs
37 personnes
populations de parasites. « Il nous arrive de revoir le fruit de
notre travail lors de l’évaluation des
terre soutient les recherches depuis
1969 en contrepartie du maintien des
8
• Unité de Richesse des collections variétés nouvelles avant l’inscription collections, de l’accès aux géniteurs 8
recherche
4 équipes
A l’origine des travaux de sélection : au catalogue national car l’Institut et d’échanges scientifiques. Récem- 6
la variabilité génétique. Le site de prête son expertise au Geves, le Groupe ment, avec des partenaires agricoles,
130
personnes
Ploudaniel est le principal centre de
ressource français pour la pomme de
d’étude et de contrôle des variétés et
semences. En 2008, la variété Coquine
l’équipe a comparé, dans six régions,
le comportement de variétés condui-
7 ●
7
TEST
terre. Il collectionne 1000 variétés
françaises cultivées, 32 espèces indi-
inscrite par un obtenteur français (Gro-
cep), est issue d'un croisement avec un
tes en agriculture biologique afin de
définir un profil type de la variété
VARIÉTAL :
mesure
9
de la longueur
gènes andines et 8000 plants issus des géniteur Inra. Elle présente un bon ni- idéale pour ce mode de culture. ● des germes.
travaux de recherche, précieux pour veau de résistance au mildiou et une
partir vers de nouvelles pistes. Main- précocité intéressante », se félicite Jean-
tenir cette biodiversité représente un Éric Chauvin. Michel Bozec, expert Catherine Donnars
travail de fourmi ! Minutieusement, pour le Geves, nous décrit l’organi- et Patricia Marhin
Martine Muller prélève, coupe et sation de l’immense hangar qui abrite reportage photo : Christophe Maître
9 ● 9
COLLECTION
remet en tubes à essai les boutures palettes de stockage et laboratoires. DE VARIÉTÉS
de pommes
qui pousseront au ralenti pendant un Devant des barquettes de pommes de de terre 9
an en chambre climatisée. Il faut aussi terre aux formes et couleurs variées, maintenue
+d’infos in vitro.
replanter en terre, tous les ans, le il commente les tests qui discriminent Oweb :
www.rennes.inra.fr/apbv/
matériel maintenu sous forme de tu- les qualités des unes et des autres. Plus Ocontacts :
bercules. Les espèces andines sont loin, une équipe mesure la longueur jean-eric.chauvin@rennes.inra.fr © Inra / Christophe Maître

●26 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
27
INTERVIEW
une
coopé- Stanislav-Dusko Ehrlich,
DIRECTEUR DE RECHERCHE EN GÉNÉTIQUE MICROBIENNE À JOUY-EN-JOSAS
ration O UN CONSORTIUM INTERNATIONAL DE RECHERCHE
COORDONNE LE PROJET EUROPÉEN METAHIT (Metagenomics of human intestinal tract)

Comment êtes-vous devenu l’animateur de Quels sont les ingrédients

Le métagénome intestinal : cette initiative internationale ?


Dusko Ehrlich : Ayant une forte expérience dans
le domaine de la génomique, j’ai su intéresser les
de cette coopération européenne ?
D. E. : L'essentiel est de rassembler les partenai-
res incontournables, les meilleures compétences et
une recherche nécessairement partenaires et mobiliser les chercheurs concernés
par le métagénome humain. En 2005, l’Inra a pris
expertises dans le domaine. Tels le Genoscope en
France, le « Wellcome Trust Sanger Institute », au

internationale l’initiative d’organiser une table ronde réunissant tous


les acteurs mondiaux de la discipline. Les collègues
ont très bien répondu à la sollicitation de construire
un projet à l’échelle mondiale. Le problème est qu’il
n’existe pas de financements de projets au niveau
Royaume-Uni pour le séquençage de l'ADN et le
laboratoire européen EMBL dans le domaine de
l'organisation des bases de données. Cependant, le
projet ne consiste pas seulement à décrire, à dé-
crypter le métagénome. D’autres partenaires, comme
international, mais uniquement au niveau national des hôpitaux espagnols et danois pour les études
et/ou régional. C’est pourquoi, à l’issue de la table cliniques ont rejoint le projet afin que les chercheurs
ronde, nous avons décidé que chaque partenaire accèdent au métagénome d‘individus ce qui per-
chercherait à obtenir des financements dans les dif- mettra de caractériser les marques de maladies.
férentes régions du globe. Pour un
chercheur européen, l’une des sour-
population, la majorité d’entre elles L’indispensable réseau ces de financement, c’est la Com-
sont spécifiques à chaque individu. international mission européenne. Elle était
« Ces bactéries ont des fonctions in- C’est pourquoi l’Inra a initié le lan- d’ailleurs présente lors de la table
dispensables à notre santé : elles syn- cement d’un consortium internatio- ronde, ses représentants étaient
thétisent des vitamines, contribuent à nal (International Consortium for donc sensibilisés à l'importance du
la dégradation de certains composés Human Microbiome) pour mettre en sujet de recherche. A la suite de ◗
EPITHÉLIUM
que nous serions incapables d'assimi- commun les ressources et l’expertise plusieurs échanges, un « topic » a COLIQUE
ler sans l'aide du métagénome bacté- requises par l’ampleur des connais- été inscrit dans le premier appel à et flore
rien. Elles jouent un grand rôle dans sances à analyser. La division du tra- proposition du 7ème Programme intestinale.
les fonctions immunitaires en nous pro- vail, les synergies et les économies cadre de recherche et de déve-
tégeant contre les bactéries pathogènes d’échelle diminueront le coût. La loppement en 2007, visant à la ca-
et en « dialoguant » avec nos cellules concertation permettra de standar- ractérisation du métagénome hu-
épithéliales » complète Joël Doré, di- diser les procédures et le contrôle de main. Sur cette base j'ai entrepris
recteur de recherche à Jouy-en-Josas. la qualité des données et de coor- la construction d'un consortium

© Inra
© Inra / CD Abrams Les recherches ont ainsi montré des donner leur analyse. Les protagonis- scientifique européen.
différences significatives dans la com- tes ont pour première mission
position du métagénome chez les per- d’apporter des financements natio-

BACTÉRIES sonnes obèses ou atteintes de mal- naux ou supranationaux.


ANAÉR O B I E S adies inflammatoires intestinales et Un projet financé par la Commission
STRICTES. les sujets sains, d’où l’hypothèse que européenne (11 M €) et coordonné
Clostridium
utilisant comme des déséquilibres de la fore digestive par l’Inra vient ainsi de démarrer :
Connaître la flore intestinale
niche écolo-
gique un orifice humaine nécessite peuvent contribuer à la maladie. le projet MetaHIT constitue le pre-
mier financement international qui
De l’influence du régime alimentaire français
glandulaire une synergie de recherche
dans la
muqueuse
au niveau international. Démarche pionnère
On n'est qu'au début de la caractéri-
catalyse les efforts de recherche. Son
but est de caractériser les gènes et
ou chinois sur le métabolisme intestinal
de l'intestin

«
grêle. sation des bactéries intestinales. En fonctions bactériennes de la flore in-

D
e même que nous effet quelques centaines d’espèces sont testinale et d’étudier les effets de ce

J
oël Doré coordonne une étude et riche en fruits, légumes et féculents Xu, épidémiologiste du Centre de Nu-
possédons nos propres cultivables en laboratoire, mais des génome en terme d'alimentation et expérimentale avec son à un régime citadin « à l’occidentale », trition Humaine de Shanghai et en
gènes - notre génome - milliers d’autres ne le sont pas. La de santé. Un deuxième projet franco- homologue chinois le profes- plus riche en calories et graisses ani- France par le Professeur Arnaud Bas-
nous hébergeons notre recherche est en train de surmonter chinois, financé par l’Agence natio- seur Liping Zhao de l’Univer- males. La cohorte française, consti- devant, chef du service de nutrition
propre métagénome. cette difficulté grâce au saut techno- nale de la recherche (ANR 2 M €) sité Jiao Tong à Shangaï sur tuée de personnes obèses, sera à de la Pitié Salpêtrière de Paris. Un
Celui-ci représente l'ensemble des gènes logique de la métagénomique qui per- et le ministère chinois de la Science les conséquences du régime alimen- l’inverse soumise à un régime hypo- chercheur chinois du laboratoire de
appartenant aux bactéries qui vivent met d’analyser directement l’ADN de et de la technologie (2 M €), MICRO- taire sur le métabolisme intestinal. calorique. Les sujets des deux cohor- médicine traditionnelle chinoise de
avec nous, la plupart d’entre elles étant l’ensemble de la communauté bacté- Obes, vise à comprendre l’incidence Une transition nutritionnelle sera tes bénéficieront d’une évaluation l’Université Jiao Tong est accueilli dès
hébergées dans notre tube digestif. Ces rienne avec l’aide de la bioinforma- du régime alimentaire sur la flore in- simulée sur deux cohortes de volon- médicale détaillée de leur statut méta- février et pour un an, sur la plate-
bactéries colonisent rapidement le tube tique à haut débit. « L’effort scienti- testinale humaine chez deux cohor- taires Français et Chinois, à partir de bolique avant, au cours et après l’é- forme «exploration du métabolisme»
digestif du bébé après sa naissance », fique dépasse celui de séquençage du tes de volontaires sains situées dans septembre 2008. La transition nutri- tude, ainsi que d’une étude du de Clermont-Ferrand pour préparer
introduit Xavier Leverve, directeur génome humain puisque nous portons ces deux pays. ● tionnelle très rapide en Chine sera métagénome de leur flore intestinale l’analyse métabolomique.
scientifique Alimentation à l’Inra. Si 90% de gènes microbiens pour seule- étudiée chez des ouvriers passant, à et des fonctions de cette flore.
quelques dizaines d'espèces bacté- ment 10% de gènes humains » fait l’occasion d’un chantier en zone ur- Le pilotage des deux cohortes sera as- Patrick Etiévant,
riennes sont partagées par toute la remarquer Xavier Leverve. Emmanuelle Klein baine, d’un régime pauvre en calories suré en Chine par le professeur Lin Joël Doré

● 28 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●29
◗ IMPRESSIONS
Accueillir le
handicap Étymologie
de la jachère

Illustration : Julie Blanchin


à l’
OLA TROUBLANTE HISTOIRE DE LA JACHÈRE
PRATIQUES DES CULTIVATEURS, CONCEPTS DE LETTRÉS
ET ENJEUX SOCIAUX
Pierre Morlon et François Sigaut
COÉDITION QUAE-ÉDUCAGRI, COLLECTION SCIENCES EN PARTAGE,
FÉVRIER 2008, 328 P., 29 €
L’Inra peut se dire aussi en langue des signes !
Près de 350 agents en situation de handicap travaillent
actuellement au sein de nos équipes. A chaque situation,
son parcours, ses conditions de travail et son ressenti. L’Inra assure l’aménagement person- François Sigaut et Pierre Morlon, agronomes et historiens, ont suivi à la trace la dérive
nalisé de l’environnement profes- du mot jachère qui pour les cultivateurs désignait une suite de labours afin de nettoyer le
sionnel des personnes handicapées : sol des mauvaises herbes et préparer le semis d’automne ; et est devenue l’exact opposé :

L
a loi de 2005 « pour l’égalité En complément des concours exter- adaptation du poste de travail, du une terre laissée sans culture où poussent des adventices que les agriculteurs ne peuvent
des droits et des chances, la nes, l’Institut organise chaque année temps de travail, accessibilité au sens pas détruire.
participation et la citoyen- une campagne de recrutement de per- large.
neté des personnes handica- sonnes handicapées par la voie Enfin, divers dispositifs d’accompa-
pées » veut apporter des évolutions contractuelle, avec vocation de titu- gnement permettent de favoriser l’in- Pourquoi écrire un livre sur un contresens P. M. : Par la suite, l’erreur d’agronomes comme
fondamentales pour répondre aux at- larisation. Les deux tiers des agents en sertion professionnelle et le maintien entré dans le langage commun ? Yvart a été institutionnalisée par les géographes
tentes des personnes handicapées, no- situation de handicap à l’Inra ont été dans l’emploi des agents en situation Pierre Morlon : Par effort de clarification ! qui l’ont transmise aux historiens… Les lettrés
tamment au niveau de l’emploi. recrutés par ce biais, et, parmi eux, six de handicap : tutorat, aide hu- Si on fait l’impasse sur le langage, on se ont entretenu l’erreur d’édition en édition.
L’Inra se mobilise pour une politique chargés de recherche. L’accès à des maine… ● condamne à d’énormes contresens sur les Il est d’ailleurs symptomatique que les auteurs du
globale en matière de handicap afin postes dans tous les corps de la Fonc- archives et textes agricoles qui utilisent ce mot, dictionnaire « le Trésor de la langue française »
d’accompagner les agents tout au long tion Publique et sur tout type de mé- et donc à ne pas comprendre la réalité ne citent que des références littéraires bien
de leur carrière. tier est une particularité de l’Institut. Pascale Mollier des anciennes agricultures européennes. que cela soit un terme technique. Diderot
et d’Alembert ont eu la démarche inverse :
Comment expliquez-vous la dérive ils sont allés chercher leurs définitions auprès
« Ayant quitté le lycée en quatrième, je « Je suis atteinte de surdité profonde, je Structures et acteurs de sens ? des praticiens.
n’étais certainement pas2005destiné à avoir un porte des appareils auditifs et je complète

L
a loi de « pour l’égalité • Au niveau national : P. M. : À notre connaissance, les premiers
emploi de technicien qualifié. Paradoxale-
des droits et des chances, la par la lecture labiale. Je travaille comme textes contenant le mot « jachère » datent du Cette recherche étymologique a-t-elle
ment, c’est mon handicap qui a infléchi technicienne en biologie moléculaire Le service « politique sociale » de la
participation et la citoyen-
ma vie professionnelle dans ce sens. A à l’Inra, après avoir passé un DEUG DRH coordonne le déploiement de milieu du XVIe siècle. La dérive du sens vers un intérêt aujourd’hui ?
neté desde
cause de l’aggravation personnes handica-
mes problèmes de sciences. Pour me perfectionner la politique handicap de l’Institut « repos » et « abandon des terres » est apparue F. S. : Nous en sommes convaincus. Cela sert
pées » apporte des évolutions
vertébraux, j’ai du arrêter les « petits bou- fonda- en biologie moléculaire, j’ai suivi un stage dans ses divers aspects : dans la littérature non agricole sachant que le à montrer par quelles erreurs nous sommes
mentales
lots » trop pour Après
physiques. répondre aux attentes
plusieurs opé- adapté à mon handicap organisé par recrutement, insertion, maintien dans concept anthropomorphique de « repos de la passés. Questionner les mots renvoie au sens
rations des personnes
et deux handicapées,
ans alité, notam-
j’ai été reconnu la formation permanente de l’Inra de l’emploi, sensibilisation, terre » est ambigu. Nous pensons que cette des pratiques. L’histoire du mot jachère et la
ment
travailleur au niveau
handicapé et de
j’ail’emploi.
effectué une Versailles. Pour que je puisse participer communication, partenariats définition a été parachutée par les lettrés : discussion sur les pratiques qu’il désignait,
reconversion
L’Inra professionnelle. J’ai passéglo-
développe une politique 7 à la vie scientifique et collective, j’ai besoin associatifs et institutionnels… ceux-ci mélangent jachère travaillée et en friche éclairent des questions encore d’actualité en
ans entre - la « cellule handicap » (co)finance
balecentre d’orientation
en matière de handicap,et centre de
afin d’ac- d’aménagements spéciaux : un interprète non travaillée du fait qu’à leurs yeux d’urbains, agriculture : la lutte contre les mauvaises herbes,
formation pour obtenir l’équivalent des actions visant l’environnement
compagner les agents tout aud’un
long de en langue des signes m’accompagne lors
professionnel : aménagements de c’est une seule et même réalité -une terre l’entretien de la fertilité du sol…
BTS deleurtechnicien
carrière.informatique. Cela n’a des assemblées générales annuelles du sans culture , alors que pour le cultivateur, P. M. : L’enseignement de l’agronomie manque
donc pas été sans beaucoup de ténacité centre, mes collègues prennent des notes postes, formations, transports…
En complément des concours exter-
et la chance d’avoir été bien conseillé… pour moi lors des réunions de laboratoire, - le « groupe accessibilité » a pour la différence c’est son travail ! de profondeur historique. En physique,
nes, l’Institut
Actuellement en CDD organise
à l’Inra,chaque
je suis année complétées par les comptes-rendus. rôle de renforcer l’accessibilité des François Sigaut : Pendant longtemps, on apprend l’histoire de la discipline (Archimède,
chargé une
de lacampagne de recrutement
maintenance des postesdein-per- J’apprécie beaucoup mes collègues car locaux les lettrés ont cru que jachère venait du latin Newton) ; l’enseignement de la philosophie
sonnes
formatiques handicapées
du site. Ce travail me par convient
la voie ils sont sensibles à ma situation et pren- • Au niveau local : jacere : être couché, d’où se reposer. Faux ! se confond avec l’étude des auteurs. L’agronomie
contractuelle,
parfaitement car il meavec
permet vocation de titu-
d’alterner les nent soin de faciliter ma compréhension Le réseau des correspondants L’étymologie vient du gaulois gansko qui veut dire se dispense de l’histoire de l’agronomie comme
stationslarisation.
assises etLes deux tiers
debout, des agents
et mes collè- en quand ils s’adressent à moi. Certains handicap de centre permet de branche et charrue, d’où le labour. Nous avons si les connaissances du moment présent étaient
gues m’aident à transporter le matériel souhaitent même apprendre la langue relayer et de développer la politique suivi à la trace ce mot du XVIe au XIXe une vérité figée. Ce manque de recul se retrouve
lourd. Mon poste va certainement évoluer des signes. » handicap, en lien avec les acteurs
où sa dérive a connu un paroxysme avec le débat dans le monde entier.
vers plus de responsabilités. » locaux : chargés des ressources
humaines, médecins, délégués entre défenseurs de la jachère et adversaires.
Agnès Rousselet, centre de Versailles, L’agronome Victor Yvart (1763-1831), détracteur
Nori Hennaoui-Rosay, centre de Versailles, recrutée par la voie contractuelle en 2001, prévention, assistants de service
social, conseillers en orientation acharné de la jachère a joué un rôle important. Propos recueillis par C. D.
Ferme du Moulon, en CDD depuis octobre titularisée en 2002.
2007. professionnelle…


30 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 I NRA MAGAZINE • N°4 • MARS 2008 ●
31
◗ IMPRESSIONS en bref ODiversité des virus
des Solanacées -
OL’élevage en mouvement OLe guide illustré
de l’écologie
OLa filière protéagineuse
Quels défis ?
ONouvelle collection
« expertises collectives »
éditions
par Benoît Dedieu, Éduardo Chia, Quæ
Du génome viral Bernadette Leclerc, Charles-Henri par Bernard Fischesser coordination Jacques Guéguen, Les Éditions Quae lancent une
OLa recherche à la protection des cultures Moulin, Muriel Tichit et Marie-France Dupuis-Tate Gérard Duc nouvelle collection « expertises
et l’Innovation en France Coordonné par Georges Quelles sont les sources de flexibilité Ce «guide illustré » offre Cet ouvrage décrit le collectives ».
par Jacques Lesourne et Denis Marchoux, Patrick Gognalons, permettant aux éleveurs d'herbivores au lecteur, même non scientifique, fonctionnement de la filière • Pesticides, agriculture et environ-
Randet Kahsay Gébré Sélassié de réagir et d'anticiper face des explications claires sur le protéagineuse et analyse de nement - Réduire l’utilisation des
Le paysage français de la Depuis la découverte du virus aux changements de tous ordres ? fonctionnement des écosystèmes, manière prospective les possibilités pesticides et en limiter les impacts www.quae.com
recherche et de l’innovation est de la mosaïque du tabac il y a Pour répondre, les auteurs ont étudié des cycles biogéochimiques et les d'élargir les utilisations des environnementaux (Inra-Cemagref, c/o
traversé de réformes. Cet ouvrage plus d’un siècle, les virus des exploitations « en mouvement » «
relations entre les organismes protéagineux en alimentation 2006) - 120 p. Inra - RD 10 -
F-78026
offre une vision documentée des des Solanacées ont joué un rôle c'est-à-dire celles qui intègrent dans vivants. Initialement conçu pour animale et humaine ainsi que dans • Les fruits et légumes dans l’ali- Versailles
évolutions en cours. Il résulte des pionnier dans les recherches leur fonctionnement l'occurrence les professionnels de la protection les secteurs non alimentaires. Les mentation - Enjeux et déterminants Cedex
travaux menés au sein de FutuRIS, sur les bases moléculaires d'aléas. Cet ouvrage vise un large de l’environnement, il consacre auteurs réactualisent aussi de la consommation (Inra - 2007) -
groupe qui rassemble acteurs des interactions virus-vecteurs. public de chercheurs, enseignants, un chapitre au génie écologique, l’argumentaire sur les intérêts 170 p.
et experts de la recherche Cet ouvrage est la première ingénieurs et étudiants. nouveau domaine de compétence environnementaux de ces cultures.
et de l’innovation. synthèse des connaissances. Éditions Quæ - collection Science up- pour les ingénieurs. Éditions Quæ - 2008 - 160 p. - 28 €. Éditions Quæ - collection expertises
Éditions Odile Jacob - Futuris - Éditions Quæ - collection Synthèse - date - mars 2008 - 256 p. - 40 €. Co-éditions La Martinière/Quæ - collectives - mars 2008.
décembre 2007 - 470 p. - 27 €. 2008 - 896 p. - 85 €. mise à jour 2007 - 345 p. - 38 €.

Documentaire sur le métier d'animalier Consommateurs solidaires


O LES AMAP : UN NOUVEAU PACTE ENTRE PRODUCTEURS
ET CONSOMMATEURS ?
ÉDITIONS YVES MICHEL - COLLECTION SOCIÉTÉ CIVILE - JANVIER 2008 - 160
PAGES - 14 €

«L es Amap (association pour le maintien de


l’agriculture paysanne) sont des systèmes
le plus souvent de légumes. » L’essor des Amap
est fulgurant depuis leur émergence dans les
de production et de distribution originaux qui Bouches-du-Rhône en 2001 : jusqu’où iront-
mettent en lien direct des agriculteurs et des elles ? s’interroge Claire Lamine, sociologue
consommateurs. Leur principe est simple au à l’Inra. Ce système marchand alternatif,
premier regard : un producteur propose chaque encore relativement marginal, pourrait-il
semaine à un ensemble de consommateurs changer quelque chose au paysage agricole et
adhérents de l’association, un « panier » de alimentaire d’un plus grand nombre de
produits dont la composition est fonction de la Français ? L’auteur souligne l’impact politique
production et aussi de ses irrégularités. Il s’agit des Amap au-delà du panier hebdomadaire.

revues OLA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE


TEXTES ET DOCUMENTS POUR LA CLASSE,
DU 1ER AU 15 FÉVRIER 2008, N° 949, 52 P.
OFORÊTS ET MILIEUX
O « PAROLES D'ANIMALIERS » NATURELS FACE AUX OCHAMPIGNONS
réalisation Gérard Paillard, février
2008, renseignement et diffusion :
evelyne.lhoste@jouy.inra.fr
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
HORS-SÉRIE N°3 DE LA REVUE
ET BACTÉRIES SOUS L’ŒIL
DE BIOFUTUR L a sécurité alimentaire peut
s’apprendre et le plus tôt est le
mieux ! Ce thème fait donc l’objet
« RENDEZ-VOUS TECHNIQUES » - VOL. 26/283 - 2007, VOL. 27/284 -
2007 - 102 P. - 20 € 2008 d’un numéro, réalisé en partenariat
« Paroles d'animaliers » décrit le métier avec l’Inra, de TDC (Textes et
d'animalier dans les unités
expérimentales du centre Inra à Jouy-en-
Josas. Des animaliers témoignent du rôle
L e département « Écologie des forêts, prairies
et milieux aquatiques » de l’Inra et l’Office
national de la Forêt (ONF) ont réalisé un
B iofutur, revue francophone des
sciences du vivant, consacre deux
dossiers aux relations entre champignons et bactéries, coordonnés
documents pour la classe), la revue
du Service culture éditions
ressources pour l’éducation
primordial de leur activité dans la chaîne numéro spécial des Rendez-vous techniques. par Pascale Frey-Klett, chercheuse au centre Inra de Nancy. nationale (Sceren, CNDP) pour les
de la recherche : ils sont à la fois garants Il est né d’un dialogue entre praticiens et Le dossier « Champignons et bactéries, l’union fait la force » enseignants, les étudiants et les
de l’élevage, du bien-être animal et de la chercheurs autour des questions liées au (n° 283) met en valeur des interactions souvent ignorées du fait parents d'élèves. Si, au quotidien, la sécurité
qualité des expérimentations. Fiers changement climatique. Avec un souci du cloisonnement passé entre bactériologie et mycologie. alimentaire est bien l’affaire de tous, les travaux de
de participer à l'aventure de la recherche, pédagogique, 33 chercheurs (Inra, CNRS, Or, champignons et bactéries coexistent dans le tube digestif l’Inra visent, en amont, à mieux anticiper les risques
ils ne passent pas pour autant sous Cemagref, Engref, Office national de la chasse des ruminants, le fromage, la grotte de Lascaux, les sols... chimiques et microbiologiques dans les filières
silence les difficultés de leur profession. et de la faune sauvage, Météo France, Inventaire Le dossier suivant, « Champignons et bactéries : les secrets de leur alimentaires et à mettre au point des méthodes de
Cette série de portraits montre la diversité forestier national, Département de santé des vie commune » (n° 284) aborde l’organisation de leurs sociétés. prévention et de détection. Le spectre de la « vache
des parcours. Tous ont choisi ce métier forêts, ONF) dressent l’état des connaissances Cette vision écologique des acteurs microbiens conduit à repenser folle » comme les interrogations sur la grippe aviaire
parce qu'ils aiment les animaux. et envisagent les orientations à prendre pour la santé humaine, l’élaboration des aliments, la nutrition animale ou les OGM sont aussi passés en revue.
adapter les pratiques de gestion des forêts. et la protection et la croissance des plantes.
Evelyne Lhoste

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◗ REGARD
Un nouveau vision éthique sur le long terme est absente d’un organisme
de recherche publique, cela délégitime les recherches aux
yeux du public. Le devoir du comité sera de réfléchir sur
une vision de la réflexion du monde sur le sujet étudié.
La deuxième dimension tient au fait que le rôle de
l’agronomie, ainsi que la hiérarchie des préoccupations,

comité d’éthique les conséquences à long terme d’actes présents. Notre


mission est de répondre à des questions -qu’on lui pose
ou qu’il se pose- au mieux de nos capacités. Certaines
aboutiront à des réponses ouvertes car les sujets que le
comité traitera ne se referment pas facilement...
ne sont pas les mêmes ici et dans d’autres régions du
monde.
C’est un apport positif du comité commun Inra-Cirad :
celui-ci nous oblige à réfléchir du point de vue de pays
qui ont d’autres priorités que les nôtres. Selon les pays,
le réchauffement climatique est perçu différemment en
L’association entre le Cirad et l’Inra invite partie en raison de positions idéologiques différentes et
à accorder une place plus importante à la en partie du fait de situations objectives différentes.
dimension internationale dans la réflexion
éthique. Qu’en pensez-vous ? Quel rôle voyez-vous au comité d’éthique ?
L. S. : Il y a deux dimensions. La première est que la L. S. : : D’un côté, l’indépendance du comité d’éthique
science agronomique avance dans tous les pays du monde. est essentielle. De l’autre, un comité d’éthique n’a de sens
L’Inra et le Cirad n’ont pas le monopole de l’éthique sur que s’il a un impact sur le réel. L’interaction entre comité
◗ les questions agronomiques. d’éthique et direction ne va pas toujours de soi. Mais la
LE COMITÉ
Une de nos tâches sera de s’informer sur les autres dynamique de dialogue est nécessaire. Les chercheurs
D’ÉTHIQUE réflexions éthiques qui peuvent être portées par des ont, par ailleurs, naturellement une volonté de réflexion
lors de sa première approches très différentes. Il n’y a pas seulement à avoir autonome. Je verrai donc beaucoup d’avantages à reparler
réunion le 25 janvier
2008. une vision du monde vue de la France mais aussi à avoir de tout ceci lorsque le comité aura travaillé. ●
Louis Schweitzer,
deuxième à partir
de la droite
OLe Comépra 1998 - 2007
Louis Schweitzer succède à Jean-François Théry, membre du Conseil d’Etat, qui a présidé
le Comépra, Comité d’éthique et de précaution, institué par l’Inra en 1998 et élargi à l’Ifremer
© Inra / Bertrand Nicolas

en 2002.
Quelle a été votre activité ? en conscience d’où l’importance de publier aussi les
Jean-François Théry : le Comépra est né du clonage discussions préliminaires. Comme les cahiers
de la génisse Marguerite dans les laboratoires de l'Inra. de laboratoire en recherche, elles éclairent le
A cette occasion, le président de l’Inra de l’époque, cheminement de la réflexion du Comépra.
Guy Paillotin, a voulu se donner les moyens de réfléchir Par ailleurs, nous n'avons pas voulu être un comité
rejoignent. Depuis trois ans, je suis président de la Halde, aux impacts des recherches sur la société. En huit ans, de déontologie pour ne pas créer de normes mais

L
ouis Schweitzer préside le nouveau
dont la mission relève d’une exigence morale. L’approche nous avons traité une dizaine de thèmes choisis sur une susciter des questionnements. Nous n’avons pas
comité d’éthique commun à l’Inra et au y est symétrique de celle de Renault. Tandis que pour liste de préoccupations suggérées par les deux voulu, non plus, être le consultant collectif qui règle les
Cirad. Haut fonctionnaire, ancien PDG l’entreprise, la finalité est la performance et celle-ci passe organismes : le clonage, la consommation de viande conflits de valeurs de l’Inra ou de l’Ifremer. Plutôt que
de Renault et actuel président de la issue d’animaux clonés, la brevetabilité du vivant, clore les débats, nous voulions donner les outils pour
par l’éthique ; la finalité éthique de la Halde contribue à
le partenariat, les biotechnologies en ostréiculture, que les chercheurs dépassent leur sensibilité éthique
Halde, la Haute autorité pour la lutte contre la performance de la société et des entreprises. Une société les OGM végétaux, l'expertise… Des discussions avec intuitive et réfléchissent à ce qu’ils font et à « ce que
les discriminations et pour l’égalité, il nous fait où la discrimination est absente, fonctionne mieux et les les chercheurs est né notre dernier thème : le « sens du fait ce qu’il font » selon la formule de Paul Valéry.
entreprises qui font de l’égalité des chances une réalité, progrès génétique ». Pour les chercheurs de l'Inra,
partager son état d’esprit à l’aube de ce
sont des entreprises plus prospères. après la guerre, le progrès c'était l'augmentation de la Avez-vous un regret, une fierté ?
nouveau mandat. production alimentaire. Aujourd'hui, ce « progrès » J.-F. T. : Un regret : ne pas avoir réussi à nouer un
L’Inra et le Cirad poursuivent des recherches n’a plus de sens en Occident. Quelle finalité la contact direct et confiant avec les chercheurs. J’ai été
Vous allez présider le comité d’éthique finalisées. Le progrès des connaissances recherche à l'Inra peut-elle désormais se donner ? La navré, parfois, de leur peu d’appétit pour les questions
de l’Inra et du Cirad, quelle place l’éthique répond à des enjeux de court et moyen réflexion nous a conduit à explorer les philosophies du éthiques, au-delà du respect des protocoles
a-t-elle eue dans votre parcours ? termes. Que vous évoque ce positionnement ? posthumanisme, fondées sur l'échec de l'humanité et expérimentaux. La compétition sur les publications est
l'utilisation de la science pour relancer, « à l'aveugle », sans doute inhibitrice : « si nous ne le faisons pas, les
Louis Schweitzer : Je ne suis pas un spécialiste d’éthique, L. S. : Il est intéressant parce que toute science a une
l'évolution. Américains le feront », n’est-ce pas ? Il est difficile
mais j’ai rencontré sous différents angles et à plusieurs reprises finalité en elle-même. Quand on fait de la physique d’être au bord d’une découverte et de s’arrêter pour
des problèmes éthiques. Dans un comité d’éthique, il faut à fondamentale ou des mathématiques, il y a tout au bout Comment le Comépra a-t-il fonctionné ? penser aux conséquences éthiques. Notre leitmotiv a
la fois des experts philosophes et une diversité de profils. Sans des applications. Mais, la finalité scientifique efface tout J.-F. T. : Les membres du Comépra ne représentant été que la démarche éthique fait partie de la démarche
doute a-t-on trouvé que pour le présider, la diversité de mon le reste. Dans la recherche finalisée, la réflexion sur les qu’eux-mêmes, se sont donné la liberté d’avoir un scientifique.
expérience faisait sens. applications fait partie de la science. On se positionne à dialogue sans dogmatisme. Nous avons privilégié Ma fierté est d’avoir vu s'épanouir le climat d’écoute
J’ai d’abord travaillé dans la fonction publique dont la un moment où l’application est dans le champ et n’est l’éthique de la discussion, en référence à Habermas. mutuelle et d’absence de préjugés qui a soudé la
philosophie, celle du service public, est une forme d’éthique. pas encore figée : une réflexion éthique peut donc Malgré des divergences, nous n’avons publié que collectivité qu’a été le Comépra.
Après, j’ai connu une entreprise un peu particulière : Renault, intervenir utilement. La recherche appliquée, elle, se situe des avis que chacun d'entre nous acceptait de signer
où l’engagement affectif est fort. Bien sûr, une entreprise a en aval de la réflexion sur les applications.
pour objectif de gagner de l’argent. Elle peut faire des coups Bien sûr, ce n’est pas au comité d’éthique de hiérarchiser
rentables sur une courte période. En revanche, dans une les arguments de politique scientifique, mais il se situe à +d’infos
www.inra.fr/l_institut/organisation/l_ethique/comite_d_ethique
entreprise qui a la vue longue, éthique et efficacité se un point de rencontre entre l’avenir et le présent. Si la www.inra.fr/l_institut/organisation/l_ethique/comite_d_ethique/comepra Propos recueillis par C. D.

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◗ AGENDA 27 mars 8 avril 17/18 avril....
PARIS PARIS LEMPDES (PUY-DE-DÔME)

Systèmes de culture Immunité chez les êtres des Agriculture biologique


innovants et durables : airs, des eaux et de la terre : et changement climatique.
quelles méthodes pour « l'Arche de Noé immuno- Organisé par l'École nationale
les mettre au point logique » d'ingénieurs des travaux agricoles
et les évaluer ? Rencontre internationale d'immunologie de Clermont-Ferrand, la section
Journée d'échanges entre chercheurs organisée au Collège de France par française de la Fédération
et acteurs du développement agricole l’Inra et le Collège de France. internationale de mouvements
sur l'évaluation de la durabilité des Au programme : défenses immunes d'agriculture biologique, l'Institut
systèmes de culture, la conception des plantes ; infections et vecteurs ; technique de l'agriculture biologique
des systèmes innovants, l'évaluation système immunitaire des poissons ; et l'Inra, ce colloque est la première
au champ des itinéraires techniques l'œuf et la poule. rencontre européenne scientifique
et des systèmes de culture... WWW.tours.inra.fr/toute_l_actu/congres_colloques sur l'impact des modes
WWW.inra.fr/toute_l_actu/manifestations_et_ __1/arche_de_noe_immunologique de production agricole et de
colloques/mars_avril_2008/27_mars_rencontre_ consommation alimentaire bio
systemes_de_culture sur le changement climatique.
WWW.enitac.fr/

14/17 mai
TUNISIE
3 juin
PARIS
8-11 juin
BORDEAUX

Livestock & Global Climate Partnerships - Innovation - Tétrapartite


Change Agriculture La Tétrapatite est un forum
Conférence internationale sur Lors de ce colloque international de discussion entre les agences
l'élevage et le changement climatique Inra-Cirad, des acteurs de la recherche publiques de recherche agronomique
co-organisée par l'Inra, sous le haut et du développement débattront sur du Canada, des États-Unis,
patronage du ministère tunisien la recherche agronomique à l’échelle du Royaume-Uni et de la France.
en charge de l'agriculture. mondiale. Ce sera aussi l’occasion Au programme de cette année :
WWW.inra.fr/toute_l_actu/manifestations_et_ de promouvoir l’offre de recherche l’organisation et le management
colloques/mai_juin_2008/14_17_mai_elevage_ française à travers le GIP Initiative de la recherche et les nouveaux défis
et_climat française pour la recherche de la recherche en alimentation
agronomique internationale (IFRAI). et nutrition humaine.
WWW.gip-ifrai.fr WWW.inra.fr/tetrapartite2008
https://WWW.inra.fr/inra_cirad/evenement/partner
ships_innovation_agriculture

© Inra / Hervé Cochard


COLLAPSUS DES PAROIS VASCULAIRES dans une aiguille de Pin fortement déshydratée.
Photo en microscopie à fluorescence.