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Les Études rhodaniennes L'esprit et les méthodes de la géographie André Allix Citer ce document

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Allix André. L'esprit et les méthodes de la géographie. In: Les Études rhodaniennes, vol. 23, n°4, 1948. pp. 295-310;

Document généré le 24/03/2016

: 10.3406/geoca.1948.5945 http://www.persee.fr/doc/geoca_1164-6268_1948_num_23_4_5945 Document généré le 24/03/2016

GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE

295 :

A. Gibert. estime que ce défaut est imputable . à ■= nos . méthodes d'enseignement La mémoire n'est- pas toujours suffisamment exercée. dans le jeune âge; au cours de" l'enfance,- il arrive . qu'on : entraine l'enfant à raisonner prématurément au lieu > de lui ;, faire retenir les principes ; fondamentaux.

M; A. Alux reconnaît» que . la ^fraîcheur de

la, mémoire enfantine permet"

d'acquérir aisément un i bagage de : nomenclature, , de . définitions i précises ,- et ; de chiffres ;:.

sens • des

J. Hours/ Professeur au Lycée de Lyon, recommande de concrétiser: les

renseignements -. statistiques : une :* visite au ■■>. Port Rambaud ■ peut ' familiariser avec ■ les :

mais il est . bon de développer, aussi le

M.

valeurs

Il ř est également \ commode ■de recourir , aux notations .•

conventionnelles et ?. de simplifier l'écriture ■:. des •. grands nombres au a moyen > d'abréviations.

M;. Josserand juge qu'à -. un . certain : âge les exercices de mémorisation s sont <

salutaires ;: il faut > même profiter, de cette; aptitude pas sagère 'mais: à; condition; de ne:

pas proscrire : tout r raisonnement et de sélectionner, les . connaissances à enregistrer.

L'impuissance à ; retenir des

manque

grandeur. :

chiffres : n'est : peut-être : pas ï foncière ; elle résulte ' d'un г

d'entraînement

et: d'une

inaptitude: à;, réaliser

mentalement., l'ordre

de

M.'

A. Perrin est lui aussi indulgent pour les erreurs d'appréciations quantitatives.

Le Géographe qui s'initie • à \l'astronomie . stellaire éprouve des difficultés à compter;" par heures-lumière, années-lumière : ou ; parsec ; : il est ■■- dans la и situation * d'un ; enfant devant ; des statistiques arides.

M.f Le Lannou, se refuse à réduire la Géographie à un ensemble de nombres. Les

erronées et .< changeantes ; elles : représentent r un v élément' vain ■; et

part et ■ s'occuper

davantage des .■ grands !;

statistiques ; sont

abstrait ; ; il я faut t en > résorber, une : grande

problèmes í économiques.

M. A: Merlier et ; M.' Josserand répondent . qu'il n'y a / pas ; lieu de : condamner-

la mémoire au nom . de ■l'intelligence ni > d'exclure la ' réflexion au \ bénéfice de ; purs

exercices -de mémorisation. Les . deux ;. sont/ nécessaires . et = complémentaires.

L'ESPRIT, ET r

LES METHODES ; DE : LA . GEOGRAPHIE :

par André -Alux,.

Recteur de

l'Université : de Lyon. ,

Nous ;- envisagerons ; d'abord : les rubriques •: entre lesquelles ; il est . traditionnel ■ de :

découper laN géographie, ensuite ses1 .méthodes et son enseignement '■; (ï).

Il

Les rubriques,, nons le ;• savons -, de ; reste,r sont; l'objet : de n contestations, qu'une- enquête actuellement en \ cours ■n'aura certes pas ; fait cesser (2). Il Test certain, . c'est:

notre i principe - premier, qu'en : géographie : touti se tient, et que •: par ; suite . nos . rubri-

(1) Transcription ; sténographique revue par l'auteur. (2) Voir l'Information Géographique, mai-juin 1947, puis mars-avril 1948 et suivants-

296 V

A

ALLIX1:

ques-: ne: peuvent; être : que ■des conventions factices

nécessaires: dans la pratique, puisque, en . présence de : l'infinie complexité : deSî choses, l'homme doit tout de même mettre de l'ordre 'dans son esprit et de l'ordre dans ses; exposés.-.

Elles,: sont* seulement,

Il \ne . faut ; pas que

ces conventions • de ? découpage entre • géographie physique,,

économique,

obligatoire/ Les élèves qui; nous arrivent de la classe de . philosophie en • ont souvent ;

gardé ; (je : ne : veux ;. ici attaquer : personne - et . les - philosophes moins . que ; quiconque) :

une sorte

Contre ■cette ■routine on ■ne : luttera ; jamais • trop, et . dans toutes les i sciences : aussi h

bien qu'en : géographie. Les classifications conventionnelles, , artifice .; nécessaire, . mais i artifice ' seulement, ne doivent nulle ■ part ■- masquer la- coordination -,

humaine et . régionale.: prennent, un caractère: de - classification* rigide: et:

de culte . pour la

classification, comme : si c'était le fin mot : de la : science/.

Mais comme il faut tout de même s'entendre sur; un partage pratique,- la *meilleure :

Cette importance relative^ cette vedette,

orientera • l'exposé plus ;

méthode de : discrimination ■sera : le • choix ■de : la я vedette, c'est-à-dire,', selon \ le point \ de : vue, . l'importance^ relative des divers facteurs qui -, en réalité interviennent .

toujours :

spécialement dans le sens physique, économique, . humain ou régional,' sans que . j amais soient >

perdues de vue . les connexions.

La géographie ; physique, ou, comme j'aime : mieux dire, la ; géographie naturelle, ,

a certes •_ certains • chapitres touchant ; la= géologie, ; la ; climatologie, la ~. botanique . naturelle, où les liens avec les autres aspects de la géographie. peuvent' sembler distendus.

Mais

Pôle : Sud,' des ? Océans • ou de '. certains . déserts, la description,

des

occupation •■ humaine.

; dans %la * grande - majorité :. des :; cas,

eaux . ou ; du ;. climat,

sauf i peut-être ■au centre ; du * continent», dm

même - celle • du , sol,' .

porte : toujours ■; sur : des territoires •• où . elle -■ intéresse ; une :

la • banquise du

Pôle ■ Nord,

même : au >■

Même : au :, travers ■ de

Sahara, ,. même

naturelles.-

sur ; les

océans, . l'homme

tient ; sa > place . et . utilise les conditions 7

En 1 outre, . on

en : parlait

ici hier : encore,

les sociétés

humaines agissent ■sur la ;

nature physique.; L'homme * a . transporté : d'un ï continent ; à :< l'autre des espèces •

végétales ; et animales. Tout : le monde sait que : certains ;. végétaux sont liés aux., talus , de

*

chemins de: fer et se diffusent par eux; dans

le monde;

que le : cheval

d'Amérique,

.

même aujourd'hui; sauvage, est une importation récente de l'homme européen. Faut-il rappeler : le dessèchement . des marais, les . travaux -: d'irrigation, la construction f des

ouvrages d'art?, les changements, apportés: par. l'homme surla répartition des arbres :

et1 des ; associations t végétales . dans : les un' forêts de nos pays tempérés ■ occidentaux?,:

Couper . un с isthme . comme Suez . est graphie : humaine : et . la métamorphose

important :. dans ; les : modifications de ;- la : géographie : des mers.- Le plus ; bel '. exemple

acte capital pour

les : mutations aussi" de : la , géo-

un

fait .

des ; échanges économiques, mais

d'action ? de: l'homme sur le . paysage naturel vse trouverait \ sans doute ■sur : les :

territoires où í la végétation " initiale a - été complètement remplacée : par un <■ paysage ■ botanique d'œuvre humaine. Les grandes plaines . de ■culture de ; l'Amérique . du ~ Nord/, de ; l'Amérique du <• Sud, voire : de • l'Australie, sont .; des paysages botaniques, , part : inté- - grante ; de ■la ■nature actuelle, , mais nés • du travail : de l'homme : sur > des ■centaines de ■ kilomètres.".

ESPRIT ET MÉTHODES

• DE

LA : GEOGRAPHIE !

297

La ; géographie • économique est parfois : considérée : comme l'étude • des . échanges. , C'estiun peu borner le champ visuel. J'inclinerais plutôt à, définir son objet comme •

la coordination des faits de production, de consommation et d'échange. Alors, faut-il S en faire une branche de la - géographie : humaine, pour r, sacrifier à , la - mystique des classifications ? : Mais voyons i la î réalité. , Y a-t-il un \. fait ■■ de : consommation, un ; fait ;

de production, , un

importante? et presque toujours au moins aussi grande que celle de l'action Si i l'on veut ' traiter de:; la ; géographie du ' charbon, , il ^ faut : invoquer des notions de

, géologie : précises, , complexes : et -• coordonnées ; : des notions : d'histoire : de la „ terre,, de ; mobilisme ■et : de : paléogéographie ; . des - notions : de climatologie, , actuelle aussi ; bien qu'ancienne ; et des ; notions > de : biologie, et : même ; de micrographie, , puisqu'on * sait '

dans •> les ; troncs d'arbres '

éléments i naturels - ne * humaine?' soit pas ;

fait г d'échange,

où ; la

part ' des

aujourd'hui que l'origine du • charbon . se trouve . moins

fossiles ■que dans les ■accumulations ; d'organismes : microscopiques au : sein? des

marécages. Il en sera de même pour, la géographie économique du pétrole, et même pour

celle * du 5 fer.

Si ; l'on ■traite ' du ; coton, . du ' maïs,

de

la ; canne

à î sucre,

il ; faudra . en -

commençant . parler du ; sol í et du i climat, . et donner, des : précisions.

Assurément, il ; n'y aurait \pas ■de géographie économique s'il n'y avait pas ; d'hommes : : pas de production ; sans travail, pas de consommation vsans besoin, pas ■ d'échanges ■ sans ;■ l'un \ ni с l'autre ; : et .: tout cela >■ dans < la ;, mesure ■■ même où « les 1 hommes

sont

présents, avec leur * nombre,* avec : le ■niveau • d'existence : auquel í ils . se sont élevés. Assurément, aussi; certains faits • d'ordre économique sont en liaison étroite avec . des

faits ;; purement î humains/ et : même avec ■de . pures » conventions ■■.-.

frontières sont des 1 faits - géographiques toujours < conventionnels, et d'ordre ;

principalement > sentimental.

empires et les conventions : des traités ; ; leur ■lien \ avec les commodités • physiques : est t

'

confins purement humains, et nul ; n'en ; doutera qui a essayé de tracer la géographie ;

Les ■;.

Leur.; lien ; avec les ! accidents naturels %change : selon чle destin ; des ,

* donc

compartimentés

par : des

accidentel - et :. secondaire ; les - biens :- de - la :■terre sont

de

l'or ; ou celle de l'uranium, celle du ~: dollar : ou du bloc-sterling, celle du ; Pakistan

ou

du Moyen-Orient ' — ou • d'analyser n'importe : quelle ; tentative ' d'autarcie.

L'orientation politique, l'orientation sentimentale des ; sociétés ; jouent parfois un 1 rôle .

l'on pense ,

encore à l'importance dès frontières en ces divers sujets/ Mais pourtant, dans nos vicissitudes politiques nous lcsavons de reste, il y a toujours à la base des fondements l physiques

déterminant en 1 matière <ie production,

de consommation ; et : d'échange : que

Sans 1 même . explorer1 ici:, les troubles domaines de la « sentimentalité ; collective ou % de : l'idéologie, , d'autres ■; facteurs humains :. déterminants sont en . géographie

économique l'objet

d'une . connaissance . plus .*

Une industrie .- comme celle de la

rayonne ne ■peut travailler efficacement que • si ; la i superficie de l'usine dépasse

plusieurs, hectares

l'origine de toute grande : exploitation,;, une accumulation , de capitaux. Qu'ils ; soient capitaux: individuels, , capitaux . de sociétés ou:» capitaux- d'Etat, c'est t toujours une :

masse d'épargne nécessaire à ; la base ; d'une ; activité

aussi s quelque ■ initiative ■• personnelle. Une réserve de ; ressources - reste : vacante, . une

invention ; reste: stérile s'il : ne . se crée pas > quelque part une ■entreprise

et sa . main-d'œuvre : plusieurs . centaines ; de

Il', faut,, à

Il , y faut ; toujours

ao

298-

a.allix:

J'ai ', souvenir., d'avoir • écrit : que • si i l'on : voulait f. entreprendre * une : géographie i de . la ■ spéculation, elle couvrirait le monde/ Mais au départ la spéculation n'est: pas toujours - consciente, elle . peut ; dériver ; d'un s destin ■< personnel; Tout * le • monde pense à Henry г

Ford

automobile- dans- l'Etat; de Michigan., Tout: le* monde pense: au* caoutchouc: de

Clermont-Ferrand/, fixé.: par le hasard « d'un; mariage Hollywood '. à cet égard ; mériterait ; toute . une

m'a ; fait, sans

parce qu'il était né à -Detroit, a implanté le centre i mondial > de l'industrie

'

qui,

et

par r des: entreprises s de :

étude," , et • l'un ч de : mes : élèves :

être: sûr: d'y réussir, , ramitié * d'entreprendre .;. cette, tâche ; épineuse/.

Mais dans ■tous > ces i exemples, . et dans mille autres, l'activité économique - n'a pu ч se :■ développer, que parce qu'elle s'appuyait ! sur > un •■ certain >• nombre de possibilités

naturelles, locales ou à distance

Le facteur, humain initial est comme une semence. Elle est parfois," sinon toujours,

portée par le

N'oublions ; pas,\ je le soutiens : volontiers, ,

que dans beaucoup de faits (même physiques,- même morphologiques), c'est' le : hasard л

qui fait l'amorçage après lequel peuvent se poursuivre les

de semences' germent ?.: Quel ; pourcentage, parmi ; toutes celles ; que le vent * éparpille ? *

Le succès veut des conditions « favorables, , et le : plus grand nombre de ces conditions- favorables sont ; des conditions - naturelles.

On peut le rendre évident en géographie économique par une. formule bien connue; des v exploitants ;. de ■ toute ■: espèce, et . simple ; dans s son * expression, „ sinon ь dans > son *

calcul ; je

succès ou de l'échec;: le prix de revient, expression." intégrale et dernière de: tous.;

les . facteurs en ■; présence.

revient i n'est , qu'une • addition ■< de salaires, il i reste que le г total ; des •: salaires est plus élevé : quand * les conditions -> de • travail Í sont . plus ' dures,, les conditions : de * transport . plus difficiles. Et : qui » niera . dans ■ cette évaluation- le rqle1 toujours;, important» et1 parfois essentiel de : la nature physique ? Voilà : pourquoi je suis ■partisan d'introduire» .

économique », distincte de la*

tout prix , de ■:.

dictionnaire Larousse avec : son i petit t parachute.

hasard,, « à; tout; vent

», . comme la ■semence

symbolique : du i

évolutions.

.Mais combien*

veux , dire :■le - prix

de ; revient, condition . de : la \ rentabilité,

c'est-à-dire du

Même - si ; l'on soutient : qu'en - fin i de ; compte

dans ; notre classification pratique, une - « géographie géographie . humaine : tout ; court:

II reste, , dans la > « » géographie ' humaine » s au sens

strict,, place pour ,. beaucoup > de:

faits : humains qui ■ne sont ' pas au ; premier, chef des ' faits de production,", de

consommation í ou î d'échange. j ourd'hui г la -, tendance

:

beaucoup >de faits ■autrefois : attribués : à • des . déterminismes : physiques

Sans . doute, , nous ; rencontrons ici ; d'autres : sciences : celles de l'anthropologiste, de •, l'ethnologue, du ? sociologue, . parfois . du > médecin,- dans ,1a plupart ; des * cas ; celle i de v l'historien — etje ne vous apprendrai pas tout ce que nous leur devons. Le Rameau d'Or à lui seul est une mine pour, le géographe humain, ou doit l'être, si par.

impossible jusqu'à ce : jour ï il v ignorait i Sir: James Frazer. Même quand,

î

« i morphologie ? sociale », certains ■. sociqlogues -; ont > tenté de î tirer . à ;. eux toute la couverture ■géographique, , ils . ont téclairé nos propres études, accru i notre

documentation et élargi nos points

charge de - réciprocité, -, comme ne peuvent • en i

douter les savants de bonne ?foi.;.

Admettons-le ; d'autant", plus ~ volontiers ;, que

à ■ relever : le rôle

se ■développe au-

des ; facteurs humains ' purs à \ l'origine ; de

sous : le ; nom - de :

de

vue ; , à

ESPRIT. ET MÉTHODES DE LA> GÉOGRAPHIE :

299 '

Nous relevions ; hier, ce fait" sil suggestif* que ; sur : un- même terrain, et : dans ■; des conditions naturelles ' semblables, , des peuplades : différentes ■peuvent : avoir ■des :-.

habitudes • différentes -: et par suite des . géographies >

l'Afrique . soudanaise, à ces populations • noires si: dissemblables par. leurs s races, .leurs

sentiments, leurs manières

fait qui : frappe dès qu'on : arrive ' en Afrique du ; Nord;, mais qui n'est pas . toujours ;

ce j.

aux i peuples , de •

Pensez

de vivre, . si . dissociées et : parfois . si : hostiles. Pensez

à

suffisamment : relevé ; par, les ■■ géographes extérieurs : . que > les -. régions : géographiques ;;

(sur lesquelles ■ peuvent se '■centrer les

tuellement ; définies : par.: des с confins :. naturels, des ; homogénéités ; physiques,' ni

études :: de nos : collègues) > n'y

sont ; pas . habi- -

même v.

"

des traditions historiques, mais par, le nom de la tribu dont elles sont le domaine/

Plus : on travaillera ; en ■ géographie humaine dans les : prochaines années, et . tant t

que

dureront les . hypothèses • de ; nos : générations, plus on: aura de raisons, de: penser,

que

la plupart des , faits : qui г inscrivent ; sur

la ; terre les traditions ; et

les . formes de ;

vie des sociétés sont des. faits premièrement humains. Je. pense, et .vous le savez, que

la

avant moi, que le cadastre est. d'abord un fait de.tradition. Je pense — nous pensons ■ tous, . je ne r l'ai certes pas * découvert t — que ; la . différence r si '( frappante : entre • la

Champagne et le Bocage ne s'explique pas seulement par. les dissemblances de cadre, mais surtout par. des héritages humains." Il ' y avait à l'origine sune discipline ■sociale, et sans doute à la , base : d'une . certaine ' forme de Je viens de prononcer un mot : bien • propre à ; surprendre plus . d'un géographe

:.>

maison ;- rurale ■ est t d'abord l un * fait (> de , folklore." . Je ; pense, , et d'autres ;; pensaient ■>

traditionnel, au moins des . générations ■passées. La > magie, dans les . sociétés ; primitives, est peut-être le ; premier de * ces faits de sentiment : auxquels ; j'attribue : l'importance :

capitale : dans ; les - systèmes . de : vie humaine ; juxtaposées ■sur la ' terre (3)/. En tous

cas,\ elle en

rechercher ses effets jusque ' dans >les sociétés les ; plus avancées en civilisation ,

matérielle. Bornons-nous • à : rappeler ce qu'un : géographe bon : teint, E.

déjà . en - 1894 * de . son t rôle dans. , la : construction r de certaines ; maisons • malgaches, . et ■

ce qu'on sait de la . tyrannie des

maison /chinoise. Le : géographe : ne peut contester au < sociologue

des >. faits religieux ; ou magiques aux

précolombien . du : maïs, ou '■ dans : les civilisations ' du > manioc. Il ■■ voit ! dans < la plupart ■ des •

sociétés . primitives, , et t dans • d'autres, le rôle , géographique 1 fondamental ; des ; tabous . alimentaires. , Faut-il rappejer : que le \ vêtement \ lui-même, ,. considéré/, au même ■: titre que : la ;. nourriture, comme • le type : des .• nécessités physiques ■ satisfaitts par les 1 dons ; de :■ la ï nature, a ■ sans ! doute r ses origines,; a v toujours ses contraintes, , moins ~ dans ■: le besoin ' corporel '. que ' dans ; la réglementation <• magique et le ■ conformisme : social ? On ; se demande souvent ■: ce : qui i pousse :- l'homme à » travailler.:. La ; faim? ; certes, mais dès que s'organisent : les . sociétés • c'est .une : explication ■trop « simple ; : la \main- d'œuvre ne vaut rien si : elle n'a pas ■quelque besoin d'épargne. Le . fouet ? . peut-être,*,

mais -, le travail \ du forçat

énorme,-, et dès ■

qu'il . s'agit de grandes œuvres on . en soupçonne l'insuffisance. Le géographe peut-il :

oublier que : « la

de :

est: un; aspect, essentiel

— et. ce ne serait \ pas > un . paradoxe: que

Gautier, disait

dans celle de la

. génies ; et

des . «

vents » - cardinaux

=. l'étroite association > complexe ; » *

faits ; alimentaires ; dans le : «

est ; un ; mauvais t. travail, . avec : un <; déchet

foi : soulève les montagnes • »? Les ■ Pyramides n'ont pas * été '. seule-

(3) J'ai repris ici, sous une autre forme,- quelques-unes: des idées présentées1 dans

« Man in human geography », au Scott.1 Geogr. Mag., 1948, p. 1-8.

300 ','-

A. ALLIX

ment *construites par ; la courbache, on ■sait : aujourd'hui : qu'elles ■l'ont été . surtout par •

la foi ' populaire. La poussée d'activité et

;

catalysée, ici par la mystique de la libre entreprise, et. là par celle de la planification:

communiste. La ; guerre •-. elle-même, dont .'. les effets • sont : si : profonds < sur ■tous í les; aspects r de nos . études, . ne peut - se soutenir ■• sans ■ quelque forme : d'enthousiasme Et : nous ; savons ; que ,les - sociétés ■ pourrissent :. quand <■ le ? cœur - des : exécutants n'y >est: plus Il •■; reste ' que ~. toutes ■ les ; entreprises \ humaines, que tous les sentiments, que toutes, ■;

les • idéologies, que • toutes ;, les s contraintes h. et tous < les i enthousiasmes ? d'ordre social ■

surgir • sur • les » steppes . nues : les ■ deux •; plus • grandes

: de peuplement qui

en un siècle . a : fait

puissances ••. du r monde actuel ; a : été

ne se déploient pas > dans le vide. Les i données ; naturelles • fournissent

le cadre de toute vie et . les ■matières premières > de toute exploitation. Elles sont • au

de notre

' nécessairement':

et

ne

fond i de : ces fameux : a - genres • de ; vie

» , aspect . classique ; (quant : au ;. titre)

r la* notion • est \ encore . si * mal > définie,

géographie : humaine, mais \dont ; pourtant

peut . se ;. réduire - à . un t simple . catalogue de techniques

encore un . facteur d'initiative ■humaine, , et ? classique : celui-là : . le ; fameux ;. « choix ■ » de Vidal dé la Blache. La mode est de le contester aujourd'hui; mais, il reste conforme au bon sens. Les possibilités physiques sont presque • toujours . assez ■complexes pour,

qu'une société humaine puisse y choisi^ ou y apporter, son type propre d'adaptation,, quand - parfois, si Ле répertoire est, riche, ses voisines en ! choisissent d'autres.

. Mais : ici intervient ;

adaptations ; ne :. seront pas , nécessairement des succès. Il* peut y- avoir

un » fait • du • plus . haut ; intérêt ' pour ■ le

N'en í citons vici qu'un » exemple,

On «■ trouverait : un ■: mélancolique

Mais ces

géographe .-

humain, par i cela qu'il atteste, dans • le : cas ; particulier, . la : prédominance- des

attachements fsentimentaux ; sur les . déterminismes ' naturels.

parce qu'il '• est le plus - frappant : celui \ des colonies : normandes ; du Groenland/ dont l'extinction misérable/ après un ; siècle ■et demi, nous a '. laissé, , dans , la \terre glacée,

sous . de : minuscules ••: croix ; de . bois ;: flotté, \ ces pauvres . robes ъ qui i sont ? les > mieux ;.

conservés ■ des i costumes ; européens s du : xv* !

des : échecs. , L'échec ; sera i même

mais •> puissant ; intérêt à rechercher d'autres , faillites, . d'autres entêtements

désespérés

à

des . adaptations médiocres, d'autres négligences instinctives ou voulues

à fl'emploi1

des г ressources * du ч milieu. On ; trouverait : aussi/ „ on trouver couramment •■. dans mille ,

exemples ■classiques, les ; superpositions de coutumes comme • de * races, les éducations :

réciproques, ; les évictions et les ; substitutions . brutales: Le plus haut -, niveau de civi- - lisation ne l'emporte pas toujours. Il' y a ;une grande différence entre la géographie humaine de la Gaule romaine et celle de la Gaule mérovingienne,; une grande

l'Afrique du : Nord. N'allons pas г

diversité ; dans i les vers : d'autres

loin . d'un- déterminisme .-. simpliste. ,

adaptations . humaines . successives de

latitudes chercher •. des exemples actuels; Nous ; voici en . tous , cas , assez ;

Et : les ; atavismes, les ; traditions, les sentiments • ne résument pas „ tous les .- facteurs

humains; Ceux-ci ' ont : aussi un aspect numérique. •

comme : s'intitule ;: un t chapitre du r. volume VII

à ; l'espèce " humaine. La >: science ; a populationniste : » , depuis -. un " précurseur, comme :

Malthus jusqu'à . un contemporain - comme ' F. W. Wilîcox, doit apporter, autant à ,la:

géographie . humaine .-. que • les autres ; sciences - voisines -- énumérées ■ tout-à-1'heure. Les

les empreintes sur le sol ; d'une : société nombreuse : ne \. sont

adaptations, les . activités,

pas ;■ celles : d'une . société ; réduite,' celles d'une ■. population >. dense . ne sont pas i celles >

d'un ■population clairsemée. Le .riz, a ; dit \Vidal

« - Le

point de . vue : du \ nombre : » , .

'

de

l'Encyclopédie Française r consacré:

'

de la Blache,

ne

laisse : à •„ l'Asie des

ESPRIT ET MÉTHODES' DEI LA î GÉOGRAPHIE :

301 'i

moussons v le choix qu'entre ■la , surpopulation : ou discuté." \]e . désert ; mais : c'est : un , exemple

extrême, . et . encore : le ■propos ; pourrait-il - être

il y- a ;

un • rapport '. précis : entre' le nombre : des ; hommes -, et le., type .: d'utilisation f du •; milieu: .

crues naturelles,, n'était»

pas l'Egypte du maïs, du , coton, du bersim,- des barrages, avec 16 millions : ,un . siècle, , ou : plus, suffit à la mutation ; : le : fellah г et řla stratigraphie : sociale . n'ont pas *changé, mais l'ef fectif ; s'est , accru. ,. Est-ce le • perfectionnement : technique •■-, qui - a v déclenché '■•

le mouvement,, f est-ce l'accroissement;. démographique?.1 Cette questions porte - son; cmbre: sur.' toute l'histoire ; de. la , révolutions agricole,, de ■• la; révolution ; industrielle - ft de la révolution , démographique, qui; ont transformé. le monde depuis; trois siècles.-.

Je ne me , flatte pas de la -résoudre, pas plus. que. le. vieux problème du chêne

gland; mais Ле- fait reste que. le nombre des hommes, est en ; liaison : directe avec leurs .

moyens

permettent d'extraire de la nature. •

Laissons " ici : de ' côté : le :. ver sacrum -, et ; les poussées ■ conquérantes, . bien ■■ que •: leur; lien avec. la démographie, comme avec les sentiments collectifs et avec ,1a géographie:

humaine, n'ait : pas , à ; être démontré.". Ecartons . également : tous ces faits ; sociaux, à traductions 1 géographiques ; évidentes, , dans : lesquels :. interviennent •• les lois des grands ,

nombres ; :. ils : permettent .1 la . prévision,

le ravitaillement, et concilient le libre-arbitre de l'homme individuel avec les ■fatalités ;

de , l'homme en masse ; mais ; l'application < à . nos ■points, de vue. de ; la ■méthode . statistique qui a : renouvelé la physique, l'étude : de ce que j'appelle • le « déterminisme sta- -

tistique »,

"déterminisme .véritable. ,. Bornons-nous à l'essentiej. En matière numérique, pour le géographe comme ; pour l'homme d'Etat, l'essentiel' est le problème des. subsistances, qui hantait déjà Malthus,

et qui revient à l'ordre du jour, depuis la deuxième guerre mondiale, avec une insistance ; singulière. Un >zoologiste : grenoblois, Louis ■Léger, en . a donné la , formule '. en '

.

Partout,- en *. tous • cas,

L'Egypte du millet à 2 millions: et demi i d'habitants, avec }es

et du*

d'action, . et avec : l'abondance :■ des ; ressources ~ que : ces т techniques i leur •

conditionnent ■ les > assurances, . l'administration,»

nous; entraînerait trop ; loin, , bien que

ce

soit

à- mes yeux le

seul

deux . mots avec son

des truites, mais- elle est valable pour toutes les collectivités de consommation. Leur r effectif ; ne peut dépasser : une limite : fixée , par . les disponibilités 1 alimentaires. Il : y a к

l'élevage :

« principe de capacité

biogénique : » : il l'appliquait à

xm '-: rapport ;. exact, entre • le nombre : des • lions qui i peuvent \ vivre dans . les steppes du , Sud-Est africain- et. le nombre des herbivores qu'Us mangent, . c'est-à-dire l'abondance

des : pâturages ; : pas , d'herbe/

dance de l'herbe à bisons, ; l'ef fectif des bisons et l'effectif des Peaux- Rouges autour :

des monts ; Bighorn ■■ de ' l'Amérique du . Nord ; : la :• construction du . chemin de :. fer, la chasse inconsidérée par les Blancs et leurs nouveaux types d'exploitation : ont décimé .

troupeaux et tribus, l'histoire : des

;

de

Il ' y avait : un • rapport exact : entre ' l'abon- ■

Etats-Unis en , a gardé la , trace comme : leur géo- •

graphie humaine Les conditions d'équilibre peuvent persister très : longtemps. L'instinct des . sociétés г animales,", aidé ■■ par . les régulateurs ! naturels, est.- ménager de leurs ressources ■ comme

il í règle : leurs ■.

'.

L'instinct' des ■ sociétés ; humair.es primitives est sans : doute -

de même nature et fonctionne dans ■■ les mêmes conditions. Jusqu'à ce qu'aux \ Temps Modernes intervinssent •-. des ■: techniques nouvelles ■- et des produits nouveaux,- . il . est probable que . la . population ■,■de la i plupart : des sociétés e«î restée approximativement

.

r

a révolutions \ » —

accompagné d'une multiplication des hommes, tî c'est ce qui alerta ; Malthus

Mais le renouveau -, des i techniques . — les . fameuses

s'est

Cet ;

302 Î

A. ALLIX,

accroissement a continué et s'accélère sous nos yeux; on sait que pendant la deuxième

mondiale,' et : malgré toutes ses > pertes, la population < du monde s'est pourtant :

accrue de plus: de cent millions, de personnes. Toute la question est de : savoir, si la^.

guerre

courbe ■des subsistances ; monte •:■plus i vite :. que t celle . de la ; population — comme - je

crois ■qu'elle • le • faisait г

avant ; 1939 * et . le

ferait ' encore

si '■■. la , paix

régnait

. dans .• le ;

monde •: — ou 1 si = la : courbe г de : la ; population ;< monte

plus

vite : que

cella .

des :

subsistances ■(4). En ; tous ' cas, . un r pays ; donné, dans ' ses ; conditions ■du • moment,- et avec

armature v de techniques, et ■■: de • traditions : humaines, est;:, à > une certaine ' date, . dans :

son . niveau vde -vie, « ? capable » ; d'une certaine • population; Au-dessous • il y a :

insuffisance >. de : peuplement,

nique esť exactement, remplie, le risque est grand qu'elle soitiun jour dépassée.- Alors ;

peuvent v intervenir, , selon les amorces ■■ du ; hasard, ces

dont l'action * fait ; une • trame ■■ monotone -: à l'histoire • de v l'Extrême-Orient : la >

catastrophe,- l'épidémie, la ; mortalité . infantile,; la famine et la

x

limite de : la : capacité . biogénique, n'est j pas le

les ; pays ; et : pour • tous »

toute : son •:

au-dessus ■ il y a surpeuplement. Lorsque г la' capacité : biogé-

régulateurs démographiques <.

Il I est bien ' entendu - que le maximum . démographique * possible, celui ■. qui atteint ; la

même pour, tous

les ■stades de,- civilisation. L'Inde est capable : de quelque 350

ou : 400 millions

d'individus dans les formes actuelles de sa vie, et le Groenland, cet autre. « sub-continent » ■■■ dont ; la surface n'est : guère moindre, . n'est / capable que - de 18.000 ■Esquimaux.-. Où-

australe .* nourrissaient - quelques ■;■ milliers de : ce sauvages », les .

techniques : mécaniciennes ont accru »démesurément pour les Blancs \une capacité qui v n'est - pas ■encore : remplie — en même - temps qu'elles . accroissaient 1 par des ;

Ainsi, sur ' les : mêmes : données physiques, .

la • capacité- biogénique dépend du niveau de : vie,- fait de civilisation ■au premier . chef . ■

« : On: » : c'est-à-dire un «

gouvernement r fort, , à . l'intérieur • de : ses -. frontières, sans ; préjudice : des ■ recherches •

techniques et: des ■: initiatives géographie • humaine — ressources • et de l'autre ' — varient en -. liaison

l'Angleterre. ,

exportations ;■la ■capacité des métropoles

l'Australie,-

l'Afrique ;

On > peut : accroître l'une en baissant, l'autre,- et

Alors . les i données : chiffrables ■ tle ■-. la ; techniques : d'une '. part, effectifs ; et ' niveau , de : vie :■ Inutile s de s'étendre * sur : les .- exemples t

récents , de , l'Allemagne/ de l'Italie, , du *Japon, sur j l'exemple ; actuel : de

Qu'il x suffise ■ d'évoquer les í restrictions, dont , il est - évident que -. dans le compartimentage ; politique ; les causes et . les • dissemblances sont ; d'ordre purement

Voilai qui

;-■ nous ■* amène : à v préciser une ;: fois ■ de plus ■? la ч notion , de misère : ou • de .:

dans une , société donnée,\ nous ;

minimum vital ', » : car . ce niveau -, n'est : qu'une cote d'altitude. La î

La ; richesse n'est pas . le-, niveau : de vie, que,

«

exprimons par le

richesse, , c'est ; l'élasticité . possible : autour., de . cette cote, l'existence . d'une marge posi- ■

tive '. entre les • ressources ■et les < besoins

avis de \M

dépense onze,, tu es 'pauvre) Le planteur s indigène de coprah dans certaines >îles : du

Faut-il '; rappeler

Micawber à David Copper field? (gagne dix; dépense neuf, tu esriche;;

une

fois < de plus í les : sages

Pacifique vit de : peu, va; tout nu, mais

Л1 a un ■compte en banque à ■San Francisco ;•

l'ouvrier parisien ;■anxieux . du : prix du bifteck et des ; souliers ;

il ; est ' plus i riche que

pour ses enfants., L'évaluation de cette marge d'élasticité est, en géographie humaine,.

(4) On 1 souhaite ? pouvoir r ouvrir ; bientôt ; là:dessus -une ; rubrique : dans • Les Etudes :

Rhodaniennes. „

ESPRIT ET MÉTHODES DE LA GEOGRAPHIE:

303

quelque chose de : très analogue * à ce qu'est ; en : géographie économique : le : calcul du

prix de

revient ; vue sous

cet* angle, la possibilité du :• surplus résume tout.

Nous avons ainsi mis le pied,' et quelque peu trépigné,- au-delà des limites ■conven- tionnellement :■ assignées jadis aux >. routines de : la i géographie/. Mais, Jean * Brunhes í avait au moins le mérite : de l'avoir dit, , la : science ' ne progresse que par ; ses marges.

Le géographe/ qui \peut rarement prétendre à '•;l'autorité

légitime quand ГГ sert d'agent de liaison entre les sciences de la nature et' celles des:

sociétés humaines « \Mis - au centre de tout . comme un . écho s sonore

donc sa position centrale? :

"

du spécialiste, joue son i rôle

. »,

quelle est

-

Sa; position, elle: est1 définie: par là-même: c'est l'analyse des- connexions," la . description • de , leurs aspects . et finalement la : recherche de : leur formule ■dépouillée.

Pour- ces -: solidarités • de ; faits ; terrestres . qui font dans -- leur distributions l'objet • de nos études,- on rappelait hier le terme de • « combinaison ; » proposé par s M;, Cholley ; je le trouve ; un ? peu chimique, et : par * là , même trop . rigide. • Ml'. Charles fMorazé : a .

proposé, il

l'applique à > l'histoire économique, . son ; domaine,- et mieux - vaut ' sans doute éviter la \

confusion ; en ; ne : le lui i empruntant ■ pas. Je m'en i tiens volontiers

*

y

a ■quelques . années, le terme très heureux: de,- « cohérence »,. mais» il

: à

■.

«

complexes . » ,

bien ' que ; les sociologues y accordent' volontiers la préséance r aux -. faits de :. leur

spécialité Qe ' « complexe du maïs , » de l'Amérique : précolombienne,',

'

Si

dit f « le complexe du blé т » . ou :. «le

déjà cité, avec ses

le * géographe, faisant : son bien; de leur

rattachements i plus ■-,religieux

vocable,

série de

étude de détail," il lui 'est loisible de donner la, vedette à tel1 ou tel des points de vue.

On parlerait aussi bien du « qomplexe des

Méditerranée : »;, Et. le géographe qui,- fidèle aux traditions ' scolaires, -, consacre une thèse ■

à; telle région géographique,: en étudie ; assurément le . « complexe », en orientant' la \.

sur Ле

panoramique. Ainsi -fait le candidat à qui le jury

et . économique », une

(s'il Í l'ose),, ou : simplement une * « • étude régionale ».

L'étude . régionale, en : principe à la i fois physique, :. humaine et économique, est . au

cœur í même : de nos s

à ces ■efforts . de . définition v synthétique , des . régions, , où Vidal ř de la . Blache voyait

terrain, d'un paysage

même : restreint ; : à - ces commentaires r analytiques ■de -:■la : carte, qui . furent pour ses A'

l'accomplissement dernier; à ces descriptions coordonnées.,

étude humaine » = tout court

physique: », une « étude humaine

prise de, vue à son gré, ou en г faisant

complexe du \riz », il évoque toute une

faits naturels, . économiques, -, sociaux et politiques parmi -lesquels, pour toute

Alpes , », ou du ; « > complexe de la

tour. d'horizon; une prise de: vue de concours propose . une. « étude

«

Pas un * géographe digne de • ce , nom qui

sur Ле

ne s'attache .

délicat ; et: le ; plus parfait . exercice.

. l'étude ,

régionale nous : devons tout, et pour commencer.: les : faits de base sur , lesquels seuls • nous -, pouvons échafauder - les ■ théories . de géographie :• générale. Elle .-- est • la »■. plus

élèves, : qui • restent ^ pour nous le . plus

complète expression ; de la ; méthode ■géographique, commune à - toutes • les

Ш

Méthode géographique,- enseignement géographique, , сг sont des choses qui s se tiennent. Leur meilleure expression est le sens du concret. Il faut toujours commencer. par

304 v

A. ALLIX'.

décrire. Nous rappelions hier le reproche fait par» V/. M." Davis à certaine thèse où ? l'analyse ' de ; l'histoire : du relief,, la morphogénie, avait été poussée : jusqu'au -■ détail,' . tandis ; que nulle \part . on ■ne ■■. trouvait de ce ■ relief ,■: une ' description i. concrète, qui l eût pu ; faire comprendre : aux . autres géographes, de quoi ' il De quoi i s'agit-il: en -géographie?: Il . s'agit toujours de quelque chose de concret,,

qu'il ï faut . décrire d'abord: Les tentatives : d'explication

justes ■

viendront ensuite, . dans ;. leurs

Dans ■-. leur ; complexité. Dans • leur flou.-. Dans ■, leurs • incertitudes, avec ,:

la suite ; d'hypothèses ■plus . ou moins

fragiles ■qu'il réel." î faut : échaf auder : pour leur

approche, et sans cesse éprouver, par le contact du; Notre réel, . c'est d'abord Ue terrain; notre première opération; l'étude1 du :

L'exploration, , l'excursion • géographique ; montre les faits ; elle fait . toucher du ■doigt i

leur < complexité et ' leur coordination. , Mais ce terrain, le géographe ne peut

en

embrasser à la fois qu'une portion ; limitée. Donc, avec le terrain, . par dessus le

terrain, ;

et ■: dans ; l'enseignement •; comme : dans ;. la . recherche,-, notre • instrument ■ de : travail i sera

la carte. La géographie est : la science, disons ;. plus modestement l'étude, de la -.-. répartition . et : de vla coordination ï des = faits qui ont "pour siège la portion s accessible : à \ l'homme

:

de : l'écorce : terrestre * et i de ■: l'atmosphère." Cette : répartition,, ces -. coordinations ; s'expriment : par des cartes. Il ! faut y recourir : toujours. Voici ; un conseil *bon ; à donner

aux : élèves et . quelquefois,

aux > maîtres : ; lorsque, , où f que ; ce : soit,' vous » voyez ;. la .

mention d'un lieu ou

en i voyant un film, votre premier souci doit être de retrouver, ce fait ou ce lieu

d'un * f ait ; terrestre,

fût-ce en •, lisant ■■ un : j

ournal,

un ; roman, , ou ;

sur .,■

des cartes, d'ouvrir votre atlas, de rechercher eť de déployer, s'il'. le faut les : cartes

à grande : échelle." Le géographe -. ne

de savoir» où c'est », et ce qu'il y a

-,

pas ' des étudiants, » mais même de jeunes professeurs; s'en

qu'ils ; désignent . de ' loin, , d'un r grand <

geste, sans se risquer jamais à y ■venir, pointer . les i faits et . souligner les connexions ! Z Je ne vais pas revenir ici sur. l'exemple fondamental du ■commentaire ' de • carte. Je- veux , seulement : indiquer . qu'il , ne • doit pas être . figé • dans -; des ■règles : rigides, bridé •. par. des conventions d'école Tout* ce qui^peut; se voir • à, l'échelle1 de 'la, carte: s'y voit et s'y coordonne, il faut ■l'y chercher . et l'y, montrer sans autre ■souci ' que celui к du

C'est . seulement après avoir ■satisfait, l'instinct: professionnel ' de ' la - carte - que • l'on pourra ь chercher/ de :■la : géographie . dans ; les livres.-. Combien ai-je. vu : de candidats» . de /jeunes maîtres ; se barricader / de . livres, , accumuler notes ; et . fiches, . s'embourber dans leurs papiers et : rester incapables ; de faire voir à l'auditoire ce qu'ils ne voient > peut-être pas eux-mêmes ! .:

; peut < s'en \ dispenser ; , il • est

autour

Que de • fois

hanté '■: par / le souci

je ne : dis

i.

Mais : la : carte, il faut savoir . s'en - servir.

passer!' nous avons ;. vu; ,

Que de1, fois; nous

tes : avons : vus , afficher.: au • tableau z une ' carte

Avec le sens du concret, . une autre exigence - de l'esprit : géographique est le :. sens .

des ■'. rapports. Voilà » qui ■ condamne : l'inventaire, . le . catalogue, sauf ". dans ; des cas < très,

spéciaux ; . le découpage . en paragraphes ■ étiquetés i et isolés : les : uns -■ des ■

La -,

géographie * n'est ; pas ■une : simple . nomenclature, une fastidieuse .-.

Elle ;

ESPRIT. ET : MÉTHODES ; DE LA GÉOGRAPHIE \

-

305 1

est un, réseau de

ensemblier,- Chaque Epécialité- lui donne ce qui est utilisable pour. lui

Le ; géographe, , M.'. Gibert; le rappelait tout-à- l'heure,, est: un

Ici interviennent,; une fois de plus, ces chiffres dont- on a tant parlé/ Les chiffres-

que . nous : utilisons expriment

nature expriment les rapports des; reliefs entre eux et avec un niveau conventionnel:

Les ~ cotes d'altitude de ; la ; vie humaine :- expriment : les rapports ; entre les -, capacités, ; biogéniques et. les . degrés-, de : civilisation. Et : il : est: bien : entendu qu'elles ; les ; expri- - ment pour ; un -, instant : donné, c'est-à-dire :• qu'il v faut accompagner les • chiffres ; de ' leurs dates, pour ■suivre l'évolution. : S'il : veut un » tableau • contemporain, le géographe

mais .,

parce qu'ils aident à' préciser le stade actuel, en liaison avec tous les autres facteurs.-. Quel '< est le degré : d'approximation ; utile dans ■la présentation :* et l'usage ■ des •:

chiffres ? : Point : n'est besoin * d'avoir v poussé très . loin fses études • mathématiques > pour savoir que la certitude ; relative" d'une : décimale est d'autant i moindre que la ■décimale :

est plus loin, et que le degré d'approximation digne de foi relève d'un, calcul précis En: matière *d'altitude, ; si -le Nivellement ; Général > de la France- pousse jusqu'à > un s millimètre incertain, cela ■pourra • rendre • service d'un > siècle :• à l'autre : pour s la

vérification de ■ telle : théorie mobiliste. , Mais les •; morphologistes i s'estimeraient satisfaits ' s'ils pouvaient : avec certitude restituer des emboîtements • de vallées à un < mètre près,,, des surfaces d'érosion î à un ■■ décamètre : près Et quant : aux, faits ■■ humains et économiques, ne cherchons pas à un homme près la population d'un pays, à un kilogramme,, à , une tonne • près - sa > production. - En « ces -■. matières, l'ostentation <■■ des ■; extrêmes ; décimales i n'est pas seulement ) ridicule,- elle peut être ,— ■ dans ; nos statistiques i elle est ,; toujours — mathématiquement^, fautive.' Bien plus «- scientifique » * que : nous, le ; physicien - ne raisonne que : sur ; les < puissances ; de ,' dix, c'est-à-dire sur le nombre : de

de l'unité • pour exprimer . l'ordre : de grandeur des ;

quantités. Cette approximation lui . suffit,' il sait : que tout* effort de

Lav géographie aussi?, peut; se: contenter* des-

puissances de '. dix, millions ■de tonnes : ou centaines de milliers , d'individus ; elle peutr

cherche les "chiffres ' les plus actuels, non , parce

Les cotes ; d'altitude de la i

:. des - rapports, . rien

de plus

que ce ; sont : «

les . derniers : »,

zéros . qu'il 1faut écrire ; à la

supplémentaire* serait superflu, .

suite

précision

milliard,'

employer . pour cela des conventions : graphiques, comme:Mdpourj

million s et ' m ; pour ; millier. C'est l'ordre , de grandeur, qui : compte, c'est lui " qui '<■est éloquent On • a évoqué l'art de faire parler les chiffres. C'est1 un i art difficile, mais, que • le ■ devoir : professionnel exige du s géographe, et plus particulièrement dit i professeur , de :

géographie/ Pour, faire . parler, les ; chiffres, il i faut < faire ■des ; comparaisons, , indiquer des rapports, comme le font en matière de relief les courbes de niveau. On a cherché7 la manière de ; faire :■« < réaliser » aux . élèves, , par. exemple, le tonnage annuel >moyen t de l'extraction du charbon ou de la production du blé dans le monde à notre époque. Je. vous propose: une formule Dites-leur que l'humanité brûle son propre : poids, de

charbon en 5 semaines, qu'elle

être qui leur parlera. En tous cas, n'allez jamais, ai-je besoin de le dire,; bourrer de. colonnes : de : chiffres ; des *. paragraphes . incoordonnés/ ; Ce que ■ donne par,- nécessité :

le : répertoire • statistique,- ce n'est pas, de la géographie,, c'est de' la matière première

pour-1 le : raisonnement :■

., Ne. dites jamais • qu'on •■• « trouve . » - du café : ou -.

M'pour

mange son propre poids

de blé. en un an, voilà peut-

géographique.

du : blé avec tel nombre de tonnes, on - ne • les ■trouve que dans les colonnes

répertoire. On ne - « trouve ; » jamais, géographiquement parlant, . de l'or ou %du :• diamant ; il " faut aller les chercher, bs extraire à . grar.d'peine, dans des conditions ; naturelles

du •

306;

*

a. ALLix:

i

et . humaines . qui i sont . de : notre : ressort.

l'entendre pour le commerce de . vend,' la , Grande-Bretagne, aligner : des <colonnes de .

statistiques sans ; dire ce que le pays

N'allez i j amais,

comme , il m'est

arrivé ; de ■•

ni: ce qu'il achète, ni à. qui, ; ni pourquoi.

Nous avons : dit le sens du concret, • nous . avons dit le sens >des ' rapports ; : il faut y .

a j outer le sens , des

faisant réfléchir à ,•■la :, place ' que • tient le : genre

Faites ; le calcul : ; l'humanité * tout entière, noyée : dans ; le - lac* de ; Genève, , n'en г ferait

proportions; J'ai i amusé : — j 'ai ; troublé — des ; auditoires en les

humain ; sur la surface t de с lai terre. ■

Le poids : total : de l'humanité, c'est le poids ;

d'une averse sur le bassin de Paris, tombée en: une, heure, évaporée en cinq; minutes.,. Cesť le débit de l'Amazone pendant, une seconde ;et demie. Et la i fuite du temps, la,s vitesse relative avec : laquelle se déroulent les jours, .les années et les siècles? Prenez , un ■petit i globe terrestre ■à une échelle courante,' mettons • le quarante-millionième; — et calculez ; à cette échelle les mouvements' de -. la .Terre : un quarante : millionième . de

jour ; duré - un > quatre-cent-soixante-troisième . de ■ seconde ; un v. quarante 1 millionième •

sur , son • axe 463 1

demi % et :

raison ; de :;

. tangentielle 1 de :: l'ordre :: de .

63

atteignent « l'ordre de ; grandeur.' auquel l l'acier* ne ; résisterait plust et ; se ; briserait > en • miettes ; elles ; rendraient . en tous : cas -: le ■ mobile absolument „ invisible/- A cette échelle, pourtant < familière"; dans -nos . salles,, l'ère : chrétienne: aurait ■duré i vingt-cinq* minutes,; le quaternaire moins de dix jours, et la Terre • aurait ■peut-être vingt ans.,. Voilà i qui h tend ■: singulièrement' à"i remplacer : le • a •- temps » des vies humaines par , la \.

à la : seconde. Trouvez . une machine . qui i en *fasse autant ! ' Ces . vitesses -

quatre : tiers de : tour, par < seconde,

monter le niveau que de • 26

d'année : dure : trois quarts

de :

Ce globe • devrait : donc . faire

tours 7 par . seconde ; ; l'orbite , terrestre,: sur " un ■diamètre ,> de 7 kilomètres • une z circonférence : de ; plus к de : 47/ kilomètres,, devrait être parcourue ■à

>kilomètres

soit avec . une vitesse

et

«

durée : » - des

Pourtant,

André Siegfried : aime ; à . rappeler : le mot •

i

de Protagoras, . selon . lequel >« l'homme est la mesure des choses ». Je dirais volontiers 1 que ■• plutôt' l'homme . s'intéresse d'abord,', et s'intéresse j surtout, , aux choses, qui к sont-' à sa mesure.' Et l'on», ne, sera; pas surpris, que cette citation,, que cette :

interprétation, soient : des réflexes . de géographes. ,

Tout * ce . que nous > venons ;. de dire , rappelle à ; chaque détour ; la 1 complexité / des • choses. Et si =l'on songe aux. multiples facteurs qui ont entassé les roches, qui les onť

qu'elles: enferment-

modifiées,"

dégradées,

fait., renaître,- aux, ressources- ; possibles

rôle des

pour-

nous ; ; si ; l'on • songe au

êtres vivants , qui ■en • furent parfois ;les :

principaux i constructeurs, aux ; poussées •: internes et • aux ; sculptures : externes ? qui . en ■: ont ? découpé les formes au gré des< amorces du ; hasard ;: si l'on évoque ces eaux aspirées dans la mer ou dans le sol, ces cortèges de systèmes nuageux, ces averses, ces- inondations,, ces sécheresses/, dont le- caprice individuels s'insère, . comme îles -, caprices - des hommes, dans , le fatalisme : des moyennes ; . si l'on songe à tous les agents encore -■

ú i mal - connus :■ qui ? font que: nous ■< avons chaud, que - nous ; avons ; froid, , que récoltes :

et vendanges sont - bonnes . ou , mauvaises,; que

tous de mauvaise humeur par les fantaisies de 'climats pourtant bien définis, on comprend ; que , cette complexité ;n'existe pas vseulement dans les - innombrables • combinaisons des hommes.»

*nous ; sommes ■arrosés

et , parfois

mis :

ESPRIT ET MÉTHODES DE . LA GÉOGRAPHIE '

307

II t semble superflu ■■: de dire que tout ce concret; c'est la • base même de

l'enseignement de la géographie (5). Pourtant il lui : arrive : trop souvent de prendre «la paille* des mots pour le grain des ; choses ». J'avoue qu'une certaine terminologie, , plus ;

particulièrement appliquée : à ; la - morphologie ' terrestre,- me ? paraît tendre

concret complexe du réel par. l'abstrait . simpliste des formules — au ' moins chez > les -

à remplacer le

élèves/, et

* chez . les > disciples

trop ». zélés s qui ï ne

: se •- risquent ' pas

à

sonder: sous- Ja

;

parole du

í maître. Lorsqu'on - dit que

le niveau? de base

fait ceci, .fait cela,

que les

cours d'eau

l'eau coule plus • vite quand ! la pente est forte et moins >quand elle est 1faible ; que * si ■

à débit égal la pente devient plus forte l'eau creuse davantage,* et si\la pente devient* moins forte elle dépose davantage.- Pourquoi' ne pas dire ces choses concrètes

simplement? ' Abstenons-nous de ces ; termes : mal compris, . ou que i l'on s'abstient de définir, ou : que l'on définit '■ mal," comme le • cycle d'érosion i en ■ fournit • tant ; ou >. de ces mots • employés . à - contre-sens, comme ' lorsqu'on y dit, pour; faire :• savant, , une vallée ■ « ■ en-

sont <sc surexcités parf sa, proximité

», on exprime,' mais

fort mal, que

l'ennoyage désertique. Le néophyte

il ; préfère dire

« . un mouvement eustatiquè positif ï » , , ou г même un « diastrophisme marin * » ? ; Un

auteur ; dont le nom importe peu,- relatant - un souvenir: de : la ; guerre de 1914, , évoque les officiers d'un t Etat-Major ; scandalisés parce que ' « le ■terrain n'est pas ■conforme

il ne manquait pas de philosopher

n'invente pas ; cette : description ■: des

gêne ; beaucoup >- les

noyée »,

pourra-t-il '■ expliquer pourquoi, quand .• le ■■ niveau

pour: dire submergée, et. sans songer à

de *. la mer

monte,

à la carte !:'»> Funeste psychologie, , sur laquelle

comme nous ; pouvons : le - faire , à t notre

Je

plateaux ; du ? Brésil : . « > la ■ couche

d'argile est • si '■■ épaisse qu'elle

géographes parce qu'il \leur, est impossible : de • retrouver les cycles d'érosion r» . -

Ne donnons pas sans explications/ et sans exercices : répétés, ces formules mnémotechniques, d'aspect géométrique ; ou algébrique, qui = résument -, tel ' ou tel :. fait, parfois telle - ou i telle théorie,1, de géographie : naturelle : ou . humaine. Trop л de : débutants , sont ;.

fiers i d'en > étaler l'apparence, sans •

des * cas ; particuliers.

Tel ■professeur . qui,, pour avoir appris ; à 1compter des cycles d'érosion, . se croit sans ;

être capables de

les -, appliquer, numériquement à

valeur ; que ' des mots.

Ces : formules ; alors 1 n'ont ? pas « plus •, de

doute géographe, a ч donné ; il y, a > peu,,

l'Education t Nationale/ une démonstration

dans : le . bulletin ;-. officiel, s'il с vous > plaît,

des : raccourcis : aériens à> travers

de

l'Arctique, fausse parce qu'il >dédaignait les systèmes

de ; projection,' et, sans y faire

allusion, semblait confondre les longueurs • figurées sur., la carte avec les distances : réelles :

sur í le globe.

Evitons ' aussi, . dans une étude : régionale,; de donner . trop < d'importance, ■parfois un

à y la ; morphologie. L'explication ; de - cette : fâcheuse ; pratique -: serait-

privilège unique,

elle '. «> ce que je sais ; le ' mieux,, c'est mon: commencement ■■■» ? Hélas!' Disons •■plutôt :

que faute • de ■bien

d'autant■plus qu'on : le : sait plus ;

criptive : et > assimilée ! Mais, dans les . efforts

à '. une r. simple . enumeration 1. géologique, . verbale, ;. sans ; ordre, et naturellement sans compétence. Nous ne faisons pas de la /géologie, et ceux qui -en font la font mieux Je ne puis oublier ; cette ■description de Г « Amazonie » qui ; ne : fut qu'un complexe ::

découper : son f temps on : s'éternise : sur • le commencement, et

Si encore c'était de : la \morphologie ; véritable, : des- -

scolaires, elle ■ se : réduit -. trop ■• souvent .

(S)

J'ai repris . ici := quelques -. idées,

quelques exemples et : quelques développements .

présentés dans les -. « ■ Souvenirs d'un correcteur à l'agrégation ; » (Et. Rhod.; 1943, P- 127-150 et 213-230).

308»

A. ALLIX

de ■ granites-, , de , groupes . de - chaînes, г de - plongements ■:. et de dépôts,', sans ; que ■; l'on ; songeât à dire que c'est un bassin, qui ta une certaine • forme, -" qui est sous un certain'

climat,-

humaine, que le travaille l'homme y donne certains produits, et enfin qu'il y coule:, un : fleuve d'une certaine importance Ni. cet exposé; sur- « la Meuse » composé -avec :

minutes dé chiffres en cascade ; : ni ; cette •■

à , « des injections de -

porphyre- et- de- quartz: filonien ». Rejetons, finalement,, ces. vagues enumerations,, avec les dosages de rubriques que nous connaissons tous, sans descriptions concrètes- , ni "t. rapprochements intelligents. Si vc'est : l'idée courante que le : public se fait > de • la

géographie, elle ne vaut. pas mieux que la nomenclature des ruisseaux et des stations:

qu*il i est

revêtu < d'un certain <■ type de forêt, . qu'il

a ; certaines • formes -; de vie .

•25 minutes ; de terminologie géologique . et 7

leçon < sur, Barcelone dont : la . situation ■et le site se réduisaient

de chemin *de

fer (que j'ai trouvée aussi dans des copies

On i objecte . qu'il l n'est à pas : facile de traiter < un i vaste

suj et ' dans

le : délai Í imparti i

Mais . Foch ;• ne disait-il pas ; que ; l'on « peut . tout dire : sur la ■ première • '

page d'une lettre? : Je : soutiendrais i qu'on < peut i traiter un sujet dans , le : délai ; d'une

Il n'y •

,

ne trouve jamais qu'ily a des. sujets trop vastes pour, figurer: sur ses cartes ;, il ■dit :

pour ; chacun < ce que : lui

a. pas. de. sujets .trop .vastes: : il Í suffit? de se mettre: à l'échelle L'auteur, d'mnatlas

au ■■ professeur.

conversation ; téléphonique. , En , tous , cas on < le peut dans le délai : d'une : leçon.

1 permet

de ; dire l'échelle

de chaque

Le professeur,

l'écrivain font de même,. réduisant le sujet à ce qui peut, tenir dans le cadre, dans le

délai i imparti, dans : l'étendue de papier : accordée par l'éditeur.

Apprenons ; le : dépouillement.

La ■réduction •■ à г l'échelle est l'école : de ■la ;

Mais, s'il est nécessaire d'être simple, il ne faut pas : être simplistes L'esprit

scientifique ne . consiste pas,

:

une , fausse conception ' de . la • science qui . trompe : les ■; élèves ■; de ; formation v littéraire ; :

surtout i quand on ; se : cache : derrière ■les soin et • la responsabilité de

par : les 1routines • des écoles : ou ■les initiations • des : cénacles ; ces , ornières sûres-,; ces \

voies i de : tout 1 repos : que réclame l'instinct des. timides. L'ornière du cycle d'érosion.

contre-partie ;;ou,,.

sans > contre-partie, , l'ornière: du > <cî totem 4 et. tabou « ». L'esprit; scientifique,, c'est, d'abord :. l'objectivité, c'est-à-dire, la fidélité au ; réel ; c'est ensuite ■d'être clair; et . compris; c'est enfin de savoir définir exactement ce qu'on sait,: délimiter : exactement ce qu'on ignore

L'ornière : du i « \mode : de ; vie » . L'ornière : du déterminisme ■■■sans

nous ; venons de

le , voir, . à < se gargariser

de . technicité, . selon

termes techniques, , laissant à l'auditeur le Ce .n'est pas le respect ; des < ornières ; tracées

Pour , cela, il Г faut <■. bien : saisir 1 et ■bien : énoncer ' les : problèmes. •_ II ' est curieux , que cette nation ■si • simple en ; apparence, . si - usuelle pour le . savant . comme pour : le :

~

professeur, semble dans nos écoles s'évanouir/ parfois tn

Nous : n'avons • que

•:

faire de . ces . problèmes , scolaires •: qui . rappellent': les exercices - linguistiques ■? d'une ■

fantaisie . burlesque : . « ■ le ■ canif .: de ma ■■. sœur: est plus -. petit que - le 1 bonnet de ; ma •,

grand'mère : » ? ; Fait-il

faire : un ■■■

mieuXj celui t qui :: se demande

«

ce qu'il i faut , pour

grand port: » ?. Celui i pour

compétition ; de . statistiques ? ;. Il faut rattacher à ce type - de faux problèmes toutes les

formes » bouffonnes : d'un •. déterminisme :

salée, . or . l'on : sait que . les 1 corps ■flottent plus

bateaux- flottent; plus, facilement" sur. lav Méditerranée, d'où', sa* prépondérance - commerciale ; r. les • fjords ; ont . un ; profil ,. sous-marin en • échelons qui explique la » forme :

qui : la i rivalité de Gênes et: de Marseille se réduit à une.

La . Méditerranée : est une . mer très . facilement:: sur : l'eau : salée ; ; donc ; les ^

ESPRIT ET MÉTHODES DE LA GÉOGRAPHIE :

*3O9 2

de la barque normande et par. suite les conquêtes des Normands. Le. florilège de ces . sottises : est : long, et ce n'est pas au ; baccalauréat que : j'ai ; recueilli 'i celles-là^

Les „ vrais ■problèmes :. ne manquent pourtant pas ; ils :. sont l'objet de la • science, la cause même de ses progrès. En géographie naturelle, on - dispute assez sur la ques- •

tion de . savoir < à quel : type d'érosion -, sont , dues telles

vraiment que le niveau

emboîtés

recreusements opérés sur: socles mobiles à la- suite de leurs mouvements. Mais ce sont des- problèmes - de ■spécialiste. D'autres, dont ■l'étude : incombe au - géographe^, intéressent

ou ч telles relatif* ! formes, ce

que c'est

de base karstique, . quel : est le rôle

des aplanissements r

sur . socles . fixes par les ; variations s du < niveau

de - la mer, , et : des \

plus ; ou : moins . tout le monde, puisqu'ils .- touchent l'homme, . ses activités et leur,

rendement,, ses - besoins,, l'avenir : de : ses :

La question du ■pétrole en ;Méditerranée ? La répartition et la circulation , du . minerai , de . fer ?. L'arrière-pays ; de Gênes,, celui '■■, de , Marseille, . la ; compétition * des tarifs , qui '■■. sont , les instruments . de conquête économique? : Cette « • carte de pain », dont Lucien г Febvre a parlé comme recelant le secret d'une bonne leçon de géographie, le recèle с en : effet, tant qu'elle survit, et à condition que ; les élèves ? sachent . d'abord ! qu'il y a une " République Argentine, , un -, Middle .West, un Canada, , et . qu'il existe des ■champs

elle est ;. un i bon • instrument î*de t réflexion et :

de

d'étude," parce qu'elle permet de soulever beaucoup de . vrais problèmes, à commencer

par. ceux du ravitaillement de la France en chaque jour/ Et le ravitaillement de notre pays en charbon? et l'importance de ce . produit-clef ; sur :1a, vie de. toutes nos industries, avec les répercussions- qui i vont de la combinaison technique à la bataille

La ., fermeture . éventuelle ■• de

Suez ?

blé ' en <■ France. A cette : condition,

politique ?

Et le • ravitaillement i du :> monde :. entier, • qui v a >; complètement • changé \ d'aspect ,

depuis

que la géographie.- humaine ■est ' surtout • une géographie de , villes, quand ' tant

-

de géographes

s'attardent . encore à disserter sur l'habitat ; rural ?

 

Avant tout,

. c'est ï dans •-. la »■. vie

qu'il

í faut

vivre,- et * c'est

la г vie

qu'il "*. faut ; faire :

connaître. La

un . sentiment ? de . pudeur à \ la laisser pénétrer, dans ks r classes;, comme : s'il ? s'y, rattachait je ne sais quoi de malséant, de • vaguement obscène : de même que pour

l'historien ■économiste (et pour ' le géographe: donc!)

vie d'aujourd'hui, la vie . de : tous ; les jours. Il semble qu'on ait encore;

la spéculation,

ses ? luttes s et: ses

coupe-gorges sont encore quartier réservé (6). Et voyez, parmi ceux qui viennent dé * nous entretenir, , avec quel sentiment . de pudeur : ils ont traité de la géographie

psychologique," c'est-à-dire : du i rôle qu'ont sur les • faits géographiques les hommes. Thiers ; l'avait : dit ; pourtant, « - il . n'y a que des ; hommes, et d'hommes ». Le camp de concentration ■. aussi, c'est í de ' la -. géographie

passions > des

' des • passions ■■ humaine. Qui ;

n'a pas, en s toutes ces matières et ' sans hésitation, , le sens complet : du < concret , et : de

tous * les rapports qu'il Í implique, , n'est pas •. un vrai géographe.

.

Le ; fleuve qui ; coule, - déborde, érode,- accumule ; : le nuage qui » s'amasse, . la mer: qui ?

et qui * porté . bateaux ; : la ч famille ■ paysanne du delta . tonkinois, . le '

déferle et qui "■use

taudis s sans gaz ni électricité,

le

. budget

\ familial l et ses í hantises, . l'atelier de

Billancourt; , le pétrolier de . Tripoli,

et

la ■raffinerie d'Abadan avec son i prolétariat ,

musulman: isolé : dans ■le désert ; les forces . terrestres, . les • rivalités, les 4positions conquises ou convoitées — et au fond de tout cela la « peine des hommes » sur les biens de. la*.

(6) Voir.

.Et. Rhod:, 1944, p. 96-97;

310:

A. ALLIX.

terre, voilà i l'objet ; de la ; géographie, ; voilà ce : que notre ' enseignement doit ; connaître et décrire,-, dans ; l'esprit ; et : avec les : méthodes vde . la * géographie. ,

DISCUSSIONS

M.!- Zimmermann ■: apporte ;. quelques , précisions ■< sur : le: sort- des colonies : normandes " au? Groenland. Elles.- furent fondées i vers : 980 *par.; Erik le - Rouge ; deux groupes d'émigrants :. comptèrent * jusqu'à 2.000 . personnes: Leur belle période • a coïncidé ; avec

un adoucissement du climat. Elles . disparurent : au ♦ xiv*: siècle à с la :» fois ; par. coupure • du? ravitaillement et; par; aggravation 1 des conditions; climatiques;.: les' squelettes retrouvés ■témoignent ' d'une impressionnante décadence physiologique. Ce n'est qu'au i

xixe ' siècle - que les ; fouilles furent< entreprises ■ au

d'un i tragique échec. M.\ Bouvier « demande t s'il a з été - suffisamment " tenu ;: compte de ■: l'évolution <; des :

techniques

1 Groenland.

Exemple symbolique

M; Al Al répond que c'est bien en effet, un facteur essentiel.'.

SEANCE DU 26 JUIN APRES-MIDH Cette séance s'est ; tenue sous la présidence de : M. l'Inspecteur GC':éral î R. Clozier.

LA GEOGRAPHIE DANS LE SECOND DEGRE, .

par Armand! Perrin, professeur au Lycée Ampère;-

Al ^INTERROGATOIRE AU BACCALAURÉAT.

C'est ; un ; question qui peut . donner* lieu à de longues ; controverses ; : elle n'intéresse - pas uniquement 1 la; géographie ' puisque tout interrogateur pose aussi * une ". question *

d'histoire

géographie ; ■si,;. dans ; son établissement il ne ■borne pas son ; enseignement aux: mêmes ■ classes terminales,- il est même, du point de vue des horaires, plus, un historien qu'un h géographe.: Il: faut, signaler, à cette occasion,, que. pas une voix ne s'est élevée pour; demander que. dans l'Etablissement, . les uns %soient •; chargés i de - l'histoire, les - autres ■ de la :■:géographie., Nons ne pensons pas que le spécialiste de géographie posera des questions spéciale- - ment difficiles aux candidats ou qu'il affectera . la réponse bonne ou mauvaise d'un ; secret coefficient d'appréciation qui fera pencher la note d'un côté ou de l'autre de la* moyenne suivant qu'un petit ou un grand esprit géographique paraîtra s'être détaché sur le fond de l'histoire. Si, dans l'orgueil de sa jeunesse, tel débutant examinateur se; laissait ; ainsi \ entraîner,- l'usage • quotidien ! de l'enseignement ; lui démontrerait vite son - erreur.

et *se trouve ; être ; par

la . force

des

choses ; professeur et d'histoire et de