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Les murs de Jricho

Muses, enfants de limagination, Vous qui vivez


dj en nous,Laissez les vers jaillir comme une
source vive desprance, Laissez la joie aux plus
humbles de se nourrir dune Vie hors du commun,
Entendez comme leur peine serait allge si
slevait en eux, lnergie dune nature
reconnaissante de notre prsence ;

mon corps, matire errante, cherchant dans la


douceur thre des cieux, lme qui lui fait
dfaut, Apprends car des Trois grandes lumires,
tu annonces comme Jean le Baptise, larrive
prochaine dune lumire cleste, et dans ce
moment favorisons les amours de transcendance
et dimmanence ;

O mon corps, nayons pas une pnible nostalgie,


Nayons pas de tristesse,
sortant de la Porte des Hommes,
Laissons-nous transporter dans le sillage
tumultueux des fleuves de loubli,
Alors, tandis que nous marcherons sur londe,
Ivres de nos mythes, nous boirons encore dans la
suave dlicatesse des mots, La divine boisson
que jadis Pan confectionna avec tout son art,
Nous marcherons travers les sombres alles
des palais endeuills, pour cueillir les fleurs
clestes de la porte des dieux ;

O mon corps, fatigu, min par la maladie, rong


per des tremblements humiliants, je regarde
lexistence comme un poids trop lourd : et quand
se lve ma nfaste humeur, jimplore mes frres,
pour chasser par leur fraternelle prsence, cette
obscure dsir qui massaille de temps en temps,