Vous êtes sur la page 1sur 85
Thèse Professionnelle La multiplicité des normes et référentiels Qualité du secteur agro-alimentaire est-elle un

Thèse Professionnelle

La multiplicité des normes et référentiels Qualité du secteur agro-alimentaire est-elle un atout pour celui-ci ?

secteur agro-alimentaire est-elle un atout pour celui-ci ? Jérémy DESTREMONT Promotion MS OPIQ 16 Tuteur de

Jérémy DESTREMONT Promotion MS OPIQ 16 Tuteur de thèse : Madame Martine ISAMBERT

Année 2009/2010

REMERCIEMENTS

Je tiens tout d’abord à remercier mon tutrice de thèse, Madame Martine ISAMBERT, pour les conseils et le temps qu’elle m’a accordé pour le travail de recherche, de rédaction et de relecture de ma thèse professionnelle.

Je tiens aussi à remercier Madame Katia Longcôté, Consultante Qualité – Environnement Coop de France Ouest pour ses conseils et avis sur le sujet et les documents qu’elle a pu me fournir pour étayer certains points.

Je remercie enfin aussi les différents interlocuteurs que j’ai pu interroger et qui m’ont permis de comprendre le point de vue des différents acteurs du secteur agroalimentaire, que ce soit au niveau de la production, de la transformation et de la distribution. Par leur avis et le temps qu’ils m’ont accordés, j’ai pu déterminer les enjeux et les attentes des professionnels du secteur.

GLOSSAIRE

AB

Agriculture Biologique

AFNOR

Agence Française de Normalisation

AIB

American Institute of Baking

AOC

Appellation d’Origine Contrôlée

AOP

Appellation d’origine Protégée

BRC

British Retail Consortium

CCP

Critical Control Point

CdC

Cahier des Charges

CCvD

Central College van Deskundigen HACCP, littéralement les « critères

CEN

d’évaluation d’un système HACCP opérationnel », Comité Européen de Normalisation

DGCCRF

Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la

DOM

Répression des Fraudes Département d’Outre Mer

GFSI

Global Food Safety Initiative

HACCP

Hazard Analysis Critical Control Point

HAS

Haute Autorité de Santé

IAA

Industrie Agro-alimentaire

IFS

International Food Standard

IGP

Indice géographique Protégée

INAO

Institut National de l’Origine et de la Qualité

ISO

International Organization for standardization

Marquage CE

Marquage Conformité Européenne

Marque NF

Marque Norme Française

MDD

Marque de Distributeur

NC

Non Conformité

OCD

Organisme de Contrôle et de Gestion

SIQO

Sigle Officiel de la Qualité et de l’Origine

SMQ

Système de Management de la Qualité

SQF

Safe Quality Food Industry

STG

Spécificité Traditionnelle Garantie

UE

Union Européenne

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS

 

2

GLOSSAIRE

 

3

SOMMAIRE

4

INTRODUCTION

 

6

Présentation

 

7

1.1. Quelques définitions

 

7

1.2. Réglementation en vigueur dans l’industrie agro-alimentaire

8

1.2.1. La

réglementation

française

8

1.2.2. La

réglementation

européenne

9

1.2.3. codex Alimentarius

Le

10

1.2.4. L’HACCP

 

10

1.3.

Les différents types de certification

12

1.3.1. La

certification

Système

13

1.3.2. La

certification

Produit

14

1.3.3. La certification de Bonnes Pratiques à respecter par le personnel

15

1.3.4. La certification de Bonnes Pratiques Agricoles

15

1.4.

Normes, Référentiels, Labels et Appellations existants

16

1.4.1. Normes et référentiels organisationnels

16

1.4.2. Normes et référentiels environnementaux

17

1.4.3. Normes et référentiels relatifs à la Sécurité Alimentaire

17

1.4.4. Normes et référentiels relatifs à la Qualité Produit

20

1.4.5. Normes et référentiels relatifs à la Pratique Agricole

22

1.4.6. Les guides de bonnes pratiques

23

1.5. Pourquoi la certification ?

23

1.6. Etude de deux secteurs caractéristiques

24

1.6.1. Le

secteur

hospitalier

24

1.6.2. Le

secteur

automobile

25

1.6.3. Conclusion

25

1.7.

Conclusion

25

2. Présentation du sujet de thèse

26

2.1. Sujet de thèse

 

26

2.2. Constat

 

26

2.3. Hypothèses

 

26

3. HYPOTHESE N°1

27

Les normes et référentiels de la filière permettent-ils d’organiser l’entreprise en termes de

production, de management et d’amélioration continue ?

27

 

3.1. Normes et référentiels organisationnels

28

3.2. Normes et référentiels environnementaux

30

3.3. Normes et référentiels de pratiques culturales

32

3.4. Normes et référentiels de Sécurité Alimentaire

34

3.5. Normes et référentiels de Qualité Produit

38

3.6. Conclusion

41

4.

HYPOTHESE N°2

43

Les entreprises utilisent-elles les différentes possibilités de certification dont elles disposent? 43

4.1. Historique de la normalisation

43

4.2. Les normes organisationnelles ISO

44

4.2.1. ISO

9001

44

4.2.2. ISO 14001

45

4.2.3. ISO

22000

45

4.3. Les normes de Sécurité Alimentaire

46

4.4. Les normes et référentiels à destination du Monde agricole

48

4.5.

Les signes d’identification de la Qualité et de l’Origine

50

 

4.5.1.

Français

50

4.5.2.

Européens

50

4.6. Mentions valorisantes

51

4.7. Le certificat de conformité

52

4.8. Les filières Qualité Carrefour

52

4.9. Conclusion

53

5.

HYPOTHESE

N°3

55

La communication autour des labels, appellations et normes est-elle adaptée et efficace pour

satisfaire au mieux les attentes du consommateur final ?

55

 

5.1. Explication de la démarche

55

5.2. Questions générales

55

5.3. Motivations d’achat

56

5.4. Confiance en l’Industrie agroalimentaire

57

5.5. Sensibilité

57

5.6. Labels de Qualité Produits

58

5.7. Suggestions

62

5.8. Conclusion

63

6.

HYPOTHESE N°4

64

Les normes et référentiels sont-ils adaptés aux enjeux stratégiques actuels du secteur

agroalimentaire

?

64

6.1. Point de vue de Responsables Qualité

64

6.2. Point de vue d’un manager de rayon en hypermarché

66

6.3. Point de vue des industriels

67

6.4. Point de vue d’une consultante QSE

70

6.5. Point de vue de l’amont agricole

71

6.6. Point sur les connaissances en certifications

72

6.7. CONCLUSION

73

7.

BILAN SUR LES HYPOTHESES

74

CONCLUSION

76

BIBLIOGRAPHIE

77

INTRODUCTION

Suite à l’obtention de mon diplôme d’ingénieur en Production en Industrie Agro-alimentaire, j’ai décidé de poursuivre mes études dans le domaine de la Qualité.

J’ai ainsi intégré le Mastère Spécialisé « Organisation de la Production Industrielle Option Qualité » du Cesi de Rouen. Cette formation se fait par alternance, que j’ai réalisée au sein de la Coopérative de Teillage de lin du Neubourg, dans le département de l’Eure.

Dans cette entreprise, j’ai en charge la mise en place d’un système de management de la Qualité. La question de la certification de l’usine selon un ou plusieurs référentiels s’est posée. En effet, désireuse de prouver son efficacité à produire un produit de qualité, la coopérative a cherché la norme ou le référentiel le plus adapté à son activité. Ce fût assez compliqué : choisir une norme généraliste mais reconnue ou une norme moins connue mais adaptée au secteur ? Les renseignements pris pour répondre à cette question nous ont laissé dans un flou provoqué par la multiplicité des référentiels et normes existants et la difficulté de choisir l’un plutôt que l’autre. Le secteur agricole et plus généralement celui de l’agro-alimentaire est donc soumis de cette diversité. La question posée lors de cette thèse professionnelle est de savoir si cette diversité est un atout pour la filière agroalimentaire.

Pour cela, après une recherche bibliographique sur le sujet, j’étudierai en quoi ces référentiels améliorent les entreprises, puis si celles-ci ont une vision claire des possibilités qui leurs sont fournies par l’intermédiaire de ces normes ou labels. Ensuite, j’interviewerai différents acteurs de la filière pour connaitre les tendances de différents secteurs. Je poursuivrai en étudiant la perception qu’on les consommateurs sur ces différentes certifications.

Je répondrai ensuite à la question de départ en me basant sur les conclusions trouvées pour chaque hypothèse.

Présentation

1.1. Quelques définitions

Le sujet va donc traiter des normes et référentiels relatifs à la Qualité dans l’Industrie Agro- alimentaire. Pour bien cibler le sujet, voici les définitions des termes importants de la thèse, permettant ainsi de poser le champ du sujet.

Industrie agro-alimentaire :

Toutes les industries de transformation de produits issus de l’agriculture en biens alimentaires. Les matières premières utilisées sont des produits d’origine animale ou végétale qui subissent des transformations plus ou moins complexes avant d’être mises sur le marché. (Source : site de l’encyclopedie-gratuite.fr) Ainsi, lors de ma thèse, l’industrie agro-alimentaire comprendra l’amont agricole (fermes et coopératives agricoles), les industries de transformation et la grande distribution.

Certification :

Procédure par laquelle un organisme compétent et indépendant donne une assurance écrite qu’un système, un processus, une personne, un produit ou un service est conforme à des exigences spécifiées dans une norme ou un référentiel. La certification est un acte volontaire. Elle constate la conformité à des exigences spécifiées qui peuvent être fixées à un niveau qui ne correspond pas aux attentes des consommateurs. (Source : Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, nov. 2004)

Référentiel :

Document technique définissant les caractéristiques que doit présenter un produit industriel ou un service et les modalités du contrôle de la conformité à ces caractéristiques. (Source : Site internet de Qualité Online)

Norme :

Document établi par consensus, approuvé par un organisme de normalisation reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un niveau d'ordre optimal dans un contexte donné. Rq. : si la norme est obligatoire, c’est un « standard ». (Source : Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, nov. 2004)

Label :

Le label reconnaît à un produit ou à un service des caractéristiques destinées à créer de la confiance entre le fournisseur et le client. Il faut distinguer les labels authentifiant la présence de certaines caractéristiques dans le produit, des labels de provenance. Ils donnent la garantie de l'origine du produit. Mais ce n'est pas une marque de qualité organoleptique. L’obtention d’un label ne constitue pas une certification. En effet, il n’est pas encadré par des dispositions légales. (Source : Site internet de Qualité Online)

Ainsi, par normes, référentiels ou labels Qualité, nous entendrons ceux qui se rapportent à la Qualité produit ou organisationnelle ce qui regroupe l’organisation, le process, le procédé de fabrication, les pratiques culturales ou encore la qualité organoleptique. Ainsi, les référentiels relatifs au développement durable ou au commerce équitable ne seront pas abordés, car ils portent sur des thèmes sociétaux ou d’économie mondiale. De même, les produits Kasher ou Halal sont issus de labels portant sur des pratiques religieuses, culturelles ou ethniques. Ils ne seront pas abordés non plus car ils n’apportent pas une Qualité supplémentaire sur le produit ou l’organisation de l’entreprise.

1.2. Réglementation en vigueur dans l’industrie agro-alimentaire

1.2.1. La réglementation française

La première réglementation qui régit l’industrie agroalimentaire provient du Code de la Consommation, dont voici l’extrait :

Article L212-1 En vigueur depuis le 10 Juillet 2004 Modifié par Ordonnance n°2004-670 du 9 juillet 2004 - art. 6 () JORF 10 juillet 2004.

« Dès la première mise sur le marché, les produits doivent répondre aux prescriptions en vigueur relatives

à la sécurité et à la santé des personnes, à la loyauté des transactions commerciales et à la protection des consommateurs. Le responsable de la première mise sur le marché d'un produit est donc tenu de vérifier que celui-ci est conforme aux prescriptions en vigueur.

A la demande des agents habilités pour appliquer le présent livre, il est tenu de justifier les vérifications et contrôles effectués. »

(Source : http://www.easydroit.fr/codes-et-lois/article-L212-1-du-Code-de-la-consommation/A132546/)

engagée

volontariste qui a pris une portée européenne avec le Paquet Hygiène.

D’autre

part,

la

France

s’est

depuis

longtemps

Thèse professionnelle

Page 8

dans

une

politique

sanitaire

J. DESTREMONT

1.2.2. La réglementation européenne

Le Paquet Hygiène concerne tous les exploitants du secteur agroalimentaire (exploitants agricoles, transformateurs et distributeurs). Le principe de base est que chaque professionnel est responsable des produits qu’il met sur le marché. Quel que soit le risque, il y a obligation de résultats et obligation de moyens à la charge des professionnels. C’est l’industriel qui doit choisir puis mettre en place les mesures adaptées pour fabriquer des produits sains et sûrs. Il doit aussi être capable d’en rendre compte aux clients, consommateurs et administrations officielles.

Le Paquet Hygiène est un ensemble de règlements communautaires fixant les exigences relatives à l’hygiène des denrées alimentaire pour l’Homme et l’animal. C’est un règlement européen, et à ce titre, il est donc obligatoire pour tout pays de l’Union Européenne. Ces règlements sont :

Le règlement 178/2002, le FOOD LAW, qui établit les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire,

Le règlement 852/2004, relatif à l’hygiène des denrées alimentaires,

Le règlement 853/2004, relatif aux denrées d’origines animales,

Le règlement 882/2004, relatif aux contrôles officiels par l’Union Européenne,

Le règlement 183/2005, relatif aux exigences en matière d’hygiène des aliments pour animaux. Il existe aussi deux directives, l’une permettant l’abrogation des anciennes directives, l’autre

fixant les règles de police sanitaire. L’ensemble du Paquet Hygiène est en vigueur depuis le 1 er janvier 2006

C’est d’abord et surtout le règlement 178/2002 qui est le socle du Paquet Hygiène. C’est lui qui fixe les grands principes de précaution, de transparence et de traçabilité. Avec ce règlement, l’Union Européenne a voulu :

assurer un niveau élevé de protection alimentaire qui prend en compte la santé et le bien-être des animaux, des plantes et de l’environnement garantir la Sécurité alimentaire des aliments harmoniser les systèmes de surveillance et de contrôle des différents pays membres de l’Union Européenne permettre la libre circulation des denrées alimentaires

Concrètement, un exploitant agricole doit tenir un registre (qui répertorie les pratiques culturales) et respecter les Bonnes Pratiques d’Hygiène sur son exploitation.

De la même manière, une entreprise de transformation doit elle aussi respecter certains principes, tels que :

l’obligation de traçabilité des produits

o

conserver les coordonnées des fournisseurs et des clients

o

permettre le retrait ciblé et rapide en cas de problème

le respect de bonnes pratiques d’hygiène qui vont concerner :

o les locaux, les installations et équipements avec lesquels les denrées alimentaires

entrent en contact, les déchets alimentaires, le conditionnement et l’emballage, l’hygiène et la formation des personnes en contact avec les denrées alimentaires. (Source : Wikipedia et le site officiel du Paquet Hygiène)

Une autre obligation européenne, le Marquage CE, pour les produits relevant des directives européennes « Nouvelle Approche », réglementant le droit à la libre circulation des biens dans tous les pays de l’Union Européenne. Il est destiné aux services de contrôles du marché. Si une entreprise veut vendre un produit hors de ses frontières, elle doit obtenir ce marquage CE. Il sera donné par tous les principaux organismes certificateurs (Bureau Veritas, Afnor, SGS, …) par l’intermédiaire d’un audit. Mais cela ne constitue en aucune façon une marque de Qualité ni une certification. (Source : Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, nov. 2004.)

1.2.3. Le codex Alimentarius

Même si elle ne constitue pas une organisation officielle, la Commission du Codex Alimentarius est une organisation internationale qui, au travers de Codex Alimentarius, donne des bases solides pour garantir l’hygiène des aliments. Le texte est un « code d’usage international recommandé contenant les principes généraux d’hygiène alimentaire ». Les principes du Codex Alimentarius sont internationalement reconnus comme essentiels pour assurer la sécurité des aliments et leur acceptabilité pour le consommateur. On retrouve dans le Codex les objectifs à atteindre ainsi que les raisons de tels objectifs en termes de sécurité et de salubrité. Le Codex Alimentarius recommande très fortement l’utilisation du système HACCP. (Source : Codex alimentarius, RÉV. 4 (2003))

1.2.4. L’HACCP

L’HACCP, ou Hazard Analysis Critical Control Point, (en français : Analyse des dangers et points critiques pour la maîtrise) n’est pas une norme ou un référentiel mais une méthode de gestion

de la Sécurité Alimentaire. Elle a pour but l’identification, l’évaluation et la maîtrise des dangers significatifs au regard de la sécurité des aliments. Trois dangers sont mis en avant : biologiques, chimiques, physiques. L’HACCP est basée sur 7 principes :

Principe n°1 : Procéder à une analyse des dangers. Principe n°2 : Déterminer les points critiques pour la maîtrise (CCP). Principe n°3 : Fixer le ou les seuil(s) critique(s). Principe n°4 : Mettre en place un système de surveillance permettant de maîtriser les CCP. Principe n°5 : Déterminer les mesures correctives à prendre lorsque la surveillance révèle qu’un CCP donné n’est pas maîtrisé. Principe n°6 : Appliquer des procédures de vérification afin de confirmer que le système fonctionne efficacement. Principe n°7 : Constituer un dossier dans lequel figureront toutes les procédures et tous les relevés concernant ces principes et leur mise en application.

La méthode suit une séquence logique de 12 étapes :

La méthode suit une séquence logique de 12 étapes : (Source : http://amgar.blog.processalimentaire.com/?p=283 )

(Source : http://amgar.blog.processalimentaire.com/?p=283)

A noter qu’une place importante est donnée à l’HACCP dans le Paquet Hygiène. On retrouve

ainsi dans l’article 5 du règlement 852/2002 :

Article 5 – Analyse des dangers et maîtrise des points critiques : Les exploitants du secteur

alimentaire mettent en place, appliquent et maintiennent une ou plusieurs procédures permanentes fondées sur les principes HACCP Annexe II, Chap. XVII – Formation – Les exploitants du secteur alimentaire doivent veiller (…) à ce que les personnes responsables de la mise au point et du maintien de la procédure visée à l’article 5, paragraphe 1, du présent règlement, ou de la mise en œuvre des guides pertinents dans leur entreprise, aient reçu la formation appropriée en ce qui concerne l’application des principes HACCP.

L’HACCP, en plus d’être intégrée dans le Paquet Hygiène, l’est aussi dans la norme ISO 22000 (qui est l’intégration de l’HACCP dans l’ISO 9001) ainsi que dans les référentiels IFS, BRC, AIB et SQF que nous étudierons dans cette thèse. (Source : http://www.haccp-guide.fr)

1.3. Les différents types de certification

Il existe plusieurs types de certification de normes ou de référentiels. Ceux-ci sont développés

au sein de plusieurs organismes :

L’ISO : l’Organisation Internationale de Normalisation. A noter que l’ISO/TC 34 est le principal comité technique international de normalisation de l’industrie agroalimentaire Le CEN : le Comité Européen de Normalisation L’AFNOR : Association Française de Normalisation.

L’ISO/TC 34 couvre le monde de l’agroalimentaire dans sa quasi-totalité. C’est un comité technique de l’ISO « chargé de la normalisation dans le domaine des produits pour l’Alimentation Humaine et Animale ainsi que des moyens de reproduction animaux et végétaux notamment la terminologie, l’échantillonnage, les méthodes d’essai et d’analyse et les exigences concernant

l’emballage, l’entreposage et le transport.» Il est constitué de 14 sous comités ayant chacun un thème particulier (ex : café, microbiologie, …) Les responsabilités sont réparties de manière équitable entre les pays développés et les pays en développement.

A noter qu’il existe une collaboration importante avec le Comité du Codex Alimentarius.

Chacun a un statut d’observateur dans la commission de l’autre. Le rôle du Codex est de mettre à

disposition des documents qui vont faciliter le travail des gouvernements en matière de réglementation alors que l’ISO/TC 34 a pour rôle de créer des normes pour aider les acteurs de la chaîne alimentaire agroalimentaire à répondre à ses mêmes exigences. (Source : Afnor normalisation)

Certains distributeurs ont aussi crée leur propre référentiel privé normatif, tel l’IFS et le BRC.

Des référentiels ou labels ont aussi été crées pour valoriser un produit ou un savoir-faire. Ils peuvent être rédigés par des branches interprofessionnelles ou l’Union Européenne.

Pour être complet, terminons par le GFSI, le Global Food Safety Initiative, qui est une organisation qui regroupe des experts en distribution, transformation et production du secteur agroalimentaire. Son but est d’harmoniser les standards de Qualité et de Sécurité Alimentaire dans le monde. Mais cette organisation n’a pas de référentiel ou de norme propre. Une entreprise ne peut être certifiée GFSI. Elle est force de proposition et a approuvé 10 standards de Qualité et de Sécurité Alimentaire. Cinq sont connus et reconnus mondialement et nous les étudierons plus précisément par la suite (IFS, BRC, CCvD-HACCP, SQF, et Global Gap), trois sont des référentiels très spécifiques et restreints à des zones très spécifiques (Global Red Meat Standart, Global AquaCulture Alliance BAP et Primus GFS, inconnus en France). Les deux derniers sont des protocoles qui doivent être ajoutés à la norme ISO 22000, pour qu’elle soit reconnue par le GFSI.

1.3.1. La certification Système

Les normes et référentiels système visent à mettre en place une organisation de la structure permettant :

Le développement des capacités organisationnelles et managériales permettant une rapidité dans les réponses à apporter aux parties intéressées. La mise en place d’indicateurs et de dispositifs d’enregistrement pour la surveillance de l’entreprise. Un système d’amélioration continue basé sur des actions correctives et préventives pour le traitement des produits non-conformes. La professionnalisation du traitement des réclamations clients. La formalisation des savoirs et des processus de production dans l’entreprise.

La certification Système consiste donc à mette en place une organisation visant à satisfaire les clients sur la capacité de l’entreprise à produire un bien à une qualité définie, de manière continue et pérenne. Elle ne tient pas compte de la qualité intrinsèque du produit. Elle n’implique pas une qualité

organoleptique supérieure et l’obtention d’une certification Système n’est pas forcément un gage de Qualité produit. Il n’y a pas non plus de marquage sur le produit si une certification système est donnée à l’entreprise. On observe des certifications Système génériques (normes ou référentiels adaptés à tous les secteurs) et les certifications Système sectorielles (réservées à la filière agro-alimentaire ou à un secteur de la filière). (Sources : Ferrah Ali. et Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture de la Pêche, édition 2008)

1.3.2. La certification Produit

Ces dernières années, l’Etat a décidé d’harmoniser les différents référentiels, normes ou labels de Qualité Produit afin de faciliter la compréhension du consommateur sur l’offre du marché. En effet, ces derniers ont le désir d’une information claire et sûre. Depuis 2006, les consommateurs ont donc vu apparaitre une politique de valorisation de la Qualité alimentaire par

des Signes d’Identification de la Qualité alimentaire et de l’Origine (les SIQO)

des Mentions Valorisantes

Cela permet de créer de la diversité et de la variété dans l’offre alimentaire.

Cette politique s’est inscrite dans un contexte de préoccupation accrue des consommateurs en ce qui concerne la qualité mais aussi et surtout dans une volonté des acteurs de la filière de valoriser durablement leurs produits. Par l’intermédiaire d’un cahier des charges ou d’un référentiel, l’entreprise s’engage à produire une qualité garantie au consommateur qui va répondre à des exigences spécifiques de Sécurité Alimentaire, de goût et de valeurs gastronomiques et organoleptiques. Au contraire de la certification Système, celle-ci concerne la qualité organoleptique du produit. Elle procure un avantage mesuré du produit vis-à-vis des produits de même nature. La certification Produit constitue un outil de segmentation du marché, en répondant à des besoins identifiés des consommateurs (ex : Label Rouge, Bio, …). Cette politique a eu un gros succès auprès des filières agricoles et agro-alimentaires. De nombreuses entreprises se sont lancées dans l’obtention de ses signes. En effet, cela leur permet de pouvoir commercialiser des produits différenciés ayant des caractéristiques clairement reconnues. D’ailleurs, les produits qui vont bénéficier de la garantie du respect d’un Cahier des Charges accèdent plus facilement à la grande distribution et à l’exportation. Autre atout : les signes d’identification de la qualité et de l’origine vont protéger certains bassins de production (culture spécifique, patrimoine…).

La

certification

Produit

permet

à

l’entreprise

d’apposer

un

marquage

spécifique

sur

l’emballage, défini par l’entité qui a créé le référentiel ou le label. (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture de la Pêche : édition 2008 et 14/01/10)

1.3.3. La certification de Bonnes Pratiques à respecter par le personnel

Document de référence, évolutif et d’application volontaire, le Guide de Bonnes Pratiques est conçu par une branche professionnelle pour les professionnels de son secteur. Ces guides doivent permettre de les aider à maîtriser la sécurité alimentaire de l’aliment et surtout respecter les obligations légales et réglementaires (en particuliers celles du Paquet Hygiène). Ils ont aussi pour objectif de maîtriser les dangers susceptibles d’apparaître lors de la production et la transformation (Analyse de risques). Les Guides de Bonnes Pratiques fournissent des dispositions vis-à-vis de

la contamination microbiologique, physique, chimique et allergène,

la consommation d’eau,

les déchets organiques,

la lutte contre les nuisibles,

le nettoyage,

la tenue des registres,

la mise en place de procédures, de pratiques et de méthodes permettant de garantir que les denrées alimentaires sont produites, manipulées, emballées, entreposées et transportées dans des conditions appropriées.

Très souvent, elles servent de clé pour la mise en place de la démarche HACCP.

A noter que ces Guides de Bonnes Pratiques sont des documents de référence pris en compte lors de contrôles officiels des professionnels de la chaîne agro-alimentaire. (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 06/02/2008)

1.3.4. La certification de Bonnes Pratiques Agricoles

Les référentiels relatifs aux pratiques agricoles sont basés sur le respect de l’environnement, en favorisant un système de production qui limite les intrants, en assurant la Sécurité Sanitaire des produits agricoles, en renforçant les impacts positifs de l’agriculture sur l’écosystème, sans remettre en cause la rentabilité et la protection sociale de l’exploitant.

1.4. Normes, Référentiels, Labels et Appellations existants

Pour beaucoup de consommateur, la certification est complémentaire à la qualité d’un produit. Ceci n’est pas forcément vrai. Une certification permet en réalité de valoriser les efforts réalisés par une entreprise dans le sens de la Qualité (produit et/ou système). Voici l’ensemble des référentiels, normes, labels Qualité qui gravitent autour du secteur.

1.4.1. Normes et référentiels organisationnels

Norme ISO 9000 : « Système de management de la Qualité : Exigences »

Rédaction :

ISO

Objectifs :

mise en place d’un système de Management de la Qualité, en définissant les

Destinataires :

exigences globales et les lignes directrices. tout type d’entreprise, de tout secteur et de toute taille.

(Source : Organisation Internationale de Normalisation, « Les caractéristiques essentielles d’ISO 9001 »)

Norme NF V01 – 005 : « Système de Management de la Qualité de la production Agricole» Agri-confiance.

Objectifs : permettre la certification de l’amont agricole selon un modèle ISO 9001 adapté à ce secteur.

Rédaction :

Destinataires :

agriculteurs et organismes de collecte tel que les coopératives. (Sources : site internet de Coop de France et site internet d’Agri-confiance)

l’ensemble de la chaîne de production, mais elle s’intéresse surtout aux

Rédaction :

Norme ISO 15161 : « Lignes directrices ISO 9001 pour l’industrie de l’alimentation et des boissons » ISO

Objectifs :

aider les entreprises agro-alimentaires à mettre en place un Système de Management de la Qualité fondé sur l’ISO 9001 et l’HACCP.

Destinataires :

(Source : Organisation Internationale de Normalisation, 18/12/2001, « Lignes directrices ISO 9001

toute entreprise du secteur agroalimentaire.

pour l’industrie de l’alimentaire et des boissons »)

1.4.2. Normes et référentiels environnementaux

Norme ISO 14 000 : « Système de Management environnemental : Exigences et lignes directrices pour son utilisation » ISO

Objectifs : la mise en place d’un système de Management environnementale et une définition des exigences et lignes directrices pour identifier et maîtriser les impacts environnementaux.

Destinataires :

(Source : Organisation Internationale de Normalisation, « Les Fondements d’ISO 14000 »)

Rédaction :

tout type d’entreprise, de tout secteur et de toute taille.

Norme NF V01 – 007 : « Système de Management de la Qualité et de l’Environnement de la production Agricole» Rédaction : AgriConfiance Objectifs : permettre la certification de l’amont agricole selon un modèle ISO 14001 adapté à ce secteur. Destinataires : l’ensemble de la chaîne de production, mais elle s’intéresse surtout aux agriculteurs et organismes de collecte tel que les coopératives. (Sources : site internet de Coop de France et site internet d’Agri-confiance)

1.4.3.

Normes et référentiels relatifs à la Sécurité Alimentaire

 

Norme

ISO

22000 :

« Système

de

Management

de

la

Sécurité

des

Denrées

Alimentaires » Rédaction : ISO Objectifs : faciliter la mise en œuvre de l’HACCP dans les entreprises agroalimentaires et permettre la Sécurité Alimentaire. Destinataires : tout niveau de la chaîne d’approvisionnement, même si elle est surtout réservée aux transformateurs et distributeurs. (Source : Organisation Internationale de Normalisation, 01/08/05, « L’ISO 22 000 – Pour la Sécurité des Chaînes Alimentaires »)

Référentiel IFS : Internationnal Food Safety Rédaction : la fédération allemande des distributeurs et la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution) Objectifs : permettre l’évaluation des niveaux de qualité et de sécurité des fournisseurs de produits alimentaires. Destinataires : toutes les étapes de transformation des produits alimentaires en aval de la production primaire. (Source : IFS Version 5)

Référentiel BRC : British Retail Consortium Rédaction : Grande Distribution anglo-saxonne Objectifs : évaluer le niveau de Qualité et de Sécurité Alimentaire des fournisseurs de produits agro-alimentaires. Destinataires : toute entreprise fournissant des produits alimentaires aux MDD anglo- saxonnes. (Source : BRC Version 4)

Cahier des Charges « Filière Qualité Carrefour » Rédaction : Carrefour Objectifs : répondre aux attentes des consommateurs en terme de sécurité alimentaire, de goût, d’authenticité et de fraîcheur. Destinataires : tout producteur de produits alimentaires frais, fournisseur de Carrefour. (Source : Site internet de Carrefour)

Norme SQF Rédaction : Safe Qualité Food Institute Objectifs : la certification de la Sécurité Alimentaire, la qualité produit et la gestion de la Qualité. Destinataires : tous niveaux de la chaîne de production du secteur agroalimentaire. (Source : site internet du SQF)

Rédaction :

Norme AIB American Institute of Baking

Objectifs :

fournir un référentiel d’audit de Sécurité alimentaire.

Destinataires :

(Source : site internet du AIB)

tout niveau de la chaîne de production, spécialement sur le continent américain.

Référentiel CCvD : Central College van Deskundigen HACCP, littéralement les « critères d’évaluation d’un système HACCP opérationnel » Rédaction: Dutch National Board of Expert Objectifs : définir les critères d’évaluation d’un système HACCP opérationnel en vue de pouvoir être audité et certifié par un organisme tiers. Destinataires: toute entreprise du secteur agroalimentaire. (Source : site internet contactalimentaire.com, Septembre 2002)

Autres référentiels de la grande distribution Le succès de la filière Qualité Carrefour n’a pas motivé les autres enseignes de la Grande Distribution à créer leur propre norme ou référentiel. Seul Auchan a mis en place un système se rapprochant. Cependant, c’est plus un contrat d’engagement unilatéral qu’un partenariat. En effet, Auchan réalise un contrôle sanitaire à tout niveau, qu’il ajoute à un « Visa Qualité » obligatoire, renouvelé tous les trois ans, basé sur les conditions sanitaires de fabrication et la qualité de la production. Aux fournisseurs, il impose aussi un « contrat de Sécurité Alimentaire » qui fixe des normes et des procédés pour la traçabilité, l’étiquetage et la gestion de crise. Il n’y a pas de label Qualité apposé sur l’emballage et pas non plus de communication particulière sur ces produits. Le Groupe AUCHAN a tout de même élaboré « Coup de Cœur » qui met en avant le goût du produit et le savoir faire. C’est une Marque de Distributeurs (MDD) qui peut s’apparenter à une sous-traitance pour l’enseigne. Les 19 produits concernés ont été conçus et élaborés par les professionnels de l’enseigne ou choisi par des spécialistes. Un cahier des charges défini les Règles de l’Art pour la production de ses produits. La communication autour de ces produits reste anecdotique. Le Mouvement LECLERC a aussi mis au point une MDD « Nos produits ont du talent » en partenariat avec des entreprises locales. 180 références existent et mettent en avant un savoir-faire traditionnel et un goût authentique. Un Cahier des Charges défini les critères de Qualité, de Sécurité Alimentaire et de protection de l’environnement. Des analyses sur les produits ainsi que des audits chez le producteur et des tests organoleptiques sont réalisés par Leclerc. Le Groupe CORA possède aussi sa MDD qualité, « Patrimoine Gourmand », avec 200 références de produits régionaux. La qualité du produit, son authenticité sont là aussi mis en avant. Un cahier de charges élaboré par Cora spécifie la composition et les critères de Sécurité Alimentaire. Les enseignes U et Casino n’ont crée aucun label ni aucune marque particulière. Elles apposent malgré tout des logos bio, culinaires, de fraicheur ou de respect de l’environnement sur les emballages de certains produits.

Ainsi, aucune autre enseigne n’a crée un label ou un référentiel de Qualité. Elles se contentent pour la plupart de créer une Marque de Distributeur caractérisant une image de qualité du produit.

1.4.4. Normes et référentiels relatifs à la Qualité Produit

Signe d’identification de la Qualité et de l’Origine (SIQO)

Rédaction :

Objectifs :

Destinataires :

Label AOC : Appellation d’Origine Contrôlée cahier des Charges producteur/ validation par l’INAO protéger un produit par rapport à sa zone géographique de production.

tout producteur ou transformateur qui désire protéger un produit par rapport à une zone de production spécifique.

(Sources : site internet de l’INAO)

Label AOP : Appellation d’Origine Protégée

Rédaction : cahier des charges producteur / validation par réglementation européenne

Objectifs : protéger « la dénomination d’un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté ».

tout producteur ou transformateur qui désire protéger un savoir-faire rattaché à une zone géographique.

(Source : Wikipedia)

Rédaction : cahier des charges producteur / validation par réglementation européenne Objectifs : valoriser la région d’origine d’un produit agroalimentaire et défendre le nom dont le nom du produit est associé. Destinataires : tout producteur ou transformateur qui désire protéger un produit spécifique portant un nom géographique.

(Source : Certipaq, « Indication géographique Protégée »)

Destinataires :

Label IGP : Indication Géographique Protégé

Label Rouge

Rédaction : cahier des Charges producteur/ validation par l’INAO Objectifs : valoriser un produit agroalimentaire ayant une qualité supérieure. Destinataires : toute denrée alimentaire ou produit agricole non alimentaire et non transformé ayant une qualité supérieure. (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 26/02/2007)

Label STG : Spécificité Traditionnelle Garantie

Rédaction : cahier des charges producteur / validation par réglementation européenne Objectifs : certifier qu’un produit agroalimentaire a été fabriqué selon des procédés traditionnels et avec des matières premières traditionnelles. Destinataires : tout producteur ou transformateur désirant protéger un procédé de fabrication. (Source : Certipaq, « Spécificité traditionnelle Protégée »)

La marque AB : Agriculture Biologique

Rédaction : réglementation européenne Objectifs : identifier les produits agricoles destinés à l’alimentation (humaine et animale) et qui respectent la réglementation et le contrôle de l’Agriculture Biologique,

tout au long de la chaîne agroalimentaire. Destinataires : toute la chaîne agroalimentaire, de l’agriculteur au transformateur final. (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 30/05/2008)

Rédaction :

« Vin de pays » décrets français et réglementation européenne

Objectifs :

valoriser les vins de table.

Destinataires :

tout producteur de vin de table personnalisé par une provenance géographique.

(Source : Site internet de Onivins)

Mentions valorisantes

« Montagne »

Rédaction : code rural français Objectifs : promouvoir les qualités des produits provenant des montagnes : authenticité, spécificité et naturalité. Destinataires : toute denrée alimentaire et produit agricole non-alimentaire et non transformé réalisé dans une zone de montagne (excepté les vins et spiritueux). (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 26/02/2007)

« Produit pays »

Rédaction : code rural français Objectifs : valoriser les produits issus des DOM. Destinataires : toute denrée alimentaire et produit agricole non-alimentaire et non transformé réalisé dans un département d’Outre Mer (excepté les vins et spiritueux). (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 26/02/2007)

« Produit à la ferme », « Produit de la ferme » et « Fermier »

Rédaction : règlement CE ou code rural français Objectifs : valoriser des produits issus de la ferme. Destinataires : tout produit alimentaire transformé à la ferme par l’agriculteur selon des méthodes traditionnelles. (Source : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 26/02/2007)

Certificat de conformité Rédaction : structures collectives ou opérateur individuel Objectifs : atteste qu’une denrée alimentaire ou qu’un produit agricole non alimentaire et non transformé est conforme à des règles spécifiques et à des caractéristiques préalablement fixées dans un cahier des charges, qui le distinguent d’un produit courant et qui portent, selon les cas, sur la production, la transformation ou le conditionnement. Destinataires : tout producteur de produit agroalimentaire (spécialement les produits transformés). (Sources : Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 14/01/2010)

La marque NF Agroalimentaire Marque NF

Rédaction :

Objectifs : apporter une preuve indiscutable que le produit agro-alimentaire répond aux

besoins du marché et est conforme à des caractéristiques définis dans un référentiel. Il s'agit d'un cas particulier de certificat de conformité qui atteste de la conformité à une norme. Destinataires : tout producteur de produit agroalimentaire (spécialement les produits transformés) (Source : site internet de la marque NF)

1.4.5. Normes et référentiels relatifs à la Pratique Agricole

Agriculture raisonnée Rédaction : décret national français Objectifs : certifier les exploitations agricoles respectant certaines pratiques respectueuses de l’Environnement Destinataires : toute exploitation agricole (Source : site internet de la Farre )

Global Gap (ex Eurep Gap) Rédaction : Global Gap, organisme privé qui définit des référentiels pour la certification de produits agricoles Objectifs : mettre en place des Bonnes Pratiques sur l’ensemble de la vie du produit agricole (du plant à l’expédition) Destinataires : toute exploitation agricole (Source : Site internet de Global Gap)

1.4.6. Les guides de bonnes pratiques

D’Hygiène (ex. : Guide de Bonnes pratiques d’Hygiène en Pâtisserie) De Fabrication (ex : Bonnes Pratiques de Fabrication ») ISO 17024 : « Évaluation de la conformité -- Exigences générales pour les organismes de certification procédant à la certification de personnes »

1.5. Pourquoi la certification ?

Tout d’abord, à cause des multiples crises sanitaires qui ont rendu méfiants consommateurs et distributeurs, les entreprises agro-alimentaires ont de plus en plus une responsabilité légale en termes de transparence, de traçabilité des produits et de la décision, de prévention des risques. L’adhésion à une norme ou un référentiel permet de pouvoir rassurer les clients et se conformer à la loi.

Si la certification (qu’elle soit de produit, de système ou de personne) est un acte volontaire, elle constitue d’abord et surtout un avantage concurrentiel pour l’entreprise. C’est un outil de compétitivité qui va permettre de créer un climat de confiance entre l’entreprise et son client. L’entreprise certifiée va pouvoir valoriser son organisation ou la qualité de son produit, en communiquant sur la différenciation que cela lui procure vis-à-vis de ses concurrents.

Du point de vue du client, la certification de ses fournisseurs lui donne des garanties sur sa capacité à lui fournir un produit respectant des exigences. C’est de plus en plus un critère de choix. Pour la grande distribution, c’est même devenu un droit d’entrée sur le marché. La certification à une norme ou un référentiel ou l’obtention d’un label qui certifie le respect à un cahier des charges permet d’être moins soumis à la pression de la grande distribution qui impose

des contraintes de plus en plus drastiques en ce qui concerne la qualité mais surtout la traçabilité des produits. Les entreprises rentrent alors dans un processus d’amélioration continue de leur produit, de leur management ou leur organisation afin de rendre pérenne leur activité et conquérir de nouveaux marchés. La normalisation et la certification permettent de créer des règles communes pour maintenir une concurrence loyale, assurer un niveau minimal de qualité et de sécurité et différencier les offres. (Source : « Ferrah Ali. et Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture de la Pêche, édition 2008)

1.6. Etude de deux secteurs caractéristiques

Il peut être intéressant d’étudier ce qui a été fait en matière d’harmonisation de l’offre de

certification pour d’autres secteurs. J’ai ainsi choisi de présenter le secteur hospitalier (problématique de Sécurité sanitaire) ainsi que le secteur automobile (problématique de production à grande échelle).

1.6.1. Le secteur hospitalier

Pour les établissements de la santé, une autorité publique et indépendante, la Haute Autorité

de la Santé (HAS) a été crée par la loi du 13 août 2004 relative à l’Assurance Maladie. Au travers de l’Article L-161 du code de la Sécurité Sociale, le rôle de l’HAS est principalement de certifier les établissements de santé publics et privés. Cette certification a pour but d’apprécier de manière indépendante et objective la qualité d’un établissement grâce à des indicateurs, des critères, des référentiels portant sur les Bonnes Pratiques et des procédures utilisées dans les hôpitaux. L’objectif de cette certification obligatoire est l’amélioration de la prise en charge des patients. A ce titre, elle porte sur l’ensemble du fonctionnement des établissements. Ainsi, il existe une certification unique et obligatoire pour les établissements de la santé et cette certification est réalisée par une unique organisation indépendante. Beaucoup d’hôpitaux la complète malgré tout par une certification ISO 9001 de leur organisation. Mais dans la mesure où la certification du HAS est suffisante, l’objectif de cette démarche est uniquement l’Amélioration Continue et non une tentative de différenciation.

A noter qu’il existe aussi des accréditations pour certaines interventions spécifiques ou pour

des équipes médicales. (Ex : accréditations pour les maladies rares dans certains établissements) (Sources : site internet du CHU de Rouen et site internet de la Haute Autorité de Santé)

1.6.2. Le secteur automobile

Dans le secteur de l’automobile, ce sont les acteurs de l’industrie qui ont eux même développé une unique norme spécifique à leur secteur, l’ISO TS 16949 :2000. Cette norme régit la gestion de la Qualité au niveau de la conception, le développement, la production, l’installation et l’entretien. Elle s’adresse aux industriels de l’automobile, aux équipementiers et aux sous-traitants. Pour la grande majorité des constructeurs, la certification est une condition obligatoire pour toute relation commerciale. Elle est prépondérante à toutes autres normes existantes. Elle spécifie les exigences de productivité, de compétitivité et de qualité exceptionnelles, en ayant une forte orientation vers l’Amélioration continue, la fiabilité et l’anticipation. Ainsi, dans ce secteur, c’est l’ensemble de l’industrie qui a crée une norme de référence avec pour objectifs performance et fiabilité. (Source : Site internet du groupe BSI)

1.6.3. Conclusion

Ces deux secteurs ont réussi à structurer l’offre globale de certification. Que ce soit grâce à l’intervention des pouvoirs publics ou par une réelle volonté des acteurs du secteur, chacun a réussi à uniformiser les normes et référentiels existants et mettre en place un système clair et simple basé sur un référentiel faisant l’unanimité. Les entreprises peuvent éventuellement se soumettre à d’autres normes mais uniquement dans un but d’Amélioration Continue.

1.7. Conclusion

Avec cette présentation, on s’aperçoit qu’il existe de très nombreuses possibilités de certifications. Que ce soit organisationnelles, environnementales, de Sécurité Alimentaire ou de Qualité Produit, les entreprises doivent choisir ce qui est le mieux adapté pour leur activité ou leurs objectifs stratégiques. Mais les différences parfois infimes entre certains référentiels peuvent rendre difficile le choix. Beaucoup d’acteurs de la chaîne agroalimentaire veulent créer leur propre référentiel ce qui peut obliger certaines entreprises à cumuler plusieurs certifications pour satisfaire l’amont et l’aval de leur filière. Quoi qu’il en soit, la filière n’a pas encore structuré la normalisation comme ont pu le faire des secteurs tel que l’automobile ou le monde hospitalier.

2.Présentation du sujet de thèse

2.1. Sujet de thèse

La multiplicité des normes et référentiels Qualité du secteur agro-alimentaire est-elle un atout pour celle-ci ?

2.2. Constat

Nous venons de voir que dans la filière agro-alimentaire, il existe une grande multiplicité et une grande diversité de normes, référentiels ou encore labels. On trouve en effet des certifications de Qualité Produit (ex : AOC), des certifications de Qualité Système (ISO 9000), des certifications de Sécurité Alimentaire (ISO 22000), des certifications de Procédés (Guides de Bonnes Pratiques de Fabrication ou d’Hygiène). Il existe au total plus d’une vingtaine de normes ou de référentiels différents. Mais devant toutes ces possibilités, comment les industriels s’y retrouvent t’ils ? Connaissent- ils ce que chaque norme ou référentiel peut apporter à leurs produits ou à leur organisation ? Ont-ils une réelle volonté d’Amélioration Continue ou se sentent-ils obligés de se soumettre à la certification pour contenter les clients et consommateurs ? Faut-il cumuler plusieurs référentiels pour pouvoir satisfaire toutes les parties intéressées ? Enfin, le consommateur est-il sensible à ces normes et référentiels ? S’y retrouve-il ? A-t-il des exigences particulières et où vont ses préférences ?

2.3. Hypothèses

Pour répondre à ces questions et traiter au mieux la problématique, mes hypothèses de thèse seront :

I. Les normes et référentiels existants de la filière permettent-ils d’organiser l’entreprise en termes de production, de management et d’amélioration continue ? Corollaire :

Qu’apportent-ils réellement à l’entreprise ? II. Les entreprises utilisent-elles les différentes possibilités de certification dont elles disposent? Corollaire : S’y retrouvent-elles dans cette multiplicité ?

III. Les normes et référentiels sont-ils adaptés aux enjeux stratégiques actuels du secteur agroalimentaire ? Corollaire : Quelles sont les tendances ?

IV. La communication autour des certifications est-elle adaptée et efficace pour satisfaire au mieux les attentes du consommateur final ? Corollaire : Est-il sensible au système de certification et aux différents référentiels et normes ?

Thèse professionnelle

Page 26

J. DESTREMONT

3. HYPOTHESE N°1

Les

normes

et

référentiels

de

la

filière

permettent-ils

d’organiser l’entreprise en termes de production, de management et d’amélioration continue ?

Dans cette partie, nous allons étudier de façon plus détaillée chacun des référentiels, normes ou cahiers des charges de chaque type de certification sur le plan :

organisationnel

environnemental

Sécurité Alimentaire

Qualité produit

pratiques culturales.

Pour chaque type je comparerai les référentiels qui s’y rapportent, afin de pouvoir analyser les atouts de chacun mais aussi les contraintes et axes d’amélioration.

Ce sera l’occasion de pouvoir cibler à qui peut s’adresser chacun des référentiels vis-à- vis des besoins et attentes des différents acteurs de la chaîne alimentaire : producteurs, transformateurs et distributeurs.

3.1.

Normes et référentiels organisationnels

La norme ISO 9001 est très complète en terme d’organisation d’une entreprise. Par la mise en place d’une approche « processus », la norme permet à l’entreprise de satisfaire les clients internes et externes et tracer les décisions et actes dans un but d’amélioration continue. La norme ISO 9001 est très généraliste et ne répond pas aux besoins actuels des entreprises du secteur agroalimentaire car elle n’aborde pas les sujets de Qualité organoleptique ni de Sécurité Alimentaire. Elle peut intéresser les entreprises qui veulent se structurer, mais tel un guide ou un tremplin vers une certification sur une norme de Sécurité Alimentaire type IFS ou AIB. Elle peut aussi intéresser les entreprises qui vont vers des marchés techniques s’écartant du secteur alimentaire (ex : Vana, tissus, bio fibres, …).

La norme NF V01-005 s’est positionnée au niveau de l’amont agricole. Elle est calquée sur l’ISO 9001 concernant les exigences d’un Système de Management de la Qualité et l’Engagement de la Direction. Elle va plus loin dans l’implication des fournisseurs mais est plus limitée dans l’orientation client et n’aborde pas la réalisation du produit, la Conception et le Développement ou encore le Management des ressources. En fait, cette norme est surtout orientée vers les producteurs et est moins pertinente envers la réalisation du produit et donc la satisfaction client. Mais, tout comme l’ISO 9001, elle pose les bases d’un SMQ et l’Amélioration Continue dans l’entreprise.

Enfin, la norme ISO 15161, qui ne peut déboucher sur une certification, peut être considérée comme un excellent guide pour les entreprises du secteur agroalimentaire qui ont déjà, grâce aux principes de l’HACCP, un vécu dans la traçabilité, la maîtrise du produit conforme et non conforme et des moyens de surveillance et de mesure. Cette norme donne les recommandations nécessaires à l’entreprise pour intégrer les exigences de l’ISO 9001 sans remettre en cause ou modifier le système déjà en place.

Ainsi, pour les entreprises qui maîtrisent déjà le Management de la Qualité, l’ISO 9001 parait une suite logique dans l’Amélioration de leur système. Pour les débutants, il est préférable de passer par l’intégration des principes de l’HACCP puis de s’orienter vers la norme ISO 15161. Pour les entreprises du secteur agricole, le choix est un peu plus complexe. En effet, la norme Agriconfiance est très exigeante en terme de traçabilité pour les producteurs. Tout va dépendre des orientations stratégiques de l’organisme. Si il désire avoir une orientation client, il est conseillé qu’il s’engage vers une certification ISO 9001. Si, au contraire, il préfère assurer une relation mutuellement bénéfique avec ses adhérents/producteurs, il est préférable de s’orienter vers la norme NF V01 005. Il est d’ailleurs intéressant pour une entreprise de l’amont agricole de s’orienter vers la norme ISO 9001, pour l’orientation client et la mise en place d’un SMQ performant, puis après que ce SMQ ait un peu vécu, une certification sous Agriconfiance, pour l’orientation producteur. (Source : Norme ISO 9001, norme ISO 15161, norme NFV 01-005)

3.2.

Normes et référentiels environnementaux

L’ISO 14001 est une norme qui aborde les aspects environnement touchant l’entreprise, mais qui n’implique pas les autres parties intéressées comme les clients et les fournisseurs. Elle impose surtout de lister les impacts de l’entreprise sur l’environnement, de définir des objectifs de maîtrise et de traiter les actions à mettre en place pour atteindre ces objectifs. Une entreprise peut donc se lancer dans une démarche environnementale et planifier à moyen et long terme les actions lourdes en terme économiques ou organisationnelles. Il n’y a pas d’obligations de résultats immédiats. La norme ne nécessite pas la mise en place d’un Système de Management type ISO 9001 et n’aborde pas l’approche processus. Si les concepts d’amélioration continue, de planification, de gestion des compétences et de la formation du personnel sont abordés, ils sont moins explicités dans cette norme. Il semble donc préférable pour une entreprise de débuter par une démarche ISO 9001.

En ce qui concerne la NF V01 007, elle semble plus complète. Mais elle reste réservée presque exclusivement aux entreprises de l’Amont agricole. Elle aborde les conditions de mise en place d’un système de management environnementale, en y incluant clients et surtout fournisseurs/adhérents/producteurs. Tout comme pour l’ISO 14001, les actions à mener pour la conformité réglementaire et l’atteinte des objectifs doivent être planifiées dans un plan d’action, mais l’entreprise n’est pas dans l’obligation de les traiter dans l’immédiat. L’entreprise ne doit pas seulement s’occuper des aspects et impacts environnementaux relatifs à la réalisation du produit dans ses locaux, mais aussi à l’extérieur (environnement, Parties intéressées, …) Au contraire de l’ISO 14001, elle met en avant l’engagement de la direction. Elle impose de lier le système de Management de la Qualité à celui de l’Environnement. Il est donc obligatoire pour l’entreprise d’avoir une approche Qualité au préalable ou en parallèle.

En conclusion, l’ISO 14001 est plus limitée que la norme Agriconfiance. Mais elle est à destination de tout type d’entreprise au contraire de sa concurrente. Si la norme ISO se contente surtout d’aborder les impacts relatifs à l’entreprise, la norme NF V01 007 va plus loin, en impliquant toutes les parties intéressées. Le grand point négatif des normes environnementales est qu’elles n’obligent pas les entreprises certifiées à se conformer à la réglementation à court terme, même si l’impact et/ou le risque sur l’environnement est important. Les entreprises peuvent se permettre de planifier sur plusieurs années dans actions environnementales importantes, sans engager d’actions correctives dans l’immédiat. Cela dit, ces deux normes permettent aux entreprises de prendre conscience de leur environnement grâce à l’analyse environnementale. Elles les engagent dans une démarche d’amélioration continue environnementale. Les entreprises ont plus de temps pour mettre en place les actions que pour les normes organisationnelles, ce qui est bénéfique pour les PME pour qui les coûts engendrés peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euro. (Source : norme ISO 14001 et norme NF v01-007)

3.3.

Normes et référentiels de pratiques culturales

Si seuls deux référentiels existent concernant les pratiques agricoles pour les agriculteurs et éleveurs, on observe de grandes différences entre ceux-ci.

En effet, Global Gap est très clairement au dessus de l’Agriculture raisonnée en termes de renommée, de certificats délivrés ou de mesures pour l’environnement. Global Gap a réussi à trouver un système qui permette à chaque producteur de spécialiser son référentiel par rapport à son ou ses activités. Chacun est soumis à des exigences générales à tout producteur et des exigences spécifiques à son produit (ex : Fruits et légumes). Les mesures imposées au producteurs vont plus loin que le cadre réglementaire. Surtout, même si le référentiel n’est pas orienté client, il a une légitimité vis-à-vis des transformateurs de l’amont agricole.

En ce qui concerne le référentiel de l’Agriculture raisonnée, il subit depuis toujours de nombreuses critiques. Pour beaucoup, il ne va pas assez loin en ce qui concerne la protection de l’Environnement. Il est vrai qu’une petite moitié du référentiel est constituée d’exigences réglementaires obligatoires pour tous producteurs. Les autres mesures ont des critères souvent flous, qui laisse une certaine liberté. De plus, l’Agriculture Raisonnée souffre d’un déficit de notoriété à tout maillon de la chaîne agro-alimentaire.

Il est donc plutôt conseillé pour une producteur de s’orienter vers Global Gap, plus complet, plus reconnu et adaptable à chaque producteur. (Source : Normes Global Gap et Décret de l’agriculture raisonnée)

Nota Bene : L’agriculture biologique aurait pu faire partie de ce sous chapitre. Malgré tout, elle constitue surtout, dans la tête du consommateur et de beaucoup de producteurs, une Qualité attachée au produit. Si un règlement existe au niveau européen, la certification la plus connue et la plus

représentée est celle de la Marque AB, qui est répertoriée dans les SIQO

C’est pour cela que j’ai

mis le référentiel de l’Agriculture Biologique dans la partie 3.5, Normes et référentiels de Qualité Produit.

3.4.

Normes et référentiels de Sécurité Alimentaire

En voulant mettre en place une norme pour tout type d’entreprise du monde entier, l’ISO a rédigée une norme générique qui se contente surtout de mêler un Système Qualité aux principes de l’HACCP. Elle tient compte des réglementations du monde entier et est donc réservée aux entreprises qui veulent exporter. Elle est aussi conseillée aux entreprises qui débutent sur la thématique de Sécurité Alimentaire. Elle constitue un bon point de départ, mais ne va pas très loin, notamment en terme de contaminations allergènes par exemple. Elle n’implique pas non plus fournisseurs ou clients. D’ailleurs, l’ISO 22000 n’est pas reconnue par le GFSI, qui regroupe les principaux Distributeurs Agroalimentaire. Cependant, le GFSI a récemment reconnu deux protocoles basés sur l’ISO 22000 cumulée avec un référentiel de programme de pré requis :

Synergy 22000, basé sur l’ISO 22000 et le PRP 22000 (Programme de pré-requis pour

l’organisation de la chaîne alimentaire) ou l’ISO TS 22002 (Programme de pré-requis sur la Sécurité Alimentaire).

FSSC 2000, basé sur l’ISO 22000 et le PAS 220, référentiel de programme de pré

requis sur la Sécurité Alimentaire, rédigé par Danone, Nestlé, Unilever et Kraft Foods Ces deux protocoles vont plus loin que l’ISO 22000 seul. Ils ne sont pour l’instant pas très connus (ex : 73 certificats FSSC 22000 dans le monde) mais comblent les lacunes de l’ISO 22000. Ils peuvent être utilisés par une entreprise qui veut aller plus loin.

Les normes IFS et BRC, très proches tant sur le fond que sur la forme, vont plus loin que l’ISO 22000. A portée européenne, elles ont été rédigées par les professionnels de la distribution et donc les clients directs. Ces référentiels sont donc un immense atout car ils fournissent les exigences précises que l’entreprise doit remplir pour contenter ses clients. Les deux référentiels permettent la mise en place d’un système de Management de la Qualité et de la Sécurité alimentaire. Ils sont très complets, en abordant les thèmes des allergènes, maintenance, … Ils impliquent aussi davantage clients et fournisseurs. Ils semblent donc plus intéressants pour les entreprises qui se destinent au marché européen et qui sont déjà performantes en termes de Sécurité Alimentaire et d’organisation, mais ils ne sont pas spécifiques à un secteur particulier.

Les deux référentiels destinés au marché américain sont basés sur plusieurs normes permettant de répondre aux besoins spécifiques des différents secteurs agroalimentaires. Ils constituent les normes les plus complètes en poussant loin la Sécurité Alimentaire, la gestion des risques et des problèmes de contamination ainsi que les principes de l’HACCP. Rédigés par les professionnels du secteur, ils bénéficient de la même crédibilité que l’IFS et le BRC. Les deux normes laissent aussi le choix aux entreprises du niveau de performance ou d’exigence à atteindre. Elles sont donc très intéressantes pour les entreprises mais à destination du marché américain uniquement. SQF est la

première norme de Sécurité alimentaire générique qui parle de Qualité produit, même si elle reste succincte sur ce thème.

En faîte, seules les Filières Qualité Carrefour mêlent réellement Sécurité Alimentaire et Qualité produit. Cependant, elles sont surtout à destination de la production primaire et ont donc dû s’adapter aux producteurs, en allant beaucoup moins loin concernant la Sécurité Alimentaire et la maîtrise des risques de contamination. Mais elles constituent une belle opportunité, bien qu’elles obligent à travailler uniquement avec Carrefour.

Enfin, le CCvD est devenue obsolète avec l’apparition des normes telles que IFS ou SQF qui impliquent indirectement un système HACCP répondant aux exigences. Il n’y a donc plus d’intérêts pour une entreprise à se soumettre à ce référentiel. (Sources ; norme ISO 22000, norme IFS, norme BRC, norme SQF, norme AIB, norme CCvD et site internet Carrefour)

3.5.

Normes et référentiels de Qualité Produit

Ainsi, on a pu observer qu’il existe un grand nombre de normes, label ou référentiels qui concernent la Qualité produit. Cependant, si on observe bien chacun d’eux, on s’aperçoit que peu garantissent une Qualité supérieure (« Label Rouge » et dans une moindre mesure, « Fermier »). Pour le reste, la Qualité produit provient d’une spécificité remarquable par rapport aux produits courants, ou une provenance qui possède une renommée particulière.

Il y a tout de même une relative différence entre ce que sont chacun des labels et la perception

qu’en ont les consommateurs. L’exemple le plus probant est la marque AB. Dans l’esprit des consommateurs, les produits AB sont sains et bons pour la santé. Or, ils sont surtout sans pesticide ni OGM, mais rien ne prouve scientifiquement que les produits sont à ce jour bénéfiques pour l’Homme.

La multiplication des sigles et labels crée une certaine incompréhension chez le consommateur. L’Europe a voulu remettre à plat tout le panel, mais cela a crée un plus grand flou sur le territoire français. En effet, la différence parait bien mince entre AOP, AOC et IGP par exemple. Un manque flagrant de communication est aussi perceptible. Peu de gens connaissent les IGP, AOP et STG. Mais la France n’a pas mis, elle aussi, tous ces labels en valeur : la communication sur les labels Produits Pays ou Montagne reste anecdotique.

Malgré ces quelques défauts et une grande lourdeur de la gestion administrative pour les SIQO, tous ces labels structurent une filière qui aurait bien du mal à vendre autant de produits sans cela. Les labels de Qualité Produit rassurent le consommateur (respect d’un cahier des charges, authenticité, contrôles réguliers, denrées de qualité…) et intéressent le distributeur (notion de développement durable, denrée vendue plus chère, communication sur des valeurs que les enseignes peuvent s’approprier comme l’authenticité ou la proximité). C’est donc d’abord un outil de différenciation pour toutes les parties intéressées.

A noter que le certificat de conformité et la marque NF agroalimentaire sont à mettre un peu à

côté des autres labels Qualité produit, car ils ne certifient qu’une conformité à des règles spécifiques

liées à la réglementation ou qui répondent à un besoin du marché. Elles sont très utiles, car elles permettent de se lancer ensuite dans une démarche d’appellation d’origine ou de spécificité traditionnelle garantie. Il faut donc voir ces deux référentiels comme une étape vers un label ou une appellation plutôt qu’une fin en soi.

Ainsi, pour un producteur qui voudrait se lancer dans une démarche de valorisation de la Qualité, il est préférable qu’il débute par l’obtention d’un certificat de conformité ou la marque NF.

Ensuite, il devra choisir s’il désire valoriser le produit au niveau de sa provenance (Label Rouge, AOC/AOP, Montagne, Produit Pays) ou de sa méthode de production (STG, IGP, AB, Vin de Pays). Seul le label Fermier semble être un bon compromis entre les deux. D’ailleurs, avec l’AOC et le Label Rouge, ce sont ceux-là qui sont les plus connus et reconnus, dans des thèmes bien spécifiques :

« Fermier » : Denrée traditionnelle

« AOC » : Denrée de qualité

« Label Rouge » : Denrée de grande qualité

Ce sont eux qui communiquent le plus et présentent un avantage concurrentiel réel. Au contraire, les IGP, STG, Vin de Pays, AOP, Produits Pays et Montagne semblent moins intéressants car moins exposés médiatiquement et pas porteurs d’une image précise véhiculée aux consommateurs.

(Source : La marque NF - « La marque NF Agroalimentaire », Onivins - « Conditions de production des vins de pays, Ministère de l’agriculture et de la pêche - « Certificat de conformité », DRAAF - « Utilisation de la dénomination "montagne" pour les produits agricoles et alimentaires », Alimentaire-Pro - « Les dénominations "produit fermier", Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche – « Décret n° 2006-1621 du 18 décembre 2006 relatif aux conditions d'utilisation des termes « produits pays » et de leurs transcriptions créoles », Site internet de l’Agencebio, INAO - « Guide du demandeur d’une appellation d’Origine (AOC/AOP) » - « Guide du demandeur d’une appellation géographique protégée » - « Guide du demandeur d’un label rouge »).

3.6.

Conclusion

On a pu observer que chaque type de norme (organisation, environnement, Sécurité alimentaire, Qualité produit et pratiques culturales) a plusieurs référentiels ce qui laisse le choix à tout niveau de la chaîne alimentaire. Certains sont spécialisés à un maillon de la filière agro-alimentaire (producteur, transformateur ou distributeurs) et d’autres restent très généralistes. Beaucoup sont rédigés par les professionnels de l’agroalimentaire et en particulier la Grande Distribution, ce qui peut être vu comme un plus, car se sont les clients finales, avant les consommateurs bien entendu.

A l’intérieur de chaque type et en particulier pour la Sécurité Alimentaire et la Qualité Produit, on note une multiplication importante des référentiels, ce qui peut dans ce cas constituer une faiblesse. Beaucoup se ressemblent, et il est parfois difficile de comprendre ce qu’apporte l’un plutôt que les autres. Et certains souffrent d’un déficit de communication ou de renommée tant pour les consommateurs que pour les professionnels.

En tout cas, mis à par quelques marchés de niche, tout intervenant de la filière peut trouver un référentiel adapté a son activité et ses besoins.

Mais le gros point noir est qu’il n’existe pas une seule norme qui permet de lier tous les types. S’ils veulent améliorer l’ensemble de leur entreprise, les producteurs, transformateurs et distributeurs doivent donc cumuler plusieurs certificats ou labels, en fonction de leurs besoins, pas toujours faciles à connaître d’ailleurs. Cela complique donc le choix. De plus, ce cumul représente un coût financier très important et oblige les professionnels à se soumettre à des règles et contraintes très lourdes et restrictives. Les entreprises sont donc généralement obligées de choisir ce qu’elles veulent améliorer en priorité.

On peut donc conclure que cette multiplicité représente pour le moment une force réelle pour l’amélioration des entreprises agroalimentaires, mais que le nombre très élevé de normes ou référentiels commence à devenir une faiblesse.

Hypothèse n°1 :

La multiplicité est une force pour les possibilités diverses et variées qu’elle offre à tout niveau du secteur. Elle permet d’organiser l’entreprise en terme de production (Qualité Produit et Sécurité Alimentaire), de management et d’amélioration continue.

La multiplicité est une faiblesse car il n’y a aucun référentiel qui permette de cumuler Sécurité alimentaire, Qualité produit, organisation et respect de l’environnement de façon similaire.

La multiplicité est une faiblesse car les différences entre chaque référentiel sont souvent peu perceptibles et rendent difficile le choix stratégique pour une entreprise.

Thèse professionnelle

Page 42

J. DESTREMONT

4. HYPOTHESE N°2

Les entreprises utilisent-elles les différentes possibilités de certification dont elles disposent?

Depuis quelques années, les exportations de la part des entreprises françaises ont connu une forte augmentation, mais dans le même temps ces entreprises se sont confrontées à une forte concurrence de la part des pays de monde entier. D’où deux nécessités : renforcer la qualité de l’offre alimentaire (sécurité et qualité produit) et favoriser l’innovation et la différenciation. Dans cette optique, les entreprises du secteur IAA se sont naturellement tournées vers la certification ou le label. Elles semblent privilégier la spécificité française et le goût en ce qui concerne les exportations et vont donc d’avantage vers les certifications produits, par l’intermédiaire des Signe d’Identification de la Qualité et de l’Origine.

Mais qu’en est-il des tendances actuelles des entreprises en matière de certification ? Y a-t-il des référentiels qui sont très clairement préférés à d’autres ?

4.1. Historique de la normalisation

(cf. Annexe 1) Les entreprises avaient un choix restreint mais complémentaire en terme de certification avant les années 90 (une norme organisationnelle, une norme concernant les pratiques agricoles et deux référentiels de Qualité produit). Ensuite, on a assisté à une multiplication importante des référentiels et normes de Qualité Produit (cinq fois plus) et de Sécurité Alimentaire (5 créés en 15 ans) ainsi que l’émergence de normes environnementales.

Ceci semble ainsi être la tendance de ces dernières années. Les possibilités ne sont plus forcément complémentaires, les différentes parties intéressées veulent créer une norme ou un

référentiel spécifique à une activité particulière (la grande distribution veut imposer une norme de Sécurité Alimentaire, les producteurs et transformateurs préfèrent les normes de Qualité produit, les exploitations agricoles ont des normes spécifiques à leurs pratiques). Seules les filières Qualité Carrefour semblent être un bon compromis entre pratiques agricoles, sécurité alimentaire, Qualité produit et environnement. Cependant, le phénomène n’a pas encore été repris par d’autres enseignes de la Grande Distribution, malgré le succès d’une telle démarche.

4.2. Les normes organisationnelles ISO

Les normes organisationnelles et/ou à portée internationale, tel que l’ISO 9000, l’ISO 14000, ou l’ISO 22000 sont diversement réparties de le monde entier en terme de nombre d’entreprises certifiés. Fin 2009, sur l’ensemble des normes internationales ISO, seules 7,2% sont à destination de l’Agriculture et des technologies agricoles. Cela est peu, au regard de l’importance de ce secteur dans l’économie mondial. Avec la multiplication des normes et référentiels agro-alimentaires, tout du moins en Europe, on pourrait penser que l’ISO veuille s’insérer dans le secteur. Pourtant, encore une fois, seuls 3,1% des futurs projets y sont consacrés. On note donc un intérêt assez relatif de l’ISO pour l’agroalimentaire.

Cependant, si on étudie les chiffres du nombre d’entreprises qui sont certifiés par une des normes ISO, on peut s’apercevoir que le phénomène est inverse : les entreprises du secteur agroalimentaire y sont très attachées. (Source : ISO : « L’ISO à l’écoute des clients, rapport annuel 2009 », page 28)

4.2.1. ISO 9001

(cf. Annexe 2a) La plus connue des normes, l’ISO 9000, avec ses plus de 15 ans d’existence, est aussi la plus utilisée dans le monde. En décembre 2009, dans tout domaine d’activité (sidérurgie, bâtiments, …), 982 832 entreprises étaient certifiées sous cette norme, dans 176 pays. Si on étudie la place de la France, elle n’est que 9 ème avec 2,4% des entreprises certifiées ISO 9001. Même si on parle ici de tout type de secteur d’activité, le phénomène est quand même

intéressant. La présence de l’Italie, l’Espagne ou le Japon devant la France peut paraître surprenante. Cela démontre surtout l’intérêt moindre que portent les entreprises françaises à une norme internationale de Management de la Qualité. (Source: ISO: « The ISO Survey – 2008 »)

4.2.2. ISO 14001

(cf. Annexe 2b) Plus surprenant, lorsque l’on regarde les statistiques concernant la certification IDO 14001 pour les entreprises de tout secteur du monde entier, on s’aperçoit que la France ne fait même pas partie du Top 10.

Avec 188 815 entreprises certifiées dans le monde, la France se place 11 ème dans la hiérarchie, avec 3482 entreprises certifiées dans tout type de secteur. Là encore, la présence des Etats-Unis ou de la Chine peut surprendre lorsque l’on parle d’une norme environnementale. Mais cela montre surtout le désintérêt certain des entreprises françaises pour les démarches environnementales, alors que ce thème est un des enjeux du futur. (Source: ISO: « The ISO Survey – 2008 »)

4.2.3. ISO 22000

(cf. Annexe 2c) Enfin, pour en terminer avec les normes ISO, nous pouvons étudier celle qui est spécifique à l’agro-alimentaire : l’ISO 22 000. Là encore, les chiffres sont inquiétants.

La France ne se place que 18 ème dans ce classement. Pourtant considérée comme un des piliers de l’agroalimentaire dans le monde, tant au niveau des exportations que de la qualité de ses produits, elle semble donc marquer le pas sur ce nouveau référentiel, dû à un manque d’intérêt évident de la part des professionnels du secteur.

On retrouve dans le haut du classement de nombreux pays en voie de développement (Espagne, Sri Lanka, Inde, Turquie entre autre). Pour eux, l’adhésion à une norme internationale de Sécurité Alimentaire est devenue une priorité, pour se positionner le mieux possible dans le secteur. Ces pays se lancent fortement dans une démarche de certification à portée internationale. Dans un objectif concurrentiel évident, ils seront très compétitifs dans un futur proche. Ils pourront en

effet attester de leur capacité à produire en masse des produits agroalimentaires qui répondent à des exigences internationales de Sécurité et de Qualité. Ces pays, qui ont une réelle nécessité à nourrir beaucoup de gens, tant à l’intérieur de leur pays que pour l’export, sont plus sensibles à une norme organisationnelle et de Sécurité Alimentaire qu’à une norme purement Qualité organoleptique. Ils affichent très clairement leurs intentions de concurrencer les pays industrialisés comme la France, les Etats-Unis ou encore l’Allemagne.

On peut d’ailleurs s’inquiéter de l’absence des Etats-Unis, du Royaume Uni, de l’Italie ou encore de l’Allemagne dans le Top 10 de ce classement. Les entreprises de ces pays importants dans le secteur agro-alimentaire n’y voient probablement pas un apport stratégique, organisationnel ou concurrentiel suffisant. Elles semblent plus intéressées par les normes et référentiels existants à portée nationale ou d’une zone économique (ex : Union Européenne). (Source: ISO: « The ISO Survey – 2008 »)

4.3. Les normes de Sécurité Alimentaire

Rq : la norme ISO 15161 n’est pas un référentiel pouvant aboutir à une certification. C’est un guide, qui donne les lignes directrices pour l’application de l’HACCP dans les industries agroalimentaires. A ce titre, je n’ai pas pu définir le nombre d’entreprises qui l’ont utilisé.

En 2008, en Europe, on comptait 9800 certifications sous le référentiel IFS. Si les chiffres sont approximatifs pour la France, environ 1000 certificats IFS ont été délivrés à cette même période. La France se positionne donc très bien. En fait, de plus en plus, la certification IFS devient une porte d’entrée vers le marché de la Grande Distribution. Avec les géants tels que Auchan ou Carrefour, la France fait partie des pays performants dans les filières de Grande Distribution. La perte de vitesse des petits commerçants leur profite et un grand nombre d’entreprises ont pour clients une ou plusieurs enseignes de distribution. Pour les transformateurs du secteur agroalimentaire, le passage par une ou plusieurs filières de grande distribution est donc une obligation pour vendre leurs produits en grande quantité et/ou de manière continue. La certification IFS parait alors une nécessité, d’où l’avance de la France en Europe.

Les chiffres concernant le BRC ne sont pas communiqués. Cependant, pour beaucoup d’entreprise, la certification IFS s’accompagne d’une certification BRC en même temps. En effet, ces

deux référentiels sont très proches tant sur le fond que la forme. Ils ont tout deux été rédigés par des fédérations de commerce et certains acteurs de la Grande Distribution, possèdent les mêmes thèmes et s’adressent aux mêmes entreprises. Pour le producteur, les deux permettent de pouvoir travailler avec la Grande Distribution (Anglo-saxonne pour le BRC et française/allemande pour l’IFS). Il est donc très intéressant pour lui de passer la certification cumulée IFS et BRC, afin de pouvoir s’orienter vers davantage de clients et de marchés. De plus, les organismes certificateurs proposent préférentiellement aux entreprises l’audit cumulé. On peut donc rapprocher les chiffres et tendances du BRC à ceux de l’IFS.

Concernant AIB, référentiel essentiellement à destination du continent américain, La France compte 90 entreprises certifiées en 2010. Au total, AIB a délivré 12 822 certificats. Si la France ne semble que peu représentée en terme de chiffre, il faut étudier plus attentivement les statistiques pour se rendre compte que cela est trompeur. En effet, d’une part, La France se place en 8 ème position en terme d’entreprises certifiées dans le monde, derrière, dans l’ordre, Les Etats-Unis (8367 certificats), le Canada (944), le Japon (874), le Mexique (449), la Chine (252), le Royaume-Uni (230) et l’Afrique du Sud (104). La France est donc plutôt bien représentée. De plus, si on enlève les pays du continent américain et les pays anglo-saxons, la France se place derrière l’Afrique du Sud, le Japon et la Chine. La France se trouve alors dans une position intéressante (90 certificats sur les 2747 hors continent américain), même si elle s’est laissé distancer par les deux puissances asiatiques. (Source: Wikipedia et AIB. « Audit customers »)

En ce qui concerne le référentiel néerlandais CCvD-HACCP, il n’y avait que 17 entreprises certifiées en 2004. Avec l’émergence de l’IFS, le BRC, l’AIB et le SQF puis l’ISO 22000, les entreprises se sont tournées vers ces normes à portée mondiale. De plus, ce référentiel ne porte que sur la mise en place de l’HACCP dans l’entreprise, sans aborder les questions d’amélioration continue ou d’organisation. Il est donc limité vis-à-vis des nouveaux référentiels que l’on a vu précédemment. Aujourd’hui, on ne parle presque plus du CCvD-HACCP. (Source : NORMAND N., HABERSTRAU M., octobre 2004)

Enfin, en ce qui concerne les référentiels SQF, la France ne possède aucune entreprise certifiée sous ce référentiel. Cependant, dans toute l’Union Européenne, seuls les Pays Bas (3) et le Royaume Uni (1) ont un certificat SQF. Ce n’est donc pas destiné à l’Europe mais presque uniquement au marché américain.

D’ailleurs, si 2 257 certificats SQF 1000 et 2000 ont été délivrés jusque juillet 2010, les USA (1288 certificats), l’Australie (700), le Canada (74) et le Mexique (33) se partage près de 90% des entreprises certifiées. Le reste est retrouvé dans les autres pays du continent américain, ainsi que le Japon (111 certificats), la Corée (31), la Thaïlande (10), la Nouvelle Zélande (10) et l’Inde (9). (Source: SQF Institute)

4.4. Les normes et référentiels à destination du Monde agricole

On s’intéresse maintenant aux normes et référentiels qui sont davantage destinés au secteur agricole.

monde.

Ainsi, fin 2008, 94 000 certificats ont été délivrés dans le monde. La France n’en a obtenue que

2 673, c’est dire seulement 2,8% alors qu’elle est l’un des plus gros exportateurs de matières premières agroalimentaires. Le pays le plus représenté est l’Espagne (17,5%). (Source : K. Longcôté. 22/02/10)

Les

référentiels

Global

Gap

sont

les

plus

connus

dans

le

En ce qui concerne l’Agriculture Raisonnée, seule 2840 exploitations avaient opté pour ce mode de production en octobre 2009. Cela est très peu, au regard des 300 000 exploitations agricoles professionnelles en France (moins de 1%). Le flou qui entoure les exigences applicables et surtout un référentiel ressemblant à un corpus d’exigences réglementaires entraîne un doute sur l’intérêt réel que peut retirer un agriculteur se conformant à une certification « Agriculture raisonnée ». (Source : Farre, Octobre 2009)

On peut aussi étudier les normes Agriconfiance. Rappelons que la norme NF V01 005 est considérée comme « l’ISO 9001 du secteur agricoles en France » et la norme NF V01 007 celle de l’ISO 14001. Encore une fois, les données sont claires : en février 2010, seulement 120 sites certifiés sur 3000 entreprises coopérative et 1500 filiales en France (2,6% du total). Mais cela représente environ 30 000 exploitations agricoles. Pour la NF V 01 007, seuls 31 sites et 10 000 producteurs sont certifiés. Cela est très peu. Pourtant, l’idée de créer un référentiel constituant le chaînon manquant entre les normes ISO 9001/14001 et le monde agricole est très intéressante. Mais le peu de communication réalisée et les exigences très contraignantes en terme de traçabilité pour l’agriculteur ont limité son développement.

De plus, cela ne constitue pas un avantage concurrentiel suffisant pour les coopératives certifiées. Elles subissent la concurrence des entreprises certifiées ISO dont les référentiels sont plus connus et reconnus. Enfin, Agri-confiance a une portée surtout nationale et n’est pas reconnue au-delà des frontières françaises. (Source : K. Longcôté. 22/02/10)

Terminons par le référentiel « Agriculture Biologique ». Fin 2008, 13 298 exploitations étaient concernées (2,6% des exploitations professionnelles et non professionnelles), ce qui constituait une augmentation de 11% par rapport à 2007 et + 100% en 10 ans. Par contre, 2/3 des surfaces sont réservées au fourrage. Cela fait donc au final peu d’exploitations soumises au référentiel AB à destination de l’alimentation humaine. Mais pour la préparation, la distribution et la transformation de produits AB, les tendances s’inversent. On compte ainsi 7398 entreprises de préparation et/ou de distribution et 5626 entreprises de transformation possédant un ou plusieurs produits AB. Un producteur sur deux réalise la vente en direct de ses produits bio. Si une grande majorité ne font pas uniquement des produits AB, cela démontre tout de même qu’ils sont sujets à un important engouement de la part de la filière. A noter tout de même qu’AB concerne des zones très spécifiques en France : 60% de la production est réalisée dans 7 régions : Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Aquitaine et Bretagne.

En Europe, la France représente 13% du Marché bio, surtout dominé par l’Allemagne et le Royaume-Uni (50% à eux deux). Des efforts sont donc encore à fournir.

Un chiffre intéressant : 25% de personnes consomment des produits bio en France. Les produits phares sont les fruits et légumes, les œufs et les produits laitiers et le pain. Les consommateurs achètent surtout en grandes et moyennes surfaces, mais vont de plus en plus dans les marchés spécialisés. Le consommateur-type est une femme, de plus de 35 ans, résidant en l’île de France, dans l’Est ou le Sud-ouest et de CSP +. Ce sont donc des « consommateurs fidèles ». (Sources : Pronatura, Mars 2008 et Agence bio, 2008)

4.5. Les signes d’identification de la Qualité et de l’Origine

4.5.1. Français

En ce qui concerne le Label Rouge, en 2010, ce sont 500 cahiers des charges enregistrés, dont 400 dans les filières viandes, volailles, charcuteries et salaisons. En tout, 50 000 producteurs sont soumis à un Cahier des Charges « Label Rouge ». Spécifique à la France, il est devenue une référence de Qualité Organoleptique, très connu et prisée sur notre territoire mais aussi à l’étrangers.

En ce qui concerne les AOC, on dénombre en 2010 :

320 appellations pour les vins,

49 pour les produits laitiers,

41 pour les autres filières en 2003.

Les AOC représentent plus de 100 000 producteurs.

4.5.2. Européens

Avec l’émergence des signes européens, la répartition des IGP, AOP, et STG en France et en Europe permet de définir des tendances. Ainsi, pour les AOP, en décembre 2009, et sans tenir compte des produits alcoolisés, 76 cahiers des charges ont été officiellement déposés. Si le chiffre parait peu élevé, il est en fait important vis-à-vis des autres pays de l’Union Européenne qui en compte 463. Ainsi, avec 16,5%, la France est seconde derrière l’Italie. En ce qui concerne l’IGP, la France compte 92 cahiers des charges officiellement déposés en 2010, dont plus de la moitié en produits carnés. L’Union européenne en comptait 395 en 2009. Avec 22,8% des IGP, la France se place première devant l’Italie cette fois-ci. (Sources : site internet de l’INAO)

Pour les STG, très peu de cahier des charges ont été déposés dans l’Europe entière (22 en 2009) et aucun en France pour le moment.

Toujours en 2009, la France compte 166 IGP, STG et AOP rassemblés et se classe 2 nd derrière l’Italie qui en détient 188, mais loin devant l’Espagne qui n’en compte que 128. La France s’est surtout lancée dans les sigles de Qualité pour la viande et les volailles (53 cahiers des charges, 1 ère sur chaque secteur), le fromage (45 cahiers des charges, 1 er du secteur) et se

comporte bien dans le secteur des Fruits et Légumes (33 cahier des charges, 2 ème ex-æquo avec l’Espagne).

La France possède 4 produits qui sont dans le Top Ten des plus gros chiffre d’affaires AOP- IGP (le canard à foie gras du Sud-ouest, la volaille de Loué, le Comté et le Roquefort). Enfin, notons que La France est en deuxième position concernant les produits en attente à la Commission (61), derrière l’Italie qui en compte 102. (Source : CHAILLOUET, D. 6/12/09)

Pour terminer, 140 vins ont été certifiés IGP en 2010, et constituent environ 30% de la récolte annuelle de l’ensemble du vignoble français. (Sources : site internet de l’INAO)

Ainsi, les Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine semblent être privilégiés par les entreprises françaises. Elles semblent être compétitives par rapport à la concurrence européenne, tant en nombre qu’en qualité et chiffre d’affaires. Le phénomène est en plein expansion, vu le nombre de dossiers en attente de validation.

4.6. Mentions valorisantes

Les chiffres concernant les mentions valorisantes ne sont pas communiqués par les grandes instances de la Qualité, de la consommation ou de l’agroalimentaire. Les appellations « Montagne » (30 dénominations montagnes fin 2008) et « Produits Pays » sont des marchés de niches alors que les produits « Fermiers » bénéficient d’une plus grande notoriété et d’une production plus importante en terme de volume. Ces trois mentions sont surtout vendues en Vente directe par le producteur. Quoiqu’il en soit, de par les volumes de vente, le phénomène est quand même assez limité et ne semble pas prendre d’ampleur ses dernières années, probablement étouffé par les Signes Officiels d’Origine et de la Qualité, qui possèdent une plus large couverture médiatique, de surface et de volume. Ils ont donc la préférence des producteurs.

4.7.

Le certificat de conformité

Le Certificat de Conformité Produit a été délivré pour 310 Cahiers des Charges de produits agroalimentaire. Cela représente 264 entreprises issues des filières porcines, charcuterie, volailles et fruits et légumes, tout comme nous avons pu le voir avec les Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine. Toutefois, le succès du Certificat de Conformité Produit est plus limité en terme d’entreprises certifiées, même si elles représentent 60 000 producteurs. D’ailleurs, pour le cas particulier « Marque NF agroalimentaire » qui est le « certificat de conformité d’une norme », seuls 2 produits l’ont reçu : le Jambon Cuit Supérieur et le Tonyu Ainsi, le Certificat de Conformité Produit ou Norme semble plus en retrait vis-à-vis des sigles SIQO. Les différents cahiers des charges se ressemblent et n’ont pas une connotation « qualité organoleptique » supplémentaire comme peuvent avoir les SIQO. Le Certificat de Conformité n’a donc que peu d’intérêt pour les producteurs, transformateurs et distributeurs. (Source : ISARA, Février 2007)

4.8. Les filières Qualité Carrefour

En 2003, on comptait 449 filières Qualité Carrefour, répartis dans 15 pays différents. En France, en 2004, on en comptait 96, qui rassemblaient 35 000 producteurs. Carrefour ne désire pas communiquer sur les chiffres actuels, mais le fait qu’il mette de plus en plus en avant les filières Qualité Carrefour en magasin démontre leur montée en puissance. Les chiffres sont donc dans la tendance des SIQO. Mais si ceux-ci semblaient privilégier la viande et la volaille, les filières Qualité Carrefour semblent s’intéresser à une plus large gamme. En France, en 2004, la répartition des 96 filières se présentaient comme telle :

Fruits et légumes :

37%

Vins :

25%

Poissons :

14%

Fromages :

11%

Viandes :

9%

Les filières Qualité Carrefour semblent s’être intéressées à des secteurs délaissés des SIQO. Avec l’expansion de Carrefour dans le monde, le phénomène devrait perdurer encore longtemps. (Source : Le Journal de Carrefour, Mars 2005)

4.9. Conclusion

Si, au final, on peut s’apercevoir que les entreprises ont une vision assez large des possibilités de certification et que toutes les normes ou certifications sont représentées, des disparités existent.

Au niveau des normes organisationnelles, la France est peu compétitive vis-à-vis des autres pays du Monde et surtout, très en retard par rapport aux « grands » d’Europe : Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni. Par contre, elle est compétitive sur les normes de Sécurité Alimentaire et semble rattraper son retard par rapport aux normes d’organisation. Elle est bien placée sur l’échiquier européen. Probablement poussées par la Grande Distribution, les entreprises françaises s’y sont lancées rapidement et efficacement et ont bien compris l’intérêt d’être certifiées par un référentiel provenant des distributeurs. Le manque d’intérêt des entreprises pour les normes ISO vient peut-être de là : en ayant adhérer à un référentiel déjà restrictif et précis en terme de sécurité alimentaire, de traçabilité, d’analyse des risques et d’amélioration continue, elles ont préféré poursuivre avec les normes IFS et BRC déjà bien maîtrisées ou se lancer vers le marché américain avec AIB. L’obsolescence du CCvD et le quasi-monopole de SQF sur le continent américain les rendent anecdotiques en France et en Europe. De plus, au contraire des normes ISO, ces référentiels ont été créés par et pour la grande distribution et la Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution. Même si la certification n’est pas forcément venue d’un acte volontaire, elle constitue un critère de référencement des entreprises de produits agroalimentaires pour la Grande Distribution. Ces référentiels possèdent donc un atout indéniable. Les entreprises françaises ont donc décidé d’avoir une stratégie de mise en confiance de l’aval du secteur et de miser sur la Sécurité Alimentaire. L’intérêt stratégique et commercial est donc plus important aujourd’hui que pour les normes ISO.

Notons le désintérêt assez flagrant des entreprises et surtout des structures agricoles pour les normes et référentiels de pratiques culturales : en retard pour le référentiel mondial Global Gap, peu intéressé par Agriconfiance et l’agriculture Raisonnée. Seule l’agriculture Biologique tire son épingle du jeu, portée par l’intérêt actuel pour les produits bio.

En fait, ce sont surtout les Signes Officiels de la Qualité et de l’Origine qui semblent faire l’unanimité auprès des producteurs et des transformateurs. Les Labels Rouges et AOC, à portée

surtout nationale, attirent beaucoup les parties prenantes du secteur agroalimentaire. En effet, l’adhésion à un cahier des charges précis en terme de fabrication et de sécurité alimentaire, ajouté à une notion de qualité supérieure organoleptique semble intéresser les producteurs primaires et secondaires, les distributeurs et les consommateurs. Avec l’apparition des nouveaux sigles à portée européenne, la France semble avoir pris le bon chemin pour être compétitive et rester leader du marché européen, en particulier en ce qui concerne les filières Viandes, Volailles, Fromages et Fruits et légumes. D’ailleurs, on peut s’apercevoir que les Certificats de Conformité, qui n’ont pas cet aspect « Qualité supérieure organoleptique » n’ont pas l’adhésion d’une grande partie du secteur agroalimentaire français.

Terminons par les Filières Qualité Carrefour. Leur nombre augmente rapidement et régulièrement. Elles s’intéressent aux filières un peu délaissées par les sigles (poissons, vins et fruits et légumes) et surtout, elles ont de la part de Carrefour, un des leaders mondial de la distribution de produits agroalimentaire, un appui :

Commercial : relation durable et pérenne économiquement

Marketing : Carrefour communique et met en avant les produits

Elles sont un bon compromis entre qualité organoleptique, Sécurité alimentaire et respect de l’Environnement et sont surtout d’une grande simplicité vis-à-vis des Signes Officiels de Qualité et de l’Origine.

Ainsi, nous pouvons voir que les entreprises ont une vision assez large des différentes possibilités qui s’offrent à elles. Chaque secteur a ses préférences, en cohérence avec les apports réels que les référentiels choisis peuvent leur apporter. Cependant, nous pouvons noter un désintérêt flagrant pour les normes d’organisation et de pratiques agricoles alors que les normes de Sécurité Alimentaire et de Qualité et d’Origine sont très prisées. Malgré tout, la multiplicité des normes de chaque type (organisation, sécurité alimentaire, pratiques agricoles, et Qualité Produit) implique une dispersion des entreprises.

Hypothèse n°2 :

La multiplicité est une force car les entreprises utilisent les différentes possibilités dont elles disposent. Tous les référentiels, normes et labels sont représentés et les entreprises françaises sont compétitives sur l’échiquier européen pour les thèmes de Qualité Produit et de Sécurité Alimentaire. La dispersion est pour le moment limitée.

Thèse professionnelle

Page 54

J. DESTREMONT

5.HYPOTHESE N°3

La communication autour des labels, appellations et normes est-elle adaptée et efficace pour satisfaire au mieux les attentes du consommateur final ?

5.1. Explication de la démarche

Après avoir analysé les référentiels et l’intérêt qu’ils suscitent auprès des professionnels, j’ai voulu analyser la connaissance qu’ont les consommateurs sur les normes et référentiels existants. J’ai réalisé un questionnaire à leur intention. Les résultats complets sont disponibles en Annexe 3 et les questionnaires sont disponibles en Annexe 5.

5.2. Questions générales

Le questionnaire a été soumis à 32 personnes. La répartition par tranche d’âge donne les résultats suivants :

12 personnes de 0 à 30 ans (37,5%)

12 personnes de 30 à 50 ans (37,5%)

8 personnes de 50 ans et plus. (25%)

Au niveau de leur activité professionnelle, 25 milieux différents sont représentés. Tous sont uniques à l’exception du secteur agricole (3 personnes), médical (3 personnes), agroalimentaire, bâtiment et environnement (2 personnes chacun). 90% des personnes interrogées font leurs courses elles-mêmes. La fréquence est donnée par le graphique suivant :

La fréquence est donnée par le graphique suivant : On s’aperçoit qu’une grande partie des personnes

On s’aperçoit qu’une grande partie des personnes intérrogées font leurs courses de manière régulière (au moins deux fois par mois). Ils ont donc certaines habitudes de consommation, en particulier au niveau de l’achat. Les résultats obtenus seront donc significatifs.

5.3. Motivations d’achat

A la question : « Quelles sont vos trois principales motivations d’achats », j’ai obtenu les résultats suivants :

CLASSEMENT

TYPE

1

Qualité du produit

2

Prix

3

Image ou marque du produit

4

Label, certification

5

Provenance

6

Valeurs nutritionnelles

7

Mode de production

8

Authenticité

Sans surprise, la qualité et le prix sont les critères les plus importants aux yeux des consommateurs. Ensuite, c’est l’image ou la marque du produit. Le label ou l’appellation n’arrive qu’en 4 ème position. Le mode de production et l’authenticité, alors que ce sont des critères labellisants, arrivent en dernier dans les critères d’achats. On peut donc déjà penser que le label n’est pas un des critères déterminants ou très importants pour le consommateur. Lorsque je posais directement la question, pour 62,3% des personnes interrogées, un label peut impliquer ou favoriser l’achat d’un produit. Parmi les explications données :

La confiance envers le produit

La reconnaissance d’un produit moins industriel, non issu d’une usine

La reconnaissance d’une meilleure qualité

Mais certains évoquent davantage l’aspect commerce équitable ou écologique que qualitatif. Cela dépend aussi du label selon eux. Enfin, pour beaucoup, un label peut favoriser un achat, mais seulement à prix égal ou à bon rapport qualité/prix.

Pour ceux dont le label n’implique pas un achat, les raisons fournies sont surtout que le prix d’un produit labellisé est plus élevé. Certains ne croient pas en une qualité supérieure et donc le label n’a aucun intérêt pour eux.

5.4.

Confiance en l’Industrie agroalimentaire

J’ai ensuite voulu savoir s’ils avaient confiance dans l’industrie agroalimentaire. Je leur ai donc demandé d’attribuer une note relative à cette confiance, de 1 à 4 (1= aucune confiance, 4 = confiance totale) à la filière de manière générale puis au producteur, au transformateur et à la grande distribution. Les résultats sont donnés dans le graphique suivant :

Les résultats sont donnés dans le graphique suivant : On observe que globalement, les consommateurs n’ont

On observe que globalement, les consommateurs n’ont pas une grande confiance dans la filière agroalimentaire. Seuls les producteurs échappent au phénomène. Ils semblent avoir une réelle défiance envers les transformateurs et la Grande Distribution.

5.5. Sensibilité

J’ai voulu connaitre leur sensibilité, c'est-à-dire l’attention qu’ils portent lors de l’achat d’un produit alimentaire par rapport à quatre critères : la qualité du produit, la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement et les pratiques culturales (bio par exemple).

et les pratiques culturales (bio par exemple). Il semble que les consommateurs portent un intêret

Il semble que les consommateurs portent un intêret important à la qualité du produit, ce qui peut paraître normal. Mais ils font aussi attention à la Sécurité Alimentaire, ce qui signifie qu’ils n’ont pas confiance en la filière agroalimentaire pour leur fournir un produit sain et sûr. Les deux autres thèmes passent clairement au second plan.

5.6. Labels de Qualité Produits

Pour évaluer les connaissances des consommateurs sur les labels et appellations de Qualité Produit, ma première question a été de leur demander d’évaluer le nombre de ces référentiels.

leur demander d’évaluer le nombre de ces référentiels. La réponse exacte étaient 12 et la courbe

La réponse exacte étaient 12 et la courbe n’étant pas gaussienne, on peut s’apercevoir que les consommateurs ne le savent pas vraiment. D’ailleurs, pour une bonne partie, ils n’ont même pas pu donner un avis chiffré. Généralement, ils considèrent qu’il y a assez voire trop de labels Qualité et que c’est bon pour le choix, mais ils reconnaissent qu’ils ne les connaissent pas tous et qu’ils ne comprennent pas réellement leur signification. Je leur ai ensuite demandé de me citer spontanéement les labels Qualité qu’ils connaissaient, les premières tendances apparaissent :

Label Rouge

27

Marque AB, bio

22

AOC

21

Commerce équitable

5

Fermier

3

On s’aperçoit donc que trois labels sortent très clairement du lot : le Label Rouge, la Marque AB ou bio et l’AOC. 15% des personnes interrogées m’ont aussi spontanément cité le Commerce équitable, alors que ce n’est pas une norme de Qualité Produit. Le label Fermier est aussi évoquée mais il reste très en retrait vis-à-vis des trois autres labels.

Les personnes interrogées ont aussi cité :

AOP Vins de Pays Agriculture Raisonnée Ecocert ou Ecobio Halal Produits de Pays Produits de nos régions Produits de France Estampilles régionales

On peut donc s’apercevoir que :

2

1

1

1

1

1

1

1

1

On peut donc s’apercevoir que : 2 1 1 1 1 1 1 1 1 L

Label Qualité Produit

marque ou mode de production qui n’est pas un Label Qualité Produit

Sur les douze labels et appellations Qualité produit, seuls 3 sont vraiment connus

Une partie des consommateurs confondent Qualité produit et commerce équitable

Une partie des consommateurs considèrent que les marques « Qualité » des MDD sont des signes officiels.

Un problème de communication et de sensibilisation est donc évident.

Ensuite, je leur ai fourni la liste complète des normes et référentiels existants en leur demandant s’ils les connaissaient. Les résultats sont donnés dans le graphique suivant :

connaissaient. Les résultats sont donnés dans le graphique suivant : Thèse professionnelle Page 59 J. DESTREMONT

On peut observer plusieurs phénomènes :

Parmi les labels et appellations de Qualité produit, 4 sortent très clairement du lot : l’AOC, le Label Rouge, Fermier et Vins de pays.

Les autres labels sont beaucoup moins connus. Notons que AOP, Montagne, Certificat de Conformité et Marque NF agro sont connus par environ 1/4 des personnes interrogées, mais ce sont presque exclusivement les personnes entre 0 et 50 ans. Il y a donc un déficit de communication en ce qui concerne la classe d’âge 50 ans et plus. Les labels restants paraissent globalement inconnus.

Pour les normes et référentiels de Sécurité Alimentaire, Environnement ou encore Pratiques culturales, notons que l’ISO 9001, l’ISO 14001, l’Agriculture Biologique et dans une moindre mesure l’Agriculture Raisonnée sont les plus citées. Les autres paraissent globalement inconnus.

Ce sont surtout les personnes de moins de 50 ans qui connaissent le plus les normes de

sécurité alimentaire ISO 22000, IFS et BRC (1/5 des personnes interrogées environ). A noter que les variations selon les catégories d’âges sont peu significatives. Les graphiques correspondants sont disponibles en annexe 4.

Parmi les référentiels de Qualité Produits les plus connu, voici l’image qu’en ont les consommateurs et les produits à quoi ils les rapportent :

AOC, Label Rouge et Fermier :

quoi ils les rapportent : ∑ AOC, Label Rouge et Fermier : (les résultats correspondent au

(les résultats correspondent au nombre de citations/nombre de personnes qui connaissaient le label)

On s’aperçoit que chaque label à surtout l’image d’un produit de qualité. Les produits Fermiers sont davantage rattachés à la proximité, le terroir, une bonne maîtrise de la production et une qualité supérieur pour le consommateur, ce qui est la réalité. Par contre, la principale caracteristique du Label Rouge est d’être un produit de qualité supérieure ce qui semble échapper au consommateur. Pour l’AOC, il en a l’image d’une bonne qualité rattachée à une provenance géographique, ce qui là encore correspond à la réalité.

Ensuite, si on analyse à quels produits les consommateurs rattachent les trois labels, on obtient :

les consommateurs rattachent les trois labels, on obtient : (les résultats correspondent au nombre de citations/nombre

(les résultats correspondent au nombre de citations/nombre de personnes qui connaissaient le label)

Le consommateur rattache surtout l’AOC au vin et fromage, le Label Rouge aux volailles, viandes et charcuteries et les produits Fermiers aux laitages, œufs, fruits et légumes et volailles (des produits bruts en somme). En faisant le lien avec l’hypothèse n°2, on s’aperçoit que ces tendances sont en phase avec la réalité

Vins de pays :

∑ Vins de pays : J’ai séparé le label « Vin de pays », car c’est

J’ai séparé le label « Vin de pays », car c’est le seul qui a n’a pas toujours une consonance de bonne qualité. Près de 40% des consommateurs ont une certaine méfiance envers ce signe. La encore, un problème de communication parait évident.

5.7. Suggestions

Certaines personnes ont fait des suggestions concernant les labels ou appellations Qualité :

Avoir des labels ou certifications dont on connaisse la signification

Dissocier les labels officiels des marques de Grandes Surfaces

Elargir la communication vers le consommateur sur l’ensemble des labels

Communiquer sur la valeur ajoutée du produit vis-à-vis des produits de base

Diminuer le nombre de labels

Savoir qui est à l’origine du label et savoir qui le contrôle

Ce sont donc surtout des remarques qui concernent la communication. Beaucoup se rendent compte de leur méconnaissance des labels et appellations. Ils aimeraient plus de transparence ou de simplicité et il serait préférable de diminuer leur nombre.

5.8. Conclusion

Pour les consommateurs, les référentiels de Qualité produits ne sont pas déterminants lors de l’acte d’achat. Mais ils sont porteurs d’une image de qualité et de confiance. Hormis pour les producteurs, on observe une méfiance envers les transformateurs et la Grande Distribution. Les référentiels de Sécurité Alimentaire ne donnent pas confiance, probablement du fait de leur méconnaissance pour les consommateurs. Cela est confirmé par la sensibilité et l’attention qu’ils ont pour ce thème lors de l’acte d’achat. Les consommateurs sont peu sensibles envers les référentiels de normes environnementales et de pratiques agricoles, même s’ils connaissent bien l’agriculture bio et raisonnée. Ils ne connaissent pas le nombre de labels Qualité existants et n’en évoquent spontanément que quatre (Label Rouge, AOC, AB et Fermier). Pour les autres, on observe une mauvaise connaissance, surtout pour les personnes de plus de 50 ans. Pour les labels les plus connus, l’image et les produits auquel le consommateur les rapportent sont plus ou moins en phase avec la réalité, même s’il semble y avoir un problème d’information avec les vins de pays. Enfin, les consommateurs sont conscients de leur méconnaissance et considèrent qu’il y a un manque d’information sur les labels de Qualité Produits. Ils aimeraient moins de labels et une transparence des informations.

Hypothèse n°3 : La multiplicité est une force car elle donne confiance aux consommateurs envers
Hypothèse n°3 :
La
multiplicité
est
une
force
car
elle
donne
confiance
aux
consommateurs
envers
les
producteurs
La multiplicité est une force car elle permet de définir un produit par rapport à son label (mais
uniquement pour AOC, Label Rouge et Fermier)
La multiplicité est une faiblesse car les consommateurs ne s’y retrouvent plus parmi tous les
normes et labels Qualité.
La multiplicité est une faiblesse car elle ne donne pas confiance aux consommateurs envers les
transformateurs et la Grande Distribution.
La multiplicité est une faiblesse car mis à part les quatre signes de Qualité Produit, Label
Rouge, AOC, Bio, Fermier, les autres ne sont pas connus du consommateur.

Thèse professionnelle

Page 63

J. DESTREMONT

6.

HYPOTHESE N°4

Les normes et référentiels sont-ils adaptés aux enjeux stratégiques actuels du secteur agroalimentaire ?

Après avoir fait un bilan sur l’utilisation des normes par les différents types d’entreprises, je me suis intéressé aux motivations qui les poussent à choisir tel ou tel référentiel et ce que cela a impliqué comme changement dans l’entreprise. J’ai ainsi réalisé un questionnaire et j’ai ensuite interrogé différents acteurs du secteur agro- alimentaire selon cinq cibles :

Responsable Qualité (deux personnes interrogées)

Grande Distribution (une personne interrogée)

Consultant Qualité (une personne interrogée)

Industrie (quatre personnes interrogées : deux responsable de production et 2 chefs d’équipe)

Amont agricole (un exploitant, un directeur et un président de coopérative interrogés)

La durée moyenne de chaque interview était de 15 minutes. Je vais maintenant vous présenter une synthèse de chaque conversation. Les questionnaires sont disponibles en annexes 6.

6.1. Point de vue de Responsables Qualité

Dans un premier temps, j’ai pris contact avec deux responsables Qualité. L’un exerce sa fonction dans une petite structure, l’entreprise GGF (Guaranteed gluten free), qui est une structure de 12 salariés, spécialisée dans les produits salés surgelés, les produits frais sucrés et les biscuits sans gluten. C’est un micromarché. Son système de Management de la Qualité est encore en phase de mise en place. Le second est responsable Qualité dans une entreprise de viennoiserie industrielle crue surgelée et les beignets cuits congelés nommée Panarmen. C’est un grand site (170 salariés) et le SMQ mis en place a déjà un certain vécu et est efficient.

Les deux structures ont tous deux pour cible la Grande Distribution (Auchan, Carrefour principalement), sous MDD. GGF a en plus une marque propre vendue dans des magasins spécialisés et via internet. Le marché étant petit, la concurrence est faible. Pour Panarmen, leurs principaux concurrents sont d’autres MDD et des marques à forte notoriété comme Pasquier.

En ce qui concerne les démarches Qualité mises en place :

GGF n’a pour le moment aucune certification mais s’est lancée dans une démarche ISO 22000 (objectif : début 2011). Elle compte pouvoir se soumettre ensuite au référentiel BRC. Elle ne désire pas mener ces deux certifications de front car les changements sont trop importants. La démarche se justifie par :

o

L’association des malades céliaques qui oblige les entreprises désireuses de fabriquer des produits sans gluten à être certifiées sous une norme ISO. Cela donne alors le droit à un logo obligatoire pour pouvoir vendre les produits. Le choix de la norme ISO est laissé libres. Pour GGF, l’ISO 22000 permet de cumuler un Système de Management de la Qualité et de la Sécurité Alimentaire.

o

Pour le référentiel BRC, c’est devenu une nécessité sinon l’entreprise ne peut pas produire pour le Royaume-Uni, ce qui la prive d’un important débouché.

Concernant Panarmen, le site est certifié IFS et BRC (95% de conformité au dernier audit) car c’est une obligation des ces clients de la grande distribution. Il travaille sur le référentiel ISO 22000, dans une démarche d’amélioration continue mais sans vouloir passer la certification. L’objectif principal est de remplacer les audits clients.

Si pour le responsable Qualité de GGF, l’objectif est surtout d’obtenir le certificat, pour Panarmen, c’est la recherche de l’efficience et la note de l’audit IFS peut devenir un atout.

Chaque responsable Qualité considère que les référentiels sont bien adaptés à leurs activités et à leurs attentes car ils intègrent les thèmes de maîtrise des risques, d’orientation client et d’HACCP.

Dans les deux entreprises, la Direction est bien impliquée, elle est orientée « Qualité » et « Terrain » et comprend qu’une telle démarche peut améliorer le fonctionnement de l’entreprise.

Mais la responsable Qualité de GGF éprouve plus de difficulté avec les salariés. Ils ne s’impliquent pas à complètement dans la démarche. L’organisation n’est pas encore mise en place et seules des sensibilisations ont été réalisées, notamment pour l’orientation client. Dès qu’un problème survient en production, ils oublient ce qui a été mis en place et la productivité est privilégiée. Pour le responsable Qualité de Panarmen, les opérateurs intègrent les règles et les respectent, même en cas de problème de production.

Pour les deux responsables Qualité, les apports d’une telle démarche sont nombreux : contrôle plus rigoureux de la qualité, amélioration continue, organisation de l’entreprise, mobilisation du

personnel, moins d’audits clients, … Mais chacun a été confronté à des difficultés de natures différentes : Pour GGF, le système amène un peu trop de documentation. Pour le cas de Panarmen, de nombreux points de l’IFS sont surtout des exigences clients qui ont peu à voir avec la Sécurité Alimentaire ou la Qualité produit. L’HACCP seule est suffisante pour la maîtrise des risques et les référentiels de Sécurité Alimentaire rajoutent des points n’améliorant pas directement cette maîtrise.

Dès que la certification sera acquise, GGF communiquera verbalement la nouvelle à tous les clients via les commerciaux. Au contraire, Panarmen ne communique pas le renouvellement des certificats à ces clients qui peuvent aller consulter le portail IFS pour trouver l’information. C’est la base de la différence entre les deux démarches : pour Panarmen, la certification est surtout là pour rester conforme aux attentes du client alors que pour GGF, c’est justement pour satisfaire à une exigence demandée expressément par celui-ci.

Le responsable Qualité de Panarmen doit faire face à un cumul de référentiels. Il pense que cela peut être une bonne chose si l’entreprise en a les moyens. D’autant que les référentiels de Sécurité Alimentaire sont proches et la certification par rapport à l’un peut aisément se faire par rapport à l’autre. Mais il regrette qu’il n’y ait pas une seule norme qui ferait référence dans le secteur.

6.2. Point de vue d’un manager de rayon en hypermarché

J’ai rencontré le manager de rayon « Fromage, Charcuterie et Traiteur » d’un hypermarché Auchan situé en région parisienne. Il n’est pas concerné par les problèmes de Sécurité Alimentaire car c’est le service Qualité Nationale Auchan qui s’occupe de cela (audits fournisseurs, tests, …).

Concernant son rayon, il m’a indiqué que plus des ¾ de ses produits étaient labellisés AOC, AOP, IGP ou Label Rouge. En effet, le Groupe Auchan demande très clairement que les produits dans ses rayons aient une « spécificité ». Chaque chef de rayon doit alors avoir un panel de produits de qualité. Mais ce terme « qualité » signifie « produit remarquable » et non qualité supérieure. Aujourd’hui, Auchan désire faire passer le message : « Nous proposons des produits de qualité spécifique » ayant une origine particulière ou un mode de fabrication particulier.

Selon le chef de rayon :

le consommateur ne connait pas vraiment ce que sont précisément les labels ou appellations. Il connait cependant bien les produits et leur origine. Il se réfère à des zones géographiques de

production au moment du choix et pour être rassuré, il préfère prendre un produit labellisé de type AOC ou label rouge (ex : le Comté ou le Roquefort).

Les habitudes et les choix ne sont pas les mêmes pour le consommateur selon qu’il achète en libre service ou à la coupe. Pour le libre service, en effet, il s’attache surtout à une marque et ne fait pas vraiment attention si le produit est labellisé. Pour la vente à la coupe, le consommateur fait confiance à Auchan. C’est pour cela que chaque rayon se doit d’avoir pour chaque référence un produit de qualité spécifique reconnu et donc labellisé.

En ce qui concerne le producteur, le chef de rayon affirme que c’est presque une obligation pour lui d’être labellisé afin d’être référencé dans les magasins. C’est une « vitrine », un moyen de démontrer sa particularité à Auchan (origine, provenance ou goût). C’est cela qui va le différencier des autres et permettre de créer un partenariat portant sur de gros volume.

Il existe trop d’appellations ou de labels et même lui, professionnel, s’y perd. Grâce au sigle, il va savoir si le produit est défini selon sa provenance, sa recette ou son mode de production mais il ne connaitra pas les détails liés à la fabrication.

Il semble que les différents labels intéressent surtout les producteurs qui démontrent le caractère particulier de leur produit, par l’origine ou la fabrication. Pour le consommateur, cette notion reste encore floue. Le fait qu’il démontre une provenance ou un mode de production semble passer en second plan.

6.3. Point de vue des industriels

Si la certification est d’abord initiée par la Direction, elle est animée par les opérateurs de production. A ce titre, j’ai voulu interroger des personnes proches du terrain. J’ai ainsi pu m’entretenir avec :

Un chef d’équipe de l’entreprise Novandie, spécialisée dans la fabrication de yaourts pour les MDD et sous la marque Mamie Nova. Les produits sont exportés vers l’Union Européenne et la Russie et ses principaux concurrents sont les MDD françaises.

Un responsable de ligne d’une usine Lu, filiale de Kraft Foods, spécialisée dans la biscuiterie industrielle. Ses principaux concurrents sont les MDD mondiales.

Un responsable de production d’un site de la Vermandoise, groupe sucrier français spécialisé dans la production d’alcool et de sucre industriels pour des grossistes. Ses principaux concurrents sont les autres groupes sucriers (ex : Tereos ou Cristal Union)

Un responsable de production d’une coopérative produisant des fibres de lin techniques pour le marché textile, automobile, …

Chez Novandie, une démarche Qualité a été engagée depuis quelques années, par l’intermédiaire des certifications ISO 9001, IFS et BRC. Les motivations qui ont poussé l’entreprise à s’orienter vers l’ISO 9001 n’ont pas été expliquées au chef d’équipe, mais il pense que c’est pour l’orientation client et l’organisation de l’entreprise. Par contre, il sait que les certifications IFS et BRC sont obligatoires pour vendre en Grande Distribution et sur le marché anglo-saxon.

En ce qui concerne la distillerie, elle est certifiée ISO 9001 et il y a mise en place de l’ISO 22000 sur le site, avec comme objectif une certification en 2011. Les principales motivations furent :

rassurer le client (ISO 9001)

réorganiser la structure

améliorer l’efficience du Système Qualité (ISO 22000).

Chez Lu, le site est engagé dans un grand nombre de certifications :

ISO 9001, pour l’organisation et la mise en place d’un SMQ

ISO 14001, pour l’image de marque de LU

IFS et AIB, exigés par les clients

ISO 22000 en préparation, démarche demandée par Kraft sur tout ses sites

Si le site multiplie les certifications, c’est pour s’aligner sur ses concurrents et prouver sa compétitivité. Si c’est d’abord un critère de référencement, ces démarches sont surtout un moyen de communication important dans les domaines : Qualité, Sécurité Alimentaire, Environnement.

La coopérative est en pleine démarche de certification ISO ayant pour but

d’asseoir l’image de marque de bonne qualité de produit de la coopérative,

développer l’activité en s’orientant vers de nouveaux marchés techniques,

structurer l’organisation de la coopérative

En fait, seul le responsable de production de la coopérative considère la certification comme un avantage concurrentiel car cela sera alors la première coopérative de teillage de lin certifiée ISO 9001 en France. Mais il a bien conscience que pour les marchés techniques, c’est devenu un clé d’entrée. Pour les autres, ils considèrent les différentes démarches et certifications de leur entreprise comme un critère de référencement client (pour la sucrerie) et ou un moyen de s’aligner sur les autres concurrents (Chef d’équipe Novandie et responsable de ligne Lu).

Mais quelque soit les motivations, tous considèrent que la certification est incontournable. De plus, la distillerie et la coopérative veulent traiter directement avec les groupes industriels. Pour cela, ils doivent donner des gages de sérieux et cela passe au minimum par une certification ISO.

Si pour le chef d’équipe Novandie, les différents référentiels vont au-delà de la simple Sécurité Alimentaire des produits, les autres personnes interrogées considèrent qu’ils sont plutôt bien adaptés à l’activité. Ils pensent même que cumuler plusieurs référentiels est un avantage, car chacun apporte quelque chose de spécifique dans le fonctionnement pour l’entreprise. Par contre, ils ne savent pas quelles actions se rapportent à tel ou tel référentiel et impose beaucoup d’audits de suivi.

La coopérative a pendant un temps envisagé de passer simultanément les certifications ISO 9001 et 14001. Mais le responsable de production préfère déjà maîtriser un système avant d’envisager d’aller vers une autre norme d’autant que le SMQ n’est pas complètement mis en place.

Tous considèrent que les démarches engagées permettent la mise en place d’un Système de Management pour la traçabilité et la conservation des données. Elles fournissent un cadre qui permet de produire dans de bonnes conditions. Hormis la lourdeur administrative et documentaire, ils ne trouvent pas de contraintes trop importantes dans les démarches. Mais le chef d’équipe Novandie ne voit pas réellement l’intérêt de tels référentiels car il considère que même sans certification, les opérateurs seraient tout de même consciencieux. Il admet cependant que chaque référentiel fait avancer les choses, même s’il ne voit pas toujours le lien avec la Qualité.

Chacun admet que la Direction s’implique dans les démarches et fournissent les moyens humains et matériels nécessaires. Mais pour le chef d’équipe Novandie, la Direction est surtout présente les jours d’audits et chacun déplore que le service Qualité ne discute pas plus avec eux dans la recherche ou la mise en place d’actions ou de nouvelles règles en production. En effets, celles si sont souvent contraignantes pour la production et leurs sont imposées.

Chacun s’accorde à dire que les opérateurs sont très impliqués. Cela passe par une sensibilisation et un affichage clair et attractif. Ils respectent bien les règles, sont appliqués et concernés par la Sécurité alimentaire et le respect de l’organisation, même s’ils ne savent pas toujours le pourquoi des règles ou actions mis en place. Par contre, dans les SMQ encore jeunes, les règles peuvent passer au second plan si un problème survient en production. Dans chaque entreprise, la certification ou son renouvellement sont communiqués aux salariés. Cela permet de pouvoir impliquer davantage les opérateurs.

6.4. Point de vue d’une consultante QSE

Tout d’abord, Madame Longcôté m’a expliqué qu’elle avait rencontrait deux types d’organisation d’entreprise:

L’un où le système Qualité mis en place est efficace. Les entreprises se tournent vers des normes d’orientation clients (IFS, BRC) ou environnementales

L’autre où il n’existe pas de système Qualité. Les organisations vont vers des référentiels permettant l’amélioration de l’organisation (ISO 9001 ou Agriconfiance).

Certaines entreprises avec lesquelles elle a collaboré ont connus des échecs dans leurs tentatives de certification, et en particulier pour l’amont agricole, dus généralement :

à un problème d’harmonisation des changements dans l’entreprise

à un manque d’implication du Conseil d’Administration ou de la Direction

ou à un manque d’intérêt des différents acteurs du projet.

En tant que consultante, elle a eu très peu à faire aux normes de Qualité Produit. Il semble que ce soit des démarches que les producteurs font de manière autonome. Mais elle est beaucoup intervenue dans les structures qui cherchent à se conformer aux référentiels Agriconfiance, ISO 9001, ISO 14001, IFS ainsi que celles qui souhaitent mettre en place l’HACCP.

Les entreprises ont du mal à choisir entre les référentiels car elles ne connaissent pas toutes les possibilités qu’ils offrent et se contentent des plus connues. Le cumul de plusieurs référentiels n’est pas difficile à gérer en interne, mais il engendre un coût que beaucoup d’entreprises ne peuvent supporter.

L’amont agricole est plus exigeant vis-à-vis des fournisseurs dans les démarches initiées. Mais cela se fait généralement plus tard, quand la certification est acquise et que le système possède un certain vécu. Le lien qui unit la coopérative à ses adhérents est fort.

Aujourd’hui, la majeure partie de ses clients initient des démarches Qualité qui leur serviront de critère de référencement client. Mais ce n’est pas pour cela que la décision de se certifier est vécue comme une obligation. Au contraire, très souvent, elle est née de la volonté de la direction. Pourtant, la direction n’est généralement pas complètement impliquée dans le projet et en tant que consultante, elle doit souvent les inciter à s’investir davantage. Ils ont d’autres préoccupations et ne se rendent pas compte de la nécessité d’être présents, notamment à certains moments clés.

Le point de vue de la consultante est que le référentiel ISO 9001 est assez compliqué à appliquer dans les petites structures, à cause d’un manque de moyen, une communication trop succincte et une difficulté pour la direction de motiver le personnel.

Les démarches environnementales sont généralement mieux appréciées par les opérateurs et sont sources d’une motivation plus importante.

6.5. Point de vue de l’amont agricole

Entre l’amont agricole et l’industrie agroalimentaire, des différences existent. J’ai voulu confronter les avis d’un exploitant agricole, d’un directeur et d’un président de coopérative. L’exploitant agricole que j’ai interrogé est spécialisé dans la polyculture et l’élevage allaitant bovin dans les Ardennes. Il constitue le premier maillon de la chaîne agro-alimentaire. Il n’a qu’un type d’interlocuteur : le Négociant (privé ou coopérative). Il subit la concurrence des autres exploitants agricoles (surtout pour le volume de production). Sur son exploitation, et comme dans beaucoup d’autres selon lui, aucune démarche Qualité n’a été lancée, que ce soit au niveau de la Sécurité Alimentaire, de la Qualité produit, de l’environnement ou des pratiques agricoles. La sécurité alimentaire est assurée par les traitements phytosanitaires et une bonne maîtrise du stockage (lutte contre les nuisibles et protection contre les intempéries). Plusieurs raisons ont été évoquées pour expliquer cela :

L’absence de connaissance concernant les différentes possibilités de certification.

Connaissance de l’agriculture biologique mais manque d’intérêt pour ce mode de pratique.

Connaissance de l’agriculture raisonnée mais ignorance de l’existence du référentiel

Inadaptation des normes de Sécurité Alimentaire (gestion documentaire, mise en place d’un système de management de la Sécurité Alimentaire, HACCP pratiquement impossibles sur son exploitation aussi bien pour le coût que pour l’organisation ou la formation).

Aucun de ses clients ne lui a demandé de certifier son exploitation. Il semble que les négociants ne soient pas intéressés. Ils veulent un produit agricole brut, qui sera utilisé ou transformé dans l’industrie agroalimentaire. Il m’a avoué que l’agriculture raisonnée prenait tout de même de plus en plus d’ampleur, mais surtout parce qu’elle permet de réduire les coûts de l’exploitation (moins d’engrais, moins de gasoil utilisé, …). Il semble donc que la certification touche peu l’amont agricole, hormis les exploitants qui se lancent dans un marché de niche par conviction (bio) ou des raisons économiques (agriculture raisonnée).

Le directeur et le président de la coopérative m’ont confirmé ce phénomène. Pour eux, une démarche de Qualité produit est difficile à gérer à leur niveau. En effet, il faut qu’ensuite le produit labellisé conserve son label, ce qui n’est facile parce qu’il va subir plusieurs transformations. Le bio est particulièrement concerné par ce phénomène. Selon eux, ce sont surtout les normes organisationnelles ou de Sécurité Alimentaire qui sont intéressantes pour l’activité. D’ailleurs, c’est pour cela qu’ils ont lancés une démarche de certification ISO 9001 pout leur coopérative. Le référentiel est bien adapté à leurs attentes. Il permet d’organiser la coopérative sans remettre en cause le fonctionnement ou la cohérence de l’entreprise. Mais il n’est pas toujours facilement applicable aux structures agricoles. Pour l’instant, le retour est positif de la part du personnel qui est impliqué, concerné voire demandeur. Les apports d’une telle démarche sont déjà visibles : structuration de la coopérative, ouverture sur de nouvelles problématiques (allergènes, …), redéfinition des responsabilités de chacun. Mais ils trouvent aussi que la démarche constitue une contrainte de formalisation et oblige à changer les méthodes de travail. Et cela nécessite une mobilisation de tous les acteurs. Lorsque la certification sera acquise, le directeur communiquera le résultat au client et au personnel car c’est un facteur de différentiation fort et un motif de fierté. En ce qui concerne d’autres certifications, chacun est d’accord pour se contenter de l’ISO 9001. Ils ont un temps envisagé de se soumettre au référentiel ISO 14001. Mais cela implique des investissements très lourds. Dans le contexte actuelle, ils ne peuvent se le permettent. De plus, les pratiques agricoles sont encore assez difficilement compatibles avec une démarche environnementale de ce type.

En fait, chaque acteur du monde agricole a bien conscience que les choses s’accélèrent avec la réglementation européenne et la prise de conscience sur les questions environnementales, de Sécurité Alimentaire et de traçabilité. Chacun va devoir mettre en place une organisation allant dans le sens de la maîtrise des risques. Si cela n’inquiète pas outre mesure les coopératives, il n’en est pas de même pour les exploitants agricoles, seuls, non formés et non accompagnés. Mais ils savent qu’ils ne pourront y échapper, même si cela remet en cause l’organisation de leur exploitation.

6.6. Point sur les connaissances en certifications

Les personnes que j’ai interrogées connaissaient surtout les référentiels l’IFS, le BRC et l’ISO 22000, ainsi que l’ISO 9001. Les autres référentiels évoqués dans les parties précédentes ne semblaient pas connus, sauf demande spécifique de la part du client. Généralement, les personnes m’ont assuré qu’elles comprenaient les différences entre les types de certifications, mais que les

différences entre les référentiels étaient peu perceptibles. Ils considèrent toutefois qu’il existe beaucoup voire trop de normes et référentiels. Mais cela permet à chaque entreprise de pouvoir choisir celui qui est le plus en adéquation avec ses orientations stratégiques.

6.7. Conclusion

Généralement, la Direction s’implique sensiblement et le personnel s’applique à respecter les règles autant que possible. Mais les démarches sont généralement lourdes à gérer pour les petites structures ou les entreprises en phase de mise en place. Il est regrettable que les opérateurs ne semblent pas plus impliqués dans le projet et ne sont que sensibilisés. A noter une tendance : les petites structures semblent prendre la certification comme une Amélioration Continue ou un axe de développement de la relation client alors que les grandes structures la considère comme une mise à niveau obligatoire face à leur concurrents.

Hypothèse n°4 :

La multiplicité est une force car elle donne de nombreuses possibilités et les entreprises choisissent le référentiel qui leur correspond vis à vis de leurs orientations stratégiques.

La multiplicité est une force car les référentiels sont bien adaptés aux activités des entreprises.

La multiplicité est une faiblesse car la certification n’est plus un critère de différentiation ou un avantage concurrentiel. Les clients l’utilisent comme critère de référencement incontournable.

La multiplicité est une faiblesse car elle offre trop de référentiels et les entreprises ont des difficultés à les connaitre tous et en détail.

La multiplicité est une faiblesse car elle oblige les entreprises à cumuler plusieurs types de référentiel pour pouvoir améliorer l’ensemble de leur organisation car il n’existe pas une référence cumulant Sécurité Alimentaire, qualité produit, organisation et environnement.

La multiplicité est une faiblesse car elle est difficile d’accès pour les petites structures et l’amont agricole (complexité, coûts, …).

La multiplicité est une faiblesse car les référentiels vont trop loin pour de contenter toutes les parties intéressées et sont difficiles à appréhender pour le personnel.

Thèse professionnelle

Page 73

J. DESTREMONT

7.BILAN SUR LES HYPOTHESES

7.1. Rappel des forces

-La multiplicité est une force pour les possibilités diverses et variées qu’elle offre à tout niveau du secteur. Elle permet d’organiser l’entreprise en terme de production (Qualité Produit et Sécurité Alimentaire), de management et d’amélioration continue. -La multiplicité est une force car les entreprises utilisent les différentes possibilités dont elles disposent. Tous les référentiels, normes et labels sont représentés et les entreprises françaises sont compétitives sur l’échiquier européen pour les thèmes de Qualité Produit et de Sécurité Alimentaire. La dispersion est pour le moment limitée. -La multiplicité est une force car elle donne confiance aux consommateurs envers les producteurs -La multiplicité est une force car elle permet de définir un produit par rapport à son label (mais uniquement pour AOC, Label Rouge et Fermier) -La multiplicité est une force car elle donne de nombreuses possibilités et les entreprises choisissent le référentiel qui leur correspond vis à vis de leurs orientations stratégiques. -La multiplicité est une force car les référentiels sont bien adaptés aux activités des entreprises.

7.2. Rappel des faiblesses

-La multiplicité est une faiblesse car il n’y a aucun référentiel qui permette de cumuler Sécurité alimentaire, Qualité produit, organisation et respect de l’environnement de façon similaire. -La multiplicité est une faiblesse car les différences entre chaque référentiel sont souvent peu perceptibles et rendent difficile le choix stratégique pour une entreprise. -La multiplicité est une faiblesse car les consommateurs ne s’y retrouvent plus parmi tous les normes et labels Qualité. -La multiplicité est une faiblesse car elle ne donne pas confiance aux consommateurs envers les transformateurs et la Grande Distribution. -La multiplicité est une faiblesse car mis à part les quatre signes de Qualité Produit, Label Rouge, AOC, Bio, Fermier, les autres ne sont pas connus du consommateur. -La multiplicité est une faiblesse car la certification n’est plus un critère de différentiation ou un avantage concurrentiel. Les clients l’utilisent comme critère de référencement incontournable. -La multiplicité est une faiblesse car elle offre trop de référentiels et les entreprises ont des difficultés à les connaitre tous et en détail. -La multiplicité est une faiblesse car elle oblige les entreprises à cumuler plusieurs types de référentiel pour pouvoir améliorer l’ensemble de leur organisation car il n’existe pas une référence cumulant Sécurité Alimentaire, qualité produit, organisation et environnement. -La multiplicité est une faiblesse car elle est difficile d’accès pour les petites structures et l’amont agricole (complexité, coûts, …). -La multiplicité est une faiblesse car les référentiels vont trop loin pour de contenter toutes les parties intéressées et sont difficiles à appréhender pour le personnel.

7.3. Conclusion

Au travers de cette thèse, j’ai pu voir que la multiplicité est une force car elle donne de nombreuses possibilités aux entreprises pour s’améliorer tant au niveau de l’organisation, de la Qualité Produit, de la Sécurité Alimentaire et de Protection de l’Environnement. De plus, les référentiels sont bien adaptés aux activités et besoins des entreprises de l’ensemble de la filière agroalimentaire.

Mais cette multiplicité constitue surtout une faiblesse car il existe trop de référentiels Qualité et les différences entre chaque normes ou labels sont souvent peu perceptibles (notamment en ce qui concerne la Sécurité Alimentaire et la Qualité produit). Cela complique le choix de l’entreprise. La certification est aussi devenue un critère de référencement qui pousse les entreprises à un cumul de référentiels, souvent lourd à gérer. Enfin, cette multiplicité crée un flou et les entreprises mais aussi les consommateurs ne s’y retrouvent plus et se contentent des quelques référentiels les plus répandus (normes ISO 9001, IFS, BRC, Label Rouge, AOC, Fermier).

Je considère donc que la multiplicité des normes et référentiels Qualité du secteur agro-alimentaire n’est pas un atout pour celle-ci.

Il est regrettable de ne pas avoir une norme de référence qui cumulerait les thèmes organisationnels, de Sécurité Alimentaire, de Qualité Produit et Environnementaux ou éventuellement un référentiel unique pour chacun de ces thèmes qui regrouperait les normes, labels et appellations existants.

Thèse professionnelle

Page 75

J. DESTREMONT

CONCLUSION

Cette

thèse

professionnelle

a

été

pour

moi

connaissances dans la filière agroalimentaire.

l’occasion

de

pouvoir

approfondir

mes

J’ai pu découvrir tout les normes et référentiels existants et les étudier, tant au niveau de leur contenu que de l’intérêt qu’ils suscitent auprès des professionnels du secteur.

Cela m’a permis de comprendre les besoins des entreprises en fonction de leur activité. Grâce à cette thèse professionnelle, je peux maintenant savoir quel référentiel est alors le mieux adapté pour eux en fonction de leurs orientations stratégiques.

De plus, cela m’a donné l’occasion de rencontrer différents acteurs de la filière qui, au-delà du sujet de la thèse, m’ont expliqué les enjeux de la certification et des difficultés qu’ils ont rencontrés. J’ai pu apprécier leur accessibilité et leur franchise.

Il n’a pas toujours été facile de trouver tous les référentiels. De même, les chiffres concernant la certification des entreprises en France sont souvent difficilement accessibles et il m’a fallu croiser plusieurs sources pour pouvoir connaitre le nombre d’entreprises certifiées sous chaque norme.

Je pourrai utiliser les recherches et le travail effectué lors de cette thèse dans mon projet professionnel. Depuis longtemps, j’ai la volonté de travailler dans un service Qualité d’un site de production agroalimentaire. Dorénavant, je pourrais alors conseiller une entreprise sur le référentiel qui lui correspondrait le mieux. L’autre avantage est que je serais opérationnel rapidement dans un système de management de la Qualité, ayant étudié chaque référentiel de manière approfondie.

BIBLIOGRAPHIE

AIB.

Disponible

https://www.aibonline.org/php/aib-directory.php?dirtype=audits&list=country&site=1)

« Audit

customers ».

Date

de

consultation :

20/07/10.

sur :

Agence Bio, site internet de l’AgenceBion. Date de consultation : 05/08/10. Disponible sur :

http://www.agencebio.org

Agence bio, 2008. « L’agriculture biologique française en chiffres -

extrait du dossier de

presse du 29 mai 2009 sur les chiffres 2008 ». Date de consultation : 18/07/10. Disponible sur : http://www.agencebio.org/pageEdito.asp?IDPAGE=145

Agri-confiance, site internet d’Agri-confiance. Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.agriconfiance.coop/agriconfiance/index.htm

Afnor normalisation, « Plaquette ISO TC 34 » Page 2 à 3 sur 8.

Alimentaire-Pro, « Les dénominations "produit fermier", "produit à la ferme". Date de

http://www.alimentaire-

consultation :

05/08/10.

Disponible

sur :

pro.com/dossiers/mentions_valorisantes/produit_fermier.php

Carrefour, 27/11/06, « Sécurité et Qualité des produits ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.carrefour.com/cdc/commerce-responsable/securite-et-qualite-des- produits/

CHAILLOUET, D. 6/12/09, Origine et Qualité, Agence de presse SOCOPAG, « Une analyse

des 880 AOP-IGP-STG enregistrées dans l’UE ». Dernière mise à jour : 21/12/09. Disponible

http://www.socopag.fr/origines-et-qualites/345-une-analyse-des-880-aop-igp-stg-

sur :

enregistrees-dans-lue.html

Certipaq,

o

« Indication géographique Protégée ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://www.certipaq.com/index.php?option=com_content&task=view&id=49&Itemid

=271

o

« Spécificité traditionnelle Protégée ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://www.certipaq.com/index.php?option=com_content&task=view&id=51&Itemid

=219

CHU de Rouen, 17/08/2004, « Connaitre le CHU – Procédure d’accréditation 2004 ». Date de

http://www3.chu-

consultation :

13/05/10.

Disponible

sur :

rouen.fr/Internet/connaitreCHU/activites/qualite/accreditation/

Codex alimentarius, RÉV. 4 (2003), « CODE D'USAGES INTERNATIONAL RECOMMANDÉ -PRINCIPES GÉNÉRAUX D'HYGIÈNE ALIMENTAIRE CAC/RCP 1- 1969 »

contactalimentaire.com, September 2002, « Référentiel hygiène néerlandais CCvD-HACCP - Requirements for a HACCP based Food Safety System – 3rd version,». Date de consultation :

sur :

13/05/10.

Disponible

http://www.contactalimentaire.com/index.php?id=520&task=show&uid=270&target=4&cate

gory=49&cHash=f4ee4d6d77

Coop de France,

« Pourquoi agri-confiance ? ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible

sur :

http://www.coopdefrance.coop/sites/CFCA/qualite_reglement_alim/agri_confiance/agri_confi

ance.aspx

DRAAF, « Utilisation de la dénomination "montagne" pour les produits agricoles et alimentaires ». Date de consultation : 05/08/10. Disponible sur : http://draaf.rhone-

alpes.agriculture.gouv.fr/article.php3?id_article=385

Econovateur, « Agriculture Raisonnée ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://www.econovateur.com/rubriques/savoirplus/abcedaire/agrirais.shtml

Farre,

Site

internet

du

Farre.

Date

de

consultation :

http://www.farre.org/?id=acceuil_public

13/05/10.

Disponible

sur :

Farre, Octobre 2009, « Répartition par département et par production des exploitations qualifiées au titre de l’agriculture raisonnée ». Date de consultation : 18/07/10. Disponible sur

http://www.farre.org/fileadmin/medias/pdf/baro_15_farre.pdf

Ferrah Ali, « Enjeux de la normalisation dans les industries agroalimentaire Partie 2 ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.gredaal.com/industrie/normes-et-

qualite/88-normalisationl-industries-agroalimentaires

Global

Gap.

Date

de

consultation :

13/05/10.

Disponible

sur :

http://www.globalgap.org/cms/front_content.php?idcat=3

Groupe BSI, « ISO TS 16949 – Automobile ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.bsigroup.ca/fr-ca/audit-et-certification/systemes-de-gestion/normes-et-

programmes/iso-ts16949/

Haute Autorité de Santé, « Certification des établissements de santé ». Date de consultation :

13/05/10. Disponible sur : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_5252/etablissements-de-

sante-certification?cid=c_5252

INAO,

o « Les signes d’identification de la Qualité et de l’origine ». Date de consultation :

sur :

http://www.inao.gouv.fr/public/home.php?pageFromIndex=TextesPagesIndep/contact.

php~service=contact~labelphpmv=Contact~mnu=no

o « Guide du demandeur d’une appellation d’Origine (AOC/AOP) » Version 5 daté du

13/05/10.

Disponible

30/03/2009.

http://www.inao.gouv.fr/repository/editeur/pdf/GUIDES_et_NT/Guide_du_demandeu

r_AOC-AOP.pdf

Disponible

sur :

o « Guide du demandeur d’une appellation géographique protégée » Version 2 daté du

sur :

11/02/2009.

Disponible

http://www.inao.gouv.fr/repository/editeur/pdf/GUIDES_et_NT/Guide_du_demandeu

r_IGP_version_2_11_02_09.pdf

o « Guide du demandeur d’un label rouge » Version 3 daté du 02/06/2010. Disponible sur :

http://www.inao.gouv.fr/public/home.php?pageFromIndex=textesPages/Label_rouge_

(Guides_et_NT)410.php~mnu=410

ISARA, Février 2007, « Les signes de QUALITE - Réforme issue de la loi d’orientation

18/07/10. Disponible sur :

agricole

http://www.isara.fr/IMG/pdf/ADCCPA_3EQ.pdf

de

2006 ».

Date

de

consultation :

K. Longcôté. 22/02/10. « Agri-confiance volet vert : Intérêts et enjeux vis-à-vis des autres référentiels », 183 p.

La marque NF, « La marque NF Agroalimentaire ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.marque-nf.com/pages.asp?ref=gp_reconnaitre_nf_nfagro

Le Journal de Carrefour, Mars 2005 « La Qualité a ses filières », n°13, page 17. Date de

sur :

consultation :

19/07/10.

Disponible

http://www.carrefour.fr/static/cfr/infographies/animations/2005_03_les-fqc.pdf

Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie,

nov 2004 « La certification en 7

questions ». Date

:http://www.cstb.fr/fileadmin/documents/evaluation/Certification%20produits/Certification_e

n_7_questions.pdf

de

consultation :

13/05/10.

Disponible

sur :

Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche,

o

2006, Décret n° 2006-1621 du 18 décembre 2006 relatif aux conditions d'utilisation des termes « produits pays » et de leurs transcriptions créoles, Journal Officiel de la République Française du 19 décembre 2006.

o

26/02/2007, « Le label Rouge ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/signes-de-qualite/les-

signes-d-identification-de-la-qualite-et-de-l-origine/le-label-rouge/le-label-rouge/

o

26/02/2007, « Les mentions valorisantes ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/signes-de-qualite/les- mentions-valorisantes

o

édition

2008

« Enjeux

des

industries

agroalimentaires ».

Date

de

consultation :

13/05/10.

Disponible

sur :

http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/industries-agro-

alimentaires/panorama-des-industries-agro-

 

alimentaires/downloadFile/FichierAttache_4_f0/IAA_enjeux_2008.pdf?nocache=127

3655431.51

o

06/02/2008, « Guides de bonnes pratiques ». Date de consultation : 13/05/10.

Disponible sur : http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/securite- sanitaire/guides-bonnes-pratiques

o

30/05/2008, « L’agriculture Biologique ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/signes-de-qualite/les- signes-d-identification-de-la-qualite-et-de-l-origine/l-agriculture-biologique

o

14/01/10,

« Les signes

d’identification de la qualité et de l’origine ». Date de

consultation :

13/05/10.

Disponible

 

sur :

http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/signes-de-qualite/les-

signes-d-identification-de-la-qualite-et-de-l-origine

 

o

14/01/10, « Certificat de conformité ». Date de consultation : 05/08/10. Disponible sur : http://agriculture.gouv.fr/la-certification-de-conformite

NORMAND N., HABERSTRAU M., octobre 2004, La lettre de l’Industrie Alimentaire

http://www.bourgogne-

Bourguignone,

iaa.com/pdf/Lettre_industrie_alimentaire_bourguignonne_octobre_04.pdf

n°2.

Disponible

sur :

Onivins, « Conditions de production des vins de pays ». Date de consultation : 06/06/10. Disponible sur : http://www.onivins.fr/EspacePro/Production/VinPaysIndex.asp

Organisation Internationale de Normalisation,

o

« Les caractéristiques essentielles d’ISO 9001 ». Date de consultation : 13/05/10.

Disponible

sur :

http://www.iso.org/iso/fr/iso_catalogue/management_standards/iso_9000_iso_14000/i

so_9000_essentials.htm

o

« Les Fondements d’ISO 14000 ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://www.iso.org/iso/fr/iso_14000_essentials

o

18/12/2001 « Lignes directrices ISO 9001 pour l’industrie de l’alimentaire et des

boissons ». Date

 

de

consultation :

13/05/10.

Disponible sur :

http://www.iso.org/iso/fr/pressrelease.htm?refid=Ref807

 

o

01/08/2005, « L’ISO 22 000 – Pour la Sécurité des Chaînes Alimentaires ». Date de

consultation :

 

13/05/10.

Disponible

sur :

http://www.iso.org/iso/fr/pressrelease.htm?refid=Ref966

 

o

« L’ISO à l’écoute des clients, rapport annuel 2009 », page 28. Date de consultation :

18/07/10. Disponible sur : http://www.iso.org/iso/fr/annual_report_2009.pdf

 

o

« The

ISO

Survey

2008 ».

Date

de

consultation :

18/07/10.

Disponible

sur

http://www.iso.org/iso/fr/survey2008.pdf

Paquet Hygiène, site officiel du Paquet Hygiène. Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : http://www.paquethygene.com

Pronatura, Mars 2008, Dossier de presse – Annexe. « L’agriculture biologique en questions » Date de consultation : 18/07/10. Disponible sur : http://www.pronatura.com/-DocumentsPDF- /DossierDePresseAnnexes.pdf

Qualité Online, Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur : www.qualité-online.fr

SQF,

le

site

officiel

du

SQF.

Date

de

consultation :

13/05/10.

Disponible

sur :

http://www.sqfi.com/

 

SQF

Institute,

« Find

company ».

Date

de

consultation:

21/07/10.

Disponible

sur :

https://sqfi.muddyboots.biz/Level1Report/FrmFindCompanies.aspx)

SGS, « Le point sur – Filière Qualité Carrefour ». Date de consultation : 13/05/10. Disponible sur :

http://www.fr.sgs.com/fr/home_newsletter_fr_v2/certification_service_newsletter_fr/filiere_q

ualite_carrefour_fr.htm

Liste des normes :

IFS :

o International Food Standard, 2007. « IFS Version 5 », publié par la FCD- Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution (France) et HDE- Hauptverband des Deutschen Einzelhandels e.V. (Allemagne). Aout 2007

BRC:

o British Retail Consortium, 2005, “BRC version 4”, publié par TSO (The Stationery Office). Janvier 2005.

ISO 9001:

o International Organization for Standardization, 2008 ;” ISO 9001”, publié par AFNOR. Novembre 2008

NF V01 005 :

o AgriConfiance, 2004, “NF V 01-005”, publié par AFNOR. Mai 2004

NF V01 007 :

o AgriConfiance, 2004, “NF V 01-007”, publié par AFNOR. Décembre 2004

ISO 14001:

o International Organization for Standardization, 2004, ” ISO 14001”, publié par AFNOR. Décembre 2004.

ISO 22000:

o International Organization for Standardization, 2005,” ISO 22000”, publié par AFNOR. Mai 2006.

ISO 15161:

o International Organization for Standardization, 2001,” ISO 15161:2001”, publié par AFNOR. Novembre 2001

SQF 1000:

o Safe Quality Food, 2010, “SQF 1000 Code 5 ème édition”, publié par Food Marketing Institute. 2010

SQF 2000:

o Safe Quality Food, 2008, “SQF 2000 Code 6 ème édition”, publié par Food Marketing Institute. 2008

CCvD:

o National Board of Expert – HACCP, 2006, « Requirements for a HACCP based Food Safety System », publié par National Board of Expert – HACCP. Juin 2006.

AIB :

o American Institut Of Baking, 2009, “Les normes consolidées d’AIB international pour l’inspection, Programmes préalables et de Sécurité Alimentaire”. Publié par AIB International. 2009.

Global GAP :

o

Global G.A.P (EUREPGAP), 2007, “Points de contrôle et critères de conformité – Système raisonnée de culture et d’élevage – Introduction Version 3». Publié par Global G.A.P., Septembre 2007

o

Global G.A.P (EUREPGAP), 2009, “Points de contrôle et critères de conformité – Système raisonnée de culture et d’élevage – Module applicable aux cultures Version 3». Publié par Global G.A.P. Février 2009

o

Global G.A.P (EUREPGAP), 2007, “Points de contrôle et critères de conformité – Système raisonnée de culture et d’élevage – Module applicable aux fruits et légumes Version 3 ». Publié par Global G.A.P., Septembre 2007

Agriculture Raisonnée :

o Agriculture Raisonnée, Décret national n°2002 – 631 du 25/04/2002, du Ministère de l’Agriculture. Publié au Journal Officiel. 28 avril 2002.

RESUME Un grand nombre de normes, labels ou appellations existent dans la filière agroalimentaire. De l’amont agricole à la Grande Distribution, des référentiels de Sécurité Alimentaire, de Qualité Produit, environnementaux ou de pratiques agricoles sont disponibles. Chaque référentiel a sa spécificité et chaque entreprise peut choisir celui qui lui correspond le mieux. Mais il est regrettable qu’il n’en existe aucun qui allie Sécurité Alimentaire, Qualité produit et protection de l’environnement. De même, chaque référentiel est utilisé en France mais il existe quand même des disparités importantes par rapport au nombre d’entreprises certifiées sous chacun. Ainsi, ce sont surtout les normes ISO 9001, ISO 14001 et ISO 22000 ainsi que les référentiels IFS, BRC et les AOC et Label Rouge que l’on retrouve alors qu’il en existe 26 en totalité. Les acteurs du secteur agroalimentaire sont considèrent généralement que les référentiels qu’ils choisissent sont adaptés à leur activité. Mais ils ne les connaissent pas en détail et encore moins les différences essentielles entres chacun. Par contre, ils savent ce qu’ils peuvent leur apporter. Les Directions Générales sont souvent bien impliquées et les opérateurs respectent bien les consignes. Quand aux consommateurs, ils ont du mal à se retrouver dans les différents sigles Qualité produits. Ils ne connaissent pas exactement leur nature mais ils les rattachent à un produit particulier vis-à-vis du produit de base. Et ceci est une faiblesse. La multiplicité est donc un atout vis-à-vis des différentes possibilités qu’elle fournit aux entreprises. Mais elle complexifie le choix et la compréhension des différents acteurs du secteur agro alimentaire. Mots clés :

Filière agroalimentaire Normes/référentiels/labels Certification Qualité produit Sécurité Alimentaire

A large number of standards, labels or naming exist in the food Industry. From the agricultural upstream To the Mass-market retailing, reference tables of Food safety, Quality Produces, environmental or agricultural practices are available. Every reference table has its specificity and every company can choose the one who corresponds to it best. But it is regrettable that no one allies Food safety, Quality produces and environmental protection. Also, every reference table is used in France but there are not the same disparities with regard to the number of companies certified under each. So, it is especially the standards ISO 9001, ISO 14001 and ISO 22000 as well as the reference tables IFS, BRC and AOC and Label Rouge that we find while there exist 26. The actors of the food industry are considered generally that the reference tables that they choose are adapted to their activity. But they don’t know them in detail and even less the essential differences enter each. On the other hand, they know what they can bring them. Head offices are often well implied and the operators respect well the orders. Concerning consumers, they have difficulty to understand the various initials Quality products. They don’t know exactly their nature but they connect them with a particular product towards the basic product. And this is a weakness. The multiplicity is an asset towards the various possibilities that it supplies to companies. But it complicates the choice and the understanding of the various actors of the food industry. Key words:

Food-processing Standards / reference tables / labels Certification Quality produces Food safety