Ingénieur territorial

ABC
c a t é g o r i e

épreuves écrites de note, de synthèse et de projet
épreuves orales d’entretien et de langue

Réussir les concours interne et externe ou l’examen professionnel

Ingénieur
d’ingénieur territorial nécessite en amont une préparation soutenue et
régulière aux épreuves écrites et orales.

territorial
L’objectif du manuel est donc de vous aider à la programmer et à la rendre
efficace dans le temps qui vous sépare de ces épreuves.

Dans cette perspective l’ouvrage fournit des méthodes et des conseils

épreuves écrites de note,
afin d’appréhender avec succès les sujets fournis. Il apporte aussi des
suggestions, des propositions et des indications de correction ou de
traitement de sujets écrits (annales corrigées) et oraux.

Il aborde aussi chaque spécialité de façon spécifique afin de répondre à
de synthèse et de projet
épreuves orales d’entretien
la diversité des différentes cultures professionnelles propre à l’environ-
nement de l’ingénieur territorial.

Pour être au plus proche de la réalité du métier, le manuel a été rédigé pour
toutes les épreuves par des ingénieurs territoriaux, hormis l’épreuve orale
et de langue
de langue étrangère.

Afin d’être en phase avec les attendus des concours et de l’examen, les Préparation au concours et à l’examen
auteurs sont pour beaucoup membres de jury (correcteurs et examinateurs) d’Ingénieur territorial
et également formateurs au CNFPT.

© 11/7495/ST - CNFPT studio graphique - Imprimerie CNFPT Bruno Rapatout

CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE
80, RUE DE REUILLY - CS 41232 - 75578 PARIS CEDEX 12 - Tél. : 01 55 27 44 00 - Fax : 01 55 27 41 07 - WWW.CNFPT.FR
ISBN : 978-2-84143-317-9 - Les éditions du CNFPT, édition 2008 - Prix 25 €
Ingénieur territorial
Épreuves de note, de projet
Épreuves orales d’entretien, de langue

Coordination Bruno Rapatout

1ère édition
Ouvrage coordonné par Bruno Rapatout, professeur de lettres et formateur au CNFPT

Auteurs

• Dominique Adam ; Ingénieur, Directeur Adam Conseil

• Marc Aubry ; Ingénieur territorial, Syndicat départemental d’électricité du Morbihan

• Laurence Bréus ; Ingénieur en chef, Communauté d’agglomération Val et Forêt

• Sophie Delaitre ; Professeur d’anglais, Lycée Augustin Fresnel de Bernay

• Mohamed El Hourch ; Ingénieur en chef, Conseil général d’Ille-et-Vilaine

• Patricia Kervarec ; Ingénieur territorial, Ville d’Angers

• Jérôme Labreveux ; Ingénieur territorial, CNFPT Grande Couronne

• Nicolas Lubar ; Ingénieur en chef, Communauté d’agglomération de Belfort

• Oumar N’Diaye ; Ingénieur territorial, CNFPT Grande Couronne

• Jacques Perret ; Ingénieur en chef, Ville de Marseille

Le travail des auteurs s’est enrichi des commentaires d’un comité de lecture composé de :
- Philippe Defrance, service ingénierie et développement des formations, CNFPT,
- Pham Van Dat, responsable du service édition, CNFPT.

© éditions du CNFPT, 2008 Aucune partie de la présente publication ne peut être reproduite, mise en
mémoire ou transmise sous aucune forme ni aucun moyen électronique ou mécanique, par photocopie,
enregistrement, ou toute autre façon sans autorisation expresse du centre national de la fonction publique
territoriale.
SOMMAIRE
PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

CHAPITRE 1 : Épreuve de note de synthèse, méthode . . . . . . . . . . . . . . . 7
1 – Présentation de l’épreuve de rédaction d’une note au sein de la spécialité . . 7
2 – Le temps de l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3 – L’exercice de note de synthèse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4 – Le fondement de la méthode, la notion de modes de pensée . . . . . . . . . . . . 16
5 – Dérouler la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

CHAPITRE 2 : Épreuve de note de synthèse, exemples illustrés . . . . . . . 25
1 – Exemple 1 : infrastructures et réseaux, externe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2 – Exemple 2 : ingénierie, gestion technique et architecture, externe . . . . . . . . 35
3 – Exemple 3 : prévention et gestion des risques, interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4 – Exemple 4 : urbanisme, aménagement et paysages, interne. . . . . . . . . . . . . . 43
5 – Exemple 5 : informatique et systèmes d’information, externe . . . . . . . . . . . . 47

CHAPITRE 3 : Épreuve de note de synthèse avec propositions,
méthode (spécialités) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
1 – Corrigé spécialité « infrastructures et réseaux », octobre 2006 . . . . . . . . . . . 73
2 – Corrigé spécialité « infrastructures et réseaux », octobre 2005 . . . . . . . . . . . 76
3 – Corrigé spécialité « urbanisme, aménagement et paysage », octobre 2006 . . 83
4 – Corrigé spécialité « informatique et système d’information », 2006 . . . . . . . 90
5 – Corrigé spécialité « ingénierie, gestion technique et architecture », 2006 . . . 95
6 – Corrigé spécialité « prévention et gestion des risques », 2005 . . . . . . . . . . . 101

CHAPITRE 4 : Établir un projet ou une étude, méthode (options) . . . . 107
1 – Option « déplacement et transport », novembre 2005 . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
2 – Option « paysages-espaces verts », novembre 2005 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
3 – Option « construction et bâtiment », octobre 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
4 – Option « sécurité du travail », octobre 2005. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
5 – Option « hygiène, laboratoire, qualité de l’eau », novembre 2007 . . . . . . . 181
6 – Option « systèmes d’information géographiques, topographie », octobre 2006 . . 189
7 – Option « système d’information et de communication », octobre 2006. . . . 200

Sommaire 3
CHAPITRE 5 : Épreuve de conversation avec le jury, méthode . . . . . . . 213
1 – Exemple 1 : option sig-topographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
2 – Exemple 2 : option sécurité et prévention des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
3 – Exemple 3 : option sécurité et prévention des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
4 – Exemple 4 : option déplacements et transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
5 – Exemple 5 : option paysages, espaces verts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
6 – Exemple 6 : épreuve orale de langue méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248

CHAPITRE 6 : La formation obligatoire des ingénieurs . . . . . . . . . . . . . 253

4 Ingénieur territorial
Présentation de l’ouvrage

Le concours et l’examen professionnel d’ingénieur ne peuvent être obtenus sans une pré-
paration soutenue, entamée très en amont du jour de la première épreuve d’admissibi-
lité.
Cet ouvrage a donc été conçu pour vous aider non seulement à programmer une pré-
paration efficace, mais aussi pour vous fournir des méthodes adaptées aux épreuves
écrites et orales que vous aurez à passer.
Hormis les épreuves de mathématiques, de physique et de langue du concours interne,
vous trouverez analysées toutes les autres épreuves. Ce choix est fondé sur le fait que les
épreuves de mathématiques et de physique nécessitent un traitement particulier ; de
plus, l’épreuve de langue écrite du concours interne n’est effectuée que par un nombre
très restreint de candidats.
Ajoutons que cet ouvrage a été entièrement rédigé par des ingénieurs, sauf bien évi-
demment tout ce qui concerne l’épreuve orale de langue étrangère, qui a été élaborée
par un professeur d’anglais.
Tous les auteurs sont à la fois ingénieurs, correcteurs des épreuves écrites et examina-
teurs à l’oral. Beaucoup sont également concepteurs de sujets.
Dès lors, une très grande liberté leur a été laissée dans leur approche des épreuves, les
méthodes qu’ils souhaitaient proposer, les traitements de sujets réalisés. Cette liberté est
pour nous synonyme de richesse. Elle doit vous permettre de comprendre qu’il n’y a ni
méthode incontournable, ni traitement obligatoire, même s’il existe un certain nombre
de passages obligés comme pour toute technique.
Une unité de ton a malgré tout été recherchée afin que le lecteur ne soit pas perdu par
cette polyphonie.
D’un point de vue pratique, signalons qu’il vous appartient de télécharger sur le site du
CNFPT (www.cnfpt.fr) les sujets qui sont l’objet de corrigés.
Terminons en vous souhaitant tout le succès possible, non seulement pour réussir ce
concours ou cet examen, mais également pour exercer les missions -ô combien passion-
nantes !- de l’ingénieur territorial.

Bruno Rapatout

Présentation de l’ouvrage 5
Épreuve de note
de synthèse
Méthode
Chapitre I

1. Présentation de l’épreuve de rédaction
d’une note au sein de la spécialité

A - Libellés réglementaires de l’épreuve
L’épreuve de rédaction d’une note est présente au concours externe, au concours interne
et à l’examen professionnel.
Le libellé réglementaire de l’épreuve d’admissibilité du concours externe d’ingénieur
territorial est ainsi formulé :
« L’épreuve d’admissibilité consiste, à partir de l’analyse d’un dossier remis au candidat,
en la rédaction d’une note tenant compte du contexte technique économique ou juri-
dique lié à ce dossier. Celui-ci porte sur une spécialité choisie par le candidat au moment
de son inscription (durée : 5 heures, coefficient 5)».
Le libellé réglementaire de l’épreuve d’admissibilité du concours interne d’ingénieur
territorial est ainsi formulé :
« Le concours interne d’ingénieur territorial comporte trois épreuves d’admissibilité :
1.) Une épreuve écrite de mathématiques appliquées et de physique appliquée (durée
4 heures, coefficient 3).
2.) L’établissement d’un projet ou études portant sur l’une des options choisies par le
candidat lors de son inscription au sein de la spécialité dans laquelle il concourt
(durée 8 heures, coefficient 7).
3.) La rédaction d’une note à partir d’un dossier portant sur la spécialité choisie par le
candidat au moment de son inscription (durée 4 heures, coefficient 3). »

Epreuve de note de synthèse, méthode 7
Le libellé réglementaire pour l’examen professionnel d’ingénieur territorial (1er alinéa) est
ainsi formulé :
« 1. La rédaction, à partir des éléments d’un dossier remis au candidat, d’une note fai-
sant appel à l’esprit d’analyse et de synthèse de l’intéressé (durée 4 heures, coeffi-
cient 3). La rédaction ne se décline pas par spécialité ou par option. Pas de
programme réglementaire.
2. L’établissement d’un projet ou études portant sur l’une des options choisies par le
candidat lors de son inscription, parmi celles prévues à l’annexe II du décret n° 90- 722
du 8/08/1990 (durée : 4 heures, coefficient 5). »
Les deux libellés réglementaires du concours décrivent une épreuve de note au sein de la
spécialité. Concernant cette épreuve de note, les différences majeures entre les concours
interne et externe portent sur la durée de l’épreuve, sur le coefficient et sur le barème
interne de l’épreuve.
Concours interne : durée de l’épreuve 4 heures, barème indicatif 12 points pour la syn-
thèse, 8 points pour les propositions.
Concours externe : durée de l’épreuve 5 heures, barème indicatif 8 points pour la synthèse,
12 points pour les propositions.
Le libellé réglementaire de l’examen ne fait pas appel à la notion de spécialité et les su-
jets abordés sont divers (voir tableau joint des thèmes du sujet de rédaction d’une note en
examen professionnel d’ingénieur) :
Année Thèmes du sujet de rédaction d’une note en examen professionnel d’ingénieur
2006 Amiante
2005 Haute qualité environnementale
2004 Vidéosurveillance
2003 Maintenance du patrimoine bâti
2002 Gestion des déchets
2000 Insécurité urbaine
1999 Gestion de l’eau
1998 Mondialisation de la communication
1997 Pollution de l’air
1996 Exclusion dans la ville
1992 Amélioration de service aux habitants HLM

En conséquence, les attentes des correcteurs sont différentes pour le concours interne ou
externe et l’examen professionnel. Les différences portent essentiellement sur le volume
de la copie rendue par le candidat, même si la nature des exercices est identique.
Pour le concours interne (ainsi que pour l’examen), l’ordre de grandeur du volume total
de la copie est de 8 à 10 pages ; pour le concours externe il est plutôt de 10 à 12 pages (à
titre indicatif).

8 Ingénieur territorial
B - Le sujet de l’épreuve de note
D’une manière générale l’épreuve de note est composée de manière suivante :
• Une introduction brève présente un contexte général de collectivité territoriale. Ce
contexte évoque la position du candidat au concours en le présentant comme un «lau-
réat du concours d’ingénieur territorial» qui vient d’être recruté, ou comme un «res-
ponsable du service x» en charge de telles ou telles missions, etc. Dans cet exposé du
contexte, la nature de la collectivité est souvent donnée (ville, intercommunalité, etc.)
ainsi que son nom et sa taille. D’autres éléments complètent quelquefois cette intro-
duction en renseignant des axes de politiques de la ville, des projets auxquels sont sen-
sibles les élus, des missions qui sont confiées à l’ingénieur territorial, etc.
Mais certains sujets ne présentent aucun élément de contexte général.
• Une première question ou une première partie est formulée de la manière suivante :
«Vous rédigerez une note de synthèse à partir des éléments du dossier joint». Certains
sujets précisent les axes à développer. Par exemple, sujet externe d’octobre 2006 en in-
frastructures et réseaux, « Dans une première partie, vous rédigerez, à partir des élé-
ments du dossier joint, une note de synthèse présentant les différentes dimensions et
conditions de la sécurité du vélo en milieu urbain».
• Une seconde question ou une seconde partie est formulée de la manière suivante : «
Vous établirez ensuite un ensemble de recommandations à l’attention de décideurs ter-
ritoriaux désireux de... ».
• Une liste de documents joints suit l’énoncé du sujet. Cette liste comporte le numéro des
documents, le titre de chacun des documents ainsi que leur origine documentaire, date
et auteur.
• Un nota rappelle les pénalités appliquées pour les fautes d’orthographe ou de syntaxe
(usage actuel : 2 points de pénalité maximum pour 10 fautes). Le nota précise égale-
ment les règles d’anonymat à respecter pour le rendu de la copie.
• Un dossier de 30 à 40 pages est joint au sujet.
L’exercice appelé « synthèse » correspond à la formulation de la première question, l’exer-
cice appelé « propositions » ou « recommandations » correspond à la formulation de la
seconde question. Ces deux exercices sont soumis à un barème indiqué sur le document
remis le jour du concours.

C - Nature des exercices
L’exercice de synthèse diffère fondamentalement de l’exercice de propositions.
L’exercice de synthèse a pour objectif de rendre compte des informations et des idées
contenues dans le dossier fourni, sous une forme rédigée, respectueuse de l’expression
française, organisée par un plan avec le souci de condenser le propos tout en gardant une
vision globale du dossier.
La note de synthèse ne doit contenir que des informations et des idées provenant du dos-
sier, toute information ou idée personnelle du candidat doit en être exclue.
Le candidat doit reformuler les idées extraites du dossier, la note de synthèse ne peut être
une compilation de « copier-coller » des textes ou extraits de textes composant le dossier.

Epreuve de note de synthèse, méthode 9
La bonne maîtrise de l’exercice de synthèse relève de la mise en œuvre de méthode et
d’outils.
L’exercice de recommandations s’inspire du travail de l’ingénieur territorial auprès des dé-
cideurs territoriaux comme conseil, force de propositions. Les propositions ou recomman-
dations émises par le candidat reflètent ses connaissances en matière de collectivités
territoriales, de leur organisation, de leurs missions, des cadres réglementaires applicables,
du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux, des techniques de la spécialité, etc.
La bonne maîtrise de l’exercice de recommandations relève de la mise en œuvre et du dé-
ploiement de connaissances relatives aux collectivités territoriales et à leur environnement
ainsi qu’aux acteurs et à leurs missions dans le champ du métier identifié dans le sujet.

2. Le temps de l’épreuve
A - Maîtriser son temps de travail
La réussite à l’épreuve de note repose pour une grande partie sur la capacité du candidat
à maîtriser son temps de travail. Ce dernier s’organise, d’une part, en découpant l’ensemble
des activités et tâches à réaliser dans un processus général qui conduit à la livraison de la
copie au terme du temps de l’épreuve et, d’autre part, en prévoyant et en respectant pour
ces activités et tâches des temps d’exécution.
Deux réalisations sont à considérer pour l’épreuve : la réalisation de la synthèse et celle
des propositions.
Nous l’avons vu, ces deux exercices sont fondamentalement différents en terme de travail
demandé. Cependant, ils s’articulent généralement sur la complémentarité de l’exercice
de propositions par rapport à l’exercice de synthèse. Il est donc recommandé de commencer
par la synthèse afin d’éviter les interférences maladroites ou les redondances inutiles.
L’organisation générale du travail doit envisager le processus de réalisation de la synthèse
puis le processus de réalisation des propositions.

B - Les séquences de travail
L’ensemble du travail à réaliser peut être globalement découpé selon la proposition sui-
vante :

10 Ingénieur territorial
ACTIVITÉS TÂCHES FINALITÉ
Travail préparatoire • Prise de connaissance, analyse du Établir un relevé d’informations
à la rédaction sujet permettant la rédaction de la synthèse
de la note de synthèse • Prise de connaissance et exploitation
du dossier
• Préparation de la rédaction
Rédaction • Élaboration du plan Rédiger définitivement la partie
de la note de synthèse • Rédaction de l'introduction synthèse sur la copie de concours (4 à
• Rédaction du développement 5 pages en concours interne, 5 à 6
• Rédaction de la conclusion pages en concours externe)
Relecture finale • Lecture attentive (recherche de Correction des éventuelles fautes
de la note de synthèse fautes d’orthographe) d'orthographe qui pourraient
• Corrections des fautes pénaliser la note finale
Travail préparatoire • Prise de connaissance, analyse du Établir un relevé d’idées permettant la
à la rédaction sujet rédaction des propositions
des propositions • Recherche et structuration des idées
• Préparation de la rédaction
Rédaction • Élaboration du plan Rédiger définitivement la partie
des propositions • Rédaction de l'introduction propositions sur la copie de concours
• Rédaction du développement (4 à 5 pages en concours interne, 5 à
• Rédaction de la conclusion 6 pages en concours externe)
Relecture finale • Lecture attentive (recherche de Correction des éventuelles fautes
des propositions fautes d’orthographe) d'orthographe qui pourraient
• Corrections des fautes pénaliser la note finale

C - Analyse des activités
L’analyse de chacune des activités permet de mesurer leur importance relative et l’inci-
dence dans l’organisation des temps de travail.

Les activités de relecture
Pour ce qui concerne l’activité de relecture finale, nous pouvons nous interroger sur ses
enjeux et son utilité.
Les enjeux sont certes importants, la perte de 2 points de pénalité pour l’orthographe peut
être rédhibitoire. Mais la relecture finale n’est utile que si elle est efficace et il convient de
s’interroger sur ce qu’il y a à gagner au regard du temps investi. En prenant comme base
les volumes indicatifs à rédiger et les temps moyens de lecture attentive d’un adulte, l’en-
jeu de temps représente 10 à 15 minutes.
L’utilité de la relecture est relative. Pour simplifier, partons de l’affirmation qu’il existe trois
grandes catégories de personnes :
La première catégorie de personnes ne produit pas de fautes à la rédaction ; pour cette
catégorie la relecture est inutile.
La deuxième catégorie de personnes produit des fautes à la rédaction par méconnaissance
des règles grammaticales et orthographiques et une relecture attentive ne lui permet pas
toujours de corriger les fautes. Voire, elle peut en rajouter ; pour cette catégorie la relec-
ture est également inutile et de plus contreproductive.

Epreuve de note de synthèse, méthode 11
La troisième catégorie de personnes produit des fautes à la rédaction par inattention et
une relecture attentive lui permet de les repérer et de les corriger ; pour cette catégorie
la relecture est indispensable et efficace.
En définitive, pour cette activité, chacun doit s’interroger sur ses compétences en matière de
correction orthographique et grammaticale pour décider de l’opportunité d’une relecture.

Les activités de rédaction
Ces activités, directement évaluées par les correcteurs, sont extrêmement sensibles. La qua-
lité rédactionnelle, la présentation générale, la lisibilité de la copie pèsent dans l’appré-
ciation de l’examinateur. Le temps consacré aux activités de rédaction de la synthèse et
des propositions doit donc être finement apprécié et scrupuleusement respecté le jour du
concours.
Le temps nécessaire à la rédaction dépend de deux paramètres : le volume à rédiger et la
vitesse d’écriture, elle-même en corrélation avec les relevés d’idées.
Ce délai d’écriture peut aller du simple au double : 15 à 30 minutes par page. Un entraî-
nement suivi permet au candidat de mieux évaluer ses capacités de rédaction pour pré-
parer l’épreuve du concours.

Les activités de travail préparatoire à la synthèse et aux
propositions
Nous l’avons vu, la synthèse mobilise une approche méthodologique alors que les propo-
sitions mobilisent des connaissances techniques, expertes, procédurales, liées au monde des
collectivités territoriales.
Le temps de travail préparatoire pour les propositions varie selon le niveau de maîtrise du
sujet. Une bonne connaissance du sujet en facilite la réalisation et représente un gain de
temps considérable pour les autres activités ; une connaissance moyenne ou faible du su-
jet nécessite un investissement préparatoire plus important ; une méconnaissance du su-
jet peut difficilement être compensée par un temps de réflexion supplémentaire.
Il est recommandé de prendre connaissance du sujet de propositions dès le début de
l’épreuve afin de définir le temps de travail préparatoire nécessaire et d’ajuster les autres
activités en conséquence. Un autre argument pèse en faveur d’une prise de connaissance
du sujet de propositions en début d’épreuve. La différence de nature entre les deux exer-
cices, la fatigue, la tension le jour du concours peuvent faire oublier des idées à dévelop-
per dans les propositions. Une prise de note rapide d’idées pour les recommandations (une
à deux minutes) aide le démarrage de la réflexion le temps des propositions venu.
Le travail préparatoire à la synthèse est principalement dédié à l’exploration du dossier et doit
aboutir à la réalisation d’un relevé d’idées nécessaire et suffisant à la rédaction de la synthèse.
Mise en garde : le travail de note de synthèse débute par la découverte d’un dossier de
trente à quarante pages en début d’épreuve, lorsque la pression du temps qui passe n’est
pas encore forte. Cette phase comporte le risque de se perdre dans une prise de connais-
sance approfondie, détaillée et dévoreuse de temps, pénalisante pour tout le reste de
l’épreuve.

12 Ingénieur territorial
D - Planifier le travail de l’épreuve de note
À partir des éléments d’analyse précédemment développés, chacun peut planifier son tra-
vail pour l’épreuve de note de la manière suivante.
Lors d’entraînements à la note de synthèse et aux propositions, les temps de rédaction cor-
respondant aux volumes souhaitables sont mesurés. Il est recommandé de structurer le
reste des activités autour de ces temps de rédaction. Il est réaliste d’envisager un temps
pour le travail préparatoire à la synthèse supérieur à celui préparant les propositions. Il est
rappelé que ce dernier est à ajuster le jour de l’épreuve en fonction du sujet et que les
temps de relecture doivent être justifiés.
Le respect du planning doit être rigoureux : tout glissement de temps lors des premières
activités se paie inévitablement lors de la dernière phase de travail, à savoir la rédaction
des propositions.

Exemple de planning pour une épreuve 5 heures

ACTIVITÉS/TÂCHES TEMPS À PASSER (temps fixe) TEMPS À PASSER (temps modulé)
Prise de connaissance 1 à 5 minutes en fonction du contexte
du sujet de synthèse développé ou non
Prise de connaissance 1 mn
du sujet de propositions
Réflexion rapide 2 mn
sur ses connaissances
liées aux propositions,
prise de note rapide
(mots-clés sur un brouillon).
Incidence sur le temps
de travail préparatoire
pour les propositions
Travail préparatoire 1h
à la synthèse
Rédaction de la note 1h 20 mn
synthèse (à définir suite aux entraînements)
Relecture de la synthèse 8 mn (si utile)
Travail préparatoire 1h (à définir suite à la prise de
aux propositions connaissance du sujet et reporter
éventuellement du temps sur la
séquence de préparation de synthèse)
Rédaction des propositions 1h 20 mn
(à définir suite aux entraînements)
Relecture de la synthèse 8 mn (si utile)

Epreuve de note de synthèse, méthode 13
Exemple de planning pour une épreuve 4 heures

ACTIVITÉS/TÂCHES TEMPS À PASSER (temps fixe) TEMPS À PASSER (temps modulé)
Prise de connaissance 1 à 5 minutes en fonction du contexte
du sujet de synthèse développé ou non
Prise de connaissance 1 mn
du sujet de propositions
Réflexion rapide 2 mn
sur ses connaissances
liées aux propositions,
prise de note rapide
(mots-clés sur un brouillon).
Incidence sur le temps
de travail préparatoire
pour les propositions
Travail préparatoire
à la synthèse 1h
Rédaction de la note 1h 20 mn
synthèse (à définir suite aux entraînements)
Relecture de la synthèse 8 mn (si utile)
Travail préparatoire 1h (à définir suite à la prise de
aux propositions connaissance du sujet et reporter
éventuellement du temps sur la
séquence de préparation de synthèse)
Rédaction des propositions 1h 20 mn
(à définir suite aux entraînements)
Relecture de la synthèse 8 mn (si utile)

3. L’exercice de note de synthèse
A - La formulation du sujet de synthèse
On l’a vu précédemment, la formulation du sujet de synthèse est plus ou moins orientée
selon les spécialités et les années.
Lorsque la formulation du sujet de synthèse est générale, il convient d’aborder le travail
en considérant la globalité du dossier fourni.
Lorsque la formulation du sujet de synthèse précise un axe ou plusieurs axes de travail, il
convient alors d’aborder le dossier en tenant compte de ces indications, ce qui peut avoir
pour conséquence de placer hors champ du sujet certaines parties du dossier joint.

B - Le dossier joint
Le dossier joint est un ensemble documentaire qui comporte 30 à 40 pages, soient envi-
ron 5 à 15 documents d’origines diverses, qui proviennent :
• De la presse territoriale (Gazette des communes, des départements des régions;
Techni.Cités; La Lettre du Cadre Territorial, etc.).

14 Ingénieur territorial
• De la presse professionnelle (Diagonal, Moniteur du Bâtiment et des Travaux Publics,
etc. – en fonction des spécialités –).
• De la presse généraliste (Le Monde, Nouvel Observateur, etc.).
• Des textes juridiques (lois, décrets, arrêtés, etc.).
• De documents issus de collectivités locales (guides à l’attention des usagers, documents
de communication interne, externe).
• De documents de travail ou de publications issues d’instances parlementaires de com-
missions gouvernementales, etc.
• D’extraits d’ouvrages spécialisés.
• Etc.
La forme des documents joints au dossier peut être des copies de documents papier ou
des tirages de documents numériques. Dans les deux cas, on retrouve des textes, des ta-
bleaux, des illustrations, des plans.
Chacun des documents est identifié par un numéro et le dossier est paginé.

C - Le travail à réaliser en synthèse
Il s’agit pour le candidat de rendre une copie rédigée (à titre indicatif : 5 à 6 pages en ex-
terne, 4 à 5 pages en interne) exprimant clairement et objectivement les idées et infor-
mations importantes contenues dans le dossier.
L’exigence de clarté est associée à l’obligation d’organiser les idées et informations du dos-
sier. La traduction de l’organisation des idées et informations se réalise par la construction
d’un plan et le respect des règles de structuration de l’expression française.
La synthèse est un exercice d’organisation pour lequel le candidat doit faire preuve de ca-
pacité à repérer, trier, hiérarchiser, organiser, reformuler les idées importantes d’un en-
semble documentaire.
La synthèse n’est pas la somme des résumés un à un des différents documents du dossier.
La synthèse n’est pas le commentaire du candidat sur le dossier.
Les qualités rédactionnelles et la maîtrise de l’expression française doivent également s’ex-
primer dans la copie de synthèse.

D - Processus et méthodes en synthèse
On appelle «méthodes» dans l’exercice de synthèse la démarche, l’itinéraire, qui permet
d’aller de la remise au candidat du sujet, assorti du dossier, à la fin de la rédaction de la
partie synthèse.
Les méthodes qui permettent de conduire ces différentes étapes sont diverses et les ou-
vrages concernant la note de synthèse sont nombreux. Cependant, toutes les méthodes de
synthèse ne sont pas adaptées à la particularité de l’exercice proposé au concours ou à
l’examen, à savoir une contrainte forte en terme de temps. Il est à noter par exemple que
certaines méthodes proposent une lecture détaillée du dossier à synthétiser. C’est une ex-
cellente manière de garantir l’exhaustivité des idées et informations retenues, mais ce ne
peut être applicable dans l’exercice du concours : un dossier de 35 à 40 pages représente
à peu près 20 000 mots, sa lecture soutenue demande environ 1 h 30 (selon la vitesse
moyenne de lecture d’un adulte), ce temps passé est trop long.

Epreuve de note de synthèse, méthode 15
La méthode développée ci-après s’appuie sur deux principes qui favorisent la prise en
compte de la dimension temps :
• La vision synthétique, c’est-à-dire travailler autant que faire se peut d’une manière glo-
bale, ne jamais céder au souci du détail et toujours accrocher chacun des éléments re-
pérés à un tout.
• L’anticipation, c’est-à-dire travailler en gardant en permanence à l’esprit le résultat à
obtenir, à savoir une copie rédigée, organisée sous forme d’un plan. Toute activité pré-
paratoire à la synthèse doit se retrouver et anticiper cette finalité.

4. Le fondement de la méthode, la notion de
modes de pensée
La réflexion à l’origine de la méthode proposée donne la priorité au résultat attendu, à
savoir la note de synthèse rédigée, en particulier l’organisation de cette note de synthèse.
Le premier effort dans cette méthode est le repérage de l’organisation possible des idées
de la synthèse. Ce travail d’identification du mode de pensée dominant, significatif de l’or-
ganisation de synthèse, est le moteur de la méthode.
Il permet de décliner les deux principes énoncés, la vision synthétique et l’anticipation, dans
toutes les séquences de travail.

A - Mode de pensée dominant
Le fondement de la méthode proposée relève :
• Premièrement, que tout système d’idées organise ses idées les unes avec les autres.
• Deuxièmement, que cette organisation des idées ne peut se faire que sur trois modes :
le mode problématique ou explicatif, le mode thématique ou descriptif et le mode com-
paratif ou binaire.
• Troisièmement, que généralement un système d’idées est dominé par l’un de ces trois
modes, il est alors appelé mode de pensée dominant.
• Enfin quatrièmement, que la synthèse rédigée est justement un système d’idées
.

B - Le mode de pensée problématique ou explicatif
Ce mode de pensée articule les idées de manière logique, souvent par des liens de causa-
lité, avec pour objectif d’expliquer une situation, un phénomène, de faire comprendre, de
résoudre un problème, etc. Les idées s’enchaînent en répondant principalement aux ques-
tions : « Pourquoi, comment, dans quel but, avec quelle intention, quelles consé-
quences ? » etc.
Par exemple, une synthèse sur la pollution de l’air pourrait, dans un premier ordre d’idées,
établir des constats objectifs de pollution de l’air puis, dans un deuxième ordre d’idées,
examiner les causes de cette pollution (transport, industrie...), ensuite, dans un troisième
ordre d’idées, exposer les différentes solutions mises en œuvre dans les collectivités.

16 Ingénieur territorial
C - Le mode de pensée thématique ou descriptif
Ce mode de pensée n’articule pas les idées. Il les regroupe, les juxtapose, les réunit autour
d’un thème général. Sa finalité n’est pas d’expliquer, mais plutôt d’exposer, de dépeindre,
de décrire une situation, un phénomène, un concept... Les idées se suivent en répondant
principalement aux questions : « Qui, quoi, où, quand ? » etc.
Par exemple, une synthèse sur la ville aujourd’hui pourrait décrire les différentes fonctions
urbaines (sociale, économique, humaine, esthétique...) sans chercher à établir des liens de
causalité ou à expliquer quoi que ce soit.

D - Le mode de pensée binaire ou comparatif
Dans le cadre d’une note de synthèse, ce mode de pensée n’existe qu’exceptionnellement
en tant que mode dominant.
Ce mode de pensée articule les idées en les comparant, en les opposant, en montrant leurs
complémentarités. Il a pour objet des points de vue, les avantages/inconvénients des ré-
ponses à un problème, etc.
Par exemple, on pourrait imaginer une synthèse comparant en informatique des solutions
propriétaires et des solutions libres.

5. Dérouler la méthode
1er objectif : comprendre la demande
C’est une évidence. C’est probablement pourquoi on l’oublie aussi souvent.
L’analyse des éléments du sujet et du contexte est indispensable.
On l’a déjà vu, le sujet peut comporter des indications qui peuvent orienter le travail à réa-
liser pour la synthèse. Ces indications du sujet ou du contexte ne sont à prendre en compte
que dans la mesure où s’exprime clairement cette volonté.

2e objectif : définir une stratégie de prise de
connaissance du dossier
Nous avons vu qu’il n’est pas envisageable de procéder à une lecture exhaustive du dos-
sier. En d’autres termes, cela signifie qu’il va falloir choisir les documents ou parties de do-
cuments dont on souhaite prendre connaissance, ou à l’inverse que l’on souhaite ignorer.
Cette approche participe à la construction de la synthèse de manière dynamique.
Une autre manière de procéder, malheureusement fréquente, consiste à prendre connais-
sance de l’ensemble documentaire dans l’ordre qui est proposé par le concepteur du dos-
sier. Cette manière de subir le dossier n’anticipe pas la synthèse et conduit inévitablement
à des dépassements de temps et des ruptures de planning, ou à l’abandon mal maîtrisé du
traitement des derniers documents du dossier.

Epreuve de note de synthèse, méthode 17
La liste des documents joints
La lecture de la liste des documents joints favorise une vision globale du dossier. Ce pre-
mier contact avec l’ensemble documentaire permet d’identifier ce qui constitue le cœur
de la réflexion, les documents qui semblent identiques voire redondants, ceux qui sem-
blent spécifiques. Il est souvent possible dans cette phase de percevoir une tendance glo-
bale et l’articulation de certains des documents.

Survol du dossier
Le survol rapide de chacune des pièces du dossier, dans l’ordre dans lequel elles sont pré-
sentées, s’intéresse à leurs aspérités (titres, sous-titres, illustrations, chapeaux, etc.). Chaque
document est ainsi caractérisé par sa longueur, la densité de son propos, son contenu prin-
cipal, la redondance ou la complémentarité qu’il peut présenter avec d’autres documents.
En cours, ou à l’issue, de cette phase de travail, le mode dominant de pensée qui semble
exprimer au mieux l’organisation possible des idées principales est identifié.

Les priorités à la lecture
L’exploitation du dossier, c’est-à-dire la recherche et la sélection des idées, est facilitée
lorsque des documents sont repérés comme prioritaires ou d’autres comme inintéressants.
Pour une quinzaine de documents, il s’agit de déterminer trois ou quatre priorités, d’iden-
tifier éventuellement ceux à rejeter et de classer les autres.
Le classement est une nécessité permanente lors de l’exercice de synthèse : on repère, trie,
organise les documents du dossier dans un premier temps pour rationaliser et optimiser
son traitement. On repère, trie, organise les idées des documents dans un second temps
pour rationaliser et optimiser la rédaction de la synthèse.
Différents critères permettent de déterminer les priorités de travail sur les documents :
• Le mode de pensée dominant du dossier : dans un mode dominant explicatif, on s’in-
téresse prioritairement à l’objet de l’explication.
• Lorsqu’un axe fort est donné par le sujet, les documents concernés sont à prioriser.
• La nature des documents : les documents généralistes s’étudient avant des documents
plus spécialisés, les documents en rapport avec les missions des ingénieurs sont aussi à
prioriser.
• L’actualité des documents : entre documents équivalents il est préférable de choisir le
plus récent.
• La connaissance des contenus des documents : il ne sert à rien de lire les documents
dont on connaît le contenu ; ce qui ne signifie pas qu’on ne doit pas en retenir les idées
importantes.

3e objectif : relever les idées du dossier
La stratégie de prise de connaissance du dossier étant définie, le travail d’exploitation des
documents peut commencer.

18 Ingénieur territorial
L’exploitation des documents consiste à identifier les idées et informations importantes et
à les relever. La méthode présentée dans cet ouvrage propose de trier et d’organiser les
idées et informations relevées au fur et à mesure. Pour ce faire, il convient de construire
des outils adaptés. Dans la phase de travail précédente, le mode dominant de pensée pres-
senti pour l’organisation générale des idées de la synthèse a été déterminé et permet ainsi
d’élaborer les grilles de relevé correspondantes.
Les outils présentés ci-dessous illustrent les principes d’organisation mais sont éventuelle-
ment adaptés en fonction du dossier traité.

Outil du mode dominant de pensée explicatif ou problématique
Cet outil comprend six grandes sections :
• Les constats, c’est-à-dire ce qui est insatisfaisant. Cette section peut éventuellement se
diviser en sous-sections réglementaire, humaine, technique, économique, etc.
• Les causes qui peuvent se décliner par dimensions (sous-sections : causes techniques,
causes humaines, causes économiques, causes sociales, etc.).
• Les conséquences qui peuvent également se décliner selon les mêmes sous-sections.
• Les solutions, structurées en sous-sections : solutions techniques, solutions humaines,
solutions économiques, solutions juridiques réglementaires, etc.
• Les limites, difficultés, conditions d’évaluation, déclinées également par dimension.
• Une boîte à idées qui permet de relever les idées qui figureront dans l’introduction.

Outil du mode dominant de pensée descriptif ou thématique
L’outil pour le mode dominant de pensée descriptif ou thématique obéit aux mêmes prin-
cipes de structuration que l’outil précédemment décrit.
La difficulté réside dans la détermination des sections et sous-sections adaptées; Néan-
moins, pendant la phase de survol du dossier, ce repérage de structuration peut se
construire.
L’outil présenté ci-après répond généralement aux besoins de recueil d’idées en mode des-
criptif.
Cet outil comprend sept grandes sections :

• La définition : on y retrouve généralement des éléments de présentation ou de défini-
tion de la thématique globale du dossier.
• Les aspects historiques : ce sont les éléments qui décrivent des évolutions et/ou des mu-
tations.
• Les aspects réglementaires.
• Les aspects humains qui peuvent être déclinés sur les plans individuel, social, psycholo-
gique, etc.
• Les aspects techniques et/ou organisationnels.
• Les aspects économiques.
• Une boîte à idées qui permet de relever les idées qui figureront dans l’introduction.

Epreuve de note de synthèse, méthode 19
Outil du mode dominant de pensée comparatif ou binaire
Ce mode de pensée comme mode dominant de dossier est extrêmement rare.
L’outil correspondant est constitué de plusieurs sections :
• L’objet de comparaison : on y retrouve la définition ou les paramètres de ce qui est
comparé.
• Autant de sections que de dimensions comparées : on peut y retrouver les dimensions
THEOR (technique, humain, économique, organisationnel, réglementaire).
• Une boîte à idées qui permet de relever les idées qui figureront dans l’introduction.

Prise de connaissance des documents, utilisation des outils
Lors de la prise de connaissance approfondie des documents, les idées et informations re-
tenues sont portées dans le relevé et immédiatement classées.
Ce travail de classement et d’organisation effectué rigoureusement construit un relevé
d’idées qui préfigure précisément la rédaction de synthèse.
L’une des difficultés de ce travail de recueil d’idées concerne le niveau de détails ou de
précisions des idées et informations à retenir.
Trop de détails ou de précisions conduisent à une rédaction finale de synthèse trop longue.
Ce type de copie est doublement pénalisé : d’une part, le manque de densité du propos
sort des critères de synthèse et, d’autre part, les temps passés en relevé et rédaction obè-
rent le planning de travail des propositions.
Un niveau de détails trop faible risque d’oublier un certain nombre d’idées et informations
que les correcteurs attendent.
Les volumes indiqués et recommandés dans cet ouvrage correspondent à un bon niveau
de détails. L’entraînement et l’expérience contribuent à ajuster le travail de relevé d’idées
qui mène à ces volumes.
Remarque : le travail de prise de connaissance approfondie de chacun des documents suit
les priorités qui ont été préalablement définies en les ajustant si nécessaire. Cette séquence
de travail s’achève à l’épuisement du temps planifié quel que soit le nombre de documents
traités.

4e objectif : rédiger la note de synthèse
Le temps de relevé des idées du dossier écoulé, il vous faut construire un plan détaillé.
Dans un premier temps, l’étude du relevé d’idées permet d’évaluer la densité et le volume
des idées (la matière) du classement.
Il convient de choisir une structure principale pour le plan en 2 ou 3 parties. C’est-à-dire
qu’il faut procéder à des regroupements, des fusions, sur une base cohérente de volume
et de proximité d’idées et/ou de logique. Ce travail aboutit à un plan général.
Pour construire le détail du plan, il faut procéder de la même manière pour les sous-
parties.

20 Ingénieur territorial
La note de synthèse doit respecter une structure générale comportant :
• Une introduction.
• Un développement construit.
• Une conclusion.

L’introduction
L’introduction répond à trois fonctions distinctes dans une progression du général vers le
particulier.
D’abord, elle rappelle le sujet traité en une phrase ou deux.
Ensuite, elle explicite le sujet traité. Cette fonction situe la problématique, l’importance ou
le périmètre de la réflexion en s’appuyant sur des éléments évocateurs puisés dans le dos-
sier.
Enfin, dernière fonction de l’introduction, elle annonce le plan de développement d’une
manière claire et explicite.
Nota : Certains candidats choisissent de rédiger une introduction générale pour l’épreuve
qui présente dans un premier temps la note de synthèse et dans un second temps les pro-
positions. Ensuite, une annonce de plan spécifique introduit la synthèse. Cette solution sou-
ligne la cohérence globale du rapport. Quelle que soit la forme retenue, une identification
claire de la synthèse et des propositions facilite la correction et l’application des barèmes.

Le développement
Le développement de la note de synthèse s’organise sous la forme d’un plan. Deux niveaux
de plan suffisent pour une structuration efficace en grandes parties et sous-parties.
Généralement, les correcteurs apprécient une structuration apparente du plan en titres et
sous-titres, numérotés et soulignés. Compte tenu des volumes envisagés, deux ou trois
grandes parties représentent une organisation idéale. Il est également recommandé
d’équilibrer les volumes et le nombre de sous-parties ainsi que de rédiger des introduc-
tions et des phrases de liaison pour les grandes parties.
Les choix de construction de plan s’inspirent directement du relevé d’idées. L’étude du re-
levé d’idées, de la densité du volume des idées de chacune des sections, oriente les choix
matérialisés par des regroupements, des fusions de sections et sous-sections du relevé.

La conclusion
La conclusion remplit deux fonctions : d’abord, elle tire un bilan général de la synthèse,
puis elle en souligne un aspect important.
Le bilan général reprend l’articulation principale qui domine le développement, synthétise
les éléments principaux ou enjeux de la problématique exposée.
L’aspect important du développement de synthèse, conclusion de la conclusion, répète
l’idée forte, clé de voûte de la réflexion.
Nota : Une expression d’annonce de conclusion (« en guise de conclusion », « en défini-
tive », « pour conclure », etc.) clarifie la structuration générale de la synthèse. Il est éga-
lement possible de réaliser une transition vers l’exercice de propositions à la fin de la
conclusion.

Epreuve de note de synthèse, méthode 21
TITRE GÉNÉRAL
Introduction

Introduction de l’introduction
15 % de la note
Situation générale, problématique de synthèse

Annonce du plan

TITRE 1ÈRE PARTIE
Développement
Titre 1ère sous-partie
paragraphe = identité d’idée

40 % de la note
Titre 2 sous-partie
e de synthèse

Transition entre les deux parties

TITRE 2E PARTIE
Annonce des sous-parties
Titre 1ère sous-partie

40 % de la note
de synthèse
Titre 2e sous-partie

Conclusion
Bilan 5 % de la note
Idée de conclusion de synthèse

22 Ingénieur territorial
Structure générale de la note de synthèse (2 ou 3 grandes parties)

La qualité rédactionnelle de la note de synthèse
Introduction, développement et conclusion suivent les règles générales de qualité rédac-
tionnelle.
L’écriture doit être facilement lisible. Il faut s’entraîner si nécessaire. La présentation doit
également être soignée. Il est recommandé de respecter des règles de présentation de
rapport administratif dans la forme, mais sans information de nom de collectivité ou de
personne, même fictive, afin de respecter strictement les règles d’anonymat.
Le plan doit être apparent, des liaisons entre les parties contribuent à la clarté et à la
fluidité de la note.
L’utilisation du style administratif est conseillé, c’est-à-dire :
• Style dépouillé (sans familiarités, anglicismes, métaphores, expressions à la mode).
• Phrases courtes et précises.
• Le ton prudent et modéré, ni optimisme surdéveloppé, ni catastrophisme.
• Sens de l‘intérêt public et général.
• Pas de première personne du singulier dans la rédaction, mais des formes imperson-
nelles, ou quelquefois le « nous », afin de cultiver modérément l’esprit maison.

Epreuve de note de synthèse, méthode 23
24 L’épreuve orale d’entretien – Préparation au concours d’agent de police municipale
Épreuve de note de synthèse
exemples illustrés
Chapitre II

1. Exemple 1
Pour cet exemple, la démarche proposée préalablement est suivie pas à pas.

Dossier concours externe d’ingénieur territorial
octobre 2006 « infrastructures et réseaux »
Sujet de synthèse : « Dans une première partie, vous rédigerez à partir des éléments
du dossier joint une note de synthèse présentant les différentes dimensions et condi-
tions de la sécurité du vélo en milieu urbain».

1er objectif : comprendre la demande
Le sujet est manifestement et intentionnellement limité par le concepteur. La com-
mande de travail de synthèse porte sur la sécurité du vélo en milieu urbain, en par-
ticulier ses dimensions et ses conditions. Il convient de garder cette restriction à l’esprit
tout au long de la démarche d’élaboration de la note.

2e objectif : définir une stratégie de prise de connaissance du
dossier
Survol de la liste des documents joints

Titre du document Commentaires de 1ère impression
par rapport au sujet
Document 1 « Les cycles entrent en piste » Probablement, document sur l’arrivée du
vélo comme mode de déplacement en ville
(pas au cœur du sujet)
Document 2 Décret du 14 septembre 1998 relatif à la Dimension réglementaire de la circulation
circulation des cycles« en vélo (au cœur de sujet)

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 25
Survol de la liste des documents joints (suite)

Titre du document Commentaires de 1ère impression
par rapport au sujet
Document 3 « Les vélos dans les zones piétonnes » Probablement, dimension réglementaire (à
vérifier)
Document 4 « Sécurité des déplacements » À voir (peut-être en partie au cœur du
sujet)
Document 5 « Décret n° 2003-283 du 27 mars 2003 Dimension réglementaire de la circulation
relatif à la circulation des cycles et en vélo (au cœur du sujet)
modifiant le code de la route »
Document 6 « Propositions pour encourager le Incitation politique pour développer
développement de la bicyclette en France » l'usage du vélo (pas au cœur du sujet)
Document 7 « L'impact économique des services vélo » Dimension économique (pas au cœur du
sujet)
Document 8 « Metz ne veut plus voir de cyclistes dans Peut-être en rapport avec l’aspect sécurité,
ses rues piétonnes » à voir
Document 9 « La parole à Rémi Heitz, délégué Peut-être réflexion concernant la sécurité
interministériel à la Sécurité Routière » du vélo (au cœur du sujet)
Document 10 « Du code de la route au code de la rue » Probablement sur des évolutions
réglementaires
Document 11 « Le succès de Velo'v fait réfléchir les Développement de l'usage du vélo (pas au
grandes agglo » cœur du sujet)
Document 12 « Sécurité routière : quelle place pour les Intégration (ou évolution ?) de la sécurité
vélos ? » du vélo dans la sécurité routière (au cœur
du sujet)
Document 13 « Les piétons, grands oubliés de la sécurité Autre acteur de sécurité (périphérie du
routière » sujet)
Document 14 « Petit manuel à l'intention du cycliste Peut contenir des recommandations de la
urbain » sécurité du vélo, à voir
Document 15 « Circuler à vélo dans l'agglomération Peut contenir des recommandations de la
Nantaise » sécurité du vélo, à voir
Document 16 « Nomination d'un M. Vélo » Sans doute l'expression d’une volonté
politique d’incitation à l’usage du vélo (pas
au cœur du sujet)

La lecture de la liste des documents joints permet d’identifier une tendance du dos-
sier autour de la sécurité du vélo dans un contexte plus large de sécurité des dépla-
cements routiers et piétons, le tout dans un cadre de développement ou d’incitation
de ce mode de déplacement.

26 Ingénieur territorial
Survol du dossier
Titre du document Commentaires de 1ère impression
par rapport au sujet
Document 1 « Les cycles entrent en piste » Confirmation de la 1ère impression, mais sans
doute avec un peu de réflexion sur la sécurité dans
le chapitre « associer pédagogie et aménagements
techniques »
Document 2 Décret du 14 septembre 1998 relatif Confirmation de la 1ère impression : dimension
à la circulation des cycles réglementaire de la circulation à vélo
Document 3 « Les vélos dans les zones Confirmation de la 1ère impression : extrait d’un
piétonnes » arrêté pris à Strasbourg
Document 4 « Sécurité des déplacements » Chiffres concernant la sécurité des déplacements à
vélo sur Lille Métropole
Document 5 « Décret n° 2003-283 du 27 mars Confirmation de la 1ère impression : dimension
2003 relatif à la circulation des cycles réglementaire de la circulation à vélo
et modifiant le code de la route »
Document 6 « Propositions pour encourager le Confirmation de la 1ère impression : incitation
développement de la bicyclette en politique pour développer l'usage du vélo mais
France » avec au chapitre 3.4 des rappels réglementaires
d’évolution du code de la route
Document 7 « L'impact économique des services Confirmation de la 1ère impression : dimension
vélo » économique (moins intéressant dans le cadre du
sujet)
Document 8 « Metz ne veut plus voir de cyclistes En rapport avec le pouvoir de police du maire
dans ses rues piétonnes »
Document 9 « La parole à Rémi Heitz, délégué Réflexion sur la sécurité en vélo avec des éléments
interministériel à la Sécurité de constats d'accidentologie et des
routière » recommandations techniques
Document 10 « Du code de la route au code de la Exemple belge de réflexion globale pour améliorer
rue » la sécurité des usagers
Document 11 -« Le succès de Velo'v fait réfléchir Confirmation de la 1ère impression :
les grandes agglo. » ` développement de l'usage du vélo par le
développement des stations en libre service
Document 12 « Sécurité routière : quelle place Réponse technique (aménagements) pour la
pour les vélos ? » sécurisation de l’usage du vélo
Document 13 « Les piétons, grands oubliés de la Éléments de constats d’accidentologie de
sécurité routière » déplacements piétons et cyclistes
Document 14 « Petit manuel à l'intention du Plaquette d’incitation à l’usage du vélo en ville,
cycliste urbain » très peu d’éléments sur la sécurité
Document 15 « Circuler à vélo dans Rappel de la réglementation des aménagements
l'agglomération Nantaise » cyclables à l’échelle d’une collectivité
Document 16 « Nomination d'un M. Vélo » Effectivement il s’agit de l’expression d’une
volonté politique d’incitation à l’usage du vélo
Après le survol de l’ensemble du matériel documentaire du dossier, on voit se déga-
ger une articulation générale qui comporte des éléments relatifs au développement
de l’usage du vélo et à son incitation, des éléments de constats d’accidentologie
concernant, entre autres, ce mode de déplacement, des éléments réglementaires sur
le déplacement à vélo, des réponses techniques en termes d’aménagement pour la
sécurisation de l’usage du vélo. Quelques illustrations complètent le dossier.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 27
Le mode de pensée qui semble au mieux, et de manière cohérente, exprimer l’en-
semble de ce dossier est un mode de pensée explicatif. Il convient de garder en mé-
moire que le sujet restreint la réflexion aux dimensions et conditions de sécurité du
vélo en milieu urbain. Cela signifie qu’il faut relativiser les documents qui portent
plutôt sur les politiques d’incitation au développement de l’usage du vélo et n’en
conserver que les éléments permettant d’inscrire le sujet dans un cadre général de
réflexion.
La stratégie de prise de connaissance du dossier peut s’établir autour du schéma sui-
vant :
• Prise de connaissance rapide et succincte des éléments de contexte (doc 1, 6, 7, 11,
14, 16).
• Recueil des éléments de constats d’accidentologie (doc 4, 9, 13).
• Solutions réglementaires (doc 2, 3, 5, 6 (§ 3.4), 8, 10, 15).
• Solutions techniques d’aménagements (doc 1, 9, 12).
Ce premier travail de classement doit être rapide et se traduire par une prise de notes
au regard de la liste des documents joints. Elle peut être complétée dès le premier
survol par une hiérarchisation des documents selon les critères énoncés dans la par-
tie méthodologique (nature et actualité des documents, connaissance préalable des
contenus et premier repérage des redondances).

3e objectif : relever les idées du dossier

Choix de l’outil de relevé des idées

Pour le mode de pensée dominant de ce dossier, mode explicatif, l’outil est constitué
en fonction des premières informations résultant du survol.
• Constats :
– accidentologie.
• Causes (on va plutôt parler du contexte général de développement de l’usage du
vélo).
• Conséquences (à voir : à cette phase rien n’est identifié)
• Solutions :
– réglementaires,
– techniques, aménagement.
• Limites (à voir, à cette phase rien n’est identifié).
• Boîte à idées (à remplir selon les informations ou idées recueillies en cours de prise
de connaissance du dossier).

Prise de connaissance des documents selon la stratégie préalablement définie et
remplissage du relevé des idées

Le relevé ci-dessous correspond au travail de collecte et de tri effectué sur le dossier.
Nota : Pour faciliter la compréhension de l’exemple, les numéros de documents sont
indiqués.

28 Ingénieur territorial
Constats

• Accidentologie :
– la baisse du nombre de cyclistes tués était constante, autour de 10 % d’une an-
née sur l’autre en 2003 et 2004 (doc 9) mais une augmentation de 17 % sur les
dix premiers mois de 2005 et de 15 % pour les piétons (doc 13) était à noter.
Dans la même période, le nombre total de décès diminuait sur les routes (doc
13),
– des caractéristiques : d’âge (72 % des cyclistes tués ont plus de 40 ans), de sexe
(les trois-quarts sont des hommes), plutôt sur des trajets quotidiens (ce qui est
sans doute lié à la baisse de vigilance et au non respect du code de la route sur
ce type de trajets) (doc 9),
– une étude menée à Lille Métropole montre le partage de responsabilité voiture/
vélos dans les accidents sur la chaussée et leur lien au non respect du code de la
route (doc 4).

Causes (on va plutôt parler du contexte général de développement de l’usage du
vélo)
Depuis quelques années, incitations politiques au développement de l’usage du vélo
dans un questionnement urbain sur la ville de demain, sur ses modes de déplacement
et les enjeux environnementaux (doc 1), avec une réelle augmentation de sa pra-
tique, par exemple à Strasbourg (+ 15 %) (doc 1). Développement des systèmes de
location à l’exemple de Lyon (doc 7).
Conseils et informations : conjugaison des efforts des acteurs de l’État et des acteurs
locaux (doc 1).
Incitations réglementaires dans les outils de planification urbaine (PDU, SCOT, PLU).
Mais, paradoxalement, si les volontés et les outils existent, leur lisibilité peut être dif-
ficile : rapport Le Brethon (doc 6).

Conséquences
Solutions

L’amélioration de la sécurité des cyclistes relève d’une politique globale de sécurité
(doc 9) :
• Réglementaires :
– décret du 16/09/98 : réservation exclusive des pistes et bandes cyclables aux vé-
los avec possibilité pour les maires d’y rendre obligatoire la circulation des cycles,
circulation des cycles possible sur les aires piétonnes et pour les cyclistes de moins
de 8 ans sur les trottoirs (doc 6), obligation de systèmes réfléchissants sur les
cycles de jour comme de nuit (doc 2),
– décret du 27/03/03 : cycles autorisés sur les accotements revêtus (doc 6),
– les maires peuvent prendre des arrêtés autorisant la circulation à contresens des
cycles dans les rues à sens unique, pour faciliter les itinéraires sans augmenta-
tion du danger.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 29
• Techniques, aménagement :
politique de modération et de contrôle de la vitesse en ville comme en campagne
(doc 9),
– abaissement de la vitesse à 50km/h en 1990 et création de zones 30 (exemples
à Nantes et Lorient) bénéficient aux cyclistes (doc 1),
– partage de la voirie (doc 9). Les aménagements doivent s’accompagner d’une si-
gnalisation réglementaire sous peine d’engagement de la responsabilité de la
collectivité en cas d’accident (doc 12),
– recommandations techniques sur les aménagements cyclables publiées par le
Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions
publiques : Certu (doc 6).
• Humaines :
– pédagogie vers les automobilistes qui intègrent mal les limitations de vitesse, en
particulier en milieu urbain (doc 13),
– sanctions des contrevenants au code de la route, y compris les deux roues, à
l’exemple de Metz où la municipalité leur a même interdit l’accès des zones pié-
tonnières aux heures de pointe (doc 8)
– communication vers les usagers des espaces publics des règles ou arrêtés muni-
cipaux relatifs aux circulations des vélos dans certaines conditions, par exemple
sur espaces piétonniers (Strasbourg) (doc 3).
• Organisationnelles :
– nomination par le ministère en avril 2006 d’un M.Vélo et d’un comité «code de
la rue» en charge de réflexion de fond, sur « un principe général de prudence
» (doc 16),
– exemple belge du code de la rue : il consiste à sécuriser les usagers des modes
de déplacement doux grâce à un principe d’obligation de prudence du plus fort
vis-à-vis du plus faible. Innovations fortes : mise en place des contresens cyclables
systématiquement, trottoirs traversants, passages piétons décaissés. L’améliora-
tion de la sécurisation des cyclistes passe aussi selon les responsables belges par
l’augmentation du nombre de cyclistes, jusqu’à atteindre une masse critique qui
réduit de fait le danger par l’instauration d’un rapport de forces favorable sur
les voiries (doc 10).

Limites aux solutions
• Économiques :
– coût d’une bande cyclable : 1500 ? à 15000 ? le km linéaire, multiplié par dix à
vingt pour une voie en site propre (doc 1).
• Techniques/psychologiques :
– la séparation de pistes cyclables endort la vigilance des usagers et crée des zones
de risques au niveau des ruptures de protection, dans les carrefours notamment
(doc 12).

Boîte à idées (à remplir selon les informations ou idées recueillies au cours de
la prise de connaissance du dossier)

30 Ingénieur territorial
• Tradition et pratiques cyclables en France faibles, mais volonté politique d’en dé-
velopper l’usage depuis 1988 (Club des villes cyclables) (doc 1).
• Depuis 1970, les évolutions en termes de sécurité routière montrent une baisse si-
gnificative du nombre de cycles impliqués dans des accidents, de l’ordre d’un rap-
port de 3 et de 5 pour les personnes tuées. (doc 9).

4e objectif : rédiger la note de synthèse
Avant de se lancer dans la rédaction de la note de synthèse, il convient de réfléchir
à la construction du plan de développement. Les caractéristiques d’équilibre et de co-
hérence de plan sont à intégrer dans cette réflexion. Dans le cas traité, le relevé
d’idées fait ainsi clairement apparaître une structuration possible :
Un cadre général qui dessine un développement de l’usage du vélo, complété par un
constat sur l’accidentologie des déplacements, en particulier ceux des deux-roues.
Un ensemble de réponses pour l’amélioration de la sécurité des déplacements des
deux-roues, réglementaires, techniques, humaines, organisationnelles et quelques li-
mites à ces réponses.
Cet ensemble d’éléments de réponses pour l’amélioration de la sécurité des déplace-
ments des deux-roues représente a priori un volume presque double de celui du cadre
général et du constat. Il convient donc d’envisager de le diviser d’une manière cohé-
rente pour respecter des volumes à peu près égaux. Il est possible de regrouper les
réponses réglementaires et techniques d’une part et les réponses humaines et orga-
nisationnelles d’autre part.

Exemple rédigé
Les dimensions et conditions de la sécurité du vélo en milieu urbain.
La tradition et les pratiques cyclables en France sont faibles historiquement par rap-
port à ce qui se fait chez les Européens du nord de l’Europe. Depuis la fin des années
80, les pratiques évoluent sous l’influence des incitations et des volontés politiques
de développer l’usage du vélo à l’initiative, entre autres, du Club des villes cyclables
créé en 1988 sous l’impulsion d’un groupe d’élus. L’émergence de ce mode de trans-
port pose le problème de sa sécurité.
Depuis 1970, les évolutions en termes de sécurité routière montrent une baisse si-
gnificative du nombre de cycles impliqués dans des accidents : 3 à 5 fois moins de per-
sonnes tuées en deux-roues. Mais cette tendance n’est pas stable, comme l’indiquent
les derniers chiffres.
Nous verrons dans une première partie le cadre général d’apparition des deux roues
dans l’espace public et les constats en termes d’accidentologie. Dans une seconde par-
tie, nous nous intéresserons aux réponses réglementaires et techniques mises en

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 31
œuvre pour améliorer la sécurité de ce mode de déplacement. Enfin dans une troi-
sième et dernière partie, nous étudierons des solutions et des initiatives organisa-
tionnelles possibles dans cette perspective d’amélioration de la sécurité des
déplacements des cycles.

I. Le vélo dans la ville, un problème de sécurité
Le développement de la pratique du vélo dans l’espace urbain tend à progresser et
pose la question de la sécurisation de ces nouveaux modes de déplacement, comme
le révèlent les études d’accidentologie.

a) Les incitations à l’usage du vélo

Depuis quelques années, les responsables politiques invitent à l’usage du vélo en ré-
ponse aux questionnements et aux enjeux généraux de l’avenir de la ville et de ses
modes de déplacements, en particulier avec l’ouverture du débat autour de la ques-
tion environnementale.
Les incitations réglementaires, accompagnant les outils de planification urbaine (PDU,
SCOT, PLU), se multiplient même si elles nécessitent une meilleure lisibilité, comme le
souligne le rapport parlementaire de Brigitte Le Brethon. Conseils, informations et
conjugaison des efforts des acteurs de l’État et des acteurs locaux participent de fait
à une réelle augmentation des pratiques des deux-roues.
Strasbourg, avec des pointes à 15 % d’augmentation, est exemplaire même si c’est
encore en deçà des résultats obtenus en Allemagne. Le développement des systèmes
de location à l’exemple de Lyon fait également école dans d’autres collectivités.

b) Les risques des déplacements doux

Les chiffres livrés par les études d’accidentologie montrent que la baisse du nombre
de cyclistes tués était constante et située autour de 10 % d’une année sur l’autre en
2003 et 2004. Mais, sur les dix premiers mois de l’année 2005, alors que le nombre
total de décès diminuait sur les routes, on a assisté à une progression de victimes cy-
clistes de 17 % et de 15 % pour les piétons.
Les études identifient des caractéristiques d’âge (72 % des cyclistes tués ont plus de
40 ans), de sexe (les trois-quarts sont des hommes) et constatent que ces accidents
ont plutôt lieu lors des trajets quotidiens, donc sans doute liés à la baisse de vigilance
et au non respect du code de la route sur ce type de déplacement.
Une autre étude menée à Lille Métropole montre le partage de responsabilité voi-
tures/vélos dans les accidents sur la chaussée et leur lien au non respect du code de
la route.
Ce contexte évolutif du développement des pratiques cyclistes en milieu urbain,
confronté aux risques qu’il présente, amène les acteurs publics à s’interroger sur les
réponses réglementaires et techniques nécessaires à son accompagnement.

32 Ingénieur territorial
II. Des réponses réglementaires et techniques
L’amélioration de la sécurité des cyclistes relève d’une politique globale de sécurité
qui inclut des aspects réglementaires et des préconisations techniques.

a) Les réponses apportées en termes réglementaires

Deux décrets modifient l’usage et les conditions de sécurité du vélo :
• Le décret du 16 septembre 1998 stipule la réservation exclusive des pistes et bandes
cyclables aux vélos avec possibilité pour les maires d’y rendre obligatoire la circu-
lation des cycles. Il rend la circulation des cycles possible sur les aires piétonnes et
pour les cyclistes de moins de 8 ans sur les trottoirs et enfin il oblige l’équipement
de systèmes réfléchissants sur les cycles, de jour comme de nuit.
• Le décret du 27 mars 2003 autorise les cycles sur les accotements revêtus.
Autre point réglementaire important : le pouvoir de police des maires permet à ceux-
ci de prendre des arrêtés autorisant la circulation à contresens des cycles dans les rues
à sens unique pour faciliter les itinéraires et sans augmentation du danger, à condi-
tion d’adapter des aménagements techniques ad hoc.

b) Des recommandations en termes techniques

Les réponses d’aménagement pour la sécurisation des déplacements sont souvent as-
sociées à des politiques de modération et de contrôle de la vitesse en ville comme en
campagne, à l’exemple de l’abaissement de la vitesse en ville à 50 km/h en 1990.
Dans le même ordre d’idées, la création de zones 30, à l’exemple de villes comme
Nantes ou Lorient, est bénéfique pour les cyclistes.
Autres types d’aménagement : les dispositifs de partage de la voirie identifient des
espaces réservés aux automobiles et ceux réservés aux deux-roues. Ces dispositifs sont
l’objet de débats : l’engagement économique pour une bande cyclable est de l’ordre
de 1500 ? à 15000 ? le km linéaire, mais il est multiplié par dix à vingt pour une voie
en site propre. Autre élément du débat, le comportement psychologique de l’usager.
La séparation de pistes cyclables peut endormir sa vigilance et créer des zones de
risques, au niveau des ruptures de protection dans les carrefours notamment.
Quels que soient les aménagements, ils doivent s’accompagner d’une signalisation ré-
glementaire sous peine d’engagement de la responsabilité de la collectivité en cas
d’accident.
Le Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions pu-
bliques (Certu) publie des recommandations techniques sur les aménagements cy-
clables à destination des différents opérateurs.
L’ensemble de ces réponses réglementaires et techniques doit s’articuler en cohérence
avec les initiatives des décideurs publics.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 33
III. Les initiatives des décideurs publics destinées à améliorer la
sécurité des deux-roues

Sur les plans local et national, ce sont les décideurs publics qui prennent l’initiative
d’appuyer et de communiquer sur l’amélioration de la sécurisation de ce mode de dé-
placement.

a) Les réponses locales

Au niveau local, outre les aménagements vus précédemment, les efforts doivent être
soutenus, en particulier sur le champ de la pédagogie et de la communication.
Il convient d’éduquer les automobilistes qui intègrent mal les limitations de vitesse,
principalement en milieu urbain. Mais cela passe aussi par la mise en œuvre de sanc-
tions des contrevenants au code de la route, y compris des utilisateurs des deux roues.
À Metz, les élus leur ont même interdit l’accès des zones piétonnières aux heures de
pointe.
La communication vers les usagers des espaces publics est également fondamentale
pour ce qui concerne les règles ou arrêtés municipaux relatifs aux circulations des vé-
los dans certaines conditions, à l’exemple de ce qui se fait à Strasbourg pour les es-
paces piétonniers.

b) Les réflexions nationales

En avril 2006, le ministre des transports et de l’équipement a nommé un M. Vélo et
créé un comité «code de la rue» en charge d’une réflexion de fond. Ce comité, pré-
sidé par une fédération d’usagers, est chargé d’une réflexion sur « un principe gé-
néral de prudence ».
Un travail de cette nature a abouti en Belgique à l’élaboration du code de la rue. Il
consiste à sécuriser les usagers des modes de déplacement doux. Il décline le principe
d’obligation de prudence du plus fort vis-à-vis du plus faible. Il comporte également
des innovations fortes : mise en place systématique des contresens cyclables, trottoirs
traversants, passages piétons décaissés. L’amélioration de la sécurisation des cyclistes
passe aussi, selon les responsables belges, par l’augmentation du nombre de cyclistes.
Atteindre une masse critique réduit de fait le danger par l’instauration d’un rapport
de forces favorable sur les voiries.
En définitive, on voit que la France s’attaque enfin au problème du développement
d’autres modes de déplacement pour répondre aux nouveaux enjeux qui s’ouvrent
en ce début de siècle. L’usage du vélo en milieu urbain s’accompagne de mesures in-
citatives mais pose surtout le problème de sa sécurisation.
Des chantiers de réflexion ambitieux sont ouverts, mais la clé de l’amélioration de la
sécurité de tous les modes de déplacement réside dans les évolutions comportemen-
tales de l’ensemble des usagers des espaces publics, tendant vers un respect mutuel.

34 Ingénieur territorial
2. Exemple 2
Dossier concours externe d’ingénieur territorial
octobre 2006 « Ingénierie, gestion technique et
architecture »
Sujet de synthèse : « …/… de rédiger, à son intention, une note de synthèse faisant
le point sur la législation en matière d’accessibilité-handicapés pour les établissements
recevant du public, en mettant l’accent sur les évolutions attendues suite au vote de
la loi de février 2005».

Observations sur le sujet de synthèse et les documents
composant le dossier
La commande formulée par le sujet est précise. Elle propose de n’aborder que la di-
mension « accessibilité-handicapés », en particulier pour ce qui concerne les ERP (éta-
blissements recevant du public). De plus, elle invite à traiter la partie législation en
soulignant les évolutions de la loi de février 2005.
Six documents composent le dossier. Deux documents (n° 5 et 6) contiennent les in-
formations relatives à la réglementation existante et aux dispositions concernant la
loi handicap. Le document 4 traite plutôt de l’application de la réglementation avec
quelques éléments de définition. Les autres documents (n° 1 à 3) présentent des illus-
trations et des exemples d’aménagement.
Le mode de pensée adapté à la fois à l’approche du dossier et à son traitement en
synthèse est le mode descriptif. À l’issue du relevé d’idées, les volumes récupérés per-
mettent d’envisager un plan en deux parties : une première relative à la législation
existante et une seconde relative aux nouveautés apportées par la loi de février 2005
en matière d’accessibilité.

Exemple rédigé

Législation en matière d’accessibilité-handicapés pour les
Établissements recevant du public
La question du handicap et de l’accessibilité interpelle régulièrement les citoyens et
leurs représentants. L’année 2003, année européenne du handicap, a permis quand
il le fallait de remobiliser les énergies. Les collectivités territoriales, au nom de leurs
compétences et responsabilités, ont à prendre en compte ce questionnement sur leur
territoire dans son fonctionnement et son développement.
La loi du n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la
participation et la citoyenneté des personnes handicapées » fait évoluer les disposi-
tions existantes, notamment par rapport à l’accessibilité des établissements recevant

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 35
du public (ERP).
Dans une première partie, un point sur la législation existant en la matière sera dé-
veloppé puis, dans une seconde partie, nous verrons quelles évolutions sont à l’ori-
gine de la loi de février 2005.

I. La législation relative à l’accessibilité dans les
textes avant 2005
La question du handicap et en particulier celle de l’accessibilité révèlent des enjeux
importants pour les collectivités territoriales. Ces questions s’expriment dans les textes
fondateurs de la réflexion et dans leur traduction des différents codes réglementant
l’intervention des collectivités.

a) Des enjeux divers de l’accessibilité
L’accessibilité des personnes handicapées relève à la fois de préoccupations éthiques
quant à l’égalité des citoyens devant les espaces publics mais aussi d’une volonté d’in-
tégration sociale et de lutte contre l’exclusion.
Les enjeux de sécurité et de confort pour tous sont également à prendre en compte
dans la problématique de l’accessibilité.
Enfin, dans le cadre des réflexions autour de l’économie et du développement du-
rable, traiter de l’accès pour tous est également producteur de richesses et d’attitudes
respectueuses de l’environnement, grâce au développement de transports adaptés
par exemple.

b) Les textes fondateurs
La loi du 13 juillet 1991 a posé les fondements des obligations réglementaires pour
les ERP et les IOP (installations ouvertes au public) en termes de dispositions archi-
tecturales et d’aménagement pour l’accessibilité aux personnes handicapées. Les IOP
sont définies comme étant tout espace public autre qu’un ERP, à l‘exception des es-
paces naturels.
Le décret du 26 janvier 1994 précise les dispositifs de contrôle mis en œuvre pour les
travaux neufs ou de rénovation concernant les ERP. Les instructions utiles pour la mise
en place de ces dispositions sont données par la circulaire du 7 juillet 1994, notam-
ment pour les dérogations et l’autorisation préalable de travaux et d’ouverture des
ERP.
L’arrêté du 31 mai 1994 fixe les dispositions techniques pour rendre accessibles les
ERP et les IOP lors de leur construction, leur création ou leur modification. Il rend
obligatoire l’accessibilité des espaces publics ou privés de desserte des ERP au même
titre que ceux des IOP.
La circulaire du 20 juin 1994 insiste sur l’accessibilité dans les établissements de santé.

36 Ingénieur territorial
c) Les différents codes
Les codes de la construction et de l’habitation (CCH) et les codes de l’urbanisme et
de la voirie routière rendent compte de la législation de l’accessibilité des personnes
handicapées.
En particulier l’article 111-7 du CCH codifie les mesures d’accessibilité aux handicapés
selon les termes de la loi de 1991.
L’article 111-19-1 du CCH codifie les mesures architecturales et les aménagements à
réaliser du décret et de l’arrêté de 1994.
Cet ensemble de textes réglementaires n’a pas empêché des erreurs de conception
d’accessibilité dans les bâtiments en travaux, neufs ou en réhabilitation. Les causes
de ces dysfonctionnements se situent dans des appropriations incomplètes des textes
ou des défauts d’interprétation.
La loi de février 2005 complète et précise les obligations auxquelles doivent répondre
l’ensemble des acteurs concernés.

II. Les évolutions de la loi de février 2005
La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la
participation et la citoyenneté des personnes handicapées » apporte des innovations
importantes au travers de ses 101 articles dans trois domaines -la compensation du
handicap, l’accessibilité, l’accueil et la formation des personnes handicapées-, mais
également dans sa définition du handicap. Nous allons détailler ces évolutions et voir
quelques exemples innovants sur le territoire.

a) Des évolutions générales
La loi de février 2005 définit le handicap dans une acception qui dépasse la notion
de mobilité réduite ou défaut de motricité. Elle le considère comme toute « limita-
tion d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son envi-
ronnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou
définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives
ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

Le périmètre de travail de la loi concernant l’accessibilité s’intéresse aux transports,
aux organes communaux et spécifiquement aux ERP.
Pour les transports, l’article 45 de la loi prévoit un délai de 10 ans pour atteindre les
objectifs d’accessibilité des transports publics. Sa perspective globale d’une chaîne de
déplacement comprend le cadre bâti, la voirie, les espaces publics et les systèmes de
transport totalement accessibles.
D’autre part, l’article 46 prévoit la création d’une commission communale pour l’ac-
cessibilité aux personnes handicapées dans les communes de plus de 5000 habitants,
avec pour objectif un état des lieux de l’accessibilité.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 37
b) Les évolutions concernant les ERP

L’article 41 de la loi rend obligatoire l’accessibilité de tous les bâtiments publics ou
privés (hors l’usage personnel de locaux d’habitation), les ERP, les IOP et ce quel que
soit le type de handicap.

Les ERP doivent ainsi permettre aux personnes handicapées l’accès, la circulation et
la réception des informations qui y sont diffusées pour l’ensemble des parties ou-
vertes au public.

Pour les ERP existants, un délai est à fixer par décret en Conseil d’État et ne saurait
excéder 10 ans pour la mise en conformité. Des dérogations exceptionnelles pourront
être accordées en cas d’impossibilité technique prouvée après avis conforme de la
commission départementale consultative de la protection civile, de la sécurité et de
l’accessibilité.

L’article 41 précise également les conditions de subventionnement par une collecti-
vité publique de la construction ou de la transformation du gros œuvre d’un bâti-
ment. Le maître d’ouvrage doit produire un dossier d’accessibilité et faire les travaux
sous peine de refus, voire de remboursement.

Enfin l’article 41 rend obligatoire la formation à l’accessibilité des architectes et des
professionnels du cadre bâti.

c) Des collectivités innovantes

Les collectivités ont la possibilité d’offrir aux usagers des dispositions adaptées aux
différentes situations.

C’est le cas à Lyon d’une crèche qui accueille tous les enfants et offre des activités
communes aux enfants, valides et handicapés. Cherbourg-Octeville propose aussi des
centres sportifs adaptés à des activités ouvertes aux personnes handicapées. Évreux a
développé un service d’appel d’urgence adapté à des personnes malentendantes.

Les collectivités développent également des trésors d’inventivité pour communiquer
sur le handicap et travailler à une meilleure prise de conscience de l’ensemble de la
collectivité en menant des concertations ou des audits conçus comme des moments
d’échanges et de partage.

Pour conclure, il apparaît que la prise en compte du handicap dans les établissements
recevant du public a connu des évolutions importantes avec la loi de février 2005. Les
évolutions portent sur un élargissement significatif de la définition du handicap et
sur un train d’obligations et de délais pour les mettre en œuvre.

Des décrets sont encore attendus, mais les collectivités territoriales pensent déjà en
termes de réalisation comme peuvent en témoigner les initiatives en marche sur le
territoire.

38 Ingénieur territorial
3. Exemple 3
Dossier concours interne d’ingénieur territorial
octobre 2006 «Prévention et gestion des risques »
Sujet de synthèse : « Vous rédigerez une synthèse à l’attention des élus sur le déve-
loppement durable et sur l’intérêt pour une collectivité de s’engager dans un agenda
21 local».

Observations sur le sujet de synthèse et les documents
composant le dossier
La commande formulée par le sujet n’est ni précise ni restrictive. Par contre, elle in-
dique une attente d’approche générale en invitant le candidat à identifier deux types
d’éléments de réflexion : d’une part sur le développement durable et d’autre part sur
l’intérêt pour une collectivité territoriale de s’engager dans un agenda 21 local. C’est
une proposition de démarche du général au particulier.
La douzaine de documents qui composent le dossier offre trois niveaux de réflexion :
• Échelle de réflexion internationale : documents 1, 4, 5, 6 (principes).
• Échelle nationale : documents 2, 3.
• Échelle locale : documents 6, 7 (illustrations), 8, 9 (illustrations), 10 (illustrations),
11, 12.
Cette lecture en trois niveaux permet l’approche attendue par la formulation du su-
jet.
La structure générale de la rédaction est dominée par une pensée descriptive (les ni-
veaux de réflexion), la sous-structure est influencée par une pensée problématique
(les risques et enjeux, les réponses apportées).

Exemple rédigé

Le développement durable, une vision globale pour des actions
locales
La fin du vingtième siècle a vu la question du développement durable prendre place
sur la scène internationale au fil de conférences qui réunissent les chefs d’État. Peut-
être la plus célèbre, le premier «Sommet de la terre» à Rio en 1992, a ouvert le dé-
bat de la sauvegarde de la planète aux yeux des opinions publiques.
En quelques années, les prises de conscience sur les risques environnementaux, les
risques économiques, les profondes inégalités sociales qui mettent en danger les équi-
libres planétaires ont accéléré les réponses des décideurs publics tant sur le plan in-
ternational que sur le plan local.
Dans cette note, nous détaillerons dans une première partie les notions de dévelop-

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 39
pement durable et sa genèse, puis, dans une seconde partie, nous en verrons la tra-
duction à l’échelle locale avec l’agenda 21 et son intérêt pour les collectivités terri-
toriales.

I. La genèse des notions de développement durable
La prise de conscience de l’état de la planète et des dangers de déstabilisation est à
l’origine des volontés internationales de freiner les dynamiques responsables des dé-
gradations générales. La notion de développement durable apparaît dans ce contexte
de réflexion ainsi que sa prise en compte au niveau national.

a) Des enjeux forts
La survenue de catastrophes naturelles, l’inquiétude des milieux scientifiques sur la
dégradation des écosystèmes, l’augmentation des disparités entre les pays les plus
riches et les pays les plus pauvres au cours des trente dernières années, la demande
croissante des citoyens d’être mieux impliqués dans les décisions qui engagent l’ave-
nir sont autant d’enjeux nouveaux qui se sont exprimés depuis les années 70-80.
De nouveaux outils de mesure et de nouveaux concepts permettent de fonder et d’ar-
gumenter les constats de dégradation. Entre autres, l’empreinte écologique mesure
la surface nécessaire pour produire les ressources consommées et pour absorber les
déchets produits. En France, par exemple, cette mesure conclut à un déficit impor-
tant qui serait insoutenable à l’échelle planétaire. L’augmentation la plus significa-
tive au niveau du territoire reste l’empreinte énergie.
Les notions de développement durable interviennent dans ce contexte.

b) Le développement durable
Le développement soutenable est défini dans le rapport Brundtland en 1987 comme
un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la ca-
pacité des générations futures de répondre aux leurs ». Il conjugue efficacité éco-
nomique, équilibres sociaux et préservation de l’environnement.
Cette nouvelle approche de la notion de développement structure les réflexions in-
ternationales. Dès 1992, au premier Sommet de la terre à Rio qui réunit 131 chefs
d’État, trois conventions internationales sont ouvertes à la signature (changements
climatiques, diversité biologique, lutte contre la désertification). La déclaration de Rio
décline 27 principes qui engagent les États dans des dimensions transversales : la
place de l’homme, la prise en compte d’acteurs spécifiques (femmes, enfants), la gou-
vernance, la subsidiarité, la solidarité planétaire et intergénérationnelle, la respon-
sabilité, la prévention et la précaution, la protection de l’environnement…
Depuis les années 90, les Sommets de la terre et les conférences internationales se
succèdent et donnent la mesure de la mobilisation et de la réponse de la collectivité
mondiale. En voici les principaux :
1997 : New York, désaccord entre Union européenne et États-Unis sur la réduction
des gaz à effets de serre.

40 Ingénieur territorial
1997 : Kyoto, 38 pays industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à
effets de serre.
2002 : Johannesburg, prévention des risques comme clé du développement du-
rable.
2005 : Kobe, création d’un système mondial d’alerte pour les catastrophes natu-
relles.

c) Le développement durable en Europe et en France
L’engagement européen pour le développement durable se traduit à la conférence
d’Aalborg en 1994, de laquelle est issue une charte signée par 80 collectivités. Les
conférences de Lisbonne puis de Hanovre porteront ce chiffre à 670 signataires.
La France, pour sa part, décline des principes du développement durable dès la loi
Barnier de 1995, relative au renforcement de la protection de l’environnement. En
1996, la commission française du développement durable est créée. Puis, en 1997, la
création du ministère de l’aménagement du territoire et de l‘environnement scelle la
fusion de ces responsabilités. Enfin la loi constitutionnelle du 1er mars 2005, relative
à la charte de l’environnement, fait référence à la promotion du développement du-
rable.
Mais les collectivités territoriales travaillent également au développement durable sur
leur territoire.

II. L’agenda 21 local
Le chapitre 28 de l’agenda 21 de Rio appelle les autorités locales à mettre en place
un programme d’agenda 21 à leur échelle. Ces programmes se développent en s’ap-
puyant sur des démarches et des acteurs dans les champs de compétences des collec-
tivités.

a) Le développement de l’agenda 21 local
Un agenda 21 local se définit comme un programme d’actions décliné en objectifs et
moyens pour la mise en œuvre du développement durable. Il s’appuie sur les com-
pétences et obligations de la collectivité en intégrant les dimensions économiques,
sociales et environnementales. Les contrats de ville, les contrats de plan État/Région,
la loi SRU sont des outils d’intégration de ces dimensions.
L’agenda 21 mobilise les acteurs territoriaux dans une démarche impulsée par les dé-
cideurs politiques, portée par des équipes transversales. L’information et l’implication
des acteurs socio-économiques et des citoyens sont indispensables à la réussite de la
démarche.
Du diagnostic initial à l’évaluation, la bonne association des acteurs dans un rythme
qui permet le partage est un facteur de construction et de prise de conscience des
enjeux de cohésion sur le territoire.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 41
b) Des champs d’action pour l’agenda 21 local
Selon les objectifs et les compétences de territoire, l’agenda 21 local couvre des
champs d’action divers :
• L’air, l’eau, la nature et la biodiversité.
• Les transports, les déchets, l’énergie et le changement climatique.
• L’urbanisme, la haute qualité environnementale (HQE), l’habitat, l’écogestion, les
risques.
• L’économie, l’industrie, l’agriculture, le commerce et le tourisme.;
• La culture et le patrimoine, l’éducation, la santé, la solidarité et la coopération dé-
centralisée.

Par exemple, en termes de solidarité et de coopération décentralisée, les collectivités
peuvent développer des échanges équitables de savoirs (voyages d’études, missions
d’assistance), des échanges commerciaux équitables (promotion du commerce équi-
table, épargne solidaire), participer à l’entraide internationale, mener des actions de
sensibilisation, d’information et d’éducation sur les questions de développement in-
ternational.
De même, en termes de développement économique, les collectivités peuvent déve-
lopper des actions pour stimuler la vitalité économique des territoires pour le long
terme. En termes d’emploi, elles peuvent favoriser l’accès à l’emploi, le développe-
ment des compétences et la formation sur les territoires.

c) Quelques exemples de mises en œuvre conçues par des
collectivités
La Région Alsace développe un programme régional « Énergievie » d’incitation à
l‘utilisation des énergies renouvelables, articulant campagnes d’information et de
communication et formation à l’intention des bureaux d’études et des installateurs.
Autre exemple régional, dans le cadre de son agenda 21, la Région Midi-Pyrénées pu-
blie des indicateurs de développement durable applicables aux différents champs de
compétences territoriales.
Des retours d’expérience sur la mise en œuvre d’agendas 21 témoignent des acquis
de ce type de démarche. Les progrès significatifs se situent sur le terrain de la dé-
mocratie participative et la prise de conscience des populations qu’elles ont des en-
jeux et nécessités de ces démarches.

En guise de conclusion, il est important de souligner l’évolution des consciences et
leur traduction au niveau international, face aux nouveaux enjeux du 21ème siècle.
La planète et ses équilibres sont menacés, l’urgence est dans la mobilisation cohé-
rente et soutenue.
Sur les territoires, les agendas locaux relèvent ces défis en déclinant les actions pré-
vues au sein de leurs compétences et en mobilisant les populations pour pérenniser
leur ambition de participer au développement durable.

42 Ingénieur territorial
4. Exemple 4
Dossier concours interne d’ingénieur territorial
octobre 2006 «Urbanisme, Aménagement et paysages»
Sujet de synthèse : « Il vous est demandé de rédiger une note de synthèse, destinée
aux élus municipaux, présentant, à partir des documents figurant dans le dossier ci-
joint, les différentes approches de l’agriculture périurbaine et de sa valorisation».

Observations sur le sujet de synthèse et les documents
composant le dossier
La formulation de la commande est assez souple. Elle ne donne pas d’indication pré-
cise en termes de contenus ou de structuration de la note de synthèse. Le seul élé-
ment à garder à l’esprit est le cadre général présenté : une ville sous pression
démographique, avec la volonté politique de prendre en compte le développement
durable. La notion d’agriculture périurbaine n’est pas vraiment restrictive, c’est l’ob-
jet même du dossier.

L’examen rapide des documents permet d’envisager un traitement du dossier dans
une approche problématique. On voit se dessiner la question du périurbain, des en-
jeux et des stratégies d’acteurs. En outre, des éléments de réponse à différentes
échelles sont proposés et illustrés au travers des documents.

Exemple rédigé

Différentes approches pour l’agriculture périurbaine
Jusqu’aux années quarante, la France se caractérisait par sa ruralité. Trente ans plus
tard, elle s’était urbanisée. Aujourd’hui, le constat traduit une inexorable périurba-
nisation du territoire. Entre les deux derniers recensements, la population des com-
munes périurbaines a crû de 8 % contre 2,5 % dans les zones urbaines denses.
La conséquence de ce mouvement de périurbanisation est l’absorption de la surface
agricole utile : soixante mille hectares par an ces dix dernières années. L’avenir de
l’agriculture périurbaine se confronte à des intérêts contradictoires et les collectivités
cherchent des solutions satisfaisantes.
Dans cette note nous allons examiner, dans un premier temps, comment les terres
agricoles ont souffert de la périurbanisation et quelles sont les difficultés générées.
Puis, dans un second temps, nous nous intéresserons aux outils envisageables per-
mettant de freiner ce mouvement et nous déclinerons quelques exemples sur le ter-
ritoire.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 43
I. Le problème de l’urbanisation des terres agricoles
Le mouvement de périurbanisation est la principale cause de la disparition d’une pré-
sence et d’une activité agricole sur le territoire. Le maintien de l’activité, voire de l’es-
pace qui lui est consacré, rencontre de réelles difficultés.

a) Une perte de terres agricoles qui pose un problème
Le mouvement de périurbanisation pose la question de l’urbanisation des terres agri-
coles, de plus en plus sacrifiées ou abandonnées aux ambitions urbaines. En France
cette tendance à l’urbanisation des terres agricoles serait le double qu’en Allemagne.
Les années 90 ont vu les surfaces occupées par les activités de maraîchage et d’horti-
culture diminuer de 30 % dans les agglomérations. Les communes rurales sont au-
jourd’hui davantage habitées par les urbains que par les ruraux, qui n’y représentent
plus que 10 % de la population active.
Cette évolution est une source de conflits entre ces différentes populations, certaines
porteuses de représentations de l’espace rural et d’autres proposant des projets très
différents. L’amélioration de la cohabitation des ruraux et des néo-ruraux nécessite
des évolutions culturelles fortes, soutenues par exemple par des actions de décou-
verte mutuelle, des manifestations de dégustations de produits ou autre opportunité
de partager.

b) Les causes multiples de la périurbanisation
La périurbanisation croissante trouve ses racines dans une conjugaison de facteurs
conjoncturels :
• Le développement des infrastructures routières facilitant les déplacements.
• Son corollaire : le développement de l’équipement des ménages en moyens de dé-
placement.
• Le désir des populations d’échapper à la densité et à la promiscuité de l’habitat
urbain, en particulier celui des grands ensembles. 27 % des habitants souhaitent
quitter la ville dans les prochaines années.
• Le financement de l’habitat individuel.
Des facteurs structurels expliquent également le phénomène, en particulier le frac-
tionnement en 36 000 communes comme autant d’entités autonomes et respon-
sables.
Même si la définition du périurbain est soumise à débat selon les disciplines concer-
nées, le mécanisme est bien constaté.
La question de l’émiettement de l’espace rural provient également de phénomènes
spéculatifs sur les terres agricoles, phénomènes récurrents sur les terres maraîchères
lorsqu’elles sont incrustées dans le tissu urbain. Le vieillissement de la population agri-
cole génère des problèmes de succession qui peuvent aussi se traduire dans ces mé-
canismes financiers, tant la question de la transmission de la ferme est de plus en plus
difficile pour des raisons économiques, culturelles et foncières.

44 Ingénieur territorial
Certes la dynamique de périurbanisation ne semble pas ralentir, mais des outils ré-
glementaires et des réponses constructives pour préserver l’agriculture périurbaine se
développent sur le territoire

II. Des solutions et des exemples de mises en œuvre
Les cadres réglementaires se mettent en place depuis quelques années pour répondre
à la menace qui pèse sur l’agriculture périurbaine. Ils ne sont pas toujours suffisants
et doivent résolument être mis en œuvre. Des exemples montrent qu’ici ou là des col-
lectivités s’attaquent au chantier de la préservation des terres agricoles.

a) Les outils réglementaires
La loi de février 2005 relative au développement des territoires ruraux consacre un
chapitre à la « protection des espaces agricoles et naturels périurbains ». Les dépar-
tements peuvent délimiter les périmètres d’intervention à la condition qu’ils soient
compatibles avec le schéma de cohérence territoriale (SCOT) s’il existe.
L’élaboration du schéma de cohérence territoriale permet d’intégrer les préoccupa-
tions de développement durable et de consommation restrictive de l’espace. C’est un
document de planification stratégique qui définit la problématique des espaces ru-
raux en termes d’orientation, pour préciser les grands équilibres entre les espaces ur-
bains, les espaces à urbaniser, les espaces naturels et agricoles ou forestiers, les espaces
à protéger. Il intègre un projet territorial à long terme, le projet d’aménagement et
de développement durable (PADD).
Le plan local d’urbanisme (PLU) est un outil de définition du projet général de déve-
loppement de la commune qui précise également le droit au sol. Il comporte un PADD
qui confronte les enjeux de développement et de protection. Les limites du droit à
construire intègrent notamment une règle de réciprocité du code rural, qui définit
des conditions de distance d’implantation ou d’extension de bâtiments agricoles.

b) Des exemples de mises en œuvre sur le territoire
Des collectivités définissent des fonctions diverses à leur péri-agriculture. Fonction
économique : Aubagne a adopté une charte agricole destinée à améliorer la renta-
bilité de ses cultures. Fonction paysagère :, en Savoie, un syndicat mixte pour le
schéma de cohérence territoriale souhaite maintenir la beauté du paysage à des fins
touristiques. Fonction écologique : Lille entend préserver la diversité de sa faune et
de sa flore.
En Haute-Garonne, des organismes professionnels, en partenariat avec des élus, ont
développé un projet agricole départemental dont une part est consacrée à l’agricul-
ture périurbaine. Des mécanismes de soutien et d’aides à des jeunes actifs sont mis
en place pour permettre la diversification de produits du terroir, le développement
de l’agrotourisme et la création de magasins communautaires de ventes directes.
Le syndicat intercommunal de la vallée de l’Hers a établi une charte d’aménagement
sur les sites du technopôle de Labège qui engage les communes adhérentes à

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 45
consacrer 60 % de leur territoire à l’agriculture et aux espaces verts, 2 % à l’habitat
et aux activités économiques et 20 % en réserve pour les générations futures.
Enfin, d’une manière générale, la société d’aménagement foncier et d’équipement
rural (SAFER) peut jouer le rôle d’opérateur foncier, exercer des missions de
surveillance du marché et procéder aux acquisitions de terrains.

En définitive, nous pouvons observer, à la lumière des débats et des actions qui tra-
versent le monde des collectivités et des différents acteurs concernés par l’agriculture
périurbaine, que l’accélération de la périurbanisation des dernières années pose le
problème de la préservation, voire de la sauvegarde, d’une agriculture dans ces
nouvelles zones.
Les outils existent, les porteurs d’initiatives s’expriment et agissent sur le territoire.
Les enjeux sont importants pour la cohésion sociale et la qualité de la vie et les
décideurs politiques, accompagnés des forces vives de ces territoires, sont à la
manœuvre.

46 Ingénieur territorial
5. Exemple 5
Dossier concours externe d’ingénieur territorial
octobre 2006
Spécialité « informatique et système d’information »

Introduction générale

Ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…
On dit souvent que les informaticiens utilisent un jargon qui rend floue leur
communication. En d’autres termes, beaucoup d’informaticiens, candidats à l’épreuve
de note de synthèse, ont des difficultés à se faire comprendre par l’utilisateur
néophyte. Leur communication laisse planer une zone d’ombre auprès de certains
décideurs, ce qui peut compromettre sérieusement la valeur ajoutée du propos. Nous
précisons aussi qu’un des correcteurs peut être un méthodologue et non un ingénieur
de formation : la clarté dans l’argumentation et dans l’exposé des idées est donc
vraiment nécessaire.
Dans cette perspective, un entraînement à la préparation de la note de synthèse
serait avantageux pour le candidat informaticien. Cela peut être une manière de se
rapprocher des élus ou des décideurs de la collectivité, car en mettant la technique à
la portée de ses interlocuteurs, la collectivité peut prendre des décisions efficaces,
pérennes et évolutives, optimisant ainsi la qualité des services offerts aux usagers et
aux citoyens.

Ce qu’il faut faire…
La note de synthèse est une épreuve très difficile, car on demande au candidat
d’extraire ce qui est essentiel à partir du dossier fourni. Comme tout paraît essentiel
dans le dossier, ce travail demandé devient ingénieux et méticuleux, puisqu’il
nécesite un raisonnement logique et structuré. Il faudra passer en revue intelligem-
ment tous les documents du dossier en repérant rapidement les idées essentielles. Il
faudra ensuite regrouper les documents en fonction des thématiques abordées.
De cette organisation, on construit les parties et sous-parties de la note de synthèse
en essayant de leur attribuer des titres présentant une bonne accroche, c’est-à-dire
des « titres parlants ». Exemple : A- La CNIL : de la protection des données à la
désignation du correspondant informatique.
Une fois le plan esquissé, le candidat doit rédiger une bonne introduction, d’une
quinzaine de lignes environ, un développement équilibré et une conclusion d’une
dizaine de lignes.
Pour la rédaction du corps de la note de synthèse, il est fortement conseillé au

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 47
candidat de rédiger directement sur sa copie, en raison du temps imparti. Autrement
dit, faire un brouillon est irréalisable si l’on veut remettre une copie correcte et
équilibrée.

Ce qu’il ne faut pas faire…
Nous rappelons que la note de synthèse n’est pas un résumé de texte. Il faut éviter
de recopier le sujet et d’être redondant. Il ne faut absolument pas ajouter des idées
ne faisant pas partie du dossier fourni. Il ne faut pas partir dans tous les sens en
voulant aborder toutes les thématiques à la fois, car le travail doit être structuré : «
un travail construit à partir d’un dossier fourni ». Il ne faut jouer ni avec le temps, ni
avec la lisibilité, car une écriture peu lisible pourrait être pénalisante pour le
candidat. Il faut éviter les coquilles vides, c’est-à-dire des parties qui ne seraient pas
alimentées d’idées fortes et argumentées. Nous proposons un modèle de corrigé afin
de vous aider dans la préparation.

Un exemple de corrigé-type
Il s’agit d’une note d’information à l’attention du directeur des systèmes d’informa-
tion (DSI).

La note de synthèse
Cette épreuve permet d’évaluer les capacités du candidat à comprendre et à extraire
l’essentiel d’un dossier. Elle reflète la réalité quotidienne des agents (ingénieurs,
attachés…) des collectivités territoriales, qui doivent fournir des informations
pertinentes aux décideurs ou aux élus. Avec la note de synthèse, on demande au
candidat d’être rigoureux, concis et précis. Le candidat doit structurer ses idées en
suivant une logique d’enchaînement des documents du dossier et une neutralité dans
la rédaction. Il doit aussi éviter d’introduire des idées étrangères au dossier de
l’épreuve, au risque d’être sévèrement sanctionné. Une transition entre les différentes
idées, et plus particulièrement entre les parties, est fortement conseillée.

Un exemple de plan
Le candidat qui passe ce type d’épreuve doit se comporter comme un ingénieur
territorial en exercice. Ainsi, en qualité de chargé de missions TIC, il doit rédiger à la
demande du directeur des systèmes d’information une note de synthèse à partir des
documents joints exclusivement.
La commande consiste à comprendre ce qu’apportent les documents joints, à
hiérarchiser les thématiques abordées, à dégager les principes qu’ils contiennent, à
analyser les données qu’ils recouvrent et à ressortir les problématiques évoquées.
Le candidat, futur ingénieur territorial, doit faire preuve d’une grande capacité de
synthèse et de reformulation et de qualités rédactionnelles en fournissant un plan
concis, clair et précis.

48 Ingénieur territorial
Pour la note de synthèse de cette épreuve, nous proposons un plan en deux parties :
• Partie 1 : État des lieux en matière de sécurité et de protection des données, les
textes, les principes, les résultats
– CNIL
– Cybersurveillance et sécurité
• Partie 2 : Enjeux, organisation et actions à mettre en place
A- Enjeux, organisation
B- Charte informatique et communications électroniques

Exemple rédigé
En diversifiant les bouquets de services offerts aux populations, les collectivités terri-
toriales sont tenues de déclarer à la commission nationale de l’informatique et des
libertés (CNIL) leurs fichiers nominatifs qui intègrent des données personnelles. À ce
propos, la loi informatique et liberté (I&L) du 6 janvier 1978, modifiée par la loi du 6
août 2004, a défini les principes à respecter lors de la collecte du traitement et de la
conservation des données à caractère personnel. En d’autres termes, cette loi impose
aux collectivités de s’organiser de manière à sécuriser ces données et à nommer un
correspondant de données personnelles (CPD), représentant de la CNIL et veillant au
respect de la réglementation.
Dans une première partie, nous proposons de faire un état des lieux en matière de
sécurité et de protection des données à caractère personnel, en passant en revue les
textes, les principes ainsi que les résultats dans les collectivités territoriales. Dans une
seconde partie, nous proposons d’aborder les enjeux, l’organisation et les actions à
mettre en œuvre, pour assurer une protection fiable des données à caractère
personnel stockées dans les fichiers informatiques des collectivités territoriales.

I État des lieux en matière de sécurité et de protection des données, les textes,
les principes, les résultats
A CNIL : de la protection des données personnelles à la désignation du CPD

La loi informatique et liberté (I&L) votée le 6 janvier 1978, et modifiée par la loi du
6 août 2004, a défini les principes à respecter lors de la collecte, du traitement et de
la conservation des données à caractère personnel. Les élus sont responsables des
fichiers mis en œuvre dans l’informatisation des services de leur collectivité et
doivent, en connaissance de cause, veiller à ce que la finalité des traitements
informatiques, ainsi que les transmissions de ces informations, soient clairement
définies, transparentes et sécurisées. Dès lors, se pose la question de savoir à quoi
correspond une donnée à caractère personnel.
Une donnée est à caractère personnel lorsqu’elle relève de la vie privée d’un individu
et que sa divulgation porte atteinte aux droits et libertés de la personne concernée.
En effet, la commission de l’informatique et des libertés prévoit 7 grands principes
dans la protection des données personnelles : la finalité du traitement (tout
traitement informatique doit être objectif, pertinent et justifié), la durée de conser-
vation des données (la durée doit être limitée dans le temps), la non divulgation

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 49
(l’utilisation des fichiers doit se faire avec autorisation), la sécurité d’accès aux
données (la confidentialité des données personnelles doit être assurée par l’autorité
compétente, par exemple le maire de la collectivité), l’information des usagers (les
usagers doivent être informés de leurs droits sur les fichiers), le droit d’accès et de
rectification (la personne concernée peut demander de consulter le fichier qui la
concerne et demander, si elle souhaite une suppression ou une rectification en cas
d’information erronée), et enfin, le droit d’opposition (toute personne a le droit de
s’opposer légitimement à l’enregistrement de ses données personnelles sur un fichier
informatique, sauf en cas d’obligation légale (par exemple l’état civil).
Pour faire respecter la loi, la CNIL dispose de nouveaux pouvoirs de contrôle dans le cadre
de la loi du 06/08/2004. Elle peut procéder à des vérifications et à des contrôles a poste-
riori sur les fichiers constitués. Elle dispose aussi d’agents de contrôle assujétis au secret
professionnel, ainsi que d’un pouvoir de sanction (mise en demeure et sanctions pécu-
niaires) en cas de manquement.
Il existe aussi un autre moyen de faire respecter la loi : c’est la désignation d’un
correspondant à la protection des données à caractère personnel (CPD).
Le correspondant à la protection des données à caractère personnel possède une
fonction hybride en jouant le rôle d’interface entre la CNIL et la collectivité
territoriale. Toutefois, il existe une ambiguïté sur sa désignation. En effet, en tant
qu’employé de la collectivité et souvent du service informatique, il doit assurer de
manière indépendante le respect des obligations prévues par la loi et ne peut donc
recevoir d’ordres de sa hiérarchie. Dans cette perspective, le directeur des systèmes
d’information ou le responsable de sécurité des systèmes d’information sont limités
dans l’exercice de leur fonction, puisque le correspondant doit intervenir directement
auprès de la direction générale. Le CPD ne doit pas provoquer de conflit d’intérêts
dans l’exercice de sa mission (décret du 20 octobre 2005). Cependant, la désignation
d’un correspondant dispense les collectivités de procéder aux formalités déclaratives
préalables, à l’exception des demandes d’avis ou d’autorisations. Comme la sécurité
des données est l’affaire de tous, sa réussite dépend aussi des salariés de la
collectivité.

B Cybersurveillance et sécurité

La surveillance des salariés consistant à assurer la sécurisation des données a des
limites. En effet, le contrôle exercé par l’employeur ne peut porter atteinte à la vie
privée et à l’image des agents. Il doit faire l’objet d’une information préalable
auprès des personnes concernées. Il doit aussi être justifié et proportionnel au but
recherché. À ce propos, les salariés doivent être informés des contrôles et des filtrages
effectués et de la durée de conservation des données à caractère personnel les concer-
nant. Pour ce faire, l’employeur peut se construire un schéma ou une procédure.
Tout d’abord, il faut mettre en place des dispositifs de filtrage de sites Internet non
autorisés. Mais les modalités de contrôles doivent faire l’objet d’une consultation du
comité d’entreprise ou du comité technique paritaire dans le cadre de la fonction
publique.

50 Ingénieur territorial
Il faut aussi distinguer les messages à caractère personnel des messages professionnels et
veiller au secret des correspondances électroniques. De même, il est nécessaire de distin-
guer les « traces » ou journaux de sécurité des données, qui permettent le bon fonction-
nement du système d’information.
Les administrateurs des systèmes et réseaux informatiques sont soumis au secret pro-
fessionnel, leurs fonctions les conduisent à avoir accès à l’ensemble des informations
relatives aux utilisateurs. Ces accès ne sont pas contraires aux dispositions de la loi
qui rejette toute utilisation abusive de ces informations. Il en est de même pour ce
qui concerne l’utilisation des outils de télémaintenance (la prise en main à distance
sur les postes utilisateurs…).
Par ailleurs, toute collectivité qui fournit une connexion Internet à ses agents est
considérée comme fournisseur d’accès Internet (FAI). Elle se doit de conserver les données
qui sont de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création du
contenu (réf. à la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) du 21 juin 2004).
La responsabilité de la collectivité pourrait être engagée dans l’hypothèse où l’auteur
d’un message, ou d’un contenu juridiquement non conforme, est l’un de ses agents
utilisant les outils des technologies de l’information et de la communication (TIC )
durant l’exercice de ses fonctions. Ces éléments montrent que la Cybersurveillance et
la sécurité doivent être assurées par l’employeur ou la collectivité en matière de pro-
tection des données à caractère personnel. Tout cela nécessite une certaine organi-
sation que nous proposons d’examiner dans cette deuxième partie.

II Enjeux, organisation et actions à mettre en place
A Enjeux et organisation nécessaire

La supervision de la sécurité des données pour une collectivité consiste à prévenir, à
détecter et à réagir aux incidents, afin d’enregistrer et de remonter les quantités
d’informations à traiter.
À ce propos, il faut une bonne organisation afin d’assurer la sécurisation des données
dans une collectivité ou une entreprise. Pour ce faire, la collectivité peut recourir à
l’audit de sécurité de manière régulière, avec une politique rigoureuse de gestion des
mots de passe ou des codes d’accès. Elle doit aussi s’interroger sur les questions
suivantes :
• Tout d’abord, faut-il désigner un correspondant à la protection des données ?
La réponse est oui, dès lors que l’effectif et le mode d’organisation de la collecti-
vité le justifient, en concertation avec les instances représentatives du personnel.
• Faut-il recruter un spécialiste des droits et obligations liés à l’utilisation des TIC ?
Dans la mesure où la collectivité fournit des accès à Internet et un usage impor-
tant des TIC, un juriste pourrait les rendre conformes à la réglementation.
• Enfin, faut-il externaliser la supervision ?
Dans certaines conditions, et surtout pour ne pas commettre des erreurs ou des man-
quements en matière de droit et d’obligation, la collectivité peut confier la super-
vision de sa sécurité informatique à un tiers.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 51
Ces interrogations montrent que l’organisation et la supervision de la cybersur-
veillance et de la sécurité des données d’une collectivité restent indissociables à l’uti-
lisation d’accès à Internet (FAI).
Cette situation est d’autant plus importante que les collectivités sont devenues des
fournisseurs.
Ainsi, une collectivité est qualifiée de FAI, lorsqu’elle fournit la possibilité à ses agents
ou à ses administrés d’utiliser Internet. Cependant, le rôle de FAI est assujetti à certaines
obligations, parmi lesquelles figure l’obligation de conservation des données.
En effet, le FAI doit conserver et communiquer sur réquisition les données de nature
à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création du contenu, ou
de l’un des contenus des services, dont le FAI est prestataire.. Pour ce faire, la collec-
tivité doit s’organiser afin de permettre la mise en place d’une véritable supervision
de la sécurité des données personnelles.
La supervision est aussi une préoccupation légitime de la collectivité fournisseur d’accès.
Elle constitue entre autres une activité de cybersurveillance. Cependant, cette supervision
de la sécurité des données peut être onéreuse et il faut faire en sorte qu’elle soit per-
tinente. La pertinence requiert une organisation des pratiques et une maîtrise des
coûts des différents éléments à prendre en compte.
Nous rappelons que la supervision de la sécurité des données doit se faire pour trois
raisons : le coût induit par les systèmes de supervision utilisés (matériel et logiciels),
sa pertinence (de par son utilité) et sa cohérence avec les contraintes et les obliga-
tions liées aux risques juridiques de la cybersurveillance.
Pour que cela fonctionne, il faut former des cadres et des agents aux TIC et à la protec-
tion des données en les informant de leurs droits et de leurs devoirs, afin de les impliquer
d’avantage. Pour obtenir leur adhésion, la collectivité doit développer une stratégie de
conduite au changement, en expliquant ce qui va changer réellement, y associer les agents,
élaborer une stratégie et enfin accompagner le changement attendu.
Par ailleurs, les DSI doivent gérer les risques liés aux comportements des individus, en
connaissance des risques juridiques que cela engendre.
Il faut aussi penser à établir des tableaux de bord et des procédures qui déterminent
les règles de surveillance, d’action, et qui permettent d’en évaluer le coût. Entre
autres, les DSI doivent élaborer une ou plusieurs chartes informatiques, afin de mieux
orienter et encadrer les utilisateurs.

B Charte informatique et communications électroniques

La charte, ou « règles de bons usages », est l’instrument juridique qu’il convient de
mettre en place dans la collectivité. Elle doit clairement définir la séparation entre
les usages d’ordres professionnel et privé d’une part et les outils et pratiques infor-
matiques d’autre part. Ainsi, il est nécessaire de se doter d’une ou plusieurs chartes
(interne, usagers, prestataires, partenaires…).
Toutefois, il convient de responsabiliser les agents en leur expliquant les conséquences

52 Ingénieur territorial
de leurs actes. La charte est un gage de sécurité juridique pour les élus comme pour
les directeurs et pour les agents.
L’adoption d’une charte impose à la collectivité de consulter préalablement le comité
technique paritaire (CTP). Ainsi, après adoption, chaque agent doit être informé de
la mise en application de la charte. Il est souhaitable d’accompagner la diffusion de
cette dernière par une démarche pédagogique.
La protection des données à caractère personnel est définie par la loi informatique
et liberté (I&L) votée le 6 janvier 1978 et modifiée par la loi du 6 août 2004. Pour
collecter, traiter et conserver leurs données à caractère personnel, les collectivités
doivent s’organiser pour surveiller et sécuriser leurs systèmes d’information. Cependant,
la supervision peut être onéreuse et il est nécessaire d’en évaluer le coût sans attendre.
La CNIL impose aux collectivités de désigner un correspondant informatique qui
rencontre des difficultés de positionnement au sein de la direction des systèmes
d’information, compte tenu du fait qu’il est juge et partie. En d’autres termes, pour
parvenir à ses fins, la collectivité doit recourir à une organisation et à une stratégie
qui nécessitent une conduite au changement des comportements et des pratiques de
ses agents.

Epreuve de note de synthèse, exemples illustrés 53
54 Ingénieur territorial
Épreuve de note de synthèse
avec propositions, méthode
(spécialités)
Chapitre III

Présentation générale de l’épreuve
Cette seconde partie de l’épreuve, intitulée « recommandations techniques » ou «
propositions » (ces deux termes souvent utilisés sont à considérer et à traiter de
manière identique), permet d’évaluer la culture et les capacités professionnelles du
candidat. La partie «propositions» est élaborée à partir d’un certain nombre d’idées
personnelles, contrairement à la partie «note de synthèse», qui consiste à restituer
objectivement des informations à partir de documents joints et sans aucun ajout
personnel.
La finalité est de savoir développer, argumenter et évaluer les idées qui constituent
l’apport technique du candidat; de savoir mettre en évidence les avantages et
inconvénients des options proposées. Les actions préconisées devront être organi-
sées et expliquées, sans omettre d’appréhender les dimensions scientifiques,
techniques, règlementaires, financières et organisationnelles.
Pour le concours d’ingénieur, le sujet est en rapport avec la spécialité choisie par le
candidat. Pour l’examen professionnel, rappelons que ce n’est pas le cas.
Pour cette épreuve, il s’agit de se positionner en tant que cadre technique et de
proposer des réponses professionnelles à la collectivité et à ses décideurs.
Le concours ou l’examen ne doit pas être considéré comme un simple exercice hors
d’un contexte professionnel, mais correspond bien souvent à une mise en situation.
Le candidat doit donc se positionner en tant qu’ingénieur d’une collectivité terri-
toriale et proposer une réponse professionnelle à une demande des élus. La faisa-
bilité technique et opérationnelle, de même que la mise en œuvre, seront évaluées.
Plusieurs options pourront être proposées en fonction des priorités fixées.
La dimension spécifique du rôle de l’ingénieur en tant que conseil, aide à la déci-
sion et force de propositions, sera fortement appréciée. La prestation du candidat
en réponse au sujet doit permettre au jury de juger de sa culture territoriale, de ses

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 55
capacités à exercer les fonctions d’ingénieur, mais aussi de ses connaissances tech-
niques acquises par son expérience et sa culture professionnelles.

Comment se préparer efficacement ?
Pour se préparer à cette partie du concours, il s’avère pertinent de posséder une cul-
ture importante sur la spécialité choisie et sur une partie des autres options. Pour
l’examen, il s’agira de développer sa culture et sa curiosité territoriales. Les journaux
conseillés sont La Gazette des communes, Techni.Cités, le Moniteur, La Lettre du
Cadre et tout autre journal ou site Internet spécialisé dans l’option (tels que construc-
tif.fr pour la spécialité ingénierie, gestion technique et architecture, ou urba-
nisme.equipement.gouv.fr pour la spécialité urbanisme). Les sujets étant rédigés
longtemps à l’avance, il est recommandé de lire ces brochures jusqu’à deux années
avant le passage au concours.
Une des solutions est de se constituer des chemises par thématique abordée, en col-
lectant les articles au fur et à mesure de ses lectures.
Un concours se prépare et nécessite un entraînement à la rédaction de la note de syn-
thèse comme à la rédaction de la partie propositions.
Il est aussi nécessaire, pour assimiler la méthodologie, de réaliser des devoirs en temps
limités à partir de sujets d’annales.

Comment est corrigée une copie ?
La correction de la copie se fait toujours en double correction. Un premier correcteur
juge votre copie sans mettre d’annotation sur celle-ci. Puis la copie est remise à un
autre correcteur qui procède de même. La double correction, c’est-à-dire la mise en
commun de l’appréciation des deux correcteurs, permet de vérifier qu’il n’existe pas
plus de 2 points d’écart entre les deux corrections. Ainsi, la moyenne sera apposée
comme note définitive. En cas de désaccord important, une relecture permet de re-
voir l’appréciation de l’un et l’autre. Une autre solution peut être le recours à un troi-
sième correcteur chargé de départager les avis et de trouver la note la plus juste, ce
qui est extrêmement rare. Ce système a pour objectif de garantir une totale impar-
tialité et une équité aussi parfaite que possible entre candidats, toujours dans le res-
pect le plus total de l’anonymat.

Comment traiter la partie «propositions» ?
Les propositions doivent être nettement distinguées de la note de synthèse.
Pour cette partie, le candidat doit exercer son esprit d’analyse, mobiliser ses connais-
sances et établir des liens entre les idées développées. Ces qualités s’exprimeront dans
la pertinence des recommandations.
Les propositions permettent de tester les connaissances techniques du candidat. Il faut
donc apporter des éléments extérieurs à la note de synthèse. Néanmoins, les propo-
sitions peuvent reprendre ou s’inspirer des informations contenues dans le dossier de
la note, tels que les textes de loi, les normes, les décrets et autres dispositions règle-
mentaires. C’est pourquoi il est recommandé de prendre connaissance de l’ensemble

56 Ingénieur territorial
du sujet avant de lire les documents joints, afin de travailler parallèlement les pro-
positions, en annotant au brouillon les éléments importants qui pourront être repris,
ou encore les idées qui pourraient venir à la lecture du dossier.

Il existe différents types de sujets possibles, tels que : une mise en situation, une thé-
matique plus globale à développer dans un secteur d’activité, ou encore un thème
précis à généraliser à différents secteurs. (cf. sujets corrigés).

Les principaux objectifs pour bien traiter cette partie sont :

• D’évaluer l’intérêt du projet, ses enjeux, ses difficultés.

• De justifier les propositions développées et argumentées.

• D’énoncer les solutions techniques, les alternatives, leurs avantages et leurs in-
convénients, les priorités.

• De savoir organiser leurs mises en œuvre opérationnelles.

Ces mêmes propositions devront être réalistes. Il ne faut pas proposer de solutions
démesurées, inadaptées, irréalisables techniquement ou encore trop onéreuses, si par
exemple le candidat s’adresse à des élus d’une commune de taille modeste. Dans le
cas (le plus courant) où aucune indication n’est fournie sur la collectivité, il faudra ex-
pliquer la solution proposée, dans quelle mesure elle peut être adaptée et auprès de
quel type de collectivité elle pourrait convenir. L’erreur à ne pas commettre serait de
prendre arbitrairement un exemple de taille ou de type de collectivité en excluant
toute autre sorte de structure territoriale.

Le candidat doit se positionner en tant que professionnel hors d’un contexte réel,
mais de plus comme un « prestataire » au service d’une structure sur laquelle il n’a
pas d’information (sauf peut-être dans la spécialité informatique).

Comment répartir son temps ?

Une méthode peut être appliquée comme une suite d’opérations à effectuer.

Une des difficultés de l’épreuve concerne la gestion du temps : le candidat a 5 heures
pour passer du dossier à la partie propositions, qui doit compter 5 à 6 pages. Étant
donné que la première partie (note de synthèse) doit être réalisée en 2 h 30 ou 2 h
45, il s’agira de consacrer 2 h 15 à 2 h 30 pour la seconde partie de l’épreuve (pour
le concours externe), ou 1 h 45 à 2 h 00 (pour le concours interne, qui nécessite 4
h 00 d’épreuve en tout). Il en est de même pour l’examen professionnel.

Le candidat doit donc travailler en minutant chaque opération. Savoir gérer son temps
fait partie de l’épreuve. Plus le candidat se sera préparé et aura acquis des connais-
sances, moins il risque de se trouver « sec » sur un sujet, et pourra ainsi prendre le
temps nécessaire à la réalisation d’une partie propositions intéressante.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 57
Pour résumer, la gestion du temps se répartit comme suit (pour le concours externe) :
Lecture et compréhension du sujet 5 minutes
Recherche des idées 30 minutes
Organisation des idées par thématique 10 minutes
Élaboration du plan 10 minutes
Validation du plan (plan équilibré) 5 minutes
Travail des titres et sous-titres 10 minutes
Rédaction de l’introduction au brouillon 10 minutes
Rédaction de la conclusion au brouillon 10 minutes
Rédaction au propre du devoir 1 heure 10 minutes
Relecture finale 5 minutes
2 heures 45 minutes

Pour résumer, la gestion du temps se répartit comme suit (pour le concours interne
et l’examen professionnel) :
Lecture et compréhension du sujet 5 minutes
Recherche des idées 20 minutes
Organisation des idées par thématique 5 minutes
Élaboration du plan 10 minutes
Validation du plan (plan équilibré) 5 minutes
Travail des titres et sous-titres 5 minutes
Rédaction de l’introduction au brouillon 10 minutes
Rédaction de la conclusion au brouillon 10 minutes
Rédaction au propre du devoir 45 minutes
Relecture finale 5 minutes
2 heures

Le découpage proposé peut, bien sûr, être adapté en fonction de la complexité plus
ou moins grande du dossier, par exemple, ou de la capacité du candidat à écrire
rapidement (difficultés ou facilités de lecture pour le dossier et d’écriture pour les
deux exercices). Cependant, pour un devoir réussi, il ne faut pas beaucoup s’écarter
du minutage de la méthodologie proposée, au risque d’obtenir un devoir inachevé,
qui sera alors fortement pénalisé au niveau de la note.
Le candidat peut se tester afin d’évaluer sa vitesse d’écriture. L’entraînement à la
réalisation de devoirs complets en 4 ou 5 heures s’avère incontournable pour
apprendre à maîtriser la gestion du temps. Notamment pour savoir combien de temps
le candidat doit s’accorder pour rédiger, à partir d’un plan détaillé, une copie de
l’ordre de 5 à 6 pages (en fonction de la taille de l’écriture).
C’est la condition pour que la méthode soit maîtrisée et être plus rapide et efficace
dans la réalisation du devoir le jour du concours.
Afin de bien comprendre la méthodologie proposée, voici comment procéder pour
chacune des différentes étapes de réalisation du devoir, pour la partie recommanda-
tions :

58 Ingénieur territorial
I – Comprendre le sujet
Le candidat doit en premier lieu comprendre les termes du sujet et éviter une réponse
partielle ou du hors sujet. L’énoncé doit être analysé et non simplement parcouru. Il
faudra être vigilant et éviter les contresens d’un terme à l’autre, éviter surtout les
hors sujets ou les réponses partielles.
Les sujets sont d’une manière générale transversaux, mais restent proches du domaine
et des compétences des services techniques d’une collectivité territoriale. Pour
exemple, si l’on prend le domaine de compétences de la voirie, il ne faudra pas
omettre de mobiliser ses connaissances en urbanisme, avoir recours aux compétences
d’autres services, tels que les espaces verts, les réseaux, l’éclairage public, qui auront
une incidence sur les aménagements de voirie proprement dits. C’est pourquoi, il est
nécessaire d’avoir une vision transversale des sujets, tout en restant professionnel et
forcément plus compétent dans sa spécialité.
La priorité est donc de bien comprendre le sujet et d’analyser l’objectif et les enjeux
que représente un tel sujet pour un ingénieur territorial. La problématique sera
repérée.
La notion de problématique est le fait de se poser des questions sur le sujet. C’est
avoir une construction conceptuelle thématique mettant en relation un certain
nombre de problèmes et de questions qui dépendent les uns des autres.
Pour illustrer ce propos, prenons comme exemple le sujet du concours externe d’in-
génieur territorial de 2006, spécialité infrastructures et réseaux. Ce sujet, compré-
hensible par des non spécialistes, a pour thème : « développer une politique en
faveur de l’usage du vélo ». Il est demandé, dans une seconde partie, de formuler
un ensemble de propositions susceptibles d’orienter la politique de la collectivité
consistant à développer la pratique du vélo comme mode de déplacements urbains.
Pour ce sujet, la problématique pourrait être de déterminer comment le vélo peut
devenir un partenaire des autres modes de déplacements urbains en s’intégrant dans
une chaîne de transport. Cette complémentarité peut-elle accroître l’attractivité de
chacun de ces modes et offrir une alternative crédible à la voiture ?
Le jury sait qu’il est impossible d’être compétent dans tous les domaines, mais
l’ingénieur doit être capable d’avoir une vision générale et savoir prendre de la hau-
teur sur n’importe quelle problématique.
En priorité, il s’agit de prouver ses aptitudes à comprendre une question, à l’analyser
et à savoir la traiter dans son ensemble et dans toute sa globalité technique, finan-
cière, administrative, juridique, organisationnelle. Traiter un sujet, c’est avant tout
expliciter une problématique avec des propos argumentés et structurés. Pour
reprendre notre exemple fil conducteur « développer une politique en faveur de
l’usage du vélo » : il s’agit de ne pas omettre les autres modes de transport. L’inter-
modalité permet de combiner les différents usages et modes de déplacements. Quels
sont les aménagements urbains qui facilitent la pratique du vélo, tout en faisant
cohabiter d’autres modes de déplacements en toute sécurité ?
L’intitulé du sujet débute souvent par : « en tant qu’ingénieur territorial dans la col-
lectivité de X, vous devez mettre un place… », ou encore : « puis, dans une seconde

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 59
partie, vous formulerez un ensemble de propositions pour … »? Ceci signifie que le
candidat doit se positionner en tant que professionnel du niveau ingénieur, jugé par
d’autres professionnels de sa spécialité. L’épreuve consiste donc à savoir rassembler
ses connaissances techniques théoriques et à les présenter de façon à ce qu’elles puis-
sent être mises en œuvre dans une collectivité territoriale.

II - Lister les idées qui seront développées
Dans cette partie, il s’agit de définir les pistes de réflexions issues de la lecture et de
la compréhension du sujet, en gardant comme objectif de répondre à la probléma-
tique envisagée par le candidat.
Certains éléments exploités dans le dossier de la note de synthèse pourront être re-
pris. Cette prise de notes ne devra toutefois pas représenter l’intégralité du devoir
mais 10 % tout au plus. Pour l’exemple sur le vélo, le code de la rue (document n°
10) donne la priorité aux cyclistes et aux piétons. Ceci viendra compléter les proposi-
tions d’aménagements spécifiques permettant la reconquête du vélo en ville. Le do-
cument n° 1, sur la sécurité routière, donne des éléments de réponse tels que réduire
la vitesse, faire circuler les vélos à contresens, aménager des bandes et pistes cyclables.
Ce que nous appellerons « palette d’idées » est une bonne base de départ, qui per-
mettra d’avoir une vision globale du sujet. Ainsi, plusieurs thématiques seront prati-
quement toujours abordées, en étant adaptée à la problématique.
La palette d’idées regroupe un certain nombre d’éléments intégrés dans une « opé-
ration » ou un « projet » à développer dans une collectivité.
Définissons ces deux termes, afin de mieux cerner la suite de ce que peut comprendre
la palette d’idées.
Une opération est considérée comme un ensemble visant à mettre en œuvre un ob-
jectif ou une mission représentant un tout cohérent.
Ce peut être une opération de voirie, regroupant à la fois la partie étude et la par-
tie opérationnelle. Un autre exemple serait la construction d’un ouvrage qui regroupe
les aspects réglementaires, les études amont, les études d’impact de l’ouvrage dans
son environnement, mais aussi les phases de conception, de réalisation et de récep-
tion avec la levée des réserves.
Par exemple, pour le sujet sur les vélos, l’opération consiste à l’aménagement d’un
réseau de pistes cyclables afin de favoriser l’usage du vélo. L’ensemble cohérent est
une prise en compte globale avec les aspects techniques (diverses études, largeur des
voies, emprise sur un giratoire, impact sur le PDU…), financiers (financement des tra-
vaux d’aménagements), réglementaire (code de la rue, code de la route).
Un projet est une notion plus globale et transversale, qui regroupe une organisation
à la fois opérationnelle et de réflexion. Un exemple serait l’instauration des 35 heures
au sein d’un service, ou encore la mise en place d’une évaluation des performances
d’une direction.
Par exemple, pour le sujet sur les vélos, l’opération peut être assimilée à une mission
ayant comme objectif de développer une politique en faveur de l’usage du vélo. Une
organisation transversale peut se mettre en place grâce à une politique de concerta-

60 Ingénieur territorial
tion (associer les usagers, les associations…), en y adjoignant les différents services
(voirie, urbanisme, déplacements…).
La palette d’idées permet ainsi d’aborder un certain nombre de notions à prendre en
compte lors de la mise en œuvre d’une opération ou d’un projet :
• Les enjeux et objectifs pour le décideur de la collectivité (maire, président) ou pour
la collectivité elle-même. Ce peut être répondre à des besoins, anticiper de nou-
velles demandes, améliorer une situation insatisfaisante ou encore développer un
nouveau principe.
• L’analyse des responsabilités, telles que les responsabilités pénales, juridiques, en-
courues par le maire ou par l’ingénieur territorial au regard de leurs missions et
de leurs domaines de compétences. Les points de vue des fonctionnaires et ceux
des élus ou des usagers, ceux de l’État et des collectivités territoriales peuvent s’avé-
rer nettement différents.
• Les contextes juridique et administratif : ce qu’il est possible de faire, ou les in-
terdits imposés par les lois, décrets, codes et autres dispositifs réglementaires.
L’évolution des règlements qui a conduit à mettre en place de nouvelles procé-
dures, par exemple.
• Les aspects techniques : les normes applicables, les nouvelles techniques et leurs
évolutions. Les avantages et inconvénients du recours à telle ou telle solution tech-
nique. Leurs aspects quantitatifs et qualitatifs. Leurs adaptations en fonction de la
typologie de la collectivité.
• L’estimation et l’anticipation des risques liés à l’opération. Ils peuvent être d’ordre
réglementaire ou juridique, liés à la sécurité des biens et des personnes, ou encore
d’ordre technique, ou enfin liés à des aléas.
De ce fait, des assurances pourront s’avérer nécessaires, afin de protéger les
agents, les riverains, la construction, l’ouvrage, le bien matériel ou encore la maî-
trise d’ouvrage par rapport aux risques estimés.
• L’évaluation des besoins matériels, humains, mais aussi en termes de prospection
vis-à-vis de la population, des usagers.
• L’évaluation des compétences internes permettra de définir s’il est nécessaire de
recourir à un bureau d’étude extérieur ou de garder la maîtrise d’œuvre en régie.
De même, il s’agit de justifier le choix d’externaliser les compétences en faisant in-
tervenir des entreprises privées, ou de conserver le travail en régie effectué par un
personnel territorial.
• Le coût de réalisation ou de mise en œuvre ne doit jamais être oublié. Les aspects
financiers et économiques sont souvent les facteurs les plus importants de choix
des décideurs territoriaux.
• Le coût global est une notion de plus en plus répandue notamment dans le do-
maine de la construction. Il s’agit de prendre en compte à la fois le coût d’inves-
tissement mais aussi le coût de fonctionnement induit. L’estimation des frais futurs
d’entretien et de maintenance découle des choix d’investissement de départ.
Pour exemple, le choix d’un système énergétique tel que le gaz ou les panneaux
solaires aura une incidence très différente en terme de fonctionnement et de coût
énergétique. Dans ce cas, le coût d’investissement sera sans doute plus important
pour les panneaux solaires, mais probablement moindre en coût de fonctionnement.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 61
• Ce coût d’investissement et de fonctionnement devra être prévu et inscrit au bud-
get de la collectivité. Rappelons que le budget est préparé par les services avant
d’être présenté en débat d’orientation budgétaire (DOB) et voté par le conseil de
la collectivité. Il est voté pour une année budgétaire, ou exercice, dans une limite
fixée par la loi, qui ne doit pas dépasser le 31 mars de l’année suivante.
En cas de difficulté à supporter une dépense sur un exercice, il peut être proposé
par l’ingénieur de se doter d’un plan pluriannuel d’investissement (PPI), permet-
tant de planifier les dépenses sur plusieurs années, avec des autorisations de pro-
gramme prenant en compte la globalité de l’opération mais planifiée sur plusieurs
exercices budgétaire.
• Afin de faciliter la réalisation d’une opération ou d’un projet, des financements
pourront être recherchés. Il s’agit de collecter des aides financières, telles que des
subventions d’organismes publiques (État, Région, Département, fonds européens,
syndicats spécifiques : agences de l’eau, syndicats d’assainissement, ADEME -
agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie…-), des dotations.
Les partenaires financiers seront associés dès les phases en amont du projet ou de
l’opération.
• Il faudra maîtriser l’application des procédures tels que le code des marchés pu-
blics, la loi MOP (maîtrise d’ouvrage publique), le parcours des décisions (bureaux
municipaux, conseils municipaux, validation du projet lors de son passage en com-
mission thématique, prise d’arrêtés, de délibérations, de décisions…).
• L’organisation des différentes phases met en évidence la notion de délais (des
études, des travaux, de la mise en place, des procédures, des formations…). Il est
en effet important pour un élu de bien comprendre à quelle échéance le projet
pourra être opérationnel et quelles sont les raisons des éventuels retard de mise
en place. Des outils pourront être utilisés pour organiser la gestion des délais tels
que des plannings. Planifier est le fait de prendre du temps pour établir son plan-
ning. Prioriser ce qui est important, fixer les éléments incontournables et ceux qui
sont récurrents. Bien s’organiser permet de savoir anticiper, savoir déléguer à ses
collaborateurs, savoir quoi faire au bon moment et auprès de qui. C’est aussi réus-
sir à prendre du recul en fixant ses objectifs et l’ordre des priorités.
• Trouver l’échelle pertinente de territoire est le fait de savoir sur quel territoire il
est plus judicieux de développer une compétence ou un projet. Prenons l’exemple
de la gestion des espaces verts et du paysage. Ce domaine nécessite de travailler
au niveau d’une ou de plusieurs entités paysagères. Or, ces entités correspondent
rarement aux limites administratives d’une commune. Ainsi, il semble dans ce cas
pertinent d’élargir l’étude ou même la gestion d’un tel projet à une échelle plus
large, telle qu’une structure intercommunale ou un département. Il en est de
même pour le domaine de l’assainissement où l’échelle de travail se fait au niveau
d’un bassin versant. Il n’est donc pas impossible de proposer à ses élus de colla-
borer avec une structure supracommunale.
• Il est aussi envisageable de collecter ou de rechercher des exemples et expériences
vécues dans d’autres collectivités. Cela peut s’avérer utile notamment lorsqu’on
traite de sujets innovants ou peu usités, tels que la démarche qualité, le manage-
ment environnemental, l’application d’un label haute qualité environnementale,
etc. Le correcteur sera attentif au choix d’exemples concrets pertinents qui vien-

62 Ingénieur territorial
dront illustrer les propositions, tirés notamment de la pratique professionnelle, de
l’actualité ou des réflexions menées par certaines collectivités territoriales.
• La conduite de projet pourra être appliquée selon les projets à gérer. Elle s’orga-
nise à travers plusieurs phases.
Ainsi, la première phase nécessaire est de réaliser un état des lieux, c’est-à-dire
l’existant en terme d’urbanisme (droit à construire, plans et documents tels que
les PLU (plan local d’urbanisme), POS (plan d’occupation des sols), PDU (plan de
déplacements urbains)…, un rapport d’analyse de sols, de pollution, le PEB (plan
d’exposition au bruit), un rapport amiante, plomb…
La seconde étape est le diagnostic, soit une analyse de l’état des lieux permettant
de mettre en évidence les points forts et les points faibles du projet, de percevoir
les difficultés qui seront susceptibles d’être rencontrées… Prenons l’exemple d’un
projet de réhabilitation d’un bâtiment. Si le rapport amiante détecte de nombreux
éléments à désamianter, le diagnostic mettra en évidence les contraintes finan-
cières et d’organisation du chantier, des impossibilités à permettre une occupation
du bâtiment…
Puis, il s’agira de nommer un chef de projet. Celui-ci sera l’acteur le plus pertinent
de la collectivité pour mener à bien le suivi du projet. Il n’est pas nécessairement
choisi en fonction de sa position hiérarchique ou de son influence dans l’organi-
gramme, mais plutôt en fonction de sa capacité à rassembler, à insuffler une dy-
namique de projet, et en fonction des compétences qu’il pourra mettre en
évidence dans l’opération à mener.
Le chef de projet doit constituer un comité technique et un comité de pilotage,
avec les choix des acteurs les plus pertinents pour cette réaliser mission. Le comité
technique sera chargé de réaliser chaque phase technique tels que la phase de fai-
sabilité, l’esquisse, l’APS (avant-projet sommaire), l’APD (avant-projet détaillé), le
montage du DCE (dossier de consultation des entreprises), la réception de la mise
en place du projet ou du chantier. Les acteurs du comité technique seront choisis
en fonction de leur implication par rapport au projet et de leur capacité à trou-
ver les informations nécessaires au bon déroulement des phases d’avancement. Ces
acteurs seront essentiellement issus de la collectivité. Cependant, s’il s’avère que
les compétences ne sont pas présentes en interne, il sera utile de missionner le bon
intervenant en externe, par voie de mise en concurrence, conformément au code
des marchés publics. Au préalable, il s’agit donc de définir quelles sont les per-
sonnes ressources en adéquation avec l’opération.
Prenons l’exemple de la mise en réseaux de bibliothèques : les acteurs pertinents
pourraient être les bibliothécaires, le directeur des systèmes informatiques, le di-
recteur des bâtiments.
• Le comité de pilotage est, lui, chargé de la validation de chaque phase et des prises
de décisions quant aux orientations à prendre au fur et à mesure de l’évolution
du projet. Il se composera des décideurs tels que les élus du secteur concerné et
des partenaires financiers tels que la région, le conseil général, les fonds euro-
péens, les subventions d’organismes spécifiques (agences de l’eau, syndicats des
transports…) ou encore des associations intéressées par le projet (utilisateurs…).
À l’issue du déroulement des étapes successives, un suivi sera mis en place afin de
vérifier comment le projet s’installe au sein de la collectivité et de mesurer son im-

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 63
plication dans les services. Ainsi, dans le cas de la mise en place des 35 heures dans
un service, il s’agira de vérifier que les heures d’ouvertures correspondent aux be-
soins de la population en terme de service public, que les plages horaires sont res-
pectées, que les agents et la continuité du service ne subissent pas de problème
d’organisation.
On peut par exemple proposer la mise en place du projet dans un service test, puis
de l’étendre à d’autres services par étape d’appropriation et en fonction des be-
soins de la collectivité.
Un bilan permettra de mesurer les éléments problématiques, les dysfonctionne-
ments éventuels et d’apporter les mesures correctives nécessaires. Le bilan pourra
se faire à l’aide d’outils de mesure, tel que le tableau de bord, en prenant soin de
bien choisir les indicateurs pertinents.
Dans ces différentes étapes, il ne faudra pas omettre la concertation avec les ha-
bitants, l’information des services et des agents autres que ceux associés au dé-
part, la communication auprès des services et des riverains ou usagers, la formation
des agents si nécessaire (telle que l’installation d’un nouveau logiciel).
De plus, il peut être proposé, avec parcimonie, de procéder au recrutement
d’agents s’il s’avère que les moyens humains sont insuffisants ou inexistants dans
le domaine à développer. Là encore, une formation pourra compléter ce recrute-
ment.
• Un autre élément important de la palette d’idées est l’analyse du contexte légis-
latif ou réglementaire. Cela consiste à savoir ce qu’il est possible de faire au re-
gard des lois, règlements, décrets, normes. Mais aussi, connaître l’évolution
législative répondant aux nouvelles demandes de la société ou aux nouvelles
normes européennes. C’est pourquoi il est nécessaire, durant la préparation au
concours, de bien se tenir au courant des textes sortis ou en cours d’avènement,
en fonction de la spécialité dans laquelle le candidat concourt mais aussi sur les
spécialités transversales. Ainsi, un candidat inscrit dans la spécialité bâtiment ne
pourra pas ignorer les lois relatives à l’urbanisme, à la sécurité, à l’accessibilité, à
l’énergie, à l’environnement.
Enfin, la recherche des idées se fera sous forme de prise de notes rapides et non pas
de rédaction même succincte. On utilisera des abréviations, des signes qui constitue-
ront progressivement une liste d’idées et de thématiques.
Pour reprendre l’exemple du sujet de 2006, spécialité infrastructures et réseaux, les
thématiques abordées seront les différents modes de déplacements urbains, l’inter-
modalité, les plans de déplacements urbains et l’usage du vélo (agir sur l’offre des
modes de déplacements), les enjeux touristiques du vélo, la signalétique spécifique,
les recommandations techniques, la sécurité, l’information, la concertation (agir sur
les comportements), le financement, le contexte règlementaire.

III - Organiser ses idées par thématique
Pour plus de facilité, il convient de commencer par ordonner ses idées pour élaborer
un plan, tout d’abord avec une ébauche de titres, puis en les retravaillant.

64 Ingénieur territorial
Le candidat regroupe ses idées par thèmes qui créeront des sous-parties puis des par-
ties. Le sujet peut faire apparaître 4, 5, 6, ou 8 sous-parties. En fonction du dévelop-
pement qui leur sera nécessaire et de l’importance du thème abordé, il sera possible
de regrouper certains thèmes proches, afin d’aboutir à 4 sous-parties inclues dans 2
grandes parties.
L’effort de structuration consiste à organiser ses idées de façon pertinente, avec un
découpage permettant de tendre vers une ébauche de plan comprenant ses parties,
sous-parties et leurs contenus.
Progressivement, le devoir se construit, s’organise, se structure en une progression lo-
gique et judicieuse.
Avec le même sujet lié aux déplacements doux, ou comment développer la pratique
du vélo comme mode de déplacements urbains; il semble logique de commencer par
analyser la situation de la collectivité en terme d’offre de cheminement vélo, puis de
mettre en place des moyens d’actions pour développer les déplacements doux.

IV - Structurer ses propos et son développement par
un plan
Le plan constitue une obligation. Un devoir non structuré en plan sera fortement pé-
nalisé par les correcteurs. Le plan traduit un esprit d’organisation et de synthèse. Il
prouve une certaine rigueur et facilite la compréhension. Sa logique, sa pertinence
et son efficacité forment le squelette du devoir.
Le plan représente un travail de regroupement des idées par grande thématique, en
respectant une logique de continuité et de progression, en ordonnant ses informa-
tions. Cette logique doit permettre aux correcteurs de suivre le raisonnement, lui
prouvant que le candidat a bien compris et analysé globalement le sujet et que son
analyse de professionnel se concrétise dans le devoir.
Un plan s’organise autour d’une introduction, d’un développement par parties et
sous-parties et d’une conclusion. Il doit être apparent, en coordonnant les deux par-
ties et en assurant une transition entre l’introduction, le développement et la conclu-
sion. Le plan doit être efficace. La logique de démonstration est le fil conducteur de
l’ensemble du devoir.
Le développement s’organisera en un plan clair et cohérent en 2 ou 3 grandes par-
ties et 2 ou 3 sous-parties. Cependant, il est plus facile de travailler sur un plan struc-
turé en 2 parties et 2 sous-parties.
Le candidat peut s’appuyer sur la conduite de projet étudiée dans la boîte à outils,
pour structurer le devoir. Il ne s’agit pas d’utiliser cette démarche comme une recette
applicable pour tout type de sujet. Cependant, l’analyse préalable du territoire ou du
contexte réglementaire, la réalisation d’un diagnostic ou des enjeux semblent consti-
tuer souvent la première étape avant de proposer des solutions techniques.
Le plan binaire (2 parties de 2 sous-parties chacune) est sans doute plus facile à maî-
triser et donc recommandé. Le plan tertiaire (3 parties et 2 ou 3 sous-parties chacune)
doit être évité. Il a pour inconvénients de morceler le développement (avec des sous-

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 65
parties de 10 à 15 lignes), prend beaucoup plus de temps à être rédigé et l’équilibre
est bien plus difficile à trouver.
Voici un plan possible pour la problématique des déplacements en vélo :
I – Analyser les enjeux de l’usage du vélo en ville
Connaître le contexte des modes de déplacements
Agir globalement pour maîtriser la mobilité urbaine
II - Mettre en place des moyens d’actions pour développer les déplacements doux
Agir sur l’offre de déplacement
Communiquer et informer pour agir sur les comportements

V - Valider le plan pour s’assurer qu’il soit équilibré
Dans tous les cas, le plan doit être équilibré.
L’ébauche de plan se traduit par un découpage en parties et sous-parties avec une
quantité d’informations identiques. Il ne s’agit pas de « remplir » chaque sous-par-
tie pour qu’elle semble de même importance, avec un même nombre de lignes, mais
de s’assurer que le nombre et la pertinence des informations soient identiques.
L’idéal est d’élaborer un plan adapté au sujet. Le candidat confrontera le sujet aux
informations essentielles à développer, aux outils à évoquer. Puis, il tâchera d’or-
donner ces idées en un plan de 2 parties et 2 sous-parties équilibrées.
Il arrive qu’un plan se dessine très rapidement et qu’il puisse être retenu. Mais, le plus
souvent, le plan définitif n’est atteint qu’après tâtonnement et à l’issu du classement
de ses idées. Ainsi, certaines idées essentielles convergentes pourront être rappro-
chées pour définir la thématique des première et seconde parties. Il faut ensuite réus-
sir à répartir dans chaque sous-partie des éléments d’importances quantitative et
surtout qualitative à peu près égales, et agencés de façon logique. Contrairement au
définitif, ce plan au brouillon permet de lister les idées développées sous forme de
paragraphes et de les classer dans un ordre logique lorsqu’elles seront développées
(1, 2, 3…).
Il n’existe cependant aucun plan-type. En effet, tout sujet autorise une diversité de
plans. Certains, très différents, peuvent obtenir la même note, s’ils s’avèrent efficaces
et pertinents.
L’épreuve a pour but de vérifier la capacité du candidat à savoir structurer ses pro-
pos et à organiser une logique de démonstration, dans le suivi d’un projet ou d’une
problématique.
Pour répondre à la problématique « déterminer comment le vélo peut devenir un
partenaire des autres modes de déplacements urbains en s’intégrant dans une chaîne
de transport », le plan ci-dessus y répond dans la première partie avec l’analyse glo-
bale des différents modes de déplacements et leurs impacts sur le territoire urbain,
puis dans la seconde partie avec les actions en faveur du développement de l’usage
du vélo.

66 Ingénieur territorial
VI - Travailler les titres et sous-titres (plan définitif)
Dans la copie définitive, le plan doit être apparent explicitement, c’est-à-dire com-
posé de parties et sous-parties matérialisées par des titres et sous-titres numérotés.
La numérotation peut se faire de plusieurs manières :
A, a, b, B, a, b ou I, a, b, II, a, b ou encore I, 1, 2, II, 1, 2.
Le titre doit être efficace. Il ne sera ni trop long, ni trop complexe. L’objectif est qu’il
résume bien ce qui va être développé dans cette sous-partie ou partie.
En étant informatif, le titre permet de dévoiler le contenu du développement. En ef-
fet, la seule lecture du titre doit indiquer aux correcteurs que le sujet est bien com-
pris.
Il doit donc être le plus percutant et précis possible. Le style directif représente un
atout dans le sens où il semble plus professionnel pour un ingénieur. Commencer par
un verbe à l’infinitif permet de rendre plus frappant un titre, à condition qu’il reste
bien précis et réponde à une logique de démonstration globale.
Le plus facile et logique est de commencer par la rédaction des titres de chacune des
sous-parties qui résument les idées développées. Puis, de rédiger les titres des 2 grands
chapitres ou parties qui résument les 2 sous-parties qui suivent.
Plus le plan est bien détaillé et explicite, plus il sera facile par le suite de rédiger ra-
pidement. Ainsi, le plan se doit de préciser le contenu des parties et des sous-parties.
D’un point de vue formel, les titres seront bien séparés de leur développement par
des espaces et/ou des soulignements, afin d’être mis en évidence. Les développements
des sous-parties sont structurés en paragraphes relativement courts et avec des es-
paces, en allant à la ligne à chaque changement d’idée. Cependant, il ne faut pas «
hacher » son discours et aller à la ligne à chaque phrase. Un paragraphe fait environ
10 à 15 lignes.
Les paragraphes seront enchaînés par des expressions de transition, telles que « d’une
part, d’autre part, ainsi, donc, or, aussi, de même, en effet, enfin, … » comme pour
la synthèse.
De plus, la copie doit être aérée afin de renforcer la rigueur générale du devoir et la
mise en valeur du plan. Le saut de ligne se fera après l’introduction, la conclusion, les
sous-parties.
Les titres ne doivent donc pas être trop généraux ou imprécis, tels que :
• Le diagnostic.
• La mise en œuvre.
De même, les titres exclamatifs, sous forme de jeux de mots ou interrogatifs sont pro-
hibés :
• Comment réaliser la gestion de la voirie ?
• Ne pas intégrer le développement durable : quelle négligence !
Le plan chronologique n’apporte que peu d’intérêt :
• La gestion des espaces verts avant 2007.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 67
• La gestion des espaces verts après 2007.
Le plan basé sur une opposition basique ne permet pas de montrer des compétences
professionnelles :
• Les avantages de la régie.
• Les inconvénients de la régie.

Autre exemple de plan sur un sujet d’infrastructure et réseaux (épreuve n° 2
d’octobre 2006) :

Vous avez été recruté en tant qu’ingénieur territorial dans un établissement public
de coopération intercommunale. Les élus souhaitent développer une politique en fa-
veur de l’usage du vélo.
Dans une seconde partie, il vous est demandé de formuler un ensemble de proposi-
tions susceptibles d’orienter la politique de la collectivité pour développer la pratique
du vélo comme mode de déplacements urbains (12 points).

I – Analyser les enjeux d’une politique en faveur de l’usage du vélo
1) Réaliser un diagnostic des modes de déplacements
• Analyse des fréquentations déjà existantes.
• Identifier les différentes catégories de cyclistes : quotidiens, cyclotouristes, cy-
closportifs, cyclistes en promenade ou en randonnée itinérante.
• Étude de faisabilité pour intégrer des pistes cyclables, continuité de parcours.
2) Recourir aux outils de planification relatifs à la mobilité
• Planifier les itinéraires cyclables dans les PLU.
• Les plans de déplacements urbains / Notion de développement durable.
• Schéma directeur d’aménagements cyclables : Département, EPCI.

II – Développer la pratique du vélo comme mode de déplacements urbains
1) Aménager des itinéraires cyclables
• Emprises : longueurs et largeurs adaptées au confort de l’usager.
• Aspects techniques liés à la sécurité : pistes en site propre, mixités, contresens,
bandes cyclables, passages des carrefours à sens giratoire.
• Adapter les revêtements de sols ; l’intégration paysagère ; aires de stationne-
ment.
2) Communiquer et informer pour agir sur les comportements
• Intégration de pistes cyclables dans les itinéraires touristiques : le balisage, la si-
gnalisation, le vélotourisme, partenariat européen, la communication, l’infor-
mation.
• Concertation avec les partenaires locaux : associations, porteurs de projets, re-
cherche de subventions auprès des partenaires financiers.
• Faciliter les combinaisons intermodales : train, stationnement auprès des loge-
ments, bureaux, commerces, établissements sportifs.

68 Ingénieur territorial
VII – Rédiger l’introduction au brouillon
L’introduction reformule le sujet, le situe dans son contexte et annonce le plan. Elle
doit répondre aux questions : «Pourquoi ?», «Quoi ?» «Comment ?»
L’ensemble de l’introduction représente 7 à 10 lignes maximales.
Elle doit être rédigée au brouillon car ce sont les premières phrases que l’on lit et qui
expriment comment le sujet va être traité. Les premières impressions du correcteur
consistent en la lecture de l’introduction et de la présentation de la copie.
L’introduction n’est pas un début de courrier ou rapport (ex : suite à votre de-
mande…).
Répondre à la question : « Pourquoi ? » permet d’amener et de reformuler le sujet.
Il s’agit de bien comprendre pourquoi ce sujet est proposé au candidat en tant qu’in-
génieur. S’agit-il d’une mission demandée à un ingénieur ? Cette problématique re-
lève-t-elle des compétences d’une collectivité territoriale ? Face à ce sujet, le maire,
l’ingénieur ou la collectivité engagent-ils leur responsabilité ? Il faut montrer les res-
ponsabilités de l’ingénieur, de la collectivité, du décideur territorial par rapport au
sujet, ce qui en illustre l’importance et l’intérêt. L’intitulé du sujet sera repris en ex-
pliquant la façon dont les acteurs sont concernés.
Il s’agit de recourir à ses connaissances personnelles, en évitant les grandes générali-
tés sans lien direct avec le sujet (Ex : «depuis la nuit des temps, les déplacements de
l’homme sont pris en compte…»).
Répondre à la question : « Quoi ? » permet de resituer le contexte du sujet. S’agit-
il d’un sujet d’actualité, le contexte a-t-il évolué ? La problématique sera annoncée
dans cette partie. L’idée est de savoir comment le candidat va traiter ce sujet, com-
ment il orientera son argumentaire, et ce qu’il souhaitera faire apparaître aux cor-
recteurs. Un lien de causalité sera établi avec la première partie de l’introduction
(«ainsi», «face à cette situation», «c’est pourquoi»…).
Répondre à la question : « Comment ? » permet d’annoncer le plan. L’objectif est
de montrer qu’il existe une progression et une logique de démonstration dans l’ar-
gumentaire. Ce dernier paragraphe du plan doit être succinct et n’annoncer que les
grandes parties (et non les sous-parties). Il est possible de formuler directement l’in-
titulé de la première partie et de la seconde partie, en le précisant entre parenthèses.
Pour exemple : « La première partie permettra d’analyser le contexte réglementaire
(I), pour mettre en place une organisation de suivi de projet (II). » Une autre solu-
tion consiste à procéder par des ponctuations telles que : « dans une première par-
tie, puis dans une seconde partie… », ou « en premier lieu, en second lieu… », ou
« d’une part, d’autre part…. ».
De même, il est inutile de chercher à modifier les titres, ou à les reformuler, entre
l’annonce du plan et le plan lui-même. En effet, en se compliquant la tâche, le lec-
teur peut ne pas saisir le rapport entre ce qui est annoncé et ce qui sera développé.
La répétition des titres accentue la clarté et la facilité de lecture pour le correcteur.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 69
Prenons l’exemple du sujet sur la pratique du vélo, l’introduction pourrait être :

Les collectivités territoriales souhaitent développer leurs politiques de déplacements
en faveur des modes doux. Plusieurs incitations ont été menées par les pouvoirs pu-
blics, telles que la loi sur l’air et la mise en place de plans de déplacements urbains.
L’usage quasi exclusif de la voiture en milieu urbain a des conséquences notables sur
l’environnement des habitants et sur leur santé. Pollution atmosphérique, nuisances
sonores, sécurité routière, consommation de l’espace, émission de gaz à effet de serre,
consommation énergétique en font partie. Ainsi, analyser les enjeux d’une politique
en faveur de l’usage du vélo (I) permettra de développer la pratique du vélo comme
mode de déplacements urbains (II).

VIII - Rédiger la conclusion au brouillon
La conclusion reprend de façon synthétique l’essentiel des réflexions menées dans le
développement et retrace la logique de démonstration de la globalité du devoir.
Ce dernier paragraphe se consacrera par exemple à retracer un bilan de l’ensemble
du sujet et finir éventuellement sur des perspectives d’avenir.
Il ne s’agit pas de faire un résumé des idées essentielles du rapport, ni de relancer un
autre sujet, ou éclairer le sujet avec un nouvel angle, ou encore poser de nouvelles
questions vouées à rester sans réponses. Ce ne doit pas être non plus un essai de rat-
trapage d’un sujet mal ou partiellement abordé, en évoquant un thème majeur qui
n’aurait pas su trouver sa place dans le développé du devoir.
La conclusion est un point d’aboutissement, un bilan des différentes propositions du devoir.
Pour ce qui concerne la forme, la conclusion débutera par une expression telle que :
« pour conclure », « en définitive », « finalement », « par conséquent », expri-
mant nettement la volonté d’achever son développement.
Une conclusion, pour la partie propositions, se rédige en 5 à 10 lignes maximales.
Comme l’introduction, elle se rédige au brouillon. C’est d’autant plus important que
ce sont les dernières lignes lues par le correcteur et donc sa toute dernière impres-
sion. De plus, un devoir sans conclusion sera fortement pénalisé, étant considéré alors
comme inachevé. Aussi, il est plus sûr d’avoir sa conclusion prête à être recopiée dans
les dernières minutes de l’épreuve, sans avoir à rassembler ses idées dans un moment
d’agitation des derniers instants avec le bruit des candidats remettant leurs copies ou
les surveillants commençant à s’organiser pour les récupérer. La vue d’ensemble sera
aussi beaucoup plus pertinente après avoir rédigé le plan et l’introduction, alors
qu’une conclusion rédigée à la fin de la rédaction risque de ne résumer qu’une par-
tie des propositions abordées, voir les derniers paragraphes.
Prenons l’exemple du sujet sur la pratique du vélo, la conclusion pourrait être :
Pour conclure, une coordination des différentes mesures sera décisive pour réussir la
construction d’une ville durable. Les marges de manœuvre sont multiples pour ré-
duire l’usage de la voiture en milieu urbain au profit du développement des dépla-
cements doux, mais elles doivent être envisagées de façon globale au risque d’effets
nuls, voire contradictoires.

70 Ingénieur territorial
IX - Rédaction du devoir
Tout d’abord, il n’est pas utile de recopier l’énoncé du sujet.
Il n’est pas question, par manque de temps, de rédiger le devoir au brouillon. Les
feuilles de brouillon ne pourront pas être remises avec la copie et donc ne seront pas
notées. La gestion du temps fait partie de l’épreuve, nous ne le rappellerons jamais
assez.
La rédaction se fait à partir du plan le plus détaillé possible et validé, en développant
progressivement les idées en paragraphes qui constituent chaque partie et sous-par-
tie. Cette rigueur dans le développement du devoir, attirera l’attention du lecteur.
Toute cette méthodologie a pour but de préparer la rédaction du devoir et la rendre
la plus facile possible, rapide et structurée, comme si on préparait un patron avant
de commencer son ouvrage. Le plan sert de véritable menu à dérouler au fur et à
mesure de la dissertation, permettant au candidat de savoir où il va et comment il
organise sa logique de démonstration. Le devoir fera ainsi preuve de clarté, d’assu-
rance et de structure hiérarchisée. Il permettra aussi au candidat de travailler dans le
temps imparti de l’épreuve sans stress supplémentaire.
Le développement, pour être lu facilement, utilisera des articulations, en mettant en
évidence l’enchaînement des arguments («tout d’abord», «puis», «ensuite», «enfin»,
«certes», «cependant», «donc», «d’une part», «d’autre part»…), le lien entre les par-
ties («dans une seconde partie»…), l’annonce de la conclusion («pour conclure»…).
Les phrases sont rédigées à la troisième personne ou dans un style impersonnel. Le
candidat ne doit donc pas s’impliquer personnellement, ce qui permet d’avoir une
approche beaucoup plus professionnelle du sujet. Éviter la première personne du sin-
gulier («je», «ma», «mon»), ainsi que le « nous ». De même, les formules de poli-
tesse en fin de devoir sont inutiles. Préférer les débuts de phrase tels que : « il semble
», « il apparaît », « il s’agit de ». Le devoir se compare au rôle de l’ingénieur : il ne
décide pas à la place du supérieur hiérarchique, mais l’aide dans ses choix et l’informe
au mieux.
Le style doit être clair, sobre et précis. Il est inutile de chercher à adopter un style
journalistique ou trop alambiqué. Le langage parlé, le ton familier ou encore les prises
de position trop polémiques ou les avis politiques sont à bannir. Gardons à l’idée que
l’ingénieur est un expert technique.
Le présent de l’indicatif sera plus facilement utilisé. Les phrases sont relativement
courtes pour éviter toute confusion dans laquelle le correcteur peut se perdre.
D’une manière générale, une copie avec de nombreuses ratures, des renvois par des
astérisques, pas de paragraphes et d’aération du devoir, une introduction non struc-
turée, l’absence de plan ou de conclusion, indisposera le correcteur et impliquera une
note non satisfaisante.
L’ensemble de la copie doit être rédigé, ce qui exclut le style télégraphique ou en-
core une liste de tirets évoquant des idées non développées ou des prises de notes.
Il est possible d’utiliser des sigles, à condition qu’ils soient développés la première fois

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 71
qu’ils sont cités dans la copie (Ex : plan local d’urbanisme (PLU), puis PLU par la suite).
Si l’énoncé ne précise pas de nom de ville ou d’éléments d’identification (ce qui est
plus fréquemment le cas), le candidat ne devra jamais faire preuve d’imagination pour
ramener le sujet à ce qu’il connaît, dans sa collectivité par exemple, ou à imaginer un
cas d’école. Avoir recours à un nom de ville même fictif, et a fortiori réel, peut
conduire le correcteur à conclure à une rupture d’anonymat et faire éliminer la co-
pie. Sur chaque sujet apparaîtra la mention suivante : « les candidats ne doivent por-
ter aucun signe distinctif sur les copies : pas de signature, ou nom, grade, même
fictifs ».
D’un point de vue formel, l’ensemble du devoir (introduction et conclusion comprises)
comprend 5 à 6 pages rédigées. Un devoir trop court risque de ne pas aborder com-
plètement un sujet, de paraître superficiel; alors qu’un devoir trop long, au contraire,
indiquera le manque d’esprit de synthèse et de rigueur du candidat.

X - Relecture finale
Il est essentiel de consacrer 5 minutes à la fin de l’épreuve pour la relecture finale de
l’ensemble de la copie.
Il s’agit de relire complètement son devoir et de corriger les fautes d’orthographe,
les oublis de ponctuations, et éventuellement de souligner les titres si ce n’est pas
déjà fait. Deux points peuvent être retirés de la note sur 20 si la copie contient plus
de 10 fautes d’orthographe, de syntaxe ou une présentation jugée négligée.
L’écriture doit être facilement lisible. Les correcteurs prendront la peine de déchiffrer
les premières lignes mais ne perdront pas de temps à lire complètement une écriture
très difficile à comprendre. Plusieurs éléments illisibles peuvent donc être ignorés.
On utilisera de préférence des encres foncées (bleues ou noires), et peu liquides, telles
que des plumes (les papiers de copies d’examen font souvent effet buvard). Les cou-
leurs rouges, violettes, vertes et autres sont à écarter. Leur emploi peut être inter-
prété comme un signe distinctif et rupture d’anonymat, provoquant l’annulation de
la copie. Il faut préférer les pointes fines aux traits épais.
On évitera également des « blancs de corrections » vite repérables sur des copies de
couleurs (ce qui est souvent le cas). Il est préférable de rayer proprement et de ré-
écrire à la suite. Éviter aussi les astérisques ou les reports de paragraphe.
Les titres sont soulignés à la règle et non de façon aléatoire, ce qui est encore trop
souvent le cas. C’est alors considéré comme un manque de respect pour le lecteur et
pénalisé en conséquence. Là encore, le jury peut annuler des copies dans lesquelles
seraient soulignés les titres ou sous-titres en rouge, vert ou violet. Il est par contre in-
terdit de souligner des idées, ou propositions, ou expressions importantes dans le de-
voir.

72 Ingénieur territorial
1. Exemple 1
Corrigé du sujet d’octobre 2006, épreuve n° 2,
spécialité infrastructures et réseaux
Les collectivités territoriales souhaitent développer leurs politiques de déplacements
en faveur des modes doux. Plusieurs incitations ont été menées par les pouvoirs pu-
blics, telles que la loi sur l’air et la mise en place de plans de déplacements urbains.
L’usage quasi exclusif de la voiture en milieu urbain a des conséquences notables sur
l’environnement des habitants et sur leur santé. Pollution atmosphérique, nuisances
sonores, sécurité routière, consommation de l’espace, émission de gaz à effet de serre,
consommation énergétique en font partie. Ainsi, analyser les enjeux d’une politique
en faveur de l’usage du vélo (I) permettra de développer la pratique du vélo comme
mode de déplacements urbains (II).

I – Analyser les enjeux d’une politique en faveur de
l’usage du vélo

1 - Réaliser un diagnostic des modes de déplacements
La place consacrée aux voitures entrave la circulation des personnes à mobilité ré-
duite et dissuade les modes doux de déplacements (piétons, vélos). De plus, la de-
mande forte de maisons individuelles et d’habitats périurbains, vecteurs de
l’étalement urbain, ainsi que l’augmentation des potentialités offertes par l’automo-
bile rendent difficile toute stratégie de réduction de la part occupée par la voiture
individuelle dans les déplacements.
Les objectifs des différentes politiques publiques globales de déplacements sont am-
bitieux, dans les domaines de l’environnement, de l’urbanisme et de la cohésion so-
ciale. On peut citer le plan national des efficacités énergétiques (PNAEE) qui est à
l’origine du projet de loi d’orientation sur l’énergie fixant une réduction de 2 % par
an, d’ici 2015, de l’intensité énergétique française, c’est-à-dire le rapport entre
consommation d’énergie et croissance économique. Le plan national de lutte contre
le changement climatique (PNLCC, 2000) fixait l’objectif d’une diminution en 2010 du
niveau des émissions de gaz à effet de serre comparable à celui de 1990. Le plan cli-
mat de 2004 s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de développement du-
rable, fixe comme objectif une division par quatre des émissions de gaz à effet de
serre en France. Le plan national santé environnement 2004 (PNSE) complète ces dif-
férentes actions publiques.
Une étude de faisabilité pour intégrer des pistes cyclables sera nécessaire, avec des
éléments techniques tels que la largeur des voies, les types de revêtements, les conti-
nuités de parcours.
L’analyse des fréquentations déjà existantes permettra de savoir si l’offre de modes

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 73
de déplacements doux est intéressante et suffisamment présente sur le territoire. De
plus, l’identification des différentes catégories de cyclistes -quotidiens, cyclotouristes,
cyclosportifs, cyclistes en promenade ou en randonnée itinérante- permettra de ci-
bler les besoins de la population d’usagers.

2 - Recourir aux outils de planification relatifs à la mobilité
Les choix d’urbanisme telle que la mise en place de plans de déplacements urbains
n’agissent qu’à long terme et les politiques de déplacements ne peuvent pas, à elles
seules, conduire aux changements souhaitables. La question soulevée est bien celle
des stratégies globales à développer pour que les choix futurs, à tous les niveaux de
responsabilités du territoire, s’inscrivent dans la bonne direction.
Dans ce contexte, et face au constat que les progrès technologiques n’apportent que
des réponses partielles, un enjeu fort réside dans la réduction de l’utilisation des vé-
hicules en ville. Une approche globale de la question des transports en lien avec celle
du développement urbain apparaît nécessaire. Pour cela, il est nécessaire d’agir à la
source sur les localisations de l’habitat, des équipements, des emplois, sur l’offre des
déplacements, et enfin sur les comportements de la population. Ceci nécessite de mo-
biliser les acteurs de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, des déplacements.
En utilisant les outils de planification urbaine, on peut mettre en place des concepts
comme la ville compacte, la densification le long des infrastructures de transport pu-
blic, les pôles multimodaux avec création de parking relais, intégrés dans un SCOT
(schéma de cohérence territoriale) issu de la loi SRU (solidarité renouvellement ur-
bain), les politiques foncières et d’habitat, tels que le conditionnement d’un prêt à
taux zéro à une localisation bien desservie en transports en commun, ou encore des
aides aux logements subordonnées au respect d’une distance maximale par rapport
au lieu de travail. Enfin, en maîtrisant la localisation des équipements, il est possible
de créer des projets limitant le nombre de places de stationnement et prévoir une
desserte suffisante de transports en commun.

II - Développer la pratique du vélo comme mode de
déplacements urbains

Aménager des itinéraires cyclables
La place de la voiture peut être réduite dans l’aménagement de la voirie lors de
chaque suppression de place de stationnement en surface. Le stationnement pourra
être limité à 1 h 30 sur voirie, accompagné d’un tarif dissuasif. Il est aussi possible
de supprimer les arrêts de courte durée et lutter contre le stationnement illégal. La
sécurité urbaine sera également améliorée par l’aménagement de zones 30, de rues
semi-piétonnes, ou encore par la limitation des vitesses en ville.
Optimiser l’offre de transports en commun, c’est prioriser ce type de circulation en
créant des sites propres, des priorités aux feux, développer de nouveaux services à la
demande dans les zones à faible densité tels que des taxis à la demande par exemple.

74 Ingénieur territorial
Le développement de l’intermodalité peut offrir une alternative à la voiture en co-
ordonnant les offres de déplacements, aménager des pôles d’échanges (afin de va-
loriser et faciliter l’ensemble des correspondances entre les modes de transports),
mettre en place des informations et des tarifications multimodales.
Les moyens d’actions pour développer et encourager les modes doux sont la création
d’infrastructures et services dédiés aux piétons et cyclistes, tels que des itinéraires pié-
tons, des réseaux cyclables maillés et bien signalisés, la mise en place de location de
vélos. Il est aussi envisageable de donner la priorité aux cyclistes et aux piétons
(exemple de la Belgique avec un code de la rue mettant en place des contresens cy-
clables). On peut maîtriser la vitesse par des stationnements alternés en chicane,
l’aménagement de plateaux surélevés, le traitement des entrées de quartier en zone
30 avec un éclairage public et un mobilier urbain spécifique pour modifier l’ambiance
des rues.
La reconquête du vélo en ville passe par une cohabitation en toute sécurité avec les
autres modes de déplacements. La continuité des itinéraires est primordiale, ainsi que
l’aménagement d’aires de repos (avec des points d’informations touristiques et d’iti-
néraires) et de stationnements sécurisés et dédiés aux vélos (avec des systèmes d’at-
taches pour le cadre du vélo).

Communiquer et informer pour agir sur les comportements
Il est possible d’agir sur les comportements et habitudes des populations par la tari-
fication tels que des péages urbains de dissuasion (exemple de Londres). Ainsi, les uti-
lisateurs de voitures se reportent vers l’usage des transports en commun. Les recettes
des péages seront reversées afin de développer les transports en commun. On peut
également encourager le covoiturage et l’autopartage ou « car sharing », c’est-à-
dire mettre à disposition d’usagers des véhicules disponibles pour des déplacements
courts et occasionnels.
Un suivi sur les trois dimensions du développement durable sera mis en place. Un bilan en-
vironnemental en termes d’émission de gaz à effet de serre et d’amélioration du cadre de
vie existant se fera par prélèvements et sondages réguliers. Le bilan économique sera éga-
lement réalisé, avec pour objectif d’équibrer le budget du transport collectif grâce à une
participation des usagers et un cofinancement du STIF (syndicat des transports d’Île-de-
France). Le bilan social sera plus difficile à maîtriser puisque la politique tarifaire du sta-
tionnement provoque des ségrégations sociales, cependant vite compensées par
l’utilisation des transports en commun par toutes les classes sociales.
Si l’ensemble des réponses apparaissent clairement pour les centres villes, il convient
d’agir à l’échelle de l’agglomération, voire de la région, ce qui complexifie encore le
jeu des acteurs. L’enjeu est de gérer un nouveau système urbain prenant en compte
la nouvelle complexité urbaine avec toutes ses composantes.
Pour conclure, une coordination des différentes mesures sera décisive pour réussir la
construction d’une ville durable. Les marges de manœuvre sont multiples pour ré-
duire l’usage de la voiture en milieu urbain au profit du développement des dépla-
cements doux. Mais elles doivent être envisagées de façon globale pour éviter
l’annulation de leurs effets, voire d’en créer de contradictoires.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 75
2. Exemple 2
Concours interne Ingénieur territorial
Épreuve de note – Partie proposition
Adaptation et corrigé spécialité infrastructures
et réseaux
Octobre 2005 – Épreuve n° 7

Sujet
En tant qu’ingénieur responsable du service « infrastructures et réseaux » d’une col-
lectivité territoriale dénommée Collter, vous proposerez un ensemble de recomman-
dations à des élus territoriaux pour mettre en œuvre un plan d’actions afin de
valoriser la qualité de l’espace urbain.

Profil du candidat
Technicien supérieur chef en charge de la voirie dans un secteur géographique de
votre département, vous êtes candidat à ce concours interne. Votre supérieur hiérar-
chique direct est l’ingénieur responsable d’une agence technique départementale.
Vous vous êtes « naturellement » inscrit dans l’option « infrastructures et réseaux
». Vous avez à traiter, après votre note de synthèse sur la « lumière urbaine », le su-
jet énoncé ci-dessus. Vous regrettez de ne pas être interrogé sur votre cœur de mé-
tier, la voirie. Votre objectif reste, et il n’est pas inutile de le rappeler, la bonne note
pour accéder à l’oral. À cette fin, vous trouverez, ci-après, un exemple de traitement
que vous auriez pu réaliser dans les conditions réelles (1 h 40) du concours. Cette pro-
position s’appuie essentiellement sur la culture minimale d’un ingénieur, culture que
vous avez confortée lors de votre préparation.

I – Comprendre le sujet
Il s’agit tout d’abord de définir les termes :
• Mettre en œuvre : établir et réaliser.
• Plan d’actions : une liste ordonnée d’actions, un projet de réalisation.
• Valoriser : mettre en valeur, améliorer (un existant).
• Espace urbain : espace urbanisé, bâti par opposition à espace rural (ndlr : il ne
s’agit pas ici de donner à ce terme sa signification INSEE).
Puis de bien noter qu’on intervient auprès des élus en tant que responsable de ser-
vice « infrastructures et réseaux ».

76 Ingénieur territorial
Lister les idées qui pourraient être développées
Il ne faut pas oublier de reprendre les idées qui ont été notées lors de la phase de
préparation de la note de synthèse :
• Sécurité.
• Développement durable.
• Évaluation – Indicateur.
• Patrimoine historique.
• PLU.
• Démarche projet.
• Concertation – Mobilisation.
• Voiture pollution (air, bruit).
• HQE.
• Agora.

II – Organiser ses idées par thématiques
• Le développement durable :
– social : amélioration du patrimoine, logements sociaux, aide aux personnes
âgées,
– jardins, dynamisation des associations,
– économie : favoriser le commerce, charte d’aménagement,
– environnement : HQE, économie de l’énergie, air, eau, gestion différenciée des
espaces verts.
• Le renforcement de la sécurité :
– éclairage public, embauche, maintenance, échanges.
• Le service public :
– organisation, montrer l’exemple (bâtiments commerciaux et énergie).

III – Traitement : note aux élus de la collectivité
territoriale
En tant qu’ingénieur responsable du service « infrastructures et réseaux », il m’a été
demandé de proposer un ensemble de recommandations aux élus pour mettre en
œuvre un plan d’actions destiné à valoriser la qualité de l’espace urbain.
C’est l’objet de la présente note où, successivement, nous allons analyser l’opportu-
nité s’attachant à cette demande, puis définir les modalités d’établissement de ces re-
commandations et, enfin, décliner des actions potentielles illustrées d’expériences
concrètes.

Opportunités
À l’appui de propositions visant à la mise en place d’une politique, l’ingénieur se doit
d’en argumenter les besoins et la cohérence.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 77
Définition des besoins

À l’échelle du territoire urbain de notre collectivité, la population citadine est au-
jourd’hui plus nombreuse que la population rurale. À la fois riche et malade de sa di-
versité, notre « espace » ville n’est souvent aujourd’hui que le résultat de
l’amoncellement de solutions ponctuelles apportées aux problèmes d’hier. Au-delà
de la recherche des responsabilités en la matière, il apparaît à l’évidence que des ac-
tions coordonnées sont à entreprendre. Les enjeux de cette démarche sont à la fois
le renforcement de la sécurité, le développement durable et la qualité du service pu-
blic.
Le renforcement de la sécurité se décline à la fois en volet routier et en volet citoyen.
Le bouchon automobile est la règle aux heures de pointe, les places de parking sont
insuffisantes, la vitesse n’est pas respectée, notamment la nuit. La voiture en ville a-
t-elle encore sa place ? Dans un espace pourtant adapté à la circulation automobile,
tant en terme de voirie que d’éclairage, le citoyen se sent en danger dans des zones
mal éclairées. Dans un espace peu propice aux échanges, la solitude participe
d’ailleurs encore plus à l’incertitude. Dans un espace non entretenu, peu lisible, rien
n’encourage en outre au respect, à la préservation.
Le développement durable conduit sans doute aujourd’hui à minimiser une demande
sociétale. Une valorisation de notre espace urbain peut contribuer ainsi à un déve-
loppement durable de notre environnement :
• D’un point de vue social, il peut favoriser les rapports de voisinage, les échanges
intergénérationnels (le maintien à domicile des personnes âgées), la solidarité ci-
toyenne (logements sociaux).
• D’un point de vue économique, il doit maintenir un commerce de proximité, un
artisanat local.
• D’un point de vue environnemental, les objectifs pourront se décliner en amélio-
ration de la qualité de l’air, de l’eau, du bruit ou en une utilisation rationnelle de
l’énergie.
Pour le service public, comme pour l’espace lui-même, il s’agit d’être dans le préven-
tif plus que dans le curatif. Il faut se donner les moyens de construire plus que de soi-
gner, d’améliorer plus que de maintenir. Au-delà de l’efficience et de l’efficacité, il
importe pour le service public, en termes d’objectifs dans un espace renouvelé, de re-
venir à une maintenance programmée d’une action de qualité. Il importe aussi de
donner l’exemple.

Cohérence générale

D’un point de vue réglementaire, la simple application des textes concernant l’éga-
lité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handi-
capées, nous impose de rendre accessibles avant 2015 nos établissements recevant du
public et nos services de transports collectifs. Plus généralement, c’est bien l’ensemble
de notre espace urbain pour l’ensemble de nos citoyens que la loi incite à rendre plus
accessible à améliorer. Nombre de collectivités de moins de 100 000 habitants éla-
borent en ce sens des plans de déplacements urbains volontaires.

78 Ingénieur territorial
Les schémas de cohérence territoriale (SCOT), les plans locaux d’urbanisme (PLU) et,
plus généralement, les outils issus de la loi relative à la solidarité et au renouvelle-
ment urbains (SRU) visent à une définition préalable de l’espace en intégrant les prin-
cipes du développement durable.
Loin de constituer des contraintes, ces aspects réglementaires participent assurément
de la mise en place d’un plan d’action de valorisation de notre espace urbain. Il
convient cependant de mettre en perspective les difficultés inhérentes à cette valori-
sation. Au-delà de l’éternelle question des moyens tant financiers qu’humains, on
peut penser que l’acceptation par la population et le nécessaire changement en pa-
rallèle du comportement citoyen constituent potentiellement de réels facteurs limi-
tant la réussite du projet
Après avoir justifié l’opportunité de notre opération, nous allons en préciser les mo-
dalités de mise en œuvre.

Les modalités de mise en œuvre
Manageur, l’ingénieur se doit de proposer et faire vivre une organisation adaptée à
la mise en place d’une politique et notamment au cas particulier d’un plan d’action
de valorisation de l’espace urbain.

Structure et moyens adaptés aux enjeux

L’organisation traditionnelle d’une collectivité, et en particulier de la nôtre, est peu
compatible avec une bonne saisine de l’ensemble des acteurs concernés. Des adapta-
tions sont nécessaires.
Au niveau des acteurs, leur multiplicité conduit à préférer une organisation de type
projet pour mener à bien cette politique. Qu’ils intègrent la structure au titre de res-
ponsables en charge des bâtiments, des finances, de l’eau, élus, ou dans l’espace
comme représentants des associations d’usagers, de consommateurs ou de citoyens,
ils devront tous être associés au travail des urbanistes. Il s’agit donc bien de mettre
en place un chef de projet leader. Il convient aussi de créer un comité de pilotage
dont la vocation est de valider les différentes étapes et de fixer les objectifs. Ce co-
mité sera constitué d’élus et du chef de projet. Il sera sans doute opportun d’instal-
ler un groupe opérationnel qui aura la charge d’explorer les thématiques, de réfléchir
et de conduire les études associées. Des études qui, selon le degré de connaissance
du fonctionnement de notre collectivité qu’elles nécessitent, pourront être conduites
en interne ou en externe. Le choix peut être politique au sens étymologique du terme,
mais il est aussi souvent conditionné aux moyens et compétences disponibles.
Du point de vue financier, il faut tout d’abord sommairement, puis de manière plus
fine, s’inscrire dans la logique budgétaire de la collectivité, à savoir orientations bud-
gétaires, budget primitif, décisions modificatives… Selon la durée prévisible de l’opé-
ration, il conviendra de raisonner en PPI, AP/CP et affectation. Des ressources
financières complémentaires pourront être recherchées auprès des régions ou des dé-
partements, ou encore auprès des services de l’État.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 79
Différentes étapes à suivre

Avant de décliner les trois étapes incontournables de la démarche, il importe de
mettre en évidence la nécessaire mise en place d’une véritable communication in-
cluant, selon les cas, information ou concertation, interne ou externe. Il importe bien
que chacun soit informé et mesure les avantages et les inconvénients des solutions
proposées. Même s’il n’y a pas unanimité sur la solution finalement retenue, il im-
porte que chacun ait pu faire ses propositions et alimenter ainsi le débat.
La première étape de la mise en place de ce plan d’action consiste à évaluer correc-
tement la situation existante sur une échelle de territoire précise. Ce territoire sera
choisi pour sa représentativité ou pour l’acuité de ses problèmes. Il paraît dangereux
de vouloir traiter au départ un secteur trop important, mais il faudra déterminer des
indicateurs devant permettre de délimiter une zone cohérente, tant socialement que
financièrement. Certains de ces indicateurs devront pouvoir valablement être mesu-
rés tout au long du projet et s’inscrire ultérieurement dans une démarche de quan-
tification de l’action et d’amélioration.
Cet état des lieux s’opposera sur des thématiques précisées dans les enjeux et devra
faire l’objet en final d’un véritable diagnostic, validé par le comité de pilotage.
Dans un dernier temps, le groupe de travail devra élaborer des préconisations. En ce
sens, il pourra utilement pratiquer le benchmarking. Les préconisations devront être
suffisamment détaillées pour comprendre, outre leurs objectifs, des estimations fi-
nancières, des échéances, des modalités de mise en œuvre et les conditions de leur
suivi. Avant de les présenter à la validation, le groupe de travail devra les hiérarchi-
ser afin d’assurer une cohérence générale à la démarche.
Enfin, après acceptation par le comité de pilotage et l’organe exécutif de la collecti-
vité, il conviendra de réaliser les actions arrêtées. Cette phase de réalisation sera a
priori externalisée, tant au niveau étude (loi MOP) que travaux (code des marchés pu-
blics).
Avant d’aborder dans le détail les recommandations possibles, il paraît important de
rappeler que l’efficacité des trois étapes principales doit en permanence être mesu-
rée, notamment avec des enquêtes, des référendums locaux ou des audits. Rappelons
d’ailleurs que les moyens choisis ne seront qu’un des éléments du plan de communi-
cation générale, qui accompagnera toute l’opération en tant qu’outil de participa-
tion et de mobilisation. Même dans le cas où la concertation n’est pas légalement
obligatoire, en application de la loi relative à la démocratie de proximité (27/02/02),
elle est nécessaire y compris avec les enfants.

Recommandations techniques
Sur le plan de l’expertise, quelques points de réflexion pour la mise en œuvre de ce
plan d’action peuvent d’ores et déjà être avancés. Il s’agit bien, dans le cadre d’une
aide à la décision, de mettre ici en perspective les solutions potentielles qui pour-
raient être arrêtées au terme de la démarche.

80 Ingénieur territorial
Renforcement de la sécurité et qualité du service public

Il s’agit de mettre en place un programme de sécurité adapté, en cohérence avec les
autres politiques urbaines. Nous pourrons ainsi être conduits à hiérarchiser notre voi-
rie, à réorganiser notre circulation en intégrant même des fermetures d’accès et des
voies réservées aux transports en communs et aux cycles. La maîtrise de la vitesse passe
bien sûr par des moyens déjà connus qu’il faudra développer, comme les ralentisseurs,
les panneaux dynamiques d’affichage, la priorité des passages aux feux pour piétons
et la mise en place de giratoires. Elle passe aussi par la multiplication, au moins à cer-
taines heures, de zones 30 qui s’inscrivent parfaitement dans les enjeux du dévelop-
pement durable. Nous pourrons aller, si la sensibilisation et l’appropriation citoyennes
sont largement majoritaires, jusqu’à décliner des voies de rencontre, domaine du pié-
ton où la voiture n’est que tolérée, comme à Genève. Les voies mixtes autos-cycles
avec des sas aux carrefours à feux pourront utilement assurer la continuité des ré-
seaux en périphérie.

Depuis quelques années, les techniciens de l’éclairage public (40 à 60 % des consom-
mations électriques des communes ou EPCI) ont cherché à faire des économies d’éner-
gie. Aujourd’hui, les fabricants et les concepteurs de lumière proposent des lampes
et des luminaires très performants et efficaces. Les progrès enregistrés, sur les op-
tiques notamment, permettent enfin de limiter les lumières indésirables, de conce-
voir une véritable architecture durable de l’éclairage. Outre la sécurité des citoyens,
c’est tout le confort visuel nocturne, bien sûr, mais aussi diurne qui s’en trouve amé-
lioré, tant le matériel participe du mobilier urbain. L’éclairage public fait partie inté-
grante du projet urbain. Il permet d’identifier un espace, il est devenu signature et
l’usager citoyen doit s’y reconnaître.

Les services sociaux, les services publics à caractère industriel ou commercial (adduc-
tion d’eau potable, assainissement, déchets), les services liés aux pouvoirs réglemen-
taires du maire, notamment ses pouvoirs de police, sont directement concernés par
la valorisation de l’espace urbain. Nous l’avons vu, cette démarche passe obligatoire-
ment par la redéfinition des contacts entre maîtrise d’ouvrage et, selon le concept de
M. J.M. Hennin, maîtrise d’usage, grâce à l’appropriation des aménagements par le
citoyen habitant. La collectivité se devra de donner l’exemple et d’initier ce qui s’as-
simile à un changement culturel. Cette valorisation doit aboutir à donner du sens po-
sitif à l’action publique et, donc, de la reconnaissance.

Développement durable

Outre les économies d’énergie, notamment en éclairage public, et la diminution pos-
sible de la pollution de l’air liée à la circulation automobile, la valorisation de l’es-
pace urbain doit pouvoir redonner toute sa place à une eau pluviale apprivoisée pour
redessiner la ville ou pour être utilisée à la place de l’eau potable pour laver, arro-
ser… Une eau pluviale dont les risques de débordement auront été appréhendés, pré-
venus et qui, en tous les cas, sera surveillée pour prévenir les inondations. D’un point
de vue réseau, la valorisation de l’espace, en ce qu’il peut avoir de confort, passe par

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 81
l’enterrement de l’ensemble des fils existants et la mise en terre des câbles de fibre
optique devant permettre demain de limiter les déplacements et donc les émissions
de CO2 (téléchargement, visioconférence, télétravail). Le cyber challenge consiste
bien sûr à faciliter les tâches tout en favorisant, par le gain de temps et la qualité de
l’environnement, les échanges à taille humaine.
Les réseaux techniques doivent se trouver à terme au service des réseaux sociaux. Les
bâtiments, commerciaux ou pas, de cet espace urbain doivent être aménagés dans
une logique haute qualité environnementale (HQE). À chaque fois que l’une des 14
cibles pourra être atteinte, il faudra s’en donner les moyens (et notamment récupé-
ration des eaux de pluie, toiture végétalisée, bâtiment à énergie positive, VMC double
flux, panneaux solaires…). De même, le comité de pilotage pourra décider d’organi-
ser l’action à partir d’un véritable système de management intégré (qualité, mana-
gement, sécurité) visant à la mise en place de démarche de type ISO 9001, ISO 14001
ou OHSAS 18001 sur tout ou partie de l’espace et des actions.
Minéral ou végétal, le nouvel espace devra intégrer des lieux de rencontre, des «
Agora », comme une dimension sociale du développement durable.
En conclusion, l’espace urbain vivant se trouve souvent, en ce début de XXIème siècle,
en déphasage avec ses citoyens dont le nombre a grandi très vite, trop vite, ces der-
nières années. Une valorisation d’une partie de cet espace doit se faire en véritable
concertation avec les habitants de ce lieu. Cette démarche doit conduire à renforcer
la sécurité, asseoir le développement durable et améliorer la qualité du service pu-
blic. La condition sine qua non de la réussite d’une valorisation d’espace urbain sera
la capacité de l’équipe projet à établir un lien positif entre l’homme et sa cité, à mo-
biliser le citoyen.

82 Ingénieur territorial
3. Exemple 3
Adaptation et corrigé spécialité urbanisme,
aménagement et paysages
Concours externe d’ingénieur territorial - Octobre
2006 - Épreuve n° 4

Sujet
Vous venez d’être recruté(e) par une communauté d’agglomération (dénommée ici
CA) de 400 000 habitants qui a placé le développement durable au centre de ses pré-
occupations.
Elle souhaite, dans cette optique, promouvoir une politique active pour valoriser les
espaces agricoles périurbains, aujourd’hui très fragilisés.
Au sein du service « urbanisme et paysages » qui vient d’être créé, vous aurez à dé-
finir et à mettre en œuvre, en partenariat avec d’autres acteurs, les axes principaux
de cette politique.

Question 2 (12 points)
Ensuite, en complétant ce dossier par vos connaissances personnelles, vous prépare-
rez une note d’orientation qui permettra de déterminer les axes stratégiques de la
politique de la communauté d’agglomération en faveur de l’agriculture périurbaine :
• Dans un schéma de cohérence territoriale en cours d’élaboration.
• Dans d’autres types de démarches (charte paysagère, outils de gestion…).
Vous mettrez en évidence les acteurs concernés par la mise en place de cette poli-
tique, les types de partenariats et les modes de sensibilisation et de concertation qui
pourront être envisagés.

I - Comprendre le sujet
Il s’agit dans un premier temps de définir ce qu’est l’agriculture périurbaine, puis ce
qu’est un SCOT. Déterminer comment l’agriculture périurbaine peut être prise en
compte dans ce type de document et dans d’autres types de démarche.

II - Lister les idées qui seront développées
L’utilisation du SCOT comme outil de planification, plan pour cadrer l’étalement ur-
bain.
Les pays, les parcs naturels régionaux et l’élaboration de leur charte paysagère.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 83
Les acteurs concernés par la mise en place d’une politique en faveur de l’agriculture
périurbaine : associations, agriculteurs, élus de la communauté d’agglomération, ser-
vices urbanisme des villes de l’agglomération, les partenaires tels que la Région, le
Département, les CAUE, les services de l’État (ONF), les agences des espaces verts.
La communication, la sensibilisation, la concertation et l’information auprès des ha-
bitants, des utilisateurs de l’espace, la démocratie participative.
Les axes principaux de cette politique : reconquête des espaces, lutte contre la dé-
prise agricole, la gouvernance des territoires, développement durable, les éco-quar-
tiers, la ville durable.

III - Organiser ses idées par thématique
• Les outils de planification (SCOT, chartes paysagères, PLU, périmètres d’interven-
tion…).
• Les acteurs et l’organisation à mettre en place pour une politique en faveur de
l’agriculture périurbaine : diagnostic, la phase réglementaire.
• propositions de scenarii, démarche politique, exemples, la ville-nature ou ville-jar-
din, qualité environnementale, aménagement durable.
• La concertation, démarche partenariale.

IV - Structurer ses propos et son développement par un plan
I – Déterminer une politique en faveur de l’agriculture périurbaine
1. Connaître et utiliser les outils de planification
2. Mettre en place des démarches opérationnelles
II – Prendre en compte les enjeux d’une politique globale d’organisation
1. Rassembler les acteurs pertinents
2. Organiser la concertation

V - Valider le plan pour s’assurer qu’il soit équilibré. Travailler
les titres et sous-titres (plan définitif)
I – Déterminer une politique en faveur des espaces agricoles périurbains
1. Connaître et utiliser les outils de planification
• SCOT, PADD, PLU, charte paysagère, périmètres d’intervention.
• Contexte réglementaire : loi SRU, loi DTR, diagnostic environnemental.
2. Mettre en place des démarches opérationnelles
• Les espaces naturels en ville, les villes-jardins, les quartiers durables.
• La qualité environnementale, transition entre espaces urbain et rural, trames bo-
cagères (ex de Rennes, Bordeaux).

II – Prendre en compte les enjeux d’une politique globale d’organisation
1. Rassembler les acteurs pertinents

84 Ingénieur territorial
• Gouvernance territoriale, suivi, gestion, évaluation des politiques mises en
œuvre.
• La démarche partenariale : partenaires financiers, opérationnels.
2. Organiser la concertation
• Les obligations de concertation, les modalités d’organisation, la durée.
• La démocratie participative, les différentes phases pour associer les habitants.

VI - Rédiger l’introduction et la conclusion au brouillon

VII - Rédaction du devoir. Relecture finale

Exemple de traitement
Le constat est connu : les neuf dixièmes du territoire français échappent à tout ur-
banisme concerté. De ce fait, découle en grande partie l’extension de l’habitat pa-
villonnaire, de plus en plus loin du centre des agglomérations.
Préserver les zones agricoles permet la maîtrise du développement périurbain. Les col-
lectivités, et notamment les communautés d’agglomération qui ont la compétence
d’aménagement du territoire, peuvent s’appuyer sur l’agriculture pour structurer
leurs périphéries. Pour y parvenir, il s’agira de déterminer une politique en faveur des
espaces agricoles périurbains (I) puis de prendre en compte les enjeux d’une politique
globale d’organisation (II).

I - Déterminer une politique en faveur de l’agriculture
périurbaine

Connaître et utiliser les outils de planification

Tout document d’urbanisme a pour but l’organisation et la gestion d’un territoire
dans une perspective de développement durable, pour répondre aux besoins des po-
pulations sans compromettre ceux des générations futures. Ceci retrace la notion
d’aménagement durable.
Autour des grandes agglomérations, les terrains sont devenus si chers et si rares, que
le marché s’est adapté : la taille des parcelles a fortement diminué et la tendance est
à la maison de ville. Pour maîtriser l’étalement urbain, il est possible de contrôler ce
mode de logement ; mais aussi de favoriser les nouvelles lignes de tram permettant
une certaine déconcentration spatiale. De plus, les vastes espaces libres entourant les
centres commerciaux périphériques peuvent recevoir des activités complémentaires,
des complexes de loisirs et même de l’habitat. Densifier l’urbanisation sur certains
sites permet de protéger d’amples zones naturelles, au sein même des aggloméra-

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 85
tions et territoires en développement, à l’inverse du principe de croissance radiocen-
trique.
Le SCOT (schéma de cohérence territoriale) peut aller dans ce sens et établir par
exemple des corridors verts pour relier les zones naturelles. Il comprend un diagnos-
tic environnemental, le PADD (plan d’aménagement et de développement durable)
et les orientations à atteindre. Il permet de cadrer l’étalement urbain et de protéger
les espaces agricoles.
Les plans locaux d’urbanisme (PLU), cartes communales, zones d’aménagement
concerté (ZAC), sont des outils réglementaires d’organisation du territoire. La mise en
œuvre des réformes législatives (loi Voynet et les chartes paysagères, loi Chevène-
ment, loi solidarité et renouvellement urbains, loi urbanisme et habitat) fait émerger
une démarche globale, perfectible, concertée et partenariale.
Certains textes législatifs prennent en compte les espaces périurbains dans l’aména-
gement du territoire. Ainsi, la loi d’orientation agricole de 1999 a créé les ZAP (zones
agricoles protégées) qui permettent le maintien de la zone agricole reconnue d’in-
térêt général. L’initiative n’est dans ce cas que communale ou intercommunale.
La loi SRU du 13 décembre 2000 a introduit le principe de l’utilisation économe de
l’espace.
Puis, la loi DTR (développement des territoires ruraux) du 23 février 2005 a eu pour
ambition de replacer l’ensemble des territoires ruraux au cœur de la politique d’amé-
nagement du territoire, en créant un outil pour leur protection et leur mise en va-
leur : les périmètres d’intervention. Le Département peut ainsi délimiter ces
périmètres au sein desquels il exerce sa compétence de protection des espaces agri-
coles et naturels périurbains. Leur délimitation se fait en accord avec les communes
concernées ou les EPCI compétents en matière de PLU, après avis de la chambre d’agri-
culture et enquête publique. Ces périmètres doivent être compatibles avec le SCOT
et non situés en zone urbaine ou à urbaniser. La loi DTR impose que les périmètres
d’intervention soient associés à un programme d’actions, élaboré avec les EPCI et com-
munes (aménagements et orientations destinés à favoriser l’exploitation agricole, la
préservation des espaces naturels et des paysages).
Si ces espaces font bien évidemment l’objet de « tensions humaines, foncières et pay-
sagères », la périurbanisation (si elle est bien maîtrisée) peut être une opportunité
pour les exploitants agricoles : proximité des consommateurs, développement d’ac-
tivités de loisirs. Pour les citadins, ces espaces sont un enjeu car ce sont des espaces
multifonctionnels : production agricole pour les marchés, fonctions résidentielle, so-
ciale, récréative, environnementale et paysagère. Mais cette multifonctionnalité ne
peut être assurée sans un développement, une gestion et une mise en valeur de ces
espaces.

Mettre en place des démarches opérationnelles

L’expression d’un projet politique se poursuit pour les responsables publics par la mise
en œuvre d’actions d’aménagement et de gestion des territoires et de leurs popula-
tions : la planification ne marque qu’une étape du processus de mutation de l’es-
pace, mais ne peut suffire à l’encadrer totalement sur sa durée.

86 Ingénieur territorial
Pour exemple, la ville de Bordeaux s’est dotée d’une charte paysagère pour l’ensemble
de ses espaces publics. Il s’agit de structurer les espaces agricoles périurbains et d’in-
troduire la nature au cœur d’une grande ville.
La ville de Rennes a créé un parc ayant pour thème le passage de l’urbain au rural et
s’étend sur des champs cultivés. Des haies ont été réintroduites afin d’encourager la
reconstitution de trame bocagère. En effet, les haies denses et maillées avaient laissé
place, sous l’effet des opérations de remembrement, à des champs s’étendant à perte
de vue. Les impacts écologiques, notamment, furent gravissimes. La Région a égale-
ment lancé des appels à projets, s’adressant aux agriculteurs, aux communes et à leurs
groupements, aux Départements, ainsi qu’aux lycées agricoles et aux associations,
pour établir des « contrats bocages » financés à hauteur de 70 % des travaux de re-
plantations. De plus, le conseil général a passé des conventions avec les agriculteurs
pour que les opérations de remembrement soient menées dans le respect du bocage.
À l’échelle d’une agglomération, il est possible de mettre en place un « plan vert »,
définissant une stratégie globale d’aménagement des franges périurbaines agricoles.
Le caractère opérationnel du plan vert hiérarchise les interventions en établissant des
priorités. Ce type de plan induit des points de passage obligés : l’établissement d’un
diagnostic partagé, des scenarii d’aménagements envisageables, un programme d’ac-
tion doté de moyens, la tenue d’un bilan et le suivi des réalisations achevées. Asso-
cié à cet outil, le PLU peut fixer un pourcentage de pleine terre pour augmenter les
zones agricoles, les continuités vertes. Outre les dispositions applicables aux zones
agricoles (A) et aux zones naturelles et forestières (N), les emplacements réservés ou
le droit de préemption sont utiles pour limiter l’étalement urbain et maintenir les es-
paces agricoles.

II - Prendre en compte les enjeux d’une politique globale
d’organisation

Rassembler les acteurs pertinents

Le projet paysager, qui s’était jusque-là concrétisé dans la ville, s’étend de plus en
plus à l’espace rural hors des murs de la ville, en partenariat avec les agriculteurs afin
de penser l’espace agricole non comme un espace enclavé mais comme un cadre de
vie, un espace de production viable. L’expression « campagne urbaine » désigne le
mélange durable de fonctionnalités urbaines et rurales impliquant les habitants de
cultures différentes. Les parcs agricoles, les villes-jardins, les quartiers durables, les do-
maines agricoles périurbains acquis par les villes ou les EPCI, ouverts au public puis
gérés avec les agriculteurs, sont des modes de gestion très variés. Les porteurs de pro-
jets sont les ingénieurs des EPCI ou des villes ; les urbanistes maîtrisent le foncier et
programment les schémas agricoles durables, les bureaux d’études peuvent être sol-
licités dans le cadre de projets de planification.
Les espaces agricoles contribuent à l’économie locale, l’attractivité, la qualité du cadre
de vie. Ils préviennent les risques naturels, préservent la biodiversité et se situent au

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 87
cœur des nouvelles demandes sociales. L’enjeu est de mettre en œuvre une politique
d’aménagement et de mise en valeur fondée sur une vision partagée de l’avenir du
territoire avec tous ses acteurs. Pour l’agriculture, l’enjeu est de répondre à cette de-
mande de nouvelle ruralité en valorisant son occupation de l’espace et la diversité de
son offre.
En même temps que la planification, il faut préparer la gouvernance de territoire. Il
s’agit, en d’autres termes, d’assurer le suivi, la gestion les évolutions du territoire et
les rapports entre les hommes qui y vivent, ainsi que l’évaluation des politiques mises
en œuvre.
Ainsi, les élus s’impliquent davantage dans l’élaboration des documents, en réflé-
chissant par avance aux conséquences de leurs choix, à la mise en œuvre de leurs pro-
jets et de leur suivi.
Du décideur politique au simple citoyen, la démarche planificatrice concerne tout le
monde. Les administrations, les collectivités territoriales, les acteurs professionnels de
l’urbanisme, de l’architecture, du paysage, les milieux associatifs, jusqu’à l’habitant.
Il ne s’agit pas seulement d’un cadrage juridique du droit des sols, mais aussi d’un
management stratégique de la gestion du territoire et un pilotage de ses évolutions
par une coordination des logiques d’acteurs.

Organiser la concertation

La concertation s’organisera autour d’un projet de territoire en faveur d’une agri-
culture périurbaine, à chacune des phases réglementaires de programmation et de
conception opérationnelle. Elle se met en œuvre de façon active durant la réalisation
des projets opérationnels, puis durant la phase de suivi, de gestion et d’évaluation
de la transformation de l’espace.
L’approche d’une bonne connaissance partagée du territoire recouvre le recueil de
données, les analyses, le diagnostic territorial, la mise en évidence des enjeux et des
problématiques. Elle est l’étape, pour chacun des acteurs, d’un « vocabulaire com-
mun », dont l’expression facilitera le dialogue et la compréhension des problèmes
tout au long du processus d’élaboration. Elle a pour but d’inciter les acteurs concer-
nés et le public, dans le cadre de la concertation, à participer de façon constructive
à l’élaboration du projet avec une vision d’ensemble la plus exhaustive possible. La
concertation fait aussi prendre conscience à chacun des atouts, des contraintes, et des
handicaps du territoire, des opportunités et des menaces. Il s’agit de prendre en
compte les préoccupations des acteurs et de la population. Un projet compris, porté
et partagé sera moins exposé à la contestation et légitimera dans sa mise en œuvre
la gestion de la politique d’urbanisme.
Dans le cadre de l’élaboration des documents réglementaires d’urbanisme (SCOT,
PLU), la concertation permettra d’organiser les débats obligatoires au sein de l’EPCI
ou des conseils municipaux sur les orientations générales et de préciser les orienta-
tions opérationnelles d’aménagement à imposer sur certains quartiers. Bénéficiant
des nouvelles technologies d’information et de communication, la concertation s’or-
ganise à l’aide de dossiers papier (lettres d’information avec plans, schémas, photo-
graphies), débats publics, mais aussi à l’aide de supports informatiques (intégration
de projets de territoire en simulations avec l’outil SIG : système d’information géo-

88 Ingénieur territorial
graphique), audiovisuels, et de manière interactive sur le web (site de l’EPCI par
exemple). Son contenu et son formalisme sont laissés à la discrétion des choix opérés
par les responsables politiques.
Enfin, il ne faudra pas omettre l’évaluation périodique et le bilan qui peuvent dé-
boucher vers une révision des projets politiques et de territoire. Ceci démontre la dy-
namique de la gouvernance qui incite à un questionnement permanent, à une
implication constante de tous les acteurs.Pour conclure, le maintien de l’agriculture
périurbaine ne peut être abordé uniquement sous l’angle agricole, mais comme l’un
des éléments importants d’une politique globale d’organisation de la dynamique ur-
baine, dans la perspective d’un développement équilibré et durable des espaces pé-
riurbains.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 89
4. Exemple 4
Partie propositions
Épreuve spécialité informatique et systèmes
d’information
Épreuve concours externe 2006

Sujet seconde partie (12 points) :
«Puis, dans une seconde partie, en qualité d’ingénieur territorial chargé de missions
TIC de cette collectivité, vous établirez un ensemble de recommandations à l’atten-
tion du directeur des systèmes d’information, quant aux enjeux et aux actions à me-
ner pour limiter les risques juridiques liés aux TIC et garantir la sécurité et la protection
des données, ainsi qu’un scenario de mise en œuvre à moyen terme de vos proposi-
tions.»

Objectifs de l’épreuve
Le candidat doit se comporter en tant qu’ingénieur territorial, chargé de missions TIC,
rédigeant un ensemble de recommandations à la demande du directeur des systèmes
d’information.
L’exercice consiste à effectuer des propositions liées au thème traité, essentiellement à par-
tir des éléments du dossier et surtout en faisant appel à ses connaissances personnelles.
Le candidat doit faire preuve de capacité d’analyse, d’argumentation et d’aide à la
décision, ainsi que de qualités rédactionnelles, sur la base d’un plan apparent.
Un exemple de plan (sur la base du plan suscité par la question) :
• Enjeux et actions à mener.
• Scenario de mise en œuvre.

Exemple de traitement
La loi de juin 2004, relative à la déclaration de fichiers nominatifs ou données à ca-
ractère personnel, impose aux collectivités territoriales de prendre des dispositions
auprès de la commission nationale informatique et liberté (CNIL). Comme notre col-
lectivité n’est pas épargnée, nous proposons dans une première partie d’étudier les
enjeux et les actions à mener pour respecter cette réglementation. Puis, dans une se-
conde partie, nous tenterons de cerner une mise en œuvre de solution, afin de rendre
crédibles et réalisables les actions que nous proposons pour la collecte, le traitement,
la conservation et la sécurisation des données à caractère personnel.

90 Ingénieur territorial
I - Enjeux forts et actions à mener dans le respect de
la réglementation

A - Des enjeux de plus en plus incontournables
Les enjeux consistant à protéger les données de la collectivité sont plus que jamais
d’actualité. Une collectivité qui travaille avec des fichiers nominatifs doit obligatoi-
rement les déclarer à la CNIL. C’est une obligation pour être conforme à la régle-
mentation en vigueur, puisque les élus, comme les représentants, sont tenus
responsables des données qu’ils collectent, traitent et conservent dans leurs services.

Dans la pratique, le service informatique est le plus directement concerné, puisqu’il
assure la collecte, le stockage et la sécurisation de ces données. En effet, il est indis-
pensable de disposer de tous les éléments nécessaires en cas de contentieux, puisqu’il
faut toujours prévoir des actes de malveillance.

L’offre croissante de services aux usagers et l’utilisation des technologies de l’infor-
mation et de la communication exposent les collectivités au risque de voir les don-
nées utilisées à d’autres fins. Une certaine vigilance s’impose pour ces collectivités,
afin de contrôler et de sécuriser leurs données.

Cependant, il faut que la collectivité limite les contentieux juridiques liés à l’utilisa-
tion des outils TIC. Le gage de sécurité pour les élus et les agents est de combattre la
cybercriminalité et l’exploitation des données sensibles ou à caractère personnel à des
fins autres que professionnelles.

Pour ce faire, la collectivité doit désigner un agent responsable de la sécurité du sys-
tème d’informations. Ce dernier doit aussi rendre compte et respecter la réglemen-
tation que la CNIL impose à la collectivité : la désignation de correspondant
informatique ou correspondant à la protection des données à caractère personnel.

Cet agent « indépendant » occupe une position très délicate pour exercer sa mis-
sion, puisqu’il est à la fois juge et partie. En effet, ce dernier intervient directement
auprès de la direction générale ou de la direction informatique pour assurer le res-
pect de la réglementation, tout en ne s’impliquant dans aucun conflit d’intérêts.

Toutefois, la désignation de cette personne dispense la collectivité de procéder aux
formalités déclaratives préalables. La collectivité doit à ce propos établir un inven-
taire des données à caractère personnel et veiller à ce que ces dernières soient dé-
clarées à la CNIL.

Dans la pratique, il est préférable pour la collectivité de faire des rapports réguliers
avec sa direction juridique par exemple. La collectivité devra désigner un agent amené
à se spécialiser dans le secteur des TIC pour ne pas déroger à la réglementation.

En cas de difficulté à trouver l’interlocuteur adéquat, la collectivité peut faire appel
à des cabinets juridiques spécialisés.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 91
B- Des actions indispensables à mener
Comme dans toute collectivité, il existe au moins une charte informatique. Il faut pen-
ser à la réviser si nécessaire, et à s’assurer de sa diffusion auprès des agents après
consultation préalable du comité technique paritaire (CTP). D’ailleurs, il faudra par
exemple élaborer trois chartes informatiques : une première pour les agents et élus
de la collectivité, une deuxième pour les usagers, prestataires et partenaires (notam-
ment utile dans le cadre d’un accès web public au sein de la collectivité, et dans le
cadre des prestations assurées par le service prestations aux collectivités de CHARTE-
NET), et enfin, une troisième charte spécifique pour les « administrateurs systèmes
et réseaux ».
Chacune doit clairement établir une séparation entre les sphères personnelle et pro-
fessionnelle.
La charte édicte les règles de bonne conduite telles que : «ne pas se connecter à des
sites illicites», «ne pas ouvrir de message suspect», «ne pas télécharger et installer des
logiciels hors activité professionnelle», etc.
Il faudra aussi accompagner la démarche de mise en œuvre de cette charte, s’assurer
de la bonne compréhension de cette dernière et de son acceptation par les agents
de la collectivité. On peut apporter des précisions en annexant la charte au contrat
de travail des contractuels.
La sécurité des données doit être aussi renforcée à cause des accès au système d’in-
formation de la collectivité. Il faudra vérifier que l’intégrité et le stockage des don-
nées relatives aux marchés publics dématérialisés soient conformes aux textes en
vigueur.
La collectivité doit effectuer un audit régulier de la sécurité du système d’informa-
tion (postes fixes, portables, PDA, mobiles, systèmes de télécommunications) et éta-
blir ainsi des tableaux de bord.
Il faudra définir une politique de sécurité qui complète la charte informatique. En ef-
fet, la politique de sécurité définit clairement les procédures et règles de surveillance,
mais également la politique de sauvegarde, la gestion des mots de passe, la protec-
tion des accès physiques aux locaux ou encore un plan de reprise d’activité (RPA).
La protection du réseau de la collectivité par un pare-feu, ou firewall, doit être aussi
effective. C’est une manière de sécuriser les bases de données et les applications hé-
bergées par les serveurs. En d’autres termes, il faudra mettre en place une zone dé-
militarisée capable de résister aux piratages des données informatiques à caractère
personnel.
Une solution globale de lutte contre les virus informatiques est la bienvenue dans le
système d’information de la collectivité. En effet, on peut mettre des antivirus (pare-
feu, serveurs, postes) et effectuer des mises à jour régulières des corrections de logi-
ciels et de systèmes comme le préconisent les éditeurs de solutions antivirales.
Il faudra, entre autres, centraliser les journaux de connexions pour une gestion sim-
plifiée de la sauvegarde et de la durée de conservation de ces journaux. Toutefois, il

92 Ingénieur territorial
serait pertinent, pour la sécurisation des données à caractère personnel, de mettre
en œuvre un outil de supervision du système d’informations, afin d’assurer l’effica-
cité et la pérennité de toutes ces mesures que nous proposons. C’est aussi une ma-
nière d’être conforme à la réglementation que nous impose la loi pour la confiance
dans l’économie numérique.

II - Un scenario de mise en œuvre pour la collectivité

A - Une méthodologie en terme de projet, facteur-clé de succès
La gestion de projet est un élément facilitateur pour sécuriser les données dans une
collectivité. Pour ce qui nous concerne, il est préférable d’analyser nos besoins, de dé-
finir les objectifs et les priorités, de rédiger un cahier des charges, de mettre en place
un comité de pilotage et/ou un comité technique paritaire. Une fois la solution rete-
nue, à la suite de mise en concurrence ou d’appel d’offres, le déploiement, la for-
mation, le transfert de compétences et l’évaluation permettront de conforter ou
d’améliorer la solution retenue, afin qu’elle soit pérenne et évolutive.
Pour mettre en œuvre cette politique de sécurité au sein de notre collectivité, nous
proposons d’abord de réaliser un audit de sécurités juridique et technique. En l’ab-
sence de compétence interne du fait qu’il n’existe pas de responsable ou de personne
identifiée pour exercer cette mission, nous proposons qu’un prestataire externe nous
accompagne.

B - Une sécurisation des données personnelles de en plus
indispensable
Pour ce faire, nous devons établir un plan d’action en plusieurs phases, en fonction
du résultat de l’audit, et évaluer le coût de chacune d’elles.
Par ailleurs, il faudra engager la révision de la charte informatique de la collectivité
en envisageant les étapes suivantes :
La révision de la charte informatique afin d’intégrer toutes les évolutions envisagées
dans le cadre du nouveau dispositif.
L’inventaire des données à caractère personnel et la régularisation des déclarations
auprès de la CNIL, pour être conforme à la réglementation.
L’établissement et la mise en œuvre d’une politique de sécurité informatique des don-
nées de la collectivité.
La modification de l’architecture technique du système d’information pour l’adapter
à une éventuelle interopérabilité par rapport aux autres administrations, par
exemple, en s’assurant de sa sécurisation et de son efficacité.
Toutefois, cette décision ne dépendant pas uniquement de la direction des systèmes

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 93
d’information. Il faudra faire valider ce plan d’action par le comité de direction, en
intégrant les éléments de coûts au budget prévisionnel et en assurant les délais de
réalisation de ce projet.
Pour le démarrage du projet, nous rappelons qu’il est très utile, voire indispensable,
pour chacune des phases, de commencer par des choses simples, en associant les uti-
lisateurs et/ou les représentants du personnel dans le cadre du groupe de travail et
du comité de pilotage, d’établir des tableaux de bord, pour bien suivre et piloter le
projet, et enfin, de réaliser des bilans intermédiaires, afin de s’assurer d’être sur la
bonne direction pour mener à bien ce projet.
Ce projet, rappelons-le, consiste à limiter les risques juridiques liés aux technologies
de l’information et de la communication (TIC), et à garantir la protection et la sécu-
risation des données à caractère personnel. Dans cette perspective, notre collectivité
ne devra pas ménager aucun effort pour le respect de la réglementation.
La collecte, le traitement, la conservation et la sécurisation des données à caractère
personnel est l’affaire de tous les agents de notre collectivité. Les usagers, les per-
sonnels et les élus doivent respecter la réglementation, puisqu’ils s’exposent à des
sanctions en cas de manquement.
Pour mener à bien ce projet, nous devons procéder en terme de gestion de projet,
puis informer, sensibiliser, organiser et, enfin, désigner un correspondant aux don-
nées à caractère personnel, sécuriser les accès à ces données, tout en indiquant les
raisons et les finalités de la collecte, du traitement et de la conservation de ces der-
nières.
Toutefois, d’importants changements organisationnels, technologiques et de sécuri-
sation de notre système d’information sont à prévoir Leur succès dépend notamment
d’une bonne conduite au changement des pratiques et des comportements dans
notre collectivité.

94 Ingénieur territorial
5. Exemple 5
Concours externe d’ingénieur territorial
Spécialité ingénierie, gestion technique et architecture

Rédaction d’une note - partie proposition – Épreuve 2006
Sur la base du dossier, le maire vous demande de proposer en tant qu’ingénieur ter-
ritorial un ensemble de recommandations visant à rendre accessibles aux personnes
handicapées, tous les bâtiments municipaux de la ville de Villacces.

Exemple de traitement
La commune de Villacces (50 000 habitants) possède environ 180 bâtiments commu-
naux. L’accessibilité des ces établissements aux personnes en situation de handicap
doit leur permettre de bénéficier des droits fondamentaux de circuler, de se dépla-
cer et d’accéder à tous les services dispensés par la ville.
Notre maire souhaite lancer une campagne d’adaptation du patrimoine public aux
contingences de personnes souffrantes de handicap, afin que notre commune soit un
exemple en matière d’intégration des personnes handicapées.
La volonté municipale d’une prise en charge de ce « problème » est un levier favo-
rable pour la mise en place d’une démarche globale d’accessibilité des handicapés.
L’enjeu municipal de concevoir un espace public accessible à tous, suppose la mise en
place d’un dispositif cohérent pour les établissements recevant du public et impor-
tant en terme de coût, de délais et de volume de travail.
C’est ainsi l’objet de cette présente note d’aide à la décision qui intègre dans un pre-
mier temps une démarche globale adaptée à cette problématique et qui propose dans
un deuxième temps des solutions pragmatiques (organisationnelles et techniques).
Une prise en compte des coûts dans le budget municipal sera à considérer et cela dans
le cadre d’une planification pluriannuelle de travaux, traitée avec des priorités d’in-
vestigations. Enfin, une évaluation de la mise en œuvre sera développée.

Démarche adaptée globale

A - Prise en compte au niveau de la ville
Comme nous l’avons vu dans la synthèse, l’accessibilité des bâtiments communaux
pour les personnes souffrant de handicap est de la responsabilité des collectivités ter-
ritoriales.
La nouvelle loi sur l’accessibilité des handicapés n° 2005-102 du 11 février 2005 doit

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 95
être mise en œuvre. Celle-ci prévoit un délai de dix ans maximum pour que tous les
ERP répondent aux exigences d’accessibilité et d’accession à l’information.
Au préalable, il est important de souligner que la loi (Article 45) indique que la chaîne
de déplacement ne se limite pas seulement à l’accès au cadre bâti mais également
aux aménagements de voirie, (accès et déplacements) ainsi qu’aux transports inter-
modaux.
L’accessibilité aux personnes handicapées, ou à mobilité réduite, doit être pensée et
prise en compte dans sa globalité : une cohérence de l’action municipale est néces-
saire à l’appui du respect de la réglementation.
Pour toutes les villes de plus de 50 000 habitants, une commission d’accessibilité doit
être instituée. Celle-ci doit réunir le représentant de la mairie, ainsi que les associa-
tions de personnes handicapées pour mettre en œuvre les nouvelles obligations, mais
également pour répondre aux réalités locales exprimées par les usagers handicapés.
Cette commission a pour but d’informer, orienter et conseiller les élus. Elle peut, éven-
tuellement, s’envisager à l’échelon intercommunal.
À Villacces la position du maire est définie à travers sa volonté de lancer une cam-
pagne d’adaptation du patrimoine public.
En premier lieu, il est nécessaire de réfléchir au niveau stratégique à une politique
générale afin d’en définir les grands axes. Pour cela, la désignation d’un responsable
pourra être envisagée. Outre son rôle de chargé de mission transversale des services,
il sera le coordonnateur du projet, le formateur et l’informateur.
L’accessibilité ne doit pas être une problématique se limitant aux handicapés, il
semble important de prendre en compte de manière significative tous les usagers
(personnes âgées, jeunes mamans…).
Des concertations et des informations auprès des riverains et utilisateurs des équipe-
ments municipaux pourront, à chaque fois que nécessaire, s’envisager en appui des
élus.
La démarche projet est la plus appropriée.
Au vu des principes d’actions à mettre en place à l’échelle de l’ensemble des services,
la réflexion de l’accessibilité s’appuie sur plusieurs acteurs :
• Un comité de pilotage
Un comité de pilotage composé d’élus, du responsable du projet et des directeurs des
services voirie, urbanisme et bâtiments, représentera l’organe décisionnel de la struc-
ture projet.
Toutes les décisions importantes et engageantes pour la ville seront à débattre et à
décider dans cet organe.

• Un comité opérationnel
Le comité opérationnel est animé par le chef de projet. Il est entouré par les chefs de
services des directions ci-dessus nommées. Ce comité est force de proposition et
pourra ainsi donner toute la logique conductrice et vérifier la cohérence de l’en-
semble des projets traités au sein de chaque direction.

96 Ingénieur territorial
Il suivra également attentivement l’évolution et la progression du projet à travers
une évaluation et une planification actualisée du travail réalisé.
Par ailleurs, chaque service pourra s’appuyer de contributeurs externes à la collecti-
vité. Ils pourront être experts dans le domaine ou encore représentants d’associa-
tions.

B - L’organisation au sein du service des bâtiments
Le premier travail de réflexion à mettre en place passe par une réflexion globale et
par l’écriture d’une éthique municipale dans le domaine de l’accessibilité aux per-
sonnes handicapées dans les établissements municipaux.
Définir un guide méthodologique « accessibilité handicapés » à destination de la
chaîne des acteurs (des élus à l’agent) permettrait de préciser la politique de la ville
dans la matière ainsi que sa mise en œuvre. Il serait complété par :
1. Une charte définissant les principes généraux « accessibilité handicapés » sur
l’ensemble du territoire de la commune et également pour le bâti. Ce document
de portée générale s’appuiera sur la volonté municipale de la prise en compte du
handicap dans les équipements existants de la ville et sur l’intégration de cette
problématique dans les constructions neuves et les réhabilitations.

2. Un guide pratique précisant :
• Une méthodologie pour le diagnostic.
• Des aménagements à réaliser pour assurer l’accessibilité des handicapés sous
forme de fiches techniques. Il permettra aux agents de disposer de façon vulga-
risée et pragmatique de l’application réglementaire, notamment de l’article R
111-19-1 du CCH.

3. Les travaux
• Une planification pluriannuelle du projet sera programmée avec les priorités
d’investigations tant sur le domaine public, les transports, que dans les bâtiments
communaux. Il sera proposé une logique globale de desserte en transports, de
leurs accès extérieurs, mais également des accès et déplacement intérieurs des
ERP.
• Le montant des budgets alloués chaque année.
• Les consultations avec la prise en compte des contraintes du code des marchés
publics.
En appui de la réglementation en vigueur, la charte devra être la feuille de route des
principes fondamentaux de la politique de la ville.
Les principes fondamentaux s’adresseront à l’ensemble des directions de la ville En-
suite, une déclinaison de leur application pourra être proposée pour la chaîne des ac-
teurs concernés. Ainsi, le rôle et les missions de chacun des acteurs seront définis :
du maire et de ses adjoints, puis de la direction générale à l’agent en passant par

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 97
toute la structure hiérarchique existante au sein de la ville Villacces. Chaque fiche
pourra être soumise à l’approbation et à la signature du CTP et du CHS.
L’objectif est d’être pragmatique sur la méthodologie à déployer au sein de chaque
direction.

> La phase diagnostic des bâtiments communaux
Les ressources seront trouvées en interne : un groupe de travail sera constitué, dans
lequel participeront :
• Un économiste de la construction : référent du dossier au sein de la direction des
bâtiments.
• Un dessinateur rattaché au bureau d’études.
• Un technicien des travaux neufs et maintenance.
Leurs investigations se dérouleront à travers les missions suivantes :
• Création d’une grille d’analyse des bâtiments récapitulant l’ensemble de la régle-
mentation existante et à venir (loi handicap du 05/02/2005).
• Pré-diagnostic à partir de la base de données de plans. Identification et listing des
non-conformités.
• Consultation des associations de personnes handicapées. Validation des anomalies
relevées et diagnostic fait à l’issue d’une visite sur place.
• Création d’un listing pour bâtiments relevant les anomalies constatées et des tra-
vaux qui pourront être entrepris afin d’y remédier.

> La phase aménagements
À partir de la réglementation (CCH R 111-19) et des fiches techniques s’y référant,
des commentaires et interprétations pourront y être apposés, définissant ainsi le po-
sitionnement de la ville de Villacces dans toutes les situations. Nous y retrouverons
notamment des schémas et cotations concernant :
• Les stationnements horizontaux.
• Les cheminements horizontaux.
• Les ascenseurs.
• Les sanitaires, toilettes.
• Les établissements recevant du public et dispositions particulières des publics assis.
• Les installations sportives et socio-éducatives.

C - Les travaux à réaliser

1 - La méthodologie à utiliser

Après avoir défini, en comité de pilotage, des priorités pour les bâtiments commu-
naux, une planification quinquennale permettra d’échelonner la mise en conformité.

98 Ingénieur territorial
Les ressources pourront être externes. En premier lieu, il est nécessaire de sélection-
ner une équipe de maîtrise d’œuvre privée pour les prestations intellectuelles (sur
l’ensemble des missions de conception et réalisation). Celle-ci sera chargée notam-
ment des étapes de :
Conception :
• Esquisse, APS, APD et projet.
• Dépôt du permis de construire.
• Montage du dossier de consultations des entreprises.
• Analyse du choix des entreprises, validation pour la commission d’appels d’offres.
Réalisation :
• Direction des travaux.
• Mission exécution.
• Visa de validation des plans d’exécution des entreprises.
• Assistance ouvrages réalisés.
• Réception des travaux et validation par la commission communale « d’accessibi-
lité handicapés ».
Ordonnancement – Planification –Coordination :
• Cette mission permet de visualiser toutes les interventions sur une planification
quinquennale par équipement.
• Chaque mise en conformité de bâtiment sera détaillée de la phase esquisse à la
réception par la commission communale. De plus, un détail des coûts accompa-
gnera le tableau synoptique des travaux.
En parallèle, il sera obligatoire d’intégrer les missions d’intervenants tels que le co-
ordonnateur sécurité et protection de la santé au travail ainsi que le contrôleur tech-
nique qui, à terme, fournira le certificat de conformité « accessibilité handicapés ».

2 - Une évaluation indispensable

L’évaluation du dossier se réalisera sur plusieurs étapes dans le cadre des travaux
neufs, mais également pour les bâtiments existants.
Pour les constructions neuves, la réglementation est applicable dès le 1er janvier 2007.
L’ouverture d’un ERP est soumise à autorisation ou permis de construire et subor-
donnée à la loi du 11 février 2005. Le non respect peut entraîner une fermeture de
l’établissement. Une première évaluation au premier semestre 2008 permettrait
d’identifier les difficultés rencontrées, tant en terme de procédure administrative
qu’en terme d’impact sur les travaux. Par ailleurs, il pourrait être envisagé d’informer
la population et les associations sur les aménagements réalisés par la ville et, par
conséquent, sur les nouveaux espaces accessibles à tous.
Pour les ERP existants, l’évaluation pourra se centrer sur les étapes suivantes :
• Une approche diagnostic :
– – Sachant que l’obligation de diagnostic avec chiffrage doit être réalisée avant
le 11 janvier 2011, pour les ERP de 1er groupe.
– Chaque année, un bilan des diagnostics permettrait de suivre l’avancement du

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 99
nombre d’études déjà réalisées et de suivre la planification des bâtiments res-
tant à étudier. Les études à venir, ainsi que leurs répartitions budgétaires, seront
évoquées.
• Une approche travaux :
– La réglementation oblige la mise en conformité avant le 1er janvier 2015. À par-
tir de cette date butoir, une planification des travaux sera proposée.
– Chaque année, une évaluation de l’avancement donnera une vision des bâti-
ments rendus accessibles, mais également une lecture d’un calendrier plurian-
nuel précisant les crédits alloués par année budgétaire des ERP à mettre en
conformité.
• Le retour d’expérience des autres collectivités pour lesquelles de nombreuses ex-
périences ont été menées :
– Meylan : à travers une sensibilisation du personnel, schéma directeur, fiches
techniques…
– Metz : adaptation des crèches,
– Cherbourg : mise en conformité d’une école de voile,
– L’Auvergne : prise en compte d’un tourisme malvoyant.
Toutes ces expérimentations menées par des collectivités sensibilisées par l’inté-
gration des handicapés permettraient de bénéficier d’expériences enrichissantes.
Les échanges entre les élus et les techniciens chargés des dossiers offriraient un
éventail de solutions propices à la nécessité des projets de notre commune.

Pour conclure, nous confirmons que les personnes handicapées doivent pouvoir ac-
céder à tous les bâtiments recevant du public et évoluer de manière continue, sans
la rupture de la chaîne de déplacement.
Les aménagements doivent se penser d’une façon globale : transports, voirie puis
établissements publics.
L’obligation d’accessibilité porte sur les parties intérieures et extérieures des bâti-
ments. À ce jour, 40 % des usagers ressentent des difficultés à évoluer dans leur en-
vironnement (enquête INSEE).
En application de la loi du 11 février 2005 et grâce aux adaptations spécifiques ré-
pondant à différents types de handicaps (personnes à mobilité réduite, malvoyants,
mal ou non entendants), il doit être possible de se repérer, d’atteindre et d’utiliser
en toute sécurité et sans gêne les prestations offertes par les services publics. L’enjeu
est de concevoir un espace public accessible à tous.

100 Ingénieur territorial
6. Exemple 6
Concours externe d’ingénieur territorial
Spécialité prévention et gestion des risques
Rédaction d’une note : partie proposition – Épreuve
2005

Sujet
«En tant qu’ingénieur d’une collectivité territoriale (dénommée Collter), vous établi-
rez, à l’attention de décideurs territoriaux, un ensemble de recommandations pour
coordonner l’action réglementaire en matière de sécurité du travail.»

Exemple de traitement
Le management de la santé et de la sécurité du travail est devenu une réelle préoc-
cupation pour les collectivités territoriales.
Face à la complexification croissante des méthodes et l’évolution permanente des
conditions de travail, ainsi qu’à la modification ou l’appropriation de nouveaux types
de risques, les collectivités, au même titre que les entreprises privées, doivent gérer
efficacement la protection des personnes et des biens pour une organisation autour
de la prévention des risques.
Aujourd’hui, l’autorité territoriale voit son champ de prérogatives et ses responsabi-
lités progresser. Sous la pression des médias, des syndicats, des personnels et avec l’ap-
parition d’idées nouvellement mises sur « la place publique », tels que le risque zéro
et le principe de précaution, les maires, placés au cœur des débats et des attentes,
sont devenus les interlocuteurs directs de leurs administrés.
Dans un premier temps, nous aborderons le contexte général de la sécurité (I), puis
une démarche projet (II) et des actions à mettre en œuvre (III) seront présentées et,
enfin, une évaluation du management de la sécurité sera proposée (IV).

A - La sécurité : une démarche pluridisciplinaire
L’ensemble des directions et, par conséquent, tous les services, sont concernés par
l’hygiène et des conditions de travail des agents.
Y sont associés également les services du CCAS (centre communal d’action social) ainsi
que les directions rattachées à la communauté d’agglomération à laquelle la ville de
Collter appartient.
En premier lieu, il semble nécessaire de réfléchir à la politique générale, puis straté-
gique, afin de définir les grands axes.
Cette politique doit pouvoir s’appliquer de manière cohérente et transversale.
Toutes les directions et tous les services sont, à des degrés différents, impliqués. Il est

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 101
donc nécessaire de former et coordonner le travail de chacun des acteurs de la chaîne
de responsabilité.
La mise en place d’une démarche transversale projet est la plus adaptée.

B - Établir une démarche projet
Dès le démarrage, il est important de définir le nombre d’intervenants. Cela permet-
tra d’éviter la dispersion provoquée par la multiplicité et les spécificités de chaque
métier de la collectivité. La mise en place d’un groupe de projet est appropriée : les
acteurs, les étapes et les dotations budgétaires doivent être définis.

1 - Les acteurs

Un comité de pilotage, composé d’un élu référent, d’un membre de la médecine du
travail, de directeurs ou représentant du personnel (CHS), pourrait être animé par un
chargé de sécurité du travail.
Chaque rencontre permettrait la validation des décisions. Les points importants (ayant
une incidence sur l’organisation des services) pourraient y être débattus.
Le comité de pilotage fixe les objectifs et valide la progression. L’élu assurera, entre
autres, les dotations budgétaires nécessaires auprès de l’assemblée délibérante.
Un groupe de travail opérationnel, composé du chargé de sécurité du travail et de
fonctionnaires représentant différents services de la collectivité, serait force de pro-
position. Ses représentants seraient les garants du bon fonctionnement du groupe et
maîtres d’œuvre de la démarche. Leurs connaissances des services permettraient d’ap-
porter des solutions pragmatiques pour une mise en œuvre rapide.
Ensemble, ils effectueraient des études, planifieraient le travail et le suivraient at-
tentivement.
Occasionnellement, d’autres participants pourraient être associés. En fonction de leurs
missions, de leurs compétences, ces agents des collectivités apporteraient leur savoir-
faire au cœur des métiers et apporteraient des solutions de terrain.
Si besoin, certains intervenants extérieurs pourraient également être associés. Nous
pourrions solliciter l’aide d’inspecteurs du travail, d’ergonomes ou encore celle de
consultants externes sur des méthodologies d’analyse des risques et l’aide lors de la
mise en œuvre des solutions ad hoc.
Il faudra veiller à une communication constante de l’avancement du projet auprès de
l’ensemble des services, soit par l’intermédiaire de supports existants (bulletins d’in-
formations, affichage…) ou de façon ponctuelle au sein des services afin que tous les
agents comprennent l’intérêt et le déroulement de la démarche. La nécessité du dé-
ploiement d’une culture sécurité par tous ne peut s’envisager qu’à travers des valeurs
communes et de bonnes pratiques.

La création d’une cellule « prévention des risques », ayant les pouvoirs nécessaires

102 Ingénieur territorial
pour faire appliquer les textes législatifs et réglementaires, et complétée par des re-
lais dans chaque service, permettrait de faire descendre et remonter l’information es-
sentielle consistant en une prise de conscience de la nécessité d’ une sécurité du travail
adaptée aux métiers.
Elle pourrait être composée du chargé de sécurité et prévention au travail, d’ACMO
et éventuellement d’un ACFI.

2 - Planifier les étapes

Avant toute chose, la réalisation d’un état des lieux est nécessaire afin d’avoir une
cartographie des accidents du travail et maladies professionnelles au sein de chaque
direction.
En collaboration avec les services de la médecine du travail, les données et statiques
fiables permettront de définir, planifier et mettre en œuvre la politique de préven-
tion des risques professionnels.
Identifier les risques et les recenser conduirait à hiérarchiser les métiers sensibles. De-
puis 2002, l’évaluation des risques professionnels « a priori » permet la mise en place
de la prévention grâce à l’élaboration de document unique (DU).

C - Le document unique (DU)
Le document unique est un outil « vivant » de la prévention. Il répond à une obli-
gation légale du code du travail (L. 230-2) et de son décret d’application de novembre
2001.
L’élaboration du DU devrait permettre une réflexion à la fois générale de l’ensemble
des services de la collectivité, mais aussi très détaillée afin de prendre en compte les
spécificités de chacun des postes de travail.
Une mission transversale est nécessaire pour harmoniser le traitement des risques à
l’échelle de la collectivité.

1 - Méthodologie

La pertinence de l’évaluation des risques repose sur la prise en compte de situations
concrètes de travail.
La nomination d’un observateur (référent de chaque service) permettra d’identifier
les conditions d’exposition, de comprendre et d’analyser les risques auxquels sont sou-
mis les agents dans leurs activités.
Des critères d’évaluation des risques, telles que leur gravité, leur fréquence (en fonc-
tion des effectifs catégoriels définis d’un commun accord entre les différents res-
ponsables et intervenants), devraient permettre de coter les problèmes et de les
traiter en fonction de leur criticité.
La méthodologie fera l’objet d’une validation par le comité de pilotage.
La hiérarchisation des risques nécessitera une planification des plans d’actions.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 103
2 - Les plans d’actions

Un plan d’actions général des priorités classées n° 1 au niveau de la collectivité sera
élaboré.
Celui-ci se déclinera en plan d’actions pour chaque direction, puis chaque service, avec
des objectifs à atteindre dans des délais raisonnables à fixer.
Les recherches de l’information et la vérification des objectifs devraient se faire au-
près des personnels concernés comme auprès des responsables hiérarchiques directs.
Au préalable, une « formation-action » est nécessaire.

3 - Sensibiliser, informer et former le personnel

La formation des personnels, et tout particulièrement des responsables directs, reste
un outil essentiel pour que l’action en faveur de la sécurité, c’est-à-dire les contraintes
qui en découlent, soit appliquée par tous de la même manière.
L’identification des besoins de sensibilisation, d’information et de formation-action
aux postes de travail sera effectuée par les responsables hiérarchiques. Une planifi-
cation annuelle pourra s’envisager avec le service formation, tant pour les nouvelles
formations à réaliser que sur les recyclages obligatoires et réglementaires.
L’objectif à atteindre reste que le réflexe sécuritaire ne soit plus ressenti comme une
contrainte mais comme un besoin.

D - L’évaluation des retours d’expériences
Une enquête auprès des autres collectivités permettra de récolter un échantillonnage
représentatif.
Riches de retours d’expériences réalisées en matière de sécurité du travail, nous pour-
rons ainsi éviter les écueils les plus courants et nous inscrire dans la « prévention des
risques ».
L’évolution des mentalités et le développement de la culture sécurité nécessitent une
réflexion, voire parfois une remise en cause des méthodes de travail.
Il est essentiel et indispensable d’intégrer la prévention le plus en amont d’un concept
ou d’un projet.
La culture de la prévention doit toucher un maximum de personnes. Elle concerne :
Le bien-être au travail.
La consolidation de la prévention.
L’encouragement des démarches de progrès.
Il est primordial de suivre l’évolution de la réglementation et de la jurisprudence.
Cette mission pourra être assurée par l’ingénieur préventionniste chargé de la sécu-
rité du travail. Il sera le relais de la diffusion de cette évolution et de son introduc-
tion dans les plans et les documents élaborés par la collectivité. Il fera la veille
réglementaire auprès des groupes de travail ci-dessus nommés et les informera des
incidences des nouveaux textes réglementaires.

104 Ingénieur territorial
En conclusion, nous constatons que la sécurité et l’hygiène au travail concernent tous
les services. En cas d’accident, des responsabilités juridiques (civiles et pénales) peu-
vent être appliquées à toute la chaîne hiérarchique : du maire à l’agent.
Les collectivités offrent souvent les mêmes métiers que le secteur privé, les risques
sont identiques. Par conséquent, l’application de la réglementation doit être la même.
En complément, les jurisprudences doivent nous mettre en éveil vis-à-vis de l’incidence
des décisions prises par les juges.
La mise en place d’un système de management de la santé et de la sécurité au tra-
vail est incontournable. La capitalisation des acquis doit régulièrement l’enrichir, il
s’agit d’amélioration continue.
La sécurité au travail est un problème d’actualité qui doit être pris en considération. Comme
nous l’avons vu dans la note, de nombreuses pistes sont en voie d’exploitation.

Epreuve de note de synthèse avec propositions, méthode (spécialités) 105
Établir un projet ou une étude
Méthode
Options
Chapitre IV

Introduction
Les épreuves d’admissibilité à l’accès au grade d’ingénieur territorial par concours
interne ou par examen professionnel sont indiquées dans le paragraphe consacré
au contexte réglementaire en début d’ouvrage. Sauf pour la durée et le coefficient,
l’épreuve qui consiste à établir un projet ou une étude portant sur l’une des op-
tions choisies lors de l’inscription y est définie par le même libellé pour les deux
modes d’accès.
Cette épreuve est de huit heures, coefficient 7, pour le concours interne et de quatre
heures, coefficient 5, pour l’examen professionnel. Anecdotiquement et par souci
de rigueur, on peut noter que l’option fait partie pour le concours interne d’une
spécialité. La première question qui peut venir à l’esprit de certains candidats po-
tentiels au concours interne pourrait d’ailleurs valablement tourner autour des
contraintes de restauration pendant l’épreuve !!
En tout état de cause, il s’agit bien d’un exercice écrit à caractère professionnel, qui
porte sur les missions incombant aux membres du cadre d’emploi d’ingénieur.
L’épreuve est donc longue et constitue plus de la moitié des points de l’admissibi-
lité au concours interne comme à l’examen professionnel. Elle consiste à :
ÉTABLIR c’est-à-dire installer, créer, organiser mais aussi déterminer, cal-
culer, prouver.
UN PROJET c’est-à-dire un programme, un schéma, une stratégie de solution
mais aussi une planification, voire un élément de mission de maî-
trise d’œuvre.
OU UNE ÉTUDE c’est-à-dire une prestation intellectuelle mais aussi une analyse
préparatoire ou un essai, une expertise quantitative et qualita-
tive avec des propositions.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 107
La seule lecture de ce libellé fait apparaître la large palette des types de sujet qui
pourront être proposés et ne précise en rien la manière dont ils seront présentés.
Signalons enfin dans cette introduction que :
• Pour nombre des heureux lauréats du concours interne, le passage d’une épreuve
de huit heures reste selon leurs dires un excellent souvenir au caractère unique.
Certains vont jusqu’à évoquer un challenge initiatique dont ils retirent une cer-
taine fierté !
• Pour les praticiens encore exclusifs de technicité, si l’ingénieur d’aujourd’hui est
bien sûr l’expert technique reconnu par tous, il se doit d’être aussi, indiscutable-
ment, à la fois le manager nécessaire à la bonne marche des missions et la force
de propositions attendue par sa hiérarchie ou par des élus aux responsabilités de
plus en plus avérées. Toute préparation au concours ou à l’examen se doit donc
de couvrir l’ensemble du domaine d’intervention du futur cadre.
Parce qu’ils imposent tout à la fois la remise en cause et l’obligation d’avancer, le
risque et l’incertitude font partie du métier. L’ambition des quelques pages qui sui-
vent est, dans cet esprit, d’aider efficacement le candidat au concours interne ou à
l’examen professionnel d’ingénieur à passer son épreuve.
Après avoir analysé pour cette épreuve les intervenants et les sujets à partir des élé-
ments du programme ou des annales, nous verrons comment établir et préparer un
projet (ou une étude).

1 - Analyse de l’épreuve
Le candidat au concours ou à l’examen professionnel consultera utilement le site in-
ternet du centre national de la fonction publique (CNFPT) en sélectionnant successi-
vement les onglets « rubrique concours examens – filière technique – concours
interne ou examen professionnel – plus de détail sur la session… ».
Il y trouvera les conditions d’inscription, les dates et détails des épreuves, un dossier
d’inscription, des statistiques, des références statutaires et la bibliographie. Il y trou-
vera, surtout, derrière l’onglet « sujets » les annales et derrière l’onglet « cadrage
» les éléments indicatifs du cadrage des épreuves. L’appropriation de ces différentes
rubriques constitue bien entendu le préalable indispensable à la lecture des pages
qui suivent.
Après avoir mieux identifié les intervenants dans cette épreuve, nous nous attache-
rons à en analyser les sujets.

A - Les intervenants
Par assimilation, il apparaît donc que le candidat doit conduire une étude ou un pro-
jet au sein d’une équipe un peu particulière, constituée au moins du donneur de su-
jet, de lui et des correcteurs.

108 Ingénieur territorial
1- Le rédacteur de sujet

S’agissant d’une épreuve technique avec des spécialités et des options, le donneur de
sujet est en général un praticien volontaire et reconnu.
Chargé par l’organisateur du concours d’élaborer un sujet, il appartient tout d’abord
à cet homme de l’art de respecter strictement le libellé et le cadrage de l’épreuve.
Chaque mot de ce libellé se voit donc attribuer une importance relative liée aux com-
pétences et/ou à la sensibilité du donneur de sujet. Pour le candidat, il importe donc
bien, comme nous l’avons vu en introduction, de définir au mieux le champ d’inves-
tigation du programme réglementaire de l’épreuve tant au niveau général qu’à ce-
lui de l’option.
Ensuite, le rédacteur de sujet se doit d’élaborer une problématique qui permettra une
réelle sélection des candidats. Des questions diverses de portées différentes, balayant
un large spectre du savoir attendu, sont donc à poser. Elles devraient permettre aux
très bons candidats de tout juste tout traiter sous peine, dans le cas contraire, de ni-
veler les valeurs (rendre une copie avant la fin de l’épreuve ne donne en effet aucun
point supplémentaire !). La gestion du temps est donc aussi, dans ce genre d’épreuve,
une des clefs de la réussite.
Le rédacteur de sujet a le plus souvent naturellement tendance à s’appuyer sur un
cas réel que son équipe ou lui ont mis en œuvre. Et autant que possible, même si ce
n’est pas une obligation, un cas qui n’a pas été déjà posé. Ce qui conduit tout don-
neur de sujet à consulter a priori les annales et donc à s’en imprégner. Ce d’autant
qu’il lui appartient aussi d’élaborer les solutions et/ou les indications de correction à
l’occasion d’une mission à exercer, c’est à souligner, en sus de son activité profes-
sionnelle. En général, il en maîtrise à la fois les tenants et les aboutissants. A minima,
on peut penser qu’il s’inspire d’une réflexion en cours dans le cadre de son métier.
Nous serons ainsi le plus souvent, sans forcément parler d’actualité, dans une certaine
modernité. En effet, les sujets sont en général élaborés environ 6 mois avant
l’épreuve. Il importe donc, dans le cadre de la préparation au concours, de maîtriser
cette modernité et, notamment, les outils nouveaux et les nouvelles réglementations
de son option. Les éléments du contexte correspondant à la mise en situation devront
par ailleurs être suffisamment précis pour éviter des réponses trop différentes.
En fait et en final, l’épreuve du concours est arrêtée par un jury à partir de plusieurs
propositions élaborées par des donneurs de sujet.
Ainsi (sauf si une réforme est en cours !), une certaine cohérence et une évidente
continuité se retrouvent notamment par option dans les épreuves du concours, ce qui
justifie tout à fait l’analyse des annales présentées ci-après au paragraphe 12.

2 - Le candidat

Dans ce concours interne ou cet examen professionnel d’ingénieur, l’intervenant ré-
dacteur c’est vous, vous le technicien. Au-delà d’un grade de cadre des emplois ad-
ministratifs, le rédacteur c’est celui qui rédige, qui met en forme. Il s’agit bien de

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 109
mettre en valeur sa production technique.
Chaque réponse est à structurer par un plan logique, précis et clair. Tout ce qui n’est
pas indispensable est à éliminer. Après une lecture attentive du sujet afin de bien dé-
limiter la question, le plan est à élaborer par étapes successives. Les explications sont
à regrouper par catégorie de manière à éviter pour chaque question les répétitions.
Ce plan doit classiquement, mais quasi impérativement, comprendre une introduc-
tion, un développement et une conclusion. Le développement doit comprendre des
parties et sous-parties séparées par des espacements. Les liaisons fort à propos entre
les parties ne pourront que renforcer l’impression de maîtrise et donc le sentiment
d’une bonne copie. Chaque idée, ou point nouveau, développée à l’intérieur d’une
partie fera l’objet d’un paragraphe marqué par un retrait. Dans chaque paragraphe,
les phrases seront courtes et porteuses d’une seule idée, le plan sera apparent et ma-
térialisé.
Le ton affectif et péremptoire est à éviter. Vous répondez à des questions, vous ne
réalisez pas un catalogue. Il vous faut donc éviter le style télégraphique sauf si on
vous le demande explicitement (ex : cas d’une fiche). Autant que possible, il convient
de s’exprimer de manière positive. De préférence il vaut mieux le faire au présent.
Sauf si le contexte le demande, il faut utiliser le « nous» ou le « on », de préférence
au « je ». Les sigles sont à expliciter lors de leur première utilisation dans la réponse
à la question traitée. Les règles de ponctuation seront utilement revues ainsi que l’em-
ploi des majuscules. à toutes petites touches, il peut être rentable de faire vivre son
texte en utilisant par exemple les guillemets avec des citations, des points d’excla-
mation ou de suspension. En tout état de cause, toutes les feuilles de la copie sont à
paginer.
Au-delà de ces rappels de base, la rédaction doit, sur le fond, réussir à montrer toute
l’étendue de son savoir et/ou de son expérience, mais aussi son esprit d’analyse et/ou
de synthèse et son sens de l’efficacité et de l’organisation. La réussite au concours in-
terne ou à l’examen professionnel passe par là. Dans l’épreuve technique que nous
traitons, la rédaction est donc un outil de communication qu’il faut maîtriser pour in-
téresser le lecteur correcteur expert.
Par expérience, il apparaît à l’évidence que si l’on maîtrise ce que l’on dit, on l’écrit bien.

3 - Les correcteurs

Le correcteur de l’épreuve technique est en général un praticien volontaire et re-
connu. La correction est en fait confiée à deux praticiens car la double correction in-
dépendante est la règle. Lorsque l’écart de correction est supérieur à deux points, une
troisième correction est alors effectuée conjointement par les deux correcteurs.
Le plus souvent, le praticien exerce sa mission de correction en sus de son activité pro-
fessionnelle. Son souci principal est de réussir à hiérarchiser au mieux l’ensemble des
copies qui lui sont confiées. Pour cela il peut s’appuyer, outre ses propres compé-
tences, sur les indications de correction fournies par le donneur de sujet mais aussi,
en concours interne, sur la valeur relative des copies entre elles.

110 Ingénieur territorial
Qu’il s’agisse d’un concours ou examen, la bonne copie est celle à laquelle le correc-
teur met une bonne note. Cette affirmation, que n’aurait pas démentie M. de La Pal-
lice, n’est peut-être pas aussi naïve qu’elle y paraît. En effet, en complément de la
conclusion du paragraphe précédent, il apparaît à l’évidence qu’une copie bien rédi-
gée est une copie qui n’oblige pas le correcteur à se concentrer sur la forme, à faire
des efforts pour vous comprendre. Mettre le correcteur dans de bonnes dispositions,
et le laisser ainsi présupposer une bonne maîtrise du sujet, est une condition sine qua
non de votre réussite. Au-delà de l’agacement, le temps perdu par le correcteur à
vous lire ou à vous déchiffrer est du temps perdu. Il ne suffit pas de savoir mais de
savoir faire savoir, de mettre en valeur sa prestation.
En premier lieu, il faut que votre rendu respire la propreté, l’organisation et la clarté.
Il faut faciliter la lecture de votre copie et, notamment, ne pas faire de fautes d’or-
thographe. Si vous estimez être handicapé dans ces domaines, il importe absolument
d’y remédier. Le temps consacré à cet effort est assurément du temps de préparation
optimisé. Concernant plus particulièrement les règles grammaticales, il existe de nom-
breux ouvrages ainsi que de bons logiciels adaptés et performants, y compris en ver-
sion libre sur le web, devant vous permettre de progresser rapidement.
Ainsi, mettre en valeur votre copie, c’est montrer votre capacité d’analyse et de syn-
thèse, votre connaissance technique, votre sens de l’efficacité et de l’organisation.
C’est se donner les moyens de répondre exactement dans la forme demandée, à la
question posée.
L’équipe de base étant connue, nous allons maintenant analyser les différents sujets
que le candidat est susceptible de rencontrer.

B - Les sujets
L’épreuve d’établissement d’un projet ou d’une étude porte sur l’une des options pro-
posées, dont le programme est défini de manière exhaustive par arrêté.
L’épreuve repose sur l’exploitation d’un dossier scientifique et technique portant sur
l’option. Ce dossier comporte en général, et schématiquement, une présentation gé-
nérale du contexte, l’énoncé des questions et un ensemble de documents annexés,
regroupant notamment des données nécessaires ou utiles à l’analyse du problème.
Selon les éléments de cadrage et à titre indicatif, ce dossier fourni sera exploitable
(ou en tout cas devra être exploité) à partir d’une lecture critique n’excédant pas une
heure en examen professionnel et deux heures en concours interne.
En tout état de cause, il apparaît nécessaire de conduire l’analyse du sujet avec une
méthode planifiée et une grande vigilance. Il faut absolument s’approprier totale-
ment le contexte et comprendre correctement la demande.

1 - Le contexte

Tous les éléments fournis caractérisant le contexte, qu’ils soient dans la présentation
générale ou dans les documents annexés, doivent être approfondis. Leur lecture

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 111
pourra utilement se faire avec une prise de note au brouillon de toutes les idées que
l’expérience, mais aussi la culture et le savoir du candidat, feront naître.
Certains anciens candidats, interviewés dans le cadre de la préparation de cet ou-
vrage, m’ont fait part avec déception du caractère décalé de cette épreuve par rap-
port à la réalité de leur métier. Il importe donc dans cette introduction d’insister sur
cette évidence : établir, dans un délai maximal de huit heures ou quatre heures, un
projet ou une étude assis à une table, entouré de collègues avec qui il est interdit de
communiquer, en s’appuyant sur des documents à analyser, ne correspond pas à la
réalité !
Mis en situation particulière, le candidat doit réussir à montrer l’étendue de ses
connaissances techniques (outils, règles) ou administratives (marchés publics…), de
son savoir-faire. Concours interne ou examen professionnel, il s’agit avant tout de
passer les épreuves en en respectant les règles afin d’avoir la meilleure note, ou en
tous cas une bonne note. Le tout est de se situer dans les premiers au concours (le
nombre d’admissibles étant souvent au maximum égal au double du nombre de
postes) ou d’avoir la moyenne à l’examen. Le bon professionnel qui ne se prépare pas
à l’épreuve a de grands risques d’échouer au concours ou à l’examen !

De manière constante, les sujets décrivent plus ou moins un contexte, dans lequel doit
se situer exactement le candidat, quel que soit le degré de précision proposé. L’ap-
propriation du sujet, de ses imprécisions et parfois de ses simplifications, est une
condition nécessaire à la réussite. Il s’agit bien de s’imprégner d’une situation théo-
rique ressortant des documents fournis au candidat. Ce contexte est souvent inspiré
de cas réels, comme nous l’avons vu, mais qui sont en général déformés pour répondre
aux exigences de l’épreuve. Il faut se prémunir contre une lecture trop rapide d’un
croquis ou d’un descriptif. La difficulté de l’exercice peut consister à déceler des pro-
blèmes sous-jacents d’autant plus discrets que, contrairement à la réalité, vous n’ef-
fectuez pas de visite de terrain. Assurément, cette phase d’appropriation fait appel
à toute l’expérience du candidat. L’appel au vécu, lorsqu’il est possible, est la
meilleure façon d’aborder l’épreuve et de dégager les points essentiels facilitant la
prise de décision.
Les sujets sont très variables d’une année sur l’autre mais surtout d’une option à
l’autre. Entre l’épreuve de quinze questions qui appelle des réponses forcément pré-
cises dans un cadre limité et celle de deux questions où il convient plus de valoriser
son savoir dans des réponses plus ouvertes, il est difficile de tirer des principes en vue
d’optimiser une préparation à un concours ou à un examen.

Il importe cependant que le candidat, en consultant les annales, dégage, car ils exis-
tent, les points de récurrence de son option. Liées à la culture du métier ou à la ré-
daction des sujets d’une année sur l’autre par le même professionnel, ces « constances
» constituent assurément un axe de réflexion à ne pas négliger, même si bien en-
tendu elles ne sont pas garanties.

Le barème de notation des questions est toujours précisé. Ce barème doit aider à gé-
rer le temps à consacrer aux différentes parties. Le seul objectif, rappelons-le, est la
meilleure note possible. Le candidat dispose, soit de quatre heures, soit de huit
heures, pour traiter son épreuve en entier. Il est impossible de préciser la consistance

112 Ingénieur territorial
que doit avoir la copie, compte tenu des inconnues existant sur les questions posées,
tant sur leur nombre que sur le fond.
Cependant, afin de vous aider à mieux appréhender la gestion du temps qui est, ré-
pétons-le, une des clefs de la réussite, il convient de préciser qu’en moyenne :
• Un adulte lit 250 mots par minute alors qu’une page en contient entre 600 et 900.
• Un adulte écrit sur une feuille blanche 21 x 29,7 à l’intérieur d’un plan bien éta-
bli, une page en 15 à 20 minutes.
À l’expérience, il apparaît très utile que, dans sa phase de préparation, le candidat se
mette dans la situation de l’épreuve et mesure lui-même ses propres temps. Fonda-
mentalement, précisons que rédiger au brouillon avant de recopier n’est pas envisa-
geable, sauf pour l’introduction et la conclusion. De même, à ce stade, notons l’intérêt
qu’il y a à passer, dans les conditions du concours ou de l’examen, l’épreuve en blanc
avec d’autres collègues surtout pour des épreuves longues. Cette remarque va bien
au-delà du réel intérêt à mutualiser autant que possible sa préparation. Dans les
conditions du concours, vous aurez autour de vous d’autres candidats, qui d’ailleurs
sembleront d’autant réussir que vous serez dans une phase décisive non évidente pour
vous. La gestion psychologique de ce type de moment doit faire autant que possible
partie de la préparation. Qu’il s’agisse du concours interne ou de l’examen profes-
sionnel, n’oubliez pas que vous avez sans doute perdu l’habitude de la mise en si-
tuation « scolaire », même pour une réponse professionnelle.
En fait, après avoir déterminé ses propres caractéristiques (temps de lecture, d’écri-
ture…), le candidat devra pondérer son temps en fonction du nombre de pages du dos-
sier, du nombre de questions posées et du barème des questions. Outre les temps de
lecture critiques, il s’agit pour obtenir la meilleure note d’essayer de consacrer aux ques-
tions un temps proportionnel à leur valeur, sans oublier la rédaction et la relecture.

2 - La demande

Au-delà du nombre de questions posées, la forme du travail demandé évolue aussi
très sensiblement selon les options et les années. On peut relever notamment des
commandes de note, notice, rapport, fiche, bilan, exposé, synthèse, commentaire.
Dans un autre style, on peut aussi noter les demandes de tableau, grille, dessins, cro-
quis, schémas… Il ne s’agit assurément pas, dans ce type d’épreuve technique, de tom-
ber dans un formalisme administratif exacerbé. Vouloir dans la forme distinguer la
note descriptive de la note d’aide à la décision, de la note de service, de la note de
présentation ou de la note sommaire, n’apparaît pas essentiel. Il en va de même pour
ce qui concerne le rapport technique, le rapport de synthèse et le rapport de pré-
sentation ou la fiche de poste, la fiche de mission, la fiche de maintenance ou la fiche
projet. Au-delà des récurrences signalées au paragraphe précédent, le candidat doit
comprendre et respecter la commande. Il convient au passage de bien noter que les
fautes d’orthographe, en soi, sont en général susceptibles d’entraîner un abaissement
de la note de 2 points.
Le destinataire du document à élaborer doit être identifié. La précision de la réponse
et sa forme sont bien sûr différentes selon que vous vous adressez à votre supérieur,

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 113
à vos collaborateurs, à un élu, à l’usager ou au citoyen, ou selon que votre objectif
est d’informer, de consulter, voire de jeter les bases d’une concertation.
Que les documents annexés soient nombreux ou pas, ils ne sauraient, sous peine de
modifier la nature de l’épreuve, apporter seuls les réponses aux questions posées. En
les lisant, il importe de distinguer ceux qui précisent le contexte de l’épreuve de ceux
qui fournissent des exemples ou des informations. Il convient d’être vigilant sur ces
derniers, et bien sûr critique lors de leur lecture. Il ne faut, en effet, ni se laisser en-
traîner dans un hors sujet, ni se contenter de répondre dans le thème qu’ils déve-
loppent.
Le mieux assurément est de n’attendre du dossier joint que des éléments permettant
de mieux appréhender ce contexte, même si parfois certains documents peuvent fort
utilement rappeler une formule, un texte réglementaire ou des éléments financiers.
Entre l’épreuve où les documents annexés sont constitués essentiellement de plans et
celle où une pensée philosophique est développée en quarante pages, on peut affir-
mer qu’on attend de vous une réflexion d’ingénieur de collectivité territoriale. À l’évi-
dence, la taille de la collectivité détermine le profil de l’ingénieur que vous devez
interpréter (moyens, proximité des élus…).
L’examen des sujets posés depuis 2002 conforte par ailleurs le sentiment d’un noyau
dur de la connaissance, toutes options confondues.
À quelques nuances près, le cadre réglementaire intégrant notamment les marchés
publics, l’organisation des services, y compris les moyens et la conduite de projet, par-
ticipent à ce socle commun car ils sont au programme de toutes les options et donc
plus ou moins directement dans tous les sujets.
Les aspects financiers, qu’il s’agisse de coût ou de budget, y participent forcément
aussi ! Comment envisager une épreuve de quatre heures, et a fortiori de huit heures,
ne les abordant pas ?
La communication, enfin, et la notion de développement durable en ce début de
XXIème siècle sont des thèmes incontournables dans ce type d’épreuve interne.
Ainsi faudra-t-il décliner dans le contexte, selon la question, ces quatre thématiques,
partie intégrante du métier.
Par ailleurs, certaines connaissances techniques ou scientifiques de base non listées
dans l’option sont aussi indiscutablement à maîtriser. Inclues dans ce socle commun
lié à l’environnement territorial, ces connaissances témoignent d’une curiosité et d’un
intérêt qui doivent habiter tout agent en poste souhaitant réussir les épreuves d’un
concours interne ou d’un examen professionnel.
La mise en évidence de ce noyau dur (savoir, savoir-faire et faire-savoir) doit per-
mettre à chaque candidat motivé de préparer, autant qu’il le veut avant le concours
ou l’examen, des réponses personnalisées qu’il n’aura qu’à adapter le jour de
l’épreuve.
Enfin, il y a les connaissances simplement liées à l’option et listées exhaustivement
dans le programme. En la matière, il est impératif d’établir, pour chaque ligne du
programme réglementaire de l’option, une fiche de révision intégrant des définitions,

114 Ingénieur territorial
des exemples, des coûts et des expériences.
Il importe surtout de se montrer aussi curieux que précis, tant dans la construction
de votre devoir que durant votre préparation à l’épreuve.

2 - Aide au traitement
La compétence et la réussite sont aujourd’hui dans l’exploitation de l’information plus
que dans sa détention. Il importe plus, dans cet ouvrage, de donner au candidat des
pistes, que des réponses de fond qu’il n’aurait aucune difficulté à trouver sur le web
ou dans les livres.
L’intérêt de rédiger, préalablement à l’épreuve, un écrit structuré adaptable sur les
récurrences des annales ou sur les expériences vécues par le candidat, a donc été mis
en évidence. La préparation s’inscrit ainsi concrètement dans le traitement du devoir,
au même titre que sa construction.

A - La préparation
L’objectif, nous l’avons dit et répété, est d’obtenir une bonne note. Au-delà de la pré-
sentation, il nécessite à la fois une bonne préparation et une réponse opportune à la
demande, intégrant toutes les compétences du candidat.
La probabilité de réussite, quel que soit votre niveau de départ, sera fonction de la
quantité mais aussi de la qualité de votre préparation. Les derniers jours avant
l’épreuve sont à consacrer aux révisions, au sens étymologique du terme. Une pré-
paration sérieuse doit commencer au moins six mois auparavant.
Quelques éléments de méthodologie adaptables à chaque option et un cadre de ré-
flexion plus général que le candidat exploitera selon sa motivation, sont les pistes
d’une bonne préparation.

1 - Les éléments de méthodologie

La première étape de la préparation pour l’épreuve qui nous intéresse consiste à choi-
sir son option ! Si votre activité ne correspond pas exactement à l’une d’entre elles,
il vous faudra tout d’abord détailler les programmes en mettant en évidence vos
points forts et vos faiblesses actuelles pour dégager l’option de base. Ensuite, il
conviendra de bien évaluer votre environnement et les moyens réels dont vous pour-
rez disposer afin de dégager l’option efficace. Puis, vous arrêterez par rapport à vos
goûts, à votre propre culture et à la nature des annales votre option personnelle et,
enfin, vous choisirez votre option d’épreuve.
L’esprit de décision étant une des qualités de l’ingénieur, peut-être qu’un jour les
règles changeront et que le candidat sera conduit à choisir ou à confirmer son op-
tion dans les dix premières minutes de l’épreuve, après avoir simplement découvert
les thèmes et la nature des questions de l’ensemble des sujets, ou des sujets de la spé-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 115
cialité définie en concours interne.
Dans les règles d’aujourd’hui, le choix préalable de l’option pour le candidat « gé-
néraliste » doit donc faire l’objet d’une véritable réflexion, ou gestion de risque.
Par ailleurs et pour mémoire, on rappellera l’intérêt réel en vue de la réussite au
concours de la lecture régulière, tout au long de l’année qui précède le concours ou
l’examen, d’au moins une des revues suivantes classées par ordre alphabétique : «Le
Courrier des Maires», «Environnement Magazine», «La Gazette des communes»,
«Techni.Cités»… ou toute autre portant sur l’environnement des collectivités. De
même, la consultation des sites Internet ad hoc permettra une optimisation de la re-
cherche d’informations précises (territorial.fr, public.fr, carrières-publiques.com,
uncdg.fr, cnfpt.fr, news@pro-environnement.fr…) et une imprégnation de la culture
territoriale.
Ne négligez pas d’enrichir votre culture en favorisant, vous, professionnel en service,
les échanges avec vos collègues administratifs ou techniques.
Se connaître soi-même est certainement un des meilleurs moyens de rapidement pro-
gresser. Nous l’avons vu, vitesse de lecture ou d’écriture sont des qualités personnelles
à renforcer. Au-delà, il est intéressant d’adapter votre travail aux caractéristiques de
votre mémoire (visuelle ? Auditive ? Ou nécessitant une copie personnalisée ?) et
de vous préparer en jouant des couleurs et des croquis, en réfléchissant à voix haute
ou en enregistrant des plans. De même, cette connaissance de vous-même vous per-
mettra de choisir le temps personnel efficace (soirée ? Deux à trois heures le week-
end ? Une fois ? Deux fois ?). Au-delà de l’éventuel temps professionnel dont vous
pourrez bénéficier, ce temps personnel reflètera le niveau de votre motivation et, par
voie de conséquence, la valeur de votre investissement pour réussir. Il pourra vous ai-
der à ne pas abandonner le jour de l’épreuve. Ne confondez pas « se connaître soi-
même » et « connaître son niveau dans les épreuves » ! Se connaître enfin, cela
signifie avoir pris le temps de regarder sa carrière, ses expériences. Il importe que vous
portiez un jugement critique sur les grandes décisions que vous avez été conduit à
prendre ou à exécuter. Il est assurément utile que vous ayez, avec le recul et préala-
blement aux épreuves, fait par vous-même un point écrit sur vos expériences. Il suf-
fira le jour du concours, à travers les questions posées, de saisir toute opportunité
permettant de s’appuyer sur l’un de ces points déjà structuré.
En vue d’enrichir, lors de la préparation, les fiches de révision précisées au (2 - La de-
mande), le candidat pourra utilement se poser les questions ouvertes suivantes, en
les adaptant à son option :
• Quelle évolution y a-t-il eu depuis 50 ans ?
• Le rôle de l’ingénieur territorial (fonction, mission, activité, tâche) ?
• Quel est le fondement de la réglementation ?
• Quelle est le cas échéant la teneur de la directive européenne non encore trans-
crite en droit français ?
• Quelle est l’organisation optimale pour répondre à la question ? Et pourquoi ?
• Quelles sont les structures existantes qui soutiennent financièrement ou morale-
ment ce type d’action ?
• Quel type de financement est envisageable (taxe, redevance, subvention, participations…) ?

116 Ingénieur territorial
• Quelle est la nomenclature budgétaire de la collectivité exerçant le plus souvent
telle compétence ?
• Quels sont les coûts moyens en investissement et en fonctionnement des tech-
niques ?
Il s’agit bien d’établir des coûts très sommaires devant permettre de vérifier les
ordres de grandeur éventuellement donnés et de pouvoir vulgariser par masse les
enjeux financiers.
Ex : (à lier à l’option) : coût :
– 1 ml route départementale, de conduite d’assainissement ou d’eau potable,
– 1 m2 de bâtiment (bureau ou hangar),
traitement d’une tonne d’ordures ménagères,
une année de maintenance d’un matériel ou d’un logiciel,
un agent par jour selon son grade…
• Où sont les sources de conflit ?
• Quelles sont les limites ?
• Quels sont les indicateurs performants ?
• Y a-t-il un décalage entre l’avis de la population et celui de l’expert ? Quel est le
retour de l’image donnée ?
• Quelles sont les données pertinentes ?
• Ex : consommation de 150 litres d’eau par habitant par jour, ou production
d’1 kg d’ordure ménagère par habitant et par jour.
• Quels peuvent être les objectifs stratégiques (démarche qualité, sécurité, dévelop-
pement durable) ?
• Quelle pourrait être l’échelle administrative plus pertinente ? Échelle de temps ?
• Quelle partie de la population pourrait être concernée dans 5 ou 10 ans ?
• Comment l’action est-elle conduite à l’étranger ?
• Dans quel sens s’oriente la recherche technologique ou fondamentale ?
• Quel est le type de rentabilité de l’opération ? Quelle est la durée de vie du ma-
tériel ?
• La gestion est-elle plutôt interne ou externe ? Pourquoi ? Quel est le rôle des ser-
vices déconcentrés de l’État ?
Les réponses personnalisées à ces questions ouvertes et à d’autres, à définir en lien
avec l’option, devront donc valoriser tout le savoir du candidat (expériences et
connaissances).
Au paragraphe (2 - La demande), nous avons mis en évidence l’existence d’un noyau
dur de la connaissance, au sein duquel nous avons notamment repéré, parce qu’elles
sont peu ou prou au programme de toutes les options, les notions de marché public
et de conduite de projet. L’examen attentif des annales nous confirme qu’il y a une
très forte probabilité pour que, sans être hors sujet, vous ayez lors de l’épreuve, à
l’une ou l’autre des questions, à aborder ces notions. Au-delà de la connaissance s’at-
tachant à ces notions incontournables, et d’ailleurs à quelques autres à repérer selon
l’option, la structuration lors de la préparation d’une réponse détaillée adaptable, et
bien sûr apprise par le candidat, constitue à l’évidence une bonne optimisation du
temps de préparation.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 117
Le choix réfléchi de l’option, la lecture régulière de la presse spécialisée, l’enrichisse-
ment des contacts professionnels internes, la connaissance de soi, la rédaction des re-
tours sur expériences, le développement fouillé et élargi de chaque ligne du
programme de l’option et la maîtrise absolue des éléments « passe-partout » du
noyau dur constituent la base incontournable d’une bonne préparation. Plus globa-
lement, c’est-à-dire au-delà même de l’option, le lecteur correcteur s’attend, parce
qu’il le connaît, à une mise en perspective du cadre d’intervention de l’ingénieur ter-
ritorial.

2 - Le cadre de réflexion

Ce paragraphe n’a bien sûr ni la certitude d’être exhaustif ni la volonté d’être précis.
Chaque terme listé ci-après fait partie de ce socle minimal de la connaissance de tout
ingénieur, quelle que soit son option d’épreuve. Le noyau dur décrit au paragraphe
1.2.2 fait partie de cette culture minimale. Issues d’ailleurs pour la plupart des sujets
figurant en annales, les informations présentées comme un aide-mémoire devront
être définies et complétées par le candidat avec un sens aigu des réalités et du ser-
vice public. Une première liste comprend les termes jugés indispensables. Chacun fait
l’objet d’un commentaire sous un angle délibérément orienté, afin d’initier une re-
cherche personnelle du candidat. La deuxième liste est réduite aux sigles incontour-
nables et à leur signification.
Aide à la décision : Réduction de la part d’incertitude de toute décision. À voir :
délégation.
Agenda 21 : Référentiel d’action des principes posés par la déclaration de Rio. À voir
en ce début de XXIème siècle : haute qualité environnementale (HQE), qualité santé
sécurité environnement (QSE), ISO 14000, loi sur l’eau…
Assistant maître d’ouvrage : Il peut être choisi pour une mission issue de la loi sur la
maîtrise d’ouvrage publique (MOP) (conduite d’opération ou mandat) ou pour une
mission contractuelle (ex : missions d’assistance à donneurs d’ordre (ADOR) pour
engager préalablement une réflexion stratégique, une étude d’opportunité ou de
faisabilité…).
À voir : assistance opérationnelle ou assistance à la gestion et à l’exploitation.
Benchmarking : Processus d’évaluation d’un produit, d’un service ou d’une méthode
consistant à se comparer aux autres, dans le souci de s’améliorer. À voir : outils de
veille.
Backbone : Centre névralgique d’un réseau haut débit. À voir : numeris, fibre
optique.
Contrat d’assurance : Contrat administratif, s’il est passé par un organisme de droit
public. À voir : en complément, les interventions du juge administratif (loi MURCEF).
Comptabilité d’engagement : Articulée autour d’autorisations de programme et de
crédits de paiement. À voir : plan pluriannuel d’investissement (PPI).
Concession : Contrat qui charge une société de construire et d’exploiter un ouvrage

118 Ingénieur territorial
public pour un service public. À différencier de l’affermage, de la gérance et de la ré-
gie intéressée.
Conducteur d’opération : Représentant opérationnel de maîtrise d’ouvrage
(conseiller administratif, technique, juridique ; organisateur, rédacteur des cahiers
des charges des marchés de service, contrôleur, gestionnaire, vérificateurs études). À
différencier du contrôleur technique (agréé), du contrôleur sécurité protection santé,
du programmiste.
Conduite de projet : Le management de projet bien conduit remet l’usager au cœur
du service, génère une culture de la performance et peut alimenter la motivation.
À voir : méthode des quatre S (sens, solidarité, soutien, suivi), organisation des col-
lectivités territoriales.
Coût global : Coût de l’investissement (initial et ultérieur connu), du fonctionnement
(entretien et maintenance) mais aussi s’agissant d’un ouvrage, de la démolition (y
compris recyclage ou gestion des déchets).
À voir : durée d’amortissement technique et comptable.
Curatif : Propre au traitement des dégradations. À différencier de ce qui est propre
à empêcher un mal prévisible (préventif).
À voir : renouvellement, amortissement.
Déchet ultime : Ce qui ne peut être valorisé dans les conditions techniques et éco-
nomiques du moment. À voir : ISO 9000, OHSAS 18000.
Décision : C’est à la fois une évaluation, une estimation et une prévision. À voir : re-
fuser.
Démarche qualité : Vise la satisfaction de l’usager. À différencier de la démarche sé-
curité qui vise la protection des personnes et de la démarche environnementale qui
vise à préserver l’environnement. À voir : Plan Do Check Act.
Démocratie participative : Faire une place à la participation du public aux processus
de décision. À voir : démocratie représentative, démocratie délibérative.
Développement durable : Démarche visant à concilier à la fois des aspects environ-
nementaux, sociaux et économiques. La prédominance sociale-environnementale est
dite vivable, celle sociale-économique est dite équitable et celle environnementale-
économique est dite viable. À voir : aléa climatique.
Diagnostic : Jugement porté sur une situation dont la qualité dépend de la perti-
nence des informations. À différencier de l’examen d’une situation (constat).
Dialogue compétitif : Procédure de marché pour des opérations complexes. À diffé-
rencier de la procédure de marché négocié. À voir : transparence.
Droit de retrait : Droit du salarié face à un danger grave, imminent et inévitable.
À voir : comité hygiène et sécurité (CHS).
Enjeu : Ce que l’on peut gagner ou perdre. À différencier du but à atteindre (objec-
tif).
À voir : efficacité, efficience.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 119
Enquête publique : Elle peut être issue du code de l’expropriation (choix commun)
ou du code de l’environnement (Bouchardeau). À voir : commissaire enquêteur.
Erreur : Action de se tromper. À différencier du manquement à une règle (faute).
Évaluation : Action de déterminer l’importance, la valeur. À voir : indicateur, entre-
tien.
Expérimentation : Faculté offerte aux collectivités de déroger à titre expérimental et
pour une durée et un objet limités aux lois qui régissent l’exercice de leurs compé-
tences. À différencier de la délégation de compétence.
Fiscalité propre : Caractérise une structure ayant la possibilité de lever l’impôt.
À voir : taxe professionnelle, dotation globale de fonctionnement, intercommunalité.
Formation : Action de former. À voir : loi de février 2007 et école/Commune, col-
lège/Département, lycée/Région, faculté/État.
Garantie décennale : À compter de la réception des travaux, il s’agit d’une garantie
contre les malfaçons non apparentes à la réception et concernant la solidité de l’ou-
vrage (bâtiment, voirie réseaux divers (VRD)…) (loi Spinneta). À voir : garantie bien-
nale, garantie de parfait achèvement.
Indicateur : Oiseau de l’ordre des Piciformes et de la famille des Indicatridés, ou ou-
til d’évaluation et d’aide à la décision pour mesurer objectivement une activité à un
instant donné ou dans le temps. À voir : amélioration continue, démarches qualité,
traçabilité.
Intuitu personae : En fonction de la personne ; ce qui peut modifier les conditions
d’analyse, d’exécution, d’évolution. À voir : contrat de travail.
Lotissement : Division d’une propriété qui a pour effet de porter à plus de deux le
nombre de terrains (à plus de quatre en succession). À voir : participation pour voie
nouvelle et réseaux (PVNR), déclaration d’achèvement de travaux.
Maître d’œuvre : Concepteur, assistant, directeur de travaux pour le compte du
maître d’ouvrage. Il doit respecter le programme et proposer la réception. Son in-
tervention s’identifie selon des missions élémentaires et des missions de base insé-
cables.
Maître d’ouvrage : Donneur d’ordre, l’ouvrage est réalisé pour lui. Il doit définir clai-
rement ce qu’il veut (établir un programme) et donner son avis sur ce qui lui est li-
vré (réceptionner l’ouvrage avec ou sans réserves). La maîtrise d’ouvrage peut être
déléguée (décision de l’organe exécutif de la structure) ou assistée, par exemple, par
une société d’économie mixte ou un bureau d’études. À voir : délégataire de service
public, cahier des clauses administratives générales, prestations intellectuelles option
A ou B (CCAG, PI).
Management : Métier qui requiert savoir-faire et savoir être. À voir : conflit, moti-
vation.
Marché public : « Contrat conclu à titre onéreux avec des personnes publiques ou
privées par des personnes morales de droit public, pour répondre à leurs besoins en

120 Ingénieur territorial
matière de travaux, de fournitures ou de services. » : art. 1 et 2 du code des marchés
publics. Ce contrat est soumis aux principes de transparence des procédures, de li-
berté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats.
Objectif : réaliser la prestation avec efficacité et en utilisant au mieux les deniers pu-
blics. À différencier de la délégation de service public, du bail emphytéotique, de la
vente en l’état futur d’achèvement (VEFA).
Un marché peut être en partie cotraité ou sous-traité.
Le dossier de consultation des entreprises comprend, en en précisant l’ordre d’im-
portance, les pièces contractuelles du futur marché et le règlement de la consulta-
tion.
À voir :
- marché de travaux, de services (dont maîtrise d’œuvre), de fourniture,
- seuils de publicité (notion d’appel d’offres) et seuils de procédure (commission
d’appel d’offres, jury de concours),
- délai de paiement, acompte.
Mégabyte : Équivalent anglais de Mégaoctet. À différencier de Mégabits.
Métadonnée : Donnée sur la donnée.
Organisation mondiale de la santé (OMS) : Institution spécialisée des Nations-
Unies.Voir : recommandations. À différencier : normes.
Opérationnel : Prêt à entrer en activité. À différencier du tactique (quelques mois),
du stratégique (quelques années) et du prospectif (plus de 5 ans).
Opinion : Avis émis sur un sujet. À différencier d’une réalité (fait).
Plan Do Check Act (PDCA) : planifier, réaliser et fonctionner, contrôler, analyser et
améliorer. On parle aussi de roue de Deming ou d’amélioration continue. À voir :
ISO 9000.
Peak oil : Date à partir de laquelle le monde consommera plus de pétrole qu’il n’en
découvrira. À voir : énergie, spéculation, mutation.
Police administrative : Elle consiste à assurer le maintien de l’ordre public. À voir :
maire, préfet, délégation.
Politique : Relatif aux affaires publiques. À voir : stratégique, tactique.
Pollution : Modification défavorable du milieu naturel. À voir : qualité de la mesure.
Pragmatisme : passer des faits aux idées et des idées aux actes. À différencier de tech-
nocratie, activisme.
Principe de neutralité : Corollaire du principe d’égalité, s’agissant d’un service public.
À voir : liberté de conscience.
Principe de précaution : Invoqué pour une intervention urgente face à un possible
dommage grave et irréversible à la santé ou à l’environnement, lorsque le risque ne
peut être évalué par les données scientifiques disponibles. À différencier de l’obliga-
tion de résultat positif.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 121
Prix unitaire : Prix d’une unité avant actualisation ou révision dans un marché. Il est
le plus petit élément de détail financier de la mission. Sa multiplication par la quan-
tité prévue donne le devis et par la quantité réalisée donne la facture. À voir : ac-
tualisation et révision.

Redevance : Dette d’un usager du service public, calculée sur une assiette reposant
sur un service rendu. À différencier de taxe.

Régulation : Coexistence de missions d’intérêt général réglementées par l’État et
d’une situation concurrentielle. À voir : commission de régulation de l’énergie.

Responsabilité : Capacité à prendre une décision. À différencier de culpabilité ! À
voir : bénévole.

Reporting : Outil décisionnel basé sur l’identification, la modélisation, le filtrage,
l’observation. À voir : procédure, efficacité.

Risque : Ce qui résulte de la confrontation de deux facteurs indépendants, l’aléa et
la vulnérabilité (politique, juridique, financière, technique…). À voir : 3 P : prévision,
prévention, protection.

Système d’information géographique (SIG) : Mise en relation par un logiciel ad hoc
de plans numériques (cadastre, levée topo) avec une base de données. À voir : pro-
giciel, modèle numérique de terrain (MNT).

Service public : Accès de tous à certains biens et services. À différencier du service
universel (Europe).

Service public à caractère industriel et commercial (SPIC) : service public soumis à un
régime de gestion privée (exemple : assainissement). À différencier de service public
administratif (SPA).

Systémique : Relatif à un système pris dans son ensemble, où les différents compo-
sants sont dans une relation de dépendance réciproque. À voir : analyse multicritère.

Usager : Personne qui utilise un service public. À différencier de client et citoyen.

122 Ingénieur territorial
ABF : Architecte des Bâtiments de France GPEC : Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Com-
ACFI : Agent Chargé de la Fonction d’Inspection pétences
ACMO : Agent Chargé de la Mise en Œuvre des règles GRH : Gestion des Ressources Humaines ou Graves Re-
d’hygiène et de sécurité composées Humidifiées
ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise GTC : Gestion Technique Centralisée
de l’Énergie
ICPE : Installation Classée pour la Protection de l’Envi-
AE : Acte d’Engagement
ronnement
AEP : Alimentation en Eau Potable
AMO : Assistance Maîtrise d’Ouvrage IFEN : Institut Français de l’Environnement
AMF : Association des Maires de France ou Autorité des INSEE : Institut National de la Statistique et des Études
Marchés Financiers Économiques
ANCSEC : Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et IP : Internet Protocol
l’Égalité des Chances LDA : Laboratoire Départemental d’Analyse
ANRU : Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine LOLF : Loi Organique relative à la Loi de Finances
APD : Avant Projet Détaillé (infrastructure) ou Définitif
LOPSI : Loi d’Orientation et de Programmation pour la
(bâtiment)
Sécurité Intérieure
BE : Bureau d’Études
BOAMP : Bulletin Officiel des Marchés Publics LPO : Ligue de Protection des Oiseaux
BP : Budget Primitif MAPA : Marché À Procédure Adaptée
CA : Compte Administratif MIQCP : Mission Interministérielle pour la Qualité des
CCTP : Cahier des Clauses Techniques Particulières Constructions Publiques
CDAF : Commission Départementale d’Aménagement MNT : Modèle Numérique de Terrain
Foncier NIMBY : Not In My Back Yard
CDD : Contrat à Durée Déterminée
OPC : Ordonnancement, Pilotage et Coordination
CES : Collège d’Enseignement Secondaire ou Conseil
Économique et Social PADD : Projet d’Aménagement et de Développement
CG : Conseil Général Durable
CLSPD : Conseils Locaux de Sécurité et de Prévention de PCSPS : Plan de Coordination Santé, Protection, Sécurité
la Délinquance PDCA : Plan Do Check Act
CMP : Code des Marchés Publics PEHD : Polyéthylène Haute Densité
CNIL : Commission Nationale Informatique et Liberté PLU : Plan Local d’Urbanisme
COG : Convention d’Objectif et de Gestion ou Code Of-
POS : Plan d’Occupation des Sols
ficiel Géographique
CPER : Contrat de Plan État Région PPP : Partenariat Privé Public
CRA : Chambre Régionale d’Agriculture ou Centre de PRV : Polyester Renforcé Verre
Rétention Administrative RC : Règlement de la Consultation
CRE : Contrat Restauration Entretien RIA : Robinet d’Incendie Armé
CSDU : Centre de Stockage des Déchets Ultimes RT 2005 : Réglementation Thermique 2005
DDISS : Direction Départementale des Interventions Sa-
SATESE : Service d’Assistance Technique à l’Exploitation
nitaires et Sociales
des Stations d’Épuration
DICRIM : Document d’Information Communale sur les
Risques Majeurs SCOT : Schéma de Cohérence Territoriale
DICT : Déclaration d’Intention de Commencement de SDIS : Service Départemental d’Incendie et de Secours
Travaux SEM : Société d’Économie Mixte
DIDEME : DIrection de la DEmande et des Marchés Éner- SI : Système International
gétiques
SME : Système de Management Environnemental
DIUO : Dossier d’Intervention Ultérieure sur l’Ouvrage
QSE : Qualité Sécurité Environnement
DM : Décision Modificative
DOB : Débat d’Orientation Budgétaire SPANC : Service Public d’Assainissement Non Collectif
DSP : Délégation de Service Public SRU : Solidarité et Renouvellement Urbain
DTU : Dossier Technique Unifié TG : Trésorerie Générale
EH : Équivalent Habitant TOS : Technicien, Ouvrier de Service
EPCI : Établissement Public de Coopération Intercom-
UE : Union Européenne
munal
VAE : Validation des Acquis et de l’Expérience
ERP : Établissement Recevant du Public
GMAO : Gestion de Maintenance Assistée par Ordina- VMC : Ventilation Mécanique Contrôlée
teur ZDE : Zone de Développement Éolien
GNT : Grave Non Traitée

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 123
B - La construction
La méthode proposée ci-après est tirée de l’expérience. Elle prend en compte la réelle
contrainte que constitue la gestion du temps. En raison de l’impossibilité de traiter à
fond chaque option dans le cadre de ce document, elle nécessite au cas par cas une
adaptation par le candidat.

1 - La démarche

Tout votre savoir, votre expérience, votre motivation et toutes vos qualités de com-
municant ne sauraient excuser un hors sujet. Autour de chaque question, l’objectif
est donc d’élaborer un plan structuré, résultant de l’appropriation et de l’analyse du
contexte, de la hiérarchisation des idées puis de la formulation des propositions et
de leur justification.
Tout d’abord, une lecture générale du contexte, de la question, des titres et sous-
titres, des documents hors contexte annexés, peut utilement être réalisée en notant
au fur et à mesure toutes les idées qui peuvent vous venir à l’esprit (autobrainstor-
ming). Il s’agit ainsi de mettre en perspective à chaud à la fois les éléments du dos-
sier, vos références, vos expériences, les formules et définitions que vous connaissez.
Il s’agit aussi, le cas échéant, de se rassurer en début d’épreuve.
Puis, il faut exhaustivement s’approprier tout le contexte. Il faut relire les informa-
tions, parcourir les plans, définir les contours de la situation, pénétrer l’environne-
ment et en ressortir, domestiquer les circonstances. Il faut « visiter » ce que l’on vous
décrit.
Ensuite, il faut lire en détail, en fonction de leur intérêt et de votre connaissance, les
documents hors contexte annexés, bien appréhender la ou les questions, déterminer
le cadre de chacune en évitant des traitements croisés.
La phase dite lecture critique, abordée en fin de paragraphe 1.2.1, s’achève alors par
la pondération du temps restant.
Enfin, il faut, question par question, organiser sa réponse à partir des interrogations
traditionnelles :
• Quoi (le domaine) ?
• À qui, qui (les acteurs) ?
• Où (l’espace) ?
• Quand (le temps) ?
• Comment (les moyens) ?
• Pour qui (les objectifs) ?
• Pourquoi (la raison)… ?
posées à l’intérieur de thématiques systématiques organisées dans une grille d’as-
pect, qui aura été construite pendant la préparation.
Vous pourrez ainsi, par exemple, aborder successivement le questionnement :
• De l’humain : rôle des acteurs, les réactions probables, les compétences, le social…
• De l’organisation : aujourd’hui ? Demain ? Management induit ? Quelle struc-

124 Ingénieur territorial
ture existe, est à modifier ? Comment ?...
• Des ressources : humaines (compétences, quantité) existantes ou nécessaires, fi-
nancières (budget, trésorerie, aides), matérielles (locaux, ordinateurs…).
• De l’environnement : géographie, culture, écologie, population.
• Du réglementaire : lois, décrets, normes et directives, codes…
• Du technique : liste des technologies, facteurs limitants.
• Du temps : délai, histoire.
• De la communication : supports ? Cibles ?
Notons qu’une partie au moins des éléments de cette grille relève des thématiques
abordées dans le noyau dur caractérisé au paragraphe 1.2.2.
Pour compléter en consistance la réponse qu’il a constituée, le candidat reprendra les
premiers éléments de sa lecture critique et pourra utilement fouiller dans sa mémoire
en faisant appel aux fiches de révision mentionnées à la fin du paragraphe 1.2.2.
Les répétitions seront bien sûr évitées et il faudra savoir écarter les informations qui
seront au final hors sujet ou de peu d’intérêt. La hiérarchisation se fera ensuite chro-
nologiquement, du général au particulier, des observations au diagnostic, de l’es-
sentiel au détail, des faits aux opinions…
À ce stade, le candidat doit tracer un schéma de démonstration, établir une pro-
gression de raisonnement, mettre en évidence une logique. Les liaisons entre constat,
enjeu, diagnostic, objectif, conséquences, causes, évaluation, gestion, difficultés,
moyens, solutions, limites seront mises en évidence. À l’expérience, il apparaît que les
différentes étapes de la méthode « projet » constituent pour tout ou partie la ré-
ponse le plus souvent adaptée à la demande.
Un plan se construit en général en deux ou trois parties, elles-mêmes subdivisées en
deux ou trois parties d’importance homogène. Souvent, un plan en deux parties est
jugé plus convaincant mais il ne s’agit en aucun cas d’une règle infaillible. Les
épreuves proposées s’articulent en fait en plusieurs questions autour de l’analyse,
d’un contexte, d’une problématique et de propositions justificatives ou explicatives.
Enfin, pour mémoire, il paraît indispensable de rappeler les règles de base de l’in-
troduction et de la conclusion qui, idéalement, seront rédigées avant la rédaction du
développement :
• Introduction :
– présentation du contexte,
– introduction de la problématique,
– annonce du plan.
• Conclusion :
– résumer le développement en reprenant notamment les éléments du plan,
– donner son avis, des pistes d’études, des solutions, une aide à la décision.
Après la rédaction de la réponse à la question, il convient de passer à la question sui-
vante, en vérifiant que le temps prévu pour rédiger la question a bien été respecté.
À défaut, le candidat repositionnera son découpage avec pour objectif une réponse
à chaque question.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 125
2 - Les outils

La forme du travail demandé évolue très sensiblement, nous l’avons vu, selon les op-
tions et les années. Il importe donc a minima d’expliciter les principaux outils de ré-
daction demandés.
S’il n’existe pas de norme en la matière, il est d’usage de distinguer comme suit les
trois notions ci-après :

> Le rapport :
Rôle : il permet de rendre compte, à une autorité administrative et/ou politique,
d’une problématique en proposant des solutions. Il s’articule autour d’une analyse,
d’une synthèse intégrant des propositions. C’est un véritable outil d’aide à la déci-
sion.
Fond : il doit être complet, neutre et objectif. Il ne s’agit pas de prendre partie, mais
de constater puis de diagnostiquer et de recommander. Il faut être efficace.
Forme : titre, objet, destinataire (nom), rapporteur (nom + signature) (attention à
ne pas vous identifier le jour de l’épreuve sous peine de nullité. En l’absence d’indi-
cation particulière : nom X), date, pagination et formule de politesse, pièces jointes
et copies à (le cas échéant).
Le plan sera apparent, classique et suivra une logique.
Le rapport doit avoir une syntaxe riche avec un style pouvant être personnel.
Strictement il pourra se conclure par une demande de validation de type « bon pour
accord » en réponse à un questionnement de type « si ces propositions recueillent
votre agrément, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me renvoyer le présent
rapport revêtu de votre approbation ».
Cas particuliers :
– rapport d’activité : il n’est pas un simple compte rendu d’activité,
– rapport technique : le jour du concours, on peut considérer, en le précisant, que
ce type de rapport doit être accompagné d’une lettre d’envoi non rédigée.

> La note :
Rôle : elle permet en interne d’exposer une situation courante de façon brève, tant
à un subordonné qu’à un supérieur de son service ou pas (destinataire ciblé).
C’est un résumé descriptif, explicatif ou informatif.
Fond : elle doit être cadrée, claire, brève et concise. Il s’agit d’exposer, de décrire,
d’informer.
Forme : titre (avec la nature de la note), service émetteur, objet, destinataires (noms
et objet de la transmission : pour information, pour exécution, pour affichage, pour
attribution, pour vérification), rapporteur (nom, fonction, signature), pagination
(normalement, ne comporte pas de verso), dates (date de la note, date d’application
le cas échéant), pièces jointes (si besoin).
Pas de civilité, ni de formule de politesse.

126 Ingénieur territorial
Elle peut être affichée, transmise en mél, ou par circuit courrier.
Elle doit avoir une syntaxe simple avec un style impersonnel («il est rappelé que …»)
ou personnel («je crois utile de …») et un plan cohérent.

Cas particuliers :
– note de service : elle transmet une décision interne dans le cadre de l’organisa-
tion du service,
– note administrative : elle permet de faire le point avec un supérieur ou de don-
ner des indications à un subordonné,
– note de synthèse : elle est rédigée à partir de documents écrits et répond à des
critères bien précis, indiqués dans la partie concours externe du présent docu-
ment,
– notice : petite note.

> La fiche :

Rôle : rassembler des informations dans un format économique utilisable rapidement.

Fond : ne pas hésiter à mettre des exemples.

Forme :
– titre, date de création, annexes (ex. : budget),
– le plan doit apparaître nettement (ex. : contexte, objectifs, stratégie, dé-
marche…),
– la fiche est courte (pas de verso). Le style peut être télégraphique (phrases
courtes, flèches, croquis, mots-clefs…),
– date de mise à jour.

Cas particuliers :
Fiche de poste
Au-delà de ces trois notions représentant l’essentiel des commandes, il peut vous être
demandé :
– d’établir une circulaire : il s’agit d’un document qui permet de faire circuler l’in-
formation,
– de construire un tableau ou une grille : en cas de difficulté à formaliser l’exer-
cice et surtout la quantité des informations à présenter, on peut raisonnable-
ment penser que la solution consistant à répondre avec des tirets plus ou moins
décalés sera considérée comme acceptable,
– de réaliser un dessin, un schéma. Il importe donc de prévoir, notamment afin de
valoriser la présentation de sa copie, des crayons de couleur, une gomme, et la
règle nécessaires à cette demande potentielle.

Les termes d’avant-projet, d’étude d’aménagement, de commentaire, de document,
d’exposé, de texte, correspondent en fait à une demande non formalisée. Dans ce
cas, la réponse devra rester structurée et pourra, soit rester libre, soit être intégrée
en le justifiant à l’un des cadres ci-dessus mentionnés.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 127
Conclusion
L’épreuve d’établissement d’un projet ou d’une étude au concours interne ou à l’exa-
men professionnel d’ingénieur est assurément originale. Considérée par les uns
comme une réalité idéalisée ou par d’autres comme une fausse réalité, elle reste une
épreuve a priori peu cadrée, mais intéressante, voire valorisante. Pour mettre en pers-
pective la méthode présentée et les conseils dispensés dans les pages qui précèdent,
rappelons dans cette conclusion que, pour décrocher une bonne note, il faut :
1 Pendant la préparation : – apprendre à se connaître et à se remettre en cause,
– maîtriser le programme de l’option ligne par ligne,
– développer sa culture générale d’ingénieur territo-
rial,
– rédiger préalablement sur les acquis de l’expérience
et sur les récurrences.
2 Pendant l’épreuve : – s’approprier le contexte et les questions,
– pondérer le temps,
– répondre avec réalisme,
– démontrer avec efficacité,
– rédiger clairement.
Pourquoi essayer, en quelques pages, d’aider des candidats à un concours ou un exa-
men ? La finalité de l’épreuve étant bien de sélectionner de bons professionnels et
non de bons candidats, ce travail tire toute sa pertinence de la nature même de
l’épreuve. En effet, au-delà du résultat final, il importe au stade de la conclusion de
bien mettre en perspective tout l’intérêt, tout le bénéfice pour l’exercice de son mé-
tier que peut retirer un professionnel d’une préparation sérieuse.

Faites de votre réussite un projet !
Un objectif est atteint de façon d’autant plus efficiente que les ressources et les ac-
tivités ont pu être gérées comme un processus. Personnalisez ainsi les différentes
étapes de la démarche projet. Faites l’état des lieux et le diagnostic de votre savoir,
de vos expériences, communiquez avec votre entourage, complétez l’analyse des an-
nales et du code réglementaire, faites des points étapes… vous êtes le chef de pro-
jet d’une équipe que nous n’avons que commencé à constituer dans les pages
précédentes.
Au passage, notons pour ceux qui s’interrogeraient encore, qu’il est possible de se
nourrir au cours des huit heures de l’épreuve. Certains lauréats m’ont dit n’avoir pas
eu le temps de s’alimenter… C’est une erreur ! Une pause casse-croûte de quelques
minutes permet de lever la tête, de prendre un peu de recul et de donner des « mu-
nitions » à sa mémoire ! Compte tenu de la durée de l’épreuve, il est important de
rester en bonne forme et d’éviter l’hypoglycémie.
Et puis, si les aléas du concours ou votre propre vulnérabilité ne vous permettent pas
d’atteindre l’objectif, votre temps n’aura pas été perdu et rien ne vous empêchera
de… faire un petit tour de Roue de Deming.

128 Ingénieur territorial
1. Exemple 1
Adaptation et corrigé spécialité déplacements et
transports
Examen professionnel d’ingénieur territorial de
promotion interne – 1er alinéa
Novembre 2005 - Épreuve n° 6
Établissement d’un projet ou étude
Sujet

La ligne de bus n° 33, deuxième ligne du réseau de transports en commun d’une
agglomération de 400 000 habitants, assure la liaison entre les villes de St AREY et
St QUENTIN via l’hypercentre de la ville Centre.

Dans cette étude, seul le tronçon St AREY – hypercentre nous préoccupe. Sur cet iti-
néraire, la ligne 33 enregistre des temps de parcours importants route de Clémen-
cières, et subit des difficultés de circulation lors du franchissement de la place Charles
de Gaulle où aboutit l’autoroute A 20.

L’accès au pont du Nord (entrée nord de la ville Centre) est également problématique.

Dans le cadre d’une opération de redynamisation du réseau de transports, le prési-
dent de la communauté d’agglomération vous demande d’étudier un aménagement
de surface (projet à court terme), destiné à réduire le temps de parcours sur l’itiné-
raire précité (dans une enveloppe budgétaire limitée).
Le projet intégrera également le déplacement des cyclistes dans le sens St AREY – hyper-
centre.

Le maire de la ville Centre demande, lors de l’élaboration de ce projet, de prendre
en compte l’amélioration de la sécurité de traversée formée par la place Charles de
Gaulle, le pont du Nord et le quai de France.
NB : le monument historique de la place Charles de Gaulle sera impérativement
conservé à sa place actuelle.

Travail demandé
1) Projet à l’échelle 1/500ème (sur calque) tendant à répondre aux souhaits du prési-
dent de la communauté d’agglomération et du maire de la ville Centre.
2) Phasage et temps de chaque phase du (ou des) carrefour(s) à feux de la place
Charles de Gaulle. Vous justifierez sommairement les grandes lignes de ce projet.
3) Mémoire explicatif sur le système de priorité préconisé pour les bus de la ligne 33.
1) Notice technique explicitant le traitement de l’accès au pont du Nord.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 129
Documents fournis :
– Plan de situation échelle 1/20 000ème
– Plan de masse échelle 1/1 000ème
– Points de conflits échelle 1/500ème
– Plan d’état des lieux échelle 1/500ème
– Comptages horaires

Barème de notation :
– Question 1 : 11 points
– Question 2 : 4 points
– Question 3 : 3 points
– Question 4 : 2 points

I - Comprendre le sujet
Dans un premier temps, il est nécessaire de bien identifier le parcours de la ligne de
bus n° 33. Ainsi :
• Le plan de situation indique que la place Charles de Gaulle est empruntée par la
gauche, mais ne permet pas de préciser le linéaire exacte depuis la ville de St AREY
jusqu’à l’hypercentre de la ville Centre.
• Le plan de masse permet de comprendre la demande du maire, quant à l’amélio-
ration de la sécurité de la traversée de la place Charles de Gaulle, du pont du Nord
et du quai de France. Il situe l’élément important à ne pas déplacer ou supprimer,
à savoir le monument historique. Le bus emprunte le pont de France, après avoir
traversé l’autoroute A 20 et une amorce du quai de France.
• Le plan des points de conflits précise principalement la difficulté de traverser la
jonction quai, pont et autoroute.
• Le plan d’état des lieux sera le plan de base permettant de répondre à la première
question. L’échelle au 1/500ème est utile pour définir la largeur des voies et les
modifications qui peuvent être apportées pour répondre à la demande du prési-
dent de la communauté d’agglomération, soit un aménagement de surface visant
à réduire le temps de parcours sur l’itinéraire du bus.
• Enfin, le plan représentant les comptages horaires ne comporte pas de légende,
mais laisse à supposer que les « triangles » indiquent l’arrière du bus, les «
nombres sans parenthèses » indiqueraient le temps de passage réel entre chaque
bus et les « nombres sans parenthèses », le temps de passage estimé ou prévu.
On remarque que les lignes près des « triangles » représentent le total décliné dans
les lignes en long. Prenons l’exemple du signe situé rue Clémencières : 673 est égal
à 2+7+664 et (342) est égal à (2)+(12)+(328). De plus, dans le sens aller, de la rue Clé-
mencières jusqu’au pont du Nord, on remarque que les comptages horaires aug-
mentent, passant de 673, puis 745, à 2307. Les trois mesures peuvent être associées
à des comptages à différentes heures de la journée (matin, midi, soir).

130 Ingénieur territorial
II - Lister les idées qui seront développées
Plusieurs éléments pourront être abordés, liés au thème des déplacements urbains,
et liés aux questions demandées, tels que :
• Les transports en commun en site propre.
• Les aménagements des voiries urbaines permettant d’assurer la sécurité et la co-
habitation des différents modes de déplacements sur la voie publique.
• Les déplacements en vélo et les aménagements urbains qui les facilitent.
• La gestion de la vitesse en ville.
• L’aménagement d’intersections sécurisées, les giratoires.
• La signalisation efficace et adaptée, signalisation de régulation de trafic.
• Les revêtements de voirie performants.
• La transformation du paysage urbain en fonction des choix de modes de déplace-
ments.
• Modéliser les transports pour mieux les organiser.
• Autres pistes à long terme : le tram sur rails, le tram sur pneus.
• Les documents à exploiter : les plans de déplacements urbains, les schémas de cir-
culation douce.
• La gestion des autoroutes en milieu urbain.

III - Organiser ses idées par thématique
Il s’agit de répondre aux questions qui sont notées individuellement et d’insérer les
thématiques à aborder en fonction de la problématique de la question.
• Question 1 (aménagement pour réduire la vitesse de parcours - cyclistes) – 11
points :
– les transports en commun en site propre,
– les aménagements des voiries urbaines permettant d’assurer la sécurité et la co-
habitation des différents modes de déplacements sur la voie publique,
– les déplacements en vélo et les aménagements urbains qui les facilitent,
– la transformation du paysage urbain en fonction des choix de modes de dépla-
cements,
– autres pistes à long terme : le tram sur rails, le tram sur pneus,
– modélisation des transports pour mieux les organiser.

• Question 2 (phasage et temps de chaque phase des carrefours à feux à la place) –
4 points :
– les documents à exploiter : les plans de déplacements urbains, les schémas de
circulation douce,
– la gestion de la vitesse en ville.

• Question 3 (mémoire sur le système de priorité) – 3 points :
– l’aménagement d’intersections sécurisées,
– la signalisation efficace et adaptée, signalisation de régulation de trafic.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 131
• Question 4 (notice technique sur l’accès au pont) – 2 points :
– les revêtements de voirie performants et adaptés aux usages,
– la gestion des giratoires en milieu urbain.

IV - Structurer ses propos et son développement par
un plan
Il ne faudra pas trop perdre de temps sur le plan, car il ne s’agit pas de faire un plan
par question mais plutôt de structurer ses propos à chacune des réponses.
Cependant, il est possible de proposer un plan pour la première question, du fait du
barème de notation qui lui est attribué (11 points) et de l’ampleur de la réponse que
l’on peut y apporter.

I – Aménager la voirie pour réduire le temps de parcours de la ligne de bus
1) Réaliser un projet à court terme et à coût maîtrisé
2) Étudier des solutions à plus long terme

II – Prendre en compte et sécuriser les différents modes de déplacements
1) Intégrer les déplacements des cyclistes
2) Aménager les voiries urbaines pour assurer la sécurité des déplacements

V - Valider le plan pour s’assurer qu’il soit équilibré.
Travailler les titres et sous-titres (plan définitif)
I – Aménager la voirie pour réduire le temps de parcours de la ligne de bus
1) Réaliser un projet à court terme et à coût maîtrisé
La transformation du paysage urbain en fonction des choix de modes de dépla-
cements.
Les transports en commun en site propre.
2) Étudier des solutions à plus long terme
Autres pistes à long terme : le tram sur rails, le tram sur pneus.
Modéliser les transports pour mieux les organiser.

II – Prendre en compte et sécuriser les différents modes de déplacements
1) Intégrer les déplacements des cyclistes
Les déplacements en vélo et les aménagements urbains qui les facilitent.
2) Aménager les voiries urbaines pour assurer la sécurité des déplacements
Les aménagements des voiries urbaines permettant d’assurer la sécurité et la co-
habitation des différents modes de déplacements sur la voie publique.

132 Ingénieur territorial
VI - Rédiger l’introduction et la conclusion au
brouillon

VII - Rédaction du devoir. Relecture finale

Question 1

La mobilité urbaine est aujourd’hui une question importante face à l’engorgement
des centres, de la pollution et des nuisances. Les prospectives urbaines évaluent une
croissance forte de la mobilité au cours des vingt prochaines années. Elle aura crû
d’environ 40 % et l’automobile représentera 90 % des déplacements mécanisés,
contre 86 % actuellement. Face à ces phénomènes et à la prise en compte de la no-
tion de développement durable, la bonne gestion d’une ligne de bus est importante
et relève dans notre cas de la compétence de la communauté d’agglomération.
Pour y parvenir, il s’agit d’aménager la voirie pour réduire le temps de parcours de
la ligne de bus (I), sans omettre de prendre en compte et de sécuriser les différents
modes de déplacements (II).

I – Aménager la voirie pour réduire le temps de parcours de la
ligne de bus
1) Réaliser un projet à court terme et à coût maîtrisé

Il peut être envisagé l’aménagement d’une voie bus en site propre. D’après les plans
joints, l’emprise nécessaire est présente, puisque la largeur de la rue Clémencières est
de l’ordre de 10 m, celle de l’autoroute A 20 et du pont du Nord de 15 m. Il est donc
possible, sur 10 m, de créer une voie bus en site propre de l’ordre de 5,5 m à 6 m,
avec un quai, puis de laisser place à une voie de 3 m pour les véhicules légers, une
piste cyclable en site propre et des trottoirs plantés par des alignements d’arbres (en
fonction des possibilités : emprises de réseaux). Il peut aussi être réalisé à moindre
coût une plate-forme végétalisée, qui isole de la circulation automobile, qui peut être
empruntée ponctuellement par les piétons et présente l’avantage de réduire les nui-
sances sonores et de rafraîchir l’été.
Ce type d’aménagement est un instrument de requalification urbaine. Le bus, ou le
tram, est un transport en commun en site propre (TCSP). Il ne fonctionne correcte-
ment que séparé du reste de la circulation, sur une plate-forme autonome dont l’im-
plantation sur la chaussée se fait selon trois options distinctes : axiale (au milieu),
latérale (d’un seul côté) ou bilatérale (de part et d’autre) ; la portion de la chaussée
restante est attribuée aux autres utilisateurs : automobilistes, cyclistes et, éventuel-
lement, stationnement. Ces choix ont des conséquences sur la qualité de l’espace pu-
blic. Cet aménagement devrait faciliter les franchissements de la place et du pont.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 133
Une ligne de transport en site propre, c’est un projet d’urbanisme qui traverse aussi
bien des centres historiques que des périphéries, en passant par des zones non urba-
nisées. Ainsi, il pourra être possible de prolonger la ligne en site propre. Du fait que
c’est la communauté d’agglomération qui a la compétence transports/déplacements,
l’aménagement pourra conserver une homogénéité qui le rendra identifiable en dé-
pit de la diversité des situations traversées.
Il doit alors se définir par des matériaux, un revêtement de sol et un équipement re-
connaissable, une identité du mobilier urbain sur tout le parcours. Pour inciter les usa-
gers à emprunter les transports en commun, l’aménagement en site propre doit
mettre l’accent sur le confort et l’idée de continuité de la rame avec la chaussée. Ceci
sert aussi à discipliner l’automobiliste : dans une voie de circulation déjà restreinte,
les bordures, les marquages au sol sont perçus comme autant d’obstacles qui l’oblige
à rester concentré et à réduire sa vitesse. De même, un dessin au sol réussi permet de
faire cœxister sans heurt piétons, cyclistes, transports en commun et automobiles.

2) Étudier des solutions à plus long terme

La nécessité pour les villes de réduire les effets nocifs du trafic automobile passe par
le développement des transports en commun.
Il peut être envisagé d’étudier d’autres solutions de transports en commun, mais cette
fois à plus long terme, du fait du délai de mise en place et de coût des aménage-
ments.
Ainsi, le tramway est devenu une réponse appropriée pour un flux de 5000 passagers
par heure et par sens, aux heures de pointes. Il possède un atout majeur : la circula-
tion en site propre. Il emprunte un réseau dédié, aménagé au cœur de la ville sur
l’emprise des axes de circulation. Associée à une priorité aux feux, à des distances
entre stations suffisamment longues, la voie réservée garantit le temps de parcours
et la qualité de service. Le coût est élevé car le tramway implique une refonte com-
plète de l’espace urbain. Mais, la réalisation d’un tramway peut être conçu comme le
levier d’une requalification de l’agglomération. Les aménagements d’insertion ur-
baine dans l’hypercentre peuvent attirer de grandes enseignes et affirmer un renou-
veau économique.

Cependant, une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) apporte une qualité de
service égale pour un coût inférieur à celui d’un tramway. Le BHNS n’est pas un
concurrent du tramway, ce sont deux modes de transports différents. Il coûte au maxi-
mum la moitié du prix d’un tramway. L’accostage des bus aux quais doit être facilité
pour le conducteur et répondre aux règles d’accessibilité pour tous. Ceci suppose une
approche rectiligne et peut nécessiter un guidage pour positionner les bus. La réus-
site du concept BHNS implique un passage prioritaire à tous les carrefours, avec ou
sans feux. Ces bus peuvent être de types différents : bus bi articulés, trolleybus, bus
standards ou guidés sur pneus.

Pour étudier au mieux les choix proposés, des outils de modélisation des déplace-
ments constituent une aide à la décision lors de la modification de la ligne de trans-
ports en commun. Différents outils peuvent être utilisés : les modèles qui proposent

134 Ingénieur territorial
des méthodes de représentation des processus de déplacements et les logiciels qui ex-
ploitent les modèles pour simuler et analyser un trafic. Ces outils sont alimentés par
des données cartographiques (telles que les données IGN) ou des résultats d’enquêtes
(comptages des déplacements, origine - destination). Les outils de modélisation per-
mettent de simuler le trafic, avec la possibilité de tester des scenarii d’aménagements.
L’utilisation couplée avec un SIG (système d’information géographique) simplifie l’in-
tégration des données et offre une meilleure représentation graphique des résultats.

II – Prendre en compte et sécuriser les différents modes de
déplacements
1) Intégrer les déplacements des cyclistes

La réflexion sur le partage de la voirie en ville prend de l’ampleur. La vision des amé-
nagements urbains nécessaires en vélo a évolué. Il existe l’aménagement de pistes cy-
clables où on sépare les voitures et les vélos; mais aussi de bandes cyclables marquées
au sol : on parle alors de mixité de la voirie, de réduction de la vitesse des automo-
biles. Pour parvenir à faire ralentir les automobilistes, il est possible d’avoir recours
aux zones 30 (limitation à 30 km/h de la vitesse des automobiles), aux plateaux sur-
élevés, aux contresens cyclables, mais aussi à la mise en place de stationnements al-
ternés en chicane. C’est à cette condition que voitures et vélos peuvent cohabiter en
toute sécurité.
Aménager des itinéraires cyclables ne signifie pas systématiquement pistes cyclables.
En fonction des contraintes et opportunités des voies traversées, l’itinéraire sera sou-
vent constitué d’une combinaison judicieuse de différents types d’aménagements.
Il existe trois configurations possibles :
La mixité laisse le cycliste dans la circulation générale puisque le vélo est un véhicule
et que toutes les routes lui sont accessibles.
La séparation des trafics sur la même chaussée (bande cyclable) offre un espace de
circulation fort apprécié des cyclistes, notamment en montée sur route étroite, en vi-
rage avec mauvaise visibilité, en rétrécissement de chaussée.
Le site propre (piste, voie verte) peut être uni ou bidirectionnel, il est sécurisant.
La réglementation impose à un véhicule de ne pas s’approcher à moins de 1,50 m
d’un cycliste. Le respect de ce principe de précaution conduit à des largeurs de l’ordre
de 1,75 m, marquage compris. De plus, pour la traversée des giratoires, il s’avère que
plus la taille du rayon est réduite, plus ils sont sécurisants pour les vélos. Il n’est donc
pas utile de délimiter un espace dédié aux cyclistes autour d’un petit anneau, de moins
de 15 m de rayon.
Il est aussi intéressant de favoriser les combinaisons intermodales, comme par exemple
la possibilité de mettre son vélo dans le bus, ou de prévoir des itinéraires de rabat-
tement sur les gares. Il faut également fixer des ratios minimaux pour le stationne-
ment des vélos au point de départ et au point d’arrivée, près des logements, bureaux,
commerces, établissements publics, culturels.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 135
2) Aménager les voiries urbaines pour assurer la sécurité des déplacements

Pour renforcer la sécurité routière dans une commune, il est nécessaire de combiner
des aménagements, des campagnes de prévention et des contrôles routiers. L’amé-
lioration de la signalisation peut apporter une amélioration sans trop grever les bud-
gets. Il reste aussi possible de signaler une limitation de vitesse par des dispositifs non
permanents. C’est ce que permettent les radars afficheurs de vitesse. Un panneau
d’avertissement s’allume si elle est supérieure à la limitation en vigueur. Il s’agit
d’avertir avant de verbaliser.
Dans le milieu urbain, la vision périphérique est très sollicitée. Plus on va vite, plus la
perception périphérique se rétrécit. Les distances d’arrêt varient suivant la vitesse (dis-
tance parcourue pendant le temps de réaction plus distance de freinage). La prise de
vitesse de l’automobiliste varie en fonction de ses marges latérales et longitudinales de
sécurité. Dans une emprise urbaine qui n’est pas extensible, plus la voie est étroite,
mieux on modère et maîtrise les vitesses et plus on donne d’espace aux autres usagers.
Le décret du 29 novembre 1990 précise les règles en matière de modération et de
modulation de la vitesse. C’est un concept qui définit le lien entre la limitation de vi-
tesse, l’aménagement de la voirie et la fonction sociale de la rue, dans un objectif de
sécurité pour tous les modes de déplacements, en particulier les plus vulnérables.
Cette approche de la modulation des vitesses en agglomération correspond à une vo-
lonté de donner plus de crédibilité, de lisibilité et une plus grande clarté des limita-
tions de vitesse pour l’usager. Par ailleurs, cela facilite la hiérarchisation du réseau de
voirie et permet une plus grande cohérence entre aménagement de la voirie et le ré-
gime de limitation de vitesse. Dire que réduire la vitesse entraîne une diminution de
la capacité de désengorgement est un mauvais argument. Le gain de temps impu-
table à la vitesse est très faible, car les nombreux aléas de l’urbain (traversées de car-
refours, feux tricolores…) font que la vitesse moyenne reste faible (largement
inférieure à 50 km/h).
En conclusion, les problèmes d’intégration des déplacements cyclistes et des trans-
ports en commun peuvent être résolus aussi en travaillant en transversalité avec la
direction urbanisme et le service sécurité, afin d’intégrer la dimension sécurité en
amont dans les projets. Pour la conduite d’une politique locale de déplacements et
de sécurité, il est nécessaire, au niveau organisationnel, de tenir compte du savoir,
savoir-faire et faire-savoir. Il ne faut pas oublier une base de connaissances sans la-
quelle aucune évaluation des actions n’est possible.

136 Ingénieur territorial
La ligne de bus traverse le giratoire créé sur la place Charles de Gaulle.
Les autres modes de déplacements (vélos, automobiles) empruntent l'anneau extérieur.
Un second mini-giratoire est créé à l'angle du pont du Nord et du quai de France..

Question 2
Afin de concevoir au mieux les aménagements, il s’avère indispensable de connaître
les documents de planification des déplacements. Il s’agit éventuellement de revoir
le plan de circulation, qui peut être modifié par exemple quand il est nécessaire de
détourner le trafic. D’autres types de documents, tels que les PDU (plans de déplace-
ments urbains) ont été créés par la LOTI (loi d’orientation des transports intérieurs)
du 22 décembre 1982. Son contenu a été précisé dans la loi sur l’air et l’utilisation ra-
tionnelle de l’énergie du 30 décembre 1996, rendant obligatoires les PDU dans les ag-
glomérations de plus de 100 000 habitants.
La loi SRU (solidarité renouvellement urbain) du 13 décembre 2000 a renforcé le
contenu des PDU, notamment en matière de sécurité routière, de stationnement, de
transports de marchandises, en y introduisant un volet sur la solidarité. Les PLU (plans
locaux d’urbanisme) doivent être compatibles avec les PDU.
L’objectif de ces derniers est la diminution de la circulation automobile en ville au
travers, notamment, d’une amélioration de l’offre et de la qualité des transports en
commun et d’une revalorisation des modes de déplacements doux (vélo, marche à
pieds) et non polluants.
De plus, le PDU doit être compatible avec les SCOT (schémas de cohérence territo-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 137
riale), ce qui permet de prendre en compte d’autres éléments de la ville tels que le
logement, les activités commerciales, avec une logique plus urbaine. C’est une véri-
table planification. Ainsi, pour exemple, des initiatives inscrites dans une démarche
de démocratie participative ont été menées à Nantes, notamment, avec pour objec-
tif un combat contre l’usage excessif de l’automobile et des propositions pour une
mobilité multimodale, respectueuse de l’environnement.
En complément, le PDE (plan de déplacements des entreprises) est un outil intéres-
sant du management de la mobilité. Il permet d’agir sur les pratiques de déplace-
ments d’un groupe d’individus (salariés, étudiants) pour influencer durablement leurs
habitudes quotidiennes. Son objectif est bien la réduction des véhicules par un report
modal des modes motorisés individuels vers les modes de déplacements alternatifs
(marche, vélo, transports collectifs, usages partagés des véhicules). Enfin, les schémas
de circulations douces retracent la continuité des itinéraires cyclistes sur un territoire
intercommunal, voire même départemental.
Associée à ces différents types de démarches de planification, la gestion de la vitesse
est à prendre en compte. Étant donné la fréquence de la congestion/saturation des
grands axes routiers, le temps perdu dans les embouteillages est de plus en plus im-
portant. Les études du CERTU (centre d’études sur les réseaux de transports et l’ur-
banisme) montrent qu’une optimisation de la gestion des trafics serait atteinte si la
circulation automobile était maîtrisée autour d’une vitesse de 70 km/h. On pourrait
proposer par exemple : 50 km/h en heures de pointe, 70 km/h en heures intermé-
diaires et 90 km/h en heures creuses (pour l’autoroute A 20 en milieu urbain). Pour
cela, il est impératif de :
Maîtriser la demande d’entrée sur la place Charles de Gaulle, en expérimentant la ré-
gulation des entrées par des feux.
Permettre la fluidité des demandes de sorties afin d’éviter les remontées de files. Pour
cela les carrefours doivent être équipés de feux asservis à une distance maximale de
ou des files d’attente.
Avoir une gestion/exploitation en temps réel, notamment avec un système perfor-
mant d’information aux usagers, des files de circulation sur la chaussée principale dès
l’entrée dans l’aire urbaine.
Si on considère que les bus de 15 mètres disposent de 70 places, il en faudrait un
toutes les 1 minute 20 à 1 minute 30. Ce qui est tout à fait faisable, à la condition
qu’ils soient sur une voie réservée et qu’ils soient prioritaires aux accès. Il est impé-
ratif de changer et d’inciter les comportements car l’usage de la voiture devient pro-
blématique. L’agglomération pourrait aussi proposer de nouveaux usages de
l’autoroute en milieu urbain et réaliser un « chrono aménagement » durable.

Question 3
L’insertion des lignes en site propre dans des systèmes viaires conçus pour l’automo-
bile crée des points de conflits qu’on peut résoudre seulement en modifiant les dis-
positifs traditionnels de circulation. Ces problèmes de cœxistence se rencontrent

138 Ingénieur territorial
particulièrement au niveau des ronds-points, que les bus ou tram doivent traverser
en ligne droite, leur rayon de giration ne leur permettant pas d’emprunter l’anneau
des automobiles. Le TCSP y sera prioritaire sur les autres véhicules : cette règle en-
traîne l’introduction de feux à l’intérieur du giratoire, au niveau du franchissement
de la plate-forme du bus ou du tram. Ces feux sont verts la majorité du temps : c’est
l’arrivée du TCSP qui commande leur passage au rouge.
Au niveau du marquage au sol, on privilégie la lecture du trajet par l’automobiliste :
le revêtement (généralement du bitume), doit montrer la continuité de l’anneau, sans
négliger le marquage qui délimite l’emprise de la plate-forme (le GLO : gabarit li-
mite d’ouvrage).

Pour calibrer au mieux l’aménagement de voirie, il faudra travailler sur les caracté-
ristiques géométriques de la route. Il s’agit d’abord du profil en travers (tranche de
route), c’est-à-dire de la répartition des espaces sur la plate-forme de chaussée : voies
(largeur et nombre) et accotements. Puis, le tracé en plan avec les virages et leurs en-
chaînements. Enfin, l’élaboration du profil en long (déclivités du parcours) qui ana-
lysera les points hauts où carrefours et courbes deviennent dangereux.
L’usage des arbres, bien positionnés, sert aussi à avertir de l’approche d’un giratoire,
d’une courbe, d’une intersection; sans effort, ni contrainte pour le conducteur et en
apportant un espace paysager agréable.
Il ne faudra pas omettre la prise en compte du handicap dans la conception des nou-
veaux espaces publics (trottoirs surbaissés, rampes à moins de 5 %, matériaux de sols
différenciés, feux sonores), afin de sécuriser les parcours urbains. Ainsi, l’accessibilité
des TCSP est un bénéfice pour tous : bus à plancher bas, conception plus spacieuse
des arrêts, dispositifs d’information sonore, augmentation des vitesses commerciales.

L’aménagement d’une ligne de bus en site propre doit s’accompagner d’une signa-
létique particulière, répondant spécifiquement aux besoins d’intégration dans le mi-
lieu complexe que sont les villes. Les R17 ou R18 (feux tricolores spécifiques)
permettent de crédibiliser la signalisation tricolore en évitant les confusions entre les
signaux destinés aux transports en commun et ceux destinés aux autres usagers de la
voirie. Pour fluidifier le trafic, le TCSP ne doit s’arrêter que rarement aux feux trico-
lores. On peut donc mettre en place un système de détection des bus en approche
des carrefours, mais aussi détecter au plus tôt le franchissement du carrefour pour ne
pas dégrader les conditions de trafic des automobilistes et des piétons. Il existe des
systèmes d’aide à l’exploitation (SAE), qui assurent le suivi de l’avancement du bus et
le contrôle des feux à l’approche des carrefours, tout en tenant compte des points
d’arrêts éventuels.

Il est aussi possible d’informer les usagers sur les déplacements en temps réels, via un
GPS embarqué, en donnant les heures exactes d’arrivée de son bus.
Pour conclure, les divers composants de la régulation du trafic et de la signalisation
lumineuse tricolore ont fait un bond technologique ces dernières années, dans le sens
de la fiabilité et de la facilité d’interopérabilité.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 139
Question 4
Le giratoire reste un dispositif de croisement efficace. Le développement des TCSP,
qui traversent le giratoire en son centre, permet de fluidifier l’itinéraire et faciliter
les circulations automobiles. Cependant, les grands giratoires sont dangereux, car la
vitesse élevée des véhicules peut être source d’accidents, et inadaptés pour les centres
villes. Un inconvénient que ne connaissent pas les mini ronds-points.
Ils permettent de responsabiliser l’automobiliste qui se régule sur le piéton. L’amé-
nagement des mini ronds-points dans les villes réduit l’espace de voirie réservée à
l’automobile au profit d’autres modes (vélos, piétons, bus). Ce type de ronds-points
est un facteur de sécurisation du trafic et d’organisation du territoire, à condition
qu’il soit bien inséré dans la topographie du lieu.
Les bus en site propre exigent des structures de chaussées du type de celles destinées
au passage des poids lourds et des couches de surface spéciales.
Dans ces zones très sollicitées, il est indispensable de recourir à des revêtements par-
ticulièrement étudiés. L’enrobé à module élevé (EME) ou le béton bitumineux à mo-
dule élevé (BBME) sont utilisés lorsque l’on recherche un apport structurel et une
résistance à l’orniérage. Il est donc essentiel de traiter les voies bus avec un soin par-
ticulier.
Les choix structurels faits pour une voie bus doivent l’être dans un souci de durée et
de pérennité. De plus, les réparations sont toujours très gênantes, notamment pour
les voies réservées ou en site propre.
Dans la gamme des produits existants, il faudra choisir les mieux adaptés à l’usage
prévu et s’assurer d’une mise en œuvre parfaite. Il sera aussi intéressant, dans une
prise en compte du coût global, de choisir les meilleures solutions en comparant les
coûts d’investissement mais aussi les coûts d’entretien.

140 Ingénieur territorial
2. Exemple 2
Adaptation et corrigé spécialité Paysages – Espaces
verts
Examen professionnel d’ingénieur territorial de
promotion interne – 1er alinéa
Novembre 2005 - Épreuve n° 12
Établissement d’un projet ou étude

Sujet :
Dans le cadre de l’aménagement du jardin de poche « Dedieu - Charmettes », il a
été retenu l’aménagement d’un espace public comportant une présence végétale très
forte à travers l’installation de murs paysagers. Cet aménagement permettra la ren-
contre et la détente.
En tant que futur responsable d’un service d’espaces verts d’une collectivité (dénom-
mée ici X) d’environ 80 000 habitants, il vous est demandé de réaliser un dossier
d’aide à la décision et un avant-projet en vue de l’aménagement de ce jardin de
poche.

Travail demandé :
Après analyse des documents, vous établirez un rapport technique à l’attention de
l’adjoint au maire chargé de l’urbanisme et des espaces verts. Votre étude renseignera
l’élu sur les points suivants :
• Les contraintes liées au site.
• Les alternatives d’aménagements de murs paysagers.
• Les avantages et les inconvénients de chaque technique.
• Le choix argumenté de la solution que vous préconisez.
• Les étapes de votre projet, de la programmation à la maintenance du site.
En vous aidant des documents remis (plan topographique au 1/100ème), de la planche
photo de situation et de la planche photo du site, vous établirez un avant-projet en
réalisant une pré esquisse. Ce travail commenté devra permettre de définir le choix
de l’aménagement que vous défendrez.

Documents fournis :
Dossier de création d’un jardin de poche « Dedieu – Charmettes », projet d’aména-
gement d’un jardin vertical comprenant :
• Deux planches photo du site à aménager.
• Un plan de situation du site par rapport au quartier et aux espaces verts proches.
• Un plan topographique, échelle 1/100ème.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 141
Dossier bibliographique sur les jardins verticaux : illustrations avec des projets et réa-
lisations :
• Un exemple de jardin de saules tressés, concepteurs Judy et David Drew, Manuel
des jardins de Chaumont, 1996.
• Un exemple de jardin de treillage, « La nymphée et la profondeur », Manuel des
jardins de Chaumont, 1996.
• Un exemple d’un jardin de mur végétal, Patrick Blanc, Michel Mangematin, Ma-
nuel des jardins de Chaumont, 1996.
• Le mur végétal, musée du Quai Branly, Paris, un concept et une réalisation de Pa-
trick Blanc, site du musée du Quai Branly.

Barème de notation :
• Question 1 : 12 points
• Question 2 : 8 points

I - Comprendre le sujet
Les documents joints nous donnent un certain nombre d’informations.
Il s’agit d’aménager un petit espace minéral en milieu urbain, pour en faire un jar-
din de quartier de l’ordre de 250 m2, soit 15 x 15 mètres.
Cet espace se situe dans un angle de 2 rues : rue Dedieu et rue des Charmettes.
Deux murs aveugles entourent cet espace, dont un mur de 25 m de hauteur. Ces
2 façades de bâtiments sont de 2 et 4 étages.
Les habitants souhaitent que cet aménagement paysager soit un lieu de détente, le
plus fortement végétalisé possible. À proximité, il existe déjà un petit square (Pa-
lanche et Vidal) pour les enfants de 4 à 6 ans.
Ces 2 espaces se situent dans un quartier d’immeubles construits dans le cadre d’une
ZAC, avec des logements en accession et en location. C’est un quartier d’immeubles
récents au cœur d’un bâti plus ancien. L’enjeu est important puisqu’il n’existe pas de
jardin ou parc public très proche.
D’après les photos jointes sur le quartier, on remarque que le quartier est assez mi-
néral (place des Passementiers, passage entre la rue des Teinturiers) ou très peu vé-
gétalisé (square Palanche et Vidal).
D’après le plan topographique – État des lieux, l’orientation du Nord, en haut, in-
dique que l’espace à aménager est bien ensoleillé le matin et une bonne partie de
l’après-midi. En fin d’après-midi, il est totalement à l’ombre du bâtiment de 4 étages.

II - Lister les idées qui seront développées
Il s’agit de répondre aux questions qui sont notées individuellement et d’insérer les
thématiques à aborder en fonction de la problématique de la question.
Plusieurs éléments pourront être abordés, liés au thème des aménagements de murs
paysagers et aux questions demandées, telles que :

142 Ingénieur territorial
• Question 1 (rapport technique : contraintes, murs, avantages, étapes) – 12 points :
– comment faire entrer la nature en ville ?
– définir les contraintes liées au site : réaliser un diagnostic préalable,
– la prise en compte des espaces paysagers dans un plan local d’urbanisme,
– la végétalisation verticale : différentes techniques et solutions,
– une maintenance efficace et peu coûteuse des espaces verts,
– modifier l’image d’un quartier par l’aménagement d’espaces verts et le fleuris-
sement,
– le développement durable, la gestion différenciée des espaces verts, la biodi-
versité en milieu urbain,
– les grandes étapes d’aménagement : de la programmation, diagnostic, projets,
mise en œuvre à la maintenance, le financement, sans omettre la concertation.
• Question 2 (pré esquisse – travail commenté et parti d’aménagement) – 8 points :
– définir le parti d’aménagement,
– le choix des végétaux.

III - Structurer ses propos et son développement par
un plan
Il ne faudra pas trop perdre de temps sur le plan, il ne s’agit pas de faire un plan par
question mais plutôt de structurer ses propos à chacune des réponses.
Cependant, il est possible de proposer un plan pour la première question, du fait du
barème de notation qui lui est attribué (12 points) et de l’ampleur de la réponse que
l’on peut y apporter.
I – Analyser le site à aménager et son environnement
1) Réaliser un diagnostic urbain et paysager
2) Étudier plusieurs solutions techniques d’aménagement
II – Aménager un espace paysager convivial
1) Mettre en place la solution la plus adaptée
2) S’organiser pour mener à bien les grandes étapes du projet

IV - Valider le plan pour s’assurer qu’il soit équilibré.
Travailler les titres et sous-titres (plan définitif)

I – Analyser le site à aménager et son environnement
1) Réaliser un diagnostic urbain et paysager
• Définir les contraintes liées au site.
• Les études nécessaires (analyses de sols; des réseaux de concessionnaires : eau, as-
sainissement, téléphone; l’ensoleillement).
• La prise en compte des espaces paysagers dans un plan local d’urbanisme.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 143
2) Étudier plusieurs solutions techniques d’aménagement
• Les alternatives d’aménagements de murs paysagers.
• Les avantages et les inconvénients de chaque technique.
• Justifier le choix argumenté de la solution préconisée.
• La végétalisation verticale : différentes techniques et solutions.

II – Aménager un espace paysager convivial
1) S’organiser pour mener à bien les grandes étapes du projet
• Les grandes étapes d’aménagement.
• La programmation, projets.
• Le financement.
• La concertation.

2) Choisir une maintenance adaptée
• Comment faire entrer la nature en ville.
• Modifier l’image d’un quartier par l’aménagement d’espaces verts et le fleurisse-
ment.
• Le développement durable, la gestion différenciée des espaces verts, la biodiver-
sité en milieu urbain.
• Une maintenance efficace et peu coûteuse des espaces verts.

VI - Rédiger l’introduction et la conclusion au
brouillon

VII - Rédaction du devoir. Relecture finale

144 Ingénieur territorial
Question 1
Aménager un petit espace minéral en milieu urbain pour en faire un jardin de quar-
tier de 250 m2, à l’angle de 2 rues (rue Dedieu et rue des Charmettes), répondant à
des attentes fortes des habitants comme lieu de détente, le plus fortement végéta-
lisé possible, représente un enjeu majeur d’aménagement paysager.
En tant qu’ingénieur territorial, responsable d’un service espaces verts d’une collecti-
vité de 80 000 habitants, il semble important de procéder par étapes successives.
Ainsi, analyser le site et son environnement (I) permettra d’aménager un espace pay-
sager convivial (II).

I – Analyser le site à aménager et son environnement

1) Réaliser un diagnostic urbain et paysager

Dans un premier temps, il est nécessaire de déterminer les avantages, mais aussi les
contraintes, liés au site.
Plusieurs études préalables à tout type d’aménagement sont à réaliser. Ainsi, l’ana-
lyse du sol permettra, après retrait de la couche de graviers, de savoir si des apports
de terre végétale sont nécessaires et en quelle quantité. La profondeur des nappes
phréatiques donnera des indications sur les plantations pouvant être mises en place.
De plus, les niveaux d’hygrométrie, d’ensoleillement, des précipitations de la région,
le niveau de pollution du quartier, permettent de déterminer quels végétaux seront
les plus à même de se plaire dans cet espace. D’autres paramètres sont importants à
connaître, tels que les réseaux de concessionnaires qui traversent ou qui passent à
proximité de la parcelle concernée. Les plans de recollement ou les demandes auprès
des différents organismes compétents seront collectés. Ainsi, les réseaux d’eau, d’as-
sainissement, de gaz, de téléphone, de chauffage urbain donnent des indications sur
les contraintes en terme de plantations de grands sujets et orientent le choix vers tel
ou tel type de système racinaire (pivotant ou traçant). D’après le plan topographique,
l’espace est bien exposé, puisque l’ensoleillement est présent une bonne partie de la
journée (le matin avec le levé du soleil et l’après-midi).
Si un observatoire des plantations existe dans la collectivité, il peut permettre de res-
pecter une charte paysagère ou encore retracer les types de végétaux présents, per-
mettant de s’adapter au choix de végétaux indigènes à la région et ne pas implanter
des espèces moins résistantes ou dénaturant le site.
Enfin, les documents d’urbanisme sont à analyser, car déterminants pour proposer
une offre d’habitat de qualité et accroître le maillage des espaces verts. En effet, la
notoriété des parcs et jardins, la diversité des espaces paysagers, le mode de traite-
ment de ces parcelles participent à l’attractivité et au dynamisme d’une collectivité.
La présence d’une trame végétale est là pour améliorer l’image de la ville et favori-
ser une certaine biodiversité. Un espace vert occupe donc plusieurs fonctions, en pas-
sant du lieu de détente à une reconquête d’une certaine nature urbaine, ou encore

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 145
comme poumon vert dans des lieux très minéraux. Face à un déficit d’espaces verts,
plus durement ressenti dans les quartiers denses, le risque de « déclassement » so-
cial et économique s’avère une variable d’ajustement des flux migratoires et des par-
cours résidentiels des habitants. Ceux-ci peuvent se mobiliser pour préserver leurs
espaces paysagers, et repousser les projets dénaturant leur cadre de vie. L’équilibre
entre espaces non urbanisés et non urbanisables est un sujet sensible, un enjeu de
gouvernance urbaine. Le PLU (plan local d’urbanisme) permet de faire bénéficier un
petit jardin ou un square de protection stricte. De plus, les prescriptions paysagères
précisent par exemple des essences spécifiques à planter ou à bannir, pour valoriser
un quartier et son patrimoine végétal.
En dernier lieu, la volonté de créer des espaces verts peut se traduire par l’inscription
d’un emplacement réservé, qui permet de verdir des délaissés fonciers, mais surtout
de créer des jardins publics dans des secteurs appelant des requalifications, tel que
l’aménagement d’un angle de rues.

2) Étudier plusieurs solutions techniques d’aménagement

Du fait de la hauteur importante (25 m, soient 2 étages et 4 étages) des 2 murs de
façades aveugles qui encerclent l’espace, il est nécessaire de trouver des solutions de
« camouflage » ou d’intégration de cette contrainte.
La collectivité peut, par différentes techniques, renforcer la présence du végétal, fa-
voriser la biodiversité et bien sûr embellir le paysage urbain. Les plantes grimpantes
isolent et régulent la température du bâtiment. En arrêtant les pluies battantes, elles
protègent la façade. Elles absorbent aussi le bruit, les poussières, jouant un rôle dé-
polluant, et le rayonnement solaire. Elles sont sources d’humidité et l’on peut envi-
sager la végétalisation comme moyen de lutter contre les fortes chaleurs. La
végétalisation des murs est encore en phase d’expérimentation. Plusieurs techniques
existent.
Une des solutions est de mettre en place des jardinières en pleine terre, puis, en-
châssés dans du bitume, sont disposés du treillage et des pergolas. Le mur est isolé
de la terre par un panneau et l’eau drainée finit dans les égouts. Les végétaux pou-
vant être apposés sont les chèvrefeuilles, les glycines à grappes de fleurs blanches et
bleues. Guidées par les treillages, elles peuvent atteindre les pergolas. L’entretien
(une taille annuelle) se borne à régler l’arrosage automatique.
La principale difficulté réside dans le choix d’implantation. En effet, dans une jardi-
nière en pleine terre, la croissance des plantes n’est pas brisée, les racines sont libres
de se développer et alors d’emprisonner les réseaux situés à leur verticale. Or, la car-
tographie des sous-sols peut réserver des surprises. Il s’agit aussi d’obtenir l’accord de
la copropriété dont relève le mur.
Une autre solution est le mur végétal avec des plaques couvertes d’une aqua nappe
en feutre. Un système d’arrosage assure l’humidification permanente des murs, créant
un climat qui permet le développement de plantes originales, tels que des fuchsias.
D’autre part, le tressage de saules peut faire un mur végétal, en se couvant de feuilles
peu à peu. Au fil des années, la construction devient de plus en plus épaisse et so-
lide. En sol riche et gras, les bâtons de saules tressés prennent encore plus facilement.

146 Ingénieur territorial
Cette technique permet de maintenir l’écosystème et s’intègre bien dans un paysage
urbain. Elle est peu coûteuse et permet de construire des clôtures basses ou hautes.
Le mur végétal ou culture verticale, avec une pellicule d’humus de quelques milli-
mètres d’épaisseur, assure la végétalisation des surfaces des bâtiments, quelle que soit
leur hauteur. Deux couches de feutre en polyamide sont agrafées sur des plaques de
PVC de 10 mm d’épaisseur et sont fixées sur une ossature métallique qui assure une
isolation avec le mur porteur. C’est sur le feutre à fort pouvoir de capillarité et de ré-
tention d’eau que se développent les racines des plantes, qui sont installées à toutes
les hauteurs du mur végétal, avec une densité de l’ordre de 20 végétaux par mètre
carré. L’arrosage se fait à partir d’un ensemble de tuyaux percés, disposés depuis le
sommet du mur. Cette technique est simple et fiable à long terme.
Le mur végétal biofiltrant est une structure constituée de casiers métalliques emboî-
tables, remplis d’un substrat qui possède des capacités de fixation et une stabilité op-
timale. Il est composé de 2 éléments organiques (la tourbe et la fibre de coco) et d’un
élément minéral (la perlite). Le mur peut être disposé en habillage d’une façade et
dispose de qualités de dépollution grâce aux bactéries présentes dans les supports de
culture, et aux plantes qui favorisent l’action d’épuration de l’air. Les mécanismes
d’épuration sont donc issus de la biofiltration (action des bactéries) et de la phyto-
remédiation (capacité naturelle des plantes à contenir, dégrader ou éliminer les pro-
duits toxiques). Les plantes peuvent être le lierre, le spathiphylum, le chlorophytum.
Une autre solution consiste en la mise en place de paniers plantés d’une sélection de
plantes pérennes. Ils s’emboîtent les uns aux autres et sont clipsés sur un grillage
d’acier chevillé au mur. Chaque panier est interchangeable, ce qui permet d’interve-
nir ponctuellement sur la façade sans avoir à la déshabiller. Les paniers sont remplis
de sphaigne, substrat naturel qui peut emmagasiner jusqu’à 20 fois son poids en eau.
Ils sont pré cultivés puis, en 4 à 10 mois, ils se couvrent de végétation. L’arrosage se
fait au niveau des joints horizontaux par des tuyaux goutte-à-goutte, fonctionnant
deux fois 20 minutes par jour et résistant au gel.
Enfin, un mur peut être réalisé avec un treillage, mais sans aucune plantation. Une
autre solution sans plantation est de réaliser un trompe-l’œil avec par exemple,
comme motifs, des arbres, un treillage, des plantations et des fenêtres imitant une
façade.
La solution retenue peut associer plusieurs techniques. Dans le cas de notre façade,
il peut être intéressant de retenir la technique des paniers pour leur facilité d’emploi
et une finition obtenue dès leur implantation (grâce à la pré végétalisation), sur les
15 premiers mètres, associée à la réalisation d’un trompe-l’œil sur les 10 mètres sui-
vants, avec un motif d’arbre. Ceci permet de donner une impression de profondeur
et de perspective, qu’un seul mur végétal ne pourra pas imiter.

II - Aménager un espace paysager convivial

1) S’organiser pour mener à bien les grandes étapes du projet

Après l’évaluation du patrimoine arboré et paysager, et l’établissement du diagnostic, il

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 147
apparaît nécessaire de relier les principales actions et étapes d’aménagement dans une dé-
marche cohérente.
La première étape est la réalisation d’un programme, c’est-à-dire la définition d’ob-
jectifs stratégiques précis : répondre aux nouvelles attentes des habitants, améliorer
le patrimoine et le protéger, améliorer le cadre de vie, gérer d’une manière durable
en réduisant les nuisances. Ceci est d’autant plus important que, dans le cas qui nous
est soumis, l’espace est particulièrement petit.
La seconde étape consiste à définir les objectifs opérationnels, c’est-à-dire les scena-
rii de projets, en partenariat avec les différents acteurs (services concernés, élus, par-
tenaires financiers). Plusieurs esquisses peuvent être réalisées avec la palette des
végétaux choisis, les terrassements nécessaires, les apports en terre végétale, les ma-
çonneries, l’éclairage, l’assainissement, le choix du mobilier urbain, les clôtures… C’est
aussi la planification, l’estimation du coût, voire du coût global, qui seront affectés à
cet espace, la recherche de subventions qui peuvent être obtenues auprès de diffé-
rents partenaires tels que le Département, la Région, les fonds européens si la col-
lectivité y est éligible.
Le plan d’aménagement final pourra être intégré aux documents d’urbanisme. Pour
exemple, le PLU (plan local d’urbanisme) peut intégrer un « plan vert » de la
collectivité qui vise à coordonner les différents projets paysagers ou améliorer le cadre
de vie. Cette stratégie globale d’aménagement guide la conduite de chaque opéra-
tion vers un projet urbain cohérent. Le plan vert devient alors un outil de gestion
pour les élus, mais aussi un outil d’aide à la décision et un outil de communication et
de concertation. Ce plan induit l’établissement d’un diagnostic partagé, des scenarii
d’aménagements envisageables, un programme d’action, la tenue d’un bilan et le
suivi de réalisations achevées. Il permet aussi de saisir les opportunités d’aménage-
ment qui s’offrent à la collectivité.
La troisième étape consiste à mesurer les résultats, à procéder à l’évaluation de l’amé-
nagement. Il s’agit de déterminer le niveau de satisfaction, grâce aux choix d’indica-
teurs (atténuation de la pollution, du bruit, consommation en eau, l’ambiance du
quartier…). Des actions correctives peuvent être mises en place en s’assurant aupa-
ravant de la possibilité de leur financement.
Enfin, la qualité d’un aménagement et de sa gestion suppose également des actions
à destination du public. En terme de concertation, il s’agit tout d’abord d’informer
les habitants au nouvel usage du site, aux nouvelles pratiques et de tenir compte de
leurs réactions. Cette information peut s’accompagner d’actions d’animation comme,
par exemple, les plantations avec des enfants, la sensibilisation à l’environnement.

2) Choisir une maintenance adaptée

Pour atténuer les effets d’une densité accrue, il est possible de renforcer la place du
végétal en ville. Compte tenu de la pression foncière, les espaces verts investissent les
dents creuses et gagnent en verticalité. Ces espaces verts de proximité peuvent re-
présenter le premier maillon d’une trame verte urbaine.
En parallèle, le choix de maintenance est important pour le suivi de l’espace vert créé.

148 Ingénieur territorial
Il est intéressant de recourir aux techniques d’entretien et aux interventions phyto-
sanitaires plus douces. Ainsi, le fleurissement est plus économe en plantes, les repi-
quages sont plus espacés. L’arrosage des végétaux peut être rationné. Les essences
de végétaux sont également choisies en fonction de leurs résistances, de leurs besoins
en eau et en assistance sanitaire. Ces améliorations épargnent les finances de la col-
lectivité. La gestion différenciée est indéniablement une solution de gestion durable
des espaces verts.
De même, la protection biologique intégrée, qui repose sur l’introduction de préda-
teurs naturels (larves d’insectes, telles que les coccinelles) pour remplacer les traite-
ments par insecticides, est un bon moyen efficace de faire de la maintenance durable.
Dans sa globalité, la gestion durable permet de maintenir une variété des espèces
animales et végétales appelée biodiversité. En son absence, les insectes qui résistent
aux insecticides comme les mouches, les moustiques et les fourmis, se développent
anormalement. Le respect de l’environnement bénéficie aussi aux agents moins
exposés aux produits chimiques.
Enfin, les composts des déchets de la collectivité seront utilisés en priorité. Ceux-ci
servent d’écran, empêchant le dessèchement des sols, permettant de réaliser des éco-
nomies d’arrosage. De plus, l’emploi de paillage (toiles synthétiques, tapis coco,
écorces de pin) permet de limiter le développement des mauvaises herbes.

En conclusion, l’attrait d’une collectivité dépend beaucoup de l’importance réci-
proque des masses bâties et des espaces verts. L’aménagement de jardins, mêmes
petits, dans des quartiers déficitaires, au cœur d’îlots, est aussi essentiel pour préser-
ver ce subtil équilibre. Un espace vert fonctionne d’autant mieux qu’il est facilement
accessible, en prise avec les besoins de détente des habitants, et dans un esprit de
durabilité.

Question 2 (cf. plan joint)
Un plan de végétalisation doit donner une cohérence au traitement végétal d’une
collectivité. À travers ce document, il s’agit de préciser la place et le rôle du végétal
vis-à-vis des éléments qui fondent l’identité de la collectivité : son relief, son climat,
son histoire locale…Le plan doit également tenir compte des ambiances paysagères,
accompagner les logiques d’organisation des quartiers : mettre en valeur le bâti, qua-
lifier un espace libre, souligner un alignement parcellaire. Parce que chaque espace
public est différent, et que les façons de les appréhender sont multiples, il n’existe
pas de schéma-type à coller sur une situation donnée. C’est pourquoi il est important
de bien définir son parti pris d’aménagement.
Un plan d’aménagement paysager doit donner du sens au fleurissement, orienter les
choix, exprimer les priorités, construire un projet de paysage. Un plan de végétalisa-
tion constitue un guide utile pour les services espaces verts. Il devra se coordonner
avec les services voirie, l’éclairage, la signalisation, le mobilier urbain pour plus de
cohérence. Le fleurissement doit impacter la qualité de l’espace public : les revête-
ments de sols, la ligne de mobilier, la propreté, l’articulation des fonctions et des
usages.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 149
Le fleurissement est un levier pour améliorer le cadre de vie des habitants et requa-
lifier les paysages urbains insignifiants.

Dans notre cas, le parti d’aménagement est basé sur l’harmonie des couleurs, la ri-
chesse des textures et le rythme de rotation des compositions florales. Il s’agit de pen-
ser l’aménagement paysager sur les quatre saisons et prolonger le décor végétal en
automne et en hiver. Mais il faut aussi adopter une ligne et une signature végétales
rappelant les liens avec le paysage urbain et arboré environnant. Prévoir la croissance
des végétaux dès l’amont du projet pour concevoir un espace qui reste cohérent à 3,
5, ou 10 ans.

Le projet tel que présenté sur le plan joint repose sur une division ordonnée et géo-
métrique de l’espace, rappelant la rigidité de l’environnement bâti, mais adoucie par
le tracé d’une tonnelle formant un cercle. La tonnelle a pour intérêt de faire oublier
la hauteur des deux façades lorsque l’on se trouve assis sur les bancs qui l’entourent
et de donner une ambiance rafraîchissante les après-midi de forte chaleur. La ton-
nelle est coiffée de vignes vierges qui se pareront à l’automne de superbes couleurs,
ou de chèvrefeuille et de clématites choisis pour leur parfum et leurs fleurs.

Les murs constituent une toile de fond que l’on agrémente de végétaux grimpants.
Ce jardin permet d’associer des végétaux persistants tels que le buis ou d’autres types
d’arbustes (laurier, aubépines) et des massifs de fleurs qui donneront des nuances de
couleurs différentes dans l’année. L’arbre remarquable central sera choisi en fonction
des qualités de son feuillage (changeant au fil des saisons) et de sa capacité de résis-
tance aux pollutions urbaines. Les allées sont recouvertes de graviers entourant des
massifs où les plantations d’arbres et d’arbustes sont très rapprochées. En leur centre
se situe une variété plus grande (tels que le platane ou le chêne vert) entourée d’ar-
bustes à fleurs (tels que lauriers, genêts, lilas, sauge, lavande, cornouillers).

Il s’agit d’un jardin qui ne nécessite pas de soins trop fastidieux et qui n’est pas onéreux.

150 Ingénieur territorial
Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 151
3. Exemple 3
Épreuve d’un projet ou d’étude
Construction et bâtiment
Octobre 2006 – Épreuve n° 21

Contexte :
La ville de BEAUTÉ fait l’acquisition d’une chapelle désaffectée (style gothique).
Les élus souhaitent y créer des services publics de proximité grâce à la réalisation de
différents niveaux.

Le programme est le suivant :
• Niveau 0 : création d’une salle d’activités associatives, surface totale habitable 80
à 100 m2
• Niveaux supérieurs à créer : une bibliothèque comprenant un accueil de 2 postes
de travail, un bureau, une salle de lecture et de consultation d’ouvrages. Superfi-
cie de l’ensemble 180 m2 environ.
• Création d’un escalier principal et la mise en place d’un ascenseur pour l’accès aux
étages.
• À chaque niveau, création de sanitaires mixtes ou pour PMR. En RdC superficie de
8 à 10 m2.
• Création d’un local technique chaufferie/ventilation.
• Partie haute du clocher non accessible au public. Elle reste désaffectée.

Question n° 1 :
Il s’agit de présenter une étude d’aménagement de ce bâtiment à partir du pro-
gramme demandé. Comme indiqué dans le sujet, la présentation graphique a été réa-
lisée à partir des 2 plans au 1/50ème fournis. L’échelle utilisée est le 1/50ème.
La réflexion pour répondre au programme a porté sur les éléments suivants :
Au vu du volume disponible dans ce bâtiment, le choix se porte sur la création de
deux niveaux et demi.

Au RdC :
[Niveau 144.40 (+ nouveau revêtement + plancher chauffant ~ 0,10 cm]

Il est nécessaire de créer deux entrées indépendantes. L’une pour la salle d’activités,
l’autre pour la bibliothèque située à l’étage supérieur. Chacune d’elle devra être ac-
cessible aux handicapés, soit une largeur de 1,40 m pour l’accès à la salle du rez -de-
chaussée et de 0,90 m pour l’accès à la bibliothèque.

152 Ingénieur territorial
Lecture du plan d’aménagement proposé : Cf. doc n° 17.1
• Une salle d’activité d’une superficie de 117 m2 avec un accès et une sortie directs
par l’extérieur côté jardin. Attenants à celle-ci :
• la création de deux rangements indépendants pour des associations, l’un de
12 m2, l’autre de 6 m2. De plus, un local pour l’agent d’entretien de 3,60 m2,
• l’accès aux sanitaires, dont 1 WC mixte, des urinoirs, un WC handicapé et lave-
mains communs, superficie de 10,80 m2.
• Indépendamment, un accès direct côté jardin pour l’ascenseur handicapé et
l’escalier principal menant aux étages supérieurs (bibliothèque et salle de lecture).
• Un accès direct vers l’extérieur, côté rue, du local technique de la chaufferie de 12 m2.
• Un accès direct vers l’extérieur, côté jardin, d’un local outillages pour les agents
du service des espaces verts.

Au 1er étage :
[Niveau 148.99]

Lecture du plan d’aménagement proposé : Cf. doc n° 18.1.A
• La bibliothèque, d’une superficie de 131 m2 dont l’accès se fait soit par l’escalier
principal et/ou par l’ascenseur handicapé. Cette salle de prêt comprend un accueil
de 2 postes de travail. Le positionnement de l’accueil est précisé sur le plan.
• Au droit un WC handicapé et lave mains mixtes, d’une superficie de 5,70 m2.

Au 2ème étage :
[Niveau 152.14]

Lecture du plan d’aménagement proposé : Cf. doc n° 18.1.B

Ce dernier niveau est un volume ouvert sur le premier étage. Il est composé de :
• La salle de lecture et de consultation d’ouvrages en mezzanine, d’une superficie
de 70 m2, donnant sur la salle de prêt de la bibliothèque.
• Un bureau d’environ 9,70 m2.
• Un WC handicapé et lave mains mixtes d’environ 5,70 m2.

Cet étage est également desservi par l’escalier principal et/ou par l’ascenseur handi-
capé et/ou l’escalier métallique à l’ouest.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 153
Tableau récapitulatif des superficies

Niveau Local Superficie utile m2 Total m2
par niveau
RdC - salle d’activité 117
- rangements asso. 18
- sanitaires 11
- ascenseur/escalier 162
1er - bibliothèque 131
- sanitaires 6
- ascenseur/escalier 137
2ème - salle de lecture 70
- un bureau 10
- sanitaire 6
- ascenseur/escalier 86
Total global : 385 m2

Du point de vue sécurité incendie :

Pour les 2ème et 1er étages, il s’agit d’une activité de type S (bibliothèque) (Art. S1).
L’effectif dépend de la déclaration du chef d’établissement (Art. S2). Dans ce cas, et
au vu de la superficie des locaux, nous considérons que l’effectif du public est < à
50 personnes.
En application du règlement de sécurité, cet établissement est classé type S, 5ème ca-
tégorie. L’évacuation peut se faire par un seul escalier du fait de la hauteur du se-
cond étage < à 8 mètres (Art. CO38 et PE11). Néanmoins, nous préconisons une
desserte supplémentaire par un escalier accessoire situé à l’ouest du bâtiment, afin
d’optimiser l’évacuation du public.
Au RdC, il s’agit d’une activité de type L (activité de quartier) (Art.L1).
L’effectif maximal admis est de 1 personne/m2 (Art. L2). Nous comptabiliserons 117
personnes au maximum.
En application du règlement de sécurité, cet établissement est classé type L, 5ème ca-
tégorie.
Suivant les conditions d’isolement entre les deux établissements, 2 cas peuvent être
considérés:
• Pas d’isolement entre les 2 établissements, application du GN2 et dérogation ac-
cordée par la commission de sécurité (Art PE5 §3 : aménagement dans un im-
meuble existant, hauteur < 8 m).
Groupement d’établissements de type L, S 5e catégorie. Dans ce cas, l’effectif si-
multané maximum est de 167 personnes.
Ce groupement sera placé sous direction unique (Art. L123-21du CCH).
• Isolement réglementaire entre les deux établissements, application du GN3 :
2 établissements indépendants (nomination de 2 chefs d’établissements) :

154 Ingénieur territorial
– un type S, 5e catégorie,
– un type L, 5ème catégorie.
Plancher et escalier indépendant encloisonné(s) CF 1H (Art PE 6 §1 – CO 9 §1).

Du point de vue des solutions techniques :

Pour la réalisation de ces niveaux, les solutions techniques suivantes sont proposées :
• Pour les fondations, en appui des documents joints et comme il est suggéré dans
l’extrait du dossier de sondage de sol, la réalisation de micropieux de type II, in-
dépendants avec longrines et dalles portées (poutrelles et hourdis 16 + 4), sera
mise en place pour le plancher du rez-de-chaussée. Cette solution présente l’avan-
tage de ne pas surcharger les murs porteurs actuels de la chapelle mais de créer
de nouveaux appuis pour les planchers porteurs à réaliser. De plus, comme indi-
qué dans le diagnostic géotechnique joint au dossier, ce choix technique permet
de s’affranchir de la réalisation de longrines de renforcement sur les fondations
actuelles et permet de réaliser verticalement les micropieux, réalisés uniquement
à l’intérieur de la chapelle. Voir notice de calcul en annexe.
• Le plancher du premier étage sera porté sur des poteaux béton cylindriques fon-
dés sur micropieux ; il sera réalisé en ossature métallique, profilés HEA et plan-
cher collaborant, le tout dimensionné en fonction des charges à supporter.
Le plancher du second étage sera constitué comme celui du premier étage. Il sera
supporté par des poteaux métalliques en profilés HEA superposés avec les poteaux
béton en façade nord et en appui intermédiaire sur les poutres métalliques du
plancher du premier étage côté sud.
• Pour l’escalier principal et la cage d’ascenseur : la solution d’une construction tra-
ditionnelle en parpaing est retenue. La fosse d’ascenseur et les volées d’escalier
seront coffrées et coulées en place.
La cage d’ascenseur et les murs dans ce secteur seront également fondés sur lon-
grines portées par des micropieux.

Informations complémentaires :

Bien que le projet se situe en centre ville, le bâtiment possède de larges ouvertures
en façade qui peuvent faciliter la livraison des matériaux. Ces paramètres seront re-
pris et étudiés en collaboration avec le coordonnateur sécurité, protection de la santé
(CSPS) pour le choix de solutions réalisables et acceptables du point de vue de l’éco-
nomie du projet. Voir question n°5 (PGCSPS).
D’ores et déjà, nous pouvons avancer le traitement de la façade sud à profit de l’édi-
cule construit en partie basse et la proposition de percements d’ouvertures comme il
est indiqué sur le plan.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 155
Question n° 2 : Cf. coupe au 1/100ème. Planche n°7
Le plan fait apparaître sur sa coupe le découpage des volumes intérieurs. L’annota-
tion de quelques cotes apporte des précisions (indications) supplémentaires.
En complément, le détail constructif du plancher haut métallique permet d’avancer
la réflexion et de préciser des aspects techniques et constructifs du projet. Voir schéma
de détails en annexe.
• Notice descriptive sommaire du procédé constructif :
– micropieux,
– poteaux bétons cylindriques sur la hauteur du RdC,
– structure métallique support de plancher collaborant pour les niveaux 1 et 2.
• Stabilité au feu :
– cas 1 : structure métallique, articles GN 2 et PE 5 §3, pas d’obligation réglemen-
taire, HT du bâtiment < 8 mètres,
– cas 2 : plancher et escalier indépendant encloisonné(s) CF 1H (Art PE 6 §1 – CO
9 §1).

Question n° 3
Les corps d’état de l’ensemble du projet sont :
• Lot 1 : Démolition/Maçonnerie BA.
• Lot 2 : Charpente métallique.
• Lot 3 : Plâtrerie/Cloisons sèches.
• Lot 4 : Menuiserie intérieures bois.
• Lot 5 : Menuiseries métalliques.
• Lot 6 : Chauffage/Ventilation.
• Lot 7 : Plomberie/Sanitaire.
• Lot 8 : Électricité – courant fort.
• Lot 9 : Électricité – courant faible.
• Lot 10 : Ascenseur.
• Lot 11 : Revêtement scellés.
• Lot 12: Revêtement collés.
• Lot 13: Peinture – Vitrerie.
À noter que les caractéristiques du site, ancienne chapelle, peuvent conduire à de-
voir envisager un diagnostic archéologique.

• Notice succincte des lots 6, 8 et 9
Lot 6 : Chauffage ventilation :
Notice descriptive sommaire :

1 – Généralités

L’installation répondra aux exigences des normes et DTU relatifs :

156 Ingénieur territorial
• Aux installations fonctionnant au gaz.
• Aux installations de chauffage et notamment à la réalisation de planchers chauf-
fants.
• Aux installations de chauffage et de production de froid.
• Aux installations de VMC.
Les appareils et les installations de chauffage et de ventilation doivent satisfaire aux
dispositions des articles CH 44 à CH 55 et PE 20 à PE 23.
Le calcul de l’installation se fera en référence aux textes réglementaires en vigueur.
Pour la salle du rez-de-chaussée, le plancher chauffant assurera une température de
base de 16° C, le complément sera assuré par le renouvellement d’air à partir de la
ventilation double flux, température attendue : 18° C par -7° C à l’extérieur.
Pour la bibliothèque, la température attendue est de 19° C par -7° C à l’extérieur.

2 – Consistance des travaux

Les travaux du présent lot concernent l’ensemble des équipements de chauffage, ven-
tilation, production de froid et tous les ouvrages accessoires pour une parfaite ter-
minaison des travaux.
• La création d’une chaufferie.
• L’installation de chauffage à eau chaude pour le plancher chauffant de la salle
d’activités associatives du rez-de-chaussée.
• L’installation du traitement d’air par cassettes plafonnières et ventilo-convecteurs
pour la bibliothèque (salle de prêt et salle de lecture).
• L’ensemble de la ventilation mécanique contrôlée du bâtiment.
• La production d’eau glacée.
• L’installation d’une GTC.

2 – 1 La chaufferie
Située au rez-de-chaussée du bâtiment, elle sera accessible directement depuis la rue.
La chaudière : modèle à condensation gaz (modèle au sol) de puissance adaptée aux
besoins à satisfaire. Compte tenu des faibles besoins à satisfaire en eau chaude sani-
taire, la chaudière assurera le chauffage seul.
Les collecteurs et départs réseaux :
• Réseaux réalisés en tube acier avec vannes de vidange y compris calorifugeage par
coquilles de laine de roche d’épaisseur minimale 40 mm avec finition PVC.
• Un circuit à température variable : plancher chauffant.
• Un circuit à température constante : cassettes plafonnières et ventilo convecteurs.
• Des pompes de circulation doubles sur chaque circuit.
• Des manomètres à cadran.
• Des thermomètres aller et retour.
• Des manchons anti-vibratiles.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 157
2 – 2 La production d’eau glacée
Elle est assurée par un groupe de production d’eau glacée, pompe à chaleur et unité
de condensation à condensation par air, installées sur le terrasson en façade sud du
bâtiment.

2 – 3 Le plancher chauffant
Il est constitué de tubes en polyéthylène réticulé posé sur support en polystyrène.
Les différentes boucles seront munies chacune d’un robinet d’isolement et d’un té de
réglage. Elles seront regroupées sur un collecteur de répartition équipé d’un boisseau
de vidange et d’un purgeur automatique isolable. Ce répartiteur sera situé dans le
rangement sous l’escalier.

2 – 4 Les terminaux de chauffage
1) Cassettes plafonnières
Ventilo-convecteurs de type cassette, installation en faux plafond dans les modules
standards (60 x 60) alimentés en eau chaude depuis la chaufferie et en eau glacée
depuis le groupe de production installé en extérieur.
Localisation : plafond de la salle de prêt au premier étage.
2) Ventilo-convecteurs
Ventilo-convecteurs, installation au sol, alimentés en eau chaude depuis la chauffe-
rie et en eau glacée depuis le groupe de production installé en extérieur. Les canali-
sations chemineront dans le faux plafond du premier étage.
Localisation : salle de lecture au second étage.

2 – 5 La ventilation mécanique contrôlée
Le renouvellement d’air hygiénique sera assuré par un groupe double flux, situé en
chaufferie avec prise d’air neuf en façade sud et rejet d’air vicié en façade nord, dans
le clocher, par la gaine technique verticale.
Au rez-de-chaussée, bouches d’extraction dans la salle et dans les sanitaires, bouches
de soufflage dans la salle en plafond. Dans la bibliothèque, extraction dans l’axe des
voûtes sur une gaine apparente galvanisée et dans les sanitaires du premier et se-
cond étage, soufflage en nez de plancher de la mezzanine par diffuseurs linéaires.

2 – 6 La production d’eau chaude sanitaire
La production d’eau chaude sanitaire sera assurée par deux chauffe-eau électriques :
• Un chauffe-eau de 15 l pour les sanitaires de la salle du rez-de-chaussée.
• Un chauffe-eau de 30 l pour les sanitaires des premier et second étages (biblio-
thèque, salle de prêt et salle de lecture).

158 Ingénieur territorial
2 – 7 La GTC
Une unité de régulation de l’installation sera mise en place et permettra de gérer les
mises en température en fonction des plages d’utilisation des locaux :
• Réduit de nuit.
• Réduit de dimanche et jours fériés.
• Possibilité de marche forcée.

• Lot 8 : Électricité – courant fort :
L’entreprise adjudicataire du présent lot devra se rapprocher de l’organisme de
contrôle désigné par le maître d’ouvrage, afin de lui soumettre pour accord ses plans,
ses calculs.
L’entreprise doit se référer à l’ensemble des prescriptions des DTU, normes françaises,
cahier des charges CSTB, décrets, arrêtés…
Les installations électriques doivent satisfaire aux dispositions des articles EL et PE 24.
L’entreprise devra fournir tous les documents nécessaires avant les travaux, pendant
les travaux, à la réception puis lors de la mise en service de l’installation (document
d’autocontrôle et essais).

Prescriptions techniques particulières :

1. Tension d’utilisation :
• Circuit basse tension 220/380 V 50 Hz triphasé + neutre distribué.
• Éclairage 220 V + T.
• Prise de courant monophasé : 220 V + T.

2. Équipements des tableaux et armoires :
Comprenant les appareillages, les raccordements et la mise en œuvre du TGBT, des
tableaux divisionnaires et des coffrets de commande d’éclairage.

3. Appareils de commande, selon les types de locaux :
• Locaux communs : interrupteurs simple allumage, va-et-vient.
• Sanitaires, circulations, escaliers : radar infrarouge.
• Locaux techniques : interrupteur simple allumage.

4. Prises de courant, mises en œuvre selon le type de locaux et en nombre suffisant :
Hauteur : PC > 0,40 m, Inter < 1,30 m
• Locaux communs, sanitaires, circulations, escaliers : prises de courant 2P + T
10/16 et 2P + T 20 A avec protection enfants.
• Accueil bibliothèque : 2 postes de travail avec 3 x 2P + T 10/16 détrompées + 2
x 2P + T 10/16 et 3 RJ 45.
• Salle de lecture : prises de courant 2P + T 10/16 et 2P + T 20 A, au sol pour éclai-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 159
rage sur table avec protection enfants.
• Bureau étage : 1 poste de travail avec 2 x 2P + T 10/16 et 3 RJ 45.
• Locaux techniques : prises de courant 2P + T 10/16, 2P + T 20 A et 3P + T + N
20 A + alimentation triphasée en chaufferie et machinerie ascenseur.

5. Appareils d’éclairage normal :
L’indice de protection des appareils d’éclairage tiendra compte de la classification des
locaux et des normes et règlements de sécurité contre l’incendie. De plus, le classe-
ment au feu des appareils sera conforme aux normes et règlements de sécurité contre
l’incendie.
Les installations seront prévues de façon à obtenir un niveau d’éclairement unifor-
mément réparti.
La répartition des luminaires devra tenir compte d’un facteur d’uniformité > 0,70.
Les niveaux minimaux d’éclairement imposés sont les suivants (à hauteur utile 0,80 m) :
• Salle d’activité : 500 lux.
• Bibliothèque et salle de lecture : 500 lux.
• Bureaux : 500 lux.
• Escalier : 150 lux.
• Circulations : 100 lux.
• Sanitaires : 150 lux.
• Locaux techniques : 100 lux.

6. Matériel d’équipement :
• Au RdC, salle d’activité :
– appareils fluorescents basse luminance 4 x 18 W module 600 x 600 encastrés
dans le faux plafond,
– spot TBT 50 W sur rail périphérique,
– applique fluorescente en saillie 1 x 18 W (sanitaire : vasque).
• Au 1er étage, la bibliothèque :
– appareils basse luminance 120 x 30 1 x 32 W duo dans l’axe de circulation
entre les rayonnages,
– appliques murales basse tension 1 x 32 W entre les baies en façade ouest et lu-
minaires basse tension accrochés en tête de rayonnage.
• Au 2ème étage, la salle de lecture :
– suspensions décoratives 1 x 42 W en éclairage indirect des voûtes et appliques
murales décoratives 1 x 28 W.

7. Éclairage de sécurité :
L’éclairage de sécurité répondra à l’article PE 24 du règlement de sécurité.
Les éclairages seront réalisés par blocs autonomes, de type non permanent. Ils seront
placés à une hauteur inaccessible (mini 2,25 m au-dessus du sol), avec inscription
« sortie » sur fond vert ou flèche suivant le cas, et en nombre suffisant en application

160 Ingénieur territorial
à la réglementation incendie en vigueur.
Ces blocs auront une autonomie d’une heure.

8. Éclairage d’ambiance :
La salle d’activité (l’effectif du public atteint 117 personnes), nous pouvons préconi-
ser, suivant les articles EC, un calcul sur la base de 5 lumens par m2, la distance entre
2 blocs ne doit pas dépasser 4 fois la hauteur d’installation.

9. Éclairage d’évacuation :
Il comprend le bloc autonome d’évacuation BAES, flux lumineux 45 lumens, en
nombre suffisant en application à la réglementation incendie en vigueur.
Dans le local technique/chaufferie : bloc portatif, flux lumineux 100 lumens, auto-
nomie 1 heure, raccordement sur PC 2 x 16 A + T.

• Lot 9 : Électricité – courant faible :
1. Système de sécurité incendie :
Pour respecter l’article PE 27, nous préconisons un système de sécurité incendie de
catégorie E avec équipement d’alarme de type 2b ou 3, une seule zone d’alarme pour
le bâtiment.

2. Précâblage informatique/téléphonique :
L’installation comprend :
• Une baie et des coffrets de brassage situés dans la bibliothèque.
• Les postes de travail de l’accueil et du bureau du 1er étage.
• Les câblages de liaison.

3. Alarme anti-intrusion :
Il sera défini 2 zones indépendantes :
• Salle d’activité.
• Bibliothèque et salle de lecture.

4. Équipements :
• La centrale d’alarme.
• Détecteurs.
• 2 claviers de commande.
• Sirènes d’alarme intérieures.
• Transmetteur téléphonique compatible avec le service de surveillance municipal.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 161
Question n° 4
En raison du caractère particulier de cette construction, un traitement acoustique est
nécessaire pour un confort d’usage des utilisateurs. Il comprend notamment :

Au RdC, salle d’activité :
• Plafond : dalles minérales type « Armstrong » de 60 x 60.
• Murs : la partie haute des doublages en plaques de plâtre perforées du cloison-
nement visible.
• Sol : revêtement acoustique PVC.

Au 1er étage, la bibliothèque :
• Plafond sous mezzanine : dalles minérales type « Armstrong » de 60 x 60.
• Des cloisons basses séparatives absorbantes seront prévues et/ou baffles acous-
tiques suspendues.
• Murs : revêtement acoustique type en plaque de plâtre perforée.
• Sols : revêtement acoustique type moquette en dalles de 50 x 50.

Au 2ème étage, la salle de lecture :
• Plafond voûtes : enduit ou plâtre projeté type « SONOPHONE ».
• Murs : revêtement acoustique en panneaux bois plaqués perforés et doublés de
laine de roche.
• Sols : revêtement acoustique type moquette en dalles de 50 x 50.

Question n° 5
Le dossier de consultation des entreprise (DCE) comprend :
• L’acte d’engagement (AE).
• Le règlement de consultation (RC).
• Le cahier des clauses administratives particulières (CCAP).
• Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) contenant la description des
ouvrages et les spécifications techniques.
• Lorsque ces pièces sont mentionnées comme pièces contractuelles, les documents
tels que dossiers, plans, notes de calcul, cahier des sondages, dossier géotechnique.
• Le bordereau des prix unitaires.
• Le ou les cahiers des clauses techniques générales (CCTG) applicables aux presta-
tions faisant l’objet du marché.
• Le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de
fournitures courantes et de services (CCAG).
• Le plan général de coordination sécurité protection de la santé (PGCSPS)*.

162 Ingénieur territorial
Les pièces constitutives du marché (passé selon une procédure formalisée) compor-
tent obligatoirement les mentions suivantes :

• Identification des parties contractantes.
• Qualité de la personne signataire.
• Définition de l’objet du marché.
• L’énumération des pièces du marché.
• Prix.
• Durée d’exécution du marché, ou dates prévisionnelles de début et d’achèvement.
• Les conditions de réception, de livraison.
• La date de notification du marché.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 163
*Plan général de coordination sécurité et
protection de la santé : PGCSPS
1 - Préambule

Définition du PGCSPS :
Le PGCSPS est un document prévu par la loi 93-1418 du 31/12/1993.
Il a pour but de mettre en œuvre les principes généraux de prévention d’hygiène et
de sécurité. Il pourra être complété et mis à jour et sera adapté en fonction de l’évo-
lution du chantier.
Il intègrera en les harmonisant, les plans particuliers en matière de sécurité et de pro-
tection de la santé (PPSPS), fournis par les entreprises au CSPS pour étude et valida-
tion avant le démarrage du chantier, notamment pendant le mois de préparation.
Une inspection commune préalablement à la remise du PPSPS, sera organisée par le
CSPS avec chaque entreprise intervenante afin qu’elle connaisse les contraintes d’en-
vironnement et d’occupation des locaux, les possibilités d’accès et de stockage.
Le chantier est de catégorie 2 et la mission du CSPS de niveau 2, le maître d’ouvrage
réalisera une Déclaration Préalable (DP) qui sera transmise à tous les organismes de
prévention, d’hygiène et de sécurité du travail – Inspection du travail, OPPBTP, CRAM
et la médecine du travail.

Obligations :
Le chantier devra être complètement isolé et clos du fait de son environnement en
milieu urbain et de l’exiguïté du terrain,
Avant le démarrage du chantier, tous les travaux d’installation et d’aménagement du
chantier, devront impérativement être effectués,
Le maximum de précautions devra être pris pour éviter les nuisances inévitables de
bruit et de poussière pour préserver les riverains à proximité.

2 - Installation de chantier
Voir plan d’installation de chantier en annexe
L’ensemble des prestations est de la responsabilité du lot n°1 Démolition/maçonnerie :
• Autorisation de voirie pour occupation du domaine public,
Clôture et sa signalisation,
Les panneaux de chantier, et le contexte environnemental seront pris en compte
concernant la circulation du public à proximité immédiate de la zone de travaux qui
est en milieu urbain.

164 Ingénieur territorial
3 - Renseignements administratifs
Intervenants :
• Maître d’ouvrage,
• Architecte,
• Bureau d’études (acoustique, électricité…),
• Bureau de contrôle,
• Ordonnancement, Pilotage, Coordination,
• Coordonnateur Sécurité Santé,

Nature des travaux :
Restructuration d’une ancienne chapelle en ERP ; création d’une salle d’activités,
d’une bibliothèque et d’une salle de lecture.

Lieu de chantier :
Situé à l’angle de 2 rues de la ville de Beauté.

Permis de construire :
PC : en cours d’instruction

Délais d’exécution :
Délai global d’exécution des travaux : 5 mois compris 1 mois de préparation, non
compris période de congés payés, suivant le planning du CCAP.

Effectifs prévisibles sur le chantier :

Nombre prévisionnel d’entreprises :

Date prévisionnelle de début de travaux :

4 - Mesures d’organisation générale du chantier arrêtées
par le maître d’œuvre en concertation avec le CSPS
4-1 Organisation collective du chantier :
L’entreprise de gros œuvre est chargée de l’organisation collective du chantier. Elle
aura en charge de mettre en place tous les moyens nécessaires pour assurer la sécu-
rité du chantier : échafaudage, garde-corps, escalier provisoire d’accès aux étages…

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 165
4-2 Salle de réunion – bureau de chantier – vestiaires –
réfectoires – sanitaires :
L’entreprise de gros œuvre est chargée de mettre à disposition des équipements pro-
visoires : salle de réunion de 12 m2 équipée, d’un bureau de chantier de 6 m2, un
vestiaire pour 8 personnes, d’un réfectoire et des sanitaires.
Un entretien quotidien sera assuré par l’entreprise lot n°1, tout au long du chantier.
Le bureau de chantier sera équipé d’une pharmacie de chantier.
Les consignes de sécurité, de secours et d’évacuation seront affichées dans les locaux so-
ciaux. Ainsi que la liste des personnels habilités (conduite d’engin et habilitation électrique).

4-3 La déclaration préalable sera affichée ainsi que la liste des
intervenants sur le chantier et les numéros d’appels. Toutes
les informations concernant les organismes de contrôle et de
prévention de l’hygiène et de la sécurité seront affichées.

4-4 Alimentations, consommations et branchements :
Eau, électricité, téléphone, E.U –E.V.

4-5 Clôture de chantier :
Prévoir la pose des panneaux réglementaires « chantier interdit au public » et « port
du casque obligatoire » sur la clôture.

4-6 Voie d’accès au chantier :
L’entreprise de VRD réalisera la voie d’accès pour véhicules de chantier, suivant indication
du plan d’installation de chantier. Un agent facilitera les manœuvres des engins côté rue.

4-7 Éclairage du chantier :
Prévoir un éclairage extérieur à l’entrée du chantier, des locaux sociaux et de la zone
de cantonnement.

5 - Mesures rappelées par le CSPS

5-1 Manutention :
Dans la mesure du possible les entreprises devront mécaniser la manutention. Tous
les engins de levage devront subir un contrôle par un organisme agréé.
Les déchargements de matériaux et matériels seront réalisés par l’entreprise com-
manditaire de la livraison.
Tous les engins devront être guidés dans leur manœuvre, pour les entrées et sorties
de chantier.

166 Ingénieur territorial
5-2 Stockage/entreposage :
L’aire de stockage (~15 m2) et la zone de cantonnement (~20 m2) se feront sur la par-
celle, conformément au plan d’installation de chantier, laissant la voie libre pour les
circulations et les secours. Au vu de la configuration et de l’exiguïté du terrain, chaque
entreprise

5-3 Stockage et élimination ou évacuation des déchets :
Aucune pollution pouvant nuire à l’environnement ne sera tolérée. Les déchets se-
ront évacués par la benne. Le cubage de stockage est limité, les rotations d’évacua-
tion se feront en fonction des besoins du chantier. Chaque entreprise évacuera au fur
et à mesure ses propres déchets.

5-4 Utilisation des protections :
• Protections collectives :
L’entreprise du lot n°1, démolition/maçonnerie, mettra en place :
– les panneaux réglementaires,
– les garde-corps protégeant la trémie, décaissement, encorbellement…et à tout
endroit où les chutes de hauteur pourraient se produirent,
– des escaliers provisoires d’accès aux étages, jusqu’à la mise en service des esca-
liers définitifs.
• Protections individuelles :
– port du casque et chaussures de sécurité,
– port de gants, lunettes, casque antibruit suivant nécessité,
– pour les interventions en hauteur, des échafaudages roulants stabilisés et équi-
pés de garde-corps ou de plate-forme individuelle équipée de garde-corps,
– les échelles ou escabeaux ne seront pas autorisés.
Les entreprises devront prendre toutes dispositions nécessaires afin de donner prio-
rité aux dispositifs de sécurité collective.

6 - Obligation des entreprises au dossier des
interventions ultérieures à l’ouvrage (DIUO)
Les documents exigés par le CSPS pour compléter son DIUO devront impérativement
être remis 15 jours avant la réception du chantier par le maître de l’ouvrage (plan de
récolement, nature des matériaux, plan d’exécution, plan d’accès, classement au feu,
fiches techniques, notices d’entretien…).

7 - Modèle pour l’établissement d’un PPSPS
Il devra apparaître, outre les moyens communs de prévention, les principes généraux
de prévention, notamment ceux à arrêter par rapport aux co-activités entreprises.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 167
168 Ingénieur territorial
4. Exemple 4
Épreuve d’un projet ou d’étude
Sécurité du travail
Octobre 2005 – Épreuve n°29
Contexte :
La ville de Sohadou missionne une entreprise extérieure pour le nettoyage des vitres
du musée archéologique. Lors de son intervention, un salarié tombe du premier
étage. La hauteur de chute est estimée entre 6 et 7 mètres. Après une nuit aux ur-
gences, il sort avec quelques hématomes.
Récemment, un ingénieur territorial chargé de la prévention des risques profession-
nels vient d’être recruté. À cet effet, lui est demandé :
• Une analyse de la législation et de la réglementation applicables en matière de
prévention des risques professionnels, y compris pour les salariés d’une entreprise
extérieure.
• De proposer des actions afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise. L’exposé doit
tenir compte des autres bâtiments communaux avec façades plus ou moins accessibles.

Question n°1
Analyse de la législation et de la réglementation pour la prévention des risques pro-
fessionnels
D’après les textes joints au dossier, la prévention des risques peut se classer en 3 parties :

1. Application du code du travail aux collectivités territoriales :
Les textes fournis, et notamment :
• Extrait du code du travail : articles R. 237-1 à R. 237-28.
• Décret n° 2004-924.
• Arrêté du 29 mars 1993.
• Concernent l’ensemble des secteurs privé et/ou public.
Par conséquent, les collectivités territoriales ont l’obligation de les appliquer.
L’étude du décret 85-603 modifié 200-542 (document n° 2) évoque succinctement les
sources des règles de sécurité pour les collectivités territoriales. Celles-ci sont issues du code
du travail, et précisément du titre III du livre II, dont le thème est « l’hygiène, sécurité et
conditions de travail ». En complément, il est nécessaire de rappeler que les principes gé-
néraux de prévention sont des fondamentaux à connaître et à appliquer dans le cadre
d’une démarche de prévention des risques. Nous y retrouvons 9 principes :
1) Éviter les risques.
2) Évaluer ceux qui ne peuvent être évités.
3) Combattre les risques à la source.
4) Adapter le travail à l’homme.
5) Tenir compte de l’évolution de la technique.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 169
6) Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas oU moins.
7) Planifier la prévention en y intégrant la technique, l’organisation du travail, les
conditions et relations de travail et l’influence du facteur ambiant.
8) Privilégier les actions collectives sur les mesures de protection individuelle.
9) Donner les instructions appropriées.
Ces principes donnent une trame et une hiérarchisation du mode de pensée dans le
cas d’une analyse de risques.
Ces principes s’appliquent dans de nombreux domaines, tels que :
• incendie explosion,
• risques chimique et biologique,
• risque lié aux manutentions,
• risques liés aux ambiances de travail (bruit, ventilation, éclairage, température des
locaux...),
• risques liés aux machines (y compris les véhicules et engins spécialisés),
• risque électrique,
• risques liés au travail en hauteur, en milieu souterrain,
• risque lié au travail isolé,
• risques liés à la coactivité avec une entreprise extérieure,
• etc.
Le code du travail précise que cette obligation incombe à l’employeur. Dans le cas des col-
lectivités territoriales, nous parlerons de l’autorité territoriale tenue à une obligation de
résultat et non de moyen. C’est à travers l’article L 230-2 du code du travail qu’il est pré-
cisé que l’employeur « doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité
et protéger la santé des agents placés sous son autorité » (y compris les apprentis ou autre
forme de recrutement). Il est précisé également « lorsque dans un même lieu de travail,
les travailleurs de plusieurs entreprises sont présents, les employeurs doivent coopérer à la
mise en œuvre des dispositions relatives à la sécurité… ».

2. Intervention d’une entreprises extérieure lors des opérations :
mise en place du plan de prévention
Dès lors que les tâches à effectuer comportent des travaux dangereux ou que l’opération
représente un nombre total d’heures de travail prévisibles d’au moins 400 heures sur une
période égale au plus à 12 mois, que les travaux soient continus ou discontinus, un plan
de prévention établi par écrit doit être arrêté avant le début des travaux.
Sont prises en compte les heures effectuées par toutes les entreprises extérieures, y
compris celles de leurs sous-traitants.
L’arrêté du 19 mars 1993, fixe la liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par
écrit un plan de prévention. En application à son article 12, sont concernés « les travaux de
bâtiment (…) exposant les travailleurs à des risques de chutes de hauteur de plus de 3
mètres… ».
Concrètement, dans le cas du nettoyage des vitres du musée archéologique, l’intervention
d’une entreprise extérieure dans un site en activité fait donc l’objet de la rédaction d’un

170 Ingénieur territorial
plan de prévention. Celui-ci sera rédigé conjointement par le représentant de l’entreprise
extérieure et un représentant du maire, afin d’indiquer les mesures de prévention à mettre
en œuvre pour permettre la sécurité des salariés, des agents et du public (article R 237-1
à R237-28).
Ce plan doit indiquer les informations administratives essentielles suivantes :
• site concerné,
• nature des travaux,
• dates et durées des travaux,
• coordonnées de l’entreprise intervenante, effectif et noms des salariés sur place,
• locaux sociaux mis à la disposition des salariés,
• le nom du chargé de sécurité sur site et de son remplaçant.
De plus, doivent apparaître :
• une analyse des risques rencontrés par les salariés de l’entreprise et les utilisateurs
(agents municipaux et/ou publics),
• les mesures de prévention pour les éviter,
• l’intéressé qui doit mettre en œuvre ses mesures,
• date et personnes présentes à l’inspection commune des lieux de travail*,
• prévention incendie : les moyens de lutte, les consignes spécifiques à l’établisse-
ment (alarme, extincteurs, issues de secours...),
• les horaires d’ouverture et de fermeture des locaux.
> L’inspection commune des lieux de travail permet de délimiter les secteurs de l’inter-
vention, les zones à risques, les voies de circulation pour le personnel et les engins.
Une signature de l’ensemble des parties concernées permet de contractualiser les dé-
cisions et valide la connaissance des informations.
Le plan de prévention doit être largement distribué, des copies peuvent être confiées
non seulement au chargé de sécurité sur le site mais également à l’entreprise exté-
rieure pour l’accueil et la réception des salariés.
Dans le cas évoqué, il est question d’interférences. Par conséquent, il existe une co-res-
ponsabilité du chef d’entreprise et du maire lors de l’intervention de l’entreprise pour le
nettoyage des vitres dans un bâtiment en activité. Il s’agit de déterminer les risques en-
courus par les agents de l’entreprise extérieure du fait de l’activité du site, mais également
des risques liés à l’intervention de l’entreprise extérieure vis-à-vis des agents municipaux
et du public présents (nous sommes dans un établissement recevant du public : ERP).
Toutes évolution, modification, décision ou apparition d’un nouveau risque doivent faire l’ob-
jet d’une intervention immédiate auprès des salariés concernés. S’ils ne réagissent pas cor-
rectement, leur responsable (employeur) doit être alerté pour mettre fin à une situation
dangereuse. L’absence de réaction constitue un cas de non-assistance à personne en danger.
Dans les cas extrêmes, la notion de droit de retrait face à un danger grave et immi-
nent peut être invoquée.
Dans le cas d’évènements comme ci-dessus relatés, le plan de prévention doit faire
l’objet d’une actualisation, afin de mettre à jour l’analyse des risques et les mesures
de prévention ad hoc.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 171
Un de plan de prévention lié à une intervention de nettoyage de vitres et ses me-
sures de prévention sont proposés dans le modèle ci-dessous :

172 Ingénieur territorial
3. Les travaux en hauteur : des interventions dangereuses
Les chutes de hauteur causent deux accidents mortels par semaine en France.
Pour cette raison, elles sont juridiquement encadrées. Le décret n° 2004-924 traite
des équipements de travail mis à la disposition des salariés pour des travaux tempo-
raires en hauteur. Il s’agit notamment des « échelles, escabeaux et marchepieds qui
ne doivent pas être utilisés comme poste de travail ».
De plus, « afin qu’elles ne puissent ni glisser ni basculer pendant leur utilisation, les
échelles portables doivent être fixées en partie soit supérieure, soit inférieure de leur
montants, soit être maintenues en place au moyen de tout dispositif… ».
En définitive, ces équipements de travail ne peuvent servir qu’à passer d’un niveau à
un autre.
En complément, ce décret précise que « la priorité doit être donnée aux équipements
permettant d’assurer la protection collective des salariés ». Il est donc nécessaire de
privilégier soit un échafaudage ou une plate-forme de travail (avec garde-corps et
stabilisateurs) plutôt qu’un harnais de sécurité. Il s’agit bien là de l’utilisation en prio-
rité des protections collectives aux protections individuelles.
Dans la mesure du possible, il faut éviter que les interventions en hauteur soient exé-
cutées par un agent municipal ou un salarié d’une entreprise extérieure.
Il appartient au chef de service de vérifier que les agents qui effectuent des travaux
en hauteur (l’ouverture d’une fenêtre en hauteur est un cas concret) soient physi-
quement et médicalement aptes.
Les travaux en hauteur doivent être strictement interdits aux apprentis, aux emplois
saisonniers et aux nouvelles recrues n’ayant pas réalisé leur formation.
L’arrêté du 9 mars 1993 modifié fixe la liste des travaux dangereux, et notamment
ceux qui exposent les travailleurs à des risques de chute de hauteur de plus de
3 mètres.
Il est tout de même nécessaire de rappeler que la limite des 3 mètres n’est plus la
référence à considérer. Désormais, la réglementation prend en compte toutes les
nterventions en hauteur, considérant qu’une chute d’une hauteur de 2,80 mètres
peut entraîner les mêmes conséquences graves pour un individu. Pour être complet,
nous pouvons considérer qu’un agent est exposé à une chute de hauteur dès lors qu’il
est en élévation par rapport au sol pour travailler, circuler ou accéder au travail réa-
lisé, en utilisant un support non protégé contre les risques de chute, instable, ou ne
présentant pas une solidité adaptée. À cette exposition viendront se greffer des fac-
teurs supplémentaires influant directement sur le(s) risque(s), tels que :
L’organisation du travail : transmission des consignes, coordination des interve-
nants…
La personnalité de l’agent : agilité, vertige…
Le matériel utilisé : chaussures de sécurité, état du matériel…
L’environnement de travail : vent, pluie, encombrement de l’espace de travail…
Ainsi, nous observons que seules l’analyse et l’évaluation des risques permettront de
choisir et de mettre en œuvre les moyens de protection adaptés.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 173
Question n°2 : Mise en place d’actions de prévention

Propositions concernant le travail en hauteur
Contrairement à certaines idées reçues, aucune disposition n’interdit le travail en hau-
teur, et nombreux sont les agents et les salariés qui en font sans le savoir…Ceux-ci
sont pour tant exposés à un risque de chute dont les conséquences peuvent être
graves. Pour ces raisons, la ville de Sohadou doit donc avoir une bonne vision de
toutes les situations à risques, afin de mettre en place des actions de prévention. Sa-
chant que, bien souvent, le nettoyage n’est pas considéré comme une activité à
risques, il est néanmoins à l’origine d’un nombre important de chutes de hauteur. La
preuve vient d’être démontrée par l’accident survenu au muséum.
Ainsi, une meilleure prise en compte du risque en amont et la mise en place de me-
sures de prévention et de moyens de protection contre les risques de chute de hau-
teur dans les bâtiments municipaux sont un objectif à atteindre.
Aussi, à travers une chronologie des étapes liées à l’intervention d’une entreprise ex-
térieure pour le nettoyage des vitres, nous prendrons en compte l’ensemble des me-
sures préventives à adopter pour ce type d’intervention dans les bâtiments
communaux. Ensuite, nous relèverons les actions qui peuvent être envisagées en me-
sures correctives immédiates suite à l’accident au muséum.

Prise en compte des mesures préventives

Phase avant travaux :

• La rédaction du cahier des charges
Toute intervention d’une entreprise extérieure fait l’objet d’un contrat avec la ville.
Dans le cas de travaux d’entretien et/ou de maintenance récurrents, la rédaction d’un
cahier des charges permet de contractualiser les interventions à réaliser. Outre l’as-
pect quantitatif et qualitatif, il est nécessaire d’aborder les conditions environne-
mentales d’intervention.
Il s’agit d’informer l’entreprise du contexte dans lequel les agents salariés de l’entre-
prise extérieure interviendront.
Ainsi, le respect des mesures suivantes, liées à l’établissement, sera évoqué :
• les consignes générales de sécurité et les consignes du site concerné,
• les consignes incendie, évacuation, moyens de secours,
• le règlement intérieur,
• les heures d’ouverture et de fermeture de l’établissement,
• les risques liés à l’activité du site,
• les protections collectives en place,
les protections individuelles à mettre en œuvre par l’entreprise et notamment l’utili-
sation de lignes de vie existantes installées en toiture sur certains bâtiments…,

174 Ingénieur territorial
une visite préalable des lieux pour que les propositions de prix tiennent compte des
difficultés d’accès éventuelles,
• la rédaction conjointe d’un plan de prévention
Tous les documents existants pourront être transmis en annexe au CCTP afin de com-
muniquer à l’entreprise toutes les informations utiles pour favoriser une offre au plus
juste.
Il est également nécessaire de préciser aux entreprises extérieures qu’elles doivent
prévenir, suffisamment tôt, chaque établissement de leur visite. Fax, messagerie ou
communications téléphoniques seront adressés au moins 72 heures avant l’interven-
tion aux chefs d’établissements identifiés par la ville et communiqués en pièce
contractuelle.

• La rédaction du plan de prévention
Travailler dans des locaux inconnus où sont exercées des activités souvent étrangères
aux siennes entraîne des risques supplémentaires. Pour être efficace, la prévention
doit être pensée en même temps que la préparation des interventions par les entre-
prises extérieures. L’initiative est à prendre par le donneur d’ordres de l’entreprise
utilisatrice (services techniques de la ville de Sohadou ou chef d’établissement) qui
provoque l’élaboration d’un plan de prévention.
Les chefs d’établissements laisseront le plan de prévention à disposition des agents
d’accueil (qui assureront la visite) présents sur le site.

• La visite préalable des lieux
Il s’agit de l’inspection commune qui permet de visualiser l’ensemble du bâtiment, y
compris les locaux comprenant les lieux d’intervention, d’accès, de stockage de ma-
tériel et les locaux sociaux (sanitaires et éventuellement les vestiaires), les équipe-
ments techniques et moyens de prévention en place. Outre la visite du site, une
analyse des risques d’interférence, la définition des mesures de prévention et la com-
munication des consignes de sécurité seront transmises.

Phase travaux :
Les chefs d’établissements doivent organiser l’accueil des salariés afin de limiter les
risques professionnels. Un agent municipal assurera la visite des lieux : inspection
commune préalable avec le/les salariés de l’entreprise. Il précisera son nom et ses co-
ordonnées afin d’être joignable en journée. Il montrera également les locaux tech-
niques (électricité, chaufferie, stockage…) s’ils sont intégrés dans le périmètre
d’intervention couvert par l’opération.
Pendant l’opération, les consignes de sécurité qui accompagnent les « règles de l’art »
des entreprises extérieures restent de leur responsabilité propre. Le chef d’établisse-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 175
ment et les services techniques veilleront au respect des mesures consignées dans le
plan de prévention. Dans l’hypothèse de l’apparition d’un nouveau risque, le plan de
prévention sera mis à jour.

Analyse des risques et mesures de prévention :

• Travail de plain-pied
À la lueur des principes généraux de prévention, « éviter le risque » signifie qu’il de-
vra être recherché si le travail demandé ne peut être fait à partir du sol. Concrète-
ment, afin de limiter les chutes, le travail de plain-pied doit être favorisé. Le nettoyage
des fenêtres à partir du sol peut s’envisager avec une perche. Un manche télescopique
permettra d’atteindre des hauteurs d’environ 3 mètres. Au-delà, les fenêtres seront
toujours nettoyées fermées (intervention de l’intérieur et de l’extérieur).
Lorsque le travail en hauteur ne peut pas être évité, il est possible de mettre en place
des équipements de travail adaptés.

• Équipements de travail et condition d’utilisation
Comme le prévoit la réglementation, l’échelle n’est qu’un moyen d’accès, elle ne doit
pas être utilisée en poste de travail. En revanche, l’utilisation des matériels ci-dessous
est préconisée.
L’application d’un des principes généraux de prévention « tenir compte de l’état des
techniques » implique d’utiliser du matériel conforme :
• plate-forme de travail, munie de deux rampes d’accès, de marches, de garde-corps
(sur 3 côtés), de plinthe et de pieds stabilisateurs (clefs bloquant l’ouverture de
l’angle et contrepoids évitant le basculement),
• échafaudage : une formation au montage est obligatoire pour les agents ou sala-
riés avec prise en compte de l’état du sol, des conditions météorologiques. Un
contrôle périodique doit être effectué par un organisme agréé, afin de garantir
que l’utilisation, le réglage et la maintenance de ces équipements n’exposent pas
les personnes à un risque d’atteinte à leur sécurité ou à leur santé. De plus, les uti-
lisateurs doivent bénéficier d’une information appropriée présentant les risques
encourus et les moyens de les éviter. Cette information peut être confiée au chef
d’équipe. Elle sera adressée à tout nouvel arrivant dès sa prise de poste et avant
l’utilisation des équipements concernés. Le montage, le démontage ou la modifi-
cation sensible d’un échafaudage doivent être effectués sous la direction d’une
personne compétente par des travailleurs ayant reçu une formation à la sécurité
adéquate et spécifique.
Dès lors que les conditions d’utilisation sont modifiées, une nouvelle instruction
sera donnée aux agents et salariés concernés avec une démonstration visuelle des
opérations à réaliser,
• plates-formes élévatrices de personnes PEMP (nacelle).
L’utilisation d’une PEMP est possible lorsque l’accessibilité des façades le permet
et que le cheminement et le stationnement sur sol peuvent supporter le poids du

176 Ingénieur territorial
véhicule. Une autorisation délivrée par l’employeur à la conduite des engins est
obligatoire. Elle est conditionnée, périodiquement, à la validation d’une forma-
tion à la conduite et une vérification de l’aptitude médicale de l’agent. Cette au-
torisation permet de sécuriser le travail. Elle doit être à jour et devra être exigée
par le chef d’établissement avant toute intervention de l’entreprise extérieure. Elle
peut prendre la forme d’un certificat d’aptitude à la conduite des engins (CACES).
Suivant les nacelles, une ou deux personnes seront exigées lors de la conduite et
les manœuvres. L’une des personnes restera au sol.
Lors de la location d’équipements pour des travaux en hauteur, telles que les na-
celles, il est nécessaire, d’une part, que le fournisseur atteste de la conformité du
véhicule et, d’autre part, que l’employeur fournisse l’autorisation à la conduite des
engins, avant toute autorisation sur un chantier.
Le choix du matériel idoine se fera en tenant compte de la configuration de chaque
bâtiment de la ville, après état des lieux.

• Travail isolé
Le travail isolé doit être toléré et limité dans le cas exceptionnel de situations pré-
cises et sûres.

• Équipement de protections collectives et individuelles
Dans la mesure où des protections collectives sont en place, les salariés pourront ac-
céder, se déplacer et évoluer dans des conditions optimales de sécurité. Les protec-
tions collectives peuvent être soit définitives soit provisoires (dans ce cas, elles sont à
mettre en place par l’entreprise).
Il est important de retenir que les textes affirment la prépondérance des mesures de
protections collectives sur celles de protections individuelles.
Néanmoins, lorsque la surface à nettoyer est inaccessible par façade et non protégée,
telle que les verrières en toiture, une ligne de vie (verticale ou horizontale suivant les
cas) permettra aux salariés de travailler en sécurité grâce à leur harnais de sécurité.
L’employeur devra fournir les équipements de protection individuelle adaptés aux
risques, sans créer de nouveaux risques. Les compétences et formations des salariés
seront prises en compte. De plus, un agent utilisant ce type de protection ne devra
pas être seul sur le chantier.
Les protections individuelles devront être réservées aux interventions de courtes du-
rées (inférieures à une demi-journée) et aux cas où la mise en place d’une protection
collective s’avère techniquement impossible.

• Phase après travaux
Afin de bénéficier d’un retour d’expériences, un bilan « sécurité » de l’opération
pourra être réalisé à la réception des travaux. Il s’agit d’une éventuelle remise en
cause et, par conséquent, elle s’inscrira dans une volonté forte de démarche d’amé-
lioration continue.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 177
État des lieux du risque de chute de hauteur des bâtiments communaux

Un audit sera réalisé pour l’ensemble des bâtiments. Il permettra d’analyser les
risques, de hiérarchiser les bâtiments et de définir une méthodologie pour la mise en
place d’équipements permettant un travail en hauteur sans danger.
La mise en lumière de ce diagnostic est un outil d’évaluation des risques et surtout
un dispositif de prévention des chutes de hauteur lors des interventions des agents
municipaux et des salariés des entreprises extérieures sur les équipements municipaux.
À travers l’enjeu essentiel, permettre un travail en sécurité, l’audit sera un appui pour
bien connaître chaque site et les particularités de son concept architectural. L’objec-
tif est de trouver des solutions techniques adaptées aux risques majeurs.
Une visite dans chaque bâtiment permettra d’évaluer :
• Le type de toiture.
• Le type de maintenance avec une identification des installations techniques (an-
tenne, cheminée, locaux techniques (ventilation, climatisation, chauffage…).
• Le nombre d’interventions par an.
• Les accès : intérieurs ou extérieurs ? Sécurisés ou non ? Moyens de protection en
place ?
• Un reportage photos facilitera et complètera la compréhension des plans.
Il est toujours délicat de trouver des solutions et équipements adaptés à un bâtiment
initialement dépourvu de protection lors de sa construction. Il est nécessaire de dé-
velopper la protection intégrée dès la phase conception d’un bâtiment. Seule la ré-
flexion très en amont permet d’inclure des dispositifs techniques permettant de
limiter les chutes de hauteur, que ce soit dans la maintenance future du bâtiment ou
pour son utilisation quotidienne. Ainsi, les choix arrêtés pourront utilement prendre
en compte les risques dus aux interventions sur les toitures et les façades exposant
les interventions à des risques de chutes.

Cas du musée archéologique

Le contexte propice de l’accident est favorisé par la sollicitation d’une intervention
de dernière minute à la demande du gardien, alors que l’agent de l’entreprise exté-
rieure avait rangé son matériel. Il est indispensable de sensibiliser le personnel à la
gravité de l’incidence due à une prise de décision hâtive.
La photo jointe au dossier montre une hauteur de plafond importante : un cas ty-
pique d’interdiction de travail en hauteur sur échelle, que ce soit par l’intérieur ou
par l’extérieur :
Pour le nettoyage des vitres à l’intérieur des locaux, l’utilisation d’une raclette mon-
tée sur une perche avec manche télescopique.
Pour le nettoyage par l’extérieur, le plan de masse indique une façade accessible aux
engins de chantier. Il y a donc possibilité d’approcher une plate-forme élévatrice de
personne pour nettoyer les vitres extérieures en hauteur. Par conséquent, un salarié

178 Ingénieur territorial
formé (CACES) au sol surveillera le chantier et conduira éventuellement la nacelle, un
autre (formé et ayant l’aptitude médicale) sera installé dans le panier pour nettoyer
les vitres extérieures.
Pour sécuriser l’opération, la condamnation des crémones pour interdire l’ouverture
des parties supérieures des fenêtres.
Dans ce cas, il sera précisé que le travail isolé est interdit.
Une étude approfondie par la méthode de l’arbre des causes est un outil qui permet
d’analyser et de comprendre l’accident à travers le recueil des faits. Par la suite, cette
analyse permet de choisir et proposer des solutions pour prévenir des risques poten-
tiels.

2. Propositions concernant la prévention des risques
professionnels
La réflexion sur la mise en œuvre des mesures de prévention contre les risques de
chutes de hauteur, bien que codifiée, doit être guidée par les principes généraux de
prévention et s’appuyer sur une évaluation des risques, par un bilan préliminaire fon-
damental.
L’évaluation des risques est une obligation réglementaire qui doit permettre la dé-
tection des situations à risques présentes dans la ville de Sohadou et la mise en place
d’un plan d’actions de prévention fondé sur une analyse de l’ensemble des situations
de travail.
Au préalable, il est nécessaire qu’une démarche globale se réalise au niveau de la ville
et qu’elle soit présentée à l’ensemble de ses services. Les objectifs sont à la fois hu-
mains, sociaux et économiques, mais il s’agit aussi de répondre aux obligations ré-
glementaires fixées par le code du travail qui s’applique également aux collectivités
territoriales. C’est ainsi que l’évaluation des risques professionnels inscrite dans le
cadre d’un management global de la sécurité devient un des éléments essentiels des
principes généraux de prévention définis à l’article L 230.2 du code du travail.
Le décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 porte sur la création d’un document
unique (DU), qui formalise les résultats de l’évaluation des risques professionnels.
Cette évaluation « a priori » consiste à identifier les dangers et à analyser les condi-
tions d’exposition à ces dangers. Le législateur a voulu mettre l’accent sur l’idée d’éva-
luer avant que ne se produise l’accident alors que, bien souvent, la législation est
basée sur l’analyse des accidents a posteriori. Celle-ci consiste simplement à consta-
ter et à analyser les accidents, puis à dépister des pathologies existantes qui sont l’es-
sence-même de l’exigence réglementaire. Nous sommes bien dans le cas précis de la
chute de hauteur de l’agent de l’entreprise lors du nettoyage de vitres du musée.
La prévention des risques professionnels et l’évaluation des risques s’appuient tant
sur l’observation que sur le dialogue constant et constructif entre les agents, les re-
présentants du personnel, la médecine du travail, le chargé de prévention des risques
et l’autorité territoriale.
L’évaluation des risques professionnels doit être appréhendée sous forme de mode

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 179
projet. Elle fera l’objet de décisions par un comité de pilotage composé d’élus et de
directeurs des services de la ville. Outre une méthodologie d’analyse des risques, qui
reste à définir puis à faire valider, c’est bien par l’échange et l’écoute que l’on peut
transmettre aux opérateurs l’envie d’être mieux informé, mieux formé donc mieux
protégé.

La sécurité doit tendre vers la prévention sachant que tous les risques ne peuvent être
supprimés immédiatement et que le risque zéro n’existe pas. Alors parfois, des me-
sures provisoires doivent être prises pour assurer les protections suffisantes dans l’at-
tente et la mise en œuvre de moyens techniques et financiers susceptibles d’éliminer
le risque.

Orchestrés par le chargé de sécurité et suivis par le comité de pilotage, l’évaluation
des risques professionnels et son plan d’actions sont de véritables instruments de pi-
lotage et de suivi régulier de la prévention.

Pour conclure, nous constatons que la sécurité doit être abordée dans le cadre d’une
démarche de management global. Le maire a l’obligation de veiller à l’application de
la réglementation en vigueur. Il doit également arbitrer et valider les priorités, orien-
ter et déterminer ses choix budgétaires en tenant compte des principes de préven-
tion.

À la ville de Sohadou, la hiérarchisation des priorités nous amène à définir l’organi-
sation cible suivante :

1. Mettre en place les mesures compensatoires pour sécuriser les opérations de net-
toyage des vitres au musée et dans tous les bâtiments communaux.

2. Réaliser une évaluation des risques professionnels et rédiger le document unique.

3. Effectuer un état des lieux des interventions en hauteur des bâtiments munici-
paux (le risque de chute sera probablement traité comme une priorité n° 1 du
document unique).

4. Établir un plan de formation des agents municipaux.

5. Informer et communiquer de façon continue les actions réalisées et à réaliser, puis
les expliquer.

6. Mettre en place une base documentaire avec la création de documents-types, tel
que le plan de prévention qui servira de base pour toutes les opérations.

Pour l’ensemble de ces actes, des plans d’actions seront élaborés : ils deviendront les
feuilles de route de la politique managériale.

La sécurité s’intègre au quotidien, c’est l’affaire de chacun.

180 Ingénieur territorial
5. Exemple 5
EXAMEN PROFESSIONNEL D’INGÉNIEUR
TERRITORIAL DE PROMOTION INTERNE
1er alinéa
Novembre 2007

ÉTABLISSEMENT D’UN PROJET OU ÉTUDE
hygiène - laboratoire
qualité de l’eau

ÉPREUVE N°8
Durée : 4 heures
Coefficient : 5

LES INDICATIONS DE CORRECTIONS

1. Lister les principales problématiques et identifier les
différentes sources de pollution des eaux de surface : 4 points

LES PRINCIPALES PROBLÉMATIQUES DE LA POLLUTION

Parmi les principales problématiques de la pollution des eaux de surfaces, on peut ci-
ter l’impact négatif de la présence de nitrates et de phosphore sur les milieux, ce qui
se traduit essentiellement par un phénomène d’eutrophisation.
En effet, l’eutrophisation consiste en un enrichissement de l’eau en composés azotés
provoquant un développement accéléré des algues et végétaux qui perturbent l’équi-
libre des organismes présents dans l’eau et entraîne une dégradation de la qualité
des eaux. C’est en fait une pollution « nutritionnelle ». Les eaux concernées par ce
phénomène sont les eaux douces continentales, mais également les eaux estuariennes
côtières et marines.
La contamination des eaux par les pesticides et les hydrocarbures polycycliques aro-
matiques.

SOURCES DE POLLUTION

70 % des eaux traitées proviennent des eaux de surface chargées de matières miné-
rales et organiques résultant des rejets des différentes activités industrielles, agroali-
mentaires, agricoles et urbaines.
En matière environnementale, les craintes du grand public se focalisent aujourd’hui
sur la présence de nitrates dans l’eau, provenant des effluents d’élevage et de la fer-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 181
tilisation minérale des cultures (l’agriculture est responsable de 55 % des rejets
d’azote dans le milieu naturel), tandis qu’apparaissent des interrogations sur l’impact
écologique des produits phytosanitaires.
Les impacts de l’activité agricole sur les milieux sont multiples. On songe bien évi-
demment, en premier lieu, à la pollution de l’eau par les nitrates.
Les pollutions diffuses agricoles : diversité des phénomènes et inégalités régionales
selon les pratiques agricoles.
L’impact des activités agricoles sur l’environnement se caractérise principalement par
une atteinte à la qualité du sol et, donc, de la qualité des eaux.
La pollution des eaux résultant de pratiques agricoles est la conséquence de pertes
de substances fertilisantes et de produits de défense contre les ennemis des cultures
dans le milieu. Les pollutions qui en découlent sont alors de nature à empêcher
certaines utilisations de l’eau pour l’alimentation humaine et animale et à entraîner
une dégradation des milieux aquatiques superficiels et marins. Les substances fertili-
santes, nitrates et phosphates, concourent notamment à l’eutrophisation des eaux
continentales et littorales.
Il convient de distinguer, d’une part, les pollutions liées aux sièges des exploitations,
qui sont ponctuelles et donnent lieu à une contamination très concentrée, et, d’autre
part, les pollutions dites « diffuses », conséquences de fuites parfois faibles, qui peu-
vent concerner des millions d’hectares. Celles-ci sont dues notamment aux pratiques
de fertilisation, au traitement des cultures et à l’occupation des sols. Elles sont géné-
rées par des mécanismes physico-chimiques compliqués qui dépendent, outre des
pratiques agricoles mises en œuvre, de la vulnérabilité du milieu et des conditions cli-
matiques.
Deux types de pollutions diffuses d’origine agricole : les pollutions par les nitrates (qui
concernent les plantations et les élevages) et celles par les produits phytosanitaires.

La pollution par les hydrocarbures

L’existence de stations de pompage à proximité des cours d’eau peut contribuer à la
pollution de ceux-ci par des hydrocarbures et des hydrocarbures polycycliques aro-
matiques.

La pollution par les produits phytosanitaires

La dispersion des produits phytosanitaires dans l’environnement suit des processus
qui sont pour certains d’entre eux encore mal définis. Cette dispersion prend diverses
formes : la volatilisation (transfert vers l’atmosphère), la rétention, la dégradation,
ou encore le transfert vers les eaux souterraines et vers les eaux superficielles par ruis-
sellement ou drainage.
Concernant les principales substances présentes dans les eaux :
• Les triazines figurent toujours parmi les molécules.
• L’atrazine a, depuis 1997, un taux de quantification supérieur à 50 % dans les eaux

182 Ingénieur territorial
de surface et son produit de dégradation, la déséthylatrazine.
• La terbuthylazine.
• Les herbicides de la famille des urées substituées, tels que le diuron et l’isoprotu-
ron (taux de quantification de l’ordre de 35 % dans les eaux superficielles.
• Le glyphosate, qui est un herbicide, ainsi que son produit de dégradation, l’AMPA,
dont le taux de quantification est de 32 %.
• Lindane, qui est un insecticide.
• Le dinoterbe, herbicide et le dinosèbe.

2 - À partir de la connaissance des principales pollutions, vous
dresserez la liste des acteurs impliqués et des situations où
leurs pratiques professionnelles posent problèmes : 4
points

Nous sommes en effet « à la croisée des chemins » : d’une part, les techniques agri-
coles évoluent constamment dans un objectif d’amélioration des rendements ;
d’autre part, ces évolutions inquiètent notre société, toujours plus sensible aux ques-
tions environnementales.
Nous devons donc aujourd’hui chercher à concilier deux exigences parfois antino-
miques : maintenir une activité agricole rentable et préserver, ou améliorer lorsque
cela est possible, la qualité de notre environnement.
Comme nous venons de le constater à travers la question 1, les contaminants sont
nombreux et de natures diverses. Ils vont des substances minérales tels que les
nitrates jusqu’aux produits phytosanitaires organiques (pesticides) ou des hydrocar-
bures, en passant par la présence de métaux. En effet, les craintes du grand public se
focalisent aujourd’hui sur la présence de nitrates dans l’eau, provenant des effluents
d’élevage et de la fertilisation minérale des cultures (l’agriculture est responsable de
55 % des rejets d’azote dans le milieu naturel), tandis qu’apparaissent des interro-
gations sur l’impact écologique des produits phytosanitaires.
Les différents acteurs impliqués directement ou indirectement dans ce processus de
contamination. En d’autres termes, l’impact des activités industrielles, agroalimen-
taires, agricoles et urbaines sur notre environnement.
La plus grande sensibilité de la population française aux enjeux environnementaux
ne concerne évidemment pas la seule agriculture : les rejets polluants provenant de
l’industrie et des transports sont également incriminés, dans un contexte assombri par
les premiers signes de changement climatique.

LE TRAITEMENT DES EAUX RÉSIDUAIRES (les stations d’épuration des
eaux usées)

Le processus de traitement nécessite l’adjonction de produits chimiques que l’on ap-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 183
pelle des floculants (sulfate d’aluminium, chlorure ferrique, polymère orga-
nique,…dans le cas d’un procédé chimique). En revanche, les procédés les plus utili-
sés et les plus adaptés pour les eaux d’origines urbaines sont basés sur des principes
biologiques connus sous la dénomination de « boues activées ». Le 1er procédé gé-
nère des boues chimiques dont la filière d’élimination reste le centre d’enfouissement
technique. Tandis que les boues du second procédé sont, dans la plupart des cas, re-
cyclées en tant que produit fertilisant sur les terrains agricoles.
(L’agriculture constitue aujourd’hui un important débouché pour les boues urbaines :
ce recyclage de matières fertilisantes concerne aujourd’hui 2 millions de tonnes de
boues urbaines ou industrielles, 8 millions de mètres cubes d’effluents agro-indus-
triels et 450 000 tonnes de compost).

L’AGRICULTURE

Certaines pratiques agricoles peuvent générer un excédent de matières azotées, de
produits pesticides, de matières organiques, de déjections animales… Dans le présent
texte, on précise seulement que 8 millions de tonnes de boues sont épandues chaque
année, contre 13 millions de tonnes d’engrais minéraux et 280 millions de tonnes de
déjections animales. Ce chiffre est également à mettre en parallèle avec le volume
total de matière organique stable des sols agricoles français (3,5 milliards de tonnes
de matière organique sèche stockée). On peut donc dire que le retour au sol agricole
des déchets organiques urbains n’est pas en général, en France, un véritable enjeu
d’un point de vue agricole. C’est par contre une opportunité environnementale et so-
cio-économique.
Il convient de distinguer, d’une part, les pollutions liées aux sièges des exploitations,
qui sont ponctuelles et génèrent une contamination très concentrée, et, d’autre part,
les pollutions dites «diffuses», qui sont dues notamment aux pratiques de fertilisa-
tion, au traitement des cultures et à l’occupation des sols, et qui dépendent de la vul-
nérabilité du milieu et des conditions climatiques. Ont été clairement identifiées : les
pollutions par les nitrates (qui concernent les plantations et les élevages) et celles par
les produits phytosanitaires.

LES CONSOMMATEURS

L’utilisation des lessives contenant des ions phosphates est la principale source de
contamination des cours d’eau Ces ions proviennent des activités domestiques et in-
dustrielles et finissent dans les eaux de surfaces via les stations d’épuration.
L’utilisation des biocides dans les jardins.

LES INDUSTRIELS

La présence des hydrocarbures et d’hydrocarbures polycycliques aromatiques provient
le plus souvent des stations de pompage d’eau (les exhaures).
Les métaux lourds (chrome, plomb, cuivre, zinc, étain, mercure…) proviennent des

184 Ingénieur territorial
ateliers de traitement de surface (électrolyse des pièces métalliques, fabrication de
circuit imprimé,..).

3. À partir de la lecture du dossier, vous relèverez les institutions
impliquées en y ajoutant celles qui ne seraient pas citées, en
précisant leurs rôles et leurs missions : 4 points
Le suivi de la qualité des eaux superficielles et souterraines est assuré depuis plus de
dix ans en France par :
• Le ministère de l’écologie et du développement durable, chargé de l’environne-
ment.
• Avec le concours du ministère chargé de la santé et son représentant dans les dé-
partements (direction départementale des affaires sanitaires et sociales).
• Le ministère de l’agriculture, par l’intermédiaire des services vétérinaires et des di-
rections départementales de l’agriculture.
• Le ministère de l’industrie et son représentant (direction régionale de l’industrie,
de la recherche et de l’environnement, qui agit dans le cadre des établissements
classés industriels).
• Des agences de l’eau (chargées du suivi de la qualité des cours d’eaux et des ri-
vières, notamment en matières qualitative et quantitative, chimique et microbio-
logique).
• Des services SATESE (chargés du suivi du fonctionnement des stations d’épuration
des eaux résiduaires et de la surveillance de certains points de prélèvements d’eaux
de surface).
• Des laboratoires départementaux (qui sont en général accrédités et agréés pour
l’analyse d’un ensemble de paramètres analytiques).
• Des services d’hygiène et de santé et/ou de l’environnement des collectivités ter-
ritoriales.

4. En exploitant les données des documents et en faisant appel à
vos connaissances, vous proposerez une démarche scientifique
et technique pour le suivi de la qualité des eaux
conformément aux exigences réglementaires en vigueur, et ce
dans le cadre du contrôle sanitaire des eaux destinées à la
consommation humaine : 4 points
La nouvelle réglementation concernant le suivi sanitaire va dans le sens d’une plus
grande sécurité du consommateur pour rétablir durablement sa confiance dans l’eau
de distribution publique.
Les acteurs de cette nouvelle réglementation doivent poursuivre leur collaboration
pour bien définir son mode d’emploi. Mais un renchérissement du contrôle analy-
tique réglementaire est attendu, en particulier sur les petites collectivités.
La gestion préventive du risque sanitaire doit devenir l’outil majeur pour développer
la confiance du consommateur vis-à-vis de l’eau potable et permettre à la fois l’anti-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 185
cipation des dangers et la maîtrise préventive des risques associés.
Cette approche permettra une optimisation économique du suivi sanitaire dans une
perspective plus générale de maîtrise du prix de l’eau.
• La gestion préventive du risque sanitaire (GPRS) est largement décrite et justifiée
par l’OMS dans ses « Recommandations pour la qualité de l’eau potable », consti-
tuées de trois registres :
– l’évaluation du risque (du prélèvement jusqu’au robinet du consommateur),
– un pilotage opérationnel (monitoring) qui s’articule autour des « points cri-
tiques »,
– une exploitation conduite sous assurance qualité, c’est-à-dire mettant en œuvre
des procédures préétablies, que ce soit en routine ou en cas d’incidents.
• L’objectif est double :
– anticiper les risques afin de ne pas subir l’évènement (prévention),
– créer (ou restaurer) la confiance du consommateur dans l’eau de distribution pu-
blique.
• L’intérêt partagé (pour les consommateurs, les opérateurs, les prescripteurs) de
cette démarche GPRS peut être synthétisé en 4 points :
– améliorer en permanence la fiabilité de la qualité de l’eau, par un suivi sanitaire
– alliant contrôle réglementaire et surveillance de l’exploitant et par l’analyse des
risques potentiels,
– réduire l’impact des incidents ou des crises,
– améliorer la confiance du consommateur dans le produit « eau potable »,
– restaurer rapidement et plus facilement cette confiance en cas de crise sanitaire
maîtrisée.
• La gestion préventive du risque sanitaire doit être pensée pour chaque système de
production-distribution. Néanmoins, la mise en œuvre de la GPRS répond à un
contenu largement standard :
– identification des dangers,
– évaluation des risques,
– détermination des points critiques,
– maîtrise des risques.
• Cette méthodologie s’inspire du référentiel HACCP de l’industrie agroalimentaire
(Hazards Analysis at Critical Control Points). Cette approche méthodologique doit
impérativement s’appuyer sur :
– la connaissance historique du fonctionnement des installations,
– les mesures en continu nécessaires pour évaluer l’efficacité des systèmes de trai-
tement,
– les indicateurs techniques permettant d’apprécier les dérives pour une action
préventive, ou de détecter les alarmes pour une action durable,
– un système de management de la qualité, du type ISO 9001, pour structurer sans
improvisation la mise en place des actions.

186 Ingénieur territorial
5. Afin de maintenir les performances du processus de
traitement et améliorer la qualité du produit fini (eau
potable), vous déterminerez, avec le responsable de l’usine de
production d’eau potable, les points-clés de fonctionnement
de l’usine et identifierez les paramètres de suivi par les
analyses : 4 points
La démarche proposée ci-dessus peut être considérée comme une avancée détermi-
nante, qui doit constituer une barrière efficace contre les dangers menaçant l’eau po-
table. On se situe alors dans une logique d’obligation de résultats, dont les facteurs
sont les suivants :
– une eau potable de bonne qualité ne peut être fournie qu’à travers une dé-
marche intégrée du prélèvement jusqu’au robinet (la réflexion sur les réseaux
intérieurs doit donc être développée),
– cette approche intégrée nécessite une collaboration de tous les acteurs (institu-
tionnels, opérateurs, scientifiques…),
– la transparence du suivi qualité doit être garantie pour permettre la confiance
du consommateur,
– la gestion préventive du risque sanitaire doit être flexible et proactive, et ap-
puyée sur un système de management de la qualité rodé et efficace, permettant
une amélioration continue grâce à l’analyse des situations rencontrées.

Les contrôles
À l’instar de ce qui se passe pour l’épuration des eaux usées, la production d’eau po-
table fait l’objet de contrôles définis par la réglementation.
Le contrôle des eaux brutes, en vue de la production de l’eau potable et des eaux
traitées (après l’usine de production), s’inscrit dans le cadre général de l’autosur-
veillance réalisée par l’exploitant. Cette surveillance s’effectue sous le contrôle des
services administratifs chargés de la police des eaux (voir réponses de la question 4).
Ces derniers vérifient la qualité du dispositif de surveillance mis en place par l’exploitant.
Cette vérification s’opère à deux niveaux : par le contrôle des documents tenus par l’ex-
ploitant et par des visites sur place pour constater la validité des informations transmises.
Dans certains cas, le préfet peut renforcer les exigences de l’autosurveillance. Il peut,
par exemple, prescrire des mesures spécifiques concernant certains polluants chi-
miques ou biologiques. Il peut aussi imposer une surveillance portant sur le milieu
naturel dans lequel l’eau a été prélevée.
Dans cette optique, un certain nombre de paramètres sont régulièrement mesurés comme,
par exemple, le débit de pointe par heure à l’entrée de la station, la consommation de ré-
actifs, l’aluminium, dans le cas où la floculation est assurée par l’adjonction du sulfate d’alu-
mine, des ions phosphates, le bilan azoté, en d’autres termes les taux en azote organique,
nitrates, nitrites et ammoniaque, ainsi que la concentration en chlore libre, disponible et
combiné (voir schéma 5/2), le pH (ce qui permet de vérifier si la valeur est adéquate avec
le rendement de la désinfection (chloration), la conductivité (la minéralisation de l’eau) et

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 187
quelques paramètres microbiologiques indicateurs tels que les coliformes thermotolérants,
les bactéries aérobies revivifiables à 22° C et à 36° C.
Dans le cadre de l’autosurveillance, l’exploitant de la station doit régulièrement te-
nir à jour des documents écrits, puis transmettre des rapports mensuels et une syn-
thèse annuelle au service chargé de la police de l’eau et à l’agence de l’eau.
Les points A et Z, désignés sur le schéma de l’usine de traitement, feront l’objet des ana-
lyses de tous les paramètres cités ci-dessus, afin de pouvoir mesurer l’efficacité du traite-
ment, de s’assurer du respect des normes de qualité, de la bonne élimination ou évacuation
des sous-produits de traitement de chloration (les THM trihalométhanes : organochlorés)
et de détecter les éventuelles anomalies de fonctionnement de l’installation.

188 Ingénieur territorial
6. Exemple 6
CONCOURS INTERNE D’INGÉNIEUR TERRITORIAL
Octobre 2006
ÉTABLISSEMENT D’UN PROJET OU ÉTUDE
PORTANT SUR L’UNE DES 14 OPTIONS, CHOISIE
PAR LE CANDIDAT LORS DE SON INSCRIPTION AU
SEIN DE LA SPÉCIALITÉ DANS LAQUELLE IL
CONCOURT :
SYSTÈMES D’INFORMATION GÉOGRAPHIQUES,
TOPOGRAPHIE (SIG)
Durée : 8 heures
Coefficient : 7
ÉPREUVE N° 34

Sujet
Le présent sujet porte sur la mise en œuvre d’une politique départementale ambitieuse en
matière d’informations géographiques, tant à destination des services de votre collectivité
qu’à destination des autres collectivités présentes dans le département.

Méthodologie adaptée pour l’option SIG – Topographie
(Épreuve écrite)

1. Comment a-t-on appréhendé le sujet ?
À la découverte du sujet, on peut être étonné d’avoir à faire face à une probléma-
tique pouvant apparaître comme très éloignée des préoccupations actuelles, la ma-
jorité des départements et villes moyennes dispose actuellement de SIG et a donc déjà
été confrontée à la mise en œuvre de tels projets.
À la réflexion, ce n’est pas exhaustif.
En tous cas, l’épreuve a le grand intérêt de (re) donner du sens aux phases d’élabo-
ration des systèmes d’information géographiques.
S’agissant d’une épreuve « interne », la chronologie des étapes, les prérequis, la des-
cription des objectifs, … constitue une épreuve rédactionnelle parfaitement ambi-
tieuse.
Au niveau de l’option elle-même, il est fait appel :
• Aux connaissances techniques en matière de SIG et plus généralement informa-
tiques.
• À la maîtrise de l’amplitude possible du domaine.
• À la perception de la transversalité du dossier.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 189
• À la méthodologie de gestion de projets.
• Au pragmatisme, au principe de réalité, au regard critique.
• Aux capacités d’analyses comparatives.
• À la veille déjà exercée.
• …
Sur l’aspect « établissement d’un projet ou étude », il est fait appel :
• Aux capacités rédactionnelles.
• Aux facilités d’adaptation des propos à une cible de lecteurs non forcément spé-
cialistes du domaine (les élus).
• À l’approche systémique des points exposés.
• À la linéarité de l’exposé, ici fortement guidée par la chronologie et la précision
des questions.
•…
Sur la connaissance du monde territorial, sont attendus :
• L’illustration des missions des conseils généraux.
• Le poids et le positionnement de cette institution.
• La compréhension de l’organisation (organigramme hiérarchique).
• Les obligations réglementaires (mises en concurrence, droits des licences, CNIL, …).

2. Les raisons pour l’avoir traité d’une telle manière
Cette épreuve, précisément, laisse très peu d’initiatives au candidat ; ce qui n’est pas
toujours le cas, a fortiori pour un épreuve d’ingénieur (cadre A) et d’une durée très
longue (8 heures).
Les 6 documents fournis en annexes sont très ciblés et s’appliquent avec une très
grande proximité au questionnement.
Celui-ci étant décomposé en 5 questions et chacune d’elles étant sous-divisée, le can-
didat est invité à répondre ainsi à 17 véritables questions.
Il dispose alors, et très aisément, d’une « feuille de route » très claire.
Il lui revient de veiller à introduire, sans exagération de style, chaque propos et ten-
ter d’amener le lecteur, par une phrase à la fois conclusive et introductive, à la ré-
ponse à la question suivante.
C’est l’un des intérêts de cette épreuve qui, si son formalisme de questionnement
n’avait pas été aussi poussé, aurait pu être encore plus sélective par la recherche d’une
linéarité dans la présentation des projets.
Nous avons traité l’épreuve en ce sens : nous avons respecté la chronologie des 5
questions en les citant et constituant ainsi 5 chapitres. Mais nous nous sommes abs-
tenus, tout en respectant « la commande », de décliner précisément les sous-divi-
sions des questions.
Notre document trouve ainsi, à notre goût, plus de lisibilité et se rapproche des dos-
siers présentés par les ingénieurs à leur hiérarchie (direction générale et élus).

190 Ingénieur territorial
3. Recommandations générales
Sans que les futurs ingénieurs s’en offusquent, il est bon de rappeler quelques grands
principes ; il ne faut pas en sourire car des « défaillances » sont assez souvent rele-
vées chez les personnes au profil technique et notamment informatique.
Aussi, le candidat veillera à :
• Écrire très lisiblement
• À corriger d’éventuelles fautes d’orthographe et coquilles au fur et à mesure de
sa rédaction. Nous pouvons lui conseiller, après lecture du dossier, de préparer son
plan et de rédiger directement et avec une très grande attention sa copie (il ne
disposera certainement pas du temps de relecture).
• À avoir le souci permanent de se mettre « dans la peau » de l’élu (= correcteur)
et non pas dans celle d’un candidat interrogé.

Corrigé d’un sujet pour l’option SIG –
Topographie (épreuve écrite)
1. Projets géomatiques
L’objectif d’un SIG est de représenter des données alphanumériques, de la manière
la plus réaliste possible, dans un environnement spatial, en se basant sur des objets
géographiques vecteurs tels que : des points, des lignes, des polygones, … et sur un
maillage référentiel (cadastre, photo aérienne, …).
Par cette construction, un SIG est bien plus qu’un outil de présentation géographique
des données ; c’est un outil :
• De gestion : le SIG présente une gestion localisée des évènements afin de contri-
buer activement à des applications métiers : droit des sols, réseaux d’eau, d’assai-
nissement, de voirie, d’éclairage public, …
• D’aide à la connaissance : par sa mémorisation et ses fonctions de localisation et
de représentation des données ; c’est une source extrêmement importante de
conservation des savoirs.
• D’aide à la conception : des primitives graphiques permettent simplement de
concevoir et matérialiser des projets (carrefours, aménagements de voirie, incrus-
tations de bâtiments, …) dans les espaces actuels.
• D’aide à la décision : par le biais d’outils d’analyse et de représentation graphique
d’indicateurs pertinents, le SIG visualise et met en valeur des thématiques parti-
culières.
• De communication : par la carte, l’image, la simulation, la mise en valeur de cri-
tères est plus explicite pour la transmission des messages.
Loin sont les années 1990 qui ont vu apparaître, sur des systèmes informatiques par-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 191
ticulièrement complexes, les premiers SIG dans les collectivités de taille très impor-
tante. Par l’explosion technologique des années suivantes, les SIG sont à présent à
orientation bureautique et sont considérés comme des outils indispensables de ges-
tion, d’administration et de représentation des évènements de la vie des collectivités.
Comme tous projets informatiques, leur mise en œuvre implique : des logiciels, des
matériels, des données et du personnel pour assurer leur disponibilité dans une par-
faite intégrité ; le tout sans oublier les aspects organisationnels liés à leur utilisation.
Leur architecture technique et fonctionnelle permet à la fois des usages orientés pu-
rement SIG : stockage, manipulations graphiques, impressions de cartes, … et égale-
ment orientés applicatifs métiers développés au-dessus du noyau SIG.
Dans le cadre particulier des départements, la totalité des domaines d’intervention
trouve un intérêt dans l’existence d’un SIG :
• Cadastre, gestion foncière, connaissance du patrimoine.
• Routes.
• Collèges, transports scolaires.
• Politique environnementale.
• Interventions sociales.
• Développement touristique, chemins de randonnées.
• Politique agricole.
•…
Dans une démarche de mise en œuvre d’un SIG, plusieurs projets départementaux
peuvent être successivement initiés ; leur dimension partenariale est à souligner :
• Numérisation du cadastre.
• Réalisation d’un orthophotoplan (vue aérienne calée sur le cadastre).
• Acquisition, intégration de données géographiques : routes, INSEE, réseaux,…
Parallèlement, la procédure (classique) de tout projet informatique impose : rédac-
tion des cahiers de charges et procédures de consultations, choix des solutions avec
une attention particulière aux fonctionnalités et à l’ergonomie des logiciels.
Au sein des services départementaux, il est important de valider le paradigme de l’in-
formation géographique :
• Le SIG est partie intégrante du système d’information départemental.
• Le SIG nécessite la définition et le respect de référentiels : cadastre, adresses, or-
thophotoplan, topographie, … ; il sera ainsi l’élément fédérateur indispensable à
tout travail transversal et collaboratif.
• Communication forte autour des notions de données communes, applications mé-
tiers spécifiques, représentations cartographiques, …
• Formation tutorisée des agents.
Au titre du programme « Département ambition 2001 », l’un des volets porte sur le
développement de l’information géographique. Le futur SIG aura le double objectif
de :
• Développer l’information géographique au sein même des services départemen-
taux
• Promouvoir l’usage de l’information géographique dans les autres collectivités et

192 Ingénieur territorial
organismes du territoire départemental : communes, EPCI, services déconcentrés
de l’État, …
Il est important d’appréhender toutes les dimensions de ce projet.

2. Organigramme et SIG
L’organigramme est la description pratique des responsabilités et missions des ser-
vices et agents de la collectivité. Les positionnements de la mission SIG et de son res-
ponsable sont des éléments décisifs pour qualifier l’importance accordée au projet
SIG.
Nous l’avons vu précédemment, il doit être partie intégrante du système d’informa-
tion départemental ; il convient ainsi de réaffirmer l’intérêt d’intégrer cette mission,
comme c’est le cas dans notre département, au sein du service des études et des sys-
tèmes d’information.
Celui-ci, n’ayant pas l’intérêt d’existence à ses propres fins, est réellement un dispo-
sitif d’appui des autres services et directions ; ses missions, dont celle du SIG, sont to-
talement transversales.
Nous l’avons également dit, les SIG se sont démocratisés et sont, aujourd’hui, à la por-
tée des collectivités plus modestes. Il n’en demeure pas moins qu’il sont toujours des
outils techniques qui demandent des savoir-faire spécifiques ; la synergie et la com-
plémentarité avec les techniques informatiques est évidente.
Le SIG constituera, progressivement donc à terme, la couche supérieure de représen-
tation des données du SI départemental ; toutes les données gérées peuvent (et de-
vront) être géo référencées, qu’il s’agisse de l’adresse d’un collège, d’un point d’accès
solidarité ou de l’attribution d’une subvention à une commune pour la construction
d’une crèche.
Le SIG n’est pas un ensemble à part du SI ; il en constitue une partie.
Une observation des situations issues de l’histoire des SIG permet d’identifier d’autres
positionnements :
• Routes.
• Environnement.
• Chargé de mission.
• Direction générale.
•…
Nous maintiendrons avec assurance l’intérêt d’un rattachement à la direction des sys-
tèmes d’information.
Tous les services départementaux sont des « clients » potentiels du SIG. Son rôle fé-
dérateur constitue la plus-value d’une intégration à tous les services, avec le souci du
calage sur des référentiels communs.
Restons toutefois sagement pragmatiques : le SIG ne sera pas le décideur miraculeux
qui lèvera toute ambiguïté et serait ainsi un « juge de paix ». C’est une composante

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 193
du SI et, à ce titre, il contribue à la mise en valeur de critères associés aux prises de
décisions.
Projet complet, donc complexe, il s’adresse à tous en s’articulant sur des thématiques
plutôt que sur des services :
• Connaissance du patrimoine : bâtiments, routes, infrastructures, …
• Aide à la gestion technique : transports scolaires, plans départementaux touris-
tiques, d’itinéraires de randonnées, de pistes cyclables, …
• Aide au développement : économie, industrie, agriculture, …
• Aide à la prévision : prévention des risques, incendie et secours, …
• Aide à la représentation : culture, social, …

3. Digitalisation du cadastre
Le département s’est judicieusement engagé dans un programme de digitalisation du
cadastre, en partenariat avec la direction générale des impôts ; il souhaite par ailleurs
mettre cette information à disposition des communes par l’intermédiaire d’un Extra-
net.
Le cadastre est, en fait, constitué de 2 composantes :
• Le plan cadastral : document présentant le territoire communal sur des planches
papier et un tableau général d’assemblage de ces planches.
• La matrice cadastrale : tableaux récapitulant les propriétaires, leurs biens, leur
consistance, leur valeur fiscale, …
Les communes manipulent ainsi, actuellement, des plans papier et des tableaux, sou-
vent par l’intermédiaire de lecteurs de microfiches.
La DGI s’est lancée, dans les années 1990, dans un programme d’informatisation de
ces données : matrices et planches cadastrales.
Le succès, en raison de la pénurie de moyens financiers et humains, n’a pas été au
rendez-vous ; ceci d’autant plus que les technologies ont à présent considérablement
évolué. Il est ainsi apparu évident de transformer les planches papier en documents
informatiques : c’est cette opération qui est appelée digitalisation.
Affirmons-le : un programme départemental de digitalisation du cadastre est abso-
lument indispensable, mais il est important de souligner qu’il pallie les manques et
défaillances de la DGI.
Les avantages d’une telle opération départementale sont multiples :
• Cadrages conventionnel et organisationnel.
• Labellisation de la structure, des contenus, de la précision des données par la DGI.
• Engagement d’une mise à disposition gratuite annuelle, voire trimestrielle, des
mises à jour graphiques.
• Liens dynamiques entre les données cartographiques et les données littérales.
• Continuité géographique communale : suppression des ruptures des planches au
sein d’une même commune.
• Support commun et utile à la majorité des acteurs départementaux : Équipement,

194 Ingénieur territorial
DDA, communes, EPCI et également opérateurs : EDF-GDF, concessionnaires des
réseaux d’eau et d’assainissement, France Telecom, …
• Couches références pour le SIG départemental.
Des contraintes importantes sont à prendre en compte :
• Élaboration de la convention : réunions, explications, adhésion, … nécessitent une
forte motivation et une intendance organisationnelle passant par la désignation
d’un porteur, des délais et des précisions se heurtant parfois à des formats et mé-
thodes propriétaires, …
• L’évidente obligation de retenir comme norme de digitalisation et format
d’échange la norme EDIGEO (échange de données informatiques géographiques).
Ce standard à présent admis est indépendant des outils logiciels de manipulation
des données géographiques ; la vérification de conformité EDIGEO, associée aux
vérifications à des fins de labellisation des structures et précisions des données, im-
pose quelquefois des pratiques nouvelles dans les services du cadastre. La qualité
des relations et échanges avec la DGI est majeure.
• Financièrement : assumée par « les partenaires » et non pas par la DGI (qui s’en-
gage à la mise à disposition gratuite des mises à jour cartographiques), elle consti-
tue rapidement un budget important. L’industrialisation de cette opération par
des sociétés spécialisées permet d’observer une baisse des prix. Cette opération,
exécutée dans le respect de la norme EDIGEO, s’en trouve toutefois légèrement
plus coûteuse.
Une alternative à la digitalisation du cadastre est à prendre en compte : l’institut
géographique national (IGN) commercialise une base de données dénommée BD-Par-
cellaire et issue du cadastre dématérialisé fourni par la DGI. Il s’agit de la composante
parcellaire de la mission RGE (référentiel à grande échelle) que l’État a confié à l’IGN
sur l’ensemble du territoire national.
Cette base de données est de précision du mètre ; elle est mise à jour en principe an-
nuellement et se veut plutôt simple d’utilisation.
Elle n’est toutefois pas à privilégier par rapport à notre programme de digitalisation
car :
• Ce n’est pas un réel plan cadastral numérique : c’est un produit mixte Vecteur –
Raster. Là où le plan cadastral a été digitalisé par la DGI, il s’agit bien de données
sous forme vectorielle, donc parfaitement manipulables avec les outils informa-
tiques. En revanche, sur de très nombreuses communes, notamment rurales ou à
très faible évolution, le cadastre est resté sous sa forme papier et est alors « ras-
terisé » (= photographié numériquement). Il est ainsi impossible (sélection de
données, croisements, mises à jour, …) de le gérer informatiquement au titre d’une
solution SIG.
• Elle ne reprend pas l’ensemble des informations incluses dans les conventions de
digitalisation avec la DGI, elle ne respecte pas non plus les critères de précision qui
y figurent.
• Pour être intégrée au RGE, elle a subi des traitements de transformation géomé-
trique et s’écarte de la réalité cadastrale.
• Disponible au mieux annuellement, sa mise à jour est moindre que dans le dispo-

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 195
sitif conventionnel (4 fois par an).
• Son coût : les mises à jour sont gratuites dans le dispositif de digitalisation mais
payantes dans le cas de la BD-Parcellaire.
Cette alternative constitue très souvent une phase transitoire et d’attente pour les
collectivités n’ayant pas encore mis en œuvre une politique de digitalisation du ca-
dastre, seule véritable démarche qui permet de disposer des couches fondamentales
de données constituant le socle d’un système d’information géographique.
Le programme de digitalisation du cadastre, formule hautement recommandée, est
encadré par une convention liant le département, la DGI et les partenaires évoqués
précédemment et intéressés par son utilisation numérique.
Il est utile de rappeler que seule la DGI, par son centre des impôts fonciers (CDIF), a
la mission de gestion et de mise à jour des données cadastrales. Son appui est une
condition nécessaire.
La phase de mise en œuvre de la convention nécessite d’abord une préparation ad-
ministrative :
• Rencontre(s) avec le CDIF.
• Recherche(s) des partenaires et esquisse des contributions financières possibles.
• Examen attentif des modalités précisées dans les différents articles (droits de dif-
fusion par exemple).
• Détermination des référents et des circuits de validations.
L’opérationnel prendra en compte ensuite, parallèlement :
• Le suivi du circuit de la convention (une année environ).
• L’élaboration du cahier des charges (des modèles existent), la consultation de mise en
concurrence, le choix partagé du prestataire et le suivi technique des travaux, réalisés
en cohérence avec les dispositifs de tests de pré labellisation imposés par la DGI.
Les contraintes juridiques liées à l’exploitation d’une base de données constituant un
système d’information géographique sont également à prendre en compte : s’agis-
sant de données nominatives, leur mémorisation et leur exploitation sont encadrées
par la loi informatique et libertés. Adoptée en 1978 pour imposer des règles de pro-
tection de la vie privée des personnes, elle a été toilettée en 2004 ; allégeant les for-
malités, elle confère à la CNIL (commission nationale informatique et libertés) des
missions de contrôle a posteriori.
Le département se doit de respecter ces règles, c’est un facteur de transparence et
de confiance à l’égard des usagers.
La loi obéit à 7 principes-clés :
• La finalité : utilisation encadrée des fichiers.
• La conservation : pas de stockage illimité.
• La divulgation : les données à caractère personnel ne doivent être disponibles que
pour des usages professionnels précis.
• L’exploitation : sécurité des solutions informatiques.
• L’information des usagers sur les traitements mis en œuvre et les données collationnées.
• Le droit d’accès permettant à toute personne de demander au détenteur des fi-
chiers de lui communiquer les informations la concernant et de les faire modifier.

196 Ingénieur territorial
• Le droit d’opposition : la notion de caractère obligatoire et facultatif des infor-
mations demandées doit permettre à toute personne de s’opposer à ce que cer-
taines données, non indispensables à la finalité du traitement, soient recueillies.
Il nous faudra définir finement l’ensemble des traitements envisagés afin de coller aux
règles de la loi et obtenir l’agrément de la CNIL avant toute mise en œuvre opérationnelle.
Bien qu’il existe des dispositifs simplifiés (norme n° 14) pour la consultation simple
du cadastre, une déclaration spécifique est à élaborer pour les traitements portant
sur l’urbanisme. Plus généralement une procédure de « demande d’autorisation »
est à respecter pour les projets de type systèmes d’information géographiques.
Nous veillerons à conduire notre projet ainsi.
Le programme départemental précise que le projet SIG doit s’accompagner de la mise
en œuvre d’un Extranet de consultation des données à destination des communes du
département.
Nous parlons d’Extranet quand le réseau qui relie des utilisateurs distants par la tech-
nologie Internet permet des accès restreints à des utilisateurs ciblés par des disposi-
tifs d’authentification (identification et mot de passe généralement).
L’architecture technique permettra aux utilisateurs finaux d’accéder aux données
(stockées sur un serveur de données) et aux applications (serveur d’applications) via
un simple navigateur Internet (logiciel léger disponible sur tous les micro-ordina-
teurs). Ce type d’architecture est dit « 3 tiers ».
Suivant la solution SIG retenue, les logiciels orientés Extranet privilégient des outils
du monde des logiciels plutôt libres ou plutôt propriétaires. Sans entrer à ce niveau
dans ces débats, nous retiendrons simplement la nécessité d’une vigilance sur les dis-
cours observés : libre ne signifie aucunement gratuit.
Le concept d’Extranet présente d’importants avantages :
• Facilité d’utilisation pour les utilisateurs (navigateur Internet).
• Facilité d’administration technique des applications (elles sont centralisées).
• Très faible investissement (micro-ordinateur standard) pour les communes.
• Homogénéité du dispositif.
La performance du dispositif nécessite de veiller à la levée de certaines contraintes :
• Liaisons de télécommunications Internet performantes (ADSL 512 Kbps au minimum.)
• Architecture informatique centrale performante administrée par une équipe pro-
fessionnelle de qualité.
• Compatibilité des logiciels SIG avec les navigateurs Internet présents (2 à 3 observés).
• Nécessité parfois (base de données IGN par exemple) de disposer de licences (coûts)
spécifiques pour un usage Internet ou Extranet.
L’Extranet présente ainsi, et à l’évidence, l’orientation à retenir par rapport à des so-
lutions à installer sur les sites distants.
La formation des utilisateurs, la mise en œuvre de solutions d’assistance (hotline) par-
ticiperont au succès du projet.
Des départements ont déjà ce niveau de prestation : Calvados, Côte d’Or, Doubs, Loi-
ret, Pyrénées-Atlantiques, par exemple.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 197
4. Orthophotoplan
Photographie aérienne du territoire, l’orthophotographie constitue une couche de
données du SIG.
Le département a, judicieusement, retenu le principe de son acquisition.
Prise de vues complexe nécessitant des traitements spécifiques lourds (suppression des
parallaxes, des ombres portées, calage sur la couche cadastrale, …), elle ne peut être
réalisée que par des entreprises spécialisées.
Elle est nécessaire dans tout SIG :
• Vision objective et grand public du territoire.
• Aide à la compréhension et à la connaissance des espaces.
• Aide à la décision évidente.
L’orthophotoplan constitue une couche fond de plan souvent en lieu et place du ca-
dastre pour les projets :
• D’aménagement et d’urbanisme : avant-projets routiers, études d’impacts, amé-
nagements urbains, …
• D’environnement : suivi de l’évolution du bâti, gestion des risques, …
• D’agriculture : évolution des surfaces agricoles, suivi de la typologie des zones, …
• De communication : à destination des élus et du grand public (ex : votre maison
vue d’avion, …).
Le principe de réalité nécessite la prise de conscience de :
• Sa rapide obsolescence.
• Une forte volumétrie des données.
• Bien que couche d’illustration et de communication des projets, l’observateur peut
parfois être détourné de la finalité du message par des regards polluants sur
d’autres points de la photographie présentée.
À l’identique de la base de données parcellaire, l’IGN commercialise des données or-
thophotographiques. Il convient rapidement et simplement de signaler la faible fré-
quence des mises à jour et surtout des coûts prohibitifs dans le cadre de la publication
sur le réseau Internet.
Nous rechercherons, comme pour la démarche de digitalisation, des partenaires ins-
titutionnels pour partager les coûts de l’opération.
Les services départementaux ont déjà préparé le cahier des clauses techniques parti-
culières de la consultation. Nous contribuerons à son enrichissement en proposant
d’intégrer des éléments portant sur :
• Les traitements à apporter sur les prises de vues afin de disposer d’une orthopho-
tographie « vraie » : redresser les bâtiments par suppression des zones d’ombre
et cachées ; l’opération est capitale en zones urbaines.
• La nécessité de saisir l’opportunité de l’orthophotographie pour obtenir (prises de
vues simultanées) des modèles numériques :
– de terrain (MNT), variation des dénivelés,
– d’élévation (MNE), altimétrie des bâtiments, de la végétation, des ouvrages

198 Ingénieur territorial
d’art… Cette composante est indispensable aux évolutions des SIG 2D vers des
SIG 3D.
• L’éventuelle (option ou tranche conditionnelle) mise à disposition de données dis-
posant des « canaux infrarouges », celles-ci permettant des traitements sur la vé-
gétation.
• La précision, la radiométrie, le mosaïquage (puzzle des données photographiques).
• Le cadrage très précis des droits d’usages (le département pouvant être amené,
afin de favoriser le développement de l’information géographique, à étendre le
cercle des bénéficiaires).

5. La mobilité et le SIG
La mobilité observée dans notre vie quotidienne n’échappe pas au monde des SIG.
On assiste déjà à l’émergence de solutions permettant au personnel de : constater,
corriger, mettre à jour des données cartographiques ou attributaires (littérales) sur le
terrain.
La saisie s’effectue sur différents appareils supports : tablettes graphiques, PC por-
tables, PDA… Elle est synchronisée avec le SIG lors du retour au bureau.
Les fonctions GPS sont très souvent intégrées aux équipements.
Les avantages de ces solutions novatrices sont importants :
• Autonomie vis-à-vis du poste de travail.
• Réactivité lors des changements.
• Pas de saisies multiples.
• Connaissances approfondies sur le terrain.
•…
Notre objectif, pour l’heure, est une veille active sur les projets initiés par les collec-
tivités matures dans le domaine des SIG (Bordeaux, Grand Lyon, …). Recensement et
mises à jour des objets et évènements :
• Points lumineux.
• Arbres d’alignement.
• Panneaux publicitaires et de signalisation.
• Flottes de véhicules.
• Cimetières.
• Graffitis.
• Interventions sur les réseaux.
•…

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 199
7. Exemple 7
TRAITEMENT D’UNE ÉTUDE DE CAS
Concours interne d’ingénieur territorial -
Session 2006
Système d’information et de communication
Thème : Informatisation de la gestion du cabinet
médical

Sujet
Afin d’améliorer la mise en œuvre de la politique d’hygiène et de sécurité de la ville
de « MaVille », (ville centre au cœur d’une communauté urbaine), le directeur gé-
néral des services souhaite informatiser la gestion de la médecine du travail.
Les principales missions du cabinet médical s’articulent autour de 2 axes :
• La surveillance médicale de 6 000 agents.
• Les actions de prévention et de conseil en milieu de travail.
Au quotidien, les médecins du travail ont des difficultés pour :
• Organiser leurs rendez-vous.
• Connaître les agents devant passer les visites obligatoires.
• Retrouver rapidement un dossier agent.
• Élaborer le document unique exigé par le décret N° 2001-1016 du 5 novembre
2001 portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la
santé et la sécurité des travailleurs…
C’est donc dans ce contexte que le DGS veut lancer ce projet d’informatisation et en
profiter pour améliorer les méthodes de travail.
Le point de départ de ce projet est une étude préalable réalisée par un cabinet ex-
terne (assistant à maîtrise d’ouvrage).
Documents joints :
Étude préalable à l’informatisation du cabinet médical décrivant le contexte, l’exis-
tant des processus organisationnels et l’architecture technique.
Travail demandé :
Vous êtes récemment embauché à la direction des systèmes d’information de la ville
de « MaVille » comme chef de projet. À ce titre, le directeur des systèmes d’infor-
mation vous demande de prendre en charge votre 1er projet « Informatisation du
cabinet médical » en commençant par l’élaboration d’un cahier des charges fonc-
tionnel et technique.
Et plus particulièrement, il vous demande de :
1. Définir les enjeux et les résultats attendus (gains, amélioration des méthodes de
travail…) de cette informatisation – 3 points.

200 Ingénieur territorial
2. Décrire le futur système d’information, et plus précisément de :
• Définir les processus organisationnels à informatiser (actions, acteurs, données en-
trées, données de sortie) – 4 points.
• Proposer les fonctionnalités logicielles (principales fonctions, types de données, ar-
chitecture technique) pour chaque processus organisationnel. Définir éventuelle-
ment les relations entre les fonctionnalités et prendre en compte les liens avec
d’autres progiciels, en proposant une architecture/urbanisation du SI – 7 points.

3. Proposer une démarche projet pour mettre en œuvre le futur système d’informa-
tion, en indiquant les principales phases, les acteurs et les outils nécessaires – 6
points.

Une première lecture attentive du sujet permet de dégager quelques éléments de ré-
ponses relatifs à la structuration et au contenu de l’étude.

Le sujet présente un questionnement mixte : «élaborer un cahier des charges fonc-
tionnel et technique dans lequel il est plus particulièrement demandé de définir les
enjeux et les résultats attendus, de décrire les processus organisationnels et de pro-
poser des fonctionnalités logicielles».

Le thème «Informatisation de la gestion du cabinet médical» laisse apparaître une di-
mension juridique importante, relative à la protection des données à caractère per-
sonnel et notamment médicales. Outre un rappel du cadre juridique en vigueur,
l’étude doit apporter une réflexion en matière de sécurisation des accès à ce type de
données. Aussi bien en externe qu’au sein du service médical, où seules les personnes
habilitées (praticiens) doivent avoir accès à ce type de données qui présentent un ca-
ractère hautement confidentiel.

De plus, l’énoncé laisse entrevoir un fort aspect transversal et pluridisciplinaire, de
nombreux services de la collectivité sont concernés d’un point de vue fonctionnel par
ce projet : le service médical, le service prévention et condition de travail, les services
de gestion des RH au travers de l’absentéisme et des impacts sur la paie. Il convien-
dra donc d’effectuer un recensement exhaustif des acteurs du projet et de d’identi-
fier clairement les rôles de chacun d’entre eux.

Enfin, les éléments techniques, provenant de l’étude préalable réalisée par un cabi-
net externe, soulèvent des interrogations relatives à l’interopérabilité du produit avec
le système d’information et l’architecture logicielle ainsi qu’à l’amélioration du ré-
seau. En outre, ces éléments demandent des approfondissements en matière de mise
en œuvre des procédures de commande publique destinées à l’acquisition de maté-
riels informatiques.

Ces divers éléments permettent de bâtir un plan dans lequel sont intégrées les trois
questions principales du sujet.

Vous pouvez, bien entendu, répondre directement aux questions posées. Toutefois,
leur intégration dans un projet global apporte une vision d’ensemble ainsi qu’une va-
leur ajoutée à votre copie.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 201
Proposition de plan-type :
Introduction
1/ L’analyse stratégique du projet :
• Présentation du cadre juridique relatif à la gestion de données personnelles à ca-
ractère médical.
• État des lieux, analyse de l’existant.
• Détermination des enjeux et des résultats attendus.
• Présentation des procédures de commande publique.
• Recensement des acteurs du projet.
2/ L’étude fonctionnelle et technique :
• Détermination des processus organisationnels.
• Présentation des fonctionnalités logicielles.
• Intégration à l’architecture technique existante.
• Mise à niveau du réseau informatique.
• Présentation de la méthodologie de conduite de projet utilisée.
Conclusion

Introduction
L’informatisation de la gestion du cabinet médical constitue un élément important
de modernisation du système d’information de notre collectivité. En effet, la réalisa-
tion d’un tel projet améliorerait l’organisation et la qualité de service en matière de
suivi médical. D’autre part, sa mise en œuvre permettrait de répondre aux obliga-
tions statutaires relatives à la prévention des risques professionnels et à la détermi-
nation du document unique.
Le présent cahier des charges présente, dans sa première partie, une analyse straté-
gique du projet contenant notamment la définition des enjeux et des résultats at-
tendus. Sa seconde partie est consacrée à son étude fonctionnelle et technique. Les
processus organisationnels, les fonctionnalités logicielles ainsi que la démarche pro-
jet utilisée y sont particulièrement détaillés.

1/ L’analyse stratégique du projet
Présentation du cadre juridique relatif à la gestion de données personnelles à carac-
tère médical
Il convient ici de rappeler, dans un style rédigé et non sous forme d’énumérations, les prin-
cipaux éléments de la loi informatique, fichier et libertés du 6/1/78 qui concerne le stoc-
kage, la collecte, le traitement et la diffusion de données personnelles.
Le stockage, la collecte et la diffusion de données personnelles, ainsi que leur traite-
ment, obéissent à un cadre réglementaire strict. La future application de gestion du
cabinet médical devra respecter les droits des personnes concernées.

202 Ingénieur territorial
Il s’agit essentiellement du droit à la curiosité, du droit d’accès aux informations (pour
les données médicales, l’intéressé devra solliciter un médecin intermédiaire pour ac-
céder à son dossier), du droit de contester et de demander leur modification ou leur
suppression des infos, ainsi que du droit d’opposition.
De même, les textes précisent les devoirs des gestionnaires : traiter les données loya-
lement et licitement pour des finalités déterminées, explicites et légitimes. Ces der-
nières doivent être adéquates, pertinentes et non excessives, exactes, mises à jour, et
conservées pour une durée n’excédant pas le temps nécessaire à leur finalité.
Le traitement de données à caractères racial, ethnique, politique, religieux, syndical,
sexuel et de santé est interdit, sauf accord de la personne ou si la finalité l’exige (né-
cessaire à l’exécution d’un contrat ou au respect d’une obligation).
Enfin, le gestionnaire est soumis à une obligation de sécurité correspondant à l’état
de l’art du moment.
De plus, la déontologie médicale soumet les praticiens au secret professionnel. Ainsi
le personnel administratif du cabinet médical ne devra avoir accès qu’aux informa-
tions relatives à l’état civil et à la situation professionnelle des agents et en aucun cas
aux informations médicales.
L’ajout d’un élément contextuel, le respect du secret médical, permet de mixer des
connaissances générales liées à l’option avec une réflexion issue d’une situation pro-
fessionnelle spécifique.

1.2 État des lieux – Analyse de l’existant
Il s’agit dans ce paragraphe de réutiliser les éléments importants du dossier, afin de
situer le projet dans son contexte professionnel. L’activité médicale doit y être briè-
vement commentée ainsi que les relations entre le service médical et les autres ser-
vices de la collectivité.
De même, l’architecture technique et logicielle, les principaux éléments du système
d’information, les ressources informatiques et l’état du réseau seront ici présentés.
Le cabinet médical, service de la direction gestion administrative du personnel, en-
tité du pôle ressources humaines, composé de trois médecins, trois infirmières et d’une
secrétaire, a pour vocation d’assurer la surveillance médicale des 6 000 agents de la
collectivité et d’exercer des missions de prévention et de conseil en milieu profes-
sionnel, en partenariat avec le service hygiène et sécurité. Sa gestion n’est actuelle-
ment pas informatisée.
Le nouveau produit devra s’intégrer dans le système d’information de la collectivité.
À ce titre, il devra être interfacé avec les autres produits du pôle ressources humaines.
Il devra être compatible avec les plates-formes Windows ou Linux et contenir un mo-
dule d’interconnexion avec ORACLE.
Le réseau informatique actuel et notamment la liaison entre les sites hôtel de ville et
cabinet médical doit être amélioré. En effet, l’optimisation de ses performances per-
mettra une utilisation optimale de la nouvelle application.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 203
1.3 Détermination des enjeux et des résultats attendus
La question présente une formulation précise : définir les enjeux et les résultats at-
tendus (gains, amélioration des méthodes de travail…), qu’il conviendra de respec-
ter. Le recensement des enjeux présente une dimension stratégique et
organisationnelle, la définition des résultats attendus concerne plutôt la détermina-
tion d’objectifs concrets, précis, mesurables et quantifiables.

Les enjeux du projet :
• Faciliter l’organisation du travail du service médical.
• Améliorer le suivi médical des agents.
• Optimiser les actions de prévention et de conseil en milieu professionnel.
• Répondre aux obligations réglementaires en matière de rapport d’activité et de
document unique.
• Disposer d’une approche globale de la sphère RH.

Les résultats attendus

Le déploiement de l’application de gestion du service médical permettra :
• De partager l’information avec les différents acteurs.
• De disposer d’un dossier administratif et médical complet des agents traités.
• D’automatiser le suivi médical en matière de vaccinations, de rappels et d’expo-
sition aux risques.
• D’optimiser la gestion des visites médicales et du tiers temps.
• De permettre l’élaboration du rapport annuel d’activité.
• De permettre l’élaboration du document unique.

1.4 Présentation des procédures de commande publique
Ce paragraphe permet de présenter le volet financier du projet représenté par l’achat
de matériels et la réalisation de travaux de réseau. Le contexte du projet est associé
à la présentation des principes généraux de la commande publique.
Le projet intègre l’acquisition de postes de travail et d’imprimantes pour les services
cabinet médical et hygiène et sécurité. De plus, l’hébergement de l’application pose
la question de l’achat d’un serveur dédié ou de l’utilisation d’un serveur existant.
L’optimisation du réseau avec la mise en œuvre de nouvelles liaisons entre des bâti-
ments nécessitera des travaux de câblage, d’installation de prises réseaux et l’acqui-
sition de nouveaux équipements physiques de connexions de type routeur, switch ou
hub. Cette démarche sur le lancement d’une procédure de marchés publics.
Enfin les problématiques de sécurité, de gestion des accès et d’authentification sous-
entendent l’octroi de matériels supplémentaires de type firewall ou serveur LDAP.
Une étude complémentaire sera nécessaire pour déterminer si les ressources actuelles

204 Ingénieur territorial
de la collectivité permettent d’assurer un niveau de sécurité adapté ou s’il convient
de se doter de matériels supplémentaires.
L’achat de ces matériels et la réalisation des travaux de câblage nécessitent le respect
des règles de la commande publique présentées ci-après.
Les marchés publics sont des contrats conclus à titre onéreux par une personne mo-
rale de droit public avec une personne morale publique ou privée, afin de répondre
à des besoins de travaux, de fournitures ou de services. Ils obéissent à des principes :
• De liberté d’accès.
• D’égalité de traitement des candidats.
• De contrôle de l’usage des deniers publics, dont découlent les procédures mises en
œuvre : publicité des offres, mise en concurrence des fournisseurs, transparence
des choix effectués, contrôles externes.
Les procédures utilisées diffèrent selon les montants et la nature du marché. Ainsi,
pour les marchés de fournitures et de services en dessous d’un seuil de 4 000 ?, il n’y
a pas de procédure spécifique mais un respect des principes de la commande publique,
souvent formalisé par une demande de plusieurs devis.
Entre 4 000 et 135 000 ? HT, le marché à procédure adaptée sera utilisé. Au-dessus
de ce seuil, en fonction de la spécificité de la commande, le gestionnaire choisira une
procédure d’appel d’offres restreint ou ouvert, une procédure négociée ou un dia-
logue compétitif.
Les marchés de travaux utilisent la même démarche avec des seuils toutefois diffé-
rents : 4 000 euros, 210 000 euros et 5 270 000 euros HT.

1.5 Recensement des acteurs du projet
La présentation de l’ensemble des acteurs et de leurs rôles respectifs constitue un élé-
ment important de toute méthodologie de conduite de projet. Et ce d’autant plus
lorsque ce dernier présente de nombreux aspects transversaux et multidisciplinaires.
L’informatisation de la gestion du cabinet médical présente une dimension transver-
sale avérée. En effet, outre le service gestionnaire, les services «traitement de la paie»,
«hygiène et sécurité», «conditions de travail et protection sociale» sont directement
ou indirectement concernés par la mise en œuvre du projet. En effet, divers flux d’in-
formations contenant des données administratives, statutaires et médicales vont tran-
siter entre ces différents services. Il apparaît judicieux d’intégrer un ou plusieurs de
leurs représentants dans les différentes entités décisionnelles et organisatrices du pro-
jet : comité de pilotage, équipe projet, comité utilisateurs.
Le comité de pilotage : il s’agit de l’entité décisionnelle du projet, disposant des pou-
voirs sur les moyens affectés au projet. Il est traditionnellement composé du maître
d’ouvrage, du chef de projet de maîtrise d’œuvre, du responsable du comité utilisa-
teurs, ainsi que des décideurs directement concernés par le projet (directeur du pôle
de gestion administrative du personnel, responsable du service médical, directeur de

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 205
la communication, directeur financier, directeur informatique…).
Le groupe projet : il est composé d’une équipe d’experts complémentaires, chargés
de mener à bien l’ensemble des aspects liés à la maîtrise d’œuvre de projets internes.
Son rôle évolue vers des missions de pilotage et d’assistance à maîtrise d’ouvrage
lorsque la réalisation du projet est confiée à un prestataire externe.
Le comité utilisateurs : composé d’utilisateurs représentatifs et motivés possédant
une bonne connaissance de l’organisation. Il permet de tester et de valider les étapes
de réalisation du projet, il favorise une implication des utilisateurs dès le début du
projet.
L’ensemble des services et des agents de la collectivité est également concerné par
l’informatisation de la gestion médicale, ainsi que les organismes et entités parte-
naires (CCAS).
Le ou les comités d’hygiène et de sécurité sont également concernés par la publica-
tion du document unique et du rapport d’activité, de même que les commissions mé-
dicales de réforme ou de reclassement des agents.
Pour ce qui concerne le volet informatique, outre le responsable de projet, différents
acteurs seront susceptibles d’intervenir, soit sur l’ensemble du projet, soit partielle-
ment en fonction de l’état d’avancement :
• Un architecte système.
• Un expert Oracle.
• Un administrateur réseau.
• Un ou plusieurs développeurs.
• Un gestionnaire de configuration.
• Un administrateur système.
• Un responsable sécurité.
• Un expert NTIC.

2/ L’étude fonctionnelle et technique

2.1 Détermination des processus organisationnels
Il s’agit de transcrire les principales missions du service de gestion du cabinet médi-
cal et processus à informatiser. Le sujet propose un plan-type : actions, acteurs, don-
nées en entrée, données en sortie. Il vous appartient de le respecter ou de l’étoffer.
Les processus organisationnels à informatiser s’articulent autour des principales mis-
sions du service de gestion du cabinet médical. Elles concernent les domaines d’acti-
vités suivants :
• La gestion du cabinet médical, visites et tiers temps.
• Le suivi des accidents du travail (déclaration, description, visite systématique, re-
prise du travail ou prolongement de l’arrêt).
• L’évaluation des risques professionnels : bilan, statistiques et élaboration d’un
plan de prévention des risques.

206 Ingénieur territorial
Chacun de ces processus peut être décliné en sous-parties. Vous pouvez, dans une
logique de gain de temps, décider de traiter de façon plus générale 2 des 3 proces-
sus et porter votre effort sur l’un d’entre eux, qui sera décrit de façon exhaustive et
détaillée.
L’emploi de modélisations provenant de diverses méthodologies informatiques peut
très bien être utilisé comme support à cette question. Ainsi les modèles entités flux
ou la combinaison de modèles logiques et organisationnels de traitement constituent
des éléments de réponse cohérents.
Le choix d’une représentation graphique favorise la vision synthétique du domaine
traité ; cependant, chaque entité devra être commentée et documentée.

Exemple de processus : la gestion du cabinet médical

Planification Convention OUI Déroulement Renseigner le
Confirmation
Visite agent agent ? Visite dossier médical

NON RELANCE
AGENT

Acteurs : infirmière, médecin, secrétaire, agent, responsables de service.
Données : dossier médical de l’agent, pharmacie (stock et vaccins), agenda du médecin.
Actions : gérer le stock pharmacie, renseigner le dossier médical de l’agent, suivre le
curriculum laboris de l’agent, suivre les agendas des médecins.

Exemple de commentaire de l’entité : convocation d’un agent.
L’action de convocation d’un agent s’effectue en conformité avec une stratégie de
planification des visites, bâtie à partir de différents critères de décision tels que le ser-
vice d’affectation, la fonction de l’agent ou l’exposition à des facteurs importants de
pénibilités physique ou morale.
La convocation devra informer l’agent, mais également son supérieur hiérarchique.
Dans le cas d’une action relative à l’ensemble d’un service, une planification avec le
responsable de service s’avère indispensable afin de ne pas perturber l’activité et le
rendement de ce dernier.
Le choix du média de convocation : courrier service ou domicile, téléphone, mail,
agenda partagé, doit être évolutif. Sa gestion doit être modulable et permettre, au
moyen de courrier en retour, d’accusés de réception ou de confirmation, d’alimenter
un éventuel module de relances.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 207
Une réponse textuelle peut également être envisagée.

Exemple de processus : l’évaluation des risques professionnels.
Nous présenterons plus particulièrement les risques liés à l’exercice d’une activité pro-
fessionnelle dans le cadre de l’exercice d’un métier. Toutefois, afin de présenter une
description exhaustive du processus d’évaluation des risques professionnels, il
conviendrait de détailler également les risques organisationnels ainsi que les risques
bâtiments.
Chaque métier est composé d’activités. Afin de mener à bien ces dernières, les agents
territoriaux doivent utiliser des matériels et des produits. Leur usage engendre des
risques qu’il convient d’évaluer et de pondérer par des critères de gravité, d’exposi-
tion et de maîtrise. Des niveaux de risque résiduel et de priorité sont ainsi détermi-
nés. Ces indicateurs permettent l’élaboration et la planification des actions à mener.
L’agrégation de ces informations constitue la base de réalisation du document
unique.
Acteurs : médecin, gestionnaire hygiène et sécurité, correspondant RH, responsable
de service, ACMO, représentant du CHS.
Données : nomenclatures des métiers, des activités, des matériels, des produits, clas-
sification des risques, rapport d’activité, document unique.
Actions : gérer les nomenclatures, évaluer les risques professionnels, valider un plan
d’action, suivre la planification des actions.
Le processus de gestion des accidents de travail devra également faire l’objet d’un
descriptif des processus organisationnels.

2.2 Présentation des fonctionnalités logicielles
Il s’agit de la transcription fonctionnelle des processus organisationnels. La descrip-
tion de ces fonctionnalités permettra de rédiger les spécificités techniques du cahier
des charges, après avoir intégré les contraintes informatiques et techniques liées à la
compatibilité et à l’interopérabilité du produit avec le système d’information existant.
Les fonctionnalités logicielles issues de la description des processus organisationnels
sont présentées par domaine d’activités. Elles intègrent non seulement les aspects liés
à la gestion, mais également les outils d’exploitation des données, ainsi que le para-
métrage de l’environnement professionnel.
• L’organisation du cabinet médical :
Gestion des convocations : agenda du médecin, prévisions des visites médicales, exa-
mens complémentaires, vaccinations, sélection des agents selon certains critères, dis-
ponibilité de l’agent.
Visite : file d’attente des visites quotidiennes, consultation du dossier du salarié pen-
dant la visite, conclusions professionnelles, type de visite, tiers temps, saisie du
contenu.

208 Ingénieur territorial
Liens éventuels : bureautique, messagerie, gestion du temps, planning des services.
• Gestion du dossier individuel de l’agent (administratif et médical) :
Domaine administratif : agents présents à l’effectif, agents ayant quitté la collecti-
vité (suivi post-professionnel), historique de la carrière professionnelle.
Domaine médical : historique exposition, éléments d’arrêts de travail médicaux et
paramédicaux, soins, vaccinations, accidents du travail et examens complémentaires,
expositions aux risques et dossier de surveillance, pathologie, antécédents médicaux,
modes de vie, antécédents familiaux, accès aux infos par visite, accès aux soins de
l’infirmerie.
Liens éventuels : interface GRH-paie.
• Exposition aux risques professionnels :
Gestion des postes et unités de travail de la collectivité.
Catalogue des risques professionnels et niveau d’exposition.
Les risques et expositions : fiche individuelle, fiche de poste (lien risque), fiche agent,
emplois, lieux, situations de travail, définir des groupes d’exposition, lien dossier mé-
dical de l’agent.
• Le paramédical : activité de l’infirmerie :
Gestion des soins prodigués par les équipes médicales en relation avec le dossier de
l’agent, tenue du registre des accidents de travail, tenue du cahier d’infirmerie, ré-
cupération éventuelle des appareils médicaux et des résultats biologiques.
• L’exploitation des données :
Analyses statistiques, rapport d’activité réglementaire, prévention et amélioration
des conditions de travail.
Lien éventuel : outil infocentre.
• La définition des profils utilisateurs : confidentialité des informations et mise en
conformité CNIL.
• La définition des tables de référence.
• La gestion des accidents du travail :
– Traitement administratif de l’accident, suivi des statistiques.
– Suivi des maladies professionnelles, reclassements temporaires.
– Actions de prévention à entreprendre à la suite d’accident, contrôle réglemen-
taire.
– Gestion des formations des agents, suivi des habilitations nécessaires à la tenue
du poste.
– Tenue du registre d’infirmerie (prise en compte des accidents).
– Tenue du registre d’accidents de travail.
– Déclaration interne d’accident.
– Dossier complet d’accident, accessible à partir du registre des accidents ou du
dossier de l’agent.
Liens éventuels : photos numériques, scanner, bureautique, import des agents
GRH-paie, textes réglementaires, Excel.
• L’évaluation des risques au poste de travail :
– Réalisation des fiches des postes (tâches élémentaires associées à des nuisances,
groupes d’exposition, dangers).

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 209
– Unité d’exposition (contexte, lieu) et nuisances associées.
– Évaluation rationnelle des risques : niveau de risque.
– Dossier d’exposition de chaque salarié, suivi des formations par salarié.
– Banque de données de références : nuisances, habilitations, fournisseurs, équi-
pement de protection individuel.
– Fiche de toxicologie pour les éléments chimiques.
– Actions de prévention, de contrôle, formations.
– Mesures effectuées par poste.
– Statistiques, document unique d’évaluation des risques.
Liens éventuels : documents bureautiques (notice de poste, consignes de sécurité),
textes réglementaires, gestion du cabinet pour surveillance par le médecin.

2.3 Intégration à l’architecture technique existante
Après avoir présenté les contraintes liées au respect de l’architecture technique exis-
tante en matière de système d’exploitation et de bases de données (Oracle), une pré-
sentation des solutions de gestion décentralisée permet d’établir différents scenarii.
Outre les aspects liés à la compatibilité et à l’interopérabilité de la nouvelle applica-
tion, la description argumentée des différentes architectures logicielles, supportant
une gestion décentralisée de l’application, permet de présenter des solutions plus ou
moins performantes.
• Des sites distants sont concernés. Par conséquent, l’architecture reposera au choix sur :
• Une solution de type CITRIX.
• Une solution avec un serveur de partage de fichiers en local (la BDD étant héber-
gée dans le service informatique de l’hôtel de ville).
• Une solution client/serveur.
• Une solution Intranet.
Une argumentation de ces différentes architectures, structurées selon un ratio effi-
cacité/coût ou avantages/inconvénients, permet de différents scenarii.

2.4 Mise à niveau du réseau informatique
La réalisation de travaux d’amélioration du réseau, entre les sites concernés par l’ap-
plication informatique, a été validée lors de l’étude préalable. Il convient dans cette
partie de préconiser la solution la plus adaptée correspondant aux propositions d’ar-
chitectures développées précédemment.
L’étude préalable a permis de valider l’adaptation des lignes réseaux entre les diffé-
rents sites concernés par le produit informatique de gestion médicale. Le débit asy-
métrique actuel, 256 Kbps dans le sens cabinet médical vers mairie, semble insuffisant
pour supporter une architecture client/serveur ou une solution full web.
Ainsi, une configuration utilisant un câblage Ethernet de catégorie 5 en 10/100 Mbps,
sur les LAN des différents sites de la collectivité connectés entre eux par fibre optique,
apparaît comme une solution susceptible de fournir une bande passante suffisante

210 Ingénieur territorial
pour assurer un débit d’informations satisfaisant.
L’interconnexion entre les différents LAN s’effectue au moyen d’équipements phy-
siques de type routeur, hub ou switch, selon une architecture nécessitant la réalisa-
tion d’une étude complémentaire qui doit intégrer notamment les données
topographiques de la collectivité.

2.5 Présentation de la méthodologie de conduite de projet
utilisée
Il convient ici :
• De reprendre les principales phases d’un projet informatique en les décrivant briè-
vement dans le contexte « Informatisation du cabinet médical ».
• De distinguer la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre.
• De préciser le rôle des acteurs principaux : chef de projet informatique, chef de
projet utilisateur.
• De prévoir des groupes de projet et des comités de pilotage.
• De définir le phasage du projet. Sachant que l’on vient de terminer la phase
d’étude préalable, le projet peut commencer par la rédaction du cahier des
charges, le choix de la solution, le déploiement (installation, paramétrage, tests,
formation), la conduite au changement.
• De recenser les outils de pilotage : rapports d’analyses technique et fonctionnelle,
animation-type des comités de projet, compte rendu-type du comité de projet, re-
levé des tâches et actions, animation-type des comités de pilotage (ou décision-
nels), relevé de décisions, processus de recette, suivi du budget, Pert, Gantt.

Etablir un projet ou une étude, méthode (options) 211
Épreuve de conversation
avec le jury.
Méthode
Chapitre V

Cette épreuve a lieu si le candidat est reçu aux épreuves écrites.
Les résultats sont connus à peu près 2 à 3 mois après le passage des écrits. Les oraux
se déroulent alors 5 ou 6 semaines après l’annonce des résultats. Ce qui signifie que
les candidats ont très peu de temps de préparation aux épreuves orales s’ils atten-
dent les résultats. Aussi, cette épreuve de conversation avec le jury se prépare au
lendemain des écrits, ce qui laisse le temps suffisant. Ceci dit, toutes les révisions
qui seront faites durant la préparation des épreuves écrites (notamment lectures
d’articles, collectes de documentations) seront également utiles pour les épreuves
orales.

I – Le déroulement de l’épreuve
Cette épreuve orale et d’admission au concours est destinée à permettre au jury
d’apprécier les motivations du candidat, sa personnalité ou son charisme, ses apti-
tudes et capacités à exercer la fonction d’ingénieur territorial. Les qualités de com-
munication et la maîtrise de soi dans une situation de stress font aussi partie de
l’épreuve. Pour résumer, il s’agit de mettre en valeur son savoir, son savoir-faire, et
son savoir-être.
Pour ce qui concerne l’examen professionnel d’ingénieur, les informations qui sui-
vent sont parfaitement transposables. Il convient toutefois de signaler les trois
points suivants :
• Il n’y a pas de sujet tiré au sort.
• L’épreuve commence par une présentation personnelle du candidat de 10 mi-
nutes.
• Les questions qui suivent visent à apprécier la capacité du candidat à analyser

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 213
son environnement professionnel ainsi que son aptitude à résoudre les problèmes
techniques ou d’encadrement les plus fréquemment rencontrés par un ingénieur.
C’est pourquoi les candidats à l’examen professionnel liront avec profit toutes les in-
formations proposées ci-dessous.
L’épreuve de conversation n’est pas une seule épreuve de connaissances. Elle est à
considérer aussi comme un entretien d’embauche. À ce titre, à l’issue des 40 minutes
d’entretien, il est courant de voir les membres du jury se concerter et se demander
s’ils recruteraient le candidat dans leur propre collectivité.
Cette épreuve doit être considérée comme un entretien qui pourrait se dérouler lors
d’une réunion professionnelle en présence d’élus et d’ingénieurs. Dans ce contexte,
les membres du jury cherchent à déceler des aptitudes à l’acquisition de la qualité de
fonctionnaire, ou à l’accès à un grade supérieur, les valeurs professionnelle, intellec-
tuelle et humaine du candidat, son sens des réalités concrètes, sa capacité à gérer des
opérations, à s’intégrer dans un environnement professionnel, à intégrer ou encadrer
une équipe d’acteurs à compétences multiples, à savoir prendre de la hauteur et
appréhender l’ensemble d’une situation.
L’épreuve de conversation avec le jury se déroule en 2 temps :
• Une préparation du sujet tiré au sort, durant 10 minutes.
• L’entretien devant le jury, durant 40 minutes.
• D’une manière générale, l’entretien se déroule de la manière suivante :
• Les membres du jury se présentent brièvement et exposent le déroulé de l’épreuve,
puis déclenchent un minuteur pour 40 minutes d’entretien.
• Dans un premier temps, il est demandé au candidat de se présenter en 5 minutes.
• Puis le candidat est invité à présenter son exposé relatif au sujet tiré au sort,
durant 10 minutes.
• Le jury pose des questions sur l’exposé et sur la présentation du candidat durant
10 minutes.
• Les 15 minutes restantes sont consacrées à des questions d’ordre général relatives
au métier d’ingénieur, à des mises en situations, à des questions liées à la fonction
de manager, ou encore des questions dites « d’environnement territorial ».
Pour résumer, la gestion du temps se répartit comme suit :
• Recherche des idées - élaboration du plan 10 minutes (sans le jury)
• Présentation professionnelle du candidat 5 minutes
• Exposé sur le sujet 10 minutes
• Questions du jury sur le sujet 10 minutes
• Questions diverses 15 minutes
50 minutes
Savoir gérer ce temps de parole est essentiel. « Jouer la montre » sera très mal perçu.
Si le temps octroyé par étape est dépassé, le jury ne manquera pas d’interrompre plus
ou moins nettement le candidat. Il pourra la plupart du temps l’inviter à conclure,
mais aussi, de façon plus brutale, lui signifier que le temps pour sa présentation est
dépassé, le jury passant alors à l’étape suivante. Ceci est fort handicapant si des élé-
ments importants de la présentation du candidat manquent (telles que ses motiva-
tions par exemple). En revanche, un candidat qui n’occuperait pas le temps imparti

214 Ingénieur territorial
laisse plus de place au jury pour le questionner et surtout démontre une incapacité
à gérer son temps de parole. Cependant, il n’est pas nécessaire de regarder sa montre,
une préparation efficace et un bon entraînement suffisent à prendre « conscience
du temps ».

II - La préparation du sujet
Plusieurs questions relatives à l’option sont soumises à un tirage au sort. Le candidat
est placé dans une salle surveillée, afin de préparer son argumentaire.
Il s’agit de bien comprendre le sujet, c’est-à-dire de bien définir le champ de réponse
que l’on souhaite apporter et traiter. En effet, il y a différents types de sujets.
Certains sont très ouverts, laissant place à plusieurs champs de réponse large, tels que :
« L’ingénieur territorial : gestionnaire, manager ou expert ? » ou encore « Les res-
ponsabilités d’un ingénieur territorial ».
D’autres sujets sont plus ciblés et appellent une réponse de professionnel de l’option, tels
que : « Démolition des logements sociaux et mixité sociale » ou « La gestion des déchets
». Certains sujets peuvent être très transversaux et applicables quelle que soit la spécialité
dans laquelle on se présente, tels que : « Gérer les nuisances sonores » ou « Les lumières
dans la ville » ou « Intégrer le coût global à une opération ».
Il est accordé 10 minutes au candidat pour préparer la réponse au sujet tiré au sort.
Le temps imparti étant très court, il s’agit de rassembler ses idées rapidement et de
les structurer, c’est-à-dire de rédiger un plan. Le plan doit être, encore plus que pour
l’écrit, facile à retenir, avec des titres courts et pertinents. Un plan de présentation
orale en 2 parties semble plus clair et plus compréhensible qu’un plan en 3 parties.
Il ne faudra pas omettre de préparer une introduction, visant à exposer le sujet, dé-
finir le champ de réponse choisi, la problématique et l’annonce du plan.
Puis une conclusion, qui viendra appuyer ses principaux arguments et éventuellement
ouvrir vers une autre idée, sur laquelle pourrait rebondir le jury.
Étant donné le peu de temps accordé, les idées ne seront pas rédigées sur le brouillon,
mais juste listées afin de ne pas les oublier. La trame des idées structurées en plan,
sur un brouillon, doit permettre de jeter un bref regard sur ses notes et nouer un dia-
logue en regardant le plus possible les membres du jury.
Le jury se compose, d’une manière générale, pour le concours externe, de 3 membres
(mais cette composition peut varier de 2 à 4 membres de jury, selon les centres d’exa-
men) :
• Un élu occupe la place de président du jury.
• Un ingénieur territorial représente la personnalité qualifiée, c’est-à-dire spécialiste
de l’option dans laquelle le candidat se présente.
• Un ingénieur territorial généraliste, tel qu’un directeur des services techniques, a
une vision plus large de la fonction d’ingénieur.
Pour le concours interne, tous les candidats sont auditionnés par un jury plénier, composé
de 9 personnes (cette composition du jury peut varier selon les centres d’examen).
Chacun des membres du jury vote à part égale, à la fin des 40 minutes d’entretien.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 215
Il n’y pas de découpage strict de la note finale en fonction des parties abordées. Ce-
pendant, une grille d’évaluation permet de juger les connaissances techniques, l’ex-
périence professionnelle, la présentation du candidat, son comportement et son
aptitude à la mise en œuvre de projets et à l’encadrement d’équipes. La note est le
reflet de l’ensemble de la prestation des 40 minutes. C’est pourquoi, il ne faut à au-
cun moment de l’entretien se décourager. Une question à laquelle on n’aurait pas su
répondre ne signifie pas un échec de la prestation. De plus, les candidats sont jugés
les uns par rapport aux autres. Il s’agit alors de donner le meilleur de soi et de rester
sûr de ses connaissances et de ses capacités.

III - Présentation professionnelle du candidat
La façon de se présenter détermine la première impression du jury qui est toujours
importante. C’est pourquoi cette partie se prépare. Pour y parvenir, il est utile de
mettre dans un premier temps, par écrit, ce que l’on veut transmettre au jury (son
parcours, ses expériences, ses motivations). Puis, de s’entraîner oralement en se chro-
nométrant, afin de vérifier que les 5 minutes seront occupées mais pas dépassées.
Enfin, il s’agit d’ajuster ses propos, la quantité et le développement des informations
pour tenir dans le temps imparti.
Pour définitivement valider votre présentation, il s’avère très utile de s’entraîner de-
vant un collègue et/ou une personne qui ne vous connaît pas, puis de vérifier que cet
interlocuteur a bien compris les éléments que vous voulez lui communiquer.
Que ce soit pour un concours ou pour une réunion dans un cadre concret et profes-
sionnel, un entretien se prépare. Cependant, il ne faut pas que la présentation donne
l’impression d’être une récitation. Mieux que quiconque vous connaissez votre par-
cours, votre présentation se doit donc d’être fluide et dite avec naturel.
Comme pour un entretien d’embauche, le candidat se mettra en valeur, en mettant
en évidence les qualités de son parcours et de ses choix professionnels. Ceci dit, une
certaine cohérence et sincérité doivent demeurer.
Le jury sera sensible à sa tenue vestimentaire (correcte et professionnelle, sans ex-
centricité) et à son attitude (comportement traduisant une certaine maîtrise de soi).
Il est ainsi nécessaire d’apprendre à gérer son corps, sa gestuelle, son rythme de
parole, sa respiration, d’essayer d’être décontracté sans paraître désinvolte.
Tout au long de l’épreuve, il conviendra de regarder chaque membre du jury, afin
d’établir une communication avec eux, sans laisser de côté celui ou celle qui semble-
rait inattentif ou qui n’interviendrait pas. L’erreur à ne pas commettre est de ne
regarder que le membre du jury qui pose des questions. Chaque question est bien
posée au nom de l’ensemble du jury. Il ne suffit pas de parcourir le jury des yeux,
mais de fixer chaque membre dans les yeux, c’est-à-dire de s’adresser directement à
chaque personne. De plus, chaque membre du jury aura au final une note à donner
et une appréciation du candidat. Enfin, la gestuelle doit accompagner le contenu de
son propos. Il s’agit du non-verbal.
L’expression orale est tout aussi importante. Elle doit être correcte, mesurée,

216 Ingénieur territorial
affirmée et argumentée. Il est évident que la qualité de l’expression (précision des
termes employés, discours expressif et vivant, aisance du style, voix audible, débit
équilibré) constitue un des critères d’appréciation. Le discours ne doit pas être agres-
sif, ni timoré, mais affirmé.
La présentation du candidat s’expose de manière structurée en indiquant un certain
nombre d’informations. Ces 5 minutes sont un premier contact avec le jury, une pre-
mière impression. Il s’agit de mettre en évidence un parcours, mais aussi convaincre
le jury que l’on est capable et prêt à occuper un poste et une fonction d’ingénieur
territorial.
Cela se rapproche de l’exposé de son curriculum vitae, mais en y incluant une logique
de progression de sa carrière amenant le jury à penser que le candidat est apte, ou
pour le moins possède une capacité d’adaptation, pour la fonction d’ingénieur exer-
çant en collectivité territoriale.
Dans ce cadre, il s’agit d’éviter le catalogue purement chronologique, mais de sélec-
tionner, de hiérarchiser les différentes informations en mettant en valeur les princi-
paux aspects positifs, en insistant sur l’activité professionnelle la plus récente et en
donnant un caractère concret à l’exposé.
Pour le concours externe, l’expérience professionnelle ne sera pas prise en compte
puisque le jury estime que les candidats sont de vrais externes, c’est-à-dire de jeunes
diplômés sans expérience professionnelle ou ayant une expérience dans le secteur
privé. Attention cependant au fait que les candidats sont en grande majorité de «
faux externes », c’est-à-dire qu’ils exercent déjà en tant qu’ingénieur contractuel
dans une collectivité. Dans ce cas, l’expérience professionnelle est bien sûr jugée et
prise en compte.
Par contre, pour le concours interne, le jury tiendra compte et jugera de la pertinence
de l’expérience professionnelle acquise dans la carrière des agents.
La présentation peut se structurer autour de plusieurs informations principales :
• Son nom, son âge.
• Ses diplômes.
• Son parcours professionnel dans le secteur privé et dans le secteur public.
• Éventuellement le poste occupé actuellement (par exemple en tant que contrac-
tuel).
• Les concours territoriaux obtenus (avec les dates de réussites, les stages réalisés…).
• Ses motivations à réussir le concours d’ingénieur territorial et à intégrer la fonc-
tion publique territoriale.
Pour cette présentation, il est plus facile de suivre un ordre chronologique, en par-
tant de ses diplômes, puis du premier poste occupé jusqu’au poste actuel. Une autre
solution peut être de citer rapidement son poste actuel, puis d’énoncer ses diplômes
et différents postes occupés, pour finir plus en détail sur le poste actuel. Il n’y a pas
de bonnes ou mauvaises solutions, il s’agit avant tout de tester ces deux solutions
pour connaître celle avec laquelle on se sent plus à l’aise pour se présenter. L’essen-
tiel reste de démontrer une réelle progression professionnelle incitant le jury à pen-
ser que vous êtes prêt à occuper un poste d’ingénieur.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 217
Il est inutile de préciser son statut marital ou encore ses passions. L’entretien se limite
à ses activités professionnelles.
Le jury ne doit pas être considéré comme un ensemble de personnes omniscientes. Il
s’agit d’un entretien de professionnel à professionnel. Le candidat doit faire en sorte
de débattre avec des ingénieurs et élus, de la même manière qu’il se comporterait
dans une réunion. Il peut défendre ses idées, du moment qu’elles sont bien argu-
mentées.
En revanche, il ne faudra pas avoir un discours trop partial. Là encore, il s’agit d’un
entretien de professionnel, qui ne doit pas dévoiler ses idées politiques ou de société.
Un ingénieur est force de proposition et se doit d’être au service des élus quelque
soient leurs arbitrages. Un ingénieur a un rôle de conseil. Il doit exposer les solutions
techniques avec leurs avantages et leurs inconvénients et appliquer les décisions re-
tenues par les élus, seuls décideurs.
Lors des oraux, le jury ne possède aucun élément sur le candidat, excepté son nom
et l’option dans laquelle il concourt. Le fait de commencer sa présentation par son
nom et son âge permet au jury de bien identifier le candidat et de se faire une opi-
nion sur sa maturité professionnelle. Cependant un candidat, même très jeune, peut
se révéler capable d’occuper une fonction d’ingénieur. Ceci sera vérifié par son ex-
périence professionnelle qu’il énoncera par la suite. De même, les diplômes (essen-
tiellement pour le concours externe) évoquent le niveau de connaissances, le domaine
de compétences et peuvent permettre de décrire les premiers pas dans le monde du
travail par la réalisation de stages professionnalisants ou encore de projets d’étude
proches de problématiques réelles.

Le parcours professionnel dans le secteur privé et/ou public (surtout pour le concours
interne) indique au jury la capacité à occuper un poste à responsabilités. C’est à cette
étape qu’il est essentiel de mettre en valeur son parcours. Il faut s’efforcer de dé-
montrer que l’on en est maître, que les choix d’orientations ou de postes n’ont pas
été que les fruits du hasard. Aussi il est inutile, comme on peut l’entendre parfois, de
préciser un échec de parcours, en évoquant par exemple des problèmes rencontrés
avec des collègues ou des élus. De même, on évitera d’évoquer une succession de
postes sans liens logiques, laissant penser que le candidat est mené d’un poste à
l’autre sans réelle implication volontaire de sa part. Il s’agit, au contraire, de dé-
montrer qu’il existe une progression dans sa carrière. Par exemple, le fait d’occuper
un poste de chargé de mission, suivi d’un poste avec de l’encadrement, ou encore le
fait de remplacer son supérieur en son absence, montre que l’on vous fait confiance.
De plus, il faut pouvoir justifier ses choix, faire en sorte de montrer le lien logique et
de continuité d’un poste à l’autre. En contrepartie, un candidat qui n’aurait connu
qu’une seule collectivité doit pouvoir démontrer que les postes qu’il a occupés se sont
révélés de plus en plus importants en terme de responsabilités, d’encadrement, d’am-
pleur et de complexité des opérations suivies. Que ce soit pour le concours interne
ou externe, l’enjeu reste le même : prouver au jury sa capacité à occuper un poste
d’ingénieur, son potentiel d’adaptation à cette fonction.
Ce parcours indiquera précisément les postes occupés, le niveau de responsabilités
avec des indications sur les opérations suivies, sur leurs coûts, les collectivités par-
courues, avec leurs strates géographiques (c’est-à-dire le nombre d’habitants par

218 Ingénieur territorial
exemple). Il est important de préciser la strate et le type de collectivité (région, dé-
partement, commune, communauté…) car ceci permet de préciser l’organisation de
la structure. Il semble évident que le partage des tâches et des responsabilités se fera
de façons très différentes entre une région et une petite commune. Les budgets, les
domaines de compétences seront aussi disparates. Il est d’ailleurs intéressant de don-
ner des éléments budgétaires du service duquel on dépend, ou même du secteur que
l’on dirige. Le budget de fonctionnement et d’investissement donnera une idée de
l’ampleur des opérations.
Si le candidat a occupé un poste d’encadrement, il est intéressant de préciser le
nombre de personnes managées, leurs grades, la répartition des fonctions de chacun.
L’organisation d’une structure donne aussi le niveau de responsabilités de l’agent. Il
s’agit de préciser où l’on se situe dans l’organigramme, avec la composition de son
service ou de sa direction, mais aussi de l’encadrement (n + 1). L’encadrement se
compose principalement de l’organisation de la hiérarchie de sa propre direction, avec
éventuellement les directeurs par secteur d’activité, mais aussi du pôle direction com-
posé des DGS, DGA. Ce descriptif est à adapter en fonction de l’organisation et du
type de structure territoriale dans laquelle exerce le candidat. De nombreux candi-
dats oublient cette organisation, ce qui laisse supposer que l’agent se retrouve seul
dans sa collectivité ! Cependant, pour ce qui concerne l’expérience d’encadrement,
elle n’est en aucun cas rédhibitoire si le candidat n’a jamais été en position de ma-
nager. Certains postes requièrent cette compétence, tel qu’un chargé de mission
sachant obtenir de son équipe la production de tâches, bien qu’il n’ait pas de lien di-
rect hiérarchique. On évoque alors la notion de management indirect, d’autant plus
difficile à exercer que ses collaborateurs n’ont pas d’obligation à respecter les
consignes données. Pour autant, il s’agit d’une responsabilité d’encadrement. D’autre
part, un agent peut occuper un poste sans encadrement mais être amené à rempla-
cer son supérieur ponctuellement, ce qui sous-entend une confiance donnée à l’agent
et surtout une capacité à manager déjà exercée. Enfin, il est possible d’avoir eu à un
moment de sa carrière une équipe à encadrer. Il faudra alors citer cette expérience,
mais aussi expliquer le choix de ne plus avoir d’encadrement dans le poste suivant,
afin de lever toute ambiguïté (incapacité à manager, volonté de ne pas avoir ce type
de responsabilités si cela s’est mal passé…).
Les stages effectués au cours de la carrière sont également intéressants, car ils peu-
vent démontrer que l’agent a acquis des connaissances ou développé une méthode
d’encadrement qui lui seront utiles pour poursuivre son évolution professionnelle.
De plus, les opérations d’envergure menées, ou le suivi d’opérations atypiques né-
cessitant une certaine technicité, montrent que l’agent a été capable de réussir des
opérations complexes. Ces indications peuvent attirer l’attention et la curiosité du
jury, qui peut alors rebondir et poser des questions sur ces opérations. Ceci signifie
que le candidat tend « des perches » dans sa présentation. Bien évidemment, il est
inutile de faire croire que l’agent a suivi une opération complexe, alors qu’il n’a été
qu’un des innombrables acteurs et qu’il ne maîtrise absolument pas l’ensemble des
étapes de suivi. Prendre le risque de le présenter de la sorte expose le candidat à des
questions auxquelles il ne saura pas répondre, et ainsi de ne pas convaincre le jury,
voire de faire apparaître une tromperie.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 219
Il est donc indispensable d’être sincère, car malgré le peu de temps imparti (40 mi-
nutes), il est assez facile de se rendre compte rapidement de la pertinence et de la
sincérité d’un parcours et, a contrario, d’un discours superficiel et beaucoup trop flou.
Pour autant, la présentation se doit d’être bien préparée pour mettre en valeur un
parcours intéressant et riche, en omettant les petits accidents de parcours s’ils exis-
tent ou les changements de cap un peu surprenants.
Ainsi, la présentation la plus claire et cohérente possible, en affichant une progres-
sion jusqu’à son poste actuel, en démontrant sa capacité d’adaptation et de curiosité
intellectuelle, en expliquant ses choix de carrière, permettra de convaincre un jury de
professionnels.

La présentation du poste actuel est logiquement le poste le plus important en terme de
responsabilités. C’est en quelque sorte le point d’orgue ou le tremplin qui permet de se
présenter devant le jury et de prétendre pouvoir occuper un poste d’ingénieur territorial.
C’est le poste qui doit être le mieux décrit, en insistant sur les éléments qui permettent de
penser que l’agent est prêt à évoluer vers un grade supérieur. C’est à cet instant qu’il fau-
dra se situer dans l’organigramme, et donner des éléments pour convaincre et préciser son
niveau de responsabilités (organigramme, budget, encadrement…). Pour le poste occupé
actuellement (et seulement dans ce cas), le nom de la collectivité ne doit pas être men-
tionné, afin de préserver la règle d’égalité des candidats (au regard des obédiences poli-
tiques des membres du jury et notamment des élus). Cependant, certains éléments (strate
géographique, type de collectivité, organigramme…) permettront de bien comprendre le
poste occupé et les fonctions associées.

Les concours obtenus au cours de sa carrière indiquent la volonté de poursuivre un
parcours en constante progression et la ténacité à vouloir gravir des niveaux de res-
ponsabilités. Le grade est souvent, voire inévitablement, lié à la fonction occupée.
Une collectivité nomme rarement un agent au grade supérieur sans le changer de
poste ou exiger de lui le suivi de missions supplémentaires. Obtenir un concours né-
cessite du travail, une formation initiale (à l’issue de la nomination), l’acquisition de
connaissances, une certaine reconnaissance par la collectivité qui nomme l’agent.

Enfin, la présentation s’achèvera par ses motivations. Cet élément est particulière-
ment important et fait partie d’un des critères d’appréciation d’un candidat. Les ar-
guments tels que : augmentation de sa rémunération, sécurité de l’emploi, souplesse
des horaires (surtout pour les candidats non titulaires, ou issus du secteur privé), se-
ront à bannir. Un poste d’ingénieur rassemble d’autres avantages, tels que : un ni-
veau de responsabilités motivant, une proximité avec les pôles de décisions, une
meilleure connaissance du déroulement d’opération, un échange avec des équipes
professionnelles… C’est évidemment au candidat de bien penser à ses motivations, à
l’intérêt de poursuivre une carrière dans un cadre d’emploi de catégorie A.

VI - Exposé à partir d’une question tirée au sort
L’exposé de 10 minutes, suivi de 10 minutes de questions, se doit d’être structuré,
de même que l’a été la partie recommandations à l’écrit. La structure fermement in-

220 Ingénieur territorial
diquée (voire « martelée ») est d’autant plus importante qu’il est difficile de suivre
un exposé oral, alors que l’on peut se permettre de revenir en arrière sur une copie.
Le candidat dépose ses notes devant lui (prises lors des 10 minutes de préparation),
ce qui lui permet d’avoir la trame et les idées fortes en évidence. Il s’agit bien d’une
prise de notes et surtout pas d’un texte que le candidat lirait au jury, ce qui ne cor-
respondrait en rien à un entretien.
À l’opposé des écrits, où l’usage de la première personne est à bannir, le « je » est pré-
férable. Ceci indique sa prise de position et une affirmation de soi, de sa personnalité. Pour
exemple, une phrase introductive pourrait être : « Dans un premier temps, je vais vous
présenter mon parcours scolaire, puis professionnel, puis achever ma présentation sur les
motivations qui m’incitent à acquérir le grade d’ingénieur territorial ».
Le plan sera composé d’une introduction, de 2 parties claires avec une logique de pro-
gression et d’une conclusion. L’introduction présente le sujet et son contexte, dévoile
le champ de réponse que le candidat décide de traiter, expose la problématique du
sujet et annonce le plan. Le plan, en 2 parties équilibrées (et sans sous-parties qui
complexifieraient à outrance le propos), s’attachera à être clair, pertinent, riche de
propos techniques (attendus par le spécialiste), de prise de hauteur et de vue d’en-
semble dans un contexte territorial (apprécié par le généraliste) mais aussi accessible
et cohérent pour le décideur (l’élu). Enfin, la conclusion retrace les points forts de
l’exposé et éventuellement ouvre vers d’autres champs de réponse, permettant de
faire rebondir le jury.
À l’issue des 10 minutes d’exposé du sujet, suivront 10 minutes de questions du jury
relatives au sujet. Le jury engage un entretien avec le candidat en formulant des ques-
tions initiées par les points exposés, c’est-à-dire demande des précisions, des complé-
ments ou des développements d’autres champs de réponses. Le jury peut aussi exposer
à l’agent une mise en situation, apparentée à un cas pratique, à une situation de tra-
vail susceptible d’être rencontrée dans l’exercice de l’activité professionnelle. Étant
donné que le jury se compose essentiellement de professionnels, il arrive souvent que
l’ingénieur ou l’élu a lui-même vécu la situation sur laquelle il demande à l’agent de
se positionner et de répondre.
Afin de mieux exposer cette partie, voici comment il serait possible de traiter certains
sujets. Vous verrez qu’il n’y a pas de correction-type. L’essentiel est de bien argu-
menter, de ne pas être superficiel, d’avoir un discours professionnel, avec une vue
d’ensemble de la problématique, et de citer des exemples pertinents.
Prenons un exemple de sujet : « L’optimisation de la gestion des déchets ».
En tout premier lieu, il faut veiller à bien lire et analyser le sujet. Il s’agit d’éviter le
hors sujet ou de trop limiter le champ de réponse. Les sujets sont en général très ou-
verts, laissant libre le champ d’interprétation. Il y a donc plusieurs façons de répondre
à un même sujet. C’est au candidat de montrer qu’il a saisi l’étendue du sujet, mais
qu’il fait le choix de ne traiter qu’un volet. Ceci sera exprimé dans l’introduction. Il
faudra aussi éviter de se limiter à un exposé de connaissances, et bien définir une
problématique associée à une logique de démonstration. La réussite de l’épreuve
orale dépend de la faculté à mobiliser utilement ses connaissances et démontrer sa
capacité à structurer sa pensée. Il s’agit aussi de montrer au jury sa capacité à être

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 221
opérationnel. L’exposé est un prétexte à la réflexion et à la discussion.
L’introduction pourrait être :
« Le contexte réglementaire a évolué depuis quelques années. En effet, depuis la loi
du 13 juillet 1992 relative à l’élimination des déchets, l’arsenal législatif s’est consi-
dérablement étoffé et enrichi. Cette loi a notamment renforcé la nécessité de tri
puisque, depuis 2002, seuls les déchets ultimes doivent aller dans les centres de stoc-
kage. Les autres déchets doivent être réemployés, réutilisés, recyclés ou incinérés. La
gestion des déchets regroupe les domaines de la collecte et du traitement. L’optimi-
sation de cette gestion représente un enjeu majeur pour un ingénieur territorial, au
regard de la notion de développement durable. La compétence peut être confiée aux
communes ou aux intercommunalités. Je vais développer une première partie qui per-
mettra de définir la notion de déchets, puis une seconde partie qui traitera de l’op-
timisation de la gestion des déchets ».
Cette introduction ne sera bien sûr pas lue et n’aura pas été rédigée sur le brouillon,
sur lequel apparaîtront simplement les idées à développer et le plan de l’exposé. At-
tention à n’écrire que sur le recto des feuilles (pour ne pas avoir à les retourner) et
à se limiter à 1 ou 2 feuilles de brouillon sur la table. Pendant l’exposé, un simple
coup d’œil doit permettre de se retrouver dans le plan. Il doit permettre de ne pas
lire mais de regarder le jury.
-Le plan doit être simple et pertinent, reposant sur une structure binaire. Il introduit
de l’ordre, de la logique et permet au jury de suivre votre raisonnement, lui prou-
vant que le sujet est compris. Le jury sera attentif aux qualités de compréhension,
d’explications, aux éléments techniques énoncés et aux illustrations par des exemples
concrets, tirés notamment de la pratique professionnelle ou de l’actualité.
Voici les idées qui pourraient être développées dans le plan :
« I - Définition de la notion de déchet
Les différents types de déchets : déchets ménagers, dangereux, inertes, industriels,
agricoles, déchets ultimes, déchets de chantiers, déchets verts, déchets électriques.
Le financement : la redevance (REOM), la taxe (TEOM).
Les différents systèmes de collectes (conteneurs enterrés, points d’apport volontaire,
le transport, pesées embarquées, aspiration des déchets depuis des bornes.
Les filières de valorisation : centres de stockage et d’enfouissement, compostage, in-
cinération, valorisation énergétique (biogaz, méthanisation).
II – Optimiser la gestion des déchets
Le facteur communication et sensibilisation de la population : publipostage, tri sélectif,
ambassadeur du tri pour faire adhérer les usagers, le syndrome du NIMBY pour créer de
nouveaux centres de traitement, ou comment faire prévaloir l’intérêt général.
Inciter les entreprises à limiter les déchets à la source, le code des marchés publics
comme levier d’action, réduire à la source les déchets des collectivités, achats éco-
responsables.
Externaliser la gestion ou travailler en régie ?
Les plans départementaux de gestion des déchets, plans d’épandage des boues de
stations d’épuration, la traçabilité.
Les outils de gestion : système informatique pour prévoir, gérer en fonction des sai-

222 Ingénieur territorial
sons, des manifestations (marchés, évènements…), gérer le coût des déchets.
Enfin, en préparant la conclusion, pensez aux questions que l’exposé peut susciter ou
celles auxquelles vous aimeriez répondre. Il s’agit d’engager le jury vers des pistes de
réflexions, vers des axes que vous souhaiteriez voir aborder.
« Pour conclure, l’optimisation des déchets représente un enjeu environnemental
fort. La notion de développement durable impose de limiter la quantité de déchets
produits mais aussi de valoriser au mieux les déchets. Les collectivités se doivent
d’avoir une gestion optimisée. Peut-on s’inspirer des exemples européens ? »

V – Réponses aux questions
Tout comme l’exposé, les réponses aux questions doivent être structurées, argumen-
tées en évitant de répondre simplement par oui ou par non.
Au cours de cet exercice de communication, le candidat a le droit de ne pas être d’accord
avec l’un des membres du jury, mais il convient de rester courtois, de maintenir sa position
si on la croit pertinente. Il s’agit de montrer que l’on est capable de soutenir une discus-
sion, de donner son avis, de s’engager. Certains membres du jury vont même tenter de dé-
stabiliser un candidat, en lui faisant dire tout et son contraire. Or, un élu n’a pas besoin
d’un ingénieur qui irait toujours dans son sens, mais bien d’un professionnel capable d’ex-
poser une situation et des pistes de réflexions, tout en sachant aussi savoir se plier à une
décision, même si elle n’entre pas dans les hypothèses avancées.
Plusieurs sortes de questions peuvent être posées. Elles feront appel à des connais-
sances scientifiques et techniques, à ses expériences professionnelles, au parcours ex-
posé en début d’entretien, à une culture territoriale. Toutes les réponses seront jugées
en fonction du grade d’ingénieur. C’est-à-dire que le jury attend du candidat qu’il ait
un niveau de réflexion et d’appréhension des questions correspondant à la fonction
et aux missions confiées à un ingénieur. Les connaissances doivent de toute évidence
être actualisées et à jour des nouvelles lois, réformes et décrets d’application.
Attention aux sigles et jargon propres à chaque métier. Le discours doit être soutenu
techniquement mais aussi compréhensible pour l’ingénieur généraliste et l’élu. Les
sigles seront donc développés et les termes très spécifiques expliqués brièvement.
L’essentiel est de bien écouter la question, rester attentif et prendre un bref moment
de réflexion pour structurer sa réponse et surtout pour ne pas partir sur une réponse
hors sujet.
Il n’y a pas de piège tendu aux candidats, rappelons qu’il faut se comporter naturellement,
de la même manière qu’en situation réelle. Contrairement à ce que peuvent penser les
candidats, les questions deviennent de plus en plus difficiles face à des personnes qui ré-
pondent correctement, en argumentant leurs propos. Par contre, les questions deviennent
de plus en plus faciles pour des candidats qui ne seraient pas à la hauteur. Les membres
du jury ne sont en aucun cas là pour déstabiliser ou impressionner, mais pour tester un fu-
tur collègue ingénieur. C’est au candidat de montrer qu’il ne se laisse pas impressionner,
malgré un stress qui ne sera pas pénalisé, et compréhensible au regard de l’enjeu que re-
présente le concours.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 223
Là encore, le temps doit être bien géré. Il ne s’agit pas de faire des réponses très
courtes, ni de trop développer au risque de frustrer le jury qui ne pourra pas poser
suffisamment de questions ou qui devra interrompre systématiquement le candidat.
Il faut savoir argumenter avec précision et clarté, de façon riche mais synthétique.
À une question à laquelle on n’aurait pas de réponse, plutôt que de répondre « je
ne sais pas », mieux vaut réagir comme on ferait en situation réelle, lors d’une ré-
union par exemple, à savoir « je vais me renseigner, ou je suppose que certains élé-
ments de réponse peuvent être avancés, tels que… ». Cependant, cette réponse ne
sera bien évidement pas à donner pour toute question.

VI - Environnement territorial
Ces questions posées en fin d’entretien permettent de vérifier les connaissances du «
monde territorial » du candidat. En effet, lorsque l’on se présente à un entretien de
recrutement dans une entreprise privée, on doit se renseigner sur l’activité de ladite
entreprise, sur son organisation, les partenariats qu’elle met en place… Lorsqu’un in-
génieur postule dans une collectivité territoriale, la logique est la même. Un élu sera
d’autant plus sensible à ces connaissances qu’il est le principal acteur des collectivi-
tés, qu’il ne maîtrise pas nécessairement la technicité du candidat et qu’il s’attend,
en tant que décideur et recruteur potentiel, à ce que l’ingénieur comprenne les en-
jeux des missions suivies, les acteurs avec lesquels il aura à travailler, et l’organisation
dans laquelle il devra savoir se positionner.
Ces connaissances sont faciles à acquérir et sont les mêmes quel que soit le concours
à préparer. Cet ouvrage n’a pas vocation à faire un cours sur l’environnement terri-
torial mais à sensibiliser le candidat à se documenter sur ces notions.
Voici quelques exemples de connaissances à maîtriser :
• Les compétences d’une commune, d’un département, d’une région.
• Les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) et leurs missions.
• La décentralisation, le partage des compétences.
• Les finances des collectivités territoriales.
• Les budgets (les grands principes budgétaires, les différents types de budgets :
M14, M49…, le vote du budget).
• Le financement d’opérations (les partenaires financiers, les subventions, les re-
cettes…).
• Le rôle du préfet, le contrôle des actes administratifs.
• Le déroulement des élections municipales, cantonales, régionales.
• La relation élu/fonctionnaire.
• Les procédures et le parcours des décisions (bureaux, conseils, arrêtés…).
• La passation des marchés publics.
• L’Europe et ses instances décisionnelles.
• L’organisation d’une collectivité.
• Les droits et devoirs d’un fonctionnaire territorial.
Cette partie de l’épreuve exige donc une certaine culture territoriale.

224 Ingénieur territorial
1. Exemple 1
Recommandations pour l’épreuve orale
de l’option SIG - Topographie

La première recommandation est assurément la prise de connaissance de la note de
cadrage de l’épreuve d’admission.
Il y est précisé que :
• D’une durée de 40 minutes, l’entretien est décomposé en 2 parties de 15 à 20 mi-
nutes chacune.
• La première partie porte sur : l’expérience professionnelle, les connaissances et les
aptitudes du candidat et concerne bien l’option.
• La seconde partie vise à apprécier la capacité à analyser l’environnement profes-
sionnel ainsi que l’aptitude à résoudre les problèmes techniques ou d’encadrement
les plus fréquemment rencontrés par un ingénieur.
L’épreuve orale est donc en totale symbiose avec l’épreuve écrite examinée : connais-
sances techniques, organisationnelles, capacités à exposer et décrire… Ses 2 parties
sont orientées, dans un premier temps, sur le métier même et, dans un second temps,
sur la place de l’ingénieur et, indirectement, la manière dont le candidat ingénieur
envisage son évolution de grade.
S’agissant d’une épreuve interne, le jury sera très certainement plus exigeant sur l’en-
vironnement territorial et, peut-être, un peu moins exigeant sur des connaissances
que l’on pourrait qualifier de théoriques.
• Avant l’épreuve orale :
– la démarche de préparation à l’option ne diffère pas de l’épreuve écrite, les fiches
que le candidat a très certainement été amené à constituer devront continuer à
être alimentées dans l’optique de l’épreuve orale. Il ne doit pas y avoir de relâ-
chement,
– le candidat veillera à bien les posséder car, contrairement aux épreuves écrites,
il ne disposera d’aucun support mais tout simplement d’un texte précisant une
question en une, voire deux phrases,
– il lui est proposé de s’entraîner. Si son parcours l’a très souvent mis en situation,
cela sera alors très aisé pour lui. En revanche, s’il se sent peu expérimenté dans
les présentations en réunions et séances délibératives, il devra simuler sous la
forme de jeux réels des séances orales de 40 minutes avec un entourage pas tou-
jours trop complice. L’aisance ne s’acquiert qu’à ce prix !
• Lors de la phase préparatoire à l’épreuve :
– disposant de l’intitulé de la question, le candidat doit prendre le temps d’une
bonne et exhaustive lecture : chaque mot a très souvent été pesé par les exa-
minateurs et constitue ainsi le détail d’une commande très précise ; le canevas
(= plan) est parfois suggéré et quelquefois laissé à son initiative,
– nous suggérons d’établir, lors de cette phase d’attente, une liste de mots-clés
constituant le paradigme du thème objet de l’épreuve ; on retrouve-là l’objec-

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 225
tif d’une démarche systémique brossant l’ensemble des aspects descriptifs,
– ces mots-clés, pour lesquels le candidat se sent apte à en effectuer une descrip-
tion, seront regroupés en groupes logiques puis hiérarchisés, … le plan de l’ex-
posé est ainsi élaboré,
– nous n’invitons pas le candidat à se présenter face au jury avec une liste de
feuilles de type brouillon ; il paraît préférable de résumer son plan de manière
claire et en grosse écriture sur une seule feuille, avec l’indication des mots-clés
permettant un exposé aisé,
– la préparation évoquée plus haut doit l’avoir amené à maîtriser son temps ; le
jury appréciera que le candidat s’inscrive très naturellement dans la durée im-
partie, … l’idéal étant de respecter parfaitement la jauge : ni trop court, ni trop
long.
• Pendant l’épreuve orale :
– ce qui est recherché : l’aisance naturelle, une parfaite diction, un plan pas for-
cément trop annoncé mais lisible dans les propos, …
– le « coup d’œil » au plan ne sera pas perturbant ni pour le candidat ni pour le
jury, si justement la feuille de soutien a été bien préparée,
– le candidat doit s’adresser au jury de manière collective (ce n’est pas un exer-
cice facile). Il veillera à croiser les regards de tous les membres, et pas seulement
les yeux de celui ou celle qui préside ou pilote l’interrogation. Ceci est vrai même
dans la phase débat,
– s’il est légèrement mis en difficulté, il peut être conseillé de tenter de reformu-
ler la question afin de vérifier sa compréhension. La méthode de la reformula-
tion est par ailleurs fortement adroite pour un sujet maîtrisé : le candidat
s’approprie alors le sujet qui lui a été soumis,
– enfin, en cas de défaillance forte, il n’est pas décevant d’indiquer que l’on ne
sait répondre ; tout ajout (en restant dans le contexte) d’une phrase du type «
je ne sais répondre à cette question mais je peux toutefois préciser que … » sera
apprécié.

Illustration
Nous prendrons l’exemple de l’épreuve orale suivante : « Articulation du pôle sys-
tème d’information géographique au sein d’une direction des systèmes d’informa-
tion ».
En reprenant les recommandations précisées plus haut, le candidat pourra exposer
chronologiquement :
1 La DSI : missions, organisation, management, position hiérarchique.
2 Le SIG : définition, spécificités techniques et cartographiques.
3 Ce qui est commun entre SIG et DSI : techniques, architecture informatique, com-
pétences en développement, …
4 Ce qui justifie pleinement l’intégration du SIG dans la DSI : surcouche de présen-
tation des différents SI, toutes les données peuvent être géo référencées, aide à
la décision indispensable sur l’ensemble des thèmes constitués des données

226 Ingénieur territorial
disponibles.
5 Risques d’une intégration autre : doublonnage, perte d’homogénéité, handicap
important pour la mise en œuvre de référentiels, …
6 Management au quotidien : convergence du responsable SIG avec les autres res-
ponsables des pôles infrastructures, études, télécoms, Hotline, … rôles du DSI pour
veiller à une transversalité permanente.
7 Conclusion : ce qui vient d’être décrit valide l’objectif d’un SIG qui est une partie
intégrante du SI de la collectivité.
Débat sur l’environnement professionnel de l’ingénieur territorial :
• Veiller à bien s’approprier les questions soulevées.
• Respecter le contexte : ingénieur d’une petite, moyenne ou grande collectivité,
où les missions, types d’organisation, relations avec les décideurs sont très diffé-
rents.
• Mettre toujours en valeur les besoins de compétences, donc de veille active, en :
techniques, management, pilotage, restitution, mobilisation, …
• Se comporter, dans ce dialogue/débat, réellement comme un ingénieur et non pas
comme un candidat ingénieur.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 227
2. Exemple 2
Épreuve d’admission. Concours d’ingénieur territorial
Option : sécurité et prévention des risques

Sujet : L’information préventive des administrés
exposés aux risques majeurs.

I Analyse du sujet
Sujet classique figurant au programme de l’option. Nécessite une bonne connaissance
des outils réglementaires et, faute d’expérience, du bon sens.
• Information : à prendre au sens large en y incluant la consultation, l’échange.
• Préventive : la gestion de la situation de crise et post-crise est à exclure.
• Administrés : qui peuvent être contactés par l’administration.
• Risques majeurs : les risques naturels et technologiques.

II Recherche des idées
Réglementaire, difficulté, réalité, culture du risque, citoyen acteur, moyens, CLIC, DI-
CRIM, PPR (T), PCS, DDRM, PPI.

III Traitement
En gras, dans le traitement qui suit, figurent les éléments du plan ou mots-clefs an-
notés sur la feuille de préparation dans les 10 minutes imparties.

Introduction
L’information préventive des administrés fait partie des outils de la démocratie de
proximité, au même titre, depuis les années 1970, que la mise en place du médiateur
de la République ou l’accès aux documents administratifs.
Concernant son rapport avec les risques majeurs environnementaux ou technolo-
giques, sa nécessité a été particulièrement perçue dans les dernières années : les inon-
dations de Nîmes ou Vaison-la-Romaine, l’explosion de l’usine AZF à Toulouse et le
naufrage de l’Érika. Elle consiste à renseigner l’administré sur les risques majeurs aux-
quels il peut être confronté. Elle doit lui permettre de connaître les dangers auxquels
il est exposé, les dommages prévisibles, les mesures préventives qu’il peut prendre et
les moyens de protection et de secours mis en œuvre.
Je me propose de développer ce sujet en deux parties, l’une s’attachant à son cadre
réglementaire, l’autre à sa mise en œuvre.

228 Ingénieur territorial
Le cadre réglementaire
En matière de risques majeurs et d’information préventive, le dispositif réglementaire
s’appuie aujourd’hui sur 4 lois dont on retrouve les principales dispositions dans le
code de l’environnement, notamment l’article L 125-2 et suivants :
• La Loi du 22/07/87 prévoit que la population doit être informée sur les risques ma-
jeurs qu’elle encourt, sans avoir à en faire la demande. En cas de besoin, le projet
peut employer la procédure de projet d’intérêt général (PIG).
• La Loi Barnier de 1995 qui impose les plans de prévention des risques (PPR) natu-
rels dans les zones exposées. Ce sont des documents réalisés par l’État, annexés
aux documents d’urbanisme. Ils valent servitude d’utilité publique.
• Par ailleurs, la Loi Bachelot du 30/07/03, sur la prévention des risques technolo-
giques et naturels et la réparation des dommages, prévoit le renforcement de l’in-
formation du public et le développement de la culture du risque :
– information publique tous les deux ans s’il existe un PP,
– obligation de détenir un historique des laisses de crue,
– mise en place d’un plan de prévention des risques technologiques (PPRT),
– le comité local d’information et de concertation (CLIC) en cas d’installations clas-
sées et dangereuses, mis en place par le préfet.
• La Loi de modernisation de la sécurité civile du 13/08/04 prévoit en outre que cette
population doit être informée des moyens mis en œuvre pour la prévenir. Elle pré-
voit la mise en place du plan communal de sauvegarde (PCS) (obligatoire s’il existe
un PPR), ainsi que le plan particulier d’intervention (PPI) portant sur la sécurité et
l’information, réalisé par le préfet avec le concours des exploitants de structure ou
de réseau.
et un certain nombre de décrets, arrêtés ou circulaires qui, lorsqu’il existe un PPR,
conduisent notamment à ce que soient élaborés :
– par le préfet, sur la base de travail de la cellule d’analyse des risques et d’infor-
mation préventive (CARIP) (documents, cartes, liste…), un document de travail :
le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) à partir duquel il établit le
dossier communal sophistiqué (DCS), document réglementaire,
– par le maire (qui participe aux travaux de la CARIP) à partir du DCS, le dossier
d’information communale des risques majeurs (DICRIM).
L’ensemble de ces documents doivent être consultables en mairie.
Pour compléter l’arsenal réglementaire, on peut citer :
• La convention d’Aarhus qui, au niveau international et communautaire, en 1998,
a consacré le droit des administrés à l’information en cas de danger.
• Et enfin, la charte de l’environnement, loi constitutionnelle qui donne au citoyen
le droit d’accéder à l’information et de participer, s’il y a des incidences sur l’en-
vironnement.
L’information préventive de l’administré est donc réglementairement, nous l’avons
vu, prévue dans les textes. Face aux exigences croissantes du citoyen, ces textes gé-
nèrent d’ailleurs un réel risque juridique. Si l’État reste le principal gestionnaire des
risques majeurs, les collectivités ont vu leurs responsabilités s’accroître en matière d’in-

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 229
formation préventive.
La mise en œuvre de cette information se heurte à nombre de difficultés.

La mise en œuvre

La connaissance et la culture du risque passent par la sensibilisation, l’information et
la formation des administrés.
Le citoyen doit connaître les modalités de l’alerte, distinguer la vigilance de la crise,
comprendre les consignes, appréhender la nature du risque… savoir, dans le doute,
où il peut se renseigner sans perturber les secours. Pour atteindre ces enjeux, le maire
doit procéder à l’affichage des risques et consignes, conformément à un modèle fixé
par arrêté, notamment dans les établissements recevant du public (ERP), certains im-
meubles recevant plus de 50 personnes et les terrains aménagés. Mais surtout et préa-
lablement, il doit faire admettre à la population le risque. Ce risque résulte de la
confrontation de deux facteurs indépendants : l’aléa et la vulnérabilité. Souvent, plus
l’aléa est fort, plus sa probabilité est faible et donc plus la vulnérabilité est souvent
forte (hommes, environnement, biens).
Faire admettre, c’est échanger. C’est le sens de l’inventaire des repères de crues, des
informations des locataires ou acheteurs par les notaires, notamment lorsqu’il existe
un PPR naturel ou technologique, des journées publiques d’information, des enquêtes
publiques, des articles de presse y compris dans les bulletins municipaux. Il ne s’agit
pas de conduire des actions ponctuelles, mais bien de mettre en œuvre une dyna-
mique globale de l’information préventive, en avoir une approche systémique. C’est
bien sûr d’autant plus difficile que notre société moderne se caractérise par une mon-
tée de l’individualisme.
Au-delà de l’échange, c’est l’appropriation du risque par le citoyen qui doit être l’ob-
jectif. Pour y arriver, le maire peut procéder à des exercices avec information avant
et après. Il a la possibilité récente de créer des réserves communales de sécurité où le
citoyen pourra avoir un statut juridique occasionnel d’acteur de la sécurité avant, pen-
dant et après.
Il peut enfin délivrer l’information sur le terrain auprès des jeunes en organisant avec
les autorités de tutelle des collèges et lycées des formations de base, tant sur la
connaissance que sur l’apprentissage des gestes qui sauvent.
La culture des enfants est sûrement un bon moyen de remobiliser les parents.
Au-delà des difficultés liées à l’implication des administrés, il faut souligner comme
facteurs limitant la mise en place d’une information préventive efficace :
• Qu’au-delà des administrés, il y a la population et notamment celle de passage,
qu’il convient de toucher, d’informer.
• Que pour informer, il faut reconnaître le risque et qu’assurément aujourd’hui, des
enjeux très forts s’opposent à cette évaluation, et donc au repérage des zones à
protéger (cf. PLU, SCOT).
• Que pour informer, il faut des moyens que n’ont pas toujours les petites com-
munes. Des moyens financiers, bien sûr, mais aussi des moyens humains. Au-delà
de la réserve communale, il faut que le maire dispose d’agents territoriaux formés.
NDLR : À développer selon le temps restant en commentant la connaissance du risque

230 Ingénieur territorial
local, les enjeux et la formation, le droit à la formation des agents.
En terme d’aménagement, la notion de principe de précaution est à différencier de
la nécessité de résultat positif. Le risque zéro n’existe pas. La prévention ne sert qu’à
reculer l’incertitude. Elle commence par l’information. Le manque d’information est
un élément aggravant de l’évènement. La responsabilité de la collectivité peut en
outre être engagée en cas d’absence de prévention ou de communication des infor-
mations disponibles.
Elle se poursuit par la formation. Le maire doit être entouré d’agents capables de
gérer la part inévitable d’incertitudes, et donc d’improvisation inhérente à toute crise.
En conclusion, au-delà de l’équilibre à trouver entre aménagement urbain et
prévention, il apparaît fondamental de développer dans la population une véritable
culture du risque.

IV Questions potentielles
• Différence entre un plan prescrit et un plan approuvé ?
• Informations contenues dans l’affiche prévue à l’arrêté du 09/02/05 ?
• Composition du CLIC ?
• Différentes formes d’enquêtes publiques ?
• Pouvoirs de police du maire ?
• Contenu d’un PPRT ?
• Qu’est-ce que le plan ORSEC ?
• Expropriation et risque : qui décide ?
• Rôle des services départementaux d’incendie et de secours dans l’information
préventive ?

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 231
3. Exemple 3
Option : sécurité et prévention des risques

Sujet : Le cycle de l’eau.

Analyse du sujet
Question de portée générale s’il en est, celle du cycle de l’eau doit être traitée en
rapport avec les missions susceptibles d’être exercées par l’ingénieur territorial, no-
tamment celles entrant dans le cadre de l’option choisie.

Recherche des idées
Cycle naturel – affermage – vital – cycle domestique – économie – solidarité – bassin
versant AEP – assainissement – coût – eaux pluviales – pollutions diffuses.
En gras, dans le traitement qui suit, figurent les éléments du plan ou mots-clefs an-
notés sur la feuille de préparation dans les 10 minutes imparties.

Traitement
L’eau (H20) constitue un élément fondamental de notre planète. Depuis son appari-
tion, elle circule et se transforme en permanence, mais son volume est resté globa-
lement stable. Elle est à l’origine de la vie sur Terre. Je me propose de traiter cette
question en deux parties : d’une part, repréciser le cycle naturel de l’eau et d’autre
part, étudier son cycle domestique.

1. Le cycle naturel
Grâce aux conditions particulières de température et de pression qui règnent sur
Terre, l’eau s’y présente à l’état liquide, solide ou gazeux. Liquide sur la surface, dans
la croûte terrestre, mais aussi au sein de tous les organismes vivants (le corps humain
en contient 65 %), solide aux pôles et aux sommets des montagnes, vapeur dans l’at-
mosphère.
Les eaux circulent en permanence et assurent le transfert de chaleur entre les océans,
l’atmosphère et les continents. Le moteur de ce cycle est le soleil qui provoque éva-
poration, condensation, précipitation ou fonte. Dans l’atmosphère, l’eau nous pro-
tège des ultraviolets solaires et retient les infrarouges. Au niveau du sol, l’eau
ruisselle, percole ou s’infiltre, elle coule pour l’essentiel vers les océans. Mais une par-
tie de cette eau, pompée par les végétaux, est renvoyée dans l’atmosphère par éva-
potranspiration. Le volume des eaux douces directement utilisables est finalement
peu important et mal réparti entre les pays du monde… Le ruissellement génère les
rivières et les fleuves. L’eau ne connaît pas les frontières administratives, elle s’écoule
au sein du bassin versant jusqu’au point le plus bas, celui de la jonction avec la mer.

232 Ingénieur territorial
L’Homme, par ses aménagements, perturbe ce cycle naturel.
L’augmentation des surfaces imperméables (toitures, routes…) a conduit les collecti-
vités à créer, en milieu urbain, des réseaux d’eaux pluviales. Il s’agit de gérer quanti-
tativement les eaux qui passent par les zones habitées. Le premier flux de ces eaux,
celui qui nettoie, est souvent chargé d’hydrocarbure. Sa dépollution est pourtant ra-
rement réalisée.
En milieu rural, les aménagements fonciers, visant à l’optimisation du parcellaire et
des pratiques agricoles, ont conduit dans le passé à accélérer le ruissellement au dé-
triment notamment de l’infiltration.
Des prises de conscience relativement récentes ont permis de stopper le drainage des
terres et concomitamment, ont favorisé la réhabilitation ou la plantation de haies et
la sauvegarde de zones humides. Les inondations de Vaison-la-Romaine ou de Nîmes
ont permis de remettre la composante vulnérabilité du risque au cœur des préoccu-
pations politiques, au sens étymologique du terme. Même si l’intérêt de ces actions
face aux inondations de fréquence rare ne peut être érigé en règle générale, leur im-
pact sur le transfert des pollutions agricoles est une certitude.
À l’heure où nombre d’espèces vivantes disparaissent du fait de l’homme, nous ap-
prenons à redécouvrir la richesse et la diversité des écosystèmes humides, qui peu-
vent aujourd’hui être protégés par tout un ensemble d’outils réglementaires comme
les ZNIEFF, Natura 2000, SAGE ou PLU… Un écosystème aquatique pollué ne peut se
développer de façon équilibrée.
Rappelons par ailleurs que le cycle global de l’eau risque au moins indirectement
d’être concerné par l’aléa climatique, le soleil en étant le moteur. Ce bouleversement
pourrait avoir des conséquences non négligeables sur notre vie de demain, en termes
de ressource et de qualité de cette ressource.

2. Le cycle domestique
L’eau du robinet est préalablement pompée dans le sol ou une rivière, puis traitée et
acheminée à domicile. Cette eau, que l’on rejette après usage dans un système d’as-
sainissement non collectif ou collectif de type séparatif (ou unitaire si elle est mé-
langée avec les eaux pluviales), est traitée puis retourne dans le milieu naturel. C’est
le cycle domestique de l’eau.
Depuis quelques années, les normes en matière d’eau sont de plus en plus contrai-
gnantes. Il s’agit à la fois de protéger le consommateur et la ressource. La technique
a ainsi évolué, notamment jusqu’à la nanofiltration pour produire de l’eau potable
(on arrête même les virus…) et jusqu’à la mise en œuvre régulière de traitements ter-
tiaires visant à traiter l’azote, le phosphore ou à désinfecter les eaux usées.
Au-delà de la problématique qualitative des eaux de ce cycle domestique, le système
aujourd’hui conduit l’homme des pays industrialisés à arroser les jardins, à laver les
voitures ou les voies avec de l’eau potable.
On consomme en moyenne 130 l/J/hab en France et près du double aux États-Unis.
On estime que 40 % de la population du globe vit en situation de pénurie d’eau et

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 233
que 1,7 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.
Dans nos sociétés modernes, seulement en veillant à nos gestes quotidiens, on estime
qu’on pourrait économiser jusqu’à 30 % de notre consommation (lutte contre les
fuites, utilisation d’appareils économes). Les économies d’eau sont à l’ordre du jour
pour des raisons de coût, dans l’intérêt des écosystèmes naturels, mais aussi en rai-
son de la demande croissante des hommes face à une réserve d’eau douce disponible,
mais très inégalement répartie à la surface du globe.
Si la ressource déclarée res publica (bien commun) est gratuite, le service est payant.
Ce service, qui comprend le traitement, l’adduction, la gestion, a un coût fonction des
contraintes géographiques, de la qualité de la ressource, de l’importance des travaux.
Le prix de l’eau, quant à lui, comprend outre le coût du service (redevance), les dif-
férentes taxes qui s’y attachent : la TVA à 5, % et la redevance de l’agence de l’eau
qui lui permet d’attribuer des aides en fonction des orientations politiques décidées.
Il importe de distinguer le prix de l’eau potable de celui de l’eau usée même si, pour
des raisons pratiques, ils sont calculés sur le même volume. Notons qu’en assainisse-
ment non collectif, la seule redevance existante en France est celle qui correspond au
contrôle d’installation et de fonctionnement des installations, propriétés de chacun.
L’adduction d’eau potable et la gestion des eaux usées sont des services publics à ca-
ractère industriel et commercial (SPIC). Leur budget doit s’équilibrer entre coût du
service, taxes (investissement, fonctionnement), et redevances payées par les usagers.
L’argent de l’eau potable doit aller à l’eau potable !
La construction des réseaux est réalisée le plus souvent sous maîtrise d’ouvrage com-
munale ou intercommunale, dans le respect de la loi maîtrise d’ouvrage publique
(MOP) et du code des marchés publics.
L’exploitation de ces réseaux est en général assurée soit en régie, soit en affermage…
NDLR : À développer selon le temps restant, en y associant les types de traitement,
et si possible des exemples.
Depuis la directive européenne de 1991 et sa transposition en droit français dans la
loi sur l’eau de 1992, tout un arsenal réglementaire s’est mis en place en vue d’assu-
rer le traitement poussé des eaux usées, puis la reconquête de la qualité de la res-
source dans un planning fixé à l’avance. Il semble qu’on puisse aujourd’hui affirmer
qu’en France la période de dégradation est enrayée et que les premiers signes d’amé-
lioration sont souvent visibles, même si le retour au bon état écologique ne sera pas
atteint partout en 2015. La bataille se gagne à l’échelle de chaque bassin versant.
Seule une approche systémique incluant une nouvelle forme de solidarité, qui s’arti-
cule autour du développement durable, permet réellement de résoudre à cette
échelle les problèmes qualitatifs et quantitatifs.
En conclusion, je dirai que le concept de développement durable s’articule en ma-
tière d’eau autour de la gestion d’une partie du cycle naturel, de la maîtrise du cycle
domestique et de la solidarité territoriale.

234 Ingénieur territorial
Questions potentielles :

Loi sur l’eau de décembre 2006 ?
Différence entre régie et affermage ?
Loi MOP ? SDAGE ?
Les boues d’épurations : produit ou déchet ?
Les algues vertes : une fatalité ?
Qui pollue ? Comment mesure-t-on la pollution ?
La dépollution des hydrocarbures ?
Qui assure la police de l’eau ?
Qui est responsable de la salubrité publique ?
Pourquoi les réseaux d’assainissement sont-il, en général, d’un diamètre de 200 ?
Définition d’un bassin tampon ?
Qu’est-ce qu’une chaussée drainante ?
Les pollutions diffuses : quelques exemples et moyens mis en œuvre pour les
traiter ?

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 235
4. Exemple 4
Méthodologie adaptée et corrigé d’un sujet pour
l’option : déplacements et transports

Sujet : La cohérence des divers modes de transports.

1. Méthodologie

Analyse du sujet
Il s’agit d’assurer une meilleure articulation entre la politique de déplacement et la
maîtrise du développement de l’urbanisation. Il est utile de rappeler le contexte lé-
gislatif pour définir ce qu’il est possible de faire.
La réponse aux enjeux de mobilité est à appréhender de manière cohérente, globale,
dans une vision prospective et articulée avec des thématiques environnementales, de
sécurité routière et d’aménagement du territoire. Il ne s’agit pas seulement d’aug-
menter l’usage d’un mode de transport, mais aussi d’envisager la réduction ou l’aug-
mentation de sa part de marché par rapport aux autres modes et d’améliorer la
qualité urbaine ou la sécurité dans une approche large.
Il s’agit de requalifier l’ensemble du tissu urbain, mais aussi de savoir organiser la
conduite de projet pour mener à bien une politique de mise en cohérence des divers
modes de transports.

Recherche des idées
• Dans les années 90, les problématiques de développement durable ont fait leur
apparition, jetant un peu plus le discrédit sur la voiture individuelle et mettant au
goût du jour les transports urbains propres et notamment le tramway.
• Les PDU : plans de déplacements urbains, véritable outil de planification urbaine.
• Les SCOT : schémas de cohérence territoriale.
• Les problèmes de stationnement et le transport de personnel par les entreprises
et les collectivités.
• Exemple : Lyon crée une offre coordonnée et attractive de transports publics à
l’échelle élargie de l’aire urbaine. Les différents opérateurs s’engagent à mettre
en place un système d’information commun, des correspondances simplifiées et un
titre de transport pour les trains, autocars, métro, bus, tramways.
• Exemple : La Rochelle expérimente des pratiques innovantes et écologiques, dans
le développement de modes alternatifs de déplacements dans la ville.
• La mobilité urbaine va continuer de croître. La ville s’étend progressivement et ne
s’arrête plus aux frontières de l’agglomération. De nouvelles centralités rassem-

236 Ingénieur territorial
blent des fonctions multiples. La cohérence urbanisme/transport est considérée
comme un objectif à long terme.
• Exemple : Bordeaux a aménagé une nouvelle ligne de tramway et les opérations
d’aménagements urbains induites (pôles d’échanges intermodaux, aménagements
du centre, travaux d’infrastructures, parcs relais).
• La communication reste essentielle à la réussite d’une démarche de mise en cohé-
rence des modes de transports.
• Les pôles d’échanges, l’intermodalité.
• Les différents acteurs (autorités organisatrices, habitants, acteurs économiques).

2. Correction
La mobilité urbaine est aujourd’hui une question importante face à l’engorgement
des centres, de la pollution et des nuisances.
Face à ces phénomènes, je développerai mon exposé en deux parties. La première me
permettra de définir les marges de manœuvre des politiques publiques (I), puis j’ex-
poserai les enjeux sur l’organisation urbaine de demain (II).

I – Des marges de manœuvres limitées, face à l’augmentation
de la mobilité urbaine
Les PDU ont été créés par la LOTI (loi d’orientation des transports intérieurs) du 22
décembre 1982. Son contenu a été précisé dans la loi sur l’air et l’utilisation ration-
nelle de l’énergie du 30 décembre 1996, rendant obligatoire les PDU dans les ag-
glomérations de plus de 100 000 habitants.
La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) du 13 décembre 2000
a renforcé le contenu des PDU, notamment en matière de sécurité routière, de sta-
tionnement, de transport de marchandises, en y introduisant un volet sur la solida-
rité.
Les PLU (plans locaux d’urbanisme) doivent être compatibles avec les PDU.
L’objectif de ces derniers est la diminution de la circulation automobile en ville, au
travers notamment d’une amélioration de l’offre et de la qualité des transports en
commun, et d’une revalorisation des modes de déplacements doux (vélo, marche) et
non polluants.
Les PDU sont pertinents s’ils sont élaborés sur des périmètres suffisamment larges, en
incluant les zones périurbaines. Certains PDU se sont focalisés sur les transports en
site propres (comme le tramway). Leur contenu est souvent imprécis et trop général.
Cependant, les PDU permettent aux communes de réfléchir à une échelle intercom-
munale.
De plus, ils doivent être compatibles avec les schémas de cohérence territoriale (SCOT),
ce qui permet de prendre en compte d’autres éléments de la ville, tels que le loge-
ment, les activités commerciales, avec une logique plus urbaine. C’est un véritable ou-
til de planification.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 237
La communication doit tenir un rôle majeur dans leur élaboration. Ainsi, pour
exemple, des initiatives inscrites dans une démarche de démocratie participative ont
été menées à Nantes, notamment, avec pour objectif un combat contre l’usage ex-
cessif de l’automobile et des propositions pour une mobilité multimodale, respec-
tueuse de l’environnement.
Pour obtenir une certaine cohérence dans l’organisation des divers modes de trans-
ports, il faut requalifier l’ensemble du tissu urbain. C’est la vocation des SCOT et des
PLU, définis par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain. Ils doivent
assurer la cohérence entre les politiques urbaines, dans le respect du développement
durable. Équilibre entre renouvellement urbain et extension, utilisation économe de
l’espace, diversité des fonctions, mixité sociale, maîtrise des besoins en déplacements
et de la circulation automobile, respect de l’environnement et notamment préserva-
tion de la qualité de l’air, réduction des nuisances sonores : autant de priorités qui
s’imposent désormais au développement de la ville.
Il s’agit d’organiser une agglomération polarisée autour de transports collectifs per-
formants :
• Favoriser l’urbanisation prioritaire autour des transports collectifs, avec un souci
de diversité et de densité urbaines. Dans toutes les agglomérations, renforcer les
pôles existants desservis par les transports collectifs performants, en service ou à
créer ; pour les grandes agglomérations, mais aussi dans les villes moyennes si-
tuées dans un continuum urbain, favoriser l’urbanisation autour des dessertes fer-
rées existantes, à renforcer ou à réutiliser.
• Limiter les capacités de stationnement dans les secteurs centraux, près des axes de
transports collectifs, pour inciter à l’usage de ces derniers.
• Restructurer l’organisation urbaine autour des voies existantes, notamment celles
qui seront transformées en boulevards urbains, avec un partage de l’espace entre
plusieurs modes, et autour des éventuelles voies nouvelles.
• Requalifier les espaces publics, en particulier ceux où la voiture occupe une place
importante, pour donner une vraie place aux autres usages.
• Organiser des circulations douces (réseaux cyclables, cheminements piétons) en va-
lorisant les espaces naturels (forêts, berges, coupures vertes).
Maîtriser le développement urbain ou la desserte en transport collectif est difficile à
réaliser.
Cette approche nécessite un véritable partenariat entre les acteurs de l’urbanisme,
des transports collectifs, de la voirie et du stationnement.
Ce partenariat est à construire entre :
• Le maître d’ouvrage, établissement public de coopération intercommunale.
• Les communes du périmètre, qui mettent en œuvre le SCOT en définissant leur po-
litique de développement urbain dans les PLU.
• L’État, garant des principes d’équilibre énoncés dans les lois d’urbanisme, maître
d’ouvrage gestionnaire des routes nationales et partenaire financier des politiques
locales de déplacements grâce aux subventions accordées pour les investissements
des villes en transports collectifs.
• L’autorité organisatrice des transports urbains qui définit la politique des trans-

238 Ingénieur territorial
ports collectifs et plus largement des déplacements urbains au travers des PDU.
• Le conseil général, autorité organisatrice des transports non urbains de voyageurs
et des transports scolaires et partenaire financier.
• La région, autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs.
Les aménagements liés aux déplacements font intervenir conjointement les acteurs
des transports (autorités organisatrices, propriétaires des réseaux…) et ceux de l’amé-
nagement urbain (publics ou privés). Ils intéressent également les acteurs écono-
miques (commerçants, entreprises) et les habitants.
La réussite du projet repose très largement sur la qualité de la communication faite
pour l’accompagner. Celle-ci doit être engagée très en amont du projet afin de col-
lecter les attentes de chacun et prendre en compte au plus vite les contraintes admi-
nistratives, techniques ou financières.
À l’issue de la phase de lancement, il convient de mettre en place les instances de tra-
vail qui élaboreront le projet. Élus et techniciens devront travailler ensemble pour
aboutir à un projet cohérent.
Classiquement, la création d’un groupe de pilotage composé d’élus et de fonction-
naires de direction permet d’impulser et de valider les actions entreprises. Cette ins-
tance est pilotée par un chef de projet qui assure les fonctions de coordinateur,
d’animateur et de développeur. Ce dernier anime également les travaux du comité
technique qui élabore le dossier technique en amont et assure le suivi opérationnel
en aval.
Un groupe de travail, composé essentiellement de techniciens représentant les ser-
vices des collectivités concernées (voirie, transports, urbanisme), sera chargé des élé-
ments collectés lors des réunions d’information. Le projet sera ensuite soumis pour
avis aux collectivités concernées avant d’être approuvé après enquête d’utilité pu-
blique.

II – De nouvelles organisations urbaines
Un autre aspect fondamental, qui se retrouve le plus souvent dans les PDU, est celui
de l’intermodalité. C’est-à-dire une liaison entre les différents modes de transports
pratiques et non pénibles pour l’usager. Ainsi, des PDU prévoient la création ou le
développement de « pôles d’échanges », points nodaux où se rejoignent trains, bus,
tramways, métro, etc. L’intermodalité peut aussi permettre pour les usagers de lais-
ser leur voiture à la périphérie de la ville, afin d’emprunter ensuite le réseau de trans-
ports collectifs. Cela passe par la création de « parcs relais ».
Un pôle d’échanges est avant tout un aménagement capable de faciliter les pratiques
intermodales. Il matérialise et optimise les liens entre les différents modes de trans-
ports. Le pôle d’échanges intègre également une dimension urbaine et écologique
en tant qu’équipement structurant du territoire. Il joue un rôle privilégié dans l’ani-
mation et le développement des quartiers. Il est possible de distinguer différents types
de pôles d’échanges, selon leur importance, leur localisation à l’échelle régionale et
locale.
À l’interphase des politiques de transports et d’urbanisme, le pôle d’échanges influe
sur une aire qui dépasse ses simples limites.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 239
Ainsi, le diagnostic doit porter sur différents périmètres, pour bien comprendre le
fonctionnement du futur équipement et ses interactions sur son environnement. La
modélisation, par sa capacité à explorer différents scenarii, devient outil de média-
tion. C’est par ces trois dimensions : outil technique, outil pédagogique et outil de
médiation que la modélisation aide à la décision.
La réalisation d’une ligne de transport est souvent la clé de voûte d’une stratégie de
recomposition urbaine qui permet de rendre la ville plus conviviale.
L’augmentation constante des déplacements motorisés individuels s’est effectuée au
détriment des transports collectifs, mais aussi des modes doux (vélo, marche). En fa-
vorisant les cheminements piétons et ceux des deux-roues, les transports en commun
en sites propres permettent de restructurer les espaces publiques traversés.
Prenons l’exemple du tramway : il était présent partout en France et en Europe
jusque dans les années 1960. Les problèmes d’engorgement des villes dus à l’explo-
sion de l’utilisation de la voiture, les réflexions sur l’environnement et les probléma-
tiques de développement durable ont remis au goût du jour les transports urbains
propres.
Dans ce contexte, le tramway semble intéressant grâce à de nombreux atouts : élec-
trique, non polluant ; silencieux ; grande capacité (60 000 voyageurs par jour) ; qua-
lité de service élevé ; plus rapide ; passages réguliers si réalisé en site propre et
bénéficiant d’une priorité systématique aux feux ; accessible aux personnes à mobi-
lité réduite grâce à son plancher bas intégral.
Des techniques différentes existent :
• Tramway sur rails.
• Tram sur pneus (Caen, Nancy). Il s’agit du TVR (transport en voie réservée), sys-
tème hybride entre le tramway et le bus, ayant une alimentation par caténaire et
guidé par un rail central ou déguidé, soit une bimodalité; d’autres pistes sont à
l’étude, telles que les batteries embarquées, les piles à hydrogène.
• Tram sur pneus totalement guidé (Clermont-Ferrand).
• Alimentation par le sol, sans caténaires (Bordeaux). En effet, les lignes aériennes
de contacts défigurent les centres-villes historiques. C’est pourquoi Bordeaux a
choisi le mode d’alimentation par le sol.
• Tram-train (Mulhouse, Lyon, Strasbourg, Île de France), soit répondre au phéno-
mène de périurbanisation en circulant à la fois sur réseaux de tramway en centre-
ville et sur le réseau ferré régional en milieu périurbain.
• La construction d’une ligne de tramway est aussi et surtout une marque de la vo-
lonté de restructurer la ville autour des transports collectifs.
Le développement de modes alternatifs et écologiques de déplacements dans la ville
est expérimenté par exemple à la communauté d’agglomération de La Rochelle.
Les expérimentations reposent sur le développement de parcs de véhicules propres,
une stratégie intégrée de tarification, la gestion de systèmes intermodaux et multi-
modaux : information en temps réels, coordination des modes de transports.
Je peux citer un autre exemple, celui de Lyon, où les différents opérateurs s’enga-
gent à mettre en place un système d’information commun, des correspondances et
un titre unique de transport pour les trains, autocars, métros, tramways et bus.

240 Ingénieur territorial
Cependant, le financement des projets d’aménagement liés aux déplacements n’est
pas toujours facile à trouver (subventions, versement transport, fiscalité locale).
L’évolution récente est également marquée par un renforcement de l’intercommu-
nalité. Le mouvement, qui s’est amplifié avec la mise en œuvre de la loi Chevène-
ment, permet de gérer l’offre de transport appropriée, au-delà des limites
communales. En donnant de nouvelles compétences et des moyens financiers sup-
plémentaires aux EPCI, la loi a offert aux élus la possibilité de transports collectifs plus
cohérente.
La coopération entre diverses autorités organisatrices (communes, groupements, dé-
partements, régions) s’avère indispensable pour mettre en place une offre cohérente
et compétitive par rapport à l’automobile. La gestion des transports collectifs doit
donc s’affranchir des limites administratives traditionnelles pour être efficace et at-
tractive.

En conclusion, il me semble que la cohérence des divers modes de transports trouve
des solutions, mais de grandes marges de progrès restent à réaliser, en matière de
concertation, d’évolution des comportements, de communication. Les solutions ne
sont pas simples à mettre en œuvre d’autant plus que les villes ont des structures ur-
baines différentes. Il s’agit notamment de prendre en compte le périurbain. De nou-
velles centralités apparaissent, rassemblant des fonctions multiples, articulées sur des
flux de déplacements, à aménager comme de véritables polarités urbaines.
Une relation urbanisation/déplacement est à prendre en compte. Il faut repenser la
ville pour permettre à chacun d’accéder facilement à toutes les fonctions urbaines en
choisissant le mode de déplacement le plus approprié. L’objectif de cohérence entre
l’urbanisation et les déplacements peut se décliner à plusieurs échelles de territoires.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 241
5. Exemple 5
Méthodologie adaptée et corrigé d’un sujet
pour l’option : paysages, espaces verts

Sujet : La nature en ville : quelle place ?

1. Méthodologie

Analyse du sujet
Tout d’abord, il faut définir ce qu’est la nature. Cette notion de nature peut être liée
au fleurissement des villes, à la plantation d’arbres d’alignement, à des mails paysa-
gers, aux parcs et jardins; mais aussi en élargissant, aux paysages, à la flore et la faune
urbaine, aux forêts, rivières, à l’agriculture péri- et intra urbaine.
De plus, il faudra déterminer le rôle de la nature en ville. Ses usages sont multiples,
du rôle de production (pour les espaces agricoles), de détente, de cadre de vie, au
rôle écologique et même social (jardins familiaux).
La notion de ville ne doit pas être comprise comme une commune, mais plutôt comme
une entité urbaine. L’espace périurbain peut d’ailleurs faire partie de cette entité.
La problématique peut être liée à l’étalement urbain ou : «comment diminuer les ef-
fets d’une densité accrue ?»
L’enjeu majeur lié à l’aménagement de l’espace est celui de la protection et de la mise
en valeur de l’espace urbain et patrimonial qui nécessite une place privilégiée de la
nature dans la ville.

Recherche des idées
• la nature serait le contenant de la ville. La ville se limitait facilement au 18ème
siècle, mais de nos jours, on ne sait où s’arrête la ville et où commence la cam-
pagne. La ville qui envahit la campagne par son développement (la rurbanisation)
induit des phénomènes de protection de la nature en ville,
• les différentes lois de protection du paysage. Élaborer un plan d’action pour le
paysage, engager une démarche de qualité en faveur du cadre de vie,
• les espaces de nature sont de véritables intermédiaires entre ville et campagne.
Les concepts de nature en ville, de ville-jardin ou de ville-nature illustrent l’idée
d’habiter dans la nature. Le concept de ville-jardin est lié à celui de développe-
ment durable qui doit être pris en compte dans les opérations d’aménagement ur-
bain. Pour exemple, la ville de Baule a créé une « ville-jardin »sur la mer,
• un nouveau type de fleurissement s’intègre dans un projet global de paysage ur-
bain, il fait partie d’une logique d’aménagement urbain. Le fleurissement s’inscrit

242 Ingénieur territorial
dans une réflexion sur le patrimoine de la ville, sur sa mise en valeur,
• la ville de Paris souhaite renforcer la présence du végétal, favoriser la biodiversité
et embellir le paysage urbain. La végétalisation est une nécessité sociale et envi-
ronnementale,
• la ville d’Orléans a fait le choix de réintroduire des arbres en centre-ville. Elle a
dressé un diagnostic, utilisé un outil informatique d’aide à la décision et replanté
partout où c’était possible en fonction des contraintes techniques,
• lieu d’agrément, d’espace de liberté, la forêt doit être préservée. Il existe un par-
tenariat dans ce but, entre l’ONF, l’État et les collectivités territoriales. La charte
forestière permet d’élaborer un programme d’actions avec tous les acteurs de la
forêt,
• intégrer la notion de développement durable dans la gestion du végétal en ville.

2. Correction
En tant qu’ingénieur territorial, l’intégration de la nature et des paysages en milieu urbain
représente un enjeu fort face à l’urbanisation croissante et à l’étalement urbain.
Certains dictionnaires définissent la nature comme un ensemble d’êtres ou de choses
qui constituent l’univers, ce qui n’apparaît pas comme transformé par l’homme. Ainsi,
la zone urbaine ne serait pas naturelle. Au 17ème siècle, la nature est considérée
comme agressive, alors que de nos jours il s’agit de la sauvegarder. Où s’arrête la ville,
où commence la campagne ? Dans un contexte territorial, nous verrons quels sont
les outils de protection de la nature et des paysages en milieu urbain (I), puis les
moyens à mettre en place pour favoriser la présence de nature en ville (II).

I - Les outils de protection de la nature et des paysages en
milieu urbain
Le terme de paysage est apparu dans plusieurs textes de lois :
• loi de protection des monuments naturels et des sites (1930),
• loi relative à la protection de la nature (1976),
• loi montagne (1985), loi littoral (1986),
• loi sur la protection et la mise en valeur des paysages, dite loi paysage (8/1/1993).
Cette loi institue la protection des boisements linéaires, haies et plantations d’ali-
gnement. Apparaît le volet paysager du permis de construire, qui permet d’ap-
précier l’insertion des constructions dans le paysage,
• loi Barnier (2/2/1995) qui tente de préserver les milieux naturels et les paysages re-
marquables,
• loi Pasqua (4/2/1995) et loi Voynet (25/6/1999) instituant les directives territoriales
d’aménagement, qui fixent les orientations en matière d’aménagement et de pré-
servation des espaces naturels, des sites et des paysages,
• création du conseil national du paysage qui doit établir un rapport annuel sur
l’évolution du paysage et procéder à un bilan de la mise en œuvre de la loi pay-
sage (arrêté du 8/12/2000),
• loi SRU (13/12/2000), qui a fixé des objectifs aux documents d’urbanisme, notam-

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 243
ment la préservation des paysages naturels ou urbains, au travers des plans locaux
d’urbanisme,
• loi d’orientation sur la forêt (9/7/2001),
• le principe de développement durable implique une protection et une mise en va-
leur fortes du système urbain et patrimonial, nécessitant une place privilégiée de
la nature dans la ville.
Ces textes ont surtout contribué à préserver les grands paysages (macro-paysages) et
ont été cantonnés à une approche géographique. Ils ont souligné la nécessité d’ap-
préhender le paysage à l’échelle des communes ou de groupement de communes.
De même, les forêts fortement menacées par le développement des routes et des ag-
glomérations tentent d’être préservées par quelques outils, tels le classement en zone
de protection, l’élaboration d’une charte forestière.
Le paysage évolue, au cours du temps, en fonction des actions de l’homme et de l’in-
tervention de nombreux acteurs (agriculteurs, urbanistes, collectivités). Mais le pay-
sage se façonne aussi par les actions individuelles des particuliers. Le paysage
constitue le cadre de vie des habitants d’une ville, il est aussi un élément d’attracti-
vité économique.
Cependant, certaines communes ont souhaité étudier le paysage à une échelle plus
urbaine, comme à Thonon-les-Bains, où le projet est allé jusqu’au quartier et la rue
(micro-paysage).
Élaborer un plan d’action pour le paysage consiste à réaliser un plan paysage ou une
charte paysagère. Ces documents n’ont pas de valeur réglementaire, mais sont des
outils permettant d’affirmer une volonté politique globale de développement et
d’aménagement intégrant la nature et le paysage.
La démarche paysagère comporte trois phases :
• Élaborer un diagnostic paysager avec ses atouts et ses faiblesses. Cette phase vise
à cerner l’identité paysagère, ses particularités, son potentiel et ses dynamiques.
Elle définit les différentes entités paysagères.
• Arrêter les choix sur des scenarii d’évolution de paysage pour le préserver, le va-
loriser, le réhabiliter ou générer de nouveaux paysages contemporains. Il existe
des outils d’aide à la décision tels que des logiciels informatiques, qui permettent
de visualiser les aménagements en fonction des plantations.
• S’engager sur des objectifs et des moyens. Cela peut se traduire par des démarches
réglementaires, des actions qualitatives, des conventions partenariales (gestion des
zones naturelles par les agriculteurs, engager une démarche de développement
durable associant tous les acteurs du territoire).
La communication reste un élément essentiel pour que le public sache comment le
programme d’action sera mis en place, et pourquoi une solution a été choisie plutôt
qu’une autre.
Plusieurs outils réglementaires permettent de favoriser, ou du moins de maintenir, la
nature en ville : PLU (plans locaux d’urbanisme), PADD (plan d’aménagement du-
rable du territoire), ZPPAUP (zone de protection du patrimoine urbain et paysager).
Dernièrement, la loi relative à la charte de l’environnement du 1/3/2005 définit 10
articles pour renforcer la cohérence et l’efficacité du droit actuel de l’environnement.

244 Ingénieur territorial
Une collectivité peut également se certifier ISO 14001 afin de conformer ses espaces verts
à la norme sur le management environnemental. La commune de Lyon, par exemple, est
certifiée. Ainsi, certains lieux dédiés aux promeneurs sont déboisés, tandis que d’autres
sont maintenus inaccessibles afin de protéger la faune et la flore. En matière d’eau et de
traitements phytosanitaires, il s’agit d’apporter la dose optimale en tenant compte de la
saison, de la texture du sol, du type de végétal, de son exposition au soleil. La norme ISO
14001, c’est la validation de la politique environnementale. C’est une mise en place d’une
gestion orientée vers une amélioration continue : mise en conformité réglementaire, me-
sures de réduction des atteintes à l’environnement, vérification de leur efficacité. ISO 14001
ne signifie pas impact zéro, mais plutôt prévention maximale. La certification environne-
mentale fonctionne en boucle : état des lieux, mesures correctives, bilan et définition de
nouveaux objectifs.
La prévention concerne trois types d’impacts majeurs : les produits phytosanitaires,
les déchets et l’eau. La réduction des produits phytosanitaires passe, par exemple, par
l’utilisation d’auxiliaires (insectes ou coccinelles) ou de techniques alternatives déve-
loppées comme le désherbage thermique (à l’eau chaude ou au gaz). Quant au com-
postage des déchets végétaux, les coûts sont maîtrisés. La bonne gestion des déchets
végétaux passe aussi par leur réutilisation : redépose au pied des plantations, asso-
ciée à du broyat de bois. Ce mélange forme un « mulch », un paillage naturel qui
se décompose à 80 % en un an. Il apporte la matière organique nécessaire à la struc-
turation du sol tout en préservant son humidité. Les volumes d’eau utilisée peuvent
être maîtrisés pour l’arrosage, les fontaines, les sanitaires.
La conception des espaces paysagers de la ville se déroulera en plusieurs étapes.
La phase diagnostic permettra d’identifier les entités paysagères, les arbres remar-
quables à protéger, les perspectives paysagères à mettre en valeur, les espaces à va-
loriser et à végétaliser. La conception doit être teintée de l’histoire et de l’identité
du site. Il est souhaitable d’y associer dès le départ tous les services de la direction,
des conducteurs de travaux jusqu’aux jardiniers. La participation des habitants est
bien sûr incontournable.
De plus, la définition des objectifs permet d’appréhender les aménagements à réali-
ser.
Au fur et à mesure que le projet se précise, un plan de gestion est conçu en paral-
lèle. Ce plan délimite des zones, les caractérise, dresse un inventaire des essences, du
matériel à utiliser, définit également les principes de gestion, la programmation fi-
nancière et technique, les plantations. La pépinière communale, si elle existe, peut
être associée au projet et participer à la mise en culture. C’est aussi un gage de qua-
lité par la suite. Les aménagements sont confiés au cas par cas, en régie ou à une maî-
trise d’œuvre extérieure.

II - Mettre en place des mesures pour favoriser la présence de
nature en ville
Partir du paysage pour penser la ville semble être une démarche pertinente. Le ter-
ritoire est un palimpseste. Il se constitue avec, et sur, ses différentes histoires et traces

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 245
du passé. Il s’agit du renouvellement de la ville sur elle-même, où la nature participe
à la reconstruction et à la réorganisation des sites.
Dans les années 60, pour les paysagistes, la ville était perçue comme néfaste. Plus tar-
divement, l’engouement pour le traitement des espaces publics, notamment pour les
élus, est apparu.
Plusieurs acteurs façonnent la ville et le paysage. Ainsi, une agriculture de proximité
pourrait être le lien entre les ruraux et les urbains. Par exemple, à Genève, plusieurs
rues ouvrent des perspectives sur la campagne.
Le concept de « ville-jardin » ou « ville-nature » n’est pas seulement un lien de
contact entre ville et nature, mais aussi un ensemble de relations spatiales et écono-
miques. La nature est présente en ville à travers les forêts, les rivières, l’agriculture
périurbaine, les parcs et jardins. Ces espaces de nature se distinguent par leur usage
(détente, cadre de vie, production) et leur insertion dans la ville (individuelle, mé-
langée à l’habitat ou à la voie publique) et leur statut foncier. La ville-jardin se crée
par l’élaboration de plans d’urbanismes successifs, elle devient un urbanisme végétal.
Plusieurs exemples concrets peuvent être énoncés, tels que la prise en compte systé-
matique du végétal dans les opérations d’aménagement de l’espace public, la maî-
trise de la densité des constructions et de la taille des parcelles, le contrôle des
abattages et replantations d’arbres, la valorisation du patrimoine paysager, la végé-
talisation verticale, une meilleure gestion végétale, végétaliser le milieu urbain.
Dans les années 80-90, les réflexions engagées en faveur de la mise en place de la gestion
différenciée des espaces verts dans certaines villes françaises et européennes ne sont pas
le fruit du hasard, mais l’obligation pour certaines collectivités d’adopter une méthode de
gestion plus économique et, pour d’autres, plus écologique. Les objectifs clairement atta-
chés étaient d’absorber l’accroissement des surfaces à entretenir, accompagnés pour cer-
tains services espaces verts d’une volonté de gérer le domaine paysager d’une manière plus
respectueuse de la nature et de la biodiversité.
S’il n’est pas nécessaire ni souhaitable d’entretenir tous les espaces verts avec la même ri-
gueur, la mise en place d’une gestion différenciée ne peut tenir du hasard. Elle doit être
planifiée, négociée avec l’ensemble des acteurs urbains, s’inscrire dans une démarche glo-
bale et cohérente du développement urbain, ce qui implique d’adopter une méthode de
travail : connaître précisément l’état initial du patrimoine vert d’une ville, définir des ob-
jectifs finalisés et vérifier ensuite leur bonne application sur le terrain.
Le « code qualité » consiste à répartir les espaces verts publics en différentes classes
d’entretien, allant des surfaces les plus soignées jusqu’aux espaces verts les plus cham-
pêtres, et à leur appliquer une gestion individualisée de telle sorte que les parcs, les
jardins, les espaces verts s’ouvrent à la diversité biologique et augmentent leur po-
tentiel « nature ». À chaque classe d’entretien correspond un niveau global de pres-
tations, qui est ajusté à la qualité de chacun des espaces verts en fonction de sa
situation urbaine, de son style paysager, de sa richesse biologique et de sa fonction
sociale. Chacun bénéficie d’une gestion taillée sur mesure. Le « code qualité » per-
met ainsi de mettre en œuvre, là où c’est possible, un entretien privilégiant le res-
pect des équilibres naturels et des cycles biologiques.
Il n’est pas facile de changer la mise en scène d’un parc urbain, de rompre les habi-
tudes des citadins fort attentifs à la propreté des lieux, sans que les gestionnaires

246 Ingénieur territorial
soient aussitôt accusés de « négligence » dès que l’herbe monte, même si para-
doxalement le public réclame toujours plus de nature. Certains parcs et jardins ont
une indéniable valeur historique. Ils exigent d’être traités pour maintenir leur qua-
lité esthétique. Mais beaucoup d’autres peuvent très bien faire l’objet d’une gestion
plus extensive. La fréquence et l’intensité des opérations d’entretien n’ont pas besoin
d’être partout égales. En effet, la situation et la fonction d’un espace vert font qu’un
square ne bénéficie pas d’un entretien identique à celui d’un parc urbain. Cette simple
idée de différencier le niveau de maintenance suivant les caractéristiques propres à
chaque espace vert passe encore, aux yeux de beaucoup, pour une révolution cultu-
relle.
De plus, en période de contraction des dépenses publiques, les jardins de prestige et
le fleurissement des villes coûtent cher aux collectivités. Alors, pourquoi ne pas tendre
vers une réduction des frais d’entretien en diminuant les tâches au strict nécessaire ?
Et permettre ainsi aux collectivités, avec les mêmes budgets, d’absorber les surfaces
supplémentaires à venir ?
Le potentiel écologique d’une ville est immense. Quelques mesures bien conçues suf-
fisent à le favoriser : plantation d’arbres et de buissons indigènes, parties de jardin
entretenues moins intensivement, recréation de réseaux écologiques pour permettre
au potentiel naturel du milieu urbain de se développer. La ville abrite une mosaïque
de micro habitats : vieux arbres, pelouses, buissons et petits cours d’eau. L’aména-
gement de ces réseaux de verdure profite aussi aux habitants, qui retrouvent des es-
paces verts plus dynamiques, plus naturels.
Si la ville a, au fur et à mesure, envahi la campagne, la nature a pris sa revanche. La
faune n’a pas déserté nos cités, certaines espèces se sont adaptées. Ainsi, le faucon
crécerelle chasse du haut des immeubles, les martinets nichent dans les cavités des
toits, le renard savoure les poubelles. Cependant, certains animaux sont victimes de
la rénovation des villes. Il est nécessaire de prévoir, dès la conception des construc-
tions et des infrastructures, de modestes aménagements pour préserver la faune de
nos villes et de nos zones industrielles.
Diverses mesures concourent au retour de la nature en ville : végétaliser des toitures
et façades, accompagner les routes de haies vives composées d’espèces indigènes
(églantiers, noisetiers…), remplacer les surfaces asphaltées par des matériaux per-
méables. Les abords de terrains de sport, entretenus de manière plus naturelle, de-
viennent des zones de transition campagne/zones habitées de grande valeur.
Pour être efficaces, ces mesures doivent être planifiées et coordonnées. L’objectif final étant
la réussite d’un projet de réhabilitation de la nature dans les zones habitées.
Pour conclure, une ville se doit d’être respectueuse de sa nature, dans une perspec-
tive de mise en valeur de ses paysages. La nature est le seul avenir de la ville, elle est
une nécessité sociale et environnementale. Développer une politique d’intégration
de la nature en ville s’organise à la fois autour d’outils réglementaires, de pratiques
et de gestions adaptées. Elle passe par la conception à la mise en œuvre; du choix
des techniques à l’application et au suivi de la qualité environnementale.

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 247
6. L’épreuve orale de langue. Méthode
Devant le nombre important de langues possibles, le choix de l’anglais s’est fondé sur
le nombre important de candidats optant pour cette langue à l’oral. La méthodolo-
gie proposée est bien évidemment transposable aux autres langues.

MÉTHODOLOGIE

1. Généralités
L’épreuve orale d’anglais que vous préparez se déroule en 2 temps : 30 minutes de
préparation sur un document inconnu, suivi de 15 minutes environ d’entretien avec
le jury de deux personnes qui vous feront lire le début du texte, puis écouteront la
traduction que vous proposerez d’un passage pré-choisi et discuteront enfin avec vous
sur des thèmes associés au texte (voire d’autres sujets plus «larges» si vous n’êtes pas
inspiré). Le document consiste en un texte relativement court, extrait d’un magazine
ou d’un journal d’informations généralistes de qualité anglais ou américain, à savoir
Newsweek, The Observer, Time, The Times, The Guardian, The Economist pour citer
les plus courants. Ces magazines et journaux sont bien entendu accessibles en ligne,
et je vous invite à y parcourir régulièrement les articles concernant des sujets de so-
ciété, qui sont privilégiés lors de ces épreuves. Voici quelques thèmes porteurs : l’en-
vironnement, la technologie (Internet, portables ...) ou le fonctionnement de la
société (stress, interactions humaines, réussite...). Il est possible de se constituer des
fiches de vocabulaire sur des thèmes particuliers, mais il existe également en librairie
des ouvrages de vocabulaire classé par thème (Le Robert et Collins notamment).
Se préparer à une épreuve orale d’anglais implique de travailler sa prononciation. Il
existe plusieurs façons d’optimiser son potentiel : écouter la radio anglaise (BBC4 sur
198 LW), ou sur le web où l’on trouve une grande variété d’émissions anglophones.
Mais la plus simple à comprendre demeure la BBC dont le site vous propose un choix
de programmes très vaste.
Il est recommandé de joindre l’utile à l’agréable en visionnant vos DVD en VO, et en
variant la langue des sous-titres selon votre degré de connaissance du film et de la
langue. Il existe également des CD-ROM tels que Tell Me More qui possèdent des
exercices de reconnaissance vocale pour vous faire répéter et corriger votre pronon-
ciation.

2. L’épreuve
Lecture d’un passage du texte

Prévoyez quelques minutes pour bien préparer votre lecture. Bien lire, c’est simple-
ment montrer qu’on a compris le texte, c’est-à-dire faire les pauses aux moments vou-

248 Ingénieur territorial
lus, ne pas se précipiter, essayer de prononcer distinctement. L’impression d’ensemble
est alors positive et dispose favorablement les examinateurs.

Traduction

Il est indispensable de bien s’imprégner du texte avant de commencer à traduire. Vous
avez 30 minutes. N’hésitez pas à lire 3 ou 4 fois l’article dans son intégralité (les sous-
titres sont souvent précieux) afin de vous assurer de ne pas commettre un contresens.
Le sens global doit vous donner la clé. Ensuite, relire le passage choisi pour la tra-
duction, et commencer à chercher sans écrire le sens de chaque phrase. Cherchez tou-
jours la logique d’ensemble (du texte, du paragraphe). Alors seulement, on couche
sur le papier ce que l’on a traduit. Quand on a terminé cette ébauche, on relit sa tra-
duction en cherchant la cohérence de l’ensemble et de chaque phrase également. On
compare de nouveau, phrase à phrase, avec le texte de départ. Puis, on oublie l’ori-
ginal et on fait intervenir toutes ses qualités rédactionnelles en français. N’oubliez
pas que vous allez vous exprimer dans votre langue et que, si on pardonne des mal-
adresses de prononciation anglaise ou des traductions approximatives, le jury attend
une maîtrise de la langue française. Il s’agit donc, à partir de ce moment là, de tour-
ner et retourner les phrases pour qu’elles deviennent parfaitement claires pour un
public francophone. Mais il faut aussi toujours garder à l’esprit que l’on doit rendre
compte d’un texte avec une approche qui lui est propre. Modifier, retourner une
phrase pour la rendre correcte, compréhensible, claire par des francophiles n’est pas
la transformer en quelque chose «d’à peu près équivalent». Il est nécessaire de relire
le texte anglais dans son intégralité, puis le passage, puis phrase à phrase en com-
parant à votre traduction avant de terminer votre préparation.

Questions

Garder quelques minutes pour réfléchir aux thèmes évoqués par l’article afin d’avoir
si possible quelques idées «ready-made» qui éviteront les bafouillages éventuels.

EXEMPLE

Call to ban all school exams for under-16s
• Damning verdict on culture of testing
• Stressed pupils ‘in state of panic’
Anushka Asthana, education correspondent
Sunday June 10, 2007 The Observer
All national exams should be abolished for children under 16 because the stress cau-
sed by overtesting is poisoning attitudes towards education, according to an in-
fluential teaching body.
In an attack on the government’s policy of national testing of children from the age
of seven, the General Teaching Council is calling for a ‘fundamental and urgent re-

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 249
view of the testing regime’. Its report says exams are failing to improve standards,
leaving pupils demotivated and stressed and encouraging bored teenagers to drop
out of school.
The council says that schoolchildren in England are now the most tested in the world
before the age of 16. Standard Assessment Tests, currently taken by children at the
ages of seven, 11 and 14, should be abolished, it concludes. The submission, which
has emerged as more than a million teenagers sit their GCSEs and A-levels, says tea-
chers are being forced to ‘drill’ pupils to pass tests instead of giving a broad educa-
tion.
Some are under such pressure from trying to keep schools at the top of league tables
that they have gone further and helped children to cheat, according to Keith Bart-
ley, chief executive of the council, the independent regulatory body set up by the go-
vernment in 2000.
‘The range of knowledge and skills that tests assess is very narrow and to prepare
young people for the world they need a set of skills that are far broader. ‘Exams as
they stood’, he said, were ‘missing the point’.
Bartley argued there was no need to have one day each year when the ‘nation’s 11
year olds were in a state of panic’. ‘You do not have to test every child every four
years to know whether children are making more or less progress than they used to,’
he said.
To tell parents how individual children were doing, teachers would also be able to
access a ‘bank of tests’ that they could use whenever they chose to make their own
assessment.
Teachers, educationalists and parents are increasingly for this sort of testing. Psycho-
logists have reported going into schools at unprecedented rates to tackle exam stress,
with children as young as six suffering from anxiety.
Yet the government has so far refused to move. A spokeswoman for the Department
for Education said: ‘Parents need and greatly value the information they get from
league tables. Transparency and accountability are not negotiable.’ Moreover, the
government has supporters. One Parent Organisation claims that 59.4 per cent of pa-
rents say their children do not react badly to exam pressure.

TRANSLATION (FROM ‘’THE COUNCIL SAYS...» TO THE END)

Le conseil déclare que les écoliers anglais sont aujourd’hui les plus évalués du monde
avant 16 ans.
Les épreuves d’évaluations de niveau, les évaluations actuelles passées par les enfants
à 7 ans, 11 ans et 14 ans, devraient être abolies, conclut le conseil. Cette conclusion,
qui fait alors apparaître que plus d’un million d’adolescents passent leurs GCSEs (Bre-
vet) et leurs A-Levels (Baccalauréat), explique que les professeurs sont contraints de
faire du «bachotage» pour que leurs élèves réussissent leurs examens au lieu de leur

250 Ingénieur territorial
procurer une éducation plus générale.
Certains professeurs subissent une pression telle, afin d’essayer que leur école de-
meure en haut du classement des établissements scolaires, qu’ils sont allés jusqu’à ai-
der des enfants à tricher, selon Keith Bartley, président de ce conseil de
réglementation indépendant constitué par le gouvernement en 2000.
L’éventail des savoirs et savoir-faire que ces évaluations mesurent est très étroit et il
est nécessaire d’évaluer un ensemble de savoir-faire beaucoup plus large pour pré-
parer les jeunes au monde qui les entoure. «Les examens tels qu’ils sont», dit-il, «pas-
sent à côté de l’essentiel».
L’argument de Bartley est qu’il n’est pas nécessaire de «faire paniquer tous les jeunes
de 11 ans de la nation chaque année une journée». «On n’a pas besoin d’évaluer tous
les enfants tous les quatre ans pour savoir s’ils font plus ou moins de progrès
qu’avant», dit-il.
Pour dire aux parents où en sont leurs enfants, les professeurs auraient la possibilité
d’avoir accès à une «banque d’épreuves» qu’ils pourraient utiliser quand ils choisi-
raient de mener leurs propres évaluations.
Les professeurs, les éducateurs et les parents sont de plus en plus favorables à cette
façon d’évaluer.
Les psychologues scolaires rapportent un nombre d’interventions sans précédent afin
de s’attaquer au stress généré par les examens chez des enfants souffrant d’anxiété
dès six ans.
Cependant, le gouvernement refuse pour l’instant de réagir. Un porte-parole du mi-
nistère de l’Éducation déclare que : «les parents ont besoin des informations qu’ils
obtiennent par le classement des établissements scolaires, et ils y attachent une
grande valeur. On ne négocie ni la transparence, ni le fait de devoir rendre compte.»
De plus, le gouvernement a des appuis. Une association de parents déclare que 59,4 %
des parents disent de leur enfant qu’il ne réagit pas si mal à la pression des examens.

POSSIBLE QUESTIONS

How do you react to the article? What is your opinion on regular National Exams?
Do you see a point in testing children nationally at 7 ? At 11? At 14?
• You are yourself undergoing an exam .How did you prepare for it ? How do you
deal / did you deal when you were a child, then a student, with exam pressure ?
• Is stress always a synonym of panic? Can stress (or pressure) have positive effects
on individuals? Can you give examples?
• Is stress (or pressure) a necessary ingredient of school life? Of work life? Of life in
general?
• Recently in the news, we have heard of people finding work pressure unbearable.
What is your opinion? Is our world too demanding on individuals?
• Do you believe that success at school or at work should condition our lives?

Epreuve de conversation avec le jury, méthode 251
La formation obligatoire
des ingénieurs
Chapitre VI

Le contexte
Après quatre années de négociation et de préparation, le vote de la loi relative à
la fonction publique territoriale a eu lieu le 19 février 2007.
Ce texte apporte d’importantes modifications que ce soit en matière de déroule-
ment de carrière, de formation professionnelle ou de répartition des compétences
entre les institutions.
Cette loi permet aux 57 000 collectivités territoriales et établissements publics de
coopération intercommunale et aux 1 800 000 agents de la fonction publique ter-
ritoriale de disposer d’un système de formation globalement équivalent à celui dont
bénéficient les entreprises et les salariés du secteur privé.

Les enjeux
Cette adaptation de la fonction publique territoriale est rendue nécessaire eu égard
aux conséquences de l’acte II de la décentralisation et aux évolutions des collectivi-
tés territoriales avec notamment le développement de l’intercommunalité.
L’idée maîtresse de cette loi est d’être dans une logique de formation tout au long
de la vie.
Afin de permettre et de favoriser cette dynamique d’apprentissage, la loi du 19 fé-
vrier 2007 formalise également le rôle de différents outils au service de la forma-
tion tout au long de la vie, et notamment, la validation des acquis de l’expérience
(VAE), la reconnaissance de l’expérience professionnelle (REP), le bilan de compé-
tences (BC) etc.

La formation obligatoire des ingénieurs 253
Les évolutions apportées par la loi du 19 février 2007
La REP et le BC, dans le cadre de la formation obligatoire, permettent de proposer,
au travers d’une offre modulaire, des parcours de formation individualisés et une
réduction éventuelle du nombre de jours. L’article 4 de la loi précise le rôle de la
REP : « Dans les conditions fixées par les statuts particuliers, les fonctionnaires
astreints à une formation d’intégration et de professionnalisation sont, sur leur
demande, dispensés d’une partie de cette formation lorsqu’ils ont suivi antérieure-
ment ou suivent une formation sanctionnée par un titre ou diplôme reconnu par l’Etat
ou en raison de la reconnaissance de leur expérience professionnelle ».
Le BC concerne tous les agents de la fonction publique territoriale et nécessite, pour
sa mise en œuvre, la publication de décrets.
L’objectif du BC est de permettre à des agents d’analyser leurs aptitudes, leurs moti-
vations ainsi que leurs compétences personnelles et professionnelles dans le but de
formaliser un projet professionnel éventuellement assorti d’un projet de formation.
La réalisation d’un bilan de compétences pourra être prise en compte afin de dimi-
nuer la durée des formations obligatoires.
Une nouveauté de cette loi concerne l’obligation de servir après une formation obli-
gatoire.
Cet élément est nouveau pour la fonction publique territoriale mais il existe déjà sous
le terme de « engagement de servir » tant au sein de la fonction publique d’Etat que
de la fonction publique hospitalière.
Quand, après sa titularisation, un fonctionnaire quitte sa collectivité dans un délai in-
férieur à trois ans, la collectivité d’accueil doit indemniser la collectivité d’origine. Si
les deux collectivités ne peuvent se mettre d’accord, l’indemnité devra être totale et
prendre en compte non seulement le coût de la formation (formation obligatoire et
éventuellement formation de perfectionnement) mais également le coût de la ré-
munération perçue par l’agent pendant le temps de formation.

Le dispositif actuel
Les décrets relatifs à la formation statutaire obligatoire des agents territoriaux ont
été publiés au J.O. le 29 mai 2008.
La formation d’intégration va au-delà d’une simple présentation de l’environnement
territorial et du service public. Elle permet au cadre entrant dans la fonction publique
territoriale d’embrasser les différentes responsabilités liées à sa fonction et à son po-
sitionnement hiérarchique au sein d’une collectivité. Afin de favoriser la mixité des
publics, un parcours de formation intercollectivité sera également proposé.
La formation d’intégration pour les lauréats du concours d’ingénieur territorial se fait
sur une durée de 5 jours (ceux-ci pouvant être réduits via l’expérience de l’agent, ces
diplômes, une REP ou un BC).
La formation de professionnalisation (après titularisation) n’est plus, comme pour la

254 Ingénieur territorial
formation d’adaptation à l’emploi (FAE), cantonnée aux 2 années (pour les ingé-
nieurs) suivant la titularisation.

La formation de professionnalisation, dans une logique de formation tout au long de
la vie, a pour finalité le développement et la construction de compétences en lien
avec la situation de travail. Ce type de formation sera mise en œuvre lorsque les élé-
ments suivants surviendront : le recrutement, le changement de cadre d’emplois, la
mutation externe ou interne, un changement de responsabilité etc.
La durée de cette formation varie entre 5 jours au minimum et 10 au maximum. Cette
formation de professionnalisation doit se réaliser dans les deux ans suivant la titula-
risation.
A l’issue du délai de deux ans précisé ci-dessus, les membres du présent cadre d'em-
plois suivent une formation de professionnalisation tout au long de la carrière, à rai-
son de deux jours par période de cinq ans.
Lorsqu'ils accèdent à un poste à responsabilité, les ingénieurs sont tenus de suivre,
dans un délai de six mois à compter de leur affectation sur l'emploi considéré, une
formation d'une durée de trois jours.
Les formations d’intégration et de professionnalisation sont organisées par le CNFPT.

Conclusion
Dans le tableau ci-dessous, nous présentons sous forme synthétique la logique de for-
mation tout au long de la vie pour les ingénieurs applicable depuis le 1er juillet 2008.

Dispositif de formations obligatoires pour les ingénieurs
DISPOSITIF
Formations d’intégration 5 jours maxi
(après nomination et avant titularisation) (pas de mini)
Formations de professionnalisation 10 jours maxi
(dans les 2 ans après la titularisation) 5 jours mini
Formations de professionnalisation 10 jours maxi
(par période de 5 ans) 2 jours mini
Formations de professionnalisation 10 jours maxi
(dans les 6 mois après affectation à un poste à responsabilité) 3 jours mini

La formation obligatoire des ingénieurs 255
Restructuration d’une chapelle
niveau 0 Echelle 1/50
Restructuration d’une chapelle
niveau supérieur Altitude NGF 154.00 Echelle 1/50
Restructuration d’une chapelle
niveau supérieur Altitude NGF 154.00 Echelle 1/50
Restructuration d’une chapelle
Detail plancher
Restructuration d’une chapelle
Les coupes Echelle 1/100
Restructuration d’une chapelle
Plan d’installation de chantier Echelle 1/200
Ingénieur territorial
ABC
c a t é g o r i e

épreuves écrites de note, de synthèse et de projet
épreuves orales d’entretien et de langue

Réussir les concours interne et externe ou l’examen professionnel

Ingénieur
d’ingénieur territorial nécessite en amont une préparation soutenue et
régulière aux épreuves écrites et orales.

territorial
L’objectif du manuel est donc de vous aider à la programmer et à la rendre
efficace dans le temps qui vous sépare de ces épreuves.

Dans cette perspective l’ouvrage fournit des méthodes et des conseils

épreuves écrites de note,
afin d’appréhender avec succès les sujets fournis. Il apporte aussi des
suggestions, des propositions et des indications de correction ou de
traitement de sujets écrits (annales corrigées) et oraux.

Il aborde aussi chaque spécialité de façon spécifique afin de répondre à
de synthèse et de projet
épreuves orales d’entretien
la diversité des différentes cultures professionnelles propre à l’environ-
nement de l’ingénieur territorial.

Pour être au plus proche de la réalité du métier, le manuel a été rédigé pour
toutes les épreuves par des ingénieurs territoriaux, hormis l’épreuve orale
et de langue
de langue étrangère.

Afin d’être en phase avec les attendus des concours et de l’examen, les Préparation au concours et à l’examen
auteurs sont pour beaucoup membres de jury (correcteurs et examinateurs) d’Ingénieur territorial
et également formateurs au CNFPT.

© 11/7495/ST - CNFPT studio graphique - Imprimerie CNFPT Bruno Rapatout

CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE
80, RUE DE REUILLY - CS 41232 - 75578 PARIS CEDEX 12 - Tél. : 01 55 27 44 00 - Fax : 01 55 27 41 07 - WWW.CNFPT.FR
ISBN : 978-2-84143-317-9 - Les éditions du CNFPT, édition 2008 - Prix 25 €