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2 Q2SF existence éphémére, Incontournable et indispensable pour lutter contre les épidémies de choléra, & la fin du vax" sitcle, il deviendra obsolete quelques décennies apres nest pas détruit, il sert de dépotoir on parfois de urs, Hleureusement son avenir semble serein, l'époque actuelle s‘intéressant A nouveau au terroir et au patrimoine. Nores 2 Rencontre organisée par Me* Carinne Bertola, conservateur du Musée du Lémsn a Nyon (Suisse) Chaudron presque mythique dans la famille car il avait échappé astx réquisitions dles Allemanels pendant les deux guerre, Prangois Bocion (1828-1890): artiste vaudois, pelnere du Léman, 4 Murs 1926, rue Roussean d Gendve Lesoir convert. place de la Navigation & Gendve Aeril 1914, classe de repassae de Févote ménagore de la rue Rousseau & Geneve na ; it REX s Propreté S hygiene avoir rural, lavoir des villes. Le lavoir uthain et son pitroresque ancétre, le bateau-lavoir, dont Torigine remonte sans doute 1 début du xvu® sitcle, appartiennent généralement un aire privé et sont principalement utilisés par des lavandigres Q propr professionnelles. Alla campagne, laver le linge est une activité saisonnidre qui réunit tout le village. Le lavoir rural apparait en France au début du xix? sidele bénéficiant de Pautonomic administrative accrue des municipalités. Dorénavant, la construetion d'une mairie, d'une école et d'un lavoir rentre dans les objectifs de tous les maires. Cependant, sa prolifération vers les années 1860 résulte essentiellement d'une prise de conscience collective de Vimportance de la salubrité publique. Le culte de Phygiene, a plus utile de nos sciences, accede au pouvoir. Au XvF sigele et au xvm sidele, Peau est pereue comme capable de ‘infiltrer dans le corps, l'eau chaude est supposée fragiliser les organes, laissant les pores béants aux airs malsains. La wilette public en 1840: Si les pauwres se lavaient les mains; la figure, s'ils chamgeaient de linge, sls éeitaient de salir leurs wétements ‘par towte sorte dordures, sls maintenaient tout ce qui les entoure dans la propreté... ils trouveraiient le bonheur quis ne cherchent que dans la Jouissance matérielle des sens. “Maintenir out ce qui entoure le puwore dans Ia propreté es un cliché er et le facile. La saleté attire la saleté. Dans les villes, le «tout & la ‘tout 2 la rividre » sont plus fréquents que le «tout a Pégout», les latrines utilisables. Dans les campagnes, Ie tas de fumier raines, eau est, de ce fait, souvent polluée, Veillez pureté devient un impératif. Souvent le méme point d'eau? (fontaine, mare, rivitre) sert A de multiples usages. Le bétail s'y abreuve ot abandonne quelques «souvenirs». Les femmes lavent leur linge et laissent ‘une cau souillée par les savons ot les saletés; elles y lavent aussi leurs Iégumes et autres objets, sans omettre que cette cau sert aussi a boire, a cuire les Iégumes et a faire sa toilette. Ces problemes posés par Peau sont connus par les autorités mais ne trouvent guére de solution. Le 29 mai sont inexi est proche des for 19) 1840, un rapport pour améliorer les eaux pour les fontaines de la ville de Thonon précise qu'il est dans son intérét de les ameéltiorer (les eaux) autant quil sera possible afin de les rendre inieux potables, ce qui contribuera & la salubricé publique ec concourir efficacement a diminuer les causes du goitre qwoccasionne la boisson des eaux malsaines, ete. Sans doute sous la pression des journées insurrectionnelles de février 1848, de la catastrophique épidémic de choléra qui sévit en France en 1849, les autorités bougent, En 1850, une note du ministere de PAgriculture et du Commerce précise que 1 importe le supprimer ces ayers infection (les points eau) au plus vite, Lédification de lavoirs s'impose, avec les fontaines et les abreu- oir ils participerone a Vorganisation dune salutaire specialisation des hous’ ee des usages de Fea. Bn plus de Vamelioration de la sabubrivé publique, les lavoirs apporteront un progrés de Unygiene individuelle. Si la propreté de corps devient un impératy, calle du «corps ti corps, le cement, Pest tout anizant. Les épidémies ont appris que le linge peut vehiculer des germes malsains 1 faut dome procéder & son renowzelloment fréquent. Seules lex fasnilles taisées au trusses bien garni pewcent se plier 4 cette discipline. Les classes les plus pawores sont condamnées au lavage fréquent de leurs effets, Mais comment se liorer avee entrrn au laeage du linge lose Jae rester aagencnillée ou courbée sur sa planche a tecer durant des ‘heures ane bord diume rivgre ou d'une mare, exposée di toutes les rigueurs des saisons™, Fn 1851, 'administration fr ngaise s’émeut des mauvaises conditions dans lesquelles s'effectuent les lessives sur les bords de riviéres, mares, Elle encourage les municipalités & construire un lavoir yea et, par le décret du 3 février 1851, subven- certaines conditions. Sa motivation est clair ment précisée: La pensée du projet, Messieurs, il niest pas nécessaire de la chercher bien Join. Vous aves tous encore présene é Vesprit les matheurs qui ont frappe a France en 1849, la maniére dont le choléra.a séei dans le pays: il faut augmenter les moyens hygiéniques que le pays posstdde pour se défendre contre Vinvasion d'un tel dferut® Le 10 juin 1861, M. Sache, maire de Meillerie, interdit de lever le linge, du jardinage, du poisson, ou tout autre chose dans le bassin des fontaines publiques, Les enquétes se multiplient partout en France. Le rapport du docteur Dagand:, chargé le 29 juin 1865 dune mission spéeiale par M. le Préfet de Haute-Savoie, concernant Ia situation hygiénique de plusieurs communes de Farrondissement de Thonon est éloquent _Les communes du canton de Thonon sone toutes atteintes de Vendlémie™* du goitre, mais it Vesveption de Marin et d'Orcier ou la population a subi tune dégencrescence physique considléruble, ait les goieres affectent les 20 ide la population, les autres communes de ce eanton sont affectées dun moindre degré que celles du canton d'fvian. Ce canton est en grande partie marécageux on Ta é1é ce date récente, et Cest sur ce sol partiel ment marécageux compris enar le lac Léman, Thonon, Le Lyaud, Oreien, Draillant, Lully et Margencel que se rencontrent les populations les plus affectées par te goitre. Les mémes mesures indiquées pour le canton vian doivent etre mises en usage dans celui de Thonon, mais en plus fon doit dans ce canton largement pratiquer le drainage pour dessécher los terrains humédes et marécageus... Hy a lieu établir & Thonon tn depot de sel todé pour les communes d’Oreier et le Marin qui sont le plus fortemnent atteintes par Venciémie du goitre 4 Scies il y a tres pew de goitres. La population y est belle, de taille ‘lev, aspect imulligent; iy a cependant dans cetie commune hysini= qucment bien place et bien tenue, quelques mesures & prendre pour Vabaitage darbres autour des maisons et Usloignement des mares et fumiors, surtout au village d’Excucilly. Le 30 novembre, fe sous-préfet avise le maire de Seiez** que, apres avoir sévi avec une grande intensité en Orient et dans quelques parties de Vtalie et de VEspagne, le choléra s'est déclaré dans plusieurs points du midi de la France et & Paris. Il recommande de suivre les indications fournies par le docteur Dagand. Cclui-ci signale la mauvaise qualité des eaux comme étant & pou pros partout Ia eause prineipale du mal Dans quelques communes, les eaux subissent un mélange d’immon- dices, de purin méme {...] Vous deves vous attacher d'abord & prescrire Véloignement des sources et fontaines de tout ce qui pourrait altérer la pureté et la qualité des eaux... Vous saves, Monsieur le Maire, quel prix nous devons attacher & Vamélioration de Vétat hygiénique du département, je vous serais obligé de me tenir exactement informé des mesures que [...] Le 20 février 1866, une nouvelle lettre du sous-préiet au maire de Sciez rappelle que dans le canton de Thonon, le goitre y régne ou d'une maniére grave ow & Véat endémique. Les mesures que M. Dagand propose pour prévenir et arréter le développement du mal sont le eraite- ‘ment des enfants goitreux aux écoles, la création de conduites d'eau, de 1 24 puits, de fontaines, de citernes. Dans les lieux oit les caus potables sont de mauvaise qualité Vassainissement des habitations insalubres, le desséchement des terrains maréeagoux, Vabattage des arbres nuisant & Vinsolation et susceptibles de vicier Vain, ainsi que Venlevement du fumier, bourbiers et autres immondices situés & prowimité de la voie publique. Par conséquent, le sous-préfet engage le maire de Sciez A prendre un arrété portant principalement sur les points suivants et ajouter a ces prescriptions toutes celles qui vous paraitront comvenir a votre commune, comme aussi les modifier suivant les convenances locales: 1. Balevement des mares et fumiers a la plus grande distance possible et are ‘moins & 20 meares des habitations, 2. Abateage des arbres muisant & Uinsolation et & la circulation de Uair: 3. Etablissoment des pores et moutons dans wn local aéré et tent dans un tat constant de proprete. 4. Nettoyage des allées, cours et allées en bon état et sans cticun crews oit les eaux puissene croupir; en maintenant diiment erépis les murs laréraux et les faisant blanchir dens toutes leurs parties au lait de chaus, si ltat de mal propreté Vexige. 5. Balayage des rues et places principalement le lendemain des jours de foives, Toujours soucieux de la sécurité de ses citoyens et considérant avec quelle intensité le choléra a séoi dans quelques villes de Empire et & Vétranger, le maire de Meillerie impose des le 9 janvier 1866 un arroté dans ee sens. Des mesures semblables seront demandées dans toutes les communes, Cette volonté des autorités frangaises @ améliorer quelque peu les conditions de vie de la population Ia plus défavorisée, par Phygiéne, la propreté, et la salubrité publique, n'est ni spontanée, ni pure philan- thropic. Le xix" est tn sitcle de contestations qui voit la naissance du féminisme et d'autres mouvements populaires. La révolte du peuple en 1848 fait toujours peur, autant que les épidémics. Done, pour éviter Tavenir émeutes et épidémies, PEtat doit promouvoir une qualité dex tence minimale, ménager la coexistence des classes sociales et fortitier la main-dceuvre, Porter des vétements propres est la preuve de bonnes dispositions morales, Arme contre Vaction dissoloante de la misére, la proprreté insuffle énergie et amour de Vordre, Le gain sovial escompeé de le huste 7 rr iii ise bceanlt contre la guenille est alors inestimable; en effet, ly a tout lieu d’esperer que les classes laborieuses, jugées dangereuses, sassugissent et ne provoquent plus de trouble; ear Vouvrier au linge propre jouit dun esprit plus sain que celui wetu Pune tenue négligée™ ‘Toujours en France, aprés Ia défaite de 1870, Ia santé publique est méme considérée comme un facteur de redressement du pays. Mission est donnée a Pécole d’enseigner les vertus de la propreté. Mieux, l'éole primaire gratuite, laique et obligatoire depuis Jules Ferry (1881) remplace le cours de catéchisme par celui d’hygiene! ; Bt pourtant, Ia lutte en faveur de la propreté sera longue et difficile car Ja nouvelle rationalité scientifique et médicale marque une rupture totale avec le passé. Formant, en France, Ia majorité de la population jusque vers 1914, le monde paysan reste accroché & ses croyanees ances- trales, a ses traditions, & ses habitudes. Par ailleurs, pour la population du Ghablais, région rurale en marge des grands centres urbains, qui pratique encore le patois, le frangals qui yehicule ces messages hygiénistes contralgnants est pergu comme une Jangue étrange, parisienne, voire centraliste. Autant de raisons valables pour se méfier! Et puis, toujours au 3 foroément considérée comme un bien". Pour beaucoup de gens, la saleté fait obstacle a la maladie. A I'inverse, la propreté et Vhygitne sont réputées faciliter la pénétration par les pores de la pec des miasmes porteurs de mort”. Le contact du corps avee Peau et le savon est oraint. liew qu’a la faveur des grands rites de passages: toilette du , toilette des mariés, toilette du mort, et début dur xx° sidele, la propreté n'est pas Tw’au nouveaucn Dans son ouvrage «Llabitndes et préjugés antihygiéniques» publié Paris en 1904, le docteur Courgey cite quelques exemples Quart un drape, il. fit les changer le moins souvent possible. Sales, ils sone plus chaudls que propre Les bains de pieds affaiblissent la sue; on nen prend done pas. Quant aus grands bains, is sone incon. La propreté est regardée comme un huxe, c'est bon pour les riches. Un sidcle sera nécessaire pour séparer le sain du malsain, éloigner le puits du fumier, de la fosse & purin et des lieux d'aisanees et reconstruire Ie cimetiére hors de lenclos paroissial, La mort, la saleté — le désordre ~ d'un c6té; la vie, la propreté ~Fordre - de Lautre”. 23 TP Le passage du sale au propre correspond a.un changement profond du statut social de la population. Spécialement dans les milieux ruraux, on peut alfirmer que les lavoirs ont contribué a ce progrés en facilitant les aches domestiques, 1865 et 1875, les habitantes des communes d'Anthy, Séchex, Seiez, Publier, Loisin, Chens, Ronsus Corzent, Sous-Biraz, Nernicr, comme celles de la plupart des villages de la rive Iémanique savoyarde ont bénéficié d'un lieu couvert, réservé et spécialement aménagé pour laver le linge En face, sur ta rive suisse, au fil des années, la propreté est devenue un mythe, un slogan publicitaire qui attire chaque année des milliers de tonristes, Kt pourtant, cette légendaire , page 62, Collection « Que sa ® Noir site: www-aube lavonsdefrance com/histolrc2 php * Genevibve Teller, «Propre en ordre, Habitation et vie domestique 1850-1890, fitions En bas, sLTlygitne moderne, TDG n 680, Centro national de documentation pédagor Alque, 1994 * Christophe Leféhure, een ane ene par oxcapo ta grove du Leman sent del Vevey TOven Meet oar protguc cre dela vile un tests fc, uli aremont Se eel ponte ceugs de ings ba ocatlon progres ds gus te Kowwtmadiher on gut de oboe ; Letpace ett compartimenté par des clolsons assez élovées pour qa les femmes {Genes tane das leur cavalo prdall ast we pare dv cette sual seer aaa quent es vos occupation des pce esa eh inate ent payeen 8 There Christophe dans Ia «Patrie Suisse> La Sarras, Grande Rue ~ avant 1912 (Collection du Musee dus Lémean & Nyon) ' 2 ; > CH FE A 5 % EN » café des femmes» ‘afé des femmes>, «parlement des femmes», «hotel des bavardes », Pais elle Ince le drap ‘tour du cou du voyagenr et continue a tordre... Le voyagenr ne rentre jamais chez les sien i Dans certaines régions, meme les {ges venient laver sur Jes bords des. rivieres, parfois en plein jour, mais plus spécialement la nuit. Celles du Roussillon, aprés y avoir fait leur lessive, étendaient au soleil leur linge ‘qui était bean et tissé de fleurs odorantes. Si un passant téméraire osait y toucher, i était péerifié surtechamp, ou ses bras se brisaient comme du verre. Celui qui parvenait & leur dérober une pidee de linge, était ussuré des plus grandes félicités, Ne dit- ‘on pas en Cerdagne, d'un homme qui a fait une rapide fortune, qu'il s'est ‘cmparé d'une serviette, JJadis des laveuses de nuit —f@es o1 sorciéres, nul ne le sait? ~ d'un carac- tare tres malyeillant, hantaient les berges des rivigres et des cananx des ‘environs de Dinan, lles arrétaient les chalands, tiraient les cables sur Te halage et faisaient tourner les baryques comme des toupies: chevenuse et conducteurs s'en allaient au fond des eaux’. A coté de ces belles histoires qui font frissonner, il faut savoir que le lavoir posséde aussi des vertus curatives: lorsqu’an eniant est souifrant, son linge est baigné dans le bassin du lavoir; s'il flote Ia guérison est proche, sinon le pire est & redouter, Dans la Cote d'Or, les meres trempent los effets de leur enfant atteint de méoingite puis les portent & Téglise pour hater la guérison Caisse de secours populaire avant Pheure, le . Ne dit-on pas qu'un enfane abandonneé est sitr d’y trouver une mere* Laver son Linge an lnvoir est le signe d'une certaine appairtenance sociale, ‘Neplas aller la suite un mention faite dans Fouvrage « dans la ville d'Anneey », Ned Rival, ellistolre anecdotique de la propreté et des soins corporels, page 235, aditeur Jacques Grancher, ‘Temoignage d'une dame de la Roche:Vineuse ~ Voir Ie site www.aube lavoirsde- Raymonde Suchet, «Ma mémé de Lolsin», texte déposs a Ja bibliothéque de Losi, Voir wwwlyonne.com/sitelavoir ‘oir www: rassat.com/eroyances Histoire raconiée dans le roman populaire de Cardoze «La Reine du lavoir», 1893, sans doute et de longue haleine, mais aussi prestigieus: la vraie lessee, la belle, la grande, était la fierté de la femme, elle y consacrait le meilleur delle-méme. Toutes les valeurs domestiques y trouvaient leur place: dévouement et effort de la femme, propreté du linge, discipline du repassage, entretien soigneux du raccommodage, ordre des piles de linge dans les armoires (compte, numeéroté, attaché, enrubanné) " Gageons que ce cours d'économie domestique, destiné sans donte une certaine bourgeoisie, n'a pas do convainere beaucoup de ménagéres, car pour Ia plupart la grande lessive était un sujet de hantise par manque de tomps, de place et le manque de beau linge a étaler. Le coulage au cuvier n’était guére possible en ville, oar peu de foyers disposaient de la place nécessaire au matériel. Linvention de la «couleuse »* familiale, d'un usage facile, se posant sur tout fourneau, rend désormais la lessive possible en appartement, rapidement et Gconomiquement Ges teeivnee sont dat récipiens dana tenet, on depo le finde tour d'un tuyais central ; cereus terminé par un chapeau. On remplie eau et de lessive. On chanyfe. Au moment de Uébulliion, Nau chargée des produits lessiviels monte dans la colonne et est rejetée en nappe par le chapeau sur toute la surface du linge quelle traverse, pour 42 Cadeas apprécié des jeunes mariges, Pusage de la couleuse se diffusa rapidement en ville mais plus lentement dans les eampagnes, qui reste- tent longtemps fideles au coulage au cuvier, vieille habitude encouragée pat Pabondanee du trousseau familial. Cepencant, vers 1920, son emploi be généralisera dans le milieu rural. Avee la couleuse, Pusage des cristaux x des produits de lavage, dorénavant la lessive se fera tous les mois ou toutes les semaines... selon les régions et les époques: le fameux lundi’* de nos grands-méres. Lavoirs raraux, lavoirs des villes. Ménageres, professionnelles Les lavoirs des grandes villes n'ont rien de commun avee ceux de la campagne. Tis ressemblent davantage a de véritables usines & laver Gquipées de tous les appareils nécessaires au lavage, au ringage et au séchage du linge: cuviers immenses, séchoirs a air chaud, eatt chaude fssoreuses, Certaitis possedent méme un réfectoire et une salle de garde pour les enfants en bas age La lessive, elle aussi, ne s’effectue plus comme dans les eampagnes: Bille est généralement confiée & des professionnelles, souvent la seule resource de la veuve, de la femme abandonnée ou de Vorpheline. En Cotte fin du xix*Pindustrie du blanchissage est prospére. Rien qu’a Paris et ‘dans la proche banlieue elles seraient 70000 a ceuvrer dans la eapitale™ Un de ces lavoirs privés et le triste métier exereé par ces laveuses professionnelles sont décrites par Ie romaneier Emile Zola'* Un gremd hangar, monté sur pitiers de fonte, & plafond plat, dont tes poutres sont apparentes. Fenétres larges et elaires. {...] A gauche est le tuvier pour la lessive, un vaste chaudron de cuivre @ ras de terre, avec un Couvercle qui descend grdce i une mécanique. A cété est Tessoreuse, des ‘lindlres clans lesquels on mec un paaruet de linge, au y sont presses forte- ment par wne machine & vapeur, Le reservoir dau ehadle est 14. [..} FPngfin, un esoalier conduit au séehoir, au-ilessus dt laeoit, une vaste salle fermée sur deus ofités par des persiennes é petites lames {..] Voici mainte- nant de quoi se compose une place'’, On a, d'un cbté, une boite placée liebout, dans laquelle ta laveuse se met dlebout pour garancir wn pers ses jupes. Devant elle, elle a ume planche, quion appelle la batterie et sur Taiqucle elle bat le tinge; elle a iv eété delle un baguet sur pied dams lequel celle met Fea chasude, ou Peon de lessive. Puis derriere, de Vautre cbté, la Taveuse a un grand bauer fixe ant sol, audessus duquel est un robinet dleaau froide, un robinet libre; sur Te baquet, passe une planehe éeroie oft Ton jette le linge; aucessus, ily @ deux harres, pour pendre le linge et Pégoudter. (let appareil est établi pour rincer. Jat laveuse a encore un petit 43

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