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GEJ3 C27

Mathaël parle de la vie intérieure de Cyrénius

1. Cyrénius, pressant la main de l'orateur, ouvre de grands yeux et Me dit « Seigneur,


cet homme a vraiment une étrange vision de l'existence ! Pourtant. on ne peut rien lui objecter
quant au fond : c'est véritablement, hellas, la vérité toute nue en gros comme en détail. Que
vas-Tu lui répondre ? »
2. Je dis : « De quoi t'étonnes-tu ? Ne vous avais-Je pas avertis que ces cinq hommes
vous donneraient à tous du fil à retordre ! Oh, écoutez-les encore et vous Me comprendrez
ensuite à coup sûr bien plus aisément et profondément ! »
3. Cyrénius dit alors à l'orateur, qui s'appelait Mathaël : « Mais ne pourrais-tu montrer
de façon tout aussi probante que, selon toute vraisemblance, Dieu existait avant tes corps
célestes, dont je ne parviens d'ailleurs pas encore à me faire une idée satisfaisante ? En ce qui
me concerne, du moins, je ne connais pas un peuple sur terre qui n'admette, n'honore et
n'adore un Dieu plein de sagesse et de puissance et préexistant à toutes choses : et tu viens de
démontrer exactement l'inverse. Mon cœur en est empli d'angoisse ! Aussi, je t'en prie, moi
qui suis pourtant grand gouverneur romain, donne-nous maintenant une aussi bonne preuve
contraire ! »
4. Mathaël dit : « O faible nourrisson de la terre, tu me fais pitié ! Tu as pourtant,
comme je le découvre à présent dans mon âme, entendu bien des sages paroles pleines de
force de vie et de vérité, et tu as vu de tes yeux ce que peut faire la parole de Dieu, et pourtant
il y a bien des pensées dont tu ne peux toujours pas concevoir en toi-même la profondeur !
5. Oui, mon ami, tu aimes encore beaucoup trop ta vie et tu y es plongé en plein : mais
c'est là la plus mauvaise perspective pour connaître la vie.
6. Ami, il faut d'abord avoir tout à fait perdu la vie, c'est-à-dire cette vie terrestre, pour
connaître la vie !
7. Prends une marmite et remplis-la d'eau : tant que l'eau restera tranquille dans la
marmite, tu n'y verras pas les esprits de la vapeur : même si tu remues l'eau violemment et la
mets ainsi en mouvement, les puissants esprits de la vapeur ne se montreront toujours pas à toi
: mais si tu mets l'eau sur le feu, alors elle commencera bientôt à bouillir, et aussitôt, les
puissants esprits de la vapeur commenceront à s'élever au-dessus de la surface frémissante de
l'eau, et c'est alors seulement que les esprits encore au repos dans l'eau bouillante
reconnaîtront les puissants esprits de la vapeur qui reposaient jusque-là avec eux dans l'eau
froide sans donner signe de vie, et, se voyant d'abord eux-mêmes par leurs milliers d'yeux,
puis, sous eux, le bouillonnement de l'eau qui les portait, ils connaîtront aussi que les esprits
de la vapeur n'avaient d'autre conscience jusque-là que celle de leur parfaite identité avec l'eau
froide.
8. Mais c'est ainsi que, pendant son ébullition, l'eau reconnaît également qu'il existait
et qu'il existe en elle, jusqu'à sa dernière goutte, des esprits séparés : oui, oui, l'eau qui bout
se reconnaît comme étant elle-même tout esprit et toute puissance, mais dans son état froid de
repos, elle ne pouvait le reconnaître ni le concevoir !
9. N'est-ce pas là une image appropriée ? Aujourd'hui, ta vie est encore une eau froide
sans doute pure, mais par ailleurs tout à fait calme, dans la marmite de ton corps Ta marmite
aura beau être secouée en tous sens, tu n'en connaîtras pas pour autant ta force de vie ; au
contraire, plus l'eau, dans son état de calme froid, est agitée, comme c'est le cas pour tous les
grands de ce monde, moins l'eau de la vie se reconnaît, elle-même et ce qui l'entoure, dans
l'agitation de la marmite humaine : car lorsqu'elle est agitée, la surface de l'eau reflète une
image non plus claire, mais très déformée.
10. Mais si la marmite de l'eau de ta vie est mise au vrai feu de l'amour, de l'extrême
humiliation et de tous les maux et les souffrances, oh, comme tout se met bien vite à
bouillonner dans cette marmite, et les esprits de la vapeur de vie ainsi libérés se reconnaissent
bientôt eux-mêmes ainsi que leur état antérieur froid et paresseux - c'est-à-dire la vie sensible
- et la fragile marmite, et l'eau vivante qui frémit encore dans la marmite voit alors par mille
petits yeux clairvoyants les esprits de vie qui montent au-dessus d'elle et connaît qu'elle n'était
pas seulement leur support inerte, mais qu'elle ne fait qu'un avec eux et qu'elle est identique à
eux ! Mais la marmite, comprends cela, mon ami, la marmite ne sera pas reconnue par les
esprits de vie qui s'élèvent comme étant identique à eux, mais au contraire comme n'étant que
leur récipient hélas nécessaire, mais destiné ensuite à se briser en morceaux et à être jeté à la
rue. - As-tu maintenant quelque idée de ce que j'ai voulu te dire ? »
11. Cyrénius dit : « Il me semble bien comprendre à peu près ton allégorie, du moins
l'analogie que tu y établis avec la vie intérieure de l'âme : mais si jamais tu as voulu sous-
entendre par là une signification plus profonde, je suis encore bien loin de la comprendre !
Cela voudrait-il dire par hasard que Dieu devait malgré tout exister avant toute chose ? »
12. Mathaël dit: « Assurément : mais si tu ne peux encore le comprendre, c'est parce
qu'il s'en faut encore de beaucoup que tu ne te mettes à bouillir !

GEJ3 C28
Mathaël parle de Dieu

1. (Mathaël :) « Vois-tu, ce que tu nommes Dieu, je le nomme "eau vivante" :


cependant, l'eau en elle-même ne connaît pas sa propre vie. Mais lorsque le puissant feu
d'amour, qui est comme une forte pression au centre de l'être, l'amène à bouillir et à sortir
d'elle-même, alors l'esprit vivant s'élève librement au-dessus de l'eau qui le retenait
auparavant prisonnier, et c'est alors que, corme le rapporte Moïse, tu vois l'esprit de Dieu
flotter au-dessus des eaux. Et l'esprit se reconnaît lui-même et l'eau, et connaît qu'il ne fait
qu'un avec l'eau de toute éternité ; et c'est cette certitude éternelle qu'il faut entendre par la
phrase : "Que la lumière soit !"
2. C'est seulement lorsque ton esprit, ami, flottera lui aussi au-dessus de ton eau de vie
en ébullition, que tu connaîtras véritablement ta vie et celle de Dieu en toi.
3. Vois-tu, tout ce qui existe doit commencer un jour, doit avoir un début, sans quoi il
ne pourrait jamais exister ! Et s'il n'y avait pas eu de commencement précis à une vie se
connaissant elle-même et tout le reste, et à sa force consciente d'elle-même, cette vie serait
encore loin d'exister : mais comme elle a commencé un jour, elle existe tout autant que nous-
mêmes, qui avons un jour commencé d'exister en tant que ce que nous sommes à présent.
4. Pourtant, nous étions déjà avant cette existence, mais comme la vapeur de vie
encore froide et informée est dans l'eau froide au repos : et de même, la puissance de vie
suprême a en Dieu une double existence, d'abord comme être muet et uniquement conscient
de lui-même, ensuite comme présence libre née d'un commencement d'activité intérieure, se
connaissant pleinement et se percevant dans ses moindres détails !
5. C'est pourquoi il est également écrit dans Moïse : "Au commencement, Dieu créa le
ciel et la terre, et la terre était vide et déserte et les ténèbres couvraient l'abîme." Qui est ou
qu'est-ce donc exactement que le ciel, et qu'est-ce ou qui est donc la terre ? Crois-tu vraiment
qu'il faut entendre par là la terre qui te porte à présent, ou le ciel qui te donne air et lumière ?
Oh, si tu crois cela, comme tu es loin de la vérité ! Car où étaient alors cette terre et ce ciel ?
6. Vois-tu, ce n'est là qu'une manière obscure de montrer comment la force éternelle
de vie de Dieu a commencé à sonder son être et à se connaître elle-même ! Le "ciel"
représente ici la sagesse du Moi divin prenant conscience d'elle-même : mais en son centre de
gravité brûlant d'amour, ce centre qui est désigné par le terme "terre", il faisait encore noir et
tout était vide et désert, donc sans connaissance profonde de son être propre.
7. Mais le centre devenait de plus en plus brûlant à mesure que la masse de la
conscience de soi extérieure pesait toujours davantage sur lui. Et ce centre devint un brasier
ardent, et la vapeur (l'esprit) monta de l'eau de vie en ébullition et, flottant désormais
librement sur les eaux de la vie primitive éternellement muette et tranquille, elle se connut
pleinement : et cette reconnaissance est précisément la lumière que le Dieu de Moïse fait
naître aussitôt après la création du ciel et de la terre pour anéantir les ténèbres.
8. Ce n'est que de ce moment que Dieu, étant en quelque sorte devenu parole
exprimée, Se fait Lui-même "Verbe", et la parole "Qu'il soit" est en elle-même une volonté
libre se connaissant parfaitement, un être dans l'Etre, un verbe dans le Verbe, enfin, un tout
dans le Tout !
9. Et ce n'est que de ce moment que de cette volonté parfaitement libre émerge, se
connaissant désormais totalement elle-même, la source de vie à l'origine de toutes les autres
vies. – Comprends-tu un peu maintenant ? »

GEJ3 C29
Propos de Cyrénius sur la sagesse et réponse de Mathaël

1. Cyrénius dit : « Oh, que oui ! Je comprends d'autant mieux que j'ai entendu cette
nuit même une explication toute semblable à la tienne de la Genèse selon Moïse. Ce doit donc
bien être comme tu le dis : mais tout cela me dépasse trop infiniment, or, je ne peux ni ne
veux me donner trop de peine pour comprendre une chose jusqu'au tréfonds. Car pour moi, les
choses doivent être faciles à comprendre pour m'être de quelque utilité : mais si elles
deviennent par trop profondes et savantes, je cesse bien souvent tout à fait de les comprendre !
2. Bref, je m'en tiens à ce que j'ai dit ; Je pourvoirai à vos besoins et vous ne
manquerez pas d'occasions d'aller aussi loin qu'il est possible dans votre sagesse et, chaque
fois que cela se pourra, de remettre la malheureuse humanité sur le droit chemin bien qu'à ce
qu'il me semble, je vous le confesse, sonder trop profondément l'essence de la vie soit en
général plus nuisible que profitable.
3. Prenez votre propre cas : votre science et votre sagesse véritablement
extraordinaires vous rendent-elles heureux ? L'esprit humain peut sans doute atteindre dans la
sagesse des profondeurs insondables et finalement créer des choses extraordinaires : mais
pour moi, seul est heureux l'homme vraiment simple. dévoué en tout amour à Dieu son
Créateur, et qui observe Ses commandements. Et si Dieu veut lui donner, comme à Salomon,
la sagesse il doit l'accepter avec gratitude et en faire le meilleur usage d'un cœur joyeux. Mais
si la sagesse conférée à un homme ne doit en réalité que le rendre malheureux, je préfère
finalement n'importe quelle sottise capable de réjouir le cœur de l'homme.
4. Je suis en vie, je sais maintenant que je vivrai éternellement, et les voies pour
atteindre la félicité de la vie éternelle me sont connues : que pourrais-je donc désirer de
plus ?!
5, Rendez-vous vous aussi à cette conception, et, comme moi, vous serez vraiment
heureux dès ce monde : mais avec toute votre profonde sagesse qui couve comme un feu,
vous ne risquez guère d'éprouver jamais le bonheur d'être homme !
7. Ce n'est pas la sagesse qui nous donne la vie, mais l'amour ; aussi, tenons-nous-en à
l'amour, et la vie ne nous fera pas défaut, ni sa perception bienheureuse ! Voici quelle est ma
sagesse et j'affirmerais volontiers qu'elle rend bien mieux service à la vie de l'homme que
votre sagesse, si profonde soit-elle !
8. Mathaël dit : « Oh, comme tu as raison ! Car tant que l'eau de la marmite n'est pas
au feu, son existence est douce et paisible : mais, vois-tu, lorsqu'elle arrive sur le feu, les
choses se mettent à changer du tout au tout, et il faut qu'elle cède.
9. Quand tu veux devenir quelque chose il te faut bien acquérir les connaissances
nécessaires à cela. Si tu veux être général, tu dois te pourvoir de toutes les connaissances
nécessaires à cette fonction, sans quoi tu feras piètre figure sur le champ de bataille : si tu
veux être apothicaire et guérisseur il te faut bien aussi être muni de toutes les connaissances
nécessaires.
10. Et toi qui veux obtenir la vie éternelle, tu ne veux pas sonder davantage et
connaître la vie elle-même : comment feras-tu donc ?
11. Imagine que je veuille prendre femme, mais fuie chaque occasion de voir une
jeune fille, ne fût-ce que de loin : je me demande vraiment comment je trouverais une épouse
dans ces conditions
12. Et toi, tu vas jusqu'à vouloir la vie éternelle, mais tu crains déjà de faire un effort
lorsqu'il s'agit de sonder un peu plus cette seule vie temporelle et de chercher à connaître ses
racines et ses fondements !
13. Oui, cher ami, si la vie éternelle tenait uniquement à ce que Dieu puisse te l'offrir
comme tu m'offrirais un morceau de pain, ta maxime de vie serait à l'évidence bien préférable
à la nôtre mais il dépend entièrement et uniquement de nous qu'une vie éternelle nous attende
dans l'au-delà !
14. Il nous faut agir et, en vérité, passer par l'eau avec l'eau de notre vie et par le feu
avec le feu d'amour de notre vie ; c'est alors seulement que l'eau de notre vie s'échauffe et se
met à bouillir au feu de l'amour de Dieu, du prochain et finalement de nous-même qui est en
nous et que nous nous apercevons qu'il y a en nous une force de vie indestructible, qui, à
partir de cet instant, commence à se connaître elle-même pour ce qu'elle est, et trouve alors les
moyens qu'il faut pour le demeurer éternellement !
15. Et c'en est fait dès lors de ce qu'on nomme la belle vie, qui n'est d'un bout à l'autre
qu'un doux sommeil, car il s'agit désormais de travailler, de lutter et de chercher sans trêve ni
repos !
16. C'est seulement lorsque la vie éveillée a remporté une victoire totale sur la vie qui
aspire sans cesse au sommeil et à la mort que l'on peut commencer à parler un peu de félicité !
17. Tu nous fais l'effet d'un homme qui, le matin, reste plongé dans un doux sommeil
et qui, lorsque ses amis, depuis longtemps debout, entreprennent de le réveiller, commence
par se mettre en colère : et ce n'est que lorsque, avec quelque peine, il s'est tout à fait éveillé
qu'il comprend les bienfaits de l'éveil total et qu'il se réjouit enfin de la clarté et de la liberté
de sa vie.
18. Notre sagesse est parfaitement justifiée : mais la tienne en est loin ! C'est
seulement lorsque tu te seras éveillé que tu comprendras à quel point nous sommes justifiés à
parler ainsi. »

GEJ3 C30
Jésus renvoie Cyrénius aux paroles de Mathaël

1. Cyrénius Me dit : « Seigneur et Maître, que réponds-Tu à cela ? Que faut-il en


penser ? Ce que dit Mathaël est-il l'entière vérité ? Si quelqu'un peut en juger radicalement,
c'est bien Toi ; aussi, veux-Tu nous dire quelques mots là-dessus ? »
2. le dis : « Ne t'ai-Je donc pas déjà dit tout à l'heure que vous deviez les écouter ? Si
Je les voyais dans l'erreur, Je ne vous aurais assurément pas conseillé cela ! Aussi, continuez
d'écouter Mathaël. Le vent qu'il souffle sur vous est sans doute violent, mais c'est un bon vent,
qui vous fera avancer bien plus vite, même si ce doit être sur une mer agitée, que les
meilleures rames !
3. Aussi, écoutez-le encore, car jusqu'ici, il ne vous a parlé que la main sur la bouche ;
mais lorsqu'il se sera un peu échauffé, il vous montrera encore bien d'autres choses ! »
4. Cyrénius dit : « Je préfère l'en remercier par avance ! Nous sommes déjà des diables
à ses yeux ! Que pourrait-il nous dire de pire encore ! Il est pourtant louable a moi de m’être
engagé à garantir l'avenir terrestre de ces cinq pauvres diables : et en retour, ils nous
maltraitent comme Tu ne l'avais encore jamais fait Toi-même !
5. Ah, je ne veux vraiment plus entendre ce Mathaël : sa conception de l'existence est
peut-être fort juste en soi : mais elle ne convient pas aux conditions de l'existence terrestre, et
un homme n'y peut rien s'il a un corps !
6. Bien sûr, des gens comme les prophètes et les anciens prêtres ont toujours eu beau
jeu de ne se soucier que de la vie éternelle : car pour ce qui était des besoins de leur corps,
d'autres s'en occupaient, à qui il devait d'ailleurs être bien égal qu'il y eût ou non une vie
éternelle de l'âme ! Ils se contentaient de recevoir des lois, qu'ils devaient observer sans
jamais vraiment en connaître la raison ni savoir à quoi cela était censé les mener exactement.
7. Des millions d'hommes ont dû s'en contenter, avec ou sans la perspective d'une
quelconque vie éternelle, et cela ne devrait pas nous suffire, à nous ?!
8. Mais si ce n'est plus assez pour nous, tout homme qui porte en son cœur une seule
étincelle de vrai amour du prochain doit se poser cette question : qui donc dédommagera les
millions et les millions de pauvres diables qui, bien qu'ayant observé toutes les lois
extérieures, sont tombés aux mains de la mort éternelle ? S'ils sont l'œuvre du hasard, cette
doctrine peut être bien fondée : mais si, comme la parfaite sagesse de leur organisation le
montre clairement, tous les hommes sont l'œuvre d'un Dieu parfaitement sage et bon il doit y
avoir une autre voie, accessible à tous les hommes, pour atteindre la vie éternelle : et s'il n'y
en a pas, c'est que toute vie est plus méprisable que tout ce que la raison humaine est capable
d'identifier comme méprisable et exécrable !
9. Car si la vie éternelle n'est destinée qu'à celui qui l'atteindra en quelque sorte aux
dépens de milliers d'autres qui devront travailler pour cette espèce de champion de la vie
éternelle, afin qu'il puisse, lui seul, jouir de cette vie éternelle, alors je ne demanderai plus
jamais pour moi-même ne serait-ce que la plus petite étincelle de vie éternelle, et je préfère
encore une mort éternelle complète ! Voilà mon opinion !
10. Ta doctrine, Seigneur et Maître, m'est agréable, chère et précieuse : car j'y trouve
la présence d'une aide toute puissante qui serait à mes côtés s'il m'arrivait de faiblir : mais
selon la doctrine de Mathaël, je n'ai personne que moi-même. Moi seul puis me donner ou
m'ôter la vie éternelle si aucun Dieu n'a rien à y faire, si ce n'est considérer d'un œil fâché ou
bienveillant le pauvre diable qui se débat entre les griffes nombreuses de la mort et en quelque
sorte se fraie un chemin vers les sommets de la vie éternelle par des voies inhospitalières,
semées d'épines, de rochers et de serpents venimeux !
11. Non, non, cela ne peut être : vous êtes des fous avec votre doctrine de la vie
éternelle ! Si je peux imaginer un dispensateur de la vie éternelle qui, comme Toi, ô Seigneur,
peut, s'il le veut, rendre la vie aux hommes sur cette terre même, alors, oui, je ferai tout pour
qu'il me donne aussi la vie éternelle dans l'au-delà. Mais si je dois aller la recueillir moi-
même, je ne sais comment, dans tous les recoins de la sagesse des prophètes, alors, comme je
l'ai dit, je n'ai au grand jamais plus besoin d'une vie éternelle ! - Ainsi parle et a parlé
Cyrénius, grand gouverneur de Rome pour la Coelé Syrie, tous les pays d'Asie et d'Afrique et
une grande partie de la Grèce ! »
12. Je dis : « Ami, cette fois, tu t'es vraiment dépensé pour rien et moins que rien dans
tous ces vains discours. Ce qu'étaient ces cinq hommes, tu le sais : pour quelle raison. J'espère
que tu le sais aussi à présent !
13. Mais ils sont désormais entièrement purifiés, et J'ai allumé en eux l'infaillible et
seule vraie lumière de vie, barrant ainsi le chemin par lequel les méchants hôtes chassés de
leurs corps auraient peut-être encore pu leur rendre une visite néfaste.
14. Ces cinq hommes sont donc désormais tout à fait purs et ils perçoivent en eux-
mêmes les fils les plus ténus de toute vie telle qu'elle fut en vérité depuis le commencement et
ils portent maintenant à tous le témoignage de ce qui ne fut révélé jadis qu'à très peu
d'hommes pour très peu d'autres hommes comment peux-tu le leur reprocher ?!
15. Car vois-tu, ce qu'ils disent est exactement ce que Je vous ai dit Moi-même, à la
seule différence qu'ils l'expriment un peu plus crûment.
16. Reconnais d'abord la véritable valeur de ce qu'ils disent et sois-en ensuite fâché si
tu le peux : mais tu as visiblement tort de te fâcher dès à présent parce que leurs propos te
semblent peu agréables. Laisse encore parler Mathaël. et l'on verra bien si ce qu'il dit a ou non
une valeur pratique, ou si c'est contraire à Ma doctrine ! »

GEJ3 C31
Mathaël parle du chemin pour accéder à la vraie vie

1. Cyrénius dit : « Fort bien : je veux voir cela, bien que je risque d'être un juge
sévère !
2. S'il en est de la vie à peu près comme tu nous l'as exposé avec des raisons si
rigoureuses, dis-moi donc, sage Mathaël, ce qui attend les millions d'hommes qui ne savent
rien de tout cela, et les nombreux millions qui naîtront après nous de par le vaste monde et qui
ne pourront eux non plus en connaître le premier mot : quelles sont pour tous ceux-là les
perspectives d'une vie éternelle ? »
3. Mathaël dît : « Fort bonnes ! Il y avait pour eux aussi une doctrine qui suffisait à
tenir en éveil l'imagination de l'âme. C'est dans cette imagination que l'âme se fonde avec le
temps et quelle finit par vivre, un peu comme en rêve et dans cette illusion, elle peut vivre des
milliers d'années.
4. Pourtant, cela est encore bien loin de la vraie vie éternelle : si ces âmes veulent
accéder à une vie éternelle authentique, elles doivent finalement affronter, dans ce qu'on
appelle le monde des esprits, des combats et des épreuves bien plus durs que ne l'est en soi le
combat que j'ai mentionné au passage tout à l'heure.
5. Car celui qui veut faire ce chemin ici-bas atteint, sans doute au prix d'efforts
importants et d'une vie véritablement sage et sérieuse, mais dès ce monde et en peu d'années,
la vie éternelle dans toute sa vérité, sa clarté et sa parfaite pureté, alors que si son âme
s'endormait, il ne l'atteindrait, dans le meilleur des cas, qu'après plusieurs centaines, voire
plusieurs milliers d'années. Et pour peu que les choses se passent moins bien, une âme
entièrement corrompue sur cette terre ou ailleurs connaîtra peut-être une vie d'illusion des
plus misérables, dans laquelle elle ne pourra voir ni percevoir aucune vérité ou réalité ayant
une existence en dehors d'elle, mais uniquement se voir elle-même et les pauvres créations de
son imagination : pourtant, malgré cela, elle sera continuellement instruite par les expériences
les plus amères, n'étant entourée que d'ennemis contre lesquels elle ne peut se défendre, car
elle ne les voit pas davantage qu'un parfait aveugle ne peut voir si un ennemi s'approche de lui
et d'où il vient, ni si quelque autre danger le menace !
6. Pourtant, même un parfait aveugle n'est jamais totalement dans le noir : car
l'imagination de son âme reste malgré tout en soi une lumière, et l'aveugle perçoit des choses
qui, éclairées de quelque manière, ressemblent aux objets du monde physique : mais ces
choses n'ont aucune constance, ni la lumière qui les éclaire. Tantôt il fait clair, tantôt tout
s'éteint à nouveau et souvent disparaît complètement, en sorte que cet aveugle demeure
véritablement pour un temps privé de toute lumière et de toute réalité.
7. Et il en va presque de même pour une âme plongée dans sa solitude ; pour elle, il
fait tantôt jour, tantôt nuit. Mais ni le jour ni la nuit n'ont une quelconque réalité dans cette
âme, elles ne sont que le reflet temporaire de ce que l'âme reçoit approximativement et malgré
elle des sphères extérieures, comme la goutte de rosée accrochée au brin d'herbe recueille
l'image du soleil. La goutte est sans doute éclairée, mais elle n'en a pas conscience au point de
reconnaître intelligemment d'où vient la lumière qui est entrée en elle.
8. Ce que je te dis là au nom de mes quatre frères est le fruit de notre expérience à
laquelle furent associées de grandes souffrances, et tu y vois clairement la différence entre la
vie dans l'illusion et la vraie vie autonome parfaitement libre.
9. Tu as le choix entre une vie de souffrance et sans liberté et une vie divine agissant
par elle-même, donc parfaitement libre : vouloir l'une ou l'autre ne dépend que de ta volonté :
mais les choses sont ainsi, et aucun Dieu ne te présentera d'autre choix possible pour ta vie.
10. Et je te dis encore autre chose : mon âme, dont la vision devient en ce moment
toujours plus claire, voit et reconnaît maintenant fort bien par elle-même le Sauveur qui, par la
force de Sa vie divine parfaitement libre, l'a délivrée il y a peu d'une multitude d'invisibles
ennemis de la vie supérieure libre : il y a plus en Lui, sache-le, que dans la totalité de la
Création visible.
11. Lui qui Se connaissait déjà de toute éternité comme le point central de toute
existence et de toute vie, Il va maintenant, par Sa vie, confirmer encore Sa propre vie, et par là
celle de tous les hommes : mais Il ne pourra le faire qu'au prix d'une abnégation inouïe. Il
quittera la vie qui est la Sienne à présent afin d'entrer dans la gloire éternelle de toute vie pour
Lui-même, mais aussi et par là pour tous les hommes. Alors, toutes les créatures recevront en
quelque sorte un nouveau visage et une nouvelle ordonnance intérieure : et pourtant, le
principe demeurera : que chacun prenne sur ses épaules le fardeau de la misère d'autrui et Me
suive ! Comprends-tu cela à présent ? »
12. Cyrénius répond, avec encore quelque apparence de déplaisir il est vrai : « Oui, Je
te comprends bien et ne puis faire autrement que de reconnaître que tu as dit vrai : mais il est
bien difficile de s'entendre offrir de telles conditions de vie !

GEJ3 C32
De l'unité de la vie éternelle

1. Mathaël dit : « Sans doute ces conditions de la vie ne sont-elles pas si agréables à
entendre que les fables où l'on imagine une vie printanière, où l'existence volète de-ci, de-là
comme les oiseaux dans l'air, ou comme les papillons et les éphémères dorés qui vont de fleur
en fleur et aspirent la douce rosée des calices : mais pour autant, on peut dire aussi qu'une
telle vie de plaisir n'est guère qu'une vie éphémère et transitoire, qui, premièrement, est à
peine consciente d'elle-même, et deuxièmement, pour cette raison même, n'est pas une vie à
proprement parler. Car enfin, que ferait l'homme de cette vie de papillon ? Songe à la durée de
notre existence ! Soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix ans sont déjà un âge avancé, le
corps devient alors bien faible et sans ressource : un seul mauvais souffle d'air, et c'en est fait
de lui !
2. Et qu'arrive-t-il ensuite ? Qui peut te donner là-dessus une réponse sûre, si tu n'as
pas déjà tout mis en œuvre au cours de ta vie terrestre, pour que ton être tout entier devienne,
bien avant ce mauvais souffle d'air, la réponse parfaitement vivante en toi-même à cette
question ?! Et si tu trouves en toi cette réponse sacrée, tu ne demanderas assurément plus à
quiconque avec angoisse : qu'y aura-t-il ensuite, lorsque ma brève existence aura pris fin ?
3. C'est pourquoi il importe de ne pas laisser l'eau de sa vie stagner dans la fraîcheur
qui plaît au corps, mais de la mettre au feu afin qu'elle entre en ébullition et, montant comme
une puissante vapeur se transforme en une vie nouvelle, sans quoi tout est perdu : et, si
désagréable que te paraisse mon discours, la vérité n'en demeure pas moins toujours la vérité
et ce n'est que par elle que l'on accède à la véritable et parfaite liberté sans laquelle aucune vie
éternelle authentique n'est concevable ! »
4. Cyrénius parle à présent d'un ton beaucoup plus doux : « Oui, oui, mon cher ami
Mathaël, je vois bien maintenant que tu es en possession de la plus parfaite vérité dans tous
les domaines de la vie, et il n'y a vraiment rien de tant soit peu fondé à te répondre ! Pour ce
qui te concerne, il est bien vrai que tu marches désormais tout à fait en pays connu dans la vie,
mais nous en sommes encore très loin, nous autres !
5. Il ne reste plus qu'a souhaiter que tu rassembles ta doctrine de vie dans quelque
système grâce auquel on pourrait alors guider les enfants afin qu'ils atteignent plus aisément
de cette manière, ce que l'homme fait ne peut manquer de trouver assez difficile d'atteindre ! »
6. Mathaêl dit : « Ce que tu souhaites est en partie déjà réalisé et se réalisera encore
bien davantage ! Car le grand et puissant Sauveur qui nous a guéris a déjà pris toutes les
dispositions possibles à cet effet. Nous cinq, nous connaissons certes déjà le chemin, mais il
nous serait bien difficile de mettre tout cela dans un système quelque peu organisé destiné à
instruire tous les hommes : cependant nous pourrions sans doute le faire au besoin pour des
hommes comme toi ! Car rien n'est tout à fait impossible à l'homme lorsqu'il est entré sur la
voie de la vérité en toutes choses : car la vraie vie libre est une, qu'elle réside en Dieu, dans un
ange ou dans un homme.
7. Naturellement, il existe de très grandes différences, même à l'intérieur de la vie déjà
parfaitement libre : car une vie qui vient seulement de commencer à se connaître elle-même
ne peut évidemment pas être aussi forte qu'une vie qui s'est déjà reconnue et rassemblée
depuis des éternités dans toute la plénitude et la profondeur de la vérité la plus pure. Cette vie
est désormais le Seigneur de l'infini, et tous les mondes, avec tout ce qu'ils portent, sont
soumis à Son empire.
8. Il est certain, ami, que nous n'irons jamais aussi loin nous-mêmes : mais en nous
unissant à cette Vie, nous finirons nous aussi par devenir capables d'accomplir comme de
nous-mêmes ce dont est capable en soi la grande Vie éternelle de Dieu. De plus, il existe
certaines forces de vie accomplies qui, à l'évidence, viennent aussitôt après la force de vie
éternelle de Dieu.
9. Ces puissances se situent fort au-dessus de la force de vie que nous pouvons
reconnaître en nous, quel que soit le degré de liberté et d'indépendance atteint par celle-ci :
nous les appelons « anges » (messagers). Elles sont les représentants les plus éminents de la
force de vie divine toute universelle : cependant, nous pouvons nous en rapprocher en nous
unissant à la force de vie divine universelle.
10. Cependant, tu n'auras pas à enduré tout ce que nous avons enduré pour en venir à
posséder ce que nous possédons déjà et pourtant, tu le posséderas toi aussi : car tout est bien
plus facile pour les âmes de cette terre, qui sont déjà sur leur propre sol, que pour celles qui,
venant d'un monde plus parfait, ont été mises dans celui-ci.
11. Mais dans la vie divine fondamentale il a été décidé une fois pour toutes que cette
terre insignifiante devait être précisément le lieu de Sa miséricorde, et c'est en quelque sorte
l'infini tout entier qui se rend déjà à ce nouvel ordre et doit s'y conformer s'il veut avoir part
commune à la félicité intime de l'unique vie divine : aussi faut-il bien que l'on s'y conforme,
quoi qu'il en coûte !
12. En vérité, si nous n'avions trouvé ici le terme de nos malheurs, ce dont nous
commençons seulement à prendre conscience peu à peu, une mort complète nous eût semblé
infiniment plus désirable qu'une vie qui eût duré seulement quelques jours de plus dans ces
tourments indescriptibles, quand bien même il nous eût été donné de connaître aussitôt après
la félicité divine éternelle !
13. Mais, ainsi que nous le percevons maintenant de plus en plus clairement, le grand
Sauveur de toute vie a mis fin à nos maux avant même le terme prescrit, et c'est seulement
maintenant que nous commençons à en éprouver une joie de plus en plus grande et que nous
comprenons que le grand Esprit divin veut faire et fera véritablement de cette terre le lieu de
Sa miséricorde - mais aussi, hélas, le lieu des plus grandes persécutions, de l'orgueil, du désir
de faste et des pires attaques contre tout ce que l'esprit connaît de pur de bon et de vrai !
GEJ3 C33
Une prophétie de Mathaël

1. (Mathaël) : « O ami, cette terre connaîtra de si grands maux que Satan lui-même
n'osera plus s'aventurer sous quelque forme que ce soit dans la compagnie des hommes : mais
en retour, il y en aura parmi les hommes qui, étant aveugles ou sourds, verront mieux et
entendront mieux que nous-mêmes à présent avec nos yeux et nos oreilles grands ouverts.
2. Le temps viendra un jour où les hommes détermineront dans l'eau les degrés de la
force vive de la vapeur, et ils dompteront cette force comme les Arabes leurs chevaux et
l'utiliseront à toutes sortes de travaux incroyablement pénibles : même aux plus lourds
véhicules, ils attelleront la force de vie renfermée dans l'eau et avanceront ainsi plus vite que
ne vole la flèche décochée par l'arc.
3. Cette force de vie, ils l'attelleront aussi aux grands vaisseaux et elle poussera les
vaisseaux sur les flots plus vite qu'un vent de tempêtes et finira même par braver toutes les
tempêtes, traversant leur fureur sans en subir de dommage sensible : seuls les récifs et les
bancs de sable pourront encore présenter un danger pour ces rapides coursiers et les
endommager.
4. Mais peu après cette époque, les perspectives deviendront fort sombres pour la vie
des hommes sur terre : car la terre deviendra infertile de grandes disettes, des guerres et des
famines se produiront, et la lumière de la foi en la vérité éternelle s'éteindra pour bien des
hommes et le feu de l'amour baissera peu à peu et se refroidira, et c'est alors que viendra sur la
terre le dernier jugement par le feu !
5. Bienheureux alors ceux qui n'auront pas encore laissé s'évaporer en eux pour leur
seul bénéfice terrestre l'eau de la vie : car lorsque le grand jugement par le feu viendra des
cieux il ne pourra rien contre eux, parce que l'eau de leur propre vie les en protégera.
6. C'est alors seulement que les vrais amis de la vie et de son ordre divin se donneront
la main pour toujours et la querelle et la discorde n'existeront plus entre ceux qui habiteront la
terre purifiée en compagnie des anges de Dieu. Nos corps pourrissants et fragiles ne seront
certes pas témoins de tout ce que je viens de t'annoncer, mais d'autant plus nos âmes qui
voient tout et peuvent tout comprendre.
7. Vois-tu, je n'avais pas l'intention de te dire tout cela : mais je m'y suis senti poussé
du fond de mon âme, ou plutôt de moi-même. Et l'origine de cette impulsion est assurément
celle-là même d'où la guérison nous est venue à tous les cinq ! Me comprends-tu déjà un peu
mieux ? »
8. Cyrénius dit : « Oh, tout est désormais pour le mieux entre nous : et j'espère
maintenant que j'apprendrai beaucoup de vous, car j'ai fait avec vous une fort bonne prise ! Je
m'en tiens à ce que j'ai dit : je pourvoirai à vos besoins terrestres : mais vous, vous veillerez
aux besoins de mon âme et de celles de ma très grande maison.
9. C'est sans doute une bien maigre compensation que je vous offre en échange des
grandes choses que vous ferez pour moi et pour ma maison : mais qu'y puis-je si, pour le
moment, rien en ce monde n'a assez de valeur pour récompenser équitablement celui qui fait à
votre vie un don insigne et éternel .? Vous satisferez-vous de cela ? »
10. Mathaël dit : « Oh, Comment peux-tu encore nous le demander ? Si nous pouvons
servir quelqu'un et lui être utiles, nous sommes déjà plus que pleinement satisfaits ! Car on ne
doit jamais sous-estimer un don terrestre fait par un cœur vraiment bon et pour l'amour du
bien et de la vérité : car, à cause du donateur et des motifs du don, ce qui est donné acquiert
une valeur toute spirituelle et devient ainsi parfaitement semblable à un pur don spirituel.
11. Car lorsque le matériel soutient le spirituel et qu'en même temps le spirituel
soutient le matériel, tout finit par être spirituel et l'un comme l'autre peuvent alors s'attendre à
recevoir de Dieu les plus grandes bénédictions.
12. Mais lorsque ce qui devrait être spirituel n'est donné, comme au Temple de
Jérusalem, que pour l'amour du matériel, et que le matériel n'est lui-même donné en échange
du spirituel que dans l'espoir d'un gain matériel, tout devient finalement matériel : ni l'un ni
l'autre n'ont plus la moindre valeur spirituelle ne donneront jamais le moindre résultat béni par
Dieu !
13. Aussi. ne t'inquiète pas de savoir si tu nous donnes trop peu matériellement en
échange de ce que nous t'apportons spirituellement : car ce sont la qualité du donateur et les
vrais motifs du don qui font de celui-ci un don spirituel, et d'innombrables bénédictions tant
spirituelles que matérielles s'ensuivront d'en haut : car l'esprit est éternellement maître de
toute la matière, qui n'est elle-même rien d'autre, au fond, que l'esprit le moins libre, soumis
au jugement, et doit donc en tout temps obéir aveuglément à l'esprit de vie parfaitement libre
de Dieu, dont la puissance illimitée est précisément la source du jugement de toute matière, et
qui seul peut la faire revivre s'Il le veut et chaque fois qu'Il le veut ! »
14. Cyrénius dit : « Oh, tout cela est parfait et me convient à merveille ! A présent, je
ne vous laisserais pas échapper à mes mains amies pour un empire terrestre ! Il est à espérer
que nous nous comprendrons toujours mieux et que nous nous deviendrons toujours plus
indispensables les uns aux autres ! Mais au Seigneur seul toute louange et tout notre amour,
pour avoir eu pitié de vous et vous avoir ainsi conduits à moi : car sans Lui, nous serions tous
autant dire perdus pour l'éternité !
15. Les cinq reprennent tous : « Amen, Lui seul est digne de tout honneur de toute
louange et de tout amour, non seulement sur cette terre, mais dans l'infini tout entier ! Car
c'est Lui seul qui transforme à présent l'infini tout entier ! Infiniment grand est Son nom ! »