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Le Paradis dans nos foyers

Episode 1
Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur de l'Univers, et que
la Bénédiction et le Salut soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

En ce début de Ramadan, nous présentons les salutations à toute la Oumma, qu’Allah (SWT) accepte notre
jeûne, qu’Il nous affranchisse du Feu, et puisse la Oumma toute entière sortir de ce mois, heureuse et unie.
Qu’Allah vous bénisse et bénisse vos familles.

Mobilisons-nous pour ce mois afin d’accomplir le plus possible : prières nocturnes, lecture du Coran et
bonnes œuvres.

Cette année, nous parlerons de nos foyers et de nos familles, en essayant de nous rapprocher d’Allah
ensemble, en famille, afin de ramener l’amour dans nos maisons et que les membres de la famille cessent de
vivre comme des îlots isolés les uns des autres, et se retrouvent. Ramadan est le moment propice pour
rassembler la famille et c’est l’objectif de cette émission qui s’adresse à tous les membres de la famille, aux
jeunes, aux parents, aux époux, aux frères et aux sœurs.

Nous reviendrons donc sur les principes essentiels, les règles de base sur lesquels repose la bonne entente
de la famille. Nous ne rentrerons pas dans les détails des problèmes et des difficultés qui surgissent dans les
foyers, mais nous rappèlerons des règles simples à observer pour ramener la bonne entente et approfondir
les liens au sein des foyers.
« Le Paradis dans nos foyers », c’est le titre de notre émission. Dans un monde dominé par les conflits et les
rivalités, nous venons rappeler qu’Allah (SWT) nous a donné un grand bienfait, un lieu de repos, de sérénité
et de bonheur sur Terre, en attendant la sérénité et le bonheur de l’Au-delà, le Paradis, dont Allah dit – ce
qui peut être traduit par : « les jardins d’Eden, où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs
ascendants, conjoints et descendants, qui ont été de bons croyants. De chaque porte, les Anges
entreront auprès d’eux »[1]
Ce bienfait, c’est nos maisons et nos foyers dont Allah (SWT) dit dans le Coran –ce qui peut être traduit par :
« Et Allah vous a fait de vos maisons une habitation (un lieu de repos) » [2]
Enfin, cette émission est en rapport direct avec la renaissance dont nous parlions dans les émissions
précédentes. S’il est vrai que nous sommes en retard et en situation d’échec par rapport au monde dans de
nombreux domaines, il nous reste un point fort qu’il nous faut garder et défendre : la famille. C’est cette
valeur que nous pouvons offrir au monde, ce lien fort et chaleureux dans nos familles. Certes, nos familles
aujourd’hui connaissent des problèmes et les liens familiaux ont tendance à se relâcher, comme un chapelet
dont les grains tombent, et comme tout ce que notre Oumma a déjà perdu. Mais la famille est la dernière
forteresse ; et c’est pour cela qu’il faut la défendre à tout prix. Il en va de l’avenir de la Oumma. Tout un
chacun doit défendre sa famille et la préserver de l’échec, il en va de la survie de l’Islam ; la famille est le
dernier rempart qui protége la Oumma. En effet, une famille unie, des parents qui s’aiment … voilà le
meilleur présent qu’un père et une mère puissent offrir à leurs enfants ! Cela forge des personnalités solides
et saines, des fils et des filles qui sauront élever les générations futures… C’est avec cette intention que nous
vous proposons cette émission.

Il nous faut donc entamer ce Ramadan avec l’intention ferme et sincère de réformer nos familles.
Engageons-nous donc à réussir cette entreprise. Car c’est dans la stabilité de la famille que réside l’avenir de
cette Oumma. Allah (SWT) dit dans le Coran au sujet des croyants : « et qui disent: «Seigneur, donne-
nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous un guide pour les
pieux. » [3]

La première règle :

Serait-ce possible d'avoir l'intention de réconcilier et de réunifier la famille, rien que pour l'amour d'Allah,
pour le mois de Ramadan? Ce programme vous guide vers les règles à mettre en application à cet égard, la
première étant la bonne intention. Généralement, celle-ci est soit sacrifiée en faveur de la soit-disant liberté
et la compagnie des amis, soit considérée comme condition que l'on pose et à laquelle on doit se plier.
D'ailleurs, c'est justement ce qu'Al Imam Al Ghazali conseille de faire au début de toute tâche à assumer, à
savoir : se fixer une condition et la considérer comme une promesse faite à Allah (SWT). À cet égard, Allah
(SWT) dit : «Et parmi eux il en est qui avaient pris l’engagement envers Allah: «S’Il nous donne
de Sa grâce, nous payerons, certes, la Zakāt, et serons du nombre des gens de bien».

«Mais, lorsqu’Il leur donna de Sa grâce, ils s’en montrèrent avares et tournèrent le dos en
faisant volte-face.» [4]

Si vous vous décidez de faire cette promesse et de vous engager à remplir cette tâche, vous réussirez à
guider les pieux, à influencer vos parents, voire à prendre part au redressement et à la prospérité de notre
communauté, et ce en vertu du Verset où Allah (SWT) décrit les "Serviteurs du Tout Miséricordieux" en
disant : « et qui disent: «Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des
yeux, et fais de nous un guide pour les pieux» [5]

Il existe donc une relation entre l'importance de la famille comme source de bonheur et la prospérité de la
communauté. Elle réside dans ce sentiment de contentement, de satisfaction grâce auquel personne n'aurait
besoin de mentir ou de trahir pour rechercher son bonheur ailleurs, c'est au sein de la famille que celui-ci
existe.

Abordons maintenant les formes de mise en application de notre épisode qui serait à l'origine de la
dissipation de tous vos problèmes familiaux. La première est une règle plutôt spirituelle que pratique, elle
dépend surtout de la foi, c'est pourquoi elle convient au mois du Ramadan et au premier jour en particulier.
Si vous voulez raviver l'amour dans vos foyers, mettez donc en application cette règle, à savoir: Adorez
Allah ensemble
C'est que le problème ne surgit que lorsque chaque membre de la famille adore Allah seul, à l'écart de
l'autre. Il arrive que le père ait honte de présider la prière ou de faire des invocations à haute voix à l'heure
du Iftar et que sa famille le suive.

Imaginez-vous ce que sera l'effet d'une prière collective de deux époux sur leur relation conjugale? Ce que
sera sur leur foyer l'effet de la récitation de quelques Versets du Saint Coran faite par une fille et son père ou
celui d'une invocation faite deux minutes avant le Iftar par une mère et ses enfants ?
Supposons que la fameuse scène de l'époux qui néglige son épouse et préfère parler plutôt à ses amis soit
remplacée par une autre scène où ce même époux appelle son épouse et ses enfants à invoquer Allah
(SWT)) avec lui, fût-ce pour seulement cinq minutes, tout en énumérant à chaque fois une des grâces dont
Allah a doté ce couple depuis le jour du mariage.
Imaginons une prière nocturne faite par deux époux et la sérénité qui en découlerait, mettant ainsi fin à
toute dispute éventuelle due à une chemise mal repassée, à un bouton qui y manque ou à une nourriture
trop salée. C'est que cette prière a ramené les anges dans le foyer et en a chassé les démons.

Allah (SWT) dit dans le Saint Coran : « et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer» [6]

Seul Lui peut répandre la joie dans une maison où les membres de la famille l'adorent ensemble. J'ai
conseillé à un ami qui, détestant tellement sa femme, voulait divorcer avec elle, d'essayer cette méthode,
juste une fois par semaine pour un seul mois. D'ailleurs, c'est tout ce qui leur fallait pour qu'ils commencent
à parler ensemble, à plaisanter des fois, à avoir le cœur ému et attendri par cette prière qui les a rassemblés
à nouveau. La même formule magique n'a pas tardé à donner ses fruits et renouer les liens entre un fils et
son père qui, jadis, n'arrivaient guère à s'entendre.

Pratiquement parlant, cette formule magique peut s'incarner dans cinq pratiques cultuelles déterminées, à
accomplir chaque jour pendant ce Ramadan, à savoir :
1. réciter du Coran ensemble, fût-ce un seul quart de chapitre;
2. prier ensemble, fût-ce deux courtes unités de prière (rak`a);
3. invoquer Allah (SWT) fût-ce pour cinq minutes;
4. faire des supplications ensemble, fût-ce dans une langue familière; et
5. participer ensemble à offrir un Iftar à une famille besogneuse.

Accomplissez ces cinq pratiques et, félicitations, vous allez jouir d'une vie chaleureuse au sein de votre
famille. Lorsqu'une famille, du temps du Prophète (Bénédiction et Paix sur lui) suivit cette exemple, il leur dit
: «Grâce à votre obéissance, Allah (SWT) a chassé Satan de votre foyer, ne l'y ramenez-pas à nouveau.»
Il s'agit là donc d'un don que nous fait Allah (SWT) chaque Ramadan en enchaînant les démons. Il les
chasse de vos foyers, ne les y ramenez pas à nouveau.
Comment?

Que chaque membre de la famille participe à ces cinq pratiques: Coran, prière, invocations, supplications,
aumône.
Que les enfants, au lieu de se contenter de regarder le père faire l'aumône séparément de la mère, y
prennent part et partagent avec leurs parents la rétribution. Que l'un fasse la vaisselle, que l'autre achète les
plats, que le troisième distribue les repas.
Que l'on change, ce Ramadan, notre slogan qui était, les années précédentes:
Personne, cette année, ne me devancera sur le sentier d'Allah
Et je me suis hâté vers Toi, ô Seigneur, afin que Tu sois satisfait
Je vais adorer Allah cette année d'une manière sans pareil

Que ce slogan devienne cette année:


Ma famille, par elle j'adorerai Allah
Ma famille, mon chemin vers l'agrément d'Allah
Ma famille, avec elle j'entrerai au Paradis d'Allah
Ma famille, pour l'essor de mon pays

C'est que l'aboutissement à ce modèle exemplaire de famille serait certes à l'origine de l'honneur que notre
communauté connaîtra après ce Ramadan.

Vous allez trouver sur le site www.amrkhaled.net un tableau pour vous aider à faire le compte de vos
achèvements quant à ces cinq devoirs chaque jour. C'est la famille qui est concernée par les cases à cocher
et non plus l'individu.

Si jamais des membres de la famille s'abstiennent d'y participer, même après avoir écouté cet épisode, que
vous entamiez cette tâche avec au moins une autre personne. En sollicitant Allah (Exalté soit-Il) en faveur
des autres, en se fixant comme objectif non plus de se sauver de l'Enfer mais d'en sauver la famille, je vous
assure que, vers la fin du mois, le reste les rejoindront.

Au sujet de l'Enfer, un époux avait l'habitude de rappeler à son épouse, à l'occasion de chaque malentendu
entre eux, du Hadith du Prophète (bénédiction et paix sur lui) où il dit : «Quand l'homme appelle sa femme
à son lit et quand elle n'y répond pas et qu'il passe sa nuit plein de colère contre elle, les Anges ne cessent
de la maudire jusqu'au matin.»

De même pour ses enfants, il leur rappelait que son désagrément à leur égard les précipiterait dans l'Enfer.
Ce n'est que lorsqu'il lut un des Versets du Saint Coran qu'il changea d'attitude. C'est celui où Allah (Exalté
soit-Il) dit : «Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le
combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant
jamais à Allah en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne.» [7] Il
réalisa combien, lui même, désobéissait à Allah (SWT) en adoptant cette attitude. Il aurait pu, par contre,
guider sa famille vers le Sentier d'Allah. S'étant décidé alors de se plier à ce Verset, il appela sa famille à
faire la prière ensemble, et, depuis lors, ils jouirent tous d'une vie familiale beaucoup plus paisible et
chaleureuse.
Avez-vous donc l'intention de commencer, chacun avec sa famille, ou avec, au moins, un membre de sa
famille ?

1. Que l'on commence une khatma, non plus individuelle, mais familiale cette année.
À cet égard, le Prophète (BP sur lui) dit que Satan fuit la maison où l'on récite la Sourate Al-Baqara.
Imaginez le bénéfice quand c'est le Saint Coran en entier qui est récité et non seulement cette Sourate.

2. Que l'on fasse la prière ensemble, se pliant ainsi au Hadith du Prophète (BP sur lui) :
«Une fois que l'un de vous a fait sa prière (prescrite) à la mosquée, qu'il réserve une partie de ses autres
prières à sa maison car Dieu y place une bénédiction à cause de sa prière.»
À ce sujet, Allah (SWT) dit, ce qui peut être traduit comme : «Et commande à ta famille la Salāt, et
fais-la avec persévérance. Nous ne te demandons point de nourriture, c’est à Nous de te
nourrir. La bonne fin est réservée à la piété.» [8]
Quiconque délaisse de faire la prière avec sa famille, prétextant que la recherche des moyens de
subsistance l'en empêche, notre Seigneur réfute son argument en assurant qu'Il dote les foyers où l'on
prie ensemble d'une subsistance abondante.

3. Que l'on invoque Allah (SWT) ensemble pour que notre foyer soit doué de vie, tel que
le décrit le Prophète lorsqu'il dit dans son Hadith :
«L'image de la maison où l'on évoque Dieu et de celle où on ne L'évoque pas est comme l'image du
vivant et du mort.», assimilant ainsi la cohérence familiale à la vie et la dislocation familiale à la mort.

Mettez-vous ensemble à faire des louanges à Allah, à L'exalter, à solliciter Son pardon, pour mériter la
rétribution promise par Allah dans ce Hadith Qoudoussi :
«Je suis conforme à la bonne idée que se fait de Moi Mon esclave. Je suis avec lui quand il
M'évoque. Quand il M'évoque en lui-même, Je l'évoque en Moi-Même. Quand il M'évoque
parmi des gens importants, Je l'évoque parmi des gens meilleurs qu'eux.»

4. Que l'on fasse ensemble des supplications se vouant ainsi à Allah et ayant confiance qu'Il les
exaucera.

5. Que l'on participe ensemble à offrir un Iftar à une famille nécessiteuse, fût-ce un Iftar
modeste, chacun selon ses moyens, tel que l'indique le Prophète (BP sur lui) dans son Hadith.

Sollicitons donc Allah (SWT) que ce Ramadan soit à l'origine d'une grande prospérité, d'une renaissance,
d'une réunification, d'une expulsion des démons, d'un honneur, d'une mise en application réelle, à l'issue de
ce mois, du Verset où Allah (SWT) dit : «…et qui disent : «Seigneur, donne-nous, en nos épouses et
nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous un guide pour les pieux.»[9]

La règle de ce jour est donc:


Nous allons adorer Allah ENSEMBLE

[1] Ar-Ra’d (Le tonnerre) : 23.


[2] An-Nahl (Les abeilles) : 80
[3] Al-Fourqan (Le discernement) : 74.

[4] At-Tawba (Le Désaveu ou Le Repentir): 75-76.

[5] Al Fourqân (Le Discernement) : 74.


[6] An-Najm (L'Etoile) : 43.
[7] At-Tahrîm (L'Interdiction) : 6.

[8] Tâ-Hâ :132.

[9] Al-Fourqân (Le Discernement) : 74.


"Le Paradis dans nos foyers"
Episode 2

Les principes de l'entente familiale

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ; louanges à Allah, Seigneur de l'univers et
bénédictions et paix sur le messager d'Allah.

Qu'Allah accepte de nous toutes nos actions pendant le Ramadan au cours duquel nous devons beaucoup
travailler pour être libérés pour toujours de l'Enfer.

L'épisode d'aujourd'hui présente une nouvelle règle : Sentir la valeur de la famille. Nous parlons d'une
question très précieuse, tellement précieuse chez Allah au point de faire trembler les Cieux et la Terre.
L'Humanité toute entière s'est constituée autour de la famille qui est aussi source de la grande satisfaction
d'Allah. Tel est le sujet de l'épisode d'aujourd'hui.

Pourquoi toute cette importance accordée à la valeur de la famille? Car, de nos jours, il y a une grande sous-
estimation de la famille qui apparaît, par exemple, dans les raisons futiles du divorce qui met fin à un
mariage qui a duré uniquement six mois, ou dix ans ou même trente. Les divorcés même disent ne pas
savoir pourquoi ils se séparent pour des raisons si banales. La réponse est que la valeur de la famille pour
eux est aussi banale.
Quand vous demandez à un jeune : qu'est ce qui est plus important pour toi ta famille, ou tes amis ? Il ne
vous répondra peut-être pas, mais la réponse est évidente quand on voit que ses secrets sont confiés à ses
amis dont il écoute les conseils plus que son père.
Tout cela est dû à la régression de la valeur de la famille. C'est ainsi que les frères se disputent très
facilement après la mort de leur père à cause de l'absence de cette valeur.

Pendant le Ramadan, si vraiment vous voulez qu'Allah vous pardonne, soit satisfait de vous, vous
affranchisse de l'enfer, vous ouvre les portes du Paradis, il faut que votre famille soit la plus importante pour
vous car elle l'est pour Allah, le Seigneur du Ramadan.
Pour mesurer cette importance, passons en revue l'histoire de l'humanité, celle des Prophètes et la
biographie du Prophète Mohammad (BP sur lui).

Commençons par le tout début de l'humanité : Adam et Eve qui sont une famille. Allah aurait pu créer
beaucoup de femmes et beaucoup d'hommes à la fois, mais Il a voulu que la terre soit construite à partir
d'une famille, qu'elle sorte d'un seul utérus. La première scène de l'humanité est donc la famille et la
première institution dans le monde est la famille. Comme si la Terre pour évoluer, devrait avoir pour centre la
famille... Des sociétés, des communautés, des tribus ont pour noyau la famille.

La grande famille aussi (les oncles, les cousins...), est une composante essentielle de la première scène de la
création : après la création et avant la descente d'Adam sur la Terre, al rahem s'est attachée au trône et a
dit à Allah: "C'est la place de celui qui implore Ta protection contre la rupture", Allah lui a répondu : "Ne
seras-tu pas satisfaite si je lie celui qui te lie et je romps avec celui qui rompt avec toi? Elle répondit: "Si
Allah, je serai satisfaite".
Au paradis, il y a des niveaux ; l'intercession pour accéder à un niveau supérieur n'est donnée qu'aux
membres de la même famille, par exemple, le grand-père qui intercède pour que son petit-fils accède à son
niveau conformément au Coran où il est dit-ce qui peut être traduit comme : "Ceux qui auront cru et que
leurs descendants auront suivis dans la foi, Nous ferons que leurs descendants les
rejoignent.[1]" TSC[i] .

Cela prouve à quel point la famille est importante pour Allah. Alors vous qui jeûnez, qui voulez bénéficier de
la satisfaction divine et être sauvé pendant le Ramadan, vous avez devant vous une voie peu exploitée par
les gens : celle de la famille. Vous pouvez dire : "Allah affranchis-moi cette année pour mes efforts pour
grouper ma famille".

Le but de notre émission n'est pas de mettre fin aux problèmes familiaux, mais de dire "assez à l'isolement"
dans la même famille, responsable de l'accroissement des problèmes dans nos maisons.

Quand vous fortifiez la famille, vous fortifiez la société, l'islam, vous satisfaites au Prophète (BP sur lui), vous
satisfaites à Allah.

Le seul contrat qu'Allah a nommé "contrat solennel" est celui du mariage. C'est même plus qu'un contrat,
c'est un engagement vue son importance. C'est ainsi qu'Allah a décrit le jour du contrat de mariage dans le
Coran où il est dit ce qui peut être traduit comme : "…et qu'elles aient obtenu de vous un
engagement solennel[2]?".

Pour les hommes qui sont sur le point de se marier, faites attention à ce jour où vous concluez un
engagement solennel conformément aux prescriptions d'Allah et à la tradition de Son Messager.

Nous rappelons que le terme "engagement solennel" a été cité trois fois seulement dans le Coran: une fois
en parlant des Prophètes, une deuxième en parlant des fils d'Israël qui étaient responsables de la réforme
sur Terre, et une troisième pour décrire le contrat de mariage.

Tout ce qu'on vient de dire est vrai sur le plan de la théorie mais il y a aussi une chose pratique qui nous
rappelle la famille en l'accomplissant. Il s'agit d'une pratique, d'un des actes d'adoration les plus chers : le
pèlerinage.
Le pèlerinage concrétise dans son ensemble des relations familiales. Chacune de ses étapes nous rappelle la
famille.

Prenons par exemple, la course entre As-Safa et Al Marwa qui a pour origine l'inquiétude et l'amour d'une
mère pour son nourrisson sur le point de mourir, assoiffé. Elle qui a dû courir sept fois entre les deux
montagnes une distance de 500m, pour lui chercher de l'eau. Dans ce trajet, à un moment donné, quand
elle n'entendit plus les cris de son fils, elle courut, et c'est pourquoi, durant le pèlerinage, entre ces deux
montagnes, à un certain point, il faut courir pour imiter Hâdjar. C'est pour rappeler aux pèlerins cette scène.
Est-ce que quelqu'un peut imaginer qu'une pratique vienne concrétiser les sentiments d'une mère pour son
fils? Est-ce que vous, en tant que père, vous pouvez maintenant, après votre pèlerinage, priver une mère
de sa fille? Et la mère qui laisse son enfant aux soins de la nourrice, comment peut-elle faire le pèlerinage?
Et vous, fils, qui renoncez à votre mère, comment pourriez vous faire le pèlerinage?

Passons maintenant à un autre aspect du pèlerinage : Zamzam.


Zamzam a pour origine la prière d'un père qui a laissé sa femme et son fils dans le désert conformément à
l'ordre divin, mais qui, dévoré par l'inquiétude sur leur sort, leur fait cette prière dans le Coran où il est dit,
ce qui peut être traduit comme : " Ô notre Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans
une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée [la Ka`ba], -ô notre Seigneur -afin qu'ils
accomplissent la Salat. Fais donc que se penchent vers eux les cœurs d'une partie des gens. Et
nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants?", [3]
Alors Jibril descend du Ciel pour faire jaillir, par un coup de son aile, le puits de Zamzam dont tous les
musulmans boivent jusqu'au jour de la résurrection et exaucer ainsi la prière de Ibrâhîm. Pour montrer
également que les prières du père sont exaucées par Allah.

Vous, jeune homme, demandez à vos parents de prier pour vous. C'est très important de le faire.

Un autre aspect: le sacrifice qui concrétise l'entente extrême entre un père et son fils. Rappelez-vous alors
toujours de cette relation. C'est un père qui a dit à son fils dans le Coran : " Ô mon fils, je me vois en
songe en train de t'immoler. Vois donc ce que tu en penses". Ismaël dit: "Ô mon cher père, fais
ce qui t'es commandé : tu me trouveras, s'il plaît à Allah, du nombre des endurants [4]".

Le père demande à son fils son avis et il aurait pu ne pas le faire et exécuter l'ordre divin sans s'en soucier.
Nous avons là un comportement qui mérite d'être médité et soigneusement étudié. Qui parmi les pères
d'aujourd'hui traite son fils d'une façon pareille? Et voyons que le fils se montre obéissant car il a été ainsi
éduqué.

Tel est l'objectif de cette émission, faire en sorte que les relations familiales soient semblables à celles
existantes dans la famille de Ibrâhîm.

C'est pourquoi, dans chaque prière nous demandons à Allah que Ses bénédictions et Sa paix soient sur le
Prophète (BP sur lui), sur sa famille, ainsi que sur Ibrâhîm et sur sa famille, parce que chaque musulman
doit se rappeler de ces deux grandes familles.

Alors, voudriez-vous commencer par vous-même?

Allah (SWT) accorde à l'entente existant entre les membres d'une même famille une place primordiale. En
effet, cette concorde en famille prend divers aspects que le Noble Coran relate à travers les histoires des
Prophètes dans leur bon et mauvais côté :

- En les évoquant en tant qu'époux : il cite Adam et Eve ; Ibrâhîm et Sarah, puis Ibrâhîm et
sa seconde épouse, Hâdjar ; Moussa et l'histoire de son mariage.

- Moussa et son frère Haroun (Aaron), incarnent la relation fraternelle idéale, lorsque
Moussa demande à Son Seigneur de lui rendre le cœur apte à recevoir La Révélation Divine et de lui
assigner son frère Haroun (Aaron) pour l'assister dans sa noble mission prophétique. Il n'a pas fait
appel à son ami!!

D'un autre côté, la sœur de Moussa qui est parvenue à le sauver de Pharaon et à le rendre à sa
mère quand cette dernière, résignée à l'Ordre Divin, l'a jeté en pleine mer alors qu'il n'était qu'un
nouveau-né. N'oublions pas à ce niveau, le rôle de la mère qui a incité sa fille à aller à la recherche
de son frère. Les relations fraternelles d'aujourd'hui ont gelé, frères et sœurs vivent en isolés,
préférant de loin leurs amis.

- Parallèlement, les frères de Youssouf représentent la relation fraternelle hostile et


évoquent en même temps les machinations du diable. Allah (SWT) met les parents en garde, en ce
sens que l'intérêt et l'affection doivent être portés à tous les enfants, à même titre d'égalité.

- En parlant de la relation harmonieuse entre père et fils, le Coran nous cite Dawoûd et
Solaïman. A l'opposé, le Prophète Ibrâhîm n'arrive pas à s'entendre avec son père Azâr.

- La femme du Al-'Azize représente la trahison conjugale en excellence.


La famille s'incarne également dans la biographie du Messager d'Allah, Mohammad, Bénédiction et Paix
sur lui ; petit-fils orphelin. On le voit dans le giron de son grand-père Abdel-Mottaleb à l'ombre de la Ka'ba.
Fils docile, on le voit visitant la tombe de sa mère, 50 ans après le décès de celle-ci, versant de chaudes
larmes et provoquant les pleurs de ceux qui l'accompagnaient. Père chaleureux, le voici qui se rend chez sa
fille avant d'aller à une bataille et en rentrant. Beau-père affectueux, il enveloppe de son propre vêtement le
cadavre de la belle-mère de sa fille, Fâtima Bint Asad, comme pour rendre honneur à son gendre 'Ali Ibin
Abou Tâleb, époux de Fâtima.

Préoccupons-nous donc de rallier nos familles si nous tenons à obtenir l'Agrément d'Allah et à sauver nos
âmes du supplice de Géhenne.

Allah (SWT) a créé la terre puis nous a crées, non seulement pour l'adorer mais aussi pour peupler cette
terre et la réformer. Mais l'histoire n'est pas aussi simple que nous le pensons, surtout avec la tentation du
diable et l'existence du Mal. C'est pourquoi Allah, le Tout Miséricordieux et le Généreux, nous a privilégiés
par une base solide qui engendre cet état affectif dont l'homme peut avoir besoin et qui se manifeste par la
Famille.

Au sein de cette famille, Il a, Exalté et Glorifié soit-Il, donné naissance à une multitude de sensations qui
entraînent la concorde et l'entente au sein du foyer : c'est cette relation affective spéciale scellée par l'union
légale appelée le mariage, qui naît entre les conjoints et qui dure toute une vie. C'est le sentiment
involontaire de maternité, de paternité et de filiation qui unit parents et enfants et qu'Allah planté dans leurs
gènes.

C'est par l'affection qui joint réciproquement parents et enfants que la terre sera peuplée.

Par contre, le monde occidental a extirpé les relations familiales en leur substituant des relations illicites et
anormales entre des gens du même sexe. Lors de la révolution industrielle, le monde occidental a pensé
appliquer l'évolution et le développement qui sont propres à la science sur la sociologie et les relations
familiales, détruisant par là la grâce dont Allah a comblé l'humanité.

Si l'Occident l'a emporté au niveau des sciences, nous autres les Orientaux, nous avons le privilège de
posséder un Bien beaucoup plus précieux que représente la Famille.

[1] "At-Toûr" : 21
[2] "An-Nisă' (Les Femmes) : 21
[3]"Ibrahim" (ABRAHAM) : 37.
[4] "AS-Sâffât" (Les Rangées) : 102

[i] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu
jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
Le paradis dans nos foyers

Episode 3

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah Seigneur de l'Univers, et que
la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Notre objectif en ce mois sacré de Ramadan est de renouer les liens familiaux. Nous avons établi
précédemment qu’il était nécessaire pour cela que les membres de la famille s’habituent à effectuer certains
actes :
- Adorer Dieu ensemble
- Prendre l’initiative de rassembler la famille …

Parlons à présent de la miséricorde, comme fondement des relations familiales.

Le renforcement des liens familiaux est intimement lié au principe de la miséricorde. En effet, à l’origine de
toute relation familiale, la miséricorde est la garantie de rapports sains et harmonieux entre les époux, les
parents et leurs enfants, les frères et sœurs etc.

Force est de constater que si la famille souffre de grands problèmes de coexistence, de communication et de
rapports tendus, cela est principalement dû à la disparition de la vertu de la miséricorde. Comment
comprendre sinon que des parents fassent preuve de dureté envers leurs enfants en critiquant leurs
moindres efforts ?

L’absence de miséricorde a engendré bon nombre de faits et gestes nuisant au maintien de la famille. Le
jeune préfère s’isoler face à son ordinateur plutôt que de se rapprocher de ses parents. Il peut aussi passer
de longues heures avec ses amis sans songer à tranquilliser sa mère, inquiète à son sujet. La jeune fille, de
son côté, trahit la confiance de ses parents en s’aventurant dans des relations interdites par l’Islam. De
même, le père, violent envers son épouse, ou les parents qui se disputent incessamment en présence de
leurs petits, font preuve d’une grande insensibilité à l’égard des sentiments d’insécurité qui assaillent leurs
enfants. Ces derniers s’avèrent victimes des agissements des adultes. Nombre d’enfants sont effectivement
privés de leur père parce que leur mère, après le divorce, a juré de lui interdire son droit de visite. Des
cousins naissent et grandissent sans se connaître car leurs oncles respectifs sont en conflit des années
durant. Enfin, plus solitaires encore, des enfants évoluent sans goûter à l’affection maternelle puisque la
mère, trop occupée, a laissé l’éducation de ses petits à la gouvernante.

Or, toutes les relations familiales mentionnées par le Saint Coran sont fondées sur la vertu de la miséricorde.
Plus que l’amour, la miséricorde est le secret de l’union qui lie l’homme à sa femme : Allah (que Son nom
soit exalté) dit –ce qui peut être traduit comme [i] : « Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour
vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de
l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. »[1]

Les fils sont ordonnés d’agir avec bonté et bienveillance envers leurs parents par obéissance au principe de
miséricorde : Allah (que Son nom soit exalté) dit –ce qui peut être traduit comme :
« Et ton Seigneur a décrété: «N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et
mère: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis
point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par
miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis: «Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous
deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit».[2]
En général, l’Islam favorise l’épanouissement des rapports familiaux et condamne tout acte visant à couper
les liens de consanguinité. Dans le hadith qudsi, Allah dit : « Je suis Ar-Rahman (le Miséricordieux) et
Al-Rahem (la matrice, les liens familiaux) vient de Mon Nom. Je lui ai donné un nom dérivé du
Mien ; quiconque entretient les liens de consanguinité, J’entretiens des liens avec lui, et
quiconque les romps, Je romps avec lui ».

Le mois de Ramadan constitue une bonne opportunité pour chacun d’œuvrer pour la consolidation des
rapports familiaux. Ce mois sacré est placé sous l’esprit de la miséricorde et du pardon divin auquel nous
aspirons tout au long de l’année. Ces jours bénis sont l’occasion de se rapprocher d’Allah afin de bénéficier
de Sa Miséricorde.
La fin de sourate Al Baqara résume parfaitement l’attente suprême de tout croyant, celle d’obtenir le Pardon
de Dieu afin d’accéder au Paradis. Allah (que Son nom soit exalté) dit –ce qui peut être traduit comme :

« Seigneur! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes,
pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur
les peuples infidèles ».[3]
et
«Seigneur! Ne fait pas dévier nos cœurs après que Tu nous aies guidés; et accorde-nous Ta
miséricorde. C’est Toi, certes, le Grand Donateur! »[4]

Les vertus de la miséricorde sont également dénombrées par le Prophète (PBSL) dans le hadith suivant :
« Allah, J’invoque Ta miséricorde pour nous rassembler, guider nos cœurs vers le droit chemin, …, et
ramener à nous les absents. »

Mériter la miséricorde d’Allah ne peut se faire que par la pratique de la miséricorde sur cette terre. Le
Prophète (PBSL) rapporte que : « Dieu fait miséricorde à ceux qui sont eux-mêmes miséricordieux.»
Il dit aussi : « Traitez ceux qui sont sur terre avec miséricorde, vous serez traités de même par Celui qui est
dans le ciel. »
Le premier lieu où la miséricorde doit être exercée est sans conteste la famille et les parents doivent en être
les principaux bénéficiaires. L’imam al Ghazali propose une méthode visant à aider les croyants à exercer
leur foi et qui consiste à se conformer à une condition en prenant Dieu à témoin. Dans le cas qui nous
intéresse, on doit s’engager devant Dieu à agir avec miséricorde durant le mois de Ramadan en guise
d’entraînement. En prenant Dieu à témoin, cela nous pousse à ne pas relâcher notre promesse face aux
contraintes rencontrées et pouvoir ainsi nous auto-évaluer à la fin du mois sacré.

Maintenant, évoquons des exemples concrets révélateurs de la compassion dans nos foyers.

Le premier est de ne pas accaparer la prise de décision. En effet, certains pères sont obstinés et ne tolèrent
pas qu’une autre personne au foyer, notamment la femme, prenne la décision à leur place : ils aiment
prendre individuellement et autoritairement la décision à propos de tout (choix des vêtements pour les
enfants, choix du mari pour les filles …). Leur femme n’a pas le droit de décider ou de proposer, ni même de
parler.

Il arrive parfois que certains pères entrent en communication avec les autres membres de la famille pour
prendre une décision, mais une fois confrontés à des propos différents des leurs, ils haussent le ton, arrêtent
la discussion et interrompent la concertation pour imposer autoritairement leur décision.
Bien évidemment, une famille a besoin d’un chef au foyer, mais cela n’empêche pas qu’il y ait une
communication et une concertation entre ses différents membres.

L’autorité dans la prise de décision engendre la frustration et le repliement, et donc réfute la miséricorde. Il
n’y a pas de mal à se concerter au foyer, avec la femme et avec les enfants, même en bas âge. Il faut en
prendre l’habitude, cela crée un climat de compassion.

Le Coran incite le père et la mère à se concerter à propos de choses élémentaires telle la durée de
l’allaitement. ALLAH a dit- ce qui peut être traduit par : « Et les mères, qui veulent donner un
allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les
nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a
pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même
obligation pour l’héritier. Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider
le sevrage, nul grief a leur faire.»[5]
C’est une façon d’inciter les parents et de les éduquer à discuter ensemble et à prendre conjointement les
décisions les plus importantes et d’en donner l’exemple devant leurs enfants.

A signaler que la contestation par la femme sur les propos du mari était inhabituelle au temps des
compagnons. Un jour, Omar Ibn Al Khattab a été récusé par sa femme. Surpris, il lui demanda explication.
Sa femme lui répondit que sa fille Hafsa faisait de même avec son époux le Prophète (PBASL). Il se rendit
chez sa fille et lui reprocha un tel comportement. Sa fille lui répondit que toutes les autres épouses
contestaient le Prophète (PBASL) sans qu’Il ne leur reproche rien. Omar se rendit chez le Prophète (PBASL)
et trouva ses épouses en train de le contester à propos des dépenses. Le Prophète (PBASL), consentant,
répliqua gentiment et en souriant : « Elles me contestent à propos du débours. »
Omar comprit qu’il n’y a pas de mal à discuter avec sa femme, à céder quand elle a raison et à la supporter
dans tous les cas. Et c’est ce qu’il n’a cessé de faire depuis lors.

On raconte qu’un jour, lorsqu’il est devenu Prince des croyants, un citoyen est allé se plaindre auprès de lui
des contestations de sa femme. En arrivant à la porte de Omar, il entendit la femme de Omar le rabrouant à
haute voix. Il rebroussa alors chemin mais Omar ouvrit la porte et rappela l’homme pour lui demander l’objet
de sa visite. L’homme lui raconta sa situation et lui révéla son intention. Omar lui répondit sagement et avec
beaucoup de compassion, qu’il faut être reconnaissant envers sa femme et la supporter lorsqu’elle hausse le
ton puisqu’elle veille sur lui (sa nourriture, la propreté de ses vêtements, son plaisir), et sur l’éducation de
ses enfants.

Un jour, des femmes déléguèrent l’une d’entre elles pour interroger le Prophète (PBASL) sur le fait que les
hommes se sont accaparés les bonnes actions les plus rétribuées par ALLAH (Jihad, prière à la mosquée,
prière du vendredi…), alors qu’en reste t-il pour les femmes ? Le Prophète (PBASL) la rassura et lui demanda
d’avertir les autres femmes qu’être au service de son mari vaut tout cela. Vous les femmes, soyez clémentes
au foyer, ayez de la compassion pour vos époux et vos enfants !

Au foyer, époux et épouses, profitez des dix premiers jours de Ramadan, les jours de la miséricorde, pour
faire régner la compassion et la clémence entre vous.

Et que les fils et les filles soient pleins de miséricorde envers leur mère… On raconte qu’un certain Jourayj
était un fidèle pratiquant. A chaque fois qu’il voulait prier, sa mère l’appelait, mais il préférait entamer sa
prière plutôt que de répondre à sa mère. Le Prophète a dit à son propos « Qu’ALLAH ait pitié de mon frère
Jourayj, s’il était averti (savant) il aurait su que répondre à sa mère vaut plus pour ALLAH que sa prière ».
Enfin, on ne peut parler de miséricorde sans parler de pardon et de tolérance.
Beaucoup d’entre nous sont en désaccord avec leurs proches ; soyons cléments, pardonnons pour qu’ALLAH
nous pardonne. Faisons vite et contactons-les immédiatement à la fin de cet épisode pour leur dire que nous
leur pardonnons et que c’est pour ALLAH que nous le faisons. Refusons-nous la clémence d’ALLAH ? C’est
l’exemple d’Abou Bakr qui a pardonné à Mostah lequel avait répandu des rumeurs à propos de sa cousine,
l’épouse du Prophète Aîcha. Et c’est aussi l’exemple de Joseph (PBASL) qui a aussitôt pardonné à ses frères
après tout le malheur qu’ils lui ont causé.

En guise de conclusion, ayez de la compassion pour la famille afin qu’ALLAH et Ses anges nous disent ce
qu’ils avaient dit à Abraham (PBASL) « miséricorde et générosités sur vous les gens du foyer ».

[1] Ar-Roûm (Les Romains) : 21

[2] Al Isra’ (Le voyage nocturne) :23-24


[3] Al Baqara (la vache) : 286
[4] Al Imran : 8

[5] Al-Baqara (La vache):233

[i] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu
jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.
Le paradis dans nos foyers

Episode 4

Le rêve de la famille

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah Seigneur de l'Univers, et que
la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Nous avons intitulé notre programme « Le paradis dans nos foyers » parce que nous voulons vous dire que
le vrai bonheur existe à l’intérieur de nos foyers, vous pouvez le chercher partout ailleurs en vain. Vous avez
certes du mal à vous en convaincre mais nous vous dirons comment y arriver tout au long de nos épisodes.

Presque toutes les études relatives à la vie de famille, définissent le foyer idéal comme celui qui n’a pas
certains problèmes. Cela est très important sans aucun doute. Cependant, je n’ai pu trouver aucune étude
qui donne une définition positive sur la famille idéale.
Notre but dans cet épisode est de présenter une définition claire et positive sur le foyer idéal. Quels sont les
traits d’une famille exemplaire, une famille qui satisfait Allah, qui pourrait accueillir le Prophète (BP sur lui)
fièrement ?

Nous nous sommes demandé s’il convenait d’exposer en points précis le portrait de chaque membre de la
famille ; comment doit être le père idéal, comment doit être le fils, etc. Mais nous avons trouvé que cette
méthode ne convenait ni à la nature de l’émission ni à la nature de ce mois. Nous vous proposons une
manière différente de réaliser l’objectif de cet épisode. Il s’agit de présenter l’idée en forme de rêve, oui, je
vous propose d’imaginer comment devrait être une famille exemplaire ou, mieux, j’invite les parents ici
présents et ceux qui nous regardent à songer à ce que devrait être leur foyer, leur relations avec leur
enfants. Je demande aux enfants d’imaginer quel devrait être la nature de leurs rapports avec leurs parents.
Je vous invite tous à vivre ces rêves avec moi. Vous me direz peut être à quoi cela nous servira ? Je vous
réponds tout de suite qu’il est établi que les rêves d’hier sont les faits d’aujourd’hui et que les rêves
d’aujourd’hui sont les faits de demain. Vous êtes là parce que vos parents ont rêvé hier et vos enfants seront
là demain parce que vous aurez rêvé aujourd’hui !

Je vais vous citer mes rêves à moi sur la famille idéale et vous conter des exemples sur la conduite
admirable de telle ou telle personne au sein de sa famille. Loin de moi l’idée de citer des exemples difficiles à
imiter ou irréalistes, ce sont des rêves tirés d’histoires vraies que j’ai vécues, entendues ou lues dans les
livres.

Je vais commencer par l’histoire d’une famille où le père très occupé par son travail, voyait à peine ses deux
enfants Ahmed et Salma. Il sortait de la maison très tôt le matin alors qu’ils étaient encore dans leurs lits, et
rentrait tard le soir alors qu’ils étaient déjà couchés. Les années se passaient ainsi mais la mère inquiète ne
cessait de conjurer son mari de consacrer du temps à ses enfants. Une fois, le mari finit par céder à la
demande sa femme et emmena, à contre cœur, sa petite fille Salma faire une promenade. Sur le chemin du
retour, le père a voulu emprunter des petites ruelles afin de fuir l’embouteillage, sa fille Salma qui n’avait pas
reconnu les ruelles qui l’emmenaient à sa propre maison, posa à son père cette question qui lui fit très mal
au cœur : « Elle est où ta maison papa ? ».

Le père eut plus mal encore lorsqu’un jour alors qu’il cherchait une feuille très importante, son fils Ahmed
rentra dans son bureau et lui demanda :
- Que cherches-tu donc papa ?
- Une feuille très importante sur laquelle j’ai noté les noms des personnes importantes que je dois rencontrer
cette semaine.
- Est-ce que mon nom figure dans cette liste papa ?
Cette question vint remuer le couteau dans la plaie causée par la question de Salma. C’est alors que le père
décida de corriger ses priorités. Il résolut de ne plus consacrer ses journées de congé au travail. Il se rendit
compte que ses enfants avaient plus besoin d’affection que d’argent.

Un jour, Il les emmena faire une promenade au bord d’un bateau sur le Nil, les enfants étaient ravis. Les
yeux de Salma brillaient comme si elles disaient merci papa pour tout. Après la promenade du Nil, me
raconte-il, je les ai emmenés à la maison des vacances, et j’ai décidé de faire voler avec eux un cerf volant.
J’ai mis une heure et demi pour faire voler le cerf volant, surtout qu’il n’y avait pas de vent. Ma femme était
surprise de mon comportement, moi qui me plaignais durant les dernières années du manque de temps
comment ai-je réussi à en avoir à présent ! Les jours suivants j’ai été obligé de m’absenter pour un
déplacement, mais j’ai essayé de leur parler tous les jours au téléphone. Et quand je suis rentré, j’avais
tellement de travail que j’étais obligé de rester plus longtemps au travail. Un soir j’ai reçu un coup de fil de
ma femme me disant que mon fils ne voulait pas dormir avant mon arrivée. J’ai senti un vrai bonheur et j’ai
décidé de rentrer chez moi pour le faire dormir moi-même.

Je me souviens là du prophète (BP sur lui) qui jouait avec ses petits fils Al-Hassan et Al-Hussein. Il était
tellement content de le faire qu’un de ses compagnons lui posa un jour la question : « Tu les aimes à ce
point cher prophète ? » Le prophète répondit : « Ce sont mon vrai bonheur dans cette vie. »

Dans mon rêve, je vois l'homme maintenant dans sa voiture entrain de conduire en espérant que son fils ne
s’endorme pas avant son arrivée. Je le vois rentrer dans la maison et se précipiter vers la chambre de son
fils pour lui lire l’histoire qu’il aime. Une histoire accompagnée de câlins, de bisous et de principes. Il essaie
de lui passer les principes à adopter dans la vie. Ne pensez pas que les paroles que vous soufflez dans
l’oreille de votre enfant seront perdues. Votre enfant en profitera durant toute sa vie et les dira avec les
histoires qu’il racontera à son fils et, de fils en fils, vos conseils traverseront une génération après l’autre.

Je retourne à notre rêve et je vois maintenant Ahmed un jeune de seize ans. Il se promène avec son père,
et chacun raconte à l’autre ses problèmes comme de vrais amis. Mais Ahmed a choisi de ne pas dire à son
père que ses amis lui ont proposé de la drogue pour ne pas l’inquiéter. Mais à son retour à la maison le soir,
Ahmed était convaincu de son plein gré qu’il ne fallait plus fréquenter ces amis.

Je vois aussi le père avec sa fille. Ils sortent souvent se promener ensemble. Ils rient et s’amusent bien
ensemble. Les gens les regardent surpris de voir une telle relation entre père et fille. La fille quant à elle, a
décidé sans le dire à son père de ne pas avoir de copain. Son papa est quelqu’un de respectueux qui ne
mérite pas qu’elle lui fasse un tour pareil. Et puis, c’est un vrai ami à qui elle peut tout raconter.

Je vois aussi dans le rêve une maman qui donne toute son affection à ses enfants. Vous connaissez tous
l’affection maternelle. Mais je parle là d’un autre genre d’affection, une affection qui donne de l’énergie. Une
volonté si forte qu’elle engendre Salahddine. Je vous entends me dire : Nous nous sommes mis d’accord que
nos rêves seraient des rêves réalistes, pourquoi vous nous parlez de Salahddine ? Écoutez donc mon rêve.

C’est l’histoire d’un jeune homme qui était en dernière année d’études secondaires mais qui se préparait
déjà pour les études universitaires. Un jour il se rendit sur le site de l’université internationale et constata le
campus de l’université et les différentes spécialités dispensées par cet organisme. Il rêva de fréquenter cette
université, d’accomplir de grandes choses pour l’Islam et pour sa nation. Ses études devaient être alors d’un
haut niveau. Mais les frais de cette université étaient très élevés et il n’avait pas de moyens. Il pensa que,
pour y accéder, il devait avoir d’excellents résultats dans son bac. Il se connaissait bien et savait que son
niveau actuel était à peine acceptable mais il ne perdit pas espoir et se consacra exclusivement à ses études.
Sa mère constata un changement dans les manières de son fils. Elle l’encouragea comme tout autre mère
encouragerait ses enfants avec bonté et souhait de réussite. Cependant, les résultats des premiers examens
furent très loin des espérances de notre jeune homme. Il fut tellement frustré qu’il déclara à sa mère qu’il
était inutile de compter sur de meilleurs résultats et qu’il allait finalement se contenter d’une université
ordinaire.
On se serait attendu à ce que la mère affectueuse réconforte son fils qui aurait laissé tomber son rêve
comme le font certains jeunes gens à la rencontre du premier obstacle sur leur route. Mais dans mon rêve il
se passa quelque chose de très surprenant, la mère du jeune homme ne voulut pas écouter ses
lamentations. Elle lui rappela les rêves et les projets dont il lui avait parlé. Elle lui assura qu’il était capable
de les réaliser, qu’il était intelligent. Il promit de poursuivre sa route avec courage et persévérance, que
c’était la loi de la vie. Ses yeux brillaient d’un étrange éclat alors qu’elle lui décrivait les détails de son rêve
qui était aussi devenu le sien, comme elle le voyait dans la cérémonie de remise de diplômes, comme elle le
voyait réussissant sa vie professionnelle etc. Le jeune homme fut profondément secoué, il reprit confiance,
son désappointement se transforma en une volonté de fer, il reprit possession de son rêve et résolut de
continuer le projet qu’il avait entreprit.

Je le vois dans mon rêve, des années plus tard, lors de la cérémonie de remise de diplôme heureux et
satisfait de son parcours. Sa gratitude alla en premier lieu à sa mère, il accourut vers elle et l’embrassa en lui
disant qu’il avait réussi grâce à elle, grâce à ses prières et à ses encouragements. Cette mère n’est pas une
mère ordinaire, c’est celle que je vois dans mon rêve, c’est elle qui engendre la génération qui réalisera la
renaissance.

Je vois dans mon rêve, un homme et sa femme, mariés depuis quelques années mais qui avaient depuis
longtemps oublié le goût du bonheur. Ils continuaient à vivre ensemble par simple habitude. Il a déjà pensé
à se remarier et elle avait plusieurs fois demandé le divorce. Un jour, cet homme a lu dans un livre que
l'amour ressemble à un arbre, qui en l'arrosant, retrouve sa verdure et son éclat alors qu'en le négligeant, il
devient sec et meurt rapidement. Après une mûre réflexion, il a décidé de chercher cet amour dans son
foyer. N’avait-il pas à maintes reprises cherché le bonheur avec d’autres femmes sans avoir réussi à le
trouver ni avoir ressenti la quiétude et la tranquillité dont il rêvait. C’était comme un mirage qu’il poursuivait
en vain comme le montre clairement le verset qui peut être traduit comme: "…celui qui étend ses deux
mains vers l’eau pour la porter à sa bouche, mais qui ne parvient jamais à l’atteindre" (TSC, Ar
Ra'd (Le Tonnerre):14).

Il a commencé par des actes simples mais qui avaient un grand effet sur sa femme et la rendaient
heureuse. En rentrant à la maison, il ne criait plus comme autrefois, "Que personne ne m’adresse la parole !
Je suis fatigué." mais lui parlait gentiment et demandait de ses nouvelles ce qui a amorcé une bonne
communication entre eux. En fait, il ne résolvait pas les problèmes dont sa femme lui parlait, il ne faisait que
l’écouter mais c’est juste de cela qu’elle avait besoin. Il l’appelait souvent depuis son bureau et, dans les
premiers temps, faisait un effort pour la convaincre qu’il téléphonait juste pour lui parler et savoir comment
elle allait. Quand il partait en voyage il lui envoyait constamment des messages lui disant qu’elle lui
manquait et qu’il lui tardait de rentrer à la maison. Il avait finalement compris que pour satisfaire Allah il
devait destiner ses sentiments, son amour et sa tendresse à sa femme et pas à quelqu’un d’autre. Il lui
arrivait de se disputer avec elle et de quitter la maison en colère mais il se reprenait vite et lui téléphonait
pour lui demander pardon. Il reprenait plaisir à renter tôt à la maison parce que sa femme telle que je la
vois dans mon rêve faisait à présent son possible pour mettre la sérénité et le calme dans son foyer. Elle
devenait soucieuse de son apparence. Elle lui servait les repas qu’il préférait et il ne trouvait plus de raison
de dîner dehors. Elle l’entretenait avec le sourire, l’encourageait dans ses entreprises, valorisait ses idées et il
n’avait plus de raison de chercher d’autre compagnie. Par conséquent, Allah avait béni tous ses efforts et
avait restitué dans leur foyer l’affection et la bonté, c'est Lui qui dit : “Et parmi Ses signes Il a créé de
vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre
vous de l'affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. "
[1]
Dans mon rêve, je vois aussi Abd El- Moneim, un serviteur dans un institut gouvernemental. Cet
homme illettré a bien éduqué ses enfants et leur a donné un bon enseignement avec de l'argent licite. Son
fils Ibrahim raconte : "Pour atteindre cette visée, mon père mettait chaque jour quelques piastres dans une
boîte. Une fois la boîte remplie, il transformait ces piastres en papier-monnaie (livres égyptiennes) disant à
ma mère qu'ils devaient patienter et économiser pour donner un bon enseignement à leurs fils. Il me
déclarait qu'il n'a jamais gagné de l'argent illicite, et qu’il préférait que sa main soit coupée plutôt que de
prendre ce qu’il ne lui appartenait pas. Ces quelques mots faisaient plus d’effet sur moi que des centaines de
leçons théoriques portant sur la loyauté. " Les années sont passées rapidement, Ibrahim a pris sa licence,
s'est marié, a eu des enfants et il a bien réussi dans son travail. Un jour, en visitant son père dans son
modeste foyer, il a trouvé la boîte d'argent près du lit entièrement vide. Il dit à son père :"Vous devez
remplir cette boîte comme vous avez déjà fait, mais cette fois–ci pour la donner à vos petits enfants parce
que quelles que soient les leçons de morale que je peux leur enseigner, je ne pourrai pas imiter la façon
pratique dont vous m’avez si bien appris que je ne devais jamais toucher à l’argent illicite. "

Effectivement, nos pays ont besoin de générations qui ressemblent à Abd El-Moneim, cet homme simple et
illettré mais qui possède un grand sens de morale, afin d'aboutir à la renaissance désirée.

Dans mon rêve, je vois un jeune homme ambitieux qui a des rêves et des souhaits, mais qui est loin
de ses parents au point de ne pouvoir ressentir le dévouement absolu de son père pour lui. Il s'agit de
l'histoire réelle d'un ancien joueur de football qui, il faut le dire n'était pas un joueur distingué bien au
contraire, il était passif et n'assistait pas régulièrement aux entraînements. A la mort de son père, il
s'absenta de son entraînement durant une semaine et, par conséquent à son retour, l'entraîneur l'écarta d'un
match très important. Il supplia très fort l'entraîneur de le laisser y participer. Ce dernier, touché par son
obstination et son enthousiasme et surpris, finit par accepter. Lors du match, l'entraîneur était tout à fait
étonné de voir devant lui un joueur extraordinaire qui jouait comme un champion international. En
l'interrogeant sur ce changement, le jeune homme lui confessa que son père, qui avait consacré sa vie pour
lui, avait toujours souhaité être fier du succès de son fils, mais qu’il était mort sans voir ce jour parce que
le fils ne vivait que pour ses plaisirs. Maintenant ce joueur a décidé de réussir dans la vie pour que son père
soit fier de lui le Jour de la Rétribution.

Je vois maintenant un jeune homme qui, à la fin de cet épisode, promet à son père de réussir dans la vie
pour qu'il soit fier de lui durant sa vie et non pas après sa mort comme l'a fait le héros de l'histoire
mentionnée ci-dessus.

Je vois également une famille réunie durant l'estivage. Tous les membres de la famille: la tante,
l'oncle, le grand-père, les cousins, les enfants… déjeunent ensemble. Peut être qu’ils n'ont pas abordé les
sujets de religion, mais ils jouissent ensemble de la quiétude et de l'assurance dues au regroupement de la
famille.

En outre, il s'avère nécessaire de voir de quoi rêvent les autres pour que nous participions tous à la
réalisation du rêve. La grande majorité rêvent que:
- Les membres de la famille se regroupent et se rassemblent pour donner naissance à un
sentiment de quiétude et de tranquillité surtout qu'Allah (SWT) nous a créés pour vivre ensemble et
nous entraider.
- Hommes et femmes assument leurs responsabilités comme il faut.
- Les enfants soient présents pour ne plus souffrir de solitude.
- Les fils remplissent de bonnes fonctions et accomplissent le pèlerinage.
- La famille soit régie par l'amour d'Allah (SWT), qu'elle soit fondée sur la piété, accompagnée et
soutenue par les anges.
- Le coeur du père regroupe ses enfants et le coeur de la mère rassemble tous les membres de la
famille.
- La famille, en tant qu'institution, soit marquée par un nombre de règles qui la guident et qui
garantissent sa réussite. La famille idéale doit donc avoir un objectif et un plan bien déterminés.
- Les jeunes aient conscience des sens de paternité, de maternité et de fraternité en plus du sens
de la famille. Que les frères s'entraident tout en donnant un coup de mains à autrui.
- La famille n'accorde pas un intérêt primordial à la disposition des moyens de vie, des biens
matériels… à leurs enfants au détriment des moeurs. Les parents proches d'Allah dans leurs actes et
dans leurs pensées enseignent à leurs enfants des morales et des principes dont ils se servent tout
au long de la vie pour satisfaire Allah et Son Messager (BP sur lui).

Maintenant que nous avons a vu les rêves des autres, nous voulons que le titre de notre programme télévisé
"Le paradis dans nos foyers" devienne une réalité. Tout ce que je vous ai déjà présenté n'est ni fictif ni
impossible. Donc, si nous essayons de récupérer les parties du rêve, nous obtiendrons un tout : le
rassemblement de la famille, la sécurité, les liens familiaux… c'est ce qui nous distingue de l'occident qui
nous a dépassé dans plusieurs domaines. Effectivement, ce programme télévisé est diffusé à un moment
critique où nous constatons un déclin alarmant dans les morales mais que nous pouvons encore rétablir.
Ramadan constitue donc une bonne opportunité pour la réalisation de ce rêve surtout que les diables sont
enchaînés. C'est au sein de la famille que vous allez goûter le vrai bonheur mais il est important de souligner
que cela ne veut point dire que vous devez vous éloigner de vos amis excepté les mauvais.

Finalement, je vous invite à nous écrire sur le site "amrkhaled.net" les histoires des familles que vous
connaissez et qui jouissent de bonnes morales à l'exemple de la miséricorde et de l'humanité. C'est une
bonne occasion qui permettra aux visiteurs du site de lire les histoires de ceux qui sont parvenus à affermir
leurs relations familiales et à régénérer des morales telles que la franchise, la loyauté et la droiture et ont
réussi à découvrir le bonheur en famille. Nous espérons donc rencontrer, après Ramadan, des gens qui ont
réussi à réaliser ce rêve avec leurs familles, afin de satisfaire Allah (SWT).

[1] “Ar-Roûm (Les Romains) 21.


"Le Paradis dans nos foyers"

Episode 5

Des îlots isolés

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ; louanges à Allah, Seigneur de l'univers et
bénédictions et paix sur le messager d'Allah.

Après ces quelques jours de Ramadan, je me demande combien d'entre nous ont mis en pratique notre
promesse d'adorer Allah ensemble de ces cinq façons : prier, invoquer Allah, lire le Coran, donner à manger
à des pauvres qui jeûnent et prier la nuit ensemble? Je me demande qui a adopté cette devise “Ma famille,
avec elle j'entrerai au Paradis” Je vous le rappelle pour vous y encourager et éveiller votre ardeur en ce
mois béni en l'occasion duquel le Prophète (BP sur lui) dit : “Ô vous les gens! Ramadan vous est venu, un
mois plein de bénédictions où Allah vous recouvre de Sa miséricorde, pardonne les fautes, exauce les
invocations et exprime aux anges Sa fierté de vous. Montrez à Allah le bien en vous. Le malheureux est celui
qui se trouve privé de la miséricorde d’Allah pendant le Ramadan.” Tenez la main de votre épouse, votre fille,
votre mère et faites apparaître à Allah ce que vous avez de bien.

Nous traitons aujourd'hui le démembrement de la famille et je voudrais commencer par une histoire
imaginaire. C'est une île où se trouvait une grande famille très unie. Elle comprenait des pères, des mères
des garçons, des filles et des petits-enfants qui s'entendaient à merveille et se comprenaient du regard. Ils
prenaient leurs repas ensemble, passaient leurs soirées ensemble et réalisaient l’importance de cet
attachement. Les jeunes gens choisissaient leurs épouses de cette même famille et si on veut exprimer
l'atmosphère de cette île en un seul mot, on dira “sécurité”. Mais le monde change et Allah dit: “… Nous
vous éprouverons par le mal et par le bien [à titre] de tentation. Et c'est à Nous que vous serez
ramenés.” [1] Un tremblement de terre survint, l'île se démantela et chaque partie s'en alla à la dérive,
seule. Les membres de la famille pleuraient et s'appelaient. Un homme et une femme qui se trouvaient dans
le même lit furent projetés chacun sur un bout de terre, seul. Un père et son fils essayèrent de se
cramponner l'un à l'autre mais en vain. Tous ont beaucoup pleuré mais peu de temps après, le chef de la
famille se trouva sur un petit îlot seul, les enfants également. Les plus heureux étaient les enfants qui
pensaient avoir trouvé la liberté loin de l'autorité des parents. Mais peu à peu et malgré le sentiment du
manque de sécurité, tout le monde finit par s'habituer à vivre seul. Ils ne pleuraient plus mais avec le
manque de communication, ils ne parlaient plus la même langue. Ils ne se comprenaient plus. Après
quelques temps, une mère proposa à son mari de traverser la mer vers l'île où se trouvaient ses enfants, il
lui répondit que c'étaient aux enfants de venir à eux puisqu'ils étaient les plus jeunes. Un garçon dit à son
frère: “Je ne suis pas heureux sans nos parents, allons vers eux.” Il lui répondit: “Je préfère garder ma
liberté.”

Cette histoire est imaginaire, mais nous la vivons dans la réalité où nos chambres et nos lits représentent les
îles. Il y a des membres d'une même famille qui vivent isolés dans leur maison comme sur des îlots. Dans
l'histoire imaginaire, personne n'est mort, mais c'est comme s'ils l'étaient avec leur éloignement l'un de
l'autre.

Faîtes attention, que je ne veux pas parler de divorce, de disputes ou de problèmes familiaux, uniquement
du démantèlement, du manque de communication. La relation entre époux est devenue froide, ils n'ont plus
d'intérêts communs. La famille a commence par ne plus avoir de conversation ensemble, ensuite, ils cessent
d'avoir leurs repas et de sortir ensemble. On dirait des étrangers qui se côtoient dans un hôtel. Il n'y a plus
entre eux que le langage des notes écrites et collées avec un aimant au réfrigérateur ou celui des messages
électroniques. Si la famille est bien nantie, vous pouvez voir cette scène : le père suivant les nouvelles
devant la télévision, deux jeunes enfants regardant des programmes pour enfants, un garçon devant un film
en vidéo, une fille communicant avec son amie à travers le Chat, un autre petit garçon jouant avec son
Playstation que son père lui a acheté pour le tenir tranquille. Le grand frère est dans sa chambre entrain de
téléphoner à sa petite amie et la mère à la cuisine entrain de pourvoir tous les sandwiches et les boissons
qui lui sont demandés. Je me demande ce que cette famille fait exactement, même lorsqu'ils voient un
programme ensemble à la télévision, ils sont tout silencieux. Pourquoi ne profitent-ils pas de cette occasion
pour discuter ensemble et communiquer leurs idées? Ils auront ainsi utilisé la technologie moderne d'une
façon positive.

Remarquez que je ne suis pas du tout contre la technologie moderne, mais je crains de nous voir perdre
notre seule qualité distinctive qui est l'union familiale. Notre Umma est grandiose mais elle ne possède plus
beaucoup de valeurs en main, des valeurs sur lesquelles se fonder. Nous serons complètement perdu avec le
démantèlement des liens familiaux. Nous reculerons de deux siècles. J'encourage à l'amorcement d'une
renaissance dans mes programmes mais le seul espoir d'y arriver est de rester attacher à nos pères et mères
et de préserver les liens de famille.

Je vais vous parler des symptômes de cette maladie appelée l'isolement et qui représente le premier clou du
cercueil ou la première cause du divorce, de la toxicomanie, de la perte des enfants qui vont chercher
l'affection ailleurs et des traîtrises conjugales. Le premier symptôme de cette maladie est qu'elle ne survient
pas subitement mais par étapes. L'isolement vient petit à petit. Au début, c'est l'arrêt des sorties ensemble,
ensuite les repas, les conversations, les intérêts communs et après deux ans personne ne voit plus l'autre
alors qu'il se trouve dans la chambre voisine. C'est comme des grenouilles qui ont été mises dans de l'eau
bouillante et qui ont succombé parce qu'elles n'ont pas réagi. Oui, les grenouilles sont sensées sauter mais
elles se sont laissées prendre parce que l'eau qui était tiède au début avait été chauffée petit à petit jusqu'à
ce qu'il fût trop tard pour elles. Dans nos foyers, l'atmosphère commence également à chauffer et je vous
dis de faire attention qu'elle ne devienne bouillante. Les membres de la famille cherchent la tendresse et la
consolation ailleurs et tombent dans l'illicite sans en avoir eu l'intention. Secourez vos foyers.

Nous avons demandé à des psychologues de nous mettre un questionnaire sur le site amrkhaled.net dont le
résultat fera connaître à chacun de quel genre de famille il fait partie.

Je vais vous raconter une histoire dans la morale se résume en cette phrase “Ou vous construisez des
familles ou vous construisez des prisons pour abriter les criminels qui augmenteront”. Cette
histoire est celle d'un film produit par la chaîne National Géographique. C'est l'histoire d'un groupe
d'éléphants qui vivaient près d'une agglomération de villages indiens habités par des agriculteurs. Il est
connu que les éléphants sont les animaux qui ressemblent le plus aux hommes dans leur système de vie
familiale. D'autre part, ils sont des amis de l'Homme et ils se nourrissent de plantes. La colonie d'éléphants
dont nous parlons allait chaque soir se nourrir dans les champs des paysans voisins qui devenaient furieux.
Rien ne retenait les bêtes, ni les barrières épineuses que les fermiers plaçaient ni les boules de piment
brûlant qu'ils leur jetaient. Les paysans décidèrent de tuer les parents éléphants. Ils pensaient ainsi résoudre
le problème en tuant les guides. La jeune génération des éléphants se trouva ainsi mal élevée et devint
coriace. Après avoir été habitué à se nourrir de plantes, les jeunes éléphants commencèrent à attaquer les
humains, les tuer et faire des dégâts dans les villages. Pour résoudre le problème, les autorités ont été
obligées d'importer des pères et des mères éléphants d'Afrique. Six mois après leur arrivée, les éléphants
s'étaient habitués les uns aux autres et la paix était revenue dans les villages.

Je recommande aux jeunes d'enlacer leurs parents. Vous êtes peut-être fortement impressionnés par mes
paroles et ce que je dis est triste mais je résume cela par l'adage égyptien qui dit “Que celui qui n'a pas
une grande personne à ses côtés s'en achète une”. Les pères, mères, époux, frères, sœurs, enfants et
grands parents sont des grâces que certains ne ressentent pas. Il faut en remercier Allah avant de les
perdre. C'est Lui qui dit: “Allah vous a fait à partir de vous-mêmes des épouses, et de vos épouses
Il vous a donné des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a attribué de bonnes choses.
Croient-ils donc au faux et nient-ils le bienfait d'Allah?” [2] Questionnez ceux qui ont perdu ces
grâces.
Je m'adresse au jeune révolté contre ses parents et je lui dis d'aller observer les enfants des rues pour être
convaincu qu'il lui faut embrasser les pieds de ses parents. Aux parents qui ne donnent pas du temps à leurs
enfants, je leur dis d'aller voir ceux qui ont perdu leurs enfants et ne pas négliger cette grâce pour un plaisir
éphémère. Au mari qui cherche le plaisir loin de sa femme, je dis : “Ne te hâte pas vers un caprice ou une
trahison, remarque ce qu’Allah dit dans ce verset : « Moïse en fut étonné ; il leur dit avec
désapprobation : « Préférez-vous ces sortes de nourriture á ce qui est meilleur : à la manne et
aux cailles ? » [3]

Soyez conscients du don de la famille et remerciez Allah, sinon vous le perdrez. Si jamais vous expérimentez
le divorce, vous apprécierez le don du mariage comme beaucoup de divorcés le ressentent. Tant de maris
qui jouissaient de ce don, ont divorcé pour rien ou bien pour un caprice qu’il cherchait. Après le divorce, ils
ont couru derrière leurs femmes pour retourner avec elles, ils reconnaissent le don désormais mais en vain,
leurs femmes refusent de leur retourner. N’entendez-vous pas souvent cette histoire ? Après avoir divorcé sa
femme, l’avoir insultée et humiliée elle et sa famille, l'époux reprend conscience et essaie de la convaincre
de retourner au foyer conjugal. Il a découvert que ce caprice était un mirage et que cette femme était celle
qui lui convenait le mieux. Hélas! Trop tard, il a perdu le don. Peut-être sentirez-vous que vous avez perdu
cette faveur lorsque, après le divorce, vous verriez comment vos enfants souffrent. Vous direz, c’était un don
que je n'ai pu conserver. Pourquoi ai-je divorcé ? Pour des questions futiles. Remerciez Allah pour cette grâce
et préservez-la avant de la perdre.

Voici une histoire très étrange. Une femme a été chargée par ses employeurs de visiter un orphelinat. En
jouant avec les petits orphelins, elle leur demanda de colorer des cœurs déjà dessinés. A son étonnement,
un des petits garçons colora le cœur en bleu foncé. Elle pensa qu’il n’avait pas d’autres couleurs et le lui
demanda. Il répondit : « Si, mais ca c’est la couleur de mon cœur. »
Nous pensons que les enfants ne remarquent pas beaucoup de choses ce qui n'est pas vrai. Ils sont plus
sensibles et parfois nous en tirons des leçons. Lorsque le petit garçon prononça cette phrase, la femme le
serra, l’embrassa et resta proche de lui toute la journée, cherchant à le combler d’affection. Il sautait sur
ces genoux et la serrait comme s’il voulait se rassasier. Puis il est retourné à son dessin et, à la fin de la
journée, lorsqu'elle se prépara à partir, il tira sur ses vêtements et lui dit : “La couleur de mon cœur a
changé, elle est devenue jaune.”

Vous jouissez du don d'avoir des parents, vous les jeunes hommes, vous devez baiser leur mains parce que
vous auriez pu être comme cet orphelin.

Une fille raconte l’histoire qui suit : ‘Après être devenue épouse et mère, je ne contactais mon père que
rarement, en raison de mes occupation à la maison et vis-à-vis des enfants. Parfois il me blâmait mais je lui
disais : `Papa, tu connais mes occupations`. Jusqu'à ce qu’un jour, mon frère m’appelât et me dit que mon
père avait subi un accident cérébral et se trouvait à l’hôpital. Je courus vers l’hôpital et tout le long du
chemin, je me rappelais du passé, de sa tendresse envers moi, de tous ses comportements et ses
sacrifices… j’ai reconnu la grâce que je ne percevais pas auparavant. Lorsque je suis arrivée et que j’ai vu
mon père étendu devant moi, je me suis aperçue qu’il avait beaucoup vieilli, sans que j’aie fait attention.
L’infirmière me dit : “Assieds-toi près de lui et tiens sa main dans la tienne.”
Tenir sa main ? Je me demandais quand est-ce que je lui avais tenu la main la dernière fois ? Quand j’étais
encore enfant. Comment, le long de toutes ces années j’ai pu ne pas tenir sa main, étais-je à ce point
engourdie de sens ? Je regardais sa main très maigre et douce, et c’était la dernière fois que je l'ai tenue
parce qu’il mourut quelques heures après.
Des mois plus tard, en marchant avec mes enfants, mon fils me tint la main alors que ma fille se pensait
déjà trop grande pour le faire. Très heureuse de tenir la main de mon fils, je désirais raconter à ma fille mon
histoire pour qu’elle en tire leçon. Et je me repentis auprès d’Allah pour qu’Il me pardonne.

La famille est une grâce, mes amis. Nous avons parmi nous aujourd’hui une famille dont la fille mourut à
l’âge de vingt ans. Mr Ashraf Khorchid, sa femme et leur fille Nora. Mr Ashraf, adressez-vous aux jeunes
gens, aux mères et aux pères et dites-leur à quel point la famille est précieuse.

- Nous sommes une famille constituée d’un père, d’une mère et de deux filles. Ma fille, Noha, était
en dernière année de la faculté des sciences politiques et économiques, filière anglaise. Nous avons
été surpris lorsque Dieu l’a éprouvée par la maladie du cancer. Le sens de solidarité entre nous, au
sein de la famille, avait le plus grand effet pour dépasser la crise notamment, comme vous savez
tous, l’effet de la chimiothérapie sur le malade. Louange à Allah, nous avons pu dépasser cette
période grâce à l’amour, la solidarité et la fidélité de l’un envers l’autre. Puis elle a subi la
radiothérapie et grâce à Dieu, elle a complètement guéri pendant deux ans. Ensuite, nous nous
sommes hâtés vers le chemin d’Allah, cherchant à Le satisfaire, nous étions très contents de notre
amour l’un envers l’autre. Chacun préférait l’autre sur lui-même. Après deux ans, ma fille fit une
rechute, mais cette fois-ci, elle était plus gravement atteinte. C’était un choc pour nous mais nous
avons pu le dépasser de nouveau, grâce à la solidarité familiale. Après un séjour en France, elle fut
internée à l’hôpital pendant deux mois. Allah n’a pas voulu qu’elle vive. Nous surmontions toute
cette période ensemble, tous les quatre, jusqu'à ce qu’elle décéda. Louanges à Allah, Dieu nous a
honorés en nous accordant la patience. Depuis sa mort en janvier 2004, nous ne l’avons pas oubliée
une minute, mais chacun d’entre nous essaye de se maîtriser pour consoler les deux autres. Nous
jouissons de la satisfaction d’Allah sur nous. Et enfin, nous avons repris nos bonnes œuvres, ce qui
nous rend très heureux et calmes.’

- Je n’ai plus de message à adresser aux jeunes après celui-là. Faites attention tous, de perdre vos
parents au moment où ils sont mécontents de vous. Comment dormirez-vous si vous êtes réprouvés
par l’un de vos parents ? Allez leur demander pardon.

Le Messager d'Allah (BP sur lui) dit : ‘O 'Aicha, préserve bien les grâces d'Allah, elles reviennent rarement
vers la famille qu'elles ont fuie.”

Commencerez-vous à unir vos familles ? Commencez et n’attendez point. Conservez la grâce par le
remerciement d’Allah, Qui, dans son livre sacré, dit, ce qui peut être traduit par : ‘Nous avons dit à la
famille de David : ‘Faites des actions par lesquelles vous exprimez continuellement votre
gratitude à Allah’[4]

[1] “Al-Anbiyâ' ” (Les Prophètes) 35.


[2] “An-Nahl” (Les Abeilles) 72.
1 ‘Al-Bakara’: 61
[4]- ‘Saba’ : 13
i-TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu
jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en
arabe, la langue de révélation du saint Coran.